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le magazine de la sécurité pour les bourgmestres

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A l’avant-plan Se faire passer pour quelqu’un d’autre ou utiliser une ruse pour entrer dans votre habitation pour y commettre un vol,… pas un seul mois ne passe désormais dans la zone boraine sans qu’un vol par ruse ne soit commis. Une campagne de sensibilisation sera organisée par la police boraine, du 1er février jusqu’à la fin du mois de mars, pour enrayer ce phénomène. Des visites personnalisées des personnes dites ‘à risque’ et plusieurs séances d’information sont prévues. Infos: Vincent Dascotte, service d’appui au développement de la police Boraine: 065 61 00 25 ou appui.developpement@policeboraine.be

ADN synthetique Les communes possèdent une nouvelle arme dans la lutte contre le cambriolage et les attaques à main armée: les microdots et l’ADN synthétique qui permettent de marquer les objets. Saint-Gilles en Termonde a servi de laboratoire et les résultats s’avèrent positifs: les cambriolages chutent. En page 3, vous trouverez plus d’informations relatives à ce tout nouveau système de prévention, unique en Belgique.

Un oeil vigilant De plus en plus d’autorités locales envisagent la vidéosurveillance. Elles espèrent ainsi diminuer les nuisances, combattre la criminalité, accroître le sentiment de sécurité,... Depuis deux ans, des caméras montent la garde à Lier, dans trois zones: les alentours de la gare, les rues commerçantes et le quartier de divertissement qui entoure la Grand Place. Toutes les infos sont aux pages 4 et 5.

Je te tiens (a l’ecart) voleur ! La Direction Sécurité locale intégrale a profité de la présidence européenne pour partager ses connaissances avec d’autres Etats membres. Outre la médiation de quartier, la prévention contre les violences intrafamiliales, la cybersécurité et les nouvelles fonctions de sécurité et de prévention, notre pays a exposé ses connaissances en matière de prévention contre le cambriolage. La page 7 vous éclairera.

Une maison passive brule autrement Le premier volet de l’étude sur la sécurité incendie, ordonnée par la Ministre Turtelboom en 2009, indique que les risques d’incendie dans les maisons passives diffèrent de ceux des habitations classiques. Grâce à l’importante isolation, à l’étanchéité à l’air et à la ventilation contrôlée, la consommation d’énergie des maisons passives est pratiquement nulle. Un plus pour le portemonnaie et l’environnement, mais un incendie y produira également bien plus vite de la fumée et de la chaleur. Si les pompiers pénètrent dans une maison passive sans y être préparés, ils risquent de provoquer un backdraft, ou retour de flamme. Ce phénomène survient lorsqu’un incendie s’étouffe à cause du manque d’oxygène et qu’une porte, ou une fenêtre, est

“Un incendie de maison passive accumule très vite la chaleur et la fumée. Le risque de backdraft est bel et bien réel.” brusquement ouverte. De l’oxygène se mélange alors aux gaz ardents qui se sont accumulés et explose. Les sapeurs-pompiers sont actuellement informés des résultats de cette étude et apprennent les techniques propres aux maisons passives. De son côté, le SPF Intérieur diffuse des recommandations aux propriétaires: placez un détecteur de fumée, prévoyez plusieurs chemins d’évacuation et posez un clapet anti-retour dans le système de ventilation pour éviter que la fumée et autres vapeurs toxiques ne se propagent rapidement dans toute la maison. Et, lorsque vous prévenez les services de secours 100 ou 112, précisez que l’incendie concerne une maison passive. 

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Ma maison est-elle protegee contre l’incendie ? Dans la zone d’incendie Zuid-West-Vlaanderen, les citoyens peuvent depuis peu demander, par le biais d’un guichet électronique, la visite d’un conseiller en prévention incendie. Quel est le rôle d’un conseiller en prévention incendie ? « Les conseillers en prévention incendie (CPI) vous aident à mieux protéger votre habitation contre les risques d’incendie », explique Marijke Deroover de la Direction générale Sécurité et Prévention. Le SPF Intérieur a d’ailleurs déjà formé pas moins de 87 CPI. Guichet électronique Six CPI opèrent dans la zone d’incendie ZuidWest-Vlaanderen, qui comprend Menin, Courtrai, Deerlijk, Kuurne et Zwevegem. « Ici, les citoyens disposent depuis peu d’un guichet électronique qui leur permet de demander une visite gratuite d’un conseiller en prévention incendie. Ils ont en outre la possibilité d’assister, en groupe, à une séance gratuite d’information. Pour cela, il leur suffit de naviguer sur notre site web et de compléter un formulaire de demande », déclare Claude Monserez, conseiller en prévention incendie. Une valise bien remplie Les conseillers en prévention incendie ont suivi une formation spéciale et, pendant les visites qu’ils effectuent, ils sont équipés d’une valise remplie de matériel : détecteurs de fumée, couverture

anti-feu, morceau de porte coupe-feu, ordinateur avec des vidéos éducatives et autre matériel didactique. Comme le précise Marijke Deroover, « en sensibilisant la population aux risques d’incendie et à l’importance des mesures de prévention, nous espérons réduire le nombre d’incendies qui se déclarent dans les habitations et limiter les dégâts qu’ils occasionnent ». Vers une meilleure politique Le SPF Intérieur a l’intention d’étendre ce guichet électronique au niveau fédéral, afin de permettre à chaque zone d’incendie d’en bénéficier. « La création de la fonction de conseiller en prévention incendie et la mise en place de ce guichet électronique font partie intégrante d’un Plan de Prévention des Incendies dans les Habitations lancé il y a un an. Les résultats du premier moniteur mené en la matière ont montré que 74% des personnes interrogées n’ont que très peu, voire pas du tout conscience des risques liés aux incendies. Dans notre souci d’améliorer la politique menée, ‘conscientiser’ et ‘sensibiliser’ sont dès lors les maîtres mots. »  www.brandweerzonehervorming-hvz-zwvl.be

Les pieces d'un meme puzzle La Sûreté de l’État veut se départir de son image de service secret travaillant toujours seul. Pour récolter l’information, elle a besoin d’un relais au plus près du citoyen. Les administrations locales sont invitées à ouvrir l’œil !

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Une même personne qui se présente à la commune à plusieurs reprises durant la même année pour déclarer la perte de ses documents d’identité ou de son passeport, cela n’a rien d’illégal. Mais cela peut néanmoins paraître suspect ! Le 1er septembre dernier est entrée en vigueur la loi relative aux méthodes particulières de recueil des données. Sur base de cette nouvelle loi, les administrations locales peuvent désormais être soumises à l’obligation de transmettre des informations à la Sûreté de l’État. C’est pourquoi celle-ci a participé, début décembre, à une grande journée d’étude sur le sujet organisée par les Editions Politeia. Alain Winants, Administrateur général de la Sûreté l’État: «Les administrations communales sont des interlocuteurs proches du citoyen: domiciliation, pièces d’identité, passeport, documents de séjour,... Des informations qui semblent anodines à première vue peuvent, remises dans un contexte

plus large, devenir des informations très utiles. Elles sont un peu comme les pièces d’un puzzle qu’il faut reconstituer.» Quels sont les comportements qui peuvent attirer l’attention des agents communaux ? «Cela peut être la police ou le CPAS qui constate un changement visible dans la manière dont une personne s’habille et qui pourrait mener à une suspicion de radicalisation d’ordre religieux, par exemple. Des demandes d’exploitation de commerces de nuit avec paiement en liquide de taxes d’un montant élevé. Plusieurs demandes de passeports internationaux émanant de personnes bénéficiant de l’aide publique…», explique Alain Winants. Ces informations peuvent être transmises à l’une des neuf zones provinciales de la Sûreté de l’État qui s’assurera que les renseignements récoltés parviennent aux services centraux de la Sûreté de l’État pour y être recoupés et analysés. 


L’ADN synthetique demasque les voleurs Les communes possèdent une nouvelle arme de lutte contre les cambriolages dans les habitations et les attaques visant les commerces : des micropoints et de l’ADN synthétique pour marquer les objets. Depuis que la commune de Saint-Gilles en Termonde a été la 1ère à lancer ce système de prévention, seuls trois cambriolages ont été commis, contre dix-huit l’année précédente. En janvier dernier, des corps de police des quatre coins de Flandre ont assisté très attentivement à une session d’information organisée à Termonde.

Willy Velleman, coordinateur de la prévention du vol

«Le code unique fait qu’il est inutile de nier: vous étiez bien là.»

Un système unique en son genre en Belgique permet aux habitants et aux commerçants de Termonde de se protéger contre le vol : ils marquent leurs effets personnels à l’aide d’un liquide transparent. “Cette substance contient des micropoints sur lesquels un code unique est apposé à l’aide d’un laser. Un microscope numérique traduit ces informations en images, ce qui permet de conduire directement au propriétaire. Et même si les voleurs parviennent à effacer les micropoints, il nous est encore possible de les démasquer. En effet, le liquide contient également un ADN synthétique qui, en cas de doute, peut être analysé dans un labo (NICC)”, explique Willy Velleman, coordinateur de la prévention du vol. Pour les commerçants, le même système existe aussi sous forme de spray, dont le liquide se répand sur les cambrioleurs sans qu’il ne se voie ni ne se sente. La substance imprègne les vêtements et la peau. “Secret le plus absolu pour ce qui est du fonctionnement du système. Mais le code unique fait qu’il est inutile de nier : vous étiez bien là.”

Dans la pratique • Le bourgmestre est responsable de la sécurité dans sa commune. Il peut ainsi sensibiliser la population à (faire) marquer ses objets de valeur, p.ex. à l’aide d’ADN synthétique. • A l’instar de Termonde, d’autres communes peuvent également lancer et (co) financer un projet pilote. Un kit complet de ‘SDNA 50’ coûte 89,25 euros et comporte un liquide unique, un accessoire permettant d’apposer ce liquide, une lampe UV, des autocollants d’avertissement ainsi que 3 ans d’enregistrement gratuit dans la base de données. Un dispositif complet de spray pour les entreprises qui sont particulièrement exposées aux risques d’attaques à main armée coûte jusque 1 500 euros. • Avec ses collaborateurs en communication, la commune peut informer tous ses habitants et les médias. • Depuis la mise en place de ce projet pilote, le nombre de cambriolages a connu en moyenne une baisse de 50% et le nombre d’attaques une diminution de 65%.

Lampes UV Comment la police peut-elle mettre au jour ces informations invisibles ? “Le liquide s’illumine dans la lumière ultraviolette et c’est la raison pour laquelle nos agents se promènent avec une nouvelle ‘arme’ en poche : une lampe UV”, explique Willy Velleman. “Lors de contrôles de routine portant p.ex. sur les voitures, notre corps de police peut déjà voir rapidement si des objets marqués se trouvent dans un véhicule. Et le complexe cellulaire a également été équipé de lampes UV. En cas d’incarcération, toutes les personnes seront soumises à un contrôle, de même que tout ce qu’elles portent sur elles.” Les codes relatifs aux micropoints et à l’ADN synthétique sont insérés dans une base de données sécurisée en ligne, en même temps que les coordonnées du propriétaire et les caractéristiques des objets marqués. Des résultats impressionnants En octobre dernier, Termonde a lancé ce projet pilote dans l’ancienne commune de Saint-Gilleslez-Termonde. Plus de mille habitants ont acheté le kit familial que la ville propose pour la modique somme de dix euros. Les résultats sont frappants. “Depuis que nous avons annoncé à grand renfort de publicité que le quartier est protégé par de l’ADN synthétique, seuls trois cambriolages ont été commis. D’ailleurs, aucun de ces cambriolages n’a été commis dans une habitation faisant usage d’ADN synthétique. Les cambrioleurs et leurs receleurs savent à quel point l’ADN synthétique est efficace et restent donc à l’écart. Il s’agit d’un nouveau moyen de prévention très efficace qui, en combinaison avec les panneaux de dissuasion dans la rue et les autocollants ‘alarme’ sur les vitres, réduit considérablement les risques d’effraction. De plus, le CPAS, l’AZ Sint-Blazius et quelques écoles ont également acheté des kits”, déclare Willy Velleman. L’ADN synthétique est une technique qui a déjà été mise en œuvre avec succès en GrandeBretagne, aux Pays-Bas et en Allemagne. 

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le projet Camera Consult

Du coin de l'oeil De plus en plus de pouvoirs locaux songent à implanter un système de caméras. Grâce à cela, ils souhaitent diminuer les incivilités, combattre la criminalité et stimuler le sentiment de sécurité. Des ambitions haut placées, mais ces caméras permettent-elles de les atteindre ? Ce n’est en tout cas pas ‘la’ solution miracle. Ce constat ressort des enquêtes de terrain réalisées auprès de cinq communes. Avec le projet Camera Consult, la Direction Sécurité locale intégrale souhaite offrir des réponses objectives au nombre croissant de questions des autorités locales concernant les caméras de surveillance.

Didier Vanbesien, Direction Sécurité locale intégrale

«Un système de caméras doit faire partie d’une politique plus large et être encadré aux côtés d’un ensemble d’autres mesures.» 4

À Lierre, des caméras vous surveillent depuis deux ans du coin de l’œil. Elles ont été installées dans trois zones, à la demande de la police et en concertation avec la commune: la gare, les rues commerciales et le quartier le plus animé de la ville, autour de la Grand-Place. Pour la gare, le choix s’est porté sur des caméras fixes, tandis que sur les autres lieux, elles tournent à 360°. «Les caméras augmentent le sentiment de sécurité des citoyens», explique le commissaire Roger Laenens. «Mais nous souhaitons également accroître ce sentiment auprès de nos gardiens de la paix. Ces personnes sont nos yeux et nos oreilles dans la rue, mais ils ne disposent pas des prérogatives de la police ni de leurs armes. Leur travail gagne par ailleurs en efficacité grâce à la présence des caméras. Ils signalent un fait, à la suite de quoi les caméras peuvent rapidement zoomer sur un endroit donné et une patrouille de police prend alors le relais. Cela augmente les chances d’arrestation.»

Pas 24h sur 24 Les possibilités et les limites des caméras installées à Lierre ont été amplement communiquées à la population. «Le respect de la vie privée est garanti», explique Roger Laenens. «Les caméras ne peuvent pas ‘pourchasser’ les gens et des ‘points noirs’ empêchent que l’on regarde à l’intérieur par les fenêtres: de tels endroits sont rendus flous par le système. Les gens doivent également comprendre que les images ne sont pas scrutées jour et nuit. On ne charge quelqu’un de surveiller l’écran 24 heures sur 24 que lors d’événements exceptionnels ou de situations risquées. Cela donne un sentiment de sécurité de savoir que des enregistrements peuvent être visionnés en cas de délit. Légalement, ces caméras se trouvent toutefois encore dans une zone grise: il n’est pas encore établi clairement jusqu’à quel point ces images peuvent servir de preuve. Les hommes font la différence Les caméras augmentent le sentiment de sécurité. Mais augmentent-elles la sécurité en tant que telle, de manière objective ? La réponse n’est pas évidente, explique Didier Vanbesien (Direction Sécurité locale intégrale). Il établit ce constat sur base notamment de cinq enquêtes de terrain auprès de communes de référence, dans le cadre du projet Camera Consult. «Il ne faut pas s’attendre à atteindre des objectifs élevés en matière de sécurité uniquement à l’aide de caméras. Un système de caméras doit faire partie d’une politique plus large et être encadré aux côtés d’un ensemble d’autres mesures formant ainsi une approche globale. Pensez à des initiatives telles que la vigilance de quartier, l’encadrement des jeunes et la présence de gardiens de la paix. Ces mesures viennent compléter de manière appropriée l’utilisation de caméras. Celles-ci ne constituent en effet pas une solution


Info complementaire Dans le sillage du colloque du 16 février, plusieurs publications sont en préparation. Il s’agit de deux brochures complémentaires au guide publié sur les caméras de surveillance: un compte rendu du colloque (avec les présentations Power Point des intervenants et les réponses aux questions posées) et un résumé de l’étude Urban Eyes, menée par les Facultés universitaires de Namur. Dans le cadre de Camera Consult, vous pouvez vous adresser directement à la Direction générale Sécurité et Prévention pour obtenir des conseils sur mesure pour votre commune ou votre ville. Pour obtenir des informations sur le projet Camera Consult, vous pouvez directement vous adresser à la Direction Sécurité locale intégrale (Direction générale Sécurité et Prévention), infosliv@ibz.fgov.be, www.besafe.be

miracle. Elles ne peuvent s’avérer efficaces qu’au sein d’une politique de sécurité globale et intégrée. Au final, ce sont les hommes sur le terrain qui font la différence.» Colloque archi-comble Malgré les limites, l’intérêt pour les possibilités offertes par les caméras de surveillance est grand auprès des villes et communes. Cela s’est traduit notamment par une participation massive au colloque du 16 février. Les organisateurs ont reçu 330 inscriptions pour 200 places disponibles. Ce colloque était tenu sous l’intitulé ‘Caméras de surveillance dans votre commune, de la stratégie à la technologie. Les clés du succès !’ Durant la matinée, deux ateliers de discussion étaient organisés. Dans le premier, les bourgmestres ont expliqué quelle était pour eux la plus-value d’un système de caméras de surveillance. Dans le second atelier, quelques partenaires clés ont débattu autour de la question des personnes qu’il faut contacter en tant que bourgmestre pour mettre en place un projet autour de caméras de surveillance. Durant le temps de midi, ont été commentés les résultats de Urban Eyes, une analyse qualitative des systèmes de caméras en Belgique. Cette étude a été menée par des chercheurs des Facultés universitaires de Namur sous la direction du professeur Claire Lobet-Maris. Dans l’après-midi, ont été abordés de manière plus approfondie les aspects légaux et techniques de la problématique, entre autres par des collaborateurs de la Commission de la protection de la vie privée. Soutien pas à pas Un nouveau guide pour les villes et communes a également été présenté lors de ce colloque: ‘Comment installer un système de caméras de surveillances dans des lieux publics ?’. Ce guide s’ap-

puie sur les enquêtes de terrain déjà évoquées plus haut et les bonnes pratiques adoptées par les cinq communes de référence ainsi que sur le savoir-faire des experts. «Le guide contient ce qu’il faut savoir sur la stratégie globale à adopter, sur les aspects techniques des différentes sortes de systèmes et sur l’installation en tant que telle», ajoute Didier Vanbesien. «Les quatre premières parties s’adressent respectivement au bourgmestre, au gestionnaire de projet, à l’expert technique et à l’expert juridique. En tant que bourgmestre, vous pouvez par exemple consulter la liste des questions qu’il est préalablement judicieux de se poser. Existe-til bien un problème de sécurité que les caméras peuvent résoudre ? Des mesures alternatives ontelles été envisagées ? Le système n’est-il pas trop important ou trop cher par rapport à l’objectif poursuivi ? Et pour quelles formes de criminalité désirezvous installer des caméras ? Les caméras de surveillance conviennent par exemple mieux pour des délits commis dans des espaces publics clos que dans des endroits vastes et complexes. Elles sont également plus utiles dans le cas de délits commis contre des biens matériels plutôt que contre des personnes. La cinquième partie du guide porte sur les bonnes pratiques dans notre pays ainsi qu’à l’étranger. Cette publication donne donc une vue complète à toutes les parties concernées. Cela nous semble la seule façon d’aborder la question de l’installation d’un système de caméras de manière réfléchie, structurée et concertée.» Certains bourgmestres reculeront peut-être devant le coût annoncé par le guide pour l’installation d’un tel système. Il faut en effet compter en moyenne 20.000 euros pour l’installation des caméras, sans compter le coût de l’entretien annuel et la formation du personnel nécessaire. 

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Des etudiants et l’alcool Louvain sensibilise ses étudiants avec une ‘Louvamobile’, de l’eau gratuite dans les cafés estudiantins, un folder et un test sur Internet. Gand lance une grande campagne contre la consommation excessive d’alcool auprès des jeunes. Deux villes estudiantines, deux méthodes. Trop d’alcool donne peut-être l’illusion d’un peu d’assurance, mais cela entraîne surtout certains dégâts. «À Louvain, nous consacrons beaucoup d’attention au bien-être et à la santé», raconte Katrien Goossens (Service de Prévention à Louvain). «Nous faisons cela sous la forme d’un clin d’oeil. Un bel exemple, c’est la ‘Louvamobile’, une caravane de la VAD (L’Association flamande pour les problèmes d’Alcool et autres Drogues). Les jeunes y reçoivent de manière ludique des informations sur les risques liés à l’alcool, avec des tests sur ordinateur, des lunettes qui donnent l’impression d’avoir bu,… Ensuite, nous distribuons des folders sur les lois relatives à la consommation d’alcool et les étudiants peuvent tester leur comportement sur le site www.hoeveelisteveel. be. Enfin, nous incitons les jeunes à boire de l’eau gratuitement dans les bars estudiantins, grâce à l’action SCH2OL !, ce qui diminue les effets de l’alcool. Seul bémol: les étudiants sont fans des panneaux de la campagne et beaucoup trônent désormais dans leurs kots.» Les affiches de la campagne gantoise sont moins

attrayantes que les panneaux SCH2OL. Elles montrent des jeunes ayant abusé de la boisson dans des situations embarrassantes: une jeune fille ivre qui ne peut s’empêcher d’uriner, un jeune homme couché dans la rue, des amies qui vomissent,… Des légendes ironiques sont associées à ces images: ‘Martine, Extra Dry’, ‘Johnny, On The Rocks’ et ‘Bo&Julie, Premier Cru’. Une campagne choc ? Non, estime le coordinateur drogues Filip De Sager. «Ces photos sont inspirées de la réalité, et sur Youtube et Facebook, on y voit même bien pire. Nous combinons ces images avec un message approprié. Cela passe toujours mieux avec de l’humour.» Pas cool Malgré une différence de style, les deux campagnes ont atteint leur objectif. «Elles peuvent parfaitement coexister», estime Katrien Goossens. «L’important, c’est que les jeunes réfléchissent et qu’ils changent de comportement. Il faut qu’ils comprennent que ce n’est ni cool ni sain de boire jusqu’à tomber là.» 

Nouvelles regles pour les PLP Les Partenariats locaux de Prévention assurent un échange constant d’informations entre la police locale et les citoyens. Une nouvelle circulaire est entrée en application.

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ENSEMBLE VEILLONS À NOTRE

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En décembre dernier, la ministre de l’Intérieur, Annemie Turtelboom, signait la nouvelle circulaire relative aux Partenariats locaux de Prévention, ou ‘PLP’, qui remplacent désormais le Réseau d’Information de Quartier. «La circulaire signée en décembre 2010 évoque une attitude plus dynamique en ce qui concerne les Partenariats locaux de Prévention, avec par ailleurs une meilleure prise en compte des nouvelles technologies pour faciliter la communication au sein des PLP», explique Dafne Vanhelleputte, responsable de projet au SPF Intérieur. Des représentants des PLP seront présents au sein du comité d’orientation et des groupes de travail provinciaux.

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Pour plus d’informations: Jacques Ickx, jacques.ickx@ibz.fgov.be, 02/557 35 24 www.besafe.be/plp

URITÉ

Périmètre élargi La nouvelle circulaire prévoit également un élargissement du scope de ces PLP. L’impulsion pour créer un PLP peut désormais émaner des autorités locales ou de la police mais également d’une association locale ou professionnelle. «Les personnes

qui souhaitent adhérer au PLP ne doivent cependant pas être ou devenir membres de l’association locale ou professionnelle en question», complète Dafne Vanhelleputte. Un PLP doit être mis sur pied au sein d’un périmètre géographique déterminé, mais celui-ci s’étend désormais aux ports de plaisance, aux forains ou à des professions spécifiques (pharmaciens notamment), qui doivent également faire face à des formes de criminalité spécifiques. La communication s’opèrera le plus souvent directement entre la police et le citoyen. Un logo Dorénavant, les informations relatives à la prévention des cambriolages seront mieux mises en concordance avec celles en matière de prévention incendie. Les corps de sapeurs-pompiers peuvent fournir aux PLP des conseils utiles en la matière. Enfin, afin d’éviter une prolifération de logos les plus divers, le seul logo PLP reconnu figurera désormais sur le site Internet du SPF Intérieur. 


Halte aux voleurs ! La Belgique est un pays expert dans le domaine de la prévention des cambriolages. La Direction Sécurité locale intégrale a d’ailleurs profité de la Présidence belge de l’Union européenne pour partager son savoirfaire avec les autres Etats membres européens. La présidence du Réseau européen de Prévention de la Criminalité (EUCPN) change tous les six mois – parallèlement à la Présidence tournante de l’UE. Au second semestre de 2010, la présidence de l’EUCPN a été assurée par Philip Willekens (Directeur de la Direction Sécurité locale intégrale). Afin de garantir une certaine cohérence en termes de politique, la Belgique a collaboré avec l’Espagne et la Hongrie, qui l’ont respectivement précédée et suivie dans le cadre de la présidence européenne. “Nous nous sommes particulièrement penchés Sylvie Murengerantwari, sur le thème Une maison sûre dans un quartier Direction Sécurité locale intégrale sûr”, raconte Sylvie Murengerantwari (Direction Sécurité locale intégrale). “Outre la médiation de quartier, la prévention de la violence intrafamiliale, «Nous avons mis la cybersécurité et les nouvelles fonctions de sél’accent sur la curité et de prévention, nous avons mis l’accent prévention des sur la prévention des cambriolages dans les hacambriolages dans bitations, un domaine dans lequel nous avons acles habitations.» quis une expertise non négligeable au cours des dix dernières années. Notre pays a notamment développé une approche intégrale, en mettant en place une collaboration étroite entre la police fédérale, la police locale, les communes et la justice. Les communes et la police locale disposent en outre de quelques 700 conseillers en technoprévention qui dispensent des conseils objectifs et gratuits sur la prévention des cambriolages.”

ateliers et un marché de la prévention ont été organisés afin de présenter les bonnes pratiques mises en oeuvre. Les experts ont ainsi pu échanger leurs expériences et élargir leurs réseaux. La clé de voûte de la présidence belge a assurément été la présentation de la boîte à outils ‘Towards a Secure Home’, destinée aux travailleurs de prévention à travers l’Europe. “Il s’agit d’un instrument scientifique qui peut aider d’autres Etats membres dans le développement d’une politique de prévention des cambriolages”, explique Evi Devis (Direction Sécurité locale intégrale). “Nous mettons notamment à disposition une maison virtuelle qui propose au visiteur des conseils sur la prévention des cambriolages et des incendies.” Les autres Etats membres de l’UE ont manifesté un vif intérêt pour les conseillers en technoprévention belges. Quant à la Belgique, elle a été marquée par une initiative roumaine – l’un des projets participant au European Crime Prevention Award. Sylvie Murengerantwari : “Les services roumains ont investi toute une semaine durant dans la communication et la sensibilisation du public en matière de prévention. Cette campagne peut véritablement servir d’exemple à la Belgique, car même si nous avons consacré d’importants moyens dans différentes initiatives, celles-ci ne bénéficient pas encore de la notoriété nécessaire.”

La boîte à outils La présidence belge de l’EUCPN a débuté en septembre dernier par une tournée de rencontres éclair, permettant à tous les représentants nationaux d’obtenir un aperçu des initiatives prises dans chaque Etat membre européen sur les cinq thèmes retenus. Les 1er et 2 décembre, cinq

Colophon • Abonnement et adresse rédactionnelle: SPF Intérieur, Direction générale Sécurité et Prévention, Ann cossement, Boulevard de Waterloo 76, 1000 Bruxelles, besafe@ibz.fgov.be 02 557 33 05 • Editeur résponsable : Jérôme Glorie, Directeur général Sécurité et Prévention, Boulevard de Waterloo 76, 1000 Bruxelles • Comité de rédaction: Sabrina Buelens, Stefaan Saey, Evy De Munck, Johan Meulders, Anne Laevens, Caroline Atas, Danielle Dewit, Timmy Dewaele, Ann Cossement • Rédaction et réalisation: www.f-twee.be • Photos: Bart Cloet, Corbis, Belga, Istock • Website: www.besafe.be

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Nouvelle brochure relative a la prevention incendie dans les batiments industriels

Introduisez votre projet ! Vous avez mis sur pied un projet innovant en matière de sécurité, qui peut servir d’exemple pour d’autres autorités locales ? Inscrivezvous sans plus attendre à l’édition 2011 du Prix belge Sécurité et Prévention de la Criminalité, qui s’articulera autour du thème suivant: ‘Le Sport, la Science et l’Art dans la prévention de la criminalité chez les enfants et les jeunes’. Le gagnant de ce grand concours se verra non seulement décerner la somme de 5.000 euros, mais il pourra également participer au Prix européen de Prévention de la Criminalité qui sera organisé en Pologne. Vous pouvez vous inscrire jusqu’au 22 avril 2011. Pour plus d’infos, consultez www.besafe.be.

Depuis 2009, l’annexe 6 de l’Arrêté royal du 7 juillet 1994 est applicable en matière de prévention incendie dans les bâtiments industriels. Les concepteurs de bâtiments industriels, les pompiers et autres spécialistes en prévention incendie peuvent, à l’aide de cette brochure fort pratique, déterminer la classe d’un bâtiment industriel. Ladite brochure comporte un tableau des activités industrielles les plus courantes, ce qui permet de déterminer rapidement la classe du bâtiment industriel concerné. Pour ceux et celles qui devraient quand même se livrer à un calcul approfondi, la brochure explique également les formules nécessaires. Une version électronique de la brochure est disponible sur www.besafe.be (volet ‘Publications’) La brochure peut également être commandée via infodoc@ibz.fgov.be

Affichage du prix des loyers et des charges Depuis 2007, les montants du loyer et des charges communes doivent être clairement indiqués sur l’annonce. Ceci permet au candidat-locataire de gagner du temps et de l’argent et évite d’éventuelles pratiques discriminatoires de la part du propriétaire. Malheureusement, cette loi n’est pas respectée partout ni par tous. Les communes sont garantes de la bonne application de celle-ci, notamment par le biais d’une information claire des propriétaires, et le cas échéant, d’une amende envers les contrevenants. Dans le cadre du Plan de Lutte contre la Pauvreté, nous vous encourageons à utiliser les moyens que vous jugerez utiles afin de veiller au respect de cette législation. 

Nouveau leaflet sur le conseiller en technoprévention Grâce à ce leaflet, vous pourrez mieux faire connaître à vos citoyens l’existence et le rôle des conseillers en technoprévention de votre commune ou zone de police. Celle-ci explique l’intérêt qu’a le citoyen à faire appel au CTP pour obtenir des conseils neutres, sur mesure et gratuits pour la sécurisation de son habitation contre le cambriolage. Sur ce leaflet, un emplacement est prévu pour que vous puissiez mettre les coordonnées du CTP de votre commune ou de votre zone de police. Pour commander des exemplaires, envoyez un mail à infodoc@ibz.fgov.be ou un fax au 02 557 35 22. Ce leaflet est également téléchargeable sur www.besafe.be

Contact: anneleen.vancauwenberge@ibz.fgov. be, 02 557 35 78

Faites-vous entendre Avez-vous un bon projet de prévention ? Utilisez-vous nos dépliants de manière originale ? Faites-le nous savoir via l’adresse e-mail besafe@ibz.fgov.be et nous enverrons nos rédacteurs découvrir votre action. Votre exemple peut en effet inspirer vos collègues d’autres communes.

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A l’AvAnt-plAn Se faire passer pour quelqu’un d’autre ou utiliser une ruse pour entrer dans votre habitation pour y commettre un vol,… pas un seul mois ne passe désormais dans la zone boraine sans qu’un vol par ruse ne soit commis. Une campagne de sensibilisation sera organisée par la police boraine, du 1er février jusqu’à la fin du mois de mars, pour enrayer ce phénomène. Des visites personnalisées des personnes dites ‘à risque’ et plusieurs séances d’information sont prévues. Infos: Vincent Dascotte, service d’appui au développement de la police Boraine: 065 61 00 25 ou appui.developpement@policeboraine.be

ADn synthetique Les communes possèdent une nouvelle arme dans la lutte contre le cambriolage et les attaques à main armée: les microdots et l’ADN synthétique qui permettent de marquer les objets. Saint-Gilles en Termonde a servi de laboratoire et les résultats s’avèrent positifs: les cambriolages chutent. En page 3, vous trouverez plus d’informations relatives à ce tout nouveau système de prévention, unique en Belgique.

Un oeil vigilant De plus en plus d’autorités locales envisagent la vidéosurveillance. Elles espèrent ainsi diminuer les nuisances, combattre la criminalité, accroître le sentiment de sécurité,... Depuis deux ans, des caméras montent la garde à Lier, dans trois zones: les alentours de la gare, les rues commerçantes et le quartier de divertissement qui entoure la Grand Place. Toutes les infos sont aux pages 4 et 5.

Je te tiens (a l’ecart) voleur ! La Direction Sécurité locale intégrale a profité de la présidence européenne pour partager ses connaissances avec d’autres Etats membres. Outre la médiation de quartier, la prévention contre les violences intrafamiliales, la cybersécurité et les nouvelles fonctions de sécurité et de prévention, notre pays a exposé ses connaissances en matière de prévention contre le cambriolage. La page 7 vous éclairera.

Une maison passive brule autrement le premier volet de l’étude sur la sécurité incendie, ordonnée par la ministre turtelboom en 2009, indique que les risques d’incendie dans les maisons passives diffèrent de ceux des habitations classiques. grâce à l’importante isolation, à l’étanchéité à l’air et à la ventilation contrôlée, la consommation d’énergie des maisons passives est pratiquement nulle. un plus pour le portemonnaie et l’environnement, mais un incendie y produira également bien plus vite de la fumée et de la chaleur. si les pompiers pénètrent dans une maison passive sans y être préparés, ils risquent de provoquer un backdraft, ou retour de flamme. ce phénomène survient lorsqu’un incendie s’étouffe à cause du manque d’oxygène et qu’une porte, ou une fenêtre, est

“Un incendie de maison passive accumule très vite la chaleur et la fumée. Le risque de backdraft est bel et bien réel.” brusquement ouverte. de l’oxygène se mélange alors aux gaz ardents qui se sont accumulés et explose. les sapeurs-pompiers sont actuellement informés des résultats de cette étude et apprennent les techniques propres aux maisons passives. de son côté, le spF intérieur diffuse des recommandations aux propriétaires: placez un détecteur de fumée, prévoyez plusieurs chemins d’évacuation et posez un clapet anti-retour dans le système de ventilation pour éviter que la fumée et autres vapeurs toxiques ne se propagent rapidement dans toute la maison. et, lorsque vous prévenez les services de secours 100 ou 112, précisez que l’incendie concerne une maison passive. 

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Connaissez-vous des personnes qui se chargent de la sécurité dans leurs missions ? Elles peuvent également s’abonner à la présente lettre d’information. Besafe s’adresse en premier lieu aux bourgmestres et autres responsables locaux et aux travailleurs de prévention. Besafe paraît 5 fois par an et est gratuit. Abonnement: besafe@ibz.fgov.be

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