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DOSSIER

ne dispose pas d’éléments solides, aucune décision ne peut être envisagée à la légère », justifie Claude Pengam, le chargé de communication. « En dépit des difficultés et incertitudes liées au Brexit, je ne doute pas un instant que le bon sens prévaudra des deux côtés de la Manche », espérait quant à lui dans un communiqué Jean-Marc Roué, le président de Brittany Ferries.

« Que May aille au diable » S’il attend également d’en savoir plus, le CESER de Bretagne (conseil économique, social et environnemental régional) a dressé un premier état des lieux des enjeux du Brexit sur le territoire. « La question revêt une importance particulière pour la région. Le Royaume-Uni est en effet son plus proche voisin. Seulement 183 km nous séparent. Il s’est tissé au fil des siècles des relations étroites de coopération, rappelle Jean Hamon, le président du CESER. Sur le plan du commerce international par exemple, le Royaume-Uni est un partenaire important de l’économie

bretonne car il est source du premier excédent commercial de la région. » Parmi les secteurs qui ont le plus de quoi flipper, « la pêche hauturière (au large, ndlr) car 50 % des captures ont lieu dans la zone britannique. Il peut aussi y avoir une renégociation des accords de quotas. Tout cela peut ébranler le système : la filière pêche tout d’abord, ainsi que tous les acteurs en amont et en aval. » Le tourisme pourrait aussi pas mal morfler. « Les Britanniques sont la première clientèle étrangère en

Bretagne. Une clientèle qui a vu son pouvoir d’achat chuter avec la dépréciation de la livre sterling. La parité monétaire est un enjeu majeur. Tout comme la libre circulation des personnes, estime le boss du CESER qui redoute tout autant l’incertitude générée par le Brexit. Il faut éviter les attitudes négatives où on aggrave le mal par un excès de pessimisme. Avec ce risque d’anticipations autoréalisatrices. » Des perspectives qui foutent un peu les miquettes aux 13 000 Britan-

BYE BYE ERASMUS ? Sur l’année universitaire 2015-2016, dans le cadre d’Erasmus (devenu Erasmus+ en 2014), près de 7 663 étudiants français sont partis au RoyaumeUni. Même si aucune décision n’a encore été prise et que rien ne va bouger le temps des négociations ces deux prochaines années, le Brexit laisse planer de nombreuses interrogations sur la place 30

des Britanniques dans le programme d’échange universitaire. « Pour l’instant, on ne peut rien avancer, affirme Pierre van de Weghe vice-président en charge des relations internationales à l’Université de Rennes 1. Les pays membres de l’Union européenne doivent accepter la libre circulation des personnes. Une condition indispensable

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pour participer à Erasmus. Si ce n’est pas le cas et que pour étudier au RoyaumeUni un visa est nécessaire, les universités britanniques seraient alors écartées. » Pour autant, si la GrandeBretagne se retire de l’UE, le maintien dans le programme pourrait se faire suivant différents accords. « L’Union européenne compte 28 pays, mais 33 participent à Erasmus, précise Sylvie Le Moël,

développeuse Erasmus+ et rattachée à la MJC du Plateau à Saint-Brieuc. Les pays hors UE ne sont pas exclus du programme. Je pense notamment à la Norvège ou au Liechtenstein qui, grâce à des accords bilatéraux, respectent les conditions de libre circulation et participent au financement. Une fois le Brexit acté, cela sera peut-être aussi le cas du Royaume-Uni. » M.G

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