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volume 26 | n° 21 |

votre journal est recyclable !

le mardi 14 février 2012

entre la banquise et le billboard

impactcampus.qc.ca

Arts & Culture

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Sciences & Technologie

du disque à l’atome

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Sports

natation : champion québecois

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bilan des travaux

61 millions plus tard p.4 photo : claudy rivard

Lisée vs Duhaime p.8


éditorial

Vide hivernal A

vez-vous été au Carnaval de Québec, qui se terminait la fin de semaine dernière ? Moi, non. Rien de ce qui a été proposé ne me semblait d’intérêt. Rien, et encore moins le traditionnel bain de neige, exercice qui consiste à se jeter dans la neige en maillot de bain. Si possible après avoir pris un coup de caribou, histoire de se ridiculiser (pardon, réchauffer) encore plus. L’événement avait même son porte-parole, en la personne de la patineuse Joannie Rochette, qui a bien su insérer, à chacun de ses passages télévisés, la marque du médicament contre le rhume et la grippe pour lequel elle est représentante. Une porte-parole pour un bain de neige. Chercher l’erreur dans la phrase. Il y a eu aussi les soirées techno sur les Plaines d’Abraham, une tendance qui aura supplanté toute autre forme de mu-

sique un tant soit peu plus élaborée, ainsi que les deux traditionnels défilés dans la Basse-Ville et la Haute-Ville. Une suite de chars allégoriques sur lesquels des artistes tentaient de divertir la foule, alors qu’il n’y avait, au final, pas grandchose à voir. Divertir: le mot est lâché. Il semblerait que durant ces deux semaines, la population ait fréquentée le Carnaval de Québec uniquement pour se divertir et faire la fête. Radio-Canada, à son Téléjournal 18h Québec, en a fait l’étalage dans sa section culture. Le Carnaval de Québec ne fait de mal à personne. Mais s’il n’y a pas d’autre culture à Québec qui mérite d’être couverte, l’heure est grave…

Cyril Schreiber @Arts_Impact

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Journalistes : Justine Pomerleau Turcotte, Alexandra Fiset, François Dallaire, Nathan Murray, Jean-Daniel Doucet, Alexandre Paré, Raphaël Létourneau, Mathieu Turgeon, André-Phillippe Drapeau-Picard, Alix-Anne Turcotti, Élise Magnan, Hubert Gaudreau, Stéphane Bernard, Jean-Michel Fortier, Louis-Augustin Roy, Roman Martiny Photographes : Ahmed Berouel, Bruno Lemelin, Arnaud Anciaux,, Caroline Senécal, André-Phillippe Drapeau-Picard, Stéphane Bernard, Pascal Huot, Marilou Villeneuve IMPACT CAMPUS ne se tient pas responsable de la page CADEUL ( 7 ), dont le contenu relève entièrement de la CADEUL La publicité contenue dans impact campus est régie par le code d’éthique publicitaire du journal qui est disponible pour consultation au : http ://www.impactcampus.qc.ca/index.php ?etat=pub.

Impression : Publications Lysar inc. Tirage : 10 000 exemplaires Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada. Impact Campus est publié par une corporation sans but lucratif constituée sous la dénomination sociale Impact Campus, le journal des étudiants et étudiantes de l’Université Laval.

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OPINIONS | impact campus | mardi 14 février 2012

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Implantation de People Soft : les problèmes persistent p. 6 Lisée vs Duhaime p.

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UNIVERSITÉ LAVAL Infrastructures

L'Université Laval version améliorée Ça ne paraît peut-être pas au premier coup d’œil, mais l’Université Laval présente un nouveau visage. L’essentiel de ses projets de remise aux normes des infrastructures sont terminés, moyennant un budget de 61 millions de dollars.

David Rémillard

P

as moins de 16 projets de rénovation et de modernisation ont été effectués sur le campus universitaire du printemps 2009 au 31 janvier 2012. Il s’agit du plus grand nombre de projets approuvés pour un établissement d’éducation au Québec au cours de la même période. C’est le Programme d’infrastructure du savoir ( PIDS), annoncé en janvier 2009 par le gouvernement fédéral, qui est à l’origine des travaux de remise aux normes. Une enveloppe de 2 milliards de  $ destinée à l’ensemble des collèges et universités du Canada était prévue. Grâce au PIDS, l’Université Laval a obtenu 27M $ en financement, un peu moins de la moitié du coût total des travaux. Le gouvernement du Québec s’est acquitté des 34M $ restants, soient 30M $ du ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport, et 4M $ du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation. Les travaux reposaient sur deux volets. Un premier consistait à remettre aux normes les composantes des bâtiments, notamment pour prévenir les incendies, et

l’autre, à repenser les espaces afin de les rendre plus fonctionnels pour les étudiants, chercheurs et enseignants. L’ensemble des travaux devrait permettre à l’Université Laval de minimiser la consommation d’énergie des bâtiments et ainsi d’économiser des sommes. Le montant des retombées économiques n’est cependant pas connu. Alexandre-Vachon : phase 1 Le pavillon Alexandre-Vachon est de loin celui qui a nécessité les travaux les plus importants. Le revêtement du bâtiment a complètement été remplacé et l’aile 800 complètement rénovée. La construction d’un nouveau hall d’entrée est en cours alors qu'un atrium devrait être aménagé à la place de l'ancienne bibliothèque. Des salles de classes ont aussi fait l'objet de travaux. Une salle de serveurs a également été construite au Vachon au coût de 6,1M $, mais n’était pas inclue dans la phase 1. Nouvelle clinique en médecine dentaire Les étudiants en médecine dentaire étaient très heureux

d’apprendre la rénovation complète des laboratoires cliniques. Les travaux ont permis d’aménager 56 salles dentaires équipées à la fine pointe de la technologie. L’informatisation des dossiers clients était également inclue dans les rénovations. Jean-Charles Bonenfant et Charles De-Koninck : phase 1 Les pavillon Jean-Charles Bonenfant et Charles De-Koninck ont subi essentiellement les mêmes travaux. Une bonne cure de rajeunissement des composantes était nécessaire. L’amiante devait être retirée et les systèmes de sécurité incendie ont été modernisés. L’Université Laval profite de ces travaux de remise aux normes pour améliorer les locaux de la bibliothèque des sciences humaines au Bonenfant. Le quatrième étage est déjà complètement repensé. Dans une prochaine phase, tous les étages de la bibliothèque devraient être modernisés. Des travaux de réfection d’aqueduc, d’augmentation de la capacité de réfrigération des pavillons et d’étanchéisation des bâtiments ont également été effectués un peu partout sur le campus.

Le quatrième étage de la bibliothèque des sciences humaines est représentatif des travaux à venir lors de la phase 2 du réaménagement du pavillon Jean-Charles Bonenfant. photo : archives impact campus, claudy rivard

Le pavillon Vachon fait toujours l'objet de travaux. À lui seul, le bâtiment accapare 24 des 61 millions de dollars du budget de remise aux normes des infrastructures. photo : claudy rivard

Principaux travaux Alexandre-Vachon Charles De-Koninck Jean-Charles Bonenfant Salle de serveurs au Vachon Clinique de médecine dentaire Réfection d’aqueduc Augmentation de la capacité de réfrigération

24.1M $ 6.2 M $ 6.2 M $ 6.1M $ 5.65 M $ 3M $ 3M $

financement FÉDÉRAL : — Programme d’infrastructures du savoir : 27M $ PROVINCIAL : — Ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport : 30 M $. — Ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation : 4M  $.

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La clinique de médecine dentaire a été complètement revampée. Les étudiants et le public jouissent maintenant de locaux et d'équipements modernes. Sur la photo : ancienne clinique ( gauche) et nouvelle clinique ( droite). photos : courtoisie, médecine dentaire ( à g.) / claudy rivard ( à dr.)

ACTUALITÉS | impact campus | mardi 14 février 2012


université JOURNALISTES-BÉNÉVOLES RECHERCHÉS La section actualités recherche des bénévoles pour écrire des textes de nouvelle. à qui la chance ? Contact : actualites@impact.ulaval.ca

La grève générale illimitée est déclenchée Des associations étudiantes de l'Université Laval et de l'UQAM ont brisé la glace et ont déclenché la grève générale illimitée lundi. L'organisation du mouvement étudiant prend de plus en plus d'ampleur partout en province.

Raphaël Létourneau

L

e plancher nécessaire au déclenchement de la grève a été atteint jeudi dernier. La Coalition large de l'ASSÉ ( CLASSE) a présentement regroupé 19 associations étudiantes sur cinq campus ayant un mandat de grève générale illimitée. D'ici le 2 mars prochain, près de 34 associations étudiantes regroupant 67  500 étudiants se positionneront à leur tour. Hier, l’Association des chercheuses et chercheurs étudiants en sociologie et le Mouvement des étudiants et étudiantes en service social de l’Université Laval ont brisé la glace sur le campus en déclenchant la grève. Ces quelque 550 étudiants mobilisés contre la hausse des frais de scolarité se joignent aussi à l’Association facultaire étudiante des arts de l'UQAM dans cette initiation. Présentement, 1 340 étudiants de l'Université Laval sont en grève générale illimitée.

Pour la suite, chaque association étudiante votera, en assemblée générale, leur date de déclenchement de la grève. « Chaque association étudiante est souveraine concernant la grève, les étudiants membres peuvent proposer de la déclencher en assemblée générale à tout moment », indique Gabriel Nadeau-Dubois, secrétaire aux communications et porte-parole de l'Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante. Le déroulement des négociations Samedi prochain, la CLASSE tiendra son congrès afin d'organiser la grève et nommer un comité de négociation. « Nous choisirons les membres du comité de négociation qui sera en charge de négocier avec le gouvernement libéral », affirme Gabriel Nadeau-Dubois. S'il y a négociation, les revendications de la CLASSE seront en deux points. « D'abord, nous demandons un recul définitif

sur toutes hausses des frais de scolarité ainsi que le recul du gouvernement par rapport aux coupures de 30 millions dans le financement des cégeps », informe Gabriel Nadeau-Dubois. « Nous sommes également ouverts à trouver des alternatives au financement », précise-t-il. À ce jour, aucune discussion avec la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, n’a été possible. « Le 27 janvier dernier, nous avons convoqué la ministre de l'Éducation à négocier, mais nous n’avons eu aucune réponse à ce jour. C'est le silence radio ! », a illustré le porte-parole de l'ASSÉ. « La décision est prise, mais on verra au printemps », a déclaré la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, à la sortie du congrès libéral de jeudi dernier. Une déclaration qui laisse croire aux mouvements étudiants qu'ils pourraient encore influencer cette décision.

en bref : Laval prend sa revanche sur McMaster… en mini-baja

L

’UL a signé un doublé à la 7e Épreuve du Nord disputée samedi dans le Grand axe de l'Université Laval. Les deux équipes ont devancé le Cégep de Sherbrooke au troisième rang et l’Université McMaster au quatrième rang. Les mini-bajas se sont affrontés sur une toute nouvelle piste conçue cette année par les étudiants de génie. L’événement accueille chaque année 200 étudiants de la province de Québec, de l’Ontario et des États-Unis. L'Épreuve du Nord est une course préparatoire aux courses officielles. La prochaine aura lieu le 19 avril à Auburn en Alabama. D.R.

photo : ahmed berouel

ACTUALITÉS | impact campus | mardi 14 février 2012

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Implantation de People Soft

Les problèmes persistent La mise en place du logiciel de gestion des ressources humaines People Soft ne s’améliore pas. Les principaux syndicats d’employés de l’Université Laval tiendront une réunion intersyndicale mardi pour faire le point sur la situation.

Romain Martiny et David Rémillard

L

es retards dans l’attribution des contrats des employés et dans la remise des paies continuent de s’accumuler depuis l’implantation de People Soft en janvier dernier. Exaspérés, les principaux syndicats d’employés de l’Université Laval tiendront une rare rencontre intersyndicale sur le campus pour mettre en commun les difficultés qu’ils rencontrent. Les difficultés techniques connues sous People Soft sont en deux temps. D’une part, le système de paie, et d’autre part, le manque de formation reçue par les membres devant utiliser People Soft. Pour le système de paie, en janvier, lors de l’implantation du logiciel, le Vice rectorat aux ressources humaines devait saisir tous les contrats et les entrer dans le système. Mais plusieurs contrats manquent à l’appel, rendant impossible la réception d’une paie. Et comme les syndicats n’ont pas accès aux données du Vice rectorat, pas moyen de connaître le nombre d’employés touchés. Pour la formation, le Vice rectorat a placé sur son site Web des capsules d’information pour aider les membres à s’adapter. Appel au futur recteur Les futurs candidats à la course au rectorat seront appelés à se prononcer sur le dossier People Soft. Puma Freytag, président du syndicat des chargés et chargées de cours de

Un manque de jugement, pas un manque d’éthique David Rémillard @ DavidRemillard sur Twitter

E

La patience des auxiliaires de recherche et d'enseignement et des chargés de cours s'effrite à mesure que s'accumulent les retards dans les paies. photo : caroline sénécal

l’Université Laval, et Maxime Dion, coordonnateur au syndicat des auxiliaires administratifs de recherche et d’enseignement, ne veulent plus avoir à subir une telle situation et souhaitent mettre sur pied une nouvelle approche. Ils reprochent la mauvaise communication entre le Vice rectorat aux ressources humaines et les syndicats touchés par l’implantation de People Soft. D'après Patrice Freytag, l'Université Laval a préféré jouer cavalier seul. « La mise en place d'un nouveau système pose nécessairement des problèmes, c'est pourquoi il est impossible que l'université puisse réussir sans adopter une approche collaborative avec les différents acteurs concernés », a-t-il souligné.

Maxime Dion abonde dans le même sens. « En quatre ans, nous n'avons rencontré les instances directrices que deux fois, une fois pour nous annoncer la mise au point d'un nouveau logiciel et une fois pour nous dire que le logiciel allait être lancé à la rentrée suivante », a-t-il déploré. Une fois les difficultés apparues, l’administration s’est empressée de contacter les syndicats pour obtenir de l’aide. L’administration a alors demandé aux représentants syndicaux de former eux-mêmes leurs membres. Le hic, c’est que les représentants syndicaux n’ont pas été suffisamment formés non plus, et doivent transmettre la formation à leurs membres à tâtons.

st-ce que Jean Charest aurait pu s’abstenir d’aller au domaine de Paul Desmarais, à Sagard ? La question est lancée depuis vendredi dernier et les réponses tardent à venir. Mais celle du maire de Rimouski, Éric Forest, est pour le moins intéressante. En entrevue au Journal de Québec lundi, M. Forest a indiqué qu’il ne dirait pas non s’il était invité au domicile du PDG d’une grosse compagnie. Il trace une différence entre les intérêts personnels et les intérêts de sa ville pour justifier sa démarche. Cette approche mérite réflexion. À Rimouski, par exemple, la compagnie de télécommunication Telus emploie 1 400 Rimouskois. Alors pourquoi, demande Éric Forest, devrait-il se priver d’entretenir de bons liens avec l’un des employeurs les plus importants de sa ville ? Pour le développement économique et pour la vitalité de Rimouski, aussi bien accepter l’invitation. Fréquenter le directeur de Telus pour avoir un téléphone personnel ou pour discuter de création d’emplois, il y a une marge selon M. Forest. Et franchement, ça fait du sens. Si le premier ministre a une opportunité d’affaires avec Power Corporation pour le développement de la province, pourquoi refuser l’invitation ? Victime du passé La plupart des gens, par contre, scandent le manque d’éthique. Jean Charest, en tant que premier ministre, occuperait des fonctions trop prestigieuses pour visiter le PDG de Power Corporation selon eux. On comprend que le premier ministre du Québec n’est pas le maire de Rimouski, mais peut-on tout de suite insinuer qu’il a manqué d’éthique ? Il a clairement manqué de jugement, mais peut-être pas d’éthique. Jean Charest est tout simplement victime du passé de son gouvernement. Une petite visite à Sagard en compagnie d’autres gens d’affaires et personnalités de la haute société n’a rien de bien méchant si cela demeure une activité ludique. Mais si on a imposé des cours d’éthique à tous les élus municipaux quelques mois auparavant, il y a quelqu’un, quelque-part, qui a manqué de cohérence, et c’est Jean Charest. Un agenda public ? Et de toute façon, une autre question qu’on peut se poser, est pourquoi font-ils toujours ces rencontres dans le secret des dieux ? Le premier ministre est une personnalité publique. S’il va à Sagard, il est de son devoir de le faire savoir aux Québécois, question de clarifier ses intentions. Même s’il va jouer une petite partie de pétanque, on s’en balance, qu’il le fasse savoir et on évitera d’avoir des débats stériles qui nous éloignent des vraies questions politiques. Et s’il s’agit d’un séjour d’affaires, et bien qu’on le fasse savoir aux médias, comme ce fût le cas il y a quelques semaines pour la tournée de promotion du Plan Nord.

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ACTUALITÉS | impact campus | mardi 14 février 2012


Lisée vs Duhaime

Dans la foulée des débats entre la gauche et la droite politique, Jean-François Lisée et Éric Duhaime ont donné leurs opinions concernant la hausse des frais de scolarité et le système d'éducation québécois.

Propos recueillis par Raphaël Létourneau chesse humaine et ils sont très précieux. On ne peut pas se permettre qu'ils subissent un endettement supplémentaire lorsqu'ils devront déjà supporter la dette des générations précédentes.

Jean-François Lisée, représentant la gauche. photo : courtoisie, Julien faugère

Éric Duhaime, fidèle partisan de la droite.

Impact Campus : Quelle est votre position concernant la hausse des frais de scolarité ? Jean-François Lisée : Je suis contre, car cela contribue à l'endettement individuel et collectif. Cette décision empêche la mobilité sociale ce qui devrait être un objectif de notre système d'éducation. Il sera difficile d'attirer des étudiants provenant des milieux défavorisés. Les moins nantis ont tendance à sures-

timer les coûts de l'éducation supérieure et leurs bénéfices. La hausse contribuera alors à une perte d'intérêt des moins nantis envers les études supérieures. Éric Duhaime : Dans un contexte d'iniquité intergénérationnelle, je suis contre l'idée de tarifier davantage les étudiants. Compte tenu de la natalité faible de notre province, les jeunes étudiants sont notre plus grande ri-

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photo : courtoisie, facebook éric duhaime

IC : Quelles seront les conséquences de la hausse des frais de scolarité sur notre société ? Jean-François Lisée : On fabriquera des cohortes endettées pour les générations à venir. L'endettement n'a rien de bon pour un jeune diplômé qui entre sur le marché du travail. Éric Duhaime : On assistera à l'endettement des jeunes générations pour payer les services publics bâtis par les baby-boomers et ils paieront pour les ratés de la Révolution tranquille par l'augmentation des taxes et des impôts. Nous vivons de plus en plus dans une économie de savoir, et pourtant, on finance de moins en moins le système d'éducation.

ACTUALITÉS | impact campus | mardi 14 février 2012

IC : Est-ce que la grève générale illimitée est un moyen de pression qui a lieu d'être ? Serait-ce efficace pour faire reculer le gouvernement ? Jean-François Lisée : Elle a déjà empêché le gouvernement de couper 103 millions de dollars de bourses. Cette fois l'enjeu est plus grave, mais la mobilisation est favorable à de bons résultats, tout comme l'opinion publique qui la soutient bien. Mais le mouvement étudiant serait plus crédible s'il proposait un remboursement sur les études pour les hauts salariés. Un diplôme universitaire permet d'accéder à de bons salaires. Il serait possible de demander à ceux qui gagnent plus de 75  000 dollars par an de rembourser les deux tiers des coûts engendrés par leurs études. La gratuité scolaire serait établie pour les salaires inférieurs à 75  000 dollars. Cette mesure assurerait une meilleure équité sociale tout en garantissant l'accès aux études. Éric Duhaime : Je crois que les associations étudiantes sont trop collées sur les centrales syndicales et, sans se le

cacher, à l'idéologie gauchiste, ce qui est nuisible. Ils devraient élargir leur discours pour y inclure les iniquités intergénérationnelles pour être soutenus. Pour l'instant, la grève va plutôt aider le gouvernement libéral qui va se servir de leur résistance au mouvement étudiant comme arme électorale. IC : Quel est le rôle de l'État ? Jean-François Lisée : La droite nous dit que nous n'avons pas les moyens de payer pour nos services publics, car elle crée des iniquités intergénérationnelles. Par contre, la privatisation de nos services publics, mènerait à un appauvrissement collectif, car ce sont les générations X et Y qui devront payer. Éric Duhaime : Le gouvernement doit couper dans ses dépenses pour réduire la dette qu'il laissera aux générations suivantes. Il doit réduire les dépenses en santé en permettant l'implantation du privé pour les plus riches. Il est essentiel de libérer les entreprises du corporatisme syndical qui bloque l'accès des jeunes à l'emploi. Aussi, il faut investir massivement dans l'éducation, car c'est ce qui rapportera vraiment.


qualité générale Faible bon excellent

budget pas cher

On aime

moyen sortie du mois

On aime moins

La cabane à surprises Pub qualité AAA On pourrait définir le Shack étant à mi-chemin entre la taverne et le bistro. Le menu offre de bons plats dont la recherche surprend. Le bar quant à lui, offre de bonnes bières ainsi qu’une carte de plus de 50 vins au verre. De quoi combler une soirée qui peut se terminer très tard, voir jusqu’à trois heures.

Hubert Gaudreau

J

’y avais déjà mis les pieds, mais jamais pour y déguster leurs plats. Comme dans mon souvenir, l’endroit est chaleureux, mais un peu négligé. On dirait que certaines pièces du mobilier ont été rapalliées au reste des meubles. Il y aussi une odeur de bar, qu’on fini par apprivoiser au fil du temps, mais qui saisit à l’arrivée. La serveuse très sympathique vient prendre la commande de nos apéros, avant de nous conseiller plusieurs plats qu’elle considère incontournables. Parmi les entrées, son choix semble ferme : les calmars frits sont à essayer. Elle nous propose aussi le thon tempura en sashimi. Nous ne faisons ni une ni deux et commandons selon ses conseils, histoire de se laisser impressionner. Nos entrées arrivent et la présentation est très soignée, ce qui détonne avec le reste de l’endroit. Le thon de Bianca est accompagné d’une sauce aux arachides et déposé sur des épinards frits. La fraîcheur du poisson vient agrémenter tout le plat. Seuls les épinards déçoivent légèrement puisque nous en avons déjà goûté de bien meilleurs.

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Mes calmars sont servis avec un Tzatziki délicieux. Leur panure est excellente, très goûteuse et croustillante à point. Comme plat principal, nous suivons encore les conseils de notre hôte. Bianca choisit,avec un certain scepticisme, le burger Le monde est fou. Le mélange d’édam, de suisse, de cheddar et de fromage à la crème est très bien, mais la touche qui vient surprendre est ce mélange légèrement sucré d’oignons et de champignons caramélisés. C’est savoureux ! J’opte pour les côtes levées qui selon les dires, sont à essayer. La sauce style barbecue n’est cependant pas extraordinaire. Je m’attendais à quelque chose de plus avant-gardiste, car je crois que le Shack en a le potentiel. La viande est par contre très bonne. On ne peut pas être parfait. Amplement rassasiés par nos immenses plats, nous n’avons plus de place pour le dessert. Notre serveuse nous a convaincus du contraire en nous suggérant fortement le choco-caramel. C’est une préparation de chocolat et de caramel, enrobé d’une pâte frite et accompagnée de crème

glacée. C’est à la fois onctueux et croquant, un régale à essayer si l’on est de passage dans l’établissement. Nous avons terminé nos verres en constatant l’achalandage qui augmente au fil du temps. La soirée est jeune au Shack, la musique dicte l’ambiance, certains cœurs se réchauffent, d’autres s’amusent, mais une chose est sûre, c’est que tout est encore possible.

Surprenant

60 $ pour deux sans taxes, ni alcool, ni pourboire

La recherche des plats

Le décor négligé

AH ! LA BOUFFE | impact campus | mardi 14 février 2012

Le pub le Turf porte son nom à merveille puisque ses viandes, que ce soit steaks, hamburgers ou Tartares, n’ont rien à envier aux meilleurs des steaks house en ville.

Alexandra Fiset

O

n s’y sent à l’aise comme dans une brasserie mais qui surpasse de loin les vulgaires nachos ou fish & chips à saveur de carton de plusieurs pubs. Nous avons essayé le Tartare de saumon fumé, un incontournable selon notre serveuse. Et pour cause, le saumon est préparé sur place dans un fumoir à froid. Nous pouvons même choisir le degré d’assaisonnement du poisson, allant de doux à très relevé. C’était, honnêtement, l’un des tartares les plus savoureux que j’ai mangé. Nous avons également essayé les crevettes New Orleans, assaisonnées cajun et servies dans une coupe à martini débordant de petits amuse-gueules. Elles étaient croustillantes et bien tendres au centre. Idéal pour une entrée à partager, puisque sa générosité peut vous combler avant même de recevoir votre plat de résistance. Mon complice s’est régalé d’un steak New York AAA. Cuisson sur gril parfaite et fondant en bouche. Il reposait dans une sauce au porto et champignons qui relevait le goût de la viande sans la masquer. J’ai pour ma part, mangé le Burger Extrême, une bonne boulette garnie de gros morceaux de bacon, d’oignons, de cornichons et

d’une tranche de fromage suisse. Un vrai bon burger de pub. Mis à part la salade, les accompagnements étaient malheureusement un peu décevants ; des légumes qui goutent le Pam, des frites pâteuses et amères. Nous terminons de manger et, aux alentours de 22h, l’éclairage se tamise et le volume de la musique augmente. L’ambiance est déjà à son comble, ça bouge vite, c’est convivial : la soirée au Turf ne fait que commencer.

Bonne ambiance

50 $ pour deux sans alcool, sans taxes, sans service

Les spécialités maison La faiblesse des accompagnements


Mois multi : deux présentations kafkaïennes p.12 Critique littéraire : J'attends ton appel p.13 Critique de la première pièce des Treize p.14

Entre la banquise et le billboard Un lieu d’exposition, deux corpus distincts. Regart, centre d’artistes en art actuel de Lévis, accueille à la fois Mon corps est une planète de Dgino Cantin et Le Rorschach de la résidence d’Anouk Desloges… L’occasion idéale de faire d’une pierre deux coups.

Stéphane Bernard

L

e travail présenté par Dgino Cantin – un travail rêveur, ludique, imprégné de sa matérialité - s’insère parfaitement dans l’esprit carnavalesque du mois de février. D’un côté, la série de dessins proposée au mur décompose le paysage rural afin de présenter les fragments architecturaux de deux églises. Les formes bien connues, répétées maintes fois, sont un judicieux prétexte pour travailler la couleur. Ensuite, occupant l’espace principal de la galerie, l’installation, composée de plusieurs pièces sculpturales, se déploie tel un diorama surréaliste. C’est ici qu’on peut voir l’aboutissement d’un processus complexe d’ac-

cumulation et de juxtaposition. Certains objets hétéroclites sont assemblés afin de créer des

Un extrait de l'exposition de Dgino Cantin.

micro-paysages qui se greffent à des accoutrements loufoques. D’autres sont étalés à dos d’un mammifère marin, transportant autant ses habitants que les spectateurs sur une aventure imaginaire. Les œuvres conçus par Anouk Desloges, lors d’une résidence outre-mer, proviennent d’un contexte de création particulier. Les neuf boîtes lumineuses occupant la salle arrière examinent visuellement la psyché des autres artistesrésidents. Par les fils multicolores est brodée l’image en miroir de chacun d’eux, ce qui explique partiellement le titre de l’exposition. L’aspect « résistance » se manifeste plutôt par l’utilisation d’un slogan lumineux qui semble monopoliser le regard malgré la fi-

Un extrait de l'exposition d'Anouk Desloges. Photos  : Stéphane Bernard

nesse du dessin textile. L’expérience visuelle est à la fois intrigante et provocatrice,

sublimant efficacement la métaphysique d’une série de rencontres fortuites.

Quoi ? Mon corps est une planète & Le Rorschach de la résidence Qui ? Dgino Canton & Anouk Desloges Où ? Centre Regart ( 5956 rue St-Laurent, Lévis ) Quand ? Jusqu’au 26 février

en bref : Nouvel album d'une grande violoniste

Photos : Arnaud Anciaux

A

ngèle Dubeau a lancé la semaine dernière un nouvel album intitulé Silence, on joue ! sur étiquette Analekta. Ce disque met en lumière les musiques de films préférées de la violoniste québécoise, accompagnée pour l’occasion par l’ensemble La Pietà. On retrouve notamment les incontournables mélodies de Cinéma Paradiso, Titanic, Les temps

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modernes, Some like it hot, Le magicien d’Oz et La liste de Schindler. Dubeau a choisi ces 20 titres non pas en fonction des films, mais bien des musiques pour elles-mêmes : « Je me suis […] inspirée de la musique pure, ignorant les images véhiculées, la portant ailleurs, afin de recréer mon propre univers musical. Les sentiments qui m’animent quand je joue ces œuvres partent de la musique et mon approche a été en tout point com-

ARTS ET CULTURE | impact campus | mardi 14 fevrier 2012

parable à celle que je privilégie quand je travaille mon répertoire. Voilà pourquoi des œuvres, d’abord fonctionnelles, outrepassent leur rôle en défiant le temps et, en sortant de leur cadre, deviennent des chefs-d’œuvre. » Angèle Dubeau défendra ces « nouvelles » pièces au Palais Montcalm le 22 mars prochain.

Cyril Schreiber


Deux présentations kafkaïennes Lors de cette deuxième fin de semaine du Mois Multi, festival international d’arts multidisciplinaires et électroniques de Québec, deux présentations divergentes se sont retrouvés dans les œuvres écrites par Franz Kafka  : l’une par citation, l’autre par analogie.

Stéphane Bernard

L

e studio d’essai du complexe Méduse a tout récemment accueilli le travail de Kris Verdonck, artiste originaire de la Belgique, pour sa première nord-américaine. La suite de trois œuvres a été présentée à de petits groupes de visiteurs dans une pénombre quelque peu inquiétante. La première de celles-ci, MASS, enfermait une matière vaporeuse en mouvement constant. L’installation offrait alors une vue à vol d’oiseau sur les cumulus qui semblaient s’agiter à la lumière de tubes fluorescents. Derrière le deuxième rideau, une femme vêtue, immobile, se tient submergée dans un réservoir de Plexiglas empli d’eau. Vacillant entre performance et nature morte, IN utilisait un dispositif de microphones qui diffusait les bruits cardiaques et pulmonaires de la jeune dame tel un respirateur artificiel. Enfin, l’installation vidéo titrée PRESYNCOPE inclut une trame narrative qui emprunte certaines citations des écrits de Kafka. Ici, la chute contrôlée de la ca-

méra en hyper-ralenti, tombant du haut d’un gratte-ciel ensoleillé, examina le vide matériel par un questionnement existentiel poignant. La jeune fille et la mort Présenté à la Salle Multi, le spectacle interdisciplinaire, voire indiscipliné, intitulé La jeune fille et la mort, a été conçu par le Bureau de l’APA autour d’un manuel tangible distribué à tous les spectateurs. Dès l’entrée en salle, chacun est appelé à suivre les pérégrinations poétiques qui s’animent sur scène en tournant à la bonne page. Interventions sonores motorisées, performances individuelles et collectives, sculptures éclairées, metal hardcore et quatuor à cordes… le tout sous la direction d’un enseignant disciplinaire et mettant en vedette la Jeune-Fille suivi de près par l’ombre de son ombre. Une jolie cacophonie qui vient à utiliser l’absurde avec justesse afin d’aborder des thématiques telle l’aliénation et l’intime tout en satirisant la bureaucratie scolaire. Le chaos à son meilleur !

Savante partie d’échecs Grandement attendu par certains, malheureusement peu diffusé en Amérique du Nord, La Taupe est un film d’espionnage qui détonne dans le paysage cinématographique des dernières années.

Nathan Murray

L

es amateurs d’action effrénée et de coursespoursuites seront déçus  : les distingués espions britanniques imaginés par John Le Carré - auteur du roman dont est tiré le film - et mis en scène par Tomas Alfredson ne sont guère portés sur les éclats inutiles. Tout est feutré, d’une infinie lenteur, dans ce thriller redoutable d’intelligence. Le non-dit prime sur la parole, la réflexion sur les échanges de coups de feu, la subtilité sur le tape-à-l’œil, la contemplation et la solitude sur les folles équipées. Le rythme, excessivement lent, de ce film atypique pourrait en irriter plus d’un. C’est pourtant, pour qui saura s’imprégner de l’atmosphère oppressante et délicieusement dérangeante de ce thriller, un réel plaisir que de se laisser

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absorber par cette Angleterre sombre et grise, qui semble au bord de l’abîme. L’appréhension et l’inconfort du spectateur, savamment éveillés par des dialogues aussi rares que puissants, ne feront que croître au fil de l’enquête. Bien sûr, l’intrigue est complexe, et l’on se doit d’être attentif, mais c’est avec un véritable ravissement que l’on voit se dérouler devant nous la trame tordue mais géniale de cette ahurissante partie d’échecs. La réalisation soignée de Tomas Alfredson -les images, délavées, sont sublimes - et l’interprétation parfaitement ajustée d’une formidable brochette d’acteurs - Colin Firth et John Hurt -, en tête desquels un Gary Oldman au sommet de son art, contribuent à faire de ce film de genre un véritable petit bijou. Quoi  ? La taupe Où  ? Cinéma Le Clap


SAUVER la littérature

Le téléphone pleure

J'attends ton appel Donald Alarie XYZ

C

ertaines personnes semblent avoir reçu, à la naissance, une énergie intarissable, un dynamisme étourdissant et le don de la vivacité. Pour le narrateur de J’attends ton appel, dernier roman de Donald Alarie, c’est tout le contraire. David, écrivain sexagénaire, vit à la fois des ventes – modestes, on s’en doute – de ses publications et de ce qu’il gagne en exécutant de menus travaux de menuiserie, plom-

berie, peinture, chez des voisins ou des connaissances. David a une femme dans sa vie  : Colette. La bonne humeur incarnée, l’élégance même, elle le rend heureux. Mais David en a connu d’autres, dont l’extravagante Yolande. Et David désire nous parler de Yolande, nous raconter comment elle a chamboulé sa vie, le temps de quelques années de douce folie et de douloureuse attente d’appels téléphoniques.

Tout tient là. Dans ce roman, vraiment, tout part de l’histoire. On ne cherche pas  –  absolument pas – à réinventer la fiction narrative. Le narrateur écrit comme il nous raconterait sa vie, attablé devant un pouding au riz et un café, avec ce que cela comporte de petites digressions, de silences, de longueurs, de pointes d’opinions personnelles et de soupirs mélancoliques. Évidemment, à décrire le roman comme ça, on croirait pouvoir mourir d’ennui. Mais étrangement, ce rythme lent, cette sorte de langueur et de nostalgie du narrateur, ces réflexions hors-propos, tout cela crée un pacte de lecture d’une telle honnêteté qu’il devient presque idiot de tenter d’y résister. David nous dit : « Écoutez-moi penser ». Tout simplement. Personne ne nous promet l’aventure littéraire du siècle, mais le ton s’avère si

franc, si transparent, si naïf, qu’on finit par s’y attacher. L’argument paraît sans doute très subjectif et totalement dénué d’ancrages intellectuels, mais J’attends ton appel est un de ces textes qui privent le lecteur de son cynisme. Voilà tout. Et le narrateur a beau être mou, limite larvaire, dans sa vie comme dans son écriture, on finit par trouver attendrissant son abus de point de suspension. Que voulez-vous.

À lire sur

impactcampus.qc.ca Critique du spectacle de Philippe B au cercle Ça brasse avec Les Goules Photoreportage d'Université Laval en spectacle

Jean-Michel Fortier

Ivy Hors des sentiers battus Productions de L'onde

Manieurs de mots et de notes

anglo

Attack On Memory

2

Chairlift

Something

3

1

Cloud Nothings

franco

1

Hisser Haut

2

Given To The Wild

4

4

Ferriswheel

Simon Kingsbury Simon Kingsbury

5

Porcelain Raft

Alaclair Ensemble

Strange Weekend

hip hop

Nicolas HAAS 186c

Un Peu Au Nord Et Sans Distorsion

5

PONCTUATION Lèche-vitrine

3

The Maccabees

David Giguère

Touladis

Moka Only and Chief Crickets

Dyme Def Yuk The World

UllNevaNo & Apollo Brown The Color Brown Part II

loud

Abigail Williams Becoming

Neige & Noirceur Hymnes de la Montagne Noire

Nekromantheon Rise, Vulcan Spectre

électro

Doldrums Empire Sound

Emika Emika

Jaques Greene Concealer

The Brandt Brauer Frick Ensemble Mr. Machine

Vladislav Delay Vantaa

expé-

rimental

Alog Unemployed

A

près Slamérica, qui avait en quelque sorte ouvert le Québec au slam, Ivy revient avec Hors de sentiers battus, une deuxième livraison dans la lignée de la première. Encore une fois, le slammeur québécois, qui se permet de chanter ici et là, aborde différents thèmes. Ceux-ci sont à la fois universels ( le sexe, l’enfance, le jeu, la campagne ) et bien de chez nous ( la langue française, encore et toujours ). Ses textes, retranscrits dans le livret, sont toujours bien soignés, bourrés de jeux de mots parfois efficaces, parfois faciles, mais toujours sentis  : Ivy est peut-être l’un des meilleurs tourneurs de phrases à l’heure actuelle au Québec. Peu importe s’il fait du slam, du rap ou tout simplement de la chanson  : son talent d’écriture est indéniable. Malheureusement, il tombe dans deux pièges apparemment inévitables du genre : la moralisation de certains de ses propos, dont l’inévitable discours sur le réchauffement planétaire dans Apocalypso, et la trop grande densité de certains textes. Le « message » est alors perdu sous un flot de paroles abru-

tissant, comme c’est le cas dans My name was, dont le duo avec Paul Cargnello perd aussi alors en intérêt. Côté musique, le maître d’œuvre de cet album est le musicien Philippe Brault, que l’on a pu notamment voir aux côtés de Pierre Lapointe, qui signe la direction musicale et les arrangements, en plus de jouer plusieurs instruments. Si l’on regrette la surabondance de beats ainsi que l’omniprésence parfois agaçante de la batterie, qui apporte certes du rythme, mais aussi de la lourdeur, on ne peut que féliciter Brault d’avoir utilisé à bon escient un quatuor à cordes ( excellente Merci ) et un cor français, joué ici par Pascal Lafrenière. À ce titre, L’enfance est assurément la meilleure mélodie de l’album, et la plus originale. Ivy se classe donc comme le porte-étendard du slam au Québec, et n’a rien à envier à ses cousins d’outre-Atlantique. Son œuvre réussirat-elle à traverser le temps, quand le phénomène se sera essoufflé ? On le lui souhaite.

3,5/5

Cyril Schreiber

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Début de saison décevant

À qui la faute  ? Un texte percutant, une mise en scène épurée et une interprétation magistrale  : voici ce attend les spectateurs du Périscope en ce moment.

Une chance qu’une pièce ne fait pas une saison, parce que les spectateurs des Cyril Schreiber pièces des Treize trouveraient le temps long cet hiver.

François Dallaire

C

’était, mardi dernier, la première de la pièce Les Zurbains, qui ouvre par le fait même la saison hiver 2012 de la troupe théâtrale de l’université. C’est donc dans une salle à moitié vide qu’il m’a été donné d’assister à la deuxième représentation de la pièce présentée au Théâtre de poche, et je dois admettre avoir été fort déçu de ce qui a défilé devant moi.

l’on peut questionner la présence du texte de Christina Paradis, qui détonne des cinq autres sans raison apparente, les choix de la jeune metteure en scène Marie-Hélène Gendreau le prouvent. Ceux-ci sont minimalistes et tendent à laisser la scène à ces mots qui hurlent d’envie d’être joués. Le rendu, par contre, est plutôt médiocre… Si la proposition semble de prime abord juste, elle ne valorise en rien le spectacle. On

La précédente mise en scène de Marie-Hélène Gendreau était Tom à la ferme, au Théâtre de la Bordée. Six acteurs constituent la distribution de cette pièce.

La pièce, popularisée par le Théâtre Le Clou, est un collage de contes imaginés par de jeunes auteurs à la suite d’un concours d’écriture dans les villes de Québec, Montréal et Toronto. La version de la troupe lavalloise nous offre un regroupement de six contes dont trois sont issus de plumes adolescentes. Le problème, ce n’est donc pas le texte. Celui-ci est tantôt poétique, tantôt trash, parfois humoristique et souvent poignant. À lui seul, il fait vivre des émotions. Même si

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en veut à la mise en scène peu élaborée et peu poussée, qui arbore d’ailleurs un air bien fade en dépit des efforts de scénographie qui sont, eux, bien présents. Malheureusement, même si la toile de fond, un graffiti géant qui procure un effet très cliché du drame de l’adolescent, installe bien le propos et établit d’emblée une atmosphère intéressante, on a l’impression d’assister à un show d’humoriste raté. Sans punch ni passion, les monologues se relaient sur le podium

et on décroche de l’ampleur des mots en raison du jeu inégal des comédiens et pas du tout à niveau, ce qui fait que les histoires intimistes des protagonistes demeurent bien pâles à côté du potentiel puissant et vibrant qui aurait pu les élever. Quoique le niveau s’élève dans les deux dernières interprétations, il est nettement insuffisant.

La pièce, popularisée par le Théâtre Le Clou, est un collage de contes imaginés par de jeunes auteurs à la suite d’un concours d’écriture dans les villes de Québec, Montréal et Toronto. Les thèmes et le propos peuvent ou non toucher un public qui a dépassé l’âge ingrat, il n’en demeure pas moins qu’un f lagrant manque de rythme essouff le tout effort de communication avec le spectateur.  La trame sonore tente tant bien que mal de camouf ler ces lacunes, en vain. Enfin, même si l’on peut parfois s’émouvoir, se choquer ou rire des dires des personnages, on ne peut certes pas affirmer qu’il s’agisse d’une représentation audacieuse.

Quoi ? Les Zurbains Qui ? Texte : collectif, mise en scène : Marie-Hélène Gendreau Où ? Théâtre de poche du pavillon Maurice-Pollack Quand ? Jusqu’au 18 février

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photo : courtoisie, Suzanne O'neill

Sylvie Drapeau trouve dans cette pièce l'un de ses rôles les plus poignants.

« Le monde entier est un théâtre  », disait Shakespeare. Chaque jour, nous faisons semblant de vivre convenablement en société, même lorsque la solitude nous écrase, comme c’est le cas pour cette femme, trois enfants, mari absent, maison de campagne. Elle exècre les gens du village, ne veut pas entrer en contact avec eux – de toute façon, elle a beaucoup trop de travail à la maison. Alors, elle fait des listes de tâches à effectuer, histoire de ne rien oublier. Laver, donner à manger aux enfants, ranger. Accueillir malgré tout la voisine, Caroline. Cette femme, dans un premier temps, hait Caroline. Puis, sympathise avec elle – le paraître est plus important que l’être. Mais ne sera pas là au moment important – trop occupée par ses listes. La liste, première pièce de Jennifer Tremblay, est le monologue de cette femme. Après Montréal et avant une grande tournée partout au Québec, la production s’arrête à Québec, au Théâtre Périscope. La mise en scène de Marie-Thérèse Fortin est efficace, car discrète, sobre, épurée  : le spectateur est capté par ce discours qu’il reçoit comme un coup de poing, et dont il ne peut s’échapper. Plusieurs bonnes idées parsèment ce dépouillement, parmi

lesquelles le décor simple, réaliste, et la métaphore récurrente de la pomme. L’interprétation de Sylvie Drapeau vaut à elle seule le déplacement, tant elle est à la fois nuancée et intense, tour à tour comique et tragique. Le problème, presque plus philosophique que théâtral, se situe au niveau du texte lui-même, du débat qu’il soulève. L’évolution du personnage, ballotté entre obéissance et rébellion, est inexistante, car justement drastique. Si, au début, elle méprise la société des hommes, crachant sur les fausses bonnes manières que l’on se donne pour vivre ensemble, elle finira son parcours dans une compassion, une culpabilité étouffante qui ne laisse place à aucun autre sentiment. Entre ces deux extrêmes, peu de nuances – la crédibilité du personnage en est alors un peu affectée. La liste pose les bonnes questions. Les réponses suggérées, elles, sont plus ou moins satisfaisantes. En d’autres mots, il n’y a pas de bonnes réponses.

Quoi ? La liste Qui ? Texte : Jennifer Tremblay, mise en scène : Marie-Thérèse Fortin, interprétation : Sylvie Drapeau Où ? Théâtre Périscope Quand ? Jusqu’au 25 février, et partout au Québec ensuite


Le mot science de la semaine : la phénétylamine, la molécule de l'amour

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Technologies

Du disque à l’atome Selon la loi de Moore, le nombre de transistors par puces informatiques double chaque année. Cette règle s’est toujours vérifiée, du moins jusqu’à maintenant. Des chercheurs d'IBM proposaient un nouveau paradigme, la limite approchant rapidement : on passe maintenant de la micropuce à l’atome.

Alexandre Paré

L

e langage binaire, composé de zéros et de uns appelés bits, est à la base de l’informatique. Huit bits donnent un octet, ce dernier pouvant prendre une valeur entre 0 et 255, représentant un caractère ou un nombre. Tout ce qui est électronique se sert de ce principe pour fonctionner, et plus la technologie avance, plus les besoins en mémoire sont grands. C’est pour répondre à l’évolution effrénée des besoins informatiques que les chercheurs du laboratoire d’IBM en Californie

( Almaden Research Center ) et du Center for Free-Electron Laser Science en Allemagne ont joint leurs forces. Avec le microscope à effet tunnel – une percée d’IBM, qui leur a d’ailleurs valu un prix Nobel, on peut maintenant interagir avec la matière au niveau atomique. C’est donc grâce à douze atomes de fer que le centre d’Almaden a réussi à stocker un bit d’information. Une amélioration notable étant donné qu’un bit nécessite actuellement un million d’atomes.

Les effets Pour donner une idée de l’amélioration, les chercheurs ont estimé que les disques durs, grâce à cette technologie de stockage atomique, pourraient contenir jusqu’à cent fois plus d’informations. Il ne faut tout de même pas s’imaginer que nos ordinateurs seront invisibles à l’œil nu l’année prochaine ; le processus de stabilisation des atomes est excessivement complexe et n’est possible que dans un environnement contrôlé. Le fer utilisé doit être

Grâce à douze atomes de fer, le centre d'Almaden a réussi à stocker un bit d'informations. Le stockage atomique permet de contenir jusqu'à cent fois plus de données informatiques. photo : claudy rivard

antiferromagnétique, un état de la matière qui ne s’obtient qu’à très basse température. L’équipe travaille à rendre l’exploit possible dans des conditions plus faciles à atteindre.

Pour l’instant, seulement cinq octets ont pu être maintenus stables, suffisamment pour écrire THINK. Il y a effectivement matière à réflexion sur ce sujet.

Le point sur la recherche Mycorhizes : revoir les sols Jacques-André Fortin, professeur et chercheur associé au Centre d’études de la forêt de l’Université Laval, s'intéresse depuis le début de sa carrière aux mycorhizes. Il s'agit d'une association entre un champignon et les racines d’une plante.

André-Philippe Drapeau Picard

photo : andré-philippe drapeau picard

Impact Campus : En quoi la recherche sur les mycorhizes est-elle importante pour la compréhension des forêts ?

Jacques-André Fortin : Si l’on considère que les mycorhizes changent la physiologie des arbres et des plantes de manière à modifier leurs relations avec les pathogènes, les insectes, l’eau et les nutriments, leur étude fournit une nouvelle conception des écosystèmes forestiers. Cette dernière fournirait une meilleure compréhension, notamment, de la nutrition des arbres et de la biologie des sols des forêts. IC : Les champignons mycorhiziens facilitent l’accès à de nombreux nutriments aux plantes. Certains sont

même capables de dissoudre la pierre pour en extraire le phosphore. Comment s’y prennent-ils ? J-AF : Il faut d’abord faire la distinction entre les mycorhizes arbusculaires, ou endomycorhizes, et les ectomycorhizes. Les premiers se font entre certains champignons et les racines de plantes nonligneuses, comme les plantes agricoles, tandis que les deuxièmes unissent les racines d’arbres forestiers à d’autres champignons. Dans le cas des ectomycorhizes, les champignons produisent eux-mêmes des acides organiques qui

dissolvent certaines pierres, ce qui permet de solubiliser le phosphore et de l’absorber immédiatement. Les champignons qui font des endomycorhizes sont incapables de produire des acides et s’associent donc à des bactéries du sol qui font le travail à leur place. IC : Quelles sont les principales applications des mycorhizes ? J-AF : En ce moment, c’est en agriculture que les applications des mycorhizes sont les plus probantes. Par exemple, ça ouvre la perspective d’une agriculture vraiment biologique. Des entreprises offrent désormais des spores de champignons mycorhiziens pour les grandes cultures, ce qui permet notamment d’augmenter la résistance aux pa-

thogènes, d’offrir une plus grande tolérance à la sécheresse et d’améliorer l’absorption des nutriments. Concrètement, les agriculteurs peuvent réduire l’utilisation d’engrais et de pesticides tout en obtenant d’excellents rendements. Depuis que des entreprises offrent des spores de champignons mycorhiziens en quantités assez importantes pour les grandes cultures, cette symbiose est de plus en plus populaire dans ce milieu pour ces raisons. Qui ? J.André Fortin Quoi ? Conférence sur « La symbiose : base de l’évolution et du fonctionnement des plantes et des écosystèmes terrestres » Où ? Au local 3068 du pavillon Vachon Quand ? Ce jeudi 16 février à 16h

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À lire sur impactcampus.qc.ca sucrer avec modération pour éviter la taxation ? par Alix-Anne Turcotti

Le mot science de la semaine

LE COUP DE FOUDRE, FANTASME OU RÉALITÉ ? par Élise Magnin

La phénétylamine, la molécule de l’amour Normand Voyer, directeur du Département de chimie de l’Université Laval, est catégorique : l’amour, c’est chimique ! C’est ce qu’il démontre dans sa conférence La chimie de l’amour qu’il a présenté pour la 107e fois vendredi dernier.

Jean Daniel Doucet « C’est impossible de contrecarrer les effets des molécules de l’amour. Lorsqu’on tombe amoureux, on ne peut rien y faire », explique le professeur Voyer avec assurance. Cupidon est donc une molécule : la phénétylamine ( PEA ). Il s’agit d’une amphétamine, un stimulant produit par le cerveau qui procure une sensation intense de bien-être. « Plus rien n’est grave, plus rien ne nous atteint », explique le professeur Voyer. La PEA entraîne également la production d’autres molécules puissantes, comme l’adrénaline. « C’est l’hormone de l’urgence. Le rythme cardiaque et la pression artérielle augmentent », affirme-t-il. Cette « flèche de l’amour » a cependant des effets secondaires indésirables. Le cœur veut sortir de la poitrine, les joues rougissent et on ne sait plus ce qu’on dit. La PEA envoie ensuite un autre produit chimique à double tranchant dans notre cerveau. « La dopamine améliore l’humeur, mais elle rend paquet de nerfs », souligne M. Voyer. « C’est à cause d’elle qu’un amoureux appelle deux fois en une minute sa nouvelle copine, sans rien avoir à lui dire », ajoute-t-il L’amour est donc une « volée » de drogues douces éphémères qu’on consomme régulièrement. « Le coup de foudre ne dure qu’entre 2 et 4 ans. Vous aurez des coups de foudre toute votre vie ! Vous n’avez qu’à aller dans un foyer de personnes âgées pour le constater », dit-il en riant. Le grand amour est tout de même possible nous explique le chercheur : « Lorsque le buzz ( NDLR : sentiment d’euphorie comparable à celui d’une drogue ) initial est passé, une molécule responsable de l’affection et du bien-être, l’ocytocine, apparaît dans le cerveau des partenaires. » Cette hormone est par ailleurs produite par les femmes qui allaitent et joue un rôle dans le lien mère-enfant. L’ocytocine est donc reliée à un sentiment de confort profond. « C’est elle qui fait en sorte que l’attachement dure longtemps », explique le professeur Voyer qui sait de quoi il parle. Précisons que le chimiste est amoureux de la même femme depuis de nombreuses années.

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Chronique : Des héros tricheurs

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Volleyball : Une défaite crève-cœur

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Champion Québécois Le championnat de natation du RSEQ avait lieu cette fin de semaine, dans les piscines de l’Université de Trois-Rivières. Les nageurs du Rouge et Or ont performé à la hauteur de leur talent pour remporter la compétition tout sexe confondu.

Raphaël Bergeron-Gosselin

A

u total 27 médailles, dont onze d’or, ont été remises aux nageurs lavallois pour un cumulatif de 440 points, soit 28 points devant leur plus proche rival, les Martlets de McGill. Les hommes ont également mis la main sur le premier rang de leur catégorie, tandis que les femmes ont dû se contenter du second rang derrière McGill. Honneurs individuels Suite à leur excellente performance dans la piscine, plusieurs athlètes du Rouge et Or se sont vus récompensés. Geneviève Cantin a remporté le titre de recrue de l’année, athlète de la compétition et athlète de l’année en natation. Ces honneurs sont amplement mérités, elle qui a remporté trois médailles d’or et a brisé le record du 200m dos avec un

temps de deux minutes neuf secondes. Le nageur Pascal-Hugo Caron-Cantin de l’Université Laval s’est également fait décorer du titre de recrue de l’année. Sa récolte de deux médailles lors du championnat justifie très bien cet honneur. Nicholas Perron, entraîneurchef du Rouge et Or a, de son côté, reçu le titre d’entraîneur masculin de l’année. Perron est un ancien membre du groupe Rouge et Or natation qui s’est démarqué tout au long de sa carrière universitaire. Simon Couillard-Castonguay a reçu un titre souvent délaissé, mais qui démontre bien l’importance de l’implication des athlètes. Le prix leadership et engagement social lui a été remis grâce à sa moyenne de 4,33 sur 4,33 en médecine et de son poste de

Montréal. Le Rouge et Or n’a jamais remporté le titre national. Ses meilleurs résultats sont une deuxième place chez les hommes en 1993 et une troisième position chez les femmes en 2007.

coordonnateur des opérations chez Nez Rouge pour les étudiants de l’Université Laval. Le championnat canadien aura lieu du 23 au 25 février et sera présenté dans les piscines de l’Université de

Les nageurs lavallois ont remporté pour une le chmpionnat RSEQ pour une septième année consécutive. photo : archives impact campus,marilou Villeneuve

Une semaine en montagnes russes Après avoir connu une séquence difficile la semaine dernière, les Remparts avaient la chance de mieux faire avec deux rencontres. Ils ont eu le dessus contre Acadie-Bathurst, mais se sont inclinés contre Rimouski pour la deuxième fois en sept jours.

Mathieu Turgeon

P

our la cinquième fois de la saison, la ville de Québec accueillait une rencontre un soir de semaine lors de l’affrontement contre le Titan d’Acadie-Bathurst qu’ils ont battu 3-0. Pour défendre la cage des siens contre l’équipe qui est au 9e rang, Patrick Roy a fait confiance à son gardien substitut François Brassard qui a récolté son premier blanchissage cette saison en plus d’une mention d’assistance sur le troisième but. La première période a

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suffi aux Remparts quand Adam Erne et Mikhaïl Grigorenko ont marqué avec moins de cinq minutes d’intervalle. Gabriel Desjardins a planté le clou final dans un filet désert. Vendredi, Québec visitait l’Océanic à Rimouski pour tenter de se reprendre suite à la correction de 9-3 de la semaine précédente subie face à ces mêmes Océanic. Satisfait de la performance de son gardien dans la dernière rencontre, l’ancien portier du Canadien a décidé de renvoyer François Brassard dans la mêlée. Malgré un bon effort, les

Remparts se sont inclinés, mais par la marque plus serrée de 2 à 1. Il aura fallu un petit peu plus de quarante minutes pour voir le premier but du match. C’est Jakub Culek de l’Océanic qui en a été l’auteur et cinq minutes plus tard, son coéquipier Petr Straka a doublé l’avance des siens. Le capitaine de Rimouski Jean-Philippe Mathieu a récolté une assistance sur chacun de ces deux buts. La réplique des Remparts est venue en milieu de 3e période quand Mikaël Tam a inscrit en avantage numérique son 15e but de la saison.

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Les Remparts auront l’occasion de reprendre le 4 e rang du classement général, eux qui sont maintenant au 5e rang avec une grosse semaine en ac-

cueillant Baie-Comeau mardi en plus d’un voyage de trois matchs en trois soirs dans les maritimes durant la fin de semaine.

en bref : Championnat provincial de badminton

L

e championnat québécois de badminton aura lieu la fin de semaine prochaine au PEPS. En douze rencontres cette saison, les Lavallois n’ont subi qu’une seule défaite. Même chose pour les femmes qui en neuf affrontements n’ont

dû s’avouer vaincu qu’une seule fois. Les premiers adversaires du Rouge et Or seront les athlètes du Vert et Or de Sherbrooke. Vous pourrez donc venir encourager vos favoris dès midi dans leur conquête du titre provincial.

R.B.G.


Des héros tricheurs Chronique sportive de Raphaël Bergeron-Gosselin

L

e scandale de dopage dans le monde du cyclisme auquel nous avons eu droit la semaine dernière, relance une fois de plus le débat. Où est la limite acceptable dans la consommation de substances pouvant augmenter les performances ? Devrait-on laisser le choix aux athlètes de consommer ce qu’ils veulent et, par la suite, vivre avec les conséquences ? Selon moi, il est inacceptable que des gens qu’on appelle « athlètes » consomment de tels produits. Les sportifs professionnels sont des modèles pour des milliers de personnes et en consommant ce genre de substances, ils viennent ruiner leur image de héros. Toutefois, cette image est encore plus ruinée lorsque des raisons absurdes sont apportées pour justifier la présence de substances illégales dans leur organisme. En 2008, le joueur de tennis professionnel Richard Gasquet a été contrôlé positif à un test de dépistage de cocaïne. Il a évoqué comme raison qu’il avait embrassé une femme qui avait consommé le soir même. En 2002, le coureur lituanien Raimondas Rumsas, après avoir signé une troisième position sur les Champs-Élysées, a été arrêté avec sa femme en voiture. Il avait en sa possession une grande quantité de produits dopants. La raison exprimée était simple  : ces produits étaient pour sa belle-mère. Tout le monde a sa raison, mais laissez-moi douter de la crédibilité de ses excuses. Les athlètes reconnus coupables de dopage devraient accepter leur culpabilité et tenter de faire oublier cet écart de conduite le plus rapidement possible au lieu de faire traîner ces histoires sur de longues années. Plusieurs d’entres eux subissent de fortes dépressions suite aux procédures judiciaires interminables tentant de les disculper. Jan Ullrich, le cycliste qui a été reconnu coupable cette semaine de dopage, cinq ans après sa retraite, a commenté le sort qui est arrivé à son collègue Alberto Contador quelques jours auparavant  : « Je suis triste de ce qui arrive à Alberto. Il s’agit d’un grand de ce sport et il le restera à jamais », a spécifié l’exchampion du Tour de France en 1997. Jamais je n’admettrai qu’un tricheur ( parce que oui, il s’agit de triche ) reste un grand de sa discipline. Qualifierions-nous un avocat qui finit ses études avec une moyenne exceptionnelle d’un grand avocat si nous apprenons qu’il a triché durant tous ses examens ? Non. Pourquoi les sportifs méritent-ils ce traitement de faveur alors ?

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Une défaite crève-cœur Les joueuses de volleyball du Rouge et Or ne rejoindront pas les hommes en finale provinciale. Ce sont finalement les Martlets de McGill qui ont remporté la demi-finale provinciale disputée en fin de semaine.

Raphaël Bergeron-Gosselin

Le Rouge et Or avait pris part à huit des neuf dernières finales provinciales. Photo : Pascal Huot

L

es deux équipes devaient s’affronter un minimum de deux fois. Le premier affrontement a eu lieu vendredi soir au gymnase du PEPS. Les joueuses locales semblaient nerveuses en début de rencontre. Plusieurs attaques atterrissaient en dehors du terrain, ce qui a donné espoir à McGill. « On a commis beaucoup trop d’erreurs pour un match de demifinale », a expliqué l’entraîneur Alain Pelletier. Non sans difficulté, les locales ont tout de même fait plaisir aux partisans présents en remportant ce premier duel. Les cinq manches ont donné droit à plusieurs remontées spectaculaires. Moins de 24 heures plus tard, les deux équipes se retrouvaient à nouveau, dans la métropole. Le Rouge et Or avait la chance, avec une victoire de plus, d’atteindre la finale provinciale. Le Rouge et Or a poursuivi sur sa lancée de la veille en mettant la main sur la première manche 25-23. Le huitième joueur a cependant joué son rôle une fois de plus. Le reste de la rencontre a été l’affaire des Martlets. Les Montréalaises étaient décidées à poursuivre leur saison et revenir jouer à Québec dès le lendemain et c’est ce qu’elles ont fait en remportant les trois manches suivantes. Une rencontre ultime devait donc être disputée dimanche au PEPS. L’équipe victorieuse, en plus d’obtenir son billet pour la finale provinciale, obtenait éga-

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sports | impact campus | mardi 14 février 2012

lement un laissez-passer pour le championnat canadien, car cette année, les deux premières au classement y accèdent. Tout semblait bien se dérouler pour les locales avec un excellent début de rencontre. Cette énergie s’est finalement conclue sur une avance de deux manches assez rapidement. Depuis le début de cette fin de semaine, l’ardeur au travail des Martlets les avait tenus en vie et, encore une fois, elles ont cru en leur chance. Les deux manches suivantes ont été remportées par les Montréalaises, non sans difficulté. Les deux équipes ne laissaient aucune chance à leur adversaire de filer avec l’avance. Une cinquième et ultime manche allait donc être nécessaire. Étrangement, Laval n’a jamais été dans le coup s’inclinant 15-6. Tout de suite après la rencontre, l’entraîneur semblait incapable d’expliquer l’effondrement de son équipe. « On n’a pas été capable de tenir le rythme jusqu’à la fin », a exprimé Pelletier après la rencontre. « Je ne crois pas que ce soit lié à un excès de confiance après deux sets. Vraiment, c’est difficile de mettre le doigt dessus à chaud comme ça », at-il conclu. La saison de l’équipe prend donc fin plus rapidement que prévu. L’année dernière la troupe de Pelletier avait atteint la finale du championnat canadien devant leurs partisans s’inclinant face à l’Université de la Colombie-Britannique qui a remporté le titre quatre années d’affilée.



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