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‫בס"ד‬

Le mensuel de la famille Juive de France

& LeP´titHebdo

N°45 - Novembre 2016 / Heshvan 5777

AU BOUT DU MONDE DOSSIER SPÉCIAL Alya de France en baisse: faut-il s'inquiéter?

Bien être La musique thérapeutique

Au service de la cause des femmes Yézidies

Hommage

Manitou, 20 ans déjà


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Waze, Hévron et Pollard, quel rapport? Waze a été rachetée par Google en 2015 pour la rondelette somme d’1 milliard, de dollars bien sûr. Le terrain du Tombeau des Patriarches a été acquis par Avraham à Hévron pour la somme de 400 shekels de l’époque, de la main à la main. Pollard a été libéré de prison, il y a un an, après 30 ans de souffrance. Il a payé le prix fort et il est donc "libre". Quand on parle de Waze, l’application magique qui nous montre le chemin avec efficacité et patience, on ne s’interroge pas sur la validité de la transaction, n’est-ce pas? Google a donné son milliard à Noam Bardin et à ses associés alors créateurs du système. Point. Où que soit l’utilisateur dans le monde, il ne se pose pas de question sur la légitimité de l’application ou même de son utilisation. Alors, pourquoi lorsqu’on aborde la question de Hévron, tous les poils se hérissent sur la peau. Les juifs eux vibrent d’émotion, tellement la présence divine en ce lieu est intense, palpable… Les non-juifs, par contre, ne désirent qu’une chose: retirer cette légitimité de la carte et effacer cette vie juive de l’ancienne capitale d’Israël. C'est vrai, Avraham n’était pas Google, et pourtant, l’importance comme la pertinence du contrat est la même. Les deux parties étaient d’accord, les deux ont donc bénéficié de ce pacte.

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Quant à Pollard, même au terme d’une peine de 30 ans, le voilà encore enfermé! Oui, obligé de rester dans ce pays qui l’a privé de 30 ans de liberté. Jonathan n’a ni le droit de s’exprimer librement, ni même la possibilité de quitter l’Amérique, pour venir vivre, enfin, en Israël. Il nous faudra quémander à Donald Trump, une faveur de mansuétude… en échange d'une concession? Quand il s’agit des juifs, de leur histoire, de leur foi et de leur terre, n’importe quel habitant de la planète s’autorise le droit de douter, d’imposer, de spolier, de biaiser les faits, de bafouer la réalité. Comment expliquer ce phénomène qui dure depuis le temps d’Avraham, ce besoin des nations de délégitimer la nature même du peuple d’Israël? C’est leur seule façon de nous combattre, de se protéger contre cette vérité qui va grandissante et qui les tétanise: comment un si petit peuple peut-il être détenteur d’un passé si riche, d’une Torah si réelle, d'un lien de droit à sa terre, si fusionnel, et d’un rapprochement si intime avec D.ieu… sans avoir besoin de Waze? Ce qui nous appartient depuis des milliers d'années ne doit pas être remis en question, et la continuité de cette appartenance dépend avant tout de notre conviction profonde et de notre intention de perpétuer ce lien à travers nos enfants.


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L’alyah, en perte de vitesse?

Photo by Flash 90

Dossier Spécial

En 2016, l’immigration en provenance de France enregistre une baisse de près de 50% par rapport à l’année précédente.

La semaine dernière, la commission parlementaire pour l'Immigration, l’Intégration et la Diaspora publiait les chiffres de l’Alya 2016. Une infime marge d’erreur subsiste encore avant obtention des résultats définitifs, mais les données avancées ont d’ores et déjà suscité une vive réaction.

Globalement, le cru 2016 est moins bon que les années précédentes avec une baisse de 13% du nombre total d’immigrants: de 32 000 en 2014-2015 contre 26 600 en 20152016, débarqués en Israël sous l’égide de l’Agence juive. Certains pays se distinguent par une hausse significative, comme le Brésil, dont le nombre d’immigrants a quadruplé. L’exUnion soviétique, elle, tire son épingle du jeu et reste le pourvoyeur principal, avec 14 700 arrivants, soit une hausse de 10 % par rapport à l’année dernière. Mais le pays qui enregistre la diminution la plus drastique de son alyah, n’est autre que la France: après un pic à 8 000 en 2015, elle affiche cette année une baisse de près de 50% pour un nombre d’immigrants estimés

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entre 4 000 et 4 500. Un constat négatif que le président général de l’Agence juive, Alan Hoffman, attribue à plusieurs facteurs principaux. D’une part, des problèmes de logement, d’emploi et des difficultés pour la reconnaissance des diplômes dans certaines professions. De l’autre, une relative accalmie sécuritaire avec une diminution du terrorisme et de l'antisémitisme en France. L’Agence juive, à tort ou à raison? Alan Hoffman réfute les accusations selon lesquelles l’Agence juive aurait négligé l’alyah de France, ces derniers mois. Il met en avant la filiale locale de l’institution qui a pour mission d’encourager les vocations via des manifestations organisées sur le sol français: 10 salons tout au long de l’année qui ont mobilisé plus de 10 000 participants, plus d’une centaine de soirées d’information en présence de 6 000 personnes, des séminaires d’études à destination des familles. La preuve, selon lui, que tous ces événements ont porté leurs fruits: le nombre de Français intéressés par l’alyah est en hausse constante. Donc si on en croit les chiffres de l’Agence juive, Israël reste à l’ordre du jour dans la tête


Par Tal Cohen

“Le pays qui enregistre la diminution la plus drastique de son alyah, n’est autre que la France, avec une baisse de près de 50%” de nombre de juifs français, mais le passage à l’acte ne suit pas. Ces dernières années, les étudiants sont devenus une cible privilégiée des autorités israéliennes. En France, comme ailleurs. Alan Hoffman insiste sur la nécessité de renforcer leur lien avec Israël, quel que soit leur pays d’origine: 60% des jeunes qui ont découvert le pays dans le cadre du programme Massa restent ensuite sur place, pointe-t-il. Bien souvent malmenée pour ses choix arbitraires de privilégier certaines communautés plus que d’autres, et parfois décriée par les immigrants eux-mêmes pour son manque d’efficacité, l’Agence juive a toutefois reçu les louanges d’Avraham Nagusa, député Likoud et président de la commission parlementaire pour l’Immigration et l’Intégration. A l’occasion de la Journée de l’alyah, organisée pour la première fois en Israël le 8 novembre dernier,

ce dernier a déclaré: "même si parfois nous avons des critiques à lui adresser, elle mérite nos éloges". Avraham Nagusa a en outre appelé les ministères de la Santé et de l'Economie à plancher pour réglementer la reconnaissance des diplômes du secteur médical et des entreprises des immigrants de France, dans le but d’éliminer un obstacle de taille à leur alyah. Une alyah française qui a décidément mobilisé l’attention de nombre d’interlocuteurs concernés. Le président de l'Agence juive, Natan Sharansky, est revenu sur la situation sécuritaire de la France, moins alarmante pour les Juifs ces derniers mois, ce qui les encourager à rester. Il a toutefois rappelé que l’Agence juive pouvait offrir une solution durable à l’assimilation, et constituait le seul organisme à venir en aide lors de situations d’urgence, comme à la suite du massacre de Toulouse.

L’alyah 2016 en chiffres: Au total, 26

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620 nouveaux immigrants, dont:

14 700 de l’ex-Union soviétique (dont 5 000 d’Ukraine et 7 000 de Russie 5 955 d’Europe de l’ouest (dont 4 000 à 4 500 de France) 3 810 d’Amérique du nord (Etats-Unis et Canada), 1 620 d’Amérique latine 410 d’Afrique du sud, Australie et Nouvelle-Zélande 400 du reste de l’Afrique et d’Asie (dont 300 d’Ethiopie) 270 du Moyen-Orient 165 d’Europe de l’Est Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH | 7


Dossier Spécial

4 000 arrivées: pas si mal… Photo by Serge Attal

Entretien avec Dov Maimon autour du tassement de l’alyah française. Ce chercheur avance 4 principales raisons.

La baisse de l’alyah de France? “Il faut relativiser”, rétorque Dov Maimon. Ce chercheur au JPPI (Jewish People Policy Institute), un think-tank de chercheurs en prospective sur le monde juif, connaît bien le sujet. Certes, l’année 2015 a connu un pic exceptionnel avec 8 000 arrivées en provenance de l’Hexagone, mais jusqu’à 2012-2013, on plafonnait à 2 000 immigrants par an, rappelle-t-il. Alors si 2016 se termine avec 4 à 4 500 nouveaux arrivants, cela reste un score très honorable. Pour Dov Maimon, ces chiffres n’ont rien d’étonnants. En juin dernier, déjà, il avait présenté en Conseil des ministres les résultats d’un rapport de synthèse sur la situation de l’alyah de France. Il expliquait alors ce tassement par 4 raisons principales. “Premièrement, le réservoir de l’alyah idéologique est aujourd’hui relativement asséché”, avance-t-il. Il décrit les juifs encore en France comme plus pragmatiques, qui “ne viendront que sur fond de calculs de rentabilité”. En clair, si l’alyah implique pour eux une baisse significative de leur niveau de vie, ils préfèreront s’abstenir. Pour motiver

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cette population, l’Etat devra leur proposer un véritable plan de délocalisation, adapté, précise Dov Maimon. Deuxième raison: les difficultés réelles et sérieuses inhérentes à l’alyah, au niveau de la scolarisation des enfants et de l’insertion professionnelle des parents. Autant de blocages soit bureaucratiques, soit liés à la différence des structures en France et en Israël. Une communauté en détresse sociale Troisième raison: il existe en France quelque 50 000 juifs, très intéressés par l’alyah, mais qui n’en ont pas les moyens. “Près de 40 % de leur budget mensuel provient de fonds publics, d’aides sociales diverses, qu’ils perdront en arrivant en Israël”, pointe Dov Maimon. Un cas de figure qu’Israël ne connaît pas: celui d’une population en difficulté, mais originaire d’un pays riche. L’Etat a déjà accueilli des communautés en détresse, comme les juifs d’Ethiopie, ou débarquant de pays aisés comme les Etats-Unis. Mais une population en difficulté qui vient d’un pays riche, reste pour lui une inconnue. Ces juifs de France ont d’ailleurs des attentes


Par Salomé Touitou très grandes que l’Etat ne sera certainement pas en mesure de leur donner, explique le chercheur. “Il existe une profonde différence de mentalité entre la France et Israël: d’un côté, c’est un pays d’assistanat développé, de l’autre, celui de l’entreprenariat individuel par excellence”, pointe-t-il. Donc s’il veut faire venir cette population habituée à une aide sociale importante, Israël devra penser un plan différent. Enfin, quatrième et dernière raison principale de cette baisse de l’alyah française en 2016: les sérieux efforts entrepris par Manuel Valls pour combattre l’antisémitisme en France. Par les moyens débloqués et ses mesures, le Premier ministre français a su rassurer les juifs de France. Parallèlement, les attentats du Bataclan et de Nice ont changé la donne pour montrer que les juifs de l’hexagone ne sont pas les seuls à être visés par le terrorisme, mais l’ensemble de la population française. “Les juifs ont moins l’impression d’être mis sur la touche, d’être isolés, ils se sentent participer à une difficulté commune”, note Dov Maimon. Le chercheur cite aussi une petite amélioration économique en France et l’Intifada des couteaux en Israël, qui ont pu faire penser à certains juifs qu’il n’y avait plus une réelle urgence à partir. Les jeunes d’abord Si on parle de 500 000 juifs encore en France, le chercheur estime à quelque 100 à 150 000, les juifs connectés à une vie communautaire. Les autres, outre leur appartenance statistique liée à leurs origines juives, ne démontrent aucun intérêt pour la chose juive ou israélienne. Ce qui signifie que le vivier de réels candidats à l’alyah se cantonne à 100 000 voire 120 000 juifs. Pour les faire venir, continue Dov Maimon, il faudrait que l’Etat invente un autre modèle d’immigration qui, à l’heure actuelle, n’est pas décidé politiquement: “on ne voit pas de changement majeur”. Et d’invoquer des raisons de politique intérieure, liées aux contraintes de la coalition. Alors, oui, les juifs de France - les jeunes en particulier - finiront par venir, par petites vagues, à plus ou moins 4 000 par an, note le chercheur, “comme cela s’est d’ailleurs

"En cas de guerre civile en France, Israël sait intervenir"

passé avec les juifs du Maroc, venus progressivement sur 20 ou 30 ans”. Pour lui, la priorité consisterait à mettre sur pied des programmes pour les jeunes juifs des zones sensibles, généralement issus de familles défavorisées. “Mais de la même façon que la communauté juive française ne se met pas en charge de relocaliser ces populations vers des quartiers plus sécurisés, l’Etat d’Israël ne considère pas non plus cela comme un danger suffisant pour lancer un plan d’urgence”. Maintenant, on peut aussi imaginer un scénario plus dramatique, avec l’élection de Marine Le Pen, la sortie de la France de l’Europe, et l’écroulement de l’Euro qui viendraient précipiter les choses, précise-t-il. “En cas de guerre civile en France, Israël sait intervenir”, poursuit Dov Maimon, “affréter des avions pour rapatrier des juifs qui habiteront sous des tentes, comme avec les juifs d’Ukraine”. En clair, pas question de recevoir un appartement à Tel-Aviv ou Jérusalem. L’Etat fait ce qu’il peut faire, et c’est déjà énorme, lance le chercheur, “aucun pays au monde ne donne un panier d’intégration”. Alors pour lui, ce ralentissement de l’alyah française a peut-être du bon. L’occasion de rappeler aux candidats que l’alyah est un projet qui se planifie, qu’il faut penser. Son message aux juifs de France: “préparez-vous, même si cela prend 2 ou 3 ans, essayer de faire des économies, ne serait-ce que 10 à 20 000 euros. Si vous pouvez vendre vos biens et vous mettre en location, faites-le.” Mais tout ça n’est qu’un vœu pieux, regrette-t-il, “car tout au long de l’histoire du peuple juif, on n’a jamais vu une communauté comprendre ce genre de message”. Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH | 9


Dossier Spécial

Le CNEF, Centre National des Etudiants Francophones, est une structure d’aide et d’accompagnement des jeunes, dans leur projet d’alyah, dans leur choix d’étude, et sur la mise en place d'activités de terrain une fois en Israël. A sa tête, Sam Kadoch, qui dirige la structure depuis plusieurs années. Entretien.

Les jeunes, la clé de l’alyah?

Comment le Cnef a vu le jour? Certains Olim, issus du mouvement de jeunesse Tikvatenou sous la houlette de Elie Aziza‫ ז"ל‬et Claude Bloch, ont pris conscience, il y a 30 ans, du manque de structure d'accueil pour les jeunes francophones, de leur isolement, de leurs difficultés d'intégration à l'université et pour certains, de difficultés financières. Et depuis bientôt 3 décennies, la structure existe toujours!

Quel est son rôle? Le Cnef se veut l'interlocuteur privilégié des 17-30 ans, dans leur questionnement sur leur venue en Israël. Notre objectif est de les accompagner dans leur processus d'intégration au sein de la société israélienne, leur insuffler des valeurs autour de l'engagement pour la collectivité, mais aussi, continuer et approfondir les valeurs juives dans le respect de l'autre et former les futurs leaders de la société israélienne. Autour de moi, pour servir cette noble mission, une formidable équipe de professionnels (Amélie, Gamliel et Shmouel) et 3 bnot shirout pleines d’énergie (Keren, Salomé et Shirel), ainsi, et c’est le plus important qu’une équipe de 40

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bénévoles repartis dans tout le pays, à l’écoute des jeunes en Israël. Un mot sur le salon de l'alyah du 14 novembre dernier, à Paris. Quel est votre constat? L'alyah des jeunes se porte bien? Ce salon «spécial Jérusalem» a connu une très bonne participation et même si il n'était pas consacré uniquement aux étudiants, nous avons enregistré une grande fréquentation de jeunes et de leurs parents, venus poser leur premières interrogations quant à leur l’avenir, l'année prochaine. Un an après le Bataclan, quelle est la tendance chez les jeunes en 2016, plus ou moins d'arrivées? La France et la communauté juive sont dans le prolongement des tueries de Ozar Hathora, de l’Hyper Cacher, elles vivent dans un climat d’insécurité et de questionnement. Maintenant, d'autres facteurs doivent être pris en compte. Malgré un certain tassement, les 15-30 ans - qui représentent un 1/3 de l'alyah générale - continuent de venir Quelle est la proportion de jeunes qui arrivent sans leurs parents? A l’heure actuelle, environ 70 %. Ces dernières


Propos recueillis par Tal Cohen années, beaucoup de parents sont arrivées avec leurs enfants. C'est un changement par rapport aux dix dernières années où le pourcentage de jeunes arrivés seuls flirtait avec les 95 %. Selon votre expérience, est-il préférable de venir directement après le bac ou après une première formation universitaire en France? Tous les cas de figure sont possibles et pour chacun, on trouve des solutions. Cependant, venir à 18 ans avec un bac en poche dans le cadre d’une prise de décision personnelle confère beaucoup d'atouts pour encore mieux réussir en Israël. Qu’est-il fait pour l’intégration des jeunes? Le nombre de nouveaux Olim est important, mais tous nos efforts doivent être concentrés sur le suivi de ceux déjà arrivés ces 5 dernières années. L'accent doit être mis sur leur intégration. Les autorités gouvernementales doivent le comprendre: certes, la première étape c'est l'alyah, mais sans intégration sociale (débloquer des budgets pour des shabbatot entre jeunes, accorder des réductions dans les théâtres et les cinémas pour leur permettre de découvrir la société israélienne, délivrer des bourses pour ceux en proie à des difficultés socioéconomique etc…), on ne contribue pas à un processus d'intégration efficace. Processus qui s’étend d’ailleurs sur au-moins 3 ans. La première année n'est pas la plus difficile, c'est ensuite qu'il faut agir. Les ministères et les associations qui s'occupent de Klita doivent œuvrer main dans la main. La réussite de ces Olim en général et des jeunes en particulier est le levier qui fera d'Israël un pays encore plus attractif, où il fait bon vivre. Quelle sont les principales difficultés rencontrées par les étudiants francophones à leur arrivée en Israël? Il y en a plusieurs: l'apprentissage de l’hébreu, les psychométriques, l’adaptation au système administratif… Pour ceux qui n'ont pas le bac, il existe aussi des solutions, comme des formations professionnelles proposées par les ministères de l’Intégration et de l’Economie. Mais elles exigent un bon apprentissage de l'hébreu. En ce qui concerne les équivalences pour les membres des professions libérales, chaque profession est une particularité et j’encourage à poser les questions à notre centre d’information et d’orientation. Les psychométriques restent-ils un problème pour les français? Oui, c’est encore le cas pour accéder à certains départements prisés et uniquement enseignés dans les universités. Aujourd’hui, avec le développement des Michlalot (écoles supérieures) beaucoup plus de

possibilités s’offrent aux jeunes. Notre but est de leur faire connaitre les différents établissements pour les aider à faire le bon choix. En général, les jeunes qui arrivent ne connaissent que les 3 grandes universités en Israël. Les Russes et les Anglophones peuvent généralement rendre leurs travaux dans leur langue maternelle. Est-ce le cas pour les Français? Cela dépend du corps enseignant. Si le professeur comprend le français, on général, cela ne pose pas de problème. Quelles filières universitaires sont privilégiées par les francophones? Ils sont mus par une envie de réussir et d'obtenir un diplôme qui leur permettra de travailler et de bien gagner leur vie. On les retrouve souvent dans le secteur de l’ingénierie et du High-tech, en économie, droit, Business, mais aussi dans l'éducation. Comment se passe généralement l'intégration dans le monde du travail? Quelles sont les filières qui débouchent le plus sur un emploi? Nous sommes dans un pays ou le chômage n'existe pratiquement pas, avec un vaste panel de possibilités pour trouver un emploi. Mais des difficultés subsistent, dues en partie au manque de réseau dans le milieu francophone. Heureusement que les organisations qui s'occupent d'emploi le fond avec brio (Ami, Qualita, Gvahim). Combien d'étudiants repartent en France? Les motifs de retour sont-ils liés à l'emploi? Certains repartent, et ce, pour différentes raisons: éloignement familial, échec aux psychométriques, envie de connaitre d'autres horizons, etc... Le Cnef, c'est un moyen de rester entre français, n'est-pas aussi, sur le long-terme, un obstacle à l'intégration? Le Cnef est là pour accompagner les jeunes et faciliter leur entrée dans le monde universitaire, à l'armée, leur faire connaitre la culture israélienne, non pas pour les enfermer. En général, au bout de 2, 3 ans, ils prennent leur envol et font alors partager leur expérience aux nouveaux. C’est d’ailleurs notre fierté, aujourd’hui, au terme de 30 ans d’existence, beaucoup de nos anciens occupent des postes-clés dans le domaine de l'alyah et de l'intégration, mais également des postes à responsabilité au sein de la société israélienne. Pour contacter le Cnef: 2 rue Ben Yehouda, Jérusalem 02-6222625 - info@cnef.org - Facebook Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH | 11


L'Alya de France, les chiffres: de

8 000 arrivants en 2015 à 4 000 en 2016... Où s'est-on trompés? Jonathan Serero On ne s’est pas trompés. Chaque organisation chargée d'encourager l'Alya multiplie les efforts pour attirer les Juifs en Israël. Mais certaines forces d'opposition à l'idéal sioniste et à ces vagues d'Alya travaillent aussi sans relâche pour empêcher les Juifs de monter en Israël. Il faut le dire.

Laurent-Simon Goldenberg Les Juifs de France ont du mal à quitter la France et on peut (doit) le comprendre. Ils ont des métiers pas toujours exportables, des revenus, des habitudes et leur famille souvent encore en partie sur place. Tous ces ingrédients rendent le départ difficile. Souvenons-nous que même quitter l’esclavage en Egypte fut difficile pour la majorité du peuple.

Jerome Lassaigne Il y a un autre phénomène. Les élites capables d'émigrer sont déjà en Eretz. D'où, d'ailleurs, le peu d'opposition à l'antisémitisme en France. Les jeunes qui taguaient Betar et Tagar dans le métro, il y a 20 ans, ne sont plus ici.

Françoise Jazzand Frenchsongs C'est la même chose qu'il y a 30 ans. Le gouvernement investit pour faire monter les Juifs, mais ne sait pas construire les infrastructures élémentaires nécessaires pour les aider à s'intégrer et surmonter les difficultés. Résultat: une mauvaise publicité pour Israël et Londres ou les USA comme alternative. Ça fait longtemps qu'on a un gouvernement trop occupé à ses magouilles et sa corruption pour porter son attention et ses efforts sur ce qui se passe dans le pays. 12 | Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH

Le P'tit Hebdo

Binyamin Eric Halimi Une grande par tie de la population juive française étant religieuse ou traditionaliste, il faut poser la question aux Rabbanim de France qui, à mon gout, ne font pas leur travail et ne se sentent pas concernés. Un jour, j’ai rencontré le fils d’un rabbin d'une synagogue de Marseille. Lui et tous ses frères ont fait leur Alya, mais leur père (récemment à la retraite) est toujours en France. Je lui ai demandé: "Qu'est-ce que ton père attend pour faire son Alya? Il n'a ni le problème de la parnassa, ni celui de la langue." Sa réponse: "Il a ses petites habitudes à Marseille"!!! Il s'agit d'un exemple parmi tant d'autres, mais tellement significatif...

Laly Derai "Une personne qui connaît le «pourquoi» de sa vie, pourra supporter tous les «comment» auxquels elle sera soumise" (Viktor Frankl). Notre erreur? Ne pas parler suffisamment du "pourquoi" et se concentrer uniquement sur le comment". Ceux qui avaient un "pourquoi" fort, évident, sont montés depuis longtemps. Les Olim de ces dernières années ont ''moins'' choisi ce chamboulement qu'est l'Alya. A nous de leur rappeler pourquoi ils sont là.

Remy Allouche J'ai 50 ans, j'ai travaillé 30 ans pour payer un pavillon que je peux vendre 500k euros, et je dois finir dans un 3 pièces d'un immeuble vieux comme mon âge. Les besoins primaires sont hors de prix, les Israéliens ne sont pas tendres, et ne me demandez pas d'aller habiter à Dimona... Alors je reste en France... (C’est un exemple). L'idéal sioniste est mort avec la réalité de tous les jours en Israël. Je suis très heureux ici, mais je ne vais pas dire à tous les Juifs de France: venez, c'est super. Ils doivent venir avec beaucoup de préparation.


Fabienne Habib Le problème, c'est la difficulté pour avoir des aides. Cela fait deux mois que je me bats avec l'Agence juive pour avoir des aides en tant que femme seule avec un enfant. Mon rêve serait de retourner en Eretz, mais ils ne me donnent aucun droit. Comment faire pour aller travailler si je n'ai pas d'aide pour faire garder mon enfant? Sans aide, je ne pourrai jamais venir en Eretz!

Bernard Zanzouri Dans cinquante ans, ça sera de l'histoire et on étudiera dans les livres comment les Juifs de France sont montés en Israël. Ça c'est la bonne nouvelle. Le problème principal, c’est que pour 1 shekel qu'on investit pour faire monter un Juif, il en faudrait 100 pour l'intégrer intelligemment. On est très loin du compte.

Cedric Sellam A tous les bons penseurs qui ragent lorsqu'un Juif ne veut pas monter en Israël, j'ai quelques questions: Allez-vous leur donner une parnassa? Allez-vous les aider face à tous les problèmes

de bureaucratie? Allez-vous les aider à faire en sorte que leurs enfants restent polis et bien élevés pendant qu’eux seront pris par des horaires de travail et d'oulpan? Allez-vous aider les gens malades face aux koupot holim pour qui nous ne sommes que des numéros? Bref, qui êtesvous pour pouvoir juger ces Juifs pour qui Israël n'est pas une fin en soi et quand bien même ils voudraient venir, ne le peuvent pas. Arrêtez de jouer les moralisateurs. Israël c'est dur et la vie est courte. À ceux qui diront que nous sommes juifs et que pratiquer notre religion est plus facile ici, je répondrai que beaucoup de Juifs pratiquants vivent leur judaïsme en France peut-être mieux qu'ici, car il n'y a pas de stigmatisation. À ceux qui me diront que les attentats en France ont changé la donne, je leur dirai de compter le nombre de juifs tués sur les 2 pays et les chiffres parleront d'eux-mêmes. Bref je pense que chacun décide de sa vie et que nul ne peut blâmer l'autre pour un tel choix.

Ilana Koskas G ro s m a n q u e d e l e a d e r s e t d'éducation sioniste dans les établissements juifs en France Écoles/synagogues/centres communautaires... Les leaders se disent avant tout français, et cet esprit agit clairement sur l’esprit de la communauté... Il nous faudrait des Jabotinsky en puissance sur place!

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Parasha

Par Dr Michel Bensoussan

Un Résumé de la Sidra: Hayé Sarah Notre Sidra commence par la mort de Sarah et finit par celle d'Avraham. Entre temps, Isaac se marie avec Rivka, sa petite cousine.

Première montée: Sarah meurt à Hevron, à l'âge de 127 ans. Avraham doit longuement négocier pour acheter la caverne de Makhpela et le champ alentour. Il peut ainsi y enterrer sa femme.

Deuxième montée: Avraham demande à son fidèle serviteur, Eliezer, de se déplacer jusqu'à Aram Naharaym, où habite la famille d'Avraham, pour y trouver une femme pour son fils Isaac. Troisième montée: Eliezer, après avoir prêté serment, se munit de dix chameaux et

de nombreux présents, et se met en route. Il demande à Dieu de l'aider dans sa tâche. Il établit un critère de choix: la future femme d'Isaac devra être très gentille et généreuse: s'il lui demande à boire, et qu'elle lui propose en plus d'abreuver ses chameaux, ce sera alors elle que Dieu aura choisi. Eliezer arrive au puits qui se trouve en dehors de la ville. Rivka, fille de Betouel, fils de Nahor frère d'Avraham, vient à lui et propose d'abreuver ses chameaux. Elle accomplit ainsi, encore plus promptement qu'Eliezer ne l'avait imaginé, le signe "venu du Ciel"! Il lui offre immédiatement des présents. Quatrième montée: Eliezer remercie l'Éternel pour avoir exhaussé son vœu. Le frère de Rivka est Lavan. Il est tout de suite attiré par la venue de cet étranger si prodigue en cadeaux. Il l'invite chez lui. Eliezer lui raconte en détails le but de sa mission, son vœu et sa réalisation miraculeuse. Cinquième montée: Eliezer demande la main de Rivka à sa mère et à son frère Lavan. Après qu'elle ait accepté avec enthousiasme, il l'amène avec lui vers la terre de Canaan pour y épouser Isaac. Isaac venait justement de prier Dieu pour qu'Il lui envoie une femme! La rencontre est romantique: Rivka tombe… du chameau en le voyant. Isaac l'épouse. Il l'aime. Elle le console de l'absence de sa mère! Sixième montée: Avraham épouse une autre femme: Kétoura. Il aura d'elle plusieurs enfants. Mais c'est à Isaac qu'il lègue la plus grande partie de ses biens. Avraham meurt à l'âge de 175 ans. Isaac et Ishmaël l'enterrent aux côtés de Sarah dans la caverne de Makhpela à Hevron. Septième montée: Ishmaël a douze enfants. Il meurt à l'âge de 137 ans. Retrouvez les commentaires de Michel Bensoussan sur son blog: divretorah.com

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Torah de vie

Par Rav Yaacov Spitezki

Avraham et Sara Le premier verset de la paracha ’Hayé Sara nous rapporte que la femme d’Avraham vécut 127 ans. Plus exactement, le texte nous dit que «la vie de Sara fut de 127 ans…». Or, ces mots diffèrent de la formule traditionnelle que l’on retrouve pour Avraham ou Yshmaël qui parle plutôt «des jours» ou «des années». Pourquoi, pour Sara, les mots «jours» ou «années» ont-ils été omis, en ne gardant que le mot «vie»?

"Pour un Tsaddik, la vie ne se conçoit pas dans sa dimension matérielle."

Pour répondre à cette question, Rachi nous explique que «les années de la vie de Sara étaient toutes égales en Bien». Mais a priori, il est difficile de comprendre le rapport entre les années de la vie de Sara et le fait qu’elles étaient toutes bonnes. Qu’est-ce que Rachi veut donc nous apprendre avec sa remarque?

Allons plus loin: comment est-il possible d’affirmer que les années de Sara étaient toutes égales «en bien» quand on sait qu’elle connut des moments difficiles et des moments de joie: quelle fut enlevée par les hommes de Pharaon et qu’elle mit au monde son unique enfant (Its’hak)? Une difference notable Pour comprendre cette problématique, il faut, au préalable, distinguer Avraham de Sara. Nos Maîtres expliquent que la filiation du judaïsme passe plus par Sara que par Avraham. Bien évidemment, ces deux personnages sont à la base de notre histoire. Pourtant, il faut noter que Sara engendre Its’hak, et personne d’autre. Quant à Avraham, il donne naissance à Its’hak, à Yshmaël et à d’autres enfants. Sara est donc plus liée au judaïsme que ne l’est Avraham en ce qui concerne la filiation. De ce fait, la vie de Sara et son identité ont une valeur symbolique essentielle.

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Malgre l’exil... Quand on évoque des jours ou des années, puisque les mots sont au pluriel, on peut facilement comprendre que des différences existent entre certains jours ou certaines années. Mais quand on parle de la vie (au singulier), on parle d’un ensemble, d’une totalité. C’était le cas pour Sara et nous avons vu que Rachi précise «pour le Bien». En effet, pour un Tsaddik, la vie ne se conçoit pas dans sa dimension matérielle. Quand il mange ou boit, quand il dort ou tout simplement quand il vit dans le monde, il ne tire aucun plaisir ou même aucun infime profit de ce monde. Le Tsadik n’est que spiritualité. Pour lui, D.ieu est la seule raison d’exister. De ce fait, la vie et ses difficultés n’ont aucun impact sur lui. Il en était de même chez Sara pour qui la seule référence était la spiritualité. Certes, le monde matériel existait, mais toutes ses turbulences ne l’affectaient pas. Pour elle, la vie n’avait qu’une valeur spirituelle. C’était un concept spirituel unique et donc indivisible. A présent, on peut donc esquisser une réponse à notre question. Il est vrai que durant des siècles, le peuple juif a connu des périodes difficiles, mais l’attachement à D.ieu et à Sa Thora était si ancré en lui, que le poids de l’exil et de la persécution en fut atténué. Et en effet, cet attachement intrinsèque à D.ieu fait entrevoir en chacun d’entre nous un souffle divin qui nous porte bien au-dessus de la condition humaine. RAV YAACOV SPITEZKI SHORASHIM - Le centre pour les étudiants francophones Université Hébraïque de Jérusalem Tél: 054 23 99 791


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Paroles de femmes

Par Rabbanit P. Elkrief

127 ans! Pourquoi le verset détaille-t-il ainsi son âge en années? Car cela représente les trois phases, à l’inverse, de la vie: l’enfance, l’âge adulte et la vieillesse. Chaque tranche d’âge a son rôle, ses avantages et ses difficultés spécifiques (chana/année est de la même racine que chinouï/changement). Sarah Iménou a su les converger, aussi différentes soientelles, vers le même but. C’est pourquoi le verset répète: ce furent les années de Sara. Rachi explique: elles furent toutes égales pour le bien. Depuis son enfance jusqu’à son dernier jour, Sarah Iménou était proche d’Hachem. Toute sa vie, elle était égale à elle-même, à son idéal élevé. Elle a servi Hachem durant cent vingt-sept années pleines. Et Avraham Avinou? La guemara dit: à l’âge de quarante-huit ans, Avraham a reconnu son Créateur. C’était au moment de la Tour de Babel; il a reconnu D.ieu contre toute l’humanité. Certes, le midrach raconte qu’à l’âge de trois ans déjà, il a recherché la Vérité en s’interrogeant sur la création. Cependant, c’est à quarante-huit ans qu’il a commencé à servir Hachem et à diffuser Son Nom. Avraham Avinou a vécu cent soixante-quinze ans. Si l’on déduit quarante-huit ans de cent soixante-quinze, on obtient… cent vingtsept! 175-48=127! Avraham et Sarah ont donc servi Hachem exactement le même nombre d’années: cent vingt-sept. Le couple idéal qui a rempli son but à égalité!

Cette différence est caractéristique dans la nature de l’homme et de la femme. La femme a, en général, une Emouna innée en elle. Elle doit prendre garde de ne pas l’écarter, de ne pas l’éloigner dans les épreuves de la vie. L’homme, par contre, a besoin d’acquérir la Emouna à travers l’étude de la Tora et l’accomplissement de nombreuses mitsvoth. Ce n’est qu’à travers elles qu’il en sera pénétré et cela… prend plus de temps que chez la femme. Elle est exemptée de l’étude, des tefilines, des tsitsith parce qu’elle n’en a pas besoin. Sa Emouna est naturelle.

La différence entre Lui et Elle? Avraham a dû travailler dur pour acquérir la Emouna. Quarante-huit ans de recherche, d’étude! Sarah, par contre, avait la Emouna dans son cœur dès sa naissance. Dès son plus jeune âge, elle était guidée par sa foi.

Les livres édition B.A.I.T: L’Arme d’une mère - L’Arme de la ‘Halla – L’Arme de la délivrance – La Haggada pour tous – L’Arme des Tsadikim – Le Défi du Couple et son Application – L’Arme de Tichri – Le Vidouy de Kippour

«Et la vie de Sarah fut de cent ans, vingt ans et sept ans, ce furent les années de Sara» (23,1)

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L’homme et la femme progressent dans le Bien chacun à sa manière, chacun à son rythme, mais l’essentiel est qu’en se complétant, ils accèdent au même niveau, dans l’harmonie et la compréhension mutuelle: Avraham et Sarah ont tous deux servi Hachem durant cent vingt-sept ans! Nous venons de célébrer la Hilloula de Ra’hel Iménou. Tant de cœurs ont vibré dans un élan d’Emouna, de sim’ha et de prières autour de la figure de Maman Ra’hel! C’est le mérite et l’exemple de nos Imaoth qui vont paver le chemin de la Gueoula. Rabbanith P.ELKRIEF – BAIT/message du foyer juif Les livres de BAIT sont disponibles au magasin «Brakha labaït» 96 Ahouza, Raanana (Merkaz El Ham) Ou, nous contacter: pbait@neto.net.il – 03.5702752


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Nos communautés

Propos recueillis par Magali Barthès

Les juifs de La Seyne sur Mer Une communauté tournée vers la jeunesse Lev haïr: Quelle e s t l ’ h i s t o i re d e la communauté seynoise? D.M: «A l’époque, La Seyne ne disposait d’aucun lieu de culte juif, et la vie communautaire s’organisait à Toulon. Nous nous sommes donc manifestés auprès des familles juives de la région. Après la guerre des Six jours, nous avons célébré le premier Yom Kippour à La Seyne. Pour Shabbat et à l’occasion des fêtes, on parvenait tout de même à réunir 10 minyan soit 100 personnes. Nous comptions 40 enfants au Talmud Torah, ce qui représentait beaucoup à l’époque. Mon père a été le président de la communauté pendant de nombreuses années. Il organisait de grandes manifestations, aussi bien sur le plan interne, qu’externe. Au niveau local, beaucoup de fêtes, activités, cours d’hébreu moderne, un Talmud Torah, avaient lieu, même pendant l’Eté. Nous avons multiplié les rencontres intercommunautaires avec des villes avoisinantes comme La Ciotat, les contacts avec des personnes de tous âges, ce qui a donné lieu à des mariages par la suite… Sur le plan international, les jumelages avec les villes d’Ashkelon, de Mazkeret Batya, avec lesquelles nous avons tissé d’étroites relations… Les voyages en Italie, Monaco, New York, et naturellement en Israël. Je me souviens d’ailleurs de la réception, par les familles seynoises, d’une cinquantaine d’Israéliens pendant une dizaine de jours, et de leur visite de Paris, à l’occasion du jumelage avec Ashkélon. Enfin, comment oublier la réception du commandant de l’Exodus, les conférences, celle des grands rabbanim de Vilnius, d’Israël, de Yitzhak

Séfarades pour la plupart, les juifs de La Seyne se sont fédérés autour de ses deux fondateurs, Monsieur Moha, Président de Beth Chalom pendant de nombreuses années, de même que Monsieur Halimi. Rencontre avec le rav David Moha, qui se rappelle avec émotion de ces années.

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Shamir, et bien d’autres encore, qu’un livre d’or retrace». Lev haïr: Quelles difficultés rencontez vous? D.M: «Au niveau communautaire, la difficulté est de ramener le maximum de personnes, au Talmud Torah, surtout la jeunesse. Nous comptons à présent des personnes de tout âge qui se rendent régulièrement à la synagogue pour prier à l’occasion du Shabbat, vendredi soir et samedi complet. Nous parvenons à nous réunir autour d’un minyan; ce moment de partage est très agréable. Nous avons un très bon journal, le Mag Heikhal Schlomo... Récemment, la reprise en mains des activités communautaires par un noyau de jeunes a redynamisé la communauté. Nous pouvons compter sur une bonne équipe avec de nombreuses activités, et notamment des cours de pensée juive organisés chaque Mercredi à partir de 18h. Toutes ces activités ont vocation à se multiplier, j’ai bon espoir pour l’avenir. Par ailleurs, l’allumage de la Hanoucca, chaque année, qui rassemble 300 personnes autour du Rav Taubenblatt à Sanary, est un moment fort de la vie communautaire. Sur le plan extérieur, nous n’avons pas de problèmes particuliers, que ce soit sur le plan physique ou verbal; nous avons une bonne sécurité, un portail entouré d’une cour intérieure, avec des caméras. Nous n’avons pas trop de liens avec les autres communautés, mais faisons bloc ensemble lorsqu’il y a des événements graves dans notre pays». Lev haïr: Quels souhaits formulez-vous pour l’avenir? D.M: «Il s’agit surtout de rassembler tout le monde, notamment autour de la jeunesse. L’ouest varois compte beaucoup de juifs. Nous faisons d’ailleurs tout un travail de recherche pour ramener ces personnes au judaïsme, surtout la jeunesse, les 20/25 ans, et bien entendu tous les jeunes de 30 ans et plus, encore célibataires». Plus d’informations: Synagogue CJU (Communauté Juive Unie) Eikhal Shlomo 5 rue Chevalier de la Barre - La Seyne sur mer 07 83 93 20 64


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Hommage

L’actualité fulgurante de l’enseignement de Manitou

L’approche herméneutique de Manitou préconise une vigilance accrue en matière de fidélité à la Sagesse hébraïque, associée au recours précautionneux aux contenus et aux méthodes d’analyse de la culture occidentale. Cela ne procède ni d’une stratégie ni d’une tactique pédagogiques, mais de sa vision de la recherche du sens. En effet, la fidélité à la Sagesse hébraïque procède de sa conviction de l’identité entre Thora et Vérité et de la mission spécifique du peuple juif en la matière dans ses deux vocations (intérieure et extérieure). Après avoir systématiquement jugé la Sagesse hébraïque selon les critères de la philosophie et de la culture occidentale, le temps était venu d’interroger celles-ci à l’aune de la mentalité hébraïque. La «réhabilitation des intuitions immédiates de la conscience hébraïque» a été suivie de la réhabilitation de la Sagesse hébraïque en tant que partenaire de dialogue. Le recours avisé aux contenus et méthodes de la culture occidentale s’impose en raison du caractère universel de certaines préoccupations, D-ieu étant le Créateur de toute l’humanité. 22 | Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH

Concernant la fidélité à la Sagesse hébraïque, il n’y a pas de place pour l’ambigüité concernant celui qui est habilité à exposer «l’esprit du Judaïsme»: le Maître n’est pas identifié par son aura médiatique, «un Maître est celui qui a eu un Maître», ni au sujet du devoir de rigueur dans le renouvellement du sens «c’est un renouvellement de sens et il n’est authentique qui s’il vient à être conforme avec tous les enseignements de la Tradition. S’il y a un seul enseignement de la Tradition avec lequel cela ne «colle pas», le ‘hidouch est approximatif donc faux». Ces rappels sont essentiels car, provenant entre autres d’outre-Atlantique, se fait de plus en plus envahissant un néo-judaïsme «progressiste» enveloppé dans ce qu’on nous présente comme «Tikoun olam», une caricature de la vocation juive à améliorer le monde. On aura, semble-t-il, oublié la deuxième partie du principe «Tikoun olam bémalkhout Chadaï» en l’occurrence changer le monde dans la perspective du Royaume céleste – la dimension éthique ne peut pas être artificiellement détachée de la propédeutique de la Halakha et ne saurait cautionner les dérives de croyances ou de mœurs qui n’ont plus rien à voir avec la Sagesse hébraïque,


Par Dr Raymond Fitoussi même s’ils sont à la mode et semblent convenir avec une vocation universelle. Deux dangereux processus Grace à son érudition en matière de Sagesse hébraïque, à sa profonde connaissance de la psychologie et de la sociologie, à sa perspicacité exceptionnelle, le Rav Yehouda Léon Askénazi a discerné des processus qui se prolongent et se précisent de nos jours. A l’intérieur du monde juif: les tentatives contradictoires de désistement d’identité, d’usurpation d’autorité pour parler au nom du judaïsme, la limitation de la Halakha à un corpus de préceptes dans l’ignorance délibérée de leur vocation. A l’extérieur: une offensive contre tout ce que peut représenter le Nom d’Israël, la prise en otage, par les ennemis d’Israël, de la morale, de l’histoire et de la culture, dans le silence lâche et complice des nations. Mais aussi la propagation de l’universel du désistement cosmopolite qui a ruiné la conscience et l’identité européenne/occidentale et qui n’est que trop présent dans le champ intellectuel juif et israélien (à l’opposé de l’universel de rayonnement, celui auquel la pensée juive nous a familiarisés).

Comment y faire face? À nous de puiser dans la Sagesse hébraïque à travers la pensée juive qui nous a été enseignée par le Rav Yéhouda Léon Askénazi et, à l’aide de ses disciples devenus eux-mêmes des Maîtres à part entière, de nous confronter aux défis de notre génération sans perdre de vue la perspective de la durée. Le temps imparti est court et la tâche est immense, mais il y a dans notre peuple des hommes et des femmes d’une grandeur d’âme et d’une intégrité exceptionnelles. Manitou a occupé un rôle essentiel dans ma vie et dans ma conscience des étapes importantes de ma vie: en tant que responsable de la formation de cadres du Département Educatif de la Jeunesse Juive, en tant que chargé de mission du Département de la Jeunesse de l’Agence Juive, responsable de groupe d’alyah de familles du Mouvement de l’Alyah, en tant qu’auteur d’un doctorat de philosophie sur «l’École de Paris de pensée juive». Son enseignement m’éclaire au quotidien en tant qu’Israélien, en tant que Juif, qu’homme, en tant que père… Dr. Raymond Fitoussi

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Bien être

Musique de chambre Qu’est-ce que le “pansement Schubert”? D a n s l ’ E h p a d (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) où j’intervenais, il y avait une patiente atteinte de démence. La morphine n’avait aucun effet sur elle: elle hurlait, mordait, elle était inapprochable. Et j’ai eu l’idée de jouer pour elle le mouvement lent du 2e Trio de Schubert. Immédiatement, elle a été apaisée, soulagée. A ce moment-là, la musique de Schubert a opéré comme un miracle, la patiente a donné son bras en 3 secondes et s’est laissé soigner. Je suis revenue plusieurs fois dans la semaine pour qu’on lui administre ses soins.

Elle officie à l’hôpital parisien Sainte-Périne, un établissement classé depuis vingt ans «centre de référence pour la douleur chronique et les soins palliatifs». Après des études de violoncelle au conservatoire de Moscou, une maîtrise de philosophie à la Sorbonne et un diplôme universitaire d’art thérapie de la Faculté de médecine de Tours, Claire Oppert est à l’origine du «pansement Schubert», une technique au bilan éloquent: une atténuation de la douleur de 10 à 30%.

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Comment en arrive-t-on à poser son violoncelle dans une unité de soins palliatifs? Depuis toute petite, j’ai toujours aimé et cherché à jouer dans des lieux éloignés des salles de concert et leur mondanité. Dès 14 ans, j’ai joué pour les personnes âgées, puis plus tard, dans les prisons. J’ai aussi travaillé pendant 7 ans avec Howard Buten, un merveilleux clown psychologue et écrivain, auteur de ‘Quand j’avais cinq ans je m’ai tué’, qui dirigeait un centre pour jeunes autistes profonds. Nous y avons établi des chemins de communication. Je me suis rendu compte que la musique, et particulièrement la voix du violoncelle, atteint une personne quelles que soient sa pathologie, sa souffrance, son état, au plus profond d’elle-même. Puis lors d’un stage dans un hôpital parisien, un chef de service très ouvert m’a ouvert les portes de toutes ses chambres pour ce travail qui s’est avéré être ma juste place.


Propos recueillis par Salomé Touitou Le violoncelle est-il un instrument de prédilection pour ce travail? Il se trouve que les vibrations acoustiques du violoncelle sont les plus proches de la voix humaine. Son timbre est très chaud, puissant, il induit un champ de vibrations sonores très profondes qui fait dire aux patients qu’ils ont l’impression que c’est une voix sans mots. Il épouse plus rapidement, plus intensément, le contenu de leur vie émotionnelle. En quoi consiste votre intervention? Nous avons observé les effets bénéfiques de la musique vivante, en l’occurrence le violoncelle, dans une chambre de malade au moment des soins douloureux. Quand le violoncelle résonne au moment de la douleur induite par les soignants, l’anxiété et la douleur diminuent. Différents facteurs entrent en jeu, mais la musique opère un détournement de l’attention chez le patient, qui au lieu de hurler et de se crisper, va, dans la majorité des cas, écouter la musique, chanter, diriger, sourire. Cela a d’ailleurs été étudié d’un point de vue cérébral: l’influx douloureux va être diminué, voire stoppé, par l’influx de plaisir alors instauré par l’apport de la musique. Les patients se sentent plus accompagnés, plus détendus. Une circulation énergétique de bien-être se crée entre le

patient, le soignant et l’art-thérapeute. La discipline fait-elle son chemin dans les institutions médicales? Nous assistons à une ouverture vers ce type d’approche dite non médicamenteuse. J’ai travaillé pendant 5 ans dans un Ehpad et nous nous sommes rendu compte que la pratique de la musique, telle que je la faisais avec des groupes, alliée à la poésie, la peinture, la danse - je faisais danser 10 patients grabataires avec des foulards-, tout cela contribuait, d’une part, à des manifestations de joie, d’énergie, de reprise de motricité, mais aussi de récupération de la mémoire. Une diminution infime, mais réelle, et à une nette diminution de la prise de médicaments. Les médecins ouverts se rendent de plus en plus compte de cette possibilité. Le problème restant toujours le financement. Beaucoup d’études sont engagées pour montrer les effets bénéfiques de la musique sur les personnes en souffrance. Vous parlez de mémoire, comment expliquer que la musique s’imprègne autant dans notre cerveau? Il existe différents types de mémoires répertoriées par les spécialistes. La mémoire profonde est réactivée dans le champ de la sensorialité. Des patients qui

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Bien être n’ont plus leur tête sont capables de retrouver des mélodies d’enfance, et parfois même les paroles, alors que leur langage est tout à fait incohérent. Cela montre qu’il y a une activation dans le champ sensoriel qui provoque une réactivation dans des zones du cerveau plus sophistiquées. Le moteur du soin - on parle ici de soin, et non de guérison - c’est donc cette revigoration qui prend ses racines dans des ressentis archaïques. La relation avec les anciens est-elle moins forte en Europe que sur d’autres continents? Dans les sociétés occidentalisées et de plus en plus matérialistes, il existe une peur existentielle de la mort, qui est alors de plus en plus gommée. La mort, c’est l’échec absolu de la médecine. Dans le cadre des soins palliatifs, la mort devient une démarche intégrée à la vie, où l’on respecte la personne jusqu’au bout, on la considère comme un vivant dans toutes ses dimensions. Ce soin que l’on apporte consiste en un accompagnement ultime dans une société qui rejette la mort assez puissamment. Les sociétés qui témoignent plus de respect des anciens, sont la marque d’une civilisation plus au cœur de ses racines. Qu’en est-il en Israël? Je n’ai pas encore de recul sur ce qui se passe en Israël mais je suis ravie de le découvrir. J’ai été invitée dans de nombreux pays, comme au Japon. Il existe certes des différences dans l’approche culturelle, mais au fond, l’humain reste l’humain, et les réactions, les demandes, les relations, restent similaires quelle que soit la partie du globe dans laquelle on se trouve. Il s’agira de votre premier séjour en Israël? Qu’est-ce qui le motive? Oui, c’est mon premier séjour et c’est un immense bonheur que de découvrir ce pays dans lequel je rêve d’aller depuis de nombreuses années. J’avais rencontré Daniel Azoulay qui dirige l’hospice des soins palliatifs de l’hôpital Hadassah Har Hatsofim lors d’un congrès mondial de soins 26 | Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH

palliatifs qui se tient à Montréal tous les 2 ans et rassemble des milliers de participants issus de 60 pays différents. J’avais été invitée à communiquer sur mon travail et à donner un concert basé sur les paroles des patients - je jouais pendant que défilaient sur un diaporama les paroles prononcées par des patients qui écoutaient ma musique. Nous avions fait rapidement connaissance et il a eu la délicatesse de m’inviter pour les 30 ans de l’hospice qu’il dirige, un événement dans le cadre duquel je vais venir présenter mon travail. N’avez-vous pas envie, parfois, de quitter le milieu hospitalier pour vous consacrer uniquement aux concerts prestigieux en robes longues? D’abord, je n’ai jamais envie de quitter l’environnement hospitalier car c’est le lieu où je reçois le plus de grâce. Car même si les conditions sont difficiles et douloureuses, c’est l’occasion unique d’exercer mon art dans une vue différente. Par ailleurs, j’ai des robes longues et je donne pas mal de

“Nous avons observé les effets bénéfiques de la musique vivante, en l’occurrence le violoncelle, dans une chambre de malade au moment des soins douloureux.” concerts! (Rires) Au fond, je me suis rendu compte que les personnes sont les mêmes, même si la part de mondanités n’existe plus quand on est au chevet d’une personne en fin de vie, où ne subsiste plus que le sens du “pourquoi on est là”. Howard Buten, dont je vous ai parlé, disait souvent que si on lui mettait un pistolet sur la tempe pour lui demander de choisir entre être écrivain, artiste-clown ou travailler auprès des enfants autistes, il privilégierait son travail auprès des enfants autistes. Moi, avec le pistolet sur la tempe, je préfèrerais la chambre d’un malade à une grande salle de concert. Mais pour l’instant je n’ai pas de pistolet sur la tempe, et j’ai la chance de pouvoir faire les 2!


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Education

La musicothérapie au service des enfants Dvora Levinson est une des pionnières de la musicothérapie en Israël. En 1983, elle intègre la deuxième promotion de la filière à l’université Bar-Ilan, d’où elle en sortira diplômée d’un second cycle en musicothérapie, suite à un cursus en psychologie et en musicologie. Après plusieurs années dans diverses institutions en éducation spécialisée, elle a ouvert son cabinet voilà une douzaine d’années, où elle se consacre essentiellement aux enfants victimes de troubles émotionnels. En parallèle, elle enseigne la musicothérapie, crée des programmes d’études dans le domaine pour les femmes religieuses, douées, qui ne veulent pas aller à université, et agit comme conseillère en musicothérapie pour les thérapeutes de certains établissements. Dvora Levinson a également étudié la psychothérapie par l’art, qu’elle combine avec la musicothérapie dans le cadre de son travail. Entretien.

La discipline se développe en Israël. Dvora Levinson, thérapeute spécialisée, revient sur une technique qui adoucit les mœurs, et les cœurs

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Qu’est-ce que la musicothérapie? La musique a un pouvoir extraordinaire sur l’homme, une influence presque magique. La musicothérapie se sert des caractéristiques et de la force de la musique pour aider le patient à surmonter tout un panel de difficultés qu’il peut rencontrer. Il peut s’agir de blocages d’ordre physiologique, sensitif, cognitif, émotionnel, de difficultés d’apprentissage ou de motricité. La musique agit également sur les sentiments, elle éveille l’imagination et la spiritualité. Elle touche à tous les domaines de l’être humain. Sous l’effet de la musique, le corps entier réagit, la pensée, l’imagination, le cerveau, tout s’éveille. C’est aussi pourquoi cette thérapie s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Le thérapeute doit-il être avant tout un musicien? Oui, absolument. Il doit savoir jouer de plusieurs instruments. Il s’agit d’un second


Propos recueillis par Tal Cohen

cycle qui exige à la fois des connaissances en psychologie et des capacités musicales. Vous êtes spécialisée aujourd’hui dans les troubles émotionnels des plus jeunes. Quels sont les enfants que vous traitez? Je reçois dans mon cabinet des enfants qui ont pu subir un traumatisme, être victimes de difficultés relationnelles au sein de leur famille. Cela peut survenir au sortir d’une crise familiale, mais il peut s’agir d’un manque de confiance en soi. Je traite aussi des enfants sujets à des peurs, des anxiétés. Ce peut être également des adolescents en dépression, des enfants victimes de problèmes de concentration, et parfois même des nourrissons. En quoi intervient-on sur un nourrisson? Le musicothérapeute peut agir pour des problèmes de développement, de motricité, de communication. Par la musique, on peut aussi encourager un nourrisson à émettre des sons. La musique est une très grande source d’éveil et de stimulations. Comment se déroule une séance? Dans une pièce accueillante, sont exposés un large éventail d’instruments, de toutes tailles, et qui produisent toutes sortes de sons, discrets ou bruyants. Chacun peut trouver son moyen d’expression. Au départ, il faut faire connaissance avec l’enfant, l’accepter tel qu’il est. Par exemple, un enfant timide, anxieux, va avoir tendance à choisir un petit instrument, peu sonore. Je vais alors prendre ma guitare et me mettre à chanter doucement, sur de simples accords, à partir des sons qu’il produit. En quelques secondes, l’enfant se sent accepté, valorisé, il a su donner le ton à une création commune. Au contraire, un enfant hyperactif va lui plutôt se diriger vers la batterie et taper de toutes ses forces. Dans ce cas, je me mets au piano et fais des accords puissants, je m’adapte à sa mélodie. Plutôt que de le faire taire, lui intimer le silence, de se calmer, ce à quoi il est généralement habitué, je le laisse s’exprimer. Pour lui, c’est une formidable opportunité libératrice. Une fois cette phase

d’apprentissage posée, nous pouvons entamer un processus thérapeutique qui s’étend bien souvent sur plusieurs mois, et se fait en concertation systématique avec les parents qui doivent être des partenaires à part entière pour savoir aider leur enfant à surmonter ses difficultés. Quels sont les signes qui doivent alerter les parents sur le fait qu’un enfant a besoin d’aide? Il faut être vigilant. Quand un enfant est triste, qu’il ne dort pas bien, se montre particulièrement agité, qu’il recommence à être incontinent, ou manque d’appétit, ce sont autant de signes qui doivent attirer l’attention. Et si ces symptômes ne passent pas, alors il vaut mieux consulter un professionnel. Pourquoi un enfant va-t-il être orienté vers la musicothérapie et non pas vers une autre thérapie? Vous avez raison, c’est important de savoir où diriger l’enfant. En particulier en Israël, où il existe de nombreuses formes de thérapies pour enfants. Certains jeunes vont aimer les animaux, d’autres moins, vont avoir une sensibilité artistique, d’autres moins. Mais la musique est un langage universel, qui touche chacun d’entre nous, dès notre naissance. C’est très rare de voir que la musicothérapie ne va pas convenir à un enfant. La discipline est-elle remboursée par les caisses d’assurance maladie? Le domaine se développe énormément en Israël. Ces dernières années, il a fait son entrée dans les services des caisses d’assurance maladie, il faut vérifier avec chacune d’entre elles quelle est la politique proposée. Dvora Levinson reçoit dans son cabinet au centre-ville de Jérusalem, rue Betsalel. Prix à la séance. Possibilités de réduction pour les familles en difficultés. Tél: 054-8470820 Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH | 29


Santé

Médecines parallèle souhaite interrompre les injections de morphine d’un patient, je vérifierai tout cela avec une grande précaution et j’essaierai d’expliquer que ce nouveau traitement risque d’entraîner une aggravation de la souffrance. Mais en dernier recours, c’est le malade et sa famille qui décident. Vous avez constaté une hausse des demandes ces dernières années? Pas vraiment, mais c’est un domaine qui se développe beaucoup. Il existe de plus en plus de possibilités, je dirais peut-être trop de possibilités. Beaucoup de thérapeutes ne sont pas qualifiés et il est possible que cela nuise à la qualité du traitement, et aux thérapeutes qualifiés - qui sont nombreux. Aucun diplôme n’est nécessaire pour exercer ces formes de médecine parallèle et c’est un danger pour la qualité des soins. Il faudrait peut-être réglementer un peu tout ça.

Après des études de médecine généraliste en France, Daniel Azoulay se spécialise à Jérusalem en médecine interne puis en gériatrie. Aujourd’hui, il est responsable de l’hospice de l’hôpital Hadassah Har Hatsofim, une unité de soins palliatifs qui accueille les malades en fin de vie ou les patients victimes de maladies avancées. Lev Hair et LPH ont souhaité obtenir le point de vue de ce praticien confronté à la souffrance de ses patients au quotidien. Dans votre domaine de compétence médicale, la médecine parallèle a-t-elle sa place? A priori non. Mais il se trouve que dans certains cas, des patients en fin de vie sont parfois prêts à explorer tous les champs du possible, soit pour rester en vie, soit pour moins souffrir. Certains peuvent alors se diriger vers la médecine parallèle, les pouvoirs religieux, ou se lancer dans une recherche ésotérique. Comment réagissez-vous quand un de vos patients veut avoir recours à une technique de médecine parallèle? Personnellement, je me tiens à l’écoute du désir du malade. Si le malade veut explorer d’autres méthodes, je ne suis pas opposé par principe. Je laisse la porte ouverte à d’autres disciplines mais je vérifie juste avec les traitants qu’il n’y ait pas de contre-indications, d’effets secondaires. Dans le cas de la douleur par exemple, si pour les besoins d’un traitement homéopathique, un traitant 30 | Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH

Est-ce que vous fixez des limites à vos patients? Parfois, les thérapeutes de médecine parallèle peuvent vouloir arrêter certains traitements conventionnels pour que leurs traitements à eux aient plus d’effet. Dans ce cas-là, je suis très vigilant. Mais par principe, je n’ai aucun problème avec des techniques comme l’acupuncture, le shiatsu, l’homéopathie, la kinésiologie, l’hypnose, les Fleurs de Bach, nous les acceptons d’ailleurs à l’hospice et nous donnons libre cours à ces soins parallèles après avoir vérifié qu’ils ne comportent aucun traitement invasif - comme par exemple l’injection de certains produits dont je n’ai aucune idée. Hormis cela, dans la plupart des cas, les traitements courants de médecine conventionnelle peuvent se combiner avec les traitements de médecine parallèle. Selon votre propre expérience, ces traitements ont-ils un effet? Il n’existe pas suffisamment d’études cliniques ou scientifiques sur le sujet. Il m’est donc difficile de répondre. Je ne peux me permettre d’affirmer que cela marche, ou au contraire que cela ne marche pas. D’ailleurs, ce n’est pas mon rôle. Je dis simplement


Propos recueillis par Tal Cohen que si un malade et sa famille souhaitent expérimenter un traitement qu’ils pensent pouvoir les aider, je n’y vois pas d’inconvénient. Et j’ai d’ailleurs pu entendre de la part de certains malades des effets positifs. Encore une fois, nous ne disposons pas suffisamment d’études cliniques pour affirmer ce qui va marcher, et sur qui. Mais si nous enregistrons une satisfaction des patients, je suis loin de m’y opposer. Mais là, on est davantage dans le soutien psychologique que médical? En ce qui concerne les malades en soins palliatifs dont je m’occupe, ils sont en recherche de tous les possibles pour aller mieux, pour se sentir mieux. Donc si l’impact est d’ordre psychologique, pourquoi ne pas y avoir recours. Même la morphine peut avoir des effets psychologiques. Une prière peut avoir des effets psychologiques. L’effet psychologique a aussi sa valeur, il faut le prendre en compte. Mais c’est vrai que dans ce domaine-là, c’est plus difficile de dresser un constat objectif. Dans votre service, quel type de malade va décider d’avoir recours à la médecine parallèle? Certaines personnes vont choisir, de leur plein gré, de refuser les traitements lourds de la médecine conventionnelle - comme la chimiothérapie qui consiste en des radiations - au profit de traitements de médecine parallèle, et qui vont bien le vivre. C’est un choix. Ils vont faire des traitements qui vont les aider à mieux supporter les souffrances de leur maladie. Et ça, c’est un choix tout à fait acceptable et plausible, tant qu’il est fait de pleine conscience et non par détresse. Quand le diagnostic est fatal, il arrive que des patients préfèrent renoncer à des traitements lourds pour se tourner vers des médecines parallèles qui vont adoucir leurs souffrances et leur apporter un bien-être. S’ils y croient, je suis pour. Avez-vous rencontré des cas de guérison grâce à un traitement de médecine parallèle? Sur ces 20 dernières années, je n’en ai pas rencontré. J’ai des malades qui me disent que certains traitements auraient eu sur eux telles ou telles influences, mais des cas de guérison complète, non. Donc la médecine parallèle c’est bon pour soulager les souffrances, mais par pour guérir? Je ne peux pas dire cela. A titre personnel, je n’ai pas vu de malades souffrant d’Alzheimer avancé, de cancer incurable à pronostic fatal, être guéris avec des médecines parallèles. Mais je ne veux pas conclure que c’est impossible! En tout cas, je veux bien croire, j’espère croire, que cela peut les aider dans leur bienêtre.

Vous citez l’Alzheimer, où en est-on actuellement? Il existe des traitements officiels, basés sur des médicaments qui reposent sur des études cliniques et qui sont censés diminuer l’évolution négative de la maladie, pas la maladie elle-même. Le malade ne sera pas en meilleur état cognitif avec un traitement mais l’évolution de la maladie sera moins rapide. On n’en est pas encore au point de pouvoir guérir la maladie. On espère qu’un traitement puisse vite être trouvé pour Alzheimer. On l’espère aussi pour le cancer, on l’espère pour la maladie de Charcot qui est une maladie fatale dont les malades deviennent paralysés très rapidement. Malheureusement, pour beaucoup de maladies graves, il n’existe aucun traitement. C’est pour cela que les malades vont chercher des soins parallèles. Mais dans ces cas-là, il faut faire la part des choses pour éviter les traitements complètement farfelus. Comme quoi par exemple? En tant que gériatre, je suis très sceptique vis à vis des régimes et des diètes à base de plantes pour un Alzheimer avancé. Les malades se jettent sur n’importe quoi. J’ai vu des patients se rendre aux Etats-Unis pour aller chercher des diètes farfelues qui promettent d’améliorer l’Alzheimer avancé. Je n’adhère pas à ces régimes qui ne consistent qu’à abuser les malades dans le besoin et qui sont prêts à tout. La seule chose qu’ils vont en retirer, c’est de dépenser de l’argent et se heurter à la désillusion. Le cas de Steve Job, selon vous, c’est une aberration? Non, ce n’est pas une aberration. Prenez l’exemple d’un malade qui souffre du cancer du pancréas. Les médecins lui diront: “Sans traitement, vous en avez pour 6 mois. Avec un traitement lourd de chimiothérapie, qui demande beaucoup d’efforts, vous allez gagner 3 ou 4 mois de plus”. Alors, les patients choisissent. Certains vont préférer un traitement aux plantes ou à base de jus. Personnellement, j’arrive tout à fait à concevoir cela. Moi, mon rôle consiste à accompagner les patients dans leur décision. Qu’ils acceptent ou refusent les traitements conventionnels qui les aident à moins souffrir, comme la morphine par exemple. Mais quand je vois que le patient souffre, qu’il est sujet à de graves problèmes respiratoires, j’essaye d’être très clair pour lui éviter des traitements parallèles. Ce qui est important, c’est que les patients puissent choisir de façon libérée, sans contrainte, le traitement qu’ils veulent suivre. Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH | 31


Tsahal

En voie de réinsertion retrouve soudain confronté à l’élite israélienne n’a rien perdu de ses mauvaises habitudes. “Mes problèmes n’étaient pas résolus”, reconnaît-il humblement. Difficile pour lui de se plier à cette discipline qu’il a refusé toutes ces années. “J’avais parfois des supérieurs plus jeunes qui moi qui me donnaient des ordres. Avant l’armée, si quelqu’un élevait la voix sur moi, je répondais avec les mains”.

Betsalel Viberman a grandi dans le quartier de Kiryat Moshé, à Jérusalem. Mais pour ce petit garçon de parents originaires de France, tout bascule à l’âge de 9 ans: alors qu’il est en route pour l’école, il assiste à l’explosion d’un bus, à Tsomet Pat. Un attentat de plus pour Jérusalem, un traumatisme pour le jeune Betsalel. L’ancien bon élève devient perturbé, souffre de crises d’angoisse, dort mal. Malgré un soutien psychologique, il tombe dans le piège du décrochage scolaire, déserte les cours et traîne dans la rue. Une petite délinquance s’en suit, qui le conduit au commissariat de police à 12 ans, “ne dites rien à mes parents, ils me croient à l’école”, déclare-t-il aux policiers, naïvement. Son adolescence sera chaotique.

Comment un ancien gosse de la rue tend la main aux délinquants d’aujourd’hui.

A la majorité, il refuse d’abord de faire l’armée. Puis se laisse convaincre. Mais s’il doit intégrer Tsahal, il sera combattant. Betsalel veut rejoindre l’unité Guivati. “J’ai réussi à passer tous les tests pour être admis, mais une fois admis, la galère a commencé, j’étais l’enfant de la rue au milieu de fils de pilotes, docteurs.” Ce jeune dur qui se 32 | Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH

Il doit beaucoup à son chef, qui loin de l’enfoncer, l’aide, et ne le laisse jamais tomber. Mais deux mois avant la fin du cours d’officier, c’est le dérapage de trop. Betsalel laisse parler ses poings sur son supérieur direct, devant tout le monde. Là encore, l’échelon supérieur décide de lui donner une dernière chance. “Je sais d’où tu viens”, lui dit le gradé. Il échappe aux 28 jours de prison et à son

"J’étais assis de 8h du matin à 9h du soir, dans une classe, pendant 6 mois. Mon expérience la plus difficile de toute l’armée" retrait définitif d’une unité combattante, et écope d’une mise à pied de 4 mois avec possibilité de réintégrer son bataillon pour bonne conduite. C’est le déclic pour Betsalel. Il sait que c’est sa dernière chance. L’armée lui a beaucoup donné, il veut lui rendre à son tour. Il décide de compléter au sein de Tsahal ses 12 ans d’études, “j’étais assis de 8h du matin à 9h du soir, dans une classe, pendant 6 mois. Mon expérience la plus difficile de toute l’armée”. Puis le conflit à Gaza s’invite et vient à nouveau tout perturber. Au front, il connaît l’enfer. Les tunnels à neutraliser. Son unité part à la recherche de Hadar Goldin, capturé et emporté à Rafiah dans une base du


Par Salomé Touitou inaptes pour avoir touché à la drogue ou flirté avec la délinquance. Des jeunes, qui à 18 ans, se retrouvent sans institution de tutelle, livrés à euxmêmes, sans lendemain.

Hamas. En vain. Betsalel raconte ces Arabes qui tirent sur les toits des maisons entourés d’enfants, pour éviter toute riposte. Puis la mort le touche de près. Liel Guidoni est emporté, “un chef tout le temps souriant, en toutes circonstances, la simha, la force par excellence”. Depuis, c’est en hommage à ce jeune combattant, que Betsalel s’emploie à mettre sur pied «Mehinat Liel», une mekhina pré-militaire pour tous les jeunes qui ne savent quoi faire, éjectés du système scolaire et refusés par l’armée, considérés comme

Le militaire réhabilité, revenu dans le rang, a ainsi fédéré une équipe de thérapeutes diplômés et des rabbins, pour proposer un an de traitement intensif, en vue de réinsérer ces jeunes et leur permettre d’intégrer l’armée. Mais il faut un financement. Betsalel se tourne donc vers des dons privés. “Nous avons 15 élèves en attente de débuter le programme, mais le coût du projet s’élève à 1 million de shekels. Pour démarrer, il nous faut 300.000 shekels”. Betsalel et ses équipes se sont tournés vers la plateforme de financement participatif Headstart. Ils ont 23 jours pour collecter la somme, sinon les dons engrangés repartiront vers leurs expéditeurs. Le compte à rebours a commencé. Engagez-vous pour “Mehinat Liel” Via Headstart, ou la page Facebook 052-9533021 bv22230@gmail.com

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Hommage

Claude Meyer: au-delà de l'espérance… Par Jacquot Grunewald de veille dans le magasin que menaçaient des commerçants de la ville. Mais il a tenu bon et il a su gagner son pari. Claude et Claudine ont su vaincre, après, toutes les excellentes raisons qui auraient pu les retenir en France. A leur arrivée en Israël au début des années 80, tout laissait à penser que leur engagement communautaire continuerait. On ne se refait pas. Mais au lieu de suivre la voie, Claude a su vaincre l'ordinaire une nouvelle fois. Là encore au niveau industriel et commercial pour commencer, en tentant, sans se faire d'illusions illimitées, il est vrai, d'apporter sa part dans la coexistence judéoarabe par l'ouverture d'ateliers de fabrication de vêtements dans l'espace arabe. Lorsqu'il m'arrivait de présenter Claude Meyer, j'avais recours au titre d'une rubrique du Reader's Digest de nos adolescences: "L'homme le plus extraordinaire que j'ai rencontré". Je ne pense pas avoir jamais usé de cette formule pour un autre. Claude est mort à 85ans, avec, à ses côtés, Claudine, leurs enfants et petits-enfants, le 9 novembre 2016. Mais beaucoup ne sont pas prêts à l'admettre. Comme ils n'acceptent pas que cet homme souriant, fin, élégant, à votre écoute, au visage rayonnant, ait atteint cet âge. Le refus que dictent l'admiration et l'amitié l'emportent… portent au loin une insupportable réalité. A son exemple, justement, parce que Claude Meyer a su casser les frontières du réel, comme il dépassait de son long pas, les grands espaces qu'il aimait parcourir. Certes, sa générosité, la soif du judaïsme qu'il avait découvert à l'école d'Orsay, son sionisme, l'œuvre accompli au KKL, l'accueil des réfugiés d'Algérie à Strasbourg, la présidence de l'Appel Juif Unifié qu'il y a assumée, son action pour le Biafra et d'autres causes humanitaires étaient exemplaires. Mais dès alors, dans un tout autre domaine, il a su briser les barrières ordinaires en créant, le premier supermarché du prêt-à-porter en France. On imagine les difficultés à affronter, les hostilités rencontrées. Je me rappelle les nuits 34 | Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH

Au niveau de l'action sociale, les besoins étaient considérables. Nombre d'Olim de France ou d'Europe devaient être aidés. Les organisations à l'œuvre auraient souhaité son concours. Elles le savaient assuré. Mais Claude a vite compris que l'urgence criait d'ailleurs, depuis les rues d'Israël… auxquelles trop d'enfants, aux conditions familiales très difficiles étaient condamnés. Avec, principalement, Claude Kadouch, qui lui, venait de Paris, il a alors lancé les Maisons de l'Espérance, regroupées bientôt dans l'Association Negba (www.negba.org) qui portent chacune le nom d'une personnalité de la Communauté française. A Beth Shemesh d'abord, à Beeér Shéba surtout, à Netivoth, à Jérusalem, c'est plus d'un millier d'enfants qui grâce au suivi scolaire qu'on leur offrait, à l'affection témoignée, à l'encadrement, au déjeuner convivial, ont été et sont sauvés. Et le Mur que Claude Meyer a élevé au Musée des Lohamei Haguettaot en souvenir de Daniel Trocmé, qui refusa d'abandonner aux nazis les étudiants qu'il cachait dans sa… maison d'espérance à Chambon, pour les suivre en déportation, montre à quel point rien de ce qui était humain ne lui était étranger. www.negba.org www.facebook.com/AssociationNegba


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Dossier Spécial

Rencontre avec Deborah Harros-Goldman, Israélienne, religieuse et humaniste

Au service de la cause des femmes yézidies C'est dans un petit café du centre de Jérusalem que je rencontre Deborah Harros-Goldman. Cette Francoisraélienne de trente-sept ans a fait son alya il y a une dizaine d’années. Comme beaucoup dans son cas, elle a cherché sa place dans la société israélienne, toujours dans l'objectif de vie qu'elle s'est fixé: aider les autres. Cette ancienne enfant de l'OSE, tout comme Elie Wiesel z.l. qu'elle admire, a choisi la résilience comme ligne de vie. C'est comme israélienne, religieuse et humaniste qu'elle se définit et se présente aujourd'hui. Grâce à sa rencontre il y a un an avec l'homme d'affaires et philanthrope juif canadien Steve Maman, son nom est aujourd'hui indissociablement lié à une cause humanitaire de première importance: le sauvetage des femmes et jeunes filles yézidies kidnappées et transformées en esclaves sexuelles par ‘l'Etat Islamique’ en Irak. Deborah, qui vit momentanément en France pour des raisons familiales, est aujourd'hui directrice pour la France, l’Europe et Israël de la Fondation CYCI (The Liberation of Christian and Yazidi Children of Iraq) créée en 2014 par Steve Maman. Objectif: sensibiliser l’opinion publique et les décideurs politiques sur ce génocide qui se déroule en Irak dans un quasi-silence international. Vous insistez beaucoup sur la juxtaposition des termes "religieux" et "humaniste"… DH: Depuis que je suis arrivée en Israël, j'ai constaté avec regret que dans le milieu francophone religieux, je n'entendais pas assez ce discours de tolérance. Les gens sont essentiellement tournés vers les problèmes internes au peuple juif. Or, j'ai toujours eu le sentiment que mon identité juive basée sur la Torah devait me pousser vers l’Autre, y compris l'Autre non-juif. Je me sens comme une "passerelle" entre ces deux mondes et je suis convaincue que le fait pour des juifs religieux d’aider d’autres populations contribuera aussi à améliorer l'image d'Israël. Pour moi, être une femme qui croit en Dieu, c'est aussi aider ceux qui sont différents de moi sans distinction de religion ou de couleurs. Qu'est-ce qui vous a amenée vers Steve Maman et son association CYCI? DH: Il y a un an, j'ai dû pour des raisons personnelles 36 | Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH

retourner vivre momentanément en France. Mais je n'ai pas abandonné mes convictions et j'ai commencé à organisé des actions communautaires - la commémoration des 10 ans d’Ilan Halimi par exemple. Je collaborais aussi à la mission humanitaire de Steve Maman, ce fut pour moi un moment fondateur. J’aidais ma communauté, mais aussi le monde: Torah et Humanisme! Et c’est en Steve Maman que j’ai trouvé cela. J’ai vu un homme juif et religieux, qui luttait pour un peuple victime d'un génocide et je l'ai suivi les yeux fermés. Lui-même, en tant que businessman religieux, a compris que si D.ieu l'avait comblé de ce don, c'était pour faire du bien à autrui. Comment avez-vous rencontré Steve Maman? DH: Sur les réseaux sociaux… J'avoue même que j’ai beaucoup insisté au départ pour qu'il accepte ma collaboration. Je lui ai dit: "Teste-moi et tu verras si je suis à la hauteur". Et je crois qu’il a été content du résultat, cela a créé des liens étroits d’amitié. J'ai


Propos recueillis par Shraga Blum commencé à traduire ses textes et à contacter des politiques ainsi que des journalistes. Cela a pris tout de suite et en un peu plus d'un an, un travail prodigieux a été accompli. Je suis d’ailleurs toujours aussi surprise du chemin parcouru… Combien êtes-vous et en quoi consiste votre action? DH: Nous avons réussi à mobiliser quelques dizaines de personnes qui ont une influence médiatique ou politique. Il y a des Américains, des Canadiens, des Israéliens, mais je suis pratiquement la seule Française car il y a beaucoup de réticences en France sur cette question. Pourquoi? DH: Essentiellement à cause du politiquement correct. Au vu de la situation en France, il n'est pas bon de mettre en évidence que des Musulmans tuent ou asservissent les Chrétiens et les Yézidis. L'information a beaucoup de mal à passer et je sens de nombreux barrages et de tabous. Quant à notre action, nous avons sur place, en Irak, un homme extraordinaire, Dawoud B. Jajju, chrétien humaniste de 28 ans, qui bénéficie de la reconnaissance des gouvernements alliés pour ses actions diplomatiques et militaires. Il jouit aussi d'un grand prestige chez les Musulmans - sunnites comme chiites - et il a ses entrées un peu partout. C'est lui qui est le négociateur d’otages au nom du CYCI et le bras droit de Steve Maman sur place. C'est un véritable héros. Il a déjà permis la libération de dizaines d’esclaves sexuelles. Par ailleurs, nous achetons et faisons passer des vêtements, des chaussures, du lait pour bébés et une quantité d'autres produits de première nécessité pour ces populations. Pour l'instant, nous avons reçu 875 000 dollars de dons pour notre action. Steve Maman déploie des efforts considérables, des médias aux réseaux sociaux, pour sensibiliser les donateurs. Que pouvez-vous mentionner comme réussites dans votre combat? DH: Nous avons déjà réussi à faire libérer 140 femmes et jeunes filles. Mais il en reste environ 3 500 aux mains de Daech. Elles sont, hélas, plus difficiles à libérer car la médiatisation a fait «monter les prix» de manière vertigineuse. Je voudrais aussi souligner que nous ne travaillons pas directement avec Daech. Le processus de négociation et de libération passe par plusieurs relais intermédiaires. Et pour répondre à certains détracteurs, l'argent que Daech reçoit en contrepartie est insignifiant par rapport à ses ressources provenant du pétrole. Quelle est votre expérience la plus émouvante? DH: Les deux premiers enfants yézidis nés en exil dans le camp Olympe de Petra en Grèce que nous administrons s'appellent Steve et Ahava, qui est le nom de la fille de Steve! Et puis il y a Nihad, ancienne esclave sexuelle, qui va recevoir son visa pour faire

avec nous une tournée en France et en Europe afin de témoigner du calvaire de son peuple. Elle m'a émue par sa force et son courage. Que ressentez-vous en tant que femme, juive et israélienne en servant cette cause? DH: J'ai le sentiment profond de participer au Tikkoun Olam, à la "réparation du monde". Je suis juive mais j'appartiens à l'Humanité. Je ne pouvais pas rester insensible à cette souffrance humaine et ayant toujours été fascinée par la personnalité de Nah'shon ben Aminadav, qui entra le premier dans la Mer Rouge alors que les Enfants d'Israël priaient, je préfère toujours donner la priorité à l'action! Autre point important: dans ma mission, je mets toujours en avant que je suis juive pratiquante et que c'est Israël qui a insufflé en moi cette envie d'aider les autres quels qu'ils soient. Et la réaction des gens est admirative. C'est du Quidouch Hachem. Des déceptions? Echecs? DH: La lenteur que les choses prennent avec les médias. Surtout en France. Plus qu'avec les politiques! Aujourd'hui, ce sont les médias qui décident de quoi on parle ou on ne parle pas, ils ont le pouvoir d’agir et ne le font pas. Aussi l'antisémitisme. Certains doutent de la sincérité de Steve Maman et se demandent avec suspicion ce que cherche un homme d'affaires juif dans cette cause. Que pensez-vous de la récente déclaration du Grand rabbin séfarade d'Israël, Rav Itshak Yossef, sur la nécessité morale pour Israël de ne pas rester silencieux face à ce qui se passe en Syrie? DH: Ça fait du bien! J'y vois les prémices d'une nouvelle page d'Israël où l'on pourra être vraiment Or Lagoïm et apporter notre aide à toute l'Humanité. Mon rêve est de voir de plus en plus de Juifs religieux s'engager dans les causes humanitaires universelles. Aider les minorités au Proche-Orient ne peut être que bénéfique pour Israël à long terme. Quelle est votre conclusion et que voulez-vous transmettre à nos lecteurs? DH: Ma devise est: "Chacun naît avec une lumière qui est la mission qu'il doit accomplir sur terre". Et quand on a compris cette mission, il faut foncer. Sans hésiter. Le souvenir de la Shoah doit nous pousser à agir en faveur des populations persécutées. Comme Steve Maman, mon rôle est d'être une shli'ha, une messagère, un canal pour cette mission humanitaire. A nos lecteurs, je dis, "Faites du bien autour de vous, c’est une grande source de bien-être et n'oubliez jamais de sourire". https://www.facebook.com/CYCIFoundation Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH | 37


Culture

Propos recueillis par Magali Barthès

Emilie Marchandin «Toute réaction du public, qu’elle soit positive ou négative, est une réussite» Lev haïr: Quels sont vos thèmes de prédilection? Emilie Marchandin: «Je travaille à l’acrylique, j’aime jouer avec la matière, les couleurs, m’accrocher aux éléments du réel. Mon imaginaire est comme une vie intérieure, j’essaie de varier les sujets. Mon avant-dernière série portait sur le tarot (la précédente avait un caractère très sexy). J’avais réalisé un travail qui liait la symbolique des cartes du tarot aux monuments caractéristiques de Marseille, ainsi qu’à son histoire. Dans la série actuelle, j’ai privilégié une atmosphère onirique, avec toujours cette idée de recréer un ensemble avec des éléments distincts. Le judaïsme a son importance dans mon travail et d’ailleurs, j’ai pris plaisir à réaliser l’une des couvertures de Lev haïr, «le tableau d’Esther», qui évoque cette période importante de l’histoire au cours de laquelle, en se mobilisant pour Esther, notre peuple a pleinement affirmé son identité juive. J’ajouterais que ce qui définit pleinement l’artiste que je suis, c’est qu’une fois finalisée, l’œuvre ne m’appartient plus, elle appartient à la seule personne qui en fera l’acquisition». Lev haïr: La femme est très présente dans vos œuvres… E.M: «En tant que femme, il est plus facile pour moi d’utiliser le féminin pour travailler. Je pense que parmi toutes les communautés, au fil du temps, les femmes sont celles qui ont payé le plus lourd tribut, dans leur diversité. La femme a cette puissance de donner la vie, cela la rend menaçante du point de vue masculin. Mais je considère que les femmes peuvent vivre leur

Après avoir été architecte d’intérieur, puis créatrice de bijoux, Emilie, diplômée d’un Master II en Arts plastiques, a renoué avec sa vocation première d’artiste peintre. Elle nous présente sa dernière série «Scènes rêvées», qu’elle souhaite approfondir, et dans laquelle la femme prend une place centrale. Rencontre avec une artiste discrète mais pleine de talents, qui évolue entre l’abstrait et le concret.

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vie sans pour autant être soumises à l’injonction masculine». Lev haïr: Vos personnages sont souvent en suspension… E.M: «Le thème de cette série portant sur l’onirisme, il y a beaucoup d’insaisissable dans mes travaux. Retranscrire la sensation que l’on éprouve lorsque l’on «flotte» dans le souvenir: voilà ce qui m’importe. J’aimerais «sortir du cadre» afin de proposer ma peinture sur d’autres supports. L’art est pour moi un moyen d’interagir avec le spectateur, de manière à ce qu’il projette ses réminiscences personnelles, qu’il voie sa propre image ; les gens perçoivent souvent leurs états d’âme, ils déambulent à travers l’œuvre. C’est assez amusant de voir les différentes réactions du public. Toute réaction, positive ou négative, est une réussite et cet effet miroir permet ainsi de faire vivre l’œuvre». Lev haïr: Vous avez représenté le Mucem dans vos œuvres? E.M: «J’ai une affection particulière pour le Mucem, et j’ai souhaité représenter ce symbole grâce auquel la ville a changé, aux côtés des 5 étoiles présentes sur le drapeau de la ville de Marseille, et cette ligne d’horizon qui s’estompe, confondant ciel et mer. Faire part de cette perte de repères, tout en m’appuyant sur les éléments du réel, voilà ce qui me guide». Lev haïr: Emilie, quels sont vos projets désormais? E.M: «A présent, j’aimerais exposer dans des galeries et avoir l’opportunité d’exporter mon travail. Jusqu’à présent, j’ai exposé à Cassis, Marseille (Galerie Triptyque) et Monaco. J’aimerais beaucoup promouvoir mon travail en Israël, mais pour l’instant je n’ai pas encore de contacts directs là-bas». Pour plus d’informations sur Emilie Marchandin: Facebook: Emilie Marchandin Artiste Peintre https://twitter.com/emimuse Site: http://www. emiliemarchandin.com/


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Le saviez-vous?

Par Esther Bénichou

Gaza n’a pas toujours été arabe et musulmane … - Au XIIIème siècle avant notre ère, entre 1300 et 1234 environ, arrivent venant du Nord de la Grèce et plus précisément de la Crète «les Peuples de la mer», chassés par l’Egypte des Pharaons d’alors, sur la côte de l’actuelle Bande de Gaza. Là, l’un de ces peuples, les Philistins,* fondent une pentapole composée de 5 villes: Gaza, Ekron, Gath, Ashkelon, Ashdod, qui prend le nom de Philistie et pas encore Bande de Gaza. - En 1272, dans le désert du Sinaï, Moïse vient de mourir et transmet à Josué la tâche d’amener les Hébreux dans la Terre promise et donnée par l’Eternel. Ta n d i s q u e l e s H é b r e u x s ’ i n s t a l l e n t progressivement dans le pays après avoir vaincu ou chassé les peuples cananéens et avoir partagé la Terre entre les tribus, ils sont confrontés aux guerres incessantes avec leurs voisins philistins et cananéens. Il faut savoir que Josué n’a pas conquis Gaza (Josué chp XI verset 22). Pourtant L’Eternel lui avait ordonné de conquérir tous les districts des Philistins avec les 5 villes de la pentapole dont Gaza (Josué chp XIII versets 1 à 3) Après la mort de Josué, les enfants de la tribu de Yéhouda héritent de Gaza. (Josué chp XV verset 47) Plus tard, au Xème siècle, Samson devient Juge et gouverne Israël pendant 20 ans (de 947 à 928 avant.n.e.) Il va s’affronter aux Philistins 40 | Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH

qui s’emparent de lui et l’emmènent à Gaza, après lui avoir coupé les cheveux, source de sa force légendaire et crevé les yeux. Quand Samson meurt, il tue plus de Philistins réunis dans leur temple que de de son vivant (Les Juges chp XVI verset 30). - Au début de l’époque des Rois, les Hébreux sont sans cesse confrontés aux Philistins qui les harcèlent. Le Roi Chaoul le premier Roi à les combattre, va y laisser sa vie et sera décapité par ses ennemis. (876 avant n.e.). David va réussir à briser leur résistance. Son fils le Roi Chlomo maintiendra la paix en leur faisant payer tribut. - Par la suite, les Philistins tout comme les Hébreux, vont être la proie des Egyptiens, des Assyriens, des Babyloniens: Gaza est conquise par Nabuchodonosor en 432 avt notre ère (Israël en 422) et enfin des Perses qui fortifient la ville. - Jusqu’à notre ère, la ville de Gaza connaît une grande prospérité, car elle est une voie de passage entre la Phénicie (Liban) au nord et l’Egypte au sud. C’est le Port des Arabes (pas encore musulmans) qui y font transiter esclaves, animaux exotiques, vins, produits agricoles … - En 332, Gaza est assiégée par Alexandre le Grand pendant 3 mois et réussit à prendre la ville grâce au creusement de … tunnels (déjà!) jusqu’aux remparts de la ville. Le butin est fabuleux qui témoigne de la richesse de la ville. - En 96 avant notre ère la dynastie des Hachmonaïm, s’empare de Gaza et la ruine. Elle devient Gaza deserta.


- En 4 av.n.e. les Romains incluent Gaza dans l’Empire et la donnent en cadeau à Hérode. Elle devient rapidement une brillante et riche cité très hellénisée. Avec ses voisines Ashdod et Ashkélon (qui donne son nom à l’échalote) elle pratique le commerce des épices, aromates, et vins). Les amphores gazéennes sont célèbres en Méditerranée. Notons que la gaze, tissu précieux commercé au Moyen Âge à l'instar de la mousseline (de Mossoul) ou du damas (de Damas), est originaire de Gaza. - en 135 ap. n.e. l’empereur Hadrien accorde à Gaza le privilège d’organiser la vente comme esclaves des prisonniers juifs. C’est lui qui donne le nom de Palestine à toute la région débaptisant ainsi l’Etat hébreu. C ‘est ce nom latin de Palestine qui a été repris à son compte par le camp arabe. En clair Gaza n’est pas d’origine «palestinienne». - Devenue chrétienne en 402, Gaza sera conquise par le Calife Abou-Bakr qui tue Juifs et Chrétiens et détruit la ville en 637. - En 1516, elle devient ottomane et commence à décliner à l’instar de toute la région dont le futur Israël. Pendant cette période apparaît à Gaza le faux messie Sabbataï Tsevi.

- Au XVIIème siècle un écrivain et géographe hollandais Hadrian Reland est envoyé en Palestine pour recenser les lieux de la Bible dans leur appellation originelle. Parlant hébreu, arabe et grec, il écrit "Voyage en Palestine" en 1695. Il note qu’aucune localité ne portait alors de nom arabe: Ramallah s’appelait «Beteïlé» (de l’hébreu Bet El) A Gaza, il dénombre près de 550 personnes: 50% de juifs et 50% de chrétiens. Les juifs s’occupaient d'agriculture et les chrétiens du commerce - De 1917 à 1948 la ville subit l’occupation des Anglais qui interdisent à la Brigade Juive de cultiver les terres de la Bande de Gaza, mais ils vendent aux Arabes des terres situées entre Gaza et la mer à un prix dérisoire. C’est là l’origine de la Gaza moderne. - Il faudra attendre 1956 et la victoire des Israéliens sur l’Egypte pour que Gaza soit enfin réunie à Israël… Jusqu’au retrait en août 2005 du Gouch Katif, qui dure encore. *Vient de PELESETS nom donné par les Egyptiens qui donnera PHILISTIE Autre origine: les pelishtim en Hébreu ‫ פלשת'ם‬de ‫לפלוש‬: envahir.

& LeP´titHebdo

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Air du temps

Par Rosaly pour Dreuz.info

Selon les analystes Efraim Inbare et Yossi Klein Halevi

“Trump peut ouvrir de grandes opportunités pour Israël“ Efraim Inbare, directeur du «BESA Center» (The Begin-Sadat Center for strategic studies) et conseiller du PM israélien: «Benjamin Netanyahu a vécu des moments de grande tension avec le président sortant Barack Obama et cela aurait continué avec Hillary Clinton» a déclaré Efraim Inbar, conseiller très écouté du premier ministre israélien. Cette déclaration résume le sentiment prévalant aujourd’hui dans le cercle intime de B. Netanyahu. L’élection de Donald Trump est une bonne nouvelle pour Jérusalem, mais attendons de voir. L’Administration Trump ne sera opérationnelle

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qu’à partir du 20 janvier 2017. Il semble, d’ores et déjà, que nos alliés seront beaucoup plus forts pour défendre le monde libre. La position actuelle de Trump sur Jérusalem, l’Iran et les «colonies» diffère notablement de celle d’Obama. En Israël, nous ne demandons pas des soldats américains, mais tout simplement de comprendre notre position. Obama a projeté de la faiblesse dans toute la région. Egyptiens, Israéliens, Saoudiens sont tous soulagés, du moins pour l’instant, par l’élection de Trump à la présidence des USA. Comme Trump, Netanyahu a construit son charisme politique contre l’establishment. Si Netanyahu trouve son réservoir de voix dans les villes périphériques d’Israël et à Jérusalem, Trump lui les récolte dans le Rust Belt, tandis que les démocrates d’Hillary Clinton moissonnent dans les villes, à l’instar du Parti Travailliste israélien à Tel-Aviv. Il existe déjà quelques dossiers sur lesquels Trump et Netanyahu ont des idées convergentes. Comme, David Makovsky du «Washington Institute for Near East Policy» l’a rappelé au Washington Post: Netanyahu devra traiter pour la première foi avec un président républicain. Trump a invité Bibi à la Maison Blanche. Dans le journal «Israël Hayom» il a qualifié Israël de «rayon de soleil».


«Trump continuera à renforcer notre ville», a déclaré le maire de Jérusalem, Nir Barkat. «Trump est un véritable ami d’Israël», a affirmé Netanyahu. Trump a promis à l’AIPAC, la plus grande organisation américaine de soutien à Israël, de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, la reconnaissant ainsi comme capitale officielle d’Israël. Promesse qui sera très difficile à tenir selon certains. En mai, Trump avait déclaré que les constructions juives n’étaient pas le cœur du conflit et affirmé être en leur faveur vu que les Palestiniens continuent à envoyer des missiles contre l’Etat hébreu. On comprend ainsi pourquoi le Ministre israélien de l’Education, Naftali Bennett, leader de la droite, alliée à Netanyahu, a défini l’élection de Trump comme la fin de l’ère de l’état palestinien… Trump et Netanyahu ont en commun le même discours critique à l’égard de l’ONU, que Trump a défini «ennemie de la démocratie, de la liberté, des USA et d’Israël», et partagent une aversion identique envers l’accord nucléaire avec l’Iran. La préoccupation majeure à Jérusalem concerne les aides militaires sur lesquelles Trump n’a pas fait un mystère de son opposition. Les deux conseillers de Trump sur Israël sont les faucons Jason Greenblatt et David Friedman, avocats, juifs orthodoxes, amis de Ronald Reagan, favorables aux colonies. Puis, il y a Walid Phares, chrétien maronite pro-Israël. Et les trois candidats au poste de Secrétaire d’Etat – -John, Bolton, Newt Gingrich et Bob Corker – sont farouchement pro-Israël. Mais au delà de la rhétorique, comment Trump peut-il faire la différence en faveur d’ Israël? Yossi Klein Halevi, intellectuel libéral israéloaméricain, critique à l’égard de Trump, et collaborateur de divers journaux, dont le New York Times, explique: «Les deux sujets les plus importants pour Israël aujourd’hui sont l’accord nucléaire avec l’Iran et les relations avec le monde arabe. Personne ne s’attend à ce que Trump déchire l’accord avec l’Iran, mais qu’il mette la pression sur le régime des Mollahs, pour que ces derniers le respectent, en insistant pour éviter la déstabilisation de la région. Trump Président signifie plus de sanctions contre l’Iran et la fin de la fantaisie à la Obama, pour qui le régime iranien est un partenaire, et non une menace pour la région. Ensuite, il y a le problème palestinien. Pour la première fois, il existe une véritable opportunité pour Israël de trouver sa place dans le monde arabe, car nous avons un ennemi commun, l’Iran, qui place Israël et les Saoudiens sur le même front. Les médias saoudiens, les plus antisémites du monde, sont en train de préparer le peuple saoudien au

changement dans les relations avec Israël.Obama pensait qu’Israël devait d’abord faire la paix avec les Palestiniens avant de négocier la paix avec le monde arabe. Idée non seulement désuète, mais dangereuse. Pour faire la paix avec les Palestiniens, Israël doit avant tout trouver un accord avec le monde arabe. Si Trump comprend cette priorité, cela signifiera, qu’ un véritable changement s’opèrera pour Israël, amenant les Palestiniens à devenir de véritables partenaires pour la paix. Avec Trump, ce seront aux Palestiniens et non plus à Israël d’être sous pression .Trump est un pragmatique pur et dur et le président américain le moins idéologue de l’histoire. Et cela aidera Israël.» Faire la paix avec les Palestiniens? Encore, faudrait-il que ces derniers la souhaitent réellement. Dans la tradition et la culture palestinienne, le moindre compromis avec Israël est considéré comme un acte de trahison. Toute une génération de Palestiniens a grandi avec cette idée toxique. Et Abbas sait que la plus infime concession de sa part pourrait lui coûter la vie. D’où les refus successifs de ces dernières années du président de l’Autorité palestinienne de négocier avec Israël, sous différents prétextes, tout en déployant toute son énergie afin de forcer la communauté internationale à imposer une solution à Israël. Le Fatah est une hydre à deux têtes. L’une ment et dit à la communauté internationale ce qu’elle souhaite entendre, à savoir qu’elle soutient une solution à deux Etats et cherche un règlement pacifique au conflit avec Israël. L’autre dit la vérité: elle a choisi la lutte armée pour la «libération de la Palestine» et se prépare à la guerre avec Israël. D’autre part, il est bon de rappeler ici ce que dit la charte du Hamas: «Le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) estime que la terre de Palestine a été un Waqf (donation faite à perpétuité) à toutes les générations jusqu’au Jour de la Résurrection. Nul ne peut y renoncer, en totalité ou en partie, ni s’en séparer en totalité ou en partie. Il n’y a qu’une solution au problème palestinien, le Jihad. La libération de cette terre est un devoir individuel, qui oblige tous les musulmans , où qu’ils se trouvent, à l’accomplir. Face à l’usurpation de la Palestine par les juifs, il faut brandir l’étendard du jihad et cela nécessite la diffusion de la conscience islamique parmi les masses locales, arabes, et islamiques. Il faut propager l’esprit du jihad dans la nation, l’engagement face aux ennemis et l’adhésion aux rangs des combattants du jihad.» «L’entité sioniste ne fera jamais partie de cette région. Nous allons continuer de résister jusqu’à la libération de notre pays et le retour de notre peuple» — Musa Abu Marzouk, haut responsable du Hamas. Avec de tels partenaires, la paix n’est certainement pas encore pour demain. Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH | 43


Aubergines farcies à la ricotta By Audrey Berdah Attal Préparation Pour la sauce tomate: Faire revenir un demi-oignon, ajouter une bonne cuillère de concentré de tomates, et la boîte de tomates pelées, écrasées. Saler, poivrer et épicer avec le basilic, les herbes de Provence, l’ail - en poudre ou frais - et 2 petits carrés de sucre. Laisser mijoter 30 bonnes minutes environ, en remuant de temps en temps. Rajouter si nécessaire un peu de coulis de tomate pour fluidifier un peu. Réserver.

Ingrédients

Pour le plat:

• 1 à 2 aubergines selon la taille • 1 pot de ricotta • 1 œuf • basilic frais • parmesan - mozzarella - un demi-oignon - concentré de tomates - une boîte de tomates pelées - sucre - ail - sel, poivre, herbes de Provence

Couper les aubergines dans la longueur. Faire cuire au four, 15 mns, en assaisonnant de sel de poivre et huile d'olive. Préparer la farce avec 1 pot de ricotta, 1 œuf, du sel, du poivre, du basilic. Mélanger et ajouter du parmesan.

Page préparée by Vanessa Fedida Retrouvez nos recettes sur la page Facebook: "Partageons nos recettes sucrées et salées" 44 | Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH

Mettre la farce à une extrémité de la tranche d’aubergine et la rouler. Recommencer pour chaque tranche. Verser de la sauce tomates assez fluide au fond d'un plat à four. Poser les aubergines farcies dessus. Rajouter de la sauce par-dessus et terminer en déposant une tranche de mozzarella sur le dessus. Cuire au four, 25 mns, à 200 degrés.

Bon appétit


4 sinon rien Un aperçu de la culture des ados: Quand on est prof, il vaut mieux avoir le sens de l'humour!!!

Parlez-moi de la Révolution française. - Les Français s'insurgent; ils prennent la Bastille...

Quel est le plus grand navigateur au monde?

... Cela se termine le 14 juillet avec des feux d'artifice.

- Internet Explorer! Qui a inventé le zéro? - Parlez-moi des capacités du cerveau

- Personne ne le sait. On peut dire que

- Le cerveau a des capacités tellement

devant, il ne sert pas à grand-chose,

étonnantes que, aujourd'hui, presque

mais il est très utile car c'est le seul

tout le monde en a un.

chiffre qui permet de compter jusqu'à 1.

- "Je n'en suis pas persuadé" a répondu le professeur.

Quelle est la capitale de Taïwan? - Made-In

Quelle est la taille de Hong-Kong? - 10 m, peut-être plus ... il est très grand!

Sans lui, on aurait commencé à 2.

De quelle œuvre est issue la phrase: "To be or not to be"? - De "Questions pour un champion".

Pourquoi dit-on de Jules César qu'il était un dictateur? - Car il savait dicter plusieurs lettres à la fois ; il était très rapide.

Qui était le Général de Gaulle? - Un homme dans le dictionnaire. Il fut un protestant très pratiquant, catholique même. C'est pourquoi il a été enterré dans un village avec deux églises, à Colombay.

Quelles sont les trois grandes périodes de l'humanité? - L'âge de la pierre, l'âge du bronze et l'âge de la retraite. Ce dernier est le plus court je crois. Nº45 NOVEMBRE 2016 | LEVHAIR.COM | LPH | 45


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