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GRAVÉ DANS LE FER Les forges wallonnes et les Wallons

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Gravé dans le fer, les forges wallonnes et les Wallons est publié par Vallonbruk i Uppland 2010. La brochure a été produite grâce à la contribution de la préfecture du département d’Uppsala. Édition : 800 ex. Adresse : Vallonbruk i Uppland Case 86, 748 22 Österbybruk Tél. 0295-202 20 kansli@vallonbruken.nu vallonbruken.nu Rédactrice et éditrice : Åsa Hofring kansli@vallonbruken.nu Examen des faits : Eva Wrede, chargée de culture Un grand merci à tous les intermédiaires de l’histoire de Vallonbruken (les forges wallonnes) qui ont contribué à la brochure ! Eva Wrede : La force de la roche, De la montagne puissance, Forges wallonnes et forgerons wallons, Forge dite de Lancashire, Depuis les boulets de canon jusqu’aux barres de fer, Le patron était sévère mais juste. Isabel Larruy-Bergqvist : Fer et chemins de fer, L’ange de Wattholma-Angel, un signe du ciel, Lars Petter Lundgren, Comment vivait l’épouse du forgeron ?, Nourriture et argent, Une ferme modèle – M. Lundevall en Västland, Les écoles dans les villages de forges. Eva-Lotta Lund : La meule du charbonnier, Noir comme du charbon. Mary Ann Olarsbo : Un magnifique jambon dans les archives du bruk de Leufsta. Ulrika Borger Dåderman : La famille de Geer. Gunnar Thollander : La maison des veuves d’Anna Johannas. Olle F Ringenson : Mystère de la Saint-Jean 1913. Tobo Museiförening : Ferme modèle – Bœufs à Tobo. Josephina Wesström Juhlin : Architecture de jardin à Lövstabruk. Kicki Lidén : Les Wallons et le calvinisme. Les autres articles ont été pris dans la littérature sur les forges wallonnes. Certains articles proviennent d’entretiens ou d’études dans le livre « Järnbruksminnen » (souvenirs des usines sidérurgiques) conservé dans les archives du musée nordique. Nous ne sommes pas responsables des erreurs d’interprétation. Illustrations : Les images proviennent principalement des archives d’images des forges wallonnes en Uppland. Si le photographe est connu, nous citons son nom dans le texte. Les auteurs et les dates des photographies en noir et blanc sont inconnus. Couverture : Leif Högström. Conception graphique : Åsa Hofring. Pressage 2 : Tierps Tryckeri

Page n °. Contenu 4-5 La force de la roche. 6

La forge wallonne et le forgeage wallon.

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La forge de Lancashire

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Depuis les boulets de canon jusqu’aux

barres de fer.

10 La meule du charbonnier. 11 Noir comme du charbon. 12-13 Un magnifique jambon dans les archives

du bruk de Leufsta.

14 Comment était la vie de l’épouse du forgeron ? 16-17 La famille de Geer. 18-19 « La maison des veuves » d’Anna Johanna. 20 Le patron était sévère, mais juste. 22 Mystère de la Saint-Jean 1913. 24 Le fer et les chemins de fer. 26 Nourriture et argent. 27 Ferme modèle. Tobo et Västland. 28 L’ange de Wattholma, un signe du ciel ? 29 Vièle à clavier (nyckelharpa).

Lars Petter Lundgren.

30-31 Jardins, parcs et orangeries. 32-33 Architecture de jardin à Lövstabruk. 34 Les écoles dans les villages de forge (bruk). 36 Les titres et les forgerons. 37 Les Wallons et le calvinisme. Les églises. 38-41 Les villages de forges en Uppland. 42 Association des villages de forges en Uppland. 43 Carte.


Cette brochure est un aperçu du mode de vie dans les villages de forges et est destinée aux personnes qui souhaitent connaître notre héritage culturel unique.

Nous avons décidé de laisser les experts actuels des villages de forges vous servir de guides, qui sont des employés au sein d’organisations culturelles, dans les entreprises ou dans les sociétés d’histoire locale et de partager leurs histoires avec vous. Nous remercions Isabel Larruy-Bergqvist qui nous a beaucoup aidée et qui, dans le cadre de ses études à l’Université d’Uppsala, a pu consacrer plusieurs heures pour trouver matière à écrire des articles intéressants. Nous sommes reconnaissants à la préfecture du département d’Uppsala qui a considéré ce projet comme une priorité en nous apportant les moyens de produire la brochure. Et quelle tâche passionnante nous avons entreprise ; décrire les situations, les destins humains et les événements historiques qui ont contribué à créer le succès financier de l’ensemble du pays ! La brochure est une base pour les généalogistes, les historiens locaux et les visiteurs et permet de se faire ses propres opinions et d’effectuer ses propres recherches pouvant s’insérer dans l’immense puzzle de l’histoire des villages de forges wallonnes. Bonne lecture ! Vallonbruk i Uppland Österbybruk octobre 2010

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LA FORCE DE LA ROCHE « Si on regarde dans le terrible puits profond, on trouve çà et là sur les parois noires des entrées encore plus sombres vers des cavernes labyrinthiques qui sont gardées en hiver par d’immenses glaçons pointus. Dans certaines de ces cavités, les flammes surgissent, allumées pour fragiliser la roche. Ces essaims humains dans les profondeurs travaillent comme des fourmis. Une cloche sonne et la scène évolue rapidement. C’est le moment du repas et les nombreuses barriques qui étaient auparavant remplies de minerai, s’élèvent des profondeurs avec leur charge humaine. Un certain nombre d’hommes, de femmes et d’enfants, debout par trois sur le bord de chaque tonneau, se laissent soulever à la verticale sans aucune crainte du danger qui guette... » (Les mines de Dannemora décrites par le visiteur Georg Hartwig en 1863.)

Photo : Eva Wrede

Les mines de Dannemora ont toujours attiré les visiteurs. Les rois et les propriétaires des mines y accueillaient leurs invités qui venaient de tous les coins du monde. Voici quelques personnages célèbres qui ont visité la mine : le roi Gustave III, le roi Gustav IV Adolf, le duc Carl, le roi Carl Johan XIV, l’empereur du Brésil Pedro II et le Prince héritier Oscar avec le grand-duc Alexandre ainsi que la princesse Victoria. Carl von Linné a étudié les minéraux, la faune et la flore à Dannemora en 1729. Il connaissait également Charles de Geer et a également visité plusieurs forges. Voici la description de Carl von Linné lors de sa visite à Dannemora :

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« J’étais descendu à 100 coudées dans la mine et je cherchais des pierres. J’en ai pris autant que je pouvais transporter. À Dannemora, j’ai vu la machine de Triewald dont la puissance est si grande que la mine et les maisons en tremblent. Non loin de là, j’ai vu Österbybruk où se trouvait le marteau. Quel travail ! » Les logements des mineurs Gustav Vasa a embauché un spécialiste technique d’Allemagne au 16e siècle. Les mineurs qui travaillaient étaient libres et vivaient dans de simples cabanes près des mines. Des bâtiments plus solides ont rapidement vu le jour formant un village autour des

mines. Les mineurs avaient leur propre parcelle de terre et bénéficiaient de deux semaines de vacances par an pour recueillir la nourriture pour leurs animaux. Au 19e siècle, des logements ont été construits sur le bassin minier, des maisons appelées « stöphus » à cause de leur mur en terre et chaux, et ensuite des bâtiments plus grands comprenant huit appartements par maison. Paiement comptant et en nature Les mineurs travaillaient de 5 heures du matin jusqu’à 18 heures. Les horaires de travail étaient marqués par le son des cloches. Les travail commençaient par un temps de prière et les mineurs


avaient deux pauses d’une heure pour manger. Le salaire était habituellement versé en espèces et en nature. Ce système a duré jusqu’au 19e siècle où il a alors été remplacé par un salaire en espèces. Les femmes et les hommes touchaient le même salaire, mais le salaire des femmes était versé au nom du mari. Tronc pour les pauvres et pension Lorsque le travailleur ne pouvait plus travailler à la mine, la société minière lui versait une pension. L’Arrêté royal sur les troncs pour les pauvres indiquait que tous les responsables de l’exploitation minière donneraient une partie de leur salaire au tronc, un fonds spécial pour les nécessiteux. Les travailleurs âgés et blessés pouvaient également bénéficier de travaux allégés pour subvenir à leurs besoins. Ce travail pourrait consister à reprendre les messages, signifiant qu’ils devaient répéter un ordre venant du fond de la mine pour la transmettre au niveau supérieur. Si un travailleur homme tombait malade, son épouse pouvait prendre sa place. Les femmes dans la mine Les femmes, les hommes et les enfants travaillaient dans la mine. Vers 1860 toutefois, le nombre de femmes avait diminué. Le travail à la mine est ensuite devenu un emploi à temps plein que l’on ne pouvait plus associer à d’autres travaux. La loi de 1900 mit fin au travail des femmes et des jeunes dans les activités industrielles. Ainsi, les femmes, les filles et les garçons âgés de moins de 14 ne pouvaient plus travailler sous terre ni dans les carrières. Cette loi resta en vigueur jusqu’en 1970. Pendant de nombreuses années, la législation avait empêché les femmes de suivre les formations d’ingénieur puisque

cette activité nécessitait de travailler sous terre. Les compétences requises désormais concernent notamment la capacité de gérer les équipements techniques compliqués et l’endurance psychique nécessaire pour ces tâches. La technique et les mentalités ont changé, ce qui signifie que les femmes sont revenues à la mine. Les femmes sont cependant toujours une minorité. Ressources naturelles Le minerai de fer, la forêt et l’eau, les ressources naturelles étaient la condition sine qua non pour l’industrie du fer soit présent dans le nord de l’Uppland. Il y avait beaucoup de mines et de carrières, en particulier de fer et de calcaire, mais également. Avant et pendant le Moyen-Âge, on exploitait les mines à Dannemora. Les mines de Ramhäll, de Vigelsbo, de Herrängsfältet et de la région de Vattholma ont eu un impact significatif, mais sont moins connues que celle de Dannemora. Aujourd'hui, de nombreux puits sont remplis d’eau et entourés de hautes clôtures. Ils apparaissent dans les bois et renferment d’énormes cavernes. L’exploitation minière à Dannemora a été fermée en 1992 à cause de la baisse des prix mondiaux, même si on considérait qu’il restait 24 millions de tonnes de minerai. L’intérêt pour l’industrie minière est revenu après près de 15 ans et en 2005, l’entreprise Dannemora Mineral AB a été fondée et a repris l’exploitation. Le minerai de Dannemora est spécial On a découvert très tôt que le minerai de Dannemora contenait seulement de petites quantités de phosphore et de soufre, ce qui était un avantage pour l’industrie du fer. Le minerai était riche en calcaire et formait un laitier léger dans le haut fourneau. Gustav Vasa a formé, avec

des sidérurgistes allemands, une compagnie minière en 1545. La production de fer a commencé à Österbybruk et à Vattholma à l’aide d’une main-d’œuvre importée d’Allemagne. La compagnie a fait faillite et le Royaume en a repris possession. Avec l’émergence de la superpuissance suédoise, le régime avait besoin d’encore plus de fer. De nouvelles forges furent construites par les commerçants sous la direction de Louis de Geer. Le droit d’exploitation de la mine était partagé entre les usines et différents quotas ont été établis. On avait peur de la diminution des gisements miniers et seules les forges d’Uppland ainsi que Gysinge, Iggesund et Ljusne avaient le droit d’extraire le minerai en 1702 à Dannemora. Ces règles furent établies par le Bergskollegium. Le minerai fut longtemps extrait à l’aide de la méthode dite du dépilage au feu où un feu servait à creuser la roche. En 1730, on a tenté pour la première fois une explosion dans une mine. Dans la région minière à Dannemora, on a construit au début du 18e siècle la première machine à vapeur en Suède, la machine à feu et à air de Mårten Triewald, qui a été utilisée pour pomper l’eau hors de la mine. Mais elle n’a été utilisée que pendant quelques années. La technique était complexe et la conception n’était pas très bonne. L’exploitation minière souterraine a commencé dans la seconde moitié du 19e siècle. Au XXe siècle, le minerai de fer était envoyé entre autres à Borlänge et Oxelösund, mais aussi à l’étranger, en Allemagne et en Finlande. Dannemora aujourd'hui Dannemora suscite encore aujourd'hui l’intérêt du visiteur. Des visites guidées sont organisées sur l’exploitation minière et vous trouverez plus de 500 échantillons de minerai dans le musée.

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Le marteau d’Österbybruk en activité. Photo : Birgitta Nyman.

La forge wallonne d’Österbybruk. Aquarelle : Elias Martin, 18e siècle

LA FORGE WALLONNE et le FORGERON WALLON La forge wallonne est une méthode de production pour le fer malléable. L’homme d’affaires et industriel Louis de Geer (1587-1652) a introduit la forge wallonne dans en Suède. Le produit final est devenu le fer en barres qui a été exporté. Au cours du 19e siècle, la forge wallonne a été progressivement remplacée par d’autres méthodes. Dans le haut fourneau, le fer est extrait du minerai Le minerai de fer était transporte des mines de Dannemora vers les hauts fourneaux. Certaines villages de forges avaient des hauts fourneaux et des forges sur le même lieu. ailleurs, le haut fourneau a été construit à plusieurs dizaines de kilomètres afin d’avoir accès à la forêt pour le charbon de bois. Le minerai était grillé pour éliminer le soufre et faciliter la réduction (bocarder) du minerai en morceaux. Le charbon de bois et le minerai étaient transportés dans des charrettes jusqu'en haut du haut fourneau (le gueulard du haut fourneau) et le haut fourneau était rempli entre 14 et 18 fois par jour. Avec l’aide de soufflets de bois, on soufflait de l’air dans

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le fourneau pour élever la chaleur. Dans le processus, la fonte liquide de forme (fer en gueuse) avec une couche de laitier. La fonte liquide obtenu s’écoule dans des moules de sable pour durcir et former ce qu’on appelle une gueuse qui faisaient entre 3 et 4 mètres de long et pesaient environ une tonne. Le laitier, le résidu du minerai, était dirigé vers une autre sortie du haut fourneau et pouvait être moulé à son tour. Deux foyers dans la forge wallonne La forge wallonne nécessite de travailler avec deux foyers ouverts (le foyer de fusion et le foyer d’affinage) par opposition à la méthode allemande et à la méthode du Lancashire. Les travailleurs ont été divisés en deux équipes, celle de la fusion et celle de l’affinage, ce qui signifiait que les forgerons devenaient spécialisés dans différentes parties de la production. La gueuse était introduite dans le foyer de fusion par une ouverture dans la paroi extérieure du fourneau. La teneur en carbone dans la gueuse était d’environ 4 %, rendant le fer cassant. Pour abaisser la teneur en

carbone et obtenir une fonte malléable, la gueuse était progressivement fondue en loupes. L’important apport en air (par le soufflet) dans le foyer de fusion transforme le carbone en gaz. Les loupes sont rassemblées pour former une pièce qui est transférée au foyer à étirer. Le martelage et l’étirage se faisaient à l’aide d’un marteau activé par une roue à eau. Pour terminer, la barre de fer était marquée avec l’étampe de la forge. La pesée à Stockholm Les barres de fer étaient stockés dans des hangars près des forges, en attendant les conditions hivernales pour le transport vers les entrepôts sur la côte. Les entrepôts les mieux préservés aujourd’hui se trouvent le long de la côte d’Uppland, à Ängskär et à Harg. Mais les barres de fer d’Österbybruk par exemple, étaient stockées à Kallerö. La dernière forge wallonne dans l’Uppland était Ånghammaren à Österbybruk qui n’a fermé qu’en 1943.


La forge dite de Lancashire à Karlholmsbruk est l’une des mieux préservées en Suède. Photo sur cette page : Eva-Lotta Lund.

Forge du Lancashire La méthode du Lancashire pour la production de barres de fer a commencé dans le Lancashire en Angleterre et a été introduite en Suède en 1829-30 par le directeur de l’association des producteurs d’acier, Jernkontoret, Gustaf Ekman. Il a réalisé les avantages de la méthode, car il s’intéressait aux inventions économes en énergie. Avant de fondre la gueuse était chauffée dans le foyer du four pendant que l’air du soufflet était réchauffé dans la cheminée. La fusion avait lieu dans un foyer couvert avec du charbon comme combustible. La consommation de charbon

a diminué et la combustion du fer s’est réduite avec cette méthode. La fonte était fusionnée puis divisée en plusieurs lots. Pour forger ou laminer les lots en barres de fer, il fallait les réchauffer. Gustaf Ekman a inventé à un nouveau haut fourneau à charbon en 1845. Il était alimenté par un générateur au charbon ou au gaz de bois. Le réchauffement (le soudage) était très efficace et la consommation de charbon a diminué. On procédait de plus en plus au laminage et les forges s’associaient aux activités de laminage.

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DES BOULETS DE CANON AUX BARRES DE FER Les ressorts en acier sont produits à l’usine d’Älvkarleö.

Sous le règne de Gustav Vasa au 16e siècle, des experts techniques allemands ont été embauchés en Suède et la fabrication de matériel de guerre telle que les boulets de Canon, a commencé. L’essor de l’industrie naissante de fer est venu au début du 17e siècle quand Louis de Geer a repris l’exploitation puis par la suite, celle de plusieurs villages de forges d’Uppland. Il recruta des forgerons, des charbonniers et d’autres professionnels talentueux de la Wallonie et ils produisirent des barres de fer. Les travailleurs sont arrivés avec de nouvelles méthodes pour forger et réaliser le charbon de bois.

Une étampe qui servit de marque de commerce Il n’y avait pas seulement la famille de Geer qui a commencé les activités industrielles dans l’Uppland. L’homme d’affaire Peter Rochet, la famille De Besche et Welam Vervier sont venus pour fonder plusieurs villages de forges. Les forges wallonnes dans l’Uppland, le minerai des mines de Dannemora, le charbon de bois en provenance des forêts suédoises et l’énergie des cours d’eau ont permis de créer une impressionnante industrie qui dominait le commerce mondial. Le produit fini des forges de l’Uppland était la barre de fer, estampillée de sa propre marque. Étampe garantissant la qualité des barres de fer et qui servit de marque de fabrique.

Une gueuse est soulevée dans le haut fourneau de Tobo.

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Exportation vers les industries internationales Le fer wallon était chargé au départ à Öregrund pour être acheminé vers le port de Stockholm pour ensuite être exporté. La renommée du fer fut ainsi faite et il était recherché à l’étranger sous le nom de « fer d’Oregrund ». Il était connu à l’international pour sa qualité et coûtait cher. Les barres de fer étaient transformées en ancre de navire, en ressort, en couteaux, en faux, en clôtures et en menottes. Les exportations étaient principalement destinaient à l’Angleterre et à la Hollande et a pris sa part dans le trafic d’esclaves des puissances coloniales. La forge wallonne s’est développée avec succès pendant près de trois siècles. Et pourtant seul 10 à 15 % du montant total des barres de fer suédoises étaient produits en Uppland. Au cours du 19e siècle, de nouvelles techniques se sont développées et la forge wallonne s’est révélée être beaucoup trop inefficace. La tradition industrielle dans les usines Au début du 20e siècle, la plupart des usines d’Uppland avaient été fermées. Sur certains sites, l’industrie métallurgique a poursuivi son développement jusqu’à aujourd’hui, notamment à Söderfors et à Österbybruk. Aujourd'hui, nous y fabriquons de l’acier rapide (Erasteel à Söderfors) et des moulages en acier inoxydable (Österby Marine). En 1950, Sandvik a établi une partie de sa production de métaux dure à Gimo.


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La meule du charbonnier Photos sur les deux pages : Eva-Lotta Lund

Le travail du charbonnier était épuisant. Au printemps, il fallait couper du bois et partiellement l’écorcer pour ensuite être séché au cours de l’été. À l’automne, le bois est transporté vers l’endroit où la meule sera construite.

meules allumées en même temps. Lors de la carbonisation en forêt, on accumulait environ 100 mètres cubes de bois de chauffage pour la meule ; pour les lieux avec plusieurs meules, on accumulait 300 mètres cubes et plus.

La carbonisation en forêt et les meules Lors de la carbonisation en forêt, les meules étaient assemblées tout près du bois. S’il y avait plus de 500 mètres entre le lieu de ramassage du bois et la meule, on construisait souvent une nouvelle meule. Sur le site de certaines forges, on trouvait de nombreuses

Le charbonnier vivait dans une cabane Une fois la meule allumée et que le processus du charbonnage commencé, il fallait environ trois semaines pour la carbonisation de la meule. Puis, il refroidissait avant le démontage de la meule et le transport du charbon vers la forge.

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Afin de surveiller la meule, le charbonnier vivait dans une cabane ou hutte près de la meule. Il devait rester à proximité pour surveiller la meule en permanence. Il dormait peu pendant ces semaines. S’il dormait trop longtemps, la meule risquait d’exploser. Le charbonnier devait rester aux aguets et ne pas froisser les lutins et les esprits perturbés par l’activité de la meule. Les superstitions et les légendes liées au charbonnage étaient très répandues.


La meule avant de recouvrir le bois de poussière de charbon.

Les crêpes à la viande sont très appréciées après une journée de travail.

NOIR COMME LE CHARBON Nous pensons que la carbonisation a commencé en Suède il y a 6 à 8 000 ans, lorsque l’extraction des métaux a commencé. La plus ancienne méthode connue de production de charbon de bois est le four souterrain, la meule de charbon de bois est arrivée bien plus tard. La carbonisation est vraiment devenue une activité vers l’an 1000, basée alors sur la limonite ou le fer des marais et un bas fourneau primitif. (Le fourneau est une méthode pour débarrasser le fer des sous-produits en ajoutant de l’oxygène). Le premier type de meule en Suède fut sans doute la meule empilée, qui entra probablement en usage durant le haut Moyen-Âge. Au cours du 17e siècle, les Wallons ont introduit la meule. La demande a évolué au cours des siècles. La demande de charbon de bois a rapidement augmenté au 16e et 17e siècles, conjointement avec le développement de l’industrie du fer. À la fin du 19e siècle, l’utilisation du charbon s’est progressivement arrêtée. De nouvelles méthodes de fonte ont été mises au point à l’aide du coke et du pétrole notamment. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la demande de fer est passée à la vitesse supérieure et les voitures roulaient au gazogène au

charbon et le charbon a rempli un nouveau rôle. Au milieu des années 1950, la fabrication du charbon est passée à son niveau le plus faible. Au cours d’une demi-décennie, l’activité charbonnière qui durait depuis plus de 2000 ans a entièrement disparu. Le charbon étaie transporté par des traîneaux en hiver Pour produire une tonne de barres de fer, il fallait trois tonnes de minerai et six tonnes de charbon. Le charbon était nécessaire pour fondre le minerai dans les hauts fourneaux, mais aussi pour le marteau. Les forges recevaient une lettre royale qui leur accordait le droit d’acheter le charbon de bois dans une certaine région. Cela signifiait que les agriculteurs dans cette région ne devaient que vendre du charbon à une certaine forge. Un acheminement au-delà de vingt kilomètres était devenu trop cher, surtout parce que le charbon était secoué pendant le voyage et était donc de moins bonne qualité. Le transport avait lieu l’hiver en traîneaux en branches de saule tressé. Pénurie de forêt près de la forge Les forêts près des forges ont souffert. À la fin du 17e et au début du 18e siècle, le manque de bois

pour charbon a fait que les propriétaires de forges ont commencé la construction de hauts fourneaux en dehors de la forge en elle-même et dans certains cas, bien plus au nord dans des régions très boisées. Avec l’augmentation de la demande de sciage, les forges ont été concurrencées par les scieries, et on utilisait les chutes et les bois d’éclaircissage pour la carbonisation. La forêt qui était trop jeune, ou non adaptée au sciage, pouvait également être utilisée. Les arbres de 3 à 4 cm et plus pouvaient être carbonisés.. La carbonisation a lieu aujourd'hui Aujourd'hui en Suède, on carbonise encore, mais sur échelle moindre. La carbonisation suscite un intérêt de nos jours et des formations sont organisées dans plusieurs régions. Il n’est pas rare que des meules soient allumées et que l’on déguste des crêpes à la viande lors des fêtes de village et autres. La visite d’une charbonnière est un voyage dans le passé d’il y a 150 ans. Le charbonnier au visage noirci où seuls les yeux et les dents sont encore visibles, s’occupe de la meule, tandis que de la fumée sort de la cheminée, rappelle fortement le passé.

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Un magnifique jambon

DANS LES ARCHIVES DE LA FORGE DE LEUFSTA À Lövstabruk, il y a d’importantes archives historiques en provenance de la plupart des forges dans la région minière de Dannemora, appelée aujourd’hui Vallonbruken. Elles ont en commun d’avoir toutes appartenu par la famille de Geer ou par la société Gimo-Österbybruks AB. Les documents conservés dans les archives à Leufsta sont aussi utiles pour la généalogie que pour l’histoire locale. Le propriétaire de la forge et les employés Parmi les documents, il y a des registres très intéressants dans lesquels on trouve des informations sur les relations économiques entre chaque travailleur et la direction de la forge. On y retrouve les informations sur le personnel ainsi que les agriculteurs qui ont livré du charbon et qui ont travaillé à la journée et fait du transport pour la forge. Dans les livres des comptes, vous trouverez des informations sur les frais et les revenus, selon les différentes catégories telles que : la fabrication de l’acier, la construction, l’élevage, l’agriculture, la gestion sylvicole et les coûts sociaux. Il y a des inventaires, des listes de paye, de recensement et de primes. Les archives contiennent également beaucoup de documents juridiques concernant l’eau, les barrages, les conflits fonciers, les biens immobiliers et un grand nombre de cartes et de dessins. Les lettres dans les archives Dans les archives, on trouve

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plusieurs collections de lettres de Söderfors, où le gestionnaire Johan Schedins écrivait quotidiennement au patron Claes Grill en 1752 et qui donne un bon aperçu du fonctionnement de la forge. Dans la collection, il y a aussi quelques lettres de Carl von Linné. C’est un honneur de pouvoir lire une lettre originale de Gustaf III au Baron Lillienberg à la forge de Gimo, tout comme des documents signés par la reine Christina de Suède, Charles IX de Suède, Oscar I et autres membres de la royauté. Les curiosités Parmi les curiosités qui ont été préservées, on trouve un livre de cuisine du 18e siècle du manoir Gimo avec 371 recettes. Quelle source d’inspiration pour les chefs cuisiniers d’aujourd’hui ! ! Sur la page suivante, vous pouvez découvrir une recette intitulée « un magnifique jambon ». On y découvre également une lettre décrivant plusieurs suggestions pour les armoiries de la famille Le Febure. Le registre de l’impôt sur les marteaux de 1749 constitue un véritable trésor avec les étampes des barres de fer des forges de Suède et de Finlande ainsi que le plan général de jean Eric Rehn pour la forge à Gimo. Les archives des forges dans l’environnement historique Les archives de Leufsta sont trouvent dans l’ancienne maison du régisseur de la forge. Le bâtiment a été construit après les ravages russes en 1719.

Gustave III vers 1785. Peinture de Lorens Pasch le jeune

Pour les chercheurs, c’est un sentiment très particulier de se trouver dans l’environnement historique dans lequel on effectue des recherches. Les archives appartiennent à l’association Lövsta Bygderåd, une association consacrée à l’histoire locale à Lövstabruk. La mission de l’association est d’alimenter, de préserver et de présenter des documents d’archives afin de promouvoir la recherche historique. Cette mission se fait via un site Web et une grande connaissance historique locale et les membres bénévoles guident les chercheurs à travers les documents des archives. Grâce à la contribution des Archives nationales, les listes sont consultables via la base de données des Archives nationales (NAD) et via le site Web http://leufstabruksarkiv.se


Un délicieux jambon 174 couper du cédrat et de la peau de citron confits en petits morceaux de la longueur d’une amande décorer le jambon d’un motif d’amande et de pelure verte et jaune lorsque le jambon est assez cuit le garnir de saucisses et de langues fumées

La recette pour entre autres, « Un magnifique jambon » du manoir de Gimo du 18e siècle. Transcription : Archives de la forge de Leufsta.

le 21 d´Avril 1772 Monsieur Le Baron de Lillienberg. Une dame j´ai fort connue en France et avec Laquelle j´ai encore un commerce de Lettre assez suivi m´a prié de Lui faire avoire une pierre qui doit se trouver dans les mines de cuivres de la Suède cette pierre dont elle souhaitterait avoire un morceau le plus grand qu´on peut trouver s´appelle Malaquite selon ce qu´elle me mande. Je m´adresse donc à vous, pour vous prier de vouloir bien me La procurer si en effet elle se trouve dans ces paiis ci. Je ne veut point laisser passer cette occasion sans vous assurer des sentiments distinguées avec les quelles je suis Monsieur Le Baron de Lillienberg

Un plat pour 6 mets 175faire pour bouillir un petit poulet dans un bon bouillon de viande rajouter des têtes de salade de bonnes fricadelles de viande ou de brochet au potage faire un ragoût de certains de ces écrevisses avec des morilles de la chair de poisson pour remplir les écrevisses, ajouter du beurre au ragoût des morceaux de pain citron fricassée d’agneau ou de poulet avec des asperges de Siam de la purée de navets et de pomme de terre et de la crème

den 21 april 1772 Herr Baron de Lillienberg. En dam som jag kände mycket väl i Frankrike och med vilken jag ännu står i kontinuerlig brevförbindelse har bett mig skaffa henne en sten som bör finnas i Sveriges koppargruvor. Denna sten, varav hon skulle önska få ett så stort stycke som man kan finna, heter Malaquite, enligt vad hon påstår. Jag vänder mig alltså till Dig för att be Dig skaffa den om den verkligen skulle finnas här i landet. Jag begagnar tillfället försäkra Eder om min vördnad. Eder tillgivne Gustave till Presidenten Baron de Lillienberg

Gustav III frågar efter en sten i brevet till Baron Lilienberg. Men vem är den franska damen? Transcription et traduction : Les archives de la forge de Leufsta.

Votre trés bien affectionné. Gustave au Président Baron de Lillienberg 13


Comment était la vie

DE LA FEMME DU FORGERON ? Lorsqu’on parle de villages de forges wallonnes (vallonbruken), il s’agit habituellement d’hommes et d’un monde d’hommes. Cela peut sembler trompeur puisque les femmes étaient très présentes et importantes pour la survie des forges. Les épouses des forgerons étaient obligées de prendre leurs propres décisions, puisque les hommes étaient le plus souvent absents. Le salaire de l’épouse était payé au mari Comme de nombreuses femmes de la même époque, l’épouse devait, en plus de prendre soin des enfants et des parents âgés, s’occuper de la maison, mais elle était également responsable de la collecte des marchandises au magasin de la forge et devait tenir la comptabilité du foyer. Elle s’occupait aussi des animaux et des cultures. En plus, elle devait tisser le lin et la laine en tissu. Pour gagner un peu plus, elle pouvait parfois obtenir des tâches supplémentaires dans la forge. Le salaire pour ce travail était comptabilisé sur celui de son mari, puisque l’épouse était mi14

neure jusqu’en 1921. Cependant, en 1874, la femme mariée avait le droit de prendre des décisions concernant l’argent qu'elle avait elle-même gagné. Elle fournissait un panier-repas pour son mari L’épouse du forgeron devait également se rendre périodiquement à la forge pour apporter un repas à son mari. Il travaillait par période de trois ou quatre heures, avec des périodes de repos de la même durée, du dimanche soir au samedi midi. Il se reposait dans ce qui s’appelait « labby » (NdT du français l’abri), un espace de repos attaché à la forge. Lorsque le forgeron fatigué devait rentrer chez lui le samedi, il revenait à son épouse de le laver. Cela se produisait dans une cuve dans la forge ou dans leur propre bain et sauna. Un logement dans la forge La famille était auto-suffisante. Leur logement se trouvait près de la forge. La famille avait en plus de la maison, une étable, un jardin d’herbes aromatiques, un champ de pommes de terre, un champ de

lin, un champ de fourrage et un pâturage un peu plus loin. Dans l’étable, chaque famille avait une section séparée avec assez de place pour deux ou trois vaches, porcs, moutons et poules. Le risque de perte du logement pour les veuves Le logement était une sécurité pour la famille, mais seulement tant que le forgeron était en vie. S’il décédait, la veuve et les enfants devaient normalement quitter leur maison. Ils pouvaient, au pire, s’installer chez de la famille loin de la forge ou partir vivre dans une maison de veuves. Elles ne perdaient pas uniquement son mari et son revenu, mais également la sécurité du logement. Les veuves recevaient une prime, une sorte de pension. Malgré la prime, les veuves avec des enfants en bas âge étaient obligées de travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Elles pouvaient effectuer la traite dans l’étable ou dans la laiterie, mais également le lavage au manoir ou aider à l’abattage des bêtes et au brassage. Si elle était douée, elle pouvait tisser au manoir.


L’été, toute la main-d’œuvre était nécessaire pour la récolte et les foins. Souvent, elle devait partir de la maison tôt le matin. Les enfants devaient s’occuper les uns des autres ou surveiller par un parent ou voisin qui n’était plus en âge de travailler. Le propriétaire a vu les possibilités À Lövstabruk, il y a l’histoire d’une jeune femme qui était devenue veuve, avec deux enfants en bas âge à sa charge. Dans son désespoir, elle se tourna vers le propriétaire de la forge pour lui raconter sa détresse. Le Baron réfléchit un instant et puis il dit, « mais vous avez deux petits garçons et ils doivent devenir des forgerons comme leur père. Vous n’avez aucune raison de déménager. »

Remariage après un décès C’était difficile également pour le veuf. Même si pouvait garder son logement, il n’avait personne pour s’en occuper. Par conséquent, il y avait souvent des mariages après les décès. Pour la veuve, il arrivait qu’elle se mariât avec le forgeron qui prenait la place de son mari décédé. De cette façon, elle n’avait jamais à quitter son logement et lui avait quelqu’un qui s’occupait de la maison. On raconte que parfois, le propriétaire de la forge aidait le veuf à trouver une nouvelle femme. Mariage « judicieux » Au début, les Wallons ne se mariaient qu’entre eux. Mais cette situation changea au 18e siècle. Il était pratique de marier ses sœurs et ses filles dans les familles paysannes

pour ainsi obtenir plus facilement de l’aide pour les travaux nécessitant un cheval. Il pouvait s’agir de labourer le champ de pommes de terre ou de ramener le foin des champs plus éloignés. Les familles de forgerons ne possédaient pas de chevaux, car leur travail n’en dépendait pas. Les enfants de forgeron en âge scolaire Les filles de forgeron pouvaient, tout comme leurs frères, aller à l’école pour apprendre à lire, à écrire et à compter. Si elles épousaient un agriculteur, son mari n’avait pas fréquenté l’école, ce qui se manifestait par exemple dans les inventaires de succession. Les femmes ont signé les inventaires de succession de leur nom, mais leur mari analphabète a signé de sa marque.

Photo sur cette page : Kalbar. Photo page précédente : Forgerons de la forge à Gimo.

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LA FAMILLE DE GEER

fois qu’en 1627. Avec son compatriote Willem De Besche, Louis de Geer a loué les forges d’Österbybruk et de Gimo. En 1640, il était seul propriétaire des forges. Le siège social à Finspång Louis de Geer était fidèle à Amsterdam toute sa vie, mais pendant ses séjours en Suède, il choisit d’installer son siège à Finspång à l’extérieur de Norrköping. Il y créa un environnement digne d’un noble. Il fonda la première papeterie en Suède à l’usine Holmens, à Norrköping. La Suède était autosuffisante en produits de papier. Il a également fondé une usine de tissage, de teinture un chantier naval et un moulin pour céréales à Norrköping. Les industries sont reprises par la succession Après le décès de Louis de Geer, ses fils ont hérité des propriétés dans le pays. Le fils aîné Laurens de Geer (1614-1666) hérita de la forge d’Österbybruk, Emanuel de Geer (1624-1692) reprit la forge Lövstabruk et fonda Tobo en 1676. Le fils Jean Jacques de Geer (1666-1738) reprit la forge Finspång et même la forge Gimo. La forge de Gimo resta dans la famille de Geer jusqu’en 1756.

L’ancêtre de la forge wallonne Louis de Geer (1587-1652) est né à Liège en Belgique et est décédé à Amsterdam. En raison des guerres de religion, la famille s’installa en Hollande où Louis grandit et devint un riche banquier et négociant avec un réseau étendu de contacts en Europe. Le père de l’industrie suédoise, Pendant la première moitié du 17e siècle, Louis de Geer se trouvait dans une position dominante dans l’industrie du fer et de l’armement suédoise. Ses efforts dans

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ces domaines signifient qu’il est connu comme le père de l’industrie suédoise. Le début de la guerre de 30 ans en 1618 a créé une énorme demande d’armes et Louis de Geer est devenu le principal fournisseur d’armes de l’armée suédoise, mais la demande était tellement forte qu’il a même livré de matériel militaire dans d’autres pays. En 1622, il avait le monopole de la fabrication de canons pour la Couronne suédoise, mais il n’est venu en Suède pour la première

Les forges en ruines Lorsque Emanuel à Lövstabruk décéda, ses activités dans l’Uppland furent héritées par son neveu Charles de Geer (1660-1730). En 1719, de nombreuses forges ont brûlé sur la côte sous les ravages des Russes. Elles ont été reconstruites encore plus grandes avec des manoirs imposants. Lorsque l’église à Lövstabruk fut reconstruite, le meilleur fabricant d’orgues du pays fut embauché, Johan Niclas Cahman. L’orgue de Cahman est unique en son genre et une grande attraction à Vallonbruk. Charles de Geer acquit la


forge d’Åkerby en 1699 et fonda la forge de Karlholmsbruk en 1728. La famille de Geer augmente ses biens Son neveu et homonyme, Charles de Geer (1720-1778) avait juste dix ans lorsqu’il hérita Lövstabruk et les activités connexes. Il est resté en Hollande pour étudier, avant de reprendre les activités industrielles. Le jeune Charles a agrandi ses biens avec l’acquisition des bruks de Hillebola, de Västland, d’Ullfors en 1734 et du bruk de Länna en 1758. En même temps, le cousin Jean Jacques de Geer qui possédait le bruk de Gimo acquit le bruk de Vällnora en 1733. Louis de Geer tente de s’approprier Forsmark, mais sans succès. Cent ans plus tard, le bruk fut vendu à Jean Jacques de Geer et il fut hérité la même année par le fils de Jean Jacques, Anthony, qui gérait également Österbybruk. La famille de Geer était donc propriétaire de nombreuses forges d’Uppland au 18e siècle. L’entomologiste Charles L’intérêt principal de Charles de Geer était les sciences naturelles et il est devenu un entomologiste éminent (chercheur en insectes). Il a écrit une œuvre majeure sur le sujet dans lequel il a illustré luimême les insectes. Il était aussi un collectionneur de livres de grandes dimensions, ce qu’en témoigne la très riche bibliothèque de Lövstabruk. Il acheta des parties de la bibliothèque de Olof Rudbeck le jeune, dont le Livre des fleurs du père d’Olof Rudbeck, le Livre des oiseaux. La musique a joué un rôle majeur dans la vie familiale et dans ses collections, on trouve des notes du célèbre compositeur. Dans le manoir de Lövstabruks, il y a un orgue et un clavecin qu’il a laissé.

L’orgue de Cahman dans l’église de Lövstabruks. TV : Louis de Geer. Le portrait est au manoir de Lövstabruks. Ci-dessous : Étampe avec Lövstabruks L. Photo : Kalbar.

Pendant le temps de Charles, Lövstabruk s’est épanoui. La famille a redécoré le manoir avec de nouveaux poêles en faïence, des parquets et des fenêtres. Tout comme à Forsmark et à Gimo, ils ont fait appel à l’architecte Jean Eric Rehn. À Lövstabruk, Rehn avait pour mission de redécorer le manoir et de construire des pavillons de chaque côté de la demeure, en réalité partiellement dans l’eau. L’un est une bibliothèque construite pour la collection de livres de Charles avec plusieurs milliers de livres. Dans l’autre fut installé un cabinet d’histoire naturelle avec les collections de mammifères, de coquillages et de minéraux. De Geer conserve Lövstabruk De nombreux barons qui ont succédé à Lövatbruk étaient, tout comme Charles, intéressés par la nature de différentes manières. Un domaine commun était, bien sûr, leur attachement à la prospérité de l’usine. Lövstabruk est la propriété de la même façon depuis plus de 350

ans. Les autres bruks ont été vendus ou scindés à cause des mariages et des héritages à la fin du 18e et du 19e siècle. En 1926, les derniers coups du marteau retentirent à Lövstabruk et l’activité de la forge fut ensuite vendue. Le manoir et les bâtiments environnants ont appartenu à la famille jusqu’en 1986, quand le baron Louis de Geer a donné l’ensemble à la nouvelle fondation Leufsta. Activités culturelles Depuis 1997, les propriétés étaient gérées par l’administration des biens immobiliers de l’État. La Fondation Leufsta gère des activités touristiques dans les locaux, telles que des visites guidées, des expositions et des concerts.

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« ENKEHUS » DE ANNA JOHANNA La force des femmes dans toutes les couches sociales était bien sûr une condition sine qua non pour que les industries fonctionnent. En 1750, Claes (1705-1767) et Anna Johanna (1720-1778) Gril ont acheté la manufacture Söderfors qui fabriquait des ancres. Lorsque Claes est décédé, Anna Johanna a poursuivi l’activité. Socialement engagés Le couple Grill vivait à Stockholm, mais une fois veuve, Anna Johanna a trouvé refuge à Söderfors où elle restait souvent. Anna Johanna était impliquée dans les conditions sociales des travailleurs et elle a fait construire un bâtiment sur deux étages en briques de laitier avec dix chambres résidentielles et un fournil. La maison fut construite en 1776 et devint une institution sociale dans laquelle les veuves de la manufacture logeaient gratuitement. La maison s’appelle encore aujourd'hui « Enkehuset » (NdT littéralement « la maison des veuves »).

Pierre commémorative dans le parc à l’anglaise Anna Johanna Grill a été honorée pour ses réalisations à Söderfors. Dans le parc à l’anglaise de Söderfors, il y a une urne du souvenir en fonte et une pierre commémorative en son honneur. Le texte gravé sur la pierre est un hommage rédigé par sa belle-fille. Bureau de Stadsmission L’engagement social d’Anna Johanna Grill s’étendait au-delà de Söderfors. Elle était pendant de nombreuses années directrice de l’hôpital de Danviken près de Stockholm. Son engagement so-

Promeneur ! cial aapprécie été honoré encore Qui le calme et plus puisque la maison Grill dans l’ombre de ces chênes, voyez le quartier de Gamla Stan l’urne ! Qui conserve la mé-à Stockholm, a appartenu moire d’une qui personne digne à la famille Grill pendant Elle était l’honneur de son150 ans, accueille aujourd'hui sexe, épouse fidèle, tendre le bureau de Stadsmission mère, amie sincère, doucededans Stockholm. la vie sociale, charitable, aimant les gens sans arrière-pensée et Dieu sans interruption. Par sa beauté et son amabilité, elle était charmante, par sa sensibilité elle était respectée. La reconnaissance et les larmes du pauvre se déversent sur sa tombe et bénissent ses restes. Pour la postérité que sa mémoire soit interprétée, dressée par un témoin de ses vertus et un objet de son affection et de ses bienfaits.

Texte ci-dessus : Transcription du texte sur la stèle commémorative dans le parc à l’anglaise. Photo ci-dessous : Le bruk de Söderfors et un aperçu de la rivière Dalälven. Tableau sur la gauche d’Alexander Roslin. Mme Anna Johanna Grill avec son fils et sa fille, 1775. Photo : Le musée des beaux-arts de Göteborg

Numismate distinguée Anna Johanna était une numismate distinguée (elle connaissait les pièces, les billets, les jetons et les médailles) et participait au comité numismatique de Carl. La tâche du comité était d’établir une « histoire de la monnaie suédoise ». Son portrait se trouve au musée Myntkabinettet et l’association numismatique à Stockholm frappa une médaille en son honneur en 1997. 19


LE PATRON ÉTAIT SÉVÈRE, MAIS JUSTE « Dans mes vieux jours, je suis tombé complètement amoureux de Jenny Lind. Son chant a su faire couler une larme de mon vieil œil asséché et sa musique est naturelle et innocente. » PA Tamm

La manufacture était une société fermée avec une hiérarchie et des règles claires. La direction était gérée par le patron de la manufacture qui prenait toutes les décisions, qu’il s’agisse des salaires et des autres avantages pour les employés, ou avec qui ils pouvaient se marier. Patron haut en couleur Le patron légendaire de la manufacture d’Österbybruks s’appelait Adolf Tamm et était le patron de 1802 à 1856. Il a été dit de lui qu’il était « sévère, mais juste » et dans sa vieillesse, il fut appelé Gammel Tammen (NdT le vieux Tamm) par les employés. Par Adolf Tamm était reconnu pour son dévouement et sa compétence professionnelle. Les hommes de confiance recevaient une coupe en argent avec le texte « pour la fidélité et la diligence de la part de PA Tamm ». Il se levait souvent à 5 heures du matin pour s’assurer que le travail était réalisé selon ses souhaits. En plus des activités normales, il était très impliqué dans le développement de l’agriculture et achetait 20

de grandes surfaces agricoles qui étaient exploitées. Correspondance urgente De nombreuses lettres de Per Adolf Tamm ont été préservées et on peut le découvrir en tant que directeur d’entreprise ou en tant que personne privée. Il était possible de recevoir entre 10 et 20 lettres par jour, et on y répondait en quelques jours. Heureusement, les lettres étaient acheminées deux fois par semaine entre Österbybruk et Uppsala. Jenny Lind le fit fleurer Par Adolf Tamm a beaucoup voyagé entre ses manufactures et ses autres propriétés. Il écrivit alors à l’inspecteur d’Österbybruk pour décrire la gestion du travail et demandait des nouvelles des travailleurs. Quand il a entendu pour la première fois la chanteuse Jenny Lind, il a écrit à un membre de sa famille : « Je suis tombé complètement amoureux dans mes vieux jours de Jenny Lind. Son chant a fait couler plus d’une larme dans mon vieil œil asséché et sa musique est naturelle et innocente. »

Caractère familial Les relations sociales étaient importantes. Per Adolf Tamm socialisait avec la royauté, la noblesse et les hommes d’État à Stockholm et avec les autres propriétaires de forges dans l’Uppland. La famille était extrêmement importante. Le 2 janvier, après Noël, alors que la famille était réunie à Österbybruk, on a fêté l’anniversaire d’Adolf en jouant, chantant et dansant. De petites pièces de théâtre écrites par des membres de la famille et jouées lors de son anniversaire ont été préservées. La réunion à Österby Par Adolf fêtait ses 82 ans. Il avait été marié deux fois, mais il était veuf depuis de nombreuses années. Cinq de ses six enfants sont décédés avant lui. Il laissa de grandes propriétés de terrains dans 42 paroisses avec des paysages variés. L’héritage comprenait également des Österbysamlingen, avec des œuvres de Roslin, Sergel et plusieurs maîtres hollandais. C’était l’un des plus beaux du pays.


L’escalier dans le manoir d’Österbybruk. Photo : Eva Wrede.

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MYSTÈRE DE LA SAINT-JEAN 1913 en cadeau un appareil photo et pris une superbe photo de reportage, non pas de l’abaissement du niveau, mais de la catastrophe naturelle. La photographie montre quelque chose de beaucoup plus grave qu’un abaissement du niveau du lac.

La photographie montrant l’inondation catastrophique de 1913. La photographie se trouve dans le musée de Skebobruk.

Skeboån est l’une des rares rivières dans le centre de la Suède qui coule du sud vers le nord. Il se jette dans l’Edeboviken à Hallstavik. Sur d’anciennes peintures, on peut voir la rivière qui avait un flux puissant ; elle a toujours arrosé une grande zone de lacs à l’ouest et dans le nordouest. Le lac Närdingen a été depuis la fin du 17e siècle le lien entre la forge de Skebobrok et son haut fourneau à Edsbro. Depuis 1870, le bateau vapeur Schebo tirait des barges chargées de minerai de Dannemora au haut fourneau à Edsbro, d’où la fonte brute partait pour l’affinage vers la forge de Skebobruk. 22

L’abaissement brutal du niveau du lac Tout a basculé le soir de la SaintJean 1913. Une écluse fut ouverte sous le pont situé au sud de la fonderie à Skebo et l’eau s’écoula. Cet événement fut appelé « le grand abaissement du niveau du lac ». Une photo de la catastrophe Au début des années 2000, le musée de Skebobruk reçut une vieille photocopie d’un descendant de Skebo à Bergslagen. La photo montre le débit de la rivière Skebo au soir de la Saint-Jean 1913. Elle a été prise par un garçon du bureau de la manufacture, qui avait reçu

L’article a été trouvé dans les archives Dans un article du journal de Norrtelje qui se trouve dans les archives de Norrtälje, quelques semaines après l’incident en 1913, on peut lire un drôle de titre « écluse défectueuse ». L’auteur de l’article constata que « à cause d’une inattention le barrage entier céda et toute l’eau inonda les champs et les prés, puisqu’une fonderie se trouve à un kilomètre [...] Après un certain temps, l’eau retrouva son niveau normal et l’inondation était terminée. » Raison incertaine L’eau de retrouva jamais son niveau d’avant.. Depuis le soir de la Saint-Jean 1913, le niveau du lac Närdingen est inférieur de deux mètres. Tous les transports pas bateau cessèrent avec cet événement et le chemin de fer fut construit pour acheminer le minerai et la fonte. Pourquoi la décision a-t-elle été prise d’ouvrir les écluses ? Peutêtre que quelqu'un voulait baisser le niveau du lac pour toujours ? C’est une question à laquelle il est difficile de découvrir la vérité derrière le mystère de la Saint-Jean de 1913.


Manoir de Skebo. Photo : Urban Svensson

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FER ET CHEMINS DE FER Le début de la construction du réseau ferroviaire suédois au milieu du 19e siècle constitua également un transport plus simple pour acheminer le minerai, le fer et le charbon sous toutes ses formes entre la forêt, les mines et les ports. Le but des chemins de fer était le transport du fret et le transport de passagers n’est arrivé que plus tard. La distance entre le village de forges et la mine Les mines se situaient où se trouvait le minerai, on ne pouvait pas les déplacer. Les forges avaient été construites sur des cours d’eau pour l’énergie hydroélectrique. On ne pouvait pas les déplacer non plus. De grandes distances pouvaient séparer les mines et les villages de forges. Étant donné que l’utilisation du charbon a augmenté et que la forêt était fortement exploitée, le charbonnage s’éloigna encore plus des zones de production. Avec l’avènement des chemins de fer, il devint possible de produire du charbon dans les parties boisées du pays, principalement dans le nord. La douceur du transport ferroviaire Les charges lourdes de minerai et de fer usaient fortement les routes

Passage à niveau à Länna. Photo : Helena Lundbäck.

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et les véhicules. Pour faciliter le transport, on le réservait surtout aux mois d’hiver. Quand les terres et les cours d’eau étaient gelés, on utilisait des traîneaux pour le transport. Si le fer devait poursuivre son chemin par bateau, on pouvait le faire avant si la glace était encore en place. Le charbon de bois s’abimait facilement lors des transports prolongés réduisant sa qualité et son prix, voyageait beaucoup mieux par chemin de fer. Grâce à la création des chemins de fer, les transports pouvaient de faire en toute saison et sans effets sur le chargement, le véhicule et les routes. Un chemin de fer jusqu’à la côte Après la création de la ligne principale vers le nord entre Stockholm et Uppsala, une voie s’ouvrit plus au nord, entre Uppsala et Gävle, passant par Vattholma, Tobo et Harnäs. Au cours des dernières décennies du 19e siècle, il y a eu d’autres réseaux qui s’étendirent comme les branches d’un arbre pour relier les mines et les zones de production. Afin de pouvoir expédier le fer encore plus loin par bateau, des lignes relièrent la côte, y compris entre Söderfors-Dannemora et le port d’Östhammar. Vers le milieu

Le charbon était surtout transporté par traîneaux et en hiver. Photo : Eva-Lotta Lund.

La locomotive « Elfkarleö bruk » a été fabriquée en 1873 par Henry Hughes & Co, Loughborough. La locomotive fut en service jusqu’en 1947. Elle se trouve dans les réserves du musée des chemins de fer suédois.

des années 1910, les plans étaient prêts pour une nouvelle liaison ferroviaire entre Tierp et Lövstabruk, avec une extension prévue vers la côte en passant par Karlholm. Mais la Première Guerre mondiale éclata avant la fin de la construction, raison pour laquelle seule la partie entre Tierp et Strömsberg fut réalisée. Trois ans après l’inauguration en 1917, la forge de Strömsberg ferma et six plus tard, ce fut au tour de celle de Lövstabruk. L’observateur averti peut voir les traces de la voie ferrée en surélévation ou les restes des rails lors de la construction d’un pont.

La locomotive à vapeur avec le train nommé Lennakatten (NdT le chat de Lenna) dans l’Uppland. Photo : Uppsala Tourism.


Les anciennes archives d’Ullfors. Photo : Eva-Lotta Lund.

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Cette page : Usine de Bennebols. Photo : Helena Lundbäck. Page suivante : Récolte à l’exploitation agricole de Tobos.

NOURRITURE ET ARGENT Les forges wallonnes étaient propriétaires de vastes superficies de terres agricoles. Adjacent à la forge, il y avait une exploitation agricole. Les exploitations agricoles qui étaient la résidence ou dépendaient directement de la forge étaient essentielles à la subsistance des travailleurs de la forge. En plus du charbon, il fallait s’occuper de la maison, de l’alimentation et du bien-être des travailleurs. Bien que les Wallons soient venus dans leur nouvelle patrie avec la promesse de recevoir un salaire en monnaie, celui-ci se transforma en nature une fois les travailleurs établis. Pour améliorer leur quotidien, les travailleurs avaient leurs propres bêtes et cultures. Les travailleurs avaient 900 vaches Au bruk de Geer, le logement des travailleurs était généralement composé de deux pièces, d’une salle et chambre, d’une dépen26

dance, d’un jardin de plantes aromatiques et de l’alimentation pour deux vaches. Lors du dernier inventaire des vaches des travailleurs à Lövstabruk (1878), leur nombre était de 900. Au début de chaque mois, on fixait la quantité de céréales, moitié seigle et moitié orge ou malt. Les marchandises salées étaient payées selon le prix d’achat de l’usine. Les travailleurs percevaient généralement une indemnité journalière. Le salaire dépendait de la production. Les enfants travaillaient la terre. Les exploitations agricoles représentaient en même temps des emplois pour les familles des travailleurs. Les enfants exécutaient très tôt des tâches simples puis des tâches supplémentaires pendant les vacances scolaires. Il pouvait s’agir d’arracher les mauvaises herbes, d’aider à la surveillance du troupeau, de défricher des terres ou

d’aider à la moisson. Les vacances d’été n’étaient pas pour se reposer. Au lieu de cela, les vacances étaient une occasion d’avoir une maind’œuvre plus abondante pour travailler la terre. Tous les efforts supplémentaires étaient nécessaires pendant le temps des récoltes. Lorsque l’école était terminée, vers l’âge de douze ans, les enfants commençaient à travailler comme les adultes. « Lorsque nous avions douze ans, nous les garçons devions inscrire nos travaux dans le livre du père. Nous recevions une somme d’argent six fois par an, le premier mercredi un mois sur deux et les travaux quotidiens étaient inscrits tous les samedis par un comptable au bureau. » Extrait des souvenirs de la forge, archives du musée Nordiska, E.U. 42459.


FERMES MODÈLES De grandes exploitations agricoles se trouvaient souvent adjacentes aux bruks, que l’on nommait parfois « fermes modèles ». Dans le Västland, on élevait surtout des chevaux et à Tobo des bœufs avec l’exploitation de la tourbe.

Bœufs à Tobo L’exploitation à Tobo est déjà mentionnée vers 1540. En 1675, elle devint la propriété de la famille de Geer. Les terres au nord-ouest de Tobo furent creusées en 1887. Les tourbières et les lacs servaient auparavant comme réservoir d’eau pour la forge, mais avec l’arrivée de la vapeur, il est devenu plus intéressant d’exploiter la tourbe et faire des cultures. La tourbière produisit 1 200 acres de terres arables qui produisaient d’importants excédents de cultures. Organisation de visites d’étude Tobo est devenu une exploitation modèle et vendait de grandes quantités de foin pressé au régiment de la Suède. C’était l’une des plus importantes exploitations en Suède et elle recevait un grand nombre de visiteurs d’autres parties du pays. Elle employait une centaine de personnes. On achemina des bœufs et des meneurs de bœufs de Småland. Les bœufs étaient essentiels sur les sols poreux de la tourbière. L’usine devint une étable En 1908, il était plus intéressant de miser sur la production de lait de ferme que sur la tourbe et l’ancienne usine de menuiserie à Tobo est devenue une étable. Il fut équipé d’éclairage électrique et d’une laiterie qui vendait du fromage et du lait. Il y avait de la place pour 80 vaches, une écurie pour les chevaux et assez de place pour environ 200 bovins. Retour dans les années 1920 Quand l’usine ferma dans les années 1920, même l’agriculture en souffrit. Dans les années 1930,

les terres arables ne couvraient plus que 500 acres, et la forêt recouvrait les anciennes terres agricoles. De nouvelles activités L’usine de Tobo fut achetée en 1917 par Gimo-Österbybruks AB, qui la revendit à Korsnäs. En 1937, le groupe Monarch acheta l’usine. On y produisit des équipements radio et de télévision ainsi que des skis et des vélos. L’exploitation agricole reçut un coup de pouce. Elle fut gérée de manière rationnelle avec un équipement moderne pour l’époque. En 1947, on creusa de nouveau les ruisseaux et les fossés. Dans les années 1950, Tobo est redevenu une ferme modèle, mais vers la fin de la décennie la situation s’était compliquée. L’exploitation cessa en 1962.

M. Lundevall à Västland L’exploitation de l’usine de Västland a été louée pendant les trois dernières décennies de Johan Fredrik Lundevall. Il est arrivé en tant que métayer à Västaland en mars 1885. Jusqu’à sa mort en 1917, il exploita une ferme dite modèle, où il développa entre autres un élevage de chevaux qui devint très connu. Chevaux de remonte pour l’armée Johan Fredrik Lundevall misa surtout et fut connu pour son élevage de chevaux de remonte, une activité qui devint indispensable pour l’armée suédoise. Les chevaux de remonte furent appelés de manière générale les demi-sang suédois. Ils ont été élevés pour leur bon tempérament, leur grande

taille, leur souplesse, leur solidité et leur résistance. Les chevaux étaient déplacés à l’âge de trois ans vers des dépôts de remonte, situés à quelques endroits dans le pays. Dans les dépôts, les chevaux étaient dressés pour l’utilisation au sein de l’armée. Grâce aux excellents résultats de l’élevage de Johan Fredrik Lundevall, l’armée lui échangea des étalons. Les ardennais et les alezans dorés En plus de chevaux de remonte, Johan Fredrik Lundevall se consacra à l’élevage des ardennais et des célèbres alezans dorés. On raconte que le comte von Rosen au château d’Örbyhus commanda une paire de chevaux alezan doré avec un chanfrein identique, uniquement pour tirer la voiture du comte. Bétail et produits laitiers Johan Fredrik Lundevall se consacra également à l’élevage de bétail. Même dans ce domaine, il a reçu plusieurs prix. Le commerce du bétail ne devint jamais aussi important que celui des chevaux. Il créa au fil du temps une laiterie locale, afin que la production de lait de l’exploitation puisse bénéficier aux travailleurs. Les travailleurs pouvaient y acheter le lait moins cher que chez le propriétaire de l’usine. M. Lundevall s’intéressait même à l’horticulture. Il innovait et testait de nouvelles cultures. Le travail de sélection de M. Lundevalls s’est poursuivi et la certification des chevaux pour l’élevage fut déplacée d’Uppsala, où elle avait habituellement lieu, à Tierp plus à proximité.

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L’ANGE DE WATTHOLMA Un signe d’en haut ? Lorsque la fabrication de barres de fer cessa à la forge de Vattholm au début du 20e siècle, l’activité se poursuivit dans d’autres domaines. Parmi cellesci, on trouva une fonderie qui au cours des années 1920, commença la production d’anges en fonte pour la décoration. Les anges sont devenus des souvenirs populaires et faisaient partie de la décoration intérieure. Initialement, on fabriquait un modèle, mais avec le temps, on produisit un ange tourné vers la gauche et un autre vers la droite. La popularité s’est avérée durable. Aujourd'hui, l’ange est fabriqué par la fonderie d’Alunda et est vendu à plusieurs endroits en Uppland. Quelle histoire est correcte ? Il n’est pas très clair comment l’ange de Vattholma a vu le jour, mais on sait que c’est au début 20e siècle. Il existe au moins deux histoires concurrentes. Selon la première, un jeune dans l’usine avait trouvé des restes de fonte lors d’une coulée qui ressemblait à un personnage. En limant un peu, il produisit un ange. Fredrik Kylberg, directeur à Vattholmz, vit l’ange et décida rapidement de l’inclure dans la production de la fonderie. Selon l’autre histoire, deux frères trouvèrent une figure ressemblant à un chérubin parmi les déchets de la fonderie qui étaient refondus. La figure est censée être un Cupidon d’origine 28

italienne. L’un des fondeurs de la fonderie le vit et demanda à l’avoir. Ils ne voulurent pas lui donner, mais il put l’emprunter pour faire une empreinte. Il moula ensuite quelques anges et les montra à M. Kylberg, qui vit immédiatement leur potentiel. Ange gardien Peu importe comment l’ange est apparu, Fredrik Kylberg était à la fois innovant et entrepre-

nant dans sa profession. Il se rendit compte que les anges se prêtaient bien à la production de la fonderie, mais aussi qu’il y avait un marché pour eux. Il est dit qu’il vit un ange comme un signe du ciel que Vattholma avait son ange gardien, puisqu’il était apparu à un moment où l’usine connut des difficultés. M. Kylberg fit lui-même de la publicité en plaçant un ange de Vattholma sur sa voiture.

La forge wallonne au barrage à Vattholma. Photo : Bertil Pettersson


VIÈLE À CLAVIER (NYCKELHARPA) Malgré le mythe connu de tous, ce ne sont pas les Wallons qui introduisirent la vièle à clavier en Suède. La vièle à clavier existait déjà au Moyen-Âge dans la musique ecclésiastique. Mais cet instrument fut souvent joué dans les usines, en particulier lors des célébrations traditionnelles de la Saint-Jean. La popularité déclina au cours de la première moitié du 20e siècle, mais connut un retour dans les années 1960 par des musiciens comme Eric Sahlström, Viksta-Lasse et Anton Jernberg. La vièle à clavier est encore très estimée en Uppland, surtout grâce à l’Institut Eric Sahlström à Tobo. Des cours y sont organisés en danse folklorique, en musique folklorique et pour la fabrication des vièles à clavier.

Photo : Eva-Lotta Lund

Lars Petter Lundgren Le dernier forgeron à la forge de Västland Le 6 décembre 1842, Lars Petter/ Peter Jansson naquit à la forge de Västland. Il est l’ainé des quatre frères et sœurs, fils d’un ouvrier d’usine Jan Peter/Petter et de sa femme Greta Larsdotter, de Vâstland. Aux alentours de 1860, Lars Petter et son frère changèrent de nom de famille, de Jansson à Lundgren. Lars Petter devint forgeron de clous, comme son père et son grand-père. Il sera le dernier forgeron travaillant dans l’usine de Västland. Lars Petter épousa Anna Caijsa Andersdotter en 1869, également de Västland. Au cours des années 1870-1878, ils eurent cinq enfants, un garçon et quatre filles. Anna Caijsa mourut de la tuberculose en janvier 1880. Avant cela, ils perdirent leurs cinq enfants. La fille aînée se noya à l’âge d’un,

deux enfants meurent d’une maladie de la gorge et un autre d’une maladie de la poitrine. La benjamine meurt de diphtérie un peu plus d’une semaine avant que Lars Petter ne devienne veuf.devient veuf. À l’automne de 1880, Lars Petter se remarie. De son mariage avec Maria Helena Holmgren, naquirent encore deux filles, l’ainée meurt âgée de seulement huit mois. Sa benjamine, Maria Johanna est née en 1883, est la seule de ses sept enfants qui lui survit. En 1913, Lars Petter devint veuf une nouvelle fois ; il survit encore 10 ans après le décès de sa dernière femme, Maria Helena. Le 8 octobre 1923, Lars Petter mourut à la ferme de Västland . Selon les registres de l’église, il décéda d’une « maladie de l’estomac ». 29


JARDINS, PARCS et ORANGERIES

L’orangerie à Österbybruk. Photo : Åsa Hofring

Les propriétaires d’usine sont devenus très riches et ils ont créé des chefs-d'œuvre architecturaux dans les forêts d’Uppland. La structure hiérarchique des manoirs, des églises, des logements de travailleur et des installations de production était organisée sur un modèle du Moyen-Orient. Les grands artistes, artisans et architectes suédois participèrent même dans les jardins. Directement adjacent au manoir se trouve le jardin baroque et le parc à l’anglaise. Par exemple, à Söderfors et à Forsmark, le temple, les pierres commémoratives et les grottes préservés dans le parc, ce qui crée une tension conformément au principe d’un parc à l’anglaise. De grandes serres chaudes ont été construites pour fournir les légumes à la famille et l’orangerie 30

fut ajoutée où étaient entreposées les plantes exotiques presque toute l’année. Au cours du siècle 18e siècle, il y avait une orangerie à Lövstabruk, à Österbybruk, à Gimo, à Forsmark et à Harg. L’usine de Söderfors avait une serre chauffée en pierre. Le bruk de Forsmark avait aussi une serre à palmiers, construite comme une orangerie jusqu’au milieu du XXe siècle. Au début du XXe siècle, de nombreuses cultures étaient exploitées dans plusieurs villages de forges pour approvisionner la population du village. Aujourd'hui, de nombreux jardins d’entreprises ou d’association qui conservent et diffusent des connaissances concernant les traditions de culture de l’usine.

Dans les archives de Leufsta, il y a un livre de comptes de 1745 qui spécifie un compte jardin pour le jardin de Strömberg. Il y est indiqué que le coût du jardin en 1744 était de 140 riksdaler On y trouve même les outils du potager. 2 : GL : ( ?) tas 2 : Ciseaux de jardin 4 : Râteaux en fer 2 : tabourets ( ?), 2 : Échelles de jardin 1 : Outil pour le chou 1 : obrukne  (?) : arrosoir 1 : brukne (?) : en cuivre 1 : Grande chaise 2 : houes100

Dans l’orangerie à Österbybruk se trouvaient entre autres selon un inventaire du 18e siècle, les plantes suivantes : 52 grands et petits lauriers 21 myrtes 7 pyramides en buis 4 mûriers 30 bigaradiers 5 citronniers 2 muscadiers 5 figuiers 9 grands et petits caféiers 100 plants d’ananas et 231 pots avec des plantes et des fleurs étrangères


Hjalmar Larsson, le dernier jardinier de la famille de Geers à Lövstabruk.

Orangerie de Strömberg

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ARCHITECTURE DU JARDIN de Lövstabruk Les jardins et parcs de Lövstabruk ont toujours reflété les tendances dominantes de l’époque. L’objectif des cultures a cependant toujours été le même : fournir des aliments aux familles des travailleurs et des patrons. Dans le jardin du manoir, on cultivait des légumes, des légumes racines, des épices, des fruits, des baies et des fleurs. Dans les logements de la forge, la femme et les enfants du forgeron s’assuraient qu’il y avait des légumes et des légumes-racines sur la table. Différents styles de jardins C’était la famille de Geer, qui, au cours de la seconde moitié du 17e siècle, fit en sorte que le premier jardin fut créé à Lövstabruk. C’était une grande installation de style Renaissance à la hollandaise qui vit le jour à l’initiative du

propriétaire hollandais Emanuel de Geer (1624-1692). Grâce aux cartes et aux listes conservées, il est possible d’obtenir une assez bonne idée de l’apparence de l’installation. Il existe également une peinture à l’huile de l’époque, où le jardin est l’élément central. Dans une grande zone carrée et clôturée, on trouvait un jardin d’agrément et une plantation de choux. Elle était divisée en plusieurs sections séparées par des allées où se mêlent fleurs et herbes aromatiques. Cette installation disparut à la fin du 18 et début du 19e siècle, lorsque l’ensemble de l’usine déménagea vers une conception plus grande et spectaculaire. Le jardin conserva après son déplacement son emplacement central, mais fut divisé en plus de parties. Le style baroque avait

Peinture à l’huile où vous découvrez l’installation baroque du 18e siècle au manoir de Lövstabruk. Artiste inconnu.

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percé à Lövstabruk et avec lui, une autre vision du jardin et de son architecture. Un jardin ou parc d’agrément fut placé au plus proche du manoir, avec des parterres, des bosquets et des allées. Une orangerie en pierre fut construite pour l’hivernage des arbres exotiques tels que les oranges, les myrtes, les citrons et les ananas. Le potager ou la plantation de choux étaient à part de chaque côté du parc, entourés par une haute clôture. Lövstabruk brûle En 1719, Lövstabruk, comme beaucoup d’autres communautés le long de la mer Baltique, subissent les ravages des Russes. L’usine est réduit en cendre et en ruine à l’été, ni le manoir ni l’installation baroque n’ont été épargnés. Le propriétaire d’alors, le préfet Charles de Geer construisit


Dans les urnes, le long de la balustrade se trouve le géranium de Lövstabruk. Photo : Kalbar

cependant une usine et un jardin sur à peu près les mêmes plans qu’auparavant. L’orangerie fut reconstruite et une serre chauffée vit le jour. Motif floral sur le papier peint Vers la fin du 19e siècle, le parc baroque fut considéré comme dépassé et fut remodelé cette fois-ci dans le style allemand. De nombreux et nouveaux arbres et arbustes exotiques furent achetés. Des chemins de gravier sinueux apparurent et de jolies groupements de fleurs plantés sur les pelouses. La réorganisation du parc fut dirigée par le jardinier Johan Olof Strindberg, frère de l’auteur August Strindberg. Le potager a conservé son empla-

cement, mais a été agrandi avec le temps. D’autres serres plus simples furent construites. Les serres accueillaient une énorme variété de plantes, y compris du raisin, des pêches et des abricots ainsi que des centaines variétés d’orchidées. Le parc du manoir d’aujourd'hui L’ancienne orangerie et la serre chauffée existent toujours aujourd’hui. L’orangerie accueille aujourd’hui des réceptions et des concerts et on cultive toujours sans interruption depuis les années 1730 dans la serre chauffée. Le parc aujourd'hui dans le style baroque a été reconstruit par l’architecte paysagiste Walter

Bauer en 1970-71, d’après les dessins de Barnekow et de Geer datés de 1769. Le parc ne rend pas un jardin baroque complet mais il contient plusieurs éléments d’époque, tels que les parterres, les bosquets et les charmes taillés en colonne. Aujourd'hui encore, il y a des plantes qui datent de l’installation de la fin du 19e siècle, dont le géranium qui chaque année orne la balustrade le long du canal. L’agave se dresse fièrement dans leurs pots près du pont et les dahlias rouges, qui sont arrivés à Lövstabruk dans les années 1930, se balancent gracieusement dans les parterres pendant l’été.

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Les écoles dans les vilages de forges En matière d’éducation, les villages des forges wallonnes étaient des pionniers. Louis de Geer mit en place dès 1636 des écoles dans ses bruks pour les enfants wallons. Au début, le but était de préserver la langue et la foi calviniste. Louis de Geer était en contact avec le prêtre, l’enseignant et l’écrivain tchèque Johann Amos Comenius qui veilla à ce que les écoles ouvrent dans les bruks. M. Comenius était un précurseur en matière de pédagogie et un ardent défenseur d’une éducation pour tous les enfants. Enseignement en suédois Au cours de la deuxième moitié du 17e siècle, Charles XI mit la pression pour que les enfants wallons reçoivent un enseignement de la doctrine luthérienne et en langue suédoise. les enfants de la nation française, dont les parents se convertissent au calvinisme doivent être enseignés la foi évangélique. Afin de pouvoir engager des enseignants suédois dans les écoles des bruks, afin d’atteindre l’objectif, les bruks perçurent des contributions financières de l’État. Ainsi, même les enfants des bruks qui n’étaient pas Wallons reçurent de l’instruction. 200 ans avant la réforme de l’école primaire Cela se passa 200 ans avant la réforme de l’école primaire suédoise en 1842. La scolarisation et l’alphabétisation ont contribué à former plusieurs enfants de bruk qui ont par la suite travaillé pour des agences gouvernementales. Afin 34

Visitez le petit musée de l’école de Karlholm. Photo sur cette page : Eva-Lotta Lund

d’encourager encore la lecture, une bibliothèque et des cercles de lecture dans plusieurs bruks. Formation e textile pour les filles Ulrika Sofia von Sprengtporten, qui était mariée au baron Carl de Geer à Lövstabruk, cherchait à renforcer la capacité des filles du bruk à pouvoir elles-mêmes gagner leur vie. Au cours des années 1860, elle créa une fondation « pour l’enseignement supérieur pour toutes les filles ». La fondation s’assura que toutes les filles de Lövstabruk obtiennent une formation en textile,

en outre des enseignements de la maternelle et de l’école primaire. Elles ont appris l’ensemble du processus pour les textiles depuis la culture du lin jusqu’à la couture des vêtements ; l’objectif était qu’elles puissent coudre leurs habits de confirmation. Grâce à la formation, les filles pouvaient gagner leur vie en partie en tant que couturières, en partie en enseignant aux autres. Cette formation supplémentaire en couture pour les filles, qui sauva de nombreuses mères seules, est restée jusque dans les années 1950.

Les musées d’école Visitez la petite école de Karlholm qui date du 18e siècle. Elle est devenue un musée et présente des objets datant du 19e siècle et après. D’autres sites à Vallonbruken qui présente des objets et des intérieurs depuis l’école, par exemple la maison communale de Ramhäll, la maison communale d’Åsavallen à Edsbro, le musée de l’école Vendel et le musée de l’école à Strömsberg.


Haut fourneau de Strömberg Photo : Eva-Lotta Lund

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Les femmes et leurs travaux manuels. Bruk de Forsmark.

À PROPOS DES TITRES ET DES FORGERONS Le titre de « madame » n’avait pas atteint le petit peuple à la fin du 19e siècle (1890). Il n’y a que trois fru (NdT Madame) au bruk : fru Kilberg, fru Bengtsson et fru Lindevall. La dernière était l’épouse du maître d’école. Mais les femmes âgées de forgeron portaient le titre « Madame » (NdT en français dans le texte). Un peu plus bas dans l’échelle sociale, il n’y avait aucun titre du tout. Les épouses des journaliers et des débutants devaient de contenter de leur nom et de l’extension « mère » – comme le début des noms dans l’ancien temps. Extrait du livre Järnbruksminnen (souvenirs des usines sidérurgiques), archives du musée nordique, U.E. 42463. Informateurs du bruk d’Ullfors.

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... dans ce cadre, je voulais aussi que les femmes dussent également consacrer beaucoup de temps et d’efforts pendant la production du fer dans les différents bruks. Elles devaient cuisiner, prendre soin des enfants, coudre des chemises, rapiécer les vêtements et s’assurer qu’il y avait assez d’argent et c’était une tâche comme une autre. Elles devaient également s’occuper de leur mari lorsqu’ils se battaient et se disputaient, et pour ne pas parler d’ici à Karlholm lors de la SaintJean au moment de la distribution de la « prime » lorsque les forgerons boivent jusqu’à ne plus pouvoir rentrer chez eux et dorment et crient dans les buissons. Les épouses de forgeron les ramenaient

par les cheveux ou par les jambes en les traînant jusqu’au domicile où ils dormaient pour se désintoxiquer. Extrait du livre Järnbruksminnen (souvenirs des usines sidérurgiques), archives du musée nordique, U.E. 42409. Informateurs de Karlholmsbruk.

Les chaussures du forgeron du bruk d’Ullfors. Photo : Eva-Lotta Lund.


LES WALLONS et le calvinisme En Europe, les conflits entre catholiques et protestants avaient sévi depuis longtemps et culminèrent lors de la guerre de Trente Ans au 17e siècle. Les calvinistes étaient des protestants et c’est la raison pour laquelle ils ont quitté les régions catholiques en Wallonie. Quelquesuns sont partis en Hollande et en Angleterre. L’immigration des Wallons en Suède a eu lieu au cours de cette période chaotique. Dans les villages de forges dans l’Uppland, les migrations de maind'œuvre furent très importantes. Il y avait des bureaux de recrutement en Wallonie et un beau-frère de Louis de Geer, Matthieu, était le lieu responsable des activités dans le nord de l’Uppland. En Suède, les calvinistes pratiquaient même si les protestations de l’église étaient fortes. Plusieurs bruks furent submergés par les

Le drapeau du gouvernement fédéral belge dans la région de Wallonie est jaune avec un coq rouge. Il est utilisé ici par les descendants qui visitent Österbybruk. Photo : Kalbar

principes calvinistes ce qui signifiait une prise de distance avec les systèmes autoritaires. La femme avait une position de force et les femmes avaient le droit à l’éducation. Le bien-être social, la charité et la modération dans les coutumes

et le mode de vie étaient les mots d’ordre.en relief de la vie. Les bruks furent construits dans de nombreux cas sur les inspirations du calvinisme, basés sur des plans souvent utilisés en Allemagne et aux PaysBas.

LES ÉGLISES DES WALLONS L’église de Lövstabruk a été construite en 1727 par Charles de Geer qui était fortement influencé par le calvinisme. La salle de l’église avait des murs blanchis à la chaux et des fenêtres hautes qui laissaient passer beaucoup de lumière. La chaire à prêcher était placée au milieu le long d’un côté. En face, les rangs des bancs des forgerons wallons, tournés vers la chaire à prêcher, contrairement aux autres bancs qui sont orientés vers l’autel. Quelques années plus tard, en 1735, l’église du bruk d’Österbybruk était terminée avec la même

forme simple. Un proche plus âgé de Charles, Emanuel de Geer, avait déjà de son temps, en 1664, blanchi les peintures murales dans l’église d’Österlövsta. C’était sans doute la première fois qu’une telle action fut menée en Suède. Les petites églises de paroisse furent agrandies souvent avec l’appui financier d’un membre de la famille de Geer. Dans l’église de Skäfthammar à Gimo, on construisit une galerie sur le côté nord, en face de la chaire à prêcher. Les salles de l’église furent modifiées pendant cette période avec de nouvelles fenêtres et les pein-

tures médiévales furent recouvertes de chaux. L’église de Film, tout comme Vendel, subit de telles modifications au milieu du 18e siècle.

L’église d’Österbybruks. Photo : Åsa Hofring

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Haut fourneau de Strömberg Photo : Eva-Lotta Lund.

Haut fourneau de Vällnora. Photo : Helena Lundbäck.

Haut fourneau d’Edsbro Photo : Annica Norström.

VALLONBRUKEN EN UPPLAND Forge de Bennebols

La forge de Bennebol est mentionnée dans des écrits du 16e siècle. La ferme fut acquise en 1676 par Gustaf Otto Stenbock, propriétaire du bruk de Hargs. Le haut fourneau fut construit en 1680 et Bennebol est devenue le haut fourneau de la forge à Hargs. Le minerai était extrait des mines de Dannemora et transporté à Bennebol pour grillage et production de fonte dans le haut fourneau. La fonte était transportée à la forge à Hargs où elle était transformée en barres de fer. La production d’acier a cessé en 1884. La forge appartient encore aujourd'hui à la forge à Hargs. L’été, le magasin est ouvert aux visiteurs. Il y a une exposition sur le maître de forges Pehr Persson.

Bruk de Berkinge

Le bruk fut construit par le hollandais Gerard de Besche, qui était associé au bruk de Forsmark. Berkinge devint le haut fourneau de Forsmark. En 1781, la famille acheta le bruk d’Ugglas. Le moulin à eau qui existe toujours fut construit en 1810. Dans les années 1930, la forêt et l’étang furent vendus à l’autorité Domänverket. Les bâtiments et les autres terrains furent vendus à des particuliers. L’étang restauré est aujourd'hui une attraction touristique avec baignade et camping.

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Le bruk d’Edsbro

De la fin du 17e siècle jusqu’en 1919, le haut fourneau d’Edsbro fonctionna. Le minerai a été exploité dans les mines de Dannemora mais l’énergie hydroélectrique et la forêt pour la carbonisation se trouvaient à Edsbro. La fonte brute était transportée à Skebobruk qui était propriétaire du haut fourneau d’ Edsbro, pour devenir des barres de fer. À la fin du 19e siècle, le haut fourneau fut équipé d’une machine à vapeur et elle fut transportée par le chemin de fer jusqu’au site. Le haut fourneau est le seul conservé dans le comté de Stockholm. Le lieu présente un environnement intéressant à visiter. À Edsbro, il y a aussi le musée de la maison communale d’Åsavallen.

Le bruk de Forsmark

Le bruk fut fondé au milieu du 16e siècle en tant que bruk de la Couronne. Auparavant, c’étaient les agriculteurs qui travaillaient les hauts fourneaux et les marteaux. En 1624, le bruk fut loué à des Néerlandais, Gerard de Besche et Peter Rochet. En 1751, le bruk fut acheté par l’entreprise Jennings & Finlay. Jennings deviendra par la suite le seul propriétaire et entre autres, le manoir conçu par Jean Eric Rehn fut construit En 1786, le bruk fut acheté par Samuel af Ugglas et il est resté dans la famille

jusqu’en 1975. Aujourd’hui, le bruk appartient à Forsmarks kraftgrupp AB. Le bruk constitue une visite intéressante avec l’hôtel Forsmark Wärdshus, des visites guidées et le musée.

Le bruk de Gimo

Le bruk fut construit au début du 17e siècle en tant que bruk de la Couronne d’Österbybruk. De 1626 à 1627, Louis de Geer et Willem de Besche louèrent le bruk. En 1643, Louis de Geer acheta trois bruks : Lövstabruk, Gimo et Österby. Cent ans plus tard, Gimo fut vendu à l’entreprise Jennings & Finlay, et bientôt Robert Finlay fut le seul propriétaire. Comme à Forsmark, Jean Eric Rehn dessina le manoir et un plan général du bruk. En 1764, le bruk fut vendu à Jean Henri Le Febure, directeur de la compagnie des Indes orientales. Au 19e siècle, le bruk appartenait à la famille Reutersköld qui misait sur la forêt et l’agriculture. Aujourd'hui, l’entreprise de haute technologie Sandvik est implantée à Gimo. Le centre de conférence du manoir de Gimo et le musée de beaux-arts sont deux attractions populaires.

Le bruk de Harg

Le préfet Hans Kyle créa la propriété de Harg au milieu du 17e siècle. Gustaf Otto Stenbock acheta la


propriété en 1664 et en fit une forge. Le minerai provenait de Dannemora et étaient traité au hait fourneau de Bennebol. La fonte brute était transformée en barre fer aux forges wallonnes de Harg. L’une existe toujours aujourd’hui. En 1904, la forge dite de Lancashire fut construite, mais après environ 20 ans, elle s’arrêta. Le manoir actuel fut construit en 1760 d’après des plans de David Kessler. En 1873, le bruk devint la propriété de la famille Beck-Friis, et c’est toujours le cas aujourd'hui. Le bruk est une propriété privée et non accessible aux visiteurs. Non loin se trouvent également Hargshamn avec son camping et ses restaurants, les järnbod de Harg qui organisent des manifestations culturelles et la ferme Sanda Gård qui propose des chambres et des repas.

Le bruk de Harnäs

Le maire Claes Depken fonda au 17e siècle un haut fourneau à Harnäs. Un marteau fut également construit. Le minerai de Dannemora fut transformé en fonte à Harnäs. Au début, la fonte était transportée à la forge d’Älvkarelö, mais rapidement, elle était expédiée vers la forge de Harnäs. Thomas Tottie acquit Harnäs, Hytttön et Älvkarleö en 1772, mais Harnäs fut vite revendu à af Ugglas à Forsmark. En 1882, le bruk de Söderfors fut vendu en 1882. Le haut fourneau de Harnäs devint le principal fournisseur de fonte de Söderfors. Le fer a été expédié via le port de Harnäs. Le haut fourneau a été fermé en 1911. Aujourd'hui, on peut voir les ruines des hauts fourneaux et des forges et des logements d’ouvriers.

bola fut fondé par Henrik Lemmens au milieu du 17e siècle. Il y avait un haut fourneau et une forge pour fabriquer des barres en fer. Charles de Geer acheta le bruk en 1734. La production de barres de fer fut déplacée vers Karlholm, mais le haut fourneau poursuivit son activité jusqu’au 19e siècle. Aujourd'hui, il ne reste que les logements d’ouvriers.

Hyttön

Un haut fourneau fut construit au milieu du 17e siècle en raison de la présence des gisements de minerai de fer dans les environs. L’extraction fut bientôt terminée et on utilisa plutôt du minerai de Dannemora dans le haut fourneau. Il fonctionna jusqu’en 1880. Aujourd'hui, la demeure de l’inspecteur est encore sur place ainsi qu’une maison en laitier, un logement d’ouvriers, dépôt des lances à incendie, une grange et une école. Les ruines rappellent la présence d’un four à charbon de bois, d’un dépôt de charbon et d’un haut fourneau.

Johannisfors

La forge de Karbida y fut fondée en 1622 qui fonctionné jusqu’en 1634. Une manufacture de clous et de tôles a débuté il y a environ 100 ans, lorsque le propriétaire de Forsmark Finlay & Jennings étaient responsables de l’exploitation. Le lieu fut baptisé Johannisfors après John Jennings. Quand Samuel af Ugglas reprit la propriété, il construisit un moulin qui existe encore aujourd'hui. À la fin du 19e siècle, il y avait une scierie et une grande manufacture de sulfate qui ont été détruites par un incendie dans les années 1930.

Hillebola

Karlholmsbruk

Tout comme Ullfors, le bruk de Hille-

Charles de Geer acheta deux manoirs en 1725 à environ 20 km de Lövsta.

Manoir de Gimo. Photo : Archives de Gimo Herrgård.

Manoir de Skebo. Photo : Urban Svensson.

En 1727-28, la construction du bruk de Carlholm commença. Le manoir et les bâtiments de bureaux ainsi que des logements furent construits. En 1735, le marteau de la forge de Hillebola y fut transféré. La forge wallonne commença en 1736, mais ferma en 1748 et fut remplacée par un marteau pour tôle et le fer en bottes. Un nouveau haut fourneau fut opérationnel en 1767. La forge pour tôles fut remplacée par une forge de barres en fer en 1808. La forge wallonne fut abandonnée en 1879 pour la méthode dite de Lanchashire. Une grande forge fut achevée en 1880. Le haut fourneau fut démoli en 1831. Des visites guidées sont organisées dans le bruk et la forge dite de Lancashire qui sont bien préservés.

Le bruk de Länna

Le haut fourneau du bruk de Vattholma fut « déplacé » vers Länna lorsqu’une réorganisation du débit de l’eau détruisit l’écoulement de l’eau du Fyrisån. À Länna, l’énergie hydroélectrique était efficace et la fonte de Länna était travaillée en barres à Vattholma entre 1758 et 1905. Aujourd'hui, il reste principalement la rue du bruk et les logements d’ouvriers.

Lövstabruk

Dès le 16e siècle, il y avait une exploitation agricole à Lövsta. À la fin du siècle, un bruk appartenant à la Couronne apparut. De 1626 à 1627, Louis de Geer et Willem de Besche louèrent le bruk. En 1643, Louis de Geer acheta les bruks de Lövstabruk, de Gimo et d’Österby. En 1719, le bruk brûla, mais fut reconstruit avec encore plus de splendeur sous la supervision de Charles de Geer. Lövsta fut au cours du 18e siècle le plus grand bruk de

Manoir de Forsmark. Photo : Helena Lundbäck.

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y fut alors construite, un atelier et un atelier d’usinage des métaux. L’exploitation minière augmenta avec l’augmentation de la demande du fer pour des équipements militaires. À la fin des années 1970, les mines furent fermées. Il reste encore le grand chevalement construit en 1944.

Le bruk Rånäs

Chevalement de Ramhäll. Photo : Eva Wrede.

Suède. La forge wallonne existait au niveau du barrage du bruk, mais elle a été démolie lors de l’arrivée de la voie ferrée en 1926. Aujourd'hui, il reste un joli manoir, avec de nombreux bâtiments du bruk, des logements et des parcs. Il y a des artisans. Le bruk des enfants (un lieu de jeu pour les enfants), Leufstabruks Wärdshus et des manifestations y sont organisées tout au long de l’année.

Jean Henri de Febure déplaça une partie de l’activité du bruk de Gimo vers Rånäs en 1774 et l’activité de la forge à Rågnäs s’est poursuivie jusqu’en 1894. En 1833, la construction du château de Rånäs commença, un grand établissement dans le style Empire. Dans les environs, on remarque les traces des activités de l’ancien bruk avec la rue principale, les bâtiments administratifs et les archives. Rånäs est aujourd’hui un centre de conférence et un hôtel. Fasterna hembygdsgård se trouve à proximité.

Skebobruk

En 1586, une exploitation agricole s’installa à Ortala qui devint bientôt une propriété de la Couronne. Lennart Torstensson reçut le bruk en fief en 1647 et l’activité augmenta considérablement. Le ministère public reprit la propriété sous Charles XI lors de la réduction de la richesse de la noblesse, mais le bruk brûla en 1719 et fut racheté ensuite par Finlay & Jennings à Forsmark. le marteau de la forge servit jusqu’en 1878. Quelques bâtiments et un petit manoir existent encore.

En 1444 déjà, il est indiqué qu’une fonderie existait à Skebo. La propriété appartenait au roi Gustav Vasa, mais devint rapidement la propriété de la famille Tott. La famille Tott était propriétaire de l’usine depuis le 16e siècle jusqu’à en 1733. Ils construisirent une nouvelle forge en 1622. Le haut fourneau qui produisit la gueuse de fonte se trouvait à Edsbro, mais la production de barres de fer était réalisée à Skebo. Une usine de fil de fer fut construite à Skebo au 18e siècle et une usine de laminage au 19e siècle. En 1924, le bruk fut fermé. Aujourd'hui, il reste principalement les logements d’ouvriers et le manoir de Skebo qui est un centre de conférences. Des visites guidées sont organisées par le musée Skebobruk.

Les mines de Ramhäll

Bruk de Strömberg

Ortala

Au 18e siècle commença une modeste extraction du minerai de fer dans la localité de Ramhäll. les mines furent appelées les mines de Hammarins (Hammarinsgruvorna). Vers 1830, l’activité augmenta sous la direction du bruk de Kilafors. Vers le 19e siècle, la propriété fut partagée entre Ljusne-Woxna AB et Dannemora gruvors Intresseförening. En 1942, Stora Kopparberg acheta les mines. Une maison

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Le bruk fut construit entre 1643 et 1645 par Vervier Welam. On y produisit des barres de fer, mais aussi des plaques pour mousquet à Söderhamn. En 1695, le bruk fut loué à Gabriel Easton qui l’acheta rapidement. En 1734, Charles de Geer acquérit à Lövstabruk les quatre bruks Strömsberg, Hillebola, Västland et Ullfors. Un nouveau manoir fut achevé. L’épouse de Charles de Geer, Char-

lotta Catharina Ribbing devint veuve lors du décès de son mari en 1778. En 1861, les biens de de Geers furent divisés. Les quatre bruks sont revenus à Charlotta de Geer. Strömsberg s’est vendu rapidement à Wachtmeister, qui à son tour le vendit à Stora Kopparberg. L’industrie du fer fut fermée. Aujourd’hui, l’environnement industriel est particulièrement complet. Il y a aussi un grand musée sylvicole, un café, un musée de la nostalgie et les promenades dans le bruk sont organisées. En août, on allume la meule de charbon.

Le bruk de Söderfors

Le bruk fut fondé au 17e siècle pour fabriquer des ancres de bateau et les fournir à la flotte navale suédoise. Le fondateur du bruk, Claes Depken, fut anobli pour ses efforts et nommé Anckarström. Une grande partie des bâtiments actuels furent construits au cours du 18e siècle lorsque la famille Grill était le propriétaire. On y trouve aujourd’hui les leaders mondiaux Erasteel Kloster, Damasteel, Scana Steel et Åkers. Des visites guidées sont organisées à Söderfors. Vous y découvrirez la maison communale, la forge des ancres et les jardins, le jardin des roses. Des hébergements sont proposés au camping de Söderfors ou à l’hôtel Söderfors Herrgård.

Le bruk de Tobo.

Louis de Geer acheta la propriété en 1643 de la Couronne. Son fils Emanuel construisit un haut fourneau en 1676 et peu après une route à travers la forêt de Lövstabruk. On produisit de la fonte à Tobo pour Lövstabruk. À la fin du 17e siècle, il y avait même une scierie, un moulin à vent et une briqueterie. À la fin du 19e siècle, une ferme et une menuiserie apparurent avec grand succès. Le haut fourneau de Tobo fut vendu à Gimo-Österbybruks AB en 1918 ce qui mit fin aux activités. En 1937, Monark acheta le domaine du bruk et dans les années 1970, il fut repris par Munthers. Aujourd’hui, on y trouve en plus du haut fourneau, les logements d’ouvriers, un manoir et le vieux château de chasse, qui accueille aujourd'hui l’institut Eric Sahlström.


Le bruk d’Ullfors

Henrik Lemmens fonda Ullfors au 17e siècle.century 1600. Il y construisit un haut fourneau et un marteau pour la forge wallon. Le minerai de Dannemora fut transporté à Ullfors et les barres de fer furent expédiées de Snatrabodarna à l’extérieur de Karlholm. En 1734, Charles de Geer acquérit à Lövstabruk les quatre bruks Strömsberg, Hillebola, Västland et Ullfors. Les logements d’ouvriers furent construits à la fin du 18e siècle. La fille de Charles de Geer hérita le bruk qui passa ensuite la famille Wachtmeister. Dans les années 1920, il fut acheté par Stora Kopparberg qui le ferma. Aujourd'hui, vous pouvez y découvrir de jolis logements d’ouvriers blancs, le logement du régisseur, les archives et une grande dépendance. On y organise des visites guidées.

Le bruk de Wattholma

À Vattholma, il y avait une forge dès le 15e siècle. En 1551, il est indiqué qu’un foyer de fusion est construit. le minerai provient des mines de Dannemora ou de Vattholma. Le bruk de Vattholm fut la propriété de la Couronne jusqu'à la fin du 16e siècle, lorsqu’il fut repris par la famille Bielke du château de Salsta. La forge wallonne a été utilisée jusqu’à la fin du 19e siècle, puis c’est la méthode dite de Lancashire qui fut employée. La production de barres de fer cessa en 1905, mais la production de la forge et la fonderie poursuivirent leurs activités. Les industries sont toujours là, mais aussi l’ancienne auberge, le magasin et le manoir de Trollbo. Dans les années 1970, de nombreux bâtiments ont été démolis et remplacés par des bâtiments neufs qui ressemblent aux originaux.

Toboggans dans l’eau à Berkinge et camp de pêche. Photo : Benny Djurstedt

Vigelsbo

Il y fut construit un haut fourneau en 1641 par Wellam de Besche et Peter Rochet. Le minerai a été trouvé à Vigelsbo, et ce fut le début de l’exploitation minière. En 1688, Isack Breant reçut le privilège d’exploiter le minerai à Vigelsbo. Au milieu du siècle 19e siècle, une compagnie minière fut fondée par des propriétaires dans le nord de la Suède. Le minerai était acheminé en hiver à Kallerö et expédié une fois la glace partie vers les forges du nord pour la fabrication de barres de fer. La mine a fonctionné jusqu’en 1925. Aujourd'hui, on voit les logements d’ouvriers, un concentrateur et le logement du régisseur.

Vällnora

aussi deux manoirs plus anciens dans le bruk.

Åkerby

Le bruk fut fondé en 1638 par Henrik Lemmens. Il fut vendu à Charles de Geer de Lövstabruk. Dans les années 1760, le premier four à cémenter fut construit par le métallurgiste Sven Rinman. L’acier produit à Åkerby fut utilisé pour fabriquer des canons de fusil à Norrtälje et des faux. Le bruk brûla pendant les ravages russes en 1719 mais fut reconstruit. Il a été fermé en 1883. Aujourd'hui, il y a un clocher, des logements d’ouvriers et les ailes d’un manoir. Une ruine rappelle le premier four à cémenter.

Älvkarleö

Un bruk de la Couronne fut fondé dans le Västland en 1612. Il a été loué à Welam Vervier qui acheta par la suite le bruk et en fit l’un des plus importants en Suède. Le bruk fut incendié en 1719, mais reconstruit. Dans le Västland, le forgeage des barres de fer se poursuivit, mais l’activité du haut fourneau était le plus importante. En 1902, l’industrie s’arrêta et une grande partie des bâtiments fut démolie. Aujourd’hui demeurent la maison en laitier, un moulin, un entrepôt et quelques logements d’ouvriers. Il y a

Claes Depken fonda les bruks d’Älvkarleö et de Harnäs avec David Leijel et ses frères. Dans les années 1670, Claes Depken découvrit un procédé pour fabriquer des ancres de bateau à Älvkarleö. Il commença bientôt un bruk pour les ancres à Söderfors. M. Depken fut anobli pour cela et reçut le nom d’Anckarström. Le haut fourneau d’Älvkarleö brûla en 1726 et le bruk reçut par la suite de la fonte en gueuse de Hyttön. Au milieu du 18e siècle, deux nouvelles forges furent construites. À la fin du 19e siècle, elles furent construites ensemble pour la fabrication des ressorts pour voiture. Le bruk fut vendu en 1772 à Thomas Tottie. En 1845, il fut vendu à P. A. Tamm d’Österbybruk puis il fut revendu en 1873 à Söderfors bruks AB. En 1772, le manoir d’Älvkarleö est maintenant un centre de conférences, appartenant par Sveriges Lottakårer. À côté du manoir, il y a la ferme de Söderhällgården, un atelier de lutins et un musée du folklore.

Automne précoce au bord de la rivière Dalälven. Photo : NedAB.

La forge wallonne d’Österbybruk. Photo : Kalbar.

Le bruk fut fondé sous le nom d’Åsby par Jakob Leijel en 1684. Il y a un haut fourneau et marteau de forge qui fut vendu en 1733 à Jean Jacques de Geer à Gimo. Le marteau cessa son activité en 1735, mais le haut fourneau fut repris par Rånäs. L’exploitation a cessa en 1890. Aujourd'hui, le haut fourneau et les logements d’ouvriers demeurent.

Västland

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Château d’Örbyhus

En 1450, le grand-père de Gustav Vasa était le propriétaire d’Örbyhus. La tour du château fut construite comme un moyen de défense. En 1548, Gustav Vasa échangea Örbyhus. Il y avait alors des remparts, des douves et un grand mur en pierre. Le château est connu pour avoir été le lieu d’emprisonnement et d’empoisonnement d’Éric XIV par son frère Jean III de Suède. Gustav Banér acquit Örbyhus en 1641 et le transforma en un château de style baroque. Au début du 18e siècle, il appartenait à de Geer à Lövstabruk. De nombreux bâtiments autour du château furent construits entre 1825 et 1832 d’après les plans de l’architecte C.C. Görwells.. En 1900, le comte Carl-Gustav von Rosen acheta le château. Il fut repris par son fils Eugene qui entreprit de

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grands travaux de restauration. La propriété d’Örbyhus est toujours dans la famille. On y organise des concerts et des visites guidées. Il y a aussi un club de golf d’Örbyhus avec des chambres et un restaurant.

Österbybruk

Österby faisait partie au 15e siècle de la propriété d’Örbyhus et appartenait à la dynastie de Vasa. Au 16e siècle, Gustav Vasa construisit une usine sidérurgique à Österby pour la production de matériel de guerre. Entre 1626 et 1627, Louis de Geer et Willem de Besche louèrent le bruk. En 1643, Louis de Geer acheta les bruks de Lövstabruk, de Gimo et d’Österby. Österbybruk devint la deuxième usine sidérurgique en Suède. En 1758, Claes Grill et son demi-frère aquirent le bruk. Au 19e siècle, Per Adolf Tamm

en devint propriétaire.. Les successeurs formèrent en 1876 Österbybruks AB qui en 1916 a fusionné avec Gimo bruks AB. Österbybruk poursuivit son activité jusqu’en 1983 par Fagersta bruk AB. Au début du 20e siècle, Bruno Liljefors loua la maison de maître. Quand Fagersta laissa Österbybruk, Bruno Liljefors fit un fondation qui est toujours propriétaire des bâtiments et est responsable des activités culturelles. Des visites guidées et des expositions y sont organisées. La forge wallonne la plus complète au monde se trouve à Österbybruk et elle est en fonctionnement une ou deux fois par an. La fonderie Österby Gjuteri se trouve dans la communauté depuis le 19e siècle.


Gudinge

Tolfta kyrka

Gysinge bruk ca 27 km

Villages de forge.

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Un lieu unique Roslagen représente les villages de forges (bruk), l’archipel, la mer et les villes au nord de Stockholm. La forge wallonne (Vallonbruk) en très bon état de Roslagen raconte une histoire industrielle unique. Lors de l’implantation du village de forges au 17e siècle, on y trouvait toutes les ressources naturelles. Les Wallons ont été recrutés pour leurs compétences et les barres de fer qui y furent produites devinrent mondialement connues. Les Wallons ont fondé l’histoire industrielle de toute la Suède. Aujourd’hui, la forge est un fabuleux lieu de découverte avec une histoire fascinante dans un environnement idyllique avec de l’histoire, des musées, de la musique, du théâtre, de l’art, des manifestations culturelles et de magnifiques jardins. Les manoirs sont devenus des hôtels avec des restaurants gastronomiques et des centres de conférence très recherchés. Des séjours tout compris permettent de profiter de différentes activités allant de randonnées à pied et à vélo entre les villages des forges jusqu’à un spa dans un environnement de village de forges. L’entreprise touristique Visit Roslagen AB développe et commercialise Roslagen dans son ensemble en collaboration avec le tourisme de Roslagen et des communes d’Östhammar, Norrtälje et Österåker. L’entreprise se concentre sur les manifestations culturelles, les réunions, les spécialités gastronomiques locales, les aventures et la nature. L’agence Visit Roslagen est un lieu pour trouver l’inspiration, s’informer et réserver l’hébergement, les billets des manifestations et les séjours découverte pour les conférences et les groupes. N’hésitez pas à organiser et à réserver votre séjour pour découvrir les villages de forges en vous adressant à Visit Roslagen ! Adressez-vous à un membre de notre personnel ou réservez directement sur www.roslagen.se Tél. + 46 767 650 660 info@visitroslagen.se www.roslagen.se

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Gravé dans le fer  

L'histoire de heritage wallon de Suède