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INTERVIEW

Plus précisément, en quoi vous démarquez-vous de l’enseignement public? Nous ne voulons pas former des docteurs, des stars, mais des artisans au sens noble du terme, capables de prendre en charge un projet du concept à sa réalisation. L’architecture, ce n’est pas une mission d’arrogance, mais un métier avec une responsabilité sociale, au service d’un confort, d’une manière de vivre. L’éthique est essentielle: il s’agit de créer et de bâtir pour le plus grand nombre, à moindre coût et de manière durable, dans le respect du client, de l’usager et du patrimoine. On ne construit pas pour laisser une signature! Sartoris a osé l’affirmer: l’architecture doit être humble, hors du champ, des jeux et des habitudes du pouvoir.

Projet de sac d’urgence © Paul Michel 2009

© Yves Leresche

C’est une philosophie qui vous est chère également… Cette ligne était la mienne lorsque je travaillais dans la coopération et le développement en Afrique. Il faut préciser que je ne suis pas architecte de formation. C’est à vous qu’on a fait appel, à l’époque, pour redresser la situation d’Athenaeum, à la fin des années nonante… J’avais dirigé des écoles et des entreprises, j’étais alors directeur des RH de la Télévision Suisse Romande. Athanaeum ne comptait plus que 14 étudiants et était au bord de la faillite. Une coquille de noix, mais qui a continué à flotter car nous sommes restés fidèles à cette ligne, qui fait notre force. Nous avons repositionné l’école en prenant le risque d’innover: notamment en passant, de manière pionnière en Suisse romande, au système de Bologne (crédits, bachelors, etc.). Pour quelle reconnaissance aujourd’hui de la part de l’enseignement public supérieur? Je déplore l’arrogance administrative et la ségrégation arbitraire de ces établissements envers les diplômés des écoles privées. Un exemple: une de nos bachelors, parmi les plus brillantes, n’a pas été acceptée en formation master à l’EPFL. Mais elle a été prise en stage chez Jean Nouvel à Paris et vient d’être engagée chez Herzog & De Meuron… Peut-être un jour sera-t-elle sollicitée par l’EPFL pour y enseigner! L’école Athenaeum s’apprête à déménager de Lausanne à Renens où aura lieu la prochaine rentrée cet automne, pourquoi? Nous manquons de place à Lausanne et sommes dispersés sur différents sites. Nous pourrons nous rassembler sous un seul et même toit, adapté à nos besoins d’aujourd’hui. Nos nouveaux locaux sont situés à Longeraie, aux portes de Lausanne, un grand secteur artisanal et industriels en plein développement, symbole de la vitalité de la région. La Syndique nous a réservé un très bon accueil, satisfaite de voir qu’après l’ECAL, une autre école avec aura internationale s’installe dans sa commune. 306

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Bien Vivre en pays de Vaud - été 2012  

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