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Ombre chinoise Je la suivrais jusqu’au bout du monde, sans elle je ne peux vivre, sans elle je n’ai plus la force de respirer. Je subirais pour elle les plus grands supplices s’il le faut, et cela pour pouvoir la revoir ne serait-ce qu’une seule fois. Aider moi je vous en supplie dite moi ou elle sent est allé. *** Les informations du docteur me conduisaient à la capitale chinoise. Le vol était pénible, après plus de 12 heures dans l'avion à tenter de trouver le sommeil, voilà que l’orage surgit. Nous arrivâmes à l’aéroport en subissant des perturbations, je n’avais pas dormi voilà 24 heures. Je récupérai mon sac, je voyageais léger, le désespoir me pesait assez. J’étais fatigué, la peur me rongeant, la peur de ne plus jamais la revoir, mais j’allais enfin savoir pourquoi, pourquoi à t’elle disparut du jour au lendemain. Abandonnant son travail à l’hôpital, abandonnant ses amis, sa famille… et moi. Je réussis à prendre un taxi, je ne suis pas sûr que le chauffeur m’a vraiment compris, son anglais était vraiment archaïque, je suis exténué, je voyais l’orage continuer à sévir dans la nuit, je collai ma tête contre la fenêtre froide, le son des gouttes me lénifiait, sans prévenir je m’endormis. « Xiānshēng xǐng lái », « Sir wake lái ». Je me réveillais, le chauffeur me secoua l’épaule, nous étions arrivées, son expression inquiète m’obligea à lui sourire, je sortis de la voiture, il me donna mon sac, sans lâcher son regard de moi. J’aurai pensé que les Chinois ne regardaient jamais les gens dans les yeux, encore moins un étranger blanc, je devais vraiment avoir une mine affreuse. Quand il partit, je me retrouvais seul sur le trottoir, face à cet hôtel miteux. Je n’aurais pu dire quelle heure il était, il faisait nuit, c’était la seule chose dont j’étais certain. Je rentrais donc dans cet hôtel, demanda en anglais une chambre pour la nuit, heureusement la jeune fille de l’accueil parlait un anglais très assuré. Elle me conduisait dans ma chambre. Je la remercie, et rentra dans la chambre, jeta mon sac et me jeta à mon tour sur le lit. Son sourire me manque, son visage, ses yeux couleur mer turquoise. J’envie le moment où je pourrais la tenir à nouveau dans mes bras, lui dire à quel point je l’aime, mais au lieu de ça je me retrouve seul dans cette misérable chambre, dans les bas-fonds de Pékin pleurant mon désespoir sur un oreiller. Le jour se lève, je me hisse du lit, alla me rafraichir le visage au lavabo. J’en profitai et analysa dans le minuscule miroir chaque partie de mon visage devenu si terne, si fatiguer. Je sortie de la chambre et alla payer à l’accueil. Arrivant devant la rue je sortis de ma poche le papier ou j’avais griffonné l’adresse. Une goutte tomba sur le morceau de feuille où je lisais « 夫子庙 ». Je m'arrange pour trouver un taxi qui pourra m’emmener à l’adresse. Avec difficulté, j’arrive à me faire conduire à la destination, après 30 minutes de route, nous passâmes par le quartier 1912 le seul que je réussis à lire, on n’y trouve des bars ainsi que des night-clubs. Plus nous avancions, plus le décor qui se dessinait ressemblait à un cauchemar, des hommes blancs saouls entourés de jeunes femmes complètement saoules elles aussi sortaient de vieux bâtiments. Des gens en piteux état longeaient les rues, certains se droguaient à même les trottoirs. J'apercevais des boutiques ésotériques vendant des animaux que je n’avais jamais vus auparavant, certains morts accrochés par leurs pattes, d’autre enchainer vivant. Je m’efforçais à croire qu’elle allait bien, tentent en vain de me rassurer, mais la réalité me rattrapait. Après avoir traversé tous ces quartiers obscurs, nous arrivâmes à la fameuse adresse, il s’agissait d’un temple taoïste blotti dans l’ombre de la ville. Je repensai à elle, les journées que l’on passait ensemble, ces journées ou nous nous enliassions sans nous lever du lit. Elle me laissait plonger dans ces yeux, je la regardais, elle était si belle, avec elle le temps n’existait plus. Je veux revivre ces moments avec elle je soulèverai terre et mer s’il le faut. Je veux me promener dans les rues comme nous le faisions, rigolant, oubliant ces qui nous entoure, n’avoir d’yeux que pour elle et elle d’yeux que pour moi. Être essentiel l’un l’autre, je


suis incomplet sans elle et aujourd’hui je ne suis qu’un homme brisé, elle a disparu, et je me suis juré que je la retrouverai. J’ouvris le portail bordé de deux grandes statues représentant deux Qilins, créature mythologique de la culture taoïste tenant du cerf et du cheval, possédant un pelage, des écailles et une paire de cornes semblable à celle du cerf. On dit qu’ils protègent, que ce sont des créatures du bien, qu’à chacun de leurs pas, le tonnerre gronde, et que leurs arrivées aussi rares soient elle fit renaitre la justice. Créature de l’empathie sa force vient dans sa capacité oblative de protéger la dignité des plus faible, et seule elle peut faire face au dragon dans ces moments ou celui perdit sa foi. Elle me conta cette histoire il y’a bien longtemps, j’ai toujours aimé l’écouter, voir l’expression de son visage, s’imaginant ces dires. J’espérais que ces statues étaient un signe, je rentrai dans le jardin. Alors que tout autour il n’y avait qu’obscurité, le jardin était lumière. Les rayons illuminaient la végétation encore recouverte de gouttes d’eau de l’orage. Un moine portant une tunique rouge bordeaux attendait devant la grande porte, les yeux clos, le sourire au coin des lèvres. Une aura de bienveillance émanait de ce vieil homme, quand il ouvrit les yeux je fixais mon reflet dans ses yeux noirs, pendant un instant j’avais oublié mon désespoir. Il ouvrit avec facilité la grande porte, et m’invita à rentrer. Des centaines de bougies blanches étaient allumées et une statue de Lao Tseu dominait le centre de l’unique pièce. J’inspectai la pièce recherchant un indice, espérant la voir, je me retournais vers le vieux moine, mais il avait disparu. Je restai là un moment à fixer ce jardin zen. Toujours mes pensées dirigées vers elle. Une main me touchant l’épaule me ramena à la réalité. Je me retournai, c’était elle. Je m’en rappel nous nous baladions dans la rue, je m’étais rendu compte que j'étais heureux. Que ma vie ne sera jamais plus belle ni plus douce qu'avec elle. Je me sentais bien. Je voulais être avec elle, c'est la vie que je voulais vivre. J’ai juré de renoncer à maîtriser le cours de la vie, de la sienne ou de la mienne. J'aurais eu une seule raison de vivre, une unique raison : l'aimer et faire son bonheur. C'est elle qui m’a appris à vivre dans le présent et je ne veux rien connaître d'autre. Elle était là devant moi… je me levai d’un bond la serrant dans mes bras, elle m’en lassa à son tour. Après un long moment je la relâchai de mon étreinte et la regardai-je, elle me sourit, elle était habiller d’un lin aussi blanc que sa peau. Elle avait l'air éreinter, malgré son habile ample je pouvais voir à quel point elle avait perdu du poids - Pourquoi es-tu partie ? Dis-je d’une voix fatiguer. - Je ne voulais pas te voir souffrir, ce qu’on a vécu ensemble était parfait je ne voulais pas que tu… Elle hésita un instant et dégagea son regard. - J’ai appris pour ton cancer pourquoi me l’avoir caché pourquoi t’être enfuis, de quoi avait tu peur, je serais toujours là pour toi, j’aurai pensé que… - Je n’ai jamais aimé comme je t’ai aimé, mais il faut… Je t'assure que si tu t'en vas maintenant, ce qu'on a vécu sera alors parfait à tout jamais. - La vie n'est pas parfaite. - C'est pour ça qu'il faut que tu jures de ne pas m'oublier, et que je reste dans ta mémoire comme un grand et beau souvenir. Tu comprends ? De cette façon, si tu ne m'oublies pas, quoiqu’il arrive je n'aurais rien à craindre. Rien à craindre. Tu es la condition de mon immortalité. - C'est toi que je veux, et rien d'autre. - Mais tu sais que tu m'as, pour la vie ! Alors, laisse-moi partir, maintenant... - Je, je, si c’est vraiment ce que tu souhaites, je m’en irai… - Tu ne m’oublieras jamais. - Jamais. Je voyais des larmes couler le long de sa joue, de ma main je caressai sa joue, gardant cette dernière image d’elle. Pris sa main, lui souffla une dernière fois : je t’aime, et m’en alla.


Ombre chinoise  

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