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Où l’on apprend que les Ariégeois ont le goût du travestissement, que le curé de la cathédrale Saint-Étienne ne tend pas l’autre joue, et qu’être de Vic-Fezensac, c’est presque un titre de noblesse.

N°24

MAGAZINE TOULOUSAIN ACTUEL peinture – p.48

La folle histoire de Jean-Paul Chambas

cadeaux – p.68

La lettre au Père Noël de Delga, Dupraz, Moudenc ...

MAIS POURQUOI LES TOULOUSAINS NE JURENT-ILS QUE PAR

EUX ?

Fabriqué à Toulouse

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DÉCEMBRE 2017


BOUDU N° 24 – DÉCEMBRE 2017

SOMMAIRE BOUDU le magazine toulousain actuel, est édité par TRENTE&UN, société coopérative à capital variable, au capital de 48 150 €.

EN COUV’ MAIS POURQUOI LES TOULOUSAINS NE JURENT-ILS QUE PAR EUX ?

RCS Toulouse n° 802388017. Siège social : 20, rue des Blanchers - 31000 Toulouse redaction@editions31.com

À Toulouse, restaurateurs et particuliers vont chez Garcia pour la charcuterie, Samaran pour le canard et Xavier pour le fromage, comme ils vont à Ernest-Wallon pour le rugby, au Capitole pour l’opéra et au Pas-de-La-Case pour le Ricard. Boudu analyse ce réflexe pavlovien.

Gérant et directeur de la publication  : Jean Couderc.

Rédaction Rédacteur en chef  : Jean Couderc Directeur artistique et photographe : Matthieu Sartre

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CONVERSATION CON MAIS BON

Chef d’édition : Sébastien Vaissière

Faut-il présenter Jean-Paul Chambas comme un Rastignac vicois, un dandy, un mondain, ou comme un peintre sans fard ni effets de manche capable de transcender l’espace contraint d’un cadre ou d’une scène avec des chimères sans limite ? Les deux, mon général.

Réalisation graphique : Clara Doineau Journaliste : Julie Guérineau Correcteur : Noé Gaillard

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marc.brunel@editions31.com 06 86 15 01 75

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CADEAUX CHER PÈRE NOËL

Retrouvez nos offres abonnés p. 81 Service abonnement : abonnement@editions31.com

Imprimé par SA Escourbiac (Graulhet). Tous droits de reproduction réservés. ISSN 2431 - 482X. CPPAP : 1118 D 92920

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Quelques personnalités toulousaines évoquent de bons et de mauvais souvenirs de cadeaux de Noël et profitent de Boudu pour poster leur lettre au Père Noël sans avoir à payer le timbre.

INTERVIEW ABBÉ SIMON D’ARTIGUE,

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curé de la cathédrale Saint-Étienne.

QUAND JE COMMENCE MES HOMÉLIES PAR "L’ÉVANGILE DIT…", JE N’AI PAS FINI MA PHRASE QUE TOUT LE MONDE DORT DÉJÀ. MAIS QUAND JE LANCE : "HIER SOIR, EN REGARDANT STADEMONTPELLIER AU BISTROT…" TOUT LE MONDE ÉCOUTE.

»


BOUDU N° 24 – DÉCEMBRE 2017

SOMMAIRE rétro

PAROLES, PAROLES p. 8 DITES-LE QUAND MÊME p. 9 MICRO-ONDES p. 10 TRIBUS p. 24 LU DANS BOUDU p. 28

réel INTERVIEW p. 38 LE SENS DE LA FÊTE L’abbé Simon d’Artigue, curé de la cathédrale SaintÉtienne, possède la foi robuste du charbonnier, la poignée de main velue du 3e ligne centre, et des arguments solides à propos de Noël.

RÉCIT p. 40 LA CITÉ DES TÊTES ÉTIRÉES Il n’y a pas si longtemps, on considérait à Toulouse que rien n’était plus élégant qu’un front fuyant et un crâne ovoïde allongé sur l’arrière. On appelait ça la déformation toulousaine, et on en était très fiers.

idées INTERVIEW p.44 « ON PEUT RÉUSSIR SANS ÉTOILE » Le chef toulousain Aziz Mokthari n’a ni mentor ni complexe, mais une certitude : on peut désormais compter dans le monde de la gastronomie sans attendre le bon vouloir du guide Michelin.

relax

L'AFFICHE p. 59 PORTRAIT p. 60 PROMUS AU PISTON D’après Les Inrocks, leur album fait partie des dix disques à écouter d’urgence en 2017. Plus qu’un mois avant de passer à autre chose.

CULTURE INTENSIVE p. 62 L'ADDITION p. 66 RESTAURANTS p. 67 OBJO-THÉRAPIE p. 78 TENDANCES p. 79 HISTOIRE p. 80


ÉDITO

Panurge Sans se prendre pour un candidat au dîner presque parfait, il est humain de vouloir impressionner ses convives quand on reçoit. Doit-on nécessairement, pour y parvenir, leur servir « de la marque » ? C’est ce que semble révéler l’enquête publiée par Boudu ce mois-ci. Mais en s’intéressant aux raisons qui nous poussent à tous nous approvisionner chez les commerçants incontournables de Victor-Hugo que sont Garcia, Samaran et Xavier, n’est-ce pas une antienne vieille comme le monde que l’on ressert ? Que les Toulousains, comme d'autres, aient l’instinct grégaire n’est pas une nouveauté. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer la file d’attente quotidienne devant le restaurant l’Entrecôte, et ce par tous les temps. Un spectacle ahurissant qui se perpétue depuis près d’un demi-siècle. Alors reprocher aux restaurateurs de s’approvisionner auprès des mêmes fournisseurs n’est-il pas un peu injuste ? Sans doute, tant cela semble correspondre aux aspirations inconscientes de leurs propres clients. Nous, chez Boudu, on a un faible pour ceux qui préfèrent les chemins tortueux aux files d’attente. Ceux qui, comme le peintre fantasque Jean-Paul Chambas, n’ont jamais cessé de cultiver leur différence. Ceux qui, comme lui, sont heureux dans la foule, parce qu’ils se savent singuliers  

PAR

JEAN COUDERC BOUDULEMAG.COM _ 7


STARRING PAR ORDRE D’APPARITION

Gérard Garcia - charcutier Guy Pressenda – président régional de l’Umih Jean-Philippe Deschamps – président des restaurateurs à l’Umih 31 Lionel Dupin – charcutier Yohann Travostino – restaurateur Aziz Mokhtari – chef du restaurant Les P’tits Fayots Christophe Samaran – volailler Tony Carmen – restaurateur François Bourgon – fromager affineur Nicolas Thomas – chef du restaurant La Promenade Frank Renimel – chef du restaurant En Marge Jérémy Morin – chef du restaurant En Aparté Sylvain Joffre – chef du restaurant En Pleine Nature Simon d’Artigue – curé de la cathédrale Saint-Étienne Pierre Dalous – conservateur du Muséum de Toulouse Bertrand de Viviès – conservateur des musées et du patrimoine de Gaillac Francis Duranthon – directeur du Muséum de Toulouse Jean-Paul Chambas – peintre Sarah Truong-Qui – chef du restaurant l’Empereur de Huê’ Chantal Beer Demander – présidente du Collectif contre les nuisances aériennes de l’agglomération toulousaine Alain Di Crescenzo – président de la CCI Occitanie Pascal Dupraz – entraîneur du TFC Simon Thorpe – directeur du Centre de recherche Cerveau et cognition Marine de Nicola – chanteuse Carole Delga – présidente du Conseil régional d’Occitanie Jean-Luc Moudenc – maire de Toulouse Marthe – héroïne de la websérie Un siècle vous contemple Philippe Cazaban – photographe et scénographe Jean-Marc Lacabe – directeur du Château d’Eau Fiona Mille – membre du bureau national des Jeunes écologistes Gabriel Sandoval – poète et écrivain

Ont collaboré à ce numéro : Rémi BENOIT, Élodie et Julien BOMPA, Marine GASC, Sarah JOURDREN, Juliette MAS. Photo de couverture : Matthieu SARTRE


Rétro

PAROLES,  PAROLES - DITES-LE QUAND MÊME - MICRO-ONDES - TRIBUS - LU DANS BOUDU

p. 8

p. 9

p. 10

p. 24

p. 28

© Rémi Benoit

adj. QUI MARQUE UN RETOUR VERS LE PASSÉ

Un an, 12 mois, 52 semaines, 365 jours, 8760 heures, 525600 minutes et 31536000 secondes résumés en quelques phrases et photos drôles, insolites ou émouvantes, tel est le cadeau de Boudu pour ces fêtes de fin d’année.

L

orsqu’en novembre dernier (on avoue !), celui qui n’était alors «  que  » candidat à l’élection présidentielle battait le bitume toulousain pour tester sa cote de popularité en terre gasconne, nous avions eu la bonne idée d’immortaliser sa venue en lui glissant entre les mains notre numéro consacré au mal-être au travail. Certains appelleront ça du flair, d’autres de la chance, d’autres encore de l’ironie. D’aucuns diront que le rapport titre-photo était prémonitoire. Mais si l’année 2017 aura été marquée, pour les Toulousains comme pour l’ensemble des Français, par l’avènement à la plus haute magistrature d’Emmanuel Macron, elle ne s’est (évidemment) pas limitée à ce fait,

aussi majeur soit-il. Du vent d’autan, qui souffla comme rarement en février, au procès d’Abdelkader Merah en novembre, en passant par l’épopée de Thomas Pesquet dans l’espace ou la résurrection du Stade Toulousain sur les pelouses du Top 14, l’année aura été riche en évènements divers et variés. Comme nous en avons pris l’habitude depuis maintenant deux ans, c’est en faisant un petit pas de côté, en prenant nos distances avec l’actualité, en accordant du temps à nos interlocuteurs pour mieux comprendre les problématiques complexes de notre époque, que nous avons essayé de la restituer. Voici en quelques pages un aperçu de 2017, vu par la rédaction de Boudu BOUDULEMAG.COM _ 9


MICRO-ONDES

Mai

L'actualité réchauffée

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ORIGINAL

La troisième Ruée des Fadas, l’une des courses les plus déjantées qui soit, se tient à Cornebarrieu. © PHOTO Matthieu SARTRE

SENTENCE

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L’avocat général au procès AZF requiert 3 ans de prison avec sursis et 225 000 euros d’amende contre Serge Biechlin et la société Grande Paroisse. Le même jour, trois membres de la famille de Kader Arif sont placés en garde à vue pour déterminer s’ils n’ont pas bénéficié d’avantages dans l’octroi de contrats avec la Région. Ils seront mis en examen quelques jours plus tard.

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INCOMPRÉHENSIBLE

Un Toulousain venu visiter sa famille commet des dégradations sur la tombe du général de Gaulle dans le cimetière de Colombey-lesDeux-Églises. Ivre au moment des faits, il ne parvient pas à expliquer son geste aux enquêteurs venus l’interpeller quelques jours plus tard.


Juin

GRAVITÉ

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Après 197 jours passés dans la station spatiale internationale, l’astronaute Thomas Pesquet redescend sur Terre. L’événement est suivi par 3500 personnes à la Cité de l’Espace. Au même moment, trois jeunes sont placés en garde à vue après des cris et des saluts nazis avenue de l’URSS.

FRAIS

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Les îles de l’océan Indien sont à l’honneur de la 23e édition du festival Rio Loco.

TRAQUE

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Au cœur d’une affaire judiciaire pour « escroquerie et blanchiment » et faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis deux ans, le couple toulousain Sicart, expatron de la société Callejo Transports, est interpellé à l’Île Maurice.

© PHOTO Matthieu SARTRE

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DISCORDES

Le conseil de surveillance de l’aéroport de ToulouseBlagnac décide de verser 1,5 million d’euros de dividendes prélevés dans les réserves, comme le souhaitait l’actionnaire majoritaire chinois… et contrairement à la volonté des actionnaires publics (région, département, métropole et CCI) excepté l’État. BOUDULEMAG.COM _ 11


EN COUV'

MAIS POURQUOI LES TOULOUSAINS NE JURENT-ILS QUE PAR

EUX ?

- enquête réalisée par Jean COUDERC photographie Matthieu SARTRE TEMPS DE LECTURE

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À Toulouse, quand il s’agit de canard, de fromage ou de charcuterie, les restaurateurs, les organisateurs d’événements comme les particuliers, ne jurent (presque) que par eux. Alors que toute la ville s’apprête à déferler dans leurs échoppes pour les fêtes de fin d’année, Boudu a cherché à comprendre pourquoi Xavier, Garcia et Samaran sont à ce point incontournables dans l’esprit des Toulousains.

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arement une assertion aura été si peu contestée… même par les principaux intéressés : à Toulouse, Garcia, Xavier et Samaran sont LES commerçants stars de la ville. Dans leur domaine, ce sont les tauliers, voire davantage, tant leur succès ne se limite pas à leurs points de vente. Michel Sarran, En Marge, le Pyrénéen, la Brasserie de l’Opéra, la Braisière, Chez Carmen, le Capoul, les P’tits Fayots, l’Amphitryon, pour ne citer que les plus connus : pratiquement tous les restaurateurs de la cité travaillent avec eux. Et cela ne s’arrête pas là : aucun événement, colloque, conférence, inauguration, remise de prix ou vernissage agrémenté d’un buffet ne se passe sans leur concours. Dans la quatrième ville de France, un tel leadership a de quoi surprendre, d’autant qu’il ne date pas d’hier. Les trois responsables de ces empires présentent en effet la particularité de s’inscrire dans une tradition familiale. Fils d’immigrés espagnols, Gérard et Guy Garcia grandissent dans l’arrière-cuisine d’une boucheriecharcuterie du côté de Castelnau-d’Estrétefonds. Pour Gérard, l’exubérant de la fratrie, « il était écrit qu’on serait charcutiers ». Ce qui l’était sans doute moins, c’est qu’ils feraient de la petite affaire familiale une entreprise de 30 salariés qui disposent de l’une des plus belles loges du marché Victor-Hugo, d’un laboratoire de stockage et transformation de 1000 m2 sur la zone d’Eurocentre, et d’une petite boutique sur place. Pour celui qui est également le président de l’association des commerçants du marché, le secret de cette progression tient beaucoup au sens de l’anticipation dont la famille a fait preuve : « On s’est lancés dans le circuit court avant l’heure. On a fait les choses de manière empirique. »

Cochon toute la journée

L’autre atout réside dans la complémentarité des deux frères : pendant que Guy, le discret, gère dans l’ombre la fabrication et la préparation des produits, Gérard n’a pas son pareil pour assurer la promotion

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de la marque. Et pour couronner le tout, il y a l’envie, semblable à celle des premiers jours. « On pense cochon toute la journée », assure Gérard, par ailleurs bien conscient d’avoir bénéficié du besoin de traçabilité des clients après les crises sanitaires de ces dernières décennies : « Beaucoup de petites charcuteries ont fermé avec l’apparition des normes, faute de débit suffisant pour amortir les investissements. De notre côté, on n’a jamais cessé d’investir, ce qui nous permet d’avoir aujourd’hui un responsable qualité et un laboratoire agréé. » Reste que le charcutier reconnaît que son produit « n’est pas forcément différent des autres artisans » et que sa longévité fait pour beaucoup dans son succès : « Mon comptable me dit parfois que notre renommée est supérieure à notre chiffre d’affaires. C’est vrai qu’on est là depuis longtemps et qu’on connaît tout le monde ». Et le charcutier ne ménage pas sa peine pour entretenir sa notoriété. Pour ce faire, il est sur tous les fronts, répondant à de nombreux appels d’offres. Airbus, Casino Barrière : les contrats de partenariat tombent dans l’escarcelle du charcutier année après année. Une stratégie payante d’après Guy Pressenda, président régional de l’Union des métiers et des industries hôtelières (Umih) : « À la moindre manifestation, réception, il est là. Comme Samaran, il a gagné la bataille de l’image. Son atout, c’est le relationnel : il a réussi à convaincre que c’était le meilleur. Même s’il ne l’est pas forcément, aujourd’hui, Garcia, c’est la mode. À Toulouse, quand vous recevez des gens chez vous, si vous voulez que vos invités se sentent honorés, il faut leur servir du Garcia ». Un avis partagé par Jean-Philippe Deschamps, président des restaurateurs à l’Umih 31 et fondateur de l’association des commerçants de Victor-Hugo, pour qui le succès du charcutier vedette

« Garcia a réussi à convaincre qu’il est le meilleur. Même s’il ne l’est pas forcément. » Guy Pressenda, président régional de l’Union des métiers et des industries hôtelières (Umih) 

s’explique également par la «tapasmania» qui agite Toulouse depuis quelques années : « Il ne faut plus manger que ça dans cette ville et Garcia a su surfer sur cette vague. Du coup, il a un peu levé le pied sur la charcuterie traditionnelle pour se concentrer sur la charcuterie espagnole, plus festive ». Pour ses supporteurs comme pour ses détracteurs, une chose est sûre, Gérard Garcia est un redoutable businessman, malin, intuitif, présent sur tous les fronts, qui sent l’époque, comme quand il a l’idée d’organiser des nocturnes au marché Victor-Hugo. Aussi aujourd’hui, se rendre chez Garcia est devenu une habitude, presque un réflexe pavlovien. Personne parmi ses concurrents ne s’aventure d’ailleurs à contester cet état de fait. Pour Lionel Dupin, patron BOUDULEMAG.COM _ 13

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CONVERSATION

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Chambas peint comme Rambo tue : rageusement et le front ceint d’un bandeau. Une manière de discipliner sa légèreté et sa chevelure, précieuses pour séduire mais superflues pour créer. L’enfant de Vic devenu champion de la figuration narrative et coqueluche du Tout-Paris, continue de fabriquer des images dans son atelier parisien. Il s’est plié pour Boudu à l’exercice de la conversation, dans ce registre faussement badin, toujours drôle et souvent grave, qui lui fit choisir chez Ardisson en 1989 cette formule pour épitaphe :

« Con mais bon » – PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN

COUDERC et Sébastien VAISSIÈRE PHOTOGRAPHIE Matthieu SARTRE – TEMPS DE LECTURE

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Cher Père Noël La politique, les médias, les assos, les affaires, le sport et la culture sont des milieux où l’on ne se fait pas de cadeaux. Ça n’empêche pas ceux qui y fraient d’avoir plaisir à offrir et à recevoir pour Noël. Illustration avec ce petit questionnaire soumis à quelques personnalités toulousaines, entre souvenirs d’enfance et wishlist pour 2017.

Fiona Mille

Membre du bureau national des Jeunes écologistes Le plus beau cadeau que vous ayez reçu ? Un panier de bières belges (je suis cht'i) à l'arrivée du semi-marathon de Toulouse ! Le pire ? Je devais avoir 7 ans quand ma grand-mère m'a offert une poupée qui pouvait parler. La nuit, dans la malle à jouets, elle se déclenchait toute seule. Un vrai cauchemar qui m'a marquée ! Le plus original ? Un coffret Yves Rocher ? Non je plaisante, c'est le cadeau le plus banal que l'on puisse faire à une amie. Celui dont vous avez toujours rêvé et que vous n’avez jamais reçu ? Pendant une dizaine d'anniversaires, j'ai soufflé sur mes bougies en souhaitant avoir un cheval... je l'attends toujours. Celui que vous avez envie d’offrir à vos proches ce Noël ? Un stock de liquide vaisselle à mes colocataires, histoire de leur faire passer le message. Le plus beau cadeau que l’on pourrait vous faire ? Le passer dans un chalet à la montagne : de la neige, de la neige et de la neige ! Celui que vous offririez à votre pire ennemi ? Un coffret de Mon chéri, c'est vraiment infect.


Alain Di Crescenzo Président de la CCI Occitanie

Le pire cadeau que vous ayez reçu ? Une paire de pantoufles offerte par ma tante quand j'avais dix ans. Le plus original ? Noël 2000, alors que je venais d'emménager seul à Toulouse, ma petite amie de l'époque, devenue ma femme, m'a offert 2 coupes à champagne série limitée Millénium... à utiliser exclusivement avec elle ! Le cadeau dont vous avez toujours rêvé et que vous n’avez jamais reçu ? Un kart à moteur dont le prix était hors de portée pour ma famille. J'en ai rêvé pendant des années devant la vitrine d'un magasin de la rue de la République à Marseille Celui que vous avez envie d’offrir à vos proches ce Noël ? Un beau vélo pour mon fils Antoine. Il comprendra pourquoi, c'est entre nous. Le plus beau cadeau que l’on pourrait vous faire ? Que rien ne change dans ma vie, je suis un homme heureux. Celui que vous offririez à votre pire ennemi ? Aucun. Ou pire, mon portait scellé à vie dans sa chambre pour qu’il ne m’oublie pas !

Pascal Dupraz Entraîneur du TFC Quel est le plus beau cadeau que vous ayez reçu ? Une belle paire de skis. Le pire ? Quand j’ai compris que c’était le dernier Noël que j’allais passer avec ma mère. Le cadeau dont vous avez toujours rêvé enfant et que vous n’avez jamais eu ? Une orange. Mon père me disait qu'à son époque, il recevait des oranges pour Noël. Moi je n’y ai jamais eu droit. Qu’avez-vous envie d’offrir à vos proches ce Noël ? Un week-end sans football. Quel est le plus beau cadeau que l’on pourrait vous faire ? Ce serait un cadeau pour moi et pour tous les amoureux du TFC : une finale de Coupe avec le Toulouse Football club.

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TENDANCE

C'EST NOUVEAU, C'EST TOUT BEAU – REPÉRÉ PAR

rendez-vous-store.com

2 et 6 rue Bouquières

Mode pointue au Rendez-Vous

BOUDU –

Yespark

© Yespark

© DR

yespark.fr

Depuis 2015, seuls les hommes pouvaient piocher dans la sélection mode exigeante et confidentielle de Marc Llorens et Olivier Salette, fondateurs du Rendez-Vous Store, rue Bouquières. Mais depuis quelques semaines, les femmes ont elles aussi une boutique dédiée, à deux pas de là.

Boîte à musique À ceux qui préparent LE tube qui va cartonner - ou une modeste prestation à la prochaine Fête de la musique - L’Usine à Musique propose 16 studios de répétition aux Sept Deniers. En prime, une petite salle de concert pour tester son pouvoir de séduction auprès de ses futures groupies.

lusineamusique.fr

2 rue de l’Egalité

Adopte un parking Surfant sur l’augmentation des amendes de stationnement annoncée par la mairie de Toulouse, Yespark met en relation les bailleurs sociaux locaux qui disposent de places vides et les automobilistes en quête de stationnement. De quoi mettre fin à la déprimante chasse aux places du dimanche soir.

© DR

Moov’in

© Moov'in

moovincity.fr

Dans le Moov’

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Confier vos loisirs à un algorithme ? C’est ce que propose l’application toulousaine Moov’in, qui fait le pari de vous concocter une sélection de « Moovs  » (activités, bars, restos, évènements, concerts, etc.) à Toulouse, en fonction de vos goûts.

Veni, vidi, vinyles Succombant au retour de hype des vinyles, la Médiathèque José-Cabanis propose désormais à ses abonnés d’emprunter les plus grandes oeuvres musicales de ces dernières décennies parmi une sélection de quelque 400 galettes. À vos platines !

1 Allée Jacques Chaban-Delmas

© Bibliothèques de Toulouse

Médiathèque José-Cabanis


L'HOMME DU FUTUR

EN 2017, ON A APPRIS que la tectonique tue • que l’accordéon est une drogue dure • qu’Iron Man travaille au tri postal • que Carole Delga sait où ses voisins cachent le pain d’épices • que le TFC, c’est Mélenchon • que le pinard c’est détox • que le whisky c’est local • qu’il faut légèrement écarter les pieds pour cuisiner • que le rouge, ça grossit • qu’un accident nous tuera tous avant nos 300 ans • qu’en chaque homme sommeille une mouche • qu’on a l’air con en smoking aux fêtes de Bayonne • qu’à Toulouse dans les années 60, on se disait bonjour dans la rue • que les OGM font bander mou • qu’on peut faire 100km pour une andouille • que Kev Adams a vieilli • qu’on peut partir à Montpellier à la recherche de l’amour et de la fortune, et revenir célibataire et criblé de dettes • qu’on peut devenir rectrice sans savoir ce que c’est • qu’une fleur et un flic, ça peut faire une belle photo • qu’on dort depuis 100 ans sur 5000 tonnes d’explosif mais que ça ne risque rien • que les femmes devraient se raser la crâne une fois dans leur vie • que les mariés vont devoir la mettre en sourdine • qu’on peut être créatif dans un pot de sauce à nem • qu’on peut devenir écolo grâce à Marine Le Pen • qu’une rupture peut conduire à l’auto-partage • que certains élus respectent leurs promesses • qu’on s’est peut-être un peu emballés avec la LGV • que sans chimie, il faut des binettes • que devenir député en un clic, c’est extra • que les licornes, ça se vend bien, mais qu’on ne sait pas pourquoi • qu’un comédien, c’est comme un plombier • qu’il ne faut pas trop chauffer les Zoulouzen • que si les riches boivent du champagne, c’est que ça doit être bon pour la santé • qu’avant, le père Noël, c’était du sérieux • qu’Art Mengo a connu la gloire quand Macron était en sixième • que certains chefs préfèrent le Mac Do à la coriandre • qu’à Agen on met les pruneaux dans l’assiette et les marrons dans la gueule • qu’avant les accords d’Évian, on avait soif • que les élus FN aiment le montage vidéo • qu’on doit le rap aux troubadours • qu’on ne baille plus au Marathon des mots • que Dali transpirait la science • que le durian, ça pue • que la bouche c’est mieux que le nez • que le 10 avril 1812 à 20h, il faisait 5°C • que l’extrême est cher à Moudenc • que les Toulousains rient moins qu’avant • que Simone veille sur l’autoroute • que sans pluie, pas de foie gras • que plus on est, moins y’a de couacs • qu’on ne crève pas impunément l’œil d’un capitoul • que le mode avion permet aux noyés de faire le mort • qu’y a pas que Camille qui a le droit de se balader pieds nus • que les œufs de fourmi, c’est dégueulasse • qu’avec Deliveroo, on ne peut plus défendre un manque de sel • que Blanche-neige est un conte d’anticipation • que c’est à Toulouse qu’on boit le plus vieux vin du monde • qu’à La Plage, il n’y a pas de sable • que Toulouse est forte en pâte à modeler • que la médiathèque José-Cabanis est un véritable draguodrome • que les montagnards sont là • que les rhinocéros carburent au solaire • qu’être enseignant, ça donne des boutons • qu’un Spar a ouvert à Catus • que dans une bonne planque, mieux vaut être bien installé • que Toulouse est à 4h20 de Bruniquel à vélo • qu’à Toulouse, la défaite, ça ne pardonne pas • qu’être une pionnière, c’est surfait • qu’on ne règle pas tout en mettant une tablette dans les mains d’un senior • qu’on peut monter jusqu’à Paris pour boire une soupe • qu’on peut littéralement avoir l’estomac dans les talons • que les panneaux solaires produisent de la démocratie • qu’on peut broyer des coquilles et avoir des valeurs • qu’une souris est morte d’une overdose de beurre • que Lemorton n’a plus la gnaque • qu’on peut avoir quatre k dans son nom de famille • que les astronautes ne mangent pas de space cake • que Louis XI n’était pas super fun • que l’ours des Pyrénées a de l’appétit • qu’un escargot, ça remplace avantageusement une Barbie • qu’être étudiant étranger à Toulouse, c’est pas forcément l’Auberge espagnole • que les singes ont un neurone dédié aux bananes et les Toulousains au Capitole • qu’Airbus a des problèmes de grosse commission • que le plus important pour les étudiants n’est pas d’étudier • que cultiver le tardif, c’est être en avance • qu’il vaut mieux écraser des vieux que des bébés • qu’on peut attraper les visiteurs avec du vin aigre • que Patachou est difficile à cuisiner • qu’il existe des bars à tout, même à bijoux • que Boudu raconte des salades • que Neymar au PSG, c’est 15 ans de fonctionnement du TFC • que Marc Darcy pourrait se plaire à Albi • qu’on peut poser dans Boudu sans robe • que l’Évangile ne fait pas le poids face au rugby • que les Toulousains étaient prêts à tout pour ressembler aux Wisigoths • qu’on peut avoir le cul entre deux chaises et la tête sur les épaules • que d’Artagnan était un grand flic, mais un vrai con • que la cuisine, c’est pas comme dans Top Chef et que les Ariégeois ont le goût du travestissement.

Qu'apprendrez-vous l'année prochaine ? Début de réponse le 3 janvier.

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Boudu 24 - Décembre 2017  
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