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le magazine de la sécurité pour les bourgmestres - avril 2013

A l’avant-plan Vous aimez lire ce magazine papier que vous avez en mains, mais une version digitale serait un plus. Une enquête réalisée en août 2012 montre que nos lecteurs apprécient la qualité et l’utilité de ce magazine et que les villes et communes souhaitent également le recevoir sous forme digitale. Vos désirs sont des ordres! Il est désormais aussi disponible en ligne sur la page besafe.be/magazinefr.

Faire un barbecue en toute sécurité

CONTENU Campagnes de prévention Dour Un coup de jeune

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PLP-I pharmaciens Ensemble pour la sécurité

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Les logements sociaux La prévention des cambriolages

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Guichets électroniques L’accès aux conseillers

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Le projet INTER-MED Péruwelz attaque les conflits entre voisins

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EU Crime Prevention Award 2012 La police de proximité

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Prix belge de Sécurité 2012 Lauréat: projet BBB

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Rapport de l’EUCPN Criminalité et perception

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Prévenir les risques d’incendie domestique 8 Journée d’étude Brochure prévention vol Douze conseils pour communiquer

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L’été arrive! Comme le beau temps a souvent tendance à se faire désirer dans notre petit pays, nous «brûlons» d’envie de ressortir les barbecues. Dès que le soleil pointe le bout de son nez, bon nombre de nos concitoyens se mettent à cuire, rôtir et griller à cœur joie. Autant le faire en toute sécurité. C’est pourquoi la Fondation belge des brûlures a réuni des conseils à suivre en cas d’incident. Saviez-vous par exemple qu’un seau rempli de sable est une excellente alternative à un extincteur? Qu’un short en lin et des gants font partie de l’équipement du parfait maître des grillades? Qu’en cas de brûlure, il faut rafraîchir la plaie en la plaçant pendant au moins 20 minutes sous l’eau courante tiède? Et que vous ne pouvez donner aux victimes aucun antidouleur, ni rien à

«Ne donnez aucun antidouleur, ni rien à boire ou à manger.» boire ou à manger? Vos citoyens apprendront certainement des choses qu’ils ignoraient. Dans une prochaine édition de Besafe, nous vous expliquerons comment organiser diverses activités estivales en toute sécurité. En attendant, vous pouvez déjà diffuser des conseils sur votre site internet ou dans votre revue communale. Vous les trouverez sur www.besafe.be > Citoyens > Ma maison. 

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Dour, un coup de jeune Pour ses campagnes de prévention 2012, intitulées ‘Habiter en sécurité’ et ‘Prenez de bonnes habitudes’, la commune de Dour a fait appel au talent de plusieurs jeunes. Vincent Loiseau, bourgmestre de Dour: «La réception par le public a également été meilleure. Les gens se sont intéressés au travail des jeunes, plus qu’ils ne l’auraient fait pour une campagne classique.»

Trois groupes de jeunes, de 7 à 15 ans, ont participé à deux opérations de sensibilisation du public portant sur le cambriolage et le vol de et dans les véhicules. Ils ont contribué à l’élaboration aussi bien qu’à la conception et à la mise en place des outils de communication. «Nous avons proposé aux jeunes, dans le cadre de nos ateliers du mercredi, de réaliser des flyers (avec l’appui de l’équipe de communication communale) et des ‘arbres magiques’, puis de les distribuer», précise Valentine Leurquin, fonctionnaire de prévention. «Ce sont des jeunes que nous connaissons, issus pour l’essentiel de milieux précarisés. Leur réponse a été très positive. Ils n’ont pas l’habitude d’être valorisés et souffrent souvent d’une connotation négative. Premier point positif du projet: les avoir intégrés dans la vie de la commune.»

L’affaire de tous Un bon exemple à suivre? Selon Valentine, aucun doute: «Tout le monde est gagnant. Les jeunes sont considérés, le public est mieux sensibilisé et la prévention devient réellement l’affaire de tous. L’une des clés de la réussite est de choisir un groupe bien soudé. Il faut également prévoir un vrai accompagnement des activités et ne pas proposer des choses trop rébarbatives: le créatif pour les jeunes et le reste pour les services communaux …» Vincent Loiseau, bourgmestre de Dour: «Le travail avec les jeunes a permis de faire de la sécurité réellement l’affaire de tous, en établissant une relation de confiance parfois difficile à mettre en place avec les services de police. Les prérogatives de chacun sont néanmoins bien respectées. La collaboration est totale.» 

Des pharmaciens anversois créent un PLP-I L’inquiétude et le sentiment d’insécurité ressentis par les pharmaciens anversois à la suite d’une série d’incidents ont fait naître l’idée de créer un PLP-I en collaboration avec leur organisation professionnelle et la police locale. Chaque pharmacien est désormais une source d’information et les alertes circulent très vite. Junkies agressifs, fausses prescriptions, faux billets: un pharmacien averti est… un pharmacien qui a moins peur.

Pour plus d’infos, contactez Jacques Ickx à l’adresse binplp@ibz.fgov.be ou surfez sur www.besafe.be/ fr/plp

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La recrudescence des incidents a suscité l’inquiétude parmi les petits commerçants anversois et chez les pharmaciens en particulier. Ceux-ci ont donc cherché à se protéger avec l’aide de l’Union royale des pharmaciens d’Anvers (KAVA) et de la police locale. Le résultat est un Partenariat local de Prévention Indépendants (PLP-I). Guido Bennaerts (police d’Anvers): «Après les hôtels, le port de plaisance et la Zorgbedrijf Antwerpen, les pharmaciens anversois ont également sollicité notre aide. D’où la création d’un PLP-I, un réseau d’information entre pharmaciens. Les descriptions de suspects et les conseils de prévention de la police transmis au moyen du système Enoxus, qui est un service de télécommunications intelligent, sont envoyés simultanément par téléphone à tous les membres du PLP. Tous les pharmaciens de la région reçoivent donc en même temps les alertes concernant des incidents concrets comme des fausses prescriptions ou

encore des personnes suspectes pouvant représenter un danger.» Comme les pharmacies sont ouvertes 24h sur 24, 7 jours sur 7, il fallait aussi un système d’alerte permanent, y compris en dehors des heures de bureau. Johan Van Rossen (KAVA): «Il s’agit en fin de compte d’informer chacun le plus vite possible. Nous nous concertons aussi régulièrement et nous échangeons des conseils. Par exemple, pendant les gardes de nuit, il est conseillé de travailler avec le volet de sécurité, même si cela ne plaît pas au client. Je conseille aussi à mes collègues d’immédiatement apposer un cachet sur les prescriptions afin d’éviter que le client ne les réutilise chez un autre pharmacien.» Guido Bennaerts: «Le PLP-I permet aux pharmaciens de collaborer en investissant un minimum de temps et d’argent. Il améliore le sentiment de sécurité et le contrôle social dans une zone étendue.» 


N’oubliez pas les logements sociaux

Prévention

Le ‘sentiment de sécurité’ et notamment la prévention des cambriolages jouent un rôle important dans les logements sociaux, comme le montre deux initiatives à Bruxelles et à La Louvière. Les résultats sont là, non seulement en termes de diminution des cambriolages, mais aussi en ce qui concerne les violences intrafamiliales.

Sara Visée Conseiller en prévention vol

A Bruxelles, Sara Visée et ses collègues conseillers en prévention vol Thierry Hendricks et Frédérique Vissers, de l’ASBL Bravvo, ont effectué en septembre 2009 un diagnostic local de sécurité axé sur les sites de logements sociaux. «Nous faisons beaucoup d’action orientées vers le public, mais il s’agissait là plutôt de faire un constat à usage interne», précise Sara Visée. «Cela permet ensuite d’utiliser les subsides communaux et régionaux en vue de la sécurisation passive des sites au mieux. Nous avons donc fait le tour des sites regroupant pas moins de 7.694 logements sociaux bruxellois en nous concentrant sur les aspects de sécurité

La Louvière à double tour «Il n’y a pas que les habitations ‘cossues’ qui sont victimes de cambriolage», déclare Cyprien Ponciau, fonctionnaire de prévention à La Louvière. «Les habitants de logements sociaux sont également touchés. Nous avons donc mis en place, il y a déjà une dizaine d’années, une campagne de pose de verrous sur les fenêtres et les portes. Ces ‘kits minimaux de sécurité’ sont posés par les conseillers en prévention vol de la commune (Jacques Watelet, Bernard Brachotte et Valérie Duray), gratuitement, dans les foyers aux ressources faibles. Il ne s’agit évidemment pas de faire concurrence aux serruriers locaux, mais bien de fournir les éléments de sécurité de base aux personnes qui ne peuvent pas se payer une installation. En 2012, nous avons placé 259 kits, dont 77% dans les logements sociaux. La subvention du SPF Intérieur a été essentielle pour permettre à cette opération d’exister. Les résultats sont là, non seulement en terme de diminution des cambriolages, mais aussi en ce qui concerne les violences intra-familiales. Pour de nombreuses personnes touchées par celles-ci, le sentiment de sécurité est un facteur important. Pouvoir verrouiller les entrées et éviter l’intrusion, par exemple, d’un conjoint violent, rassure.»

dans les alentours et les parties communes, mais aussi sur les ressources du quartier, notamment en termes de travailleurs sociaux. Nous n’avons pas fait du porte à porte, il ne s’agissait pas de visiter les appartements mais de voir ce qui pouvait être fait dans les espaces partagés.» Etat des lieux «Nous avons tenté de cerner le ‘sentiment de sécurité’ dans chaque lieu», explique Sara Visée. «C’est une notion assez difficile à définir, le sentiment de sécurité étant par définition une impression personnelle. Il est néanmoins utile pour une commune de savoir, dans une certaine mesure, quel est l’état d’esprit des habitants. Notre diagnostic a permis de résoudre des points très concrets. Plusieurs sites disposaient ainsi de porte à fermeture magnétique, avec un système de barre peu efficace. Un simple coup de pied dans la porte suffisait à l’ouvrir. Ces barres ont été remplacées par des fermetures à boules, beaucoup plus sûres et qui ne s’ouvrent pas aussi facilement. Les gestes simples ne suffisent pas pour autant. Notre diagnostic montre la diversité des situations, qui vont de l’acceptable au problématique, et la nécessité d’une alchimie entre les solutions proposées. Sécuriser c’est bien, mais la dimension humaine prime. Je crois que de façon générale, les conseillers en prévention vol ont beaucoup à apporter en matière d’information interne. C’est une ressource que les bourgmestres doivent utiliser.»  Pour plus d’infos, contactez Ailien Stove: Ailien.Stove@ibz.fgov.be

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Guichets électroniques pour la prévention des incendies et des vols

Pourriez-vous passer à la maison pour une visite de prévention? Pourriez-vous me conseiller? Notre club souhaite inviter un spécialiste en prévention contre le vol et les incendies. À qui un habitant de votre commune peut-il poser toutes ces questions? La réponse est simple. Aux guichets électroniques mis à disposition par le SPF Intérieur.

Guichet prévention L’utilité des conseillers en prévention ne fait plus aucun doute. Les conseillers en prévention incendie font baisser les statistiques d’incendie. Les conseillers en prévention contre le vol font, quant à eux, diminuer le nombre de cambriolages réussis. Mais comment vos citoyens saventils que des conseillers sont à leur disposition? Et comment peuvent-ils les contacter de manière simple? Pour simplifier les choses au maximum, le SPF Intérieur a créé deux guichets électroniques: www.conseillerenpreventionincendie.be­ et www.conseillerenpreventionvol.be. Il suffit de cocher la commune et de choisir le service souhaité et le tour est joué: la commune reçoit la demande et le conseiller peut soit téléphoner au citoyen, soit répondre directement à sa question. Ailien Stove (Intérieur, DG Sécurité et Prévention): «Les guichets électroniques permettent au citoyen d’entrer en contact direct avec le conseiller en prévention. Pour la commune, la zone de police ou la prézone, c’est aussi un instrument pratique permettant d’en savoir plus sur le nombre et la nature des demandes. Le bourgmestre, le chef de corps ou le coordinateur de zone peut ainsi offrir un service plus en adéquation avec les besoins des citoyens.» Chaque commune, zone de police ou prézone a le choix entre deux options: informer les citoyens de l’existence de ces guichets électroniques ou placer un hyperlien sur son propre site web.

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Frank Pierco Conseiller en prévention

Pionniers Les pompiers de Sint-Niklaas ont fait œuvre de pionniers en la matière. Ils avaient déjà sur leur site web un formulaire de contact que les habitants pouvaient compléter pour joindre Freddy Van Hal, le coordinateur des conseillers en prévention incendie de la zone Waasland: «Les habitants de la zone utilisent déjà beaucoup le guichet électronique. Je reçois régulièrement des demandes. Cela s’explique par le fait que nous avions déjà depuis longtemps notre propre guichet électronique sur notre site web www.brandweersintniklaas.be. Il a servi de modèle pour celui du SPF Intérieur. Nous avons ajouté à notre guichet électronique le lien vers conseillerenpreventionincendie.be. C’est un système pratique. Pour nous, parce qu’il nous donne un aperçu clair des demandes. Pour le citoyen, parce qu’il ne doit plus appeler plusieurs numéros pour obtenir une réponse à ses questions. Avant, on avait chaque fois une personne différente en ligne et il arrivait qu’une demande passe entre les mailles du filet. C’est une époque révolue. Et je trouve que cela mérite davantage de publicité. Nous faisons déjà de notre mieux de ce côté-là. Je suis présent au marché une fois par mois et chaque fois que je présente un exposé, je distribue des accroche-portes avec l’adresse du site web. Le bouche à oreilles fonctionne déjà, mais un spot sur la télévision locale ou un encart


dans le journal permettrait de toucher un public encore plus large.» Indiquer le chemin Maintenant que les sites web sont prêts, il faut indiquer au grand public comment y accéder. Hilde Van Der Linden (Intérieur, Direction générale Sécurité et Prévention): «C’est notre prochain grand défi. Les sites web et les fonctions qu’ils proposent sont encore trop méconnus. Or, c’est pourtant un instrument pratique qui permet de traiter efficacement les questions des citoyens.» Pour améliorer la visibilité des guichets électroniques, le SPF Intérieur a développé des outils de communication comme l’accroche-portes pour la prévention incendie. C’est une manière simple et sympathique de faire connaitre l’adresse du site et de fournir des informations supplémentaires sur le service que peut offrir un conseiller en prévention incendie. Ces accrocheportes peuvent être commandés sur le site www.besafe.be (rubrique ‘publications’). Dans la rubrique ‘pleins feux sur’, vous trouverez aussi une bannière avec un lien automatique vers les guichets électroniques créés par le SPF Intérieur.

Votre commune est-elle représentée? Pour garantir une offre exhaustive, chaque conseiller en prévention incendie ou vol, de chaque zone ou commune, a reçu une demande d’inscription. Si vous constatez que votre commune n’est pas encore représentée, il est encore possible de prendre contact avec la Direction Sécurité locale intégrale via sliv@ibz.fgov.be.

Dépliants et présentations powerpoint Le volet ‘prévention des vols’ n’est pas en reste puisque toute une série d’outils ont également été développés pour faire connaître l’adresse du guichet électronique. Il y a des dépliants et des affiches destinés au grand public. Pour les conseillers, il y a des présentations powerpoint, des cartes de visite et un bulletin électronique contenant des bonnes pratiques et des sources d’inspiration. Frank Pierco, conseiller en prévention vol dans la zone de police Kastze, vient de se mettre sur la liste des communes qui proposent des informations via le guichet électronique: «Ce guichet électronique ne fonctionne chez nous que depuis quelques semaines et le temps montrera si le public parvient à le trouver. Cet instrument m’a en tout cas l’air d’être très pratique. Tout ce qui promeut l’offre et facilite l’accès aux conseillers est bon à prendre.» 

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Péruwelz attaque les conflits entre voisins Les juges de paix savent qu’il y a deux types de disputes qui sont impossibles à régler. Les disputes autour d’un héritage et les guerres entre voisins. La cellule prévention de la commune de Péruwelz a voulu s’attaquer au problème des conflits entre voisins. Résultat: un projet INTER-MED innovant.

Pour en savoir plus, contactez prevention@ peruwelz.be.

INTER-MED est un projet de médiation basé sur une participation des partenaires locaux et un programme informatique. Pour ce projet, la cellule de prévention de la commune hennuyère de Péruwelz a réuni toutes sortes d’intervenants: les agents de quartier, le médiateur, les gardiens de la paix et les travailleurs sociaux, mais aussi le cabinet du bourgmestre et le juge de paix. Catherine Homerin (cellule prévention de Péruwelz): «Cette coopération est exceptionnelle. La police et la commune, c’est une chose, mais il était moins évident que le juge de paix contribue également à cette initiative. Ici, cela fonctionne à merveille. Toutes les parties ont immédiatement accepté d’aborder le problème collectivement, ce qui n’était pas gagné d’avance car cela nécessite une implication active de la part de chaque intervenant et une bonne communication.» Des posters indiquent comment contacter le médiateur. Les agents de police, les services de proximité et les travailleurs sociaux distribuent des

cartes de visite des médiateurs locaux afin que les voisins en conflit puissent les contacter euxmêmes. Lorsque le médiateur obtient un accord, les parties peuvent le faire valider formellement par le juge de paix. Cette coopération est soutenue par un programme informatique qui centralise les informations sur les quartiers de manière à permettre une résolution plus rapide et plus efficace des problèmes. Il ne s’agit pas uniquement de conflits de voisinage. Le système recense aussi les éclairages publics endommagés, les problèmes de sécurité… Le logiciel génère un rapport hebdomadaire qui est envoyé au bourgmestre et aux agents de quartier. Le programme enregistre aussi par exemple le délai nécessaire pour réparer un éclairage de rue défectueux. Catherine Homerin: «De cette manière, tout le monde, jusqu’au bourgmestre, est au courant des conflits et problèmes potentiels. C’est au bourgmestre qu’il appartient de décider comment résoudre les problèmes et qui en sera chargé.» 

Prix européen de prévention de la criminalité Un des principaux enjeux de la police de proximité est de rapprocher la police et le citoyen. En décembre dernier, les États membres de l’Union européenne ont soumis leurs meilleurs projets, en vue de la remise du Prix européen 2012 de prévention de la criminalité.

Pour en savoir plus sur la police de proximité ou les projets récompensés, allez sur la page www.eucpn.org et cliquez sur «European Crime Prevention Award, 2012 entries».

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Chaque année, le Réseau européen de prévention de la criminalité (EUCPN) décerne le prix européen de prévention de la criminalité qui récompense les meilleurs projets qui voient le jour dans toute l’Europe. Le thème de l’an passé était la police de proximité. Belinda Wijckmans (Secrétariat EUCPN, Intérieur): «Le Danemark est le grand gagnant avec un projet articulé sur les agents de quartier.» À la suite de plusieurs fusillades entre bandes ­rivales à Copenhague, l’organigramme de la police a été modifié: chaque district a vu ses effectifs revus à la hausse ou à la baisse et des commissariats de quartier supplémentaires ont été créés, le tout sur la base d’une analyse de la criminalité. Les agents de quartier patrouillent à pied ou à vélo. L’accent est mis sur une meilleure relation avec les riverains, par exemple en assistant à des fêtes de quartier. La photo d’un agent en train de faire du skate lors d’une fête des jeunes a entre-temps fait le buzz sur la toile.

La Suède a reçu une mention spéciale pour avoir créé un PLP dans des quartiers défavorisés en rupture sociale dans la province du Halland. C’est surtout l’évaluation externe approfondie du projet qui a retenu l’attention du jury. Last but not least: l’Estonie a également obtenu une mention spéciale pour son projet innovant axé sur le monde virtuel des jeunes. Belinda Wijckmans: «Si le projet déposé par la Belgique, à savoir le projet gantois ‘Fonctionnement de quartier intégré Bernadette : transformer les plaintes en motivation’, n’a pas remporté le Prix de justesse, il a été fortement apprécié par le jury pour son approche positive et holistique en activant l’ensemble du quartier.» «Le fil rouge dans chacune de ces success-stories est la manière dont la police a su adapter son fonctionnement compte tenu du groupe cible. Si l’on veut une police pour et avec le citoyen, cette collaboration doit impérativement tenir compte de la spécificité du groupe cible.» 


Anvers: Lauréat du Prix belge 2012

BBB pour les points chauds Le projet anversois BBB (Breken, Buigen en Bouwen ou Casser, Courber et Construire) est le 2e lauréat du Prix belge de Sécurité et de Prévention de la criminalité 2012. Ce plan en plusieurs phases vise à résoudre le problème des points chauds. À Anvers, les résultats sont sidérants, tant sur la De Coninckplein que sur la Bisthovenplein, où la criminalité enregistre un recul spectaculaire.

Anvers était réputée pour ses petites places où sévissaient la drogue, l’alcoolisme, les nuisances, des bandes qui revendiquaient la zone comme leur territoire… Pour ces points chauds, Anvers a adopté l’approche Casser, Courber et Construire. Davy Simons (conseiller Vivre Ensemble, Anvers): «Nous appliquons un plan d’action composé d’initiatives à court (casser), moyen (courber) et long (construire) terme. Ces actions se situent au niveau de la prévention, de la répression ou de l’assistance. Nous tirons les leçons des expériences des organisations et adaptons nos actions en conséquence.» Pour plus d’infos, contactez Davy Simons à l’adresse davy.simons@stad.antwerpen.be ou au n° 03/338.62.15.

Casser & courber ‘Casser’ désigne l’approche répressive de la criminalité par la police et la justice. Les actions sont très ciblées et visent les chefs de bande. Le but est de décapiter la bande. Davy Simons: «La tâche est délicate car une approche trop dure peut avoir l’effet inverse et renforcer le statut des personnes

Appel à projets - Prix Belge Le Prix belge de Sécurité et de Prévention de la Criminalité fête son 20e anniversaire. Le thème de cette édition spéciale est la violence. Il a été subdivisé en plusieurs sous-catégories. Si vous avez un projet de sécurité concernant la violence intrafamiliale, la violence envers les seniors, les fonctionnaires publics (police, travailleurs sociaux…) ou les holebis, ou encore violence et radicalisation, tentez votre chance! Inscriptions jusqu’au vendredi 31 mai. Le formulaire de participation se trouve sur http://besafe.be/fr/formulaire-prix-belge-2013. Bon à savoir: si vous voulez participer à la version européenne, votre projet doit avoir pour thème la prévention de la violence domestique. Pour plus d’infos: Alexandre.diquas@ibz.fgov.be.

concernées, enfoncer encore davantage les jeunes dans la délinquance et être perçu comme une provocation.» ‘Courber’ est une approche centrée sur l’aide axée sur les personnes provoquant des nuisances ou affichant un comportement antisocial. À la suite d’un PV SAC, ces personnes sont aiguillées par un médiateur vers des formules de conseil thérapeutique, de gestion de l’agressivité, de projet d’emploi, d’aide au logement… Avec une amende à la clé pour les récalcitrants. Davy Simons: «En 2010 et 2011, l’accent était mis sur les axes Casser et Courber, ce qui a eu un effet visible et immédiat. Le nombre d’infractions a chuté et les comportements dérangeants ont fortement diminué. Concrètement, sur la Bisthovenplein de Deurne, la criminalité a diminué de 62%, les cas de coups et blessures ont chuté de 66% et le vandalisme carrément de 87%. Ces chiffres sont éloquents.» Construire L’axe « Construire » consiste à améliorer la cohésion sociale et à augmenter les interventions infrastructurelles comme le réaménagement d’une place. Il s’agit bien sûr d’un travail de longue haleine, avec une procédure de marchés publics, de consultation des riverains et d’application. Davy Simons: «Il est important de tenir compte de ‘la voix du quartier’. Vous pouvez avoir la meilleure idée, initiative ou projet du monde, vous risquez les pires ennuis s’il n’est pas conforme aux souhaits des riverains et tous les efforts seront vains. Ne sous-estimez pas l’importance de l’élément de construction au niveau social. Les axes Casser et Courber entraînent une réduction immédiate des nuisances, mais il ne faut surtout pas en rester là. Construire est un passage obligé pour obtenir un effet durable.» 

Colophon • Abonnement et adresse rédactionnelle : SPF Intérieur, Direction générale Sécurité et Prévention, Ann Cossement, Boulevard de Waterloo 76, 1000 Bruxelles, besafe@ibz.fgov.be 02 557 33 05 • Editeur résponsable : Philip Willekens, Directeur général Sécurité et Prévention a.i., Boulevard de Waterloo 76, 1000 Bruxelles • Comité de rédaction : Dafne Vanhelleputte, Heidi Deridder, Anneleen Van Cauwenberge, Johan Meulders, Anne Laevens, Caroline Atas, Randy Maenhout, Astrid Nève • Rédaction et réalisation : www.f-twee.be • Photos : Bart Cloet, Corbis, Belga, Istock • Website : www.besafe.be

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a faire

Criminalité et perception Que pensent les citoyens européens de leur police? Pensent-ils que les politiques de prévention font reculer la criminalité? Quels sont les défis de demain pour la politique de sécurité tant nationale qu’européenne? Les réponses à ces questions figurent dans le 2e rapport du secrétariat de l’EUCPN, qui est basé en grande partie sur les chiffres de deux enquêtes européennes: l’Enquête sociale européenne et l’Eurobaromètre. Ce rapport se focalise sur la perception de la police et des politiques de prévention par les citoyens.

12 trucs et astuces de communication pour le conseiller en prévention vol

Pour le texte intégral du rapport, voir www.eucpn.org/research/reviews.asp.

La communication: la clé par excellence pour atteindre le citoyen

Prévenir les risques d’incendie domestique

Journée d’étude

Les seniors sont un groupe vulnérable, surtout en cas d’incendie comme l’actualité le rappelle parfois de manière dramatique. Les seniors sont moins capables de quitter une habitation en feu. Il est donc capital de réduire au maximum le risque d’incendie dans leur habitation. La visite d’un conseiller en prévention incendie n’est certainement pas un luxe superflu. Mais les séniors sont-ils au courant de l’existence même de ce service? Le groupe de travail «conseillers en prévention incendie» de la province de Flandre orientale organise une journée d’étude intitulée ‘Brandveilig samenleven: focus op senioren’ (‘Prévenir les risques d’incendie domestique: focus sur les seniors’), dans le but de mieux faire connaître auprès du secteur social la fonction de conseiller en prévention incendie. Cette journée d’étude aura lieu le vendredi 13 septembre 2013 au Centre culturel ‘De Steenoven’ (Kerkkouter 40 à Herzele). Les conseillers en prévention incendie et les travailleurs sociaux de votre commune sont également les bienvenus.

La voilà! On ne protège pas assez son habitation et ses biens. Les conseillers en prévention vol sont donc indispensables, mais l’existence de ce service est trop souvent méconnue. Pour y remédier, votre conseiller en prévention vol doit se faire connaître auprès du plus grand nombre possible de vos citoyens. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Sur le terrain, il est souvent livré à lui-même, avec peu de temps et de moyens. C’est pourquoi le SPF Intérieur a concocté une brochure proposant 12 conseils pour communiquer efficacement sans grandes dépenses. Cette brochure est téléchargeable sur www.besafe.be/fr/ base-de-connaissance/communication. Soumettez vos idées ou questions à la Direction générale Sécurité et Prévention via le 02 557 35 85, sliv@ibz.fgov.be ou www.besafe.be.

Faites-vous entendre Communiquez toutes vos nouvelles infos à Besafe! Souhaitez-vous que nous restions au courant de vos nouvelles les plus récentes en matière de sécurité? Mentionnez donc notre adresse e-mail besafe@ibz.fgov.be dans la liste de presse de votre commune ou ville. Pour les campagnes et les projets de sécurité intéressants, qui peuvent représenter un bon exemple pour d’autres autorités locales, nous prendrons contact avec vous pour une interview qui paraîtra… dans notre bulletin d’informations!

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Avez-vous un bon projet de prévention ? Utilisez-vous nos dépliants de manière originale ? Faites-le nous savoir via l’adresse e-mail besafe@ibz.fgov.be et nous enverrons nos rédacteurs découvrir votre action. Votre exemple peut en effet inspirer vos collègues d’autres communes.

Abonnement? Connaissez-vous des personnes qui se chargent de la sécurité dans leurs missions ? Elles peuvent également s’abonner à la présente lettre d’information. Besafe s’adresse en premier lieu aux bourgmestres et autres responsables locaux et aux travailleurs de prévention. Besafe paraît 5 fois par an et est gratuit. Abonnement: besafe@ibz.fgov.be


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