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BOIS­ÉNERGIE AGRO­ÉNERGIE BIOGAZ BIOCARBURANTS BIODÉCHETS Numéro19

Le potentiel du miscanthus en Champagne­Ardenne, p 6

Mai 2012

12€

Chaudières à biomasse VYNCKE, les 100 ans d’évolution d’une entreprise mondiale p 16

Le bilan environnemental de l’huile végétale plutôt bon, voire très bon

La qualité des plaquettes bocagères, p 8

p 26

La vie de château pour deux chaudières Hargassner, p 13

Un écoquartier de Québec chauffé aux granulés, p 14

Carte des producteurs francophones de biocarburants p 22­23 Peter et Dieter Vyncke (de gauche à droite), dirigeants de VYNCKE.

Le frémissement d’une filière biogaz au Cameroun, p 30

La distribution du biogaz en réseau, p 32


: MARCHÉ BIOÉNERGIE INTERNATIONAL NUMÉRO 19 Mai 2012 Éditeur : BIOÉNERGIE PROMOTION SARL 6 chemin des Gravières F­39140 Desnes tél : +33 (0)368 33 51 48 fax : +33 (0)368 33 54 68 info@bioenergie­ promotion.fr

Frédéric Douard rédacteur en chef

François Bornschein directeur de publication

Jessica Bornschein abonnements

Julien Besson publicités +33 (0)622.41.39.96

Magazine disponible sur abonnement (voir nos offres en page 38) ou au détail sur notre boutique en ligne http://www.bioenergie­ promotion.fr/boutique

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Bioénergie International no 19 ­ 2012

Tous les jours, toute l'actualité des bioénergies


TITRE : ÉDRUBRIQUE ITORIAL Biocarburants, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain Alors que la Commission européenne a été invitée à faire rapidement des propositions de loi pour revoir le niveau des critères de durabilité des biocarburants, il convient en même temps de prendre conscience des différences territoriales et des échelles de production. Examinons pour cela les deux problématiques principales : le bilan carbone et les effets sociaux. Concernant le carbone, l’analyse de cycle de vie des biocarburants de 1ère génération réalisée en 2009 pour l’Ademe indique que les biodiesels et les bioéthanols produits en France à partir de biomasses locales affichent toujours des bilans énergétiques largement positifs par rapport aux carburants fossiles. Les filières oléagineuses présentent les bilans énergétiques les plus intéressants avec des réductions de consommation d’énergie non renouvelable, allant de 65% à 85% par rapport à un gazole fossile. L’étude de l’IFHVP présentée dans ce magazine montre également des bilans forts flatteurs pour les huiles végétale en circuits courts et en agriculture raisonnée, et qui substituent jusque 85% de carbone par rapport au diesel. Les éthanols quant à eux, en raison de leur mode de production plus énergivore, affichent des niveaux de réduction allant de 49% (éthanol de blé) à 85% (éthanol de canne à sucre). Les gains énergétiques sont par contre beaucoup plus faibles pour les ETBE, allant de 18% (ETBE de blé) à 54% (ETBE de canne à sucre). Les scénarios prospectifs à 5 ans montrent des potentiels d’amélioration de 10% pour les biodiesels et de 15% pour l’éthanol mais il est certain que le minimum actuel européen de 35% d’économie minimale par rapport aux carburants fossiles est peu stimulant pour l’efficacité et qu’il convient de la rehausser sensiblement, vers les 65%. Toujours sur la question du carbone, les possibles changements d’affectation des sols dégradent aussi potentiellement l’efficacité des biocarburants. Si dans les pays industrialisés, la déforestation est consommée depuis longtemps, l’extension des surfaces cultivées dans les secteurs encore vierges a des impacts moins favorables. Dans cette configuration, en tout cas à court terme, un certain nombre d’année est nécessaire avant d’amortir un déstockage de carbone forestier par la substitution réalisée par la culture de remplacement, sauf si le bois extrait sert lui­même à substituer

du carbone fossile, auquel « carbonement » neutre.

cas,

l’opération

peut

être

BIOENERGIE INTERNATIONAL

Sur les aspects sociaux, il convient de discerner également les territoires. Les pays excédentaires en production ont tout intérêt à la diversification des débouchés. La production de biocarburants a ainsi permis en France une diversification importante notamment pour les filières de production de betterave et de colza, ce qui concerne 18 000 emplois. Cette activité génère par ailleurs des co­produits utilisés en alimentation animale (tourteaux de colza, drèches de blé, pulpes de betteraves) et en chimie (glycérol), réduisant ainsi l’importation de produits similaires (notamment des tourteaux de soja pour l’alimentation animale). Dans les pays déficitaires ou tout juste à l’équilibre alimentaire, l’effet social peut être radicalement différent : d’une part avec une compétition sur les matières premières, mais aussi et surtout une compétition sur les terres, qui conduit trop souvent à des expulsions et à un accaparement notamment des terres publiques communes au profits d’investisseurs souvent étrangers. Les critères de durabilité européens devront également se définir sur cette question.

est édité en partenariat avec

Consultant Afrique Lamine BADJI

Correspondante Wallonie Nora PIERET, ValBiom

Terminons par les critères d’échelle de production. Là où une production industrielle de biocarburants, dont les dividendes échappent aux populations locales, peut ruiner une agriculture vivrière et appauvrir des populations, de petites productions locales, maîtrisées par les petits producteurs pour leur consommation propre, peuvent tout au contraire rompre la dépendance aux énergies fossiles de plus en plus chères et rendre service aux populations. Retenons de cela que l’on peut trouver le meilleur et le pire dans beaucoup d’activités, qu’il convient de traiter les choses au plus près des réalités locales, donc au cas par cas, et gardons nous de la tentation de jeter une solution au prétexte qu’elle n’est pas encore mature.

www.valbiom.be Dominique DE BUMAN Président Biomasse Suisse www.biomassesuisse.ch

Frédéric Douard, rédacteur en chef Crédits photos couverture et page sommaire : Vyncke, Chambres d'agriculture de Champagne­Ardenne, Poly­Énergie inc., Bioenergi Vest et F. Douard

Imprimé sur papier certifié PEFC ISSN : 1958­5403 Prix unitaire : 12 e La rédaction du magazine Bioénergie international ne saurait être tenue pour responsable des opinions émises dans les articles qui restent de la responsabilité de leurs auteurs. sur www.bioenergie­promotion.fr – Circulateur d'idées

Bioénergie International no 19 ­ 2012

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: MARCHÉ BIOENERGY INTERNATIONAL www.bioenergyinternational .com

Lennart LJUNGBLOM Éditeur

Xinyi SHEN Co­éditeur

Jeanette FOGELMARK Service clients

Samson ANTRANIGHIAN Abonnements

Alan SHERRARD Co­éditeur & Chargé de développement

Markku BJÖRKMAN Reporter

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Bioénergie International no 19 ­ 2012

Tous les jours, toute l'actualité des bioénergies


: SOMMAIRE BIOENERGY INTERNATIONAL

ÉDITORIAL Biocarburants, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain......................................... 3

ESPAGNE www.bioenergyinternational.es

AGRO­ÉNERGIE Le potentiel du miscanthus en Champagne­Ardenne..............................................6 BOIS­ÉNERGIE La qualité des plaquettes bocagères........................................................................8 La vie de château pour deux chaudières Hargassner............................................ 13 Un écoquartier de Québec chauffé aux granulés................................................... 14 Chaudières à biomasse Vyncke, les 100 ans d’une entreprise mondiale.............. 16

Javier DIAZ Rédacteur en chef

Entretien avec Peter Vyncke................................................................................... 20 BIOCARBURANTS Promill Stolz fournit 80% des équipements de granulation de l'industrie française des biocarburants................................................................................................... 22 Carte des producteurs de biocarburants................................................................23

Marcos MARTIN Éditeur & relations internationales

Le bilan environnemental de l’huile végétale … plutôt bon, voire très bon !......... 26 BIOGAZ Le frémissement d’une filière biogaz au Cameroun...............................................30 La distribution du biogaz en réseau....................................................................... 32

Juan Jesus RAMOS Éditeur & agroénergie

On parle de vous Ademe................................. 3­18­29 Air Liquide....................................29 Alps Energie Bois...........................4 Anderson­Biobaler....................... 10 Arbocentre.....................................8 Augéa Afrique.............................. 31 BET Fluides Lazzarotto................ 14 Bioenergi Vest.........................32­33 Bioénergie­en­Brie....................... 34 Biomasse Suisse........................... 3 CA Oise....................................... 11 CEA........................................24­25 Champagrica................................. 7 Château du Launay...................... 13 Claas........................................... 29 Cofely......................................18­19 Compagnie du Vent..................... 29 Compte R...................................... 2

Conseil général du Jura................14

Prodesa.........................................4

Cuma Innov61............................ 8­9

Promill Stolz............................22­36

Enel Green Power........................20

RAEE.......................................... 34

Eneria..........................................33

Régulvar...................................... 15

FDCUMA 61.................................11

Salinalgue....................................29

Fermentalg..............................24­25

Schmid.................................2­15­16

Fröling......................................... 35

Séchilienne Sidec........................ 35

GFDD............................................4

Segem...........................................1

Hantsch......................................... 3

Senoble....................................... 12

Hargassner............................. 12­13

Sera.............................................. 2

ID Environnement........................ 13

SSQ Groupe financier.................. 14

Idex............................................. 33

SYDEME..................................... 34

IFHVP........................3­26­27­28­29

Thiérart.......................................6­7

Le Marché du bois......................... 9

ValBiom......................................... 3

Leroux et Lotz................................ 2

Viessmann­Köb....................... 14­15

Methaneo.................................... 35

Ville de Maromme....................18­19

Méthaval 72................................. 33

Vyncke...................1­16­17­19­20­21

Méthavalor...................................34

Weiss France.................................4

Nextenergies................................12

Wessling......................................34

Poly­Énergie Inc...................... 14­15

Weya........................................... 17

Antonio Gonzalo PEREZ Éditeur & marketing

Magali HABERKORN Responsable Amérique du Sud

Polytechnick...................................2 sur www.bioenergie­promotion.fr – Circulateur d'idées

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: BIOGAZ

Installation de biogaz au Danemark, photo Bioenergi Vest

Méthavalor et Bioénergie­en­ Brie sont les deux premiers sites français à injecter leur biogaz Le 3 avril 2012, les deux premiers contrats d’injection de biogaz dans le réseau de gaz naturel français ont été signés avec GrDF. Le premier concerne une méthanisation agricole à Chaumes­en­Brie en Seine­et­Marne, où le projet de Bioénergie en Brie injectera les premiers mètres cubes courant 2012. La centrale méthanisera des lisiers et fumiers de 500 bovins, des poussières de silos, des céréales déclassées, du lactosérum et des cultures intermédiaires pièges à nitrates (seigle et sorgho). À terme, Bioénergie en Brie prévoit d’injecter plus de 7 880 MWh/an de biométhane dans le réseau.

En Allemagne, les réseaux de biogaz se développent également. La densité des unités de méthanisation et le renouvellement des unités de cogénération ont fait naître de nouveaux types de projets intitulés « microgrid » ou mini réseaux. L’objectif est de tirer des conduites de biogaz vers un point de distribution qui peut­être un réseau de biogaz ou une unité de traitement de biogaz pour injection. Ainsi 3 à 4 unités de méthanisation peuvent être reliées et mutualiser la valorisation du biogaz.

Région Rhône­Alpes, implique 14 partenaires européens dont Le leader est Severn Wye Energy Agency Ltd. Il a pour objectif de permettre le développement de la filière biogaz et biométhane en Europe. Des cessions de regroupement permettent aux partenaires d’échanger sur les politiques, les besoins et les projets sur leurs territoires. Pour en savoir plus sur le projet et les territoires impliqués : http://www.bio­methaneregions.eu/

Les initiatives danoises et allemandes ne sont pas isolées. D’autres territoires en Europe réfléchissent au développement de réseaux de biogaz pour des raisons techni­ co­économiques, ou environnementales. Ainsi de nouvelles perspectives de dévelop­ pement pour la méthanisation et le biogaz, s’ouvrent à nous. Valérie BORRONI Chargée de mission à Rhônalpénergie­Environnement, dans le cadre du Projet Européen Biomethane­Regions. Le projet Biomethane regions, soutenu en Rhône­Alpes par la commission européenne et la

Le second, Méthavalor, développé à Forbach en Moselle, a été mené par le SYDEME. Il s’agit d’une unité de méthanisation qui valorisera 42 000 tonnes de biodéchets ménagers et de restauration, plus des déchets verts. Elle produira 5,5 millions m3 de biogaz. Une partie du biométhane alimentera la centrale à cogénération tandis qu’une autre sera injectée dans le réseau. Source : CLER Page 34

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: MARCHÉ Séchilienne Sidec prend le contrôle de Methaneo

Séchilienne Sidec devient l’actionnaire de référence de Methaneo en reprenant les 60% détenus par Demeter Partners et Omnes Capital (anciennement Crédit Agricole Private Equity). Les deux fondateurs, Yann Mercier et Sébastien Couzy, conservent leur participation de 40% et continueront de diriger l’entreprise. Depuis sa création en 2007, Methaneo a développé un portefeuille de 22 projets d’unités de bio­méthanisation. Methaneo vise une puissance installée d’environ 25 MW en 5 ans. Le premier de ces projets, TIPER, d’une puissance de 2MW, est en cours de construction à Thouars en Poitou­Charentes et sera mis en service en 2013. La France dispose de gisements considérables avec un très fort potentiel de croissance pour cette filière qui enregistre aujourd’hui seulement 10 MW de puissance installée alors que l’Allemagne compte déjà plus de 3000 MW. Séchilienne Sidec sera, grâce à Methaneo, le moteur de développement de cette nouvelle filière dont les perspectives de croissance sont de 30 % par an pour les prochaines années.

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R19 Bioenergie international - mai 2012