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George Muller Aux ChrĂŠtiens

Entretiens familiers sur la vie pratique


Préface Quoique mort, il parle encore. Voilà certes ce qu’on peut dire de George Muller. La foi dont il a fait preuve pendant tant d’années comme directeur des grands asiles de Bristol est connue dans le monde entier et elle a été une leçon pénétrante el un enseignement précieux pour une multitude d’âmes. Mais d’où lui venait cette foi ? Où s’alimentait-elle, où se renouvelait-elle sans cesse? Dans une communion toujours plus intime avec Dieu, dans une obéissance toujours plus complète, dans une consécration toujours plus joyeuse. Et quel moyen employait cet homme si occupé pour rester en communion, en communication avec son Père céleste? Était-ce la retraite, la contemplation ? Non, c’était une étude humble et persévérante des Saintes-Écritures. Il ne s’embarrassait d’aucun problème théologique. Il acceptait la Bible comme la Parole de Dieu avec le respect filial d’un enfant, il en soulignait toutes les promesses, mais aussi tous les commandements avec la décision de s’y soumettre absolument. Voilà comment est née cette foi conquérante. Les Entretiens familiers ont été prononcés en public, en 1887, aux conférences annuelles de Mildmay, à Londres. Ils n’étaient pas destinés à l’impression, mais, recueillis par des reporters, ils ont été revus par George Muller et publiés à la demande de ses auditeurs. Ces Entretiens ne suivent pas un plan bien rigoureux. C’est une série d’études bibliques qui toutes ont pour but d’affermir les chrétiens et spécialement les nouveaux convertis. L’auteur prend pour textes, par exemple, Deut. 23 :26-29, Eph. 6 verset 10-17, Cant. 4 verset 12 à 5 verset 1 et il en tire les exhortations les plus pratiques et les plus utiles, fruit de cinquante années de vie avec Dieu. Il y a un immense profit à vivre dans la compagnie de ce grand croyant, car il met toujours son lecteur en contact avec le Père céleste. Émile Bonnard

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CHAPITRE PREMIER Conseils aux convertis En quittant la maison pour prêcher la Parole de vie, là où il plaira à Dieu de m’ouvrir des portes, j’ai particulièrement à cœur de venir en aide aux jeunes croyants. Je désire leur indiquer le moyen de marcher dès leur entrée dans la vie chrétienne, de manière à jouir d’une paix et d’un bonheur véritables, et surtout de porter des fruits qui soient à la louange et à la gloire du Seigneur. Ce qui me pousse à agir ainsi, c’est que pendant les quatre années qui ont suivi ma conversion, j’ai commis beaucoup d’erreurs dans ma vie religieuse, et j’ai été bien loin de suivre le sentier qui mène au véritable bonheur, et qui nous fait croître en grâce et dans la connaissance des choses divines.

De la lecture des Écritures Quatre ans après ma conversion, un frère plus expérimenté et plus âgé que moi me montra un chemin qui me fit avancer et croître plus rapidement, et m’aida, par conséquent, en quelque mesure à glorifier le Seigneur et à me rendre plus utile que précédemment. Ma grande erreur avait été, au début de ma vie chrétienne, de négliger la lecture de la Parole de Dieu, ce qui avait causé beaucoup de lacunes dans ma vie et dans mon témoignage. C’est pourquoi j’ai à coeur de faire comprendre à mes jeunes frères et soeurs en Christ la grande importance de donner la première place, dans leur vie journalière, à la lecture de la Bible, et cela dès le début de leur vie chrétienne.

De la conviction du péché Je m’adresserai maintenant plus spécialement aux croyants et par là je n’entends pas ceux qui ont une fois ou l’autre reçu des « impressions » religieuses, car celles-ci ne mènent souvent à rien du tout. Il faut plus que cela pour devenir enfant de Dieu. Il s’agit d’être régénéré, d’être délivré de la puissance du péché et transporté dans le royaume du Fils de Dieu. Il faut que nous nous reconnaissions pécheurs et que nous confessions que nous avons besoin d’un Sauveur. C’est pourquoi je vous demande si vous avez passé par cette conviction de péché?

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Je n’insiste pas sur le degré de cette expérience, car Dieu peut amener ce résultat de mille manières différentes pour mille personnes différentes. Je n’ai pas passé, moi-même, par une bien profonde conviction de péché au début de ma vie nouvelle et cependant je crois m’être vraiment et réellement converti à ce moment-là, car dès le commencement il y eut un changement évident en moi. J’avais compris que j’étais un pécheur méritant le châtiment. Mais quant au degré de profondeur, c’est une question différente. Si nous sommes devenus enfants de Dieu, c’est que Sa Parole nous a convaincus de péché, convaincus que nous avons mérité le châtiment et que le Seigneur Jésus seul peut nous sauver.

De la confiance en Christ Il faut ensuite que nous mettions toute notre confiance en Lui seul car la conviction de péché peut exister sans nous conduire plus loin, et dans ce cas nous ne sommes pas encore en route pour le ciel. Nous ne possédons le salut que lorsque nous avons mis en Christ toute notre confiance. Ces remarques sont d’autant plus importantes que nous venons de passer sous une vague bénie de bénédictions divines, et si beaucoup ont fait profession de leur foi, beaucoup aussi ont peut-être mis leur confiance dans de simples «impressions» ou «émotions», mélangées d’un certain degré de conviction de péché. Tout cela est bien, mais ne suffit pas. On peut dire de ces âmes ce que le, Seigneur disait de ce scribe : «Tu n’es pas loin du Royaume des cieux » (mais tu n’y es pas encore). Il faut avoir passé de la mort à la vie pour être enfant de Dieu, et on n’est enfant de Dieu que lorsqu’on a mis sa confiance en Jésus qui nous sauve. Nous ne devons nourrir aucun autre espoir de salut, car c’est Lui seul qui nous sauve par ses mérites, ses souffrances et son intercession auprès du Père. Si nous avons été convaincus de péché et que nous ayons cru au Seigneur Jésus, alors comme le dit Actes 10 : 43, nous recevons «la rémission des péchés ». Nous sommes dès lors enfants de Dieu (Gal. 3 : 26). Et encore dans Jean 1 :12, à tous ceux qui l’ont reçu, il a été accordé le privilège de devenir enfants de Dieu. C’est à ces pécheurs qui ont mis leur confiance en Jésus pour le salut de leur âme, que je désire m’adresser tout particulièrement. Ceux-là ont seuls la bienheureuse perspective d’arriver au ciel, et d’expérimenter la joie dont parle le chapitre 8 des Romains. Ils possèdent la glorieuse assurance que celui qui a commencé cette bonne oeuvre en eux l’achèvera. Phil. 1 :6

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Droiture de cœur Un des points les plus importants pour le jeune croyant, comme du reste pour tous les enfants de Dieu, c’est d’être droit de coeur. On peut prier beaucoup, étudier la Parole divine, assister à tous les cultes, et malgré tout cela ne pas avancer, si l’on ne possède pas cette droiture de coeur devant Dieu. Mes chers amis chrétiens, demandez-vous, devant Celui qui sonde les coeurs, et qui sait tout ce qui vous concerne, à quoi vous en êtes à ce sujet. Pouvez-vous le regarder en face et lui dire : «Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime et que je désire ne céder à aucune tentation, ni faire quoi que ce soit de contraire à ta volonté. Je ne veux rien de ce qui te déplaît, mais par ta grâce, je ferai la guerre à toutes ces choses. Tu sais que ton faible enfant hait les oeuvres de ténèbres, et veut les combattre fidèlement.» Est-ce bien ainsi que nous agissons ? Dans ce cas, la promesse du Seigneur est pour nous. (Matth. 13 12). « Car on donnera à celui qui a et il sera dans l’abondance. » Je voudrais graver ces paroles dans votre esprit, parce que, en jetant un regard en arrière, sur ces cinquante années de ma vie chrétienne, je constate combien mes pas ont été faibles et vacillants ! Que d’ignorance même dans ma prédication de l’Évangile ! Quoique possédant Christ en moi, l’espérance de la gloire, que de chutes et de rechutes ! Cependant je luttais contre Satan et je fis l’expérience de cette promesse : «A celui qui a, il sera donné », et, quoique bien lentement, je croissais pourtant. C’est pourquoi je vous répète encore à celui qui a, il sera donné, et il sera dans l’abondance ». «Mais souvenez-vous qu’il est aussi dit que : «à celui qui n’a pas, ou qui paraît avoir, on lui ôtera même ce qu’il a.» De sorte que ceux qui ne marchent pas avec droiture de cœur devant Dieu ne feront aucun progrès dans la vie divine parce que le Saint-Esprit ne peut pas travailler dans leur âme. Je me souviens combien ces deux choses, l’honnêteté et la droiture de cœur, m’ont été en bénédiction. Je me rappelle aussi un jeune homme converti en même temps que moi et que je retrouvai longtemps après toujours le même, parce qu’il n’était pas honnête et droit devant Dieu.

Résistance au péché Ensuite, le point le plus important au début même de la vie nouvelle, c’est de renoncer à tout ce qui déplaît à Dieu ; à tout ce qui peut l’offenser. Quelques personnes vous diront qu’il doit en être ainsi pour les péchés grossiers et criants, mais je maintiens que tout péché connu doit être abandonné. Quand le Saint-Esprit nous l’ordonne, tel ou tel péché doit être mis de côté immédiatement. Il faut absolument être droit et sincère car ce qui arrête la vie spirituelle de beaucoup d’âmes, c’est justement le fait qu’elles jouent avec le péché. Je voudrais graver dans vos cœurs ceci, c’est que dès votre entrée dans la vie chrétienne, il s’agit de vous efforcer d’être vraiment consapage 5


crés, non seulement dans votre vie extérieure, mais sur¬tout dans votre vie intérieure. Il y en a beaucoup qui, dès le début de leur vie chrétienne, se demandent combien ils peuvent encore conserver d’habitudes mondaines, sans pour cela perdre le ciel ! Comment s’arranger pour ne pas perdre le monde invisible et jouir pourtant des plaisirs du monde? C’est ce que l’apôtre Paul appelle « être sauvé comme au travers du feu ». Il vaudrait mille fois mieux pour nous que Dieu nous retire tout de suite de ce monde, que de mener une vie égoïste et double, en voulant servir deux maîtres. C’est avoir juste assez de religion pour faire de nous de misérables chrétiens et de tristes mondains ! Les seuls enfants de Dieu qui puissent être heureux, ce sont ceux qui veulent être saints. Le Père céleste veut que nous ayons «l’esprit qui était dans son Fils». Et quelle fut la vie du Seigneur Jésus ? Elle a été sainte, pure, séparée des pécheurs. Sa vie n’a été qu’un continuel sacrifice, un seul acte d’obéissance à son Père. Et maintenant, Il nous a laissés sur la terre comme ses représentants en ce monde. C’est le grand honneur qu’il nous fait. Il aurait pu nous reprendre à Lui dès que nous sommes arrivés à sa connaissance, ainsi qu’Il le fit pour le brigand sur la croix ; mais vous savez tous que ce n’est pas ainsi qu’Il agit à l’ordinaire. S’ll nous a amenés à Lui, c’est afin que nous honorions son nom et que nous le glorifiions ici-bas. De plus II veut aussi nous préparer pour la gloire qui nous attend là-haut. Enfin II désire que chacun de nous ait l’honneur de lui gagner d’autres âmes et de se rendre utile à tous les enfants de Dieu. Il veut en un mot nous faire porter du fruit.

Fécondité (porter du fruit) Eh ! bien, puisqu’Il nous laisse ici-bas pour glorifier son nom, notre Père céleste veut que nous vivions séparés du monde et que notre vie soit sainte et pure. Si c’est là notre idéal, Il nous aidera à le réaliser afin que notre vie soit utile. Que ce soit là notre but à tous, car nous ne devons jamais prendre notre parti d’être stériles! Au contraire, efforçons-nous d’être complètement consacrés, esprit, âme et corps. Ne nous contentons pas de ne porter que le 30% alors que nous pouvons arriver au 60 % et au 100 % ! N’avons-nous pas le droit de demander à Dieu qu’Il nous fasse porter tout le fruit possible, à sa gloire et à l’honneur de son nom ? Pour réaliser cet idéal qui est du reste un commandement, le meilleur moyen est de nous efforcer, dès le début de notre vie nouvelle, d’être des chrétiens authentiques et consacrés. Que jamais nous ne nous demandions «jusqu’à quel point nous pouvons jouir de ce monde sans perdre l’autre ! Ai-je le droit d’aller au bal et au théâtre de temps en temps, sans pour cela perdre ma place dans le ciel?» Oh ! Quel triste et misérable état que celui-là pour le jeune chrétien ! N’y restez pas ! Un pareil marchandage n’attriste-t-il pas Celui qui nous page 6


veut sur la terre comme des témoins ? Puisque je ne suis ici-bas qu’un étranger et un pèlerin, je ne permettrai pas à mon cœur de s’attacher à ce qui est visible. Ma patrie est au ciel, je ne suis qu’en passage ici-bas. Comme citoyen des cieux, je sais que Christ ne peut me bénir que là où II me veut. Et oserais-je Lui demander sa bénédiction sur ma présence au théâtre, au bal, aux cartes ou à l’auberge ? Lâchez tout cela ! Car ce sont les distractions coupables d’un monde corrompu.

Vivre Christ Donc, bien-aimés jeunes frères et sœurs en Christ, ayez le courage de déclarer que vous êtes résolus à vivre de la vie de Christ, une vie complètement consacrée. Dites-vous que vous êtes bien décidés à porter, par sa grâce, du fruit à sa gloire ; que vous voulez renoncer à ce monde mauvais, et vivre de telle manière qu’on voie clairement la ligne de séparation entre vous et le monde dans toute votre conduite. Dites-vous bien que le monde, voyant que vous ne lui appartenez pas, évitera tout rapport avec vous parce que vous appartenez au Royaume des cieux. Voilà donc ce que vous rechercherez et quel en sera le résultat ? Non seulement vous serez saints, mais vous serez heureux et joyeux. De plus nous devons être utiles aux autres, et il faut que le monde puisse dire de chacun de nous : «S’il y a un véritable chrétien, c’est cet homme-là, c’est cette femme-là. Pour sûr celui-là a été avec Jésus.» Si le monde ne dit pas cela de nous, il doit y avoir une lacune dans notre vie. Nous devons être humiliés et confus si, au bout de trois ou quatre journées passées soit avec des frères soit avec des mondains, ils ne se sont pas aperçus que nous sommes nés de nouveau et que nous ne sommes plus du monde. Ce témoignage sera des plus utiles non seulement vis-à-vis du monde, mais encore vis-à-vis de nos frères en Christ. Permettez-moi d’insister surtout auprès de mes jeunes frères et sœurs, sur ce point capital d’une vie complètement livrée dès votre conversion. Il faut que vous soyez opposés au monde et à la chair et entièrement livrés à Christ. C’est pour cela même qu’Il nous laisse sur cette terre, par où je ne veux pas dire que nous devions lâcher notre travail et notre gagne-pain. J’ai même vu trop de cas de ce genre, là où ce n’était pas la volonté de Dieu. J’ai au contraire constaté que nous pouvons glorifier Dieu dans nos affaires, sans les abandonner pour devenir évangélistes, missionnaires, distributeurs de traités, etc... Si c’est bien Dieu qui nous appelle à tout lâcher pour le servir autrement, alors obéissons sans hésiter, mais pas sans réflexion. Demandons à Dieu, dans le calme et la prière, de nous montrer clairement sa volonté, avant de prendre une décision aussi importante

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Mais si, dans notre profession, dans notre travail habituel, il y a quoi que ce soit de contraire à la volonté de Dieu, abandonnons-le immédiatement, et soyons bien résolus à lui obéir en tout. Il en résultera plus de joie et plus de sainteté, ce qui augmentera notre utilité au service de Dieu. A ce sujet, remarquons que tout en recherchant cette conformité avec Christ, tous hélas ! nous manquons sur un point ou sur l’autre ! Nous sommes tous enclins à pécher, et nous péchons. Si quelqu’un venait me dire : «Je ne pèche plus », je lui répondrais : « Mon frère, vous vous trompez ; peut-être ne vous rendez-vous pas compte de ce qu’est le péché, ou bien vous ne vous connaissez pas à fond.» Tous, quoique ne vivant plus dans le péché, nous sommes encore enclins à pécher, sinon en action au moins en paroles ; et sinon en paroles, au moins en pensée, en sentiment et en désir. Que faire alors? Le confesser sans retard et recourir au sang de Christ qui lave et purifie.

Confession et pardon des péchés Beaucoup d’enfants de Dieu sont dans l’erreur à ce sujet. Moi-même, après ma conversion, je croyais que lorsque j’avais péché, j’avais perdu mon salut et ne pouvais plus être un enfant de Dieu. J’avais en tous cas l’idée que, «avant de revenir à Dieu en prière, il fallait m’efforcer d’être meilleur ». Quelle erreur ! Et pourtant beaucoup de chrétiens la commettent, et s’ils se sont égarés en action, en parole, en pensée et en désir, ils croient n’avoir plus le droit de s’approcher de Dieu avec assurance. Que faut-il faire dans ce cas? Mais simplement confesser ce péché à Dieu et s’approprier cette promesse : «Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous les pardonner.» Ce point est des plus importants pour chacun de nous parce que le Saint-Esprit ne peut pas agir dans notre cœur s’il y reste un interdit. Il n’y a donc aucune force en nous pour résister au mal et marcher avec Dieu aussi longtemps que le péché n’est pas abandonné. Et comme nous sommes tous sujets à l’erreur et au mal, surtout les jeunes convertis, ne nous décourageons pas et ne doutons pas de notre adoption, mais rejetons cette pensée et allons au Seigneur Jésus pour être purifiés et affermis. C’est alors que les paroles de Jésus trouvent leur application. «Celui qui est lavé n’a plus besoin que du lavage des pieds ; il est entièrement pur. » Souvenez-vous de votre position ; vous n’êtes plus des criminels ; vous êtes enfants de Dieu, et de même que celui qui prend un bain le matin, peut avoir besoin de se laver les mains ou la figure au cours de la journée, cependant il a le corps propre. C’est ainsi que nous sommes purs, quoique faillibles. Pour toute souillure nous devons revenir à nouveau au sang de Christ, et si nous ne le faisons pas, nous perdons une partie de notre joie et de notre force. Mais c’est une grave erreur que de rester loin de Dieu parce que nous avons péché, et d’attendre d’être meilleurs pour revenir à Lui. Non, allons à Lui tels que nous sommes, pour obtenir à nouveau son pardon, sa joie et sa paix page 8


Confesser Christ Le point suivant est aussi d’une grande importance, à savoir que dès notre entrée dans la vie divine, nous devons confesser courageusement et ouvertement le Seigneur Jésus. Il y a peu de choses aussi importantes que celle-là. La tentation du jeune converti est en général de garder pour lui cette expérience bénie, en se disant «qu’il peut aller au ciel sans en parler ». Eh ! bien s’il en est ainsi, c’est une preuve de faiblesse, et vous resterez faible. Il est d’une très grande importance, même pour le développement de votre propre vie spirituelle, que vous rendiez sans retard votre témoignage personnel à ce que Christ a fait pour vous. Et voici pourquoi : le monde étant averti que vous appartenez maintenant au Seigneur, ne cherchera plus à vous tenter et à vous inviter à aller au bal, au théâtre ou dans quelque réunion purement mondaine. Une confession franche et ouverte vous préservera de tous ces pièges. Quand le monde verra une ligne de démarcation nette et franche entre vous et lui, il ne recherchera même plus votre société. Je me souviens que lors de ma conversion j’étais étudiant dans une grande université où se trouvaient 1260 étudiants. Dans le nombre il n’y en avait que trois qui fussent des disciples du Seigneur, mais on les connaissait ; ils portaient « la marque » de Jésus-Christ. Je me joignis à eux et fus par là immédiatement classé comme chrétien. Nous tînmes bon et bientôt nous étions douze à porter cet opprobre. On nous appelait mystiques et fanatiques, et on me montrait du doigt en disant : «Voici le mystique qui passe. » Qu’importe ! Au bout de quelques semaines, cela prit fin et on me laissa en paix. Avant ma conversion, j’avais été le plus gai, le plus mondain de tous, courant les bals, les théâtres et les auberges, où je faisais plus de bruit que tous les autres. Mais dès que je fus étiqueté piétiste, on ne s’inquiéta plus de moi, et c’est ainsi que j’échappai à une foule de tentations auxquelles j’aurais autrement été exposé. Si j’avais fait un secret de ma conversion, n’aurais-je pas continuellement été en butte à la tentation par mes camarades ? C’est donc là mon expérience personnelle, et je sais quels sont les résultats bénis de ce que l’apôtre appelle confesser Christ. Je voudrais que tous mes jeunes frères et sœurs en Christ fassent la même expérience, et, s’il s’en trouve ici qui n’ont pas encore confessé le Seigneur ouvertement, oh ! je vous supplie de le faire maintenant ! Vous ne le regretterez jamais. De plus, confesser Christ ainsi c’est prendre place à ses côtés, et Lui nous dira un jour : «Tu m’as confessé malgré ta faiblesse et moi, maintenant, je te confesserai, je te défendrai.» C’est ainsi que nous en retirons une précieuse bénédiction pour notre âme. Jamais nous ne seront forts en tenant notre drapeau bien caché. Sans cette confession franche et loyale, vous ne serez jamais des chrétiens joyeux. Ce que le Seigneur veut, c’est que nous soyons comme une ville

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au sommet d’une colline, qui ne peut être cachée, ou comme des lumières bien visibles, et non pas cachées sous un boisseau. Si nous ne le sommes pas encore, cherchons à le devenir. Tous doivent savoir que nous sommes au Seigneur et que nous le servons. Notre devoir est de gagner des âmes à Christ ; comment le pourrons-nous, si nous voilons notre lumière ? Même sans être ni évangélistes, ni missionnaires, ni moniteurs d’école du dimanche, Dieu nous aidera à Lui amener des âmes ; c’est pourquoi ne craignons pas de nous déclarer franchement pour Lui.

Croître en Christ Il arrive fréquemment que de chers enfants de Dieu, dès leur entrée dans la vie chrétienne, se laissent décourager par le peu de progrès qu’ils font, et pourtant ils voudraient avancer. Et ils se demandent alors si vraiment ils sont bien des enfants de Dieu. Je vous dirai donc, chers jeunes frères et soeurs, ne vous découragez pas malgré le peu de progrès que vous faites. Je ne veux pas dire par là que vous deviez vous contenter de cet état, mais je voudrais vous prémunir contre une des ruses de Satan ; il profite de nos manquements pour venir nous suggérer que nous ne sommes pas des chrétiens, et que, malgré tout ce que nous avons éprouvé, nous nous sommes fait illusion. Je crois que chacun de vous sait très bien si, oui ou non, il se fait illusion, car l’Esprit rend témoignage au-dedans de vous que vous lui appartenez, et vous pouvez regarder le Seigneur en face et lui dire : «Tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime.» Sans avoir la foi triomphante de Pierre ou de Paul, vous pouvez cependant dire à Jésus- «Je t’aime.» Tout en sentant bien notre faiblesse et notre indignité, nous sentons aussi la foi qui nous remplit. Souvenez-vous que lorsque le petit enfant est né, il ne devient pas homme en un instant. Ce n’est qu’un petit bébé, un être faible et sans force. Huit jours plus fard, vous ne vous attendriez pas encore à le voir marcher. Nous savons tous qu’il faut des mois et des mois avant qu’il puisse courir. Il en est ainsi de la vie divine. Ce n’est pas en un jour que nous atteignons la stature d’hommes faits, à l’image du Seigneur Jésus. Si quelqu’un venait, trois ou quatre semaines après sa conversion, se plaindre de n’avoir pas atteint le but, je lui dirais ; «Mon cher ami, vous n’y êtes pas. Je ne m’attends pas à voir en vous un jeune homme en Christ, et encore bien moins un père en Christ.» Dans la vie divine, on n’avance pas par bonds et par soubresauts ; comme pour la vie physique, la croissance est progressive, et il faut du temps pour atteindre l’âge viril, et l’âge mûr dans la vie spirituelle. Donc ne vous découragez pas, mais marchez, vivez tranquillement à la lumière que Dieu vous a donnée, et alors vous réaliserez la promesse que : «à celui qui a, il sera donné, et qu’il sera dans l’abondance ». Je vais vous raconter ma propre expérience, dans le désir de vous encourager sur le chemin qui monte.

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Vieux ennemis Dans les premiers temps de ma vie chrétienne, j’étais constamment terrassé par mes vieilles tentations. Par exemple, j’étais passé maître dans l’art de mentir, et je pouvais regarder les gens en face tandis que je leur disais un gros mensonge. Si l’un de vous, mes jeunes amis, a été victime de la même et funeste habitude, vous comprendrez quelle terrible chaîne est celle-là ! Eh bien ! après ma conversion il m’est arrivé en deux fois de m’écarter de la vérité, mais c’était bien différent de l’habitude que j’avais prise de mentir constamment, car ce fut avec un cœur contrit que je confessai à Dieu mon péché et que je reconnus mon mensonge. J’avais aussi l’habitude d’aller souvent au théâtre, et, entraîné par des circonstances extérieures, j’y fus attiré deux fois depuis ma conversion, ce dont je dus m’humilier devant le Seigneur. Bientôt II me délivra de ces deux tentations, et voilà pourquoi je tiens à vous mettre en garde contre l’Ennemi qui viendra vous dire que votre conversion n’est pas réelle lorsqu’il vous est arrivé de vous éloigner de Dieu en pensée, en parole, ou en action. Au lieu de vous décourager, revenez au «sang de Christ qui purifie de tout péché ». Souvenez-vous que ce sang, non seulement purifie mais donne peu à peu une délivrance toujours plus complète du péché. En recourant souvent à ce sang précieux vous croîtrez en grâce et en fermeté. Je puis vous dire que depuis le temps dont je vous parle, j’ai crû et avancé dans la vie spirituelle, et que, ce que Dieu a fait pour moi, Il peut le faire pour d’autres !

Du devoir de se rattacher à une communauté chrétienne Un point très important, c’est que le jeune converti se rattache sans retard à une Eglise fidèle, où s’unisse avec d’autres enfants de Dieu. Partout où vous trouvez des chrétiens qui peuvent vous être utiles, ou une Eglise capable de nourrir votre âme, joignez-vous-y. Cela vous sera très précieux pour la vie nouvelle où vous êtes entré. Je ne vous indique pas tel groupe de chrétiens plutôt que tel autre, mais là où Dieu vous a placés, unissez-vous avec les enfants de Dieu, là où l’Evangile est fidèlement annoncé et où se trouvent de vrais croyants, de façon à ce que vous receviez d’eux l’aide nécessaire à votre jeune vie spirituelle. Je me souviens combien une aide semblable m’a été utile jadis. Peu après ma conversion, je pris part à des rencontres entre étudiants qui venaient de trouver le Seigneur, et nous nous réunissions dans une chambre pour nous encourager les uns les autres. Mais, là où la chose est possible, je voudrais vous conseiller de rechercher la société de quelque chrétien plus âgé et plus expérimenté que vous et qui vit Christ réellement. Vous pourrez, en vous ouvrant à lui, en recevoir d’utiles et précieux conseils.

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Vous tous qui êtes plus âgés dans la foi, vous pouvez tendre une main amie à des frères et soeurs plus jeunes et les aider à marcher dans le chemin étroit. J’ai souvent fait l’expérience que lorsque je risquais d’être entraîné par mes penchants naturels, la compagnie de mes camarades m’était très utile pour me ramener dans la lumière. Ce n’est pas seulement aux jeunes chrétiens, mais aux plus âgés aussi, que je voudrais recommander de chercher un ami vraiment spirituel, auquel vous puissiez vous ouvrir librement, et dont vous puissiez recevoir les conseils; vous verrez quel profit vous en retirerez. CHAPITRE II

Conseils aux jeunes convertis Comme il y a cinquante ans que je connais le Seigneur, et que je travaille pour Lui, je devrais être à même de venir en aide aux jeunes convertis. Par la grâce de Dieu je crois donc pouvoir leur tendre une main amie, si du moins Dieu veut bien se servir de mes expériences, même de celles qui m’humilient, pour aider et encourager ceux qui sont en chemin pour la patrie céleste.

De la manière de lire les Écritures Un des points les plus importants, c’est la lecture et la méditation journalière de la Parole de Dieu faite avec prière. Je voudrais attirer votre attention sur un passage de l’Épître de Pierre (1 Pierre 2:2) qui nous exhorte à cela, par le Saint-Esprit Lui-même. «C’est pourquoi, rejetant toute malice et toute ruse, la dissimulation, l’envie et toute médisance, désirez, comme des enfants nouveaux-nés, le lait spirituel et pur, afin que vous croissiez par son moyen si vous avez goûté que le Seigneur est bon.» Ce qui me frappe dans ce verset, c’est la comparaison suivante «comme des enfants nouveaux-nés, désirez le lait spirituel et pur». De même que dans la vie physique, la croissance dépend de la nourriture et de son assimilation par l’organisme, de même pour la vie spirituelle la croissance dépend de l’usage de la Parole de vie. Remarquez bien que l’apôtre ne dit pas que cette nourriture est nécessaire dans certains cas, et que tel livre ou tel traité peuvent la remplacer. Non, il parle de la Parole de Dieu pour tous les cas et dans toutes les circonstances

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Restez collés à la Parole de Dieu Je vous entends dire que la lecture de tel ou tel livre ou de tel traité vous fait souvent du bien. Je n’en doute nullement, mais le moyen qu’il a plu à Dieu d’établir pour nous faire croître et avancer, c’est Sa Parole. Et c’est dans la mesure où les disciples du Seigneur Jésus obéissent à cet ordre qu’ils grandiront et se fortifieront ; et dans la proportion où ils négligeront ce moyen de grâce, ils resteront faibles et anémiques. On a vu parfois de pauvres bébés terriblement négligés et qui n’ont jamais pu se remonter et jouir d’une santé normale. C’est peut-être la mauvaise qualité de leur nourriture qui les a empêchés d’arriver au plein épanouissement de leurs forces. De même pour la vie divine il est de la plus haute importance que nous prenions, dès le début, le genre de nourriture nécessaire à notre croissance. Et quel doit être cet aliment si ce n’est le « lait spirituel et pur » de la Parole de Dieu. C’est là seulement que se trouve la nourriture appropriée à notre croissance spirituelle ; c’est le lait «condensé» qui nous fera grandir. Donc, chers frères et soeurs, acceptez et suivez ce conseil que je vous donne.

De la lecture régulière de l’Ecriture Et pour bien commencer, il importe que nous lisions régulièrement et d’une manière suivie la Parole divine. N’ouvrons pas notre Bible au hasard pour y lire un chapitre ici ou là, mais lisons-la d’un bout à l’autre, et cela avec soin et attention. J’en parle comme quelqu’un qui sait quelle bénédiction cette manière de lire l’Ecriture lui a apportée, depuis quarante-six ans. Je ne parle pas des quatre premières années de ma vie chrétienne, parce que je la négligeais pour lire tel livre intéressant ou tel traité du reste excellent. Je ne connaissais pas alors la puissance de la Parole divine, et je ne la lisais que rarement. Le résultat naturel de cette négligence fut comme un arrêt dans ma vie spirituelle, quoique j’eusse déjà commencé à prêcher. Heureusement que par le moyen d’un cher frère en Christ qui travaillait dans mon voisinage, Dieu éveilla en moi le désir de lire sa Parole que j’appris enfin à aimer par-dessus tout. Ainsi donc, chers amis, lisez et relisez la Parole divine avec suite et régularité. Je veux croire que vous n’avez pas tous besoin de cette exhortation, et que plusieurs d’entre vous avez déjà commencé à lire la Bible d’un bout à l’autre. Pour les autres, je vous engage à commencer par l’Ancien Testament, et quand vous avez lu un ou deux chapitres mettez une marque pour reprendre votre lecture là où vous vous êtes arrêtés. Puis prenez le Nouveau Testament et faites de même, lisant ainsi alternativement l’Ancien et le Nouveau Testament, de sorte que petit à petit, vous aurez lu la Bible entière. Ensuite vous recommencerez.

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Du lien qui unit les livres de la Bible entre eux Pourquoi est-il si important de lire sans rien sauter ? Simplement afin de voir le lien qui unit ensemble tous les différents livres. Si nous ne lisons pas la Bible de cette manière, nous perdrons une bonne partie des enseignements que Dieu nous destine. De plus, si nous sommes enfants de Dieu, nous devons désirer connaître toute la volonté du Père, révélée dans Sa Parole. «Toute l’Ecriture est inspirée et utile », etc. En lisant ainsi toute la Bible avec soin vous apprendrez à connaître toute la volonté de son Auteur. Si un de vos parents ayant une grande fortune venait à mourir, et vous eût laissé des terres ou des maisons ou de l’argent, vous suffirait-il de lire la partie de son testament relative à votre part d’héritage ? Non, vous liriez attentivement le testament tout entier. Combien plus devons-nous tenir à lire et à connaître tout entier le Testament de notre Père céleste, et non pas seulement quelques livres ou quelques chapitres.

Du profit de la lecture suivie de la Bible Cette lecture attentive de la Parole divine a ce grand avantage de nous garder d’établir un système de doctrines de notre choix, ou de nous former des vues particulières, ce qui est pernicieux. Nous avons souvent la tendance à attacher trop d’importance à certains aspects de la vérité qui nous plaisent particulièrement ; mais la volonté de Dieu c’est que nous apprenions à connaître toute sa pensée, et la variété en matière spirituelle a une grande importance. Notre Dieu a bien voulu nous donner cette variété dans sa Parole. Les enfants de Dieu qui suivent le plan que je vous indique seront à même de jouir et de profiter de toutes les différentes parties de sa Parole. Si, par exemple, quelqu’un propose de lire le Lévitique, un autre le prophète Esaïe, un troisième l’Evangile de Matthieu, je serai d’accord avec tous les trois, et je jouirai de cette lecture que ce soit dans l’Ancien ou le Nouveau Testament.

Bénédiction spéciale Cette manière de lire la Bible nous sera particulièrement utile si nous sommes ensuite appelés à un travail direct dans la vigne du Seigneur. Nous serons ainsi à même d’expliquer l’Ecriture en commençant par le commencement. De plus nous jouirons de cette étude que ce soit dans l’Ancien ou le nouveau Testament. Ainsi que je l’ai déjà dit, il y a quarante-six ans que je suis ce plan et que j’en récolte les bénédictions. Quoique j’aie bientôt atteint mes soixante-dix ans, et

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qu’il y ait près de cinquante ans que je suis entré dans cette vie avec Dieu, par sa grâce je puis déclarer que j’ai un amour grandissant pour Sa Parole qui me devient toujours plus précieuse. Et quoique je l’aie déjà lue une centaine de fois tout entière, je l’aime de plus en plus, grâce à cette méthode de lecture suivie faite jour après jour.

Lire la Parole de Dieu avec prière Souvenons-nous que pour trouver dans cette Parole tout ce que Dieu y a placé et préparé pour nous, il faut la lire dans un esprit de prière, puisque nous ne possédons pas l’intelligence et la sagesse nécessaires pour la comprendre. Il nous faut absolument réclamer l’aide du Saint-Esprit, qui, au nom du Seigneur Jésus, nous guidera et nous élairera selon sa promesse. Pour vous encourager, je vous raconterai ma propre expérience à sujet. C’était en 1829, alors que je vivais à Hackney. Un cher frère en Christ avait attiré mon attention sur le rôle du Saint-Esprit dans notre étude journalière de l’Écriture. «Eh ! bien, m’écriai-je, je vais m’adonner à la lecture et à la méditation attentive de la Parole de Dieu, après avoir tout d’abord prié, et verrai et saurai ce que le Saint-Esprit peut m’enseigner. »

Résultat Je m’enfermai dans ma chambre et, plaçant ma Bible sur une chaise, je m’agenouillai devant celle-ci et restai plusieurs heures en prières et en méditation. Je puis vous affirmer que j’ai appris davantage en ces trois heures que durant les longs mois précédents. La bénédiction reçue de cette manière était si remarquable que, lorsque peu de temps après, je partis pour le Devonshire, il me parut inutile d’emporter les manuscrits contenant les leçons de mes professurs de théologie ! C’est que j’avais fait l’expérience que le Saint-Esprit est un plus grand docteur que tous les docteurs en théologie ! Le Saint-Esprit devint mon maître et je ne puis vous décrire les bénédictions que mon âme en reçut! Je priais par l’Esprit et mettais toute ma confiance dans la puissance du Saint-Esprit, ce que je ne faisais pas auparavant. C’est pourquoi ne vous étonnez pas si j’insiste sur ce point dans désir que vous fassiez les mêmes et précieuses expériences.

De la méditation de la Parole de Dieu Je vous rappelle encore qu’il ne suffit pas de lire la Bible dans un esprit de prière, mais qu’il s’agit de la méditer. C’est ce que je fis le jour où m’étant agenouillé devant ma chaise, je passai trois heures en prière et en méditation. Il ne suffit pas de prier, après avoir lu la portion, mais encore il faut réfléchir sur ce qu’on vient de lire, ce qui est d’une grande page 15


importance. Si vous vous contentez de lire la Bible,c’est comme de l’eau qui entrerait d’un côté pour en ressortir de l’autre. Il va sans dire que vous ne pouvez pas tous consacrer plusieurs heures ou même une heure entière chaque jour à cette étude de la Bible. Votre travail réclame votre attention ; mais quel que soit le temps que vous pouvez y consacrer, si vous ajoutez à cette lecture la prière et la méditation, ce ne sera pas du temps perdu.

Méditation personnelle Lorsque nous lisons et méditons ainsi la Parole divine, il faut que ce soit pour notre nourriture personnelle, et non pas en appliquant à d’autres ce que vous avez lu. Il arrive souvent que les parents lisent la Bible en pensant à leurs enfants, et les enfants en l’appliquant à leurs parents ; les évangélistes pensent à leurs auditoires et les moniteurs à leurs élèves de l’école du dimanche. Oh ! quelle pauvre méthode de lire la précieuse Parole de notre Dieu ! Elle ne vous profitera pas, et plus vous l’abandonnerez et mieux cela vaudra pour votre âme ! C’est en cherchant à vous approprier le message personnellement que vous pourrez ensuite le passer à d’autres. C’est là un point très important ; que vous soyez pasteur, évangéliste, visiteur de malades, président de l’école du dimanche, distributeur de traités, ou n’importe quoi d’autre encore, lisez votre Bible pour vous l’appliquer à vous-même, à votre coeur, à votre conscience, à vos circonstances personnelles. Demandez-vous en la lisant si tel et tel enseignement n’est pas exactement ce qu’il vous faut soit pour vous instruire, vous corriger, vous exhorter ou vous blâmer ? Si c’est ainsi que vous lisez l’Ecriture, vous en retirerez une riche bénédiction que vous pourrez ensuite déverser sur les autres.

Lisez avec foi Un autre point capital, c’est de lire la Parole divine avec foi, car nous y trouvons cette déclaration : « La parole qui leur fut prêchée ne leur servit de rien, parce qu’elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l’entendirent. » (Hébr. 4 : 2.) Il en est de même pour la lecture de la Parole divine ; il faut la lire avec foi, et cela non pas simplement comme vous liriez une histoire à laquelle vous ajoutez foi ou non ; non seulement comme un fait que vous acceptez comme vrai ou pas, ou une exhortation que vous écoutez ou que vous n’écoutez pas, mais comme la révélation de la volonté du Seigneur. C’est ce qui s’appelle lire avec foi, et alors seulement, cette parole sera pour vous un véritable aliment qui vous apportera la force et la santé dans la proportion où vous la recevrez avec une foi entière.

Mettez la Parole en pratique Enfin si Dieu nous bénit par la lecture et l’étude de Sa Parole Il s’attend page 16


aussi à ce que nous soyons des enfants obéissants, acceptant sa Parole comme l’expression de sa volonté, et par conséquent la mettant en pratique. Si vous négligez ce point, vous verrez tôt ou tard que cette étude même faite avec prière, foi et méditation ne vous fera que peu de bien. Jésus disait : «Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquez. » C’est dans la mesure où nous mettons en pratique les enseignements du Seigneur, que nous serons heureux, bénis et secourus par notre Père céleste, dont nous accomplirons la volonté. Je voudrais pouvoir répéter et proclamer dans tout le pays et dans le monde entier que nous, enfants de Dieu, nous devons non seulement écouter et accepter le message divin, mais encore et surtout le mettre en pratique. Je sais bien sûr que beaucoup d’entre vous s’efforcent de le faire, mais je m’adresse en particulier à mes jeunes frères et sœurs qui peut-être n’en ont pas encore compris toute l’importance. Je vous en prie, prenez à coeur cette exhortation ! Satan fait tous ses efforts pour anéantir la Parole de Dieu ; que nous ayons à coeur de la vivre et d’en vivre, comme d’un legs que Dieu nous a fait par le moyen du Saint-Esprit.

De la complète révélation donnée dans la Bible Souvenez-vous que pour le croyant fidèle qui lit la Parole divine, celle-ci révèle tout ce qui concerne le Père, tout ce qui concerne le Fils, et tout ce qui concerne la puissance du Saint-Esprit, tout ce qui concerne ce monde qui gît dans le mal, tout ce qui concerne le chemin du ciel et la vie bienheureuse du ciel. Dans ce livre nous possédons l’Évangile entier et toutes les directions nécessaires pour la vie et le combat du chrétien. Etudions donc la Bible de tout notre coeur avec prière, foi, méditation et obéissance.

De la prière Je voudrais consacrer quelques instants à vous parler encore de la prière. Tout en lisant et comprenant la Parole divine vous ne ferez que peu de progrès dans la vie spirituelle si vous n’êtes pas en communion continuelle avec Dieu et son Esprit et par la prière. Comme il n’y a rien de bon en nous par nature, nous ne pouvons plaire à Dieu que si nous reconnaissons continuellement notre dépendance de Lui, suivant en cela l’exemple du Seigneur Jésus. Vous savez qu’Il passait des nuits entières en prière sur la montagne. Il faut que nous le prenions comme modèle en toutes choses, et surtout pour la prière. Quoique nous ayons passé par la nouvelle naissance, nous gardons encore notre vieille nature en nous, ce qui doit nous pousser à prier pour obtenir la victoire. Il s’agit de nous cramponner à la main toute-puissante du Sauveur. Ce n’est pas seulement dans les grandes difficultés, dans les grands dangers que nous devons prier, page 17


quand notre femme bien-aimée est sur son lit de mort ou que nos chers enfants sont malades. Non, mais c’est en tout temps et pour les petites choses comme pour les grandes que nous pouvons recourir à la prière. Que dès le matin et jusqu’au soir, à travers toutes les circonstances de notre vie, nous sachions mêler la prière à tout ce que nous faisons. Une dame chrétienne me disait dernièrement qu’elle m’avait entendu jadis parler sur ce sujet. J’avais dit que si nous recevions un paquet dont nous ne pouvons ni défaire ni couper la ficelle, nous avions le droit de demander à Dieu son secours. Elle n’avait jamais oublié cet exemple qui lui fut souvent très utile au cours de sa vie. Je vous le répète encore, chers jeunes amis ; rien n’est trop petit pour que nous en fassions un sujet de prière et le Seigneur Jésus nous aime assez pour s’occuper de tout ce qui nous concerne. En quittant ma chambre le matin j’ai souvent déjà reçu deux ou trois exaucements ! Chers jeunes croyants, dès votre entrée dans la vie chrétienne, apprenez à vous attendre à Dieu pour toutes choses, avec une confiance enfantine. Traitez le Seigneur Jésus comme votre meilleur ami, et recourez à Lui en toute circonstance. Quel bonheur de se sentir porté tout le jour et tous les jours dans ses bras d’amour. La vie d’un enfant de Dieu est remplie de petits riens, de petits ennuis et de petites difficultés. Si nous nous débattons par nos propres forces et notre propre sagesse, nous serons toujours perplexes, tandis qu’en remettant tout cela entre les mains de Dieu, Il nous aidera et notre chemin s’éclairera. C’est ainsi que notre vie entière peut s’écouler dans la paix, par la prière.

La foi comme base de notre vie chrétienne Nous trouvons dans le Nouveau Testament deux passages d’une grande portée. D’abord dans 2 Pierre 1 : 5 : «Ajoutez à votre foi la vertu.» Ceci suppose que nous avons la foi au Seigneur Jésus, puisqu’il nous est ordonné d’ajouter à cette foi la vertu. L’apôtre Pierre s’adressait donc à ses croyants et je suppose que je parle aussi à des croyants. Cependant il pourrait s’en trouver un parmi vous qui ne le soit pas. C’est à celuici que je m’adresse en lui rappelant qu’il est pécheur de naissance. Il se peut que vous soyez encore jeune ou déjà âgé ; que vous ayez une conduite morale ou pas ; mais aux yeux de Dieu vous êtes un pécheur. Pour pouvoir obtenir le salut, vous devez comprendre que, comme tel, vous méritez le châtiment, que vous êtes perdu, et que vous ne pouvez vous sauver vous-mêmes. Les mondains parlent parfois de tourner un nouveau feuillet dans le livre de leur vie, mais cela ne pourra pas satisfaire la Justice divine. Le registre de vos fautes passées témoigne contre vous, et il faut que celles-ci soient effacées. Alors quoi ? Vous êtes un pécheur qui mérite le châtiment, et il page 18


faut ou bien que vous subissiez ce châtiment éternel vous-mêmes, ou bien qu’un autre consente à le subir à votre place. Le Seigneur Jésus est venu en ce monde pour porter votre châtiment. Il a souffert pour vous, et maintenant tout ce que Dieu vous demande, à vous pécheur perdu, c’est que vous mettiez votre confiance en JésusChrist et en Lui seul, pour obtenir le pardon et le salut de votre âme. Quel que soit le nombre et la gravité de vos fautes, vous recevrez un plein pardon. Vous êtes alors né de nouveau, régénéré par la foi en Christ, vous êtes fait enfant de Dieu, héritier de Dieu, et cohéritier avec Christ. Gloire à son nom, « qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a fait passer dans le royaume de son Fils bien-aimé ». Si nous avons cru en Christ de cette manière, nous ne devons pas en rester là, mais «ajouter à notre foi la vertu », et à la vertu la connaissance, et à la connaissance la tempérance, à la tempérance la patience et à la patience la piété ».

Vertu ou courage «Ajoutez à votre foi la vertu.» Le mot vertu signifie ici courage, et nous prouve que notre premier devoir, après avoir cru au Seigneur Jésus, est de reconnaître loyalement et ouvertement notre attachement pour Lui. Confessez-Le franchement et courageusement. Il y a de chers enfants de Dieu qui pensent que nous devons garder notre religion pour nousmêmes et qu’il n’est pas nécessaire d’en parler à nos amis et à nos relations, puisque cela risquerait de nous brouiller avec eux. Quel sera le résultat de cette manière de penser et d’agir ? C’est que le Seigneur ne se tiendra pas à nos côtés pour nous fortifier et nous soutenir. Nous serons faibles et resterons faibles, aussi longtemps que nous resterons dans cette fausse position. Je ne vous dis pas que vous irez pour cela en enfer, mais il faut au Maître de vaillants soldats et vous êtes craintifs et lâches ! Il veut que franchement et ouvertement nous reconnaissions devant tous à qui nous appartenons. C’est pourquoi soyons décidés à confesser notre Maître ; c’est de la plus haute importance. Plus nous nous séparons du monde, mieux cela vaudra pour notre vie nouvelle. Nous en serons fortifiés et plus nous serons courageux, plus nous serons heureux. Que tous mes chers jeunes frères et soeurs en Christ prennent à cœur cette exhortation et, s’ils ne l’ont pas encore fait, qu’ils confessent Christ sans plus tarder.

La connaissance «Ajoutez à votre courage la connaissance.» Ici encore nous trouvons un nouvel enseignement. J’ai déjà longuement parlé de l’importance de lire et de méditer la Parole de Dieu. Il ne suffit pas que nous nous reconnaissions pécheurs et que nous allions au Sauveur. Il faut encore progresser dans la connaissance, et quelle connaissance ?

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Celle de Dieu. A mesure que nous avançons dans sa connaissance, nous comprenons mieux son grand amour, qui cherche sans cesse à nous faire du bien. Nous comprenons toujours mieux que toutes ses dispensations sont amour envers nous. Quoique j’aie eu bien des épreuves à supporter, dont quelques-unes furent terribles, j’ai toujours pu me réjouir en Dieu. Pendant près de dix ans (de 1838 à 1848) je n’eus que difficultés sur difficultés, épreuve sur épreuve. Mais j’avais toujours le secours de mon Dieu, de sorte que j’étais joyeux même aux heures les plus sombres sachant que tout me venait de sa main. C’est pourquoi je vous recommande d’accroître votre connaissance, et alors à travers toutes vos épreuves et vos tentations, vous pourrez répéter : «C’est mon Père, mon tendre Père qui m’envoie cette affliction, Lui qui n’a pas épargné son propre Fils pour me sauver » et qui a déclaré que toutes choses concourent ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu. Ayant sacrifié son propre Fils pour moi, Il me donnera toutes choses avec Lui ; donc cette épreuve doit être bonne pour moi, sans quoi II ne l’aurait pas permise. Vous comprenez que dans un état d’âme pareil, nous pouvons supporter toutes ces épreuves, et même jouir du calme et de la paix. Nous serons dans une joie céleste, résultat de cette connaissance de Dieu. Ce n’est que par une étude attentive de Sa Parole et par l’enseignement du Saint-Esprit que nous arrivons à cette connaissance. Ne nous contentons pas de savoir que nous irons au ciel, mais efforçonsnous d’acquérir cette précieuse connaissance.

De la tempérance L’apôtre dit ensuite : « Ajoutez à votre foi la tempérance », ce qui ne signifie pas seulement l’abstention de toute boisson alcoolique, quoique celle-ci s’y trouve renfermée, mais le vrai sens de cette expression est maîtrise de soi et cela en toutes choses, afin de n’abuser d’aucun des dons de Dieu. L’apôtre a en vue, dans ce passage, notre caractère, nos appétits et notre conduite en général, parce que c’est par la manière dont nous nous conduisons que nous honorons Dieu ou le déshonorons. Le monde nous surveille pour savoir comment va se conduire tel ou tel qui est devenu chrétien. S’il constate des inconséquences dans notre vie, il les mettra sur le compte de notre Maître, tandis que si nous sommes fidèles et conséquents, il sera forcé de glorifier Dieu.

De la patience «Ajoutez à la tempérance la patience », c’est-à-dire acceptez joyeusement la volonté de Dieu. Si nous possédons cette joie, nous saurons endurer les souffrances et les tribulations, la maladie et le deuil, assurés que c’est pour notre bien. Tout en étant les enfants de Dieu nous sommes étrangers et voyageurs sur cette terre qui n’est pas notre

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patrie. Nous n’avons point ici de cité permanente, et c’est pour cela que nous ne devons pas attacher trop d’importance aux épreuves et aux difficultés du chemin, car elles auront bientôt pris fin. Efforçons-nous de montrer par toute notre conduite, par notre patience et notre support que nous acceptons joyeusement toutes les dispensations de Dieu.

De la piété «Ajoutez à votre foi la piété» c’est-à-dire l’habitude de remettre à Dieu toutes choses, et de recourir à la prière en toutes circonstances ; agissons en tout temps comme en la présence de Celui qui nous voit ; marchons en nous confiant en Celui qui est notre force, en un mot vivons habituellement dans une sainte et précieuse communion avec notre Père, nous souvenant qu’Il marche devant nous, et avec nous, et qu’Il a toujours le regard sur nous pour nous guider et nous conduire en toutes choses. Oh ! si nous pouvions réaliser ce programme dans chacune de nos vies ! Maintenant, chers frères et amis en Lui, êtes-vous bien décidés à vivre ainsi. Si c’est là votre volonté bien arrêtée, vous pouvez être certains que Dieu vous donnera la force de le suivre. Dans des buts d’amour, Dieu permet que bien souvent ses enfants rencontrent des difficultés ici-bas, mais ne vous laissez pas arrêter, et souvenez-vous que nous approchons du but. Le Seigneur Jésus va bientôt revenir, quoique nous n’en sachions pas le jour ni l’heure. Mais ce qui est certain c’est que nous sommes chaque jour plus près de la fin de toutes choses, plus près du jour bienheureux où Jésus-Christ apparaîtra en gloire pour appeler ses élus à le rencontrer dans les airs. Combien cette pensée devrait réchauffer nos coeurs et nous remplir d’un ardent désir de le servir et de lui ressembler. Si d’autres se sont refroidis, cherchons à les réchauffer ; si d’autres sont encore ignorants, cherchons à les enseigner. Si d’autres manquent de feu et de zèle soyons des charbons ardents pour les ranimer. Souvenons-nous toujours qu’il y a plus de bénédiction à donner qu’à recevoir. Oh ! quelle joie de pouvoir témoigner de l’amour à d’autres au lieu d’en recevoir toujours ! de les réchauffer au lieu de se laisser réchauffer ! C’est pourquoi, bienaimés en Christ, recherchez la piété, la vie avec Dieu déjà ici-bas, afin de devenir ses témoins ! Efforçons-nous d’être des charbons ardents et bientôt tous les chrétiens de notre localité seront réveillés et réchauffés. En aidant aux autres, nos âmes seront bénies et vivifiées.

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CHAPITRE III

Conseils aux jeunes convertis De l’amour fraternel (2 Pierre 1 :7.) Quand l’amour pour les frères manque, c’est une dangereuse lacune. Notre Père céleste s’attend à ce que nous aimions ceux qu’Il a aimés d’un amour éternel et immuable. Il veut que nous nous aimions les uns les autres, et si nous ne nous aimons pas quelle preuve avons-nous que nous aimons Dieu ? Il désire très particulièrement trouver cet amour en nous, cet amour pour les frères, auquel nous devons ajouter encore la charité.

De l’amour Ce mot signifie l’amour universel. Ce n’est pas seulement les enfants de Dieu que nous devons aimer, mais ceux qui ne le sont pas et qui ne nous aiment pas. Oui, nous devons aimer ceux qui n’ont aucune affection pour nous et même ceux que nous n’avons jamais vus. Nous devons aimer tous les membres de la grande famille humaine, car c’est la volonté du Père à notre égard. Il veut que ses enfants aient le coeur assez large pour cela ; si cet amour universel est en nous, nous nous efforcerons de faire du bien à tous les hommes. Nous chercherons surtout à sauver leurs âmes. C’est là ce que nous enseigne cette parole de l’Evangile qui nous dit que Dieu fait lever son soleil sur les méchants comme sur les bons, et que sa pluie descend sur les injustes comme sur les justes. Il nous enseigne par là que nous devons aimer même nos ennemis. «A l’amour fraternel ajoutez donc la charité. »

Résultats et fruits (2 Pierre 1 :8)

Quel sera le résultat pratique de cet ‘enseignement ? Ce sont les fruits que nous devons porter : « Car si ces choses demeurent en vous, elles feront que vous ne resterez pas stériles dans la connaissance du Seigneur Jésus-Christ. Si nous nous efforçons d’ajouter à notre foi la vertu (courage), à la vertu la connaissance, à la connaissance la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, et à la piété l’amour fraternel, et à l’amour fraternel l’amour universel, si ces choses sont en vous et y sont avec abondance, elles ne peuvent vous laisser oisifs et stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ » (2 Pierre 1 :5-9). Oui il nous sera impossible de mener une vie oisive, car nous chercherons à glorifier Dieu, et à porter beaucoup de fruit. Si ces choses sont en nous, nous ne pourrons pas rester passifs et paresseux dans la vie divine que nous avons reçue de Dieu ; au contraire nous croîtrons en sagesse et en grâce, à la gloire et à L’honneur de notre Maître page 22


Résultat contraire Remarquez maintenant cet autre verset : «Celui en qui ces choses ne sont pas est aveugle ; il ne voit pas de loin et il a mis en oubli la purification de ses anciens péchés. » Voilà le triste état de celui qui ne cherche pas à ajouter à sa foi ces grâces. «Celui en qui ces choses ne sont pas (c’est-à-dire qui les néglige) est aveugle, il ne voit pas de loin.» C’est bien cela, mes frères, quoiqu’il puisse jouir d’une excellente vue et n’ait pas besoin de lunettes ; quoi qu’il soit perspicace pour ce qui est de ses affaires temporelles, s’il ne cherche pas à ajouter à sa foi toutes ces choses, il a la vue trouble, il manque de discernement et de jugement spirituel, et toute sa sagesse naturelle ne vaut rien. Il devient même un empêchement à la vie spirituelle de ses condisciples au lieu de leur être en aide, et au lieu de pouvoir conseiller ses jeunes frères en Christ, il obscurcit le conseil de Dieu pour eux. Oh ! mes jeunes frères et soeurs en Christ, je vous supplie de ne pas vous exposer à un pareil aveuglement. « Il a mis en oubli la purification de ses anciens péchés. » Quelle triste chose, après tout ce que Dieu a fait pour vous en vous faisant voir que vous étiez pécheurs par nature et qu’en croyant au Seigneur Jésus-Christ, vos péchés ont été pardonnés et que vous avez été délivrés de la puissance des ténèbres. Quelle triste chose, si, après tout cela, vous redevenez aveugles quant aux choses célestes et éternelles ! Ah ! quel malheur si nous perdions ainsi la lumière que Dieu nous a donnée par le Saint-Esprit ! Si par notre négligence ou notre légèreté nous perdions la vue spirituelle, dans quelles épaisses ténèbres nous tomberions ! Tous les enfants de Dieu courent ce danger. Aussi longtemps que nous sommes dans ce corps, ce danger existera. Prenons donc garde, veillons et prions. Celui qui n’a pas l’Esprit de Dieu a l’esprit du monde, et si vous lui parlez de l’importance de la prière il vous répondra probablement que vous êtes trop religieux, trop pieux, il ne vous comprendra même pas. Comment un homme dont les péchés ont été pardonnés, qui a commencé à marcher sur le chemin étroit, et dont les yeux ont été ouverts aux réalités spirituelles, comment dis-je, un tel homme peut-il devenir aveugle? C’est en négligeant d’ajouter à sa foi toutes ces grâces. Combien il est donc important de les cultiver.

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Beaucoup de chers enfants de Dieu qui avaient reçu l’assurance du pardon par le sang de l’Agneau, et qui avaient connu la joie d’une véritable communion avec Dieu, ont fini par oublier tout cela par leur négligence et leur amour du monde ! Ils perdent ainsi la joie et la jouissance de leur position d’enfants de Dieu et d’héritiers du ciel. Ils s’attachent de plus en plus aux choses visibles et deviennent de moins en moins spirituels. Oh ! mes chers jeunes amis ! Que Dieu nous garde tous d’une chute pareille. C’est pourquoi je vous exhorte à ajouter à votre foi la vertu (courage), la tempérance, la patience, la piété, l’amour fraternel et la charité. «C’est pourquoi, frères, appliquez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection » (2 Pierre 1 : 10).

Pour affermir votre vocation et votre élection Pourquoi cette expression d’« autant plus ». C’est à cause de tout ce qui précède, que nous devons nous efforcer de rendre notre vocation et notre élection sûres. L’avons-nous tous compris et pratiqué, chers frères et soeurs ? Est-il bien certain que tous vous irez au ciel ? Vous me répondrez : « Comment pouvons-nous le savoir ? » « C’est en suivant les ordres contenus dans les versets précédents. Alors vous affermirez votre élection et votre vocation. C’est ainsi que nous conserverons la précieuse assurance de notre adoption, de notre pardon, de l’amour de notre Père céleste ; nous ne douterons pas d’être sur le chemin étroit qui nous mènera à la demeure céleste dont chaque journée nous rapproche. » Je déshonorerais mon Dieu et manquerais à mon devoir si je ne pouvais pas rendre aujourd’hui ce témoignage que j’ai affermi ma vocation et mon élection. Après les cinquante années passées avec mon Dieu, je puis en toute humilité affirmer que je suis son enfant, qu’Il m’a pardonné et que je suis en route vers le ciel. Et quoique je ne sois, par nature, qu’un pauvre et misérable pécheur, méritant le châtiment et la condamnation, je suis aussi assuré d’arriver un jour au ciel que si j’y étais déjà. Pourquoi et comment ai-je cette certitude ? Parce que Dieu par le SaintEsprit déclare que : « Quinconque croit au Fils ne périra pas, mais a la vie éternelle. » Je prends Dieu au mot, comme un enfant et je puis ainsi jouir de ses promesses. De plus je suis assuré, par la grâce divine, de n’être pas un de ces terrains où la semence est tombée et où elle n’a pu lever à cause des pierres et des épines. Non, car j’ai entendu et reçu le message de la Parole divine, et les soucis de ce monde ne l’ont pas étouffée ; les persécutions ne l’ont pas desséchée et à l’heure de la tentation, la Parole divine étant dans mon cœur, je suis resté les yeux fixés sur la croix, ce qui fait que ne suis pas le terrain rocailleux dont parle le Seigneur. Je ne me contente pas d’écouter la Parole de Dieu, mais je la mets en pratique, et malgré mes manquements et ma faiblesse, je puis dire que j’affermis ma vocation et mon élection.

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Si vous ne pouvez pas en dire autant, mes chers jeunes amis, alors n’en restez pas là. Je ne me laisse pas arrêter ou captiver par les choses de ce monde et tous les feux-follets qui attirent et égarent bien des âmes. Je possède quelque chose de bien meilleur. Les choses du monde invisible sont le plus puissant levier pour nous élever au-dessus des choses terrestres et visibles. Il est extrêmement important, bien-aimés jeunes frères et soeurs de bien commencer et de bien continuer, de manière à remporter le prix. Votre sentier sera comme celui du juste, c’est-à-dire la lumière resplendissante qui augmente en éclat. (Prov. 4 : 18). Il faut avancer et ne pas rester stationnaires. Quoique nous ne soyons ni prophètes ni apôtres, il faut que notre sentier devienne toujours plus lumineux.

Efforts Remarquez ici l’importance du mot efforts : verset 10. C’est pourquoi, mes frères, faites d’autant plus d’efforts pour rendre sûres votre vocation et votre élection. Pourquoi cela ? « Parce que, en agissant ainsi, vous ne broncherez jamais. » Le monde ne pourra pas dire de vous: « Regardez cet ivrogne qui se dit chrétien. Regardez ce voleur qui s’appelle chrétien, ou ce grand fainéant qui ne travaille pas pour nourrir sa famille ou bien encore cette mère de famille qui néglige tous ses devoirs, et pourtant ose se dire chrétienne !» Personne ne pourra parler ainsi de l’enfant de Dieu tant qu’il continue à pratiquer les commandements de l’apôtre, et à marcher sur ses traces. De cette façon il ne retombera aucun blâme sur le nom du Seigneur et, «en agissant de la sorte, vous ne broncherez jamais (v. 11)».

Une entrée largement assurée (V. 11) «... et de la sorte l’entrée dans l’éternel royaume de notre Seigneur Jésus-Christ vous sera largement assurée. » Nous serons semblables à un vaisseau entrant au port, toutes voiles déployées ; c’est là le sens de ce verset, et non pas «comme au travers du feu », tel celui qui s’enfuit de la maison qui brûle emportant peut-être une chaise ou une table, et peut-être n’emportant rien du tout, pas même son vêtement ! Il y a certains enfants de Dieu qui se contentent d’arriver au ciel sans s’être efforcés d’y conduire une seule âme. Chrétiens égoïstes ; ne les imitons pas, mais soyons de ces vaisseaux dont les voiles sont gonflées et qui entrent largement au port éternel. Que ce soit là notre but, et disons tranquillement adieu au monde pour attendre joyeusement le retour de notre Roi. Vivons ici-bas de telle manière que nous n’ayons pas plus tard à regretter un seul jour dans lequel nous aurons aimé ce monde mauvais

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Souvenons-nous de cela, chers frères et sœurs, jeunes ou vieux, car nous n’avons qu’une seule vie à vivre ici-bas, et il faut que ces courtes années soient consacrées à l’honneur et à la louange du Seigneur. Il y a encore un passage très important sur lequel je désire attirer votre attention. C’est dans le chapitre 6 des Ephésiens, v. 10 à 18. Pendant les cinq ou six premières années après ma conversion, ce message que j’avais pris comme un ordre seulement, mettait ma conscience mal à l’aise, et je n’aimais guère le relire : «Au reste, mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans sa force toute-puissante.» Un certain dimanche, il y a environ quarante-cinq ans de cela, je me réveillai vers cinq heures du matin, encore fatigué de ma journée précédente. J’aurais aimé passer encore une heure dans mon lit, mais me souvenant que c’était le jour du Seigneur je me décidai à me lever et à lire et à méditer la Parole de Dieu. C’est alors que j’arrivai à ce sixième chapitre des Ephésiens et que j’y découvris qu’il était rempli de l’Évangile ! Il plut à Dieu de bénir abondamment pour mon âme cette portion de sa Parole qui, dès lors, m’est restée particulièrement chère et précieuse. Et maintenant je voudrais vous apporter le message que le Saint-Esprit m’a révélé par ces quelques versets. « Enfin, mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur, et dans sa force toute-puissante. » Le mot enfin (version anglaise) peut se traduire ainsi : «Maintenant, après ce que je vous ai dit », et cette expression de « mes frères », nous montre que ce message est pour les croyants et cela très spécialement.

De la vraie force Le premier point que l’apôtre veut faire comprendre à ses frères en la foi, c’est qu’ils n’ont et ne peuvent avoir aucune force propre. Malgré le fait de leur conversion et de ce qu’ils ne sont plus «morts dans leurs fautes et dans leurs péchés », il n’en reste pas moins vrai que, par euxmêmes, ils n’ont aucune force. «Fortifiez-vous dans le Seigneur », car la force n’est pas en nous. Notre seule force est donc celle du Seigneur, et II nous la communique par l’Esprit, avec sa sagesse et sa puissance et tout ce qui nous est nécessaire pour le combat de la vie chrétienne. Nous avons donc un pressant besoin de cette exhortation ! « Fortifiezvous dans le Seigneur ! » Nous ne pouvons et n’avons rien par nousmêmes. Si quelqu’un me disait qu’il croit avoir quelque puissance, je lui répondrais : Mon frère, vous vous trompez, vous ne possédez aucune force par vous-même. C’est là ce que nous ne devons jamais oublier. Je tiens à m’en souvenir chaque jour, à chaque heure et cela jusqu’à mon dernier jour. Si vous croyez avoir quelque réservoir de puissance en vous, vous négligerez la source qui est en Christ, et vous n’irez pas puiser la sagesse, la puissance et la force que Dieu nous a promises et qui sont en Christ seul. Cette exhortation est donc bien nécessaire à tous :

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« Fortifiez-vous (cherchez la force) dans le Seigneur et dans sa force toute-puissante. » «Revêtez-vous de l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister aux manoeuvres du diable.»

Revêtez-vous de l’armure de Dieu Non pas seulement de la cuirasse ou du casque, ou du bouclier, mais de toute l’armure de Dieu. Et ces paroles : «revêtez-vous» » indiquent que nous devons nous en servir. Ce n’est pas tout de connaître cette armure, mais il s’agit de nous en revêtir, car Dieu nous l’a préparée afin que nous puissions résister à toutes les machinations du diable. Si nous ne portons pas cette armure, elle ne nous servira de rien. Il en est comme de l’Évangile que Dieu nous a donné afin de nous faire échapper au châtiment, car Christ déclare que celui qui croit ne périra jamais, mais qu’il a la vie éternelle. Et pourtant si le pécheur ne reçoit pas Christ, s’il le rejette et s’appuie sur ses propres forces, ou qu’il continue à vivre dans l’indifférence quant aux choses divines, tout ce que Dieu a préparé pour lui par les souffrances et la vie du Seigneur Jésus, ne lui servira de rien. Il faut que chacun s’approprie le salut personnellement par la grâce de Dieu. Il en est encore de même pour les saints; l’armure divine leur sera inutile, s’ils ne la mettent pas. Quelqu’un me dira : «mais je suis si faible ». Eh ! bien, raison de plus pour la prendre et pour dire à Dieu : «O ! mon Père, je suis ton enfant mais si faible ! Aide-moi à porter ton armure ! » Dieu exaucera le cri de son enfant et viendra à son secours. Il existe une apparente contradiction d’un côté entre la souveraineté de Dieu et de la volonté humaine de l’autre. Nous n’avons aucune force par nous-mêmes, et cependant nous sentons très bien que nous sommes des êtres responsables. Il nous est commandé clairement de recevoir l’Évangile et de lui obéir. Si nous ne le faisons pas, nous en sommes responsables. Si nous gémissons de notre complète incapacité, allons à Dieu et disonsLui en toute simplicité : «Je suis faible et pécheur, et je ne puis recevoir l’Évangile. Viens à mon secours.» Dieu nous aidera et nous bénira si nous le cherchons sincèrement. Mais pourquoi est-il si important que nous mettions toute cette armure divine, et non pas seulement telle ou telle partie ? C’est afin de pouvoir résister à toutes les ruses du diable.

Des ruses de Satan Beaucoup déclarent avec les gens du monde que le diable est un être imaginaire. Mais le Saint-Esprit nous révèle le fait de son existence. J’en suis aussi convaincu que de l’existence du Seigneur et de son oeuvre.

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J’y crois aussi fermement qu’à l’existence de Dieu le Père et à la réalité du salut de tous ceux qui croient à Jésus-Christ. Mais tandis qu’il est certain que Satan est une personnalité et que c’est un puissant adversaire, il est vrai aussi que Celui qui est pour nous est encore plus puissant, et que, dans la richesse de sa grâce, Il a préparé pour ses faibles enfants une armure complète avec laquelle ils peuvent résister contre toutes les forces de l’ennemi. Et dans la mesure où nous endosserons l’armure tout entière nous ferons l’expérience qu’Il est toujours prêt à nous secourir dans toutes nos faiblesses.

CHAPITRE IV

Conseils aux jeunes croyants C’est sur Ephésiens 6 : 10-18, que j’ai à cœur de dire quelques paroles d’exhortation à nos jeunes frères et sœurs en Christ. Je vous ai déjà fait observer la grande importance qu’il y a à ne jamais nous appuyer sur nos propres forces, notre propre énergie ou même sur nos expériences passées dans l’oeuvre que Dieu a accomplie par nous. Mais nous devons au contraire nous défier de nous-mêmes, jusqu’au bout de notre pèlerinage terrestre, ne nous confiant qu’en la seule sagesse et la seule puissance de Dieu Lui-même, de sorte que c’est en son nom et par sa puissance que nous allions au combat.

Il s’agit de mettre TOUTE l’armure de Dieu Je souligne le mot « toute», car il a une importance capitale. Dieu a Luimême préparé chacune des parties de cette armure pour que ses enfants soient bien équipés pour le combat, car il s’agit de résister à toutes les ruses de l’ennemi. Celui-ci est non seulement habile et rusé, mais il est toujours à l’affût pour nous prendre dans ses filets. Afin de nous mettre bien sur nos gardes, l’apôtre conduit par le Saint-Esprit, ajoute ces mots: « car ce n’est pas contre la chair et le sang que nous avons à lutter ». Ce n’est pas un combat d’homme à homme, d’armée contre une autre armée, mais contre les « autorités, contre les dominations, contre les princes des ténèbres de ce monde, et les esprits méchants dans les lieux célestes. » Laissez-moi vous rappeler ici, l’extrême importance de nous souvenir que c’est bien réellement contre ces puissances de ténèbres que nous avons à lutter. Si l’un ou l’autre d’entre nous venait un jour ou l’autre, par les ruses de l’ennemi, à douter de l’existence de Satan, qu’il sache que c’est justement en ceci qu’il remporte son plus grand triomphe : « faire croire qu’il n’existe pas ». Il endort ainsi sa victime qui cesse de veiller et de prier. Ah ! certes, il n’est que trop vrai que le diable existe, et qu’il n’est que trop puissant et trop expérimenté ! Mais prenons courage car Celui qui est pour nous est plus grand que celui qui est contre nous. C’est pourquoi luttons vaillamment contre ces esprits méchants qui sont dans les airs. Tant que nous sommes conscients de notre faiblesse et de notre page 28


incapacité, et que nous nous appuyons sur Dieu seul, Il nous aidera dans la lutte et nous donnera la victoire.

C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu « C’est pourquoi », expression qui nous fait comprendre que parce que le conflit est si grand, et que nous ne combattons pas contre les hommes, ni contre la chair et le sang, mais contre les puissances de ténèbres, nous avons d’autant plus besoin de recourir à toute l’armure de Dieu, pour pouvoir résister dans le mauvais jour, et ayant tout surmonté, demeurer ferme ! Chers enfants de Dieu, ne cédez pas à la tentation de croire que, parce que ce conflit est une lutte spirituelle, et que nos ennemis sont si puissants et si nombreux il est inutile de lutter. Non certes. Au contraire, allons courageusement de l’avant, car c’est la volonté de Dieu.

« Prenez courage » et dans quelque circonstance que vous soyez placés, que ce soit en face du danger, de la perplexité ou de l’épreuve, et de la tentation, ne «perdez pas courage » ! Qui pourra nous nuire si Dieu est pour nous ! S’il est pour nous qui pourra résister? Mais ne nous confions jamais en nous-mêmes, ce serait inviter la défaite. Et surtout ne commençons jamais, jamais à raisonner avec le diable, car il est trop fort pour nous! La volonté de Dieu, c’est qu’en aucun cas, nous n’entamions des pourparlers avec le Tentateur. Celui qui commence à raisonner avec lui est sûr de tomber ; n’oublions pas un instant la grande puissance de Satan et la subtilité de ses raisonnements. Nous ne savons pas depuis quand le chef des esprits malins existe, mais nous savons qu’il existait déjà à la création du monde et que c’est à lui que remonte l’origine du mal. Depuis le jour où il trompa nos premiers parents, il a raisonné avec un grand nombre d’âmes et acquis une vaste expérience ! Réfléchissez à toutes les ruses qu’il a imaginées et vous verrez quelle absurdité c’est de vouloir raisonner avec lui ! La Parole de Dieu nous suffit et c’est la seule puissance à laquelle il ne peut pas résister. Donc, chers jeunes amis, n’essayez jamais d’ergoter avec lui mais prenez la Bible et dites-lui : «Mon Maître a dit », et en toute simplicité, avec la foi d’un enfant, appuyez-vous sur Sa Parole. Satan ne pourra rien répliquer. «Prenez donc toute l’armure de Dieu afin de pouvoir résister au mauvais jour, et après avoir fout surmonté, demeurer ferme.»

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Le Mauvais Jour Cette expression : « le mauvais jour » est le jour de la tentation. C’est en ce jour-là que notre force sera de savoir que Dieu est pour nous. Cependant on peut dire que, dans un certain sens, notre vie tout entière est un mauvais jour, grâce à la séduction du monde et à la puissance de Satan. L’ennemi étant constamment aux aguets pour nous surprendre, aussi longtemps que nous serons dans ce corps, nous serons au mauvais jour. L’armure nous est donnée, non pas pour la mettre seulement au moment de la tentation, mais pour la garder tout au long de notre pèlerinage terrestre. Dans les batailles de ce monde comme vous le savez tous, après la victoire, le soldat enlève son armure, dépose ses armes et se repose. Mais il n’en va pas de même avec l’armure divine, puisque notre pèlerinage n’est qu’un long combat jusqu’au bout. Pour ceux d’entre vous qui êtes encore morts dans vos fautes et vos péchés, et qui n’avez pas de lutte à soutenir, je vous dis avec affection, vous dormez du sommeil de la mort, et si vous ne vous réveillez pas, la mort spirituelle et éternelle vous attend !... Cherchez sincèrement à connaître votre état et à trouver le chemin de la vie qui est en JésusChrist. L’Evangile vous est encore offert, la porte de la grâce vous est encore ouverte, puisque vous êtes ici. Oh ! entrez-y, croyez à l’Evangile et obéissez à l’ordre que Dieu vous donne de vous confier en son Fils et en Lui Seul pour le salut de votre âme ! Alors vous recevrez, par la grâce de Dieu, le pardon de vos péchés. Vous serez régénérés, et quoique mort dans vos fautes et vos péchés, vous deviendrez en un instant l’enfant du Père, l’héritier de Dieu et le cohéritier de Christ. Vous serez sur le chemin du ciel, et vous aurez devant vous la vie éternelle et bienheureuse. C’est alors seulement que commencera pour vous la lutte contre les puissances des ténèbres. C’est donc aux croyants que je m’adresse, et surtout aux jeunes, en vous recommandant de prendre au sérieux cette lutte contre l’ennemi. «Après avoir tout surmonté », restez debout. Il est très important de remarquer que nous devons nous préparer à rester debout. Hélas ! combien d’enfants de Dieu nous avons vu commencer courageusement leur course, et persévérer pour un temps, abandonnant le monde avec ses coutumes et ses plaisirs. Ils ont réjoui le cœur du Seigneur et celui de ses enfants, pendant un ou deux ans peut-être. Puis ils ont commencé à regretter le monde, à se lasser de lutter, et au bout de quelques années ils sont retournés à ce monde auquel ils avaient renoncé. Quel triste, triste spectacle ! Et combien souvent cela arrive sous nos yeux ! Pour vous éviter cette triste expérience, je vous supplie de continuer comme vous avez commencé, et de garder continuellement cette armure divine qui, seule, vous permettra de rester debout ! Que personne ne puisse un jour dire de vous : «Celui-ci avait bien commencé, mais n’a pas persévéré. » Que ceux qui nous ont connu en cet an de grâce 1830 puissent en 1875 dire de nous : «Voilà quarante-cinq ans que cet homme persévère dans la vie divine avec autant de fermeté qu’au commencement. »

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De même qu’en ce moment je m’examine devant Dieu, je veux vous poser cette question : « Qu’en est-il de vous et de votre âme ? » Etes-vous aussi décidés aujourd’hui qu’au début de votre vie chrétienne? Sinon, il y a quelque chose qui cloche. Ce n’est pas tout de s’être un jour donné à Dieu ; il faut persévérer, il faut continuer à combattre ces esprits de ténèbres et de méchanceté qui sont dans les airs. Ne nous asseyons donc jamais pour respirer à notre aise et jouir de notre victoire. En ce monde la victoire de l’enfant de Dieu n’est permanente qu’à travers la lutte. Ce ne sera que dans le monde à venir, dans la pairie céleste que nous pourrons enfin nous reposer.

Que vos reins soient ceints de vérité

(Ayant la vérité pour ceinture de vos reins) Examinons un peu cette armure en détail. Il n’est pas nécessaire que je vous rappelle que le soldat qui la porte n’est pas le guerrier moderne avec ses armes à feu, mais bien l’ancien soldat romain. A cette époque il était de la plus haute importance que le soldat fût pourvu d’une ceinture pour fixer à la taille le vêtement qui autrement eût gêné sa démarche, et la lutte corps à corps que tout soldat devait entreprendre. Dans la lutte spirituelle quelle doit être notre ceinture? C’est la vérité divine. Ce n’est en effet que dans la mesure où nous retenons les grandes vérités de la Parole de Dieu, que nous sommes propres au combat. Toute parcelle d’erreur entrave dans la lutte spirituelle. Dieu ne nous aide que dans la mesure où nous sommes fidèles à sa vérité. Le jeune chrétien peut être tenté de se dire : «Je sais que je suis un enfant de Dieu, et que Christ m’a sauvé, c’est pourquoi peu importe si je comprends bien telle ou telle vérité, telle ou telle doctrine.» Or c’est au contraire dans la mesure où nous comprenons la vérité que nous serons capables de rester debout à l’heure de la bataille. Nous devons retenir la vérité révélée dans toutes ses parties et ne pas adopter telle face de cette vérité au détriment de telle autre face tout aussi importante. En proportion de nos efforts pour connaître toute la vérité révélée, nous serons fortifiés et soutenus par cette ceinture de vérité.

La cuirasse de la justice Celle partie de l’armure du soldat romain consistait en une plaque de fer ou d’airain qui recouvrait et protégeait les organes vitaux, comme le cœur, les poumons et le foie. C’était donc une importante partie de l’armure. Ici, il faut nous demander ce que cela représente spirituellement. Quelle est cette cuirasse qui doit nous protéger? Les uns répondront que c’est une conduite honnête. En effet, nous devons nous efforcer de vivre honnêtement, mais cela ne suffit pas. Il faut que dans notre grande faiblesse nous nous cachions dans la justice du Seigneur Jésus, car la justice que le Sauveur nous a acquise est la seule que nous puissions apporter à Dieu. C’est le seul terrain sur lequel nous page 31


puissions réclamer son secours, et attendre l’exaucement de nos prières et la délivrance de nos difficultés dans nos luttes spirituelles.

La justice de Christ Il est essentiel de comprendre que, par nous-mêmes, nous sommes de faibles créatures pécheresses n’ayant d’autre justice que celle du Sauveur. Et c’est non seulement au début de notre vie chrétienne que nous sommes faibles et misérables, mais nous le serons jusqu’au bout ne dépendant pour toutes choses que de Christ et de sa Justice. Il importe de bien le comprendre non seulement le jour de notre conversion alors que nous sommes devenus de nouvelles créatures, mais encore à chaque pas de notre vie spirituelle. De sorte que lorsque le diable vient nous dire : «Crois-tu vraiment aller au ciel, misérable que tu es? Regarde un peu le mal que tu as fait ! Non, non, tu n’y entreras jamais », quand il nous parle ainsi, que répondrez-vous ?... « Il est vrai que j’ai péché, mais pour l’amour de Jésus-Christ, misérable pécheur que je suis, et par Sa Justice, oui, j’entrerai au ciel un jour. » Résultat de ce dialogue : vous vous relevez pour reprendre la lutte. Le diable paraît avoir la victoire et s’efforce de vous donner le coup de mort ! Et pourtant vous vous relevez Quand il croit vous avoir pris dans ses filets, vous vous échappez et cela parce que vous vous confiez en Jésus seul et non dans vos propres efforts. Vous restez debout, par Christ, et vous avez la précieuse assurance que, lavé dans son sang, vous entrerez dans la maison du Père. Lorsque vous vous réfugiez ainsi dans la justice de Christ, le diable perd la partie ! N’oubliez donc jamais de porter la cuirasse de la justice ! Si le soldat romain n’avait pas mis sa cuirasse, comme il aurait vite été terrassé par l’ennemi, sa poitrine étant exposée à ses coups ! Il en est de même pour nous.

Mettant pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l’Évangile de paix Que signifient ces paroles? Les soldats dont nous avons parlé n’allaient pas nu-pieds au combat, car quand un homme lutte contre un autre homme, il glisserait facilement au cours du combat. Ils ne portaient pas de sandales, chaussure qui n’aurait pas protégé le pied suffisamment. La coutume était parmi ces soldats de porter de forts souliers de cuir. Peut-être vous souvenez-vous de Caligula, un des empereurs romains, dont le nom signifie : « petites bottes ». Ce surnom lui avait été donné parce que, lorsqu’il devint soldat très jeune, il avait les pieds si petits qu’il ne pouvait porter aucune des chaussures ordinaires, et qu’il devait les faire sur mesure. Vous voyez donc que les soldats d’autrefois portaient des souliers, et qu’ils en avaient grand besoin pour les longues marches. Les routes d’alors étaient raboteuses et fatigantes, ce qui rendait la marche doublement pénible. De même il nous faut des souliers spirituels, capables page 32


de nous protéger dans les marches difficiles de notre vie chrétienne, et à l’heure de la bataille. Nous qui sommes enfants de Dieu, nous avons une chaussure toute prête qui n’est autre que l’Évangile de paix que Dieu nous a préparé, afin que nous puissions marcher sans broncher sur le chemin souvent rugueux de la patrie terrestre et même afin de rester debout à l’heure du combat. Que signifie cette expression : l’Evangile de paix ? Cela veut dire que nous sommes devenus les enfants du Père réconciliés par la mort de son Fils et ayant la paix du coeur. Nos péchés nous ont été pardonnés en Jésus et Dieu nous a adoptés comme ses enfants pour l’amour de Jésus. Nous n’avons plus rien à craindre, possédant la paix qui passe tout entendement. Quoique tu sois, mon frère, un pauvre pécheur, tu es pardonné et accepté pour l’amour de Christ, « par qui nous avons le pardon des péchés, selon les richesses de sa grâce ». Oui, le Père m’aime, malgré mes faiblesses et ma misère, et je m’avance joyeux sur le chemin du ciel. Il faut que le croyant tienne ferme cette espérance et cette assurance de son salut, telle que l’enseigne l’Évangile, ce qui le soutiendra dans sa marche sur le chemin qui monte, et l’aidera à vaincre l’ennemi au jour de la tentation. Il est très important d’avoir une vue claire et nette des vérités qu’enseigne l’Evangile, sans y mêler nos idées ou nos expériences propres. Il y en a qui s’imaginent devoir faire ce qu’ils peuvent et puis que Dieu fera le reste. Mais c’est là une pensée humaine, car c’est Dieu qui fait tout pour nous. Par la mort expiatoire de Jésus sur la croix. Il a porté le châtiment que méritait nos péchés, et II nous a ainsi acquis cette bienheureuse assurance que nous sommes sauvés et acceptés dans le Bien-Aimé, toujours prêt à nous secourir dans toutes nos détresses. Voilà ce qui nous remplit de joie et de paix, et nous soutient sur le chemin souvent épineux où Christ nous appelle à marcher. Ainsi donc ne négligeons pas cette chaussure qui est le zèle que donne l’Évangile de Paix.

Par-dessus tout, prenez le bouclier de la foi avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin. D’après notre traduction, on pourrait supposer que ces mots : «par-dessus tout » indiquent que ce bouclier est d’une plus grande importance que tout le reste de l’armure. Sans vouloir en diminuer la valeur, le vrai sens de cette recommandation est celui-ci : « de plus », ou « n’oubliezpas ». Nous avons déjà souligné l’extrême importance de la foi, et ceci nous amène à parler de l’importance d’exercer notre foi, et cela pour tout ce qui concerne la vérité révélée, c’est-à-dire la Parole de Dieu. Nous devons croire cette parole sur tout ce qu’elle nous déclare quant au monde présent, passé et à venir, mais tout d’abord nous devons croire au Fils de Dieu qu’Il a envoyé dans le monde. Nous devons apprendre à croire Dieu sur parole d’une façon toujours page 33


plus simple, plus confiante. Voilà ce que signifie : «prendre le bouclier de la foi ». Pour le soldat romain, le bouclier était de première importance, puisqu’il le protégeait contre les flèches et les coups des épées. De même dans le conflit spirituel, Dieu donne le bouclier de la foi à son enfant pour qu’il puisse résister à toutes les attaques de l’ennemi.

Traits enflammés Ce sont des traits enflammés parce qu’ils font de si cruelles, de si terribles blessures. Tous nous avons fait l’expérience de la nature de ces flèches empoisonnées, du diable, et nous savons que le seul moyen d’y échapper (ou de vaincre l’ennemi) c’est de nous servir de ce bouclier de la foi. Parfois nous rencontrons de si grandes tentations que nous serions tentés de douter de l’amour et de la puissance de notre Père ! La foi peut seule nous rendre capables de sortir de ces situations. Pour vous faire mieux comprendre ma pensée quant à ces tentations, je vais vous donner deux exemples. Voici un enfant de Dieu né de nouveau et qui pendant un temps a vaillamment lutté contre le tentateur et les attraits de ce monde. Mais au bout de deux ou trois ans peut-être il oublie de veiller ! Et alors qu’estce qui arrive? C’est qu’il recule et recommence à aimer le monde et à céder à ses attraits. «Je crains bien, pense-t-il alors, de ne pouvoir résister et de perdre la bataille.» Vous savez tous que celle tentation assaille certains enfants de Dieu, qui n’y échapperont qu’en prenant sans retard le bouclier de la foi qui seul pourra éteindre les traits enflammés du doute et de la méfiance. Comment nous servir de ce bouclier? La Parole divine nous dit : «Je ne te laisserai point et ne t’abandonnerai point.» (En anglais jamais.) Cette promesse est certaine pour tous les enfants de Dieu, et dès que nous y croyons avec la simplicité d’un petit enfant, la tentation s’éloigne. Une autre tentation qui assaille parfois le croyant, c’est que, après tout, il se peut qu’il soit perdu. La réponse de Dieu par sa parole sera celleci: «Personne ne pourra les ravir de ma main.» Et l’âme assaillie par le doute et la crainte se dira : «Je suis une des brebis du Seigneur, et ce verset m’affirme que personne ne me ravira de Sa main. » C’est ainsi que le bouclier de la foi éteindra les traits enflammés du Malin, et changera notre tristesse en joie.

Les épreuves de cette vie Disons encore un mot au sujet des choses temporelles où la foi doit aussi jouer un grand rôle. Prenez un chrétien qui a dû toute sa vie gagner son pain à la sueur de son front. Il arrive à la soixantaine et le diable vient de lui dire : «Tu es vieux maintenant, et tu n’auras bientôt d’autre ressource que la maison des pauvres. » Le bouclier de la foi permettra à cet enfant de Dieu tenté par le doute d’éteindre ce trait enflammé du Malin. Il pourra répondre à l’Ennemi que si son Père céleste l’a soutenu et gardé au temps de sa jeunesse, Il page 34


le fera d’autant plus dans les jours de maladie ou de vieillesse. Il pourra lui citer la promesse d’Esaïe : «Je ne te laisserai pas et ne t’abandonnerai point. » J’ai rencontré bon nombre d’enfants de Dieu assaillis par cette tentation-là.

Un exemple Je me souviens d’un fait qui se passa il y a bien des années. Je connaissais une pauvre veuve déjà âgée qui avait vécu une vie vraiment chrétienne. Elle avait travaillé dur dans sa jeunesse et quand l’âge arriva, elle craignit de devoir terminer ses jours dans un asile. Elle avait mis de côté quelque argent sur ses gains passés et se disait que lorsque la somme serait épuisée, il faudrait bien qu’elle entrât dans un asile de vieillards. Je cherchai à l’encourager en lui rappelant comment Dieu avait pourvu à tout dans le passé, et qu’Il le ferait certainement aussi à l’avenir. J’ajoutai même que probablement il se servirait d’un de ses enfants pour venir à son aide. Cependant la tentation au doute revenait toujours, ce qui l’assombrit pendant plusieurs années ! Et maintenant voyez un peu comment le Seigneur vint à son secours. Lorsqu’elle eut dépensé toute sa réserve sauf une vingtaine de francs, le Seigneur la reprit à Lui, de sorte qu’elle n’eut pas besoin d’entrer à l’asile ! Mais cette flèche empoisonnée du doute lui fit perdre sa joie spirituelle et une bonne partie de sa communion avec Dieu ! Tandis que si elle s’était servie du bouclier de la foi, Satan eût été confondu et elle eût joui en paix de ses dernières années. Ne négligeons donc jamais ce bouclier précieux que Dieu nous offre dans Sa Parole pour éteindre tous les traits enflammés du Malin.

Et prenez le casque du salut Dans le passage parallèle de 1 Thess. 5 : 8 il est dit : «et comme casque l’espérance du salut ». De sorte qu’il est clair que c’est l’espérance du salut qui doit être notre casque. Toutes les parties de l’armure étaient d’une grande importance pour le soldat romain : la ceinture pour fixer son vêtement, la cuirasse pour protéger les organes vitaux ; les souliers pour protéger les pieds et affermir la marche ; le bouclier pour parer les coups. Il y manque cependant encore quelque chose d’essentiel: le casque de fer, sans lequel la tête était sans défense, et, étant plus exposée et plus vulnérable que tout le reste du corps, était en danger d’être atteinte. C’est pourquoi le soldat romain devait être armé des pieds à la tête et porter un casque en métal. Il en est de même pour le croyant qui doit pouvoir protéger sa tête, c’est-à-dire posséder l’espérance du salut. Ici-bas nous rencontrons toujours des difficultés, des épreuves et des tentations. Il arrive souvent que tout semble se liguer contre nous, non seulement le monde, mais même les enfants de Dieu nous tournent le dos et nous abandonnent. Cependant, au milieu de tous ces conflits, nous éprouvons une joie inexprimable. D’où vient-elle ? C’est cette espérance page 35


du salut qui tourne nos regards en haut et vient sécher nos larmes. Le chemin peut être parfois obscur, mais nous savons que ce pèlerinage ne durera pas toujours, et que chaque journée nous rapproche du port éternel. Oui, ce qui nous console et nous soutient, c’est la joyeuse espérance d’arriver bientôt à la Maison du Père, d’être délivrés de toute tentation et de tout péché par le sang de Christ qui nous lave. Ah ! quelle glorieuse perspective que celle d’être bientôt délivrés de notre nature corrompue, de pouvoir enfin accomplir la volonté de Dieu sans peine, d’avoir en nous-mêmes les sentiments qui étaient en Jésus, et d’être auprès de Lui pour toujours ! C’est pourquoi, chers jeunes frères et soeurs et en particulier les plus jeunes parmi vous, souvenez-vous, lorsque les tentations, les épreuves et les difficultés vous assaillent, que « nous n’avons point ici de cité permanente », et que nos joies ne peuvent pas être de ce monde. Pensez à la Maison du Père où Jésus est allé vous préparer une place, et ce sera pour vous comme un levier qui vous soulèvera au-dessus de ce monde mauvais et de vos épreuves passagères ! Oui, vivez déjà dans le ciel par avance, par la foi ! Voilà cinquante ans que je connais le Seigneur, et à mesure que mes cheveux blanchissent et que je me rapproche du Port Éternel, tout est joie et lumière. Pendant de longues années de luttes, d’épreuves et d’afflictions, ce qui m’a encouragé et merveilleusement soutenu c’est cette pensée : « Bientôt je serai pour toujours avec le Seigneur. » Que ce casque de l’espérance du salut puisse vous protéger aussi efficacement que le casque d’airain protégeait la tête du soldat romain d’autrefois. Passons à présent à la dernière partie de l’Armure divine.

Et l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu Toutes les autres parties de l’armure dont nous avons parlé, nous sont données comme protection, tandis que celle-ci est une arme offensive qui doit nous permettre d’attaquer l’ennemi et de faire des incursions dans le domaine des ténèbres. Il est vrai que l’enfant de Dieu doit sentir sa faiblesse, mais sans oublier qu’il a Dieu de son côté, c’est-à-dire Celui qui peut et veut nous aider dans le besoin. Nous pouvons donc aller au-devant de l’ennemi pour lui arracher ses esclaves comme des tisons sortis du feu, à la gloire et à la louange de Dieu. Bien-aimés frères et soeurs, c’est la volonté du Seigneur que nous sachions non seulement nous défendre, mais encore être résolus à gagner des âmes et arracher des pécheurs aux pièges de l’ennemi pour les amener au Seigneur Jésus-Christ. Et dans ce but il n’y a pas d’arme comparable à celle dont Jésus Lui-même s’est servi lorsqu’II fut tenté au désert : « Il est écrit.» Pour être à même de bien nous en servir, il s’agit de la connaître et pour cela de l’étudier régulièrement et avec prière, méditation, foi et confiance, en nous l’appliquant tout d’abord’ à nous-mêmes. Ne nous laissons pas aller à raisonner, mais croyons Dieu sur parole avec une confiance enfantine en toute simplicité. Quand l’occasion se présentera servonspage 36


nous de cette arme contre Satan, et il ne pourra pas résister. La Parole divine nous est aussi donnée pour gagner d’autres âmes à Christ ; non seulement par amour pour ces âmes mais aussi pour affermir nos frères en la foi, pour les encourager dans la lutte contre les puissances de ténèbres. Nous n’aurons jamais trop confiance dans cette parole divine qui doit être entre nos mains comme une épée tranchante « perçant jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit ». C’est l’arme spirituelle du combat spirituel.

Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications Nous devons donc « prier en tout temps, avec toutes sortes de prières et de supplications veillant à cela avec une entière persévérance et prier pour tous les saints. Priez pour moi (dit l’apôtre) afin qu’il me soit donné de faire connaître ouvertement et librement le mystère de l’Évangile. » Il n’est pas nécessaire que je m’étende longuement sur ce dernier point, l’ayant déjà traité plusieurs fois. Souvenez-vous seulement que malgré l’importance de tous les autres points, vos efforts seront nuls sans la prière constante, persévérante et confiante. La prière est donc indispensable à l’emploi de cette armure. C’est pourquoi, dans notre grande faiblesse et notre incapacité naturelle, adonnons-nous à la prière, et cela à certaines heures fixées d’avance, car si nous ne prions que par impulsion momentanée, nous finirons par ne plus prier du tout ! c’est alors que nous serons sans force pour la lutte ! Fixons donc certains moments consacrés à la prière secrète qui mettra notre âme en contact direct avec Dieu. A ce sujet, laissez-moi vous rappeler à vous qui êtes chefs de famille, la grande importance de célébrer régulièrement le culte de famille, de sorte que Dieu soit honoré à votre foyer. Comme enfants de Dieu cherchons de plus en plus les occasions de nous unir pour la prière avec d’autres chrétiens. Enfins, chers frères et sœurs en Christ, mettez en pratique toutes ces recommandations touchant l’armure de Dieu et la prière, et je suis assuré que vous serez des chrétiens joyeux, saints et utiles à Dieu. On ne peut donc être un chrétien joyeux qu’en faisant la volonté de Dieu et en étant un de ses témoins dans le monde. Efforçons-nous de porter du fruit, non seulement le 30%, 40%, 50 %, mais plus encore, puisque c’est Dieu qui travaille en nous et par nous. Que Dieu nous aide tous à vivre à sa gloire et à sa louange jusqu’à notre dernier soupir !

CHAPITRE V Il faut prendre note des exaucements de prière Je désire, mes chers amis chrétiens, attirer votre attention sur deux paspage 37


sages relatifs à la prière. Vous trouverez le premier dans le Psaume 116: «J’aime l’Éternel parce qu’Il a entendu la voix de mes supplications. Parce qu’Il a penché son oreille vers moi, je l’invoquerai toute ma vie. » Le Psalmiste déclare qu’Il aime l’Éternel parce qu’Il a entendu la voix de ses supplications. Cela ne peut être notre cas que si nous remarquons la main de Dieu dans nos vies, et si nous observons comment II a exaucé nos prières. C’est ce que faisait le Psalmiste qui pouvait alors dire : «J’aime l’Éternel parce qu’Il a entendu mes supplications.» Bien peu d’enfants de Dieu se rendent compte de l’effet produit sur notre amour pour Dieu par l’observation des réponses accordées à nos prières. Il nous arrive si facilement de ne pas voir la main de Dieu dans nos circonstances et de laisser passer inaperçues ses réponses à nos prières. Je voudrais conseiller à tous, mais surtout aux jeunes, d’inscrire dans un livre « ad hoc » d’un côté les prières qu’ils ont fait monter vers Dieu et, de l’autre, les réponses qu’Il Lui a plu de leur donner. Par exemple vous écrirez : à telle et telle date j’ai commencé à prier en vue d’obtenir tel ou tel résultat. (Puis vous continuerez à prier.) Vous verrez que tôt ou tard, la réponse viendra et alors vous l’inscrirez en face de la requête inscrite auparavant.

Faire le compte des prières exaucées Au bout de quelque temps, relisez votre livre de notes, et vous verrez combien de fois Dieu vous a répondu, et peut-être au sujet de prières que vous ne pensiez pas pouvoir être exaucées ! Vous verrez aussi combien ces preuves de la fidélité de Dieu feront grandir en vous la gratitude et l’amour pour votre Père céleste. Vous pourrez vous écrier avec le Psalmiste : «J’aime l’Éternel parce qu’Il a exaucé la voix de mes supplications. »

Résultat de ce bilan de vos prières exaucées Notre devoir est d’aimer Dieu même quand II n’exauce pas nos prières; mais si nous faisons ainsi le compte de nos exaucements, nous serons étonnés de leur grand nombre, et remplis d’amour et de reconnaissance envers Dieu. Un autre résultat est celui que le Psalmiste exprime au second verset « Parce qu’Il a penché son oreille vers moi, je l’invoquerai toute ma vie. » Plus nous avons de « preuves» de la puissance et de la bonté de notre Père, plus nos cœurs doivent être disposés à l’invoquer. Plus nous avons déjà reçu, plus nous devons être résolus à demander de grandes choses. Est-ce là ce que vous faites ?

Libres de toute inquiétude C’est dans l’épître aux Philippiens que vous trouverez le passage qui doit maintenant attirer votre attention. Ce sont les versets 6 et 7 du ch. 4 page 38


: «Ne vous inquiétez de rien, mais en toutes choses faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Christ Jésus. » «Ne vous inquiétez de rien. » Ces paroles ne signifient nullement que nous devions être insouciants, indifférents et négligents. Mais elles signifient que nous ne devons pas nous faire de soucis pour quoi que ce soit. C’est là un des privilèges de l’enfant de Dieu, auquel il est non seulement permis, mais commandé d’apporter à leur Père céleste tous ses soucis, ses chagrins et ses épreuves. Ils doivent s’en décharger sur Lui, et voilà pourquoi ils n’ont aucune anxiété. Pourquoi n’avons-nous pas le droit d’être inquiets ou soucieux ? Parce que c’est déshonorer notre Dieu. Si les mondains s’aperçoivent que nous, chrétiens, nous sommes inquiets et anxieux comme eux ils ont alors le droit de dire que la profession que nous faisons de posséder un Ami tout puissant dans les cieux, n’est qu’une théorie et non une réalité. C’est ainsi que nous déshonorons notre Père céleste.

Le fait est que nous avons un ami au ciel et qu’Il est puissant et tendre, capable de nous délivrer à l’heure qu’Il jugera la meilleure. C’est là une raison suffisante pour ne pas nous faire de soucis. Vous me direz peut-être : «Comment voulez-vous que je sois sans inquiétude au sujet de mon mari qui boit?» Je vous répondrai, chère sœur, que par la prière fervente vous pouvez remettre votre mari à Dieu tout en persévérant à attendre sa réponse, sans porter seule ce gros souci. Vous désirez sans doute sa conversion, ce qui est naturel, mais déchargez-vous sur Dieu de ce lourd fardeau et II vous enlèvera Lui-même toute anxiété à ce sujet. Et il en va de même pour tout. Quant à nos enfants inconvertis, notre devoir est de les élever dans la crainte de Dieu, de leur donner l’exemple d’une vie sainte et de prier fidèlement pour eux (et avec eux), mais que ce ne soit pas un fardeau et un souci, puisque Dieu Lui-même nous invite à nous décharger sur Lui de tous nos soucis. Ainsi, prenez cet ordre au pied de la lettre : « Ne vous inquiétez de rien.» Vous pourrez alors marcher en assurance, en pleine confiance en Celui qui tient dans sa main les temps et les moments.

Appuyons-nous donc sur Lui seul L’apôtre nous exhorte dans le verset 7 à tout apporter au Seigneur, «par des prières, des supplications et avec actions de grâce ». Notez en particulier le mot en «toutes choses». Ce n’est pas seulement les grandes choses que nous avons à Lui apporter, mais «toutes choses», c’est-à-dire nos affaires temporelles et spirituelles. La vie est faite de petites choses, mais si nous croyons pouvoir supporter seuls les page 39


petites difficultés de chaque jour, nous ferons bientôt l’expérience qu’elles sont trop lourdes pour nos faibles forces et que nous risquerions de tomber, ce qui déshonorerait notre Dieu.

La folie qu’il y a à négliger cette exhortation Montrez-moi le chrétien qui se croit assez fort pour porter seul ses petits fardeaux, et je vous prédis qu’il ne tardera pas à déshonorer son Père céleste. Nous n’avons par nous-mêmes aucune force, et ne pouvons porter ni grands, ni petits fardeaux. C’est pourquoi apportons-les sans retard à notre Dieu, autrement ils deviendront de plus en plus lourds. La vraie sagesse consiste pour l’enfant de Dieu, quand il a quelque petit souci, à dire à son Père : «Je ne me sens pas la force de porter ce fardeau.» Et notre Père céleste s’en chargera avec joie, puisqu’Il a promis de le faire. Vous voyez combien ces mots «en toutes choses » sont importants. «Faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces. » Non seulement des prières, mais des supplications, c’est-à-dire avec la véhémence qu’un un mendiant met dans sa requête. Il y met de l’insistance, il vous suivra, jusqu’à ce qu’il ait attiré votre attention, et obtenu une aumône. Suivons ce bon exemple dans nos prières, et certainement notre Père céleste se laissera fléchir par notre persévérance et notre sainte insistance, puisqu’Il nous a déjà fait le don le plus précieux en nous donnant Son Fils !

Actions de grâces Remarquons encore une fois que nous sommes exhortés à ajouter aux supplications les actions de grâces. Il me semble qu’on peut dire que la base sur laquelle nous devons élever nos supplications c’est l’action de grâces. Remercions le Seigneur pour ce qu’Il nous a déjà accordé, tout en réclamant de nouvelles bénédictions. Nous négligeons trop souvent de rendre grâces pour les bontés de notre Père céleste, ce qui est de l’ingratitude.

Quel est le résultat de l’obéissance à tous ces commandements !

Nous trouvons au verset suivant le précieux résultat de notre fidélité sur ce point, c’est-à-dire : la Paix de Dieu ! Au lieu de courir à droite et à gauche dans la fièvre de l’agitation, nos cœurs sont « en paix ». Nous jouirons de celle paix qui passe tout entendement et qu’aucune parole ne peut décrire : la Paix de Dieu qui gardera nos coeurs et nos esprits en Christ.

Gardez votre cœur Ce mot de «garder» fait penser à une garnison. En effet, la paix divine gardera nos coeurs,, comme une garnison garde le fort. Il y a un sens page 40


profond dans ces versets, et tandis que les gens du monde, et même certains chrétiens qui ne connaissent pas ces vérités, sont toujours inquiets et tourmentés lorsqu’ils sont dans la fournaise de l’épreuve, nous les enfants de Dieu, qui vivons de ces vérités, nous nous confions tranquillement en notre Dieu, et restons paisibles dans sa main. C’est ainsi que la paix qui passe tout entendement gardera nos cœurs et nos esprits, et, de plus, nous protégera contre les faux-pas, glorifiant ainsi notre Dieu devant le monde. C’est en Jésus et par Jésus que cette paix, une fois obtenue, régnera dans nos cœurs et nous gardera dans le droit chemin.

CHAPITRE VI Aujourd’hui, chers jeunes amis, nous voulons méditer sur quelques versets du chapitre 3 des Lamentations de Jérémie, depuis le verset 22e. «C’est grâce aux bontés de l’Eternel que nous ne sommes pas anéantis. Non, ses compassions ne sont pas épuisées. » (lire jusqu’au verset 27.) Je ne me fie jamais à mon propre jugement pour choisir un sujet de méditation, mais je demande au Seigneur de me diriger et de me donner Lui-même le sujet à méditer. Je Lui ai demandé plusieurs fois de me montrer la portion de Sa Parole qu’Il voulait que je prenne et maintenant je Lui demande Sa bénédiction sur cette méditation. Tout d’abord nous devons considérer quelles étaient les circonstances dans lesquelles Jérémie écrivit ces paroles. «C’est grâce aux bontés de l’Eternel que nous ne sommes pas anéantis.» Voyons un peu dans quel état se trouvaient les Israélites comme nation à cette époque. Presque tous les Juifs avaient péri par la guerre, la famine ou la peste sans compter tous ceux qui avaient été emmenés en captivité à Babylone. Seuls, les plus pauvres étaient restés au pays, et encore en très petit nombre. C’est le roi de Babylone qui avait donné l’ordre d’y laisser un petit nombre de Juifs, afin que le pays ne fût pas complètement abandonné. De plus, Jérusalem avait été brûlée et détruite ; ses murailles étaient en ruines et le temple brûlé. Et c’est dans ces tristes circonstances que le prophète s’écrie : « C’est par les compassions de l’Eternel que nous n’avons pas été anéantis. » Il voulait sans doute dire par là que si Dieu les avait traités comme ils le méritaient, tous auraient péri. Il ne resterait pas un homme, pas une maison debout ; tout aurait été détruit. Ce petit reste ne méritait même pas la compassion de l’Eternel. C’est bien là aussi notre histoire à nous, enfants de Dieu, car, comme pour les Israélites, nos malheurs sont souvent la conséquence de nos péchés ! Pour être pratiques, posons-nous maintenant cette question : « Si chacun de nous avait ce qu’il mérite, où en serions-nous ? » Nous n’aurions aucun droit à nous attendre à autre chose qu’à une entière destruction, si nous étions traités uniquement d’après la justice et le jugement de Dieu, et non pas d’après sa grâce et ses compassions. Je voudrais que chacun de vous se pose maintenant cette question: «Ai-je été convaincu de péché, et me suis-je vu un pauvre pécheur, ne méritant que le châtiment ? Si vous n’avez jamais passé par cette expérience, je vous prie de bien considérer votre position en cet instant. page 41


Comprenez quel est le plan de Dieu pour votre salut, à savoir qu’Il a mis sur Jésus, son Fils unique, votre péché, qu’Il a porté à votre place ; il y a eu substitution sur la croix du Calvaire. Dieu, dans sa miséricorde nous a fait ainsi échapper à la destruction qui nous menaçait à cause de nos péchés. C’est Lui le Sauveur qui a reçu les coups que nous avions mérités ! C’est notre péché qui L’a cloué à la croix afin qu’il subit la peine qui nous était due et que nous fussions sauvés pour l’éternité ! Avons-nous tous bien compris cela ? Sinon, je vous en prie, relisez les trois premiers chapitres de l’Epître aux Romains. Vous y verrez clairement ce que nous sommes par nature et ce que nous méritons. Et si la lumière se fait en vous, alors je supplie le Seigneur Jésus, qui, seul peut vous faire échapper au châtiment. Si vous mettez en Lui votre confiance «vous obtiendrez miséricorde, c’est-à-dire le pardon de vos péchés, selon les richesses de sa grâce ». Et si vous croyez, vous devenez « enfants de Dieu, et si vous êtes ses enfants, vous devenez ses héritiers et les cohéritiers de Christ ». Après avoir cru et accepté l’Evangile, nous sommes délivrés de la puissance des ténèbres et transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé. C’est ainsi que nous avons en perspective la vie éternelle, la joie et la paix par Jésus.

Esprit d’abaissement et d’humilité Remarquez en particulier que le Seigneur ne dit pas que c’est par les compassions du Seigneur que ces méchants Juifs ne furent pas consumés, mais bien que : « nous n’avons pas été consumés ». Il se compte donc lui-même parmi ces derniers, et c’est d’autant plus remarquable que Jérémie était l’un des hommes les plus sanctifiés (ou saints) de cette époque. Il en est de même de tous ceux qui craignent l’Eternel et croient au Messie, à Celui qui, au temps de Jérémie, devait venir, et qui est le même auquel nous croyons maintenant, en regardant en arrière. Plus nous avançons dans la connaissance de Dieu, plus nous voyons et discernons notre état de corruption naturelle, nos péchés et nos manquements. Au lieu de regarder nos frères avec orgueil ou dédain, nous reconnaissons que c’est grâce aux compassions du Seigneur que nous ne sommes pas consumés. Le coeur de Dieu était encore plein d’amour pour les descendants d’Abraham, et II n’avait pas oublié les bénédictions promises à sa postérité, de sorte que le prophète pouvait dire : « Ses compassions se renouvellent chaque matin.» Tel est le langage de tous ceux qui connaissent vraiment Dieu et qui observent comment sa bonne main conduit tous ceux qui l’aiment et le craignent. Et s’il n’en était pas ainsi, que deviendrions-nous, nous qui sommes les disciples du Seigneur Jésus ? S’Il nous laissait à nous-mêmes, nous retournerions bien vite en arrière, et nous retomberions dans l’état de péché et de corruption où nous vivions autrefois. Ce n’est que par la grâce de Dieu que nous sommes ce que nous sommes, car Il est fidèle. Même si page 42


nous lui sommes parfois infidèles, Lui Il demeure fidèle envers son peuple racheté. Quelle bénédiction d’avoir cette assurance. Une autre parole du psalmiste consolait le prophète au milieu de ses épreuves : «Jéhova est mon partage ; c’est pourquoi j’espérerai en Lui.» C’était au moment où le peuple presque entier avait péri par l’épée ou par la famine et la peste. Le petit reste qui y avait échappé avait été emmené en captivité. La ville de Jérusalem avait été détruite et le temple brûlé ! Il nous est difficile de comprendre l’affliction du prophète dans ces tristes circonstances, mais il est certain qu’il en souffrait profondément, surtout de la destruction du temple. Cependant notez bien qu’il n’était pas écrasé mais qu’il avait encore une lueur d’espérance. Et en qui pouvait-il encore espérer? Au Dieu vivant dont il déclare que «Jéhova est ma portion ; c’est pourquoi j’espérerai en Lui ». Dieu me reste, quoique Jérusalem soit détruite, que ses murailles soient renversées et que le temple soit brûlé ! Oui, Dieu est mon partage. Nous allons méditer cette déclaration du prophète.

« Jéhova est mon partage » (Lam. 3 : 24)

Dieu était tout pour lui, et c’est là le message que j’apporte à mes condisciples aujourd’hui. En est-il de même pour nous? Le Dieu vivant est-Il réellement notre tout ! Est-II notre partage et notre espoir? Souvenez-vous que malgré toutes nos autres possessions, c’est Lui qui doit être notre partage. Même si tous nos amis devaient nous abandonner, nous serions riches, ayant l’Eternel en partage ! Si nous possédions de grands biens et que nous dussions les perdre, nous serions riches en possédant Dieu Lui-même ; si nous devions passer le reste de notre vie au fond d’une prison, nous y serions parfaitement heureux pourvu que Dieu nous y ait accompagnés de sa divine présence ! Je ne vous demande pas si vous êtes des gens religieux. Je ne vous demande pas non plus si vous lisez votre Bible, car je le suppose. Je ne vous demande pas davantage si vous fréquentez un lieu de culte et si vous pratiquez la prière. J’en suis sûr. Non, ce que je vous demande est mille fois plus important : «Est- ce que Dieu est tout pour vous?» Je voudrais que vous vous posiez chacun les questions suivantes : «Ma femme ou mon mari est-il tout pour moi?» S’il en est ainsi, alors je vous plains. Vous avez le droit d’aimer votre femme, votre mari, vos enfants, mais comme enfants de Dieu ces affections, quoique parfaitement légitimes, ne doivent pas prendre la première place, ni toute la place. Jéhova seul y a droit. Il veut être notre partage. Estll vraiment notre partage ? Pour beaucoup, ce sont les trésors terrestres qui sont leur tout. Ah ! quelle misérable portion ! Vous vous apercevrez un jour ou l’autre qu’ils sont malheureux et ont une mauvaise conscience. Ah les trésors d’ici-bas ne pourront jamais satisfaire votre coeur ! Jamais. D’autres font de leur travail, de leurs affaires matérielles le tout de leur vie. Ils y mettent tous leurs soins, et ils ont raison de ne pas vivre page 43


dans l’oisiveté. Ces chrétiens doivent, eux aussi, soigner leurs affaires, s’ils veulent que Dieu puisse les faire prospérer. Mais s’ils leur donnent la première place (ou l’unique) dans leur coeur et leurs pensées, si la position sociale, le rang, les richesses ou n’importe quoi deviennent leur unique souci, leur partage, je puis leur dire qu’ils sont bien à plaindre ! Mais si, au contraire, Dieu est notre partage et que nous trouvions en Lui seul tout notre bonheur, alors nous avons une riche portion ! Est-ce bien Lui qui fait notre seule joie, notre unique espoir, tout notre bonheur? Possède-t-il tout notre coeur, est-Il toute notre espérance ? Est-Il, en un mot, notre tout ?... Soyons droits devant Lui et avec nous-mêmes. Y a-t-il une chose ou dix choses que nous aimons ? Une seule est nécessaire ! Le prophète Jérémie avait l’Eternel pour héritage, et c’est pourquoi il ne se sentait jamais misérable, ou pauvre ou abandonné. Aussi longtemps que le Dieu vivant est tout notre trésor, tout est bien. Le Seigneur Jésus Lui-même lorsqu’il était sur la terre n’avait qu’un seul but, à savoir, vivre pour Dieu, le servir, et faire sa volonté. « Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé. » Il en doit être de même pour chacun de nous. Tout ce que nous faisons doit être fait à la louange et à la gloire de notre Dieu. Voilà le vrai mobile de toutes nos actions. Il faut que toutes nos pensées soient occupées de Lui, directement ou indirectement. Quand nous nous rencontrons avec des amis, même si c’est pour un repas, nous pouvons boire et manger à la gloire de Dieu. Employons-nous les forces qu’il nous donne pour son service ? Posons-nous tous ces questions maintenant

Dieu est-il vraiment tout pour moi ? Je me pose cette question à moi-même aussi bien qu’à vous. Est-ce Dieu Lui-même qui est vraiment mon tout, ou bien sont-ce les choses de ce monde ? Je puis répondre pour ce qui me concerne, que rien ne pourrait me satisfaire si Dieu n’était mon partage, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois et année après année ! Oh ! mes amis ! ne vous contentez de rien moins et si vous avez Dieu pour partage, dans quelque circonstance que vous vous trouviez, que ce soit la maladie, le danger ou même l’approche de la mort, vous serez dépendants de toutes les circonstances, et plus ou moins malheureux selon votre entourage. Jérémie possédait cette espérance, cette assurance et pouvait se réjouir à la pensée que Jérusalem serait rebâtie, et le temple reconstruit, C’est ce qui arriva environ soixante-dix ans plus tard. Les promesses avaient été faites par Dieu Lui-même aux descendants d’Abraham, et c’est pourquoi le prophète répétait joyeusement « L’Eternel est ma portion, c’est pourquoi j’espérerai en Lui. » Il y a peut-être des gens qui disent que, dans ce siècle, nous ne pouvons pas raisonner comme du temps des prophètes et des apôtres. Je leur répondrai : Pourquoi le peuple de Dieu ne pourrait-il pas se réjouir en Lui, tout comme les prophètes et les apôtres? N’est-il pas le même Dieu ? Sa puissance n’estelle pas la même ? Son amour a-t-il changé? Non, certes ! Nous avons toujours sa précieuse Parole, ses précieuses promesses, de sorte qu’il page 44


nous est tout aussi facile que pour les fidèles du 1er ou du 2ème siècle de nous confier en Lui, de nous réjouir en Lui. Il est certain que ni vous ni moi ne sommes apôtres ou prophètes, mais nous pouvons jouir de la paix et de la joie par le Saint-Esprit dans ce siècle comme les croyants du passé ! Répétons donc avec le prophète : «Jéhova est mon partage, dit mon âme : c’est pourquoi j’espérerai en Lui.» De plus, « le Seigneur est bon envers ceux qui s’attendent à Lui » Quel encouragement pour ceux qui passent par l’épreuve et les difficultés de la vie. Tous nous devons y passer tôt ou tard, et c’est alors qu’il fait bon pouvoir se répéter : «Jéhova est bon envers ceux qui s’attendent à Lui. » Oui, allons lui présenter nos requêtes, réclamer son secours, puis attendons sa réponse. C’est aussi un encouragement pour ceux qui ne connaissent pas encore le Seigneur, qui ne croient pas en Lui. Voici la promesse : «Le Seigneur est bon pour l’âme qui le cherche.» Ils n’ont qu’à demander à Dieu d’avoir pitié d’eux. Pour nous, enfants de Dieu, au milieu de toutes nos épreuves, de nos tentations, de nos difficultés, répétons avec Jérémie que : « Le Seigneur est bon envers ceux qui s’attendent à Lui, envers l’âme qui le cherche. » Personne n’a jamais cherché Dieu en vain ! Qui cherche trouve. Ce n’est pas en vain que nous chercherons la consolation, l’instruction, la colère, l’orgueil, la fierté, l’obstination, et tout ce qui est contraire à la volonté de Dieu. Apportons tout cela au Seigneur avec une simplicité enfantine et nous ferons l’expérience qu’Il est bon envers ceux qui s’attendent à Lui et qui le cherchent. Maintenant nous arrivons au dernier verset que nous devons étudier ensemble : « Il est bon que l’homme espère et attende en repos le salut de l’Eternel. » «Tout d’abord : il est bon que l’homme espère en Jéhova pour son salut. » Ce mot de salut tel qu’il est généralement employé dans l’Ancien Testament a plutôt le sens de délivrance, et non seulement la délivrance de l’âme, mais encore la délivrance de l’épreuve, de la tentation, de la souffrance et des difficultés. C’est pour obtenir cette délivrance qu’il est bon de nous attendre à l’Eternel. Nous nous trouvons tous parfois dans des circonstances qui nous font soupirer après la délivrance, que seul peut nous donner l’Eternel. Est-ce à Lui que nous avons recours ? Le prophète déclare qu’il fait bon s’attendre à Lui seul. Vous en ferez l’expérience alors que Satan viendra vous souffler cette pensée : «Jamais tu n’en sortiras ! » Et vous craignez de porter ce fardeau jusqu’à votre mort ! Écoutez plutôt cette déclaration du Sauveur : «A chaque jour suffit sa peine. » Remettez-Lui tout, et mettez-vous dans la position qui vous permettra de regarder à Lui et d’attendre de sa bonne main la grâce nécessaire jour après jour. Quant à demain, c’est le Seigneur qui en prendra soin. Souvenez-vous, lorsque cette pensée vous vient « jamais cette épreuve ne finira », qu’il est bon que l’homme attende en paix le salut de Jéhova. C’est Lui qui vous délivrera, alors que surviendra l’épreuve de la tentation. Si vous lâchez cette espérance, cette confiance, vous perdrez page 45


toute la consolation que le Seigneur vous tient en réserve, et en perdant la consolation vous perdez la force et la joie. C’est pouquoi je vous le répète encore : «Tenez bon, tenez ferme.» Vous vous rappelez ce remarquable verset 13 du Psaume 27, où David s’écrie : «Ah ! si je n’avais cru que je verrais les biens de l’Eternel sur la terre des vivants ! » C’est comme s’il avait dit que, sans l’espoir de voir des jours meilleurs, il aurait perdu toute sa force. C’est là ce que nous devons faire, nous aussi, il faut croire que, en mettant notre attente en l’Eternel, nous verrons des jours plus heureux, plus bénis. C’est l’Esprit de Dieu qui nous inspire ces pensées-là, tandis que c’est l’ennemi qui, pour nous rendre malheureux, nous pousse à désespérer, et à douter de Dieu Lui-même. Oui, «il est bon que l’homme attende son salut de Jéhova». Et ce n’est pas tout, car il ajoute : « il est bon d’attendre » en repos le salut de Jéhova. Donc nous devons espérer en restant dans le calme. Cela ne nous est pas naturel, ni à vous, ni à moi. Nous manquons de patience et nous voudrions obtenir la délivrance immédiatement, aujourd’hui même ! Et si nous ne sommes pas exaucés sur l’heure, nous sommes tentés de nous croire plus sages que Dieu ; nous murmurons et sommes mécontents. Eh ! bien, tout cela déshonore notre Dieu puisque sa volonté est que nous nous remettions entre ses mains, attendant en paix sa délivrance. S’il tarde à nous exaucer, à nous délivrer, souvenons-nous de cet autre verset : « S’il tarde, attends-Le.» C’est ainsi que nous glorifierons notre Père aux yeux d’un monde incrédule. Il verra que nous sommes les objets de la sollicitude et des soins vigilants d’un Dieu plein d’amour.

Conclusion Tout d’abord n’oublions jamais que même si nous devons passer par de grandes épreuves, de grandes afflictions, ce n’est encore rien en comparaison de ce que nous avons mérité. Nous avons tous mérité l’enfer, et voilà pourquoi nous devons répéter avec le prophète : « C’est à cause des compassions divines que nous n’avons pas été consumés. » « Ses compassions se renouvellent chaque matin. » Secondement, c’est Jéhova Lui-même qui doit être notre partage, notre espérance, notre tout. Le troisième point sur lequel j’ai attiré votre attention, c’est que lorsque les épreuves et les tentations surviennent, «il est bon d’espérer et d’attendre en repos le salut de Jéhova ». Puis n’oublions pas de le louer et de le bénir pour ce qu’Il a fait pour chacun de nous. Nous avons ainsi médité sur quelques versets des Lamentations de Jérémie, livre qui contient cinq chapitres. Les chapitres 1, 2, 4 et 5 renferment chacun 22 versets, d’après l’alphabet hébreu qui n’a que 22 lettres. Mais le chapitre 3 renferme 66 versets, c’est-à-dire trois fois les 22 lettres de l’alphabet hébreu. Les chapitres 1, 2, 4 et 5 commencent par la lettre Aleph, qui correspond à notre A, le deuxième verset par la lettre Beth, notre B, et ainsi de suite à travers tout l’alphabet. Mais au chapitre 3 le prophète parcourt trois fois l’alphabet tout entier, c’est-à-dipage 46


re que chacun des trois premiers versets commence par «Aleph », et les trois suivants par « Beth ». Ceci n’est pas simplement un jeu poétique, mais il me semble entendre Dieu nous dire : «Vous qui connaissez notre Alphabet, et qui savez lire, voyez quel châtiment est tombé sur Jérusalem et la Judée pour le péché de ses habitants ! Que cela vous soit un sérieux avertissement.

Le Dieu de Jeshurun Après avoir demandé une direction au Seigneur par la prière, j’ai choisi quelques versets du 33e chapitre du Deutéronome, 26-29. «Nul n’est semblable au Dieu d’Israël. Il est porté sur les cieux pour venir à ton aide. Il est avec majesté porté sur les nuées. » (Lire jusqu’au bout du chapitre.) Ce passage, comme vous le savez tous, a rapport aux bénédictions que Moïse donna aux différentes tribus peu avant sa mort. Après avoir donné une bénédiction spéciale à chacune des tribus, celle qui se trouve contenue dans les versets ci-dessus est donnée par l’Esprit au prophète pour toutes les tribus d’Israël. Le Saint-Esprit résume toutes les bénédictions particulières en une seule qui commence par cette déclaration : « Nul n’est semblable au Dieu d’Israël (Jeshurun). »

De la justice imputée Jeshurun signifie le Juste, un des titres donnés aux Israélites. N’est-ce pas là un étrange nom que donne le Saint-Esprit à ce peuple au cou raide qui tant de fois s’est rebellé contre l’Éternel. Et cependant l’Esprit l’appelle le peuple droit ! (juste). Il en est exactement de même pour nous. Par nature nous sommes de grands pécheurs et nous ne méritons qu’un juste châtiment. Cependant à l’instant où le pécheur croit au Seigneur Jésus-Christ et met en Lui sa confiance, il est appelé juste, parce qu’il est justifié, « Nous étions tous par nature des enfants de colère comme les autres », mais par la foi en Jésus-Christ, nous sommes acceptés, régénérés, c’est-à-dire nés de nouveau. Au lieu d’être des enfants de colère, nous sommes devenus enfants de Dieu. Nous sommes passés des ténèbres à sa merveilleuse lumière ; nous sommes délivrés de la puissance des ténèbres et transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé. Nous sommes sur le chemin du ciel et nous avons en perspective l’arrivée dans la maison du Père. C’est par la foi au Seigneur Jésus-Christ que toutes les bénédictions de l’Evangile deviennent notre partage. Nous n’avons plus rien à craindre du Jugement, et nous devenons en un instant les enfants de Dieu. Il y en a peut-être ici qui sont encore retenus dans les chaînes du péché et qui continuent leur chemin dans l’obscurité spirituelle et qui, appartenant au royaume des ténèbres, sont morts dans leurs fautes et leurs péchés. C’est à ceux-là que j’apporte ce message à savoir le pardon instantané de tout péché, la vie nouvelle en Christ et la délivrance des puissances page 47


du mal ! Tout cela par la foi au Seigneur Jésus-Christ.

Oh ! quel glorieux Evangile Quel honneur d’être appelés fils de Dieu ! Lorsque je pense à moi-même et que je jette un regard au-dedans de mon coeur, je me sens complètement indigne d’un tel honneur ! Je ne vois aucune justice en moi, et pourtant nous sommes appelés « justes ». Si ce titre a pu être donné à ces Israélites si souvent rebelles et désobéissants, s’ils ont reçu le nom de justes (Jeshurun) combien plus pouvonsnous porter ce beau nom, nous qui sommes unis au Seigneur Jésus-Christ et qui par la foi participons à Sa parfaite Justice! « Nul n’est semblable au Dieu d’Israël car c’est le Dieu vivant, tandis que les Gentils n’avaient que des idoles.

Le Seigneur est notre partage Oui, nous avons en partage le Dieu et Père de notre Seigneur JésusChrist. Celui qui veut être notre Guide, notre Père et notre Ami. Mais pour cela il faut que nous croyions réellement en Jésus, c’est-à-dire que nous l’ayons reçu dans notre coeur. On peut parler de Lui, lire sa Parole, expliquer certains passages le concernant, et même avoir écrit des livres à son sujet et prêché son Evangile ; et malgré tout on peut ne pas être né de l’Esprit. Mais si nous acceptons Jésus comme notre Sauveur personnel, nous trouvons en Dieu un Père, et nous avons part à toutes les bénédictions des Israélites. Nous pouvons répéter avec le prophète « Nul n’est semblable au Dieu d’Israël. »

L’Eternel notre force Remarquez que l’Éternel est porté sur les cieux pour venir à « ton aide ». Une pareille pensée ne serait jamais montée au cœur ou à l’esprit du plus grand poète, en dehors de la Bible. Les poètes puisent leurs plus belles pensées, leurs plus riches inspirations dans ce Livre unique. Le fond de la pensée du prophète, dans ce passage, c’est que nul ne peut résister à Dieu. Que vous traversiez l’Angleterre, la France, l’Allemagne ou l’Amérique, vous ne trouverez nulle part son égal. Les puissances de ce monde ne sont que néant devant Lui. Il est le Créateur et ses créatures ne peuvent Lui résister !

L’Eternel notre Libérateur Quelle consolation de savoir que nous avons pour défenseur Celui qui siège dans les cieux, qui combat pour nous ! Il est au-dessus de toutes choses, hors de la portée de Satan et de ses sectateurs. Il est au-dessus des éléments, et aucune de ses créatures ne peut Lui résister. Ce Dieu Tout-Puissant et pour nous qui sera contre nous ? Mais s’Il page 48


est contre nous, alors malheur à nous Si, parmi nous, se trouvait quelqu’un qui n’ait pas Dieu pour lui, parce qu’il n’a jamais accepté le Seigneur Jésus-Christ, alors laissez-moi vous supplier d’être réconcilié avec Lui, de faire la paix avec Lui, avant qu’il soit trop tard ! Ce n’est qu’alors que vous serez en sûreté et que vous pourrez vous approprier cette déclaration : « Il vient à votre secours porté dans les cieux.» Il n’y a qu’une chose à faire, à savoir, réaliser votre faiblesse, votre incapacité, votre impuissance, et vous jeter dans ses bras en disant : «Mon Père, je suis ton enfant ! ton pauvre et faible enfant. Approche-Toi de moi et aide-moi !» Que fera notre Père qui est dans les cieux ? Il répondra à ce cri : Il viendra au secours de son enfant, et, quoiqu’il arrive, celui-ci sentira les Bras éternels l’entourer pour le défendre et le sauver de tous ses ennemis.

A travers de pénibles circonstances Souvenez-vous que lorsque Dieu donna sa bénédiction à Israël par la bouche de ses prophètes, la terre promise n’était pas encore conquise. Et même s’ils avaient déjà passé le Jourdain, il y avait encore sept puissantes nations à vaincre. C’est pourquoi les Israélites avaient un urgent besoin du secours que Dieu leur avait promis. Il en est de même pour nous, qui sommes l’Israël spirituel et les héritiers de la promesse. Nous avons encore bien des luttes devant nous, de sorte que ces promesses nous encouragent. Dieu, le Dieu vivant est notre refuge ! C’est comme si le Saint-Esprit disait par la bouche du prophète : « Il est vrai que vous avez de puissants ennemis à vaincre, mais souvenez-vous, en allant au combat, que votre Dieu sera à vos côtés et combattra pour vous. » Remettez-vous entre ses mains, regardez à Lui, confiez-vous en Lui, obéissez-Lui et vous éprouverez la puissance de son bras qui vous délivrera. Ce que Dieu veut, c’est que vous compreniez « que le Dieu d’éternité est un refuge » (v. 27). Quant à moi je puis déclarer qu’Il est mon seul refuge, et cela depuis cinquante ans ! Combien d’entre vous peuvent en dire autant ? Posez-vous cette question maintenant. Si vous pouvez répondre affirmativement, alors vous êtes bienheureux. Mais si ce n’est pas le cas, il n’y a pas de raison pour que cela continue ainsi. Ce qui vous manque c’est de vous confier en Lui, et de vous remettre complètement entre ses bras. Cette bénédiction vous attend ; il ne s’agit que de vous l’approprier, car «quiconque veut» la promesse est certaine; «quiconque veut » vivra éternellement ; « quiconque veut » n’a qu’à venir à Lui. Si vous voulez vous confier en Jésus pour le salut de votre âme, la promesse est pour vous, elle est à vous. Non, nul n’est semblable à L’Eternel qui est porté sur les cieux pour venir à ton aide.

Le Dieu d’éternité Plus loin, nous lisons que : « le Dieu d’Éternité est ton refuge et que sous page 49


ses bras éternels est une retraite ». Ce verset a une douceur particulière pour mon coeur, car il m’assure que je possède un Ami éternel, un Ami vivant, un Ami qui est au-dessus de tous, et qui est avec moi pour moi. Il est précieux, n’est-ce pas, de posséder un ami terrestre qui, si vous êtes pauvre, vient à votre secours. Mais le meilleur ami humain peut vous être enlevé par la mort, ou bien il peut perdre ses biens et ne pouvoir vous secourir. Tandis que rien ne peut changer ou diminuer les ressources de notre Dieu. Il est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Un refuge éternel ! Il est le même aujourd’hui qu’il y a cinquante ans ; qu’il y a mille ans ! qu’il y a dix mille ans ! toujours le même ! Le Dieu d’Elie est encore le nôtre, aussi puissant et aussi disposé à secourir les siens. Le Dieu vivant est avec nous, Lui dont la puissance ne diminue pas, dont le bras ne se fatigue pas, dont la sagesse est infinie et la puissance immuable. C’est pourquoi réjouissons-nous de ce qu’aujourd’hui et le mois prochain, et jusqu’au bout de notre vie II sera notre Conseiller et notre Ami. Et plus encore ! car ce qu’Il est à travers le temps, Il le sera à travers l’Éternité. Oh ! quel bonheur, quelle bénédiction, d’avoir le Dieu d’Eternité pour nous ! Il est notre forteresse, notre force et notre refuge éternel !

Vues erronnées sur le christianisme Si le monde pouvait seulement connaître le bonheur et la bénédiction qu’il y a d’avoir Dieu pour refuge, je crois que tout le monde se mettrait immédiatement à le chercher ! C’est parce que les gens s’imaginent qu’un chrétien est toujours triste et misérable, qu’ils se contentent de rester en dehors du salut ! C’est pour cette raison que vous et moi devrions montrer au monde combien la vie d’un vrai chrétien est à la fois heureuse et exemplaire. Mais cette joie réelle et profonde ne peut résulter que d’une vie complètement consacrée. Il ne faut pas servir deux maîtres, et vouloir se cramponner à la fois aux choses du ciel et à celles de la terre. Si c’est ce que nous faisons, nous aurons tout juste assez de religion pour nous rendre misérables et pas assez pour être heureux !

Qu’est-ce que Dieu exige de nous ? Que nous soyons des chrétiens heureux, et nous ne le serons qu’en étant des chrétiens sanctifiés. Il est évident que nous ne serons jamais complètement sans péché sur cette terre, mais nous devons viser à ce but qui nous est proposé, et ne rien garder en nous qui soit contraire à la volonté de Dieu. Plus nous serons consacrés et fidèles à notre Dieu, plus nous serons heureux, et plus notre piété attirera ceux du dehors. Notre exemple les poussera à chercher, eux aussi, le Seigneur, de sorte que tous les enfants de Dieu deviendront des témoins du Dieu vivant, C’est pourquoi, chers frères et soeurs, appliquons-nous à devenir de ces chrétiens décidés et consacrés qui ont le Dieu vivant pour refuge. page 50


Je ne suis qu’un pauvre, et pourtant le Dieu vivant est pour moi et le Dieu d’Eternité est mon refuge !

Le Dieu vivant est mon refuge Quel honneur, quel privilège, quelle bénédiction ! La plus riche couronne terrestre n’est rien en comparaison de cette grâce ! Les Bras éternels sont étendus au-dessous de nous, pour nous porter et nous soutenir, malgré nos faiblesses, nos erreurs et nos fautes. Le bras de l’Eternel est assez puissant pour nous porter à travers les difficultés et les épreuves qui nous attendent. Sa force supplée à notre faiblesse. Oh ! quelle précieuse déclaration que celle-ci : « Le Dieu d’Eternité est ton refuge et sous ses bras éternels est une retraite ! » Plus loin nous lisons encore : « Devant toi II a chassé l’ennemi, et II a dit : exterminons-le ! » Quelle belle promesse pour les Israélites ! Devant eux était le Jourdain qu’ils devaient traverser, et ensuite toutes ces puissantes nations qu’ils devaient conquérir ! A ne regarder qu’à eux-mêmes, certes les enfants d’Israël pouvaient bien trembler ! Mais ils ne devaient pas s’abandonner à la crainte, puisqu’au-dessous s’étendaient les Bras éternels. De plus, Jéhova, pour leur donner courage, déclare clairement qu’Il chassera l’ennemi devant eux en disant « extermine ». Remarquez bien de quelle manière cette promesse se réalisa, comment le Jourdain fut passé, et comment tombèrent les murs de Jéricho. Considérez toutes ces batailles qu’ils eurent à livrer, et comme ils vainquirent facilement tous ces rois du pays. Jéhova était avec eux et finalement son bras puissant détruisit tous les ennemis de son peuple. Toute cette histoire du peuple d’Israël est particulièrement encourageante pour nous. Nous sommes une petite armée, un « petit troupeau », tandis que notre ennemi est fort et puissant. «Nous n’avons aucune force contre cette grande armée.» Nous pourrions perdre courage et nous écrier, nous aussi : «Jamais nous n’entrerons au ciel, car nous sommes si faibles, si impuissants et si mauvais ! Jamais nous ne vaincrons nos adversaires ! » Mais n’oublions pas que Celui qui nous aide est puissant et que même si nos ennemis étaient dix fois plus nombreux et qu’il leur fût facile de nous vaincre, c’est pourtant Jéhova qui nous sauvera et chassera l’ennemi devant nous. Oui, Il le détruira Ce n’est pas la puissance du Mal qui l’emportera, malgré les apparences contraires.

Jéhova sauve son peuple Ce n’est pas non plus notre nature corrompue qui aura le dessus mais par le Seigneur Jésus-Christ nous aurons la victoire finale et serons même plus que vainqueurs. C’est pourquoi nous marchons au combat plein de courage, et sans regarder à nous-mêmes et à nos faibles forces, nous souvenant que Celui qui est pour nous est plus grand que celui qui est contre nous.

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Les délivrances divines La promesse que Dieu fit aux Israélites s’accomplit littéralement, mais pas par leur propre force. Le secours de Dieu en fut seul la cause, et cela bien des fois. Souvenez-vous comment le soleil s’arrêta sur Gabaon ; comment les éléments eux-mêmes combattirent en leur faveur, lorsque la grêle bâcha l’ennemi. Une autre fois les frelons furent envoyés par l’Eternel pour chasser les ennemis. C’est ainsi que Jéhova combattit avec son peuple pour le faire entrer enfin dans la terre promise. Il en est de même aujourd’hui pour l’Israël spirituel. Celui-ci ne peut rien par lui-même ; sa force n’est que faiblesse, mais mainte et mainte fois son Dieu l’a délivré quoique ici-bas il ne puisse jamais être complètement délivré de la puissance de l’ennemi.

Israël sera en sécurité dans sa demeure Dans la version anglaise, il y a le mot seul en plus, « Israël est en sécurité seul dans sa demeure (v. 28). » Je désire vous faire remarquer ce mot seul, parce qu’il renferme l’idée de séparation. La sécurité dans la séparation complète d’avec les autres nations. Cette séparation leur faisait une position toute particulière, elle faisait leur sécurité. Dieu le leur avait commandé, leur interdisant toute alliance par mariage avec les nations voisines. Ils devaient même exterminer ces nations, pour ne pas subir leur contact. Si mes frères en Christ veulent plaire à Dieu, c’est ce qu’ils doivent faire eux aussi, c’est-à-dire sortir du milieu du monde corrompu et en rester séparés. Nous sommes toujours tentés de reculer la ligne de démarcation et de dire : « Cette règle est trop stricte ; pourquoi devrais-je me séparer autant de mes semblables? Voyez ce frère qui va un peu dans le monde et qui profite ainsi des deux mondes tout en étant chrétien. Pourquoi ne ferais-je pas comme lui, sans perdre le ciel pour cela ? » Ah ! mes chers amis ! Faites attention, car ce que le Seigneur exige, c’est que nous vivions séparés du monde.

Séparés du monde Il va sans dire que tant que nous sommes ici-bas, nous aurons à faire avec le monde, mais dans un autre esprit que celui du monde. Il n’est nullement impossible de bien conduire nos affaires tout en vivant séparés du monde. Dieu ne juge pas nécessaire de nous retirer du monde, et Jésus Lui-même a dit dans sa prière : «Je ne te prie pas de les retirer du monde, mais de les préserver du mal.» L’apôtre a dit : «Sortez du milieu d’eux et soyez séparés.» De sorte que si nous désirons être en étroite communion avec Dieu, nous devons nous résigner à vivre séparés du monde, et à établir nettement la ligne de démarcation entre le monde et l’Église, ce qui sera à la gloire page 52


et à l’honneur de notre Dieu. Mais cela nous sera impossible si nous voulons nous conformer au monde et à ses habitudes, et lui ressembler autant que possible. Nous déshonorerons ainsi le nom du Seigneur et nous en souffrirons nous-mêmes. Bien-aimés, prenons donc position vis-à-vis du monde, vivons séparés de ses habitudes, de ses maximes, de ses principes, et recherchons plutôt la conformité avec les sentiments qui étaient en Christ.

Nous devons être un peuple « classé » Il faut que les hommes sachent et voient que nous sommes en vérité les serviteurs du Seigneur Jésus, qui loin de chercher à ressembler aux scribes et aux Pharisiens, leur parlait sévèrement. Il était toujours occupé des affaires de son Père. C’était là sa grande préoccupation, qui doit aussi être la nôtre. Dans tout ce qui concerne les affaires de cette vie, nous sommes bien obligés de nous mêler au monde jusqu’à un certain point ; mais il faut que jour après jour et heure après heure, nous nous efforcions de vivre d’une vie toute différente de celle du monde. Ce n’est qu’ainsi que nous porterons du fruit à la louange et à l’honneur de notre Maître. Et maintenant j’ai à cœur de vous poser avec amour la question suivante : « Etes-vous, mes chers frères et sœurs, bien décidés à vivre de cette manière en véritables disciples, en chrétiens complètement consacrés ? » « C’est là l’espèce de chrétiens que Dieu cherche, ce sont là les disciples que Jésus désire, c’est-à-dire des hommes et des femmes décidés à ne vivre « que pour Lui ». En vivant ainsi, nous deviendrons plus courageux, recevant une grâce et un secours toujours plus grands. « Israël sera en sécurité, seul dans sa demeure. » Et v. 28 : « la source de Jacob est à part, dans un pays de blé et de moût ».

Fertilité Cette fontaine dans un pays de blé et de moût est un signe de fertilité. Mais le mot hébreu rendu ici par source (ou fontaine) peut aussi signifier « œil » et alors nous lirons ainsi : « L’oeil de Jacob reposera sur un pays de blé et de moût.» Le pays de la promesse devait être celui de l’abondance « découlant de lait et de miel ». Lorsque les Israélites y entrèrent ils y trouvèrent l’abondance. De même pour l’Israël spirituel. Une fois en sûreté, nous devons aussi hériter d’un pays riche en bénédictions ; nous serons nourris de la fleur du froment, de blé et de moût spirituels. Cette nourriture nous fortifiera pour accomplir l’œuvre du Seigneur. (V. 28.) Et son ciel distille la rosée. « Oui, nous devons entrer dans un pays spirituellement fertile où la sécheresse est chose inconnue ! » Les enfants de Dieu ont reçu l’assurance d’être toujours bien arrosés, page 53


par l’eau vive sortant du rocher, qui est Christ. (V. 29.) «Que tu es heureux Israël ! Qui est comme toi un peuple sauvé par l’Eternel ? Le bouclier de ton secours et l’épée de ta gloire ? Tes ennemis feront défaut devant toi et tu fouleras leurs lieux élevés.» Cette promesse leur fut faite au moment où ils allaient entrer au pays de la promesse.

Que tu es bienheureux oh ! Israël Ils étaient sur le point d’entrer au pays promis, mais ils allaient au-devant de puissantes nations. Ce qui était vrai pour l’Israël d’alors l’est encore pour nous qui sommes l’Israël spirituel. Vous qui êtes les enfants de Dieu mes frères et mes sœurs, cette parole est-elle vraie pour vous ? «Tu es heureux, Israël ? » Pouvons-nous l’affirmer chacun personnellement pour soi ? Sinon, il faut que cela devienne vrai. Je puis vous rendre ce témoignage que cette parole est vraie pour moi. Quoique je ne sois qu’un pauvre misérable pécheur, je suis le plus heureux des mortels. Quoique au seuil de ma soixante-dixième année et après cinquante ans de vie spirituelle, je suis encore et toujours très heureux. Donc chacun de vous peut l’être aussi. Pourquoi pas ? C’est la volonté de notre Seigneur et Sauveur, que tous ses disciples soient d’heureux disciples. Tout mon désir est de contribuer au bonheur de tous les enfants de Dieu, en leur prouvant qu’on peut être sain et heureux chrétien, décidé et heureux, oui bienheureux ! S’il y en a ici qui ne le sont pas, examinez-vous pour en savoir la raison, et ensuite répondez à Dieu Lui-même. N’allez pas dire : « Oh ! M. Muller, si vous aviez mes épreuves, mes fardeaux, vous ne pourriez pas être si heureux ! » Quelle erreur ! C’est le monde qui dépend toujours des circonstances extérieures pour être heureux, mais le chrétien peut l’être à travers n’importe quelles circonstances, pourvu qu’il se confie en Dieu et regarde à Lui seul.

Ne portez jamais vous-mêmes vos fardeaux Non, mais déchargez-vous-en sur le Seigneur. Apportez-Lui toutes vos peines, toutes vos difficultés, et vous verrez combien II est tendre et secourable ! et vous serez heureux. Si nous sommes malheureux, la faute en est à nous. Les Israélites étaient heureux parce qu’ils avaient un Dieu tout bon et tout puissant. Que de fois II les délivra et les sauva ! C’est Lui qui les délivra de la main des Egyptiens, leur fit passer la mer Rouge, et détruisit l’armée de Pharaon. C’est Lui qui les guida à travers le désert, les nourrissant de la manne céleste, et de l’eau du rocher, pour les introduire finalement dans le pays de la promesse. N’oubliez pas que vous et moi nous avons été délivrés d’un ennemi plus puissant que les Egyptiens ! Et que notre Dieu nous conduit au travers de tous les dangers du voyage. Comment ne serions-nous pas heureux ? L’êtes-vous, chers jeunes amis ? Souvenez-vous que Dieu peut et veut page 54


combattre avec nous et pour nous, jusqu’à ce que le dernier de nos ennemis soit vaincu. Il le fit pour Israël jadis ; Il le fera pour nous aussi. En terminant, laissez-moi vous dire que s’il y en a parmi vous qui ne connaissent pas encore ce bonheur et cette bénédiction, ils peuvent l’obtenir par la foi au Seigneur Jésus-Christ. Ils n’ont qu’à se confier en Lui pour obtenir le salut. Quant aux centaines de croyants ici présents, qu’ils se souviennent que malgré leur misère, leurs fautes et leurs faiblesses, ils peuvent répéter avec l’apôtre Paul : « Par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis.» Par la foi en Jésus, par l’appropriation de sa justice et de sa force, nous avons Dieu Lui-même comme Libérateur. Au milieu de toutes nos épreuves, nous pouvons être très heureux, car c’est Lui qui fera tout le nécessaire. Comme de petits enfants, confiez-vous en Lui et vous serez secourus.

Le secret de la Prière victorieuse J’aimerais aujourd’hui, bien-aimés en Christ, vous rappeler, comme encouragement à la prière, un cas intéressant que nous rapporte Actes 12. «Vers le même temps, le roi Hérode se mit à maltraiter quelques membres de l’Église, et il fit mourir par l’épée Jacques, le frère de Jean.» Ce fut le premier apôtre qui eut l’honneur de mourir martyr de sa foi. Il est vrai qu’Étienne avait précédemment été lapidé, mais il n’était pas apôtre.

Le pouvoir de Satan est limité «Voyant que c’était agréable aux Juifs, il fit arrêter Pierre. » Pierre semblait être aux portes de la mort, mais le Seigneur dit «Jusqu’ici et pas plus loin.» N’oublions jamais que malgré la haine de Satan, il ne peut pas aller plus loin que la longueur de sa chaîne. C’est l’histoire de Job qui nous en donne la preuve la plus frappante. Satan avait désiré l’attaquer, mais sans y réussir. Il finit par dire à Jéhova : «N’as-tu pas protégé, lui et sa maison et tout ce qui est à Lui?» Satan avait ainsi été empêché d’assouvir sa haine contre Job, et ce n’est que lorsque l’Eternel le lui permit qu’il put réussir à le tourmenter. Ce n’est que lorsque Dieu le lui permit qu’il put toucher sa personne, mais non lui ôter la vie. On peut dire que Satan est très puissant, mais que Dieu est tout puissant. Ne l’oublions jamais. Revenons à notre sujet verset 4 : «Après l’avoir saisi et jeté en prison, il le mit sous la garde de quatre escouades de quatre soldats chacune.» Il fut donc livré entre les mains de seize soldats qui devaient répondre de lui. Il y en avait probablement huit dans la maison et huit dehors, de manière à ce qu’il ne fût pas seul un instant, et ne pût pas s’échapper. «Dans l’intention de le faire comparaître devant le peuple après la Pâque.» C’était encore la fête des pains sans levain. (V. 5.) « Pierre donc était gardé dans la prison ; et l’Église ne cessait d’adresser des prières pour lui à Dieu. » Nous avons ici la prière collective de l’Eglise, les saints de Jérusalem se sont rassemblés dans ce but et s’adonnent à la prière incessante. page 55


Prière incessante Il y avait ainsi toujours quelques âmes en prière, puisque le verset 5 nous dit que «l’Eglise ne cessait d’adresser pour lui des prières à Dieu ». Ils n’avaient pas décidé d’envoyer une pétition à Hérode, ce qu’ils auraient du reste pu faire, puisqu’à ce moment il y avait des milliers d’âmes à Jérusalem qui avaient cru au Seigneur Jésus. En signant tous leurs noms au bas de ce document, il est très possible qu’ils eussent réussi. Ils auraient aussi pu réunir une grande somme d’argent entre eux tous, car ils étaient prêts à donner, et même à vendre leurs maisons et leurs terres en faveur des pauvres de l’Église. Ils en auraient certainement fait autant, et avec joie, pour obtenir la délivrance de Pierre. Et pourtant ils ne le firent pas. Le meilleur moyen eût peut-être été de soudoyer un des courtisans d’Hérode. Dans ce même chapitre, nous voyons que lorsqu’il s’éleva une dissension parmi eux au sujet des gens de Tyr et de Sidon, quelques personnes subornèrent un courtisan pour faire la paix. Mais au lieu de recourir à l’un de ces moyens, l’Église se mit en prière, ce qui est toujours le meilleur des moyens, celui qui, dans la main des enfants de Dieu peut triompher de toutes les difficultés. C’est par la prière qu’ils mettent Dieu de leur côté, et obtiennent sa puissance. C’est par le moyen de la prière que la sagesse de Dieu nous est communiquée et que sa Toute-Puissance agit en faveur de ses enfants. C’est pourquoi nous devons nous efforcer de tirer de cet instrument merveilleux qu’est la prière, tout ce qu’il peut nous donner. Et vous, chers amis, qui avez l’habitude de vous réunir souvent pour une réunion de prière, attendez-vous à de grandes choses de la main de votre Dieu ! Croyez à de merveilleuses bénédictions et vous verrez que Dieu est prêt à vous donner tout ce que vous Lui demanderez. C’est ce que firent les saints de Jérusalem, lorsqu’ils se mirent à prier «sans» cesse. Ils étaient persuadés que, malgré l’emprisonnement de l’apôtre, par l’ordre d’Hérode, qui comptait lui ôter la vie, et qui était un homme sanguinaire, Dieu était assez puissant pour le délivrer. Ils priaient «sans cesse» parce qu’ils croyaient fermement que rien n’était impossible ou même difficile pour le Seigneur.

Ils attendaient la réponse Remarquez que nous ne savons pas depuis quand Pierre était en prison; mais nous avons de fortes raisons pour penser qu’il y avait passé une semaine. Ce ne fut pas le premier jour que leurs prières furent exaucées. Ils se réunissaient et priaient avec ferveur chaque jour. Le premier jour se passa, heure après heure, sans que Pierre fût délivré. Le second jour de même, et ils continuèrent leur intercession. Mais la journée s’écoula sans apporter la délivrance. Et ainsi de suite pendant toute une semaine, sans qu’ils perdissent courage. Ils continuaient à prier et Pierre continuait à souffrir en prison. Il semblait bien que Dieu resterait sourd à leurs prières !... De même pour nous, chers amis, la réponse sera souvent retardée, et page 56


alors il s’agira de savoir si nous voulons cesser de prier ou persévérer encore? La tentation sera de cesser et nous nous dirons que c’est inutile de continuer. C’est précisément là ce que Satan désire, mais persévérons à prier, avec l’entière certitude que Dieu peut et veut nous exaucer, et que, pour l’amour de son Fils, Il est heureux de nous accorder tout ce qui peut nous être utile et tout ce qui est profitable à la gloire de son nom. Si nous persévérons, Il nous exaucera. Apprenons donc cette leçon que le Saint-Esprit nous a donnée par le moyen de cette délivrance de Pierre, et cela pour notre encouragement. Chap. 12 : 6 : « La nuit qui précéda le jour où Hérode allait le faire comparaître, Pierre, lié de deux chaînes, dormait entre deux soldats, et des sentinelles devant la porte gardaient la prison. » Remarquons qu’à la veille de son exécution, Pierre dormait paisiblement sur le sein de son Maître malgré les chaînes qui le liaient aux deux soldats qui le gardaient.

La manière dont Dieu répond à la prière Nous allons voir comment Dieu le délivra. V. 7 : «Et voici, un ange du Seigneur survint, et une lumière brilla dans la prison. » Nous aurions pensé que la délivrance devait avoir lieu à la faveur des ténèbres et sans aucun bruit. Mais non ; une vive lumière éclaira la prison. Humainement parlant, cette lumière risquait de réveiller les gardes. Mais Jéhova n’a pas besoin des mêmes précautions que nous ! Il ignore les difficultés ! V. 7 : « L’ange réveilla Pierre en le touchant au côté et en disant «Lèvetoi promptement », sans craindre d’éveiller les deux soldats.» V. 8: «Les chaînes tombèrent de ses mains.» Le bruit des chaînes pouvait aussi les réveiller ! Et l’ange lui dit : «Mets ta ceinture et tes sandales. » Il fait les choses tranquillement ; il ne sort pas avant de s’être habillé convenablement. Et encore un détail étrange : «Mets tes sandales.» Il fallait attacher aux pieds ces espèces de sabots de bois, qui eux aussi risquaient de faire du bruit et de réveiller les deux gardes ! Mais quand c’est Dieu qui agit, et qui délivre, il n’y a rien à redouter, puisque rien ne peut lui résister. Pierre obéit et l’ange ajoute : « Enveloppe-toi de ton manteau et suismoi.» Notre Dieu aime l’ordre. On pourrait croire qu’Hérode lui-même avait envoyé un messager pour le délivrer ! Pierre ne doit pas s’échapper à la hâte. Il doit sortir tranquillement. V. 10 : «Lorsqu’ils eurent passé la première garde, puis la seconde », les yeux des soldats étaient miraculeusement fermés ! Mais maintenant les voici «à la porte de fer». Nous aussi nous nous trouvons souvent devant une porte de fer ! Il était bien hors de la prison, mais comment passera-t-il cette porte de fer? Après tout il est encore prisonnier! Il en est de même pour vous et moi bien souvent. Il semble que tout soit préparé et que toutes les difficultés ont été aplanies, et puis voici un page 57


obstacle imprévu et insurmontable ! Echapperons-nous ? Oui, notre Dieu peut nous ouvrir cette porte de fer, comme II ouvrit celle de la prison de Pierre ! Attendons-nous à Lui, et II le fera certainement si c’est pour sa gloire et pour notre bien.

La Puissance immuable de Dieu Dieu peut-il encore faire des miracles dans notre siècle? Certainement, car II est aussi puissant qu’au temps des apôtres, quoique généralement II n’en opère pas. Mais quand II le veut, Il le peut et Il le fait. Il est vrai que Sa Volonté peut s’accomplir par des moyens ordinaires, et qu’il en soit ainsi ou que ce soit miraculeusement, sachons Lui en rapporter toute la gloire. Il y en a beaucoup qui s’imaginent que s’ils avaient vécu du temps d’Elie ou d’Elisée, ou au temps des apôtres, ils auraient pu s’attendre à voir s’opérer des miracles ; mais que parce qu’ils vivent dans notre siècle, ils ne doivent pas s’attendre à voir des exaucements miraculeux de leurs prières. Cette manière de penser est fausse, car souvenons-nous que Dieu a la même puissance de nos jours que dans le passé. Attendons-nous donc à de grandes bénédictions, chers amis en Christ. Actes 12 : 10 : « Ils sortirent et s’avancèrent dans une rue. Aussitôt l’ange quitta Pierre.» Ces quelques paroles renferment une importante vérité spirituelle, à savoir que Dieu n’opère pas de miracles inutiles. L’ange avait été envoyé pour tirer Pierre de prison, mais celui-ci, une fois dans la rue, et connaissant bien la ville de Jérusalem, il n’avait plus besoin de l’ange pour le conduire à la maison de ses amis. C’est pourquoi l’ange disparut à ce moment-là.

De la cause de la délivrance de Pierre Actes 12 : 11. «Revenu à lui-même, Pierre dit : Je vois maintenant d’une manière certaine que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’Il m’a délivré de la main d’Hérode, et de tout ce que le peuple juif attendait. » Il ne se rendait pas compte que ce fût réel et croyait avoir une vision, mais maintenant qu’il se trouve dans la rue, il comprend que c’est Dieu Lui-même qui l’a délivré. V. 12 : «Après avoir réfléchi, il se dirigea vers la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où beaucoup de personnes étaient réunies et priaient.» Remarquez ces mots : « étaient réunies et priaient ». Priaient en faveur de qui ? Evidemment en faveur de Pierre, puisqu’il est dit que l’Eglise «ne cessait » d’adresser des prières pour lui à Dieu (v. 5). Elle n’avait pas perdu l’espoir d’être exaucée même à la veille de son exécution ! Ils avaient donc bien commencé et bien continué. V. 13 : « Il frappa à la porte du vestibule, et une servante nommée Rhode s’approcha pour écouter. page 58


Pourquoi son nom est-il donné ? Parce qu’à l’époque où le fait fut consigné par écrit on aurait pu avoir des doutes et prendre des informations. Rhode vivait encore, probablement, et pouvait ainsi témoigner de la vérité de ces faits. V. 14 : « Elle reconnut la voix de Pierre, et dans sa joie, au lieu d’ouvrir, elle courut annoncer que Pierre était devant la porte. » Quelle description vivante et naturelle. La servante reconnaît la voix de Pierre et sachant que l’Église priait pour lui elle court annoncer l’arrivée de l’apôtre. Sa joie l’empêche d’ouvrir la porte ! Eh ! bien, quelle réponse attendons-nous de ces bien-aimés frères en Christ, qui n’ont pas cessé de prier pour Pierre chaque jour ? Sans doute qu’ils vont éclater en actions de grâces ! ... Mais ils lui disent : «Tu es folle!» Ah ! voilà bien ce que nous sommes tous!... Ils avaient bien commencé, bien continué, et puis mal fini ! Ils étaient pleins de foi au début et voilà qu’ils n’en ont plus ! Ils ont bien continué à prier extérieurement, mais sans s’attendre à l’exaucement. Autrement, au lieu d’accuser Rhode d’être folle, ils se seraient écriés: «Que Dieu soit béni, et que son Saint nom soit loué ! » Je suis persuadé qu’il en fut ainsi, car autrement jamais ils n’eussent accusé la pauvre servante de folie ! Mais c’est le coeur humain qui parla, comme il le fait encore dans beaucoup de chrétiens !

Quand nous demandons quelque chose en prière, attendons-nous à l’exaucement V. 15 : «Mais elle affirma que la chose était ainsi.» Alors ils s’écrièrent que c’était son ange. « Cependant Pierre continuait à frapper ils ouvrirent et furent étonnés de le voir.» Encore une preuve qu’ils manquaient de foi ! puisqu’ils furent étonnés ! On reconnaît la vraie foi en ce que, après qu’on a commencé à prier, puis continué, on ne s’étonne pas d’être exaucé. Supposons, par exemple, que l’un de vous, chers amis chrétiens, ait un fils bien-aimé ou une fille chérie non convertie en Amérique, ou en Australie, ou à la Nouvelle-Zélande. Vous avez prié longtemps pour lui ou pour elle, et enfin vous recevez une lettre vous annonçant que tel ou tel jour, ils ont été amenés au Sauveur. La preuve que vous avez prié avec foi, c’est qu’en recevant cette bonne nouvelle, vous vous écrierez : «Que Dieu soit béni. » Sinon vous vous demanderez si la chose est vraiment possible. Vous ne vous attendiez pas à l’exaucement de votre prière ! J’aimerais employer ici une expression qu’on entend souvent dans le monde : «C’est une chose qui va sans dire.» De même spirituellement, nous devons être tellement persuadés que Dieu nous exaucera, que nous puissions nous écrier, quand l’exaucement arrive : Cela allait sans dire! Puisque Dieu a promis de bénir et d’exaucer, au nom de son Fils bienaimé. V. 17 : «Pierre leur ayant, de la main, fait signe de se faire, leur raconta page 59


comment le Seigneur l’avait tiré de sa prison, et il dit : Annoncez-le à Jacques et aux frères. Puis il sortit et s’en alla dans un autre lieu.

La fiancée de Christ Avec l’aide de Dieu j’aimerais méditer avec vous aujourd’hui les cinq derniers versets du quatrième chapitre du Cantique des Cantiques, ainsi que le premier verset du chapitre 5. La division en chapitres est un arrangement tout humain, que nous ne sommes pas tenus d’observer quand nous lisons et méditons la Parole de Dieu. Il arrive souvent que l’on perd ainsi de vue un point important de l’enseignement du Saint-Esprit. La plupart de mes amis chrétiens ici présents savent que dans ce livre de la Bible, appelé le Cantique des Cantiques, nous avons un tableau symbolique de l’amour du Seigneur Jésus pour l’Église, ainsi que celui de l’Eglise pour son Rédempteur. Nous y voyons le fiancé avec sa fiancée. Ce livre doit être étudié comme tous les livres de la Bible, même si nous n’y sommes peut-être pas disposés. La raison en est très certainement le peu d’amour que nous éprouvons pour le Sauveur ! Eh ! bien, c’est une raison de plus pour ranimer notre pauvre amour et pour réchauffer notre coeur languissant par la lecture et l’étude de ce beau livre du Roi Salomon. Si nous avions plus de sympathie pour le contenu du Cantique des Cantiques, nous comprendrions que ce langage du cœur est celui que nous entendrons au ciel ! Et nous devrions n’avoir pas de repos jusqu’à ce que nous arrivions à comprendre en quelque mesure et à ressentir d’avance les aspirations, les joies, les sentiments et les désirs célestes qui seront notre partage.

Des noms que Christ donne à son Eglise Remarquons tout d’abord que Christ appelle l’Église sa fiancée, sa soeur. Quelle condescendance de sa part envers de pauvres créatures pécheresses ! Quand nous nous souvenons des créatures coupables et rebelles par nature que nous étions, l’amour insondable du Seigneur Jésus ne nous remplit-il pas d’admiration et d’étonnement? Il va jusqu’à nous donner le titre de soeur ou d’épouse ! Et ce n’est pas seulement à des hommes éminents tel que l’apôtre Jean ou l’apôtre Paul qu’Il fait cet insigne honneur ! Nous partageons cet honneur avec eux, pourvu que nous ayons mis toute notre confiance en Jésus pour le salut de notre âme ! Chacun de ceux qui ont accepté le don de Dieu en Christ, a le droit de se considérer comme faisant partie de l’Épouse du Seigneur, comme appartenant à la fiancée de Christ !

L’absence du Fiancé Quelle précieuse bénédiction pour l’Église de Christ d’être considérée par Lui comme sa fiancée, son épouse ! Il est allé lui préparer une place page 60


dans les Tabernacles éternels de son Père, et lorsque la place sera prête, Il reviendra la chercher et l’emmener avec Lui ! Car le Seigneur Jésus ne peut être heureux et parfaitement satisfait jusqu’à ce que sa fiancée partage avec Lui la place glorieuse que le Père lui a donnée, en récompense de sa parfaite obéissance, qui est allée jusqu’à la mort de la croix ! «Je reviendrai, a-t-il déclaré, et je vous prendrai avec moi afin que là où je suis vous y soyez aussi. » Quand nous lisons des passages tels que celui-ci, nous devrions nous les appliquer à nous-même, et dire : «Quoique je ne sois qu’un misérable pécheur, je fais partie de l’épouse de Christ, de la fiancée de l’Agneau ! » Le faites-vous ? vous qui avez mis toute votre confiance dans le Seigneur Jésus? Quelle joie de pouvoir nous répéter que c’est notre place qu’Il est allé préparer, et que bientôt II viendra nous chercher pour que nous soyons toujours avec Lui ! C’est dans la mesure exacte où nous nous approprions les déclarations de l’Ecriture qui nous concernent, que nous pouvons en jouir réellement. L’important n’est pas d’en parler, d’écrire des livres là-dessus, d’en faire des sermons, mais c’est de nous les approprier personnellement et d’en réaliser la puissance dans nos cœurs et dans nos vies. Alors seulement la Parole de Dieu nous sera vraiment profitable et précieuse. L’essentiel est d’abord de savoir si nous faisons partie de l’Épouse de Christ ou non. Voilà la grande question ! Si je crois en Christ et me confie en Lui seul pour le salut de mon âme, alors je suis membre de son corps, je suis son épouse. Pouvons-nous déclarer ici que, tout en nous reconnaissant de pauvres créatures pécheresses nous mettons cependant en Lui toute notre confiance ? Mais si nous ne nous sommes jamais sentis perdus et incapables d’échapper au châtiment, alors nous n’avons pas senti le besoin d’un Sauveur et ce verset n’est pas pour nous !... Même si c’est le cas de quelques-uns d’entre vous, il n’est pas encore trop tard ; la porte est encore ouverte, et vous pouvez trouver grâce. C’est encore temps ! A la gloire éternelle. Vers ses parvis l’Agneau de Dieu t’appelle. C’est Jésus ! Réponds-Lui ! Oh ! viens, entre aujourd’hui ! Oui, c’est aujourd’hui, c’est à présent le moment favorable ! La porte de la grâce est encore ouverte, et Dieu est prêt à vous recevoir, à cause de son Fils bien-aimé ! Venez donc sans attendre ; acceptez son grand salut ! Voyons maintenant la description que le Seigneur fait de son Eglise.

Tu es un jardin fermé, ma soeur, ma fiancée Qu’est-ce que cela signifie ? Littéralement le mot «fermé » signifie barré, fermé à clef. Mais que devons-nous comprendre par ce terme ? Nous savons tous que lorsqu’un jardin est fermé à clef, il n’y a que le propriétaire qui ait le droit de l’ouvrir et d’y entrer, plus ceux à qui il page 61


lui plaît d’accorder ce droit. Ce n’est donc pas le premier venu qui peut y pénétrer et en manger les fruits. Non seulement ce jardin est entouré d’un mur, mais il est fermé à clef, «ou barré». Quel est le «propriétaire»? Nul autre que le Seigneur Jésus-Christ, Lui seul a le droit d’avoir accès dans notre coeur et non pas les étrangers qui passent. Ce jardin fermé nous rappelle celle précieuse vérité, à savoir que nous avons été rachetés à un grand prix, à savoir le sang de Christ qui nous a mis à part pour que nous le glorifiions par notre vie. Oui, Lui seul a le droit de posséder notre coeur, et Satan n’en a aucun

Le Racheté ne s’appartient plus Nous n’avons plus le droit de disposer de nous-mêmes, car nous avons été rachetés à grand prix. Personne n’a le droit de dire que son temps lui appartient, comme les gens du monde le déclarent souvent. Non, mon temps et mes talents appartiennent à Dieu. Ma maison, mes terres, mon gagne-pain, ma bourse, tout ce que je possède en un mot appartient au Seigneur, car II m’a racheté au prix de son précieux sang, moi et tout ce qui m’appartient. L’image d’un jardin fermé, scellé, représente toutes ces choses, chers frères et soeurs en Lui, c’est pourquoi permettez-moi de vous demander affectueusement s’il en est bien ainsi pour chacun de vous ici ? Bien souvent j’ai désiré mettre sur vos coeurs les passages que nous venons de lire, et aujourd’hui je vous adresse cette question : «Vous réjouissezvous à la pensée que vous n’êtes point à vous-mêmes, que vous avez été rachetés par le précieux sang de Christ et que vous Lui appartenez avec tout ce que vous possédez ? Vos mains, vos pieds, Lui appartenant, doivent être employés à Son Service ! Vos yeux, votre langue, vos talents, votre temps, votre bourse, tout cela Lui appartient, par droit de conquête, et doit ainsi être employé pour Lui. Lui seul a le droit d’en disposer, et nous ne sommes que ses intendants.» Chers amis, mettons-nous bien dans l’esprit que nous sommes mis à part pour son service, et nous serons rendus capables de porter plus de fruit à l’honneur et à la gloire de notre Dieu. Le Saint-Esprit veut nous enseigner cette importante vérité par l’image de ce « jardin fermé », mais il y a encore plus.

Une source fermée Pourquoi cette source est-elle fermée? Lorsqu’une source terrestre est fermée, c’est dans le but que, seul, le propriétaire en ait l’accès, ou ceux auxquels il en donne le droit, de sorte que cette eau ne sert à personne d’autre. Le Saint-Esprit se sert de cette comparaison pour nous enseigner la même vérité, à savoir que nous sommes mis à part pour qu’Il se serve de nous comme il lui plaît. Il veut nous faire bien comprendre que notre temps et nos talents ne nous appartiennent pas, mais que nous les avons reçus de Lui afin de les employer à son service. Il y en a qui s’imaginent avoir le droit d’apprendre à jouer de tel ou tel page 62


instrument. D’autres désirent étudier les langues ou les sciences. Je ne prétends pas que ces choses soient mauvaises en elles-mêmes, si nous avons le temps de nous y livrer, mais ce que je prétends, c’est qu’aucun enfant de Dieu n’a le droit d’employer ainsi son temps ou ses talents avant d’avoir exposé la chose au Seigneur et de Lui avoir dit : «Est-ce ta volonté que j’apprenne à jouer de cet instrument, ou que j’étudie telle langue ou telle science ? Pourrai-je ainsi mieux te servir, ou non ? Si vous êtes bien sûr d’agir selon la volonté du Seigneur, alors tout va bien. Nous avons ensuite une troisième image, à savoir une source, ou une fontaine scellée.

« Une fontaine scellée » C’est non seulement une source fermée, mais scellée, pour bien faire voir que le propriétaire a seul le droit d’en user. Elle lui appartient à lui seul ; c’est pourquoi il y a mis son sceau, et nul n’osera le briser pour y puiser de l’eau. Cette eau ne doit servir qu’à sa gloire et à la louange de son grand nom. Pour la troisième fois, cette image doit nous enseigner que nous appartenons au Seigneur, et à Lui seul. Consacrons-nous donc entièrement à son service, en nous souvenant que nous avons été rachetés à grand prix, c’est-à-dire au prix du sang précieux de Christ, et que nous Lui appartenons corps, âme et esprit.

La joie du Seigneur dans son Eglise Et maintenant considérons ce que le Seigneur dit de sa fiancée qui est l’Église. «Tes jets forment un jardin où sont des grenadiers avec les fruits les plus excellents, les troènes avec le nard, le nard et le safran, le roseau aromatique avec la cinamone, avec tous les arbres qui donnent l’encens. La myrrhe et l’aloès avec tous les principaux aromates. Une fontaine des jardins, une source d’eaux vives des ruisseaux du Liban. » (Chap. 4 : 12-15.) Ces figures sont là pour nous faire comprendre combien le Seigneur fait ses délices de sa fiancée qui est l’Église, pour nous montrer combien nous sommes chers à son coeur, et quelle beauté II découvre en nous ! Oui, Il fait ses délices de notre travail pour Lui, malgré nos imperfections et nos lacunes. Le culte que nous Lui rendons est pour Lui de l’encens. N’est-ce pas merveilleux que nous, pauvres misérables créatures, soyons cependant capables par notre service et notre amour, de procurer à notre Sauveur, des joies indicibles !

Une illustration Tout ce que nous faisons est plus ou moins mélangé de péché, et pourtant le Seigneur nous accepte et nous aime comme si nous étions parfaits. Prenez par exemple le travail que j’accomplis maintenant pour Lui. J’ai quitté mon foyer pour porter ici et là un message aux âmes, et page 63


tout particulièrement pour donner quelques conseils à mes jeunes frères et soeurs. Les uns diront : « Oh ! Quelle belle œuvre ! Mais que diraije moi-même, moi qui ne suis qu’un pauvre ver de terre? Devant Dieu qui m’entend je déclare ici sincèrement n’être qu’un pauvre misérable pécheur. Et quoique je ne vive pas dans le péché, et que je ne donne à personne l’occasion de me montrer du doigt pour telle ou telle inconséquence dans ma vie, il n’en reste pas moins vrai que je ne suis, par nature, qu’un pauvre pécheur dont toutes les paroles et les actions sont plus ou moins entachées de péchés. Mes meilleures actions ont besoin d’être purifiées par le précieux sang de Christ, de sorte que je dois apporter au Seigneur toute mon activité à son Service, pour qu’il la purifie.

Le service acceptable Malgré toutes mes infirmités, je sais que le Seigneur Jésus voit mon service d’un oeil favorable, bienveillant et même avec joie ; je sais qu’Il m’aime tendrement et qu’Il dit même de moi : «Je le soutiendrai dans son travail à mon service, car j’accepte ses efforts et je lui accorde ma grâce.» Telles sont les pensées d’amour du Seigneur à mon égard, tandis que moi, je ne vois que les lacunes de mon service pour Lui. Telle est la vérité qui ressort de cette déclaration : que le Seigneur trouve de la joie à contempler son épouse, l’Église. Il ne voit aucun péché en elle, parce qu’elle reflète la beauté de son divin Epoux, et sa justice à Lui. Tout ce qu’il y a de bon en nous vient de Lui, et non de nous-mêmes. Ceci m’amène à un autre point des plus importants. Si le Seigneur Jésus nous regarde avec joie, malgré nos faiblesses et nos manquements, il faut que nous aussi, nous sachions nous regarder les uns les autres avec les mêmes sentiments. La tendance naturelle à notre cœur est de voir surtout les défauts et les faiblesses de nos frères. Mais nous devons nous efforcer de découvrir Christ en chacun des disciples. C’est ainsi que nous serons les imitateurs de notre Maître.

Portons les infirmités des faibles Nous sommes souvent bien faibles au début de notre vie spirituelle, mais celle-ci se fortifiera peu à peu. C’est ce que nous voyons par l’exemple de Nicodème qui vint de nuit faire sa première visite à Jésus, probablement par crainte des Juifs. De même pour Joseph d’Arimathée qui n’osa pas, d’abord, se déclarer pour Jésus, mais qui, plus tard, avait fait de tels progrès en courage, qu’il osa, avec Nicodème, réclamer le corps du Seigneur pour l’ensevelir, alors que Pierre et Jean s’étaient enfuis, abandonnant leur Maître. Soyons donc indulgents envers les faibles, car ils deviendront peut- être plus courageux que nous ! Cherchons à découvrir Christ en eux, et nous les aimerons malgré leurs lacunes et leurs faiblesses.

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L’opinion qu’a Christ de sa fiancée Telles sont les leçons que ces versets nous ont enseignées. Allons plus loin, et nous lisons ceci : « Une fontaine des jardins, une source d’eaux vives, des ruisseaux du Liban.» Une fontaine des jardins, c’est-à-dire une fontaine située au milieu des jardins, pour leur donner de la vie et de la fraîcheur. C’est de l’Eglise qu’Il parle, employant trois figures différentes: 1. Une fontaine des jardins. 2. Une source d’eaux vives. 3. «... des ruisseaux du Liban ». Que signifient ces figures?

Une fontaine des Jardins Le Seigneur, en employant cette image, veut nous faire comprendre que nous sommes ici-bas, ou que nous devrions être les uns pour les autres des moyens de rafraîchissement spirituel ; nous devons nous encourager et nous fortifier mutuellement. De même qu’une fontaine au milieu d’un jardin est un moyen d’arroser et de fertiliser toute la végétation qui l’entoure, de même l’Église n’est placée sur la terre que pour arroser et bénir les âmes. Elle ne doit pas jouir égoïstement des bénédictions qu’elle reçoit mais les passer à d’autres, et surtout aux plus jeunes frères et sœurs en Christ. Voilà pourquoi Dieu nous laisse ici-bas afin que nous soyons comme des sources d’eau vive arrosant et rafraîchissant toutes les âmes avec qui nous sommes en contact. Maintenant passons à la seconde figure :

Une source d’eaux vives Dans Jean 7 : 38, Jésus a dit : « Celui qui croit en Moi, comme dit l’Ecriture, des fleuves d’eau vive sortiront de son sein.» Il disait cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui, «car le Saint-Esprit n’était pas encore donné parce que Jésus n’était pas encore glorifié ». Donc II parlait du Saint-Esprit qui dès lors a été répandu le jour de la Pentecôte, l’Église le reçut alors collectivement et chaque individu peut le recevoir et devenir une source ou un fleuve d’eau vive. Il n’y a pas de raison pour qu’il en soit autrement à condition que nous renoncions à nous-même. Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi nous recevons le Saint-Esprit, dans quel but ? Mais c’est justement pour être sanctifiés et que nous puissions être bénédiction pour tous ceux qui nous entourent et que des sources d’eaux vives jaillissent de notre coeur pour arroser nos semblables, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, amis ou ennemis ! Il est évident que c’est tout d’abord à nos chers frères en la foi que nous devons être en bénédiction. Ils ont souvent besoin d’être rafraîchis et encouragés, et nous devons viser à être des messagers de vie pour tous nos frères. Il faut que par notre vie, en tout et partout, nous profitions des occasions que Dieu nous donne pour répandre la vérité qui est en Christ. Nous devons, d’après ces deux figures, être non seulement comme des fontaines au milieu des jardins, mais comme des sources jaillispage 65


santes et des fleuves d’eaux vives arrosant et fertilisant le terrain des âmes autour de nous. Le Saint-Esprit emploie encore une autre comparaison celle des « ruisseaux du Liban ».

Ruisseaux du Liban Cette troisième comparaison va encore plus loin que les deux premières. Lorsque la neige fond sous le soleil ardent du Liban, des torrents impétueux descendent des sommets emportant tout sur leur passage. Rien ne peut leur résister. C’est ainsi que des torrents d’eau vive devraient sortir de nos cœurs avec une telle puissance que les âmes perdues, incapables de résister, fussent contraintes de reconnaître la présence de Dieu en nous. Si tel était le cas, la force du Seigneur, agissant en nous et par nous, des centaines d’âmes se réveilleraient partout où nous porterions le message! L’Église de Christ autour de nous sortirait de sa tiédeur et de son apathie, et tous seraient remplis d’amour et de joie. C’est ainsi seulement que nous deviendrons bénédiction autour de nous. Visons donc à devenir des «torrents du Liban ». Peut-être, jusqu’ici, avons-nous été tièdes et paresseux ? Réveillons-nous de ce sommeil, et ne nous rendormons plus ! Restez debout, ayez les reins ceints de vérité ; revêtez la cuirasse de la justice et les pieds chaussés du zèle que donne l’Évangile de paix ; prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Malin. Prenez aussi le casque du salut et l’Epée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu. Faites en tout temps par l’Esprit, toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints.

L’armure de Dieu est notre force Cette armure peut être comparée à ces torrents du Liban emportant tout sur leur passage. Forts de cette armure, nous ne serons plus jamais découragés, quoi qu’il arrive. Ces torrents auxquels nous devons ressembler ne se laissent arrêter par aucun obstacle ! Oh ! Si seulement cette vérité pouvait remplir nos coeurs à savoir que nous pouvons, comme disciples du Seigneur, accomplir de grandes choses par la foi et la prière ! Personne ne pourrait nous résister si nous parlions en Son nom, remplis de Sa puissance ; souvenons-nous que si forts que soient nos ennemis, Il est plus fort encore ! Les puissances des ténèbres ne pourront nous résister, si c’est par la force divine que nous travaillons, et que nous n’ayons aucune confiance en nous-mêmes. Ah ! si nous étions vraiment persuadés de ces vérités, nous serions bien plus utiles à la cause de Dieu, et nos vies seraient toutes à la Gloire de son beau Nom !

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Réciprocité d’affection Prenons maintenant les deux derniers versets de notre sujet. Au verset 16, c’est l’Eglise qui parle en réponse aux sentiments d’amour et d’estime exprimés par son divin Epoux. Elle est heureuse de pouvoir réjouir son coeur, de partager avec Lui tout ce qu’elle possède en retour de son fidèle amour. C’est pourquoi elle s’écrie : « Lève-toi, aquilon ! Viens autan ! Soufflez sur mon jardin et que les parfums s’en exhalent !» Elle veut dire que tout ce qu’elle a, et tout ce qu’elle est lui est consacré. Tout ce que je possède appartient à mon Maître qui m’a rachetée par son précieux sang ! C’est pourquoi tout mon bonheur est de réjouir son coeur. Je Lui rends joyeusement tout ce que je possède. Remarquons ici que pourvu que les parfums du jardin puissent s’exhaler, peu lui importe que ce soit le vent du nord ou le vent du sud qui souffle. Que ce soient les chauds rayons de l’amour ou les rudes coups de l’épreuve, peu importe, pourvu que le Maître reçoive les fruits qu’Il a fait mûrir. Elle continue en disant : «Que mon bien-aimé entre dans son jardin et qu’Il mange de ses fruits excellents. » Est-ce ainsi, chers frères et sœurs, que vous cherchez à réjouir le cœur du Seigneur? Mes bien-aimés frères et sœurs, comprenez bien que nous pouvons véritablement réjouir son coeur, quoique nous ne soyons que de pauvres misérables créatures. Il n’est plus avec ses disciples ici-bas, car Il est monté au ciel. Nous avons affaire avec un Sauveur ressuscité, à la droite du Père ; mais nous pouvons néanmoins lui réjouir le coeur et jouir de ses grâces. Savez-vous quelle est une des manières dont nous pouvons ainsi lui plaire ? C’est en pratiquant ses commandements. « En tant que vous l’avez fait à l’un des plus petits de mes frères, vous me l’avez fait à Moi-même » (Matthieu 25:40). Si vous connaissez un pauvre frère ou une pauvre soeur, sans nourriture ni vêtements, sans argent et sans aucun secours, tout ce que vous lui donnerez, tout ce que vous ferez pour lui, sera considéré par le Seigneur comme fait à Lui-même. Ce sera comme si nous disions : «Que mon bien-aimé vienne dans son jardin et cueille de ses beaux fruits.» Permettez-moi de vous demander si c’est là ce que vous faites ? Venez-vous à l’aide de tel ou tel frère dans le besoin, et réjouissez-vous ainsi le cœur du Seigneur ?...

La réponse du Seigneur Maintenant, nous arrivons à la réponse du Sauveur lorsqu’il dit à sa fiancée : «J’entre dans mon jardin, ma soeur, ma fiancée ; je cueille ma myrrhe avec mes aromates, je mange mon rayon de miel avec mon miel; je bois mon vin avec mon lait... Mangez, amis, buvez, enivrez-vous d’amour. » Comment est-il possible que je sois à Lui? sa sœur, sa fiancée? Puisque j’appartiens à son Eglise, et que celle-ci Lui appartient, tout ce que nous possédons, c’est par grâce uniquement. Ce que nous sommes et ce que nous avons Lui appartient par droit divin. Tout en page 67


acceptant les soupirs de nos cœurs. Il veut nous rappeler que nous sommes à Lui. Il nous rappelle, par ce dialogue d’amour, que tout nous vient de Lui, que nous sommes entièrement sa propriété, et que jusqu’à notre dernier souffle, tout ce que nous possédons en ce monde nous vient de Lui et par Lui. Tout en l’invitant à entrer dans son jardin et à manger de ses fruits, il faut que l’Église se souvienne qu’Il y a droit comme étant à Lui.

L’invitation En dernier lieu, nous lisons ces paroles : «Mangez, amis, buvez, enivrezvous d’amour.» Si quelqu’un désire obtenir ces grâces, le Seigneur Jésus lui dit : «Bois, mon ami, bois abondamment (version anglaise), c’est-àdire enivre-toi d’amour. » Désirons par-dessus tout, à abonder dans cet amour, à en être comme enivré! Oh ! si nous connaissions cette extase par expérience ! Si nous étions vraiment débordants d’amour pour Jésus et pour tous nos frères! C’est le désir de Jésus de nous voir ainsi déborder d’amour, et mon voeu pour vous et pour moi est que nous réalisions celle vision du Cantique des Cantiques !

La puissance du Roi Le sujet que nous allons méditer ensemble, chers amis chrétiens, c’est la puissance du Roi, sujet bien encourageant pour chacun de nous. Tous les enfants de Dieu ici-bas sont faibles et impuissants par eux-mêmes ; mais par Christ, qui les fortifie et exerce leur foi chaque jour, heure après heure, instant après instant, ils reçoivent sa force et sa puissance. Notre faiblesse naturelle vient de notre corruption naturelle, et c’est pourquoi par nous-mêmes, nous ne serons que faiblesse jusqu’au bout de notre pèlerinage. Voilà pourquoi le sujet que nous allons méditer est plein d’instructions et aussi d’avertissements. Mais le point le plus important, c’est notre union avec le Roi.

Un avec le Roi Notre Roi ne peut nous bénir que si nous sommes réconciliés avec Dieu par la foi au Seigneur Jésus. Par nature nous sommes éloignés et séparés de Dieu, « morts dans nos fautes et dans nos péchés ». Notre conscience accusatrice nous inspire un sentiment de crainte et de frayeur à la pensée d’un Dieu juste. C’est pourquoi il est impossible de puiser aucune force en Dieu avant d’avoir passé par la régénération, et être devenus vivants, de morts que nous étions. Et comment s’opère cette régénération ? Simplement par la foi, et par l’acceptation de la mort expiatoire du Seigneur Jésus. C’est pourquoi, s’il se trouvait parmi vous une âme qui ne soit pas réconciliée avec Dieu par le Seigneur Jésus, et qui sente ses péchés peser sur sa conscience, permettez-moi de la supplier de faire sa soumission sans retard. Souvenez-vous qu’il vous est ordonné d’obéir à l’Evangile, que ce n’est pas page 68


une offre à prendre ou à laisser ! Bien-aimés, l’Evangile nous dit : «Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé.» C’est justement le plus grand péché de l’homme naturel de ne pas croire à l’Evangile. S’il y a quelqu’un qui ne se croie pas pécheur, je le supplie solennellement de lire les trois premiers chapitres de l’épître aux Romains. S’il désire sincèrement comprendre son état de péché, le Saint-Esprit se servira de cette épître pour le lui montrer, et lui révéler ce qu’il est par nature. S’il y en a ici qui comprennent qu’ils ne sont que de pauvres pécheurs, et qui n’ont pas encore cru, c’est-à-dire accepté le Seigneur Jésus pour le salut de leur âme, je les supplie de crier à Dieu, et de lui dire: «Seigneur, aie pitié de moi, et aide-moi à croire au Seigneur Jésus-Christ !» Certainement Dieu leur répondra et leur aidera à croire. C’est par la foi que nous sommes régénérés. Dans Galates 3 : 26, nous lisons ceci: «Vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ. » Et dans 1 Jean 5 : 1 : « Celui qui croit que Jésus est le Christ est né de Dieu.» C’est-à-dire celui qui croit que Jésus de Nazareth, pauvre, méprisé et rejeté est vraiment le Messie, le Sauveur promis. Des milliers d’âmes le disent, mais personne ne le croit, sauf les enfants de Dieu. Donc, si nous avons passé par la régénération, nous avons la vie, la vie spirituelle, et par la foi en Christ, nous obtenons le pardon des péchés, ainsi que nous le déclare le livre des Actes 10 : 43 : « C’est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage que quiconque croit en Lui reçoit la rémission des péchés. » C’est à cette condition seulement que nous pourrons faire l’expérience de cette «puissance de notre Roi ». Il se pourrait aussi qu’il se trouve parmi mes lecteurs quelqu’un qui, après avoir eu la conscience purifiée et avoir marché dans le chemin de Dieu, l’ait abandonné. J’espère que ce n’est pas le cas, mais s’il y a une âme ici dans cette dangereuse position, revenez à la source ouverte pour le péché et la souillure. Confessez vos péchés à Dieu, et recourez à la vertu du précieux sang de Christ qui peut vous purifier à nouveau; il y a pardon pour les rétrogrades comme pour ceux qui ont péché avant de devenir chrétiens. Venez donc à Jésus maintenant pour être purifiés et pardonnés. Quelle joie et quelle force de savoir que la puissance du Roi est là, pour subvenir à notre faiblesse ! Plus nous avançons dans la Vie Divine et dans la connaissance de Dieu et de nous-mêmes, plus aussi nous réaliserons notre corruption intérieure et la puissance de Satan ! . Plus nous rencontrerons de tentations au dehors, plus nous sentirons, à chaque heure, notre propre faiblesse, et le besoin urgent de nous appuyer sur Celui qui est notre force. C’est Jéhova-Jésus qui est l’Homme fort. Oh ! quel bonheur d’avoir affaire avec un Sauveur vivant! Quoiqu’Il ait dû passer par la mort et le tombeau à cause des nos innombrables transgressions, Il est sorti vainqueur du tombeau ; Il est monté au ciel, à la droite du Père. Pour tous ceux qui se confient en Lui, le Vivant, ils reçoivent le secours nécessaire au milieu de leur faiblesse. Lorsque Paul fut abandonné de tous, il y en avait un toujours à ses côtés pour le soutenir et l’encourager. C’était le Roi Lui-même ! Car ce Roi bien-aimé ne nous quitte ni ne nous abandonne jamais. Quel sujet de joie et de reconnaissance ! page 69


J’aimerais maintenant méditer brièvement avec vous sur Malachie 1 verset 4 : «Je suis un grand roi, dit l’Eternel des armées. »

Du respect que Dieu attend de nous N’oublions jamais que tout en étant devenus enfants du Père par la foi en son fils Jésus-Christ, nous n’en sommes pas moins des êtres créés par Lui et que nous Lui devons un profond respect. D’un côté, nous ne pouvons pas éprouver trop d’amour pour le Dieu qui nous a aimés le premier, et de l’autre, nous ne devons jamais oublier que le Dieu auquel nous avons affaire est le Créateur de tout l’Univers et un grand Roi ! Souvenons-nous toujours que tout en étant appelés à partager la gloire du Seigneur Jésus, nous sommes cependant de pauvres créatures, et que nous devons ôter les souliers de nos pieds pour nous approcher du Dieu trois fois Saint. J’insiste sur ce point, chers frères et soeurs, car sans ce saint respect, nous risquerions de traiter le péché à la légère.

De la puissance divine « La parole du Roi est puissante » (Eccl. 8 : 4). Tel est le second passage qui s’offre à notre méditation, et qui est particulièrement consolant et précieux. Surtout pour tous les frères et soeurs en Christ qui travaillent dans sa vigne. Que nous reste-t-il donc à faire ? Nous devons prier pour que cette parole agisse avec puissance. Tous ceux qui ont à coeur la gloire de Dieu et le service du Maitre doivent demander à Dieu sa bénédiction sur la prédication de sa Parole, de sorte que le monde en sente la puissance. Quoique sortant de lèvres humaines et souillées, la parole du Roi retentira avec force. Laissez-moi supplier tous ceux qui aiment le Seigneur Jésus avec sincérité d’aider de toutes leurs forces ceux, qui d’une manière ou d’une autre, cherchent à proclamer le message divin. Chacun de nous peut être d’un précieux secours à tous les frères et sœurs qui s’emploient à cela. Avec tous les efforts qu’on fait maintenant dans ce but, ne perdons jamais de vue que le Seigneur veut que nous venions à Lui par la prière, et que là où l’on prie peu, on verra peu de résultats !

De la justice divine Méditons maintenant sur ce verset 7 du Ps. 45 : «Le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité.» N’oublions pas que le Roi règne déjà ici-bas, maintenant, et non pas seulement dans le monde à venir, après le retour de Christ. Oui, Il règne avec justice (équité). Nous avons cette autre déclaration que : «Toutes choses concourent ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu » dont nous ne nous souvenons pas toujours lorsque les grandes eaux menacent de nous engloutir et que de grandes épreuves fondent sur nous, parfois de tous côtés à la fois ! Si nous ne sommes pas sur nos gardes, notre page 70


vieille nature nous suggérera des pensées de révolte contre notre Dieu. Que nous soyons dans la joie ou les pleurs, toutes choses contribueront à notre vrai bien, ce qui doit nous suffire. Toutes ces choses tourneront à la gloire de Dieu et à notre profit. C’est à travers ces chemins si divers que nous arriverons à une véritable conformité avec le Sauveur. C’est pourquoi, acceptons la volonté de Dieu dans les plus sombres heures, et baisons la main qui nous frappe ! C’est alors que nous avons la meilleure occasion de glorifier notre Père céleste aux yeux d’un monde incrédule et mauvais ! Nous pourrons ainsi lui prouver que si nous différons de lui par la foi, ce n’est pas seulement une affaire de doctrine mais de vie, et que nous sommes vraiment les enfants de Dieu qui ont en Lui un Père dans le ciel, un Ami qui ne nous fait jamais défaut, car toutes choses concourent ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu. Comment pourrait-il en être autrement, puisque Dieu nous a déjà fait son don le plus précieux dans la personne de son Fils unique, et qu’Il a promis qu’avec Lui, Il nous donnerait toutes choses. C’est pourquoi, il nous convient comme à des enfants de Dieu de rester calmes et paisibles, sachant que c’est la main de notre Père qui dirige tout ce qui nous concerne. Que nous le comprenions ou non, ses dispensations tournent déjà à notre profit, et, par la foi, croyons à cette déclaration que : « le sceptre du Roi est un sceptre d’équité ». Que tout ce qu’Il fait est juste, comme Lui-même est juste. La déclaration suivante est celle-ci :

Le Roi qui est assis sur le trône de la Justice dissipe tout mal par son regard (Prov. 20:8)

Nous avons la promesse que Satan sera bientôt écrasé sous nos pieds, alors que, par la puissance du Roi, nous aurons été complètement délivrés de tout ce qui est contraire à la volonté de Dieu et dès que cette volonté nous est révélée, nous y répondons instantanément et du plus profond de notre âme. Nous ne sommes pas encore arrivés à cette bienheureuse époque, mais nous pouvons nous réjouir en y pensant. Plus nous exercerons notre foi dans ce domaine des réalités à venir, du grand Jour de notre Seigneur Jésus-Christ, plus nous ferons pour ainsi dire descendre les joies du ciel dans nos âmes et la puissance spirituelle qui, même à présent dans notre corps mortel peut triompher des mauvais penchants naturels. Plus notre foi s’empare de la puissance du Seigneur Jésus, plus cette puissance peut agir dans notre vie de chaque jour. En confessant à Dieu nos nombreuses lacunes et nos faiblesses, nous pouvons nous attendre à avoir la victoire sur tout ce qui Lui déplaît. Pour le moment, le petit troupeau est mêlé au monde ; nous ne sommes pas séparés de ceux qui haïssent le Seigneur ; mais il n’en sera pas ainsi lorsque la grande famille des rachetés sera réunie et séparée de ceux qui n’aiment pas le Seigneur Jésus. Y en a-t-il parmi vous qui, plus tard, seront séparés de nous? page 71


Nul ne pourra se joindre au peuple de Dieu que ceux qui auront mis toute leur confiance dans la mort expiatoire du Seigneur Jésus-Christ. Nul n’entrera dans la gloire que ceux qui auront passé par la régénération, avant de passer par la mort. Oh ! s’il y a parmi vous des âmes qui n’ont pas passé par cette nouvelle naissance, je vous en supplie, ne tardez pas à laver vos vêtements dans le sang de l’Agneau, car la puissance du Roi ne laissera entrer dans la nouvelle Jérusalem rien d’impur ni de souillé !... Oh ! quelle terrible séparation entre parents et enfants, frères et soeurs, maris et femmes ! Oh ! chers amis, faites tout ce qui est nécessaire pour que rien ne vous sépare du peuple de Dieu en ce jour solennel. Je vous donne rendez-vous là où tous les rachetés de Christ entendront ces paroles : «Venez, vous qui êtes bénis de mon Père, prenez possession du Royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde » (Matthieu 25:34).

De la certitude du triomphe de Christ Disons encore quelques mots de 1 Cor. 15 : 25. « Il faut qu’Il règne jusqu’à ce qu’Il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds. » Il faut qu’Il règne ! Oh ! quelle consolation renferme cette déclaration ! Qui pourra s’opposer au Roi des rois, au Seigneur des seigneurs, au Créateur tout puissant de l’Univers qu’Il soutient par sa parole? Qui Lui résistera, qui l’empêchera de régner ? Quelle joie de savoir que Jésus doit régner ! Quel réconfort en ces temps où nous voyons se répandre de plus en plus l’incrédulité et les fausses doctrines, sans parler de tant d’autres formes de la superstition et de l’erreur ! Oui, il fait bon savoir que la vérité finira par triompher, car il faut qu’Il règne ! Tout genou ployera devant Lui, et toute langue confessera à la gloire du Père qu’Il est le Seigneur. Quelle glorieuse perspective que même ceux qui blasphèment son nom, devront un jour reconnaître la puissance du Roi ! Et quant à nous, qui sommes unis au Roi, et appartenons au petit troupeau qui n’a aucune force par lui-même mais la tire de son Chef, nous régnerons avec Lui et par Lui ! Telle est notre bienheureuse perspective. Tout en nous répétant que nous ne sommes rien par nous-mêmes, n’oublions pas que le Seigneur Jésus nous aidera et nous donnera la victoire, pourvu que nous restions collés à Lui. Oui, cramponnons-nous à Lui sans cesse avec foi et tout ira bien. Nous triompherons de Satan, et de tout ce qui s’oppose à notre bien-aimé Sauveur.

La connaissance de notre Seigneur Afin que je le connaisse Lui (Phil. 3 : 10). Il me semble, chers amis en Christ, que, dans ce passage que nous allons méditer, «que je le connaisse Lui », le Saint-Esprit parlant par l’apôtre, n’a pas en vue la connaissance de Christ nécessaire à notre salut, mais une connaissance à la fois plus haute et plus intime avec le Sauveur, telle que celle qui existe entre deux amis de coeur. Les versets 8 et 10 en sont la preuve à nos yeux. « Et même je regarde toutes ces choses comme une perte page 72


à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ, mon Seigneur.» Ce qui suit est une parenthèse, de sorte que le verset 10 est la continuation du verset 8. Nous pouvons ainsi lire les deux versets comme suit : «Je regarde toutes ces choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ, mon Seigneur, afin de connaître Christ et la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances. » La parenthèse commencerait donc avec ces paroles du verset 8 : « Pour qui j’ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d’être trouvé en Lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient, par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu, par la foi. » Il me semble que cette parenthèse a trait aux grâces que nous avons déjà obtenues comme disciples de Jésus-Christ, ainsi que des multitudes de chers enfants de Dieu ; mais ces grâces ne sont pas tout ce que Dieu désire nous voir atteindre. Il veut que nous arrivions à « connaître Christ et la puissance de sa résurrection, avec la communion de ses souffrances ». Nous nous demandons tout naturellement quel sens l’apôtre attache à cette expression : « Afin que je le connaisse Lui.» Il désire évidemment connaître le Bien-aimé dans toute sa beauté, dans toute sa grâce, tel que ses rachetés le verront un jour dans la gloire du ciel. L’apôtre, quoique encore dans son corps mortel et dans la faiblesse, en butte aux attaques de Satan encore déchaîné, désirait connaître toujours plus intimement son précieux et adorable Sauveur dans toute sa beauté, de manière à réaliser ici-bas déjà la joie et la gloire du monde à venir.

Résultats pratiques de cette connaissance de Christ Quels seraient les résultats de cette connaissance intime du Seigneur? Evidemment, ce serait une conformité croissante avec cet adorable Sauveur, une transformation toujours plus complète à son image, comme l’exprime l’apôtre Jean : « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à Lui, parce que nous le verrons tel qu’Il est (ou nous le connaîtrons tel qu’Il est), (1 Jean 3 : 2). C’est donc en connaissant Christ parfaitement dans toute sa tendresse et toute sa beauté (celle de son caractère) qu’ils lui deviendront semblables. Et c’est ainsi que, dans la mesure où nous, les enfants de Dieu, ici-bas connaîtrons le Seigneur dans toute sa beauté et tous ses attributs, que nous lui serons rendus semblables. C’est pourquoi la connaissance dont parle ici le Saint-Esprit par la bouche de l’apôtre, a une si grande importance. Nous ne devons pas nous dire : «Je le connais parce qu’Il a sauvé mon âme », quoique ce soit déjà une grâce immense, mais qui n’est pas le but de son sacrifice. Ce qu’Il veut, c’est que son Nom soit glorifié par une conformité croissante avec Lui, déjà ici-bas. Pour arriver à ce résultat, nous devons rechercher, cultiver cette intimité grandissante avec notre précieux Sauveur. Ne nous contentons page 73


jamais du résultat déjà obtenu, mais allons plus loin, montons plus haut, et descendons plus bas dans l’humilité. Le premier point sur lequel je désire donc attirer votre attention, c’est que par une connaissance toujours plus grande et plus complète du Seigneur Jésus, nous arrivions à avoir les mêmes sentiments qui étaient en Lui. Un autre résultat de cette conformité avec Christ serait une plus grande puissance, une plus grande joie, et une plus grande force. Nous en avons la preuve dans Esaïe 50 :4. Vous savez que le prophète parle ici du Seigneur Jésus-Christ ! « Le Seigneur, l’Eternel, m’a donné une langue exercée pour que je sache soutenir par Sa parole celui qui est abattu.» Il est donc important que nous puissions aller à Christ comme à un ami intime, en lui disant : «Mon précieux Sauveur, dis-moi une parole quand je suis abattu. En traversant cette vallée de larmes au milieu de difficultés et d’épreuves, de travaux et de déboires, quand nous sommes assaillis par la tentation et fatigués par la lutte incessante, nous qui désirons marcher dans les sentiers du Seigneur, nous savons ce que c’est que de nous sentir lassés spirituellement. C’est alors que nous pouvons et devons aller à notre précieux Sauveur, en lui disant «Seigneur, dis-moi une parole d’encouragement, car je suis las.» Ces entretiens familiers sont justement destinés à vous encourager spirituellement. C’est pourquoi chers frères et soeurs, je me permets de vous demander si vous avez l’habitude d’aller à Jésus en lui disant : «Cher Sauveur, dis-moi une parole d’encouragement, car je suis las.» Celui qui vous parle connaît le Seigneur depuis cinquante ans, et il est maintes fois allé à son Sauveur en lui disant : «Seigneur, dis-moi une parole, car je suis si las.» Et je puis rendre ici ce témoignage, qu’Il m’a toujours répondu, consolé et encouragé. Essayez d’en faire autant, et vous verrez combien le Sauveur est prêt à répondre aux soupirs de vos coeurs lassés. Oh ! quel bienheureux état d’âme que celui qui nous permet de causer librement avec Jésus, comme avec un intime ami ! S’il y en a parmi vous, qui n’aient pas encore fait cette précieuse expérience, qu’ils se hâtent de faire plus ample connaissance avec cet Ami qui aime en tout temps ! Mais ce n’est pas encore tout. Un autre résultat de cette intimité avec le Seigneur, c’est que nous réaliserons la déclaration que fait le Psalmiste au Psaume 9 : 11 « Ceux qui connaissent ton nom mettront leur confiance en Toi. » Ainsi, donc, ceux que le connaissent, se confient en Lui, c’est-à-dire, se fient à son amour, à sa sagesse, en toutes circonstances et en tout temps. Quelle joie ! Quel repos ! Le monde nous observe pour savoir si notre religion est plus qu’une simple différence de croyance entre nous et lui, pour savoir si les choses de Dieu sont une réalité. Si donc le monde peut trouver un homme ou une femme qui en tout temps et en toutes circonstances se confie en Celui qui non seulement est le Tout-Puissant, le Tout Sage, mais qui est pour lui l’Ami intime qui aime en tout temps, et le maintient dans le calme et page 74


la paix quoiqu’il arrive, alors le monde sera convaincu de la réalité des choses invisibles. Il faut que nous puissions répéter avec Job : « Quand même il me tuerait, je ne cesserais d’espérer en Lui », et pour cela, il faut plus qu’une connaissance du salut, mais il faut connaître Jésus intimement et se confier en Lui absolument. Je puis vous assurer que j’ai joui de ce bonheur dans toutes les différentes expériences de ma vie. Oh ! mettez-le à l’épreuve, et vous verrez comme il fait bon se confier en Lui, se livrer à Lui, car II ne vous fera jamais défaut ! Il y a encore une autre raison pour nous faire croître et avancer dans la connaissance de Christ. Vous savez tous, chers frères et soeurs en Christ, que nous sommes en communion avec le Père et avec Jésus-Christ, son fils, c’est-à-dire que nous sommes pour ainsi dire ses associés. Chacun comprend l’importance de bien connaître ses associés, leur disposition, leur talent, leur fortune. De même, il s’agit que nous connaissions bien ceux que Dieu, dans sa grâce, nous donne comme associés, comme partenaires, c’est-à-dire le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Quelle merveilleuse condescendance du Père céleste envers de pauvres, misérables créatures telles que nous ! Quoique faibles et exposés aux attaques de l’adversaire, comme de pauvres pèlerins traversant le désert qui est souvent une vallée de larmes, il est de première importance que nous puissions aller à Lui sans crainte, car notre grand et généreux associé est le Seigneur Jésus en personne toujours infiniment sage et infiniment riche, et dont l’amour pour nous ne changera jamais.

Comment atteindre cette connaissance de Christ ? Beaucoup pensent sans doute que tout cela est très beau et très désirable, mais ils ne savent comment y arriver. Il va sans dire que, tout d’abord, il faut avoir passé condamnation sur nous-mêmes et notre propre justice, pour mettre toute notre confiance en Jésus seul pour le salut de notre âme. Sans cela, nous n’atteindrons jamais à cette connaissance plus intime du Seigneur Jésus. Mais comme je l’ai déjà dit, il me semble que le passage que nous étudions a trait à un degré supérieur dans cette connaissance, de manière à ce que nos vies glorifient le Seigneur, et que nous portions du fruit au 60% et au 100%. Oui, mes chers amis, ne nous contentons pas de porter du 30%, du 40%, etc., mais efforçons-nous d’arriver au 100%. Dans la parabole du semeur, le Seigneur parle de divers degrés de fertilité, ce qui ne nous empêche pas d’aspirer au maximum. N’oublions jamais que le salut de notre âme n’est pas le but final de Dieu par Christ, mais que la gloire de son nom dépend du fruit que nous portons. Ne nous imaginons pas que parce que nous avons en quelque mesure abandonné le monde et ses plaisirs nous pouvons nous reposer sur nos lauriers. Non, chers amis, il faut presser le pas et vouloir porter du 100% à la gloire du Maître. Comment puis-je donc réaliser cette connaissance plus intime avec le Seigneur? Au verset 8, nous lisons : «Et je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ page 75


mon Seigneur, afin que je Le connaisse, Lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances.» Il désirait renoncer à tout, afin de le connaître toujours mieux. Voilà pourquoi il faut renoncer aux plaisirs du monde, aux richesses, aux honneurs, et à tout ce que le coeur naturel recherche, afin de pouvoir répéter avec l’apôtre les passages ci-dessus. Notre seul but sera donc désormais de vivre pour Dieu.

Transformation du coeur et de l’esprit Le sujet que nous voulons méditer aujourd’hui, est celui-ci : «Ne vous conformez pas à l’esprit du monde, mais soyez transformés par le renouvellement de votre esprit» (traduction anglaise). Comme étant les rachetés du Seigneur, il nous sied de tenir toujours devant nos yeux le but final de notre pardon en Christ, c’est-à-dire la gloire de Dieu. Je l’ai déjà dit, mais je ne me lasse pas de vous le répéter, et pour pouvoir remplir notre rôle de témoins de Dieu ici-bas, il faut absolument que nous nous conformions non pas au monde, mais à Christ ; en un mot, que nous soyons transformés à son image. Autrement, il est impossible que notre témoignage soit efficace. Il se peut que nous pensions travailler beaucoup dans la vigne du Seigneur, mais il n’y aura de résultats durables qu’en tant que nous serons vraiment transformés par le Saint-Esprit. Ayant été rachetés par le précieux sang de Christ, il faut que nous, les enfants du Très-Haut, n’attendions pas d’être dans la gloire pour devenir conformes à l’image du Sauveur (quoique cette conformité ne puisse être parfaite qu’au ciel), mais que nous fassions tout ce qui dépend de nous pour y arriver déjà sur cette terre. Dans ce but, disons-nous bien que c’est là la volonté du Seigneur, à savoir notre transformation. Et n’oublions pas que ce n’est pas une chose impossible mais que nous y arriverons par le renouvellement de notre esprit. Dans notre état naturel, nous suivons le monde et ses coutumes, c’est-àdire, nous suivons notre propre chemin. Il se peut qu’aux yeux de nos concitoyens, nous soyons des braves gens, moraux et honnêtes, et qu’on ne dise que du bien de nous, même avant notre conversion. Cependant si c’est notre chemin que nous suivons, notre propre volonté que nous faisons, il nous est impossible de plaire à Dieu, parce que ce n’est pas Lui qui est notre Maître, notre Guide, notre Sauveur. Le bien que nous faisons, ce n’est pas pour Lui plaire et pour glorifier son nom. C’est pour nous plaire à nous-mêmes, que nous ployons notre force, nos dons et nos talents et non pas à l’honneur et à la gloire de Dieu. Ce n’est pas pour Lui que nous exerçons notre profession, que nous allons à nos affaires, que nous dépensons notre argent, mais c’est pour suivre nos inclinations naturelles, ce qui déshonore notre Maître. Le cœur naturel de tout homme ne peut vivre que pour lui-même, jusqu’à ce qu’il soit renouvelé et transformé par le Saint-Esprit. Nos meilleures résolutions n’y changeront rien. Oui, chers amis, ce qui déshonore notre Dieu, c’est que nous ne pouvons pas dire comme le prophète Elie : « Dieu devant qui je me tiens. » page 76


Nous ne vivons pas pour Lui ; nous ne lui consacrons pas notre temps et nos forces. Pourquoi cela ? Parce que notre coeur ne lui est pas livré, nos talents et nos dons ne le sont pas. Pour sortir de ce cercle vicieux, il nous faut la conviction du péché, et la certitude que nous sommes perdus, que nous avons besoin d’un Sauveur; il faut que nous finissions par mettre en Lui notre confiance, que nous acceptions le salut que son précieux sang nous a acquis. Alors, et par la puissance du Saint-Esprit, nous devenons de nouvelles créatures. Nous obtenons ainsi la vie éternelle, et c’est alors que s’ouvre devant nous la possibilité d’une vie transformée. Avant notre conversion, la chose est impossible, parce que nous sommes morts dans nos fautes et dans nos péchés. Avant que le Saint-Esprit nous soit donné et que la vraie foi à l’Évangile naisse dans notre cœur, nous sommes incapables de plaire à Dieu et de vivre pour Lui. Nous continuerons au contraire à vivre en conformité avec le monde et pour nous-mêmes. S’il y en a parmi mes lecteurs qui sont encore dans ce cas, je les supplie d’accepter la réconciliation avec Dieu par Christ qui vous fera naître de nouveau, car jusqu’à ce qu’il nous communique la vie, nous sommes morts dans nos fautes et dans nos péchés, et chacun vit pour soi-même, se conformant plus au moins aux principes du monde. Il est d’une importance capitale que nous recevions l’Évangile si nous voulons être transformés, car c’est là le fondement de tout l’édifice. Ce n’est du reste que le commencement, et cela ne doit pas nous suffire, et notre sainte ambition doit être de croître et d’avancer jour après jour, mois après mois, année après année, si le Seigneur nous accorde la vie, de telle façon que ceux qui nous connaissent depuis dix ans, vingt ans, trente ans, quarante ou cinquante ans, puissent nous retrouver non seulement tels qu’ils nous ont connus, mais beaucoup plus conformes à l’image de Christ.

Progrès dans la vie divine Pour atteindre ce résultat dans une bonne mesure déjà ici-bas, je vais vous donner quelques conseils qui, avec la bénédiction de Dieu, vous aideront à progresser et à avancer dans cette vie de conformité à l’image de Christ. D’abord, n’oublions jamais que le monde a les yeux sur nous pour voir s’il y a vraiment une différence entre nous et lui, si notre vie journalière glorifie le Dieu que nous prétendons servir. Pour reproduire de plus en plus et de mieux en mieux la vie de Christ dans la nôtre, il importe que nous ayons constamment sous les yeux d’un côté l’abîme dont Christ nous a tirés par son oeuvre de rédemption, et, de l’autre, le royaume du Fils dans lequel II nous a transplantés. Nous appartenions au royaume des ténèbres, et maintenant nous sommes dans celui de la Lumière. Nous étions morts dans nos fautes et nos péchés et, à présent, nous ne sommes plus esclaves volontaires de Celui qui nous a aimés et veut nous transformer à son image.

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Sauvés pour servir Souvenons-nous toujours que si nous avons été sauvés, rachetés du royaume des ténèbres, c’est afin de vivre désormais dans le royaume de la Lumière. Oui, tous nos péchés passés ont été pardonnés, nous sommes justifiés par la foi en Jésus ; nés de nouveau, enfants de Dieu pour le temps et l’éternité, héritiers de Dieu avec Christ, et bientôt nous serons appelés à juger le monde et Satan lui-même avec les anges tombés. Plus nous aurons ces choses devant les yeux, et plus nous serons comme contraints à chercher la gloire de Dieu. Dieu a voulu que sa créature humaine ne trouve pas le bonheur loin de son Créateur et séparée de Lui. Oui, comprenons bien que la volonté de Dieu est que sa créature se sente malheureuse et misérable tant qu’elle suit son propre chemin, et que la paix et la joie du Saint-Esprit ne s’obtiennent que par la marche avec Dieu, dans l’obéissance à ses commandements. Si nous étions pleinement persuadés de cette vérité, nous ferions tous nos efforts pour vivre et marcher dans cette crainte de l’Eternel qui est le commencement de la sagesse.

Vivre pour plaire à Dieu Ensuite notre plus grand désir doit être de plaire à Dieu seul et de ne vivre que pour Lui, puisqu’en suivant notre propre chemin il est impossible que nous réalisions le vrai bonheur que seules donnent la paix et la joie du Saint-Esprit. C’est donc maintenant notre unique but dans la vie de ne vivre que pour Dieu et de lui offrir notre coeur tout entier, et non pas seulement en partie. C’est là un point capital, chers frères et soeurs en Christ, et si parmi vous il y en avait un qui n’eût pas fait le don complet de son cœur et de sa vie, permettez-moi de vous pousser à le faire sans retard, de façon à pouvoir dire au Seigneur: «Mon Père, tu sais toutes choses, tu sais combien ton pauvre enfant est faible et misérable, mais tu sais aussi que je t’ai donné mon cœur. » Cependant, n’oublions pas que malgré ce don complet de notre cœur au Seigneur et le sincère désir de vivre pour Lui, nous n’en restons pas moins faibles et incapables par nous-mêmes. Nous n’avons aucune force propre, et pour rester dans cette attitude du coeur et de la volonté et y persévérer jour après jour, et année après année, il faut que nous usions de certains moyens. Restons bien conscients et persuadés de notre néant, de notre ignorance, de notre faiblesse, et cramponnons-nous à notre Père céleste par la prière. Soyons des hommes et des femmes de prière dépendant jour après jour du Père céleste pour tout ce qu’il nous faut ; mais après avoir demandé, sachons écouter sa voix. Dans la prière, c’est nous qui parlons à notre Père, et dans la lecture de Sa Parole, c’est Lui qui nous parle.

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Aimons la Parole de Dieu Ici, je me permets, chers amis chrétiens, de vous adresser une question: « Aimez-vous la Parole de Dieu ? La lisez-vous souvent ? et longuement? Avez-vous jamais lu la Bible tout entière ? Il est de la plus haute importance que nous soyons des hommes et des femmes de la Bible, la lisant régulièrement et avec suite. Et puis méditons ce que nous avons lu ; sondons ces pages, même si nous n’en lisons que quelques versets. Appliquons-nous à nous-mêmes ce que nous lisons, d’une manière pratique. Courbons notre raison devant ses déclarations inspirées. Il nous suffit que ce soit la Parole de Dieu ; que notre intelligence s’incline. Du reste, ce que nous ne comprenons pas maintenant, nous le comprendrons plus tard. Attendons dans une attitude de prière et de foi. Je le répète, pour que nous puissions la mettre en pratique, ne doutons jamais de son origine divine, devant laquelle la créature tombée n’a qu’à s’incliner. Pour qu’elle ait toute son efficacité, il est évident que nous devons la recevoir avec foi et dans le but bien précis de la vivre et de la mettre en pratique. Si ce n’est pas le cas, la prière elle-même ne servira pas à grand-chose. Nous aurons beau la lire, si nous ne sommes pas décidés à lui obéir, ce sera une simple et vaine forme. Elle nous est données dans le but de nous diriger; si nous sommes dociles, nos âmes seront arrosées et richement bénies. Notre joie et notre paix par le Saint-Esprit iront grandissant. J’ai fait moi-même cette expérience depuis quarante-sept ans et neuf mois, et je ne puis que vous engager à faire de même, chers jeunes amis en Christ. Soyons droits, et ne cessons jamais de nous laisser diriger par l’Écriture et malgré notre faiblesse et toutes nos lacunes, nous irons de progrès en progrès dans la connaissance de sa grâce.

De la confession de nos fautes Maintenant, que faire, si quelqu’un, malgré toutes ces lumières, vient à tomber en quelque faute ? Tout simplement la confesser franchement, sans aucune hypocrisie et sans chercher à nous excuser. Confessons notre faute à notre Père céleste, et replaçons-nous sous l’efficace du sang de Christ en réclamant la précieuse promesse : «Si nous confessons nos péchés, Il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité.» Soyons assurés que le sang de Christ purifie de tout péché. Puis consacrons-nous tout à nouveau à Dieu, livrons-nous à Lui, en cherchant sa Grâce pour nous préserver de toute chute à l’avenir. Le résultat de cette attitude sera l’accomplissement de la promesse faite par notre adorable Sauveur : «On donnera à celui qui a, et il aura encore davantage.» En agissant de cette manière, le racheté devient de moins en moins conforme aux coutumes du monde, et de plus en plus conforme à l’image de Jésus. Celui qui a donné sa vie pour nous est digne que nous vivions pour Lui seul. Oh ! bien-aimés, que ce soit là notre but, notre idéal, puisque nous désirons être fortifiés par le Saint-Esprit dans notre homme intérieur. page 79


Ce n’est pas pour chercher de l’amusement ou de la distraction que nous sommes réunis ici, pas même pour entendre des choses excellentes qui nous laisseraient tels que nous étions auparavant, Non, chers amis, nous désirons recevoir une nouvelle mesure de force spirituelle. Notre Dieu se plaît à bénir ses enfants, pourvu que ceux-ci soient prêts à recevoir cette bénédiction, et à Lui offrir leur cœur tout entier.

Complètement livrés Soyons sincères et droits, car le Seigneur réclame notre coeur entier! N’en gardons pas une partie pour nous-mêmes. Souvenons-nous qu’Il nous dit : «Mon fils, donne-moi ton, cœur », et non pas une partie de ce coeur! Il ne dit pas non plus : « Donne-moi une partie de ton argent », mais donne-moi ton cœur. » Rien ne peut remplacer cette offrande, et quand le Seigneur possède notre cœur tout entier, notre argent lui appartiendra aussi ; notre profession, nos maisons, nos terres, nos talents, nos affaires, tout Lui appartient ; tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes. N’ayons pas de repos que nous n’ayons réalisé se saint idéal qui est notre service raisonnable !

Fin

Traduit par Clara Meylan Ed. de la Concorde, Lausanne, 1921 Numérisation et relecture Patrick Hierl patrick@maxtv.ch Pour toutes questions, merci d’envoyer un mail © Patrick Hierl juin 2010 Copie autorisée pour diffusion gratuite page 80

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