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Tragique, traumatisé par sa circoncision, un des plus grands esprits du 20ème siècle : Claude Lévi-Strauss, commet deux graves erreurs et défaille dans la comparaison interculturelle (English: Tragic, traumatized by his own circumcision, one of the greatest minds of the 20th century: Claude LéviStrauss, commits two grave mistakes and wavers in intercultural comparison)

Etui pénien bororo "La circoncision et l'imposition de l'étui pénien sont en rapport de symétrie inversée." "… imposer un étui pénien culturel ou retirer un étui pénien naturel répond au même projet : marquer la verge d’un signe culturel, par addition ou par retrait." 1

L'étui pénien, un marquage ? La circoncision, un marquage ? Certainement pas ! Un marquage imprime, la circoncision retranche, elle est beaucoup plus qu'un marquage. Quant à l'étui pénien, c'est une parure, amovible au contraire de l'ablation chirurgicale irréversible réalisée par une torture atroce. Parler de marque pour une coiffe est aberrant. Quoi qu'il en soit, Lévi-Strauss amalgame les deux rituels. Bien sûr, ils ont des points communs : ils sont imposés par le groupe, ils séparent les mâles des femelles, ils affichent l'entrée dans le clan des hommes. Mais l'étui pénien a un caractère plaisant, presque ludique, c'est un ornement, une décoration, tandis que la circoncision est une Lévi-Strauss C. Exode sur Exode. In L'Homme, 1988 (106/107). Le mythe et ses métamorphoses, p. 13-19. 1


torture mutilatrice provoquant une douleur extrême dont le but est d'amoindrir le plaisir 2 et, surtout, de mettre la personne humaine, dès son plus jeune âge, sous la terreur d'une menace de castration présentifiée à vie par un commencement de réalisation. La qualification de marque est donc éthiquement et intellectuellement fausse. De la part d'un scientifique, cette erreur est énorme, incroyable, inimaginable. Elle est symptomatique du traumatisme inconscient provoqué chez son auteur par sa propre circoncision. Son discours est apparemment scientifique : "… comparer non des rites qui superficiellement se ressemblent, mais qui diffèrent au point qu’à l’époque de Frazer, les ouvrages d’ethnologie les auraient traités séparément : le rite de circoncision à propos des mutilations corporelles, le rite d’imposition de l’étui à propos du costume ou bien des parures et des ornements. Derrière ces différences de surface, seule une critique interne permet d’atteindre un schème invariant. On se demande à quelles conditions plusieurs usages, mythes ou rites, convenablement redéfinis, pourraient être mutuellement convertibles. Et c’est cette invariance découverte à un niveau profond qui autorise et légitime le travail de comparaison. Chez Frazer (pour l’œuvre monumentale duquel rien ne peut ébranler notre admiration), un comparatisme à fleur de peau pousse à des généralisations souvent prématurées. Je procède à l’inverse : généraliser d’abord et comparer ensuite."

Mais cette débauche de rationalisations masque une tolérance inconsciente envers le crime contre l'humanité banalisé dont ses praticiens insensés se croient moralement supérieurs par une croyance aussi religieuse qu'infantile, dans un racisme artificiel, chirurgicalement fabriqué et donc particulièrement discriminatoire, au point que son absence est sanctionnée par l'exclusion de la communauté. Voir un invariant entre la circoncision et l'étui pénien est d'autant plus apologétique de la circoncision que cette rationalisation prétend à la scientificité. Cependant, une deuxième erreur, de fait cette fois-ci, témoigne de la gravité du traumatisme de la circoncision chez Lévi-Strauss : "Le résultat est d'exposer le gland dans un cas, de le dissimuler dans l'autre."

Seule la première partie de cette phrase est vraie ; l'étui pénien ne dissimule pas le gland qui est déjà recouvert par le prépuce. Il n'y a donc pas "symétrie inversée" et cette erreur projette sur des intacts l'état de circoncis d'un auteur qui semble souhaiter dissimuler son propre gland même dans l'intimité, au contraire des Bororos qui enlèvent leur étui la nuit. De surcroît, Lévi-Strauss ignore la psychanalyse et le travail de Roheim sur les primitifs ("Psychanalyse et anthropologie" date de 1950, "Tristes tropiques" de 1955). Selon ce dernier, et d'autant plus qu'ils vivaient nus, les Bororos ont bien davantage de chance de réussir leur Œdipe que les circoncis : "... la surabondance des rituels traitant de ce thème (l'oralité) est un camouflage du complexe d'Oedipe." Bertaux-Navoiseau M. Sondage : 81% des circoncis ignorent les petits orgasmes en série, 91% des intacts en jouissent. 2

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"Il me semble que, bien que les éléments oraux et de séparation soient indubitablement présents, ils constituent seulement un mécanisme de défense régressif et rituel, un rempart contre l'Œdipe, l'agressivité et la virilité." 3

Enfin, Lévi-Strauss rappelle dans le même texte la circoncision du fils de Moïse. Le comparatisme devient là proprement délirant puisqu'à la différence du caractère honorifique de l'étui pénien, cette circoncision ne fut pas seulement forcée sur l'enfant, mais aussi sur la famille4. Pour le psychanalyste, réunir dans un même texte deux pareilles erreurs au sujet de l'extrémité du pénis est symptomatique du traumatisme de la circoncision de notre "triste" sociologue et ces erreurs révèlent un désir inconscient : ne pas être circoncis. Il semble que Lévi-Strauss a choisi d'étudier les Bororos justement à cause de leur étui pénien, dans un désir inconscient de mettre en cause la circoncision judaïque et de montrer, par comparaison, le caractère amusant, sympathique de l'étui. Si ce dernier met en valeur le sexe masculin de façon tout aussi sexiste que la circoncision, c'est quand même sans le mutiler. Face aux extravagances obsessionnelles du communautarisme primitif, l'insistance structuraliste de Lévi-Strauss semble être un symptôme encore plus obsessionnel d'un communautarisme s'abritant derrière une pseudo-scientificité qui, s'égarant dans ses propres classifications, obéit en fait à des mécanismes psychologiques inconscients : l'équivalence des contraires dans la première erreur, la projection dans la seconde. Seule la psychanalyse permet de voir clair dans ce magma patriarcal. Lévi-Strauss n'échappe pas au comparatisme qu'il reproche à Frazer et semble avoir été jaloux des beaux étuis à plumes de ses chers Bororos. Mais il a bien vu l'invariant commun aux deux rituels : l'absurde, sexiste et antinaturelle séparation des hommes d'avec les femmes. Cependant, puisqu'il voulait comparer, le sociologue aurait pu remarquer que la circoncision a une visée endogamique et raciste (prétention de supériorité morale) inexistante chez les Bororos. L'auteur de "Race et histoire" n'avait pas le droit d'affirmer : "Le barbare, c'est d'abord celui qui croit à la barbarie" 5, comme Montaigne d'ailleurs : "Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage." Cela revient à dire que la barbarie n'existe pas. C'est de l'angélisme. Le respect des cultures n'autorise pas à tolérer l'intolérable. La pratique généralisée du génocide au 20 ème siècle, systématiquement commise en présence de la circoncision, d'un côté ou de l'autre et parfois des deux côtés 6, renverse cette affirmation dans celle que le barbare est celui qui s'autorise la barbarie, laquelle correspond à des faits et non à des définitions intellectuelles ou morales. Or il existe une barbarie qui échappe fréquemment à toute 3 Roheim G. Psychanalyse et anthropologie. 1950. Paris : Gallimard ; 1967. 192-93. 4 Dans notre ouvrage "Circoncision, la Bible falsifiée", nous avons interprété cette circoncision

biblique de façon cohérente avec l'histoire réelle, ce qui seul permet de comprendre ce qui s'est passé entre Séphora, le prétendu Dieu et Moïse : Bertaux-Navoiseau M. Circoncision, la Bible falsifiée. 5 Lévi-Strauss C. Race et histoire. Paris : Denoël-Gonthier ; 1968, p. 19-22. 6 Bertaux-Navoiseau M. Génocide et circoncision, causalité et corrélation quasi absolue (théorie psychanalytique du génocide). 3


condamnation : la pire de toutes, la barbarie sur les enfants. Concernant cette dernière, le relativisme culturel est aux antipodes de l'éthique élémentaire. Si chacun est en droit de définir ses propres normes, la loi naturelle s'impose à tous, surtout lorsqu'elle est confirmée par la science. Or la médecine condamne sans appel les coutumes qui mutilent le corps humain. La déontologie médicale est claire : une mutilation ne peut être pratiquée sans "très sérieux motif médical" (article 41 du code de déontologie). En conclusion, en osant comparer étui pénien et circoncision, ce texte inconsciemment et pathologiquement narcissique occulte lourdement la plus abjecte pédocriminalité, une pédocriminalité contre l'humanité aux conséquences planétaires gravissimes 7. Cette sociologie et cette philosophie idolâtres des différences culturelles voudraient dicter une éthique perverse, ignorante de l'éthique. Elles sont utilisées par une poignée d'universitaires féministes afro-américaines formées par l'anthropologie culturelle des États-Unis circonciseurs. Victimes des syndromes de Stockholm et de Münchhausen particuliers aux mutilations sexuelles8, elles vont, dans un délire hystérique, se faire exciser dans leur pays d'origine et accuser d'impérialisme les militants contre l'excision 9. Ce délire eugéniste appartient au racisme de supériorité morale puritaine typique des mutilations sexuelles.

7 Voir une série d'articles sur le thème Racisme, violence et circoncision :

https://nouvelobs.academia.edu/MichelHerv%C3%A9BertauxNavoiseau/Racisme,-violence-etcirconcision 8 Bertaux-Navoiseau M. Les mutilations sexuelles (excision, circoncision), une dangereuse folie transgénérationnelle et collective : un syndrome de Münchhausen par procuration et un syndrome de Stockholm aggravé. 9 Tierney J. A new debate on female circumcision. The New York times. 30 novembre 2007. https://tierneylab.blogs.nytimes.com/2007/11/30/a-new-debate-on-female-circumcision/ 4

Tragique, traumatisé par sa circoncision, Lévi-Strauss commet deux graves erreurs sur l'étui pénien  
Tragique, traumatisé par sa circoncision, Lévi-Strauss commet deux graves erreurs sur l'étui pénien