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Prophétie vivante

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entre les vainqueurs (Ésaïe 34 : 17 ; Joël 4 : 3 ; Nahoum 3 : 10 ; Abdias 11), le filet enfermait les prisonniers (Éz. 32 : 3 ; Osée 7 : 12 ; Hab. 1 : 15). Le langage, avec ses idiotismes et ses particularités, fait aussi partie de la culture d’un peuple. Nous trouvons dans les livres prophétiques un certain nombre d’expressions proverbiales : « habiter sous sa vigne et sous son figuier » est un indice de paix, de prospérité et de sécurité (Amos 9 : 14 ; Michée 4 : 4) ; « élargir l’espace de sa tente » (Ésaïe 54 : 2) est signe d’agrandissement de la famille ; « sucer le lait des nations » signifie profiter de ce qu’elles ont de meilleur (Ésaïe 60 : 16) et « la racine des montagnes » désigne le fond de la mer (Jonas 2 : 7). Tarsis (Jonas 1 : 3 ; Jér. 10 : 9 ; Ésaïe 23 : 6 ; 66 : 19) a parfois le même sens que pour nous que « le bout du monde ». Pour comprendre le dicton « comme des moissonneurs en été » (Michée 7 : 1), il faut se rappeler qu’en Palestine, la moisson est terminée à la Pentecôte. En été, il n’y a donc plus rien à moissonner. Les notes essaieront d’expliquer ces différentes allusions et de les mettre à jour.

5. Le contexte politique La vie quotidienne des Hébreux était influencée à la fois par la politique interne, par les relations avec l’état voisin (Israël ou Juda), avec les autres peuples environnants et avec les grandes puissances dont la volonté d’hégémonie dominait tout le destin des nations du Croissant fertile.

Politique intérieure Depuis le règne de Roboam, le fils de Salomon, le peuple hébreu était divisé en deux royaumes : celui d’Israël au nord et celui de Juda au sud. Le royaume du nord comprenait 10 tribus. La principale d’entre elles était Éphraïm (l’un des fils de Joseph). C’est pourquoi les prophètes désignent parfois tout le royaume par le nom d’Éphraïm ou de Samarie, sa capitale. Il fut plus puissant que le royaume du sud composé seulement des tribus de Juda et de Benjamin, mais l’autorité y avait moins de stabilité : en deux siècles, neuf dynasties se sont succédé alors qu’en Juda on resta fidèle à celle de David (avec une seule éclipse : l’interrègne d’Athalie : 2 Rois 11). Dans chacun des deux royaumes, il y eut de bons et de mauvais rois. Les livres des Rois et des Chroniques nous livrent pour chacun d’eux le verdict final : « Il fit ce qui est bon – ou ce qui est mal – aux yeux de l’Éternel ». Ce jugement est avant tout motivé par l’attitude du roi à l’égard de la religion. Par exemple, les bons rois respectèrent les prescriptions établies par Moïse, luttèrent contre les cultes des hauts-lieux, favorisèrent le clergé lévitique. En revanche, les mauvais rois firent des alliances avec les peuples étrangers, alliances qui entraînèrent automatiquement l’adoption de leurs divinités et l’introduction des cultes idolâtres dans le pays, avec toutes leurs conséquences sur le plan moral. Pour chaque prophète, il sera bon de consulter le tableau des rois correspondants pour connaître le contexte de la vie intérieure du pays où il a prophétisé.

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Prophétie vivante • Alfred Kuen  

Extrait

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