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GĂŠrard Loridon

En CĂŠvennes


En CĂŠvennes


© Gérard Loridon, 2014.


GĂŠrard Loridon

En CĂŠvennes nouvelles historiques


Sommaire

Prologue

p. 11

Le char de Jules César

p. 13

Le loup de l’Aigoual

p. 23

Le vinaigre des 4 voleurs

p. 33

Pour le Dragon la monnaie de sa pièce p. 41 Et ce n’est peut-être pas fini…

p. 47


Prologue En Cévennes, des nouvelles historiques, pourquoi pas ? Il faut reconnaître que cette région, désignée comme « l’une des plus sauvages de France » par un journaliste se voulant averti, possède un patrimoine ancien très riche. Il suffit de se promener, pour retrouver un passé ayant laissé des traces de toutes natures. C’est ainsi que j’ai choisi les quatre nouvelles qui suivent. Tout d’abord, j’en situe le lieu et l’origine et après j’en écris ce que cela peut avoir évoqué dans mon imagination quelquefois débordante.

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Et là, bien sûr, je retrouve les lieux d’abord, et les personnages ensuite. Personnages que je me crois obligé de faire revivre. Alors, nous quittons à ce moment la page d’histoire dont la trace sera néanmoins présente, pour entrer dans le roman. C’est pour cela qu’il ne faut pas me reprocher quelques libertés anecdotiques. Alors, rêvons ensemble au cours des pages qui suivent.


Le char de Jules César Mais par où serait passé César  lors de ce voyage épique ? Si vous posez la question dans les vallées, il vous sera répondu qu’effectivement César a traversé les Cévennes… Pas loin du mont Liron, disent certains… au col du Pas, disent d’autres. Et à chaque fois, sous forme de preuve, on vous parlera des traces de son char gravé dans la pierre des chemins. Nous avons donc décidé de nous rendre sur l’emplacement le plus proche. Nous sautons dans la Méhari avec un pique-nique conséquent, le chien surveille les produits

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locaux dans le sac à dos. Nous grimpons en partant du village des Plantiers. Partis du village à 400  m d’altitude, nous arrivons à 800 m, un beau dénivelé, dans une forêt de châtaigniers sous lesquels poussent des fougères. C’est un vert frais, avec des trouées qui vous laissent deviner les contours des collines entourant la vallée, dont le fond est recouvert d’un léger rideau de brume matinale. Après une courte ligne droite, nous nous arrêtons au col du Pas juste sous le monument de la croix de Lorraine, rappelant ici la vie des maquisards et de la résistance. Effectivement dans une dalle rocheuse du chemin de randonnée, on peut voir quelques traces de roues... Celles du char de César peut-être ? Troublante légende si l’on veut, mais est-ce vraiment le lieu de son passage ? Il ne s’y étend pas dans son livre La Guerre des Gaules, où il se cite à la troisième personne dans la seule occurrence que voici :  «  … César part chez les Helviens. Les Cévennes, qui forment barrière entre les Helviens


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et les Arvernes, étaient en cette saison, à l’époque la plus rude de l’année, couvertes d’une neige très haute qui interdisait le passage, néanmoins, les soldats fendent et écartent la neige sur une profondeur de six pieds, et, le chemin ainsi frayé au prix des plus grandes fatigues pour les hommes, on débouche dans le pays des Arvernes. Cette arrivée inattendue les frappe de stupeur, car ils se croyaient protégés par les Cévennes comme par un rempart et jamais, à cette époque de l’année, on n’avait vu personne, fût-ce un voyageur isolé, pouvoir en pratiquer les sentiers… » Il n’y a pas d’autres documents et seule quelques souvenirs d’oralité… Alors ? Alors, je me suis efforcé de faire revivre cette page d’histoire qui nous concerne, car, ne sommes-nous pas leurs descendants, comme on me l’a seriné à l’école communale : « Nos ancêtres c’étaient des Gaulois, ils avaient de cheveux blonds et ils vivaient dans des huttes » Une belle affirmation péremptoire certes, mais qui oublie l’essentiel  : le sale caractère de ces fichus Gaulois. Comment cela a-t-il pu se passer ?

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