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Marssive Attack. « Luc ! Luc, réveille toi on est arrivé ! » « Hein ... quoi ? » « Ca y’est on est sur mars !» Luc se précipita en courant vers le hublot le plus proche et admira le décor; il était ébloui par ce rouge minium et enchanté par l’odeur qui s'en dégageait. Après de longues minutes d’observation, François, son collègue, arriva et lui demanda ce qu’il était en train de foutre devant le micro-onde. « Luc, la ratatouille c’est pas pour maintenant, tu penses qu’à bouffer! Viens plutôt nous aider à porter les affaires» Un peu gêné, il s’empressa de donner un peu de son aide, mais pas trop quand même. Il se retrouva donc avec quatre tentes quechua sous les bras, et un sac contenant un peu de bouffe et du matériel pour la mission. Une mission pas comme les autres, Luc était si fier. C’était quand même la première mission habitée pour Mars. « Un honneur d’y participer » se disait’ il secrètement. Comme il se faisait un peu chier en regardant les autres rassembler les affaires, il posa les siennes et se décida à envoyer un SMS à sa mère pour lui dire qu’il était bien arrivé sur mars. « Maman je sui b1 ariV sur mars ne ne tkt pa, je tm » écrivit-il à l’aide de son pouce un peu engourdi. Étrangement il n'eut jamais de réponse. Peu après, toute la troupe s’était enfin rassemblée, prête à sortir pour s’installer et commencer la mission. Luc s’approcha, François était en train d’expliquer que c’était un grand moment, qu’il fallait tout faire pour s’entendre pendant ce long séjour sur mars. Il ouvrit la porte et un nuage de fumée apparu. Tout les membres de l’équipage descendirent alors un à un, dans un calme nous rappelant nos plus belles maisons de retraite en période de forte chaleur. Luc descendit le dernier et posa un pied sur le sol un peu mou : il était heureux. Toute l’équipe était en admiration devant le paysage, tous immobiles, la tête en l’air. Le ciel était rouge comme des petits fours à la tomate et le sol ressemblait à de la semoule avec des petits bouts de merguez dedans. Luc avait faim. François distribuait les différentes tâches à accomplir pendant que Luc était toujours en train de trainasser en rêvant, loin de la troupe. Il eu envie d’aider - sûrement la conscience professionnelle - et se dit que ça serait bien s’il installait déjà les tentes qu’il avait à sa disposition. Il ouvrit les quatre tentes et les lança toutes en même temps en l’air. Elles se déplièrent magnifiquement tel un teeshirt fraichement repassé qui tomberait du ciel. Fier de son coup, il sortit les sardines et commença à les planter. Tout allait bien jusqu’à la dernière tente. Il se leva pour s’en occuper mais glissa sur un caillou et tomba sur le visage. Il s’empala brutalement les deux yeux sur deux sardines qu’il avait laissé, échouées sur le sol. Luc hurla, il hurla si fort que toute l’équipe rappliqua en un éclair. Il perdit connaissance. Il la retrouvera quelques heures après. Les yeux bandés, la tête chaude et douloureuse ; il savait qu’il avait perdu la vue et qu’elle il ne la retrouverait jamais. Luc demanda un peu de solitude, pour pleurer. Il était si triste qu'il songea même à se donner la mort, mais il était bien trop égoïste pour se donner quelque chose. Et puis, il tenait bien trop à la vie, il préférait s’agripper à elle, même sans la vue. Les jours passaient et il commençait à s’habituer à sa condition, on lui proposa donc de sortir. Il accepta. On l’emmena voir des coucher de soleil, on lui montra des bons vieux films


muets. La seule fille de l’équipe, Maïté lui apprit même le braille au lit. Luc se sentait revivre, il comprit donc qu’il était temps de recommencer à se doucher. Pendant ce temps toute l’équipe s’amusait bien, Maïté avait même cuisiné de délicieux gâteaux, une recette inventée. Elle appela ça « space cake » et tout le monde les trouva délicieux. François avait réussi à bricoler l’autoradio de son Renault Espace pour le brancher dans la navette ; il mit les Space Girls à fond. C’était la fête, tout le monde dansait, l’alcool coulait à flot. Hélas, l’équipage était loin de se douter de la grave erreur qu’il venait de commettre. L’odeur de la bière, du vin frelaté et du pastis était parvenu aux délicieuses narines des habitants de la planète, qui auparavant, étaient bien trop occupés à jouer à la pétanque pour s’apercevoir qu’il y avait des intrus sur leur territoire. La fête continuait, pendant ce temps les habitants de Mars se réunirent pour partir en guerre contre ces envahisseurs. Tous étaient coiffés d’un bob Ricard, et étaient armés de boules de pétanques. Leur colère sera terrible. Ils avancèrent vite, très vite et atteignirent le campement en quelques minutes. C’est en courant et hurlant des chants de guerre qu’ils fracassent le crane de tout ce qu’ils rencontrent sur leur chemin, à coup de boule de pétanque un certain Zidane était leur leader. Le sang giclait partout, des morceaux de cranes étaient éparpillés sur le sol, des merguez, du boudin, du foie gras, des volailles, du paté volaient à travers les airs, une véritable boucherie. Tout l’équipage y passa, sauf Luc qui était toujours sous la douche. Quand il voulut sortir, il glissa sur une éponge et se fracassa la tête contre un porte savon. Il mourut quelques instants plus tard. Quand aux marseillais ils repartirent fiers et joyeux. Un de la troupe lança « En plus, je suis sûr qu’ils étaient de Jupiter »

FIN


Marssive Attack