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Dossiers Trimestriels Janvier 2012

Le prĂŞt solidaire en ligne de personne Ă personne: Nouveaux acteurs en microfinance, nouvelles pratiques


Ce document a pour vocation de présenter le prêt solidaire de personne à personne. Babyloan, opérateur pionnier de cette nouvelle forme de solidarité, souhaite en établir les « best practices » et proposer ses réflexions sur les défis à relever et les limites à surpasser. Présentation: définition et objectifs

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Le microcrgdir en ligne, qt’esr ce qte c’esr? Comment ça fonctionne? Ce que ces plateformes permettent

La mission de Babyloan Panorama des plateformes de peer to peer lending

Dt prêt de personne à personne potr tne solidarité plts htmaine

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Pour les micro-entrepreneurs et leurs institutions de microfinance (IMF)

Le modfle gconomiqte de Babyloan potr plts d’impacr str le rerrain Pour les internautes prêteurs

Un espace personnel pour le prêteur Babyloanien L’impacr dgctplg d’tne solidarirg par le prêr

L’effet de levier dt prêt solidaire Les défis de cette notvelle solidarité

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Défi 1: Microcrédit en ligne, coûts et risques pour les IMF

Commenr Babyloan facilire la gesrion potr l’IMF Défi 2: Respecter et comprendre les micro-entrepreneurs

Les actions de Babyloan Dgfi 3: L’engagemenr atprfs des inrernatres - Transparence, pédagogie et communication

Sensibiliser les prêteurs pour une collecte de prêts régulière - Une sélection rigoureuse des IMF partenaires pour un prêt moins risqtg er tne aide ggngranr plts d’impacrs

Des partenaires terrain fiables pour une microfinance sociale Dgfi 4: La mestre de l’impacr

Un indicateur de niveau de vie sur Babyloan

Pour conclure

Dossier consultable sur Babyloan.org

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Présentation : définition et objectifs Le microcrgdir en ligne, qt’esr ce qte c’esr ?

Concrètement, ces plateformes permettent:

Une innovation permettant à des personnes de financer par le prêt des individus aux quatre coins du monde ou à côté de chez eux sans l’intermédiation des acteurs financiers traditionnels.

L’amélioration des conditions d’emprunt des micro-entrepreneurs.

Comment ça fonctionne?

Une relation entre internaute bienfaiteur et micro-entrepreneur bénéficiaire basée sur l’échange.

Le microcrédit* en ligne (appelé aussi peer-to-peer lending) utilise une plateforme Internet permettant la rencontre de prêteurs et d’emprunteurs. Ces derniers sont des microentrepreneurs en situation de grande précarité ou d’exclusion bancaire. Un internaute prêteur peut choisir le projet d’un microentrepreneur qu’il souhaite financer (parmi le choix proposé), via la plateforme de prêt en ligne. Ce micro-entrepreneur est accompagné par une Institution de Microfinance (IMF), partenaire de la plateforme Internet **. Ce tiers acteur est indispensable tant pour des raisons pratiques d’intermédiation que pour assurer la mission sociale d’accompagnement conduite auprès du micro-entrepreneur. Une fois le contrat de prêt conclu en ligne, l’argent prêté par l’internaute est utilisé pour refinancer*** le projet du microentrepreneur, qui tout en développant son activité rembourse le prêteur par petites mensualités. Une fois la somme remboursée, l’internaute pourra choisir de prêter à un nouveau microentrepreneur ou se faire restituer son argent.

La transparence des mécanismes et de l’utilisation de l’argent.

A tous de devenir un investisseur social et responsable. L’émergence d’une communauté banque citoyenne universelle !

solidaire,

d’une

La mission de Babyloan Aider les micro-entrepreneurs en situation de grande précarité à bénéficier de meilleures conditions d’emprunt et de réalisation de leurs projets. En recevant une ressource solidaire collectée auprès du grand public, les Institutions de Microfinance partenaires de Babyloan, qui travaillent avec les micro-entrepreneurs peuvent : Répercuter la baisse des taux d’intérêt pratiqués auprès des bénéficiaires emprunteurs Se concentrer sur leur mission sociale d’accompagnement plutôt que sur la recherche de financements

Panorama des plateformes de peer-to-peer lending :

Pour mieux comprendre * Le microcrédit n’est pas du crédit à la consommation : c'est un petit crédit servant à financer une activité économique, durable et rémunératrice pour son porteur. Il s’adresse à des personnes qui n’ont pas accès aux prêts bancaires classiques et leur permet d'améliorer leurs conditions de vie. Le micro-crédit est un produit financier parmi l’ensemble des produits et services proposés par la microfinance. ** La très grande majorité des plateformes de prêt de personne à personne ne permettent pas le financement direct du bénéficiaire mais passent par l’intermédiation d’une IMF, garante du prêt fait au micro-entrepreneur et responsable de l’accompagnement et du suivi de l’entrepreneur dans la création et/ou le développement de son activité. *** Il s’agit en effet de refinancement et non de financement direct. Lorsque le projet du micro-entrepreneur est mis en ligne, il a souvent déjà reçu l’argent avancé par l’Institution de Microfinance locale. Ce système de refinancement permet de réduire l’aspect négatif de la saisonnalité des prêts (certains mois les internautes prêtent davantage que d’autres) et donc la variation de la rapidité de financement.. S’adaptant à la réalité du terrain, ces plateformes doivent permettre au micro-entrepreneur de ne pas attendre le prêt de l’internaute.

Dossier consultable sur Babyloan.org

Si l’encours mondial du microcrédit est de 65 milliards de Dollars, il n’est refinancé qu’à hauteur de 0,25% par les plateformes de peer-to-peer. Ces initiatives sont en effet récentes puisqu’elles sont apparues pour la première fois aux Etats Unis, en 2005, avec le site Kiva, leader de ce secteur émergeant. Dans la foulée de cette initiative, sont apparues d’autres plateformes telles que MYC4 au Danemark ou Babyloan, première plateforme philanthropique européenne. Elles se caractérisent toutes par une croissance très rapide de leur activité. Sur la base de leur taux de croissance annuelle et de la multiplication de ces sites, nous pouvons imaginer que d’ici à 10 ans, ce nouveau mode de financement représente 5 à 7% de l’encours mondial du microcrédit. Il existe à ce jour 24 sites Internet de ce type référencés dans le monde. La majorité d’entre eux ont une approche philanthropique alors que d’autres, plus minoritaires, développent une approche orientée sur l’épargne rémunérée. En France et dans le sillage de Babyloan, des plateformes telles que Xetic et Microworld ont vu le jour sur le même modèle philanthropique.

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Du prêt de personne à personne pour une solidarité plus humaine Pour les micro-entrepreneurs et leurs IMF

Pour les internautes prêteurs

• L’accès à des ressources solidaires permet aux IMF de mieux se concentrer sur leur mission sociale • Les prêts solidaires représentent une économie répercutable sur les taux d’intérêt pratiqués aux micro-entrepreneurs

• L’aide par le prêt : moins dans l’assis-

Pour refinancer leurs activités, les IMF peuvent avoir recours à plusieurs sources de financement : les subventions, les dotations en fonds propres, les prêts bancaires, les marchés financiers classiques. Depuis peu, une nouvelle forme de ressource a vu le jour : les prêts solidaires en ligne. La crise économique mondiale a considérablement réduit l’aide publique au développement et les financeurs traditionnels de la microfinance sont devenus de plus en plus « frileux ». Dans ce contexte, cette ressource, amenée grâce aux plateformes de prêts de personne à personne, prend toute sa mesure et devient cruciale pour deux raisons majeures. Tout d’abord, elle représente, quoi qu’encore minime, une source d’argent permettant d’assurer la continuité ou la croissance des activités de microfinancement des micro-entrepreneurs par les IMF. Ensuite, cette ressource nouvelle et surtout SOLIDAIRE permet une économie conséquente aux IMF, qui peut être répercutée sur les taux d’intérêt pratiqués auprès des bénéficiaires finaux. Par ailleurs, cette mécanique de financement respectueuse de la mission sociale répond à la logique inverse d’une microfinance sur financiarisée et controversée.

Le modèle économique de Babyloan potr plts d’impacr str le rerrain En tant qu’entreprise à vocation sociale, Babyloan doit s’autofinancer à terme afin de pérenniser cette nouvelle solidarité. Deux sources de revenus permettent le financement : - La participation des internautes de 2€ par tranche 100€ prêtés - Le frais d’accès à la plateforme Babyloan payée par les IMF publiant les projets des micro-entrepreneurs et accédant ainsi au financement solidaire consenti par les babyloaniens. En minimisant à près de 6% les frais de fonctionnement et en les répartissant entre internautes et IMF intermédiaire (que Babyloan considère d’ailleurs comme bénéficiaire), le coût n’est pas supporté par le bénéficiaire final et l’économie d’accès au financement réalisée par l’IMF est répercutée sur les conditions d’accès au crédit du micro-entrepreneur (baisse taux d’intérêt, accompagnement plus qualitatif par l’IMF…). Pour en savoir plus sur les taux d’intérêt pratiqués auprès des micro-entrepreneurs, rendez-vous sur Babyloan.org.

Dossier consultable sur Babyloan.org

tanat et plus égalitaire entre bienfaiteur et bénéficiaire • Un engagement dans la durée : une responsabilité vis-à-vis du bénéficiaire • Transparence de l’argent et suivi du prêt au remboursement • Un impact terrain décuplé grâce au prêt Le prêt de personne à personne est une nouvelle forme de solidarité efficace, utile et engageante qui permet de « faire l’expérience » du micro-crédit. Le prêt casse la logique d’assistanat parfois mal vécue par le bénéficiaire qui dépend continuellement de la générosité d’autrui. Le prêt à un micro-entrepreneur en situation de grande précarité permet un développement dans la dignité et la responsabilisation du bénéficiaire qui - grâce à son travail - améliore ses conditions de vie et celles de sa famille. L’internaute devient alors investisseur social d’un développement pérenne dynamisant l’économie locale. Il devient également « parrain » d’un micro-entrepreneur qu’il a choisi de soutenir. Les plateformes de prêt en ligne offrent une proximité et humanisent l’aide de l’internaute en affectant l’argent à un projet précis plutôt qu’à une cause globale et anonyme. En effet, le prêteur sait exactement à quoi et à qui va servir son argent. Cette transparence répond à une attente latente des donateurs traditionnels parfois déçus par l’opacité des circuits classiques de l’aide. C’est pourquoi Babyloan a obtenu le label Finansol dès ses débuts. Cette logique de suivi et de proximité permet ainsi à l’internaute de mieux connaître l’impact de son aide.

Un espace personnel potr stivre l’impact de son action Dans l’espace personnel de l’internaute sont mis à sa disposition : - Les fiches projets des microentrepreneurs qu’il a soutenus et l’évaluation de leurs conditions de vie. - Les contrats de prêts qu’il a signés avec les institutions de microfinance partenaires. L’internaute prêteur devient membre Babyloanien au sein de la communauté, engagé dans une relation « personnelle » avec les bénéficiaires.

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L’effer de levier dt prêr solidaire : tne philanrhropie à l’impacr rerrain dgctplg Impacr str le rerrain d’tn don de 100€ Paramètres - Don de 100€ - Frais de gestion de l’ONG destinataire du don : 25 % (moyenne selon publication des rapports annuels d’ONG françaises)

- Crédit d’impôt de 66€ grâce à défiscalisation Vous faîtes un don de 100€ qui après déduction des frais de gestion de l’association, équivalent à 75€ d’argent « utile sur le terrain ». Grâce à la défiscalisation, vous bénéficiez d’un crédit d’impôt de 66€ à déduire sur votre prochaine déclaration de revenus. Argent donné Argent "utile" sur le terrain

Argent récupéré grâce à défiscalisation

100 € 75 €

Impacr str le rerrain d’tn prêr solidaire inirial de 100€ Paramètres - Prêt de 100€ + 2€ de frais de gestion - Simulation de l’effet levier sur des projets d’une durée moyenne de 10 mois : Le 1er prêt est remboursé par mensualités aussitôt réinvesties sur un autre projet générant lui-même des remboursements mensuels et ainsi de suite... * - Récupération au bout de 24 mois de 78€ (remboursement - frais de gestion prélevés à chaque prêt) Vous payez 102€ pour un prêt initial de 100€ qui, de par le réinvestissement des remboursements mensuels conduit à un impact terrain de 310€. Du fait des remboursement et du prélèvement des commissions, vous récupérez 78€.

310 €

Argent prêté

Argent "utile" sur le terrain

66 €

Argent récupéré grâce aux remboursements

240 € M1

M6

M12

M18

M24

102 € 100 €

M1

150 € 78 €

M6

M12

M18

M24

* Explication dt calctl de l’effet de levier des prêts ctmtlés

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Les défis de cette nouvelle solidarité DEFI 1 : Microcrédit en ligne, coûts et risques pour les IMF

DEFI 2 : Respecter et comprendre les microentrepreneurs

Une source de financement dépendante des cycles de générosité des internautes et nécessitant un travail de suivi plus important Le coût lié au risque de change entre euros et devises locales

Respect du droit à l’image des micro-entrepreneurs Une réalité économique à connaître pour mieux comprendre les besoins des micro-entrepreneurs

Si le prêt de personne à personne est une nouvelle source de financement pour les Institutions de Microfinance, il représente également pour elles un nouveau métier et donc une nouvelle façon de travailler et les IMF doivent en conséquence adapter en partie leur mode de gestion. Lorsqu’une institution accède à de la ressource financière classique, celle-ci est chère mais en contrepartie les IMF disposent d’une enveloppe dont elle ont la liberté de gestion. Dans le cas de ressources issues de plateformes Internet de P2P lending, la ressource est certes solidaire mais irrégulière, puisqu’elle suit les cycles de générosité des internautes prêteurs. Dans ces circonstances, les prévisions sont difficiles à établir. Par exemple, en décembre, le mois de la générosité, les IMF reçoivent beaucoup des internautes. Janvier est un mois de « repli » et les IMF peuvent se retrouver ainsi en position déficitaire du fait des remboursements à verser au titre des prêts de décembre. La période estivale est également une période creuse. Par ailleurs, le prêt de personne à personne repose sur une logique de parrainage et de personnalisation de l’aide. Ceci implique la prise de photo du bénéficiaire, la description de son histoire et son projet, l’évaluation de ses conditions de vie. Cette mécanique est nouvelle pour les IMF et peut s’avérer chronophage en phase de démarrage. Deuxième limite majeure: le risque de change encouru par les IMF. L’internaute prête et est remboursé en euros, alors que l’IMF accorde des micro-crédits en devise locale. Opérant souvent dans des pays où l’économie est précaire et la monnaie fragile et/ou volatile, les IMF doivent se prémunir du risque de change en cas de forte dévaluation de leur monnaie.

Comment Babyloan facilite la gesrion potr l’IMF  Babyloan a développé pour les IMF une interface de gestion très simple d’utilisation, adaptée aux compétences et aux équipements locaux.  L’envoi de volontaires auprès des IMF les aide notamment à la mise en place et au suivi du partenariat.

Quelles pistes pour pallier les difficultés ? Des partenariats avec des institutionnels ou entreprises aux dotations de prêts importantes permettant de « lisser la collecte » sur l’ensemble de l’année contrebalançant l’effet saisonnier de l’aide par les particuliers.

Dossier consultable sur Babyloan.org

L’identification du bénéficiaire grâce à sa photo est déterminante dans le prêt de personne à personne. Ce qui n’est pas sans soulever un problème éthique : l’aide à une personne doit-elle être soumise à l’appréciation de « son image »? Ne nous méprenons pas, au regard des visuels utilisés dans les campagnes d’appel au don, la question ne se pose pas que pour ces plateformes, elle y est seulement plus évidente. La réponse que l’on peut apporter est la comparaison constatée de vitesse de financement d’un projet à photo versus un projet sans photo. La générosité semble proportionnelle au nombre de pixels…ce qui certes peut être à déplorer. D’un autre côté, cette personnification de l’aide contribue de façon non négligeable à la responsabilisation de celui qui l’apporte. La générosité n’est plus une B.A dont on s’acquitte, mais le début d’une histoire, d’une rencontre avec l’autre, qui marque un pas de plus vers la prise de conscience des inégalités et la connaissance d’une réalité toute autre que la nôtre. Les projets à financer sur ces plateformes ne correspondent d’ailleurs pas toujours à l’image d’Epinal que l’on peut se faire et certains internautes s’avouent parfois déçus de ne pas y trouver un artisan fabriquant des bonnets « équitables » en alpagua ou s’interrogent de savoir si les carottes que fait pousser Josefina sont « bios ». Les projets sont réels et doivent permettre de faire vivre une famille: ils s’insèrent dans un marché local et doivent répondre à la demande locale, en l’occurrence moins au fait et donc moins « sensible » au commerce équitable ou à l’agriculture biologique. Le maître mot qui doit conduire toutes les actions de peer-to-peer lending, côté plateformes comme côté internautes, est « respect et compréhension de l’autre ».

Les actions de Babyloan  Les IMF expliquent l’utilisation faite de leurs données personnelles à chaque microentrepreneur dont le profil sera mis en ligne sur la plateforme Internet. Chaque micro-entrepreneur donne son accord, sans lequel rien ne peut être publié.  Babyloan est signataire de la « Smart Campaign » lancée par le CGAP pour la protection des clients en microfinance.  Le blog Babyloan contient des articles « terrain », des zooms sur certains bénéficiaires avec vidéos, la découverte de « métiers locaux » permettant de mieux comprendre le contexte local. (http://blog.babyloan.org/)

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Les défis de cette nouvelle solidarité DEFI 3 : L’engagemenr atprfs des inrernatres Transparence, pédagogie et commtnication Le caractère à forte saisonnalité de cette nouvelle source de financement pour les IMF est peu propice à un développement structuré des acteurs terrain de la microfinance (Cf Défi n°1). L’animation et la fidélisation de la communauté des internautes prêteurs sont donc essentielles pour assurer la régularité et la croissance du volume des prêts par les internautes. Outre l’adaptation aux usages et tendances du web, les plateformes de P2P lending doivent surtout pédagogie et transparence à leur communauté pour durer sur le long terme et répondre ainsi à leur mission. Il est donc important pour elles de décrire la mécanique impliquant le refinancement, les taux d’intérêt sur le terrain, d’expliquer les enjeux d’une microfinance plus sociale pour laquelle elles œuvrent, de dénoncer les limites, les excès ou les dérives de la microfinance.

Une sélection rigotretse des IMF partenaires potr tn prêr moins risqtg er tne aide ggngranr plts d’impacts Ces plateformes reposent sur le principe d’une aide passant par le prêt et non par le don. La logique pourrait alors se rapprocher de celle d’un compte courant solidaire et à ce titre exige information et transparence sur l’utilisation de l’argent. Ce sont les IMF intermédiaires qui assurent la traçabilité de l’argent et qui sont garants du bon usage des prêts. Ce sont également elles qui supportent le risque de nonremboursement du micro-entrepreneur. L’IMF a donc un rôle essentiel à jouer d’une part dans la sélection des projets qu’elle choisit de référencer en ligne sur ces plateformes de financement et d’autre part dans l’accompagnement du microentrepreneur, déterminant dans la réussite ou non du projet...

Des partenaires terrain fiables pour une microfinance sociale sur Babyloan

Animer et impliquer la communauté Babyloan pour une collecte de prêts régulière  Babyloan, félicité dans le NewYork Times pour sa transparence. (12/02/2010)  40 pages de pédagogie dans le site à destination des internautes pour leur faire mieux connaître la microfinance et les aider à comprendre les mécaniques du microcrédit et organisation d’évènements grand public, un kit pédagogique sur Ma Classe Solidaire, etc.

Dans sa procédure d’intégration d’une nouvelle IMF partenaire, Babyloan s’est doté d’un comité de sélection indépendant composé de professionnels de la microfinance et de la finance solidaire (Horus, OXUS, Crédit Coopératif, Fondation Crédit Agricole Grameen, Pamiga…). De plus le suivi des partenaires est assuré par des échanges quotidiens, la présence de volontaires et des voyages audits réguliers. Cette proximité avec ses partenaires permet à Babyloan de mettre à disposition de l’internaute un rating de l’IMF avec qui il conclut le contrat de prêt. Le rating comporte une cinquantaine de critères répartis en 4 axes : stabilité financière, dimension sociale, risque pays et contexte, gouvernance et qualité des relations avec Babyloan. La durée moyenne d’étude de l’IMF avant conclusion d’un partenariat est d’environ 9 mois et illustre bien le sérieux et la rigueur de notre sélection.

A ce jour, 100% des prêteurs ont été remboursés sur Babyloan.

 Passage d’une mécanique de remboursement in fine à une mécanique de remboursement par mensualités auprès des internautes, ainsi incités à prêter plus régulièrement et décupler l’impact de leur argent sur le terrain (Cf graphique page 4)  Etudes des pistes juridiques permettant de faciliter la régularité des prêts (option de « re-prêt » automatique pour les internautes qui le souhaitent)

Dossier consultable sur Babyloan.org

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Les défis de cette nouvelle solidarité DEFI 4 : La mestre de l’impacr La mesure de l’impact social est un défi non seulement pour les plateformes de P2P lending mais pour l’ensemble du secteur de la microfinance. C’est pourquoi nous y portons une attention toute particulière. La microfinance est un outil de développement relativement jeune qui n’est pas encore doté d’outils de monitoring ayant pu faire leur preuve sur la durée. La mesure souvent évoquée selon laquelle la microfinance permet à 30% de ses bénéficiaires de sortir de la pauvreté est scientifiquement discutable et assez abstraite. Elle ne prend pas en compte les facteurs externes à la microfinance et qui pourraient également expliquer ou du moins contribuer à cette amélioration. Il existe en effet plusieurs indices de pauvreté dont nous pouvons étudier l’évolution avant et après l’octroi d’un micro-crédit, tels que le PAT (Poverty Assesment Tool), le PPI (Progress Out of Poverty Index), qui ne sont pas spécifiques à la microfinance.

Dans le cas du P2P lending, communiquer l’impact social aux internautes prêteurs est essentiel car il s’agit d’une promesse qu’il fait.

Un indicateur de niveau de vie pensé par Babyloan et ses IMF partenaires  8 questions très spécifiques issues du PAT, définies par les agents de crédits des IMF partenaires en lien avec la réalité terrain et les micro-entrepreneurs

 Un système d’évaluation adapté aux zones d’action

Pour conclure Babyloan étant un des précurseurs de ce nouveau métier qu’est le prêt solidaire de personne à personne en ligne, il s’engage par ce document à en poser les « bonnes pratiques » essentielles à son bon fonctionnement et développement. Les plateformes de prêts marquent l’entrée des particuliers dans le financement de la microfinance. Bien que représentant encore moins de 1% de son encours global, ce nouveau mode de financement a un rôle important à jouer : celui de maintenir l’approche philanthropique et sociale que doivent avoir les acteurs de la microfinance. Les dérives dans ce secteur peuvent être nombreuses et les conséquences dramatiques. Malgré son jeune âge, la microfinance connaît déjà quelques excès dont une grande part de responsabilité peut être imputée aux acteurs financiers capitalistiques. Le grand public, nouvel entrant, peut alors changer la donne et rétablir un équilibre : si 10% des Européens prêtaient 100€ sur des plateformes de prêts en ligne, ils représenteraient plus que les financements de certains investisseurs peu scrupuleux et pourraient ainsi permettre la croissance saine d’un outil de développement considéré comme l’un des plus efficaces. Tout aussi fondamental, les plateformes de prêts représentent une source de financement pour les IMF qui n’ont pas accès à la ressource financière indispensable à leur survie et à la conduite de leur mission d’accompagnement auprès des micro-entrepreneurs. Les 7 milliards d’euros investis par les fonds internationaux se concentrent sur 60 IMF alors qu’elles sont 10 000. Il est évident que ces 60 IMF ne suffisent pas et que les institutions de petite taille ayant une forte mission sociale, et localement très implantées, méritent d’être soutenues, alors que les bailleurs de fonds classiques ne s’y intéressent pas. Afin d’éviter au maximum les erreurs de jeunesse, nous invitons les acteurs du secteur à adopter ce document permettant de jeter les bases d’une charte éthique du métier de peer-to-peer lending.

Sources Bibliographiques - Site de Babyloan: www.babyloan.org - Site du Mix Market: www.mixmarket.org/fr - Site du CGAP: www.cgap.org - Baromèrtres Convergences 2015: www.convergences2015.org - Réseau européen de la microfinance: www.european-microfinance.org - Site du Gret: www.gret.org/ - T. Hasset, Indirect P2P platforms, Global Microcredit Summit, Valladolid (Spain), November 2011 Dossier consultable sur Babyloan.org

Rédaction Tiphaine Gire Aurélie Duthoit Coordination Babyloan Aurélie Duthoit Conception Graphique Florence de Maupeou

Crédits Photographiques Oxus - Tadjikistan Finadev - Bénin Chamroeun - Cambodge Cepesiu - Equateur ICDC - Philippines SEDA - Vietnam Babyloan

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Bonnes pratiques du pret solidaire  

Babyloan, en tant que leader europeen du microcredit ssolidaires a publie les bonnes pratiques de cette nouvelle forme de solidarite

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