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La franc-maconnerie , à Brest

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L'édita E n identifiant la franc-maçonnerie

brestoise comme objet de patrimoine, les services des archives, /a bibliothèque

et le musée de Brest initient un processus qui /a fait exister comme tel. En effet le patrimoine n'existe pas en soi, il est le résultat d'une mise en perspective par laquelle s'expriment une conception du monde, un rapport à l'his toire et une idée de la société. L'approche patrimoniale de la trenemaçonnerie brestoise consiste à rendre lisibles et intelJigibles les contours de cet univers social actif à Brest depuis le milieu du xVllr""" siècle. 1/ s'agit ici de réordonner les évènements, les œuvres, les éléments institués comme repères pour la cité, afin d'in terpréter ces "objets " matériels ou immatériels en les rattachant à une construction de sens. Oue nous le revendiquions comme notre ou que nous nous en distinguions, l'objet pa trimonial nous fait pénétrer au cœur des stratégies sociales : il nous parle de notre rapport à l'espace e t au temps, des enjeux politiques dont il est toujours le produit. il révèle {es facettes de l'identité collective qui le crée et atteste d'un effort pour la protéger ou l'actualiser. Considérer la franc-maçonnerie brestoise comme "bien de la cité est une manière de la reconneitre comme élément constitutif d'une vie sociale complexe et riche. Brest, qui valor ise et promeut la diversité, avait le devoir de rendre compte de cette tradition vivante porteuse d'un système de valeurs e t de repères éthiques, _ U

Anne -Mane Kervem . adjoi nte au maire, chargée de l'insertion par le dialogue des cultures

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Brest et la franc-maçonnerie Un engagement dans la cité Lhistoire de la trene-maçonnerie moderne comme nce otflciellement à Londres le 2 4 juin 1 7 1 7 par la réunion de quatre loges qui se constituent en Grande Loge d'Angleterre , Mais la franc -maçonnerie remonte à des temps beaucoup plus anciens et est issue vraisemblablement des loges des Maçons "operatifs", bausseurs du Mo yen.Aqe qui, peu à peu, admirent dans leurs rangs des M açons "acceptés" non pro fessionnels, Très vite la tranc.maço nnene va s'étendre en France ou une premiè re Loge est ouverte à Paris en 1726 . Elle se développe très rapidement et parti culièrement dans les ports militaires, lieux d'échanqe de population par excellence, C'est ainsi qu'en 1772 on dénombre 4 1 loges à Paris , 1 69 en province, 11 aux "colonies", 5 à l'étranger et 31 loges militaires. A Brest, la franc -maçonnerie est certainement anté rieure à 1 74 5 puisque cett e même année, le 4 décembre. est crée "L'Heureuse Rencontre" qui réunit plusieurs loges existantes . En 1783 se cr ée la Loge "Les élus de SullY' du nom d'un régi. ment d'artillerie qui deviendra ensuite "Les Amis de SullY', loge qui travailler a à Brest sans interruption j usqu'à aujourd 'hui. Comme réent Jean.vves Guengant dans son livre "Brest et la Franc-maçonnerie" : "L'histoire de la loge de Sully peut parfois se confondre avec celfe de la ville de Bres r . En effet. tout au long de son histoir e, les membres de la loge de Sully sont restés fidèles aux engagements du Grand Orient de France qui exigent de ses membres non seulement de s'amélior er sol-meme mais sur to ut de t ravailler à l'extérieur du temple pour faire progresser l'homme et la société , De nombreux maires de Brest furent fra ncs-maçons (24), le premier député républicain de Bretagne, Emile Goude, faisait par tie de la loge des "Amis de Sully", Mais les francs-m açons brestols ne s'engagèrent pas seulement en politique. On les retrouve à l'origine des premier s syndicats. des œuvres de jeunesse, des mouvements coopératifs, des patronages laïques. Cette tradition, ces engagements perdurent . Aujourd'hui, toutes les obédiences sont présentes à Brest. Les femmes et les hommes qui t ravaillent dans les loges brestoises sont des membres act ifs de la société au cote des autres organisa tions démocratiques et dans le respect des idées de chacun. Mais les trancs-macons restent vigilants et, avec d'autres, continuent à défendre les idéaux de notre r épublique sociale et laïque .

Le Grand Orient de France a la même devise que la France "Liber té, Egalité, Fraternité".

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Loge maçonnique Or de Brest . Façade 5Ur la rue Guyot

Yannick Michel , ancien Grand Maitre adjoint du Grand Orient de France, ancien adjoint au maire de Brest


r abie r de rraoc-mecc n . XVIII""" siècle

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Splendeur et misère de la maçonnerie sous l'Empire Brest, 8 germinal an XIII Un salon transformé en temple maçonnique

Cela se passe donc à Br est le 2 9 mar s 18 0 5 . dans quelque salon de la socrété l'Athénée , transformé en t emp le maçonnique à l'occasion de la mo rt de l'Ami ra l Etienne Eustach e Bruix . survenue une dizaine de jours plus tôt. Afi n de r endre "au Grand Capitaine. au Marin dis tingué. à l'Homme d 'Etat. au bon Pèr e de Famille" que fut Bru! x tous les honneur s dus à son ra ng, une fêt e funèbr e a lieu ce jour-là , qui ra ssemb le les principales loges de la ville, sous les auspices , sinon du Gra nd Architecte de l'Univers , du moins de Napoléon Bonapar te, Empere ur. Un céno t aphe est inst allé au cen t re de la pièce , ent ouré de fleurs et surmonté d'u ne pyra mide au-dessus de laquelle "ptenott l'Aigle, symbole précieu x à plus d 'un titre" . Un doc ument remarquab le, co nservé à la Bibliothèq ue d'Etude, retrace ce t événement mémorable : il s'agi t d'un fascicule publié par la loge L'Heureuse Rencontre en 18 0 5 sous le titre A la mémoire du R:. F:. Bruix ' .

Un ordre inféodé au pouvoir en place

Apr ès les tour ment es de la Terreur dont, exsangue, elle s'est relevée péniblem ent, la maçonnerie affic he désormais un lustre nouveau et. for te du soutien des Cambacé rès et au tres Roëttiers de Mont ereau. elle peut s'eno rgueillir de la présence en son sein des plus haut s digni taires de la société française de l'époque . A Br est, com me ailleur s, les prestig ieux corps civils et m ilit aire s de l'Etat garnissent donc les "co lonnes" 2, à l'instar de Bruix lui-même, dont l'initi at ion à L'Heur euse Rencontre re monte à 1783 , et qui fut minist re , Conseiller d'Etat et Am iral. Ce 29 mars 18 0 5 , les "frères" venus lui re ndre hom mage sont aussi ses pairs. t els Gante aume . Am ir al, Conseille r d'Etat et Gra nd Officier du Grand Orient de Fr ance . Après avoir acc ueilli nota mm ent la loge des Elus de Sully, les loges militai res et les francs-maçons en visite . le "vénér able" Guilhem qui prestde la séa nce prend la parole et prononce une orai son funèbre aux allures de panég yrique à la gloi re de l'Empereur : "0 NAPOLEON! toi qui pour le bonheur de la France, as fondé, sur des bases inébranlables, le seul Gouvernement qui lui convient .. toi qui , dès l'au rore de to n règne, as fait cesser les haines et les dissentions [sic] qu 'entraine eoree elle une révolution délirante (... î", Une dévotion similai re est exprimée à la suite par Sibert de Cornillon, "Orateur" de cette m eme loge ; " 0 toi Napoléon ! dont les soins pa ternels s 'étendent sur les rejetons de ce Ministre que nous pleurons en ce jour (_..) toi que nous ch érissons comme le meilleur des Princes et le plus grand des Rois (... Cur ieuse image que cette maçonnerie inféodée au pouvoir en place et qui, quelques années plus tard allait s'associer corps et arne au desti n de la République, j usqu'à reprendre à son propre compte la devise "Liberté, Egalité , Fraternité" . Nous n'en sommes pas là, et en ce début de siècle , l'he ure est plutôt à la soumi ssion complaisante qu'a la révolte rép ublicai ne . Encore faut-il préc iser que l'"Or dre " était alors étroitement contrOlé : surveillance policière, institutionnalisation forcée, nomination par le pouvoir aux postes à responsabilité . Il s 'agissait en effet pour Napoléon de façonner l'opinion publique par le biais de ce vaste réseau de fonctionnaires, de magistrats, de militaires réunis au sein de ce qu'il faut bien eppe1er un ''par ti officiel' "

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Œil m açonnique sur tom beau Nor mand. par J . poneu . vers 1871 Saint-Martin


Le dossier

M isère de la franc-maçonnerie? Certai ns ont prét endu que "la maçonnerie impériale [était} brillante, mais creuse, e t vide de routes réflexions philos ophiques" " Sans doute ce jugement peut-il être nuancé, ne serai t-ce - justement que par le discours de l'Am ir al Bruix , prononcé initialement le 24 juin 1 79 0 . qui fut lu lors de la fête funèb re de 180 5 , La "planche" 5 en ques tion revient sur la significa tion profonde de l'engagement maçonnique. dep uis l'expér ience initiatiq ue jusq u'à la prat ique active de la solidari té . celle-là mê me qui fait de la maçonnerie . aux yeux de Bruix. la véritable religion. au sens étymologique 5 , c'est-a-orre la liaison entre les hom mes. Pour éta yer son propos , l'auteur re prend à nouveaux frais quelques mot ifs vét ér otestarnentetres - le déluge , Babel, mo ments désast reux auquel seuls les princi pes maçonniques auraient réc happé. "Car; n'en doutez pas, ce pe tit nombre d'hommes échappes du déluge, étaient de vrais Maçons" " Dans une éto nnan te r elnt er pretatlo n du récit biblique, Bruix re place donc au cœur de l'aventure humai ne et de ses vicissitudes la fr anc-maçonner ie et la per manence de ses pri ncipes moraux, ce qui lui permet d'af firmer qu'elle "n'est autre que la plus ancienne et, j'ose le dire, la plus pure des religions (" ,), la seule qui, de la source des sectes. soi t venue jusqu'à nous sans altération" a, Pour autant, cette parabole n'est qu'une trypothèse invér ifiable, un réci t proprement fictif. un artifice de pensée à l'aune duquel les act ions des Francs-maçons doiven t, ici et maintenant, êt re mesurée s . Bien qu'ayant substitué le Grand Architecte de l'Univers au Dieu bibliq ue, Br uix invite en effet ses frères à ne poin t se borner "à une stérile croyance sur l'existence du Grand Arch{itecter. Il s'agi t au co nt raire pour les m açons de "prouver [leur] foi par [leurs] œuvres" 9 . Par où l'on voit, im perceptiblem ent, que la maçonnerie brestotse . à la charnière entre les XVIW'" et XiX·... siècles, tout en plongeant ses rac ines dans la t radi tion j uoéo-cnréttenne. s'e n détacha peu à peu pour emp run ter la voie qui fut la sienne dans les déce nnies qui suivirent : celle de la laïcisation progressi ve de la pensée et du libéralisme politique. •

(suite)

Une laïcisation progressive

Nicol as Jacq uer

, A la mémoire du R:. F :. BrviJI, Ex· Minis/re, Conseiller d'Etal, Grand OffiGier el Chef de la 13'"" Cohorte de la Lég'on d 'honnellr, Amiral de la Flollille Impéria le de Boillogne, Orateur de la R:. F:. l "Heureuse Rencontre. 8MB , RES FBC51!. Les abrévatons R:. F: . et R:. F: . si9nifient respectivement -aeecectable Frère" et "Respectable Loge". Ce document, qui contient une des' cription du temple, un comp terendu de la fête funêbre et les pnncceox clsccurs prononcé s. est par. üeuerrent cité par loois Dekïurrnel,

Histoire anecdotique de Bresl à travers les rues, Les Editions de la Tou' Gile, 1923, réèd. 1995, p. 206 $Q. , lui-même citê pal Jean-Yves Guengant. Brest et la Iraoc-maçon nerie, Armeline, 2006, p. 77 $Q. 2 "Garnir les colonnelt' signifie, pour les rrarcs-rneçcns. assister il une réunion maçonnique ou "tenue". Plus largemen t. l'expression dési9ne l'appartenan ce il la

la treoc-meçonoerie. Le Livre de poche,2000,p.259 • Ibid, p. 260 .

franc-maçormene.

e Ibid. p. 19.

Pierre-f rançais pmaud , article "Empire (Premier) (1804 ·1815r. in Eric Saunie r (dir.), Encyclopéd'e de

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• Une "planche" ou "morceau d'ar " chitecture" est untexte préparé par un franc-maçon pour être lu en loge. S En latin, reteqo, relegera, signifie leclleillir, rassembler. ' Op. cit p. 17. Ibid. p. 19

L'H eur euse Rencontre et Les Ami s de Sully

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L'Heureuse Rencontre est la loge la plus ancienne de Brest et l'une des premières de France , Au fil de son histoire, elle a connu plusieurs années d'interruption de ses travaux , renaissant chaque fois tel un phénix. Sa toqe-rnere. la Loge Anglaise de Bordeaux lui accorda ses Lettres Patentes en 174 5 . En 1774 , reconnue par le Grand Orient de France , l' Heureuse Rencontre devint alors loge "française". les années suivantes furent difficiles . De nombreux "ateliers maçonniques" opéraient à Brest, lui faisant concurrence , En 1823, la Loge dut interrompre ses travaux , Ses archives furent prises en charge par "Les Elus de SullY' , une loge brestotse issue d'une loge militaire d'un régiment de Toul. en garnison à Brest dans les années 178 0 . Presque un siècle plus tard , un petit groupe quitta les "Amis de SullY' . nouveau nom des "Elus de SullY' depuis 1855 - et se rapprocha de la Grande Loge de France, obédience créée en 18 9 4 . lors de son installation en 19 13 , la "nouvelle loge" reprit le titre de r neureuse Rencontre et retrouva sa place au sein de la vie maçonnique brestotse. Ces deux ateliers se réunissent toujours aujourd'hui. •


Une histoire maçonnique bien ancrée Poin t n' est besoin d 'insister s ur les liens impo rt ants entre Brest et la fran c-maçonnerie. Sit ua t ion géogra p hique . présence d e ports d e guerre et d e co mme rce , e mbarqueme n ts d e cor ps ex pé d ition naires (dont les tr ansports d e troupes lors d e la gue rre d 'Indépendance amé rica ine) . tous ces facteurs expliquen t le fort d éveloppement d e l'activit é maçonnique à Brest. La date retenue pour la création de la première loge, "L'Heureuse Rencontre" est 1745. mais il est probable qu'eue remonte au début du XVIII""'" siècle . Celle des "Elus de Sullj' commence ses travau x en 1783. Par ailleurs. sur 250 ans. Jean -Yves Guenquant . auteur d'un livre somme sur le sujet. déno mbre pas moins de 26 maires fra ncs-maçons (Hyacinthe Bizet Victor Aubert. Hippolyte Masson, Léon Nardon ...). La tranc-macomerte brestotse s'est toujours intéressée au développement de sa ville ainsi qu'a son rayonnement culturel : elle ajoué un rôle important dans la création de l'Académie de Marine, dans le développement du ja rdin botanique de l'hôpital mariti me. De grands marins comme Bougainville. ta perouse ou encore Fleunot de Langle y ont été initiés. Les Archives municipales et com munautaires conserven t le fonds de la loge des "Amis de Sullj', qr ëce au don fait. voilà plus de dix ans maintenant. par l'inter médiaire de Jean-Yves Guenguant. La valeur du don prend tout son sens lorsque l'on sait l'atte ntion portée par les loges à leurs archives . Leur perte est assimilée à un drame . Ces archives. et tout particulièrem ent les registres et les règlements. sont des éléments extremement précieux pour les fonde ments de l'histoire maçonnique. Le don initial de 19 9 8 a permis de conserver une série de registres des séances de 18 2 4 à 191 1' , des occu-

monts ayant trai t à diverses tetes dont une fête solsticiale et un rite d'initiation au grade d'appren ti daté de 1785. Un don complémentaire. qui s'est étalé de 2006 à 2008. rassemble essentiellement des documents d'après-guerre: suite des registres de séances ijusque dans les années 1980), bibliothèque de revues maçonniques ijusque dans les années 2(00), un dossier sur la reconstruction de la loge et des compléments ponctuels sur les archives du XIX'""" siècle . Deux bannières constituent un autre élément important et orig inal de ce don. A ce jo ur. il semble que ce soit l'unique bannière de ce type rece nsée dans une inst it ution publique à la différence de bannières mieux connues comme les bannières religieuses , syndicales ou encore associatives. Elles sont malheureusement en mauvais état. Les Archives municipales et communautaires réfléchissent aujourd'hui à la meilleure manière de les restaurer. Les cherche urs ont donc à leur disposition une matière riche pouvant servir à de nombreuses recherches . Cependant. il est important de noter que la consultation ne peut se faire qu'après l'autorisation du donateur. surtout en ce qui concerne la partie la plus contemporaine du fonds. _ Christine Bert houBajot 1 - Le complément des re gistres de séances (178 3 -18 13) est conse r vé aux Ar chives dép arte-menta les du Finistè re. e Quim per et répe r torié sous la co te 40J _


L'entretien Jean-Yves Guengant Francs-maçons brestois un esprit utopique Jean-vves Guengant est l'auteur de "Brest et la Franc·Maçonnerie", paru en 2008. Cet ouvrage se base sur le fonds d'archives de la Loge des Elus de Sully, déposé il y a dix ans aux Archives communautaires et municipales. .Jeen-vves Guengant est proviseur du lycée de l'Iroise, à Brest, depuis 2000. • La fran c -maçonnerie est-elle active à Brest aujourd'hui ?

Le livre "Br est et la franc -maçonnerie est publié aux éditions Armeline . La naissance de l'école publique communale à Brest sera le thème du prochain ouvrage de J ean-Yves Guengant.

Brest compte aujourd'hui cinq cents Francsmaçons r épar tis en quinze loges, dont une fém inine, trois mixtes et quatre masculines. Ils se r éunissent dans l'un des trois t emples de la ville. Huit obédiences différentes sont représentées. La majorité des obédiences mixtes ou féminines ont moins de dix ans d'existence. Quasiment tout l'éventail des rites connus en France se retrouve à Brest. L'activité franc-maçonne est ici ancienne. La première loge, celle de l'Heureuse Rencont re, fut créée en 1 7 4 5, soit trois decennies après la première loge d'Ang ieter re (Londres, 1 71 7), et 20 ans après la première loge française (Paris, 1 72 5). Elle existe toujours et se r éunit régul ièremen t. • Quel est le lien entre la Fr an c-maçonnerie et Brest ville portuaire et militaire ? Au 18....... siècle, Br est est un por t lié au pouvoir ro yal. Or, la franc-maçonnerie se développe sous la protection de l'aristocratie et du pouvoir royal. En se réunissant. les bourgeoisies m ilitaire et civile (financiers, négociant s" .) recherchent d'un e part à être entre eux, d'au tre par t à développer un idéal de fraternité et d'égalité . A une société co ntrainte, la loge subs ti tue une socié té libr e, du moi ns le temps des réunions appe lées "tenues". Pendan t long temps, les marins de la Royale furent majorita ires car l'appart enance à la francmaçonnerie était un facteur d'in tég ra tion dans les ports. L'explor at eur Bougainville, par exemple, fut initié à Brest en 1 7 6 6 . De mème La Pérouse. Cette empreinte m ar ine n'a pas dispa r u. La loge des Cinq Por ts (Cherbourg, Lor ient. Toulon, Rochefort et Brest) a été réactivée en 2002. Mais les non militaires n'ont pas joué un moins grand r ote dans la fr anc -m aç onnerie.

Femmes tranc-maçcnnes A Brest. la pr emière loge à avoir accueill i des femmes es t Iroise , obédience Droit Humain. Cette loge mi xt e est act ive, de façon r égulière, depui s 19 7 5 .

• Quel rote a-t -elle jou é dans l'histoire de Brest ? Avant 1798, la grande maj orité des per sonnes qui com ptaient à Brest étaient francs-maçons. La franc -maçonnerie brestoise s'est développée sur trois axes: un idéal de fraternité de type mutualiste, un idéal rare. et un lien toujours étroit avec le pouvoir central. dans une ville française en pays breton. Les loges brcstotses ont joué un roto très représentati f d'un mouvement laïque s'étant affirmé depuis la Révoluti on, face à un Léon conservateu r et clérical. A la fin du 19....... siècle, la franc-

maçonnerie brestolse lie son destin au mouvement socialiste . C'est à la fin du 20"""', avec l'etfondr em ent du communisme et ra crise des m ouvemen ts politiques que la fr anc -m açonner ie retrouve son lustre. Cela devient un lieu où les idées et amitiés, qui ne pourraient se r etrouver ailleurs, S'échangent sous le signe de l'égalité. L'his t oir e entre la ville et la Ire ne-maçonne rie est longue . Sur 250 ans, j' ai dénombré vingt-si x maires rr anc s-rnec ons. A savoir un sur deu x. Dans m on ouvrage, deux mill e nom s sont r ecensés, mais pour des raisons de confiden tiali té, je ne suis pas allé au-delà de 1955. • Qu'en est-il du sec r et maç onnique ? Il Y a sans doute des exagérations autour de la fr anc-m aç onner ie, presque des légendes . Le seur véritable sec ret est celui de l'initiat ion, incommunicable, car personnelle. Les r ituels exis. rent pour fixer un espace, un t emps, une appartenance. C'est une recherche individuelle, au m ilieu d'autres personnes, toutes libres dans leur conscience et dans le respect des au tres. Il y a un autre secret, celui de l'appartenance maçonnique. On ne doit ne pas dévoiler qui est maçon, mais cela ne vaut pas pour soi. On peut parler plus de discrétion que de secret . Ne pas exposer les débats et les thèmes abordés sur la place publique est garant de liberté de pensée, et globalement. de liberté. A ce propos, les thèmes de socié té sont t ra ités en fonction des sensibilités de chaque obédience. Us tournent autour de l'avenir de l'homm e, de son entité physique (bioéthique) et morale, à savoir par exemple sa liberté dans des socié tés de plus en plus poussées à la transparence et à la surveillance .. • Quel fut le fil conduct eur de vot re re cherche ? Mon interrogatio n était celle -ci comment expliquer la persistance d'un mouvement où, à travers l'his toire, co habita ient et co habi tent autant de courants de pensée? M êm e si tout n'est forcément pas idyllique dans le mouvement, l'hist oir e des idées m'intéressai t aussi: les francs-maçons, brestois notamment. sont souvent au x frontières des changements et des idées nouvelles. Il y a sans doute là un esprit utopique fort . Brest est une ville rebelle et atypique . Elle n'est j am ais là où on l'attend! • Monique Feree


VIClor Brauner. Antllhè':>e

Archives municipales et communautaires de Brest Expositions AJ>J-"ochel et découvrez roccasee w recessereot des archives modernes (1792· 1974). cen ans docunents r elatifs au dr~ ont l!mef"gé des liasses. Le montage de cett e expoSItion il par ailIelxS été roccasco de se replonger dans la presse et de vaIorisef ~ peces ~5lJCS de ronds privés. Bon spectaele ! A

Acqu isitions

Mu sée des beaux-arts de Brest

Scœce ; Jean-Yves Guer'çar1l

Du 7 juinet au 31 octobre 2009

• Grand Orient de France

Exposit ion Victor BRAUNER Piatra Naemtz . Ro.m.ane, 1903 · Palis 1966 Proche de Giacometti, ara ocus, el Tanguy. c 'est le peintre magique par excellence pour Andr é Breton . Il r om pt avec le sc r reaesrre en 194 8 et con ti nue d'elplorer un monde chi. me-que. insolite et cosesssooneë. empruntant au spiritisme com me à ran primItif pour ireduir e des archétypes univer sels . Cette exposition est r éalisée en reta uen avec le M usée Breton à Quimper dan s le cadr e d'u ne saison roumai ne en Fini stère (A Ouimper, " Les pe intres rou mams en Breragne'") . _

• Les archives om acquis une ceoreœ de Chf" (cartes publicitaires in..r.:,. tr ees j bientot c lassées et numérisées. • l e ser vce études de la Direction Patrimoine logist ique il versé environ 12 000 pl n quo de banmeras et équipements collectifs sur Bres t et Brest métropole oceane (ver s 1950 . ver s 2005) . Ils seron t com municables apre s classe ment • l e service bror des 50Is il cucc ue le versement per~ dl COl'Ktrur. sur le tomore de Brest métropole oceane pour renooo 1999.

des

Classement Le fond! dII ~ (adjoin t au maire pour cec coeeoce et maire par intérim dans la première moitit:! du XIX" siècle) acquis en 2006. est en COU'"s de classement et ses rotees seront bientot eccessoesen Iignc La seœ 1 (police) est en cours da reoessoroor ct les rot ees scrom bientOl accessibles en ligne. La sene de œssers biograptJques est en ccurs de reclassement. Actuclement les ll()lTIS COITlrnençaot par C sont en COIn de revi5ion.

En ligne • l 'ensemble de l"étal -ciYil orestoe te resr-ceoI r e. Recouvrance, Saint ·Ma rc , t.emœzcsec et Saint-Pierre Quilbignon) de 1 79 3 a ' 9 0 7 est eccesseae en ligne . Les r eceosemens de populatlOl1 de Brest. et tamoereaec soor dlspcJOlbles en ligne (socsse-es 1F et , F/ l) dans le respect des délais de communieablllté (7S ans) .

La franc-maçonn eri e à Brest aujourd'hui

Biblioth èque d'Etude de Brest Exposition Henry de Monfre id photographe l e succès de l'abondante œuvre juerarre d'Henry de M onfre id a large men t occulté l'œuvre du photographe. Avant o'c rre ecn. vain. M onfr eid fut pour tant ama teur utma. qes . Dès son arrivée en Abyssinie en , 9 1 1 , il comme nça de pre ndre sur le VIf les sc ènes qui , pour des r aisons documen tai re s ou esthétiques, lui parurent digne s d·intérêt . Il reur attendre 1930 et la r encontre avec Joseph Kessel pou r que revea à la jnr er atur e ait lieu chez cet hom me qui n'eut d'au tre ambitiorl que de raire partager a ses p-ochés. par la cor r espond ance ou par !"image, ses émerveillements , ses aveo tcres . ses eepeteoces de la liberté et du voyage . L'ellposition Henry de M onf r eid photographe . menée en partenariat avec le fest ival Chroniques nomades de Honfleur. rcoOl! une cinquan taine lfœuvres . •

Obédiences. loges, nombre d"adhérents

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• Gran6e Loge de France (GLF)

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• Gran6e Loge Brl!ll 90 Nationale le G<"..- et la FIar.....e Française (GlNF) Etole cnuise Mir5cl.*le Sl<Jerlern a \In) secs • Gran6e Loge

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• Orort: Humain (OH) . MIXte

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la cie de....:>ûl e

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Mascuhne • Grande loge mixte MemphisMisraim

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Total : 16 loges et plus de 500 adhérents

M anifestation s maçonniques

Une expositiOn de œcœreots et d'OIMages se tiendra à la médiathèque des Ursulines . en CClIaboratiex'l avec les archiYes départementales SIX l'histoire des loges rnistéfilnles. l e 30 mai a 11 h. Jean-Yves Guengant y interviendra comme conférencier à une table ronde consacr ée a rhistoire de la rr ercmeccoreoe en B..-etagne.

Des registres du cime ll(>re Salllt-Martin restaur-es et numer1sés sœn en Iogne tsocs-seœ 4N ) . les notices de la sœs-se-e 2B1O toosse-s tJio.

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Ont pancoe a ce numero les se-secs de la Vile de & es1 el: de Brest métropole OCéane Chnstne BefthclJBallol. el Hugues Coorarn. Archives r rarç ose Oan.el Musée des beaw ans NIColas rocœcr patec a MeYel 6lIJlIo(hèqUe (fEtude Y3fV1lC ~ MIChel Monoq.Je Fèrec JOUrnaliste IlusHaloons el fonds documentéllfe Archrves murnclpales et communautaires MUSée des beauJ arts de Brest métropole oceane 61b::othèqUe d Etude de la Ville de Brest CoordnatlOO Paula r co-œœ œectco comrrunlCatlOO de Brest rretroooe oceane Maq.lette Amure Crédll.s photographiques Archives Musee des beeur arts &b!loI.hèque d Etude de Brest Co~tlOO p-eee OR Monoq.Je Feree ImpresSlOO CERIO Brest tSSN , 959 2426

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Revue "Patrimoine brestois" N°7  

La franc-maçonnerie à Brest

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