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No 14 | juin 2012

4e année | 4 parutions par année

Dans cette édition Réforme de la formation La fin du régionalisme déviant « Des taux hypothécaires si bas ne sont pas une anomalie. » L’interview de Philippe Thalmann L’architecte du mois Group8


sommaire

Retour à la normale L’édito de Jean-Jacques Morard

Réforme DE LA FORMATION La fin du régionalisme déviant

DES TAUX HYPOTHÉCAIRES SI BAS NE SONT PAS UNE ANOMALIE L’interview de Philippe Thalmann, Professeur à l’EPFL

LOGEMENT Statistiques sur la propriété en Suisse

L’architecte du mois Group8

Apprendre pour entreprendre Les séminaires et cours de la SVIT School

L’économie immobilière s’organise Présentation du SVIT Romandie


édito

Retour à la normale

Jean-jacques morard Président du SVIT Romandie

Nous attendions cette réforme depuis trois ans (lire : Formation : la fin du régionalisme déviant, page 4). Elle entre enfin en vigueur. Dorénavant, les examens conduisant aux titres fédéraux (brevets et diplôme) ne pourront plus être organisés séparément en Suisse romande et en Suisse alémanique. C’est à la fois un soulagement et un motif de grande satisfaction. Car c’est triste à dire, mais nous avons laissé s’installer une situation néfaste pour notre branche. De facto, aujourd’hui, nous n’attribuons plus des brevets « fédéraux » mais « régionaux ». Si nous en sommes arrivés là, c’est que nous avons procédé à une répartition régionale des tâches qui s’est malheureusement avérée contre-productive. Certes, nous l’avons fait de bonne foi et animés des meilleures intentions, mais cela n’a pas empêché la naissance d’un système déviant. Progressivement, en effet, toute coordination entre Romands et Alémaniques a cessé. Les épreuves des examens ont été fabriquées en totale autonomie dans chaque région linguistique. Elles ont été corrigées séparément sans alignement des critères et des barèmes. Elles ont été proposées à des dates distinctes. Petit à petit, nous avons abandonné l’ambition nationale de notre formation professionnelle. Ce faisant, nous l’avons affaiblie. Reconnaître ses erreurs, c’est déjà bien. Les corriger, c’est encore mieux. C’est ce à quoi le SVIT s’attelle depuis bientôt trois ans, en partenariat avec les autres associations professionnelles et l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT). La réforme dont nous parlons aujourd’hui est l’aboutissement de cette lente maturation. Mieux vaut tard que jamais. Une association professionnelle faillirait à sa mission quand elle accepte des compromis sur la qualité, en particulier dans le domaine de la formation. Avec cette réforme, nous sommes de retour sur le droit chemin. C’est une excellente nouvelle pour tous les professionnels de l’immobilier. Bonne lecture !


actualité

Formation : la fin du régionalisme déviant

De facto, aujourd’hui, les brevets distribués dans l’économie immobilière ont perdu leur dimension « fédérale ». La faute à une régionalisation des examens qui a progressivement perverti les fondamentaux de la formation professionnelle suisse. Il n’est pas acceptable que deux personnes portant le même titre n’aient pas subi la même épreuve, corrigée selon les mêmes critères partout en Suisse. C’est pourtant devenu la règle aujourd’hui. Heureusement, une réforme très attendue vient enfin mettre un terme à cette situation insatisfaisante. Mais pourquoi celle-ci a-t-elle prévalu si longtemps ? Petit retour en arrière explicatif. Marc Comina

La formation est l’une des principales préoccupations d’une association professionnelle et le SVIT prend très au sérieux sa mission d’éducation. Il entretient avec la SVIT School une école qui propose, dans les trois régions linguistiques, des cours d’introduction à l’économie immobilière, des séminaires et bien entendu les cours conduisant aux titres fédéraux (brevets et diplôme) dans les quatre domaines fondamentaux que sont la gérance, le courtage, la promotion et l’estimation.


En Suisse, la formation professionnelle fait l’objet d’un partage des tâches entre le public et le privé. Le cadre législatif et réglementaire est fixé par les autorités publiques à travers l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT), qui agit comme organe de surveillance et de tutelle. Sur cette base, tout l’opérationnel est du ressort des privés. Tout le monde peut décider d’ouvrir une école et proposer une préparation aux titres fédéraux aux professionnels de l’immobilier. En Suisse romande et en Suisse alémanique, plusieurs écoles se font d’ailleurs concurrence sur ce marché. Il en va différemment pour l’organisation des examens. Dans l’immobilier comme dans tous les autres secteurs économiques, l’OFFT s’adresse aux associations professionnelles pour les mettre sur pied. La loi prévoit qu’il s’adresse exclusivement à des associations professionnelles ayant une couverture nationale afin d’assurer une qualité uniforme sur l’ensemble du territoire. Rien de plus logique puisqu’il s’agit bien de reconnaître une compétence fédérale à celles et ceux qui décrochent un brevet ou un diplôme « fédéral ». Que se passe-t-il lorsque, dans un secteur économique particulier, une telle association nationale fait défaut ? A titre exceptionnel, l’OFFT peut autoriser deux associations régionales à se répartir les tâches, chacune dans sa région linguistique. Il le fait toujours à contrecœur, sachant bien que cette solution hybride finit toujours, tôt ou tard, par affaiblir le principe fondamental de l’uniformité des critères d’attribution des titres partout en Suisse. Cette situation insatisfaisante est celle que la Suisse a connue ces dernières années dans l’économie immobilière. Il faut se rappeler que jusqu’à la création du SVIT Romandie en 2006, le SVIT ne pouvait pas se prévaloir de couvrir l’ensemble du territoire helvétique. En conséquence, il s’est contenté d’organiser les examens en Suisse alémanique, une association amie se chargeant d’en faire de même en Suisse romande. Avec les conséquences néfastes évoquées plus haut, en particulier une collaboration toujours plus lâche, débouchant au final sur ce qui représente l’hérésie suprême dans le système suisse de formation professionnelle, à savoir l’organisation d’examens entièrement distincts (questions différentes, corrections différentes, dates différentes) dans les deux principales régions linguistiques du pays. En pratiquant de la sorte, les milieux de l’immobilier ont littéralement vidé de leur sens les titres attribués, leur ôtant toute dimension « fédérale ». Une situation inacceptable et intenable qui va heureusement prendre fin. En effet, la création du SVIT Romandie a changé la donne. Depuis 2006, le SVIT remplit le critère de couverture nationale nécessaire pour prendre en charge, sur l’ensemble du territoire, l’organisation des examens. Dès lors, plus rien ne justifie


la distorsion actuelle des principes fondamentaux sur lesquels repose la qualité de la formation professionnelle en Suisse. Ces trois dernières années, de concert, les associations professionnelles ont négocié avec l’OFFT une réforme réglementaire qui met un terme aux déviances actuelles. Entrée en vigueur en avril 2012, elle déploie immédiatement tous ses effets. Concrètement, elle servira pour la première fois de cadre réglementaire en février 2014, à l’occasion de la prochaine session d’examen pour le brevet fédéral de gérant/e d’immeubles. Avec les cinq nouveaux règlements approuvés en avril dernier par l’OFFT – un pour chaque brevet (gérance, courtage, promotion et estimation) et un pour le diplôme fédéral –, le système de formation sera plus simple, plus efficace et plus attractif. Les autres principales améliorations sont les suivantes : – formation plus courte : le candidat choisit d’emblée sa spécialisation (suppression du module de base) ; – formation moins onéreuse : un seul module (au lieu de deux) pour décrocher le brevet ; – exigences rehaussées : trois années de pratique dans l’immobilier (au lieu de deux années dans n’importe quelle branche) nécessaires pour se présenter à l’examen ; – accès au diplôme facilité : un seul brevet (au lieu de deux) nécessaire pour se présenter à l’examen.


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14.05.2012 13:18:42


interview

« Des taux hypothécaires si bas ne sont pas une anomalie. » Alors que la Suisse était traditionnellement un pays de locataires, deviendrait-elle une terre de propriétaires, avec le risque d’explosion d’une « bulle immobilière » au cas où les taux repartiraient à la hausse ? Professeur d’économie à l’EPFL, spécialiste entre autres des questions immobilières, Philippe Thalmann fait le tour de la question.


Victor Stolberg

Jamais les taux n’ont été aussi bas… Vraiment ? l Nous empruntons à l’heure actuelle à un taux de 1,5 à 2 % en moyenne. Le taux le plus bas dans les tabelles de la BNS depuis qu’elle tient les statistiques indique qu’il atteignait 3,6 % en 1957. Et en remontant encore plus loin dans le temps, mais là il s’agit de recherche historique (!), on constate que le taux le plus bas était de 3 % en 1850. Donc, en effet, les taux actuels ont atteint un plancher inédit. Est-ce une hérésie, ou peut-on trouver des justifications à cet effondrement des taux ? l L’économie nage dans les liquidités. C’est le résultat d’une action délibérée. A partir du début de la crise mondiale fin 2008, la BNS et les autres banques centrales (la Fed américaine, la Banque centrale européenne) ont fait tourner la planche à billets pour soutenir l’activité. En Suisse, cette stratégie a aussi servi à acheter de l’euro sur les marchés pour lutter contre l’appréciation du franc. Du coup, l’offre d’argent dépasse très largement la demande. Si bien que l’emprunteur tient le couteau par le manche. Il peut obtenir de bonnes conditions auprès des banques parce qu’elles se disputent un marché du prêt très compétitif. Le crédit hypothécaire paraît en effet plus facile d’accès. Les banquiers encouragent-ils les Suisses à prendre des risques, ce qui pourrait se retourner un jour contre leurs clients ? l Les banquiers calculent leurs marges par rapport au coût de l’argent pour eux, ils ne font pas de zèle particulier. Ils empruntent aujourd’hui à 0,3 % à cinq ans – c’est le taux de référence helvétique pour les obligations. Et ils calculent toujours une marge de plus ou moins 2 % entre le taux auquel ils empruntent eux-mêmes et celui auquel ils prêtent. Dans cette optique, les taux hypothécaires actuels n’ont rien d’une anomalie. Par ailleurs, il ne faut jamais oublier que le taux hypothécaire n’est qu’un des aspects du marché immobilier. Quels sont les autres ? l L’emballement immobilier des dernières années, notamment sur l’arc lémanique, est surtout dû à la pénurie de logements. Elle est provoquée par une démographie très dynamique, une forte croissance économique et une prospérité relative. Cela a plus d’impact sur la demande que le niveau des taux. Par ailleurs, la baisse des taux hypothécaires est une affaire moins récente qu’on ne le croit. Nous avons la mémoire courte. Cela fait bientôt une décennie que nous nous situons entre 2 et 3 %. Il ne s’agit donc pas d’un phénomène, mais de la nouvelle normalité – d’ailleurs tous les taux sont au plancher. L’épargne, par exemple, ne rapporte plus rien. Enfin, dernier élément, pas forcément anecdotique : la perte de confiance de la population face aux géants du secteur bancaire, à cause d’une longue série de scandales internationaux. UBS (et à un degré moindre Credit Suisse) ont vu des capitaux filer vers des établissements comme les banques cantonales, les caisses


Raiffeisen ou la Banque Migros, dont la vocation est justement de prêter à des particuliers, notamment pour acquérir un logement. Les taux hypothécaires pourraient-ils subitement prendre l’ascenseur ? l Non. La situation conjoncturelle en Suisse est très stable, dans une économie mondiale en proie à de fortes turbulences. Mais la croissance est tout de même atone, il n’y a pas de soubresauts majeurs à prévoir, ni dans un sens ni dans l’autre. Par ailleurs, les taux de notre pays résultent aussi d’un fort afflux de capitaux étrangers provoqué par la défiance vis-à-vis des autres monnaies. Enfin, l’inflation est quasiment à zéro. Il n’existe donc aucune raison objective de voir ces taux remonter dans les conditions actuelles. La population considère qu’emprunter à un taux pareil est une aubaine… l Les gens se trompent. Les taux ne sont bas que de manière nominale. Les taux réels, eux, n’ont pas bougé ! Quand on empruntait à 6 % avec une inflation à 4 %, on empruntait en réalité à 2 %. Comme aujourd’hui : on emprunte à 2 %, avec une inflation à zéro. Le loyer de l’argent est le même. C’est donc une illusion monétaire. Certes, mais au début de la décennie 1990, il y a vingt ans, les taux réels étaient nettement plus élevés… l Parce que nous n’étions pas en situation d’excédent d’épargne comme aujourd’hui. Et que nous vivions une situation de désintérêt vis-à-vis de l’immobilier, en grande partie due à l’éclatement de la bulle immobilière entre 1989 et 1991. Mais aujourd’hui, c’est l’inverse, je l’ai dit. Nos banques croulent sous les disponibilités et manquent d’opportunités de placements sûrs.

Retrouvez Philippe Thalmann lors de la 5e Journée romande des experts immobiliers le 26 juin 2012 à Lausanne. Tous les détails

Inscription en ligne

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LOGEMENT

Le nombre de propriétaires en hausse modérée mais constante depuis dix ans Les taux bas ont favorisé l’accès à la propriété. Une évolution qui va se poursuivre.

Victor Stolberg

L’Office fédéral de la statistique tient... des statistiques précises, c’est son métier. Problème : elles sont tellement pointues qu’elles mettent un temps fou à être publiées. Aussi, quand nous nous sommes interrogés sur le pourcentage actuel de propriétaires de leur propre logement en Suisse, les fonctionnaires fédéraux n’ont pas su répondre : « Les dernières données consolidées remontent à l’an 2000, et les prochaines seront publiées au cours du second semestre de cette année, nous sommes en train de recouper les chiffres. » Le souci vient du changement de méthode de calcul. Alors qu’il utilisait une sorte de « sondage », l’OFS se base désormais sur le Registre fédéral des bâtiments et des logements – ce qui permet un décompte à l’unité près. Pour avoir une réponse plus rapide, en l’occurrence un ordre de grandeur, nous nous sommes tournés vers Credit Suisse Economic Research et sa division immobilier, qui travaille « par estimation » – la nuance est de taille. Les chiffres portent uniquement sur les résidences principales. En moyenne nationale, 39 % des Suisses sont désormais propriétaires de leur logement fin 2011, contre 35 % en 2000. Une augmentation de quatre points seulement. Autrement dit, une décennie de taux bas n’a fait évoluer le taux de propriété que de façon marginale, même si la ten-


dance est claire. Dans le canton de Zurich, les propriétaires sont désormais 29 % (contre 25 % en 2000) ; ils sont 32 % dans le canton de Vaud (28 % en 2000) et 18 % seulement dans le canton de Genève (16 % en 2000), ce qui s’explique par l’exiguïté du territoire et la pénurie de surfaces à bâtir. Fin 2009, la Suisse comptait 1,6 million de bâtiments habitables, +11 % par rapport au recensement de la population de l’an 2000. La maison individuelle reste la catégorie la plus répandue, qui représente trois bâtiments sur cinq (58 %). Mais elle ne comptabilise qu’un quart (23 %) de l’ensemble des logements. La majorité de ceux-ci (56 %) se situent dans des immeubles à plusieurs logements. Parmi les quatre millions d’appartements dénombrés, un sur quatre compte 3 pièces (26 %) ou 4 pièces (27 %). Mais les logements construits après 1970 deviennent plus grands. Au cours de la période 2001-2009, les appartements de 4 et 5 pièces sont nettement majoritaires (61 %). La tendance à la hausse du nombre de propriétaires va-t-elle se poursuivre ? « Sans aucun doute, selon Philippe Kaufmann, de Credit Suisse Research à Zurich. D’abord parce que les taux sont bas, et que nous ne voyons aucune raison objective à ce qu’ils remontent ces prochaines années. Ensuite parce qu’il s’est produit un changement fondamental de comportement : peuple de locataires, les Suisses ont désormais envie de devenir propriétaires. » Enfin, dernier facteur : les autorités elles-mêmes encouragent les citoyens à accéder à la propriété – un article de la Constitution fédérale y fait référence. Récemment, dans le but de contenir les risques de bulle, le Conseil fédéral a légèrement affaibli son dispositif en changeant les règles concernant la mise de départ pour l’acquisition d’un logement. Il faudra toujours 20 % de fonds propres mais dont au minimum la moitié devra provenir de la fortune personnelle. Autrement dit, il ne sera plus possible d’utiliser uniquement son 2e pilier pour constituer ses fonds propres de départ. On verra dans les mois et les années qui viennent quelle sera l’influence de cette restriction sur le taux de propriétaires en Suisse.

www.credit-suisse.ch


architecture

Group8, l’axe Genève-hanoi le bureau genevois développe ses projets sur le parc immobilier de la Genève internationale et dans le Sud-est asiatique. Victor Stolberg

Est-il possible de travailler dans un container maritime sans y être forcé ? Autrement dit : peut-on délibérément choisir de passer une partie importante de sa journée de travail, c’est-à-dire, d’une certaine façon, de sa vie, dans un quadrilatère métallique conçu à l’origine pour le transbordement intercontinental de marchandises ? La réponse est positive, mais il faut admettre qu’on ne se serait jamais posé la question avant de découvrir comment la récupération par des architectes de ces icônes colorées du commerce international pouvait dépasser le geste conceptuel. De fait, les nouveaux bureaux de Group8, dans la zone industrielle proche de Meyrin, sont ce qu’il convient d’appeler une carte de visite. Grand open space très lumineux, baies vitrées hautes et containers cannelés rouge et vert de l’affréteur taïwanais Evergreen ou de son concurrent coréen Hanjin, récupérés dans le port franc de Genève – ils servent d’espace collectif, on y tient les séances. Le décor est à la fois dépouillé et spartiate, anguleux mais original : les architectes


ont pris possession d’un lieu qui fut autrefois industriel (un atelier de tissage), avant de servir les nuits genevoises (la boîte Weetamix). Il abrite désormais les activités de Group8, un bureau d’architecture actif essentiellement sur Genève et... en Asie du Sud-Est, après que deux des huit associés se sont installés dans la capitale vietnamienne Hanoi. L’originalité de l’équipe ne tient pas uniquement dans les contours de son quartier général. Elle tient aussi à l’une des principales sources de ses mandats : la FIPOI. Au pays déconcertant des acronymes, celui-ci a retenu notre attention. De quoi s’agit-il ? De la Fondation des immeubles pour les organisations internationales qui gère le parc immobilier, plusieurs dizaines de bâtiments, des structures onusiennes basées à Genève. Aussi, après avoir remporté un concours initial, Group8 est devenu l’architecte attitré de la Genève internationale et de son développement architectural. Ces derniers mois, le bureau a ainsi doté la Cité de Calvin d’un parallélépipède blanc immaculé dans la zone de l’aéroport, le nouveau centre de logistique du CICR. Un triple programme, puisqu’il s’articule en bureaux, halle de stockage du matériel et centre de dispatching (tentes, matériel médical et sanitaire) que la Croix-Rouge doit être prête à expédier en permanence – et en quatrième vitesse – sur les théâtres des crises humanitaires mondiales. « L’enjeu était de taille, explique Marie-Avril Berthet, porte-parole du bureau. C’était un projet spécifique, où nous devions réfléchir à la neutralité représentée par l’institution. Comment mettre en œuvre le symbolisme de cette notion ? Notre réponse a consisté à utiliser une toile blanche type bâche de camion pour recouvrir l’édifice ; elle répond à celles que l’on retrouve dans les camps de réfugiés, témoignage de l’urgence et de la précarité. » Pour le CICR aussi, Group8 est en train de repenser entièrement le dispositif d’accueil au pied du bâtiment historique classé de l’avenue de la Paix. Le grand trou actuel cédera prochainement la place au nouveau musée, et à un espace ouvert sur la rue, intégré aux courbes de niveau du terrain. Ailleurs à Genève, toujours en relation avec la vocation universelle de la ville, le bureau travaille à la refonte de l’OMC – la cour intérieure sera couverte. Il a aussi développé un immeuble à l’avenue de Lausanne, en bordure des voies CFF, qui abrite des missions diplomatiques. La vocation du bureau est de se concentrer sur des ouvrages publics, mais pas uniquement : « La seule chose qui ne nous intéresse pas est la maison saumon individuelle, le machin néoclassique type villa romaine », disent les architectes. Qui ont aussi mis la main au logement collectif (bâtiments Corail et Bambou, dans le quartier de Chandieu). Le style est délibérément austère et affûté, peut-être est-ce dû à l’époque minimaliste durant laquelle les partenaires, tous quadra, ont fait leurs études à l’EFPL. Mais ils refusent pourtant


l’étiquette d’architecture « d’auteur ». La métropolisation de l’arc lémanique est le cadre dans lequel ils inscrivent leur réflexion. « Dans une optique urbanistique, je constate que la ville échappe désormais à la ville traditionnelle, note Adrien Besson (1969), l’un des huit partenaires. Il y a une part d’urbain que l’on contrôle et celle qui échappe à notre raisonnement. C’est justement sur cette dernière que doit porter notre regard : la densification fait partie des réponses possibles, mais ce n’est pas la seule. Il faut élargir le champ de la réflexion à la région, et pas seulement à l’agglomération. » Une vision englobante qui est aussi celle du fonctionnement de l’équipe. Group8 ne se vit pas comme un « grand » bureau de près de quarante collaborateurs, mais davantage comme l’addition des compétences de huit individus qui ont mis en commun leurs ressources de façon transversale. « Nous nous retrouvons tous ensemble deux fois par mois lors d’une séance critique pour échanger et partager, explique Adrien Besson. Et, le reste du temps, chaque équipe travaille sur ses projets, mais de façon flexible. Ce ne sont pas huit entités distinctes, mais des cellules de travail entre lesquelles existent de multiples passerelles. » Et le Vietnam ? L’installation de deux associés à Hanoi il y a cinq ans (+ 30 collaborateurs locaux) est le fruit d’un hasard autant que d’une intuition. Le pays est en plein boom et les contraintes y sont beaucoup moins nombreuses. « Les régulations en Suisse sont hyper-nombreuses et extra-chiantes, seuls 30 % des projets lauréats de concours finissent par être réalisés, les autres passent à la trappe à cause des recours, sourit Marie-Avril Berthet. Là-bas, tout est à faire, tout est possible. »

www.group8.ch


Halle logistique du CiCR, genève, 2011 CRédit pHotogRapHique : © Régis golay, FedeRal studio, genève


Halle logistique du CiCR, genève, 2011 CRédit pHotogRapHique : © Régis golay, FedeRal studio, genève


Maison CoRail et RésidenCe BaMBou, genève, 2011 CRédit pHotogRapHique : © Régis golay, FedeRal studio, genève

Maison CoRail et RésidenCe BaMBou, genève, 2011 CRédit pHotogRapHique : © Régis golay, FedeRal studio, genève


BâtiMent adMinistRatiF de l’avenue de FRanCe, genève, 2012 CRédit pHotogRapHique : © Régis golay, FedeRal studio, genève


BâtiMent adMinistRatiF de l’avenue de FRanCe, genève, 2012 CRédit pHotogRapHique : © Régis golay, FedeRal studio, genève


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punggol WateRFRont, sinCe 2009 iMage de syntHèse : © gRoup8


tHe BiRds, volièRe du Bois-de-la-Bâtie, genève, 2008 CRédit pHotogRapHique : © dgBp david gagneBin-de Bons & Benoît pointet


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svit romandie Le SVIT Romandie est l’antenne romande de l’Association suisse de l’économie immobilière (SVIT Suisse). Créé en 2006, le SVIT Romandie compte aujourd’hui 120 membres et couvre l’ensemble des métiers qui constituent l’« économie immobilière » (gérances, experts immobiliers, promoteurs, courtiers, investisseurs, consultants, entreprises générales, facility management, banques, agents d’affaires, architectes, ingénieurs, avocats et notaires). Il offre ainsi une plateforme unique de réseautage entre partenaires potentiels.

Missions principales du SVIT Romandie Garantir la qualité dans les diverses pratiques professionnelles du domaine de l’immobilier ; Défendre les idées et les intérêts des professionnels de l’immobilier ; Proposer une formation de qualité pour garantir la relève.


agenda

Conférence-débat

Automne 2012

SVIT Plenum

26 octobre 2012

SVIT Forum de Pontresina

17 - 19 janvier 2013

Découvrez les photos de l’Assemblée générale du 23 mai 2012 :

www.svit-romandie.ch

http://www.svit.ch/fr/svit-romandie/manifestations/assemblee-generale/assemblee-generale-2012.html


comité Les membres du Comité du SVIT Romandie ont pour ambition d’offrir progressivement aux membres romands les prestations déjà disponibles en Suisse alémanique et au Tessin.

Jean-Jacques Morard Président

Martin Dunning Vice-président

Peter Burkhalter Membre fondateur

Stéphane Giacomini Membre fondateur

Yvan Schmidt Membre

Cédric Barde Membre

Marc Fischer Membre

Philippe Moeschinger Membre

Sébastien Troutot Membre

Marc Comina Secrétaire général

Karin Joergensen Joye Secrétaire générale adjointe


svit school

Apprendre pour entreprendre

SĂŠminaires Cours


5e Journée romande des experts immobiliers

Les taux bas, une nouvelle normalité ? 26 juin 2012 - Beau-Rivage Palace Lausanne - 8 h 15 à 16 h 00

8.15

Accueil, café et croissants

9.00

Les taux d’intérêt suisses et internationaux : principes et fonctionnement Fabrizio Quirighetti Chef économiste | Banque SYZ & CO

10.00 Les taux peuvent-ils rester indéfiniment bas ? Mourtaza Asad-Syed Deputy-Chief Investment Officer | Société Générale Private Banking (Suisse) SA 11.00 Pause 11.30 L’impact des taux bas sur le marché immobilier Philippe Favarger Directeur | Office du logement du canton de Genève 12.30 Déjeuner 14.00 L’évaluation immobilière dans un contexte de taux bas Hervé Froidevaux Directeur | Wüest & Partner 15.00 Evaluation immobilière : précautions méthodologiques à l’ère des taux bas Philippe Thalmann Professeur | EPFL 16.00 Fin

L’impact des taux bas sur les valeurs immobilières Taux Libor, taux swap, taux obligataire, taux directeur de la Fed, de la BCE ou de la BNS, taux à long terme, taux à court terme, taux réel, taux nominal, taux hypothécaire, taux de capitalisation, taux de vétusté… n’en jetez plus, les taux sont partout et les experts immobiliers doivent savoir les dompter pour effectuer correctement leur travail. Plus généralement, tous les professionnels de l’immobilier suivent attentivement – depuis quelque temps avec une certaine fébrilité – l’évolution du taux hypothécaire suisse en espérant qu’il reste le plus bas possible le plus longtemps possible. Mais ce taux est-il vraiment aussi bas qu’on le dit ? Bas par rapport à quoi ? Et un taux bas n’a-t-il pas aussi des conséquences négatives pour le marché immobilier en faisant artificiellement exploser la valeur des immeubles ? Quel est l’impact des taux bas sur le calcul des risques et du rendement ? Ces questions et bien d’autres seront abordées dans ce séminaire organisé avec la Chambre suisse des experts et, pour la première fois, avec la formation continue en expertise dans l’immobilier de l’EPFL.

Public cible Experts immobiliers, investisseurs, propriétaires privés et institutionnels, gérants, promoteurs immobiliers, architectes, courtiers, ingénieurs, avocats, notaires, économistes, fiduciaires, experts fiscaux, experts-comptables, banquiers et tous les professionnels de l’immobilier qui veulent élargir leurs connaissances dans le domaine de l’évaluation immobilière.

Prix du séminaire CHF 550.– (+TVA) CHF 350.– (+TVA) pour les membres du SVIT Romandie Sont compris : présentations des conférenciers sous format électronique, accueil café-croissants, pause café et repas de midi. Les inscriptions aux séminaires de la SVIT School se font désormais exclusivement sur

www.svit-school.ch/inscription

Sponsors

http://www.homegate.ch

Par souci de lisibilité, nous utilisons le masculin générique, mais il va de soi que ce document s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes. http://www.swisscaution.ch/fr/accueil


cours

Cours d’introduction à l’économie immobilière

Le Cours d’introduction à l’économie immobilière est le point de départ d’une carrière dans l’immobilier. Il propose aux participants une formation générale complète et leur permet d’acquérir les bases fondamentales en matière de gérance, de droit, d’expertise, de courtage, de marketing et de comptabilité. Son but est d’abord de donner une vue d’ensemble de l’économie immobilière à ceux qui débutent dans le domaine, soit au terme de leur apprentissage, soit après une réorientation professionnelle. Plus de détails http://www.svit-sres.ch/fr/svit-sres/cours/cours-dintroduction-a-leconomie-immobiliere.html

Session automne 2012 - du 29 août au 3 octobre 2012 (6 journées de formation) Inscription en ligne http://www.svit-sres.ch/fr/svit-sres/cours/cours-dintroduction-a-leconomie-immobiliere/inscription-en-ligne.html


cours

Cours menant aux Brevets fédéraux Module estimation conduisant au Brevet fédéral d’expert en estimations immobilières Novembre 2012 – avril 2014

Module courtage conduisant au Brevet fédéral de courtier en immeubles Printemps 2013 – Automne 2014

Module promotion conduisant au Brevet fédéral de promoteur immobilier Printemps 2013 - Automne 2014

Module gérance conduisant au Brevet fédéral de gérant d’immeubles Automne 2013 – printemps 2015

Tous les détails http://www.svit-sres.ch/fr/svit-sres/cours.html

Inscription en ligne http://www.svit-sres.ch/fr/svit-sres/inscription-online.html


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Editeur responsable | Marc Comina Ont participé à ce numéro | Victor Stolberg, Jean-Jacques Morard, Marc Comina, Karin Joergensen Joye, Johana Herrera Design graphique | Nicolas Tschanz, www.ceramiko.ch Relecture | Edith Grunberg Conception application et diffusion | www.bbhgraphic.com

Adresse | SVIT Romandie, Avenue Mon-Repos 14, 1005 Lausanne

immobilia.info No 14  
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Immobilia.info est la lettre d'informations du SVIT Romandie, l’antenne romande de l’Association suisse de l’économie immobilière (SVIT Suis...

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