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n'a pas accès aux moyens de production. Enfin, parce qu'une autre minorité, ceux que l'on appelle les « hyperriches »2, perçoit des revenus complètement déconnectés du niveau moyen des salaires, mais aussi du travail qu'ils fournissent (dividendes, parachutes dorés, stocks options...). Travailler moins, c'est chercher à s'écarter de cette logique sans fin du « toujours plus », logique insupportable au niveau écologique. C'est aussi se donner les moyens d'une plus grande équité entre tous les individus : équité dans la possibilité d'accéder à un revenu décent, mais aussi plus grande équité dans les niveaux de revenu. Nous pensons que le travail, parce qu'il détruit la santé, la vie et l'imaginaire ne doit pas être valorisé. Parce qu'il est pénible, fatigant, et aliénant3, le travail doit être réduit au maximum. Et il faut savoir que l'ère du « travailler plus pour gagner plus » est très récente. Au cours de leur Histoire, il semble que les humains ont eu tendance à s'en écarter dès que cela leur était possible. L'exercice que nous proposons ici est de mener une expérience sur le papier. Construire sur ces pages un autre monde dans lequel l'idéologie de la croissance et le mythe d'un bonheur corrélé à la consommation sont dépassés. Et parce que la valorisation du travail est un concept créé récemment par certains penseurs occidentaux, nous allons nous en débarrasser ici pour faire de l'économie d'une autre manière. Car il s'agit bien d'économie dont nous parlons ici. Mais nous utiliserons ce terme dans son sens le plus courant (sens qui étrangement a été oublié par nos experts) : faire de l'économie, c'est aussi chercher à ... économiser. Ici, c'est du temps de vie et des ressources 2 3

Hervé Kempf (2007), Comment les riches détruisent la planète, Paris, Seuil. Pierre Bourdieu parle d'auto-exploitation dans la plupart des cas où l'investissement dans le travail est source de profit non monétaire. « La liberté de jeu laissée aux agents est la condition de leur contribution à leur propre exploitation » (Pierre Bourdieu [1996], « La double vérité du travail », Actes de la recherche en sciences sociales volume 114) -9-

Travailler une heure par jour  

Il s’agit de remettre les pendules à l’heure sur la question du travail, de démontrer l’absurdité de certaines soi-disantes évidences, et de...

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