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Où l’on apprend que Didier Lacroix entame un chemin de croix, qu’on doit le rap aux troubadours, et qu’on ne baille plus au Marathon des mots.

N°19

MAGAZINE TOULOUSAIN ACTUEL enquête – p.40

Vers un plafonnement des loyers à Toulouse ?

conseil régional – p.44

État des lieux un an après l’arrivée du FN

Tout ça... pour ça ? THOMAS PESQUET

Fabriqué à Toulouse

JUIN 2017


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BOUDU N° 019 – JUIN 2017

SOMMAIRE BOUDU le magazine toulousain actuel, est édité par TRENTE&UN, société coopérative à capital variable, au capital de 48 150 €. RCS Toulouse n° 802388017. Siège social : 20, rue des Blanchers - 31000 Toulouse redaction@editions31.com Gérant et directeur de la publication  : Jean Couderc.

Rédaction Rédacteur en chef  : Jean Couderc Directeur artistique et photographe : Matthieu Sartre

ENQUÊTE CONSEIL RÉGIONAL : UN AN APRÈS L’ARRIVÉE DU FN Il y a un an et demi, 40 élus frontistes entraient au conseil régional. Entre bordélisation des débats et opposition de principe, Boudu a enquêté sur les conséquences de cette situation inédite.

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Chef d’édition : Sébastien Vaissière Réalisation graphique : Marylin Cayrac

PHOTOLÉGENDE POUR MÉMOIRE

Journalistes : Sarah Jourdren et Julie Guérineau

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Correcteur : Noé Gaillard

Publicité

Responsable commercial : marc.brunel@editions31.com 06 86 15 01 75

INTERVIEW ISABELLE CALKINS, TOUT EST DIT

Retrouvez nos offres abonnés p.85 Responsable abonnement : Sarah Jourdren. Contact : abonnement@editions31.com

Imprimé par SA Escourbiac (Graulhet). Tous droits de reproduction réservés. ISSN 2431 - 482X. CPPAP : 1118 D 92920

Appelé du contingent en Algérie, Denis Estève a photographié en cachette le théâtre des opérations, puis enfoui les images pendant 55 ans. Il rouvre aujourd’hui ces archives exceptionnelles.

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«

Venues des États-Unis, les conférences TEDx révolutionnent la diffusion du savoir et des expériences humaines. Avant l’édition toulousaine, Boudu a rencontré la coach en prise de parole qui met en musique ces tranches de vie.

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MAIS... POURQUOI ? DICK ANNEGARN, auteur-compositeur-interprète

LA POÉSIE SONORE, ÇA VA DU PUNK À CHIEN QUI HURLE, JUSQU’À SERGE PEY.

»


BOUDU N° 019 – JUIN 2017

SOMMAIRE actuel

LE FAIT p.7 PAROLES, PAROLES p.8 POLITIQUE p.10 MICRO-ONDES p.12 VITE DIT p.20 TRIBU p.22 ÇA SE PASSE AUSSI EN OCCITANIE p.24 L'HOMME DU FUTUR p.26 FALLAIT L’INVENTER p.28

réel

EN COUV’ p. 32 L’ODYSSÉE DE L’ÉPOQUE Et si, à trop vouloir communiquer, Thomas Pesquet était passé (et nous avec), à côté des questions essentielles que posent un voyage dans l’espace ?

ENQUÊTE p.40 VERS L’ENCADREMENT DES LOYERS ? Élargi à toutes les grandes villes de France par le Conseil d’État, l’encadrement des loyers sème la discorde dans le monde impitoyable du logement.

INTERVIEW p.52 BARBAQUE ET BEAU MEC Boucher et roi de beauté, Kévin Agard philosophe sur la beauté des vaches et des saucisses.

idées

ENQUÊTE p.62 POÉSIE À Toulouse, la poésie est moribonde. Pourtant, à la Cave Po et aux Jeux Floraux, il y a de l’espoir. Normal : qui c’est les pus forts, évidemment, c’est les vers.

relax

L'AFFICHE p. 69 INTERVIEW p. 70 CULTURE INTENSIVE p. 72 RESTOS p. 76 GLOU-GLOU p. 78 OBJO-THÉRAPIE p.80 TENDANCES p. 81 ALLONS-Y QUAND MÊME p. 82 CHRONIQUES p. 84


ÉDITO

Libres Que nous apprennent les six mois de Thomas Pesquet dans l’espace ? Que même à 450 kilomètres de la Terre, on est tenu de relever ses mails, de répondre au téléphone et d’alimenter les réseaux sociaux. Pourquoi ? Parce que comme le dit l’explorateur toulousain Stéphane Lévin, la technologie le permet et l’époque l’exige. Et inévitablement, même dans l’espace, ce trop plein de communication empiète sur la liberté. À bien y regarder, il se pourrait que cette notion de liberté traverse ce numéro de Boudu. De Denis Estève, qui enfreint les règles militaires en photographiant les opérations de son bataillon pendant la guerre d’Algérie, à la tentation d’empêcher les propriétaires fonciers de fixer librement le montant de leurs loyers en passant par la décision de Carole Delga d'écarter le Front national de plusieurs instances régionales, il est partout question de liberté. Même chez Kévin Agard, boucher à LacroixFalgarde. En se lançant dans la course au titre de Mister France, il ne s’est pas contenté de relever un pari insensé. Il s’est aussi affranchi de toutes les idées reçues concernant sa profession. Et pour ça, il faut, entre autre chose, une bonne dose de liberté… 

PAR

JEAN COUDERC BOUDULEMAG.COM _ 7


STARRING PAR ORDRE D’APPARITION

Muriel Decout - directrice de l’Urscop Julien Tuffery - entrepreneur Gaëlle Brun-Philippe - couturière Jean-Jacques Tuffery - tailleur Tyrone Husseini - ostéo-entrepreneur-écolo Jean-Christophe Mifsud - créateur de Rubix Senses & Instrumentation Patrick Baudry - spationaute Michel Chevalet - journaliste Philippe Droneau - directeur des publics de la Cité de l’espace Jean-Loup Chrétien – spationaute Philippe Perrin - spationaute Jean-François Haït - journaliste Stéphane Lévin - explorateur Henri Revol - sénateur Franck Biasotto - adjoint au maire Geneviève Prandi - directrice de l’Olap Nathalie Mouret - agent immobilier Jean-Pierre Delnomdedieu - président de la Fnaim 31 François Piquemal - porte-parole du Dal Romain Jammes - militant Insoumis Mickaël Nogal - candidat En marche ! Carole Delga - présidente du Conseil régional Didier Codorniou - président du groupe régional Radicaux de gauche Véronique Vinet - coprésidente du groupe régional NMeC Gérard Onesta - conseiller régional NMeC Jean-François Fons - conseiller régional divers droite Nadia Pellefigue - vice-présidente du Conseil régional Julien Leonardelli - conseiller régional FN Christian Assaf - président du groupe régional SRC France Jamet - présidente du groupe régional FN-RBM Sacha Briand – conseiller régional LR Élisabeth Pouchelon - conseillère régionale UEDC Bernard Keller - conseiller régional radical de gauche Serge Regourd - conseiller régional NMeC Christophe Rivenq - président du groupe régional de droite Kévin Agard - boucher Denis Estève – artiste-peintre Philippe Dazet-Brun - secrétaire perpétuel de l’Académie des jeux floraux Yann Valade - directeur de la Cave Poésie Serge Pey - poète Georges Cathalo - critique Michel Baglin - journaliste Aurélia Lassaque - poétesse Dick Annegarn - auteur-compositeur Isabelle Calkins - coach Serge Roué - codirecteur du Marathon des mots Ludovic Larbodie - directeur de Garorock Mathilde Bouvier – cheffe cuisinier

Ont collaboré à ce numéro : Rémi BENOIT, Élodie BOMPA, Julien BOMPA, Paloma BRANCATO-PLANA, Marie DESRUMAUX, Marine GASC, Denis ESTÈVE, Juliette MAS, Irina MAZUET, David PERPÈRE Photomontage de couverture : magazine Boudu (© Thomas Pesquet/ESA/NASA)


POLITIQUE

p. 10

Actuel -

MICRO-ONDES

p. 12

-

VITE DIT

p. 20

-

TRIBU

p. 22

-

L'HOMME DU FUTUR

p. 26

-

FALLAIT L'INVENTER

p. 28

© Matthieu Sartre

adj. QUI A LIEU DANS LE MOMENT PRÉSENT

L'HOMME PROVIDENCIEL ? Le 30 mai, l’ancien troisième ligne du Stade Toulousain Didier Lacroix a réalisé son rêve en devenant président des Rouge et Noir. Saurat-il réinventer ce club à bout de souffle aussi bien sur le terrain que dans son modèle économique ? Le défi est immense…

D

idier Lacroix ne manquant pas une occasion, depuis de nombreuses années, de rappeler son attachement à son club de toujours, il n’est pas exagéré de considérer que l’homme doit vivre comme une forme de consécration le fait de devenir président du Stade Toulousain. Sinon qu’en prenant, à 47 ans, la succession de Jean-René Bouscatel, l’ancien troisième ligne des Rouge et Noir, n’ignore rien des difficultés qui l’attendent. Après deux décennies de domination du rugby hexagonal marquées par des titres (Brennus ou H-Cup) en pagaille, le club est en nette perte de vitesse depuis plusieurs saisons. Et le couperet est tombé en 2017 avec la

première non qualification pour les phases finales depuis 1976, et une piteuse 12e place en Top 14. Comme les problèmes vont souvent de pair, aux difficultés sportives s’ajoutent des difficultés financières. Déficitaire depuis quatre saisons, le club accuserait un passif de deux millions d’euros. Sans mécène pour combler le déficit, le Stade Toulousain doit trouver des solutions pour remettre le navire à flots et stopper l’hémorragie. Faudra-t-il en passer par un changement de modèle au risque de perdre l’indépendance légendaire du club ? C’est un des nombreux sujets sur lequel le nouvel homme fort du club va devoir se pencher… BOUDULEMAG.COM _ 9


MICRO-ONDES L'actualité réchauffée

12 / 05 AVENIR ? EXEMPLAIRES Pour son dernier déplacement en province, le Premier ministre Bernard Cazeneuve est à Toulouse pour décorer Martin Malvy des insignes de commandeur de la Légion d’honneur. Un peu plus tôt dans la journée, cinq policiers se jettent dans le canal du Midi pour sauver deux marginaux tombés à l’eau. 16 _ BOUDULEMAG.COM

09 / 05

Sylvain Joffre, du restaurant En pleine Nature à QuintFonsegrives, réalise dans le cadre du Fablab une tarte citron meringuée à l’aide d’une imprimante 3D alimentaire.

EXPOSITION Un spot de 10 secondes faisant l’éloge de Toulouse est diffusé pour la première fois sur TF1 juste avant The Voice. 800 passages sont prévus jusqu’au 15 juin sur toutes les grandes chaînes nationales.

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SENTENCE

14 / 05 ORIGINAL La troisième Ruée des Fadas, l’une des courses les plus déjantées qui soit, se tient à Cornebarrieu. © PHOTO Matthieu SARTRE

COMMERÇANT

L’avocat général au procès AZF requiert 3 ans de prison avec sursis et 225 000 euros d’amende contre Serge Biechlin et la société Grande Paroisse. Le même jour, trois membres de la famille de Kader Arif sont placés en garde à vue pour déterminer s’ils n’ont pas bénéficié d’avantages dans l’octroi de contrats avec la Région. Ils seront mis en examen quelques jours plus tard.

Les employés d’une entreprise de pompesfunèbres de Saint-Alban sauvent des flammes trois défunts et leurs cercueils avant de quitter les lieux.

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15/ 05 BOUDULEMAG.COM _ 17


ENQUÊTE

L’odyssée THOMAS PESQUET

– PAR Sébastien

VAISSIÈRE –

TEMPS DE LECTURE

12

MIN

Comme tout le monde, nous avons vécu ces six derniers mois au rythme du séjour spatial de Thomas Pesquet, l’ancien élève de l’école toulousaine Supaéro devenu le dixième français dans l’espace. Comme tout le monde, on a souri de le voir interpréter Lapitxuri au saxo, imiter Michael Jordan, grignoter un Choco BN, voter par procuration, faire des selfies, porter un bonnet à pompon, jouer avec une mandarine, regarder le tournoi des 6 Nations à la télé, tourner un clip pour Yuksek, parler chaussettes avec Karl Lagarfeld ou basket avec Tony Parker. Et, comme tout le monde, maintenant qu’il est de retour, on a l’impression d’avoir un peu dessôulé. Désormais, on se demande ce qu’il est vraiment allé faire là-haut, et on se dit qu’à trop vouloir communiquer, il est peut-être passé (et nous avec) à côté de l’essentiel. Comme le principal intéressé était encore en apesanteur au moment de notre enquête, nous avons soumis ces interrogations de béotiens à des spécialistes de la chose spatiale. Bien nous en a pris, car leurs réponses, souvent enthousiastes, parfois courroucées, nous renseignent autant sur l’espace que sur l’époque.

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de l’époque

Photomontage magazine Boudu(© Thomas Pesquet/ESA/NASA)

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ENQUÊTE

O

mar Sy ferait bien de surveiller ses arrières. Son statut de personnalité préférée des Français est en danger, menacé par un spationaute encore inconnu il y a un an, devenu la coqueluche de tout un pays… Mais attention, pas un spationaute à la papa, du genre mûr, militaire, solennel et sujet au doute. Non, un spationaute à la cool, du genre jeune, civil, familier et infaillible. Il s’appelle Thomas Pesquet, et à défaut d’être le premier spationaute français à conquérir l’espace, il est incontestablement le premier à avoir conquis les cœurs. En un peu plus de six mois à bord de la Station spatiale internationale, ce Normand de 39 ans, ceinture noire de judo, pilote de ligne et diplômé de l’école d’ingénieurs toulousaine Supaero, a changé radicalement l’image que les Français avaient des vols habités. Sa recette : drôlerie, simplicité, disponibilité, et communication à outrance orchestrée par une équipe de l’Agence spatiale européenne (ESA) chargée de partager, packager et diffuser ses faits

et gestes. À la limite de l’overdose, diront certains, lassés de ne pouvoir ouvrir un journal (y compris Boudu, qui publiait en janvier dernier des photos de la terre prises par Thomas Pesquet depuis l’ISS) ou surfer sur un site d’info sans tomber sur une image du spationaute en train de manger, de dormir, de travailler, de bouquiner ou de contempler le vide par le hublot de la station. Une tâche à ce point prenante pour les communicants de l’ESA, qu’il était impossible, ces dernières semaines, d’obtenir le moindre entretien avec l’un d’entre eux. En guise de rendez-vous, on recevait par email cette réponse aux petits oignons : « Nos équipes au sol se trouvent bien occupées par les préparatifs du retour de notre astronaute. […] Il n’est malheureusement pas possible d’envisager un entretien malgré l’intérêt certain de votre article, dont nous ne pouvons d’ailleurs que féliciter l’initiative. »

« La mission est toujours la même. Ce qui a évolué, ce ne sont pas les enjeux scientifiques mais les moyens de communication » Michel Chevalet, journaliste scientifique

À défaut d’ESA, nous aurons les autres. À commencer par des personnalités rangées des navettes et disposant d’un peu de temps pour évoquer la question en détail. Démarrons avec Patrick Baudry, le deuxième spationaute français, qui a séjourné une semaine dans l’espace à bord de Discovery en juin 1987. L’homme ne cache pas son courroux : « Je trouve tout ça grotesque ! La com’ est bien huilée, c’est certain. Pour Thomas, c’est extrêmement positif, mais j’aurais préféré qu’on utilise cette com’ dans un cadre conquérant qui fasse progresser la science. Soyons sérieux. Ça nous a coûté 120 millions, et on a rien foutu là-haut. Ça n’est rien d’autre que du tourisme spatial, à ceci près que les touristes, eux, ne sont pas financés par nos impôts. » Et l’ancien conseiller d’Aérospatiale pour les vols habités d’expliquer que, scientifiquement parlant, tout a déjà été expérimenté en orbite basse dans les années 1970 et 1980, et que dès lors, chaque fois qu’on y envoie quelqu’un, c’est « du vent ».

Voyage au centre de la com’

Cité de l’espace. Thomas Pesquet répond aux questions des écoliers toulousains en direct. © Matthieu Sartre

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Soumis à la même question, Michel Chevalet, légende vivante du journalisme scientifique et observateur de la conquête spatiale depuis la fin des années 1960, ne contredit pas Baudry sur les enjeux scientifiques : « La mission est toujours la même. Thomas fait ce qu’ont fait les autres avant lui. Ce qui a évolué, ce ne sont pas les enjeux scientifiques mais les moyens de communication, et Thomas sait les utiliser comme personne. Du reste, il ne faudrait pas limiter son vol à des selfies. Vous avez vu sa première sortie


© Thomas Pesquet/ESA/NASA Thomas Pesquet soutient l’équipe de France contre l’Écosse pendant le tournoi des 6 nations.

extravéhiculaire ? C’était parfait, non ? Le gars est très très bon. Du grand art !» Bien dans ses baskets, compétent dans son scaphandre, bon dans sa com’, Thomas Pesquet est une aubaine pour séduire le grand public. À la Cité de l’espace, l’année 2016, portée par Curisosity et Pesquet, a été celle de tous les records. Philippe Droneau, son directeur des publics (ancien collaborateur de Patrick Baudry et de l’Académie de l’air et de l’espace) ne cache pas sa joie : « L’intérêt des vols habités dépasse la simple question de la rentabilité scientifique... Proxima, la mission de Thomas, fait du bien à tout le monde. D’abord parce qu’elle sensibilise des jeunes qui n’avaient jamais connu de Français dans l’espace. Ensuite parce que la population a soif de bonnes nouvelles, envie de s’enthousiasmer, d’oublier les magouilles et la politique. Au-delà de l’intérêt scientifique de la mission, il faut aussi penser à cela. Notre société produit beaucoup d’angoisse, et la vie en apesanteur de Thomas Pesquet a apporté un peu de légèreté sur la Terre. » Légèreté, justement, c’est le mot. Six mois durant, à force de tweets, de playlists, de buzz, de pirouettes et de clins d’œil, le quotidien de Thomas Pesquet semblait ne se résumer qu’à une suite de gestes dérisoires. Pour certains, l’inévitable revers de la médaille de l’hypercommunication. Pour d’autres, comme JeanLoup Chrétien, ancien pilote de chasse et premier

européen dans l’espace en 1982, le signe d’un manque de maturité de l’ESA : « Une telle communication autour d’un astronaute est une première en Europe. Il y a eu beaucoup de maladresse, beaucoup de naïveté. L’ESA s’est jetée dans le bain de la communication à outrance, sans réaliser que les gens pouvaient avoir l’impression que tout ce que Thomas faisait dans l’ISS était vain. » Fâcheuse du point de vue du public, l’hypercommunication l’est tout autant du point de vue de l’astronaute. En se mettant à sa place deux minutes, on comprend que la nécessité de communiquer sans arrêt, additionnée aux

« L’ESA s’est jetée dans le bain de la communication à outrance, sans réaliser que les gens pouvaient avoir l’impression que tout ce que Thomas faisait dans l’ISS était vain. » Jean-Loup Chrétien, ancien astronaute


ENQUÊTE

CONSEIL RÉGIONAL

Un an après l’arrivée du FN

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– PAR Julie

GUÉRINEAU ILLUSTRATION Paloma BRANCATO-PLANA –

Depuis janvier 2016, 40 élus Front national siègent au conseil régional d’Occitanie, ce qui en fait le premier groupe d’opposition à la majorité plurielle de Carole Delga. Une situation inédite pour de nombreux élus régionaux peu habitués à siéger avec des conseillers frontistes. Boudu s’est plongé dans les arcanes du conseil régional pour mesurer l’impact de cette nouvelle donne sur son fonctionnement. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on n’a pas été déçus : invectives en assemblée, refus de participation au vote, militantisme assumé de la présidente Carole Delga… La Région depuis le Front, c’est barrage de principe contre logique de bordélisation… 

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ENQUÊTE

C

ertains en ont déjà la boule au ventre. Le 30 juin prochain, les 158 conseillers régionaux d’Occitanie doivent se réunir au Parc des Expositions de Montpellier pour la 8e plénière du conseil régional. Or, la dernière assemblée de février, marquée par de violentes passes d’armes, a laissé des traces. Symptôme d’une tension qui va crescendo au sein de l’instance régionale depuis un peu plus d’un an. En décembre 2015, la liste Front national – Rassemblement bleu Marine (FN-RBM) – arrive deuxième aux élections régionales avec 33,87 % des voix. Elle remporte au passage 40 des 158 sièges de l’assemblée et devient le principal groupe d’opposition à la majorité de gauche de Carole Delga. Une situation inédite pour les élus d’ex-Midi-Pyrénées, peu habitués – voire réfractaires – à une présence si importante des frontistes. La droite, reléguée pour la première fois en troisième position, accuse aussi le coup. Les élus FN, eux, sont amers. Leur liste est arrivée en tête en ex-LanguedocRoussillon, et ils en sont convaincus : sans la fusion des régions, ils en auraient remporté la présidence. Les premières tensions apparaissent dès la première assemblée plénière, le

15 avril 2016. Alors que les 158 conseillers régionaux siègent au Parc des Expositions de Montpellier, des élus FN brandissent des pancartes pour renommer la région « Delgastan  ». Ils dénoncent le « sectarisme » et le « népotisme en tailleur  » de Carole Delga, dont ils contestent la décision d’écarter l’opposition de certains organismes régionaux. Interruptions, invectives, Marseillaise, réactions des autres bancs : l’assemblée ne retrouvera pas son calme. Pour la présidente de région, « cette première assemblée a été une horreur. Tout le monde en est sorti abasourdi, droite y compris ». La violence des échanges a choqué jusqu’aux élus les plus aguerris d’ex-Languedoc-Roussillon, où le FN siégeait pourtant depuis 1986. « Même à l’époque de Georges Frêche et Alain Jamet (cofondateur du FN et père de l’actuelle présidente du groupe FNRBM, ndlr.), je n’avais jamais ressenti autant de violence. Il y avait un sentiment inédit que ça pouvait dégénérer », s’étonne encore Didier Codorniou, président du groupe des Radicaux de gauche, ancien frêchiste et conseiller régional en Languedoc-Roussillon pendant plus de 10 ans.

Logique de bordélisation

Le ton est donné. Assemblée après assemblée, les élus FN-RBM multiplient les invectives et les happenings organisés, souvent rejoints par des conseillers régionaux des bancs adverses dans les rôles de sparring partners. Cible privilégiée des frontistes, Carole Delga essuie régulièrement attaques et re-

MAJORITÉ RÉGIONALE

OPPOSITION RÉGIONALE

Nouveau monde en commun 26 sièges

Union des élus de la droite et du centre 25 sièges

Socialiste républicain et citoyen 49 sièges

Front national - Rassemblement bleu marine 39 sièges

Radicaux de gauche 17 sièges

Non-inscrits 2 sièges

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« Pour eux, faire de la politique, c’est avoir des lignes dans les journaux.  » Carole Delga

marques sexistes. Pour Véronique Vinet, coprésidente du groupe Nouveau monde en commun (NMeC voir schéma p.48), « le Front national est dans une logique de bordélisation. Quel que soit le sujet, une minorité d’élus frontistes arrive toujours à en tirer une polémique, le relier à l’histoire, ou aux migrants ». Mais elle reconnaît aussi que certains de ses collègues au tempérament chaud se laissent parfois aller à faire fuser « des noms d’oiseaux » ... C’est lors de la plénière du 3 février 2017 que la tension atteint son paroxysme. Implicitement accusé de racisme par des élus de la majorité sur la volonté du FN d’appliquer la « clause Molière » sur les chantiers de la région, le frontiste Emmanuel Crenne rétorque que «  ce sont les socialistes qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain ». C’en est trop pour Carole Delga, qui, passant justement à côté de lui, le somme de se taire et tente de s’emparer de son micro. Le geste choque jusque sur les bancs de la droite. La situation s’envenime. Et après une interruption de séance, Carole Delga dénonce « l’incident de trop », et « le comportement inadmissible de certains élus qui cherchent volontairement l’incident comme stratégie politique pour faire le buzz. » « Cirque », « grand cinéma », « ring de boxe », tous groupes confondus, les élus dénoncent une ambiance délétère qui nuit à la qualité des débats, ralentit les travaux de l’assemblée, et conduit à des


formes d’autocensure. Gérard Onesta, élu Nouveau monde en commun et président du bureau de l’assemblée, en est convaincu : « Au sein même de la majorité, on se disait les choses beaucoup plus franchement. Aujourd’hui, on est plus dans la langue de bois pour éviter que le FN puisse s’engouffrer dans la brèche. »

La tête et les tripes

Dans les rangs mêmes du FN, certains élus prennent leurs distances avec le comportement agité d’une poignée de membres de leur groupe. Écœuré, Jean-François Fons, conseiller régional proche de Louis Aliot et ancien militant Les Républicains vient d’ailleurs d’annoncer son départ du groupe FN et du parti. « J’ai passé l’âge de pavoiser dans l’assemblée plénière, de critiquer sans cesse et sans raison. Je ne veux plus perdre de temps face à des comportements

que je comprends pas et que je ne cautionnerai jamais. » Pour beaucoup d’élus, la stratégie du Front national est pourtant limpide. « Il est évident qu’ils sont dans une stratégie de visibilité médiatique et populiste pour montrer qu’ils sont là et qu’ils ne se laissent pas faire », estime Nadia Pellefigue, vice-présidente socialiste du conseil régional, en soulignant que le FN n’adopte ce comportement « outrancier » que lors des plénières, seules assemblées publiques et filmées. « Pour eux, faire de la politique, c’est avoir des lignes dans les journaux, renchérit Carole Delga. Ils ne font pas de la politique pour défendre leurs électeurs, mais pour qu’on voit leur binette sur les réseaux sociaux. » Preuve de cette obsession pour l’image, l’habitude prise par une poignée d’élus frontistes de la jeune garde de dégainer

« LE FRONT

NATIONAL EST DANS UNE STRATÉGIE DE BORDÉLISATION

»

Véronique Vinet, coprésidente du groupe NMeC. leurs portables au moindre incident pour le partager en temps réel sur les réseaux. Peut-être plus parlant encore, l’une des premières demandes de matériel soumises à la Région par le secrétaire général du groupe FN concernait... des logiciels de montage vidéo. Julien Leonardelli, conseiller régional et secrétaire départemental du FN en

Dès la première plénière le 15 avril 2016, les frontistes ont organisé un happening pour dénoncer « l’autoritarisme » de Carole Delga © DR BOUDULEMAG.COM _ 49


À la fin des années 1950, comme 1,5 millions de Français, Denis Estève est appelé pour servir en Algérie. À l’époque, cet artiste-peintre de Revel a 20 ans, une épouse, une fille de quelques mois et une santé de fer qui fait de lui un redoutable coureur cycliste. En partant, il emporte un appareil photo, bien que la chose soit interdite par les autorités militaires, et, en cachette, fixe sur la pellicule le quotidien des soldats brûlés par le soleil, tourmentés par la soif et minés par la peur. À son retour, il n’est plus tout à fait le même homme, et plus du tout le même cycliste. Préférant oublier ces 28 mois plutôt que d’en entretenir le douloureux souvenir, il ne montre ses images à personne et les enferme dans une boîte. Cette boîte, Denis Estève vient de la rouvrir, 55 ans après les accords d’Évian, libérant, dans ce qui s’apparente à un reportage sensible exceptionnel, les silhouettes fantomatiques d’une poignée de jeunes gens dépassés par les évènements, et malmenés par l’histoire. – RECUEILLI PAR Sébastien

VAISSIÈRE –


PHOTOLÉGENDE


CULTURE INTENSIVE

BEAU ET CON À LA FOIS La beauté naît du contraste, et le contraste est ce qui caractérise le mieux les mois de juin toulousains. Les étudiants y déploient des trésors d’intelligence pour décrocher leurs diplômes, avant d'aller place Saint-Pierre vomir des litres de bière tiède en chantant à tue-tête les aventures de Bali Balo. De leur côté les rugbymen font montre de grandeur d’âme pour remporter les finales régionales, avant de coller leurs fesses blanches sur la lunette arrière de l'autobus qui les ramène à la maison. Les amateurs de culture alternent quant à eux grandes expos d’été et grands festivals surpeuplés. Après cette année difficile, parfois dramatique et souvent crispante, mettons-nous au diapason, et autorisonsnous, rien qu’un mois durant, à aimer tout autant le sublime que le dérisoire. – LABOURÉ PAR Sébastien

VAISSIÈRE –

TEMPS DE LECTURE

1

MOIS

MAP à carreaux

Sylvie Meunier collecte des photos de famille oubliées dans les tiroirs des commodes, pour constituer une étrange collection d’images amateur. Il en résulte un album de photos qui ne se jugent pas du point de vue technique mais à l’aune de leur capacité à émouvoir. Invitée par le festival MAP, consacré cette année aux « Histoires de Famille », Sylvie Meunier y sera à son aise, avec ses «  Petits repas en famille  », images saturées de visages anonymes et donc universels. Sylvie Meunier : Petit repas en famille - Festival photo MAP du 1er au 30 juin au musée Paul-Dupuy

© DR

© Sylvie Meunier

Bêle promenade

Qui a déjà transhumé avec des moutons et des bœufs sait à quel point l’expérience est plus exaltante que de transhumer sur l’autoroute avec des juilletistes et des aoûtiens. Cette année, les bergers ariégeois du HautSalat proposent à qui veut les suivre cinq parcours (de marche facile à marche soutenue), flanqués de moutons tarasconnais, de chevaux mérens ou de bœufs gascons. Ces trois jours avec bergers et promeneurs, au rythme des troupeaux, des bandas et des banquets, valent largement le détour et la procuration pour les législatives. Transhumance dans le Haut-Salat – 9, 10 et 11 juin en Ariège détails et itinéraires sur transhumances-haut-salat.com


© DR

Super Walter

Voix des Guignols depuis dix ans, Thierry Garcia est imitateur, talentueux et Biterrois. Dans son dernier spectacle, il usurpe l’identité de 80 personnages, de Maître Gims à Cristina Cordula. Chez Boudu, on aime particulièrement son imitation old school de Walter Spanghero, avec maillot vintage du RCNM et roulements d’r tonitruants.

Île est des nôtres

Longtemps interdit, le Maloya est désormais classé au patrimoine immatériel de l’Unesco, comme la gastronomie française, la fauconnerie et le yoga. Né des chants d’esclaves, il s’est propagé partout en Afrique, jusqu’à Madagascar et à la Réunion, où il a trouvé son ambassadrice la plus charismatique : Christine Salem. La voici sur la scène de Rio Loco, balançant son Maloya enrichi de guitare avec un aplomb saisissant et un genre de swing créole classieux. C’est exotique, organique, inhabituel et pourtant familier. À éprouver au moins une fois dans sa vie.

Thierry Garcia, Voleur d’identités le 14 juin à 20h30 – salle Nougaro

© Denis Rouvre

Christine Salem – Rio Loco le 16 juin à 20h – scène village

SpectaCleS bÉrÉNicE bEJO

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bALLEt NAtiONAL D’ESPAGNE

SLAVA’S SnOWSHOW

DEcOuFLÉ

LES 7 DOiGtS DE LA mAiN

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ALEX LutZ et bien d’autres...

Design : www.atelierjamjam.com | Mise en page : Agence Place Publique | 1/1100082 - 1100083 - 1100085,2 /1100086,3/1100087

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scène des possibleS


OBJO-THÉRAPIE L'impossible mission

En couple à la ville comme en studio, Élodie et Julien, architectes d’intérieur de formation, ont créé à Toulouse la marque de papeterie Say Cheese.

FÊTE DES PÈRES – PAR Élodie ET

Julien BOMPA –

C’est réglé comme du papier à musique. Tous les ans, en juin, il faut se creuser la tête pour gâter un paternel à qui on a déjà offert des tonnes de DVD, des cravates à motifs douteux et des litres de spiritueux. Ce mois-ci, Boudu vous a concocté une sélection de cadeaux qui sortent du lot.

Sac à dos Herschel Brock n'Roll, 18 rue Cujas 110,00 €

Short de bain Cuisse de Grenouille Coexist, 4 rue Temponières 85,00 €

Porte-clefs en cuir Punkster Haut les mains (jusqu'au 15/07), 8 rue Chalande 23,00 €

Câble USB tissé Native Union Bobine, 17 rue de la Pomme 27,00 €

Casque bluetooth Kreafunk L'Interprète, 15 rue Sainte-Ursule 99,00 €

Équerre graphique Blue graphic line Haut les mains (jusqu'au 15/07), 8 rue Chalande 35,00 € la paire

Tablier personnalisable Vous atelier Vous atelier, 8 rue Temponières 24,00 €

Lunettes de soleil Saraghina NDix8, 18 rue de la Pomme 119,00 €

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Kit voyage cosmétique Men's society Tonsor & Cie, 31 rue Bouquières 35,00 €


TENDANCE

C'EST NOUVEAU, C'EST TOUT BEAU – REPÉRÉ PAR

Tattoo-show Un tout nouveau salon de tatouage, lancé par trois Toulousains dans le centre de Toulouse. Trois styles, mais surtout une collection d’œuvres tatouesques, récoltées pendant sept ans à travers le monde, exposées dans la boutique. The good place tattoo, 1 bd Armand-Duportal

Vide-appart'

À ceux qui veulent se délester de leur mobilier pour déménager léger, la plateforme collaborative Les Cartons, créée à Toulouse, propose un service de videappartement en ligne. De l’autre côté de l’écran, un nouvel arrivant peut meubler en un clic son nouveau logement, sans passer son weekend dans un magasin suédois.

L'office de tourisme fait le mur De la Truskool – école toulousaine du graff dans les 90's – au festival Rose béton, Toulouse s’impose de plus en plus dans le paysage de l’art urbain. Pour mettre en avant ce patrimoine, l’office de tourisme organise des visites guidées à pied et en bus à travers les rues de la ville rose, à la découverte des œuvres qui habillent les murs toulousains. Réservation conseillée au 08 92 18 01 80 (0,45cts/min)

lescartons.fr

le lemeilleur meilleur réveils réveils 6h-9h30 6h-9h30 © ALEX MAHIEU

© ALEX MAHIEU

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LES LES INFOS, INFOS, LELE TRAFIC, TRAFIC, LALA MÉTÉO MÉTÉO À TOULOUSE À TOULOUSE C’EST C’EST TOUS TOUS LES LES JOURS JOURS DÈS DÈS 6H6H SUR SUR RFM RFM

BOUDU –

Un gin 100% local La mode ne pouvait décidément pas épargner To u l o u s e . Après avoir fait un retour remarqué dans les bars à cocktails, le gin peut désormais être considéré comme une boisson locale. Le premier gin made in Toulouse, fabriqué dans le Lauragais par Jean-Benoit Serres, vient en effet de voir le jour sous le nom plein de promesses de « Point G ». À consommer avec modération


OÙ L'ON A APPRIS

Que Lacroix entame un chemin de croix ·  que la scop n’est pas qu’un dernier recours  ·  que Rubix Pod connaît six gaz  ·  que chez les ostéos, tout va à vélo · que Mister Haute-Garonne

achète des fruits abîmés ·  que les loyers pas encadrés, ça favorise les cadres  ·  qu’avant les accords d’Évian, on soif   que les Français sont abîmés    que Skrilex est venu à Marmande en vaisseau spatial   que l’ISS,

·

·

avait

·

· aiment le montage vidéo

ça tourne en rond   que les élus FN rap aux troubadours

des mots ·  que

· qu’on doit le

·  qu’on ne baille plus au Marathon

Dalí transpirait la science

bouche c’est mieux que le nez

· que le durian, ça pue  ·  que la

· qu’à Malte, Asselineau serait europhile ·  que le 10 avril 1812 à 20h, il faisait 5°C  ·

Qu'apprendrez-vous dans le prochain numéro ? Réponse le 5 juillet.

toulouse.citiz.fr yea.citiz.fr

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Voitures en libre-service avec ou sans réservation

Boudu 19 - juin 2017  

Où l'on apprend que Didier Lacroix entame un chemin de croix, que l'on doit le rap aux troubadours et qu'on ne baille plus au Marathon des m...

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