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Nathan Barré

L’architecte et l’usager S5SA / Méthodologie de l’écriture École Nationnale Supérieure d’Architecture de Grenoble»


L’architecte et l’usager 1 V. BIAU, É MACAIRE, M. FENKER (2013). Cahiers Ramau n°6. L’implication des habitants dans la fabrication de la ville. Métiers et pratiques en questions. Introduction p.11 à 27 «Les métiers de l’architecture et de l’urbanisme à l’épreuve de l’implication des habitants et des usagers.»

2 P. ANDRÉ, P. MARTIN, G. LANMAFANKPOTIN (2012). « Participation citoyenne », dans L. Côté et J.-F. Savard (dir.), “Le Dictionnaire encyclopédique de l’administration publique”

L’ensemble des métiers de la conception, de la maîtrise d’ouvrage, de la maîtrise d’oeuvre et des institutions s’accordent sur certains points. Véronique BIAU nous confie, dans les cahiers Ramau, que; «la concertation est certes considérée comme une source d’enrichissement personnel et professionnel, mais elle entraîne une charge de travail peu visible, lourde, peu prise en compte d’un point de vue managériale et souvent délicate à gérer.»1 Aujourd’hui, l’intégration des (futur(e)s) usagers dans la conception de projets architecturaux, urbanistiques ou paysagers est largement mise en avant. Au-delà du cadre légal qui encourage de plus en plus à impliquer les usagers d’un lieu dans sa réalisation, les consciences évoluent aussi dans le sens d’un développement plus durable dans lequel l’expertise des usagers est reconnue. On parle de participation habitante. Elle peut se définir comme un “processus d’engagement obligatoire ou volontaire de personnes ordinaires, agissant seules ou au sein d’une organisation, en vue d’influer sur une décision portant sur des choix significatifs qui toucheront leur communauté. Cette participation peut avoir lieu ou non dans un cadre institutionnalisé et être organisée sous l’initiative des membres de la société 1


civile (recours collectifs, manifestations, comités de citoyens) ou des décideurs (référendum, commission parlementaire, médiation).”2 Cette définition décrypté au travers de la pratique architecturale, urbanistique et paysagère, met en évidence le fait que la participation s’effectue à différentes échelles et avec un degré d’implication citoyenne variable : de la simple formation à la concertation puis à l’implication direct des usagers dans certaines, (ou toutes) les étapes du projets. Vient la question de l’adaptation des professionnels de la conception aux nouvelles injonctions au développement durable et à la participation. Les freins aux pratiques participatives sont très souvent les premiers à émerger chez les professionnels du bâtiment : maîtres d’ouvrage rarement demandeurs, coûts et délais inconciliables avec l’implication habitante, l’écart entre la réalité et le discours des élus et des maîtres d’ouvrage ainsi que le sentiment de perte de légitimité des équipes de maîtrise d’oeuvre, professionnels de la conception. Il peut aussi s’agir de la trop faible part d’habitants consultés qui sont parfois des usagers seulement temporaires. A l’inverse, certains architectes voient dans cette injonction participative une valorisation de l’art de concevoir dans la complexité, avec des petits budgets et avec un travail de programmation plus riches qu’auparavant. C’est cette articulation complexe entre les équipes de maîtrise d’ouvrage, de maîtrise d’oeuvre et ce troisième organe qu’on qualifie aujourd’hui de maîtrise d’usage qui nous intéressera ici. Nous traiterons des répercussions de ce troisième organe de conception sur le corps de la maîtrise d’oeuvre dans le processus de projet. Nous avons ici une occasion de nous poser quelques questions qui animent aujourd’hui la profession d’architecte : quelles évolutions à l’oeuvre dans l’organisation des projets et des métiers de la concep2


tion architecturale et urbaine ? Mais aussi, quelle(s) reconnaissance(s) ou non d’une expertise habitante ? Quelles freins ? Quelles légitimées ? Cet article est en premier lieu le fruit d’un intérêt particulier porté aux pratiques de conception collective d’un lieu. C’est aussi la curiosité qui me décida à m’orienter vers des pratiques plus alternative du métier d’architecte qui en font aujourd’hui plus que jamais un métier diversifié. C’est tout d’abord par le biais de conversations informelles que le sujet de la participation s’est éclairé. En consultant des revues spécialisées, le sujet a été abordé de manière plus précise et m’a permis d’intégrer la participation à la globalité du processus de conception architecturale. Des écrits de sociologue sur la question ont aussi permis de dégager des tendances générales chez : les architectes intégrant la maîtrise d’usage à la conception, les architectes ne l’intégrant pas, et les architectes remettant en cause ces pratiques. Pour finir, ce sont des retours d’expériences d’architectes praticiens et des conférences qui procureront à cet écrit des exemples concrets. Ils décryptent les répercussions réelles et actuelles de la participation habitante aux projets d’architectures. Au regard de ces différentes investigations, nous pouvons dégager des tendances qu’adoptent les architectes praticiens vis-à-vis de l’intégration de la maîtrise d’usage à leurs processus de conception. Dans un premier temps, nous allons nous intéresser au positionnement qui veut que l’usager soit considéré comme une aide lors de la conception. Le cas dans lequel son expertise est reconnue et inspire les équipes de maîtrise d’oeuvre. Dans un second temps, nous nous pencherons sur la complexité qu’engendre la mise en place de tels dispositifs. Les complications vécus des “experts” de la conceptions en invoquant donc les temps long 3


et surcoûts propre aux processus participatifs. Il en découlera les questions concrètes qu’occasionne l’intégration de la maîtrise d’usage à la conception : les richesses produite, aussi bien au niveau économique qu’au niveau du sens apporté à la profession.

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À l’heure ou la démocratie est remise en cause, les pouvoirs publics critiqués et les hautes institutions en rupture avec le quotidien de beaucoup de Français, l’implication habitante dans les projets architecturaux, urbanistiques et paysagers s’impose comme vecteur de redynamisation de quartiers et comme enrichissement des débats sur la ville. Certains architectes se sont saisis de cette question et voit dans cette “maîtrise d’usage” une réelle source d’inspiration ainsi qu’une expertise reconnue dans le processus de projet. À l’extrême, cette mobilisation citoyenne autour d’un projet d’architecture semble perçu comme un appui solide pour des revendications. Lors de conversations, un architecte ayant conçu des projets de manière participatives nous avoue que : “dans le cas d’écoles, la participation est aussi un très bon moyen “de pression” sur la maîtrise d’ouvrage : faire ressortir des budgets trop restreint par rapport au programme, des propositions déconnectées des besoins réels”1. Cet aspect politique et revendicateur qui suit les projets d’architecture participative existe depuis les débuts de cette pratique, et plus récemment dans des collectifs comme Didattica, Sans + Attendre.

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Propos recueillit lors d’une discussion avec Didier DALMAS, architecte-associé à Atelier Didier Dalmas

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Propos de Sébastien Fabianni recueillit lors de l’évènement Café d’Archi’ à l’École Nationnale Supérieure d’Architecture de Grenoble en Décembre 2017.

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De manière plus nuancée, la question de la participation habitante à la conception de projet d’architecture “apporte de nouvelles entrées dans le métier d’architecte”2 déclare Sébastien Fabianni, architecte à l’agence Na Architecture. Par exemple, l’architecte programmiste va travailler main dans la mains avec la maîtrise d’usage pour mettre au point un cahier des charges en lien direct avec les besoins des usagers. « Les professionnels sont alors amenés à «repenser de manière inventive les rapports entre processus et procédures, entre constructions du sens d’un projet et approche normative de l’urbanisme»1. C’est le caractère “médiateur” du métier d’architecte qui est ici mis en avant. Par analogie, “ Paul Ardenne montre d’une façon similaire comment le contact de l’artiste avec les publics est parfois recherché pour «intensifier» la création”. Mais c’est en premier lieu les répercussions économiques et concrètes qu’il convient de décrire. Lors du Café d’archi’ qui s’est tenu à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble en Décembre 2017, Sebastien Fabianni a insisté sur sa pratique de l’architecture croisé avec les futurs usagers. Il nous a exposé comment elle peut produire un bâtiment et/ou un espace de qualité du premier coup sans nécessiter de multiples arrangements dans les mois qui suivent sa mise en service. Les répercussions économiques sont donc là : un projet conçu en partenariat avec la maîtrise d’usage est plus souvent “juste et adapté à tous dès le début”2 selon S. Fabianni. Toutefois, ce sont très rapidement des sujets moins conventionnels qui sont abordés par les praticiens au sujet de la participation habitante. On distingue un enthousiasme de la pratique du projet qui anime ces architectes, notamment lorsqu’ils nous racontent comment ils se retrouvent (sous “protection” de la masse participative) à tenir “des discours avec la maîtrise d’ouvrage parfois sur-réaliste (des étages acces6

1 V. BIAU, É MACAIRE, M. FENKER (2013). Cahiers Ramau n°6. L’implication des habitants dans la fabrication de la ville. Métiers et pratiques en questions. Introduction p.11 à 27 «Les métiers de l’architecture et de l’urbanisme à l’épreuve de l’implication des habitants et des usagers.»

Propos de Sébastien Fabianni recueillit lors de l’évènement Café d’Archi’ à l’École Nationnale Supérieure d’Architecture de Grenoble en Décembre 2017.

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sibles par toboggans, des balançoires sur les toits, une école avec voie cyclable intérieure, etc...)”1. Cet enthousiasme se retrouve chez les étudiants en école d’architecture chez qui la concertation avec les usagers est perçu comme un moyen d’écoute approfondie de la demande, comme une possibilité de tester sa faculté à se faire comprendre mais surtout un enrichissement et une clarification du projet d’architecture. De ces différents points de vue émerge une conception d’un métier d’architecte plus humain, au contact direct avec les besoins de la demande. Mais aussi une logique de conception qui tend à revaloriser tous les acteurs du processus de projet, du promoteur à l’habitant en passant par l’ouvrier.

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Propos recueillit lors d’une discussion avec Didier DALMAS, architecte-associé à Atelier Didier Dalmas

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Néanmoins, aborder le sujet de la participation habitante suscite immédiatement de nombreuses réflexions chez les praticiens. La mise en place d’un tel processus de conception engendre inévitablement des complications non-négligeables. L’architecte avec lequel nous avons pu nous entretenir nous confis : « Dans mon cas, c’est l’ampleur que prenait mon agence qui m’a fait perdre le pied avec les processus de conceptions participatives. Par là j’entends, l’impossibilité de mêler les finances, les rendus de concours qui se marchent dessus, l’afflux des employés mélangé entre ceux qui arrivent et ceux qui partent, sans compter tous ceux qui n’ont aucune idée de comment mener des «temps participatifs» dans l’avancement d’un projet. Tout cela en étant toujours à l’écoute des moindres frémissement d’habitants mobilisés. Le frein le plus caractéristique de la participation est celui du temps que cela prend, et je pense que même les agences qui intègrent ces processus sont obligées de tenir les rênes des mouvements habitant de manière assez radicale ! Tout ça le plus souvent bénévolement !”1. En plus de toutes les contraintes économiques engendrées, un des défauts souvent soulevé par les architectes et celui de la nature chronophage de la conception 8

1 Propos recueillit lors d’une discussion avec Didier DALMAS, architecte-associé à Atelier Didier Dalmas


avec l’habitant. C’est d’ailleurs un des problèmes qui a fait l’unanimité au Café d’Archi’ de l’Ecole d’Architecture de Grenoble : L’exemple du collectif ETC ou Bruit du Frigo a permis d’illustrer le fait que les institutions jouent parfois de la polyvalence de ces collectifs et profitent de leur contact direct et volontaire avec le terrain (c’est au collectif d’assurer l’hygiène des lieux de travail, d’en assurer la sécurité,...). À cela s’ajoutent les moments de conception à proprement dit. Par exemple les sondages d’opinions ou les résidences architecturales sont deux pratiques courantes dans la conception participative s’inscrivant sur le long termes. De plus, comme dit précédemment, ils sont souvent issus d’initiatives volontaires de la part des équipes de conceptions et ne sont que rarement valorisés de manière financière. “Ces processus sont très long, très coûteux et rarement demandés (moins depuis quelques années...). C’est un enfer pour intégrer cela à un processus de conception d’agence qui ne vit que grâce aux concours, pour lesquels il faut être rapide, efficace, et savoir visé juste du premier coup (choses pour lesquelles de longs dialogues avec un panel d’usagers très large sont nécessaires et donc contradictoires)”2. Ces complications constituent les principaux points négatifs vécu des architectes vis à vis de l’intégration de la maîtrise d’usage au processus de projet. Une des questions qui anime le débat est de savoir quelle légitimité accorder à cette expertise habitante tandis qu’une part des architectes s’accordent pour dire que cette expertise doit s’exprimer “dans le cadre de ce que les professionnels et institutionnels considèrent comme légitime : dans des dispositifs prédéfinis, sur des questions déjà formulées, et avec les outils, les mots, les références qu’imposent généralement les techniciens et les concepteurs”3. 9

Propos recueillit lors d’une discussion avec Didier DALMAS, architecte-associé à Atelier Didier Dalmas 1

2 Propos recueillit lors d’une discussion avec Didier DALMAS, architecte-associé à Atelier Didier Dalmas

1 V. BIAU, É MACAIRE, M. FENKER (2013). Cahiers Ramau n°6. L’implication des habitants dans la fabrication de la ville. Métiers et pratiques en questions. Introduction p.11 à 27 «Les métiers de l’architecture et de l’urbanisme à l’épreuve de l’implication des habitants et des usagers.»


Il semble pertinent dans le cas d’une conception architecturale, urbaine ou paysagère, que la communication entre les différents acteurs du projet soit centrale. Ce nouveaux positionnement que peuvent adopter les architectes (souvent entourés de personnes compétentes dans de nombreux autres domaines) est l’occasion d’aborder les nouveaux visages du métier. De plus en plus, l’architecte a tendance à se résumer à un constructeur plus qu’à un concepteur nous avoue un praticien. Ainsi, en plus d’être l’occasion, comme énoncé précédemment, de sortir des structures conventionnelles, les processus de conception participative ont un impact sur le métier d’architecte qui est fondamentalement et “sans hésiter le dialogue et le contact direct avec les personnes pour qui nous travaillons. C’est à la fois une aide matérielle, en terme de projet mais aussi une profonde source de satisfaction que de retrouver pied avec une commande “authentique”.”1 C’est aussi l’occasion de “donner une réelle identité à un bâtiment”2, dans le sens d’une identité de lieu, à savoir une approbation collective du projet à l’échelle de la ville et surtout à l’échelle de chaque individualité qui le fréquente. De manière plus positionnée, l’intégration de la masse citoyenne aux projets d’échelle urbaine résonne aujourd’hui comme le relais d’une démocratie laissant de côté une part de la population: “Quoi qu’il en soit, pour la commande publique, je pense que les équipements pour enfants et les équipements culturels sont aujourd’hui le bastion de la participation habitante “de grande échelle”. Ce sont les projets de plus petites échelles qui sont, je pense, premièrement, 10

Propos recueillit lors d’une discussion avec Didier DALMAS, architecte-associé à Atelier Didier Dalmas

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plus souvent sujet à des conceptions participatives, et deuxièmement, les réels bastions de l’architecture “sociale participative” et revendicatrice que j’ai pu effleurer dans mes débuts de carrière”1. Cette alimentation constante du débat lors de processus de conception participatif raccrochent les architectes concernés aux réalités de leur profession, “loin de revendiquer des compétences «sociologiques», ils valorisent l’art de concevoir dans la complexité”. En poussant ce raisonnement au bout, Nicolas Tixier nous confis lors du Café d’Archi’ : “je ne suis jamais aussi content que quand je n’existe plus”2. Il semblerait alors que la profession d’architecte se définisse aussi dans son rôle purement éducatif de la maîtrise d’usage. Rôle dans lequel l’architecte, au terme de ces temps de “sensibilisation” citoyenne visant à révéler l’expertise propre à chaque usagers, est en position de rendre l’intégralité du processus de conception aux mains des intéressés.

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Propos recueillit lors d’une discussion avec Didier DALMAS, architecte-associé à Atelier Didier Dalmas

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2 Propos de Nicolas TIXIER recueillit lors de l’évènement Café d’Archi’ à l’École Nationnale Supérieure d’Architecture de Grenoble en Décembre 2017.


Bibliographie - Véronique BIAU, Michael FENKER, Élise MACAIRE, Cahiers Ramau n°6. L’implication des habitants dans la fabrication de la ville. Métiers et pratiques en questions. Introduction p.11 à 27 «Les métiers de l’architecture et de l’urbanisme à l’épreuve de l’implication des habitants et des usagers. École Nationnale Supérieure d’Architecture de Paris - La Vilette. Maison d’édition la Villette. 2 Décembre 2013. - Marie-Hélène BACQUÉ, Mohamed MECHMACHE. Citoyenneté et pouvoir d’agir dans les quartiers populaires. «ça ne se fera plus sans nous !». Introduction partie A. et B. de la page 7 à 12. Remis à F. LAMY en Juillet 2013, après rédaction le 29 et 30 Juin 2013. - André, P. avec la collaboration de P. Martin et G. Lanmafankpotin (2012). « Participation citoyenne », dans L. Côté et J.-F. Savard (dir.), Le Dictionnaire encyclopédique de l’administration publique. En ligne, www.dictionnaire.enap. ca - Héloïse NEZ, « Savoir d’usage », in CASILLO I. avec BARBIER R., BLONDIAUX L., CHATEAURAYNAUD F., FOURNIAU J-M., LEFEBVRE R., NEVEU C. et SALLES D. (dir.), Dictionnaire critique et interdisciplinaire de la participation, Paris, GIS Démocratie et Participation, 2013 - Susanne Hofmann - «Architecture is participation». Conférence donnée le 25 avril 2017 à l’École Nationnale Supérieure d’Architecture de Grenoble. Consultation en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=qKWgieCSs-g - Patrick BOUCHAIN «Construire autrement». Conférence donnée le 13 novembre 2007 à l’École Nationnale Supérieure d’Architecture de Grenoble. Consultation en ligne : http://omeka.archires.archi.fr/files/original/abbe8f12


- Yann MAURY, «Les coopératives d’habitants, des outils pour refonder la ville durable». Conférence donnée le jeudi 8 décembre 2011 à l’École Nationnale Supérieure d’Architecture de Grenoble. Consultation en ligne: http:// omeka.archires.archi.fr/files/original/403aaeeda847afa71f63f2d9199d66f2.mp4

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L'Architecte et l'Usager - Nathan Barré  
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