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Où l’on apprend que les Toulousains rient moins qu’avant, qu’on ne crève pas impunément l’œil d’un capitoul, que c’est à Toulouse qu’on boit le plus vieux vin du monde.

N°20

MAGAZINE TOULOUSAIN ACTUEL SPÉCIAL ÉTÉ conversation – p.48

Comment la greffe du jazz a pris à Marciac

OCCITANIE, THE PLACE TO BE p. 65

enquête – p.34

Mer vs océan Choisis ton camp

Le BOSS ARNAUD CHERUBIN

DE LA BRINGUE

p.42 Fabriqué à Toulouse

JUILLET-AOÛT 2017


- © Enka Parmur - alekleks / Tous droits réservés Région Occitanie / Pyrénées - Méditerranée

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BOUDU N° 20 – JUILLET-AOÛT 2017

SOMMAIRE BOUDU le magazine toulousain actuel, est édité par TRENTE&UN, société coopérative à capital variable, au capital de 48 150 €. RCS Toulouse n° 802388017. Siège social : 20, rue des Blanchers - 31000 Toulouse redaction@editions31.com Gérant et directeur de la publication : Jean Couderc.

Rédaction Rédacteur en chef : Jean Couderc Directeur artistique et photographe : Matthieu Sartre

WORK IN PROGRESS DANS L’ANTRE DES AS Pendant plusieurs mois, Boudu a suivi les 80 artistes de TAT Productions qui ont participé à la fabrication des As de la Jungle. Un rêve d’ado devenu réalité.

Chef d’édition : Sébastien Vaissière

VACANCES ATLANTIQUE/ MÉDITERRANÉE : LE MATCH

Réalisation graphique : Marylin Cayrac Journalistes : Sarah Jourdren et Julie Guérineau

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Correcteur : Noé Gaillard

Publicité

Responsable commercial : marc.brunel@editions31.com 06 86 15 01 75

Imprimé par SA Escourbiac (Graulhet). Tous droits de reproduction réservés. ISSN 2431 - 482X. CPPAP : 1118 D 92920

Cet été encore, l’écrasante majorité des Toulousains choisira de passer ses vacances sur le littoral. Reste à savoir lequel. Boudu ouvre le débat et la foire aux poncifs.

CONVERSATION AMÉJAZZMENT DU TERRITOIRE

Retrouvez nos offres abonnés p.81 Responsable abonnement : Sarah Jourdren. Contact : abonnement@editions31.com

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 48

«

40 ans après la première édition de Jazz in Marciac, rencontre avec son président-fondateur, Jean-Louis Guilhaumon. Un homme étonnant qui a fait du jazz un outil d’aménagement du territoire et un vecteur d’éducation.

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ENQUÊTE YANNICK GRABOT, gérant du bar Le Breughel

AFFICHER QU’ON AIDE LES ARTISTES, ET DONC INDIRECTEMENT LES BARS, ÇA N’EST PAS TRÈS VENDEUR POUR LES ÉLECTEURS.

»


BOUDU N° 20 – JUILLET-AOÛT 2017

SOMMAIRE actuel

LE FAIT p.7 PAROLES, PAROLES p.8 MICRO-ONDES p. 10 TRIBU p.16 VITE DIT p.18 FALLAIT L’INVENTER p.20

réel

EN COUV’ p. 24 LE BOSS Entre souvenirs de bringues, mariages et confessions intimes, Arnaud Chérubin feuillette un album de souvenirs où s’écrit un quart de siècle d’histoire personnelle, de la nuit et de Toulouse.

PORTRAIT p.54 JULIEN BARBAGALLO : ROCKEUR TROUBADOUR Avec le groupe de rock psychédélique australien Tame Impala, il électrise les plus grands festivals et rafle tous les prix. En solo, il œuvre pour faire rayonner la variété française à l’international.

INTERVIEW p.56 MOISSON DE BATTEURS Pour le premier festival FolieScénies, le musicien Damien Hervé s’est lancé un défi fou : rassembler 1 000 batteurs et les faire jouer ensemble lors d’un concert géant à Salies-du-Salat.

relax

L'AFFICHE p. 59 CULTURE INTENSIVE p. 60 DOSSIER TOURISME p. 65 OCCITANIE, THE PLACE TO BE Pour changer de décor pendant les vacances, inutile d’avaler des milliers de kilomètres. Il suffit de rester chez soi. Suivez le guide.

PARTIR UN JOUR p. 74 L'ADDITION p. 80 INTERVIEW p.82 À L'OMBRE p.84 CHRONIQUES p. 86 OBJO-THÉRAPIE p.88


ÉDITO

Artistes Les artistes sont partout dans ce numéro d’été de Boudu. On en croise des anonymes, comme les 1 000 batteurs à qui Damien Hervé a donné rendez-vous du côté de Saliesdu-Salat fin août pour un bœuf géant, et des plus renommés comme les grands jazzmen ou le batteur albigeois Julien Barbagallo, superstar du groupe australien Tame Impala. Sans oublier bien entendu les créateurs des As de la Jungle, que l’on n’hésite plus à qualifier d’artistes, tant il faut avoir du talent pour réaliser un film d’animation aussi réussi avec un si petit budget. Reste que pour leur permettre d’exercer leur art, et au public de les apprécier, les artistes ont besoin d’un catalyseur. Boudu a donné la parole à deux d’entre eux, Arnaud Chérubin et Jean-Louis Guilhaumon, sans qui les nuits toulousaines ne seraient pas ce qu’elles sont depuis 25 ans, et Marciac demeurerait un village endormi. Des facilitateurs d’émotions munis, comme le dit si bien le fondateur de Jazz in Marciac, de l’équipement nécessaire pour leur mission : deux oreilles et un cœur

PAR

JEAN COUDERC BOUDULEMAG.COM _ 7


STARRING PAR ORDRE D’APPARITION

Guy Pressenda – président de l’UMIH Alain Freyberge – directeur d’Apside Sud-Ouest Arnaud Chérubin – ambianceur Francis Grass – conseiller municipal Marc Slyper – président du GIP Cafés cultures Yannick Grabot – gérant du Breughel Edwin Budon – musicien Adam Shaw – gérant du Filochard Élodie Chenet – gérante d’Ô Boudu Pont Samia Djitli – gérante du GIP Jean-Jacques Bolzan – conseiller municipal Christophe Vidal – président Toulouse Nocturne Serge – membre de l’association Droit au sommeil Didier Chappaz – directeur général de Côtes Landes Nature Tourisme Jérôme Lay – directeur de l’OT du Seignanx Jean-Michel Solé – maire de Banyuls-sur-mer Julie Campana – chargée de mission tourisme et patrimoine au Grand Narbonne David Tran – responsable marketing OT de Hossegor Christiane Bonnat Delahaie – responsable communication CDT 64 Sophie Onieva – agent d’accueil à l’OT de Banyuls-sur-Mer. Yves Ugalde – adjoint au maire de Bayonne Éric Soreau – adjoint au maire de Saint-Jean-de-Luz Didier Codorniou – maire de Gruissan Yvan Cujious – auteur-compositeur-interprète Catherine Gay – directrice du développement de l’aéroport Toulouse-Blagnac Christophe Lèguevaques – avocat Pierre Cohen – ancien maire de Toulouse Alain di Crescenzo – président de la CCI d’Occitanie Sébastien Bournac – directeur du théâtre Sorano Jean-Michel Lattes – conseiller municipal Greg Lamazères – journaliste David Alaux – cofondateur de TAT Productions Jean-François Tosti – cofondateur de TAT Productions Laurent Houis – lead recherche graphique Benjamin Lagard – storyboarder Thibaut Lamouroux – lead modélisation accessoires et environnement Alexandre Jacquet – lead stéréoscopie Jean-Louis Guilhaumon – président-fondateur de Jazz in Marciac Julien Barbagallo - musicien Benjamin Caschera – fondateur du label Almost Musique Damien Hervé – musicien Philippe Braun – chef cuisinier Thomas Cabrol – caviste

Ont collaboré à ce numéro : Marine ANDRIEU, Matthieu BELLISARIO, Élodie BOMPA, Julien BOMPA, Paloma BRANCATO-PLANA, Marie DESRUMAUX, Marine GASC, Juliette MAS, Guillaume MONTARON Photo de couverture : Matthieu SARTRE


Actuel

PAROLES, PAROLES

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MICRO-ONDES

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TRIBU

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VITE DIT

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FALLAIT L'INVENTER

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adj. QUI A LIEU DANS LE MOMENT PRÉSENT

NOU

GAY ORK

Les médias, qui se voient déjà à Nougayork, l’ont rebaptisé « le Central Park à la toulousaine ». L’île du Ramier pourrait bientôt devenir le grand parc urbain qui manquait tant à la ville rose.

É

voqué par Jean-Luc Moudenc pendant sa campagne électorale en 2014, le projet d’aménagement de l’île du Ramier en grand parc en plein cœur de Toulouse ressort des cartons. Alors que les bulldozers réduisaient en gravats les restes du club Disco One, l’édile lançait le 20 juin la première concertation publique pour définir à quoi pourrait bien ressembler l’île une fois le Parc des Expositions délocalisé à Aussonne. Après une série de réunions organisées jusqu’en décembre, le projet définitif devrait être présenté courant 2019. Les premières projections évoquent la création d’un espace

?

naturel traversé par des pistes cyclables et des cheminements piétonniers, et parsemé d’installations sportives. Du Parc des Expos, détruit à partir de 2020, ne resterait qu’un hall, qui pourrait abriter la Cité de l’extrême, chère à Jean-Luc Moudenc. Un espace dédié aux Toulousains en mal de sensations fortes, avec fosse de plongée, murs d’escalade, canyoning et saut à l’élastique. Dès lors, il ne manquera plus que des dogsitters tirés par un troupeau de chiens en laisse, des parents faisant leur jogging matinal poussette dans une main et café Starbucks dans l’autre, et une poignée de gratte-ciels pour se croire, enfin, à Manhattan. BOUDULEMAG.COM _ 9


MICRO-ONDES L'actualité réchauffée

RAZ-DE-MARÉE Tous les députés sortants sont battus en Haute-Garonne au profit des candidats de La République en marche qui raflent tous les sièges, à l’exception de celui de la 8e circonscription, sauvé in extremis par le socialiste Joël Aviragnet.

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INSOLITES

MERCI Les graffeurs du collectif Latino Graff, de passage à Toulouse pendant une semaine, réalisent une fresque sous le pont de Bonnefoy, sur le thème de la « paix partout ». © PHOTO Matthieu SARTRE

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On apprend dans Medialot que trois élèves de terminale, qui venaient de refermer le coffre de leur véhicule avec les clefs à l’intérieur, se rendent au commissariat de Cahors afin qu’une patrouille d’intervention police secours les conduisent au lycée pour… passer le bac ! À Toulouse, un habitant du quartier du Château de l’Hers découvre dans sa boîte aux lettres une enveloppe contenant 1 000 euros en billets. Il la rapporte au commissariat.

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24 / 06

PSCHITT

PROMOTION L’ancienne adjointe de Pierre Cohen à la mairie de Toulouse, Nicole Belloubet, est nommée ministre de la Justice.

21 / 06

Le parquet de Toulouse requiert un non-lieu dans l’enquête sur la mort de Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive tirée par un gendarme à Sivens en octobre 2014. Au même moment, des retraités manifestent square Charlesde-Gaulle contre la fin de la gratuité dans les transports.

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INFLATION On apprend que la CPAM a versé plus de 195 millions d’euros d’indemnités journalières en 2016. Soit une augmentation de 5,6 % par rapport à l’année précédente.

COMPILÉ PAR

Jean COUDERC BOUDULEMAG.COM _ 17


Le BOSS – PROPOS RECUEILLIS PAR Jean

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COUDERC PHOTOGRAPHIE Matthieu SARTRE –


INTERVIEW

Le Carnaval, l’Ubu, l’Envol, la Compagnie Française, les Ténors… on ne compte plus les établissements ouverts, repris, transformés ou rendus cultes par Arnaud Chérubin. Depuis 20 ans, il n’a pas son pareil pour faire danser ces Toulousains qu’il connaît si bien, et offrir un décor à la hauteur de leur légendaire esprit festif. À l’approche de l’été, période idoine à la fête, Boudu a passé un moment au comptoir avec ce Toulousain pur jus, parti de (presque) rien et devenu en quelques années le patron de la nuit toulousaine. Entre souvenirs de bringue, mariages et confessions intimes, il feuillette un album souvenirs où se confondent un quart de siècle d’histoire personnelle, de la nuit et de Toulouse. TEMPS DE LECTURE

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MIN

Vous souvenez-vous de votre état d’esprit lorsque vous avez monté votre premier établissement, le Carnaval, en 1997 ? C’est ma première affaire en nom propre, mais l’aventure avait commencé quelques années plus tôt à l’Hallu, un bar monté par un pote du lycée dans lequel il m’avait installé en tant que responsable. C’était un rêve de potes qui se concrétisait. Tout le monde rêve de monter le bar des amis. N’importe quelle star aujourd’hui, De Niro par exemple, veut avoir son resto, son bar. C’est vraiment le rêve de tout mec. À l’époque, vous étiez pourtant à la fac… Oui, mais j’organisais déjà des soirées. J’ai eu un déclic. J’ai commencé à travailler pour France Loisirs parce que j’avais besoin d’argent. On nous déposait dans de petites villes autour de Toulouse, et on faisait du porte-à-porte pour vendre des encyclopédies. Au bout de dix jours, je me suis rendu compte que cela me mettait hyper mal à l’aise de sonner chez des gens, souvent des personnes âgées en manque de relations humaines, de rentrer dans leur intimité et de leur vendre des trucs dont ils n’avaient pas besoin. Ça m’a dégoûté. Je me suis dit que de toute ma vie, je ne voudrais pas exercer un métier où je forcerais des gens à consommer des produits dont ils n’ont pas envie. Et à l’Hallu, c’était tout l’opposé ! Les gens avaient la banane et étaient prêts à m’embrasser parce que je les servais en premier ! Cela voulait dire : laisse-moi te donner mon argent en premier ! J’ai trouvé ça fabuleux. Vous avez su tout de suite que vous étiez fait pour ça ? Oui. Déjà j’adore la musique, qui m’a bercé toute mon enfance, j’adore le mode festif. Mais c’est vraiment ce côté très positif qui m’a vite amené à me dire que je voulais faire ça. Te rendre compte que les gens te remercient à la fin de la soirée alors qu’ils ont dépensé de l’argent chez toi, c’est top. Et aujourd’hui encore. Le jour où ils ne me diront plus merci, j’arrêterai et je changerai de métier. Quand je vois le nombre de couples qui se sont formés dans mes établissements, le nombre de mariages auxquels j’ai été invité, vu qu’on était très proches de notre clientèle, qu’on présentait les gens, surtout au Carnaval, on faisait un peu partie de leur histoire. Les études n’ont donc pas fait le poids… En parallèle, j’étudiais les matrices en sciences éco où je ne voyais pas l’application dans la vie de tous les jours. Donc je me suis dit : soit tu te fais chier à étudier pour finir au mieux statisticien, soit tu t’éclates dans la nuit, milieu qui, lorsqu’il est bien géré, n’est pas malsain. Je n’ai pas hésité longtemps… Et vous avez vite fait votre trou… On est venu me chercher, quand j’étais à l’Hallu, pour monter une équipe et m’associer à la Scala, un établissement de la rue Bayard. Mais ça n’a duré BOUDULEMAG.COM _ 27


CASTAGNE

LE MATCH Atlantique - par La RÉDACTION -

© Emmy Martens / CDT 64


Méditerranée

L’écrasante majorité des Toulousains s’apprêtant à choisir une destination littorale pour y solder son compte de congés payés, quoi de plus normal que de s’amuser à comparer les atouts des côtes atlantique et méditerranéenne ? D’autant plus que la ville rose se trouve pratiquement à égale distance des deux rives. Comme les Toulousains font preuve d’une grande fidélité pour l’une ou l’autre, et méconnaissent généralement les attraits de l’« autre côté », Boudu s’est amusé à demander aux professionnels des deux littoraux de fourbir leurs armes et de mettre en avant leurs atouts pour séduire le chaland toulousain. © Laurent Lacombe / OT Banyuls


WORK IN PROGRESS

Dans l’antre Au collège, déjà, David Alaux et les frères Tosti (Éric et Jean-François) réalisaient des saynètes en pâte à modeler. Et rêvaient, sans oser y croire, de voir leurs créations projetées sur grand écran. 30 ans et un Emmy Award plus tard, le rêve est devenu réalité ; leur premier long métrage sort cet été en salle face aux dernières productions de Disney-Pixar et d’Universal, les mastodontes du secteur. Entre créativité, ruses, compromis, course contre la montre et guerre contre les machines, Boudu a suivi pendant plusieurs mois les 80 artistes de TAT qui ont participé à la fabrication des As de la Jungle. – PAR JuLie

GUÉRINEAU PHOTOGRAPHIE Matthieu SARTRE ILLUSTRATION TAT PRODUCTIONS –

TEMPS DE LECTURE 10 MIN

«O

n se disait que ce serait bien de faire un film quand on serait grands. Il en aura fallu de la patience ! » À quelques minutes de la toute première projection des As de la Jungle, David Alaux, minuscule face à la grande salle du Gaumont Wilson pleine à craquer, a la gorge serrée. Il y a un peu plus de 30 ans, il rencontrait au collège les frères jumeaux Éric et Jean-François Tosti. Ensemble, les trois ados passaient tout leur temps libre à donner vie à des personnages de pâte à modeler, en rêvant de cinéma. Aujourd’hui, TAT, leur studio toulousain créé en 2000, fait rayonner le film d’animation d’Occitanie jusqu’aux États-Unis. Et cet été, il sort son premier long-métrage, Les As de la Jungle, adaptation de la série télé qui a fait son succès dans le monde entier. Avec cette série d’animation, TAT s’est imposé ces dernières années comme l’un des studios français avec lesquels il fallait désormais compter. Diffusées depuis 2013 sur France 3, les aventures de Maurice le pingouin tigré et sa bande de super-justiciers ont séduit toute une génération, et se sont exportées en 40 langues dans près de 200 pays. Un succès récompensé par trois nominations et un prix aux

prestigieux Emmy Awards, l’équivalent américains des Oscars pour la télévision, dont le trophée longiligne trône fièrement dans le studio. Après avoir enchaîné pendant des années contrats de pubs et courts-métrages, les trois complices sentent qu’il tiennent, avec les As, leur ticket pour accéder enfin à leur rêve ultime : le cinéma. « On savait très bien qu’on ferait du cinéma un jour. C’était l’objectif dès la création de TAT », confie JeanFrançois Tosti. « Mais on est autodidactes, et on a vite compris qu’il était illusoire de penser qu’on pourrait travailler sur un long-métrage en sortant de nulle part. Le format de la série – à laquelle on a choisi dès le début de donner un son et une esthétique plus cinématographique que ce qui se fait ailleurs – était un moyen de démontrer de quoi on était capables. »

« LES AS ONT COÛTÉ 6 MILLIONS D’EUROS. CONCRÈTEMENT, C’EST 3 MINUTES D’UN PIXAR » Si le succès de la série a facilité la recherche de financements et de distributeur – le film est déjà vendu dans plus de 30 pays – TAT a dû composer avec un budget loin d’être hollywoodien. « Les As


des As

Synopsis : Épaulé par son armée de babouins, Igor, le koala diabolique, s’est juré de détruire la forêt. Pour la sauver, les As de la Jungle, une bande de justiciers menée par Maurice le pingouin tigré, vont devoir convaincre Les Fortiches, leurs prédécesseurs, de sortir de leur retraite pour leur prêter main forte. Les As de la Jungle. Au cinéma à partir du 26 juillet.

ÉPISODE 1

« Les As de la Jungle : Mission Museum », exposition au Museum de Toulouse, du 14 juillet 2017 au 17 juin 2018.

ont coûté six millions d’euros. Concrètement, c’est trois minutes d’un Pixar », souligne Jean-François Tosti. Pour l’équipe le challenge est d’autant plus relevé qu’en sortant en juillet, Les As se retrouvent en concurrence frontale avec des mastodontes de l’animation : les troisièmes volets de Moi, moche et méchant (Universal, 70 millions d’euros de budget) et Cars (Disney-Pixar, 180 millions d’euros). Au-delà d’un budget serré, les Toulousains ont aussi dû surmonter leur inexpérience en matière de longmétrage. Évaluation trop optimiste du calendrier, lenteur des serveurs informatiques : pendant près de deux ans, les 80 collaborateurs du studio ont dû courir contre la montre pour finir dans les temps un film à la hauteur de leurs ambitions. Après les avoir suivis pendant plusieurs mois, Boudu vous raconte les dessous de la fabrication des As de la Jungle.

Scénario : une intrigue sur un timbre poste

Les trois fondateurs de TAT ont dû se retrousser les manches pour passer de l’écriture d’épisodes de dix minutes pour la télé, à 93 minutes pour le cinéma. « Sur 1h30, si on ne se concentre que sur l’action, et qu’on n’arrive pas à intéresser les spectateurs aux personnages, ils s’ennuieront ». Prévoyants, David Alaux, Jean-François et Éric Tosti se sont « gardé des cartouches pour le cinéma dès l’écriture de la série ». « Omettant » ainsi d’évoquer à la télé la mère de Maurice, le pingouin tigré. Quoi de mieux pour créer de l’empathie que de faire se réconcilier l’anti-héros et sa mère, tigresse justicière retirée des affaires ? Jean-François Tosti en convient : « l’intrigue principale, très classique, tient, elle, sur un timbre poste ». Un méchant veut détruire la jungle, les As doivent l’en empêcher. Pendant neuf mois, le scénario passe d’un auteur à l’autre. « C’est un ping-pong permanent. Et on ne se fait pas de cadeau ! » Les trames narratives se tissent, s’enrichissent de nouveaux personnages, d’une pincée d’humour et d’un trait d’action. « On a tout rentré aux forceps avant de trouver un équilibre. »


CONVERSATION Quand vous parlez de Jazz in Marciac, vous semblez avoir du mal à dire « je » …  Ce n’est pas de la fausse modestie. C’est simplement que je suis un associatif. Je ne suis pas naïf, je sais que la communication et l’incarnation sont importantes, mais je reste plus à l’aise dans l’action, le groupe et le projet. À JIM, à la mairie ou au conseil régional, c’est la même chose. Et puis, ce qui compte, très franchement, ce n’est pas ce qu’on dit de soi, mais la trace qu’on laisse. Sans parler de tout ce qui nous échappe et joue un rôle prépondérant dans l’existence… à commencer par le hasard. Le hasard ? C’est le hasard qui m’a amené à Marciac ! Quand nous sommes sortis, mon épouse et moi, de l’École normale de Toulouse, nous avons été nommés dans deux établissements très éloignés : elle à Saramon, dans le Gers, et moi à Graulhet, dans le Tarn. Nous avons fait une nouvelle demande au rectorat, pour tenter de nous rapprocher l’un de l’autre. On nous a proposé deux postes dans le Gers : Aignan et Marciac. Nous n’avions jamais entendu parler du Gers, ni d’Aignan, ni de Marciac, mais nous avons accepté. Marciac nous a plu, nous y avons loué une petite maison, et c’est ainsi que tout à commencé. Il s’en est donc fallu de peu que ce soit à Graulhet que se réunisse, tous les étés, le gratin mondial du jazz ! J’aurais probablement, parce que c’est dans ma nature, essayé de donner corps à des projets de même nature à Graulhet. Mais je suis persuadé que le fait que Marciac soit une bastide offrait un terreau plus propice qu’ailleurs à l’enracinement de JIM. La bastide est un lieu où l’on est en proximité avec les gens, où l’on prend le temps de l’échange et du partage, où l’on est perméable aux autres et au monde. C’est un lieu pensé pour la rencontre. Celle de Marciac est extraordinaire de par sa forme, la manière dont elle a été conçue, et les coutumes dont elle a été dotée, qui en faisait, dès l’origine, une petite démocratie.

Au côté de Wynton Marsalis pour les 25 ans de JIM

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Comment l’idée d’un festival de jazz en plein Gers a-t-elle germée ? En arrivant à Marciac, je vivais une forme d’exil. J’étais un jeune professeur persuadé de son retour prochain à Toulouse. C’est alors que le maire, Gérard Toulouse, m’a proposé de mettre en œuvre, avec d’autres enseignants, un Foyer des jeunes et d’éducation populaire (FJEP). Cela correspondait bien à mon tempérament : j’ai toujours considéré que le cadre associatif était un prolongement naturel de la fonction d’enseignant. J’ai accepté, et cette décision a été une rupture dans ma vie. Avec mon épouse, nous sommes devenus des néo-ruraux, et nous avons succombé aux charmes de ce territoire. L’année suivante, le maire m’a encouragé à me présenter à ses côtés, en qualité de premier adjoint chargé du volet éducation et culture. En quoi ce Foyer des jeunes était-il une genèse de Jazz in Marciac ? Parce que nous avons commencé à changer le quotidien de notre village en y introduisant des activités culturelles et de loisirs qui n’existaient pas. En dehors de la fête locale, du bal de l’équipe de rugby et de celui des sapeurs-pompiers, il n’y avait rien. Et déjà, à propos du ciné-club, de la chorale ou du club photo, on nous disait : « Ça n’a aucune chance de réussir ici ». Pourtant… nous l’avons fait. C’était la première fois que nous faisions reculer, à notre petite échelle, les frontières de l’impossible. Était-ce un présage de la réussite de Jazz in Marciac ? Absolument. C’était la préfiguration de ce qui allait se passer. Il y avait déjà cette adhésion forte à un espoir de résilience, cette envie de résistance à l’avenir sombre auquel nous étions promis par les statistiques de l’Insee. Nous avons donc avancé sur cette lancée, jusqu’à l’arrivée à Marciac d’André Müller, un ancien instituteur venu de Saint-Leu-la-Forêt où il avait travaillé sur un festival. Nous nous sommes dits que, puisque nous avions un goût immodéré pour le jazz, nous pourrions faire naître une animation de qualité

Lucky Peterson improvise un concert gratuit sur la scène bis de Marciac en 2016. © Francis Vernhet


Gers - Hautes-pyrénées

FESTIVAL D’ASTRONOMIE À LA FERME DES ÉTOILES

Rendez-vous des passionnés du ciel toute l’année, la Ferme des étoiles organise en août le plus important festival d’astronomie d’Europe, en présence d’Hubert Reeves. www.fermedesetoiles.com

ARMAGNAC AU CHÂTEAU DE CASSAIGNE

LARRESSINGLE

Construit au xiiie siècle, le château est aussi intéressant pour son vieil alambic et son chai d’Armagnac que pour son histoire et son architecture. www.chateaudecassaigne.com

Posé au milieu des vignes, le petit village fortifié entoure une église-donjon. De l’autre côté des remparts, armés de catapultes et d’arbalètes, des passionnés reconstituent tout l’été un camp de siège.

MOTO AU CIRCUIT DE NOGARO

ÉTÉ PHOTOGRAPHIQUE DE LECTOURE

En août, les fans de moto ont rendez-vous au circuit de Nogaro. Au programme : rassemblement de vieilles bécanes et de Bugatti, et Coupe de France amateurs. www.circuit-nogaro.com

Tous les ans, l’Été photographique investit Lectoure pour mettre les arts visuels à l’honneur. Du 15 juillet au 24 septembre. www.centre-photo-lectoure.fr

LA ROMIEU

Avec sa collégiale classée au patrimoine mondial de l’Unesco, son arboretum, et son étrange tradition liée aux chats, La Romieu est l’un des villages les plus captivants du Gers.

© Marie Maurel de Maille, Sans titre, série « L'Estran », 2008

AUCH GROTTES DE BÉTHARRAM

À la frontière des Pyrénées-Atlantiques, les grottes de Bétharram sont parmi les plus belles d’Europe : 2,8 km de boyaux et de salles à parcourir à pied, en bateau, et en train. www.betharram.com

TARBES

ROADTRIP DANS LES VIGNES DE MADIRAN

Partez en voiture à la découverte des vignobles du Madiran en relevant des défis, GPS et smartphone en main. www.tourisme-adour-madiran.com

CHÂTEAU DE MAUVEZIN

Rénové par des passionnés, le château médiéval de Mauvezin offre une vue à couper le souffle sur les Pyrénées, et des animations sur le Moyen Âge le dimanche. www.mauvezin.ostau-bigordan.com

CONCERTS AU PIC DU MIDI

Dominant les Pyrénées, l’observatoire astronomique propose aussi des concerts en plein air, dont celui de Murray Head. Accès en téléphérique. www.picdumidi.com

68 _ BOUDULEMAG.COM © Félix Prat

RANDO ET THÉÂTRE AU CIRQUE DE GAVARNIE

Site naturel exceptionnel d’où jaillit la plus haute cascade de France, le cirque de Gavarnie est un terrain de jeu accessible à tous, du marcheur en herbe aux randonneurs les plus aguerris. Tous les étés, la compagnie du Théâtre Febus organise des représentations nocturnes au cœur de ce gigantesque théâtre naturel. Cette année : Dracula, prince des ombres. www.ete.gavarnie.com

TRAIL EN VAL D’AZUN

Déjà riche en sentiers de randonnée, le val d’Azun propose 12 nouveaux circuits de trail balisés de 3 à 45 km, recensés sur l’application gratuite Stations de trail.


GROTTE DU PECH MERLE

Avec ses peintures rupestres de 20 000 ans et ses concrétions, la grotte du Pech Merle est un trésor préhistorique et naturel. Réservation fortement conseillée. www.pechmerle.com

© C.Ory /Lot tourisme

Lot - Tarn-et-Garonne

BAIGNADE DANS LE CÉLÉ

Le Célé regorge d’espaces de baignade en eau naturelle. La petite plage près du pont de la D41, à Espagnac-Sainte-Eulalie, est l’une des plus calmes et des plus appréciées.

À LA RECHERCHE DE LA TRUFFE

Tous les mardis, la famille Boris organise une randonnée à la découverte du diamant noir dans ses truffières. Réservation obligatoire. www.la-ferme-des-sentiers-du-diamant-noir.com © D.Viet / Lot tourisme

© C.Ory / Lot tourisme

PLAGE AUX PTÉROSAURES

Sur 2 000 m2 de chantiers de fouilles abrités, la plage fossilisée de Crayssac porte les empreintes de ptérosaures passés par là il y a 150 millions d’années. Réservation obligatoire.

PATRIMOINE ET SINGES À ROCAMADOUR

Si on n’a plus besoin de vanter la beauté de ce village accroché à un piton rocheux, parcouru par des ruelles escarpées ponctuées de chapelles creusées dans la roche, on connaît moins ses… singes ! À proximité immédiate, vous pourrez vous promener au milieu des macaques de Barbarie à la Forêt des singes. Un parc qui participe à la réintroduction de ces primates dans leur milieu naturel africain. www.la-foret-des-singes.com

MUSÉE ZADKINE

Installé dans l’ancienne demeure d’Ossip Zadkine aux Arques, le musée présente de nombreuses oeuvres du sculpteur biélorusse. www.musees.lot.fr/mus-e-zadkine-1

MARCHÉ GOURMAND DE LAUZERTE Tous les jeudis soirs, les restaurateurs s’installent sur la place des Cornières, au cœur de la cité médiévale de Lauzerte, pour un repas en plein-air et en musique.

ABBAYE SAINTPIERRE DE MOISSAC

Achevé en 1100, le cloître de l’abbatiale de Moissac est le plus ancien au monde. Comme son tympan, il est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

BISTROT CONSTANT

© ADT82

BAIGNADE EN EAUX VIVES À LAGUÉPIE

À la confluence du Viaur et de l’Aveyron, la petite plage de Laguépie propose l’un des espaces de baignade naturelle les plus prisés du département. www.laguepie.fr

Pour goûter à la grande cuisine sans (trop) se ruiner, rendez-vous au Bistrot Constant, à Montech, au bord du canal latéral à la Garonne. www.maisonconstant.com/bistrot-constant

© ADT82

LES GORGES DE L’AVEYRON

À pied, à vélo, ou en kayak : les gorges de l’Aveyron raviront les sportifs amateurs de nature. De nombreuses activités sont proposées autour de Saint-Antonin-Noble-Val.

LE MUSÉE INGRES INVESTIT MONTAUBAN

Fermé pour travaux, le musée Ingres investit l’Ancien collège et La Chapelle pour permettre aux visiteurs d’admirer les œuvres du maître en attendant sa réouverture. © ADT82 BOUDULEMAG.COM _ 69


OBJO-THÉRAPIE L'impossible mission

En couple à la ville comme en studio, Élodie et Julien, architectes d’intérieur de formation, ont créé à Toulouse la marque de papeterie Say Cheese.

TOUS DEHORS ! – PAR ÉLODie ET

JuLien BOMPA –

Que vous soyez le roi du barbecue, de la sieste ou du jardinage, Boudu a sélectionné pour vous les objets incontournables pour passer l’été dehors en restant dans le vent.

Baby-foot en carton recyclé Kartoni One Trentotto, 14 rue Paul-Vidal 158 ,00 €

Matelas gonflable Sunnylife Matière Grise, 4 rue Genty-Magre 55,00 €

Affiche herbier Say Cheese Haut les mains, 8 rue Jules-Chalande 14,90 € (disponible jusqu'au 15/07)

Jar Gold x White L'appartement de Pénélope, 19 rue du Foubastard 6,00 €

Chilienne en chêne Habitat Habitat, 3 esplanade Compans-Cafarelli à partir de 75,00 €

Jeu de quilles en bois Mölkky Le passe temps, 30 rue des Lois 39,99 €

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Canotier en paille Chapoleone www.chapoleone.fr à partir de 159,00 €

Lampe nomade Ferbom (modèle Balad) Voltex, 102 quai de Tounis 68,00 €

Boîte à pique-nique Monbento L'idée - Objets à vivre, 21 rue des Puits-Clos 31,90 €


Tipi enfant Nobodinoz Le petit souk, 11 rue Baronie 139,95 €

Panier en osier brodé Maradji Carpe Diem Déco, 18 rue d'Astorg 70,00 €

Livre de recettes Plancha Mania Habiague, 44 rue d'Alsace-Lorraine 9,90 €

Radio waterproof Lexon Tata Roberta, 19 place Saint-Georges 65,00 €

TOUTES LES FRÉQUENCES RFM

Set de campeur Pendleton Tonsor & Cie, 31 rue Bouquières 65,00 €

3 pots à suspendre Zuperzozial Slow concept, 10 rue Sainte-Ursule 19,00 €


OÙ L'ON A APPRIS

LA MARQUE DE RECONNAISSANCE DE NOS PRODUITS

Que les Toulousains rient moins qu’avant · que Simone veille sur l’autoroute · que sans pluie, pas de foie gras · que plus on est, moins y’a

ne crève pas de couacs · qu’on impunément l’œil d’u n capitoul · qu’à trop écouter, on ne joue

unissons · · · NOS COULEURS ·

plus que Voulzy + le batteur de U2, ça fait Barbagallo que le mode avion permet

aux noyés de faire le mort

qu’y a pas que

Camille qui a le droit de se balader pieds nus les œufs de fourmi, c’est dégueulasse secret des As, c’est dans la Goyave

·

·

que

que le

qu’avec Deliveroo,

on ne peut plus défendre un manque de sel

·

que Blanche-

Neige est un conte d’anticipation · que le GIP c’est bon pour les cachets · qu’on peut sculpter la lumière avec le noir · que c’est à Toulouse, que l’on boit le plus vieux vin du monde

·

qu’à La Plage, il n’y a pas de sable

·

que l’extrême est cher à Moudenc ·

Qu'apprendrez-vous dans le prochain numéro ? Réponse le 6 septembre.

sud-de-france.com

toulouse.citiz.fr yea.citiz.fr

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Voitures en libre-service avec ou sans réservation

Boudu 20 - juillet-août 2017  

Où l'on apprend que les Toulousains rient moins qu'avant, qu'on ne crève pas impunément l'œil d'un capitoul, et que c'est à Toulouse qu'on b...

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