Page 1

Entre barbarie et exclusion, la circoncision rituelle, le plus grand crime contre l'humanité, une discrimination artificielle, le pire apartheid, masqué derrière religion, tradition, culture et folklore catalyseur de fanatisme, violence aux femmes, terrorisme, guerre et génocide (English: Between barbarity and exclusion, circumcision, the greatest crime against humanity, an artificial racism masked behind religion, tradition, culture and folklore, catalyst of fanaticism, terrorism, war, genocide and feminicide)

CET ARTICLE EST UN CHAPITRE DE MON LIVRE PUBLIÉ À PETIT PRIX CHEZ AMAZON : https://www.amazon.fr/dp/B07JNCYPFQ

Le mur des noms, Mémorial de la Shoah, Paris

DUR ET PROVOCANT, CE DOCUMENT NE VISE PAS À SUSCITER LA HAINE, SAUF CONTRE L'IDÉOLOGIE FANATIQUE QUI ENGENDRE L'HORREUR DES MUTILATIONS SEXUELLES, TOUT PARTICULIÈREMENT LA CIRCONCISION. "Le sexe de (l'enfant) apparaît bien comme un enjeu de possession, un symbole de soumission." Simone Veil, qui a écrit "la femme" et non l'enfant 1 "Le crime contre l'humanité est l'aboutissement d'un totalitarisme dont l'un des aspects structurels est l'abolition de la conscience individuelle." Mazarine Pingeot 1 Veil S. Préface au supplément au Bulletin de l'Académie nationale de médecine : Les mutilations sexuelles féminines, un autre crime contre l'humanité. 2004, 188 (6).


2

L'article 3 (Droit à l'intégrité de la personne) de la Charte de l'Union européenne (7 décembre 2000) interdit les "pratiques eugéniques, notamment celles qui ont pour but la sélection des personnes". Le 14 juin 2013 à la Sorbonne, ouvrant l'assemblée fondatrice d'"Excision, parlons-en", Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l'homme a déclaré qu'elle mentionnerait dans son rapport au président de la république que les mutilations sexuelles féminines et masculines sont discriminatoires. Mais, publié le même jour, son "Discours de la présidente"2 ne parle plus de la circoncision, limite le propos à la discrimination subie (handicaps) et omet donc celle exercée sur la communauté et le reste de l'humanité. Le 1er octobre 2013, pour la première fois dans l'histoire, une importante assemblée politique supranationale, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, s'est prononcée à une forte majorité pour le respect du droit de l'enfant à l'intégrité physique en butte aux rituels religieux. Elle a condamné "les pratiques (souvent présentées par leurs tenants) comme un bienfait pour les enfants, en dépit d’éléments présentant manifestement la preuve du contraire… notamment les mutilations génitales féminines, la circoncision pour motifs religieux… "3. Elle a conforté sa décision quelques mois plus tard par l'audition de spécialistes internationaux de la question. Cette décision a provoqué un tollé des religieux musulmans et juifs, auxquels s'est joint le chef de l'état d'Israël. Quelques semaines plus tard, l'avis du 28 novembre 2013 de la CNCDH 4 n'a mentionné ni la circoncision ni la discrimination. Il semble que, politique électorale obligeant, les religieux ont fait la loi contre les droits de l'enfant. Les plaisirs de l'autosexualité sont, universellement sauf rares exceptions, méprisés et/ou condamnés, au point qu'une minorité des cultures (30% de l'humanité) détruit ses organes spécifiques (le prépuce, et parfois le clitoris). L'usage fréquent du même terme pour les deux mutilations montre leur commune finalité ; en arabe classique, "khitan" et "khatna", mais aussi "tahara" ou "tohhor" qui signifient aussi propreté, désignent l'excision et la circoncision. Cependant, les atroces ravages de l'excision ne sont que le sommet de l'iceberg des mutilations sexuelles. Car si les dommages physiologiques et sexologiques 5, 6 parfois graves7 de la circoncision sont le plus souvent occultés, nous allons voir qu'à l'échelle de la planète, ses 2 La CNCDH réaffirme son soutien à la lutte contre l’excision 3 Le droit des enfants à l’intégrité physique 4 Avis sur les mutilations sexuelles féminines 5 Bertaux-Navoiseau M. Lèvre érogène et protectrice d'érogénéité, le prépuce est un organe sexuel ; son excision est une mutilation. 6 Bertaux-Navoiseau M. Sondage : 82% des circoncis ignorent les petits orgasmes en série, 91% des intacts en jouissent. 7 http://ulwaluko.co.za/Photos.html 2


3

conséquences psychosociologiques sont dramatiques. L'ineptie de cette mutilation éclate dans le fait qu'un des principaux résultats escomptés : réduire l'appétit sexuel, n'est pas atteint et l'on doit penser que d'autres buts sont visés. Pratiqués en masse sur les mineurs incapables de se défendre, ces sacrifices humains avec torture sont un comble de la violence éducative banalisée (VEO) qui enseigne la raison du plus fort, la violence, la barbarie, le sexisme et son corollaire : le racisme. Ces techniques de soumission par la terreur jouent sur un amalgame entre identité et appartenance ou affiliation caractéristique de la pensée raciste ; les rites primitifs de marquage sont des signes artificiels d’appartenance ou d'affiliation mais certainement pas d'identité. Autoexclusion, ils ne discriminent pas seulement l'enfant et la communauté, ils discriminent aussi le reste de l'humanité, auquel leurs victimes se croient moralement supérieures du fait de leur mutilation. Miriam Pollack a montré que la circoncision est une expression du sexisme masculiniste 8. Elle est d'autant plus sexiste qu'elle contraint l'homme à dominer la femme, laborieusement, dans le coït. Le sexisme étant le degré zéro du racisme, il n'est pas étonnant que ce dernier soit présent dans des mutilations qui discriminent enfants, individus, communautés, et le reste de l'humanité. Discriminatoires, les mutilations sexuelles sont aussi une condition sine qua non d'appartenance, sous peine d'exclusion de la communauté.

I – La discrimination par les mutilations sexuelles : des amalgames Le "raisonnement" par amalgame est au cœur de la pensée raciste. Or les mutilations sexuelles reposent sur une série d'amalgames : 1/ L'amalgame entre genre et sexe Parfois présent (cultures africaines), il imagine que la suppression des organes sexuels évoquant le sexe opposé confèrerait une supériorité par un plus de féminité ou de masculinité. 2/ L'amalgame entre mutilation sexuelle et supériorité physique et morale "Nous devons aussi prendre en considération que percevoir la mutilation en tant que telle n’est pas toujours évident, comme cela apparaît clairement quand nous pensons aux différentes réponses 8 Pollack M. Circumcision, identity, gender and power. http://www.huffingtonpost.com/miriam-pollack/circumcision-identity-gen_b_1132896.html 3


4

émotionnelles aux mutilations génitales rituelles pratiquées encore aujourd’hui sur les jeunes filles dans certaines parties d’Afrique et du Moyen-Orient. Ce qui est vu avec fierté comme un signe d’affiliation au sein d’une communauté donnée est vu avec aversion par ceux qui ne partagent pas le même espace mental. C’est seulement lorsque l’isolement culturel est surmonté et que les perceptions divergentes de la même "blessure symbolique" entrent en contact que sont créées les conditions pour un conflit, et les contradictions peuvent alors commencer à être mises en lumière." Carlo Bonomi 9

Banal mais extravagant, le sentiment de supériorité esthétique dont s'enorgueillissent les circoncis a été dénoncé par Reyes et Zagdanski 10 et moqué par Jacques Lacan 11. Mais la circoncision relève avant tout d'un ordre moral puritain dont le dessein inavoué est de dominer la population, à commencer par la jeunesse, par la terreur d'un sacrifice humain qui est avant tout une menace de castration et de mort : "Je t'en coupe un petit bout aujourd'hui mais gare à toi !" Dans les cultures de la polygamie, de ses harems et eunuques totalement évirés, la menace n'était pas un vain mot. Ce puritanisme s'accompagne de l'affirmation d'une supériorité morale que la circoncision garantirait. Il prétend fabriquer des surhommes (surfemmes) moralement supérieurs, élus de Dieu ou des ancêtres : "Ce commandement n'a pas été institué pour corriger une déficience congénitale mais une déficience morale." Maïmonide12

Fondée sur une différenciation physique, cette discrimination équivaut à un racisme artificiel qui cache bien son jeu. Car reposant sur une culpabilité et une volonté de punir (péché originel) aussi insensées l'une que l'autre, cette revendication de supériorité morale, voire même spirituelle (la mutilation suggère l'abstention et le mépris de l'autosexualité érigée en péché), est aussi hypocrite que mégalomane. Le circoncis risque de faire de son infirmité un alibi. Un début de castration lui apporte le réconfort d'un signe d' "identification" le mettant non seulement au-dessus des femmes mais encore au dessus du commun des mortels. Comme s'il suffisait d'une mutilation pour quitter (ou ne pas quitter) l'enfance ? ! Ce n'est pas tant qu'il considère les autres hommes, les "étrangers", comme des exclus méprisables, sales et intouchables sous peine de contamination, c'est surtout qu'il lui serait impensable qu'ils épousent ses filles ou ses sœurs. L'endogamie raciste et la possession des femmes sont bien évidemment un des buts de l'opération. C'est aussi que la circoncision est un signe d'appartenance à une communauté violente – et donc supposée puissante. Prétendument plus rassurante que des documents d'identité, la soi-disant identité 9 Bonomi C. Castration, circoncision et origines de la psychanalyse. Dans Le Coq-Héron 2014/4, 203), p.16-44. https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2010-4-page-16.htm? fbclid=IwAR2PlqCiYm9WpsF8xHH3k0P_Wa5svaKvRqO428dphRLQJ9M0C-VLkEyUuCk 10 Reyes A., Zagdanski S. La vérité nue. Paris : Pauvert ; 2002. p. 145-46. 11 Lacan J. Séminaire L'angoisse, séance du 19 Décembre 1962. 12 Maïmonide. Le guide des perplexes. 1190. Paris : Verdier. III, ch. 49. 4


5

collective (il s'agit d'appartenance et non d'identité) d'un simple signe particulier devient le paradigme du narcissisme de groupes qui se discriminent, discriminent leurs enfants et discriminent la communauté universelle par un "racisme" artificiel chirurgicalement imposé aux mineurs. Cette discrimination est d'autant plus condamnable qu'elle s'appuie sur la croyance en une supériorité morale garantie par la mutilation, soit un racisme à la puissance dix. Elle place définitivement ses détenteurs dans une caste, les "élus", qui peut croire que tout lui est permis (lapidation, excision, mariage forcé, polygamie…, etc.) ou dû (la "terre promise"). C'est, par une action violente sur l'inconscient et les motivations puissantes du monde des affects, une technique perverse d'emprise sur l'individu en vue de son enrôlement dans le groupe. Elle renforce la division du monde en groupes rivaux qui se livrent à des guerres sans merci. 3/ L'amalgame entre identité et appartenance (affiliation) Selon le philosophe Michel Serres, en logique pure, l'identité ne peut être qu'individuelle et on ne peut pas dire "Je suis français." mais "Je suis X et j'appartiens à la communauté française." Parler d'identité collective est une erreur qui risque de faire sombrer dans la xénophobie ou le racisme. Mais le psychanalyste va plus au fond des choses : "Narcissisme et identité sont des notions qui renvoient l'une à l'autre, la notion d'identité se situant à l'interface entre l'espace narcissique et l'espace social. Notons d'abord que le terme d'identité implique le constat d'une permanence dans le temps d'éléments caractéristiques de la personnalité, perceptibles pour le sujet lui-même et pour autrui. Il faut donc reconnaître à l'identité deux versants qui recouvrent deux aspects du narcissisme. L'un est intime : être soi-même à ses propres yeux, et l'autre social : ce que l'on présente à autrui pour qu'il vous reconnaisse, dans tous les sens du terme. L'identité apparaît ainsi sous le double versant d'une raison d'être et d'une raison sociale renvoyant au registre personnel d'une part, relationnel, familial et social d'autre part." "… les blessures narcissiques itératives, les situations incestuelles ou incestueuses, induisent un surinvestissement de l'actuel et entravent la narration constitutive de l'identité. Paul Denis 13

L'ex-président de la Société psychanalytique de Paris précise ici la distinction du philosophe. L'identité est le "versant intime", l'appartenance le "versant social". C'est dire à quel point, pour les victimes des mutilations sexuelles, l'amalgame est facile et difficilement évitable entre ce qui leur apparaît comme une identité physique des plus intimes qui soient et leur appartenance à la communauté ; une ablation chirurgicale irréversible, collectivement et systématiquement commise dans la plus tendre enfance avec la complicité active des parents, est un signe majeur d'appartenance au groupe social. C'est au prix d’une négation de l'identité 13 Denis P. Le narcissisme. Paris : PUF, Que sais-je ; 2012. p. 114 et 116. 5


6

humaine la plus concrètement discriminatoire, "raciste", qu'on puisse imaginer. Les religieux qui parlent de la circoncision comme d'un élément de leur identité amalgament les deux notions. Evidemment, il est d'autant plus difficile de ne pas tomber dans cet amalgame que le traumatisme généré par les techniques d'éducation par la violence renforce la confusion entre identité et appartenance. Cependant, le : "Une bonne fessée n'a jamais fait de mal à personne !" de Madame Chirac tend à dire que les fesseurs seraient supérieurs aux non-fesseurs alors que c'est bien évidemment l'inverse qui est vrai ; vis à vis de l'enfant, non seulement il ne doit pas y besoin de violence pour exercer l'autorité mais surtout la violence témoigne d'un manque d'autorité, d'une perte de dignité. Les rituels mutilateurs ne constituent aucune identité. Ce ne sont que des éléments accessoires d'identification, de simples "signes particuliers". Imposées par la torture, ces barbaries n'ont rien à voir avec les sentiments profonds d'appartenance qui assurent la dimension sociale et humaine de l'identité. Seuls les cérémonies et le folklore qui les accompagnent peuvent abuser leurs victimes. 4/ L'amalgame entre signe particulier imposé (handicap ignoré) et signe d'appartenance ethnique Cet amalgame est dénoncé par ceux qui condamnent la circoncision des enfants. Cependant, ils admettent le plus souvent sa réalisation volontaire à l'âge adulte. Ainsi, le 7 mai 2012, obtenant l'assentiment de cinquante six pour cent de la population allemande, le tribunal de grande instance de Cologne a condamné la circoncision des mineurs en Allemagne mais toléré la circoncision à l'âge adulte. Il faut aller plus loin. La bioéthique élémentaire 14 15 16 17 interdit toute mutilation sans "motif médical très sérieux"18. On n'a ni le droit de mutiler quelqu'un ni celui de se mutiler soi-même, ce qui discrimine soi-même et l'espèce humaine. Distinguer l'ethnie par une opération chirurgicale est une folie collective discriminatoire, hyper-raciste. La psychiatrie parlerait de syndromes de Stockholm et de Münchhausen (ce dernier par procuration 19) transgénérationnels et collectifs20 et la psychanalyse d'autopunition par mutilation sexuelle médicalement assistée (dans le meilleur des cas). Les fanatiques adorateurs de Cybèle (Rome), ceux de la secte des Skoptzis (Russie) et 14 Saint Thomas d'Aquin. Summa Theologica. 1273. 15 Haas J. The totality and integrity of the body. Ethics & Medics 1995, 20.2. 16 Austriaco N. Requests for elective amputation. Ethics & Medics 2011, 36.2. 17 Peters E. Canon law and apotemnophilia. Ethics & Medics 2011, 36.2. 18 Article 41 du code de déontologie médicale. 19 Matteoli R. Blood Ritual, the Münchhausen complex. Nunzio press; 2008. 20 Bertaux-Navoiseau M. Les mutilations sexuelles, une dangereuse folie collective et transgénérationnelle, un syndrome de Münchhausen par procuration et un syndrome de Stockholm aggravé 6


7

les Hidjas (Inde) ne s'arrêtaient ou ne s'arrêtent pas (Hidjas) à l'ablation du prépuce ; ils tranchaient ou tranchent l'intégralité du pénis ! 5/ L'amalgame anti-circoncision/anti-juif ou anti-musulman. Il sévit notamment dans la communauté juive, déniant l'existence du courant juif contre la circoncision illustré par la reine Jézabel et le roi Achab, les Séleucides (massacrés par les Macchabées), les partisans du baptême par l'eau avec Jean-Baptiste, Jésus Christ, Pierre et Paul, Spinoza, le leader libéral français Olry Terquem, les rabbins réformistes allemands du 19 ème siècle autour de Samuel Holdheim et Abraham Geiger, et leurs émules aux Etats-Unis et en Israël, l’intellectuel Bernard Lazare, Kafka, les psychanalystes : Freud, Groddeck, Ferenczi, Reich, Bettelheim, Lewinter, Kristeva, Miller, Nathan, les philosophes Rosenberg et Derrida, les prix Nobel de médecine Crick et Wald, le professeur Minkowski, le pédiatre Naouri, Glick, la féministe Pollack, le psychologue Goldman, la juriste Weil-Curiel, le juge pour enfants Rosenczveig, l'universitaire Segal, le puissant mouvement juif états-unien contre la circoncision, les cinéastes Woody Allen, Ivan Attal, Nurith Aviv et Daniel Burman, les chanteurs Morice Benin, Leonard Cohen et Jean-Jacques Goldman, etc. Systématiquement utilisé par les traditionnalistes et religieux qui proclament que l'abandon de la circoncision entrainerait la fin de la communauté, cet amalgame est le pire de tous, le plus paranoïaque, le plus dangereux. Il s'accompagne d'un chantage affectif de fanatiques qui font tollé : "Si l'on nous interdit la circoncision, nous quitterons le pays !" Comme si un quelconque marquage du corps pouvait être une condition nécessaire de l'existence d'une religion ou d'un peuple. Pour exprimer l'appartenance à une religion ou une communauté, il y a des moyens plus intelligents que les marquages corporels.

II – Les croyances racistes des mutilations sexuelles Le Coran ne dit pas un mot de la circoncision. Mais il arrive que la pensée primitive fasse de la mutilation sexuelle une condition d'appartenance au groupe social : "Un incirconcis n'est pas un homme." dicton africain

1/ Une discrimination et un colonialisme religieux de droit divin "A l'âge de huit jours, que tout mâle, d'entre vous, soit circoncis… " Genèse, 17 : 12 7


8

"Et le mâle incirconcis, qui n'aura pas retranché la chair de son excroissance, sera retranché luimême du sein de son peuple pour avoir enfreint mon alliance." Genèse, 17 : 14

Proclamé par les religieux, le racisme artificiel de la circoncision judaïque est plus virulent et dangereux que le racisme ordinaire. Ses formes les plus impudentes sont l'idée d'une élection divine, la discriminatoire promesse d'un territoire et l'hégémonie, accordées en échange de la circoncision par le Dieu de la Bible : "… si vous gardez mon alliance, vous serez mon trésor entre tous les peuples… " Exode, 19 : 5 "Et je donnerai à toi et à ta postérité la terre de tes pérégrinations, toute la terre de Canaan…" Genèse 17 : 8 "… tu seras le père d'une multitude de nations… " Genèse, 17 : 5

Opposant à cette idéologie raciste une autre idéologie tout aussi raciste, Hitler renversa la première proposition : "Il ne peut pas y avoir deux peuples élus. Nous sommes le peuple de Dieu." 21,

Même si les autres religions se montrent à l'occasion plus barbares, le judaïsme est ainsi, en son principe même, la pire des religions, la plus raciste, la seule qui fasse d'une mutilation barbare la condition d'une identité nationale ou ethnique paradoxalement décrétée par un "Dieu" qui aurait décidé de rectifier une infime minorité de sa création pour discriminer le reste. Dans une lettre à l'agence juive de Vienne par laquelle il refusa de prendre publiquement position pour le sionisme (il envoya une lettre identique à Einstein qu'il a d'ailleurs convaincu), Freud a dénoncé cet apartheid judaïque illustré par l'invasion sioniste dont il condamne le fanatisme, le racisme et le colonialisme : "Je constate avec regret que le fanatisme irréaliste de notre peuple est en partie responsable de l'éveil de la méfiance des arabes. Je ne puis trouver en moi l'ombre d'une sympathie pour cette piété fourvoyée qui fabrique une religion nationale avec les restes du mur d'Hérode, heurtant les sentiments des populations indigènes..." 22

Seuls des racistes par "droit divin" autoproclamé peuvent ne tenir aucun compte des sentiments, pour ne pas dire plus, du peuple palestinien. Le pire est que certains justifient ce racisme par

21 Hitler A. Mein Kampf, réédition, Paris : Les Editions Latines ; 1979, p. 306-15. 22 Lettre de février 1930 à Chaim Koffler. Freudiana 1973 : 19. 8


9

l'extermination nazie ; ce n'est pas le cas de Norman Finkelstein 23, Noam Chomski, Ilan Pappé et Benny Morris. 2/ Une discrimination dénoncée par la psychanalyse et la philosophie La création artificielle d'une particularité physique isole l'ethnie des autres ethnies et plusieurs auteurs juifs ont mis en lumière le fait que la circoncision génère le racisme : - dans un chapitre où il est le premier dans l'histoire à souligner les inconvénients de la circoncision pour la fonction sexuelle, le philosophe Maïmonide fait très paradoxalement un lien entre circoncision et monothéisme, alors qu'elle a été une coutume du polythéisme et de l'animisme bien avant l'avènement du judaïsme. On doit penser qu'insidieusement, voire ironiquement, il fustige le caractère discriminatoire de l'opération et la dénonce comme pratique communautariste : "La circoncision a, selon moi, un autre motif très important : elle fait que ceux qui professent cette idée de l'unité de Dieu se distinguent par un même signe corporel qui leur est imprimé à tous, de sorte que celui qui n'en fait pas partie ne peut pas, étant étranger, prétendre leur appartenir." 24

- au dix-septième siècle, Spinoza constate : "… les Juifs ayant vécu à part de toutes les nations de façon à s'attirer la haine universelle et cela non seulement par l'observation de rites extérieurs opposés à ceux des autres nations, mais par le signe de la circoncision… "25

- en 1909, Freud a dénoncé le danger d'un racisme généré dès l'enfance chez les non-juifs par la circoncision : "Le complexe de castration est la plus profonde racine inconsciente de l'antisémitisme, car, dans la nursery déjà, le petit garçon entend dire que l'on coupe aux Juifs quelque chose au pénis – il pense : un morceau du pénis – ce qui lui donne un droit de mépriser les Juifs."26

23 Finkelstein N. "I don't like to play the holocaust card"

http://www.bing.com/videos/search? q=Norman+Finkestein+crocodile+tears&view=detail&mid=CF2B448C2A08C60676B5CF2B448C2A08C60676B5& FORM=VIRE 24 Maïmonide. Le guide des perplexes. 1190. Paris : Verdier. III, ch. 49. 25 Spinoza B. Traité théologico-politique. 1670. Paris : Garnier-Flammarion ; 1965. p. 81-82. 26 Freud S. Le petit Hans. 1909. Paris : PUF ; 1993. O.C., X, p. 31, n. 1. 9


10

- en 2001, en termes philosophiques, Rozenberg 27 a étendu la remarque aux adultes incluant les Juifs eux-mêmes : "… l’altérité du Juif se confronte au semblable, et n’a d’équivalent que celle de la femme." , "Le peuple juif dérange et effraye car il représente l’Autre. Cette équivalence désigne précisément le lien thématique qui relie le mythe et la psychopathologie, eux-mêmes constituant des épiphénomènes d’une double crise d’identité sexuelle et culturelle. Cette équivalence provoque dans les deux cas une fantasmagorie portant, d’une part sur la différence anatomique, perceptible aussi bien chez la femme que chez le Juif circoncis, et d’autre part sur un attachement à la matérialité naturelle et charnelle qu’ils incarnent pareillement."

3/ Une discrimination quasi-naturelle stigmatisée par Zagdanski En 2002, Reyes et Zagdanski, dans un ouvrage accessible au grand public, ont dénoncé cette conséquence inéluctable de la circoncision chez les jeunes garçons juifs : "Dans ma tête de gamin, un pénis non circoncis, ça ressemblait à un sexe de chien, l'aspect irrégulier, le petit bout rouge vif... Ca ne me paraissait vraiment pas esthétique comparé à mon pénis à moi ou à celui de mes frères… Sensation d'une grande différence, donc… entre moi et les non-Juifs, la majorité. Autrement dit entre moi et tous les autres. Avec tout de même un léger complexe de supériorité à cause de cette révélation-là, à savoir que les pénis des non-Juifs ressemblaient à des sexes de chiens." 28

Chez Zagdanski enfant, la circoncision, par l'inconscience d'un handicap renversé en avantage, a généré un sentiment de supériorité ethnique d'ordre quasi-biologique. Cette croyance intime, émotionnelle, n'a même pas besoin de recourir aux justifications religieuses mais comme celles-ci s'y ajoutent, on est en présence de la pire des discriminations : discrimination de l'enfant, de la communauté, et de l'humanité entière. L'inculcation aux enfants de cette discrimination quasiautomatique est la plus monstrueuse conséquence de la pédocriminalité circonciseuse. 4/ Les réactions d'autres grands penseurs De nombreux autres penseurs ont pris position contre cette abomination : "… non seulement le corps de l'enfant ne nous appartient pas mais… son sexe nous appartient encore moins." Françoise Dolto29 27 Rozenberg J. Biologie de la race et psychopathologie. Archives de philosophie 64, 2001. 28 Reyes A., Zagdanski S. La vérité nue. Paris : Pauvert ; 2002. p. 145-46. 29 Dolto F. Les jeux sexuels de vos enfants. Interview par Pierre Bénichou. Planning familial, octobre 1969 (3), 9. 10


11

"Dans la société occidentale, la circoncision est imposée à l'enfant sans défense auquel elle n'offre aucun avantage déterminé et pour qui elle est, en conséquence, indésirable et menaçante…" Bruno Bettelheim 30 "Car c'est une chose barbare que d'accueillir un nouveau-né au couteau, par une mutilation délibérée ." Georges Wald, prix Nobel de médecine "Comment un être qui a été agressé de cette façon, alors qu'il était totalement sans défenses, pourrait-il se développer en une personne calme, aimante, confiante ? En effet, il ne sera jamais capable de faire confiance à personne dans la vie, il sera toujours sur la défensive, incapable de s'ouvrir aux autres et à la vie." Frédérick Leboyer31 "… la circoncision est une épouvantable agression pratiquée sans anesthésie et qui ne peut que laisser un souvenir aussi inconscient qu'abominable à l'être qui l'a subie et en fait un esclave à vie." Frédérick Leboyer32 "Une autre conséquence psychologique de la circoncision précoce est qu'elle imprime dans l'esprit du nouveau-né une situation agressive et traumatique… L'impossibilité d'appréhender une aussi effroyable introjection d'agression dirigée vers l'intérieur peut conduire, a posteriori, à l'émergence de comportements psychopathes et violents ou, dans de nombreux autres cas, à l'émergence d'un masochisme extrême." Moisés Tractenberg33

Les trois suivantes traitent du racisme réciproque provoqué par les mutilations sexuelles : "Les pratiques rituelles de circoncision et d'excision ont des effets qui atteignent non seulement l'individu et sa descendance, mais même les autres hommes." Alice Miller 34 "… (le handicap) confronte chacun de ceux qui ne sont pas atteints par ces incapacités à l'angoisse de castration, à l'horreur de la blessure narcissique, et, au delà, à l'irrémédiable de la mort psychique ou physique, creusant ainsi la plus intraitable des exclusions." Julia Kristeva35 "Mais une personne privée ne peut pratiquer une telle ablation (mutilation d'un membre), même avec le consentement du patient ; ce serait commettre une injustice envers la société, à laquelle l'homme appartient avec tous ses membres." Saint Thomas d'Aquin 8

Mais ce sont Freud et Roheim qui ont fait les observations les plus profondes concernant les rituels sexuels de séparation d'avec la mère à valeur de menace de castration/exclusion : 30 Bettelheim B. Les blessures symboliques. Paris : Gallimard ; 1971. p. 90-91. 31 Leboyer F. Lettre du 4 juin 1980 à Rosemary Romberg-Weiner. 32 Leboyer F. Lettre du 17 février 2001 à l'auteur.

33 Tractenberg M. Psychoanalysis of circumcision. Male and female circumcision. New York : Denniston et al. Plenum publishers ; 1999. 34 Miller A. La connaissance interdite : affronter les blessures de l'enfance dans la thérapie. Paris : Aubier ; 1990. 35 Kristeva J. Aux frontières du vivant. Le magazine littéraire, février 2004 (428). 33-36. 11


12

"Les effets de la menace de castration sont multiples et incalculables ; ils affectent toutes les relations d'un garçon avec ses père et mère et par la suite avec les hommes et les femmes en général." Sigmund Freud36

avec cette note de bas de page : "… La coutume primitive de la circoncision, un autre substitut de la castration, ne peut être comprise que comme l'expression d'une soumission à la volonté paternelle… "

Cette condamnation radicale de la circoncision reste discrète et ne souligne pas que, consistant en un début d'exécution, la circoncision est la pire des menaces de castration. Mais ce n'est pas le fils qui se soumet au père ; c'est le père qui se soumet au grand-père, notamment par crainte d'être déshérité. Roheim est allé plus loin en insistant sur le grand danger de la circoncision pour le développement personnel : "... la surabondance des rituels traitant de ce thème (l'oralité) est un camouflage du complexe d'Oedipe." 37

Il revient enfin à Tobie Nathan d'avoir tiré les conséquences psychologiques et politiques du phénomène en comparant la circoncision à l'initiation nazie ; l'initiation par le sadisme est une initiation à la barbarie : "Himmler ignorait qu'il nourrissait des pulsions sadiques, c'est l'initiation qu'il a reçue dans le corps des SS qui les lui a révélées… La combinaison de ces trois niveaux (l'émotion ponctuelle, et sa capacité à déclencher la perplexité, l'attaque contre des parties du corps fortement investies et sa capacité à déclencher "l'angoisse de castration", les énoncés paradoxaux et leur capacité à déclencher la confusion) est indispensable à l'expulsion d'un sujet de son enveloppe de sens." 38

Comment mieux dire que la circoncision risque de déstabiliser gravement l'individu, et l'humanité entière comme le prouvent tous les jours les divers terrorismes alimentés par les sociétés religioféodales circonciseuses ? Ces observations expliquent pourquoi, chez les personnes sensibles en particulier (féministes, extrême-droite), les mutilations sexuelles provoquent une aversion qui peut aller jusqu'à la haine, éventuellement sexiste, la plus farouche.

36 Abrégé de psychanalyse. 1938. Paris : PUF ; 1978. p. 60-62. 37 Roheim G. Psychanalyse et anthropologie. 1950. Paris : Gallimard ; 1967. 192-93. 38 L'art de renaître, fonction thérapeutique de l'affiliation au moyen du traumatisme sexuel. Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie, 1992, (18) : 20-21. 12


13

5/ Les réactions légales "Acte de torture et de barbarie" (code pénal), toute mutilation sexuelle commence par un viol : "Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol." Article 222-24 du code pénal "Le viol est puni de la réclusion criminelle a perpétuité lorsqu'il est précédé, accompagné ou suivi de tortures ou d'actes de barbarie." Article 222-26 du code pénal

Mais la mutilation sexuelle est aussi une violence domestique. "Le fait de soumettre une personne, dont la vulnérabilité ou l'état de dépendance sont apparents ou connus de l'auteur, à des conditions de travail ou d'hébergement incompatibles avec la dignité humaine est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 150 000 Euros d'amende." Article 225-14 du code pénal

Enfin, "L'enfant doit être protégé contre les pratiques qui… peuvent pousser à la discrimination raciale, à la discrimination religieuse ou à toute autre forme de discrimination." Principe 10 de la Déclaration universelle des droits de l'enfant de l'ONU

L'article 3 - 2 - b (Droit à l'intégrité de la personne) de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne met le doigt sur le cœur du problème en décrétant : "… l'interdiction des pratiques eugéniques, notamment celles qui ont pour but la sélection des personnes"

Cependant, comme les mutilations sexuelles sont commises d'une part dans une folie collective, d'autre part en amour, "pour le bien de l'enfant", et donc sans intention de nuire, la loi pénale est inapplicable. En conséquence, la jurisprudence qui considère la tradition comme une simple circonstance atténuante est illégale, ethnocentriste et paternaliste. Le seul moyen de réprimer les mutilations sexuelles est d'accorder des dommage et intérêts conséquents aux victimes et de dénoncer leur visée endogamique et discriminatoire. Malheureusement, la loi ne considère pas encore la mutilation sans "très sérieux motif médical" comme une discrimination, elle doit le faire.

13


14

6/ La croyance en une supériorité morale, et même intellectuelle, résultant des mutilations sexuelles est l'élément central d'une pensée raciste qui exclut et méprise les "noncirconcis" Discriminatoires, les mutilations sexuelles sont aussi des conditions sine qua non d'appartenance, sous peine d'exclusion de la communauté, sanction du groupe envers leurs opposants. Elles s'accompagnent d'un sentiment de supériorité qui aide les handicapés sexuels à surmonter le traumatisme de l'opération et, pour la majorité des femmes notamment, la dépression et la tristesse provoquées par une sexualité le plus souvent anéantie. En corollaire, la mutilation est à la fois une condition du mariage et une barrière au mariage hors du groupe, grand souci d'un racisme qui va jusqu'à interdire les cimetières aux étrangers, voire à leur refuser l'inhumation sur le territoire national (islam). La supériorité prétendument conférée par la mutilation sexuelle est affirmée dans la Bible (dogme de l'élection). Le rabbin Kuschner a ironiquement déclaré39 que la circoncision donne plus de chances d'avoir un prix Nobel, ce qui lui valut une cinglante réplique de Christopher Hitchens. Selon certaines rationalisations pseudophilosophiques, la circoncision inscrirait l'homme dans la dimension du manque (sic40). Maïmonide et Philon d'Alexandrie soutiennent qu'elle confère à l'individu vertu, élévation d'esprit, pureté, chasteté et même une fidélité qui s'accommode (musulmans) ou s'accommodait cependant de la polygamie (juifs jusqu'au XIVème siècle) : "Ce commandement n'a pas été institué pour corriger une déficience congénitale mais une déficience morale." Maïmonide41

En un mot, les "non-excisées" sont des putains et les "non-circoncis" des débauchés ! La référence à l'ordre moral est explicite. Cette croyance fantasmatique semble à l'origine de l'affirmation de Freud, même lui, d'une capacité supérieure des Juifs pour la spiritualité 42. Les mâles de la planète seraient partagés entre de grands mystiques sexuellement mutilés et les autres hommes, bassement terre à terre d'avoir conservé leur prépuce. Paradigme de ce mépris, l'insulte banale : "chien d'incirconcis," témoigne du fait que dans l'imaginaire circonciseur, la mutilation différencie l'homme de l'animal. Les oiseaux sont certes dépourvus de prépuce mais la circoncision ne semble pas donner les ailes de l'ange. Cette superstition trouve son origine dans l'assimilation de la sexualité, et tout particulièrement de l’autosexualité, au péché. Cette conception nauséeuse, génératrice des addictions et perversions, notamment de la pédophilie, est le terrain d'élection du sexisme et de la 39 40 Mandelbaum J. Critique du film Le fils d'Élias, Le Monde. 41 Maïmonide. Le guide des perplexes. 1190. Paris : Verdier. III, ch. 49. 42 Yerushalmi Y. Le Moïse de Freud. Paris : Gallimard ; 1993. p. 107-108. 14


15

violence envers les femmes. Cette dernière demande une étude spécifique, ici référencée 43. Elle repose sur l'ignorance et/ou la culpabilité des plaisirs aussi intenses qu'exquis procurés par les organes spécifiques de l’autosexualité. Dans sa préface à un ouvrage italien intitulée "Le sexe mutilé", Élisabeth Roudinesco en fait l'éloge : "...si, au cours de la seconde moitié du XXème siècle, la mas……..n a cessé d'être classifiée comme une maladie mentale, grâce en bonne part à la théorie freudienne, elle est désormais revendiquée, par de nombreux mouvements de libération postfreudiens, comme l'expression la plus pure d'une sexualité qui, enfin débarrassée des oripeaux de la morale puritaine, autorise un plaisir illimité, sans risque de contamination, sans procréation, sans partenaire encombrant. Symbole de l'individualisme moderne, le sexe solitaire peut enfin être vu – en particulier sur internet – comme une découverte de soi ou un exil qui tombe dans la mélancolie. En l'espèce, le "danger substitué", réduit par Freud à la banalité polymorphe de l'enfance, est devenu l'emblème d'une (sexualité) (*) élevée en éthique de la liberté." 44,

Mais elle continue étrangement à qualifier l'autosexualité de perversion et de pratique mélancolique. Une profonde culpabilité inconsciente pèse sur l’autosexualité. Le chapitre de son cours au Collège de France 45 que Michel Foucault consacre à la répression de l'autosexualité semble un canular. Utilisant le terme "mas……..n", il s'en prend avec acuité au christianisme, à l'ordre médical, à l'excision et à la circoncision pratiquées par ce dernier au XIXème siècle, sans dire un mot de la circoncision rituelle ! L'intitulé de son cours étant "Les anormaux", devons-nous penser qu'il considère la circoncision de masse comme normale dès lors qu'elle est traditionnelle ou religieuse. Cette culpabilité alimente le mépris réciproque entre circoncis et "non circoncis". Le psychiatre Michel Erlich signale que "goy", "incirconcis" et "chien d'incirconcis", sont des injures graves46. Cette prétention de supériorité dégénère parfois en snobisme, ainsi au Royaume-Uni où 43 Bertaux-Navoiseau M. Crimes d'honneur, lapidation, viol, mariage forcé, polygamie, "dry sex", obésité forcée, et circoncision, causalité et corrélation. ((*) L'original italien ne dit pas "sexualité" mais "perversion". Tenant compte de la citation précédente de Freud, nous avons corrigé là une très freudienne erreur, témoin, dans ce texte par ailleurs admirable, de l'extrême vigueur du tabou pesant sur l’autosexualité. D'une part on ne peut se permettre d'appeler perversion la sexualité des enfants, des adolescents, des célibataires, des veufs et des couples temporairement séparés ou divorcés ou à besoins sexuels différents, d'autre part il n'est pas sérieux d'affirmer que l’autosexualité s'accompagnerait du déni de la réalité de l'autre sexe qui est l'essence de la perversion. Ce serait paradoxal concernant l'usage d'organes évoquant précisément l'autre sexe. L’auto-sexualité n'est certainement pas une perversion. Autre signe de l'ambivalence de notre lacanienne, sa persistance à utiliser le terme traditionnel, dépréciatif, pour désigner l’autosexualité. 44 Roudinesco É. Le sexe mutilé. Brève histoire d'une passion chirurgicale. Préface à : Bonomi C. Sulla soglia della psychoanalisi, Freud i la follia infantile. Torino : Bollati Boringhieri ; 2007. 45 Foucault M. Les anormaux, Cours au Collège de France, 1974-75. Paris : Seuil/Gallimard ; 1999. p. 217. 46 Erlich M. Circoncision, excision et racisme. Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie 1991, 18, 127. 15


16

la circoncision se répandit d'abord dans la noblesse, et aux États-Unis où elle est un critère de standing social. Elle est consacrée par la langue : l'entier n'est jamais désigné comme tel mais comme "non" ou "in" -circoncis, avec la connotation de manque attachée à la négation. Un comble a été atteint par Jacques Derrida lorsque, dans un épisode dépressif il est vrai, il en est venu à se demander si sa décision de ne pas faire circoncire ses fils n'allait pas les faire souffrir d'un "manque de manque"47 ! Cette inversion (déni) des réalités est caractéristique de la perversion. N'est-il pas pervers, en effet, de se prétendre "élu de Dieu" pour se rassurer sur sa différence en diminuant l'autre par une nomination humiliante ? Un principe fondamental du droit s'applique à cette pseudo-spiritualité : "Nul ne saurait se prévaloir de sa propre turpitude."

Cette conviction de supériorité ne s'arrête pas là. De toute antiquité, les circoncis se croient plus propres : "Aussi ni homme ni femme en Égypte ne consentirait à embrasser un Grec sur la bouche, pas plus qu'à user… du couteau d'un Grec." Hérodote48

Les intacts sont supposés lubriques, impurs et même sales ! Le préjugé, populaire chez les sexuellement mutilés, que les intacts sont des "masturbateurs sans hygiène", n'est pas de nature à défavoriser le racisme. Les circoncis plongent pourtant sans appréhension leur organe dans le féminin qui, à les suivre, serait un bouillon de culture. Ils font également courir la rumeur selon laquelle ils accompliraient des prouesses sexuelles. Quoi qu'il en soit, une supériorité reposant sur une différence physique est une supériorité de type raciste. Ce n'est pas le prépuce qui sent le fromage (pas plus que la vulve en tout cas), c'est la circoncision qui pue le racisme. 7/ La visée endogamique Nous ne sommes pas seulement en présence de racisme. Nous sommes également confrontés à une manipulation sexiste. En effet, les jeunes femmes croient facilement aux préjugés selon lesquelles les "non-circoncis" seraient sans hygiène, mauvais amants, débauchés et, dans les cultures qui pratiquent la circoncision après l'âge de la parole, lâches ("Un incirconcis n'est pas un homme." proverbe africain). Si bien que l'étranger peut difficilement épouser une africaine, une musulmane ou une juive. Comme reconnu et même dénoncé par le canular historique de Maïmonide, ces superstitions et rumeurs sont l'œuvre d'un patriarcat qui, dans 47 Bennington G., Derrida J. Circonfession. Paris : Seuil ; 1991. 48 Hérodote. L'enquête. II, 41. Paris : Gallimard, coll. Folio ; 1964. p. 180. 16


17

l'illusion de renforcer la cohésion et la perpétuation de la communauté, vise à s'assurer la possession des femmes par l'endogamie. Ce racisme est clairement affirmé pour l'excision féminine pour laquelle, dans nos pays, les parents affirment : "Si on ne le fait pas, elles ne trouveront pas de mari.", sous-entendu dans l'ethnie ! On peut en dire autant de la circoncision : "Si nous ne le circoncisons pas, il ne trouvera pas à se marier.", sous-entendu "dans la communauté". Un racisme chirurgicalement fabriqué est le comble du racisme. 8/ La visée sexiste Par-dessus le marché, la circoncision a pour but profond de séparer l'enfant de la mère, du monde des femmes et de l'enfance. C'est là que réside l'intention la plus odieusement sexiste, la plus criminelle, la plus abjecte, la plus contraire à la vie, à l'amour, à la tendresse, au meilleur de l'existence. Il s'agit d'orienter les affects de l'enfant vers le monde des hommes, des laboureurs et des fabricants, en excluant les femmes pour mieux les dominer elles et eux. Cette attitude discriminatoire reste inconsciente et déniée par les masses mais elle est consciente et résolue chez l'élite extrémiste (extrême-droite). Il est caractéristique que la discrimination ethnique des mutilations sexuelles amène les africains fanatiques de ces traditions à traiter de "blancs" les militants noirs contre l'excision. Les mutilations sexuelles sont moins religieuses que sectaires. Elles visent à refermer le groupe sur lui-même pour assurer le pouvoir des chefs. Cette arrogance sexiste et raciste est cultivée par des élites religio-politiques qui tiennent à la circoncision comme à la prunelle de leurs yeux parce qu'elle est au fondement de leur pouvoir. Elles l'utilisent délibérément comme technique de manipulation des masses : "On sait combien les hommes s'aiment et s'entraident quand ils ont tous la même marque distinctive qui est pour eux une sorte d'alliance et de pacte." Maïmonide 49

L'expression "une sorte d'alliance" montre que Maïmonide ne croit pas, et même ironise amèrement, sur la nature divine du commandement imposé à Abraham. Séparant le groupe des autres par l'affichage d'une petite mais signifiante différence qui flatte et exacerbe le narcissisme du groupe, un hyper-racisme trouve dans les mutilations sexuelles un mode d'expression privilégié. Excision et circoncision sont une discrimination et un sexisme artificiels masqués derrière religion, tradition, culture et folklore. Ce chauvinisme sournois est solidement ancré dans l'esprit tant par l'étroitesse de son lien avec le pesant tabou de l’autosexualité que par le déni par l'homme (la femme) de sa propre féminité (masculinité). Il est 49 Maïmonide. Le guide des perplexes. 1190. Paris : Verdier. III, ch. 49. 17


18

renforcé par une crainte inconsciente de la castration et de la mort, générée chez les victimes comme chez leurs voisins.

III – Les conséquences : haine et violence, l'explication psychanalytique "Si la haine crée l'objet, elle est aussi ce qui menace le plus violemment son existence. Parce qu'elle fait de l'identité de soi à soi un concept exclusif, voire fétichisé, la haine porte en elle le rejet de toute altérité. Quand elle se fait l'alliée d'un narcissisme des petites différences, elle devient le vecteur d'une pureté qui ne tolère plus aucune bigarrure, aucun mélange. Pureté de la race, purge, épuration ethnique, le pur et la haine habitent les mêmes contrées."50

L'exclusion appelle la haine. Spinoza et Freud ont dénoncé la circoncision comme source de haine de la part des peuples voisins. Cette haine est réciproque. Cause de pathologie collective : syndrome de Münchhausen par procuration et syndrome de Stockholm transgénérationnels et collectifs, la circoncision génère une violence particulièrement élevée. Il n'y a pratiquement jamais de génocides entre intacts mais sur les vingt-six génocides des temps modernes : Circassiens (musulmans) (1860), Congolais (1870), Héréros (1904-07), Grecs (192123), Assyriens (1914-25), Arméniens (1915), Serbes (1941-45), Juifs (1942-45), Roms (1942-45), Tchétchènes (1944-48), Hindous (Inde-Pakistan, 1947-49), musulmans (Inde-Pakistan, 1947-49), communistes indonésiens (1965), Biafrais (1966-68), Guinéens (1968-79), Bengalis (1971), Hutus (1972), Kurdes (1988-89), Bengalis (1990-2000), Bosniens (1991-95), Tutsis (1994), habitants du Darfour (2003), Kurdes d'Irak (2005), Rohingyas (2012-15), Yazidis (2015), chrétiens du Nigeria (2018), vingt-cinq (96%) ont impliqué des circoncis d'un côté au moins et six des deux côtés. Les circoncis en ont perpétré quatorze, dont huit contre des intacts. L'exception tzigane étant discutable puisque certains d'entre eux sont circoncis, la corrélation entre génocide et circoncision est quasi-absolue. Toutes les guerres entre 1996 et 2002 ont concerné au moins un pays circonciseur. Leur fréquence fut plus de trois fois plus élevée dans les pays circonciseurs. La peine de mort y est deux fois plus répandue. Ils sont les seuls à pratiquer l'excision 51. En Norvège, entre 2006 et 2010, deux pour cent de la population qui sont circoncis ont commis cent pour cent des viols sur quatre vingt dix pour cent de norvégiennes de souche. Le Congo circoncis détient le record du monde du viol : 400.000 en un an. Les mutilations sexuelles séparent l'enfant de la mère par la violence à l'âge de l'attachement. C'est monstrueux, le résultat est catastrophique. La 50 André J., Bernateau J. Les territoires de la haine. Paris : Petite bibliothèque de psychanalyse ; 2014. 51 Bertaux-Navoiseau M. Genocide, war, the death penalty, excision and circumcision Violence et circoncision : génocides, guerres, terrorisme, peine de mort, excision 18


19

circoncision est le terreau du sexisme, du racisme, de la paranoïa (réciproque), du fanatisme et du terrorisme de groupe ou d'état. Elle fait l'équilibre de la terreur et la fortune des marchands de canon. L'holocauste des prépuces est responsable de tous les autres. La psychanalyse explique pourquoi la circoncision pousse au génocide Mais il n'y a pas seulement corrélation, il y a aussi causalité entre circoncision et génocide. Car la forte corrélation est logique ; une atteinte collective et volontaire au corps humain crée un sentiment de supériorité chez ceux qui la pratiquent et le sentiment inverse chez les autres. La psychiatrie parlera de folie collective sans rien expliquer mais la psychanalyse nous éclaire. Freud a en effet énoncé une théorie du racisme généré par la circoncision qu'il suffit de pousser à son terme pour comprendre la folie génocidaire : "L'hypothèse selon laquelle nous pouvons aussi chercher ici une racine de ces haines des Juifs qui émergent de façon si primaire et génèrent des comportements si irrationnels chez les occidentaux, me paraît incontournable. La circoncision est inconsciemment assimilée à la castration." 52,

Mais puisque, selon lui et les résultats de la clinique psychanalytique, l'inconscient assimile la partie au tout, alors, la menace de castration de la circoncision est aussi une menace de mort. Exercée sur l'ensemble d'une ethnie, cette menace de mort individuelle devient, par addition, une menace d'extermination du groupe tout entier, immédiatement projetée par l'inconscient sur le groupe adverse. La circoncision est ainsi un pousse au génocide réciproque. Pour psychologiser, la circoncision est une technique de domination du groupe sur l'individu particulièrement monstrueuse en ce que, au nom d'une moralité puritaine, dévoyée et inversée, elle inscrit la raison du plus fort contre le plaisir et la vie. De ce fait, la pulsion de domination banale, qui se contenterait d'asservir l'ennemi, dégénère en une pulsion de destruction des groupes extérieurs, paradoxalement considérés comme purement nuisibles du fait d'une différence considérée comme essentielle (d'où les "islamisations" par mutilation forcée, des deux sexes éventuellement). Le phénomène inverse se produit autant de la part des autres groupes circonciseurs que de celle des groupes non-circonciseurs. Freud a donc posé les jalons de l'analyse du phénomène et sa condamnation du sionisme montre qu'il en a pressenti les deux versants. L'abolition de la conscience individuelle (la banalité du mal d'Hannah Arendt) relevée par Mazarine Pingeot est ainsi une soumission à l'inconscient qui, gouverné par des règles aussi rigoureuses que celles de l'éthique, ignore le bien et le mal. La banalité de la circoncision est directement responsable de la multiplication des génocides. Les plus récents, toujours au contact 52 Freud S. L'homme Moïse et la religion monothéiste. 1936. Paris : Gallimard ; 1986. p. 184. 19


20

de la circoncision, sont celui des Yazidis, celui en cours au Darfour et celui des Rohingyas. Deux, réciproques et atomiques, menacent (Palestine, Corée). La réciproque : le racisme judiciaire Mettre en prison les exciseuses, c'est comme si, pour abolir la peine de mort, on mettait le bourreau en prison. "La solution de la répression proposée par l’État (égyptien) a conduit des gens à pratiquer l’excision en cachette." Aliaa Shams

La position actuelle des organisations internationales : Organisation mondiale de la santé, Unicef, Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés et Commission des droits de l’homme de l’ONU au sujet des mutilations sexuelles est d'inviter à leur répression (résolution 1247, point 3 : http://assembly.coe.int/nw/xml/XRef/Xref-XML2HTML-FR.asp? fileid=16914&lang=FR). La jurisprudence considère les traditions culturelles comme une simple circonstance atténuante mais, - d'une part les mutilations sexuelles doivent être considérées à la fois comme un syndrome de Stockholm transgénérationnel et sociétal et comme un syndrome de Münchhausen par procuration transgénérationnel et collectif 53. Leurs victimes-auteurs doivent donc être considérés comme irresponsables et l'article 122-2 du code pénal s'applique : "N'est pas pénalement responsable la personne qui a agi sous l'empire d'une force ou d'une contrainte à laquelle elle n'a pu résister."

- d'autre part les mutilations sexuelles sont pratiquées sans la moindre intention de nuire et l'article 121-3 du code pénal s'applique : "Il n'y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre."

Or en condamnant les exciseuses, la justice présume qu'une tradition culturelle multimillénaire serait accomplie avec l'intention de nuire. Un procureur de la république a justifié cette position en déclarant publiquement: "L'amour et la violence sont incompatibles." C'est inexact ; c'est le plaisir et la violence qui sont incompatibles. C'est de l'ethnocentrisme ou du culturalo-centrisme caractérisé. Personne ne peut reprocher aux parents musulmans ou juifs 53 Les mutilations sexuelles, une dangereuse folie collective et transgénérationnelle, un syndrome de Münchhausen par procuration et un syndrome de Stockholm aggravé 20


21

d'avoir l'intention de nuire à leurs garçons par la circoncision. En se prononçant différemment pour les filles, la justice se montre sexiste et raciste. Les traditions culturelles ne sont pas une circonstance atténuante mais un motif d'exclusion de la loi pénale. Passant outre deux grands principes de cette dernière, les jurisprudences qui condamnent les exciseuses sont illégales et hypocrites. Mettre les mutilateurs en prison est de l'ethnocentrisme paternaliste, du "racisme" de "La case de l’Oncle Tom". La justice devrait seulement condamner à des amendes et des dommages et intérêts civils conséquents, comme cela a eu lieu dans la décision qui a temporairement mis fin à la circoncision en Allemagne en 2012. Cependant, la loi devrait ajouter les mutilations sexuelles dans la liste des discriminations de l'article 225-1 du code pénal.

Conclusion "Mais pourquoi tant de haine ?" a demandé Roudinesco 54, paraissant ignorer la réponse donnée par Spinoza et Freud : à cause de la circoncision. Lorsqu'on subit l'agressivité insultante des religieux qui qualifient d'antisémites toutes les tentatives des défenseurs des droits de l'enfant pour abolir la pratique, on reste atterré par l'occultation du message de Freud commise par l'ensemble des psychanalystes, freudiens orthodoxes et lacaniens malgré Lacan 55, qui refusent de condamner publiquement la circoncision au prétexte que cela angoisserait certains de leurs patients. Eliacheff et Winter sont allés jusqu'à dénaturer le passage où Lacan ironise acerbement contre ses adversaires pro-circoncision de la Société psychanalytique de Paris : "Rien de moins castrateur que la circoncision !"56 Plus fascistes que le fascisme puisqu'elles visent les enfants, les mutilations sexuelles sont insupportables aux fascistes. Mais les démocrates ne peuvent les tolérer. Prenant pour alibi les festivités du folklore, ces ordalies sont imposées par des élites militaires et religieuses au comportement adolescent. Elles ont un caractère sexiste. Elles considèrent femmes et enfants comme les objets d'un droit de propriété. Elles n'accueillent pas l'enfant dans une société régulée par la différence des sexes et des âges mais socialisent ou affilient par le traumatisme d'une initiation militaire barbare qui enrôle pour le sadisme, la guerre et le terrorisme. Elles sont ainsi encouragées par les régimes tyranniques qui s'en servent d'incitation à la violence et de signe de ralliement. Le signe communautaire est toujours un appel au nationalisme, un signe de guerre, de possession de l'individu par le groupe et d'exclusion des étrangers. Les mutilations sexuelles font 54 Roudinesco E. Mais pourquoi tant de haine ? Paris : Seuil ; 2010. 55 Bertaux-Navoiseau M. Jacques Lacan antisémite ? !. 56 Bertaux-Navoiseau M. Victimes de la folie collective circonciseuse, Éliacheff et Winter trahissent Freud et dénaturent Lacan. 21


22

porter au peuple, au sens propre, le chapeau d'une culpabilité inexistante : écharpe, voile, burka, kippah, tatouages, obésité forcée, lèvres buccales ou vulvaires étirées, seins repassés, scarifications, dents cassées, pieds bandés, luettes, clitoris et prépuces coupés, peine de mort, aux armes et cetera... Cette escalade de techniques de manipulation des esprits par le marquage et la mutilation des corps est le pire instrument de la guerre des générations. Il assujettit les besoins humains aux intérêts des classes et générations dominantes. La répression de l'autosexualité par le matriarco-patriarcat puritain est une maladie planétaire. Et le racisme est d'autant plus arrogant qu'il s'appuie sur des mutilations qui visent à soumettre le peuple en assurant aux hommes la possession des femmes. Les mutilations sexuelles ne sont pas à proprement parler racistes mais cherchant à fabriquer des surhommes prétendus moralement supérieurs, elles sont un racisme artificiel plus raciste que le racisme, du néo-Gobineau mis en œuvre par Mengele, soit un racisme à la puissance dix, le comble, le paradigme du racisme, allant jusqu'à exclure ses propres enfants qui refuseraient la mutilation. Fonder une identité collective sur une atteinte à celle de l'espèce n'est pas seulement dégradant en soi, c'est surtout discriminatoire, par une double discrimination : subie par les victimes, exercée sur les opposants ou les peuples voisins. Les peuples qui se taillent au couteau une soidisant identité sur le corps de leurs enfants offensent le reste de l'humanité. Exercé collectivement au nom de Dieu et/ou de la tradition, cet hyper-racisme est une monstrueuse abomination, génératrice de terrorisme parfois étatique et d'un contre-racisme tout aussi venimeux. Cause d'un racisme systémique à l'échelle mondiale, les mutilations sexuelles, la circoncision tout particulièrement, sont un cancer qui ronge la planète. Perpétrées sur les enfants, elles sont un crime contre l'humanité pour la première fois dénoncé en 1989 par les participants au premier symposium de NOCIRC : "Le plus grand crime contre l'humanité est la torture et la mutilation des enfants." 57

suivis en 1990 par Alice Miller : "… la société… a dit oui jusqu'à présent aux plus grands crimes de l'humanité." 58

et le 10 juin 2004, par l'Académie nationale de médecine 59 lors du Colloque : "Les mutilations sexuelles féminines, un autre crime contre l'humanité".

57 Déclaration du premier symposium de NOCIRC. 1989. http://montagunocircpetition.org/ 58 Miller A. Introduction aux considérations sur les mutilations sexuelles, in La connaissance interdite : affronter les blessures de l'enfance dans la thérapie. Paris : Aubier ; 1990. p. 164. 59 Supplément au Bulletin de l'Académie nationale de médecine, 2014, n° 6, séance du 10 juin 2004. 22


23

Lorsque, le 30 janvier 2014, nous avons fait part au psychanalyste Alain de Mijolla du titre de notre ouvrage "Les mutilations sexuelles féminines et masculines, le plus grand crime contre l'humanité", il a déclaré : "Ca, c'est bien vrai !"

Vu l'âge des victimes, c'est le seul crime contre l'humanité dont personne ne se plaint. C'est aussi le seul qui, perpétré dans des croyances et/ou folies collectives aveugles, sans intention de nuire mais en amour et "pour le bien de l'enfant", n'est pas punissable. Privation du plaisir pour les femmes, menace de castration pour les hommes, c'est une menace de mort pour les individus et d'extermination réciproque pour les groupes. L'abolition de ces crimes contre l'humanité est une étape dans la lutte contre la répression de la sexualité et pour le droit de la personne humaine à la libre disposition de son corps, au respect de son intégrité physique, sentimentale et mentale et de son droit au plaisir. Dans une société civilisée, l'abolition des châtiments corporels doit être étendue aux enfants. On ne doit pas toucher à un seul de leurs cheveux et la médecine n'a pas le droit de prêter l'autorité de la science à des rituels primitifs. Fondamentaux, les droits au corps et au plaisir doivent figurer dans l'article 1 de la Déclaration universelle des droits de la personne humaine : "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits, en premier lieu le droit au corps et le droit au plaisir, dans leur trois dimensions d'intégrité, dignité et autonomie."

J'ai envie de ressembler à mon papa ; il ne m'a pas circoncis.

ARTICLES LIES: - Violence et circoncision - Génocide et circoncision, causalité et corrélation quasi absolue - Terrorisme et circoncision, circoncis d'abord fanatisés ensuite ; la circoncision fait des hommes des armes de guerre (psychanalyse du terrorisme)

23

Profile for Bertaux-Navoiseau Michel

Entre barbarie & exclusion, la circoncision, un racisme artificiel masqué derrière religion & tradi  

Entre barbarie & exclusion, la circoncision, un racisme artificiel masqué derrière religion & tradi