Page 1

Où l’on apprend qu’à Borderouge on s’énerve à la saison des amours, que l’on peut se retrouver en Andalousie en prenant la direction d’Albi, et que Victor Hugo est né à Toulouse.

N°39

MAGAZINE TOULOUSAIN ACTUEL Gilles Bertin – p.22

Serge Lopez – p.56

Le retour du braqueur punk

La touche flamenca de Bigflo & Oli

plus sauvage TOULOUSE

que vous le pensez

Fabriqué à Toulouse

MAI 2019


L'HOMME DU FUTUR

Bulletin à remplir et à envoyer par courrier postal à BOUDU au Lab'Oïkos, 32 rue Riquet, 31 000 Toulouse, accompagné d'un chèque de réglement à l'ordre des Éditions TRENTE&UN. Vous pouvez également vous abonner directement sur le site www.boudulemag.com

39€

FORMULE INTÉGRALE 1 an* d’abonnement à l’édition papier + l’accès illimité au site Internet www.boudulemag.com

au lieu de 49€50

29€

FORMULE ÉTUDIANTS La formule intégrale à prix doux (sur présentation d'un justificatif) Adresse de livraison

M.

FORMULE DÉCOUVERTE 6 mois d’abonnement à l’édition papier + l’accès illimité au site Internet www.boudulemag.com

FORMULE INTÉGRALE DE SOUTIEN

19€ au lieu de 22€50

50€

Date et signature

Mme. Nom

Prénom Adresse Code postal N° Tél

Ville E-mail

* 1 an = 10 numéros. **6 mois = 5 numéros. Abonnement sans engagement de durée pour 19, 29, 39 ou 50€ par an, selon la formule choisie. Offre réservée à la France métropolitaine dans la limite des stocks disponibles. Les conditions générales de vente et d'abonnement sont disponibles sur le site www.boudulemag.com Conformément à la législation en vigueur, vous disposez d'un droit d’opposition, d’accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant (loi « Informatique et Libertés » du 6 janvier 1978) que vous pouvez exercer auprès d’Éditions TRENTE&UN – 24, rue de la Sainte-Famille - 31 200 Toulouse ou abonnement@editions31.com Les informations recueillies sont nécessaires pour la mise en place et le suivi de votre abonnement. Elles font l’objet d’un traitement informatisé et sont destinées au Service abonnement d’Éditions TRENTE&UN. Sauf opposition de votre part à exercer auprès d’Éditions TRENTE&UN comme indiqué ci-dessus, ces informations sont à destination de notre fichier prospects/ clients et à des fins de prospection commerciale.


BOUDU N° 39 – MAI 2019

SOMMAIRE BOUDU le magazine toulousain actuel, est édité par TRENTE&UN, société coopérative à capital variable, au capital de 48 150 €.

CONVERSATION L’INVITÉ SURPRISE

Tour à tour prisonnier des geôles franquistes, directeur de camp de vacances dans les Pyrénées catalanes et président du Sénat, Jean-Pierre Bel a eu plusieurs vies. Aujourd’hui, ce Toulousain pur et dur hésite à partir à l’assaut du Capitole. Mais avant, il veut unifier les gauches. Vaste programme.

RCS Toulouse n° 802388017. Siège social : 24, rue de la Sainte-famille, 31200 Toulouse redaction@editions31.com Gérant et directeur de la publication  : Jean Couderc

Rédaction Rédacteur en chef  : Jean Couderc Chef d’édition : Sébastien Vaissière

48

Journaliste : Julie Guérineau

PORTRAIT CORDES ET ÂME

Direction artistique et graphisme : Clara Doineau

Grande figure du flamenco toulousain, Serge Lopez était jusqu’à présent connu des seuls mélomanes. Mais depuis son solo de guitare derrière Bigflo & Oli sur le plateau des Victoires de la musique, son public s’est élargi, et son horizon aussi.

Photographe : Rémi Benoit

Publicité Jean Couderc jean.couderc@editions31.com 06 16 23 64 52

Retrouvez nos offres abonnés p. 9 Service abonnement : abonnement@editions31.com

Imprimé par SA Escourbiac (Graulhet). Tous droits de reproduction réservés. ISSN 2431 - 482X CPPAP : 1123 D 92920

56

ANNIVERSAIRE VICTOR HUGO : TOULOUSE À LA FLEUR DE L’ÂGE

Il y a 200 ans ce mois-ci, l’Académie des Jeux Floraux remettait à un inconnu de 17 ans nommé Victor Hugo son prix de poésie le plus prestigieux. Les Toulousains sont ainsi les premiers à avoir reconnu son talent. Ça se fête, non ?

62 22

«

INTERVIEW « EN CAVALE, ON N’EST JAMAIS SOI-MÊME. »

J’AI TOUCHÉ 1,8 MILLION DE FRANCS. MAIS QUAND ON EST ARRIVÉ AU PORTUGAL, DEUX ANS APRÈS LE CASSE, IL NE RESTAIT PLUS GRAND-CHOSE. PEUT-ÊTRE 150 000 FRANCS. »

»

Gilles Bertin, braqueur punk repenti


BOUDU N° 39 – MAI 2019

SOMMAIRE Actuel LE FAIT p.7 PAROLES, PAROLES p.8 MICRO-ONDES p.10 POLITITWEET p.16 TRIBU p.18

Réel REPORTAGE p.28 JUNGLE URBAINE Par le truchement du botaniste Boris Presseq, Boudu se voit révéler la part sauvage de l’hyper-centre de Toulouse. Figuiers dans les gouttières, graminées surgies du bitume… un univers végétal passionnant bien qu’ignoré du passant.

PHOTO-LÉGENDE p.34 MÉGA FAUNE Boudu à la main, sortez et amusez-vous à reconnaître les animaux du ciel, des trottoirs, des égouts, des cours d’eaux et des jardins.

INTERVIEW p.40 BOUCHONS URBAINS Bien qu’amoureux des grands espaces, Julien Miot aime à pêcher en ville au milieu des klaxons, des joggeurs et de la pollution. Occupation qui réserve de bons moments et de belles prises.

REPORTAGE p.42 LES AVENTURIERS DU SENTIER OUBLIÉ À Borderouge, au milieu des immeubles, le Museum de Toulouse a réservé 3 hectares à la vie sauvage, qui alimentent la faune, la flore, et les fantasmes.

Relax L’AFFICHE p.61 AGENDA CULTURE p.66 L’ART ET LAMAZÈRES Dans la jungle touffue de l’offre culturelle toulousaine, Greg Lamazères débroussaille pour nous un chemin subjectif.

L’ADDITION p.72 ALLEZ-Y QUAND MÊME p.74 OBJO-THÉRAPIE p.76 TENDANCE p.77


ÉDITO

Schizophrène La nature est le sujet du moment. Il suffit, pour s’en convaincre, de voir les nombreuses initiatives vertes prises ces derniers mois par le maire de Toulouse, en particulier les mesures favorisant la végétalisation de la ville et la création de cinq grands parcs dans la Métropole. Où est le problème me direz-vous ? Nulle part... sinon qu’à la lecture du dossier que nous consacrons ce moisci à la part sauvage de notre ville, on comprend qu’il y a nature… et nature. Qu’y apprend-t-on ? Que le sauvage est bien plus présent en ville qu’on pourrait l’imaginer. Nul besoin, en effet, de parcourir des kilomètres pour admirer la faune et la flore. Il suffit de sortir de chez soi et de poser un regard attentif sur ce qui nous entoure. Sauf que la nature, quand elle s’exprime sans garde-fou, peut entrer en concurrence avec l’Homme. Et que ce dernier n’est pas toujours enclin à lui laisser de la place, surtout en milieu urbain. « La biodiversité est devenue un mot très à la mode mais les gens préfèrent que ce ne soit pas près de chez eux », observe Olivier Puertas, responsable des Jardins du Museum, qui s’attache, à Borderouge, à préserver un îlot de biodiversité autant qu’à rééduquer l’œil des visiteurs. Vaste chantier que celui de vouloir réconcilier deux mondes habitués depuis si longtemps à se tourner le dos  

PAR

JEAN COUDERC BOUDULEMAG.COM _ 5


MICRO-ONDES L'actualité réchauffée

16/04 SOLIDARITÉ La Ville de Toulouse (et la Métropole) et le département de la HauteGaronne annoncent qu’ils vont faire voter une subvention d’un million d’euros chacun pour aider à la reconstruction de Notre-Dame de Paris. La Région Occitanie annonce quant à elle une aide d’1,5 million d’euros.

6 _ BOUDULEMAG.COM

17

L’AMI RICORÉ Des petitsdéjeuners gratuits sont distribués à partir d’aujourd’hui dans les écoles des quartiers en difficulté dans huit académies test, dont celle de Toulouse.

19

TENDANCE Le premier sondage IFOP-Cnews réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 608 Toulousains, place le maire sortant Jean-Luc Moudenc en tête au premier tour des municipales avec 36 % des suffrages, loin devant Claude Raynal (PS-PC) à 15 %, Antoine Maurice (Archipel citoyen-EELV) 14 %, et Jean-Christophe Sellin (La France Insoumise) 11 %.


23 20

20

TENDU Plusieurs milliers de personnes manifestent dans les rues de Toulouse à l’occasion de l’acte XXII des gilets jaunes. © Photo Rémi BENOIT

RARE Un Château Petrus 2007 est vendu 1560 euros lors d’une vente aux enchères de grands crus au Crédit municipal de Toulouse.

INTELLIGENT Un gilet jaune de 69 ans est déféré devant le parquet de Montauban pour avoir collé sur sa camionnette le slogan « Flic suicidé à moitié pardonné ».

COMPILÉ PAR

Jean COUDERC


EN COUV'

8 _ BOUDULEMAG.COM


sauvage TOULOUSE

La ville, c’est minéral, rectiligne, tantôt trop froid, tantôt trop chaud, pollué, bruyant, puant. Bref, a priori tout sauf propice à l’épanouissement de la nature sauvage. Pourtant, dans les

anfractuosités du bitume, les gouttières, le sommet des platanes, et même au milieu de résidences flambant neuves, la nature se fait une place. Elle se glisse dans les interstices, se perche sur nos toits, investit nos jardins. Spontanément. Sans l’aide de quiconque, et même plutôt malgré l’Homme.

Alors ce mois-ci, Boudu est parti à la découverte de cette nature étonnamment foisonnante qui s’épanouit sur nos trottoirs et

chasse dans nos rues, en compagnie de ceux qui protègent ce petit élan de vie sauvage. L’occasion d’en apprendre beaucoup sur notre rapport à la nature, à la propreté, à l’ordre et à l’entretien. Et de se

rendre compte, aussi, qu’en ville, les êtres vivants les plus sauvages ne sont pas forcément ceux auxquels on pense. TEMPS DE LECTURE 30 MIN

BOUDULEMAG.COM _ 9


JUNGLE URBAINE Quand on pense « trottoirs », on pense plus volontiers « crottes de chiens » que « biodiversité ». Pourtant les rues toulousaines regorgent de centaines d’espèces de plantes, souvent comestibles, qui constituent un formidable garde-manger pour la faune. Nous avons arpenté les trottoirs du Busca avec Boris Presseq, botaniste au Museum de Toulouse, pour partir à la découverte de cette flore méconnue. - par Julie GUÉRINEAU photographie Rémi BENOIT -

10 _ BOUDULEMAG.COM


EN COUV'

D'

un geste délicat, Boris Presseq détache la longue graine d’une petite plante à fleurs roses qui, lentement, se met à s’enrouler en tire-bouchon au creux de sa main. Stratégie redoutable pour s’enfoncer profondément dans le sol. « C’est un spécimen fabuleux pour intéresser les enfants à la nature ! », sourit-il. Pour trouver ce bec-de-grue si fascinant, pas besoin d’arpenter la campagne. C’est au milieu d’un carrefour passant, sur un petit terre-plein planté de tilleuls à deux pas du Jardin des Plantes, que le botaniste du Museum l’a déniché en quelques secondes. Depuis 2004, Boris Presseq dresse un inventaire des plantes qui poussent en ville à Toulouse et a participé à l’élaboration d’un herbier de la flore urbaine locale. En ce rare après-midi ensoleillé d’avril, il nous emmène à la découverte d’une flore étonnamment variée. Arbres, herbes, mousses, graminées, plantes grasses, fougères, palmiers, lianes et plantes aquatiques : plus de 800 espèces végétales ont déjà été recensées à Toulouse. Elle se plaisent dans le bitume et les bouches d’égouts, au pied des murs, dans nos gouttières et sur nos toits. Même si on les arrache, on les coupe, on les piétine ou on les pulvérise. Et tous les ans, de nouvelles espèces se fraient un chemin dans nos rues. Des espèces endémiques transportées par le vent ou les oiseaux, potagères ou horticoles issues de graines échappées des potagers et jardins environnants, ou des spécimens plus exotiques, tombés des bas de pantalons où elles s’étaient solidement accrochées lors de vos dernières vacances à l’autre bout du monde. L'origine de certaines plantes reste d’ailleurs encore inconnue. « La nature est passionnante, qu’on l’observe sur une île vierge ou en ville », sourit Boris Presseq, qui met un point d’honneur à réapprendre aux Toulousains à être attentifs et sensibles à ces plantes qui « pimentent la monotonie de nos trajets quotidiens ». Cet après-midi-là, veste bleue imperméable sur le dos, chaussures confortables aux pieds et canif en poche, le botaniste nous fait explorer les trottoirs

du Busca, propices à la flore urbaine. « Il y a dans ce quartier des espaces un peu oubliés, voire protégés par les habitants, alors que dans l’hypercentre, les voiries sont méticuleusement entretenues. » Et la moindre herbe folle rapidement éradiquée. Il n’aura pas fallu marcher longtemps dans les petites rues coquettes pour que les premières plantes sauvages surgissent dans les anfractuosités du bitume. Une jeune pousse de figuier, fine tige parsemée de larges feuilles, s’est installée là, au pied d’une descente de gouttière. Le figuier est sûrement l’espèce la plus emblématique de la flore spontanée toulousaine. Dispersées par les oiseaux, ses graines se nichent dans les moindres recoins où elles donnent, en germant, de robustes petites pousses. Au point de résister aux coupes régulières des agents les plus zélés, et de s’épanouir dans les endroits a priori les plus hostiles. Le plus grand figuier « sauvage » connu à Toulouse pousse ainsi depuis des années dans une gouttière entre deux immeubles mitoyens de la Grande-rue-Saint-Nicolas. S’il fait partie des plus visibles, le figuier est loin d’être le seul à conquérir nos trottoirs. Quelques mètres plus loin, au pied d’une rangée de petits immeubles tranquilles, l’oxalis (comestible et acidulée) et ses feuilles aux faux airs de trèfle côtoient, sur quelques dizaines de centimètres, des pousses de laiteron maraîcher (comestible, efficace contre les maux d’estomac et les infections urinaires), des tiges aériennes de pâturin, et les petites fleurs délicates de la sabline à feuille de serpolet, « typique des milieux perturbés et très prisée des moineaux ». La preuve que, loin d’être un milieu stérile et hostile à toute forme de vie sau-

vage, les murs et trottoirs ont tout pour plaire aux plantes. Les pieds de gouttières en métal sont particulièrement fertiles grâce à la condensation qui ruisselle le long des descentes de toit, même lorsqu’il fait chaud. Le calcaire contenu dans le ciment des murs, et les plaques en fer qui se désagrègent, regorgent aussi de nutriments essentiels au développement des végétaux.

« QUAND ON CRÉÉ UN ESPACE VERT EN VILLE, ON PLANTE UN PAYSAGE QU’ON NE VEUT PAS VOIR CHANGER. » Sans compter le coup de pouce des chiens qui, en arrosant régulièrement le pied des murs, enrichissent le sol en azote, très prisé par de nombreuses plantes. D’ailleurs certaines d’entre elles, particulièrement friandes de calcaire et de chaleur, préfèrent la ville à la campagne. Comme cette petite cymbalaire des murs – ou plus poétiquement « ruines de Rome » – qui s’agrippe aux BOUDULEMAG.COM _ 11


EN COUV'

Méga faune Nichée dans les murs, les parcs et jardins, les friches, les cours d’eau, et sur les coteaux, voire dans les greniers, Toulouse grouille d’une faune très variée mais mal connue parce que souvent invisible. De la chouette à l’écrevisse en passant par la couleuvre, le hérisson, la chauve-souris et le brochet, de nombreuses espèces trouvent en ville le gîte, le couvert, la sécurité et la chaleur. « Le milieu urbain n'est ni plus riche, ni plus pauvre que la campagne, il est différent », souligne Pierre Dalous, conservateur au Museum de Toulouse et fin ornithologue. « La biodiversité s’adapte au milieu qu’on lui laisse. D’ailleurs, je suis bien plus inquiet pour la biodiversité à la campagne, à cause de l’utilisation des sols et des pratiques agricoles (terres mises à nu entre deux cultures, traitements phytosanitaires...). » Pour certains insectes notamment, le milieu urbain, où de moins en moins de pesticides sont répandus, est même moins hostile que la campagne. Mais tout n’est pas rose pour autant. La faute à une cohabitation parfois difficile avec des habitants inquiets et mal informés. Ou à la difficulté pour certains mammifères de circuler en ville faute de lien entre les différents espaces verts ou à cause de la destruction des couloirs de végétation le long des berges lors des travaux de réfection. Sans compter l’interventionnisme de l’Homme, obnubilé par l’entretien. « On ne sait pas ne rien faire, laisser la nature en l’état. Alors par exemple, on enlève pour des raisons d'esthétisme, les troncs morts en bord de Garonne qui sont pourtant propices à certains poissons et insectes, déplore Pierre Dalous. Si seulement les gens savaient regarder, et retrouvaient leur curiosité, ils verraient des choses magnifiques. » Pour commencer à s’initier à la beauté et la diversité de la faune locale, Boudu a concoté avec Pierre Dalous, Olivier Plasseraud (directeur de la Fédération départementale de pêche et de protection du milieu aquatique de la Haute-Garonne) et Laurent Barthe (Naturaliste responsable du pôle biodiversité de l’association Nature En Occitanie) une sélection d’oiseaux, insectes, mammifères, poissons, reptiles et batraciens qui ont fait des jardins, voies d’eau et rues de Toulouse leur terrain de jeu. - par Julie GUÉRINEAU -

12 _ BOUDULEMAG.COM


9

1

7 8 2 6

3

Les oiseaux 1. Martin-pêcheur d’Europe

4

Posé sur un mur ou un poteau à l’affût des poissons, cet oiseau pêcheur fond sur sa proie en un éclair bleu. Où le voir ? Au bord des eaux calmes claires et peu profondes, comme près de l’écluse SaintMichel.

2. Roitelet triple bandeau

Chanteur infatigable, cet oiseau, parmi les plus petits d’Europe, émet des sons si aigus qu’ils ne sont pas perceptibles à toutes les oreilles humaines. Où le voir ? Dans les espaces verts en ville.

3. Petit-duc Scops

5

Ce minuscule hibou au « tiou tiou » caractéristique apprécie les murs de briques qui restituent la nuit la chaleur emmagasinée en journée. Où le voir ? Dans le quartier des Salins, dans les cours arborées et protégées, et au Jardin des Plantes.

4. Faucon crécerelle Toutes les photos © Pierre Dalous sauf 3 © Imran Shah

Ce petit oiseau de proie chasse insectes, rongeurs, serpents, grenouilles, lézards et oiseaux. Où le voir ? En vol stationnaire au-dessus des zones en friche ou des chantiers.

5. Pic épeiche

Accroché aux troncs, il déloge son casse-croûte d’insectes à coups de bec. Où le voir ? Au jardin du Barry, près de Purpan.

6. Étourneau sansonnet

On le savait généreux en déjections, mais l’étourneau est aussi un très bon imitateur, capable de reproduire le chant d’autres oiseaux. Où les voir ? Alignés sur les fils électriques, et dans les arbres près du Pont-Neuf.

7. Héron cendré

Très patient, il peut rester à l’affût de ses proies, immobile, les pattes dans l’eau, pendant des heures. Où le voir ? Autour de l’îlot SaintMichel, depuis la prairie des Filtres.

8. Rouge-gorge familier

Les mâles de cette espèce très commune en ville sont très agressifs envers leurs congénères en dehors des périodes de reproduction. Où le voir ? Dans les parcs, jardins, et près des habitats. Il est plus facilement observable en hiver.

9. Grimpereau des jardins

Le plumage de ce petit oiseau qui grimpe par saccades se confond avec les troncs lorsqu’il est immobile. Où le voir ? Sur le tronc des arbres, notamment au Jardin des plantes. BOUDULEMAG.COM _ 13


L'HOMME DU FUTUR

L’invité surprise JEAN-PIERRE BEL TEMPS DE LECTURE

14 _ BOUDULEMAG.COM

15

MIN


CONVERSATION

Depuis quelques mois, on murmure qu’il pourrait conduire la liste du Parti socialiste, voire d’une union de la gauche, pour les prochaines élections municipales à Toulouse. Pourtant, Jean-Pierre Bel a beau avoir été le premier président de gauche du Sénat, l’ancien maire de Lavelanet ne jouit pas, sur les bords de la Garonne, d’une immense popularité. Pour ne pas être pris en défaut, Boudu est allé à la rencontre de ce spécialiste de l’Amérique latine, amateur de randonnées et de bon vin, qui caresse le rêve de réunir toutes les gauches avant de partir à l’assaut du Capitole. propos recueillis par Jean COUDERC et Sébastien VAISSIÈRE photographie Rémi BENOIT

Êtes-vous candidat à la mairie de Toulouse ? C’est encore trop tôt pour vous répondre. Mais il est vrai que j’y songe. J’ai d’abord cru que je pourrais me prononcer assez rapidement, avant fin 2018. Et puis je me suis aperçu que ce n’était pas si simple. Je suis sûr de vouloir voir triompher la gauche. La question est de savoir jusqu’où je dois aller pour que cela arrive. Vous aviez annoncé, à la fin de votre mandat de président du Sénat, renoncer à toute fonction élective. Pourquoi avoir changé d’avis ? J’avais dit que je passerais à autre chose, et c’est ce que j’ai fait. Sauf qu’il y a Toulouse. Et que Toulouse, pour moi, c’est particulier. Par ailleurs, sans l’avoir vraiment souhaité, mon nom a été avancé pour les élections municipales. J’ai été d’abord un peu étonné puis très rapidement intéressé. Pourquoi ? J’ai toujours considéré que cette ville était la mienne. Je n’ai pas passé une semaine de ma vie sans aller à Toulouse. Et quand on est de Toulouse, on s’en souvient et on y revient ! Ce que je voudrais, c’est que cette ville soit en adéquation avec son potentiel. Racontez-nous votre enfance toulousaine… J’ai grandi dans la cité d’Empalot, qui venait d’être construite. Je suis donc allé à l’école maternelle rue Achille-Viadieu. Puis j’ai fait ma scolarité dans le quartier jusqu’au lycée Berthelot. L’immeuble que j’habitais était rempli d’Espagnols. Les odeurs, c’étaient celles de paëlla, et la musique du flamenco. On se recevait beaucoup. La cité, à l’époque, c’était extraordinaire. Il y avait un vrai lien social.

À quoi ressemblait votre famille ? Elle était très politisée. Ma culture familiale est totalement liée aux grèves ouvrières du Tarn et au combat de Jaurès. J’ai eu des ancêtres glorieux, en particulier une arrièregrand-mère qui a participé à la création de la coopérative ouvrière d’Albi et aux grèves de Carmaux. Cela crée un atavisme profond qui vous prédestine.

« MOI, J’ÉTAIS PLUS CHE GUEVARA QUE BREJNEV ! » Et vos parents ? J’ai eu la chance de naître dans une famille de résistants. Ma mère était employée des PTT, et mon père commercial.  Entré dans la résistance par les réseaux FTP-MOI, il était devenu communiste. Comme il créait une section syndicale partout où il arrivait, il se faisait virer très rapidement. Heureusement, dans ces cas-là, il allait travailler avec son frère qui était chef de chantier aux grands travaux de Marseille. Pour nous, les périodes où il était au chômage étaient plutôt angoissantes. Mais nous vivions une existence très heureuse, avec beaucoup de solidarité. C’était une période où le PC BOUDULEMAG.COM _ 15


La meilleure façon de soutenir la presse indÊpendante, c'est de s'abonner. rendez-vous sur

BOUDULEMAG.COM


ANNIVERSAIRE

p. 62

Relax -

AGENDA

p. 66

-

L'ADDITION

p. 72

-

ALLEZ-Y

p. 74

-

OBJO-THÉRAPIE

p. 76

-

TENDANCE

p. 77

© Rémi Benoit

adj. REPOSANT, CALME, DÉTENDU, À L’AISE

ALUNISSONS

L'AFFICHE

On embarque dans un véhicule lunaire à travers les vitres duquel apparaît un paysage de cratères sélénites et de dômes habités. Lune II, jusqu’à fin 2019 à la Cité de l’Espace

Puisque 16 % des Français ne croient pas que l’Homme a marché sur la Lune (sondage Ifop), on pourrait penser la nouvelle expo de la Cité de l’Espace réservée aux 84 % qui restent. Que nenni. Lune II, qui s’inscrit dans l’Année Lune bâtie autour du cinquantenaire de la mission Apollo 11, fait autant appel à l’imaginaire qu’à la science, à la simulation qu’au palpable, à la prospective qu’à la rétrospective. Inaugurée fin avril, l’exposition était très attendue, notamment en vertu du succès jamais démenti du simulateur de gravité lunaire, attraction phare de l’expo permanente aussi célèbre pour ses sensations fortes que pour son interminable file d’attente. Cette fois encore, c’est un simulateur qui fera le succès de

l’expo. On y embarque dans un véhicule lunaire à travers les vitres duquel apparaît un paysage de cratères sélénites et de dômes habités. La Lune, en somme, comme la connaîtront les voyageurs de demain en transit pour Mars. Car c’est, en définitive, la douce promesse que nous fait la Cité de l’Espace : celle d’une lune devenue « station-service des missions spatiales », comme se plaît à le dire l’astronaute Jean-François Clervoy. L’autre promesse, plus proche, est l’arrivée au cœur de l’expo, le 21 juillet 2019, d’une réplique grandeur nature du module lunaire à bord duquel Armstrong et Aldrin alunirent le 21 juillet 1969. Une curiosité à ne pas manquer, qui passionnera à l’unisson les 16 %… et les 84 % qui restent   BOUDULEMAG.COM _ 17


OBJO-THÉRAPIE L'impossible mission

En couple à la ville comme en studio, Élodie et Julien, architectes d’intérieur de formation, ont créé à Toulouse la marque de papeterie Say Cheese.

AS DE LA JUNGLE Fait à

ULO

U

T

O

SE

Explorer la jungle, être le premier à fouler des terres encore vierges, vivre la vie de bivouac, ça vous fait rêver. Mais tout bien réfléchi, vous aimeriez autant le faire sans animaux qui mordent, piquent et grattent, en dormant dans un lit douillet, et avec un accès au câble pour ne pas rater le dernier épisode de votre série. Ça tombe bien, Boudu vous a sélectionné de quoi donner un air de jungle à votre intérieur, sans la moiteur ni les risques de morsure. – PAR Élodie ET Julien BOMPA –

Lot de sets de table feuilles Bensimon Home, 8 bis rue de la Trinité 26 €

Coussin Leaf Ferm Living Pure Deco, 111 avenue Camille Pujol 69 €

Décoration murale en carton recyclé Slow Concept, 10 rue Sainte-Ursule 14,50 €

Housse d'ordinateur léopard Trait, 3 rue Saint-Pantaléon 52 €

Plat de service en bois, Habitat, 3 esplanade Compans-Caffarelli 22,90 €

Fait à

Cartes de papier peint à assembler L’Interprète, 15 rue Sainte-Ursule à partir de 79,50 € 18 _ BOUDULEMAG.COM

Valise d'explorateur de la nature Nature & Découvertes, 64 rue de la Pomme 36,78 €

ULO

U

T

O

SE

Carnet Say Cheese x Bazar d'Alger www.say-cheese.fr 9 €

Boucles d'oreilles par Ripisylvia Kaqoty et les squaws, 24 rue Sainte-Ursule 40 € (aussi disponible sur ripisylvia.com)


TENDANCE

C'EST NOUVEAU, C'EST TOUT BEAU 43 rue d’Alsace Lorraine

– REPÉRÉ PAR

Fruits d’uPassion

uPassion

Bocage

www.upassion.fr

© DR

© DR

Vous rêvez de devenir un as du cocktail ou de la madeleine, d’apprendre à piloter, à coudre ou jouer de la guitare ? La plateforme uPassion, créée par deux frères toulousains, recense les cours et activités proposées dans la ville par des particuliers ou des entreprises, et permet de s’inscrire en un clic.

Dans Toulouse à vélo

Chaussures à louer

Avec le retour des beaux jours, la Maison du Vélo reprend ses visites guidées de Toulouse à bicyclette : de la petite balade en centre-ville à la découverte du grand Toulouse en vélo électrique. Le tout agrémenté de commentaires et d’anecdotes historiques croustillantes. Un corps sain dans un esprit sain en somme.

Changer régulièrement de chaussures tout en réduisant son impact sur l’environnement… Pour résoudre cette équation a priori impossible, des boutiques Bocage, comme celle de la rue d’Alsace-Lorraine, proposent des abonnements mensuels qui permettent de changer de chaussures tous les deux mois. Les paires utilisées sont reconditionnées en usine et revendues à prix réduit.

La Maison du vélo maisonduvelotoulouse.com

© La maison du vélo

© Occaz Store

17 rue des Battants, 31140 Saint-Alban Occaz Store

BOUDU –

Espace Vanel, 1 allée Jacques Chaban-Delmas

© DR

Rooftop by French in Berlin

Bonne Occaz Vous vendriez bien vos vieilleries mais vous n’avez aucune intention de faire le pied de grue tout un dimanche sous la pluie ? À Saint-Alban, au nord de Toulouse, le magasin Occaz Store propose des stands à la location pour une ou plusieurs semaines. Il suffit d’y déposer ses affaires et, une fois la location terminée, d’encaisser la recette et récupérer les éventuels invendus.

Marengo électro C’est certainement l’une des plus belles vues sur Toulouse. Jusqu’en octobre, l’espace Vanel, installé au sommet de l’arche Marengo, accueille, un soir par mois, une soirée électro organisée par The Berlin Insider. Au menu, techno melodic et electro ethnic, vin, champagne, fromage, charcuteries, et coucher de soleil sur la ville. Les prochaines soirées sont prévues les 17 mai, 8 juin et 5 juillet, de 19h à 1h du matin (sur réservation). BOUDULEMAG.COM _ 19


OÙ L'ON A APPRIS

Que Bigflo & Oli ont cassé

l’ambiance gangsta ·  que les

plantes en doivent une belle aux chiens ·   qu’il y a des crapauds féministes ·   que les citadins considèrent  

les plantes comme du mobilier urbain  qu’on croise des gens bien en prison   qu’on se fout d’avoir faim quand on a 20 ans    qu’à Borderouge on s’énerve à la saison des amours  ·  que bien mal

·

·

·

acquis ne profite vraiment jamais ·  que

·  qu’aux Carmes, on n’a peur de rien  ·  que Victor Hugo est né à Toulouse ·  qu’une omelette bien roulée n’est pas à la portée de tout le monde ·  qu’en

Toulouse a besoin de surprises

cuisine, le piège, c’est Jean-François ·  qu’on n’a jamais autant parlé de la place Wilson ·  que l’on peut se retrouver en Andalousie en prenant la direction d’Albi  · que l’argent est une preuve d’amour · qu’au château de Merville il y a plus de

graphistes que de jardiniers · qu’on peut réconcilier pipi et graminées  · que la genette a

 

une jolie figure · qu’on peut déposer une plainte contre les grenouilles · que les perruches font du co-dodo · que Saint Sauveur ne sauve pas les sangliers · que le bicamérisme est essentiel · que les pêcheurs

 

ne vont pas au bord du canal que pour les poissons · qu’on doit le roquefort à un amant oublieux · que les délinquants ne

pensent qu’à l’instant présent · que quand on dit ni gauche, ni droite, ça veut dire droite · que l’habitude tue l’exceptionnel ·  et que l’on ne peut pas mentir en racontant rien

Qu'apprendrez-vous dans le prochain numéro ? Réponse le 5 juin.

Profile for BOUDU Magazine

BOUDU 39 - MAI 2019  

Où l’on apprend qu’à Borderouge on s’énerve à la saison des amours, que l’on peut se retrouver en Andalousie en prenant la direction d’Albi,...

BOUDU 39 - MAI 2019  

Où l’on apprend qu’à Borderouge on s’énerve à la saison des amours, que l’on peut se retrouver en Andalousie en prenant la direction d’Albi,...

Advertisement