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Arts & Culture

Loin : critiques comparatives

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Sciences & technologie

chimie et environnement : le bon tandem ?

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le mardi 17 janvier 2012

impactcampus.qc.ca

volume 26 | n° 17 |

votre journal est recyclable !

Sports

Volleyball : belle preuve de caractère

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Nouveau-né du campus p.4

photo : claudy rivard


éditorial

Qui ne dit rien

Courrier des lecteurs

L

e professeur Daniel Turp de l’Université de Montréal a déposé une demande de contrôle judiciaire en Cour fédérale contre le premier ministre Stephen Harper et trois de ses ministres. Il demande donc à l’instance fédérale de se pencher sur la légalité du retrait du Canada du protocole de Kyoto. On me demandait cette semaine ce que je pensais sur le fait que cette demande de contrôle judiciaire n’ait pas émergée de l’Université Laval et pourquoi notre Rectorat n’a-t-il rien fait, alors qu’il se targue de son plan de développement durable qui « sauvera la planète ». Y a t-il des critiques qui viennent du corps professoral ? Bien sûr, sans surprise. Comme vous j’ai eu la chance d’entendre mes professeurs faire de réels pieds de nez à l’administration, de les entendre critiquer les institutions gouvernementales, de nous faire analyser en profondeur notre système. Mais l’Université Laval se tient tout de même assez tranquille, les sorties publiques sont, au bas mot, plutôt rares. Au niveau du Rectorat, rien. Silence radio. Là-dessus, je suis étonnamment d’accord. D’abord car si le recteur se prononçait sur un sujet pareil, je serais dans les premiers à appeler cela du capital politique. Critiquer demande des connaissances et, dans notre société, ce sont les professeurs qui sont les détenteurs d’une bonne part de savoir. Ensuite, bien qu’une rencontre avec Denis Brière ressemble à une chasse au dernier Dodo de l’Île Maurice, il est franchement pratique pour notre université qu’il soit en bons termes avec le gouvernement. Et puis après tout, c’est là une bonne partie de son mandat. Si le Rectorat ne s’interpose pas dans les décisions gouvernementales, qui le fera ? Et si l’Université Laval donnait un coup de main ? Écrit sur Raconte-moi une histoire de M83

Benjamin Jébrak @BenJebrak

Envoyez-nous vos impressions ( critiques, commentaires, chocolats... )

redaction@impact.ulaval.ca

Directeur général : Marc-Antoine S. Rioux direction@impact.ulaval.ca

Directrice de la photographie : Claudy Rivard photos@impact.ulaval.ca

Rédacteur en chef : Benjamin Jébrak redaction@impact.ulaval.ca

Production : Dorothée Cadiot Laura Lukyniuk production@impact.ulaval.ca

Chef de pupitre actualités : David Rémillard actualites@impact.ulaval.ca Chef de pupitre arts : Cyril Schreiber arts@impact.ulaval.ca Chef de pupitre sports : Raphaël Bergeron-Gosselin sports@impact.ulaval.ca Chef de pupitre sciences : Alexandra Guellil sciences@impact.ulaval.ca

IMPACT CAMPUS 1244, pavillon Maurice-Pollack, Université Laval, Québec, G1K 7P4 Téléphone : ( 418 )  656-5079 Télécopieur : ( 418 ) 656-2398 Publicité : Fabrice Coulombe Téléphone : ( 418 ) 656-3979 publicite@impact.ulaval.ca

Journalistes : Hubert Gaudreau, Alix-Anne Turcotti, Nathan Murray, Perle Fostokjian, Louis-Augustin Roy, Émilie Rochette, Olivier Dupont-Therrien, AndréPhilippe Drapeau Picard, Jean-Michel Fortier, Raphaël Letourneau, Mathieu Turgeon Photographes : Caroline Senécal, Roxane Légaré, Laurie-Edwidge Cardinal, Pascal Huot, Bruno Lemelin, Marie-Ève Muller Correcteurs : Myriam Mseddi, Étienne Leblanc

IMPACT CAMPUS ne se tient pas responsable de la page CADEUL ( 7 ), dont le contenu relève entièrement de la CADEUL La publicité contenue dans impact campus est régie par le code d’éthique publicitaire du journal qui est disponible pour consultation au : http ://www.impactcampus.qc.ca/index.php ?etat=pub.

Impression : Publications Lysar inc. Tirage : 10 000 exemplaires Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada. Impact Campus est publié par une corporation sans but lucratif constituée sous la dénomination sociale Impact Campus, le journal des étudiants et étudiantes de l’Université Laval.

OPINIONS | impact campus | mardi 17 Janvier 2012

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L'éducation selon Norman Cornett

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La crise épargne les étudiants

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UNIVERSITÉ LAVAL

Le Stade Telus-UL est prêt C’est avec quelques mois de retard que le stade intérieur de soccer-football du Super PEPS sera officiellement inauguré ce mardi.

David Rémillard

photo : Claudy Rivard

L

a cérémonie, prévue à 10 heure rassemblera le maire de Québec Régis Labeaume, tout comme le recteur, Denis Brière, ainsi que les ministres provinciaux Sam Hamad et Yves Bolduc. L’instigateur et visionnaire du projet, M. Gille D’Amboise, qui est directeur du service des activités

sportives à l’Université Laval, sera également sur place. Par ailleurs, selon Stéphane Jobin, relationniste pour le programme Rouge et Or, les premières activités de compétition universitaires devraient débuter officiellement le 5 février alors que le Rouge et Or soccer masculin recevra la vi-

site de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Le stade, baptisé Stade Telus-UL, en raison d’une entente de partenariat de 4,55 millions  $ avec la compagnie de télécommunication signée en septembre dernier, devient le domicile des équipes du Rouge et Or, mais sera aussi

exploité par la Ville de Québec. En effet, une entente de gestion aurait été signée entre les deux partis il y a quelques semaines. Selon Marco Bussières, qui est contremaître et superviseur au service des immeubles de l’Université Laval, la Ville de Québec devra verser un montant compensatoire en ce qui concerne l’éclairage et la climatisation puisqu’elle utilisera les surfaces de jeu les fins de semaines et possiblement à d’autres moments prévus par l’entente. Une voie d’accès au stade a également été construite pour rejoindre le débarcadère du bâtiment, ce qui en fait une voie publique dont le coût d’entretien reviendra en partie à la Ville de Québec. « C’est une route utilisée par les pompiers et pour amener du matériel. C’est une route publique », a précisé M. Bussières. Le stade de soccer, composé d’un terrain de 60m par 100m pouvant être divisé en trois petits terrains, pourra éventuellement être utilisé par la communauté universitaire et les citoyens de la Ville de Québec. Au total, la Ville a al-

longé 10 des 85 millions  $ nécessaires au projet. Les gouvernements du Québec et du Canada se sont partagés le reste de la facture, accordant chacun 37,5 millions  $. Par ailleurs, en raison de la modernisation des installations du PEPS, d’autres sommes importantes ont dû être déboursées par l’Université Laval, notamment en ce qui concerne les stationnements et la voie d’accès du débarcadère autour du stade de soccer. « Au total, ce sont près de 3 millions  $ qui ont été déboursés pour la réfection du stationnement sous-terrain », a fait savoir René Bousquet, coordonnateur aux infrastructures au Service de sécurité et prévention de l’Université Laval et responsable de la gestion des opérations de stationnement. Ces frais n’ont cependant pas été comptabilisés dans les 85 millions  $ investis dans le projet puisque « les travaux étaient nécessaires de toute façon » en raison d’une remise aux normes prévue par l’Université Laval depuis quelques années. Plus de détails seront dévoilés lors de l’inauguration de mardi matin.

Frais de scolarité

Un hiver mouvementé

La Table de concertation étudiante du Québec ( TaCEQ ), dont les associations étudiantes de l’Université Laval, la CADEUL et l’AÉLIÉS, font parties, a adopté samedi le 14 janvier le plan d’action pour l’hiver 2012 dans le dossier des frais de scolarité.

Raphaël Létourneau

C

hacune des quatre associations membre de la TaCEQ devra maintenant adopter le plan d’action lors de son caucus, une formalité administrative obligatoire pour que le plan soit mis en branle. Mobilisations, campagnes d’informations et activités surprises sont prévues à l’horaire. Ces participations comptent, entre autres, des manifestations les 16 février et 22 mars prochain. Mais des actions d'abord locales devraient voir le jour vers la fin du mois de janvier. « La TaCEQ organisera et

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participera à des évènements d'envergure qui rassembleront les étudiants peu importe leur appartenance à des regroupements  nationaux  » affirme Simon Gosselin, secrétaire général à la TaCEQ. Le 16 février prochain, un blocus du centre de commerce mondial basé à Montréal s'organise. C’est là que se situent, entre autres, le Ministère des Finances et le Conseil du trésor du Québec. À cette occasion, une manifestation d'appui débutera au Square Victoria, à proximité

des bureaux gouvernementaux. Cette mobilisation d'envergure est mise sur place par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics. Cette coalition est le regroupement de 136 organisations dépassant largement les regroupements étudiants. Enfin, la Coalition clamera trois revendications majeures durant cette mobilisation, c'est-à-dire le retrait de la hausse annoncée des frais de scolarité, le retrait de l’augmentation de 100 $ de la taxe santé par personne par

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année, ainsi que le retrait de la hausse annoncée des tarifs d’électricité. Cette action prendra place quelques jours avant le dépôt du budget provincial 2012. C’est cependant le 22 mars à Montréal, qu’est prévue une manifestation d'envergure nationale qui rassemblera plusieurs organisations actives dans la mobilisation étudiante. Par l'intermédiaire de la campagne contre la hausse de 1625 $ des frais de la scolarité, la FEUQ et la FECQ sont les instigateurs de cette grande manifestation nationale. Par contre, « cette manifestation n'aura pas d'allégeances politiques, donc ce sera une manifestation uniquement étudiante » précise Simon Gosselin de la TaCEQ.

Vers la grève générale ? D'ici au 22 mars, un mouvement de grève générale étudiant contre la hausse des frais de scolarité pourrait également prendre forme. Malgré tout, il est bon de noter que la CADEUL ne se prononce pas actuellement sur la grève générale puisqu'elle est une confédération d'associations étudiantes. En fait, la CADEUL pourra se positionner sur une grève générale lorsque les associations membres auront voté lors d'une assemblée générale sur la question. Sur le campus, certaines associations étudiantes se seraient déjà exprimées sur le sujet. D'ailleurs, des associations étudiantes préparent leur position ainsi que leurs disponibilités dans l'optique d'une grève générale illimitée.


UNIVERSITÉ

La question qu'on ne pose pas De passage à l'Université Laval lundi dernier, Norman Cornett nous a accordé quelques minutes afin de présenter la projection du documentaire d’Alanis Obomsawin « Professeur Norman Cornett : Depuis quand différencie-t-on la bonne réponse d’une réponse honnête ? ». Il dénonce par ailleurs le système imposé par les universités et leur conception de l’éducation.

JOURNALISTES-BÉNÉVOLES RECHERCHÉS pour la section actualités Contactez : actualites@impact.ulaval.ca

Benjamin Jébrak

M

onsieur Cornett enseignait à titre de professeur de sciences religieuses à l’Université McGill pendant 15 ans avant d’être renvoyé, sans préavis et sans raison. Alors que la loi exige que, pour toute personne ayant plus de deux ans de service, l’employeur doit fournir « une raison juste et suffisante » afin d’exiger son renvoi immédiat, l’Université McGill refuse encore de donner des explications. Impact Campus : Les raisons de votre renvoi en 2007 sont-elles dues à vos méthodes d’enseignements ? Norman Cornett : Je ne peux pas dire cela. En tant qu’intellectuel, il faut commencer avec ce que l’on appelle les premiers principes il faut aller au fond des choses, il faut examiner de près les enjeux, les motifs, les raisons. J’anime ce que j’appelle des rencontres dialogiques, des débats d’idées et cela sans barrières, on ne fait aucune exception.[...] Quel est le but de l’éducation ? C’est de faire le plus grand bien au plus grand nombre. J’ai pris

le soin de mettre sur pieds ce que j’appelle l’éducation communautaire de sorte qu’on peut inviter les meilleurs spécialistes dans des champs d’expertise différents et avoir favorisé un débat d’idées sur les questions du jour.

ou des mauvaises questions. Alors, comment créer une ambiance de confiance et non menaçante si vous n’êtes pas d’accord avec le prof ! La première chose que je dis : il n’y a a qu’une mauvaise question celle qu’on ne pose pas.

IC : Après cette expérience et d’un point de vue devenu extérieur, quelle évaluation faitesvous du système d’éducation ? NC : D’abord je me méfie de généraliser. Au fond, l’éducation est une expérience humaine, personnelle, voir individuelle. Ceci dit, je peux vous dire qu’il y a des dénominateurs communs. D’abord faut-il créer une ambiance de confiance en soimême et confiance entre nousmêmes. La confiance y est pour beaucoup. Deuxièmement [ une ambiance ] non menaçante, ça va de pair avec la confiance et que l’on trouve le moyen que l’étudiant découvre sa propre voix et sa propre voie. La clé de l’enseignement, ce ne sont pas les réponses, ce sont les questions et tout le monde en classe a peur de poser des questions, surtout des questions stupides,

IC : Est-ce que les universités sont encore un idéal de la liberté d’expression ? NC : Faut-il demander quel est le but de l’université et encore plus loin quel est le but de l’enseignement ? J’espère que ce n’est pas le but des étudiants au premier cycle [ d’étudier ] juste pour avoir un emploi. J’étudie pour se développer en tant qu’être humain, de sorte que je devienne une personne qui sait réfléchir qui sait penser, qui sait s’exprimer et agir. Parce que le but de l’éducation, à mon humble avis, c’est former un individu bien équilibré qui a une vision large. Ce que je vise en tant que professeur, ce n’est pas vous donner une note, un diplôme [ ou ] un emploi, moi je vous enseigne pour la vie, pas pour un examen.

Norman Cornett propose une vision de l'enseignement axé sur le développement de l'étudiant en tant que personne bénéficiant d'une vision large et ouverte, et non pas en tant que professionnel. Claudy Rivard

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Gare à toi, Peter Brant David Rémillard @ DavidRemillard sur Twitter

S

i j’étais Peter Brant, homme d’affaires excentrique, milliardaire collectionneur d’art et époux d’une top modèle américaine, je commencerais à être inquiet. Je n’aurais pas peur physiquement pour ma survie, mais je n’aimerais pas savoir que le coloré maire de Québec, Régis Labeaume, est à mes trousses et qu’il ne lâchera pas le morceau avant d’avoir obtenu ce qu’il veut. Régis, un gars comme tout le monde selon ses dires, se dit à même de se mettre à la place des travailleurs et ne dérougira pas de colère tant et aussi longtemps que M. Brant ne changera pas d’attitude envers les ex-employés de la papeterie White Birch. C’est tout à l’honneur du maire, qui dénonce les pratiques de l’employeur américain. C’est facile de dire que la situation que vivent les 600 extravailleurs de la White Birch n’a pas de bon sens. Mais il faut maintenant montrer un peu de conviction et passer de la parole aux actes. J’espère, qu’à l’instar d’un Colisée de Québec, la population de la Capitale-Nationale saura appuyer 600 familles dont l’avenir n’est pas très rose à court terme. Je ne crois pas me tromper en disant que l’argent est probablement l’un des facteurs de stress les plus importants pour chacun de nous, et que nous avons pour la plupart connu des périodes plus difficiles. Mais c’est un peu au maire que revient cette responsabilité, que de rassembler les troupes. C’est à lui, et bien sûr au syndicat des ex-employés, de mobiliser une population complète derrière un principe, celui d’une population qui ne laisse personne derrière. Notre étiquette de gros village, il serait peutêtre temps de l’utiliser à bon escient. C’est possible, mais ce ne sera pas facile, et force est d’admettre que l’idée d’aller dans la rue ou de se prononcer n’est pas aussi motivante que lorsque l’amphithéâtre de Québec était à l’enjeu. Est-ce que la condition de vie de 600 familles vaut davantage la peine qu’un amphithéâtre  ? Je ne veux pas connaître votre réponse à la question, mais se la poser peut peut-être éclairer quelques lanternes. Sans vouloir être trop moralisateur, si vous jugez qu’un aréna vaut davantage la peine… ouin  ! S’il a été capable de faire appliquer le projet de loi 204 et donc de partir en croisade contre un système aussi gros que le système judiciaire québécois, ce n’est pas un milliardaire de pacotille qui fera peur à Régis. Et bonne nouvelle, des solutions sont envisagées par le maire. Advenant la mise en vente de l’usine, Régis Labeaume croit qu’une coopérative formée des anciens travailleurs pourrait voir le jour, avec possiblement coup de main de la Ville de Québec. Pour l’instant cependant, M. Brant aurait l’intention de vendre à Black Diamond, une compagnie appartenant à son fils. Le maire invite également les travailleurs à envoyer, malgré la fermeture définitive, leur contre-proposition à celle proposée par l’employeur. Bref, c’est le temps là, pour le maire, d’utiliser son caractère bouillant qui fait son succès et attire ses détracteurs à la fois. Je préfère voir un maire soutenir l’économie de sa ville et aller dans les tranchées pour subvenir aux besoins de sa population. Le projet de loi 204 était une forme de tranchée, mais disons que la mission ne revêt pas une partie de plaisir comme l’a pu l’être la marche bleue par exemple. La situation actuelle est possiblement une occasion pour le maire de démontrer sa volonté de travailler sur des dossiers plus sérieux pour sa ville. Certes le développement économique via des infrastructures favorisant le divertissement, c’est du sérieux, mais la perte de 600 emplois dans une ville de 600 000 habitants, c’est une petite tragédie à laquelle il faut remédier.

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La crise épargne les étudiants

Selon Jean-Yves Duclos, professeur au Département de sciences économiques et chercheur au Centre interuniversitaire sur le risque, les politiques et économiques et l’emploi ( CIRPÉE ), les étudiants universitaires québécois ne seront pas touchés, à court ou moyen terme, par la période de récession qui sévit depuis quelques années.

David Rémillard

S

elon M. Duclos, les étudiants universitaires sont mieux protégés en raison de leur niveau d’étude plus élevé. « Les crises mondiales affectent le chômage des gens qui ont moins de formation ou les travailleurs qui sont déjà sur le marché de l’emploi », explique-t-il. Selon M. Duclos, le marché du travail au Québec et au Canada est actuellement favorable à l’arrivée d’une nouvelle génération de travailleurs. Le vieillissement de la population, souvent vu comme un futur fléau pour les programmes sociaux, aura aussi du bon, soit un nombre important de postes à combler dans tous les secteurs d’activité. « Les salaires seront plus élevés et les conditions de travail seront meilleures », prévoit M. Duclos. Mais une question demeure : ces salaires plus élevés et ces conditions de travail supérieures, balanceront-ils avec la hausse des contributions que devront apporter les citoyens québécois pour payer ces programmes sociaux ? « Nous n’avons pas encore toutes les projections d’ici 20 ans pour savoir à quelle hauteur la dette fiscale de l’État québécois sera élevée avec le vieillissement de la population », explique M. Duclos, ajoutant au passage qu’une étude permettant de déterminer de telles données est actuellement en cours au CIRPÉE. « Nous pourrons avoir une meilleur idée au courant des prochains mois », évalue-t-il. Chose certaine, M. Duclos croit que les générations futures ne pourront bénéficier des mêmes avantages que les générations antérieures. Par ailleurs, M. Duclos croit qu’il y a une importante réflexion sociologique à avoir de la crise financière et plus particulièrement en ce qui concerne les fonds de retraite. « Il y a 8-9 ans, la valeur des fonds de retraite était en hausse », explique le professeur. « Plutôt que de laisser augmenter la valeur et d’économiser, les entreprises ont versés des primes importantes au départ de certains employés et ont vidés les

ACTUALITÉS | impact campus | mardi 17 janvier 2012

La prochaine génération de travailleurs verra-t-elle le bout du tunnel ? Photo : Claudy Rivard

fonds de retraites, laissant ces derniers déficitaires », ajoutet-il. Au final, ce sont les entreprises privées qui se retrouvent à ne plus être en mesure de payer ces fonds de retraite sans pouvoir les regarnir, à moins de sabrer dans les effectifs de l’entreprise ou encore dans les conditions de travail. « Les entreprises privées ne peuvent pas taxer davantage leurs employés », conclut M. Duclos. Points de vue étudiants Les étudiants québécois semblent relativement lucides quant à la question du vieillissement de la population et de ses conséquences sur le portrait de société du Québec.

Julien Ross, étudiant en relations industrielles à l’Université Laval, ne prévoit pas être touché par la crise financière, mais estime que les jeunes travailleurs vivront difficilement le vieillissement de la population. « Je crois que notre génération va être hypothéqué dans le futur à cause de l'endettement crée par les baby boomers », affirme-t-il, en ajoutant que les frais de santé allaient exploser dans les années à venir. Un point de vue qui n’est cependant pas partagé par Nicolas Thibault, étudiant en anthropologie, qui croit que ce ne sont que « des histoires que l'on conte pour faire peur aux enfants avant de se coucher ».


qualité générale Faible bon excellent

budget pas cher

On aime

moyen sortie du mois

On aime moins

Le Tokyo Présentations La section Ah ! La Bouffe est l’espace nourriture du journal Impact Campus. Nos deux chroniqueurs, Alexandra Fiset et Hubert Gaudreau évaluent un restaurant qui est accessible aux étudiants de l’Université, que ce soit une question de prix ou de localisation dans la ville de Québec. À la manière d’une pièce de théâtre, les chroniqueurs sont invités par les restaurateurs qui sont conscients qu’il s’agit d’une critique-restaurant et non d’une publicité. Par le même fait, le restaurateur offre quelquefois l’expérience complète aux chroniqueurs, mais ceux-ci choisissent souvent leur repas. De plus, ils évaluent les restaurants selon une grille d’évaluation commune prenant en compte la qualité du service, de la nourriture, l’ambiance et le rapport qualité / quantité / prix. Retrouvez-les deux fois par mois dans cette page spéciale !

La rédaction

Prisé et justifié

C’est autour de tables basses dans de petits salons privés que Martha Shimonda, propriétaire du restaurant Tokyo, reçoit ses clients. Avec son ambiance reposante, ses produits frais, cet « apportez votre vin » japonais de la rue St-Jean justifie amplement son fort achalandage.

Alexandra Fiset

A

u premier abord, la carte semble singulière, car elle propose plusieurs types de repas tel que sushi, souperepas ou sauté. Mis à part pour les sushis, il n’y a pas un vaste choix à travers ceux-ci. Nous avons vite compris que plutôt que de viser la diversité, Tokyo mise sur quatre ou cinq repas qu’il maîtrise à la perfection et qui peuvent satisfaire n’importe quel appétit. En plus d’y manger divinement bien, le service est courtois, naturel, rapide. Les serveurs sont très disponibles pour répondre à toutes nos questions. Pour ouvrir nos appétits, on nous apporte, un petit tofu frit qui tombe dans une sauce soya de façon délicate. On débute avec deux soupes. La mienne, au crabe et aux nouilles, était douce et bien équilibrée avec de bons petits morceaux de crabe frais. La

soupe miso de David n’avait rien à voir avec celle que l’on peut retrouver dans des restaurants de sushi pour emporter. Le bouillon était clair et le tofu et les algues n’étaient pas trop cuits. Je reçois ensuite comme entrée une assiette de tempura presque trop généreuse avec des crevettes qui fondent en bouche et des légumes cuits à point. David, qui a commandé des sushis reçoit deux nigiris, thon et saumon, qui semblaient également être au sommet de la fraîcheur. Sont ensuite arrivés les plats principaux. Mon invité s’est régalé d’un bœuf teriyaki tendre, goûteux, mais sans artifices et qui laissait place au bon goût de la viande. Je me suis réjoui d’un sauté de crevettes et de légumes assaisonné avec finesse. Les deux

assiettes sont impressionnantes en termes de quantités et on sent que ces spécialités japonaises n’ont aucun secret pour le Chef. La présentation est très efficace, car divisée en compartiments, elle permet de recevoir à la fois un sauté, du riz, une salade, un feuilleté au porc et une sauce d’accompagnement sans que rien ne se mélange. Génial. On nous propose pour terminer les traditionnels beignets à la pomme, banane ou ananas, ainsi que du tapioca que nous commandons par principe puisque nous sommes plus que rassasiées. Ils ne demeurent pas pour le moins savoureux. Pour savourer une expérience complète, il est conseillé de réserver au moins deux semaines à l’avance pour obtenir un salon privé. Si ce n’est pas

possible, vous pouvez vous assoir au bar, autour des artistes qui confectionnent des sushis devant vos yeux ou dans une section avec moins de cachet autour de tables conventionnelles. L’expérience sera peutêtre moins immersive, mais consolez-vous, la cuisine n’y sera pas moins excellente.

40 $ pour deux, avant taxes, service exclu

La fraîcheur de tous les produits

La section du fond paraît terne au côté de la principale

Bamboo Express : Couleur d’Asie Avec son décor soigné et son menu bien élaboré, Le Bamboo Express est une alternative intéressante aux traditionnels restaurants thaïlandais.

Hubert Gaudreau

U

ne petite musique Chill Lounge tamise l’ambiance et de belles lanternes chinoises, aux formes et aux couleurs différentes, teintent la salle. On nous apporte le menu et nous constatons rapidement que le choix ne manque pas. Je jette un coup d’œil à la carte des vins et des bières. À ma grande déception, peu de choix d’importation asiatique s’offrent à moi. Je décide de commander une Tsingtao, une bière chinoise qui rappelle nos bières blondes québécoises. J’opte pour la soupe aigre piquante et Bianca choisit la Bamboo Express. Bien que mon

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choix de soupe peut ne pas plaire à tous, selon moi elle est excellente, la texture est bonne. La soupe Bamboo Express, un mélange de vermicelles, poulet, champignons, fèves germées, lait de coco et coriandre, est tout aussi délicieuse sinon plus que la mienne. La coriandre et le lait de coco rendent le tout léger, rafraîchissant. Seul le poulet présent en de trop gros morceaux vient freiner mon enthousiasme. Ma copine choisit comme entrée les Dumplings sauce aux arachides. Quant à moi, je commande les Dim Sum. Ceux-ci

sont présentés dans leur plat en bambou au compte de trois : un végétarien, un au porc, un aux crevettes. Je ne suis pas épaté et je lorgne jalousement l’assiette en face de moi. Les Dumplings sont tout simplement fabuleux avec leur sauce aux arachides, on va même jusqu’à se demander s’ils se font en plat principal. Nous savons par expérience que le poulet Général Tao est ici un incontournable, mais nous voulons déroger de nos habitudes, nous requérons donc l’aide de notre hôtesse. Parmi toutes ses suggestions, nos choix s’arrêtent sur le Pad Thaï et sur les nouilles

AH ! LA BOUFFE | impact campus | mardi 17 janvier 2012

à la Singapour. Le Pad Thaï est très bon, la sauce est douce, bien goûteuse et on retrouve en quantité de belles grosses crevettes et de bons morceaux de poulet. Pour ce qui est des nouilles à la Singapour, elles aussi sont délicieuses, mais manquent un peu de goût et le cari jaune prend beaucoup de place. Pour terminer la soirée en beauté, je prends un Tapioca. Servi dans un petit plat rectangulaire, il est accompagné d’un quartier d’orange et de copeaux de noix de coco. Bien qu’au goût de Bianca ce soit un peu sec, je le savoure et l’apprécie sans hésitation. Conquis par les saveurs et l’ambiance que procure le Bamboo, je croque dans mon biscuit chinois et me vois ravi de lire que « La joie prolonge la vie ».

Rafraîchissant

45 $ pour deux sans alcool, sans taxes, sans service

Les plats à partager

Les desserts non-inclus dans la table d’hôte


2012 au MNBAQ : Dans la cour des grands

p.10

Critique littéraire : La porte du ciel 

p.11

Critique CD : Snow Patrol

p.11

Suivre les traces de Loin...

La culture de l’intelligence

Bon Hitchcock, Müller plus qu’ordinaire et Lynch très bien tourné, la trilogie Loin n’est pas sur un écran près de chez vous.

Avec Loin, quatrième création du Théâtre Hareng rouge, le collectif s’intéresse à nouveau aux thèmes interreliés du génie créateur, des déséquilibres personnels et du voyage.

Louis-Augustin Roy

Perle Fostokjian

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longeant le spectateur en état de veille introspective quatre heures durant, Loin présente trois histoires, trois univers de personnages regroupés par les thématiques du cinéma et de la création. Entre Alfred Hitchcock et David Lynch, il est intéressant d’y laisser nos pensées se balader. Les sujets qu’aborde son auteur, Thomas Gionet-Lavigne, restent des intemporels : l’originalité artistique et le conformisme, l’amour entre courage et vulnérabilité, l’incarnation troublante d’une personne réelle par le comédien. Des thèmes qui auraient mérité plus de profondeur dans la trame narrative et l’interpré-

Loin présente trois histoires, trois univers de personnages regroupés par les thématiques du cinéma et de la création

tation qu’a livrée la troupe le 11 janvier dernier. Alors que chaque histoire a un dénouement à la fois tragique, cohérent et inattendu – et qui fait même frissonner –, chacune d’entre elles comporte également des moments plats, voire des scènes faibles en énergie. Côté texte, on sent le potentiel et aussi l’espace pour creuser plus, approfondir la réflexion et le jeu autour de ces thèmes récurrents chez le collectif. Côté scène, là où certains comédiens happent entièrement notre attention par leur présence, d’autres arrivent tout juste à faire naître leur personnage. Dans un rendu quelque peu inégal, le tout arrive quand même à une certaine fluidité. Même si l’on reste parfois sur notre faim de nouvelles dimensions ou de fraîcheur, impossible de ne pas saluer certains enchaînements et suspenses. Des punchs qui arrivent à point, des émotions qui prennent vraiment forme. En espérant que cette œuvre et les suivantes mûriront en force, en richesse et en plénitude.

« Ne jamais surestimer la culture du public, mais ne jamais sous-estimer son intelligence » aurait dit Kieslowski. Les artisans de la pièce Loin ont ri ouvertement de la deuxième partie du principe, ils ont aussi empiété dessus, mais ils l’ont d’abord respecté. Il est bien de s’inspirer de la conceptualisation du suspense d’Hitchcock. Cependant, admettons qu’un homme se sache cocu et suive son cocufieur, l’air mauvais. Admettons qu’il le menace, sa main plongée dans sa poche, tenant une chose que son vis-à-vis et le spectateur subodorent être une arme. Admettons que le spectateur apprenne plus tard qu’il s’agissait d’un simple livre… C’est le retournement imbécile par excellence, à l’effet basé sur du vent, il Photo : Roxane Légaré ne faut jamais faire subir cela à l’auditoire. Comme Quoi ? Loin Qui ? Texte : Thomas Gionet-La- si on faisait un film avec vigne et Hugo Lamarre, mise en une bombe - suspense au maximum - et qu’à la fin on scène : Hugo Lamarre sache que c’était une bombe Où ? Théâtre Premier Acte de confettis. Quand ? Jusqu’au 28 janvier

L’empiètement est moins important, il est celui de la réexposition du malheur de David ( Lynch ) en nous beurrant de rose le tableau de son ancien bonheur avant de retaper sur le clou de la dernière révélation. Coupée, le spectateur aurait aussi bien compris toute la mélancolie de David sans se le faire épeler et, par cette concision, la finale aurait eu encore plus de force. Exception faite de cet accroc, l’atmosphère lynchéenne réussie, intégrée à une idée de Vertigo de transformation maniaque d’une femme inconnue en l’aimée, en fait le meilleur tiers. La mise en scène qui, un temps, ne conserve que l’essentiel : le visage fasciné de David ( Lynch ) devant Madeleine; son trouble persistant, ponctué de cette vidéo au grondement énigmatique et magnifiquement diégétique; les origines de Madeleine qui percent à travers son masque social ; tout cela contribue à l’excellence théâtrale sur le mode less is more. 

Le gamin au vélo

Pour un rayon de lumière

Le plus récent film des frères Jean-Pierre et Luc Dardenne est d’une grande sobriété, brusque par moments, mais aussi d’une indéniable beauté et d’une grande force.

Nathan Murray

O

n a dit du Gamin au vélo, qui a remporté le Grand Prix à Cannes,

qu’il est le plus « lumineux » des films des frères Dardenne. Il est vrai cependant que derrière une épaisse couche de noirs nuages, les frangins belges laissent

percer quelques rayons de soleil. La performance poignante du jeune Thomas Doret et la présence apaisante et brillante de Cécile de France sont pour beau-

coup dans cette lumière. Et si le propos est sombre, les percées d’espoir et de beauté sont d’autant plus lumineuses. On sort du visionnement le cœur gros, mais on ne peut s’empêcher de se dire que, derrière les nuages, il y a - et il y aura toujours - le soleil. Qui ? Jean-Pierre & Luc Dardenne Où ? Cinéma Le Clap

ARTS ET CULTURE | impact campus | mardi 17 janvier 2012

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2012 au MNBAQ

Dans la cour des grands Pour cette nouvelle année, le Musée National des Beaux-Arts du Québec saura ravir les amateurs d’art en tous genres, avec une programmation alléchante, digne des plus grands musées internationaux.

Cyril Schreiber

C

e n’est pas moins de six nouvelles expositions que l’institution de Québec accueillera en ses murs. Celles-ci ont été dévoilées par la directrice générale, Line Ouellet, lors d’une conférence de presse mercredi matin. Ces nouvelles expositions sont divisées en trois thématiques : art contemporain, art international et art du Québec. Dans la première catégorie, on retrouvera À ciel ouvert. Le nouveau pleinairisme qui, du 15 mars au 25 juin, mettra à l’honneur les artistes qui ont pratiqué le plein air – une technique qui consiste à s’intégrer à la nature pour la représenter. Peintures, sculptures et vidéos seront notamment à l’honneur pour ce parcours intuitif du XIXe siècle à nos jours. Stéphane Gilot et sa Cité performative complète cette thématique : l’artiste belge d’origine, établi au Québec depuis une quinzaine d’années, a créée une installation multimédia de sept mètres sur onze, comportant plusieurs maquettes qui forment une ville miniature. Quel rapport entretenons-nous avec l’espace ? Voilà une question à laquelle l’artiste, qui présentera cette structure du 4 octobre au 24 février 2013, tentera de répondre. Il fera ainsi la rétrospective de sa dernière décennie de travail. Ouvert sur le monde Le MNBAQ, fidèle à ses habitudes, se tourne aussi vers l’international avec la présentation de deux expositions exceptionnelles. Durant l’été, du 7 juin au 3 septembre, les résidents de Québec et les touristes pourront redécouvrir un célèbre courant, le surréalisme, via le prisme du point de vue féminin nord-américain. En effet, Au pays des merveilles : les aventures surréalistes des femmes artistes du Mexique et des États-Unis présentera 179 œuvres de 46 artistes féminins, dont la célèbre Frida Kahlo, réalisées entre 1930 et la fin des années 1970. Des autoportraits, des portraits de famille et une analyse de la sexualité féminine seront

au programme de cette exposition dont le seul point de chute canadien sera la Vieille-Capitale. L’automne sera quant à lui consacré à une période lointaine mais fascinante : Art et nature au Moyen Âge, présenté du 4 octobre au 6 janvier 2013, mettra de l’avant la relation étroite entre ces deux éléments, et ce du Xe au XVe siècle. L’exposition, qui rappelle que l’art, à l’époque, voulait parfois dire artisanat, sera présenté de concert avec le Musée de Cluny, le Musée national du Moyen Âge, situé dans le cinquième arrondissement de Paris. Retour aux sources Le Québec et ses créateurs ne seront pas non plus oubliés, loin de là. Dans Mode et apparence dans l’art québécois, 1880-1945, on s’attarde au mythe de l’absence d’élégance vestimentaire chez les habitants québécois de cette période. En présentant tableaux, dessins, mais aussi catalogues, affiches publicitaires et photographies, le Musée National des Beaux-Arts veut aller à contrecourant de cette croyance en apportant une nouvelle histoire plus glorieuse de ces sept décennies. L’époque sera mise en écho avec la nôtre, puisque huit designers de mode ont été invités à s’inspirer de l’exposition qui se tiendra du 9 février au 6 mai pour réaliser une création contemporaine. Enfin, Les arts en NouvelleFrance, comme son nom l’indique, mettra à l’honneur la production artistique de l’époque, c’est-à-dire entre 1608 et 1760, en mettant en exergue la dualité entre les objets réalisés ici et ceux importés du Vieux Continent. L’exposition, présentée à partir du 2 août, sera regroupé autour des trois fonctions de l’art à l’époque, c’est-à-dire prier, décorer et se représenter. Malgré un patrimoine réduit, 125 œuvres pourront être contemplés. De quoi satisfaire même les plus exigeants des amateurs d’art – le grand public, lui, trouvera assurément son compte dans cette belle année en perspective.

Un extrait de l'exposition Mode et apparence dans l’art québécois. Photo : Laurie-Edwidge Cardinal

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ARTS ET CULTURE | impact campus | mardi 17 janvier 2012


SAUVER la littérature La porte du ciel dominique fortier alto

« Je suis un et je suis mille. »Voilà comment s’ouvre La porte du ciel, dernier roman de Dominique Fortier. Cette voix, qui happe le lecteur et le guide à travers le récit, c’est celle du Roi Coton, entité omnisciente au rôle plus didactique que narratif, qui survole les États-Unis de la guerre de Sécession pour en brosser un portrait historique, politique et social. Contrat titanesque, s’il en est un, que celui de raconter

une histoire dans l’Histoire. Mais Dominique Fortier en a vu d’autres. La porte du ciel est une courtepointe. Le constat est déjà en voie de devenir un cliché, tellement il tombe sous le sens : il s’agit d’une œuvre rapiécée, d’un texte de la pluralité. Pluralité des points de vue, tout d’abord, puisque le Roi Coton sert à offrir au lecteur une vue d’ensemble qui lui permet de plonger au plus

L’Unique près des différents personnages dont on exploitera la focalisation. Pluralité des horizons, également. Eleanor, un des personnages principaux, est issue du milieu aisé qui vit du profit des plantations de coton, alors que sa dame de compagnie, Ève, vient de l’autre côté de la barrière, du monde des ouvriers qui s’affairent au champ toute la journée. Pluralité des trames narratives, finalement. Le roman s’attarde tour à tour à la vie de cette jeune Eleanor et de sa compagne Ève, mais aussi à celle de June, cette mère désœuvrée, dépossédée de ses enfants, à celle du père Louis, un prêtre qui voulait construire une église au milieu des marécages, et à d’autres. Il faut souligner que, malgré la multitude d’avenues qu’emprunte La porte du ciel, ce

roman reste simple dans sa complexité, solide, savamment échafaudé ; le lecteur ne s’y perd jamais. Mais de cette force naît aussi une faiblesse : quel est le point focal du texte? De quoi se souvient-on après en avoir terminé la lecture ? Qu’est-ce qui le rend spécial, unique? Pas son intrigue, qui erre à gauche, à droite, d’un personnage à l’autre, passant de plans très larges à très rapprochés sans créer de montée ou de chute dramatique – ce qui ne constitue pas toujours un défaut. Pas ses personnages non plus ; ils n’ont rien de forcé, ils convainquent le lecteur sans peine, mais aucun trait particulier ne les rend vraiment mémorables. Et pas son écriture.

Dominique Fortier raconte avec beaucoup d’élégance, de finesse, d’intelligence. Mais dans La porte du ciel, il est difficile de mettre le doigt sur un ton, sur ce que d’aucuns appelleraient une vision du monde. Le langage sert admirablement bien l’histoire, et les descriptions sont travaillées comme des ouvrages de broderie. Tout cela est fort joli, mais il en ressort un cruel manque de naturel, d’humanité, d’oxygène. Et si le Roi Lecteur, après ce beau mais long voyage, pouvait choisir de conclure le roman comme il le voulait, il y a fort à parier qu’il écrirait : « Je suis mille, mais je ne suis pas l’Unique. »

Jean-Michel Fortier

Snow Patrol Fallen empires Polydor

Odonis Odonis

anglo

Hollandaze

2

YAMANTAKA // SONIC TITAN YT//ST

3

1

franco

1

Mes Semblables

2

Ferriswheel

4

My Brightest Diamond

5 Propofol

Nous Non Plus Freudian Slip

Un Peu Au Nord Et Sans Distorsion

5

Alaclair Ensemble Touladis

Parallax

4

Mauves Cinéma Plymouth

3

Atlas Sound

Franck Deweare

Propofol

All Things Will Unwind

hip hop loud électro expé-

rimental

Dibia$e Swingology 101

Onra Chinoiseries Pt. 2

Alaclair Ensemble Le roé c'est moé

Threat Signal Threat Signal

Vildhjarta Masstaden

Isole Born From Shadows

Doldrums Empire Sound

Sepalcure Sepalcure

Emika Emika

Jacaszek Glimmer

Oneohtrix Point Never Replica

The Brandt Brauer Frick Ensemble Mr. Machine

O

n peine à se rappeler la dernière fois où on a entendu parler de Snow Patrol. Si la formation britannique fut catapultée au rang de superstar avec son simple « Chasing cars » en 2006, ses singles subséquents n’ont pas su autant ravir le public. Les cinq musiciens récidivent néanmoins en ce début d’année avec le lancement de Fallen empires, un opus qui ne renouvelle pas le genre et qui ne satisfait pas entièrement. Librement inspirée de la vague dubstep qui déferle un peu partout dans le monde depuis quelque temps, la majorité des quatorze morceaux de Fallen empires se détache des ballades introverties auxquelles Final straw et Eyes open nous avaient habitués. Des pièces comme « Called out in the dark », « The weight of love » ou « Fallen empires » comportent toutes quelques éléments de musique électronique, mais le mélange fonctionne mieux à certains moments qu’à d’autres. Si la pièce-titre se cherche quelque peu, « In the end » pourrait aisément être confondue avec une chanson du dernier album de Coldplay. Il ne s’agit pas là tant d’une évolution que de l’influence opportuniste des tendances du moment.

On se questionne un peu sur les chœurs omniprésents de « Berlin ». Ils meublent du temps, mais sans plus. Quant à « The symphony », ces six minutes s’éternisent et manquent de cohérence. Une pâle imitation d’Arcade Fire qui, au final, n’aurait pas vraiment bien tourné. Tout compte fait, on aurait peut-être préféré quelque chose de plus traditionnel, car c’est là que Snow Patrol excelle réellement. « New York »  est sans l’ombre d’un doute le moment fort de Fallen empires. À mi-parcours, son rythme saccadé de grosse caisse ajoute à son caractère déjà très mélancolique alimenté par un départ marqué de quelques accords de piano minimalistes. Dans la même veine, « The president » commence bien, tout en sobriété, mais aurait gagné à être écourtée : plus elle avance, moins elle étonne. Au final, on est face à un rendu qui manque de cohésion et qui s’étire dangereusement, jusqu’à en perdre beaucoup de sa pertinence. Fallen empires plaira essentiellement aux inconditionnels de Snow Patrol. Il n’est que peu substantif pour les mélomanes qui recherchent l’originalité. 2.5/5

Émilie Rochette

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Le point sur la recherche : Naissances prématurées : bactéries buccales en cause

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Le nerd de service : La télévision intelligente

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ENTREVUE

La chimie se met au vert ! À l’ère du développement durable, la chimie détient un rôle majeur dans la protection de notre environnement. Frédéric-Georges Fontaine, professeur agrégé de chimie minérale à l’université, nous fait découvrir la chimie verte.

Alix-Anne Turcotti Impact Campus : Qu’est-ce que la chimie verte et quelles sont ses applications concrètes ? Frédéric-Georges Fontaine : La chimie verte est une philosophie de travail qui consiste à limiter l’impact écologique de la chimie sur l’environnement, particulièrement dans le domaine industriel. L’objectif est de générer des produits qui ne polluent pas et de trouver des pratiques qui demandent moins d’énergie. La chimie verte est une chimie d’économie. Son utilisation va réduire la production de déchets et par conséquent, les coûts liés à leur élimination. Les prix des produits deviennent donc avantageux. La chimie verte est ainsi utilisée dans la fabrication de tout produit impliquant la chimie. Le domaine est donc très vaste. La

fabrication de détergents sans ammoniaque ou des peintures sans plomb sont des exemples de chimie verte. IC : Il semble y avoir beaucoup d’avantages à faire de la chimie verte, mais existe-t-il des inconvénients ? FGF : Dans son développement, le rôle de la chimie était d’aider à résoudre des problèmes à court terme, même si à long terme l’impact n’était pas forcément connu. C’est par la suite que des problèmes se sont posés. À titre d’exemple, on peut citer le cas des chlorofluorocarbures ( CFC ) qui ont remplacé l’ammoniaque dans les systèmes de réfrigération. Cette découverte était très bien perçue, car contrairement à l’ammoniaque, les CFC, en cas de fuite n’étaient pas toxiques. C’est seulement une dizaine d’années plus

Le mot science de la semaine

tard que l’on s’est aperçu que les CFC avaient des impacts négatifs sur la couche d’ozone. Mais aujourd’hui, les connaissances fondamentales de la chimie ont beaucoup évolué et sont mieux maîtrisées. Les chercheurs sont davantage en mesure d’appréhender les impacts de la chimie sur l’environnement. C’est dans ce contexte de connaissances qu’est développée la chimie verte. IC : Où se situent l’Université Laval et le Québec en matière de chimie verte ? FGF : À l’Université Laval, le professeur Thierry Ollevier a mis en place un laboratoire de chimie verte. Un autre de nos collègues, le professeur Mario Leclerc, travaille avec ses étudiants dans la fabrication de piles solaires. Quant à moi, je dispense un cours sur la chimie

André-Philippe Drapeau Picard

D

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cessaire d’examiner les étoiles hors de la Voie lactée. L’astérosismologie est donc une technique toute récente qui s’avère plutôt efficace. À la manière du sismologue qui étudie la propagation des ondes à l’intérieur de la Terre, l’astérosismologue s’intéresse aux oscillations qui nous pro-

de l’environnement. Bien que ce ne soit pas tous les groupes qui se spécialisent dans ce type de chimie, c’est une pratique qui commence à se faire naturellement dans le milieu.

Au Québec et dans la majorité des pays industrialisés, c’est véritablement l’ensemble de l’industrie qui se dirige vers la chimie verte, car elle est rentable et économique.

Astérosismologie : tremblement d’étoiles

Les avancées technologiques des dernières décennies ont permis l’apparition d’un nombre impressionnant de nouvelles disciplines. Parmi celles-ci, l’astérosismologie qui permet l’étude de la structure interne des étoiles.

epuis longtemps, les étoiles sont des astres mystérieux. L’étoile la plus proche de nous, le Soleil, a été un sujet d’étude relativement accessible. Or, on ne peut prétendre comprendre ces astres célestes si on en connait qu’un, parmi une infinité. Pour remédier à ce problème, il est né-

L'objectif de la chimie verte est de fabriquer des produits non polluants qui utilisent moins d'énergie. Photo : Claudy Rivard

viennent de certaines étoiles autres que le Soleil. On parle alors d’héliosismologie. L’astérosismologie se concentre sur un type particulier d’étoiles : les étoiles pulsantes. Ces corps célestes se caractérisent des variations de luminosité, causées par l’expansion et la contraction de leurs

couches externes. Les mouvements dans ces strates sont d’une violence inimaginable, l’énergie impliquée est hallucinante. Par analogie aux tremblements de terre, on pourrait parler de tremblements d’étoile. Cette activité engendre des ondes sonores. Celles-ci, de différentes fréquences, pénètrent à des profondeurs variables dans l’étoile. Plusieurs instruments permettent de capter ces ondes de manière extrêmement précise. C’est ainsi qu’il est possible de

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révéler le jardin secret des étoiles pulsantes, à savoir leur composition chimique et leur densité. À partir de ces connaissances, nous pouvons déterminer la structure interne des étoiles. En comparant les données sismiques obtenues pour des étoiles de masse et d’âge différents, il devient possible d’avoir une meilleure compréhension de leur évolution. On pourrait ainsi savoir comment était le Soleil avant notre présence pour l’observer et comment il sera dans le futur.


Le point sur la recherche

Tc

Médecine dentaire

Naissances prématurées : bactéries buccales en cause Selon une récente étude publiée par le Journal of Maternal-Fetal and Neonatal Medicine, des bactéries associées aux maladies parodontales peuvent se retrouver dans le liquide anionique et provoquer des naissances prématurées. Impact Campus a posé trois questions à Fatiha Chandad, professeur titulaire en médecine dentaire à l’université et co-auteur de l’article.

Alexandra Guellil

Photo : courtoisie, jacques plante

Impact Campus : Pouvez-vous dans un premier temps définir les maladies parodontales ainsi que la prématurité ? Fatiha Chandad : Les maladies parodontales sont des infections qui touchent les gencives, causent le déchaussement des dents, la destruction des tissus qui attachent les dents à la gencive et finalement la perte des dents. Ces maladies sont causées par des bactéries pathogènes qui s’accumulent dans les tissus entre la dent et la gencive, causent une inflammation, un saignement et finalement la destruction des tissus et la perte de la dent affectée. Pendant l’installation de cette infection, accompagnée d’inflammation, certaines bactéries peuvent pénétrer profondément dans les tissus, causer une bacté-

riémie transitoire et aller envahir d’autres tissus ou d’autres organes ailleurs dans l’organisme. Quant à la prématurité, elle est définie comme toute naissance qui survient avant 37 semaines de grossesse et est souvent accompagnée d’une naissance de bébé à faible poids, moins 2  500g. Malgré tous les progrès de la médecine et l’évolution des soins, les taux de prématurité n’ont pas changé depuis 40 ans, et ont même tendance à augmenter au cours des dernières années. Bien que plusieurs facteurs de risque de prématurité soient connus, il demeure qu’environ 25 % des naissances prématurées sont de causes inconnues. IC : La bactérie Fusobacterium nucleatum a été identifiée dans presque tous les cas avant la 30e semaine de grossesse. C’est la même bactérie impliquée dans les maladies parodontales. Connait-on sa provenance exacte, avant de se retrouver dans le liquide amniotique ? FC : C’est une bactérie retrouvée spécifiquement dans la bouche et souvent en plus grosse quantité dans la plaque dentaire associée aux maladies de gencive. D’autres espèces ou

de souches de Fusobacterium ont été rapportées aussi ailleurs dans les muqueuses intestinales, et tout récemment, cette même bactérie a été retrouvée dans des biopsies de tumeurs du côlon, et ont été ainsi associées au cancer du côlon. IC : Les conséquences sont donc de provoquer un accouchement prématuré ou en tout cas d’y avoir un lien. Y a-t-il d’autres risques révélés ou possibles pour la mère ou le prématuré ? FC : À part ce que je viens de mentionner de l’existence d’un lien possible, récemment révélé entre la présence de cette espèce bactérienne et le cancer du côlon, il n’y a pas de risque connu clairement pour cette espèce bactérienne, car on peut aussi la retrouver chez des sujets sains et ne présentant pas de symptômes de maladies parodontales. Pour la mère, cette étude suggère un potentiel facteur de risque associé à la prématurité. Pour le prématuré, on ne peut rien affirmer, car rien n’est connu à ce sujet , même si on peut se lancer dans des hypothèses ou des spéculations, il faudra des études cliniques bien contrôlées pour vérifier ces hypothèses, ce qui n’était pas l’objet de notre récente étude.

La télévision intelligente

L

a télévision intelligente permet de surfer sur Internet, d’utiliser les services de location vidéos en ligne, de télécharger de nombreuses applications et de jeux, et bien sûr de flâner sur les médias sociaux, et ceci à l’aide d’une simple manette. Comme pour les téléphones cellulaires, le terme intelligent signifie ici que l’appareil en question est pourvu d’un accès Internet. Avec la popularisation de la webtélé et de la vidéo sur demande, de plus en plus de consommateurs décident de se tourner vers des systèmes sans télédistribution. Bien que moins cher et plus personnalisable, ce type d’arrangement nécessite un ordinateur branché sur un téléviseur. La manette n’est donc plus une simple petite manette, mais un clavier. Le temps d’attente est celui d’ouverture de l’ordinateur, soit une trentaine de secondes comparativement aux quelques secondes nécessaires à l’ouverture d’un téléviseur. Il faut également un minimum d’intérêt technologique afin d’échanger un terminal de télédistribution contre un ordinateur. La télévision intelligente vient combler ces désagréments en combinant l’accès Internet de l’ordinateur avec la facilité d’utilisation d’un téléviseur. Un seul clic sur une manette « presque » conventionnelle permet de se retrouver sur nos sites préférés de webtélé. Surfer sur la toile n’est pas évident avec une manette de télévision. Certains fabricants, LG pour la manette point and click, Samsung et Vizio pour le clavier complet sur la manette, utilisent un système « pointez et cliquez » semblable à la manette de la Nintendo Wii et un clavier affiché à l’écran, alors que d’autres ont inclus un clavier glissant directement sur la manette. La plupart ont également développé des applications de contrôle iOS ou Android, ce qui rend la navigation internet plus conviviale. Les récentes avancées de l’informatique virtuelle, le cloud computing, combinées avec les services de diffusion internet comme Netflix et Spotify, permettent l’utilisation d’appareils peu puissants et pratiquement sans espace disque pour le divertissement. Nul besoin d’attendre les prévisions météo locales à Météomédia ou de ressortir notre Vidéoway avec ces nouveaux téléviseurs !

Olivier Dupont-Therrien JOURNALISTES-BÉNÉVOLES RECHERCHÉS pour la section sciences et technologies Contact  : sciences@impact.ulaval.ca

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Remparts : Dure fin de semaine au Colisée

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Chronique sportive : Du plaisir ?

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Belle preuve de caractère

C’est non sans difficulté que les volleyeuses lavalloises ont eu le dessus en cinq manches sur les Martlets de McGill, vendredi soir.

Raphaël Bergeron-Gosselin

L

a troupe d’Alain Pelletier détenait une avance de quatre points, soit deux victoires sur leurs plus proches rivales, les Martlets, avant cette rencontre. McGill a toutefois commencé la rencontre en force. Le pointage était de 16-14 pour les visiteuses à un moment. Ces dernières ont par la suite été tout simplement meilleures et se sont sauvés avec la première manche 25-15. La seconde manche a donné lieu à plusieurs jeux spectaculaires qui ont pour la plupart du temps tourné en faveur des favorites de la foule. Cette énergie leur a permis de mettre la main sur la seconde manche 25-21 Le premier affrontement de la saison entre ces deux

Ce sont nos mauvaises décisions qui nous ont fait mal équipes a eu lieu le 29 octobre dernier et le même scénario était arrivé. Toutefois, les Martlets avaient remporté les deux manches consécutives pour se sauver avec la victoire. Tout semblait se diriger vers un scénario semblable lorsque McGill a remporté la troisième manche 25-22. Le Rouge et Or a cependant pris les choses en main et a filé vers deux victoires consécutives de 25-19 et 15-10. « Le volleyball c’est un jeu d’erreurs. Ce sont nos mau-

vaises décisions qui nous ont fait mal. Nous avons une jeune équipe et c’est dans les moments comme ça que ça paraît », a souligné le pilote lavallois. Belles chances ratées Grâce à cette victoire, le Rouge et Or se retrouvait a égalité en tête du classement général avec les Carabins de Montréal. Dimanche après-midi, les deux équipes s’affrontaient à Montréal pour y disputer l’exclusivité du sommet. Malheureusement, Montréal a semblé beaucoup mieux préparé que Laval. Le pointage final de 25-20, 25-16 et 25-18 a bien prouvé le désir des Montréalaises de conserver leur premier rang au classement provincial. Les hommes ont, de leur côté, bien fait en remportant

La joueuse de centre, Donna Ouellet, a terminé la rencontre de vendredi dernier avec cinq attaques marquantes. Photo : Bruno Lemelin

leur rencontre contre les Carabins en trois manches de 25-19, 25-18 et 25-11. Cette victoire a été acquise malgré deux absents de marque. Tommy Bélisle, toujours absent en raison d’une blessure au pouce, tandis que le passeur Justin Boudreault blessé à la cheville cette semaine en pratique était également sur le banc. Comme c’est le cas depuis le

début de la saison, les autres joueurs ont élevé leur jeu d’un cran et ont porté l’équipe vers la victoire. Le géant de 6 pieds 6 pouces, Jérémie Lortie, a même reçu le titre d’étudiant-athlète de la semaine chez le Rouge et Or. Lortie a réussi 12 attaques marquantes, un sommet pour son équipe lors du match de dimanche passé.

L’étoile D’Impact Campus Karl De Grandpré en est à sa dernière saison avec le programme d’excellence du Rouge et Or. L’ancien joueur des Titans du Cégep de Limoilou devra donc réfléchir à sa vie sans volleyball, chose qu’il n’a pas connu depuis ses débuts au secondaire. Raphaël Bergeron-Gosselin Nom : Karl De Grandpré Discipline : Volleyball Position : Attaquant Programme d’étude : Certificat en économie

K

arl De Grandpré en est à sa dernière saison avec le programme d’excellence du Rouge et Or. L’ancien joueur des Titans du Cégep de Limoilou devra donc réfléchir à sa vie sans volleyball, chose qu’il n’a

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pas connu depuis ses débuts au secondaire. Impact Campus : Quels sont tes projets une fois le volleyball universitaire terminé ? Karl De Grandpré : C’est certain que je vais avoir à réfléchir énormément à propos de ce que je veux faire après ma

carrière universitaire. Deux choix s’offrent à moi. Je peux me lancer sur le marché du travail dans des domaines comme l’assurance ou la fonction publique. Je n’ai pas vraiment d’autres passions pour l’instant, car ma vie se limite à mes études et au sport. Je pourrais également décider de poursuivre ma carrière de volleyeur en me rendant à Gatineau au centre d’entraînement d’équipe Canada pour par la suite, espérer être repêché par une équipe professionnelle en Europe. C’est difficile d’être repêché à ce niveau, parce que les équipes

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sont limitées à deux joueurs d’une autre nationalité. IC : Quels sont tes objectifs pour la présente saison individuellement et en équipe ? KDG : Personnellement, mon objectif est simple, je veux donner le meilleur de moi-même à chaque fois que je suis sur le terrain. Les statistiques et les honneurs individuels c’est plaisant, mais une fois la saison terminée. En équipe, l’objectif est aussi assez simple, remporter le championnat canadien. On a le talent pour le faire, donc on vise rien de moins. IC : Quels sont les changements face à l’année dernière qui vont vous permettre de remporter le championnat canadien ? KDG : Les joueurs que nous avons perdus ont été remplacés

par d’excellentes recrues. De plus, nos joueurs partants ont tous acquis une année d’expérience. Nous connaissons le calibre auquel nous serons opposés au championnat canadien et nous nous préparons en conséquence. IC : Comment qualifierais-tu le programme d’excellence du Rouge et Or ? KDG : Je n’ai jamais joué pour un autre programme, mais je crois que c’est le meilleur au Canada. On sait quand on s’aligne pour Laval qu’on va jouer pour une équipe gagnante. On est super bien encadré et les gens qui s’occupent de nous font tout pour nous faciliter la vie. C’est très fréquent qu’on a des conflits d’horaire avec les examens et les tournois, mais à chaque fois ça s’arrange en peu de temps.


Dure fin de semaine au Colisée Pour ses deux rencontres de la semaine, les Remparts de Québec accueillaient les Tigres de Victoriaville et les Foreurs de Val d’Or. Dans les deux cas, les visiteurs l’ont emporté par un but au domicile des Remparts.

Mathieu Turgeon

J

eudi dernier, les Tigres étaient en ville. La dernière fois que les deux équipes s’étaient affrontées, c’était il y a huit jours et les Tigres avaient gagné 5-4. Cette fois-ci, les spectateurs de Québec ont eu le droit à tout un spectacle offensif, mais leurs favoris se sont inclinés 6-5. La marque a été très serrée tout au long du match qui a démarré très rapidement alors que c’était 2-2 après vingt minutes de jeux. Adam Erne et Frédérick Roy ont marqué pour les Remparts tandis que Jérémie Blain a allumé la lumière rouge deux fois en première. Le deuxième tiers fut

à l’avantage de Victoriaville avec deux buts. Adam Erne a connu toute rencontre pour Québec alors qu’il a inscrit son deuxième avec deux minutes à jouer. Il ne s’est pas arrêté là. En tout début de troisième, il a complété son tour du chapeau pour créer l’égalité. Mikaël Tam a ajouté un but pour les Remparts, mais les Tigres en ont inscrit deux autres pour se sauver avec la victoire. Les deux entraîneurs ont retiré leurs gardiens partants. 48 heures plus tard, les Foreurs de Val d’Or étaient les visiteurs. Ceux-ci se sont littéralement sauvés avec la victoire 5-4 avec moins d’une seconde à faire en période de prolon-

gation. Pour Québec, le gardien substitut François Brassard avait la tâche de défendre la cage des siens. Les Diables Rouges ont rapidement pris les devants 2-0 avec McNamee et Duclair qui n’a pas terminé la rencontre blessé à un genou.

Les Foreurs se sont alors mis en marche. En deuxième, Michael Beaudry a ouvert la marque et ensuite en troisième période, ils ont déjoué la gardien des Remparts trois fois pour prendre les devants. Dans une cause désespérée, Québec s’est ressaisi en inscrivants deux buts et réussir à amené la rencontre en prolongation. Anthony Mantha des Foreurs est venu clore le dossier pour son équipe. Pour les Remparts, il s’agissait d’une

troisième défaite d’affilée, dont deux en temps régulier, eux qui ont dominé leurs opposants 46-34 au niveau des lancers. Mince consolation pour la troupe de Patrick Roy alors que ces deux défaites ne sont que leur huitième et neuvième à la régulière en 44 matchs cette saison. Ils auront l’occasion de se reprendre contre les puissants Cataractes de Shawinigan ce vendredi et Drummondville samedi soir.

Joueur Équipe Parties jouées Buts Assistances Points

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

Yanni Gourde Zach O'Brien Sébastien Trudeau Matthew Bissonnette Ben Duffy Zack Phillips Alex Belzile Frédérick Roy Alex Saulnier Mikhail Grigorenko

Victoriaville, Tigres Acadie-Bathurst, Titan Acadie-Bathurst, Titan Acadie-Bathurst, Titan P.E.I., Rocket Saint John, Sea Dogs Rimouski, Océanic Québec, Remparts Moncton, Wildcats Québec, Remparts

46 45 46 45 44 40 44 42 39 36

25 37 20 33 25 23 15 19 24 25

56 40 52 35 36 38 46 41 35 33

81 77 72 68 61 61 61 60 59 58

Pénalités mins.

53 0 12 20 2 19 58 54 18 6

Du plaisir ? Chronique sportive de Raphaël Bergeron-Gosselin

O

n peut lire sur la page web des activités intramurales du PEPS que l’objectif des ligues est : « Offrir aux étudiants, aux membres du PEPS et au public, la possibilité de participer à des activités régulières ( ligues ) ou périodiques ( tournois ) de saine compétition qui valorisent davantage la façon de jouer que le résultat de la partie ». Je suis entièrement en accord avec cette vision d’offrir l’opportunité de jouer avec un calibre de jeu égal au sien. Toutefois, c’est là qu’est le problème ! Je suis inscrit dans une équipe de hockey intra-murale représentant les étudiants en communication publique. Cette semaine, notre performance nous a permis de retourner au vestiaire avec une défaite de 13 à 1 en poche. Honnêtement, je

ne vous cacherai pas que le talent n’est pas débordant dans cette formation, mais pour être inscrit dans la catégorie D3, soit la huitième en ordre de calibre, il est évident que certaines formations ne sont pas à leur place. Les membres du Peps qui s’inscrivent dans ces ligues le font en majorité pour retrouver le plaisir de pratiquer leur sport favori. Laissez moi douter que certains le font davantage pour la victoire qui, en bout de ligne, n’apporte rien du tout. Avez-vous déjà rêvé que vous courrez sans jamais atteindre votre objectif ? Je peux vous dire que plusieurs équipes faisant partie de ces ligues voient ce rêve se réaliser semaine après semaine. Soit, courir après le plaisir… et ne jamais l’atteindre.

JOURNALISTES-BÉNÉVOLES RECHERCHÉS Pour la section Sports Contactez : sports@impact.ulaval.ca

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Impact Campus