y a comme un parfum de Noël dans l’air
ANDREW WILSON
Ces joies qui nous mettent le cœur en fête
INTRODUCTION
Qu’est-ce qui vous fait ressentir la magie de Noël ?
La plupart d’entre nous plongent dans l’ambiance de Noël grâce à un déclic. Il peut s’agir d’un instant précis que nous attendons avec impatience et sans lequel la période de Noël ne peut commencer : le repas de Thanksgiving, les premiers jours du mois de décembre ou les affiches publicitaires qui s’habillent de vert et de rouge. Mais Noël peut aussi nous prendre par surprise. La semaine dernière à Londres, je suis allé pour la première fois à la grande foire annuelle de Noël, le « Winter Wonderland » [L’hiver au pays
des merveilles] de Hyde Park. Je me tenais là avec mon chapeau et mon écharpe, environné de lumières féeriques et du parfum de vin chaud : c’était comme si l’automne avait brusquement cédé la place à Noël !
C’est difficile d’expliquer comment fonctionnent véritablement ces moments-déclic. Si l’on s’intéresse au temps qui passe, aucun jour ne nous rapproche plus particulièrement de Noël qu’un autre. Les grands magasins ont un intérêt commercial à nous faire entrer dans l’ambiance de Noël le plus tôt possible. Ils dépensent beaucoup d’argent pour atteindre cet objectif. Les chants de Noël résonnent dans les galeries marchandes dès le mois de novembre. Les boissons festives sont déjà en vente en octobre. Les idées de cadeaux et les boîtes de biscuits de Noël se déploient sous vos yeux à partir de septembre. Les services commerciaux font de leur mieux pour nous faire ressentir l’esprit de Noël, mais leurs efforts n’éveillent pas grand-chose en nous. Nous attendons l’apparition de certains éléments pour éprouver l’impression qu’il y a comme un parfum de Noël dans l’air.
Là où j’ai grandi, les illuminations figurent parmi les premiers éléments à donner le sentiment que Noël approche. Je vis sur une petite île de l’Atlantique Nord, juste au sud du cercle polaire. Elle est balayée par les vents et il y fait vraiment sombre à cette période de l’année. Aux premiers jours de décembre, le soleil se
lève à 7 h 44 et se couche à 15 h 54. Mais les lumières de Noël compensent largement ce manque de clarté. Les guirlandes lumineuses suspendues dans les rues et les vitrines scintillantes des cafés créent une atmosphère qui nous pousse à attendre Noël. Personnellement, je ne pense pas que l’on puisse se plonger dans l’ambiance de Noël tant que les illuminations ne sont pas installées.
Au fur et à mesure que le grand jour approche, l’impatience grandit. La veille ou l’avant-veille de Noël, j’arrête de penser que Noël approche et je commence à me dire que… Noël est là ! C’est mon dernier jour de travail. Notre famille élargie se réunit pour un repas. Les cadeaux sont emballés. Les chaussettes de Noël sont suspendues au-dessus de la cheminée. Les films et émissions de Noël envahissent les chaînes de télé. C’est la veille de Noël : voilà quatre semaines que nos enfants ont commencé à s’y préparer et quatre mois que le supermarché du coin a commencé à tout planifier. Noël est bel et bien arrivé !
Bien sûr, les éléments qui vous font ressentir la magie de Noël peuvent être différents de ceux que j’ai énumérés ici. Mais pour vous aussi, il y a quelque chose qui vous donne l’impression que ça y est, c’est vraiment Noël ! J’imagine que vous pourriez, sans trop réfléchir, faire la liste des joies qui vous mettent le cœur en fête.
Ce livre a pour but de vous convaincre d’une chose : les joies de Noël n’ont de sens – et en fait la vie elle-même n’a de sens – que si nous saisissons la signification du premier Noël. Ce n’est que dans la crèche de Bethléhem, entourés des bergers, des mages et de quelques animaux, que nous découvrons la raison d’être du sapin, des traditions, des guirlandes et de la dinde. Mais par-dessus tout, c’est uniquement dans la crèche de Bethléhem que nous découvrons la source de ce qui donne un sens profond à notre vie tout le restant de l’année. C’est uniquement dans l’humble étable de Bethléhem qu’il nous est permis d’espérer voir un jour un monde de paix et de justice, un monde d’amour qui ne dépend ni de nos capacités ni de nos efforts et un monde de joie qui résiste aux aléas de la vie.
Cette idée est le fondement de ce livre. Dans chaque chapitre, je vais présenter un des aspects de cette période de l’année qui me fait ressentir la magie de Noël. Chacun de ces aspects sera une fenêtre à travers laquelle nous remonterons jusqu’au premier Noël pour réfléchir à la façon dont il a changé le monde.
Est-ce vraiment vrai ?
Quand on commence à discuter du premier Noël et du fait que Dieu est devenu un être humain en la personne de Jésus-Christ, tôt ou tard, une question
surgit : « Est-ce vraiment vrai ? » Cela s’est-il réellement passé ? Certains examinent les détails miraculeux de l’histoire de Noël : des signes dans les étoiles, des rêves prémonitoires, des créatures surnaturelles, une naissance miraculeuse. Ils en concluent qu’il est impossible que tout cela soit vrai, même si cette histoire est touchante et passionnante. Peut-être est-ce votre point de vue ? Si rien de tout cela n’est vrai, même la meilleure présentation ne pourra dissimuler que le message chrétien est vide de sens. Mais si, au contraire, tout cela s’est vraiment passé, si le Créateur du monde s’est vraiment fait homme pour sauver le monde du péché et de la mort, alors rien ne peut être plus important et des tonnes de décorations, de sapins ou de dindes ne suffiraient pas pour fêter l’événement comme il se doit !
En fin de compte, c’est à vous de décider. Mais croire que cette histoire est vraie n’est pas aussi insurmontable qu’on se l’imagine parfois. Les peuples anciens ne sont pas les seuls à s’être appuyés sur les étoiles pour se laisser guider dans leurs choix de vie. Ils ne sont pas les seuls à être persuadés qu’il existe une réalité invisible, au-delà du monde visible et quantifiable. Ils ne sont pas les seuls à avoir réorienté leur vie en fonction de rêves particulièrement marquants. Ils ne sont pas les seuls à s’interroger sur le sens d’événements qui pourraient être des coïncidences, mais qui n’en ont pas l’air.
En fait, je suis prêt à parier que, vous aussi, vous croyez à toutes sortes de concepts surnaturels, à des réalités qui dépassent « l’ordre naturel ». Si vous croyez aux droits de l’homme, à la dignité, à l’égalité ou à la justice, alors vous croyez en des concepts qui ne peuvent être ni vus ni vérifiés dans un laboratoire ou une éprouvette.
Et vous croyez probablement aussi à une sorte de conception miraculeuse, même si vous ne l’appelez pas ainsi. En effet, de nos jours, la vision que notre génération a du cosmos est celle d’un univers soudainement et instantanément apparu, il y a environ 13,7 milliards d’années – une théorie connue sous le nom de « Big Bang ». À un moment donné, quelque chose a surgi du néant. À un moment donné, la vie est apparue là où il n’y en avait pas auparavant.
Si vous êtes tenté de rejeter l’histoire de Noël sous prétexte qu’elle est fantaisiste, alors il serait bon de vous rappeler que vous croyez déjà à bon nombre de choses extraordinaires.
Et puis réfléchissez encore à ceci : la seule manière d’être sûr que les miracles n’existent pas, c’est d’être sûr que Dieu n’existe pas. Car s’il existe un Créateur du monde tout-puissant, alors cela n’a aucun sens de prétendre qu’il ne peut pas s’adresser aux gens en rêve, ni illuminer le ciel avec des chœurs d’anges, ni même s’incarner et naître d’une vierge. Si nous pouvons être
certains que Dieu n’existe pas, alors nous pouvons être certains que ces choses ne sont jamais arrivées. Si nous ne le pouvons pas, cela ne signifie pas que toutes ces choses soient vraies. Mais cela veut dire qu’elles pourraient l’être. S’il est possible que Dieu existe, alors il est possible que les miracles existent. Il convient donc d’aborder ce récit avec un esprit ouvert.
Tout sauf banal
Cela ne veut pas dire que l’histoire de Noël est banale. Elle ne l’est absolument pas. Il n’y a pas d’événement plus extraordinaire que celui-ci : le Créateur de ce monde est devenu partie intégrante du monde. Il est né d’une femme qu’il a lui-même façonnée. Il a respiré l’air qu’il a lui-même créé. J’irais même plus loin : rien de plus extraordinaire ne s’est jamais produit. On trouve bien des choses étranges sur Internet, mais rien de comparable à l’idée que le Dieu qui a créé la nébuleuse de l’Aigle soit devenu un nourrisson sans défense.
Il est donc temps de réfléchir à cette idée en examinant la manière dont nous nous préparons à Noël. Et nous allons commencer par l’élément qui donne le coup d’envoi à mon Noël et qui, de fait, donne le coup d’envoi au récit biblique dans son ensemble. Que la lumière soit !
Installer les lumières de Noël
Peu de choses suscitent autant d’enthousiasme dans la famille Wilson que l’installation des guirlandes lumineuses de Noël. Et peu de choses suscitent autant de perplexité, de frustration, de désarroi technique et de rage absolue.
En théorie, cela devrait être une expérience idyllique. Parfois, c’est le cas. Les cookies sont au four, le vin chaud infuse et les chansons de Noël interprétées par Céline Dion tournent en boucle. Les enfants ne tiennent plus en place. La soirée s’annonce merveilleuse. Il ne reste plus qu’à monter au grenier pour récupérer la boîte de guirlandes lumineuses, les accrocher dans le sapin et notre Noël en famille sera « instagramable » !
Les problèmes commencent dès que l’on ouvre la boîte. Pour une raison inexplicable, les guirlandes, qui avaient été soigneusement rangées l’année dernière pour faciliter leur installation cette année, sont toutes mélangées, secouées et enchevêtrées. Elles sont tellement emmêlées (c’est l’œuvre des lutins du grenier !) qu’elles ne ressemblent plus qu’à un plat de spaghettis couleur vert sapin. Il faut un temps fou pour les démêler et pendant ce temps, ce temps qui dure et dure, un des enfants commence à chaparder des cookies. Un autre se rappelle à quel point ils détestent tous Céline Dion.
Suspendre les guirlandes lumineuses dans le sapin est toujours plus compliqué qu’il n’y paraît. Surtout parce que les enfants ont déjà commencé à y accrocher leurs boules préférées. Et aussi parce qu’il est apparemment vital que les boules ne soient pas cachées par les câbles : il faut absolument qu’elles soient rétroéclairées. De plus, les ampoules sont dotées de mille et un réglages différents : fondu lent, scintillement rapide, clignotement agaçant, déclencheur de crises d’épilepsie, et ainsi de suite. Il faut donc un temps infini pour trouver comment les brancher ! Et finalement, le vin chaud ressemble à une soupe de betteraves dans laquelle flottent quelques bâtons de cannelle.
Mais au moins, les lumières brillent.
Et la lumière fut
Nous aimons la lumière. D’instinct, nous n’apprécions pas particulièrement l’obscurité. Elle effraie les enfants et attriste les adultes, surtout lorsqu’elle s’éternise pendant des mois. Nous attendons le printemps avec impatience, parce que les rayons de lumière nous rendent plus joyeux tandis que la grisaille nous rend maussades. Nous allumons les lampes lorsque nous entrons dans une pièce parce que nous voulons voir ce qui s’y trouve. Nous aimons voir les maisons ornées de lumières de Noël. Une façade un peu criarde et surchargée de guirlandes aura toujours ma préférence par rapport à une maison dépourvue d’éclairage. Nous sommes attirés vers la lumière.
C’est vrai dans toutes les cultures. Les grandes religions du monde ont toutes une fête ou un récit centré sur la lumière sous une forme ou une autre. Hanoukka est la fête juive des lumières. Les hindous célèbrent Diwali, « l’allée des lumières ». Les bouddhistes considèrent que le but de la vie est d’atteindre « l’illumination », c’est-à-dire un état d’éveil dans lequel le cycle de la réincarnation prend fin et où on atteint le Nirvana. L’islam est fondé sur le concept d’illumination spirituelle et intellectuelle, qui se reflète dans la façon dont les musulmans enluminent les manuscrits du Coran. Les chrétiens mettent également l’accent sur la lumière, comme
nous le verrons. L’obscurité et la lumière font partie de l’expérience de chaque être humain. L’idée que la lumière puisse apparaître au sein des ténèbres – ou le fait d’allumer les lampes pour chasser les ténèbres – est donc un concept très répandu dans le monde entier.
On le retrouve également dans les projets idéologiques et politiques, de l’Orient à l’Occident. Vous avez peut-être entendu parler de la dynastie chinoise des Ming, célèbre pour ses vases et sa muraille impressionnante. « Ming » signifie tout simplement « lumineux ». Ce nom suggérait que les ténèbres avaient été bannies et qu’un nouveau régime de lumière était en place.
Au xxie siècle, l’Occident possède une conception très similaire. Voici comment nous nous percevons : le monde entier a été plongé dans l’obscurité, l’ignorance et la superstition pendant des siècles (le Moyen Âge est parfois qualifié d’« âge sombre »).
Puis l’Europe moderne a connu un renouveau (la « Renaissance ») ; bientôt les gens ont commencé à penser par eux-mêmes, à se poser des questions cruciales, à utiliser la science, à construire des machines complexes et à assurer à tous une plus grande richesse et une meilleure santé (le « siècle des Lumières »). Les ténèbres régnaient, puis la lumière est apparue. Et tout est devenu meilleur.
Où est votre lumière ?
Nous réfléchissons aussi de cette manière à un niveau plus personnel – et cela concerne notre vie de tous les jours. Il vous est certainement arrivé de vous dire ou d’entendre dire : « Je viens de traverser une période sombre de ma vie. » Ou encore : « Ne t’inquiète pas, la lumière est au bout du tunnel. » Nous nous exprimons ainsi constamment. L’obscurité, c’est triste, mais un jour la lumière apparaîtra. En attendant, nous devons nous accrocher, rester à l’abri et continuer à espérer. Quelles que soient votre culture et/ou votre religion, la question est la suivante : qu’est-ce qui illumine votre vie ? Quand le monde qui vous entoure devient difficile, frustrant, plein de défis et accablant, que ce soit au niveau global ou plus personnel, vers quoi vous tournez-vous ? Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer : « Tout ira bien » ? Vers quoi se tournent vos pensées afin de vous convaincre que « Oui, ce que je vis est difficile, mais je peux me diriger vers cette lumière et savoir que la situation va s’améliorer. C’est vers elle que je vais me tourner pour trouver l’espoir ». Tous ceux qui ne sont pas totalement désespérés possèdent une lumière dans leur vie. Quelle est la vôtre ?
Il est presque certain que la réponse à cette question dépend de ce que vous considérez être « ténèbres ». À moins que votre vie ne soit parfaite (dans ce cas, je ne suis pas sûr que vous viviez dans le même
monde que le reste d’entre nous), votre recherche de la lumière dépendra de ce que vous pensez être à la racine des problèmes dans votre vie ou, plus largement, dans ce monde.
Pour les Ming en Chine, l’obscurité, c’était l’instabilité causée par l’invasion incessante d’étrangers. Ils ont donc (je simplifie, bien sûr !) construit une immense muraille et proclamé : « Nous avons résolu le problème. Les ténèbres ont disparu. La lumière est arrivée. Notre règne vous apportera toute la lumière dont vous avez besoin ! »
Dans le bouddhisme, l’obscurité, c’est l’illusion concernant ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. La lumière consiste donc en une prise de conscience de ce qu’est la réalité.
Dans la vision occidentale, que l’on pourrait qualifier de libéralisme culturel, l’obscurité représente l’ignorance. Par conséquent, la lumière symbolise la connaissance. C’est pourquoi, si vous avez grandi dans un contexte occidental, vous pensez probablement que l’éducation résoudra la plupart des problèmes auxquels nous sommes confrontés.
Je n’adhère pas à ces différentes approches de la lumière et des ténèbres. Voici pourquoi : elles minimisent toutes le problème. En effet, l’origine des ténèbres dans le monde ne se réduit pas à un
problème d’ignorance, d’instabilité politique ou à un manque d’éducation : elle est directement liée à la mort. (Joyeux Noël !) Le monde est dans les ténèbres parce que les gens meurent. Ils meurent spirituellement et physiquement, et pas uniquement parce que leur connaissance est limitée ou parce qu’ils ont été trop souvent envahis. Même dans les sociétés les plus éduquées et qui ont subi le moins d’invasions dans l’histoire du monde, comme les États-Unis, l’Australie ou le Royaume-Uni du xxie siècle, les ténèbres de la mort sont toujours présentes.
La Bible affirme que la mort intervient à deux niveaux. Le premier est évident : la mort physique. Mais la mort existe aussi à un niveau plus profond, spirituel : elle consiste à être séparé de Dieu. Combinez les deux et vous comprendrez la raison pour laquelle nous avons du mal à trouver épanouissement et sécurité, même à une époque où la paix et la prospérité n’ont jamais été aussi grandes. Nous savons que la vie n’est pas tout à fait ce qu’elle devrait être.
Ce constat est assez sombre. Mais il explique pourquoi construire un mur, vivre une expérience spirituelle ou acquérir plus d’éducation et de connaissances n’apportent pas suffisamment de lumière pour percer les ténèbres. Nous bâtissons nos murs ; nous parlons de nos religions ; nous apprenons de plus en plus ; nous installons nos guirlandes de Noël, nous en
retirons de la joie. Puis nous les enlevons de nouveau et les rangeons pour l’année suivante. Pourtant la vraie lumière, la paix intérieure, la joie profonde, l’amour inébranlable… nous échappent encore, tant individuellement que collectivement. Les ténèbres de la mort sont toujours là.
Alors, de quoi avons-nous besoin ? Nous avons besoin d’une lumière capable de chasser la mort et de nous redonner la vie, tant sur le plan spirituel que physique.
La lumière d’en-haut
Les gens trouvent souvent l’histoire de Noël mièvre et sentimentale. Beaucoup la considèrent comme un récit pour les enfants. En Occident, nous plaçons Jésus dans la crèche comme nous plaçons le père Noël dans son traîneau. C’est un joli conte pour enfants qui nous donne une bonne raison de nous offrir des vacances, de manger, de boire et de prendre du repos. Les anges, la crèche, les chants de Noël et les sapins, c’est beau, ça brille et c’est réconfortant : ce sont des scintillements rassurants au moment de la plus merveilleuse période de l’année.
Mais en réalité, l’histoire de Noël est un récit brutal et honnête de la noirceur du monde. Elle se déroule dans un pays occupé par une armée étrangère, au sein d’un peuple accablé par les impôts et rêvant de liberté.
Ses personnages principaux vivent pour la plupart en marge de la société, loin des palais et des universités où la vie est douce, exaltante et facile. Cette histoire se termine – bien que nous laissions généralement cette partie de côté dans nos versions modernes – par une lutte de pouvoir qui débouche sur l’assassinat de dizaines de jeunes enfants. De plus, les membres de la famille de Jésus prennent la fuite et deviennent des réfugiés. La véritable histoire de Noël est très réaliste : elle démontre la noirceur de notre monde.
Cependant, la Bible affirme aussi clairement qu’à Noël la lumière est entrée dans le monde. Elle n’est pas venue de ce monde, comme si nous étions en mesure de régler nous-mêmes nos propres problèmes. Elle n’est pas venue de notre for intérieur, ni de notre entourage, mais d’en-haut, d’une source de lumière qui n’est pas de ce monde : « La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas étouffée. » Lors du premier Noël, nous avons reçu « la véritable lumière, celle qui, en venant dans le monde, éclaire tout être humain » (La Bible, Évangile selon Jean, chapitre 1, versets 5 et 9).
La lumière qui a resplendi lors de ce premier Noël a brillé pendant deux mille ans, défiant les ténèbres… et elle brille encore aujourd’hui. Cette lumière ne se présente pas comme un mur gigantesque à la frontière de la Chine, ni comme une université occidentale
pleine de chercheurs intelligents, ni comme un homme assis en tailleur, une fleur de lotus devant lui. Elle se présente comme un bébé juif aux cheveux noirs, aux yeux sombres, dans les bras de sa mère, une adolescente. Il s’agit de Jésus-Christ, celui que les chrétiens appellent « la lumière du monde ».
Alors pourquoi ce bébé, parmi les millions d’autres bébés nés cette année-là et les milliards d’autres nés au cours de l’Histoire, est-il la lumière ? Que fait cette lumière ? Et peut-elle – peut-il – faire une différence dans votre vie d’aujourd’hui ?
C’est le sujet de ce livre.
Les moments en famille
Noël est l’occasion d’honorer nos aînés. En général, nous n’y pensons pas en ces termes, mais la plupart d’entre nous le font tout de même. Nous réunissons les enfants, les parents et grands-parents (et peutêtre même les arrière-grands-parents) en un même lieu, même si cela complique notre repas de Noël ou s’il faut se serrer. Actuellement, ma famille compte vingt-deux personnes : nous nous rassemblons dans un cul-de-sac du Sussex, en Angleterre. Voici à quoi cela ressemblait quand j’étais enfant : un trajet de six heures jusqu’à l’extrémité de la Cornouaille,
à la pointe sud-ouest de la Grande-Bretagne. Ensuite, mes parents et grands-parents passaient les six heures suivantes à discuter pour savoir si nous aurions pu arriver plus vite en empruntant un autre itinéraire.
Autrefois en Occident, les seniors et leurs descendants avaient bien plus de contacts qu’aujourd’hui. J’ai grandi en ne voyant mes grands-parents qu’une ou deux fois par an. Mais Noël est une période où il est légitime de rassembler toutes les générations. Des hommes d’affaires à la retraite chantent des tubes de Noël à pleine voix, s’affublent de nez rouges et éparpillent des confettis sur des bambins. Des puéricultrices à la retraite brandissent des pistolets à billes et tirent sur des adolescents. Pendant quelques jours, nous nous rappelons que malgré notre énorme différence d’âge, malgré nos expériences diverses, nous sommes tous liés par un arbre généalogique géant. Nous faisons tous partie – pour le meilleur et pour le pire – d’une histoire commune. Cette histoire qui se poursuit encore aujourd’hui remonte à la nuit des temps et elle se prolongera (nous l’espérons) jusque dans l’avenir.
Agatha Christie et moi
Certaines personnes font la fierté de leur famille alors que d’autres, en toute honnêteté, dérangent. Il en est ainsi dans presque toutes les familles.
Dans ma famille, c’est mon arrière-grand-père qui est la source de notre fierté ancestrale. Wilfred Pirie était sous-lieutenant dans la Royal Navy et a reçu une décoration militaire, le Distinguished Service Order, pour avoir dirigé une petite flotte de sous-marins britanniques à travers l’Atlantique en 1915. (C’était très courageux, soit dit en passant. Faire partie de l’équipage d’un sous-marin en 1915 était à peu près aussi fiable que de naviguer sur une bouée en caoutchouc.) Et ce n’est pas tout : il a demandé Agatha Christie en mariage. Elle est l’auteure de romans la plus connue de toute l’Histoire. Et elle décrivait mon arrièregrand-père comme étant « d’emblée un immense ami, l’une des personnes que j’ai le plus aimées dans ma vie… nous étions officieusement fiancés ». Mais très vite, elle a changé d’avis et a mis fin à leur relation. « Avec lui, il n’y avait pas de passion […] la perspective d’épouser Wilfred suscitait en moi un profond sentiment d’ennui », explique-t-elle dans son autobiographie (un peu durement, à mon avis). « Je ne cesse de penser que j’ai été un monstre d’ingratitude de ne pas l’avoir épousé1. »
Je connais Wilfred Pirie parce qu’il était mon arrière-grand-père, mais aussi parce que c’était un héros de guerre qui me rattache (ne serait-ce que par le rejet qu’il a vécu) à une célèbre romancière. En écrivant ces lignes, je me suis rendu compte que je ne connaissais même pas le prénom de mes autres
arrière-grands-parents. Faites un petit test : connaissez-vous leurs prénoms ? Pourriez-vous citer de tête les prénoms de vos huit arrière-grands-parents ?
Je soupçonne que nous nous souvenons de certains membres de notre arbre généalogique uniquement parce qu’ils ont accompli quelque chose de marquant ou d’honorable. Peut-être ont-ils gagné une médaille ? Peut-être ont-ils déménagé dans le pays où nous vivons aujourd’hui ? Peut-être nous ont-ils transmis un de leurs prénoms ? Peut-être ont-ils failli se marier avec un auteur à succès ? Si vous aviez un roi ou une reine dans votre famille, vous le sauriez probablement et vous en parleriez. En revanche, il est peu probable que vous parliez de votre ancêtre qui, après une rencontre d’une nuit avec un inconnu, s’est trouvée enceinte. Et encore moins du type qui a couché avec elle et dont on n’a plus jamais entendu parler.
Nous avons tendance à nous focaliser sur les histoires de famille les plus admirables ou les plus impressionnantes. Nous nous concentrons souvent sur les récits porteurs de bonnes nouvelles, qu’ils se rapportent à des personnes décédées depuis longtemps ou bien à celles qui sont encore en vie aujourd’hui. Nous évitons de mentionner les aspects familiaux qui sont plus difficiles à gérer ou qui constituent une source de problèmes.
Pourtant, quand il s’agit de l’arbre généalogique de l’enfant qui est né lors du premier Noël, la Bible fait exactement le contraire.
La fierté et la honte de la famille
Dans la culture juive du ier siècle, les arbres généalogiques avaient une réelle importance. (Les gens connaissaient les prénoms de leurs arrière-grandsparents !) Si vous ou moi avions rédigé le récit de la vie de Jésus, nous n’aurions probablement pas commencé par un arbre généalogique. Mais pour Matthieu, rien n’est plus logique ! Matthieu était un Juif qui a bien connu Jésus à l’âge adulte. Il a donné son nom au livre de la Bible que nous appelons aujourd’hui « l’Évangile selon Matthieu ». Dans sa culture, il était parfaitement logique de commencer son récit par un arbre généalogique sur près de cinquante générations.
Dans la culture juive du 1er siècle, la honte était un autre élément très important. Par conséquent, si vous vouliez vous présenter ou présenter votre ami de manière positive, vous deviez insister sur les ancêtres de bonne réputation. Vous deviez passer sous silence tout scandale ou désordre. Et comme il s’agissait d’une société patriarcale, ce qui comptait le plus, c’étaient les hommes dont vous étiez issu.
Par conséquent, ce qui est étrange dans les seize premiers versets de l’Évangile selon Matthieu, ce n’est pas qu’il commence par un arbre généalogique ; c’est qu’il enfreint les règles. En retraçant la lignée de Jésus, Matthieu inclut délibérément, et sans y être obligé, cinq femmes, toutes entachées de scandale.
Je ne sais pas si vous reconnaissez leurs noms, mais si vous aviez lu cette généalogie au ier siècle, vous n’auriez eu aucun mal à les reconnaître :
Thamar : une femme qui se faisait passer pour une prostituée ;
Rahab : une vraie prostituée ; Ruth : une étrangère issue d’une nation ennemie (pensez à la Russie et à l’Ukraine ou à Israël et à la Palestine) ;
Bath-Shéba : une femme avec laquelle un roi célèbre a commis l’adultère ; Marie, la mère de Jésus : une adolescente enceinte hors mariage (ce qui n’était pas du tout bien vu dans cette société).
Dans une culture qui se soucie énormément de la pureté sexuelle, quelqu’un voulant présenter Jésus comme un homme digne, respectable et intègre aurait tenté de camoufler ces noms plutôt que de les mettre au premier plan.
Et Matthieu aurait eu de bonnes excuses pour ne pas les mentionner. En effet, il y avait beaucoup de héros et de rois dans la lignée de Jésus. Abraham, Jacob, Boaz, David… ces noms ont peut-être peu d’importance pour nous aujourd’hui, mais c’est comme si William Shakespeare, Martin Luther King et Nelson Mandela faisaient partie de votre arbre généalogique.
Pourquoi Matthieu ne se contente-t-il pas de nous parler d’eux ? Qu’est-ce qui l’a poussé à inclure ces femmes et leurs histoires compliquées ? Imaginez que quelqu’un vienne voir Matthieu en disant : « Vous voulez que je prenne Jésus au sérieux et que j’écoute attentivement ce qu’il dit concernant son identité et sa mission. Mais j’ai entendu dire qu’il était né hors mariage. Comme vous le savez, dans notre culture, cela le met hors-jeu ! Pouvezvous m’aider à comprendre ? » Et Matthieu répond : « Eh bien, je peux confirmer qu’il est né d’une femme non mariée. Et en fait, sa lignée familiale est émaillée de scandales. Cela inclut la prostitution, l’adultère, mais aussi le meurtre. »
Pourquoi ? En partie pour souligner ce point précis : Jésus est né dans une famille à problèmes, dans un monde à problèmes. Rappelez-vous, la Bible ne cache pas la vérité : il y a des ténèbres dans ce monde. Matthieu a choisi de présenter l’arbre généalogique de Jésus de cette façon pour nous dire trois vérités sur cet homme qui est au cœur de la foi chrétienne.
Semblable, mais très différent
La première vérité est que Jésus était véritablement un être humain. Aucun arbre généalogique n’est totalement exempt de problèmes et de périodes plus sombres. Être vraiment humain, c’est être entouré de réalités chaotiques. Le seul refuge où les gens peuvent vivre simplement et sans problèmes, c’est dans la fiction, dans les contes de fées. À travers son récit de la vie de Jésus, Matthieu nous rappelle que nous lisons l’histoire d’une personne bien réelle, née dans ce monde bien réel.
Tous les humains naissent. Jésus aussi. Tous les humains ont une mère. Jésus aussi. Tous les humains ont des proches plus ou moins bizarres dont vous ne parleriez probablement pas si vous cherchiez à impressionner quelqu’un. Jésus aussi. En ce sens, il est comme vous et moi. Matthieu nous dit qu’il s’agit d’une histoire très humaine. Il s’agit du monde dans lequel nous vivons : ce n’est pas un univers de contes de fées où tout est simple, beau et facile.
La deuxième vérité est que Jésus est différent. Matthieu fait à nouveau quelque chose d’étrange avec cet arbre généalogique : il y inclut quelqu’un qui ne fait absolument pas partie des ancêtres de cette lignée. Quand il mentionne Thamar, qui a vécu environ dix-huit siècles avant Jésus, Matthieu rappelle à ses
lecteurs que cette prostituée occasionnelle a couché avec Juda, son beau-père. C’est à la suite de cet épisode peu romantique que sont nés Pérets, l’ancêtre de Jésus, et Zérah, son frère jumeau :
Jacob eut pour descendant Juda et ses frères. De Thamar, Juda eut pour descendant Pérets et Zérah. Pérets eut pour descendant Hetsrôn.
Matthieu 1.2-3
et ainsi de suite jusqu’à…
Jacob eut pour descendant Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, appelé Christ.
Matthieu 1.16
Zérah n’a aucun lien avec la lignée qui a traversé les générations jusqu’à Jésus. Pourquoi Matthieu gaspille-t-il de l’encre pour le mentionner ?
C’est à cause de la signification des noms de Zérah et de Pérets. De nos jours, nous choisissons pour nos enfants un prénom dont nous aimons la sonorité. Nous leur donnons le prénom de quelqu’un de notre famille ou celui de notre célébrité préférée. Le prénom lui-même ne signifie généralement rien de particulier : il s’agit simplement d’une combinaison de syllabes qui nous plaît. À cette époque, cependant,
les prénoms étaient donnés – et parfois changés plus tard dans la vie – pour refléter la personnalité ou la réussite d’une personne. Ils pouvaient aussi résumer les espoirs des parents à l’égard de l’enfant.
Lorsque ces jumeaux sont nés, l’un d’eux a tendu sa main en premier. Il a été nommé Zérah, ce qui signifie « lever de soleil ». Mais d’une manière ou d’une autre, l’autre garçon l’a dépassé et est sorti le premier, ce qui lui a valu le nom de Pérets, ou « brèche ». Ces deux noms contiennent un indice clé sur la façon dont Jésus, tout en étant semblable à nous tous, est également différent de nous tous – unique, en réalité.
S’élever comme le soleil ou bien ouvrir une brèche
Nous passons notre vie à essayer de nous élever. Nous parlons d’ascension professionnelle. Nous essayons de gravir les échelons de la société, notamment en matière de logement. En politique, comme en sport, il faut « atteindre le sommet ». Les gens cherchent constamment à « être surclassés », c’est pour cela qu’ils changent de voiture ou (moins excusable) de partenaire. Nous avons tous tendance à nous fixer un but dans la vie, puis nous travaillons dur pour nous élever jusqu’à ce niveau.
Nous sommes tous, naturellement, comme cet homme qui « s’élève comme le soleil ». Si Dieu existe bel et bien, nous avons tendance à concevoir notre relation avec lui selon cette même logique. Nous imaginons que notre cheminement vers Dieu ressemble à une échelle sur laquelle nous pouvons grimper : pour cela, il faut accomplir suffisamment de bonnes choses. La plupart des religions adoptent cette perspective. Nous sommes ici-bas ; Dieu est là-haut ; et pour l’atteindre, il faut suivre le bon chemin, respecter les bonnes règles ou observer les bonnes pratiques religieuses. Nous nous frayons un chemin jusqu’à lui.
Mais Jésus ne descend pas de Zérah, l’homme qui s’élève comme le soleil. Son ancêtre est Pérets, celui qui ouvre la brèche. Et le nom de cet ancêtre est un clin d’œil au merveilleux sens de Noël : en Jésus, Dieu a ouvert une brèche dans ce monde ; il y a fait irruption. Dieu lui-même est venu du ciel sur notre terre. Jésus n’a pas affirmé être un homme qui avait trouvé le moyen d’accéder à Dieu : il a affirmé être Dieu, venu jusqu’à nous, en tant qu’homme. Ensuite, il a passé sa vie à accomplir des œuvres que seul Dieu pouvait faire : commander à la météo, vaincre la mort, maîtriser le temps et l’espace – et cela pour appuyer ses affirmations.
C’est important ! En effet, nous, les êtres humains, ne sommes pas capables d’accomplir certaines choses par nous-mêmes. Nous ne pouvons pas trouver une
paix et un épanouissement durables. Ils resteront toujours hors de portée, quelle que soit la hauteur à laquelle nous nous élevons. Nous ne pouvons pas trouver le moyen de nous « élever » au-dessus de nos propres échecs et regrets. Et par-dessus tout, nous ne pouvons pas vaincre la mort et en ressortir vivants.
Mais le christianisme ne parle pas de nous « élever » ou de gravir des échelons. Il affirme que Dieu a fait « irruption » dans notre monde en descendant les échelons du ciel. Il a quitté la salle du trône céleste pour naître dans une mangeoire terrestre. Le christianisme n’aura aucun sens tant que nous n’aurons pas compris que le bébé qui est né de façon miraculeuse – c’està-dire non seulement d’une femme célibataire, mais d’une femme célibataire n’ayant jamais eu de relations sexuelles – était à la fois pleinement humain, comme nous, et pleinement Dieu, contrairement à nous.
C’est ce à quoi Matthieu fait allusion quand il nous dit que Jésus descend de Pérets, et non de Zérah. C’est ce que Matthieu dit plus explicitement en parlant des événements qui ont précédé la naissance de Jésus :
Tout cela arriva pour que s’accomplisse cette parole du Seigneur transmise par le prophète : « Voici, la jeune fille vierge sera enceinte. Et elle enfantera un fils que l’on appellera Emmanuel, ce qui veut dire : Dieu avec nous. »
Matthieu 1.22-23
Quand nous regardons Jésus, nous contemplons Dieu lui-même. Il est venu à notre rencontre en personne afin que nous le connaissions. C’est cette vérité extraordinaire que Matthieu va nous présenter tout au long de son Évangile. Il veut nous montrer que Jésus a fait des choses tout à fait humaines – dormir, avoir faim, pleurer à des funérailles, faire la fête à des mariages – et des choses tout à fait divines – calmer la tempête, guérir les aveugles, connaître l’avenir. Jésus n’est pas un simple humain qui s’est « élevé comme le soleil » pour atteindre les sommets de la sagesse, de la puissance ou du succès. Il est Dieu, Dieu qui a ouvert « une brèche » et qui a fait irruption au cœur de l’humanité.
Jésus nous comprend
Jésus est donc un être humain comme nous. En même temps, il est Dieu, contrairement à nous. Et quand nous combinons les deux, nous saisissons une troisième vérité : Jésus nous comprend et nous donne de l’espoir. Souvenez-vous : Noël proclame que Jésus est la lumière venue de Dieu dans l’obscurité et les difficultés de ce monde. Au travers de cet arbre généalogique, Matthieu affirme non seulement que la lumière vient de Dieu, mais qu’elle est Dieu lui-même. Il va encore plus loin : ce Dieu est venu pour être avec des gens comme nous. Pas seulement avec des gens
de bonne famille qui ont eu une existence heureuse et n’ont à rougir de rien. Non, il est déterminé et disposé à venir vivre avec des gens compliqués, des gens qui n’ont pas toujours fait ce qu’il fallait et qui éprouvent des regrets. Il vient pour être avec des gens comme vous et moi.
Certains d’entre nous ont, par le passé, fait des choses qui les hantent encore des années plus tard. Certains d’entre nous gardent des secrets qu’ils ne veulent pas révéler. Certains ont dû élever seuls un enfant, d’autres ont passé leur vie à essayer d’échapper à un héritage familial dramatique ou à ce que leur famille leur avait fait subir : tout cela laisse des cicatrices. Et Jésus dit : « Je suis l’un de vous. C’est tout pareil dans ma famille. »
Ces personnes ont donc contribué à la naissance de Jésus. Cela démontre non seulement que Dieu comprend ce que nous vivons, mais aussi qu’il peut faire sortir du bien de ces situations. La venue de Jésus dans ce genre de famille montre que Dieu peut faire preuve de miséricorde. Il peut offrir un avenir à des gens comme ceux-là. Et s’il peut le faire pour eux, il peut le faire pour vous. Jésus n’a pas honte des échecs et n’est pas effrayé par les situations complexes. Il les inclut même dans son arbre généalogique.
Jésus est unique : pleinement humain, pleinement Dieu. Et venu du ciel, il a fait irruption sur la terre
pour que la lumière brille dans les endroits les plus chaotiques, les plus problématiques et les plus difficiles. Peu importe jusqu’où vous vous êtes élevés ou à quel point vous vous sentez bas, il a fait irruption dans ce monde pour vous.
Les plaisirs de la télé de Noël
Regarder une émission de télé ou un film de Noël est-ce pour vous un passage obligé ? Certains estiment qu’ils ne peuvent pas commencer les festivités avant d’avoir vu Un parfum de Noël, Le drôle de Noël de Scrooge ou Joyeux Noël Shrek. Des amis me poussent sans cesse à regarder Elfe. Pour ma part, je préfère de loin Piège de cristal.
Au Royaume-Uni et dans les pays du Commonwealth, une émission télévisée s’ajoute à cette liste : le discours du roi, diffusé à 15 heures, heure britannique, le jour
de Noël. L’hymne national est suivi d’un discours du monarque, entrecoupé de clips résumant ses activités de l’année. Tout le monde prépare du thé, s’assoit pour regarder le roi pendant quelques minutes, puis reprend le cours de son après-midi.
À dix-sept ans, j’ai découvert qu’il y avait, chaque année, non pas un, mais deux discours du roi. Il y a d’abord la retransmission de Noël, suivie par des millions de téléspectateurs. Vient ensuite le « discours du trône », lu lors de la cérémonie d’ouverture du Parlement. Presque personne ne regarde ce discours-là. Alors que l’émission de Noël a fait ses débuts en 1932 (à la radio), la tradition du discours prononcé par le monarque à l’ouverture du Parlement remonte au xvie siècle. Il comprend quelques rituels : des claquements de portes, des coups de canne, une marche à reculons ainsi que la prise en otage factice d’un député.
C’est lors de mes cours d’histoire que j’ai découvert la différence entre les deux discours. J’ai entendu parler d’un « discours du roi » qui se serait déroulé au xixe siècle. Il ne pouvait s’agir du discours pour le jour de Noël. Mais alors de quoi parlait le professeur ? Heureusement, Ben Thursfield, un camarade de classe, a posé la question qui nous turlupinait tous : « M. Morris, ce discours du roi, est-ce celui de… Noël ? » Le visage de M. Morris a clairement
exprimé que ce n’était pas le cas. Nous avons tous ri, secrètement soulagés de ne pas avoir posé la question nous-mêmes.
Et voilà pourquoi, même si je ne l’ai pas vu depuis des décennies, j’aurai une pensée pour Ben Thursfield en m’installant devant la télévision à 15 heures le jour de Noël.
Le plus grand monarque
La reine Élisabeth II est décédée en 2022 après avoir prononcé soixante-neuf discours de Noël. La question qui taraudait alors beaucoup de gens était celle-ci : quelle place occupait-elle parmi les plus grands souverains de l’histoire de la GrandeBretagne ? Dans un sens, il s’agit d’un débat ridicule : on ne peut pas sérieusement comparer un guerrier du xie siècle, comme Edouard 1er, à un monarque constitutionnel du xxie siècle. Pourtant, si je vous demandais : « Dans votre pays, quel est le plus grand dirigeant de tous les temps ? », vous auriez probablement une opinion à ce sujet. Vous pourriez également avoir une opinion sur le plus grand dirigeant ayant jamais vécu à l’échelle mondiale.
De nos jours, un grand nombre de candidats peuvent prétendre à ce titre.
Mais si, au début de notre ére, vous aviez posé cette question à n’importe qui, de l’Espagne à la Syrie et de la Seine au Nil, il n’y aurait eu qu’une seule bonne réponse : César Auguste.
Auguste dirigeait l’Empire romain. Mais plus encore, il est le dirigeant le plus important qu’ait connu cet empire. Prénommé Octave à sa naissance, puis adopté comme fils et héritier par Jules César, il n’a que dix-neuf ans lorsque son père adoptif est assassiné. Il réussit à échapper à la mort, à traquer et à tuer les assassins de César. Rapidement, il se fraie un chemin vers le pouvoir aux côtés de deux autres hommes. Puis, il se brouille avec eux, triomphe d’eux lors d’un combat et devient le chef suprême de tout l’Empire. Il simplifie le système fiscal, sécurise la mer Méditerranée en se débarrassant des pirates, apporte la paix et la prospérité après des décennies de guerre civile (la Pax Romana) et construit un vaste réseau de routes bien droites.
Il impressionne tellement les membres du sénat romain que, bien qu’il eût accaparé le pouvoir qui leur revenait, ils lui ont conféré le nom d’Auguste : « le vénérable ». Son nom et celui de son père adoptif ont été respectivement attribués à un mois de l’année. (Si vous vous êtes déjà demandé pourquoi septembre est le neuvième mois alors qu’il porte le préfixe « sept– », vous pouvez blâmer Jules et
Auguste.) Il a fait frapper des pièces de monnaie à son effigie en y ajoutant la mention : « Auguste, fils du divin. »
Imaginez la façon dont les gens parlaient de lui, quelques années seulement avant le premier Noël. En voici un exemple, tiré d’une lettre écrite par un gouverneur romain :
Il est difficile de dire si l’anniversaire de notre très divin César Auguste évoque plus la joie ou les bienfaits, car il s’agit d’une date que nous pourrions probablement, sans crainte d’être contredits, assimiler au commencement de toutes choses […] Il a rétabli la stabilité, alors que tout s’effondrait et sombrait dans le désordre, et a donné un nouveau visage au monde entier, qui aurait été bien aise d’accepter sa propre ruine sans la naissance de celui qui a fait notre bonne fortune à tous : César Auguste […] La Providence a comblé Auguste de pouvoirs divins pour le bien de l’humanité et, dans sa bienveillance, elle nous a accordé, à nous et à ceux qui viendront après nous, un sauveur qui a fait cesser la guerre et qui ramènera partout l’ordre et la paix […]
L’anniversaire de notre dieu a marqué pour le monde le début des bonnes nouvelles, grâce à lui.
Alors, qui est le plus grand souverain de tous les temps ? César Auguste. Pourquoi ? Parce qu’il est le sauveur du monde. Parce qu’il a rétabli la stabilité alors
que tout s’effondrait. Parce qu’il a donné un nouveau visage au monde entier. Parce qu’il a mis fin aux guerres et fait régner partout la paix. Sa naissance « a marqué le début des bonnes nouvelles pour le monde ».
Il est la réponse aux problèmes du monde : rien de moins ! Il est le sauveur.
Un empereur et un bébé
Nous sommes donc aux alentours de l’an 1 de notre ère (personne ne parlait ainsi à l’époque, bien sûr).
La quasi-totalité du monde connu est gouvernée par un homme qui a su s’imposer par sa puissance, instaurer la paix et favoriser la prospérité. Tout ce qu’il demande, c’est votre loyauté et votre obéissance. En échange, il pourvoira à tous vos besoins.
Il décide de recenser tous les habitants de son empire. Cette tâche est à sa portée, car il a le pouvoir de déplacer les gens sur un simple ordre :
En ce temps-là, l’empereur Auguste publia un édit qui ordonnait le recensement de tous les habitants de l’Empire. Ce recensement, le premier du genre, eut lieu à l’époque où Quirinius était gouverneur de la province de Syrie. Tout le monde allait se faire recenser, chacun dans la localité dont il était originaire.
Luc 2.1-3
Luc, un historien chrétien, a écrit un récit en deux volumes basé sur des sources écrites et des entretiens avec des témoins oculaires. C’est lui qui rapporte l’événement. Il met en avant l’immense pouvoir que détenait cet homme unique. Puis Luc concentre son attention, non plus sur la personne la plus puissante du monde, mais sur l’une des plus vulnérables :
C’est ainsi que Joseph, lui aussi, partit de Nazareth et monta de la Galilée en Judée, à Bethléhem, la ville de David : il appartenait, en effet, à la famille de David. Il s’y rendit pour se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui attendait un enfant. Or, durant leur séjour à Bethléhem, arriva le moment où Marie devait accoucher. Elle mit au monde un fils : son premier-né. Elle lui mit des langes et le coucha dans une mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la pièce réservée aux hôtes.
Luc 2.4-7
Un bébé. Sans abri. Sans nom pour le moment. Un Juif aux confins de l’empire, à Bethléhem, la « maison du pain ». Né d’un couple ordinaire non marié. Si vous deviez lire cela à quelqu’un du ier siècle et lui demander : « Qui, dans cette histoire, est le plus grand dirigeant, le sauveur ? », il n’y aurait qu’une seule réponse sensée. Et ce ne serait pas le bébé dans la crèche.
Tout le monde serait d’accord sur ce point. Sauf les anges.
Une bonne nouvelle et une très grande joie
Voici comment les anges, les messagers de Dieu, ont vu les choses cette nuit-là :
Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Une grande frayeur les saisit. Mais l’ange leur dit : « N’ayez pas peur : je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple le sujet d’une très grande joie. Un Sauveur vous est né aujourd’hui dans la ville de David ; c’est lui le Messie, le Seigneur. Et voici à quoi vous le reconnaîtrez : vous trouverez un nouveau-né dans ses langes et couché dans une mangeoire. » Et tout à coup apparut, aux côtés de l’ange, une multitude d’anges de l’armée céleste qui chantaient les louanges de Dieu : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »
Luc 2.9-14
Les anges reprennent les slogans en vogue à l’époque. Voici une naissance qui apporte « une bonne nouvelle, une très grande joie ». Voici un Sauveur. Voici la paix prenant les traits d’un être humain. Mais ils ne parlent pas d’Auguste. Ils parlent de Jésus.
Réfléchissons : comment les anges pouvaient-ils avoir raison ? Après tout, en grandissant, ce bébé
n’a jamais exercé de pouvoir. Il n’a jamais dirigé une armée. Il n’a jamais écrit de livre ou fait frapper de pièces de monnaie à son effigie. Il n’a jamais quitté sa patrie, un trou perdu aux confins de l’Empire. Au sommet de sa popularité, il ne comptait que quelques milliers d’adeptes, et ce nombre s’est rapidement réduit à un peu plus d’une centaine au moment de sa mort. Il a fini sa vie comme un criminel, exécuté pour s’être opposé au puissant Auguste. À la fin, il n’avait presque plus aucun ami.
Luc met délibérément en opposition ces deux hommes et nous pose la question suivante : lequel de ces deux candidats est le bon ? Ils sont tous deux candidats à la royauté, à la divinité, au titre de sauveur du monde, au rôle de celui qui restaure les vies brisées et pourvoit à nos besoins les plus profonds. Lequel d’entre eux vous semble être la bonne personne ? Lequel peut vraiment sauver ? Qui allez-vous choisir ?
D’augustes promesses
Le monde regorge encore de dirigeants comme Auguste. Même si les empereurs sont désormais passés de mode, nous voulons toujours des dirigeants qui s’attaquent aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Nous recherchons toujours des sauveurs du genre d’Auguste. Nous voulons un responsable
qui apportera la victoire et la stabilité. Nous voulons quelqu’un qui apportera la paix. Nous voulons quelqu’un qui apportera la prospérité. Nous voulons ce « nouveau visage », pour que les lacunes et les échecs du régime précédent soient bannis et remplacés par quelque chose de meilleur, de plus grand et qui apporte l’espoir. C’est ce que le monde veut. C’est ainsi que nos hommes politiques se présentent : « Regardez ce qui ne va pas. Ensuite, tournez-vous vers moi, car je peux y remédier. Je peux vous en délivrer. »
Les révolutionnaires français du xviiie siècle ont fait cette promesse : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Les révolutionnaires russes du début du xxe siècle ont offert : « La paix, la terre et le pain ». Après la Première Guerre mondiale, les politiciens britanniques ont opté pour : « A land fit for the heroes2 » [Une terre digne des héros]. Et on trouve encore aujourd’hui des promesses similaires : « Yes we can3 » [Oui, c’est possible] ; « Take back control4 » [Reprenons le contrôle] ; « Get Brexit done5 » [Faisons le Brexit] ; « Make America great again6 » [Rendons à l’Amérique sa grandeur].
Même si nous recherchons ce type de dirigeant, nous savons au plus profond de nous-mêmes que malgré notre enthousiasme, aucun d’eux ne tiendra jamais vraiment ses promesses. Nous vivons une époque assez désabusée et cynique, notamment parce que les dirigeants politiques n’ont pas toujours été à la
hauteur de leur battage médiatique. Même Auguste, malgré toute sa propagande, n’a pas tenu parole. Mais il y a un problème plus grave que celui des promesses excessives et des résultats décevants. C’est que les promesses elles-mêmes manquent d’ambition.
Réfléchissez-y un instant. Vous pouvez avoir la paix ; vous pouvez vous débarrasser des pirates ; vous pouvez bénéficier d’un système fiscal simplifié ; vous pouvez avoir des routes droites ; vous pouvez accéder à la prospérité. Vous pouvez quitter l’Union européenne ou construire un grand mur entre les États-Unis et le Mexique. Certaines de ces options vous sembleront plus convaincantes que d’autres. Mais aussi ambitieuses soient-elles, elles ne s’attaquent pas au cœur des véritables problèmes de ce monde. Nos problèmes ont des causes plus profondes que les pirates, les impôts ou l’Union européenne. Nous avons besoin d’être sauvés des ténèbres et de la mort. Seulement voilà, aucun des dirigeants existants n’est en mesure de le faire.
C’est là qu’entre en scène l’autre Sauveur. Celui de la crèche.
Une présence à Noël
« Jésus » – ou « Yeshoua » en hébreu, dans l’ancienne langue de son peuple – semble très ordinaire comparé à « Auguste ». Chez les Juifs du ier siècle,
il s’agissait d’un prénom courant pour un garçon ; il signifiait « Dieu sauve ». Aujourd’hui, pour la plupart des anglophones, c’est devenu une sorte de juron. Mais dans l’Évangile selon Matthieu, derrière le choix du prénom se cache une promesse surprenante qui changera le monde. « Tu l’appelleras Jésus », dit l’ange à Joseph, le fiancé de Marie. « C’est lui, en effet, qui sauvera son peuple de ses péchés » (Matthieu 1.21).
C’est une déclaration étonnante. Cet enfant peut vous sauver de tous vos péchés : de tous les méfaits que vous avez commis contre Dieu et les autres, de toutes les bonnes choses que vous auriez dû faire et que vous n’avez pas faites. Il est venu laver toutes vos souillures, rembourser toutes vos dettes, pallier tous vos défauts. Dieu est devenu comme vous. Il a vécu la vie que vous auriez dû vivre, une vie de perfection morale, de compassion, de joie et d’amour, puis, à la croix, il a subi la mort qui aurait dû être la vôtre, avant de sortir du tombeau et de vaincre le pouvoir de la mort. Cela change tout. Vos péchés peuvent être pardonnés. Vos ténèbres peuvent se transformer en lumière. La mort elle-même peut faire machine arrière. Dieu connaît nos besoins mieux que nous. Si notre principal problème avait été les impôts, les routes ou les pirates, alors Dieu nous aurait envoyé un « Auguste » : un bureaucrate ou un ingénieur, un général ou un politicien. Mais ce n’est pas le cas.
Notre plus grand problème est que notre péché nous a séparés de Dieu et que « le salaire que verse le péché, c’est la mort » (Romains 6.23). Ainsi, au-delà de notre mort physique, nous sommes confrontés à une mort spirituelle, une existence dénuée de sens et sans perspective. C’est pourquoi Dieu nous a envoyé un « Jésus », qui va sauver son peuple de ses péchés. C’est ce Jésus qui offrira à son peuple une vie de joie, d’amour, de paix et d’espérance à ses côtés.
Le fait d’être sauvé du péché et de la mort est au cœur même de l’œuvre de Jésus – ce thème est mentionné partout dans les Évangiles. Mais l’expression la plus claire se trouve dans les récits de la mort de Jésus sur la croix. Écoutez le discours de ce Roi.
Jésus endure la malédiction que méritent nos péchés : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Marc 15.34).
Nous recevons le pardon que nous ne méritons pas : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23.34).
Notre dette est acquittée par le seul qui a assez de crédit pour la régler : « Tout est accompli » (Jean 19.30).
Il a été abandonné. Nous pouvons être pardonnés. Tout est accompli.
Qui donc est le Sauveur ?
Qui est donc le véritable libérateur : Auguste le « vénérable » ou Jésus le « Sauveur » ? Auguste a combattu ses rivaux politiques et militaires et a été vainqueur ; mais Jésus a combattu le péché et la mort et a été vainqueur. Auguste a chassé les pirates et réformé les impôts ; mais Jésus a chassé la maladie et transformé le cœur humain.
Qui est le plus grand ? Notre calendrier nous fournit un indice de taille. Oui, le mois d’août se réfère à l’empereur romain qui régnait à l’époque où Luc a écrit son livre. Mais les années sont comptées à partir de la naissance du bébé dont Luc nous parle dans son Évangile. Le jour du Nouvel An, quand vous écrirez pour la première fois le chiffre de la nouvelle année (et que vous devrez vous concentrer pour ne pas vous tromper), souvenez-vous : l’enfant de la maison du pain a changé l’Histoire bien plus profondément que l’empereur de la grande ville.
Cela pourrait aussi vous rappeler que Jésus est né pour vous sauver de votre plus grand problème et vous offrir la vie à laquelle vous aspirez.
Créer des souvenirs
Une des joies de cette période de l’année consiste à se remémorer les Noëls précédents. Nous nous souvenons aussi de tous les incidents mémorables des mois de décembre passés, en particulier ceux qui ne se sont pas déroulés comme prévu. Une fois, j’ai oublié de mettre le frein à la poussette de mon fils et elle s’est précipitée dans le lac. (Il s’en est sorti !) Un Noël, le vent était si fort que nous n’arrivions pas ouvrir la portière de la voiture pour en sortir. Une année, je me suis moqué des aptitudes culinaires de mon beau-père et j’ai dû dîner tout seul dans le jardin.
En écrivant ce livre, je suis allé voir mon voisin et lui ai demandé quel était son souvenir de Noël le plus marquant. Sans hésiter, il m’a parlé de l’année où un homme en maillot de rugby était venu à l’église avec sa famille le jour de Noël. Il était couvert de sang, parce que sa petite amie venait de le frapper à la tête avec un marteau.
Il m’est arrivé à moi aussi de voir mon Noël chamboulé par un invité inattendu. Certes, il ne s’agissait pas d’un homme ensanglanté, mais d’un hamster. Nos voisins (les mêmes, en l’occurrence) étaient absents pendant les fêtes et nous avaient demandé de nous occuper de leurs animaux. Nous sommes consciencieusement passés tous les jours voir le hamster et les poules. Mais le jour de Noël, nous nous sommes rendu compte que quelque chose de très étrange était arrivé au hamster. Il était – il n’y a pas d’autre mot pour le dire – aplati. Ce n’est pas qu’il était plus petit que d’habitude : c’était comme si on avait appuyé sur son corps avec un fer à repasser. Je veux dire qu’il avait l’air d’avoir été repassé. Il ressemblait à un soufflé effondré.
Nous n’avons jamais su comment il est mort. Peu importe. Mais c’est ainsi que je me suis retrouvé à organiser, le jour de Noël, dans le jardin de mes voisins, une cérémonie funéraire surréaliste. J’essayais aussi de ne pas me faire repérer par des enfants que ce
spectacle aurait pu traumatiser. L’invité inattendu qui a piraté mon Noël et m’a offert un de mes souvenirs marquants était un hamster mort.
Des invités inattendus (vivants, non ensanglantés, non aplatis) sont également au cœur du premier Noël.
Quand l’histoire ne se déroule pas comme prévu
Imaginez un instant que l’histoire chrétienne soit vraie. Imaginez que le Dieu qui a inspiré l’Ancien Testament et qui a fait des promesses aux Juifs pendant des siècles (et les a tenues) ait finalement envoyé son fils pour être leur Roi : leur lumière, leur Emmanuel, leur Sauveur. Le Roi naît, les anges annoncent sa naissance, quelques bergers éveillés à proximité vont le voir, et puis…
Qui, selon vous, seront les prochaines personnes à le rencontrer et à lui rendre hommage ?
Ce sera certainement un groupe de Juifs zélés et pratiquants qui connaissent les Écritures et attendent avec impatience la venue du Roi promis par Dieu, le Christ.
C’est ainsi que l’histoire devrait se dérouler. Mais justement, elle ne se déroule pas ainsi. Regardez ce que Matthieu nous dit à propos de ceux qui viennent
voir Jésus et de ce qu’ils font quand ils le trouvent. Remarquez aussi qui sont ceux qui ne vont pas voir Jésus, même après avoir appris son existence :
Jésus était né à Bethléhem en Judée, sous le règne du roi Hérode. Or, des mages venant de l’Orient arrivèrent à Jérusalem. Ils demandaient : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile, et nous sommes venus lui rendre hommage. »
Quand le roi Hérode apprit la nouvelle, il en fut profondément troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il convoqua tous les chefs des prêtres et les spécialistes de la loi que comptait son peuple et il leur demanda où devait naître le Messie. « À Bethléhem en Judée, lui répondirent-ils, car voici ce que le prophète a écrit : Et toi, Bethléhem, village de Juda, tu n’es certes pas le plus insignifiant des chefs-lieux de Juda, car c’est de toi que sortira le chef qui, comme un berger, conduira Israël mon peuple. »
Là-dessus, Hérode fit appeler secrètement les mages et se fit préciser à quel moment l’étoile leur était apparue. Puis il les envoya à Bethléhem en disant : « Allez là-bas et renseignez-vous avec précision sur cet enfant ; puis, quand vous l’aurez trouvé, venez me le faire savoir, pour que j’aille, moi aussi, lui rendre hommage. »
Quand le roi leur eut donné ces instructions, les mages se mirent en route. Et voici : l’étoile qu’ils avaient vue se
lever les précédait. Elle parvint au-dessus de l’endroit où se trouvait le petit enfant. Et là, elle s’arrêta. En revoyant l’étoile, les mages furent remplis de joie. Ils entrèrent dans la maison, virent l’enfant avec Marie, sa mère et, tombant à genoux, ils lui rendirent hommage. Puis ils ouvrirent leurs coffrets et lui offrirent en cadeau de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Cependant, Dieu les avertit par un rêve de ne pas retourner auprès d’Hérode. Ils regagnèrent donc leur pays par un autre chemin.
Matthieu 2.1-12
Voici Matthieu, un Juif, qui écrit pour des lecteurs juifs l’histoire d’un homme qu’il présente comme le roi des Juifs. Et ce sont les non-Juifs qui l’adorent en premier !
Des invités inattendus
Un cantique célèbre affirme que les hommes au centre de ce récit étaient « trois rois » qui venaient de « l’Orient ». La tradition nous mentionne leurs noms et qu’ils étaient venus à dos de chameaux. Mais Matthieu ne précise rien de tout cela – il nous dit très peu de choses à leur sujet.
Nous ne connaissons pas leurs noms.
Nous ne savons pas comment ils sont arrivés.
Nous ne savons pas combien ils étaient.
Nous savons simplement qu’il ne s’agit pas du tout des personnes que l’on s’attendrait à voir adorer « le roi des Juifs ». Ils viennent d’un pays lointain, quelque part en « Orient ». Ils appartiennent à une autre culture. Ils sont très probablement d’une autre religion. (Rien n’indique qu’ils connaissaient l’Ancien Testament – s’ils l’avaient lu, ils auraient déjà su que Dieu avait promis que ce Roi à venir naîtrait à Bethléhem, plutôt qu’à Jérusalem.) Ce sont donc les invités les plus inattendus qui soient.
Et pourtant, ils se mettent en chemin, font un long voyage, arrivent à l’improviste et refusent de rentrer chez eux avant d’avoir rencontré « celui qui vient de naître roi des Juifs ». Lorsqu’ils le voient, les voilà qui s’agenouillent et lui présentent les plus beaux cadeaux qu’ils puissent offrir.
Pendant ce temps, les chefs religieux juifs, qui connaissent très bien leur Bible, restent… à Jérusalem. Au lieu d’aller voir si le Roi promis par Dieu est né à Bethléhem, ils restent dans la capitale, se pliant aux exigences du roi Hérode, qui (attention, je vends la mèche) est en train de réfléchir à la manière de faire mourir Jésus.
C’est comme si Jésus naissait aujourd’hui, et que les théologiens et les pasteurs – des gens comme moi –étaient trop absorbés par leur pouvoir, leurs privilèges et leur influence pour remarquer sa venue. Alors que
les premières personnes à venir le trouver et à l’adorer sont des fondamentalistes islamiques qui l’ont vu en rêve, ou des sorciers tribaux qui ont découvert sa venue en scrutant les os de leurs ancêtres. Nous sommes tellement habitués à voir les mages sur nos cartes de Noël que nous ne percevons pas à quel point leur présence est inattendue et bizarre.
Il règne sur tous
Vous vous dites peut-être : « Et alors ? » (À moins que vous ne soyez un fondamentaliste islamique ou un sorcier.) Eh bien, le fait est que Jésus est le Roi de tout le monde. Jésus est venu pour tous. Il n’est pas seulement le roi des Juifs ; il est le Roi de ceux qui viennent de quelque part en Asie pour l’adorer. Il est le Roi de ceux qui viennent d’Afrique – le continent où il a vécu ses premières années. Il est le Roi de ceux qui viennent de pays situés au-delà du monde connu par Matthieu – de cette île étrange et brumeuse qu’est la GrandeBretagne ou de ces continents non découverts (par les Eurasiens) que sont l’Amérique et l’Australie. Il est le Roi des bons démocrates modernes qui ne pensent peut-être pas avoir besoin de lui, mais qui reconnaissent au fond d’eux-mêmes que leurs aspirations les plus profondes ne peuvent être satisfaites par la richesse, l’éducation ou l’influence et qu’ils ont peut-être besoin de quelque chose (ou de quelqu’un) d’autre.
Cela signifie que, si vous vous êtes toujours considéré comme bien loin de Jésus et du christianisme, l’arrivée des mages est une merveilleuse invitation pour vous. Peut-être venez-vous d’une culture qui s’intéresse peu aux choses chrétiennes ? Peut-être êtes-vous né dans un pays où Jésus n’a que peu d’importance ? Peut-être avez-vous mené jusqu’ici une vie où Jésus n’avait pas sa place ?
Rien de tout cela ne doit vous empêcher de venir à lui. Si vous prenez conscience que ce Jésus pourrait bien être la lumière dont vous avez besoin, le Dieu dont vous avez besoin, le Sauveur dont vous avez besoin, alors rien dans votre passé ne vous empêche d’être invité. Souvent, les personnes qui voient le plus clairement à quel point la venue de Jésus est exaltante sont celles qui viennent juste de le rencontrer.
En fait, le récit de Matthieu est un défi… c’est un défi pour ceux qui ont grandi en tant que « chrétiens religieux », et non pour les autres. Si vous êtes toujours allé à l’église, si votre culture vous a abreuvé d’anecdotes sur Jésus, si vous essayez de vivre selon les règles exposées dans la Bible, alors faites une petite pause. Les chefs religieux de l’époque de Jésus étaient comme vous. Et ils sont passés à côté. Cela vaut donc la peine de vous assurer que vous ne restez pas à « Jérusalem », en quelque sorte. Peut-être ne voudrez-vous pas renoncer aux avantages et au
confort acquis dans votre vie ? Il est alors possible que vous hésitiez à venir à Jésus et à l’adorer comme votre Roi.
Mais qui que nous soyons et d’où que nous venions, notre attitude à l’égard de Jésus ne change en rien qui il est (pas plus que le rejet d’Hérode ou la reconnaissance des mages). Le règne de Jésus n’est pas soumis à un vote. Sa position ne serait pas menacée, même si toute l’humanité se transformait en Hérode, rejetant et défiant son règne. Souvenez-vous : « La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas étouffée » (Jean 1.5).
Quelle bonne nouvelle ! En effet, comme nous l’avons vu, il est le dirigeant dont nous avons besoin : il peut faire pour nous ce dont personne d’autre n’est capable. Mais c’est aussi une vérité qui interpelle. En effet, quel que soit le nombre de personnes qui croient en lui ou le suivent, Jésus est le Roi. Il est le roi des Juifs. Il est le Roi des non-Juifs. Il est le Roi.
Il règne sur tout
En fait, Jésus est le Roi de tout l’univers. L’histoire de Noël le montre clairement. Les dirigeants de la terre sont soumis au Roi des rois comme Hérode et César avec leurs complots et leurs recensements (qui d’ailleurs sont utilisés par Dieu pour accomplir
ses plus grands desseins). Il en va de même des mages venus d’Orient qui se prosternent et adorent le roi des Juifs. Il en va de même des anges qui apparaissent avec une régularité telle qu’on a l’impression que c’est tout à fait naturel. Il en va de même pour les étoiles, dont la position et le déplacement dans le ciel guident les mages. Il en va de même du subconscient des hommes et des femmes dont les rêves façonnent l’histoire en profondeur. Jusqu’à aujourd’hui, grandeur et décadence sont le lot des « rois » de ce monde – Henri VIII, la reine Victoria, Josef Staline, Idi Amin, Donald Trump –, mais l’enfant qui est né « roi des Juifs » règne pour l’éternité.
Cette vérité transparaît aussi clairement dans l’histoire de Pâques. À bien des égards, c’est là que la souveraineté de ce Roi des rois est la plus visible. L’histoire de Jésus commence par un miracle : la vie dans le sein d’une vierge. Et elle se termine par un miracle : la vie au sein du tombeau. Jésus, mort depuis trois jours, tient la promesse qu’il a faite à plusieurs reprises à ses amis (il sort de la tombe et apparaît à des centaines de personnes au cours des semaines suivantes). Il est alors acclamé non seulement comme « Sauveur », mais aussi comme « Seigneur », c’està-dire comme Maître, Souverain, Roi, Autorité suprême. « Mon Seigneur et mon Dieu ! » s’écrie son ami Thomas. Il avait refusé de croire que Jésus était
ressuscité, jusqu’à ce que Jésus se tienne devant lui : cela a mis fin au débat. (Jean 20.27-28). « J’ai reçu tout pouvoir dans le ciel et sur la terre », déclare Jésus dans le « discours du Roi » à la fin de l’Évangile selon Matthieu. Certes, Hérode a beau régner sur la Judée, il n’est pas de taille face à la mort. Auguste a beau avoir conquis l’Espagne et la Syrie, il n’a jamais pu triompher du tombeau. Jésus, lui, l’a fait. Il règne, même sur la mort.
Tout ce qui compte, c’est le Roi.
Il y a deux ans, j’ai appris à mon fils Sam à jouer aux échecs. Je lui ai expliqué comment les différentes pièces se déplacent et la valeur de chacune d’entre elles. Il était très enthousiaste chaque fois qu’il capturait l’une de mes pièces et très inquiet quand il pensait que j’allais prendre l’une des siennes.
Ce que je ne cessais de lui expliquer, mais qu’il avait du mal à comprendre, c’est que, finalement, aux échecs, tout ce qui compte, c’est le roi. Tant que le roi est debout, peu importe le nombre de pièces que vous avez perdues, la partie continue. Si vous perdez votre roi, quel que soit le nombre de pièces que vous avez gagnées, vous perdez. Tout ce qui compte, c’est le roi.
C’est la grande proclamation de Noël. Il y a un Roi ! Et ce Roi règne sur ce monde, sur cet univers, sur
tout ce qui est invisible, pour toujours. Ce roi offre de vous sauver du péché et de la mort pour que vous puissiez jouir d’une paix sous son règne parfait et pour toujours.
Si cela est vrai, alors tant qu’il est votre Roi, la vie continue et la victoire est assurée. En revanche, si ce n’est pas le cas, la façon dont s’agencent les autres pièces de votre vie n’a pas vraiment d’importance. Nous pouvons être emballés ou motivés par les conséquences de notre dernier coup ou de notre dernière petite victoire. Mais, finalement, tout ce qui compte, c’est le Roi.
Alors voici la question à laquelle Noël nous confronte tous – quelle que soit notre culture, notre religion, notre éducation : Jésus est-il mon Roi ? En fin de compte, qui détermine les priorités de votre vie : vous ou lui ? Vos décisions – morales, éthiques, relationnelles, sexuelles, financières – sont-elles motivées par vous ou par lui ? Êtes-vous prêt à renoncer à votre indépendance et à vos propres efforts pour gravir les échelons, c’està-dire à vos tentatives pour obtenir par vos propres forces ce dont vous avez besoin ? Si oui, vous aurez, par moments, l’impression de gagner et de réussir, et par moment, l’impression de perdre. Et à d’autres moments, vous ne saurez plus très bien si vous êtes en train de gagner ou de perdre. Mais finalement, vous saurez que vous avez la lumière, que Dieu est avec vous
et que vous êtes sauvé. Pourquoi ? Parce que le Roi est toujours là, et c’est la seule chose qui compte.
Lors du premier Noël, des personnes inattendues issues d’un milieu tout à fait inattendu ont décidé de venir adorer Jésus comme leur Roi.
Ce Noël-ci, vous pourriez prendre la même décision.
CONCLUSION
Pour qu’il reste de Noël plus que le parfum
Merci beaucoup d’avoir lu ce texte. J’espère qu’il vous a aidé à réfléchir au sens de votre Noël, à la signification du premier Noël et à la façon dont ils sont liés.
Mais vous vous demandez peut-être : et après ? Pour certains personnages de l’histoire de Noël, la réponse était évidente : il fallait aller à Bethléhem, rencontrer Jésus et découvrir si la nouvelle qu’on leur avait annoncée était vraie. Pour nous aujourd’hui, ce n’est pas la même réponse ! Si nous voulons en savoir plus, que devons-nous faire ?
Je vous suggère, pour commencer, de lire un des Évangiles du Nouveau Testament. Il y en a quatre : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Vous pouvez facilement les trouver dans les librairies ou en ligne. Marc est le plus court, et probablement le plus facile à lire si vous découvrez le christianisme. Jean est le plus profond et le plus mystérieux, ce qui en fait le préféré de beaucoup. Luc est le plus long et le plus détaillé sur le plan historique. Matthieu est mon préféré, mais je suis un peu bizarre. Quel que soit votre choix, lisez-le jusqu’au bout ; cela vous prendra deux à quatre heures au total. Croyez-moi : vous serez tenu en haleine jusqu’à la fin.
Ensuite, allez dans une Église qui prend la Bible au sérieux comme étant la Parole de Dieu. Vous pourriez vous y rendre un dimanche. Dans mon Église, nous accueillons de nouvelles personnes chaque semaine. Vous pourriez aussi vous inscrire à une petite formation conçue pour aider les gens à découvrir si le christianisme dit vrai : les parcours « Alpha », « Découvertes du christianisme », ou les cours sur la lecture de la Bible. La plupart des bonnes Églises proposent ce genre d’activités et vous y rencontrerez d’autres personnes qui se posent les mêmes questions que vous.
Enfin, priez. Demandez à Dieu de vous parler pendant que vous lisez les Évangiles, de vous aider à comprendre son but pour votre vie et de se révéler
à vous. Remerciez-le pour les bonnes choses qu’il vous a données et demandez-lui de vous aider à relever les défis auxquels vous êtes confronté. Si vous n’avez jamais prié auparavant, un bon point de départ est la prière que Jésus a enseignée à ses disciples :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin, pardonne-nous nos torts envers toi comme nous aussi, nous pardonnons les torts des autres envers nous.
Ne nous expose pas à la tentation, et surtout, délivre-nous du diable. Amen.
Joyeux Noël !
NOTES
1 Agatha Christie , An authobiography [Une autobiographie], Londres : HarperCollins, 2010, p. 180, (trad. libre).
2 NDÉ : C’est une phrase du premier ministre britannique David Lloyd George, prononcée juste après l’armistice de 1918 dans la perspective du retour des combattants.
3 NDÉ : « Yes we can » est le slogan de Barak Obama pour la campagne présidentielle américaine de 2008.
4 NDÉ : « Take back control » a été l’un des messages centraux de la campagne menée en faveur du Brexit au Royaume-Uni en 2016.
5 NDÉ : « Get Brexit done » est le slogan central de la campagne électorale britannique de 2019, menée par Boris Johnson et le Parti conservateur.
6 NDÉ : « Make America great again » est un slogan politique américain, d’abord utilisé par Ronald Reagan, puis popularisé en 2015 par Donald Trump. Il est souvent abrégé en MAGA.
Qu’est-ce
qui vous fait ressentir la magie de Noël ?
oël ne serait pas Noël sans les guirlandes qui illuminent nos façades, sans le sapin décoré, sans les retrouvailles en famille, sans... Chacun peut compléter cette liste à sa guise. Quels sont les ingrédients clés qui vous font ressentir la magie de Noël ?
En fait, derrière toutes nos aspirations se cache une seule réalité. C’est elle qui donne à Noël, et à toute la vie, un sens véritable et une joie profonde. Ce livre est une invitation à découvrir ce qui fait que Noël est vraiment Noël – et la vie, vraiment la vie. Plongez dans la magie de Noël !
« Ce livre est un petit bijou ! »
RAPHAËL CHARRIER