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CADRE D’ORIENTATIONS STRATÉGIQUES

Les Plantes Aromatiques et Médicinales de l’Île de la RÉUNION

BIONOPSYS INC.

Déc. 2005


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Résumé Cette mission d’expertise, réalisée du 26 au 30 septembre 2005 par le Cabinet BIONOPSYS, a été commanditée par le Conseil Régional (CR) de la Réunion. Son objet était d’établir un « Cadre d’Orientations Stratégiques » en vue de valoriser les Plantes Aromatiques et Médicinales (PAM) de la Réunion. Sur la base de la réalité des PAM à la Réunion, ce rapport pose le diagnostic des actions financées par le CR, distingue des axes de valorisation et propose un ensemble de recommandations et d’actions à développer en 2006, dans le cadre d’un plan stratégique pluriannuel d’intervention. Les contraintes de valorisation des PAM sont le reflet d’une réalité complexe car un nombre important d’entre elles peuvent revendiquer le droit d’appartenir à cette grande famille. Elles adressent un grand nombre de marchés et les acteurs institutionnels impliqués ont des problématiques de valorisation différentes. L’ancrage agricole et médicinal des PAM, leur caractère endémique, les activités de recherche universitaire qu’elles suscitent et de la forte vie associative qu’elles incitent ont permis de constater que l’implication du CR pour leur valorisation est pertinente et la mise en œuvre de moyens financiers, techniques et humains est justifiée. Les axes de valorisation recommandés tiennent compte de la complexité inhérente au projet, des forces locales et du contexte réunionnais. Ces axes adressent trois domaines d’intervention : recherche et valorisation scientifique, domestication et valorisation économique, « Petits Planteurs » et valorisation des Hauts. Des premières recommandations sont proposées pour fournir au CR des éléments lui permettant de clarifier ses objectifs de valorisation : la création d’un colloque sur les « Enjeux des Plantes Pays », la mise en place d’un comité scientifique et le repositionnement d’acteurs pour faciliter la coordination. Finalement des orientations stratégiques sont formulées pour cadrer la politique de valorisation. Les actions proposées reposent sur le principe de « valeur ajoutée », impliquent une démarche « qualité » et visent des marchés de niche. Ces actions vont permettre d’adosser la Réunion aux Pôles d’excellence mondial, de protéger le savoir, de créer du savoir-planter et du savoir-faire pour commercialiser des produits pays en assurant la gestion durable de la ressource forestière. Nous tenons à remercier tout particulièrement les élus de la Région pour leur chaleureux accueil tout au long de notre mission ainsi que le responsable de la Direction des Affaires Agricoles (DAA) du CR, M. André JATOB pour son entière confiance, Mme FELICITE, Mme DROZIN, Mme AMEMOUTOU, et Mme PAYET de la DAA pour la préparation de cette mission et leur précieux soutien tout au long de son déroulement. Enfin, un vif remerciement est également adressé à l’ensemble des personnes auditées pour l’écoute attentive et le temps qu’ils nous ont consacré. Couverture : Hubertia ambavilla Bory

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LISTE DES ACRONYMES ET ABRÉVIATIONS AAPPMARE : Association Agréée de Pêche et de la Protection du Milieu Aquatique AMM : Autorisation de Mise sur le Marché APLAMEDOM : Association pour les Plantes Aromatiques et Médicinales de la Réunion APN : Association des Amis des Plantes et de la Nature APR : Association pour la Promotion en milieu Rural ARMEFHLOR : Association Réunionnaise de Modernisation de l’Économie Fruitière, Légumière et Horticole ARVAM : Association pour la Recherche et la Valorisation Marine CA : Chambre d’Agriculture CAHEB : Coopérative Agricole des Huiles Essentielles de Bourbon CBM : Conservatoire Botanique des Mascarins CNRS : Centre National de Recherche Scientifique

CR : Conseil Régional DAA : Direction des Affaires Agricoles (du Conseil Régional) DAFE : Département de l’Agriculture, de la Forêt et de l’Environnement DIREN : Direction Régionale de l’Environnement INRA : Institut National de Recherche Agronomique IRD : Institut de Recherche et de Développement ITEPMAÏ : Institut Technique Interprofessionnel des Plantes à Parfum, Médicinales et Aromatiques IUP : Institut Universitaire Professionnalisé LEGTA : Lycée d’Enseignement Général et Technologique Agricole LCSNSA : Laboratoire de Chimie des Substances Naturelles et des Sciences des Aliments OCTROI : Organisme Certificateur Tropique Réunion Océan Indien ODR : Observatoire du Développement de la Réunion ONF : Office Nationale des Forêts ONIPPAM : Office Interprofessionnel des Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinale PAM : Plantes Aromatiques et Médicinales PEM : Plantes Endémiques des Mascareignes SFE : Société Française d’Ethnopharmacologie SIPR : Société d’Importation des Pharmaciens de la Réunion SPV : Service de Protection des Végétaux

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TABLE DES MATIÈRES I.

CADRE D’INTERVENTION DE LA MISSION BIONOPSYS ................................................................5 A. PROBLÉMATIQUE DU COMMANDITAIRE ........................................................................6 B. LE MANDAT BIONOPSYS .....................................................................................................6 C. DOMAINES D’EXPERTISE ....................................................................................................7 D. MÉTHODOLOGIE DE MISSION ............................................................................................7

II.

CONTEXTE RÉUNIONNAIS DES PLANTES AROMATIQUES ET MÉDICINALES..........................9 A. ÉLÉMENTS D’INTRODUCTION .........................................................................................10 B. LES RÉALITÉS DU VÉCU RÉUNIONNAIS........................................................................12 C. ACTEURS INSTITUTIONNELS CONCERNÉS...................................................................16 D. LES PROBLÈMES SOULEVÉS PAR LES INTERVENANTS AUDITÉS...........................19 E. CONCLUSION SUR LA RÉALITÉ RÉUNIONNAISE DES PAM.......................................20

III.

INITIATIVES FINANCÉES PAR LE CONSEIL RÉGIONAL EN VUE DE VALORISER LES PAM.22 A. POLITIQUE D’ACTION MISE EN ŒUVRE PAR LE CONSEIL RÉGIONAL...................23 B. ACTIVITÉS FINANCÉES ......................................................................................................23

IV.

DIAGNOSTIC DES ACTIONS MENÉES ...............................................................................................26 A. ACTIONS ENGAGÉES ET REALISÉES ..............................................................................27 B. ÉVALUATION DES ACTIONS RÉALISÉES.......................................................................28 C. ÉVALUATION DES ACTIONS ENGAGÉES.......................................................................28 D. PERTINENCE DES ACTIVITÉS FINANCÉES ....................................................................29 E. CONCLUSIONS .....................................................................................................................30

V.

PREMIÈRES RECOMMANDATIONS....................................................................................................31 A. CRÉATION D’UN COLLOQUE SUR LES « ENJEUX DES PLANTES PAYS » ...............32 B. UN COMITÉ SCIENTIFIQUE DE VALIDATION ...............................................................32 C. REPOSITIONNEMENT DU RÔLE DE L’APLAMEDOM...................................................33

VI.

ORIENTATIONS STRATÉGIQUES .......................................................................................................34 A. RECHERCHE ET VALORISATION SCIENTIFIQUE .........................................................35 B. DOMESTICATION ET VALORISATION ÉCONOMIQUE.................................................38 C. PETITS PLANTEURS ET VALORISATION DES HAUTS .................................................42

VII.

RÉCAPITULATIF DES ACTIONS 2006.................................................................................................46 A. TABLEAU SYNOPTIQUE DES ACTIONS 2006 .................................................................47 B. ACCOMPAGNEMENT ..........................................................................................................48

VIII. LISTE DES ANNEXES ............................................................................................................................49

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I.

CADRE D’INTERVENTION DE LA MISSION BIONOPSYS ¾ Problématique du commanditaire ¾ Le mandat Bionopsys ¾ Domaine d’expertise ¾ Méthodologie de mission

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A. PROBLÉMATIQUE DU COMMANDITAIRE A travers sa Direction des Affaires Agricoles (DAA), et selon les compétences qui lui sont dévolues, le Conseil Régional intervient sur trois problématiques : la Pêche, le développement rural des Hauts de la Réunion et la prospective sur le développement de nouvelles filières agricoles. Ce troisième axe intègre l’identification de filières à haute valeur ajoutée et la création de l’ensemble des conditions favorables à leur pérennité. Cet axe s’inscrit dans une politique de diversification agricole, dont l’un des enjeux prioritaires est le maintien à la terre des petits producteurs, dans les Hauts de l’île. La DAA a ainsi identifié deux projets porteurs : le premier est la filière Café, initié en 2002, avec la mise en culture de la variété Pointu bourbon, ancien fleuron agricole de la Réunion ; le second initié en 2003 concerne les Plantes Aromatiques et Médicinales (PAM). Outre leur dimension agricole, les PAM intègrent d’autres niveaux de complexité tels que la valorisation d’un patrimoine botanique et culturel réunionnais, une pluralité de marchés (phytothérapie, compléments alimentaires, cosmétologie…), des champs d’expertises nombreux et des profils de compétences distincts (chercheurs, entrepreneurs, agriculteurs…). En vue d’initier et de soutenir le projet « Plantes Aromatiques et Médicinales », le CR a attribué à partir de 2003 des financements à des organismes réunionnais, de même qu’il a sollicité une expertise au niveau international. C’est dans ce cadre que la société Bionopsys a été mandatée.

B. LE MANDAT BIONOPSYS Au travers de l’audit de l’ensemble des organismes et professionnels réunionnais, impliqués dans la valorisation des plantes aromatiques et médicinales, le mandat confié par le CR à la société Bionopsys consistait à: ƒ

Établir un diagnostic de la situation et des actions engagées.

ƒ

Circonscrire la notion de plante aromatique et médicinale et ses débouchés.

ƒ

Fournir des orientations stratégiques pour assurer la cohérence et l’intégration des compétences locales.

ƒ

Définir des lignes d’action pour créer un environnement favorable à l’exploitation et à la commercialisation de ces plantes au niveau local et international.

ƒ

Ouvrir des pistes de valorisation des productions envisagées.

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C. DOMAINES D’EXPERTISE BIONOPSYS est une Société de Conseil canadienne, basée à Montréal, et spécialisée dans la mise en œuvre de projets innovants dans le domaine des Sciences de la Vie. L’entreprise fournit une expertise pour des institutions financières et des agences internationales et s’implique dans des projets de nature pluridisciplinaire à haut contenu technologique, nécessitant une capacité d’analyse transversale. La mission a été réalisée par Mme Brigitte LEBRETON, Présidente de BIONOPSYS, et par M. Raphaël DORMOY, son associé. Mme Brigitte LEBRETON, originaire de la Réunion, est spécialisée dans l’organisation de processus visant à transposer les innovations technologiques et les découvertes dans un contexte de marché. Elle possède une solide expérience dans le développement de pôles régionaux d’activité économique. Elle a notamment contribué à la création du pôle de compétence biotechnologique de Montréal ainsi qu’au démarrage de nombreuses entreprises et d’associations industrielles aux États-Unis et au Canada. Titulaire d’un doctorat en biologie moléculaire de l’Université Laval de Québec, elle a occupé successivement des postes de professeur d’université et de direction en entreprise. Elle siège actuellement sur le conseil d’administration de plusieurs entreprises et bénéficie d’un solide réseau de contacts de niveau international. M. Raphaël DORMOY, ingénieur agronome, est auditeur de projets à caractère technique, économique et social. Il possède une bonne connaissance du secteur public, privé, et du monde agricole. Ayant exercé dans différentes régions du Monde (France, Afrique, Asie, Océanie), il s’est spécialisé dans l’élaboration de politiques de développement agricole et rural, leur mise en œuvre, l’application du principe de développement durable en entreprise, et dans la communication.

D. MÉTHODOLOGIE DE MISSION La mission BIONOPSYS a été effectuée du 26 au 30 septembre 2005, après une semaine de rencontres préparatoires et d’analyse de la documentation disponible. Elle s’est déroulée avec la rencontre de quatre groupes thématiques de travail, « Agriculteurs & Transformateurs », « Recherche & Forêt », « Encadrement du Développement », « Industriels & Pharmaciens », et six visites de terrain ont été réalisées. Les personnes ayant participé à ces groupes ainsi que celles rencontrées sur le terrain sont listées dans l’annexe 1. Le cabinet BIONOPSYS a animé et conduit l’ensemble des réunions en s’appliquant à un principe de stricte neutralité. Notre méthodologie de travail s’est basée sur un processus d’écoute active, dont l’objet était de susciter l’expertise de chaque intervenant, selon son domaine de compétence. Cette approche s’est concentrée à formaliser la réalité des PAM vécue par chacun des intervenants, et à susciter l’analyse de cette réalité par le groupe de travail. L’ensemble de ces expertises a ensuite été intégré dans une phase prérédactionnelle. Les visites de terrain ont été l’occasion d’affiner les critères d’évaluation

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relatifs à ces expertises et de bénéficier de relations plus directes. Ces rencontres ont permis et de valider un certain nombre de points de conclusion relatifs au mandat de notre mission1. Une restitution de mission a été effectuée au CR, le 30 septembre 2005.

Faute de temps, certains organismes ou professionnels, invités aux réunions mais non présents, n’ont pas pu être invités. 1

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II.

CONTEXTE RÉUNIONNAIS DES PLANTES AROMATIQUES ET MÉDICINALES ¾ Éléments d’introduction ¾ Les réalités du vécu réunionnais ¾ Acteurs institutionnels concernés ¾ Les problèmes soulevés par les intervenants audités ¾ Conclusion sur la réalité réunionnaise des PAM

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A. ÉLÉMENTS D’INTRODUCTION La Réunion, département français d’Outre-mer, est située dans la partie sud-ouest de l’Océan Indien (55°30’ de longitude Est, 21° de latitude Sud). Elle forme, avec les îles de Mayotte et de Rodrigues, l’archipel des Mascareignes. Territoire de 2 500 km2 peuplé d’environ 750 000 habitants, la Réunion possède le statut de Région Ultra Périphérique européenne. Elle est localement membre de la Commission de l’Océan Indien, laquelle regroupe la Réunion, Madagascar, Maurice, les Seychelles et les Comores. La flore réunionnaise compte 2 000 à 3 000 espèces de végétaux supérieurs. On dénombre onze types de milieux naturels, essentiellement présents au-dessus de 500 mètres d’altitude. Ces milieux naturels sont caractérisés par un fort taux d’endémisme, mais aussi par la pression exercée par l’homme depuis sa colonisation de l’île. La diversité de la population réunionnaise, originaire d’Europe, d’Afrique, d’Asie ou d’Inde, a favorisé le mélange des traditions, et l’usage de la phytothérapie traditionnelle est répandu. Elle a notamment été étudiée par les études ethnobotaniques du Père RAIMBEAU2 et de M. Roger LAVERGNE3. Les plantes de la médecine traditionnelle, endémiques ou non, sont cultivées pour certaines dans les jardins créoles, ou directement prélevées dans les milieux forestiers. Elles sont consommées par les Réunionnais essentiellement sous forme de tisanes. Quoiqu’un ensemble de recherches portant sur la caractérisation de leurs principes actifs soit nécessaire pour leur validation scientifique, une approche empirique met en évidence une corrélation forte entre l’usage de ces remèdes et l’effet physiologique escompté. Dans le cadre de la création de filières à haute valeur ajoutée, ces plantes présentent donc un intérêt manifeste. Leur exploitation peut être ciblée en vue de nombreux marchés comportant des aspects réglementaires distincts: phytothérapie, aromathérapie, compléments alimentaires, cosmétologie…(Cf. annexe 2) À l’instar des marchés, il n’existe pas de secteur agronomique pour les « Plantes Aromatiques et Médicinales » mais des filières, chacune étant caractérisée par des contraintes agricoles et des contraintes de transformation, ainsi que par des critères de qualité, déterminés selon les plantes. Le terme « Plantes Aromatiques et Médicinales » englobe un grand nombre de plantes et leur valorisation couvre de vastes domaines d’expertise qui nécessitent l’interaction de nombreuses disciplines et professions. Les enjeux de cette valorisation sont à distinguer clairement et sont à promouvoir selon des politiques différentes. L’une concerne la valorisation scientifique de la recherche, la seconde la valorisation économique par la création de filières, la troisième la valorisation des Hauts de la Réunion.

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Le Père Raimbault et les plantes médicinales de la Réunion, Imprimerie Cazal, 1969 (79 p.)

3 Etude ethnobotanique des plantes utilisées dans la pharmacopée traditionnelle à la Réunion, 1989, Collection : Médecine traditionnelle et pharmacopée, (236 p.)

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Enfin, l’exploitation des ressources endémiques implique aussi de les préserver et de les gérer durablement. Ainsi, la déclinaison des enjeux associés aux « Plantes Aromatiques et Médicinales » et de leurs limites, peut se faire autour de trois notions clés : le Marché, la Filière, la Valorisation.

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Notions clé autour des « PAM »

PAM Valorisation

Marché

Déclinaison du concept

Bornes de définition

‰

Alimentaire

‰

Cosmétiques

‰

Phytothérapie

‰

Huiles essentielles

‰

Compléments alimentaires

‰

Nutraceutiques

‰

Médicaments

• Cadre réglementaire • Usage de consommation

Filière

‰

De le mise en culture à la commercialisation

• Contraintes culturales, de récolte et de transformation • Cahier de charges et critères de qualité

Valorisation

‰

Scientifique

‰

Économique

‰

Rurale

• Politique et stratégie de développement

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B. LES RÉALITÉS DU VÉCU RÉUNIONNAIS La grande famille des plantes aromatiques et médicinales, qualifiée par certains par l’expression synthétique de « filière PAM », se caractérise autour d’un certain nombre d’activités et de produits qui assoient la réalité réunionnaise des PAM. Sont concernés: 1. La conservation des espèces végétales à caractère endémique et la protection de leur milieu naturel. On compte à la Réunion 223 plantes endémiques sur les 500 espèces de végétaux supérieurs originels aux milieux forestiers (45% d’endémisme). Aucune des plantes endémiques à usage thérapeutique n’est aujourd’hui cultivée. La conservation du patrimoine botanique réunionnais est assurée par le Conservatoire Botanique des Mascarins (CBM). La protection et l’aménagement du milieu forestier sont assurés par l’Office National des Forêts (ONF) et la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN). 2. Les activités de recherche et de caractérisation scientifique sur les propriétés physico-chimiques, structurales, biologiques et pharmacologiques des plantes endémiques de la Réunion. Elles sont réalisées par le Laboratoire de Chimie des Substances Naturelles et des Sciences des Aliments (LCSNSA) de l’Université de la Réunion. Ces recherches portent sur la caractérisation de principes actifs à usage pharmacologique (végétaux), à usage diététique et nutritionnel (huiles végétales) et à usage cosmétique (huiles essentielles, végétales, extraits aromatiques). 3. Une activité économique locale autour de cinq réalités de Marché : les tisanes ; les produits de phytothérapie et les compléments alimentaires; les extraits et des huiles essentielles; les plantes aromatiques et des plantes à parfum; le tourisme avec des lieux consacrés aux plantes aromatiques et médicinales. •

Les tisanes sont vendues sur les marchés forains par les tisaneurs. Ces tisaneurs sont moins d’une dizaine sur l’île, et ont acquis leur savoir-faire grâce à la transmission générationnelle. Ces tisanes sont réalisées à base de plantes endémiques, ou non, et leur marché est mal connu. Quoique la cueillette des dites plantes soit contrôlée dans le domaine forestier public, et qu’elle soit soumise à une autorisation délivrée par la DIREN, une question de fond demeure quant au statut même de cette profession. Il y a d’une part un problème réglementaire quant à la nature des allégations thérapeutiques pouvant être mentionnées sur des tisanes, faites à base de plantes libérées du monopole pharmaceutique (Cf. annexe 3). Il y a d’autre part un problème lié au fait même de vendre des plantes endémiques, dont les propriétés thérapeutiques impliqueraient une inscription à la Pharmacopée Française et donc un monopole pharmaceutique.

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Le tableau ci-dessous récapitule4 les plantes employées pour la préparation des tisanes selon le caractère endémique de la variété. Classification de certaines plantes de la tisanerie locale selon leur endémisme et par rapport à la variété employée Plantes endé mi ques de la Réuni on

‹

Ambavilla (feuilles)

‹ Bois cassant (feuilles) ‹ Bois de sable* (écorce) ‹ Bois jaune* (écorce)

Plantes endé mi ques des Mascareignes

Plantes endé mi ques de l’Océan Indie n

‹

Benjoin (éc orce)

‹

Bois d’Osto (feuilles, écorc e)

‹

Bois de pêche marron (feuilles)

‹

Bois de quivi (feuilles, écorce)

‹

Bois de rongue (éc orce)

‹

Bois maigre (feuilles)

‹

Café marron (feuilles, graines)

‹

Faham (feuilles)

‹

Liane jaune / lingue noir (racine)

‹ Bois de joli cœur (feuilles, fruit, écorc e) ‹ Change écorce (feuilles) ‹ Fleur jaune des bas (sommité florale)

Plantes exoti ques

‹ Anis créole (feuilles) ‹ Ayapana (feuilles) ‹ Bois de reinette des Hauts (feuilles, éc orce) ‹ Cannelle de Chine (feuilles) ‹ Cardamome (fruit) ‹ Citronnelle indienne (feuilles) ‹ Curcuma (rhizome) ‹ Géranium Rosat (feuilles) ‹ Guérivite (plante en tière) ‹ Hibiscus (fleur) ‹ Jamblong (graines, éc orce) ‹ Jouvence /Fa ux orthosiphon (feuilles) ‹ Marjolaine (feuilles, sommité) ‹ Menthe poivrée (feuilles) ‹ Romarin (feuilles, sommité) ‹ Sensitive (plante entière) ‹ Verveine odorante (feuilles) ‹ Vétiver (racine)

* Espèces végétales protégées (Arrêté du 6 février 1987, Journal Officiel ) Données Sources : M. Marc RIVIERE

Liste non exhaustive, classification réalisée à partir de la somme des listes fournies au cours de notre mission. Pour un complément d’information (variété, nom scientifique…), voir l’annexe 3 du rapport de mission ITEPMAI.

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Les produits de phytothérapie et les compléments alimentaires : aucune des plantes endémiques de la Réunion, à usage thérapeutique, n’est aujourd’hui inscrite à la Pharmacopée Française. Et aucune des plantes, inscrites à la pharmacopée et vendue en pharmacie, n’est issue de la production locale. Le marché réunionnais des produits de phytothérapie (herbes séchées, extraits…) et des compléments alimentaires dépend donc de produits importés. Spécifiquement aux plantes médicinales vendues en pharmacie, la valeur de ce marché sur les six derniers mois pour la Société d’Importation des Pharmaciens de la Réunion (SIPR), principal grossiste de l’île, était de 2 362 € (Cf. annexe 4).

La réalisation d’extraits et d’huiles essentielles : des petites entreprises réunionnaises, à caractère artisanal réalisent des huiles essentielles ou des extraits à destination du marché local et de l’export. Ces produits sont issus de matière végétale, soit cueillie en forêt (Ambaville, Ayapana…), soit issue de la production agricole locale (géranium, gingembre….), soit importée (Aloe vera, vétiver….). A l’instar du marché local de la tisanerie, l’activité économique générée par ces PME n’est pas connue.

Les plantes à parfum et les plantes aromatiques : la Réunion possède une tradition agricole de ces plantes, liée au développement de la culture de plantes à parfum au début du XXième siècle (géranium, vetiver)5 ou ancrée dans l’identité culinaire locale (gingembre, curcuma, piment…). D’une manière générale, les productions destinées à l’export sont structurées en filières (appui technique, coopératives d’achat, prix à la qualité) à l’exemple des plantes à parfum ou de la vanille, ce qui n’est pas le cas pour les plantes aromatiques à destination du marché local. La Réunion possède des aires traditionnelles de production, notamment Saint-Joseph pour le curcuma et le gingembre, les Hauts de Saint-Paul pour les plantes à parfum, ou la région de Saint-Philippe pour la vanille. Le Recensement Agricole de l’année 2000 dénombre 730 exploitations ayant pour cultures principales des plantes aromatiques, condimentaires, ou des plantes à parfum. Ces exploitations représentent un peu plus de 6% des exploitations de la Réunion, et 85% d’entre elles ont une superficie inférieure à 5 ha.

Une activité touristique générée par cette tradition réunionnaise des plantes aromatiques et médicinales. Il existe à la Réunion un nombre important de lieux touristiques dédiés à ces plantes, qui sont l’illustration du patrimoine culturel de l’île. Citons la Maison du Curcuma (Plaine-des-Grègues), le Jardin des Épices et des Parfums (Forêt de Mare-Longue), des sentiers botaniques et pédagogiques dans les cirques et le sud de l’île.

La filière économique des plantes à parfum à la Réunion est aujourd’hui en déclin : 2 508 tonnes d’huile essentielle de géranium ont été produites en 2004, contre 8 800 tonnes en 2000. Moins de 200 tonnes pour le vétiver (Source : Coopérative des huiles essentielles de Bourbon, CAHEB).

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4. Les associations réunionnaises de promotion et de vulgarisation. Si l’esprit de chaque association diffère, elles œuvrent communément pour une meilleure connaissance des plantes endémiques et pour le partage de cette connaissance avec le grand public. La vulgarisation se fait à travers la création de bases de données, de sorties botaniques, de conférences, ou la diffusion de l’information par Internet. Elles réunissent des passionnés et des spécialistes. Parmi elles, nous avons rencontré l’Association pour les Plantes Aromatiques et Médicinales de la Réunion (APLAMEDOM), créée en 2000, l’Association des Amis des Plantes et de la Nature (APN), créée en 1992, et l’Association Bois de Couleurs.

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C. ACTEURS INSTITUTIONNELS CONCERNÉS Les acteurs institutionnels réunionnais, susceptibles d’être concernés par la valorisation des plantes aromatiques et médicinales, ou par l’encadrement et l’appui de cette valorisation, sont identifiés dans le tableau ci-dessous. Cette liste n’est pas cependant exhaustive. Selon l’information que nous avons récoltée, nous retranscrivons quelques unes de leurs activités pouvant être corrélées avec la problématique des PAM.

ACTEURS INSTITUTIONNELS CONCERNÉS PAR LA VALORISATION DES « PAM » Problé matique

Domaine

Milieux forestiers et ressources végétales

Acteurs réunionnais conce rnés

Recensement, conservation

ƒ

Protection, aménagement

ƒ

Détermination et caractérisation des principes actifs

ƒ

Biologie végétale

ƒ

Appui à l’organisation des filières

ƒ

Chambre d’Agriculture*

Amélioration des itinéraires techniques

ƒ

Association Réunionnaise de Modernisation de l’Économie Fruitière, Légumière et Horticole (ARMEFLHOR)*

Organisme certificateur

ƒ

Organisme Certificateur Tropique Réunion Océan Indien (OCTROI)*

Vente

ƒ

Valorisation des Hauts

ƒ

Association pour la Promotion Rurale (APR)

Protection sanitaire et protection de la plante

ƒ

DAF, SPV, CIRAD au sein du Pôle de Protection des plantes

Office Nationale des Forêts (ONF) ƒ Direction Régionale de l’Environnement (DIREN) ƒ Mission de création du Parc National

Recherche

Agriculture, Développement agricole

Réglementation

Conservatoire Botanique des Mascarins (CBM)

Université de la Réunion: Laboratoire de Chimie des Substances Naturelles et des Sciences des Aliments (LCSNSA)* CIRAD

Marché de Gros*

(L’astérisque précise que l’acteur a été rencontré au cours de notre mission)

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1. Conservatoire Botanique des Mascarins Accrédité en 1993, le CNB est l’un des huit Conservatoires Botaniques Nationaux, et le seul qui soit présent dans les DOM-TOM. Sa mission de conservation est prioritairement ciblée sur les espèces rares et menacées de la Réunion et de Mayotte. Il réalise des inventaires de terrain, établit des bases de données taxonomiques sur les plantes vasculaires, constitue des banques de graines, informe et sensibilise le grand public. 2. Organismes forestiers : (ONF, DIREN, Mission de Création du Parc National des Hauts) L’Office Nationale des Forêts (ONF) gère les forêts domaniales et les forêts des collectivités locales, avec quatre grands types de mission d’intérêt général : la protection du territoire par la gestion des risques naturels, la protection de la forêt par la création de réserves naturelles, la valorisation économique de ces forêts, et leur aménagement pour l’accueil du public. La Réunion compte environ 100 000 ha de forêts publiques. Les forêts privées sous convention représentent 58 000 ha (bois et landes). La DIREN, s’assure du respect de la réglementation en milieu forestier, et délivre notamment les autorisations de prélèvement de sa ressource. Un projet visant à la création d’un Parc National et porté par la mission du Parc National des Hauts est en cours, et concerne près de 100 000 ha de l’île. 3. L’Université de la Réunion Le Laboratoire de Chimie des Substances Naturelles et des Sciences des Aliments (LCSNSA) travaille sur deux thèmes de recherche : la valorisation des ressources naturelles et les sciences des aliments, avec des applications qui ont trait à la pharmacologie, la cosmétologie, la parfumerie, la diététique et l’agroalimentaire. Le LCSNSA a notamment effectué des criblages photochimiques sur 300 plantes et des recherches d’activité biologique sur 75 plantes endémiques de la Réunion. Les techniques utilisées pour isoler les principes actifs sont : -

Extraction et fractionnement,

-

Criblage chimique et biologique,

-

Tests d’activités biologiques,

-

Études chimiques et structurales,

-

Détermination de l’activité pharmacologique, diététique, nutritionnelle, cosmétologique,

-

Vectorisation.

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Ce laboratoire possède à son actif un certain nombre de brevets, de thèses et des publications relatives aux Plantes Endémiques et Médicinales (PEM) de la Réunion listés dans le tableau suivant :

‹

Brevet sur un procédé d’extraction par chauffage micro-ondes, US Patent, 2004

‹

Brevet sur un procédé d’extraction par chauffage micro-ondes, European Patent, 2003

‹

Brevet international sur une huile de cucurbitacée tropicale, déposé par les Laboratoires Expanscience, 2002.

‹

Brevet sur une molécule anticancéreuse « la Tintamine » isolée d’une ascidie, déposé par l’Institut BIOMAR SA, 2000

Thèses relatives aux Plantes Endé miques des Mascareignes (PEM)

‹

Étude de plantes médicinales endémiques et indigènes de l’île de la Réunion – Recherche d’alcaloïdes. Emmanuelle Valenciennes, octobre 1997

‹

Contribution à l’étude des plantes endémiques et indigènes de la Réunion – Recherche d’activités biologiques et de principes actifs dans 75 plantes, Cyril Poullain, juin 2004

Article scientifique relatif aux PEM de la Réunion

‹

Plants from Réunion Island : Evaluation of their free radical scavenging and antioxidant activities, Journal of Ethnopharmacology, 2004, 95, 19-26

Brevets déposés par le LCSNSA

Depuis cinq ans, le LCSNSA a étendu ses collaborations de recherche, notamment avec l’Institut de Pharmacognosie et de Phytochimie de Lausanne, l’Institut Pasteur, ou encore l’Association pour la Recherche et la Valorisation Marine (ARVAM), à travers lesquels il améliore ses protocoles ou intervient comme prestataire de recherche. 4. La Chambre d’Agriculture La Chambre d’Agriculture est l’organe de représentation de la profession agricole, et a pour mission d’aider l’organisation et la structuration des filières agricoles. À travers notamment sa Cellule Export, elle appuie l’exportation de produits agricoles réunionnais destinés à des marchés de niche européens (Ananas victoria, letchi « label rouge »…). Parmi les études réalisées par les Services Techniques de la Chambre d’Agriculture, citons un travail fait en 1993 sur le potentiel de mise en œuvre de nouvelles filières agricoles basées sur les légumes de la tradition culinaire réunionnaise6. Elle met à disposition des agriculteurs des fiches techniques de production, et possède un outil de diffusion presse « Agri Mag ». 6

Les légumes oubliés de l’Ile de la Réunion, SUAD, Octobre 1993.

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5. L’ARMEFHLOR Créée en 1992, l’Association Réunionnaise de Modernisation de l’Économie Fruitière, Légumière et Horticole (ARMEFHLOR) a pour mission d’appuyer les agriculteurs en encadrant l’amélioration des itinéraires techniques de production. Cette amélioration inclut le respect de l’environnement. Elle cible ses programmes d’expérimentation sur quatre types de culture : cultures fruitières, légumes de plein champ, légumes sous abri, cultures florales. L’ARMEFLHOR dispose d’un centre d’expérimentation et réalise conjointement des essais chez ses agriculteurs adhérents. Elle regroupe actuellement 150 agriculteurs, et emploie 18 salariés. 6. Le Marché de Gros Le Marché de Gros, basé à Saint-Pierre, est le seul lieu de vente à la Réunion pour les agriculteurs. Cette vente se fait de manière individuelle. Des mercuriales hebdomadaires récapitulent les prix de ventes sans mention des volumes échangés. On estime que le Marché de Gros draine environ 30% de la production locale en fruits, légumes, et plantes aromatiques. 7. L’OCTROI Créé en 2003, l’Organisme Certificateur Tropique Réunion Océan Indien (OCTROI) est un organisme certificateur accrédité. Son mandat réside dans la délivrance des labels agricoles (label Rouge, label AB…) et la rédaction de cahiers des charges de production. Actuellement l’OCTROI collabore à la mise en place d’une enquête sur le marché locale de la tisanerie, et participe avec l’APLAMEDOM à des missions de valorisation des PAM financées par le CR. 8. L’APR Créée en 1979, l’Association pour la Promotion en Milieu Rural (APR) a en charge la mise en œuvre de la politique de développement et d’aménagement des Hauts, sous l’égide de la Région. Financée par la Région, l’État et l’Europe, elle travaille sur l’animation de ce développement, gère des opérations avec les agriculteurs, collabore avec les chambres consulaires, les Mairies et plus généralement tous les acteurs des Hauts.

D. LES PROBLÈMES SOULEVÉS PAR LES INTERVENANTS AUDITÉS Il se dégage, de l’ensemble des analyses portées par les personnes auditées, un certain nombre de points-clé récurrents, et qui sont diagnostiqués soit comme des obstacles, soit comme des contraintes à prendre en compte, pour la valorisation effective des PAM de la Réunion. Ces problèmes sont : ƒ

La nécessité de réaliser des études complémentaires sur les plantes endémiques médicinales (en vue de valider l’activité des plantes sélectionnées et de s’assurer de leur innocuité), et de les faire inscrire à la pharmacopée, de façon à pouvoir les valoriser économiquement. Cette inscription soulève conjointement le problème du statut des tisaneurs.

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ƒ

La mise en culture renvoie à deux types de questions. D’une part, le choix des plantes à domestiquer, dans un cadre d’expérimentation qui font déjà l’objet de plusieurs listes de propositions. D’autre part les débouchés, c’est-à-dire les surfaces à mettre en culture et le prix de la matière première dans un objectif de production.

ƒ

Un environnement concurrentiel pour la Réunion, avec la présence de Madagascar, de Maurice ou des Comores, où la main d’œuvre meilleur marché pourrait mettre à mal la pérennité des filières réunionnaises.

ƒ

L’absence d’industriels sur place, pour la réalisation de produits de phytothérapie ou de compléments alimentaires. Les efforts réalisés jusqu’alors pour approcher des industriels métropolitains, ou pour répondre à des demandes spécifiques faites par ces industriels (envois d’échantillon, accueil de mission) se sont traduits par un manque de retour ou par de vagues propositions commerciales qui n’ont pas abouti.

ƒ

L’absence d’un encadrement sylvicole, en termes de formation et d’encadrement technique. Près de 30% des espaces forestiers appartiennent à des propriétaires privés et ne sont pas exploités. La valorisation économique des arbres endémiques n’est donc pas possible aujourd’hui. Sur les espaces de forêts dégradés, il serait possible d’avoir une sylviculture raisonnée qui viserait à augmenter la biodiversité forestière. Cependant la logique de valorisation économique interroge, puisqu’elle pourrait aussi favoriser le développement d’essences exotiques à forte valeur ajoutée.

ƒ

Une clarification de projet de développement des PAM, afin d’asseoir des objectifs cohérents et raisonnables, d’intégrer l’ensemble des compétences locales et de positionner le rôle et l’intervention de chacun.

E. CONCLUSION SUR LA RÉALITÉ RÉUNIONNAISE DES PAM Les contraintes de valorisation des plantes aromatiques et médicinales sont le reflet d’une réalité complexe. Comme nous l’avons préalablement mis en évidence, cette complexité intègre trois notions centrales : 1. Un grand nombre de plantes réunionnaises qui peuvent revendiquer le droit d’appartenir à cette grande famille des « PAM » : des plantes endémiques médicinales non cultivées, les « PEM », des plantes non endémiques à usage thérapeutique et non cultivées, les « PNEUT », des plantes aromatiques cultivées mais dont la production n’est pas structurée et qui appartiennent à une autre grande famille, dite des « Plantes Pays », des plantes à parfum dont les filières de production sont en déclin…

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2. Un grand nombre de marchés : il y a d’une part tous les marchés potentiels (phytothérapie, cosmétologie, aromathérapie, alicamentaire…) et qui posent soit des contraintes temporelles (études complémentaires sur les plantes médicinales, inscription à la pharmacopée…), soit des contraintes de réalisation non maîtrisées (absence de sylviculture, absence d’industriels …). Il y a d’autre part un ensemble de marchés localement effectifs mais qui n’ont pas été caractérisés et qui ne sont pas quantifiés (les tisanes vendues sur les marchés forains, les extraits et les huiles essentielles fabriquées par des PME réunionnaises, les plantes aromatiques cultivées par les « Petits Planteurs » …). 3. Une pluralité d’acteurs institutionnels dont les problématiques de valorisation sont différentes : la valorisation d’un patrimoine naturel à laquelle est attachée une identité culturelle (ONF, DIREN, Association de promotion et de protection de la nature), la valorisation scientifique de la recherche (Université), la valorisation économique de ces PAM (CR, organismes d’encadrement des filières agricoles…), la valorisation des Hauts de la Réunion par la création de nouvelles filières agricoles (CR, APR…). Au vu de cette complexité, et compte tenu de l’enjeu agricole des PAM, nous abordons dans le chapitre qui suit la politique d’action mise en œuvre par le CR, initiateur de ce projet ambitieux, et les activités qu’il a financées dans le cadre de cette politique d’action.

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III. INITIATIVES FINANCÉES PAR LE CONSEIL RÉGIONAL EN VUE DE VALORISER LES PAM

¾ Politique d’action mise en œuvre par le Conseil Régional ¾ Activités financées

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A. POLITIQUE D’ACTION MISE EN ŒUVRE PAR LE CONSEIL RÉGIONAL En vue de valoriser les Plantes Aromatiques et Médicinales de la Réunion, et de créer grâce à elles des filières agricoles à haute valeur ajoutée qui contribuent au maintien à la terre des « Petits Planteurs » des Hauts, le CR consacre un certain nombre de moyens. Ce soutien se traduit par : •

Le financement d’activités locales, dont les élus attendent en retour des orientations, des propositions et des actions de développement qui soient fondées sur une approche objective, intégrative et pragmatique. Ce rôle d’interface locale est conduit en partie par l’Association pour les Plantes Aromatiques et Médicinales de la Réunion (APLAMEDOM) dont le CR subventionne le fonctionnement depuis 2003.

Le financement d’expertises extérieures, pour que les acteurs locaux disposent de recommandations, d’un rapprochement européen et d’un réseau de compétences international. C’est à cet effet que trois missions ont été prévues en 2005 : la mission ITEPMAÏ (juin 2005), la mission BIONOPSYS (sept. 2005) et la mission de la Société Française d’Ethnopharmacologie (nov. 2005).

Le financement d’une enquête, afin de disposer d’information de marché. C’est l’objet de l’enquête prévue avant la fin de l’année, pour quantifier et qualifier le marché informel de la tisanerie locale, et qui sera menée par l’Observatoire du Développement de la Réunion (ODR).

Dans le cadre de cette politique d’action, l’OCTROI joue un rôle important. Il apporte son appui technique au projet (cahier des charges des itinéraires techniques), aide au déroulement des missions d’expertise, et coordonne en amont l ‘ étude de marché sur les tisanes. Il a également comme mission de veiller à ce que l’activité de production agricole adossée au projet PAM soit économiquement viable (cahier des charges des itinéraires).

B. ACTIVITÉS FINANCÉES L’APLAMEDOM Créée en 2000, année où elle organisa sur l’île la « Première Rencontre Internationale sur les PAM des Régions d'Outre-mer », l’APLAMEDOM s’est positionnée auprès du CR comme promoteur de la valorisation des PAM et intégrateur des acteurs réunionnais. Si des missions ponctuelles ont été effectuées par l’association en 2000 et 2001, ses activités n’ont pu réellement démarrer qu’en 2004 grâce à l’attribution d’une subvention de fonctionnement par le CR. Cette subvention a permis le recrutement d’une chargée de mission en 2004, et donne depuis à l’association les moyens de mettre en œuvre sa politique.

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L’APLAMEDOM regroupe une quarantaine de membres, en majorité des pharmaciens. Les objectifs de valorisation fixés par l’APLAMEDOM sont : -

La validation scientifique d’une liste de PAM choisies selon un ensemble de critères (singularité de l’espèce, propriétés d’intérêt économique, organes actifs aériens pour une régénération rapide, croissance rapide, répartition sur l’île),

-

La promotion des PAM en termes de connaissance, de partage du savoir, et d’utilisation (actions locales de sensibilisation et d’information, participation à des conférences internationales, réalisation d’une base de données),

-

L’accompagnement de la création de la filière « plantes aromatiques et médicinales locales ».

Missions d’expertise Étude de l’Institut Technique Interprofessionnel des Plantes à Parfum, Médicinales et Aromatiques (ITEPMAI) La mission de l’ITEPMAI, réalisée en juin 2005 par le Directeur Technique de l’Institut et le Responsable de son laboratoire d’analyses, avait pour objectif d’apporter un avis sur la faisabilité de la mise en place d’une filière de production agricole de PAM à la Réunion et de proposer des orientations pour sa structuration Étude de la Société Française d’Ethnopharmacologie (SFE) La mission du Président de la SFE, prévue pour novembre 2005 et doit permettre d’apporter des réponses quant aux aspects réglementaires liées à l’utilisation traditionnelle des plantes médicinales. Enquête de marché L’enquête qui sera menée par l’ODR développée auprès de 1 000 ménages doit permettre de quantifier et de qualifier la consommation locale des tisanes. Le tableau ci-dessous récapitule le programme des subventions débloquées par le CR entre 2000 et 2005 et dont le montant global est de 232 584 €.

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RÉCAPITALTIF DES ACTIVITÉS FINANCÉES PAR LE CONSEIL RÉGIONAL EN VUE DE VALORISER LES PAM Maître d’ouvrage APLAMEDOM

OCTROI

Année

Objet

Montant alloué

2000

‰

Subvention pour la réalisation des premières rencontres internationales sur les PAM des Régions d'Outre-mer

7 622 €

2001

‰

Financement d'un voyage pour participer au deuxième colloque sur les PAM en Guadeloupe

7 317 €

2003

‰

Fonctionnement de l'Association (45 000 €)

‰

Investissement (15 000 € )

2005

‰

Fonctionnement de l'association, et mission de communication

62 760 €

2005

‰

Mission ITEPMAI

94 885 €

‰

Mission en métropole

‰

Mission de la SFE (prévue: nov 05)

‰

Etude du marché des tisanes réalisée par l’ODR (en cours de validation)

‰

Etude agronomique descriptive pour la domestication des plantes (prévue)

60 000 €

Nous posons, dans le chapitre suivant, le diagnostic des actions qui ont été menées, dans le cadre des activités financées par le CR et par rapport aux objectifs de valorisation des PAM.

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IV.

DIAGNOSTIC DES ACTIONS MENÉES ¾ Actions engagées et réalisées ¾ Évaluation des actions réalisées ¾ Évaluation des actions engagées ¾ Pertinence des activités financées ¾ Conclusions

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A. ACTIONS ENGAGÉES ET REALISÉES APLAMEDOM L’APLAMEDOM a sélectionné une liste d’une dizaine d’espèces végétales qu’elle estime susceptible de présenter un réel intérêt de valorisation, et pour lesquelles des études complémentaires doivent être menées. À ce jour, l’association a démarré des études pharmacologiques, toxicologiques et chimiques sur cinq plantes de cette liste : l’Ambaville, l’Ayapana, le Benjouin, le Faham et les Fleurs Jaunes. L’association a également constitué et transmis un dossier de demande d’inscription de l’une de ces plantes à la pharmacopée européenne : l’Ambaville. Toujours dans le cadre des actions en cours, elle travaille à la création d’une base de données consultable sur Internet, à destination des professionnels, et qui rassemble les connaissances les plus pertinentes sur les PAM de la Réunion. L’association participe à de nombreux échanges. En 2004, elle a effectué quatre missions à l’étranger7 et participe à des activités de vulgarisation dont la Fête de la Science (nov. 04), ou des activités d’information : « Hommage au Père Raimbault » (sept. 04). En termes d’action réalisée qui concerne directement la valorisation économique et agricole des PAM, et donc la problématique du CR, l’APLAMEDOM travaille à la promotion de l’arrow-root à destination du marché local de la pharmacie. Cette promotion se traduit par un message fort de l’association au travers d’un cahier des charges de production agricole par l’OCTROI, par une promotion de cette culture auprès d’un groupe d’agriculteurs, et par la mise en œuvre d’une information grand public. ITEPMAI La recommandation principale de la mission ITEPMAI est « d’évaluer l’avantage concurrentiel des PAM sur le marché réunionnais et international par un programme de mise en culture expérimental d’un nombre limité d’espèces à cycle court. » Le pilotage de ce programme d’essais en champ nécessiterait le financement d’un ingénieur agronome. L’ITEPMAI propose par ailleurs d’apporter son appui pour la maîtrise des itinéraires techniques de production. De plus, diverses analyses et études doivent être conjointement réalisées sur les plantes qui seront retenues, de façon à valider leur nontoxicité, et une démarche de qualité/traçabilité doit être adoptée8.

7 6ème Symposium International d’Aromathérapie de Grasse (Grasse, mars 04), Mission de cooperation régionale à Madagascar (juil. 04), 3ème Colloque International sur les PAM de l’Outre-mer français (Guyane, sept. 04), 8ème Carrefour Européen des Biotechnologies (Marseille, oct. 04) 8

Rapport de mission ITEPMAI, juillet 2005.

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B. ÉVALUATION DES ACTIONS RÉALISÉES En ce qui concerne la promotion de l’arrow-root, amylacée exotique cultivée par quelques planteurs réunionnais (dans les hauts de Sainte Rose et de Saint Joseph) à des fins alimentaires, et dont la fécule très digestible était autrefois vendue en pharmacie pour ses vertus anti-diarrhéiques, l’association n’a pas été en mesure de fournir d’information de marché qui fonde ce choix. D’autre part, il existe d’autres produits pharmaceutiques ayant les mêmes vertus thérapeutiques et bénéficiant d’un remboursement par la sécurité sociale. Le marché réunionnais de la fécule d’arrow-root en pharmacie, s’il existe encore, ne serait que de quelques kilos, et concernerait donc moins d’un are de culture. En l’occurrence, il n’existe aucun marché. Ce développement devrait être stoppé.

C. ÉVALUATION DES ACTIONS ENGAGÉES • L’enquête menée par l’ODR est nécessaire. Elle permettra de cerner le marché local de la tisanerie, mais ce marché n’est pas le seul à la Réunion qui génère déjà une activité économique en relation avec les PAM. Indépendamment de cette activité économique réunionnaise, les marchés mondiaux porteurs n’ont pas été cernés, et nécessiteraient d’être étudiés. • L’ensemble des listes proposées par les différentes associations et intervenants (liste APLAMEDOM, liste APN, liste ONF, liste M. LEDOYEN, liste OCTROI) et qui ont abouti à une liste de synthèse, ne répond pas au problème de valorisation économique des PAM. La démarche serait d’abord d’identifier une liste de marchés, au sein de chacun desquels s’intègre un groupe de PAM potentielles. • Les études pharmacologiques, toxicologiques et chimiques, démarrées par l’APLAMEDOM sur cinq plantes, devraient être réalisées conjointement à l’étude de leur(s) marché(s). À nouveau, c’est le marché qui justifie l’allocation de temps et des efforts qui sont consacrés. • A notre connaissance, la totalité des espèces endémiques de la Réunion ou des Mascareignes, qui ont été cernées en vue d’une domestication potentielle ne sont pas des végétaux à cycle court (inférieur à un an, selon la définition du cycle de production agricole) à l’exception du Faham. • La proposition, émise par certains audités, de développer des cultures susceptibles de fournir la demande des pharmacies locales en herbes médicinales qui soient déjà inscrites à la pharmacopée, est-elle porteuse ? Sauf erreur de notre part, la valeur de ce marché sur les six derniers mois pour le principal importateur grossiste de l’île, la SIPR, n’a représenté, toute plantes confondues, que 2 362 € (Cf. annexe 4). • La création d’une base de données Internet à usage professionnel est justifiée à condition que celle-ci comporte toutes les données concernant la réglementation des produits et qu’elle corresponde aux attentes des professionnels.

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D. PERTINENCE DES ACTIVITÉS FINANCÉES Les actions qui ont été engagées jusqu’à présent répondent-elles aux objectifs de valorisation des PAM ? Ces actions sont-elles inscrites dans un cadre qui soit le reflet d’une problématique partagée ? Sont-elles justifiées par rapport aux attentes des acteurs concernés ? Offrent-elles des réponses adéquates compte tenu des contraintes de réalisation ? En bref, ces actions répondent-elles à la demande du CR ? Nous soulignons tout d’abord une erreur stratégique : La validation scientifique d’une plante n’implique aucunement la création d’une filière agricole. La logique de mise en culture dépend par ordre d’importance : •

d’une réalité humaine, c’est-à-dire du contexte socio-économique et culturel du planteur,

de l’existence d’un marché,

de ses contraintes réglementaires,

enfin, des qualités d’adaptabilité de la plante.

Le développement d’une filière agricole dépend de la réalité de son encadrement (appui technique, amélioration de la qualité, organisation de la vente). Les exigences et les contraintes minimales de la mise en culture et du développement agricole ne sont donc pas prises en compte, ce qui rend caduque la justification de telle ou telle plante, aussi intéressantes soient ses propriétés intrinsèques, et nécessaire la validation de l’innocuité des-dites propriétés. Certaines actions actuelles, aussi faible soit leur écho, sont susceptibles, à terme de décrédibiliser la démarche du CR, compte tenu des objectifs et des enjeux qu’il a fixés. Le cas de l’arrow-root en est l’illustration. L’intégration des acteurs concernés est-elle adaptée ? L’APLAMEDOM se positionne en intégrateur des actions de valorisation. Elle est active, volontariste et fait preuve d’une motivation réelle. Cependant, nous posons la question de savoir si le rôle de coordination des acteurs économiques et institutionnels doit être assuré par une association, et en particulier par une association composée majoritairement de pharmaciens. Cette fonction d’intégration, incluant la coordination, devrait être le fait des acteurs institutionnels eux-mêmes, selon leur domaine d’intervention. D’autre part la logique d’intégration et la méthodologie mise en œuvre n’est pas adaptée aux objectifs de développement des « Plantes Pays » car ils ne n’ont pas été clairement définis. En conséquence, ce sont les intérêts locaux ou individuels qui pilotent l’intégration des actions. De fait l’APLAMEDOM ne répond pas du point de vue du développement général des PAM, à la mission qu’elle s’est elle-même fixée, à savoir l’intégration des acteurs et leur coordination.

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Quelle(s) valorisation(s) actuelle(s) des PAM ? L’axe de valorisation actuel et effectif des PAM est une valorisation de la connaissance, en termes de réalité scientifique, de partage des savoirs et de sensibilisation. Ce rôle, qui est dévolu à d’autres groupements professionnels à la Réunion, ne répond pas aux souhaits de valorisation exprimés par le CR. Ces souhaits mériteraient une meilleure définition, en termes d’objectifs de valorisation agricole, industrielle, économique…

E. CONCLUSIONS Du fait de l’ancrage agricole et médicinal des PAM à la Réunion, du caractère endémique d’un grand nombre d’entre elles, des activités de recherche universitaire qu’elles suscitent, ou de la forte vie associative qu’elles incitent, l’implication du CR pour la valorisation des Plantes Aromatiques et Médicinales est pertinente et la mise en œuvre de moyens financiers, techniques et humains est justifiée. Si la politique de valorisation des PAM s’inscrit dans une politique plus générale de diversification agricole, ses objectifs concrets et mesurables n’ont pas été définis clairement. Une fois établis, ces objectifs doivent être partagés et validés. La situation actuelle ne permet pas aux acteurs de positionner leurs actions de manière claire et compréhensible pour la communauté. Il en résulte une attente commune autour du terme « filière PAM », sans qu’aucune réalité de valorisation ne soit clairement signifiée, et qui ne permet donc pas aux acteurs concernés de s’investir de manière optimale. Ainsi, le déploiement actuel, par une association, d’une communication institutionnelle portant sur la mise en œuvre de cette valorisation, sur l’intégration et la coordination des acteurs et sur son rôle d’interface avec le CR, provoque de fait une situation confuse. Au vu de ce diagnostic, des recommandations peuvent déjà être formulées pour fournir au CR les éléments lui permettant de clarifier ses objectifs de valorisation. Des orientations stratégiques doivent être posées pour cadrer l’ensemble des politiques de valorisation. C’est l’objet des chapitres suivants.

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V.

PREMIÈRES RECOMMANDATIONS ¾ Création d’un colloque sur les « Enjeux des Plantes Pays » ¾ Un Comité Scientifique de validation ¾ Repositionnement du rôle de l’APLAMEDOM

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A. CRÉATION D’UN COLLOQUE SUR LES « ENJEUX DES PLANTES PAYS » Le terme de « Plantes Pays » nous semble mieux correspondre à la problématique du CR que celui de « PAM», compte tenu de l’importance des espèces endémiques, de la spécificité réunionnaise de ce terme et des notions associées au terroir et aux enjeux agricoles que cela sous-tend. L’animation de la politique « Plantes Pays » et l’intégration des actions doit être la responsabilité et le fait des acteurs institutionnels eux-mêmes, selon leur domaine d’intervention respectif et relativement aux axes de valorisation qui les concernent. La mise en place d’une coordination implique au préalable qu’un projet comportant des objectifs atteignables soit établi et partagé communément. Les enjeux et les cibles doivent être cernés, débattus, formalisés et validés. Dans cette optique, il serait souhaitable qu’un colloque sur les « Enjeux et objectifs de valorisation des Plantes Pays » soit organisé, pour donner au CR les éléments lui permettant de choisir, de valider et d’évaluer les objectifs de valorisation des « Plantes Pays ». Cette manifestation permettra d’asseoir la problématique agricole, de nourrir l’intérêt des acteurs institutionnels concernés, de croiser leur expertise, de débattre, de la nourrir grâce à la présence d’industriels étrangers, d’assurer une continuité territoriale en invitant des acteurs institutionnels de métropole et d’Europe. Un comité restreint serait constitué pour définir le contenu des conférences, inviter les intervenants, collecter les contributions, en faire la synthèse et l’adresser au CR. Le financement de l’événement pourrait être supporté la première année par les institutions publiques, avec l’objectif qu’il s’autofinance progressivement les années suivantes (100% : 1ère année, 50% : 2ième année, 25% : 3ième année).

B. UN COMITÉ SCIENTIFIQUE DE VALIDATION Pour ce qui est de la validation scientifique des plantes endémiques médicinales, ou leur inscription à la pharmacopée, nous pensons qu’elles devraient être prises en charge par un Comité Scientifique, restreint et pluridisciplinaire. Ce comité scientifique aurait pour fonction d’établir des objectifs de recherche fondamentale et appliquée, d’expertiser et de valider les plantes proposées par une, ou des associations, de mettre en œuvre les études complémentaires, d’en suivre le déroulement, de réaliser l’inscription à la pharmacopée. Sous la présidence d’un scientifique de renommée internationale dans le domaine des plantes médicinales et de la pharmacopée traditionnelle. Ce comité sera composé d’experts spécialisés dans les domaines de l’ethnobotanique, la chimie médicinale, la biologie, la biochimie, la pharmacie et la médecine. Ce comité travaillera en étroite collaboration avec le CR en l’informant des travaux en cours et de leurs avancées. Le financement ce comité scientifique reste à définir.

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C. REPOSITIONNEMENT DU RÔLE DE L’APLAMEDOM Les actions qui seront engagées par le CR, pour définir et structurer les objectifs de valorisation des « Plantes Pays », sont une opportunité pour les acteurs de la « filière PAM » pour repenser leur positionnement stratégique. C’est en particulier le cas de l’APLAMEDOM qui devrait réévaluer sa fonction de communication institutionnelle (site Internet, présentation publique…) et ses activités de coordination. L’association pourrait poursuivre certaines de ses activités sur les plantes endémiques à usage thérapeutique, selon des objectifs qui nécessitent d’être repensés, et qui justifient un financement du CR par rapport au projet de valorisation qu’il désire mettre en œuvre.

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VI.

ORIENTATIONS STRATÉGIQUES

La valorisation des « Plantes Pays » est cause d’un enthousiasme réel à la Réunion (Associations, agriculteurs, techniciens agricoles, chercheurs…). Les acteurs sont prêts à s’investir dans un projet cohérent. Cette cohérence implique que la complexité inhérente aux PAM soit prise en compte, de même que le contexte réunionnais. Cette complexité de projet s’organise autour : •

Du contexte socio-économique des « Petits Planteurs » des Hauts, dont l’appréhension et la prise en compte est l’un des préalables au succès de la mise en œuvre de nouvelles filières agricoles.

De notions clés fondamentales : raisonner en termes de marchés, de filières agricoles, et d’axes de valorisation distincts.

D’acteurs institutionnels concernés à impliquer et à mobiliser.

De la variable temps, qui n’est pas le même selon les marchés envisagés (ex : phytothérapie et cosmétique), selon les acteurs concernés (ex : chercheurs et agriculteurs), selon les plantes valorisables (ex : Benjouin et Fleurs jaunes).

De la caractérisation de la dynamique économique actuelle, générée par l’ensemble des acteurs économiques réunionnais qui utilisent ces « Plantes Pays » (tisaneurs, agriculteurs, coopératives, PME artisanales…).

De plantes, dont l’endémisme ou les propriétés thérapeutiques ne doivent pas être les seules bornes de définition pour la valorisation des plantes aromatiques et médicinales.

Et aussi d’une politique de gestion durable de la ressource forestière, entre les propriétaires forestiers et les institutions publiques de protection et d’aménagement.

Nous établissons dans les sous-chapitres suivants des orientations stratégiques, s’appuyant sur des axes distincts de la valorisation, et tentant d’y répondre avec les critères ci-dessus posés. Ces axes sont : ¾ Recherche et valorisation scientifique ¾ Domestication et valorisation économique ¾ « Petits Planteurs » et (re)valorisation des Hauts

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A. RECHERCHE ET VALORISATION SCIENTIFIQUE La valorisation scientifique des Plantes Endémiques à usage thérapeutique dépasse le strict cadre de la validation scientifique de leurs propriétés et de leur innocuité, et repose sur trois facteurs : la découverte de principes actifs, la protection de ces découvertes, leur valorisation industrielle. Aussi chacune de ces réalités induit des politiques spécifiques : une politique de recherche, une politique de gestion de la propriété intellectuelle, une politique de commercialisation de cette propriété intellectuelle. La Réunion possède beaucoup d’atouts pour mettre en œuvre cette valorisation scientifique. Elle est confrontée à des problèmes de santé publique (diabète, obésité…), elle dispose de l’expertise scientifique qui s’y réfère (médecins, chercheurs), d’une expertise empirique (tisaneurs, ethnobotaniste), de leviers financiers conséquents (fond FEDER, pôle de compétitivités « Agro-nutrition en milieu tropical »), de moyens matériels (laboratoires, projet du cyclotron), enfin d’outils d’aides à la création d’entreprises (technopole, incubateur d’entreprises, soutiens financiers). Si la Réunion possède donc dans un environnement privilégié susceptible d’en faire un Pôle d’Excellence Mondial sur des thèmes de Santé-Recherche, elle accuse un réel retard dans le domaine de la valorisation scientifique de sa recherche, en termes de protection intellectuelle, et de transfert des technologies. Or l’enjeu réside aussi bien dans la valorisation scientifique de cette recherche, que dans le fait de s’assurer du leadership des ressources endémiques ; cela, par rapport à une mainmise potentielle d’industriels ou de laboratoires étrangers concurrents disposant déjà de stratégies de valorisation. La valorisation scientifique doit s’articuler autour d’un programme de recherche « Découverte de principes actifs d’intérêt thérapeutique» et autour d’une politique de propriété industrielle, bâtis tous deux sur le long terme afin, d’activer les moyens financiers nécessaires à leur autonomie, d’accroître l’efficacité des recherches et de disposer d’une visibilité permettant aux partenaires (CNRS, INRA, industriels…) de se positionner. 1) Programme Cadre de Recherche : « Découverte de principes actifs d’intérêt thérapeutique» L’exigence est de cibler des domaines thérapeutiques à fort potentiel, en phase avec les problématiques locales de santé. L’objectif serait d’établir un programme décennal de recherche fondamentale et appliquée qui inclut l’ensemble des plantes endémiques et médicinales des Mascareignes, de l’Océan Indien, et les biomolécules marines d’intérêt thérapeutique de la zone. L’élaboration de ce programme-cadre devrait être pensé avec l’intégration de l’ensemble des moyens existants (LCSNSA, laboratoire de Biochimie, centre hospitalier, pôle « 3P »), en cours de réalisation (cyclotron, pôle de compétitivités), et en identifiant les outils, les méthodes et les compétences qui manqueraient pour la réalisation de ce programme (techniciens de laboratoire, service de pharmacologie, de toxicologie…).

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Il serait par ailleurs judicieux que l’élaboration de cette politique de recherche mette à contribution des étudiants des laboratoires concernés (licence, maîtrise, DEA, thèse), en vue de solliciter leur créativité, de les initier au contexte stratégique de la recherche, et de provoquer l’appropriation de ce projet par ceux qui feront la recherche réunionnaise de demain. 2) Politique de propriété intellectuelle Ce politique se décline selon deux axes : une politique de gestion de la propriété intellectuelle et une politique de commercialisation de la propriété intellectuelle : a) La politique de gestion de la propriété intellectuelle concerne les procédures qui précèdent et suivent le dépôt de brevets et la protection des découvertes. Elle implique une politique de : •

Confidentialité (comment maintenir l’information confidentielle?)

Divulgation (comment et quand communiquer l’information?)

Gestion de l’information (comment gérer l’information?)

b) La politique de commercialisation de la propriété intellectuelle concerne le transfert de technologies, l’accord de licence et la cession de droits commerciaux : •

Politique contractuelle (contrat pour la création de « start up » issues des résultats de la recherche, contrat pour la gestion des relations avec les industriels en vue de financer le développement de technologies)

Politique de gestion des droits de commercialisation (contrat de transfert de technologies, licence d’exploitation)

Pour promouvoir et disposer de cette politique de valorisation scientifique, le moyen serait de mandater une firme européenne, ou nord-américaine, spécialisée sur le sujet. Celleci étudierait les politiques de valorisation scientifique de plusieurs universités, reconnues pour être les plus performantes dans ce domaine, les comparerait puis établirait une proposition à destination de l’université de la Réunion. Cette proposition serait alors testée auprès des professeurs et des étudiants d’un petit nombre de laboratoires (le LCSNSA, et le laboratoire de biochimie moléculaire par exemple).

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ORIENTATION STRATÉGIQUE : “RECHERCHE ET VALORISATION SCIENTIFIQUE” Atouts

¾ ¾ ¾

¾

Faiblesses

¾ ¾ ¾

Enjeux

¾ ¾ ¾ ¾ ¾ ¾

Objectifs

¾

¾ ¾

Gamme d’Actions

¾

Exigences

¾

Porteur de projet proposé

¾

Plantes endémiques à usage thérapeutique Expertise scientifique, expertise empirique Moyens financiers (Fond FEDER , autres aides complémentaires, pôle de compétitivités, aides à la création d’entreprises …) Moyens matériels (Université, projet du CYROI…) Pas de politique de protection intellectuelle Pas de politique de transfert de technologie Moyens matériels et compétences manquants (techniciens de laboratoires, laboratoire de pharmacotoxicologie…) Problématiques de santé publique (diabète, obésité…) Autonomie de recherch e et attractivité S’adosser aux réseaux d’excellence de niveau mondial S’assurer le leadership des ressources endémiques Valorisation scientifique et création de start-up réunionnais Positionnemen t géopolitique de l’État Français Établir un progra mme de recherche long terme « Découverte de Principes Actifs à Usage Thérapeutique » Mettre en œuvre les moyens financiers adéquats pour son autonomie Établir une politique de propriété intellectuelle Établir une politique de transfert de technologie Élaboration d’une politique de recherche incluant les Plantes Endémiques des Mascareignes de l’Océan Indien, et les biomolécules marines Mandater une firme spécialisée pour la mise en œuvre d’une politique de valorisation scientifique

¾

Progra mme cadre de recherche « Découverte de Principes Actifs à Usage Thérapeutique »: Cibler les problématiques locales de santé Intégrer les compétences, outils existants et en cours de réalisation Identifier les moyens manquants Politique de valorisation scientifique

¾

Université/ Conseil Régional

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B. DOMESTICATION ET VALORISATION ÉCONOMIQUE La mise en place de parcelles d’expérimentation chez l’agriculteur, en vue de domestiquer une espèce végétale et d’établir un itinéraire technique optimal, n’est en premier lieu justifiée que si cette plante est identifiée à un marché, et qu’elle répond à une demande de ce marché. Au préalable, cette demande de marché doit être quantifiée, les contraintes de transformation si elles existent anticipées et intégrées, et la rentabilité et la viabilité économique d’une possible production agricole validées. Parmi l’ensemble des plantes qui sont susceptibles alors d’être retenues, le choix d’expérimentation exclura celles qui ont un moindre intérêt. Ces critères de moindre intérêt peuvent être, par exemple, la non maîtrise de l’ensemble du processus de la mise sur le marché, si la plante est intégrée à un produit fini, ou des potentialités de développement à l’export relativement limitées. Enfin, l’optimisation de projet résiderait dans la mise en culture de plantes à cycle de production agricole court (entre 3 et 8 mois) voire moyen (jusqu’à 2 ans), et dont la filière économique impliquerait des intermédiaires locaux de transformation, de façon à maximiser le chiffre d’affaires de la filière économique réunionnaise créée. Compte tenu de ces contraintes et de la réalité réunionnaise telle que nous l’avons appréhendée, relativement aux plantes proposées, BIONOPSYS propose quelques orientations possibles de marché, qui justifieraient des essais agricoles. Cependant, la réalité de ces marchés reste à vérifier, leur demande doit être quantifiée, et ces orientations doivent être discutées, complétées et validées (ou invalidées) par les acteurs compétents du développement réunionnais. 1) Réalité économique locale justifiant d’un marché potentiel •

Le marché alimentaire des « Tisanes Pays » (sur les plantes libérées du monopole pharmaceutique) : ancrées dans la tradition réunionnaise, ces plantes employées pour la préparation des tisanes sont vendues sur les marchés forains en l’état frais, et sont dites présentes dans les jardins créoles réunionnais, sans être cultivées. Si la demande de marché le justifie, il serait possible de mettre en place une filière économique, incluant une production agricole des dites plantes et une unité d’ensachage. Vendues localement en Grande et Moyenne Surface (GMS) et dans l’Hôtellerie Restauration (CHR), sur un positionnement marketing « Tisane Pays », en mélange ou non, elles pourraient possiblement disposer de marchés de niche à l’export dont les circuits de distribution sont à définir (boutiques diététiques, boutiques spécialisées…). L’ensemble de ces « Plantes Pays » libérées du monopole pharmaceutique, sont des plantes exotiques et à cycle court. Parmi celles-ci, on trouve le romarin, la verveine odorante, la sensitive, la marjolaine, la menthe poivrée, la citronnelle indienne, l’anis créole. Cette unité de transformation pourrait ultérieurement intégrer les plantes

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endémiques, si leur inscription à la pharmacopée est effective, et si le marché de la pharmacie le justifie (tisanes d’amincissement, tisanes contre l’hypertension…). Les résultats de l’étude de marché actuellement menée par l’ODR devraient nous permettre de disposer d’un certain nombre d’éléments décisionnels. •

Le marché des huiles essentielles et des extraits à base de « Plantes Pays » : actuellement, des plantes endémiques cueillies en forêt, des plantes aromatiques cultivées, et de la matière végétale importée, sont utilisées par des petites entreprises locales pour la fabrication d’extraits et d’huiles essentielles. Combien sont-elles ? Si la demande de ces entreprises le justifie, qu’un prix agricole juste puisse être établi, que la plante possède une qualité-terroir, non sujette à une concurrence limitrophe (ex : développement ultérieur d’une production à Maurice), ces plantes pourraient faire l’objet de filières agricoles. Nous pensons par ailleurs que ces petites entreprises ont de réelles potentialités de croissance à l’export (sur les marchés nord-américain, européens et japonais), mais qu’elles doivent être conjointement soutenues et appuyés en termes de structuration et de développement-produits (réalisation de tests d’innocuité, positionnement de gammes). Cela veut aussi dire que l’existence d’un débouché pour une hypothétique production agricole serait fonction de leur croissance. La mise en place des parcelles d’expérimentation pourrait être réalisée avec les « Petits Planteurs » qui fournissent déjà des plantes à parfum pour ces entreprises, et avec lesquels une démarche qualité est déjà en œuvre (« Petits Planteurs » de géranium). Parmi les plantes endémiques à cycle moyen citons : l’Ambaville ou les Fleurs jaunes des Hauts. 2) Marché internationaux porteurs

Concernant les marchés internationaux sur lesquels la Réunion pourrait se positionner, un certain nombre de questions n’ont pas été posées par les acteurs. Quels sont-ils ? Quelle valeur, et quelle hiérarchisation de la demande internationale sur les tisanes en phytothérapie (Amincissement ? hypertension ?…). Où se situent les marchés les plus porteurs (Europe ? Japon ? Amérique ?). Quels sont les marchés à l’export actuellement pénétrés par les produits cosmétiques réunionnais à base de plantes ? Pour quelles raisons pénètrent-ils ? Quelle peut être l’évolution de cette pénétration ? Quelles sont les causes du déclin de la production d’huiles essentielles à la Réunion? Sont-elles liées à la production réunionnaise elle-même? Où dépendent-elles d’une conjoncture internationale? Les clients de la CAHEB (Parfumerie de Grasse…) seraient-ils intéressés par de nouvelles huiles essentielles (Fleurs jaunes? Ambaville?) A quel prix ? La mise en place d’essais agricoles pourrait être prise en charge par l’ARMEFHLOR, et soutenue par les recommandations techniques d’autres professionnels (ITEPMAI, CIRAD…). Des associations telles que l’APN seraient en mesure d’aider le projet en fournissant le matériel végétal.

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Parmi la liste des plantes citées, notons qu’il y a de nombreux arbres dont certains sont des espèces protégées, dont d’autres appartiennent à la forêt primaire, d’autres enfin dont la domestication n’a jamais pu être maîtrisée. Si dans un avenir proche, ces végétaux disposaient de propriétés intéressantes pour le marché (pharmacopée, huiles essentielles…), ils ne pourraient nullement faire l’objet d’une exploitation agricole, mais de cueillettes. Par ailleurs, il serait judicieux de réfléchir sur une gestion durable de cette ressource forestière, matérialisée à travers une charte (Charte Forestière du Territoire par exemple), entre l’ONF, les propriétaires forestiers et ceux qui exploitent ponctuellement cette ressource.

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ORIENTATION STRATÉGIQUE : “DOMESTICATION ET VALORISATION ÉCONOMIQUE”

¾

Des agriculteurs motivés Un dispositif opérationnel d’encadrement technique Des banques de graines constituées par les Associations

Faiblesses

¾

Pas d’approche pragmatique de marché

Enjeux

¾

¾

Problématiques de santé publique (diabète, obésité…) Création de filières agricoles à haute valeur ajoutée Création de filières économiques à haute valeur ajoutée

¾

Domestication

¾

Caractériser l’ensemble des réalités économiques locales justifiant un marché potentiel Commander des études de march é à l’international

Atouts

¾ ¾

¾

Objectifs

Gamme d’Actions

¾

¾

Réaliser des études de march é établissant des corrélations entre les propriétés scientifiques déjà publiées de certaines plantes et la demande de marchés porteurs (Amérique du Nord, Europe) Sélectionner des plantes à domestiquer

¾

Ne pas penser en liste de plantes mais en terme de marché

¾

Raisonner en terme de filière économique Ne pas restreindre les PAM aux plantes endémiques à usage médicinal Cibler les plantes à cycle court et moyen Intégrer la dynamique économique locale et l’aider à se structurer

¾

Exigences

¾ ¾ ¾

Porteur de projet proposé

¾ ¾

Études de marché : Conseil Régional Domestication : Trouver le groupe de professionnels le mieux approprié

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C. PETITS PLANTEURS ET VALORISATION DES HAUTS La volonté de créer de nouvelles filières agricoles à haute valeur ajoutée est le tenant d’une politique de développement agricole qui cible le maintien à la terre des « Petits Planteurs » des Hauts de la Réunion. Les « Petits Planteurs » des Hauts représentent une population homogène d’agriculteurs. Ils ont en commun de cultiver des petites surfaces, comprises entre 1 à 5 ha, et selon des itinéraires techniques qui ne sont pas nécessairement mécanisés. Ils représentent 5 000 à 8 000 producteurs (1/3 de la population agricole), répartis sur l’ensemble des Hauts habités, et sont l’une des composantes majeures qui fonde et renouvelle l’espace culturel réunionnais. Cette volonté s’inscrit cependant dans un cadre plus large, parmi d’autres outils, visant au développement rural des Hauts de la Réunion, et au développement harmonieux et équitable de l’île dans son ensemble relativement au Bas. Il découle de ces enjeux, et selon la problématique qui cadre l’intervention de la mission BIONOPSYS, deux champs distincts de questionnements : l’un est d’ordre économique, l’autre est stratégique. •

Existe-t-il des leviers de développement économique susceptibles de pérenniser et d’accroître le revenu agricole de ces « Petits Planteurs »? Quels sont ces leviers? Quel est leur ordre de priorité? Parmi ces leviers, la création de filières nouvelles est-il celui le plus efficient?

Peut-on faire en sorte que l’identité « Petit Planteur », légitimée par l’ensemble des réunionnais, ait aussi sa place réelle dans le marché, en vue de maintenir cette identité, et de permettre sa reconnaissance par le jeu même de l’économie?

Au vu de ces deux champs de réflexion, un certain nombre de propositions peuvent déjà être formulées. 1) Une action prioritaire à tout autre : structurer l’organisation de la vente Force est de constater qu’en raison notamment d’une insuffisance de structuration des « Petits Planteurs » pour la vente de leur production, le prix d’achat n’est aucunement fonction du jeu réel de l’offre et de la demande du marché réunionnais, mais fixé par le principe de concurrence des producteurs entre eux, et qu’entretient le comportement des intermédiaires (grossistes, bazardiers,…). De cette insuffisance d’organisation, il résulte que : •

Le prix d’achat au producteur est inférieur à celui d’une réalité de marché,

Pour une qualité donnée de produit (variété, ou grades qualitatifs), la fixation d’un prix de vente différencié est malaisée,

Pour la demande d’une qualité, la production ne peut pas être fournie.

Cette désorganisation fragilise d’autant plus la production agricole locale et précarise la situation des « Petits Planteurs » que le marché alimentaire de la Réunion est

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ouvert aux importations. C’est donc perdre progressivement des parts de marché, sans qu’aucune politique d’exportation ne puisse toutefois être envisagée, puisque l’exportation nécessite au préalable qu’une organisation soit mise en place. Un pas doit donc être franchi par les acteurs du développement dans le sens où la structuration des « Petits Planteurs » est légitime, nécessaire, possible. Cette structuration nous semble prioritaire par rapport à la création de filières agricoles nouvelles, et représente le premier levier de développement économique des « Petits Planteurs ». 2) Fédérer les « Petits Planteurs » autour d’une philosophie commune d’action S’il existe une population homogène de « Petits Planteurs », sa réalité culturelle et sa réalité socio-économique restent en revanche à matérialiser. Cette matérialisation doit permettre d’une part d’identifier leurs problèmes pour proposer des solutions adéquates. D’autre part, elle doit dégager un ensemble de dénominateurs communs représentatifs de ces « Petits Planteurs », afin de les fédérer autour de ces solutions. Il serait judicieux que cette démarche soit intégrée au Plan de Développement des Hauts, qu’elle mette à contribution l’expertise de l’ensemble des acteurs-clé qui encadrent les filières agricoles. L’élaboration de cette philosophie commune d’action impliquerait : •

la matérialisation de l’identité « Petit Planteur » et la caractérisation de leur environnement de production (itinéraires techniques, types de cultures…),

la proposition d’un programme d’action (choix de cultures, mode d’organisation de la vente, critère de qualité de production, différentiel de prix par rapport à la qualité, appui technique, formation…) et l’établissement d’une charte d’adhésion,

la nature juridique de la structure fédératrice (association, coopérative…), son fonctionnement, son rôle, ses outils (chambre froide, calibreuse…). 3) Etablir un positionnement marketing et une stratégie de communication à destination du consommateur réunionnais

L’existence d’une population homogène de « Petits Planteurs » est un atout car elle autorise et facilite un positionnement marketing de leur production sur le marché local. Le produit agricole pourrait ainsi être différencié des importations, et bénéficier d’une image de qualité au regard du consommateur. Ce positionnement marketing nécessite au préalable que les « Petits Planteurs » soient organisés, afin de fournir des produits à quantité et qualité constantes. L’effort devrait être ciblé sur les productions agricoles les mieux représentatives de la tradition culinaire réunionnaise (curcuma, gingembre….) : le consommateur est en effet susceptible d’exiger un produit de qualité, ces productions sont maîtrisées par de nombreux « Petits Planteurs », enfin tradition culinaire et terroir agricole sont les tenants d’une même stratégie de marché.

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Le choix des productions agricoles pourrait aussi intégrer la création de nouvelles filières économiques, comme par exemple les « Tisanes Pays ». Ce positionnement marketing nécessite conjointement la mise en œuvre d’une politique de communication auprès du consommateur. Le produit « Petits Planteurs » et sa philosophie doivent en effet être portés à la connaissance du grand public, et un signequalité (logo, label…) est impératif afin que le consommateur puisse reconnaître le produit. Il serait judicieux que cette stratégie soit élaborée avec les centrales d’achats des grandes surfaces, et elle pourrait faire ponctuellement l’objet d’une journée grand public au Marché de Gros (une journée de demi-gros hebdomadaire). En conclusion, cette démarche permettrait la création de produits agricoles « à haute reconnaissance ajoutée » pour les « Petits Planteurs », les inséreraient dans une réelle logique de marché, serait l’un des outils de reconquête du marché local, et rendrait possible dans un second temps l’exportation de ces « Plantes Pays » alimentaires sur des marchés de niche.

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ORIENTATION STRATÉGIQUE : “PETITS PLANTEURS ET VALORISATION DES HAUTS ” Atouts

¾ ¾

¾

Faiblesses

¾

Faible organisation de la ven te Peu d’indicateurs écon omiques Importations non régulées

¾

Problèmes de production

¾

Maintien à la terre des petits planteurs Valoriser l’identité « Petit Planteur des Hauts »

¾ ¾

Enjeux

¾

¾

Reconquérir le marché local Possibilité d’exporter par la suite

¾

Structurer la vente et organiser les petits planteurs

¾

Prix agricole conforme à une réalité de marché Fournir un volume constant et des qualités différenciées

¾

Objectifs

¾

Gamme d’Actions

Exigences

¾

Matérialiser l’identité « Petits Planteurs » en vue d’un progra mme commun d’action, d’un positionnement marketing, et d’une communication auprès du consommateur

¾

Structurer dé jà l’existant ! Intégrer l’initiative « Petits Planteurs des Hauts » dans le Plan de Développement des Haut Penser la réalisation en termes d’agriculture intégrée et raisonnée et non pas d’agriculture biologique

¾

¾

Porteur de projet proposé

Une population unitaire de « Petit Planteurs des Hauts » Symbolique porteuse, pouvant être un signe de qualité, et de différenciation sur le marché local Une démarche qualité déjà en œuvre à la Réunion (letchi label rouge, ananas victoria)

¾

APR/ Chambre d’Agriculture

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VII. RÉCAPITULATIF DES ACTIONS 2006 ¾ Tableau synoptique des actions 2006 ¾ Accompagnement du cabinet BIONOPSYS

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A. TABLEAU SYNOPTIQUE DES ACTIONS 2006 L’ensemble des recommandations de valorisation décrites précédemment sont résumées dans le tableau suivant. Chacune de ces actions proposées est identifiée en fonction d’une famille de plantes.

ACTIONS

Axes préconisés

Petits Planteurs et valorisation des Hauts

Intégration des compétences locales

Plantes concernées

‹

Matérialiser l’identité « Petits Planteurs » en vue d’un progra mme commun d’actions, d’un positionnement marketing, et d’une communication auprès du consommateur

Plantes Aromatiques déjà cultivées mais sans structuration de filière

‹

Colloque sur les « Enjeux des Plantes Pays »

Plantes Pays

Création de nouvelles filières

‹ Caractériser l’ensemble des réalités

Parcelles expérimentales

‹ Choix d’un nombre limité d’espèces en

Validation scientifique

‹ Création d’un Comité Scientifique

Recherche et valorisation scientifique

‹ Mise en œuvre d’une politique de

valorisation scientifique ‹ Élaboration d’un progra mme à lon g terme « Découverte de Principes Ac tifs à Usage Thérapeutique »

Plantes Endémiques des Mascareignes, de l’Océan Indien, et biomolécules marines d’intérêt thérapeutique

Gestion durable de la ressource forestière

‹ Chartre Forestière de Territoire entre

Milieu forestier

Planification long terme

‹ Plan pluriannuel d’intervention portant

Selon les marchés

économiques locales justifiant d’un marché potentiel ‹ Études de marché à l’international

fonction du marché

restreint et pluridisciplinaire

Plantes endémiques ou non, à cycle court ou moyen Plantes endémiques et médicinales

l’ONF et les propriétaires forestiers

sur l’ensemble de ces actions

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B. ACCOMPAGNEMENT Le Cabinet BIONOPSYS propose de soutenir et d’accompagner les acteurs du programme d’intervention en apportant ses compétences, son expérience, et son réseau de niveau international par le biais d’une convention pluriannuelle.

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VIII. LISTE DES ANNEXES Annexe 1 : Groupes thématiques Annexe 2 : Marchés français des plantes aromatiques et médicinales Annexe 3 : Plantes libérées du monopole pharmaceutique Annexe 4 : Plantes médicinales vendues par la S.I.P.R. sur les 6 derniers mois Annexe 5 : Liste des ouvrages cités

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ANNEXE 1 : GROUPES THÉMATIQUES GROUPE « AGRICULTEURS & TRANSFORMATEURS » 26 SEPT. 2005 M.

AUGAIS Bernard

Centre de Production et d’expérimentation agricole

M.

BEGUE William

Agriculteur

Mme DUGAIN Martine

Association Bois de Couleur

Mme FELICITE Francine

Conseil Régional / DAA

M.

APR

HEBERT Alain

Mme HOARAU Arlette

Transformatrice Saveurs Métisses

M.

JASMIN Pierre

APLAMEDOM

M.

JATOB André

Conseil Régional / DAA

M.

LEDOYEN Frantz

Tisaneur

M.

LUCAS Raymond

APN

M.

MAILLOT Charles

AAPMARE

Mlle MONG MANE Vanessa

OCTROI

M.

PIERIBATTESTI

APLAMEDOM

M.

RIVIERE Marc

APN

M.

SAMANTHO Basile

AAPPMARE

Mme VITRY Chantal

Producteur / Transformateur

M.

Association les 3 Salazes

WINKLESS Ian

GROUPE « RECHERCHE & FORÊT » 27 SEPT. 2005 Mlle BRILLANT Stéphanie

APLAMEDOM

Mme CESARI Maya

Élue du Conseil Régional

M.

Institut de Recherche et de Développement (IRD)

DANIEL Jean-François

Mme DUGAIN Martine

Syndicat Forestier

Mme FELICITE Francine

Conseil Régional / DAA

M.

LAVERGNE Roger

APLAMEDOM

M.

MARODON Jean-Claude

APLAMEDOM

M.

MERLIN Jacques

Mission Parc National

Mlle MONG MANE Vanessa

OCTROI

M.

SAMANTHO Basile

AAPPMARE

M.

SHUM CHEONG SING Alain

Laboratoire de Chimie des Substances Naturelles

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GROUPE « ENCADREMENT DU DÉVELOPPEMENT » 27 SEPT. 2005 M.

AUGAIS Bernard

Centre de Production et d’Expérimentation Agricole

Mme BIEDINGER Caroline

ODR

Mlle BRILLANT Stéphanie

APLAMEDOM

M.

GIRAUD Jean-Louis

Chambre d’Agriculture

M.

MAILLOT Charles

AAPPMARE

Mlle MONG MANE Vanessa

OCTROI

M.

AAPPMARE

SAMANTHO Basile

GROUPE « INDUSTRIELS & PHARMACIENS » 28 SEPT. 2005 M.

BERGONZOU Jean Louis

Pharmacien

Mlle BRILLANT Stéphanie

APLAMEDOM

M.

HAMITOUCHE Christophe

SIPR

M.

MARODON Claude

APLAMEDOM

M.

MERIAU Christian

Pôle Santé Conseil Régional

M.

RIVIERE Marc

APN

M.

VIDAL Bernard

IUP Agroalimentaire

Mme VITRY Chantal

Producteur Transformateur

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RENCONTRES DE TERRAIN L’Entre-Deux

M. LEDOYEN, Tisaneur

St Denis

M. JASMIN, M. MARODON, M. PIERRIBATESTI, Mme BRILLANT, APLAMEDOM M. TARDI, Directeur de la Chambre d’Agriculture M. TECHER, Chambre d’Agriculture

St Gilles les Hauts

Mme VITRY, transformatrice de PAM M. VITRY, agriculteur

St Pierre

M. FABREGUES, Directeur, ARMEFHLOR M. SABINE, Directeur, Président de FARRE M. Mémé RIVIERE

Université de la Réunion

Mme SMADJA, Directrice du LCSNSA Mme VALENCIENNES, Maître de conférences Mme CHEMAT, Maître de conférences Mme GAUVIN, Maître de conférences Mme GRONDIN, Maître de conférences M. SHUM CHEONG SING, Maître de conférences Mme CESARI, Laboratoire de Biochimie

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ANNEXE 2 : MARCHÉS FRANÇAIS DES PLANTES AROMATIQUES ET MÉDICINALES

MARCHÉ

Alimentaire État frais, séché, ou transformé

Condimentaire Plantes en l’état ou extraits Compléments Alimentaires Extraits, aqueux ou de titre alcoolique faible

Cosmétique Huiles essentielles, extrait divers

DÉFINITION RÉGLEMENTAIRE

Code de la Consommation

EXIGENCES RÉGLEMENTAIRES DE FABRICATION / DE DISTRIBUTION Bonnes pratiques agricoles /Respect du Code de la Consommation

R-112-1 (1°et 2°)

Bonnes pratiques agricoles /

Code de la Consommation

Respect du Code de la Consommation et obligation de respecter des teneurs limites de certains constituants (Arrêté du 11.07.91)

Directive Européenne CE 2002/46

Code de la Santé Publique L-5131-1

Bonne pratiques agricoles / Respect du Code de la Consommation

Règlement cosmétique (L-5131-1 et suivants) Liste des substances interdites ou limitées (Arrêtés des 6 février 2001, 22 janvier 2003, 3 mars 2003) / Aucune contrainte de distribution

Phytothérapie Plantes en l’état ou extraits

Code de la Santé Publique L.5111-11

Conformité aux monographies de la Pharmacopée si elles existent, Bonnes Pratiques de Fabrication / Officines pharmaceutiques uniquement Sources : Rapport ITEPMAI, juillet 2005

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ANNEXE 3 : PLANTES LIBÉRÉES DU MONOPOLE PHARMACEUTIQUE

Décret n°7948 du 15 janvier 1979

-

Bardane Bouillon blanc Bourgeons de Pin Bourrache Bruyère Chiendent Cynorrhodon ou Églantier Eucalyptus Frêne Gentiane Guimauve Hibiscus ou Karkade Houblon Lavande Lierre terrestre Matricaire Mauve Mélisse Menthe Ményanthe ou Trèfle d’eau Olivier Oranger Ortie blanche Pariétaire Pensée sauvage Pétales de Rose Queues de Cerise Reine des près ou Ulmaire Ronce (feuilles) Sureau Tilleul Verveine Violette

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ANNEXE 4 : PLANTES MÉDICINALES VENDUES PAR LA SIPR PÉRIODE MAI-OCT. 2005 Plantes Médicinales importées par la SIPR

NB. d'unités Prix de Vente €/kg vendues aux pharmacies

Valeur

ANIS VERT SEMENCE kg

1

18,78

18,8

ARMOISE FEUILLES 250 g

1

6,54

1,6

ARMOISE FEUILLES PT kg

1

13,72

13,7

ARTICHAUT FEUILLE kg

7

22,29

156,0

AUBEPINE FLEUR kg

3

45,14

135,4

BARDANE RACINE kg

0

19,28

0,0

BASILIC FEUILLE ENT PT 250g

5

4,66

5,8

BOLDO FEUILLE TRIEE kg

5

10,01

50,1

BOULEAU FEUILLE PT 250g

11

4,98

13,7

BOURDAINE ECORCE kg

2

12,65

25,3

BRUYERE FLEUR PT 250g

1

11,44

2,9

CAMOMILLE FLEURS PT 250g

12

23,30

69,9

CHIENDENT RHIZOME kg

2

16,54

33,1

CITRONNELLE ODORANTE kg

2

12,44

24,9

CYNORRHODON BAIES 500g

1

4,42

2,2

EUCALYPTUS FEUILLE COUP 250g

9

4,85

10,9

EUCALYPTUS FEUILLE COUPEE kg

4

8,75

35,0

EUCALYPTUS FEUILLE ENT kg

0

7,38

0,0

FENOUIL RACINE COUPEE kg

1

38,73

38,7

FENOUIL SEMENCE kg

4

11,72

46,9

FLEURS PECTORALES PT 250g

1

26,06

6,5

FRAISIER FEUILLE PT 250g

1

4,02

1,0

FRENE FEUILLE kg

2

15,42

30,8

FRENE FEUILLES PT 250g

12

6,83

20,5

FUCUS VESICULOSUS kg

1

8,05

8,1

FUMETERRE PLANTE kg

10

12,35

123,5

GERANIUM ROBERT PLANTE 250g

2

7,76

3,9

GUI FEUILLE MONDEE PT kg

2

19,47

38,9

HAMAMELIS FEUILLE kg

1

27,68

27,7

LAVANDE FLEURS kg

8

37,06

296,5

LIERRE TERRESTRE PLANTE PT 250g

1

4,74

1,2

MARJOLAINE FEUILLE ENTIER kg

1

17,77

17,8

MARJOLAINE FEUILLE PT 250g

8

5,78

11,6

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BIONOPSYS INC. – PAM Réunion – Déc. 05

Plantes Médicinales importées par la SIPR

NB. d'unités Prix de Vente €/kg vendues aux pharmacies

Valeur

MARRON D'INDE CONCASSE 250g

2

4,50

2,3

MELILOT JAUNE PLANT COUP 250g

2

5,61

2,8

MELISSE FEUILLE COUPEE kg

2

39,53

79,1

MENTHE POIVREE FEUIL ENT 250g

5

8,30

10,4

MILLEPERTUIS PLANTE kg

0

11,51

0,0

PASSIFLORE PLANTE kg

7

26,84

187,9

PISSENLIT FEUILLE 250g

1

5,71

1,4

PISSENLIT RACINE kg

2

28,10

56,2

PLANTAIN FEUILLE kg

0

25,26

0,0

PRELE PETITE PL COUPEE kg

12

10,11

121,3

PSYLLIUM NOIR SEMENCE ENT kg

4

16,34

65,4

REGLISSE COUPEE kg

7

9,70

67,9

REINE DES PRES PLANTE kg

2

11,22

22,4

ROMARIN FEUILLE kg

5

7,15

35,8

SALICAIRE HERBE 500g

1

6,58

3,3

SAPONAIRE PLANTE COUPEE kg

0

23,02

0,0

SAUGE OFFICINAL FEUIL ENT kg

4

20,02

80,1

SUREAU FLEUR PT 250g

3

9,75

7,3

TILLEUL BRACTEE ENTIERE 250g

5

16,25

20,3

VERGE D OR PLANTE PT kg

3

19,66

59,0

VIGNE ROUGE FEUILLE PT kg

7

38,12

266,8

Total (euros)

2362,4

56


BIONOPSYS INC. – PAM Réunion – Déc. 05

ANNEXE 5 : LISTE DES OUVRAGES CITÉS

• Rapport ITEPMAÏ, juillet 2005, (66 p.) • Contribution à l’étude des plantes endémiques et indigènes de la Réunion – Recherche d’activités biologiques et de principes actifs dans 75 plantes, juin 2004, Cyril Poullain, LCSNSA, (352 p.) • Plants from Réunion Island : Evaluation of their free radical scavenging and antioxidant activities, 2004, Journal of Ethnopharmacology, 95, 19-26 • Recensement Agricole 2000, 2001, L’Essentiel Réunion, Agreste, Ministère de l’Agriculture et de la Pêche. • Pharmacopée Caribéenne (première édition) TRAMIL, 1999, Éditions Émile DÉSORMEAUX, (493 p.) • Étude de plantes médicinales endémiques et indigènes de l’île de la Réunion – Recherche d’alcaloïdes, octobre 1997, Emmanuelle Valenciennes, LCSNSA, (555 p.) • Les légumes oubliés de l’Ile de la Réunion, 1993, SUAD, (87 p.) • Étude ethnobotanique des plantes utilisées dans la pharmacopée traditionnelle à la Réunion, 1989, Collection : Médecine traditionnelle et pharmacopée, (236 p.) • Le Père RAIMBAULT et les plantes médicinales de la Réunion, Imprimerie CAZAL, 1969 (79p.). • Étude ethnobotanique des plantes utilisées dans la pharmacopée traditionnelle à la Réunion, 1989, Collection : Médecine traditionnelle et pharmacopée, P LAVERGNE (236 p.)

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Valorisation des plantes aromatiques et médicinales de l'Ile de la Réunion  

Analyse et recommandations pour la valorisation des plantes endémiques de l'Ile de la Réunion

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