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SOMMAIRE 01/ HISTORIQUE 02/ LA LETTRE A. ANATOMIE DES CARACTÈRES B. TAILLE C. SYSTÈMES DE CLASSIFICATION D. FAMILLES DE CARACTÈRES 03/ LE MOT A. CRÉNAGE B. CAPITALE ET BAS DE CASSE C. CHASSE D. LIGATURES 04/ LE TEXTE A. CRÉNAGE ET L’INTERLETTRAGE B. INTERLIGNAGE C. ALIGNEMENT D. LETTRINE E. VEUVES, ORPHELINES ET CÉSURES 05/ LA PAGE OU LA TYPOGRAPHIE EN CONTEXTE A. FORMATS DE PAPIER B. GRILLES 06/ LES RÈGLES TYPOGRAPHIQUES ÉLÉMENTAIRES

1


N°.

1/ HISTORIQUE L’ÈRE TYPOGRAPHIQUE LA PRODUCTION MÉCANIQUE DES LETTRES LA PHOTOCOMPOSITION LA COMPOSITION NUMÉRIQUE


HISTORIQUE La production mécanique des lettres

L’ère typographique

Par souci de commodité, nous commençons l’histoire de la typographie occidentale avec la Bible réalisée par Gutenberg en 1455. Cette Bible a été le premier livre imprimé en caractères métalliques mobiles, basés sur l’écriture manuscrite gothique. Il n’est donc pas surprenant que les premiers caractères aient été taillés d’après la minuscule gothique primitive la Textura, comprenant toutes les ligatures et abréviations propres à l’écriture manuscrite. Avant l’invention du caractère mobile, les livres et les textes étaient copiés un par un dans les scriptoria. Ou alors on

gravait en miroir une page manuscrite entière sur une tablette de bois, qui servait ensuite de matrice. Après l’invention du caractère mobile, les techniques d’impression et de typographie n’ont plus connu de changements fondamentaux pendant quatre cents ans. Les développements techniques les plus importants, permettant d’accélérer la cadence de travail, n’auront lieu qu’à partir de 1880.

Le Benton-pantograveur, inventé en 1885 par l’Américain Linn Boyd Benton, a été le premier de ces grands changements. L’appareil permettait de découper mécaniquement des lettres métalliques de n’importe quelle taille en suivant les contours de leur dessin au moyen d’une pointe. La gravure manuelle d’une matrice pour une lettre de 4 points (ou même plus petite) appartenait au passé.

1450

1500

1600

1455 Bible de Gutenberg

1557 Civilité R. Granjon

1621 Université J. Jannon 1672 Fell Types J. Fell

1700

1800

1880

1725 Caslon W. Caslon I 1757 Baskerville J. Baskerville 1783 Didot F. Didot

1800 Walbaum E. Walbaum 1817 Egyptian V. Figgins 1845 Clarendon B. Fox

1880 Bruce Bruse type Foundry

1890

1900

1910

1894 Century L. B. Benton 1896 Cheltenham B. Goohue 1898 Akzidenz Grotesk Berthold

1901 Copperplate Gothic F. Goudy 1903 Franklin Gothic M. F. Benton 1908 News Gothic M. F. Benton

1913 Plantin F. H Pierpont 1914 Centaur B. Rogers 1915 Goudy Old Style F. Goudy

Repères historiques et polices de caractères

4


N°. La photocomposition

La composition numérique

La deuxième étape importante a été l’introduction de la photocomposition à la fin des années 1950. Le métal a été remplacé par un film photographique et du papier sensible. Ce procédé était plus économique et moins dangereux pour la santé, offrait une grande liberté d’espacement et permettait aussi bien le chevauchement des lettres que la réduction ou l’agrandissement de la taille du texte. De plus, au grand dam des puristes, il devenait possible de déformer les lettres.

Le développement technologique s’est accéléré en 1956, lorsque la société allemande Hell a introduit la composition numérique avec la première photocomposeuse à tube cathodique. D’autres sociétés réputées ont dû suivre cette évolution et proposer elles aussi des composeuses numériques. Une conséquence importante de cette avancée a été le lancement, en 1984, du premier Macintosh d’Apple, abordable et simple d’utilisation. Cette machine a, à elle seule, contribué à la deuxième vague de démocratisation de la typographie.

Le graphiste pouvait désormais composer et éditer des textes lui-même en utilisant des polices de caractères numériques en format PostScript. Ils pouvaient ensuite être exposés sur film ou sur du papier sensible par une photocomposeuse appropriée. Les compositeurs professionnels perdaient beaucoup de leur influence et la forme d’impression finale était désormais sous la responsabilité du graphiste.

1920

1930

1950

1925 Lutetia J. V. Krimpen 1927 Futura P. Renner 1929 Memphis R. Wolf

1931 Joanna E. Gill 1932 Times New Roman S. Morison 1937 Peignot A. M. Cassandre

1951 Palatino H. Zapf 1957 Helvetica M. Miedinger 1957 Univers A. Frutiger

1960

1970

1980

1962 Antique Olive R. Excoffon 1967 OCR-A A. Frutiger 1967 Sabon J. Tschichold

1971 Avant Garde Gothic H. Lubalin 1974 American Typewriter J. Kaden 1976 Frutiger A. Frutiger

1982 Trinité B. de Does 1985 Lucida C. Bigelow 1989 Scala M. Majoor

1990

2000

1990 Meta E. Spiekermann 1991 Myriad C. Twombly 1994 The Sans L. de Groot

2000 Profile M. Wenzel 2001 Compatil Linotype Library 2003 Schoolschrift E. Bloemsma

5


N°.

2/ LA LETTRE A. ANATOMIE DES CARACTÈRES B. TAILLE C. SYSTÈMES DE CLASSIFICATION D. FAMILLE DE CARACTÈRES


A. ANATOMIE DES CARACTÈRES

Délié Pointe (apex) Plein

Empattement supérieur

Diagonale Délie de jonction Contrepoinçon Queue

Empattement (ou serif)

Akgx Gpfio

Jambage supérieur (ascendante)

Hauteur d’x

Hauteur Capital

Jambage intérieur (descendante)

Congé

Traverse

Fût ou jambage

Délié

Panse

Gorge

Jambe

Boucle

Shoulder Courbe

Congé

Goutte

Empattement (ou serif)

8

Oeil

Panse

Axe oblique

Corps


N°. B. TAILLE Autrefois, lorsque les caractères étaient moulés dans le métal, ils étaient vendus à l’unité dans des tailles données mesurées en points. Avec les polices numériques actuelles, il suffit, pour agrandir ou pour réduire la taille des caractères, de sélectionner ou de spécifier la taille voulue. À l’origine, la taille du point désignait la hauteur du support en métal dans lequel étaient placés les caractères. Cette mesure était légèrement supérieure à la distance entre le point le plus haut et le point le plus bas des caractères. Un point traditionnel vaut approximativement 0,353 mm (1/72 de pouce). Avec l’arrivée de la publication assistée par ordinateur, le point équivaut exactement à la 72e partie du pouce. 12 points = 1 pica et 6 picas = 1 pouce (27,06 mm). Cette méthode est encore utilisée aujourd’hui pour mesurer les caractères numériques. Lorsqu’elles sont imprimées avec la même taille de point, certaines polices de caractères paraissent plus petites parce qu’elles ont de très longues hampes supérieures et inférieures.

6 points

8 points

10 points

11 points

12 points

14 points

18 points

24 points

30 points

36 points

48 points

60 points 9


C. SYSTÈMES DE CLASSIFICATION Repères historiques

Classification Thibaudeau

Classification Vox-Atypl

Milieu XVe siècle

Elzévirs

Humanes

En 1921, Francis Thibaudeau proposa une classification des caractères basée sur la forme des empattements. Ainsi, il détermina quatre familles. La simplicité de cette classification la rend facile à appréhender mais donne un aperçu réducteur de la typographie et ne rend pas compte de la diversité des caractères.

MG ae Garaldes

XVIe siècle

MG ae

XVIIIe siècle Époque encyclopédique : rationalisme et réalisme

Réales

MG ae

Fin XVIIIe siècle Empire et restauration

Didots

Milieu du XIXe siècle Essor industrielle

Égiptiennes

Fin XIXe siècle / Début XXe siècle

Didones

MG ae

Antiques

Fin XXe siècle

Mécanes

Historiques

De transition

Modernes

MG ae

MG ae

MG ae

MG ae

Linéales

Grotesques

Géométrique

MG ae

MG ae

MG ae

Humanistes

Incises

I

I

MG ae I

MG ae Écritures

Scriptes

MG ae

Manuaires

MG ae Fractures

MG ae Non-latine

MG ae Fantaisies

MG ae

En 1952, Maximilien Vox présenta une classification en onze familles basées sur un certain nombres de critères (pleins et déliés, axe du caractère, forme des empattements,etc.) souvent typiques d’une époque. Cette classification fut adoptée par l’Association typographique Internationale (ATypl) en 1962.

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N°. D. FAMILLE DE CARACTÈRES Au fil du temps, différents termes ont été inventés pour qualifier les formes et les éléments d’une police de caractères. Cela s’est fait dans tous les pays et dans toutes les langues. Et voici qu’à l’heure informatique, des termes anglais ont été ajoutés à ce mélange, créant la confusion la plus totale. Doiton dire cursif, oblique, italique, régulier, romain ou normal ? Sur ce point, un consensus serait une bonne chose, mais il ne semble pas encore au programme. Nous allons donner la définition des termes employés dans ce livre, afin de clarifier au moins leur sens. Une catégorie de polices de caractères est une collection de polices affichant des similitudes, par exemple les scriptes ou les manuaires. Une police de caractères ou une famille de caractères rassemble toutes les formes visuelles d’un caractère désigné par un seul nom. Par exemple Rockwell ou Helvetica. Une fonte est une variante d’une police, désignée également par sa graisse ou son style (comme l’italique d’une police standard). Une police contient donc des fontes différentes. Cela signifie que lorsque nous achetons une fonte pour notre ordinateur, nous n’achetons qu’une seule version d’une police. Mais la plupart du temps, les fontes originales d’une même police sont vendues ensemble (normal, italique, gras, italique gras).

Helvetica Neue

Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa Aa

11


N°.

3/ LE MOT A. CRÉNAGE B. CAPITALE ET BAS DE CASSE C. CHASSE D. LIGATURES


A. CRÉNAGE

Les paires de lettres telles que We, LT et TY, qui, à cause des contraintes matérielles de la composition au plomb, comportaient jadis un espacement trop important, peuvent en quelque sorte être « imbriquées » numériquement sur l’ordinateur. L’espacement de ces paires de lettres est le crénage par paires. L’ensemble de ces paires crénées constitue les exceptions aux espacements standards. La mise au point des paires de crénage est un travail de précision qui prend beaucoup de temps. La mise au point d’une table de crénage demande de faire de nombreux tests et ajustements.

Voici quelques exemples de paires de crénage courant : Av Aw Ay Ta Te To Tr Tu Tw Ty Ya Yo Wa We Wo we yo AC AT AV AW AY FA LT LV LW LY OA OV OW OY PA TA TO VA VO WA WO YA YA YO Et des exemples de paires de crénage avec des signes de ponctuation : À’ L’ P, P: D, W, V. V, f. r, ’t ’s ’”

Wetstein Wetstein Le blanc entre le W et le e est trop important. Avec l’informatique,le blanc est réduit par crénage. Ce n’étais pas le cas avec les caractères en plomb.

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N°. B. CAPITALE ET BAS DE CASSE

À l’époque romaine, il n’y avait pas de lettres bas de casse. Il n’y a donc pas de canon historique pour les « petites lettres », comme c’est le cas pour les capitales. L’évolution au départ de la capitalis quadrata droite manuscrite, puis de la capitalis rustica écrite à la plume d’oie oblique, donna d’abord l’onciale, puis la semionciale et la minuscule caroline.

Les exemples ci-dessous montrent que les capitales sont en général plus grasses que les bas de casse. On remarque aussi que la hauteur d’x des caractères à empattements est souvent plus importante que celle les linéales, sachant que l’exception confirme la règle. Dans le TheSerif et le TheSans, l’épaisseur des capitales et des bas de casse est pratiquement la même.

Lettre Capi Lettre Capitale Lettre Capitale Monotype Centaur 42pt ( Human )

Monotype Baskerville 42pt ( Réale )

LF TheSerif 42pt ( Mécane )

Lettre Capitale Lettre Capitale Lettre Capitale Lucida Sans 42pt ( linéale grotesque )

Linotype Trade Gothic 42pt ( linéale grotesque )

The Sans 42pt ( linéale grotesque )

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C. CHASSE

La chasse, ou avance, est, en typographie, la largeur d’un caractère augmentée de ses approches. Les variantes les plus courantes de chasse sont condensé (étroite), régulier (intermédiaire), étendu (large). En plus de ces valeurs, on trouve aussi la chasse fixe, ou monochasse, ou police non proportionnelle. Cette dernière est identique à la pratique du stoïchédon et est d’usage très courant en informatique. Consolas est un exemple de police à chasse fixe et une Times à chasse variable.

Un caractère étendu ne résulte pas d’une modification d’échelle d’un caractère régulier, mais est bien un caractère à part entière, conçu comme tel. Pour des raisons pratiques, des modifications d’échelle peuvent néanmoins avoir lieu grâce aux logiciels de PAO, mais il convient d’utiliser cette possibilité dans des proportions raisonnables (quelques pourcents).

Helvética Roman

Consola Regular

L ARGEUR Proportion Helvética Ultra Light Extended

Courier New Regular

L A RG EU R Variable Helvética Medium Condensed

L ARGEUR 16


N°. D. LIGATURES Ligatures et logotypes

Une ligature est une combinaison de deux caractères créés à l’époque de la composition au plomb lorsque par exemple la goutte du f rendait le caractère si large qu’il créait un trou avec la lettre suivante. Les logotypes sont des combinaisons de signes moins reconnaissables comme le ß allemand ou l’esperluette, le signe &. Ces combinaisons sont également construites sur des ligatures. Les diphtongues ou les voyelles liées sont rarement utilisées. On s’en sert généralement pour transcrire la prononciation spécifique d’un mot, comme dans « œil ».

Les lettres e et t sont clairement visibles dans le symbole « & » du Bembo Std et du Galliard Italic. Dans Walkway Rounded (tout à droite), le dessinateur a rendu moins visible la combinaison des deux lettres. Stricto sensu, cette combinaison-ci appartient à la catégorie des logotypes, tandis que les variantes Bembo Std et Galliard sont des ligatures.

&&& 17


N°.

04/ LE TEXTE A. CRÉNAGE ET L’INTERLETTRAGE B. INTERLIGNAGE C. ALIGNEMENT D. LETTRINE E. VEUVES, ORPHELINES ET CÉSURES


A. CRÉNAGE ET L’INTERLETTRAGE

Le crénage consiste à augmenter ou à diminuer l’espacement de paires de lettres spécifiques. L’approche consiste à définir un espacement identique à l’intérieur d’un bloc de texte. Le crénage diffère de l’option Intermots de la Justification dans le sens où il permet de modifier uniquement la valeur de crénage entre le premier caractère d’un mot et l’espace précédant ce caractère.

La let tre Augmentation +200 de l’espace entre les 2 lettres

La lettre Augmentation +200 de l’espacement de la totalité du mot sélectionné

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N°. B. INTERLIGNAGE

L’interligne est l’espace située entre le haut des minuscules de deux lignes consécutives. Les ascendantes et les descendantes des caractères débordent à l’intérieur de cette espace mais ne diminuent pas l’écart entre les lignes.En général, si l’on utilise, pour séparer les lignes, la valeur du corps, le résultat est confus et difficile à lire. Pour cette raison, on écarte les lignes d’une valeur supérieure à celle du corps. Cet espacement est proportionnel au corps du caractère d’un ou deux points. C’est ainsi que pour des caractères de corps 12, les lignes seront généralement séparées de 13 ou 14 points.

8 pt / 10 pt

Cet espacement est proportionnel au corps du caractère d’un ou deux points. C’est ainsi que pour des caractères de corps 12, les lignes seront généralement séparées de 13 ou 14 points.

8 pt / 11 pt

Cet espacement est proportionnel au corps du caractère d’un ou deux points. C’est ainsi que pour des caractères de corps 12, les lignes seront généralement séparées de 13 ou 14 points.

8 pt / 12 pt

Il existe plusieurs manières de présenter un paragraphe.

8pt / 14 pt

Cet espacement est proportionnel au corps du caractère d’un ou deux points. C’est ainsi que pour des caractères de corps 12, les lignes seront généralement séparées de 13 ou 14 points.

Cet espacement est proportionnel au corps du caractère d’un ou deux points. C’est ainsi que pour des caractères de corps 12, les lignes seront généralement séparées de 13 ou 14 points.

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N°. C. ALIGNEMENT TITRE Composition en alinéa:

Toutes les lignes du paragraphe ont la même justification sauf parfois pour la première ligne. Traditionnellement, la valeur de ce blanc est d’un cadratin, c’està-dire un blanc égal au corps utilisé dans le texte. Cette valeur peut correspondre à la largeur d’un « M » majuscule. Mais plus important sera le nombre moyen de caractère composant une ligne, plus marquée devra être le renforcement d’un alinéa. Toutes les lignes du paragraphe ont la même justification sauf parfois pour la première ligne.

Composition appuyée à gauche

Elle est appelée aussi fer à gauche, en drapeau ou justifiée à gauche. Disposition dont la longueur des lignes varie de sorte que leurs extrémités droites ne sont pas alignées les unes par rapport aux autres. Chaque ligne a donc sa longueur propre en fonction des chasses et des espaces calculées uniquement à partir des caractères. Cet alignement sera utilisé pour les paragraphes étroits. Les lignes les plus longues dépasseront légèrement de la largeur de paragraphe souhaitée. Les lignes les plus courtes auront un retrait à peu près identique au dépassement des lignes les plus longues. De cette façon, la longueur moyenne des lignes correspondra à la largeur souhaitée pour le paragraphe.

Composition appuyée à droite

Elle est appelée aussi fer à droite ou justifiée à droite. Dans cette disposition, le texte n’est aligné verticalement que du côté droit. Comme pour l’alignement à gauche, chaque ligne a également sa longueur propre. Ce sont alors les débuts de lignes à gauche qui sont inégaux. En raison de la lisibilité inconfortable de cette disposition, puisque la lecture commence inégalement à gauche, il convient d’être très prudent dans son utilisation.

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N°. Composition en justification totale

Les lignes sont disposées de telle sorte que les caractères couvrent toute la ligne. Le paragraphe apparaît donc aligné tant à droite qu’à gauche. Seule la première ligne est renforcée d’une valeur constante, comme décrit dans la composition en alinéa. On dit qu’il est justifié. Aujourd’hui, les traitements de texte justifient les paragraphes en faisant ces calculs automatiquement. La dernière ligne du paragraphe étant généralement plus courte que les autres en raison de la fin du texte, elle n’est pas justifiée. On appelle cela, une disposition au carré. Elle est rarement utilisée.

Composition en texte centré:

Appelée  aussi  en  sommaire brisé.  Toutes   les   lignes  sont centrées les   unes par rapport aux autres.. Il n’y a donc ni alignement à gauche, ni à droite. C’est une disposition que l’on peut utiliser dans certains cas de textes peu importants quant au volume, et bien sûr, pour la disposition des titres. Là encore, il est souhaitable d’adopter des coupures logiques des lignes.

Composition en cul de lampe droit et renversé :

Le texte épouse la forme d’un triangle, tête en haut ou tête en bas, et les lignes croissent ou décroissent d’une valeur constante.

Composition en figure géométrique:

Le texte remplit une surface géométrique (cercle, losange, trapèze, etc.)

Composition en pavé ou en bloc:

Composition en habillage:

Elle  est  identique  à  la  composition  en  justification  totale. Ce quila différencie,c’est  que la première ligne est identique aux autres, et  l’on s’arrange pour que la   dernière  ligne  du  paragraphe  s’arrête au bout de  la justification

Les lignes épousent une forme quelconque (dessin, photo, etc...)

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E. VEUVES, ORPHELINES ET CÉSURES

On appelle orpheline la première ligne d’un nouveau paragraphe  lorsqu’elle   tombeau bas de la page. Dans ce cas, il conviendra de la décaler vers la page suivante. La  veuve, quant-à  elle, est la   dernière  ligne  d’un  paragraphe qui  se  trouve  être  la  première ligne  d’une  page.Elle devra alors être placée à la page précédente  même  si  elle  déborde l’œil de la page dans la marge du  bas. Word  peut  gérer  automatiquement  les  veuves  et  les orphelines  comme il  convient. Pour cela, il suffit de vérifier que cette  fonction  lui a  été  demandée. Le  texte  étant  frappé  avec le st yle « Normal »,c’est donc dans c e  s t y l e  q u’il f a u t  vé ri fier   cela. Dans le Menu Format, choisir l’option Style. Puis rechercher le style « Normal » dans la liste des styles. Après l’avoir sélectionnée, cliquer sur le bouton Modifier et choisir l’option Paragraphe. Cocher la case Éviter veuve et orpheline de l’onglet Enchaînement.

ORPHELINS

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N°. D. LA LETTRINE

U

ne  let trine  est une lettre initiale majuscule décorée placée  e n tête  d’un texte et occupant une hauteur supérieure  à la ligne courante. Les autres lettres du premier mot sont en petites capitales. 

Une lettrine est une lettre initiale majuscule décorée placée en tête d’un texte et occupant une hauteur supérieure à la ligne courante. Les autres lettres du premier mot sont généralement en petites capitales.  Comme lettre ornée, elle commence et décore une inscription, un paragraphe ou un chapitre d’ouvrage. Les moines du Moyen Âge cultivaient l’art de la lettrine dans leurs enluminures. Avec l’invention de l’imprimerie, la lettrine est devenue un ornement typographique. En typographie, l’emploi du terme lettrine dans son sens actuel ne date que de la fin du XIXe siècle. Auparavant il désignait une petite lettre entre parenthèses destinée à indiquer un renvoi. Ce que nous appelons aujourd’hui lettrine s’appelait lettre grise quand elle était incluse dans une vignette ornée, puis lettre de deux points quand, en se simplifiant, elle n’a plus été que composée dans un corps plus gros, plus ou moins sur la valeur de deux lignes, parfois dépassant du texte, parfois emboîté dans celui-ci.

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N째.

05/ LA PAGE OU LA TYPOGRAPHIE EN CONTEXTE A. FORMATS DE PAPIER B. GRILLES


A. FORMATS DE PAPIER Formats ISO-DIN

Aujourd’hui, les formats ISO DIN sont les référence dans la plupart des pays. L’utilisation de formats standard peut s’avérer utile concernant un travail devant passer les frontière, lorsqu’il est conçu dans un pays pour être imprimé dans un autre par exemple. Toutefois, s’il s’agit d’un livre, le format ne peut pas être choisi pour de seuls techniques ou budgétaires. Il s’agit en effet d’étudier son type, son contenu, son mode de consultation (en main, sur table, lecture public, personnel, etc.), sa tenue. On peut difficilement envisager un livre de poche que l’on ne puisse pas tenir d’une main ou un livre d’art dont les reproductions seraient trop petites. S’il s’agit d’une affiche, de nombreux formats sont imposée par les système d’affichage eux-même et il sera alors difficile de proposer un format original si ce n’est pour l’affiche de proximité (40 x 60 cm ou approchant). Là encore, les formats diffèrent suivant les pays et il est important de se renseigner avant de commencer le travail de composition.

A0 = 841 x 1189 mm A1 = 594 x 841 mm A2 = 420 x 594 mm A3 = 297 x 420 mm A4 = 210 x 297 mm A5 148 x 210 mm A6 = 105 x 148 mm A7 = 74 x 105 mm A8 = 52 x 74 mm A9 = 37 x 52 mm A10 = 26 x 37 mm

A3

A4

A2

A5 A6 A1

S’il s’agit d’un journal, les formats - bien que multiples - répondent tous aux contrainte des presses d’impression (rotation ou feuille). Il s’agit donc d’en connaître les caractéristiques pour choisir le format possible.

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N°. Formats proportionnels

Formats poche

Formats journaux

• Rapport 3 / 4

6a = 105 x 165 mm (Livre de poche)

8a = Grand format : 410 x 578 mm

3b = 180 x 240 mm

6b = 100 x 180 mm (10 / 18, folio)

8b = Belge : 365 x 520 mm

3c = 210 x 280 mm

6c = 110 x 180 mm (Pléiade)

3a = 150 x 200 mm

8c = Berlinois : 320 x 470 mm

• Rapport 2 / 3 4a = 120 x 250 mm 4b = 180 x 270 mm

Formats vidéo / hifi

Formats affichage

7a = 125 x 120 mm (jaquette CD)

9a = 40 x 60 cm

4c = 240 x 360 mm • Rapport 4 / 5 5a = 200 x 250 mm 5b = 240 x 300 mm 5c = 320 x 400 mm

7b = 130 x 185 mm (jaquette DVD)

9b = 120 x 176 cm 9c = 320 x 240 cm 9d = 300 x 400 cm

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B. GRILLES Grille multicolonne

Lignes de force

Le principe de la grille multicolonnes consiste à diviser la largeur d’un format en plusieurs colonnes, à l’intérieur des marges et séparées par des gouttières.

La définition d’une ou plusieurs lignes de force, axes autour desquels sont « distribués » les éléments, permet de créer un principe de composition visuellement fort et de structurer l’espace de la page et les informations.

Pour une division harmonieuse, il est recommandé que gouttière, marges latérales et colonnes aient un rapport de proportion entre elles.

L’usage d’un tel principe permet aussi de créer le lien fort entre toutes les pages de même ouvrage.

Dansle cadre d’un travaild’édition,l’application d’une grille multicolonne permet d’obtenir simplement des alignements qui créent l’unité des pages. Deux grilles multicolonne distinctes ayant les mêmes marges peuvent également se superposer sur une page et ainsi être utilisées conjointement  pour composer les éléments suivant une logique précise.

Les lignes de force peuvent correspondre au découpe de la hauteur de la surface en parties égales. Division par 2, 3, 4 ou plus Les lignes ainsi définies doivent alors servir de fils d’accrochage pour tout ou partie des éléments de la page. Les lignes de force peuvent de la même manière être verticales.

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Points de force

Grille modulaire

Sur un principe similaire à celui des lignes de force, un point de force est l’intersection de deux lignes de force, l’une horizontale et l’autre   v erticale.C’est sur ce point précis que les éléments sont ancrés.

Le principe fondamental de la grille modulaire consiste à diviser l’espace de composition en modules et de les séparer par gouttières.

Ce principe assure rigueur à la composition sans la contraindre. Une impression de grande liberté demeure.

Le principe de grille modulaire est pleinement satisfait lorsque les modules, marges et gouttières sont en rapport avec le format de la page. Le corps et les interlignages des différents niveaux de lecture sont calculés pour être multiples (ou sous multiple) de la hauteur du module et de la gouttière et respecter ainsi le pas de la grille. Les images sont recadrées pour que leurs dimensions correspondent à celles d’un ou plusieurs modules. Les  composition  consiste  alors  à  disposer  les   éléments  suivant  les modules en « jouant » avec  les  principes  fondamentaux  de  la composition.

31


N°.

06/ LES RÈGLES TYPOGRAPHIQUES ÉLÉMENTAIRES ABRÉVIATIONS COURANTES  COMPOSER EN CAPITALE  L’ACCENT SUR LES CAPITALES LES CHIFFRES  LES ESPACES DE PONCTUATION


LES RÈGLES TYPOGRAPHIQUES ÉLÉMENTAIRES Abréviations courantes :

Composer en capitale :

L’accent sur les capitales :

Non correcte

Correcte

• a pleine valeur typographique.

etc...

etc.

• le mot qui commence une phrase ou une citation :

Mr / Me

M. / Mme

Elle lui demanda : «Avez-vous retrouvé ce livre ?»

no

NB

N.B.

• les patronymes, les prénoms, les surnoms :

LES ENFANTS LEGITIMES : LÉGITIMES ou LÉGITIMÉS ?

càd

c.-à-d.

Elle vivait avec ce Bernard Lambert, qu’on appelait le Baraqué.

L’AUGMENTATION DES RETRAITES : des RETRAITES ou des RETRAITÉS ?

1e

1er / 1re 2e

L’ETUDE DU MODELE : du MODÈLE ou du MODELÉ ?

2ème

• l’article qui fait partie d’un patronyme :

PS

P.-S.

EX

ex.

apr JC

apr. J.-C.

av JC

av. J.-C.

Le fabuliste Jean de La Fontaine, le paysagiste Le Nôtre. • les noms des peuples, des habitants des régions et des agglomérations : Les Espagnols, les Allemands, les Alsaciens. • par contre, le nom des langues s’écrit en bas de casse : L’espagnol, le français, l’allemand, le russe. • les noms historiques : Le moyen Âge, la Renaissance, la Révolution française. • le nom des voies, lieux-dits et monuments publics : La rue Grande, le carrefour des QuatreChemins, l’Arche de la Défense, la Cour Carré du Louvre. • les noms communs employés en sans absolu ou en noms propres : La justice populaire n’est pas forcément la Justice. Les fresques rénovées du plafond de la Chapelle Sixtine. L’ambassadeur fut reçu par la Couronne de Danemark.

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• détermine la prononciation. • évite la confusion.


N°. Les chiffres :

Les espaces de ponctuation

Chiffres arabes

Chiffres romains :

pas de blanc

• Les chiffres capitales Appelé également « chiffres grandes capitales » ou « chiffres alignés ».

Les Romains ne connaissaient pas le zéro. Les chiffres romains sont au nombre de 7 et s’écrivent en lettres capitales :

1234567890

IVXLCDM

Apparus au XIXe siècle avec les police de caractères sans empattements, ils sont extrêmement lisible mais ne s’harmonisent pas avec les texte bas de casse. Ils sont utilisés principalement lorsque leurs lisibilité est primordiale  : comptabilité, mathématique, finance, science, etc.

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L’utilisation des nombres romain n’est pas aisée et moins courant. Ils sont pourtant nécessaire dans de nombreux cas tel que : la numérotation des divisions principales d’un ouvrage, des millénaires, des régime politique, des régions militaire, etc.

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• Les petits chiffres :

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pas de blanc

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espace-mot pas de blanc

pas de blanc

Nés avec la typographie aux XVe et XVIe siècle, ils s’harmonise très bien avec les texte bas de casse. Ils sont utilisés principalement dans des travaux de qualité, non techniques. En PAO, les polices « expert » sont muni de petite capitales complétant les polices standards.

espace-mot pas de blanc

pas de blanc

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appelés également « chiffres minuscules »  ou  « chiffres  suspendus ».

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pas de blanc

-

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LEXIQUE http://www.letterfountain.com/ LA TYPOGRAPHIE un art, pas un hasard! , Joseph DEMAZY

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Catalogue typographique