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Présentation en avant-première

les 9 premières pages !


Love, Tattoos & Family Amour, Tatouages & Famille

Black-out Tous droits réservés ISBN : 978-2-916753-xx-x Dépôt légal : octobre 2012


Avant-Propos Dans les années 90, j’avais presque 18 ans lorsque je me suis fait tatouer pour la première fois, j’étais une petite punkette passionnée de cultures alternatives et je rêvais de devenir dessinatrice.

toujours la visite “de courtoisie” chez l’anesthésiste de l’hôpital… En découvrant le tatouage qui ornait toute la moitié bas de mon dos, elle a pesté en me demandant “Mais quand va s’arrêter cette mode ridicule, pourquoi faites-vous ça, etc. ?”. Je comprenais que poser la péridurale sur une peau tatouée pouvait comporter des risques et j’étais prête à entendre un “Non madame, ce n’est pas possible” mais je n’étais pas venue pour un sermon aussi “violent” dans l’éclat de voix que dans le jugement.

J’ai eu l’impression de commettre un acte transgressif alors que ma première fois fut d’une banalité « très ordinaire »… J’ai choisi mon dessin sur un book de motifs, qui se retrouveraient sûrement sur d’autres peaux un jour ou l’autre, dans le shop d’un tatoueur biker qui avait sa tarentule et son pit-bull… J’ai pourtant eu l’impression de vivre un moment unique… De m’appartenir enfin et d’appartenir à un groupe... Et ma passion naissante pour cette culture a définitivement été encrée en moi. J’ai connu pas mal de phases différentes dans ma vie qui m’ont emmenée à me faire tatouer et on pourrait facilement tomber dans un décryptage façon psychologie de comptoir…

Alors que la première grossesse est une période très délicate pendant laquelle on se prépare à devenir parent, j’ai eu l’impression d’être une enfant qui se faisait gronder. Je me préparais à devenir mère, j’étais affranchie de mes parents depuis une dizaine d’années et cette femme m’infantilisait, elle essayait de me faire culpabiliser sur cette pratique que je considérais comme ma culture depuis 10 ans. J’avais 27 ans et je n’étais pas prête à renoncer au tatouage parce que j’allais devenir mère.

Mais ce n’est pas le propos de ce livre car l’être humain a tendance à croire qu’il est parfait et que les autres sont seulement perfectibles… Non, après toutes les expériences que j’ai pu vivre, bonnes ou mauvaises, visà-vis de mes tatouages, j’ai envie de dire que cette culture existe et qu’elle ne disparaîtra pas, il faut arrêter de croire que le regret existe ou bien la démarche n’est pas sincère…

J’ai vécu cette phrase comme une injustice, un jugement dur et sans fondements. En créant le projet “Love, Tattoos & Family”, j’ai vraiment eu envie de “lutter” contre certaines idées reçues. Cependant, au fil des rencontres, des débats avec des étrangers, des ami(e)s, des proches, ma perception du tatouage a changé, elle a mûri. Je me suis rendue compte que cette envie de “lutter” risquait de donner une vision trop réductrice de cette pratique.

Et pourtant « Love Tattoos & Family » est né d’une certaine amertume… En 2006, j’attendais ma petite fille Emy, je me rappellerai 3


Car, oui le tatouage est une vraie culture, pas un effet de mode, pas un coup de tête qui se transforme en regret. C’est une histoire ou un passé qu’on porte et qu’on assume au fil du temps.

tatouer trop rapidement, à moins de les encadrer et de les prévenir des éventuelles conséquences que le tatouage peut apporter au niveau professionnel, par exemple.

Je me suis aperçue que chaque personne vivait cette culture de façon différente et n’avait pas forcément envie d’être une personne “normale”, ce n’était donc pas à moi de vouloir normaliser ces familles. Contrairement au rapport de l’académie de médecine, il est risqué de catégoriser ou de créer des généralités sur les tatoués (drogués, homosexuels, névrosés, etc…)

J’ai même rencontré des mamans très tatouées qui s’étaient posées des limites très claires comme ne pas toucher à leur visage ou à leurs mains pour leurs enfants car elles avaient conscience que dans cette société normalisée ou l’apparence est un signe de réussite, le trop tatoué faisait encore office de marginal. Avec ce projet, j’ai eu envie de rendre hommage à cette culture, de montrer que c’est un engagement que l’on ne prend pas à la légère. J’ai eu envie aussi de représenter une image positive des familles souvent “absentes” de la presse spécialisée ou des livres sur le tatouage.

Car il y a autant d’histoires différentes que de tatouages différents, c’est vraiment une démarche personnelle qui paradoxalement n’a pas forcément pour but d’exhiber ses “oeuvres d’art” au regard des autres… Le tatouage une fois encré fait partie de soi et n’existe plus… La question de la vieillesse ne se pose pas non plus… contrairement aux gens qui sacralisent leur corps comme un temple, le tatoué n’a pas peur d’abîmer sa peau ou son corps....

Alexandra Bay

Car il sait que la fin sera la même pour tous. Pour mon projet, j’ai rencontré beaucoup de bons parents et même parfois des parents encore plus “conventionnels” dans leur éducation que ceux jugés physiquement présentables. Rapidement, j’ai compris que ces parents très tatoués savaient parfaitement dissocier leur passion de l’éducation et des valeurs qu’ils transmettaient à leurs enfants. Certains avouaient même qu’ils seraient peut-être contre l’idée que leurs enfants se fassent 4


A Sylvain et Emy qui ont donné un sens à ma vie.

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Greg, 36 ans, DJ du groupe “ Make the girls dance “ & Gabrielle, 32 ans, Créatrice. Mariés depuis 2006, ensemble depuis 8 ans - Leurs enfants : Clarence & Terry

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trouvé fascinant d’éprouver plus de sentiments pour quelqu’un d’autre que soi ». Un père qui vient chercher ses

Un Dj tatoué ! Preuve en est que la culture électro, essentiellement rattachée (à tort) au strass et au blingbling nocturne, n’est pas hermétique au tatouage. Et si Greg avoue être issu d’une famille « classique » éloignée de cet univers, le tatouage fait partie intégrante de son mode de vie. Si on y ajoute un côté provocateur entièrement assumé et des racines culturelles qui lorgnent plus vers les bas-fonds du rock décadent, on obtient un atypique mari/père de famille/dj tatoué. Point de départ de cette passion ? A 19 ans, sur un coup de tête, il se fait encrer un motif tribal. La machine est en route et s’ensuivra une série de motifs, tous différents et variés, avant de prendre une longue pause de près de 10 ans. Il rencontre Gabrielle, créatrice et non tatouée qui devient sa femme en 2006. Cette alliance avec une vierge de peau (qui admet cependant vouloir peut-être un jour franchir le pas) aurait pu prolonger cette pause et pourtant, c’est tout le contraire qui se produit. Une rencontre décisive avec le légendaire Tin-Tin et la machine se remet en branle, ce dernier effectue les grosses pièces ornant les bras de Greg, qui en profite pour faire recouvrir les petits motifs de sa jeunesse. Radical ? Oui ! « Nous sommes dans une époque

enfants à l’école en arborant fièrement ses tatouages. Revendication facile ? Du tout ! Simplement montrer à ses confrères parents d’élèves qu’être tatoué n’empêche en rien la transmission de valeurs morales, voire strictes. Mais est-ce facile ? Être un papa Dj n’est déjà pas chose courante alors avec l’option tatouage en plus, le regard des autres n’est pas toujours bienveillant. Et il faudra du temps avant que d’autres parents dits « normaux » daignent lui parler. Un aspect qui ne déplaît pas forcément à l’intéressé, lui qui n’aime pas trop être dans la norme. C’est clair, Greg aime être à part et affiche volontiers son côté provocateur. Mais demeure tout de même en lui une certaine pudeur et un profond respect, « j’essaie de ne pas imposer mes

tatouages aux gens, notamment quand je suis à la plage où, paradoxalement, je ne suis pas à l’aise à montrer mes tatouages. Finalement, ce que j’aime c’est porter mes tatouages sous mes fringues, sachant qu’ils sont là, mais sans forcément qu’ils soient visibles »

où les gens passent leur temps à se demander ce qu’ils vont faire et devenir. Ils ne font rien, sont frileux. Moi, je veux être dans l’action, avancer, m’impliquer, c’est ce que je veux transmettre à mon fils : ne réfléchis pas trop, agis ». Sage conseil d’un père aimant, « Mes enfants sont tout pour moi. Ils ont changé ma perception du monde et le regard que j’avais sur moi et le temps qui passe. J’ai

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Love,

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