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Le magazine du bpa pour les partenaires de la prévention

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CONGRÈS DES INSTRUCTEURS DE LA CIRCULATION Le bpa encourage l’échange depuis 20 ans

FORUM DU bpa Suède: «Vision zéro» dans la circulation routière

CULTURE DE LA SÉCURITÉ EN ENTREPRISE «Drive Safely Week» chez Coca-Cola


Sommaire

EDITORIAL

EN CHIFFRES Saut dans l’inconnu

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DOSSIER ÉDUCATION ROUTIÈRE Echange d’expériences depuis 20 ans

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Education routière à l’école enfantine: attendre patiemment jusqu’à ce que la voie soit libre

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Point de vue d’Isabelle Chassot, présidente de la CDIP: «le fruit d’une étroite collaboration»

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Education routière dans les écoles secondaires et professionnelles: la sécurité est aussi l’affaire des jeunes

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SUR LE TERRAIN Partenaires Suède: moins d’accidents impliquant des piétons grâce à «Vision zéro»

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Entreprises «Drive Safely Week» chez Coca-Cola

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Police Plus de prévention au lieu de la seule répression

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CAMPAGNE Une déclaration d’amour au vélo… et au casque!

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IMPRESSUM Editeur: bpa – Bureau de prévention des accidents, Hodlerstrasse 5a, CH-3011 Berne, info@bpa.ch, www.bpa.ch, tél. + 41 31 390 22 22 Changements d’adresses: abo@bpa.ch Rédaction: Ursula Marti (wortreich gmbh), Magali Dubois (bpa) , Rolf Moning (bpa), Tom Glanzmann (bpa) Adresse de la rédaction: Ursula Marti, wortreich gmbh, Maulbeerstrasse 14, 3011 Berne, objectif@bpa.ch, tél. + 41 31 305 55 66 Traduction: Lionel Felchlin (bpa) Illustrations et photos: pages 1, 2, 4, 5, 16: bpa; pages 6, 8, 11: Iris Andermatt; pages 7, 12, 13, 15: mise à disposition Mise en page: SRT Kurth & Partner AG, Ittigen Impression: UD Print AG, Lucerne, impression climatiquement neutre Tirage: Allemand: 9200, Français: 3300, Italien: 1100. Parution trimestrielle. © L’utilisation et la citation d’articles ne sont possibles qu’avec l’accord de la rédaction et moyennant l’indication exacte des sources.

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L’éducation routière: un travail d’équipe

Les accidents de la route impliquant des enfants le montrent: ceux-ci ont besoin de quelqu’un qui les prend par la main pour l’éducation routière. C’est aux 270 instructeurs de la circulation actifs en Suisse que revient notamment ce rôle primordial. Le dossier d’objectif sécurité leur est consacré. Peut-être vos propres souvenirs d’école ressurgissent-ils. L’apprentissage de la traversée du passage pour piétons, l’après-midi au jardin de circulation ou le rappel à l’ordre du policier concernant l’éclairage du vélo. Ce sont toujours des domaines d’activité des instructeurs de la circulation, mais plus seulement. Combattants solitaires autrefois, ils sont aujourd’hui «gestionnaires de réseau», collaborant avec les enseignants, les directions des écoles, les parents et les autorités. Ce n’est que par un travail d’équipe que la sécurité routière peut remporter des succès chez les plus jeunes. De manière générale, la sensibilité pour les questions de sécurité routière a augmenté, tout comme les exigences posées aux instructeurs. Le bpa continuera de leur tendre la main pour qu’ils puissent y répondre. Il est en train de ficeler un paquet de mesures concernant la sécurité à l’école. Les instructeurs de la circulation y jouent un rôle important. Pour l’organisation du trajet scolaire ou les traversées notamment. Le bpa leur donne les outils nécessaires. Tom Glanzmann


EN CHIFFRES

Saut dans l’inconnu COMPARAISON STATISTIQUE Sept accidents mortels de base jump en deux ans, est-ce peu ou trop? Une comparaison révèle que, par journée de pratique, le risque de décès est 2000 fois plus élevé dans ce sport que sur les pistes de ski et de snowboard.

Le base jump est une discipline du parachutisme, qui consiste à sauter depuis des objets fixes, comme des immeubles (building), des antennes (antenna), des ponts (span) et des rochers (earth). Après une phase en chute libre, le parachute est ouvert pour l’atterrissage. Les combinaisons appelées «wingsuits» permettent aux sauteurs de voler plus longtemps. Même prudente, la pratique du base jump comporte des risques élevés. Les assurances la considèrent comme une entreprise téméraire. En d’autres termes, les prestations d’assurance sont réduites de moitié, voire refusées en cas d’accident. Dans un commentaire («Der Bund» du 29 juin 2011) intitulé «Un saut de la mort peu fréquent», Markus Wyler, porte-parole de la Swiss Base Asso-

ciation, prend position sur un accident mortel survenu à la Mecque des adeptes de la discipline, Lauterbrunnen. Selon lui, on compte sept accidents mortels

2000 en deux ans, pour près de 15 000 sauts réalisés chaque année par 500 base jumpers. Le base jump est «plus sûr que nombre de personnes ne le pensent», trouve-t-on dans le chapeau de l’article. Wyler souligne que les base

jumpers ne sont finalement pas des «fous furieux» et qu’ils sont disposés à assumer le risque résiduel. Regardons de plus près: avec sept décès pour 30 000 sauts, en tenant compte de la durée d’exposition (les sauts durent la plupart du temps une minute à peine), le base jump s’en sort définitivement mal par rapport aux autres sports. Même en calculant le risque de décès par journée de base jump et en tablant sur deux sauts par jour, on obtient un cas de décès pour 2000 journées de base jump. A titre de comparaison, pour le ski et le snowboard réunis, il y a un décès pour 4 000 000 journées sur les pistes. Le risque de décès par jour est ainsi près de 2000 fois plus faible que dans la pratique du base jump! wamo

ZOOM

Inattention et distraction sur la route Vingt-trois pour cent des accidents mortels de la circulation routière ont l’inattention et la distraction comme causes concomitantes possibles. Les conversations téléphoniques, avec ou sans dispositif mains libres, comptent parmi les principales distractions au volant. L’écri-

ture de SMS joue un rôle de plus en plus dangereux. Chez les jeunes conducteurs, les passagers sont souvent une source de distraction. La nouvelle feuille d’information 07 du bpa «Unaufmerksamkeit und Ablenkung» décrit le contexte, notamment les don-

nées statistiques, les aspects juridiques et des considérations d’ordre psychologique. Elle mentionne également des mesures de sécurité possibles. La feuille d’information est disponible en allemand au format PDF à l’adresse www.bpa.ch/commander (n° d’article 2.085). um

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DOSSIER ÉDUCATION ROUTIÈRE

Echange d’expériences depuis 20 ans CONGRÈS DES INSTRUCTEURS DE LA CIRCULATION Pour la 20e fois, les instructeurs de la circulation ont répondu à l’invitation du bpa. Placé sous le slogan «une éducation routière en phase avec son temps», l’événement s’est concentré sur les mesures opportunes pour la sécurité des enfants et des adolescents dans la circulation routière.

C’est avec fierté que Brigitte Buhmann, directrice du bpa, a ouvert le 20e congrès des instructeurs de la circulation à Berne. En 1992, le bpa avait organisé une première manifestation à Lucerne, qui se déroule désormais à un rythme annuel. C’est l’unique plate-forme à laquelle participent les instructeurs de la circulation des différents corps de police de toute la Suisse. Brigitte Buhmann était aussi heureuse des succès enregistrés en termes de sécurité des enfants sur la route. De 1990 à 2010, le nombre d’enfants de moins de 14 ans blessés dans la circulation routière a diminué, passant de 980 à 262, celui des tués de 48 à 8. La baisse du nombre d’accidents chez les enfants est ainsi supérieure à la moyenne, grâce notamment

à l’engagement des instructeurs de la circulation. Ceux-ci se rendent dans les écoles enfantines et les écoles. Ils sensibilisent les enfants aux dangers de la circulation routière et leur enseignent le comportement adéquat. Et bien plus encore: ils conseillent les autorités, les directions des écoles, les enseignants et les parents. Les accidents de la route continuent d’être la cause de décès accidentel la plus fréquente chez les enfants de 5 à 14 ans. Quelles sont les mesures nécessaires, aujourd’hui comme demain? Mesures en phase avec leur temps

Plus de 250 instructeurs de la circulation ont afflué le 16 novembre 2011 à la BEA, un record! A 9 heures, l’un des principaux points était déjà au pro-

Le congrès annuel est un événement important pour la mise en réseau des instructeurs de la circulation.

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gramme: l’échange d’expériences. Le café et les croissants ont permis de discuter des problèmes actuels et de soigner les contacts. Le chef instructeur Marcel Abplanalp, de la police municipale de Winterthour, l’apprécie particulièrement: «Nous nous rencontrons un jour par année. Un événement qui est devenu indispensable.» Il y prend part depuis 14 ans. A l’époque, on pouvait avoir une vue d’ensemble du groupe; il n’a désormais guère le temps de parler avec tout le monde. Chaque année voit arriver de nouveaux instructeurs de la circulation, hommes et femmes. Plus de 45 femmes ont d’ailleurs participé à ce congrès. Lilian Kempf, de la police cantonale uranaise, est l’une d’elles. Elle apprécie aussi beaucoup l’échange: «Je ne participe que depuis trois ans. Chaque année, j’en apprends plus sur la manière qu’ont les autres d’aborder le sujet de l’éducation routière.» La seconde partie du programme est consacrée à la question du «comment», de 10 heures à 12 h 30, et placée sous le signe d’«une éducation routière en phase avec son temps». Les orateurs mettent en exergue des mesures modernes de prévention situationnelle et comportementale. Les deux sont nécessaires pour que l’éducation routière soit efficace. En effet, plus les conditions de l’espace routier sont bonnes, plus les élèves ont de la facilité pour apprendre le comportement adéquat.


Un exemple: les enfants peuvent plus facilement traverser les passages pour piétons pourvus d’un îlot central. Dans ce cas, ils doivent évaluer la situation d’un seul côté à la fois. Le modèle 50/30 du bpa est aussi une mesure efficace relevant de la prévention situationnelle. «Dans les quartiers où il y a des écoles, une vitesse de 30 km/h permet de réduire le nombre et la gravité des accidents», explique Claude Morzier, ingénieur de la circulation au bpa. L’éducation routière est un défi

«Pour les enfants, l’environnement routier est devenu plus complexe: il y a plus de trafic et de signaux», constate Marcel Abplanalp. Les défis ont augmenté en conséquence pour les instructeurs de la circulation. Il n’est pas simple de transmettre un comportement favorisant la sécurité. «Le cerveau et sa maturation en sont notamment responsables», comme l’expose Lutz Jäncke, professeur à l’Université de Zurich. Le message principal du point de vue de la recherche médicale sur le cerveau: «Répéter, répéter et répéter. Et être un exemple.» Les parents doivent naturellement aussi y contribuer. C’est à eux que l’éducation incombe. Rita Dünki«Un événement qui est devenu indispensable.»

Arnold l’a rappelé. Elle a parlé des enfants qui se comportent mal pendant les cours d’éducation routière et a montré aux instructeurs des mesures simples pour que les cours soient un succès. Enfin, l’éducation routière a besoin de nouvelles idées. Le théâtre de marionnettes «tiramisü» emprunte une voie particulière. Dans son exposé, la troupe a expliqué son approche et a donné envie de participer à son séminaire d’échange (voir ci-contre), l’un des six séminaires que les instructeurs de la circulation ont pu suivre l’aprèsmidi. Mais le repas de midi figurait alors au menu, l’heure d’approfondir l’échange d’expériences. Tom Glanzmann

Associés à un théâtre de marionnettes interactif, les messages de prévention restent gravés dans la mémoire des enfants.

Une éducation routière d’un genre particulier «Bon après-midi à tous, merci d’être là. Je m’appelle Kari Odermatt et nous allons parler aujourd’hui de la route.» C’est ainsi que la marionnette du policier, aux mains de Regina Bosshard, a salué près de 40 enfants. Regina Bosshard est membre de la troupe de théâtre tiramisü, qui collabore depuis douze ans avec les instructeurs de la circulation. Lors du congrès, la troupe a présenté le déroulement d’un cours d’éducation routière, articulé en trois parties. Dans la première, les enfants ont dû montrer comment ils traversent un passage pour piétons déroulé sur le sol, ce qu’ils avaient déjà exercé au préalable avec un instructeur. Tous sont arrivés à bon port et ont pris place sur des chaises devant la scène. La troupe de théâtre y a

montré une nouvelle fois ce qui importe lors de la traversée, sous le signe «Je sais le faire!». Dans la seconde partie, les enfants ont plongé dans un monde magique et émotionnel, sans lien direct avec la circulation routière de prime abord: un conte où le héros l’emporte sur le mal. La forme de l’enseignement est particulière: la participation active à l’histoire permet d’affûter et de renforcer les sens des enfants et leurs possibilités d’influence. Le conte produit un effet positif. L’enfant l’applique au quotidien, donc aussi à la circulation routière. C’est l’objet de la troisième partie. Le policier reprend le contrôle. Il répète la devise et remercie les enfants pour leur participation. tg objectif sécurité 1 / 2012

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DOSSIER ÉDUCATION ROUTIÈRE

Attendre patiemment jusqu’à ce que la voie soit libre ÉCOLE ENFANTINE Grâce aux instructeurs de la circulation, les enfants sont sensibilisés à la sécurité routière dès leur plus jeune âge. A l’école enfantine de Staufen, dans la commune argovienne de Lenzbourg, le policier Stephan Roth est toujours le bienvenu. objectif sécurité a pu assister à l’une de ses visites.

La première partie de l’éducation routière se déroule à l’école enfantine. «Attendre, écouter et regarder, traverser»: les enfants s’y exercent en chœur avec «Faigaffe», la poupée du bpa. Ils ont un tapis routier devant eux et disent à la poupée où elle peut traverser la route. Une valise avec des roues et des phares simule une voiture qui s’approche. Les enfants exhortent Faigaffe à attendre, quand bien même le conducteur fait un appel de phares et un signe de la main. Mais Faigaffe ne doit s’engager qu’une fois la voiture à l’arrêt. L’instructeur de la circulation explique ensuite aux enfants comment se rendre bien visibles dans la circulation routière. Les enfants les plus âgés de la classe connaissent Stephan Roth, enseignant spécialisé dans la circulation et instructeur à la police régionale de Lenzbourg, de ses précédentes visites. Pour les plus jeunes, c’est une première prise de contact. Les 21 élèves se sont réjouis pendant des semaines de la visite du policier, raconte l’enseignante de l’école enfantine 2 à Staufen près de Lenzbourg. Elle apprécie beaucoup la visite régulière de l’instructeur de la circulation: «C’est différent si le policier travaille avec les enfants ou si nous parlons avec eux de sécurité routière.» Après une pause commune, c’est parti pour un tour dans le village. La théorie est répétée encore une fois lors de la première traversée. D’abord à deux, puis seuls, les enfants s’exer6

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cent à traverser différentes routes en toute sécurité. Ils attendent patiemment jusqu’à ce que la voie soit libre ou qu’une voiture s’arrête. «A partir d’aujourd’hui, vous dites à vos parents quand c’est bon pour traverser la route, même s’ils sont pressés», leur indique l’instructeur en cours de route. De retour à l’école, la théorie est répétée une dernière fois. Pour finir, le policier donne à tous les enfants un petit livre à colorier Faigaffe, qui montre différentes situations de trafic. Avant le début de l’année scolaire, Strephan Roth avait déjà rendu les parents des nouveaux élèves attentifs aux dangers de la circulation routière lors

d’une réunion de parents d’élèves. Il les a invités à trouver le chemin le plus sûr pour se rendre à l’école enfantine avec leur enfant et veiller à ce que celuici porte toujours le triangle orange. A Staufen, la vitesse de 30 km/h est applicable partout, mais certains tronçons sont étroits, avec des débouchés manquant de visibilité. Pour l’instructeur de la circulation, il est aussi important que maman ne fasse pas le taxi, mais que les enfants apprennent à se rendre à l’école de manière autonome. Car le trajet scolaire doit aussi devenir une aventure avec d’autres enfants. Beatrice Suter

Pour les enfants, s’exercer avec l’instructeur de la circulation Stephan Roth est une expérience impressionnante.


DOSSIER ÉDUCATION ROUTIÈRE

Le fruit d’une étroite collaboration POINT DE VUE sur l’éducation routière à l’école. Par Isabelle Chassot, présidente de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP).

L

’éducation routière constitue un pilier important de la sécurité routière. Il ne fait nul doute qu’une prévention précoce et répétée dans le temps non seulement sensibilise les enfants aux dangers de la circulation, mais représente également une opportunité précieuse de leur transmettre dès le plus jeune âge des comportements d’usagers responsables, gages d’une utilisation respectueuse et sécurisée de l’espace public. Dans tous les cantons, les leçons d’éducation routière se présentent dès l’école enfantine sous la forme d’apprentissages théoriques et pratiques. Une éducation routière de qualité ne peut s’acquérir que par la confrontation réelle aux situations que les enfants peuvent être amenés à rencontrer sur le chemin de l’école. Les enfants ont ainsi l’occasion de se familiariser avec la circulation, dans un cadre sécurisé, avec des instructeurs de police formés pour intervenir auprès de ce jeune public. L’éducation routière à l’école est le fruit d’une étroite collaboration entre les enseignants, la police et divers organismes apportant leur soutien pédagogique. Il faut toutefois rappeler que l’éducation routière n’a pas lieu uniquement à l’école: la famille joue également un rôle très important, peut-être même principal, dans cet apprentissage. Je salue les initiatives comme Pédibus, qui sont le projet de parents désireux d’encadrer les enfants entre la maison et l’école dans un esprit de responsabilisation. Les enfants apprennent ainsi progressivement à se

Isabelle Chassot: «Une éducation routière de qualité ne peut s’acquérir que par la confrontation réelle aux situations.»

mouvoir de manière autonome dans la circulation. Mais pour que le chemin de l’école rime avec sécurité et plaisir, il est important que des mesures d’aménagement et de gestion de la circulation soient prises. Les infrastructures routières ne sont en effet pas suffisamment adaptées aux piétons et aux cyclistes. Alors que les routes constituent un réseau cohérent pour les personnes motorisées, les chemins piétons sont constamment interrompus par le trafic. A titre d’exemple, des mesures

de modération du trafic et la mise en place d’îlots refuges aux passages piétons comptent parmi les aménagements susceptibles de faciliter la cohabitation entre tous les usagers de manière significative. Je tiens pour terminer à insister sur le fait que tous ces aménagements et ces efforts ne peuvent se passer de la participation et de la responsabilité de chacun, car dans la circulation, un comportement approprié et responsable est indispensable pour assurer la sécurité sur les routes. s objectif sécurité 1 / 2012

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DOSSIER ÉDUCATION ROUTIÈRE

La sécurité est aussi l’affaire des jeunes ÉCOLES SECONDAIRES ET PROFESSIONNELLES L’Office de la circulation et de la navigation (OCN) du canton de Fribourg est responsable de la sensibilisation des adolescents et des jeunes adultes aux accidents de la route. Est-il difficile de faire passer des messages de sécurité à ce public? L’avis de Pierre-André Singer, chef du secteur Prévention à l’OCN.

Pierre-André Singer face à une classe d’apprentis de commerce fribourgeois.

objectif sécurité: Pierre-André Singer, dans certains cantons, les écoliers n’ont plus de cours d’éducation routière très tôt, parfois déjà dès la 7 e classe primaire. Manifestement, la situation est autre dans le canton de Fribourg… Pierre-André Singer: Effectivement, à Fribourg, conformément à l’arrêté can8

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tonal sur l’éducation routière à l’école, tous les élèves du cycle obligatoire bénéficient de cours de sensibilisation jusqu’en fin de scolarité. Ceux-ci sont gérés et dispensés par la police. Concernant le secondaire II, le Conseil d’Etat a élargi le mandat de l’OCN; ainsi, nous disposons d’une palette de for-

mations qui répondent aux besoins de nos publics. Ce ne sont pas toujours les mêmes, selon que l’on se trouve face à des apprentis d’une profession de la branche automobile, des apprenties assistantes en pharmacie ou des collégiens. Cette diversité dans l’offre nous tient à cœur, car les collèges et autres


écoles professionnelles sont très sollicités pour toutes sortes de thèmes. Ainsi, en 2010, quelque 2000 jeunes apprentis ou étudiants ont été confrontés à l’enseignement de la sécurité routière dans notre office. Quels sont les principaux messages que vous faites passer à ce jeune public? L’un des principaux messages est de leur faire prendre conscience qu’ils sont tout à la fois consommateurs et acteurs de sécurité. Notre objectif est de leur fournir les informations qui leur permettront de faire les bons choix, et surtout de se donner les moyens d’éviter de mourir sur la route… Conduire n’est pas un droit fondamental, c’est une activité complexe soumise à un ensemble de lois. Pour l’illustrer concrètement, nous abordons ce qui peut survenir après un accident, aux niveaux pénal, administratif et civil. Mais tout cela risque de rester très théorique. Comment est-ce reçu? Les conséquences des accidents, notamment sur les plans physique et financier, font toujours grande impression. Les jeunes découvrent qu’une bévue commise dans la fleur de l’âge peut avoir un impact social lourd une vie durant. C’est d’ailleurs la teneur du film Raser Bänz (Bänz le chauffard, NDLR) que nous projetons régulièrement. Avec une grande pudeur, tout autant qu’un souci d’authenticité, ce film raconte l’histoire vraie d’un jeune Zurichois, Martin Bänz, adepte de courses de voiture. Par une après-midi d’été, Bänz quitte la route à 140 km/h dans un secteur limité à 80 km/h. S’ensuivent deux mois de coma, 37 fractures, la perte de l’usage de sa jambe droite, des dettes à n’en plus finir, une attente de trois ans pour obtenir la rente AI, etc. Sans parler de la souffrance des proches, qui témoignent aussi. Ce film montre donc bien la tournure dramatique que peut prendre une existence, voire plusieurs, après un accident. Nous espérons que les jeunes gardent ce message à l’esprit.

Vous pensez donc qu’il faut interpeller par la peur? Non, car nous ne présentons pas d’images particulièrement violentes ou sanglantes. Nous leur disons aussi, en guise d’encouragement, que dans notre canton, en 2010 par exemple, seul 1% des permis de conducteurs en phase probatoire a été annulé. C’est donc que la majorité adopte un bon comportement. Notre discours se veut plutôt réaliste et responsabilisant. Depuis 1995 que l’OCN dispense ce type de formation, avez-vous vu une évolution de votre public? Sont-ils plus ou moins réceptifs qu’avant? Les jeunes me paraissent plus exigeants, mais pas moins réceptifs qu’avant. J’aurais même tendance à dire que les mentalités évoluent positivement dans le domaine de la sécurité routière. Pour la plupart lucides, les jeunes portent un regard critique sur leur environnement. Beaucoup sont conscients que le «tout à la bagnole» est une période révolue; ils sentent bien que le respect des règles est une condition sine qua non à l’accès libre à la mobilité individuelle. Cela étant, le goût du risque continue de faire fureur chez certains. Ce qui explique que nous ne pouvons pas nous permettre de baisser la garde. Vous avez affaire à de grands consommateurs de technologies et de nouveaux médias. Votre office en tient-il compte pour ses enseignements? En effet, les attentes sont élevées et il n’est pas aisé d’y répondre. Dans la mesure des possibilités, nous soutenons notre message par des expérimentations sur un simulateur de conduite de la dernière génération. Cela nous permet de travailler sur des situations à risque en temps réel. Nous sommes bien conscients qu’il reste encore bon nombre de pistes à exploiter pour faire passer le message. Néanmoins, le contact et le dialogue direct sont essentiels et ne doivent pas être abandonnés. Interview: Magali Dubois

Un office actif Fort de quelque 80 collaborateurs, l’Office de la circulation et de la navigation du canton de Fribourg (OCN) est un établissement autonome de droit public qui mène diverses activités de prévention autofinancées: sensibilisation au niveau secondaire II, cours de «rafraîchissement» pour les conducteurs seniors, cours pour les primo-délinquants de l’alcool au volant et cours d’éducation routière pour récidivistes ou en vue d’une restitution du permis de conduire. L’OCN se distingue aussi par des initiatives ponctuelles conduites avec divers partenaires: la campagne «Slow Down. Take it easy» a trouvé un retentissement considérable en 2010 grâce à un ange fribourgeois qui sillonnait les routes du canton… En 2011, l’OCN a organisé une journée de prévention des accidents de la route avec les communautés albanaise et portugaise. www.ocn.ch

REMARQUÉ

Matériel d’éducation routière Sur le site Internet www.educationroutiere.ch, les parents, enseignants et instructeurs de la circulation de la police trouveront des brochures et autres médias destinés à l’éducation routière pour toutes les tranches d’âge. Avantage: la plate-forme permet non seulement de télécharger le matériel pédagogique du bpa, mais aussi celui de tous les autres fournisseurs comme, par exemple, le TCS, Pro Vélo ou AXA Winterthur. Le matériel pédagogique peut être directement commandé aux fournisseurs sur la plate-forme.

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SUR LE TERRAIN PARTENAIRES

Moins d’accidents impliquant des piétons grâce à «Vision zéro» SUÈDE Le 13e Forum du bpa était consacré à la sécurité des piétons. objectif sécurité s’est entretenu avec l’oratrice invitée, la responsable de recherche suédoise Astrid Linder, sur la nouvelle approche de son pays en matière de prévention, «Vision zéro».

objectif sécurité: En se fixant pour objectif un programme ambitieux de sécurité routière, «Vision zéro», en 1997, la Suède a ouvert la voie à une nouvelle façon de penser. Depuis lors, les systèmes de sécurité devraient être conçus pour que les accidents graves ne puissent même plus se produire. Comment avezvous vécu cette phase initiale? Astrid Linder: Lors de l’introduction de «Vision zéro», de nombreux acteurs ont réagi avec scepticisme, voire incrédulité. Des réactions telles que «la so-

responsabilité partagée. Les utilisateurs du système de transport sont toujours responsables de leurs actes. Un comportement fautif devrait cependant être prévu dans la conception du système, et les infractions intentionnelles contre les dispositions légales devraient être sanctionnées. Le fournisseur du système (NDLR: propriétaire des routes, législateur, etc.) et les concepteurs – p. ex. de véhicules – ont la responsabilité de créer un système qui atténue les conséquences de l’erreur humaine et prévient les blessures graves voire mortelles.

«‹Vision zéro› repose sur le principe de la responsabilité partagée»

Comment procédez-vous en Suède pour parvenir effectivement aux objectifs de «Vision zéro» fixés jusqu’en 2020? Nous nous étions déjà fixé des objectifs pour 2007, mais ne les avons pas atteints. En Suède, nous avons ainsi dû apprendre à la dure qu’un monitorage permanent des progrès est nécessaire. Partant, nous avons introduit quinze indicateurs relatifs à la sécurité routière, que nous pouvons mesurer et grâce auxquels nous pouvons vérifier les progrès chaque année. Cela se passe dans un forum ouvert, avec la participation de l’ensemble des acteurs.

ciété va s’arrêter lorsque nous mettrons en œuvre ‹Vision zéro›» étaient fréquentes. D’autres s’en sont inspirés et ont reconnu les parallèles avec les dernières nouveautés, dans le domaine de la sécurité au travail notamment. Ils ont cru qu’une même transformation serait aussi possible dans le système de la circulation routière. «Vision zéro» procède de l’idée que les gens ne sont pas parfaits, qu’ils font donc toujours des erreurs et que le système doit les compenser. Quelle est la limite de cette «précaution» et où commence la responsabilité individuelle? «Vision zéro» repose sur le principe de la 10

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Quelles ont été jusqu’à présent les «lacunes de sécurité» dans le système de la circulation routière? Chaque pays est confronté à des défis spécifiques. En Suède, nous avions et avons toujours des problèmes liés au

dépassement de la vitesse maximale autorisée. Conduire à toute allure est accepté par la société suédoise tant qu’il n’y a pas d’accident. Cette acceptation repose sur des connaissances lacunaires du lien entre dépassement de vitesse et accident. Nous y faisons face de plusieurs manières. Quelles sont les principales mesures prises actuellement en Suède dans le cadre de «Vision zéro» afin de combler ces lacunes? Nous abordons le sujet au moyen de différentes mesures et approches. Nous avons installé des caméras pour surveiller la vitesse – à l’aide d’essais pilotes et d’évaluations. Nous avons soumis les limitations de vitesse à un examen approfondi et défini des rapports plus clairs entre le niveau de sécurité des routes et les limitations de

«Lorsqu’il y a un espace de rencontre entre véhicules et piétons, la vitesse doit être limitée à 30 km/h»

vitesse qui y sont applicables. Parmi les nombreuses mesures de sensibilisation, nous en avons prises qui montrent l’importance de cette thématique pour la société, comme une sanction plus sévère à l’égard des chauffards et un renforcement de l’application par la police.


Astrid Linder est responsable de la recherche en matière de sécurité routière au Centre suédois de recherche sur le trafic (VTI). Elle a donné un exposé lors du Forum du bpa, le 29 novembre 2011 à Berne.

Quelles sont les mesures permettant d’améliorer la sécurité des piétons en particulier? Lorsqu’il s’agit des piétons, il en va de même pour tout le monde sur cette planète: au vu de nos conditions biomécaniques, près de 10 % des piétons sont tués en cas de collision à une vitesse de 30 km/h, en fonction de l’impact et de la vulnérabilité de la personne concernée. A 50 km/h, cette proportion atteint presque 80 %. En d’autres termes, si la limitation de vitesse est fixée à 50 km/h, il ne devrait pas y avoir d’interaction entre la circulation et les piétons. Lorsqu’il y a un espace de rencontre entre véhicules et piétons, la vitesse doit être limitée à 30 km/h. Dans votre exposé, vous avez cité Göteborg en exemple, où les statistiques des accidents ont considérablement baissé grâce à l’échange de données entre la police et les hôpitaux. Qu’y a-t-on particulièrement bien réussi? A Göteborg, les aspects positifs sont nombreux. On a déployé beaucoup d’énergie pour identifier où les accidents graves et mortels se produisent et quels facteurs y contribuent. Et l’on a

systématiquement pris des mesures, informé et constamment surveillé la réalisation des mesures. C’est nécessaire, et bien plus encore, pour diminuer durablement le nombre de décès et de blessures dans notre système de circulation routière. Quel est votre bilan intermédiaire aujourd’hui, onze ans après le lancement de «Vision zéro»? Nous avons beaucoup de chance: tous les acteurs partagent le même objectif. Il est bon de savoir que non seulement, nous devons améliorer la sécurité, mais que nous le pouvons.

AGENDA

Le bpa présent au salon «Sécurité au travail en Suisse»

Interview: Ursula Marti

Le 4e Salon pour la santé, la sécurité et la prévention sur le lieu de travail se tiendra du 6 au 8 juin 2012 à Berne. Le bpa fournira des informations aux entreprises, sur un stand commun avec Sécurité au travail en Suisse et dans des forums pratiques, sur la manière d’encourager efficacement la prévention des accidents non professionnels auprès des collaborateurs. Davantage d’informations: www.arbeits-sicherheit-schweiz.ch

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SUR LE TERRAIN ENTREPRISES

«Drive Safely Week» chez Coca-Cola CULTURE D’ENTREPRISE La sécurité fait partie intégrante de la culture d’entreprise de Coca-Cola HBC Suisse SA. Une semaine, la «Drive Safely Week», est consacrée à l’encouragement d’un comportement sûr dans la circulation routière. Les membres de la direction y sont entièrement favorables.

Franky Slow Down invite les collaborateurs de Coca-Cola HBC Suisse SA à réfléchir à leur propre comportement sur les routes dans le cadre de la «Drive Safely Week».

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«Bib bip». Près de 600 téléphones portables de collaborateurs de la distribution, de caristes et de conducteurs de poids lourds reçoivent un accusé de réception. Le SMS rappelle le début de la «Drive Safely Week» chez Coca-Cola HBC Suisse SA. Durant cette semaine, l’entreprise incite près de 1200 collaborateurs de toute la Suisse à se comporter correctement sur les routes. Chaque année, les collaborateurs parcourent quelque 16 millions de kilomètres à titre professionnel. L’attention est naturellement portée sur ceux qui conduisent le plus. En collaboration avec le bpa, les responsables de Coca-Cola HBC Suisse SA ont mis sur pied un programme varié. Chaque jour, l’ensemble des collaborateurs reçoivent des annonces par courriel ou SMS et sont informés sur le thème de sécurité actuel au moyen de panneaux d’affichage. Il y a des modules d’information à plusieurs endroits, invitant les collaborateurs à réfléchir sur leur propre comportement dans la circulation routière. Le rapport à l’alcool et aux drogues, la fatigue et le téléphone au volant, la ceinture de sécurité et la vitesse adaptée sont abordés. Les espaces de repos mettent en évidence des brochures du bpa de même que des cartes spécialement conçues pour l’occasion et des cadeaux publicitaires très appréciés: les autocollants de la campagne «Slow Down. Take it easy», des bandes brillantes pour une


meilleure visibilité, des accroche-porte de la campagne consacrée à la fatigue au volant et des sachets de bonbons CocaCola provenant de la campagne alcool. Expérience clé avec le simulateur de conduite

Il y a une attraction particulière devant la cantine de l’usine à Bolligen (BE): un simulateur de conduite alcool. Un ancien conducteur de poids lourds souhaite faire l’expérience de cet engin particulier avec trois écrans. Après une brève introduction prodiguée par Iwan Fuchs, du Service AVJ, il accélère à 80 km/h. Soudain, un obstacle surgit à l’écran et le conducteur freine énergiquement. Un temps de réaction de 0,72 seconde, excellent! Pourtant, la distance de freinage atteint 23 mètres, et le conducteur touche légèrement l’obstacle. L’instructeur lui montre ensuite sur le moniteur les limitations du champ visuel qu’il aurait eues avec une alcoolémie de 0,5 ‰. Il simule en outre sur l’écran le nombre de mètres qu’il aurait encore parcourus après le mur avec une capacité de réaction limitée. Iwan Fuchs est très satisfait de l’opération: «Les gens sont bien informés ici et viennent d’eux-mêmes tester leurs réactions. Ils sont toujours surpris de l’influence de l’alcool sur la capacité de réaction et la distance de freinage.» Et voilà déjà le prochain collaborateur qui arrive pour tester l’engin. Le coup d’envoi de l’opération a été donné lors d’une réunion en novembre 2011. Les six membres de la direction présents ont promis par écrit, devant près de 200 managers et Franky Slow Down, de se comporter de manière responsable dans la circulation routière. Les posters signés ont ensuite été placés à un endroit bien visible, et de nombreux autres collaborateurs y ont apposé leur signature en guise d’engagement. L’entreprise assume ainsi son rôle de précurseur dans la culture de la sécurité. Beatrice Suter

«La sécurité routière était sur toutes les lèvres» Patrick Wittweiler, Country Operational Sustainability Manager de Coca-Cola HBC Suisse SA, à propos de la «Drive Safely Week».

objectif sécurité: Monsieur Wittweiler, vous êtes aussi responsable de la sécurité chez Coca-Cola HBC Suisse SA et contribuez à cette campagne de prévention grâce à votre engagement. Quelle a été la raison qui vous a poussé à organiser une «Drive Safely Week» sur les différents sites de l’entreprise en Suisse? Patrick Wittweiler: Nous avons réalisé la campagne dans le cadre d’une initiative internationale de sécurité au volant lancée par Coca-Cola Hellenic, dont fait partie notre entreprise. L’objectif était de renforcer l’esprit de sécurité de nos collaborateurs dans la circulation routière. Nombre d’entre eux sont tous les jours au volant, par exemple les collaborateurs du service extérieur ou les conducteurs de poids lourds. Que nous conduisions nous-mêmes ou que nous soyons passagers ou piétons, nous prenons part à la circulation – nous pouvons tous faire quelque chose afin d’éviter des accidents. Le message est très simple: conduire avec prudence, être prudent aussi en tant que piéton, réfléchir comment renforcer sa sécurité et se comporter de manière plus responsable.

l’entreprise, et nous menons de nombreux programmes ciblés dans le domaine de la sécurité au travail, dont des cours de perfectionnement réguliers à l’intention de nos conducteurs de poids lourds. Au vu du succès de la «Drive Safely Week», nous songeons à répéter l’opération l’année prochaine ou à appliquer le concept à d’autres thèmes liés à la sécurité au travail. bs

Quelles expériences avez-vous faites? D’excellentes: la participation active aux actions prévues avec le bpa et l’engagement de nombreux collaborateurs par écrit durant la semaine montrent le large taux d’acceptation et la volonté d’approfondir la question. La sécurité au volant était sur toutes les lèvres au cours de la «Drive Safely Week». Quelle suite votre entreprise va-t-elle donner à cette action? La sécurité de nos collaborateurs est l’un des principaux thèmes au sein de

Devant le poster signé: Patrick Wittweiler, les membres de la direction et Franky.

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SUR LE TERRAIN POLICE

Plus de prévention au lieu de la seule répression TRAVAIL DE CAMPAGNE Plusieurs polices cantonales sont très actives dans le domaine de la prévention. Outre l’éducation routière, elles organisent de nombreuses journées d’action et campagnes de sensibilisation. La bonne collaboration entre elles et le bpa permet de créer des synergies.

Journée d’action à Sedrun: les motocyclistes font une pause et s’informent sur les questions de sécurité.

Depuis longtemps, la police ne représente plus uniquement l’ordre public, elle est aussi un acteur important de la prévention des accidents. Pour coordonner son travail de prévention au niveau national, les responsables des différentes régions se rencontrent régulièrement au sein du groupe de travail Prévention routière, présidé par Franz14

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Xaver Zemp, de la police lucernoise. Il en décrit les tâches comme suit: «Nous observons et analysons le réseau routier et en tirons les conséquences pour le travail de prévention.» S’il est nécessaire d’intervenir, des solutions sont proposées. Souvent, les polices cantonales et les concordats régionaux se mettent d’accord pour fixer simulta-

nément une même priorité, avec des contrôles et des activités de prévention correspondantes, par exemple pour la problématique de l’alcool ou de la vitesse. D’après Franz-Xaver Zemp, ce n’est pas toujours possible ou utile: «Toutes les polices cantonales ne disposent pas des mêmes ressources, et les défis varient d’une région à l’autre.»


Les cantons de montagne, par exemple, sont confrontés à des accidents de moto sur les routes des cols, notamment en début et en fin de saison, comme l’explique Damian Meier, de la police cantonale uranaise: «Au début, les motocyclistes n’ont pas encore assez de routine et avant la pause hivernale, ils veulent appuyer sur le champignon encore une fois.» Pour la police, il est important d’aborder ce problème tant par la répression que la prévention. Partant, elle organise régulièrement des campagnes d’information ainsi que des événements, à l’instar des journées d’action à Sedrun, au pied du col de l’Oberalp (voir l’illustration), mises sur pied conjointement par les polices cantonales uranaise et grisonne. Les motocyclistes sont invités à faire une pause sur une aire de stationnement, apprécier des boissons sans alcool, s’informer sur la conduite sûre ou l’équipement et parler boutique avec les policiers, qui font aussi souvent de la moto. La police cantonale grisonne va encore plus loin: en 2011, elle a décerné pour la première fois le titre de mo-

«Nous avons un objectif commun: la prévention des accidents.»

tard de l’année. Pour ce faire, il fallait réaliser un parcours. Le concours a eu lieu à l’occasion des «Biker-PräviDays» au centre de conduite «Driving Graubünden» à Cazis. L’événement se déroulera aussi cette année, le 3 juin (voir www.biker-praevi-days.ch). «Avec de telles manifestations, nous aimerions que la police soit disponible pour la population», déclare Roger Padrun, de la police cantonale grisonne, «car nous avons un objectif commun: la prévention des accidents.» Dans le canton de Zurich, les priorités sont quelque peu différentes. L’éducation routière dans les écoles y

est particulièrement bien développée, avec des cours Powerpoint, des fiches de travail maison et d’autres moyens pédagogiques. «Le budget nous permet aussi de réaliser une fois un film pédagogique», précise Jakob Müntener, de la police cantonale zurichoise. Les seize instructeurs de la circulation

FALLAIT Y PENSER

«Avec de telles manifestations, nous aimerions que la police soit disponible pour la population.»

engagés à plein temps rendent chaque année visite à l’ensemble des classes et instruisent aussi les écoles professionnelles. Ils sont aussi présents aux soirées de parents d’élèves et donnent des conférences lors de manifestations destinées aux seniors notamment. Sur les routes, ils distribuent du matériel d’information – de telles opérations ne sont pas fréquentes à la police cantonale zurichoise, selon Jakob Müntener. Mais elle réalise régulièrement des campagnes avec affiches et spots TV et radio sur des sujets tels que l’alcool, la rentrée scolaire, le respect des distances et la journée de la lumière. En sus de la sécurité routière, la police cantonale zurichoise s’engage également contre les collisions entre nageurs et bateaux sur les lacs du canton. Peter Matthys, responsable des campagnes au bpa, salue l’activité de la police: «Le bpa met à disposition un plan de campagne et des moyens correspondants tels que des affiches et des cadeaux publicitaires. Nous sommes heureux quand les corps de police en font activement usage ou nous consultent s’ils planifient leurs propres actions.» Des informations sur les auxiliaires de campagne du bpa figurent sur le site Internet www.bpa.ch (à la rubrique circulation routière / campagnes). Ursula Marti

Contrôle de l’éclairage des vélos Le délégué bpa à la sécurité de Sursee, Marcel Büeler, a découvert une manière particulièrement remarquable de sensibiliser les élèves à la sécurité à vélo et de garantir en même temps que chaque enfant dispose d’un éclairage opérationnel sur son vélo. De concert avec les enseignants et des policiers, il a mis sur pied une opération «Les élèves contrôlent les élèves». Une classe de l’école secondaire a reçu au préalable une formation sur la manière d’expertiser les vélos et d’inscrire les résultats sur une fiche de contrôle. Des stations de test ont ensuite été installées dans la salle de sport. Pendant toute une matinée, les 33 classes de l’école ont passé le test d’éclairage des vélos chez leurs camarades plus âgés, qui ont contrôlé en tout près de 700 cycles. Ceux qui n’obtiennent pas un «en ordre» pour l’ensemble des phares et catadioptres, mais un «manque» ou «défectueux» sont invités à combler les lacunes avec leurs parents. Les élèves ont ensuite dû remettre la fiche de contrôle signée par les parents à l’enseignant de classe. L’opération a pu être organisée à peu de frais et a habilement impliqué les jeunes – fallait y penser! um

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CAMPAGNE

Une déclaration d’amour au vélo… et au casque! Les adeptes de la petite reine adorent leur bécane – et cet amour doit aussi inclure le casque. C’est le message que transmet la nouvelle campagne du bpa et de ses partenaires, l’ATE et Swiss Cycling. Elle débute le 19 mars avec la nouvelle affiche LOVE VELO. En sus de la déclaration d’amour au vélo et au casque, la campagne vise à communiquer un autre aspect important: le port correct du casque – deux doigts au-dessus du nez et la lanière bien serrée. Pour que le casque cycliste puisse déployer tout son effet protecteur. Le coureur cycliste bernois Fabian Cancellara a accepté d’être l’ambassadeur de la campagne. Le multiple champion du monde et champion olympique est un adepte du casque

www.lovevelo.ch

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convaincu, même en dehors de l’entraînement et des courses. Il donne des conseils sur la pratique du vélo en toute sécurité sur le nouveau site www.lovevelo.ch (à partir du 19 mars 2012), qui comprend aussi un chouette concours. Les inconditionnels du casque peuvent poster leur photo. Le concours débouchera alors sur l’élection de Miss ou Mister Casque cycliste. Parallèlement à la campagne se déroule, comme chaque année, l’opération casques cyclistes, qui offre une réduction de 20 francs à l’achat de 30 000 casques grâce au soutien financier du Fonds de sécurité routière (FSR). Une liste des magasins de vélo participant à l’opération figure sur le site www.casque.ch. um

La nouvelle affiche sera visible dans toute la Suisse.


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