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#40 / 2013

3,95€ Jornet et Chaigneau ROIS DE L’ULTRA…

Macadam addicts C’EST GRAVE, DOCTEUR ?

Woodstock du VTT… LE ROC ENTRE ALPES ET AZUR

1 personne sur 3 ALLERGIES, COMMENT LES COMBATTRE ?

+ MES RUBRIQUES :

TRAIL MA LIBERTÉ ! Une déferlante dans le monde du running

AGENDA, TEST, SHOPPING, PLANÈTE, MOBILITÉ…

monsportmagazine.com

CONCOURS PHOTO ACTION NOW !

MES DESTINATIONS GRAND VERT


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ÉDITO

Se sentir mieux Et plus libre Au fond, que cherche-t-on dans le sport ?... A chacun sa réponse, à chacun ses motivations. Mais parmi les raisons les plus souvent invoquées, il en est une qui revient avec une belle récurrence : se sentir mieux. Et plus libre. Car rien de tel que l’exercice outdoor pour évacuer le stress et refuser ce sentiment d’enfermement tellement répandu dans nos sociétés urbaines. Alors, on sort courir, nager ou pédaler : un moment essentiel, qu’il soit zen ou explosif, purement récréatif ou axé sur la performance. C’est pourquoi nous nous attelons à vous donner des idées pour vivre à fond cet « instant sport » dans toutes ses déclinaisons, du running au cyclo, du kite à l’escale, de la rando à la relaxation. Avec des conseils pratiques, des témoignages d’athlètes confirmés, un agenda, du shopping, des destinations pour la forme, etc. Ce magazine existe depuis 2006 et nous voilà reparti pour d’autres aventures après notre rachat par un éditeur qui croit en nos valeurs et veut les booster. Pour monsport, ce virage est un changement dans la continuité. L’approche reste la même, la philosophie aussi, mais le cahier Santé est appelé à se développer et des rubriques supplémentaires vont apparaître au fil des numéros : comme les « Carnets de course » et les tests d’équipements que nous inaugurons dès à présent avec les chaussures de trail. Ce n’est pas tout. Pour répondre aux exigences d’une presse en pleine mutation, notre website va faire peau neuve afin d’aller plus loin dans les synergies. De même, la lecture sur tablette sera bientôt disponible. Et nous allons vous adresser régulièrement des newsletters pour fédérer notre communauté à travers toute une série d’activités… dont vous aurez bientôt la surprise. Merci de nous accompagner dans cette nouvelle page de notre histoire, riche d’envie et de projets.

Denis Asselberghs Rédacteur en chef

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masanté #40

SOMMAIRE

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Editeur responsable Denis Asselberghs

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Rédacteur en chef Denis Asselberghs denis@rushmore.be

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Collaborateurs Arnaud Asselberghs, Maxime Aubertin, Auriana Beauté, Louise Biron, Pascal Boutreau (Plein Zoom), Mark De Geest, Raphaël Godet, Sophie Mathay, Jacqueline Reul, William Thovex, Eric Verschueren

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STYLISME Le entrechats de Murielle Scherre

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66 PIXPAGES Votre nouvelle rubrique photo

72 MON ACTU

06 PORTFOLIO

Mes défis, mes coups de coeur, mes records

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SHOPPING Notre sélection plage et montagne

CARNET DE COURSE L’Eco-Trail de Paris

MA SANTÉ

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INCONTOURNABLE Roc d’Azur, la grand-messe

RENDEZ-VOUS L’agenda d’un été très actif

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THEMA-BOUTIQUE Des VTT très tendance

FOCUS Des stages only girls

MES DESTINATIONS

ARE YOU TRAIL ?

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CHÂTEL Famille Plus et Multipass

ON THE TOP Kilian Jornet, plus vite, plus haut

22 CONSEILS Seb Chaigneau, ses bons plans !

25 TE ARAROA Jez Bragg, longue est la route

26 MODE D’EMPLOI Bon pied, bon run

52 BEAUFORTAIN 500 km d’itinéraires balisés

54 AUVERGNE Au pays des volcans

56 PRAZ DE LYS-SOMMAND Trail, escalade et parapente

ON THE MOVE

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TEST 8 chaussures de trail

PACIFIQUE Predrag Pasic, le foot, pas la guerre

Mise en page Direction artistique Emeric de Baré emeric@chello.be

ADDICTION Courir jusqu’à la déraison

83 SUBSTITUT Les édulcorants, pour ou contre ?

84 ALLERGIES Le mal se répand

86 FAIT MAISON Un gâteau sport bourré d’énergie

88 COMPATIBLE Compétition et maternité, c’est possible

MA MOBILITÉ

92 ALTERNATIF Le Mans électrique, c’est demain

MA PLANÈTE

94 JUBILE Parc National de la Vanoise, 50 ans déjà

Photos PhotoNews, Shutterstock, Auriana Beauté, Marie-Anne Bols, Chris Burkard (Red Bull Illume), Tarquin Cooper (Suunto/Zoom Productions GmbH), Blanco Negro (Roc d’Azur), The North Face, JBC, King George PR (Modular WGR), Eco-Trail de Paris (Herv & Le Gac, A. Chaumontel, A. Chabanol, F. Poirier), Pathé Films, Fidélité Films (Stéphane Kyndt) + Dossier destinations été : Offices du Tourisme d’Auvergne, du Beaufortain (pix : S. Cervos, G. Lansard, G. Place), de Châtel (pix : J.F. Vuarand) et de Praz de Lys-Sommand + archives : Seb Chaigneau, Flowersway, Parc National de la Vanoise, UOL, kootation.com, celebbest.com, planetaellas, Pierre Durand Couverture © The North Face Publicité (Belgique et international) Maxime Asselberghs Big Bang Agency +32 (0)498 20 71 95 maxime@bigbang-agency.be Distribution & administration info@monsportmagazine.com monsport est une publication Rushmore Communication av. de l’Exposition 424 – BT 20 1090 Bruxelles Belgique +32 2 307 51 56 info@rushmore.be


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MON ACTU

COMME UN MAUVAIS PRÉSAGE ? La sécurité des voiliers engagés cette année dans l’America’s Cup pose question et ce n’est pas le décès d’Andrew Simpson qui apaisera les esprits. Médaillé olympique en 2008 et 2012, le Britannique a trouvé la mort alors qu’il s’entraînait sous la bannière suédoise d’Artemis. Après avoir chaviré dans une mer agitée, le skipper est resté coincé sous l’immense multicoque. Il faudra plus de 10 minutes pour l’extraire de l’eau : trop, beaucoup trop, pour espérer ramener à la vie ce magnifique marin de 36 ans originaire du Surrey qui avait enflammé le cœur des Anglais lors des derniers JO.

Coupe de l’America Danger dans la baie ? Bientôt 162 ans au compteur et toujours debout, la doyenne, en dépit d’un budget qui nargue la crise - 50 millions d’euros par bateau ! - et d’une édition 2010 (la 33e) qui a laissé un goût amer (victoire d’Oracle sur Alinghi… par voie d’avocats). Cet été, les organisateurs de l’America’s Cup espèrent trouver un souffle nouveau avec les AC 72 : des catamarans de 22 m. Dotés d’une aile rigide, ils dépassent 40 nœuds (75 km/h !) en décollant littéralement à la surface de l’eau. Autant ils sont beaux, maniables et technologiques, autant on les dit instables et délicats à barrer. Dangereux, peut-être ? Qu’à cela ne tienne : comme on a déjà pu le vérifier au large de Naples (photo), ces mastodontes vont nous offrir un sacré spectacle dans la baie de San Fransciso du 7 juillet au 22 septembre. On attend sept équipages sur les côtes californiennes pour défier le defender américain Oracle Racing.

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3:06.02 Ça motive et… ça fait mousser ! Face à des médias jamais rassasiés, il faut occuper le terrain pour exister. Le sportif n’échappe pas à la règle. Comme un bon politicien, il doit se manifester, se montrer et parfois créer l’événement de toute pièce… quand rien ne se passe. Ainsi, notre ami Jacques Borlée : toujours sur la brèche, il s’est attaqué au record de Belgique du 4 x 400 mètres avec les athlètes qu’il entraîne (notamment ses fils). Bravo, joli challenge ! Sauf qu’il faut ouvrir les yeux… Car ledit record, s’il est bien « de Belgique », n’a rien de « national ». Non, c’est un record « de club », certes honorable, mais de moindre portée. Il était détenu depuis 1980 par l’Eendracht Alost en 3:09.05. Un chrono largement battu le 1er mai 2013 par cette équipe bruxelloise. Réunissant Arnaud Destatte et les frères Borlée (Kevin, Dylan, Jonathan), tous membres du White Star, elle a tourné en 3:06.02, bien loin du VRAI record de Belgique : 2:59.37, établi aux Jeux de Pékin en août 2008. Or, toute la presse a relayé l’info. Conclusion : faute de grives, on mange des merles quand l’actu n’a rien de mieux à nous mettre sous la dent !


MES RECORDS

CINQ BORLÉE PEUVENT EN CACHER UN AUTRE C’est une véritable tribu dont l’aîné fut Jean-Pierre, excellent sprinter dans les années 70. Puis, vint son frère Jacques, sélectionné olympique à Moscou en 1980 et aujourd’hui toujours actif, comme entraîneur… de ses propres enfants : Olivia, Kevin et Jonathan. Bref, chez les Borlée, on a ça dans le sang ! Et ce n’est pas Dylan, le petit dernier, qui nous contredira. Etudiant en graphisme, il a 20 ans et lui aussi de réelles aptitudes sur le tour de piste. S’il n’est pas encore au top niveau (bouclant son meilleur 400 m en 47.93), tout porte à croire qu’avec sa morphologie, sa taille - 1m90 et les conseils d’un père très avisé (photo ci-contre), ce garçon ‘bien né’ va très vite jouer dans la cour des grands. Chiche ?

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Recette à succès Dans les salles obscures Si vous en avez définitivement marre de Bruce Willis, de l’hyper violence cinématographique, des gros nanars exotico-romantiques ou des chroniques sociales à quatre francs cinq sous… eh bien, ceci devrait vous rassurer. Car après le bel accueil réservé à « Jappeloup », un autre film mettant le sport à la Une va cartonner cet été : « La Grande Boucle » de Laurent Tuel avec Clovis Cornillac dans le rôle d’un loser triomphant. Résumé : abandonné par sa femme, licencié par son patron, François Nouel, 40 ans, n’a plus rien à perdre. Alors, il va tout gagner ! Passionné de cyclisme, il part faire le Tour de France avec un jour d’avance sur le peloton des pros. Très vite, la rumeur se répand, les journaux s’enflamment, le public l’acclame… C’est complètement dingo, mais très amusant et même assez touchant.


MES COUPS DE CŒUR 11

LE MAÎTRE ET SON MODÈLE Jamais décevant, toujours brillant, Guillaume Cannet nous a bluffé dans « Jappeloup ». Pourtant, incarner Pierre Durand n’était pas chose aisée, mais l’acteur a parfaitement cerné la personnalité difficile du cavalier français, médaillé d’or aux Jeux de Séoul en 1988. Bien sûr, d’aucuns diront que le scénario en fait des tonnes dans l’émotion et la dramaturgie. Mais qu’importe, puisque le frisson est là. Puis, quel bonheur de se remémorer la carrière du petit cheval bai qui se transcendait dans les jumpings. C’est, bien sûr, sa véritable histoire qui nous est contée. Avec, en prime, une magnifique distribution : Daniel Auteuil, le père, Lou de Laâge, la groom, Jacques Higelin, l’éleveur, Marina Hands, l’épouse… A voir ou à revoir. Absolument !


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Hélico & chipping Pour un enchaînement de folie ! L’aura dont jouit actuellement Nicolas Colsaerts donne du tonus aux golfeurs belges. Illustration avec Alexander Hautekiet (34, HCP 2.3) et Kasper De Wulf (27, HCP 7.5). A l’heure où vous lirez ces lignes, ils auront probablement battu un incroyable record, puisque nos deux compères, basés à Damme près de Bruges, vont tenter de jouer neuf parcours de 18 trous dans autant de pays différents sur une courte période de 24 heures !... Le précédent record remonte à 2011 : sept parcours dans sept pays d’Europe en 21 heures, 6 minutes et 55 secondes. De gentils contributeurs (sponsors et public) soutiennent Alexander et Kasper dans cet enchaînement de folie qui permettra de soutenir une association venant en aide aux enfants des hôpitaux.


MES DEFIS 13 RADADA SUR LES GREENS Alexander Hautekiet et Kasper De Wulf entameront leur « Modular World Golf Record » à Tarvisio en Italie où ils frapperont une première balle à 2h30 du matin. Ils s’envoleront ensuite pour la Slovénie où ils attaqueront leur deuxième partie à 4h35, montre en main ! Puis, destination l’Autriche (6h50), la République tchèque (10h00), l’Allemagne (12h50), la France (15h40), le Grand Duché de Luxembourg (18h15), les Pays-Bas (22h00) et, enfin, la Belgique où ils retrouveront leurs supporters pour un ultime parcours sur le coup de minuit. Après quoi, place à la fête et… au kiné pour soigner les douleurs musculaires !


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L’agenda

D’UN ÉTÉ TRÈS ACTIF 6 > 14 juillet Crankworx Les 2 Alpes Free Raid Classic Included (FRA) Pendant 9 jours, dans la station des 2 Alpes, venez découvrir en tant que spectateur ou acteur toutes les disciplines du VTT : DH, Enduro, Dual Speed and Style, Dual Climb, Slopestyle, Best Tricks… Avec des animations, des concerts, des grosses fêtes et la possibilité de tester du matériel. www.crankworx.com www.les2alpes.com 11 > 14 juillet La Mégavalanche (FRA) A l’Alpe d’Huez, une incroyable course de descente en VTT avec 2.000 participants et 24 nations représentées. www.megavalanche.com 21 juillet Le Tour du Mont-Blanc Cyclo (FRA) Une grande boucle autour du toit de l'Europe. En une journée, seul ou par équipe, traversez la France, la Suisse et l'Italie sur plus de 330 km. Départ et arrivée aux Saisies. www.sportcommunication.info

11 août La Bataille des Ardennes (BEL) A Gomzé, un raid VTT très vallonné. Cinq distances au choix : 16-23-38-46-65 km. http://users.skynet.be/vttrooz 15 > 18 août Optima Open (BEL) Rendez-vous à Knokke-Heist avec les légendes du tennis. Sur les terrains du Royal Zoute, une pléthore de stars. En tête d’affiche cette année, Boris Becker et Yannick Noah. L’Optima Open fait partie de l’ATP Champions Tour. Cette série internationale s’adresse aux joueurs et joueuses ayant quitté le circuit professionnel depuis au moins un an et âgés de 30 ans ou plus. www.optimaopen.be. 16 > 18 août Coupe du Monde de Trial (FRA) Méribel accueille l’élite mondiale du trial : une discipline particulièrement spectaculaire que le public pourra apprécier sur des modules de pierre, de bois et de béton. Une telle maîtrise à vélo, c’est stupéfiant ! A voir absolument au cœur de la station. www.meribel.net

17 > 25 août TriFinance EuroHockey Championships (BEL) Dans le hockey, c’est le troisième plus grand événement au monde et le plus important jamais organisé en Belgique. Cet Euro (Championnat d’Europe des Nations) se tiendra dans les installations du Braxgata à Boom. www.trifinanceeurohockey2013.be 18 août Lotto Géant des Ardennes (BEL) Un tracé exclusivement routier pour cette cyclo-sportive de 148 km (97 km pour les moins endurants). Départ et arrivée au Country Hall d’Angleur, dans l’agglomération liégeoise. www.lesgeantsdesardennes.be 19 > 23 août Le Rallye des Alpes Cyclo (FRA) 560 km dans la Tarentaise et la Maurienne. Start et finish au Grand Bornand. La feuille de route laisse rêveur : les Aravis, le Cormet de Rosenlend, l’Iseran, le Télégraphe, le Galibier, la Croix de Fer, la Madeleine, la Colombière… Cette course est ouverte à tous et toutes moyennant une super condition physique ! www.aventurebike.org/ rallye-des-alpes/


MES RENDEZ-VOUS 17 31 août Climbing for Life Galibier (FRA/BEL) La Belgique pose ses valises à Valloire ! Ils seront près de 4.000, majoritairement des cyclos bien décidés à vaincre quatre cols répartis sur 77 km. Mais aussi de nombreux joggeurs prêts à s’enfiler 18 km de lacets bien raides. sport.be.msn.com/climbingforlife 31 août - 1 septembre Enduro du Beaufortain (FRA) 150 participants sont attendus à Beaufort pour en découdre sur les magnifiques itinéraires enduro du territoire. Ambiance festive assurée ! www.beaufortain-bike.com 1 septembre Francorchamps Cyclo (BEL) Pédalez sur le légendaire circuit automobile. Cadre magnifique, nombreuses structures d’accueil. Mais gare au Raidillon, très long et très pentu ! Quatre distances possibles : 15-30-45-80 km. www.francosports.be 1 septembre Mannekenpis Trail (BEL) A Geraardsbergen, 12 et 21 km entre pavés et sentiers. http://mannekenpistrail.be/wpp 7-8 septembre Lyon Free VTT (FRA) Escaliers, ruelles, pavés et single tracks urbains pour ce raid qui n’a que peu (ou pas ?) d’équivalent en Europe. La 11e édition se disputera sur 59 km avec pas moins de 10 côtes et 6 descentes techniques. ww.lyonfreevtt.com 13 septembre Night Run à Anvers (BEL) Démarre à Deurne sur le coup de 21h00. Au menu, 9 km de plat. www.energizernightrun.be

13 > 15 septembre Ischgl Overmountain Challenge (AUT) La station autrichienne affirme son attachement au VTT avec cet open européen d’enduro. Les meilleurs spécialistes croiseront le fer dans la Silvretta Arena, mais les amateurs seront aussi conviés à diverses courses et sorties dans un environnement montagneux qui s’y prête à merveille. www.ischgl-overmountain.com. 21-22 septembre L’Ultra Raid de La Meije (FRA) Une épreuve VTT difficile, exigeante… mais qui se révèle somptueuse, tout simplement ! Les concurrents inscrits en Elite Ultra auront à se farcir 112 km et 5.150 mètres de dénivelé positif. www.ultraraidlameije.fr 22 septembre Rage Against Nature (BEL) A Averbode, près de Diest et Aarschot, une épreuve plutôt trash reprise au calendrier des Spartacus Series. Se court sur 10 km avec 15 franchissements d’obstacles, pas mal de boue et quelques flaques géantes… http://sport.be.msn.com/ spartacusseries/2013 28 septembre Le Grand Trail du Saint Jacques (FRA) Une course nature de 70 km depuis Gévaudan jusqu’au Puy-en-Velay en Haute Loire. Deux variantes sont proposées, plus courtes (50 et 30 km), ainsi qu’un relais (par équipe de trois) et deux randos pédestres de 20 ou 34 km. www.trailsaintjacques.com

29 septembre Lafuma Trail Brabant Wallon (BEL) La région n’est pas très prisée des trailers, mais nul doute que Lafuma, présent dans la discipline depuis près de 10 ans, tracera un parcours à la hauteur. Le stade Gaston Reiff à Braine-l’Alleud sera le centre névralgique de ce trail plutôt champêtre. Pour fédérer experts et débutants, trois distances ont été programmées : 8, 16 et 35 km. www.usbw.be www.lafumatrail.be 5-6 octobre Raid du Brabant Wallon (BEL) A Mont-Saint-Guibert, sur 2 jours. Avec samedi, un enchaînement VTT/running (distance cumulée : 20 km + 11 km de bonus). Durant la nuit, un run & bike de 15 km. Et dimanche, un jogging suivi d’un run & bike, puis enfin du VTT pour le grand final. Et toujours par équipe de deux. www.raiddubw.be 20 octobre Brugge Urban Trail (BEL) La Venise du Nord par les chemins de traverse pour découvrir parcs, places et bâtiments anciens dans une atmosphère unique. Parcours de 10 km. Repris au calendrier des Decathlon Series. sport.be.msn.com/brugge urbantrail/2013 7-8 décembre La Saintélyon (FRA) Avec plus de 60 hivers au compteur, la Saintélyon est un monument de la course à pied en France. Le mythique raid nocturne entre Saint-Etienne et Lyon est à la fois trail et running routier, ce rendez-vous incontournable se décline sur 75, 45 et 21 km (en solo), plus des relais. www.saintelyon.com


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MES RENDEZ-VOUS

Red Bull Windsurf Camp PAR UNE FILLE POUR DES FILLES UNE CHOUETTE INITIATIVE. ALICE ARUTKIN, L’UNE DES 10 MEILLEURES WINDSURFEUSES MONDIALES EN VAGUES ET EN SLALOM, A CONVIÉ LA RELÈVE FÉMININE À SUIVRE UNE VÉRITABLE MASTER CLASS CHEZ ELLE, À SANGATTE, SUR LA CÔTE D’OPALE. Ce camp d'entrainement intensif a été l'occasion pour une trentaine d'apprenties championnes de vivre deux jours de rêve sous la conduite d'une grande pro. Agée de 14 à 17 ans et obligatoirement détentrices d’une licence de club, les heureuses élues ont beaucoup appris, depuis le placement optimal des mains et des pieds jusqu’aux transferts d'appui, en passant par la recherche de vitesse et l’orientation de la planche au

moment du Take Off… La tout assorti, bien sûr, de démonstrations et d’exercices pratiques. Les 30 invitées d’Alice Arutkin s’en sont retournées chez elles absolument ravies, avec l’envie de s ‘inscrire à d’autres stages axés sur la pratique-compétition. Car, de toute évidence, il n’y a pas de meilleur contexte pour découvrir les raffinements d’une discipline et progresser dans les règles de l’art. Bref, elles en redemandent !

Et dans les verts pâturages… Vous préférez le Moutain Bike ? Alors, ceci vous intéresse. La station de Méribel propose un programme d’initiation ou de perfectionnement (au choix) exclusivement réservé aux vététistes du beau sexe. Sous la conduite des moniteurs de l’école Fast Riding People, vous profiterez à fond des 3 Vallées au gré de longues descentes et d’innombrables sentiers labélisés VTT FFC. Quand ? En juillet et en août. Durée : 4 jours. Par groupe de 8 filles maximum. Accessible à tous les niveaux. www.fastrigingpeople.com


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KILIAN JORNET

Les sommets de sa vie ENTRE ULTRA TRAIL ET SKI ALPINISME, LE PLUS GRAND « COUREUR DE MONTAGNE » DE CES DERNIÈRES ANNÉES S’EST LANCÉ DANS UN PROJET D’ENVERGURE. UN DÉFI À L’ÉCHELLE MONDIALE BAPTISÉ SUMMITS OF MY LIFE : AMÉLIORER LES ACTUELS RECORDS DE VITESSE ÉTABLIS PAR SES PAIRS POUR GRAVIR LES SOMMETS LES PLUS EMBLÉMATIQUES DE LA PLANÈTE. RIEN DE MOINS ! par William THOVEX

Kilian Jornet est un surdoué. A 25 ans, ce Catalan au gabarit de jockey (56 kilos pour 1m71) et aux capacités physiologiques hallucinantes (90 ml/min/kg de VO2 max, 34 pulsations au repos) a tout gagné : trois fois l’UTMB, la Diagonale des Fous, le Tahoe Rim, Sierre-Zinal, la Pierra Menta… Il coiffe également plusieurs couronnes mondiales en ski alpinisme (vertical race, individuel, combiné). Et, pour parachever l’œuvre, Super Jornet détient de nombreux records d’ascensions ou de traversées : GR 20, Kilimandjaro, etc. PLUS POSÉ, PLUS CONTEMPLATIF Aujourd’hui, pourtant, la boulimie de victoires de cet athlète horsnorme s’est estompée. Ou, plutôt, modifiée. Kilian a changé d’approche : il se veut plus posé, plus contemplatif. « La plénitude en

“Pour moi, ça n’a pas de sens de gravir le Mont-Blanc en 3 heures en profitant de cordes fixes ou encadré par des gens qui me ravitaillent tous les 100 mètres”.


DOSSIER ARE YOU TRAIL ? 21 montagne, c’est évoluer au plus près des éléments, se fondre dans la nature, se sentir comme un autre animal ou un autre caillou… Mais ce n’est pas incompatible avec le fait de gagner une course, de battre un temps, de franchir la ligne d’arrivée le premier. Car même si je vais vite, j’observe et ne cesse jamais de m’émerveiller devant un paysage, un panorama, un coucher de soleil. J’aime aussi partager ces moments avec des partenaires de course ou d’entraînement. » PRENDRE DES RISQUES… PAR AMOUR Si la montagne est belle, elle peut être dure également. Parfois impitoyable. « Accepter les risques, c’est comme se lancer dans une histoire d’amour. Tu sais que tu vas probablement souffrir, que la perte est possible, la déception, l’échec, et pourtant tu prends le risque. Par amour »… Bercé depuis son enfance par les courses en montagne grâce à ses parents et les récits d’aventures qu’il lisait avec passion, l’Espagnol a inconsciemment fait germer en lui le projet Summits of my life. Une idée un peu folle devenue aujourd’hui réalité. En 2012, il boucle deux traversées du massif du Mont-Blanc (de Champex aux Contamines et de Courmayeur à Chamonix) dont la première est marquée par la disparition tragique du skieur alpiniste Stéphane Brosse. Cet hiver, comme pour tourner la page, Kilian passe deux mois au Népal. Accompagné de deux amis, Espagnols eux aussi, il crapahute sur les contreforts de l’Himalaya, enchaînant passages de cols et franchissements de sommets à plus de 6.000 mètres dans le froid et la neige. L’équipe dispose d’un minimum de matériel : une tente d’un kilo pour trois et 10 kilos de matériel chacun. Pas plus. Mais assez pour grimper en autonomie. MONT-BLANC ET CERVIN POUR COMMENCER Le trio passe plusieurs fois au Tibet (« en pirate », comme Kilian le dit avec son regard malicieux). Goûtant

à la très haute altitude, notre multichampion aborde l’exercice comme un repérage, une façon d’habituer encore un peu plus son corps à l’inconfort des milieux extrêmes. « Cet été, je vais tenter les records d’ascension du Mont-Blanc (4.810m) et du Cervin (4.478m). Je veux commencer par ces sommets mythiques parce que c’est ici qu’est né l’alpinisme et ici que j’ai entamé mes projets. Après, je m’attaquerai à l’Elbrouz, dans le Caucase (5.642m). » Avec toujours comme fil rouge pour ces Summits of my life : ne prendre pour chaque ascension qu’un minimum d’équipement. « Pour moi, en terme d’exploration et de découverte, ça n’a pas de sens de gravir le Mont-Blanc en 3 heures en profitant de cordes fixes ou encadré par des gens qui me ravitaillent tous les 100 mètres. A travers ce projet, je veux voir ce dont mon corps est capable sans aide extérieure, sans matériel, pour mesurer précisément quelles sont mes capacités. Je veux vivre pleinement cette interaction avec la nature sans assistance, sans artifice.» En 2014, Kilian Jornet tentera l’Aconcagua (6.962m) en Amérique du Sud et le McKinley (6.196m) en Alaska. Puis, en 2015, place à l’Everest (8.848m). « Nous voulons y aller pas à pas, sans brûler les étapes. Mais, c’est bon… je me sens prêt. »

“La plénitude en montagne, c’est évoluer au plus près des éléments, se fondre dans la nature, se sentir comme un autre animal ou un autre caillou…”


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LES CONSEILS DE SEB CHAIGNEAU

pour bien débuter… et bien terminer

HABITUÉ DU BITUME, VOUS SOUHAITEZ SORTIR DES SENTIERS BATTUS ? EXCELLENTE IDÉE, MAIS IL FAUT VOUS RENDRE COMPTE QUE, DANS SON APPROCHE, LE TRAIL EST UNE DISCIPLINE TRÈS DIFFÉRENTE DU JOGGING. POUR VOUS GUIDER, NOUS AVONS FAIT APPEL À SEB CHAIGNEAU, MEMBRE DU TEAM THE NORTH FACE. ATHLÈTE HORS DU COMMUN, IL POSSÈDE UNE SACRÉE EXPÉRIENCE ET… NOUS FAIT L’HONNEUR DE LA PARTAGER ! par Maxime AUBERTIN

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ADAPTEZ VOTRE ÉQUIPEMENT Première chose, il vous faut absolument « des chaussures adaptées à la pratique du trail (voir nos pages ‘Test’), un bon sac d’hydratation ou au moins un porte-gourde(s) et des bâtons de nordic walking ». Pensez aussi à prendre votre téléphone portable : « Même s’il n’y a pas toujours du réseau, il pourrait vous être utile. » Si vous partez pour une longue sortie, emportez au minimum « de quoi vous couvrir, une tenue de rechange, une trousse de secours, une couverture de survie, de quoi manger et faire du feu. » Sans oublier de préciser à un proche votre itinéraire, de consulter la météo et de prévoir un plan bis « au cas où les conditions se gâtent, ce qui n’est pas rare en montagne. » ALLEZ-Y PROGRESSIVEMENT « En trail, on ne raisonne pas en termes de distance, mais en temps de course. Selon le parcours, une vitesse moyenne de 8 à 10 km/h peut être très bonne »… contre 15 à 18 km/h sur route (voire 20 km/h pour les tout meilleurs !). Donc, ne vous référez pas à vos prestations sur le plat. Autre impératif : augmentez progressivement la durée des courses et leur degré de difficulté. « Trop de pratiquants visent directement l’UTMB et, au final, beaucoup explosent, sont dégoutés ou passent la majorité de leur temps à marcher. Même si vous avez déjà disputé des marathons, ne faites pas de trails de plus de 15 à 25 km les premières années, mais fixez-vous quand même une course de 30 à 35 km comme objectif de fin de saison. »

LAISSEZ DU TEMPS AU TEMPS (ET À VOTRE ORGANISME !) Dénivelé, altitude et temps de course allongé impliquent de nombreuses évolutions. « Il y a tout un tas de petites adaptations qui doivent se faire. La première est d’ordre physique et musculaire : c’est le paramètre le plus facile à cerner, il se travaille à l’entraînement. La seconde adaptation est physiologique : poumons, estomac et intestins doivent se mettre à niveau, le foie filtre beaucoup plus… Enfin, il faut tenir compte d’importants déséquilibres sur le plan hormonal : c’est l’aspect le plus complexe à maîtriser et celui qui réclame le plus de patience. » OSEZ LA MARCHE « Le trail est à mi-chemin entre le running et la randonnée. Parfois il est plus rentable de marcher que de courir. Vous arriverez peut-être moins vite au sommet, mais vous irez plus vite en descente. » Donc, même si ce n’est pas dans vos habitudes, acceptez-le ! Mais encore faut-il savoir… marcher ! « Ce sont les bras qui donnent le rythme. Travaillez votre coordination avec des bâtons de nordic walking. Au plus l’inclinaison est forte, au plus il faut faire des petits pas. C’est moins éprouvant et les ischions sont moins sollicités. »

Il ne faut pas souffrir pour progresser. Prendre du plaisir est bien plus profitable. Donc, envisagez le trail comme un jeu. C’est une notion fondamentale.


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APPRENEZ À MONTER… ET À DESCENDRE Faire du dénivelé exige aussi une certaine adaptation. « Il ne faut pas vouloir passer trop vite du running au trail. L’idéal est de commencer sur un terrain vallonné intégrant des zones de plat. » Ensuite, travaillez votre technique de course en montée. « En plus de faire des petits pas, il faut légèrement pencher le buste vers l’arrière pour ouvrir la cage thoracique et marquer des appuis plus légers. » Mais attention, « la descente est un exercice très exigeant, parfois même plus dur à maîtriser, car très traumatisant pour les muscles et les articulations. » Par conséquent, il s’agit « de faire des appuis très courts, en privilégiant là aussi la fréquence plutôt que l’amplitude. »

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SOIGNEZ L’ALIMENTATION ET L’HYDRATATION Le trail est moins usant que le running, mais plus exigeant en demandes énergétiques. « Il faut boire et s’alimenter au moins toutes les 30 minutes. Jusqu’à 7 à 8 heures d‘effort, on peut se contenter de boissons et de gels énergisants. Mais au-delà, il faut introduire du solide, comme des barres énergétiques. Quand on approche les 14 heures de course, il faut du salé, puis alterner avec du sucré pour ne pas arriver à saturation (NDLR : Seb a notamment développé un hydrixir à la tomate avec Ovesrstims). Il est important de faire des simulations à l’entraînement pour voir comment réagit l‘organisme. » Et, ici aussi, gare aux pièges de la descente : « Souvent les coureurs ont mal aux jambes parce qu’ils ont négligé leur hydratation et leur alimentation durant les descentes. » Autre précaution : prendre des BCAA (acides aminés ramifiés) pendant l’effort pour optimiser votre récupération. Enfin, faites comme Seb, mangez japonais (poisson, soupe d’algues, etc) et privilégiez le riz qui se dégrade bien mieux que les pâtes (70% contre 42%).

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FAITES-VOUS PLAISIR Une notion fondamentale pour Seb : le plaisir. « Il ne faut pas souffrir pour progresser. Prendre du plaisir est bien plus profitable. Donc, envisagez le trail comme un jeu. » Dans le même état d’esprit, ne courez pas contre les autres, mais pour vous-même, en écoutant votre corps. « C’est beaucoup plus agréable de partir doucement, de laisser les sensations s’installer, avant d’accélérer… » Il ne faut pas non plus s’entraîner à outrance : « C’est la meilleure manière (ou la pire !) d’éroder sa motivation et d’être fatigué avant même le départ »… Seb en fit l’expérience il y a quelques années, lorsqu’il avalait plus de 300 km par semaine avec 20.000 mètres de dénivelé positif !

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FORTIFIEZ VOTRE MENTAL Qui dit plaisir, dit préparation mentale. L’un ne va pas sans l’autre. « Il n’est pas rare de voir des coureurs bien physiquement qui craquent mentalement… Le mental, c’est 70 à 80% de la réussite. » Quel que soit votre niveau, il ne faut jamais négliger cet aspect. Seb préconise de partir avec des images ‘refuge’ (grands exploits sportifs, souvenirs de voyages…) et d’essayer de scinder le corps et l’esprit. Cela permet d’avoir une attitude positive. « Par exemple, si vous avez mal aux jambes, rappelez-vous que vous êtes content d'être là et dites-vous que vous vous entraînez à ne plus avoir mal. »

Pour Seb, protéger l’environnement est un must. Comme lui, rappelez-vous que chaque coureur s’engage à conserver ses déchets et à respecter Dame Nature.


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Profil Seb Chaigneau

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VARIEZ VOS ENTRAÎNEMENTS ET PENSEZ À RÉCUPÉRER Pour entretenir le mental et soutenir la motivation, il faut proscrire la routine. Voilà pourquoi Seb fait beaucoup de vélo, une discipline qui lui permet de travailler son endurance. En hiver, il s’adonne régulièrement au ski de fond et au ski de rando. Côté running, il continue à programmer des séances sur le plat pour entretenir son explosivité.

10 Né le 23 février 1972 à Châtellerault (France) Biotechnologiste de formation Ancien chasseur alpin Membre du team The North Face 3e de l’Ultra-Trail du Mont Fuji en 2013 1er de la TransGranCanaria en 2012 et 2013 2e du Lavaredo Ultra-Trail en 2012 3e de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc en 2011 et 2e en 2009 3e de l’Olympus Marathon en 2009 1er du Lybian Challenge en 2007 et 2008...

OPTEZ POUR «LA TRAIL (ECO)ATTITUDE» Pour Seb comme pour la majorité des trailers, protéger l’environnement est un must. Comme lui, rappelez-vous que chaque coureur s’engage à conserver ses déchets et à respecter Dame Nature. N’oubliez pas non plus qu’en trail plus qu’ailleurs, l’entraide est une valeur essentielle : « On ne court pas les uns contre les autres, on court ensemble. »

Merci à Seb pour ses précieux conseils, ainsi qu’à son Manager David Hugot.

Allez-y progressivement. Trop de pratiquants visent directement l’UTMB et, au final, beaucoup explosent, sont dégoutés ou passent la majorité de leur temps à marcher.


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DÉFI TE ARAROA Jez Bragg : « Impossible n’est pas anglais ! »

IL NOUS VIENT DE BOURNEMOUTH DANS LE DORSET, FACE À L’ÎLE DE WIGHT… 32 ANS, UN PHYSIQUE D’ÉTUDIANT ET DES JAMBES EN ACIER POUR CELUI QUI S’EST LONGTEMPS ADONNÉ AU RUGBY. MAIS LE RUNNING N’ÉTAIT JAMAIS BIEN LOIN. D’ABORD POUR SE MAINTENIR EN FORME. PUIS POUR LA BONNE CAUSE, EN DISPUTANT DES MARATHONS CARITATIFS. ET, FINALEMENT, POUR SE RÉVÉLER À LUI-MÊME EN DÉCOUVRANT LE TRAIL. par Denis ASSELBERGHS

Le trail fut comme un aiguillon pour Jez Bragg. La manière la plus logique pour ce sportif inné d’assouvir un besoin permanent : puiser son énergie dans la nature, se ressourcer dans le country side et vivre de vraies aventures humaines. De là à se lancer dans l’ultra, il n’y avait qu’un pas. Il l’a franchi en 2007 pour très vite se faire une place parmi l’élite. En atteste sa victoire à l’UTMB en 2010 ! Mais l’homme ne voulait pas se contenter d’épreuves à boucler en 24 ou 48 heures. Son corps et sa tête en demandaient davantage… C’est ainsi qu’est né le défi Te Araroa. PAS DE QUOI L’EFFRAYER Te Araroa est un itinéraire traversant la Nouvelle-Zélande du nord au sud sur 3.054 km (soit la distance séparant Rome et Moscou… pour vous

donner un ordre d’idée !). Départ à Cape Reinga, arrivée à Bluff. Inauguré en décembre 2011, Te Araroa s’inscrit dans la lignée des plus grands GR comme l’Appalachian et le Crest Pacific. Pour en venir à bout, il faut se farcir 285 km de bitume, 345 km de canoë et 2.424 km de pur trail. Pas de quoi effrayer Jez Bragg ! AU PLUS PROFOND DE SES FORCES Démarrant le 1er décembre 2012, le sujet de Sa Très Gracieuse Majesté a bouclé ce morceau de bravoure en 53 jours. Sa ration quotidienne : courir entre 12 et 20 heures, y compris la nuit. Il a même réussi à tenir ce rythme alors qu’il luttait contre la giardia lamblia, un parasite intestinal qui l’a littéralement terrassé en cours de chemin. Mais Jez n’a pas renoncé,

reprenant la route avec une abnégation qui force l’admiration. « J’ai puisé au plus profond de mes forces, admet-il, parfois même au-delà de mes limites de sécurité, notamment dans la traversée des rivières. » LA PRÉPARATION MENTALE AVANT TOUT Quel enseignement l’ultra-runner du team The North Face tire-t-il de cette expérience culminant à ‘l’extrême des extrêmes’ ? Que la préparation mentale est la plus importante. Jez Bragg a le sentiment d’avoir beaucoup progressé sur ce point. C’est d’ailleurs une très mauvaise nouvelle pour ses adversaires, car l’Anglais est convaincu qu’il peut désormais placer la barre encore plus haut dans les compétitions. A bon entendeur !…

285 km de bitume, 345 km de canoë et 2.424 km de pur trail. Pas de quoi effrayer notre forçat des sentiers !


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LE TRAIL

quel pied… TENDANCE LOURDE DANS LE MONDE DU RUNNING DEPUIS QUELQUES ANNÉES, LE TRAIL A FAVORISÉ L’OUVERTURE D’UN NOUVEAU MARCHÉ. AUJOURD’HUI, LA MAJORITÉ DES ÉQUIPEMENTIERS TENTENT LEUR CHANCE DANS CETTE DISCIPLINE TRÈS EN VOGUE. CERTAINS SONT DES « REAL PLAYERS » : DES FABRICANTS QUI NE PROPOSENT QUE DES GAMMES TRAIL. FACE À EUX, LES GÉNÉRALISTES ET LES SPÉCIALISTES MONTAGNE-OUTDOOR ONT AJOUTÉ DES ARTICLES SPÉCIFIQUES TRAIL À LEURS COLLECTIONS… POUR NE PAS RATER LE TRAIN DE CETTE NOUVELLE MODE. par Eric VERSCHUEREN

Face à l’abondance des marques et des modèles, le coureur manque de repères. Que choisir, comment choisir et que regarder en priorité ? Le confort, le maintien, le prix ou la solidité ?…

Elément essentiel à la pratique du trail, les chaussures font l’objet d’une attention toute particulière. L’offre est impressionnante ! Mais face à l’abondance des marques et des modèles, le coureur manque de repères. Que choisir ? Et comment choisir ? En établissant deux grilles. La première est propre à chacun : définir ses besoins et ses caractéristiques propres. Vers quelles distances et quels types de terrains souhaitezvous aller ? Recherchez-vous la performance à tout prix ? Quel est votre poids, votre niveau, votre âge, votre expérience ?... Une fois ces paramètres précisés, il s’agit de les rapporter à différents critères qui font - ou ne font pas - une bonne chaussure de trail. Que regarder en priorité ? Le confort, le maintien, le prix, la solidité ?… C’est cette seconde « grille de lecture » que nous vous présentons ci-dessous. UN CONFORT IMMÉDIAT L’impression première, celle que vous ressentez en essayant la chaussure, c’est évidemment le confort. Déterminez d’abord la pointure adéquate. Attention, les tailles varient


DOSSIER ARE YOU TRAIL ? 27 en fonction des équipementiers. Il n’y a, par exemple, pas de stricte équivalence entre un 45 « Salomon » et un 45 « Asics ». Deuxième élément à prendre en compte : la « toe box » , c’est à dire la largeur du chausson au niveau des orteils. Certains aiment être à l’aise, d’autres préfèrent être bien serrés. A vérifier également : les zones de frottement éventuelles. Si elles se déclarent d’emblée et s’accentuent après quelques minutes, imaginez les dégâts après 4 heures de course ! L’AMORTI Sur des sols secs et fermes, l’amorti d’une chaussure de trail peut faire la différence lorsqu’on privilégie le confort. Même chose si vous avez une liaison importante à parcourir sur asphalte avant de rejoindre votre terrain de jeu favori. Vous aurez alors à vous décider entre tout un éventail de semelles, de la très absorbante à la dure, voire très dure. Entre le minimalisme (zéro amorti, uniquement pour les costauds) et la tendance « marshmallow », évitez de vous tromper. C’est fondamental ! LA STABILITÉ Comme c’est le cas pour les chaussures « de route », vous aurez à faire le tri entre des modèles pour pieds universels, pronateurs ou supinateurs. Ici, plus la distance augmente, moins vous avez le droit à l’erreur… Boucler 80 km de montagne avec des chaussures mal adaptées peut coûter très cher ! Du reste, il y a la nature du terrain qui change de mètre en mètre : dans le trail plus qu’ailleurs, cette réalité vous oblige à être particulièrement attentif au positionnement et à la stabilité des pieds. Sinon, gare aux blessures. LA PROTECTION DU PIED Une des caractéristiques principales de la chaussure de trail est le renforcement de la pointe et du talon. Cela permet de mieux encaisser les chocs. Autant c’est accessoire si vous courez sur de l’herbe, du sable ou dans des sentiers réguliers, autant cette donnée devient prioritaire si

vous évoluez en montagne sur des chemins rocailleux. En milieu accidenté, il faut aussi que le pied soit bien protégé sur son côté intérieur, surtout chez les pronateurs. Un caillou pointu à cet endroit peut engendrer de gros dégâts et mettre en péril votre arrivée à bon port. L’ACCROCHE Pour celui qui pratique le trail à grande dose, c’est parfois un véritable casse-tête. Car l’accroche d’une semelle est primordiale selon la nature du terrain. Par exemple, une chaussure peu cran-

le laçage est bien plus qu’un détail ! En rappelant que sur de longues distances en montagne, il est capital de pouvoir « jouer » avec les lacets. Exemple : il faut plus de relâchement en descente pour éviter l’inflammation des tendons releveurs. De même, on doit desserrer les lacets quand le pied gonfle à la suite d’un effort soutenu. D’où la nécessité pour le compétiteur (et le pratiquant exigeant) de bénéficier d’un système de laçage bien conçu qui permet de gagner du temps dans toutes ces manœuvres.

Vous aurez à faire le tri entre les chaussures pour pieds universels, pronateurs ou supinateurs. Il y va du positionnement et de la stabilité. Sinon, gare aux blessures ! tée fera perdre énormément de temps sur terrain gras. Par contre, sur le sec, elle « rendra » mieux. Et le grip, lui, permettra d’éviter pas mal de glissades, voire des chutes. Aujourd’hui, il existe une multitude de modèles adaptés aux conditions les plus variées… Un critère qu’il faut prendre en compte au moment de l’achat. LE LAÇAGE Facilité à nouer les chaussures, modèle présentant une petite pochette pour ranger le lacet, tension optimale pendant la course… Vous l’aurez compris,

LE PRIX Ce n’est pas parce qu’elle est chère qu’une chaussure est forcément bonne… mais il faut généralement mettre le prix pour disposer d’une chaussure de qualité. Visez bien la nuance ! Dans le cas du trail, on parle d’une fourchette de 60 à 200 EUR pour des paires allant de correctes à hyper performantes. Avec cette utilme recommandation à l’attention des coureurs assidus : une fois que vous avez jeté votre dévolu sur un modèle, n’hésitez pas à en acheter deux paires et à alterner pendant l’année.


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TEST 8 CHAUSSURES DE TRAIL à la loupe…

Saucony Xodus 3.0 Elle a tout pour plaire, cette américaine. En tout cas, nous, elle nous a séduit par son look homogène et les acquis techniques dont l’a dotée son fabricant, le très crédible Saucony. Neutre, assez légère (324gr en pointure 42H), bien carénée avec de solides renforts AV/AR, la Xodus 3.0 se destine au trail en moyenne montagne. Pourquoi moyenne ? Parce qu’elle ne raffole ni des gros dénivelés ni des sols ultra cassants. Non, c’est plutôt dans les verts pâturages et les chemins forestiers qu’elle est au top de sa forme. Bien cramponnée avec ses ergots multidirectionnels, elle offre beaucoup de grip, un excellent amorti et un magnifique confort du pied : des atouts auxquels contribue certainement sa semelle Vibram Trek antidérapante. De plus, son drop de 4 mm garantit un « toucher » très concret et une remarquable stabilité sur revêtement irrégulier. Mais… il y a un mais… autant la Xodus 3.0 travaille bien à plat, autant elle produit de petites torsions au niveau du chausson. Donc, gare aux genoux sensibles ! Ceci concerne essentiellement les joggeurs ayant tendance à marquer fort leurs appuis. Autre reproche : à la moindre flaque, son habillage textile prend l’eau… un défaut que la doublure HydraMax s’empresse de corriger, car c’est vrai qu’elle sèche vite, cette chaussure ! Retenons encore qu’elle dispose d’une languette à gousset pour abriter les lacets. Question coloris, vous avez le choix entre une combinaison noire/orange ou jaune/noire avec de fines piqûres rouges du plus bel effet. Il existe une version Femme. Pesant à peine 296gr en pointure 38 2/3, elle arbore une jolie robe bleu marine/bleu clair. Enfin, un mot de la Saucony Peregrine 3 que nous avons aussi essayée. Avec son poids plume (281gr pour les hommes en pointure 42, 247gr pour les dames en pointure 39 !), elle est parfaite dans les urban- et les éco-trails. Basse, épurée, cette galopeuse ne craint ni les sentiers tortueux, ni les graviers coupants, mais elle avoue un manque d’accroche sur les parcours détrempés, et ce en dépit d’une fiche technique qui vante les vertus de sa semelle extérieure en caoutchouc « haute adhérence ». Xodus 3.0 (M & W) > 130 EUR Peregrine 3 (M & W) > 120 EUR


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Kalenji Kapteren TR3 W Une pronatrice de 310gr en pointure 39 dont l’architecture prend en compte l’anatomie du pied féminin… puisque c’est à vous, Mesdames, que s’adresse cette Kapteren TR3 rose et noire. Son dessin enveloppant offre un bon maintien de la cheville et un excellent soutien plantaire, ce qui lui vaut d’occuper une place de choix dans la gamme « Performance » du fabricant français Kalenji. Mais c’est surtout son rapport qualité/prix qui mérite d’être souligné : avant d’être une compétitrice pure et dure, la TR3 W est d’abord une excellente affaire, vendue 69,95 EUR dans le réseau Decathlon. Ce petit prix ne l’empêche pas de répondre aux exigences d’un vrai rendement sur parcours accidenté. Très convaincante à la relance et charpentée pour bien absorber les chocs, elle hérite - tout comme la Kapteren XT3 (son pendant masculin) - d’une semelle intermédiaire constituée de 3 mousses EVA, chacune de densité différente. Question adhérence, si le crantage n’est pas phénoménal, il est en tout cas satisfaisant pour peu que les conditions restent « normales ». Traduction : la grosse boue n’est pas son amie… mais quelle chaussure de trail peut se prévaloir d’un comportement 100% safe sur ce genre de patinoire ?! Retenons encore que la TR3 W dispose de puissants renforts côté talon. Par contre, elle est plus vulnérable au niveau des orteils et assez étroite de l’avant, ce qui pourrait poser problèmes quand on a le pied large (même s’il est clair qu’au fil des sorties, la structure textile va se donner pour déboucher très vite sur un confort digne de ce nom). Kapteren TR3 (W) > 69,95 EUR Kapteren XT3 (M) > 89,95 EUR


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Lafuma Speedtrail Etudiée pour les coureurs neutres et pronateurs, la robuste Speedtrail ne cache pas son amour pour les conditions difficiles. Crampons très prononcés, semelle extérieure Vibram, semelle intermédiaire renforcée et carénage généreux en font un vrai 4x4. Pas forcément légère (348gr en 42H), elle dégage néanmoins une vraie sensation de confort, de liberté, et s’avère assez proche du sol. Son amorti (concentré au niveau du talon) est ferme, mais sans excès, et son maintien correct permet d’aborder les difficultés sans trop s’inquiéter. Très stable à petite foulée, elle se laisse agréablement piloter sur l’avant quand on augmente la cadence, se révélant alors dynamique et précise. Autre atout : une accroche irréprochable qu’elles que soient les conditions, même si l’alliance crampons/Vibram ne fait pas de miracle dans la grosse gadoue. Etanchéité, rapidité de séchage et résistance à l’usure sont satisfaisantes. Reste à examiner le système de laçage Twin Lace breveté par Lafuma. Combiné à un collier assez serré, il rend la Speedtrail plutôt difficile à enfiler. En revanche, nous louons sa bonne tenue du pied et son réglage aisé en cours de chemin. La petite poche de rangement prévue dans la languette est aussi très pratique. Pour ceux qui n’aiment pas ce dispositif d’ajustage coulissant, il est possible de revenir à des lacets ‘normaux’. Bref, si vous êtes dans la catégorie poids moyens ou légers et si vous cherchez une chaussure pour courtes et moyennes distances à utiliser à peu près partout, vous êtes bien tombé. Disponible en vert, noir/jaune/bleu, noir/rouge/gris ou noir/jaune pour Homme et en noir/jaune/rose ou noir/gris pour Femme. Speedtrail (M & W) > 120 EUR


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The North Face Ultra Guide Derrière ce look vintage se cache une pure compétitrice taillée pour les pires conditions. Très légère (272gr en 42H), respirante et confortable, elle affiche avec fierté son drop réduit de 8mm. Minimaliste dans l’âme, l’Ultra Guide est une superbe « pantoufle » pour pieds universels et légèrement pronateurs. D’un toucher très concret, elle offre un amorti bien meilleur qu’on ne pourrait le supposer, ce qui en fait un bon allié pour les longues distances. Mais attention, son créneau, c’est la vitesse. Quel que soit le parcours, elle invite à se mettre sur la pointe et fait preuve d’une réactivité bluffante. Revers de la médaille, il faut les canassons qui vont avec et une vraie technique de course, d’autant qu’elle est extrêmement souple. Ça saute aux yeux dans la pierraille où la moindre erreur se paie cash… et peut faire mal (car l’Ultra Guide est assez chiche en protections). Gare aussi dans les secteurs en dévers. Côté accroche, rien à redire, The North Face fait bien son boulot avec des crampons très efficaces en forme de pattes de bouquetin. Bien qu’elle n’ait pas été conçue à cet effet, l’Ultra Guide peut même se montrer très l’aise sur le bitume où son grip donne constamment envie de relancer. Notez toutefois que son avant est assez large, ce qui n’est pas l’idéal si vous avez le pied étroit... Enfin, son étanchéité n’est pas des meilleures, mais l’Ultra Guide sèche rapidement et son usure semble dans la bonne moyenne compte tenu de son profil racing. En conclusion, une petite bombe qui conviendra particulièrement aux coureurs légers. Disponible en bleu/orange ou rouge/noir pour Homme et en bleu ciel/bleu foncé pour Femme. Ultra Guide > 125 EUR

Scott Grip2 Pesant 340gr en 42.5H, c’est une chaussure de trail adaptée aux entraînements quotidiens comme aux courses longues distances. Elle convient aux coureurs universels de tout poids. Mais, premier constat, il n’est pas simple d’entrer le pied dans le cockpit de cette Grip2. La faute à un chaussant très rigide et même très serrant (attention si vous avez de grosses chevilles). Les premiers mètres s’avèrent donc assez compliqués, mais une fois que tout est en place, le confort s’installe. La tige très fine épousant parfaitement le contour du pied se laisse apprécier et ce qui pouvait paraître a priori gênant devient une force. Car grâce à sa grande rigidité, la Grip2 garantit un excellent maintien : de quoi affronter les zones techniques (caillasse, dévers…) avec assurance. Autre atout : la concept eRide caractérisée par une semelle plate au milieu du pied et un léger relevé à l’avant (un peu comme le rocker de vos skis). Cette construction incite à poser le pied bien à plat, avec un bon transfert de poids vers l’avant. Ainsi, vous aurez une posture qui permet à la fois d’attaquer ou, au contraire, d’économiser vos forces, bien aidé par un drop de 12mm. Outre une réelle stabilité et un excellent rapport amorti/dynamisme, la Grip2 offre une accroche tout à fait honorable. Par contre, gare aux glissades sur sol dur et/ou humide… Elle n’aime pas ça ! Quant à vos orteils, ils se méfieront des chocs, car le pare-pierres de cette chaussure est assez minimaliste. A contrario, sa résistance à l’eau est dans la bonne moyenne : la Grip2 sèche rapidement et semble armée pour durer. En résumé, on peut parler d’un modèle polyvalent pour tous les terrains et toutes les distances. Elle ravira à la fois ceux qui, venant la route, souhaitent progresser dans le trail et les coureurs d’ultras qui recherchent un bon compromis entre rapidité et sécurité. Avec en prime des couleurs flashy (bonjour les lacets orange !)… Egalement disponible en noir/mauve/rose pour Femme, avec semelle et chaussant adaptés à la morphologie de ces dames. Grip2 (M & W) > 124,95 EUR


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Salomon XR Crossmax 2 Voici peut-être la chaussure idéale pour démarrer dans le trail. D’abord, question poids, on est dans la bonne moyenne avec 335gr en pointure 43H. L’entrée du pied est assez étonnante. Super confortable. Même pas besoin d’un rodage : on a l’impression qu’on peut directement se farcir 25 km à la sortie du magasin, sans avoir les pieds massacrés ! L’amorti est donc très correct et fait penser à l’Asics Trabuco, autre référence de la catégorie. A l’avant comme à l’arrière, on se sent bien soutenu. Le système de serrage propre à Salomon - marque une nouvelle fois des points : non seulement, il est rapide et efficace, mais, de plus, les corrections en course (suite à une douleur ou à un gonflement des pieds) s’avèrent faciles et précises. Quant à la pochette prévue pour ranger le surplus de lacet, c’est un vrai ‘+’ qui permet de ne pas risquer une chute stupide en se prenant, par exemple, les lacets dans une branche… Nous accorderons aussi une mention TB au pare-pierres avant : il est solide et autorise d’y aller sans crainte. Par contre, pour l’accroche, notre avis est plus nuancé, car autant elle est excellente en traction dans les montées, autant elle est un peu légère dans les descentes boueuses ou les dévers. Enfin, autre petit bémol : on ne se sent pas trop à l’aise dans les passages de terrains très techniques vu l’épaisseur de la semelle et sa relative « mollesse ». Mais rappelons que la XR Crossmax 2 n’est pas destinée aux coureurs experts et que les conditions extrêmes ne sont pas dans son cahier de charges. Sa priorité est de vous initier en toute confiance. Et cela, elle le fait mieux que bien ! Existe pour Homme et Femme. XR Crossmax 2 (M & W) > 130 EUR


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TEVA TevaSphere Trail eVent On la dit « révolutionnaire ». Ah bon, pourquoi ? Parce que son aspect très particulier résulte d’une approche qui l’est tout autant ! Explication. Les concepteurs ont donné au talon un maximum d’arrondi afin de réduire le surface de contact à l’arrière. D’autre part, ils ont accentué la portance de la semelle extérieure dans sa partie centrale en lui greffant deux gros supports latéraux (au look pas très heureux). Puis, ils ont limité le drop à sa portion congrue. De quoi enfanter une chaussure dynamique, novatrice et franchement intéressante, avec de la stabilité, beaucoup de précision, une pression répartie uniformément et un super déroulé du pied. Mais attention, ce contour inédit et ce fameux ’drop zéro’ peuvent engendrer des douleurs aux mollets. Comment s’en prémunir ? En prenant le temps de s’habituer à la TevaSphere, car une fois qu’on en a compris le mode d’emploi et trouvé la foulée qui convient, tout devient naturel. On se sent prêt à jouer dans les pires mud runs, à attaquer de longues distances et à aborder les terrains les plus changeants. Mais reste à remplir une condition avant d’adopter la TevaSphere : éprouver de l’attirance pour ce modèle relativement cher ! La réponse dépendra de votre tempérament de coureur, moderne ou classique, audacieux ou prudent… A noter que la version Trail eVent est disponible pour Homme et pour Femme, et que figure au catalogue une variante Mid eVent à tige montante. TevaSphere Trail eVent (M & W) > 139,95 EUR

Patagonia EVERmore Vous voulez du « plus light que light » ? Avec l’EVERmore, vous allez peut-être trouver votre bonheur, puisqu’elle n’affiche que 210gr sur la balance en pointure 40H… et même 178gr pour la version Femme en 38 ! De quoi nourrir des craintes quant à sa robustesse ? Apparemment non, puisque Patagonia destine l’EVERmore aux coureurs d’ultra-trails en la renforçant via de solides embouts AV/AR, un butoir d’orteils en cuir, une plaque de répartition des chocs métatarsiens en EVA et 10 mm de rembourrage au talon. Mais le reste est effectivement calculé au plus léger : notamment l’empeigne très fine en mailles aérées recouverte de microfibre et la semelle intercalaire hyper souple. Cela donne une chaussure agile, flexible à souhait, qui distribue bien la pression et permet au pied d’avoir une bonne sensibilité, histoire d’éviter les faux mouvements (prudence quand même dans les pentes caillouteuses). Esthétiquement, l’EVERmore a une ligne basse, épurée, avec des œillets de drainage caractéristiques et des crampons discrets quoi que très accrocheurs. Ils sont moulés dans une gomme EVERtouch aux vertus antidérapantes. Enfin, autre bon point : l’EVERmore est proposée à un prix très… light. EVERmore (M & W) > 100 EUR


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CARNET DE COURSE Sportifs, nos journalistes ? Affirmatif ! Ils vous racontent leurs courses d’ici et d’ailleurs, à pied, à vélo ou à la rame… Attention, ça va suer. par Eric VERSCHUEREN

ECO-TRAIL DE PARIS

A Chacun sa tour…

ELLE ÉTAIT DANS MA « TO DO » LIST. PARCE QUE SES 80 KILOMÈTRES DISTRIBUAIENT 2 POINTS BIEN UTILES À L’INSCRIPTION DE L’UTMB QUI AVAIT LIEU QUELQUES MOIS PLUS TARD. PUIS, PARCE QUE CE PARCOURS LABELLISÉ « TRAIL » DANS UNE DES PLUS GRANDES VILLES DU MONDE M’INTRIGUAIT. ET ENFIN, PARCE QUE PARIS, C’EST PARIS… Nécessité et curiosité aidant, je me suis retrouvé un matin d’avril 2012 sur les quais d’une gare RER à quelques centaines de mètres de la Tour Eiffel. Vision étonnante. Aux touristes et travailleurs habituels étaient venus se mêler des centaines de coureurs aux tenues bariolées. Une fois dans le train, cap sur la base de loisirs de Saint-Quentin-enYvelines, à une quarantaine de bornes du centre de Paris. L’entry list

m’apprend que nous sommes 2.045 engagés sur la longue distance (80km, 1500m de D+). De quoi former un joyeux rassemblement avant le « lâcher » du peloton. Depuis 2008, année de sa création, l’EcoTrail a, en effet, bien grandi. Plus de 5.000 inscriptions sur l’ensemble des épreuves, des partenaires fidèles et des médias attirés par une discipline au développement exponentiel. Sans compter qu’il y a le pres-

tige d’une arrivée au premier étage de la Tour Eiffel qui vient se greffer sur cette opportunité donnée à quelque 11 millions de Franciliens de disputer un authentique trail tout près de chez eux. MENDIER DE L’EAU DANS LES PARCS… Dans la masse, j’essaie de repérer des copains belges. J’en croise trois venus ici pour préparer la


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L’Eco-Trail de Paris en bref - 2.045 participants sur le 80 km dont 175 femmes - 1.694 arrivants dont 153 femmes - Temps du vainqueur : Eric Clavery, 5h45:42 - 1re dame : Fiona Porte, 12e au scratch, 6h40:33

Petite Trotte à Léon, une « balade » d’environ 300 bornes inscrite au programme de l’UTMB. La discussion est courte car il est temps de s’élancer. D’entrée, le tempo est élevé. Devant, on trouve quelques cadors du trail français emmenés par Eric Clavery, champion du

ne l’indique. La chaleur est de la partie : une vingtaine de degrés. Au sortir de l’hiver, l’organisme n’a plus l’habitude. Très vite, je me retrouve sans eau et je le paie cash. L’allure fléchit, les jambes s’alourdissent. Je me surprends même à quémander cette eau

Depuis 2008, l’Eco-Trail a bien grandi, avec plus de 5.000 inscriptions sur l’ensemble des épreuves, des partenaires fidèles et des médias attirés par une discipline en pleine croissance. monde du moment et futur vainqueur. Pendant deux heures, le tracé est plat. Il tourne autour d’un grand étang et traverse une cité-dortoir de la banlieue parisienne. Ce n’est pas le top question paysage, mais ce n’est pas le bagne non plus. Ceci dit, le rythme est un peu rapide pour moi… 1h53 après 23 kilomètres bouclés en 207e position, non, ce n’est pas raisonnable. Surtout avec à peine un mois d’entraînement succédant à 5 mois d’arrêt quasi complet pour cause de blessure… Je décide de ralentir. Une tactique dictée aussi par le changement de profil du parcours : une succession de bosses qui nous oblige parfois à marcher. Nous sommes dans la forêt domaniale de Meudon. En pleine nature, mais près de Paris, sans que rien

soudain si précieuse aux familles allongées dans les parcs ! C’est gênant, mais ça marche. Et ça me permet de repartir au petit trot…

Les atouts • L’arrivée à la Tour Eiffel • Découvrir en courant les alentours de Paris et ses bords de Seine • Organisation professionnelle • 2 points UTMB aux finishers • Combiner trail et beau séjour touristique (à condition de ne pas trop marcher) Les défauts • Tracé plutôt monotone, pas assez de single-tracks, beaucoup de longues lignes droites dans les forêts domaniales • Manque d’ambiance sur le parcours • Le prix (97 €en 2013)


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PARIS DEPUIS L’OBSERVATOIRE DE MEUDON Heureusement, les ravitos sont bientôt là pour se refaire une santé. Les bénévoles sont sympas. Et le tracé se laisse apprécier, même si les single-tracks sont rares et les longues lignes droites plutôt nombreuses. Il y a quand même des perles, comme cette vue sur Paris depuis l’Observatoire de Meudon. Pour peu, on se prendrait pour un général prussien embrassant d’un seul coup d’œil la capitale qu’il s’apprête à conquérir… Doucement mais sûrement, nous avançons vers la dame de fer. C’est dans L’obscurité que nous sortons du domaine de Saint Cloud, sur la commune de Sèvres. Là, quittant les hauteurs de la ville par des petits chemins, nous plongeons vers la Seine. Il reste dix kilomètres pour rallier la Tour Eiffel. Désenchantement, en fait. D’abord, parce que la fatigue est là (1h10 pour ce tronçon très plat et une cinquantaine de places perdues). Ensuite, parce que l’environnement n’est franchement pas motivant. A Issy-lesMoulineaux, entre les coups de klaxon, les appels de phares, la nuit qui vient de s’installer et les vieux papiers gras qui jonchent le sol, je me demande ce que je fabrique là.

DOSSIER ARE YOU TRAIL ?

Je marche, je cours. Trente pas lents, trente pas « rapides ». Le cœur n’y est plus. Les jambes sont bien cassées. Pour tout arranger, ma frontale éclaire comme une bougie hésitante. Sur les sentiers bordant la Seine, là où sont amar-

Gravir 347 marches jusqu’au premier étage de la Tour où est jugée l’arrivée, c’est tout de même unique !

rées péniches résidentielles et restaurants flottants, ça ne le fait pas trop. J’essaie de me caler dans le sillage lumineux d’autres concurrents, mais chaque fois ils me lâchent… Par bonheur, l’arrivée me tend les bras. Féérique. Je termine quand, pile-poil, la Tour Eiffel s’illumine !… Courir parmi les rangées de touristes, puis gravir 347 marches jusqu’au premier étage, lieu du finish, c’est tout de même unique ! Un grand moment après 9 heures de course. Je savoure. Et avec moi, les 304 participants qui ont terminé… alors qu’ils sont encore 1.400 à converger vers le Champ de Mars… Eh oui, La Tour, c’est chacun son tour, histoire de bien en profiter. !


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REVIEW ROC D’AZUR VTT

Solide comme un roc !

AU FIL DES ANS, LE ROC D’AZUR, ORGANISÉ À FRÉJUS, EST DEVENU LE PLUS GROS RASSEMBLEMENT VTT AU MONDE. UN RENDEZ-VOUS INCONTOURNABLE POUR TOUS LES CYCLISTES « NATURE », BIEN HEUREUX DE PROFITER D’UN CADRE EXCEPTIONNEL POUR ASSOUVIR LEUR PASSION. par Pascal BOUTREAU / PLEIN ZOOM

Les visages sont poussiéreux, marqués par l’effort. Mais sur chacun d’entre eux, on devine un sourire et des étoiles dans les yeux. Voilà déjà plus d’un quart de siècle que ça dure, chaque mois d’octobre dans le Sud de la France. Depuis 1984 précisément quand est née cette manifestation sur une idée de Stéphane Hauvette. Les sept coureurs de l’édition originelle ont fait des petits. Beaucoup de petits même !... Ils sont désormais près de 20.000,

dont 2.500 étrangers (beaucoup de Belges et d’Italiens) venus d’une quarantaine de pays pour participer à cette grand-messe du VTT… et du sport « tout court ». Dans l’esprit, au fil des années, le Roc est resté fidèle à son approche initiale : toujours ce même lieu de convivialité, de rencontre et de partage. RIEN QUE DU BONHEUR « Le Roc d’Azur est un incontournable, répète à l’envi Julien Absalon,

double champion olympique et quadruple champion du monde. J’y vais pour me détendre, tisser des liens et me faire plaisir sur le vélo. La rigueur de la compétition, c’est toute l’année. Alors, ici je veux en profiter différemment. Je m’inscris toujours à une course, mais pour le fun, avec des amis, sans me prendre la tête. Comme les top pilotes sont là, je sais que pour gagner, il faut être à 100%. Ce n’est pas forcément compatible avec les potes et


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Pendant quatre jours, les concurrents ont le choix entre 25 épreuves. La plupart vont en baver, connaîtront des moments difficiles, mais tous ne retiendront que le bonheur de ces instants.

l’apéro tous les soirs. Dans ces conditions, pour moi, le classement devient secondaire »… Pendant quatre jours, les concurrents ont le choix entre 25 épreuves : Kid Roc à partir de 7 ans, tandems, un marathon de 83km, Roc Ruelle dans les rues de Roquebrune et Fréjus (remporté par Miguel Martinez, champion olympique 2000), etc. Cela va de la randonnée au mythique Roc d’Azur du dimanche, avec ses 53km et 1.700m de dénivelé positif : un peu plus de deux heures d’effort pour les premiers et jusqu’à huit heures pour certains. La plupart

vont en baver, connaîtront des moments difficiles, mais tous ne retiendront que le bonheur de ces instants : pédaler dans les paysages grandioses du Massif des Maures, gravir le Col du Bougnon au milieu d’une haie de spectateurs enthousiastes venus avec crécelles et cornes de brume, rouler sur la plage, traverser les communes de Roquebrune-sur-Argens, SaintMaxime et, bien sûr, Fréjus… Le bonheur aussi de profiter d’une ambiance unique avec, dès la ligne d’arrivée franchie, l’envie de revenir l’année suivante.

UNE SEMAINE RÉSERVÉE LONGTEMPS À L’AVANCE Le Woodstock du VTT, témoignent souvent les habitués. « Le Roc, c’est d’abord une épreuve de masse et un mélange incroyable, explique Frédéric Salomone, directeur sportif de la manifestation. Les participants vont du gamin de 7 ans au champion du monde. Ce mélange entre le randonneur et le pro constitue l’une des grandes richesses de ce rendez-vous. Les inconditionnels bloquent leur semaine longtemps à l’avance pour venir en famille ou en club. On voit même beaucoup d’en-


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monsport Cadette 2, confie Julie. C’est un rendez-vous parfait pour les clubs. On fait du camping, il y a du soleil, on rencontre une foule de gens et ça se termine par un bain de mer… C’est génial ! Pour les enfants, le Roc, c’est aussi la chasse aux posters dans les stands. Et les autographes, bien sûr… Quand j’étais plus jeune, je courais après ceux de Julien Absalon… Cette fois, c’est mon tour… et si ça peut donner envie à des petites filles de faire du VTT, j’en serais très heureuse. »

fants… censés être à l’école. Toute cette passion générée par le Roc, c’est notre moteur. » Lors de l’édition 2012, deux couronnés olympiques étaient de la partie : le

pionne du monde dans la foulée de son sacre olympique, elle avait opté pour une approche fun, comme Julien Absalon, préférant prendre le départ d’une randonnée, au milieu

Les inconditionnels bloquent leur semaine longtemps à l’avance pour venir en famille ou en club. Tchèque Jaroslav Kulhavy et la Française Julie Bresset. Avec, pour chacun, des motivations différentes. Sur sa lancée londonienne, Kulhavy a remporté le Roc Marathon devant son coéquipier suisse Christoph Sauser. Quant à la Bretonne, cham-

d’un peloton de vététistes anonymes, tout heureux - et fiers ! - de partager un bout de chemin avec le maillot arc-en-ciel, tout en profitant du sourire de la meilleure VTTiste mondiale de l’année. « Le Roc d’Azur, j’y viens depuis que je suis

LE BOUQUET FINAL DES LA SAISON Vous l’aurez compris, le Roc, c’est le bouquet final de la saison. Un must pour les champions, mais aussi pour tous les amateurs qui depuis longtemps ont coché cette date dans leur calendrier. Tous sont prêts à en découdre sur de multiples parcours adaptés aux capacités de chacun, quel que soit le niveau ou l’âge. Puis, il y a les randonneurs pour qui le VTT est avant tout un moyen de partir à la découverte de beaux endroits, tout en respectant l’environnement. Faire du sport mais pas seulement. Car le Roc d’Azur, c’est aussi un espace de vie. Et par dessus tout, une vraie réunion de famille.


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Le mélange entre les randonneurs et les pros constitue l’une des grandes richesses de ce rendez-vous.

Le Roc fait des petits Si le Roc d’Azur reste la référence, Amaury Sport (organisateur du Tour de France, du Dakar, de Paris-Roubaix, etc) a décidé de lancer un circuit Roc. Ainsi, dès juin 2013, La Clusaz, en Haute-Savoie, accueille le Roc des Alpes. Au programme : 16 épreuves, du cross country à la descente en passant par la randonnée et l’enduro. Un troisième Roc est également à l’étude en région parisienne pour 2014. Et récemment, Alexandre Maslin, le patron du Roc, a même évoqué la possibilité d’exporter le concept hors de France. Il se dit en coulisses que la Belgique serait en pole position !


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Les brèves du Roc La Belgique en force Avec environ 1000 participants, le Plat Pays est la nation la mieux représentée au Roc d’Azur après la France. Si Roel Paulissen est le seul Belge à avoir franchi en vainqueur la ligne d’arrivée de l’épreuve phare (2008 et 2009), Sébastien Carabin (team Verluys) n’en fut pas loin il y a deux ans, quand il termina 3e. Pour le cycliste verviétois, 10e en 2012, le Roc est un moment important. « Je suis venu deux fois en Junior, quatre fois en Espoirs et une fois en Elite, raconte-t-il. J’ai d’ailleurs eu la chance de gagner dès ma première participation en Junior. Le Roc permet de rester concentré en fin de saison et de se motiver pour garder la forme. C’est aussi la dernière occasion de profiter du soleil… Puis, le cadre est vraiment magnifique. Le parcours est différent de ce que l’on rencontre habituellement. C’est assez roulant, mais avec de longues côtes où il faut garder un gros tempo et travailler en puissance. Les descentes sont assez techniques et cassantes. Il faut rester devant, car la différence peut se faire là. » Sébastien Carabin

Alain Prost a toujours la caisse De nombreuses personnalités du sport viennent goûter aux plaisirs du Roc d’Azur. Le skieur de bosses Edgar Grospiron et le descendeur Luc Alphand se sont déjà attaqués aux sentiers du Massif des Maures. Les cyclistes Sandy Casar et Sylvain Chavanel (champion du monde par équipes) étaient présents cette année, tout comme Alain Prost. A 57 ans, le quadruple couronné mondial en Formule 1 a étonné tous les spectateurs. Davantage habitué aux cyclo-sportives, Alain a bouclé les 83km et 2.700m de dénivelé du Roc Marathon en 5h19’, soit à la 307e place sur près de 2.000 ! « C’est autant une aventure humaine qu’une épreuve sportive, explique le pilote. J’aime l’ambiance, j’adore me mêler à ce peloton, même si je n’ai pas encore assez d’expérience en VTT. Dans le sport comme dans la vie, il est essentiel pour continuer à avancer d’avoir des objectifs. Pour moi, le Roc Marathon en était un, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi technique. Les descentes restent mon point faible… très faible même. J’ai peur, je me crispe et je perds énormément de temps. A un moment, j’étais tellement lent que j’ai planté de l’avant et je suis tombé. On dit généralement que plus on va vite, plus c’est facile… Encore faut-il réussir à aller vite. » Avouez que ces paroles dans la bouche d’Alain Prost, ça laisse rêveur !


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Du cross, mais pas seulement Avec un espace de 17.000m2 (dont 8.000m2 indoor) pour accueillir 300 exposants, le Roc d’Azur est incontestablement le plus gros salon VTT au monde. L’occasion pour les 150.000 visiteurs de faire le tour des nouveautés et des différentes pratiques. L’opportunité aussi d’effectuer des tests. Outre le cross country, l’événement sert de cadre à des compétitions de disciplines spectaculaires comme le Dirt, le Roc’N Ride (au départ d’une rampe de 8m avec successions de sauts) ou le BMX. En notant que plusieurs finales de la Coupe du Monde de BMX se sont déroulées à l’occasion du Roc.

Les triathlètes débarquent Le Tri Roc a fait cette année son entrée dans programme. Il s’agit d’un triathlon version ‘green’, à l’image du circuit Xterra actuellement en plein développement. Parrainés (ou plutôt… marrainés) par la championne Marion Lorblanchet, les 200 participants ont enchaîné 1.500m de natation en mer, 34km de VTT avec 950m de D+ et, enfin, 12km de course à pied en mode trail sur les sentiers entourant la Base Nature de Fréjus. « Nous avons un terrain de jeu génial, explique Alexandre Maslin, directeur du Tri Roc. Les adeptes du VTT font de plus en plus d’entraînements croisés avec de la course à pied et de la natation. C’est donc une formidable opportunité de leur faire découvrir cette pratique très ludique. »


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THEMA-BOUTIQUE

A chacun(e) son VTT

LE PRINCIPE EST SIMPLE : DEMANDER À DES FABRICANTS BIEN COTÉS DANS LE MILIEU DU VÉLO DE NOUS DÉSIGNER LES MOUNTAIN BIKES LES PLUS EMBLÉMATIQUES DE LEUR PRODUCTION 2013. OU CEUX ILLUSTRANT LE MIEUX LEUR DÉMARCHE TECHNIQUE ET MARKETING. TOUT UN PROGRAMME !

Canyon Nerve CF 9.0 LTD Superbe design pour ce ‘Tout Suspendu’ dont les composants sont extrêmement élaborés, ce qui justifie un prix de vente que seuls les experts (ou les esthètes…) accepteront de débourser. Très important : l'élément principal du cadre est un triangle arrière monobloc en carbone. Avec sa technologie Flex Pivot Stays, on peut se passer d’un point de pivot. Nous mentionnerons aussi les roues super light Crossmax SLR et la toute nouvelle fourche FOX Float Factory qui dispose d’un système d’ajustement rapide selon trois modes : Climb, Trail et Descent. 4.499 EUR

Canyon Yellowstone AL 5 W Pas besoin de dépenser une fortune pour acheter un Canyon semi-rigide. Celui-ci est adapté à l’anatomie féminine, via notamment son débattement, son ergonomie et la selle Italia X1. D’une architecture classique, le Yellowstone AL 5 W impressionne par sa finition, ses soudures exécutées à la main et un équipement très complet comprenant freins à disques, fourche Rock Shox et dérailleur Shimano SLX. 799 EUR


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B’Twin Rockrider 9.2 Marque initiée par Decathlon, on aurait tort de croire que B’Twin a pour politique d’offrir coûte que coûte les meilleurs prix du marché. Si certains articles s’y prêtent sans trop rogner sur la qualité, ce n’est pas le cas des vélos revendiquant de vraies performances. Budgétairement, la plupart des VTT B’Twin se situent au niveau de la concurrence et sont, globalement, d’une bonne tenue. Ainsi, ce Rockrider 9.2 : un All Mountain polyvalent pour vététiste régulier. Il possède une suspension antipompage, des disques hydrauliques fiables et puissants (Avid Elixir 3), des roues Mavic et un cadre alu de 2,7 kg garanti à vie. 1 399,95 EUR

B’Twin Rockrider 8.3 Curieusement, B’Twin ne propose ses mountain bikes spécifiquement féminins qu'en entrée de gamme. Si vous cherchez un modèle plus sophistiqué, Mesdames, vous devez vous rabattre sur la gamme Homme… où vous plébiscitez majoritairement le Rockrider 8.3. Probablement parce qu’il est léger et disponible dans 4 tailles dont une version small (155-166 cm). Mais aussi parce qu’il possède une géométrie très confortable, des jantes renforcées et des pneus Hutchinson Python bien costauds avec chambre à air. Pour info, B’Twin vient de signer un partenariat avec la triathlète Lucie Croissant afin qu’elle accompagne la marque dans sa réflexion sur le développement de VTT Femme offrant des prestations élevées. 1 099,95 EUR

Granville Fuse Synergy XT 650b Aujourd’hui, deux tailles de roue dominent le marché des VTT : 26 et 29 pouces. Les modèles en 26 affectionnent les single tracks, mais n’ont pas un rendement exceptionnel sur le plat. Avec du 29, c’est juste l’inverse : le vélo est plus rapide (si on parvient à le mettre en vitesse !), mais plus délicat à piloter sur parcours tortueux. Avec ses nouveaux 650b montés en 27.5, Granville estime avoir trouvé la balance idéale, “the best of both worlds” (le meilleur des deux mondes)… C’est du moins ce qu’affirme le slogan du constructeur brabançon ! Parmi les joyaux de sa couronne, ce Fuse Synergy XT au look très travaillé. Cadre full carbone, lignes tendues ponctuées d’un splendide sloping, ensemble Shimano XT, fourche noire Rock Shox Revelation, enveloppes Schwalbe Rapid Rob BW … Il a tout pour séduire. 2.599 EUR


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Granville Pulse WMN 650b XT Très homogène et réservé à la clientèle féminine, cet autre Granville chaussé en 27.5 se fonde sur un cadre en aluminium. Sa géométrie est sans surprise… et sans défaut. Les périphériques sont un peu moins luxueux, mais globalement le Pulse WMN nous apparaît comme une « bonne machine à rouler », parfaitement ergonomique et apte à une vraie pratique tout-terrain. 1.599 EUR

Scott Scale 940 Parmi les 29 pouces, c’est l’un des cadres rigides les plus légers du monde. Et l’un des plus performants. En alu 6061 à épaisseurs variables, il assure un transfert de puissance imbattable pour moins de 949 grammes. On le sent instantanément dans le franchissement des tronçons irréguliers (avec racines, pierrailles, etc) où - en plus ! - ses grandes roues font merveille. Il faut aussi souligner le confort du Scale 940 et sa traction supérieure aux modèles équipés de 26 pouces, puisque la surface de contact au sol est plus importante. Question finition, les pinces de freins ont été fixées directement sur les bases pour éliminer de la matière inutile… et gagner du poids. 1 999 EUR

Scott Contessa 630 Dessiné rien que pour vous, les filles, ce VTT de 26 pouces dont la géométrie Solution conjugue stabilité et maniabilité. Point commun avec la série Scale : un cadre forgé dans de l’aluminium 6061. La fourche avant est une Suntour XCM-MLO (débattement 100mm) et le dérailleur, un Shimano Acera. L’idéal pour les novices et les pratiquantes soucieuses de leur budget. 629 EUR


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Specialized Camber Expert Carbon 29 Un Trail très exclusif, en 29 pouces, avec cadre carbone et triangle arrière en aluminium. Les techniciens ont visiblement beaucoup travaillé sur son comportement dans les utilisations les plus variées. Exemple : l’angle de direction est plus ouvert pour optimiser la position en descente (davantage de stabilité) et en côte (davantage de puissance). Le centre de gravité a été abaissé en plaçant le pédalier à la hauteur d’un VTT de 26 pouces. D’où un meilleur équilibre général. Plus étonnant, le sag de la suspension arrière (son enfoncement) se règle automatiquement. Comment ? Tout en pédalant, vous appuyez depuis la selle sur une valve afin de vider la pression d’air excédentaire, ce qui a pour effet d’enfoncer l’amortisseur jusqu’au point idéal défini par Spécialized ! Enfin, sachez que les jantes Roval sont faites à la main… Très chic ! 4.299 EUR

Specialized Rumor Expert Chose rare : un 29 pouces 100% Woman. « Tout Suspendu », il a fait l’objet de recherches poussées sur la répartition du poids et le positionnement des vététistes femmes. Ce qui a notamment permis de déterminer la fourche idéale et la géométrie la mieux appropriée. Cet objectif d’adaptation à la posture féminine se vérifie à tous les niveaux. Ainsi, le cadre avec un grand dégagement à l’entrejambe. Mais également la selle et son assise Jett Body. Ou encore les poignées d’un plus petit diamètre… Rien n’a été négligé. Ce qui confère à ce vélo une vraie valeur ajoutée et motive son prix. 3 799 EUR

Viper X-Team XT Bestseller de la gamme Viper, le X-Team est un 26 pouces à transmission Shimano XT et fourche FOX RLC. Il est maniable, joueur et pas très on��reux compte tenu de son équipement. Nous pourrions juste lui reprocher de ne pas être d’une inventivité étourdissante, mais nous nous abstiendrons tant ce vélo offre un équilibre et une motricité dans la toute bonne moyenne. De plus, il a fort belle allure. 1.299 EUR

www.canyon.com www.btwin.com http://granvillebikes.com www.scott-sports.com www.specialized.com www.viper-sconcept.eu


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Action et sérénité… La montagne en été, c’est géant ! La garantie de passer un séjour top forme et 100% nature. En choisissant le programme d’activités qui convient le mieux à vos envies. Le tout, dans un environnement XXXL : des panoramas divins, un écosystème préservé et une belle proximité avec les « gens d’en haut ». Voici nos quatre coups de cœur pour ces vacances : Châtel Beaufortain Auvergne Praz de Lys

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CHÂTEL

L’été des familles et de l’action ! LA STATION DE CHÂTEL FAIT PARTIE DU FABULEUX DOMAINE FRANCO-SUISSE DES PORTES DU SOLEIL, UN VÉRITABLE TERRITOIRE « DE VIE ET D’AVENTURE » DÉROULANT SES 850 KM DE SENTIERS BALISÉS DANS UNE MONTAGNE PRÉSERVÉE. UN BONHEUR TOTAL POUR LES RANDONNEURS, TRAIL-RUNNERS ET VÉTÉTISTES ! Si Châtel s’est beaucoup développé ces dernières décennies, ça ne l’a jamais été au dépend de son identité première. Car c’est encore un vrai village de montagne ancré dans son terroir. Pour autant, la station labellisée Famille Plus - possède aujourd’hui des équipements modernes et propose une large palette de loisirs pour tous et toutes. LE MULTIPASS À PARTIR DE 1 EUR/JOUR L’été, l’offre phare à Châtel est incontestablement le Multipass Portes du Soleil. Il donne un accès illimité aux piscines, lacs aménagés, terrains de tennis et patinoires, sans oublier, pour les piétons, les 24 remontées mécaniques opérationnelles durant cette période. Le Multipass, c’est aussi la gratuité dans les trains touristiques, les navettes inter-stations et sur toute une

série d’autres activités (ainsi que des réductions sur les activités partenaires). Le prix de ce précieux sésame : seulement 1 EUR par jour ! Seule condition : réserver son séjour chez un hébergeur participant à l’opération. Pour les personnes qui souhaitent simplement passer une journée dans les Portes du Soleil (sans logement), le Multipass coûte alors 6 EUR/jour, ce qui reste toujours très démocratique ! Idem avec le Multipass Premium qui, pour à peine 2 EUR/jour (9 EUR/jour sans

hébergement), intègre dans l’offre l’espace aquatique de Morzine. PLUTÔT FANTASTICABLE OU DH ? A Châtel, les amateurs de sensations fortes doivent absolument tester le Fantasticable, une tyrolienne géante faite de deux câbles indépendants qui se suivent. Le premier a une longueur de 1.200 m et le second de 1.325 m. De quoi frôler les 100 km/h suspendu à plus de 200 m du sol… Clairement, ça décoiffe, avec une vue plongeante absolument inoubliable ! Le VTT est également à l’honneur dans le

Châtel est à la fois un vrai village de montagne ancré dans son terroir et une station labellisée Famille Plus qui dispose d’équipements modernes.


MES DESTINATIONS GRAND VERT 51 Agenda de l’été

domaine des Portes du Soleil avec de nombreux itinéraires d’enduro complétés d’infrastructures plus spécifiques. À Châtel, ce sont un espace trial et un bike park de 21 tracés (dont plusieurs pistes de descente pour tous niveaux !)… Oui, chaque saison apporte là aussi son lot de nouveautés. CULTURE ET NATURE EN BONNES PLACES Mais par-delà, Châtel, c’est d’abord un village situé à deux pas de la Suisse dans la Vallée d’Abondance (labellisée Pays d’Art et d’Histoire). Une vallée qui a su conserver ses traditions, son savoir-faire, sa gastronomie, son habitat typique, le tout se transmettant de génération en génération. Les vacanciers qui y séjournent peuvent découvrir ce patrimoine de façon originale. Il est, par exemple, possible de s’entretenir avec les fermiers locaux dans le cadre de goûters récréatifs. Toujours dans cette approche didactique, une scierie va bientôt ouvrir ses portes au public. Vous voulez de l’insolite ? Le musée dédié à la contrebande en montagne est un must. Il occupe le bâtiment qui abritait jadis la douane (sic) ! Vous noterez par ailleurs que la région du Chablais est devenue le

quatrième Géoparc de France. Ses richesses géologiques sont désormais reconnues par l’UNESCO et une « géoroute » passe par la station. Enfin, comme culture et sport font décidément bon ménage en Vallée d’Abondance, un itinéraire pour marcheurs et cyclistes initié par la Communauté des Communes est en cours d’élaboration le long de la Dranse. Il montera jusqu’à Châtel. Tout un programme ! Informations et réservations Châtel Tourisme +33 (0)4 50 73 22 44 touristoffice@chatel.com www.chatel.com

• 13 juin Etape du Tour des Pays de Savoie (course cycliste réservée aux jeunes amateurs et néo-pro’ de moins de 26 ans) • 28 juin Concert de printemps « Les Années 80 » • Du 28 au 30 juin 10e anniversaire des Passportes du Soleil MTB et Salon du VTT à Châtel • 12 et 13 juillet Châtel, ville étape du 50e Tour cycliste du Val d’Aoste • 28 juillet 9e Montée cycliste de Bassachaux • 4 août Fête de la Saint-Laurent, procession, défilé, grand bal… • 18 août La Belle Dimanche, fête des bergers à Plaine-Dranse • 30 et 31 août Châtel, étape du Tour de l’Avenir cycliste • 7 et 8 septembre Manche française de la Coupe d’Europe de VTT de descente


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LE BEAUFORTAIN Une vraie dimension humaine

« DERNIÈRE VALLÉE HEUREUSE DES ALPES » SELON L’ÉCRIVAIN-ALPINISTE ROGER FRISON-ROCHE, LE BEAUFORTAIN CONCILIE MODERNITÉ ET RESPECT DES TRADITIONS. APPELÉ PAR CERTAINS « PETIT TYROL FRANÇAIS », CE JOYAU SURPLOMBE ALBERTVILLE ENTRE TARENTAISE ET MONT-BLANC. MAJESTÉ DES PAYSAGES ET DIMENSION HUMAINE EN FONT UN LIEU PAS COMME LES AUTRES. Terre de tourisme et d’agriculture, le Beaufortain a su sauvegarder son patrimoine et préserver son environnement. Comptant six villages et deux stations complémentaires (Les Saisies et Arêches-Beaufort), ce massif est vraiment le lieu idéal pour des vacances passionnantes et tellement différentes ! SYMPHONIE PASTORALE Riche de mille et un chalets authentiques, le Beaufortain prouve une fois encore la capacité et la volonté de ses habitants à vivre en communion avec la nature. Comme leurs ancêtres, ils sont les artisans de ce territoire, apprivoisant les pentes, perpétuant l'agriculture des anciens et produisant un fromage emblématique : le Beaufort. Ici plus qu’ailleurs, le tourisme est parfaitement maîtrisé et ce sont de paisibles vaches, broutant une herbe d'un vert intense, que les promeneurs croisent dans des alpages bien entretenus.

Avec, pour ajouter à la sérénité ambiante, des églises, chapelles et oratoires magnifiquement préservés, rappelant que le Beaufortain est aussi une terre de croyance… Bref, de villages en hameaux, de dégustation à la ferme en visite à la coopérative laitière, et de sentiers botaniques en balades sur les crêtes, cette Montagne des Hommes aime à partager ses multiples facettes sous l'œil bienveillant du Mont-Blanc. FAUNE, FLORE ET RANDONNÉE Puis, bien sûr, il y a la faune et la flore. Du mythique edelweiss à l'impressionnant aigle royal, de la douce marmotte à l'équilibriste chamois, le massif invite à une fascinante observation. Avec, en prime, de superbes panoramas. L’idéal pour s’adonner à la randonnée grâce à 500km de chemins et de sentiers balisés. Leurs niveaux de difficultés sont clairement définis et il existe même des itinéraires sur un ou plusieurs jours, à découvrir en famille ou entre amis,

avec nuitées en altitude, puisque plus de vingt refuges et gîtes d’alpage peuvent vous accueillir. Sans oublier que le Beaufortain est aussi un écrin pour le trail via des parcours spécialement étudiés, accessibles à tous les adeptes de cette discipline en plein essor. LE MOUNTAIN BIKE N’EST PAS EN RESTE Depuis 2010, le Beaufortain s’est engagé dans un vaste programme pour développer la pratique du VTT. Résultat : en l’espace d’à peine trois saisons, le Beaufortain s’est forgé une jolie réputation auprès des adeptes les plus exigeants. Toutes les tendances sont représentées. Voyez plutôt. - Les férus de Descente (DownHill) profitent des deux bike parks, à ArêchesBeaufort et Les Saisies. Ces secteurs aménagés comptent douze pistes et quatre remontées mécaniques (ouvertes en juillet/août + certains week-ends en juin et septembre).


MES DESTINATIONS GRAND VERT 53 - Les amateurs d’Enduro / All Mountain se régalent sur 100km de single-tracks (dont la Dév'Albertville : 20km, D- 1.925m, D+ 330m). Ces tracés sillonnent la montagne en reliant stations et vallée. Plusieurs sont accessibles en navette. - Quant aux accros du Cross-Country, 300km d’itinéraires à travers alpages et forêts ont largement de quoi les combler. - Enfin, enfants et néophytes sont aussi de la partie : deux ludo parks (zones d’initiation et pump traks) leur sont destinés. Important ! Les navettes de la « Ligne Nature », équipées pour transporter les VTT, fonctionnent tout l’été. Elles desservent les villages et stations du Beaufortain au départ d’Albertville. De quoi permettre aux promeneurs et bikers de profiter des multiples facettes de la région sans se préoccuper de leur véhicule… Plus d’infos sur www.beaufortain-bike.com ou sur la page Facebook Beaufortain Bike.

VOUS AVEZ DIT CYCLO ? Que le VTT ne nous fasse pas oublier le cyclo. Fort de ses nombreux itinéraires entre Arêches-Beaufort et Les Saisies, le Beaufortain bénéficie d’une belle cote d’amour auprès des fanas de la Petite Reine. Ils peuvent notamment se mesurer sur quatre parcours chronométrés : en s’équipant d'une petite puce (disponible dans les différents Offices du Tourisme du Beaufortain), les temps de passage sont relevés automatiquement par des bornes solaires ; temps consultables ensuite à domicile sur le site www.timtoo.com. Notez encore que de nombreux services annexes sont prévus pour les vététistes et cyclistes : stations de lavage, location de vélos, points de réparation, moniteurs, sorties accompagnées, etc. Plus d’infos sur www.lebeaufortain.com

Bon plan Arêches-Beaufort La Montagne et le soleil à 10 EUR par jour et par personne ! Réservez un logement pour 10 EUR par personne et par jour pour une semaine ou un week-end (3 jours / 2 nuitées) et venez quand vous le souhaitez. Possibilité de changer gratuitement la date du séjour en cas d’imprévu ou de prévisions météo maussades. Valable du 27 avril au 6 juillet et du 31 août au 30 novembre 2013. Offre soumise à conditions. Centrale de réservation : +33 (0)4 79 38 12 90 www.areches-beaufort.com Les Saisies Pack VTT : séjour à partir de 120 EUR par personne comprenant l’hébergement en appartement meublé (sans restauration), un forfait VTT de 6 jours et une carte des itinéraires. Autres hébergements (hôtel, résidence de tourisme, etc) en option et sur demande. Offre soumise à conditions. Centrale de réservation : + 33 (0)4 79 389 389 www.lessaisies.com

Agenda de l’été • Du 13 juillet au 9 août Garmin Festival de l’Endurance (stage trail et cyclo) • 19 juillet Passage du Tour de France à Albertville • 20 et 21 juillet Ultra Tour du Beaufortain (trail, 103km, 6.500m D+) • 21 juillet Tour du Mont-Blanc Cyclo • 27 et 28 juillet Fête du bois et du bûcheronnage • 3 août 12e Trail « Frison Roche » (37km, 2.400m D+) • 4 août Fête des Saisies • 10 et 11 août Fête Folklorique d’Arêches • 15 août Fête du Beaufort • 25 août La Diamant VTT (Randos d’Or FFC) • Du 26 au 31 août Ultra Trail du Mont-Blanc • 31 août et 1er septembre Enduro du Beaufortain VTT • Du 30 août au 1er septembre Géofestival (manifestation dédiée à la géologie) • 21 et 22 septembre Coupe Rhône-Alpes VTT DH • 12 et 13 octobre 17e Salon du Goût


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AUVERGNE Dépaysement au pays des volcans RELIEFS ARRONDIS, VALLÉES CACHÉES, ÉTENDUES VIERGES… L’AUVERGNE, DANS SES NUANCES DE VERTS ET DE BLEUS, INVITE TANTÔT AUX DOUCES BALADES FAMILIALES, TANTÔT AUX RANDOS SPORTIVES OU AUX TRAILS HYPER TONIQUES, CAR ELLE EST D’UNE FORMIDABLE DIVERSITÉ, PRÊTE À VOUS FAIRE VIVRE TANT ET TANT D’AVENTURES PÉDESTRES, ÉQUESTRES, VÉLOCYPÉDIQUES OU AQUATIQUES !... Nous voici dans le Massif Central, au centre-sud de la France. Clermont-Ferrand, la capitale régionale, n’est qu’à 2h15 de la Méditerranée depuis la mise en service du viaduc de Millau. Au Nord, l'Allier. Au centre, le Puyde-Dôme. Ces deux départements, avec leurs plaines ouvertes, leurs arbres centenaires et leurs cités thermales, sont taillés sur mesure pour des séjours de remise en forme, entre détente et bien-être. Puis, il y a le sport dont raffole aussi le Puy de Dome, tout

Qu’on se le dise, le Pays des Géants Verts conjugue action et sérénité avec un talent fou ! comme le Cantal et la Haute-Loire : trois terrains de jeu idéals pour une foultitude de disciplines. Car il est possible d’y associer trekking, trail, vélo, canoë-kayak, rafting... Ainsi va l’Auvergne : un

pays de rêve pour des vacances « nature» et vivifiantes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, puisqu’on y recense quelque 14.000km de sentiers balisés, 13 GR® et 8 GR de Pays®, 85 circuits cyclotouristiques, 2 grands itinéraires de rando VTT et 850km de parcours en rivières. Rien de moins ! DES RANDONNÉES PÉDESTRES EN VOICI EN VOILÀ… Mêlant forêts et pierres médiévales, que diriez-vous d’un GR® de 4 jours arpentant, au coeur de l’Allier, la vallée de la Sioule depuis Charroux (l’un des plus beaux villages de France) ? Authenticité et proximité garanties, avec un niveau de difficulté accessible au plus grand nombre. Les plus athlétiques opteront pour l’emblématique GR®400 cheminant autour du massif cantalien et dévoilant tour à tour crêtes, monts et vallées. Ses 170km et ses 5.750m de dénivelé se parcourent en 2 à 8 jours. Il est bien entendu possible

de n’en faire que quelques tronçons. Dans le Puy-de-Dôme, la promenade familiale par excellence est celle menant à la pittoresque cascade du Creux de l’Oulette à partir de Saillant. On y franchit l’ancien volcan de Montpeloux, aujourd’hui rempli d’eau et accueillant chaque été un festival en plein air sur une scène flottante. Etonnant ! LA PETITE REINE ET LES GÉANTS VERTS Dans un registre tout aussi tonique, le circuit à vélo en itinérance Respirando® « Vivez la Loire

Bon plan Réservez votre séjour en Auvergne via le tour opérateur Europ’Aventure et ne payez pas de frais de dossier. Différentes formules proposées. Plus d’infos sur www.europaventure.be.


MES DESTINATIONS GRAND VERT 55 Sauvage » vaut vraiment le coup de pédale. Destinée aux amateurs aguerris, cette boucle va d’Aurecsur-Loire jusqu’au sommet du Mont-Gerbier (1.400m d‘altitude) en empruntant les routes pittoresques des gorges de la Loire. En chiffres, cela représente 300km et 7.000m de dénivelé positif à fractionner en plusieurs étapes. Suggestion pour un break bien mérité : les hébergements labellisés Nattitude, atypiques et écosensibles - autre particularisme d’une Auvergne au caractère bien trempé ! Pour plus d’infos, rendezvous sur www.auvergne-nattitude.fr. Ne manquez pas non plus le site www.auvergne-velo.fr dédié aux fans de cyclo.

rée comme l'une des dernières grandes rivières sauvages d'Europe : l’Allier dont les flots ont façonné le paysage depuis des millénaires. Troquez alors pneus contre pagaies pour explorer l’un des plus beaux spots en eaux vives d’Auvergne. Dans le sillage des saumons, plusieurs tronçons s’offrent à vous : les uns pour débutants, les autres pour adeptes confirmés. Et la classique « Prades-Langeac » : un itinéraire de 15 km pour environ 3h de navigation.Bref, à cha-

• 22 juin Ultra-Trail du Puy Mary à Aurillac (15) : 105km pour 5.600m de D+ www.utpma.fr • 10 et 11 août La Sanfloraine, cyclosportive à SaintFlour (15) www.etape-sanfloraine.fr • 10 au 17 août Maxi Verte (VTT) en Livradois Forez à Aubusson d’Auvergne (63) www.team-dore-evasion.fr • 1er septembre Challenge Vichy, triathlon à Vichy (03) www.challengevichy.com

PAGAIES ET MOUNTAIN BIKE Autre proposition : parmi les nombreux circuits VTT existants, découvrez, au départ de Chanteuges

• 7 et 8 septembre Trail Estival du Sancy au Mont-Dore (63) : 14, 18, 34 ou 60km au coeur de la réserve naturelle de la vallée de Chaudefour. www.xttr63.com

Un terrain de jeu idéal pour une foultitude de disciplines, trekking, trail, vélo, canoë-kayak, rafting... et bien d’autres ! d a n s l a va ll é e de l a De sg e s (Haute-Loire), un magnifique parcours qui sillonne les gorges de l’Allier. La lumière changeant au fil des heures redessine perpétuellement un décor accidenté fait de roches et de parois dressées vers le ciel. L’appel des chapelles romanes ramène le biker vers les rivages de celle considé-

Agenda de l’été

cun sa route, à chacun sa respiration dans cette Auvergne qui conjugue action et sérénité avec un talent fou !

Informations : www.auvergne-tourisme.info +33 (0)4 73 29 49 66


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PRAZ DE LYS-SOMMAND La montagne à l’état pur…

SITUÉS AU CŒUR DE LA VALLÉE DU GIFFRE, SUR LA ROUTE DES GRANDES ALPES, PRAZ DE LYS-SOMMAND ET SES DEUX VILLAGES - TANINGES ET MIEUSSY - SONT BIEN CONNUS DES FAMILLES EN HIVER. MAIS C’EST ÉGALEMENT UNE ALTERNATIVE DE PREMIER PLAN EN PÉRIODE ESTIVALE AVEC DE MULTIPLES RICHESSES NATURELLES, SPORTIVES ET PATRIMONIALES… LE TOUT DANS UN DÉCOR À COUPER LE SOUFFLE, AVEC EN POINT DE MIRE LA CHAÎNE DU MONT-BLANC. UNE MULTITUDE D’ACTIVITÉS Canyoning, rafting, via ferrata, pêche en lac et en rivières, équitation, fitness nordique, ski à roulettes, tennis, patinoire… Oui, ici la nature est particulièrement généreuse et il y a de quoi varier les plaisirs ! Ce sont également plus de 100km d’itinéraires balisés qui s’ouvrent à vous, de la vallée (630m) aux alpages les plus élevés (2.116m) : un territoire somptueux entre roches et pâturages, idéal pour le trail-running.

Ramaz les attend pour une ascension de 14,3km (d’une inclinaison moyenne de 6,8%) avec un joli final à 1.619m. De nombreuses routes vallonnées peu fréquentées par les automobilistes complètent le tableau. Quant aux vététistes, des plus jeunes aux plus experts, ils profiteront, tantôt de superbes parcours longeant la rivière dans la vallée du Giffre, tantôt de tracés bien aménagés grimpant vers les cimes. Avec, en prime, un cadre magique…

COMME UN GOÛT DE TOUR DE FRANCE… Cyclo-sportifs et cyclo-touristes ne sont pas oubliés. Le fameux Col de la

DES BALADES À PERTE DE VUE Que vous soyez un marcheur acharné ou plutôt contemplatif, le domaine de Praz de Lys-Sommand

a largement de quoi vous séduire. Pendant l’été, le télésiège du lac de Roy est ouvert aux piétons du 6 juillet au 25 août. Plus haut, les tables d’orientation du Pic de Marcelly (altitude 2000m) et du Haut Fleury vous permettent de ne rien manquer d’un panorama à 360 degrés offrant une vue unique allant du lac Léman au Mont-Blanc en passant par les monts du Jura ! Plus bas, la très riche tourbière de Sommand vaut également le déplacement. Parmi les prestations proposées : l’observation des mouflons, marmottes et chamois, les sorties pour enfants et diverses randos qui, toutes, ont leur cachet particulier (les unes, aquatiques, les autres

Bon plan Le trail rencontre un succès croissant. Apprenez les fondamentaux et préparez vos prochains défis lors d’un stage de 2 jours encadré par des coureurs aguerris et… sympas ! Plus d’infos sur http://olivierlaurent.over-blog.com.


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Un territoire somptueux entre roches et pâturages, idéal pour le trail-running dont la pratique pourra vous être enseignée par des coureurs de tout premier plan. avec dégustation de croûtes au fromage, etc). Si vous êtes un joggeur averti, ne manquez pas les stages de trail organisés par Olivier Morin et Laurent Perrier (voir bon plan). LE PARADIS DE L’ESCALADE ET DU PARAPENTE Avec ses 5 secteurs et plus de 400 voies, Mieussy est un spot d’escalade exceptionnel. On y trouve le rocher

Les villages de Taninges et de Mieussy regorgent de secrets… qu’ils vous dévoileront avec le plus grand plaisir. Au programme : sites historiques, bâtis traditionnels, parcours didactique dans une fromagerie, visites de la poterie du Bois Gervaz, de la galerie d‘art à Taninges et du domaine vinicole du Vieux Chêne, pour que sport, culture et terroir fassent bon ménage !

Agenda • 22 juin Mieussy fête le 35e anniversaire du parapente, né ici même, au sommet du Pertuiset !

d’Anthon, l’un des plus réputés de la région Rhône-Alpes. Mais Mieussy, c’est aussi le berceau du parapente, puisqu’en 1978 les premiers adeptes se sont élancés de la montagne de Pertuiset avec des parachutes… Le parapente venait de naître. Depuis, le site revêt un caractère symbolique auprès des pratiquants. Envie d’essayer ? Des moniteurs diplômés sont à votre disposition pour un vol en tandem, un premier gonflage… ou une formation en vue d’obtenir votre brevet. Comme Mieussy fête en 2013 le 35e anniversaire du parapente, de nombreuses animations sont prévues, avec une journée qui lui est spécialement dédiée le 22 juin. UN PATRIMOINE À DÉCOUVRIR Courses et promenades sont l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la vie des autochtones et leur passé.

Informations et réservations Office de Tourisme de Taninges-Praz de Lys +33 (0)4 50 34 25 05 Office de Tourisme de Mieussy +33 (0)4 50 43 02 72 www.prazdelys-sommand.com

• 20 et 21 juin 1er TREC de Praz de Lys-Sommand : un week-end placé sous le signe de l’équitation. • 28 juillet 30e édition de la « Montée des Pavés » à Taninges-Praz de Lys : au programme, trail et marche populaire (9km ou 12km, Challenge Oxygène des courses de montagne) • 18 août Opération « Un Jour, un Col » : rendu célèbre par le Tour de France, le col de la Ramaz est cette fois réservé aux cyclos. • 1er septembre 9e Rando VTT de la Ramaz au départ de Mieussy • 8 septembre 4e Rand’Orientation de Praz de LysSommand • 15 septembre 6e Ecotrail de Praz de Lys-Sommand (20km, 50km ou Ecorando) www.ecotrail.fr.


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ET ENTRE LES SNIPERS…

un ballon de foot IL Y A 20 ANS, DANS LA VILLE DE SARAJEVO ASSIÉGÉE, UN FOOTBALLEUR DÉCIDA D’OUVRIR UNE ÉCOLE POUR LES ENFANTS, AU MILIEU DES BOMBES ET DES COMBATS. CET HOMME, C’EST PREDRAG PASIC. par Raphaël GODET

Cette école, c’est sa manière à lui de dire au monde entier : « Vous, vous faites la guerre. Nous, on joue au foot »…

Il est assis là, sur une chaise à moitié bancale, à écouter la radio. Le son n’est pas très net, mais on comprend que ça parle ballon rond dans le transistor. Predrag Pasic écoute, puis soudain, secoue la tête : « Vous avez vu ce qu’a fait encore Messi ? Quel joueur ! » A 54 ans, le bonhomme reste un passionné de foot. Dans les années 80, c’est lui, le Yougo, qui mettait le feu dans les défenses adverses, quand il était l’un de ces milieux de terrain remarquables, passé notamment par Stuttgart. « Oh, je cours beaucoup moins vite aujourd’hui », se marre l’ancienne star en tapotant un ventre légèrement bedonnant.

COMME UNE ARME DE GUERRE Predrag Pasic est un Serbe de Bosnie, mais c’est avant tout un Sarajévien. « Je suis né à Sarajevo, j’ai vécu toute ma vie ici. Cette ville, je lui dois tout. Alors, quand la guerre a éclaté en 1992, je devais rester. » Fraîchement retraité des pelouses, il a alors ce projet fou : ouvrir une école de foot pour les gamins. Ses proches n’en reviennent pas : « Mais tu es dingue ! Tu sais que c’est la guerre ici ? » Le plus sérieusement du monde, lui répond qu’il veut justement utiliser « le ballon rond comme arme de guerre. » Cette école, c’est sa manière à lui de dire au monde entier : « Vous, vous faites la guerre. Nous, on joue au foot »…

TOUT LE MONDE ÉTAIT BIENVENU À BUBAMARA En quelques semaines, son projet aboutit : bienvenue à l’école Bubamara*. Devant nous, un immense gymnase qui avait accueilli les Jeux Olympiques d’hiver organisés à Sarajevo en 1984. L’endroit est calme ce jour-là, mais on imagine les cris des mômes galopant derrière le ballon. Ils ont entre 7 et 15 ans, ils sont musulmans, catholiques ou orthodoxes, Serbes, Bosniens ou Croates, et ils n’ont qu’une envie : jouer au foot. « Ces gosses étaient les premières victimes de la guerre. Ils ne méritaient pas ça. Ils étaient les plus en danger. » Predrag se donne comme une mission, presqu’un


ON THE MOVE 59 devoir, de les occuper. « Quand j’avais leur âge, je rêvais de devenir un grand joueur. Moi, j’ai réussi. Je voulais qu’à leur tour, ils puissent en rêver. » Et peut-être saisir leur chance… Les premiers jours, ils ne sont qu’une dizaine. Puis cinquante. Puis cent. Puis trois cents. « Je ne refusais personne. Tout le monde était bienvenu à Bubamara. » Évidemment, il n’y pas de mécènes pour financer l’école. Pasic pioche dans ses réserves personnelles. (*) Qui signifie « coccinelle » en bosnien.

Pour ces mômes, le foot est une passion, une manière de se tenir debout dans une vie qu’un drame a fait basculer. IL N’OUBLIERA JAMAIS LEURS SOURIRES Les entraînements ont donc lieu ici dans ce gymnase au toit brinquebalant. Depuis les gradins, Pasic donne les ordres aux enfants : plus vite, à gauche, à droite. « Vous les auriez vu sur le terrain. Ils en voulaient ! Ils se battaient sur chaque ballon. Je crois que je n’oublierai jamais leurs sourires. » Pour ces mômes, le foot est une passion, une manière de se tenir debout dans une vie qu’un drame de la guerre a souvent fait basculer, comme ce gosse dont le père a été tué au combat et qui n’a jamais raté une séance. « Evidemment que c’était dangereux d’aller à l'entraînement. C’était la guerre partout, il y avait des snipers


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monsport c’était donner raison aux snipers. Et ça, non ! » Pasic se lève alors et part chercher une caisse en carton. A l’intérieur, des dizaines de photos et d’articles de presse. « C’est moi là. Et là aussi. A cette époque, tout le monde me connaissait. Ce que je veux dire, c’est que j’avais un rôle à jouer dans cette guerre. Il fallait que je fasse quelque chose. Avec ma

Évidemment, il n’y pas de mécènes. Pasic pioche dans ses réserves personnelles.

autour de nous, des bombes. Mais vous savez, les enfants avaient une telle envie de vivre qu’il ne manquait jamais personne à l’appel.» Pasic marque un silence, puis reprend : « Je me demande toujours ce que seraient devenus ces enfants s’il n’y avait pas eu l’école ? Des criminels de guerre sûrement ? » NE PAS DONNER RAISON AUX SNIPERS Dehors parfois, la guerre gronde trop fort. Jouer au foot devient alors impossible. « Il nous arrivait, oui, d’arrêter l’entraînement parce que ça devenait vraiment dangereux. On allait se réfugier au soussol et on attendait que ça passe avant de reprendre l’entraînement. Ca pouvait durer plusieurs heures. Pfffff, c’était compliqué... On ne savait jamais où les bombes allaient tomber. Le cliquetis métallique des fusils, les craquements des murs… On ne s’habitue pas à ce genre de bruits…» Pourtant, jamais Pasic n’a éprouvé l’envie d’arrêter. « Abandonner l’école,


ON THE MOVE 61 renommée, c'était plus simple. Vous savez, le foot m’a tout donné, je devais donc tout donner pour le foot. ». UN CERTAIN… EDIN DZEKO Depuis sa création, 5.000 enfants ont poussé la porte de l’école Bubamara. Les gamins que Pasic a formés pendant la guerre sont aujourd’hui docteurs, profs ou architectes. « Certains viennent me rendent visite. Vingt ans après, ils me remercient encore. Vous vous rendez compte ? » D’autres ont continué dans le foot, notamment un certain… Edin Dzeko. Oui, le buteur de Manchester City ! Pasic

se souvient : « Edin avait 7 ou 8 ans, c'était un gamin, mais il était déjà plus fort que les autres. Je vais vous dire, je crois que la guerre l’a aidé à devenir ce qu’il est aujourd’hui. » Edin Dzeko revient régulièrement en Bosnie. « Il passe me dire bonjour. Je suis vraiment fier de lui. Mais je suis aussi fier des 5.000 autres enfants qui sont passés par Bubamara. »

Son palmarès

Aujourd’hui, la guerre s’est éloignée de Sarajevo et les terrains de foot sont beaucoup moins dangereux. En revanche, la plupart sont devenus impraticables : ils ont été transformés en cimetière.

La carrière professionnelle de Predrag Pasic aura duré en tout une quinzaine d’années. Il aura essentiellement porté le maillot de deux clubs. Celui de sa ville d’abord, le FK Sarajevo de 1975 à 1985 (44 buts inscrits). Celui du VFB Stuttgart ensuite de 1985 à 1987 (7 buts). Pour l’anecdote, le milieu de terrain croisera, notamment dans les rangs de Stuttgart, Jürgen Klinsmann à qui il distribuera quelques jolis ballons d’attaque. Avant de prendre sa retraite en juillet 1988, Pasic effectuera une dernière saison sous le maillot de Munich 1860. Il a également porté les couleurs de la sélection yougoslave à 10 reprises, de 1981 à 1985 (1 but). Il a d’ailleurs participé à la Coupe du Monde en 1982 en Espagne.


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PixPages A vos boîtiers ! A L’AUBE DU 19e SIÈCLE, ALORS QU’ILS S’APPRÊTAIENT À BREVETER LA PREMIÈRE CHAMBRE NOIRE, NIÉPCE ET DAGUERRE POUVAIENT-ILS IMAGINER À QUEL POINT ILS ALLAIENT CHANGER NOTRE VISION DU MONDE ?... EN FIXANT LA LUMIÈRE SUR UNE PLAQUE DE CHLORURE D’ARGENT, ILS PERMETTAIENT À NOTRE REGARD DE QUITTER L’ÉPHÉMÈRE POUR ENTRER DANS LA SURVIVANCE. LA PHOTOGRAPHIE ÉTAIT NÉE. SOUDAIN, NOTRE MÉMOIRE S’ENRICHISSAIT DE CETTE FABULEUSE INVENTION AVEC LAQUELLE NOUS POUVONS DÉSORMAIS MATÉRIALISER NOS SOUVENIRS SUR LE PAPIER OU SUR L’ÉCRAN, PUIS Y REVENIR QUAND BON NOUS SEMBLE POUR NOUS REPLONGER DANS UNE ATMOSPHÈRE, UN MOMENT D’HISTOIRE OU UN INSTANT DE BONHEUR. par Denis ASSELBERGHS

Le sport s’est très vite mis au diapason de cette pellicule qui allait populariser les champions en véhiculant dans la presse leurs portraits argentiques. Depuis, ce goût d’immortaliser l’exploit n’est jamais retombé. Au contraire, avec l’avènement du numérique, c’est une orgie d’images qui bombarde la toile et nous en met plein la vue pour nous faire rire, pleurer, grimacer ou rêver. Mieux encore : grâce à une démocratisation folle des appareils, qu’ils soient reflex, compacts ou smartphones, nous voilà

tous désormais reporters - littéralement rapporteurs d’une époque, catalyseur du temps qui passe… De chacun de nos déplacements, nous ramenons une moisson d’instantanés. C’est de ce constat que nous est venue l’idée de monter une rubrique photo assortie d’un concours auquel vous êtes tous conviés. Son règlement vous est brièvement expliqué ci-contre et plus en détail sur notre website, entendu que la toile sera tout à la fois le réceptacle et la vitrine de vos plus beaux clichés.

Le saviez-vous ? On estimait à 85 milliards le nombre de photos prises en l'an 2000. Impressionnant ? Pas tant que ça quand on apprend qu’aujourd'hui 2,5 milliards d’individus possèdent un appareil numérique. Il en résulte une véritable explosion des chiffres avec 3.500 milliards d’images mises en boîte rien qu’en 2012, soit près de 10 milliards chaque jour !... Tout aussi mirobolant : avec 1,1 milliard d’utilisateurs actifs, Facebook est considéré comme la plus grande bibliothèque iconographique du monde. Le réseau social abrite 240 milliards d’illustrations en tout genre, soit 30 fois plus que Flickr et 70 fois plus qu’Instagram. Les gestionnaires de la plateforme ont calculé que 350 millions de nouvelles photos y sont téléchargées chaque jour !


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CONCOURS

PHOTO FORCE, TALENT ET ÉMOTION !

Entre le 15 août et le 15 décembre 2013*, envoyez nous régulièrement vos plus belles photos*. Vous devez en être l'auteur, cela va de soi, et elles doivent avoir un lien direct avec le sport, à l'exclusion des disciplines motorisées que notre magazine apprécie énormément mais qui ne s'inscrivent pas dans notre ligne rédactionnelle. Compétitions de haut niveau, épreuves de masse, pratique individuelle ou collective, expériences vécues, expressions, attitudes, ambiances, stades, foules... Allez-y gaiement ! Le champ est vaste, les possibilités nombreuses. Profitez-en pour varier les plaisirs. Mettez-y de la force, du talent, de l’émotion… et vous serez récompensé !

3 x 2 gagnants Toutes les photos que nous recevrons seront diffusées dans un album à découvrir sur notre page Facebook. Les trois images qui auront obtenu le plus de likes d'ici le 31 décembre 2013 seront primées. Parallèlement au vote Facebook, trois autres photos lauréates seront désignées par un jury composé de sportifs professionnels. Ils opèreront leur choix sur base d'une présélection établie par notre rédaction.

Dotation Voyages, bagagerie, matériel photographique… Pour plus d’info, rendez-vous dans notre prochaine édition. Adresse pour vos envois : concours@monsportmagazine.com

Règlement et plus d’infos

www.monsportmagazine.com (*) Une ou plusieurs photos par envoi pour un maximum de dix par participant au terme de la période susmentionnée. A nous adresser au format JPG haute résolution.


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Red Bull Illume L’Xtrême pour fil rouge Depuis 2007, le taureau autrichien organise lui aussi son concours photo. Dédié aux sports extrêmes, il compte autant de vainqueurs qu’il y a de catégories : dix, à savoir ‘Close Up’, ‘Energy’, ‘Experimental’, ‘Illumination’, ‘Culture’, ‘New Creativity’, ‘Playground’, ‘Sequence’, ‘Spirit’ et ‘Wings’. S’ajoute un onzième prix attribué à un super winner, lequel est plébiscité parmi les lauréats pour avoir signé l’image la plus emblématique. En 2010, ce grand gagnant était le Californien Chris Burkard, 22 ans, bien connu des amateur de surfs, puisqu’il publie régulièrement dans la presse spécialisée. On vous laisse apprécier sa photo. Il l’a prise au Chili, à Buchupero. On découvre sur la planche Peter Mendia tentant d’échapper à une vague gigantesque. Cromie, cadrage, atmosphère… c’est carrément somptueux !


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MACRO

photographier dans le microcosmos QU’EST-CE QUE LA PHOTO MACRO ? SE PLONGER DANS L’UNIVERS DU « TOUT PETIT » EN RÉALISANT DES CLICHÉS QUI SOIENT D’UN RAPPORT DE GROSSISSEMENT D’AU MOINS 1:1. C’EST UN MINIMUM. Si elle n’est pas très « sportive », la photo macro peut être une motivation supplémentaire à entreprendre des sorties outdoor dans une nature qui se prête à ce genre d’exercice. Il n’est pas indispensable d’avoir un équipement particulier, même s’il est préférable d’utiliser un appareil type reflex ou hybride. Côté objectif, un simple 18-55 mm peut convenir. En tout

cas, dans un premier temps. Puis, si l’envie vous prend d’aller plus loin dans la photo d’observation, vous pourrez vous fendre d’une véritable optique macro à focale fixe, très lumineuse, pour un piqué extraordinaire. Sachez qu’il existe des stages de photo macro où l’on apprend les angles insolites, la contre-plongée

et bien d’autres techniques. Avec, à la clé, des images complètement envoûtantes. Comme celles-ci, signées Marie-Anne Bols : elles ont été prises dans la verte campagne du pays roannais (département de la Loire). On vous laisse apprécier… en silence, pour ne pas déranger l’escargot en plein ouvrage ou le bleuet s’étirant à la pointe de l’aube.


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Matériel Un 800 mm à monture F Nikon a développé un téléobjectif de 800 mm spécialement conçu pour les photographes sportifs, animaliers ou les reporters. Dotée d’une grande ouverture (f/5.6) et du système VR (réduction de vibration), cette « belle bête » prend place dans la gamme Nikkor.

Etanche et antichoc Delsey commercialise une Dry Box conçue pour les compacts. Cette boîte étanche protègera votre appareil de l’eau, du sable, de la neige et plus généralement des chocs. Elle est munie d’une fermeture de sécurité. Dimensions : L 9,5 x H 11,7 x E 3,5 cm.

La plus petite et la plus légère Isaw lance l’A2-ACE, une nouvelle caméra embarquée considérée comme la plus petite (6 cm) et la plus légère (80 gr) du marché. Son caisson est totalement hermétique. Elle travaille en 1080p, qualité Full HD, à 30 images par seconde. Sa batterie possède une autonomie de 3 heures. L’idéal pour ramener des séquences fortes de vos randos-ski ou VTT.


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Le shopping de vos vacances !

150 €

ADIDAS BOOST ENERGY Chaussure innovante pour les runnings routiers. Elle bénéficie d’une technologie d’amortissement révolutionnaire, notamment grâce au TPU, un matériau solide granulaire. Ce qui vaut à la Boost Energy de combiner confort et explosivité. Nous vous la présenterons plus en détail dans notre prochaine édition. 90 €

90 €

ADIDAS EVIL EYE Deux nouvelles références dans la gamme des lunettes-cyclo Evil Eye. D’une part, la Evil Cross Halfrim, très légère avec ses verres suspendus. D’autre part, la Little Evil avec sa monture complète et son maintien parfait sur les visages étroits (ce modèle peut convenir aux ados).

19,95 € TRIBORD NAHIA Changement de décor : ici ça sent bon la plage ! Tribord a la bonne idée de proposer à sa clientèle féminine des maillots personnalisés. Choisissez parmi de nombreux coloris et des liens « à la carte » (larges, étroits, lignés, fleuris ou géométriques et assortis de perles). Il vous en coûtera 15 EUR pour le haut et pour le bas + 4,95 EUR pour les cordons. En vente chez Decathlon.


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TRIBORD IWIKO Un abri de plage pour les jours de grand beau temps. Il se monte et se déplie d’un seul geste grâce à la technologie ‘One Love System’. Facile à transporter dans sa housse à bandoulière. Disponible chez Decathlon. 29,95 €

ODLO « EVOLUTION » GREENTEC LIGHT Conçu pour le sport et l’effort, ce sous-vêtement estival, sans couture et sans manches. En polyester recyclé, il offre un excellent transfert d’humidité et sèche très rapidement.

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SAUCONY PEREGRINE 3 Vous l’avez découverte en page 28. La voici maintenant de visu dans sa version Homme. Vous admettrez que pour une authentique traileuse, la Peregrine 3 fait dans la finesse. Sa semelle assez basse - car peu crantée - n’y est pas étrangère. 120 €


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THE NORTH FACE PUDDLE JACKET W Veste cyclo pour Femme. L’avant est en tissu coupe-vent et le dos en textile extensible respirant. La combinaison des deux s’avère terriblement efficace pour maintenir à la fois au chaud et au sec, tout en garantissant une bonne aération. Le confort est optimisé par une doublure de col brossée, un ourlet arrière plus long et une coupe moulante.

THE NORTH FACE LYTHO 18 Sac à dos spacieux (18 litres), idéal pour les distances élevées à vélo grâce à son rembourrage ventilé et à son excellent soutien dorsal. Il est doté de compartiments pour les vêtements de rechange, l’outillage et le casque, sans oublier les poches latérales en stretch. Le temps s’assombrit ? Le Lytho 18 intègre même une housse contre la pluie.

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REGATTA LILOU BODYWARMER Softshell bodywarmer pour Femme. Sans manches lui aussi, il est particulièrement bienvenu lors des sorties ‘nature’, quand le ciel se couvre et que le thermomètre perd quelques degrés. Vraiment un excellent compromis pour les jours variables. 35 €

REGATTA COOLHEAD X-ERT CAP Une casquette pour le trail ou les longues marches sous un puissant soleil, car avec la X-ert Cap, vous ne risquerez pas l’insolation. Nuque et tempes sont parfaitement protégés. 20 €


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THE NORTH FACE ENDURO PLUS HYDRATION PACK Bien connu des ultra-traileurs, ce sac d'hydratation a été pensé pour les courses d'altitude de longue haleine. Il faut dire que son camelbak peut contenir 2 litres d’eau et que des rangements astucieux sont aménagés dans les moindres recoins (par exemple sur la sangle de poitrine). A noter aussi la poche extérieure en filet et les multiples attaches pour le matériel de rando. Atout supplémentaire : malgré son gabarit relativement important, l’Enduro Plus élimine les problèmes de frottement grâce à une forme très étudiée.

199,90 € MILLET DREAMER COMPOSITE LEFT & RIGHT ZIP Sac de couchage Montagne et TrekkingAventure. Il est doté d’une structure composite dont le duvet synthétique repousse le froid et l’humidité du sol.

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GARMIN FORERUNNER 10 Des coloris très fun pour la Forerunner 10, une montre d’entrée de gamme dédiée au running. Simple d’utilisation, elle indique le temps réel, la distance, la vitesse et le nombre de calories brûlées. Elle enregistre également le parcours pour qu’il puisse être ensuite analysé et partagé par la communauté des coureurs sur le site Garmin ConnectTM (http://www.garminconnect.com).


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ON THE MOVE LAFUMA SAC SPEEDTRAIL 5 Dans le trail comme dans tous les sports pointus, la qualité de l’équipement participe au rendement. Ce backpack modulable en est une belle illustration. Centré sur l'adaptabilité, il est à la fois robuste et léger. Sa botte secrète : le « SpeedFit », un dispositif simple, rapide et précis, destiné à régler le positionnement du sac selon le gabarit du coureur. Comme son nom l’indique, le Speedtrail 5 a un volume de cinq litres (éventuellement compactable en trois). Il dispose de porte-bidons amovibles. 75 €

LAFUMA GILET SPEEDTRAIL Sobre ou très lumineuse selon le coloris choisi, cette veste sans manche agit comme une seconde peau. Du filet stretch dans le dos apporte respirabilité et liberté de mouvement. Un cordon élastique autobloquant permet d’ajuster le bas. 110 €

LAFUMA SURPANT SPEEDTRAIL Il est super léger : seulement… 105 grammes. Grâce à sa structure stretch, ce surpantalon n’entrave pas les mouvements. Et surtout, c’est un véritable rempart contre les intempéries. 90 €

LAFUMA SPEEDTRAIL JKT Elle aussi est ultra light et idéale pour qui s’adonne au trail. Cette Lafuma Speedtrail Jacket pèse à peine 150 grammes ! Sa membrane Climactive lui assure une protection optimum contre la pluie et le vent. Avec capuche attenante et finition des poignets en biseau pour un maximum de protection. 160 €

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Certains en arrivent à se prendre pour des exceptions, des hommes à part. Sabine Afflelou parle alors de « faille narcissique ».


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ATTENTION…

joggeurs accros ! L’ADDICTION AU SPORT TOUCHE DE PLUS EN PLUS DE MONDE. LE PHÉNOMÈNE SE RÉPAND À TOUTE ALLURE. VOICI L’HISTOIRE DE TROIS HOMMES MORDUS DE COURSE À PIED. UN PEU TROP, SELON LES MÉDECINS… par Raphaël GODET

Au départ, l’histoire de Fabrice Préau est assez banale. Un gars fou de running qui court tout le temps. Matin, midi et soir. Ce Parisien de 41 ans galope dix heures par semaine, soit une soixantaine de bornes hebdomadaires. Et encore, il trouve qu’il n’en fait pas assez ! Lui dit que c’est du plaisir. Mais il reconnaît que « c’est parfois éprouvant pour le corps. » Parfois, donc, ça casse. Ce consultant en communication a connu quelques tendinites rotuliennes, une autre au tendon d’Achille et une triple contracture du mollet, mais « jamais rien de très grave ». C’est justement lors d’une blessure que Fabrice se rend compte qu’il y a… comme un problème. JOUER AU DOCTEUR « Quand je ne peux plus courir, je me sens triste. Je suis de mauvaise humeur. Il m’arrive de boire de l’alcool, tout seul. » Le souci du bonhomme, c’est qu’il ne supporte pas d’être à l’arrêt « pour un rien. » Aller chez le médecin pour un petit bobo au mollet, ce n’est pas vraiment le genre du garçon… Il raconte : « Quand un coureur se blesse, on lui conseille systématiquement de stopper le sport un moment. » Stopper ? Mais pour quoi faire ? Quand Fabrice est blessé, il a simplement envie de reprendre le plus vite possible. Du coup, il lui arrive de jouer au docteur : « Je lis des bouquins de médecine pour comprendre comment le corps fonctionne. J’essaie de contrôler la douleur pour pouvoir continuer à

m’entraîner. Lorsqu’il s’agit de blessures musculo-squelettiques, je me fais un bandage. Puis, il y a les grands classiques, la glace, le massage… ». Tout ça, c‘est risqué. Fabrice le sait. Il dit que « c’est personnel. » Ainsi va la vie d’un accro du m a c a d a m . Pourtant, n’allez pas lui dire qu’il est malade, ça le mettrait hors de lui ! Il préfère parler d’une passion qui « déborde un peu sur le reste ». D’ailleurs, ses proches ne s’en sont jamais plaints. « C’est une question d’équilibre. D’abord la famille, ensuite le travail et enfin la course à pied. » Pour s’amuser, ce fan de Sebastian Coe et Saïd Aouita a ouvert son blog*. Il y raconte ses sorties, son planning d’entraînement : « Ça marche bien. J’ai noué beaucoup de contacts. » Et preuve qu’il n’a rien à cacher, il accepte de parler de sa vie, témoignant régulièrement lors de congrès. (*) http://runonline.wordpress.com

DYSMORPHOPHOBIE ET ASCÉTISME Fabrice n’a jamais ressenti le besoin de se faire soigner. « Là-dessus, j’ai de la chance », reconnaît-il. Les joggeurs les plus ’atteints’ sont souvent dirigés vers le Centre d’accompagnement et de prévention pour les sportifs à Bordeaux : le CAPS, la

Il finit par péter les plombs, se met à boire, touche à la drogue, tombe en dépression. Sa femme est à bout de nerfs. Elle demande le divorce…


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monsport seule structure en France qui offre un traitement aux sportifs dépendants. Généralement, c’est la psychiatre du service, Sabine Afflelou, qui les accueille. Autant dire qu’elle en a vu passer, des gaillards au fond du trou. Elle est catégorique : ce genre d’addiction touche toutes les disciplines, pas seulement la course à pied, même si elle est l’une des plus exposées. A ce sujet, elle cite deux exemples. Celui des ultra-runners qui ressentent de la dysmorphophobie : une sorte de crainte obsédante d'être laid ou malformé. Dans cette pratique extrême, il y a une recherche constante de sensations toujours plus fortes, toujours plus valorisantes. Certains en arrivent à se prendre pour des exceptions, des hommes à part. Sabine Afflelou parle dans ce cas de « faille narcissique ». Elle évoque aussi les triathlètes qui souffrent d’ascétisme : « Ils veulent en permanence tendre vers la perfection. Je dirai même une tendance obsessionnelle. Avec un goût développé pour

Le sport n’échappe pas à cette règle de base : c’est toujours l’excès qui pose problème.

le rituel, puisque dans le triathlon, les gestes se répètent »… et que la précision est une sorte de religion pour ceux et celles qui veulent performer. DES SORTIES DE 5 OU 6 HEURES Parfois, il arrive qu’on débarque « par hasard » au CAPS à Bordeaux. Comme ce sportif qui avait rendezvous au CHU avec son chirurgien pour une blessure à la cheville et qui s’est retrouvé dans le bureau d’un psychologue du Centre d’accompagnement et de prévention... « C’est vrai, on peut venir pour un simple bobo à la jambe et ressortir avec un bobo à la tête », résume Sabine Afflelou. Ces dernières années, d’autres hôpitaux en France se sont inspirés du CAPS. Comme le CHU de Nantes qui a ouvert son service d’addictologie. C’est là-bas que Bruno Suzanne a atterri un jour de décembre 2008. « Je ne savais pas trop ce que je faisais là », se souvient cet employé de banque d’une cinquantaine d’années. C’est son

médecin qui lui a conseillé d’y aller. Au psychiatre qu’il avait en face de lui, ce fana de jogging a tout expliqué : il s’était lancé dans cette discipline après avoir joué au foot quelques temps. Au départ, c’était pour maigrir. « J’ai perdu plus de 40 kilos. Il fait dire que je courais tous les jours. » Il prend plaisir à enfiler les kilomètres, puis se met au triathlon, fait des sorties de 5 ou 6 heures d’affilée. « Je rentrais chez moi avec 70 kilomètres dans les jambes, mais je me sentais bien ! » Il s’offre des épreuves mythiques : la Diagonale des Fous sur l’Ile de la Réunion, le Marathon des Sables, l'Annapurna Mandala Trail. Plus quelques Ironman : celui de Gérardmer dans les Vosges, de Roth en Allemagne, de Klagenfurt en Autriche, de Zurich en Suisse et de Lanzarote aux Canaries. Soudain, patatras ! On lui diagnostique une double pubalgie : « Mon corps n'en pouvait plus. J’insistais, j’insistais. Et ça a craqué ». Direction le kiné qui lui déclare tout net : « Bruno, tu dois


MA SANTÉ 81 arrêter. » Il accepte. Le problème, c’est que chez lui, il trouve le temps long, très long. « Je me traînais, je ne savais plus quoi faire. Je voulais reprendre. » Il finit par péter les plombs, se met à boire, touche à la drogue, tombe en dépression. Sa femme est à bout de nerfs. Elle demande le divorce… Pour Bruno, tout s’effondre… mais il parvient à remonter la pente. Doucement. Difficilement. Jusqu’à ce rendezvous au CHU de Nantes en décembre 2008. JE COURS APRÈS MOI-MÊME L’histoire d’Hervé Bouin est différente. Nantais lui aussi, il court depuis qu’il est tout petit. « J’ai toujours aimé ça. » Ce quinquagénaire dit qu’il a besoin de nature, de solitude : « Le jogging est bien pour ça. » Au début, il s’entraînait 3 ou 4 fois par semaine, toujours impatient de se retrouver « face à lui-même ». Il s’aperçoit que physiquement, ça tient. Il allonge ses sorties et court désormais chaque jour. Sans exception. Soit 90 km par semaine. Il n’est jamais « rassasié » et parle de « sa dose quotidienne »… Arrive la tuile : des problèmes de dos. Il passe des examens. Scanners, IRM. « J’arrêtais, je reprenais, j’arrêtais »… Son médecin lui prescrit des anti-inflammatoires. La boîte est encore sur sa table de chevet… Hervé consulte un homéopathe et un acuponcteur. Il ne peut s’empêcher de courir malgré la douleur. Mais son médecin est formel : il doit mettre le sport en veilleuse pendant au moins un an. A un ami, Hervé lance : « Un an ! Tu y crois, toi ? » Pas lui… Il organise son planning de manière à ne pas perturber famille et travail. Il court souvent le matin à 6 heures avant d’aller au boulot. Ça ne le dérange pas de sortir sous une averse, ni de galoper par -7 ou -8 degrés. S’il doit annuler à cause d’un imprévu, Hervé devient ronchon. Clairement, il est en manque s’il n’a pas ses 4 runs hebdomadaires. Et évidemment, avant de partir en vacances, il ne peut s’empêcher de jeter un œil sur la

carte pour « voir là où je pourrai courir. » Parfois, des amis l’interrogent, lui demandant ce qui le motive à ce point. Ce père de deux enfants répond invariablement : « Je cours après moi-même ». Il ajoute, visiblement amusé : « A chaque fois, ça laisse les gens bouche bée ! » Dans la vie, Hervé ne boit jamais d’alcool. La dernière fois, c’était une bière il y a 25 ans ! Il mange beaucoup de légumes, beaucoup de céréales, mais très peu de viande. « J’ai besoin de sentir mon corps ». Jamais d’excès donc… si ce n’est ce besoin démesuré de courir. ANOREXIE ATHLÉTIQUE Certains sportifs ont aussi longtemps surveillé leur hygiène de vie avant de déraper dangereusement, victimes d’anorexie athlétique. « J’en vois qui ne mangent pas à leur faim. Ils négligent leurs repas. Du coup, ils n’arrivent plus à finir les entraînements », décrit Sabine Afflelou. Chez les patients

vulnérables, les complications sont terribles : irritabilité, nervosité, vulnérabilité, impatience... Débarquent ensuite les troubles psychologiques : problèmes de sommeil, violence, vitesse au volant, instabilité sentimentale... Enfin, les cas les plus graves

Et les autres disciplines ? Addict au sport ? Bizarrement, quand on en prend conscience, on a envie d’en rire. On se dit que tout ça n’est pas sérieux. Pourtant si. Ce type de dépendance - qu’on appelle « bigorexie » - est reconnue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et les soins sont même remboursés par l’Assurance Maladie ! Toutes les disciplines sont visées, sans exception. Selon les spécialistes, un addict ressent un besoin compulsif de pratiquer son sport, malgré une blessure, malgré les souffrances endurées. Cela concerne entre 10 et 15 % des pratiquants « intensifs ». Les hommes surtout. En réalité, la proportion est beaucoup plus importante, mais rares sont ceux qui acceptent de consulter. Spécialiste de la question, la psychiatre Sabine Afflelou donne plusieurs exemples. Notamment celui des culturistes qui aiment avoir mal le lendemain d’une compétition car « cette douleur est synonyme de travail accompli. » Elle parle aussi des danseuses classiques qui vont « tout faire pour avoir les pieds cassés et des os saillants, car c’est à ça qu’on repère les meilleures » (ou en tout cas les plus assidues !)… Ou alors des rugbymen flattés d’avoir un coquard et les oreilles éclatées car « c’est une marque de reconnaissance. » Liste non exhaustive, vous l’aurez compris.


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monsport professionnel rappelle quelques bases : « L’objectif n°1, c’est d’abord se faire plaisir. Le sport, c’est de la joie, des émotions. Il ne faut pas que la pratique devienne une contrainte. » Il dit ça en connaissance de cause : « Dans mon cabinet, j’en vois tellement qui n’ont pas su gérer leur passion. » Stéphane Prétagut a l’habitude de dire à ses patients que le sport n’échappe pas à cette règle de base : c’est toujours l’excès qui pose problème.

mènent à la désocialisation et tout ce qui s’en suit : dépression, alcoolisme et, parfois, tentatives de suicides. Heureusement, la plupart finissent par s’en sortir. « N’oublions pas que le sport, c’est quand même très bon pour la santé », insiste Stéphane Prétagut, psychiatre au CHU de Nantes. Le

Aujourd’hui, Bruno Suzanne va mieux. Il a recommencé à courir, mais « comme ça, juste pour m’entretenir. » Il ne voit plus son psychiatre. Hervé Bouin a ralenti son rythme de sorties : quatre par semaine sur les bords de l’Erdre à Nantes. Pendant ce temps, Fabrice Préau est toujours à fond. Cross-country, trail du V ignoble N a nta is, Ardéchois, trail des Deux Cerfs, trail des Deux Lacs… Il est insatiable !

Zoom sur le CAPS de Bordeaux Créé à Bordeaux en 2001, c’est la seule structure dans l’Hexagone qui accueille et soigne des sportifs dépendants. Il est situé dans le sous-sol du CHU de la ville. C’est le docteur Serge Simon, un ancien pilier du XV de France (rugby) qui en a eu l’initiative. Six cents sportifs passent dans ce service chaque année : pour la plupart, des amateurs, joggers du dimanche, mais aussi des pros. Secret professionnel oblige, la psychiatre Sabine Afflelou ne cite jamais de nom. Elle admet simplement qu’elle a déjà travaillé avec des champions olympiques et des joueurs étrangers évoluant dans des clubs français : des Anglais, Tchèques, Russes, Espagnols ou Brésiliens… Comme quoi, même le sport devenu « métier » n’échappe par à cette part d’irrationnel qui fait sa grandeur… et parfois son danger.

N’allez pas leur dire qu’ils sont malades, ça les mettrait hors d’eux ! Ils préfèrent parler d’une passion qui « déborde un peu sur le reste ».


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EDULCORANTS

Le sucre sans les calories ILS PROCURENT UNE SAVEUR DOUCE ET PERMETTENT DE GARDER LA LIGNE. CLAIREMENT, C’EST LA FONCTION PREMIÈRE DES ÉDULCORANTS, CE QUI LES REND PLUTÔT SYMPATHIQUES QUAND VIENT LE MOMENT D’ALLER BRONZER SUR LA PLAGE AVEC UNE TAILLE DE GUÊPE… OU UN VENTRE UN PEU MOINS REBONDI. par Denis ASSELBERGHS

Mais l’atout minceur ne suffit pas à donner bonne presse aux édulcorants. Déconseillées par les nutritionnistes, certaines variétés de synthèse inondent le marché grâce au puissant lobbying des producteurs, eux-mêmes soutenus par une bonne partie de l’industrie alimentaire. Quand on mesure les immenses bénéfices dégagés par les ventes de sodas light et de laitages à basses calories, tout cela n’a rien d’étonnant !… UN DOSAGE STRICT Pourtant, le tableau n’est pas si noir. Les édulcorants peuvent rendre de fiers services quand ils ne sont pas utilisé à outrance et s’ils ne se substituent pas totalement au sucre dont notre organisme a un réel besoin. Bienvenus dans les régimes hypocaloriques et préconisés aux diabétiques moyennant quelques restrictions, les édulcorants posent rarement problèmes s’ils sont consommés en comprimés, dans le café par exemple. Par contre, sous forme de poudre, il faut un dosage strict, car l’excès d’édulcorant - la saccharose surtout - s’avère cariogène (cause de caries dentaires) et peut même entraîner une réponse à l’insuline chez les diabétiques. UN VRAI PROBLÈME D’ACCOUTUMANCE De tous les édulcorants, l’aspartame est le plus controversé. Bien que l’Agence Sanitaire Européenne (Efsa) l’ait jugé inoffensif dans un récent rapport, les critiques subsis-

tent. Des études scientifiques ont notamment démontré des risques d'accouchements prématurés ainsi qu'un taux plus élevé de cancers. Mais par-delà, l’aspartame pose un vrai problème d’accoutumance aux goûts sucrés. Progressivement, s’installe une forme d’addiction aux limonades édulcorées. On ne peut plus s’en passer, alors qu’un verre d’eau serait autrement plus profitable à l’organisme. Les enfants sont les principales victimes de cette dépendance. Et attention aux antécédents allergiques : il s’agit d’en tenir compte avec l’aspartame. CANADA VS OMS Reste le cas de la stévia, un édulcorant naturel que les Indiens Guarani appellent « l’herbe à sucre ». D’aucuns la considèrent comme une excellente alternative à la betterave sucrière ou à la canne à sucre : c’est le cas du Japon qui en fait un usage intensif depuis 40 ans. Par contre, la stévia est toujours interdite au C a n a d a comme additif alimentaire.

Les raisons restent assez floues : on invoque une « toxicité potentielle », des effets négatifs sur la reproduction et des dangers cancérigènes. Ce que réfute l’OMS. Mais un doute persiste et les instances canadiennes entendent maintenir leur refus tant que des études complémentaires n’auront pas fait toute la lumière sur cette plante. Conclusion : s’il ne faut pas diaboliser les édulcorants, il importe de les consommer avec intelligence. Prenez la peine de lire les étiquettes (avec une loupe pour les contreindications !) et, plus globalement, n’accordez pas trop de place à ce substitut du sucre.

Ils peuvent rendre de fiers services quand ils ne sont pas utilisé à outrance et s’ils ne se substituent pas totalement au sucre dont notre organisme a un réel besoin.


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ALLERGIES

Le sportif, un sujet à hauts risques ? LE SPORT, C’EST LA FORME. ASSURÉMENT L’UNE DES MANIÈRES LES PLUS EFFICACES DE SE GARANTIR SANTÉ ET CONDITION PHYSIQUE… OUI, MAIS ! Comme vous l’avez sans doute constaté, après cet hiver exceptionnellement long, le printemps a été tout aussi lent à s’installer. Cette fois, il n’y a pas eu d’assauts violents des allergies bronchiques, oculaires ou ORL. N’empêche, sportifs, restez prudents, car le mal se répand… RESPIRER À PLEIN POUMON… Lors de nos sorties d'entraînement, à pied ou à vélo, nous respirons

intensément. Il en va toujours ainsi pendant l’effort. Par conséquent, nous captons bien plus de pollens qu'une personne au repos. Sans parler des particules dégagées par la pollution. Résultat : alors que l’exercice au grand air a pour vertu première de nous fortifier, certains organismes sont victimes du phénomène inverse, agressés par des allergènes de plus en plus nombreux. Ce constat ne se limite plus aux pratiquants des deux extrêmes

par Sophie MATHAY

- les plus jeunes et les plus âgés désignés encore récemment comme les plus vulnérables en terme d’allergies. Non, aujourd’hui, l’OMS doit admettre que tout un chacun est menacé par l’asthme, les rhinites ou la conjonctivite… et tout ce qui va de pair, depuis le nez bouché jusqu’aux bronches enflammées, en passant par les yeux gonflés et un état de grande fatigue causé par une altération du sommeil.


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Les allergies touchant désormais un tiers de la population, plus personne n’est à l’abri d’une rhinite, d’une conjonctivite ou d’une crise d’asthme…

QUELQUES ÉLÉMENTS MAÎTRISABLES Outre les dispositions pratiques que nous venons d’exposer, il est important pour se prémunir des allergies de prendre en considération quelques éléments facilement maîtrisables. Notamment vos habits et vos cheveux qui, après un jogging, sont littéralement ‘contaminés’ par ces particules. Voilà pourquoi il est conseillé de vous laver les cheveux (surtout le soir pour ne pas dormir dans un nid de pollens) et de mettre à la machine les vêtements les plus

Peu sélectifs, les antihistaminiques de l’ancienne génération génèrent de la somnolence et une dépendance, certes réduite mais bien réelle. exposés… mais évitez de les faire sécher à l'extérieur ! Idem pour les draps qu’il ne serait pas très judicieux d’étendre sur une corde à linge au milieu du jardin…

UN TIERS DE LA POPULATION Les allergies touchant désormais un tiers de la population, il s’impose de prendre des précautions et de bien s’informer. Il existe, par exemple, un calendrier des allergies qui permet de commencer un traitement préventif. Car quand l'allergie se déclare, il est souvent trop tard. Et si, malgré tout, elle réussit à s’immiscer, de grâce, n’essayez pas de vous soigner seul (en cherchant, par exemple, des recettes miracle sur le web). Les allergologues sont outillés pour vous guider et prescrire le traitement le mieux adapté. Pour autant, les remèdes ne sont jamais garantis à 100%, le diagnostique étant toujours difficile à poser, dépendant de l’environnement, de votre activité, de vos antécédents familiaux, etc.

LES ANTIHISTAMINIQUES AVEC CIRCONSPECTION Si néanmoins l’allergie s’incruste, passez aux antihistaminiques. Règle incontournable : leur prise doit être mesurée et réfléchie, car ils ont tous - sans exception - des effets indésirables. Sachez d’abord que les antihistaminiques de l’ancienne génération sont peu sélectifs. Ils génèrent de la somnolence et une dépendance, certes réduite mais bien réelle. Il existe aujourd'hui des antihistaminiques plus pointus, mieux ciblés. Ils présentent moins de risques, ont moins d’impact sur la vigilance, mais ne vous dispensent pas de consulter votre médecin ou un pharmacien… et surtout de lire la notice (c’est indispensable !). Redoublez d’attention avec certains antiallergiques récents si vous souffrez d’une pathologie cardiaque. De même, évitez de les

associer avec des médicaments de type macrolides (une classe d'antibiotiques) ou des produits à usage nasal contenant des corticoïdes. Et, enfin, assurez-vous que la consommation d’alcool soit compatible avec le traitement prescrit. A bon entendeur… et bonne balade quand même !

Nouveau, ce stylo Jext autoinjecteur d’adrénaline. Disponible en pharmacie, il est indiqué dans le traitement des réactions allergiques aigües graves (chocs anaphylactiques) provoquées par des piqûres ou des morsures d’insectes, des aliments, des médicaments ou d’autres allergènes. Attention, son utilisation doit impérativement s’accompagner d’un appel aux urgences médicales (en France, le 15 ou le 112 - en Belgique, le 112).


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FAITES LE VOUS-MÊME

Un gâteau sport pour varier les plaisirs…

C’EST LE GRAND RETOUR DU « DO IT YOURSELF »… CUISINE, BRICOLAGE, COUTURE, COSMÉTIQUE, JARDINAGE, ETC. LA FAUTE À LA CRISE ? PEUT-ÊTRE PAS. SI LE « FAIT MAISON » EST AUJOURD’HUI TENDANCE, C’EST SANS DOUTE DAVANTAGE POUR UNE HISTOIRE DE CONSCIENCE ÉCOLOGIQUE QUE POUR DES RAISONS ÉCONOMIQUES. ET SI NOUS AVIONS ENVIE DE REDONNER DU SENS À NOS GESTES QUOTIDIENS ? RIEN N’EST PLUS VALORISANT QUE LE « SAVOIR FAIRE SOI-MÊME »… ALORS, PRÊT À VOUS LANCER ? par Auriana BEAUTÉ

Comme les barres céréales (cf. dernier numéro) ont beaucoup séduit mon entourage, il n'en fallait pas plus pour m'encourager à aller plus loin. En ce moment, Jules prépare le Défi Monte-Cristo : le plus important rassemblement grand public de la natation en mer. Cinq kilomètres à parcourir entre poissons et vagues, à la seule force des jambes et des bras. L'événement se déroule fin juin.

Compact, digeste et bourré d'énergie, c’est l'allié du petit dèj pour qui celui qui cherche la performance.


MA SANTÉ 87 ASSEZ CHER ET RAREMENT BIO Donc, Jules travaille dur. Outre les séances en piscine, il nage en mer (15°C max) deux ou trois fois par semaine. Et depuis un mois, il s'oblige à avaler des pâtes au petit déjeuner. Mais ce matin, Jules craque. « J'en peux plus ! Le petit dèj, ça doit être un plaisir, surtout avant d'aller me jeter dans cette eau glaciale… J'ai un copain qui mange des gâteaux sport avant de s'entraîner. Ça vaut les pâtes, mais ça accompagnerait bien mieux mon café. D'ailleurs, j'en ai trouvé en magasin, mais c'est assez cher… et rarement bio. » UN BROWNIE BIEN CALORIQUE ? OK, message reçu. Je vais (re)mettre les mains à la pâte... Mais avant tout, question : c'est quoi un gâteau sport ? Après une brève recherche sur le web, je découvre le produit miracle. Un gâteau compact, très digeste et bourré d'énergie : l’allié du petit dèj pour assurer une performance sportive. Mais, comme d’habitude sur le web, tout le monde y va de sa recette perso. Et moi, pourquoi je ne lui ferai pas un bon brownie, à mon Jules ? C'est dense, hyper calorique. Il va adorer ! Pourtant,

je sens que ce n’est pas top. Il y a peut-être moyen de faire mieux… Je contacte un coach sportif : Thierry Galindo, l'homme qui conseille Mathéo Jacquemoud, Champion du Monde 2013 de skialpinisme (difficile de faire plus exigeant !). Sa réponse est catégorique : « Le brownie est une très mauvaise idée. C'est trop gras et pauvre côté nutrition. Je vous envoie une recette vraiment adaptée à ce type d’effort. » CHANGEMENT DE PROGRAMME Et me voici en train de déchiffrer la recette du chef Galindo… En effet, on est bien loin de la composition des brownies ! Ici, le grand épeautre (digeste et pourvu de tous les sels minéraux) et le quinoa (riche en protéines) remplacent le blé. Le beurre cède la place à l’huile de colza (avec une bonne teneur en oméga 6 et 3), le miel (chargé de fructose) prend le dessus sur le sucre blanc. Et enfin, pas de chocolat, mais une multitude d’ingrédients à haute valeur nutritive : des oléagineux (sources d’acides gras insaturés et de vitamines), des petites graines (bourrées de minéraux et d’antioxydants), du germe de blé (concentré de nutriments et de vitamines) et de la levure de bière (parfaite pour la récupération).

chimique. Pour délayer le mélange, j’intègre une cuillerée à soupe d'huile de colza, 20cl de lait végétal (je l’ai choisi à l’amande). Ainsi, le mélange est bien lisse. Mais ce n’est tout, il faut encore une grosse cuillerée à soupe d’amandes en poudre, une autre de noisettes concassées et ensuite trois cuillerée à soupe d’un mélange de graines de lin, sésame, tournesol et pavot que j’ai préalablement réduit en poudre à l'aide d'un moulin à café électrique. Il ne manque plus que la cuillerée à soupe de germe de blé et celle de levure maltée. Enfin, je saupoudre de cannelle et de gingembre moulu (Jules adore le pain d’épice). Reste à enfourner 40 minutes à 180°C… Le lendemain matin, Jules fait le test : « Avec le café, c’est bien meilleur que les pâtes. Mais ça ne vaut pas un bon brownie »… Pas commode, Jules… La prochaine fois, j’ajouterai de la poudre de cacao et mon superman sera ravi ! Source d’inspiration : www.sport-outdoor.com

A VOS CASSEROLES Dans un grand saladier, je bats trois beaux œufs avec 150g de miel liquide auquel j’additionne 150g de farine complète de grand épeautre, 100g de farine de quinoa et un sachet de levure

Reste à parachever l’œuvre avec une multitude d’ingrédients à haute valeur nutritive : oléagineux, petites graines, germe de blé et levure de bière.


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monsport COURIR LE MARATHON ET ACCOUCHER LE LENDEMAIN, PARTICIPER AUX JEUX OLYMPIQUES ALORS QU’ON EST ENCEINTE DE HUIT MOIS… L’HISTOIRE DU SPORT EST PARSEMÉE D’EXEMPLES ÉTONNANTS CONCERNANT LA CHOSE LA PLUS NATURELLE QUI SOIT QUAND ON EST FEMME. par Eric VERSCHUEREN

Les mères-sporteuses Nur Suryani Mohamed Taibi fut l’une des vedettes des derniers JO. Performance incroyable ? Médaille ? Record ? Rien de tout ça. Le seul fait d’armes notable de cette tireuse à la carabine fut qu’elle s’aligna à un mois d’accoucher. Ventre rond et visage épanoui, la Malaisienne termina à la 34e place. Qu’importe si elle n’atteignit pas la finale : elle était allée au bout de son rêve. « Depuis que j’ai commencé le tir en 1997, je voulais aller aux Jeux », a-telle expliqué avant la compétition à une nuée de journalistes attirés par l’inhabituel. « Quand j’ai découvert en janvier de cette année que j’attendais un enfant, j’ai cru que mes ambitions olympiques s’écroulaient.

Kerri Walsh Jennings, trois fois maman et multi-médaillée d’or.


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Fortunes diverses pour Suryani Taibi, Ingrid Kristiansen, Ulrika Maier et Carolina Borges (de g. à dr.).

Une pratique réfléchie vous permettra de récupérer plus vite après l’accouchement et, surtout, limitera votre prise pondérale. Puis, j’en ai parlé à mon mari. Il m’a convaincue de continuer. » Deux jours après avoir eu la confirmation de son test, elle se qualifiait pour Londres. Elle n’y récoltera qu’un résultat moyen, mais pas de regret : les conditions n’étaient pas vraiment évidentes. Sur les 400 plombs qu’elle a tirés, quelques-uns ont été perturbés par les mouvements du bébé, ce qui n’aide pas au moment de viser juste ! LE TITRE… ENCEINTE DE 5 SEMAINES Lors de cette même olympiade 2012, l’Américaine Kerri Walsh Jennings avait un ventre nettement moins rond lorsqu’elle remporta l’épreuve de beach-volley avec sa partenaire Misty May-Treanor. Kerri n’était qu’à la 5e semaine de sa grossesse. Et heureusement, parce que dans la pratique de son sport, fait de bonds et d’extensions, un état plus avancé aurait été problématique. « Mon mari et moi voulions un troisième enfant, confia-telle à son retour aux Etats-Unis. Mais

nous ne pensions pas que ça viendrait aussi vite et aussi facilement. C’est en arrivant à Londres que j’ai su qu’il y avait quelque chose. Moi qui suis d’habitude si joyeuse, je me sentais fort mélancolique. Je pensais que c’était peut-être le stress précompétition. Ou le décalage horaire »… Kerri Walsh, 34 ans, a d’ores et déjà annoncé qu’elle serait au Brésil pour une quatrième médaille d’or. Avec un quatrième enfant ? Les paris sont ouverts ! RADIÉE À VIE Toujours à Londres en 2012, il y eut le cas de Carolina Borges qui, enceinte de trois mois, capitula quelques jours avant les épreuves de planche à voile. « Pour ne pas prendre de risque », déclara la Portugaise d’origine brésilienne. Cela ne parvint pas à convaincre son comité olympique qui décida, plus tard, de la radier à vie. Pour lui, elle avait tu sa grossesse juste pour pouvoir venir aux JO supporter son mari, également aligné dans les épreuves nautiques.

BOUCLER SON MARATHON AVANT D’ACCOUCHER ! Cela dit, les cas les plus étonnants de « mères-sporteuses » sont généralement à relever du côté de la course à pied. En 2011, une jeune Américaine de 27 ans, pratiquement arrivée à terme, est allée disputer le marathon de Chicago. « J’avais payé mon inscription avant de tomber enceinte, je voulais courir », confia-t-elle à ceux qui la prenaient pour une folle. Pendant l’épreuve qu’elle termina (péniblement !) en 6 heures 25, Amber Miller ressenti les premières contractions. Mais, pour autant, elle ne s’arrêta pas. Ce n’est qu’une fois la ligne franchie qu’elle se rendit à l’hôpital pour accoucher d’une superbe petite fille prénommée June et pesant 3,5 kg. « Les douleurs pendant le marathon ne m’ont pas surprise, déclara Amber par la suite. Je me suis entraînée pendant toute ma grossesse et c’est très normal pour une femme enceinte d’avoir des contractions quand elle court. Il


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Non seulement le sport n’est plus interdit aux femmes enceintes, mais certaines disciplines sont même conseillées, natation en tête. n’y avait donc rien d’inhabituel et je me suis pas affolée »… Là, clairement, on peut penser à un cas avéré de bigorexie (addiction au sport) ! PIÉGÉE PAR L’AMÉNORRHÉE Plus célèbre, car s’agissant d’une athlète de pointe, le cas de la Norvégienne Ingrid Kristiansen est souvent évoqué lorsqu’on parle de sport/grossesse. En 1983, celle qui compte à son palmarès des titres mondiaux sur 10.000 mètres ainsi qu’en cross-country, s’impose au

marathon de Houston. Trois mois plus tard, elle rate complètement ses mondiaux de cross-country sans s’expliquer cet échec. Ce n’est que quelques jours plus tard qu’elle se rend compte qu’elle est enceinte de… cinq mois. Etonnant ? Pas tant lorsque l’on sait qu’une sportive pratiquant sa discpline de manière très intensive souffre souvent d’aménorrhée (absence de règles). Cette situation aurait alerté une femme ‘normale’, mais pas une championne comme Kristiansen. Pas plus que la skieuse autrichienne

Ulrika Maier qui fut sacrée en Super-G en 1989 alors qu’elle était enceinte de deux mois. La pauvre Uli se tuera en janvier 1994 sur la piste verglacée de GarmischPartenkirchen, laissant orpheline une petite fille de 5 ans. Mais ceci est une autre histoire. DES MÉDECINS PLUS TOLÉRANTS Bref, les grossesses sur fond de compétitions ne manquent pas. Mais qu’en pensent les thérapeutes ? La tendance actuelle est très loin de celle d’antan, quand


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D’autres cas relevés L’Américaine Juno Irwin (grossesse à 4 mois), 3e aux Jeux Olympiques de 1952 en plongeon de haut-vol. La Suédoise Magda Julin (3 mois), championne olympique de patinage artistique en 1920. L’Allemande Diana Sartor (3 mois), médaillée de bronze en luge (skeleton) aux Jeux Olympiques d’hiver de 2006.

Rideau de fer : légende ou vérité ? L’histoire circule, tenace, depuis tant d’années. Certains entraîneurs de l’ex-bloc de l’Est n’auraient pas hésité à « imposer » une grossesse à leurs athlètes, histoire qu’elles soient plus performantes (puisque durant les 3 premiers mois, le corps secrète plus de testostérone et de masse sanguine). Tant qu’à présent, on n’en a jamais eu la preuve formelle.

Ultra plat car se disputant en bordure du lac Michigan, le marathon de Chicago fait le plein d’inscriptions féminines, au point d’être aujourd’hui l’épreuve nord-américaine la plus prisée de ces dames. Parmi elles, en 2011, une certaine Amber Miller…

la plupart des gynécologues interdisaient purement et simplement le sport aux femmes enceintes. Aujourd’hui, non seulement ce n’est plus interdit, mais certaines disciplines sont même conseillées, natation en tête. Le vélo figure aussi en bonne place (le cyclo plutôt que le VTT), alors que la course à pied, génératrice de chocs, n’est pas idéale. Quant à la plongée sous-marine, elle est carrément contre-indiquée, à moins d’y aller avec beaucoup de modération. Idem pour le tennis et le squash. D’une façon générale, la femme enceinte devra éviter les efforts réellement intensifs (n’est-ce pas, Amber…) et sera attentive aux signaux d’alarme lancés par le corps (essoufflements inhabituels, lombalgies graves, douleurs pubiennes, pertes vaginales). Pour le reste, « sportez-vous » bien : la pratique pendant la grossesse vous permettra de récupérer plus vite après l’accouchement, d’avoir

Dans les sports faits de bonds et d’extensions, une grossesse avancée peut être problématique. moins de varices, moins de vergetures et, surtout, limitera votre prise pondérale.


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LE MANS S’ÉLECTRISE…

Preuve que ça bouge !

Design super futuriste pour la Nissan ZEOD qui s’attaquera aux 24H du Mans dès 2014 ! Avec sa barquette EV P002, Toyota se frotte à Pikes Peak.

VOUS L’AUREZ SANS DOUTE REMARQUÉ : NOTRE CONTENU ÉDITORIAL N’ACCORDE QUE TRÈS PEU DE PLACE À LA COURSE AUTOMOBILE. OR, C’EST INCONTESTABLEMENT DU SPORT ET NOUS AVOUONS MÊME UNE AUTHENTIQUE ATTIRANCE POUR CET EXERCICE SI PARTICULIER… OUI, MAIS, VOILÀ : DANS UN MONDE QUI S’ACHEMINE INÉLUCTABLEMENT VERS UN DRAME ENVIRONNEMENTAL, CETTE DÉBAUCHE D’ÉMISSIONS POLLUANTES, D’ENGINS GLOUTONS ET DE CARBURANTS SURVITAMINÉS, FRANCHEMENT… ÇA FRÔLE L’ARROGANCE. OU L’INCONSCIENCE ? par Denis ASSELBERGHS

Pourtant, cette fois, nous allons vous servir de la belle carrosserie en applaudissant des deux mains quelques initiatives qui témoignent d’un réel désir de changement. Car la nouvelle est de taille : via leurs départementscompétition, de puissants constructeurs investissent enfin du temps et (beaucoup) d’argent dans la mobilité alternative. Certains prototypes sont d’ores et déjà opérationnels et tout porte à croire qu’ils permettront dans un proche avenir aux championnats les plus huppés de se mettre en adéquation avec la réalité énergétique. Mais sans renier ce qui fait le sel du sport auto : la vitesse, la puissance, la beauté des lignes et la très haute technologie. Ainsi, ces projets n’en sont que plus crédibles.

L’ÉLECTRICITÉ À LA CARTE Nissan a décidé de ne pas faire les choses à moitié avec son étrange ZEOD RC dont les essais débutent cet été en vue d’une participation aux 24 Heures du Mans 2014. La marque japonaise aurait pu opter

électriquement ou thermiquement. C’est à la carte comme le mentionne ses initiales, ZEOD signifiant « Zero Emission On Demand Racing Car ». Son concepteur Ben Bowlby estime que la technique actuelle ne permet pas de boucler une course

La nouvelle est de taille : via leurs départementscompétition, de puissants constructeurs investissent enfin du temps et (beaucoup) d’argent dans la mobilité alternative. pour un rendez-vous de moindre importance, mais c’est dans la plus médiatisée des épreuves d’endurance qu’elle veut frapper les esprits. L’engin dévoilé ne se contente pas de lignes futuristes : il se déplace

aussi longue seulement à l’électricité. D’où ce dispositif qui permet au pilote de choisir son mode de fonctionnement selon les stratégies, les conditions de piste et l’autonomie.


MA MOBILITÉ 93 COURT MAIS BON Autre front pour l’offensive nippone : Pikes Peak, une course de côté américaine. Rien de commun avec les 24 Heures du Mans, il s’agit ici d’avaler à toute allure les lacets qui mènent au sommet d’une montagne du Colorado. Un effort court (10 minutes) mais très intense et une excellente vitrine pour toucher la presse internationale. C’est sur ce terrain que Toyota et Mitsubishi testent leurs armes : des bolides électriques dont les roues motrices transfèrent pas loin de 550 chevaux. Pour les mener au maximum de leur potentiel, de solides pilotes sont appelés en renfort, comme la star locale Rod Millen, l’ancien vainqueur du Dakar Hiroshi Mazuoka et Greg Tracy, un « Pikes Peak’ Hero », puisqu’il s’y est déjà imposé sept fois. FORFAIT MAIS NE RENONCE PAS Après cet intermède US, retour sur le circuit du Mans où un autre précurseur a entrepris d’aligner un véritable laboratoire ambulant : la GreenGT H2. Elle est l’œuvre du Suisse Jean-François Weber. Si ses moyens semblent plus artisanaux, son approche est, par contre, très

A revoir au plus vite : l’incroyable hybride du team helvétique GreenGT.

La splendide Lola B12 du Drayson Racing a troqué son V10 Judd contre un bloc-propulseur électrique affichant 600 kW.

ambitieuse. Elle consiste à connecter deux moteurs électriques (200 chevaux chacun) non pas à des batteries au lithium-ion, mais à une pile à combustible ; laquelle est alimentée par de l’hydrogène stocké dans deux réservoirs latéraux en matériaux composites. Résultat : la GreenGT H2 ne rejette que de l’air et des vapeurs d’eau ! On aurait dû la voir en piste cette année, mais n’ayant pas finalisé la mise au point du châssis, la team a préféré renoncer… pour mieux revenir as soon as possible.

RECORD BATTU Terminons avec le Britannique Paul Drayson dont l’écurie a battu le record de vitesse pour véhicule électrique de moins d’une tonne. Flashée à 328 km/h sur l’aérodrome d’Elvington dans le Yorkshire, la Lola verte améliore le précédent record de près de 50 km/h. Il était détenu depuis 1974 par les Californiens de Battery Box GE. Ils avaient atteint 281 km/h sur le lac salé de Bonneville avec une sorte de cigare profilé dont la direction, la suspension et les freins étaient pratiquement inexistants. Paul Drayson préfère, lui, travailler sur une voiture apte à disputer des courses vraies de vraies…Et c’est tout l’intérêt de sa démarche.


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PARC NATIONAL DE LA VANOISE

Pour un respectueux jubilé…

UN HAVRE DE PAIX S’ÉTIRANT SUR 530 KM2. BIENVENUE DANS LE SAINT DES SAINTS: LE SECTEUR LE PLUS PROTÉGÉ DES ALPES OCCIDENTALES. IL FÊTE CET ÉTÉ SON 50e ANNIVERSAIRE. UNE CÉLÉBRATION ORGANISÉE, BIEN SÛR, DANS LE RESPECT DE SA BIODIVERSITÉ. CAR ICI, C’EST UN MUST ABSOLU. par Denis ASSELBERGHS

C’est l’aîné des parcs nationaux français. Le premier a avoir été instauré par décret ministériel : en 1963, pour la sauvegarde du bouquetin. Situé dans le département de la Savoie, entre les hautes vallées de la Maurienne et de la Tarentaise, il englobe près d'une centaine de sommets d’une altitude égale ou supérieure à 3.000 mètres. C’est

Sa mission prioritaire : la préservation des patrimoines naturels, culturels et paysagers, ainsi que le développement durable.

dire si le site est monumental, avec notamment la Grande Casse qui culmine à 3.855m. Réparti sur 29 communes, le Parc national de la Vanoise comprend un cœur sous haute surveillance de 53.500 hectares, une « aire optimale d'adhésion » de 147.500 hectares et une bande de 14km contiguë au parc national italien du Gran Paradiso.


MA PLANÈTE 95 NON AU TOURISME ANARCHIQUE Depuis sa création, le Parc national de la Vanoise se consacre en priorité à la préservation des patrimoines naturels, culturels et paysagers, ainsi qu’au développement durable. C’est sa mission. Mission qu’il n’est pas toujours simple de mener à bien face aux lobbies et à la grogne ambiante (exemple : les producteurs ovins protestent actuellement contre la présence du loup dont ils estiment l’implantation mal régulée). Puis, surtout, il y a le tourisme qu’il faut canaliser afin qu’il s’intègre parfaitement. C’est pourquoi la direction du Parc s’est engagée dans une réflexion sur ses stratégies d’accueil avec davantage d’hébergeurs, d’accompagnateurs, de guides et la nécessité de renforcer les dispositifs d'information au public

L’aménagement des refuges passe notamment par l’énergie photovoltaïque.

Ces fameux bouquetins dont la sauvegarde a motivé la création du parc il y a tout juste un demi-siècle.

Il faut canaliser l’augmentation des visiteurs afin qu’ils s’intègrent parfaitement à ce joyau dont la richesse n’a d’égale que la fragilité.


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monsport 500 KM DE SENTIERS Cadre rêvé pour de nombreuses activités outdoor, la Parc national de la Vanoise possède un réseau de sentiers estimé à plus de 500 kilomètres. De quoi programmer quelques jolies sorties

sous la conduite de gardesmoniteurs qui vous feront découvrir la faune, la flore, la géologie et les activités agricoles dans des conditions idéales. Des « balades étonnantes » vous seront aussi pro-

posées durant cet été du jubilé : certaines en nocturne, d’autres accompagnées d’une violoncelliste, pour une symphonie… pastorale. Voilà qui est original et bien dans l’esprit de ce merveilleux endroit.

La dimension d'éco-responsabilité reste de mise en hiver, et plus que jamais d’ailleurs, car le ski de randonnée, s’il dégage une formidable impression de liberté, n’a pas le droit pour autant de perturber l’écosystème.

LIMITER L'IMPACT ENVIRONNEMENTAL Pour faire face à l'arrivée de visiteurs toujours plus nombreux dans le Massif de la Vanoise, il a fallu porter à plus de cinquante le nombres de refuges. Seize


MA PLANÈTE 97 d’entre eux sont directement gérés par le Parc national. Leur aménagement a été pensé de manière à limiter l'impact environnemental, avec emploi de matériaux naturels, traitement des eaux usées et recours à l’énergie photovoltaïque (ou à des pico-centrales hydro-électriques). Cette dimension d'éco-responsabilité reste évidemment de mise en hiver, et plus que jamais d’ailleurs, car le ski de randonnée, s’il dégage une formidable impres-

sion de liberté, n’a pas le droit pour autant de perturber l’écosystème. Quand on pose les pieds ou les spatules dans ce territoire gigantesque qui résiste farouchement au progrès dans ce qu’il a de plus dévastateur, il faut accepter de son plein gré les règles qui vont avec. C’est ainsi - et ainsi seulement - que le Parc national de la Vanoise pourra tenir ses engagements et… commémorer son centenaire en 2063 !


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