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Où l’on apprend qu’Airbus a des problèmes de grosse commission, que les singes possèdent un neurone sélectif dédié aux bananes, qu’être étudiant étranger à Toulouse, c’est pas l’Auberge espagnole.

N°23

MAGAZINE TOULOUSAIN ACTUEL

MUNICIPALES 2020

Et si c’était elle ? transports – p.54

Toulouse, capitale du futur Laspalles - p.30

Le chevalier blanc des migrants

Nadia Pellefigue, vice-présidente du Conseil régional d’Occitanie Fabriqué à Toulouse

NOVEMBRE 2017


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BOUDU N° 23 – NOVEMBRE 2017

SOMMAIRE BOUDU le magazine toulousain actuel, est édité par TRENTE&UN, société coopérative à capital variable, au capital de 48 150 €.

EN COUV’ ET SI C'ÉTAIT ELLE ?

RCS Toulouse n° 802388017. Siège social : 20, rue des Blanchers - 31000 Toulouse redaction@editions31.com

Nadia Pellefigue veut faire partie de la reconquête du Capitole en 2020. À quelle place ? Mystère. La vice-présidente de la Région, biberonnée à la lutte des classes, au féminisme et à l’antiracisme, fait en tout cas l’unanimité dans les milieux politique et économique. Il ne lui reste plus qu’à se faire un nom… et quelques ennemis.

Gérant et directeur de la publication  : Jean Couderc.

Rédaction Rédacteur en chef  : Jean Couderc Directeur artistique et photographe : Matthieu Sartre

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INTERVIEW LIVRE ARBITRE

Chef d’édition : Sébastien Vaissière Réalisation graphique : Clara Doineau Journaliste : Julie Guérineau

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Correcteur : Noé Gaillard

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L’éditeur gersois Tristram a conquis en 30 ans et 150 livres le cœur de la critique et de l’édition françaises, pourtant impitoyables avec tout ce qui se publie hors de Saint-Germain-des-Prés. Ça méritait bien le déplacement jusqu’à Auch.

marc.brunel@editions31.com 06 86 15 01 75

REPORTAGE SARMENTS ÉTERNELS

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Sur notre site internet : boudulemag.com Ou contactez notre service abonnement : abonnement@editions31.com

Imprimé par SA Escourbiac (Graulhet). Tous droits de reproduction réservés. ISSN 2431 - 482X. CPPAP : 1118 D 92920

«

À 150 km de Toulouse s’étend la seule parcelle de vigne de France classée Monument historique : Sarragachies. Un lopin de saint-mont aux environs de Riscle, rescapé du phylloxera et hérissé de 21 cépages, dont 7 jusqu’alors inconnus…

INTERVIEW SIMON THORPE, directeur du Centre de recherche

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Cerveau et Cognition (CerCo) rattaché à l’université Paul-Sabatier.

AVEC L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, VOS MÉTIERS VONT DISPARAÎTRE. C’EST SÛR. ET QUAND ON VOUS DIT DE NE PAS VOUS INQUIÉTER, QUE D’AUTRES VONT ÊTRE CRÉÉS, C’EST FAUX.

»


BOUDU N° 23 – NOVEMBRE 2017

SOMMAIRE actuel

LE FAIT p. 7 PAROLES, PAROLES p. 8 MICRO-ONDES p. 10 TRIBU p. 16 L'HOMME DU FUTUR p. 18

réel INTERVIEW p. 30 « C’EST FINI, VOUS AVEZ UN AVION À PRENDRE » En France, la « jungle » de Calais est démantelée, mais la jungle administrative demeure. D’où l’engagement de l’avocat toulousain Sylvain Laspalles en faveur des migrants.

MINI-DOSSIER ÉTUDIANT p. 33 STRANGERS IN THE MOUISE / MA PETITE ENTREPRISE À Toulouse, il y a les étudiants qui partagent leur temps entre amphis, rigolade et mojito, et ceux pour qui c’est plutôt amphis, galère et Restos du cœur. Ceux qui consacrent 100% de leur temps aux études, et ceux qui, en parallèle, créent des startups.

idées ENQUÊTE p.54 LES INDUSTRIELS DU TRANSPORT, AMOUREUX DE TOULOUSE Le savoir-faire aéronautique attire à Toulouse les concepteurs des transports de demain. Ou comment l’aéronautique nous sortira du tout avion.

relax

L'AFFICHE p. 59 INTERVIEW p. 60 L’EMPIRE DES SENS L’expo événement du musée Saint-Raymond, labellisée par le ministère de la Culture, s’adresse aux sens davantage qu’à la raison. Sa scénographe explique pourquoi.

CULTURE INTENSIVE p. 62 L'ADDITION p. 66 ALLONS-Y QUAND MÊME p. 68 OBJO-THÉRAPIE p. 70 TENDANCES p. 71 HISTOIRE p. 72


ÉDITO

Pari À la question de savoir si Nadia Pellefigue avait l’étoffe d’une candidate aux élections municipales en 2020, toutes les personnalités interrogées ont (presque) répondu la même chose : « On n’est pas encore dans ce temps-là ». Sauf que pour déloger Jean-Luc Moudenc de son fauteuil du Capitole, et vu l’état de délabrement de la gauche, et du Parti socialiste en particulier, deux années ne seront pas de trop pour préparer le terrain et faire émerger le ou la candidate idéale. Vu sa faible notoriété, la vice-présidente du Conseil régional semble aujourd’hui partir avec plusieurs longueurs de retard. Doit-elle pour autant renoncer ? Peut-être pas, vu le torrent de louanges dont elle fait l’objet. Cette histoire nous rappelle étrangement ce mois de novembre 2015, quand nous nous lancions dans cette aventure un peu dingue de sortir un magazine au cœur de la plus grave crise jamais traversée par la presse écrite. Avions-nous raison de prendre ce pari insensé ? Seul l’avenir (incertain) nous le dira. Mais notre seule présence, deux ans après, et votre confiance, ainsi que vos messages de soutien constituent le meilleur encouragement à poursuivre l’aventure. Merci ! 

PAR

JEAN COUDERC BOUDULEMAG.COM _ 5


STARRING PAR ORDRE D’APPARITION

Gérald Dalessio, Victor Perez, Sébastien Davejean, Frédéric Contival, Franck Sallou, Philippe Garcia – responsables de cimetières toulousains Mathieu Couacault – cofondateur d’Hopaal Sylvain Laspalles – avocat, membre de l’Association de défense des étrangers Nadia Pellefigue – vice-présidente de la Région Occitanie Sébastien Vincini – premier secrétaire du PS 31 Didier Cujives – président du Conseil départemental du tourisme 31 Martin Malvy – ancien président de la région Midi-Pyrénées Bernard Keller - vice-président de Toulouse Métropole Charles Champion – vice-président d’Airbus Arnaud Thersiquel – président d’At Home Carole Maurage – présidente de Digital Girls Alain di Crescenzo – président de la CCI Occitanie François Briançon – conseiller municipal d’opposition PS Christophe Rivenq – chef de file de la droite au Conseil régional Vincent Terrail-Novès – conseiller régional UEDC Jennifer Courtois – conseillère régionale UEDC Pierre Cohen – ancien maire de Toulouse, conseiller municipal d’opposition PS Carole Delga – présidente de la Région Occitanie Yassmine – étudiante franco-marocaine Sauveur – étudiant haïtien Céline Respaud – assistante sociale au service inter-universitaire de médecine préventive Sophie Pauzat – cheffe du service de l’immigration et de l’intégration à la préfecture 31 Robin – militant à l’Union des étudiants toulousains (UET) Marie-Christine Jaillet – vice-présidente de l’université Toulouse Jean-Jaurès Karim – étudiant algérien Rébecca Pustoc’h – responsable du pôle étudiant à l’Université fédérale de Toulouse Ahmed – étudiant étranger Audrey – étudiante mauricienne Hélène Asiain – chargée du programme Pépite à l’Université fédérale de Toulouse Philippe Coste – directeur délégué de la French Tech Toulouse Jean-Hubert Gailliot - écrivain et éditeur Sylvie Martigny - éditrice Jean-Pascal Pédebernade – propriétaire des vignes de Sarragachies Éric Fitan – président du syndicat des vins de Saint-Mont Olivier Yobregat – ingénieur agronome-oenologue à l’Institut français de la vigne et du vin Nadine Raymond – directrice de recherche et développement chez Plaimont Simon Thorpe – directeur du Centre de recherche Cerveau et Cognition Michel Aguilar – ancien ingénieur à la DGA, inventeur d’Xplorair Dominique Faure – vice-présidente de Toulouse Métropole Jean-François Bonnefon – directeur de recherche au CNRS et à TSE, docteur en psychologie cognitive Emmanuelle Sapet – scénographe à la Mairie de Toulouse Laurent Galtier – chef de l’Art & du temps

Ont collaboré à ce numéro : Sophie ARUTUNIAN, Maud BENAKCHA, Rémi BENOIT, Élodie et Julien BOMPA, Pieter BRUEGHEL L’ANCIEN, Louise BUYENS, Marine GASC, Sarah JOURDREN, Juliette MAS, Guillaume MONTARON, Axelle SZCZYGIEL. Photo de couverture : Matthieu SARTRE


Actuel PAROLES,  PAROLES

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MICRO-ONDES

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L'HOMME DU  FUTUR

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© Rémi Benoit

adj. QUI A LIEU DANS LE MOMENT PRÉSENT

LA GROSSE COMMISSION A Pris dans la tourmente de plusieurs enquêtes pour corruption au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et en Autriche, Airbus a fait le choix de se dénoncer pour éviter une condamnation pénale. Au risque de devoir payer une amende colossale.

ttention à ne pas trop se fier aux apparences. Airbus a eu beau, courant octobre, se gargariser du succès du premier vol de l’A330neo, fer de lance de l’opération de reconquête sur les longs courriers face à son concurrent américain Boeing, l’avionneur européen est bien dans la tourmente. Il est en effet sous le coup d’enquêtes du Parquet national financier en France et du Serious fraud office au Royaume-Uni pour des irrégularités sur plusieurs transactions. En cause, des contrats litigieux sur lesquels planeraient des soupçons de rétrocommissions. Airbus a décidé de jouer la transparence en dénonçant lui-même de possibles pratiques répré dans les ventes d’avions. Un choix dicté par la crainte

d’aller jusqu’au procès. Car depuis la loi Sapin 2, les entreprises, en France, peuvent échapper à une condamnation pénale moyennant une forte amende. Reste que le montant de celle-ci pourrait être particulièrement salé pour l’avionneur, comme l’a reconnu Tom Enders dans un courrier adressé aux 130 000 salariés du groupe le 6 octobre dernier. Le patron d’Airbus y prévient que « de sérieuses conséquences ne sont pas à exlcure, notamment le risques d’importantes pénalités pour l’entreprise. » D'ores et déjà, le chiffre de 1 à 3 milliards d’euros est évoqué. Mais l’amende peut, en théorie, s’élever à 30% du chiffre d’affaires moyen annuel de l’entreprise. Quand on sait qu’il était de 66,58 milliards d’euros en 2016... BOUDULEMAG.COM _ 7


MICRO-ONDES L'actualité réchauffée

TRIOMPHE Le TO XIII remporte le Championship Shield en battant en finale Sheffield 44-14, le premier trophée anglais remporté par un club français. De son côté, Romain Ntamack, le fils d’Émile, apparaît pour la première fois sous les couleurs toulousaines lors de la victoire du Stade contre Agen 30 à 10.

RECORD On apprend que 13 000 appartements et 11 000 maisons ont été vendus en HauteGaronne entre juillet 2016 et juillet 2017. Un record.

26 / 09 8 _ BOUDULEMAG.COM

RENAISSANCE ViàOccitanie débute sa diffusion sur le canal laissé libre par TLT depuis juillet 2015.

30/ 09 28 / 09


06 / 10 NAMEDROPPING

RIPOUX Un surveillant de la prison de Seysses est mis en examen pour avoir fourni de la drogue et des téléphones portables à des détenus pendant plus de deux ans.

05 / 10

Désireuse de rayonner davantage à l’international, l’école de management IAE de Toulouse change de nom pour devenir la Toulouse School of Management. Justification de son président, Hervé Penan : « Le marché de l’enseignement supérieur est un marché de marques ».

SUCCÈS

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L’exposition monumentale Mister Freeze dédiée à la culture urbaine s'achève. Elle rassemblait cette année au 50cinq à Montaudran 45 artistes du monde entier, et a réuni 26 000 visiteurs contre 15 000 en 2016. © PHOTO Matthieu Sartre

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EN COUV'

Et si c’était elle ?

La mi-mandat vient à peine d’être « célébrée » que déjà se profilent à l’horizon les prochaines élections municipales. Si Jean-Luc Moudenc semble bien installé au Capitole, son fauteuil suscite les convoitises, affichées ou secrètes. Nadia Pellefigue fait-elle partie de ces candidates putatives ? Boudu a cherché à en savoir plus sur cette quasi quadra méconnue du grand public, à qui tout semble réussir, comme en atteste son poste de vice-présidente de la Région Occitanie en charge du développement économique et de l’innovation, après avoir été à la tête de la Fédération du Parti socialiste 31 à tout juste 30 ans. - par Jean COUDERC photographie Matthieu SARTRE TEMPS DE LECTURE 10 MIN

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Sébastien Vincini, le premier secrétaire du PS 31, rappelle une vieille règle en politique : « Quand on veut faire taire une rumeur, on y arrive. Si elle revient, c’est peut–être qu’elle n’est pas tue… » La rumeur en question ferait de Nadia Pellefigue une candidate au Capitole en 2020 (ou 2021), rejoignant ainsi Catherine Lemorton et Nicole Belloubet dans le clan des femmes politiques auxquelles on prête des ambitions municipales. Le moins que l’on puisse dire est que dans ce prestigieux casting, la jeune femme souffre d’un déficit de notoriété. Pourtant, la plupart des observateurs de la vie politique ne tombe pas de l’armoire à l’évocation de cette hypothèse. Pourquoi ? Tout simplement parce que pour le landerneau, Nadia Pellefigue est tout sauf une novice. À même pas 40 ans, elle figure parmi les personnalités qui comptent dans la grande région Occitanie. Une relative précocité qu’elle doit en partie à son atavisme familial.

Interphone et escargots

Sa naissance à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, n’a rien d’anecdotique. Chez les Pellefigue, on veut changer la société. Bien qu’ingénieur agronome de formation, le père a fait le choix politique d’être un « établi », un ouvrier militant maoïste qui rentrait dans les milieux de production pour y semer un climat prérévolutionnaire. En poste à Saint-Nazaire, haut-lieu du militantisme, il fait partie des premières charrettes quand surviennent les licenciements, et atterrit à La Ciotat, l’autre gros chantier naval hexagonal. C’est donc dans un milieu ouvrier (la mère travaille à l’usine) très à gauche, que grandit Nadia Pellefigue. Et ce milieu militant détermine un certain nombre de règles éducatives, comme par exemple l’absence de télé, « pour des raisons financières puis plus tard éducatives et idéologiques. Mes parents trouvaient qu’elle n’était pas un vecteur d’information », ou de poupées Barbie, considérées comme « le symbole de l’impérialisme américain ». Sans pour autant éprouver un quelconque sentiment de marginalisation : « Je comprenais les raisons de ces interdits. Et puis j’avais le droit de faire d’autres


EN COUV' choses, comme élever des escargots sous mon premier gros mouvement et ça déon est autonome. » Elle enchaine mon lit ! » passe les seules réformes en cours. C’est la donc les jobs chez Quick, dans L’arrivée à Toulouse, alors que Nadia volonté d’une autre société. » une boutique de fringues, puis à a quatre ans, marque un changement Grande lectrice, notamment des Décathlon. Avant le véritable déclic, des conditions de vie chez les PelleÉditions de Pékin qui publiaient les comme tant d’autres de cette généfigue : pendant que le père passe le œuvres de Lénine et Marx, elle se rêve ration, le soir du 21 avril 2002. concours de prof (SVT), la mère realors journaliste : « Dans ce que je lis, je « Voir Le Pen, au second tour c’est afprend ses études et devient éducatrice ne trouve pas ce que je vis. J’ai une fasfreux. À ce moment là, je suis en couple de jeunes enfants. De son installation cination pour les mots, pour raconter, téavec un homme dont les parents sont de aux Pradettes, nouveau quartier des moigner. Journaliste, cela me paraît utile nationalité marocaine (il deviendra le classes moyennes du Mirail, Nadia et je le vois comme un métier de liberté. » père de ma fille), beaucoup de nos amis Pellefigue conserve un très sont soit d’origine soit de nabon souvenir : « Des immeubles tionalité étrangère. Et puis je neufs, confortables, avec des me suis engagée en 1992 contre champs autour. Il y avait un inle racisme et 10 ans plus tard, terphone, je trouvais ça super. » il est au second tour. » DésorMême si les parents sont mais, l’inscription politique Jean-Luc Mélenchon à Nadia Pellefigue moins au front qu’auparaest inévitable pour « essayer vant, ils demeurent des mide transformer les choses et litants associatifs actifs. Le terreau À l’université du Mirail, où elle est avoir une offre politique qui propose de est propice à l’éveil politique. Un miinscrite en Histoire-Géo, elle ne tarde nouveaux débouchés ». Même si tout litant très connu dans les quartiers, pas à se faire remarquer. L’Unef, trop n’est pas parfait au PS, le pragmaJean-Paul Fonvieille, va jouer un rôle liée au PS, ne lui convenant pas, elle tisme s’impose : « Le parti de masse à majeur dans l’éveil de la jeune fille. « Il décide, avec le groupe issu des CAL, gauche, à ce moment-là, c’est le PS. Je venait à la maison tous les dimanches made créer Sud Étudiant. Aux élections me dis que pour s’adresser à des salariés, tin parce qu’il courait avec mon père. On aux conseils centraux (les 3 conseils des employés, ce n’est pas à la LCR qu’il avait de grandes discussions politiques. » qui régissent la gouvernance d’une faut être, où il y a plutôt des professions Par ailleurs, elle découvre les inégalités université), le jeune syndicat l’emintellectuelles, mais au PS. » sociales inhérentes au quartier : « La porte. Décathlon et Emmanuelli plupart de mes camarades de classe sont Si elle multiplie, en parallèle, les iniAlors qu’elle prépare l’ENA, d’origine maghrébine. Je vois bien qu’ils tiatives en faveur des sans-papiers, ou Françoise Castex, députée eurosont confrontés à des situations différentes, avec le DAL, elle ne milite pourtant péenne, lui propose de devenir son que c’est compliqué de rentrer dans certains pas au sein d’un parti, malgré un père assistante parlementaire. Même si endroits. Et puis il y a ces tracts distribués adhérent au PS. « Il considère qu’il faut elle ne connaît pas bien la question devant le collège, qui disent l’infériorité changer le parti de l’intérieur. Je ne suis européenne, la proximité avec le dédes arabes ou des noirs, leur ressemblance pas d’accord car je le trouve trop timoré bat sur le traité constitutionnel l’inavec les singes. Je me dis qu’il faut comsur certains aspects. » Pour se faire une cite à accepter. Histoire d’être dans la battre. Et donc, militer. » opinion, la jeune femme a la chance machine « au moment où quelque chose de voir défiler chez elle des pointures Testings et grèves d’important va se passer ». C’est à parcomme Mélenchon avec lequel elle Ce sera au sein de l’association Ras tir de ce moment que la jeune femme ferraille, notamment sur la question l’front (RLF) que débute son émancommence à s’engager plus fortement du Tibet. « Je suis très faible intelleccipation militante. Puis la grosse basau PS en rejoignant les rangs de ceux tuellement, face à des gens qui ont une cule s’opère au lycée, au Polyvalent où qui militent pour le non, et notamvraie culture et une maitrise du débat elle participe à plusieurs testings à la ment Henri Emmanuelli dont elle politique. Mais comme je suis jeune, ils sortie des boites de nuit. Son engadevient vite proche. Au côté de celui font un effort de pédagogie en me disant gement s’étend ensuite au féminisme qu’elle qualifie de très « bienveillant par exemple : “Tu ferais mieux de lire le lorsqu’elle commence à voir ses amis, à l’égard des jeunes militants en dépit Diplo ! ” ». victimes de discriminations, en comde son fort caractère », elle apprend à Elle se rapproche un peu plus de ce mettre à leur tour sur leurs sœurs, vitesse grand V. monde en choisissant de rentrer à voisines ou cousines. Pour aller plus Entre 2004 et 2009, siègent au ParScience-Po. Une révélation. « Je déloin, elle relance, avec un groupe de lement européen tous ceux qui vont couvre qu’il existe une autre manière de copains, les CAL (comité d’action diriger le PS après 2009, à savoir poser des problématiques et d’y répondre. lycéen). « Je ne suis plus simplement Harlem Désir, Vincent Peillon, Il y a des concepts qui m’ouvrent un adhérente mais je fais partie de ceux qui Benoit Hamon, Kader Arif ou champ des possibles extra. Je me régale. » structurent. » C’est le début d’un miStéphane Le Foll. Et le statut d’assisPassionnée par les études, elle s’orlitantisme plus régulier, où elle frétant parlementaire y est plus intéresganise pour assouvir sa passion. quente des jeunes appartenant à des sant qu’à l’Assemblée nationale. « On Avec une règle : pas question de structures politiques comme la LCR. peut siéger en commission et la proximité compter sur la famille. « À 18 ans, Et puis en 1995, ce sont les grèves avec les parlementaires est réelle. » Sans je pars de chez mes parents parce contre le gouvernement Juppé. « C’est parler du syndrome expat’ : « Que ce que dans mon logiciel, à cet âge-là,

« Tu ferais mieux de lire le Diplo ! »

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© Rémi Benoit

soit à Bruxelles ou Strasbourg, les sociavite qu’elle va compter dans les années à listes français se retrouvent le soir entre venir. » Mais c’est une période où il eux pour dîner. Vu que l’on n’est pas est difficile d’exister au milieu des canombreux (12, ndlr), on est facilement ciques. « Si elle est appréciée par les miidentifiables. » litants, elle fait parfois face à la défiance Elle se retrouve ainsi à écrire des rapdes grands élus. » ports pour d’autres parlementaires, Et les ennuis ne vont pas tarder à comme Hamon, Peillon ou Savary. arriver. Elle se heurte violemment à Pendant ce temps, à Toulouse, le Pierre Cohen sur le renvoi du Vert nom de Nadia Pellefigue est (touStéphane Coppey de la direction de jours) inconnu, y compris dans les rangs du PS. Jusqu’en 2008 où, dans la foulée du congrès de Reims où elle soutient la motion de Benoit Hamon, elle se trouve propulsée première secréDidier Cujives , président du CDT 31 taire fédérale adjointe en Haute-Garonne. Un coup de tonnerre dont se souvient très bien Tisséo. Alors que pour l’ancien maire Didier Cujives, actuel président du de Toulouse, la jeune dirigeante est Conseil départemental du tourisme instrumentalisée dans la guéguerre 31 : « Elle incarnait la fougue et une qu'ils se livrent avec Pierre Izard, Naligne bien à gauche. Elle était du coup dia Pellefigue plaide la naïveté : « C’est effrayante pour une fédé ronronnante, la première fois que je suis dans l’exercice sur des positions politiques plus consend’appareil et je crois que je ne mesure pas suelles. » tout. » Consciente qu’il lui faut devePour Sébastien Vincini, elle incarnait nir élue pour acquérir de la légitimité, le renouvellement exprimé au congrès elle accepte la proposition de Martin de Reims : « À son arrivée, vu sa presMalvy de figurer sur sa liste pour les tance, ses relations à Paris, on comprend régionales de 2010.

Finances et parité

Au Conseil régional, elle se voit confier la délégation femmes-hommes et la parité. Une évidence pour cette féministe convaincue qui découvre avec bonheur la fonction d’élue : « La capacité à rendre concret ou réel ce que vous défendez existe davantage dans le milieu institutionnel que dans le milieu militant. Et puis avec l’équipe de Malvy, je n’ai pas l’impression que l’exercice du pouvoir corrompt ou affadit mes convictions. » Si entre 2008 et 2011, elle marque de son empreinte la Fédération 31 du Parti socialiste, elle va aussi connaître, durant cette période, sa première désillusion politique à l’occasion des élections législatives. Candidate sur la 9e circonscription de Haute-Garonne, nouvelle circo réservée à une femme, elle pense disposer d’un boulevard pour accéder au Palais Bourbon. Mais c’est sans compter sur la rancune tenace de Pierre Cohen qui place sur sa route Anne Crayssac, son adjointe au Capitole. À l’issue d’une campagne délétère et d’un vote contesté, le bureau national du Parti socialiste, incapable de trancher entre

« À son arrivée à Toulouse, elle était effrayante pour une fédé ronronnante. »

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ÉTAT DES LIEUX

Mobilités du futur

Les industriels du transport

amoureux de Toulouse Train ultra-rapide, voiture autonome, drones... Déjà capitale de l’aéronautique et du spatial, Toulouse vise aujourd’hui une place parmi les champions des transports de demain. En quelques mois, plusieurs grands groupes et startups ont choisi la ville pour y développer leurs projets. Mais que peuvent-ils bien nous trouver ? - par Julie GUÉRINEAU TEMPS DE LECTURE

Interpellez des passants à Londres, Paris, Hong Kong ou Los Angeles et interrogez-les sur Toulouse. Avant même la violette et le canal du Midi, ils répondront sans doute « avion » et « espace ». Et dans quelques années, sans doute ajouteront-ils « hyperloop », « taxi volant », et « véhicule autonome ». Et c’est probablement une bonne chose : « Avec l’effondrement de l’industrie chimique, les responsables politiques et économiques conviennent qu’il ne faut plus être dépendants de l’aéronautique et du spatial », reconnait Bernard Keller, vice-président de Toulouse Métropole en charge de l’aéronautique, de l’espace et des aéroports.

200 millions

D’EUROS SUR 5 ANS INVESTIS PAR CONTINENTAL AUTOMOTIVE DANS L’INTERCONNEXION DES VÉHICULES Alors depuis quelques années, Toulouse mise sur les transports du futur, et veut se hisser parmi les champions mondiaux en la matière. L’objectif, pourtant ambitieux, semble à portée de main puisque ces derniers mois, les entreprises se pressent aux portes de la ville. En janvier, l’américain HTT annonçait avoir choisi Toulouse - avec quatre autres sites - pour 14 _ BOUDULEMAG.COM

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MIN

développer son projet d’Hyperloop, des capsules supersoniques capables de relier Toulouse à Montpellier en 25 minutes à près de 1200km/h dans un tube. De quoi rendre obsolète une hypothétique LGV… D’ici 5 ans, HTT aura investi 40 millions de dollars dans son centre de recherche de Francazal, construit une piste d’essai d’un kilomètre, et embauché au moins 20 salariés en CDI, dont 5 avant la fin de l’année. Le tout avec la bénédiction de la Métropole, de l'État et de la Région. En mars, c’est Continental Automotive, déjà très implanté à Toulouse, qui annonçait un nouveau programme de recherche pour faire communiquer les voitures. Investissement : 200 millions d’euros sur cinq ans et 150 emplois à la clé d’ici fin 2017. Dans le courant de l’été, Renault misait à son tour sur Toulouse en reprenant l’ancien site d’Intel et 261 de ses ingénieurs, pour y développer les logiciels qui équiperont les véhicules intelligents du groupe Renault-Nissan. « Toulouse sera en première ligne sur la connectivité des véhicules, le multimédia, le trafic… », annonçait alors son grand patron, Carlos Ghosn. La métropole accueillera aussi Eva, une startup spécialisée dans le transport urbain de passagers en drones. Transpod, une autre société active dans l’Hyperloop, y songerait. Et il se murmure qu’un autre géant du secteur pourrait lui emboîter le pas dans les tout prochains mois. Si on élargit la liste aux annonces de ces dernières années, les projets de transports innovants se comptent par dizaines. La toute première navette sans chauffeur des Toulousains d’EasyMile est testée à Pibrac, mais aussi à Paris par la RATP, et dans plusieurs métropoles mondiales. Airbus, de son côté, planche sur un projet


© Airbus

de drone-taxi urbain, qui pourrait prendre son envol d’ici fin 2018. Et la liste s’allonge à l’envi.

Un écosystème unique au monde

Mais qu’est-ce qui fait donc se presser ces industriels à Toulouse ? Sans surprise : l’avion. « Quand on sait faire un avion, on sait faire beaucoup de choses, souligne Alain di Crescenzo, président de la CCI Occitanie. Nous avons par exemple des cadors des systèmes embarqués, utilisables dans une voiture, un bus, un train, etc., et qui joueront un rôle essentiel dans les transports du futur. Et comme l’aéronautique est ce qu’il y a de plus exigeant, nous sommes réputés pour notre excellence, et notre fiabilité ». « Dire qu’on vient de Toulouse, c’est comme un label qui renforce la crédibilité de votre projet », confirme Michel Aguilar. Cet ancien ingénieur à la Direction générale de l’armement développe depuis des années Xplorair, un projet de véhicule autonome « disruptif » pour particuliers à décollage vertical qu’il espère pouvoir présenter au salon du Bourget en 2019. Pour lui comme pour de nombreux acteurs économiques, l’attractivité de Toulouse auprès des professionnels des transports vient aussi de son foisonnement de startups, PME et grandes entreprises spécialisées dans l’aéronautique, l’automobile, le train, la motorisation, mais aussi l’électronique et les datas, qui joueront un rôle au moins aussi important dans les transports de demain. Airbus, Safran, Continental, NXP, ATR, Siemens Mo-

bility, Daher, Actia ou EvoTech… La concentration est unique en Europe, voire au monde. « Quand vous cherchez à vous implanter, autant le faire dans un lieu où vous trouverez un écosystème qui vous permettra de travailler avec des partenaires de très grande qualité », insiste Alain di Crescenzo.

fin

2018

DATE PRÉVUE PAR AIRBUS POUR LE 1ER VOL DE SON DRONE-TAXI C’est d’ailleurs ce qui a convaincu Dirk Ahlborn, cofondateur de HTT, de s’installer à Francazal, comme il l’expliquait en janvier dernier. « Toulouse est un site historique d’innovation. Il y a ici beaucoup de ressources dans les technologies de l’aéronautique et du spatial parallèles à notre activité, et un vivier de talents qui nous permettra d’embaucher certains des esprits les plus brillants dans le domaine ». Le Californien touche là à l’un des autres atouts essentiels de Toulouse : « Les entreprises, doivent toujours penser au coup d’après, poursuit BOUDULEMAG.COM _ 15

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CULTURE INTENSIVE

BON CHOIX BON RAT Ils sont plus nombreux qu’on croit, ceux qui s’abonnent à Odyssud parce qu’on s’y gare facilement, ceux qui fréquentent la Cave Po parce que la bière n’y est pas chère, ceux qui prennent des places au TNT pour voir qui y est, et à l’opéra pour y être vus. Et non contents d’être nombreux, ils sont bien plus heureux que les autres, parce que ce mode de sélection fait d’eux des spectateurs disposés à l’inattendu, et à l’abri des a priori. Ainsi avons-nous pioché dans le programme de novembre en considérant qu’il y a du bonheur à prendre partout, y compris dans la littérature allemande, l’acrobatie au sol, les adaptations casse-gueule de Proust et les chanteuses 1 grimées en squaw. – LABOURÉ PAR Sébastien VAISSIÈRE – MOIS

Mars, Matt, Mark

Depuis 2010, le Festival aérospatial Des étoiles et des ailes célèbre tout ce qui vole sous des formes aussi diverses que le cinéma, les conférences, les livres et la bande-dessinée. Un genre de grand raout de la culture aéronautique à la portée de tous. Cette année, on y débattra notamment des 60 ans de Spoutnik, du centenaire de Latécoère, et de la conquête de Mars. À noter la programmation ciné de haut vol avec l’étrange et longuet Le vent se lève de Myazaki, l’habile robinsonnade Seul sur Mars avec Matt Damon, et l’admirable adaptation du Petit Prince par Mark Osborne, projetée en présence du réalisateur. Et cerise sur la gâteau, une nuit du cinéma avec, ô vintage extase, trois salles de projection où tournera en boucle l’intégrale des épisodes de Cosmos 1999, Les Envahisseurs et Les Têtes brûlées. Festival aérospatial Des étoiles et des ailes, à la Cité de l’Espace, à Toulouse, les 10, 11 et 12 novembre

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TEMPS DE LECTURE


Santeuil était dans la tombe et regardait Caïn

À part le 110 mètres haies lacets défaits, rien n’est plus casse-gueule que l’adaptation de Proust au théâtre. Agathe Mélinand s’y essaie pourtant courageusement cette année, après dix ans de longs et boyaux services à la direction bicéphale du Théâtre National de Toulouse. Le spectacle, intitulé Enfance de Jean Santeuil, se veut « une approche en laboratoire » de Jean Santeuil, ce brouillon disloqué, parfois lumineux mais souvent pénible d'À la recherche du temps perdu. La démarche, à elle seule, nous semble mériter le détour et le prix du billet. D’autant que la chose arrive dans un contexte amusant, celui de la révélation, par le quotidien anglais The Guardian, du fait que Proust payait en douce les journalistes pour avoir de bonnes critiques. Les traditions se perdent, hélas.

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Enfance de Jean Santeuil par Agathe Mélinand au TNT du 15 novembre au 16 décembre

De Mystère trio, on aimait cette patte manouche et ce sens du swing incomparables qui ont fait branler du chef 18 ans durant des spectateurs de la France entière. Mais le groupe n’est plus, refondu désormais dans un quatuor de jazz fusion plus mature… plus pointu peut-être, intégrant deux anciens de Mystère trio (Laurent Meyer et Cyril Salvagnac), et deux nouveaux venus : Xavier Faro et Fabrice Camboulive. Les quatre hommes, réunis à l’enseigne de Tiptoe Combo (pour signifier leur intention d’intégrer le monde du jazz sur la pointe des pieds, à moins qu’il ne faille y voir un fétichisme de l’orteil), présentera son premier album « De l’autre côté » à Plaisance-du-Touch, avant de partir le défendre sur les routes. Tiptoe Combo, Espace Monestié à Plaisance du Touch le 10 novembre

© Celine Chariot

Talent pointe

TINA tourneurs

Comme il est acquis que la pensée dominante anesthésie le sens critique, les cinq comédiens du Raoul Collectif se sont mis en tête de réveiller la pensée, avec tout ce que leur jeunesse et leur belgitude charrient d’absurde, d’étincelant, de faussement insouciant et de grave. Dans Rumeur et petits jours, on assiste à la dernière d’une émission de radio déprogrammée par son diffuseur, parce que jugée inadaptée à l’époque, à son matérialisme, à sa religion économique et à son néolibéralisme. Époque synthétisée par l’acronyme TINA (There Is No Alternative), cher à Margareth Thatcher qui l’employa abondamment, dit la légende, pour justifier ses réformes. On ne ressortira pas de cette pièce inventive, ludique, critique et emballante, avec une proposition politique contradictoire, mais avec la conviction, déjà réjouissante, qu’elle est envisageable. Rumeur et petits jours -du Raoul Collectif – Festival Supernova au théâtre Sorano les 14 et 15 novembre à 20h30 BOUDULEMAG.COM _ 17


ALLONS-Y QUAND MÊME

SEPT RAISONS D'ALLER À

LA RÉUNION

QUAND ON A PEUR DES REQUINS

– PAR Maud

BENAKCHA –

Si la perspective de vous prendre les palmes dans un filet anti-requin ne vous fait pas frétiller, Boudu a trouvé sept bonnes raisons de vous rendre quand même sur l’île de la Réunion… en évitant soigneusement de trop s'approcher du rivage. TEMPS DE VOL 950 MIN

POUR L’OUVERTURE RELIGIEUSE

© Gaël Ayan

Après 15 heures de vol, l’envie de remercier Dieu, Allah et Shiva pour être arrivé en un seul morceau avec toutes ses valises est subite. Ni une ni deux, on s’engouffre dans un taxi. Quinze minutes plus tard, la capitale Saint-Denis, ses temples, ses églises et ses mosquées vous ouvrent leurs portes. Seul ou accompagné d’un guide. Temple tamoul, 261 rue du Maréchal-Leclerc

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La peur des requins n’interdit pas la fréquentation des plages de sable. Surtout lorsque c’est à La Rondavelle de Saint-Leu un dimanche, jour de concert gratuit. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, le lieu propose un apéritif local avec des samoussas et des sarcives, cette marinade de porc typique de l’île. 12 boulevard de la Compagnie des Indes, Saint-Leu

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POUR LE VERT MENTHOL DE SA FORÊT PRIMAIRE Peu touristique, cette randonnée dans la forêt de Bébour permet de découvrir une forêt primaire et prendre conscience de ce qu’est véritablement la biodiversité. Une randonnée tortueuse dans un magnifique fouillis végétal. Route Forestière 2, Bébour-Bélouve

© Thierry Payet

POUR LA MUSIQUE ET LES SARCIVES


POUR LA MAGIE DU CIRQUE

© Emmanuel Virin

Le cirque de Mafate n’est autre qu’un cœur de volcan délabré. Le lieu n’étant accessible qu’à pied, il faudra faire fonctionner ses gambettes. L’idéal est d’y rester deux à trois jours. Une occasion de rencontrer d’autres curieux de la nature dans les gîtes. Et petite astuce pour profiter d’une vue sans nuages : de novembre à mars, pointer le bout du nez avant 10 heures. Parking surveillé via le cirque de Salazie

POUR UNE LAVE STORY

© David et Audrey

POUR L’EAU DOUCE

© Judith Sipos

© Sébastien Conejero

L’éruption de lave de 2004 a laissé derrière elle des tunnels longs de deux kilomètres. Pour les découvrir, des visites guidées sont organisées dans les entrailles du Piton de la Fournaise. Visite extraordinaire et presque unique au monde. Seule l’île d’Hawaï possède de semblables improvisations de la nature. Compter deux à trois heures de visite. Route des laves RN2, entre Saint-Philippe et Sainte-Rose, au sud-est de l’île

Puisque les squales peuplent les étendues d’eau salée, mieux vaut faire trempette dans l’eau douce. Direction la cascade et le bassin des Aigrettes de Saint-Gilles. Après 115 minutes de marche, on profite sur place d’une eau claire et fraîche (voire très fraîche !) et d’un décor paradisiaque. Route de Saint-Gilles les Hauts, environ 500 m après le théâtre de plein air

POUR SE PLONGER DANS LES MARMITES Le marché couvert de Saint-Pierre est le carrefour de la gastronomie réunionnaise. Plus joli et moins cher que le marché de Saint-Denis, c’est un lieu privilégié pour faire ses courses avant les pique-niques tant appréciés des locaux. On peut aussi y trouver des paniers, paréos et autres grandes marmites. Rue Victor-le-Vigoureux, Saint-Pierre

Jusqu'à deux vols par jour vers Saint-Denis de la Réunion au départ de Toulouse avec Air France BOUDULEMAG.COM _ 19


OÙ L'ON A APPRIS

Qu’Airbus a des problèmes de grosse commission ·  qu’on

p eut p e i nd re u ne tomb e en ver t ·  que Hugo Clément, de TMC, porte des t-shirts recyclés  ·  qu’un escargot, ça remplace avantageusement une Barbie    qu’il ne fait pas bon être

· dubliné à

Cornebarrieu

qu’être ·Toulouse,

étudiant étranger à c’est pas forcément l’Auberge espagnole   que le plus important n’est pas que les étudiants étudient    que les

·

· ça reste

Stones sur une cassette pourrie, les Stones  que cultiver le tardif, c’est être en avance    que les singes possèdent un neurone sélectif dédié aux bananes  ·  que l’alternative à l’avion, c’est l’avion   ·  qu’il

·

·

·  qu’on peut attraper les visiteurs avec

vaut mieux écraser des vieux que des bébés

du vin aigre ·  que la guitare ça saoule, et que la batterie c’est trop cher  ·  que Patachou est difficile

à cuisiner ·  qu’on peut tomber in lave d’un volcan · qu’il existe des bars à tout, même à bijoux · que Boudu raconte des salades

Qu'apprendrez-vous dans le prochain numéro ? Réponse le 6 décembre.

Boudu 23 - novembre 2017  

Où l’on apprend qu’Airbus a des problèmes de grosse commission, que les singes possèdent un neurone sélectif dédié aux bananes, qu’être étud...