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Business Community EF La revue des relations ONG n Entreprises BRI édité par

be-link d business & community intelligence

E d i t o

La mission de Be-linked est d’intégrer les relations avec la société civile au cœur de la stratégie de l’entreprise, pour créer, par l’innovation, de la valeur économique, sociétale et environnementale durable.

#17

L’innovation sociale comme antidote à la crise

S

i Rio+20 nous a appris une chose, c’est que les solutions viennent rarement d’en haut et que le temps des politiques publiques n’est pas celui des citoyens ni des acteurs de la vie économique et sociale. L’urgence à trouver des marges de manœuvre financières, mais aussi des solutions nouvelles en France pour réduire les inégalités grandissantes, contraste violemment avec la dynamique de certains pays dont le Brésil. Si l’on peut se dire que là-bas, tout est possible, notamment grâce à un taux de chômage historiquement bas, une croissance et une répartition des richesses qui satisfait la majorité des citoyens, le pays reste l’un des plus inégalitaires du monde.

A en croire certains décideurs politiques croisés à Rio, notre pays serait tant sclérosé et si peu créatif que les solutions devraient être trouvées ailleurs. C’est pourtant nier une forme d’évidence et démontrer une faible confiance en nos capacités, tant les possibilités que nous ouvre l’idée d’innovation sociale sont nombreuses et efficaces. Confrontés aux réalités du terrain, nous touchons tous les jours une évidence : les solutions les plus efficaces et innovantes passent par une combinaison nouvelle de savoirs, techniques et approches des acteurs traditionnels que sont les entreprises et le monde associatif. Ce nouveau prisme pour lire les problématiques sociales et environnementales est non seulement utile, mais nécessaire. En cette période difficile, les pouvoirs publics ont une responsabilité importante : créer et renforcer un cadre pour permettre à ces nouvelles alliances de devenir la norme et pas l’exception. Elles permettront en effet de renforcer les capacités et le financement du secteur associatif, dont on a vu ces dernières semaines qu’il était en danger pour sa partie issue du mécénat. Elles auront en outre pour effet direct de réintégrer les entreprises dans les problématiques nationales et territoriales, en matière d’impact social positif, en créant une approche quatre fois gagnante : pour les bénéficiaires, la collectivité publique, les associations et les entreprises. Jérôme Auriac Directeur Général de Be-linked Business & Community Intelligence

septembre 2012

sommaire Nouvelles des 5 continents 

A f r i q u e

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Dossier spécial Le continent Africain s’installe dans une démocratie qui ne pourra que conforter les potentialités et initiatives en termes d’innovation sociale. D’ailleurs, l’intégration des défis de demain dans la gestion du quotidien est au cœur de nombreux modèles créatifs et fertiles sur le territoire et les prévisions entrevoient en Afrique une rémission de la crise plus rapide qu’ailleurs. Mais, quand moins de 10% des projets Programmes d’adaptation au changement climatique ont trouvé un financement, le continent pourra-t-il récolter le fruit de ses efforts ?

TRIANGLE GÉNÉRATION HUMANITAIRE Vers la professionnalisation des relations entreprises UNION INTERNATIONALE POUR LA CONSERVATION DE LA NATURE

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De la gouvernance d’un barrage KENYA - KICKSTART Un social business à but lucratif

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BERTHA CENTER FOR SOCIAL INNOVATION AND ENTREPRENEURSHIP Quand responsabilité rime avec inclusion 12 TOWNSHIP PATTERNS Un modèle de mode 

FLASH SECTEUR

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Les TIC au service du développement Projets&Partenariats SMS et contrefaçons

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s e l l des continents e v nou

Rédaction : Grégory Jéchoux, Marie Antonelle Joubert, Nicolas Mann, Camille Riebbels, Hélène Salmon, Krisztina Tora.

AFRIQUE & MOYEN-ORIENT

Colonialisme industriel

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État israélien/AIC | L’Alternative Information Center, ONG israélo-palestinienne, reprenait en juin les éléments d’un rapport du contrôleur d’État israélien sur les zones industrielles israéliennes établies sur le territoire palestinien, pour dénoncer les illégalités et dangers liés à ces implantations. L’AIC, qui met à disposition sur son site une traduction anglaise du rapport, approfondit les inquiétudes de l’auteur sur l’illégalité de ces implantations, depuis leur localisation dans les zones prétendument « militaires » des territoires occupés, et donc hors de toute juridiction, jusqu’au manque avéré de permis de construire pour de nombreuses usines. Ces établissements, qui ne s’acquittent pas du paiement du salaire minimum, sont par ailleurs accusés d’exploiter et de mettre en danger la santé de la population palestinienne : le rapport relève une situation « à la frontière de l’illégalité dans tout ce qui concerne la santé et la sécurité ». Israël a construit vingt zones industrielles en Cisjordanie, dans lesquelles 5800 palestiniens travaillent, le plus souvent pour le bénéfice des habitants des colonies avoisinantes.

Israël/Territoires palestiniens

Bolloré : mêmes pratiques, nouvelles critiques

Bolloré/Oakland Institute/Communautés locales | L’Oakland Institute (OI), think tank américain dont la mission est de renforcer la participation publique et de promouvoir la diffusion d’informations sur les problématiques environnementales, sociales et économiques, a publié en avril un rapport intitulé Understanding Land Investment Deals in Africa - Socfin Land Investment in Sierra Leone. Dans ce rapport, rédigé avec le concours de l’ONG Sierra-léonaise Green Scenery, OI accuse Socfin, dont le groupe Bolloré est le principal actionnaire, de violer le principe de consentement préalable, libre et éclairé des populations locales dans le cadre du projet d’extension des plantations de palmiers à huile dans la région de Malen, au sud de la Sierra Leone. À peine un an après les critiques formulées par la FIDH sur les mêmes pratiques du groupe au Cambodge, ce rapport fait état d’un manque d’information et de transparence, d’une absence de consultation adéquate, de compensations insuffisantes, de pressions et d’intimidations exercées sur les populations locales. L’Oakland Institute rappelle des précédents dans les activités de Socfin (au Cameroun, au Cambodge et au Libéria) et réclame la révision des conditions du projet en Sierra Leone.

Sierra Leone

Cherche partenaire durable

FARIAD | Fair River International Association for Development (FARIAD) est une ONG qui met en place, depuis 1998 au Ghana, des programmes de développement agricole et entrepreneurial, notamment via la sensibilisation et la formation. FARIAD a par exemple appuyé la création et le développement de trente micro-entreprises sociales agricoles (héliciculture, apiculture…), avec succès : création d’emplois, amélioration des conditions de vie des agriculteurs et de leurs familles, attraction de jeunes vers l’entreprenariat social. Un projet majeur de l’ONG porte sur la structuration de coopératives de culture de noix de cajou, secteur qui requiert d’importants investissements initiaux : mutualisation des fonds et des outils, formation aux techniques de récolte et de traitement, à la gestion… L’ONG cherche aujourd’hui une entreprise pour s’engager dans un partenariat durable de commerce équitable.

Ghana

B&Cbrief | n° 17 12 | septembre juillet 2011 2012

AIC www.alternativenews.org

Socfin www.socfin.com Oakland Institute www.oaklandinstitute.org Green Scenery www.greenscenery.org

www.fairriver.org


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Cette rubrique est destinée à illustrer l’actualité des relations ONGn Entreprises à travers des expériences, des initiatives innovantes, mais aussi des conflits ou des divergences que nous avons repérés à travers le monde.

AMERIQUES

Réparations sous surveillance

BP/Environmental Defense Fund/Ocean Conservancy/National Audubon Society/Nature Conservancy/Oxfam/National Wildlife Federation | Deux ans après l’incendie de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique, BP, sommée par l’État fédéral de faire provision de 38 milliards de dollars afin de garantir ses dédommagements, reste soumise à de fortes pressions de la société civile. Après un travail intensif de plaidoyer, des ONG de protection de l’environnement ont obtenu le vote du Restore Act, qui prévoit d’allouer 80 % de la somme versée par BP à la restauration des côtes du Golfe du Mexique. Après la publication de National Wildlife Federation sur l’état de chaque espèce à la suite de la catastrophe, six ONG ont publié un rapport détaillant les projets prioritaires à financer. Le montant total de l’amende que devra verser BP sera connu à l’issue du procès, en janvier 2013.

États-Unis

Adidas sur le banc de touche

Adidas/Université du Wisconsin/Clean Clothes Campaign | Après une procédure de médiation échouée, l’Université du Wisconsin vient d’engager des poursuites judiciaires contre son entreprise sponsor, Adidas : dans leur contrat figurait une cause obligeant l’entreprise à respecter le droit social en vigueur dans les pays où elle a des activités. Or en avril 2011, une usine de fournisseurs d’Adidas, près de Jakarta (Indonésie) a fermé après le départ du gérant avec la caisse, laissant 2800 ouvriers sans emploi. La Fair Labor Association, dont Adidas est un membre fondateur, recommande que les entreprises demandent à leurs fournisseurs de se prémunir financièrement contre ce risque, ce qui n’a pas été mis en œuvre ici. Les anciens employés réclament leurs indemnités de licenciement, mais Adidas n’a à ce jour proposé que des mesures de compensation insuffisantes selon les syndicats et Clean Clothes Campaign, une coalition d’ONG et de d’organisations syndicales européennes, s’appuyant sur un réseau de plus de 200 organisations partenaires. La campagne ne s’arrête pas là : les Jeux Olympiques ont aussi été l’occasion d’épingler Adidas sur les salaires pratiqués dans les usines de fournisseurs au Cambodge.

États-Unis

Awà sur les voies

Vale/Survival International | Vale, géant minier brésilien, projetait d’étendre le réseau ferré des lignes reliant l’une des plus grandes mines de fer au monde, Carajás, en pleine Amazonie, à l’océan Atlantique. Les trains, de deux kilomètres de long, auraient alors pu circuler dans les deux sens, permettant ainsi à l’entreprise d’augmenter sa productivité. Mais les Awà, tribu d’indiens isolés la plus menacée au monde selon l’ONG Survival, vivent à proximité du tracé du chemin de fer, qui perturberait leurs moyens de subsistance. Selon le juge qui a été saisi, la compagnie minière aurait réalisé des concertations et des études d’impact social et environnemental insuffisantes, vis-à-vis de la législation en vigueur dans le pays, ce qui l’a amené à ordonner l’arrêt du projet dans la zone concernée. Survival maintient une campagne d’envergure pour la protection des Awà.

Brésil

Environmental Defense Fund www.edf.org National Wildlife Federation www.nwf.org

The Clean Clothes Campaign http://www.cleanclothes.org

Survival International www.survivalfrance.org

B&Cbrief | n° 12 | juillet 2011

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s nouvelle des continents

ASIE

Oppositions sur le Mékong

WWF/International Rivers/Save the Mekong | Le fleuve Mékong est l’objet d’une forte controverse depuis que le gouvernement laotien a commandé au promoteur thaïlandais C.H. Karnchang la construction du barrage Xayaburi pour plus de trois milliards de dollars. Les risques que représente ce projet ont été dénoncés par la société civile : selon International Rivers et le WWF, la sécurité alimentaire des 70 millions de personnes vivant directement du fleuve serait mise en danger. Le collectif Save the Mekong, réunissant les ONG et les populations des pays riverains, a été créé avec l’objectif annoncé d’obtenir l’abandon du projet. Les Etats cambodgiens et vietnamiens ont également exprimé leur désaccord au gouvernement laotien, qui a fini en mai dernier par déclarer la suspension du projet. Cependant, sur le terrain, les travaux semblent se poursuivre, sans aucune concertation avec la société civile.

Laos

Transformation toxique

Lynas/ Stop Lynas Coalition | Une coalition de vingt organisations de la société civile malaisienne lutte depuis septembre 2011 contre l’implantation d’une usine de raffinage de terres rares de l’entreprise australienne Lynas, spécialisée dans leur extraction, leur traitement et leur vente. Selon ses détracteurs, non seulement n’y a-t-il eu aucune consultation des communautés impactées, mais l’usine – actuellement en fin de construction – aurait pour objectif, à terme, de raffiner des concentrés de minerai brut provenant d’une mine en Australie à la fois du thorium radioactif et de l’uranium, dont les déchets seraient par conséquent nocifs pour l’environnement et la santé des riverains, soit 700 000 personnes dans un rayon de trente kilomètres. La coalition a gagné une première étape puisque la Haute Cour de Kuala Lumpur a pour l’instant rejeté la plainte pour diffamation de Lynas contre les organisations, mais à ce jour la campagne ne semble pas avoir eu d’impact sur le projet. À suivre…

Australie/Malaisie

Save the Mekong www.savethemekong.org WWF www.wwf.fr International Rivers www.internationalrivers.org

Stop Lynas http://stoplynas.org Lynas Corp. www.lynascorp.com

EUROPE

L’aide au développement en berne

Union Européenne/One I One, ONG de campagne engagée dans la lutte contre l’extrême pauvreté, dénonce, dans son rapport DATA 2012, le non-respect des engagements pris par l’Union Européenne (UE) en matière d’aide au développement. Les membres de l’UE s’étaient engagés en 2005 à consacrer 0,7 % de leur PIB à l’aide au développement d’ici 2015 en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement. A mi-parcours, les États cumulaient déjà un retard de 18 milliards d’euros par rapport aux objectifs fixés pour 2010. L’UE devrait donc accroître son aide globale au développement de 42,93 milliards d’euros entre 2011 et 2015 si elle souhaite atteindre son objectif final. Malgré cela, l’UE reste le premier donateur global et contribue pour plus de la moitié à l’aide publique mondiale au développement.

Conflit

Mécénat/philanthropie

Campagne

Initiative gouvernementale

Collaboration

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B&Cbrief | n° 17 12 | septembre juillet 2011 2012

Union Européenne One www.one.org Union Européenne http://europa.eu

Les liens hypertextes complets sont accessibles dans la version numérique de B&Cbrief (format pdf).


Attention aux auto-labels

Les Mousquetaires/Association Bloom I En pleine réforme de la politique commune de la pêche, ONG et professionnels se livrent une bataille autour du chalutage en eaux profondes, pratique jugée comme une aberration écologique, économique et sociale par les ONG. En novembre 2011, Greenpeace avait mené plusieurs actions contre la Scapêche, flotte de pêche du Groupement Les Mousquetaires, responsable de la majorité des captures profondes françaises. En réponse à ces attaques, Le groupement a lancé une campagne rappelant son engagement pour une pêche responsable. L’association Bloom a alors déposé une plainte pour publicité mensongère devant le Jury de déontologie publicitaire (JDP) de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité. Elle dénonce l’utilisation par le Groupe d’un auto-label « Pêche responsable », très ressemblant au label indépendant de pêche durable du Marine Stewardship Council. Le 21 juin, le JDP a donné raison à l’association, estimant sa plainte partiellement fondée.

France

Une campagne au tribunal

Greenpeace/Enel I Le tribunal de Rome a rejeté la plainte pour diffamation déposée par l’énergéticien italien Enel contre Greenpeace-Italie pour sa campagne « Faisons la lumière sur Enel ». L’ONG mène depuis plusieurs mois une grande campagne contre l’énergie au charbon en Italie, dont Enel est la principale cible, estimant que les dommages causés par la pollution de l’air par les centrales à charbon du groupe se chiffreraient à deux milliards d’euros par an, tandis qu’elle coûterait la vie à 366 personnes par an dans le pays, selon l’institut de recherche Somo. L’entreprise rappelle être soumise aux normes et aux contrôles en vigueur et produire près de la moitié de son électricité sans générer aucun type d’émissions. Mais pour le tribunal, « le noyau essentiel de l’information reportée par Greenpeace est conforme à la vérité ». Enel annonce vouloir poursuivre son action en justice.

Italie

Greenpeace http://oceans.greenpeace.fr Bloom Association www.bloomassociation.org Scapêche www.scapeche.fr Jury de déontologie publicitaire www.jdp-pub.org

Greenpeace www.greenpeace.org Somo http://somo.nl

MONDE

Paul Watson, nouvelle espèce menacée

Lush/Sea Shepherd I Le 9 juillet dernier, Lush Cosmetics, entreprise militante engagée contre les tests sur animaux, lançait une campagne en France, au Luxembourg et en Belgique pour demander la libération de Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd Conservation Society (SSCS). Le 13 mai, Paul Watson avait été arrêté à Francfort sur un mandat d’arrêt lancé par le Costa Rica pour « violation du trafic maritime », datant d’octobre 2011 et concernant des faits remontant à plus de dix ans : l’intervention de SSCS contre une opération illégale de découpe d’ailerons de requins. Si les motivations du Costa Rica demeurent inconnues, SSCS soupçonne l’industrie baleinière japonaise de manœuvrer en arrière-plan, pour demander l’extradition de Paul Watson du Costa Rica vers le Japon. Le 25 Juillet, la cour d’appel de Francfort s’est prononcée pour l’extradition… trop tard! Le 22 juillet, après plus de soixante-dix jours de liberté conditionnelle, Paul Watson avait mis les voiles pour une destination inconnue.

Costa Rica/Allemagne Sea Shepherd www.seashepherd.fr Lush http://fr.lush.eu

B&Cbrief | n° 12 | juillet 2011  55


DOSSIER SPÉCIAL

A FRIQUE TRIANGLE GÉNÉRATION HUMANITAIRE

Toutes les projections confirment que le continent le moins « développé » sera disproportionnellement touché par les changements climatiques, du fait de son extrême dépendance envers des secteurs sensibles et d’une faible capacité d’adaptation… Territoires, acteurs, attaches, sciences et usages sont donc convoqués pour endiguer les menaces persistantes, innover et construire ensemble, in fine, le

Vers la professionnalisation des relations La création d’un poste de « chargé de partenariats privés » correspond à une densification très nette des moyens que Triangle Génération Humanitaire, ONG basée à Lyon, souhaite consacrer au développement de ses relations avec les entreprises : Félicie Monneret, ancienne responsable opérationnelle de la zone Afrique-Moyen-Orient, qui occupe ces nouvelles fonctions, décrypte l’évolution interne de l’association sur cette question.

dénouement.L’Afrique,nouvelle frontière de l’économie ?

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Intervie

Interviews 

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De la gouvernance d’un barrage 8 Un social business à but lucratif

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Quand responsabilité rime avec inclusion 

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Un modèle de mode

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Flash secteur : Les TIC au service du développement

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Projets&Partenariats SMS et contrefaçons

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Repères Chiffres clés 

8 -9

sommaire 6

B&Cbrief | n° 17 | septembre 2012

Félicie Monneret (FM) : Triangle Génération Humanitaire est une association de solidarité internationale qui existe depuis 1994 et qui développe des programmes d’urgence, de réhabilitation et de développement. Nous intervenons lors de situations post-conflits ou post-catastrophes naturelles, dans lesquelles nous soutenons les populations dans la réappropriation des moyens de subsistance qu’ils ont pu perdre mais aussi en dehors de contextes de crise, avec une aide de long terme qui vise à améliorer des situations de sous-développement. Nous travaillons dans les domaines de l’eau, de l’assainissement, du génie civil, de la sécurité alimentaire, du développement rural, du socio-éducatif et psycho-social : cela nous permet d’être un acteur polyvalent qui peut répondre de manière intégrée aux situations qu’il rencontre, c’est à dire en prenant en charge globalement la situation des personnes et leurs difficultés. Aujourd’hui, Triangle a quinze programmes en cours dans cinq pays dans la zone Afrique Moyen-Orient, couvrant l’ensemble des domaines d’expertise de l’association. Ils sont financés par l’Union européenne, des agences de l’ONU, le ministère français des Affaires étrangères et quelques partenaires privés. Justement, quelles relations avez-vous développé avec les entreprises ? Triangle est en train d’investir ce champ…

6 à 14

Vers la professionnalisation des relations entreprises

Pouvez-vous nous présenter votre organisation et ses actions dans la région Afrique Moyen-Orient ?

Félicie Monneret, Chargée des partenariats privés.

FM : Jusqu’à présent, ces relations avaient été à la fois bonnes et peu denses, dans la mesure où Triangle n’avait, jusqu’en 2011, pas mis en place de démarche spécifique pour rencontrer les entreprises et essayer d’obtenir des fonds de leur part. C’était lié à une vision, qui demeure d’ailleurs dans l’association aujourd’hui, qui consiste à estimer que c’est à la fois le métier et le devoir des grands bailleurs publics que de financer les actions humanitaires et de développement. Pour autant, du fait de réseaux personnels ou de sollicitations spontanées que nous avions reçu, nous avons eu l’occasion de mener des expériences avec des bailleurs privés. Elles se sont déroulées à la satisfaction de chacun, et nous avons donc décidé récemment de systématiser cette démarche. Qu’est-ce qui vous y a décidé ?

FM : L’élément déclencheur a été le débat autour d’un partenariat. En 2007, alors que nous étions présents depuis une dizaine d’années au Yémen, YLNG (l’entreprise qui gère l’extraction de gaz pour Total au Yémen) a lancé un appel à propositions dans le gouvernorat de Shabwah, au centre du pays, qui est une zone assez complexe d’accès en termes sécuritaires. YLNG avait une problématique évidente d’acceptation sociale, tout à fait assumée d’ailleurs, liée à l’emprise au sol de ses zones d’exploitation, au nord du gouvernorat, et d’un pipeline qui le


entreprises Comment a évolué la réflexion de Triangle traverse pour apporter le gaz jusqu’aux installations de la zone vis-à-vis des entreprises ? côtière, d’où il est exporté. Nous avons répondu à l’appel à FM : Nous avons d’abord identifié nos besoins, qui étaient propositions et après que nous ayons été sur place faire une avant tout de diversifier nos financements. Nous n’avons pas évaluation des besoins et définir la stratégie d’intervention, de difficultés d’accès à nos bailleurs traditionnels, mais ceux-ci nous avons été sélectionnés. exigent de plus en plus des co-financements, souvent d’origiCela a fait l’objet de nombreuses discussions au sein de ne privée, pour les projets. Les autres besoins que les bailleurs Triangle, Total ayant une image controversée dans l’opinion institutionnels financent rarement, et que nous considérons publique. Avant tout, c’est la situation socio-économique de comme clés pour l’association sont l’innovation techla zone, c’est à dire une zone rurale très paupérisée du nique, la prospective, notamment sur les nouveaux Yémen, avec une présence extrêmement faible des « C’est avec services déconcentrés de l’État, qui nous a déci- notre expérience terrains (évaluation de besoins en urgence et développement), l’évaluation d’impact des projets et la dés. Fin 2008, nous avons mis en œuvre un preet notre métier capitalisation des savoir-faire. Ce sont des sujets mier projet de 400 000 euros, puis en 2011 nous que nous voulons sur lesquels nous pouvons nous rencontrer avec avons lancé ensemble deux autres projets pour un convaincre les les entreprises, qui ont ce type de questionnements montant d’1,7 million d’euros dans le domaine du sur leur métier, dans un contexte où par ailleurs la entreprises » développement agricole. prise de conscience éthique et les exigences de la resCe débat s’est conclu par l’adoption d’une position asponsabilité sociétale modifient leur rôle dans la société. Nosociative ferme sur deux points. D’abord, notre priorité ira tre vision c’est de faire converger ces démarches pour devenir toujours aux intérêts des populations bénéficiaires : lorsqu’on partenaires dans la création de valeur. a identifié des besoins, qu’on a une stratégie d’intervention et

qu’on a trouvé un bailleur pour la mettre en œuvre, on ne peut pas se permettre de refuser ces fonds. Ensuite, nous avons décidé que tous les partenariats avec des entreprises seraient discutés en conseil d’administration et donneraient lieu à un débat. Mon travail sera en partie de préparer ces débats, quand bien même les mentalités ont beaucoup changé au sein de Triangle sur ces sujets.

Comment avez-vous décidé de formaliser votre stratégie ?

FM : Notre stratégie comporte trois volets. En 2012 et 2013, nous nous concentrons sur les deux premiers, à savoir d’une part, l’intensification des relations avec les fondations d’entreprise, qui sont un bailleur naturel pour nous mais que nous sollicitons peu aujourd’hui pour des raisons de temps. La création de mon poste devrait permettre de remédier à cette difficulté. D’autre part, nous allons construire des relations bilatérales plus nombreuses avec les entreprises, que ce soit en nous appuyant sur notre réseau de partenariats existants ou en en développant de nouveaux. Sur ce point, notre ancrage lyonnais historique, ainsi que l’appui de la Région Rhône-Alpes qui nous est déjà acquis, nous portent à approcher dans un premier temps le tissu dynamique des entreprises régionales : nous cherchons à privilégier un fonctionnement professionnel mais à taille humaine, ancré dans des relations de proximité. A moyen terme – le troisième volet de notre stratégie est de lancer un club de partenaires « Impact et innovation », qui nous permettra de mutualiser avec des entreprise partenaires une capacité d’innovation technique mais aussi de partager des réflexions plus prospectives sur le développement et les pays d’intervention que nous connaissons bien. n Juliette Van Wassenhove

Pour aller plus loin… www.trianglegh.org Renforcement des berges des canaux d’irrigation dans le cadre d’un projet de développement agricole dans la région de Shabwah, Yémen.

B&Cbrief | n° 17 | septembre 2012  7


DOSSIER SPÉCIAL

A FRIQUE

Union Internationale pour la Conservation de

De la gouvernance d’un barrage L’impact négatif des grands projets d’infrastructures hydrauliques sur les populations locales est régulièrement dénoncé par les ONG. Le projet GWI-Barrages plaide pour une autre approche en organisant des concertations multi-acteurs et en proposant des solutions innovantes de partage des bénéfices. Explications par le coordinateur régional du projet, Jérôme Koundouno.

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Intervie

Pouvez-vous nous présenter le projet GWI-Barrages ?

En quoi consiste votre approche de partage des bénéfices ?

JK : Dans un contexte de mobilisation croissante des ONG contre la construction des grands barrages et de retrait progressif de certains bailleurs de fonds internationaux au vu des impacts négatifs de ces infrastructures, le concept de partage des bénéfices a émergé dans les années 1990, notamment autour des débats portés par la Banque Mondiale et la Commission Mondiale des Barrages. Certes les barrages entraînent des bouleversements, mais ils sont nécessaires au développement des pays car ils permettent d’apporter de l’énergie, de l’eau et des systèmes d’irrigation. Le partage des bénéfices consiste à s’assurer que les avantages générés par l’exploitation du barrage profitent à l’ensemble des parties prenantes, dont font partie les populations locales, et que des mesures réelles d’accompagnement et de développement des populations potentiellement affectées soient systématiquement mises en place.

REPÈRES

Jérôme Koundouno : Partant du constat que la modification de l’écosystème naturel affecte les modes de vie des populations locales, l’UICN a intégré à son mandat un pilier social. Le projet GWI-Barrages fait partie d’un programme international plus large, Des exemples d’initiatives dans ce cadre ? la Global Water Initiative, financé par Jérôme JK : Entre 2009 et 2012, un état des lieux a été réalisé la Fondation Howard G. Buffett et Koundouno, autour de six grands barrages de la zone. Il a mis en ludéveloppé en Amérique Centrale et en Coordinateur régional mière divers impacts tels que des problèmes d’ordre saAfrique. Mis en œuvre en partenariat du projet nitaire, une modification des ressources naturelles, avec avec l’Institut International pour GWI-Barrages des conséquences sur l’organisation sociale locale ayant l’Environnement et le Développement entraîné l’émergence de conflits fonciers pour l’accès (IIED) depuis 2009, le projet s’insère dans le à la terre suite aux déplacements des commuprogramme de la zone Afrique de l’Ouest et est « Nous ne nautés. Nous utilisons les enseignements de centré sur la gestion des réservoirs de barrages décidons de rien, cette étude pour les adapter à des sites déjà dans cinq pays : le Niger, le Burkina Faso, le nous accompagnons construits et en cours d’exploitation, en orMali, le Sénégal et la Guinée. L’objectif global les acteurs afin qu’ils ganisant des ateliers de concertation et des du projet est d’améliorer la gouvernance parviennent à des activités concrètes autour, par exemple, des locale en impliquant l’ensemble des acteurs techniques de pêche ou de l’affectation des impactés de quelque manière que ce soit par décisions communes sur terres. le principe de la construction et la gestion des barrages : pêcheurs, petits producteurs, chefs coutumiers, co-construction » En parallèle, nous avons identifié trois sites pilotes sur le fleuve Niger, Kandadji au Niger, ministres, gérants des barrages, etc. Taoussa au Mali et Fomi en Guinée, qui sont tous des projets de barrages à venir. Dans ces cas, notre mission Pour ce faire, nous essayons de mettre en relation l’ensemble consiste à sensibiliser et mobiliser l’ensemble des acdes acteurs, et d’organiser le principe de concertation afin de teurs concernés afin que les mêmes erreurs ne soient pas trouver des solutions pour garantir un système de gestion parreproduites. tagée de la ressource pour l’ensemble des usagers.

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Chiffres clés 72 millions d’enfants dans le monde ne sont pas scolarisés, dont la moitié en Afrique. Fin 2011, la région n’avait réalisé que 60 % des progrès requis pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement. En 2011, le montant total de l’aide au déve-

B&Cbrief | n° 17 12 | septembre juillet 2011 2012

loppement des pays de l’UE pour l’Afrique s’élevait à 20 422 millions d’euros. En 2010, on estime que les fonds transférés par la diaspora vers le continent africain atteignaient 40 milliards de dollars. Si l’Afrique reste le continent ayant le plus bas pourcentage de forêt primaire

(28 % en Afrique sub-saharienne mais 2 % au Maghreb-Machrek), les zones plantées ont augmenté, de 11,6 à 15,3 millions d’hectares entre 1990 et 2010. La République démocratique du Congo est le seul pays africain parmi les dix plus boisés, avec 134 millions d’hectares. En 2008,


la Nature

Qui sont les acteurs qui prennent part à la concertation ?

JK : Aujourd’hui nous travaillons avec les structures étatiques, les élus, les représentants des communautés locales et les ONG. Notre but est également d’entamer un dialogue avec les acteurs du secteur privé (entreprises et bureaux d’études notamment), sur la base de ce que nous ont appris les concertations. Le dernier Forum Mondial de l’Eau à Marseille a été l’occasion d’une première rencontre, et nous souhaitons leur accorder une place de plus en plus importante. Comment organisez-vous les échanges et quel est le rôle de l’UICN ?

JK : Concrètement, il y a différents niveaux de concertation : local, national et régional. L’UICN est un facilitateur, le lien entre l’ensemble des parties prenantes afin d’aboutir à un consensus. Nous ne décidons de rien, nous accompagnons les acteurs afin qu’ils parviennent à des décisions communes sur le principe de la co-construction. L’UICN peut ensuite, de façon légitime, se baser sur les recommandations émanant des ateliers pour appuyer le plaidoyer : faire remonter les priorités et convaincre de mettre en œuvre les dispositifs discutés. Des projets concrets ont-ils déjà émergé de ces concertations ?

JK : La plupart des plans de compensation et de développement local mis en place par les États sont financés pour une période de cinq à dix ans après la construction du barrage. Au terme de cette période, les projets engagés, faute de moyens financiers, s’arrêtent souvent brusquement. Une des solutions concrètes proposées lors des ateliers organisés autour du barrage de Kandadji au Niger serait de ponctionner une partie des recettes monétaires de la vente de l’électricité générée par la future centrale afin de l’affecter à un Fonds de Développement Local. Nous avons lancé en 2011 une étude juridique, financière et institutionnelle afin de valider la faisabilité d’un tel mécanisme, puis de construire et soutenir le plaidoyer auprès des décideurs politiques. Les premiers résultats montrent que le processus est envisageable et qu’il pourrait permettre de récolter jusqu’à 3 % des recettes, représentant près de 300 millions de francs CFA par an. La structuration concrète du Fonds a fait l’objet d’une deuxième étude et d’un atelier de restitution qui a eu lieu début

les exportations pétrolières et minières de l’Afrique représentaient 393 milliards de dollars, soit 10 fois la valeur des exportations de produits agricoles (38 milliards de dollars) et près de neuf fois celle de l’aide internationale (44 milliards de dollars).

Participants d’un voyage d’étude sur le site du barrage de Garafiri en Guinée.

juillet, qui a permis de valider le Fonds dans son principe et dans son fonctionnement, puis d’élaborer une feuille de route issue des recommandations de l’étude. Les questions de corruption, contrôle et de l’évaluation du Fonds par un tiers indépendant ainsi que la représentation des communautés affectées dans les instances de décision du Fonds ont été parmi les points soulevés par les participants. Quelles sont les perspectives et les challenges de ce projet ?

JK : Les actions de plaidoyer pour faire reconnaître auprès des États l’intérêt de l’application des mécanismes de partage de l’information et de prise de décision concertée prendront du temps car cela nécessite un changement de mentalité et une réelle volonté politique. Nous n’en sommes qu’au début ! n Sarah Ertel

Pour aller plus loin… Publication « Partager l’eau et ses bénéfices. Les leçons de six grands barrages en Afrique de l’Ouest » www.iucn.org

En 2011, 11 % de la population d’Afrique sub-saharienne et 28 % de celle d’Afrique du Nord avaient accès à Internet, chiffres ramenés à 31 % et 89 % pour l’accès à l’assainissement. En Afrique sub-saharienne, 37 % des malades nécessitant une thérapie antirétrovirale y ont eu accès en 2009. 17 %

du total mondial des porteurs du virus du sida sont d’Afrique du Sud, où l’on estime qu’une femme est violée toutes les 26 secondes. Sources : PNUD, Banque mondiale, FMI, Bloomberg, Figaro, Le Monde, OMS/Unicef, Global Witness, GHI, EPI, UNEPA, Médecins du Monde.

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DOSSIER SPÉCIAL

A FRIQUE

kenya - Kickstart

Un social business à but lucratif Martin Fisher et Nick Moon se rencontrent au Kenya au cours d’une mission pour l’organisation humanitaire Action Aid mais sont déçus des résultats « éphémères » des actions traditionnelles d’aide au développement. Ciblant les causes profondes de la pauvreté, ils créent un social business en 1991. En 2012, KickStart est finaliste des Classy Awards, dans la catégorie « meilleure organisation de lutte contre la faim et la pauvreté ».

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Intervie

Pouvez-vous nous présenter KickStart et sa raison d’être ?

tion manuelle : ce dont les gens disposent en abondance, c’est de leur force de travail et de leurs terres et cela, partout en Afrique. Quel est votre positionnement par rapport au secteur privé ?

MF : Créer et diffuser un nouveau produit est complexe et prend du temps. Comme nous nous adressons à des agriculteurs pauvres, nous devons vendre nos outils à petit prix, ce qui n’est pas rentable. En effet, pour convaincre un agriculteur d’acheter une pompe, cela nous coûte plus de 200$, or, nous ne vendons nos pompes que 100$ l’unité pour qu’elles soient accessibles pour les agriculteurs. C’est là le problème fondamental du bas de la pyramide (BOP), et c’est la raison pour laquelle les agriculteurs ne sont pas équipés aujourd’hui. Ce serait trop onéreux et compliqué pour le secteur privé de concevoir les outils adaptés et de susciter la demande sur un marché aussi risqué et difficile à atteindre que le BOP. De plus, cela demande beaucoup de pédagogie de convaincre un agriculteur qui utilise l’eau de pluie depuis des générations, qui n’a jamais vu une pompe, jamais pensé à l’irrigation, de changer ses habitudes, d’acheter une pompe toute neuve et de se mettre à irriguer.

©KickStart

Martin Fisher (MF) : KickStart est un « social business » qui s’est donné pour mission de sortir de la pauvreté des millions de familles africaines. Pour ce faire, nous avons décidé de concevoir des outils adaptés, que nous Martin Fisher , vendons à petit prix à des Co-fondateur et PDG de entrepreneurs pauvres, afin KickStart qu’ils puissent démarrer une Comment faites-vous ? activité lucrative. Notre proMF : Tout d’abord, nous concevons des équipements duit phare est la pompe d’irrigation, car 80 % des paufaciles à s’approprier et à utiliser car les agriculvres en Afrique sont des agriculteurs. « pour aider teurs les installent eux-mêmes, et la plupart La raison pour laquelle nous avons créé KickStart du temps, ils n’ont pas d’outils. Ensuite, nos les agriculteurs est que la priorité des gens pauvres est de gapompes sont mécaniques,  ergonomiques, africains, la gner de l’argent. Certes les agriculteurs gagnent solides et sont conçues pour durer, car elles meilleure chose à ont vocation à être utilisées dans des zones un peu d’argent, mais pas assez pour sortir de la pauvreté… car ils sèment tous les mêmes grai- faire est de les aider rurales loin de tout lieu de réparation. nes, vendent leurs produits sur des marchés déjà Ensuite nous utilisons, pour promouvoir et à irriguer » saturés et perdent 20 à 50 % de leur production vendre nos pompes, les magasins locaux qui avant la vente. vendent des semances et du matériel agricole. Pour répondre à ces problématiques, nous avons déciComme les agriculteurs vivent souvent loin des villes, dé d’identifier une activité lucrative que les très pauvres nous nous rendons aussi sur place pour les convaincre pourraient démarrer avec un investissement de départ d’irriguer leurs cultures ; nos équipes leur apprennent les faible, et de concevoir les outils nécessaires pour ensuite principes de l’irrigation et des techniques de cultures, les vendre à ces entrepreneurs pauvres. même pendant la saison sèche. Pourquoi avez-vous choisi de vous installer en Afrique ?

MF : L’Afrique a besoin d’irriguer, pourtant moins de 4 % des terres sont irriguées en Afrique subsaharienne, contre 43 % en Asie. Le potentiel est donc immense. De plus, l’Afrique dispose d’énormes ressources en eau, or seulement 10 à 15 % de ces ressources sont utilisées, car il n’existe pas de technologie adaptée : les pompes à pétrole et l’électricité solaire sont trop chères et bien souvent les zones rurales ne sont pas raccordées au réseau électrique. Donc nous avons conçu une pompe d’irriga-

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Quel est votre champ d’action ?

MF : La pompe d’irrigation est un formidable outil qui permet aux agriculteurs de produire même en saison sèche quand les récoltes sont plus limitées et donc quand les prix sont au plus haut. C’est la raison pour laquelle nos pompes sont achetées et utilisées par beaucoup d’ONG et d’institutions en Afrique : le Programme Alimentaire Mondial, la FAO, World Vision, Mercy Corps, etc... Total LandCare au Malawi, par exemple, a acheté 22 000 de nos pompes. Par ailleurs nous disposons de 430 points de vente au Kenya, en Tanzanie, au Mali et au Burkina


© KickStart

notre activité partout en Afrique. Tout d’abord, par l’identification et l’organisation de chaînes de fournisseurs locaux, puis en créant localement de la demande. En même temps, nous travaillons au développement de nouveaux produits, notamment pour l’irrigation profonde car actuellement, nos équipements ne permettent de pomper que jusqu’à sept mètres de profondeur. A terme, nous voudrions concevoir une solution d’irrigation pour chaque agriculteur en Afrique. D’ici à 2050, l’Afrique devra produire d’importantes quantités pour se nourrir mais aussi pour l’export ; nous devons donc aider le continent à développer son agriculture et à créer une classe moyenne, constituée de familles d’entrepreneurs, en commençant par les familles d’agriculteurs. n Hélène Salmon

Des agricultrices kenyanes converties à l’irrigation.

Comment évaluez-vous l’impact de KickStart ?

MF : Comme nous recevons des dons, nous devons impérativement évaluer notre impact : après avoir vendu un certain nombre de pompes, nous sélectionnons de manière aléatoire quelques acheteurs et leur rendons visite un mois après leur achat. On leur demande comment s’est passée l’année écoulée, combien ils ont gagné, si leurs enfants vont à l’école, dans quel type de maison ils vivent, quelles cultures ils font pousser et on dresse ainsi le portrait de leurs conditions de vie à un instant T. Nous revenons 18 mois plus tard pour voir quels sont les changements induits par la pompe « Money-maker ». C’est là qu’on voit la différence : par exemple, en Tanzanie, des familles qui gagnaient en moyenne 650$ par an, gagnent grâce à la pompe environ 700$ de plus. C’est une véritable transformation : pour la première fois ces familles peuvent envoyer leurs enfants à l’école, se projeter dans l’avenir et investir, acheter une poule, une vache… Quelles sont les perspectives pour KickStart ?

MF : Nous espérons équilibrer nos comptes et générer des profits en 2014-2015 au Kenya, pour continuer à investir dans ce pays, mais aussi en Tanzanie, et pour développer

+ d’infos KickStart : www.kickstart.org

Projets & partenariats

Faso et avons des partenariats locaux avec les ONG, les gouvernements et le secteur privé. Nous avons récemment créé un partenariat avec une entreprise qui exporte des légumes du Kenya et qui offre des prêts à ses agriculteurs pour acheter nos pompes.

SMS et contrefaçons Plus de 30 % des médicaments destinés à soigner le paludisme et la tuberculose en Afrique sont des contrefaçons, qui entraîneraient la mort d’environ 700 000 personnes chaque année. Alors qu’une grande majorité des Africains achètent leurs médicaments via des réseaux de distribution informels, points d’entrée de ces copies, l’entreprise sociale mPedigree a mis en place un système d’authentification des médicaments, en partenariat avec le géant informatique HP, les industries pharmaceutiques ainsi que des agences intergouvernementales. Lancé en 2009 au Ghana et au Nigeria, le système permet à chaque acheteur d’envoyer gratuitement par texto un code inscrit sur la boîte du médicament à un numéro de téléphone désigné. Le code est instantanément comparé aux protocoles authentiques, stockés dans une base de données à distance mise en place par HP, pour être certifié. Des acteurs divers, dont l’Organisation ouest-Africaine de la santé ou encore l’association des fabricants de l’industrie pharmaceutique d’Afrique de l’Ouest ont assuré en parallèle des campagnes de plaidoyer et de promotion du système auprès de la population locale. Le projet a également été lancé au Kenya, en Ouganda et en Afrique du Sud mais le rayonnement d’HP devrait permettre de l’étendre à toute l’Afrique, au Moyen-Orient et à l’Asie. www.mpedigree.net

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DOSSIER SPÉCIAL

A FRIQUE

Bertha Center for Social Innovation and Entrepreneurship

Quand responsabilité rime avec inclusion Dans un pays où près de 50% de la population vit avec moins de deux euros par jours, la notion de responsabilité de l’entreprise passe avant tout par l’intégration des communautés marginalisées.

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Intervie

En quoi consiste le Social Innovation Lab récemment créé par le Bertha Center?

François Bonnici (FB) : L’idée était de développer au sein de François Bonnici l’UCT (l’Université de Directeur du Bertha Center Cape Town) un centre for Social Innovation and qui mette les principes Entrepreneurship du management et du commerce au service de la lutte contre la pauvreté en Afrique du Sud et, par extension, sur le continent africain. C’est une tendance que l’on observe partout dans le monde mais ce sont surtout les universités occidentales qui s’y intéressent. Le Social Innovation Lab du Bertha Center est intégré à un cursus de MBA. Au cours du premier semestre les étudiants suivent des cours classiques de gestion (finance, marketing, ressources humaines…), puis pendant le second semestre, ils s’attèlent, en petits groupes, à trouver des solutions aux enjeux de la pauvreté en faisant appel à leurs acquis, et planchent sur des sujets comme l’économie informelle, le chômage, l’entrepreneuriat social, les gangs, les infrastructures médicales… Ils sont amenés à travailler en relation avec les communautés et constatent ainsi qu’il ne suffit pas d’appliquer simplement les grands principes du commerce mais qu’il leur faut intégrer ce qu’ils ont appris dans cet environnement souvent complexe. Mon intention est de leur donner la capacité d’agir selon une conscience des enjeux sociaux : que ce soit dans une grande entreprise, l’économie sociale ou un département du gouvernement, ils doivent être capables de comprendre quels sont les leviers du changement. Y a-t-il un rôle particulier des écoles de commerce dans les pays en développement ?

FB : La croissance économique repose en grande partie sur un secteur privé en bonne santé. C’est pourquoi, beaucoup avancent l’argument que le simple fait

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de faire des affaires peut avoir un impact significatif sur la pauvreté. Nous pensons qu’il faut aller plus loin… Les entreprises doivent certes être plus responsables dans leur activité mais il est également fondamental qu’elles cherchent à inclure les populations marginalisées dans l’économie formelle. Le capitalisme comme nous le connaissons a trop longtemps été exclusif, aujourd’hui cela peut changer car le monde voit l’Afrique comme une opportunité de croissance. Notre responsabilité d’école de commerce est de comprendre comment cette croissance peut bénéficier à tous. En formant des futurs managers, nous avons donc une triple responsabilité face à la pauvreté : la bonne gouvernance, la responsabilité des entreprises et l’intégration des populations à la marge de l’économie. La formation, les partenariats publics-privés et les collaborations intersectorielles deviennent donc essentiels. Dans un pays aussi inégalitaire que l’Afrique du Sud, quels sont les leviers d’action pour lutter contre la pauvreté ?

FB : Le gouvernement peut investir et poser les bases règlementaires mais avec seulement 10% de personnes qui paient des impôts, il lui est impossible de subvenir aux besoins de tous. Par ailleurs, les grandes entreprises n’embauchent pas particulièrement. Par conséquent, la réponse pour lutter contre le chômage doit venir de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Dans ce contexte, il existe d’immenses opportunités pour les petites entreprises, qui représentent déjà 70% de l’emploi dans le secteur privé sud-africain. La capacité à inclure ces petites entreprises et l’économie informelle est certainement un des facteurs qui favorisera la pérennité d’un modèle. Que pensez-vous d’un projet hybride – ONG, coopérative, entreprise – comme Township Patterns (voir ci-contre) ?

FB : Beaucoup d’ONG essaient de mettre en place des formations dans le but de créer des emplois mais elles sont rarement capables de relever les deux principaux défis : l’accès au marché et le développement du produit. C’est ce que Township Patterns a brillamment réussi à faire. Ils ont su créer un produit à la mode et trouver un marché sur lequel le vendre à un prix élevé. L’ONG est plus apte à créer une relation de confiance avec les communautés et à établir le cadre social nécessaire. n

Nicolas Mann

Pour aller plus loin… Bertha Center for Social Innovation and Entrepreneurship : ww.gsb.uct.ac.za


Township Patterns

Un modèle de mode Pouvez-vous nous présenter les différentes structures de l’écosystème Township Patterns ?

1999, afin de les fournir en sacs de courses réutilisables. Aujourd’hui, les coopératives produisent jusqu’à 150 000 sacs par mois et les distribuent dans tout le pays, mais également au Botswana et en Zambie. Le partenariat a permis d’ouvrir deux coopératives supplémentaires et d’employer cette année 25 femmes à temps plein. Les sacs sont vendus l’équivalent de cinq euros, la marge de Pick’n’Pay étant de 5 à 8%.

Nicole-Marie IRESCH (NMI) : Le business model de Township Patterns est né d’une rencontre au début des années 1990, avec quelques femmes du township Quelles sont vos perspectives (bidonville) de Khayelitsha, près d’évolution ? du Cap en Afrique du Sud. Elles NMI : Notre ambition est de devenir la marque Nicole-Marie ont exprimé leur désir et sud-africaine de référence dans le domaine IRESCH « Aujourd’hui, Présidenteleur volonté de travailler de l’accessoire de mode africain, en Afriles coopératives Fondatrice et dans le township où que et dans le monde. La réussite de Directrice de produisent jusqu’à elles vivaient près Township Patterns conditionne le proTownship Patterns 150 000 sacs par mois gramme de création de coopératives et de leurs enfants, et d’éviter ainsi les et les distribuent dans va permettre à ASB d’ouvrir sa structure transports, longs, coûà d’autres clients ou marques, pour actout le pays » teux et dangereux. Ces femmes m’ont guidée célérer notre rythme de développement. : ma mission principale était de les écouter et de n Sarah Ertel mettre en œuvre un modèle qui fonctionnerait pour elles comme pour moi. C’est pourquoi notre groupe comporPour aller plus loin… te trois entités bien séparées, à la fois indépendantes et Township Patterns : www.township.co.za indissociables. L’ONG Afrique du Sud Bidonvilles (ASB) se trouve au cœur du business model : elle forme les femmes à la couture, les aide à s’organiser en termes de production et de logistique, et fait le lien entre les deux autres entités de Township Patterns : les coopératives de couture, dans lesquelles les femmes appliquent ce qu’elles ont appris, et la société de marketing qui se charge du design, de la vente et de la distribution. Comment le projet social peut-il être concilié avec l’activité économique ?

NMI : Notre projet social est intimement lié à l’activité économique, qui en devient le fruit. Notre rôle est de répondre à l’élan créatif de la communauté, ce qui évite toute déception et en même temps l’oblige à un devoir de responsabilité. Les coopératives sont aussi engagées que moi dans cette aventure, leur pleine collaboration et compréhension de notre modèle est primordiale. Le but n’est pas ce que nous faisons, mais comment nous le faisons. Comprendre cette différence essentielle nous permet de sortir du schéma économique traditionnel pour nous orienter vers une économie locale qui correspond à une réalité concrète. Avez-vous un exemple significatif de débouché économique ?

Nous avons mis en place un partenariat avec la chaîne de supermarchés sud-africaine Pick’n’Pay en

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DOSSIER SPÉCIAL

A FRIQUE flash secteur . flash secteur . flash secteur . flash secteur . flash secteur . Philanthropie privée

Les TIC au service du développement Le secteur de la philanthropie privée est en pleine évolution. Il se déploie à l’international au delà des flux NordSud traditionnels, touche des publics différents par le biais de nouveaux moyens de communication, l’individu-donateur devenant contributeur direct de l’aide. L’exemple le plus significatif de ces nouveaux modes de collecte est le développement considérable du financement participatif ou crowdfunding, construit sur la création d’une communauté de citoyens intéressés, tels que les réseaux de prêt de personne à personne. Ces modèles de collecte sont encore jeunes mais la tendance de développement des plateformes de prêt en ligne montre combien leur potentiel est important : leur taux de croissance est estimé à 100 à 200% par an. Les nouveaux médias et les TIC permettent d’envisager des possibilités très larges de collecte auprès de nouveaux publics et révolutionnent le rôle du donateur. D’un statut passif, il passe de plus en plus à un statut d’acteur du développement à travers une facilité d’information démultipliée. Deux grandes familles de financements philanthropiques via les TIC se dessinent, qui toutes deux pratiquent le don et le prêt : une première faisant appel à la générosité des individus et des organisations à travers leur usage des TIC, comme Kiva ou la plateforme de don par SMS mGive, utilisée par de nombreuses ONG américaines et internationales pour collecter des fonds à destination de causes humanitaires classiques, des urgences humanitaires et d’autres bonnes œuvres nationales. Une seconde passe par l’entreprise, pour toucher l’individu dans son cadre de travail, comme le don sur salaire ou l’épargne salariale solidaire. Portées par la RSE, les entreprises affirment ainsi de plus en plus leur capacité de sensibilisation et de mobilisation de

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ressources face aux enjeux de solidarité internationale. Par ailleurs, de nombreux cas de paiements et transferts par téléphone se développent dans le monde, modèles économiques construits non sur un flux philanthropique mais sur un flux financier privé destiné à des familles. La mise en place de stratégies de corridors de paiement entre un pays donné où réside une importante diaspora et le pays d’origine, par exemple l’Angleterre et le Kenya avec M-Pesa, reflète la volonté d’étendre les possibilités de transferts de fonds par SMS des pays du Nord aux pays du Sud, alors qu’ils n’étaient auparavant possibles que par des opérateurs traditionnels. Ce modèle montre la complémentarité des approches au Nord et au Sud ; les pays les moins avancés et les pays émergents ne sont en effet pas en reste de solutions pour promouvoir le développement, notamment via la mobilisation des diasporas. On voit ainsi apparaître, entre autres modèles, des plateformes d’information et de canalisation des flux : les bourses d’investissement social, qui, sur le modèle des bourses d’échange de titres traditionnelles, se sont données pour mission de sélectionner des ONG et des projets en fonction de leur efficacité sociale, pour renforcer la confiance des donateurs et inciter ces derniers à financer les projets ainsi distingués. Après être né au Brésil, ce modèle est aujourd’hui notamment développé en Afrique du Sud, où la plateforme Sasix a permis de lever plus de 2,2 millions de dollars au profit des ONG sudafricaines en moins de 3 ans d’activité. L’investissement à impact social se déploie en Afrique du Sud comme un moyen d’intégrer le secteur privé et les marchés de capitaux dans la réponse aux enjeux sociétaux du pays : emploi des femmes, accès à l’éducation, au logement, etc. A travers cette plateforme, individus et entreprises peuvent investir dans des projets d’associations créant un fort impact social. En amont, ces

organisations sont choisies suivant un processus précis d’évaluation, d’audit financier, de due diligence , de visites sur place, d’analyse organisationnelle et de management afin de garantir la capacité à mener à bien le projet pour lequel les fonds sont levés, en réalisant un impact social mesurable. Il s’agit bien de dons dans la mesure où le capital ne donne pas lieu à rémunération mais permet de conduire des changements sociaux mesurables ; en retour, l’« investisseur social » bénéficie d’informations sur le suivi du projet. Ces tendances sont étudiées parmi les meilleures pratiques pour encourager la philanthropie privée au service du développement, dans une étude parue en juin, réalisée par sb factory, société de conseil en social business associée au cabinet Be-linked. La mission de sb factory est d’accompagner les acteurs européens et internationaux dans la mise en œuvre de leurs investissements ou projets ayant vocation à créer de la valeur sociale. n

Marion Vallet-Moison, sb factory

Pour aller plus loin… Etude « Comment encourager la philanthropie privée au service du développement ? » téléchargeable sur http://leadinggroup.org Kiva : www.kiva.org mGive : http://mgive.com M-Pesa : www.tuma-pesa.com Sasix : www.sasix.co.za


lectures & rendez-vous agenda

SEPTEMBRE

à suivre… OCTOBRE

suite

6ème Forum Social Mondial Urbain Du 3 au 7 septembre Naples, Italie http://forumsocialeurbanonapoli.org

ESG : comment se dessine le futur ? 11 octobre Paris, France www.agrion.org

Le rôle des entreprises dans Convergences 2015 « Pour des partenariats innovants contre la pauvreté » Du 19 au 21 septembre Paris, France www.convergences2015.org

Charity Impact Measurement Conference 16 octobre Londres, Grande-Bretagne www.impactmeasurementconference.com

Journée Mondiale d’action contre le gaz de schiste et la fracturation hydraulique 22 septembre www.globalfrackdown.org 7ème édition des Ateliers de la Terre « Âge de la co-construction ou triomphe de la compétition ? » Du 24 au 26 septembre Evian, France www.planetworkshops.org Green Forum WWF « Quelle relance écologique pour l’économie européenne ? » 27 et 28 septembre Paris, France www.wwf.fr

OCTOBRE SOCAP 2012 Du 1er au 4 octobre San Francisco, USA socap12.socialcapitalmarkets.net 9ème Journées Annuelles Développement Durable et Entreprises 3 et 4 octobre Lille, France www.jadde-lille.com Sommet international des coopératives Du 8 au 11 octobre Québec, Canada www.sommetinter2012.coop

@ noter…

8ème Women’s Forum Global Meeting Du 10 au 12 octobre Deauville, France www.womens-forum.com

Forum des Associations 25 octobre Paris, France www.forumdesassociations.com

NOVEMBRE Forum Social Européen +10 Florence, Italie Du 8 au 11 novembre www.firenze1010.eu 4ème Global Social Business Summit Du 8 au 10 novembre Vienne, Autriche www.gsbs2012.com European Venture Philanthropy Association (EVPA) Annual Meeting 13 et 14 novembre Dublin, Irlande evpa.eu.com 6ème World Forum de Lille Du 14 au 16 novembre Lille, France www.worldforum-lille.org Rencontres internationales de la biodiversité marine et côtière 13 et 14 novembre Brest, France www.brest-biodiversite.fr

@ noter…

Happy Planet Index En amont de Rio+20, les Amis de la Terre UK, Soil Association et la NEF publiaient leur « Happy Planet Index (HPI) », calculé sur la base de trois données : la durée de vie (chiffres PNUD), le bien-être ressenti (chiffres Gallup World Poll), et l’empreinte écologique (chiffres WWF). 151 pays sont ainsi classés, le Costa Rica arrivant en première position et la France en cinquantième position. www.happyplanetindex.org « Earth Overshoot Day » Le Global Footprint Network, qui calcule chaque année l’empreinte écologique mondiale, a annoncé le 22 août dernier que la consommation mondiale de ressources naturelles avait dépassé ce que la planète peut produire en un an. Une date qui arrive cette année 36 jours plus tôt qu’en 2011, confirmant la tendance entamée dans les années 1970… www.footprintnetwork.org

 Raconter la forêt L’association Wild-Touch, parrainée par Luc Jacquet (réalisateur de «La Marche de l’Empereur»), entend rapprocher l’Homme de la Nature par l’image, le cinéma et l’émotion. En attendant leur nouveau film sur les forêts tropicales primaires, l’association propose aux internautes de suivre le tournage pas à pas grâce à des web-feuilletons hebdomadaires : www.wild-touch.org  Rencontres post-Grenelle Le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie pilotera les 14 et 15 septembre une Conférence environnementale à laquelle sont conviés les représentants des collectivités locales, des entreprises et des ONG. Parmi les thèmes abordés, la transition énergétique, la santé et la fiscalité écologique. cdurable.info

à lire…  Recommandations pour les droits de l’Homme Réunies en séminaire international à Lima en juillet, les organisations membres de la FIDH y ont adopté la «Déclaration de Lima sur les droits de l’Homme et les entreprises», en réponse aux difficultés rencontrées par les communautés et les défenseurs des droits de l’Homme, face à la mise en place dans de nombreux pays de projets industriels et d’extraction de grande ampleur. Le document mérite une attention particulière car il formule des recommandations pour les acteurs concernés : les États (renforcement des cadres normatifs, etc.), les entreprises (meilleure prise en compte des droits de l’Homme et mise en œuvre de dispositifs de consultation complets, etc.) et le groupe de travail des Nations unies sur la question des entreprises et des droits de l’Homme. A lire sur www.fidh.org  La RSE, « de nouveaux défis pour les juristes » Le numéro de juillet 2012 du Juriste d’Entreprise Magazine consacre un dossier spécial à la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) intitulé « La RSE, de nouveaux défis pour les juristes ». A l’aide d’avis d’experts et de retours d’expérience de praticiens, portrait d’une RSE en pleine mutation. www.afje.org

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QUOI DE NEUF @ BE-LINKED ? D I A L O G U E S O C I E TA L

F O R M AT I O N ( s u i t e )

Jérôme Auriac, directeur général de Be-linked, et Anne Chanon, directrice du cabinet Le Sens Commun, allient leur expérience de praticiens du dialogue entre l’entreprise et la société civile (associations, recherche) pour publier un ouvrage de réflexion et de pratique sur le dialogue sociétal. Il présente les forces qui poussent à ce dialogue, un état des lieux des pratiques et des outils mobilisables pour engager l’entreprise sur ce chemin de plus en plus nécessaire.

Celsa-Ecole des hautes études en sciences de l’information et de la communication Be-linked animera pour l’année universitaire 2012-2013 plusieurs sessions de cours sur la relation ONG-Entreprises pour des étudiants en master 2, spécialisés en stratégie de communication et gestion du risque. + d’informations : www.celsa.fr Université de la Mode de Lyon Dans le cadre des sessions d’été de l’Université de la Mode de Lyon, Sarah Ertel a animé au mois de juillet 2012, pour la troisième année consécutive, un cours sur la mode éthique et les enjeux sociétaux, sociaux et environnementaux du secteur du luxe dans le monde. + d’informations : www.universite-mode.org

L’Entreprise à l’ère de la défiance. De l’intérêt du dialogue sociétal, L’Harmattan, 2012. F O R M AT I O N Be-linked animera des sessions de formation sur la gestion de la relation ONG-entreprises : - Dans le cadre de l’Univers-Cité du WWF les 23 et 24 octobre, pour des participants du secteur associatif ou privé. + d’informations : Associations : intitutdeformation.wwf.fr Entreprises : institutdeformation.wwf.fr

qui sommes-nous ? Be-linked, Business & Community Intelligence est un cabinet de conseil en stratégie et en management totalement dédié à la relation ONG-entreprise. Notre mission est d’intégrer les relations avec la société civile au cœur de la stratégie de l’entreprise, pour créer, par l’innovation, de la valeur économique, sociétale et environnementale durable. Pour en savoir plus sur nos activités, nos références... : www.be-linked.net …et vous ? Êtes-vous à l’origine, ou impliqué(e) dans un partenariat innovant associant ONG et entreprises, un nouveau social business ? Souhaitez-vous nous faire part d’un projet qui vous semble particulièrement novateur dans ce domaine ? N’hésitez pas à nous en informer !  info@be-linked.net

ETUDE Be-linked publiera en octobre «Les relations ONG-entreprises face à l’érosion de la biodiversité», une étude réalisée par Grégory Jéchoux sur les partenariats avec le secteur privé des quinze plus grandes ONG environnementales internationales

- Dans le cadre des formations proposées par l’AFF aux associations et ONG les 12 et 13 décembre + d’informations : www.fundraisers.fr

nous contacter Tél. : 09 53 42 09 38 Mail : info@be-linked.net Site : www.be-linked.net

B&C

Impression : Pure Impression sur papier FSC mixte avec encres végétales

brief | Directeur de la publication : Jérôme Auriac | Rédactrice en chef : Marie Antonelle Joubert I Rédacteurs : Jérôme Auriac, Sarah Ertel, Grégory Jéchoux, Marie Antonelle Joubert, Nicolas Mann, Camille Riebbels, Hélène Salmon, Krisztina Tora, Juliette Van Wassenhove | Graphiste : Delphine Miserey | Impression  : Pure Impression | info@be-linked.net

Business& Community EF BRI B U L L E T I N D ’ A B O N N E M E N T A L A R E V U E D E S R E L AT I O N S O N G n E N T R E P R E P R I S E S

n

Tous les deux mois, la Revue des relations ONG Entreprises vous donne les clefs pour comprendre les enjeux de la relation entre les entreprises et les organisations de la société civile – actualité, analyse, recherche, décryptage – sous un angle transversal et international.

q Oui, je souhaite profiter de votre offre spéciale et recevoir les 8 prochains numéros (6 numéros par an + 2 gratuits) q Tarif normal : 360 e HT, soit 430,56 e TTC q Tarif réduit (ONG, étudiants et chercheurs, sur justificatif) : 100 e HT, soit 119,6 e TTC Nom et prénom : ...................................................................................................................................................................................................... Nom de l’organisation ou de l’entreprise : ............................................................................................................................................................... .................................................................................................................................................................................................................................. Fonction : ....................................................................................................................... Email : ............................................................................................................................ Adresse : .................................................................................................................................................................................................................. .................................................................................................................................................................................................................................. Code postal : .................................. Ville : ....................................................................................................................................................... Pays : .............................................

Tel : ........................................................................................................................................................

Merci d’envoyer ce bon de commande par courrier accompagné de votre règlement à : Be-linked, 72, rue de Rochechouart, 75009 Paris. Une facture vous sera adressée dès réception de votre bulletin d’abonnement.

B&C Brief n° 17 - Septembre 2012 - Afrique  

Tous les deux mois, B&C Brief vous donne les clefs pour comprendre les enjeux de la relation entre entreprises et organisations de la sociét...

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