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UNIVERSITE DE TOULOUSE LE MIRAIL Site de Foix

DEPARTEMENT DU CETIA

Master 1 Tourisme et Développement

En quoi les marchés de producteurs organisés dans les agglomérations sont-ils vecteurs de retombées touristiques pour les territoires d’origine des exposants ?

Sous la direction de Laurence BARTHE

Benjamin COUTURIER 2009/2010

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L’agriculture est un secteur qui a du souvent se remettre en question durant ces dernières décennies. L’industrialisation, la crise alimentaire économique et sociale a profondément modifié le paysage agricole de la première moitié du XXème siècle. Si les consommateurs ne se sont pas forcément intéressés au sort de leur agriculture, des crises comme celle de la vache folle lui ont fait prendre conscience de l’importance que pouvait avoir le maintien d’une agriculture extensive qui produit des aliments de qualité. Les années 90 ont vu se développer la diversification chez les producteurs. Ce phénomène s’est principalement traduit par l’apparition de l’agritourisme et la remise en place de nouveaux circuits de distribution : la vente directe et les circuits courts. La vente directe permet au consommateur et au producteur d’être en contact direct, sans intermédiaire dans la relation commerciale. Re-dynamisés en Aveyron, les marchés de producteurs réunissent exclusivement des producteurs pour qu’ils puissent vendre leur production. Le succès de ces événements leur ont permis de se développer dans toute la France et chaque agglomération organise son marché de producteurs hebdomadaire ou exceptionnel. Les marchés de producteurs en agglomérations sont l’occasion pour le producteur d’augmenter ses marges, de valoriser ses produits et de parler de son métier alors que le consommateur peut acheter des produits de qualité et recueillir le témoignage d’un habitant du monde rural. Ce mémoire souhaite décrire en quoi les marchés de producteurs sont susceptibles de générer du tourisme dans les régions d’origine des exposants et si effectivement ces événements sont vecteurs de retombées touristiques. -------------------------------------------------------------------------------------------------------Agriculture is a sector that is often in question during the last decades. Industrialization, economic and social food crisis is profoundly alter the agricultural landscape in the first half of the twentieth century. If consumers were not necessarily interested in the fate of its agriculture, crises like mad cow disease made him realize the importance that could be the remains of extensive agriculture that produces quality food. The 90s saw the growth of diversification among producers. This was mainly reflected by the emergence of agricultural tourism and boosting sales channels, direct selling and short circuits. Direct sales to consumers and producers to be in direct contact, without intermediary in the relationship business. Boosted in Aveyron, farmers' markets are places that meet exclusively for producers that can sell their production. The success of these events have allowed them to grow throughout France and is organized each urban market producer, weekly or exceptional. Farmers' markets in urban areas are an opportunity for producers to increase margins, enhance its products and talking about his work so that consumers can buy quality products and the evidence of an inhabitant of rural . This thesis wants to describe how the farmers markets are likely to generate tourism in the regions of origin of the exhibitors and if in fact, these events are vectors of tourism benefits.

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UNIVERSITE DE TOULOUSE LE MIRAIL Site de Foix

DEPARTEMENT DU CETIA

Master 1 Tourisme et Développement

En quoi les marchés de producteurs organisés dans les agglomérations sont-ils vecteurs de retombées touristiques pour les territoires d’origine des exposants ?

Sous la direction de Laurence BARTHE

Benjamin COUTURIER 2009/2010 Photo : Marché de producteurs de Pays (Lyon)

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Remerciements

Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont accepté de prendre du temps pour m’aider à réaliser ce travail et qui m’ont fait confiance. Parmi elles, je veux nommer Mme Barthe, ma Directrice de Recherche, pour son soutien, sa disponibilité et ses précieux conseils donnés tout au long de cette année. Mais également, tous les professionnels qui m’ont témoigné leur encouragement en croyant dans mon projet, qui ont accepté de répondre à des entretiens et qui m’ont autorisé à utiliser des documents indispensables au contenu de mon travail. Je pense aux producteurs, à Mme Delfosse, aux Chambres d’Agriculture de la Corrèze, de la Creuse, de la Vienne et à l’Office du Tourisme de Périgueux. Enfin, je tiens à remercier mon entourage pour son écoute, l’intérêt porté à mon mémoire. Il a su m’accompagner tout au long de sa réalisation.

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SOMMAIRE

Introduction

5

Synthèse de la démarche de recherche

7

1. Le contexte agricole

9

1.1 Les changements de l’agriculture

9

1.2 Des bouleversements chez le consommateur

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1.3 La diversification

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2. La vente directe

28

2.1 Définition

28

2.2 Les marchés de producteurs en agglomération

33

3. Le marché de pays vecteur de retombées touristiques

46

3.1 Relation touristes et producteurs

46

3.2 Une communication touristique pour les territoires

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3.3 Résultats

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Conclusion

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Table des annexes

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Bibliographie

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Liste des Définitions 67

Table des matières

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Introduction Depuis plus de soixante ans, l’agriculture française a connu de fortes mutations. Alors qu’elle était une agriculture de paysans avant la seconde guerre mondiale, elle est très vite entrée dans un processus d’industrialisation au début des années cinquante et les années quatre-vingt représentent un pique dans le développement de l’agriculture de masse. Au cours des années 1990 de nombreuses crises frappent le secteur dont la plus grave et la plus emblématique est la vache folle.

Mais l’agriculture n’est pas le seul élément à s’être modifié durant cette période. La société a également connu son lot de mutations. Alors que 50% de la population vivait à la campagne avant la seconde guerre mondiale, le nombre d’habitants vivant en milieu urbain représente aujourd’hui 80% de la population totale de la France. Mais d’autres faits sociaux peuvent être cités telles que la démocratisation du travail des femmes et l’augmentation des familles recomposées ou monoparentales.

Si l’agriculture industrielle existe toujours, tous ces bouleversements ont donné l’impression de rapprocher le monde citadin du monde rural : •

Tout d’abord, en développant les circuits courts qui relient le producteur au consommateur en réduisant le nombre d’intermédiaires. Un des exemples est la mise en place de marchés réservés exclusivement aux producteurs. Si ces marchés de producteurs ont, dans un premier temps, été organisés en milieu rural, près du lieu d’origine de l’agriculteur, on en trouve désormais dans les agglomérations soit sous forme d’événements exceptionnels deux ou trois fois par an, soit sous forme de marchés hebdomadaires.

Puis, en augmentant le nombre de séjours en milieu rural. C’est ainsi que l’agritourisme, forme de tourisme qui se déroule chez les agriculteurs, s’est développé.

Pour un territoire, les marchés de producteurs en agglomérations représentent des lieux privilégiés pour communiquer sur les valeurs que recherchent actuellement certains consommateurs de produits touristiques. 11


Face à ce constat, il paraît intéressant de réfléchir à la question suivante :

En quoi les marchés de producteurs organisés dans les agglomérations sont-ils vecteurs de retombées touristiques pour les territoires d’origine des exposants ?

Pour mener ma réflexion, j’aborderai dans une première partie l’évolution du secteur agricole en France et les causes de ces changements. Puis, dans une deuxième partie j’analyserai d’abord la vente directe et ensuite les marchés de producteurs en agglomérations. Enfin, dans une troisième partie j’étudierai les relations qui existent entre les marchés de producteurs en agglomérations et le tourisme.

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Synthèse de la démarche de recherche Intérêt personnel pour le monde rural et agricole Stage de Licence Professionnelle • Mission : Organiser un marché de producteurs dans une Résidence de Tourisme. • Activité Accueil : Les touristes demandaient régulièrement comment se rendre sur les marchés de producteurs. • Remarque : Grand intérêt public pour les marchés producteurs.

Réflexion menée avec mon Maître de mémoire

Méconnaissance de la relation des

touristes

avec

l’agriculture

traditionnelle avant leur venue sur le territoire de leurs vacances.

du de

Question de départ Comment les territoires d’origine des producteurs locaux peuvent-ils bénéficier de retombées touristiques découlant de la rencontre entre le consommateur et le producteur sur les marchés de paysans organisés dans les agglomérations ?

• • •

Etude de la relation entre la gastronomie et le tourisme. Etude des bouleversements de l’agriculture. Rencontre avec des producteurs pratiquant la vente directe sur des marchés de producteurs.

Problématique : En quoi les marchés de producteurs organisés dans les agglomérations sont-ils vecteurs de retombées touristiques pour les territoires d’origine des exposants ? Hypothèses :  les consommateurs sont curieux de rencontrer les producteurs dans leur environnement quotidien ;  les consommateurs portent un intérêt aux régions d’origine des produits qu’ils consomment ;  les marchés de producteurs représentent des « produits d’appel » des régions pour les touristes ;  il est possible de nouer une relation entre un producteur et le consommateur de ces produits.

Analyse des hypothèses à travers la recherche exploratoire, la rencontre de professionnels et l’étude de terrains d’applications : le Marché de Producteurs de pays de Lyon et le Marché Paysan de Montpellier. 13


PREMIERE PARTIE

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1. Le Contexte Agricole

Les cinquante dernières années ont vu une profonde modification des modes de vie et des modes de l’agriculture dans notre société. L’urbanisation, le travail des femmes, le bouleversement des familles ont changé les habitudes des consommateurs. Les progrès techniques et matériels ont donné une orientation industrielle à l’agriculture. Cependant, de nombreux consommateurs et producteurs ont choisi de donner d’autres alternatives à l’agriculture de masse et aux circuits de distribution longs. Dans cette partie, j’aborderai les changements de l’agriculture au cours des dernières décennies, puis l’évolution des comportements de consommateur et enfin je parlerai du développement de la diversification des activités dans le milieu de l’agriculture.

1.1 Les changements de l’agriculture 1.1.1

La crise de l’agriculture traditionnelle

En France, c’est au cours de la deuxième moitié du XXème siècle que l’agriculture traditionnelle va disparaître. Dès 1946, l’introduction des nouvelles techniques de production d’engrais et de matériels plus performants va conduire à un processus d’industrialisation. Les années de 1960 à 1980 vont voir une forte intensification de l’agriculture. Cela va avoir pour conséquence une surproduction alimentaire conduisant à une crise de l’agriculture dans nos pays. L’une des conséquences de cette politique a été la diminution du nombre d’exploitations agricoles dans le pays. Elles sont passées de 1,6 millions en 1970 à 664 000 en 2000 et moins de 600 000 en 2003. Le graphique page suivante montre bien cette diminution :

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La multiplication des industries agroalimentaires Parallèlement, le monde agricole a vu se développer le nombre d’intermédiaires le séparant du consommateur final. Dans un premier temps, le produit doit être vendu. Dans un deuxième temps, il doit être transformé. Pour cela, trois types d’entreprises peuvent intervenir. Ce sont les entreprises dites de : •

1ère transformation : les abattoirs, les laiteries, les distilleries … ;

2ème transformation : les charcuteries, les fabricants de produits laitiers … ;

3ème transformation : elles conduisent à la fabrication de plats cuisinés, de desserts … Dans un troisième temps, les produits peuvent être centralisés par les grossistes, qui sont

chargés de les vendre aux entreprises de distribution, de restauration ou d’exportation. Enfin, en bout de chaîne, la production de l’agriculteur est mise à la vente pour le consommateur. Cette liste non exhaustive peut encore inclure de nombreux intermédiaires.

Aujourd’hui, l’industrie agroalimentaire constitue le premier secteur industriel en France avec 138 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2007 et plus de 375 000 salariés (pour les entreprises de plus de 20 salariés hors artisanat). C’est un secteur incontournable sachant que 94% des ménages déclarent faire leurs courses en super et en hypermarchés (CREDOC1).

Dans ce contexte, les agriculteurs qui passent par les négociants pour vendre leurs produits doivent se plier aux prix que leur propose le marché de l’agroalimentaire. On remarque, que plus le nombre d’intermédiaires augmente, plus la part de la marge revenant à l’agriculteur diminue. 1

Se reporter à la Table des abréviations page 67

16


1.1.2

La crise de l’agriculture de masse

Dans les années 90, l’agriculture et plus précisément l’agriculture de masse connaît également de graves crises. Parmi elles, on peut citer : - la crise sanitaire : Vache Folle, Fièvre aphteuse, … ; - la crise environnementale : OGM1, Pesticides, … Leurs conséquences se traduisent par une crise de confiance de la société envers un système agricole qu'elle a, pourtant, fortement contribué à mettre en place les décennies précédentes. A titre d’exemple, la maladie de la vache folle a entraîné une baisse de la consommation bovine de 30 à 40% entre 1996 et 2001. - la crise économique : le monde agricole vit dans les années 2000 une grave crise économique dû à plusieurs facteurs : •

la hausse de la concurrence internationale et l’inflation de l’euro ;

la hausse des coûts de production liée à l’énergie notamment ;

le manque de compétences des producteurs en gestion d’exploitation ;

une formation inadaptée (pas de formation à la diversification) ;

des difficultés à différencier et à valoriser les « productions de qualité » tels que

l’agriculture biologique ou fermière et le manque d’appuis technique et financier dans ces filières.

Les exigences des produits répondant à une consommation de masse Avec la disparition des petites épiceries et le développement des grossistes, les producteurs rentrent dans des conditions de vente de produits en volume. Cela exige donc le respect de normes (calibre, aspect…) ainsi qu’une régularité d’approvisionnement qui exclut les petites productions.

Parallèlement, s’instaure en France un vrai débat sur ce que doit être l’agriculture dans le futur. Le souci de l'environnement et de la qualité est de plus en plus mis en avant. On demande aux agriculteurs de produire autrement et dans la transparence ce qui signifie la réduction de la production, de l’utilisation des pesticides et l’augmentation de la traçabilité

1

Se reporter à la Table des abréviations page 67

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des produits. Selon une étude IPSOS1 pour le Ministère de l’Agriculture (fin 2006), les citoyens distinguent 2 types d’agriculteurs : •

le productiviste reçoit des subventions. Il "est obsédé par les rendements et il pollue" ;

le raisonnable défini comme un "petit paysan". Il privilégie la qualité et l’authenticité.

Les agriculteurs sont ainsi coincés entre la grande distribution, les exigences de la demande et la déconsidération de leur métier.

Les conséquences pour le monde agricole sont désastreuses. Le secteur connaît un profond malaise à la fois économique et social.

Les malaises du monde agricole Ils sont de deux types : •

le malaise économique

Aujourd’hui, deux constats sont significatifs de la crise que subit l’agriculture en France. Premièrement, le nombre d’exploitations, qui avait déjà fortement diminué depuis les dernières décennies, continue à baisser de manière constante. Selon le CNASEA1, le nombre de familles agricoles qui n’étaient plus que de 400 000 en 2005 devrait diminuer de 100 000 d’ici moins de 10 ans. On compte en France deux départs pour une installation. Deuxièmement, la diminution du nombre d’exploitants ne signifie pas une hausse des résultats et des revenus des autres agriculteurs. Au contraire, le CREDOC1 annonçait qu’au début des années 2000, 22 % des ménages agricoles vivaient en-dessous du seuil de pauvreté. Parallèlement, en 2006, l’INSEE1 publiait que 40% des exploitations dégageaient un revenu inférieur au SMIC2 1. •

Le malaise social

Les difficultés sociales que connaissent les agriculteurs proviennent du grand public, des institutions et des agriculteurs eux-même.

1 2

Se reporter à la Table des abréviations page 67 Y. CHIFFOLEAU, http://www.equal-croc.eu/spip.php?article60, 1er décembre 2008

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En effet, dans un premiers temps, le consommateur n’a plus confiance dans son agriculture depuis les crises sanitaires. Et dans un deuxième temps, il a une méconnaissance, allant jusqu’à une sorte de mépris, de l’agriculture fermière et biologique. On retrouve certains clichés et stéréotypes comme : -

l’assimilation de l’agriculture à un être rustique, simple d’esprit voire en retard sur la société ;

-

le monde agricole ne vit que pour et par les subventions ;

-

l’agriculture est productive et polluante.

Les institutions n’ont pas favorisé l’épanouissement social du secteur, avec notamment : -

le problème des statuts : pour les femmes d’exploitants, les cotisants solidaires, les pluriactifs ;

-

en incitant les exploitations à s’agrandir, ce qui a entraîné une surcharge de travail et l’isolement des réseaux professionnels ;

-

l’avenir incertain de l’agriculture en France. La Politique Agricole Commune, qui représente la majorité des subventions accordées aux agriculteurs, va connaître une grande réforme à l’horizon 2013. Certains supposent que le monde agricole sera, encore une fois, le grand perdant de ces réformes.

Pour finir, les agriculteurs se sont sentis discrédités par l’affaiblissement de leur revenu mais également par un manque de soutiens technique et financier, notamment pour les « promoteurs d’une agriculture paysanne, autonome et responsable 1».

1.1.3

Le retour vers une agriculture traditionnelle

Les industriels et les producteurs ont rapidement pris la mesure de cette tendance. Ils ont dans un premier temps multiplié les signes de terroir. On retrouve ces signes au niveau du marketing avec des campagnes publicitaires, des emballages, des graphismes, des slogans et des marques qui communiquent sur le terroir ou sur une production traditionnelle.

1

Y. CHIFFOLEAU, http://www.equal-croc.eu/spip.php?article60, 1er décembre 2008

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La laitière est un bon exemple d’effort marketing tentant de rapprocher le produit d’une production traditionnelle.

Le beurre « Paysan Breton » communique sur une production traditionnelle et sur le terroir

Avec les nombreuses crises alimentaires, le marketing n’a plus suffi à redonner confiance au consommateur. Les années 1990 marquent le retour des labels qualité. On peut citer comme références majeures les labels gérés par l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité :

A.O.C. : l'Appellation d'Origine Contrôlée est un signe français qui désigne un produit qui tire son authenticité et sa typicité de son origine géographique. Initialement créé pour le vin, il est étendu dans les années 1990 aux autres produits alimentaires et agricoles.

A.B. : l'Agriculture Biologique est un mode de production agricole spécifique assurant qu'un ensemble de pratiques agricoles sont respectueuses des équilibres écologiques et de l'autonomie des agriculteurs1.

Autres : l'Appellation d'Origine Protégée (A.O.P.), l'Indication Géographique Protégée (I.G.P.), la Spécialité Traditionnelle Garantie (S.T.G.), le Label Rouge (L.R.).

Ces Labels ont pour objectif de garantir l’histoire, l’identité et la nature d’un produit afin de rassurer le consommateur final.

1

INAO, http://www.inao.gouv.fr/

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Cependant, il semble que cela ne suffise pas forcément.

1.2 Des bouleversements chez le consommateur Parallèlement aux modifications du secteur alimentaire, on remarque des changements de comportement chez le consommateur, tant au niveau de ses pratiques qu’au niveau de son rapport à la nourriture et aux produits qu’il consomme.

1.2.1

Des pratiques alimentaires différentes

On a remarqué des pratiques alimentaires différentes telles que : •

la hausse du nombre de pratiques alimentaires quotidiennes ;

la déstructuration du repas traditionnel ;

les activités de loisirs ont pris la place du repas traditionnel ;

la baisse du budget consacré à l’alimentation depuis ces 20 dernières années ;

la viande est l’élément central du repas ;

l’industrialisation de la production et la transformation ont fait apparaître de nouveaux produits.

Ces comportements alimentaires peuvent s’expliquer par des facteurs tels que l’urbanisation : aujourd’hui, en France, 82% de la population vit en milieu urbain1 ; la modification de la structure familiale ; la salarisation des femmes ou la croissance des repas pris en extérieur.

Cependant, l'alimentation n'en demeure pas moins une construction sociale et manger reste un réel plaisir. Choisir ce que l'on mange aujourd'hui passe par une réflexion personnelle et le consommateur est à la quête d'informations. Il y a donc, pour une majorité d’entre eux, un décalage entre ce qu’ils mangent et la façon dont ils souhaiteraient se nourrir. On observe malgré tout une progression du marché des produits fermiers2. En effet, en 1994, 59,6% de la population déclaraient avoir consommé un produit fermier au moins une

1 2

INSEE Se reporter à la Table des définitions page 67

21


fois. En 2006, ils étaient 68,7%1 .

1.2.2

Un rapport avec la nourriture à plusieurs enjeux

Bien que 80% de la population vit dans une zone urbaine, la production agricole est réalisée en zone rurale. Les individus vivent donc à distance de la production des aliments qu’ils consomment. Coupés de leurs origines, ils arrivent aux consommateurs sans que ces derniers sachent réellement d’où ils proviennent.

A ce titre, C. FISCHLER parle des produits alimentaires modernes comme d’O.C.N.I. (Objet Comestible Non Identifié). Dans ce cas, la nourriture n’a qu’une fonction biologique. Cette définition s’oppose radicalement au fondement de la cuisine dans nos sociétés où : « Manger, c’est incorporer les qualités d’un aliment, c’est s’approprier un univers social, c’est se fonder une identité2». Le décalage qui existe entre ce que les individus mangent et la façon dont ils souhaiteraient se nourrir crée une anxiété face à l’industrialisation de l’aliment.

De plus, se développe le « retour vers la nature ». Les citadins perçoivent la ville comme un lieu artificiel à l’inverse de la nature mystifiée et perçue comme un espace authentique permettant de communiquer avec les sources de l’existence. A ce titre, la gastronomie est devenu un moyen d’évasion, en complément de la vie urbaine (C. FISCHLER). Enfin, on voit apparaître chez certains consommateurs un « consumérisme politique3». Les consommateurs choisissent leurs produits en fonction des considérations éthiques et politiques qu’ils représentent. Par exemple, le consommateur peut consommer Bio dans une logique de préservation de l’environnement. Il souhaite ainsi participer au soutien de l’Agriculture Biologique.

1.3 La diversification Il existe aujourd’hui deux grandes filières agroalimentaires distinctes. 1

Etude de la consommation de produits fermiers (Chambre d’Agriculture de Poitou-Charentes) C.FISCHLER, Patrimoine culinaire et tourisme rural, Les Etudes, Juillet 1996 3 D’après les sociologues Sophie DUBUISSON-QUELLIER et Claire LAMINE 2

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La filière agro-industrielle elle correspond à la production de masse, caractérisée par une déconnexion avec le

territoire et une standardisation des produits. Les exploitants les plus dynamiques de cette filière sont appelés les « agri-managers ». Ils pratiquent une agriculture intensive, industrialisée et dépendent des filières nationales et internationales. On peut citer pour illustrer cette catégorie de producteurs, les grands céréaliers du bassin parisien, les gros viticulteurs des régions de Bordeaux ou du Beaujolais ou encore les grands éleveurs laitiers. •

La filière « terroir » ou « courte » elle se développe depuis une vingtaine d’années et se base sur un territoire ou sur la

typicité des produits1. Par opposition à la filière industrielle, ces nouvelles formes de production sont moins segmentées et un producteur peut alors avoir plusieurs métiers de production. On parle de pluri-activités. P. MULLER décrit la pluri-activités comme le principe d’ « A.T.C. » (Agriculture, Transformation, Commercialisation). On peut également citer le développement du tourisme chez les agriculteurs qui peuvent ainsi être restaurateurs, hébergeurs, guides… Il est alors de plus en plus difficile de définir l’identité socioprofessionnelle.

1.3.1

Mise en place de la vente en circuits courts

1.3.1.1

Définition

La vente en circuits courts a été défini par le Ministère de l’Alimentation et de la Pêche en 2009 comme toutes formes de commercialisation où intervient au maximum un intermédiaire, dans le cadre de deux grands types de commercialisation : •

la vente directe du producteur au consommateur : vente à la ferme, sur les marchés, en

tournées, par correspondance, par paniers, sur points de ventes collectifs, … ; •

la vente indirecte avec un seul intermédiaire : restauration collective ou traditionnelle,

commerçants - détaillants (Bouchers, épiceries de quartiers, GMS2…).

1

Jacinthe BESSIERE, Valorisation du patrimoine gastronomique et dynamique de développement territorial, L’harmattan, 2001 2 Se reporter à la Table des abréviations page 67

23


La distance géographique est prise en compte par les notions de « locaux » ou de « proximité1 »

Si les circuits courts traditionnels ont toujours existé, notamment en périphérie des villes, on constate que depuis les années 90 et les différentes crises sanitaires ce mode de commercialisation est croissant et de nouvelles formes se développent pour répondre aux attentes des consommateurs. On peut citer comme exemple illustre de vente directe : les marchés de producteurs, la vente à la ferme ou les fermes cueillettes accueillant du public urbain.

Voici un schéma qui reprend la définition des circuits courts :

Une étude menée par le CREDOC2 montre que, depuis les années 2000, les consommateurs diversifient leurs circuits de distribution. Aujourd’hui, ils en utilisent 4,7 pour leurs achats alimentaires, contre 3,5 en 2003. Parallèlement, la grande distribution voit un essoufflement de sa fréquentation et de ses achats.

1

Y. CHIFFOLEAU, Les circuits courts de commercialisation des produits alimentaires biologiques, INRA, juin 2009 2 Y.CHIFFOLEAU, Une société de consommateurs en mutation, INRA, avril 2008

24


Les grands gagnants de cette évolution sont les circuits de proximité, incluant les circuits courts.

L’évolution s’opère également du côté de l’offre et de la production. En 2005, 16% des exploitations pratiquent la vente directe et la vente en circuits courts (Sources SCEES : Service Central des Enquêtes et Etudes Statistiques), dont 47% transformaient leurs produits.

1.3.1.2

Profil des producteurs : les agriculteurs

On constate que les agriculteurs ayant recours aux circuits courts sont de plus en plus professionnalisés. Tout d’abord, la mise aux normes en matière d’hygiène et la mise en place de nouvelles règles alimentaires européennes nécessitent des investissements spécifiques et une formation supplémentaire. De plus, la recherche de nouveaux moyens de commercialisation pour répondre à la demande incite les agriculteurs à travailler sur leurs gammes de produits qui deviennent de plus en plus techniques1. Une étude réalisée par l’observatoire CROC/COXINEL2 avec la participation de l’INRA3 a mis en valeur cinq types de producteurs effectuant de la vente en circuits courts. Ils sont identifiés de la façon suivante : •

les "pragmatiques" qui combinent circuits longs et circuits courts dans une optique de rentabilité ;

les "innovateurs" qui s’engagent financièrement, en temps et qui multiplient leurs activités à un rythme soutenu pour s’inscrire dans les circuits courts ;

les "hédonistes efficaces" qui cherchent à allier rentabilité et qualité de vie ;

les "spécialistes engagés" (spécialistes de la vente directe et par panier) qui envisagent le maraîchage en circuit court comme une activité qui leur permet d’acquérir un certain revenu mais aussi, voire surtout, de construire un engagement citoyen ;

1

Dossier circuits courts, Chambre d’agriculture n° 991, Mars 2010 Diversité des producteurs en circuits courts, Les Cahiers de l’Observatoire, CROC/COXINEL, n° 8, septembre 2008 3 Se reporter à la Table des abréviations page 67 2

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les "idéalistes" qui cherchent un « retour à la terre » et misent sur une production de qualité en essayant de vendre en local. En fait, ils ne sont pas très intéressés par l’activité de commercialisation.

1.3.1.3

Profil des consommateurs

Les consommateurs des circuits courts sont à la recherche de transparence et de garantie. Les experts parlent même d’effets « vache folle » pour décrire la peur alimentaire des années 90, qui ont motivé certains consommateurs à s’approvisionner directement auprès des producteurs. C’est d’ailleurs pour cette raison que sont nés dans les années 50, au Japon, les teikei. Ils représentent un système de contrats d’approvisionnement entre le consommateur et le producteur. Ce système correspond en France au principe des A.M.A.P.1 par exemple.

1.3.2

Le tourisme rural : L’Agritourisme

1.3.2.1 •

Définition

Le tourisme rural Basé sur l’éloignement du mode de vie urbain, il comporte des activités sportives de

nature, des découvertes du milieu naturel, des initiations aux activités agricoles et artisanales, des dégustations de produits locaux. Ces activités ne nécessitent pas de transformation du milieu. •

L’Agritourisme Il est défini par la Chambre d’Agriculture comme recouvrant l’ensemble des activités

touristiques pratiquées sur une exploitation agricole en activité. Les activités touristiques sur une exploitation peuvent être variées. On les classe généralement en 3 champs : hébergement, restauration et vente de produits ou de services (activités de loisirs, sportives ou culturelles).

L’Agritourisme s’inscrit dans le champ du Tourisme Vert (tourisme lié à la nature et au vivant) qui s’inscrit lui-même dans le champ du Tourisme Rural. Aussi, l’agritourisme ne représente qu’une petite part du tourisme rural2.

1

Y. CHIFFOLEAU, Les circuits courts de commercialisation des produits alimentaires biologiques, INRA, juin 2009 1 Se reporter à la Table des abréviations page 67 2 Chambre d’Agriculture Champagne Ardennes , http://www.champagrica.fr/Les-reseaux-de-l-agritourisme

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La France est le pays le plus visité au monde. En 2007, elle a accueilli 82 millions de visiteurs1. Selon une enquête IPSOS1 publiée fin 2006, la richesse culturelle du pays, la facilité avec laquelle les touristes peuvent préparer leur voyage, la gastronomie et la qualité de son environnement sont les 4 principales raisons qui font le succès de la France. Composée à 90% de paysages naturels, la France se définit comme une destination nature. Si Paris et la Côte restent les incontournables de la destination, les touristes souhaitent très vite aller plus « au vrai »2 . Ils sont alors en quête de terroir, d’authenticité et de convivialité.

L’espace rural est la première destination touristique en France. Il représente 35 % des séjours (à égalité avec la ville), 32 % des nuitées (2ème espace touristique derrière le littoral) et 20 milliards d’euros de Chiffre d’Affaires (20% de la consommation touristique). La clientèle est pour une grande majorité française (75%), dont 32% est originaire de la région parisienne. Les autres proviennent généralement de zones urbaines3.

H. GROLLEAU définit 4 lectures du mode de consommation des touristes dans la pratique touristique rurale : •

l’agricole (Agritourisme) : la rencontre des agriculteurs ainsi que la découverte de leur production demeurent les principaux motifs de séjours ;

le spatial (Tourisme d’espace) : la disponibilité des lieux, la grandeur de l’espace, la possibilité de pratiquer de multiples activités ;

l’environnemental (Eco-tourisme) : c’est l’exemple du tourisme dans les parcs Nationaux ;

Le culturel (Tourisme de terroir, de village) : cette dernière approche renvoie à la découverte et à l’intégration de marqueurs culturels spécifiques à une localité.

1

Dossier Agri-tourisme, Chambre d’Agriculture n° 974, juin - juillet 2008 Ibid 3 Direction du tourisme – Chiffres clés 2006 2

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Pour répondre à la demande touristique sur les territoires ruraux, la filière s’est structurée, en amont, sur 3 catégories d’acteurs ou types d’activités : •

l’hébergement ;

la restauration ;

les activités de loisirs et d’animation.

L’un des acteurs majeurs du tourisme en milieu rural est le monde agricole. En effet, sous l’impulsion de certains organismes publics tel que la Chambre d’Agriculture de nombreux agriculteurs ont décidé de se diversifier ou de pratiquer la multi-activités. Selon les chiffres du recensement agricole de 2005, 3% des exploitations agricoles françaises exercent une activité liée au tourisme. Si leur nombre depuis 15 ans n’a pas augmenté, leur poids est plus important avec la diminution du nombre d’exploitations.

Exploitations exerçant des activités liées au tourisme 20000

17791 12135

15000 10000

2796

5000 0 Actvité liées au dont tourisme hebergement

dont restauration

Sources : Agreste

Les deux tiers des exploitations qui exercent une activité liée au tourisme proposent de l’hébergement. Le tourisme à la ferme se trouve plus spécifiquement dans les régions du sud de la France (Côte d’Azure, Rhône-Alpes) et plus généralement dans les régions à fort potentiel touristique (Midi-Pyrénées).

1.3.2.2

L’hébergement

C’est l’activité de diversification la plus répandue. On la trouve, le plus généralement, sous la forme de : •

Gîtes ruraux ;

Maisons d’hôtes ; 28


Campings et locations de chalets ;

Gîtes d’étapes, de séjours et d’enfants. Si cette activité ne procure pas forcément un revenu suffisant pour faire vivre une

famille, les propriétaires de ce type d’hébergement considèrent que c’est un complément appréciable et une source de bien d’autres satisfactions. Gîtes de France est la principale chaîne labellisée qui gère des hébergements avec 2 millions d’adeptes chaque année. Elle est agréée par le Ministère du Tourisme en France. Gîtes de France rassemble 38 000 propriétaires, 55 000 hébergements, 30 millions de journées de vacances et réalise un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros1 (chiffres de 2004). Actuellement, les propriétaires sont répartis de la manière suivante : 44 500 gîtes ruraux, 10 500 maisons d’hôtes, 1 370 campings et locations de chalets, 1 650 gîtes d’étapes et de séjours et 190 gîtes d’enfants soit 58 210 hébergements en France.

Clévacances est le second Label national agréé par le Ministère du Tourisme

Logo Clévacances Logo Gîtes de France

Selon Gîtes de France, les gîtes ruraux et les chambres d’hôtes accueillent une clientèle familiale et citadine. Elle recherche avant tout le calme, l’indépendance et la nature mais souhaite également découvrir la région. 45% des clients de chambres d’hôtes souhaitent disposer d’une table d’hôtes soit pour partager le couvert, soit pour découvrir la cuisine familiale2.

1 2

MAZUC Marie-Béatrice, Tourisme vert : comment développer votre projet,2004 La clientèle gîtes de France, Chambre d’Agriculture n°974, Juin 2008

29


1.3.2.3

La restauration

16% des exploitations effectuant une activité touristique ont choisi la restauration. Les deux formes de restauration les plus communes sont les fermes auberges et les tables d’hôtes. En 2005, 2 800 exploitations proposaient de la restauration. Cependant, le nombre de fermes Auberges diminue fortement depuis quelques années. Le nombre d’établissements répertorié dans le réseau Bienvenue à la Ferme est passé de 506 à 428 entre 2005 et 2009 et celui des établissements du réseau Accueil Paysan de 38 à 29. Les tables d’hôtes ne semblent pas touchées par ce phénomène avec 356 chambres proposant une table d’hôtes dans le réseau Bienvenue à la Ferme1. En marge de ces deux types de restauration, il existe une autre forme de diversification liée à la production de repas : les « goûters à la ferme » et autres « casse-croûtes ». Ces pratiques sont généralement l’occasion, plus que de proposer un produit touristique, de faire goûter ses produits afin de vendre par la suite sa production. Elles sont souvent accompagnées d’une activité de vente directe.

1.3.2.4

Les chaînes labellisées et les activités de loisirs et d’animation

Si certains producteurs proposent des prestations touristiques de manière indépendante, nombreux sont ceux qui adhèrent à un réseau. En plus de Gîtes de France, deux grands labels disposent d’un monopole dans l’agritourisme : « Bienvenue à la Ferme » et « Accueil Paysan ». •

Bienvenue à la ferme Nombre de prestations Bienvenue à la ferme

Logo Bienvenue à la ferme

www.bienvenue-a-la-ferme.com

1

Dossier Fermes Auberges, La France Agricole n°3332, 23 avril 2010

30


Le réseau Bienvenue à la Ferme compte 5 800 agriculteurs adhérents répartis dans toute la France. Les

prestations

proposées

représentent

la

grande

majorité

des

prestations

agritouristiques. Elles sont ordonnées en 4 grands groupes (Annexe n° 1 – Page : 64A – « Répartition des offres Bienvenue à la ferme ») :

- l’hébergement : il regroupe les campings à la ferme, les chambres d’hôtes1, les gîtes et les fermes de séjours ; - la gastronomie : elle regroupe les fermes auberges, les goûters/casse-croûtes, les produits de la ferme, les apéritifs fermiers chez le vigneron, les sacs à pique-nique et les activités traiteurs ; - les loisirs et la découverte : ils regroupent les vacances d’enfants, les fermes de découverte, les fermes pédagogiques, les fermes équestres et la chasse à la ferme ; - les services : ils correspondent à l’accueil de camping-cars et la location de salles. •

Accueil Paysan C’est un groupement de paysans qui, prenant appui sur leur activité agricole, met en

place un accueil touristique et social en relation avec tous les acteurs du développement local. Créé en 1987, la fédération compte aujourd’hui 800 adhérents en France et 200 répartis dans 23 pays2. Les prestations du label sont au nombre de 7 (Annexe n° 2 – Page : 64B – « Prestations Accueil Paysan ») :

1 2

-

la chambre d'Accueil Paysan ;

-

l’accueil familial en gîtes et relais d'Accueil Paysan ;

-

la table d'Accueil Paysan ;

-

l'auberge d'Accueil Paysan ;

-

le camping d'Accueil Paysan ;

-

l’accueil d'enfants ;

-

les produits paysans.

Logo Accueil paysan

Se reporter à la Table des définitions page 67 www.accueil-paysan.com

31


En conclusion de cette partie je peux dire que :

La vente directe et la transformation sont cependant les activités de diversification les plus fréquentes dans les exploitations spécialisées en horticulture, maraîchage et viticulture. L’agriculture traditionnelle semble trouver sa place auprès d’une partie des consommateurs. Mais que ce soit dans le développement de l’agritourisme ou dans la mise en place des circuits courts, l’une des clés du succès de ces solutions alternatives est le contact entre le producteur et le consommateur. L’une des formes de circuits courts qui permet un contact direct entre ces deux acteurs est la réapparition de la vente directe et notamment la mise en place de marchés de producteurs.

Mais qu’est ce qu’un marché de producteurs de nos jours ?

32


DEUXIEME PARTIE

33


2. La vente directe

Si la vente directe existe depuis toujours, ce mode de distribution est redevenu populaire auprès des consommateurs depuis le début des années 90. En effet, le département de l’Aveyron a mis en place un réseau de marchés qui garantit la présence exclusive du producteur des produits proposés : les Marchés de Producteurs de Pays. Depuis, le Label existe dans plusieurs départements et des marchés sont mis en place jusque dans les grandes agglomérations. Parallèlement, d’autres producteurs se sont appropriés le concept et organisent leurs propres marchés de producteurs hebdomadaires dans l’agglomération proche de leur exploitation.

Après avoir défini la vente directe et le rôle de ce circuit de distribution, nous aborderons les spécificités des marchés de producteurs dans leur globalité.

2.1 Définition 2.1.1

La vente directe

La vente directe (remise directe en terme juridique) est un système commercial dans lequel un producteur remet en mains propres sa production à un consommateur1. Marché de détail ou marché de producteurs fermiers, vente à la ferme, vente en tournées, vente en bord de route représentent les différentes formes de vente directe que l’on retrouve le plus souvent.

2.1.2

Les motivations d’utilisation de ce circuit de vente

2.1.2.1

Pour les agriculteurs

1

Y. CHIFFOLEAU, Les circuits courts de commercialisation des produits alimentaires biologiques, INRA, juin 2009

34


Se garantir un marché

L’atout principal de la vente directe est de permettre à l’agriculteur d’être en lien direct avec le client (fichiers clients, lieux de rendez-vous…). Il peut donc se protéger plus facilement des crises qui frappent son secteur. En effet, il y a généralement une relation de confiance qui s’instaure entre le producteur et le consommateur. Lorsque les individus tournent le dos aux produits alimentaires, la vente directe est un bon moyen pour rassurer le client. •

Valoriser le produit La vente directe permet à l’agriculteur de fixer lui-même ses prix en fonction du marché

mais également de ses coûts de production. De plus, comme il n’y a pas d’intermédiaire entre lui et le client, la totalité de la marge lui revient directement. •

Avoir une reconnaissance de l’économie de proximité par les collectivités locales et les pouvoirs publics

Depuis ces dernières années, de plus en plus de régions, de départements et de collectivités soutiennent et aident au développement de la vente directe et des circuits courts afin de dynamiser l’économie locale mais également dans l’espoir de bénéficier de retombées en terme de notoriété. Ce phénomène a également été pris en compte par les plus hautes instances :

 Face aux mutations profondes que connaît l’espace rural européen et aux enjeux nouveaux auxquels il est confronté, une des politiques prioritaires de l’Union Européenne est le soutien aux territoires ruraux. Comme exemple, le Réseau Rural Français, nouveau dispositif, est une mise en application d’un règlement européen. Pour 2010, les circuits courts représentent un axe prioritaire de ses travaux.

 Dans le cadre des réflexions du grenelle de l’environnement, le Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche a élaboré un plan d’actions en faveur d’un développement des circuits courts, en complémentarité des circuits longs, avec pour objectif de rapprocher le monde agricole de l’ensemble de la société. On peut citer, entre autres, une adaptation de la formation des agriculteurs par la refonte des programmes scolaires des lycées agricoles et l’élaboration de référentiels technico-économiques spécifiques permettant d’évaluer la viabilité économique des projets1.

1

Dossier circuits courts, Chambre d’Agriculture, n°991, Mars 2010

35


Cependant, le cadre fiscal français, malgré des efforts, reste un frein au développement de la diversification de l’activité agricole aux circuits courts. •

Bénéficier du relationnel au service de la mise en valeur du produit Généralement l’une des raisons qui pousse le paysan à vendre ses produits par les

circuits courts est le souhait de rencontrer le consommateur. En effet, l’agriculture est un métier qui peut avoir tendance à isoler (dans la ferme, dans les pratiques). La vente directe pousse au contact. De plus, cet échange permet à l’agriculteur de parler de son produit et de ses techniques de production et ainsi, de faire la promotion de son métier et de son produit. •

Avoir une meilleure reconnaissance sociale La vente directe permet à l’agriculteur de défendre son métier de producteur.

2.1.2.2 •

Pour le consommateur

La Connaissance de l’origine : rencontre avec le producteur La vente directe est le circuit de distribution le plus court possible. En effet, il n’y a

aucun intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Les individus peuvent alors connaître qui est à l’origine du produit. C’est l’occasion de rencontrer le producteur, de discuter avec lui. Prenons l’exemple de la vente sur les marchés paysans. Dans un tel contexte, il n’est plus nécessaire de recourir aux Labels ou autres revendications de « produits de terroir ». Le client fait naturellement le lien entre le produit et l’origine de celui–ci. 51,5% des consommateurs déclarent que la meilleure garantie pour être sûr d’acheter un produit fermier est d’établir une relation de confiance avec le producteur. 17,9% pensent qu’il faut que le produit bénéficie d’un Label national1.

1

Etude de la consommation de produits fermiers (Chambre d’Agriculture Poitou-Charentes)

36


L’évasion : découverte d’un produit de terroir Tout d’abord, il est intéressant de noter que les produits fermiers sont « porteurs de

1

liens ». Claire DELFOSSE nous explique notamment que certains liens s’expriment autour de la consommation.

En effet, la qualité des produits fermiers est liée à plusieurs facteurs tels que le lieu, les saisons ou le climat. Elle dépend également de la société locale dont le produit est issu. Le système d’élevage et les modes de production découlent généralement de savoirs-faire, d’esprit et de mentalité. Le consommateur achète donc un produit hérité d’un territoire et d’une culture de tradition.

Lorsque le produit est issu d’une structure artisanale, voire fermière, il connaît une production relativement limitée et sa vente s’effectue, dans la plupart des cas, par circuits courts. Ainsi, la consommation d’un fromage traduit de véritables liens avec une région. Les consommateurs recherchent donc des liens sociaux qui, par l’acte alimentaire, les font « basculer dans un autre univers social : celui du terroir, du savoir-faire culinaire, du naturel et de l’identité paysanne2 ».

On peut également souligné la multiplication des initiatives de visites à la ferme tels que le réseau « Bienvenue à la Ferme » ou l’opération de « Ferme en Ferme ». Pour inciter les touristes à venir chez eux, les acteurs de ce genre d’événement communiquent sur l’aspect éducatif, mais également sur le côté voyage et rencontre avec le terroir, avec la nature. Par exemple, sur le site du week-end de Ferme en Ferme d’avril 2007 et sur les prospectus on peut lire : « voyager de Ferme en Ferme le temps d’un week-end. Deux jours pour découvrir le meilleur de notre terroir » et plus loin « Au fil d’une ballade initiatique et ludique, petits et grands partiront à la découverte des beaux terroirs de France ».

1 2

Claire DELFOSSE, Patrimoine culinaire et tourisme rural, les études, juillet 1996 D. POLY, Patrimoine culinaire tourisme rural, les études, juillet 1996

37


L’action politique : influence sur les modes de production – apparition de modèles parallèles La vente directe a également une dimension politique, notamment dans le choix par le

consommateur d’acheter un produit selon l’éthique, le mode de production ou de commercialisation qu’il représente. Dans ce cas, l’achat peut être assimilé au « buycott1 »

Par exemple, avec le développement de l’urbanisation et la volonté de savoir ce que l’on mange, on voit apparaître la « solidarité ville - campagne ». Ainsi, en achetant un produit fermier à la place d’un produit industriel, le consommateur exprime son soutien à l’agriculture traditionnelle.

Mais la différence entre acheter un produit fermier en supermarché et l’acheter par le biais de la vente directe, c’est que le consommateur participe directement aux décisions productives et marchandes de ces produits. En achetant ses légumes en supermarché, il délègue ce pouvoir à un intermédiaire ou au Label. Ainsi, la dimension politique ne se trouve pas seulement dans les motifs de choix de produits fermiers, mais bien dans ce cas, dans les modalités de participation aux choix plus globaux faits en amont2.

2.1.3

Le profil des consommateurs

S’il existe peu de données sur le profil des consommateurs qui privilégient la vente directe, on dispose de données concernant les consommateurs de produits fermiers :  les agriculteurs, les artisans et les commerçants ainsi que les professions intermédiaires déclarent que la meilleure garantie d’achat de produits fermiers est de s’informer et de s’y connaître ;  les professions libérales, les chômeurs, les retraités et les préretraités déclarent quant à eux qu’il faut établir une relation de confiance avec le producteur3.

1

Se reporter à la Table des définitions page 67 D’après les sociologues Sophie DUBUISSON-QUELLIER et Claire LAMINE 3 Etude de la consommation de produits fermiers (Chambre d’Agriculture de Poitou-Charentes) 2

38


On peut donc imaginer que le profil des consommateurs sur circuits courts se situe en majorité parmi ces individus, car la vente directe est le moyen de répondre à ces deux exigences.

De plus, on constate que la population consommant des produits fermiers a plus de 30 ans et déclare pour 53,8% n’avoir aucun enfant à charge.

2.2 Les marchés de producteurs en agglomérations 2.2.1

« Un marché » - Définition

Le marché est un lieu où des vendeurs se réunissent pour proposer leurs produits aux consommateurs. De nombreuses communes disposent d’un marché, généralement hebdomadaire, ou l’on peut trouver fruits, légumes mais également des produits artisanaux ou manufacturés. L’inconvénient de ces lieux de rencontres c’est que les commerçants sont généralement de simples revendeurs. Les producteurs se retrouvent alors noyés dans une offre qu’il est difficile de distinguer. En France, 60% des consommateurs déclarent « les marchés comme l’un des lieux d’approvisionnement pour leurs achats alimentaires1 ». Ils se situent en deuxième position derrière les super et les hypermarchés. En ce qui concerne l’achat de produits fermiers, le marché est le premier lieu d’achat, devant la ferme et les grandes surfaces. 35% des individus consommant régulièrement des produits fermiers (1 fois par mois minimum) déclarent les acheter sur un marché.

2.2.2

Les marchés de producteurs en France

Ils sont définis par la Chambre d’Agriculture comme des marchés composés uniquement de producteurs fermiers et artisanaux. Cela permet de soustraire les agriculteurs de la concurrence de produits internationaux ou autres revendeurs. Ces marchés privilégient le contact direct entre producteur et consommateur. Ils sont généralement fondés sur une association intégrant des consommateurs et/ou des membres de collectivités soutenus par une charte.

1

Baromètre de l’alimentation 2009

39


L’avantage de ces marchés est de créer une forte « synergie commerciale ». En effet, ils regroupent en un même endroit différents producteurs, ce qui permet au consommateur de disposer d’un choix élargi, tout en pouvant comparer les prix et les produits. A noter tout de même que le nombre de producteurs proposant un produit identique (fromage, viande, fruits…) est limité. Généralement, les organisateurs privilégient la diversité de l’offre à la quantité de producteurs.

La mise en place de ces lieux est généralement à l’initiative d’associations, de producteurs, de collectivités territoriales ou d’organismes agricoles (Annexe n° 4 – Page 64D « Marchés des producteurs de pays »).

Les acheteurs réguliers de produits fermiers sur les marchés déclarent que la meilleure garantie d’achat des produits fermiers est la relation de confiance avec le producteur. Le tableau page suivante fait apparaître la comparaison de l’achat des produits fermiers achetés au moins une fois par mois sur les circuits des grandes surfaces, sur les marchés et à la ferme.

40


ACHAT AU MOINS UNE FOIS PAR MOIS SUR LE CIRCUIT ( % de consommateurs) Grandes

Marchés

Ferme

77.3

76.9

80.6

81.2

80.1

84.5

53.1

70.2

62.3

36.2

45.2

43.9

52.6

73.4

63.1

27.9

28.7

34.5

28.5

29.6

34.3

14.2

14.3

11.2

7.6

6.1

11.2

surfaces Produits laitiers Volailles, lapins et œufs Fruits et produits fruits Miel et produits

Produits

miel

fermiers achetés

Légumes et produits légumes Viandes de boucherie Porc et Charcuterie Produits à base céréales Huiles

Données : « Etude de la consommation de produits fermiers », Chambre d’Agriculture de Poitou-Charentes. Les chiffres en gras représentent les consommations les plus fortes.

Les produits fermiers les plus achetés sur les marchés de producteurs sont les volailles, les lapins et les œufs. On distingue également une sur-représentation de consommation de fruits et de produits issus de fruits, de miel, de légumes et de produits issus de légumes et de produits à base de céréales sur les marchés par rapport aux grandes surfaces et aux achats sur la ferme.

41


2.2.3

Les marchés labellisés : « marchés de producteurs de pays »

A l’origine, c’est la Chambre d’Agriculture de l’Aveyron qui organisa la première ce type d’événement. Les marchés Bienvenue à la Ferme ne rassemblant pas assez de producteurs pour donner lieu à un marché, elle a eu l’idée d’ouvrir le lieu à d’autres producteurs, à condition qu’ils respectent une charte précise.

 Un principe simple : Les Marchés de Producteurs de Pays (M.P.P.) sont réglementés par une Charte de Bonnes Pratiques et ouverts exclusivement à des producteurs (Annexe n° 3 – Page : 64C « Extrait Charte des Marchés des Producteurs de Pays de l’Aveyron »).

 Une marque unique : Ces marchés sont faciles à repérer grâce à une marque et un logo officiels. Les conditions d’utilisation du terme «Marchés des Producteurs de Pays» sont donc réglementées. Depuis le 1er janvier 2007, la marque est propriété de l’APCA1.

 Origine et actualité (Annexe n° 4 – Page : 64D – « Marchés des Producteurs de Pays ») : C’est en 1990 que commence l’histoire des marchés de producteurs de pays. Sylvette HERMET, alors présidente de la section des agricultrices à la FDSEA1, développe le concept de marché spécialisé de producteurs en mettant en place une charte. En 1992, une association loi 1901 est créée par la Chambre d’Agriculture afin de gérer les marchés de producteurs. Son but est d’offrir un service organisé aux producteurs fermiers ou artisanaux et aux organisateurs de marchés. Petit à petit, le nombre de départements et de producteurs adhérents à la charte a augmenté. Aujourd’hui, on compte 1 300 marchés labellisés répartis sur 150 lieux et 20 départements (voir la répartition sur la carte ci-dessous). Un ensemble de supports publicitaires, identiques pour tous les départements utilisateurs, permet d’accroître la notoriété du concept auprès des consommateurs, partout en France.

1

Se reporter à la Table des abréviations page 67

42


Les 20 départements qui adhèrent à la

2.2.4

Les marchés de producteurs en agglomérations

Ces marchés de producteurs se déroulent en agglomération et se différencient des marchés de producteurs traditionnels qui ont lieu en zone rurale. En effet, dans ce cas, c’est le producteur qui se déplace sur le lieu de vie du consommateur. Il va à la rencontre du citadin. On peut alors distinguer deux types de marchés en zone urbaine : •

les marchés de producteurs hebdomadaires type marchés paysans ;

les marchés de producteurs de type exceptionnel tels que les marchés de producteurs de pays.

Dans les deux cas il existe des similitudes, notamment dans l’état d’esprit des producteurs et dans les comportements du consommateur. Les producteurs Les producteurs qui participent à ce type d’événement souhaitent généralement avoir un contact direct avec le client. Selon M. A, producteur d’huîtres et vendeur sur un marché paysan dans l’Hérault : « la vente directe sur les marchés doit être un choix et le producteur doit aimer le contact et aller vers les gens ». Tous les producteurs ne sont pas capables de vendre leurs produits sur ce type de circuit. Un agriculteur devient, sur un marché, un commerçant qui vend son produit et qui souhaite partager son savoir et son travail avec le consommateur.

On peut également distinguer deux types de producteurs sur ces marchés : •

le premier vient pour vendre ses produits et la relation qu’il entretient avec le

consommateur ne dépasse pas le cadre du marché. Il marque une frontière entre la sphère commerciale et la sphère agricole. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce comportement :

43


-

le producteur ne souhaite pas voir l’intrusion de ses clients dans son domaine de

production ; -

le producteur n’a pas le temps nécessaire pour prolonger la relation. •

le second vient également pour vendre sa production, mais il souhaite également

expliquer son métier et intégrer son produit dans un environnement. Pour cela, il passe du temps avec le consommateur et cherche à l’intéresser et à entamer un dialogue avec celui-ci. Il utilise également plusieurs outils : - il met à disposition du client des photos, des maquettes qui lui permettent également d’illustrer ses propos ; - il propose des visites de la ferme ou des événementiels sur le lieu de production. C’est le cas de M. V, producteur de champignons dans les Cévennes : « Lorsqu’un client vient à mon stand, je lui parle de l’origine du produit et lui explique comment il est produit ».

Les producteurs des marchés en agglomération ont également des valeurs communes. Lydie CHAFFOTTE (Ingénieur d’Études à l’INRA) et Yuna CHIFFOLEAU (Chargée de Recherche en Sociologie à l’INRA) parlent de deux principes généraux : - la défense des produits fermiers, d’une « petite agriculture » et parfois de l’Agriculture Biologique ; - le respect du règlement intérieur, notamment l’interdiction de revente: “Les exclusions ça permet de se rapprocher, c’est là qu’on voit les valeurs qu’on partage’’ (Fondateur Marchés Paysans zone urbaine)1.

Le consommateur Son profil est tel qu’il a été décrit pour le consommateur de la vente directe, généralement une clientèle de retraités, familiale et de jeunes couples2, à la recherche de produits de qualité ou de produits originaux. Les professionnels du monde agricole et les producteurs décrivent une clientèle fidèle. Cela signifie que les marchés deviennent un rendez-vous entre un consommateur et un producteur : « Nous prévenons nos clients de notre venu et ils viennent nous voir à notre stand le jour de la foire » raconte M. P, producteur de produits fermiers en Ariège (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens »).

1 2

Les Marchés Paysans hebdomadaires, Projet CROC, INRA, 2007 Mme F, Conseillère à l’Office de Tourisme de Périgueux

44


« Les relations se construisent d’abord sur la satisfaction des clients pour le produit2 ». Cette qualité, ajoutée au contact humain, favorise la fidélisation des clients. Ces derniers deviennent habitués à la personne qui tient le stand. Si celle-ci change, beaucoup ne viennent plus car ils ne reconnaissent pas le producteur », Lydie CHAFFOTTE, Yuna CHIFFOLEAU1.

Là aussi, on peut citer deux types de consommateurs : -

le premier se déplace pour avoir la garantie d’acheter un produit de qualité ou de

trouver un produit original. -

le second y voit en plus l’occasion d’un échange et la possibilité de rencontrer le

producteur du produit.

Les marchés labellisés Producteurs de Pays Depuis un peu moins de 10 ans, des marchés de producteurs de pays sont mis en place dans les grandes agglomérations du pays que sont Paris et Lyon, tout au long de l’année (Annexe n° 5 – Page : 64E - « Marché des Producteurs de Pays - Corrèze »).

Ils sont organisés par la Chambre d’Agriculture de la Corrèze, qui est à l’origine du premier marché exceptionnel de ce type. Ils regroupent généralement entre 70 et 100 producteurs et se tiennent le temps d’un week-end (du vendredi au samedi). Ces marchés ont lieu d’octobre à mai dans les villes de Paris et de Lyon avec le souhait de les étendre à d’autres villes et vers l’Espagne. Ils se déroulent généralement le temps d’un week-end allant du vendredi matin au samedi soir. Les organisateurs mettent en place durant ces marchés plusieurs animations comme des apéritifs vignerons, des spectacles folkloriques aux couleurs des régions ou des minireproductions de fermes.

La réglementation est la même que pour les marchés organisés localement. Ils sont en revanche ouverts aux producteurs adhérents au réseau des marchés de producteurs de pays de toute la France. De plus, les producteurs doivent posséder l’agrément communautaire qui leur permet de transporter leurs produits à plus de 80 km de leur lieu de production. Ce type de marché permet de toucher ainsi une clientèle plus forte, plus nombreuse et qui est en réelle demande de ce type de produits. Selon les organisateurs, les visiteurs de ce

1 2

Les Marchés Paysans hebdomadaires, Projet CROC, INRA, 2007 Mme F, Conseillère à l’Office de Tourisme de Périgueux

45


type de marché sont originaires de la ville, mais également de la périphérie. Leur nombre varie de 10 000 à Lyon et de 15 à 20 000 à Paris. C’est également une clientèle patiente, qui est en recherche d’informations et qui « prend le temps » nous dit Mme M, Responsable du réseau Bienvenue à la ferme en Creuse et qui a tenu un stand à Paris (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens »). . Dans l’organisation de marchés au niveau local, ils sont planifiés durant des périodes creuses. Prenons l’exemple du département de La Creuse. Ce département est principalement composé d’une population faible (123 861 habitants) et vieillissante. Pour vendre leurs produits, les producteurs disposent de marchés hebdomadaires ainsi que des marchés d’été. Mais il existe une période durant laquelle peu d’événements sont mis en place avec une faible clientèle, de novembre à mars. Durant cette période, l’organisation des marchés en agglomérations permettent donc d’augmenter de manière significative les ventes.

Des marchés dans de grandes villes :  Paris (12ème), en mai et novembre ;  Lyon, en avril et octobre ;  Issy les Moulineaux en novembre,  Paris (4ème) et Pontault Combault, en décembre.

Les marchés Paysans dans l’Hérault Un marché paysan est composé de producteurs agricoles qui se regroupent en un lieu donné pour vendre en direct leurs produits et qui s’associent pour en assurer la gestion. Ce sont des marchés exclusivement réservés à des producteurs et quelques artisans et qui ont lieu chaque semaine dans la même ville, au même endroit avec le plus souvent les mêmes producteurs. Ils en existent également en zones rurales, mais je vais présenter principalement les marchés paysans ayant lieu en agglomérations tel que celui de Montpellier.

46


Les marchés paysans ont dans la plupart des cas lieu une fois par semaine. Les commerçants sont des agriculteurs et des artisans principalement issus de la région et venant dans un rayon de 50 km, même si certains peuvent faire jusqu’à 90 km1. Les conditions d’entrée d’un producteur sur ce type de marché dépendent de la Charte du marché (Annexe n° 7 – P : 64G - « Marchés Paysans Hebdomadaires de Montpellier »). Cependant, comme le montre le schéma page suivante, la mise en place d’un marché paysan suit un processus similaire : •

le marché est porté au départ par un groupe de producteurs. Curieuse, la clientèle se déplace en nombre ;

passé l’attrait de la nouveauté, la clientèle diminue et certains producteurs quittent le rendez-vous ;

si le marché arrive à survivre de la phase de déclin, il connaît alors une phase de reprise où le nombre de producteurs augmente quelque peu ;

le marché connaît alors une stabilisation et les producteurs souhaitent alors maintenir un « équilibre » selon Mr A, Responsable de marchés paysans et producteur de champignons. Les organisateurs désirent alors intégrer de nouveaux vendeurs uniquement pour remplacer un départ, une absence ou si la production est différente de ce qui se fait déjà.

Processus d’évolution d’un Marché Paysan

1

Les Marchés Paysans hebdomadaires, Projet CROC, INRA, 2007

47


Concernant la clientèle, elle est fidèle au rendez-vous : “On connaît toutes les personnes qui viennent’’ . Selon les organisateurs des marchés paysans, ce sont les habitants du quartier qui viennent. Cette clientèle : •

connaît ses producteurs et vient avant tout pour acheter un bon produit ;

elle aime également y trouver des produits qui sortent de l’ordinaire ;

une partie de la clientèle apprécie le contact avec le producteur et l’échange qu’il peut y avoir. Mais la recherche d’un produit de qualité est ce qui motive avant tout le consommateur à se déplacer.

48


2.2.5

Tableau comparatif des marchés paysans et des marchés de producteurs de pays Marchés paysans

date et Lieu

Marchés de producteurs de pays

• Hebdomadaires

• 2 fois par an dans chaque ville

• Toute l’année

• d’octobre à Mai

• Demi journée

• Week-end

du

vendredi

au

• Le lieu dépend souvent du samedi lien fort entre les initiateurs du • Sur une place forte (centre ville) marché

et

une

équipe

1

municipale . • Organisé par les producteurs. • Organisation Organisation / événements

habituelle

par

la

Chambre

le d’Agriculture • Organisation en amont à chaque

matin tôt. • Quelques

• Organisé

événements rassemblement, présence d’une

exceptionnels (repas géants...)

équipe une semaine avant. • Folklores, repas, apéritifs...

Clientèle

• Habituelle

• Habituelle et occasionnelle

• De quartier

• Ville et périphérie

• Recherche de produits de • Recherche de produits de qualité qualité et originaux

et d échanges

• Parfois recherche d’échanges • Patiente avec le producteur

Producteurs

Communication

• De la région

• De toute la France

• Entre 30-40 par marché

• Entre 70 et 100

• Régulier

• Régulier

• Bouche à oreille

• Publicité

• Evénementiel

affichage)

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1

Les Marchés Paysans hebdomadaires, Projet CROC, INRA, 2007

49


La conclusion de cette partie m’amène à faire le constat suivant :

On peut distinguer deux grands types de marchés de producteurs en agglomérations : 

les marchés hebdomadaires de type Marchés Paysan ;



les marchés exceptionnels de type Marchés de Producteurs de Pays.

La taille des deux types de marchés impose certaines différences. Cependant, on remarque de nombreuses similitudes chez les consommateurs et chez les producteurs, notamment dans l’approche du métier de vendeur sur ces marchés.

Mais les relations qu’entretiennent les producteurs et les consommateurs sur ces marchés ne conduiraient-t-elle pas à une forme de tourisme ?

50


TROISIEME PARTIE

51


3.

Le marché de pays vecteur de retombées touristiques

Les marchés de producteurs sont des lieux de rencontre entre les consommateurs et les producteurs

dans le but d’effectuer un échange commercial. Mais, régulièrement, cette

relation va au-delà de ce simple aspect et se transforme en échange ludique, culturel. Se déplacer sur un marché devient alors une activité de loisirs. Il est souvent le théâtre d’animations et de folklores ce qui lui donne un caractère de divertissement. Parallèlement, les producteurs et les organismes publics communiquent sur leur région et proposent leurs produits touristiques.

Quelles sont les relations que l’on trouve sur les marchés de producteurs et permettentelles aux territoires d’origine des producteurs de bénéficier de retombées touristiques ?

3.1 Relation Touristes et Producteurs 3.1.1

Les producteurs : la multi-activités

Aujourd’hui, comme cela a été décrit précédemment, nombreux sont les agriculteurs ayant optés pour une diversification de leur activité. Le tourisme étant le secteur le plus utilisé pour se diversifier, un même individu peut à la fois être producteur (de sa production agricole), prestataire touristique (en pratiquant une activité de diversification) et commercial de ses produits (en utilisant la vente directe par exemple).

Production Agricole

Prestations touristiques

507 000 exploitations

17 791 exploitations

Vente directe et circuits courts 81 000 exploitations

52


Le producteur

Il est le garant d’une agriculture plus traditionnelle qui cultive des produits de qualité en ayant un rendement plus faible, à l’inverse de l’agriculture industrielle. Les objectifs qui poussent un agriculteur à utiliser ce type de production sont la qualité de vie, la rentabilité et/ou une forme d’idéalisme qui se traduit soit par le besoin d’un retour à la terre soit par le besoin d’innovation1. •

Le prestataire touristique

Dans une logique de diversification, les agriculteurs ont souvent choisi le tourisme comme seconde activité. L’hébergement et la restauration sont les principales formes de tourisme que pratiquent les agriculteurs ayant choisi la multi-activités. Mais on voit régulièrement des propositions de visites de fermes, de randonnées, de pique-niques et autres animations. •

Le commercial de ses produits

Sur un marché de producteurs, le vendeur vient proposer sa propre production. Il a donc un rôle d’ambassadeur de son exploitation et de commercial de ses produits. Selon Mr A, Responsable du marché paysan d’Antigone à Montpellier et ostréiculteur, « vendre ses produits sur un marché nécessite de l’ouverture sur les autres et l’envie de partager » (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens »). L’une des raisons qui pousse les agriculteurs à vendre leur production sur les marchés est la possibilité de valoriser leurs produits et leur profession. 3.1.2

Le consommateur : la recherche de liens avec un territoire

Avec le changement rapide de notre société depuis quelques décennies, les modes de consommation se diversifient donnant plus de poids à la vente directe. En effet, l’urbanisation croissante, la hausse des familles monoparentales ou encore la démocratisation du travail des femmes sont autant de facteurs qui ont entraîné un changement dans les habitudes de consommation des individus. •

1

La recherche d’évasion

Ibid , première partie, Profil des agriculteurs, page 19 et deuxième partie, page 28

53


Pour de nombreux individus, la nature est perçue comme un espace authentique permettant de communiquer avec les sources de l’existence1. Il est l’opposé de la ville. Dans ce sens, on constate un retour vers les campagnes des cultures traditionnelles. •

L’importance du contact

Avec la perte de confiance des consommateurs envers son agriculture, les clients cherchent à instaurer un lien entre le produit qu’il consomme et le territoire d’origine de celuici. De plus, un grand nombre de consommateurs déclarent vouloir avoir un contact avec le producteur pour être sûr de consommer un produit de qualité2.

3.1.3

Touristes et Producteurs sur les marchés en agglomération

Les marchés de producteurs locaux sont donc des lieux de rencontre entre : •

des consommateurs à la recherche de produits de qualité mais également de contact et d’évasion ;

des producteurs proposant des produits traditionnels tout en ayant envie de partager leur savoir-faire et la qualité de leur milieu de vie.

Les raisons pour lesquelles le client se déplace sur un marché de producteurs en agglomérations varient selon les personnes. Néanmoins, les clients de marchés paysans hebdomadaires se déplacent avant tout pour acheter un produit de qualité. Les clients se déplaçant sur les marchés de producteurs de pays exceptionnels le font pour le produit mais aussi pour leurs loisirs3.

1

Ibid, première partie, paragraphe 1.2.2 , page 16 Ibid, deuxième partie, paragraphe 2.1.2.2 3 Tableau comparatif Marchés paysans et marchés de producteurs de pays page 43 2

54


Une relation pour le produit

Le produit est l’élément moteur de la relation. Le consommateur s’adresse au producteur pour avoir des informations autour du produit. Selon Mr P, producteur et vendeur sur les marchés de producteurs, l’important dans un premier temps c’est le produit : « On est agriculteur en montagne, on a une qualité de produits qui est liée à ce choix d’agriculture (pratique de la transhumance…). L’important, c’est ce que l’on fait, à l’endroit où on le fait » (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens »).

Les consommateurs sont généralement fidèles à leurs producteurs lorsqu’ils ont confiance dans la qualité des produits de celui-ci.

Pour de nombreux consommateurs, la qualité du produit est donc le seul critère de choix des marchés de producteurs comme circuit de distribution. Mais, d’autres facteurs entre également en compte dans la relation qu’ils entretiennent avec un producteur. •

Une relation élargie

La relation qu’entretient le producteur avec son client dépasse généralement le simple échange commercial qui consiste à vendre ou à acheter le produit. Le consommateur apprécie également d’aller plus loin dans l’échange. Le terroir et le métier sont, par exemple, deux éléments que les clients aiment connaître et entendre parler. Le terroir Les consommateurs voient dans le producteur, comme dans les produits qu’il propose, un lien entre le monde citadin et le territoire d’origine du produit. Mme B, est une cliente fidèle du producteur de produits fermiers. Elle raconte le premier contact avec ce dernier: « Il est venu présenter ses produits. Cela nous a beaucoup plu lorsqu’il nous a parlé de ses projets, car c’est quelqu’un de dynamique, qui aime sa région, qui ne renie pas ses origines » (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens »). La revendication au territoire a un rôle très important dans le choix du consommateur d’acheter des produits à ce producteur. Le métier Sur un marché de producteurs, l’exposant représente une région, une culture et une qualité de vie. Il est, comme le produit qu’il vend, le « lien social1 » entre le monde urbain et l’univers social dans lequel le consommateur bascule par le contact.

1

ibid, deuxième partie, paragraphe 2.1.2.2, page 30

55


De plus, Certains producteurs considèrent avoir une relation didactique avec les clients. Mr P, producteur utilisant la vente directe comme circuit de distribution, voit chez le consommateur qu’ « Avant le produit en lui-même, il souhaite comprendre, il veut du contenu et du contact. Il a besoin d’en savoir plus, d’intelligence » (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens »).

Consommateur Demande primaire  Produit de qualité  Produit original

Demande secondaire  La connaissance de l’origine  L’évasion  L’action politique

Producteur

DEMANDE

OFFRE

Marchés de producteurs en agglomération

DEMANDE

OFFRE

Offre primaire  Produits traditionnels, produits fermier

Offre secondaire  La preuve de la qualité de son produit  La description du terroir  La description de son métier

Les marchés de producteurs sont avant tout des lieux d’échanges de produits de qualité. Mais ce sont également des lieux de partage de connaissances et de liens sociaux. Les producteurs invitent les consommateurs à un voyage vers un autre univers : celui du terroir, du savoir-faire culinaire, du naturel, de l’identité paysanne.

Mais certains consommateurs n’auraient-ils pas tendance à prolonger ce voyage par un déplacement touristique vers le territoire d’origine des producteurs ?

3.2 Une communication touristique pour les territoires Le marché, par l’image de qualité et d’authenticité qu’il véhicule, est un premier moyen de communication pour les régions. 56


Mais certains acteurs, qui organisent ou participent à ce type d’événement, ont conscience de l’opportunité que représente les marchés de producteurs pour la promotion de leur territoire. On trouve donc plusieurs outils de communication permettant d’inciter les clients à se rendre sur le territoire ou de le faire connaître.

3.2.1

Communication indirecte

Comme il a était décrit dans le précédent chapitre, la relation existant entre le producteur et le touriste est le premier moyen de communication pour les territoires. En effet, en vendant son produit, le producteur fait très régulièrement la promotion de son savoir-faire, de sa culture et de son territoire. De ce fait, il communique auprès des clients sur sa commune, son département, sa région, son pays. Selon Claire DELFOSSE1 et Cécile BERNARD, « le terroir du vendeur direct sert de vitrine au territoire ».

Mais le marché en lui-même est vecteur de communication touristique auprès de la clientèle. Si le premier objectif de ces événements était de permettre aux producteurs de vendre leurs produits, très vite, les organismes publics ont compris les autres effets positifs d’un tel rassemblement. •

Dans un premier temps, la communication qui entoure le marché utilise les territoires

ruraux représentés et leurs produits pour promouvoir l’évènement. Claire DELFOSSE prend pour exemple le « marché des Saveurs » à Lyon, organisé par la région Rhône-Alpes et qui avait pour accroche : «Avez-vous visité tous les monuments de Rhône-Alpes ? […]. Deux cents producteurs de nos 8 départements vous donnent rendez-vous pour un grand marché des saveurs au cœur de Lyon ». La région s’enorgueillit de ses nombreux produits de terroir, les érige ainsi au rang de patrimoine monumental. •

Dans un second temps, les organisateurs des marchés paysans mettent en place

régulièrement des animations spéciales alors que la Chambre d’Agriculture, qui organise les marchés de producteurs de pays en agglomérations, organise des animations et des spectacles à chaque rendez-vous.

1

Claire DELFOSSE, Cécile BERNARD, Vente directe et terroir, Méditerranée, 2007

57


Ces animations peuvent prendre la forme de pique-niques géants, d’apéritifs vignerons, de mini-fermes … (Annexe n° 9 – Page : 64I - « Diaporama marché de producteurs de Lyon »). Par exemple, lors du marché de producteurs de pays, qui a eu lieu à Lyon les 23 et 24 avril 2010 (Annexe n° 5 – Page : 64E - « Marchés de producteurs - Corrèze »), était organisé le « 1er Festival d’Art Folklorique » :

1ER FESTIVAL D’ART FOLKLORIQUE :

L’amicale des Corréziens de Lyon, partenaire de la première heure de ce Marché des Producteurs de Pays, organise à l’occasion de cette dixième édition, le premier Festival d’Art Folklorique. Issus de nos régions, de nombreux groupes folkloriques se produiront sur un podium installé pour l’occasion au cœur du marché. Nous vous proposons, à travers ce festival, une découverte des traditions rurales et des arts populaires de nos territoires. Musique, danses, métiers et jeux traditionnels se succéderont dans les allées du Marché des Producteurs de Pays et sur le podium. Les Corréziens de Lyon, le groupe «Les Maïanches» du Dauphiné, le groupe des «Bretons de Lyon», le groupe «Gergovia» de l’Auvergne et des joueurs de quilles de l’Aveyron vous feront découvrir ou redécouvrir leur héritage culturel.

Les mots en gras montrent la place du territoire dans la communication

Le spectacle, mis en scène sur les marchés paysans, plonge le visiteur dans un univers traditionnel. Même s’il relève du folklore, il accompagne les valeurs d’authenticité des territoires ruraux. 3.2.2

Communication directe

On trouve des offres touristiques principalement sur les marchés de producteurs de pays en agglomérations, mais également sur les marchés paysans hebdomadaires, bien que celles-ci soient moins nombreuses. On trouve deux types d’acteurs proposant l’offre touristique des territoires ruraux. L’essentiel de la communication est pris en charge par les organismes publics tels que la Chambre d’Agriculture, les villes ou les régions. Une autre partie est réalisée par les producteurs eux-mêmes.

58


Les organismes publics

Ces acteurs se rencontrent essentiellement sur les marchés exceptionnels des producteurs de Pays en agglomérations tels que Paris ou Lyon. En effet, ils voient dans ces lieux un moyen de communiquer sur leur région et sur l’offre qui y est proposée. On

trouve par exemple les Chambres d’Agriculture, qui représentent les réseaux

Bienvenue à la Ferme ou Gîtes de France, les Offices du Tourisme qui communiquent sur l’offre touristique de leur ville ou des Syndicats d’Initiatives.

Ces prestataires touristiques disposent de leurs propres stands situés dans un « espace dédié à l’Agritourisme » (Annexe n° 6 – Page : 64F - « Marchés des producteurs de pays – Evènement à Lyon). De plus, ils sont généralement accompagnés de prospectus touristiques de

la région ou de la ville qu’ils représentent (Annexe n° 8 – Page : 64H - « Extrait de brochures touristiques »).

Durant le week-end, ils animent leurs stands, parlent avec les visiteurs de leur région et proposent l’offre touristique de celle-ci.

Mme M, Responsable de Bienvenue à la Ferme en Creuse, qualifiait son rôle comme « Animer le marché de producteurs et valoriser la région Limousin » (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens »).

Pour cela, elle animait son stand par sa présence et sa disponibilité. Elle présentait également les produits du département, proposait les catalogues Bienvenue à la Ferme, les hébergements. Son rôle était, aussi, d’informer les visiteurs des particularités des marchés de producteurs. •

Les producteurs

Il n’est pas rare de trouver des producteurs ayant une activité d’agritourisme sur les marchés paysans et la « majorité des producteurs participant aux marchés de producteurs font partis du réseau Bienvenue à la Ferme » selon Mme M (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens »).

Ces producteurs disposent généralement de prospectus, d’affiches et de documentation sur leurs prestations touristiques qu’ils présentent sur leurs stands lors des marchés de producteurs.

59


Mr V est producteur de Champignons dans les Cévennes. Il est l’un des seuls producteurs du Marché Paysan de Montpellier à inviter les clients à visiter sa production : « On souhaite faire visiter le lieu d’exploitation pour faire découvrir le produit et le mode de production qui est hors du commun » (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens ») . Son stand est composé de ses produits, d’un encart Bienvenue à la ferme et d’une maquette représentative du produit qu’il vend. Il y a donc une forte communication touristique sur les territoires d’origine des producteurs qui provient directement des stands de producteurs. Cependant, selon Mme M, nombreux sont les producteurs qui ne vont pas parler et présenter leur offre touristique naturellement : « Sur ces marchés, les producteurs qui ont un hébergement peuvent communiquer dessus, mais ils ne le font généralement pas » (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens ») .

3.3 Résultats 3.3.1

Le marché : destination en lui-même

Les marchés en agglomérations sont de véritables événements touristiques. En effet, le temps d’un week-end, le marché de producteurs est un lieu de rencontres, de découverte du monde rural ainsi qu’un lieu d’animations et de spectacles. 3.3.1.1

Lieu d’animations et de spectacles

Les marchés de producteurs sont régulièrement le théâtre de spectacles et d’animations qui rassemblent et divertissent les visiteurs. Selon Mr A, responsable du Marché Paysan d’Antigone à Montpellier, l’organisation de repas géants deux fois par an est « l’occasion de réunir tous nos clients de l’année. Cela rassemble du monde et se fait dans la bonne humeur ». Selon Claire DELFOSSE1, certains producteurs voient dans ces moments « l’occasion de faire des démonstrations de leurs métiers, d’expliquer leurs modes de production ».

« Les marchés de producteurs sont donc un moyen privilégié à travers la fête d’instaurer un dialogue entre producteurs et consommateurs2. »

1 2

Claire DELFOSSE, Cécile BERNARD, Vente directe et terroir, Méditerranée, 2007 Ibid

60


Les marchés de producteurs de pays rassemblent chaque année entre 15 et 20 mille visiteurs à Paris et environ 10 000 visiteurs à Lyon selon l’organisation. On connaît également le type de clientèle1 le plus représenté et on obtient quelques informations qui tendent à prouver que la visite des marchés de producteurs est un loisir.

Tout d’abord, les marchés sont dans la plupart des cas organisés le week-end, lorsque la majorité des personnes ne travaillent pas. Les clients prennent donc de leur temps libre pour se rendre sur ces événements. Puis, notamment pour la clientèle des marchés de producteurs de pays en agglomérations, les visiteurs viennent du cœur de la ville, mais également de la périphérie. Ils choisissent donc de réserver une grande partie de leur week-end pour rendre visite au rassemblement de producteurs. Enfin, les clients se déplacent dans un but commercial, mais également didactique et d’évasion du monde citadin. On peut également souligner le grand succès de ces rassemblements qui attirent à chaque rendez-vous beaucoup de monde.

Le marché est donc perçu comme une destination de loisirs pour un grand nombre de visiteurs.

3.3.1.2

Lieu de rencontre d’un monde rural

Lors de ces évènements, le monde rural vient à la rencontre du monde citadin. Ils sont l’occasion pour les visiteurs de venir découvrir des produits originaux et de qualité, de les goûter et de parler avec des producteurs. Selon Mme M., responsable Bienvenue à la ferme en Creuse, « les gens recherchent une qualité de vie » (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens »).

Le marché de producteurs représente donc, au-delà d’un événement culinaire, un territoire, une qualité de vie dont les bénéficiaires sont en partie les territoires d’origine des producteurs. Mais au-delà de l’événement, les marchés conduisent au développement du tourisme dans les régions d’origine des producteurs.

1

Tableau comparatif Marchés Paysans et Marchés de Producteurs de Pays, page 43

61


3.3.2

Des régions qui bénéficient de retombées touristiques

Le tourisme rural est en croissance depuis plusieurs années. Les citadins ont un engouement pour ce type de voyages et les marchés de producteurs sont un bon moyen pour générer des flux touristiques. Il n’existe pas d’outils fiables pour mesurer les retombées réelles que génèrent les marchés de producteurs en terme de tourisme. Cependant, les acteurs de terrain ont un avis positif sur cette question. 3.3.2.1

Signes provenant des marchés

Mme M, responsable de Bienvenue à la Ferme en Creuse et Mme F Conseillère en séjours à l’Office de Tourisme de Périgueux ont assisté à des marchés de producteurs en agglomérations et ont tenu un stand de tourisme. Selon elles, proposer des offres de tourisme sur ces événements est porteur pour le tourisme des régions d’origine des producteurs. Ce sentiment provient des comportements des visiteurs sur leur stand et des questions posées (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens ») : •

Comportement des visiteurs

Les visiteurs qui s’attardent sur les stands de tourisme lors des marchés paysans sont décrits comme une clientèle qui « prend le temps, curieuse et intéressée ». En effet, d’après Mme M, les individus prennent réellement le temps de s’informer, de discuter : « Ce n’était pas des ramasses papiers » (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens »). Cette relation privilégiée montre que les visiteurs portent un intérêt aux régions représentées. Les producteurs semblent avoir un rôle très important dans le désir du visiteur de connaître une région. Ce rôle se remarque dans le succès des stands de tourisme lors des marchés de producteurs. Mme F, Conseillère en séjours à l’Office de Tourisme de Périgueux, a pu comparer deux marchés de producteurs de pays : à Paris et à Lyon. Dans les deux cas, la réussite du stand n’était pas comparable : -

Lyon a été un formidable rendez-vous avec des personnes curieuses qui venaient d’elles mêmes. Le nombre de guides touristiques distribués a été de 600. Par manque de prospectus, ce chiffre aurait été plus important. De plus, le nombre de contacts directs s’élevait à environ 25 personnes par jour ;

-

Paris a été, en revanche, une grosse déception. Seulement 300 guides touristiques ont été distribués avec une demande non spontanée de la part du visiteur. Le nombre de contacts directs n’a pas dépassé 20 personnes sur l’ensemble du week-end.

Plusieurs facteurs extérieurs peuvent expliquer cette différence : une autre ville, d’autres événements sur Paris en lien avec l’agriculture. Mais selon Mme F, les raisons sont ailleurs. Lors du marché de Lyon, le stand de l’Office de Tourisme de Périgueux se trouvait au cœur des producteurs de la Dordogne. Cela offrait une « unité » qui a fortement dynamisé le stand. Les visiteurs en relation avec les producteurs assuraient le « relais » vers le stand. Si les 62


producteurs n’ont pas vocation à le faire, c’est souvent naturel et les visiteurs sont naturellement amenés à passer sur le stand. En revanche, lors du marché de Paris, le stand était isolé des stands des producteurs de la Dordogne : « à notre droite, il n’y avait rien et à gauche il y avait un producteur de l’Aveyron. Les gens ne se sont pas déplacés pour voir le stand et les rares personnes à être venues n’étaient pas forcément intéressées » (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens »).

63


Fréquentation des m archés de producteurs de Pays

16 000

Evolution de la communication touristique selon l'emplacement du stand tourisme

15000 700

14 000

600 600

12 000 10 000

500

10 000 Fréquentation totale du marché (nbr de visiteur)

434

400

Nombre de guides touristiques distribués

6 000

300

Nombre de contactes directs

4 000

200

2 000

100

0

0

8 000

Les questions Marché de Parisdes consommateurs

Marché de Lyon (le 23 et 24 avril 2010)

(22 et 23 mai 2010)

50

18

Au milieu de producteurs Excentré des de la région (marché de producteurs de la région Lyon) (marché de Paris)

Les questions qui reviennent régulièrement correspondent à des questions précises, qui

Données confortent : Graphiquel’honnêteté 1 : Chambre d’Agriculture dedans la Corrèze, Graphique touristique. 2 : Office du Tourisme de Périgueux des visiteurs leur démarche Les dates sont identiques pour les deux graphiques

-

Il y a dans un premier temps des questions précises dans l’espace et dans le temps :

Concernant les questions portant sur l’espace, elles concernent par exemple les individus qui ont déjà choisi la destination de leurs vacances et/ou qui passent régulièrement sur le territoire. Nous pouvons illustrer ce qu’il vient d’être dit par la ville de Périgueux. Certains touristes passent par la Dordogne pour se rendre sur leur lieu de vacances. Ils émettent alors le souhait de s’arrêter dans le département et demande ce qu’ils peuvent y trouver, où se loger « Je passe par Périgueux pour aller en vacances, qu’est ce que je peux faire si je m’arrête une journée ? ». Concernant les questions portant sur le temps, ce sont les individus qui n’ont pas choisi la destination de leurs vacances et qui s’informent sur l’offre qui existe pour des dates précises : « Qu’est ce que je peux faire sur Périgueux lors de la seconde semaine de juillet ? » -

Il y a dans un second temps des questions précises sur les activités à faire :

Les visiteurs viennent dans ce cas demander si c’est possible de réaliser une activité dans cette région : « Moi je cherche une exploitation avec les enfants… est-ce qu’on pourra participer aux travaux de la ferme ? » 3.3.2.2

Signes provenant des territoires

Les organismes publics tels que la Chambre d’Agriculture ou les producteurs témoignent d’une activité touristique qui provient directement des marchés de producteurs en agglomérations.

64


Les organismes publics

Selon Mme F, conseillère en séjours à l’Office de Tourisme de Périgueux, les moyens qui pourraient en partie permettre de savoir s’il y a réellement des retombées touristiques pour les territoires seraient, d’une part de mesurer l’évolution de la fréquentation des individus provenant des villes ayant accueilli un marché de producteurs sur un territoire d’accueil. Par exemple, « la ville de Périgueux aura-t-elle eu plus de touristes Lyonnais à la fin de la saison 2010 ? ». D’autre part, d’écouter les éventuelles touristes qui déclareraient venir grâce au marché de producteurs. Pour ce dernier cas, Mme M. responsable de Bienvenue à la Ferme en Creuse et présente au marché des producteurs de Paris, elle témoigne qu’un producteur proposant des chambres d’hôtes l’a appelé pour la « remercier de lui avoir envoyé un client » (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens ») venu grâce et à la suite du marché de Paris.

Les producteurs

Les producteurs qui proposent une offre touristique et qui participent aux marchés de producteurs sont également témoins de retombées touristiques de ces rendez-vous sur leur territoire d’origine.

Pour cette partie, nous nous baserons sur les discours de Mr P, producteur de produits fermiers en Ariège, qui pratique la vente directe sur les marchés de producteurs exceptionnels en agglomérations et de Mr V, producteur de champignons dans les Cévennes et qui vend ses produits sur le Marché Paysan hebdomadaire de Montpellier. Tous deux ont une activité d’accueil des touristes sur leur exploitation. Nous nous baserons également sur l’entretien avec une cliente de Mr P. Ces deux témoignages ont l’avantage d’illustrer des formes de retombées touristiques différentes les unes des autres mais qui peuvent être nommées comme agritourisme ou comme « loisir-tourisme 1» . Ce sont :

Le tourisme de proximité Il s’agit d’un tourisme qui se déroule dans les campagnes vivantes et sur les territoires périurbains. Cette forme de tourisme découle des marchés paysans hebdomadaires. Les 1

Claire DELFOSSE et Cécile BERNARD, Vente directe et terroir, Méditerranée, 2007

65


producteurs présents sur ces lieux provenant de la région, leurs clients peuvent se rendre sur l’exploitation le temps d’une journée ou le temps d’un week-end. Certains marchés exceptionnels accueillent des producteurs locaux et peuvent conduire à ce type de tourisme également. Mr V, producteur de champignons voit essentiellement ce type de clientèle sur son exploitation : « Les gens me connaissent grâce à mon site Internet ou grâce aux marchés sur lesquels je me rends » (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens »). Dans cet exemple, les touristes viennent exclusivement pour visiter l’exploitation. La visite de la ferme est l’occasion pour les citadins de profiter de la campagne environnante pendant leurs temps libres. Le tourisme de séjour Il s’agit de vacances de plusieurs jours. Cette forme de tourisme découle des marchés exceptionnels de type producteurs de pays. Dans ce cas, le touriste ne se déplace pas dans le but de visiter l’exploitation du producteur. En revanche, rendre visite à l’agriculteur peut être le moteur du choix de la destination, tout comme le passage sur un stand de tourisme. Mais c’est l’intérêt qu’il portera à la région qui le poussera ou non à choisir cette destination. Mme B, cliente de Mr P : « On adore ce coin donc à chaque fois que l’on y va on passe au magasin » (Annexe n° 10 – Page : 64J - « Liste des entretiens »).

66


L’ensemble des observations, des constats, des études réalisées sur le sujet, des entretiens avec l’ensemble des acteurs (producteurs, consommateurs, responsables d’instances du tourisme et de marchés de producteurs m’amène à la conclusion suivante :

L’achat de produits de qualité fait le succès des marchés de producteurs. En revanche, la relation que noue le consommateur avec le vendeur est également une source de satisfaction. Chacun s’y retrouve : les uns en pouvant s’exprimer, les autres en pouvant rencontrer directement l’agriculteur qui est à la fois le producteur et le vendeur de ses produits mais aussi de son terroir.

On note, également, une réelle offre touristique sur ces événements dont les retombées, bien qu’elles demandent à être mesurées et observées, existent vraiment.

On peut donc bien vérifier l’existence de la relation entre le producteur et le consommateur qui conduit parfois à du tourisme pour les territoires d’origine des producteurs.

67


Conclusion

Les marchés de producteurs en agglomérations ont un rôle important pour une grande partie des consommateurs. En effet, ils sont un lieu de commerce de produits, d’échanges interpersonnels et de relations de confiance. Ils sont également l’occasion pour le monde citadin de découvrir un autre univers social qu’il mystifie, celui de la nature et du savoir-faire culinaire.

Les organisateurs des marchés de producteurs ont pris conscience de cette dimension induite lors de ces rendez-vous. Pour cela, ils mettent en place des animations qui facilitent les échanges entre le monde rural, représenté par les exposants, et le monde citadin, représenté par les visiteurs. Sur certains marchés, ces animations peuvent aller jusqu’à la folklorisation des coutumes et de la campagne des régions. Ces activités permettent de faire du marché un lieu de loisirs ou les consommateurs deviennent des touristes qui s’évadent du quotidien. Mais les producteurs ont été les premiers à utiliser ce phénomène en augmentant le dialogue, en expliquant et en illustrant leur métier ou en invitant leurs clients à quitter la ville pour venir sur leur lieu d’exploitation.

Aujourd’hui, le rôle des marchés de producteurs dépasse celui du simple événement commercial : •

il est tout d’abord un rendez-vous. En effet, les visiteurs sont fidélisés et reviennent chaque semaine ou chaque année pour rencontrer leurs producteurs ;

il est également un outil de promotion qui génère du tourisme pour les territoires d’origine des exposants.

En effet, les acteurs qui participent aux marchés de producteurs et qui proposent une offre touristique, tels que les organismes publics ou les producteurs, reconnaissent que certains clients vont visiter leur région pour ou grâce aux relations qu’ils ont eu sur ces marchés.

68


En revanche, ce phénomène doit encore être relativisé du fait du peu de données quantitatives sur le sujet : •

combien de marchés de producteurs en agglomérations, hebdomadaires et exceptionnels sont organisés chaque année en France ?

quelle est la part de producteurs qui propose et incite les clients de ces marchés à venir leur rendre visite ?

enfin, quelles sont les retombées touristiques réelles pour un territoire de tels événements ?

L’ensemble des recherches effectuées et le questionnement soulevé au cours de ce mémoire permettent d’en déduire que :

Le travail de Master II pourrait permettre dans un premier temps de quantifier le tourisme qui découle des marchés de producteurs et d’en déduire les effets pour les territoires afin de proposer dans un deuxième temps des préconisations qui permettraient de le développer.

69


TABLE DES ANNEXES

Numéro

1 2 3 4

5 6

7 8 9 10

Intitulé Répartition des offres « Bienvenue à la ferme »

Emplacement 1ère Partie (1.3.2) P. 25 ère Prestations Accueil Paysan 1 Partie (1.3.2) P. 25 ème Extrait de la charte 2 Partie des Producteurs de Pays de l’Aveyron (2.2.3) P. 36 ème Marchés des Producteurs de Pays 2 Partie (2.2.2)(2.2.3) P. 34 P. 36 Marchés des Producteurs de Pays - Corrèze - ACTUALITES Marché des producteurs de pays - à Lyon - EVENEMENTS Système de vente Les Marchés Paysans hebdomadaires Exemple de Montpellier (Hérault) Extrait de « Brochures touristiques » Diaporama « Marché de producteurs de Lyon » Entretiens de producteurs et de clients

2ème Partie 3ème Partie (2.2.4) (3.2.1) P. 39 P. 52 3ème Partie (3.2.2) P. 53 2ème Partie (2.2.4) P. 41 ème 3 Partie (3.2.2) P. 53 ème 3 Partie (3.2.1) P. 52 ème 2 et 3ème Partie (2.2.4) P.39&40 (3.1.1) P.47 (3.1.3) P.49&50 (3.2.2) P.53&54 (3.3.1) P.56 (3.3.2) P.56,57,59,60

Page A

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C

D

E

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G H

I

J

70


BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES GENERAUX

BESSIERE Jacinthe, Valorisation du Patrimoine Gastronomique et Dynamique de Développement Territorial, L’harmattan, 2001 DUBUISSON-QUELLIER Sophie et LAMINE Claire, La consommation engagée, Les Presses, 143p, 2009 DELFOSSE Claire, La France Fromagère, Boutique de l’histoire édition, 271p, 2007 HERMONT Carole, La diversification de l’activité agricole, L’Harmattan, 215p, 2006 MAZUC Marie-Béatrice, Tourisme vert : comment développer votre projet, Puits Fleuri, 400p, 2004 NEFUSSI Jacques, Les industries agro alimentaires, Que sais-je, Presse universitaire de France, 1989. OUVRAGES SPECIFIQUES et ARTICLES Construire ensemble des circuits alimentaires de proximité, Réseau AFIP, 2009

Diversité des producteurs en circuits CROC/COXINEL, n° 8, septembre 2008

courts,

Les

Cahiers

de

l’Observatoire,

Les circuits courts de commercialisation de produits AB, Y. CHIFFOLEAU, INRA, juin 2009 Les marchés paysans hebdomadaires, Y. CHIFFOLEAU, INRA, 2007 Résultats nationaux de l'étude de la consommation des produits fermiers, CERD, Octobre 2007, 72p Vente direct et terroir, Claire DELFOSSE, Cécile BERNARD, Méditerranée, 2007 PERIODIQUES Circuits courts : Une relation de proximité, Chambre d’Agriculture, n°991, mars 2010, 48p

Dossier Agri-tourisme, Chambre d’Agriculture n° 974, juin - juillet 2008 Fermes auberges, les recettes pour faire bouillir la marmite, La France Agricole, n°3332, Avril 2010 p57 Les Marchés des producteurs de pays, une initiative lotoise, Dire Lot Magazine, n°180, juillet 2009, P46 Marché de producteurs de pays, Gestion Technique Innovation Magazine, n°112, avril - mai 2007, 30p Marché et politique Autour de la consommation engagée, Sciences de la société, éditions presse universitaire du Mirail, n°62 - 2004, 245p Patrimoine culinaire et Tourisme rural, les études, édition Ter, Juillet 1996, 58p

71


Terroir, vin, gastronomie et tourisme, Cahiers Espaces, n°76, édition espaces, Décembre 2002, 135 p SITES WEB http://www.marches-producteurs.com/ http://marchepaysanantigone.free.fr/ 10/12/2009 http://www.afip.asso.fr/telechargement/Guide%20circuits%20courts%20AFIP%20BFC.pdf, 23/12/2009 http://www.reseaurural.fr/, 23/12/2009 http://www.marchesflottants.fr/ 10/01/2010 http://panoramaiaa.agriculture.gouv.fr/ 27/03/2010 http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/crise-elevage/bernard-wolfer.shtml 27/03/2010 http://www.equal-croc.eu/spip.php?article60 18/05/2010 http://www.inao.gouv.fr/ 17/05/2010 http://www.champagrica.fr/-Qu-est-ce-que-l-agritourisme21/05/2010 http://www.logement.gouv.fr/article.php3?id_article=4321 26/05/2010 DIVERS Forum régional, Innovation et patrimoines alimentaires en Midi-Pyrénées, le 23/11/2009 à FOIX

72


TABLE DES DEFINITIONS ET DES ABREVIATIONS

Définitions Buycott : c'est transformer tout consommateur en militant soucieux du respect des causes environnementales et citoyennes à l'occasion des moindres pratiques d'achat. Chambres d'hôtes : Ce sont des chambres meublées situées chez l'habitant en vue d'accueillir des touristes, à titre onéreux, pour une ou plusieurs nuitées, assorties de prestations. Gîte rural : aucune définition légale ne précise la notion de gîte rural. Cependant la jurisprudence considère qu’il s’agit d’une location saisonnière occupée au maximum 6 mois et obligatoirement disponible pendant au moins 3 mois de l’année. Le gîte doit être la propriété d’un agriculteur ou d’un propriétaire rural et ne peut en aucun cas être employé comme résidence secondaire exclusive ou permanente, soit du propriétaire soit du locataire. Produit fermier : il est produit par un agriculteur, à partir des matières premières de son exploitation, transformé sous sa responsabilité et commercialisé sous son nom.

Abréviations A.M.A.P. : Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne A.P.C.A. : Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture C.N.A.S.E.A. : Centre National pour l’Aménagement des Structures des Exploitations Agricoles C.R.E.D.O.C. : Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de vie F.D.S.E.A. : Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles G.M.S. : Grandes et Moyennes Surfaces I.N.S.E.E. : Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques I.N.R.A. : Institut National de la Recherche Agronomique I.P.S.O.S. : Société Française d’Etude et de Conseil spécialisée dans les sondages d’opinion O.G.M. : Organisme Génétiquement Modifié S.M.I.C. : Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance

73


TABLE DES MATIERES Introduction

5

Synthèse de la démarche de recherche

7

Première Partie

1. Le contexte Agricole

9

1.1 Les changements de l’agriculture 1.1.1 1.1.2 1.1.3

La crise de l’agriculture traditionnelle La crise de l’agriculture de masse Le retour vers une agriculture traditionnelle

9 9 11 13

1.2 Des bouleversements chez le consommateur 1.2.1 1.2.2

Des pratiques alimentaires différentes Un rapport avec la nourriture à plusieurs enjeux

15 15 16

1.3 La diversification 1.3.1

Mise en place de la vente en circuits courts 1.3.1.1 Définition 1.3.1.2 Profil des agriculteurs 1.3.1.3 Profil des consommateurs 1.3.2 Le tourisme rural : l’agritourisme 1.3.2.1 Définition 1.3.2.2 L’hébergement 1.3.2.3 La restauration 1.3.2.4 Les chaînes labellisées et les activités de loisirs et d’animation

16 17

20

Deuxième Partie 2. La vente directe

28

2.1 Définition 2.1.1 2.1.2

La vente directe Les motivations d’utilisation de ce circuit de vente 2.1.2.1 Pour les agriculteurs 2.1.2.2 Pour le consommateur 2.1.3 Le profil des consommateurs

28 28 28

32

2.2 Les marchés de producteurs en agglomération 2.2.1 2.2.2 2.2.3 2.2.4 2.2.5

« Un marché » - Définition Les marchés de producteurs en France Les marchés labellisés : « marchés de producteurs de pays » Les marchés de producteurs en agglomération Tableau comparatif des marchés paysans et des marchés de producteurs de pays

33 33 33 36 37 43 74


Troisième Partie

3. Le marché de pays vecteur de retombées touristiques 3.1 Relation touristes et producteurs 3.1.1 3.1.2 3.1.3

Les producteurs : la multi-activités Le consommateur : la recherche de liens avec un territoire Touristes et producteurs sur les marchés en agglomération

46 46 47 48

3.2 Une communication touristique pour les territoires 3.2.1 3.2.2

Communication indirecte Communication directe

51 51 52

3.3 Résultats 3.3.1

Le marché : destination en lui-même 3.3.1.1 Lieu d’animation et de spectacles 3.3.1.2 Lieu de rencontre d’un monde rural 3.3.2 Des régions qui bénéficient de retombées touristiques 3.3.2.1 Signes provenant des marchés 3.3.2.2 Signes provenant des territoires

Conclusion

46

54 54

56

62

Table des Annexes

64

Bibliographie 65

Liste des Définitions

67

75

Mémoire Master1TD: Marchés et Tourisme  

En quoi less marchés de producteurs en agglomération peuvent-ils être vecteur de développement touristique pour les territoires d'origines d...

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