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IMPACT

AGRICULTURE

Novembre 2013 / Magazine thématique de la CTB - l’Agence belge de développement


SOMMAIRE L’agriculture, cruciale dans la lutte contre la pauvreté

3

Le bonheur est dans les champs pour 190 000 agriculteurs rwandais

4

Burundi : Entretien avec Odette Kayitesi, Ministre de l’Agriculture et l’Élevage

6

Maroc : Des bourses, des satellites et des réseaux

7

Mali/Niger : Des zébus et des hommes

8

Équateur : Cultiver des aliments sains

9

Agroécologie : l’agriculture du futur

9

Burundi : Améliorer les semences pour de meilleures récoltes

10

Égalité de genre dans l'agriculture, avec un témoignage du Maroc

11

Tanzanie/Pérou : Des ressources naturelles pour le développement économique local 12 Le commerce durable pour de meilleures conditions de vie 14

LE SECTEUR « AGRICULTURE » DANS LA COOPÉRATION BELGE AU DÉVELOPPEMENT 1 La Coopération belge au développement soutient l’agriculture familiale durable. Elle vise à améliorer la sécurité alimentaire et à contribuer à une croissance économique durable. Quatre axes majeurs déterminent l’approche des interventions. Avant tout, il y a l'augmentation, de manière durable, de la production. Celle-ci peut être réalisée en améliorant l'accès aux facteurs de production : information et innovation, eau, semences, services financiers… Un deuxième axe est la commercialisation des produits agricoles. Il vise à assurer aux producteurs un meilleur accès aux marchés grâce à une infrastructure de transport et des services d'information et de communication améliorés. Il concerne également le renforcement des organisations de producteurs.

À PROPOS D’IMPACT

Un troisième axe est le renforcement des capacités des ministères, de la société civile et des organisations paysannes par le renforcement des politiques et l'appui à la coordination des différents acteurs (organisations agricoles, secteur privé, autorités locales). Le quatrième pilier est le renforcement de la position de la femme. Les femmes rencontrent des obstacles lorsqu'il est question d’accès à la terre, aux marchés et aux informations, alors qu'elles jouent un rôle clé dans la production, la transformation et la commercialisation des produits agricoles.

Déjà paru › Santé (avril 2013)

Dans différents pays, la Coopération belge prend le lead des donateurs dans la concertation entre eux et avec le ministère partenaire: au Bénin pour l'agriculture, au Niger et au Mali pour l'élevage.

Économie sociale et agriculture

15

Congo : Pêche artisanale et pisciculture 16 Bénin : Klouékanmè, meilleure commune agricole 2012 17 Échange de connaissances et d’expériences 18

IMPACT est la revue de la CTB qui, deux fois par an, braque les projecteurs sur les résultats de nos interventions dans un secteur particulier.

Le terme d' « impact » est utilisé ici dans le sens général du terme (« conséquence », « effet »), et non pas dans celui employé dans le cadre des évaluations des interventions de développement.

1 | Source : Note stratégique Agriculture et Sécurité alimentaire, SPF Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au Développement, décembre 2010.


03 La CTB dans le secteur de l’agriculture

L’AGRICULTURE, CRUCIALE DANS LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ

NBE N WAEYE SOFIE VA

RGE

Interview avec Sofie Van Waeyenberge, Coordinatrice de la Cellule Agriculture, CTB Bruxelles

Quelle est l'importance du secteur agricole dans la Coopération au développement ? La Coopération belge au développement mise énormément sur le secteur : dans 15 des 18 pays partenaires, elle est active dans l'agriculture, et dans 11, cette dernière est un secteur prioritaire1 [voir p. 20]. En 2004, la part de l'aide publique au développement (APD) allouée à l'agriculture a chuté pour ne plus atteindre que 3,5 %. Deux facteurs ont joué pour inverser la tendance. Dans son Rapport sur le développement dans le monde de 2008, la Banque mondiale a préconisé de replacer l'agriculture au centre de la lutte contre la pauvreté. Et la crise alimentaire presque simultanée a braqué à nouveau les projecteurs sur le secteur. À juste titre : quelque 75 à 80 % des pauvres ruraux2 vivent de l'agriculture. Cette attention croissante est également perçue dans de nombreux pays partenaires. Dans la Déclaration de Maputo (2003), les pays africains se sont engagés à porter à 10 % le budget national affecté à l'agriculture. Dans certains pays, il n'était que de 1 ou 2 %. Même si ce chiffre n'est pas atteint partout, la plupart des pays ont déjà mis en place des plans d'investissement nationaux agricoles et le budget a considérablement augmenté dans plusieurs d’entre eux.

Le problème de la sécurité alimentaire ne serait pas lié à la production, mais à l'accès aux denrées alimentaires. Pour le moment, c'est vrai. Mais avec la récente crise alimentaire et énergétique,

la thématique de l'approvisionnement alimentaire mondial a refait surface dans les débats. Le monde est confronté à l'énorme défi de nourrir neuf milliards de personnes à l'horizon 2050. La demande croissante d'agrocarburants, de viande et de nourriture pour le bétail, surtout suite aux nouvelles habitudes de consommation en Asie, crée une pression supplémentaire sur les terres agricoles. Par ailleurs, les sécheresses et les inondations toujours plus fréquentes entraînent elles aussi une perte partielle ou totale de certaines récoltes.

Comment le changement climatique peut-il être pris en compte dans nos interventions ? D'une part, il est nécessaire d'adapter l'agriculture au changement climatique, par exemple par la mise en œuvre de techniques agricoles adaptées ou une meilleure gestion de l'eau. D'autre part, nous devons rendre l'agriculture plus durable afin de limiter son influence sur le climat. La nécessité d'une agriculture plus écologique devient de plus en plus évidente. C'est pour cette raison que la Coopération belge soutient l'agriculture familiale durable. La CTB suit aussi de près l'évolution de l'agroécologie [voir p. 9] et étudie comment mieux l’intégrer dans les programmes.

Cette formulation s’effectue de plus en plus selon une approche programme : différentes interventions forment un tout cohérent, avec des liens explicites et une interaction entre elles. L’objectif commun est de soutenir le secteur dans son ensemble. Cela se traduit souvent par un volet d'appui institutionnel au niveau national et un volet plus opérationnel sur le terrain.

Quels sont les principaux défis pour l'avenir ? Le changement climatique et l'instauration d'une agriculture durable figurent bien entendu au rang des priorités. Assurer un accès durable des petits producteurs aux marchés, tant pour l’acquisition de moyens de production que pour la vente de leurs récoltes, demeure par ailleurs un défi important. Enfin, il existe un grand débat sur les manières de faire avancer le secteur, et plus particulièrement l'agriculture familiale. C'est pourquoi il importe tant de documenter les expériences. L'ONU a déclaré 2014 « Année internationale de l'agriculture familiale », ce qui laisse entrevoir une chance de mettre cette forme d'agriculture à l'honneur et de tirer des enseignements du passé.

Comment la CTB formule-t-elle ses projets agricoles ? Les stratégies de développement et les institutions nationales du pays partenaire constituent toujours le point de départ. Les interventions sont formulées sur la base d'une analyse du secteur et compte tenu des priorités de la Coopération belge au développement [voir p. 2].

1|E  n ce compris, la gestion durable des ressources naturelles. 2|Ê  tre pauvre signifie survivre avec moins de 1,25 dollar par jour. On dénombre actuellement 1 milliard de ruraux pauvres dans le monde (Nations Unies, 2005).


04 Rwanda

LE BONHEUR EST DANS LES CHAMPS POUR 190 000 AGRICULTEURS RWANDAIS

Former les agriculteurs de manière interactive et expérimentale, tel est le secret du succès rencontré par les Farmer Field Schools 1.

© CTB / Dieter Telemans

Chaque jour, des millions d'agriculteurs travaillent dans leur champ pour faire pousser les aliments qu’ils consommeront eux-mêmes ou qu’ils vendront sur les marchés locaux. Au Rwanda, la superficie très restreinte des terres cultivables disponibles pousse les agriculteurs à en tirer le maximum. Ils veulent apprendre et appliquer les pratiques qui leur per-

1 | « Champs-écoles paysans »

mettront d'accroître leur productivité et leurs revenus. C’est la raison pour laquelle 80 000 agriculteurs ont d'ores et déjà adhéré à un groupe de Farmer Field Schools (FFS) dans le cadre de l'Initiative FFS Rwanda, mise en œuvre par le Conseil Agricole du Rwanda avec l'assistance de la CTB.


05 Un apprentissage basé sur l'expérimentation et le plaisir

Les champs-écoles proposent aux agriculteurs une expérience d'apprentissage interactive, pratique et amusante. Des agriculteurs sont formés et coachés pour devenir des facilitateurs de groupes d’autres agriculteurs. Plus important encore, on ne leur dit pas ce qu’ils doivent faire, ils sont amenés à prendre eux-mêmes des décisions basées sur leurs observations et expériences dans les champs. « Au sein d’un groupe, nous comparons les variétés et les pratiques culturales, et évaluons nous-mêmes les résultats. J'ai vraiment apprécié l'expérience du « zoo d'insectes ». Nous avions placé dans une bouteille des feuilles de haricots, des pucerons et une coccinelle, afin d’observer ce qui se passait. Les pucerons ont sucé la sève des feuilles, mais la coccinelle a mangé tous les pucerons ! Nous avons ainsi appris quels insectes attaquaient nos plantes et quels insectes étaient nos amis. Je suis convaincu que nous sommes maintenant mieux préparés pour faire face à ce que nous réserve l'avenir. Et si nous ne pouvons trouver les solutions nous-mêmes, nous avons toujours la faculté de faire appel à notre facilitateur », explique Aimable Gatambire, qui a rejoint un groupe FFS en 2011.

Les revenus des agriculteurs ont plus que doublé

L'impact des FFS est des plus significatifs. Globalement, 92 % des 2897 groupes font état d'une augmentation de productivité d'au moins 50 % ; pour certaines cultures, les résultats sont encore plus impressionnants. Les revenus moyens des agriculteurs ont plus que doublé (+164 %). En outre, les membres d'un FFS utilisent moins de pesticides et préservent les ressources génétiques locales. « Nous n'en croyions vraiment pas nos yeux quand nous avons récolté notre manioc sur les parcelles FFS. Nous n'avions jamais vu d'aussi grosses racines ! Je pense qu'elles étaient six, voire sept fois plus grosses que celles auxquelles nous étions habitués ! » se réjouit Ernest Kabeja, un planteur de manioc. « Et heureusement, le goût y est aussi ! » Un autre membre du groupe ajoute : « Nous sommes vraiment heureux d'avoir adhéré à un groupe FFS. C'est l'agriculture

© CTB / Dieter Telemans

qui nous a réunis, mais le fait d'être membre comporte bien d'autres avantages. Nous avons par exemple mis en place un système d'épargne dans notre groupe. Désormais, nous avons tous une assurance santé et nous faisons en sorte que chaque membre puisse acquitter les droits de scolarité. Nous discutons même du VIH lors de nos réunions. » Le succès de l'intervention a été remarqué par les décideurs. L'approche FFS est désormais reconnue comme l'approche de vulgarisation la plus performante pour accroître la productivité. L'ambition ultime de l'Initiative FFS Rwanda est de mettre en place trois groupes FFS dans chaque village rwandais, et de permettre ainsi pratiquement à chaque agriculteur rwandais d'en devenir membre. Si les fonds nécessaires sont trouvés à temps, cet objectif pourrait être réalisé en l'espace de cinq ans seulement. L'approche est efficiente à grande échelle. Ce qui compte maintenant, c'est de poursuivre l'expansion, de passer à la vitesse supérieure et de transformer l'ensemble de l’agriculture rwandaise.

Une approche dérivée « quick win » Les facilitateurs formés dans le cadre des FFS font aussi partie d’une expérience « à impact rapide », dérivée de l'approche FFS. Si l'approche classique procure aux agriculteurs une compréhension approfondie de leurs activités agricoles, elle prend néanmoins beaucoup de temps. Or, des interventions urgentes s'avèrent parfois nécessaires pour lutter contre un foyer de maladie émergente. La stratégie à impact rapide baptisée « Campagnes de mobilisation communautaire » permet alors la montée en puissance rapide d'une intervention technique qui s'est révélée fructueuse dans le cadre FFS. Des milliers d'agriculteurs sont mobilisés par des dirigeants locaux et travaillent ensemble sur des parcelles de terre remembrées sous la conduite technique des facilitateurs FFS. Depuis 2012, 110 000 agriculteurs ont déjà été impliqués dans des campagnes de lutte contre le flétrissement bactérien du bananier et contre le Striga dans les céréales.

© CTB / Dieter Telemans


06 Burundi

ENTRETIEN AVEC ODETTE KAYITESI, MINISTRE DE L’AGRICULTURE ET DE L’ÉLEVAGE

La Belgique est le premier contributeur bilatéral du Burundi dans le secteur agricole. Odette Kayitesi, Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, nous parle du vaste programme « PAIOSA » lancé en 2011 par son ministère et la CTB : un programme d'une durée de 7 ans et d'un montant de 62 millions d'euros.

Vous êtes Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage depuis maintenant deux ans. Quels sont d’après vous les défis majeurs à relever ? L’agriculture est un secteur d’activité économique crucial pour le Burundi. Elle est le premier pourvoyeur d’emplois, et contribue pour 80 % au PIB. Les cultures de rente procurent 90 % des recettes d’exportation. Mais nous avons un petit pays de collines, avec une forte densité de population. Certaines familles survivent avec moins de 0,2 hectare de superficies exploitables. Augmenter la productivité et la production de manière durable est un défi majeur pour les années à venir. L’enjeu est de passer d’une agriculture d’autosubsistance à une agriculture tournée vers le marché, capable de répondre aux défis de la sécurité alimentaire et de l’urbanisation croissante. Pour ce faire, nous devons mieux valoriser les ressources en eau, améliorer les pratiques de protection des sols ou encore les pratiques culturales.

Quelle est la contribution de la Coopération belge à la mise en œuvre des politiques agricoles ? La Belgique est le premier contributeur bilatéral du Burundi dans le secteur

agricole. Elle intervient au travers du Programme d’appui institutionnel et opérationnel au secteur agricole (PAIOSA), qui marque le passage à un nouveau mode de coopération. Il y avait auparavant six projets qui fonctionnaient de manière indépendante, sans réelles synergies entre eux ni liens avec les services du ministère. Aujourd’hui, il n’y a plus qu’un seul programme intégré, ce qui constitue une avancée importante pour améliorer l’efficacité de l’aide et permettre un meilleur alignement de la coopération sur les stratégies nationales. Cette approche permet aussi une plus grande flexibilité pour répondre aux besoins de nos populations.

Quels sont concrètement les domaines d’intervention du PAIOSA ? Le programme apporte des appuis institutionnels et opérationnels. En matière d’appuis institutionnels, la CTB accompagne le ministère de l’Agriculture dans ses fonctions régaliennes de planification, de coordination et de contrôle. Le programme a par exemple fortement

contribué à l’élaboration du Plan national d’investissement agricole (PNIA), qui est aujourd’hui le document de référence pour le secteur. Il a aussi appuyé la réalisation d’enquêtes agricoles, qui ont fourni des informations très utiles à la prise de décision.

Et pour ce qui concerne les appuis opérationnels ? La CTB intervient dans trois zones agroécologiques à fort potentiel agricole : l’Imbo, le Bugesera et le Moso. Le programme envisage notamment des aménagements hydroagricoles pour améliorer la maîtrise de l’eau et permettre de réaliser plusieurs saisons culturales sur une même parcelle. Différentes mesures d’accompagnement sont prévues pour améliorer ensuite la mise en valeur et améliorer la compétitivité des chaînes de valeur agricole : ces mesures touchent par exemple l’approvisionnement en intrants, l’accompagnement des petits entrepreneurs privés dans la mise en place de structures de transformation ou encore l’amélioration des conditions de mise sur le marché.

Six projets dans un programme :

ODETTE KAYI

TESI

« Une avancée importante pour améliorer l’efficacité de l’aide » Odette KAYITESI Ministre de de l’Agriculture et de l’Élevage


07 Maroc

TARIK BENAB

© CTB / Rosalie Colfs

Ces activités devraient permettre de créer des emplois dans le secteur non agricole tout en favorisant l’amélioration des rendements.

On parle beaucoup de changement climatique et de ses répercussions sur l’agriculture. Qu’en est-il au Burundi ? Comment agit la Coopération belge ? Nous ressentons de plus en plus l’effet du changement climatique. Il y a maintenant de fortes variations au niveau des périodes pluvieuses et de leur intensité. Face à ce problème, la maîtrise de l’eau est un élément essentiel. Le PAIOSA nous appuie notamment pour la réalisation de travaux d’aménagement dans la plaine de l’Imbo, qui permettront d’assurer un approvisionnement toute l’année sur 4 000 hectares. Cette plaine est située à proximité de Bujumbura et sa mise en valeur est un enjeu primordial pour assurer la sécurité alimentaire de la capitale et du pays.

DELOUAHAB

Des bourses, des satellites et des réseaux

Tarik Benabdelouahab est un ingénieur agronome de 32 ans, attaché depuis 2008 à l’INRA1, l'institut marocain de recherche agronomique. Bénéficiaire d'une bourse de la Coopération belge, il poursuit un doctorat à l'Université de Liège (Belgique) depuis 2012. Tarik étudie les possibilités d’utiliser les images satellitaires et les systèmes d'information géographique (SIG) pour optimiser la gestion de l'eau dans l'agriculture. Ses recherches portent sur la plus grande zone d'irrigation du pays (Tadla – 106 000 hectares), le « grenier à blé » du Maroc, au nord-est de Marrakech. Quelque 10 000 exploitations agricoles de petites et grandes dimensions (de 0,5 à 500 ha) y sont actives dans la production, principalement, d'agrumes et de semences de céréales, d’oliviers et de betteraves sucrières. Ces vingt dernières années, le Maroc a connu de graves sécheresses, qui ont incité les autorités à construire des barrages et à développer des zones irriguées. « J'ai obtenu ma bourse d'études via mon employeur », explique Tarik. « La Belgique veut renforcer ainsi les capacités des institutions et des ministères avec lesquels elle coopère dans les pays partenaires. Et cela ne me semble pas une mauvaise idée. Durant mon doctorat, je suis de près le travail sur place et je retourne régulièrement au Maroc pour y mener des études

sur le terrain. Au terme de la bourse, en 2015, je devrai continuer à travailler pour l'INRA pendant huit ans. Cela me paraît tout à fait normal et je suis fier de pouvoir, de cette manière, poursuivre mon travail, appliquer la recherche et donner quelque chose en retour. Via les recherches que je mène à l'Université de Liège, l'INRA bénéficie d'un accès moins coûteux aux images satellitaires SPOT provenant de l'ESA, l'agence spatiale européenne. Ces images satellitaires sont cruciales pour nos recherches au Maroc. C'est sur base de ces images que les autorités marocaines prennent, en concertation avec les agriculteurs et les organisations agricoles, des décisions pour optimiser l'irrigation. Autre bénéfice non négligeable : le réseautage. Ici, je suis en contact avec des chercheurs belges, mais aussi avec des scientifiques du Sénégal, du Niger, de Turquie, etc. J’ai aussi noué de nombreux contacts interdisciplinaires, notamment avec le Centre spatial de Liège 2, pionnier dans son domaine. La mise sur pied de tels réseaux est aussi utile pour la Belgique, car il se pourrait bien que des thèmes de recherche actuels comme le changement climatique jouissent d'une plus grande visibilité au Maroc qu'en Belgique. »

Le programme des bourses

Une nouvelle stratégie pour renforcer les organisations partenaires Le programme des bourses de la Coopération belge se focalise dorénavant sur le développement des compétences du personnel, des organisations et ministères impliqués dans les projets et programmes de la coopération bilatérale. Cette réorientation a pour but de renforcer les institutions et ministères, afin qu'ils puissent s'acquitter au mieux de leurs tâches. La nouvelle approche est d'ores et déjà mise en œuvre au Maroc, au Congo, au Sénégal, en Tanzanie et en Palestine, et la transition vers le nouveau système se prépare dans les autres pays.

© CTB / Rosalie Colfs

1 |Institut national de la recherche agronomique - www.inra.org.ma 2 |www.csl.ulg.ac.be


08 Mali/Niger

DES ZÉBUS ET DES HOMMES

Des résultats pour les éleveurs et leurs troupeaux Améliorer l’accès permanent du bétail aux ressources pastorales

Au Mali, le nombre de feux de brousse a été réduit de 90 % sur une superficie de 30 000 km2, ce qui a permis d’augmenter la production de fourrage. 70 000 ha de pâturages ont été créés et des banques d’aliments pour le bétail ont été mises en place. Au Niger, près de 2 500 km des 3 500 km de bandes pare-feu prévus ont déjà été aménagés pour lutter contre les feux de brousse. 261 tonnes de paille, principal aliment pour le bétail, ont ainsi pu être produites et stockées. Pour sécuriser les espaces pastoraux, plus de 400 km de couloirs de passage sur les 2 000 km prévus ont déjà été installés. 91 puits pastoraux et 4 stations de pompages sont en cours de réalisation.

© CTB / Jan Locus

L’élevage est l’un des piliers de l’économie du Mali et du Niger. Mais avec la croissance du cheptel et la pression démographique, la concurrence sur les terres, les points d’eau et les pâturages de saison sèche est devenue forte. Les systèmes traditionnels de prévention des conflits, entre agriculteurs et pasteurs, ne suffisent plus à assurer une exploitation paisible des ressources. De plus, les soins vétérinaires sont souvent insuffisants pour garantir une santé optimale des animauxet les filières sont peu organisées. Résultat : leurs performances restent faibles et la production est peu valorisée.

Sécuriser et renforcer la productivité de l’élevage

La CTB et ses partenaires mènent différentes actions pour faciliter l’accès du bétail aux ressources pastorales, pour renforcer les capacités techniques et organisationnelles des éleveurs dans l´amélioration de la production et de la valorisation des animaux, et pour améliorer les services vétérinaires de proximité. Mais ces opérations de proximité ne suffisent plus. La Belgique met de plus en plus l’accent sur un renforcement des capacités au niveau central pour élaborer les politiques du secteur, programmer les actions ainsi que coordonner les différents acteurs clés. L’appui institutionnel au Niger a notamment permis l’élaboration de la Stratégie de développement durable de l’élevage. Au Mali, la CTB appuiera l’évaluation de la politique nationale en matière d’élevage et l’élaboration d’une stratégie nationale d’amélioration génétique. La Belgique, en tant que chef de file des bailleurs de fonds, appuie les ministères dans la coordination des acteurs des deux pays. Ce double ancrage assure une interaction entre les niveaux stratégique et opérationnel : il permet d’appliquer sur le terrain les stratégies et les normes nationales tout en stimulant la remontée et la valorisation des expériences de terrain pour une adaptation éventuelle des normes existantes.

Fournir des services vétérinaires de proximité

Au Mali, 5 cabinets de vétérinaires ruraux ont été installés. Et, au Niger, 3 services vétérinaires privés de proximité (SVPP). Les SVPP bénéficient d’un appui pour la réalisation des campagnes annuelles de vaccination. En 2012, plus de 5 millions de bovins et 9 millions de petits ruminants ont été vaccinés.

Améliorer la production et la transformation des produits d’origine animale

Un cheptel de zébus Azawak, réputés pour leur excellente production laitière, a pu être reconstitué avec l’aide de plusieurs centaines de familles d’éleveurs. De nombreuses mesures ont été prises pour améliorer le produit de cet élevage : construction de puits, de parcs de vaccination, de minilaiteries, de tanneries, de marchés à bétail et, au Niger, d'unités de production de viande déshydratée.

Petit élevage pour sortir des familles de la pauvreté

 u Mali, 500 ménages parmi les plus vulA nérables dans le cercle de Nara (ouest du pays) seront dotés de noyaux d’animaux pour améliorer leurs conditions de vie, leur alimentation, leurs revenus et leurs déplacements.


09 Équateur

CULTIVER DES ALIMENTS SAINS

Dans une région où quelque 35 % des enfants âgés de zéro à cinq ans souffrent de malnutrition, la CTB et les autorités locales collaborent afin d’accroître la production de fruits et légumes, et d’en améliorer la distribution aux écoles et aux hôpitaux. « Avant, nous ne mangions pas beaucoup de fruits ni de légumes, car nous n’avions pas de quoi les acheter au marché. Aujourd’hui, grâce à nos potagers et à nos poules, nous disposons de produits sains et de bonne qualité pour nos enfants et notre famille. » C’est ce que nous confie Verónica Quicuango, l’une des 550 bénéficiaires du projet de sécurité alimentaire mis en œuvre dans le canton d’Urcuquí. Il s’agit de l’un des 75 projets financés par le FIRC (voir encadré) dans le cadre du Programme de développement rural du Nord (PDRN) dans cinq provinces du Nord de l'Équateur.

Potagers fertiles

Dans l’optique de réduire le taux de malnutrition et d’améliorer la qualité de vie des utilisateurs, 589 familles de quatre municipalités ont reçu des légumes et des arbres fruitiers à cultiver ainsi que des poules à élever. En outre, des systèmes d’irrigation au goutte-à-goutte ont été installés dans chaque potager. Les familles adoptent dès lors une alimentation plus diversifiée et sont en mesure de pourvoir à leur autosuffisance. Si les potagers de ces familles sont de petite taille (250 m2 en moyenne), leur production en fruits et légumes suffit cependant à nourrir tous les membres de la famille.

Produits alimentaires frais pour les écoles et les hôpitaux

Dans de nombreux cas, la production est même excédentaire. Les familles peuvent vendre leurs excédents de légumes, fruits, poules et œufs dans les réseaux locaux : crèches, écoles, hôpitaux et centres touristiques, et ce, grâce aux foires solidaires soutenues par le gouvernement provincial

d’Imbabura et aux unités économiques populaires et solidaires mises en place par le ministère de l’Inclusion économique et sociale. Ces centres rassemblent les produits alimentaires frais produits par de petites unités agricoles, puis les distribuent dans les écoles, les centres d’accueil pour les enfants et autres collectivités. Ces circuits courts de commercialisation permettent de tirer pleinement parti de la capacité locale de production d’aliments sains et améliorent l’efficacité des circuits de distribution.

Amélioration des revenus des populations défavorisées Mis en œuvre avec les autorités provinciales dans cinq provinces du nord de l’Équateur, le Fonds d’investissement rural commun (FIRC) soutient des initiatives de développement économique local mises en place par des institutions régionales dans l'optique d'accroître les revenus des populations défavorisées. Il est financé à hauteur de 60 % par le PDRN (voir article ci-contre), les 40 % restants provenant des institutions concernées. En plus de ce Fonds, le PDRN s'attache aussi à renforcer les autorités locales et facilite l'accès aux services financiers ruraux, en collaboration avec la Corporation nationale des finances populaires et solidaires (CONAFIPS).

Agroécologie : l’agriculture du futur L’agroécologie est une approche du développement agricole qui s’inspire, comme son nom l’indique, à la fois de l’agriculture traditionnelle et de l’écologie. Les techniques traditionnelles agricoles des paysans servent à en tirer des connaissances scientifiques modernes, tandis que l’apport de nombreuses disciplines (agronomie, écologie, anthropologie, histoire…) intègre l’aspect technique les dimensions sociales, économiques et culturelles. L’Équateur est l'un des pays à promouvoir l’agroécologie dans sa politique nationale et le PDRN (voir ci-dessus) s’inscrit dans cette optique. La filière café, par exemple, en perçoit les

résultats, avec une augmentation des rendements et un renforcement de l’associativité au sein des différentes structures paysannes, tout comme les Farmer Field Schools au Rwanda (p. 4-5), où une analyse du système agroécologique conduite par les paysans constitue la base à toute formation. Dans un projet au Pérou, le résultat a été une augmentation du rendement moyen de café à l’hectare de l’ordre de 25 %. La mise en pratique de l’approche agroécologique de manière intégrée au sein des interventions de la CTB n’en est encore qu’à ses débuts. Mais ceux-ci sont prometteurs et le programme cherche déjà à les valoriser et à les capitaliser.


10 Burundi

AMÉLIORER LES SEMENCES POUR DE MEILLEURES RÉCOLTES

Dans de nombreux pays d’Afrique, la disponibilité de semences de qualité est un défi essentiel pour accroître la production agricole. Traditionnellement, les paysans conservent d’année en année une partie de leur récolte pour ensemencer l’année suivante. Cette pratique conduit progressivement à une dégénérescence des semences, qu’il faut à un certain moment remplacer. Les semences disponibles sur les marchés sont cependant souvent de mauvaise qualité. En l’absence de contrôle et de certification, il est difficile de distinguer une semence saine d’une semence infectée. La propagation rapide de maladies a par ailleurs des effets dévastateurs pour les exploitations agricoles. La CTB appuie le Congo, le Rwanda et le Burundi dans leurs politiques semencières.

L’exemple de la pomme de terre au Burundi

L’Institut des sciences agronomiques du Burundi (ISABU) est un maillon primordial de la filière semencière au Burundi. Il lui revient de conserver les germoplasmes1 et de produire les semences de prébase2. Celles-ci seront ensuite multipliées pour produire des semences de base, qui seront à leur tour multipliées pour produire des semences commerciales. La qualité du travail réalisé par l’ISABU est essentielle : si les semences sont infectées au niveau prébase, les maladies se transmettront tout au long du cycle de multiplication. Le projet mené par la CTB a appuyé la réhabilitation des stations de production et du laboratoire de phytopathologie. Les différents appuis en équipements, formation ou contrôle sanitaire ont permis des progrès rapides en termes de qualité.

Impliquer le secteur privé

La production des semences de base relevait autrefois uniquement des missions de l’État burundais. Les mesures d’ajustement structurel successives ont amené l’État à se retirer des fonctions productives. D’où l´appui du projet à l’installation d’opérateurs privés pour commencer à produire ces semences de base et les semences commerciales. Des formations ont été développées et des mécanismes de soutien financier ont été mis en place (aides à l’investissement, fonds de garantie).

Renforcer le cadre légal

Le projet a également apporté un appui à l’État burundais dans le cadre de la promulgation de la loi portant organisation du secteur semencier. Cette loi définit le cadre orga-

© CTB / Rosalie Colfs

nique permettant de contribuer au développement du secteur semencier en vue de produire des semences agricoles de haute qualité et en quantité suffisante. En protégeant la profession, elle favorise la participation des opérateurs privés dans la production et la commercialisation des semences. En instituant un système d’homologation et de certification des semences agricoles, elle garantit la qualité des semences qui seront achetées par les petits producteurs sur les marchés. La définition de ce cadre légal s’est accompagnée de la mise en place de l’Office national de certification et de contrôle des semences. L’ISABU a également été appuyé dans ses volets de recherche pour développer des variétés résistantes aux maladies. Ces cultures constituent la base de l’alimentation et du système de production des agriculteurs burundais, et ces actions sont essentielles pour assurer la sécurité alimentaire du pays.

Des résultats tangibles

En 2008, la production de semences était évaluée à 500 tonnes. Aujourd’hui, la filière produit environ 2 000 tonnes de semences de qualité par an. Cette augmentation significative a permis d’accroître les superficies cultivées. Les résultats de l’enquête agricole nationale montrent que, depuis 2008, les superficies annuelles de cultures de pommes de terre ont augmenté de 250 %, passant de 6 000 hectares en 2008 à 15 000 hectares en 2012.

1 | Souvent synonyme de « matériel génétique ». Ce terme désigne la semence ou le matériel végétal à partir duquel les plantes sont multipliées. Le maintien de la conformité au type original et sa maintenance sont assurés par la recherche (l’ISABU au Burundi). Ce matériel de départ est appelé G0. 2 | Issues du matériel G0, ces semences sont multipliées une fois (G1), deux fois (G2) ou plus encore (G3…) suivant les besoins. Elles doivent être au niveau de pureté le plus élevé possible.


11 ÉGALITÉ DE GENRE DANS L’AGRICULTURE Plus d'un milliard de personnes souffrent de la faim. S'il est envisageable de réduire ce chiffre, cela ne sera toutefois possible qu'en s'attaquant à l'inégalité entre les sexes 1. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, la FAO, l’égalité d'accès aux ressources productives pourrait accroître les rendements agricoles de 20 à 30 %, ce qui à son tour pourrait réduire le pourcentage de personnes mal nourries de 12 à 17 %. Un motif suffisant pour que la CTB attire l'attention sur les droits des femmes.

Sur un pied d’inégalité

Les femmes jouent en effet un rôle majeur dans la production et la commercialisation des denrées alimentaires. Mais elles se heurtent à de nombreux obstacles. Les titres de propriété des terres et les nouvelles technologies leur font défaut, elles n'ont qu'un accès limité au crédit et aux moyens de production, et l'analphabétisme les empêche souvent de créer des entreprises. Enfin, les femmes ne doivent pas seulement compter avec une infériorisation sur les plans politique et économique, mais aussi avec la discrimination sociale et les tabous.

Accès à différents niveaux

La CTB plaide pour une égalité d'accès aux moyens de production que sont la terre, les services techniques, les infrastructures de base et les équipements. Répondre aux besoins pratiques n'est pas suffisant. Il s'avère tout aussi essentiel de former les femmes pour qu'elles participent activement à la prise de décisions. C'est ce qui se fait au Bénin. Au sein du ministère de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche, des services spécifiques s'occupent des questions liées au genre2. Leur tâche consiste à sensibiliser les décideurs politiques de sorte qu'ils tiennent compte de l'égalité entre

les hommes et les femmes lorsqu'ils prennent des décisions. Des réseaux sont aussi mis sur pied entre le ministère, les organisations agricoles, les mouvements de femmes, etc. Au niveau local, des initiatives sont prises pour sensibiliser les bénéficiaires, les former et renforcer leurs capacités. Dans le programme de soutien au secteur agricole déployé dans les départements de Mono et Couffo, des femmes sont impliquées dans 59 % des microprojets. Un microprojet, par exemple, a mis en place de nouvelles unités de transformation de tomates en purée qui ont permis d'améliorer le rendement et la qualité, et de réduire le coût de la main-d'œuvre. Sur un total de 1 984 bénéficiaires du financement des microprojets, 873 – soit 44 % – sont des femmes. Dans le même temps, la participation des femmes dans les organes de décision a été renforcée. Leur participation dans les organes de gestion des organisations de producteurs a également progressé, avec un effectif actuel de 922 femmes contre 663 au départ. Les expériences en matière de genre acquises par ce projet ne sont pas isolées. Elles ont été réunies dans un manuel, rédigé en collaboration avec deux ONG belges : Louvain Coopération au développement et PROTOS, dans lequel d'autres programmes peuvent puiser leur inspiration. Ces activités se poursuivront car, tant dans le programme de coopération en cours entre le Bénin et la Belgique (2013-2017) que dans les autres programmes de coopération, le genre est repris comme thème transversal.

1 | ONU, Objectifs du Millénaire pour le développement, Rapport de 2013, New York 01.07.2013. 2 | La Cellule Femme dans le développement agricole et rural (CFDAR) et le Service de promotion des activités féminines rurales (SPAFR).

KHADIJA AS

SARI

Une experte genre au Maroc Les interventions mises en place au Maroc ayant bien saisi l'importance de la thématique du genre, trois d'entre elles ont décidé d'engager ensemble une experte en la matière. C'est ainsi que, depuis juillet 2012, Khadija Assari œuvre à l’intégration de l'approche genre sur le terrain. « J’interviens à deux niveaux : au niveau stratégique pour faciliter le processus de prise de décision et garantir l’institutionnalisation des préoccupations de genre, et au niveau opérationnel en apportant un appui conceptuel et méthodologique aux projets et un coaching permanent des équipes de terrain. Dans le domaine agricole, je m’assure par exemple qu’une attention particulière soit accordée à l’autonomisation économique des femmes et à leur implication dans les processus de prise de décision. Dans le programme des bourses, nous avons introduit un objectif genre afin que 50 % de femmes bénéficient des formations. Des mécanismes seront mis en place pour garantir l’engagement des institutions partenaires à permettre aux femmes d’accéder à leurs instances de prise de décision. J’initie aussi des actions de plaidoyer et de renforcement des capacités auprès des partenaires et des bénéficiaires de sorte qu’ils acquièrent un savoir-faire en la matière afin de garantir la durabilité des actions entreprises. »


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© CTB / Anna Patton

© CTB / Anna Patton

Tanzanie/Pérou

DES RESSOURCES NATURELLES POUR LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE LOCAL

Impliquer la population locale dans la gestion des ressources naturelles tout en stimulant l’économie locale, tel est le but de ces différentes interventions. Les abeilles et la biodiversité en Tanzanie

En Tanzanie, l'apiculture est une activité économique importante pour les communautés qui vivent dans les zones forestières. Mais les cultures et la production de charbon de bois menacent fortement les forêts de disparition. Le gouvernement tanzanien essaie toutefois de maintenir la végétation naturelle et les écosystèmes en instaurant des villages forestiers protégés ainsi que des réserves apicoles. Il n'est pas rare que les ruches des apiculteurs se trouvent à 40, voire 70 km, à l'intérieur de la forêt. Depuis 2007, un programme de la Coopération belge s'emploie à apprendre de meilleures techniques de récolte aux éleveurs d'abeilles et à améliorer la qualité du miel. Auparavant, le miel avait un goût fumé, car les apiculteurs introduisaient du bois en combustion dans leurs ruches au moment de récolter le miel. Le fait d’utiliser des ruches en bois, fabriquées par des menuisiers locaux, et d’apprendre aux éleveurs à porter des vêtements de protection et à utiliser des enfumoirs, a permis d'améliorer de manière spectaculaire la qualité et le goût

du miel. Les acheteurs des régions et pays voisins le confirment. Des progrès énormes ont également été enregistrés au niveau du conditionnement et de l'étiquetage. Jusqu'en 2010, verser le miel dans des bouteilles recyclées d’un alcool local était une pratique courante, mais aujourd’hui, les choses ont changé : ce sont des pots appropriés en verre et en plastique pourvus d'un étiquetage correct qui sont utilisés. En août 2013, la première foire apicole régionale a réuni les différents acteurs du secteur. C'est là que réside le défi du programme actuel (2011-2015) pour l'avenir des plus de 5 000 apiculteurs et leurs familles : comment faire en sorte que le miel, désormais meilleur et plus savoureux, génère un prix de vente plus élevé ? Le négoce actuel, largement informel, doit être transformé en un secteur économiquement viable, avec des contrats à plus long terme, des relations commerciales durables, un approvisionnement garanti en matériaux de conditionnement et des débouchés identifiés. C'est une fois ces conditions réunies que les apiculteurs pourront envisager l'avenir avec confiance.


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© CTB / Daniel Silva

© CTB / Daniel Silva

Les produits régionaux péruviens 1 contre la pauvreté

devant permettre au gouvernement national, à cinq administrations régionales et à 60 administrations locales de mener, en concertation avec la société civile et le secteur privé, des projets où l'économie et l'environnement vont de pair.

Le programme pour le développement économique durable et la gestion stratégique des ressources naturelles (PRODERN) est mis en œuvre par la CTB et le ministère péruvien de l’Environnement dans les régions d'Apurímac, d'Ayacucho, de Huancavelica et de Junín y Pasco (représentant plus de 3 millions d'habitants). Il entend lutter contre la pauvreté en gérant de manière optimale les ressources naturelles présentes et en établissant des systèmes de production durables. Le PRODERN apporte notamment un appui institutionnel crucial à la mise en place d'un cadre politique approprié

Pasco Junín LIMA Huancavelica Apurímac

Ayacucho

1 | Des produits originaux – différentes sortes de pommes de terre, céréales, plantes aromatiques et médicinales – qui étaient tombés dans l'oubli et que le Pérou entend revaloriser et commercialiser. 2 | Programa de Desarrollo Económico Sostenible y Gestión Estratégica de los Recursos Naturales.

Cet appui institutionnel est combiné avec des actions pilotes régionales dans différents domaines : aménagement du territoire, gestion durable de la biodiversité, inventaire et valorisation du patrimoine naturel.

Des résultats remarquables

› Gestion du budget de manière participative : la population et les administrations locales décident ensemble quels projets de développement durable recevront un soutien prioritaire. › Formation des fonctionnaires à la connaissance des produits régionaux et au développement durable. › Certification : 30 membres de la communauté ont été formés en tant que contrôleurs qualité. Chaque contrôleur accompagne 10 familles, ce qui signifie que 300 familles ont d'ores et déjà entamé une procédure de certification en vue de l'obtention d'un label de producteur de produits régionaux. Le but ultime est d'arriver à au moins 1 500 familles. › Formation et reconnaissance des Yachachiqs, les gardiens du savoir ancestral. › Reconnaissance par l'État des régions présentant une grande biodiversité agricole dans le district de Pomacocha. Elle peut servir d'impulsion pour conserver le capital naturel d'autres régions semblables et pour débloquer des fonds à cet effet. › Participation fructueuse des producteurs de produits régionaux à des foires, comme la grande foire gastronomique MISTURA (500 000 visiteurs).


14 Trade for Development Centre

LE COMMERCE DURABLE POUR DE MEILLEURES CONDITIONS DE VIE

Le Trade for Development Centre (TDC) apporte un soutien financier et des conseils en marketing aux producteurs du Sud, et ceci, en collaboration tant avec des ONG qu'avec la coopération au développement bilatérale.

Plan marketing pour une organisation paysanne d’Afrique du Sud

Le café de qualité du Kivu Les collines proches du lac Kivu, au Congo, sont particulièrement bien adaptées à la culture du café. Mais en raison du climat de violence, les cultivateurs quittent leurs champs et peu d'organisations de développement y sont encore actives. C'est précisément dans cette région que la SOPACDI1 a été créée en 2001. Cette coopérative agricole a dès le départ, misé sur la commercialisation du café comme stratégie de développement. Avec l'aide de la coopérative rwandaise COOPAC2, la SOPACDI est entrée dans le circuit des ONG et des organisations de commerce équitable. Depuis 2011, le TDC soutient un projet qui met en place des pépinières de plants de café, organise une formation sur les techniques culturales durables et engage des experts

agricoles et des accompagnateurs pour appuyer les cultivateurs. Le soutien financier s'élève à 150 000 euros. Au cours des deux premières années du projet, la SOPACDI a enregistré un doublement de ses ventes, qui dépassent aujourd'hui les 200 000 tonnes. 3 600 cultivateurs reçoivent, par kilo de café vendu, 1,76 dollar supplémentaire sous forme de primes – primes de commerce équitable, bio et qualité. Les femmes productrices (26 % du nombre total de membres) bénéficient en plus d'une prime de discrimination positive, payée par l'acheteur. Dans le sillage du succès remporté par la SOPACDI, de nouveaux projets voient le jour dans la région. Ils bénéficient eux aussi du soutien financier du TDC.

1 | SOPACDI = Solidarité paysanne pour la promotion des actions café et développement intégral 2 | COOPAC = Coopérative pour la promotion des activités-café

© Tim Dirven pour Oxfam Fairtrade

L'ONG Siyavuna, active dans le Kwazulu Natal, a élaboré un plan marketing avec l'appui du TDC pour organiser la commercialisation de produits bio à l'échelon local. Les petits producteurs livrent désormais leurs fruits et légumes au domicile des consommateurs intéressés par des produits bio régionaux sains et prêts à payer un prix supérieur pour en bénéficier. Couronné de succès, ce projet a éveillé l'intérêt du ministère, qui envisage d'appliquer aussi la formule dans d'autres régions.

Certification Fairtrade pour l'huile d’argan marocaine Depuis des siècles, les femmes marocaines pressent l'huile à partir des noix de l'arganier. Cette huile est reconnue pour ses qualités nutritives et émollientes. Par le passé, l'organisation Ibn Al Baytar a encouragé les femmes productrices à s'organiser en coopératives. Le TDC a soutenu un projet visant à accroître les revenus de trois de ces coopératives locales, notamment via la certification de leur production d'huile d'argan. Avec succès, puisqu'en 2012, l'une d'elles, la coopérative Tighanimine a été la première au monde à obtenir le label Fairtrade. Les chiffres de vente et les marges bénéficiaires des trois coopératives ont connu une hausse sensible, ceux de Tighanimine s’étant même multipliés par quatre. La contribution financière du TDC à ce projet a été de 50 000 euros.


15 Une première mondiale Cacao FairWild dans le bassin amazonien bolivien

ÉCONOMIE SOCIALE ET AGRICULTURE L'économie sociale concerne l'ensemble des « entreprises et organisations, en particulier les coopératives, les mutuelles, les associations, les fondations et les entreprises sociales, qui ont comme spécificité de produire des biens, des services et des connaissances tout en poursuivant des objectifs à la fois économiques, sociaux et de promotion de la solidarité »1. Ainsi définie, l'économie sociale représente une réalité économique importante que l’on retrouve, dans le secteur de l‘agriculture et la sécurité alimentaire en particulier, au niveau de l’appui au développement économique local et du soutien aux filières agricoles. Il s’agit d’appuyer et de renforcer des collectifs d’acteurs organisés autour d’actions favorables à l’associativité, au coopérativisme ou encore au renforcement du capital social.

Sur les rives de la rivière Chapare, dans le bassin amazonien bolivien, vivent les Yuracarés, une communauté indigène tirant ses revenus de l'abattage de bois et de la cueillette de cacao sauvage. Pendant des années, leur territoire a été menacé par la déforestation. Dans le souci de préserver la spécificité de leur communauté et des forêts où ils vivent, 167 cueilleurs ont créé en 2010 une association baptisée ARCASY (Asociación de recolectores de cacao silvestre). Son but : dénicher des canaux de vente pour le cacao et accroître de la sorte les revenus de la communauté. À cette fin, ARCASY a contacté REPSA, une société bolivienne exportatrice de cacao et active dans le circuit du commerce équitable. REPSA était intéressée par le cacao à condition qu’il soit certifié FairWild. La certification FairWild est particulièrement adaptée à la cueillette et à la commercialisation de plantes sauvages, mais le chemin pour l'obtenir est long, car il implique de répondre à toute une série de critères sociaux, de préservation de l’environnement et de qualité très stricts. Pour la décrocher, ARCASY a bénéficié d'un appui technique et financier de la CTB et du TDC. Un projet de la CTB a notamment aidé les cueilleurs à délimiter et à cartographier les zones de collecte de cacao sauvage : 400 hectares forestiers sont aujourd'hui protégés. Le TDC a quant à lui fourni un appui couvrant la construction d’un site de séchage et de stockage des fèves de cacao, l’assistance technique aux cueilleurs, le financement des procédures menant à la certification et la préparation de matériel pour la prospection de nouveaux clients en Europe. En novembre 2012, ARCASY s'est vu octroyer le fameux label FairWild : une première mondiale pour le cacao ! Et pour les cueilleurs de cacao sauvage, il se traduit par un prix de vente au kilo de 29 % supérieur à celui qu'ils obtenaient avant la certification.

En Bolivie avec les petits producteurs de cacao (voir art. ci-contre), au Congo avec des producteurs de café (voir p. 14) et bientôt au Maroc avec l’appui à la filière datte, pour ne citer que quelques exemples, la mise en œuvre des principes de l’économie sociale nous rappelle qu’au-delà de la réalité économique, les acteurs obéissent aussi à des logiques sociales et culturelles presque toujours contextuelles. La prise en compte de cette double dimension dans le secteur agricole est la condition pour asseoir un développement économique qui soit inclusif, équitable et durable, en ligne avec l’Agenda sur le travail décent promu par l’OIT.

1 |Plan d'action pour la promotion des entreprises et organisations de l'économie sociale en Afrique, OIT, Johannesburg, 19-21 octobre 2009


16 République démocratique du Congo

PÊCHE ARTISANALE ET PISCICULTURE

La dépression de Kamalondo, composée d’une cinquantaine de lacs au Nord de Katanga, regroupe une population de 172 000 pêcheurs pratiquant la pêche artisanale. Plusieurs problèmes fragilisent l'écosystème et paupérisent ces populations. L’usage de techniques et matériel prohibés ainsi que le non-respect de la période de fermeture de la pêche ne permettent pas aux poissons de se reproduire normalement. Cette situation génère l’insécurité alimentaire et constitue une importante perte économique.

gnées par la pollution. Pendant près de quatre ans, plus de 15 « aménagistes » ont été équipés et formés à l’usage du matériel topographique. Plus de 1 500 personnes ont suivi des stages de techniques d’aménagement des vallées et de production de poissons de pisciculture. Le Programme alimentaire mondial a apporté sa contribution en participant activement en « vivres contre travail » pour l’aménagement de sites agropiscicoles.

Le Projet de développement de la pêche artisanale et l'aquaculture au Katanga (PRODEPAAK) a dès lors dispensé de nombreuses formations ayant trait à la législation, aux techniques de pêche et de transformation des poissons et à la structuration de la filière en mouvements associatifs. Les conditions de cogestion des ressources ont été remplies pour pratiquer une pêche plus responsable sur des bases démocratiques.

L’éloignement des zones de pêche des circuits de commercialisation exige des techniques performantes de transformation pour réduire les pertes. Le PRODEPAAK a vulgarisé des techniques de saumurage et fumage au four Chorkor1, qui permettent une meilleure conservation du poisson (jusqu’à 9 mois au lieu de 15 jours) et diminuent la consommation de bois nécessaire au processus de fumage.

Aménager les vallées pour la pisciculture

Grâce aux formations dispensées aux cadres nationaux et privés et aux pêcheurs et pisciculteurs, les communautés et les autorités ont pris conscience de leur pouvoir de protection et de développement des ressources halieutiques.

Dans ce contexte de surexploitation des ressources halieutiques naturelles et de pollution minière des eaux de surface, le projet a misé sur l’aménagement des têtes de vallées, épar-

Mieux conserver et transformer le poisson

1 | Le poisson fumé au four Chorkor est disposé sur des plateaux amovibles posés les uns sur les autres.

Tanzanie

SÉCURITÉ ALIMENTAIRE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

Près de neuf ménages sur dix à Kagera (dans le nord-ouest de la Tanzanie) prennent moins de trois repas par jour. En cause, principalement, le déclin de la productivité agricole (imputable à des maladies dans les plantations) et la sécheresse persistante. La situation a encore empiré avec la pandémie de sida et de paludisme. Le Fonds belge pour la sécurité alimentaire a été créé dans le but de renforcer la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne. À Kagera, la CTB, avec le financement du fonds, appuie les autorités à améliorer l'approvisionnement alimentaire pour 3 000 ménages vulnérables. Plus concrètement, il soutient les activités d'élevage de volailles et de chèvres et de production de manioc et de maïs des femmes de la région.

Dans le même temps, le Fonds soutient l'entrepreneuriat et les capacités d'épargne des ménages.

Le Fonds belge pour la sécurité alimentaire

› But : sécurité alimentaire › Région : Afrique subsaharienne › Groupe cible : les plus vulnérables › Durée : 2010-2022 › Budget : 25 millions d'euros par an › Financement : Loterie nationale et la Coopération belge au développement › Mise en œuvre par : CTB, ONG belges et organisations multilatérales › Initiateur : le Parlement belge


17 « L'expérience de notre commune en matière de promotion des filières agricoles a été capitalisée par le ministère de l'Agriculture. Cela a permis de sensibiliser les autres maires pour qu'ils appuient davantage le développement agricole en faisant des investissements qui rapportent aux communes et améliorent les revenus des producteurs, et donc le développement économique et social de la commune ». Christophe Ouinsou MEGBEDJI, Maire de la commune de Klouékanmè

Bénin

KLOUÉKANMÈ, MEILLEURE COMMUNE AGRICOLE 2012

La commune de Klouékanmè, au sud-ouest du pays, a clairement fait le pari de la promotion des filières agricoles comme base du développement économique au profit de ses habitants. Cette initiative locale a suscité l’intérêt du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche qui a vu dans la capitalisation de l’expérience un moyen de mieux orienter les politiques et stratégies de développement du secteur agricole et d’inciter les autres communes à s'investir davantage dans le volet agricole.

ration significative des revenus monétaires des producteurs. La commune a aussi bénéficié d'une amélioration de 20 % de ses recettes à travers le prélèvement de la taxe de développement local sur la vente de tomates. Grâce à cette expérience, la commune de Klouékanmè s'est fait connaître au niveau régional, national et international.

Une synergie d’actions autour de la filière tomate

Une initiative primée

À Klouékanmè, la filière tomate a bénéficié directement d’une synergie entre trois projets de la CTB à différents niveaux d’intervention : communal, régional et national. Le « Projet d’appui à la mise en œuvre des plans de développement communaux » a soutenu la commune dans la maîtrise d'ouvrage pour la construction de hangars et de points de vente pour les tomates. Il l’a aussi appuyée dans la réhabilitation des pistes de desserte pour faciliter l’acheminement des productions vers les points de vente. La « Facilité d’appui aux filières agricoles dans le Mono Couffo » a, quant à elle, permis l’achat d’une transformatrice de tomates en purée, pour créer de la valeur ajoutée et éviter la perte au moment de la grande récolte quand l'écoulement de la production pose problème. La troisième intervention, appuyant le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche au niveau central, a poursuivi l’exercice de capitalisation et favorisé la collaboration entre projets CTB et les autres acteurs clés de la filière.

Le développement local à travers la promotion des filières agricoles devient une réalité au Bénin et les agents de base du ministère assurent efficacement leur rôle d'assistance-conseil aux mairies. Le maire de Klouékanmè déclare fièrement que c'est grâce au processus de capitalisation que la commune a décroché le trophée de meilleure commune agricole de l'année 2012 au Bénin.

Des recettes en hausse

La commune a consacré 36 % de son budget à la promotion des filières agricoles, démontrant ainsi une capacité d’appropriation et une volonté d’agir durablement dans le secteur. Les investissements ont permis d'accroître la production de tomates de plus de 80 %. Tout cela a entraîné une amélio-

© CTB / Martin Van Der Belen


18 ÉCHANGE DE CONNAISSANCES ET D’EXPÉRIENCES Nos experts partagent leurs connaissances à travers des partenariats, des réseaux professionnels ou des publications.

© CTB / Rosalie Colfs

Les plateformes de concertation Plateforme Agriculture et sécurité alimentaire

GRAP 3A

Be-troplive

Plateforme européenne microfinance

Cette plateforme réunit la DGD, le Cabinet et les principaux acteurs belges jouant un rôle dans la mise en œuvre de la stratégie de développement en matière d'agriculture et de sécurité alimentaire. Principaux objectifs : l'échange d'informations et de bonnes pratiques ainsi que le renforcement de la synergie entre les acteurs. La CTB siège aussi dans le comité de pilotage. Be-troplive est une plateforme informelle et multidisciplinaire, qui est ouverte à des membres institutionnels et individuels concernés par des activités en santé et production animale tropicale. Elle a notamment pour objectif de créer un réseau de personnes et d'institutions belges dans le but d’échanger de l'information sur les recherches, la formation et les projets de développement. Ici aussi, la CTB siège dans le comité de pilotage. www.be-troplive.be

GRAP3A est l'abréviation de « Groupe de recherche en appui à la politique de coopération alimentation, agriculture, Afrique ». Ce groupe de recherche interuniversitaire et interdisciplinaire soutient les autorités fédérales dans l'élaboration de stratégies de coopération portant sur la sécurité alimentaire et l'agriculture en Afrique. La CTB siège dans le comité de pilotage. www.grap3a.be La Plateforme européenne de la microfinance est un réseau comptant plus de 140 organisations et individus d'Europe travaillant dans le domaine de la microfinance. Son objectif principal est de promouvoir la coopération entre organismes européens de microfinance actifs dans les pays en développement. La CTB a participé au groupe d’action rural de cette même plateforme, avec des praticiens et experts impliqués dans la microfinance rurale. But : échange d'expériences et de bonnes pratiques.

Microfinance au Sénégal Le Projet d’appui à la microfinance, financé par la Coopération belge, a invité les acteurs sénégalais de la microfinance à capitaliser leurs expériences. C'est là une expérience unique vu que ce sont des chercheurs du Nord qui ont rédigé la plupart des contributions portant sur cette thématique. La publication regroupe dix expériences engrangées sur le terrain.


19 Collaboration avec l’expertise publique La CTB conclut des partenariats avec des organismes publics belges. Cela lui permet de recourir à cette expertise spécifique, au profit des institutions présentes dans ses pays partenaires.

L’Agence alimentaire belge « Le rôle de la CTB en tant que facilitateur s'avère pour nous des plus précieux, car nous pouvons ainsi opérer de manière plus efficace et plus ciblée. »

GIL HOUIN

Administr S ateur délé gu

é

L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) est l'une des toutes premières agences alimentaires « intégrées », c’est-à-dire un organisme qui contrôle l'intégralité de la chaîne, de l'alimentation des animaux jusqu'à la distribution dans les magasins et les restaurants. « Cela implique que nous possédons un savoir-faire unique, » affirme Gil Houins, administrateur délégué, « que nous sommes ravis de pouvoir partager avec d'autres pays, aussi bien en Europe qu'au-delà. » La CTB et l'AFSCA ont conclu un accord de coopération en vue de faciliter le transfert de ce savoir-faire dans les pays partenaires de la Coopération belge au développement. C'est ainsi qu'une agence alimentaire, façonnée sur le modèle de l'AFSCA, a récemment vu le jour au Bénin. « Nos collaborateurs y ont dispensé conseils et formations portant sur la structuration d'une agence alimentaire, les analyses de risques, la manipulation des appareils de laboratoire… » indique Gil Houins. « C'est une situation gagnant-gagnant : le partenaire peut tirer profit de notre savoir-faire, tandis que nos collaborateurs peuvent se rendre compte de la manière de travailler sur place. Les produits alimentaires sont en effet commercialisés dans le monde entier et il importe dès lors de voir comment cela se passe ailleurs. » La CTB fait appel à l'AFSCA pour des missions ponctuelles, définit les besoins fondamentaux du partenaire et jette un pont entre les experts de part et d'autre. « Ce rôle de la CTB en tant que facilitateur s'avère pour nous des plus précieux, car nous pouvons ainsi opérer de manière plus efficace et plus ciblée, » conclut Gil Houins. Les possibilités de coopération avec d'autres pays partenaires sont actuellement à l'étude.

Le Musée royal de l’Afrique centrale La CTB a récemment conclu un accord-cadre avec le Musée royal de l’Afrique centrale à Tervueren. Il se concrétise notamment dans le cadre de l'intervention agricole au Burundi (PAIOSA – voir p. 6) par la numérisation de cartes pédologiques.

Entre experts La CTB a organisé en février 2013 les premières journées sectorielles « Agriculture et Développement rural ». Ce fut un moment propice pour réunir des experts techniques, des chefs de projet nationaux et des représentants de ministères partenaires, et favoriser les échanges d'expériences et l'apprentissage mutuel. Au total, plus de 60 experts originaires d'une dizaine de pays partenaires y ont pris part. Les principaux thèmes abordés lors de cet événement étaient la collaboration avec le secteur privé et l'agroécologie. Ouverte au grand public, la conférence sur l'agroécologie a accueilli comme orateurs les Professeurs Marc Dufumier (AgroParisTech) et Philippe Baret (UCL).

Appui à la filière riz au Bénin : principales leçons tirées

LA DÉMARCHE D’APPUI AUX DIFFÉRENTS MAILLONS DE LA FILIÈRE RIZ PAFIRIZ : Note de Capitalisation

Le PAFIRIZ, projet financé par l’Union européenne et mis en oeuvre par la CTB, s'est clôturé en août 2013. Il visait à augmenter l’offre de riz local de qualité, capable de concurrencer les importations. Il appuyait les maillons de production, de transformation et de commercialisation de la filière. Afin de nourrir la réflexion des acteurs concernés par ce type d’intervention, le projet a publié une note de capitalisation reprenant le bilan des actions mises en œuvre et les principaux enseignements tirés.


L’AGRICULTURE

ÉDITEUR RESPONSABLE Carl Michiels

SECTEUR PRIORITAIRE DANS 11 PAYS

PHOTO COUVERTURE © CTB / Dieter Telemans

AMÉRIQUE LATINE

IMPRESSION www.ipmprinting.com

AFRIQUE

Ont contribué à cette édition :

Bolivie Équateur Pérou

Bénin Burundi Congo Mali Maroc Mozambique Niger Tanzanie Au 31/10/2013

Sjoerd Bakker Jean-Pierre Busogoro Jacques Chabbert Evi Coremans Yves Couvreur Josiane Droeghag María Inés Durán Lawrence Ghesquiere Emmanuel Grosjean Patrick Henry Alain Laigneaux Patrick Levaux Mahamane A. Maïga Jean-Pierre Marquet Emile Mukuba Olivier Pirard Saskia Ravesloot Claudia Rivera Bilbao La Vieja Abouba Saidou Moussa Sayo Raf Somers Lamine Tata Sofie Van Waeyenberge Kimja Vanderheyden Evert Wauters

CTB AGENCE BELGE DE DÉVELOPPEMENT RUE HAUTE 147 1000 BRUXELLES T +32 (0)2 505 37 00 INFO@BTCCTB.ORG WWW.BTCCTB.ORG

© CTB / Dieter Telemans

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