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DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE DE MILITANTS NATIONALISTES ALGÉRIENS E.N .A., P.P .A., M. T .L.D. (1926-1954)


DU M~ME AUTEUR

Messali Hadj, Le Sycomore, 1982. Les Mémoires de Messali Hadj, préparation du texte en collaboration avec C.R. Ageron et M. Harbi, éd. J .C. Lattès, 1982.


BENJAMIN

STORA

DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE DE MILITANTS NATIONALISTES ALGÉRIENS E.N.A., P.P.A., M.T.L.D. (1926-1954)

Éditions L'HARMATTAN 7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris


@ L'Harmattan, 1985 ISBN: 2-8502-543-3


PRÉFACE

L 'Histoire a longtemps assigné aux indi~idus un rôle décisif. Par une réaction naturelle à cette démarche qui se réduisait souvent à la psychologie des grands hommes, les historiens modernes, notamment sous l'influence du marxisme, ont eu à cœur de montrer que, ,derrière le drame historique, il fallait voir le jeu des grandes structures et des partenaires collectifs (classes, groupes sociaux, etc.). Mais à la suite de glissements successifs, on en est venu à faire des groupes sociaux -les exécutants passifs d'une fonction économique, à refuser aux événements .et aux hommes un rôle créateur. L'intérêt de la biographie est de rappeler flU'une histoire qui se veut totale ne peut plus faire abstraction du rôle des individus, de leurs conceptions personnelles, de leurs choix. Ce .qui est vrai pour les pays du « centre» l'est davantage ]Jour ceux de la« périphérie» où les rapports politiques que les classes po pu/aires entretiennent avec les autres groupes de la société apparaissent, au premier abord, comme des rapports essentiellement individuels. Dans ces rapports, le contenu de classe ne se manifeste pas toujours directement et passe parde multiples médiations. De:.Ce fait, la connaissance des itinéraires individuels aide grandement l'historien à se retrouver dans le labyrinthe des contradictions sociales. L 'entreprise de Benjamin Stora, dont on sait par ailleurs qu'il s'inscrit dans la tradition marxiste, est donc à louer. Il a d'autant plus de mérite à suivre dans leur évolution les militants du courant nationaliste populaire qu'il a affaire à un domaine où les données sont encore fragmentaires, les sources rares, l'enquête difficile. L'esprit du secret continue d'habiter le monde des militants. Quand ils y dérogent ce n ;est pas pour faciliter la tâche du chercheur. L 'Histoire immédiate ne cesse de dérouler ses effets et il n'est pas d'acteur qui n'ait une zone d'ombre à préserver, une action à valoriser en forçant parfois le trait. Il est vraisemblable qu'à l'occasion de ce livre, on invoque pour en dimi-

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nuer l'apport la précipitation de la recherche. Des rectifications seront faites. Mais en toute honnêteté il faudra les mettre à l'actif et non au passif de l'auteur. C'est son travail qui aura provoqué les mises au point nécessaires,' l'Algérie est encore peu accessible à qui s'intéresse à l'histoire immédiate en gardant ses distances à l'égard de la geste officielle. C'est pour cette raison sans doute que les passions qu'elle a suscitées sur le plan politique s'investissent à nouveau sur le terrain de l'histoire. Benjamin Stora a conçu son livre comme un défrichement préparatoire à une œuvre collective. Les remarques rapides que m'inspire son travail de recherche doivent donc être comprises comme le désir de prolonger des acquis. 1. Le souci de l'auteur d'innover en fournissant des points de repère au lecteur pour le guider dans le labyrinthe des contradictions du nationalisme et des luttes internes est louable. Mais autant les séries fondées sur l'appartenance à la génération des pionniers ou à une famille d'esprit peuvent se justifier pour la fécondité des directions de recherche qu'elles ouvrent - conti-

nuité et ruptures dans l'évolution du nationalisme par exemple

-

autant

celles établies selon l'origine régionale des militants offrent matière à discussion. On n'en voit pas la finalité d'un point de vue scientifique. Le découpage géographique n'a été fait ni selon le genre de vie, ni selon la langue et la culture, ni selon le critère anthropologique. Chacun sait que le sentiment national a été le moteur de l'évolution de l'histoire récente de l'Algérie. L'appartenance à la «petite patrie », même quand elle intervient dans la formation des processus politiques, ne figure pas parmi les facteurs principaux qui ont contribué à son éveil. D'un point de vue pratique, le classement selon l'origine régionale nous apparaft prématuré. L'absence d'archives d'état-civil, le recensement de militants incomplètement connus exposent le chercheur à reprendre, sans pouvoir toujours les vérifier, les informations données par les journaux. Par exemple, Cheikh Belkacem El Baidaoui devrait être classé dans la série consacrée au Constantinois, Benzine et Zahouane dans celle de Kabylie, Mamia Chentouf et Zeddour Belkacem dans celle de l'Oranie. 2. La sélection des noms de la série C (chapitre le,) du chapitre II ainsi que la recension des dirigeants des autres courants politiques ont été influencées par l'histoire postérieure à la période de référence (1926-1954). a. Dans la série C, on retrouve des noms de militants qui n'ont jamais appartenu à la Fédération de France du P.P.A.-M.T.L.D. : Belhocine Mabrouk, Bouchebouba Ramdane, Menceri Sandid, Merrakchi Hachemi, Souissi Abdelkrim. Sont par contre absents des hommes dont le rayonnement était réel: le docteur Lacheraj, plus connu dans la vieille garde du P.P.A. que son jeune frère Mustapha, Amroun Mustapha, Zerzour Bachir, Mohand Arab, Bourzah, Omar Harraigue, Hamerlain, etc. b. Dans le chapitre II, la représentation de la génération des années 1940 qui peuplera les camps d'hébergement et les prisons après 1954, peut paraftre insuffISante. Mentionnons pour mémoire des membres du Comité Central (Assami de Biskra, Kacem Rouzik de Laghouat) des chefs de wilaya (Brahim Cher gui, Ahmed Chena/), des chefs de daira (Hanachi Brahim, Gharbi Mohammed), des responsables locaux de l'o.s. (Ouaddah Benaouda de Mos-

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taganem, AiSsa Boukerma et Chebli Ahcène de Skikda), des responsables de Kasma du Nord-Constantinois (Mahmoud Chorfane, Rabah Kaouane, Ali Tebbouche deSkikda, Boukadoum Cherif et Boukadoum Youssef d'El Harrouch, Benredouane Daif des Zardlzas, Hamada Youssef de Constantine, Fadel Abdallah et Amara Mansouri d'Annaba, Sassi Benhamla et Hocine ,

Boudemagh de Guelma, El Guenifi de Setif, Bey Laggoun Abderrahmane d'Oued Zenati, Mohammed Taibi de Bordj Bou Arreridj qui fit adhérer Boudiaf au P.P.A., des chefs de kasma de l'Oranie, Gadiri Hocine de Marnia, Kadi Boubekeur d'Aïn-Sefra, Berraho Kadda de Rio Salado... N'oublions pas les syndicalistes qui ont investi leurs efforts dans l'organisation des travailleurs de la terre (Dris Oudjina, Gas Hanachi, Ahcène Bouzemoua), ni les enseignants des medersas qui ont eu raison politiquement des Ulama (Cheikh Saïd Kerbouche, Cheikh Hamed Rouabhia, Cheikh Mourad qui fut le tuteur de Ben M'hidi, Cheikh Hocine Ben Mili qui recruta Abbane, etc.). Cette liste est loin d'être exhaustive. Comment pourrait-elle /'être? Il est certain' cependant que la consultation des listes des candidats aux conseils municipaux (1947 et 1953) ou à l'Assemblée algérienne (1948) aurait livré la plupart des noms. c. Parmi les dirigeants des autres courants politiques, les Ulama exceptés, il aurait été plus judicieux d'élargir le choix. Les noms retenus l'ont été parfois au détriment d'acteurs d'audience nationale. Pour ne nous en tenir qu'à l'U.D.M.A., Kaïd Ahmed et Mahmoud Cherif n'avaient ni le rayonnement ni l'audience d'hommes tels que le professeur Mahdad, Mostefaï El Hadi, le Dr Benkhelil, Sator Kaddour, pour ne pas parler du Dr Saadane décédé bien avant /'insurrection. Qu'on n'interprète pas mal ces réserves amicales que je fais à un travail dont je veux encore souligner /'intérêt, la nouveauté. Supérieur sur tous les plans à celui de l'Américain Heggoy, il inaugure une voie de recherche dans laquelle il sera appelé à être, un jour, dépassé, mais qu'il aura eu le mérite d'ouvrir. Même si c'est contre lui, c'est à partir de lui que le progrès se fera. Mohammed

HARBI

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Avant-Propos

« L'explosion brutale de la rébellion fut une surprise totale pour les autorités locales. (...) Les préparatifs matériels de la révolte étaient passés totalement inaperçus (1). » C'est en ces termes que Jean-Émile Vié, alors directeur de Cabinet du directeur de la Sûreté nationale, raconte les heures qu'il vécut dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954. Dans un Maghreb pris par la fièvre de l'indépendance, le calme de l'Algérie allait se voir rompu au cours du week-end de la Toussaint. Du Constantinois à l'Oranie, incendies, attaques de commandos révélaient l'existence d'un mouvement. concerté, mais peu d'observateurs français se risquèrent alors à y voir le déclenchement d'un mouvement qui devait amener l'Algérie elle-même à l'indépendance huit ans plus tard. Et pourtant, tous les hommes qui ont participé au 1er novembre appartenaient à une organisation connue, une organisation de masse revendiquant l'indépendance de l'Algérie: Le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques. Quelle était la composition sociale de ce mouvement? Sur quelle idéologie s'appuyait-il pour faire valoir sa cause? Dans quel courant du M.T.L.D. les hommes du 1er novembre se reconnaissaient-ils? Pour tenter de répondre à 'ces questions, et cerner le pourquoi de ce moment décisif, une remontée aux origines s'imposait. Nous l'avons effec(1) J.E. Vié :« Le 1er novembre 1954 en Algérie» in Le Monde,. 2, 3 novembre 1979. Sur les réactions des autorités françaises après la nuit du 1er novembre, on peut consulter: G. Chaffard, Les carnets secrets de la décolonisation, pp. 45"50; C. Paillat, La liquidation qui cite sept rapports des autorités locales rendant compte de l'événement, pp. 141-147. 11


tuée, mais d'une manière particulière, en suivant des trajectoires individuelles, des cheminements militants, par la constitution d'un dictionnaire biographique. Les 600 militants qui figurent dans ce dictionnaire ont participé au mouvement nationaliste algérien dans la période qui va de 1926 à 1954, par l'intermédiaire des organisations, Étoile Nord-Africaine, Parti du Peuple Algérien et Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques. D'autres motivations ont commandé cette. entreprise parmi lesquelles nous en retiendrons deux principales: - La nécessité Ide cette étude est apparue devant un constat de carence: les connaissances, sur le groupe de direction nationaliste en particulier, demeurent encore lacunaires, schématiques, dispersées (2). L'on a voulu surtout proposer au lecteur, au chercheur, un ouvrage maniable, de proportions modestes qui à la fois fournit l'essentiel et permet grâce à des références bibliographiques de poursuivre les recherches. - Dans la révolution algérienne d'une durée de sept années, les figures apparemment les plus stables se sont quelquefois effacées (3), en revanche des personnages moins importants ont reçu un statut définitif. L'établissement de ce dictionnaire biographique réside dans l'exploration des traditions politiques du nationalisme algérien. Le but est évidemment d'être capable de mesurer le poids de ces traditions sur les institutions politiques contemporaines de ce pays (4). Et ce, à travers la mise en œuvre d'une « enquête» consacrée à l'apparition, à la transformation, voire à la « déconstruction » du mouvement national lui-même. Les principaux courants nationalistes Avant le commencement de la résistance armée du 1er novembre 1954, les aspirations nationales algériennes s'expriment en des organisations multiples et souvent antagonistes. On distingue, très schématiquement trois orientations (5) : (2) Dans l'Annuaire de l'Afrique du Nord, XV, 1976, Guy Pervillé a recensé 148 titres d'ouvrages, sur la seule période de la guerre d'Algérie, parus entre 1962 et 1977, in « Quinze ans d'historiographie de la guerre d'Algérie» pp. 1337-1363. (3) En particulier le personnage de Messali Hadj, voir notre ouvrage, Messali Hadj, Le Sycomore, 1982. (4) L'ouvrage issu de la collaboration de J. Leca et J.C. Vatin, L'Algérie politique, institutions et régime, F.N.S.P., 1975, 501 p. est une véritable somme en ce sens qu'il fait le point sur l'ensemble des connaissances relatives au sujet. (5) Sur le courant musulman, réformiste, religieux en Algérie: Ali Merad, Le réformisme musulman en Algérie de 1925 à 1940. Essai d'Hist()ire religieuse et sociale. Mouton, 1967, 475 p. ; A. Nadir, Le mouvement réformiste algérien. Thèse 3e cycle, Sc. Po., Paris, 1968, 274 p. Sur la genèse du nationalisme algérien, ses différentes composantes, on peut également se reporter à l'ouvrage de Aboul-Kassem Saadallah, La montée du nationalisme algérien, E.N.A.L.,1983, 371 p. Pour l'auteur, son étude « prouve que le mouvement nationaliste tire son origine des années 1830. En effet, des auteurs ont non seulement ignoré le mouvement du Khodja, le rôle de la littérature populaire et des confréries, la résistance symbolique de l'émir Abdelkader et des paysans (...) mais également négligé 12


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Légaliste et conciliatrice qui exprime les sentiments des intellectuels algériens, de la bourgeoisie libérale en voie de constitution (le courant Jeunes Algériens). Cette «élite », la plus exposée aux influences européennes, est représentée par F. Abbas et son parti créé en 1946, l'Union Démocratique pour le Manifeste Algérien (U.D.M.A.). - La bourgeoisie lettrée. traditionnelle et les Oulémas représentent l'orientation « nationalitaire », défendant l'identité culturelle en une formule restée célèbre «L'Islam est ma religion, l'arabe est ma langue, l'Algérie, ma patrie ». Le fondement de leur doctrine politique se résume par les catégories: Umma (Nation), Cha'b (Peuple), Watan (Patrie), Qawmiyya (Nationalité). - Le courant nationaliste revendiquant l'indépendance de l'Algérie, né à Paris au contact du mouvement ouvrier, et implanté en Algérie à partir de 1937. Il s'agit des organisations animées par Messali Hadj (E.N.A.,P.P.A., M.T.L.D.)(6). A ces courants traditionnels, il faut en ajouter un autre relevant de la vie politique algérienne, le p.e.A., mais n'ayant que peu d'emprise sur les Algériens à la suite de ses positions sur la question cruciale de l'indépendance. Tous ces courants (Oulémas, Jeunes Algériens, p.e.A.) ont ensemble participé au Congrès Musulman de 1936. L'E.N.A. s'y était refusée. Nous avons décidé de travailler sur le courant E.N.A.lP.P.A. - M.T.L.D. et ce pour une raison essentielle. Notre choix obéit à une tradition, une histoire: celle de la longue marche du nationalisme algérien depuis ses origines. Le M.T.L.D. est l'héritier d'un mouvement qui n'a cessé depuis 1926 de réclamer l'indépendance pour l'Algérie. Voilà pourquoi les principaux acteurs du bouleversement intervenu à partir de novembre 1954 ont été membres du M.T.L.D, qui comptait dans ses rangs près de 18000 militants, trempés, pour nombre d'entre eux, dans la lutte clandestine depuis plusieurs années.

Précisons encore. Six mois après le déclenchement du 1er novembre, en avril 1955, ont lieu des élections cantonales. L'U.D.M.A.de F. Abbas ne pose pas le principe du passage à la lutte armée, dans un avenir proche ou lointain, tout comme l'Association des Oulémas, même si tous deux avaient définitivement rompu avec la politique d'intégration. Et M. Téguia note dans son . ouvrage, à ce propos: « L'U.D.M.A. et lep.e.A. 1955 (7). »

participent

aux élections cantonales

d'avril

la période que nous avons appelée la Renaissance. Egalement oubliée par ces auteurs est la position que soutient le nationalisme algérien au cours de la Première Guerre mondiale, ainsi que le rôle des partis politiques et des groupements sociaux en 1920 », p.320. (6) Pour une bibliographie d'ensemble sur le nationalisme algérien: J .R. Henry et A. Taleb: «Contribution à la bibliographie du mouvement national algérien» in Revue Algérienne des Sciences Juridiques, vol. XI, 1971, pp. 315-374; J. Dejeux: «Travaux de recherches sur l'Algérie, PP. 263-273; J.C. Vatin, Revue algérienne n° 1, pp. 167-178. (7) M. Teguia, L'Algérie en guerre, p. ]51. 13


Seuls, les initiateurs du F.L.N. et du M.N.A.,tous issus du M.T.L.D.,appellent au boycott de ces élections. Ce simple fait souligne la filiation au courant principal du nationalisme algérien. Cette délimitation ainsi tracée, plusieurs. questions méritent d'être soulevées. En s'orientant sur l'étude d'un seul courant, est-ce là délivrer « un certificat de bon ou mauvais nationalisme largement distribué depuis et qui yeut attribuer à un seul courant la paternité du combat anticolonial et la responsabilité de la libération» (8) ? Nous répondrons: refuser que « l'histoire soit la servante du pouvoir» (9), c'est rompre l'occultation qui touche certains courants ayant participé à la constitution du nationalisme algérien; c'est admettre que, avant le 1er novembre 1954, les masses algériennes pouvaient trancher entre l'U.D.M.A., le p.e.A., le M.T.L.D.et cette confrontation intense permettait de juger entre la validité ou l'inanité des programmes politiques avancés par les uns et par les autres. Le peuple algérien restait dans les faits seul juge du type de lutte à mener en acquérant des traditions de démocratie politique. L'étude de la pluralité/ diversité politique au sein du mouvement nationaliste traversé par des courants et des tendances sociales contradictoires, reste à l'ordre du jour. Malgré plusieurs tentatives d'unification, les différents courants n'ont jamais pu se fondre en un seul organisme directeur à l'échelle nationale. La faiblesse des traditions politiques, les dissensions fondées sur le démantèlement des institutions algériennes par le système colonial, la déstructuration sociale constituent autant de facteurs qui expliquent ce processus. Mais il serait erroné de considérer que chacune des tendances travaille à ses propres fins sans se préoccuper de l'autre, existe dans des sociétés différentes (10). La reconstitution et l'analyse d'un certain nombre d'itinéraires conduisent à rompre avec la représentation trop facilement admise de trois ou quatre courants homogènes, soumis partiellement. aux mêmes actions et aux mêmes mécanismes, évoluant parallèlement, sans points de rencontre et surtout de passage. Ainsi, par exemple, «exécuter une ligne de démarcation absolue avant 1935, en Algérie, entre militants communistes et nationalistes est hasardeux» (11). Les passages restent en effet incessants, et l'on peut très bien, surtout dans l'entre-deux-guerres, militer à l'E.N.A., à la Fédération des Élus et aux Oulémas, dans le Constantinois surtout. C'est pourquoi, il nous a paru nécessaire, à la fois de signaler ces « traversées» dans les notices biographiques consacrées aux militants, et également d'ajouter des notices des principaux dirigeants d'autres courants à la fin du dictionnaire. La thématique nationaliste Avant d'exposer,

brièvement,

l'itinéraire

du nationalisme

algérien de 1926

(8) J.e. Vatin, L'Algérie Politique, histoire et société, p.239. (9) M. Harbi, Aux origines du F.L.N., p. 61. (10) Sur cette question, le travail de G. Meynier, La gestion citadine de la résistance algérienne au fait colonial (18 pages dact.) est particulièrement éclairant. (11) H. Touati, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier de l'Oranie, « Les militants syndicaux », C.D.S.H.,Oran, n° 8, 1981, 214 p. 14


à 1954, il convient de préciser quel fut le fond idéologique commun de ce mouvement, qualifié de messaliste (du nom de son principal dirigeant Messali Hadj). Il est organisé autour de quatre thèmes principaux :

-

La souveraineté: Ce thème ne peut évidemment manquer d'être fondamental dans la pratique de ce mouvement. Un peuple assujetti lutte pour son indépendance. Une telle acquisition consacre le droit à la libre disposition de lui-même, il constitue précisément l'objectif suprême du combat. Le nationalisme naît avec la volonté de «conquête de la souveraineté ».

-

Le refus du privilégiement

ethnique, la confiance dans les masses:

Le mouvement exprime la volonté de défendre et de renforcer « la cohésion du groupe national atomisé par la puissance coloniale». Centralisateur, il manifeste la tendance à lutter contre le particularisme (en particulier linguistique, on le verra notamment en 1949 dans «la crise berbériste» qui secoue le M.T.L.D.)à supprimer les germes d'antagonisme interne. Dans le même temps, il s'en remet aux masses, toutes couches sociales confondues, et à leur mouvement spontané pour résoudre les problèmes au fur et à mesure. de leur apparition.

-

La récupération du passé: Toute prise de conscience nationaliste est aussi, et obligatoirement, prise de conscience des valeurs léguées par l'histoire. C'est à partir de la revendication à l'autonomie d'une « culture héritée d'un long et glorieux passé », à partir de titres transmis par l'histoire que le mouvement s'efforce de légitimer la revendication de l'indépendance nationale. Dans ce sens l'arabo-islamisme apparaît comme un retour aux sources de la morale ancestrale. «Le droit d'apprendre sa langue, d'exercer en toute liberté sa religion, de reconnaître son passé culturel» constitue autant de manières d'affirmer le refus de l'occupation coloniale. - La constitution du parti: Sous des formes variant avec le temps et les lieux s'établissent des « structures au dynamisme puissant »qui coaguleront les sentiments encore épars des masses nationales. Telle est l'ambition du mouvement nationaliste qui sans cesse s'affirme contre toutes les organisations adoptant le mirage de l'assimilation ou les voies légales dans- le cadre colonial (12).

(I2) Ces quatre principaux thèmes sélectionnés apparaissent nettement dans les six brochures éditées par la commission centrale d'information et de documentation du M.T.L.D.en 1951 : Le Mouvement National Algérien, 46 p. ;Considérations générales, 31 p. ; Atteintes aux droits de l'homme, 32 p. ; Politique d'obscurantisme, 45 p. ; L'exploitation économique, 48 p. ; Atteintes à l'Islam, 31 p.; Les citations sont extraites de ces brochures. 15


Introduction

Périodisationl commémoration Les militants qui ont occupé des responsabilités dans l'E.N.A.-P.P.A.M.T.L.D.sur la période qui va de 1926 au 1ernovembre 1954, figurent dans le dictionnaire biographique. Que la date du 1er novembre serve de borne au découpagechronologique de ce travail portant sur la formation du nationalisme algérien n'est pas pour étonner: il y a là une périodisation quasi obligée car trente ans après l'insurrection, le temps est venu de dresser un premier bilan des transformations de l'Algérie, d'esquisser des comparaisons, d'interroger le passé et le présent. A l'approche du 1er novembre 1984, les notices nécrologiques, oraisons funèbres, commencent à se multiplier dans la presse algérienne (1). Toutes ces biographies portent sur des hommes morts au combat, les armes à la main. Ce discours cérémonial, où l'éloge domine, a pour fonction de célébrer la construction de l'État algérien par l'intermédiaire de ses membres donnés comme exemple. Dans la mise en place de la mémoire collective, le répertoire des figures héroïques tient ainsi une place centrale pour cultiver l'intensité du souvenir, lutter contre l'oubli dans un pays qui sort d'une longue période d'occupation coloniale. « Par l'histoire, armer notre jeunesse du patriotisme des aînés» : «la force du passé» (2) ; «restituer les hauts faits dans leur vérité» (3); «dans les mémoires vivantes de ceux qui ont fait la (1) Dans El Moudjahid, mars-avril 1984, en particulier Haouès, Lotfi, Amirouche, Souidani Boudjemaa. (2) El Moudjahid, 9 mai 1984. (3) El Moudjahid, 10 mai 1984.

les biographies

de Si

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révolution» (4) : tels sont quelques-uns des titres qui se sont étalés dans la presse algérienne à l'occasion des travaux du « deuxième séminaire sur l'écriture d'histoire de la révolution» (5). Dans ce cadre, la biographie peut devenir instrument d'information, mais aussi moyen de refaçonner le passé, projection des rapports de force du présent. Dans la cérémonie-commémoration (6), des figures apparaissent, d'autres disparaissent. Commentant un passage d'un manuel scolaire pour les écoliers algériens qui traite de la colonisation et du nationalisme algérien, M. Ferro écrit: « De fait, il n'est pas question de Ferhat Abbas, ni de Messali Hadj, fondateurs de l'U.D.M.A.et de l'Étoile Nord-Africaine, ni des syndicats algériens ou du Parti communiste algérien, pas plus qu'il n'est question de Ben Bella ou de Khider, de Boudiaf ou de Aït Ahmed. Seuls sont cités ceux qui sont morts, morts pendant la révolution (7). » On ne récupère pas ainsi le passé, cette « récupération» qui est l'un des moteurs de la thématique nationaliste sous la domination coloniale. Ce passé, en vue de l'identité nationale, est souvent à reconstruire. Et l'argument avancé, pour justifier l'entreprise, est que l'on doit passer du discontinu de l'événement au continu de la culture globale, fondement de l'identité nationale. Notre étude s'inscrit plus dans le sens d'une réactivation que d'une reconstruction de la mémoire, tente de se débarrasser des finalités apologétiques pour donner à lire des faits. A travers la recherche de la trace, des actes fondateurs, l'établissement du dictionnaire biographique a pour rôle de dissiper l'oubli, l'occultation qui continue d'exister pour tel ou tel personnage (8), de retrouver le sens profond des mutations, d'établir des différences (9). Plusieurs trajectoires qui se. succèdent dans le mouvement national algérien de 1926 au 1er novembre 1954, s'éclipsent à tour de rôle, peuvent dans l'ordre même où elles se présentent, offrir l'occasion d'une explication sur les « silences» de l'histoire actuelle. Découpage La présentation

et l'organisation

des notices dans un dictionnaire

biogra-

(4) El Moudjahid, 12 mai 1984. (5) Algérie-Actualité, n° 970, dresse un bilan du séminaire dans «Écrire la Révolution », p. 31. (6) Gérard Namer étudie la commémoration comme une façon d'imposer la mémoire collective in Batailles pour la mémoire, Papyrus, 1983, 213 p. (7) M. Ferro, Comment on enseigne l'histoire aux enfants, Payot, 1981, p. 103 ; sur l'enseignement de l'histoire en Algérie, Algérie-Actualité, n° 889, pp. 22-23 : « L'avenir du passé» ; « L'embarras des profs ». (8) Sur le personnage de Messali Hadj, notre contribution au séminaire du G.E.R.M. et du groupe Maghreb Paris-VII (octobre 1983): « Mémoires de Messali Hadj. Aspect du manuscrit original », 50 p. dactylographiées. (9) M. Teguia dans Algérie Actualité, n° 917, pp. 31-32, «Vérité et omission» tente une approche de ces problèmes; Voir surtout M. Harbi : Aux origines du FLN. p.61.

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phique posent des problèmes qui sont à la fois délicats et intéressants (10). Pour ce type d'ouvrages, la principale méthode consiste dans le. suivi de l'ordre alphabétique. Mais au fur et à mesure de notre travail, de la lecture des fiches accumulées, de leur classement il nous est apparu que le classement alphabétique, sorte de longue série encyclopédique et continue, ne permettait pas de voir vivre et émerger une population militante. Retrouver les « centres» d'intérêt principaux, saisir les facteurs qui manifestent les changements profonds de l'évolution du nationalisme algérien, exigeait de « casser» l'ordre alphabétique. Nous avons adopté un découpage qui repose sur une triple articulation permettant des lectures multiples.

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Succession de périodes (avant et après la Seconde Guerre mondiale)

- Classement thématique (niveau de responsabilité, différenciation des courants).

- Localisation géographique (Algérie, France).

(10) Voir l'article de B. Quemada « Dictionnaire» in Encyclopedia Universalis, vol. 5, pp. 554-557, mais aussi, Dictionnaire des biographies, P. Grimai, P.U.F., 1958, Tome I; 804 p.; M. Mourre, Dictionnaire d'Histoire Universelle, Bordas, 1981, 1718 p.

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Le dictionnaire

se présente comme suit: CHAPITRE

I : IMMIGRATION ET NATIONALISME (1926-1954)

SÉRIE A

SÉRIE B

La création de l'E.N.A. (1926)

SÉRIE C

La Direction nationaliste dans la France de l'entre-deux-guerres (1933-1939)

(Les membres du Comité Central de l'E.N .A. et les cadres algériens membres du P .C.F. dans le lancement de l'Association)

La Direction de la Fédération de France du P.P .A.M.T.L.D.

------------------------CHAPITRE

II : LES CADRES NATIONALISTES

EN ALGÉRIE

(1933-1954)

SÉRIE A : Aurès, Némenchas

SÉRIE B : Constantinois

SÉRIED . Alger Algérois

SÉRIE C : Kabylie

SÉRIE F : Sud

SÉRIE E : Oranie

------------------------CHAPITRE III : CRISES ET SCISSION DANS LA DIRECTION NATIONALSITE (1946-1954)

I

SÉRIE A : Les 55 membres du Comité Central (1946-1953)

I

SÉRIE B : La Direction du courant Messaliste après Hornu (1954)

I

SÉRIE C : La Direction du courant activiste (1954)

------------------------CHAPITRE IV : ITINÉRAIRES DE DIRIGEANTS DES COURANTS OULÉMAS, u. D.M.A., ÉLUS, P.C.A.

- Le chapitre I est consacré aux Algériens nationalistes en France. La série A traite des problèmes de constitutions de l'E.N.A. (1926) et des rapports nationalistes-communistes dans le lancement de l'Association. La série B aborde les notices des principaux dirigeants nationalistes dans la France de l'entre-deux-guerres. C'est la période « héroïque» du P.P.A. (voir chronolologie), l'affirmation de son indépendance organisationnelle, la définition de ses buts programmatiques. La série C regroupe les notices des membres de la Fédération de France du M.T.L.D.(1946-1954) devenue la « base arrière » du nationalisme algérien, après le transfert de siège du P.P.A. à Alger en 1937. 20


-

Le chapitre II signale la progression, l'étendue, la consolidation du nationalisme en Algérie. Les six séries correspondent au découpage qui interviendra dans la révolution algérienne (série A = wilaya I, série B = wilaya II, etc.). Ces monographies régionales constituent une tentative d'inventaire de cas concrets et complexes. - Dans le chapitre III nous nous sommes dégagés du cadre géographique pour envisager les problèmes d'ensemble, en s'efforçant de les saisir par le biais des crises et des scissions qui ont secoué le mouvement national de 1946 à 1954. Les oppositions, oscillations, regroupements nous amènent à réfléchir sur les influences politiques, les modifications dans la conception de l'organisation, l'apparition de nouveaux courants. La série A regroupe tous les membres du Comité Central de 1946 à 1953, année du deuxième Congrès du M.T.L.D.et annonçant la scission (ne font donc pas partie de cette série les membres du Comité Central entrés en 1954). Cette série permet de voir le dégagement de la tendance dite «centraliste», largement majoritaire dans cette instance de direction. La série B est consacrée à la direction messaliste désignée après le Congrès d'Hornu (13-15 juillet 1954). Il s'agit des membres faisant partie du Conseil National de la Révolution (C.N.R.)mis en place le 28 juillet 1954. Dans la série C figurent les notices des dirigeants du courant « activiste» qui vont être à l'origine du déclenchement .du 1ernovembre.

- En annexe, des notices sont consacrées aux principaux responsables des courants algériens: Oulémas, U.D.M.A., Élus, P.C.A. Cette partie est conçue dans une approche comparative permettant l'éclairage de tous les aspects de la vie politique algérienne. Chaque chapitre, qui représente un thème dans une périodisation, forme ainsi un tout, à l'intérieur duquel les biographies sont disposées suivant l'ordre alphabétique. La grande difficulté, dans le type de présentation choisi, est de permettre au lecteur de savoir rapidement dans quel chapitre chercher et trouver telle ou telle biographie. Nul ne saurait en effet connaître le lieu principal de militantisme ou la responsabilité exacte occupée... Un index général récapitulatif et alphabétique, situé en fin de volume, peut permettre au lecteur de se retrouver aisément. En dépit de ces inconvénients, la disposition adoptée nous a semblé de loin la meilleure. Un des principaux avantages est de pouvoir se concentrer sur une ou plusieurs régions et périodes, alors que les dictionnaires qui suivent l'ordre alphabétique obligent constamment à avoir sous les yeux l'histoire du pays dans son ensemble. Cela permet également de rapprocher des biographies d'hommes qui furent liés dans une même dynamique, une même activité et de satisfaire ainsi à cette logique (ce qui n'est guère possible dans des dictionnaires où l'alphabet oblige à la dispersion des personnages). Ce découpage permet enfin d'établir des recoupements entre plusieurs itinéraires, particulièrement féconds dans le cas des personnages de « second plan ». Options de travail sur la direction Les critères de sélection de base sont les suivants:

-

L'appartenance au courant nationaliste période 1926-1954.

(E.N.A.-P.P.A.-M.T.L.D.) dans. la 21


-

L'appartenance à la direction de ces organisations; L'importance réelle par rapport à la prise de décision et de responsabilité.

Le choix des noms à retenir est un problème fondamental dans l'élaboration d'un dictionnaire biographique. Une abondante littérature existe concernant les dirigeants ayant participé au déclenchement de la révolution algérienne (II). Mais l'entreprise aurait-elle été possible sans le concours actif de milliers, de dizaines de milliers « d'obscurs» militants? Il est sûr que le projecteur dirigé vers les personnages importants laisse dans l'ombre une foule d'hommes et de femmes moins « illustres» qui donnent à l'époque sa réalité et sa pesanteur. Le refus d'une histoire élitiste et sélective mettant en relief uniquement l'action des leaders aux dépens des «chefs anonymes », consiste à dresser un index aussi vaste que possible d'hommes et si possible de femmes qui ont émergé, combattu sur un temps long ou bref. Alors ce serait adopter le principe énoncé par J. Maitron pour son Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier: retenir « tout homme, même obscur qui une fois dans sa vie au moins, a accompli un acte, a formulé une opinion tendant à organiser le mouvement propre de la classe ouvrière, ou bien à doter ce mouvement naissant d'une idéologie et de buts immédiats» (12). Cette descente dans « le plus bas possible» pour saisir les « petits» vise à la reconstitution d'une époque à travers ses fantassins (c'est le rôle d'une technique relativement nouvelle: la prosopographie) (13). Toutefois, dans une interview donnée en 1982, J. Maitron devait préciser davantage ses méthodes de travail : «Dans notre dictionnaire, aucun militant n'est choisi au hasard. Nous nous sommes fixé des critères stricts. Pour cette quatrième partie, nous avons décidé de ne retenir que ceux qui ont exercé un poste de responsabilité (souligné par nous) parfois très minime avant 1939. Ce qui ne

--

(11) R. Merle, A. Ben Bella, Gallimard, 1965, 184 p. ; J. Lacouture, Cinq hommes et la France, « F. Abbas ou la recherche d'une patrie », pp. 265-364 ; A. Hamdani, Krim Belkacem, le /ion des Djebels, BaIland, 1973, 355 p. ; J.C. Duchemin, Histoire du F.L.N., « Les hommes de la rébellion, huit colonels, trois hommes clés », pp. 65-89. La table ronde, 1962, 331 p. ; M. Lebjaoui, Vérités sur la révolution algérienne: « Que sont devenus les leaders algériens? » pp. 224-230. Gallimard, 1972, 249 p. ; R. Aron, Les origines de la Guerre d'Algérie; «Vers l'insurrection» pp. 306-321, Fayard, 1962, 332 p. ; Y. Courrière, Les Fils de la Toussaint, biographie Abbas, pp. 61-64; Messali, pp. 65-66; Krim, pp. 67-78 ; Ben Bella, p. 79 ; Zoubir Bouadjadj, pp. 97-100 ; Boudiaf: p. 101 ; Ben BouIaïd, p. 142 ; indications biographiques sur les principaux dirigeants de l'insurrection, in E. Lever, B. Broz, Histoire de la Guerre d'Algérie, pp. 347-352, Seuil, 1982, 375 p. ; H. Alleg ; La guerre d'Algérie, tome III, pp. 573-578; Temps Actuels, 1981 ; des indications biographiques également dans ouvrages de P. Tripier, Autopsie de la Guerre d'Algérie, éd. France-Empire, 1972, 671 p. ; C. Paillat, Dossiers secrets de la France contemporaine et M. Harbi. (12) Cet extrait de l'avant-propos du Dictionnaire 1789-1864 est cité par C. Liauzu dans son texte «Apports, difficultés et limites d'un dictionnaire biographique des militants» (à paraître). (13) Ainsi A. Mandouze a publié aux éditions du C.N.R.S. le premier tome de la Prosopographie chrétienne du Bas-Empire, 2565 noms y figurent. 22


nous empêche pas d'évoquer la carrière que certains militants ont pu éventuellement poursuivre pendant et après la guerre (14). » L'objectif de notre recherche est d'analyser les formes d'émergence d'une direction au cours du processus de construction de l'organisation nationaliste. Ce choix de la direction obéit à plusieurs motivations. La mise en route d'une histoire par «en bas» exige la mise sur pied d'une équipe de chercheurs nombreux, expérimentés, pour une quantification des «obscurs». Notre propos est plus modeste: proposer un instrument de travail pour des recherches ultérieures, plus fouillées. Toutefois, la reconstitution des organigrammes de direction nécessite une plongée dans la masse des « anonymes» pour retrouver les responsables. Car beaucoup d'itinéraires autrefois « officiels» se retrouvent effacés par le temps et demeurent aujourd'hui marginalisés. A ce silence actuel se superpose un autre silence engendré par la clandestinité pratiquée à l'ép()que: les responsables cités dans les organigrammes occupaient-ils réellement une fonction leur permettant d'avoir une prise sur les événements en cours? C'est ainsi que pour avoir un dictionnaire de 600 personnages, il nous a fallu dresser un index de 2 000 noms. 350 biographies entièrement rédigées, ne figurent pas dans ce travail et attendent une prochaine publication. Il s'agit, essentiellement, de militants surgis après 1954 occupant des postes de responsabilité dans la révolution algérienne. La conception où seul « le peuple agit et parle », sans nécessité d'examen de sa représentation politique, a longtemps prédominé dans l'historiographie algérienne (15). Ce refus de la mise en œuvre d'une sociologie des « élites» évacue en fait toute notion de direction, ses responsabilités dans les succès et surtout les échecs d'une entreprise (16). A contre-courant des projets visant à saisir «l'infiniment petit», notre propos vise donc à l'interrogation sur la notion d'avant-garde. Les rapports entre mouvement spontané et mouvement organisé, enregistrés en terme de concordance, décalage ou retard, restent une des clés. pour entrevoir les blocages ou les explosions dans le Maghreb sous domination coloniale. Ainsi en 1953, la Tunisie est en feu et le « fellaghisme » fait son entrée dans le vocabulaire journalistique pour désigner cette forme de lutte totale qui tient à la fois du désespoir et de la croyance des peuples sans armes en l'avenir de leur pays. Le Maroc, la même année, s'agite avec non moins de violence et d'ampleur. Tandis que l'Algérie, par son calme étonnant, semble dormir d'un profond sommeil, frappée de torpeur ou insensible à ce qui se (14) « Le dictionnaire des obscurs du mouvement ouvrier ». Interview J. Maitron in Le Monde Dimanche, 25 juillet 1982. Dans Le Monde, mars 1976, J.-M. Mayeur définit ainsi l'entreprise du « Maitron » : « Se plonger dans le Maitron et suivre les destins divers d'un peuple d'oscurs et de silencieux que la grande histoire a oubliés. » M. Winock, L'Histoire, 1978: « Pas seulement les premiers rôles, mais la piétaille du mouvement, ceux qui n'auront jamais de rue, ni de plaque à leur nom, voilà que ce dictionnaire les exhumes de la fosse commune. » (15) Voir en particulier la critique de la production cinématographique algérienne par Lotfi Mazerhi. Le cinéma Algérien: institutions imaginaire, idéologie, S.N.E.D., 414 p. (16) Tentative entreprise par Elbaki Hermassi, État et société au Maghreb, Anthropos, 1975, 236 p.

23


passe dans son voisinage immédiat. Calme apparent précisément qui renvoie à la notion d'avant-garde. En fait, le mouvement de masse majoritaire qui a fondé tous ses espoirs sur l'indépendance de l'Algérie, qui en a préparé la voie depuis de longues années, se trouve lui-même déchiré et paralysé par des luttes internes. Le M.T.L.D.,puisque c'est de lui dont il s'agit, a atteint un degré d'autorité tel, que toute action du peuple algérien dépend de sa décision. Cette crise de la direction nationaliste, les conditions d'apparition de son émergence, et qui se dénoue à travers le 1er novembre 1954 : comment a pu se briser la continuité du processus historique qui s'était développé jusqu'alors par le développement de cette organisation'1 D'où viennent les équip~s de direction qui vont se succéder'1 Comment se trouvent-elles porteuses de telle ou telle idéologie '1 Sur quel processus de légitimation va s'appuyer le personnel politique algérien après l'indépendance dans la construction de l'État algérien '1 En suivant les cheminements politiques, individuels de tel ou tel membre de la direction, notre travail biographique porte donc sur les ruptures/continuités de l'idéologie populiste véhiculée par le nationalisme algérien depuis sa fondation. Une telle démarche méthodologique n'est pas dépourvue de risques. L'importance des hommes, la qualité d'une direction (17) ne justifient aucunement la supériorité nécessaire d~s « élites» ou des idées prises indépendam. ment d'un contenu social. Considérer l'inverse consiste à tirer comme conclusion qu'une « élite» dotée de qualités exceptionnelles anime des situations, crée l'événement dans un processus de substitution du mouvement réel des masses. Le risque est donc ré~l de réduire la pratique politique, sociale, culturelle àla prise en charge des intérêts pour la simple existence d'un ou plusieurs partis politiques. L'examen des rapports entre « spontané» et « conscient» ne vise pas à privilégier l'un par rapport à l'autre, mais à établir comment le contingent (<<spontané ») est mode d'expression du nécessaire (<<conscient »). En tenant compte également du fait que si toute représentation est forcément déformation (18), nous n'espérons pas peindre le tableau social de l'Algérie à travers la représentation du personnel politique d'une tendance. Mais avec Pierre Ansart, nous dirons que « l'examen des idéologies politiques constitue un lieu privilégié de l'analyse sociale puisqu'elles révèlent dans leur (orme et leur contenu, non seulement .le fait des structures sociales, mais les dynamismes, les aspirations et les attentes des groupes sociaux en rivalité. Les distorsions, les occultations véhiculées sont plus éclairantes encore (souligné par nous) car à travers elles, peuvent se repérer les tensions immanentes, les conflits inavoués... » (19). Après l'étude de la construction/constitution d'une organisation par l'analyse de sa direction, doivent impérativement succéder les travaux portant sur (17) Sur le rôle d'une direction, son importance dans le processus d'une révolution, voir les remarques de Léon Trotsky dans Histoire de la Révolution russe, Seuil, 2 tomes; le livre de P. Broué, Le Parti bolchévique, éd. Minuit, 1963, 628 p. (18) Ce qui importe ce n'est donc pas de peser ou mesurer les mérites de « l'élite » mais de montrer comment Ull groupe déterminé accède au pouvoir sur la base de tel ou tel visée programmatique. Ce type d'étude va à l'inverse de ce qui se pratique aux États-Unis. Voir en particulier G. Wright Mills, The Power Élit, 1956. (19) P. Ansart, Les idéologies politiques, P.U.F.,pp. 63-64. 24


les situations locales, sillonner le pays par les chemins de traverses et reconstituer le puzzle d'une Algérie militante encore ignorée (20). Sélection

des personnages.

Structuration

de l'organisation

Après les critères de sélection d'entrée dans le Dictionnaire portant sur les membres de la direction, il s'avère nécessaire de procéder à un examen de la structuration de l'organisation nationaliste (21). - Au moment de sa dissolution en janvier 1837, l'Étoile Nord-Africaine est organisée comme suit:

MILlT

ANTS

FÉDÉRATIONS

SECTIONS TERRITORIALES (1 par ville ou arrondissement

. . , . ,

Paris)

-

-

BUREAU SECTION DÉLÉGUÉS

RÉGIONALES

Région parisienne Région lyonnaise Fédération d'Algérie

DE SECTION

A.G. ANNUELLE

DE L'E.N.A.

ÉLECTION 2S DIRIGEANTS (COMITÉ DIRECTEUR) BUREAU POLITIQUE

(5/6 membres)

(20) Les, travaux de sociologues, géographes, peuvent constituer le support de ce type d'entreprises, voir en particulier le travail de Nadir Marouf en particulier, La relation ville-campagne dans la théorie et la pratique. Contribution à une sociologie rurale des pays dominés, Alger, O.P.U.,2e éd. 1981, 119 p. (21) Sur la structuration de l'organisation nationaliste: 2 cartons, n° 56 et 57 comportant des dossiers portant respectivement les côtes 10 694 A et G et 10 694 H et K, sur l'activité de l'E.NA, ainsi que le rapport des renseignements généraux « Notes sur l'activité de l'E.N.A. depuis sa création jusqu'au 15 novembre 1934 », 174 p. dactylographiées; toujours sur l'E.NA, archives SLOTFOM (88 à 97), série III, surtout carton 45. Sur le P.P.A., Archives Aix-en-Provence, série 9 H : 9 H 18 à 9 H 20 sur « la surveillance politique des indigènes », 9 H 24, 9 H 25 « Territoire du Sud-Mzab - Laghouat» ; 9 H 32 : Commissaire de police. Extraits de rapports (1931-1937) ; Sûreté générale, rapports hebdomadaires (sept. 33, janv. 40) ; rapports de quinzaine (fév. 1940, janvier

1941);

9 H 47:

«Nationalisme

-

Mouvements

-

Presse

-

Divers» ; et surtout, 9 H 51, rapports sur l'Oranie (55 pages dactylographiées) établis du 2 au 25 juillet 1945 sur l'arrestation et l'interrogatoire de 90 responsables du P.P.A.; rapports Alger - Kabylie - Constantine. Ouvrages, articles: « Le P.P.A.», Collot, art. cit. pp. 139-145 ; R. Aron. Les origines de la Guerre d'Algérie, qui cite les rapports de CI. Schoen, pp. 310-312; M. Harbi, op. cit. : 253-256 ; M. Kaddache : Histoire du nationalisme algérien, pp. 799-811. 25


-

Au moment

de sa dissolution

en 1939, le P.P.A est structuré

comme

suit:

CELLULES

(Quartiers ; commu~es ; banlieues; SOUS-SECTIONS

t t t t t

SECTIONS DÉLÉGUÉS DE SECTIONS

:> U t.nes)

Fédérations régionales: -ALGER -ORAN - CONSTANTINE - FRANCE

A.G. ANNUELLE COMITÉ DIRECTEUR BUREAU POLITIQUE

Pendant la guerre, au moment de la constitution des A.M.L., l'organisation est celle de la cellule, secteur, district et comité local.

.

Le responsable du Comité local relève d'un Comité régional représenté par un délégué au sein du Comité d'arrondissement. . Les délégués d'arrondissement dépendent à leur tour d'une Fédération (une par département), en relation avec un Comité de liaison inter-fédéral. . Au sommet de cette pyramide, un Comité exécutif. A partir de 1946-1947, l'apparition d'une organisation légale (le M.T.L.D.) ; d'une organisation para-militaire, l'Organisation Spéciale (o.s.) ; le maintien du noyau politique constitué par le P.P.A., amènent une réorganisation, une spécialisation des responsables (22).

(22) Voir organisation région de Kabylie. Fac-similé Archives Aix, 9 H 51. Rapport 1947, établi par P.R.G. 26


LE M.T.L.D.

CELLULE (3 à 10membres) + GROUPE (5 à 7 cellules) + SECTION (3 à 4 groupes) +

SECTEUR (KASMA) (33 en Algérie) . + COMITÉ DE KASMA

(-

-

--

Responsable à l'or.ganisation Responsable à la propagande Responsable à l'information Responsable aux assemblées locales Responsable aux finances)

..

DAÏRA OU ARRONPISSEMENT

..

WILAYA

(11 en Algérie - 6 départements d'Alger 3 départements constantinois - 2 départements d'Oranie)

-

DÉLÉGUÉS

DE KASMA

+

CONGRÈS

+

COMITÉ CENTRAL

-

-

+ BUREAU POLITIQUE COMMISSIONS DU BUREAU POLITIQUE Commission centrale des organisations Commission de la propagande Commission des élus Commission des affaires syndicales Commission des affaires islamiques Section spéciale d'encadrement politique

DÉLÉGATION

PERMANENTE

AU CAIRE

27


L'ORGANISATION SPÉCIALE (O.S.) En 1948 (23)

Bureau politique P.P.A.-M.T.L.D. Coordinateur

Responsable national O.S.

Matériels Transmissions 1 resp.

I

Chef groupe

Artificiers 1 resp.

Complicités 1 resp.

I

Cellule deux militants

(23) Sur l'o.s., remerciement à M. Maroc, un des principaux responsables de l'o.s. et M. Ben Mohammed, membre de l'o.s. à Alger; également, consultation archives Y. Jouffa, Procès-verbaux interrogatoires. 28


La Direction de la fédération de France du P.P.A.-M.T.L.D. COMMISSIONS

-

--

-

SPÉCIALISÉES

Travail syndical Collectif étudiant Commission de la presse Comité de soutien aux victimes de la répression Travail illégal

DÉLÉGATION PERMANENTE (4 membres) RESPONSABLES A L'ORGANISATION (2 membres) DÉLÉGUÉS RÉGIONAUX

-

-

Région Région Région Région Région

parisienne lyonnaise Est Sud Nord

A titre indicatif, pour l'après-novembre 1954, nous avons reconstitué (à partir de témoignages et archives privées) l'organigramme de la Fédération de France du F.L.N. en 1958 (Voir tableau page suivante).

29


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Situation du Parti du peuple algérien en Kabylie A. BORJ MENAIEL Responsable du parti............ B.DELLYS Chef de district. . . . . .. .. .. .. .. . . Adjoint au chef de district. . . ... .. Chefs de comités locaux. . . . . . . . . Adjoint au chef du comité « Boukhriss »

Chefs de fraction.., ... . ...

.

Ex-chefs de fractions deviennent militants de base. .. .. . ... . . ... . . Militants de base.. . . .. .. ... . . . . .

FAC- SIMIJ,E Archives aix 9 b 50 Rapport P.R.G. 1947 Tizi Ouzou

-

Militants de base. . . .. . . .. . ... . ..

Individus désignés comme membres du P.P.A. et qui ont dû €tre relâchés, aucune charge n'ayant pu €tre apportée.

Bellaounis Mohand

Arrêté

Hasbellaoui Abdelkader Tadjar Ahmed dit « Belhadj » Boukhris Ali dit « Aissa » Hamza Ali Tomakni Mohamed Azli Amar dit « Ahmed » Djemma Lounès. Fehrat Amar Bazizi M'Hamed Zarouali Mohamed Seghir Chaid M'Hamed Oukid M'Hamed Ouali Mohamed Basbellaoui Mohamed Ben Ahmed Kassous Mohamed Lamraoui Rabah Ardi Maklouf Kares Ali Mostafaoui Rabah Alladou Mohammed-Séghir Bouirah Ali Bedjaoui Mohamed Amaouche Boualem Kaced Boualem Azzouzi Mohamed Allaou Mohamed Azzouz M'Hamed Nahar Lounès Mufti Ali Belkhoua Ali Zahed Ahmed Kalouia Ahmed Cheklat Rabah Sabir Abderrahmane Azouzi Boualem Kheloutati Mohamed Zaoui Mohamed Ouali Mohamed Ramdani M'Hamed Djebrouni Saïd Chahani Ali Chahani Mohamed Alladou Mouloud Saddok Saïd Bazzizi Ali Ouali Saïd Kasmi Amar Djemma Rabah Bouyahia Mohamed Seghir Bouyahia Mohamed Nour Boualem Hasbellaoui Lounès Irsouni M'Hamed Azli Bachir

Nota: Azli Bachir a été entendu sur P. V. qui sera joint à l'information der un exemplaire du journal clandestin L'Action Algérienne).

Arrêté En fuite Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté (Liberté provisoire) Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Enfuite (Militaire non arrêté)

(il a reçu des mains de Hasbellaoui

Abdelka-

31


C. TIGZIRT-SUR-MER Membre

du parti.

...............

AIt Messaoud Mohamed

Arrêté

Nota: Ait Messaoud Mohamed a été recruté directement par Zerouali Mohamed, présenté à Tigzirt-sur-Mer par Taboudjou Said.

D. HORACE VERNET Chef de district. .. . . .. . . .. . . ... . Chefs de comités locaux. . . . . . . . .

Chefs de fraction.. . .

Militants

"

. . ... . . ..

de base. .. . . .. . . .. . . . ..

Boudaoud Mohamed Garridi M'Hamed Lourguioui Rabah Hasbellaoui Areski Haddadi Saïd Doudane Mohamed Dundani Cherif Kesbitene Rabah Haddiki Mohamed Mohamed Fraoussem Areski Bensifi Mohamed Ben Ali Ramdani Mohamed Ali Haddadi Mohamed Areski Amrouche Areski Ali Attouchi Saïd Mohamed Seghir Amar Doudane Ahmed Benrabia Hacine Moussek Areski Maklouf Bensifi Ahmed Allou Ali Garridi Amar Hamissi Areski Mohamed Kheddi Ali Kheddim Saïd Ferras Saïd Chabane Ahmed Challal Mohamed Amrouni Mohamed Ali Lounis Fraoussen Lounès Fraoussen Saïd Fraoussen Rabah Fraoussen Abdelkader Bensifi Ali Bensifi Mohamed Bensifi Ahmed Bensifi Rabah Bensifi Hocène

Ce texte est la reproduction du rapport P.R.G. Tizi Ouzou, (Note de ['éditeur: Pour des raisons techniques, ce rapport

32

toujours en fuite, qui lui a été

Arrêté Enfuite Enfuite Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté (Non identifié) Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Malade Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Enfuite Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté Arrêté (A Alger sans adresse connue)

1947. Archives Aix 9 h SI. a été entièrement recomposé).


Le P.P.A.-M.T.L.D.cherche à s'appuyer sur des organisations de masse, regroupant les travailleurs, les jeunes et les femmes. Toute une série d'organisations parallèles rayonnent autour de l'organisation nationaliste: Les Syndicats d'Artisans et de Commerçants Musulmans (1943-1945)

-

- L'Association des Femmes Musulmanes d'Algérie (A.F.M.A.) créée le

24 juin 1947 (24). . - Le Comité de Soutien aux Victimes de la Répression (C.S.V.R.),créé le 13 avril 1948. - L'Association des Étudiants Musulmans Nord-Africains (A.E.M.N.A.), qui compte de nombreux responsables P.P.A. - M.T.L.D. - Les Scouts Musulmans Algériens (S.M.A.)qui offrent de grandes possibilités d'action au P.P.A. - Les Associations sportives et culturelles.

- Les

Comités de soutien aux chômeurs,

créés en 1953.

Pour l'entrée dans le Dictionnaire biographique, le choix est évidemment facile pour les personnalités de première importance. (membres du Comité Central et du Bureau Politique) et pour celles qui se situent immédiatement après dans les structures de responsabilités (responsables de wilayas, daïras, de l'O.S.) (25). Pour les autres, sur quoi doit-on s'appuyer? Suffit-il par exemple d'avoir fait œuvre de pionnier dans un domaine particulier, ou joué un rôle dans un événement marquant (prise de parole dans les meetings, organisation d'une manifestation, grèves de la faim dans les prisons...) pour entrer dans le Dictionnaire? C'est donc le cas des personnalités de « second plan» qui pose véritablement problème. Nous avons essayé de contourner cette réelle difficulté en faisant figurer tous les militants dont l'action comme responsables a été mentionnée dans la presse nationaliste de l'époque, en particulier l'Algérie Libre (26) ; dans les rapports de police; ou mentionnée au cours d'entretiens avec des militants. Mais il est évident que le dictionnaire ne prétend pas être complet, et il donnera lieu à beaucoup d'additions, de corrections, de vérifications. Mentionnons enfin, que l'on trouvera des hommes, qui, simples militants avant 1954, ont occupé des postes de responsabilités après le 1er novembre 1954, dans la guerre (27). A contrario, ne sont pas exclus de ce dictionnaire ceux dont on a l'habitude de dire qu'ils ont mal «tourné ». Notre travail n'a pas pour but de décerner des éloges ou des blâmes, mais d'établir ce qui est. (24) Sur l'A.F.M.A.,remerciements à M. Memchaoui qui, préparant une étude sur les femmes nationalistes algériennes, a bien voulu nous livrer des renseignements pour le Dictionnaire biographique. (25) La reconstitution des organigrammes complets de daïra, kasma, s'avérant difficile, il manque donc dans le dictionnaire des responsables à ce niveau. D'autre part, des structures de direction ont été éphémères ou fictives, comme le Comité Directeur du M.T.L.D.du 4 septembre 1947. (26) Par exemple dans l'Algérie Libre, 6 octobre 1951, n° 34, sur les militants de L'o.s., « Le complot colonialiste d'avril .1950se dégonfle» ; les Comités mis en place en Algérie, en France, par le M.T.L.D.messaliste à la suite du tremblement de terre à Orléansville permet d'établir une liste de responsables; L'Algérie libre, n° 125, septembre 1954. (27) C'est le cas de H. Boumedienne, inclus dans notre dictionnaire, dont l'appartenance au M.T.L.D.reste très discutée. 33


Guide d'utilisatiQn

Nous nous sommes attachés dans ce, travail à concilier deux exigences: La tichesse et la variété de l'information que doit apporter un dictionnaire spécialisé. . La commodité de consultation d'un ouvrage;permettant de rassembler des connaissances qui demeurent encore dispersées. Ce parti a permis de rassembler, en 300 pages, 613 biographies de militants nationalistes algériens, dans la période 1926-1954. Les biographies sont présentées dans quatre chapitres et douze séries. L'orthographe des noms propres est celle du français le plus courant utilisé à l'époque '(1926-1954) notamment à travers l'état civil. Les homonymes sont rangés selon l'initiale de leur premier prénom ou de leur pseudOl}ytXle.

.

Lorsqu'un. militant est connu essentiellement par son pseudonyme, la notice le concernant est à rechercher à ce pseudonyme. Dans la page de garde annonçant chacune des séries, figure un index.des militants étudiés. Les noms en car,actères renforcés signalent que la biographie est traitée dans une autre série. L'ordre des notices biographiques est strictement alphabétique dans chacune des séries. Chaque notice comporte un bref résumé indiquant les responsabilités occupées par le militant. Les dates qui figurent dans ce résumé marquent le début de la prise de responsabilités politiques. A la suite des noti~s,biographiques, .on trouvera la référence directe aux « sources» sur le militant étudié. Seuls les auteurs, classés par ordre alphabétique, sont mentionnés dans 34


« les sources ». On se reportera à la bibliographie (classement auteurs) pour situer l'ouvrage. Le nom des communes est celui de la période coloniale. Un index des nouveaux noms de communes est situé à la fin du dictionnaire. Par souci de clarté, un index; général des noms des militants, qui mentionne la page où est développéè la notice, est situé en fin de volume (pp. 389-395). Nous avons le plus possible évité d'.utiliser les abréviations. Cependant, un certain nombre d'indications revenant' très fréquemment. (les organisations politiques dans la notice, les centres d'archives ou ouvrages dans les «sources »), nous avons pensé qu'il n'y avait pas d'inconvénient à les faire figurer en abrégé. Un index dès sigles et abréviations a donc été élaboré, ainsi qu'une chronologie sommaire.;

35


SIGLES ET ABRÉVIATIONS UTILISÉS DANS LES NOTICES BIOGRAPHIQUES

A.A.N. A.E.M.N.A A.F.P. A.F.M.A. A.L.N. A.M.L. A.T.A. BJ. B.I. B.P. C.A.R.N.A. c.e. c.e.e. C.e.E. C.D. C.D.R.A. C.E. C.E.R.M.

T.R.I.

C.F.R.A. C.G.T. C.G.T.-F.O. C.I.E. C.I.S.L. C.N.A. C.N.R. C.N.R.A. C.O.M. C.R.U.A.

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: : : : : : : : : : : : : : : : : :

Annuaire de l'Afrique du Nord. Association des Étudiants Musulmans Nord-Africains. Agence France Presse. Association des Femmes Musulmanes d'Algérie. Armée de Libération Nationale. Amis du Manifeste et de la Liberté. Association des Travailleurs Algériens. Bulletin d'Informations. Bulletin Intérieur. Bureau Politique. Comité d'Action Révolutionnaire Nord-Africain. Comité Central. Commission Coloniale Centrale. Comité de Coordination et d'Exécution. Comité Directeur. Centre de Recherches et de Documentations Africaines. Commission Exécutive. Centre d'Études et de Recherches des Mouvements Trotskystes et Révolutionnaires Internationaux. : Chemins de Fer sur Route Algériens. : Confédération Générale du Travail. : Confédération Générale du Travail- Force Ouvrière. : Centre d'Informations et d'Études. : Confédération Internationale des Syndicats Libres. : Congrès National Algérien. : Cpnseil National de la Révolution : Conseil National de la Révolution Algérienne. .

: Comité d'Organisation Militaire.

: Comité Révolutionnaire pour l'Unité et l'Action.


C.S.V.R. D.A.R.G. D.S.T. E.N.A. F.A.A.D. F.A.D.R.L. F.F.S. F.L.N. F.S.M. F.S.T. G.G. G.P.R.A. I.A.P. I.H.T.P. I.R.M. H.M. M.N.A. M.T.L.D. O.A.S. O.P.A. O.S. O.U.R.S. P.A.G.S. P.C.A. P.C.F. P.C.I. P.P.A. P.R.G. R.C.P. R.E.P. R.P.F. S.A.S. S.D.E.C.E. S.F.I.O. S.L.O.T.F.O.M.

S.M.A. U.D.M.A. U.E.A.P. U.G.C.A.

: : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : :

U.G.E.M.A.

U.G.S.A. U.G.T.A. U.I. U.N.E.F. U.P.A. U.S.T.A. U.T.N.A. Z.A.A.

: : : : : : : :

Comité de Soutien aux Victimes dé la Répression. Direction de l'Armement et du Ravitaillement Général. Direction de la Surveillance du Territoire. Étoile Nord-Africaine. Front Algérien d'Action Démocratique. Front Algérien pour la Défense et le Respect des Libértés. Front des Forces Socialistes. Front de Libération Nationale. Fédération Syndicale Mondiale. Front Social du Travail. Gouvernement Général. Gouvernement Provisoire de la République Algérienne. International Afrique Presse. Institut d'Histoire du Temps Présent. Institut de Recherches Marxistes. Historia-Magazine. Mouvement National Algérien. Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques. Organisation Armée Secrète. Organisation Politico-Administrative. Organisation Spéciale. Office Universitaire de Recherches Socialistes. Parti d'Avant-Garde Socialiste. Parti Communiste Algérien. Parti Communiste Français. Parti Communiste Internationaliste. Parti du Peuple Algérien. . Police des Renseignements Généraux. Régiment de Chasseurs Parachutistes. Régiment Étranger Parachutiste. Rassemblement du Peuple Français Section Administrative Spécialisée. Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage. Section Française de l'Internationale Ouvrière. Service de Liaison des Originaires des Territoires de la France d'Outre-Mer. Scouts Musulmans Algériens. Union Démocratique du Manifeste Algérien. Union des Étudiants Algériens de Paris. Union Générale des Commerçants Algériens. Union Générale des Étudiants Musulmans Algériens. Union Générale des Syndicats Algériens. Union Générale des Travailleurs Algériens. Union Intercoloniale. Union Nationale. des Étudiants de France. Union Populaire Algérienne. Union des Syndicats des Travailleurs Algériens. Union des Travailleurs Nord-Africains. Zone Autonome d'Alger.

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CHRONOLOGIE SOMMAIRE (E.N.A. P.P.A. M.T.L.D.)

Constitution à Paris de l'Étoile Nord-Africaine avec l'aide du P.C.F. Congrès anti-impérialiste de Bruxelles. Messali y revenFévrier 1927 : dique l'indépendance de l'Algérie. Novembre 1929 : Première dissolution de l'E.NA Rupture entre nationalistes et communistes. Renaissance de l'E.N.A. Juin 1933 : Discours de Messali au stade d'Alger. Devant les responAoût 1936 : sables du congrès musulman, il déclare: « Cette terre est à nous, nous ne la vendrons à personne. » Le Front populaire dissout l'E.N.A. Janvier 1937 : Naissance du Parti du Peuple Algérien (P.P.A.). Mars 1937 : du P.P.A. Ses principaux dirigeants sont Septembre 1939 : Interdiction arrêtés. Manifeste du Peuple Algérien. Mars 1943 : Naissance des Amis du Manifeste et de la Liberté. Les Mars 1944 : militants du P.P.A. sont majoritaires dans de nombreuses sections. Massacres de Sétif et de Guelma. Mai 1945 : Naissance du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Octobre 1946 : Démocratiques (M.T.L.D.). Février 1947 : Le P.P.A.-M.T.L.D., à son congrès, décide la création de l'Organisation Spéciale (o.s.), branche paramilitaire. « Crise berbériste » au sein du M.T.L.D. Année 1949 : Démantèlement de l'o.s. par la police française. Mars 1950 : lIe Congrès du M.T.L.D. Début de la crise entre Avril 1953 : « messalistes » et « centralistes ». Naissance du C.R.V.A. Mars 1954 : Congrès messaliste à Hornu. Juillet 1954: Congrès centraliste à Alger. Août 1954 : Formation du « Comité des six ». 1er novembre 1954 : Déclenchement de l'insurrection à l'initiative du F.L.N. Mars 1926 :

38


Note de l'auteur

Les rectifications, précisions, ajouts concernant les notices bibliographiquescontenues dans le dictionnaire seront les bienvenues. Toutes suggestions à ce propos peuvent être adressées à l'auteur par l'intermédiaire de l'éditeur. * * * Je tiens à rendre un hommage particulier à ma femme qui m'a soutenu et encouragé dans ce travail, à toutes les personnes qui ont frappé ce manuscrit dans un temps record.

Que MM. M. Harbi, M. Memchaoui, M. Merdaci et les professeurs P. Fougeyrollas et C.R. Ageron veuillent bien aùssi accepter mes remerciements pour leurs suggestions dont j'ai tenu le plus grand compte.

Benjamin Stora Novembre 1984

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CHAPITRE

IMMIGRATION

I

ET NATIONALISME

LES ALGÉRIENS NATIONALISTES EN FRANCE* (1926-1954)

Série A:

Le Comité Central de l'E.N .A. en 1926 et les cadres algériens, membres du p.e.F. dans le lancement de l'Association.

Série B:

La direction nationaliste guerres (1933-1939).

Série C:

La Fédération

en France dans l'entre-deux-

de France du P.P.A.-M.T.L.D. (1946-1954).

141 notices figurent dans ce chapitre.. 22 notices d'autres * traitées dans les chapitres II et III.

responsables

nationalistes

sont

41


SÉRIE A

LA CRÉATION DE L'ÉTOILE NORD-AFRICAINE (1926) (Le Comité Central de l'E.N.A. en 1926 et les cadres algériens, membres du P.C.F., dans le lancement de l'association) AIT TOUDERT BANOUNE AKLI BELGHOUL AHMED BEN LAKAL MAHMOUD BOUCHAFA SALAH BOURAHLA AHMED BOUTOUlL CHABILA DJILALI DJEFFAL MOHAMMED FAR KADDOUR GHANDI SALAH HADJALIABDELKADER IFOUR MOHAMMED

ISSAAD HASSAN KHAIRALLAH CHEDL y KOUFI AREZKI LEMOU MOHAMMED MAROUF MOHAMMED MEGROURECH MENOUAR ABDELAZIZ MESSALI HADJ REZKI SAADOUNE SAIDOUN y ARIA SEBTI ABDERRAHMANE SI DJILANI MOHAMMED

43


AÏT TOUDERT Membre Comité Central E.N.A., membre p.e.F. (1926)

Né à Aïn-EI-Hammam (ex-Michelet), Aït Toudert est soldat colonial en 1914-1918. Après la guerre, où il a été gravement blessé, il reste et s'établit en France. Militant du p.e.F. après le congrès de Tours, il participe à l'activité d'associations comme la Ligue des Droits des Indigènes Nord-Africains, fondée par le professeur A. Bahloul le 20 juillet 1925 à Nanterre, où il occupe la fonction de trésorier. Aït Toudert est membre-fondateur de l'Étoile Nord-Africaine, membre de son Comité Central en 1926. Sources:

Récit Banoune in Bouayed ; Kaddache (I) ; Ageron (II).

BANOUNE AKLI (1889-1983) Membre Comité Central E.N.A. (1926) ; Comité Directeur E.N.A.(1933) : membre délégation E.N.A. au congrès islamo-européen de Genève (1935) ; militant P.P.A.-M.T.L.D.en France.

Né présumé en 1889 au douar M'Sala, en Kabylie, dans une famille de condition modeste, Banoune Akli s'expatrie en France en 1916 pour pouvoir y travailler. Il est embauché comme ouvrier pour remplacer les travailleurs français envoyés combattre au front. Il reste et s'établit en France après la Première Guerre mondiale. Ayant participé aux premiers pas du mouvement nationaliste maghrébin en France, Banoune Akli fournit, par son témoignage relaté par M. Bouayed, de précieux renseignements parfois inédits sur la naissance en France de {'Étoile Nord-Africaine, sur les fondateurs de ce groupement et son action politique dans les milieux algériens. Banoune Akli rencontre Si Djilani au début de l'année 1926 et participe avec lui à la réunion qui, le 16 mai 1926, décide la création officielle de l'E.N.A. Il est désigné membre du Comité Central de l'Étoile lors de l'assemblée générale des militants qui se tient le 2 juillet 1926 dans la salle de la rue Grange-aux-Belles. Il suit le groupe qui se constitue autour de Messali, après la dissolution de l'E.N.A. en 1929, et refuse la tutelle du p.e.F. Il est membre du Comité Directeur de l'E.N.A. au moment de la relance de 45


BEL l'association en mai 1933. Devenu marchand de légumes avec sa compagne française, il met son local à la disposition.deHE.N.A. Le local de l'organisation nationaliste se trouvait jusqu'alors au49, rue de Bretagne dans un immeuble appartenant à un groupement de coopérateurs à direction communiste avec, notamment, son restaurant et ses salles, intitulé «La Famille Nouvelle ». Dans ses Mémoires, Messali raconte: « Un de nos militants nous a sortis de Hembarras en nous proposant unlocàl au 19, rue..de Dauguère. Ce camarade, Banoune Akli, membre du Comité Directeur de HÉtoile, était marié avec ùne Française qui voulait bien nous louer un deux-pièces dans une vieille maison. La porte cochère s'ouvrait sur une cour pleine de petites voitures "baladeuses" utilisées par des marchands de fruits et légumes ». Banoune Akli consacre la plupart de son temps à l'activité de l'E.N.A. et les rapports de police de l'époque notent que.pour la préparation d'un meeting organisé le 18 octobre 1934, « BanouneAkli loue à ses frais un car pour emmener les travailleurs à la réunion ». Intercepté par la police française, puis libéré, il participe néanmoins. au congrès islamo-européen de Genève en septembre 1935. Au moment du Front populaire, Banoune Akli fait partie de la délégation de l'E.N.A. dans les discussions qui se déroulent à Paris en juin 1936 avec les Élus et les Oulémas. Toujours à cette époque, il participe à ladélé~ation de l'E.N.A. qui, le 20 juin 1936, remet le cahier de revendications de l'Etoile à R. Aubaud. Lors d'une assemblée générale tenue à Paris après le retour de Messali en 1936, M. Kaddache, dans son Histoire du NationalismeAlgérien signale qu'il « est décidé sur la proposition de Radjef de n'élire et de garder à la direction de l'organisation que des militants sachant lire et écrire ». C'est ainsi que Banoune Akli ne fait plus partie de la direction. Mais il reste un militant actif dans la Fédération de France du Parti du Peuple Algérien. Arrêté le 9 janvier 1940, libéré le 25 novembre 1940, arrêté de nouveau en '1942, il bénéficie d'un non-lieu, est dirigé sur un camp de concentration en France, puis transféré en Allemagne en mai 1944. Libéré en juin 1945, il rejoint le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques. Vieux militant courageux, il diffuse le journal l'Algérie Libre dans les rues de Paris et se fait arrêter. Il comparaît devant la cour d'appel de Paris, les 9 et 14 octobre 1952 et est condamné à quinze jours de prison. Banoune Akli est mort à Alger en 1983. Sources: s.L.o.T.F.o.M.-Série 3-Carton 45-Note 18 janvier 1929; Témoignage Banoune in Bouayed ; Rapport 1934, p. 109-168 ; Mémoires de Messali, cahier n° 9 ; L'Algérie Libre n° 55, 15 octobre 1952 «Procès des défenseurs de l'Algérie Libre»; Carlier (II); Kaddache (I) ; Mathlouti ; Nouschi.

BELGHOUL

AHMED

Délégué et homme de confiance l'émir Khaled, joue un rôle actif dans la création de l'E.NA (1926).

Né le 20 juin 1896 à Hammam Bou Hadjar dans l'Oranie, Ahmed Belghoul arrive en France en 1916. Il adhère au P.C.F. et devient membre de la commission de la main d'œuvre coloniale de la vingtième union régionale de la C.G.T.V. Par son intermédiaire, des rapports s'établissent entre l'émir Khaled et le Parti Communiste. C'est, en effet, dans l'appartement qu'occupe

46


BEN

alors A. Belghoul, 23, rue Cheroy à Paris, que l'émir Khaled rencontre à différentes reprises le député Doriot.; Délégué et homme de confiance de l'émir, Ahmed Belghoul a avancé luimême la thèse selon laquelle l'émir Khaled aurait lancé la création d'une Étoile Nord-Africaine et Islamique à la suite de meetings donnés à Paris en mai 1924. Mais l'étude des discours prononcés par l'émir à ce moment, la lecture de la presse de cette époque, la consultation des archives de la Commission Coloniale du P.C.F.,ne permettent aucunement d'étayer cette affirmation, pourtant reprise imprudemment parM. Lebjaoui dans Vérités sur la ~évolution Algérienne; Ahmed Bel$houl a sûrement .joué un rôle de propagandiste actif dans la création de l'Etoile qui voit officiellement le jour en 1926. Mais a-t-il été le deuxième président de l'E.N.A., après M. Djeffal, comme il l'àffirme égaIement lui-même? Banoune Akli, dans son témoignage; ne le cite pas parmi les membres du Comité Central en 1926. A-t-il recruté Messali Hadj en 1926, ainsi que l'explique A. Ouzegane dans le Meilleur Combat, toujours citant A. Belghoul ? Messali raconte dans 'seS Mémoires comment il a été recruté et formé par Hadj Ali Abdel Kha.tter (voir sa biographie), ce qui nous paraît plus conforme à la réalité. Comme on peut le constater, l'activité d'Ahmed Belghoul dans les deux années décisives (1924-1926) précédent l'apparition de l'Étoile, reste très controversée. Ahmed Belghoul est arrêté en août 1926, dans sa région natale de Hammam Bou Hadjar. Il est enfermé cinq mois à la prison de Aïn Elarba. Pendant quelque temps, sa «mise en surveillance spéciale» est envisagée. Finalement, il est seulement invité à repartir et à regagner la France en décembre 1926, sous la menace d'être arrêté au cas où il reviendrait en Algérie. A Paris, il se marie à une jeune enseignante française et sollicite son accession à la qualité de citoyen français le 20 avril 1929. Elle/ lui est refusée «en raison de ses antécédents». Il démissionne à ce moment de l'E.N.A., comme il le confirme lui-même au procès des responsables de l'Étoile en 1935. Il devient le porte-parole et représentant exclusif de l'émir Khaled auprès des Algériens, un papier signé de l'émir en date du 15 juin 1934, lui accordant ce droit. Ahmed Belghoul fonde le Comité d'Action pour le retour de l'émir Khaled, tout en restant sympathisant de l'Étoile Nord-Africaine. On le retrouve ainsi « correspondant» de soldats algériens permisionnaires, assitant aux réunions de l'E.N.A. en 1933. D'abord chauffeur, Ahmed Belghoul ouvre un café-restaurant, rue Monsieur-le-Prince, « Le Hoggar », qui devient un ce~tre de ralliement des militants maghrébins de Paris. C'est là, par exemple, que Messali Hadj rencontre pour la première fois, Ferhat Abbas. Au moment du Front populaire, il siège dans le Cercle de l'Éducation créé en août 1936 à Paris à l'instigation de Ben Badis. Il en est le second viçe-président. En 1938, A. Belghoul est adhérent du P.P.F. de Doriot selon des sources administratives françaises. Sources: Rapport, p. 67, 159, 160: s.L.o.T.F.o.M.-Série3-Carton 45-Note du 18 janvier 1929; Mémoires de Messali Hadj, cahiers n° 6, 9 ; Témoignage Banoune in Bouayed ; F. Abbas; C.R. Ageron (I et II) : Carlier (I) ; Lebjaoui (I) ; Ouzegane.

BEN LAKHAL MAHMOUD Membre Commission

Centrale Coloniale

P.C.F.,

Union Interc%nia/e

; commission de 47


BEN rédaction du Paria (1923-1926) ; membre fondateur

E.NA

(1926) ; candidat P.C.F. en

Algérie (1927).

Né le 2 septembre 1894 à Alger, Mahmoud Ben Lakhal appartient à une importante famille de notables citadins qui a toujours refusé la présence coloniale française. En 1907, il se rend en Syrie avec son oncle Si Ahmed Ben Lakhal. Selon CI. Liauzu, qui a établi sa biographie, «après des études, peut-être à l'université religieuse de Beyrouth, il aurait été secrétaire d'une mission militaire française, licencié pour des raisons mal connues et traduit en Cour martiale en 1917, mais non condamné, il retourne à Alger au lendemain de l'amnistie. Il y est inculpé pour insoumission ». Mahmoud Ben Lakhal adhère au P.C.F. en 1921, en France. Sa célébrité vient de la campagne contre l'occupation des troupes françaises de la Ruhr. Étant chargé de la propagande parmi les troupes nord-africaines, il rédige en arabe le journal clandestin La Caserne. Arrêté pour avoir appelé les soldats maghrébins à fraterniser avec les ouvriers allemands, il est condamné par le tribunal militaire de Mayence à cinq ans de réclusion. Amnistié à la suite d'une vigoureuse campagne de protestation du P.C.F., il gravit rapidement les échelons de l'appareil international du communisme alors en voie de stalinisation. Membre de la Commission exécutive de l'Union lntercoloniale, de la commission centrale coloniale, il remplace Roy, expulsé en 1925, au secrétariat du comité pro-hindou. Aux élections municipales du 10 mai 1925 à Alger, il est candidat du P.C.F. sur la liste du Bloc ouvrier et paysan, où figure l'émir Khaled. La même année, il est envoyé en mission en Tunisie, afin de reconstituer la C.G.T.V. et le P.C. décimé par la répression et le refus du cours imposé par Moscou. Il participe aux discussions dans la Commission Centrale Coloniale (c.c.c.) du P.C.F., précédant le lancement de l'Étoile Nord-Africaine. Un numéro de l' Ikdam de 1928 le qualifiera «de valeureux fondateur de l'E.N.A. ». Il rencontre Messali à ce moment, lui demanda de se rendre à Tlemcen afin «d'observer et d'écouter les réactions des Algériens face au communisme ». En 1926, il est l'un des cinq responsables de la c.c.c. réorganisée par Doriot, mais il critique la centralisation et l'autoritarisme de ses méthodes, comme la plupart des coloniaux. Dans une « lettre au secrétariat du Parti », il écrit à cette époque: « Je suis dans l'obligation de décliner ma participation comme membre des commissions de l'Afrique du Nord parce que celles-ci n'ont pas été constituées conformément aux principes du centralisme démocratique autrement dit, par l'élection des camarades de la base. » Il reprend sa démission et est le premier Algérien à faire publiquement campagne pour l'indépendance de l'Algérie aux élections du 10 avril 1927 à Alger contre le docteur Bentami. Il obtient 160 voix et est déporté dans le Sahara. Pour O. Carlier, « la campagne de Ben Lakhal n'était pas seulement idéologique, mais amorçait la tentative de construction d'un parti national révolutionnaire algérien en Algérie, à partir du noyau communiste de l'E.N.A. ». Mais, on ne retrouve pas sa présence parmi les participants du P.N.R. créé à Alger en 1931. Libéré, Mahmoud Ben Lakhal s'éloigne du P.C.F. en1932 alors en plein désarroi et en pleine crise avant l'arrivée d'A. Ferrat. Sources: 48

s.L.o.T.F.o.M.-Série 3-Carton 92-Note

du 15 mai

1923, Série 3-Carton 45;

Archives


BOU I.R.M. : B25/S172 : L 'Ikdam Nord-Africain, n° 2, juin-juillet 1927 : « Musulmans nord-africains, sauvez-le de la mort» ; l'Ikdam n° 2, mai 1928 : « Nos héros: Ben Lakhal» ; Ageron (I) : AIleg (III) ; Carlier (I) ; Hamed; Jurquet (II) : Liauzu ; Sivan ; Entretien A. Ferrat.

BOUCHAFA SALAH Militant P.C.F., membre-fondateur

E.NA (1926).

Né le 21 décembre 1903 au douar Arbil près de Lafayette en Petite Kabylie, Salah Bouchafa, permanent du P.C.F., participe aux discussions précédent le lancement de l'E.NA En 1930, il est signalé comme étant le gérant du journal Le Réveil Colonial publié en arabe. En 1931, il est responsable de la section nord-africaine de la C.G.T.U. pour les questions coloniales. En 1937, avec Aït Ali, président de la Ligue de Défense des Musulmans Nord-Africains, Salah Bouchafa est partisan du Congrès Musulman. Sources: Rapport 1934, p. 25 ; Hamed.

BOURAHLA AHMED Membre Commission Coloniale Centrale P.C.F. (1923-1925) l'E.N.A. (1926).

; participe au lancement de

Émigré à Paris pendant la Première Guerre mondiale, A. Bourahla adhère à la S.F.I.O puis au P.C.F. après le congrès de Tours. Il devient membre de la Commission Centrale Coloniale avant le cinquième congrès du P.C.F. et représente «l'Afrique du Nord» au congrès des J.C. Demi-permanent de la C.G.T.U., il manifeste «un tel manque d'assiduité, selon le rapport de la commission coloniale, rédigé par Semard, que le camarade Briquet, lors de son séjour en France, a proposé son remplacement ». En fait, A. Bourahla s'éloigne du P.C.F., dès la création de l'Etoile, en jugeant que le P.C.F. ne trouvait pas les moyens «d'organiser les travailleurs indigènes de la Métropole» et qu'il « se contente de faire du bluff avec les congrès nordafricains ». Il figure sur la liste des membres de l'E.NA en 1934. Sources: Archives . Ageron (II).

I.R.M., série 172, Bobine 25, P.V. de la. réunion

de la c.c.c. du 14/4/26;

BOUTOUIL Militant P.C.F. (1922) ; membre Comité Central E.N.A. (1926).

Né à Djidjeli, Boutouil émigre en France dans les années 20 et s'établit comme ouvrier employé dans un garage de la banlieue parisienne. Il adhère au P.C.F. après le congrès de Tours et participe à la fondation de l'Étoile Nord-Africaine dont il devient membre du Comité Central en 1926. Il préside l'assemblée générale de l'E.N.A. du 13 mai 1928 qui entérine la rupture entre communistes et nationalistes. Boutouil est, en 1933, membre de la sous-

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CRA commission nord-africaine du P.C.F., responsable du comité local du treizième arrondissement. Sources: L'Ikdam, n° 2, mai 1928: « L'assemblée générale de l'Étoile» ; Mémoires de Messali, cahier n° 8.

CHABILA

DJILALI

Secrétaire Commission Coloniale P.C.F., responsable de la C.G.T.V. (1923-1926) ; participe au lancement E.N.A. (1926) ; secrétaire général E.N.A. (1927) après le retrait de Messali.

Né le 3 décembre 1898 à.Blida, Djilali Chabila émigre en France en 1923, s'installe dans le dix-septième arrondissement de Paris et occupe la profession d'employé dans une compagnie chargée de l'entretien des ascenseurs. Il adhère au P.C.F. et devient secrétaire permanent de::la Commission Coloniale de la C.G.T.U., travaillant en relation avec l'Internationale des Syndicats Rouges. Il participe aux discussions précédant le lancement cie l'Étoile NordAfricaine et est désigné trésorier général de l'association lors d'une assemblée générale convoquée le 2 juillet 1926 à la salle Grange-aux-Belles. Pe::rmanent employé à la coopérative ({ La Famille Nouvelle}) avec Messali, Djilali Chabila dirige la section Puteaux de l'E.N.A. Il rédige dans l'Ikdam, sous le pseudonyme de « Chapuis », des articles anti-coloniaux. Après le retrait de Hadj Ali et la mise à l'écart de Messali, il est désigné secrétaire général de l'Étoile dans une assemblée qui se tient le 13 mai 1928 où il donne lecture des nouveaux statuts de l'organisation. Au début des années 30, chargé de réorganiser l'E.NA sous l'égide du P.C.F., il prend la parole le 20 mai 1932, rue Grange-aux-Belles devant 30 travailleurs maghrébins et le 25 juin suivant, 60 rue de Paris à Clichy, devant une soixantaine d'auditeurs. Il se montre particulièrement modéré, déplorant, selon les rapports de police, « l'indifférence de ses coreligionnaires et paraissant profondément découragé par eux ». Djilali Chabila ne rejoint pas l'Étoile lorsque celle-ci redémarre en 1933. Il s'occupe, en relation avec Marouf, du journal El Arnel. Il est alors responsable du travail colonial syndical animé par le P.C.F. dans la région parisienne. Sources: Rapport 1934, p. 19, 20, 30; Mémoires de Messali, cahier n° 8 ; témoignage Banoune in Bouayed ; L'Ikdam n° 2, mai 1928 : Hamed; Zagoria, p. 52.

DJEFFAL

MOHAMMED

Premier président E.N.A.(?) (1925-1926 ?). Émigré en France pendant la Première Guerre mondiale, Mohammed Djeffal s'installe dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris et ouvre un caférestaurant rue de Chartres. Il aurait été, selon F. Abbas et M. Lebjaoui, le premier président de l'Étoile Nord-Africaine en 1924. Selon un article manuscrit de Belghoul cité par M. Kaddache, Mohammed Djeffal démissionne de

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HAD ses responsabilités en 1926 pour des raisons de santé, tandis que Messali après avoir d'abord refusé le poste, .Paccepte en décembre 1926. Toutefois, les témoignages ou Mémoires de Banoune Akli et Messali Hadj, les procès-verbaux de la C.C"C. du P.C.F., 'les rapports de police ne font pas figurer M. Djeffal parmI les membres du Comité Central de l'E.N.A. en juin 1926. Sources: Rapport 1934 ; manuscrit Belghoul in Kaddache (I) ; Abbas; Banoune Akli in Bouayed ; Mémoires de Messali Hadj.

Lebjaoui(l)

; Jurquet;

FAR KADDOUR Membre Comité Centrêll E.N.A. (1926).

Né à Laghouat, Kaddour Far est soldat colonial en France pendant la Première Guerre mondiale. Mutilé de guerre, il 'reste et s'établit dans la région parisienne où il devient fonctionnaire à la direction des Affaires familiales. Il est désigné membre du Comité Central de l'Étoile Nord-Africaine le 2 juillet 1926. Après la dissolution de l'association en 1929, Kaddour Far retourne en Algérie et semble s'écarter de l'action politique. Sources: Témoignage Banoune in Bouayed ; Kaddache (1).

GHANDISALAH Membre Comité membre-fondateur

Central E.N.A. (1926): P.P.A. (1937).

membre

Comité

Directeur E.N.A. (1933);

Né à Bou-Saada (dans l'extrême-sud algérois), Salah Ghandi émigre en France pendant la Première Guerre mondiale et s'établit comme ouvrier à l'usine Citroën où il perd un bras à la suite d'un accident de travail. Il est membre du Comité Central de l'Étoile Nord-Africaine désigné lors de l'assemblée générale du 2 juillet 1926. Il participe à la relance de,l'E.NA en 1933, .devient membre de son Comité Directeur. Après .la dissolution de l'organisation, Salah Ghandi dépose à la préfecture de police les statuts de la nouvelle organisation nationaliste, le Parti du Peuple Algérien, avec Messali Hadj et Fila-Ii. Sources:

Archives Aix, Rap. Paris 22/10/38

HADJ ALI ABDELKADER

; Mémoires de Messali, cahier n° 10.

(1883-1957)

Premier Algérien membre Union intercoloniale ; membre Commission Coloniale P.C.F. (1923-1926) ; joue rô!edécisif dans création et débuts de l'E.N,A. (1926-1928).

Hadjali est né le 23 décembre 1883 à Sidi Saada, ancienne commune de CIinchant (El Matmar) près de Relizane (Oranie). Naturalisé français par un décret du 2 août 1911, il épouse une Française et émigre sans doute avant 1914 à Paris où il s'emploie comme marchand ambulant puis vendeur dans 51


HAD un magasin. Mobilisé en septembre 1914, il est hospitalisé après une blessure à Bordeaux où il reste jusqu'à la fin du conflit. De retour à Paris après l'armistice, il adhère à la Fédération S.F.I.O.de la Seine et rallie le Parti Communiste dès 1920. Il est membre de la 5e section, côtoie Amédée Dunois, Barquisseau, Bloncourt, Marcel Prenant, André Ferrat... Itinéraire somme toute classique à quelques variantes près du travailleur « colonial» de cette période qui, au contact de la société industrielle et touché pas la propagande révolutionnaire s'engage dans l'action politique. Hadj Ali ne s'installe pas dans un des centres d'enracinement de l'immigration, mais à Brunoy, abandonnant la profession de marchand ambulant pour s'installer à son compte dans une quincaillerie en 1921. Cherchait-il l'évasion hors de sa classe d'origine ou voulait-il disposer de plus de temps et de moyens pour se consacrer à ses activtés politiques? Le fait est qu'il apparaît dès 1921 comme le premier Algérien à exercer une activité dans l'Union Intercoloniale nouvellement créée. Compagnon d'Ho-Chi-Minh, il est confronté aux problèmes que la question coloniale pose au P.C., tant en Algérie qu'en France par le biais de l'émigration. Sous le pseudonyme de Hadj Bicot, il critique dans Le Paria (1.12.1922) le régime d'exception qui sévit en Algérie, s'attaque à la «représentation séparée» et dénonce en l'émir Khaled «l'agitateur ambitieux ». Ce qui ne l'empêchera pas, à peine deux ans plus tard, et suivant en cela les tournants politiques du P.c., de siéger à la même tribune que lui. Lors de l'occupation de la Ruhr en 1923 par l'armée française, il appelle les soldats maghrébins à l'antimilitarisme dans le journal El Caserna, sous le pseudonyme d'Ali Baba. Par ailleurs, il considère que les communistes dovent observer une position non polémique à l'égard de l'Islam et l'aborder concrètement comme une donnée politique (Le Paria, avril-mai 1924). Enfin, il n'hésite pas à fustiger dans ce journal la bourgeoisie algérienne. Propagandiste efficace, organisateur remarqué, le Parti Communiste le présente comme « candidat colonial» aux législatives du Il mai 1924 dans la deuxième section de la Seine. La candidature du «petit quincailler de Relizane », en soulevant la question de l'émancipation nationale, à la fois combat nécessaire et possible, contribue à renverser les préjugés, vaincre la peur et accélère le processus de maturation politique des éléments émigrés les plus avancés. Hadj Ali manque l'élection de vingt suffrages et faît la preuve qu'un candidat algérien communiste peut aller au Parlement sur des voix ouvrières françaises pour y poser la question coloniale. La candidature de Hadj Ali constitue un événement dans la colonie émigrée de Paris: elle décide de l'engagement de plusieurs dizaines de travailleurs algériens, dont Messali Hadj. La campagne électorale de mai 1924 annonce un changement d'attitude du p.e.F. à l'égard de l'émir Khaled. Le numéro de juillet du Paria publie une lettre de Khaled suivie d'un commentaire plutôt flatteur de Hadj Ali (Ali Baba). La collaboration de Khaled avec le p.e.F. et l'u.I. se concrétise dans deux meetings les 12 et 19 juillet 1924 et par l'adhésion de l'émir à l'u.l. en août... «Homme de masse », il devient «homme d'appareil ». Élu en novembre 1924 au Comité Exécutif de l'u.I., il prend directement le chemin de l'école des cadres du p.e.F.. Il en gravit si bien les échelons que c'est lui qui enseignera dans l'école coloniale ouverte en février 1925. Durant cette période, il rencontre Messali Hadj, le recrute au Parti 52


HAD Communiste, l'associe aux discussions précédant le lancement de l'Étoile Nord-Africaine. L'influence exercée par Hadj Ali sur Messali est indéniable et reconnue par celui-ci dans ses Mémoires originaux. Les longues discussions parfois vives (notamment sur le rapport entre nationalisme et religiosité) contribuentà la formation politique de Messali. Une amitié profonde s'installe entre les deux hommes. Lorsque Hadj Ali part pour Moscou, c'est Messali qui tient le commerce de Brunoy. A son retour en France, il se sent prendre de l'importance, se considère comme un homme de confiance de l'Internationale alors sous la direction de la troïka Zinoviev-Kamenev-Staline. Il a durant le séjour de Moscou, entendu les dirigeants affirmer qu'une nouvelle vague révolutionnaire s'apprête à déferler sur l'Europe et les pays sous domination coloniale. Hadj Ali se lance dans la création de l'Étoile Nord-Africaine suivant en cela les directives de l'Internationale pour la constitution d'organisations nationalistes-révolutionnaires sur l'orientation du bloc entre le prolétariat et les bourgeoisies dites nationalistes des pays coloniaux. M. Kaddache dans son Histoire du nationalisme algérien et Messali Hadj dans ses Mémoires rapportent que le courant populaire dans les milieux maghrébins était en faveur de la création d'une organisation composée de NordAfricains et dirigée par eux. Des réunions préparatoires impulsées par Hadj Hali, responsable du P.C.F., et auxquelles participent Chebila, Si Djilani, Messali... ont lieu entre militants algériens désireux de lancer une association coordonnant l'action de tous les Maghrébins. Les discussions commencées en octobre 1925 aboutissent au lancement officiel de l'E.N.A. en juin 1926 comme l'indique le témoignage de Banoune Akli dans l' Histoire par la bande. Abdelkader Hadj Ali a joué un rôle décisif dans le processus qui a conduit l'Étoile à apparaître au grand jour au printemps 1926. Il préside le bureau qui va constituer le Comité Directeur de l'E.N.A. et remplit à la fois la fonction de vice-président du Comité Central et celle de trésorier. Il pousse dans le même temps le Tunisien Chadly Chairallah à la présidence de l'organisation. Abdelkader Hadj Ali se trouve donc au centre du dispositif de l'Étoile à son démarrage, et son rôle ne peut simplement être mesuré à ses attributions effectives. Nous retrouvons là l'orientation du Komintern de l'époque: celle du soutien aux mouvements nationaux-révolutionnaires où, comme le souligne Carlier dans son étude sur l'E.N.A. : «les communistes doivent s'efforcer d'y occuper une position dominante tout en conservant leur autonomie, afin de faire prévaloir, à terme, les intérêts du prolétariat ». Écrivant dans l'Ikdam, journal de l'Étoile, Hadj Ali et Ali forment l'équipe journalistique de base, écrivant sous divers pseudonymes (respectivement Ali, Ali Baba, Al Djazaïri, Ahmed Ali Hamadou). Organisateur et orateur, Hadj Ali participe aux réunions qui font connaître l'organisation dans Paris et la région parisienne entre juillet et octobre 1926. Du 4 au 7 février 1927, il est à Bruxelles avec Messali Hadj et Chadly Chairallah qui représentent l'E.N.A. au congrès anti-impérialiste. La vocation nationaliste de l'Étoile se combine avec un programme de revendication à caractère politique (indépendance), économique (confiscation des grandes propriétés accaparées par des féodaux alliés des conquérants, les colons et les sociétés financières, et la restitution aux paysans des terres con53


HAD fisquées...), sociales (reconnaissance par l'État algérien du droit syndical, de coalition et de grève, l'élaboration de lois sociales...). Le congrès de Bruxelles marque pour l'Internationale (engagée dans la voie dictée par Staline) la fin de l'orientation de soutien aux mouvements nationaux-révolutionnaires, à la lumière de l'expérience tragique de la révolution chinoise. Le P.C.F. ne se contente pas de désapprouver la ligne de l'E.N.A. ; il veut lui en imposer une autre en multipliant les pressions sur sa direction. Dès le printemps 1927, Abdelkader Hadj Ali avise Messali que le P.C.F. suspend son aide matérielle à l'Étoile (retrait de la disposition des locaux, suppression des traitements des permanents dont Messali) ; les militants communistes désertent les assemblées. Abdelkader Hadj Ali quitte l'E.N.A. au début de l'année 1928. La lecture des archives de la Commission Coloniale du P.C.F. fait apparaître qu'à ce moment précis, Hadj Ali qui s'accroche à l'orientation antérieure et ne s'engage pas véritablement dans la ligne « classe contre classe», ce qui implique la dénonciation des nationalistes, s'oppose à la direction du P.C.F., à Doriot sur deux questions. D'abord, le programme de l'Étoile où il refuse que figure la revendication explicite de l'indépendance, en soulignant en particulier qu'elle ferait obstacle à l'adhésion de la petite bourgeoisie, et serait donc contradictoire avec la ligne du Front unique. Il critique d'autre .part la centralisation et l'autoritarisme de la Commission Coloniale. Pendant l'année 1928, Abdelkader Hadj Ali connaît une éclipse et son rôle devient plus obscur. Il aurait, selon les sources policières, servi d'intermédiaire entre le Parti Communiste et les « musulmans d'Algérie ». Mais E. Sivan dans Communisme et Nationalisme en Algérie ne le mentionne pas parmi les cadres formés du P.C.F. et envoyés en Algérie. Il réapparaît sur les devants de la scène, pour la dernière fois, lors d'un meeting tenu par l'E.N.A. le 21 janvier 1929. Toutefois, en dépit de la relance unitaire entre nationalistes et communistes, des notes discordantes s'élèvent. Messali dans son discours, s'exclame « seule, l'indépendance totale donnera satisfaction aux populations opprimées ». Et Hadj Ali affirme de son côté: « La seule solution, c'est l'institution d'un parlement indigène, première étape vers l'indépendance de l'Algérie. » L'Étoile est dissoute en novembre 1929, et en mars 1930, le P.C.F. confie à Hadj Ali le soin d'assurer une liaison avec les cellules des États sous mandat auxquels il se chargeait de faire parvenir les fonds recueillis en France. Abdelkader Hadj Ali prend ensuite une part active à la réorganisation de l'E.N.A., décidée par le seul Parti Communiste, contre les nationalistes regroupés autour de Messali Hadj. Son nom apparaît comme directeur du journal El Ouma, numéro 1 d'octobre 1930. Mais derrière cette apparente activité, se cachait un processus de distanciation à l'égard du P.C. qui aboutit à l'exclusion d'Abdelkader Hadj Ali, selon les Mémoires de Messali, en 1931. Malgré les sollicitations pressantes dont il est l'objet de la. part de Messali Hadj pour rejoindre la seconde Étoile qui va redémarrer au grand jour en 1933, Abdelkader Hadj Ali renonce à toute activité politique de type nationaliste ou communiste. La distorsion entre l'itinéraire social et l'engagement politique ne fait que s'accentuer dans le cas d'Abdelkader Hadj Ali et la question qui se pose est de savoir pourquoi, au sortir de l'influence communiste, Hadj Ali ne se tourne pas vers l'E.N.A. mais vers la Ligue de défense des intérêts musulmans dirigée par Mansouri. Homme d'appareil au moment 54


ISS

de la stalinisation de l'Internationale, sa méfiance est désormais grande à l'égard de toute forme d'organisation. A un autre point de vue, son activité économique s'étendait et réclamait plus d'attention. En 1935, il fait partie d'une délégation de la Ligue chargée d'élaborer un programme de revendications pour le soutenir devant le groupe parlementaire. Messali Hadj le rencontre pour la dernière fois lors d'un meeting organisé le 26 juin 1936 sous l'égide de l'E.N.A. et de l'Association pour la défense des peuples colonisés. Commerçant prospère, Abdelkader Hadj Ali ne joue plus aucun rôle pendant la période du Front populaire comme pendant la Seconde Guerre mondiale. On retrouve sa trace dans une lettre publiée dans la République Algérienne du 24 décembrç 1948, journal de l'U.D.M.A.de F. Abbas où il affirme son désaccord avec la politique de Messali Hadj mais reconnaît que ce dernier a ouvert une voie nationaliste. Il se considère comme partisan de la politique de l'émir Khaled qu'il croit identique à celle suivie par l'U.D.M.A.et se déclare en parfait accord avec la doctrine et la tactique de combat de l'organisation de F. Abbas. Sources: s.L.o.T.F.o.M.-Série 3-Carton 92-Note du 15 mai 1923 sur « La propagande révolutionnaire intéressant les pays d'Outre-Mer»; Rapport 1934; Messali Hadj, Mémoires originaux; Archives Commission Coloniale P.C.F. ; Le Paria (1922-1924) ; Ageron ; Carlier ; Jurquet ; Kaddache (I) ; Liauzu ; Mashas ; Sivan ; Stora.

IFOUR MOHAMMED Membre Comité Central E.N.A. (1926)

Né à Fort-National, Mohammed !four, mutilé de guerre, s'établit en France après la Première Guerre mondiale. Il est désigné membre du Comité Central de l'Étoile Nord-Africaine le 2 juillet 1926. Sources: Témoignage Banoune in Bouayed.

ISSAAD HASSAN , Membre (1926).

Commission

Coloniale

P.C:F. (1924-1926) ; participe au lancement de l'E.N.A.

Né en 1896 près de Fort-National en Kabylie, Hassan Issaad arrive à Paris, venant de Nancy, en janvier 1921. Il loge à Issy-les-Moulineaux et est employé par le journal l' Humanité en qualité de veilleur de nuit. Adhérent du P.C.F. au deuxième rayon, il accède rapidement à des responsabilités dans la Commission Coloniale Centrale et participe à l'école des cadres de Bobigny. Il est arrêté une première fois pour « propagande anti-française» le 6 décembre 1924 au cours d'une perquisition. Hassan Issaad participe aux discussions précédant le lancement de l'Étoile Nord-Africaine et devient membre de son Comité Central en 1926. Critiquant les méthodes autoritaires de Doriot dans l'activité de la Commission Coloniale, il est envoyé en Algérie pour y implanter l'E.N.A. Arrêté en 1929, Hassan Issaad est déporté dans le 55


KRA Sud algérien. A cette date, il figure encore sur les listes des membres du c.e. de l'E.N.A.. Sources: S.L.O.T.F.o.M.-Série 3-Carton 45-Note du 18 janvier c.e.e. du 14/4/26, B 25/S 172 ; Rapport 1934, p. 23 ; Sivan.

1929:

Archives I.R.M., P.V. de la

KHAIRALLAH CHEDLY Président de l'E.N.A. (1926-1927).

Né le 10 mars 1898 à Tunis, Chedly Khairallah est issu d'une importante famille de la bourgeoisie tunisienne (notables et hauts fonctionnaires du protectorat). Il effectue ses études à Alger où il obtient son baccalauréat es Lettres, tout en étant militant du parti de l'indépendance tunisienne, le Destour. n est condamné par le tribunal correctionnel de Tunisie, le 9 mars 1926, à deux mois de prison et 1 000 francs d'amende pour avoir publié dans un journal tunisien libéral un article au sujet de l'aètion coloniale de la France en Syrie. Arrivant à Paris pour suivre ses études à la Faculté de Droit, il prend contact avec l'Étoile Nord-Africaifle, nouvellement constituée, lors d'un banquet organisé en juillet 1926 par l'E.N.A. pour les étudiants maghrébins et auquel participe Habib Bourguiba. Chedly Khairallah exprime à cette occasion sa satisfaction de voir côte à côte, réunis à la même table des intellectuels et des travailleurs manuels de même origine: «Nos camarades, explique-t-il, ne peuvent accepter d'être les esclaves de ceux qu'ils égalent ou dépassent dans le domaine de l'intelligence. » n devient directeur de l'Ikdam, organe de l'Étoile, interdit par arrêté

ministérielen date du 1er février 1927 et succède à Hadj Ali à la présidence

de l'association. Messali dans ses Mémoires raconte à ce propos: « Homme de valeur et patriote courageux, il appartenait à une grande famille qui, disait-on, avait des rapports avec les milieux du Bey. Nous avons pensé lui offrir la présidence, en suivant l'avis de Hadj Ali.» En fait, et O. Carlier le note, il est « précisément l'homme dont le P.C.F. a besoin d'un point de vue tactique, malgré et en raison même de ses liens avec la grande bourgeoisie tunisienne. Ses origines, sa volonté de se démarquer nettement du communisme, tout en recherchant officiellement son appui, lui convient parfaitement ». Cheddly Khaidallah est le porte-parole principal et l'orateur le plus en vue de l'E.N.A. lorsqu'il participe en février 1927, avec Hadj Ali et Messali, au congrès anti-impérialiste de Bruxelles. A son retour de Bruxelles, il écrit dans l' Ikdam Nord-Africain que l'Étoile doit se placer sur le terrain « du nationalisme révolutionnaire ». Cela signifie pour lui qu'il « n'est pas besoin de s'accrocher à une théorie politique ni de se mettre à la remorque d'un parti politique quel qu'il soit (souligné par nous), pour considérer comme précaire l'occupation étrangère, source de servage, de misère et travailler à l'avènement d'un avenir national et de liberté reconquise ». Déjà engagé dans un cours de distanciation à l'égard de l'E.N.A. et du P.C.F., ChedlyKhairallah est expulsé de France le 27 décembre 1927 à la suite des incidents de la Mosquée de Paris en juin.

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MAR Dans ses Mémoires, Messali explique de la sorte ce processus: «Peu après notre retour de Bruxelles, Chedly Khairallah eut, au sein du Comité Directeur, maille à partir avec des dirigeants. A la vérité, par sa distinction, son instruction, sa personnalité, il jurait un peu au milieu des travailleurs algériens. Aussi, il repartit pour la Tunisie. Lui-même, d'ailleurs, n'était pas à son aise parmi nous. » Après son expulsion de France, la cour d'appel d'Alger élève la peine d'emprisonnement et d'amende de Cheddly Khairallah encore une fois pour l'article paru en 1926 dans l'organe officiel du Destour sous le titre « Damas, ville martyre ». Son séjour et ses expériences politiques à Paris lui ont permis d'acquérir une expérience politique du P.C.F. qu'il utilise contre cette organisation en Tunisie. Il invite F. Challaye à venir prendre la parole en Tunisie et l'accueille à sa descente de bateau le 17 avril 1934. Sources: s.L.o.T.F.o.M.-Série3-Carton 4S; Rapport 1934, p. Il, 19, 27; Mémoires de Messali Hadj, cahier n° 7 et 8 ; Carlier (I) ; Hamed; Jusserand ; Mathlouti.

KOUFI AREZKI Participe au lancement E.N.A. (1926), membre de son c.e. (1928).

Né le 9 février 1898 au douar Bellama près de Tizi-Ouzou, Arezki Koufi accomplit son service militaire à Miliana et est libéré comme sous-officier. Commis auxiliaire à la conservation foncière de Tizi-Ouzou, il est licencié pour « propagande communiste» en juin 1925. Il se rend en France et réside à Marseille où il est remarqué par la police pour son travail politique auprès des dockers. En 1926-1927, il est membre de la sous-commission nord-Afrièàine de la Commission Coloniale du P.C.F., chargé de la propagande de 1'~.N.A.en 1926. Il est arrêté lors d'une conférence à Villeneuve-Saint-Georges le 21 juillet 1929. Sources: Rapport 1934, p. 26; Jusserand ; Hamed.

s.L.o.T.F.o.M-Série3-carton 45-Note du 28 janvier 1929.

LEMOU MOHAMMED BEN AHMED Jrganisateur

E.N.A. Levallois (1927).

Né dans la commune mixte de Fort-National, Mohammed Lemou exploite en 1926 un café-restaurant à Levallois. Son débit est signalé, dans les rapports de police, comme l'un des principaux centres de réunions de l'E.N.A., en 1927. Militant du P.C.F., il traduit chaque jour des articles de l'Humanité aux travailleurs algériens qui se rendent dans son café. Mohammed Lemou est en étroite liaison avec Hadj Ali Abdelkader en 1927. Source:

Rapport

JO février 1927.

MAROUF MOHAMMED Membre Commission Coloniale P.C.F. (1924) ; responsable

G.G.T.U. et membre Comité 57


MAR Central E,N.A. (1926) ; membre Bureau Politique P.C.A. (1946). Né le 23 février 1895 à Oued Foddaprès d'Orléansville (El Asnam), Mohammed Marouf, issu d'une famille de paysans, émigre en France après la Première Guerre mondiale. Il s'installe à Paris, boulevard de la Villette dans le dix-neuvième arrondissement de Paris et se marie avec une Française, ouvrière métallurgiste. Il adhère au P.C.F. et très rapidement devient secrétaire permanent appointé de la Commission de la main-d'œuvre coloniale de la vingtième Union régionale de la C.G.T.U., et membre de la Commission exécutive de la région parisienne. Membre de la Commission Coloniale Centrale; M<1hammed Marouf participe aux discussions précédant le .lancement de l'Étoile NordAfricaine dont il sera l'un des membres fondateurs. Comme d'autres Algériens, il marque son désaccord dans le c.e.e. avec la direction du P.C.F. sur le mot d'ordre d'indépendance dans le programme de l'E.N.A. Il est dans l'Association nouvellement créée, chargé de l'envoi de journaux et de brochures nationalistes et révolutionnaires en Afrique du Nord. Mais son travail est essentiellement syndical. « Permanent du syndicat C.G.T.U., note Messali dans ses Mémoires, sans nous demander notre avis, il nous inscrivait comme adhérents. » Dans les procès-verbaux de la c.e.e., il explique sans cesse qu'il faut «réserver une large place dans nos campagnes aux organisations syndicales ». Il utilise sa position syndicale pour imprimer les trois numéros de l'Ikdam (octobre 1926, décembre 1926, janvier-février .1927), journal de l'E.NA, dans l'imprimerie de la maison des syndicats (C.G.T.U.), 33, rue Grange-aux-Belles. Il accomplit de nombreuses missions de propagande en France, notamment au moment de l'affaire Sacco et Vanzetti, et intervient dans les grèves de la région parisienne. En 1929, pendant un séjour en Algérie, il est, selon le témoignage d'A. Ouzegane, « cueilli par la police à son débarquement du bateau, déporté et emprisonné dans le Sud ». Libéré, il revient en France en mai 1930 où il est chargé de la réorganisation du travail colonial de la C.G.T.U., et de l'Étoile Nord-Africaine sous l'égide du P.C.F. Le 6 juin 1931, au cours d'une réunion tenue 6, rue Mathurin-Moreau à laquelle assistent soixante auditeurs, il annonce cette relance de l'E.N.A. avec le journal El Amel (L'Action) pour .concurrencer El Ouma. Le 30 juin 1933, lors d'un meeting organisé par le noyau communiste du quinzième arrondissement, il engage une polémique avec Messali. Mohammed Marouf lui reproche « de faire appel aussi bien aux travailleurs qu'à la bourgeoisie et de chercher à grouper le plus grand nombre possible d'ouvriers afin de les jeter ensuite dans les rangs du capitalisme ». Messali lui r~plique que « les Algériens désirent l'indépendance de leur .pays et non la tutelle communiste». Adversaire d'un rapprochement avec l'Étoile, il s'oppose à la tactique du Front unique prônée par A. Ferrat, perd son emploi de permanent syndical. Lés rapports communistes jugent alors que Marouf est « dévoué mais politiquement faible, ne fait que du petit travail pratique parmi les Nord-Africains et de façon décousue ». Il retourne s'installer en Algérie. Il vit d'une petite exploitation dans la région d'Orléansville, reprend ses activités syndicales et devient membre du bureau de l'Union C.G.T. d'Alger pour les ouvriers agricoles. M. Marouf jette les bases de l'organisation syndicale des ouvriers agri-

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coles dans la région de Korea, vient le 8 avril 1937 à Boufarik, tenter, en vain, de faire reconnaître son syndicat agricole. Le congrès du p.e.A. l'élit suppléant du bureau politique, et après 1946, Mohammed Marouf sera chargé du travail paysan. Déchargé de ce travail, il est le secrétaire adjoint des syndicats confédérés d'Algérie, puis secrétaire à partir de 1949. Sources: S.L.O.T.F.O.M.-Série3-Carton 45 ; Rapport 1934, p. 22, 30; Archives Aix.. 9 H 32, rapport avril 1937 ; archives I.R.M. B 35/S 241, B 63/8 148; Mémoires de Messali, cahiers n° 7, 8 ; Interview Ouzegane par Taleb et Planche; Alleg (III) ; Liauzu ; Sivan.

MEGROURECH Membre Comité Central E.N.A..(1926).

Né à Beni-Abbès dans les territoires du Sud, Megrourech, chômeur en 1926, est désigné membre du Comité Central de l'Étoile Nord-Africaine lors de l'assemblée générale des militants convoquée le 2 juillet 1926. Sources:

Témoignage Banoune in Bouayed.

MENOUAR ABDELAZIZ Secrétaire Commission Coloniale P.C.F. (1925) ; membre Comité Central E.N.A. (1926 ; participe au lancement E.N.A. (1926).

Né le 26 septembre 1893 à Alger dans une famille aisée, Abdelaziz Menouar fait ses études à l'École supérieure de Commerce d'Alger. Il adhère à Paris, au P.C.F., après le congrès de Tours, se rend à Moscou pour suivre les cours de l'Université d'Orient, devient en 1924 secrétaire de fait de la Commission Coloniale du P.C.F. et entre au Comité Central du P.C.F. en 1926. Permanent, sous le couvert d'un emploi de typographe, à l'imprimerie de la C.G.T.U., il loge 3, rue du Marché-des-Patriarches. Il écrit des articles dans Le Paria, sous le pseudonyme d'Ali, dans l'Humanité, La Vie Ouvrière. Membre important de l'appareil du P.C.F., Menouar Abdelaziz s'oppose au cours politique suivi par la direction à propos de la question coloniale. Ainsi, dans la quatrième séance du Comité National du P.C.F., il déclare: «Qu'a fait la direction de la question coloniale? Nous voyons que le résultat est à peu près nul. Le Parti français va se trouver au cinquième congrès de l'l.C. (...) Que va-t-il apporter en ce qui concerne la question coloniale? A peu près rien! » Le délégué français, désigné par le cinquième congrès. mondial de l'l.c. lui donne raison dans un rapport manuscrit du 25 octobre 1925, dont le titre est « L'exécutif doit connaître la vérité. J'accuse le P.C.F. d'avoir pratiquement considéré la question coloniale comme une question secondaire. C'est une faute capitale ». Il participe aux discussions précédant le lancement de l'Étoile Nord-Africaine en 1926 et sous le pseudonyme de Aby Hamamou souligne dans le journal de 1'l.S.R. que « les masses ouvrières algériennes quittent leurs préjugés, cessent d'être les victimes dociles de l'exploitation capitaliste et s'assi~ milent peu à peu les méthodes révolutionnaires». 59


MES Délégué au Congrès contre la guerre en 1929, membre du Comité de direction de l'exposition anti-impérialiste de 1931, Abdelaziz Menouar tente de réorganiser la Commission Coloniale et de relancer, avec M. Marouf, l'Étoile sous l'égide du P.C.F. en 1931. . Devant l'échec de cette entreprise, il semble s'éloigner de l'activité politique. Et pourtant, en 1934, les rapports de poliçe mentionnent sa présence dans l'activité de l'E.N.A. Ainsi, dans un meeting du 26 août 1934, « un ouvrier algérien, dit Ali, A. Menouar, prend la parole et répète le discours de Radjeff». Le 1erseptembre 1934, il ouvre une réunion, « en récitant des versets du Coran. Après quoi, il demande aux auditeurs de faciliter la souscription destinée à procurer des défenseurs aux Arabes inculpés à la suite du drame de Constantine ». Un rapport, en date du 14 novembre 1936, raconte qu'il a été limogé du « mouvement syndical unitaire ». A. Menouar s'engage alors comme soutier sur un cargo à Marseille, et, en 1936, on le voit faire de la propagande pour le P.C.F. parmi les dockers de Rouen et de Marseille. Sources: Archives I.R.M. : Comité Directeur du 29/1/24, B 7/5 62 ; Composition de la c.e.e., B 7/5 70: C.N. du 2/6/24, B 6/5 61 ; Rapport sur le V. congrès mondial B 13/5 llO : composition Commission et sous-commissions c.e.e. B 25/5 173 ; Rapport 1934, p.29, 96, 100, 160; Rap. 14 Novembre 36; Liauzu; Sivan.

MESSALI HADJ (1898-1974) Pionnier du nationalisme algérien contemporain, la vie de Messali Hadj se confond avec la construction d'organisations politiques algériennes qu'il n'aura cessé d'animer: Étoile Nord-Africaine en 1926, Parti du Peuple Algérien en 1937, Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques en 1946, Mouvement National Algérien en 1954.

De son vrai nom, Ahmed Mesli, Messali est né le 16 mai 1898 à Tlemcen. Fils de cordonnier, issu d'une famille d'artisans et de cultivateurs, Messali connut une enfance libre, entouré de l'affection des siens. Adepte de la confrérie religieuse des Derkaouas, son éducation est fondée entièrement sur le respect des traditions et des principes de l'Islam. « J'ai vécu comme un bouchon sur l'eau. » C'est par cette phrase lapidaire que Messali résume dans ses Mémoires les premières années de sa vie. Le service militaire en 1918 à Bordeaux le sort de la torpeur de son adolescence. Il est tour à tour désemparé par la défaite de la « Turquie et de l'Islam», indigné par les brimades et les inégalités qui ont cours dans son régiment à l'égard des Algériens, enthousiaste lorsqu'il apprend la révolution kémaliste, intéressé par l'existence du mouvement ouvrier français et ébloui... par une culture à laquelle il n'avait jamais eu accès. Il fréquente donc le théâtre de Bordeaux et décide de s'inscrire à l'Université comme auditeur libre pour apprendre l'arabe. Démobilisé, il ne se fixe pas à Tlemcen. Dans l'intention d'entreprendre un voyage en Orient, il se rend à Paris où, en fait, il s'installe. Comme toute la colonie africaine, Messali fait tous les métiers pour vivre. Il trouve d'abord un travail dans une usine de cotonnade, 32, rue de Vitruve, dans le vingtième. Licencié, il ira travailler d'usine en usine constatant que ses opinions qui le font passer pour « agitateur» sont souvent mal vues de ses 60


MES employeurs. Vivant dans la misère, il est réceptif à une approche révolutionnaire de la question nationale et sociale. C'est à cette époque qu'il fait connaissance de sa compagne, Émilie Busquant, d'une famille lorraine de neuf enfants rlont le père, militant ouvrier, travaillait aux hauts-fourneaux de Neuve-Maison. Deux enfants naîtront de cette union, Ali et Djanina. Dans la colonie nord-africaine, chacun cherche à sa façon une issue politique. D'aucuns croient avoir trouvé, dans une association humanitaire, La Fraternité Islamique, une concrétisation à leurs aspirations. D'autres sont entraînés dans le sillage du mouvement dirigé par l'émir Khaled. Messali connaît tous ces mouvements, il cherche sa voie. C'est la guerre du Rif qui marque un tournant dans sa prise de conscience. Messali explique à ses compagnons des quartiers nord-africains de Paris, le sens qu'il donne au combat mené par Abd-el-Krim. De café en café, dans les chambres d'hôtel, à la sortie des usines, il parle de son espoir de renaissance de monde arabe et de l'Afrique du Nord d'abord, promettant « de longues luttes avant que souffle le vent de la liberté ». S'orientant vers la lutte ouvrière et revendicative, il adhère au P.C.F. en 1925 et participe aux multiples discussions qui aboutissent au lancement de la première organisation nationaliste algérienne: L'Étoile Nord-Africaine. Cette dernière voit officiellement le jour en juin 1926, date généralement considérée comme le point de départ du courant pour l'unité et l'indépendance de l'Afrique du Nord. Messali a alors tout juste 28 ans lorsqu'il est élu secrétaire général de l'E.N.A. Son ascension commence, le Congrès anti-impérialiste de Bruxelles en 1927 devait la souligner. Il y prononce, devant ceux qu'on appellera bientôt les leaders du « tiers-monde» (Nehru, Ho-Chi-Minh, M. Hatta...) un discours retentissant où, pour la première fois, est évoquée l'indépendance de l'Algérie. En novembre 1929, L'Étoile Nord-Africaine qui compte environ trois mille membres essentiellement en France, est dissoute à la veille des fêtes du centenaire de la colonisation française. C'est à ce moment que Messali se brouille avec les communistes qui, selon lui, « ont voulu nous imposer leur système sans tenir compte nullement du nôtre ». En 1930, en pleine traversée du désert organisationnelle et politique, l'E.N.A. mandate Messali pour lancer un appel à la Société des Nations. Ce mémoire qui comporte chiffres et statistiques démontrant «la faillite de la colonisation française », Sera largement diffusé par El Ouma, journal de l'Étoile qui vient de renaître. En juin 1933, l'E.N.A. rebaptisée Glorieuse Étoile, redémarre ses activités. Le programme que définit alors Messali pour la nouvelle organisation est d'inspiration démoèratique et socialiste, dont réforme agraire, unité nord-africaine, respect de l'Islam et lutte pour l'indépendance nationale sont les grands principes directeurs. Par ce programme, Messali s'affirme définitivement comme dirigeant politique. La police française qui commence à s'intéresser de près à ses activités, note dans un de ses rapports: « En fait, l'E.N.A.se confond avec la per.

sonnalitéde MessaliHadj. »

Dès lors, son itinéraire personnel est intimement lié aux organisations nationalistes qui n'aura cesse d'animer. En février 1934, il s'associe aux manifestations antifascistes organisées par le prolétariat français au lendemain des émeutes du 6 février. Le 1er novembre de la même année, il est arrêté pour propagande antimilitariste et conduit à la prison de la Santé le 6 novembre. Condamné à 6 mois d'emprisonnement et 2000 francs d'amende avec deux autres dirigeants de l'Étoile, il se voit refuser le régime de prisonnier poli61


MES tique. La Glorieuse Étoile est dissaute et recanstituée aussitôt saus le nam de Union Nationale des Musulmans Nord-Ajricains,dant Messali est élu président en février 1935. En mai 1935, il camparaît de nauveau et successivement devant les tribunaux d'Amiens et. de Paris. En aaût 1935, il mène campagne en faveur de l'Ethiapie qui vient d'être agressée par l'Italie, et; intervient auprès de la. Saciété des Natians à Genève. De nauveau candamné, il s'exile pendant six mais en Suisse aù il fait la cannaissance de l'émir Chekib Arslan. A san retaur de Paris, Messali engage san parti dans l'actian men~e par le Frant papulaire, Le 14 juillet 1936, à l~accasian dU défilé parisien, il participe à cette manifestatian à la tête de plusieurs milliers de Nard-Africains, avec les mats d'ardre suivants: «Libérez l'Afrique du Nord, Libérez la Syrie, Libérez le mande arabe! » Messali s'appase au C@ngrès Musulman tenu en juin 1936 qui précanise l'applicatian d'un projet cannu plus tard saus le nam « Blum-Vialette ». Il prend ainsi la respansabilité d'auvrir une bataille cantre la tendance assimilatianniste représentée par F. Abbas, certains élus algériens comme le dacteur Benjellaul et le Parti Communiste Algérien nauvellement créé. Le 2 aaût 1936, il rentre à Alger aù il prend la parale au stade municipal devant 20 000 persannes. Il se baisse, ramasse une paignée de terre et s'exclame: « Cette terre est à naus, naus ne la vendrons à persanne! » San nam est désormais cannu dans taute l'Algérie. Durant trais mais, Messali, aidé de Hacine Lahauel, parcaurt l'Algérie, fait acclamer le pragramme de l'Étoile. A Paris, le gauvernement de Léan Blum, s'inquiétant du dévelappement du mauvement messaliste, pronance la dissalutian de l'Étoile le 25 janvier 1937. De retaur en France, Messali, avec A. Fillali autre dirigeant, fonde à Nanterre, le 11 mars 1937, le Parti du Peuple Algérien. Il est élu président de la nauvelle arganisatian et retaurne en Algérie paur en assurer la directian. Les sigles varient mais l'idéalagie demeure: l'indépendance de l'Algérie, cantre vents et marées, cantre les gauvernements en place, cantre les partisans du proj.et Blum-Vialette... Camment dans ces canditians, échapper aux faudres de la répressian ? Bagnes, séjaurs en prisan, assignatian à résidence se succèdent. Le 27 aaût 1937, Messali Hadj est arrêté à Alger ainsi qu'un certain nambre d'autres dirigeants du P.P.A. Il entreprend avec ses camarades une grève de la faim, la premièœ du genre dans le mauvement natianaliste algérien, paur l' abtentian du régime politique. Après avair camparu devant le tribunal. carrectiannel d'Alger, puis devant la Caur d'appel, il est candamné à deux ans de pris an paur « recanstitution de ligue dissaute, provacatian des indigènes à des désardres, manifestation cantre la sauveraineté française» (arrêt du 14 janvier 1938). En actabre 1938, alars qu'il est encare en prisan, il est élu conseiller général d'Alger, à une écrasante majarité. L'électian est annulée par la Préfecture d'Alger. Messali Hadj est libéré le 27 aaût 1939. Le 26 septembre, le P.P.A. est dissaut par décret, tandis que les jaurnaux El Ouma et le Parlement Algérien sant interdits. Le 4 navembre de la même année, il est de nauveau arrêté et détenu à la prison militaire d'Alger, avec plusieurs dirigeants du P.PA Sallicité. par les autarités vichystes paur apparter sa callabaratian au régime, il refuse et se vait déféré devant les tribunaux militaires. Le 17 mars 1941, il est candamné par Vichy à seize ans de travaux forcés, vingt ans d'interdictian de séjaur, à la dégradatian civique et la canfiScatian de taus ses biens. Il est 62


MES transféré à Maison-Carrée, puis au bagne de Lambèze où il est soumis au régime de droit commun: tenue de bagnard, crâne et sourcils rasés, travaux forcés à l'alfa. Le 26 avril 1943, cinq mois après le débarquement des forces des armées alliées en Afrique du Nord, Messali Hadj est astreint à résider à Boghari(département d'Nger) avec la prottlesse d'être libre, de circuler dans les deux mois. Mais1le.1O décembre 1943, il est déporté à Aïn-Salah dans le Sud-A,1gérien dans un camp surveillé militairement de jour et de nuit. Le 4 janvier 1944, il est brusquement transféré à Reibell (Chelalla) dans le département d'Alger. Là,n est entendu par la commission des 'Réformes musulmanes et réaffirme son objectif de l'indépendance pour l'Algérie. Au cours.de l'année 1944, Messali fait adhérer le P.P.A. clandestin aux Amis du Manifeste et de la Liberté, association constituée par F. Abbas en mars 1944. Dans les A.M.L., les partisans de Messali gagnent la majorité avec le mot d'ordre « Indépendance et Constituante souveraine pour l'Algérie », au moment où éclatent les émeutes de Sétif et de Guelma, sauvagement réprimées (15 000 morts). En juillet, Messali est ramené à Paris, puis transféré en octobre à la Bou. z.areah. Demeurant sous un régime d'interdiction de séjour, il entreprend quand même des tournées à l'intérieur du pays et participe à de nombreuses campagnes électorales. En novembre 1946, il est élu président du Mouvement pour le triomphe des Libertés Démocratiques (M.LL.D.) qui succède au;p,p.A. Arrêté le.24 mars 1948, près de M'Lila, Messali est ,contraint de regagner sa résidence forcée de la Bouzareah. En 1951, il se rend au pèlerinage de La Mecque, rencontre l'émir Abdelkrim, s'entretient avec différents leaders du monde arabe des préparatifs d'une éventuelle insurrection. Il reprend ses tournées à travers l'Algérie. Le 14 méii1952, alors que Messali:Hadj se trouve de passage à Orléansville, des incidents surviennent qui se sOldent par la mort de deux Algériens. Quelques heures plus tard, un arrêté du Gouvernement général vient signifier à Messali que les trois départements d'Algérie et les Territoires du Sud lui sont interdits. Il est directement transféré à Boufarik,puis'à Villacoublayparavion sans repasser parson domicile et reconduit à Niort. Le 2 octobre 1953, Madame Messali meurt à Alger sans que son compagnon n'obtienne l'autorisation de se rendre à son chevet. A Alger, 10 000 Algériens viennent:se recueillir devant le cercueil recouvert du drapeau algérien que la femme de Messali avait confectionné dans les années trente, rue du:Repos, dans le vingtième arrondissement de Paris. De sa résiâence forcée de Niort, Messali Hadj essaie de résoudre le grave conflit qui est né dans le M.T.L.D.,opposant la majorité du Comité Central, partisan d'une politique réformiste, à l'ensemble de l'organisation demeuré partisan de l'action révolutionnaire. Coupé du contact direct avec les .homttles mêmes de son parti, Messali est désarçonné par l'impatience des jeunes activist.es qui veulent tout.ct. tout de suite. Il insiste sur toutes les formes de la préparation révolutionnaire, l'instruction des militants, la lente poussée collective. C'est pourtant lui qui protège ces jeunes regroupés dans l'Organisation Spéciale (o.s.), branche armée du M.T.L.D.créée en 1947. Du 13 au 15 Juillet 1954, la majorité du M.T.L.D.se réunit en congrès à Hornu, élit Messali à vie et exclut les huit principaux dirigeants jugés responsables de réformisme qui sont connus sous le nom de « centralistes ». Messali fait parvenir à ce congrès un message où il laisse entrevoir la préparation d'une lutte effective pour l~indépendance de l'Algérie. Il écrit: 63


MES « Au point de vue tactique, le moment est extrêmement favorable pour tenter de lier le problème algérien à celui du Maghreb arabe et par là même internationaliser le problème algérien. (...) Cela est du domaine de la diplomatie qui, pour réussir doit être appuyée sur une politique intérieure révolutionnaire. II n'y a pas plusieurs façons d'internationaliser un problème: il faut s'y mettre ou se démettre. » Ce n'est pourtant pas lui qui est à l'origine du déclenchement de l'insurrection le 1er novembre 1954 mais un noyau d'hommes jeunes, fatigués par les luttes de tendances, et agissant pour des motivations diverses. Ces militants regroupés dans le Comité Révolutionnaire pour l'Union et l'Action (C.R.V.A.)vont former le Front de Libération National (F.L.N.). Instruit par toute l'expérience de son passé, Messali reste. insensible à l'idée de l'unité à tout prix. II refuse de diluer ses objectifs propres dans un grand rassemblement qui englobe des réformistes (F. Abbas), des religieux (les Oulémas), des communistes. Comme à son habitude, il espère puiser dans son superbe isolement les ressources propres à faire jaillir son organisation, rebaptisée Mouvement National Algérien (M.N.A.). Les accusations pleuvent : culte de la personnalité, mégalomanie, sectarisme... Coupés de toute aide des pays arabes, privés en armes et en ravitaillement, isolés du mouvement ouvrier français qui opte pour le Front, les partisans de Messali cèdent progressivement du terrain. Les divergences politiques vont se régler à coup d'armes automatiques. F.L.N.contre M.N.A.,le combat sera sanglant. Acculé par les maquis du F.L.N., Bellounis, «général» du M.N.A., pactise avec la France. C'est la fin, la débandade. En 1958, Messali se rallie aux propositions du général de Gaulle. Dès lors, les divergences avec le F.L.N.tendent à s'estomper aux yeux des militants qui restent encore au M.N.A.: où était la différence programmatique entre les deux organisations? En janvier 1959, Messali Hadj est libéré. Le M.N.A.va éclater en différentes fractions, tendances qui pour certaines d'entre elles rejoindront le F.L.N.Vaincu, le vieux leader se retire de la scène politique. II refuse de participer à la conférence d'Évian et abandonne le pouvoir à ceux qui l'accusaient de vouloir s'en emparer. II reste en France où il termine sa vie, vivant modestement et s'attelant à la rédaction de ses Mémoire commencées en 1970. II meurt en juin 1974 en France. La mort l'arrache enfin à l'exil pour le rendre à Tlemcen, sa ville natale. Là, plusieurs milliers de personnes, prévenues de bouche à oreille, lui feront de grandioses obsèques le 7 juin, accompagnant son cercueil en chantant l'hymne du P.P.A.. Sources: Mémoires originaux de Messali Hadj, 17 cahiers, cinq mille pages manuscrites; Archives préfecture de police Paris, 10694 A et G, 10 694 H et K; Archives Aix 9 H 47, 9 H 51; S.L.O.T,F,O.M,-Série 3; Manuscrit Messali pour Conférence des Cadres M,N,A" 1958; Mémoires sur le cas Messali, 1954 ; Textes, discours, interviews Messali in L'Algérie Libre, 19501954; La Voix du Peuple 1955-1%1 ; Le Proc~ de Messali, Paris 1938; Appel aux Nations Unies par Messali, brochure 48 pages, 1948 ; Biographie Messali in Le Problème Algérien, brochure M.T,L.D.,1950; Abbas (I, Il) ; Ageron (I, II) ; Nt Ahmed; AJleg (I) ; Berque ; Carlier (I et II) ; S. Chikh ; Collot et Henry; Courrière (I) ; Guérin (I et II) ; Harbi (I, II, III) ; Kaddache (I, II) ; Lacheraf; Madjarian ; Moneta; Nouschi ; Stora (I, II) ; Téguia ; Zagoria ; Entretiens avec Madame D. Benkeffat, Y. Dechézelles, M. Maroc, A. Ferrat, M. Bougheroumi, C. Gérard, M. Memchaoui, D. Guerin, S. Aklouf, M. Beaufrère, M. Guénanèche, P. Lambert, A. Cardinal, M. Ben Mohamed, M. Harbi, G. Bloch. 64


SED

REZKI Membre Comité Central E.N.A. (1926).

Né à Khenchela dans les Aurès, Rezki s'établit comme ouvrier en France après la Première Guerre mondiale. Il est désigné membre du Comité Central de l'Étoile Nord-Africaine lors de l'assemblée générale des militants du 2 juillet 1926. Il retourne en Algérie en 1929. Source: Témoignage Banoune in Bouayed.

SAADOUNE Membre Comité Central

E.N.A. (1926).

Né à Beni-Abbès dans le Sud-Algérien, Saadoune émigre en France en 1921 et s'établit comme ouvrier dans la région parisienne. Il fait partie du Comité Central de l'E.N.A. désigné le 2 juillet 1926. Après la dissolution de l'organisation, il retourne en Algérie en 1929. Source: Témoignage Banoune in. Bouayed.

SAIDOUN YAHIA (dit « Gustave ») Membre Commission Coloniale P.C.F. (1925) ; participe a~ lancement E.N.A. (1926).

Né le 18 août 1902 à Beni-Abbès, Yahia Saidoun émigre en France au début des années vingt. Il adhère au p.e.F. et fait. partie de la Commission coloniale Centrale. Il s'oppose à la direction et explique dans une lettre au secrétariat du p.e.F. qu'il se « désolidarise des camarades dirigeants à l'heure actuelle du travail colonial et désire ne faire partie d'aucune commission ». Pierre Semard, secrétaire général, dans un rapport sur la situation du travail colonial, répond que Saidoun « est froissé dans son amour-propre parce que pas envoyé à L'École de Cadres de Bobigny». Il réintègre la c.e.e. et participe aux discussions précédant la création de l'Étoile Nord-Africaine, en lançant dans le Paria d'avril 1926 l'appel « pas une minute, groupons-nous! » Animateur de l'Étoile en 1927, il est envoyé à Moscou en 1928 pour y suivre les cours de l'école de propagande de l'université marxiste. Revenu à Paris en 1931, il est employé comme aide-comptable à la coopérative dirigée par le p.e.F., «La Famille Nouvelle », à Aubervilliers et devient membre de la commission intercoloniale du p.e.F. En 1932, le P.C. critique ses « pratiques» (<<se borne à faire de la haute théorie », «ne peut faire aucun travail sérieux parmi les Nord-Africains à cause de son pédantisme »). Après le septième congrès du p.e.F., il ne fait plus partie du personnel payé. Sources: Rapport 1934, p. 24, 26; Archives I.R.M.B /25/8 172 ; 8ivan.

SEBTI ABDERRAHMANE Membre U.l. (1923) ; membre Comité Central E.N.A. (1926). 65


SI Né en 1896 au douar Djebel dans le Constantinois, Abderrahmane Sebti, qui aurait exercé la profession de maître à, école coranique, émigre en France dès la fin de la Première Guerre mondiale. Membre de l'Union lntercoloniole, il entreprend un travail d'agitateur parmi les travailleurs arabes du port de Bordeaux en octobre 1925. Il s'établit ensuite à Paris, exerce la profession d'ouvrier-polisseur et noue d'étroites relations avec Hadj Ali Abdelkader. Il est désigné membre du Comité Central de l'E.NA le 2 Juillet 1926. A. Sebti participe comme orateur aumeetiIlg de l'Étoile du 14 juillet 1926 « contre l'inauguration de la mosquée~éclame »de Paris. Sources: Témoignage Banoune in Bouyaed ; Hamed ;' Mathlouti.

SI DJILANI MOHAMMED (1886-1953) MembreComitéCentral E,NA (1926) ; membre Comité Directeur E,NA (1934) ; gérant El Duma (1934-1939) ; membre fondateur de France P.PA (1939).

P.P.A. (1937) ; membre direction Fédération

Né le 6 septembre 1886 (ou 1889) au douar Oumalou (commune mixte de Fort-National), Si Djilani obtient son certifiqatd'études à l'école française et possède une bonne culture arabe acquise à l'école coranique. Il émigre en France avant la Première Guerre mondiale et trouve un emploi dans le commerce du cuir, puis comme tailleur. Souvent renvoyé de son travail pour ses idées politiques, il travaille également, après la guerre, aux usines Citroën à Saint-Ouen en qualité de courroyeur. Il adhère au P.C.F., s'affilie à la C.G.T.U.et en 1924, selon le témoignaged'Amar Khider, prend contact avec l'émir Khaled « qui nous a mis au courant de son projet concernant l'E.N.A.. Membre de la sous-commission nord-africaine de la Commission Coloniale du P.C.F., il ,participe aux discussions précédant le lancement de l'Étoile NordAfricaine en 1926. Il est désigné membre du Comité Central de l'association lors de l'assemblée générale des militants qui se tient le 2 juillet 1926. Dans ses Mémoires, Messali note: «.Grâce.à Si Djilani, on a pu obtenîr certains locaux du P.C.. » Ancien en âge dans l'émigration et l'engagement politique, Si Djilani s'inscrit avec Messali comme auditeur libre à la Sorbonne et aux Langues Orientales. Les deux hommes qui vont habiter dans les mêmes quartiers (Ie vingtième arrondissement ou Montreuil), s'installent durablement dans l'émigration et le militantisme, marqués par les principes du socialisme révolutionnaire et la relation au mouvement ouvrier. Après la dissolution de .l'E.N.A. en 1929, Si Djilani continue son travail de propagande et Radjeff Belkacem raconte comment il a été recruté par lui à cette époque (voir biographie Radjeff). Dans le travail de relance de l'Étoile qui aboutiLen 1933, Si Djilani apparaît en retrait dans les tâches de direction. Dans la,« travers~ du désert» de l'organisation entre 1929 et 1933, a-t-il vraiment choisi entre les communistes et les nationalistes? On le retrouvera ainsi désigné le 6 juin 1931, dans une réunion qui rassemble soixante participants rue Mathurin-Moreau, membre du Comité Directeur de l'E.NA impulsé par le P.C.F. Mais en 1933, il choisit définitivement le camp, des nationalistes en devenant membre de l'Étoile, dirigée par Messali qui sera alors son principal '.'

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SI interlocuteur politique. Il participe dès lors à,. de nombreux meetings de l'E.N.A., comme orateur. lie: 19 août 1934, dans' un meeting réunissant sept cents personnes après les événements de Constantine du 5 août 1934, il souhaite que « les Arabes frappent non sur les Juifs mais sur tous ceux qui sont vendus à l'impérialisme français ». Pour lui, il n'est pas seulement question d'unité de tous les Maghrébins dans la lutte contre le colonialisme, mais aussi d'unité politique après l'indépendance. Ainsi, intervenant dans un meeting de l'E.NA, le 9 septembre 1934, il invite« tous les Nord~Africains à lutter pour cet idéal: les Etats Unis de l'Afrique du Nord »\, Dans la même réunion, il s'attaque aux «mystifiéateurs marabouts» : « Seule l'Étoile donnera l'indépendance aux Algériens et. non les pratiques de prétendus saints comme d'aucuns voudraient le faire croire. » Le 21 mars, 1935, devant six cents per" sonnes, il prononce un discours sur la guerre qui vient: « En cas de guerre franco-allemande, la France se' trouverait seule, ligotée dans ,une corde, dont l'Allemagne et l'Angleterre tiendrait chacune un ]jout. » Gérant d'El Ouma,.. membre du Comité Directeur de l'Union Nationale des Musulmans Nord-Afticains (nouvelle forme de l'E.N.A. créée le 6 février 1935), Si Djilani est condamné le 9 août 1935 par la première chambre du Tribunal correctionnel de la Seine à trois mois de prison et deux cents francs d'amende. Il fait partie de la direction de l'E.N.A. en l'absence de Messali réfugié en Suisse en 1935, participe à la délégation de l'organisation qui en juin 1936 remet à Raoul Aubaud « un cahier de revendications ». Pendant la période du Front Populaire, Si Djilani entre dans une association créée par les Oulémas, le Cercle de l'Éducation, qui se propose d'organiser pour les musulmans de Paris des conférences 'd'ordre social, moral ou religieux. Selon un rapport de police du 26 janvier 1937, Si Djilani toujours responsable de l'Etoile, devient président de ce cercle. Membre fondateur du Parti du Peuple Algérien en 1937, il fait partie de la direction de la Fédération de France avec Radjeff et A. Khider. Hostile au transfert du siège du P.P.A. en Algérie en 1937, il essuie en 1938 un ééhec politique en voulant «camoufler» l'organisation nationaliste derrière la «Ligue des commerçants» dirigée par Mansouri. Mis en minorité sur cette proposition il se. met à l'écart de la direction. Gérant d'El Ouma, il est arrêté le 16 juin 1939 et condamné à un mois de prison. Libéré, Si Djilaniparticipe à l'entreprise; d'Amar Khider pour l'Union des Travailleurs Nord-Africains, tentative de préservation du P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. En. dépit de la répression organisée à la suite du. 8 mai 1945, il réussit avec Chabane Ali et Radjeff à maintenir l'activité de la Fédération de France dUP.P.A. Il adresse, avec ces derniers, le 5 juillet 1945, une lettre au général de Gaulle demandant; la reconnaissance légale du P.P.A., c'est-à-dire l'abrogation du décret sur la dissolution du 26 septembre 1939. Sans succès. Il entreprend en 1947 une tournée du P.P.A.-M.T.L.D. en Kabylie avec Messali. Il meurt avant le 1er novembre 1954. Sources: S.L.O.T.F.O.M.-Série3-Carton:45; Rapport 1934, p. 13, 29; 68, 78, 94, 100, 152; Mémoires de Messali, cahiers n° 8; 12, 15; Archives Aix 9H 20, lettre de Godin, procureur général d'Alger, du 26/6/38 ; Archives I.R.M. B 25/S 173, réunion de la sous-commission nordafricaine du 28/7/26 ;Carlier (I, II) ; Collot; Harhi (I); Kaddache (I et II) ; Nouschi; Témoignages Banoune in Mathlouti; Témoignage Khider inBouayed; Témoignage Radjeffin Kaddache.

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SÉRIE B LA DIRECTION DANS

NATIONALISTE

EN FRANCE

L'ENTRE-DEUX-GUERRES (1933-1939)

(Le Comité Directeur de l'E.N.A., les responsables et la direction du P.P.A. en France) AIT HIBOUCHE FERHAT AIT MENGUELLET AMARA AKCHICHE MOHAMMED AKNOUN MOHAMMED AKSAS ALI ALLAOUA LARBI BAGHDADITAHAR BEDEK MOHAMMED BELKESSA MOHAMMED BENACHENHOU HOCINE BENACHENHOU MUSTAPHA BENANOUNE ALI BEN CHERIET AISSA BEN KHALEF IBRAHIM BENKHANDJA HADJ BEN MESSAOUD ABDELKADER BENSAK MOHAMMED TAYEB BENSMAINE BOUMEDIENNE BERDY BERKANI BOUHARA SALAH BOUKADOUM MASSAOUD BOULKEROUA MOUSSA * BOURNANE ACHOUR BUSQUANT ÉMILlE CHABANE ALI CHERAITI GHENAM DAOUDJI BEN MOHAMMED DRIZI EMBAREK BEN LAKHDAR FODIL LARABI

*

de section

.IMACHE

AMAR KEHAL AREZKI KESSACI AHMED KHIDER AMAR KOUMAD RAMDANE LAROUBI MOHAMMED MEDIANI MEDIOU SAID MELBOUCI HOCINE MESSALI HADJ MEZZIANI TAHAR MOUALI MOHAMMED MOUAOUY A ABDELKRIM MOUSSAOUI RABAH OUAGUENOUN AHMED OUAMEUR SAID OUFELLAH ISMAIL OULD HADJ SAID BEN SEDDIK RADJEFF BELKACEM RAHMOUNI SAID REBOUH MOHAND ROUIFED ALI SAHLI CHERIF SENHADJI AHMED SI DJILANI MOHAMMED TALEB BACHIR TEDJINI SEKKAL y AHIAOUI AHMED YENNEK AMAR YOUNSI SEDDIK YOUSSEF ALI ZAOUI AHMED ZEBAR AHCENE

Les notices des noms en caractères renforcés sont développées dans d'autres séries. 69


AÏT HIBOUCHE FERHAT Membre Comité Directeur P.P.A. France (1938).

Né en 1885 au douar Aït Yahia en Kabylie, Ferhat Aït Hibouche est membre de la section de Boulogne de l'E.N.A.en février 1936. Il fait partie du Comité Directeur de Paris en 1938, puis devient secrétaire général de la Fédération de France du P.P .A. au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale. Sources: Hamed; Kaddache (1).

AÏT MENGUELLET AMARA Membre Comité Directeur E.N.A. (1933) et P.P.A. en France (1938).

Né en 1889 au douar Boudrarine en Kabylie, Amara Aït Menguellet est membre de la direction de la Glorieuse Étoile en 1933. En 1935, il est membre de la section de l'E.N.A. de Puteaux où il prend la parole les 17 août, 14 septembre et 16 novembre 1935. Voulant conserver au mouvement son indépendance organisationnelle et son caractère nationaliste, il refuse les propositions de jeunes militants souhaitant, en 1938, le « patronage» de partis et de personnalités politiques françaises. Amara Aït Menguellet quitte néanmoins le P.P .A. à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Sources: Témoignage Banoune in Kaddache (1) ; Hamed.

AKCHICHE

MOHAMMED

Membre Comité Directeur P.P.A. Paris (1938).

En contact avec l'Étoile au moment du Front populaire, Mohammed Akchiche est désigné membre du nouveau Comité Directeur du Parti du Peuple Algérien de Paris en 1938. Source: Témoignage Banoune in Kaddache (1). 71


AKN AKNOUN MOHAMMED

SAÏD

Responsable section Clichy E.N.A. (1927) ; membre Comité Directeur E.N.A. (1933) ; membre cercle de l'Éducation (1936).

Né le 9 avril 1897 à Ouled-Sidi-Amar (commune mixte de Guergour), Mohammed Said Aknoun, dit « Aktouf », possède une boucherie à Clichy. Il adhère à l'Étoile dès 1927 et milite dans la section de Clichy dont il devient le principal responsable après la « renaissance» de l'E.N.A. en 1933. A cette date, dans la relance de l'association, il est membre du Comité Directeur de la Glorieuse Étoile. Dirigeant particulièrement actif, il est un des artisans du succès des meetings de l'Étoile, en particulier le 28octobre 1934 à propos des événements de Constantine. Au moment du Front populaire, il adhère, avec Si Djilani, au Cercle de l'Éducation créé en août 1936 à l'instigation de Ben Badis. Il se retrouve vice-président du Cercle, tout en étant responsable de l'E.NA. A cette date, il tient un café, 67, rue Meauzillon à Clichy. Sources: Rapport 1934, p. 164 ; Rap. 26/1137.

AKSAS ALI (1897-1972) Responsable

E.N.A.-P.P.A.-M.T.L.D.-M.N.A. Lyon;

délégué

Homu

(1954)

.Né le 10 janvier 1897 à Fort-National en Kabylie, Ali Aksas se rend en France pour y travailler en 1930. Il s'installe d'abord à Paris dans le treizième arrondissement puis se rend à Lyon où il est embauché comme ouvrier. Il prend connaissance par le journal El Ouma de l'existence de l'Étoile NordAfricaine. Avec l'aide d'un autre ouvrier, Bedek, il monte la section de l'E.N.A. à Lyon qui organise, en mars 1934, un meeting de quatre cents travailleurs à l'occasion de la venue de Messali Hadj dans la ville. Ali Aksas devient le responsable du Parti du Peuple Algérien de Lyon avec Bedek, puis du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques. Il se range du côté de Messali dans la crise qui secoue l'organisation en 1953, participe au congrès messaliste de Hornu (13-15 juillet 1954) et milite au Mouvement National Algérien après le 1ernovembre 1954. Il meurt à Lyon en 1972. Sources:

Rapport

ALLAOUA

1934, p. 122 ; Mémoires de Messali, cahier n° 10 ; entretien M. Memchaoui.

LARDI

Cadre E.N.A. Clichy-Levallois (1935)

Né le 6 janvier 1905 au douar Harbil (commune mixte de Guegour), Larbi Allaoua milite dans la section de l'E.N.A. de Clichy. A la suite d'un affrontement entre les militants de l'Étoile et des éléments fascistes, il comparaît le 30 juillet 1935 devant la quatorzième chambre correctionnelle où il est inculpé pour port d'armes prohibées. Il est condamné à un mois de prison avec sursis. Messali, cité comme témoin au procès, déclare: « Au nom de tous les Arabes de France, je proteste contre le fait que nous sommes les seuls à qui 72


BED l'on interdise des réunions privées. Je signale aussi que les agents de la brigade nord-africaine interviennent toujours contre nous avec brutalité. » Sources: Rapport 30 juillet 1935.

BAGHDADITAHAR Responsable E.N.A. 12" arrondissement

(1935).

,

Né en 1900 à Karbil-Cheria dans le Constantinois, Tahar Baghdadi arrive à Paris en 1928. Il travaille comme manœuvre à la fabrique des piles électriques « Hydra» à Asnières, puis comme ouvrier soudeur. Il adhère à l'E.N.A. et au p.e.F. et devient membre du septième rayon de la région parisienne. Il assiste à une conférence clandestine le 21 juillet 1929 à Villeneuve-SaintGeorges, et se fait arrêter. . Baghdadi Tahar se sépare du p.e.F. et rejoint l'E.N.A. lorsque celle-ci redémarre en 1933. Il est, en 1935, responsable de la propagande étoiliste dans le quartier de la gare de Lyon. Sources: Rapport 5 novembre 1934; Hamed.

BEDEK

MOHAMMED

Principal responsable E.N.A. Lyon (1934) ; membre délégation E.N.A. au Congrès islamoeuropéen Genève (1935) ; membre direction Fédération de France P.P.A. (1937).

Émigré en France au début des années 1930, Mohammed Bedek s'installe à Lyon où il est embauché comme ouvrier. L'émigration algérienne dans la région lyonnaise s'élève alors à plus de huit mille personnes, presque tous des ouvriers. Il est le principal fondateur de l'Association des Travailleurs Algériens de Lyon et, par l'intermédiaire d'Ali Aksas, prend connaissance de l'Étoile Nord-Africaine. Son association décide de rejoindre officiellement l'Étoile, lors du passage de Messali Hadj à Lyon en août 1934. Principal organisateur de l'E.N.A. dans la région, il prend la parole dans un meeting le 9 septembre 1934 à Lyon contre « la provocation préméditée de Constantine du 5 août 1934». Il participe au congrès islamo-européen organisé à Genève par l'émir Chekib Arslan, du 12 au 17 septembre 1935, avec Messali, Imache, Banoune et Drizi, également de Lyon. Il expose, avec Messali et Imache, le programme de l'E.N.A. dans les salons de l'hôtel Victoria à Genève. Au moment du Front populaire, Mohammed Bedek, dans une assemblée générale de l'E.N.A. à Lyon en octobre 1936, fait voter une motion par les participants contre le projet Blum-Violette qualifié «d'instrument de division et de luttes fratricides ». Il s'élève d'autre part « contre les lenteurs que met le gouvernement de Front populaire à mettre en application les maigres réformes réalisées»

.

Après la création du Parti du Peuple Algérien et à la veille de la Seconde Guerre mondiale, il refuse les propositions de jeunes militants qui voulaient le patronage en 1938 de partis ou de personnalités politiques françaises. Membre de la direction du P.P.A. de Paris, il entend conserver au mouvement son 73


BEL

indépendance organisationnelle et son caractère nationaliste. M. Bedek l'emporte grâce à une lettre venue d'Alger appuyant ses positions. Sources: El Ouma n° 28, décembre 1934, « Meeting à Lyon de solidarité avec Messali» ; rapport 1934, p. 99 ; archives Aix 9 H 20 - rap. Paris 25/8/38 ; Mémoires de Messali, cahiers n° 10 et Il ; Collot; Mathlouti.

BELKESSA

MOHAMMED

Membre de la direction E.N.A. Lyon (1934)

Émigré en France après la Première Guerre mondiale, Mohammed Belkessa, fonde avec Bedek, l'Association des Travailleurs Algériens de Lyon qui rejoindra l'E.N.A. en 1934. Source:

Rapport

1934, p. 119.

BENACHENHOU

HOCINE (1898-1979)

Membre Comité Directeur E.N.A. (1933).

Né le 9 décembre 1898 à Tlemcen, Hocine Benachenhou émigre en France après la Première Guerre mondiale. Ami d'enfance de Messali, il assiste en sa compagnie à la conférence que donne l'émir Khaled, salle des ingénieurs civils en 1924, et commence à se passionner pour l'action politique en faveur de l'indépendance de l'Algérie. Il accompagne Messali dans sa rupture avec le P.C.F. et participe à la « renaissance» de l'Étoile en 1933, dont il devient membre du Comité Directeur. C'est à son domicile, 23, rue Vincent dans le treizième arrondissement de Paris, que se tient une réunion en 1934 qui décide du choix des couleurs du drapeau algérien: vert, blanc et rouge représentant les trois pays du Maghreb et symbolisant l'Union Nord-Afrièaine. Le drapeau sera ensuite confectionné par Émilie Busquant (voir sa biographie), compagne de Messali, à la rue du Repos dans le vingtième arrondissement. Il rejoint le P.P.A. en 1937 et le M.T.L.D. en 1946. H. Benachenhou est décédé le 16 mars 1979. Sources: Mémoires de Messali, cahier n° 6 ; rapport tants algériens.

BENACHENHOU

MUSTAPHA

1934, p. 154, 155 ; entretien avec des mili-

(1902-1983)

Membre du Comité Directeur de l'E.NA (1933) ; responsable de la section de Tlemcen (1933-1936).

Né le 20 novembre 1902 à Tlemcen, Mustapha Benachenhou, cordonnier, arrive 'en France en 1932. Avec son frère Hocine, il participe à la réorganisation de l'E.N.A. qui redémarre au grand jour en 1933. Membre du Comité Directeur de l'Association, il prend la parole, au nom de la section de Tlemcen, le 5 août 1934 lors de l'assemblée générale de la Glorieuse Étoile Nord-Africaine, qui groupe cinq cents participants à Levallois-Perret. Il y 74


BEN

apporte le « salut des jeunes Tlemceniens » et décrit les efforts de la section de Tlemcen pour l'implantation de l'E.N.A. dans toute l'Oranie. Lors de sa venue en France, il habite au 101 rue Lamark dans le dix-septième arrondissement de Paris. Ami d'enfance de Messali, Mustapha Benachenhou rejoint le P.P.A. en 1937 et le M.T.L.D.en 1946. Il est décédé le 20 décembre 1983. Sources: Rapport du 8 août; Rapport 1934, p. 155.

BENANOUNE

ALI (1904-1983)

Responsable

Lyon (1934) ; responsable P.P.A. Maison-Carrée

E.N.A.

(1938).

Né le 11 janvier 1904 à Palestro, Ali Benanoune émigre en France en 1924. Il s'installe à Lyon où il travaille .comme ouvrier dans différentes entreprises de métallurgie. Il fonde, avec Bedek, l'Association des Travailleurs Algériens. de Lyon en 1933 qui s'affilie à l'E.N.A. en 1934. Secrétaire de la section de Lyon de l'Étoile, il. accompagne Messali Hadj, avec Younsi Seddik, dans un voyage à Saint-Étienne le 6 septembre 1934 pour monter une section de l'association dans cette ville. Benanoune Ali rentre en Algérie le 1er septembre 1937 et s'établit à Maison-Carrée. Il y prend la responsabilité de la section locale du Parti du Peuple Algérien en 1938. Arrêté en 1939, il est condamné le 17 mars 1941 par le tribunal militaire d'Alger à neuf ans de travaux forcés, vingt ans d'interdiction de séjour et perte de ses droits civiques. Sources: Rapport 1934, p. 166 ; Archives Aix 9 H 47, Rap. Maison-Carrée de Messali, cahier n° 10.

BEN CHERIET

20/4/38 ; Mémoires

AÏSSA

Responsable section E.N.A. Gennevilliers (1934).

Né en 1895 près de Ghardaïa, Aïssa Ben Cheriet émigre en France après la Première Guerre mondiale. Il adhère à l'E.N.A. en 1932, devient responsable de la section de Gennevilliers en 1934 et se montre particulièrement actif dans les milieux de travailleurs algériens immigrés originaires des Territoires du Sud. Source: Rapport 1934, p. 162, 163.

BEN KHALEF IBRAHIM Cadre E.N.A. Marseille (1934).

Né en 1893, Ibrahim Ben Khalef, docker, vit à Marseille. Il est signalé, dans les rapports de police, comme étant un militant actif de l'E.N.A. parmi les dockers de cette ville, en 1934. Sources:

S.L.O.T.F.O.M. -Série 3-Carton

45-Note

Marseille

9 novembre

1934.

75


BEN BENKHANDJA

HADJ

Membre Comité Directeur E.N.A. (1933).

Né vers 1913 à Tlemcen, Hadj Benkhandja adhère à l'Étoile en 1931 et devient membre de son Comité Directeur en 1933. Source: Entretien M. Memchaoui.

BEN MESSAOUD ABDELKADER Membre Comité Directeur E.N.A. (1933) ; membre direction Fédération de France P.P.A. (1937-1939).

Né en 1905 à Lichana (commune mixte de Biskra) près de Tolga, Abdelkader Ben Messaoud émigre en France dans les années vingt et s'établit à la Garenne-Colombes puis à Levallois. Il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1931, est membre de son Comité Directeur en 1933 et prend la parole dans les réunions publiques de l'association les 20 janvier et 12 mai 1934. Il accomplit un important travail dans les sections de base de Gennevilliers, Clichy, Asnières, Argenteuil, Bezons, surtout en direction des Algériens originaires du Sud-Constantinois. C'est lui qui recrute Amar Khider, futur responsable à l'Étoile en 1932. Lors d'une assemblée générale tenue en France après le retour de Messali d'Algérie en 1936, M. Kaddache, dans son Histoire du nationalisme algérien, signale qu'il est décidé sur proposition de Radjeff de « n'élire et de garder au Comité Central que des militants sachant lire et écrire. C'est ainsi qu'Abdelkader Ben Messaoud ne fit plus partie du Comité Central». Il est donc improbable que A. Messaoud ait pu collaborer au journal El Ouma, sous le pseudonyme « Abdelkader », en 1934, comme le suggère M. Hamed dans sa thèse. En 1938, dans le P.P.A. de la région parisienne, il est responsable du secteur ouest de Paris (Nanterre, Courbevoie, Levallois, Puteaux, Suresnes, Clichy, Boulogne). Sources.. Témoignage Amar Khider in Bouayed; Rapport 1934 p. 153 ; Archives Aix 9 H20, Rap. 3/10/38 ; Hamed; Kaddache (I).

BENSAK

MOHAMMED

TAYEB

Membre Comité Directeur E.N.A. (1933).

Né le 1er juillet 1905 près d'Akbou en Grande Kabylie, Mohammed Bensak émigre en France en 1925 et s'installe à Levallois puis à Paris dans le dix-septième al'rondissement. Il adhère à l'Étoile en 1932 et est affecté à la distribution des tracts, la vente du journal El Ouma dans Paris. En mai 1933, au moment du redémarrage de l'E.N.A., il est membre du Comité Directeur de l'association. Mohammed Bensak est arrêté, avec Radjeff Belkacem, le 17 janvier 1934 au moment où il tentait de pénétrer dans la Mosquée de Paris pour y manifester pendant la cérémonie de l'Aïd Saghir. Libéré le soir même, 76


BOU il prend la parole au cours d'un banquet organisé par l'Étoile pour dénoncer les agissements du colonialisme français. Sources:

Rapport

BENSMAïNE Responsable

1934, p. 155, 156.

BOUMEDIENNE

section P.P.A. Marseille (1939).

Né le 31 juillet 1915 à Mostaganem, Boumédienne Bensmaïne fait ses études de médecine à la faculté d'Aix-Marseille en 1938-1939. Il est responsable de la section locale du P.P.A. de Marseille en 1939. Boumédienne Bensmaïne avait àdhéré à l'E.N.A. en 1935 à Mostaganem. Sources: ArchivesAix, Rap. Marseille24/1/39.

BERDY Membre Direction E.NA Lyon (1934).

Membre fondateur de l'Association des Travailleurs Algériens de Lyon avec Bedek, Berdy rejoint l'E.N.A. et accompagne Messali Hadj dans une tournée de propagande en août 1934 dans la région lyonnaise. Source: Mémoires de Messali Hadj, cahier n° 10.

BEKKANI Membre Comité Directeur P.P.A.

Paris (1938).

Membre du Comité Directeur de la Fédération de Paris du Parti du Peuple Algérien en 1938, Berkani prend la parole dans un meeting organisé le 10 décembre 1938 salle Lancry à Paris pour expliquer que « tous les impérialistes s'entendent àu détriment des coloniaux qu'ils considèrent comme des troupeaux ». Arrêté au début de la guerre, il est interné au camp de Djenien Bou Rezg. A sa libération en 1943, il tente de réorganiser la Fédération de Constantine. Arrêté après les événements de mai 1945, libéré en 1946, Berkani milite au P.P.A.-M.T.L.D.. Il rentre en Algérie après l'indépendance. Sources:

Archives Aix 9 H20,

BOUHARA

Rap. 12/12/38 ; Kaddache (Il).

SALAH

Soldat, membre de l'E.NA (1934).

Né dans le Constantinois, Salah Bouhara, soldat, appartient au « premier groupe des cavaliers d'école, ordonnance ». Avec plusieurs de ses camarades algériens, il assiste à un meeting de l'Étoile le 15 septembre 1934. Selon un' rapport de police, « après avoir fait acclamer leur présence, les orateurs 77


BOU

s'adressant plus particulièrement à eux, les inviteront nettement à retourner leurs fusils contre la France ». Salah Bouhara est condamné à soixante jours de prison. Sources: Rapport 1934. p. 103; Hamed.

BOUKADOUM MESSAOUD (dit Haouès) Membre Comité Directeur E.N.A. Paris (1934); dirigeant des A.M.L. Constantinois (1944) ; membre c.e. M.T.L.D. (1946) ; député (1946) ; responsable F.L.N., chargé de mission du G.P.R.A. (1960).

Né le 5 décembre 1910 à EI-Harrouch, Messaoud Boukadoum appartient à une famille qui jouit avant la Première Guerre mondiale d'une situation de fortune brillante. Mais à la suite de la crise économique de 1930, le chef de famille Boukadoum Tayeb, se débat dans de multiples embarras financiers. Les terres qui représentent les principales ressources de cette famille sont placées sous séquestre par la Caisse des prêts ~gricoles de 1935 à 1939. Le frère de Messaoud Boukadoum, Salah Boukadoum,l'aîné de la famille, est élu en remplacement du chef de famille conseiller municipal de la commune d'ElHarrouch aux élections de mai 1935 sur une liste soutenue par la Fédération des élus musulmans. Messaoud Boukadoum, bachelier de l'enseignement secondaire et lettré en arabe, obtient une bourse. pour poursuivre sés études. Il se rend en 1933 à Paris pour suivre les cours de l'École d'électricité,mécanique de Paris et après les événements de Constantine du 5 août 1934, adhère à la Glorieuse Étoile en 1934 à Paris. Il devient rapidement membre de son Comité Directeur. Il est, en 1934-1935, membre du bureau de l'A.E.M.N.A.F.. A la fin de ses études, en septembre 1937, il rentre à EI-Harrouch et dès le 8 octobre de la même année, lance au cours d'une réunion publique, la sectio}!locale du Parti du Peuple Algérien dont il devient le principal responsablé. Avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il est membre de la direction de la Fédération d'Algérie du P.P.A.. Dirigeant des Amis du Manifeste de la Liberté dans le Constantinois, il est l'un des principaux animateurs de la tendance P.P.A. dans le congrès des A.M.L. tenu à Alger en mars 1945. Messaoud Boukadoum est arrêté à la suite du 8 mai 1945, condamné le 8 octobre 1945 par le tribunal militaire de Constantine à dix-huit mois de prison, et 30000 francs d'amende. Libéré, il est candidat du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques dans la deuxième circonscription de Constantine. Le M.T.L.D.obtient 39 999 voix sur 45 137 votants et M. Boukadoum est élu député avec Debaghine et Derdour. Dès la première séance d'ouverture de l'Assemblée le 20 août 1947, il dénonce un arrêté de juillet 1945 qui impose aux instituteurs des écoles arabes la connaissance obligatoire du français, demande la levée d'inculpation des maIlres d'école .(Tolba) poursuivis pour enseignement illégal. Il assiste au Comité Central commencé à Zeddine qui donne la priorité à l'Organisation Spéciale. En 1948, avec Aït Ahmed et Belouizdad, il met au point les structures de l'o.s. et se rend à Tunis en 1949 pour convaincre les nationalistes tunisiens de 78


BUS la nécessité du recours à la lutte armée. Il . rejoint le F.L.N. après le 1er novembre

1954.

Ami fidèle du docteur Debaghine, Messaoud Boukadoum devient son directeur de cabinet au ministère des Affaires extérieures en 1958-1959. Chef de mission du G.P.R.A. à Belgrade, il refuse sa nomination à Dakar après l'indépendance et occupe le poste de fonctionnaire de la Sonatrach à Skikda en 1974. Sources: Archives Aix 9 H47;Rap. Collot; Harbi (I et II) ; Pervillé.

BOULKEROUA BOURNANE

EJ..Arrouch 611138; 9 H 51, Rap. Constantine 10/10/45 ;

MOUSSA voir notice chapitre III, série A

ACHOUR

MemBre Comité Directeur E.N.A. (1933)

Né le 6 juillet 1896 au douar Beni Menguellet (commune mixte Djurdjura) en Grande Kabylie, Achour Bournane émigre en France aI>rès la Première Guerre mondiale et s'établit à Levallois-Perret. Il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1931 et devient membre de son Comité Directeur en 1933. Responsable de l'intervention en direction des travailleurs kabyles de la banlieue ouest de Paris,il prononce le 20 août 1933, dans une réunion de l'E.N.A. qui groupe deux cents participants, un discours qualifié «d'extrêmement violent» dans les rapports de police de l'époque: « Munissons-nous d'armes, ne fut-ce que de matraques pour reconquérir notre pays. Les Marocains repoussent la domination française, les Tunisiens se révoltent, imitons-les, soutenons-les! ». Achour Bournane fait partie de la direction de l'E.N.A., en l'absence de Messali réfugié en Suisse en 1935-1936. Il appartient alors à la section du treizième arrondissement de l'E.N.A.. Sources: Rapport 1934 p. 64, 153 : Mathlouti.

BUSQUANT Compagne

ÉMILIE (1901-1953)

de Messali Hadj;

adhérente

de )'E.N.A.-P.P.A.-M.T.L.D..

Née le 3 mars 1901 à Neuve-Maison en Meurthe-et-Moselle, Émilie Busquant fait partie d'une modeste famille de neuf enfants dont le père travaillait aux hauts-fourneaux de Neuve-Maison. Chassée de Lorraine par le chômage, elle vient s'installer à Paris aux début des années vingt et se fait embaucher d'abord aux établissements Cuttar comme archiviste puis vendeuse au Magasins-Réunis, place de la République. Elle loge chez Mme Couétoux, amie des Messali à Tlemcen, dans le vingtième arrondissement de Paris. C'est là qu'elle fait la connaissance de Messali Hadj et devient sa compagne. Sa relation conjugale avec Messali Hadj permet au jeune émigré de découvrir un milieu social, culturel et idéologique avec ses habitudes et ses traditions. Mais contrairement aux affirmations de l'historien Alistair Horne, Émilie Busquant 79


CRA n'appartient pas au Parti Communiste. Deux enfants vont naître de leur union: Ali né le 8 juillet 1930 à Paris et Djanina née le 16 avril 1938 à Alger. Émilie Busquant va partager avec Messali sa lutte, ses succès et ses difficultés politiques. Adhérente de l'Étoile Nord-Africaine, elle joue le rôle d'intermédiaire entre Messali réfugié en Suisse en 1935, et la direction de l'E.NA à Paris; elle porte la contradiction à Amar Ouzegane responsable du P.C.A., dans un meeting à Tlemcen en 1937 ; elle est à la tête de la manifestation du P.P.A. du 14 juillet 1939 avec M. Khider et M. Douar, et se fait inculper. Ses fréquentes visites à Messali au bagne de Lambèze permettent le maintien du lien entre ce dernier et la nouvelle direction du P.P.A. qui émerge pendant la Seconde Guerre mondiale. Frappée d'hémiplégie, elle meurt le 2 octobre 1953 à Alger. Le gouvernement français refuse à Messali le droit de se rendre en Algérie pour assister sa femme dans ses derniers moments. Messali prononce devant la tombe de sa femme à Neuve-Maison, le 9 octobre 1953, un discours adressé aux peuples algérien et français pour «construire une société. plus humaine, plus juste où la liberté ne sera pas un vain mot ». Sources: L'Algérie Libre 3 octobre 1953 na 81, «Madame Messali n'est plus»; na 82, 1 octobre 1953, «Hommage du peuple algérien à Madame Messali»; La Vérité na 332, 23 octobre 1953 ; Mémoires de Messali, cahier na 5 ; entretien avec Mme Djanina Benkelfat ; H. Horne, H. Jaquin.

CHABANE ALI Membre Comité Directeur E.N.A. (1933) ; gérant El Duma (1938-1939) tion Fédération de France P.P.A. (1937-1945).

; membre direc-

Né le 18 novembre 1902 au douar Oussameur (commune mixte de FortNational), Ali Chabane émigre en France à la fin des années vingt et s'installe à Levallois-Perret. Il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1931 et devient membre de son Comité Directeur en 1933. Originaire de la même région qu'Imache Amar,proche de lui politiquement, il ne le suit pourtant pas dans la crise qui l'oppose à Messali en 1936-1937. Gérant d'El Ouma en remplacement de Si Djilani emprisonné, Ali Chabane est secrétaire général du Parti du Peuple Algérien en France à la veille de la Seconde Guerre mondiale. En juin 1939, une information est ouverte à Paris contre El Ouma pour « propagande contre l'intégrité du territoire ». Il est arrêté sous l'inculpation d'« intelligence avec l'ennemi» et condamné par la justice militaire française en décembre 1939, à trois ans de prison. Libéré en 1943, il reprend ses activités nationalistes en France. En dépit de la répression organisée à la suite du 8 mai 1945, Ali Chabane réussit avec Si Djilani et Radjeff Belkacem à réorganiser la Fédération de France du P.P.A.. Il adresse, avec ses derniers, une lettre au général de Gaulle' le 5 juillet 1945 demandant la reconnaissance légale du P.P.A., c'est-à-dire, l'abrogation du décret de dissolution du 26 septembre 1939. Les résultats de cette démarche sont négatifs, de même que celles qu'il entreprend avec maître Brahim Maiza en direction des militants de la\gauche française issus de la Résistance pour tenter de s'attirer des sympathie~ au 80


EMB moment où l'armée française ratisse l'Algérie. Seuls les militants trotskystes et anarchistes français répondent à ces sollicitations. Le 25 août 1945, jour anniversaire de la libération de Paris, 45 militants du P.P.A. sont arrêtés pour reconstitution de ligue dissoute. Ali Chabane réussit à s'échapper avec Si DjiIani, Radjeff, Yahiaoui et rejoint le M.T.L.D. dès sa fondation. Sources: Rapport 1934 p. 152-153; Archives Aix 9 H20, Rap. Paris 20/12/38 ; Collot; entretien avec « Raoul ».

CHERAITI

GHENAM

(1913-1978)

Militant, puis responsable P.P.A.-M.T.L.D. (1939-1954) ; militant M.N.A.(1954). Né en 1913 à Relizane dans l'Oranie, Cheraiti Ghenam vient travailler en France en 1935 dans la région de Lyon. Il adhère au Parti du Peuple Algérien en 1937, milite au Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques puis au Mouvement National Algérien à partir de 1954. Il meurt à Lyon en 1978. Source: Entretien M. Memchaoui.

DAOUDJI

BEN MOHAMMED

Orateur E.N.A.(1933). Né le 6 février 1908 près de Tizi-Ouzou en Grande Kabylie, Ben Mohammed Daoudji, chauffeur de taxi à Paris, adhère à l'Étoile Nord-Africaine dès sa création. Il est l'un des orateurs de l'Association avant sa dissolution en 1929. Au moment de la reprise des activités de l'Étoile en 1933, il se met en retrait. Ben Mohammed Daoudji réapparaît dans l'E.N.A. après les événements de Constantine d'août 1934. Source: Rapport 1934, p. 163.

DRIZI Responsable E.N.A.Lyon (1934) ; membre délégation E.N.A.au Congrès ismalo-européen de Genève (1935). Fondateur avec Bedek, de l'Association des travailleurs algériens, Drizi adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1934. Il participe au Congrès ismalo. européen à Genève, dans la délégation de l'E.NA du 12 au 17 septembré 1935. Source: Mémoires de Messali Hadj, cahier n° 10.

EMBAREK BEN LAKHDAR Responsable section E.N.A. Gennevilliers (1934).

Né le 25 décembre 1896 à Djelfa, Embarek Ben Lakhdar émigre en France à la fin des années vingt et s'installe à Gennevilliers. Il exerce la pro81


FOD fession d'interprète et d'écrivain public auprès de ses camarades travailleurs algériens de l'Étoile Nord-Africaine qui groupe une cinquantaine d'adhérents à Gennevilliers. Source :Rapport

1934 p. 156.

FODIL LARABI Orateur de l'E.N.A. (1933-1935).

Adhérent de l'Étoile Nord-Africaine après la relance de l'Association en 1933, Larabi Fodil intervient fréquemment dans les meetings nationalistes en 1934. Il est l'orateur qui fait intervenir le passé de l'Islam Comme justification de la lutte armée contre le colonialisme dans ses discours qu'il émaille de versets du Coran et de proverbes arabes. Il termine souvent ses allocutions par la devise des premiers conquérants musulmans « tuer ceux qui reculent, suivre ceux qui avancent et venger les morts ». Il se sépare de l'E.N.A. en 1935 et collabore avec le P.P.F. de Doriot en 1938, selon certaines sources de l'administration française. Sources: Rapport 1934 p. 83, 84, 85, 88 ; Ageron (I).

IMACHE AMAR (1895-1960) Secrétaire général E.NA (1938) et principal orateur du mouvement

(1933-1936); rédacteur à El Ouma (1933-1937) ; fondateur Parti de l'Unité Algérienne (1947).

Né le 7 juillet 1895 au douar Beni Aïssa (commune mixte de FortNational), Imache Amar aurait été instituteur, sans cependant exercer ce métier, selon M. Bougheroumi. Il tente, vainement, d'acquérir une place dans l'administration puis vient s'établir en France au début des années vingt. Imache Amar trouve du travail à la parfumerie Roger-Gallet à LevalloisPerret. Remarqué pour son habileté, le jeune émigré se voit proposer un poste de chef d'équipe, poste qu'il occupera pendant huit ans, jusqu'en 1933. Il est élu, lors de l'assemblée de mai 1933, secrétaire général de l'E.N.A. Pour ses activités, il fait l'objet de poursuites judiciaires au Parquet de la Seine. Il est condamné le 5 novembre 1934 à six mois de prison et 2000 F d'amende. Libéré en mai 1935, Imache reprend sa place au sein de la direction de l'Étoile. Le plus au fait des décisions essentielles et le plus susceptible de peser sur les décisions de la direction en général, il apparaît bien en 1935 comme la plus forte personnalité de l'Étoile après Messali. Au moment où Messali vit en exil à Genève auprès de Chekib Arslan (décembre 1935-juin 1936), c'est Imache, avec Yehiaoui, Nouira, Radjeff, qui dirige l'Étoile. Au retour de Messali pendant la période du Front populaire, une première divergence va opposer les deux hommes au cours de l'été 1936. Elle porte sur l'attitude à adopter vis-à-vis des brigades internationales. Imache prône le refus de tout soutien au /gouvernement de Front populaire espagnol, accusé de ne pas vouloir accorder l'indépendance à ses colonies (le Rit). Le refus de l'Étoile de participer aux brigades internationales est la cause de la rupture totale avec le P.C.F. pendant le Front populaire. Très hos82


IMA

tile à ce parti, Imache n'hésita pas à écrire au moment où le P.C.F. se prononce pour le projet Blum-Violette: «Vous avez pris la place de l'impérialisme, vous êtes devenus des chauvins de la pire espèce, alliés du colonialisme.» Et qualifie le projet Blum-Violette de «tragique bouffonnerie» et «d'abominable duperie ». Après l'épisode relatif à l'Espagne, la bataille va réellement s'engager entre Messali et Imache lors de l'assemblée générale annuelle de l'E.N.A. qui se tient le 27 décembre 1936 à la Orange-aux-Belles, devant 500 militants. Imache dans son intervention rappelle qu'il est le fondateur de l'Étoîle et il s'en prend aussitôt à MessalI accusé de s'être soustrait à l'emprisonnement de 1935. La salle l'interrompt aux cris de « Vive Messali ». Il réplique: «une association doit suivre un programme et non se mettre à la remorque d'un homme ». Il reste pourtant à la direction de l'Étoîle et participe à la campagne contre le Front populaire qui vient de dissoudre l'E.N.A. (<< c'est le Front populaire qui dissout notre organisation et nous applique le baillon. C'est dans l'ordre et la logique car c'est toujours la bourgeoisie impérialiste qui gouverne, qu'elle s'appelle la gauche ou la droite »). Les divergences entre Messali et Imache ne cessent pas pour autant pendant cette période de répression. Messali met en avant l'idée d'une Constituante-Parlement algérien et Imache revendique l'indépendance pour J'Algérie sans indiquer, de fait, les moyens pour y parvenir. Bien que l'antagonisme entre les deux. hommes soit politique, il donne lieu à un regroupement régional. Imache a derrière lui uniquement les Algériens de Kabylie, alors que Messali rassemble des militants de toutes les régions. Convaincu de l'importance du Arch (terres appartenant à la collectivité tribale) disparu vers 1934, et de la Djemaâ (conseil des notables élus), Imache Amar pense que ces institutions donneront à l'Algérie indépendante un caractère social et démocratique. Il soutient, dès 1937, que le « premier gouvernement à forme républicaine et démocratique fut institué en Kabylie pendant qu'en France et ailleurs on ignorait ces mots ». Ces idées vont influencer nombre de jeunes et de militants du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, dans les années 1947-1950. En profonde. opposition à Messali, Imache ne participe pas au lancement du Parti du Peuple Algérien en mars 1937. Pour se hisser toutefois à la direction du P.P.A., il tente de convoquer un congrès national- à Paris, avec Ahmed Yahiaoui à la fin de l'année 1938. A la veille de la Seconde Ouerre mondiale, il dénonce « aussi bien la convoitise étrangère que l'attitude française qui ne regardent l'Afrique du Nord que sous l'angle de la défense de leurs intérêts ». Il déclare que « les Africains sont intéressés à la défense de leur pays et dénient aux uns et aux autres aussi bien le droit de les marchander que de les convoiter ». En février 1947, Amar Imache quitte la France et rentre en Algérie. Il rédige une lettre d'adieu à l'intention des Algériens en France qui constitue un véritable réquisitoire contre Messali. Espérant bénéficier d'un avantage, Imache proclame le Parti de l'Unité Algérienne. Entre autres buts, il se propose de «clarifier la religion musulmane et combattre le fanatisme ». Le P.P.A.-M.T.L.D.réagit unanimement aux attaques d'Imache Amar lors d'une tournée de Messali en Kabylie. Mais l'initiàtive d'Imache fait son chemin à l'intérieur de M.T.L.D. Ses propos (<<cultes de la personnalité », « mégalomanie »...) seront repris par les oppositions intérieures du M.T.L.D. 83


DR en 1949, 1951 et surtout en 1954-55. Le mouvement d'Imache échoue et l'ancien secrétaire général de l'Étoile, si apparemment radical dans sa démarche, rejoint les rangs de l'U.D.M.A. modéré d'Abbas, à la veille de l'insurrection. Imache meurt pendant la Révolution algérienne. Sources: S.L.O.T.F.O.M. -Série 3-Canon 45 : « Meeting novembre 1934» ; Rapport 1934 p. 150 ; Archives Aix 9 H 47; Imache Amaf; Mémoires de Messali; cahier n° 11, 17; Ageron (I) ; Carlier (I et II) ; Stora (l, II, III) ; Témoignage Khider in Math1outi.

KEDAL ARESKI (1904-1939) Tr~sorier g~néral E.N.A. et secr~taire r~daction El Duma (1934-1936) ; responsable P.P.A. Alg~rie (1937-1938).

Né le 22 avril à Guenzet, dans un douar de la commune mixte de Guergour, Areski Kehal est chassé d'Algérie par le chômage. Il vient s'installer en France et prend contact avec l'Étoile, dans le vingtième arrondissement de Paris où il réside, par l'intermédiaire de son journal El Ouma. Après la reprise de l'E.N.A. en mai 1933, les services de Police le décrivent comme un militant très actif: « Il s'est spécialisé dans le recrutement des adhérents et se consacre plus spécialement à la région Est de Paris. » Au moment du Front populaire, il est trésorier général de l'organisation nationaliste et secrétaire de rédaction d'El Ouma. Il va prendre sa véritable dimension politique au moment du départ de Messali Hadj pour Alger en juin 1937. Il est, avec Abdallah Filali, le principal dirigeant du Parti du Peuple Algérien nouvellement constitué. Et, décrivant une tournée politique qu'il effectue durant l'été 1937 en Algérie, Messali note dans ses Mémoires originaux: «Rappelons qu'avant ce départ pour Médéa, nous avons informé nos amis de la direction de Paris de notre intention de poursuivre notre tournée de propagande vers le sud-ouest du pays. Nous leur avons demandé de veiller sur Alger, et, en cas d'arrestation de pourvoir la direction de responsables à la hauteur pour que le combat soit poursuivi. A cet effet, nous avions désigné A. Filali et Kehal Areski. Ce n'était là qu'une précaution mais elle avait toute son importance, car on ne sait jamais ce qui peut se passer avec le colonialisme. » Eteffectivement, après l'arrestation de la direction du P.P.A. d'Alger le 27 août 1937, Areski Kehal et A. Filali arrivent à Alger et prennent en main la direction de l'organisation en septembre 1937. Il seront secondés par d'autres militants, comme M. Guenanèche. Sous leur impulsion le P.P.A. se développe rapidement, en particulier dans la jeunesse algérienne. Tant et si bien que Areski. Kehal est arrêté le 25 février 1938. En prison, il donne des cours politiques sur « le comment faire la révolution», et selon M. Guenanèche, qui partage avec lui sa captivité, « il fait passer ses camarades d'un nationalisme sentimental, à l'action politique révolutionnaire. » Malade, mal soigné, il est hospitalisé dans un hôpital d'Alger où il meurt le 14 avril 1939. Ses funérailles auxquelles participent 15 000 personnes selon les nationalistes algériens, sont l'occasion d'une importante manifestation pour l'indépendance de l'Algérie. Sources: Rapport 1934, p. 156, 157 ; Archives Aix 9 H 47; Rap. Alger 25/2/38 ; Mémoires de Messali, cahier n° 16, 17; Brochure de M.T.L.D.: Le Mouvement National Algérien (1951) : Ageron (I) ; Kaddache (I) ; Stora (III) ; entretien M. Guénanèche. 84


Km KESSACI AHMED Orateur E.N.A. (1933).

Né le 23 décembre 1901 au douar Oumalou (commune mixte de FortNational), Ahmed Kessaci émigre en France au début des années vingt. Il exploite d'abord un commerce des boissons dans le dix-huitième arrondissement de Paris, puis occupe la profession de chauffeur de taxi. Il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1931. Son métier lui permet de se livrer à une active propagande en faveur de l'E.N.A.. Ahmed Kessaciparticipe au processus de renaissance de l'organisation nationaliste en mai 1933. A plusieurs reprises, notamment au cours des réunions de l'Étoile, les 13 juin, 19 juin, 3 et 7 juillet 1933, il prend la parole pour soutenir les revendications de l'association et faire appel à «l'union des Musulmans nord-africains afin de chasser les Français du Maghreb ». Lors d'un meeting le 20 août 1933, Messali annonce sa radiation de l'organisation. Sources: Rapport 1934, p. 158, 159 ; Jusserand ; Hamed.

KHIDER AMAR Membre direction E.N.A.(1935-1936) ; et Fédération de France P.P.A.(1938-1945).

Né le 8 décembre 1906 au douar Beni-Thour près de Dellys, Amar Khider, berger en Kabylie, puis ouvrier saisonnier, apprend pratiquement seul à lire et à écrire. Il est membre de la cellule du Parti National Révolutionnaire avec Mezerna en compagnie de qui il travaille aux Tramways d'Alger. Il émigre en France aux début des années trente, adhère à la C.G.T.U.et participe à la naissance de l'Étoile en 1933. Recruté par Abdelkader Ben Messaoud à l'E.N.A., il milite dans l'ouest de la région parisienne et plus particulièrement à Argenteuil-Bezons-Nanterre. Il devient membre de la direction de l'Étoile en 1934. Avec Banoune, Yehiaoui, Si Djilaniet le Tunisien Hedi Nouira, il dirige l'association en l'absence de Messali Hadj réfugié en Suisse. Ainsi, le 1er février 1936, Amar Khider au cours d'une réunion publique s'adresse aux travailleurs maghrébins et leur parle de la nécessité de s'organiser au sein de l'E.N.A.. Se montrant particulièrement «modéré» en raison de la répression qui sévit, il indique que l'Afrique du Nord n'est pas encore mûre pour la rébellion, mais ajoute-t-il, « la préparation des luttes futures est l'œuvre de l'Étoile ». Au retour de Messali, et pendant la période du Front populaire, son rôle au sein de la direction va en s'amenuisant dans une situation de polémiques entre Messali et Imache Amar. Il reprend sa place au sein de la direction, dans le Comité Directeur de Paris du Parti du Peuple Algérien, en 1938. Amar Khider affirme des positions «radicales» à l'approche de la Seconde Guerre mondiale. Dans une réunion organisée le 10 septembre 1938 à' Courbevoie, à la salle qui scande «La France peut nous appeler mais nous ne partirons pas », il répond: «Vous savez en effet ce qui vous reste à faire.» Il affirme son opposition au fascisme dans un meeting tenu le 10 décembre 1938 salle Lancry à Paris, en expliquant que «dans le cas où les Italiens pénétreraient dans le Sud-Tunisien, les musulmans d'Afrique du Nord devraient s'opposer par la force à leur avance ». 85


KOU

Voulant conserver à l'E.N.A. son indépendance organisationnelle et son caractère nationaliste, Amar Khider refuse les propositions de jeunes militants qui voulaient en 1938 le patronage de partis ou de personnalités politiques françaises. Dans ce sens, il argumente comme suit dans sa section de base de Courbevoie en octobre 1938 : « Ne comptons que sur nous-mêmes, ni sur les communistes ni sur les partis de droite. » Arrêté le 14 février 1940, il devait être envoyé en Tunisie, mais est libéré au moment de l'armistice. Il joue un rôle essentiel dans la survie de l'action du P.P.A., dans la période 1940-1945. Il contacte les personnalités politiques françaises dans la collaboration ou la résistance, au sujet de l'internement des dirigeants nationalistes algériens. N'obtenant pas de résultats, il décide alors de tirer parti de 1'« aide» allemande. Il adhère au Front Social du Travail, mouvement de collaboration et a ainsi la possibilité de dérober et de détruire les dossiers de la préfecture de police de Paris concernant les dirigeants du P.P.A.. Utilisant de la même manière la « couverture» du Front Social du Travail, il convoque tous les militants P.P.A. de la région parisienne à Courbevoie au début de l'année 1942. L'assemblée, mise au courant des contacts pris par Khider approuve l'idée d'utiliser le Front Social du Travail comme couverture à son action nationaliste et crée l'Union des Travailleurs NordAfricains. Sous couvert de l'U.N.T.A., le P.P.A. recommence à se développer en France, Khider en particulier, ayant pu obtenir de la direction du Travail, l'autorisation d'entrer dans les chantiers des zones rouges interdites et de prendre contact avec les ouvriers maghrébins. Cette activité permet aussi l'approche des milieux intellectuels puisqu'Amar Khider recrute au P.P.A. l'étudiant en droit Brahim Maïza, futur responsable du M.T.L.D.. Après le débarquement allié en juin 1944, l'étiquette U.N.T.A.est abandonnée, et le P.P.A.réapparai't officiellement au grand jour. Accusé de collaboration, Amar Khider est arrêté en 1944 par les autorités françaises. Son procès ayant été révisé, il n'est pas exécuté et passe dix-sept ans en prison. Il est libéré en 1959. Khider Amar vit actuellement à EI-Harrach. Sources: Manuscrit Khider in Bouyaed ; Archives Aix. Rap. Paris 22/9/38, Ageron (I et III) ; Harbi (II) ; Kaddache (I) ; Mathlouti ;Stora (I).

KOUMAD

3/10/38,

12112/38 ;

RAMDAME

Membre Comité Directeur E.N.A. (1929-1932).

Né le 6 décembre 1905 à Beni-Yenni' (commune mixte de Fort-National), Ramdame Koumad émigre en Franc~ après la Première Guerre mondiale. Il s'installe à Puteaux et travaille comme ouvrier, successivement aux établissements Hutchinson à Puteaux, à la: Société industrielle du Catalèse à Levallois, aux usines Unie à Suresnes. AYcint son départ pour l'Algérie en janvier 1934, R~dame Koumad faisait PJî"tie du Comité Directeur de l'Étoile Nord-Africame. Sources: Rapport 1934, p. 1~; Hamed.

86


MES LAROUBI

MOHAMMED

Membre Direction P.P.A. Paris (1938).

Né le 4 avril 1908 a douar Beni-Douala (commune mixte de FortNational), Mohammed Laroubi habite à Levallois et milite dans la section de Boulogne de l'Étoile en 1935. Membre de la direction du P.P.A. de Paris en 1938, il remplace Ali Chabane à la direction du journal El Duma en 1939. Mohammed Laroubi est arrêté et condamné en février 1940 pour « propagandé contre l'intégrité du territoire ». Sources: Collot; Hamed; Kaddache (I).

MEDIANI Organisateur E.N.A. Lyon (1933).

Émigré en France à la fin des années vingt, Médiani, restaurateur, est membre de l'Étoile Nord-Africaine à Lyon. Dans son café au 21, rue de Marignan se tiennent les réunions de l'E.N.A. en 1934. Source: Témoignage Khider in Mathlouti.

MEDIOU SAÏD Membre direction Lille E.N.A.(1934). Né à Tizi-Ouzou le 6 mai 1898, Saïd Mediou, ancien sous-officier, émigre dans le Nord de la France au début des années trente. Propriétaire d'un café à Lille, il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1932. C'est à lui que le Comité Directeur de l'Étoile adresse tracts, brochures, journaux pour la région de Lille. Source: Rapport 1934,p. 165. MELBOUCI

HOCINE

Membre Comité Directeur E.N.A. (1933).

Né le 13 mars 1908 au douar Oumalou (Commune mixte de FortNational), Hocine Melbouci émigre en France après la Première Guerre mondiale et s'installe à Levallois-Perret. Il occupe la profession de chauffeur de taxi et s'affilie à lac.G.T.V., syndicats des cochers et chauffeurs. Ami d'enfance de Radjeff Belkacem, il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1932 et devient membre de son Comité Directeur en mai 1933. Source: Rapport 1934, p. 167.

MESSALI HADJ voir notice chapitre I, série A 87


MEZ MEZZIANI TAHAR Organisateur E.N.A. (1926).

Né en 1896 au douar Oumalou (commune mixte de Fort-National), Tahar Mézziani émigre en France dès la fin de la Première Guerre mondiale. En 1923, il est gérant d'un café-restaurant situé au 33, rue Galande dans le cinquième arrondissement. Il adhère à l'E.N.A., dès sa constitution, en 1926, et son café est un centre de réunions pour l'association. De santé précaire, il se rend en Algérie en 1927, et est remplacé dans son commerce par son frère Said, qui est également membre de l'Etoile. Sources: Rapport 10 février 1927 ; Hamed.

MOUALI

MOHAMMED

Membre Comité Directeur E.N.A. (1933).

Né en 1907 au douar Ouadhia (commune mixte de Fort-National) Mohammed Mouali émigre en France à la fin des années vingt et s'établit dans le vingtième arrondissement de Paris. Il est membre en 1933 du Comité Directeur de l'Étoile Nord-Africaine. Source:

Rapport

1934, p. 167.

MOUAOUYA ABDELKRlM Membre Comité Directeur

E.N.A.

(1933) ; membre fondateur P.P.A. (1937).

Né le 27 novembre 1906 au douar Oussameur (commune mixte de FortNational), Abdelkrim Mouaouya émigre en France à la fin des années vingt. Il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1931, participe au processus de sa renaissance et devient membre du Comité Directeur de l'association en mai 1933. Avec Messali, Filali et Ghandi, il dépose les statuts du Parti du Peuple Algérien en mars 1937 à la préfecture de police de Paris. En 1942, il est responsable de l'Union des Travailleurs Algériens de la région de Bordeaux, « couverture» utilisée par le P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Sources: Rapport avril 1937 ; Mémoires de Messali, cahier na Il ; Kaddache (II).

MOUSSAOUI RADAH (1904-1945) Membre Comité Directeur E.N.A. (1933) ; responsable E.N.A. en Kabylie (1935) et P.P.A. (1937).

Né le 21 septembre 1904 au douar Oumalou (commune mixte de FortNational), Rabah Moussaoui émigre en France après la Première Guerre mondiale. Il s'installe à Levallois au 104, boulevard Jean-Jaurès, et exerce la profession de chauffeur de taxi. Rabah Moussaoui adhère à l'Étoile Nord88


OUA

Africaine dès sa création et participe à la bataille pour la renaissance de l'E.N.A. en 1933. Il devient membre du Comité Directeur de l'association en mai 1933, prend la parole dans des réunions publiques. Ainsi, le 16 décembre 1933, il invite les quatre-vingts. travailleurs algériens réunis « à s'unir pour jeter les Français d'Afrique du Nord. Ce but devra être poursuivi inlassablement, et toutes les armes, du fusil à la matraque, devront être utilisées ». Il écrit dans El Ouma en signant de son prénom Rabah. Il retourne s'établir en Kabylie en septembre 1934, monte la section de l'Étoile à Fort-National et se fait emprisonner en décembre 1934. Libéré, il est un des principaux dirigeants de l'organisation nationaliste en Algérie et se voit empêcher de participer au Congrès Musulman en juin 1936. Présent au stade d'Alger pour aider Messali à prendre la parole le 2 aoilt 1936, il accompagne ce dernier dans sa tournée en Kabylie, en octobre 1936 à Tizi-Ouzou, Larbaa Naït Iraten, Tizi Rached... Il est un des principaux dirigeants du Parti du Peuple Algérien en Kabylie. Recherché par la police française, il prend la fuite avec Belamine Ali en aoilt 1937 et est condamné en novembre 1937 à deux ans de prison par contumace. Le p.p.A.le présente aux élections cantonales du 17 octobre 1937 à Tizi-Ouzou où il obtient 313 voix sur 8000 votants. Il reprend au grand jour ses activités politiques en 1939 et gère un restaurant à Alger appartenant à un cousin de M. Douar, conseiller général du P.P.A.. Sources: Rapport 1934 p. 157 ; Archives Aix 9 H 18, rap. Alger 2/6/39; El Duma n° 28, décembre 1934, « La répression continue» ; Mémoires de Messali, n° 13, 14.

OUAGUENOUN

AHMED

Adhérent E.N.A. Paris (1936) ; Organisateur manifestation P.P.A. Alger (1945).

Né en Kabylie, Ahmed Ouaguenoun, ouvrier à Paris, autodidacte, adhère à l'Étoile Nord-Africaine à la veille du Front populaire. Il retourne en Algérie avec sa femme (une Française épousée à Paris) et ouvre rue Boutin, au cœur de la Casbah, une petite boutique qui devient pendant le Deuxième Guerre mondiale le lieu de rendez-vous des militants P.P.A. d'Alger. Emprisonné à de multiples reprises, « il entonne volontiers, selon les Mémoires d'Ait Ahmed, la chanson P'Serkadji (UA la prison de Barberousse"), une sorte de complainte de bagnards égrenant les souvenirs des cachots ». A la suite de la manifestation du 1er mai 1945, dont il a été le principal organisateur, il est arrêté. Torturé pendant trois semaines, il sera ramené mourant à son épouse. Source: Mémoires Mt Ahmed.

OUAMEUR SAiD LARDI' Membre direction P.P.A. Paris (1938).

Né en Grande Kabylie dans les environs de Tizi-Ouzou, Said Ouameur émigre en France au début des années trente. Écrivain public, il adhère aJ Parti du Peuple Algérien dès sa création. Il est membre en 1938 du Comité Directeur du P.P.A. à Paris et prend la parole dans de nombreuses réunions 89


OUF de l'organisation. Ainsi, dans un meeting le 1er octobre 1938 à Puteaux, il déclare: «Il ne faut plus rechercher l'aide de la France mais d'autres nations ». Il s'oppose à la vieille équipe de direction, composée de Radjeff ou Yahyiaoui, veut limiter l'autorité de Messali et songe à dissoudre le P.P.A. pour adhérer en bloc à la Ligue des Musulmans Nord-Africains. Ses positions sont mises en minorité à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Sources: Archives Aix 9 H 20 ; Rap. Paris 3/10/38 ; Kaddache (I) ; entretien Bougheroumi.

OUFELLAH ISMAÏL Orateur E.N.A. (1933) ; responsable de section E.NA Puteaux (1935).

Né en 1899 au douar Iboudrarène (commune mixte du Djujura), Ismail OufelIah arrive en France en 1923. Il s'établit dans le quatorzième arrondissement de Paris, puis exploite un débit de boisson à Puteaux. Il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1932 et participe à la reprise de l'activité de l'association en 1933. Il prend la parole le 16 juillet 1933 dans une réunion organisée par l'Étoile à Puteaux Après avoir déclaré qu'il se chargeait de recruter des adhérents, Ismail Oufellah fait la critique du système de l'émigration et plus particulièrement des règles imposées aux travailleurs algériens pour leur passage en France. En décembre 1935, son établissement est un lieu de réunions très fréquenté par les militants de l'E.N.A. et le journal El Ouma y est mis en vente et ses articles commentés. Source:

Rapport

1934, p. 163, 164.

OULD HADJ SAÏD BEN SEDDIK Membre direction E.NA à Lille (1933).

Né le 1er avril 1900 à Birkadem près d'Alger, Saïd Ould Hadj Ben Seddik émigre en France au début des années vingt et s'installe à Lille. Marié à une Française qui tient un café à Lille, il est employé comme manœuvre. Il adhère au P.P.A., puis à l'E.N.A. en 1931 et devient le correspondant de Radjeff Belkacem pour la région du Nord. La plupart des adhérents de l'Étoile se réunissent dans le café tenu par sa femme. Il retourne en Algérie en 1934 et les militants de l'E.N.A. se réunissent alors chez Mediou Saïd. Source:

Rapport

RADJEFF

1934, p. 166.

BELKACEM

Adhérent de l'E.N.A. (1930) ; membre du Comité Directeur de l'E.NA (1933) chargé de la trésorerie, de l'administration et de la diffusion d'El Duma; membre fondateur du P.P.A. (1937) ; membre du Comité Central du M.T.L.D.(1946-1954).

Né le 19 septembre 90

1909 au douar Oumalou

(commune

mixte de Fort-


RAD National), Radjeff Belkacem est issu d'une famille maraboutique. Comme bien d'autres kabyles de cette commune mixte, il décide de quitter l'Algérie en 1928. Il exerce la profession de menuisier à Levallois-Perret pendant environ trois années. Après un court voyage en Algérie, vraisemblablement pour revoir sa femme qu'il a laissée seule, Radjeff revient à Levallois en 1932 et s'embauche comme garçon dans un lavoir où il travaille du 1er octobre 1932 au 1er avril 1933. Il est à peine âgé de 21 ans lorsque s'opère sa prise de conscience politique, au moment de la célébration des fêtes du centenaire de la colonisation, en 1930. Radjeff raconte comment s'est déroulé son premier contact avec l'E.N.A. et ~omment il a été amené à y adhérer: « En 1930, j'eus l'occasion de recevoir Si Djilani. Il nous a présenté le journal El Duma. Le premier article qui a attiré mon attention, c'était sur quatre colonnes: "Notre émancipation dépend de notre action (...)". Si Djilani m'a appris que le journal était financé par les militants, tirait à 3 000 exemplaires et était donné plus souvent gratuitement que vendu. Un rendez-vous me fut fixé avec des militants. Huit jours après, j'ai assisté à une réunion, j'ai vu des militants parler, discuter de nationalisme, d'indépendance .(...) Je retins ceci: il fallait se défendre, s'organiser, s'unir, créer un mouvement, pour lutter, relever le défi, sauvegarder notre dignité parce que je voyais que partout nous étions maltraités, malheureux. C'est la raison qui m'a amené à militer au sein de cette organisation. » Au moment où se tient l'assemblée générale de l'E.NA en mai 1933, qui le voit accéder à des postes de responsabilité, il se trouve sans travail. Il se fait allouer le secours de chômage par la mairie pendant un certain temps, puis quitte Levallois pour venir s'installer au 49, rue Daguerre (dans le quatorzième), siège de l'Étoile Nord-Africaine. Membre du Comité Central, il devient permanent de l'organisation chargé de la trésorerie, de l'administration et de la diffusion du journal El Duma. Il exerce les fonctions de propagandiste dans le travail d'agitation et de contact, et a l'entière confiance du nouveau leader de l'E.N.A.. Trésorier de l'organisation, occupant une responsabilité administrative, déchargeant Messali de tout ce lui n'est pas directement politique dans le travail de secrétariat, il est, de fait, le secrétaire-adjoint de l'Étoile. Il entreprend une tournée dans le Nord (Douai, Lille, Valenciennes) en juillet 1933. Dans les réunions publiques, il apparaît d'emblée le troisième orateur après Messali et Imache. Très véhément, lui aussi dans ses discours, Radjeff promet dans un meeting tenu le 9 septembre 1934: «Quand nous serons riches, nous achèterons des canons. » Un rapport de police note à son sujet: « Radjeff prend la parole à presque toutes les réunions de son association. Il attaque violemment la France et la colonisation, réclamant la libération de l'Afrique du Nord, par l'union des Musulmans tunisiens, algériens et marocains. » Le 5 novembre 1934, Radjeff poursuivi pour « reconstitution illégale de société dissoute» est condamné à six mois de prison et 2 000 francs d'amende. Libéré, il reprend sa place au sein de la direction de l'organisation. Le 9 juin 1935, l'Union Nationale des Musulmans Nord-Africains' (nouvelle appellation de l'Étoile) tient une assemblée générale à Levallois-Perret. Après Imache qui dénonce la politique du gouvernement général en Algérie et Messali qui condamne la politique d'assimilation, Radjeff dresse l'historique du 91


RAD nationalisme algérien depuis la reconstitution de l'Étoile. A ce moment cependant, il ne semble pas exercer une influence de premier plan sur la direction ni être en mesure d'infléchir une orientation donnée. Son rôle va s'accuser dans les années 1938-1939, pesant davantage encore en matière d'orientation. Totalement disponible pour le travail de propagande dans la mesure où son temps de travail professionnel est limité (marchand de quatre-saisons, chômeur, laveur de voiture...), il peut consacrer beaucoup de son temps à l'Étoile. Il milite alors dans la section de Billancourt de l'E.N.A.. A la veille du Front populaire, Radjeff s'occupe plus spécialement des contacts avec les commerçants regroupés dans la Ligue de Défense des Musulmans Nord-Africains. En mars 1937, le Parti du Peuple Algérien se donne une direction composée de la plupart des anciens responsables de l'Étoile, à l'exception d'Imache. Radjeff qui en fait partie, voit son rôle s'accroître. En janvier 1938, il fait le bilan de la politique du Front populaire en des termes très sévères: «Le nombre de ceux qui meurent de faim en Algérie n'a pas diminué d'une unité, les lois d'exception y ont retrouvé une vigueur nouvelle, et l'opinion algérienne est plus que jamais traquée dans la personne de ses représentants. » Le 12 mars 1938, en l'absence de nombre de ses leaders emprisonnés, le P.P.A. tient sa première assemblée générale à Paris. Radjeff, avec Si Djilani et Amar Khider, anime les débats. Les 20 et 21 août 1938, dans une autre assemblée générale tenue dans le quatrième arrondissement, rue Vandamme, le P.P.A. présente un programme en soulignant la nécessité d' œuvrer « pour une émancipation réelle des masses encore exploitées» et de déjouer les «manœuvres perfides de l'impérialisme français». Durant ces deux jours, Radjeff préside la réunion. En décembre 1940, les Allemands créent à Paris un bureau de propagande spécialisé pour les pays du Maghreb. La section algérienne est dirigée par Radjeff qui parle en kabyle à Radio-Paris-Mondial. Dans sa thèse « The rise and fa// of the movement of Messali Hadj», Mrs. Janet Zagoria qui a eu accès à tous les rapports des renseignements généraux, donne dans une note les noms des militants du P.P.A. ayant collaboré avec les Allemands et Radjeff y figure. Jouait-il la carte allemande pour faire valoir les thèses de l'Étoile Nord-Africaine en attendant des jours meilleurs? A la fin de la Seconde Guerre mondiale, le P.P.A. décide une «amnistie» des militants s'étant égarés dans la voie sans issue de la collaboration. Radjeff reprend son poste de combat n'ayant jamais renoncé à ses convictions nationalistes. Il participe à la session du Comité Central de Zeddine en 1948. Il joue un rôle de premier ordre dans la remise en place de la Fédération de France du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, secouée par la crise berbériste en avril 1949. Berbérophone, il est chargé de reprendre la situation en main avec Saïdi Sadok et Chawki Mostefai. A l'occasion de cette affaire, il retrouve pleinement sa place dans la direction. A la mi-mars 1952, il préside la réunion du Comité Central du M.T.L.D.qui rejette l'idée du Congrès National Algérien. Au moment où s'ouvre la crise du M.T.L.D.,au début du mois d'octobre 1953, Radjeff demande à Messali de revenir sur sa position, c'est-à-dire la réclamation des pleins pouvoirs. En février 1954, avec Ali Mahsas et Safi Boudissa, il participe à la constitution d'un comité appelant les militants à rester neutres entre les deux tendances en présence. En août 1954, au moment 92


KOU de la tenue du congrès des centralistes à Alger, il représente l'émigration ouvrière en France. Son rôle sera effacé dans la guerre. Après l'indépendance, il s'occupera d'une institution consacrée aux orphelins de guerre. Sources: Pages historiques du Parti Nationaliste Algérien, notes inédites de B. Radjeff, rapportées par M. Kaddache in Histoire du nationalisme algérien, tome I; rapport de police 1934, p. 149, ISO, IS1 ; El Duma,. janvier 1938 et 27 aoQt 1938 ; brochure du M.T.L.D.,Le Problème algérien, 19S1 ; Mémoires Aït Ahmed; Ageron (III) ; Carlier (II); Hamdi; Harbi (I); Stora (V) ; entretien Bougheroumi.

RAHMOUNI SAiD Adhérent E.N.A. (1933) ; responsable Ardennes P.P.A. (1938).

Né le 10 octobre 1908 près de Timgad dans le Sud-Constantinois, Saïd Rahmouni émigre en France en 1924. Il s'installe dans les Ardennes, à Nouzonville, et il travaille en qualité de manœuvre aux établissement ArthurMartin à Revin où il gagne 3, 80 F de l'heure. Il exploite ensuite un caféhôtel où logent les travailleurs algériens de la région. Il a pris, dans ce caféhôtel, la succession de son père reparti en Algérie courant 1935. Saïd Rahmouni adhère à l'Étoile Nord-Africaine au début des années trente, et établit des relations avec Si Djilani, responsable de l'E.N.A.. Il devient un des principaux responsables de l'Étoile puis du Parti du Peuple Algérien de la région des Ardennes en 1938. Source: Archives Aix 9 H20, Rap. Mezières 27/7/38.

REBOUH MOHAND Membre Comité Directeur E.N.A. (1933) ; membre direction Fédération (1938).

France P.P.A.

Né le 19 juillet 1895 au douar Oussameur près de Fort-National, Mohand Rebouh émigre en France après la Première Guerre mondiale. Il est membre du Comité Directeur de l'E.N.A. en mai 1933, puis de la Direction de l'Union Nationale des Musulmans Nord-Africains (nouvelle forme de l'E.N.A.), créée le 6 février 1935. Militant dans la section de Boulogne, Mohand Rebouh qui réside dans un hôtel-café, fait partie de la direction de la Fédération de France du P.P.A. en 1938. Sources: Hamed; Kaddache (I) ; Mathlouti.

ROUIFED ALI Organisateur E.N.A. (1933) ; Membre Comité Directeur E.N.A. (1934).

.

Né le 8 novembre 1912 au douar Beni Mahmoud (commune mixte de Fort-National), Ali Rouifed émigre en France au début des années trente. Il s'installe à Levallois et exerce la profession de manœuvre. Ali Rouifed adhère à l'Étoile Nord-Africaine au moment de la relance de l'association en mai 93


SAH

1933, et est chargée par la direction de mettre au point un service d'ordre à l'occasion de la tenue de meetings et réunions publiques. Selon les rapports de police, il serait l'auteur de plusieurs articles anonymes publiés dans les numéros d'El Duma d'avril et mai 1934. Il entre à cette époque au Comité Directeur de l'E.N.A.. Source:

Rapport

1934, p. 157, 158.

SAHLI CHERIF Président A,E.M.A.F.(1935) ; militant P.P.A. (1937) ; militant F.L.N. (1935.

Né le 6 octobre 1906 à Sidi Aïch en Grande Kabylie, Cherif Sahli vient en France en 1931 pour suivre des études de lettres et de philosophie. Pour subvenir à ses besoins, il est répétiteur dans une école primaire de Paris. En décembre 1935, il est élu président de l'A.E:M.A.F., dont il réalise la fusion avec l'A.E.M.N.A.F. au début de l'année 1937. Sympathisant de l'E.N.A., il adhère au P.P.A. dès sa création et fait partie de la commission de rédaction de son journal, El Duma. En 1939, il publie une revue l' lfrikiya et selon G. Pervillé, pendant l'occupation édite une feuille clandestine, El Hayat. Après la guerre, il milite dans la fédération de France du M.T.L.D., écrit dans l'Étoile Algérienne. C. Sahli publie de nombreux ouvrages d'ordre historique et politique: Le message de Yougourtha (1947), L'Algérie accuse (1949), Le complot contre les peuples africains (1950), Abdelkader, chevalier de la foi (1953). ,

Militant du F.L.N. après 1954, il est membre de la commission de presse,

puis représentant de l'organisation en Suède et en Chine. Il est, après l'indépendance, l'auteur de Décoloniser l'histoire, paru aux éditions Maspero. Sources .. Archives Aix, 9 H 47, Rap. Paris 14/3/38 ; Abbas (11) ; indications G. Pervillé.

SENHADJI Responsable France.

AHMED section E.N.A. Nanterre

(1933) ; membre fondateur

du P.P.A. (1937) en

Né en 1910 en Grande Kalybie, Ahmed Senhadji émigre en France au début des années trente. Il s'installe à Nanterre, travaille d'abord comme comptable dans une usine de la région parisienne, puis tient, en qualité de gérant, un café à Nanterre. Ardent partisan de l'indépendance d'Algérie, il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1934 et remplit les fonctions de président au sein de la section de Nanterre dont il est principal animateur. Le 27 décembre 1936, il participe à l'assemblée générale de l'Étoile, à la Maison des Syndicats, 33, rue Grange-aux-Belles, au cours de laquelle il intervient à plusieurs reprises en particulier pour défendre la tactique du front unique avec le P.C.F., « déclarant que cette orientation lui permettrait de venir en aide aux Algériens pauvres de Nanterre ». Après la dissolution de l'E.N.A., il prend une part active à la constitution du réseau des Amis d'El Duma et préside des réunions à Nanterre et dans le 94


YAR quinzième arrondissement. Ahmed Senhadji est membre fondateur du Parti du Peuple Algérien. Il est l'un des organisateurs de la réunion tenue le 11 mars 1937 à Nanterre, salle « Cosmos », rue de la Mairie à Nanterre, par le Comité local des Amis d'El Ouma et à l'issue de laquelle Messali annonce officiellement la création du Parti du Peuple Algérien. Ahmed Senhadji est membre du Comité Directeur dUP.P.A. de la région parisienne en 1938. Sources: Archives Aix 9 H 47, Rap. Paris avril 1937,; Mémoires de Messali, cahier n° 15 ; indications M. Memchaoui.

SI DJILANI

voir notice chapitre I, série A

TALED DACHIR Membre Comité Directeur E.N.A. (1933). Né le 18 août 1897 à Tlemcen, Bachir émigre en France à la fin des années vingt. Il loge dans le sixième arrondissement de Paris et exerce la profession de marchand ambulant. Ami d'enfance de Messali Hadj, il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1931 et devient membre de son Comité Directeur en 1933. A la' suite des événements du 5 août 1934 à Constantine, il se rend dans cette ville comme délégué de l'E.N.A. avec maître Longuet. A son retour, Bachir Taleb prend la parole dans de nombreuses réunions de l'Étoile pour commenter les incidents du mois d'août. Il loge alors au 35, rue de Sèvres à Paris. Source:

Rapport

TEDJINI

1934, p. 109-158.

SEKKAL (1912-1977)

Membre Comité Directeur P.PA France

(1938).

Né le 12 juillet 1912à Tlemcen, Sekkal Tedjini émigre en France au début des années trente et adhère à l'Étoile Nord-Africaine. Il est. membre du Comité Directeur du Parti du Peuple Algérien en France en 1937. Tedjini Sekkal est mort le 9 octobre 1977. Source: Indication M. Memchaoui.

YAHIAOUI

AHMED

Membre Comité Directeur E.N.A. (1933) et P.PA en France (1938).

Né en 1900 au douar Oussameur (commune mixte de Fort-National), Ahmed Yahiaoui émigre en France après la Première Guerre mondiale. Marié à une Française, il loge rue Galande dans le cinquième arrondissement de Paris et exerce la profession de camelot ambulant lorsqu'il adhère à l'Étoile Nord-Africaine au début des années trente. Il fait partie du Comité Directeur de l'E.N.A. en 1933 et s'occupe particulièrement du développement de l'orga95


YEN nisationhors de France, notamment dans la colonie de travailleurs algériens émigrés en Allemagne et en Hollande. Il accomplit ainsi avec Messali en 1934, une tournée dans le Nord de la France et en Belgique, rapportée lon-

guement par Messali dans ses Mémoires.

.

Responsable de l'implantation de l'Étoile en Algérie, il se rend à Alger en 1933 et arrive à entraîner l'adhésion de la majorité des adhérents du P.N.R.de la ville à l'E.N.A.. Lors de l'assemblée générale de l'association le 5 août 1934 à Paris, Ahmed Yahiaoui dresse un bilan de la section de d'Alger qui « croît de jour en jour ». Il est à ce moment un des principaux orateurs de l'E.N.A.. Ainsi, il prend la parole le 7 juillet 1934 dans un meeting de l'Étoile dans la salle de l'Union intersyndicale du quinzième arrondissement au 18, rue de Cambronne et rappelle le souvenir des insurrections de Kabylie, imputant à la désunion des Kabyles, leur défaite: «l'Algérie, explique-t-il, serait restée libre, si les Kabyles avaient été unis et si les Arabes avaient été unis aux Kabyles. Ce sera la mission de l'Étoile de réaliser cette union d'oû sortira la victoire ». Il assure (avec Messali réfugié en Suisse) la liaison pour les tâches de direction en 1935. Le 8 janvier 1936, il prend la parole pour protester contre l'emprisonnement des dirigeants de l'E.N.A., les menaces de dissolution qui pèsent sur l'association et en profite aussi, selon un rapport de police de janvier 1936, «pour adresser de sévères reproches aux organisations de gauche qui ne soutiennent l'E.N.A. que verbalement et qui manquent d'énergie dans leur lutte contre le colonialisme ». Envisageant une nouvelle dissolution de l'E.N.A. à la veille du Front populaire, il préside un Comité des Emprisonnés dont le but est de secourir les dirigeants et leurs familles et de continuer l'action de l'organisation au cas oû elle serait interdite. Ahmed Yahiaoui s'oppose à Messali dans l'assemblée générale annuelle que l'E.N.A. tient le 27 décembre 1936. Avec lmache, il proteste contre le rôle attribué à Messali et le silence du rapport d'activité présenté à l'Assemblée sur l'activité des militants qui l'ont remplacé pendant son séjour à Génève. Il est évincé de la direction de l'organisation mais la réintègre au moment de la constitution du Comité Directeur du Parti du Peuple Algérien en 1937. Lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale, Ahmed Yahiaoui se retire de la vie politique. Il est, pendant la guerre d'Algérie, marchand de gandoura et djellaba aux puces de Clignancourt. Sources: Rapport 1934, p. 88, 90, 92, 154 ; Rapport 12/2/36; 5/1/37 ; Mémoires de Messali, cahier n° 10 ; entretien Bougheroumi. .

YENNEK AMAR Responsable Section E.N.A. ISe arrondissement

(1936).

Né en 1908 au douar Beni Aïssi (commune mixte de Fort-National), Amar Yennek émigre en France au début des années trente. Il devient, au moment du Front populaire, responsable de la section du quinzième arrondissement de Paris. Il prend position pour Messali dans le conflit qui l'oppose à lmache et Yahiaoui. Le 14 janvier 1937, A. Yennek prononce une allocution dans laquelle il met en relief le rôle de la nouvelle direction désignée à la suite de l'assemblée annuelle du 27 décembre 1936. Sources: Rapport 18 janvier 1937 ; Hamed. 96


ZEB YOUNSt SEDDIK Responsable E.N.A. Lyon (1934).

Né le 31 août 1906 au douar Kendira, près de la commune d'Oued-Marsa (Constantinois), Seddik Younsi s'établit à Lyon à la fin des années vingt. Il exerce les métiers de colporteur et débardeur lorsqu'il adhère, en 1933, à l'Association des Travailleurs Algériens montée par Bedek à Lyon. Il rejoint l'E.N.A. et accompagne Messali le 6 Septembre 1934 à Saint-Étienne, pour constituer une section dans cette ville. Source: : Rapport 1934, p. 100, 166.

YOUSSEF ALI Responsable E.N.A. Clichy-Levallois (1934).

Né en 1888 au douar Oumalou (commune mixte de Fort-National), Ali Youssef, tient un restaurant à Levallois. Il adhère à l'Étoile Nord-Africaine au moment du redémarrage de l'association et son café sert de lieu de rendezvous aux principaux dirigeants de l'Étoile. Il dirige en 1934 le secteur ClichyLevallois, Asnières de l'E.N.A.. Source: Rapport 1934,p. 165.

ZAOUI AHMED Membre Comité Directeur (1933).

Né en 1904 à Tlemcen, Ahmed Zaoui émigre en France après la Première Guerre mondiale. Il loge dans le deuxième arrondissement de Paris et exerce la profession de camelot ou de marchand de quatre-saisons. Ami d'enfance de Messali Hadj, il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1930 et devient membre de son Comité.. Directeur en 1933. Il habite alors au 39, rue de Palestro à Paris. Sources: Rapport 1934, p. 15 ; El Duma, n° 28, décembre 1934, « Liste des souscripteurs» ; Hamed.

ZEBAR AHCENE Membre Comité Directeur E.N.A. (1933).

Né en Grande Kabylie, Ahcène Zebar adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1932 où il joue un rôle important en 1933. En Algérie en 1934, il est emprisonné pour lecture d'El Ouma à Fort-National. Ahcène Zebar participe au «thé d'honneur» donné par les Amis d'El Ouma pour le lancement du P.P.A. à Paris, le 19 mai 1937 au 58, boulevard de l'Hôpital. Sources: Rapport mai 1%7 ; El Duma n° 28, décembre 1934, « La répression continue ». 97


SÉRIE C LA FÉDÉRATION

DE FRANCE DU P.P.A.-M.T.L.D~ (1946-1954)

(Direction et: cadres intermédiaires en France avant le 1er novembre 1954) AISSANI BEN MEHEL AKSAS ALI ALI YAHIA MOHAND SID. AMIR MOHAMMED BENAISSA AOUNINE SAADI ATTOUI MAHIEDDINR BANOUNE .AKLI BEKHA:r AHMED BELBEGRA MOHAMMED BELHOCINE MABROUK BELOUCHRANI OMAR BEN DIMRED DJAMEL BENHABYLÈS ABDELMALEK BEN M'HEL MOHAMMED BEN SALEM NOURREDINE BENSID ABDERRAHMANE BEST ANI BELKACEM BOUCHEBOUBA RAMDANE BOUDlSSA SAFI BOULKEROUA MOUSSA BOUMAZA BACHIR BOUTCHICHE MOHAMMED CHERAlTl GHENAM DAMERDJI OUDJEDI DEHILÈS SLlMANE DERRADJI MOHAMMED DJOUADI ALI DOUICHER RAMDANE DOUM AHMED FILALI ABDALLAH GHALLMIABDELKADER GUENAFDA MOHAMMED GUERRASABDERRAHMANE HAMIDOUCHE MOKHTAR HAMIMI BOUDJMA HARBI MOHAMMED KABBA AHMED

.Les

KACED SAID LACHERAF MOSTEFA LADLANI AMAR MADHI LARBI MAHSAS .AHMEU MAIZA BRAHIM MANSOUR BOUALEM MAROC HOCINE MAROC MOHAMMED MECHOUCH BRAHIM MELLOULI SAID MENCERI SANDlD MERRAKCHIHACHEMI MERRAR MOHAMMED MIRA ABDERRAHMANE MOSTEFAÏ CHAWFlK MOUNDJI ZIN EL ABDlN NADJI MOHAMMED NAIT MAZI NEKKACHE MOHAMMED NESBAH AHMED OUARTSI SAID OUSSADOU MOHAMMED OUTALEB MOHAND RADJEFF BELKACEM SAIDI SADOK SAIFI RABAH SEMMACHE AHMED SL YEMI SAID SOUISSI ABDELKRIM TERBOUCHE MOURAD TIR MAAMAR YASSINE SMAIL YAZID M'HAMMED ZEBAIR SEDDlK ZERROUKI MOHAMMED

notices dés noms, en caractères renforcés, sont développées dans d'autres chapitres. 99


AÏSSANI BEN MEHEL Membre direction Fédération France M.T.L.D.(1947).

Étudiant en médecine en France, Ben Mehel AIssani adhère au P.P.A. en 1944. Docteur en médecine, il devient membre de la commission de Presse et de Propagande dans la Fédération de France du M.T.L.D. en 1947. Candidat aux élections du 4 avril 1948 à l'Assemblée algérienne, il est arrêté en mars 1948 et emprisonné à Barberousse. La carrière politique du docteur AIssani prend fin à ce moment dans le M.T.L.D. Sources: MémoiresAït Ahmed; Harbi (III) ; Kaddache(II).

AKSAS ALI voir notice chapitre I, série B ALI YAHIA MOHAND

SID (dit Rachid)

Membre direction Fédération FranceM.T.L.D. (1948).

Né en Kabylie, Mohand Sid Ali Yahia; issu d'une famille de statut français, interrompt ses études au lycée Ben Aknoun en commençant à militer au P.P.A.-M.T.L.D.en 1946. La première action à laquelle il participe est la campagne d'inscriptions nocturnes appelant au boycottage des élections de la deuxième Assemblée constituante en mai 1946. Envoyé en France en 1948 par Ouali Benaï, il entame des études de droit à Paris. Mohand Sid Ali Yahia y devient rapidement membre du Comité fédéral du P.P.A.-M.T.L.D.,alors qu'il n'avait jamais appartenu auparavant à l'équipe dirigeante du district de kabylie. Il prend l'initiative de faire voter par le Comité fédéral, à une majorité écrasante (28 voix contre 32), une motion défendant le principe de l'Algérie algérienne et dénonçant le « mythe» d'une Algérie arabo-islamique. Cet acte ouvre la crise dite berbériste dans la Fédération de France du M.T.L.D.qui se dénouera en 1949 par l'exclusion de nombreux cadres et militants d'origine Kabyle. Sources: Mémoires Aït Ahmed; Harbi (II) ; Teguia. 101


AMI AMIR MOHAMMED

BENAÏSSA

Président A.E.M.N.A.F.(1951), membre Bureau Politique du F.L.N. (1979).

Né le 8 octobre 1926 à Sidi-Bel-Abbès, Mohammed Amir Benaïssa fait partie de la direction étudiante du M.T.L.D. lorsqu'il accomplit ses études de médecine à Paris. Il est le président de l'A.E.M.N.A.F. en 1951-1952 puis en 1954-1955 et membre du bureau de l'Union des Étudiants Algériens à Paris (U.E.A.P.) en 1953-1954. Il prend d'abord position pour Messali dans la crise du M.T.L.D. puis rejoint le F.L.N. au Maroc dans les services de santé militaire en 1957. Il devient, après l'indépendance, directeur de la santé militaire. Il accède au grade de colonel en 1972 puis quitte ses fonctions militaires pour diriger le secrétariat général de la Présidence de la République algérienne. Le 31 janvier 1979, il est membre du Bureau Politique du F.L.N., président de la commission des Affaires sociales, président de la Cour des Comptes. Sources: L'Algérie Libre n° 125, 17 septembre 1954: «Le d:Orléansville

AOUNINE

» ; A.A.N. 1979 ; Archives

U.N.E.F. ; Fond

comité d'aide aux sinistrés

I.H.T.P. ; indication

G. Pervillé.

SAADI

Organisateur M.T.L.D.(1953).

Né en 1915 à Azeffoun, Saadi Aounine est hôtelier à Levallois lorsqu'il adhère au P.P.A.-M.T.L.D. après la Seconde Guerre mondiale. Dans la crise de l'organisation nationaliste, il prend position pour Messali après une visite qu'il lui rend à Niort, le 11 février 1954. Saadi Aounine est membre du Comité d'aide aux sinistrés d'Orléansville mis en place par la Fédération de France du M.T.L.D.-messaliste en septembre 1954. Sources: L'Algérie libre- n° 125,-17 septembre 1954: «Le Comité d'aide aux sinistrés d'Orléansville, en France» ; archives privées.

ATTOUI MAHIEDDINE Cadre étudiant M.T.L.D.France (1953).

Né le 25 mars 1930, il milite à Guelma, puis arrive en France le 8 août 1952 pour suivre des études de droit. Il s'établit à Paris dans le sixième arrondissement, milite au M.T.L.D. Mahieddine Attoui fait partie du Comité d'aide aux sinistrés d'Orléansville mis en place par la Fédération de France du M.T.L.D.-messaliste en 1954. Sources: L'Algérie libre n° 125, 17 septembre 1954: «Le comité d'aide aux sinistrés d'Orléansville, en France» ; archives V.N.E.F.

BANOUNE AKLI voir notice chapitre I, série A BEKHA T AHMED voir notice chapitre III, série B 102


BEL BELBEGRA MOHAMMED (1918-1956) Membre direction Fédération de France M.T.L.D. (1946); d'Oran (1953) ; délégué M.N.A.au Maroc (1956).

Président

médersas

libres

Né le 11 décembre 1918 à Saint-Denis-du-Sig dans l'Oranie, Mohammed Belbegra, fils de cadi à Mascara, suit des études à la médersa de Tlemcen lorsqu'il adhère au P.P.À. en 1937. It est exclu de cette médersa pour activité politique et organisation d'une grève d'étudiants en 1938. Il dirige en 1"942la section des étudiants de Mascara. Membre de la direction de la Fédération de France du M.T.L.D.en 1946, il rentre à Oran en 1948, devient avocat dans cette ville et président des médersas libres du M.T.L.D.Il prend position contre le courscentraliste, rend visite à Messali à Niort le 22 juillet 1954, est délégué au congrès d'Homu. Délégué du M.N.A. pour assister aux entretiens à Rabat devant précéder la conférence de Tunis prévue pour le 22 octobre 1956, M. Belbegra est enlevé au Maroc et disparaît définitivement. Accusant le F.L.N., le M.N.A.a mené une importante campagne pour sa « réapparition en vie ». Sources: I.A.P- n° 109 - 26 avril 1957': « La disparition d'un avocat algérien» ; Bulletin d'information du M.N.A., n° 19120, 20 juin 1958: « Qui gouverne au Maroc? » ; Lettre de la direction du M.N.A.au président du Conseil syrien; entretien avec M. Ferhat.

BELHOCINE

MABROUK

Militant P.P.A. (1943) ; responsable F.L.N. (1956) ; délégué G.P.R.A. (1961).

Né en Grande Kabylie dans la région de BeJ;li.Üughlis,Mabrouk Belhocine adhère au P.P.A. en 1943alorsqu'il est étudiant en droit. Il anime en 1944 à la faculté d'Alger un cercle p.p.A.avec Ben Khedda et Mostefaï Chawki. Dans la crise berbériste qui secoue la Fédération de France du M.T.L.D.en 1949, il n'a plus qu'une confiance limitée envers la direction. Il rédige à cette époque une brochure, L'Algérie libre vivra, avec Sadek Hadjerès. Défenseur des militants kabyles arrêtés en 1949, il se montre partisan d'un congrès de l'organisation pour tirer le bilan de la crise. Avocat à Bougie en 1954, il rejoint le F.L.N. après le 1er novembre et devient conseiller d'Ouamrane qui dresse un tableau critique de l'état du F.L.N. à la veille de la formation du G.P.R.A.en 1958. M. Belhocine est corédacteur des statuts du F.L.N.en 1959. Secrétaire général adjoint du ministère des Affaires extérieures, il est ensuite représentant du G.P.R.A. en Amérique latine (1961-1962). Après l'indépendance, il est député en 1962 pour le département de Sétif, ainsi qu'aux élections de 1964. Mabrouk Belhocine est avocat puis bâtonnier à Alger (19771979). SOUTCes: A.A.N. 1962, 1964; Mémoires Aït Ahmed; Harbi (II); Kaddache (II); Teguia; Tripier; interview M. Belhocine in Alleg (I) ; rapport Belhocine, « quelques suggestions pour la formation d'un gouvernement» in Harbi (III).

BELOUCHRANI

OMAR

Membre direction Fédération France M.T.L.D.,chargé du travail dans la C.G.T.(1953). 103


BEN Militant du M.T.L.D.dans sa Fédération de France, Omar Belouchrani est président, en 1953-1954, de la commission Nord-Africaine des syndicats C.G.T. de la Seine. Membre de la commission administrative de la C.G.T. en 1955, il tente de prendre la parole au meeting organisé le 1ermai 1955 à Vincennes par la C.G.T. Il est alors violemment pris à partie par les militants du M.N.A.présents en masse dans ce meeting. Omar Belouchrani prend part à la construction de l'A.G.T.A. et devient le conseiller de la délégation algérienne au Congrès de la C.I.S.L. à Tunis (5-13 juillet 1957), avec l'accord de la C.G.T.Il est arrêté le 12 novembre 1957. O. Belouchrani est élu membre de la Commission exécutive de l'U.G.T.A., dans le deuxième congrès de l'organisation syndicale le 28 mars 1965. Sources: La Voix du Peuple, mai 1955 ; archives privées;

A.A.N. 1965.

BENDIMRED DJAMEL Membre direction Fédération France M.T.L.D. (1947).

Étudiant en pharmacie en France, Djamel BenDimred adhère au P.P.A. en 1944. Pharmacien, il devient membre de la commission de Presse et de Propagande dans la Fédération de France du M.T.L.D.en 1947. Candidat aux élections du 4 avril 1948 à l'Assemblée algérienne, il est arrêté en mars 1948 et emprisonné à Barberousse. Djamel Ben Dimred est, après 1962, directeur de La République à Oran, puis du quotidien Ech'aab. Sources: Mémoires An Ahmed; Harbi (II) ; Kaddache (II).

BENHABYLÈSABDELMALEK Vice-Président A.E.M.N.A.F.(1947-1948) ; membre Comité Central M.T.L.D.(1954) ; respOJ1Sabledépartement Affaires étrangères G.P.H.A. (1960) ; ministre de la Justice (1977).

Né à Fedj-M'Zala dans le Constantinois, Abdelmalek Benhabylès, étudiant en droit, est membre de l'équipe qui dirige l'Étoile Algérienne, journal de la Fédération de France du M.T.L.D.en 1948. Il est vice-président de l' A.E.M.N.A.F. en 1947-1948, secrétaire adjoint du Comité d'entraide des étudiants algériens de Paris de 1946 à 1948. Il entre au Comité Central après la scission de l'organisation nationaliste en 1954. A. Benhabylès rejoint le F.L.N. en 1955, est membre de sa délégation en Syrie, au Japon puis responsable aux Affaires étrangères. Après 1962, il est secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, ambassadeur au Japon, en Tunisie. Dans le gouvernement du 23 avril 1977, A. Benhabylès est ministre de la Justice, puis secrétaire général de la Présidence; enfin, il est nommé ambassadeur à Berne. Sources: A.A.N.1977, 1979; archives U.N.E.F.; Harbi (III) ; Lebjaoui (I) ; Teguia; indication G. Pervillé.

BEN SALEM NOURREDINE Responsable M.T.L.D.est France (1950) ; membre direction Fédération de France F.L.N. (1955) ; membre C.N.H.A.(1961). 104


BOU

Militant du P.P.A. en France après 1945, Nourredine Ben Salem est membre de la direction du M.T.L.D.pour l'est de la France. Il prend position pour les initiatives du F.L.N. et se retrouve à la direction de la Fédération de France, dans sa branche politique, en 1955-1956. Arrêté en août 1956, il s'évade le 7 juin 1961 et devient responsable du F.L.N. au Maroc, membre du C.N.R.A.Il se retire de toute activité politique en 1962. Sources: Hamon et Rotman; Harbi (II).

BENSID ABDERRAHMANE BESTANI BELKACEM

voir notice chapitre III, série B

(1908-1959)

Membre direction P.P.A.-M.T.L.D.Nord (1946).

Né le 15janvier 1908 à Dra El Mizan, Belkacem Bestani émigre en France en 1935 et adhère à l'Étoile en 1936. Il s'établit à Valenciennes et devient commerçant en « produits coloniaux ». Responsable d'une kasma du nord de la France, il rend visite à Messali à Niort les 26 février et 30 mars 1954, s'engage contre le cours centraliste et se retrouve responsable M.N.A.du Nord en 1955. Belkacem Bestani passe au F.L.N. en 1958. La Fédération de France du F.L.N. annonce son assassinat par le M.N.A.le 31 août 1959. Sources: vées.

Tract Fédération

BOUCHEBOUBA

de France F.L.N. : « La baudruche

RAMDANE

messaliste regonflée », archives pri-

(dit SI MOUSSA)

Contrôleur général M.T.L.D.(1953) ; Cadre F.L.N. en France (1956). Contrôleur général du M.T.L.D. en 1953, Ramdame 'Bouchebouba prend contact, en mars 1954 avec Boudiaf pour la fondation du C.R.U.A. Sa participation à la rédaction et à la distribution du journal Le Patriote,. organe du C.R.U.A., donne. à penser aux messalistes que les « centralistes » sont derrière les activistes. Après le 1er novembre, il devient cadre du F.L.N. en France (1956-1962), puis, à l'indépendance, commissaire à la réforme agraire pour le département de Cheliff. Il est élu membre de la Commission exécutive au deuxième congrès de l'U.G.T.A. le 28 mars 1965. Sources:

A.A.N. 1965 ; Al1eg ; Harbi (II) ; S. Chikh.

BOUDISSA

SAFI voir notice chapitre II, série A

BOULKEROUA

MOUSSA voir notice chapitre III, série A 105


BOU BOUMAZA BACHIR Permanent M.T.L.O. Lyon (1950) ; responsable F.L.N. Comité de soutien aux détenus (1957) ; membre direction F.L.N. Allemagne (1962) ; membre Comité Central et Bureau Politique F.L.N. (1962-1965).

Né le 26 novembre 1927 à Beni-Nerai dans le Constantinois, Bachir Boumaza est le fils d'un commerçant. Après les massacres de mai 1945, Bachir Boumaza entre au P.P.A.-M.T.L.D. Il fait partidjde l'entourage de Messali en France et accomplit avec lui une tournée de propagande dans la région de Bordeaux en juillet 1951. Il est ensuite permanent du M.T.L.D. à Lyon. Il rallie le F.L.N., constitue les comités de soutien aux détenus. Il est le 13 décembre 1958, incarcéré à Fresnes d'où il s'évade le 21 octobre 1961. Pendant sa détention, paraît La Gangrène, le 16 juin 1959, ouvrage rédigé en collaboration avec Mustapha Francis, Benaïssa Souarni, Abdelkader Belhadj et Moussa Kebai1i. Après son évasion, il se réfugie en Allemagne où se trouve la Fédération de France du F.L.N. En juillet 1962, commissaire national à l'Information et à la Propagande, il est élu député de Bône à la Constituante du 20 septembre 1962. En septembre, il est ministre du Travail et des Affaires sociales; le 4 septembre, ministre de l'Économie nationale. En janvier 1964, il préside la Délégation algérienne aux négociations avec la Franct. En avril suivant, il dirige les débats du premier congrès F.L.N. dont il est élu membre du Comité Central et du Bureau Politique. Ministre de l'Industrie et de l'Énergie le 2 décembre 1964, il rallie le Conseil de la Révolution mis en place après le coup d'État de juin 1965 et devient ministre de l'Information. En octobre 1966, il se rend en France et passe dans l'opposition au régime de H. Boumedienne. Sources: A.A.N. 1962, 1963, 1964, 1965, 1966; Jeune Afrique, n° 150, 23-29 septembre 1963 : « Bachir Boumaza» ; Le Monde, 19 septembre 1%3, 22 avril, 25 avril, 27 mai 1964 ;Hamon et Rotman.

BOUTCHICHE

MOHAMMED

Membre directeur M.T.L.D.Paris (1953), puis M.NA (1955).

Né le 19 janvier 1915 à Oran, Boutchiche Mohammed ouvrier spécialisé à Paris, milite dans la Fédération de France du M.T.L.D. Il est membre de la direction de Paris. Il prend position pour Messali, dans la crise du M.T.L.D., après une visite qu'il lui rend à Niort le 16 mai 1954. Il fait partie du Comité d'aide aux sinistrés d'Orléansville mis en place par la Fédération de France du M.T.L.D. Mohammed Boutchiche milite au M.N.A. pendant la guerre. Sources: L'Algérie Libre n° 125, 17 septembre 1954: « Le Comité d'aide aux sinistrés d'Orléansville» ; archives privées; entretiens avec des militants algériens.

CHERAITI

106

GHENAM

voir notice chapitre I, série B


DJO DAMERDJI OUDJEDI Membre direction P.P.A. Tlemcen (1945) ; militant C.G.T., membre direction M.T.L.D.Lillet (1952) ; responsable questions syndicales Fédération de France F.L.N. (1957) ; membre C.E. U.G.TA (1958).

Né le 6 juin 1923 à Tlemcen, Damerdji Oudjedi, tourneur, adhète au

P.P.A.en mars 1945. Il est tout de suite pressenti par Mokhtar Meslii pour entrer au comité local du P.P.A. de Tlemcen. Arrêté à la suite des événe~ents de mai 1945, libéré, il émigre en France. Il s'installe à Lille et occupe l~ profession d'ouvrier spécialisé. Membre de la direction du M.T.L.D.du Nqrd, il milite au sein de la C.G.T.et suit en juin 1952 un stage de formation syqdicale à l'école des cadres de cette centrale. Il rejoint le F.L.N.dè~ sa constitut~on en France. Directeur-gérant de l'Ouvrier Algérien, organe de l'A.G.T.A., dt1957 au 20 août 1958, il est responsable aux question syndicales dans la Féderation de France du F.L.N. Il est membre de la Commission exécutive de l'UI.G.T.A. désigné lors d'une réunion tenue à Tunis le 12 octobre 19~8. Sources: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie ; Collection l'ouvrier Algérien; entretiens .avec des militants algériens.

DEHILÈS SLIMANE voir notice chapitre II, série C. DERRADJI MOHAMMED Membre fondateur V.S.T.A. (1956).

Né le 27 juin 1928 à Bouira, Mohammed Derradji rejoint le M.T.L.D., en France. Il se range du côté de Messali Hadj dans la crise qui secoue le M.T.L.D., milite au M.N.A. après le 1er novembre 1954 et devient responsable de la région de Lyon de l'U.S.T.A. dès la création du syndicat. Il est arrêté en 1956 et emprisonné à Lyon. Sources: Liste des emprisonnés M.N.A. et lieux de détention, 1958 ; télégrame du 1er Congrès de l'U.S.T.A. aux militants emprisonnés in la Voix du Travailleur Algérien, juillet 1957 ; archives privées.

DJOUADI ALI (1933~1959) Militant M.T.L.D.(1952) ; militant M.NA (1955).

Né le 30 novembre 1933 au douar Tachetit en Grande Kabylie, Ali Djouadi érnigre en France au début des années cinquante. Il s'établit dans le Nord, à Fenière-le-Grand où il milite au M.T.L.D. Garde du corps de Messali Hadj au hameau de Toutevoie dans l'Oise, il est abattu le 17 septembre 1959 par un commando qui se réclame du F.L.N., en recevant les balles qui étaient destinées à Messali. A l'occasion de son enterrement à Lille le 3 octobre 1959, Messali déclare dans un discours: « Nous sommes pour le Gouvernement algérien par les Algériens. Le peuple algérien attend que cette indépendance se traduise par le bien-être social. » Sources: Archives privées; entretien avec Madame Djanina Benkelfat. 107

,


DOU DOUICHER

RAMDANE

Responsable M.T.L.O. Hornu

(1953).

Né le 15 avril 1926 à Aït Idir près de Fort-National, Ramdane Douicher émigre en Belgique après la Seconde Guerre mondiale. Il devient responsable de la kasma d'Hornu qui organise le Congrès messaliste de juillet 1954. Responsable M.N.A.en Belgique, il est déplacé à Paris au cours de l'été 1958. Sources: El Moudjahid 25 février 1959; Archives privées; entretiens avec des militants algériens.

DOUM AHMED Membre direction kasma Sochaux M.T.L.O.(1952) ; membre direction Fédération France F.L.N. (1955).

Adhérant du P.P.A. en 1945, Ahmed Doum émigre en France en 1950 et s'établit dans l'Est de la France. Employé à la S.N.C.F.,membre de la kasma de Sochaux du M.T.L.D.,ilIa rallie au F.L.N. Membre du comité fédéral de la Fédération de France du F.L.N., il a, selon M. Harbi « le rôle le plus important en 1955 et 1956 ». Ahmed Doum est arrêté en août 1956. Après l'indépendance, il est un des fondateurs du P.R.S. qu'il quitte rapidement. Source: Harbi (II).

FlLALI ABDALLAH

voir notice chapitre III, série A

GHALLMIABDELKADER Membre direction M.T.L.O.France (1954) ; responsable M.N.A.région parisienne (1956).

Né le 3 avril 1924 à Alma! Abdelkader Ghallmi, manœuvre à Lille, adhère au M.T.L.D. après la Seconde Guerre mondiale. Il devient un des responsables de la Fédération de France du M.T.L.D. après le Congrès messaliste d'Hornu en juillet 1954. Militant du M.N.A., il est arrêté le 1er décembre 1955 à Paris. Libéré, il est responsable du M.N.A. dans la région parisienne en 1956, 1957. Abdelkader Ghallmi est arrêté en 1957. Sources: La Voix du Peuple, n° 16, 16 décembre 1955 ; entretien avec M. Memchaoui.

GUENAFDA

MOHAMMED

Responsable M.T.L.O.Bois-Colombes

(1950).

Né le 8 décembre 1916 à Tiaret, Mohammed Guenafda émigre en France après la Seconde Guerre mondiale. Il s'établit à Bois-Colombes où il exerce la profession de tôlier. Responsable du M.T.L.D. à Bois-Colombes, il prend posi108


HAM tion pour Messali, rejoint le M.N.A.pendant la guerre. II est le chauffeur de Messali à Gouvieux jusqu'en 1963. Sources: Archives privées; entretiens avec des militants algériens.

GUERRASABDERRAHMANE Membre o.s. (1947) ; membre direction Fédération de France F.L.N. (1955).

Né le 24 janvier 1921 à Constantine, Abderrahmane Guerras est militant de l'o.s. Après le démantèlement de l'organisation para-militaire, il se réfugie en France où il est affecté comme délégué régional du M.T.L.D.de Lyon en 1952. Il adopte les thèses du C.R.U.A.A partir d'avril 1955, il est membre de la direction de la Fédération de France du F.L.N., s'occupant de sa branche politique avec Mechati et Bensalem. Arrêté en août 1956, il est membre de la Fédération de Constantine du F.L.N. après l'indépendance, député à l'Assemblée le 13 septembre 1962. Sources.. A.A.N.]962; Harbi (II) ; Mémoires Aït Ahmed; Courrière (II) ; sources privées.

HAMIDOUCHE Responsable

MOKHTAR

M.T.L.D.Allemagne (1954).

Né le 8 janvier 1914 au douar Colla (les Bibans), Mokhtar Hamidouche assure la liaison entre l'Allemagne et la France pour le M.T.L.D. A partir de 1955, il assure le ravitaillement en armes des groupes armés du M.N.A. dans la Sarre. Il rejoint le F.L.N. en 1959. Le 16 septembre de la même année, la police allemande le refoule à la frontière française à Forbach. Appréhendé, M. Hamidouche est écroué à Paris. Sources .. El Moudjahid

25 février ]959 ; entretiens avec des militants algériens.

HAMIMI

BOUDJMA

Responsable

M.T.L.D.3-/4- Paris (1954).

Né le 21 janvier 1930 à Alger, Boudjma Hamimi émigre en France au début des années cinquante. Il s'installe à Paris dans le troisième arrondissement, se fait embaucher dans une usine avec la qualification de fraiseur. Il rend visite à Messali à Niort le 1ee juin 1952, prend position contre les centralistes en titué par est alors de Paris

1954 et fait partie du Comité d'aide aux sinistrés d'Orléansville consla Fédération de France du M.T.L.D. messaliste en septembre 1954. Il responsable de la section du troisième et quatrième arrondissement du lVI.T.L.D.Il passe au F.L.N. en 1955.

Sources.. L'Algérie Libre fia ]25, ]7 septembre ]954: « Le comité d'aide aux sinistrés d'Orléansville» ; Courrière (II) ; entretiens avec des militants algériens; archives privées.

109

~


BAR HARDI

MOHAMMED

Secrétaire général A.E.N.A. (1954) ; membre direction Fédération France F.L.N. (1955) ; directeur Révolution Africaine (1963).

Né le 16 juin 1933 à EI-Harrouch dans le Nord-Constantinois, Mohammed Harbi adhère dès l'âge de quinze ans au P.P.A.-M.T.L.D. C'est au collège Sainte-Barbe qu'il termine ses études secondaires. Il poursuit des études supérieures à la. Sorbonne. En 1954, il devient secrétaire général de l'Association des Étudiants Nord-Africains, et fait partie du groupe le plus proche du C.R.U.A. en France. Il est donc, dès novembre 1954, un des premiers responsables clandestins de la Fédération de France du F.L.N., animateur de la « commission Presse et Information ». Il quitte la France en avril 1958 pour l'Allemagne où il démissionne de la Fédération de France du F.L.N. en août 1958. Lorsqu'il arrive à Tunis, via l'Allemagne, on lui confie les fonctions politiques puis diplomatiques, avec Zerdani et Bouatoura, au cabinet civil du ministère des Forces armées. Lors de la première conférence d'Évian, il s'irrite du manque de rigueur de certaines équipes dirigeantes du G.P.R.A. et est envoyé prendre à Conakry des fonctions d'ambassadeur. Au moment de la crise de l'été 1962, M. Harbi se tient à l'écart du «groupe de Tlemcen », comme de celui de «Tizi-Ouzou )). Rayé de la deuxième liste de canditats députés à la deuxième Assemblée nationale constituante algérienne, démissionnaire de son poste de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, il se trouve « sur la touche )) lorsque Ben Bella. le désigne chargé de mission à la présidence de la République, responsable des problèmes de l'organisation. du secteur socialiste. Dans le même temps, de 1963 à 1965, il dirige l'hebdomadaire Révolution Africaine. En 1965, il s'oppose au coup d'État du 19 juin et se retrouve, sans jugement, pendant cinq ans en prison, puis en résidence surveillée. Exilé en France depuis 1973, M. Harbi analyse le nationalisme populiste algérien avant et pendant les années de guerre d'indépendance, avec Aux origines du EL.N. et le F.L.N., mirage et réalité. Sources: Portrait de M. Harbi in .Jeune Afrique, n° 180, 20 avril 1964 ; Interview M. Harbi in Solidarité Franco-Algérienne n° 3, mars-avril 1964; Annuaire de l'Afrique du Nord. 1980, G. PetvjJIié; Nouvel~Observàteur, novembre 1980, M. Rodinson: « Le F.L.N. à visage découvert» ; Quinzaine lit/éraire, 15 novembre 1980, R. Gallissot ; D. Guérin.

KABBA

AHMED

Militant P.P.A. Alger (1944), M.T.LD. France (1950).

Militant du P.P.A. à Belcourt, Ahmed Kabba, recherché après mai 1945, est amnistié en mars 1946. Il participe aux tractations pour l'achat d'un stock d'armes en décembre 1947 à Alger servant à l'o.S. Détaché à la Fédération de France du M.T.L.D., Ahmed Kabba aide Aït Ahmed à passer au Caire via la Suisse en 1952. Il milite à la Fédération de France où il est arrêté en 1958. Sources:

110

Mémoires Aït Ahmed;

entretiens avec militants algériens.


LAC

KACED SAÏD (1929-1962) Responsable M.T.L.D.Est France (1952) ; responsable Alger M.NA (1959).

Né en 1929 à Ighil Imoula, Saïd Kaced adhère au M.T.L.D.en 1946. Il est responsable du M.T.L.D.de l'Est de la France en 1952, puis de la ville de Marseille en 1954. Il prend position pour le M.N.A. et est arrêté en février 1955. Libéré en 1956, il est arrêté de nouveau dans la région parisienne en 1957 et condamné à deux ans d'emprisonnement. Après avoir purgé cette peine dans le camp de Saint-Maurice-L'Ardoire-du-Gard, il est libéré en décembre 1959. Il gagne Alger où il devient responsable du M.N.A.La Voix du Peuple annonce son assassinat par le F.L.N. en avril 1962, à Alger. Source: La Voix du Peuple, mai 1962.

LACHERAF MOSTEFA Militant P.PA-M.T.L.D. (1946), conseiller à la Présidence

(1965).

Né le 7 mars 1917 à Sidi Aïssa dans l'Algérois, Mostefa Lacheraf est un ancien élève de la médersa d'Alger. Écrivain, professeur d'arabe au lycée Saint-Louis, il collabore en 1948 à la rédaction de IfÉtoile Algérienne, journal de la Fédération de France du M.T.L.D.. Il prend ses distances à l'égard de l'organisation au moment de la « crise de 1949» et donne d'importantes contributions à l'histoire du nationalisme algérien, en particulier dans Esprit, Les Temps Modernes, Les Cahiers internationaux, Présence africaine. Sympathisant du F.L.N. après le 1er novembre, il en devient un militant actif dans sa fédération de France en mai 1955. Professeur titulaire de l'enseignement secondaire à Paris, il se met en congé pour mieux se livrer à ses activités militantes. A la fin du mois de septembre 1956, il quitte définitivement son domicile parisien (n° 5 de l'avenue Bosquet) pour l'Espagne où il se met en contact avec M. Khider. Ce dernier lui propose de faire partie de la délégation officielle du F.L.N. qui doit se rendre au Maroc et en Tunisie. Se trouvant dans le DC3 intercepté par les autorités françaises, il est arrêté le 22 octobre 1956. Libéré, il est nommé au C.N.R.A.et participe à la rédaction, du programme de Tripoli en 1962 où il défend la notion de « révolution démocratique populaire ». Ambassadeur en Argentine en 1965, il quitte ce poste pour rejoindre l'entourage du colonel Boumedienne, en tant que conseiller à la Présidence pour les Affaires culturelles. Mostefa Lacheraf est ministre de l'Éducation dans le gouvernement du 23 avril 1977. Son ouvrage le plus important est l'Algérie, nation et société. Il est délégué de l'Algérie à l'Unesco, puis ambassadeur au Pérou. Sources: A.A.N. 1977, 1979; Esprit, mars 1955: «Le patriotisme rural en Algérie»; Les Cahiers internationaux, n° 72, janvier 1956; «Psychologie d'une conquête» ; Mémoires, Aït Ahmed; Lacheraf; J.P. Peroncel-Hugoz; Teguia ; indication G. Pervillé.

111


LAD LADLANI

AMAR

Responsable M.T.L.D. Nord (1954); (1958) ; membre du C.N.R.A.(1959).

membre

direction

Fédération

de France

F.L.N.

Né le 24 octobre 1925 à Tizi-Ouzou, Antar Ladlani est déjà militant du P.P.A.-M.T.L.D. lorsqu'il émigre en Belgique à la fin des années quarante. D'abord mineur à Lievin, il s'établit ensuite dans le Nord-Pas-de-Calais où il devient le responsable de la Fédération du M.T.L.D. en 1953. Dans la crise de l'organisation nationaliste, il prend position contre Messali, après une visite qu'il lui rend à Niort le 3 mars 1954. Il passe au F.L.N. en 1955 et devient responsable en France jusqu'en 1957. Il accède au C.N.R.A. en 1959. Amar Ladlani est l'un des principaux organisateurs des manifestations organisées par le F.L.N. en octobre 1961 à Paris. Sources: El Moudjahid, 18novembre1979,articlesignéLadIaniavecO. Boudaoud,R. Bouaziz, A. Haroun:; EntretienA. LadIaniin mémoirede maîtriseY. Malaterre: Les manifestationsalgériennesd'octobre 1961à Paris, 1982,Paris VII 106p. ; archivesprivées.

-

MADHI LARDI MOHAMMED Vice-président (1954).

de l'U.E.A.P. (1953-54),

(1928-1958) membre fondateur

Fédératlon- de France F.L.N.

Né le 29 septembre 1928, Larbi Mohammed Madhi est responsable de la section étudiante du M.T.L.D.en 1953 et du Comité de Soutien aux victimes de la répression (C.S.V.R.).Il intervient dans le congrès des centralistes à Alger en août 1954 en témoignant de la sympathie pour le courant activiste. Il rejoint le F.L.N. aussitôt après le 1ernovembre 1954 et devient le premier responsable officiel désigné par Didouche Mourad pour fonder la Fédération de France du F.L.N. Il est arrêté en juin 1955 et emprisonné en 1956, avec Terbouche, à EI-Harrach dans la troisième division. Libéré en mai 1958. il est assassiné par des gendarmes français à Soukh-Ahras. Sources: Archives U.N.E.F.; Harbi (III) ; Y. Saadi; texte de Mohammed Larbi Madhi, Harbi (I) ; Indication Guy Pervillé. -

MAHSAS AHMED voir notice chapitre III, série A MAIZA BRAHIM voir notice chapitre III, série A MANSOUR BOUALEM voir notice chapitre III, série B

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MEL MAROC HOCINE

(1930-1957)

Responsable U.S.T.A. usines Panhard (1956).

Né en 1930 à Rouina dans la région de Miliana, Hocine Maroc est le frère du dirigeant nationaliste Mohammed Maroc. Il arrive en France en 1954, travaille aux usines Panhard comme ouvrier métallurgiste. Militant de la C.G.T. et du M.T.L.D.,il devient responsable de la section de l'Union des Syndicats des Travailleurs Algériens (U.S.T.A.) de son entreprise. Hocine Maroc est assassiné par un commando qui se réclame du F.L.N.le 24 septembre 1957. Sources:

Entretien avec M. Maroc;

MAROC MOHAMMED MECHOUCH

Adresse de l'U.S.T.A. à la C.LS.L., novembre 1957.

voir notice chapitre n, série B

BRAHIM

Militant C.G.T. et P.P.A.-M.T.L.D. (1946); F.L.N. (1959).

membre

direction U.S.T.A. (1956);

militant

Né le 8 octobre 1924 près de Fort-National, Brahim Mechouch émigre en France après la Seconde Guerre mondiale. Adhérent de la C.G.T., il milite dans la Fédération de France du M.T.L.D.Il prend position contre le cours centraliste de l'organisation et adhère au M.N.A.dès sa création. Membre du Bureau Fédéral de U.S.T.A.,il remplace A. Bensid, au moment de l'arrestation de ce dernier, le 1er novembre 1957. Devenu trésorier-général adjoint du Bureau de la Fédération de France de l'U.S.T.A. en 1958 (carte n° 4 de l'U.S.T.A.), il s'oppose à la direction du syndicat parce que partisan d'une action armée avec le F.L.N. Il a une ultime entrevue avec Messali Hadj le 13 octobre 1958 qui lui demande de quitter l'U.S.T.A. et de rester au M.N.A. Après le passage du groupe Nesbah au F.L.N., Brahim Mechouch décide de rejoindre à son tour le F.L.N., le 4 février 1959. Il est arrêté en Allemagne le 20 octobre 1959. Sources: Lettre de Brahim Mechouch, au nom de l'U.S.T.A.,au secrétaire général de l'U.G.T.A.N. (Sénégal), novèmbre 1957; Compte rendu d'activité aux militants et cadres de l'U.S.T.A.1959. . Fond Archives Afrique-Informations.

MELLOULI Responsable

SAiD

U.S.T.A.

Renault (1956).

Ouvrîer métallurgiste en France, militant du M.T.L.D., Mellouli Saïd rejoint le M.N.A. après le 1er novembre 1954. Responsable de la section de l'U.S.T.A. de l'usine Renault-BiIlancourt, Said Mellouli est assassiné par un commando se réclamant du F.L.N. le 24 septembre 1957. Sources:

Adresse de l'U.S.T.A. à la C.I.S.L., novembre

1957, La Vérité, octobre 1957.

113


MEN MENCERI SANDID Adhérent P.P.A. (1938) ; membre direction du M.N.A. (1956).

Né vers 1915 à Chalala, Sandid Menceri adhère au Parti du Peuple Algérien peu avant la Seconde Guerre mondiale. Il est le chauffeur de Messalfen 1944 pendant que ce dernier était en résidence forcée dans le Sud-Algérien. Il prend position pour les messalistes dans la crise du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques et milite en France au Mouvement National Algérien après le 1er novembre 1954. Sources: Entretien avec M. Guenanèche et M. Memchaoui.

MERRAKCHIHACHEMI Membre direction U.S.T.A. (1957).

Né le 25 février 1928 à Sidi-Okba dans le Constantinois, Hachemi Merrakchi émigre en France dans les années cinquante et s'installe à Asnières. Ouvrier spécialisé, il milite dans la Fédération de France du M.T.L.D.. H. Merrakchi est trésorier général adjoint de l'U.S.T.A. en 1957. Sources: Archives Privées; entretiens avec des militants algériens.

MERRAR

MOHAMMED

Responsable M.T.L.D.Doubs (1953) ; militant F.L.N. (1954).

Ouvrier dans la région de Sochaux-Montbéliard, Mohammed Merrar est. responsable du M.T.L.D. du Doubs en 1953. Il milite à la Fédération de France du F.L.N. en 1955. Sources: Archives privées; entretiens avec des militants algériens.

MIRA ABDERRAHMANE

(1922-1959)

Militant M.T.L.D.Est France (1950) ; commandant

wilaya III (1959).

Né en 1922 à Beni-Mellikeche en Kabylie, Abderrhamane Mira est issu d'une famille de paysans pauvres. Berger jusqu'à l'âge de douze ans, il quitte sa région natale et se rend à Bône (Annaba) où il travaille avec son frère aîné. A peine âgé de seize ans, il émigre en France et trouve du.. travail comme ouvrier métallurgiste dans l'Est, près de Nancy. Il s'installe ensuite dans la région parisienne et tient un café à Aubervilliers. C'est alors qu'il rentre au M.T.L.D. en 1951. Dès l'annonce de la nouvelle du 1er novembre 1954, il se rend à Alger et prend contact avec Larbi Oulebsir qui est du même village que lui. Non convaincu par l'argumentation développée par les messalistes, il rencontre Krim qui l'envoie dans les maquis de la Grande Kabylie. Il gravit rapidement les échelons de responsabilités dans l'A.L.N. Muté dans la vallée de la Soummam en 1955, il accède au grade de

114


NAI capitaine en 1956. A. Mira est envoyé en wilaya VI après la mort de Si Cherif et nommé commandant. Atteint de la dysenterie, il se replie en wilaya III ,puis se rend en Tunisie en 1957. Il franchit la ligne Morice en février 1959 et rejoint la wilaya III. A Mira doit faire face au cours de l'été 1959 à une réaction de jeunes officiers au moment où s'abat sur la Kabylie le plan Challe. Infatigable, dur pour lui-même comme pour ses 'hommes, A. Mira est tué au combat le 6 novembre 1959, au nord d'Akbou, à la tête de ses commandos. Source: Entretien avec' Tarik Mira. .

MOSTEF AI CHA WKI voir notice chapitre III, série A MOUNDJI

ZIN EL ARDIN voir notice chapitre III, série A

NADJI MOHAMMED Adhérent du P,PA (1938) ; membre du bureau des métaux C,G,T, (1950) ; responsable U's,TA (1958).

Né à Biskra, Mohammed Nadji, dit « Antar », rejoint très jeune le Parti du Peuple Algérien (P.P.A.) en 1938, avec toute sa famille. Il vient travailler en France après la Seconde Guerre mondiale, adhère à la C.G.T. et est élu

délégué du personnel aux usines Polliet-Chausson, il devient membre de la commission nord-africaine de la C.G.T., puis membre du bureau des métaux de la C.G.T.. Il est arrêté comme militant du Mouvement National Algérien en 1956. -Libéré en septembre 1958, il prend la responsabilité de la région parisienne de l'Union des Syndicats des Travailleurs. Algériens (V.S.T.A.). L'organisation syndicale impulsée par les messalistes annonce son assassinat par le F.L.N., le 6 juin 1959 à Paris. Sources:

Communiqué

NAÎT

MAZI

de l'u's.T.A. à la presse, 7 juin 1959 ; Stora (IV).

Responsable Presse M.NA (1955).

Né vers 1933 à Paris, de père kabyle et de mère française, Naït Mazi adhère au M.T.L.D. au moment où il effectue ses études à Paris. Il devient responsable,de la presse du M.N.A. en 1955, avec M. Maroc. Arrêté en 1956, il est jugé êt..çondamné en janvier 1957 dans le même procès que celui de M. Maroc. Libéré en 1958, il se rend en Allemagne pour poursuivre ses activités militants dans le F.L.N.. Il rejoint l'Algérie en 1962, devient directeur du Moudjahid. Sources: Fond Archives Afrique-Informations; tants algériens.

archives C.E.R.M.T.R.l.; entretien aVeC des mili-

115

.


NEK NEKKACHE

MOHAMMED-SEGHIR

Militant M.T.L.D.(1953) ; responsable service-santé F.L.N. Tunisie (1956) ; ministre Santé (1962).

Militant du M.T.L.D.avant le 1er novembre 1954, Mohammed Seghir Nekkache entre, après des études de médecine, à l'organisation civile du F.L.N.de Marseille avant de gagner Tunis où il s'occupe du service santé. Ministre de la Santé en septembre 1962, des Affaires sociales en septembre 1963, de la Santé, des Anciens Combattants et des Affaires sociales en décembre 1964, il s'oppose au coup d'État du 19 juin 1965. Il est arrêté en 1965, mis en résidence surveillée à Touggourt de 1969 à 1971. Sources:

Archives U.N.E.F. ; Le Monde,

19 septembre

1963, 22 avril 1964 ; Heggoy.

NESBAH AHMED voir notice chapitre III, série B

OUARTSI SAiD Membre Comité Directeur A.G.TA (1957).

Né le 4 août 1927 à Kellerman dans le Constantinois, Saïd Ouartsi militant du M.T.L.D. en France rejoint le F.L.N. après l'insurrection. Il est secrétaire à la propagande dans le Comité Directeur de l'A.G.T.A. en 1959. Sources: Entretiens avec des militants algériens.

OUSSADOU MOHAMMED Membre direction U.S.T.A. (1957).

Né le 9 janvier 1929 à Michelet (Aïn-EI-Hamman), Mohammed Oussadou émigre en France dans les années cinquante et milite dans la Fédération de France du M.T.L.D. Il rejoint le M.N.A. après le 1er février 1954. Membre du bureau fédéral et délégué régional pour la région du centre de l'Union des Syndicats des Travailleurs Algériens (U.S.T.A.) il est arrêté à Lyon le 1er avril 1958. A sa libération en 1960, Mohammed Oussadou prend position contre le Front Algérien d'Action Démocratique (F.A.A.D) et remplace Bensid, le 2 juillet 1961, au secrétariat fédéral de l'U.S.T.A. Sources: Tract U.s.T.A., 4 avril 1958 ; Communiqué 5 juillet 1961.

OUTALEB MOHAND

de la Commission

exécutive de l'U.S.T.A.,

OURAMDANE

Membre direction U.S.T.A. (1957) ; militant F.L.N. (1959).

Né le 28 avril 1926 à Aït-Toudert 116

près de Michelet, Ouramdane

Mohand


SEM

Outaleb, manœuvre, s'établit à Paris dans le dixième arrondissement. Militant du M.T.L.D.,il rejoint ensuite le M.N.A.en 1954. Secrétaire-général adjoint et responsable à l'organisation de l'U.S.T.A. (carte n° 2 de l'U.S.T.A.),il s'oppose durant l'été 1958 à l'orientation suivie par la direction du M.N.A.au sujet de l'action armée du F.L.N.en France. Il rend publique son adhésion au F.L.N.le 4 février 1959. Il est grièvement blessé le 22 octobre 1959 à Cologne par le M.N.A.. Sources: Compte rendu d'activité de Outaleb Mohand Ourarndane, aux cadres et militants de l'U.S.T.A.,4 février 1959 ; entretiens avec des militants algériens.

RADJEFF

BELKACEM

voir notice chapitre I, série B

SAÏDI SADOK Membre Comité Directeur M.T.L.D. (1947).

Né à Fort-National en Kabylie, Sadok Saïdi, ancien combattant des deux guerres mondiales, est capitaine en retraite lorsqu'il adhère au P.P.A.-M.T.L.D. Le journal El Maghreb el Arabi le fait figurer comme vice-président du Comité Directeur du M.T.L.D. élu par un Comité National, en septembre 1947. Il est envoyé en France avec Mostefaï Chawki, pour régler « la crise berbériste » de 1949. Présent à Paris, il accompagne Messali, le 23 juin 1949, au procès où ce dernier est poursuivi pour avoir tenu une réunion le 17 octobre 1948 à Brie-Comte-Robert. Sadok Saïdi reste l'ami personnel de Lamine Debaghine, exclu en 1950. Il est présent à ses côtés lors d'une réunion qui a lieu en 1954 avec M. Ben Boulaïd et Krim Belkacem et où L. Debaghine refuse la présidence de l'organisation constituée pour le déclenchement de l'insurrection. Sources: Aït Ahmed; Alleg (1).

SAÏFI RABAH (1917-1955) Organisateur P.PA-M.T.L.D. Paris (1947).

Né le 12 août 1917 à Fort-National, Saïfi Rabah abrite dans son hôtel situé rue au Maire dans le troisième arrondissement de Paris, les militants illégaux du P.P.A. Son assassinat au printemps 1955 marque le début des « règlements de compte» entre F.L.N. et M.N.A. en France. Sources: Harbi (Il) ; archivesprivées.

SEMMACHE

AHMED

Membre fondateur U.S.T.A. (1956).

Né à Marnia, Ahmed Semmache, ouvrier métallurgiste, ancien syndicaliste de la C.F.T.C., milite dans la Fédération de France du M.T.L.D. Il devient res117


SLY ponsable de la région parisienne de l'U.S.T.A. La Voix du Travailleur Algérien, annonce l'ass.assinat d'Ahmed Semmache, devant son domicile, par un groupe du F.L.N., le 20 septembre 1957. Sources: Adresse de l'U.S.T.A. à la C.I.S.L., novembre numéro spécial, octobre 1957.

1957 ; La Voix du Travailleur Algérien,

SL YEMI SAÏD Responsable C.G.T. et militant M.T.L.D.(1950) ; responsable U.G.T.A.Allemagne (1958).

Né le 4 juin 1925 à Taourgh près de Rebeval, Saïd Slyemi milite au M.T.L.D. à Paris et appartient à la Commission Confédérale des travailleurs nprd-africains de la C.G.T. Il rejoint le F.L.N. en 1955 et devient responsable de l'U.G.T.A. en Allemagne en 1958-1960. Sources: Archives privées; entretiens avec des militants algériens.

SOUISSI

ABDELKRIM

Membre direction Fédération de France F.L.N. (1955).

Né à Bône (Annaba), Abdelkrim Souissi est permanent en 1954 dans la Fédération de France du M.T.L.D. Il rejoint le F.L.N. dès sa constitution et devient responsable des finances dans sa Fédération de France. Il est arrêté en 1955, libéré quelque temps après, arrêté à nouveau et libéré en 1960. Membre du C.N.R.A., Abdelkrim Souissi dirige en Allemagne la Fédération de France du F.L.N. Après 1962, il est successivement ambassadeur à Cuba, député dans la daïra d'Annaba en 1977, responsable de l'Amicale des Algériens en France. Sources:

A.A.N. 1977 ; Alleg (III) ; Lebjaoui (I) ; entretiens avec des militants algériens.

TERBOUCHE

MOURAD

Responsable M.T.L.D.Nancy (1951) ; responsable Fédération de France F.L.N. (1955).

Responsable du M.T.L.D. de Nancy en 1951 puis de la région Sud, Mourad Terbouche est proche des orientations politiques de Boudiaf dans la crise du M.T.L.D. Il est l'un des premiers dirigeants, avec Madhi Mohammed Larbi, de la Fédération de France du F.L.N. Arrêté en 1955, il est libéré en 1961. Directeur du cabinet de Krim au ministère de l'Intérieur, il est, dès 1962, opposant au régime et meurt dans des conditions non éclaircies. Sources: Courrière (II) ; Hamon et Rotman; Lebjaoui (I) ; Y. Saadi.

TIR MAAMAR Membre direction M.T.L.D.Hornu (1953). Né le 12 juillet

118

1930 à Châteaudun

dans

le Constantinois,

Maamar

Tir


ZER émigre en Belgiqlle au début des années cinquante. Mineur aux charbonnages du Levant, il devient le responsable du M.T.L.D.de la ville d'Homu. Il prend position pour Messali après une visite qu'il lui rend à Niort le 30 mars 1954, participe et organise matériellement le Congrès messaliste d'Homu en juillet 1954. Sources: Archives privées; entretiens avec des militants algériens.

YASSINE SMAÏL Adhérent P.P.A. (1938), M.T.L.O. (1946), M.N.A. (1954) en Belgique; section de Liège.

responsable de la

Né vers 1905. en Petite Kabylie, Smai1 Yassine adhère au Parti du Peuple Algérien avant la Seconde Guerre mondiale. Il milite en Belgique, à Liège, au Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques. Il organise le Congrès d'Homu (13-15 juillet 1954) et milite au Mouvement National Algérien après le 1er décembre 1954. Source:

Liste des militants

M.N.A. 1960.

YAZID M'HAMMED voir dotice chapitre III, série A ZEBAÏR SÉDDIK Responsable M.T.L.O.usines Renault (1953).

Né le 26 octobre 1925 à Souahlia, Séddik Zebaïr émigre en France dans les années cinquante. Ouvrier spécialisé à l'usine Renault, il est le responsable du M.T.L.D. dans cette usine. Militant du M.N.A., il est arrêté en 1956 et enfermé successivement aux camps d'Arcole, d'Aflou, Bossuet. Sources:

Liste des militants M.N.A. et lieux de détention,

ZERROUKI

1960 ; archives privées.

MOHAMMED

Militant P.P.A.-M.T.L.O.(1948) ; membre fondateur Fédération France F.L.N. (1954).

Né le 19 août 1925 à Alger, Mohammed Zerrouki effectue ses études au lycée technique du Ruisseau et devient dessinateur industriel. Il adhère au P.P.A.-M.T.L.D. et est responsable des Scouts Musulmans Algériens (S.M.A.) dans les années 1948-1950. Pendant la crise du M.T.L.D., il se rend à Niort pour voir Messali, le 14 avril 1954, mais se rallie ensuite au courant activiste. Avec A. Mahsas, il jette les bases du F.L.N. en France en assumant la fonction de trésorier. Élève des Arts et Métiers, il est arrêté à Paris le 28 mai 1955. Libéré, il milite en 1956, 1957 dans la Fédération de France du F.L.N. Sources:

Archives D.N.E.F. ; Courrière (II) ; Y. Saadi;

entretien avec des militants algériens. 119


CHAPITRE II

420 CADRES ORGANISATEURS DU NATIONALISME EN ALGÉRIE* (1933-1954)

Série A : Aurès/Sud Constantinois Série B : Constantine/Nord-Constantinois

Série C : Kabylie Série D : Alger/Algérois Série E : Oranie Série F : Sud

* 346 notices biographiques figurent sont traitées dans les chapitres I et II.

dans ce <:hapitre. 74 notices des principaux

dirigeants

121


SÉRIE A

AURÈS/SUD

ABBÈS LAGHROUR ADJOUL-ADJOUL ALLEG AHMED AMOURI MOHAMMED BAAZILAKHDAR BEDRI ABDELHAMED BELAGOUNE MESSAOUD BELHADI LAMINE BELKACEM GRINE BELKERI MAHFOUD BEN ABDERREZAK AHMED* BENABID AHMED BEN BOULAÏD MOSTEF A BEN M'HIDI LARBI BENZINE ABDELHAMID BOUBAKEUR SALAH BOUCHEMAL AHMED BOUDIAF MOHAMMED'

CONSTANTINOIS

CHIHANI BACHIR DJEDDI SEDIK GHARIB AHMED HADJ BELKACEM EL DAOUI HADJ LAKHDAR ABIDI HAMA EL AMRI KAMEL SAKER MAACHE AMAR MAHFOUDIMOHAMMED MEKKY CHADL Y MERED ABDALLAH M'RAD LAKDAR NADJI MOHAMMED NEMOUCHI MOULOUD NOUAOURA AHMED RIHANI SADEK SI HAOUÈS

BAI-

* Les notices des noms en caractères renforcés sont développées dans d'autres

séries.

123


ABBÈS LAGHROUR Responsable M.T.L.D.Khenchela (1955).

(1953) ; responsable adjoint wilaya des Aurès du F.L.N.

Né vers 1924 à Khenchela, Laghrour Abbès est responsable du M.T.L.D.de cette ville en 1953. Dans la crise qui secoue l'organisation nationaliste, il suit la position de M. Ben Boulaïd. Il participe au congrès des centralistes le 15 août 1954 à Alger où il prône la lutte armée. Il se rallie au « groupe des 22 » et devient responsable du commando de Khenchela qui démarre l'insurrection du 1er novembre 1954. Adjoint de Chihani Bachif qui avait remplacé Ben Boulaïd à la tête de la wilaya des Aurès, il décide, avec Adjoul-Adjoul, son exécution en 1956. Il quitte les Aurès pour les frontières car il refuse l'autorité de Mahmoud Cherif dont il avait assuré le ralliement au F.L.N.. Laghrour Abbès est « liquidé pour complot». Sources: Révolution Africaine, n° 40, 2 novembre 1963, «Interview des acteurs du 1ernovembre» ; H.M. n° 20, « La mort de Ben Boulaïd » ; Bromberger; Opperman; AlgérieActualité, n° 993, 31 octobre 1984: «A mes compagnons de lutte, morts sur les champs de bataille» par S. Boubekeur.

ADJOUL-ADJOUL,

BEN ABDELHAFID

Responsable P.P.A.-M.T.L.D.(1951) ; membre direction wilaya des Aurès du F.L.N. (1955).

Né en 1922 au douar Kimmel situé près d'Arris dans les Aurès, AdjoulAdjoul est le fils d'un propriétaire de terres labourables et de forêts qui passe pour être un des plus riches de son secteur. De tous les hommes de sa famille, il est le seul à avoir fait son service militaire. Il ne parle pas alors le français, n'ayant jamais été qu'à l'école coranique. Il adhère au P.P.A.M.T.L.D.en 1951 et fait de Kimmel un douar acquis largement aux idées du nationalisme. En août 1951, à la suite de la découverte de l'o.s., AdjoulAdjoul s'enfuit à Constantine et reprend ses activités politiques en 1953 sous la direction de 'Chihani Bachir, responsable régional. Il suit la position de M. Ben Boulaïd et assiste au congrès des centralistes le 15 août 1954 à Alger où il prône la lutte armée. Il rejoint le «groupe des 22» et participe à 125


ALL l'insurrection du 1er novembre 1954. Il se rend en 1956 aux troupes françaises à la suite d'une crise dans les maquis des Aurès. Sources: Bromberger ; Paillat ; Tripier.

ALLEG AHMED Responsable o.S. Tébessa.

Né dans les environs de Tébessa, Ahmed Alleg est tailleur lorsqu'il adhère au P.P.A.. Membre de la direction de l'o.s. de arrêté en 1950 par la police française et condamné à deux ans Il rejoint le F.L.N. tout de suite après le premier novembre arrêté à nouveau en septembre 1955.

de profession Tébessa, il est de prison. 1954 et il est

Source: Entretiens avec des militants algériens.

AMOURI MOHAMMED

(1929-1959)

Militant M.T.L.D. (1950); responsable wilaya Aurès F.L.N. (1956).

Né le 14 juin 1929 à Ouled-Sidi-Ali, Mohammed Amouri, enseignant en arabe, adhère au P.P.A.-M.T.L.D. après la Seconde Guerre mondiale. Il participe à l'insurrection du 1er novembre 1954 et devient responsable de la wilaya des Aurès Nementchas en 1956-1958, avec le grade de colonel. Il est suspendu de toute activité en septembre 1958 par le C.E.E., envoyé au Liban et rétrogradé au grade de commandant. Mohammed Amouri n'accepte pas la nomination de Mahmoud Cherif à la tête de la wilaya I et tente, avec Mostafa Lakhal, de s'opposer à Krim Belkacem en 1958. Découvert, il est exécuté le 16 mars 1959 près de Tunis. Réhabilité à titre posthume, Mohammed Amoud a été enterré au « Carré des Martyrs» le 24 octobre 1984. Sources: Alleg (III) ; Harbi (II) ; El Moudjahid, d'armes ».

BAAZI LAKHDAR

25 octobre 1984 ; « Aux côtés de leurs frères

(dit SI MOHAMMED)

Cadre organisateur M.T.LD. Aurès (1950).

Né dans les Aurès, Ben Boulaïd dans la tembre 1954 les stocks tants de l'A.L.N. qui 1er novembre 1954.

Lakhdar Baazi, agriculteur, milite sous la direction de région d'Arris. Sa ferme, où sont entreposés en sepd'armes servant à l'insurrection, abrite les 50 combat~ vont attaquer les villes de Batna et Khenchela le

Sources: L'Algérie Libre na 57, l'administration? » ; Courrière (I).

126

15

novembre

1952;

«Aurès;

veut

en

venir


BEL -

BEDRI ABDELHAFID Responsable S.MA Tébessa (1945).

Né dans les -environs de Tébessa, Abdelhafid Bedri est diplômé en arabe et parfaitement bilingue lorsqu'il adhère au P.P.A.en 1939 avec son ami Mahfoudi. Animateur de la medersa de Tébessa, il est le responsable S.M.A. dans cette ville. Il rejoint le F.L.N. après le premier novembre et est arrêté en septembre 1955. Sourçe : Entretiens avec des militants algériens.

BELAGOUNE MESSAOUD Agent liaison Ben Boulaïd (1953).

Né dans les Aurès, Messaoud Belagoune est bijoutier à Arris. Agent de liaison de Ben Boulaïd, il participe aux opérations du 1er novembre 1954. Source: Courrière (I).

BELHADILAMINE Militant M.T.L.D., délégué rieures M.N.A. (1956).

Assemblée

algérienne

(1948) ; responsable

Relations exté-

Né le 28 janvier 1911 à Sidi-Okba dans le Sud-Constantinois,

Lamine Bel-

hadi quitte son poste de juge (cadi) pour se consacrer à la politique au P.P.A.M.T.L.D. Député du Mouvement pour le triomphe des Libertés Démocratiques (M:T.L.D.) on retrouve nombre de ses interventions à l'Assemblée algérienne dans les Débats du Journal Officiel d'Algérie. Délégué à l'Assemblée algérienneet fonctionnaire de justice, il obtient sa mise en disponibilité. Il est en même temps inscrit comme numéro un au tableau d'avancement des cadis juges. La nouvelle rendue publique par le journal. de l'Union Démocra#que du Manifeste Algérien (U.D.M.A.) deF. Abbas, crée une émotion .certaine dans les rangs du M.T.L.D. Lamine Belhadi est écarté de toute activité au sein du M.T.L.D., la direction lui reprochant des positions jugées peu compatibles avec l'appartenance à ce parti. L'amnistie décrétée par Messali en mars 1954 ;qui rouvre les portes du M.T.L.D. aux militants exclus ou sanctionnés, lui permet de réintégrer le mouvement nationaliste en avril 1954. Il rejoint le Mouvement National Algérien (M.N.A.), devient membre de sa direction, èhargé en 1956 de la responsabilité des relations extérieures et intérieures. Au moment où doivent s'ouvrir les négociations de Melun en 1961, partisan d1une troisième force entre le Front de Libération Nationale et le M.N.A., Lamine Belhadi crée le Front Algérien d'Action Démocratique (F.A.A.D.). Il est exclu du M.N.A., le 29 juin 1961. Il rentre .en Algérie et reprend son métier d'avocat. Sources: I.O.F., Assemblée Algérienne, débats 1949; La Voix du Peuple, juin 1961; .Courrière(lV) ; M. Harbi (III). 127


BEL BELKACEM c

GRINE (1924-1954)

Bandit d'honneur»

(1950-1954);

militant M.T.L.D.(1954).

Né en 1924 au douar Kimmel, Grine Belkacem prend le maquis le 17 mars 1950 et assoit sa réputation de « bandit d'honneur» dans les Aurès. Sa photo et son signalement (<<taile 1.64 m, yeux bleus, cheveux noirs ») sont dans tous les postes de gendarmerie des Aurès. Un million de francs de récompense est promis à qui le ramènera « mort ou vif ». En 1954, il entre en contact avec les propagandistes du M.T.L.D.de la région, adhère à leur cause et leur promet un soutien matériel. Le 29 novembre 1954, après un combat d'une dizaine d'heures, Grine Belkacem est tué par les parachutistes du 18° R.C.P. du colonel Ducourneau. Sources: H.M.n02, « Vie et mort d'un bandit d'honneur» ; Alleg (I).

BELKERI MAHFOUD Responsable section P.P.A. Batna (1937).

Né dans le Constantinois, Mahfoud Belkeri, chauffeur, est responsable de la section de Batna du Parti du Peuple Algérien en 1937. Sources:

Archives Aix, 9 H20, Rap. Batna 10/1/38.

BEN ABDERREZAK

AHMED voir notice SI BAOUES même série

BENABID AHMED Responsable P.P.A. Aïn-M'Lila

(1938).

Né en 1897 à M'Raouna, près d'Aïn-M'Lila, Ahmed Benabid, dit « Bayoud », est issu d'une famille de petits cultivateurs. Son frère, Lamri, est arrêté et condamné à la suite des émeutes du 5 août à Constantine. Ahmed Benabid entre en contact avec l'E.N.A. au moment du passage de Messali dans le Constantinois, adhère au P.P.A. d'Aïn M'Ula dont il devient l'un des responsables en 1938. Sources: Archives Aix, 9 H20, Rap. Aïn M'Lila.

BEN BOULAÏD MOSTEF A voir notice chapitre III, série A BEN M'HIDI

128

LARD! voir notice chapitre III, série C


BOU BENZINE ABDELHAMID Permanent P.P.A.-M.T.L.D.Constantinois (1948) ; responsable (1951) ; rédacteur en chef Alger-Républicain (1953).

C.G.T. région parisienne

Né en 1926 à Beni-Ourtilane, Abdelhamid Benzine adhère au P.P.A. en 1940 au collège de Sétif. Il milite dans la clandestinité dans les campagnes du Constantinois et de l'Aurès, assumant des responsabilités départementales. Il est arrêté et interné après le 8 mai 1945. Aide-comptable, il devient en 1948 permanent du P.P.A.-M.T.L.D. dans le Constantinois. Élu responsable de la commission des travailleurs nord-africains de l'Union des Syndicats c.G.T./Région parisienne en 1951, il passe au P.C.A. en 1953. Abdelhamid Benzine est rédacteur en chef d'Alger Républicain de 1953 à 1955, date de son interdiction. Responsable des « Combattants de la Libération» d'Alger, il rejoint le maquis. Fait prisonnier au cours d'un accrochage en 1956, il est condamné à vingt ans de travaux forcés par le 1.P.F.A. d'Oran le 14 août 1957. Il porte témoignage sur les conditions de détention dans un ouvrage, Le Camp en 1962 et publie son Journal de marche du maquis en 1965. Membre de la direction de l'O.R.P. après 1965, il vit dans la clandestinité jusqu'en 1975. Sources: L'Écho d'Alger 15 août 1957: «20 ans de travaux forcés à un ancien collaborateur d'Alger Républicain»; Alleg (l, II); Témoignage Benzine in Téguia; préface Benzine in ouvrage Sadek Hadjeres ; Indication G. PervilIé.

BOUBAKEUR

SALAH

Membre direction P.P.A.-M.T.L.D.Khenchela (1950).

Né à Khenchela, Salah Boubakeur, infirmier, adhère au P.P.A.-M.T.L.D.en 1950. Il forme une petite cellule à l'école d'apprentissage de Khenchela qui comprend Ouagad Salah, Chabi Mohammed, Laghrour Chabanne, Bourmada Abdelkader, Zerouali Ismail, Hammam Amar. Il rejoint les rangs du C.R.U.A.le 24 juin 1954 et s'entraîne au maniement des armes dans le maquis près de Fontaines-Chaudes. Les cours étaient assurés tantôt par Ben Boulaïd, tantôt par Chihani Bachir. Sous la direction de Laghrour Abbès, avec le groupe de Khenchela qui comprend 30 hommes, Salah Boubakeur participe aux opérations du 1er novembre. Il est directeur de l'hôpital d'Ain-Beida après l'indépendance. Sources: Interview S. Boubakeur in Révolution Africaine, n° 40, 2 novembre 1963.

BOUCHEMAL Responsable

AHMED

M.T.L.D.Batna (1954).

Né à Batna, Ahmed Bouchemal est le responsable du M.T.L.D. de cette ville. Il rejoint le C.R.U.A. et participe aux opérations du 1er novembre. Il est arrêté le 6 novembre 1954. Sources:

Abbas (II) ; Alleg (I) ; Courrière

(I). 129


BOU

BOUDIAF MOHAMMED CHIHANI

BACHIR,

voir notice chapitre III, série C

(ditMESSAOUD)

(1929-1955)

Responsable Daira M.T.L.D:(1962) ; responsable wilaya Aurès.

Né le 22 avril 1929 au Kroub, Bachir Chihani, lettré en arabe (il a accompli ses études à l'inStitutB.en Badis de Constantine), rejoint le P.H.A.en 1942. Il est d'abord responsable de la section P.P.A. d'El Kroub puis de la daïra de Batna du M.T.L.D.en 1952. Présent au congrès des centralistes tenu à Alger en août 1954.avec Laghrour Abbès, il plaide, en vain, pour le recours

à la lutte armée. Membre de la tendance activistequi prépare le 1er. novembre

1954 il a noué.des relations avec les combattants youssefistesà la frontière algéro-tunisienne. Le 1er.novembre,: il est.le.principal adjoint de Ben Boulaïddans les Aurès et lui succède dès son arrestation en février 1955. Il étend 'la 'lutte des Nementchas au Souf, à la région de Souk-Ahras et prend contact avec des militants du P.C.A par l'intermédiaire de Abdelhamid Benzine avec qui il a milité en 1945. Il est assassiné en octùbre 1955 à la suite d'une machination de deux de ses adjoints, Laghrour et A:djoul~Adjoul. Sa disparition entraîne 'l'émiettement des groupes de combattants des Aurès, au moment où Ben Boulaïd est en prison. Réhabilité à titre posthume, Chihani Bachir a été enterré au « Carré des Martyrs» le 24 octobre 1984. Sources: Lettres de Ben Bella à Chihani in Tripier; de Mahsas à Chihani in Bromberger ; Alleg (I); Courrière (I); Harbi (I et Il) ;E/. Moudjahid, 25 octobre 1984: « Aux côtés de leurs frères»

.

DJEDDI SEDDIK Responsable section P.P.A. Ain M'Lila (1938).

Né le 10 décembre 1909 à El-Kouahi près d'Aïn M'Lila dans le Constantinois, SeddikDjeddi est issu d'une famille de petits fellahs ruinés par la colonisation. Après des. études à l'école des garçons indigènes d' AïnM'Lila où il n'obtient pas son certificat d'études, il effectue cinq ans de service militaire à Contantine et obtient le grade de caporal. Employé à la fin de son service militaire comme infirmier privé au service d'un médecin de colonisation, Djeddi Seddik s'engage dans l'action politique par l'intermédiaire de son frère Moussa, écrivain public. .et militant communiste. Il quitte son emploi pour insuffisance de rétribution, s'installe à son compte en montant une petite épicerie à Aïn M'Ula. Après la dissolution de l'E.N.A., il adhère au Parti du Peuple Algérien et devient en 1938 le responsable de la section locale du . P.P:A. d'Aïn M'Lila. Source:

130

Archives Aix, 9R:20,'Rap.

Constantine

28/10/38.


KAM

GHARIB AHMED Responsable section P.P.A. Batna (1945).

Né dans le Constantinois, Ahmed Gharib, commerçant, est responsable de la section de Batna du P.P.A. en 1945. Arrêté à la suite de la répression de mai 1945, i};est condamné le 8 octobre 1945 par le tribunal militaire de Constantine à quinze mois de prison et 40000 F d'amende. Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Constantine 10/10/45.

HADJ~ BELKACEM EL BAÏDAOUr voir notice chapitre III, série B HADJ LAKHDAR ABIDI Membre direction Daïra Batna (1953) ; responsable wilaya 1(1958).

Né dans les Aurès, Hadj Lakhdar Abidi, petit transporteur, est un des responsables de la daïra de Batna du M.T.L.D. en 1953. Il prend position pour l'action armée et conduit les opérations du 1er novembre dans la ville de Batna, à la tête de 26 hommes. Responsable de la wilaya I (Sud-Constantinois), il participe à la réunion inter-wilaya convoquée par Amirouche du 6 au 12 décembre 1958. Il y demande l'aide des autres wilayas pour mener à bien sa tâche. Il appuie Krim lors de la réunion. des colonels de décembre li959: et reste en Tunisie jusqu'au cessez-le-feu. Dans la crise de l'été 1962, il soutient Ben Bella contre le G.P.R.A.. Hadj Lakhdar Abidi est élu député en septembre 1962ipour lé département de Batna. Sources: A.A.N. 1%2; Témoignage Hadj Lakhdar (II) ; Rapport Hadj Lakhdar Abidi in Tripier.

Abidi in Abbas (II);

Courrière

(I) ; Harbi

HAMA EL AMRI (1899-1969) Maire Tébessa M.T.L.D. (1947).

Né le 14 novembre 1899 à Tébessa, El Amri Hama est le premier maire dans la ville de Tébessa, à être élu sous l'étiquette « Mouvement pour le Triomphe dés, Libertés Démocratiques », en 1947. Après une visite à Messali à Niort le 8 mars 1953, il prend position contre le cours centraliste. Il est arrêté en 1955 et interné aux camps de Saint-Leu, Bossuet. Il meurt en 1969. Sources: Entretien avec M. Guenanèche, M. Memchaoui ; archives privées.

KAMEL

SAKER

MembreP.P.A.-M.T.L.D. (1950 ; député (1964). Né dans .les environs de Tébessa, Saker Kamel, agriculteur, est le neveu de Hama el Amri (voir sa biographie) premier maire du M.T.L.D., à Tébessa. Il 131


MAA s'engage dans la bataille contre les centralistes dans la crise du M.T.L.D.,puis rencontre Didouche Mourad qui le gagne au courant activiste. Membre du F.L.N., il est arrêté en septembre 1955, s'évade, et rejoint Tripoli. Après l'indépendance, Kamel Saker est député de Tébessa en 1964. Sources:

A.A.N. 1964 ; entretiens avec S. Abssi.

MAACHE AMAR Membre o.s. (1947);

militant F.L.N. (1954).

Né à Khenchela, Amar Maache adhère au P.P.A. et devient militant de l'o.s. dès 1947. Il est chargé à Khenchela de l'enrôlement et de l'achat des armes. Suivant les instructions de M. Ben Boulaïd, il se spécialise dans les transactions d'armes, souvent vendues en sous~main par des commerçants patentés. La police française, le soupçonnant d'une activité repréhensible, l'affublera du surnom d'Amar « Marché Noir ». Recherché, il se réfugie dans la clandestinité en 1953. Amar Maache participe aux opérations militaires dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954 à Khenchela. Sources: Interview A. Maache in Révolution Africaine, 2 novembre 1963, n° 40; Témoignage Maache in Alleg (I).

MAHFOUDIMOHAMMED Membre direction P.PA-M.T.L.D. (1947) ; militant M.NA (1954).

Né à Tébessa en 1920, Mohammed Mahfoudi adhère au P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Élève à la medersa d'Alger, il est secrétaire-adjoint de l'A.E.M.A.N., en 1943-1944. Il entre à la direction du P.P.A., est envoyé dans l'Oranais à la suite des massacres du 8 mai 1945. M. Mahfoudi est candidat du M.T.L.D.dans la troisième circonscription du Constantinois, à Sétif, avec Djilani Embarek, aux élections législatives de juin 1951. Il prend position pour Messali dans la crise que traverse l'organisation nationaliste en 1953, et rejoint le M.N.A.dès sa création. Professeur d'arabe, directeur de la medersa de Blida, il est arrêté le 19 mars 1957 à Paris. Transféré à Alger, .M. Mahfoudi est condamné à un an de prison ferme. A sa sortie de prison, le 20 mars 1958, il est dirigé sur un camp de Berrouaghia. Après l'indépendance professeur dans un lycée de Blida, M. Mahfoudi prononce l'allocution funèbre de A. Mezerna lors des obsèques de ce dernier en 1982. Sources: L'Algérie Libre 9 juin 1951, n° spécial: «Candidats M.T.L.D.en Algérie» ; Bulletin d'Informations du M.N.A.,avril 1958 ; Liste des militants M.N.A.et lieux de détention 1958 ; Kaddache (II); entretiens avec des militants algériens; indication Pervillé.

132


MER MEKKY CHADLY Adhérent P.P.A. (1938) ; membre direction fédérale Constantine P.P.A. et A.M.L. (1944. 1945).

Né à Tebessa, Chadly El Mekky adhère au Parti du Peuple Algérien peu avant la Seconde Guerre mondiale. A l'occasion d'études à la Zitouna de Tunis, il forme une section P.P.A. avec Brahim Mezhoudi. Il est le principal dirigeant du congrès restreint du P.P.A. qui se tient en janvier 1945. Elu membre de la direction fédérale de Constantine du P.P.A., le 16 avril 1945, Chadly El Mekky est en même temps président de la fédération de Constantine des Amis du Manifeste et de la liberté, qui compte 115 sections dans le département. Après les événements du 8 mai 1945, il prend contact avec les dirigeants du Destour à Tunis, et représente le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques au Comité de Libération du Maghreb Arabe fondé au Caire le 5 janvier 1948 par les partis nationalistes nord-africains, sous la présidence d'Abdelkrim. Avec l'Algérien FoudilEl Ourtilani, membre de l'association des Oulémas, il s'emploie au Caire à «dresser le monde arabe tout entier contre l'impérialisme ~çais ». Il condamne l'inclusion d~ l'Algérie dans le Pacte Atlantique en 1949, car il voit dans cette inclusion; « la reconnaissance deJa.domination coloniale française et la méconnaissance des aspirations du peuple algérien à la souveraineté ». Unique représentant du M.T.L.D.auprès de la Ligue arabe au Caire, il est remplacé à ce poste par Mohammed Khider et Aït Ahmed en 1952, s'étant attiré les « foudres» du parti pour une histoire d'appartement jugée irrégulière. Demeuré au Caire, il se retrmive, âprès l'insurrection du 1er nove1J1brê 1954, avec Mezerna représentant lé Mouvement National Algérien (M.N.A.) sans toutefois avoir reçu aucune délégation de Messali. Au moment où s'ouvre le conflit entre Mi~.A. et F.L.N., ilreste fidèle à Mezerna et est emprisonné avec ce dernier, le' 11 juillet 1955, par le F.L.N. dans la capitale égyptienne. Le M.N.A. mènera une importante campagne pour sa libération. Chadly El Mekky est l~béré à la veille de l'indépendance de l'Algérie. Il rentre en Algérie et devient directeur d'école, puis conseiller au ministère de l'Éducation nationale. Sources: Rapport de Messali à la Conférence des cadres du M.N.A.(1958) ; tract M.N.A.novembre 1955; Ageron (I); Guérin; Harbi (II); Kaddache (II); Zagoria p. 68; entretien avec D. Guérin.

MERED ABDALLAH Adhérent P.P.A. (1938) : délégué Congrès d'Hornu

(1954).

Né vers 1904 à Khenchela, Abdallah Mered adhère au Parti du peuple Algérien peu avant la Seconde Guerre mondiale et milite au Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques. Par ses moyens propres, il décide de suivre Messali Hadj dans son pèlerinage à la Me6que en 1951 et sa tournée au Moyen-Orient, et prend position pour ce dernier dans la crise du M.T.L.D. Délégué au congrès messaliste d'Hornu (13-15 juillet 1954), il rend visite à 133


M'R Messali à Niort le 17 juillet 1954. Militant du M.N.A., Abdallah Mered est arrêté en 1955 et interné à Aflou, Saint-Leu, Bossuet. Il est libéré en 1961. Sources:

Entretiens avec M .Guenanèche

et M. Memchaoui.

M'RAD LAKHDAR Homme du le, novembre à Kherchela. Né en 1939 à Kherchela, Lakhdar M'Rad est initié très jeune à la politique nationaliste par son voisin, Laghrour Abbès. Dès l'âge de treize ans, il fait la connaissance de Ben Boulaïd à Batna, où il effectue ses études coraniques sous la direction de Cheikh Messaoudi. Il s'inscrit à l'institut Ibn Badis de Constantine en 1954, mais interrompt ses études car il est appelé par Laghrour en vue de la préparation de l'insurrection. Lakhdar M'Rad est le plus jeune du groupe des 42 khenchelis à avoir pris les armes le 1er novembre 1954. Sources: Algérie-Actualité n° 993, 25 octobre 1984, « La première balle ».

NADJI MOHAMMED (dit SI MEFTAH) Responsable Daïra Alger (1954).

Né en 1917 à Sidi-Okba dans le Sud-Constantinois, Mohammed Nadji appartient à une famille modeste de petits fellahs. Enfant, il doit céder sa place d'écolier au fils du caïd local, abandonne ses études et se retrouve employé dans une épicerie. Engagé volontaire dans les goumiers pendant la guerre, il quitte l'armée à la suite des massacres de mai 1945 et s'établit à Alger. Il devient le responsable de la kasma d'El Biar du M.T.L.D., puis de la daïra d'Alger, et prend position pour Messali dans la crise de l'organisation nationaliste. Arrêté en 1956, il est accusé de « collectes de fonds et transport d'armes» par le T.P.F.A. d'Alger qui, le 14 août 1957, le condamne à dix ans de réclusion. Musulman convaincu, il s'adresse en arabe au tribunal durant son procès par J'intermédiaire d'un interprète et « déplore que l'islam soit devenu une caricature en Algérie ». Source: Archives Y. Jouffa.

NEMOUCHI

MOULOUD

Responsable cellule Oued Zenati P.P.A. (1950).

Né au Kroub, Mouloud Nemouchi, responsable de cellule du P.P.A. à Oued Zenati devient, en 1952, conseiller municipal du Kroub. C'est chez lui que Messali demeure lorsqu'il accomplit sa tournée dans le Constantinois en avril 1952. Source: entretiens avec des militants algériens.

134


SI .

NOUAOURA AHMED (1920-1959) Militant P.P.A.-M.T.L.D.(1946) ; responsable

wilaya I (1958).

Né le 21 janvier 1920 à Oued-La":Riod, Ahmed Nouaoura,

petit commer-

çant à Arris, participe aux opérations du 1er novembre 1954. Il remplace le colonel Amouri à la tête de la wilaya I et prend position pour lui dans le conflit qui l'oppose à Krim en 1958. Il est exécuté le 16 mars 1959 près de Tunis. Réhabilité à titre posthume, Ahmed Nouaoura est enterré au « Carré des Martyrs» le 24 octobre 1984. Sources: Alleg (II) ; Courrière (III); de leurs frères d'armes }}.

Harbi (II) ; El Moudjahid,

25 octobre 1984 : « Aux côtés

RIHANI SADEK (1913-1956) Responsable syndicat commerçants

musulmamsd'Alger

(1947) ; militant M.NA (1954).

Né présumé en 1913 au douar Menaa (Arris) dans les Aurès, Sadek Rihani adhère au P.P.A. en 1943. Militant du M.T.L.D., il lance en 1947 un syndicat des commerçants musulmans et organise la Fédération des boulangers et restaurants d'Alger. De nombreux responsables fréquentent les locaux de Rihaniqui abritent notamment le siège du syndicat des boulangers. Possédant une fortune personnelle, il prête au P.P.A.-M.T.L.D. de petites sommes d'argent pour les opérations élt~ctorales et le financement du journal El Maghreb-El-Arabi. Cette activité lui vaudra des déboires, les militants du M.T.L.D. l'accusant de s'enrichir aux dépens de l'organisation. Cela lui vaut d'être écarté du M.T.L.D. en novembre 1949. Il réintègre l'organisation en mars 1954 ~u moment où Messali expliquant que la crise du M.T.L.D. a pris fin, proclame une « amnistie» générale qui permet la réintégration des militants exclus et

sanctionnés. Après le 1er novembre 1954,il est chargéde l'intendancedes unités

militaires du M.N.A. et contacte à ce titre Si Haouès. Sadek Rihani est grièvement blesséJe 10 décembre 1955 par un groupe du F.L.N. Victime d'un second attentat, il succombe à ses blessures le Il septembre 1956. Sources: Archives Aix, 9 H 51 ; tract F.L.N., 15 septembre 1955 in Consciences Maghrébines, n° 5 et 7 ; Abbas (II) ; Mémoires Aït Ahmed ;Courrière (II) ; Lebjaoui (II) ; Zagoria p. 129.

SI HAOUÈS Membre o.s. (1947) ; responsable wilaya VI (1958).

Né à Khenchela, Si Haouès, de son vrai nom Ahmed Ben Abderrezak, est marchand de dattes à Biskra lorsqu'il adhère au P.P.A. en 1943. Il devient membre de l'O.S. en 1947. Il prend position contre les « centralistes » dans la crise du M.T.L.D., se rend à Angoulême voir Messali en juillet 1955. Messaliste, il se brouille avec Bellounis et se rallie en 1957 au F.L.N.. Il installe son P.C. à Redeyeff dans la région des oasis, Ouled Djellal, Touggourt, Ghardaïa, Ouargla. Nommé en avril 1958 commandant de la wilaya VI (Sahara), il s'attaque avec l'aide des wilayas III, IV, Vaux troupes de Bellounis et étend 135


SI l'implantation du F.L.N.de Biskra aux Ouled Nai1s, puis au Djebel Amour et aux Monts Ksour. Il réussit à réaliser la jonction avec les groupes installés à la frontière marocaine. Si Haouès participe à la rencontre inter-wilayas convoquée par Amirouche du 6 au 12 décembre 1958 dans la région d'El Milia. Il proteste contre j'isolement, le manque d'armes et décide avec Amirouche de se rendre à Tunis. Il tombent tous deux dans une embuscade tendue par les troupes françaises à Bou-Saada et meurent le 28 mars 1959. Signalant sa disparition, El Moudjahid écrit: « Si Haouès entreprit à la tête de la wilaya une immense tâche d'éducation. Il s'attacha notamment à combattre les particularismes régionaux et la politique des Sofs. C'est ainsi qu'en 1956, il réconcilia les Ghamra (région de Biskra) et les Ouled Nails d'Oued lellal qu'opposait une vieille animosité génératrice de conflits incessants. » Sources: El Moudjahid

-

n° 40, 24 avril 1959; H.M. n° 46, article A.P. Lentin; 1Il) ; Téguia ; entretiens avec des militants algériens.

136

Alleg (Il et


SÉRIE B

CONSTANTINE/NORD

ABADA ABDALLAH ABDA ALI ADJAMI BRAHIM AISSBAOUl ABDELKADER AKACHA MOHAMMED AOUATI BRAHIM ARAR KHEMISSI BAADÈCHE MOHAMMED BADJI MOKHTAR* BAGHRICHE HACHEMI BENABDELMALEK RAMDANE BENAOUDA BEN MOSTE}'A BEN SAYAH LARBI BEN TOBBAL LAKHDAR BENTOUMI AMAR BEN YAHIA MOHAMMED BENZAIM HOClNE BETlT ACHE AMAR BITAT RABAH BLAL HOCINE BOUBNIDER SALAH BOUDJAJA ALI BOUDJENANA HACÈNE BOUDJERIDA AMAR BOUKADOUM MESSAOUD BOUKTOUTA HOCINE BOULEBTATECH HACHEMI BOULHAROUF TAYEB BOUMEDIENNE HOUARI BOUSSOUF ABDELHAFID DEMAGHLA TROUS LARBI DERDOUR DJAMEL DJABALLAH SAAD DJEFFAL RABAH DJELLOUL AHMED DJEMILI SALAH DJILANI EMBAREK

CONSTANTINOIS

FEDAOUl MOHAMMED FENICH LARBI FlLALI ABDALLAH FILALI ALI GOUDJIL AMAR GUERRASABDERRAHMANE HADJ SAID CHERIF HARRI MOHAMMED HASSOUMI OKBA HERGA ABDELKADER KAFI AHMED KAFI ALI KHÈNE LAMINE LAHMAR HOCINE LAHOUEL HOCINE LAMOUDIABDELKADER MAGHLAOUIMOHAMMED MAHMOUD ABDELKRIM MECHATI MOHAMMED MELLAH SLIMANE MENDJLI ALI MEZHOUDI BRAHIM MEZIANI SALAH MIMOUM SALAH SAADOUN MOHAMMED SAHLI MOSTEF A SAIFI AISSA SOUIDANI BOUDJEMAA TAFF AR BACHIR TEBIBEL MOHAMMED TELLI BACHIR YOUNSI OMAR ZADI CHERIFF ZAHOUANE HOCINE ZBIRI TAHAR ZIGHOUD YOUSSEF ZIOUl SMAIL

* Les notices des noms en caractères renforcés sont développées dans d'autres

chapitres.

137


ABADA ABDALLAH Membre direction P.P.A. Tiaret.

Né en 1892 dans le tailleur et de marchand d'instruction puisqu'il en 1938 décrit par les P.P.A. à Tiaret. Sources:

Constantinois, Abdallah Abada exerce la profession de de burnous à Tiaret (Oranie). Il possède un bon degré parle et écrit couramment l'arabe et le français. il est services de police français comme un militant actif du

Archives Aix, 9 H 47, Tiaret 19/1/38.

ABDA ALI (1925-1945) Responsable S.MA Guelma (1942) ; sportif du club E.S.G. (1944) ; militant P.PA (1941).

Né le 20 mai 1925 à Guelma, Ali Abda est issu d'une famille nombreuse de neuf enfants dont il était le deuxième. A l'école primaire, où l'on remarque ses qualités sportives, il entretient des relations suivies avec Souidani Boudjemaa. Chef scout et militant du P.P.A., il représente avec d'autres militants la région de Guelma au Congrès des S.M.A. tenu en 1943 à Tlemcen. Parallèlement, il évolue au sein de l'E.S.G. (Espérance Sportive de Guelma) en qualité de footballeur avant-centre.

Arrêté au lendemain de la manifestation du 1er mai 1945, il est fusillé par les troupes françaises, avec son père et son frère Smaïn. Le stade de Guelma porte actuellement son nom. Source: Entretien avec des militants nationalistes algériens.

ADJAMI BRAHIM Membre de j'o.S. (1948) ; militant M.N.A. (1954).

Né en 1928 à Annaba, Brahim Adjami rejoint le P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Membre de la branche para-militaire (o.s.) du M.T.L.D., il fait partie du commando qui cherche à s'emparer de Khiari 139


AIs Abdelkader, dit « Rehiem », soupçonné de donner des renseignements à la police. Le rapt échoue et Brahim Adjami est arrêté dans la nuit du 18 mars 1950 près d'Oued Zenati. Torturé, trépané, il est ensuite libéré en 1954 et se range du côté de Messali. Militant du M.N.A., il est de nouveau arrêté en décembre 1954 à Constantine. Brahim Adjami est libéré en 1960. Sources: Entretien M. Memchaoui ; Kaddache (II).

AÏSSBAOUI ABDELKADER Membre direction P.PA Constantine

(1945).

Né dans le Constantinois, Abdelkader Aïssbaoui, tailleur, est membre de la direction du P.P.A. du Constantinois en 1944. Arrêté à la suite du 8 mai 1945, il est condamné par le tribunal militaire de Constantine, le 8 octobre 1945, à 18 mois de prison et 20000 F d'amende. Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Constantine 10/10/45.

AKACHA

MOHAMMED

Responsable E.N.A.-P.P.A.DjidjelIi (1936-1937).

Né en 1917 à Djidjelli où son père exerce la profession de cadi, Mohammed Akacha fréquente l'école primaire à Bougie et passe avec succès son certificat d'études en juin 1933. Dès l'âge de 17 ans, il entre en contact avec l'Étoile et diffuse son journal El Duma. Après la dissolution de l'E.NA il fait partie de la direction de la section du P.P.A. de Djidjelli. Source: ArchivesAix, 9 H 47, Rap. ))Hdj~lJi2/12/37. AOUATI

BRAHIM

Organisateur de la manifestation du 8 mai 1945 à Constantine; conseiller municipal M.T.L.D.(1947) ; responsable réforme agraire du Constantinois (1963).

Né à Constantine, Brahim Aouati, comptable, est membre du comité local du P.P.A. de Constantine en 1944. Il est arrêté en juillet 1945. Libéré en 1946, il s'installe comme marchand de charbon à Constantine où il milite au M.T.L.D. et est élu conseiller municipal en octobre 1947, puis adjoint au maire. Sanctionné par la direction de l'organisation en 1950, il réintègre le M.T.L.D. en mars 1954 lorsque Messali proclame une amnistie générale, déclare dans un message aux militants que la crise a1)ris fin et rouvre les portes du parti aux militants exclus ou sanctionnés. Brâhim Aouati milite au M.N.A. après le 1er novembre 1954, puis passe au F.L.N. Il devient commissaire pour la réforme agraire du Constantinois en 1963. Sources: ArchivesAix, 9 H SI, Rap. Constantine24/7/45 ; M. Harbi (I).

140


BAG ARAR KHEMISSI Militant o.S. Bône (1948).

Militant de l'o.s. à Bône en 1948, Khemissi Arar a sous sa responsabilité Saouli Abdelkader et Smai1i Abdelkader. Arrêté en 1950, il est libéré le 27 septembre 1951. Combattant de la guerre de libération algérienne, il est, après l'indépendance, élu en septembre 1962 député de Bône. Sources: A.A.N. 1962 l'Algérie Libre, octobre 1951, n° 34 : « Le complot colonialiste d'avril 1950 se dégonfle ) ; Alleg (III).

BAADÈCHE

MOHAMMED

Membre direction P.P.A.-M.T.L.D. Bône (Annaba) M.T.L.D.(1954) ; responsable M.NA (1955).

(1939);

membre

Comité

Central

Né à Bône (Annaba), Mohammed Baadèche rejoint le Parti du Peuple Algérien en 1937. Il fait partie du Bureau Fédéral du Constantinois du P.P.A. en décembre 1937. Arrêté, il est incarcéré au bagne de Lambèze en 1942. Libéré en 1945, il milite au Mouvf%mentpour le Triomphe des Libertés Démocratiques à Annaba et participe âu congrès messaliste d'Hornu qui se tient du 13 au 15 juillet 1954. Militant du M.N.A.,Mohammed Baadèche combat dans les maquis du Sud algérien et meurt lors d'un accrochage avec les troupes françaises en 1960. Sources: La Voix du Peuple août 1960 ; Archives Aix, 9 H 47, Rapport Constantine 16/12/37.

BADJI MOKHTAR BAGHRICHE

voir notice chapitre III Série C

HACHEMI

Responsable P.PA Constantinois (1939) ; délégué M.N.A.Italie (1957).

Né le 29 janvier 1922 à Constantine, Hachemi Baghriche adhère aux Amis d'El Ouma en 1937. Secrétaire de la section du P.P.A. de Constantine en 1938, il est, après la déclaration de guerre, responsable de l'Est du P.P.A. Arrêté en décembre 1939, transféré à la prison militaire d'Alger où il rejoint Messali et d'autres responsables nationalistes, il est condamné le 17 mars 1941 à quatre ans de travaux forcés et privation de ses droits civiques. Il est libéré du bagne de Lambèze en 1943, incorporé d'office dans l'armée française et mis au secret pendant 5 mois à la suite des événements de Setif en 1945. H. Baghriche est élu en 1947, sur liste M.T.L.D.,premier adjoint au maire de Constantine du deuxième collège. Exclu du M.T.L.D.en 1950, il est réintégré en mars 1954 et se retrouve en 1955 chargé par Filali d'organiser un soutien à l'A.L.N. Délégué du M.N.A.à 141


BEN

Rome, il démissionne de cette, organisation à la fin de l'année 1960et rentre .

en juillet 1962en Algérie.

Sources: Archives privées; La Voix du Peuple, octobre 1961.

BENABDELMALEK BENAOUDABEN

RAMDANE

voir notice chapitre III, série C

MOSTEFAAMAR

voir notice chapitre III, série C

BEN SAYAH LARDI Membre direction P.PA Constantine

(1945).

Né en 1914 dans le Constantinois, Larbi Ben Sayah, auxiliaire de P.T.T., est arrêté à la suite du 8 mai 1945 en tant que responsable du P.P.A. Il est condamné par le tribunal militaire de Constantine, le 8 octobre 1945, à deux ans de prison et 60 000 F d'amende. Sources:

Archives Aix, 9 H 51, Rap.p.R.G.

BEN TOBBAL LAKHDAR BENTOUMI

Constantine

10/10/45.

voir notice chapitre III, série C

AMAR

Secrétaire général C.SVR. (1948) ; membre collectif avocats (1955) ; ministre de la Justice (1962).

Né le 26 décembre 1923 à Constantine, Amar Bentoumi adhère au P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Surveillant au lycée Ben-Aknoun d'Alger, il aide à la confection du journal l'Etudiant patriote animé par le lycéen Aït Ahmed. Avocat, Amar Bentoumi est secrétaire général du Comité de Soutien aux Victimes de la Répression (C.S.V.R.) créé par le M.T.L.O. en avril 1948 et de l'Association des amis de ['étudiant en 1949. Après 1954, il est membre du collectif des avocats chargé de défendre les militants nationalistes algériens. En septembre 1962, Amar Bentoumi est ministre de la Justice. Arrêté et assigné à résidence en 1964, il reprend son métier d'avocat en 1965. Sources: Le Monde, septembre 1962; fond I.H.T.P. ; Mémoires sources privées; indication Guy Pervillé.

BEN YAHIA MOHAMMED

142

Kaddache

(II) ;

(1932-1982)

Cofondateur U.G.E.M.A. (1955); Membre C.N.R.A. (1956); F.L.N. et ministre des Affaires étrangères (1979). Né le 30 janvier

Aït Ahmed;

1932 à DjidjeIli,

Mohammed

Membre Bureau Politique

Ben Yahia

fait des études de


BLA

droit à Alger et obtient sa licence en 1953. Militant au M.T.L.D., il quitte l'organisation en 1951, mais conserve avec elle des attaches. Cofondateur avec Ahméd Taleb et Lamine Khène de l'U.G.E.M.A.,il organise la grève et l'appel au maquis des étudiants d'Alger, et représente le F.L.N. à la conférence des jeunes de Bandoeng en 1956:' Membre du C.N.R.A.(1956), il est en 1958 le collaborateur de A. Francis, ministre des Finances du G.P.R.A., puis en 1960, directeur du Cabinet de F. Abbas. Négociateur à Melun et à Évian, il est. nommé ambassadeur à Moscou en 1963, puis à Londres en 1965. Le 24 octobrel966, il remplace B. Boumaza à l'Information, et permute avec A. Taleb en 1970, se retrouvant ainsi ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, puis des Finances (19771979). Il est en 1979, membre du Bureau Politique du F.L.N. et ministre des Affaires étrangères le 7 février 1979. Il meurt dans un accident d'avion le 3 mai 1982, près de Qotour en Iran. Sources: Archives U.N.E.F.; A.A.N. 1964 ; 1979; Universalis 1983 ; H.M., n° 22 ; « La rébellion et les étudiants algériens» ; Le Monde, 19 mai 1961 : « Les représentants de G.P.R.A. » ; AlgérieActualité, n° 917, 12-18 mai 1983 : « Il r a un an» ; Lebjaoui (I). Indication G. Pervillé.

BENZAÏM HOCINE Responsaple o.s. Nord-Constantinois

(1948).

Né dans le Constantinois, Hocine Benzaïm est le principal responsable de l'o.s. en 1948 pour la région Bône/Souk Ahras/Guelma. Conseiller municipal M.T.L.D. de Bône, son arrestation le 18 mars 1950, avec celle d'Adjami Brahim, est l'une des premières d'une longue chaîne qui aboutira au démantèlement de l'o.s. Sources:

Mémoires Aït Ahmed;

BETITACHE

Harbi (II) ; Kaddache (II).

AMAR

Membre direction section P.P.A. Djidjelli (1938).

Né le 26 août 1916 à Djidjelli, Amar Betitache, qui n'a pas fréquenté l'école primaire, exerce la profession de liégeur à Djidjelli. Il adhère au P.P.A. en août 1937 et devient l'un des responsables de la section de Djidjelli du P.P.A. en 1938. Source: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Djidjelli 2/12/37.

BIT AT RABAH voir Roûce chapitre III, série C BLAL HOCINE Membre direction E.N.A.-P.P.A. Constantinois (1936-1937). Adhérant

de l'Étoile Nord-Africaine

dans le Constantinois,

Blal fait partie 143


BOU

d'une délégation des Amis d'El Ouma qui se rend en février 1937 en Tunisie pour éclairer le Néo-Destour sur la politique suivie par l'organisation nationaliste algérienne. Source: Entretien Guenanèche.

BOUBNIDER SALAH (dit SAOUT-EL-ARAB) Militant P.P.A.-M.T.L.D.Oued-Zenati

(1946) ; responsable wilaya II F.L.N. (1969).

Né en 1925 à Oued-Zenati, Salah Boubnider, petit transporteur, appartient à une famille de commerçants aisés. Il adhère au P.P.A.-M.T.L.D. et se prononc.e pour l'action armée en 1954. A la tête d'un commando, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, il harcèle les sentinelles de la caserne du Kroub. Zighout Youssef lui confie la responsabilité de la région d'OuedZénati qu'il assume de novembre 1954 à janvier 1955. A partir d'août 1957 jusqu'en 1959, il est membre de la direction militaire de la wilaya II dont il devient le principal responsable de 1960 à 1962. Son altercation le 4 juin 1962 avec Ben Bella sur la question des mandats du colonel Tahar Zbiri, donne le signal de dispersion du C.N.R.A. Il est arrêté en même temps que Ben Tobbal le 25 juillet 1962 à Constantine lorsque, sous la conduite du commandant Larbi, des éléments venus de la wilaya I (Aurès) et favorables à l'état-major de l'A.L.N. du colonel Boumedienne s'assurent par surprise le contrôle de la ville. Libéré quelques jours plus tard, le colonel Saout-EI-Arab se rend à Oran où il rencontre A. Ben Bella. A l'issue de ces entretiens, bien que privé de son commandement, il annonce son ralliement au Bureau Politique et se voit restituer le 8 août une partie de ses pouvoirs: il reçoit la charge des affaires publiques et administratives de la wilaya II. Membre-fondateur du P.R.S., il est arrêté puis libéré. Attaché militaire de l'ambassade d'Algérie au Caire, membre du Comité Central sous Ben Bella, il travaille à l'établissement de relations entre le F.L.N. et le Parti Baas syrien. Il s'oppose à Ben Bella, est nommé membre du Conseil de la Révolution le 5 juillet 1965. Il partage avec Cherif Belkacem et Mohand Ou El Hadj, la responsabilité du Parti F.L.N., jusqu'en 1967. Il se consacre ensuite aux affaires près d'Annaba. Sources: A.A.N. 1964; 1965 ; Le Monde, 1963, (Fond I.H.T.P.) ; H.M., n° 13, « Les chefs de la wilaya II » ; Harbi (II) ; Heggoy ; Téguia.

BOUDJAJA

ALI

Cadre de l'o.s. (1947) ; membre direction M.T.L.D.Oran (1953).

Né à Annaba, Ali Il dirige la campagne Asnam), victimes d'un responsable. Après le armés du M.N.A. dans 144

Boudjâja est un cadre de l'Organisation Spéciale (o.s.). du M.T.L.D. pour l'aide aux sinistrés d'Orléansville (El tremblement de terre dans la wilaya d'Oran dont il est 1er novembre 1954, Ali Boudjaja organise les groupes l'Oranie. Il est arrêté en octobre 1955 et passe devant


BOU le tribunal permanent des Forces armées d'Oran en mars 1957. Il est condamné à dix ans de travaux forcés. Sources: Procès des militants nationalistes, LA.P. n° 122; Entretien avec M. Memchaoui et M. Maroc.

BOUDJENANA

HACÈNE

Membre direction P.P.A Constantine (1953).

(1945) ; Conseiller municipal M.T.L.D.Constantine

Né dans le Constantinois, Hacène Boudjenana, employé aux chemins de fer algériens est membre du bureau de l'Union Locale des Syndicats C.G.T.de Constantine. Membre de la direction du P.P.A. de cette ville, il est arrêté en juin 1945. Libéré, il reprend ses activités nationalistes au sein du M.T.L.D.et devient le porte-parole des élus du deuxième collège de Constantine après les élections municipales du 26 avril 1953. Il préside le Comité d'organisation de « La quinzaine de lutte éontre la répression» organisée par le M.T.L.D.à Constantine en octobre 1953. Sources: Archives Aix, Rap. Constantine 24/7/45 ; L'Algérie Libre, n° 58, le' décembre 1952: « Les élus M.T.L.D.de Constantine» ; n° 84, 23 octobre 1953 ; « Vif succès ».

BOUDJERIDA

AMAR voir notice chapitre III, série A

BOUKADOUM

MESSAOUD

BOUKTOUTA

voir notice chapitre I, série B

HOCINE

Membre o.s. Bône (1948).

Né dans le Constantinois, Hocine Bouktouta est chef de demi-groupe de l'o.s. à Bône en 1948. Il a sous sa responsabilité Brahim Rachdi et Refes Zahouane. Arrêté en 1950, il est libéré le 27 septembre 1951. Sources: L'Algérie Libre dégonfle»

; Alleg (III).

-

6 octobre

1951, n° 34: «Le

complot colonialiste

d'avril

1950 se

BOULEBTATECHHACHEMI Membre o.s. Bône (1948).

Né dans le Constantinois, HachemiBoulebtatech est membre de l'o.S. à Bône en 1948, avec Larbi Khachani, sous la direction de Amar Merdaci chef de demi-groupe. Arrêté en 1950, il est libéré le 27 septembre 1951. SQurces: L'Algérie Libre dégonfle»

-

6 octobre

1951, n° 34 : « Le complot colonialiste

d'avril

1950 se

; Alleg (III). 145


BOU BOULHAROUF

TAYEB

voir notice chapitre III, série A.

BOUMEDIENNE HOUARI (19321-1978) nom BOUKHAROUBA

MOHAMMED

(nom de guerre, de son vrai

BRAHIM)

Militant M.T.L.D.? (1950) ; responsable wilaya V (1957) ; responsable P.C.

~

Ouest

A.L.N. (Oujda 1958) ; chef d'état-major général (frontière tunisienne 1%0) ; ministre Défense nationale et vice-président Conseil (1962-1965) ; président du Conseil de la Révolution et de la République algérienne (1965).

Né officiellement le 23 août 1932 à Héliopolis près de Guelma, Boukharouba Mohammed Brahim dit Houari Boumedienne, serait selon d'autres sources, né entre 1925 et 1932. Son père, un khammès (métayer au Quint), élève difficilement ses sept enfants. Entré à six ans à l'école primaire française, il suit en même temps les cours d'une école coranique avant d'acquérir, à partir de quatorze ans, une formation entièrement arabe, en fréquentant tour à tour la medersa Kitania de Constantine, la Zitouna de Tunis, enfin à partir de 1951, l'université Al Azhar du Caire. Selon certaines sources, il aurait rallié le P.P.A.-M.T.L.D.avant son départ pour le Caire, et continuera son activité militante dans la capitale égyptienne en travaillant au « Bureau du Maghreb arabe ». Il aurait également fait partie du groupe de quinze étudiants algériens suivant des séances d'instruction à l'Ecole de guerre d'Alexandrie. Selon d'autres sources, il n'aurait jamais fait partie du M.T.L.D.,ce qui nous paraît plus conforme à la réalité. Trois mois après le déclenchement de l'insurrection, il débarque en février 1955 sur une plage d'Oranie et contribue à organiser les maquis. II prend alors son nom de guerre: Houari Boumedienne. Chef de la wilaya V en 1957, il dirige depuis le P.C. d'Oujda au Maroc. Nommé chef du commandement opérationnel de l'Ouest dès qu'il a gagné Tunis, désigné enfin comme responsable de l'état-major de l'A.L.N., H. Boumedienne ne cesse de prendre des responsabilités de plus en plus lourdes lorsque survient l'indépendance d'Algérie. Assuré du soutien de l'armée, notamment l'armée des frontières, qui est alors la seule force organisée, il aide A. Ben Bella à faire son entrée à Alger le 3 août 1962. Ministre de la Défense nationale et vice-président du Conseil de 1962 à 1965, il organise le coup d'État, qui, le 19 juin 1965 destitue A. Ben Bella. Houari Boumedienne devient président du Conseil de la Révolution le 5 juillet 1965, puis président de la République algérienne de 1965 jusqu'à sa mort le 27 décembre 1978. Sources.. A.A.N 1965, 1966 ; Le Monde, 9 juillet 1965, art. M. Legris: « H. Boumedienne» ; Le Monde, 11 décembre 1976, article P. Balta: « Un nationaliste convaincu»; H.M. na 82, A.P. Lentin: « Boumedienne moine-soldat de la révolution algérienne»; El Moudjahid, 27 décembre 1978 ; Dictionnaire Mourre ; Droz et Levez; entretien P. Balta.

BOUSSOUF

146

ABDELHAFID

voir notice chapitre III, série C


DER DEMAGHLATROUS

LARDI

Délégué M.T.L.O. Assemblée algérienne

(1948) ; membre Délégation

extérieure

F.L.N.

(1957).

Né le 24 octobre 1923, Lar'bi Demaghlatrous, interprète, adhère au P.P.A. en 1942. Délégué M.T.L.D. à l'Assemblée algérienne en 1948, il est arrêté au lendemain des élections d'avril 1948, avec Hadj Cherchalli et Baki Boualem. Il fait de nombreuses interventionsàl' Assemblée algérienne, .attaquant violemment le système colonial. Ainsi, refusant de voter le budget proposé, il intervient sur les accords commerciaux et économiques algériens et déclare: « La seule solution aux appréhensions et aux inquiétudes de tous .a été et demeure la souveraineté et l'indépendance de notre pays. » Permanent du M.T.L.D. en France, il prend position contre Messali qui l'attaque dans son rapport de juin 1954 pour avoir « entraîné les militants à la désobéissance~t au blocage de fond». Sollicité durant l'été 1954 par le «groupe des 22 » pour prendre la direction du F.L.N., il refuse. Il est arrêté au lendemain du 1er novembre 1954. Libéré en 1955, il devient membre de la délégation extérieure du F.L.N. (1957-1960). Après l'indépendance, Larbi Demaghlatrous est ambassadeur à Djakarta, puis à Belgrade. Sources: Interventions de L. Demaghlatrous à l'Assemblée algérienne in L'Algérie Libre, n° 66, 23 avril 1953 ; n° 67,. 9 mai 1953; Harbi (Ill) ; Kaddache (II).

DERDOUR DJAMEL Trésorier A.E.M.A.F. (1930-1931); membre direction P.PA et A.M.L. Constantinois (1945) ; député M.T.L.O. (1946) ; membre Comité Central M.T.L.O. (1947).

Né le 4 mars 1907 (Bône), Djamel Derdour, dentiste après avoir terminé ses études à Paris, est membre de la direction du P.P.A. clandestin de Constantine en 1944, occupant la fonction de trésorier. Élu le 16 avril 1945 membre du bureau des A.M.L. du Constantinois à direction majoritairement P.P.A., il participe.à la rédaction du tract « Appel aux Français» protestant contre la déportation de Messali et contre la répression consécutive aux manifestations du premier mai. Également dirigeant des S.M.A., il est arrêté le 8 mai 1945, le soir de la manifestation de Constantine, et condamné le 8 octobre 1945 « pour reconstitution de ligue dissoute» par le tribunal militaire de Constantine à deux ans de prison et 60000 F d'amende. Libéré, il est élu, avec L. Debaghine et Boukadoum, député M.T.L.D. dans la deuxième circonscription de Constantine en obtenant 39 939 voix sur 45 137 votants. Membre du Comité Directeur du M.T.L.D. élu par le Comité National du 4 septembre 1947, il rend visite à Messali le 30 novembre 1948 à Brie-Comte-Robert. Sans doute veut-il poursuivre la discussion amorcée au «Comité Central de Zédine ». Lors de cette réunion, il a été mis en minorité car il voulait donner une issue légale à la question algérienne. Il a voté contre le rapport présenté par Aït Ahmed qui combinait action politique et action armée. Il se rend néanmoins à Tunis avec Boukadoum et Ben Bella pour convaincre les nationalistes tunisiens de la nécessité du recours à la lutte armée. Le refus de ces

147

.


DJA

derniers le conforte dans son rejet des perspectives ouvertes par le « Comité Central de Zeddine ». Sources: Archives Aix, Rap. Constantine 10/10/45; Mémoires Aït Ahmed; Collot; Harbi: (II) ; Kaddache (II) ; Zagoria p. 129 ; indication PervilIé.

DJABALLAH SAAD (1924-1952) Cadre organisateur Skikda (1950).

Né en 1924 dans le Constantinois, Saad Djaballah adhère au P.P.A.M.T.L.D. en 1945, à Skikda. Il est assassiné le 25 octobre 1952 au cours d'une manifestation à Skikda qui demandait la libération des élus municipaux emprisonnés. Sources: L'Algérie Libre répression. »

-

n° 57, 15 novembre

1952: {( Puissante réaction populaire contre la

DJEFFAL RADAH Responsable M.T.L.D.Skikda (1953) ; miUtant F.L.N. (1954).

Né dans le Constantinois, Rabah Djeffal, employé chez un avoué, est un des responsables à Skikda du M.T.L.D.Responsable syndical, il est opposé aux centralistes, pendant la crise du M.T.L.D.,qui lui ont donné une sanction disciplinaire pour détournement de fond. Il se range du côté de Messali Hadj après le passage en juin 1954 de Mezerna, qui l'incite à organiser des noyaux messalistes. Il rejoint le F.L.N. à sa libération en 1960. Source: Témoignage de Zerrouk dit « Kalala » cité par M. Harbi (I).

DJELLOUL AHMED (1910-1962) Membre direction E.N.A.-P.P.A.Constantinois

(1933-1939).

Né le 14 juillet 1910 à Guelma, Ahmed Djelloul, typographe au journal Le Petit Gaulois, est un des premiers Algériens du Constantinois à adhérer à l'Étoile Nord-Africaine en 1933. Membre de la direction du P.P.A. d'Algérie, il est arrêté en 1939 et condamné le 17 mars 1941 par le tribunal militaire d'Alger à cinq ans de prison et vingt d'interdiction de séjour et perte de droits civiques. Militant du P.P.A.-M.T.L.D., Ahmed Djelloul est mort en 1962 à Bab-el-Oued. Sources: Archives Aix, 9 H20, Lettre à Guenanèche de la section de Philippeville; 9 H 47. ,

DJEMILI SALAH Membre o.s. Bône (1948).

Né dans le Constantinois, Salah Djemili est membre de l'o.s. à Bône avec 148


FIL Belghersa Moussa sous la direction de Boulahrouf Abdellaziz (chef de dtimigroupe). Arrêté en 1950, il est libéré le 27 septembre 1951. Sources: L'Algérie Libre dégonfle»

; Alleg (III).

DJILANI

-

6 octobre

1951, n° 34: «Le

complot colonialiste

d'avril

1950 se

EMBAREK voir notice chapitre III, série A

FEDAOUI

MOHAMMED

Membre de l'o.S. Bône (1948).

Né dans le Constantinois, Mohammed Fedaoui est membre de l'o.s. à Bône en 1948 avec Salah Belghersa, sous la direction de Saïd Rachedi (chef de demi-groupe). Arrêté en 1950, il est libéré le 27 septembre 1951. Sources: L'Algérie Libre dégonfle»

-

6 octobre

1951, n° 34 : « Le complot colonialiste

d'avril

1950 se

; Alleg (III).

FENICH LARDI Membre o.s. Bône (1948).

Né dans le Constantinois, Larbi Fenich est membre de l'o.s. à Bône en 1948, sous la direction de Naït Atama (chef de demi-groupe). Arrêté en 1950, il est libéré le 27 septembre 1951. Sources: L'Algérie Libre dégonfle»

; Alleg (III).

-

FILALI ABDALLAH

6 octobre

1951, n° 34: «Le

complot colonialiste

d'avril

1950 se

voir notice chapitre III, série A

FILALI ALI (dit EL MEKKI) Membre direction P.P.A. Constantinois (1937-1939). Né le 28 novembre 1911 à Beni-Ouelbane, douar des environs de Collo, Ali Filali, dit « El Mekki )} est le frère d'Abdallah Filali (voir sa biographie). Il quitte Beni~Ouelbane en 1922 avec sa famille pour la ville de Constantine où il fréquente l'institut d'Ibn-Badis. Après avoir accompli son service militaire, il devient tailleur à Constantine. Il ne connaît pas les activités politiques de son frère (qui dès son service militaire, alors qu'il était sergent, se livrait à des activités nationalistes) lorsqu'il adhère au P.P.A. nouvellement constitué. En 1937, A. Filali se déplace à Bône (Annaba) avec un groupe de militants pour y implanter l'organisation. Il y est arrêté et emprisonné à la fin de l'année 1937~ Libéré, il devient membre du Comité Directeur du P.P.A. en 1938. Arrêté de nouveau, emprisonné à Constantine, il est traduit le 30 jan-

149


GOU vier 1939 devant le Tribunal correctionnel d'Alger qui le condamne à un an de. prison. Ali Filali, ,après un court moment de liberté, est de nouveau condamné par le tribunal militaire d'Alger le 17 mars 1941 à neuf ans de prison, vingt ans d'interdiction de séjour et perte de ses droits civiques. Libéré en mars 1943, il reprend ses activités de responsable de la fédération du P.P.A. du Constantinois. Après les événements de mai 1945, il s'enfuit à Oran où il interrompt ses activités militantes. Ali Filali s'établit à Alger en 1947 où il exerce la profession de tailleur. Il vit actuellement à Alger. Sources: Filali.

Archives Aix,9

GOUDJIL

H 18, rap. 26-1-1938 ; El Ouma, décembre 1939 ; entretien avec Salah

AMAR

Membre o.s. Bône (1948). Né dans le Constantinois, Amar Goudjil est membre de l'o.s. à Bône en 1948, sous la direction de Naït Atma (chef de demi-groupe). Arrêté en 1950, il est libéré le 27 septembre 1951. Sources: L'Algérie Libre dégonfle

-

6 octobre 1951, nQ 34: « Le complot colonialiste

d'avril

1950 se

~~; Alleg (lII),

GUERRAS

ABDERRAHMANE

voir notice chapitre J, série C

HADJ SAÏD CHERIF Membre membre

direction P.P.A., F.L.N. (1956).

A.ML

Constantinois

(1944);

adhérent

U.D.MA

(1946);

Né dans le Constantinois, Cherif Hadj Saïd, avocat, est membre de la direction de la Fédération P.P.A. du Constantinois, et des A.M.L. en 1944. Arrêté à la suite du 8 mai 1945, il est condamné le 8 octobre 1945 par le tribunal militaire de Constantine à deux ans de prison et 60000 F d'amende. Libéré à la suite de l'amnistie générale de mars 1946, il rejoint l'U.D.M.A. et devient délégué à l'Assemblée algérienne de 1948 à 1952. Il est blessé dans son Cabinet lors du soulèvement du 20 août 1955. Membre du F.L.N. en 1956, Hadj Saïd appartient au Cabinet d' AhmedFrancis au ministère des Finances du G.P.R.A. Sources:

Archives Aix, 9 H 51, Rap. Constantine

HARDI MOHAMMED

150

10 10/45 ; Harbi (II) ; Kaddache (II).

voir notice chapitre t, série C


KAF HASSOUMIOKBA Militant P.PA

(1943) ; responsable M.NA Constantinois

Né à Annaba

en 1924, Okba

Hassoumi

(1945).

adhère au P.P.A. pendant

la

Seconde Guerre mondiale. Il devient, après le 1er novembre 1954, responsable du M.N.A. dans le Constantinois.

Arrêté en 1956, il est libéré en 1960.

Source: Fntrelien avec M. Memchaoui.

HERGAABDELKADER Membre direction E.N.A. Guelma (1938) et P.PA du Constantinois

(1937-1939).

Né le 29 octobre 1910 à Aïn-Kerma dans le Constantinois, Abdelkader Herga suit des études primaires mais ne parvient pas à obtenir son certificat d'études. Il est réformé par le Conseil de révision, pour mauvaise vue, et n'accomplit pas son service militaire. A sa majorité, il devient propriétaire, à Petit près de Guelma, de terres que son père, Hocine Herga, lui a léguées à sa mort en 1922. Il vit modestement du produit des revenus que cette propriété lui procure. Herga Abdelkader s'engage dans l'action politique à la suite des événements de Constantine du 5 août 1934, adhère à la section de l'Étoile Nord-Africaine, dès 1935, de Guelma dont il devient l'un des responsables. Dirigeant de l'E.N.A. dans le Constantinois, il se rend en février 1937 en Tunisie avec une délégation constituée pour éclairer les nationalistes tunisiens sur le cours politique suivi par l'organisation nationaliste algérienne. Abdelkader Herga est le premier candidat du Parti du Peuple Algérien en Algérie pour une élection complémentaire municipale à Guelma, le 24 avril 1937. Bien qu'il n'ait tenu qu'une seule réunion électorale, il obtient 29 voix contre 444 voix au candidat élu, sur 561 électeurs inscrits. Il est de nouveau le candidat du P.P.A. aux élections cantonales du 17 octobre 1937. Membre de la direction du P.P.A. d'Algérie, il est arrêté et inculpé une première fois le 30 janvier 1939 par le Tribunal correctionnel d'Alger. Après la Seconde Guerre mondiale, soutenant les positions de Messali qui refuse toute collaboration avec l'Allemagne, Abdelkader Herga est condamné le 17 mars 1941 par le tribunal militaire d'Alger à neuf ans de travaux forcés, vingt ans d'interdiction de séjour et perte des droits civiques. Sources: Archives Aix, Rap. Constantine 1937 ; Collot; entretien M. Guenanèche.

2/6/37 ; El Ouma 10 mai 1937 et n° spécial octobre .

KAFI AHMED Imam EI-Harrouch (1929) ; Membre section P.PA EI-Harrouch (1937-1938).

Né en 1873 à EI-Harrouch dans le Constantinois, Ahmed Kafi est issu d'une vieille famille maraboutique originaire du douar Maouna près d'EIHarrouch. Le père d'Ahmed Kafi, Moktar Kafi, décédé en 1910, était taleb 151


KAF

et marabout. Il exerçait dans la région un ascendant moral considérable en raison de ses fonctions et des sentiments turcophiles qu'il affichait. Ami intime du conseiller municipal Ahmed Harbi, Ahmed Kafi exerce, avant la Première Guerre mondiale, la profession de taleb et remplit également l'office de marabout à l'occasion des cérémonies culturelles. Dès 1912, il est suspecté « de menées anti-françaises » par la police. On le soupçonne de «diffuser les idées du Parti Jeune Turc» et d'avoir, comme son père Moktar, « tendance à fréquenter des musulmans ayant des attaches avec des sujets tunisiens ». Ces faits motivent la fermeture de l'école coranique qu'il dirige. Mais en 1929, grâce au soutien d'Ahmed Harbi, il est choisi en qualité d'Imam de la nouvelle mosquée d'EI-Harrouch. Par la situation de premier plan que lui confère son autorité religieuse et morale, il est en 1935 l'un des artisans du succès du docteur Bendjelloul aux élections des Délégations financières. Membre de la Fédération des Élus, il entreprend des démarches pour les Oulémas dans le but de recueillir des subsides destinés à venir en aide à l'institution dirigée à Constantine par le Cheik Ben Badis. Après la dissolution de l'Étoile Nord-Africaine par le gouvernement de Front populaire, Ahmed Kafi fonde en mai 1937 un cercle des Amis d'El Duma et devient un des animateurs de la section locale du Parti du Peuple Algérien d'EI-Harrouch. Il est inculpé en avril 1938 pour « propagande antifrançaise» . Sources :Archives

Aix, 9 H20,

Rap. EI-Harrouch

27/10/38.

KAFI ALI Militant P.P.A.-M.T.L.D.Skikda (1936) ; responsable Central F.L.N. (1979).

wilaya Il (1957) ; membre Comité

Né dans la région d'EI-Harrouch, Ali Kafi, fils .d'un petit paysan, adhére dès l'âge de seize ans au M.T.L.D.Il fait ses études en arabe à la medersa El Kettania, dans la même promotion que H. Boumedienne, puis à la Zitouna. Enseignant en arabe à Philippeville (Skikda), il se prononce pour l'action armée. Adhèrant du F.L.N., recherché pour ses activités, il gagne le maquis début 1955, devient secrétaire de Zighout Youssef, puis responsable de la zone El Harrouch-Skikda-Sidi Mesrich. Lors du 20 août 1955 où, selon M. Harbi, « sa région avec celle que commande Bou Bnider commence à se mettre en mouvement, il émerge comme un des principaux dirigeants de la wilaya II ». Il assiste, comme délégué, au Congrès de la Soummam et remplace Bentobballorsque ce dernier part pour Tunis, à la tête de la wilaya II. Ali Kafi ne participe pas à la réunion interwilayas décidée par Amirouche en décembre 1958, craignant que les critiques contre le G.P.R.A.ne prennent les dimensions d'un procès. En fait, ses relations se sont détériorées avec Krim, il ne répond plus à ses messages. Dans ces conditions, il considère que cette réunion est une manœuvre de Krim exécutée par Amirouche. Dirigeant courageux (il a traversé par deux fois la meurtrière ligne Morice), Ali Kafi quitte l'Algérie en avril 1959 pour participer à la réunion des colonels. En décembre 1959, il accède au C.N.R.A.et son secrétariat. Il est ambassadeur au Caire en 1961, en Syrie en 1962, au Liban en 1965, en Libye en 1967, en Tunisie en 152


MAG 1975. Ali Kafi est membre du Comité Central du F.L.N. en janvier 1979. Sources,' A.A.N. 1979; Biographie Ali Kafi in Harbi (II) ; H.M., n° 41, art. A.P. Lentin, « F.L.N.A.L.N. : crise grave» ; Téguia.

KHÈNE LAMINE Membre du bureau A.E.M.A.N. (1951-52; (1955) ; secrétaire d'État G.P.R.A. (1958).

1954-55);

membre

fondateur

U.G.E.M.A.

Né en 1931 à Collo, Lamine Khène adhère au M.T.L.D. en 1947 et anime sa fraction étudiante. Parmi les fondateurs de l'U.G.E.M.A. en 1955, il effectue à cette époque des études de médecine, études qu'il quitte pour rejoindre les maquis à l'occasion de la grève étudiante de 1956. Capitaine dans le wilaya II, Lamine Khène s'occupe des questions sanitaires. En 1958, il est, dans le G.P.R.A., secrétaire d'État à la Jeunesse et s'occupe dans le même temps de l'organisation du F.L.N. en Tunisie. De 1962 à 1965, il achève ses études de médecine tout en étant (le 14 septembre 1962), président du Conseil d'administration de l'Organisme technique de mise en valeur des richesses du soussol saharien (organisme franco-algérien). Il devient le 22 septembre 1966, ministre des Travaux publics. Il est élu fin novembre 1972 secrétaire général de l'O.P.E.P. à compter du 1er janvier 1973. Lamine Khène est ensuite prési. dent de l'O.N.U.D.1. (Office des Nations Unies pour le Développement Industriel). Sources,' Archives U.N.E.F.; El Moudjahid, novembre 1966; Harbi Pervillé ; Algérie-Actualité n° 985, 30 août 1984 : « Serrer les rangs. »

(II);

indication

Guy

LAHMAR. HOCINE Membre fondateur U.S.T.A. (1956).

Né le 9 août 1917 à Harbel, Hocine Lahmar adhère au P.P.A.-M.T.L.D. en 1945. Il est membre de la direction de l'U.S.T.A. dès la création de ce syndicat impulsé par les messalistes. Arrêté en 1956, il est interné au camp de SaintLeu. Sources,' Télégramme du le' congrès de L'U.S.T.A. aux militants emprisonnés vailleur Algérien - juillet 1957 ; Stora (IV).

LAHOUEL

HOCINE

LAMOUDI

ABDELKADER

in La voix du tra-

voir notice chapitre III, série A voir notice chapitre III, série C

MAGHLAOUIMOHAMMED Membre direction M.T.L.D.Skikda (1953) ; membre direction U.G.TA (1962). 153


MAR Né à Skikda, Mohammed Maghlaoui est un des responsables du M.T.L.D. de la ville de Skikda. Il fait partie des premiers groupes armés du mouvement National Algérien dans le Constantinois. A Skikda, il organise avec Salah Boulkeroua une action armée contre un .policier algérien. Arrêté, il s'évade de la prison de Constantine avec Ben Boulaïd, et milite au Front de Libération Nationale. Il est,après 1962, secrétaire de l'U.G.T.A. chargé de la formation. Sources: Entretien avec M. Harbi, El Moudjahid, 24 octobre 1984 : « Ben Boulaïd, l'organisateur émérite ».

MAHMOUD

ABDELKRIM

Militant M.T.L.D.(1953) ; membre Comité Centràl F.L.N. (1962).

Né le 29 avril 1929 à Sétif, Abdelkrim Mahmoud, militant M.T.L.D., après des .études universitaires part à Prague suivre un stage de formation politique. Il occupe ce poste pendant la guerre. Après l'indépendance, il est sous-préfet de Colomb-Béchar et membre du Comité Central du F.L.N. En 1964, il est nommé préfet de Constantine, puis va représenter son pays en Syrie. Il participe à. Alger à la préparation de la Conférence afro-asiatique. Rallié au Conseil de la Révolution, il est nommé le 10 juillet 1965, ministre de la Jeunesse et des Sports, puis en 1972, ministre des Enseignements primaires et secondaires. Sources:

A.A.N. 1965, 1972 ; Le Monde, juillet 1965 ; Fond I.H.T.P. ; thèse Albert Fitte.

MECHATI

MOHAMMED

MELLAHSLIMANE

MENDJLI

voir notice .chapitre III, série C

voir notice chapitre III, série C

ALI

Conseiller municipal M.T.L.D.

Jemmapes

(1947)

; membre

état-major

A.L.N. (1959).

Né le 7 décembre 1922 à Jemmapes (Azzaba), Ali Mendjli est cafetierlimonadier dans cette ville lorsqu'il adhère au P.P.A.-M.T.L.D. Il est conseiller municipal de Jemmapes de 1947 à 1954. Dans la crise du M.T.L.D., il participe au congrès organisé par les « centralistes » à Alger en août 1954. Ali Mendjli prend le maquis après le 20 août 1955 et se retrouve chargé par la wilaya II en 1956 de discuter l'intégration de la base de l'Est à la wilaya II. Il quitte la wilaya 11 et est expédié en Tunisie à la fin de l'année 1956. Après avoir occupé les fonctions de commissaire du gouvernement auprès du tribunal qui a jugé les officiers de l'A.L.N. compromis dans « le complot des colonels », il exerce des responsabilités de plus en plus importantes dans la zone frontalière algéro-tunisienne. Membre de l'état-major (1959-1962), il a une autorité suffisante pour s'imposer comme interlocuteur auprès des chefs de la Garde nationale tunisienne avec lesquels l'A.L.N. doit établir les règles d'une coopération 154


MIM qui n'est pas toujours aisée. Après l'indépendance, Ali Mendjli est vice-président de l'Assemblée nationale, membre du deuxième Bureau Politique et du deuxième Comité Central du F.L.N., ainsi que député' à l'Assemblée nationale. Il se rallie au Conseil de la Révolution après le coup d'État du 19 juin 1965. Il s'en retire en 1967, après des désaccords avec le colonel, Boumedienne. Sources: A.A.N.1962, 1964, 1%5; Le Monde, 19 mai 1961, « Le Commandant Mendjel» ; 22 avril et 27 mai 1964 ; H.M.n° 82, art. A.P. Lentin, « Boumedienne songe au pouvoir ».

MEZHOUDI BRAHIM Membre direction P.P.A.-M.T.L.D. Constantinois (1956) ; député Bône (1962).

(1948);

délégué

congrès

Soummam

Originaire des Nementchas, Brahim Mezhoudi, d'abord dirigeant des Oulémas, rejoint le P.P.A. lorsqu'il étudie à la Zitouna de Tunis avec Chaddly Mekky. Il prend position pour Messali dans la crise du M.T.L.D. puis rejoint le F.L.N. dès sa création. Brahim Mezhoudi est un des responsables de la wilaya II. Délégué du Nord-Constantinois au Congrès de la Soummam, il est envoyé, à l'issue de ce Congrès, pour tenter de rétablir l'ordre dans les Nememtchas alors en proie à de violentes dissensions. B. Mezhoudi est, en septembre 1962, député d'Annaba à l'Assec-blée nationale algérienne. Sources: Harbi (II, III) ; Téguia ; Zagoria p. 68.

MEZIANI SALAH Membre direction P.P.A. Constantinois

(1933).

Né dans le Constantinois, Salah Meziani est responsable d'un secteur du P.P.A. de Constantine en 1944. Arrêté à la suite des événements du 8 mai 1945, il est condamné par le tribunal militaire de Constantine le 8 octobre 1945 à dix-huit mois de prison et 20000 F d'amende. Sources: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Constantine 10/10/45.

MIMOUM

SALAH

Membre direction P.P.A. Bône (1937).

Né en 1912 à Bône (Annaba) dans le Constantinois, Salah Mimoum est issu d'une famille d'origine kabyle. Son père, venant de Kabylie, s'était installé en 1890 comme fripier au marché arabe de. Bône. Salah Mimoum, lettré en arabe, obtient son certificat d'études primaires et acquiert la citoyenneté française. Il adhère au Parti du Peuple Algérien en 1937 dans la section de Bône dont il devient l'un des responsables. Source: Archives Aix,9 H 47, Rap. Bône 20/1/38. 155


SAA SAADOUN MOHAMMED Représentant

M.N.A.à l'étranger (1956).

Né à, Collo, Mohammed Saadoun, professeur d'arabe à Orléansville adhère au P.P.A. en 1944. Il devient le représentant du Mouvement National Algérien (M.N.A.)à l'étranger, en particulier à Londres. Il rentre en Algérie après 1962 où il est professeur d'anglais et d'arabe jusqu'à sa mort, en 1975. Sources: L'Algérie Libre d'Orléansville.

-

n° 125, 17 septembre

1954:

« Le Comité

d'aide

aux sinistrés

»

SAHLI MOSTEFA Membre direction

P.P.A.

Bône (1944).

Né dans le Constantinois, Mostefa Sahli, préparateur en pharmacie, est membre de la direction de Bône du P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Chargé de la liaison entre Alger et la Fédération du Constantinois, il est arrêté le 27 mai 1945. Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Constantine 24/7/45.

SAIFI AÏSSA Membre direction P.P.A. Constantinois

(1937).

Né à El Milia dans le Constantinois, Aïssa Saifi adhère à l'Étoile NordAfricaine en 1936 et devient membre du bureau fédéral du Parti du Peuple Algérien dans le Constantinois en 1937. Artêté en 1940, il est condamné le 17 mars par le tribunal militaire d'Alger à cinq ans de prison, vingt ans d'interdiction de séjour et perte des droits civiques. Sources:

Archives Aix, circulaire P.P.A. du Constantinois

du 16/2/37 ; Kaddache (II).

SAOUT -EL-ARAD voir notice BOUBNIDER SALAH, même série SOUIDANI

DOUDJEMAA

voir notice chapitre III, série C

TAFFAR DACHIR Membre bureau section P.P.A. Djidjelli (1938).

Né le maire de Élève de huit ans,

156

23 septembre 1916 à Djidjelli, Bachir Taffar fréquente l'école priDjidjelli jusqu'à l'âge de seize ans et obtient son certificat d'études. l'école d'apprentissage de Dellys, il exerce ensuite dès l'âge de dixle métier de menuisier, puis de liègeur. Le 16 septembre 1937, à la


ZAD

suite d'une réunion organisée à Djidjelli par le P.P.A. d'Alger, il fait partie du bureau de la section de Djidjelli chargé de la diffusion d'El Ouma. Bachir Taffar est en 1938 le principal responsable de la section du P.P.A. de Djidjelli. Source: Archives Aix, 9 H 47, Rap. DjidjelIi 2/12/37.

TEBIBEL

MOHAMMED

Responsable P.P.A. Bougie (1944). . Né dans le Constantinois, Mohammed Tebibel est responsable de la section de Bougie en 1944. Il est arrêté à la suite du 8 mai 1945 et condamné le 8 octobre 1945 par le tribunal militaire de Constantine « à quinze mois de prison et 20000 F d'amende ».

Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Constantine 10/10/45.

TELLI BACHIR Conseiller municipal M.T.L.D.Philippeville (1953).

Né dans le Constantinois, Bachir Telli adhère au P.P.A. avant la Seconde Guerre mondiale. Conseiller municipal de Philippeville en 1951, il meurt le 17 janvier 1953. Sources: L'Algérie Libre

-

n° 62, 5 mars 1953 : « Bachir TelIi n'est plus. »

YOUNSI OMAR Membre bureau section P.PA Djidjelli (1937).

Né le 9 octobre 1911 à Djidjelli, Omar Younsi est issu d'une famille modeste dont le père est brocanteur. Il fréquente l'école primaire jusqu'à l'âge de treize ans et exerce la profession de liègeur, puis d'électricien. Il adhère au Parti du Peuple Algérien en 1937 et devient membre du bureau de la section de Djidjelli, s'occupant de la vente d'El Ouma. Source:

Archives Aix, 9 H 47, Rap. DjidjelIi 2/12/37.

ZADI CHERIFF Militant M.T.L.D.et F.L.N. Constantine

Né dans Constantine. pour Messali 1er novembre

(1950-1955).

le Constantinois, Cheriff Zadi est commerçant en friperie à Militant du M.T.L.D. il s'engage contre les «centralistes» et Hadj dans la crise de l'organisation nationaliste. Après le 1954, il rejoint Zighoud Youssef et commet les premiers atten157


ZAR

tats dans la ville de Constantine. Accusé de noyauter l'A.L.N. au profit de Messali, il passe devant un tribunal militaire et est fusillé~ Source: M. Harhi (I).

ZAHOUANE

HOCINE

Militant M.T.L.D.(1954);

officier wilaya III (1957) ; membre du Bureau Politique F.L.N.

(1964).

Né à Bordj:.Menaïel, Hocine Zahouane adhère au M.T.L.D. alors qu'il est encore lycéen, en 1954. Emprisonné de 1955 à 1957, il gagne le maquis en Kabylie à sa sortie de prison. Officier de la wilaya III, il rejoint le G.P.R.A. en mars 1960 pour l'informer sur la situation difficile en Kabylie. Membre du Bureau Politique du FLN. en 1964 (chargé du secteur « orientation »), il participe au premier Congrès de l'union régionale de l'U.G.T.A. d'Alger, où il déclare: « Les travailleurs algériens doivent accéder au pouvoir politique. » Il s'oppose au coup d'État du 19 juin 1965, est emprisonné, puis assigné à résidence dans le Sud de 1965 à 1971. Il vit en exil en France après 1973, et rentre en Algérie après la mort de H. Boumedienne. Sources: A.A.N.1964; déclàration de M. Harbi et H. Zahouane, Les Temps Modernes, juilIet 1973; L'Internationale, n° 25, septembre 1964.

ZBIRI TAHAR Militant M.T.L.D.(1950) ; membre C.N.R.A. (1959).

Né vers 1930 près de Bône (Annaba), Tahar Zbiri est chef d'équipe aux mines de l'Ouenza lorsqu'il adhère au P.P.A.-M.T.L.D. Militant de la C.G.T., il participe à la préparation de l'insurrection du 1er novembre 1954, dans la région de Guelma. Arrêté et condamné à mort en 1955, il s'évade en novembre 1955 de la prison de Constantine avec M. Ben Boulaïd. Membre de la direction des Aurès, il entre au C.N.R.A. en 1959 et devient colonel commandant de la wilaya I de 1960 à 1962. Il contribue en 1962 à faire passer les maquisards de la wilaya I dans le camp du groupe de Tlemcen, puis prend le commandement de la 5e région militaire. Chef d'état-major de l'armée en 1963, il participe au coup d'État du 19 juin 1965 qui renverse Ben Bella et se retrouve membre du Conseil de la Révolution. Déçu de la modeste place faite aux maquisards au sein de l'A.N.P., il tente un coup d'État en décembre 1967 et échoue dans son entreprise. Il vit en exil et rentre en Algérie après la mort de H. Boumedienne. Sources: A.A.N. 1965; H.M. n° 87, art. A.P. Monde, 1%3 ; Courrière (I).

ZIGHOUD

158

Lentin:

«L'A.L.N. lutte pour sa survie»

YOUSSEF voir notice chapitre III, série C

; Le


ZIO ZIOUI SMAÏL Responsable P.P.A. Saint-Arnaud

(1945).

Né dans le Constantinois, Smai:1 Zioui,auxiliaire médical, est le responsable de la section du P.P.A. de Saint-Arnaud en 1945. Source.. Archives Aix, 9 H 51, Rap. Constantinois.

159


SÉRIE C

KABYLIE

ABBANE RAMDANE ABDOUN MAHMOUD. ACHACHIMOHAND AISSAT IDIR AIT AHMED HOCINE AIT ELHADJ M'BAREK AIT HAMOU AMAR AIT MEDRI BELAID AIT ZAOUCHE MAAMAR AKLI SAID ALI AMI ALI YAHIA ABDENOUR AMIROUCHE AMRANI SAID AMROUCHE AHMED AOUCHICHE MOHAND ASSELAH HOCINE BELAID MOHAMMED BELHADJ MOHAMMED BELHOCINE MABROUK BELLOUNIS MOHAMMED BENAHMED MOHAMMED BEN MAHJOUB OMAR BENNAI OUALI BOUDA AHMED BOUDAOUD OMAR BOUHOUCHE AMAR BOURMACHE MOKRANE BOUZERAR SAID BOUZOUZOU MAHMOUD CHAOUCHE MOSTEFA CKEIKH AMAR DEHILÈS SLlMANE DJEMAA AREZKI DJERMANE AREZKI DOUAR MOHAMMED EL HADJ SID FERHA T ALI FERKOUL LARBI

FERNANE HANAFI GUEMRAOUl GUERBI HADDAD OMAR HADOUCHELAKHDAR HAFJAOUl TAHAR HALlT SID ALI HAMMOUCHE HOCINE HÉNINE y AHIA KHELlF A TI MOHAND KHELLlL AMAR KHETT AB LOUNAS KOURDOUGHLI M'HAMED KRIM BELKACEM LADJOUZI MOHAMMED TABAR LAIMÈCHE ALI LALEG LOUNIS LAMARI MOHAMMED LAMARI SAID MAZOUZI MOHAND MEHENNA MELLAH ALI MIRA ABERRAHMANE MOGARI ALI MOKRI HOCINE OUAMRANE AMAR OUBOUZAR SAID OULD HAMOUDA AMAR OULEBSIR LARDI OUSSALAH ALI OUSSEDIK OMAR RAMDANIMOHAMMED SID AHMED HOCINE SIDI MOUSSA SI HAMMOUD y AZOURENE MOHAMMED ZAMOUM ALI ZAMOUM MOHAMMED ZEKKAL MOHAMMED ZEROUALI MOHAMMED

* Ne figurent pas dans cette série les militants de l'immigration en France nés en Kabylie. Figurent dans cette série des militants nés en Kabylie et responsables sur Alger. Les notices des noms, en caractères renforcés, sont développés dans d'autres notices. 161


ABBANE RAMDANE (1920-1957) Responsable P.PA région Sétif (1948) ; membre C.N.RA et C.E.E. F.L.N. (1956-1957).

Né le 10 juin 1920 au village Azouza dans le douar Aït-Iraten près de Fort-National dans une famille très pauvre, Abbane Ramdane effectue ses études au collège de Blida et obtient son baccalauréat en 1941. Sous-officier dans l'armée française pendant la Seconde Guerre mondiale, il devient secrétaire adjoint de la commune mixte de Châteaudun-du-Rummel et entre au P.P.A. dès 1943. Il se consacre dès lors, exclusivement, à l'action politique. Responsable dans la région de Sétif, il est arrêté en 1950 à Annaba, où il devait prendre la direction de la wilaya en remplacement de Tayeb Boulahrouf. Impliqué dans l'affaire de l'o.s., il est condamné le 7 mars 1951 par la Cour d'appel d'Alger à six ans de prison, dix ans d'interdiction de séjour et privation des droits civiques, 500000 F d'amende. Détenu en 1953 à Ensishen dans le Haut-Rhin, dans une lettre publiée par l'Algérie Libre (nO 67, 20 mai 1953), il relate ses dures conditions de détention et engage une grève de la faim, interrompue de force. Abbane Ramdane est libéré le 19 janvier 1955 de la prison de Maison-Carrée, le. directeur de la maison pénitentiaire refusant de l'accepter à cause des grèves qu'il avait organisées. Contacté par Ouamrane, il rejoint le Front de Libération Nationale. Il s'impose très vite, au titre de conseiller politique de la zone algéroise désigné par Krim Belkacem, comme la véritable « tête politique» du Front. Son orientation est celle du ralliement au F.L.N. de toutes les composantes algériennes, à l'exception des messalistes. Il mène à bien le ralliement au Front de l'U.D.M.A., du P.C.A., de certains élus, des Oulémas; met au point la centralisation des liaisons entre les différentes zones à l'intérieur du pays comme avec la délégation extérieure. L'apogée de son influence coïncide avec -le congrès de la Soummam en 1956 où il fait adopter une plate-forme politique et une formule de direction que désapprouvent Ben Bella et Boudiaf. Membre du C.N.R.A. et du C.E.E. en 1956-1957, il sort affaibli et isolé de l'échec de la Bataille d'Alger mais refuse de revenir sur les décisions du congrès de la Soummam (primauté de l'intériel.1r sur l'extérieur et du politique sur le militaire). Son intransigeance ayant suscité contre lui des haines tenaces, surtout de la part des colonels de l'A.L.N. qu'il accusait d'incapacité et d'arrivisme, vivant alors à Tunis, con163


ABD

duit au Maroc, il est exécuté en décembre 1957. Ce n'est qu'en mai 1958, que le journal El Moudjahid annonce la mort d'Abbane Ramdane dans les termes suivants: « Dans la première quinzaine d'avril un violent accrochage entre nos troupes et celles de l'ennemi devait mettre la compagnie de protection de notre frère Abbane dans l'obligation de participer à l'engagement. Au cours du combat qui dura plusieurs heures, Abbane fut blessé. Tout laissait espérer que ses blessures étaient sans gravité. Entouré de soins vigilants, nous espérions que la constitution robuste d'Abbane finirait par l'emporter. Pendant des semaines nous sommes restés sans nouvelles, persuadés cependant qu'il triompherait encore une fois de l'adversité. Hélas! une grave hémorragie devait lui être fatale. » Sources: L'Algérie Libre, n° 67, 20 mai 1953 : « lettre d'un détenu» ; El Moudjahid, n° 24, 29 mai 1958: «Abbane Ramdane, mort au champ d'honneur»; biographie in Courrière (Il) ; Duchemin; Harndani ; Harbi (I et Il) ; Lejaoui (I et Il) ; Lever et Droz ; Paillat ; Vatin.

ABDOUN MAHMOUD

voir notice chapitre III, série A

ACHACHIMOHAND Agent de liaison M.T.L.D.Kabylie (1953).

Né en Kabylie, Achachi Mohand est militant du P.P.A.-M.T.L.D. à Tigzirt. Agent de liaison de Krim Belkacem, il est arrêté le 2 janvier 1954. Les policiers français mettent plusieurs mois à analyser les papiers découverts à son domicile. Sources: Harndani ; Paillat.

AISSAT IDIR voir notice cbapitre III, série C AiT AHMED HOCINE voir notice cbapitre III, série A

AiT ELHADJ M'BAREK Militant E.NA France (1935), P.P.A. Kabylie (1940).

Né en Kabylie, M'Barek Aït Elhadj adhère à l'E.N.A. en France puis poursuit son engagement dans le. rangs nationalistes au douar des Beni-Quadf pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était en 1943, selon les Mémoires d'Aït Ahmed, «une véritable institution, à la fois un bottin et un bulletin d'informations nationalistes ». Source: Mémoires Aït Ahmed.

164


AKL AiT HAMOU AMAR Membre direction P.P.A. Beni-Ouacif (1941).

Né en Kabylie, Amar Aït Hamou, instituteur au douar des Beni-Ouacif, est directement en contact avec H. Asselah, membre de la direction clandestine du P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Il entretient en 1941 des relations amicales et politiques avec le responsable des S~outs Musulmans Algériens, Bouras (voir sa biographie). Après avoir été inspecteur d'académie en Côte-d'Ivoire il prend sa retraite en France. Source.' Mémoires Ait Ahmed.

AiT HAMOUDA

voir notice AMIROUCHE, même série

AÏT MEDRI BELAÏD Responsable P.P.A.Kabylie (1949). Né en Kabylie, Belaïd Aït Medri, issu d'une famille très pauvre, accomplit de brillantes études chez les Pères Blancs. Il devient responsable du canton de Michelet du P.P.A. en 1945. Il participe à la conférence des cadres de 1946, fait partie de la délégation de la Kabylie au congrès de 1947.II est en 1949 responsable de toute la Kabylie du P.P .A. au moment de la «crise berberiste », alors que la plupart des dirigeants sont emprisonnés. Il voit sa confiance dans la direction ébranlée, demande la convocation d'un congrès, puis démissionne de ses responsabilités. Il est abattu en 1964 en Kabylie. Sources: Mémoires Ait Ahmed; archives privées.

AÏT ZAOUCHE MAAMAR Responsable P.P.A., o.s. Aïn-Temouchent

(1945-1950).

Né en Kabylie, Aït Zaouche Maamar est membre du comité local du P.P.A. d'Aïn Temouchent en mai 1945. Il est arrêté en juin 1945. Libéré, il devient un des principaux responsables de l'o.s. dans l'Oranie. Arrêté en 1950, sa peine est confirmée par la cour d'appel d'Alger le 24 mai 1951 à cinq ans de prison, dix ans d'interdiction de séjour. Sources: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie 1945; L'Algérie Libre, n° 27, 24 mars 1951, « Le Procès d'Oran ».

AKLI sAiD Organisateur P.P.A.-M.T.L.D.Alger (1945).

Restaurateur place Hoche à Alger, Saïd Akli participe en 1948 avec Aït Ahmed à une mission de prospection et de reconnaissance entre Cherchell et Tenès pour le compte de l'o.s. Son restaurant sert de lieu de refuge aux mili165


ALI tants du P.P.A.-M.T.L.D.Saïd Akli sera l'un des acteurs de la «Bataille d'Alger» en 1957. Sources: Mémoires Aït Ahmed; Téguia.

ALI AMI Responsable

P.P.A.-M.T.L.D. Dra-EI-Mizan

(1947).

Né en Kabylie, Ami Ali, responsable du P.P.A. à Dra-EI-Mizan, est membre de la délégation de la Kabylie au congrès de 1947. Il prend le maquis, est transféré à Alger où il vit clandestinement en 1948. Source: MémoiresAït Ahmed.

ALI YAHIA ABDENOUR Militant P.P.A..M.T.L.D.Michelet (1945) ; secrétaire général V.G.T.A. (1961) ; député TiziOuzou (1962), ministre des Travaux Publics et des Transports (1965) ; ministre de l'Agriculture (1966).

Né le 18 janvier 1921 à Michelet, Abdenour Ali Yahia, instituteur, adhère au P.P.A.-M.T.L.D. en 1945. Il quitte le P.P.A. à la suite de la crise berberiste en 1949. Rallié au F.L.N. au début de l'année 1955, secrétaire du syndicat des dockers, membre fondateur de l'U.G.T.A., il est arrêté dans la nuit du 23 au 24 mai 1956. De 1957 à 1960, il se trouve assigné à résidence à Berrouaghia, Paul Cazelle et Lodi. Libéré, il prend en 1961 la responsabilité de l'U.G.T.A. dont il devient Je secrétaire général et qu'il représente en décembre 1961 au Congrès de la F.S.M. tenu à Moscou. Élu le 20 septembre 1962 député de TiziOuzou, il se rallie à la rébellion d'Aït Ahmed de septembre 1963 puis se range à la position de Ben Bella, accède au Comité Central du F.L.N. en avril 1964. Le 10 juillet 1965 il est nommé par le colonel H. Boumedienne au ministère des Travaux Publics et Transports, puis le 24 septembre au ministère de l'Agriculture et de la Réforme agraire en remplacement d'A. Mahsas. Il quitte cette fonction gouvernementale le 7 mars 1968. Après des études de droit, Ali Yahia Abdenour exerce ensuite la profession d'avocat à Alger. Avocat à la Cour d'appel et à la Cour suprême, il plaide souvent devant la Cour de sûreté de Médea, le tribunal militaire de Blida. Il est arrêté en 1983, et libéré en mai 1984. Sources: A.A.N. 1%2, 1964, 1965, 1966, 1968 ; Le Monde, octobre 1983 ; Lebjaoui (I) ; F. Weiss.

AMIROUCHE

22 avril, 25 avril, 27 mai 1964 ; 28

(de son vrai nom AÏT HAMOUDA)

(1926-1959)

Membre de l'o.s. (1948) ; responsable F.L.N.vaUée de la Soummam (1955) ; responsable wilaya III (1956). Né le 31 octobre 1926 à Tassaft-Ouagemoun (douar des Aït-Ouacif), petite localité du Djurdjura, Amirouche est issu d'une famille modeste. Son père, qui sympathise avec les idées culturelles et politiques des Oulémas, lui donne 166


AMR une éducation en arabe. Il monte un petit commerce de bijouterie à Relizane. Adhérant du P.P.A.-M.T.L.D.en 1947, il quitte Relizane pour Alger où il travaille un temps au siège de l'organisation nationaliste, place de Chartres. Il entre à l'o.s. en 1948. Amirouc:be est arrêté et incarcéré en 1950 lorsque la répression s'abat surIes militants de l'o.s. Libéré en 1952, interdit de séjour à Alger, surveillé de près par la police de Relizane, il décide de se rendre en France. Il lllilite à Paris dans la Kasma du quinzième arrondissep ment du M.T.L.D. qui, après le 1er novembre 1954, sera l'une des premières à adhérer à la Fédération de F&ance lorsque celle-ci sera constituée par Terbouche. Rentré en Algérie en décembre 1954, Amirouche prend contact avec les maquis F.L.N. de la région d'Ouacifdont il prend la direction après la mort du responsable Cheik Amar. Sur proposition de .Krim Belkacem, il devient responsable du F.L.N. de toute la vallée de la Soummam, de Sidi Aïch à Bouira. Amirouche engage, en 1955 dans la vallée de 'la Soummam, lecornbat contre les maquis M.N.A. de Bellounis qu'il réussit 'à '1'epousser dans le Sud algérien. Il établit son quartier général à l'est du Djurdjura, dans la région des Bibans et se hisse au rang de principal adjoint de Krirn Belkacem. Partageant entièrement la vie de ses djounouds, il fait régner une discipline très stricte car préoccupé par les possibilités « d'infiltration» et de trahison dans ses rangs. Caressant l'idée de procéder à une refonte de l'organisation qui redonnerait la primauté à « l'intérieur» sur «l'extérieur», il se met en route le 6 mars 1959 pour Tunis, avec Si Haouès. Le 28 mars 1959, entre Djelfa et Bou Saada, au cours d'un combat qui oppose 40 djounouds à 2 500 soldats français, Amirouche est tué avec Si Haouès.

-

n° 17, le' fév. 1958 :« Lettre du colonel Amirouche, commandant de la wilaya 3 au C.E.E. » ; H.M., n° Il, «Amil'ouche le terrible» ; H.M. n069, « Le dernier jour d'Amirouche» ; Bromberger ;biographie in Courrière (II et III) ; SIimane Chikh; Harndani; M. Téguia.

Sources: El Moudjahid

AMRANI SAiD voir notice chapitre III, série A

AMROUCHE AHMED Responsable P.P.A. Maillot (1938).

Né près de Mail1ot, Ahmed Amrouche, membre du Palti du Peuple Algérien, refuse de collaborer avec le régime de Vichy en 1940. Il est condamné, avc toute la direction du P.PA, le 17 mars 1941 parle tribunal militaire d'Alger à cinq ans de prison, vingt ans d'interdiction de séjour et perte de droits civiques. Source: Kaddache (II).

167


AOU

AOUCHICHE

MOHAND

Responsable P.P.A. Dra-EI-Mizan

(1937).

Né près de Dra-EI-Mizan en Grande Kabylie, Mohand Aouchiche est président d'honneur de la section des Amis d'El Ouma en 1937 du douar Mechtras (région Dra-EI-Mizan) qui regroupe 15 adhérents. Militant du P.P.A., il refuse de collaborer avec le régime de Vichy et se retrouve condamné le 17 mars 1941 par le tribunal militaire d'Alger à cinq ans de prison, vingt ans d'interdiction de séjour et perte de ses droits civiques. Chef de la région de Dra-EI-Mizan du P.P.A., il est de nouveau arrêté après le 8 mai 1945 et torturé. Receveur de tramways à Alger, il est arrêté sur sa voiture par les militaires français pendant la guerre d'Algérie. Sources: Archives Aix, 11 H 50 ; entretien avec S. Bouzerar.

ASSELAH HOCINE voir notice chapitre III, série A BELAÏD MOHAMMED Responsable E.N.A.Alger (1936) ; membre Comité Directeur P.P.A. Alger (1938).

Né dans la région de Mizrana en Grande Kabylie, Mohammed Belaïd est le premier permanent de l'E.N.A. à Alger durant l'été 1936, au moment du passage de Messali Hadj. Après la dissolution de l'organisation nationaliste, il devient membre du Comité Directeur du P.P.A. d'Algérie en 1938. Arrêté en septembre 1939, il est condamné le 17 mars 1941, avec toute la direction du P.P.A., par le tribunal d'Alger à cinq ans de prison, vingt ans d'interdiction de séjour et perte des droits civiques. Il meurt au camp de Berrouaghia en 1942. Sources: Archives Aix, Il H 50. Rap. C.l.E.9/39 ; Indications M. Memchaoui.

BELHADJ MOHAMMED Délégué Kabylie congrès P.P.A-M.T.L.D.(1947).

Né en Kabylie, Mohammed Belhadj, marchand de légumes, est membre de la direction P.P.A. de Tizi-Ouzou en 1943. Il participe, en tant que délégué du district de la Kabylie, au congrès du P.P.A.-M.T.L.D.de 1947. Source: Mémoires Aït Ahmed.

BELHOCINE

168

MABROUK voir notice chapitre I, série C


BEL BELLOUNIS MOHAMMED (1912-1958) Responsable P.PA Kabylie (1948) ; responsable maquis M.NA (1955).

Né en 1912 à Bordj-Menaïel, Mohammed Bellounis entre en 1938 au P.P.A. Impliqué dans les événements du mois de mai 1945, il est temporairement détenu. Selon les Mémoires d'Aït Ahmed, il représente avec Zerouali (voir sa biographie), « chacun une version du zapatisme, le type mexicain de la contre-violence populiste et massive contre les structures d'oppression politique et de surexploitation sociale». Responsable de la région de BordjMenaïel, il prend contact au nom du M.T.L.D; avec le groupe des bandits d'honneur de cette région, envoie des lettres de menace au caïd après la fermeture par l'administration de la Zaouiya de Sid Amor Cheriff à Abbo, qui aurait servi de lieu de réception à l'occasion d'un banquet en l'honneur de

Messali. M. Bellounisfait partie de la délégationde la Kabylieau 1er Congrès

du M.T.L.D. en 1947. Figure importante du mouvement nationaliste en Kabylie à cette époque, un rapport de police indique que le mariage de M. Bellounis, le 6 septembre 1947, a été « l'occasion pour les milliers de personnes présentes à la cérémonie de verser à la taoussa (quête), trois millions vont ainsi au M.T.L.D.». Peu après, il se signale aux élections municipales d'octobre 1947, en faisant abattre des adversaires du mouvement nationaliste. Candidat à l'Assemblée algérienne, il est emprisonné à Barberousse en 1948. Il reste fidèle à Messali Hadj dans la crise du M.T.L.D. et devient responsable de la Kabylie à la fin du mois d'août 1954, avec Larbi Oulebsir, au moment où Krim Belkacem rompt avec la direction messaliste. Six mois après le 1er novembre 1954, Mohammed Bellounis se voit confier par Messali le commandement des groupes armés (dijichs) du M.N.A. en Kabylie. Selon un « rapport» de Mokhtar Zitouni daté de décembre 1955, et cité par M. Harbi, il dispose de 1 200 fusils et 40000 cartouches. En mars 1957, le F.L.N. engage d'importantes forces et les maquis de Bellounis cèdent du terrain, se replient vers le Sud. Le massacre de Melouza par des unités de l'A.L.N. le 28 mai 1957, l'incite à se tourner vers l'armée française et à rechercher son aide dans sa lutte contre le F.L.N. Devenu « général» de l'A.N.PA (Armée Nationale du Peuple Algérien), Bellounis abjure au cours d'un entretien à la radio française le 3 décembre 1957 toute appartenance au parti de Messali et déclare que «l'Algérie doit dans tous les cas rester liée à la France ». En retour, il se voit attribuer la région délimitée par le quadrilatèr~ Bou Saada, Sidi Aïssa, Geryville et Ghardaïa, zone d'opérations contre le F.L.N. Les troupes de Bellounis reçoivent de l'armée française des subsides réguliers, un appui sous forme de matériel. Jusqu'en mai 1958, le M.N..A.ne se prononce pas publiquement sur la trahison de Bellounis, et cette attitude renforce l'isolement de l'organisation messaliste. Le « général» Bellounis entre en conflit avec les autorités françaises. Devenu plus gênant qu'utile, il est abattu par les hommes du 3e R.P.I.M.A. le 14 juillet 1958, c'est-à-dire au moment où s'effectuaient les premières désertions dans ses maquis. Sources: Le Monde, 5 et 6 décembre 1957, ainsi que 16 et 17 juillet 1957 avec une carte des opérations temporaires de Bellounis ; texte de Messali Hadj pour la Conférence des Cadres du M.N.A., avril 1958 ; La Voix du Peuple avril 1958 ; El Moudjahid, le' janvier 1958 : « La trahison de Bellounis » ; n° 31, le' novembre 1958 ; Mémoires Aït Ahmed; Courrière (III) ; Harbi 169


BEN (III) ; Oppermann; Paillat ; Tripier; annexe XVIIin Téguia : « messages radio sur la désertion des bellounistes ».

BENAHMED

MOHAMMED

(dit commandant MOUSSA)

Militant U.D.M.A.,puis M.T.L.D.(1954) ; commandant

frontières Est (1960).

Commerçant aisé, Mohammed Benahmed milite d'abord à l'U.D.M.A. puis adhère au M.T.L.D. et soutient la tendance centraliste dans la crise de l'organi-

sation nationaliste. Après le 1er novembre 1954, réfugié au Maroc, il obtient le commandement de la région d'Aïn-Sefra/Geryville. Nommé commandant des frontières Est en février 1960, il s'exile quelque temps à Tripo,li après le soulèvement du camp de Kebdani. Il rentre en Algérie en 1962 et fait partie du groupe d'officiers qui s'opposent à l'état-major du colonel Boumedienne. Membre du P.R.S., il rejoint le F.F.S. et est arrêté à la fin de l'année 1963. Condamné à mort en 1964, gracié et libéré en 1965, il se retrouve membre du Conseil de la Révolution, puis se consacre aux affaires. Sources: Moussa»

A.A.N. 1965; Le Monde, ; Harbi (II).

BEN MAJHOUB Membre

direction

14 juillet .1964, J.F. Kahn:

«Arrestation

du commandant

OMAR

o.S. (1949)

; membre

D.P. F.L.N. (1964).

Adhérent du P.P.A.-M.T.L.D. au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Omar Ben Mahjoub est membre de la direction nationale de l'o.s. en 1950, responsable du « service complicité ». Il est arrêté à la suite du démantèlement de l'o.s. en 1950. Il rejoint le F.L.N. et devient membre de la direction du commissariat politique dans l'armée extérieure. Omar Ben Mahjoub est élu membre du bureau politique du F.L.N. en 1964-1965. Il est aujourd'hui avocat. Sources:

A.A.N. 1964, 1965 ; Alleg (I) ; Heggoy.

BENNAI

OUALI

voir notice chapitre III, série A

BOUDA AHMED voir notice chapitre I, série A BOUDAOUD

OMAR

Membre direction P.P.A.-M.T.L.D. (1957),

membre

C.N.RA

Kabylie

(1946),

responsable

Fédération

de France

F.L.N.

(1959).

Né le 5 mai 1924 à Tigzirt (sur mer) en Kabylie, Omar Boudaoud après avoir obtenu son certificat d'études poursuit ses études dans une école d'arboriculture à Mechtras. Il quitte l'école à l'âge de dix-sept ans. Par un ami de Tizi-Ouzou qui lui ramène un tract, il découvre l'existence de l'organi170


BOU sation nationaliste, le P.P.A. Il demande à rentrer en contact avec elle et rencontre M. Zerouali (voir sa biographie) qui lui confie tout de suite la responsabilité de Reibeval/Tigzirt. Il participe régulièrement à la réunion de toutes les régions-communes de Kabylie sous la direction de Halit Sid Ali. Alors qu'il se prépare à l'insurrection décidée pour le 23 mai 1945 en Kabylie, le contrordre lui parvient dans l'après-midi par l'intermédiaite de Djemaa Arezki. Il est arrêté le 31 mai 1945. Libéré après l'amnistie de mars 1946, il devient responsable de la région Dellys-Tigzirt-Abbo. Omar Boudaoud fait partie des 15 militants qui forment la délégation de la Kabylie au 1er congrès du M.T.L.D. en février 1947. Responsable régional de l'o.s. en Basse Kabylie, .il est arrêté en 1949 à Reibeval (Baghlia) au moment où éclate la « crise berbériste ». Libéré en 1951, il se rend en France où il devient gérant de café, vendeur au magasin « Le Bon Marché ». Il prend position pour le courant activiste, contre Messali dans la crise qui secoue le M.T.L.D.. Omar Boudaoud rejoint le F.L.N. dès sa création, se rend au Maroc en 1955. Après l'arrestation de M. Lebjaoui, S. Louanchi en février 1957, il prend (à la suite de Tayeb Boulahrouf) la responsabilité de la Fédération de France du F.L.N. Il y exerce une influence prépondérante puisqu'il assure la liaison avec le C.E.E. Omar Boudaoud accède au C.N.R.A. en 1959 et fait partie de son bureau à la veille de l'indépendance de l'Algérie. En 1964, il est membre du Comité Central du F.L.N. et élu député. Sources: A.A.N. 1964, Alleg (II, III) ; Mémoires Aït Ahmed; Ali Haroun et O. Boudaoud.

BOUHOUCHE

Lebjaoui (I) ; entretien avec maître

AMAR

Responsable section Dellys du P.P.A. (1938).

Né le 4 juin 1916 à Dellys en Grande Kabylie, Amar Bouhouche, lettré en français et en arabe, assiste son père dans un commerce de céréales à Dellys. Il est vice-président de la section du Parti du Peuple Algérien <;leDellys en 1938. Source:

Archives Aïx, 9 H 47, Rap. Tizi-Ouzou 22/2/38.

BOURMACHE Responsable (1938).

section

MOKRANE P.P.A. Belcourt

(1937)

; membre

Comité

Directeur

P.P.A. d'Algérie

Né en 1913 en Kabylie, Mokrane Bourmache dit « Ouazzani » exerce la profession de cuisinier dans différents restaurants d'Alger. Autodidacte, il parle et écrit couramment l'arabe. Il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1936 et devient responsable de la section de Belcourt du P.P.A. puis de Maison Carrée. Membre du Comité Directeur du P.P.A. d'Alger en 1938, Mokrane Bourmache apporte la contradiction dans des réunions publiques aux Oulémas, à F. Abbas. Arrêté en 1938, il est condamné à quinze ans de travaux forcés. Avec la direction du P.P.A. emprisonnée qui refuse la collabora171


BOU

tion avec le régime de Vichy, il est de nouveau condamné le 17 mars 1941 à neuf ans de travaux forcés, vingt ans d'interdiction de séjour et perte des droits civiques. Torturé, mis en situation d'isolement total à Miliana, il perd la raison et est hospitalisé à l'hôpital psychiatrique de Blida de 1944 à 1965. Sources: Archives Aix, 9 H20, Rap. Alger 20/10/38 M. Memchaoui. Entretien avec S. Bouzerar.

; 9 H 47, Rap. Alger 20/4/38 ; indications

BOUZERAR SAÏD Militant E.N.A. Alger (1930) ; adjoint au maire Hussein-Dey (1947) ; membre fondateur U.S.T.A.(1956).

Né le 14 novembre 1903 près de Bougie, Saïd Bouzerar appartient à une famille de paysans pratiquant l'élevage et le labourage. Il se rend à Paris en 1923, travaille dans une société de transports. En 1924, en âge d'être incorporé, il se met en situation d'insoumission par solidarité avec les insurgés du Rif. Réfugié en Belgique, il est arrêté par la gendarmerie aux environs de Lyon en 1928. S. Bouzerar rentre à Alger en 1930 où il travaille au C.F.R.A. Membre de la C.G.T.U., il adhère à l'E.N.A. en 1932 et devient président de la section des traminots pendant le Front populaire. Organisateur de la manifestation du 1er mai 1945 à Alger, il est à ce moment responsable de BelcourtRuisseau-Kouba du P.P.A. S. Bouzerar est élu adjoint au maire d'Hussein-Dey aux élections municipales de 1947. Dans la crise du M.T.L.D., il prend position contre le cours centraliste et rejoint le M.N.A. dès sa création. C'est lui qui dépose, le 14 février 1956, les statuts de l'U.S.T.A. à la préfecture d'Alger. Il est arrêté la même année et interné au camp de Saint-Leu. Libéré en 1958, il vit à Alger après l'indépendance. Sources: L'Algérie Libre, 17 sept. 1954, n° 125 : «Le Comité d'aide aux sinistrés d'Orléansville» ; Télégramme du 1er Congrès de l'U.S.T.A. aux militants emprisonnés in La Voix des Travailleurs Algériens, juillet 1957 ; entretiens avec des militants algériens et S. Bouzerar.

BOUZOUZOU

MAHMOUD

Président S.M.A. (1947) ; directeur El Manor

(1951).

Né près de Bougie, Mahmoud Bouzouzou adhère au P.P.A. en 1944. Enseignant en arabe et écrivain, il devient président des Scouts musulmans algériens lors de l'assemblée générale qui se tient à Sidi Ferruch en 1947. Les congressistes l'élisent à ce haut poste de responsabilité en dépit des pressions exercées par l'administration française. En mars 1951, Mahmoud Bouzoùzou dirige El Manar, journal de langue arabe, théoriquement indépendant, en fait entièrement subventionné et contrôlé par le M.T.L.D. Il prend position pour Messali dans la crise qui secoue le M.T.L.D., vit à Genève pendant la guerre d'Algérie et décide de s'y établir. Sources:

172

Kaddache (II) ; entrètiens avec des militants algériens.


DJE CHAOUCHE MOSTEFA Responsable section P.PA Dellys (1937-1938).

Né le 4 mars 1912 à Dellys en Grande Kabylie, Mostefa Chaouche passe avec succès son certifieat d'études primaires et occupe la profession de clerc d'huissier. Il est licencié de son travail dès son adhésion au Parti du Peuple Algérien dont il devient l'un des responsables. . Source: Archivt:s Aix, 9 H 47, Rap. Tizi-Ouzou 22/2/38.

CHEIKH AMAR Membre direction P.P.A-M.i.L.D. Michelet (1948) ; responsable (1954).

maquis Michelet F.L.N.

Né en Kabylie, Aït Cheikh Amar adhère au P.P.A. après la Seconde Guerre mondiale à Michelet. Il appuie la position de Aït Ahmed dans la « crise berberiste » de 1949, avec Amar Ouamrane. Premier responsable des maquis de la zone de Miehelet en 1954, il participe à l'insurrection du 1er novembre et meurt en janvier 1955 dans un accrochage avec les troupes françaises. Amirouche est son successeur. Sources:

H.M. n° 14 ; Mémoires Aït Ahmed;

Courrière (II).

DEHILÈS SLIMANE (dit colonel SADDEK) Militant P.PA Kabylie (1945) : membre C.N.H.A. (1957-1962)

; député (1962).

Né aux Ouadhias en Grande Kabylie, Slimane Dehilès, chauffeur de taxi, adhère au P.P .A. en 1945 et se trouve aux côtés de Krim lorsque ce dernier forme un maquis dès 1947. Il s'établit ensuite dans l'Est de la France à Remiremont et' rejoint les maquis algériens le 2 novembre 1954. Il assiste au congrès de la Soummam, délégué de la zone IV (Algérois) et dirige la wilaya au moment du départ de Ouamrane pour la Tunisie. Colonel commandant de la wilaya IV, il est membre du C.N.R.A. de 1957 à 1962 et devient l'adjoint de H. Boumedienne qui prend la tête du C.O.M. Ouest en 1958. Après l'indépendance, député pour le département de Tizi-Ouzou en 1962, Slimane Dehilès est dirigeant du F.F.S. de 1963 à 1965. Sources: A.A.N. 1962 : El Moudjahid, armée et sa stratégie»; H.M. n036: Téguia.

n° 9, 20 août 1957, article du Colonel Saddek : « Notre «Où en est la wilaya IV ? »; Hamdani; Harbi (II) ;

DJEMAA AREZKI Membre

direction

P.PA

(1943).

Né en Basse Kabylie, Arezki Djemaa adhère au P.P.A. avant la Seconde Guerre mondiale et devient membre de sa direction clandestine. Trésorier de l'organisation, il est arrêté en avril 1943. Agent de liaison entre le Bureau 173


DJE Politique et la Kabylie, il transmet le 16 mai 1945 au conseil de district de la Kabylie, réuni à Tizi-Ouzou, l'ordre d'insurrection. Arezki Djemaa anime en 1946 un Comité de Vigilance Révolutionnaire qui demande la convocation d'un congrès du P.P.A. Sources:

Mémoires Aït Ahmed;

DJERMANE Militant C.G.T.

Collot;

Harbi (II) ; Kaddache (II).

AREZKI et P.P.A.-M.T.L.D. (1946)

; membre-fondateur

U.S.T.A. (1956).

Né en Kabylie, Arezki Djermane adhère au Parti du Peuple Algérien (P.P.A.) en 1944 et est élu conseiller municipal à Alger sur la liste du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques en 1947. Employé de la Régie des Transports Algériens, militant de la C.G.T., il prend position pour Messali Hadj dans la crise du M.T.L.D. Il est parmi les fondateurs de l'Union des Syndicats des Travailleurs Algériens (U.S.T.A.) où il occupe le poste de trésorier adjoint en 1956. Il est arrêté et interné au camp de Saint-Leu en 1956, puis libéré, il regagne l'Algérie en 1960. La Voix du Peuple annonce l'assassinat d'Arezki Djermane par le Front de Libération National à Alger en 196L Sources: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Alger 11/10/47; télégramme du 1er Congrès de l'U.S.T.A. aux militants emprisonnés in La Voix du Travailleur Algérien, juillet 1957 ; La Voix du Peuple, juillet 1%1 ; entretien avec Mustapha Ben Mohammed; Entretien avec S. Bouzerar.

DOUAR MOHAMMED (1912-1943) Conseiller Général d'Alger (1939), membre direction P.PA (1939-1943).

Né en 1912 en Kabylie, Mohammed Douar travaille au Chemin de Fer sur Route d'Alger lorsqu'il adhère en 1932 au Parti National Révolutionnaire. Il passe, avec Mezerna et Mestoul à l'Étoile Nord-Africaine lors de la création de l'association à Alger en 1933. Sa personnalité apparaît sur le devant de la scène politique au moment de l'élection cantonale d'avril 1939 lorsque le Parti du Peuple Algérien décide de présenter sa candidature. Un des dirigeants du Congrès Musulman, Lamoudi écrit alors: «Je ne dirai rien du pauvre Douar dont j'entends parler pour la première fois. » Le «pauvre Douar» l'emporte au deuxième tour, le 30 avril 1939, avec 5 920 voix sur 12 311 votants. Le conseil de préfecture d'Alger annule l'élection de Mohammed Douar le 3 juin 1939 en proclamant élu « l'administratif» Zerrouk Mahieddine. Dans le même temps, M. Douar soutient la position de Messali emprisonné contre les responsables du P.P.A. qui entendaient obtenir un soutien matériel de l'Allemagne pour la libération de l'Algérie. Inculpé à la suite de la manifestation du 14 juillet 1939 du P.P.A., avec Madame Messali et M. Khider, mais laissé en liberté, il coordonne l'activité du P.P.A. clandestin au moment où commence la guerre mondiale. Un décret-loi du 8 juin 1940 déclare M. Douar définitivement déchu de son mandat de conseiller général. Il est muté à la « section spéciale indigène» stationnée à Reggan 174


FER dans le Sud algérien puis transféré au bagne de Lambèze où il meurt victime de mauvais traitements, le 25 janvier 1943. Sources: Archives Aix, 9 H 18, Rap. Alger 16/8/39; Memchaoui ; Ageron (I) ; Collot; Kaddache (I et II).

El Ouma avril 1939; indications

EL HADJ SID voir notice chapitre III, série B FERHAT

ALI

Responsable P.P.A. Igoufrane (1939).

Né en Kabylie, Ali Ferhat, menuisier à Tizi-Rached, anime en 1939 une section du P.P.A. au village d'Igoufrane, douar Ighalen. Adversaire de Messali pendant la « crise berbériste » en 1949, il est blessé de plusieurs coups de revolver par Krim Belkacem. Après cette tentative d'assassinat, Ali Ferhat fait une mise au point où il affirme: « Pour ma part, j'ai toujours pensé que l'Algérie n'est ni arabe, ni berbère et ne peut être qu'algérienne. » Sources:

Mémoires Aït Ahmed;

FERKOUL Responsable

Harbi (II) ; Kaddache (II).

LARDI dit «SI TAHAR» M.T.L.D.-M.N.A. Alger (1954).

Né le 9 février 1924 au douar Harbil près de Guergour, Larbi Ferkoul milite au M.T.L.D. d'abord en Kabylie, puis à Alger où il prend position pour Messali dans la crise du M.T.L.D. Arrêté en 1956, il est accusé de « transports d'armes et d'explosifs» par le T.F.P.A. d'Alger qui, le 14 août 1957, le condamne à dix ans de travaux forcés. Sources: Archives Y. Jouffa ; LA.P.n° 124.

FERNANE

HANAFI

Militant o.s. Kabylie (1947) ; responsable Larbaa (1954).

Né près de Fort-National, Hanafi Fernane est militant de l'o.s., en Kabylie. Arrêté en 1950, sa peine est confirmée par la cour d'appel d'Alger le 15 janvier 1952, à quâtre ans de prison et cinq ans d'interdiction de séjour. Libéré, il devient responsable de la région de l'Arbaa et participe aux opérations du 1er novembre 1954. Il est abattu par les forces de police en 1955, alors qu'il effectuait une mission à Alger. Sources: L'Algérie Libre, n° 82, tO octobre 1953: «Liste de quelques condamnations.» Mémoires Aït Ahmed; H.M.n° Il ; Courrière (II).

175


GUE GUEMRAOUI

GUERBI

Membre direction P.PA-M.T.L.D. Kabylie (1947).

Né en Kabylie, Guerbi Guemraoui est responsable du P.P.A. dans la région du Sud-Djurdjura. Il appuie les positions de Krim dans la crise du M.T.L.D., participe aux préparatifs de l'insurrection en Kabylie (avec Saïd Batouche et Mohamed Amouche). Il meurt lors d'un accrochage avec les troupes françaises en mars 1955 dans la zone de Bouira. Sources:

H.M. n° 11 : « Amirouche le terrible»

HADDAD

OMAR

; Abbas (II) ; Lebjaoui (II).

(dit « YEUX-BLEUS

»)

Membre o.s. (1947) ; membre Comité Central F.L.N.(1962). Militant du P.A.A. depuis 1943, Omar Haddad participe à l'attentat de Kabylie contre le bachagha Aït Ali en septembre 1945. Il prend ensuite le maquis, se réfugie à Alger et devient militant de l'o.s. en 1947. Boulanger dans la Casbah, puis vivant à Turenne (Sabra) près de la frontière marocaine, il fait partie du commando de. l'o.s. qui attaque la poste d'Oran le 5 avril 1949. Il est condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'Oran le 21 juin 1950. Recherché, il gagne Le Caire en 1953. Il rejoint le F.L.N. dès 1954 où il est affecté à la logistique. Après 1962, Omar Haddad est député, puis membre du Comité Central jusqu'au 19 juin 1965. Sources: A.A.N. 1964 ; Mémoires Mt Ahmed;

Harbi (II) ; Kaddache (II).

HADOUCHE LAKHDAR (1926-1982) Membre de l'o.s., Conseiller municipal Tazmalt.

Né vers 1926 à Tazmalt en Kabylie, Lakhdar Hadouche rejoint le P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Il devient en 1947 conseiller municipal de sa ville natale, membre de l'o.s., il est arrêté en 1950, condamné à cinq ans de prison qu'il accomplit avec Abane Ramdane. Libéré en 1955, il se rend en Algérie et décide de militer au M.N.A. Lakhdar Hadouche est de nouveau arrêté en 1956 et interné à Saint-Leu. Après l'indépendance, fidèle à Messali Hadj, il est de nouveau arrêté et passe plusieurs années en captivité. Sources:

Liste de militants M.N.A. 1960 ; indications M. Memchaoui ; entretien avec S. Bouzerar.

HAFJAOUI TAHAR Responsable section P.P.A. Bouira

(1937).

Né en Grande Kabylie, Tabar Hafjaoui est responsable de la section de Bouira du Parti du Peuple Algérien qui compte en 1937 une centaine d'adhérents. Source: 176

Archives Aix, 9 H 47, Rap. Alger 9/12/37.


KHE

HALIT SID ALI Délégué général direction P.P.A. Kabylie (1943).

Né en Kabylie, Sid Ali Halit habite dans la Casbah d'Alger. Il fréquente d'abord les milieux des Oulémas dans l'entre-deux-guerres puis adhère au P.P.A. Clerc d'avoué à Tizi-Ouzou, il s'efforce d'y implanter le P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale, puis devient délégué général de la direction de l'organisation nationaliste pour toute la Grande Kabylie en 1943. Arrêté en mai 1945, torturé, il parvient à s'évader de la villa Susini. Sid Ali Halit participe à la rédaction d'un rapport politique pour les délégués de Kabylie au congrès de 1947. Sources: Mémoires Aït Ahmed; Harbi. (II)

HAMMOUCHE

HOCINE

Membre direction P.P.A.-M.T.L.D.Dra-El-Mizan (1949) ; militant F.L.N. (1954).

Né en 1913 dans la région de Tizi-Ouzou, Hocine Hammouche dit « Si Mohtouil », rejoint le P.P.A. en 1944. Il s'occupe des liaisons et de l'hébergement des militants qui rejoignent le maquis à la suite de la répression de 1945. Il prend le maquis au début début de l'année 1949 dans la région de Dra-EI-Mizan et devient membre de la direction de la daÏra. Il participe, le 15 février 1954, à la réunion des responsables de Kabylie qui se rangent sur les positions de Krim dans la crise du M.T.L.D. Il conduit les opérations dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, à Tizi Renif, Dra-EI-Mizan, Boghni, Tizi Nlata et Tizi-Ouzou. Arrêté le 12 novembre 1954, Hocine Hammouche est libéré en avril 1962. Sources: Interview Hocine Hammouche n° 40 ; Hamdani.

in Révolution

Africaine,

2 novembre

1963, n° 40 1963,

HÉNINE YAHIA Membre direction presse P.P.A.-M.T.L.D. (1947).

Né en Kabylie, Yahia Hénine, militant du P.P.A., effectue des études de droit à l'université d'Alger où il anime en 1944 l'A.E.M.A.N. Il devient ensuite membre de la Commission de presse du journal El Maghreb El Arabi en 1947. Au moment de la « crise berbériste », après avoir demandé la convocation d'un congrès, il quitte le P.P.A.-M.T.L.D. pour rejoindre le P.C.A. en 1950. Sources:

Mémoires

Aït Ahmed;

Harbi (II) ; Kaddache (II).

KHELIFATI SI MOHAND AMOKRANE Organisateur E.NA-P.P.A. Kabylie (1940).

Né le 6 octobre 1912 à Michelet, Si Mohand Amokrane Khelifati est issu d'une grande famille maraboutique de Kabylie. Il entreprend des recherches 177


KHE sur la langue berbère et notamment sur sa transcription. Il complète un alphabet berbère en 1934. Adhérent de l'E.N.A. en 1936, puis du P.P.A., il prend le maquis le 10 juin 1940, est arrêté et interné au camp de Djenien Bourezg. Libéré en décembre 1943, il reprend ses activités nationalistes. Vivant dans la clandestinité depuis mai 1945, il est arrêté en mars 1946, condamné à deux ans de prison et emprisonné à Lambèze. Libéré à la fin de l'année 1948, il est dépêché par Ould Hamouda en France pour tenter de régler les problèmes surgis au cours de la « crise berbériste ». A Paris le 30 avril 1949, il rompt avec le P.P.A. qui ne prend pas en considération sa proposition de demande d'un congrès extraordinaire du Parti. Il n'adhère après 1954 ni au F.L.N.ni au M.N.A. Source: Notes de Amar Ouerdane à partir d'un entretien avec Khelifati.

KHELLIL

AMAR

Membre direction P.PA (1939) ; responsable syndicat des restaurateurs Né en 1905.

d'Alger (1947).

Né à Tirmitine, village de la commune mixte de Mirabeaù (Dra-BenKhedda), Amar Khellil assure la direction effective du P.P.A. clandestin (avec Debaghine et Mezerna) entre 1939 et 1943, en relation avec Messali emprisonné à Maison-Carrée. Il fait partie du Comité Central du P.P.A. réunifié avec l'Organisation en 1944. Chargé d'opérer la liaison entre la direction d'Alger et la Kabylie en 1945-1946, il tente d'aplanir les divergences portant sur des questions organisationnelles. Il est candidat du M.T.L.D. dans la souspréfecture de Tizi-Ouzou aux élections du 10 novembre 1946, et n'est pas élu. Restaurateur à Alger rue René Caillé (son restaurant sert de boite à lettres pour l'organisation nationaliste), il assume en 1947 la direction du syndicat des restaurateurs de la capitale. Amar Khellil tient actuellement un magasin de chaussures à Alger. Sources: Mémoires Aït Ahmed; Harbi (II) entretiens avec des militants algériens; S. Bouzerar.

KHETTAB

LOUNAS

Membre o.s. (1949).

Né en Kabylie, Lounas Khettab, militant du P.P.A., prend le maquis dans l'été 1945 après avoir exécuté le caïd d'un douar de Bordj-Menaïel. A la suite de l'assassinat d'un responsable du P.P.A. au douàr Errich, il revendique, avec son frère Amar, dans une lettre aux autorités, les représailles qui ont eu lieu contre les tueurs. « Recasé» en Oranie par l'o.s., il fait partie du commando qui organise l'attaque contre la poste d'Oran en 1949. Lounas Khettab participe, avec son frère, aux opérations du 1er novembre 1954. Source: Mémoires Aït Ahmed.

178


LAM

KOURDOUGHLI

M'HAMED

Membre direction P.P.A. Dellys (1937). Né le 13 février 1916 à Alger, M'Hamed Kourdoughli a d'abord été employé chez un avocat, puis occupe la profession de chauffeur à Denys. Il rejoint le Parti du Peuple Algérien en 1937 et devient responsable de la section de Denys du P.P.A. en 1938. Source: ArchivesM, 9 H 47, Rap. Tizi-Ouzou22/2/38.

KRIM BELKACEM LADJOUZI LAÏMÈCHE

voir notice chapitre III, série C

MOHAMMED

TAHAR voir notice chapitre III, série A

ALI (1925-1946)

Membre direction P.P.A. Kabylie (1945).

Né en 1925 au douar Tizi-Rached, village d'Icheraïouen en Kabylie, Ali Laïmèche, militant du P.P.A., est arrêté une première fois au printemps 1943 pour avoir été pris en flagrant délit de distribution du Manifeste. En mai 1945, il est affecté à Fort-National et organise un commando d'une centaine de volontaires à Tizi-Rached. Après avoir obtenu sa première partie de baccalauréat, il retourne en Kabylie et fait partie de la direction P.P.A. de la région Michelet. Il meurt le 2 août 1946 de la parathyphoïde. Son enterrement se déroule dans son village natal en présence de plusieurs milliers de personnes. Source: Archives Aix, 9 H 47 ; Mémoires Ait Ahmed.

LALEG LOUNIS Membre

Né çant à l'Étoile Peuple

E.N.A. et direction

P.P.A. Dellys (1936-1938).

le 11 février 1913 à Denys en Grande Kabylie, Lounis Laleg commerDenys, est le correspondant dans cette ville du journal BI Duma de Nord-Africaine pendant le Front populaire. Il adhère au Parti du Algérien, dès la création de la section locale de Dellys.

Source: Archives Aix, Tizi-Ouzou 22/2/38.

LAMARI MOHAMMED Membre direction P.P.A. Alger (1938).

Né à Guergour en Petite Kabylie, Mohammed Lamari est militant de l'Étoile Nord-Africaine à Alger en 1936. Il devient trésorier de la section du Parti du Peuple Algérien du douzième arrondissement et membre de la direc179


LAM tion du P.P.A. d'Alger. Il tente de réorganiser le P.P .A. d'Alger au moment où s'ouvre la Seconde Guerre mondiale, mais est arrêté en 1940. Mohammed Lamari est condamné le 17 mars 1941 par le tribunal militaire d'Alger à seize ans de travaux forcés vingt ans d'interdiction de séjour et perte des droits civiques. Sources:

Archives Aix, 9 H 47, Rap. Alger 6/8/37 ; Kaddache (II).

LAMARI SAÏD Membre direction P.P.A. Alger (1937-1942),

fondateur U.S.T.A. (1956).

Né à Guergour, Saïd Lamari est vice-président de la section de Belcourt d'Alger du Parti du Peuple Algérien de 1937 à 1939. Il est arrêté en 1939, libéré en 1941 et devient trésorier adjoint dans la direction clandestine du P.P.A. d'Alger en 1942. Il travaille à l'Électricité et Gaz d'Alger (E.G.A.) après la guerre. Il prend position pour Messali dans la crise du M.T.L.D. et participe à la fondation du syndicat impulsé par les messalistes, l'Union des Syndicats des Travailleurs Algériens en février 1956. Il est arrêté et interné au camp de Saint-Leu le 1er mai 1956. Sources: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Alger 6/8/37; La Voix du Travailleur Algérien, juillet 1957, télégramme du le' congrès de l'U.S.T.A.aux militants emprisonnés; Stora (IV). Entretien avec S. Bouzerar. 10

MAZOUZI MOHAND SAÏD Membre direction P.P.A. et A.M.L.Dellys (1944) ; député Tizi-Ouzou.

Né le 29 juin 1924 en Kabylie d'un père caïd, Mohand Saïd Mazouzi effectue des études primaires à Dellys et secondaires à Tizi-Ouzou. Il adhère au P.P.A. en 1943 par l'intermédiaire d'un ouvrier militant de l'E.N.A. en France, Mahmoudi, de retour dans son village de Kabylie. Envoyé d'Alger pour organiser le P.P.A. en Kabylie, Zerouali contacte Mazouzi et lui demande de structurer le secteur de Dellys. Il développe également les A.M.L. lorsque lui parviennent les échos des événements de mai 1945. Avec Zerouali, il passe outre la décision de contrordre d'insurrection générale et organise avec lui un attentat contre le bachaga Aït Ali près de Tigzirt. L'attentat échoue et tous deux sont arrêtés le 15 septembre 1945. Il est inculpé le 9 novembre pour « tentative d'assassinat et atteinte à la sûreté de l'État », et écroué à Barberousse. Transféré en 1948 à la prison de TiziOuzou où les détenus politiques de 1945 étaient regroupés, il entame une grève de la faim de 14 jours. Il est condamné le 28 février 1952 à vingt ans de travaux forcés par le tribunal de Blida et incarcéré dans la prison de la ville. La Cour de cassation suspend la décision et M. Mazouzi est transféré successivement à Barberousse, Melun, Chaumont, puis à Oran en juillet 1953. C'est là, par l'intermédiaire de son avocat, maître Thuveny, qu'il apprend l'insurrection du 1er novembre 1954. Il n'est jugé définitivement qu'en 1959, quatorze ans après les faits qui lui sont reprochés, et libéré en 1962. Dès l'indépendance, Mohand Saïd Mazouzi est nommé coordinateur de la Fédéra180


MEL tion F.L.N. du département

de Tizi-Ouzou, et en 1963, membre de la Commis-

sion de préparation du congrès du

F.L.N.

Élu en septembre 1963 député de Tizi-Ouzou à l'Assemblée nationale, il devient membre de la direction centrale du F.L.N. et président de la commission des organisations internationales. Le 16 avril 1966, il est wali de TiziOuzou et le 8 mars 1968, ministre du Travail et des Affaires sociales. Dans le gouvernement du 23 avril 1977, M. Mazouzi est ministre des Moudjahidines. Il est en 1979 memfJre du Bureau Politique du F.L.N., président de la commission des élections et des élus. Sources: A.A.N. 1964, 1968, 1977, 1979; Interview M. Mazouzi in Révolution Africaine, 2 novembre 1963, n° 40 ; Algérie-Actualité, 4-9 mai 1969; Fond I.H.T.P.; Mémoires Aït Ahmed.

MEHENNA Responsable

P.P.A.

Azazga (1947).

Né en Kabylie, Mehenna, responsable P.P.A. d'Azazga, est membre de la délégation de Kabylie au congrès de 1947 du P.P.A.-M.T.L.D. Il est ensuite cuisinier dans le restaurant que tient Khellil à Alger. Source: Mémoires Aït Ahmed.

MELLAH ALI (dit SI CHERIF) Membre direction O.S. Kabylie (1947) ; membre C.N.H.A.(1957).

Né en Grande Kabylie, Ali Mellah, militant du P.P.A., organise et fortifie les futurs noyaux de la résistance en Kabylie en tant que responsable de l'o.s. Maquisard après le démantèlement de l'organisation paramilitaire, il soutient le point de vue de Krim sur la crise du M.T.L.D. en février 1954. Il est désigné comme l'un des responsables de la Basse Kabylie et participe à l'insurrection du 1er novembre 1954. Il dirige les troupes de l'A.L.N. au printemps 1955 dans la région Bou Saada-Djelfa. DcHégué de la zone Sud au congrès de la Soummam, le procès-verbal du 20 août 1956 des responsables de l'Oranie (cité par M. Harbi) ne le mentionne pas dans les participants de cette réunion (<<excusé après avoir adressé son rapport à la réunion»). A. Mellah est toutefois désigné membre du C.N.R.A. chargé de la wilaya VI (Sahara) sous le nom de « Si Cherif» dans le Sud algérois en mars 1957. Il nomme pour combattre sous ses ordres le capitaine Amar dit « Rouget» et Cherif Saïdi, ancien sergent de l'armée française en Indochine. Ali Mellah est assassiné sur ordre de Cherif Saïdi, qui refusait tout responsable non originaire du Sud. Pour M. Téguia, le meurtre d'Ali Mellah traduit «les résurgences d'attitudes régionalistes ou tribales liées à ce manque de liaison et d'échanges entre wilayas de l'intérieur ». El Moudjahid annonce en août 1957 qu'il est « tombé à la tête de ses troupes dans le Sud algérois ». La direction de l'A.L.N. envoie Si M'Hammed, Si Lakhdar, Tayeb Djoghali et le commandant Azzedine pour redresser la situation dans la wilaya du Sud. Sources: El Moudjahid, n° 9, 20 août 1957 : « Le colonel Si Cherif» Hamdani ; Harbi (I et III).

; Abbas (II) ; Azzedine ;

181


MIR MIRA ABDERRAHMANE

voir notice chapitre I, série C

.

MOGARI ALI (dit DJILALLI) Militant"P.P.A., maquisard Kabylie (1947).

Né au douar Beni-Khalfoun près de Palestro en Kabylie, prend le maquis en 1948, puis est transféré par la direction du M.T.L.D. dans l'Oranie. Il gagne le Caire en 1953 où il se lie avec H. Boumedienne. Source: Mémoires Aït Ahmed.

MOKRI HOCINE

(1905-1958)

Membre direction P.PA Alger (1938), dirigeant des A.M.L. (1944) ;responsable (1954).

M.N.A.

Né à Isseville en Grande Kabylie, Hocine Mokri, chauffeur de taxi, rejoint le Parti du Peuple Algérien dès sa création. Fondateur de la section Notre-Dame d'Afrique, il est secrétaire du Comité Fédéral d'Alger et participe à ce titre à la réunion du Congrès Musulman de septembre 1938. Après l'arrestation de la direction au moment où s'ouvre la Seconde Guerre mondiale, il coordonne l'activité clandestine du P.P.A. à partir de novembre 1940. Il négocie en 1949 avec Hocine Assabah, au nom du P.P.A., avec les représentants de F. Abbas à propos du statut des Amis du Manifeste et de la Liberté. Il prend position pour Messali dans la crise qui secoue le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques et devient commissaire politique du Mouvement National Algérien dans les maquis de Bellounis. Ce dernier le fera assassiner parce que Hocine Mokri s'était élevé contre sa politique. Sources: Archives Aix, P H20, Rap. Alger 4/9/38 ; Collot; tiens avec des militants algériens; S. Bouzerar.

OUAMRANE

Harbi (II) ; Kaddache (II). Entre-

AMAR

Membre direction P.P.A.-M.T.L.D. (1957) ; député (1962).

Kabylie

(1945);

membre

C.N.R.A.

(1956),

C.E.E.

Né le 19 janvier 1919 au douar Frikat, près de Dra-EI-Mizan, Amar Ouamrane est le fils d'un agriculteur et petit éleveur. Il obtient son certificat d'études et s'engage dans l'armée française, devient rapidement sous-officier. Au lendemain du débarquement allié, il traverse la Méditerranée avec la première armée, remonte le Rhône sous les ordres de De Lattre, fait la campagne d'Italie où il est décoré. A son retour en France, il adhère au P.P.A. et à l'École militaire de Cherchell, il diffuse activement parmi ses compagnons la littérature et les idées de son parti. Il entraîne l'adhésion d'un groupe de tirailleurs de Cherchell, mais ce groupe ne passe pas à l'action le 24 mai 1945, obéissant au contrordre reçu. Il est arrêté le 28 mai 1945, transféré à Alger, torturé. Il comparaît devant le tribunal militaire qui le condamne à 182


OUL mort. Il préparait, explique l'accusation, «la prise de la caserne de Chercq.ell ». Amnistié le 26 novembre 1946 après un séjour à la maison centrale de Lambèze, il regagne son douar, devient responsable de la Kasma du P.P.A., puis adjoint du responsable régional KrimBelkacem. Au cours de la campagne pour les élections municipales de 1947, mandaté par A. Mezerna, il est arrêté à nouveau. Au cours de sa fuite, il tire sur un gendarme, et à partir de ce moment, plonge dans la clandestinité car condamné à mort par contumace. Sous de fausses identités, il travaille comme saisonnier agricole. Dans la crise de l'organisation nationaliste, il prend d'abord position pour Messali en février 1954 contre les centralistes, puis adopte le point de vue sur le passage à ~'action armée. Amar Ouamrane opère à partir du premier novembre dans la région de Mirabeau, puis dans la vallée du Haut-Sebaou. Il quitte ce terrai~ pour prendre, à la place de Rabat Bitat, le commandement de la wilaya IV. Il déplace en conséquence son P.C. vers le secteur PalestroBou Zegza-Rivet. Il organise le reportage de Robert Barrat dans le maquis, prend contact avec le syndicaliste Chaulet et avec le professeur Mandouze, rencontre Germaine Tillion. Après son commandement en second de la Kabylie, puis son commandement de l'Algérois, il devient l'adjoint militaire de Lamine Debaghine, le responsable chargé du service de la logistique de l'extérieur. Membre du C.N.R.A., après octobre 1956, il est chargé par le C.E.E. de faire rentrer les partisans de Ben Bella dans le rang. Responsable de l'armement et du ravitaillement (mars 1958), il est progressivement relégué à l'arrière-plan. Représentant du F.L.N. en Turquie en 1960, il rompt avec Krim en 1962 à la session du C.N.R.A. de Tripoli et soutient Ben Bella. Député à la première Assemblée constituante en 1962, il se retire de la vie politique, se consacre à ses affaires. Sources: A.A.N. 1962; Interview France-Observateur, 15 septembre 1955; H.M. n° 16, art. R. Barrat. « Information et subversion» ; Mémoires Aït Ahmed; AlIeg (l, Il, III) ; Courrière (l, II) ; Duchemin; Hamdani ; Jacquin; Paillat; Tripier.

OUBOUZAR Responsable

SAÏD

P.P.A.-M.T.L.D. Tizi-Ouzou

(1948).

Né en Kabylie, Saïd Oubouzar est membre de la délégation de la Kakylie au congrès de 1947 du P.P.A.-M.T.L.D. Responsable politique de la région de Tizi-Ouzou, il est arrêté à Alger en 1949. Sources:

H.M. n° 14 ; Mémoires Aït Ahmed;

OULD HAMOUDA OULEBSIR

Courrière (Il).

AMAR : voir notice chapitre III, série A

LARDI voir notice chapitre III, série B

183


ous OUSSALAH ALI (1924-1946) Organisateur P.PA Kabylie (1945).

Né en 1924 au village Boushel situé près d'IcheraÏouen en Kabylie, Ali Oussalah fait partie de l'équipe P.P.A., en 1945, chargée des liaisons et de la distribution de la littérature nationaliste. Atteint de paratyphoïde, il meurt en 1946. Source: Mémoires Aït Ahmed.

OUSSEDIK OMAR voir notice chapitre III, série A. RAMDANI

MOHAMMED

(1911-1983)

Adhérent P.P.A. (1938) ; secrétaire général V.S.TA (1956).

Né à Toudja en 1911, Mohammed Ramdani adhère au Parti du Peuple Algérien avant la Seconde Guerre mondiale. Traminot d'Alger, employé à la R.T.A., il est membre de la Commission Ouvrière du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques en 1950. Il se range du côté de Messali dans la crise du M.T.L.D. et se lance au printemps 1955 dans la construction d'un nouveau syndicat. Il devient le premier secrétaire général de l'Union des Syndicats des Travailleurs Algériens en février 1956. Il est arrêté peu après et interné au camp de Saint-Leu puis à Bossuet. Libéré peu avant l'indépendance, Mohammed Ramdani est mort à Alger en 1983. Sources: La Voix du travailleur algérien, n° l, mars 1957 ; Stora (IV) ; F. Weiss; Entretiens avec des militants algériens; S. Bouzerar.

SID AHMED HOCINE Membre délégation Kabylie Congrès P.P.A. (1947).

Né dans le village de Sumer en Kabylie, Hocine Sid Ahmed, aspirant de l'école d'élèves officiers de Cherchell, adhère au P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Il participe aux préparatifs d'insurrection décidée en mai 1945. Il assiste à la conférence des cadres de 1946, puis est membre de la délégation de Kabylie au congrès du P.P.A.-M.T.L.D. de 1947. Il est aujourd'hui fonctionnaire à Alger. Sources: Mémoires Aït Ahmed; entretiens avec des militants algériens.

SIDI MOUSSA Étudiant, militant Kabylie (1942), Alger (1943).

Né en Kabylie, Sidi Moussa adhère au P.P.A. au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale. Il tente à Michelet, selon le témoignage de Aït 184


ZAM Ahmed, d'« haranguer les hommes en disant que cette guerre n'était pas la leur et que s'ils devaient accepter de mourir, c'était pour l'Algérie ». Il est le secrétaire général du bureau provisoire de la section universitaire des A.M.L. en 1945, selon le journal «Egalité» du 16 mars 1945, cité par G. Pervillé. Il devient membre du Barreau de Sétif pendant la révolution algérienne. Il est installé à Paris actuellement. Sources: Mémoires Aït Ahmed; indication G. Pervillé.

SI HAMMOUD Responsable

o.s. Bordj-Menaïel (1948).

Né en Kabylie, Si Hammoud est membre de la délégation de Kabylie au congrès de 1947 du P.P.A.-M.T.L.D. Il est en 1948, responsable de l'o.s. et du M.T.L.D. de Bordj-Menaiel. Source: Mémoires, Aït Ahmed.

YAZOURENE MOHAMMED Responsable M.T.L.D.région Akfadou (1953) ; membre e.N.R.A. (1959).

Né en 1925 en Grande Kabylie, Mohammed Yazourene, commerçant, est responsable à la veille du premier novembre, de la région Azazga-Akfadou. Après le massacre de Melouza (mai 1957) et le rappel du colonel Mohammedi Said à Tunis, il prend la tête de la wilaya III pour une courte période. Il gagne la Tunisie et, membre du C.N.R.A.,il obtient lors de la session de cet organisme à Tripoli les procurations du Conseil de la wilaya III. Il vote en faveur de Ben Bella, et les mandats de la Kabylie contribue d'une manière décisive à l'effacement ultérieur de Krim. M. Yazourene est député en 1962, 1964 et 1977 dans la daïra d'Azazga. Sources:

A.A.N. 1962, 1964, 1977 ; Abbas (II) ; Harndani ; Harbi (I et Il).

ZAMOUM ALI Délégué Hornu et membre du e.R.UA (1954) ; préfet Grande Kabylie (1962).

Né le 29 octobre 1933 à Ighil-Imoula e~ Grande Kabylie, Ali Zamoum adhère très jeune au P.P.A.-M.T.L.D. avec son frère (voir biographie Si Salah). Avec Ait Abdesslam, il conduit la délégation de la Kabylie au congrès messaliste d'Hornu Guillet 1954), tout en restant sur les positions de Krim Belkacem. De retour de Belgique, il prend part, avec les militants du C.R.U.A., auX' préparatifs du premier novembre à Tizi-Ouzou. Arrêté en février 1955, il est interné pen.dant toute la durée de la guerre. Il est, après l'indépendance, préfet de Grande Kabylie, membre du Comité Central du F.L.N. en avril 1964. Sources: A.A.N. 1962 ; Abbas (II) ; Hamdani ; Téguia ; entretiens avec des militants français et algériens.

185


ZAM ZAMOUM

MOHAMMED

(dit SI SALAH) (1928-1961)

Membre de l'o.s. (1947) ; responsable F.L.N.wilaya IV (1957). Né le 29 novembre 1928 à Aïn- Taya, Mohammed Zamoum, secrétaire de mairie à Ighil Imoula, est le fils d'un instituteur. Il s'engage -très jeune, avec son frère Ali, dans l'action politique et devient membre de l'o.s., en qualité de responsable de cellules de plusieurs régions (Makouda, Dellys, Ouadhias, Boghni, Dra-EI-Mizan). . Jusqu'en février 1953, la couverture de secrétaire du centre municipal d'Ighil-Imoula lui permet de développer une activité permanente au service du parti. Outre les activités politiques classiques (contacts et coordination des diverses cellules,formation militaire et politique) il intervient sur un plan plus « technique» par l'établissement de fausses cartes d'identité à des militants recherchés par l'administration française. A la suite du démantèlement de l'o.s.,M. Zamoum est arrêté par la P.R.G., incarcéré à la prison de Tizi-Ouzou. Torturé pendant 22 jours, il ne parle pas. Libéré le premier trimestre 1954, il passe les quelques mois précédant le déclenchement de la révolution entre son village et Alger, menant une vie clandestine totale. Partisan de la lutte armée, il participe à la préparation

du 1er novembre au sein du comité de Kabylie avec les responsablesKrim et

Ouamrane. Il est ainsi désigné responsable de la région de Dellys-BordjMenael pour l'insurrection. La proclamation du 1er novembre est tirée dans son village d'Ighil-Imoula. Homme du 1er novembre, il est activement recherché par la police française. En 1956, il est condamné à mort par contumace par le tribunal militaire d'Alger. Membre du Conseil de wilaya, il succède à Si M'hammed (Ie colonel Bouguerra) à la tête de la wilaya IV. En septembre 1957, il séjourne au Maroc avec le docteur Si Saïd, puis est nommé adjoint du colonel Boumedienne à l'état-major de l'ouest. Mais il ne rejoint pas ce poste, se rend en Tunisie pour faire parvenir à « l'intérieur» de l'armement, des munitions, etc. En juin 1958, Si Salah revient de Tunisie en wilaya IV. Il est à cette époque membre du C.N.R.A. En mai 1959, il accède au poste de chef politicomilitaire de la wilaya IV. Dépité de l'isolement dans lequel de G.P.R.A. laisse les combattants de l'intérieur, le conseil de wilaya décide à l'unanimité de mandater Si Salah pour rencontrer le général de Gaulle. Une année plus tard, le G.P.R.A. lui demande de se diriger par étapes sur la Tunisie. Douze maquisards lui font escorte. La petite troupe tombe sur un commando de chasse de l'armée française. Si Salah, avec toute son escorte, est tué le 20 juillet 1961 à Maillot dans la région de Bouira. Une école, un boulevard et une rue porte son nom dans l'Algérie indépendante à Boghni, Bouira et Alger. Sources: M. Challe; Courrière(IV) ; Jacquin; B. Tricot; entretienavec Rabah Zamoum, fils de Si Salah. ZEKKAL MOHAMMED Organisateur

P.PA

(1904,.1956)

Alger (1939).

Né en Kabylie, Mohammed 186

Zekkal, chauffeur

de taxi à Alger, milite au


ZER P.P.A. dans le quartier Belcourt. tion du Parlement Algérien en quents déplacements entre la 1ernovembre 1954, il transporte la suite de tortures en 1956.

Son taxi sert pour le transport et la distribu1939. Toujours avec son taxi, il fait de frédirection d'Alger et Tizi-Ouzou. Après le des armes, des dirigeants. Arrêté, il meurt à

Sources: Mémoires Nt Ahmed; en.tretien avec des militants algériens.

ZEROUALI

MOHAMMED

Adhérent P.P.A. (1937) ; responsable P.P.A. Kabylie (1945).

Né en 1921 à Béni-Thour, près de Dellys, Mohammed Zerouali entre, très jeune, à l'âge de seize ans, au Parti du Peuple Algérien (P.P.A.), en 1937. Autodidacte en français et en arabe, militant très actif pendant la Seconde Guerre mondiale, il prend le maquis en Kabylie à la suite des massacres de mai 1945. Arrêté le 17 octobre 1945, un rapport de police note à son sujet: « 24 ans à peine, a fréquenté l'école française: il s'exprime très bien dans notre langue. Sa personnalité a dominé de mai à octobre 1945 les événements de Kabylie (...). Il a porté beau tout au long de son interrogatoire, faisant preuve

d'une

étonnante

mémoire

(...)

endossant

la plus grosse

part

des res-

ponsabilités avec bonne humeur. » Condamné à mort, Mohammed Zerouali est transféré successivement à la prison militaire d'Alger, Tizi-Ouzou, Maison-Carrée, Barberousse, Maison-Carrée. En novembre 1952, îlest incarcéré à Fresnes en isolement total et traverse toute la période de la révolution algérienne dans cette situation. A sa sortie de prison, en mai 1962, il se rend auprès de Messali Hadj à Gouvieux et rentre en Algérie après l'indépendance. Sources: La Voix du peuple, octobre 1961 ; Lieux de détention des militants M.N.A. 1958; Algérie-Actualité 4-9 mai 1959; C. Paillat; Mémoires Aït Ahmed; entretien avec Y. Dechezelles, défenseur de Zerouali.

187


SÉRIE D

ALGER/ALGÉROIS

ABBAS MOHAMMED ABDELI MAMIA AGOUNIALI ALHOUCHE SAID ALI HAIMOUD MOHAMMED ALILI AHMED AMIROU KADDOUR ARAB MOKRANE BASTA AREZKI* BATEL SADEK BEHIRI BRAHIM BELAMINE ALI BELHADJ DJILALI BELHAFFAF GHAZALI BELLAMINE LOUNÈS BELMIHOUB BELOUlZDAD OTHMAN BEN AMAR BEN MOHAMMED MUSTAPHA BEN MOKADEM MOHAMMED BENSMAINE ALI BENTEFTIFA MOHAMMED BENT MOHAMMED DJAMILA BENYOUCEF BOUMÉDINE BENYOUCEF MOHAMMED BERREZOUANE MAHIEDDINE BOUADJAJ ZOUBIR BOUCHAFA BELKACEM BOUCHAKOUR MUSTAPHA BOUCHEKOURA.MOURAD BOUDJEROUDI SAID BOUFEDJIE CHAMA BOUGUERRA AHMED BOUMAZA ALLAOUA BOUMEDIENNE MOHAMMED BOUROUlBA BOUALEM BOURRENANE MOHAMMED BOUZRINA AREZKI BRADAIABDERRAHMANE CHABRICHABANE

CHERCHALLI HADJ DAHMANIABDELKADER DEBAGHINE LAMINE DEBÈCHE MOKHTAR DEBIH CHERIFF DECHOUK MUSTAPHA DERBOUCHA MOHAMMED DJAMAl AHMED DJANN AHMED DJORANTY BENYOUCEF EL HACHEMI HAMOUD FELLOUS MOHAMMED FERHANI MOHAMMED FERROUKID MUSTAPHA FETT AL MUSTAPHA FLlTAH AHMED GHERMOUL AHMED GUENDOUZEBELKACEM GUENFOUD ABDELKADER GUESMIA ABDELKADER HABACHIABDALLAH HABLAL NASSYMA HAFIZ ABDERRAHMANE HAMDANI ABDALLAH HAMOUD NEFISSA HAMZA OMAR HARFOUCHIMOHAMMED HASNI BOUALEM HENNI MOHAMMED IMEKRAZ MOHAMMED KAAB ABDERRAHMANE KACIABDALLAH KACIBELKACEM KADDACHE MAHFOUD KADDOUR LEHDJlM KALACHE KADER KHIDER MOHAMMED KHITER MOHAMMED KIOUANE ABDERRAHMANE KOUFI MOHAMMED

189


LADJALI AREZKI LAGHOUATI AHMED LARAB BAYA LAZLI AHMED MAASKRI KADDOUR MARI MOHAMMED. MAHSAS AHMED MAMMARI MOHAMMED MAROC MOHAMMED MELZI ALLAL MELZI CHAFIK MERBAH MOULAY MERIDI TA YEB MESTOUL MOHAMMED MEZERNA AHMED MOKRANE AHMED MOUSSAOUl BOUALEM MUFTI MALIKA NOURREDINE ALlIA OUALANE ABDELKADER OUAMARA RACHID RAFA MOHAMMED REBBAH LAKHDAR

REGUlMI DJILALI SAADI YACEF SAARIOMAR SAHRAOUI LARBI SAHRAOUI MUSTAPHA SARI BEDREDINE SEMMAR ABDERRAHMANE SID AHMED EL DJAADI SID ALI ARDELHAMID SID ALI ADAR SIDI YAKHLEF MUSTAPHA SI DJOUZI SLIMANI CHERIF STAMBOULI NOURREDINE TALER MOHAMMED TEF AHA ABDELKADER TEMAM ARDELMALEK TOUMI YANNÈS MOHAMMED YOUSFI M'HAMMED ZEDDOUR KASSEM ZEKKAL FATIMA ZERROUKHI MOHAMMED ZITOUNI MOKHT AR

* Les notions des noms en caractères renforcés sont développées dans d'autres notices.

190


ABBAS

MOHAMMED

Candidat P.P.A.Alger (1938). Militant du Parti du Peuple Algérien, Mohammed Abbas est candidat le 27 novembre 1938 dans une élection partielle à Alger sur la liste « Union économique et sociale» où figure A. Boumendjel alors l'avocat de Messali Hadj. Il est élu avec 1 109 voix. Source: El Ouma 15 décembre 1938.

ABDELLI MAMIA épouse CHENTOUF Présidente A.F.M.A.(1947).

Issue d'une famille aux longues traditions de militantisme, Mamia Chentoufest la fille de Aïssa Abdelli qui deviendra responsable du M.T.L.D.(voir sa biographie chapitre III, série B). Avec Kheira Bouayed, elle sympathise avec les idées du P.P.A. en 1943 et participe aux premières cellules des Amis du Manifeste et de la Liberté créées à l'Université et qui regroupent tous les partis nationalistes. Le 1ermai 1945, elle est présente à la manifestation qui regroupe des milliers de manifestants dans la rue d'Isly et sera violemment réprimée. Avec Kheira Bouayed et Mimi Belahouel, elle fait partie des équipes organiséespar le P.P.A. pour aller soigner clandestinement les blessés aux côtés d'étudliIDts en médecine. Elle fait alors partie de l'équipe de la Casbah. En 1946, elle est élue vice-présidente de l'Association des Étudiants Musulmans d'Afrique du Nord. En 1947, elle participe à la constitution de l'Association des Femmes Musulmanes Algériennes, organisation féminine légale impulsée par le M.T.L.D.Elle est élue présidente de l'association qui tient sa première assemblée générale en juillet 1947. Exerçant la profession de sage-femme, Mamia Chentouf fait partie de .

celles qui impulsent le développement du nationalisme parmi les femmes algériennes dans les quartiers Belcourt, La Casbah, EI-Harrach, Notre-Dame d'Afrique, à la veille du 1er novembre 1954. Elle est présidente de l'U.N.F .A. après l'indépendance. Source: Entretien avec des militantesnationalistesalgériennes. 191


AGO

AGOUNI ALI Militant M.T.L.D.Alger (1953) ; responsable maquis M.N.A.Sud (1957). Né en 1934 dans l'Algérois, Ali Agouni adhère à la section de la Casbah d'Alger du M.T.L.D. et se range du côté de Messali dans la crise de l'organisation nationaliste. Responsable des maquis du M.N.A. pour la région de Bou Saada à partir de 1957, Ali Agouni est arrêté en 1961 et libéré en avril 1962. Source:

Liste des responsables

des maquis du M.N.A. des territoires du Sud.

ALHOUCHE SAÏD Militant M.T.L.D.Alger (1950) ; fondateur U.S.TA (1956).

Né à Guenzet, employé à Électricité et Gaz d'Alger (E.G.A.), Said AIhouche, militant du M.T.L.D. se range du côté de Messali Hadj en 1954 dans la crise que traverse l'organisation nationaliste. Il participe à la fondation de l'U.S.T.A., organisation syndicale animée par les messalistes et dont les statuts sont déposés le 14 février 1956. Il est arrêté et interné au camp de Saint-Leu en 1956. Sources: La VQiXdes Travailleurs Algériens, n° 1, mars 1957; Stora (IV). Entretien avec S. Bouzerar.

ALI HAIMOUD MOHAMMED Responsable P.PA Affreville (1947). Né le 26 février 1910 à Affreville, Mohammed Ali Haimoud, mairie, est président de la section P.P.A. d'Affreville en 1947.

secrétaire de

Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Miliana 3/9/47.

ALILI AHMED (dit SI BAGHDADI) (1925-1958) Responsable maquis F.L.N. (1955).

Né le 18 mai 1925 dans le Douar Beni Amrane près d'Orléansville, Ahmed Alili trouve par les S.M.A. le cadre de son engagement dans le mouvement national. Il entre dans l'organisation scout à Boufarik en 1942 et peu de temps après au P.P.A. Menuisier à Boufarik, il est membre de l'o.s., puis en 1953, il est affecté dans l'Ouarsenis par Souidani Boudjemaa. Il dirige en 1955 le maquis du F.L.N. dans la région de l'Ouarsenis et du Dahra, entouré de Bounaama Djilali (futur responsable de la wilaya IV) et M'hammed Ben Mahjoub (Si Omar). En partance pour le Maroc en compagnie de 18 maquisards, Si Baghdadi tombe dans une embuscade et meurt en août 1958. Sources:

192

Entretiens

militants algériens.


BEH AMIROU KADDOUR Membre bureau section Alger P.PA (1938).

Employé dans une entreprise de déménagement à Alger, Kaddour Amirou est membre du bureau du Comité Algérois du Parti du Peuple Algérien en 1938. Source: Archives Aix, Rap. Alger 27/10/38.

ARAB MOKRANE

MOHAMMED

Membre direction O.S. (1948).

Né à Orléansville, Mohammed Mokrane Arab adhère au P.P.A.-M.T.L.D. pendant la Seconde Guerre mondiale. Il devient membre de la direction de l'o.s. en 1948, responsable du réseau artificier formant le génie. Il est arrêté en 1950, à la suite de la découverte de l'o.S. par la police française. Sa peine est confirmée par la cour d'appel d'Alger, le 10 mai 1952, «à six ans de prison, cinq ans d'interdiction de séjour et 120000 F d'amende ». Sources: L'Algérie Libre (1) ; Mahsas.

-

n° 82,10 octobre 1953 : « liste de quelques condamnations»

; Alleg

BASTA AREZKI voir notice chapitre III, série B BATEL SADEK Militant P.PA (1943) ; capitaine A.L.N. wilaya IV (1958) ; sous-secrétaire Sports (1963).

Jeunesse

et

Né vers 1925 dans la région de Miliana, Sadek Batel adhère au P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale, avec M. Ferroukhi et M. Maroc. Militant du M.T.L.D., puis du F.L.N., il est capitaine de l'A.L.N. dans la wilaya IV , (Algérois) membre du secrétariat du P.C. de la zone 3. Sadek Batel est, dans le deuxième gouvernement d'A. Ben Bella, sous-secrétaire à la Jeunesse et aux Sports. Il est écarté de l'activité politique et gère ses affaires personnelles. Sources:

A.A.N. 1962, 1964 ; Le Monde, avril 1964 ; Téguia ; entretien avec M. Maroc.

BEHIRI BRAHIM Membre bureau section E.N.A. Cherchell (1936).

Né en 1909 dans la région de Cherchell (Algérois), Brahim Behiri, coiffeur, est un des responsables de la section de l'Étoile Nord-Africaine de Cherchell dans la période du Front populaire. Source: ArchivesAix, Rap. Alger 14/12/36. 193


BEL BELAMINE

ALI

Membre direction Alger E.N.A. (1936)et

P.P.A. (1937-1939).

Né à Alger vers 1914, Ali Belamine, typographe, est membre de la direction de l'E.N.A. et du P.P.A. d'Alger en 1937. Au moment de l'arrestation de Messali Hadj et des autres dirigeants du P.P.A. le 27 août 1937, recherché, il se met dans la clandestinité avec Messaoui Rabah. Il est condamné à un an de prison par contumace le 4 novembre 1937. Ali Belamine soutient la position de Messali en 1939 contre d'autres responsables du P.P.A. qui entendaient obtenir un soutien matériel de l'Allemagne pour la libération de l'Algérie. Sources: Indications M. Memchaoui; Ageron (I).

BELHADJ DJILALI ABDELKADER (1921-1958) Membre direction O.S. (1948-1950).

Né en janvier 1921 dans la région de Miliana, Djilali Belhadj est issu d'une famille dont le père était capitaine dans l'armée française. Lui-même dispose d'une bonne formation militaire (il est sorti aspirant de l'école d'officiers militaires de Cherchell), lorsqu'il adhère au P.P.A.-M.T.L.D.après la Seconde Guerre mondiale. Sa qualification le conduit à faire partie de la branche paramilitaire de l'organisation nationaliste. Il participe à la réunion des huit membres de l'état-major de l'o.s. qui se tient le 13 novembre 1947. Il rédige avec Aït Ahmed une brochure qui porte sur «le maniement des armes, des éléments de combat individuel, des notions essentielles sur la guérilla et l'action de commando ». Inspecteur général dans le Conseil Supérieur (c.s.) de l'o.s. en 1949, il est le principal instructeur de la section artificier et organise un stage dans le Dahra qui dure une semaine avec comme ouvrage de base, Le Manuel du Gradé (brochure ronéotée). Il se rend avec Ben Bella à Tunis pour mettre au point la coopération sur un plan militaire, entre le Néo-Destour et le M.T.L.D. Au moment de la découverte de l'o.s. par la police française en 1950, Djilali Belhadj commence à se démarquer de ses compagnons alors qu'il passe en procès. Très vite libéré, il commence en fait à travailler pour les services de police française. Après le 1ernovembre 1954, connu sous le nom de Kobus, il monte avec les services spéciaux français un maquis anti-F.L.N. dans la région d'Orléansville. Il est assassiné par ses partisans, en avril 1958. Sources: Abbas (II); Mémoires Aït Ahmed; Slimane Chikh; Courrière (III); Harbi (II) ; Bromberger; Huitric; Kaddache (II) ; Paillat; annexe XVII in Téguia: «Messages radio à propos des déserteurs belhadjistes» ; El Moudjahid, 3 septembre 1984 : « L'équipée sans gloire de la force K ».

BELHAFFAF GHAZALI Responsable Daira P.P.A. Alger (1945). Né à Alger, responsable 194

d'une

daïra du P.P.A. d'Alger

à la fin de la


BEN

Seconde Guerre mondiale, Ghazali Belhaffaf est tué sur le coup lors de la

manifestation du 1er mai 1945 à Alger.. Sources:

Mémoires Aït Ahmed;

BELLAMINE

AlIeg (I) ; 'Kaddache (II) ; Entretien avec S. Bouzerar.

LOUNÈS

Militant P.P.A. (1945) ; responsable M.N.A. (1955).

Né le 20 août 1925 à Alger, Lounes BeUamine adhère au P.P.A. après la Seconde Guerre mondiale.. Il. se range du côté de Messali dans la crise du M.T.L.D. et fait partie des groupes armés du M.N.A. d'Alger en avril 1955. Recherché, il prend le maquis en août 1955 dans le Djurdjura. En avril 1956, après 21 jours de marche à travers les hauts-plateaux, le groupe de maquisards qu'il dirige se replie vers Bou Saada et opère sa jonction avec les maquis de Ziane Achour. Au terme d'un combat de deux jours opposant 43 combattants algériens à une unité d'élite de l'armée française, Lounes Bellamine est arrêté le 13 novembre 1956, les armes à la main. Au cours de son procès, le 12 août 1957, il revendique « le droit d'être considéré comme soldat d'une armée régulièrement constituée ». Il est condamné à mort par le tribunal permanent des Forces armées, peine commuée en réclusion criminelle à perpétuité. Sources: L'Écho d'Alger 15 août 1957 ; « Bellamine Lounès condamné à mort)} ; La Dépêche, 15 août 1957 : « Peine de mort à Bellamine )} ; Archives Y. Jouffa ; l.A.P. n° 124.

BELMIHOUB

(1903-1980)

Militant P.P.A. (1938), responsable C.G.T. (1947).

Né à Akbou en 1903, Belmihoub est militant du P.P.A.-M.T.L.D.D à Alger. Membre de la C.G.T., il est un des responsables du syndicat des cheminots en 1947. Sa fille, étudiante à Alger, infirmière de l'A.L.N. en mai 1956, est arrêtée en juillet 1957 avec Safia Bazi et Fadila Mesli. Elle épouse Abdelaziz Zerdani et devient avocate au Barreau d'Alger après l'indépendance. Sources: Entretiens militants algériens; indication G. Pervillé.

BELOUIZDAD

OTHMAN

voir notice chapitre III, série C

BEN AMAR Membre o.s. (1947). Membre de l'o.S., Ben Amar appartient à la section transmissions dirigée par M. Maroc. Employé dans un atelier de Maison-Blanche servant à l'aviation, il est chargé de la construction de postes-radios, émetteurs-récepteurs. Un des centres se situait au 30, nie Rigodit à Belcourt-Alger. Source: Mahsas. 195


BEN BEN MOHAMMED

MUSTAPHA

BEN MOKADEM

MOHAMMED

Membre direction P.P.A.

Cherchell

voir notice chapitre III, série B.

(1945).

Né en 1899 à Cherchell, Mohammed Ben Mokadem adhère au P.P.A. en 1939. Arrêté après les massacres de mai 1945, il est condamné en 1946 à vingt

ans de travaux forcés. Libéré à la veille du 1er novembre 1954, il prend position pour le cours centraliste et passe au F.L.N. Source: La Nation Algérienne

BENSMAÏNE

-

n° 8, 22 octobre 1954.

ALI

Membre E.N.A. Alger (1931-1935).

Né dans la Casbah d'Alger, Ali Bensmaïne est membre de la première cellule clandestine du Parti National Révolutionnaire créé en 1931. Receveur de tramways, avec son brevet élémentaire, il est le plus « diplômé» du groupe d'ouvriers qui rejoint l'Étoile à Alger en 1933. Il ne prend pas position dans la crise du M.T.L.D. Source: Entretien S. Bouzerar.

BENTEFTIFA Responsable

MOHAMMED

M.T.L.D. Blida (1953).

Pharmacien à Blida, Mohammed Benteftifa qui écrit dans l'Algérie libre en 1950, préside le meeting de « la quinzaine de lutte contre la répression» organisée par le M.T.L.D. en octobre 1953 à Blida qui regroupe 2500 personnes aux halles aux Tabacs. Il est le responsable du M.T.L.D. à Blida à la veille du 1er novembre 1954. Arrêté et interné pendant la guerre, il est membre de l'Exécutif Provisoire en 1962. Sources: L'Algérie Libre

-

n° 84, 23 octobre

1953 : « vif succès » ; Téguia ; Zagoria p. 80 ;

indication Guy Pervillé.

BENT MOHAMMED

DJAMILA

Membre A.S.F.A. (1953).

Née le 4 avril 1933 à Alger, Djamila Bent Mohammed est élève dans une école de couture à Alger lorsqu'elle adhère à l'Association des Femmes Musulmanes d'Algérie en 1953. Après le 1er novembre 1954, elle est membre du collectif des familles de détenus. Arrêtée par les parachutistes français dans la nuit du 6 au 7 mars 1957, torturée, elle est libérée quelques mois 196


BOU

après à la suite d'une campagne dirigée par Gisèle Halimi. DjamilaBent Mohammed est actuellement désigné à .la Sonelgaz. Sources: Entretien avec Djamila Bent Mohammed; archives Y. Jouffa.

BENYOUCEF

BOUMEDINE

Membre direction Cherchell E.NA (1936).

Né en 1910 dans la région de Cherchell, Boumédine Benyoucef, épicier, est responsable de la section de l'Étoile Nord-Africaine de Cherchell au moment du Front populaire. Sources: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Alger 9/12/37 ; Rap. Alger 14/12/36.

BENYOUCEF

MOHAMMED

Membre Comité Directeur Alger P.p.A.(1938).

Né dans la région d'Alger vers 1914, Mohammed Benyoucef est membre du Comité Directeur du Parti du Peuple Algérien d'Alger en 1938. Sources:

Archives Aix, Il

BERREZOUANE

H 50, Rap. C.l.E. sept. 39 ; indications M. Memchaoui.

MAHIEDDINE

Membre o.s. Alger (1948). Né dans la Casbah d'Alger vers 1924, membre de l'o.s. à Alger en 1948, Mahieddine Berrezouane est exclu par l'appareil dirigeant le M.T.L.D. en 1953. Il travaille alors comme gardien de nuit dans un garage du centre-ville d'Alger. Il est recruté par R. Bitat pour la mise en place de réseaux du F.L.N. dans la capitale algérienne. Sources: Y. Saadi; entretienavec des militantsalgériens.

BOUADJAJ ZOUBIR voir notice chapitre III, série C BOUCHAFA

BELKACEM

(dit SI MOKHTAR)

MembredirectionF.L.N.Alger (1954). Né en 1925 à Alger (Belcourt), Belkacem Bouchafa, mécanicien, organise avec Fettal, sous les ordres d'Ouamrane, les premiers groupes du F.L.N. dans la capitale algérienne, en 1955. Il dirige, en 1956, l'intégration des groupes armés des Combattants de la Liberté au sein du F.L.N. Belkacem Bouchafa est député à l'Assemblée le 20 septembre 1964. Sources: A.A.N. 1964 ; H.M. n° 22 :« La Casbah devient un maquis urbain» rière (II) ; Téguia.

; Alleg (II) ; Cour-

197


BOU BOUCHAKOUR

MUSTAPHA

Adjoint au maire d'Alger (1951).

Né à Alger vers 1918, Mustapha Bouchakour, chauffeur chez Lesueur, est adjoint au maire d'Alger et candidat du M.T.L.D. aux élections législatives de 1951. Il ne prend pas position dans la crise qui secoue l'organisation nationaliste. Sources: L'Algérie Libre

-

9 juin 1951, n° spécial: «Candidats 6 octobre 1951, n° 54: « Réception pour la libération des détenus»

du M.T.L.D. en Algérie» ; Alleg (II).

;

BOUCHEKOURAMOURAD Cadre organisateur P.P.A.-M.T.L.D.Alger (1949).

Artisan maroquinier, Mourad Bouchekoura héberge à Alger les militants de l'o.s. traqués par la police. Sa boutique dans la Casbah sert de lieu de rendez-vous et de « boite aux lettres» aux militants clandestins. C'est à son domicile à la Pointe-Escade que se réunissent les six responsables qui décident le déclenchement de l'insurrection pour le 1er novembre 1954. Sources:

Courrière (1) ; Lebjaoui (1) ; Y. Saadi.

BOUDJEROUDI

BOUFEDJIE

SAÏD voir notice chapitre III, série B

CHAMA

Militante E.NA Alger (1935). Née à Alger vers 1915, Chama Boufedjie, dont le père, kabyle, exerce la profession de tailleur, est élève à l'école de Chabiba de langue arabe. En 1934, lors de la cérémonie de fin d'année, elle prend la parole dans l'école, plaidant en faveur de la langue arabe. Elle est arrêtée, avec sa mère, quelques jours après. Son emprisonnement, l'émotion soulevée par cette affaire au sein de la population musulmane d'Alger, est l'occasion de la première apparition publique de l'Étoile sur le sol algérien en 1934. Près de 700 personnes, appelées par tract (rédigé par M. Mestoul) manifestent ainsi le/28 juillet 1934 à Alger contre cet emprisonnement et contre l'oppression. La manifestation se termine par plusieurs arrestations, dont celle de Ben Ediff condamné à six mois de prison. Libérée, Chama Boufedjie sympathise avec l'E.N.A., en particulier par l'intermédiaire de son frère, responsable de l'E.N.A. à Lyon. Elle assiste au procès de Messali Hadj en octobre 1937 à Alger et prend une part active au développement du nationalisme. Sources: Archives privées; entretien M. Memchaoui.

198


BOU

BOUGUERRA AHMED (dit SI M'HAMMED) (1930-1959) Cadre o.~. Algérois (1948) ; membre direction wilaya algérois F.L.N. (1955).

Né en 1930 à Affreville (EI-Khemis), Ahmed Bouguerra est fils d'un instituteur. Il exerce la profession de cheminot au dépôt d'Affrevi11e. Membre de la C.G.T., il adhère au P.P.A.-M.T.L.D. et devient rapidement responsable de l'o.s. dans l'Algérois en 1948. Dès novembre 1954, il se trouve au maquis, responsable des combattants de l'Atlas blidien et des monts de Amrouna (zone de Teniet-el-Haad). Adjoint politique en 1955, commandant en 1956, colonel en 1957, il a toujours été la « tête politique », selon M. Harbi, de la wilaya de l'Algérois. Il participe au conseil inter-wilaya de décembre 1959. Ahmed Bouguerra meurt au combat le 5 mai 1959 au douar Ouled Bou Achra. Sources: H.M., n° 11 ; H.M.n° 36 : « Où en est la wilaya IV ? » ; Azzedine ; Harbi (II) ; Kaddache (II) ; Téguia.

BOUMAZA ALLAOUA Membre direction P.P.A. d'Algérie (1938-1939).

Né à Mila, Allaoua Boumaza fait partie de la direction du Parti du Peuple Algérien d'Algérie en 1938. Arrêté, il est traduit le 30 janvier 1939 devant le tribunal correctionnel d'Alger qui le condamne à un an de prison avec sursis. Refusant de collaborer avec le régime de Vichy, il est condamné le 17 mars 1941 par le tribunal militaire d'Alger à neuf ans de travaux forcés, vingt ans d'interdiction de séjour et perte des droits civiques. Sources:

Archives Aix, 9 H 18, Rap. 4/10/39

BOUMEDIENNE Responsable

P.P.A.

; Kaddache (II).

MOHAMMED Rouina (1945).

Né en 1908 à Rouina, Mohammed Boumedienne, petit agriculteur, est président de la medersa « El Fahdil » et du cercle« El Islah » de Rouina. Fondateur de la section du P.P.A. de Rouina en 1945, il est conseiller municipal de cette ville en 1947. Source:

Archives Aix, 9 H 51, Rap. Miliana 3/9/47.

BOUROUIBA

BOUALEM

Membre commission ouvrière M.T.L.D.(1953) ; membre direction U.G.T.A. (1956).

Né à Saint-Eugène, Boualem Bourouiba est le fils de l'instituteur à El Kser. Cheminot, il est conseiller municipal de 1947 à 1953. Membre de la commission ouvrière du M.T.L.D. en 1953, Boualem Bourouibaest membre de la direction de l'U.G.S.A. d'Alger en 1954. Il prépare dès mai 1955 la construction d'un syndicat algérien indépendant de la C.G.T. Il est en 1956 le 199


BOU secrétaire du syndicat des cheminots de l'U.G.T.A. Il est arrêté dans la nuit du 23 au 24 mai 1956. Lors du deuxième congrès de l'U.G.T.A. tenu le 28 mars 1965, Boualem Bourouiba est élu membre de la commission exécutive. Sources:

A.A.N. 1965 ; Alleg (II) ; Harbi (II) ; Weiss.

BOURRENANE

MOHAMMED

Militant M.T.L.D.Alger (1950) ; membre groupes armés M.N.A.Alger (1955).

Né à Alger, Mohammed Bourrenane milite au M.T.L.D. puis au M.N.A. après le 1er novembre 1954. Membre des groupes armés du M.N.A. d'Alger, dit «groupe des Fidayouns », il passe devant le tribunal permanent des Forces armées d'Alger les 26, 27, 28 mars 1957. Accusé d'avoir commis dix attentats dans la Casbah d'Alger de mai à octobre 1955, Mohammed Bourrenane est guillotiné à Alger le Il octobre 1957. Sources: Interafrique Press na 105 ; Communiqué du Comité pour la. Libération de Messali Hadj et des victimes de la répression, 14 septembre 1957; tract du M.N.A. du 17 octobre 1957.

BOUZRINA

AREZKI

(dit H'DlDOUCHE)

MembredirectionF.L.N.Alger (1955). Militant syndical, Arezki Bouzrina milite au P.P .A. avec Ahmed Ghermoul. Marchand de légumes rue Randon, il est mis au courant des préparatifs de l'insurrection par l'intermédiaire de son beau-frère, Yacef Saadi. Il rejoint les premiers réseaux du F.L.N. à Alger en 1955, met Krim en contact avec M. Lebjaoui et A. Ouzegane pour la consolidation du F.L.N. dans la capitale algérienne. Sources:

Courrière (II) ; Lebjaoui (I) ; Y. Saadi.

BRADAÏABDERRAHMANE Membre Comité Directeur Alger P.P.A. (1938).

Né à Blida, Abderrahmane Bradaï entre en contact avec l'Étoile NordAfricaine au moment du Front populaire. Chauffeur de taxi à Belcourt, A. Bradaï est trésorier général dans le Comité Directeur du P.P.A. d'Alger en 1938. Sources: Collot; Kaddache (I) ; Entretien avec S. Bouzerar.

CHABRICHABANE Responsable section P.P.A. Hou'lca (1937).

Responsable 200

de la section du Parti du Peuple Algérien

de Rouïba près


DEB d'Alger, Chabane Chabri anime la ca.mpagne électorale de Messali Hadj qui obtient à Rouïba, aux élections d'octobre 1937, 121 voix sur 218 votants. Source: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Alger 9/12/37.

CHERCHALLI

HADJ voir notice chapitre III, série A

DAHMANIABDELKADER Membre bureau section E.N.A. Maison-Carrée

(1936).

Originaire de l'Algérois, Abdelkader Dahmani est membre du bureau de la section de l'Étoile Nord-Africaine de Maison-Carrée au moment du Front populaire. Source: ArchivesAix, 9 H 47, Rap. Alger 14/12/36.

DEBAGHINE DEBÈCHE

LAMINE voir notice chapitre III, série A

MOKHTAR

Membre o.s. Alger (1949).

Né à Boghari dans le Sud algérois, Mokhtar Debèche, membre de l'Organisation Spéciale (o.s.) à Alger est arrêté en 1950. Sa peine est confirmée par la cour d'appel « à cinq ans de prison et interdiction de séjour, 120000 F d'amende ». Libéré, il rejoint le M.N.A.dès sa création. Arrêté et incarcéré à la prison d'EI-Harrach, il passe en juillet devant le tribunal permanent des Forces armées qui le condamne à mort. Emprisonné à EI-Harrach puis Barberousse avant d'être gracié, il est libéré en 1962 et vit à Alger après l'indépendance. ; procès Sources: L'Algérie Libre, n° 82, 10 octobre 1953 : « Liste de quelques condamnations» des militants nationalistes in l.A.P. n° 105 ; communiqué du Comité pour la Libération de Messali Hadj et des Victimes de la Répression, 14 septembre 1957 ; tract M.N.A., octobre 1957.

DEBIH CHERIFF

(dit SI MOURAD) (1924-1957)

Membre direction F.L.N. Alger (1954).

Né en 1924 à Alger, Cheriff Debih, ajusteur spécialiste en climatisation, est l'ami de Didouche Mourad lorsqu'il adhère au M.T.L.D. Il est placé par Ouamrane, à la tête des commandos du F.L.N. de Belcourt/Clos-Salembier/Hussein-Dey à la fin de l'année 1954. Responsable politique de la Z.A.A. dans la Basse-Casbah, il est abattu par les parachutistes français le 26 août 1957 avec Hadji Othmane (dit Kamel) au moment de la « Bataille d'Alger ». Sources: Alleg (II) ; Courrière (II) ; Téguia. 201


DEC DECHOUK MUSTAPHA

(1913-1980)

Membre direction E.NA-P.P.A. Alger (1936-1944).

Né à Alger en 1913, Mustapha Dechouk, receveur de tramways à Alger, est membre de la commission consultative de l'Étoile Nord-Africaine d'Algérie mise en place après la tournée de propagande effectuée par Messali Hadj en 1936. Membre de la direction du Parti du Peuple Algérien, il est arrêté en mars 1938 et condamné en janvier 1939 à six mois de prison. Libéré, Mustapha Dechouk coordonne l'activité du P.P.A. clandestin au moment de l'ouverture de la Seconde Guerre mondiale. Sources: Mémoires avec S. Bouzerar.

DERBOUCHA

de Messali, cahier n° 14; Collot;

indications

M. Memchaoui;

entretien

MOHAMMED

Membre direction P.PA Algérie (1942).

Responsable de la section du Clos-Salembier du P.P.A. en 1941, Mohammed Derboucha est membre de la direction du P.P.A. clandestin en 1942. Source: Collot.

DJAMAÏ

AHMED

Membre fondateur

U.S.T.A.

(1956).

Né à Alger, Ahmed Djamaï est infirmier à l'hôpital Mustapha d'Alger. Secrétaire général adjoint de l'Union des Syndicats des Travailleurs Algériens (V.S.T.A.), il est arrêté et emprisonné au camp de Saint-Leu en 1956. Sources: Télégramme du le< Congrès de l'U.S,T.A. aux militants emprisonnés vailleur Algérien, juillet 1957 ; entretien avec S. Bouzerar.

in La Voix du Tra-

DJANN AHMED Responsable

P.P.A.-M.T.L.D. Miliana

(1947).

Né le 29 avril 1892 à Miliana, Ahmed Djann, oukil judiciaire, est le président de la section du P.P.A.-M.T.L.D. de Miliana en 1947. Source:

Archives Aix, 9 H 51, Rap. Miliana 3/9/47.

DJORANTY BENYOUCEF (1903-1958) Conseiller municipal M.T.L.D.

Kouba

(1953).

Né en 1903 dans l'Algérois, Benyoucef Djoranty, serrurier, est conseiller municipal M.T.L.D. de Kouba en 1953. Il fait partie du Comité d'aide aux 202


FET sinistrés d'Orléansville mis en place par le M.T.L.D.-messaliste en septembre 1954. Il est arrêté en 1956. Sources: L'Algérie Libre, n° 125, 17 septembre 1954: «Le Comité d'aide aux sinistrés d'Orléansville»

.

EL HACHEMI

FELLOUS

HAMOUD

voir notice chapitre III, série A

MOHAMMED

Membre direction M.T.L.D.Blida (1950).

Membre du bureau de la section du P.P.A. clandestin de Blida en 1943, Mohammed Fellous est le responsable du Comité Algérien des chômeurs de Blida mis en place par le M.T.L.D. en 1953. Sources: Collot.

L'Algérie

Libre, 29 janvier 1954, n° 96 : « Un grand meeting de chômeurs à Blida»

FERHANI MOHAMMED Militant (1957).

,

P.PA,

(1947)

sportif

;

(1928-1957) au

J.S.M. et Mouloudia;

commissaire

politique

A.L.N.

Né le 5 novembre 1928 dans la Casbah d'Alger, Mohammed Ferhani, troisième enfant d'une famille modeste qui en comptait neuf, fréquente avec A. Taleb l'école Brahim Fatah. Il obtient son certificat d'études primaires à quatorze ans et se lance très jeune dans la carrière sportive. Il signe sa première licence à la J.S.M. d'Alger, club musulman dans le quartier de « La marine» animé par Bouzkina, dit H'Didouche (voir sa biographie). L'association est connue pour être une école de nationalisme et M. Ferhani adhère au P.P.A. en 1947. Il opte ensuite pour le club A.S. P.T.T. et acquiert par ce biais un poste de télégraphiste. En 1953, il rejoint les rangs de la plus grande association musulmane de l'époque, le « Mouloudia Chaabia AI-Djazaïra ». Il milite au F.L.N. dès 1954 dans la Z.A.A.. Recherché après la « Bataille d'Alger», il se dirige vers Lakhdaria où il devient commissaire politique dans les maquis. M. Ferhani est abattu le 17 février 1957 au cours d'une embuscade tendue par l'armée française. Source:

Entretien avec des militants nationalistes

FERROUKHI

MUSTAPHA

algériens.

voir notice chapitre III, série A

FETTAL MUSTAPHA Membre o.s. (1948) ; responsable F.L.N. Alger (1955).

Né à Alger-Belcourt

vers 1926, Mustapha

Fettal,

soudeur

sur câbles, 203


FU adhère au P.P.A.-M.T.L.D.en 1945 et devient militant de l'o.s. Contacté par Abane, il est le premier responsable du F.L.N.d'Alger en 1955 avec Bouchafa. En 1962, Mustapha Fettal est Préfet de police d'Alger, puis chef des services spéciaux de la Présidence. Après 1965, il se consacre aux affaires. Source.s: H.M., na 22: «La Casbah devient un maquis urbain»; Téguia.

Courrière (I); Y. Saadi;

FLITAH AHMED Responsable 1939).

section P.P.A. Boufarik (1937) ; membre direction P.P.A. Algérie (1938-

Né à Médéa, Ahmed Flitah adhère à l'Étoile Nord-Africaine pendant le Front populaire et devient en 1937 responsable de la section du Parti du Peuple Algérien de Boufarik, une des sections les plus dynamiques d'Algérie. En juillet 1937, il préside un meeting nationaliste à Boufarik qui rassemble un millier d'auditeurs, selon les rapports de police de l'époque. Aux élections d'octobre 1937, Ahmed Flitah anime la campagne du candidat Mestoul qui obtient à Boufarik 311 voix sur 466 votants. La section du P.P.A. de la ville groupe alors plus de 500 adhérents. Cette activité vaut à Ahmed Flitah d'être membre du Comité Direteur du P.P.A. d'Algérie en 1938. Il sympathise avec les thèses du Comité d'Action Révolutionnaire Nord-Africain (C.A.R.N.A.) et se rend au printemps 1939 en Allemagne solliciter une aide pour l'indépendance de l'Algérie. A son retour, il se rallie au point de vue de Messali, qui désapprouve cette initiative, puisqu'il est arrêté par le régime de Vichy. Ahmed Flitah est condamné par le tribunal militaire d'Alger à trois ans de prison, quinze ans d'interdiction de séjour et perte des droits civiques. Sources:

Archives Aix, 9 H 47, Rap. Alger 9/12/57

GHERMOUL

; Kaddache (11).

AHMED

Militant P.C.F. (1928) ; Secrétaire Général traminots U.G.S.A. (1954) ; membre direction U.G.T.A.(1956).

Né à Alger, Ahmed Ghermoul adhère au P.C.F. en 1928. Durant son service militaire qu'il accoITlplit au 27e Train des équipages à Alger, il prend contact avec le P.N.R. alors en voie de constitution en 1931. Traminot, il prend une part active aux grèves de 1936 dans la capitale algérienne. Il quitte le P.C.A. en 1948, se rapproche des militants de l'o.s. du P.P.A.-M.T.L.D., poursuit ses activités syndicales. Il est en 1954 secrétaire général des traminots dans l'U.a.S.A. Membre de la direction de cette organisation syndicale, il entraîne de nombreux militants algériens à l'U.G.T.A. qui commence à se constituer. Militant du F.L.N., il participe aux discussions sur la plate-forme politique adoptée au congrès de la Soummam en 1956. Arrêté en avril 1956, torturé, Ahmed Ghermoul a été assassiné par les troupes françaises en 1958. Source.s: Interview Ouzegane par Planche Lebjaoui (I) ; Y. Saadi (II).

204

et Taleb-Bendiab

; Alleg (I et II);

Courrière

(Il) ;


HAB

GUENDOUZE BELKACEM Membre de l'o.S. (1947) ; militant M.NA (1954).

Né à Médéa, Belkacem Guendouze adhère au P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est membre de l'o.s. dès 1947, dans la région de l'Oranie. Il est arrêté en 1950 au moment du démantèlement de l'O.S. par la polîce française, et libéré en 1953. Il est arrêté à nouveau le 5 novembre 1954, au moment de la rafle de plusieurs centaines de militants nationalistes après la dissolution du M.T.L.D. Libéré en juin 1955, il devient militant du M.N.A. la Voix du Peuple annonce son assassinat par le F.L.N. en 1956 à Blida. Sources: L'Algérie Libre, n° 130, 22 octobre 1954 : « B. Guendouze prend la parole dans une Mosquée libre à Médéa» ; La Voix du Peuple, Il mars 1956; I.A.P.,n° 90, 7 décembre 1956.

GUENFOUD ABDELKADER Responsable E.N.A.-P.P.A.Maison-Carrée

(1936-1937).

Né dans l'Algérois, Abdelkader Guenfoud, chauffeur de voiture, est responsable de la section de l'Étoile Nord-Africaine de Maison-Carrée au moment du Front populaire. Il anime aux élections d'octobre 1937, la candidature de Messali qui obtient à Maison-Carrée 455 voix sur 527 votants. Sources:

Archives Aix, 9 H 47, Rap. Alger 14/12/36 et 9/12/36.

GUESMIA ABDELKADER Membre

F.L.N. 1er novembre

(1954).

Né dans l'Algérois, Abdelkader Guesmia, militant du M.T.L.D., exerce la profession de vernisseur à Bab-el-Oued. Dans son magasin situé près de la place des Trois-Horloges, se tient le 29 octobre la réunion des chefs de groupes préparant l'insurrection du 1er novembre 1954 à Alger. Membre du groupe qui a attaqué l'usine à gaz, sous la direction de M. Kaci, il est arrêté le 6 novembre 1954. Sources:

AlIeg (I) ; Courrière (I).

HABACHI

HABLAL Membre

ABDALLAH

NASSYMA,

voir notice chapitre III, série- B

épouse BEN MOKADEM

A.F.M.A. (1950).

Membre de l'Association des Femmes Musulmanes d'Algérie en 1950, Nassyma Hablal, secrétaire de direction, prend une part active au développe205


HAF ment du nationalisme parmi les femmes algériennes. Arrêtée en 1956, avec Amara Rachid, elle est libérée deux ans plus tard. Source:

Archives privées.

HAFIZ ABDERRAHMANE Membre direction P.P.A. Alger (1945).

Membre du bureau du P.P.A. clandestin d'Algérie, Abderrahmane Hafiz est l'un des organisateurs de la manifestation du 1er mai 1945 à Alger. Arrêté quelques jours après, puis libéré, il est candidat du M.T.L.D. aux élections de novembre 1946 dans la capitale algérienne, mais il n'est pas élu. Selon les Mémoires d'Aït Ahmed, sa candidature avait été mal acceptée par les militants: « Les uns lui faisant grief de son origine sociale, bien qu'il ait reçu ses titres de noblesse nationalistès dans les prisons, et voyaient là le signe d'un virage du parti à droite. Les autres, lui reprochant des "habitudes de prolos" dont un goût pour la bagarre, ne lui trouvaient pas assez d'envergure politique pour représenter le peuple algérien. » Abderrahmane Hafiz rejoint le F.L.N. après 1954, milite à Alger puis dans l'immigration en France. Sources: Mémoires Aït Ahmed; Kaddache(II); Lebjaoui (I et II); annexe 1 in Téguia: « Réunion des Oulémas à Blida le 14 septembre 1944. »

HAMDANIABDALLAH Membre bureau section E.N.A. Cherchell.

Né en 1904 dans l'Algérois, Abdallah Hamdani est membre du bureau de section de Cherchell de l'Étoile Nord-Africaine au moment du Front populaire. Source: Archives Aix, Rap. Alger 14/12/36.

HAMOUD

NEFISSA épouse LALIAM

Secrétaire générale A.F.M.A.(1947) ; vice-présidente A.E.M.A.N.(1947-1948).

Issue d'un milieu s.)cial relativement aisé, Nefissa Hamoud est l'une des premières étudiantes algériennes en médecine. En 1944, elle fait partie des premiers noyaux d'étudiantes encore peu nombreuses à cette époque de l'Association des £tudiants Musulmans d'Afrique du Nord. plIe participe à la manifestation du 1er mai 1945 à Alger et ce moment marque son engagement

définitif dans la lutte contre le colonialisme. Vice-présidente de l'A.E.M:A.N. en 1947, elle est la même année élue secrétaire générale de l'Association des Femmes Musulmanes Algériennes lors de l'assemblée générale de juillet 1947. Membre des premières cellules clandestines du P.P.A., elle intervient dans Alger au cours de baptêmes, mariages, tous lieux de rassemblement des femmes avec d'autres militantes comme Izza Bouzekri, Zoubida Saker, Farida Saker, Zoubida Safir, Baya Larate. En 1950, Nefissa' Hamoud prend contact 206


HEN avec la fédération internationale des femmes en vue de célébrer pour la première fois en Algérie la journée du 8 mars. En 1954, elle répond à l'appel du F.L.N., rejoint le maquis et connaîtra la prison. Médecin de l'A.L.N. en 1955, elle est arrêtée en wilaya III en 1957. Elle épouse le docteur Laliam, médecinchef de la wilaya III, après leur libération en 1961. Sources: Entretiens avec des militantes nationalistes algériennes. Indication G. Pervillé.

HAMZA OMAR Memhre direction P.P.A.

Alger (1944).

Ébéniste à Alger, Omar Hamza est membre de la direction du P.P.A. clandestin en 1943 dans la capitale algérienne. Il dirige la parution de El Watan, journal du P.P.A. qui circule à Alger en janvier 1944. Lié à M. Taleb et H. Asselah, il est éliminé de la direction au congrès de février 1947. Sources: Collot, Harbi (II).

HARFOUCHIMOHAMMED Me.mbre o.s. (1947) ; militant M.N.A. (1954).

Né dans la Casbah d'Alger, Mohammed Harfouchi est membre de l'o.s. à Alger. Il fait partie des groupes armés du M.N.A. d'Alger, dit « groupe des Fidayounes », en 1955. Arrêté, il est traduit les 26, 27, 28 mars 1957 devant le tribunal permanent des Forces armées d'Alger et condamné à mort. Mohammed Harfouchi est guillotiné le 10 octobre 1957 à Alger. Sources:

La Voix du Travailleur Algérien, mai 1957, n° 3 ; tract M.N.A., 17 octobre 1957.

HASNI BOUALEM

(1936-1957)

Militant M.T.L.D.(1953) ; militant M.NA (1954).

Né en 1936 dans l'Algérois, Hasni Boualem rejoint très jeune le M.T.L.D., puis devient membre du M.N.A. Il est condamné à mort le 7 mai 1957 pour avoir tiré, le 5 novembre 1956, sur un soldat de l'unité territoriale de Kolea, qui n'est que légèrement blessé. Boualem Hasni est guillotiné le 25 juillet 1957 dans la cour de la prison Barberousse à Alger. Sources:

LA.P. n° 122; entretien avec Y. Dechezelles.

HENNI

MOHAMMED

Membre direction P.P.A. (1939)

(dit DAKKI) et A.M.L. Alger (1944).

Né à Alger vers 1920, Mohammed Henni est membre de la direction du P.P.A. d'Alger avant la Seconde Guerre mondiale. Avec d'autres responsables d'Alger, il est écarté de la direction du P.P.A. pour avoir sollicité J'aide de 207


IME l'Allemagne en vue de l'indépendance de l'Algérie. Membre de l'Organisation fondée par M. Taleb, il réintègre le P.P.A. en 1944 et participe à son développement à partir des Comités d'aide aux familles des détenus. Anima-

teur des A.M.L. à Alger, il organise la manifestation du 1er mai 1945 et est arrêté quelques jours après. Il est interné au camp de Bossuet. Sources: Interview Henni in Beghoul; entretien avec M. Ben Mohammed; Archives Aix, 9 H 51 ; annexe I in Téguia : « Réunion des Oulémas à Blida le 14 septembre 1944. »

IMEKRAZ MOHAMMED (1930-1954) Responsable M.T.L.D.Kolea (1954).

Né en 1930 à Kolea, Mohammed Imekraz adhère dès l'âge de seize ans au P.P.A.-M.T.L.D. Président du comité de chômeurs de Kolea animé par le M.T.L.D., il est emprisonné à plusieurs reprises. Il meurt le 7 janvier 1954 à Kolea. Source: L'Algérie Libre, n° 93, 8 janvier 1954 : « M. Imekraz n'est plus. »

KAAB ABDERRAHMANE Militant M.T.L.D. (1953)

(1939-1957)

; militant M.N.A. (1954).

Né à Alger (Casbah) en 1939, Abderrahmane Kaab adhère au M.T.L.D., très jeune, à l'âge de quinze ans. Il est membre des groupes armés du M.N.A. en 1955 à Alger. Traduit devant le tribunal permanent des Forces armées d'Alger les 26, 27, 28 mars 1957, il est condamné à mort et guillotiné le 9 octobre 1957, à l'âge de dix-huit ans. Sources: Tract M.N.A., 17 octobre Y. Dechezelles.

1957; La Voix du Peuple, décembre

1960; entretien avec

KACI ABDALLAH MOKHTAR Dirigeant

1er novembre

F.L.N. Alger (1954).

Militant du M.T.L.D. à Alger, Mokhtar Kaci participe aux préparatifs de l'insurrection du 1er novembre, en s'entraînant dans une ferme de la Mitidja. Il dirige avec son neveu Abderrahmane le groupe (composé de Kouini Nacer, Guesmia Abdelkaùer, Lehdjim Kaddour, Sekkat Brahim, Abde1kader et Omar Djaalal), qui attaque le 1er novembre 1954 l'usine à gaz. Il est arrêté le 6 novembre 1954. Après l'indépendance, M. Kaci est . élu député le 20 septembre 1964. Sources: A.A.N. 1964; El Moudjahid Alleg (I) ; Courrière (I) ; Saadi (II).

-

2 novembre

KACIBELKACEM Membre bureau Comité Algérois P.PA (1938). 208

1978: « Souvenirs de Mokhtar

Kaci» :


KAL

Né dans l'Algérois, Belkacem Kaci, gérant de café, est membre du bureau du Comité algérois du Parti du Peuple Algérien en octobre 1938. Sources: Archives Aix, 9 H20, Rap. Alger 27/10/38.

KADDACHE

MAHFOUD

Secrétaire général (1953) et président des S.MA (1957-1962).

Sympathisant du M.T.L.D.,Mafhoud Kaddache est élu le 11 octobre 1953 lors d'une assemblée générale qui se tient à Blida, secrétaire général des Scouts Musulmans Algériens. Mahfoud Kaddache est actuellement un des principaux historiens algériens avec, en particulier, son Histoire du nationalisme algérien. Sources: L'Algérie Libre, n° 88, 4 décembre 1953. «L'activité 1erjanvier 1954; « Journées d'études des S.M.A.à Sidi-Ferruch. »

des S.M.A.»; n° 92, -

KADDOUR LEHDJIM Membre

O.S.

Alger (1948) ; militant F.L.N. 1er novembre (1954).

Issu d'une famille possédant une ferme à Crescia, hameau situé aux portes de la Mitidja, Lehdjim Kaddour est membre de l'o.S. à Alger en 1948. Il participe aux opérations du 1er novembre à Alger dans le groupe chargé de s'attaquer à l'usine à gaz. Sources:

Courrière

(I) ; Saadi (II).

KALACHE KADER Membre

O.S.

(1948), secrétaire général A.E.M.A.N.(1951), préfet de Constantine

(1964).

Né le 18 septembre 1924 à Médéa, Kalache Kader est lycéen lorsqu'il rejoint le P.P.A. en 1940. Jeune militant dans la région de Médéa, il est arrêté une première fois le 1er mai 1941 pour activités nationalistes, puis le 16 mai 1945 à la suite des événements. Libéré en 1946, étudiant à Alger, il devient secrétaire général adjoint de l'A.E.M.A.N. en 1948. Cette même année, il fait partie de l'organisation spéciale (o.s.) du P.P.A. à Belcourt. A la suite du démantèlement de l'o.s., il se rend à Paris en 1950 où il accède, en 1951, à la fonction de secrétaire général de l'A.E.M.A.N. Il prend position contre Messali dans la crise du M.T.L.D., se retrouve dans le courant centraliste tout en soutenant les partisans de l'action armée au cours de l'été 1954. Kader Kalache rejoint le F.L.N. après 1955 et s'occupe dans sa Fédération de France des questions matérielles et d'impression. Il est arrêté le 17 octobre 1958. Libéré en février 1960, il est l'un des animateurs du Grand Alger (zone 6, wilaya IV). Il est à ce titre l'un des organisateurs des manifestations de décembre 1960 à Alger. Il quitte la capitale pour se rendre à Tunis en novembre 1961. Le G.P.R.A. le désigne délégué du Croissant Rouge à Rabat. Après l'indépendance, Kader Kalache est député d'Orléansville à la première

209


KHI assemblée de 1962, puis préfet en 1964-1965 de Constantine. ment à Alger où il est chirurgien-dentiste.

Il vit actuelle-

Sources: Kaddache (II); communication Kalache; colloque international d'Alger novembre 1984; entretien avec Kader Kalache.

KHIDER MOHAMMED

voir notice chapitre III, série A

KHITER MOHAMMED

BEN BELKACEM

Membre o.s. (1948) ; participant Hornu (1954) ; militant M.NA (1955).

Né le 30 janvier 1923 à Alger, Mohammed Khiter, parfois confondu avec le député Mohammed Khider (voir sa biographie chapitre III, série A) rejoint le P.P.A. après sa démobilisation militaire qui intervient en octobre 1945. Il travaille avec son père qui possède un petit atelier mécanique, 16, rue SaintAugustin à Alger. D'abord simple diffuseur de tracts et chauffeur des responsables du M.T.L.D. pour les tournées de propagande dans la périphérie d'Alger, il fait partie ensuite de l'o.s. en 1948. Membre de la section artificier, groupes spécialisés du « Génie », il est contacté par Reguimi qui le présente à Aït Ahmed pour l'organisation du commando qui attaque la poste d'Oran en 1949. Arrêté en 1950, torturé plusieurs jours par la police française, il est traduit devant la Cour d'Oran les 20 et 21 juillet 1950 qui le condamne aux travaux forcés à perpétuité. M. Khiter s'évade, après vingtcinq mois d'internement, vit dans la clandestinité à Alger sous le nom de Mezhouda Belgacem puis est acheminé sur la France en 1953. Pris en charge par Filali, il penche du côté de Messali dans la crise du M.T.L.D. et accomplit. une tournée de propagande en sa faveur en avril 1954 à Lyon, Saint-Étienne, Roanne, Le Creusot, Montluçon. Avec Ramdane Douicher, il organise matériellement le congrès d'Hornu qui se tient le 13 juillet 1954. Il rentre à Alger en octobre 1954 et, après le 1er novembre, M. Khiter est chargé par Allal Melzi de l'achat d'armes pour le M.N.A. nouvellement constitué. Il retourne donc en France en 1955, accomplit sa mission et dès son retour à Alger en juillet 1955, prend la direction du groupe de militants EIBiar, Bouzareah, Notre-Dame d'Afrique. Arrêté le 25 septembre 1955, il passe le 12 août 1957 devant le tribunal permanent des Forces armées d'Alger qui le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité. Libéré en 1962, M. Khiter s'établit en Algérie. Sources: L'Écho d'Alger, 14 août 1957: « Khider Mohammed définit l'action terroriste du M.N.A. )} ; La Dépkhe Quotidienne, 14 août 1957 : « Khider avoue avoir fabriqué les engins qui, le 24 août 1955, avaient été déposés dans le bureau de poste)} ; Le Journal d'Alger, 14 août 1957: « Khider : mes bombes devaient faire boum, mais aucune victime)) ; Archives Y. Jouffa ; procès des militants nationalistes I.A.P. na 122 ; entretiens avec des militants algériens.

KIOUANE ABDERRAHMANE

210

voir notice chapitre III, série A


LAZ KOUFI MOHAMMED Rédacteur Parlement Algérien (1939).

Rédacteur du Parlement Algérien en 1939, organe du P.P.A. rédigé en grande partie par les dirigeants emprisonnés à Maison-Carrée, Mohammed Koufi est arrêté et condamné en janvier 1940. Sources: ArchivesAix, 9 H 32, Rap. 6/1140; Collot.

LADJALI AREZKI voir notice chapitre III, série B LAGHOUATIAHMED Militant P.P.A.-M.T.L.D. Alger (1950).

Militant du P.P.A.-M.T.L.D. à Alger, membre de l'o.s., Ahmed Laghouati milite au F.L.N. dès 1954. Sur instruction de H'Didouche, il contacte F. Abbas en 1955 pour lui faire savoir les buts du F.L.N. Il aide Rebbah Lakhdar pour la fabrication d'un poste émetteur-récepteur à Alger. Arrêté au

cours de la guerre, il devient membre de la Fédération d'Alger du F.L.N. après 1962. Sources: Lebjaoui (II) ; Y. Saadi.

LARAB Membre

BAYA A.F.MA

Née dans la Casbah d'Alger, Baya Larab adhère à l'Association des Femmes Musulmanes d'Algérie en 1953 dont elle sera une des principales animatrices en 1954. Source:

Archives privées.

LAZLI AHMED Responsable

section

P.PA

Boufarik

(1938).

Né dans l'Algérois, Lazli Ahmed anime la section du Parti Algérien de Boufarik en 1938. Il est arrêté en 1940 et condamné 1941 par le tribunal militaire d'Alger à cinq ans de prison, vingt diction de séjour et perte des droits civiques. En 1955, primeuriste, président d'une medersa à Blida. Sources:

du Peuple le 17 mars ans d'interil est yice-

Kaddache (II) ; Annexe II (6) in Téguia.

211


MAA

MAASKRI KADDOUR Responsable section P.P.A. Cherchell (1945).

Né le 18 mai 1914 à Bourkika, près de Blida, Kaddour Maaskri adhère au P.P.A. au début de la Seconde Guerre mondiale. Responsable de la section du P.P.A. de Cherchell, il est arrêté le 14 mai 1945 et torturé par la police d'Alger. Il est condamné « à la prison à perpétuité et la confiscation de tous ses biens présents et à venir ». Kaddour Maaskri est emprisonné lorsque se déclenche le 1er novembre 1954. Source: L'Algérie Libre, n° 83, 17 octobre 1953 : « L'hallucinant Kaddour Maaskri. »

MAHI MOHAMMED

récit des tortures infligées à

(1910-1956)

Membre direction P.PA Alger (1938-1939) ; membre M.T.L.D. (1946);

responsable

M.NA (1955).

Né en 1910 dans l'Algérois, Mohammed Mahi, marchand de poisson à Alger, adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1933. Il fait partie de la direction du Parti du Peuple Algérien d'Alger et participe comme délégué du P.P.A. à la réunion du Congrès musufman en septembre 1938. Il est arrêté le 10 mai 1945 à la suite des événements du 8 mai. Mohammed Mahi prend position pour Messali dans la crise du M.T.L.D. Le M.N.A. annonce son assassinat par le F.L.N. à Alger en 1956. , Sources: Archives Aix, 9 H20, Rap. Alger 4/9/38; L'Algérie Libre n° 125, 17/9/1954, « Le Comité Algérien d'aide aux sinistrés du Chelif!» ; lettre ouverte du M.N.A. à France - Observateur, novembre 1957 ; entretien avec S. Bouzerar.

MAHSAS

AHMED

MAMMARI

voir notice chapitre III, série A

MOHAMMED

Membre fondateur U.S.T.A. (1956).

Membre de la direction de l'Union des Syndicats des Travailleurs Algériens (V.S.T.A.), Mohammed Mammari est arrêté dès la création du syndicat et interné en 1956 au camp de Saint-Leu. Sources: Télégramme du 1er Congrès de l'U.S.T.A. aux militants emprisonnés vail/eur Algérien, juillet 1957.

MAROC

in La Voix du Tra-

MOHAMMED

Responsable Daïra Miliana P.PA-M.T.L.D. (1946) ; Conseiller mU\1icipal Miliana (1947) ; membre direction O.S. (1947) ; membre Bureau Politique M.NA (1955).

Né le 8 mai 1922 à Rouina, '212

près de Miliana,

le père de M. Maroc,


MAR

mineur, travaillait dans les mines de fer dans la région. Mohammed Maroc effectue des études secondaires à Miliana, passe son baccalauréat à Alger et s'oriente vers une formation de radio-technicien. Avec ses amis de Miliana, Mustapha Ferroukhi, Baatel Sadek, Braham Bouzar, il adhère au P.P.A. en 1943. Employé administratif à la commune mixte de Braz qui s'étend sur plusieurs douars, il profite de cette situation pour implanter l'organisation nationaliste. Lors des élections de 1946, il soutient ouvertement Ferroukhi, candidat du M.T.L.D.et est chassé de son emploi. Remarqué pour son efficacité politique, ses qualités d'organisation, il devient dès lors permanent du M.T.L.D.et, sous le pseudonyme de « Allal», est responsable de la daïra de Miliana. La daïra compte alors plus de 100 militants, avec des cellules à Miliana, Orléansville, Duperret, etc. Aux élections municipales de 1947, Mohammed Maroc est élu conseiller municipal avec le plus grand nombre de voix, sur une liste M.T.L.D.Il a, en fait à ce moment d'autres activités beaucoup plus importantes. Sa qualification d'ingénieur radio, ses capacités politiques, lui. valent de faire partie, dès sa fondation de l'Organisation Spéciale (o.s.), branche armée du M.T.L.D.,créée en 1947. Mohammed Maroc est responsable pour l'Algérois. Membre du Conseil Supérieur (c.s.) de l'o.S. qui tient sa première réunion le 13 novembre 1947 à Kouba, il est désigné responsable de la section «transmission et génie ». A cette section sont rattachés des spécialistes en radio et électricité qui réussissent à confectionner et mettre au point un poste émetteur-récepteur de portée réduite. A la suite du démantèlement de l'o.s. en 1950, M. Maroc plonge dans la clandestinité. Il est condamné par défaut en mai 1950 à six ans de prison pour atteinte à la sureté de l'Etat. Il est « caché» successivement, dans la maison de Messali à Bouzareah, dans l'imprimerie de l'organisation nationaliste, au siège central du M.T.L.D.,place de Chartes, etc. Placé, avec son compagnon de clandestinité Didouche Mourad, dans des endroits où il risque à chaque instant d'être découvert, il exige des hommes du Comité Central d'être envoyé dans les Aurès, en Kabylie, ou au Caire. Après quelques mois passés dans la demeure des. frères Sahraoui (voir leurs biographies), la direction du M.T.L.D.décide de l'envoyer en France. Il arrive en août 1953 à Paris où il est accueilli par A. Filali. En relation avec M'hammed Yazid, il travaille à la rédaction d'un bulletin syndical et prend le pseudonyme de « Marcel ». Il est membre de la commission syndicale de la Fédération de France du M.T.L.D.lorsque la crise du parti nationaliste éclate. Il s'engage contre le « réformisme» des centralistes et se range du côté de Messali Hadj.

Après le 1er novembre 1954, Mohammed Maroc est membre du Bureau Politique du Mouvement National Algérien (M.N.A.)et responsable de son journal clandestin La Voix du Peuple. Il rédige bon nombre des articles du journal avec Naït Mazi, les expédie en Allemagne où La Voix du Peuple est tirée à 100 000 exemplaires jusqu'en 1956. Arrêté, il est transféré le 10 décembre 1956 à la prison de la Santé. Après une grève de la faim, il obtient le régime de prisonnier politique.. Les 24 et 25 janvier 1957, Mohammed Maroc comparaît devant le 17e chambre correctionnelle de Paris. Se succèdent à la barre pour témoigner en sa faveur: André Breton, Benjamin Peret, Marceau Pivert, Daniel Guérin, Jean Rous, Jean Duvignaud. Albert Camus et Robert Chéramy, empêchés de se rendre au procès, livrent leur témoignage par écrit, lu par maître Yves Dechezelles, le défenseur de M. Maroc. Dans le peu de temps que lui laisse le président du 213


MEL tribunal, il revendique « la responsabilité de tout le secteur propagande-information du M.N.A. », estime que « la notion d'indépendance comporte un contenu social », considère qu'« il doit exister une solidarité nécessaire entre tous les peuples qui luttent pour la liberté ». Il est condamné à deux ans de prison et 80 000 F d'amende. A la prison de la Santé, Mohammed Maroc retrouve Ahmed Ben Bella. Il lui soumet une déclaration pour « mettre fin aux luttes fratricides, celles-ci ne pouvant profiter qu'à l'ennemi, et pour concentrer tous les efforts contre les forces d'occupation en Algérie ». Après 42 heures de réflexion, A. Ben Bella avise M. Maroc qu'il ne pourra pas signer la déclaration. Libéré en juillet 1958, Mohammed Maroc abandonne progressivement toute activité politique. Il ne rentre pas en Algérie. Sources: TractM.N.A., 2 mai 1956 ; bulletins du Comité pour la Libération de Messali Hadj et des Victimes de la Répression, novembre-déceJI1bre 1956, janvier 1957; La Vérité, 1er février 1957; Combat 26 janvier 1957; lettre de M. Maroc au juge d'instruction, décembre 1956; entretiens avec M. Maroc, Henri Y, Y. Dechezelles, P. Lambert.

MELZI ALLAL voir notice chapitre III, série B MELZI CHAFIK (1929-1957) Membre de l'o.s. (1947) ; militant M.NA (1954).

Né le 24 mars 1929 à El~Biar, Chafik Melzi adhère au P.P.A. en 1944. Il fait partie dès 1947 de l'o.s., et est l'adjoint de Reguimi à Alger. Il s'attache à la constitution des groupes armés du M.N.A. à partir de 1955 dans la ville d'Alger. Il est le principal dirigeant du groupe « Fidayounes » dont l'action s'étend à El-Biar, la Madelaine, Hydra, La Colonne-Voirol, Cheragas, Ben Aknoun, La Bouzareah. Arrêté en 1956, il est traduit devant le tribunal permanent des Forces armées qui le condamne à mort le 16 mars 1957. Chafik Melzi est guillotiné le 9 octobre 1957 à Alger. Sources: La Voix du Peuple, décembre 1960 ; Procès des militants M.N.A., in Interafrique Press; entretien avec Y. Dechezelles, défenseur de Melzi.

MERBAH MOULA Y voir notice chapitre III, série A MERIDI TA YEU Responsable

P.PA

Chebbi

(1938).

Né dans l'Algérois, Tayeb Meridi est le responsable de la section de Chebbi du Parti du Peuple Algérien où en octobre 1937, le candidat Mestoul obtient 54 voix sur 158 votants aux élections cantonales. Source:

214

Archives Aix, Rap. Alger 9/12/37.


MES MESTOUL Responsable

MOHAMMED P.N.R. (1931),

E.N.A. (1933)

et PP.A. (1937)

à Alger.

Né en 1907 à Alger dans une famille modeste, M. Mestoul, dès l'âge de huit ans, s'emploie pendant les grandes vacances scolaires à faire de menus travaux (garçon de courses, livreur...). D'après un entretien de Mestoul avec M. Kaddache, «il quitte l'école à onze ans, travaille dans une scierie, une biscuiterie, puis finit par suivre l'unique école de pré-apprentissage d'Alger qui lui permet de s'installer comme artisan-serrurier ». Au cours d'un voyage à Paris en 1930, il achète El Ouma, le ramène à Alger, prend contact avec l'Étoile Nord-Africaine. Il réunit un groupe de jeunes d'Alger et adhère au P.N.R. constitué avec l'aide du P.C.F. à Alger. Il en devient le président et les réunions de l'organisation se tiennent dans son atelier 10, rue de Bône. La majorité des militants du P.N.R., emmenée par Mestoul et Mezerna, décide de rejoindre l'E.N.A. en 1933 au moment du redémarrage de l'association nationaliste. Selon le témoignage d'A. Ouzegane, recueilli par Planche et Taleb-Bendiab, Mestoul continue néanmoins pendant un certain temps, d'assister aux réunions du P.N.R. sous contrôle du P.C.F., toufen étant membre de l'Étoile à Alger. Dans ses Mémoires, Messali signale la venue de Mestoul à Paris en juillet 1934 : « Il nous a dit que déjà il y avait des cellules, des petites réunions et des contacts avec la banlieue d'Alger. » Président de la section d'Alger de l'E.N.A., il tente, à son retour de Paris, une ouverture en direction des organisations de la gauche française, mais selon M. Kaddache qui rapporte ses propos, «les contacts ne furent pas faciles, les éléments de l'Étoile étaient considérés comme de jeunes illuminés, des fous qui osaient crier publiquement le mot d'indépendance ». Organisa-

teur de la manifestation du 1er mai 1936 où plusieurs milliers d'Algériens se rassemblent aux Champs des Manœuvres, munis de banderoles portant des inscriptions nationalistes, Mohammed Mestoul essaye de se « glisser» dans une des commissions du Congrès Musulman. Mais il attend surtout la venue de Messali qui, dans ses Mémoires, note : «A Alger ,en dehors de Mohammed Mestoul, nous ne connaissions personne.» Présent au stade d'Alger le 2 août 1936, il aide Messali à prendre la parole. Il devient le secrétaire du premier Comité Central de l'E.N.A. mis en place à Alger par Messali durant son passage. Il est arrêté, avec la direction du P.P.A. d'Algérie, en août 1937 et incarcéré à la prison de Barberousse où il entame une grève de la faim pour obtenir le statut de détenu politique. Le P.P.A. le présente aux élections cantonales du 17 octobre 1937 à Blida. Il recueille 985 voix sur 4 438 suffrages exprimés. Libéré avant la Seconde Guerre mondiale, M. Mestoul fait partie du P.P.A. clandestin et participe à un congrès restreint de l'organisation en janvier 1945 avec Hocine Asselah, Lamine Debaghine et Chadly Mekky. Il est candidat du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques à Alger aux élections de 1946 et n'est pas élu. Trésorier-adjoint dans le Comité Directeur désigné par le Comité National du 4 septembre 1947, il n'est plus, en fait, membre de la direction de l'organisation nationaliste. Conseiller municipal d'Alger, petit industriel, il continue toutefois de présider différents comités de soutien au M.T.L.D., notamment en 1954 après le tremblement de terre d'Orléansville. Sources: Entretien Mestoul in Kaddache (I) ; Archives Aix, 9 H 32, Rap. Alger novo 36 et juin 37; L'Algérie Libre, n° 125, 17 septembre 1954: «Le comité d'aide aux sinistrés 215


MEZ d'Orléansville»; interview Ouzegane par Planche et Taleb-Bendiab; cahiers n° 10-13 ; El Ouma n° spécial, oct. 37 ; Collot.

MEZERNA AHMED:

Mémoires

de Messali,

voir notice cbapitre III, série A

MOKRANE AHMED Membre direction P.P.A. Maison-Carrée

(1938).

Né le 8 mars 1902 à Maison-Carrée près d'Alger, Ahmed Mokrane appartient à une famille modeste dont le père était boulanger. Il n'obtient pas son certificat d'études et effectue deux ans de service militaire comme soldat à Alger. Démobilisé, il se fixe à Maison-Carrée où il exerce les professions de chauffeur de taxi et de garçon laitier. Il adhère au Parti du Peuple Algérien en 1937 et devient vice-président de la section de Maison-Carrée en 1938. Source:

Archives Aix, 9 H 47, Rap. Maison-Carrée

MOUSSAOUI Membre de l'o.s. (1963).

21/4/38.

BOUALEM (1947);

militant F.L.N. (1954);

ambassadeur

Algérie en France

Né en septembre 1926 à Alger, Boualem Moussaoui est militant nationaliste dès l'âge de dix-sept ans au sein du P.P.A., puis du M.T.L.D. Militant de l'o.s., il est appréhendé en 1950 alors qu'il travaillait dans un restaurant à Mostaganem. Libéré, il est commerçant dans la Casbah avec Mouloud Amrane. Il adhère au F.L.N. dès le début de l'insurrection et participe à la constitution du Comité de la Trève Civile fondé par A. Camus et les membres de la Fédération des libéraux d'Alger. Il travaille également à la création du journal libéral Espoir. Arrêté en mai 1956 en Algérie, il est interné à Fresnes. Libéré après les accords d'Évian, il rejoint A. Ben Bella à Tunis, puis à Tlemcen lors de la crise d'août 1962 et devient membre de la commission nationale de coordination qui prépare la proclamation du Bureau Politique du F.L.N. Député de Médéa (1962-1965), questeur de l'Assemblée, Boualem Moussaoui est désigné ambassadeur d'Algérie en France en septembre 1963. Sources: A.A.N. 1%2, 1964 ; Le Monde, 11 septembre 1963 : « M. Boualem Moussaoui » ; Interview B. Moussaoui in Solidarité Franco-Algérienne, n° l, octobre-novembre 1%3; Lebjaoui (I) ; Y. Saadi.

MUFTI

MALIKA,

épouse KHENE

Membre A.S.F.A.(1947). Née à Belcourt, à Alger où elle a fait ses études, Malika Mufti, dont le père vieux militant de l'E.N.A. était employé des Transports, adhère au P.P.A. 216


OUA

en 1945. Elle participe à la fondation de l'Association des Femmes Musulmanes d'Algérie en juin 1947. Sources: Archives privées; entretien avec des militants algériens.

NOURREDINE Membre

AUlA

épouse BENALLEGUE

A.F.M.A. (1947).

Née à Alger, d'une famille originaire de la Kabylie, Aljia Nourredine s'éveille à l'action politique par l'intermédiaire de son père, directeur d'école rue de la Lyre. Elle adhère au P.P.A. en 1945 alors qu'elle accomplit ses études de médecine. Elle fait partie du noyau initial qui constitue l'Association des Femmes Musulmanes d'Algérie en juin 1947. Première femme algérienne docteur en médecine, elle participe à la fondation de l'Association des amis des étudiants, en 1947. Sources: Archives privées; entretiens avec des militants algériens. Indication G. Pervillé.

OUALANE

ABDELKADER

Conseiller municipal M.T.L.D.EI-Siar (1953) ; militant M.N.A.(1954).

Né le 9 mai 1928 à Hussein-Dey, près d'Alger, Abdelkader Oualane adhère au P.P.A.-M.T.L.D.en 1945. Il prend position pour Messali dans la crise de l'organisation nationaliste après une visite à Niort le 3 juin 1954. Conseiller municipal d'El-Biar en 1953, il est à la fin de l'année 1954, membre de la direction du M.N.A. mis en place après l'arrestation des principaux cadres messalistes. Oualane est alors chargé des relations avec Paris. Expulsé vers la France, il milite en Allemagne pendant la guerre. Sources: L'Algérie Libre, n° 126, 24 septembre 1954: «Les obsèques Boukemia»; n° 129, 15 octobre 1954: «Meeting à Alger pour la libération entretiens avec des militants algériens.

de Mustapha de Messali»;

OUAMARA RACHID Membre direction P.P.A.d'Alger (1938) ; militant F.L.N.(1954).

Adhérent de l'Étoile Nord-Africaine en Algérie, Rachid Ouamara occupe des responsabilités dans le Parti du Peuple Algérien de la région algéroise, après l'arrestation des dirigeants de la section en février 1938. Il entre au Comité Directeur de l'organisation et est arrêté et traduit en janvier 1939 devant le tribunal correctionnel d'Alger qui le condamne à six mois deprison avec sursis. Il fait partie du groupe de responsables dUP.P.A. qui fonde le C.A.R.N.A.et se rendent en Allemagne au printemps 1939 pour solliciter une aide matérielle en vue de l'indépendance de l'Algérie. Il charge Boumedine Maarouf de mettre Messali au courant de la création du C.A.R.N.A.Ce dernier rejette cette initiative et demande à Rachid Ouamara de se retirer de la direction de l'organisation. Il contacte de nouveau les autorités allemandes de l'époque qui proposent de l'argent. Rachid Ouamara refuse et veut des armes 217


RAF pour l'indépendance de l'Algérie. Avec Abdoun Mahmoud, il effectue la même démarche en direction des Italiens avec les mêmes résultats. Militant du F.L.N., agent de liaison d'Abane, il est assassiné pendant la guerre. Sources:

Ageron (III) ; Kaddache (II) ; Zagoria, p. 64.

RAFA MOHAMMED dit « SAiD» Responsable

M.T.L.D.-M.N.A. Alger (1954).

Né le 1er novembre 1921 à Birmandreis, Mohammed Rafa, journalier, milite au P.P.A. en 1945. Militant du M.N.A. en 1955, il est «l'intendant général» qui pourvoit en uniformes les groupes armés messalistes. Il est arrêté en 1956 chez le tailleur qui confectionnait ces tenues militaires, Baba Slimane, installé dans le quartier de la Marine. Il est traduit le 12 août 1957 devant le tribunal permanent des Forces armées d'Alger, qui l'accuse également d'avoir favorisé le reportage de C. Gérard pour le journal Demain. Mohammed Rafa est condamné à vingt ans de travaux forcés et libéré en 1962. Sources: La Dép~che, 15 août 1957 : «Rafa Y. Jouffa.

REBBAH

èt Mustapha,

20 ans de travaux forcés»

; archives

LAKHDAR

Adhérent P.P.A. (1937), conseiller municipal M.T.L.D.Alger (1947), militant F.L.N. (1954), fondateur U.G.C.A. (1956).

Né le 26 février 1917 à Aumale dans l'Algérois, Lakhdar Rebbah est le fils d'un fellah qui est décédé en 1929. Il obtient son certificat d'études, devient receveur de tramway à Alger. Ailier gauche dans l'équipe de l'A.S. Saint-Eugène, il adhère au P.P.A. en mars 1937 et se retrouve rapidement cadre de l'organisation à Belcourt. Il accomplit son service militaire dans le « Génie/Sapeur-pompier» entre 1943 et 1945. L. Rebbah ouvre après la guerre un café à Alger puis un magasin de postes de radio. Élu conseiller municipal M.T.L.D. d'Alger en 1947 et délégué au congrès du P.P.A., il anime alors un club sportif d'athlétisme. Candidat à l'Assemblée algérienne, il est arrêté en avril 1948 et emprisonné à Barberousse. Libéré, il continue ses activités militantes. Dans son domicile, rue El Ghazi à Belcourt, se tiennent de nombreuses réunions politiques comme par exemple celles célébrant l'anniversaire de la mort de Kehal Arezki ou Mohammed Douar. Il héberge les clandestins de l'o.s. recherchés par la police, et se tient à l'écart au moment où s'ouvre la crise entre messalistes et centralistes. Militant du F.L.N. dès novembre 1954, les armes servant au déclenchement de l'insurrection dans la capitale algérienne sont déposées chez lui. En février 1955, Rebbah Lakhdar a son premier contact avec Abbane Ramdane, récemment libéré, qui lui demande de rencontrer les formations et personnalités politiques. Au cours d'une réunion tenue chez lui, avec Abbane, Ben Khedda, R. Amara et Hanafi, la décision est prise de composer un nouvel hymne national. Le lendemain, rue d'Isly, à la hauteur du café «L'Express», 218


SAA L. Rebbah rencontre Mufdi Zakaria. Ce dernier accepte la proposition, se met au travail, 2, rue Blandon, près de la place de Chartes et remet le lendemain l'hymne national composé en une nuit. L'événement se déroule en juin 1955. L. Rebbah contacte également Aïssat Idir en vue du lancement d'un syndicat algérien. L. Rebbah fabrique le premier poste émetteur du F.L.N. à la fin de l'année 1955 au 9 rue Médée. Créateur et animateur .de l' Union Générale des Commerçants Algériens en 1956 sous l'égide du F.L.N., L. Rebbah est arrêté le 11 avril 1956 à Kouba dans une villa appartenant à Mufdi Zakaria. Transféré d'un commissariat à l'autre, il est torturé du Il au 27 avril. Il est interné successivement dans les prisons de Barberousse, Maison-Carrée, Lambèze puis transféré à Loos-IèsLille. Après l'indépendance, Lakhdar Rebbah est élu député le 20 septembre 1964 puis se retire de la scène politique. Il vit actuellement à Alger. Sources: A.A.N., 1964: Mémoires avec L. Rebbah.

REGUIMI SAADI

DJILALI

Aït Ahmed;

Azzedine;

Lebjaoui

(II) ; Y. Saadi;

entretien

voir notice chapitre ill, série. A

J YACEF

Militant P.P.A. (1945)

; responsable

Z.A.A. F.L.N. Alger (1956).

Né le 20 janvier 1928 à Alger, Yacef Saadi, boulanger dans la Casbah avec son père, participe à la manifestation organisée par le P.P.A. dans la capitale, le 1er mai 1945. Il mène la campagne électorale du M.T.L.D. en 1947 dans le Titteri, puis se retire en France pendant deux ans, à la suite de la dissolution de l'o.s. En 1954, il est présenté à R. Bitat, un des responsables du C.R.U.A., qu'il héberge. Par ce canal, il rencontre Krim, Abane, Ouamrane qu'il cache, accompagne, participant aux discussion dans la Casbah d'Alger pour le lancement du F.L.N. Il est envoyé en 1955 en Suisse pQ.ur rencontrer deux représentants de Ben Bella. Expulsé, arrêté au Bourget et envoyé en prison à Alger, il ne reste détenu que quatre mois puis il est remis en liberté. Vivant clandestinement à Alger, il est désigné en 1956 responsable de la branche militaire de la Z.A.A. Yacef Saadi joue, à ce titre, un rôle important dans «La Bataille d'Alger », jusqu'à son arrestation par les parachutistes français le 23 septembre 1957 au 3, rue Caton dans la Casbah. Condamné à mort puis gracié, il est libéré en 1962. Député à l'Assemblée nationale en 1962, il devient ensuite président de la société Casbah-Films qui produit notamment « La Bataille d'Alger» (Lion d'Or de Venise). Yacef Saadi publie en 1962, Souvenirs de la Bataille d'Alger, et la Bataille d'Alger (1982). Sources: A.A.N.1962 ; Abbas (II) ; Courrière (I et II) ; Lebjaoui (I et II) ; Massu ; Paillat ; Y. Saadi; G. Tillion ; Tripier.

SAARI OMAR Membre bureau section E.N.A. Cherchell (1936).

N'é en 1917 dans la région de Cherchell près d'Alger,

Omar Saari, qui 219


SAH possède une bonne instruction primaire, est employé comme collecteur dans les marchés. Il est membre du bureau de la section de Cherchell de l'Étoile Nord-Africaine au moment du Front populaire. Source: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Alger 14/12/36.

SAHRAOUI LARBI (1906-1956) Adhérent puis responsable P.P.A.. dans la Mitidja (1937-1947) M.T.L.O.(1947) ; militant M.NA (1954).

; conseiller municipal

Né en 1906 à Larbaa, Larbi Sahraoui vit et travaille dans la Mitidja. Avec son frère Mustapha, il adhère au Parti du Peuple Algérien en 1937. Il est élu, lors des élections municipales de 1947, dans la commune mixte de Larbaa sur la liste du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques. Contre les « centralistes » dans la crise du M.T.L.D., il devient militant du Mouvement National Algérien après le 1er novembre 1954. Larbi Sahraoui est abattu, avec son frère, par des colons déguisés en soldats. Des milliers d'Algériens assistent à leur enterrement et tous les commerçants baissent leur rideau en signe de deuil dans la région. Source: La Voix du Peuple, janvier 1961.

SAHRAOUI MUSTAPHA

(1901-1956)

Responsable P.P.A.-M.T.L.O.Larbaa (1937-1947) ; conseiller municipal M.T.L.O. (1947) ; délégué congrès d'Hornu (1954) ; militant M.N.A. (1955).

Né en 1901 à Larbaa, Mustapha Sahraoui travaille dans la plaine de la Mitidja. Très populaire auprès des ouvriers agricoles de la région, il adhère au Parti du Peuple Algérien dès sa fondation. Responsable de l'organisation nationaliste à Larbaa, il conduit la liste du M.T.L.D. aux élections municipales de 1947 et est élu à une large majorité. Adjoint au maire de Larbaa, il est responsable de la « quinzaine de lutte », organisée par le M.T.L.D. contre la répression du 1er au 15 octobre 1953. Il rend de fréquentes visites à Messali Hadj, assigné à résidence forcée à la Bouzareah puis à Niort, et se range derrière lui dans la crise du M.T.L.D. En 1952, il héberge les clandestins de l'Organisation Spéciale comme M. Maroc et M. Didouche poursuivis par la police française. A ce moment il engage une lutte très dure contre «les centralistes » dans la région de Mitidja et est désigné par la Daïra pour être délégué au congrès messaliste d'Hornu en juillet 1954. Il est assassiné en 1956 à son domicile par des colons français déguisés en soldats. Sources: « L'Algérie Libre» n° 84, 23 octobre 1953, « Vif succès» ; La Voix du Peuple, janvier 1%1 ; Lebjaoui (II) ; entretien aveè M. Maroc.

SARI BEDREDINE Conseiller municipal M.T.L.O.(1953).

Né à Alger, Bedredine Sari, imprimeur, 220

est conseiller municipal M.T.L.D.


SI de Saint-Eugène en 1953. Il est membre du Comité d'aide aux sinistrés d'Orléansville mis en place par l'organisation nationaliste en septembre 1954. Il est emprisonné à Saint-Leu, en 1956, puis à Bossuet. Libéré, il se retire de la vie politique. Sources: L'Algérie Libre n° 125, 17 septembre 1954: d'Orléansville» ; entretien militants algériens.

« Comité d'aide aux sinistrés

SEMMAR ABDERRAHMANE Responsable P.PA Birkadem (1937).

Responsable de la section du P.P .A. de Birkadem en 1937, A. Semmar anime la campagne pour la candidature de Messali qui recueille 129 voix sur 285 votants aux élections d'octobre 1937. Source: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Alger 9/12/37.

SID AHMED EL DJAADI Membre comité algérois P.PA (1938).

Né dans la région de Palestro près d'Alger, El Djaadi Sid Ahmed exerce la profession de boucher ambulant. Il est membre du comité algérois du Parti du Peuple Algérien en octobre 1938. Source:

Archives Aix, 9 H20,

Rap. Alger 27/10/38.

SID ALI ABDELHAMID

voir notice chapitre III, série A

SID ALI ADAB voir notice chapitre III, série B SIDI YAKHLEF

MUSTAPHA

Membre o.s. Blida (1950). Militant à Blida du M.T.L.D., Mustapha l'année

1951 l'évasion

de

A.

Sidi Yakhlef organise à la fin de

Ben Bella et A. Mahsas

de la prison

de Blida.. Il

rejoint le F.L.N. dès 1954. Il est guillotiné en 1957 à la prison de Barberousse pour ses activités nationalistes pendant la guerre. Source: Mahsas.

SI DJOUZI

MOHAND

Militant P.P.A.-M.T.L.D. (1945)

; responsable

C.G.T. (1947).

Militant P.P.A.-M.T.L.D. à Alger, Si Djouzi, membre de la C.G.T., est res221


SLI ponsable de l'association des traminots algérois syndiqués en 1947. Conseiller municipal de la ville d'Alger, il prend position pour le cours centraliste dans la crise du M.T.L.D. Militant du F.L.N., il est arrêté et emprisonné à Saint-Leu en 1957. Source: Entretiens militants algériens.

SLIMANI CHERIF Membre bureau section P.PA Maison-Carrée

(1938).

Né vers 1896 à Aïn-Bessem dans l'Algérois, Cherif Slimani est marchand de légumes à Maison-Carrée. Il effectue quinze années de Service militaire aux Tirailleurs et est rendu à la vie civile le 13 décembre 1933. Il adhère au Parti du Peuple Algérien en 1937 et est désigné trésorier de la section du P.P.A. de Maison-Carrée en 1938. Source: Archives Aix, Rap. Maison-Carrée 21/4/38.

STAMBOULI

NOURREDINE

Agent liaison o.s. (1947).

Militant du P.P.A.-M.T.L.D. à Belcourt, Nourredine Stambouli, agent des P.T.T., transporte dans sa fourgonnette postale des armes en Kabylie pour le compte de l'o.s. en 1947. Source: Mémoires Aït Ahmed.

TALED

TEFAHA

MOHAMMED

voir notice chapitre III, série A

ADDELKADER

Militant E.NA Alger (1933) ; membre fondateur U.STA. (1956).

Né vers 1910 à Alger-Belcourt, Abdelkader Tefaha, traminot, milite à la C.G.T.U. et à l'E.N.A. en 1933. Responsable du P.P.A. d'Alger avant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint le M.T.L.D. dès 1946. Ami de Djermane Arezki, A. Tefaha est secrétaire du syndicat C.G.T. des traminots en 1950-1952. Il prend position contre les centralistes dans la crise du M.T.L.D. et rejoint le M.N.A. dès sa création. Il est l'un des principaux fondateurs, avec M. Ramdani, de l'U.S.T.A. Secrétaire général adjoint du syndicat impulsé par les messalistes, A. Tefaha est arrêté en mars 1956 avec S. Bouzerar et interné aux camps de Saint-Leu et Bossuet. Libéré en 1962, il vit à Alger. Sources: La Voix du Travailleur Algérien, n° I, mars 1957; télégramme l'U.S.T.A. aux militants emprisonnés; Stora (IV) ; entretien avec S. Bouzerar.

TEMAM ADDELMALEK 222

voir notice chapitre III, série A

du 1er congrès de


ZEK

TOUMI Membre o.S. Alger (1947).

Travaillant dans les professions paramédicales à Alger, Toumi est responsable de', l'o.s. à la Redoute (Mouradia), banlieue sud de la capitale où il habite à proximité de Mourad Didouche. Source: Mémoires Aït Ahmed

YANNÈS MOHAMMED Militant P.PA (1945) ; membre direction M.N.A.Alger (1955).

Né dans l'Algérois, Mohammed Yannès adhère au P.P.A. après les événements du 8 mai 1945. Il devient militant du M.N.A. Après le 1er novembre 1954. Membre du groupe armé du M.N.A. « Fidayounes» d'Alger, il est arrêté en 1956 et traduit les 26, 27, 28 mars 1957 devant le tribunal permanent des Forces armées d'Alger. Accusé d'être responsable de dix attentats commis dans la Casbah d'Alger de mai à octobre 1955, il déclare lors de son procès « Ces actes étaient essentiellement dirigés contre des musulmans indicateurs de police et n'avaient aucun caractère raciste. » Après une grève de la faim dans le quartier des condamnés à mort de la prison civile d'Alger, Mohammed Yannès est guillotiné le 11 octobre 1957. Sources: La Voix du Travailleur Algérien, mai 1957; Afrique Press; tract M.N.A., 17 octobre 1957.

YOUSFI

M'HAMMED

procès des militants

M.N.A. in Inter

voir notice chapitre III, série A

ZEDDOUR KASSEM Organisateur étudiant P.P.A.-M.T.L.D.(1946).

Arrêté en 1945 pour « atteinte à la sûreté de l'État », Kassem Zeddour purge un an de prison. Libéré, il se rend au Caire et obtient sa licence de lettres d'arabe. De retour en Algérie, il milite au M.T.L.D. Arrêté au lendemain du 1er novembre 1954 par la D.S.T., son cadavre est découvert en 1955 à l'embouchure du Hamiz, près d'Alger. Sources:

Archives U.N.E.F. ; Résistance Algérienne n° 4, mars 1956.

ZEKKAL

.

FATIMA

épouse BENOSMANE

Membre A.F.MA.(1947). Née à Belcourt, Fatima Zekkal, dont le père, chauffeur de taxi est un vieux militant de l'E.N.A., adhère au P.P.A. en 1945. Elle participe à la fondation de l'Association des Femmes Musulmanes d'Algérie en juin 1947 et

223


ZIT prend une part très active au développement du nationalisme. Arrêtée pendant la guerre d'Algérie, elle est internée à Niort. Sources: Archives privées; entretien avec des militants algériens.

ZERROUKHI

MOHAMMED:

voir notice chapitre I, série C

ZITOUNI MOKHTAR Délégué Homu (1954) ; Responsable M.T.L.D.-M.N.A.Alger (1955).

Né le 2 avril 1920 à Reibell, Mokhtar Zitouni s'engage contre les centralistes dans la crise du M.T.L.D.et est délégué au congrès messaliste d'Hornu (13 juillet 1954). Après le 1ernovembre 1954, il est membre de la direction du M.N.A.et occupe la fonction de trésorier. En décembre 1954, il a des entretiens avec Krim Belkacem et lui remet une somme d'argent. En retour, ce dernier lui confie un article sur la répression en Kabylie qui sera publié par le journal du M.N.A.La Voix du Peuple (nO~, février 1955). Arrêté une première fois le 18 mai 1955, puis relâché à la suite d'une mesure du Gouvernement Général à l'égard de tous les dirigeants du M.T.L.D. de l'époque, M. Zitouni est de nouveau arrêté en décembre 1955. Il est traduit le 12 août 1957 devant le tribunal permanent des Forces armées d'Alger qui le condamne aux travaux forcés à perpétuité. Il déclare lors de son procès: « Notre action est dirigée contre le régime colonial et non contre le peuple français. Nous nous attaquons à des individus considérés comme des tenants du colonialisme. » Il est transféré à la prison de Lambèze, puis libéré au moment des accords d'Évian. Sources: Archives Y. Jouffa ; I.A.P. n° 105.

-.

224


Abbane Ramdane (p. 163)

Hocine A誰t Ahmed (p. 269)

Amirouche (A誰t Hamouda dit) (p. 166)

Hocine Asselah (p. 270)

Bekhat Ahmed (p. 310)

Mohamed Belouizdad (p. 271)

Benalla Hadj (p. 229)

Ben Bella Ahmed (p. 271)

Ben Boula誰d Mostefa (p. 272)


Ben M'Hidi Larbi (p. 323)

Benzerjeb Benadoua (p. 233)

Rabah Bitat (p. 324)

Bouadjaj Zoubir (p. 325)

Boucha誰ed Belhadj (p. 326)

Boudiaf Mohammed (p. 326)

Boumaza Bachir (p. 106)

Boumedienne Houari (p. 148)

Bouras Mohammed (p. 343)


Didouche Mourad (p. 328)

Djermane Rabah (p. 283)

Ferhani Mohammed (p. 203)

Filali Abdallah (p. 285)

Harbi Mohammed (p. 110)

Ka誰d Ahmed (p. 346)

Mohamed Khider (p. 287)

Krim Belkacem (p. 329)

Hocine Lahouel (p. 290)


Louanchi Salah (p. 291)

Mashas Ahmed (p. 291)

Maroc Mohammed (p. 212)

Mendjli Ali (p. 154)

Merbah Moulay (p. 295)

Messali Hadj (p. 60)

Nekkache Mohammed-Seghir (p. 116)

Ouzegane Amar (p. 349)

Rebbah Lakdar (p. 218)


Semmache Ahmed (po 117)

Si Haoues (Ben Abderrezak (po 135)

dit)

Souidani Boudjemah (po 332)

Souiyah Houari (p. 302)

Taleb Mohammed (p. 302)

Zahouane Hocine (po 158)

Zammoum Mohammed (dit Cnt Si Salah) (po 186)

Zbiri Tahar (po 158)

Zekkal Mohamed (po 186)


Réunion du Comité de coordination du Maghreb à Brie-Comte-Robert (7-11-1948) sous la présidence de Messali Hadj. De gauche à droite: Abderrahim Bouabid (Maroc), lamel Derdour, député à l'Assemblée nationale (Algérie), lellouli Fares, délégué du Parti du Destour Tunisien à Paris, Hadj Messali, chef du Parti du Peuple Algérien, El Mehdi Ben Barka (Istiqlal, Maroc), Mohammed Masmoudi (Tunisie), Ahmed Mezorna (Algérie), Abdallah Ibrahim (Maroc).

Dernier conseil de la Wilaya III (novembre

1961).


Filali et ses compagnons

de travail Ă Paris (1951).

Messali avec ses partisans

Ă Niort (1953).


Congrès de la Soummam (20 août 1956). De gauche à droite: le colonel Mohamedi Saïd, alias Si Nacer, le colonel Ouarnrane, le lieutenant Amrouche Mouloud, le colonel Amirouche. A l'arrière devant la fenêtre, le propriétaire de la maison.

Mira Abderramane

École des cadres du PPA-MTLD

(1948).

à Taghalat

(1956).


SÉRIE E

ORANIE

ABBAD AHMED BELBEGRA MOHAMMED'" BELDJILALI HABIB BELKEBIR MOHAMMED BELKSAIR ABDELKADER BENACHENHOU HOCINE BENACHENHOU MUSTAPHA BENAHMED MOHAMMED BEN AISSA KHALDOUN BENALLA HADJ BENAMAR MOHAMMED BENAMAR MOSTEFA BEN BELLA AHMED BEN BERNOU HADJ MAAMAR BEN CHEIKH ABDELKADER BENDIMERED BACHIR BENDJELLOULA T M'BAREK BENGHAZI CHEIKH BENKHANDJA HADJ BEN MOHAMMED SLlMANE BENNOURE BENSABEUR BENOSMANE ABDELKRIM BENTCHOUK MOHAMMED BENYELLÈS BENAOUDA BEN ZEMMOUR KOUIDER BENZERDJEB BENAOUDA BERREZOUG MUSTAPHA BEST AOUI GHAOUTI BETSI DJILALI BOUABDELLAH CHERIF BOUANANE ABDALLAH BOUCHAIB BELHADJ BOUCHERIA MOHAMMED BOUDISSA SAFI BOUDJENANE AHMED BOUGHAILEDH AHMED BOUNAAMA DJILALI BOUNAB DJELLOUL BOUZIANE MOKHTAR CHADLI MENOUAR

CHEIKH BELKETROUSSI DAMERDJIOUDJEDI DOUZENE AMAR EL HADJALI ALI EL HASSAR MUSTAPHA EMBAREK LAKHDAR FARTAS MUSTAPHA FERHAT MOHAMMED GASMI MAHMOUD GHALI AHMED GHERNAOUT MOHAMMED GHERSI MOHAMMED GOFF AL MOHAMMED GUENANÈCHE MOHAMMED HADJ ZOUBIR MILOUD HAMDAOUI HAMIDOU LARBI IBRAHIM SAID IKKACHE LARBI KADDOUR MUSTAPHA KERRIS MANSOUR KOUADRIA MOHAMMED MAAROUF BOUMÉDINE MADOUNE BENAOUMER MASSOUM BOUMEDIENNE MAZARIBOUAZZA MEMCHAOUIMOHAMMED MESLI MOKHTAR MESSALI HADJ MIMOUNI LAHCÈNE MOULA Y CHERIFF M'RABET MOKHTAR NEMICHE DJELLOUL OUAGOUAG ABPELKADER OULD AISSA BELKACEM SEDJELMACI MOSTEF A SNOUSS MOHAMMED SOUlYAH HOUARI STAMBOULI MOSTEFA TALEB MOKHTAR 225


TALEB MOSTEFA TAYEBIABDELKADER TAYEBI MOHAMMED TCHOUAR CHOAIB

TEURKI. ABDELKADER YELLÈS CHAOUCH ZABANA AHMED

* Les notices des noms en caractères renforcés sont développées dans d'autres 226

séries.


ABBAD AHMED Membre direction fédérale P,PA Oranie (1945) ; membre Comité Central P.CA et militant F.L.N. (1956).

Né dans l'Oranie, Ahmed Abbad, artisan tailleur, est responsable en\1945 du secteur Oran, Aïn-Temouchent, Saint-Denis-du-Sig du P.P.A. qui regroupe 200 militants. Membre de la direction fédérale d'Oranie, il participe aux discussions en mai 1945 sur l'ordre d'insurrection générale. Selon son témoignage, cité par M. Harbi, « malgré ses réticences, la fédération d'Oran communique la directive aux militants, mais les masses ne suivent pas ». Il quitte le P.P.A. en 1949 au moment de la « crise berbériste ». A. Abbad émigre en France dans les années cinquante et adhère auP.C.F; Il devient membre du c.c. du P.C.A. pendant la guerre. Dirigeant de l'O.R.P. en Oranie après 1965, il est arrêté en 1965 et libéré en 1971. Ahmed Abbad est tailleur dans l'Oranie. Sources: Archives Aix, 9 H 51 Rap. Oranie 1945; M. Harbi (Il).

ABDELGHANI BELBEGRA BELDJILALI

voir notice BENHAMED MOHAMMED, même série

MOHAMMED

voir notice chapitre I, série C

HABIB OULD FEGHOUL

Membre de la direction P.PA Tiaret (1937).

Né à Guertoufa près de Tiaret, Habib Beldjilali, petit propriétaire foncier, est un des responsables de la section de Tiaret -du Parti du Peuple Algérien en 1937. Source: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Tiaret 19/1/38. 227


BEL

BELKEBIR MOHAMMED

(dit KEBIR)

Responsable M.T.L.D.Marnia (1948) ; Préfet Tiaret (1962). Né le 18 août 1914 à Belghaferremchi (Oranie), Mohammed Belkebir, agriculteur, est responsable du M.T.L.D. de Marnia. Conseiller municipal dans cette ville, il est suspendu par décision préfectorale le 6 avril 1953 de ses fonctions d'adjoint au maire. Il anime des « comités de chômeurs» mis en place par le M.T.L.D. dans l'Oranie et prend la présidence de celui d'Affreville en mars 1954. Il prend position pour le cours centraliste dans la crise de l'organisation nationaliste, et, responsable dans l'Oranie, se fait prendre à partie par Messali dans un rapport de juin 1954 pour avoir « entraîné les militants à la désobéissance .et au blocage des fonds». Commerçant puis fonctionnaire à la préfecture 'de Paris, Mohammed Belkebir est préfet après 1962, puis ambassadeur à Madrid. Sources: L'Algérie Libre, na 66, 23 avril 1953 : « Nombreux trucages et illégalités» ; na 103 19 mars 1954 : « Nouveaux comités de chômeurs », Harbi (III) ; entretiens avec des militants algériens.

BELKSAÏR ABDELKADER

(1900-1967)

Responsable P.P.A.-M.T.L.D.Saïda (1938-1954)

; militant M.N.A. (1954).

Né en 1900 à Mecheria, Abdelkader Belksaïr, tailleur, milite au Parti du Peuple Algérien avant la Seconde Guerre mondiale. A la suite des événements de mai 1945, il est condamné à mort par contumace. Dans la crise du Mouvement pour Le Triomphe des Libertés Démocratiques, il se range du côté de Messali Hadj. Arrêté en décembre 1954, Abdelkader Belksaïr est libéré en 1959. Source: Entretien avec M. Memchaoui.

BENACHENHOU

HOCINE

BENACHENHOU

MUSTAPHA

BENHAMED

MOHAMMED

voir notice chapitre I, série B voir notice chapitre I, série B

(dit ABDELGHANI)

Militant de l'o.S. (1948) ; membre du Z.O.N. (1960) ; membre Bureau Politique F.L.N., Premier ministre (1979).

Né à Marnia, Mohammef:i Benahmed adhère au P.P.A. en 1943. Arrêté pour ses activités nationalistes, il se rend en France après sa libération et devient militant de l'o.s. en 1948. Il gagne clandestinement depuis Paris les maquis de la wilaya V en 1955 en passant par l'Espagne et le Maroc. Il devient capitaine de la zone 8 de la wilaya V et établit son P.C. à Figuig, aux confins algéro-marocains. Il est en 1960, avec Chadli Bendjedid et Ben Salem, membre du commandement de la zone opérationnelle Nord (Z.O.N.). 228


BEN Après l'indépendance, Mohammed Benahmed est nommé chef de la région militaire de Blida, puis à la veille du coup d'État du 19 juin 1965, envoyé en mission en Corée. Une des principales personnalités du «groupe des maquisards », il dirige la région militaire d'Ouargla (1965-1967) et Constantine (1967-1974). Il devient ministre de l'Intérieur dans le gouvernement du 23 avril 1977, membre du Bureau Politique du F.L.N. à l'issue du congrès du 31 janvier 1979. Mohammed Benahmed est Premier ministre lorsque Chadli Bendjedid accède au pouvoir. Il est ministre d'État auprès de la Présidence de la République dans le gouvernement du 22 janvier 1984, reconduit dans ses fonctions de membre du Bureau Politiquè'du F.L.N.après le congrès de janvier 1984. Sources: A.A.N. 1977, 1979, 1980; El Moudjahid, Lentin ; Harbi (II).

BEN AISSA KHALDOUN BENALLA

23 janvier

1984;

H.M. n° 87, article A.P.

voir notice chapitre III, série B

HADJ

Militant o.S. (1948) ; membre direction wilaya V F.L.N. (1955).

Né en 1923 à Ouadane, Hadj Benalla, issu d'une famille très pauvre, renonce à poursuivre ses études après l'obtention de son certificat d'études. Il travaille dès l'âge de quatorze ans et fait tous les métiers qui se présentent à lui: manœuvre dans une fabrique de pâtes alime:ltaires, coursier, mécanicien, petit clerc d'avocat. Sous Vichy, il est aux «chantiers de Jeunesse ». Il devient militaire après le débarquement allié et, comme sous-officier, fait la campagne d'Italie, de France, d'Allemagne. Avant son départ pour l'armée, il était membre du P.P.A., recruté par un artisan-tailleur de Tiaret, fondateur en 1937 d'une des premières cellules du P.P.A. Responsable d'un quartier du P.P.A. d'Oran, il est contacté par Ben Bella pour faire partie de l'o.s. et accepte. Arrêté à la suite du démantèlement de l'o.s. en 1950, il est condamn~ à trois ans de prison en 1951. Libéré, il participe à l'insurrection du 1er novembre

1954 et se retrouve

adjoint

de Ben M'Hidi

dans la zone 5

-

Oran-ville. Il est arrêté le 16 novembre 1956 et libéré en 1962. Hadj Benalla

est président de la 1re Assembléenationale algérienne sous le gouvernement de Ben Bella après l'indépendance. Arrêté le 19 juin 1965, il connaît la détention, la résidence surveillée à Biskra avant d'être complètement libéré en 1978. Sources: A.A.N. 1962, 1964; TémoJgnage Lebjaoui (I) ; Téguia.

BENAMAR

Hadj Benalla in Alleg (1) ; Courrière

(I) ; Heggoy;

MOHAMMED

Responsable P.PA Oranie (1945).

Né dans l'Oranie, Mohammed Benamar est le responsable de toute la Fédération du P.P.A. d'Oranie en 1945, sous la responsabilité de « Mansour» 229


BEN (Filali). Délégué de la ville de Tlemcen au congrès du P.P.A.-M.T.L.D. de 1947, Benamar est cité par Aït Ahmed dans ses Mémoires, comme étant un des délégués « intervenant fréquemment et brillamment ». Sources:

Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie;

BENAMAR

MOSTEFA

Mémoires Aït Ahmed.

OULD HABIB

Membre de la direction P.P.A. Tiaret (1938).

Né le 17 décembre 1917 à Tlemcen, Mostefa Benamar, patron-coiffeur à Tiaret, était militant du Parti Communiste au moment de la venue du Front populaire. Après la dissolution de l'E.N.A. qui intervient en janvier 1937, il adhère au Parti du Peuple Algérien en juin 1937. Il est, en 1938 un des responsables de la section du P.P.A. de Tiaret. Source: Archives Aix, 9 H 47, Rap. 19/1/38.

BEN BELLA AHMED voir notice chapitre III, série A BEN BERNOU HADJ MAAMAR Membre E.NA.P.PA (1935-1940~ cipal M.T.L.D. Mostaganem (1947)

(1901-1960)

; responsable P.P.A. Oranie (1945) ; conseiller ; membre o.s. (1947) ; militant M.NA (1954).

muni-

Né en 1901 à Mostaganem (Oranie), Hadj Maamar Ben Bemou, cordonnier, adhère à l'Étoile Nord-Africaine et au P.P.A. Ses activités politiques sont clandestines au moment de la répression consécutive à l'ouverture de la Seconde Guerre mondiale. Arrêté par le régime de Vichy, il est condamné en 1941 et purge sa peine dans une prison du Sud-Oranais avec Chadly Mekky et Ahmed Mezerna. Libéré en 1943, il adhère au P.P.A. clandestin et est interné au camp de Bossuet le 12 avril 1945, alors qu'il est membre du Comité Régional du P.P.A. de la région. Il profite de ses rares moments de liberté pour, en mai et juin 1945, organiser les cellules des villes de Perrégaux et d'Arzew. Il est de nouveau emprisonné parce que recherché à la suite des événements du 8 mai 1945. Libéré, il est élu conseiller municipal de Mostaganem aux élections de 1947 sur la liste du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques. A la suite de la découverte de l'existence de l'Organisation Spéciale, branche armée du M.T.L.D., il est arrêté en 1950. Libéré en 1953, il prend position pour Messali Hadj dans la crise que traverse le M.T.L.D., et milite ensuite au Mouvement National Algérien. Arrêté en 1955, il est emprisonné dans les camps de Bossuet et de Saint-Leu. Libéré en 1959, Hadj Maamar Ben Bemou est abattu par un commando se réclamant du F.L.N., le 24 novembre 1960 à Mostaganem. Sources: Archives Aix, 9 H 51, Rap. sur l'Oranie, mai 1945; L'Algérie Libre, n° 64, 5 mars 1953 : « Condamnations. des militants du M.T.L.D.» ; La Voix du Peuple, décembre 1960.

230


BEN

BEN CHEIKH ABDELKADER OULD BOUABDELLI Membre de la direction P.PA Tiaret (1937).

Né en 1901 dans la région de Tiaret, cours de la medersa de Tlemcen. Il obtient arabe et occupe la professiond'oukil Oulémas, il adhère à la section du Parti du et en devient l'un des responsables. Sources:

Abdelkader Ben Cheikh suit les son brevet élémentaire français et judiciaire. D'abord militant des Peuple Algérien de Tiaret en 1937

Archive Aix, 9 H 47, Rap. Tiaret 25/3/38 ; Collot.

BENDIMERED

BACHIR

Membre direction P.FA Tlemcen (1937-1939).

Né le 15 avril 1920 à Tlemcen, son vrai nom est Merad-Boudia Bachir Ould Mohammed Seghir. Issu d'une vieille famille très connue de Tlemcen, Bachir Bendimered suit les cours de l'école communale et passe avec succès son certificat d'études primaires en 1935. Il abandonne ses études pour aider son père, d'abord journalier, puis employé aux services des Travaux communaux de Tlemcen. Il est successivement apprenti-mécanicien puis apprenti€oiffeur, enfin employé à l'imprimerie Moulay Hassan lorsqu'il adhère, très jeune, à l'âge de dix-sept ans, au Parti du Peuple Algérien. Membre du cercle littéraire Nadi Radjaa et responsable des Scouts Musulmans Algériens de Tlemcen section «El Mansourah », Bachir Bendimered s'impose très vite comme l'un des principaux responsables du P.P.A. de Tlemcen. En 1939, il déménage à Oran, rejoint la C.G.T. et prend ses distances avec le P.P.A. Sources: 9 H 51.

Archives

Mx,

BENDJELLOULAT

9 H20,

Rap.

Tlemcen

12/10/38;

9 H 47, Rap.

Tlemcen

8/4/38;

M'BAREK

Membre direction P.P.A. Mostaganem

(1938).

Né dans la région de Mostaganem, M'Barek Bendjelloulat adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1936 et devient vice-président du Cercle de l'Union littéraire musulmane pour la propagation de la langue arabe, fondé en 1925 par Cheikh Ben Hallouche. Il est un des principaux responsables de la section de Mostaganem du P.P.A. en 1938. Sources:

Archives Aix, Rap. Oran 29/8/37 ; Rap. Oran 4/4/38.

BENGHAZI CHEIKH (1920-1978) Responsable M.T.L.D. Sidi-Bel-Abbès (1948) ; responsable C.G.T. Communaux Abbès (1953) ; secrétaive adjoint U.S.TA (1957) ; secrétaire national U.G.TA

Sidi-Bel(1963).

Né en 1920 à Sidi-Bel-Abbès, Cheikh Benghazi adhère au P.P.A. en 1937. Employé de bureau à la mairie de Sidi-Bel-Abbès, il devient en 1953 secré231


BEN

taire général du syndicat C.G.T. des Communaux bel-abbessiens. n est également responsable du M.T.L.D.dans sa ville natale. Licencié de la mairie en 1955, il s'embarque pour la France, s'installe à Lille où il rejoint le M.N.A.n est désigné secrétaire adjoint de l'U.S.T.A. en 1957. Cheikh Benghazi se rallie au F.L.N. en 1958 et rejoint la délégation extérieure de l'U.G.T.A. en Tunisie. n est désigné secrétaire national de l'U.G.T.A. à l'issue de son premier congrès et le reste jusqu'en 1965. Sources: La Voix du Travail/eur Algérien, juillet 1957 ; Dictionnaire Touati.

BENKHANDJA

HADJ voir notice chapitre I, série B

BEN MOHAMMED

SLIMANE (1920-1960)

Militant P.P.A. (1942) ; responsable M.NA Oran (1955).

Né en 1920 dans les Ouled Sidi Cheikh dans le Sud-Oranais, Slimane Ben Mohammed adhère au Parti du Peuple Algérien en 1942 et milite dans le département d'Oran. n participe à la renaissance des medersas d'Oran et de la région (<<EI-Madj » et «El-Hayat ») et préside le cercle «Es-Saada» d'Oran jusqu'à sa fermeture en novembre 1954. n rejoint le Mouvement National Algérien et est arrêté en novembre 1955. Condamné à quatre ans de prison, Slimane Ben Mohammed est libéré de la prison de Berroughia en 1959. A Oran, il tente de réorganiser le M.N.A.La Voix du Peuple annonce son assassinat par le Front de Libération Nationale le 26 novembre 1960 au quartier Lamur à Oran. Source: La Voix du Peuple, décembre 1%0.

BENNOURE

BENSABEUR

OULD NOURINE

Membre direction P.P.A. Tiaret (1937).

Né en 1911 à Perrégaux dans l'Oranie, Bensabeur Bennoure fait ses études au collège de Mostaganem, obtient son brevet élémentaire et acquiert une solide culture en arabe qu'il lit et écrit couramment. n s'installe à Tiaret en janvier 1937 où il occupe un emploi d'employé de bureau aux Ponts et Chaussées. n s'engage dans l'action politique en assistant aux réunions organisées par le Front populaire et adhère au Congrès Musulman. Mais à la suite de la dissolution de l'Étoile-Nord Africaine, il s'oriente vers le Parti du Peuple Algérien alors en voie de constitution. Bensabeur Bennoure adhère, en juin 1937, à la section de Tiaret dont il devient l'un des principaux responsables en 1938. Source:

Archives Aix, Rap. Tiaret 19/1/38.

BENOSMANE

ABDELKRIM

(1914-1978)

Membre direction E.NA-P.P.A. Tlemcen (1935-1939) 232

; responsable P.P.A. Oranie (1942).


BEN

Né à Tlemcen le 14 octobre 1914, Abdelkrim Benosmane s'engage dans l'action nationaliste au moment du Front populaire. Il adhère au P.P.A., après la dissolution de l'Étoile en 1937, et très vite apparaît comme une des figures marquantes, avec Boumedine Maarouf, de la section de Tlemcen. Il est arrêté et traduit le 30 janvier 1939 devant le tribunal correctionnel d'Alger qui le condamne à un an de prison, la privation des droits civiques et politiques. Libéré en 1940, il tente de réorganiser la Fédération du P.P.A. de l'Oranie, mais se retrouve de nouveau arrêté en 1943. Abdelkrim Benosmane rejoint le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques en 1946. Il est décédé le 14 avril 1978. Benosmane Abdelkrim était le mari de Fatima Zekkal (voir sa biographie). Sources: Archives Aix, Rap. Alger 4/4/38 ; 11 H 50, Rap. Tlemcen 8/4/38 ; Collot; avec des militants algériens.

BENTCHOUK

entretiens

MOHAMMED

Membre direction P.P.A. Tlemcen (1945).

Né en 1923 dans la région de Tlemcen, Mohammed Bentchouk, commerçant, adhère au P.P.A. en octobre 1944. Membre du comité régional de Tlemcen en 1945, il est arrêté le 16 mai 1945. Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie.

BENYELLÈSBENAOUDA Membre direction

P.P.A.

Tlemcen (1945).

Né en 1913 dans la région de Tlemcen, Benaouda Benyellès, homme d'équipe aux Chemins de Fer algériens, est membre du Comité Régional de Tlemcen en 1945. Il est arrêté à la suite du 8 mai 1945. Source:

Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie.

BEN ZEMMOUR

KOUIDER

(1932-1954)

Cadre organisateur M.T.L.D.Oran (1953).

Né en 1932 dans l'Oranie, Kouider Ben Zemmour adhère au M.T.L.D. en 1950. Il est responsable d'une section du M.T.L.D. dans la ville d'Oran lorsqu'il décède le 8 avril 1954. Source:

L'Algérie

BENZERDJEB

Libre, 16 avril 1954, n° 106 :« Ben Zemmour Kouider n'est plus. »

BENAOUDA

(1921-1956)

Membre direction M.T.L.D.Tlemcen (1953).

Né en 1921 à Tlemcen, Benaouda

Benzerdjeb,

après des études au collège 233


BER de cette ville, suit des cours de médecine à Alger puis à Montpellier. Là, il participe à l'activité de l'Union-no rd-africaine des étudiants du sud de la France. Il termine ses études à Paris, prend part à la création de l'Association générale des Étudiants Musulmans Nord-Africains dont il est élu trésorier en 1945. Il milite également au Comité de la Palestine arabe. Il rentre à Tlemcen, adhère au M.T.L.D. et devient un des responsables de la ville. Il prend position pour le F.L.N., selon Résistance Algérienne, alors que La Voix du Peuple revendique son appartenance au M.N.A. Arrêté et torturé dans les locaux de la police, Benaouda Benzerdjeb meurt le 17 janvier 1956, 12000 personnes participent à Tlemcen à son enterrement le 18 janvier 1956. Sources: Archives U.N.E.F. ; La Voix du Peuple, n° 19, 17 février 1956: « Le docteur Benzerdjeb lâchement assassiné )) ; Résistance Algérienne, n° 4, mars 1956 : « Le docteur Benzerdjeb. ))

BERREZOUGMUSTAPHA Membre direction

E.N.A..P.PA

Tlemcen (1935-1939).

Né le 12 janvier 1915 à Tlemcen, Mustapha Berrezoug, lettré en français et en arabe, exerce la profession « d'écrivain public» à Tlemcen. Membre des Amis du livre de Tlemcen, il figure parmi les premiers militants de l'Étoile dans la ville en 1936. Après la dissolution de l'organisation nationaliste, il occupe la fonction de trésorier des Amis d'El Ouma, structure qui précède le lancement du P.P.A. Avec son camarade Maarouf Boumedine, il est arrêté en septembre 1937 et emprisonné, avec les autres dirigeants du P.P.A., à la prison de Barberousse à Alger où il entame une grève de la faim pour obtenir le statut de prisonnier politique. Emprisonné, le P.P.A. le présente aux élections cantonales d'octobre 1937 dans la ville de Sidi-Bel-Abbès. Sources: Archives Aix, 9 H20, Rap. 23/10/38; 9 H 47, Rap. Tlemcen 3/9/37 ; Mémoires de Messali, cahier n° 16 ; El Ouma n° spécial, 17 oct. 37.

BESTAOUI GHAOUTI Membre direction section P.P.A. Sidi-Bel-Abbès (1937).

Adhérent de l'Étoile Nord-Africaine, Ghaouti Bestaoui est un des responsables de la section de Sidi-Bel-Abbès du Parti du Peuple Algérien en 1937. Sources:

Archives Aix, 9 H 20 ; Lettre de Guenanèche

à la section de Philippeville du 5/12/37.

BETSI DJILALI OULD MOSTEFA Responsable E.N.A. (1936), P.P.A. (1938) Sidi-Bel-Abbès.

Membre de l'Étoile Nord-Africaine au moment du Front populaire et des Amis d'El Ouma dès la dissolution de l'organisation nationaliste, Djilali Betsi est responsable de la section de Sidi-Bel-Abbès du Parti du Peuple Algérien, qui groupe une cinquantaine d'adhérents en 1938. Sources: 234

Archives Aix, 9 H 47, Rap. Oran 29/8/37

et 4/4/38.


BOU

BOUABDELLAH

CHERIF

Cadre P.P.A. Tlemcen (1945). Né en 1913 dans la région de Tlemcen, Cherif Bouabdellah, employé de bureau, adhère au P.P.A. en janvier 1945. Il est membre du Comité Régional de Tlemcen lorsqu'il est arrêté en mai 1945. Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie.

BOUANANE

ABDALLAH

OULD AHMED

Membre de la direction P.P.A. de Tlemcen (1937-1939).

Né le 7 avril 1910 à Tlemcen, Ahmed Bouanane, qui n'a pas fréquenté l'école primaire mais est lettré en français et en arabe, travaille chez un représentant de commerce, puis un entrepreneur de transports de marchandises de Tlemcen. Vice-président du cercle Nadi Radja, il adhère au P.P.A. de Tlemcen dont il devient l'un des responsables après l'arrestation de Maarouf et Berrezoug, en septembre 1937. Source:

Archives Aix, 9 H 47, Rap. Tlemcen 17/9/37.

BOUCHAIB

BOUCHERIA

BOUDISSA Responsable (1958)

BELHADJ

voir notice chapitre III, série C

MOHAMMED

voir notice chapitre III, série B

SAFI

M.T.L.D., S.MA ; ministre du Travail

de Blida (1964).

(1949)

; membre

commission

exécutive

U.G.TA

Né le 22 août 1929 à Geryville dans l'Oranie, Safi Boudissa est le fils d'un capitaine en retraite de l'armée française. Il est pendant la Seconde Guerre mondiale, secrétaire-interprète de la R.A.F. à la base aérienne de Blida en 1944-1945. Il adhère au M.T.L.D., émigre en France en 1948 et exerce la profession d'ouvrier aux usines Peugeot comme rectificateur sur machines-outils. Il est l'un des principaux organisateurs du M.T.L.D. à Montbéliard. De retour à Blida en 1949, il assume les fonctions de commissaire de groupe aux Scouts Musulmans Algériens et subit trois condamnations en 1951-1952 pour « activités anti-françaises ». Au moment de la crise du M.T.L.D., il va rendre visite à Messali, alors en résidence forcée à Niort et s'entretient plusieurs heures avec lui, le 18 février 1954. Dans un « Appel à la raison », il appelle les militants à adopter une attitude de « neutralité positive ». Il prend position pour le F.L.N. dès sa création, et devient secrétaire général de l'A.G.T.A. constitué le 21 février 1957, puis membre de la Commission exécutive de l'U.G.T.A. désignée lors d'une réunion tenue à Tunis le 12 octobre 1958. Après avoir été ministre du Travail 235


BOU

dans le troisième gouvernement d'A. Ben Bella, il est président des coopératives de la Mitidja. Il est remplacé par A. Zerdani au ministère du Travail en juin 1965. Sources: Archives privées; Entretiens avec des militants. algériens; Mahsas.

BOUDJENANE

AHMED (dit ABBAS) (1929-1968)

Militant M.T.L.D.(1948) ; membre Comité Central F.L.N. (1964) et Conseil de la Révolution (1965).

Né en 1929 à Ouled Ali près de Tlemcen, Ahmed Boudjenane adhère au P.P.A.-M.T.L.D.après la Seconde Guerre mondiale. Il se rend au Maroc en 1948 pour suivre des études à l'université de la Karaouiyyn de Fès. Il rejoint la wilaya V du F.L.N. en 1955. Nommé après l'indépendance membre du Comité Central du F.L.N., Ahmed Boudjenane est commandant de l'Académie inter-armées de Cherchell. Après le coup d'État qui renverse A. Ben Bella, Radio-Alger annonce le 5 juillet 1965 qu'il fait partie du Conseil de la Révolution. A. Boudjenane meurt d'un accident de voiture en janvier 1968. Sources: A.A.N. 1%5;

BOUGHAILEDH

Heggoy.

AHMED OULD ALI

Membre direction Tiaret P.PA (1938).

Né le 28 février 1900 à Tiaret dans l'Oranie, Ahmed Boughailedh passe avec succès son certificat d'études et poursuit des études en arabe qu'il lit et écrit couramment. Après son service militaire qu'il effectue au 6e régiment de Tirailleurs avec le grade de caporal, il travaille au chantier communal, service des chômeurs. Ahmed Boughailedh rejoint le Parti du Peuple Algérien de Tiaret dont il devient l'un des responsables en 1938. Source:

Archives Aix, 9 H 47, Rap. Tiaret 19/1138.

BOUNAAMA

DJILALI

(dit SI MOHAMMED)

(1926-1961)

Membre de l'o.s. (1948) ; délégué Hornu (1954) ; membre direction F.L.N. wilaya IV . (1957) ; membre C.N.R.A. (1959).

Né en 1926 à Molière dans l'Ouarsenis, Djilali Bounaama est fils d'un épicier de ce petit village de marché. Il s'engage en 1944 au 2e R.T.A. et devient sergent. Démobilisé, il travaille à Bou Caïd dans les mines de la région de Miliana, adhère au P.P.A.-M.T.L.D. et à la C.G.T. Il acquiert ainsi une solide formation politique. Il est membre de l'o.s. Il assiste au congrès messaliste d'Hornu en juillet 1954, puis rallie très vite le F.L.N. et commande la région de l'Ouarsenis en 1956. Il accède au Conseil de la wilaya IV, fin 1957, puis est coopté en décembre 1959 au C.N.R.A. Il est alors l'adjoint militaire de Si Salah et participe en juin 1960 à la rencontre secrète à l'Élysée avec de Gaulle pour « une paix des braves ». Le 6 août 1961, le commandant Si Mohammed 236


CHE

est tué au centre de Blida par les hommes du Il e choc (régiment du S.D.E.C.E.). Sources: El Moudjahid, n° 85, 1er octobre 1961 ; H.M., n° 87, art. A.P Lentin : « L'A.L.N. lutte pour sa survie» ; Harbi (II) ; Paillat; Téguia : Annexe V, « Lettre aux étudiants d'Alger» ; Annexe XXXI, « Directive générale de réorganisation ».

BOUNAB DJELLOUL Responsable section P.P.A. Relizane (1937).

Membre du Cercle El Nodi El Iman créé en avril 1937 par l'Union Littéraire de Mostaganem, Djelloul Bounab est responsable de la section du Parti du Peuple Algérien de Relizane qui se forme en 1937. Sources: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Oran 29/8/37 ; 4/4/38.

BOUZIANE

MOKHTAR

Candidat M.T.L.D.Perrégaux

(1947) ; militant p.e.A. (1950).

Né en 1912 à Perrégaux, Mokhtar Bouziane, lettré en arabe et en français, accomplit son service militaire au 45e bataillon de Génie où il obtient le grade de sergent en 1935. Il entre à la S.N.C.F.A. en 1938 et travaille à la gare SaintLucien. Il adhère au P.P.A.-M.T.L.D. pendant la Guerre mondiale et devient candidat du M.T.L.D. à Perrégaux aux élections du 19 octobre 1947. Mokhtar Bouziane passe au P.C.A. en 1950 et est élu conseiller municipal du 2e collège en 1951, à Perrégaux. Sources: Archives privées; entretiens avec des militants algériens.

CHADLI

MENOUAR

(1913-1980)

Responsable P.P.A. Relizane (1945).

Né en 1913 à Relizane, Menouar Chadli adhère au P.P.À.. en 1937. Il réorganise le parti nationaliste dans l'Oranie à partir de mars 1944 par l'intermédiaire de A. Filali. Placé en résidence surveillée à Palat en décembre 1944, libéré en avril 1945, il est responsable de la section Relizane-Inkermann qui grcmpe une trentaine de militants à la veille des événements de mai 1945.. Il est arrêté en juin 1945. Sources: Archives Aix, 9 H SI, Rapport avocat à Mostaganem.

CHEIKH

BELKETROUSSI

Oranie;

entretien

MOHAMMED

Membre direction P.P.A.-M.T.L.D.Oranie (1938-1954)

avec maître Belabas M'Hamed,

(1907-1962) ; militant M.N.A.(1954).

Né en 1907 à Ouilis dans la région de Mostaganem, Cheikh Belketroussi Mohammed est enseignant en arabe. Il rejoint le P.P.A. en 1939 et devient 237


DAM

directeur de la médersa de Mostaganem en 1949. Il devient en 1947 membre de l'Organisation Spéciale. Il préside à Nedroma l'enterrement d'un militant du M.T.L.D.tué le 14 juillet 1953 et s'engage contre le cours politique suivi par les centralistes. A partir de 1955, il est le conférencier politique du Mouvement National Algérien en France. Cheikh Mohammed Belketroussi meurt assassiné en 1962. Sources: L'Algérie Libre n° spécial, 29 ju'illet 1953; entretiens avec M. Guenanèche, M. Memchaoui, M. Maroc.

DAMERDJI DOUZENE

OUDJEDI

voir notice chapitre l, série C

AMAR OULD MOHAMMED

Membre bureau section P.P.A. Tiaret (1938).

Né le 16 avril 1913 à Frenda près de Tiaret dans l'Oranie, Amar Douzene, lettré en arabe, occupe la profession de patron-coiffeur à Tiaret. Il adhère au Parti du Peuple Algérien en 1937,et devient l'un des responsables de la section locale du P.P.A. de Tiaret en 1938. Source: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Tiaret 19/1/38.

EL HADJALI

ALI BEN MOHAMMED

Membre bureau section P.PA Tiaret (1938).

Né le 1er janvier 1903à Tadjemout près de Laghourt, Ali Ben Mohammed obtient son certificat d'études et occupe la profession de facteur dans la ville de Tiaret. Il adhère au Parti. du Peuple Algérien en 1937 et devient membre de la section locale du P.P.A. de Tiaret. Source: ArchivesAix, 9 H 47, Rap. Tiaret 3/3/38.

EL HASSAR MUSTAPHA Membre direction M.T.L.D. Tlemcen

(1950)

et M.N.A. (1954).

Né à Tlemcen, Mustapha El Hassar, commissionnaire de légumes pour les marchés, milite au M.T.L.D. en 1946. Il devient responsable du M.N.A. de Tlemcen en 1955. Se rendant à Oujda à une réunion proposée par le Front de Libération Nationale (F.L.N.) pour discuter d'une éventuelle fusion F.L.N.M.N.A. dans l'Oranie, il est assassiné à la fin de l'année 1956. SQurces: Entretien avec M. Guenanèche, M. Maroc; M. Harbi (II).

EMBAREK LAKHDAR Responsable

238

BEN ABDALLAH

P.P.A.-M.T.L.D. Rouina

(1947).


GAS

Né en 1919 à Rouina, Lakhdar Embarek, agriculteur, est le responsable de la section du M.T.L.D.de Rouina en 1947. Il est élu, à cette même date, conseiller municipal. Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Miliana 3/9/47.

FARTAS MUSTAPHA Responsable o.s. El Rahel (1948).

Né dans l'Oranie, Fartas est le responsable de l'o.s. en 1948 à Er Rahel, situé à une soixantaine de kilomètres d'Oran. Il sert d'agent de liaison pour le transport de fonds provenant du hold-up de la poste d'Oran en 1949. Il combat dans les rangs de l'A.L.N. pendant la guerre et devient en 1962 député à l'Assemblée constituante pour le département d'Oran. Préfet de Tiaret en 1963, il meurt dans un accident de circulation à la sortie de Mostaganem. Sources:

A.A.N 1962; Mémoires Aït Ahmed;

Alleg (I).

FERHAT M'HAMMED Membre

P.P.A.-M.T.L.D. (1946) ; Président

de la médersa

libre d'Oran

(1948).

Né le 3 janvier 1926 à Mascara, M'Hammed Ferhat, fils de fellahs, entreprend des études à la médersa de Tlemcen. Neveu de Belbegra (voir sa biographie), il entre en 1946 à la section P.P.A.-M.T.L.D. de Mascara, puis se rend à la Zitouna de Tunis en 1947 pour poursuivre ses études. Là, en compagnie d'A. Mehri, il est membre de la direction estudiantine du P.P .A. de Tunis et collabore à la direction du journal Eddalil (Le Guide) dont 10 numéros paraissent. Il rentre à Oran à la fin de l'année 1948 et est affecté par le M.T.L.D. à la prise en charge de l'enseignement dans la médersa « El Nadj » qui groupe près de 400 élèves. En 1953, il participe au Congrès de la Fédération internationale du syndicat de l'enseignement (F.I.S.E.) et, en 1954, dirige la nouvelle médersa de Tlemcen. M'Hammed Ferhat prend position pour le M.N.A. en 1957, au moment de l'assassinat de Filali, rédige Réalités Algériennes et rompt avec cette organisation en 1960. Il rentre en Algérie et devient avocat à Oran après l'indépendance. Sources: L'Algérie Libre, 1er janvier 1954, n° 92: « Le cheikh M. Ferhat intervient lors de l'assemblée de la F.E.N. »; entretien .avec M. Ferhat; M. Guenanèche; numéros de Réalités Algériennes.

GASMI MAHMOUD Responsable P.P.A. Saïda (1945).

Né dans l'Oranie, Mahmoud Gasmi est responsable, en 1945, de la section du P.P.A. de Saïda qui groupe une cinquantaine de militants à la veille des événements du 8 mai. Source:

Archives Aix, 9 H 51, Rapport Oranie.

239


GHA

GHALI AHMED Membre direction P.P.A. Alger (1938).

Né à Saïda près d'Oran, Ahmed Ghali entre en contact avec l'Etoile au moment du Front populaire. Il fait partie de la direction du P.P.A. d'Alger en 1938. Recherché par le régime de Vichy, Ahmed Ghali est -condamné, par contumace, le 17 mars 1941 à cinq ans de prison, vingt ans d'interdiction de séjour et perte des droits civiques. Militant du P.P.A.-M.T.L.D., recherché après le 1er novembre, Ahmed Ghali est abattu par la police française pendant la guerre. Source: Kaddache (II) ; entretiens avec des militants algériens.

GHERNAOUT

MOHAMMED

Membre direction P.P.A. Tlemcen (1945). Né en 1915 en Oranie, Mohammed Ghernaout, cordonnier, adhère au P.P.A. en mars 1945. Membre du comité régional de Tlemcen, il est arrêté en mai 1945. Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie.

GHERSI MOHAMMED Membre direction P.P.A. et A.M.L. (1945).

Né le 23 avril 1913 à Orléansville, Mohammed Ghersi, oukil judiciaire est membre de la direction des A.M.L. de l'Oranie en 1945. Dirigeant de la section du P.P.A.-M.T.L.D. de Miliana, le journal Maghreb-El-Arabi le fait figurer comme vice-président du Comité Directeur du M.T.L.D., élu par le Conseil National du 4 septembre 1947. Mohammed Ghersi est député en 1962, et en 1964 pour le département d'El Asnam. Sources: A.A.N.1962, 1964; Archives Aix, 9 H 51, Rap. Miliana 3/9/47 ; Maghreb Al Arabi, . 12 septembre 1947.

GOFF AL MOHAMMED GUENANÈCHE

voir notice chapitre III, Série B

MOHAMMED

Adhérent E.N.A. Tlemcen (1932) ; membre direction E.N.A. Tlemcen (1936) ; membre direction P.P.A. Algérie (1937-1938).

Né le 25 février 1915 à Tlemcen, Mohammed Guenanèche prend connaissance de l'existence de l'Étoile Nord-Africaine à Tlemcen, dès 1932 à l'âge de dix-sept ans, par l'intermédiaire de son journal El Ouma. Avec des amis, il se réunit le dimanche, et le petit groupe des jeunes tlemceniens discute les articles du journal, envisageant les perspectives politiques pour l'indépendance de 240


HAM l'Algérie. A la veille du Front populaire, est fondée la première section des Amis d'El Ouma à Tlemcen, et le secrétaire, Mohammed Guenanèche invente un chant patriotique avant celui que Moufdi Zakaria composera pour le P.P.A. Il anime les cortèges de l'E.N.A. dans les manifestations des ter et 18 mai 1936, suit avec attention les débats du Congrès musulman, est soulevé d'enthousiasme au moment de la tournée qu'effectue Messali Hadj durant l'été 1936. Après la dissolution de l'Étoile, il fait partie, en février 1937, de la délégation nationale qui se rend en Tunisie avec Hamdaoui, Zakaria, Hocine Lahouel, Blal et Herga. La délégation rencontre les dirigeants destouriens, donne des interviews aux journaux, discute de l'avenir du Maghreb arabe. Après l'arrestation de Messali Hadj, il dirige en septembre 1937 avec Kehal Areski et A. Filali, Le Parti du Peuple Algérien en Algérie. Secrétaire de la section de Tlemcen du P.P.A., M. Guenanèche s'occupe plus particulièrement de l'Oranais, alors que Filali est responsable du Constantinois et Kehal de l'Algérois. Tous les trois, avec Hiouani Lakhdar, sont arrêtés le 25 février 1938 et traduits le 30 janvier 1939 devant le tribunal correctionnel d'Alger. M. Guenanèche est condamné à un an de prison et privation des droits civiques. Libéré, il s'installe à Aïn-Temouchent et devient tailleur. Il milite au Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques et devient pendant six mois conseiller municipal du M.T.L.D.à Tlemcen, en 1947. Il rencontre Messali Hadj à la Bouzareah en 1949, partage son point de vue sur la direction, le Comité Central. Dans la crise qui secoue l'organisation nationaliste, il critique l'administrativisme des hommes du Comité Central, l'excès de centralisation où, en fait, les directives arrivent sans discussion. Tout en étant, selon sa propre expression « de cœur avec Messali », il se montre en désaccord avec la direction du Mouvement National Algérien. Il rejoint le Front de Libération Nationale en 1955 et est arrêté en mars 1956 à Tlemcen. Il est emprisonné à Aflou, Arcole, Bossuet et libéré à la fin de l'année 1959. Il reste en Algérie et est aujourd'hui historien. Sources: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Oran 3/6/37 ; M. Guenanèche ; Kaddache (I et II) ; entretien avec M. Guenanèche.

HADJ ZOUBIR MILOUD Principal responsable section Tiaret P.P.A. (1938).

Né en 1915 dans l'Oranie près de Tiaret, Miloud Zoubir passe avec succès son certificat d'études et devient typographe à Tiaret. Il adhère en juin 1937 à la section locale du Parti du Peuple Algérien de Tiaret dont il devient le principal responsable en 1938. La section groupe 300 militants environ à cette date. Sources: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Tiaret 25/3/38 ; Rap. Oran 4/4/38.

HAMDAOUI Membre direction E.N.A.Oranie (1936-1937). Né dans l'Oranie, Hamdaoui adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1935. Après la dissolution de l'E.N.A., il fait partie d'une délégation qui se rend en 241


HAM Tunisie en février 1937 pour expliquer le point de vue de l'organisation naliste aux dirigeants destouriens.

natio-

Source: Entretien avec M. Memchaoui.

HAMIDOU LARDI (1905-1980) Conseiller municipal M.T.L.O.Tlemcen (1951) ; militant M.NA (1955).

Né en 1905 à Tlemcen, Larbi Hamidou, commerçant, entre en 1947 au M.T.L.D. II est en 1951 conseiller municipal M.T.L.D. à Tlemcen. II devient collecteur de fonds du M.N.A. à Tlemcen en 1954-55. Arrêté le 29 octobre 1955, il est torturé et présenté le 7 novembre 1955 au siège du juge de Tlemcen. Il est condamné à vingt ans de prison, et libéré en 1962. C'est dans sa maison, en juin 1974, que sera déposé, avant d'être enterré, le cercueil de Messali Hadj. Larbi Hamidou est mort à Tlemcen le 24 novembre 1980. Sources: Entretiens avec Madame Benkelfat et M. Guenanèche; Tract M.N.A.mars 1956; L'Algérie Libre n° 100, 26 fév. 54 « Le procès de Tlemcen du 18 févr. 1954»; entretien avec des militants algériens.

IBRAHIM

SAÏD

Responsable P.PA Tiaret (1945).

Né en 1912 à Tiaret, Saïd Ibrahim, tailleur d'habits, adhère au P.P.A. en décembre 1944 par l'intermédiaire d'A. Filali. Il est responsable, au moment des événements de mai 1945, de la section P.P.A. de Tiaret-Trezel-Frenda qui groupe une vingtaine de militants. Faisant l'objet d'un arrêté d'internement en date du 16 juin 1945, Saïd Ibrahim est interné à Bossuet puis incarcéré à la prison de Tiaret. Source:

Archives Aix, 9 H 51, Rapport Oranie.

IKKACHE Militant (1951).

LARDI

M.T.L.D. (1946),

p.e.A.

(1950);

secrétaire

syndical

C.G.T. cheminots

Marnia

Né le 20 juillet 1924 <-1 douar TeliIat près de Saint-Lucien dans l'Oranie, Larbi Ikkache entre à la S.N.C.F.A. en 1942 où il occupe la profession de conducteur à Oujda. Il adhère au M.T.L.D. en 1946, puis devient membre du bureau local de la section du P.C.A. de Marnia en 1950. Larbi Ikkache est secrétaire du syndicat C.G.T. des cheminots de Marnia de 1951 à 1954. Sources:

Archives privées;

entretiens militants algériens.

KADDOUR MUSTAPHA Responsable 242

section

P.P.A. Nemours

(1938-1943).


MAA

Né dans, l'Oranie, Mustapha Kaddour est responsable de la section de Nemours du Parti du Peuple Algérien avant la Seconde Guerre mondiale. Il est. arrêté en juin 1943. Source: Collot.

KERRlS MANSOUR Cadre organisateur P.P.A. Tlemcen (1945).

Né en 1923 dans l'Oranie, M. Kerrisadhère au P.P.A. à Tlemcen en octobre 1944, chargé de la conservation des archives, il assiste à toutes les réunions hebdomadaires du Comité régional de Tlemcen qui se tient sous la présidence de Mokhtar Mesli. Il est arrêté en mai 1945. Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie 1945.

KOUADRIA

MOHAMMED

Membre direction P.P.A. Tiaret (1937).

Né en 1914 dans l'Oranie, Mohammed Kouadria obtient son certificat d'études et exerce la profession de typographe. Il rejoint la section de Tiaret du P.P.A. et devient membre de son bureau local. Source: ArchivesAix, 9 H 47. Rap. Tiaret 19/1/38.

MAAROUF BOUMÉDINE Responsable

E.N.A. et P.PA

Tlemcen

et Fédération

Oranie

(1935-1939).

Né le 13octobre 1914 à Tlemcen, Boumédine Maarouf est issu d'une modeste famille. Son père Hocine exerce la profession d'ouvrier agricole, journalier. Bien qu'il ne soit titulaire d'aucun diplôme, Boumédine Maarouf acquiert une solide formation par la lecture continue de livres et de journaux. En 1933, il est employé à titre de comptable au service de son oncle M. Hadj Allal, fabriquant de tapis. En 1935, Messali Hadj le charge de structurer la section de l'Étoile Nord-Africaine à Tlemcen. Il déploie une grande activité, notamment au moment du Front populaire, en organisant les diffusions publiques du journal El Ouma, des meetings et réunions à Tlemcen, en prenant la parole dans de nombreux groupements musulmans. Il s'impose comme le véritable dirigeant de l'Étoile à Tlemcen. Après la dissolution de l'E.N.A., il fonde le cercle littéraire « Nadjer Radja» en avril 1937 avec M.Guenanèche et Abdesslem Klouche. Les partisans nationalistes qui se réunissent au siège du cercle, place de la Sikak, préparent le lancement de la section du Parti du Peuple Algérien à'Tlemcem où Boumédine Maarouf jouera un rôle déterminant. Il redouble d'activité au moment de l'arrestation des principaux dirigeants du P.P.A. le 27 août 1937. A la suite des réunions publiques contre les incarcérations, organisées les 29 août et 11 septembre 1937 à Tlemcen, il est arrêté 243


MAD le dimanche 12 septembre et dirigé deux jours plus tard sur Alger. Mis à la disposition du juge d'instruction chargé de l'affaire Messali, il est détenu à la prison Barberousse, où il entame une grève de la faim pour l'obtention du statut de prisonnier politique. Emprisonné, le P.P.A. le présente comme candidat aux élections cantonales du 17 octobre 1937. Il obtient 285 voix. Libéré en 1938, il reprend sa place de dirigeant à Tlemcen. La section du P.P.A. y est la plus active d'Algérie, avec plusieurs centaines de militants. Boumédine Maarouf soutient, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, la position de Messali Hadj contre les responsables du P.P.A. qui entendaient obtenir de l'Allemagne un soutien matériel pour l'indépendance de l'Algérie. Il est de nouveau arrêté et condamné le 17 mars 1941 par le tribunal militaire d'Alger à seize ans de travaux forcés, vingt ans d'interdiction de séjour, perte des droits civiques. Boumédine Maarouf rejoint à sa libération le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques. Sources: ArchivesAix, 9 H 32, Rap. sept. 37; 9 H 47, Rap. Oran 29/8/37, Rap. Tlemcen 17/9/37, El Ouma n° spécial oct. 1937 ; Mémoires de Messali, cahier n° 15-16; Zagoria, p. 64.

MADOUNEBENAOUMER Responsable P.P.A. Mascara (1945).

Né dans l'Oranie, Benaoumer Madoune est responsable de la section de Mascara du P.P.A. en 1945. Cette section compte alors une trentaine de militants. Source: Archives Aix, 9 H SI, Rap. Oranie.

MASSOUM BOUMEDIENNE

(1905-1956)

Adhérent P.P.A. (1939) ; membre direction M.T.L.D.Tlemcen (1950) ; membre direction M.N.A.Oranie (1955).

Né en 1905 à Tlemcen, Boumedienne Massoum, commerçant en bonneterie, adhère au P.P.A. en 1939, puis devient membre de la direction du M;T.L.D. de Tlemcen au début des années 1950. Militant du M.N.A. après le

1er novembre 1954, il est un des responsables de cette organisation dans l'Oranie. Contacté par la direction du F.L.N. du Maroc, il se rend à Oujda pour discuter de l'uniti entre retrouvé assassiné au Maroc.

F.L.N. et M.N.A. Boumedienne

Massoum

est

Sources: Entretien avec M. Memchaoui ; M. Harbi (II).

MAZARI BOUAZZA Militant P.P.A.-M.T.L.D./(1946) ; responsable syndical C.F.T.C. Oran (1954).

Né le 30 juillet 1922 à Slissen près de Tlemcen, Bouazza Mazari obtient son certificat d'études primaires. Il entre à la S.N.C.F.A. en 1948 et devient contrôleur de route à Oran. Militant du P.P.A.-M.T.L.D., il sympathise avec le 244


MOU P.C.A. au début des années cinquante. En 1954, Bouazza Mazari est le responsable C.F.T.C. des cheminots d'Oran. Sources: Archives privées; entretiens avec des militants algériens.

MEMCHAOUI

MOHAMMED

voir notice chapitre III, série A

MESLI MOKHTAR Membre direction P.PA Oranie (1945). Né à Tlemcen, Mokhtar Mesli est membre du Comité fédéral de l'Oranie du P.P.A. en 1944 et responsable du comité de Tlemcen qui groupe environ une centaine de militants en 1945. Organisateur des manifestations du 1er mai 1945à Tlemcen, il retransmet le 15 mai l'ordre d'insurrection générale pour sa ville, sans toutefois faire appliquer réellement les consignes. Mesli Mokhtar est arrêté le 12 juin 1945. M. Mesli vit actuellement à Oran où il est prothésiste dentaire. Source.. Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie; entretiens avec des militants algériens.

MESSALI

HADJ

voir notice chapitre I, série A

MIMOUNI LAHCÈNE Membre direction P.PA Saïda (1945).

Né à Saïda, Lahcène Mimouni est responsable du P.P.A. de Saïda en 1945. Arrêté à la suite du 8 mai 1945, condamné à mort puis gracié, il est libéré en mars 1946. Source: Archives Aix, Rap. Oran 4/4/46.

MOULA Y CHERIFF Membre direction E.NA (1936) et P.PA (1937) de Mostaganem;

militant M.NA (1954).

Né en 1912 à Mostaganem dans l'Oranie, Chedff Moulay, électricien, anime une association l'Union Littéraire Musulmane de Mostaganem, qui combat en 1936 les positions politiques assimilationnistes. Au moment du passage de Messali Hadj dans cette région, ce groupement littéraire devient en 1936, la section de l'Étoile Nord-Africaine de Mostaganem et Moulay Cheriff en prendra la direction. De tendance messaliste dans la crise du M.T.L.D.,il est arrêté en 1954 et expulsé en France. Sources:

Archives Aix,9

H 47, Rap. Oran 4/4/38;

Harbi (II) ; indications M. Memchaoui.

245


M'R M'RABET

MOKHTAR

Membre direction P.P.A. Tlemcen (1945).

Né en 1919 dans la région de Tlemcen, Mokhtar M'Rabet adhère au P.P.A. en 1944. Membre du Comité Régional de Tlemcen en occupant la fonction de trésorier, il est arrêté à la suite des événements de mai 1945. Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie.

NEMICHE

DJELLOUL

(dit capitaine BAKHTI)

Membre o.s. Oran (1948). Né dans l'Oranie, Djelloul Nemiche, employé des P.T.T., est un des responsables de l'o.s. à Oran en 1948. Il participe à l'élaboration du plan permettant le hold-up de la poste d'Oran en 1949. Il est pendant la guerre plus connu sous le nom de capitaine Bakhti. Il rétablit l'ordre à Oran en 1962. DjelIoul Nemiche devient ensuite préfet, ambassadeur en Guinée, à Nouakchott en 1979. Il est actuellement ministre des Anciens Moudjahidines. Sources: Mémoires Nt Ahmed; Harbi (II).

OUAGOUAG ABDELKADER Pr~sident C.SV.R. (1949).

Né le 12 février 1916 à Relizane, A. Ouagouag fait ses études à la médersa de Tlemcen, puis à Alger. Licencié en droit, il est professeur d'arabe au lycée Laperinne à Sidi-Bel-Abbès en 1939. Avocat à Alger en 1946, il adhère au M.T.L.D., et devient président du Comité de Soutien aux Victimes de la Répression (C.S.V.R.) créé en 1948. Dans la crise du M.T.L.D., il prend position pour les messalistes. II revient en Algérie après 1962 et devient avocat à Alger. Sources:

Courrière (I) ; Kaddache (II) ; entretien avec des militants algériens.

OULD AISSA BELKACEM (1906-1957) Membre direction E.N.A. (1935) et P.P.A. (1937) d'Oranie, militant M.N.A.(1955).

Né en 1906 à Mostaganem dans l'Oranie, Belkacem Ould Aissa, électricien,est membre du Cercle de l'Union Littéraire Musulmane pour la propagation de la langue arabe, fondé en 1925 à Mostaganem par le Cheik Ben Hallouche. Il rejoint l'Étoile Nord-Africaine dès 1935 et son mariage à Mostaganem, dans l'été 1936, est l'occasion d'une grande fête de l'Étoile où participent plusieurs centaines de personnes. Il assiste au Congrès Fédéral de l'E.N.A. en octobre 1936 à Tlemcen, avec le docteur Bensmaïn et représente l'organisation nationaliste au Congrès Musulman qui se tient en 1937. Il devient pendant la Seconde Guerre mondiale, un des principaux responsables du P.P.A. clandestin de l'Oranie et dirige la région Mostaganem-Cassaigne246


TAL Mazagran-Arzew qui groupe environ 200 militants. Il est appréhendé le 21 juin 1945 et torturé. Libéré, il se range du côté de Messali Hadj dans la crise du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, et rejoint le Mouvement National Algérien après le 1er novembre 1954. Arrêté en 1956, malade de l'asthme, il meurt au camp d'internement d'Arcole en juin 1957. Le corps. d'Ould Aissa Belkacem, militant respecté, est veillé par les militants nationalistes du F.L.N. et du M.N.A. avant d'être enlevé du camp. Sources: Archives Aix, 9 H 51, Rap. sur l'Oranie ; entretien M. Guenanèche ; M. Memchaoui.

SEDJELMACI

MOSTEFA

Membre direction P.P.A. Tlemcen (1945).

Né en 1920 en Oranie, Mostefa Sedjelmaci, instituteur, est membre du Comité Régional du P.P.A. de Tlemcen en 1945. Il est arrêté à la suite des événements du 8 mai 1945. Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie.

SNOUSS MOHAMMED Membre

direction

P.P.A. Tlemcen

OULD MAHI (1938).

Né le 22 janvier 1916 à Tlemcen, Mohammed Snouss, qui n'a pas fréquenté l'école primaire, exerce la profession d'ouvrier babouchier dès l'âge de treize ans. Il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1936, puis au Parti du Peuple Algérien et devient un des principaux responsables de la section de Tlemcen. Arrêté, H est traduit devant le tribunal correctionnel d'Alger le 30 janvier 1939 et libéré en 1940. Dans la crise du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, il se prononce contre les

« centralistes » et milite au M.N.A. après le 1er novembre 1954. Sources: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Tlemcen 8/4/38; chaoui.

SOUIYAH

HOUARI

STAMBOULI

entretiens M. Guenanèche, M. Mem.

voir notice chapitre III, série A

MOSTEFA

voir notice chapitre III, série B

TALED MOKHTAR Membre direction P.P.A. Tlemcen (1945).

Né en 1918 en Oranie, Mokhtar Taleb, marchand de taba.c, adhère au P.P.A. en avril 1945. Membre du Comité régional de Tlemcen, il est arrêté en mai 1945. Source:

Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie. 247


TAL TALEB MOSTEFA Membre direction P.P.A. Oranie (1945).

Né en 1915 à Sidi-Bel-Abbès, Mostefa Taleb, commerçant, adhère au P.P.A. en octobre 1944 par l'intermédiaire d'A. Filali. Membre du Comité Fédéral d'Oranie, il est responsable de la section de Sidi-Bel-Abbès qui groupe une vingtaine de militants en 1945. Mostefa Taleb est arrêté à la suite des événements de mai 1945. Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie.

TAYEBI ABDELKADER TAYEBI MOHAMMED

voir notice chapitre III, série B (dit commandant LARBI)

Adhérent P.P.A. (1939) ; membre o.s. (1948) ; Commandant wilaya V (1957) ; ministre Agriculture (1968) ; secrétaire général du gouvernement (1980).

Né le 17 décembre 1918 près de Sidi-Bel-Abbès, Mohammed Tayebi adhère au P.P.A. en 1939 et devient membre de l'o.s. en 1947. Durant la guerre, il commande la wilaya V de 1957 à 1962. Attaché militaire à Rabat en août 1962, élu député d'Oran en septembre 1962, ambassadeur à la Havane en mars 1963, il devient le 20 juin 1963 ministre plénipotentiaire des Affaires étrangères, puis en octobre 1963, directeur général de la Sûreté Nationale. Ambassadeur au Brésil en octobre 1964, il prend position pour H. Boumedienne et se retrouve membre du Conseil de la Révolution le 5 juillet 1965 et du secrétariat exécutif du F.L.N. Il est nommé ministre de l'Agriculture et de la Réforme agraire le 7 mars 1968, fonction qu'il occupera dans les gouvernements du 21 juillet 1970 et du 23 avril 1977. Mohammed Tayebi est secrétaire général du gouvernement le 15 juillet 1980. Sources:

A.A.N. 1962, 1964, 1%5,

TCHOUAR

1968,

1970,

1977, 1980;

Fond

I.H.T.P..

CHOAIB voir notice chapitre III, série B

TEURKI ABDELKADER

(1913-1958)

Responsable P.PA Oran (1938) et conseiller municipal M.T.L.O.d'Oran (1947) ; militant M.NA (1954).

Né en 1913 à Oran, où il tiendra un débit de tabac, Abdelkader Teurki adhère au Parti du Peuple Algérien (P.P.A.) en 1937, et était déjà en contact avec l'Étoile Nord-Africaine (E.N.A.). Responsable du P.P.A. de la ville d'Oran, il est traduit le 17 mars 1941, avec 27 autres responsables dont Messali, devant le tribunal militaire d'Alger. Poursuivi pour « reconstitution de ligue dissoute, manifestation contre la souveraineté française et atteinte à l'intégrité du territoire français », il est condamné à huit ans de travaux forcés et vingt ans d'interdiction de séjour. Il se retrouve interné à Ber248


ZAB

rouaghia et est infirme de sa jambe gauche au moment de sa libération en 1944. Conseiller municipal d'Oran, aux élections de 1947 sur une liste du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (M.T.L.D.), il s'engage contre les centralistes dans la crise politique qui traverse l'organisation messaliste. Il devient militant du Mouvement National Algérien (M.N.A.) après le 1ernovembre 1954. Le M.N.A.annonce son assassinat par le F.L.N.le 24 avril 1958, en France. Sources: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Oran 4/4/38; Mémoires M.N.A. avril 1958 ; entretiens Guenanèche, M. Memchaoui.

de Messali, cahier na 16; Tract

YELLÈS CHAOUCH ALLAL Membre direction P.P.A. Tlemcen (1945).

Né en 1923 dans la région de Tlemcen, Allal Chaouch Yellès, étudiant, adhère au P.P .A. en mai 1944. Membre du Comité Régional de Tlemcen, il remplace M'Rabet Mokhtar dans la fonction de trésorier. Avec Mokhtar Mesli, il retransmet les ordres d'insurrection, sans toutefois passer à l'action. Il est arrêté en mai 1945. Source: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie.

ZABANA AHMED Membre

C.G.T. et O.S. (1947-1950)

; militant

F.L.N..

Né dans l'Oranie, Ahmed Zabana, ouvrier cimentier, est délégué C.G.T. à la cimenterie lorsqu'il adhère au P.P.A.-M.T.L.D. Responsable d'un groupe de l'o.s. il est arrêté en 1950 et fait 37 jours de grève de la faim. Libéré le 8 mai 1953, il part à Sidi-Bel-Abbès où il trouve un emploi de soudeur, ce qui lui permet d'apprendre à fabriquer des explosifs. Contacté par Ben M'Hidi, il accepte d'organiser un groupe d'action aux environs de Tlelat, à 30 km au sud d'Oran et participe aux opérations du 1er novembre. Capturé huit jours

après le déclenchement de la lutte armée lors d'un accrochage à proximité de Saint-Denis-du-Sig, A. Zabana est jugé par le tribunal des Forces armées d'Alger qui le condamne à la peine capitale le 3 mai 1956. Militant du F.L.N., il est le premier 19 juin 1956. Sources:

condamné

El Moudjahid,

na 941, 27 octobre

-

.

à mort exécuté à la prison de Barberousse

na 1, 4 juil1et 1956:

2 novembre

1983 : « Il avait

«Lettre

à ses parents»:

30 ans. » Entretien

le

Algérie-Actualité:

militants

algériens.

249


SÉRIE F

SUD

ABDELAZIZ MOHAMMED. ABSSI SAAD BENAÏCHA MOHAMMED BENDAHMANE AMOR BEN HAMDI BADÈCHE CHEIKH TOUHAMI DRISS AMOR GASMI MOHAMMED GHERAFA BRAHIM HAMZA BEN MOHAMMED HASSNI ABDELKADER HIOUANI LAKHDAR KHEFF ACHE LAÏD

KHELIF A BEN. AMAR LAADJAL AMAR LASSAKER MOHOUH

.

MAHMOUDIABDELKADER MEFTAH MOHAMMED M'RABET BOUHAFS SELMOUNIABDELKADER SELMY ABDALLAH SI LARBI TAÏBAOUl ABDELKADER ZAKARIA MOUFDI ZIANE ACHOUR

* Les notices des noms en caractères renforcés sont développées dans d'autres

séries. 251


ABDELAZIZ

MOHAMMED

voir notice chapitre III, série B

ABSSI SAAD Responsable M.T.L.D. Aïn-Fakroun

(1950) ; responsable super-zone Fédération F.L.N. (1959) ; coordinateur Amicale des Algériens en Europe (1964).

France

Né présumé en 1928 à Kouinine (El Oued), Saad Abssi, fils de petits paysans, fréquente l'école primaire française et l'école coranique, puis dès l'âge de quatorze ans, travaille dans une palmeraie avec ses oncles. Il quitte le Sud algérien pour les Aurès et s'établit à Auguste-Comte (Baghai) puis à Aïn Fakroun où il adhère au M.T.L.D. En 1952 il se rend à Tébessa, après le passage de Messali dans cette ville. C'est là qu'il est arrêté le 3 novembre 1954, puis libéré treize jours après. Saad Abssi, qui avait pris position pour les messalistes dans la crise du M.T.L.D., se rallie ensuite au F.L.N. Il est arrêté en septembre 1955, emprisonné à Djorf, puis libéré le 28 décembre 1956. Interdit de séjour sur tout le territoire algérien, il arrive en France en mars 1957 et milite dans ]a Fédération de France du F.L.N. Il est arrêté en 1960, en tant que responsable « Superzone ». Après l'indépendance, S. Abssi est responsable de l'Amicale des Algériens de Lyon (1961-1964), membre du Comité Central du F.L.N. en avril 1964, député à l'Assemblée nationale (pour les oasis). Coordinateur de l'Amicale des Algériens en Europe, il démissionne de sa responsabilité dès le 19 juin 1965, date du coup d'État, et passe dans l'opposition. Sources:

A.A.N. 1964, 1965 ; entretien avec S. Abssi.

BENAÏCHA

MOHAMMED

Candidat M.T.L.D.Ksar-EI-Hirane (1953).

Né dans la région de Laghouat, Mohammed Benaïcha est candidat du M.T.L.D.aux élections municipales d'avril 1953 à Ksar-EI-Hirane (13 km de Laghouat). Protestant auprès de l'administration à la suite d'irrégularités élec253


BEN torales, il est violemment 1953.

matraqué

et décède dans la nuit du 19 au 20 avril

Sources:L'Algérie Libre, 23 avril 1953, n° 66 : « Un nom de plus sur la liste de nos martyrs» ; 14 aoilt 1953, n075 : « A quand l'arrestation de l'assassin? »

BENDAHMANE

AMOR

Responsable E.N.A.-P.P.A.Constantinois

(1935-1938).

Né en 1911 dans la région de Biskra, Amor Bendahmane, employé aux Che~ins de Fer, adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1935. C'est à son domicile que Messali séjourne lors de son passage à Constantine et reçoit les militants de l'Étoile. Membre de la section de base de Biskra de l'E.N.A., il est responsable de la Fédération du Constantinois de l'organisation nationaliste. C'est à ce titre qu'il participe aux discussions entre le P:P.A. et les responsables Oulémas après l'échec du Congrès national Musulman. Recherché activement par la police française, il. abandonne son travail aux Chemins de Fer de Constantine et vit dans la clandestinité. Amor Bendahmaneest arrêté à Paris le 19 août 1938. Sources:

Archives Aix, 9 H20,

Rap; Paris 9/9/38 ; Mémoires de Messali, cahier n° 14:

BEN HAMDI BADÈCHE Militant

M.T.L.D.

(1953).

Né à Bou Saada, Badèche Ben Hamdi est militant du M.T.L.D. en 1953. Déclaré coupable de l'assassinat d'Amédée Froger (Président de la Fédération des maires d'Algérie), commis par Ali la Pointe; qui a lieu le 28. décembre 1956, il est arrêté par les parachutistes français dans la nuit du 25 au 26 février 1957. Présenté au juge d'instruction et mis sous mandat de dépôt le 8 mars 1957, il est condamné à mort le 10 avril. Son pourvoi en cassation est rejeté le 25 du même mois et son recours en grâce, présenté par ses défenseurs, Me Y. Dechezelles et G. Halimi n'ayant pas été retenu par le Président de la République, Badèche Ben Hamdi est exécuté le 25 juillet 1957 dans la cour de la prison de Barberousse à Alger. Sources: Lebjaoui (Il) ; Archives privées; entretien avec Y. Dechezelles.

CHEIKH TOUHAMI BEN TOUHAMI Délégué Hornu (1954) ; militant M.N.A. (1955).

Né en 1919 à Beni Abbes, Cheikh Touhami Ben Touhami milite au M.T.L.D, II se range du côté de Messali Hadj dans la crise du M.T.L.D. et participe au congrès messaliste d'Hornu (13-15 juillet 1954). II milite au M.N.A. pendant la guerre. Sources: 254

Liste des militants M.N.A., 1960 ; entretien avec M. Memchaoui.


GHE

DRISS AMOR M.N.A.{1954) ; Membre état-major wilaya VI F.l.N. (1958).

. Militant du M.T.L.D., Amor Driss prend position pour les messalistes dans la crise qui secoue l'organisation nationaliste. Adjoint de Ziane Achour (voir sa biographie), il commande en 1956, 2000 hommes dans les régions de Djelfa et de Laghouat. Il passe au F.L.N. durant l'été 1957 et constitue avec SHHaouès, l'état-major de la wilaya VI reformée en 1958. Sources: Alleg(II) ; Téguia. GASMI. MOHAMMED Membre direction P.PA Algérie (1938-1939). Né dans la région de Biskra, Mohammed Gasmi, typographe à Alger, adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1935. Après la dissolution de l'organisation en 1937, il est membre du Comité Directeur du P.P.A. d'Alger en 1938. Il soutient la position des dirigeants du P.P.A. emprisonnés à Maison-Carrée contre celles d'autres dirigeants qui préconisent l'aide de l'Allemagne pour l'indépendance de l'Algérie. Mohammed Gasmi est arrêté le 4 octobre 1939 et condamné le 17 mars 1941 par le tribunal militaire d'Alger à seize ans de travaux forcés, vingt ans d'interdiction de séjour et perte des droits civiques. Emprisonné au bagne de Lambèze et placé en situation d'isolement total, il perd un moment la raison. . Sources:

Archives Aix, Il H 50 ; Collot;

indications

Memchaoui.

GHERAFA BRAHIM (1910-1950) Membre de la direction de l'E.NA et du P.PA d'Algérie (1936-1945).

Né en .191(},à Beni Isguen dans le Mzab, Brahim Gherafa sympathise avec les idées du P.C.F. et au début des années 1930, son épicerie de Ghardaïa sert de lieu de rendez-vous aux militants communistes. Rédacteur dans le journal El Ouma moz~bite, impulsé par Abou El Ykdan, il se rapproche des positions de l'Étoile Nord-Africaine en 1935. Il aurait été auparavant, selon A. Ouzegane, sympathisant des positions du P.N.R. Il s'installe à Alger où il a une boutique dans la basse Casbah, et devient membre de la commission consultative de l'E.N.A. d'Algérie mise en place après la tournée de propagande effectuée par Messali en 1936. Il devient trésorier des Amis d'El Ouma d'Alger, à la suite de la dissolution de l'organisation nationaliste. Brahim Gherafa, membre du Comité Directeur du P.P.A., est arrêté le 27 août 1937 avec Messali, Zakaria et Lahouel. Il est condamné à un an de prison le 4 novembre 1937. En prison à Barberousse, il entame, avec d'autres dirigeants du P.P.A., une grève de la faim pour obtenir le statut de prisonnier politique. Il est libéré le 26 août 1938 et reprend sa place dans la direction en représentant le P.P.A. à la réunion du Congrès Musulman de septembre 1938. Membre "du Comité Central du P.P.A. clandestin en 1940, il n'apparaît plus sur le devant de la scène politique au moment .de ..la constitution du Mouvement 255


HAM pour le Triomphe des Libertés Démocratiques en 1946. Sa mort accidentelle en 1950 distend les liens entre le M.T.L.D. et la communauté mozabite d'Algérie. Sources: Archives Aix, 9 H20, Rap. Alger 23/9/38 et 4/9/38 ; Interview Ouzegane par Planche et Taleb ; entretien madame Djanina Benkelfat ; Mémoires de Messali, cahier n° 14.

HAMZA BEN MOHAMMED Membre bureau section P.PA Biskra (1937).

Né dans le Sud-Constantinois, Ben Mohammed Hamza, cafetier, est membre du bureau de la section du Parti du Peuple Algérien de Biskra en 1937. Sources: Archives Aix, 9 H20.

HASSNI ABDELKADER Responsable section P.PA d'El Oued (1937).

Né à Behima, dans le Souf, Abdelkader Hassni, coiffeur, est responsable de la section du Parti du Peuple Algérien en 1937 de la ville d'El Oued. Source: Archives Aix, 9 H20, Rap. El Oued 16/11/38.

HIOUANI LAKHDAR BEN SADOK 0910-1960) Vice-président section E.N.A. Constantine Algérie (1938).

(1936);

membre

Comité

Directeur P.P.A.

Né en 1910 à Chetma près de Biskra, Lakhdar Hiouani suit sa famille qui déménage à Constantine et s'établit comme ouvrier-coiffeur dans cette ville. Il prend contact avec Messali Hadj en 1936 lorsque ce dernier fait sa tournée dans l'Est algérien et devient membre-fondateur de la section de l'Étoile Nord~Africaine de Constantine. Il est arrêté le 25 février 1938 et transféré à Alger. Mis en liberté provisoire, il reste à Alger où il reprend sa profession d'ouvrier-coiffeur et occupe la fonction de membre du Comité Directeur du P.P.A. d'Algérie en 1938. Traduit le 30 janvier 1939 devant le tribunal correctionnel d'Alger qui le condamne à un an de prison, il est de nouveau arrêté au moment où s'ouvre la Seconde Guerre mondiale. Lakhdar Hiaouani qui appuie les positions de Messali au sujet du refus de collaboration, est condamné le 17 mars 1941 par le tribunal militaire d'Alger à seize ans de travaux forcés, vingt ans d'interdiction de séjour et perte des droits civiques. Militant du M.T.L.D.à Alger, il prend position pour Messali dans la crise de l'organisation et devient militant du M.N.A. Arrêté, puis libéré, il est assassiné en 1960 par un commando se réclamant du F.L.N. Sources: ArchivesAix, 9 H 47, Rap. 25/2/38 ; Kaddache(II) ; entretienM. Guenanèche; Memchaoui.

256


KHE

KHEFFACHE LAÏD Militant P.P.A. (1943) ; membre-fondateur

V.S.T.A. (1956).

Né en 1908 à Taghzout près de Biskra, Laid Kheffache, adhère au P.P.A.M.T.L.D. pendant la Seconde Guerremondiale. Dans la crise du M.T.L.D., il se range du côté de Messali après une vIslte--aNiowle 21 août 1953. Il devient membre de la direction de l'U.S.T.A., dès la création du syndicat impulsé par les messalistes. Il est arrêté et interné en 1956 dans le camp de Berroughia. Libéré en 1958, il rejoint les rangs du F.A.A.D. fondé par Khelifa Ben Amar. Il est exclu du M.N.A. le 30 juin 1961. Sources: Télégramme M.N.A., 30 juin 1961.

du 1er Congrès de l'U.S.T.A. aux militants emprisonnés;

communiqué

du

KHELIFA BEN AMAR Membre direction E.N.A.et P.P.A.Algérie (1934-1939) ; dirigeant A.M.L.(1944) ; membre direction M.N.A.(1955-1961).

Né à Biskra, Ben Amar Khelifa fait partie de la première réunion de l'Étoile Nord-Africaine (E.N.A.)tenue à Alger en mai 1933 avec M. Mestoul et A. Mezerna. Il devient un des premiers permanents de l'E.N.A. avec Hocine Lahouel, en Algérie, après le passage de Messali durant l'été 1936. Après la dissolution de l'Étoile, il donne l'ordre à de nombreuses sections de réactiver l'organisation sous le nom des Amis d'El Ouma. Membre de la direction du Parti du Peuple Algérien pour la Fédération d'Alger en juillet 1937, il est candidat du P.P.A. aux élections cantonales de Philippeville en octobre 1937. Ben Amar Khelifa est condamné une première fois le 4 novembre 1937, avec Messali Hadj, Hocine Lahouel et Moufdi Zakaria, à deux ans de prison et privations des droits civils, civiques et politiques. Dans ses Mémoires originaux, Messali dresse un port(ait de Khelifa Ben Amar en prison: « Il était grand de taille, intelligent, instruit en arabe, en français et en histoire. Il donnait l'impression d'un puritain et voulait toujours avoir raison. » (p. 5843 n° 16). Libéré, il est de nouveau arrêté et condamné par les tribunaux vichystes, le 17 mars 1941, à trois ans de prison et emprisonné au bagne de Lambèze. Libéré en 1943, il participe aux discussions entre le P.P.A. et F. Abbas pour le lancement des Amis du Manifeste et de la Liberté. Membre du Comité Directeur du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques désigné par le Conseil national du 4 septembre 1947, il est sanctionné par la direction en 1950 et réintègre l'organisation en mars 1954 au moment où Messali décrète, dans un message aux militants, que la crise a pris fin et ouvre les portes du parti aux militants sanctionnés. Il rejoint le Mouvement National Algérien et est membre de sa direction. A la suite du refus du M.N.A. le 6 juin 1961, de rencontrer la délégation française à Évian qui voulait l'utiliser contre le Front de Libération National (F.L.N.), il affirme son désaccord avec Messali et crée le F.A.A.D. Sources: Mémoires de Messali, cahier n° 16; Courrière (IV); Zagoria, p. 64; Harbi (III) ; Kaddache (I et II) ; communiqué du M.N.A.,9 juin 1961 ; entretiens avec M. Guenanèche, M. Maroc; M. Memchaoui. 257


LAA LAADJAL

AMAR. dit AMlRA

Responsable Kasma Belcourt (1954).

Né en 1925 à El Bordj, commune de Biskra, AmarLaadjal, chef de Kasma du M.T.L.D. à Belcourt (Alger) est arrêté en 1950 et condamné à cinq ans de prison. Libéré en 1954, il prend position pour Messali dans la crise du M.T.L.D. Arrêté en 1956, il est accusé de « transports d'armes et d'explosifs » par le T.P.F.A. d'.Alger qui, le 14 août 1957. le condamne à sept ans de travaux forcés. Sources:

Archives Y. Jouffa ; I.A.P. n° 124.

LASSAKER

MOHOUH

Responsable section P.P.A. Blida (1937).

Né au Mzab, Mohouh Lassaker dirige la section du Parti du Peuple Algérien de Blida en 1937 qui compte plus de 500 sympathisants. Par le développement de son activité militante, il s'assure le concours de commerçants mozabites de la ville de Blida. Source: Archives Aix, 9 H 47, Rap. 9/12/37.

MAHMOUDIABDELKADER Responsable M.N.A.Sahara (1958).

Né en 1918 dans les régions sahariennes, Abdelkader Mahmoudi participe à la guerre de Tunisie en 1943-1944 et devient adjudant-chef de l'armée française. Travaillant aux Ponts et Chaussées, il rentre au M.T.L.D. en 1950. Arrêté le 5 novembre 1954, il est libéré en 1955 et prend le maquis. En 1958, Abdelkader Mahmoudi est commissaire politique du M.N.A. dans les territoires du sud du Sahara. Sources: Reportage André Louis: « Bivouac avec les fellagahs » in La Cité, brochure liste des membres des maquis M.N.A., 1960.

MEFTAH

1960 ;

MOHAMMED

Délégué Hornu (1954) ; responsable Maquis M.N.A.Sud (1958).

Né dans le Sud-Algérien, Mohammed Meftah représente le Sud-Algérien au Congrès messaliste d'Hornu (13-15 juillet 1954). Il rejoint les maquis messalistes après le 1er novembre 1954 et combat, sous les ordres de BelIounis, dans la région du sud. Dans le secteur Ouled Djellal, il a sous sa responsabilité 600 hommes. Méfiant, il ne se déplace qu'avec ses troupes et occupe le Djebel Boukhil. Après la mort de Bellounis en juillet 1958, il prend le commandement de tous les maquis messalistes du sud. Selon un rapport de Boussouf au G.P.R.A. en date du 24 octobre 1958, Mohammed Meftah « se bat avec acharnement pour le contrôle des populations face au Front de Libéra258


SI

tion Nationale (F.L.N.)». Il meurt au combat, lors d'un accrochage avec les troupes françaises en 1960. Sources: Liste des membres des maquis M.N.A., 1960; Bulletin d'informations du M.N.A., novembre-décembre 1959; La Voix du Peuple, août 1960 ; Archives C.E.R.M.T.R.J.

M'RABET BOUHAFS Délégué Hornu (1954).

Né vers 1916 à Ghardaïa, Bouhafs M'Rabet adhère au P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Il assiste, comme délégué au congrès messaliste d'Hornu (13-15 juillet 1954). Militant du M.N.A. dès 1954, il est arrêté en 1957. Sources:

Liste des militants M.N.A., 1960; entretien avec M. Memchaoui.

SELMOUNIABDELKADER Adhérent P.P.A. (1938) ; responsable M.N.A.pour les Territoires du Sud (1958).

Né en 1921 dans le Sud algérien, Abdelkader Selmouni adhère au Parti du Peuple Algérien en 1938, et rejoint le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques à Alger. Il devient militant du Mouvement National Algérien. C'est lui qui est en contact, pour la direction du M.N.A., avec les maquisards animés par Si Meftah. La Voix du Peuple annonce son assassinat par le F.L.N. au Clos Salembier en octobre 1961. Sources: Entretien avec M. Memchaoui; La Voix du Peuple, mai 1962.

SELMY ABDALLAH Responsable maquis M.N.A. Sud-Saharien

(1959).

Né à Bou Saada, Abdallah Selmy se range contre les centralistes dans la crise du M.T.L.D. Il devient chef de bataillon dans les maquis du M.N.A. du Sud saharien en 1959. Il se rallie en 1962 aux maquis du F.L.N. animés par le colonel Chaabani et est assassiné à la fin de l'année 1962. Sources: Reportage André Louis « Bivouac avec les fellagahs » in La Cité 1960 ; Liste des membres des maquis M.N.A., 1960.

SI LARDI Responsable o.s. El Oued (1947).

Né dans les Territoires du Sud, Si Larbi est le responsable de l'o.s. à El Oued, principale ville du Souf. Il organise en 1948, pour le compte de l'o.s., une expédition à Ghadamès en vue de l'achat d'armes. Selon Aït Ahmed, 259


TAï

«l'expédition sera un succès total (...) Les armes de Ghadamès furent acheminées vers les Aurès pour y être stockées ». Source: Mémoires Aït Ahmed.

TAÏBAOUI

ABDELKADER

Adhérent P.P.A. (1939) ; délégué Djelfa au 2. congrès du M.T.L.D.(1953) et au congrès d'Hornu (1954) ; militant M.NA (1954).

Né à Djelfa, Taïbaoui Abdelkader, dit « Osmane» adhère au Parti du Peuple Algérien (P.P.A.) en 1939. Militant du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (M.T.L.D.), il participe en avril 1953 au deuxième congrès du M.T.L.D., délégué de Djelfa et de Bou Saada. Il s'engage contre les « centralistes », et participe, toujours comme délégué de Djelfa, au congrès messaliste d'Hornu (13-15 juillet 1954). Il est désigné le 28 juillet 1954 membre du Conseil National de la Révolution (C.N.R.), direction issue de ce congrès et devient militant du Mouvement National Algérien (M.N.A.) après le 1er novembre 1954. Arrêté en 1956, libéré 'èn 1958, il est alors commissaire politique du M.N.A., agent de liaison dans les maquis messalistes. La Voix du Peuple annonce son assassinat, en avril 1962, par le F.L.N. Sources:

Liste des membres des maquis M.N.A., 1960 ; La Voix du Peuple, mai 1962.

ZAKARIA MOUFDI (1909-1977) Dirigeant E.N.A. et P.PA (1936-1945) 1955).

; compositeur

d'hymnes

nationalistes

(1936 et

Né en 1909 à Beni-Isguen dans le Mzab, Moufdi Zakaria, surnommé « le poète du Maghreb », accomplit des études poussées en arabe littéraire. Sensible au phénomène de la Nadha ou résurrection de l'Islam dans les domaines littéraires, artistiques, religieux, il voit ce réveil essentiellement sous l'angle politique,celui du nationalisme. A la fin des années vingt, il fait partie d'une « mission scientifique », envoyée à Tunis par les milieux culturels de Guerrara, mission présidée par Mohammed Tamini et à laquelle participe Abou Ykdan. Il s'affilie au Destour, dont son oncle, Sahah Ben Yehia était l'un des fondateurs, et, de retour en Algérie, précise davantage ses convictions nationalistes. Ainsi, en septembre 1932, il prononce un discours au Nodi Tarraki (Cercle du Prbgrès à Alger) à l'occasion du congrès des Étudiants Musulmans où il explique: « Debout, généreux fils de l'Orient! Pitié pour l'humiliation de votre pays, sur lequel pleuvent des coups comme sur les piquets de vos tentes! Debout, fils de l'Ifrikia! Réveillez-vous de votre torpeur! » Il quitte le Mzab en 1934 pour s'établir dans le Nord de l'Algérie. Selon un rapport de police de Ghardaïa, il exerce « la profession de voyageur de commerce en parfumerie et autres produits et représenterait notamment une firme belge fabricant un encaustique sous la marque « Éclair». Cette profession pourrait d'ailleurs n'être qu'un camouflage lui permettant de circuler plus librement». Moufdi Zakaria a effectivement d'autres « occupations ».

260


ZAK

Ami de Gherafa Brahim, lui aussi originaire de Mzab, il adhère à l'Étoile Nord-Africaine en 1935 et devient membre de la première direction de l'E.N.A. d'Algérie mise en place par Messali lors de sa tournée en 1936. Il compose en octobre 1936 l'hymne de l'E.N.A. qui sera chanté nous dit Charles-Robert Ageron «par des enfants de 10 à 12 ans qui se rendaient en classe ». Cet hymne, véritable chant national pour des générations jusqu'en 1954, commence par ces phrases: «En rachat de l'Algérie prisonnière, je donnerais ma vie, mes biens, uniquement pour sa liberté. Vive le parti de l'indépendance et de l'Étoile Nord-Africaine! Vive le chef du peuple, Messali, modèle du dévouement et du patriotisme! Vive l'Algérie, telle le croissant de lune! Vive la langue arabe dans le pays. » Porte-parole de l'Étoile, Moufdi Zakaria, à Tunis, accuse le Deuxième Congrès Musulman « d'avoir joué un grand rôle contre l'arabisme, l'Islam et l'individualité algérienne ». Il prend la parole dans les réunions publiques, fustige la «politique d'assimilation du projet Blum-Violette» dénonce la politique du Front populaire et écrit dans El Ouma mozabite: «Ô ! Front populaire, la patience du pays est à bout: peux-tu nous procurer l'utile? Ô ! Peuple répudie les espoirs: prépare-toi à l'action et secoue ton inertie. Ne compte que sur toi-même et ouvre-toi dans la vie, une ère nouvelle. » Rédacteur en chef de Ech Chaab lancé à Alger en août 1937, il est arrêté en août 1937 alors que le deuxième numéro du journal était mis en vente. Emprisonné avec la direction du P.P.A., il est candidat aux élections cantonales du 17 octobre 1937 à Constantine. Dans la prison de Barberousse, il enseigne l'arabe et l'histoire de l'Islam aux militants, détenus du P.P.A., participe avec Messali à la rédaction du programme de l'organisation nationaliste. Condamné le 4 novembre 1937 à deux ans de prison, il est libéré à la veille de la Seconde Guerre mondiale et participe à la réorganisation du P.P.A. clandestin. Après le débarquement des troupes alliées en 1942, Moufdi Zakaria est chargé par Augustin Berque, directeur des Affaires Indigènes au Gouvernement Général, de proposer à Messali de coopérer avec le gouvernement français. Messali rejette cette proposition. Dans le même temps, selon Collot, il rencontre F. Abbas à Alger en 1943, à l'hôpital des Négociants et participe à la rédaction du Manifeste du Peuple Algérien. Membre du Comité Central du P.P.A. en 1944, il tient un restaurant « Le Lucullus» à Alger qui sert de lieu de réunion aux principaux responsables de l'organisation nationaliste. Après les événements du 8 mai 1945 le journal du P.C.A., Liberté du 17 mai 1945 n'hésite pas à citer son nom dans un article d'une extrême violence où l'on peut lire que les dirigeants nationalistes sont des « mouchards, criminels et valets du fascisme ». Moufdi Zakaria ne prend pas position lorsqu'éclate la crise qui secoue le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques.

Après le 1er novembre 1954, à la demande de Rebbah Lakhdar, lieutenant d'Abbane Ramdane et responsable du Front de Libération Nationale d'Alger, il compose en avril 1955 « Kassaman », hymne national de l'Algérie actuelle. Arrêté en 1956, il est interné à Barberousse dans la 3e division. Homme d'affaires dans l'Algérie indépendante et au Maroc, M. Zakaria s'oppose au régime de H. Boumedienne et meurt à Tunis le 27 août 1977.

Sources: Archives Aix, 9 H 24, Rap. Ghardaïa 3/4/37 ; El Ouma mozabite, 14 septembre 1937 ; EIOuma n° spécial, octobre 1937; Le Procès de Messali, p. 24 : Mémoires de Messali, cahier n° 14; Ageron (I) : Azzedine ; Collot; Harbi (chronologie in Mémoires de Messali) ; Kaddache 261


ZIA (I et II) ; Slimane Cheikh; Vatin ; Zagoria p. 64 ; El Moudjahid, lutte» ; entretien avec Slimane Cheikh.

23 octobre 1984 : « Chanter la

ZIANE ACHOUR Responsable M.T.L.D.Ouled Djellal (1953) ; responsable maquis Djelfa (1956).

Né dans le Sud Algérien, Achour Ziane,lettré en arabe, est responsable du M.T.L.D. dans l'Ouled Djellal. Son rayonnement personnel est très grand auprès des tribus qui nomadisent dans la chaîne des Ouled Nails. Il lève en 1955 une armée indépendante, noue des contacts avec le M.N.A., devient en 1956 responsable des maquis de Djelfa qui groupent 2000 hommes environ. Son activité est si importante que le F.L.N. décide de créer un groupement particulier, le Commandement Opérationnel du Sud Algérien (C.O.S.A.) à Laghouat,pour le contrer. Durant l'été 1956, à court d'armes et de ravitaillement, il engage des pourparlers avec le F.L.N. Ziane Achour est tué le 8 novembre 1956 à la suite d'un violent combat avec les troupes françaises dans le Djebel Boubail entre Djefa et Ouled Djellal. Sources: Le Monde, 1er juin 1957: «Une province M.N.A. dans le Sud-Algérois », par J.F. Chauvel; Le Journal d'Alger, 13 août 1957: «Du Djebel Amour aux Ouled Nai1s : guerre d'influence entre M.N.A. et F.L.N. » par C. Veillot ; Alleg (II).

262


CHAPITRE

III

CRISES ET SCISSION DANS LE P.P .A.-M. T .L.D. * (1946-1954)

Série A:

Les 55 membres du Comité Central du P.P .A.-M.T.L.D. (1946-1953).(la différenciation entre centralistes et messalistes) .

Série B:

Le Conseil National de la Révolution (C.N.R.) après le congrès d'Hornu (28 juillet 1954).(la direction du courant messaliste à la veille du 1er novembre 1954).

Série c:

Le« Groupe des 22 » et le « Comité des 6 ».(la direction du courant activiste et les préparatifs du 1er novembre 1954).

.

98 notices biographiques chapitres I et II.

figurent

dans ce chapitre.

Dix notices

sont traitées

dans les

263


SÉRIE A

LES MEMBRES DU COMITÉ CENTRAL DU P.P .A.-M. T .L.D. (1946-1953) (La différenciation entre centraUstes et messaUstes)

ABDESSLAM BELAID ABDOUN MAHMOUD ABDESSLAM BELAID AÏSSAT IDIR AIT AHMED HOCINE AMRANI SAID ASSELAH HOCINE BELOUlZDAD MOHAMMED BEN BELLA AHMED BEN BOULAID MOSTEF A BEN KHEDDA BENYOUSSEF BEN M'HEL M'HAMMED BENNAloUALI BOUDA AHMED BOUDJERIDA AMAR BOUKADOUM MESSAOUD * BOULAHROUF TAYEB BOULKEROUA MOUSSA BOUTLELlS HAMOU CHENTOUF ABDERREZAK CHERCHALLI HADJ CHENTOUF ABDERREZAK DAHLAB SAAD DEBAGHINE LAMINE DEKHLI MOHAMMED DERDOUR DJAMEL DJERMANE RABAH DJILALI EMBAREK EL HACHEMI HAMOUD FERROUKHI MUSTAPHA

.

FILALI ABDALLAH GUEDROUDJ MESSAOUD KHIDER MOHAMMED KIOUANE ABDERRAHMANE LADJOUZI MOHAMMED TAHAR LAHOUEL HOCINE LOUANCHISALAH MAHSAS AHMED MAlzA BRAHIM MAlzA SALAH MEHRI ABDELHAMID MEMCHAOUIMOHAMMED MERBAH MOULAY MESSALI HADJ MESTARI MOHAMMED MEZERNA AHMED MOSTEF AI CHA WKI MOUNDJI ZIN EL ABDIN OULD HAMOUDA AMAR OUSSEDIK OMAR RADJEFF BELKACEM REGUlMI DJILALI SID ALI ABDELHAMID SOUlYAH HOUARI TALEB MOHAMMED TEMAM ABDELMALEK YAZID M'HAMMED YOUSFI M'HAMMED

Les notices des noms en caractères renforcés sont développées dans d'autres

séries.

265


ABDESSLAM BELAÏD Président A.E.M.A.N.(1951-1953) ; membre Comité Central M.T.L.D. (1953) ; membre Exécutif Provisoire (1962) ; Ministre de l'Industrie et de l'Énergie (1956).

Né en 1928 à Aïn El Kebira, Belaïd Abdesslam,

fils d'un grand proprié-

taire foncier, milite dès le Collège de Sétif au P.P.A. avec Benzine Abdelhamid et Taklit Tayeb, en 1944. Arrêté lors des événements de mai 1945, il fait partie après sa libération de la direction étudiante du M.T.L.D. en 1950, avec Ben Yahia et Khene. Il est président de l'A.E.M.A.N. de 1951 à 1953. Étudiant en médecine, il entre au Comité Central au moment du deuxième congrès du M.T.L.D. en 1953, et devient le véritable fondateur de rUnionGénérale des Étudiants Musulmans Algériens (U.G.E.M.A.). Il rejoint le F.L.N. en mai 1955, et met à son service le mouvement étudiant. Il quitte la France en 1956, gagne le Maroc où il est affecté comme instructeur à l'École des cadres avec Khelifa Laroussi. Il quitte le Maroc pour devenir conseiller d'A. Mehri aux Affaires Sociales, puis de Tewfik El Madani en septembre 1958, alors ministre de la Culture, enfin de Ben Khedda a la présidence du Conseil en 1961. Désigné à l'Exécutif Provisoire comme responsable des Affaires économiques en mars 1962, il soutient le G.P.R.A. contre Ben Bella qui le nomme président de.Jâ S.O.N.A.T.R.A.C.H. Après le 19 juin 1965, Belaïd Abdesslam est ministre de l'Industrie et de l'Énergie dans les gouvernements du 10 juillet 1965 et du 21 juillet 1970, puis ministre des Industries légères dans le gouvernement du 23 avril 1977. Il est membre du Bureau Politique du F.L.N. en 1979. Sources: Archives V.N.F.F. ; L'Algérie Libre, 5 mars 1953, n° 64 : « Comité d'action pour l'abrogation de l'article 80 »; H.M. n° 22: « La rébellion et les étudiants algériens»; Harbi (1) ; Annexe IV, in Téguia; « Mise au point à propos de l'A.G. annuelle de l'A.E.M.N.A.» ; A.A.N. 1965, 1971, 1977, 1979.

ABDOUN MAHMOUD Trésorier Comité Directeur P.PA (1944) ; trésorier F.L.N. (1956).

Algérie

Né à Dellys en 1913, Mahmoud

(1938);

Abdoun,

membre

employé

Comité

Central

P.PA

des contributions. 267


AIs adhère à l'E.N.A. en 1936. Il est, en 1938, trésorier général dans le Comité Directeur du P.P.A. d'Algérie. Il forme, avec M. Taleb, une fraction indépendante du P.P.A. (L'Organisation) mais qui s'en différencie en terme d'alliances (soutien de l'Allemagne pour l'indépendance de l'Algérie). Ce mouvement tient une conférence en juillet 1943 et pose la question de la libération de l'Algérie par la lutte armée. L'Organisation fusionne avec le P.P.A. en 1944 et M. Abdoun fait partie du Comité Central du nouveau P.P.A. réunifié. Il collabore au lancement et à la rédaction de l'Action Algérienne, journal du P.P.A. fondé en février 1944. Au moment de mai 1945, avec les responsables d'Alger, il donne l'ordre « d'attaquer dans la nuit du 22 au 23 mai 1945 afin de secourir ceux qui se battaient à Sétif». Les responsables d'Alger reviennent sur cette décision. Mahmoud Abdoun s'occupe des associations sportives (U.S.M.A./C.C.A.) contrôlées par le P.P.A.-M.T.L.D. et se retire du devant de la scène politique en 1953. Après le 1er novembre 1954, il rejoint les rangs du Front de Libération Nationale en 1955 et contribue à mettre au point avec Ben Khedda un système de collecte de finances à partir des états de contribution. Mahmoud Abdoun est arrêté en 1957, alors qu'il est trésorier du F.L.N. Après l'indépendance, il devient comptable de sociétés privées. Sources: Archives Aix, 9 H 51, C.LE. 20/9/44 ; Témoignage Abdoun in Alleg (I) ; Collot; (II) ; Kaddache (I et II).

Harbi

AÏSSAT IDIR (1919-1959) Responsable C.G.T. (1944) ; membre Comité Central P.P.A.-M.T.L.D.(1947) ; Secrétaire général V.G.T.A. (1956).

Né en 1919 à Djemaa N'Saharidj, en Kabylie, de parents cultivateurs, Aïssat Idir est chef de service aux Ateliers Industriels de l'Air (A.LA.), près de l'aérodrome de Maison-Blanche, puis employé à la Caisse d'allocations familiales du Bâtiment. Il adhère au P.P.A. en 1943, et devient membre, en 1944, du Comité Exécutif du syndicat C.G.T. des travailleurs de l'État. Il entre au Comité Central de l'organisation nationaliste en 1947 et s'y occupe particulièrement des questions syndicales. Il quitte cette même année la C.G.T. pour se consacrer à la mise sur pied de la Commission Ouvrière du M.T.L.D. et anime pour cela des rubriques syndicales dans l'Algérie Libre. Il lance, en 1953, l'idée de la formation de comité de chômeurs, noue des relations avec les dirigeants de la C.LS.L. Il se prononce pour « le cours centraliste » dans la crise du M.T.L.D. Arrêté après le 1er novembre 1954, libéré en 1955, il rejoint le F.L.N. et devient le premier secrétaire général de l'U.G.T.A. en février 1956. Aïssat Idir est arrêté dans la nuit du 22 au 23 mai 1956, déplacé de camps en prisons (Berrouaghia, Arcole, Bossuet, Barberousse) où il est torturé sauvagement. Acquitté par un tribunal militaire français le 13 février 1959, il est transféré à l'hôpital militaire de Beni-Messous près d'Alger. Les autorités françaises qui annoncent son «suicide» le 13 juillet 1959 refusent toute commission d'enquête sur les circonstances exactes de sa mort. Sources: Numéro spécial L'Ouvrier Algérien, août 1959, consacré à Aïssat Idir; interview Aïssat Idir recueillie par l'Action, n° 43 1213/1956 et reproduite à l'occasion du 4< anniversaire de 268


AÏT l'U.G.T.A.par l'Ouvrier Algérien - N.S. n° 13 mars 1960 ; Interview Aïssat Idir in Consciences Maghrébines n° 8, 9; communiqué C.LS.L.,octobre 1959; Alleg (III); Bedjaoui; Gallissot; Weiss.

AÏT AHMED

HOCINE

Membre Comité Central P.P.A.-M.T.L.O.(1947) ; responsable national de l'o.S. (1947) ; représentant M.T.L.O.au Caire (1951) ; membre C.N.RA (1956), C.E.E. (1957) ; ministre d'État G.P.R.A. (1958) ; fondateur F.F.S. (1963).

Né le 20 août 1926 à Michelet en Grande Kabylie, Hocine Aït Ahmed appartient à une grande famille maraboutique. Titulaire de la première partie du baccalauréat, polyglotte confirmé, il mène de front d'excellentes études et une activité politique précoce puisqu'il adhère au P.P.A. alors qu'il est encore lycéen, en 1943, à Tizi-Ouzou, puis à Ben Aknoum. Très actif en Kabylie, il présente un rapport remarqué au Comité Central élargi de décembre 1948 qui insiste sur l'importance de la lutte armée, liée au facteur politique. Coopté au Bureau Politique du P.P.A., il est le principal responsable de l'o.S. et remplace à ce poste Mohammed Belouizdad, mort de tuberculose. Aït Ahmed est le véritable instigateur du hold-up de la poste d'Oran qui, le 4 août 1949, rapporte 3 170000 francs, nécessaires à l'achat d'armes. Accusé à tort de « berbérisme », il est remplacé à son poste par Ahmed Ben Bella. A la suite de la découverte de l'o.s. par la police française, condamné par contumace par les tribunaux français, il gagne le Caire en 1951. Sous le pseudonyme de Saïd Ferhi, il est le porte-parole du M.T.L.D. dans les conférences anti-impérialistes. Lors de la scission du M.T.L.D., il se prononce pour l'action armée et défend à partir de novembre 1954 les thèses du F.L.N. Membre de la délégation extérieure du F.L.N., il participe à la Conférence de Bandoeng en 1955 et séjourne à New York en vue de la préparation des débats de l'O.N.V. sur la question algérienne. Membre du C.N.R.A. depuis le congrès de la Soummam du 20 août 1956, il est arrêté dans l'avion arraisonné en plein ciel par l'armée française, ainsi que Ben Bella, Boudiaf, Khider et Lacheraf, le 22 octobre 1956. Lors de la crise du F.L.N. il s'oppose au groupe animé par Ben Bella, Abbas et l'état-major de l'A.L.N. et refuse de faire partie du Bureau Politique du F.L.N. Après sept ans passés à la prison de la Santé, Aït Ahmed, libre après le cessez-le-feu de 1962, est élu député à la première Assemblée nationale. Il rejoint la Kabylie et, en compagnie du colonel Mohand ou El Hadj, y anime une vive opposition à Ben Bella qui tourne à l'insurrection en 1963. Il crée un parti d'opposition, le Front des Forces Socialistes (F.F.S.) mais, abandonné par le colonel Mohand ou El Hadj au moment de la guerre des frontières avec le Maroc, il est arrêté et emprisonné. Condamné à mort, il se réconcilie avec Ben Bella à la veille du coup d'État du 19 juin 1965. Maintenu en prison par le régime du colonel Boumedienne, il s'évade de la prison d'EIHarrach en 1966 et vit en exil en Europe. Docteur en droit, Hocine Aït Ahmed publie en 1983 le premier volume de ses Mémoires d'un Combattant. Sources: Rapport Aït Ahmed Congrès 1948 in Harbi (III); L'Algérie Libre n° 63 1er février 1953 : « Saïd Ferhi au congrès de Rangoon» ; interview Aït Ahmed in SOUAL n° 2 : « Le Maghreb et le mouvement national algérien» ; Hamdani ; Lebjaoui (I) ; Mahsas ; Vatin ; Le Monde, 28 octobre 1984 : « Comment nous avons pris les armes ».

269


AMR

AMRANI SAÏD

- Casbah P.P.A. (1944) ; membre Comité Central P.P.A.-M.T.L.D. (1946) ; ministre de la Réforme administrative (1963)_

Responsable Alger

Né en Kabylie, Saïd Amrani adhère à l'Organisation, animée par M. Taleb, au début de la Seconde Guerre mondiale. C'est à son domicile, dans la Casbah d'Alger, que se réunit dans l'année 1943 le groupe de « jeunes» de l'Organisation qui rejoindront le P.P_A. Saïd Amrani dirige le secteur d'Alger-Casbah. Il anime en 1944, avec Mahfoudi et Ferroukhi, un cercle du P_P.A. à la medersa d'Alger. Membre de la Direction Fédérale d'Alger au moment des événements de mai 1945, il transmet à la Kabylie le contrordre d'insurrection générale. Saïd Amrani entre au Comité Central du P.P.A.-M.T.L.D. en 1946. Selon l'analyse de H. Harbi (contestée par M. Kaddache), il aurait été, au congrès du M.T.L.D. de février 1947, partisan de la voie des élections avec Chawki Mostefaï et Hadj Cherchalli. Membre dU.comité d'organisation, organisme chargé de l'appareil du M.T.L.D., il se montre favorable au rapprochement avec l'U.D.M.A. et les Oulémas au moment des élections législatives du 17 juin 1951. Il est en retrait politique lorsqu'éclate la crise de l'organisation nationaliste et devient directeur de cinéma à Annaba, avant le 1er novembre 1954. Il rejoint le F.L.N. pendant la guerre et joue une rôle actif. Après 1962, Saïd Amrani est dans le gouvernement de Ben Bella du 2 décembre 1964, ministre de la Réforme administrative et de la Fonction publique. Il est, après le coup d'État de 1965, directeur de la S.N_E.D. Sources:

A.A.N. ; Harbi (I) ; Kaddache (II), entretiens avec des militants algériens.

ASSELAH HOCINE (1917-1948) Membre direction P.P.A., A.M.L. Alger (1943) ; fondateur de l'Action Algérienne M. Taleb (1944) ; responsable fédération de France M.T.L.D.(1946).

avec

Né en 1917 à Tizi-Ntletla près de Dra El Mizan, Hocine Asselah, écrivain public, fonde de sa propre initiative une organisation nationaliste en 1939. Il prend contact avec M. Taleb au début de la Seconde Guerre mondiale et organise avec lui, le 30 septembre 1943 à Alger, deux cortèges qui regroupe de 400 à 500 personnes « contre le fascisme» et « pour l'Algérie libre». Il rencontre des responsables américains, dont Murphy, mais en tire la conclusion, selon M. Kaddache, qu'il faut « renforcer l'organisation clandestine et apparaître comme les interlocuteurs réels du peuple algérien». H. Asselah participe, avec H. Mokri et Lamine Debaghine, aux négociations sur la plateforme des A.M.L. avec les Oulémas et F. Abbas en 1943. Sous son impulsion, les militants du P.P_A. prennent 'progressivement le dessus dans les A.M.L. et le colonel Schoen note dans un rapport qu'en « janvier 1945, les A_M.L. tiennent à Alger un congrès restreint. Leur position se durcit

Mekki, Abdoun journal moment 270

(...)

Plusieurs

militants

du P.P.A.

(Debaghine,

Asselah,

Mestoul,

Chadli,...) siègent désormais dans leur Comité Directeur ». Avec Mahmoud et Guerafa, il est membre de l'équipe de rédaction du l'Action Algérienne et entre en 1944 au Comité Central du P.P_A., au de la fusion avec l'Organisation. Chef de file du groupe connu sous


BEN

le nom de «Groupe d'Alger» qui domine Alger-Casbah, H. Asselah est blessé lors de la manifestation du 1ermai 1945. Arrêté, il parvient à s'évader de l'hôpital et se réfugie dans la clandestinité. Il est envoyé en 1946, par la direction du M.T.L.D.,pour réorganiser la Fédération de France. Malade, H. Asselah meurt en janvier 1948. Sources: El Maghreb El Arabi, 16 janvier 1948 : « Hocine Asselah » ; F. Abbas (I) ; R. Aron; Collot; Kaddache; Schoen; L'Algérie Libre, n° 63, 1erfévrier 1953 : « Anniversaire de la mort de H. Asselah et M. Belouizdad » ; Annexe IV (3) in Téguia.

BELOUIZDAD Membre (1947).

direction

MOHAMMED P.P.A. Algérois,

(1924-1952)

Constantinois

(1943);

responsable

national

o.S.

Né le 3 novembre 1924 à Alger, Mohammed Belouizdad, employé dans les services de la direction des Affaires musulmanes du gouvernement général, adhère au P.P.A. en 1943. Son travail lui permet de transmettre à la direction de nombreux documents et de multiples informations. Il fonde la section « Jeunes de Belcourt» et, en passant à l'organisation adulte, est remplacé par Taleb Abderrahmane. Il accède très rapidement à la direction du P.P.A. et collabore à la sortie du journal du P.P.A. clandestin, El Watan, dont le premier numéro circule à Alger en janvier 1944. Il fait partie de la direction du P.P.A. qui décide en mai 1945 l'élargissement du mouvement insurrectionnel et à cet effet, avec CherchaIli et Amrani, il sillone l'Algérois, demandant aux dirigeants locaux d'intensifier l'action. Recherché par la police française, il réorganise la Fédération du Constantinois après les événements de mai 1945, avec l'aide d'Aouati Brahim. Il entre au Bureau Politique à la suite du congrès du M.T.L.D. de février 1947, chargé d'assurer la coordination entre l'o.s. nouvellement créée et le B.P. La première réunion des huit membres de l'état-major de l'o.s., le 13 novembre 1947, se tient à son domicile à Kouba. Il contacte Reguimi Djilali (par l'intermédiaire de Aït Ahmed), pour mettre en place l'organisation militaire sur l'Algérois, et met en place des « groupes expérimentaux» dans le Chelif. Dans la discussion du « Comité Central de Zedine» en 1948, il avance même l'idée de la «constitution d'une zone franche », idée qui est écartée. Malade de la tuberculose, Mohammed Belouizdad est hospitalisé à Bobigny en décembre 1949. Il meurt le 14 janvier 1952 en France au sanatorium de La Bruyère. Sources: L'Algérie Libre, 19 janvier 1952: « Grand militant de la cause nationale, M. Belouizdad n'est plus» ; Mémoires Aït Ahmed; Collot; Hamdani ; Harbi (II) ; Kaddache (II).

BEN BELLA AHMED Conseiller municipal M.T.L.D.Marnia (1947) ; membre Comité Central M.T.L.D.et direction o.S. (1949) ; premier Président de la République algérienne (1962-1965).

Né le 25 décembre 1916 à Marnia dans l'Oranie, Ahmed Ben Bella appartient à une famille de paysans pauvres. Son père, mort en 1939, était fellah et 271


BEN s'occupait d'un champ situé près de Marnia. A. Ben Bella fait des études secondaires à Tlemcen, jusqu'au brevet, puis son service militaire en 1937. Il est démobilisé en 1940, puis rappelé en 1943. Adjudant des Tabors au 14° R.T.A., il participe à toutes les campagnes de France et d'Italie, s'illustre particulièrement à Cassino. A son retour en Algérie en 1945, il est frappé par l'ampleur de la répression qui frappe le pays, après les événements du 8 mai 1945. Il quitte l'armée et adhère au P.P.A.-M.T.L.D. Débordant d'activité, il gravit rapidement les échelons de l'organisation nationaliste. Conseiller municipal de Marnia en octobre 1947, il est candidat dans cette circonscription, lors des élections du 4 avril 1948 à l'Assemblée algérienne. Responsable de l'o.s. pour l'Oranie, il est avec Aït Ahmed, un des responsables du hold-up de la poste d'Oran en 1949. Membre du Comité Central du M.T.L.D., il remplace en 1949 Aït Ahmed à la responsabilité nationale de l'o.s. Arrêté en mai 1950 à Alger, il est condamné, deux ans plus tard, par le tribunal civil de Blida à sept ans de prison pour atteinte à la Sûreté de l'État. Le 16 mars 1952, il s'évade de la prison de Blida. Il gagne le Caire, devient membre de la délégation extérieure du M.T.L.D. avec Aït Ahmed et M. Khider. Au sein de cette équipe, il se spécialise très vite dans les questions militaires, formation de commandos et acheminement d'armès. Dans la capitale égyptienne, il passe pour être celui des leaders algériens qui a le plus de contacts avec le colonel Nasser et ses collaborateurs. Voyageant sous les noms les plus divers (<<Messaoud Mezziani », « Abdelkader Mebtouche »), il manque de peu d'être abattu par les agents de la Main Rouge, au Caire puis à Tripoli. En désaccord avec certaines des décisions du congrès de la Soummam, A. Ben Bella est arrêté le 22 octobre 1956. Il est interné à la Santé, à l'île d'Aix, au château de Turquant et enfin à Aulnoye. Durant sa détention, il ne partage pas le point de vue du groupe dirigeant du F.L.N. sur la question des alliances et de la conduite de la guerre. Libéré après le cessez-le-feu, il s'oppose au G.P.R.A. et est élu en 1962, Président de la République algérienne démocratique et populaire, et garde le pouvoir jusqu'en 1965. Destitué le 19 juin 1965 par le Conseil de la Révolution présidé par H. Boumedienne, emprisonné, puis assigné à résidence, A. Ben Bella est libéré en 1980. Il vit en Europe. Sources: A.A.N. 1962, 1%3, 1964, 1965 ; Révolution Africaine, na 33, 14 septembre 1963 : « A Marnia, chez la mère de Ben Bella» ; J. Lacouture, Le Monde, septembre 1962 : « Sept étapes d'une carrière» ; J. Lacouture, Le Monde, juin 1980; «Le premier chef d'État de l'Algérie indépendante»; Mémoires \It Ahmed; Harbi (I); Lever et Droz; Duchemin; Paillat; Tripier; Merle; H.M. n° 2 : « Qui dirige l'insurrection? » ; Vatin ; Zagoria.

BEN BOULAÏD MOSTEFA (1917-1956) Responsable o.s. Aurès (1949) ; fondateur C.R.UA et responsable wilaya I (1955).

Né le 5 février 1917 à Arris dans les Aurès, Mostefa Ben Boulaïd est fils de petits propriétaires fonciers. Il succède à son père et devient meunier de profession. Mobilisé en 1939, il fait la guerre dans l'armée française, est réformé pour blessure en 1942, puis remobilisé en 1943-1944 à Kenchela. Adjudant, rendu à la vie civile, il devient président de la corporation des 272


BEN marchands de tissus de l'Aurès. A cette époque, il obtient une licence pour exploiter une ligne de cars Arris-Batna. Mostefa Ben Boulaïd adhère au P.P.A.-M.T.L.D. en 1946, et se présente le 4 avril1948 aux élections à l'Assemblée/algérienne. Il est élu triomphalement avec 10 000 voix, mais l'administration coloniale annule l'élection et nomme à sa place un « beni-oui-oui », Cadi Abdelkader. Il commence à être suivi de près par la police française. Un rapport officiel des services français parle ainsi de M. Ben BoulaÏd: « Un homme du peuple, un homme d'action très évolué, conscient de la situation des musulmans, de leur désir d'évolution. » Un rapport de la gendarmerie de Batna en date du 27 juin 1947 signale ses activités pour l'achat d'armes: « Le nommé Boulaïd Mostefa se proposerait d'aller prochainement à Tunis. De là, il chercherait à se rendre en Égypte. Il aurait fait demander par personnes interposées les formalités à remplir pour se rendre dans ce pays. » M. Ben Boulaïd est, à ce moment, un des principaux responsables de l'o.s. dans les Aurès et accumule un important dépôt d'armes qui servira le 1er novembre 1954. Membre du Comité Central du M.T.L.D., il essaie vainement, en compagnie de Salah Maiza et Hamoud El Hachemi, de convaincre Messali de taire ses divergences avec la direction du parti pour engager le M.T.L.D. dans la voie de la lutte armée. A cet effet, il se rend à Niort voir Messali, et a de longues conversations quotidiennes avec lui, du 23 au 26 février 1954. Il échoue dans cette tentative et devient membre-fondateur du C.R.D.A. Il reporte ses espoirs- sur les centralistes avec lesquels il rompt, après s'être convaincu de leur refus d'accepter le recours à l'action révolutionnaire. Il hypothèque ses biens pour financer la révolution. Il est blessé par la police dans le Sud tunisien en se rendant à la réunion du 25 octobre qui fixe la date de déclenchement de l'insurrection. Le 1er novembre, il est à la tête de la wilaya I, d'où il dirige le déclenchement de l'insurrection. En janvier 1955, il entreprend à pied un long voyage qui doit le mener à Tripoli pour acheter des armes, accompagné de son guide Amar Mistiri. Il est arrêté en février 1955 à la frontière tuniso-libyenne. Lors de son procès, le 22 juin 1955, il exprime son attachement au programme du M.T.L.D. et les messalistes revendiquent son appartenance au M.N.A. Mais rien ne permet d'étayer définitivement cette affirmation, si ce n'est une lettre transmise à Messali à Ben Boulaïd par l'intermédiaire de son avocat, maître Stiebbe. Cette lettre n'est toutefois jamais parvenue à son destinataire. . Rapidement jugé et condamné à mort, il s'évade le 4 novembre 1955 de la prison de Constantine, en compagnie de Tahar Zbiri, Laiffa Maghlaoui et reprend la tête du maquis aurésien. C'est là qu'il trouve la mort, le 27 mars 1956, victime d'un colis-piégé parachuté sur son maquis par le Deuxième Bureau français, selon de nombreux auteurs français et algériens. l'Algérie Sources: El Moudjahid, n° 9, 20 août 1957: «Ben Boulaïd, le père des Aurès»; » ; I.A.P., n° 87, Libre, n° 57, 15 novembre 1952: « Aurès, où veut en venir l'administration? 16 novembre 1956: «Après l'annonce de la mort de Ben Boulaïd»; Le Monde Ouvrier, 10 septembre 1955 : « Le procès de Ben Boulaïd » ; B.I. du M.NA, n° 19/20, 20 juin 1958 ; H.M., » ; Harbi (I) ; Biographie in Courrière (I et II) ; Hamdani ; n° 2, « Qui dirige l'insurrection? Huitric ; Mahsas ; Paillat ; entretien avec Y. Dechezelles, défenseur de Ben Boulaïd ; El Moudjahid, 24 octobre 1984 : « Ben Boulaïd, l'organisateur émérite ».

273


BEN BEN KHEDDA BENYOUSSEF Membre Comité G.P.R.A. (1961).

Central

M.T.L.D. (1947);

membre

C.E.E. F.L.N. (1956);

président

Né le 23 février 1920 à Berrouaghia, Benyoussef Ben Khedda, dont le père est magistrat, milite dans les scouts algériens puis les étudiants musulmans. Établi comme pharmacien à Blida, membre du P.P.A. clandestin de cette ville, il est arrêté à la fin avril 1943 pour « propagande contre la mobilisation» et maintenu huit mois en prison. Il participe à la Conférence des Cadres du P.P.A. de 1946 et entre au Comité Central du M.T.L.D. en 1947. Il s'occupe du journal L'Algérie Libre, et devient secrétaire général de l'organisation en 1953. Dans la crise du M.T.L.D., après une visite rendue à Messali à Niort (13, 14 juillet; 21, 22 août 1953), il prend la tête de la tendance centraliste et se retrouve au cœur de la bataille qui oppose Messali au Comité Central. Arrêté au lendemain de l'insurrection, libéré en avril 1955, il rejoint immédiatement le F.L.N. Remarqué par Abane Ramdane, il est élu membre du C.E.E. lors du congrès de la Soummam. Il est responsable politico-militaire de la zone autonome d'Alger et responsable des liaisons entre le C.E.E. et l'ensemble des wilayas d'une part, et la délégation extérieure d'autre part. Il quitte Alger en mars 1957 lorsque, après l'arrestation de Ben M'hidi, le C.E.E. décide de se replier; il gagne Tunis par le maquis, en compagnie de Krim. Responsable de la délégation du F.L.N. à Londres, il ne figure pas dans le C.E.E. désigné en août 1957, mais demeure membre du C.N.R.A. B. Ben Khedda devient ministre des Affaires sociales dans le premier G.P.R.A., et président du G.P.R.A. en août 1961, en remplacement de F. Abbas. Il est, au cours de l'été 1960, au centre de la crise qui oppose Ben Bella et l'état-major du G.P.R.A. B. Ben Khedda se retire de la scène politique au lendemain de l'indépendance, ne s'occupant que de sa pharmacie à Alger. Signataire d'un appel contre le régime de Boumedienne, il est assigné à résidence en 1976, puis libéré. Sources: L'Algérie Libre, n° 97, 5 février 1954: «Les meetings du M.T.L.D.» ; La nation Algéou néo, le colonialisme doit disparaître»; Le rienne, n° 8, 22 octobre 1954: «Classique Monde, 29 août 1961, J. Lacouture: « Du réformiste au révolutionnaire» ; Proclamation cessezle-feu 18 mars 1962 par B. Ben Khedda in Mandouze ; Abbas (II) ; biographie Ben Khedda in Courrière (II) ; Hamdani ; Lebjaoui (I, II).

BEN M'HEL M'HAMMED Membre Comité Central (1947) ; directeur presse F.L.N. (1956).

Né à Berrouaghia, M'Hammed Ben M'hel est étudiant lorsqu'il adhère au P.P.A. pendant la Seconde. Guerre mondiale. Il constitue avec Mahfoudi la première cellule du P.P.A. de la medersa d'Alger en 1944. Il est responsable en mai 1945 dans le Titteri, chargé d'organiser des groupes insurrectionnels dans la région de Bou Saada, Djelfa, Aumale. Membre du Comité Central en 1947, il est dans la délégation permanente du M.T.L.D. en France (sous le pseudonyme de Mourad), et s'occupe de la presse. Secrétaire de Messali en 1947, il commence à se renseigner sur la possibilité de mise sur pied d'un 274


BOU

appareil clandestin et vit lui-même dans la clandestinité, contrairement aux autres membres du Bureau Politique. Il rejoint le F.L.N. lorsqu'éclate l'insurrection, puis se réfugie au Maroc et devient directeur de presse du F.L.N. dès sa création. Il est, après l'indépendance, directeur de la presse et de l'information, puis ambassadeur au Ghana. Sources: Mémoires Aït Ahmed; Harbi (I) ; Kaddache (II).

BENNAÏ OUALI Responsable P.P.A. Kabylie (1943) ; membre Comité Central M.T.L.D. (1947) ; membre F.L.N. (1955).

Né à Djemaa Saharidj, Ouali Bennaï, fils d'un petit cultivateur, est successivement vannier dans les localités de la Mitidja et à Alger, maraîcher à Bouzareah sur les hauteurs à l'ouest d'Alger. Responsable du P.P.A. en Kabylie, il assure la liaison entre les organisations estudiantines et l'organisation en 1944. Il s'occupe du service d'ordre du congrès des A.M.L. de mars 1945 à Alger. Recherché après mai 1945, il se réfugie dans la clandestinité, prône le recours à la lutte armée. A l'issue de la conférence du P.P.A. d'octobre 1946, il fait partie d'un « Comité de Vigilance» qui exige la convocation d'un congrès pour le remaniement des organismes dirigeants. Il entre au Comité Central en 1947 et, dès la création de l'o.s., organise une quête pour l'achat d'un lot d'armes, à l'insu de la direction de l'organisation. Il se distingue à cette époque pour ses prises de position en faveur de la culture berbère. Déjà, en 1945, au Comité d'organisation du P.P.A., il avait demandé l'unification en une seule région de toute la zone berbérophone. Il est arrêté au port d'Oran en septembre 1948 alors que, sous une fausse identité, il s'apprête à s'embarquer pour la France. En prison, il voit se développer la « crise berbériste » en 1949 qui aboutit à l'élimination de nombreux cadres kabyles. Exclu du P.P.A., libéré, il se rend en France, prend contact avec le P.C.F. et lui demande, mais sans succès, de l'aider à créer un « parti national progressiste». Il rejoint le F.L.N. dans la guerre et est assassiné en 1957 pour ses positions « berbéristes » de 1949. Sources:

Mémoires Aït Ahmed;

Alleg (I) ; Harbi (II) ; Téguia.

BOUDA AHMED Gérant Parlement Algérien (1939) ; membre Comité Central P.P.A. clandestin (1943) ; Comité Central M.T.L.D. (1946) ; délégué Assemblée algérienne (1948) ; représentant F.L.N. en Irak, Libye (1958-1962).

Né le 3 août 1907 à Aïn Taya situé en Basse Kabylie, Ahmed Bouda exerce la profession de typographe lorsqu'il adhère à l'E.N.A. au moment de sa dissolution, en 1937. Analphabète bilingue jusqu'à l'adolescence, il acquiert seul une culture nourrie de l'Islam populaire dans les rangs du P.P.A. Il accède rapidement à des responsabilités puisqu'il est, en 1939, gérant du Parlement Algérien, journal rédigé en grande partie par les dirigeants 275


BOU emprisonnés à Maison-Carrée. Durant la Seconde Guerre mondiale, il devient membre de la direction du P.P.A. clandestin, en avril 1943, avec H. Asselah et M. Belouizdad. Membre du Comité Central, il est candidat du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques aux élections de 1948 dans la première circonscription de Constantine. Les deux militants nationalistes obtiennent 21 852 voix, ce qui n'est pas suffisant pour être élus face aux deux « administratifs », Benchenouf et Cadi Abdeldader qui ont 49 981 voix. Mais ce n'est que partie remise puisque Ahmed Bouda est délégué à l'Assemblée algérienne en 1948. Il s'y fait remarquer par ses interventions en arabe, sa défense des Scouts Musulmans algériens que l'administration coloniale cherche à étouffer en leur refusant l'octroi de subventions. Ahmed Bouda participe au premier congrès national du P.P.A.-M.T.L.D. qui se tient le 15 février 1947 dans "ifférents endroits de la région d'Alger. Membre du Comité Central, il est chargé plus spécialement de la direction du P.P.A. clandestin. En septembre 1947, à l'issue d'un conseil national du M.T.L.D., il est un des responsables de l'appareil du parti nationaliste, «le comité d'organisation ». Il assiste au «Comité Central de Zeddine» qui prend la décision de donner la priorité à l'Organisation Spéciale (o.s.). A son retour d'un voyage accompli au Caire en compagnie d'A. Mezerna en 1952, Ahmed Bouda se lance dans la bataille ouverte entre Messali et le Comité Central. Il est, dans ce conflit, un des adversaires de Messali. Arrêté à la suite de la dissolution du M.T.L.D. en novembre 1954, libéré en avril 1955, il participe aussitôt, avec Ben Khedda aux discussions qui ont lieu entre les ex-centralistes et le F.L.N. représenté par Abane Ramdane. Il rejoint le F.L.N. qui lui propose de quitter l'Algérie et de devenir son représentant en Irak puis en Libye. Après le conflit entre le G.P.R.A. et Ben Bella en 1962, Ahmed Bouda se retire définitivement de la scène politique et enseigne à Alger dans le quartier Belcourt. Sources: La Nation Algérienne n° 8, 22 octobre 1954: « A Sétif, la police a provoqué A. Bouda» ; L'Algérie Libre n° 86, 14 novembre 1953 : « L'activité de nos élus à l'Assemblée Algérienne» ; Mémoires Aït Ahmed; Collot; Harbi (I et II) ; Droz et Lever; Zagoria, p. 64.

BOUDJERIDA AMAR (1915-1956) Responsable E.NA Guelma (1933); membre direction P.PA Constantinois (19371939) ; membre Comité Central M.T.L.D.(1946-1953) ; responsable M.NA (1954).

Né en 1915 ~ Guelma, Amar Boudjerida fréquente jusqu'à sa treizième année l'école communale qu'il quitte après avoir suivi les cours de la « première classe indigène ». Il exerce la profession de cordonnier. Avec son ami, Ahmed Djelloul, Amar Boudjerida lance la création de l'Étoile NordAfricaine à Guelma en 1933. Après la dissolution de l'E.NA, il devient un des responsables de la Fédération du Constantinois du Parti du Peuple Algérien en août 1937. Arrêté le 4 octobre 1939, il passe en procès avec Messali Hadj le 17 mars 1941 pour « manifestation contre la souveraineté française, atteinte à l'intégrité du territoire et la souveraineté extérieure de l'État». Il est condamné par le tribunal militaire d'Alger à huit ans de travaux forcés, vingt ans d'interdiction de séjour et interdiction des droits civiques d'égale durée. Libéré en 1944, il devient membre du Comité Central du Mouvement 276


BOU

pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, en 1947. Responsable du Constantinois en 1949, il sillonne la région avec Abane Ramdane pour attaquer les positions du docteur Lamine Debaghine. Écarté de la direction en mars 1953 par les « centralistes », il se range derrière Messali dans la crise du M.T.L.D.et devient responsable du Mouvement National Algérien dès sa création. La Voix du Peuple annonce l'assassinat de Amar Boudjerida par le F.L.N. en juin 1956 à Alger. Sources: Archives Aix 9 H20, Lettre à Guenanèche de la section de Philippeville; 9 H 47, Rap. Guelma 1/6/37; 9 H 51, Rap. Constantine 16/10/47; La Voix du Peuple juin 1956.

DOUKADOUM

DOULAHROUF

MESSAOUD

voir notice chapitre I, série B

TAYED

Responsable P.P.A.-O.S. (1948) ; représentant Évian (1961) ; ambassadeur

G.P.R.A. Rome (1958) ; négociateur pour

après 1963.

Né le 9 avril 1923 à Oued-Zenati, Tayeb Boulahrouf, fils d'un oukil judiciaire, est issu d'une famille extrêmement pauvre. Avec son oncle maternel, il assiste aux réunions organisées par le Néo-Destour dans sa région, contre l'invasion par l'Italie de la Tripolitaine. C'est la découverte de la nécessité du combat nationaliste et le début de l'engagement politique qui commence très tôt. Dès l'âge de quinze ans, il vend le journal El Ouma du P.P.A. et il est chassé de l'école pour cette activité. Lorsque la guerre éclate, il réorganise, avec A. Djelloul (voir sa biographie) les cellules du parti à Bône, Guelma. Il s'occupe d'associations comme « La jeunesse bônoise ». Le contact est repris à la fin de l'année 1942 avec la direction du P.P.A. d'Alger. Insoumis en 1943, il rentre dans la clandestinité complète et n'en ressortira que bien des années plus tard. Contact avec les algériens résidant en Tunisie, soutien aux grèves de Bizerte et manifestations des populations du Sud tunisien, Tayeb Boulahrouf écrit, d~s nuits entières, des tracts à la main qui circulent dans la région. Il participe à la construction des A.M.L. où le P.P.A. est largement majoritaire dans toutes les sections. Le .1er mai 1945, il est l'un des organisateurs des manifestations du P.P.A.; « des meetings volants» sont organisés. A la suite de la décision prise des manifestations pour le 8 mai, il fait

sentir à ses compagnons la nécessité de sortir le drapeau algérien (<<rouge: la

révolution; blanc: la paix; vert: l'espoir »). Par l'intermédiaire de son oncle, alors membre du p.e.A., des tracts du P.P.A. parviennent à Annaba (l'oncle sera ~xclu du p.e.A. pour cette mission). Le 8 mai 1945, il est à la tête de la manifestation avec les drapeaux algériens qui sont massivement brandis pour la première fois par des milliers de chômeurs et de travailleurs algériens. En fuite au moment où la répression s'abat lourdement, il rencontre Chaddly Mekky qui lui communique le « contrordre» d'insurrection. Arrêté peu de temps après, incarcéré à la prison d'Annaba, il est emmené vers Constantine où il apprend des policiers que le P.P.A. est en voie de démantèlement. Il est libéré trois mois après l'amnistie de 1946, reprend con277


BOU tact avec Belouizdad, retrouve son poste de permanent. Il se rend à Guelma, décimée par la répression, pour tenter de structurer les militants existants. A la conférence des cadres de décembre 1946, il se prononce pour la convocation rapide d'un congrès du parti. Ce congrès qui se tient en février 1947, décide la création de l'o.s. Tayeb Boulahrouf devient alors responsable de la région qui couvre Annaba/Skikda/ Aïn-Beïda et les algériens résidant en Tunisie. En 1948, il est arrêté et emprisonné à Barberousse, où il fait une longue grève de la faim pour l'obtention des droits politiques. Libéré, il se rend dans l'Oranie pour y exercer des responsabilités politiques, entre au Comité Central du M.T.L.D. en 1949. Après le démantèlement de l'o.s. en 1950, il est arrêté, torturé. Libéré à la fin de l'année 1951, il rejoint la France en 1952. Dans la crise de l'organisation, il prend position contre Messali, puis rejoint le courant activiste. Il retourne en Algérie en 1954, accomplit un dernier voyage dans le Constantinois avec Ben Boulaïd et Didouche Mourad pour mettre au point les derniers préparatifs de l'insurrection. Il ne les reverra plus. Tayeb Boulahrouf se rend en France le 30 octobre 1954. C'est lui qui engage les négociations avec le P.C.F. en novembre 1954 pour le soutien au F.L.N. Le P.C.F. rejette les propositions qui lui sont soumises. Totalement clandestin en France, il prend les pseudonymes de « Saddek » « Pablo », etc. et il est activement recherché par la p01ice française. Après l'arrestation des principaux dirigeants en 1957, il réorganise le comité de la fédération de France du F.L.N., prend contact avec le C.E.E. à Rome à la fin de l'année 1957 puis passe ses pouvoirs à Omar Bouadoud (voir sa biographie), nouveau responsable de la fédération. En 1958, il représente le G.P.R.A. à Rome et échappe à plusieurs attentats (livre piégé, dynamitage de son bureau...), attentats généralement attribués à la « Main Rouge ». Tayeb Boulahrouf prend en charge la plupart des démarches aboutissant à la négociation d'Évian. Il a de nombreux contacts secrets en 1961 avec les autorités françaises, en Suisse notamment avec Georges Pompidou. Après l'indépendance, il est nommé le 23 août 1963 vice-président de l'Union Internationale des organismes de Tourisme (a.N.v.) puis fait une carrière d'ambassadeur à Rome, Belgrade, Lima, Bucarest, Buenos-Aires, La Paz, Lisbonne. Il vit actuellement en Algérie. Sources: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Constantine 24/7/1945; Le Monde 19 mai 1961 : « Les représentants du G.P.R.A. » ; H.M. n° 96, article A.P. Lentin « Conversations et sympathies» ; entretien avec A.P. Lentin et Tayeb Boulahrouf ; communication Ch. H. Favrod, colloque international d'Alger, novembre 1984.

BOULKEROUA MOUSSA Adhérent E.NA Paris (1934) ; vice-président Association des Étudiants Musu/mans Nord.Africains (1937-1938) ; membre Comité Central M.T.L.D.(1946) ; conseiller municipal Skikda (1947).

Né le 22 janvier 1913 à Philippeville (Skikda), Moussa Boulkeroua est issu d'une famille de gros propriétaires fonciers. Son père, Ali Boulkeroua, commerçant en primeurs, est aussi propriétaire de plusieurs immeubles et fermes dans la région de Philippeville. Moussa Boulkeroua obtient son baccalauréat et, pour poursuivre ses études, se rend à Paris en 1934. Il adhère aussitôt à 278


BOU l'Étoile Nord-Africaine alors en pleine activité après les événements de Constantine du 5 août 1934. Pendant ses périodes de congé universitaire, il effectue de fréquents déplacements en Algérie et est membre en juillet 1937, de la section de Philippeville du Parti du Peuple Algérien. A Paris, dans le même-temps, il est le vice-président de L'Association des Étudiants Musulmans Nord-Africains, association étudiante nationaliste dont le siège est situé 16, rue Rollin à Paris. Prenant la parole dans les meetings organisés par le P.P.A., il déclare le 18 mars 1938 à Nanterre, après examen de la possibilité d'une guerre européenne: «Si la France fait appel aux Nord-Africains, ceux-ci doivent profiter des circonstances pour déposer leur charte revendicative et ne partir en guerre qu'après avoir obtenu les mêmes droits que les Français. » Moussa Boulkeroua entre au Comité Central du M.T.L.D. et participe en 1946, sous la direction de Hocine Asselah, à la réorganisation de la Fédération de France. Conseiller municipal de Philippeville en octobre 1947, il est élu à l'Assemblée algérienne en avril 1948 à une écrasante majorité, mais son élection est annulée et il est « démissionné d'office». A la suite de cet acte arbitraire, le M.T.L.D. annonce qu'il s'abstient aux élections à l'Assemblée algérienne du 6 mars 1949. Arrêté et condamné à deux ans de prison, Moussa Boulkeroua se retrouve à sa libération, responsable de la délégation permanente du M.T.L.D. en France. Il cesse toute activité politique avant l'insurrection. Moussa Boulkeroua est arrêté en novembre 1954 à la suite de la dissolution du M.T.L.D. et interné dans un camp. Libéré, il reste à l'écart de l'action politique et vit en France après 1962. Sources: Archives Aix, 9 H 47, Rap. Philippeville Harbi (I et II) ; indication Guy Pervillé.

31/5/38;

9 H 51, Constantine

16110/47;

BOUTLELIS HAMOU (1920-1957) Responsable o.s. Oran (1948) ; membre Comité Central M.T.L.D.(1948-1951).

Né le 5 septembre 1920 à Oran, Hamou Boutlelis adhère au P.P.A. en 1938 et participe à la conférence de l'Organisation qui se tient au début de l'année 1943, sous la responsabilité de M. Taleb. Il est, à la fin de l'année 1948, responsable du secteur nord d'Oran de l'o.s., et en 1950, avec Hadj Benalla, de la wilaya d'Oran. Durant cette période (1947-1951), Hamou Boutlelis est membre du Comité Central du M.T.L.D. Arrêté en 1950 à la suite du démantèlement de l'o.s., il est condamné en mars 1951 par le tribunal correctionnel d'Oran « à six ans de prison, dix ans d'interdiction de séjour et dix ans de privation des droits civiques ». Il entame, à la suite de son procès, une grève de la faim qui dure vingt-sept jours, dans la prison d'Orléansville. Hamou Boutlelis est encore emprisonné lorsque se déclenche le 1er novembre 1954. Il est enlevé par des policiers français et disparaît définitivement en 1957. Sources: L'Algérie Libre, 24mars 1951 n° 27: «Le procès d'Oran» ; Mémoires Aït Ahmed; Mahsas ; El Moudjahid, 31 octobre 1984 : « Émission sur Boutlelis ».

279


CHE CHENTOUF

ABDERREZAK

Président A.E.M.A.N. (1946); membre Comité Central F.L.N., membre Exécutif Provisoire (1962).

M.T.L.D. (1950);

responsable

Adhérant du P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale, Abderrezak Chentouf est en 1944 président de l'A.E.M.A.N., en 1946-1947. Il entre au Comité Central du M.T.L.D. en 1950, en pleine crise berbériste. Partisan de l'unité d'action avec l'U.D.M.A. et les Oulémas pour les élections du 17 juin 1951, il se trouve en désaccord avec Messali et quitte le Comité Central avec Mostefaï Chawki. Il rejoint le F.L.N. en 1955 et participe à l'élaboration de son programme en 1959 dans une commission où siège F. Fanon Oussedik et Ben Yahia. Directeur du cabinet de Ben Tobbal, il est en 1962, membre de l'Exécutif Provisoire, au titre des Affaires administratives. Sources: Harbi (II) ; Kaddache (II) ; indication G. Pervillé.

CHERCHALLI HADJ Adhérent P.P.A. (1938) ; membre Bureau Politique P.P.A.-M.T.L.D.(1942-1951) ; responsable F.L.N. en France (1957) ; directeur Cabinet Ben Khedda, Mehri (1958-1961).

Membre de la direction du P.P.A. d'Alger à la veille. de la Seconde Guerre mondiale, Hadj Cherchalli entreprend en 1942, avec M. Taleb et Abdoun Mahmoud, des démarches auprès des autorités allemandes et italiennes pour l'obtention d'armes en vue de l'indépendance de l'Algérie. Il réintègre le P.P.A. en 1944 et devient membre du Comité Central de l'organisation réunifiée. Il fait partie du comité qui, avec Abdoun et Mostefa Chawki, lance le contrordre d'insurrection en mai 1945. Membre du « groupe d'Alger» animé par H. Asselah, il traduit Lamine Debaghine en conseil de discipline sous le chef d'accusation d'avoir provoqué les événements de Sétif. Il s'opposera encore à lui lors du « Comité Central de Zédine» en 1948, entraînant la majorité de la direction. Lors de la campagne électorale de 1948, il est arrêté avec H. Lahouel à l'issue d'un meeting à Blida, le 3 avril 1948 et condamné à six ans de prison qu'il fait à la prison Barberousse d'Alger. « Centraliste », il se montre favorable à la reconstitution d'une organisation légale après la dissolution du M.T.L.D. intervenue le 5 novembre 1954. Il rejoint le F.L.N., devient membre de sa commission de propagande en France en 1957-1958 ; puis directeur du Cabinet de Ben Khedda aux Affaires sociales (1958-1959), de Mehri (1960-1961), enfin conseiller à la présidence du Conseil à la veille de l'indépendance d'Algérie. Ayant cessé toute activité politique après 1962, Hadj Cherchalli est mort en 1969. Sources: MémoiresAn Ahmed; Harbi (II) ; Khaddache(II) ; Leveret Droz.

DAHLAB SAAD Membre du Comité Central du P.P.A.-M.T.L.D.(1953), ministre des Affaires étrangères G.P.R.A. (1961).

Né présumé en 1919 au village Ksar Chellala, Saad Dahlab fait ses études 280


DEB

au collège de Blida. où il obtient son baccalauréat et devient employé aux contributions directes. Il entre en contact avec le P.P.A. au moment où il effectue ses études à Blida. C'est à partir de 1945 que se dessine sa carrière politique. Membre de la Kasma du P.P.A. et de la section des A.M.L. de Ksar Chellala où se trouve Messali Hadj en résidence forcée, il est l'un des principaux « lieutenants» du leader nationaliste algérien. Les autres ont pour nom Zitouni Ali Benmessaoud, Nasri Mohammed (dit Sandid), Benabdelwahab Mohand. Le 7 avril 1945, jour du marché hebdomadaire, Saad Dahlab tient un meeting à Chellala pour rendre compte du congrès des A.M.L.Il se fait alors remarquer par les gendarmes présents. Le 18 avril, il est chargé par Messali de présenter une requête au préfet d'Alger, Louis Perrillier. Il est arrêté à deux heures de l'après-midi avec ses compagnons mais parvient à s'enfuir du camion qui le transporte. Accusé de vouloir s'évader à la suite des ces incidents, Messali est transféré à Ain Salah et de là, en Afrique Noire à Brazzaville. Apprenant la nouvelle, isolés du reste de la population, Saad Dahlab et ses compagnons se rendent le 22 avril 1945. Il est tranféré vers Bossuet le matin du 8 mai 1945. Libéré en mars 1946, il collabore à la rédaction de L'Algérie Libre, devient l'un des dirigeants de la Société Algérienne de Presse et d'Éditions qui installe une imprimerie à Alger. Il entre au Comité Central en 1953, en pleine crise de l'organisation nationaliste, prend position contre Messali Hadj. Il participe à la dernière délégation de conciliation (avec Lahouel Hocine Souiyah Houari et Sid Ali) organisé entre Messali et le Comité Central. Saad Dahlab rallie le F.L.N. après le 1ernovembre. Arrêté le 28 décembre 1954, il est libéré l'année suivante. Il devient membre du C.e.E. En 1958 et 1959, il se trouve au Caire d'où il est chargé d'aller superviser, dans le Nord du Maroc, l'installation d'un émetteur~radio de propagande pour le F.L.N. Au Maroc également, il organise les bureaux algériens de propagande en Afrique du Nord. Il fait partie en 1958 de la délégation du G.P.R.A.qui se rend en Chine. . Directeur de cabinet au ministère de l'Information, avec M. Yazid en 1958, Saad Dahlab est secrétaire général des Affaires étrangères avec Krim, puis ministre des Affaires étrangères du G.P.R.A.en 1961. Associé de très près à tous les contacts secrets et à toutes les négociations avec la France, il est l'un des principaux animateurs de l'équipe des négociateurs d'Évian. Ambassadeur au Maroc après 1962, puis directeur de Berliet-Algérie, il se consacre ensuite aux affaires. Sources: L'Algérie Libre, n° 84,-23 octobre 1953: «Vif succès»; Le Monde 19 mai 1961 : « Les représentants du G.P.R.A.» ; H.M., n° lOS, article A.P. Lentin « Tripoli, l'épée rentrée au fourreau» et n° 106 «De la petite histoire»; interviewSaad Dahlab in Algérie-Actualité n° 995, 8 novembre 1984.

DEBAGHINE

LAMINE MOHAMMED

Adhérent P.P.A. (1939) ; membre direction P.P.A. (1939-1949) ; député M.T.L.D.(19461951) : membre C.NRA. du F.L.N. (1956), du C.E.E. (1957) ; ministre des Affaires extérieures du G.P.R.A. (1958-1960).

Né en 1917 à Hussein-Dey dans l'Algérois, Lamine Debaghine est issu d'une famille relativement aisée, son père tient un restaurant. Après des 281


DEK études secondaires à Cherchell, il obtient une bourse et entreprend des études supérieures. Étudiant en médecine, il est l'un des organisateurs de l'A.E.M.A.N. et adhère au Parti du Peuple Algérien en 1939. Il refuse de porter les armes au cours de la Seconde Guerre mondiale, tout en affirmant son hostilité au nazisme. Lamine Debaghine impulse en 1943 un mouvement contre la conscription obligatoire à Blida. A cette date, il préside l'organisation clandestine du P.P.A., réformé en octobre 1942. Libéré en '1944, il parvient à échapper à la police lors des événements de mai 1945. Principal dirigeant du P.P.A. il est l'un des élus du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, à l'Assemblée nationale française de 1946 à 1951. En 1947, Lamine Debaghine entre en conflit avec la direction de l'organisation nationaliste, parcourt l'Algérie pour convaincre les militants de la nécessité d'une réforme du parti, de sa ligne politique. Considéré selon M. Harbi « par Messali Hadj comme son principal concurrent », il envoie finalement sa démission de Tunis, précédent l'exclusion que prononce le Comité Central, le 1er novembre 1949. Lamine Debaghine reprend ses consultations dans son cabinet de Saint-Arnaud, conserve quelques contacts avec ses amis, mais se retire de la vie politique. Il décline l'offre qui lui est faite en 1954 par les fondateurs du C.R.V.A. de prendre la tête du F.L.N. Le 24 juin 1955, il est arrêté, inculpé, « d'association de malfaiteurs» par les autorités coloniales françaises, passe six mois dans un camp d'internement, en sort et prend contact avec le F.L.N. Il quitte l'Algérie le jour même où le préfet de Constantine l'assigne de nouveau à résidence, séjourne quelques semaines à Paris et rejoint le Caire. Il y est nommé responsable de la délégation extérieure du F.L.N., puis devient membre du C.N.R.A. au congrès de la Soummam en août 1956, du C.E.E. en 1957 et devient le premier ministre des Affaires étrangères du G.P.R.A. en septembre 1958. Opposé à Ferhat Abbas et à Boussouf, réprouvé par Ben Bella et Boudiaf, Lamine Debaghine est éliminé du devant de la scène politique à la fin de l'année 1959. Il est médecin à El Eulma après l'indépendance. Sources: Archives Aix, 9 H 51, P.R.G. Alger 1/2/47; Intervention Debaghine in Moudjahid n° 34, 24 décembre 1958 ; Collot; Biographie in Courrière (I) ; Hamdani ; Harbi (l, II, III) ; Kaddache (II) ; Téguia ; Zagoria, p. 223-224.

DEKHLI

MOHAMMED

(dit SI EL BACHIR)

Adhérent du P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale, Mohammed Dekhli accède au Comité Central du P.P.A.-M.T.L.D. en 1947. Responsable de l'appareil de l'organisation nationaliste, il participe à la réunion qui, le 23 mars 1954, donne naissance au C.R.V.A., dont il se sépare assez vite. Arrêté à Blida au lendemain du 1er novembre, il est d'abord collaborateur de Bitat au F.L.N., puis préfet de Médéa. Sources: Le Monde, 2 novembre 1962, article de Boudiaf : « Les Conditions du 1er novembre)} ; S. Chikh ; Harbi (1).

282

du déclenchement


DJI DERDOUR

DJAMEL

DJERMANE

voir notice chapitre II, série B

RADAR

Membre Comité Central P.P.A.-M.T.L.D.(1947) ; membre-fondateur

V.G.T.A. (1956).

Né à Alger, Rabah Djermane, docker, est membre de la commission ouvrière du P.P.A.-M.T.L.D. animée par Aïssat !dir. Occupant des responsabilités à la C.G.T. depuis 1936 et s'intéressant aux questions syndicales, il est membre du Comité Central du M.T.L.D. de 1947 à 1951. Adhérent du F.L.N. il participe à la fondation de l'U.G.T.A. en février 1956. Rabah Djermane est

secrétaire général de l'U.G.T.A. en 1963, membre du Comité Central du F.L.N. le 23 avril 1964, membre de la commission congrès de l'U.G.T.A. le 28 mars 1965. Sources:

A.A.N. 1964, 1965 ; Mémoires Aït Ahmed;

DJILANI

exécutive élue par le deuxième

Alleg (11) ; Gallissot ; Weiss.

EMDAREK

Adhérent P.P.A. (1938) ; Responsable P.P.A. Kasma Sétif (1945) ; membre Comité Central M.T.L.D. (1947); délégué Assemblée algérienne (1948); membre C.E. V.G.T.A. (1958).

Né le 16 janvier 1917 à Saint-Arnaud, Embarek Djilani, instituteur au douar Guelta Zerga, adhère au P.P.A. très jeune. Il est responsable de la Kasma de Sétif lorsqu'il est arrêté à la suite de la manifestation du 8 mai 1945. Le tribunal militaire de Constantine le condamne à quinze mois de prison et 20000 F d'amende. Libéré, il est conseiller municipal M.T.L.D. de Saint-Arnaud, et délégué à l'Assemblée algérienne, en 1948. Il y prononce des discours-réquisitoires contre le colonialisme français. Il devient membre du Comité Central du M.T.L.D., trésorier du parti, candidat en juin 1951 aux élections législatives à Sétif. Arrêté en novembre 1954, libéré en avril 1955, il rejoint le F.L.N. qui lui confie l'organisation de l'U.G.T.A. en Tunisie et de l'A.G.T.A. en France. Membre de la C.E. de l'U.G.T.A. désignée lors d'une réunion tenue à Tunis le 12 octobre 1958, sa principale activité consiste en la direction du journal L'Ouvrier Algérien, et en la participation aux principales tournées de propagande de l'U.G.T.A. Ainsi, en février 1959, il prend la tête d'une délégation en Tchécoslovaquie, puis en mars de la même année en U.R.S.S. pour le douzième congrès des syndicats soviétiques. Il est membre de la délégation de l'U.G.T.A. au quatrième congrès de la C.I.S.L. à Bruxelles en décembre 1959. Membre de la commission de préparation du congrès du FLN. en 1963-1964, député; Embarek Djilani est président du Comité d'orientation d'une société d'État après 1965. Sources: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Constantine 24/7/45 et 10/10/45; A.A.N. 1964; L'Algérie Libre, na 86, 14 novembre 1953 : « L'activité de nos élus à l'Assemblée Algérienne », H.M. na 41, art. A.P. Lentin; L'Ouvrier Algérien, na 1, novembre 1958 ; Harbi (1); Kaddache (11).

283


EL EL HACHEMI HAMOUD Membre Comité Central M.T.L.D. et responsable (1954).

wilaya Blida (1947) ; militant F.L.N.

Adhérent du P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale, El Hachemi Hamoud, boulanger, est responsable de la wilaya de Blida et membre du Comité Central du M.T.L.D. de 1947 à 1951. Ancien membre de l'o.s., il fait partie avec Salah Maïza et Mostefa Ben Jfôulaïd de la commission de conciliation entre le Comité Central et Messali dans la crise de l'organisation en 1953. Il soutient les thèses du C.R.U.A., rejoint le F.L.N. et meurt peu de

temps après le 1er novembre 1954. Source: Harbi (I).

FERROUKHI MUSTAPHA

(1922-1960)

Membre Comité Central M.T.L.D. (1947) ; délégué Assemblée algérienne tant F.L.N. (1955) ; ambassadeur en Chine (1960).

(1948) ; mili-

Né à Miliana, Mustapha Ferroukhi adhère au P.P.A en 1942. Il anime, avec M. Maroc, la section du P.P.A. de Miliana. Il entreprend des études supérieures à la médersa d'Alger et obtient son diplôme des Hautes Études islamiques. Il est l'un des dirigeants, avec Mahfoudi, du groupe P.P.A. à la médersa d'Alger en 1944. Membre du Comité Central du M.T.L.D., délégué à l'Assemblée algérienne en avril 1948, il fait preuve d'un grand dynamisme dans cette instance. Ses nombreuses interventions, en particulier pour la libération des détenus politiques algériens, sont souvent supprimées du procès-

verbal pour le Journal Officiel. '. Elles sont publiées, in extenso, dans le journal L'Algérie Libre. Il précise dans le même temps, toujours à la tribune de l'Assemblée algérienne: « Nous avons toujours fait une différence entre le peuple français et le colonialisme français. » Il préside le 5 août 1951, avec A. Mezerna et A. Kiouane, un meeting du Front Algérien alors en voie de constitution entre le M.T.L.D., l'U.D.M.A., le P.C.A. et les Oulémas. Le 25 novembre 1954, avec Ben Khedda, il adresse une lettre ouverte à F. Mitterrand, protestant contre la répression qui s'est abattue sur les nationalistes à la suite du 1er novembre. Il est arrêté peu de temps après.

Libéré en avril 1955, il se rend en France et s'occupe d'un comité regroupant les anciens élus administratifs parmi lesquels se trouvent Fares et Mesbah. Il quitte la France pour la Tunisie en 1957 et devient fonctionnaire au ministère de l'Intérieur du a.p.R.A. en 1958. Nommé ambassadeur en Chine en 1960, Mustapha Ferroukhi meurt dans un accident d'avion près de Kiev avec toute sa famille alors qu'il rejoignait son poste. Sources: L'Algérie Libre, n° 27, 24 mars 1951 : «A l'Assemblée dite algérienne, Ferroukhi, délégué M.T.L.D., dénonce le système des communes mixtes» ; n° 63, ter février 1953 : « Les crédits agricoles à l'Assemblée algérienne» ; n° 83, 17 octobre 1953 : « Les instances internationales peuvent-elles résoudre le problème de Trieste? » ; Harbi (I) ; entretien avec M. Maroc. .

284


FIL FILALI ABDALLAH

(1913-1957)

Membre direction E.N.A. (1936); membre-fondateur P.P.A. (1937) ; membre direction P.P.A. Algérie (1938) ; Comité Central P.P.A. clandestin et responsable Fédération Oranie (1943-1945) ; membre Comité Central M.T.L.O.(1946-1953) ; membre direction Fédération de France M.T.L.O. (1947-1954); responsable M.N.A. (1954-1957); secrétaire adjoint U.S.T.A. (1956-1957).

Abdallah Filali est né le 13 septembre 1913 à Beni Ouelbane, douar des environs de Collo. Il passe sa jeunesse à Constantine, y travaille comme artisan-peintre. En 1934, chassé d'Algérie par le chômage, il vient s'installer en France. A la fin de l'année 1936, il est élu membre de la direction de L'Étoile Nord-Africaine. En février 1937, après la dissolution de l'RN.A., il participe aux discussions aboutissant au lancement de la nouvelle organisation nationaliste, le Partidu Peuple Algérien. Le matin du 11 mars 1937, il se rend avec Messali à la préfecture de police déposer les statuts de la nouvelle association. Il devient ainsi membre-fondateur du P.P.A. avec Mouaouya Abdelkrim, Messali et Ghandi. Lorsque, le 22 août, Messali Hadj et la direction du P.P.A. d'Alger sont arrêtés, Filali se propose comme volontaire pour aller en Algérie réorganiser la direction. Pendant une courte période de liberté de mouvement, il s'impose comme le véritable dirigeant du parti, avec Kehal et Guenanèche. En novembre, il est à son tour arrêté et incarcéré à la prison de Barberousse, condamné à un an de prison. A peine libéré, il tombe malade, atteint d'une affection pulmonaire. Le 4 octobre 1939, au moment de la déclaration de guerre, il est incarcéré de nouveau à la prison de Barberousse, avec la direction du P.P .A. qui refuse toute offre de collaboration du gouvernement français. Le 17 mars 1941, il est jugé dans le même procès que Messali par le gouvernement de Vichy. A. Filali est condamné à cinq ans de prison et vingt ans d'interdiction de séjour. Après le débarquement des alliés, le 8 novembre 1942, il est libéré de la prison de Berrouaghia en février 1943. Il reprend le combat, plonge dans la clandestinité. Entre 1943 et 1945, avec Lamine Debaghine, Ahmed Bouda Ahmed Mezerna et Khellil, Filali assure la direction effective du P.P.A. clandestin. Il exerce ses activités en rapport étroit avec Messali emprisonné à Maison-Carrée (EI-Harrach dans la banlieue d'Alger). Sous le pseudonyme de « Mansour », il est membre du comité d'organisation du P.P.A. clandestin, chargé du travail politique en Oranie. C'est lui qui, toujours sous le pseudonyme de « Mansour », transmet après le 8 mai 1945, le mot d'ordre de l'action armée au Comité Fédéral d'Oran. A la fin de l'année 1945, se situe un épisode particulièrement significatif du caractère et de la personnalité de Filali. Déguisé en prêtre, mêlé à la foule des curieux, il assiste à la séance du tribunal qui le juge, lui et ses camarades, alors qu'il est déclaré en fuite. Il entend être présent et montrer qu'il accepte tous les risques, y compris celui d'être reconnu, lorsque le président annoncera la sentence qui le condamnera à mort par contumace. De bouche à oreille, les « exploits» de Filali se répandent dans le parti et les militants aiment à se raconter ses aventures. On le voit, déguisé en berger, contacter les militants et les responsables détenus au camp de Bossuet afin de leur transmettre directives et nouvelles du parti. On le rencontre à Alger circulant 285


FIL en tenue de commandant militaire américain. Déguisé en militaire convalescent, il parvient à Tunis au début de l'année 1946. Amnistié en mars 1946, le M.T.L.D. décide de le présenter comme candidat aux élections à Sétif. Le préfet de Constantine refuse la liste entière de Sétif, alléguant l'inéligibilité du deuxième candidat de la liste, Filali. Il prend, en janvier 1947, la direction de la Fédération de France du M.T.L.D. et sous le pseudonyme d'Abed, crée l"Emigré en France et l'Étoile Algérienne. A la fin de décembre 1950, lors d'une réunion du CQmité Central portant sur les méthodes de travail consécutives au démantèlement de l'o.s., Filali prône le retour à la clandestinité totale. Ses qualités d'organisateur sont telles, dans le domaine des tâches de caractère illégal, que tous ceux des militants de l'Organisation Spéciale qui se trouvent en difficulté font appel à Filali. Il prend à ce moment le pseudonyme de « Lekhfif». Contre l'avis du Comité Central du M.T.L.D. qui demande à Khider de se livrer à la police, A. Filali, aidé de M'Hammed Yazid, décide de prendre en charge l'acheminement de Khider à l'étranger. Cet épisode révèle l'ampleur de la crise qui secoue le M.T.L.D. entre les centralistes et les partisans de Messali. En avril 1953, il est écarté du Comité Central élu par le deuxième congrès du M.T.L.D. Filali devient à partir de ce moment le principal appui et porteparole de Messali. Il est un des rares cadres à connaître en France comme en Algérie les noyaux de résistance à la ligne officielle et à avoir la sympathie de tous les cadres de l'o.s. Le 14 décembre 1953, avec Messali, il rédige un message qui explique aux militants le sens des divergences. A la fin décembre 1953, Filali se rend en Algérie, dans le Constantinois, en Oranie, et avise certains cadres des luttes au sommet. En janvier 1954, avec des militants des dix-huitième et vingtième arrondissements de Paris, il contacte les Kasmas et les avise des divergences entre Messali et les centralistes. Le Il mars, dans un appel, Messali expose ses différents avec le Comité Central, prend la défense des adversaires de la ligne officielle, dénonce le régime intérieur du parti, met en place un Comité de Salut Public. Filali est la cheville ouvrière de ce C.S.P. qui va disposer des pleins pouvoirs pour tenter de résoudre la crise du M.T.L.D. La scission, inévitable, est entérinée au congrès d'Hornu (13-15 juillet 1954) tenu par les partisans de Messali. Filali, organisateur du congrès d'Hornu, est élu membre du Bureau Politique du M.T.L.D. messaliste. Mis au courant des préparatifs de l'insurrection décidée par les activistes regroupés dans le C.R.V.A., Filali (avec Mezerna et Chadli Mekki) se rend au Caire, pour discuter avec Ben Bella le 20 octobre 1954. C'est là que, surpris, il apprend le déclenchement de la lutte armée le 1er novembre. Il rentre en France et participe au lancement de la nouvelle organisation messaliste, le Mouvement National Algérien. En avril 1955, Filali se rend une nouvelle fois au Caire. Les négociations avec le Front de Libération Nationale (F.L.N.) échouent. Il revient à Paris, est arrêté en juin 1955, transféré à la prison de Tizi-Ouzou, il y restera dix-huit mois. En prison, par deux fois, Filali dirige une grève de la faim des prisonniers politiques algériens. Mis en liberté provisoire, il est libéré en janvier 1957. Au moment où Abdallah Filali est désigné comme secrétaire adjoint de l'Union des Syndicats des travailleurs Algériens (V.S.T.A.), les principaux cadres de l'organisation syndicale messaliste sont incarcérés. Il réorganise la Fédération de France du syndicat. Sous son impulsion, se tient le premier congrès de l'V.S.T.A. (28-30 juin 1957). Il y fait adopter diverses résolutions, 286


KHI notamment sur la « répartition des terres », et un « cahier de revendications des travailleurs émigrés en France ». Dans un appel qu'il soumet au vote le dernier jour du congrès, il explique qu'« il est indigne de notre peuple de donner au monde le spectacle de frères qui s'entre-déchirent au lieu de s'unir. Il est inconcevable d'assister à des règlements de comptes, à ces luttes fratricides, à ces massacres collectifs sans agir pour y mettre fin (...). Nous lançons un ardent et pressant appel à l'union». En septembre 1957, Filali se rend à un congrès des syndicats africains. Il y déclare: «Nous voulons aboutir à la constitution d'une vaste confédération des travailleurs de tout le continent unis par les mêmes aspirations et coopérant dans une même lutte pour des objectifs communs. » A son retour de Bamako, il est frappé le 7 octobre 957 de quatre balles par un groupe Front de Libération Nationale (F.L.N.). Son agonie va durer plus d'un mois. Avant de mourir, le 24 novembre, il déclare: « Celui qui a tiré, s'il m'avait connu, il n'aurait pas frappé. Je lui pardonne. Ce n'est pas lui qui est responsable. » La mort de Filali ébranle sérieusement l'organisation de Messali Hadj, ce dernier n'hésite pas à déclarer: « La disparition de Filali est un coup presque mortel pour le parti. » Il est un fait que Filali incarnait le lien de continuité, depuis le P.P.A.-M.T.L.D., des générations militantes. Il n'y aura pas de successeur de son envergure à la tête de l'organisation messaliste. Sources: Archives Aix, 9 H 51, rapport sur l'Oranie, juin-juillet 1945 ; La Voix du Travailleur Algérien n° spécial, novembre 1957: « Abdal1ah Fi/ali mort au combat.» ; Mémoires de Messali Hadj, cahier n° 15 ; Mémoires sur le cas de Messali Hadj, édité par le Comité pour la Libération de Messali Hadj, octobre 1954 ; Lettre de Claude Gérard du 9 novembre 1957 aux organisations démocratiques; Rapport de Messali Hadj à la conférence des cadres du M.N.A., avrilI958 ; Entretiens avec Madame Djanina Benkelfat, Messieurs Ben Mohammed, M. Maroc, M. Harbi, Y. Dechezel1es, P. Lambert; M. Harbi (l, II, III) ; Kaddache (I) ; Stora (I et Il).

GUEDROUDJ

MESSAOUD .

Membre Comité Central

M.T.LO.

(1953) ; direction Fédération de France F.L.N. (1957).

Né dans la région de Skikda, Messaoud Guedroudj, commerçant en Algérie, entre au Comité Central en 1953, en pleine crise de l'organisation

nationaliste. Il rejoint le F.L.N. en 1955 et devient responsable de la wilaya du nord de la France, puis du centre, enfin, nommé au Comité Fédéral en mai 1957. Il s'oppose à la direction de la Fédération de France en 1958. Messaoud Guedroudj est envoyé au Maroc. Sources: L'Algérie Libre, n° 63, le' février 1953 : « Condamnations» in Harbi (II) ; Lebjaoui (I).

KHIDER MOHAMMED

; Témoignage Guedroudj

(1912-1967)

Adhérent E.N.A. (1936); membre direction P.P.A. d'Alger (1938) ; député M.T.L.O. (1946); membre Comité Central M.T.L.O. (1946); représentant M.T.L.O. au Caire (1951) ; ministre d'État du G.P.R.A. (1958).

Né le 13 mars 1912 à Alger, Mohammed Khider est issu d'une famille originaire de Biskra. Son père est un travailleur intermittent et sa pauvreté ne 287


KHI lui permet pas d'envoyer longtemps son fils à l'école. Mohammed Khider est d'abord employé dans une fabrique de tabac, puis receveur des traminots à Alger. Avant de militer, il se cultive seul en se faisant prêter des livres et en en achetant quelques-uns avec sa modeste paie. Avant son départ pour l'armée en 1936, il adhère à l'E.NA Il est membre du Comité Directeur du P.P.A. lorsqu'il est arrêté et inculpé pour la première fois à l'issue de la manifestation à Alger du 14 juillet 1939, avec Madame Messali et le conseiller général Douar. Mohammed Khider soutient la position de Messali au sujet du

refus de collaboration avec l'Allemagne. Secrétairefédéral d'Alger du P.P .A., il est arrêté en janvier 1940 et condamné le 28 mars 1941 par le tribunal militaire d'Alger à huit ans de prison, vingt ans d'interdiction de séjour. Libéré en 1942, à la suite d'une amnistie, il n'est cependant pas tout à fait libre, puisque assigné à résidence à Aumale. De nouveau arrêté quelques jours après le 8 mai 1945 et-emprisonné au Fort Militaire de Bouzareah, il purge un an de prison. Libéré, il entre au Comité Central du M.T.L&;qui-Ieprésente avec Mezerna comme candidat à Alger aux élections de 1946. Il est élu député d'Alger en obtenant 99792 voix sur 224 716 votants, et intervient en mars 1947 à propos du débat à l'Assemblée sur le problème de l'Indochine. Il réclame la cessation des hostilités, le respect du libre droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et annonce que les députés P.P.A.-M.T.L.D.voteront contre l'ordre du jour proposé. El Maghreb El Arabi le fait figurer comme secrétaire-adjoint du M.T.L.D.au Comité Directeur élu par le Conseil National du 4 septembre 1947. Mohammed Khider assiste en 1948 au « Comité Central de Zeddine » qui donne alors priorité à l'Organisation Spéciale. Il est impliqué, à son insu, dans le hold-up de la poste d'Oran, sa voiture ayant servi à ramener l'argent d'Oran à Alger. Il s'insurge contre la décision du parti qui lui intime l'ordre de se constituer prisonnier et, grâce à l'aide d'Abdallah Filali, réussit à se rendre au Caire le 5 juin 1951. Il se marie dans la capitale égyptienne et avec son beau-frère Aït Ahmed, ainsi que Ben Bella, dirige l'activité du M.T.L.D. au Caire. Partisan de l'action armée, il tente en vain de réconcilier « centralistes » et « messalistes » pour leur faire affronter en commun des tâches nouvelles. Mohammed Khider rejoint le Front de Libération Nationale après le 1er novembre 1954, est élu membre du Conseil National de la Révolution Algérienne le 20 août 1956. Il participe à ce titre aux conversations secrètes avec les représentants de la S.F.I.O., Begarra, Commun et Herbault, qui ne donnent rien. Il est arrêté le 22 octobre 1956 dans le détournement de l'avion d'Air-Maroc. Emprisonné, il est désigné membre du C.E.E. (août 1957), ministre d'État du G.P.R.A.(1958-1962). Libéré après le cessez-le-feu de mars 1962, Mohammed Khider soutient Ben Bella et devient secrétaire général et trésorier du F.L.N.Mais, au début de 1963, des divergences apparaissent avec Ben Bella à propos de l'organisation du parti et de l'État. Khider démissionne et le 5 juillet 1964, annonce officiellement à Genève son opposition au chef de l'État algérien, en gardant pardevers lui les fonds du F.L.N. Il déclare également son opposition au régime de Boumedienne en 1965. Le 4 janvier 1967, Mohammed Khider est assassiné à Madrid. Sources: L'Algérie Libre, n° 67, 9/5/53 : « Activité de la délégation M.T.L.D.au Caire» ; n° 79 11/9/53 : « Allocution à Radio le Caire»; Le Monde 19/4/63 : « La Carrière de M. Khider » ; H.M. n° 2 : « Qui dirige l'insurrection?»; I.H.T.P., Fond Parêt ; Interview M. Begarra ; bulletin 288


LAD de l'O,U,R.S, 1981 ; I.A,P, n° 30, 9/6/55, conférence de presse au Caire du 2/6/55 ; Ageron (I) ; Droz et Lever; Harndani; Harbi (I et II); Kaddache (II) ; Lebjaoui (I); Mahsas; Paillat; Tripier; Zagoria, p. 57.

KIOUANE ABDERRAHMANE Adhérent P,P.A. (1939); G,P,R.A. (1961).

membre

Comité

Central

M,T,L.D, (1947);

Ambassadeur

Né dans une famille originaire de Médéa, Abderrahmane Kiouane encore lycéen, adhère au P.P.A. en 1939. Président en 1944 du bureau de l'Association des élèves musulmans des lycées et collèges (avec Moutad Benouniche et Mohammed Sator), il devient secrétaire général de l'A.E.M.A.N.de 1946 à 1948, pendant ses études de droit. Avocat, il accède rapidement, comme nombre d'intellectuels après la Seconde Guerre mondiale,à des fonctions dirigeantes dans le M.T.L.D.Membre du Comité Central, il s'occupe du journal l'Algérie Libre. Il rentre au Conseil municipal d'Alger comme deuxième adjoint au maire et collabore activement à la gestion de la cité aux côté du nouveau maire, J. Chevallier. Il s'abstient, en 1953, de voter le budget, contrairement à la pratique de son parti jusqu'à cette date. Le Comité Central issu du deuxième congrès du M.T.L.D.étend pour l'ensemble de l'organisation la politique convenue entre A. Kiouane et J. Chevallier. Avec Lahouel et Ben Khedda, il entend, selon B. Droz et E. Lever, « orienter le M.T.L.D.dans un sens moins strictement prolétarien et islamique ». Devenu le symbole du « réformisme» dans l'organisation nationaliste, il est exclu du M.T.L.D.par les délégués messalistes réunis en congrès à Hornu. Arrêté en novembre 1954, libéré en mars 1955, A. Kiouane défend une solution fondée sur l'autonomie interne de l'Algérie. Il cherche à négocier l'adhésion collective au F.L.N. du groupe des centralistes, mais Abane reste intransigeant sur le principe des adhésions individuelles et Kiouane est un des « centralistes.» à rejoindre le F.L.N. A Belgrade et à Rome, en juillet, août et septembre 1956, il participe (avec M. Khider et Yazid) aux entretiens avec P. Commun et P. Herbaut, émissaires de G. Mollet. Nommé ambassadeur du G.P.R.A.en Chine en 1961, A. Kiouane ne joue plus de rôle après l'indépendance de l'Algérie. Il est, en 1974, directeur de la Fonction publique. Sources: L'Algérie Libre, n° 57, 15 novembre 1952 : « La déformation des revendications nationales du peuple algérien» ; n° 66, 23 avrill953 : « Les élections municipales d'Alger» ; n° 74, 7 août 1953 : « A. Kiouane dénonce les provocations policières du 14 juillet» ; Abbas (I) ; Alleg (I et II) ; Harbi (I et II) ; Droz et Lever; Kaddache (II) ; indication Guy Pervillé.

LADJOUZI MOHAMMED Responsable (1962).

TAHAR

P.P.A. Palestro (1945) ; adjoint au maire Palestro (1953) ; préfet de Sétif

Né dans la région d'Akbou, Tahar Ladjouzi est issu d'une grande famille maraboutique, paysans aisés de la région de Palestro (Lakhdaria). Il adhère au P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale, et devient responsable de la section du P.P.A. de Palestro au moment des événements de mai 1945. Il entre au Comité Central du M.T.L.D. en 1947. Adjoint au maire 289


LAB de Palestro en 1953, il est responsable du comité d'organisation de « la quinzaine de lutte contre la répression» dans cette ville, campagne décidée nationalement par le M.T.L.D. du 1 au 15 octobre 1953. Arrêté et interné après le 1er novembre 1954, il est nommé préfet de Sétif après le cessez-le-feu de mars 1962. Député du département d'Alger à l'Assemblée constituante de 1962, Tahar Ladjouzi est président de la Société nationale des Travaux et du Bâtiment jusqu'en 1974. Sources: Archives Aix, 9 H 51, rap. Kabylie 31/10/46 « Vif succès» ; A.A.N. 1962 ; Harbi (I).

; L'Algérie Libre n° 84, 23 octobre 1953 :

LAHOUEL HOCINE Dirigeant section Alger E.N.A. et P.P.A. (1936-1939)

(1946) ; secrétaire général

M.T.L.D.

; membre Comité Central M.T.L.D.

(1951) ; représentant F.L.N.dans les pays musulmans

d'Asie (1956).

Né le 17 décembre 1917 à Philippeville (Skikda) dans le Constantinois, Hocine Lahouel rejoint l'Étoile Nord-Africaine alors qu'il effectue ses études au lycée de la ville. Lors du passage de Messali en Al~érie dans l'été 1936, il est désigné comme un des premiers permanents de l'Etoile à Alger. Après la dissolution de l'association, il fait partie d'une délégation des Amis d'El Duma qui, avec Blal et Herga du Constantinois, Guenanèche et Hamadaoui de l'Oranie, Zakaria de l'Algérois, se rend en février 1937 en Tunisie pour éclairer le Néo-Destour sur le cours politique suivi par l'organisation nationaliste algérienne. Rédacteur du journàl El Duma, secrétaire de la section d'Alger du Parti du Peuple Algérien, il prend la parole dans de nombreux meetings publics du P.P.A. Hocine Lahouel est arrêté le 27 août 1937 avec Messali Hadj, Moufdi Zakaria et Gherafa Brahim. Emprisonné, le P.P.A. le présente comme candidat aux élections cantonales le 17 octobre 1937 à Médéa où il recueille un nombre infime de voix, 16 sur 4 150 votants. Dans la prison de Barberousse, après une grève de la faim pour l'obtention du statut de prisonnier politique, il enseigne le français aux autres détenus. Il rédige aussi le Parlement Algérien et soutient la position de Messali contre les responsables du P.P.A. qui entendaient obtenir de l'Allemagne un soutien matériel pour l'indépendance de l'Algérie. Condamné à deux ans de prison, il est libéré en 1939 mais se retrouve arrêté à plusieurs reprises pendant la Seconde Guerre mondiale. En résidence surveillée après 1945, il réorganise la cellule d' Aïn Sefra, entre au Comité Central. Il est candidat du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, aux élections de 1946 à Oran. Il se situe, au moment de la création de L'Organisation Spéciale, à mi-chemin entre partisans de l'action armée et partisans des élections. Responsable de l'appareil du M.T.L.D., le comité d",organisation, puis secrétaire général de l'organisation à partir de 1950, Hocine Lahouel est un des principaux leaders de la tendance centraliste qui livre bataille contre Messali. Partisan d'un Congrès National Algérien contre l'avis des messalistes, il est l'un des organisateurs du congrès d'Alger en août 1954, qui entérine la scission définitive du M.T.L.D. Avec A. Kiouane H. Lahouel fonde la Nation Algérienne dont les diffuseurs s'opposeront violemment à ceux de l'Algérie Libre. Au Caire, avant et après le 1er novembre 1954, il engage des tractations avec le F.L.N. qu'il rejoint offi290


MAH ciellement en janvier 1955. Son rôle politique prend fin dès 1956. Après une période de représentation du F.L.N. dans les pays musulmans d'Asie (Indonésie, Pakistan), il se retire de la scène politique et décline tous les postes qui lui sont proposés, notamment la représentation du F.L.N. en Amérique latine. Il assume, à partir de 1965, la présidence de la Société nationale des Textiles, de l'office des H.L.M En 1975, H. Lahouel est cosignataire d'un texte avec Ben Khedda, Abbas et Kheireddine contre la politique de H. Boumedienne. Sources: Archives Aix, 9 H20, rap. Alger 4/9/39; 9 H 51, rap. Alger l/2/47; El Ouma, n° spécial, octobre 1937 ; Mémoires de Messali, cahier n° 14 ; L'Algérie Libre, n° 85, 81ll/53 et n° 86, 14/11/53 : «Les dirigeants du M.T.L.D. lourdement condamnés» ; Abbas (II); Ageron (I) : Harbi (I et II) ; Kaddache (II) ; Mahsas ; Zagoria, p. 57.

LOUANCHISALAH Membre

Direction P:PA,

S.M.A. Kabylie (1945);

(1953) ; direction Fédération France

F.L.N.

membre

Comité

Central

M.T.L.D.

(1955) ; membre Bureau Politique F.L.N.

(1984).

Né en Kabylie, Salah Louanchi, adhérent du P.P.A., est responsable des Scouts Musulmans Algériens où il occupe le poste de commissaire aux branches scouts, éclaireurs, louvetaux, d'abord en Kabylie puis au niveau national. Il est directeur du journal La Voix des Jeunes. Il entre au Comité Central en pleine crise de l'organisation nationaliste et fait partie des dirigeants exclus par le congrès messaliste réuni à Hornu.S. Louanchi en 1955 rejoint le F.L.N. qui le désigne à la direction de la Fédération de France. Ses activités passées du S.M.A. lui permettent de nouer des contacts avec les Scouts de France, les militants de la J.E.C. et leur responsable, P. Chaulet (S. Louanchi épousera la sœur du docteur Chaulet). Par son intermédiaire, Francis Jeanson prend contact avec le F.L.N. Il accède au C.N.R.A. à l'issue du congrès de la Soummam en 1956, comme membre suppléant. Il appuie alors les positions du groupe KrimAbane. S. Louanchi est arrêté en février 1957 avec M. Lebjaoui, et se retrouve évincé du C.N.R.A. après la réunion de décembre 1959. Après l'indépendance, il dirige El Chaab et sa version en langue française, Le Peuple. A la fin du mois de mai 1963, il est remplacé à ce poste par Abdelaziz Zerdani, député de Batna. Salah Louanchi est secrétaire du Comité Central du F.L.N. le 31 janvier 1979, membre du secrétariat permanent du Bureau Politique (chargé de la commission des Finances) en 1984. Sources: A.A.N. 1962, 1964, 1979 ; L'Algérie Libre, 5 mars 1953, n° 64 : «Comité d'action pour l'abrogation de l'article 80 » ; Le Monde 3 juillet 1963 : « S. Louanchi » ; Hamon et Rotman; Harbi (II) ; Lebjaoui (I).

MAHSAS AHMED Membre Comité Central M.T.L.D.(1947) ; membre direction O.S. (1948) ; militant Fédération France F.L.N. (1955) ; ministre Agriculture (1963).

Né en novembre 1923 à Alma (Boudouaou) près d'Alger, Ahmed Mahsas est issu d'une famille paysanne. Il est une première fois arrêté en 1941 pour 291


MAÏ son action au sein des jeunesses du P.P.A. dans le quartier de Belcourt à Alger. Il est arrêté une nouvelle fois en 1945. Relâché un an plus tard, il devient membre du Comité Central du P.P.A. et conserve ses fonctions lorsque le parti devient le M.T.L.D. Chef de wilaya à Constantine et membre du comité d'organisation du P.P.A., il est détaché à l'organisation para militaire, l'o.s., au moment du démantèlement de l'organisation par la police française en 1950. Militaire à Orléansville (il s'est fait prendre comme insoumis), il obtient quarante-huit heures de permission et rejoint ses camarades à Alger. Mais les directives de la direction du M.T.L.D. l'oblige à regagner son unité d'Orléansville où il est arrêté par la sécurité militaire. Condamné à cinq ans de prison, il s'évade de la prison de Blida en 1952 et gagne la France où il vit clandestinement. Membre du Comité de rédaction de l'Algérié Libre, il appelle les militants au moment de la crise du M.T.L.D. à refuser de suivre à la fois Messali et le Comité Central. Membre de la Fédération de France du F.L.N., il rejoint le Caire en 1955. Il rédige une lettre au responsable de la wilaya des Aurès, Chihani Bachir, qui contient des appréciations sévères sur certains leaders du Caire, dont Aït Ahmed et Khider. Les autorités françaises qui ont saisi ce document au cours d'une opération militaire en septembre 1955, le rendent public, provoquant ainsi un malaise au sein de la délégation extérieure du F.L.N. Responsable politico-militaire de la face Est (Tripoli-Tunisie), Ahmed Mahsas s'oppose aux résultats du congrès de la Soummam. Après l'arrestation de Ben Bella en octobre 1956, il tente de regrouper les partisans aurassiens, nemouchies, soufis. Arrêté en Tunisie sur ordre de Ouamrane, représentant du C.E.E., il s'évade et se réfugie en Allemagne jusqu'en 1962. Il est nommé le 19 avril 1963, directeur général de l'Office national de la Réforme Agraire. En conflit avec A. Ouzegane, il le remplace comme ministre de l'Agriculture le 18 septembre 1963 et est élu le 23 avril 1964 au Bureau Politique et au Comité Central du F.L.N. (chargé du « Parti et organisation de masse»). Le 20 septembre 1964, il est désigné député d'Alger. Il se sépare de Ben Bella en soutenant le coup d'État du colonel Boumedienne qui le confirme comme ministre de l'Agriculture et de la Réforme Agraire le 10 juillet 1965. Membre du Conseil de la Révolution, il n'accepte pas l'idée des coopératives d'anciens moudjahidines qui lui apparaissent comme un prélude à la liquidation du secteur autogéré. Il quitte l'Algérie en 1966 et vit en exil en France. Ahmed Mahsas est l'auteur de l'ouvrage Le Mouvement révolutionnaire en Algérie paru en 1979. Rentré en Algérie en 1979, il est conseiller à la S.N.E.D. Sources: A.A.N. 1963, 1964, 1965; Portrait A. Mahsas in Jeune Afrique, n° 150, 2329 septembre 1963 ; Le Monde, 19 septembre 1963, 22 avril 1964 ; H.M. n° 21, « L'Algérie èst en Égypte» ; Abbas (11) ; Mémoires Aït Ahmed; Courrière (1) ; Harbi (I) ; Mahsas.

MAÏZA

BRAHIM

Président A.E.M.N.A.F.(1943) ; membre direction Fédération membre Comité Central M.T.L.D.(1946).

de France P.P.A. (1944) ;

Né à Sétif, Brahim Maïza est recruté par Amar Khider au P.P.A. en 1942, alors qu'il termine ses études de droit à Paris. Il est président de 292


MER l'A.E.M.N.A.F.en 1943. Avocat, il prend contact avec les organisations de la

gauche française au moment où le P.P.A. est victime de la répression après les événements de mai 1945. Il fait alors la connaissance des militants trotskystes français, qui répondent favorablement à son appel, et les invite en octobre 1945 à participer aux réunions que le P.P.A. organise dans les arrièresalles de cafés de la région parisienne. Responsable de la Fédération de France, Brahim Maiza accueille et loge Messali en 1946, dans son appartement, rue de Fleurus à Paris. Avec H. Lahouel, il se montre partisan de l'unité de l'organisation, dans la discussion sur les responsabilités de certains membres de la direction au moment de mai 1945. C'est lui qui propose le nom de la nouvelle organisation nationaliste, Le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, et durant la Conférence des Cadres qui se tient à la Bouzareah en 1946, il défend le principe de la participation aux élections. Membre du Comité Central du P.P.A.-M.T.L.D.,Brahim Maiza meurt dans un accident de voiture, le 19 novembre 1947. Sources: Harbi (II) ; indication G. Pervillé ; entretien avec « Raoul ».

MAÏZA SALAH Membre Comité Central M.T.L.D.(1947) ; militant F.L.N. (1955).

Né à Sétif, Salah Maiza, caid, quitte son poste pour des raisons politiques et adhère au P.P.A.-M.T.L.D. Il est arrêté en mai 1945. Il entre au Comité Central en 1947. Dans la crise de l'organisation nationaliste, il prend position pour le cours centraliste tout en se montrant attentif aux activités des tenants de la voie armée. Membre de la fédération du F.L.N. en Tunisie, il est ensuite délégué de la S.O.N.A.T.R.A.C.H. à Genève. Sources: La Nation Algérienne, n° 8, 22 octobre 1954: «A Sétif, la police a provoqué A. Bouda» ; Harbi (II) ; entretien avec des militants algériens.

MEHRI

ABDELHAMID

Militant M.T.L.D. Tunisie (1948) ; représentant F.L.N. Damas (1955) ; membre C.N.RA (1956), C.E.E. (1957) ; ministre G.P.R.A. (1958) ; membre Comité Central F.L.N. (1979).

Né le 3 avril 1926 au Kroub (Constantinois), Abdelhamid Mehri est issu d'une famille très pauvre. Mais il parvient à mener d'excellentes études d'arabe littéraire, car, adhérent déjà du P.P.A.-M.T.L.D., il décide de gagner en 1948 la ville de Tunis pour étudier à la Zitouna. Il s'y occupe des activités du P.P.A.-M.T.L.D. en Tunisie, y organise l'émigration algérienne, noue d'étroits contacts avec le Néo-Destour. En 1951, il rentre à Alger pour faire partie de la commission islamique du M.T.L.D. et diriger la presse arabe du mouvement. Après le congrès d'avril 1953, il devient membre du Comité Central. En 1954, il prend contact avec M. Boudiaf, lui présente deux émissaires marocains (Hachemi Ettoud, Mohammed Hamadi El Hazziz dit « El Riffi ») envoyés par Abdelkrim pour établir des contacts en Algérie, en Tunisie, au Maroc, dans l'éventualité du déclenchement d'une lutte coordonnée à l'échelle maghrébine. Il ne participe pas toutefois à la réunion du « groupe des 22 » et

293


MEM refuse les propositions des activistes du C.R.D.A. qui cherche un porte-parole connu à la veille de l'insurrection. Arrêté en novembre 1954, libéré en 1955, il rejoint le Caire d'où il est envoyé à Damas en juillet 1955, à titre de représentant permanent du F.L.N. Élu au C.N.R.A. en 1956, au C.E.E. en 1957, Abdelhamid Mehri est au G.P.R.A. de septembre 1958 ministre des Affaires nord-africaines. Ministre des Affaires sociales et culturelles du deuxième G.P.R.A. (1960-1961), il quitte les affaires politiques en 1962 pour devenir directeur de l'École normale de la Bouzareah. Après le coup d'État du 19 juin 1965, il revient sur la scène politique en étant secrétaire général du ministère de l'Enseignement secondaire (1965-1976), membre du Comité Central du F.L.N., ministre de l'Information et de la Culture dans le gouvernement du 8 mars 1979. A. Mehri est, en janvier 1984, membre du Bureau Politique. Il est nommé, en mars 1984, ambassadeur à Paris. Sources: Le Monde, 22 avril 1955: «Entretien avec Hamadi .el Riffi»; Le Monde, 20 septembre 1958 : « Composition du Gouvernement Algérien Libre» ; A.A.N. 1979 ; Boudiaf in El Jarida ; S. Chikh ; Lebjaoui (I) ; Le Monde, 7 mars 1984 : « M. Mehri nommé ambassadeur à Paris ».

MEMCHAOUIMOHAMMED Adhérent E.N.A. (1936) ; membre direction Tlemcen P.PA (1938) ; membre Comité Central M.T.LD. (1946-1954) ; responsable M.NA (1954).

Né le 29 mars 1917 à Tlemcen, il est le neveu de Messali Hadj. Mohammed Memchaoui adhère à l'Étoile Nord-Africaine (E.N.A.) en 1936, en pleine période du Front populaire. Accédant rapidement à des responsabilités, il coordonne l'activité du Parti du Peuple Algérien à Tlemcen en 1938. Pour cette activité, il est arrêté en 1939 et condamné à six mois de prison à Alger. Libéré, il est à nouveau arrêté au moment du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Le 17 mars 1941, il est condamné par le tribunal militaire d'Alger à seize ans de travaux forcés, vingt ans d'interdiction de séjour, vingt ans de privation de ses droits civiques et confiscation de ses biens présents et à venir. Il est mis en résidence forcée à Berrouaghia, puis déporté au cours de la même année à Tebelbaba, dans les confins du Sud-Oranais. Tranféré en février 1944 à Béni Abbès, il est interrogé par le commandant Mouzon sur commission rogatoire du tribunal militaire d'Oran qui le condamne le Il août à trois mois de résidence forcée. Malade, il est hospitalisé à Tlemcen en mars 1945. M. Memchaoui est envoyé ensuite au camp de Bossuet le 22 mai 1945, puis au camp de Mecheria en novembre. Les camps d'internement étant dissous, il est astreint à résidence forcée à Aïn Beïda le 1erjanvier 1946. Mais durant son passage à Alger, il reprend contact avec le P.P.A. et entre dans la clandestinité en Oranie jusqu'à la suppression de tout internement en juin 1946. Il devient membre du Comité Central du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques dès sa fondation, en 1946. A la suite de l'affaire du hold-up de la poste d'Oran qui aboutit au démantèlement de l'o.s., il appuie la décision de Mohammed Khider (contre l'avis du Bureau Politique du M.T.L.D.) de ne pas se livrer à la police. Éliminé par les « centralistes » en mars 1953 de la direction du M.T.L.D., il se range du côté de Messali Hadj et fait partie de l'état-major messaliste. Il a alors le pseudonyme de Pomaria. 294


MER Organisateur du congrès d'Hornu (13-15 juillet 1954), il est élu membre du Bureau politique du M.T.L.D. messaliste. Après le 1er novembre 1954, il est responsable du Mouvement National Algérien de l'Oranie. Mohammed Memchaoui est arrêté le 22 décembre 1954. Il est torturé et maintenu jusqu'au 26 décembre 1954 dans les locaux de la police à Tlemcen. Transféré à cette date à Oran., il est présenté le lendemain au magistrat qui l'interroge et le fait écrouer sur-le-champ. Il quitte la prison d'Oran en octobre 1955 et est transféré à Aflou. Le 25 juillet 1956, la Cour d'appel d'Alger le condamne à un an de prison et dix ans de privation des droits civiques. De retour à Aflou, Mohammed Memchaoui est transféré successivement aux camps d'Arcole, Bossuet, Saint-Leu, Tefeschoun, Bouira. Sa libération intervenant le 27 décembre 1958, il devient responsable du M.N.A. Sources: Pièces du dossier du procès de M. Mernchaoui (1955) ; lettre de M.L. Lapeyre, procureur de Tizi-Ouzou à M. Suzini, procureur général d'Alger; lettre de M. Giraud, président de chambre à la Cour d'appel d'Alger; entretiens avec M. Mernchaoui.

MERBAH

MOULAY

Adhérent P.P.A. (1939) ; membre Comité Central M.T.L.D. (1950) ; membre direction M.N.A. (1954).

Moulay Merbah est né le 23 août 1913, dans la commune mixte de Chellala, au douar Serguine. Il fait carrière dans l'administration judiciaire, où il exerce les fonctions d'oukil, avocat de la défense des affaires musulmanes. Il entre au Parti du Peuple Algérien peu avant la guerre et accède à des postes de responsabilités en 1944 à Vialar, où il est vice-président de la section locale du parti. Le 24 novembre 1944, il est interné au camp de Bossuet (Oranie) pour activités nationalistes jusqu'en mars 1945. Il est déporté en résidence forcée, en avril 1945, à Palikao (Oranie), à la suite des événements deChellala. Après les manifestations Idu 8 mai 1945 et les massacres qui ont suivi, Moulay Merbah est soumis à un régime de résidence forcée encore plus sévère jusqu'à l'amnistie générale de l'été 1946. Candidat du M.T.L.D. à l'Assemblée algérienne en 1948, il est battu au deuxième tour, à la suite de trucages électoraux. Poursuivi pour infraction au décret Régnier, il est condamné le 22 avril 1948 à Mascara à un an de prison et 30000 francs d'amende pour propagande anti-française. Moulay Merbah fait appel et est relaxé en octobre par suite de l'abrogation du décret Régnier. Il est candidat M.T.L.D. à Reibell au Conseil de la République en novembre 1948 (non élu). Il est révoqué par l'administration coloniale de ses fonctions d'oukille 15 décembre 1948. C'est à cette époque que Moulay Merbah entre au Comité Central du M.T.L.D. Le 17 juin 1951, il est candidat aux élections générales à Alger (non élu). Le 28 mars 1953, il est condamné à quatre mois de prison et 100 000 francs d'amende par la sixième chambre correctionnelle d'Alger, pour atteinte à la Sûreté extérieure de l'État au sujet d'un article paru dans l'Algérie Libre (nO 47) qui relate des meetings organisés par le Front Algérien pour la défense et le respect de ta liberté. Au deuxième congrès du M.T.L.D. (avril 1953), il lit le message de Messali et devient son porte-parole au sein de la direction. Il prépare avec Messali et Filali le message à la conférence fédérale du 27 décembre 1953 pour porter les divergences qui existent dans la .

295


MES direction à la connaissance des militants de France. Le 27 février 1954, Moulay Merbah est démis de sa fonction de vice-président du Comité Central qui confie à Messali le soin de gérer les affaires courantes. Il est coordinateur de la « Délégation Provisoire» du M.T.L.D. Au congrès des messalistes tenu à Hornu (13-15 juillet 1954), Moulay Merbah lit à la tribune l'intégralité du rapport que Messali a rédigé. Il est élu membre du Bureau Politique issu du congrès.

Arrêté dans la nuit du 1er au 2 novembre 1954, Moulay Merbah est torturé (supplice de la baignoire) et n'est conduit que le 5 novembre devant le doyen des juges d'instruction. Son avocat, M. Pierre Stibbe, entre en contact avec lui le 9 novembre. Le 14 juin 1955, le tribunal correctionnel d'Alger le condamne à six mois de prison et 500000 francs d'amende pour atteinte à la sécurité extérieure de l'État. Libéré lors de l'été 1955, il quitte l'Algérie et milite a.u Mouvement National Algérien en France où il prend part à l'organisation des grèves du 8 octobre 1955; il reçoit les membres de la commission ouvrière de l'exM.T.L.D. qui veulent créer une organisation syndicale. Illes pousse à agir rapidement et leur promet le soutien financier du M.N.A. Le 1er avril 1956, il passe clandestinement la frontière franco-belge et

devient responsable international du M.N.A.à l'extérieur. Arrêté puis relâché en Suisse pour activités politiques en juillet 1956, il représente le M.N.A. auprès des délégations de l'O.N.V. à New York. A l'été 1957, il entreprend une tournée au Moyen-Orient et se rend dans les principales capitales des pays arabes. En septembre 1957, il rédige un aide-mémoire soumis aux Nations-Unies, sur la question algérienne. Le 29 avril 1959, Moulay Merbah est arrêté en Allemagne pour activités politiques et est expulsé le 19 avril 1960. Le 17 juillet 1962, il adresse une lettre à Messali Hadj dans laquelle il menace de démissionner du poste de secrétaire général du Parti du Peuple Algérien (reconstitué en 1962), s'il n'obtient pas la convocation rapide d'un congrès de l'organisation. Le 31 octobre 1962, Moulay Merbah retourne à Alger pour prendre contact avec le Bureau Politique du Front de Libération Nationale en vue de la réconciliation des nationalistes algériens. Arrêté puis libéré, il devient avocat à Médéa. Sources: L'Algérie Libre, n° 65, 69, 70, 85, 86, consacrés aux procès du M.T.L:D. en 1953 et n° 125, 126 sur l'aide aux sinistrés d'Orléansville; Journal d'Alger, 4 novembre 1954 : « Voici le bras droit de Messali, Moulay Merbah»; Alger Républicain, 3 novembre 1954 : « Nombreuses arrestations en Algérie» ; France Observateur, 13 janvier 1955 : « Votre gestapo d'Algérie» ; Le Monde, 14 juin 1955 : «Trois dirigeants du M.T.L.D. condamnés à six mois de prison» ; Aide-mémoire de M. Merbah à l'O.N.V., dix-huit pages dactylographiées; Stora (I).

MESSALI HADJ voir notice chapitre I, série A MESTARI MOHAMMED Membre Comité Central M.T.L.D.(1951) ; militant F.L.N. (1955).

Né le 1er mai 1916 à Marnia, Mohammed Mestari, infirmier, entre au Comité Central du M.T.L.D. mis en place en juillet 1951. Écarté du Comité Central à l'issue du deuxième congrès d'avril 1953, il adopte une attitude de 296


MEZ neutralité dans la Fédération de l'Oranie. Il se rend à Niort le 28 mars 1954 voir Messali pour tenter de trouver un compromis dans la crise de l'organisation nationaliste. M. Mestari rejoint le F.L.N. pendant la guerre et devient de 1962 à 1964, membre du Cabinet du ministre de l'Intérieur. Il est élu député le 20 septembre 1964. Sources: L'Algérie Libre, 9 juin 1951, n° spécial: « Candidats 1964 ; Fond Archives Afrique Informations; Harbi (II).

du M.T.L.D. en Algérie»

; A.A.N.

MEZERNA AHMED (1907-1982) Responsable P.N.R. (1932), E.N.A. (1933) et P.P.A. (1937) à Alger; membre Comité Central M.T.L.D. (1946); responsable aux Affaires extérieures ;responsable M.N.A. (1954).

Né à Blida le 29 avril 1907, Ahmed Mezerna est d'abord cordonnier en 1925, puis traminot dans la ville d'Alger. Il est membre d'une petite organisation, le Parti National Révolutionnaire rassemblant les partisans de l'indépendance algérienne, créé à l'initiative de Boualem, secrétaire de la Fédération algérienne du Parti Communiste Français. Le regroupement est en fait animé par M. Mestoul qui avait pris connaissance du journal de l'Étoile, El Ouma, lors d'un voyage à Paris en 1930. Le P.N.R. vit trois ans, se limite aux villes d'Alger, Boufarik, Blida, Tlemcen et au milieu lycéen de Skikda et son activité est assez réduite (discussions dans de petites réunions, distributions de tracts, collage de papillons la nuit sur les murs). En 1933, une réunion a lieu chez Mezerna, en présence de Yehiaoui et de Boualem. Le premier demande aux membres du P.N.R. de rejoindre les rangs de l'E.N.A., ce qui est accepté par tous les participants, à l'exception de Boualem. Mezerna, avec Mestoul et Kheliffa Ben Amar, participe au lancement de l'Étoile sur le sol algérien en 1933. Il assiste au Congrès Musulman à Alger, en juin 1936, et réussit à se glisser dans une commission de ce congrès pour tenter d'expliquer le point de vue nationaliste. Après la dissolution de l'E.N.A., il est membre du Comité Directeur du Parti du Peuple Algérien mis en place en 1937 à Alger. Essentiellement préoccupé du travail syndical de l'organisation, Mezerna est arrêté une première fois le 31 mars 1938 et mis en liberté provisoire après trois mois de détention. Traduit le 30 janvier 1939 devant le tribunal correctionnel d'Alger, il est condamné, avec toute la direction nationaliste, à un an de prison avec sursis, privation de tous ses droits .

civiques.

Faisant partie de la direction clandestine du P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale, il est de nouveau arrêté à Alger au début de l'année 1943, envoyé à la prison d'Oran et libéré en 1944. Il reprend ses tâches de direction et est membre du nouveau Comité Central mis en place en 1944. M. Kaddache, dans son Histoire du Nationalisme Algérien indique que Mezerna fait partie du Bureau Politique du P.P.A. réuni le 30 avril 1945, qui a donné l'ordre des manifestations du 1er mai 1945. Arrêté le 10 mai 1945 à la suite des événements du 8 mai, il est libéré en 1946 et est élu député d'Alger, avec M. Khider, aux élections du 10 novembre 1946. Il est membre du Comité Central lors du premier congrès national du parti qui se tient le .

15 février 1947, rue Beauregard à Belcourt. A. Mezerna représente le M.T.L.D.dans le Comité de Coordination des Élus Démocrates et Anti colo297


MEZ nialistes, créé en rilai 1948 à Paris avec le Rassemblement Démocratique Africain (R.D.A.). En juillet 1948, il fait adopter au Congrès an ti-impérialiste des peuples d'Asie et d'Afrique, une motion en faveur d'une « Assemblée Constituante Algérienne ». Le 2 novembre 1948, il signe avec Jellouli Fares du NéoDestour et Mehdi Ben Barka de l'Istiqlal une note au secrétariat général de l'O.N.U. préconisant « l'abolition des régimes coloniaux établis en Afrique du Nord et la reconnaissance de l'indépendance du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie»

.

En cette même année 1948, un « Comité d'Opposition» se manifeste en Algérie par des circulaires, reprochant « à certains usurpateurs de s'être jetés corps et âme dans le filet électoral de l'impérialisme français ». La circulaire n° 2 avait été rédigée par le docteur Lamine Debaghine, responsable du M.T.L.D., qui en fait attaquait Mezerna, accusé d'être le principal véhicule du réformisme. Ces accusations sont reprises par les adversaires du M.T.L.D. Dans La République Algérienne du 15 octobre 1948, F. Abbas écrit: «Le Messali d'aujourd'hui (...) c'est une marionnette entre les mains de Mezerna.» Le journal des Oulémas, El Bassair, explique «Messali est devenu l'otage de l'administration et du gang Mezerna. » Tous ces propos, concernant une éventuelle rivalité Messali-Mezerna, sont largement développés dans la presse coloniale. Le Journal d'Alger du 29 septembre 1948 n'hésite pas à titrer: «Une guerre à mort s'est engagée entre les parlementaires de l'ex-p.p.A. et Messali.» Le quotidien du soir, Dernière Heure, du 29 septembre 1948, est plus explicite: « Le duel Messali-Mezerna : les deux leaders nationalistes s'affrontent dans une querelle des Anciens et des Modernes. » Toutes ces accusations sont vigoureusement combattues par l'organe du M.T.L.D., Maghreb El Arabi, du 30 octobre 1948 et Mezerna, le 8 novembre 1948, remet une lettre de Messali Hadj à la direction de l'U.D.M.A. l'appelant « à prendre en considération la volonté du peuple par une union durable et solide». Le 17 février 1949, à Londres, Mezerna fait adopter par le Congrès Anti-impérialiste des Peuples d'Asie et d'Afrique, une nouvelle résolution sur l'Algérie reprenant intégralement les mots d'ordre P.P.A.-M.T.L.D. Contre ses adversaires politiques d'Algérie, il souligne à cette occasion l'impossibilité d'une action efficace avec l'U.D.M.A. et le P.C.A. On le retrouve pourtant le 5 août 1951, représentant le M.T.L.D. à la tribune de l'Assemblée Constitutive du Front Algérien pour la Défense et le Respect des Libertés constitué par un certain nombre d'organisations algériennes. Dans la crise du M.T.L.D., Merzerna appartient à la tendance politique qui, lors de la séance du Comité Central de décembre 1950, préconise la combinaison de la forme d'action clandestine et légale. Éliminé de la direction au moment de l'élection du secrétaire général du M.T.L.D., les 4 et 5 juillet 1953, Mezerna fait partie de l'état-major messaliste en Algérie après l'appel du 11 mars 1954 de Messali annonçant la formation d'un Comité de Salut Public (c.s.P.) contre le Comité Central. A ce titre, il sillonne l'Algérie. Le 15 avril à Constantine dans une réunion des sections locales de l'Est algérien, il ne parvient pas à imposer le point de vue de Messali. Il aura plus de chance à Skikda où, après son passage, la majorité des militants de la Daïra s'engagent à organiser des noyaux messalistes. Responsable aux Affaires extérieures du M.T.L.D., il convoque en juin 1954 à Berne, en Suisse, A. Ben Bella et M. 298


MOS Khider. Une tentative de conciliation a lieu et Mezerna est porteur d'un message de Khider à Messali. Les 27 et 28 juin, il lit le message de Messali retirant la confiance aux membres du Comité Central.. La rupture est totale entre « centralistes }) et « messalistes », la scission véritable se produit au congrès d'Hornu (1315 juillet 1954) que Mezerna prépare activement. S'appuyant sur le témoignage d'A. Mezerna et des notes inédites de V. Monteil, Daniel Guérin indique que Mezerna était au courant des préparatifs des activistes du Comité Révolutionnaire pour l'Unité et l'Action (C.R.U.A.) et qu'il mit Messali au courant de ce fait dès la mi-août à Niort. « Préparatifs que les deux hommes ne prirent pas au sérieux. » Le 15 octobre 1954, Mezerna se rend en Suisse avec A. Filali et demande à M. Khider de lui obtenir un visa d'entrée en Égypte. Le 1er novembre 1954 le surprend dans la capitale égyptienne. Il agit pour la constitution d'un front regroupant toutes It;s tendances du nationalisme et signe une déclaration le 10 février 1955 avec Hocine Lahouel, A. Ben Bella, M. Boudiaf. «En acceptant que le rassemblement national prenne l'appellation d'une organisation déjà existante depuis le 1er novembre 1954, le Front de Libération Nationale, Mezerna désoriente les militants messalistes en laissant croire au ralliement du M.N.A. au F.L.N. », note Mohammed Harbi dans son ouvrage Le FLN., mirage et réalité. Désavoué par Messali Hadj, Mezerna est emprisonné, avec Chadly Mekky, le Il juillet 1955 par le F.L.N. au Caire. Il est libéré peu avant l'indépendance de l'Algérie et meurt en 1982. Sources: Archives Aix, 9 H20, Rap. Alger 4/9/38 ; El Duma 18 décembre 1939; L'Algérie Libre (n° 65, 1er avril 1953 ; n° 66, 23 avri11953 ; n° 69, Il juin 1953 ; n° 84, 23 octobre 1953 ; Maghreb El Arabi, 30 octobre 1948; 18 décembre 1948 ; n° 86, 14 novembre 1953); 4 mars 1949 ; Messali, Mémoires et rapport à la Conférence des cadres d'avril 1958 ; Ageron (I) ; Guérin; Harbi (l, II, III) ; Kaddache (I et II) ; Taleb-Bendiab ; entretiens avec D. Guérin, M. Guenanèche, M. Harbi.

MOSTEFAÏ

CHA WKI

Président AE.M.AN. (1944) ; membre direction P.P.A (1945) ; membre Comité Central M.T.L.D.(1946) ; militant F.L.N. (1955) ; membre Exécutif Provisoire (1962).

Né en Kabylie, Chawki Mostefaï, étudiant en médecine, rejoint la section universitaire du P.P.A. animée par le P.P .A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Il devient rapidement membre de la direction d'Algérie en 1945, alors qu'il est président de l'A.E.M.A.N. Le 23 mai 1945, il transmet le contrordre d'insurrection générale et fait partie du conseil de discipline qui entend Debaghine à propos de l'attitude de la direction de l'organisation pendant les événements de mai 1945. Il entre au Comité Central du M.T.L.D. en 1946,au moment de la conférence des cadres qui se tient en 1946 à la Bouzareah. Avec Derdour et Cherchalli, il cherche confusément une issue légale à la question algérienne au moment où s'ouvre le « Comité Central de Zeddine » en 1948 qui va permettre l'articulatioJl entre lutte armée et lutte politique. Mais il donne son approbation au rapport présenté par Aït Ahmed. Chawki Mostefaï est chargé de « reprendre en mains» la Fédération de France du M.T.L.D., au moment de « la crise berbériste ». En avril 1949, il fait adopter un rapport dans un conseil fédéral où 299


MOU 200 délégués «affirment leur attachement à la doctrine du M.T.L.D. et à Messali ». Au cours de l'été 1950, il se rend à Tunis pour renouveler les propositions d'union faites en janvier 1949 au Néo-Destour, sans succès. Partisan de l'unité d'action avec l'U.D.M.A. et les Oulémas, il quitte la direction du mouvement en 1951. En retrait politiquement, il ne répond pas aux sollicitations des militants de la Fédération de France du F.L.N.en 1955, puis se rallie à eux quelque temps après. Conseiller de Krim Belkacem en 1958, il rédige des articles dans El Moudjahid, portant notamment sur « la libération du peuple algérien et ses incidences sur la libération de l'Afrique». Il devient membre de l'Exécutif Provisoire. Négociateur des « accords» avec l'O.A.S. en juin 1962, il est appelé par le gouvernement Ben Bella à la direction de l'Union Industrielle Africaine, organisme d'économie mixte, en 1963. Sources: El Moudjahid, n° 34, 24 décembre 1958; Le Monde, 3 juillet 1963: Chawki » ; Mémoires Aït Ahmed; Kaddache (II) ; indication G. Pervillé.

«Mostefaï

MOUNDJI ZIN EL ABIDIN Militant P.P.A. Belcourt (1944) ; membre Comité Central tion Fédération

France

M.T.L.D.

(1953) ; membre direc-

F.L.N. (1956).

Né en 1925 à Belcourt, Moundji Zin El Abidin milite dans la section de Belcourt du P.P.A., puis dans la Fédération de France du M.T.L.D. Avec Filali, il s'occupe à Paris du transfert d'Aït Ahmed vers le Caire. Il entre au Comité Central en 1953, et rejoint le F.L.N. après le 1er novembre 1954. Il devient membre de la direction fédérale en France dès 1956. Arrêté en avril 1958, libéré en 1961, il entre au ministère des Affaires étrangères après l'indépendance. Il est ambassadeur à Bamako en 1980, membre de la direction administrative des Affaires étrangères. Sources: Fond I.H.T.P.; Mémoires Aït Ahmed; Harbi (I) ; entretien avec T. Boulharouf.

OULD HAMOUDA AMAR Membre Comité Central M.T.L.D.(1947) ; responsable o.s. Kabylie (1947). Né en Grande Kabylie, Amar Ould Hamouda adhère au P.P.A. en 1942 alors qu'il est encore lyéen. Il effectue des études à l'École normale de Bouzareah. Il prend le maquis le 14 mai 1945 et préconise la clandestinité totale, la préparation immédiate de la lutte armée à la Conférence des Cadres de 1946. Il entre au Comité Central en 1947, devient responsable de l'o.s. pour la Kabylie tout en étant désigné comme candidat aux élections municipales de Michelet (Aïn El Hammam). Il est appréhendé en 1948 à Alger et incarcéré à la prison de Blida. Il est. écarté du Comité Central pour ses positions « berbéristes ». Amar Ould Hamouda rejoint le F.L.N. et est assassiné en 1956 « pour ses positions berbéristes en 1949. » Sources:

300

Mémoires Aït Ahmed;

Harbi (II) ; Mahsas ; Téguia.


REG OUSSEDIK

OMAR

Membre Comité Central M.T.L.D. (1947);

militant F.L.N. (1954);

membre

C.N.H.A.

(1956).

Né en 1920 à Michelet (Aïn El Hammam), Omar Oussedik appartient à une grande famille maraboutique de Haute Kabylie. Il adhère au P.P.A. en 1942 au moment où il effectue des études d'abord à l'École normale de Bouzareah, puis au lycée Ben Aknoun. Il est présent en Kabylie en 1945 car les 20 et 22 mai, avec Zerouali, il transmet les ordres pour le soulèvement dans les douars qui dominent la côte entre D~llys et Tigzirt. A la conférence des cadres de la Bouzareah en 1946, il est, avec Tayeb Boulharouf, partisan de la mise sur pied d'une organisation armée destinée à passer rapidement à l'action. Membre de la délégation de la Kabylie au premier congrès du M.T.L.D.en février 1947, il participe à la rédaction d'un rapport de synthèse politique avec Aït Medri et Aït Ahmed. Il entre au Comité Central mais est arrêté en 1948.au jardin Marengo à Alger alors que s'ouvre la «crise berbériste ». Torturé et incarcéré à la prison de Blida, il est libéré dans l'été 1951. Exclu du P.P.A.-M.T.L.D.pour « cause de berbérisme », il s'exile à Paris où il devient ouvrier d'usine, syndicaliste de la C.G.T. Il rejoint le F.L.N. en 1955 et sous le pseudonyme de Si Tayeb, devient membre du C.N.R.A.en 1957, secrétaire d'État dans le premier G.P.R.A.en 1958. Chef de mission à Conakry en 1960, il est ensuite conseiller politique de la Zone Autonome d'Alger. Nommé dès 1962 aux Affaires étrangères, O. Oussedik est ambassadeur à Sofia, Moscou, New Delhi et Rome. Il est actuellement à la retraite. Sources: El Moudjahid, na 38, 17 mars 1959 : « Entretien avec Omar Oussedik» ; H.M. na 60, article A.P. Lentin : « La naissance du G.P.R.A. » ; Mémoires, Aït Ahmed; Téguia.

RADJEFF

BELKACEM

voir notice chapitre I, série B

REGUIMI DJILALI Membre direction o.S. (1947).

Né vers 1924 à Alger, Djilali Reguimi adhère au P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Secrétaire du syndicat des boulangers, formé à l'école du syndicalisme, il appartient à la direction du P.P.A. d'Alger dans la structure « Jeunes Adultes ». Contacté par Aït Ahmed en vue de la constitution d'une organisation paramilitaire, il fait partie de l'état-major de l'o.s. Adjoint de Bouda à l'organisation politique, il devient responsable d'Alger-ville et de la Mitidja de l'o.s., puis membre du Conseil Supérieur (c.s.). Pendant deux ans, il initie les militants de l'o.s. au maniement des armes et participe à un stage d'entraînement dans le Dahra. Il affecte Mohammed Khiter, comme chauffeur, au commando qui attaque la poste d'Oran en 1949. Djilali Reguimi se fait arrêter à la suite du démantèlement de l'o.s. par la police française en 1950. Il entre au Comité Central mis en place en juillet 1951. Sources: Mémoires Aïr Ahmed; entretiens avec M. Ben Mohammed et M. Maroc. 301


SID

SID ALI ARDELHAMID Membre Comité Central

M.T.L.D. (1947).

Né le 26 décembre 1921 à Alger, Abdelhamid Sid Ali !Ililite au P.P.A. dans le deuxième arrondissement' d'Alger pendant la Seconde Guerre mondiale. Le journal L'Action Algérienne, lancé par M. Taleb en 1944, est imprimé dans son magasin, situé rue d'Anfreville dans la Casbah. Il fait partie du « groupe de la Casbah» dont le chef de file est H. Asselah en 1945-1946, et entre au Comité Central en 1947. Dirigeant les boulangeries de Sadek Rihani, il a la responsabilité du syndicat des boulangers d'Alger. Membre du Bureau Politique, il prend une part active à la lutte pour l'élimination de Lamine Debaghine et contre « le complot berbériste ». Il est, selon M. Harbi, « pour la dissolution de l'o.s. et fera surveiller les cadres de l'organisation paramilitaire affectés à partir de 1951 à des tâches politiques». Il est mis en cause par Messali pour avoir voulu modifier le fonctionnement de la Fédération de France du M.T.L.D. sans l'en aviser lors de son passage à Niort le 29 septembre 1953. Il fait partie des huit dirigeants exclus par le congrès messaliste d'Hornu en juillet 1954. Il se réfugie dans l'attentisme au lendemain du 1cr novembre et se retrouve interné pendant la guerre. Abdelhamid Sid Ali renonce après 1962 à la vie politique et se consacre aux affaires. Sources:

Mémoires Aït Ahmed;

Harbi (I) ; entretiens avec des militants algériens.

SOUIYAH HOUARI Membre direction P.P.A. et A.M.L. Oranie (1944) ; adjoint au maire d'Oran (1953) ; membre Comité Central M.T.L.D.(1953) ; membre Comité Central F.L.N. (1964).

Né le 21 septembre 1915 à Oran, Houari Souiyah, représentant de commerce, est le secrétaire général de la section d'Oran des A.M.L. en 1944. Membre du comité régional de l'Oranie du P.P.A., il est arrêté à la suite des événements de mai 1945. Libéré, il participe à la Conférence des Cadres de la Bouzareah en 1946. H. Souiyah est adjoint au maire d'Oran et tête de liste du M.T.L.D. aux élections municipales du 26 avril 1953. Au moment de la crise du M.T.L.D., avec A. Bouda et M. Ben Boulaïd, il rencontre Messali à Niort les 22, 23, 24 mars 1953. Il entre au Comité Central à la suite du congrès d'avril, et prend position pour le cours centraliste. Arrêté en 1954,

puis libéré en 1955, il aide à la constitution des groupes armés du F.L.N. à

Oran. Après l'indépendar.-.:e, H. Souiyah devient préfet d'Oran, député à l'Assemblée nationale algérienne en septembre 1962, membre du Comité Central du F.L.N. en 1964-1965. Sources: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Oranie ; L'Algérie Libre, n° 66, 23 avril 1953 : « Coup de force et trucages» ; A.A.N. 1962, 1964 ; Harbi (I) ; Lebjaoui (II).

TALER MOHAMMED

(1917-1952)

Adhérent E.N.A. (1935); responsable P.P.A. Alger, membre Algérie (1937-1939) ; fondateur de l'Action Algérienne (1944) d'Alger P.P.A.-M.T.L.D. (1944-1948).

302

Comité Directeur P.P.A. ; responsable Fédération


TAL Né à Alger en janvier 1917, Mohammed Taleb est l'aîné d'une famille nombreuse de condition très modeste. Il suit des études à l'école primaire de la rue de Tanger à Alger et obtient son certificat d'études. En 1935, à peine âgé de dix-huit ans, il adhère à l'Étoile Nord-Africaine. Il aurait, selon les Mémoires d'Aït Ahmed, organisé depuis Boufarik, des structures autonomes de l'E.N.A., ce qui aurait provoqué son exclusion. Dans l'été 1937, après l'arrestation des principaux dirigeants du P.P.A., Mohammed Taleb est secrétaire de la section du deuxième arrondissement d'Alger. Son activité à la tête de cette section de la Casbah, la plus dynamique d'Alger et qui compte plus de deux cents adhérents, lui permet de se faire remarquer comme un organisateur de premier ordre. Il entre donc, dès 1938, au Comité Directeur du P.P.A. d'Algérie. En 1939, dans la crise qui oppose les dirigeants emprisonnés aux autres responsables favorables au soutien matériel de l'Allemagne pour l'indépendance de l'Algérie, Mohammed Taleb est écarté de la direction du P.P.A. En 1941-1942, avec Abdoun et Ouamara, il contacte la commission d'amnistie, les autorités allemandes et italiennes qui font des promesses d'argent, mais pas de fournitures d'armes. Il décide alors de constituer son propre réseau clandestin pour l'indépendance de l'Algérie. Avec Hocine Asselah, il met sur pied l'Organisation d'Alger dans les quartiers de Bab-el-Oued et Notre-Dame d'Afrique qui tient une conférence au début de l'année 1943. Le groupe de militants d'Alger dirigé par M. Taleb qui, dans le même temps, renoue avec le P.P.A. par l'intermédiaire de Mezerna, organise le 30 septembre 1943 une «manifestation historique de l'Aïd Seghir contre l'éloignement de Ferhat Abbas et Sayat Abdelkader. Cette manifestation a été un plein succès moral, un chef-d'œuvre d'organisation révolutionnaire et a abouti à la libération des signataires du manifeste algérien» (L'Algérie Libre). M. Taleb fonde en février 1944, à la suite du journal El Watan (La Patrie) créé par Omar Hamza, L'Action Algérienne, « organe clandestin de la jeunesse impérialiste» auquel collaborent Abdoun et Boukhort, ancien responsable du P .C.A. Ce journal est tiré chaque mois à environ 5 000 exemplaires et distribué jusqu'en avril 1945, malgré l'arrestation en octobre 1944 de M. Taleb. A cette date, l'Organisation a fusionné avec le P.P.A., et M. Taleb est membre du Comité Central du P.P.A. réunifié, responsable de la Fédération d'Alger. A la faveur du développement des Amis du Manifeste et de la Liberté et avant son arrestation, M. Taleb avait mis en place dans le Constantinois et en Kabylie, une organisation secrète paramilitaire dont les autorités françaises ont écho en décembre 1944 lors de l'arrestation de deux militants qui tentaient d'acheter des armes à Djidejlli; Libéré de la prison militaire de Bouzareah à la veille des événements du 8 mai 1945, il est membre de la d,irection d'Alger du P.P.A., avec Debaghine, Mezerna, Abdoun et Cherchali, qui, en mai 1945, sur la base d'informations venues du Constantinois, donne l'ordre d'insurrection générale. M. Taleb fait partie du « groupe d'Alger », avec à sa tête H. Asselah qui, selon M. Harbi, « influence sans partage Alger-Casbah et entretient des rapports confiants avec le monde du commerce ». Membre du Comité Central du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, il se heurte dès 1946 à Lamine Debaghine, adversaire des élections. Il est évincé du Bureau Politique en 1947. A cette époque, il est recherché par la police française, ce 303


TEM qui l'oblige à une activité clandestine complète d'où il ne sort qu'après le vote d'une loi d'amnistie. Désigné par l'organisation, il entreprend une tournée dans tout le pays en 1947 en vue d'une sélection de cadres pour les kasmas locales. Il s'occupe aussi du domaine sportif contrôlé par le M.T.L.D., et participe à la création d'une section du basket-baIl à l'U.S.M.A. En 1948, il est à nouveau arrêté, le jour même de ses fiançailles pour être condamné à huit mois de prison. Libéré en 1949, malade, affaibli, son rôle va en s'amenuisant jusqu'à son décès le 12 février 1952. Le 17 février 1952, 5000 personnes, chantant l'hymne du P.P.A., accompagnent la dépouille de M. Taleb enterré à côté de Hocine Asselah. Sources: L'Algérie Libre, n° 44, 1er mars 1952 : « Mohammed Taleb n'est plus» ; archives Aix, 9 H 47, Rap. Alger 6/8/37; 9 H 51, Rap. C.l.E. 20/9/44; Rap. Alger 1/2/47 ; Mémoires Aït Ahmed; Collot; Harbi (II) ; Kaddache (II) ; Zagoria p. 64.

TEMAM

ABDELMALEK

Membre Comité Central M.T.L.O. (1947); Moudjahid (1956).

membre

C.N.R.A. (1956);

responsable

El

Né à Alger dans une famille modeste, Abdelmalek Temam, employé aux Contributions, milite au P.P.A. dans la Casbah pendant la Seconde Guerre mondiale. Il entre au Comité Central du P.P.A.-M.T.L.D. en 1947 et fait partie de la commission de presse du journal El Maghreb El Arabi. Il participe aux discussions de San Remo, avec Ben Bella, qui aboutissent à l'entrée des

« centralistes » dans le F.L.N. en mai 1955. Membre du C.N.R.A.en 1956, il est chargé du journal

EL Moudjahid.

Le 21 octobre 1956, envoyé spécial du

C.E.E., il ordonne à la Fédération de France du F.L.N. de préparer des actions de sabotage. Nommé à la zone autonome d'Alger après la sortie du C.E.E. (mars 1957), il est arrêté sans avoir exercé sa fonction. Libéré après le cessezle-feu, il participe à la rédaction du programme de Tripoli mais son texte est rejeté dans son intégralité pour « insuffisance et manque de clarté ». Directeur du Plan en 1962, membre de la commission de préparation du congrès du F.L.N. (1962-1964), il devient directeur de la Banque nationale d'Algérie, puis ministre des Finances. Il est décédé en 1977. Sources:

Harbi (I et II) ; Fond l.H.T.P. ; A.A.N. 1977.

YAZID M'HAMMEO Secrétairegénéral A.E.M.A.N. (1946) ; membre Comité Central M.T.L.O.(1948) ; membre direction M.T.L.O. en France (1952) ; représentant bureau Ligue Arabe à Paris.

F.L.N. à l'a.N.u. (1956) ; directeur

Né en 1923 à Blida, M'Hammed Yazid, fils et frère d'officier, adhère au P.P.A en 1942. Reçu bachelier à Blida, il arrive à Paris en 1945 où il s'inscrit à l'école des Langues Orientales et à la faculté de droit. Il devient secrétaire général de l'Association des Étudiants Musulmans d'Afrique du Nord (A.E.M.A.N.) en 1946-1947 et est responsable de la section universitaire du P.P.A. 304


YOU Membre du Comité Central du M.T.L.D., il est arrêté en mars 1948 à l'aérodrome de Maison-Blanche et condamné à deux ans de prison pour « port de tracts et de documents suspects ». A la prison de Barberousse, il est le principal dirigeant, avec Taïeb Boulharouf, d'une grève de la faim protestataire qu'il est l'un des rares à poursuivre jusqu'à son terme. Revenu à Paris après sa libération, il vit sous le pseudonyme de Zoubir, à l'hôtel Robin et déploie au Quartier Latin, entre la rue Xavier-Privas (siège du M.T.L.D.) et le 115, boulevard Saint-Michel (siège de l'A.E.M.A.N.) une activité débordante comme représentant de la direction du M.T.L.D. en France. Il anime les comités de rédaction de l'hebdomadaire l'Algérie Libre, marche à la tête du défilé algérien du 14 juillet 1953 lorsque la police tire sur les manifestants. Il est l'un des principaux animateurs de la tendance centraliste. Mandaté par le Comité Central pour discuter avec la délégation du Caire (Aït Ahmed, Ben Bella, Khider), il arrive au Caire le 27 octobre 1954. Il rejoint rapidement le F.L.N. et assiste en 1955 à la conférence de Bandoeng puis devient délégué du F.L.N. à New York. Il assiste aux lOe, 11e et 12e sessions de l'Assemblée générale des Nations-Unies, plaidant la cause de l'indépendance algérienne. Membre du C.N.R.A. en 1956, ministre de l'Information du G.P.R.A. de 1958 à 1962, M'Hammed Yazid est député à l'Assemblée nationale et membre de la commission de préparation à la Charte d'Alger. Il devient, après 1965, ambassadeur à Beyrouth, représentant de l'Algérie auprès des mouvements palestiniens. En 1981, il est directeur du Bureau de l'Information de la Ligue Arabe à Paris, membre du Comité Central du F.L.N. Sources: El Moudjahid, n° 29, 17 septembre 24 décembre 1958: «L'O.N.V.: un triomphe de « Images d'Épinal»; Algérie-Actualité, 31 mars n° 45: «Yazid, ambassadeur de la révolution»; français; Le Monde, 29 avril1983 : «M. Yazid Arabe à Paris» ; Courrière (IV) ; Harndani.

1958: «Un mémoire à l'a.N.v.»; n° 34, la cause algérienne»; n° 42, 25 mai 1959 : 1983: «Un diplomate qui dérange»; H.M., entretiens avec des militants algériens et quitte son poste de représentant de la Ligue

YOUSFI M'HAMMED Membre Comité Central M.T.L.D.(1947) ; responsable o.s. Alger (1949) ; Directeur de la Sûreté (1962).

Né à Belcourt, M'Hammed Yousfi, membre du groupe des jeunes du P.P.A. de Belcourt en 1943, entre au Comité Central du M.T.L.D. en 1947. Responsable de l'o.s. à Alger et chef du « service général », il est arrêté en 1950. La Cour d'appel d'Alger confirme sa peine le 10 mai 1952 à « six ans de prison, cinq ans d'interdiction de séjour et 120000 francs d'amende ». Libéré en février 1955, il s'occupe en Espagne de l'approvisionnement en armes de l'A.L.N. M'Hammed Yousfi est, après 1962, directeur de la Sûreté puis ambassadeur en Suisse de 1964 à 1970. Sources: L'Algérie Libre, n° 82, Mémoires Aït Ahmed; Mahsas.

10 octobre 1953:

« Liste de quelques

condamnations»;

305


SÉRIE B

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉVOLUTION (C.N.R.) APRÈS LE CONGRÈS D'HORNU (28 JUILLET 1954) (La direction du courant messaliste à la veille du 1er novembre 1954)

ABDELAZIZ MOHAMMED ABDELLI AÏSSA BASTA AREZKI BEKHA T AHMED BENACAR HASSAN BEY BEN AÏSSA KHALDOUN BEN MOHAMMED MUSTAPHA BENSID ABDERRAHMANE BOUCHERIA MOHAMMED BOUDJEROUDI SAÏD DOUA MOHAMMED EL HADJ SID FILALl ABDALLAH * GOFF AL MOHAMMED HABACHIABDALLAH

HADJ BELGACEM EL BAIDAOUl LADJALI AREZKI MANSOUR BOUALEM MELZI ALLAL MEMCHAOUIMOHAMMED MERBAH MOULA Y MESSALI HADJ MEZERNA AHMED NESBAH AHMED OULEBSIR LARBI RAF A ABDELMADJID SID ALI ADAB STAMBOULI MOSTEF A TAYEBIABDELKADER TCHOUAR.CHOAÏB

Les notices des noms en caractères renforcés sont développées dans d'autres

séries. 307


ABDELAZIZ MOHAMMED Responsable wilaya M"T.L.D. Sud-Gran ais (1947); membre direction zone d'Alger M.T.L.D. (1952) ; membre C.N.R. (1954) ; spécialiste des questions agricoles à l'Assemblée (1962).

Né le 17 novembre 1924 à Laghouat, Mohammed Abdelaziz, comptable à Alger, adhère au P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est responsable de la wilaya du M.T.L.D. du Sud-Oranais dès 1947, puis chef de la zone d'Alger au moment où s'ouvre la crise du M.T.L.D. en 1952-1953. Rédacteur à l'Algérie Libre, il se prononce pour Messali et entraîne la grande majorité des militants d'Alger. Après une visite à Messali à Niort le 20 juillet 1954, il est désigné membre du Conseil National de la Révolution (C.N.R.) de l'organisation messaliste. Après le 1er novembre 1954, il est responsable à la presse et à l'information du M.N.A. Arrêté le 23 décembre 1954, Mohammed Abdelaziz passe au F.L.N. dès sa libération. Il devient secrétaire général de la Commission nationale de la réforme agraire après l'indépendance de l'Algérie, député à l'Assemblée (Daïra de Laghouat), spécialiste des questions agricoles (Commission de l'Agriculture et de la Réforme Agraire). Sources: A.A.N. 1977; L'Algérie Libre, n° 129, 15 octobre 1954: «Meeting C.N.R. du 28 juillet 1954 ; Harbi (II).

à Alger»

; liste du

ABDELLI AÏSSA Trésorier général M.T.L.D.(1948) ; membre du Bureau Politique du M.N.A. (1954).

Né le 18 février 1902 à Sidi el Abli situé près de Tlemcen, Aïssa Abdelli est gendarme en retraite. El Maghreb El Arabi le fait figurer comme membre du Comité Directeur du M.T.L.D. dans la réunion du conseil national qui se tient le 4 septembre 1947. Il y occupe la fonction de trésorier général de l'organisation nationaliste. Candidat du M.T.L.D. à l'Assemblée algérienne en 1948, il devient cette même année permanent du Comité de Soutien aux Victimes de la Répression (C.S.V.R.) créé en avril 1948 à la suite d'une vague d'arrestations qui suit les élections à l'Assemblée algérienne. Dans la crise du M.T.L.D., il fait partie, en février 1954, de l'état-major 309


BAS

messaliste en Algérie, après une visite de A. Filali. Le 1er avril 1954, il est désigné par Messali dans la délégation provisoire qui reprend les pouvoirs au Comité Central. Il entre au Bureau Politique après une visite à Messali alors en résidence surveillée à Niort, le 21 juillet 1954, et occupe dans cette instance du M.N.A. la fonction de trésorier après le 1er novembreJ954. II se sépare du M.N.A. en 1961. Sources: L'Algérie Libre, na 125, 17 septembre 1954: «Le Comité d'aide aux sinistrés d'Orléansville» ; La Voix du Peuple, octobre 1961 ; Harbi (III) ; Kaddache (II).

BASTA AREZKI Membre C.N.R. (1954)

; militant

F.L.N. (1955).

Né à Alger, Arezki Basta, instituteur, milite au P.P.A. puis devient responsable du M.T.L.D. Lorsque s'ouvre la crise de l'organisation nationaliste, il se range du côté de Messali et fait partie du Conseil National de la Révolution C.N.R.). C'est à son domicile à la Casbah que se tient, le 23 octobre 1954, une rencontre entre Moulay Merbah, émissaire de Messali, et Krim Belkacem qui a basculé du côté du C.R.U.A. (organisation donnant naissance au F.L.N.). Envoyé au Caire par la direction du M.N.A. après le 1er novembre 1954, Arezki Basta se sépare de A. Mezerna, adopte le point de vue de M. Khider et passe au F.L.N. Source:

Indications sur les responsables

du C.N.R. fournies par M. Memchaoui.

BEKHAT AHMED (1930-1957) Militant M.T.L.D.(1947;

membre C.N.R. (1954) ; secrétaire général U.S.T.A. (1957).

Né le 3 avril 1930 à Rivet dans l'Algérois, Ahmed Bekhat est issu d'une famille de fellahs sans terre. Employé de commerce aux Établissements Melloui à Larba, puis charpentier-soudeur, il adhère très jeune, à l'âge de dixsept ans, au M.T.L.D. II émigre en France en 1951 et demeure dans le dix-sep~ tième arrondissement de Paris. II se range du côté de Messali dans la crise qui secoue le M.T.L.D. et devient, avec Ahmed el Lek, garde du corps de Messali à Niort durant l'été 1954. Membre du C.N.R. mis en place le 28 juillet 1954, il rejoint le M.N.A. après le 1er novembre 1954. Auteur d'un important rapport au premipr congrès de l'U.S.T.A. sur la situation des travailleurs immigrés en France, Ahmed Bekhat est élu en juin 1957 secrétaire général de l'U.S.T.A., à l'issue de ce congrès. Assassiné de deux balles dans la nuque, son corps est retrouvé à Colombes le 26 octobre 1957. Le M.N.A. a accusé le F.L.N. d'être à l'origine de ce meurtre. Sources: La Révolution Prolétarienne, n° 422, novembre 1957 : «A. Bekhat assassiné» ; liste du C.N.R. transmise'par M. Memchaoui ; rapport de A. Bekhat au premier congrès de l'U.S.T.A. in La Voix du Travailleur Algérien, juillet 1957 ;La Commune, na 15, novembre 1957 ; La Vérité, octobre 1957 ; El Moudjahid, na 12, 15 novembre 1957 ; entretiens avec des militants algèriens et français; Stora (I, IV) ; F. Weiss.

310


BEN

BENACAR HASSAN BEY Membre

C.N.R. (1954).

Né en 1926 à Berrouaghia, Hassan Bey Benacar milite au Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques. Dans la crise qui secoue le M.T.L.D., il se range du côté de Messali Hadj et est désigné le 28 juillet 1954 membre du Conseil Natiopnal de la Révolution (C.N.R.) mis en place après le congrès messaliste d'Hornu (13-15 juillet 1954). Source.. Liste des membres du C.N.R., 28 juillet 1954.

BEN AÏSSA Membre (1954).

KHALDOUN

Commission

Ouvrière

M.T.L.D. (1950);

membre

C.N.R. et direction

M.N.A.

Né en 1926 à Marnia, Khaldoun Ben Aïssa, hospitalier, rejoint le P.P.A.M.T.L.D. en 1947. II est membre du Conseil National de la Révolution en 1954. Responsable du M.N.A. en Oranie en 1955, il participe aux discussions tenues au printemps 1955 pour le lancement d'un syndicat indépendant des centrales françaises. Source,' Liste des membres du C.N.R.

BEN MOHAMMED Militant (1955).

O.S.

(1947)

MUSTAPHA

conseiller

municipal

(dit Mustapha NEGRO) M.T.L.D. Alger

(1953)

; responsable

M.N.A.

Né le 31 décembre 1926 dans la Casbah d'Alger, Mustapha Ben Mohammed se jette dans l'action militante après la répression du 8 mai 1945 organisée par les autorités coloniales. Agé de dix-neuf ans, il adhère au Parti du Peuple Algérien pendant l'été 1945 et milite dans la Casbah d'Alger. II devient l'un des premiers militants de l'Organisation Spéciale (o.s.), sous la direction de Reguimi Djilali. Dans les environs d'Alger, il s'initie au maniement des armes. En 1950, après le hold-up de la poste d'Oran qui entraîne le démantèlement de l'o.s., Mustapha Ben Mohammed entre dans la semi-clandestinité. II n'en ressortira que trois ans plus tard, puisqu'il est élu en 1953 conseiller municipal d'Alger sur la liste présentée par le M.T.L.D. A vingt-sept ans, il est le plus jeune des conseillers municipaux de la ville. Responsable des militants de la Casbah d'Alger, il se lance dans la bataille contre les centralistes pour la récupération des locaux, le blocage des finances. Au congrès d'Hornu, Mustapha Ben Mohammed est élu membre du Conseil National de la Révolution (C.N.R.) Après l'arrestation des principaux dirigeants du M.T.L.D. le 5 novembre 1954, il se retrouve membre de la direction du Mouvement ~ational Algérien (M.N.A.). Il est responsable des groupes armés de tout l'Algérois. Arrêté le 5 novembre 1955 à El Biar par les services de la police judiciaire d'Alger, il est transporté dans les locaux du commissariat central. Il est torturé à l'électricité. Le même jour, il est transféré dans les locaux de la police judiciaire de Blida où il est de nouveau torturé. La 311


BEN nouvelle de l'arrestation de Mustapha Ben Mohammed n'est rendue publique que le 12 novembre 1955, jour de l'évasion de Ben Boulaïd (responsable des Aurès) de la prison de Constantine. Il n'est présenté au juge d'instruction de la huitième chambre de la Cour d'appel que le 15 novembre 1955. Il Y dépose plainte contre ses tortionnaires «pour séquestration, coups et blessures, sévices et menaces de mort )). Le 16 novembre, il est transféré à la prison civile d'Alger. Le 12 août 1957, son procès s'ouvre devant le tribunal permanent des Forces armées d'Alger. Il est condamné à vingt ans de travaux forcés. Après être successivement passé par la prison civile d'Alger, la centrale d'EI-Harrach, la prison d'El Oued, Mustapha Ben Mohammed est transféré en France en 1961. Il est interné aux Baumettes, à la prison de Lyon, au camp de Mauzac (près de Périgueux), la prison de Fresne. Les accords d'Évian étant intervenus, il est libéré le 11 avril 1962. Il rentre en Algérie et devient enseignant. Sources: Comité pour la libération de Messali Hadj et des victimes de la répression, novembre 1955 (<<Appel à l'opinion publique, le peuple de France sauvera Mustapha Ben Mohammed ») ; Combat, 12 aoQt 1957 (<<L'indésirable ») ; Intera/rique Press, na 125, aoQt 1957 (<<Le procès de Mustapha Ben Mohammed ») ; entretien avec Mustapha Ben Mohammed.

BENSID ABDERRAHMANE Militant M.T.L.D.Lille (1952) ; membre C.N.R. et direction M.NA (1954).

Né le 18 mars 1932 à Sebdou près de Tiaret, Abderrahmane Bensid, épicier à Lille, milite dans la Fédération du Nord du M.T.L.D. Dans la crise de l'organisation nationaliste, il prend position pour Messali après une visite qu'il effectue à Niort le 21 février 1954. Il se retrouve membre du Conseil National de la Révolution (C.N.R.). Il représente l'Union des Syndicats des Travailleurs Algériens (U.S.T.A.) à la conférence de la C.l.S.L. de Tunis (2-9 juillet 1955) qui repousse la demande d'affiliation de l'U.S.T.A. Arrêté le 1er novembre 1957, il est incarcéré à la prison de la Santé. Libéré en 1958, il prend la direction de l'U.S.T.A. Membre du Bureau Politique Consultatif Provisoire (B.P.C.P.) qui dirige de fait le Mouvement National Algérien, Abderrahmane Bensid se rapproche du Front Algérien d'Action Démocratique (F.A.A.D.). Il est exclu du M.N.A. le 29 juin 1961. Sources: Bulletin du Comité pour la libération de Messali Hadj et des victimes de la répression, de la réunion de la C.I.S.L. à Tunis mars-avril 1957 . procès-verbal . membres du Conseil National de la Révolution (C.N.R.).

BOUCHERIA

(2-9 juillet

1956) ; liste des

MOHAMMED

Membre C.N.R. (1954) ; responsable M.N.A.Oranie (1955).

Né le Il décembre 1925 à Saint-Maur (Oranie), Mohammed. Boucheria, mécanicien, est responsable du M.T.L.D. dans l'Oranie. Dans la crise de l'organisation nationaliste, il se rend à Niort voir Messali, le 11 juin 1954, et devient membre du C.N.R. le 28 juillet 1954. Responsable des groupes armés du M.N.A. à Oran, Mohammed Boucheria est arrêté en 1956 et passe devant 312


EL le tribunal permanent des Forces armées d'Oran en mars 1957. Il est condamné à dix ans de travaux forcés. Sources:

Liste des membres du C.N.R. ; archives privés.

BOUDJEROUDI

SAÏD

Membre direction syndicat des commerçants (1953) ; membre C.N.R. (1954).

Alger (1946) ; adjoint au maire d'Alger

Né en août 1916 à Mirabeau, Saïd Boudjeroudi est issu d'une famille qui possède une petite exploitation agricole. Son père, marchand de quatre saisons, écoule ses produits à Alger. Il suit jusqu'à leur terme des études à l'école primaire supérieure, devient clerc d'avoué puis de notaire. Il entre au P.N.R. en 1932 puis milite à l'E.N.A. dans la Basse-Casbah d'Alger. S. Boudjeroudi devient candidat M.T.L.D. aux élections d'octobre 1946 à Alger. Marchand de légumes en gros, puis propriétaire d'une entreprise de transports, il lance en 1946 les premiers syndicats des commerçants musulmans. A ce titre, il dirige en 1947 la Fédération des marchands de légumes d'Alger. Adjoint au maire dans la capitale, il accompagne à Marseille le cercueil d'Émilie Busquant, le 7 octobre 1953. Dans la crise qui secoue le M.T.LD., il reste fidèle à Messali Hadj et se retrouve membre du C.N.R., après le Congrès d'Hornu. Il est arrêté tout de suite après le 1er novembre 1954, incarcéré à Barberousse. Libéré en 1960, il est assigné à résidence à Alger. Après l'indépendance Saïd Boudjeroudi rentre en France et s'établit à Montélimar. Sources: Archives Aix, 9 H 51, Rap. Alger 1l/1O/1947 ; L'Algérie Libre, 17 septembre 1954 : « Déclaration à la mairie d'Alger après le séisme d'Orléansville », n° 125 ; liste membres C.N.R., 28 juillet 1954; entretien Boudjeroudi avec J.L. Planche.

DOUA Membre

MOHAMMED

(1919-1956)

C.N.R. et M.N.A. (1954).

Mohammed Doua est membre du Conseil National de la Révolution (C.N.R.) mis en place le 28 juillet 1954. Il milite au M.N.A. après le

1er novembre 1954.Arrêté en 1956, lors de son transfert à Blida, un détache-

ment du Front de Libération Nationale (F.L.N.) intercepte le convoi cellulaire. Mohammed Doua est retrouvé quelques jours après, assassiné. Sources:

Liste des membres du C.N.R., 28 juillet 1954 ; entretien avec M. Memchaoui.

EL HADJ SID Membre C.N.R. (1954).

Né à Palestro,

Sid el Hadj est membre du Conseil National de la Révolu313


FIL tion (C.N.R.) mis en place le 28 juillet 1954. Responsable du M.T.L.D. de Kabylie, il meurt avant le 1er novembre 1954 et sera remplacé par Bellounis. Source:

Liste des membres du C.N.R., 28 juillet 1954.

FILALI ABDALLAH

GOFFAL

voir notice chapitre III, série A

MOHAMMED

Membre o.s. (1947) ; membre C.N.R. (1954).

Né à Boghari, Mohammed Goffal adhère au P.P.A. en 1943. Il milite au M.T.L.D. dans l'Oranie et devient membre de l'o.s., en 1947. Il prend position pour Messali Hadj dans la crise du M.T.L.D. et est désigné le 28 juillet 1954 membre du Conseil National de la Révolution (C.N.R.). Nommé responsable de la Daïra d'Aïn-Temouchent, il est averti, le 29 octobre 1954, de l'imminence d'une action menée pour le 1er novembre 1954. Il organise les groupes armés du Mouvement National Algérien (M.N.A.), les « Fidayounes » à Oran. Arrêté en novembre 1955, à la suite de l'explosion de trois bombes visant l'intendance militaire, l'Écho d'Oran et l'Hôtel de Ville, Mohammed Goffal est condamné aux travaux forcés à perpétuité par le tribunal militaire d'Oran et détenu à la prison de Lambèze. Sources: In/erafrique tants algériens.

Press, na 105 ; La Voix du Peuple, octobre 1%1 ; entretiens avec des mili-

HABACHIABDALLAH Membre o.s. (1947) ; membre C.N.R. (1954).

Né à Maison-Carrée, Abdallah Habachi rejoint le M.T.L.D. et fait partie de l'o.s. dès 1947. Il prend position pour Messali Hadj dans la crise qui secoue le M.T.L.D.et est désigné le 28 juillet 1954 membre du Conseil National de la Révolution (C.N.R.). Source:

Liste des membres du C.N.R., 28 juillet 1954.

HADJ BELGACEM EL BAIDAOUI Membre Oulémas, puis M.T.L.D.(1948) ; délégué Hornu et membre C.N.R. (1954).

Né vers 1898 à Aïn Beïda, El Baidaoui Hadj Belgacem, enseignant en arabe, a d'abord été membre de l'Association des Oulémas avant de rejoindre le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques. Il participe comme délégué au congrès messaliste d'Hornu (13-15 juillet 1954). Il est désigné le 28 juillet 1954, par le Bureau Politique du M.T.L.D. messaliste réuni à Niort, fIlembre du Conseil National de la Révolution (C.N.R.). Responsable du Nord~Constantinois du M.T.L.D., El Baidaoui Hadj Belgacem donne les premières instructions pour l'engagement dans la lutte armée, le 5 novembre 314


MEL 1954. Il est arrêté en 1956 et emprisonné à Lambèze jusqu'en membre du Conseil Supérieur islamique après l'indépendance.

1962. Il sera

Source: Entretiens avec M. Guenanèche et des militants algériens.

LADJALI AREZKI Membre

C.N.R. (1954)

; militant

F.L.N. (1955).

Né le 18 juillet 1920 à Fort-National, Arezki Ladjali, comptable, milite au M.T.L.D. après la Seconde Guerre mondiale. Il est désigné par Messali Hadj le 1er avril 1954 dans la Délégation Provisoire qui reprend les pouvoirs du Comité Central. Il est, le 28 juillet 1954, membre du C.N.R. Arezki Ladjali fait partie des quatre membres du Bureau Politique du M.T.L.D. messaliste qui se réunissent à Alger le 3 novembre 1954, rédigent une déclaration sur les

événements du 1er novembre, décident la convocation des principaux responsables de région pour le 5 novembre. Responsable du comité d'organisation du M.N.A., il est arrêté le 28 décembre 1954. Il passe au F.L.N., alors qu'il est emprisonné à Barberousse, avec Mohammed Abdelaziz. Il est, après 1962, directeur de la Sanatiba. Sources: Liste des membres du C.N.R., 28 juillet 1954; liste des militants détention, 1958 ; entretiens avec des militants algériens.

MANSOUR Membre

M.N.A. et lieux de

BOUALEM

C.N.R. (1954)

; membre

direction

U.S.TA

(1956).

Né le 18 mars 1920 à Rovigo, Boualem Mansour émigre en France au début des années cinquante. Il s'établit à Colombes où il milite au M.T.L.D. Il est désigné, le 28 juillet 1954, membre du Conseil National de la Révolution (C.N.R.). Secrétaire de la Fédération de France de l'Union des Syndicats des Travailleurs Algériens (U.S.T.A.) en 1956, il s'adresse à ce titre au représentant de la C.I.S.L. à la conférence de Tunis pour demander l'affiliation de l'U.S.T.A. Arrêté en novembre 1956; il passe en procès les 24 et 25 janvier 1957, devant la dix-septième chambre correctionnelle de Paris. Condamné à quinze ans de prison, Mansour Boualem est libéré en avril 1962. Sources: Fond Archives Afrique Informations; Archives C.E.R.M.T.R.L; LA.P., n° 98, 1er février 1957 : « Procès des nationalistes algériens» ; liste des membres du C.N.R., 28 juillet 1954 ; lettre de Boualem Mansour au président de la C.LS.L. à Tunis; Combat, 26 janvier 1957.

MELZI ALLAL Membre

C.N.R. (1954).

Né vers 1920 à El Biar (Alger), Allal Melzi adhère au P.P.A. en 1942. Il prend position contre le cours centraliste dans la crise du M.T.L.D. et se retrouve membre du C.N.R., le 28 juillet 1954. Il fait partie, sous la direction de son frère Chafik (voir sa biographie, chapitre II, série A), des groupes armés du M.N.A. à Alger. Arrêté en 1956, Allal Melzi est condamné à mort 315


MEM puis gracié. Les trois frères Melzi sont détenus ensemble dans la division des condamnés à mort. Sources:

Liste des membres du C.N.R. ; entretiens avec des militants algériens.

MEMCHAOUI

MOHAMMED

voir notice chapitre III, série A

MERDAH MOULA Y voir notice chapitre III, série A MESSALI HADJ voir notice chapitre I, série A MEZERNA NESBAH

AHMED voir notice chapitre III, série A AHMED

(dit EL GLAOUI)

(1929-1959)

Membre C.N.R.(1954) ; membre B.P.M.NA (1956) ; militant F.L.N.(1958). Né en 1929 à Guemar (Oued Souf), Ahmed Nesbah, d'abord employé de commerce à Batna, émigre en France au début des années cinquante. Il s'installe à Gennevilliers où il milite au M.T.L.D. Dans la crise de la Fédération de France de l'organisation nationaliste, il prend position pour Messali après une visite qu'il lui rend à Niort le 21 février 1954. Il est désigné le 28 juillet 1954 membre du Conseil National de la Révolution (C.N.R.). Responsable de l'organisation du M.N.A. en France, il est membre du Bureau Politique de cette organisation en 1956. Après l'action armée du F.L.N. en France (25 août 1958), il prône la reconnaissance du G.P.R.A. et rejoint le F.L.N. en décembre 1958. A son initiative, le 19 janvier 1959, des responsables M.N.A. de Belgique, du Nord et de l'Est de la France se rallient au F.L.N. et accusent la direction du M.N.A. de trahison. Ahmed Nesbah est abattu, vraisemblablement par le M.N.A., le 22 octobre 1959. Sources: Déclaration d'Ahmed Nesbah du 25 décembre 1958 appelant communiqué du M.N.A. du 18 février 1959 ; Archives Y. Jouffa.

à rejoindre

le F.L.N. ;

OULEBSIR LARDI (1918-1956) Adjoint au maire Tazmalt et membre o.s. (1947) ; membre C.N.R. et direction M.NA (1954).

Né le 5 janvier 1918 à Tazmalt, Larbi Oulebsir se fixe en Petite Kabylie. Il adhère au P.P.A. en 1943. Adjoint au maire de Tazmalt, élu sur une liste du M.T.L.D. en 1947, il occupe dans le même temps la responsabilité de l'o.s. lIest arrêté en 1950 et entreprend une grève de la faim qui dure 27 jours, à la prison de Philippeville (Skikda). Libéré, il est désigné membre de la direction messaliste, le C.N.R., après le congrès d'Hornu, le 28 juillet 1954. Membre de la direction du M.N.A., il est chargé des relations avec la Kabylie, 316


STA

puis de l'achat d'armes au Maroc. Il passe au Maroc en avril 1955, sous le faux nom de Mohammed Chabouni, achète un lot d'armes dans le Rif marocain, fait un second voyage. Il est arrêté par le F.L.N. et vraisemblablement enlevé à Tétouan. Larbi Oulebsir disparaît à jamais. Le M.N.A.a mené une importante campagne pour « sa réapparition en vie» dans les années 19$61957. Sources: L'Algérie Libre n° 127, 1er octobre 1954: «Les sinistrés d'Orléansville et le Maire de Tazmalt » ; Lettre ouverte du M.N.A. à France-observateur, novembre 1957 ; La VoIX du Peuple, novembre 1957, Bulletin d'informations du M.N.A. 19120 juin 1958: « qui gouverne au Maroc? » ; indications M. Memchaoui.

RAFA ABDELMADJlD Membre C.N.R. (1954) ; militant F.L.N. (1954).

Né à Souk-Ahras, Abdelmadjid Rafa, oukil judiciaire, adhère au P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. La section M.T.L.D. de Souk-Ahras dans laquelle il exerce des responsabilités, est l'une des plus fortes d'Algérie avec près de 1 500 militants. Il est désigné, le 28 juillet 1954, membre du C.N.R. mais n'y siège pas. A. Rafa passe au F.L.N. et devient, pendant la

guerre, responsable des services de justice du F.L.N. à Tunis. En 1977, il est député à l'Assemblée, Sources:

pour la daïra de Souk-Ahras.

A.A.N. 1977 ; Zagoria p. 80 ; entretiens avec des militants algériens.

SID ALI ADAB Membre C.N.R. (1954) ; militant M.N.A. (1954).

Né vers 1920 dans l'Algérois, Sid Ali Adab, comptable, adhère au P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale. Il devient permanent du Comité de Soutien aux Victimes de la Répression (C.S.V.R.)en 1948, et aide Abdelli Aïssa pour les finances de l'organisation nationaliste. Il est conseiller municipal de la ville d'Alger en 1953 sur la liste du M.T.L.D.Sid Ali Adab est désigné membre du C.N.R. le 28 juillet 1954. Arrêté en Algérie après le 1er novembre 1954, il est expulsé en France et milite au M.N.A. en Allemagne avec M. Merbah, puis à Bruxelles où il dirige Réalités Algériennes avec M. Ferhat. Il rentre en Algérie en 1963. Sources:

Liste des militants M.N.A., 1960 ; Harbi (II) ; Kaddache (II).

STAMBOULI MOSTEFA (1921-1984) Délégué Homu et membre C.N.R. (1954) ; militant F.L.N. (1955).

Né le 10 mars 1921 à Mascara, Mostefa Stambouli est responsable du M.T.L.D. dans cette région. Il prend position pour Messali dans la crise de l'organisation nationaliste, après une visite à Niort le 23 juin 1954. Il participe au congrès messaliste d'Hornu (13-15 juillet 1954). Selon M. Harbi, c'est notamment lui qui aurait proposé dans ce congrès « la présidence à vie pour

317


TAY Messali ». Il est désigné le 28 juillet 1954 membre du Conseil National de la Révolution (C.N.R.), organisme de direction du mouvement messaliste. Il passe au F.L.N. et devient secrétaire d'État du G.P.R.A. Après l'indépendance, Mostefa Stambouli devient député en septembre 1962 pour le département de Mostaganem, puis avocat à Mascara. Sources:

A.A.No1962 ; M. Harbi (1 et II) ; entretien avec des militants algériens.

TAYEBIABDELKADER Membre o.s. ; membre C.N.R. (1954).

Né à Marnia, Abdelkader Tayebi est membre de l'o.s. en 1947. Il est désigné le 28 juillet 1954 membre du Conseil National de la Révolution (C.N.R.). Militant du M.N.A., il est arrêté en 1956 et traduit devant le tribunal permanent des Forces armées d'Oran en mars 1957. Sources: Press.

Liste des membres du C.N.R., 28 juillet 1954 ; procès des militants M.N.A.in Inlerafrique

TCHOUAR

CHOAÏB

Responsable o.s. Tlemcen (1947) ; membre C.N.R. (1954).

Né à Tlemcen, Choaïb Tchouar est responsable de l'o.s. à Tlemcen en 1948. Il est arrêté en 1950 à la suite du démantèlement de l'organisation clandestine. Libéré en 1954, il s'engage contre les centralistes et est désigné membre du C.N.R. le 28 juillet 1954. Militant du M.N.A., il est arrêté en 1956 et traduit devant le tribunal permanent des Forces armées d'Oran en mars 1957. Libéré en 1959, Choaïb Tchouar est assassiné en avril 1962 à Tlemcen. Sources: Liste des membres du C.N.R., 28 juillet 1954; procès des militants M.N.A. in LA.P. ; entretiens avec des militants algériens.

318


SÉRIE C

LE GROUPE DES « 22 », LE COMITÉ~ DES « 6 » (La direction du courant activiste et les préparatifs du 1er novembre 1954)

BADJI MOKHTAR BELOUlZDAD OTHMAN BENABDELMALEK RAMDANE BENAOUDA BEN MOSTEFA AMAR BEN BOULAÏD MOSTEFA * BEN M'HIDI LARBI BEN TOBBAL LAKHDAR BIT AT RABAH BOUADJADJ ZOUBIR BOUALI SAID BOUCHAIB BELHADJ

BOUDIAF MOHAMMED BOUSSOUF ABDELHAFID DERICHE ELIAS DIDOUCHE MOURAD HABACHI ABDESLEM KRIM BELKACEM LAMOUDIABDELKADER MEC HA TI MOHAMMED MELLAH SLIMANE MERZOUGUI MOHAMMED SOUIDANI BOUDJEMAA ZIGHOUD YOUSSEF

Les notices des noms en caractères rènforcés sont développés dans d'autres

séries.

319


HADJI MOKHTAR (1919-1955) Responsable o.s. Souk-Ahras

(1947) ; membre « groupe des 22

»

(1954).

Né le 17 avril 1919 dans la région d'Annaba, M. Badji est issu d'une famille possédant une petit~ propriété. Expropriée au cours du processus de colonisation, la famille va s'installer à Souk-Ahras où le jeune Badji Mokhtar grandit. Son père, homme cultivé, exerce les fonctions de bachadel à la mahakma de la ville. C'est tout naturellement dans le scoutisme (comme de nombreux autres militants algériens) qu'il trouve le cadre de ses premiers engagements. Au moment où la guerre éclate en 1939, Badji Mokhtar entre au P.P.A. La sanglante répression de mai 1945 le pousse plus avant dans son engagement politique. Il est élu en 1947 au conseil muniCipal de Souk-Ahras comme militant M.T.L.D. Sur cet événement, l'abbé J. Kerlan, qui fut son ami note: « S'il accepta, ce fut par solidarité avec ses amis, mais aussi pour se donner le temps de préparer une action plus directe et plus décisive. Sa prise de conscience l'avait conduit à un point de rupture. » Badji Mokhtar est en effet nommé dans le même temps, responsable de la section de l'o.s. de Souk-Ahras

en 1947.

.

Il est arrêté en 1950 à la suite de « l'affaire Khiari » de Tébessa. Torturé plusieurs jours, il est ensuite jugé et condamné à trois ans de prison. Il connaît successivement les prisons de Guelma, d'Ech-Chelif, Blida. Libéré au début de l'année 1954, il ne prend pas position dans la crise qui secoue le M.T.L.D. entre messalistes et centralistes. Désigné pour participer au congrès d'Hornu, il s'abstient de faire le voyage. Ses préférences vont au groupe activiste qui prépare le 1er novembre. Il fait donc partie du « groupe des 22 ». Sous les ordres de Didouche Mourad, il monte au maquis le 30 octobre 1954, dirige la zone qui va de Souk-Ahras au petit port de La Calle. Badji Mokhtar est tué au combat dans la ferme «Dali », région de Medjez-Sfa en janvier 1955. SQurces: H.M., n° 13 ; « Les chefs de la wilaya Il » ; communication tional Alger, novembre 1954.

1. Kerlan, . colloque interna-

321


BEL BELOUIZDAD OTHMAN Membre de }'o.s. (1949) ; membre direction F.L.N. Alger 1er novembre 1954.

Né en 1929 à Alger (Belcourt), Othman Belouizdad travaille comme magasinier aux pièces détachées à la S.l.F.A. lorsqu'il est contacté par Zoubir Bouadjadj pour faire partie du C.R.V.A. Ancien militant de l'o.s. et partisan, selon ses propres termes, que « seule une action directe violente pouvait venir à bout du système colonial français », il assiste à sa première réunion le 27 août 1954 au Clos-Salembier, sous la présidence de Ben Boulaïd, avec Marzougui Mohammed, Rabah Bitat et Bouchaïb Ahmed. Mais il n'est pas présent dans la réunion d'octobre 1954 des « 22 » qui décident l'insurrection pour le 1er novembre 1954. Il est l'organisateur de l'attaque contre les « Pétroles Mory» de 1954. Arrêté le 7 novembre 1954, torturé, il refuse de parler et revendique devant le tribunal où il est jugé en 1956, son apparte. nance au F.L.N. Sources: Interview O. Belouizdad in Révolution Lebjaoui ; Y. Saadi.

BENABDELMALEK

n° 40, 2 novembre 1963 ; Courrière ;

RAMDANE

Membre de l'o.s. (1948) ; responsable des 22»

Africaine,

M.T.L.D.Nemours (1953) ; membre du

«

groupe

(1954).

Né à Constantine, Ramdane Benabdelmalek adhère au P,P.A. à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et devient militant de l'o.s. en 1948. Responsable

de la daïra de Nemours (Ghazaouet) du M.T,L.D, à la veille de la scission, il est le seul cadre de l'o,s. à participer au deuxième congrès du M.T.L.D, (avril 1953), où selon M. Harbi, « il lit une déclaration au nom de ses camarades ». Il adhère aux thèses du C.R.V.A. et participe à la réunion des « 22 ». Adjoint de Ben M'Hidi pour la zone d'Oran, ses groupes armés constitués aux environs de Mostaganem, tentent un coup de main sur une ferme à Bosquet (qui prendra après l'indépendance son nom), la gendarmerie de Cassaigne et un transformateur électrique à Ouillis. Il est tué le 1er novembre 1954 par les troupes françaises près de Cassaigne. Sources:

Alleg (I) ; Courrière;

Harbi (I) ; Lebjaoui (I) ; Téguia.

BENAOUDA BEN MOSTEFA AMAR Militant o.S. (1948) ; membre Comité Central F.L.N. (1979).

«groupe

des

22»

(1954)

; membre

C.N.RA

(1956)

;

Né à Bône (Annaba), Ben Mostefa Benaouda, pompiste dans une stationservice, adhère au P.P.A.-M.T.L.D. à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il rentre à l'o.s. en 1948 avec Ben Zaïm, conseiller municipal M.T.L.D., et devient le responsable de l'organisation urbaine de l'organisation militaire. Il participe à l'enlèvement de Khiari le 18 mars 1950, ce qui éveille les soupçons de la police française et aboutit au démantèlement de l'o.s. Arrêté le 19 mars 1950, il passe en procès à Bône le 4 mars 1951 et s'évade en 1952, en compa322


BEN gnie de Zighoud Youssef. Recherché, il se réfugie dans la clandestinité dans le douar Beni~Bachir aux environs de Philippeville (Skikda), puis en Kabylie. il se prononce pour la lutte armée, est membre du « groupe des 22 » et lors de l'ultime réunion qui a lieu le 23 octobre 1954, il est désigné membre de la direction de la zone 2. Benaouda est chargé des opérations, en novembre 1954, dans la plaine de Bône jusqu'à Guelma. Il participe à la réunion de direction de la zone 2 du 25 juin au 1er juillet 1955 à Zamane, qui décide l'insurrection du 20 août dans le Constantinois. Membre du C.N.R.A. en août 1956 à l'issue du congrès de la Soummam, il est envoyé en Tunisie en compagnie de Brahim Mezhoudi pour y affirmer la prépondérance de la direction intérieure du F.L.N. Il échoue dans sa mission, et cède le pas à Ouamrane. Membre du comité d'organisation militaire (zone est), il est relevé de ses fonctions en même temps que les colonels Amara Bougiez et Mohammedi Saïd. Après la formation du a.p.R.A., il est affecté au service de l'armement et du ravitaillement. Au cours des négociations aVec la France, il est désigné après les refus des commandants Mendjli et Ahmed Kaïd d'y participer, pour représenter l'A.L.N. A l'indépendance, il est successivement attaché militaire au Caire, à Paris, à Tunis, puis ambassadeur en Libye (1979). Il est actuellement conseiller à la Présidence, membre du Comité Central du F.L.N. Sources: A.A.N. 1979; Alleg (I); Lebjaoui (I).

BEN BOULAÏD BEN M'BIDI

Harbi (I et II) ; H.M. n° 13 : « Les chefs de la wilaya II » ;

MOSTEFA

voir notice chapitre III, série A

LARBI (1923-1957)

Responsable o.s. Biskra (1947) ; responsable daïra M.T.L.D Oranie (1950) ; membre fondateur C.R.UA (1954) ; membre C.E.E. F.L.N. (1956).

Né en 1923 au douar El Kouahi à Aïn M'Lila dans le Constantinois, Larbi Ben M'Hidi appartient à une famille de paysans aisés. Il entreprend des études d'art dramatique à Alger. Militant du P.P.A., arrêté après la répression de 1945, il choisit la clandestinité. Commissaire local des S.M.A. et cadre de l'o.s. à Biskra, vainement recherché par les services de police en 1950, il est condamné par défaut à dix ans de prison pour « menées subversives et activité illégale ». Nommé chef de daïra en Oranie et permanent du M.T.L.D., il est relevé de ses fonctions à la suite d'un contrôle de police à Aïn-Temouchent. Membre fondateur du C.R.V.A., il est le premier responsable de la wilaya du F.L.N. (Oranie) qu'il organise efficacement malgré un démarrage difficile. En 1956, il participe au congrès de la Soummam et il est élu au C.E.E. avec Krim et Abane dont il partage les points de vue. Il laisse le commandement de la wilaya V à Boussouf et supervise l'action des groupes armés lors de la bataille d'Alger. Arrêté le 23 février pal' les paras du colonel Bigeard, torturé, il meurt sans avoir parlé à l'adversaire dont il forcera l'admiration. Chaque ville a une rue portant son nom dans l'Algérie indépendante. Dans le premier entretien qu'il a accordé à un journal algérien, le maga323


BEN zine Algérie-Actualité, le général Bigeard, qui a joué un rôle de premier plan dans «La Bataille d'Alger », a révélé « qu'il avait été contraint, sur ordre de Paris, de livrer vivant aux services spéciaux Larbi Ben M' Hidi ». Le général n'a pas caché son scepticisme quant à la version officielle, rendue publique le 6 mars 1957 selon laquelle Ben M'Hidi « s'était suicidé en se pendant dans sa cellule avec des bandes d'étoffe déchirées de sa chemise. » « Il faut le dire, ce sont les services spéciaux qui ont fait cela ». Sources: El Moudjahid, n° 9, 20 août 1957 : « Larbi Ben M'Hidi, incarnation de la liberté agissante»; El Moudjahid, n° 12, 15 novembre 1957: « Larbi Ben M'Hidi et les aveux de Bigeard » ; Algérie-Actualité n° 994, 1er novembre 1984 ; Boudiaf; Slimane Cheikh; Hamdani ; Harbi (1 et Il) ; Mahsas ; Téguia.

BEN TOBBAL

LAKHDAR

Militant o.s. (1948); membre du Comité des 22 (1954); membre suppléant du C.N.R.A.et responsable de la wilaya Il (1956-1957) ; membre du C.E.E. (1958) ; ministre de l'Intérieur (1958-1960) ; ministre d'État (1961).

Né en 1923 à Mila dans le Constantinois, Lakhdar.Ben Tobbal est fils d'un petit paysan. Il milite au P.P.A. dès son adolescence et devient membre de l'o.s. Recherché par la police française en 1950, il est condamné par contumace en 1951 et vit dès lors dans la clandestinité jusqu'en 1954. Il participe à la réunion du «groupe des 22» et approuve les thèses de M. Boudiaf. Nommé, sous les ordres de Didouche Mourad, responsable du secteur situé entre les localités de Mila, El Milia, Collo et Souk-El-Teriet, il participe aux combats du 1er novembre 1954. Il est, en août 1956, un des représentants du Nord-Constantinois au congrès de la Soummam et y sera membre du C.N.R.A. Adjoint de Zighoud Youssef, il le remplace quand ce dernier est tué. Colonel de la wilaya Il, il quitte l'Algérie en 1957 en compagnie de Krim et Ben Khedda. Il soutient Krim au C.N.R.A. qui voit l'élimination des « centralistes » (Ben Khedda et Dahlab) et à l'isolement d'Abane Ramdane. Chargé du département de l'Intérieur au sein du C.E.E. (Fédération de France, Organisation des Algériens en Tunisie et au Maroc) en mai 1958, Lakhdar Ben Tobbal est ministre de l'Intérieur du G.P.R.A. de 1958 à 1961. Ministre d'État dans le gouvernement de Ben Khedda (1961), il est négociateur aux Rousses et à Évian. Après 1965, il est P.D.G. de la Société nationale de Sidérurgie. Sources: H.M. n° 13 : « Les chefs de la wilaya 2 » ; biographie Lebjaoui (I et II) ; Lever et Droz ; Pailla. ; Tripier.

in Courrière

(11) ; Duchemin;

BITAT RABAH Membre o.S. (1947) ; membre C.R.U.A., responsable F.L.N. Algérois (1954) ; membre C.N.R.A. (1956) ; ministre d'État G.P.R.A. (1958); Président de l'Assemblée nationale algérienne. Né le 19 décembre 1925 à Aïn Kerma dans le Constantinois, Rabah Bitat est issu d'une famille très pauvre. Employé comme magasinier dans une manufacture de tabac, il adhère au P.P.A., devient membre de l'o.s. 324


BOU Recherché par la police française, il entre dans la clandestinité en 1950, est condamné par contumace en 1951 à cinq ans de prison. Permanent du M.T.L.D., il participe au C.R.V.A. en 1954 et est désigné premier responsable du F.L.N. pour l'Algérois. Dès le début de l'insurrection, il gagne son poste de la wilaya IV et organise la guérilla urbaine à Alger. Il est arrêté le 23 mars 1955, mais il laisse en place des commandos qui vont s'implanter dans la Casbah sous la direction de Yacef Saadi. Il passe le 16 avril 1956 devant un tribunal militaire et se trouve condamné aux travaux forcés à perpétuité. Transféré à Fresne, il est nommé au C.N.R.A. en 1956, ministre d'État du G.P.R.A.

en 1958. En mai 1961, il rejoint Ben Bella et son groupe au château

de Turquant et les suit au château d'Aulnoy. Libéré le 20 mars 1962, il s'oppose à Ben Khedda, rallie l'A.L.N. et Ben Bella. Il entre ainsi au Bureau Politique créé à Tlemcen le 22 juillet 1962, et s'y voit confier l'organisation du parti et des organismes nationaux. Opposé à Ben Bella, il démissionne avec M. Khider du Bureau Politique et se réfugie en Europe en 1964. Il fait le 24 juin 1965 une déclaration publique de soutien au colonel Boumedienne, et est nommé ministre d'État le 10 juillet 1965. Il est. en 1972, nommé ministre d'État chargé des transports, puis président de l'Assemblée nationale algérienne. Rabah Bitat est le seul des « historiques» du C.R.V.A. à être encore au pouvoir. Sources: L'Express, 7 novembre 1963: « Le 1er novembre 1954»; )) ; Courrière (1) ; Duchemin; Y. Saadi; Tripier. l'insurrection?

BOUADJADJ

H.M. n° 2, « Qui dirige

ZOUBIR

Membre « groupe des 22

"

(1954).

Né en 1925 au Clos-Salembier, Zoubir Bouadjadj est issu d'une famille très modeste. Son père meurt alors qu'il est âgé de trois ans, des suites de la guerre 14-18 (gazé). Zoubir Bouadjadj adhère en 1942 au P.P.A. clandestin dans la Casbah d'Alger, milite au A.M.L., participe à la manifestation du 1er mai 1945. Il rejoint le C.R.V.A., devient membre du « groupe des 22» et participe au congrès des centralistes en août 1954 à Alger. Vendeur de pièces détachées dans un magasin d'Alger, il prend part à l'insurrection du 1er novembre 1954, en tant que chef de secteur contrôlant cinq groupes à Alger. Arrêté le 6 novembre 1954, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité et libéré après les accords d'Évian. Après 1962, Zoubir Bouadjadj est député à l'Assemblée nationale, membre du Comité Central et responsable de la Fédération F.L.N. du Grand Alger. Sources: A.A.N. 1962, 1964.; Révolution Africaine, n° 40, 2 novembre O. Belouizdad ; entretien Bouadjadj in Courrière (I) ; Lebjaoui (I) ; Y. Saadi.

1963, interview

BOUALI SAÏD Membre

«

groupe des 22 ".

Né à Constantine, Saïd Bouali, dit « Lamotta », adhère au P.P.A. en 1945. Il adopte le:; thèses du C.R.V.A. dans la crise du M.T.L.D. Voulant se démar325


BOU quer des positions Arrêté Sources:

et libéré,

centralistes,

Saïd Bouali

Boudiaf ; Lebjaoui (I) ; Quandt;

BOUCHAÏB

pas au 1er novembre

les maquis

et meurt

1954.

au combat.

sources privées.

BELHADJ

Responsable o.s. Aïn-Témouchent Comité

il ne participe

rejoint

Central

(1947) ; membre

«

groupe des 22

»

(1954) ; membre

F.L.N. (1962).

Né à Aïn-Témouchent, en juillet 1918, B. Bouchaïb adhère au P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale et devient adjoint au maire d' Aïn-Témouchent en 1947. Dans le même temps, il prel\d la responsabilité de l'o.s. pour toute la région. En Qctobre 1948, il accomplit, avec Aït Ahmed, une mission d'entraînement et de reconnaissance dans le triangle Tiaret-Orléansville-Vialar. Il fait partie du commando qui, le 5 avril 1949, commet le hold-up de la poste d'Oran. Recherché par la police française en 1950, il plonge dans la clandestinité, travaille sous un faux nom dans des fermes de l'Algérois, établit des contacts avec les ouvriers agricoles. Il se rallie au courant activiste et est responsable de la région de Blida, avec Souidani, dans le « groupe des 22 ». Arrêté dès les débuts de l'insurrection, Belhadj Bouchaïb est, après l'indépendance, député pour le département d'Oran, membre du Comité Central jusqu'en juin 1965. Sources: A.A.N. 1962, 1964 ; interview O. Belouizdad in Révolution 1963; Mémoires Aït Ahmed; Boudiaf; Lebjaoui (1) ; Quandt.

BOUDIAF MT.L.O.

n° 40, 2 novembre

MOHAMMED

Responsable o.s. Constantine

du

Africaine,

(1947) ; responsable à l'organisation Fédération de France

(1953) ; membre fondateur C.R.U.A.et

«

groupe des 22

»

(1954) ; membre

C.N.R.A. (1956).

Né le 23 juin 1919 à M'Sila dans le Hodna, Mohammed Boudiaf appartient à une famille de « grande tente» en partie déclassée par la colonisation. Jusqu'à l'âge de quatorze ans, il vit chez ses parents à M'Sila. Son père était cultivateur et exerçait également la profession de tailleur dans cette ville. En 1933, il se rend à Bou Saada chez son oncle maternel, Abadi Mohammed, où il effectue des études (cours complémentaire dans le collège de Bou Saada). En mars 19~9, il abandonne ses études sans obtenir de diplôme. Il travaille alors chez Hentchicou, à Constantine, en qualité de secrétaire, pendant environ un an et demi. Il souhaite préparer l'École normale d'instituteurs, mais son mauvais état de santé (il est frappé très jeune de tuberculose) l'en empêchera, ainsi que ses convictions nationalistes dans l'Algérie sous domination coloniale. En mai 1941, après avoir passé un concours, il est nommé aide-commis administratif à l'E.P.S.M. de Constantine (Parc d'artillerie). Au mois de juillet 1942, M. Boudiaf rentre au service des contributions à Djidjelli en qualité de commis auxiliaire. Il effectue son service militaire à Constantine et Batna au 67e R.A.A. Incorporé au mois d'août 1943, démobilisé en août 1945, il obtient le grade 326


BOU de brigadier-chef. Très marqué par les événements de mai 1945 dans le Constantinois, nationaliste convaincu, il adhère au P.P.A. Pour mieux se livrer à ses activités militantes, il se fait mettre en disponibilité de son travail, fait de la représentation commerciale dans la région de Sétif, Bordj-Bou-Arreridj et M'Sila. Responsable de la région de Sétif en 1947, il met sur pied l'o.s. dans le département de Constantine. Il échappe aux recherches de la police française en 1950, et se retrouve condamné par contumace à huit ans, puis à dix ans de prison. Après la décision de la direction du P.P.A.-M.T.L.D. de dissoudre l'o.s., il est chargé de faire l'inventaire de ce qui reste en armes après la vague de répression (armes, effectifs). Permanent et responsable à l'organisation de la Fédération de France Guin 1953- février 1954), il dénonce la politique et les « méthodes» de Messali dans la crise du M.T.L.D. Membre fondateur du C.R.V.A., il obtient la confiance du « groupe des 22 » qui le charge de coopter la direction nationale du F.L.N. Il quitte l'Algérie le 25 octobre 1954 et assume la responsabilité politique et militaire de l'Ouest avec siège au camp de Nador. Chargé de la logistique du F.L.N., il part en 1956 pour l'Égypte, puis il séjourne à Tétouan afin de se procurer des armes pour la résistance oranaise qui a du mal à s'implanter. Il reprend son rôle de messager entre la délégation de l'extérieur au Caire et les chefs de wilaya. Arrêté dans l'avion d'Air-Atlas le 22 octobre 1956, M. Boudiaf est membre de tous les C.N.R.A., ministre d'État dans le G.P.R.A. (1958-1961), vice-président du conseil (1961). Il dirige indirectement, de prison, la Fédération de France du F.L.N. Libéré en 1962, il entre rapidement en conflit avec Ben Bella au moment de l'affrontement de Boghari qui met aux prises les troupes revenues des frontières et la wilaya IV. Fondateur du P.R.S. en septembre 1962, il est arrêté le 21 juin 1963 puis libéré. Il soutient l'insurrection de Chaabani. M. Boudiaf vit actuellement en exil. Sources: Le Monde, 2 novembre 1962: «Les conditions du déclenchement du 1er novembre 1954» par M. Boudiaf; «l'o.s. dans la préparation du 1er novembre» in El Jarida n° 8, 21 février 1970; « La préparation du 1er novembre» in El Jarida, n° IS, novembre-décembre 74 ; Boudiaf ; Courrière (I et IV) ; Harbi (I) ; A. Horne; Heggoy ; Mahsas ; Paillat ; Tripier.

BOUSSOUF ABDELHAFID

(1926-1982)

Cadre o.s. Constantinois (1947) ; responsable daïra M.T.L.D.Philippeville (1950), puis Oranie (1951) ; membre «groupe des 22» (1954) ; membre C.N.R.A.. C.E.E. (19561962).

Né en 1926 à Mila dans le Nord-Constantinois, Abdelhafid Boussouf appartient à la branche appauvrie par la colonisation d'une famille de « grande tente ». Il travaille comme livreur chez le « Médecin du vêtement» à Constantine. Il rejoint le P.P.A. pendant la Seconde Guerre mondiale, devient cadre de l'o.s. en 1947 dans le Constantinois. Responsable de daïra à Philippeville (Skikda), il est recherché par la police française en 1950 et gagne l'Oranie où le M.T.L.D. lui confie des fonctions de responsable. Il soutient les thèses de Boudiaf et se retrouve membre du « groupe des 22 » en juin 1954. Il succède le 5 novembre 1954 à Ramdane Benabdelmalek comme adjoint de Ben M'Hidi, puis devient colonel de la wilaya V au moment du congrès de la Soummam. Membre du C.N.R.A. en 1956, il est en 1957, au sein du C.E.E., responsable des problèmes de liaison et de communication, poste qui lui est 327


DER confirmé en 1958 à l'occasion de la formation du G.P.R.A. où il devient ministre de l'Armement et des Liaisons générales. Ces fonctions lui confèrent en définitive la responsabilité de tout le système de renseignement et de contre-espionnage. . Il est opposé violemment à Abane Ramdane et se pose en principal concurrent de Krim Belkacem. Retiré des affaires politiques pendant la crise du F.L.N. de l'été 1962, Abdelhafid Boussouf se consacre à ses propres intérêts, en particulier la vente de bateaux dans les pays arabes. Il meurt en 1982 en Algérie. Sources: Le Monde, 20 septembre 1958 : « La composition du gouvernement algérien libre» ; Le Monde. 10 août 1962 : « Bref annuaire politique de la direction du F.L.N. » par J. Lacouture; Bromberger ; Duchemin; Favrod ; Jacquin; Lebjaoui ; Universalis 1982 (Art. balta).

DERICHE ELIAS Organisateur

M.T.L.O., F.L.N. Alger (1954).

Né à Clos-Salembier, Elias Deriche, militant du M.T.L.D. à Alger, organise à son domicile, au Clos-Salembier, la réunion du «groupe des 22 ». M. Boudiaf le fait figurer dans la liste des « 22 », mais H. Alleg, à partir d'un entretien avec Hadj Benala, note que « son rôle s'était borné à prêter sa maison au responsable d'Alger et à faire préparer le repas ». Sources:

Boudiaf in El Jarida ; Alleg (I) ; Courrière (I).

DIDOUCHE MOURAD (1922-1955) Responsable o.s. Nord-Constantinois (1947) ; membre ponsable wilaya Constantinois (1954).

«

groupe des 22

»

(1954) ; res-

Né à Alger (Belcourt) en 1922, Mourad Didouche est issu d'un milieu aisé. Ses parents possèdent un bain maure près de la cathédrale, dans la basse Casbah, ainsi qu'un petit restaurant, rue Meissonier, dans la partie. européenne de la ville. Il adhère au P.P.A. après 1945 et avec son ami Ahmed Bouguerra, travaille comme cheminot à la gare centrale d'Alger. Militant C.G.T. et membre du Comité Central «jeunes» du M.T.L.D., il effectue pour le compte de l'organisation nationaliste, de nombreuses missions à Constantine où il loue une petite chambre dans une maison dominant le Rhumel. Il s'attache passionnément à cette région du Constantinois. Leader de l'o.s. dès sa création en 1947, pour le Nord-Constantinois, il passe dans la clandestinité au moment de la répression de 1950. Avec Mohammed Maroc, il se cache dans différents endroits de l'Algérois, puis se réfugie à Paris. Là, il devient l'adjoint de Boudiaf à l'organisation de la Fédération de France. Il adopte ses thèses. Il regagne l'Algérie, participe à la constitution du « groupe des 22 ». C'est en tant que responsable du Constantinois qu'il participe à la rédaction de la proclamation du 1er novembre. Disposant d'un effectif réduit sous ses ordres, il multiplie les coups de main contre l'armée française, donnant l'impression à son adversaire qu'il a affaire à des forces importantes. Ce qui ne l'empêche pas, dans le même temps, de mettre l'accent sur l'implantation politique. Toujours à la tête de 328


KRI ses combattants, il est encerclé le 18 janvier 1955 avec une escorte de dix-huit hommes au douar Souadek par les parachutistes du. colonel Ducournau. n est abattu d'une rafale de mitraillette alors qu'il tentait de couvrir la retraite du groupe qu'il dirigeait. Sources: El Moudjahid, n° 39, avril 1959; H.M.,n° 2, « Qui dirige l'insurrection? » ; Boudiaf; Harbi (I) : S. Chikh ; entretien avec M.Maroc.

HABACHI ABDESLEM Membre de l'o.s. (1947);

membre du

«

groupe des 22

JO

(1954).

Né à Constantine, Abdeslem Habachi, membre de l'o.s. participe à la constitution du « groupe des 22 » à l'origine de l'insurrection. Toutefois il ne participe pas aux opérations du 1er novembre 1954. n rejoint le F.L.N. et est arrêté en 1955. Sources: Boudiaf in El Jarida, n° 15, novembre-décembre 1974; «La 1ernovembre; Courrière (I) ; Lebjaoui (I).

KRIM BELKACEM

préparation du

(1922-1970)

Responsable P.P.A.-M.T.L.D. Kabylie (1950) ; membre C.E.E.F.L.N.(1956) ; ministre Forces armées G.P.R.A.(1958) ; ministre Affaires étrangères (1960), de J'Intérieur (1961).

Né le 14 décembre 1922 au douar Aït Yahia ou Moussa, près de Dra-EIMizan, Krim Belkacem est le fils d'un garde champêtre, Hocine Krim. n fréquente l'école Sarrouy à Alger et y obtient son certificat d'études. Le 21 août 1942, il s'engage aux chantiers de jeunesse à Laghouat, et entre dans l'armée en devançant l'appel de sa classe, le 1erjuillet 1943. Le 26 novembre 1944, il est nommé~poral-chef au premier régiment de tirailleurs algériens. Démobilisé le 4 octobre 1945, il revient vivre à Dra-EI-Mizan où il occupe le poste de secrétaire auxiliaire de la commune. n adhère au P.P.A. et au début de l'année 1946 et implante des cellules clandestines dans douze douars autour de DraEI-Mizan qui comptent plusieurs centaines de militants et sympathisants. Accusé d'avoir tué un garde forestier; il est pourchassé et prend le maquis en 1947 (sous le pseudonyme de Si Rabah) avec Moh Nachid, Mohand Talah, Messaoud Ben Arab. Deux fois condamné à mort par les tribunaux. français en 1947 et 1950, il devient responsable du P.P.A.-M.T.L.D.pour toute la Kabylie et à la tête des 22 maquisards qui composent son état-major et multiplie les contacts directs avec les militants et la population. Son plus proche collaborateur est Omar Ouamrane. Dans la crise du M.T.L.D.,il décide les cadres de Kabylie à soutenir le point de vue de Messali contre le Comité Central tout en prônant la lutte armée. Le 9 juin 1954, Krim rencontre à Alger Ben Boulaïd, puis Boudiaf et Didouche, qui parviennent à le convaincre de la nécessité d'une troisième force. n ne rompt pas pour autant avec les messalistes, puisque deux de ses représentants (Ali Zamoum et Aït Abdesslam) participent en juillet 1954 au congrès d'Hornu. n passe un accord avec les cinq responsables du « groupe des 22 », rompt avec Messali en août 1954, sans tenir au courant les militants 329


LAM de son initiative. Devenu le sixième membre de la direction intérieure du F.L.N. (<<les six chefs historiques »), Krim est le responsable de la zone de Kabylie au moment du déclenchement de l'insurrection, le 1er novembre 1954. Il entre au C.ij.E. au lendemain du congrès de la Soummam en 1956 et domine le F.L.N.-A.L.N. en 1958-1959 comme vice-président duG.P.R.A. et ministre des Forces armées. Krim, qui a quitté l'Algérie après «la bataille d'Alger », est alors allié à Ben Tobbal et Boussouf contre Abane. Vice-président du Conseil et ministre des Forces armées du G.P.R.A. (1958), ministre des Affaires étrangères (1960), de l'Intérieur (1961), son rôle militaire et politique est en fait déclinant, lorsqu'il entame les négociations avec la France, à Évian. Dès l'indépendance de l'Algérie, il désapprouve la politique de Ben Bella, se retrouve écarté de la vie politique et se consacre aux affaires. Après le coup d'État du 19 juin 1965, il repasse dans l'opposition. Accusé d'avoir organisé un attentat contre le colonel Boumedienne, il est condamné à mort par contumace. Krim Belkacem est découvert assassiné, en octobre 1970, dans une chambre d'hôtel à Francfort. Réhabilité à titre posthume, Krim Belkacem est enterré au « Carré des Martyrs» le 24 octobre 1984. Sources: Centre d'information et de coordination pour la défense des libertés et de.la paix. Témoignages et documents sur la guerre d'Algérie: n06, juillet 1958 : « Je suis un maquisard» par Krim Belkacem; El Moudjahid, n° 24, 29 mai 1958: «Interview de Krim»; n° 30, 10 octobre 1958 : « Aux soldats de l'A.L.N. » ; Le Monde, 20 septembre 1958 : « La composition du gouvernement algérien libre» ;10 août 1962 : « Bref annuaire politique de la direction politique du F.L.N. » par J. Lacouture; La Voix du Peuple, février 1955 : « Lettre du patriote Krim Be1kacem»; H.M. n° 4: «L'heure de Krim Belkacem»; El Moudjahid, 24 octobre 1984: « Aux côtés de leurs frères d'armes» ; Mémoires Aït Ahmed; Hamdani (annexes, lettres de Krim, document 4, 5, 6) ; Courrière (I et IV) ; Duchemin; Aron; TheissetRatte ; Droz et Lever; S. Chikh.

LAMOUDIABDELKADER Membre

«

groupe des 22» (1954).

Né dans le Constantinois, Abdelkader Lamoudi est un des représentants du Sud-Constantinois dans la réunion de constitution du « groupe des 22 ». Toutefois, il ne participe pas aux opérations du 1er novembre 1954. Sources:

Boudiaf ; Courrière (I) ; Lebjaoui (I) ; Quandt.

MECHATI

MOHAMMED

Responsable Constantine o.s. (1947) ; membre direction Fédération de France F.L.N. (1955).

«groupe

des 22»

(1954);

membre

Né à Constantine, Mohammed Mechati accomplit son service militaire dans les Transmissions. Cette formation militaire lui vaut d'être versé dans l'o.s. où il occupe des responsabilités à Constantine. A la suite du démantèlement de l'Organisation spéciale, en 1950, il se réfugie près d'Alma (Boudouaou). Il prend position. pour le courant activiste dans la crise du M.T.LD., mais récuse dans le « groupe des 22 )) :ladirection désignée. Selon son témoignage, cité. par M. Harbi, « désirant rester à égale distance entre messalistes et centralistes, il craignait en fait que l'organisation ne soit livrée aux 330


sou centralistes ». Il devient membre de la direction du F.L.N. en France en 1955, dans sa branche politique. Mohammed Mechati dirige la Fédération de Constantine du F.L.N. après l'indépendance (1962-1963), puis- devient consul d'Algérie en Tunisie et en Suisse. Sources: Témoignage Mechati in Harbi (II) ; Boudiaf ; Lebjaoui (I).

MELLAH

SLIMANE

dit «RACHID»

Membre du« groupe des 22 ».

Né à Constantine, Slimane Mellah adhère au P.P.A.-M.T.L.D. à la fin des années quarante.. Il participe, pour le Constantinois, à la réunion du « groupe des 22 », s'en sépare et meurt au maquis après le 1er novembre 1954. Sources:

Boudiaf in. El Jarida ; Lebjaoui (I) ; entretien avec dès militants algériens.

MERZOUGUIMOHAMMED Membre

«

groupe des 22»

(1954).

Né à Belcourt vers 1926, Mohammed Merzougui, employé, participe selon M. Lebjaoui à un Comité des Partisans. pour l'Union qui devait rassembler le R.P.A., les Oulémas, le P.C.A. Militant du M.T.L.D., il fait partie du « groupe des 22» qui décide l'insurrection. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, il dirige le groupe d'Alger qui a pour objectif de poser des bombes dans les locaux de Radio-Algérie. Ce groupe est composé de Abdelkader Chaal, Abderrahmane Toudjine, Madani Abassi, Omar Boutouche, Mohammed Belimane. Arrêté peu après et libéré en 1962, M. Merzougui devient membre du Comité Central du F.L.N. le 23 avril 1964, délégué de la Fédération d'Alger et député le 20 septembre 1964. Sources: A.A,N. 1964; interview O. Belouizdad in Révolution Africaine, n° 40; 2 novembre 1963 :M. Boudiaf in El Jarida ; Fond I.H.T.P.; Courrière (I) ; Lebjaoui (I) ; Saadi.

SOUIDANI

BOUDJEMAA

(1922-1956)

Responsable o.s. Skikda (1947) ; membre« groupe des 22 ».

Né le 22 janvier 1922 à Guelma, Boudjemaa Souidani, garçon de courses puis typographe, adhère très jeune au P:P.A.. Échappant aux massacres qui frappent une partie de la jeunesse algérienne de Guelma en mai 1945, il devient responsable de l'o.s. pour la région de Philippeville (Skikda) en 1947. Il est muté dans l'Oranie à la suite de la découverte par les gendarmes français d'une camionnette remplie d'explosifs à l'entrée d'EI-Harrach. C'est à son domicile, dans les faubourgs d'Oran, qu'est mis au point, sous la direction d'Aït Ahmed, l'organisation du hold-up de la poste d'Oran auquel il participe en 1949. Après le démantèlement de l'o.s. par la police en 1950, il se réfugie auprès de M. Mechati dans les collines près de l'Alma (Boudouaou) à une quaran331


ZIG taine de kilomètres à l'est d'Alger. Encerclé, il tue le commissaire Culet de Blida, vit dans la clandestinité comme ouvrier agricole dans une ferme près de Boufarik. Il devient membre du « groupe des 22 », adjoint de Rabah Bitat pour la zone algéroise. Responsable des maquis de Chrea en 1955, il est tué par des gendarmes français le 16 avril 1956. Sources: Mémoires Aït Ahmed; Courrière (I) ; Harbi (I) ; Lebjaoui (I) ; Merle; Y. Saadi.

ZIGHOUD YOUSSEF (1921-1956) Conseiller municipal M.T.L.D.Condé-Smendou (1947) ; membre du

«

groupe des 22

»

(1954) ; responsable wilaya II (1955) ; membre du c.N.R.A.responsable wilaya II (1955) ; membre du C.N.RA (1956).

Né en 1921 à Condé-Smendou, Zighoud Youssef, fils de paysans, ouvre un atelier de forgeron-menuisier en 1945 dans son village natal. Il adhère au P.P.A.-M.T.L.D.et devient conseiller municipal de Condé-Smendou, responsable des élus du deuxième collège. Il héberge dès 1948 les clandestins de l'o.s. Découvert et incarcéré en 1950, avec Benaouda, Slimane et Abdelbaqi, il s'évade de la prison de Bône (Annaba) en 1952, où il se trouvait en détention préventive. Il se réfugie dans la clandestinité, adhère aux thèses du C.R.U.A., est membre du «groupe des 22». Il dirige, sous les ordres de Didouche Mourad, la région Guelma-ville, Constantine, Phileppeville, EI-Harrach, Condé-Smendou. Responsable de cette zone du Nord-Constantinois, il succède en 1955 à Didouche Mourad mort au combat. Il convoque une « conférence générale» de la wilaya II du 25 juin au 1erjuillet 1955, où est décidé le soulèvement du 20 août dans le Constantinois. Zighoud Youssef est élu membre du C.N.R.A.en août 1956 et est tué un mois après, les armes à la main, par les troupes françaises. Sources: El Moudjahid, n° 9, 20 août 1957 : « Zighoud Youssef, tacticien de grande valeur» ; H.M., n° 13, « Les chefs de la wilaya Il » ; S. Chikh ; biographie in Courrière (I) ; Hamdani ; Harbi (II) ; Téguia.

332


CHAPITRE

IV

INFLUENCES, PASSAGES CONFRONTATIONS

LE P.P .A.-M. T.L.D. ET LES AUTRES COURANTS POLITIQUES ALGÉRIENS


ITINÉRAIRES DE DIRIGEANTS DES COURANTS OULÉMAS, U.D.M.A., ÉLUS, P.C.A.

ABBAS FERHA T ABOU EL YKDAN AÏD MOHAMMED BEN BADIS ABDELHAMID BENDJELLOUL MOHAMMED BOU AH LI LARBI BOUKHORT BEN ALI BOUMENDJEL AHMED BOUMENDJEL ALI BOURAS MOHAMED CHERIF MAHMOUD FARÈS ABDERRAHMANE FOUDIL OURTILANI

FRANCIS AHMED HADJ ALI BACHIR HADJÈRES SADEK IBRAHIMI BACHIR KAÏD AHMED KHALFA BOUALEM KHEIREDINE CHEIKH LAMOUDI LAMINE MADANI TAWFIQ MOUBAREK MILl OKBI TA YEB OUZEGANE AMAR

335


ABBAS FERHAT Dirigeant U.D.M.A.; président du 1er G.P.R.A. (1958).

Né en 1899 à Taher dans le Constantinois, Ferhat Abbas, fils de caïd, est le promoteur en 1924 de l'Association des Étudiants Musulmans d'Afrique du Nord qu'il préside durant quatre ans de 1927 à 1931. Docteur en pharmacie, il s'établit à Sétif, devient conseiller général, conseiller municipal, délégué financier. Dans le même temps, il participe activement au mouvement Jeune Algérien et est l'auteur de la célèbre formule, « je ne mourrai pas pour la patrie algérienne, parce que cette patrie n'existe pas. Je ne l'ai pa3 découverte ». (L'Entente, 23 février 1936). Engagé volontaire en 1939, il s'éloigne pendant la guerre des positions assimilationnistes I et rédige en 1943 le Manifeste du Peuple Algérien, qui donnera naissance a lX A.M.L. Arrf:té quelque temps au lendemain des événements de mai 1945, il fonde l'Union Démocratique du Manifeste Algérien (U.D.M.A.) en 1946. F. Abbas est élu il la seconde Assemblée constituante (1946), puis à l'Assemblée algérienne (1948). Se qualifiant de nationaliste modéré, il participe en 1955 à une rencontre avec J. Soustelle, puis, déçu par l'immobilisme politique, se rallie au F.L.N. en 1955. Il gagne le Caire le 22 avril 1956. Membre du C.N.R.A. dès le 20 août 1956, membre du C.E.E. depuis le congrès d'août 1957, F. Abbas préside le G.P.R.A. de septembre 1958 à août 1961. Partisan de la position « le F.L.N., seul interlocuteur valable », il lance en 1961 à l'adresse de Messali Hadj: « Messali Hadj est en France. Il a beaucoup d'amis dans la police française. S'il veut négocier, il peut le faire. » Élu au lendemain de l'indépendance président de l'Assemblée ConstiJuante, il démissionne en août 1963 pour protester contre le rôle excessif que

s'arroge le

F.L.N.

dans l'élaboration de la Constitution. Il est mis en résidence

surveillée et libéré en 1965. Retiré de la vie politique, il est, avec Ben Khedda, Lahouel et Kheiredine, l'auteur. d'un texte contre le régime de H. Boumedienne en mars 1976. F. Abbas fait paraître la suite de ses mémoires, Autopsie d'une guerre, en 1980. Il est décoré le mardi 30 octobre 1984 de la médaille de résistant dans sa

337


ADO villa du quartier de Kouba à Alger au moment où il publie l' lftdépendance confisquée. Sources: F. Abbas: Jeune Algérien (1931) ; La Nuit coloniale (1962) ; Autopsie d'une guerre (1980) ; A. Naroun: F. Abbas, éd. Denoè!1(1961) ; J. Lacouture: Cinq Hommes et la France, Seuil (1961) ; Courrière (I) : « Mémoire à Pétain », in Kaddache (II), p. 608-609 ; El Moudjahid, 29 octobre 1984 : « Les Moudjahidine à l'honneur. »

ABOU EL YKDAN HADJ BRAHIM Directeur El Ouma

mozabite (1935).

Né dans le Mzab, Abou El Ykdan joue un rôle important dans la Nahda mouvement politico-littéraire qui se développe à la fin de la Première Guerre mondiale. Avec Mufdi Zakaria, il crée une bibliothèque, El Istiqama, pour accélérer la diffusion de la culture arabe permettant le développement du nationalisme. Il participe au lancement des premières revues et recueils poétiques allant dans ce sens. Directeur du journal El Ouma mozabite, Abou El Ykdan a une petite imprimerie à Alger, située dans les tournants de la rue Rovigo, et aide les militants de l'E.N.A. à sortir tracts, papillons, brochures. Partageant les idées des Oulémas, sa publication est interdite en mai .1938. Il cherche à faire paraître la revue Al Ferkan. Messali, alors détenu à MaisonCarrée, promet le concours financier du P.P.A. Sources: Archives Aix, Rapport 11 février 1938 ; Kaddache (I).

Ghardaïa

8 février 1936; Larghouat,

23 avril 1936; Alger,

AÏD MOHAMMED Dirigeant Association Oulémas d'Algérie (1930).

Mohammed El Aïd fait ses études à Biskra puis à Tunis. Proche de El Okbi, il le suit à Alger où il s'installe à partir de 1929, comme instituteur à la médersa de la Chabiba. Il est, pour M. Kaddache, « le poète de l'équipe» qui s'agrégea autour de Ben Badis dans les années 1930. Sources: Kaddache(I) ; A. Merad.

BEN BADIS ABDELHAMID Fondateur Al Muntaqid

(1889-1940)

(1925) ; principal dirigeant des Oulémas d'Algérie.

Né à Constantine en 1889, Abdelhamid Ben Badis appartient à une célèbre famille patricienne tôt ralliée à la France. Son père, délégué financier et membre du Conseil supérieur, était bachaga et grand dignitaire de la Légion d'honneur. Après qu'il eut achevé ses études à la Zitouna de Tunis, il ouvre en 1911 une école à la Mosquée Verte de Constantine. En 1914, A. Ben Badis accomplit un pèlerinage, à la Mecque, visite les grandes villes d'Orient et choisit de vivre à Tunis durant toute la Première Guerre mondiale. Converti par ses premiers maîtres à l'Islah, pénétré de l'influence réformiste et nationaliste de la Zitouna, son prestige de dirigeant de l'Association 338


BOU des Oulémas est déjà très grand lorsqu'il lance en 1925 Al Muntaqid « journal national indépendant, agissant pour le bonheur du peuple algérien avec l'aide de la France démocratique». Partisan de « la sauvegarde de la nationalité algérienne», la revue est interdite et remplacée par Al Chihab (novembre 1925), journal publié régulièrement jusqu'en 1939. L'action politique la plus manifeste de Cheikh Ben Badis réside dans son appel à l'union sous le signe de l'Islam, de « la nationalité », de l'arabisme. A côté de la formule «Instruisez-vous», c'est celle d'« Unissez-vous» que Ben Badis emploie le plus. A. Ben Badis participe au Congrès Musulman Algérien en 1936, se montre de plus en plus réservé sur le cours politique suivi, pour finalement rompre. Lorsqu'il meurt en 1940, son prestige et son influence rayonnent dans l'Algérie tout entière. Pour C.R. Ageron, « il est pour ses fidèles l'Imam du siècle» . Sources:

Archives Aix, 9 H 18, 9 H 24, Ageron (I) ; Kaddache (I) ; A. Merad.

BENDJELLOUL

MOHAMMED

Dirigeant de la Fédération des Élus; délégué à l'Assemblée consultative de 1943 à 1945; député à la première Constituante (1945-46) ; conseiller à la République en 1946 ; député à l'Assemblée nationale de 1951 à 1955.

Né en 1896 à Constantine, Mohammed Bendjelloul, après des études accomplies à Paris, devient médecin fonctionnaire en 1924. En 1931, après une campagne contre « les candidats vendus à l'administration », il est élu au Conseil général de Constantine, contre le délégué financier Ben Badis (qui occupera un poste de conseiller du commerce extérieur de la France). Pour étendre sa popularité et asseoir son action politique, le docteur Bendjelloul s'appuie sur le journal La Voix indigène. Il réussit, en 1933, à prendre la tête de la Fédération des Élus. Il déclenche en 1933 la première démission collective d'élus musulmans, à la suite du refus du gouvernement français de recevoir une délégation d'élus. Présent à Paris à la veille de la formation du Front populaire, il est hué à Paris, le 18 mars 1936, par les militants de l'E.NA qui le jugent favorable à la France. En retrait au moment de la formation du Congrès Musulman, le docteur Bendjelloul tente de mettre sur pied en juillet 1938 un nouveau Congrès Musulman qu'il baptise Rassemblement franco-musulman algérien. Pour C.R. Ageron, «son étoile baissait, et il ne retrouva jamais sa popularité antérieure. Sans doute n'avait-il pas les qualités d'organisateur qui eussent fait de lui un chef de parti». Député à l'Assemblée nationale après le 1er novembre 1954, il est membre du « groupe des 61 » qui ont appuyé le F.L.N. Sources: Ageron (I); Kaddache (I, II); Bouveresse in Recherches mars 1984 (notice Ben Badis) ; A. Merad ; indication Pervillé.

BOUHAHLI

biographies Algérie,

n° 1,

LARDI

Secrétaire général du p.e.A. (1947).

Né en 1912 à El Kantara,

Larbi Bouahli est issu d'une famille de petits 339


BOU paysans. Il participe au congrès de constitution du p.e.A. en 1936 et est élu l'année suivante au Comité Central. Interné dès l'ouverture de la Seconde Guerre mondiale, en septembre 1939, il est libéré en juin 1943 et accède au secrétariat du p.e.A. au moment où se forment les A.M.L., qu'il refuse de soutenir. Sous son impulsion, se crée Les Amis de la démocratie en septembre 1944. Secrétaire général du p.e.A. en 1947, poste qu'il occupera jusqu'en 1962, il se montre en désaccord avec le cours politique suivi par le P.P.A. et déclare dans Démocratie nouvelle de juillet 1947 : « Partisan d'une Constituante algérienne souveraine, le P.P.A. condamne tous les projets de statut en présence et les accuse d'être, à des degrés différents, des instruments tendant à perpétuer la domination impérialiste. En d'autres termes, c'est la politique du tout ou rien. Cela dénote un manque total de réalisme. )) Larbi Bouahli est le responsable de la délégation extérieure du P.e.A. pendant la guerre d'Algérie. Sources .. Démocratie I!I) ; Téguia.

nouvelle,

Cahiers du Communisme,

déposés au C.E.R.M.T.R.!.; Alleg (II,

BOUKHORT BEN ALI (1904-1983) Délégué E.NA Congrès Ligue anti-impérialiste (1929) ; secrétaire général p.e.A. (1936) ; membre U.D.MA (1947).

Né le 9 février 1904 à Renault, Ben Ali Boukhort est l'aîné d'une famille de dix enfants. Il fréquente l'école primaire de Mazouna, puis un cours complémentaire à Tlemcen. Au cours d'une réunion organisée à Tlemcen en 1924 il est, selon Nora Benallègue qui rapporte ses propos, « touché par le langage anticolonialiste et anti-impérialiste des orateurs, dont notamment Mazoyer, militant communiste et syndicaliste unitaire )). Il accomplit son service militaire de 1925 à 1927 en Algérie, se rend ensuite en France où il est embauché comme ouvrier dans une mine de fer à Mancieules. Là, dans l'Est de la France, il est recruté à l'E.N.A. en 1927, selon les Mémoires de Messali, et adhère en même temps au p.e.F. Il accède rapidement à des responsabilités puisqu'il est le représentant de l'E.N.A. aux travaux du deuxième congrès mondial de la Ligue an ti-impérialiste à Francfort-sur-Ie-Mein du 20 au 27 juillet 1929. Dans son manuscrit inédit, Le Nationalisme algérien entredeux-guerres, il dresse un réquisitoire accablant contre la délégation française présente au congrès: «La délégation de l'E.N.A. n'était constituée que par moi-même. Le plus sympt<.:natique, c'était le manque d'intérêt que m'accordait la délégation française, qui ne prenait même pas la peine d'entrer en contact avec moi. )) De retour en Algérie en 1930, il revient en France en 1931, est désigné membre de la Section Centrale Coloniale du p.e.F. Guillet 1932), responsable de l'intervention parmi les travailleurs nord-africains. Il est ensuite envoyé par le p.e.F. à l'université de Moscou, «Université d'Orient )), de 1932 à 1934. Il s'installe en Algérie, écrit dans La Lutte sociale, sous le pseudonyme d'El Mounadi. Ben Ali Boukhort est arrêté le 29 septembre 1934 à Alger et incarcéré quatre mois à la prison de Barberousse. Il passe devant le Conseil du Gouvernement le 18 janvier 1935, qui le condamne à « la mise en surveil340


BOU

lance spéciale à Beni-Abbès à compter du 29 septembre pour une période de deux ans ». Souffrant de tuberculose, il arrive le 2 février 1935 à Beni-Abbès. Libéré le 20 mai 1936 au moment de l'avènement du Front populaire, il participe au Congrès Musulman. Responsable du P.C.A; nouvellement constitué, il se prononce clairement pour le projet Blum-Violette, et contre les positions de l'E.N.A.-P.P.A. Il écrit dans ce sens dans La Lutte sociale du 14 août 1937 : « La réalisation du projet Violette est le seul vœu du peuple (.u). Différer en cela, c'est nous acculer à la déception, au désespoir, à l'isolement; c'est préparer le terrain aux fauteurs de troubles du P.P.F., du P.S.F., du P.P.A. ; c'est faire le jeu du fascisme. C'est se détourner de la vraie route du Front populaire. » Ben Ali Boukhort est élu aux élections cantonales de mai 1937, grâce au patronage du Congrès Musulman. A la suite de la signature du pacte germano-soviétique, il démissionne du P.C.A. en 1939. Il se rapproche du P.P.A. pendant la guerre, en collaborant à la rédaction de l'Action Algérienne, lancée en février 1944 par M. Taleb. Emprisonné peu après, il se trouve au moment des événements de mai 1945 en détention au fort de Bouzareah avec H. Lahouel, M. Khider, A. Mashas, M. Taleb. Libéré, il est membre de l'U.D.M.A.en 1947. Il s'occupe de la formation dans le M.N.A. après 1954. Sources: S.L-O.T.F.o.M.-Sériè 3-Carton 45 ; Archives Aix, 9 H 57, (( Dossier Ben Ali Boukhort » ; manuscrit inédit de Ben Ali Boukhort, « Le nationalisme algérien entre-deux-guerres », in KacJMahsas; dache (I); Mathlouti; Mémoires de Messali, Cahier n° 7; Ageron (I); Jurquet; Sivan : interview Ouzeganc par Planche et Taleb-Bendiab ; article Nora Bennalègue.

BOUMENDJEL

AHMED

Président A.E.MAF. (1934-1935) membre C.N.R.A. (1957).

; avocat de Messali (1938) ; dirigeant U.D.MA (1946) ;

Né le 22 avril 1906 à Beni-Yenni, Ahmed Boumendjel, fils d'instituteur, devient lui-même instituteur. Il se rend à Paris dans l'été 1926 pour un «voyage de promotion» après la troisième année d'École normale en Algérie, et y rencontre Messali. Dans son témoignage, cité par H. Alleg, il déclare à ce propos: «Pour moi, c'était un grand jour (u.). Nous avions entre 18 et 20 ans, et nous nous trouvions en face d'un homme qui s'était emparé du problème colonial sous son angle le plus normal: il n'y avait aucune raison pour que l'Algérien ne soit pas un militant, qu'il ne se réclame pas de son passé, de sa civilisation. » Il revient en France, étudie le droit en gagnant sa vie comme maître d'internat, et devient l'avocat de Messali en 1938. Dirigeant des A.M.L.-enJ943-1944, il quitte le P.P.A. et se retrouve secrétaire général de l'U.D.M.A., puis conseiller de l'Union Française (1951). Ami du peintre Jean Atlan, il fréquente les milieux intellectuels de la capitale française, écrit dans la revue Esprit où il dénonce:;les trucages de l'administration française lors des différents scrutins d'Algérie. Après le déclenchement de l'insurrection, A. Boumendjel écrit occasionnellement dans L'Express, où il participe à un débat avec A. Camus. Il s'engage activement dans la Fédération de France du F.L.N. lorsqu'il apprend que son frère Ali est mort, très probablement à la suite de tortures subies. Membre du C.N.R.A.à partir de 1957,il participe aux contacts de Melun et à la première Conférence d'Évian (mai 1961). A l'indépendance de l'Algérie, un 341


BOU

poste de ministre de la Reconstruction. et des Travaux publics lui est offert en 1962 et confirmé en 1963. Sources: A.A.N. 1%2, 1963 ; interview France-Observateur, 21 février 1963 ; témoignage 'inAlleg (I) ; H.M. n° 96, art. A.P. Lentin « Conversations et sympathies» ; Harbi (II) ; 'Kaddache (II) ; indication PervilIé.

BOUMENDJEL ALI (1919-1957) Avocat à la Cour d'appel d'Alger; membre de l'U.D.M.A. (1946), militant du F.L.N. (1955), assassiné sous la torture le 23 mars 1957.

Né le 23 mai 1919 à Ighil Izane, Ali Boumendjel est le fils d'un instituteur sorti de l'école normale de Bouzareàh. Après avoir obtenu brillamment son baccalauréat, malgré un penchant réel pour la médecine, il opte pour les études de droit plus courtes afin de ne plus être à la charge de. son père et de sa famille modeste. Il s'intéresse à la politique au moment de l'avènement du Front populaire et prend à ce moment connaissance

de l'activité de l'E.N.A. .

Considéré par l'administration coloniale comme un élément daQ.gereux (son nom est signalé de rouge), il n'accomplit pas son service militaire. Membre du courant des A.M.L., il adhère après la guerre à l'U.D.MA et devient l'un des rédacteurs du journal L'Égalité. Avocat, il reste en même temps en contact avec Messali Hadj. Ali Boumendjel est l'un des fondateurs du Conseil Mondial de la Paix avec F. Joliot-Curie, C. Tillon, Y. Farge. Au congrès du C.M.P. qui se tient salle Pleyel en avril 1949, son intervention sur la situation de l'Algérie, sa dénonciation de l'ordre colonial, soulèvent l'enthousiasme. Partisan d'une dynamique unitaire dans le mouvement nationaliste algérien, il rejoint très tôt le F.L.N. et se met à la disposition d'Abbane Ramdane dont il est l'un des conseillers techniques et responsable du collectif des avocats. A. Boumendjel est arrêté le 8 février 1957 à Belcourt. En dépit de nombreuses démarches entreprises auprès de nombreuses personnalités françaises, du Garde des Sceaux de l'époque, F. Mitterrand, pour qu'il soit remis à une juridiction civile, l'avocat algérien reste entre les mains des militaires. Selon des sources familiales et des militants algériens, « il est mis au secret, torturé pendant 43 jours dans des services d'unités parachutistes placés sous la responsabilité des colonels Bigeard, Jean-Pierre et Erulin ». Dans ces conditions, faut-il considérer comme acceptable la thèse de son '$uicide par défenestration? Le seul témoin qui a accrédité cette thèse officielle ne se trouvait pas en face du lieu de détention, mais sur le côté. et en retrait de la place d'au moins 150 mètres... A. Boumendjel est en fait mort sous la torture le 23 mars 1957. Sa mise en terre, qui se déroule sous le contrôle des parachutistes, dure un quart d'heure (au défi de la coutume musulmane) le 26 mars 1957 au cimetière Sidi M'Hammed à Belcourt. Apprenant sa mort, R. Capitant, qui avait été son professeur de droit à Alger, suspend ses cours à la Sorbonne. Sources:

342

Entretien avec la famille d'Ali Boumendjel ; AIleg (II) ; Hamon et Rotman.


FAR

DOUKAS MOHAMED (1908-1941) Fondateur

des Scouts Musulmans Algériens.

Né en 1908 au quartier des « Anassers » à Miliana, Mohamed Bouras fréquente la médersa El Falah et poursuit dans le même temps des études au collège français de Miliana. En 1926, il s'installe à Alger, y occupe un emploi de secrétaire-dactylographe à l'Inspection maritime. Il adhère au cercle El Taraki, adopte les principes du cheikh Ben Badis et participe à diverses manifestations c()ntre l'interdiction de prêcher dans les mosquées décidée en 1933. A la suite d'un bref séjour en Europe où il s'intéresse à l'organisation des mouvements scouts, il prépare les statuts des Scouts Musulmans Alg~riens en 1935, qui voient le jour en 1936. Après avoir milité quelques m()isà Alger à l'E.NA, il rejoint le Congrès Musulman dont il devient le responsable des « Jeunesses ». Arrêté le 3 mai 1941 sous le motif d'espionnage au profit de l'Allemagne, M. Bouras est condamné à mort et exécuté le 27 mai 1941 par les autorités françaises. Sources: Algérie-Actualités, n° 971 : «Mohamed Bouras, un bel exemple pour toUS» ; Kaddache (II) ; Mémoires Aït Ahmed.

CHERIF MAHMOUD Membre direction U.D.M.A.; membre du , C.e.E. F.L.N. (1957).

Né en 1914 à Tébessa, Mahmoud Cherif, issu d'un milieu paysan aisé, est lieutenant de carrière lorsqu'il participe à la guerre 1939-1945. Il est alors l'un des plus jeunes officiers de l'armée française. M. Cherif démissionne de l'armée après les événements de mai 1945 dans le Constantinois, rejoint l'U.D.M.A. et devient membre de sa direction. Agriculteur dans la région de Tébessa, il monte au maquis en qualité de simple combattant. Il accède rapidement à des responsabilités, dirigeant d'abord un commando, puis la zone des Nementchas qu'il connaît bien puisqu'il en est originaire. Il est blessé au maquis. Après la mort de M. Ben Boulaïd, il est désigné pour prendre le commandement de la wilaya I (Aurès-Nementchas). Élu membre du C.E.E.en 1957, il est en 1958 responsable des Finances du F.L.N. avant que le G.P.R.A. ne le nomme comme ministre de l'Armement et du Ravitaillement. Responsable de l'acheminement des armes envers les différentes wilayas, il assume un rôle important dans la direction des troupes stationnées à la frontière tunisienne et dispose d'un grand pouvoir sur les possibilités d'action des maquis de l'intérieur. Sources: Duchemin; Droz et Lever; Hamdani ; Harbi (III).

FARÈS ADDERKAHMANE Député S.F.I.O. ; président Exécutif provisoire (1962).

Né en 1911 à Akbou dans une modeste famille de Kabylie, il obtient une bourse pour accomplir ses études secondaires, mène des études de droit à

343


FOU Alger et devient le premier notaire musulman en Algérie. Installé à Koléa où il dirige une étude de notaire, il fréquente les milieux proches de la S.F.I.O., siège au Conseil général d'Alger, à la première Assemblée constituante en 1946. Il dispute bientôt au délégué de Relizane, le docteur A. Francis, adjoint de F. Abbas, le titre de meilleur spécialiste musulman des affaires financières. Cette réputation lui vaut d'être élu, en avril 1953, président de l'Assemblée algérienne, et il exercera ses fonctions pendant deux ans. Quelques mois après le début de l'insurrection de novembre 1954, il veut encore croire « qu'il n'y ade bonheur pour un Algérien que dans l'intégration ». C'est au début de l'été 1955 qu'A. Farès commence à exprimer ses doutes sur le bienfondé de la politique de J. Soustelle et à prendre certains contacts avec les émissmres d'Abane Ramdane. Signataire de la « motion des 61 » après les événements de 20 août 1955, il est alors en contact avec le F.L.N. L'Assemblée algérienne dissoute, il quitte Koléa et s'installe à Paris. Consulté par le F.L.N., pressenti pour divers postes par le gouvernement français, il demeure en retrait. Son arrestation, le 5 novembre 1961, en même temps qu'elle révèle ses activités financières au service du F.L.N., le range définitivement aux yeux des. opinions publiques française et algérienne dans le camp des partisans de l'indépendance. Libéré au lendemain des accords d'Évian, M. Farès se voit confier, en mars 1962, la présidence de l'Exécutif provisoire algérien, c'est-à-dire la mission de négocier l'indépendance. Il parvient à un accord avec le principal dirigeant de l'O.A.S., Jean-Jacques Susini, pour mettre un terme aux violences. L'indépendance proclamée, A. Farès se met au service du Bureau Politique de Tlemcen et de M. Ben Bella à qui il remet, le 27 septembre 1962, les pouvoirs de l'Exécutif provisoire, parvenu au terme de sa mission. Il se retire ensuite de la vie politique pour se consacrer aux affaires. Il fait paraître un ouvrage, La Cruelle Vérité, en 1982. Sources: Farès ; Le Monde, septembre 1962, A. Pautard : « Un représentant de la bourgeoisie libérale» ; H.M.n° 14, « Le F.L.N.à huis-clos ».

FOUDIL OURTlLANI Dirigeant Association des Oulémas.

Né le 18 février 1906 au douar Beni-Ourtilane, commune mixte de Guergour, Foudil el Ourtilani s'impose comme dirigeant des Oulémas lors de la tournée qu'il accomplit en France en 1936. Au mois d'août 1936, avec A. Ben Badis, il fonde à Paris le C'!rcle de l'Éducation. Selon un rapport de police (Archives Aix) consacré à Foudil El Ourtilani, «ce groupement qui, aux termes des statuts », se proposait «de poursuivre l'éducation intellectuelle,. morale et sociale des Musulmans résidant dans la région parisienne », en usant de « tous les moyens propres à propager l'instruction générale, et notamment l'instruction arabe et religieuse, exerce dans les milieux musulmans une action panislamiste, critique la politique_de la France, et regroupe un assez grand nombre d'adhérents ». En 1945, Foudil El Ourtilani est le secrétaire général du Front de Défense de l'Afrique du Nord installé au Caire. Sources:

344

Archives Aix, 9 h 20; rapport 20/8/38 ; Ageron (I).


HAD

FRANCIS AHMED (1912-1968) Vice-président de l'A.E.M.A.F. (1934-1935) Finances G.P.R.A. (1958-1961).

dirigeant

U.D.M.A. (1946);

ministre des

Né à Relizane en 1912, Ahmed Francis fait la plus grande partie de ses études médicales à Paris, où il obtient son diplôme de médecin. Militant actif de l'A.E.M.A.N.,rentré en Algérie à la veille de 1939, il n'exerce guère sa profession de médecin, par vocation politique. Entraîné dans le courant politique de F. Abbas, il participe à la fondation des A.M.L.,se retrouve interné au lendemain des événements de mai 1945. Libéré, il est un des fondateurs de l'Union Démocratique du Manifeste Algérien (U.D.M.A.). Député, président des élus U.D.M.A.à l'Assemblée algérienne, A. Francis suit de très près la trajectoire de F. Abbas qui le conduit au F.L.N.En 1956, membre de la délégation extérieure du F.L.N., il voyage en Scandinavie et en Amérique latine. Élu au C.N.R.A.la même année, il est affecté au secrétariat permanent du Maghreb Uni en juin 1958 et, trois mois plus tard, devient, au sein du G.P.R.A., ministre des Affaires économiques et financières. En retrait, avec F. Abbas, en 1961, il revient aux affaires politiques en entrant au gouvernement du 27 septembre 1962 comme ministre des Finances. A Francis est décédé en 1968. Sources: A.A.N. 1962 ; Le Monde, septembre 1962 ; Alleg (Ill) ; Hamdani ; Lever et Droz ; indication Guy Pervillé.

HADJ ALI BACHIR Membre Bureau Politique P.C.A. (1949).

Né à Alger en 1920, fonctionnaire des P.T.T., Bachir Hadj Ali s'engage très tôt dans l'action politique. A l'âge de seize ans, pendant le Front populaire, il milite. dans les Jeunesses du Congrès Musulman. Mobilisé dans l'armée française en 1939, il adhère au P.C.A. au moment de la Libération, en 1945. Il gravit très rapidement les échelons des responsabilités: membre du Comité Central en 1947, du Bureau Politique en 1949. Après l'insurrection du 1er novembre 1954, Bachir Hadj Ali devient secrétaire du P.C.A. clandestin. Il publie Notre Peuple vaincra en 1961, L'Arbitraire en 1966, aux éditions de Minuit. Sources:

Bachir Hadj Ali (l, II).

HADJÈRES SADEK Militant P.P.A. (1944) ; membre Bureau Politique P.C.A. (1955).

Né en 1928 à Larbaa-Nath-Irathen, Sadek Hadjères est responsable des Scouts Musulmans Algériens de l'Est-Mitidja lorsqu'il adhère au P.P.A. en 1944. Il est membre de la cellule Ben Aknoun avec Aït Ahmed et Saïd Chibane, puis entame des études de médecine et devient l'un des animateurs de l'A.E.M.A.N.,d'abord au poste de trésorier, puis secrétaire général, enfin président en 1949. Au moment de la « crise berbériste », après avoir demandé la 345


mR convocation d'un congrès, il quitte le P.P.A.-M.T.L.D. et adhère au P.C.A. en 1950. Membre du Comité Central en 1952, du Bureau Politique en 1955, il conclut en' 1956 un accord avec Abane Ramdane qui permet le passage des « Combattants de la Libération» vers l'A.L.N. Responsable du P.C.A. clandestin pendant la guerre, condamné à vingt ans de travaux forcés par contumace, Sadek Hadjères est le premier secrétaire du Parti d'A vant-Garde Socialiste (P.A.G.S.). Sources: Brochure Rébellion et communisme, ministère de l'Algérie, janvier 1958: H.M. n° 19 ; Alleg (l, II, lll) ; Téguia ; indication G. Pervillé.

IBRAHIMI BACHIR (1889-1965) Dirigeant Association Oulémas d'Algérie.

Né à Bougie en 1889, Cheikh Bachir Al Ibrahimi se rend en 1912 en Orient pour poursuivre ses études et enseigner. Professeur à Damas, il rentre en Algérie en 1922, retourne quelques mois à Tunis, puis devient maître de l'enseignement libre à Sétif, où il commence à propager les principes du réformisme. Il s'agrège dès 1925 au groupe qui publie le Chihab. Vice-président de l'Association des Oulémas en 1931, il se fixe à Tlemcen pour diriger le mouvement dans l'Oranie. Principal adjoint de Ben Badis, il lui succède à sa mort en 1940. Professeur, prédicateur, journaliste, littérateur, il s'impose, comme le souligne C.R. Ageron, « comme l'un des maîtres du néo-classicisme arabe ». Sources: C.R. Ageron ; A. Merad.

KAÏD AHMED (1921-1978) (dit commandant SLIMANE) Membre direction U.D.M.A.

; membre

du C.N.RA

(1959).

Né le 17 mai 1921 à Tiaret, Kaïd Ahmed entreprend des études secondaires et devient instituteur. Il milite à l'U.D.M.A. dont il est le secrétaire à Tiaret. En 1951, il est élu conseiller municipal et adjoint au maire de Tiaret. Membre du Comité Central de l'U.D.M.A., il rejoint les maquis à la fin de l'année 1955. D'abord commissaire politique de la zone 8 de la wilaya V (Oran), il est en 1957 capitaine de cette zone et, en mai 1958, il se trouve au P.C. de la wilaya V en tant qu'adjoint du colonel Boumedienne. Nommé au C.N.R.A. en 1959, il l'art en Chine la même année avec O. Oussedik. En février 1960, Kaïd Ahmed assure le secrétariat pour l'ouest de l'État-Major Général (E.M.G.) de l'A.L.N. Il rejoint la Tunisie, y obtient un poste important à l'état-major de Ghardimaou où se trouve Boumedienne. Il participe à la première conférence d'Évian et obtient ensuite la responsabilité de la base de l'Ouest-Oujda (Maroc). Après la destitution de l'état-major de l'A.L.N. en 1962, il gagne l'intérieur, mais se fait arrêter à Constantine. R. Bitat se charge de le faire libérer, et il rejoint Ben Bella et Boumedienne à Tlemcen. En septembre 1962, il est élu député de Tiaret, en novembre président de la commission des Affaires étrangères à la Constituante. Le 18 septembre 1963, il est nommé ministre du 346


KHE Tourisme. Il démissionne le 31 juillet 1964 et rejoint son siège de député à l'Assemblée nationale. Porté au Conseil de la Révolution le 5 juillet 1965, Kaïd Ahmed devient ministre des Finances et du plan le 10 juillet 1965. Nommé responsable du F.L.N. le 7 mars 1968, il quitte les affaires publiques en 1973, s'opposant à la politique de H. Boumedienne. Sources: A.A.N. 1%2, 1%3, 1964, 1965, 1968 ; Le Monde, Slimane » ; Harbi (II).

KHALFA Rédacteur (1954).

septembre 1962 : « Le commandant

BOUALEM en chef Alger Républicain

(1948);

membre

Bureau

Politique du P.C.A.

Né en 1923 à Koléa, Boualem Khalfa sympathise tout d'abord avec le P.p.A.pendant la Seconde Guerre mondiale et s'engage sur une position nationaliste dans les Amis du Manifeste et de la Liberté en 1944.11 adhère ensuite au P.C.A., en 1947, et devient très rapidement rédacteur en chef d'Alger Républicain en 1948. Boualem Khalfa est membre du 'Bureau Poli" tique du P.C.A. et rédacteur en chef de Liberté lorsque se déclenche l'insurrection du 1er novembre 1954. Membre de la direction clandestine du P.C.A. après sa dissolution (septembre 1955), il est le responsable du réseau des Combattants pour l'Oranie. Ce réseau, chargé du ravitaillement des maquis F.L.N., était composé de Gabrielle Gimenez, ancien membre du Comité Central du P.C.A., responsable de l'organisation clandestine de ce parti en Oranie ; Salmeron Antoine, militant du P.C.A., responsable des groupes paramilitaires d'Oran; Boualem Mohammed, docker à Oran, membre du groupe Laban-Maillot, condamné à quinze ans de travaux forcés par le tribunal militaire d'Oran le 3 août 1957 ; Aline Larribère, institutrice à Oran, membre de PU.J.D.A., chargée de l'organisation des refuges et des collectes. Arrêté en 1957, condamné à vingt ans de travaux forcés, Boualem Khalfa s'évade de la prison de Caen en 1961 et dirige la Fédération de France du P.C.A. jusqu'en 1962. Sources:

Alleg (II, III) ; entretien avec des. militants algériens.

KHEIREDINE

CHEIKH

Dirigeant Oulémas.

Gros propriétaire de la région de Biskra et membre de l'Association des Oulémas, Cheikh Kheiredine participe en 1943 aux discussions préparatoires à la rédaction du Manifeste qui donnera naissance aux A.M.L. Représentant du F.L.N. à Rabat en 1956, il entre au C.N.R.A. en 1959. Cheikh Kheiredine est élu député (1962-1964) après l'indépendance de l'Algérie. Il lance en mars J976 avec Ben Khedda, F. Abbas et H. Lahouel un appel contre le régime de H. Boumedienne. Sourc'eS : Archives Aix, 9 H 20 ; Harbi (II) ; Kaddache (II).

347


LAM

LAMOUDI LAMINE Dirigeant Oulémas;

rédacteur en chef du journal La Défense.

Élève de médersa, jeune lettré, acquis à la cause réformiste, Lamine Lamoudi soutient Tayeb El Okbi à Biskra en 1924 dans la diffusion d'une doctrine interprétée comme une adaptation du wahabisme. Il est de 1931 à 1935 le secrétaire général de l'Association des Oulémas et de 1934 à 1939 le rédacteur en chef du journal La Défense. Actif partisan du Congrès Musulman et adversaire du P.P.A., Lamine Lamoudi porte les thèmes du réformisme et du nationalisme à la connaissance du public algérien de langue française. Sources: Archives Aix, 9 H 32 ; Ageron (I).

MADANI TAWFIQ (1899-1983) Dirigeant Association des Oulémas d'Algérie.

Né en 1899 à Tunis, de parents algériens, Tawfiq El Madani accomplit ses études à la Zitouna. Attiré par la politique, il connaît très jeune la prison (1915-1918). Il est en 1920 l'un des fondateurs du Parti Destourien, rédacteur en chef du journal Ifrikaya en 1921. Il est expulsé de Tunis le 6 juin 1925 pour ses activités nationalistes et la propagande déployée en faveur d'Abdelkrim. A son arrivée à Alger, il exploite, selon un rapport de police trouvé aux Archives d'Aix, « un fonds de commerce d'articles tunisiens. Son affaire périclite et il devient le mandataire de la fabrique de tabacs des frères Mouhroub ». Il rejoint le groupe du Chihab, fréquente assidûment le Cercle du Progrès, correspond avec les dirigeants du Destour et organise la liaison entre ces derniers et les Oulémas. En contact épistolaire avec C. Arslan, il dirige en 1936 une librairie spécialisée dans les journaux et revues du monde arabe. Membre de la société d'éducation El Kheira, lettré en français, son activité de publiciste est très importante, avec en particulier son Livre de l'Algérie (1932), œuvre polémique, et «histoire patriotique ». Secrétaire général de l'Association des Oulémas en 1952, rédacteur en chef d'El Bassair, il adhère au F.L.N. dès le début du soulèvement. Envoyé au Caire avec F. Abbas, A. Francis et Kiouane en avril 1956, il est membre de la Délégation ex~~rieure du F.L.N. et entretient de bons rapports avec la Ligue Arabe. Tawfiq El Madani est désigné membre du C.N.R.A. en 1956, ministre des Affaires culturelles dans le premier G.P.R.A. de septembre 1958. Après l'indépendance de l'Algérie, il est ministre des Habbous dans le gouvernement du 27 septembre 1962, puis ambassadeur d'Algérie en Irak et au Pakistan. Dix ans avant sa mort, intervenue le 18 octobre 1983, Tawfiq El Madani renonce à toute activité politique, se consacrant exclusivement à la rédaction d'une histoire de l'Algérie. Sources:

348

Archives Aix, 9 H 20 : A.A.N. ; Le Monde, 23 octobre 1983.


ouz MOUBAREK MILl (1897-1945)

.

Dirigeant Association Oulémas Algérie.

Né en 1897 à El Milia en Petite Kabylie, Moubarek Al Mili est l'élève de Ben Badis à Constantine. Après un séjour à Tunis, il s'établit comme enseignant libre à Laghouat. Il y ouvre une école dès 1927, compose la première histoire nationale de l'Algérie en langue arabe (Histoire de l'Algérie, de l'Antiquité à nos jours, deux volumes, 1928-1932). Proche de Ben Badis, il s'impose progressivement comme le penseur du groupe des Oulémas. Le cheikh Moubarek s'affirme comme un animateur religieux et culturel successivement à Laghouat, Mila, Constantine. Sources: Kaddache (I) ; A. Merad.

OKBI TAYEB (1888-1960) Dirigeant de l'Association des Oulémas

d'Algérie.

Né en 1888, Tayeb El Okbi est originaire de Kabbash, une petite localité de Amar Khaddoun (l'un des monts du Hodna). A six ans, il émigre avec sa famille au Hidjaz où il reçoit une formation religieuse à tendance wahabitè. Il rentre en Algérie en mars 1920, s'installe à Biskra où il entreprend d'enseigner le Coran et de diffuser la doctrine religieuse qu'il a reçue au Hidjaz, doctrine qui semble être une fidèle adaptation du wahabisme. En 1925, il entre en rapport avec Ben Badis, «mais beaucoup plus en allié qu'en disciple », comme le souligne M. Kaddache. Après des années d'entente, Tayeb El Okbi rompt avec le cheikh Ben Badis, n'ayant pas les mêmes conceptions que lui sur la façon de prêcher, d'envisager les facteurs politiques saisis dans le rapport à la religion. Sources: Ageron (I) ; Kaddache (I) ; A. Merad.

OUZEGANE AMAR (1910-1981) Secrétaire général région algérienne du P.C.F. (1934) ; membre du Comité Central du P.C.F. (1936) ; membre du Comité Central du F.L.N., ministre de l'Agriculture (1962).

Né le 7 mars 1910 à Alger, Amar Ouzegane appartient à une famille kabyle paysanne ruinée après l'insurrection de 1871 (plusieurs centaines d'hectares de terre confisqués). Il passe avec succès son certificat d'études, puis son brevet, commence des études coraniques. Il travaille dès l'âge de treize ans à L'Écho d'Alger comme vendeur de journaux à la criée, puis entre à la Poste d'Alger, devient télégraphiste. Il y crée une section des Jeunesses syndicalistes de la C.G.T.U. en 1926, adhère aux Jeunesses communistes en 1930. Remarqué par A. Ferrat, A. Ouzegane est promu en 1934 secrétaire de la région algérienne du P.C.F. en remplacement de Ben Ali Boukhort (arrêté fin septembre 1934). Rédacteur en chef de La Lutte sociale, délégué au VIle Congrès mondial du Komintern en juillet-août 1935, il est membre titulaire du Comité Central du P.C.F. au Congrès de Villeurbanne de janvier 1936, sur proposition d'A. Ferrat. 349


ouz .

Très hostile à l'E.N.A.et au P.P.A. avant et après la Seconde Guerre mondiale, il s'affronte physiquement en 1937 aux militants du P.P.A. venus lui

porter la contradiction au cours d'un meeting à Tlemcen. Élu conseiller municipal d'Alger en 1937, il se désolidarise du P.C.F. après la signature du pacte germano-soviétique, réadhère pendant la guerre et devient député communiste d'Alger en 1945. Il se heurte à la direction du P.C.A. et est exclu pour nationalisme en 1948. A Ouzegane adhère au début de l'année 1955 au F.L.N., contribue à la rédaction de la plate-forme politique du Congrès de la Soummam en 1956. Il est arrêté à Alger début janvier 1958, et emprisonné. Après l'indépendance, il est nommé ministre de l'Agriculture et de la Réforme agraire dans le gouvernement du 27 septembre 1962, ministre d'État le 18 septembre 1963, ministre du Tourisme le 2 décembre 1964. Directeur de Revolution Africaine le 1er septembre 1964, A. Ouzegane est relevé de ce poste le 21 août 1965 par le colonel Boumedienne. Il réside en A.lgérie jusqu'à sa mort, le 5 mars 1981. Sources: Archives Aix, 9 H 51 ; s.L.o.T.F.o.M.-Série 3"Carton 45, journal « Rouge-Midi », 27 août 1937 ; La Lutte ouvrière, janvier 1937 (C.E.R.M.T.R.L); interview Ouzegane par Planche et Taleb ; Alleg (I) ; Robrieux (IV) ; entretien avec A. Ferrat.

350


. . .

MÉTHODES

DE TRAVAIL

ARCHIVES

ET ENTRETIENS

INDEX


MĂŠthodes de travail Archives et entretiens


Difficultés du genre biographique Dans la matière qui s'accumule, les sources qui se multiplient, les pistes qui prolifèrent et bifurquent, il faut trouver les points autour desquels une vie s'organise, bascule. Car bien que l'authenticité des faits soit de première importance, les biographies ne sauraient se réduire à de purs catalogues d'événements. Elles doivent rendre compte des circonstances qui ont joué dans l'itinéraire d'un personnage. Ainsi, les événements internationaux constituent un facteur essentiel dans les motivations d'engagement. Pour la rédaction des notices, nous avons établi des points de repère: narration chronologique (naissance, ,éducation, prise de responsabilités) qu'interrompt, pour les principales notices (I), une analyse des divers comportements dans des moments décisifs (en particulier la crise de 1953). Ce procédé élimine les instantanés psychologiques,la recherche du pittoresque, les tentatives de descriptions anecdotiques qui relèvent, selon nous, de la galerie de portraits (2). L'énoncé des règles méthodologiques (critères de sélection, critiques des sources, refus des «silences», examen des périodes de «crises»), va' à l'encontre de l'illusoire narration factuelle, héritage d'une conception positiviste. La disparition derrière le récit ne signifie pas une absence de distance critique et nous avons désigné nos doutes, nos interrogations, par exemple dans les notices consacrées aux fondateurs de l'Étoile Nord-Africaine (chapitre I, série A) notamment pour ce qui concerne M. Djeffal (premier président de l'E.NA?) et A. Belghoul (membre du Comité Central de l'E.N.A. en 1926 1) (3). (1) Dans chaque série, une trajectoire significative est mise en relief. Ainsi dans le chapitre I, série A: Hadj Ali Abdelkader, Messali; dans la série B: Imache, Radjef... Dans le chapitre III (la direction) de nombreuses notices sont plus développées (Mezerna,

Filali,

Ait Ahmed,

Maroc,

Krim,

BoulahrouL

.).

(2) Dans ce genre fait de subtil équilibre entre histoire, essai, critique, P. Robrieux a parfaitement réussi dans le tome IV de son Histoire intérieure du P.C.F. Nous ne partageons donc pas les attaques émises par J.J. Becker contre P. Robrieux dans Le Monde du 24 mars 1984 : « Questions de méthode ». (3) La consultation des Archives I.R.M. ,(P.V. Commission Coloniale Centrale) nous ont été d'un grand secours pour éclaircir le point sur la création de l'E.N.A. (1926). On y découvre, par exemple, que le discours de Messali au Congrès de Bruxelles (février 1927) a été préparé dans la Commission Coloniale Centrale de septembre 1926. 354


Des histoires qui permettent de savoir par quelles voies les continuités ont pu s'établir, de quelle manière un seul et même dessein (l'indépendance de l'Algérie) a pu se maintenir et constituer, pour tant d'itinéraires apparemment différents, un horizon unique: le genre biographique se montre rebelle à l'entreprise de classification sociologique parce que la richesse de chaque vie échappe aux schémas dans lesquels on veut t'enfermer. La jonction de l'observation, de l'enquête, de l'expérimentation engendre une pratique dépassant la simple classification universitaire. Reconstituer une vie est souvent fait d'écartèlement entre différentes disciplines (histoire, psychologie, rapports entre économie et politique (4), ce qui fait dire à Paul Murray Kendall que «la biographie est le métier science - art de l'impossible» (5). Ainsi l'on ressent à lire ces biographies, cette impatience qui gagne nombre de militants nationalistes au départ, à la découverte, à l'action. Souvent mis en prison avant 1954, ce n'est pas la fin de leur périple: on s'évade des prisons, on est libéré ou transféré, repris un jour ou clandestin. A travers l'enracinement dans une culture, s'échappe de leur vie une impression de mouvement incessant, de circulation constante (à l'intérieur de l'Algérie, du Maghreb, de la France. ..). Ces « migrants» passent allégrement les frontières par nécessités matérielles (recherche d'un travail) ou besoins politiques (recherche de la liberté). Les renseignements que l'on obtient parfois sur leurs antécédents font entrevoir nettement cette impression de déplaœments grands et petits. Ce repérage de l'organisation de l'espace que parcourt le militant s'avère particulièrement significatif. Voyage d'exil de la campagne vers les pourtours de la ville, puis vers la ville elle-même; villes d'Algérie d'abord, puis de France ensuite; de la vie communautaire du village à d'autres formes de solidarité à travers l'usine, le quartier, le café...; itinéraires de retour, retrouvailles: autant de lieux, de «décors» illustratifs de formes de vie nouvelles qu'il s'agit de relever. Il est particulièrement difficile d'établir un index biographique complet des membres d'une direction ayant joué un rôle important dans l'évolution du nationalisme, de la lutte armée, et lors de l'accession au pouvoir. Beaucoup d'hommes conservent l'anonymat, d'autres surgissent à des époques récentes. Nombreux enfin sont ceux qui tiennent à soustraire leur vie publique à toute entreprise historique. L'apparition de « trous », manques, lacunes (dates de naissance, origine familiale...), l'exploration de zones d'ombre (mort soudaine de militants victimes de« règlements de compte », passages d'un camp à l'autre, rôles politiques actuels...) expliquent que la longueur d'une biographie ne dépend pas toujours de l'importance d'un personnage. Il y a le cas de la personnalité marquante à laquelle, faute de documents, on ne consacre qu'une notice relativement courte. Par contre, un personnage « secondaire» peut avoir une notice plus longue. Soumis à des brimades, victimes de la répression, contraints à la clandesti(4) Sur la pratique biographique dans ses rapports avec la naissance et le développement de la psychologie: Th. Zeldin, «Biographie et psychologie sous le Second Empire in Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine 1. XXI, 1974, p.18 ; sur l'analyse freudienne, Sarah Hofmann in L'enfance de l'Art, Payot, 1970, « L'illusion biographique », pp. 31-34. (5) Paul Murray Kendall, The art of biography, Georges Allen and Unwin, 1965, . p. X. 355


nité, les militants doivent prendre des précautions pour opérer et se déplacer. Les faux noms fleurissent, les vrais noms disparaissent pour recevoir un nouvel « Etat civil». Il est quelquefois bien difficile de se retrouver dans l'enchevêtrement de noms devenus surnoms, dans le changement de pseudonymes, la fabrication d'homonymes. «Si Raoués», « Amirouche» et d'autres noms passés à la postérité, ne sont pas les vrais noms de ces combattants « illustres »... Il nous a donc fallu dresser un index de correspondance entre noms et pseudonymes. La crainte de ne pas être « complet» a entravé, voire interrompu pour un temps le développement de notre recherche. Aussi, vouloir réunir, rassembler une telle masse de détails, il ne fallait pas y songer. Ce travail dépasse les forces d'un seul chercheur et exige le concours d'une équipe nombreuse de spécialistes. Par honnêteté, il nous semble nécessaire d'indiquer que nous avons procédé par une série de « sondages », nombreux, variés, sans tenter l'impossible travail qui consiste à combler tous les intervalles entre ces sondages. Ainsi nous avons essayé dans la mesure du possible de découvrir essentiellement les dates et lieux de naissance, les origines familiales, la position sociale, la date d'engagement dans le mouvement national, les conditions de

prises de responsabilitésavant le 1er novembre et éventuellementle rôle politique joué après l'Indépendance. Ces principales indicatipns, ainsi choisies, peuvent être comparées, interprétées et permettent de suiVre la courbe d'une évolution. Par conséquent, une fiche biographique n'est jamais complète, elle est toujours ouverte à de nouveaux renseignements. Pour terminer sur les difficultés concernant l'établissement des biographies, signalons la principale, celle des sources. Sur un certain nombre de questions, parfois des plus décisives, (surtout celles précédant immédiatement la guerre d'Algérie) subsistent faute de matériaux et de sources historiques suffisantes, des lacunes. Une problématique risque ainsi d'être captive de ses sources. D'autre part, la disparition des indications de sources permet toutes sortes d'interprétations sur la rédaction de la notice. Nous avons donc opté pour l'inclusion des sources à la fin. de chaque notice biographique. La « fourniture» de documents permet la critique sur le travail entrepris, ouvre le dégagement à la construction d'outils de référence. Les archives policières et judiciaires Les origines familiales, le milieu social, la jeunesse constituent les éléments que nous connaissons le moins dans la vie des militants nationalistes. Les familles, essentiellement d'origine rurale, laissent peu de traces écrites qui sont surtout le fait de minorités urbaines, instruites, éléments des classes dirigeantes ou associées à elles. La découverte des militants se fait donc souvent à travers les archives de la répression (celles de la police ou de la justice) ou bien par la presse de l'organisation, les comptes rendus officiels de congrès~ En vu de maintenir l'ordre, le pouvoir a enquêté, surveillé, réprimé. Il a enquêté, par exemple, sur les conditions de travail, sur les conséquences des crises économiques, sur les tentatives d'organisation politique. Il a surveillé 356


l'état d'esprit des populations, exigeant des rapports périodiques de .ses agents, faisant établir par sa police des listes de militants. Le pouvoir, ce faisant, a constitué des archives judiciaires dont on commence à saisir l'importance capitale: dossiers d'instruction, interrogatoires, procès-verbaux, réquisitoires, plaidoiries, témoignages, comptes rendus d'audience, attendus de jugement, informent à la fois sur les itinéraires des inculpés, les mentalités des accusateurs et des juges. Nous avons pu consulter un certain nombre de ces pièces judiciaires, en particulier en consultant les archives de maître J. Jouffa (6) défenseur de nombreux militants nationalistes et maître Y. Dechezelles a bien voulu nous fournir des précisions sur certains grands procès (7). Devant les tribunaux, la voix des militants, peu aptes à manier la plume ou peu soucieux de le faire mais contraints de se défendre ou fiers de se justifier, est comme enregistrée pour l'Histoire. C'est au centre d'Archives d'Aix-en-Provence que nous avons trouvé le plus grand nombre de renseignements concernant l'activité des nationalistes de 1926 à 1950. Rapports de police, fiches biographiques policières, bulletins d'informations quotidiens ou hebdomadaires, coupures de presse, journaux nationalistes: autant d'éléments permettant le contrôle policier exercé par le fichage des militants, le contrôle de la progression de l'organisation pour son infiltration et sa destruction. Mais d'autres pièces, très précieuses, nous renseignent également sur la vie intérieure de l'organisation, l'état d'esprit des militants et de la population algérienne, les rapports entre dirigeants ou avec d'autres organisations algériennes ou françaises. D'autres archives policières se trouvent rue Oudinot, dans la série S.L.O.T.F.O.M.(Service de Liaison avec les Originaires des Territoires Français d'Outre-Mer, séries 88 à 97). Ce fond est constitué par des documents recueillis de 1916 à 1954 par le service du ministère des Colonies chargé de la surveillance des indigènes d~s Territoires d'Outre-Mer résidant en France. Ce service disposait d'agents infiltrés et de correspondants dans différents milieux, dressant des rapports. Aux Archives Nationales, la série F7 est intéressante pour les notes confidentielles dites « notes Jean» concernant l'activité des partis et des hommes politiques, la situation financière et la politique extérieure, F7 12 951 (1922), 12952 (1923-24), 12953 (1925), 12954 (1926), 12 955 (1927), et 12 956 (1928). Enfin, les archives de la Préfecture de police de Paris permettent la consultation d'un volumineux rapport sur l'E.NA dressé en 1954 (ln pages dactylographiées), et différents autres rapports sur l'activité nationaliste à Paris jusqu'en 1939. Les archives policières sont précieuses pour l'établissement de l'état civil (date de naissance), la filiation familiale, la profession des parents. Mais demeure la nécessité absolue de passer systématiquement au crible de la critique historique les informations que recèlent les archives de police. Que ce soit sur la. question des effectifs de l'organisation, sa structuration, l'apparte(6) et que (7) 1955 ;

Maître Y. Jouffa, actuellement Président de la Ligue des Droits de l'Homme, je remercie ici tout particulièrement. Procès Zerouali en 1947 ; procès de l'O.S. en 1951 ; procès Ben Boulaïd en procès M. Maroc, en 1957. 357


nance à tel ou tel courant, le chercheur se doit de.trier,. de confronter minutieusement les matériaux, documents~ d'opérer la critique d'une source par une autre (8). Ainsi il arrive que des rapports de police grossissent les chiffres des effectifs, vraisemblablement pour démontrer la nécessité de la dissolution de l'erganisation à un moment donné (c'est le cas du rapport 1934). Compte tenu de la situation complexe algérienne, des croisements fréquents entre différents courants nationalistes, il arrive souvent que les indicateurs se trompent en donnant l'appartenance au courant politique pour tel ou tel militant (c'est le cas pour les fiches policières d'Aix concernant les militants du Constantinois en 1936). Pour pallier à ces difficultés, l'on aura recours à la presse nationaliste et surtout aux témoignages, entretiens. Les entretiens

« A être consigné par écrit, dans un cadre administratif d'apparence anodine et neutre, le discours de l'institution n'en acquiert pas pour autant la vertu d'objectivité. Sa bénignité peut ne traduire: que l'efficacité de sa censure ou de l'autocensure et reflète ses prévalences idéologiques. Cela n'est naturellement pas propre au discours écrit. L'exploitation des informations orales, si elle avait été entreprise, n'aurait pu être réalisée qu'au prix de minutieuses analyses. Il est, en tout cas, indispensable de disposer du maximum de témoignages de diverses natures et de diverses provenances et de n'employer qu'avec précaution un seul type de sources, fussent-elles archivistiques, donc traditionnellement rassurantes (9) ». Partageant les observations de G. Meynier sur la nécessité d'avoir recours à de multiples sources, nous ajouterons que lorsque fut arrêté le choix de l'étude qui donne lieu au présent ouvrage, les archives « officielles » portant sur la Guerre d'Algérie n'étaient toujours pas ouvertes au chercheur. Cette histoire est encore trop proche, et l'on se heurte à cet obstacle majeur. Force est donc de s'en remettre, pour certains points, aux seuls témoignages de ceux qui' ont connu cette période. D'autre part, dans l'Algérie sous domination coloniale, le poids de la tradition orale se perpétue plus encore que par le passé. Enfin, orateurs, hommes d'actions; les militants/dirigeants nationalistes, souvent issus de milieux humbles, laissent peu. de traces écrites. Les témoignages (10) tendent à illustrer, enrichir, nuancer, compléter, corriger, rendre vivante la construction du mouvement nationaliste algérien (1l). Ils permettent d'établir comment, derrière les textes qui sont publiés, existent les tâtonnements, hésitations, oscillations (voir les notices Abdoun et Belouizdad sur les dimensions ordre/contrordre de l'insurrection de mai 1945) ; comment les véritables responsables des faits et actes ne sont toujours (8) Pour la' critique des archives policières, voir l'avant-propos de P. Robrieux, op. cit., tome IV. (9) G. Meynier, «Les Décimations en 1914 », Politique aujourd.'liui, janvier" février 1976, p. 70. (10) Sont mentionnés dans les sources:sous la terminologie: « Entretiens avec... ». (11) Sur la tentative de construction d'archives orales en Algérie: L 'Histoire par la Bande; par Mahmoud Bouayed, S.N.E.De, 1974, 68 p. 358


pas ceux que l'histoire a reconnus (voir la notice E. Busquant sur la création du drapeau algérien; la notice Aït Ahmed ,pour le hold-up de la poste d'Oran); comment fonctionne l'organisation avec l'explication des démissions,des refus, des incidents (voir notice M. Maroc sur l'attitude du Comité Central vis-à-vis des clandestins de l'o.s.) ; comment des résolutions votées, des textes publiés ou des mesures adoptées sont ou ne, sont pas suivis d'effets (voir la notice H. Lahouel sur le Congrès National Algérien) ; comment enfin se tissent des relations personnelles entre membres d'une même direction poli. tique (voir les notices Imache et Radjef) et se révèlent des responsables dont -le rôle a été ignoré ou sous-estimé (voir la notice A. Filali). La multiplication des témoignages, véritable constitution «d'Archives orales» (12), permet de multiplier les appréciations que les différents acteurs portent les uns sur les autres; fait resurgir des faits oubliés souvent à cause de l'échec ou condamnés par l'évolution politique ultérieure (13). Un entretien avec M. Akli Boughreroumi, né le 4 avril 1904 en Kabylie, arrivé à Paris en 1924, et ayant vécu 1ftcréation de l'E.N.A. en 1926, a permis d'éclaircir le point des rapports entre messalistes et Oulémas au moment du Front populaire en 1936 (passage de certains militants étoilistes sur les positions des Oulémas en 1936-1937). Ce témoin précieux, qui nous décrit ses .

conditions

de vie. et de travail, explique sa prise de conscience nationaliste

au

moment du service militaire à Batna pendant la guerre du Rif, nous a également affirmé avoir vu l'émir Khaled présentant Messali comme son dauphin en 1926 dans une réunion! (14). Sur ce point précis, quelle valeur accorder à ce témoignage? Nous.touchons là aux limites des entretiens. Celui qui a participé aux événementsqu'il évoque, comme acteur ou comme témoin, a son propre système de référence, de jugements, et le récit du fait passé est inévitablement reconstruit par celui qui raconte. Si les témoignages fournissent des .informations sur le fonctionnement, la vie du mouvement, sur le rôle des personnes... ils doivent être soumis à la critique par la multiplication des sources et des points de vue contradictoires. Mémoires et autobiographies L'exploitation des documents personnels (correspondance, journaux intimes, mémoires...) figurent dans l'arsenal des moyens d'investigation offerts à l'historien, au sociologue. lIne s'agit pas là d'un mode d'enquête (12) Sur les archives orales, voir en particulier les travaux, les techniques utilisées par les historiens, anthropologues américains: Swain D. «Problems for practitionners of oral history» in American Archivist, janv. 1965, 'pp. 28-68 ; Moss William M., Oral history programm Manual, New-York, Praeger, 1974, p. 41 et suivantes; Ch. Morissey : « On oral History interviewing» in Dester L. (ed.), Elite and specialized interviewing, Northwestern University Press, 1970. (13) En particulier le rôle, l'importance, la composition du congrès d'Hornu (BIS juillet 1954) organisé par les partisans de Messali (voir toutes les notices chapitre III, série B). Sur le rôle.des « pionniers» de l'E.N.A., entretien avecM. Saïd Bouzerar, âgé aujourd'hui de .IH ans, vétéran de la lutte nationaliste (adhérant à l'E.NA Alger en 1930). (14) Sur l'éniir Khaled, ses activités, sa place dans le nationalisme algérien: voir C.R. Ageron, Politiques coloniales au Maghreb, P.D.F., 1973, p. 249-288, .

359


mineur, souvent opposé à l'exploitation des grandes séries statistiques (15). L'acte d'écrire pour les autres le récit de sa vie implique manifestement un effort, un travail de prise de conscience, un besoin de laisser une trace ou de se justifier par rapport à la collectivité dans laquelle on a vécu et combattu (16). En attirant l'attention sur son idéal, sa lutte, son sort, celui qui écrit découvre et fait découvrir le rôle qu'il a joué, évoque les autres militants avec lesquels la vie l'avait mis en contact et, de proche en proche, va à la découverte de la situation sociale (17). Ainsi, nous assistons depuis plusieurs années à la publication de récits/témoignages de plusieurs militants engagés dans le combat national en Algérie. Dans le foisonnement de ce type d'ouvrages (18), deux livres ont constitué des apports certains pour notre travail: Les Mémoires de Messali Hadj (19), et les Mémoires d'Aït Ahmed (20). Pour conclure sur ce point consacré aux méthodes de travail et aux sources, mentionnons que pour notre dictionnaire nous avons utilisé les «archives privées» (bulletins intérieurs des organisations, tracts, rapports internes, brochures aux militants, listes de militants ou lieux de détention, listes de membres du maquis...). Les comptes rendus de procès dans la presse française ou les documents conservés par maître Y. Dechezelles et maître Y. Jouffa déjà indiqués constituent de précieuses indications (lettres de détenus, plaidoiries lors des procès). La presse nationaliste (L'Algérie Libre (21), El Moudjahid (22), La Voix du Peuple (23» contient de nombreuses biographies de militants, en particulier celles écrites au moment de leur décès. Enfin ce dictionnaire s'appuie sur un grand nombre d'ouvrages qui ont traité de l'histoire algérienne (24). (15) Sur ce problème: Éric de Dampierre, « Le sociologue et l'analyse des documents personnels ~>in Annales, n° 3, 1957, pp. 442-454. (16) Voir notre travail: « Les Mémoires de Messali Hadj, aspects du manuscrit original », Revue de l'Occident musulman, n° 36, pp. 75-101. (17) On observe depuis quelques années un regain d'intérêt pour la technique autobiographique, appliquée principalement à l'analyse de la mobilité sociale: cf. Daniel Bertaux, Histoires de vies ou récits de pratiques? Méthodologie de l'approche biographique en sociologie, Paris 1976; Philippe Lejeune, L'Autobiographie en France, Colin, 1971 ; J. Poirier, Des récits de vie aux ethnobiographies, Privat, 1979, p. 533. (18) En particulier Tewfiq El Madani, Hayat Ki/ah (Vie-Combat), S.N.E.D.1977, 435 p. ; mais aussi les récits de Y. Saadi sur la Bataille d'Alger, de A. Mahsas, Azzedine, M. Yousfi, l'Algérie en marche, E.N.A.L., 178 p. (19) Édité par Lattès, 1982. (20) Édité par S. Messinger, 1983. (21) L'Algérie Libre est le journal du M.T.L.D. (22) El Moudjahid est l'organe du F.L.N. (23) La Voix du Peuple est l'organe du M.N.A. (24)Pour une bibliographie critique de l'histoire algérienne et particulièrement de la Guerre d'Algérie, voir les travaux de G. Pervillé, Annuaire Afrique du Nord, 1976, et Historiens et Géographes, février 1983 « Surabondance et insuffisance de l'historiographie », pp. 635-640. Certaines erreurs concernant les biographies des militantsnationalistes se répètent malheureusement d'un ouvrage sur l'autre en particulier dans les travaux anglo-saxons. Ainsi le Historical Dictionnary of Algeria de Alf Andrew Heggoy. The scarecrow Press LN.L., 1981, 237 p. (Zighoud Youssef mort en 1957, p. 57) ; ou A. Horne (Histoire de la Guerre d'Algérie) qui écrit à propos de l'itinéraire de. Messali: « Il était venu travailler en France où il avait épousé une Française membre du Parti Communiste. Elle l'avait fait adhérer au Parti, mais le rôle 360


Sans doute très loin de ce que fut la réalité quantitative, ces documents (en particulier les sources internes) sont néanmoins assez nombreux pour que l'on puisse estimer avoir vu un ensemble significatif. On peut, à partir de là, retracer itinéraire après itinéraire, les fils ténus du nationalisme algérien, dévoilant ses brisures, faisant surgir des faits où se mêlent à chaque instant le politique et le tragique.

joué par le P.C.A. dans la répression qui suivit l'affaire de Sétif (1945) l'amena à rompre avec les communistes» p. 39. Précisons que Messali a rompu avec le P.C. quinze années auparavant, en 1930. 361


.


Sources et Bibliographie


l -

ARCHIVES, CENTRES D'ARCHIVES

A) Archives Outre-Mer, Série Série Série Série Série Série Série

9 9 9 9 9 9 9

H H H H H H H

Aix-en-Provence

17: 18 : 19 : 20 : 24 : 25 : 32 :

Surveillance politique des indigènes. Surveillance politique des indigènes. Surveillance politique des indigènes. Surveillance politique des indigènes. Territoires du Sud-Mzab. Laghouat. Commissaires de Police, Extraits de rapports (1931-1932); Sûreté générale; rapport hebdomadaires (septembre 1939-janvier 1940) ; rapports de quinzaine (février 1940-janvier 1941). Rapports isolés divers. Série 9 H 47 : Nationalisme, mouvements, presse, divers. En particulier rapports sur événements mai 1945 (Oranie, Algérie, Constantinois). Série 9 H 51 : Bulletins de synthèse quotidienne de renseignements 19461950. Quelques détails sur ces cartons (9 H 51) : Lettres du Comité d'initiative pour l'amnistie aux détenus politiques musulmans après mai 1945. Rapport de police de Guelma sur les disparitions au cours des événements de mai 1945. Rapport du 14 mai 1945 de la sécurité générale, récit du soulèvement et de la répression (13 pages dactylographiées). Liste des personnes qui ont comparu le 21 janvier 1946 devant le tribunal militaire de Constantine. Résolution des conférences des 25, 26, 27 janvier 1945 des sections des A.M.L. Rapport sur les incidents de Reibel du 17 avril 1945. Rapports P.R.G. hebdomadaires sur l'activité du P.P.A. dans les trois départements d'Algérie Guillet 1945, octobre 1947). M.T.L.D. : renseignements sur préparation d'un Congrès le 10 août 1947. Rapport sur organisation armée du M.T.L.D. (de Rabat) le 20 août 1947. Notes sur les élections municipales, 1947. Dossiers P.P.A. : militants du Constantinois. 365


Procès-verbaux interrogatoires militants, Oranie (mai, juin, juillet). Série 10 H 87 : Letourneau: les causes des mouvements d'autonomie en Afrique du Nord. Série 11 H 48 : Situation politique: 1930-1936; 1936-1938, C.LE. : l'Armée indigène Algérienne (1936); notes au sujet de la politique indigène dans le département de Constantine. Série 11 H 51 : SoE.SoL; bulletins de synthèse pal' quinzaine. Bulletins d'informations quotidiens (nO 1 à 364). (482) Série Il H 52 : S.E.S.I; bulletins d'informations quotidiens. Documentation 1939-1940 (n° 67 à 364). (483) Série Il H 53 : SoE.S.L (484) B) Archives de la Préfecture de Police de Paris

-

2 cartons n° 56 et 57 comportant des dossiers portant respectivement les cotes 10694 A et G et 10 694 H et K. Rapport du service de liaison Nord-Africaine: « Notes sur l'activité de l'Étoile Nord-Africaine depuis sa création jusqu'au 15 novembre 1934 », 174 pages dactylographiées.

-

C) Archives me Oudinot Service de liaison avec les originaires des Territoires de la France d'OutreMer (S.L.O.T.FoO.M.)(88 à 97). Nous avons regardé la série III : Sûreté intérieure de la France et de ses colonies (151 articles) ; série VI : état civil; Statut juridique; régime de circulation des indigènes. Fond d'archives très décevant. Quelques indications dans: Série 3, carton Série Série Série Série

3, 3, 3, 5,

carton carton carton carton

45 46 92 112 147 7 11 42

(liste c.c. 1929)

(La Vague Rouge) (EoN.A.) (El Ouma)

D) Archives Institut d'Histoire

du Temps Présent (I.H.T.P.)

Fond Paret : coupures de presse. Renseignements nalistes (1954-1962).

sur les dirigeants natio-

E) Archives Institut de Recherches Marxistes (I.R.M.) Consultées

à la bibliothèque

Tiers-Monde

- Paris VII. Tous les procès-

verbaux de la Commission coloniale centrale du P.CoFo(et sous-commissions) 1924-1931. Très riches. 366


En particulier la bobine 25/série 172 (discussions préparatoires au lancement de l'E.NA) et bobine 35/série 241. F) Archives Office Universitaire de Recherches Socialistes (O.U.R.S.) Rapports des Fédérations socialistes de l'Algérois/Oranie/Constantinois 1945-1954 (non classés au moment de la consultation en 1981). G) Archives Centre d'Études et de Recherches sur les Mouvements kystes et révolutionnaires internationaux (C.E.R.M.T.R.I.)

Trots-

Collection Algérie Libre (1950-1954). Collection El Moudjahid (1957-1965). Collection Révolution Africaine (1963-1965). H) Archives Nationales F7 :

(Paris)

12951 à 12961. Notes confidentielles dites « notes Jean» concernant l'activité des partis et des hommes politiques, la situation financière et la politique extérieure. 12 951 (1922) 12 952 (1923-1924) 12 953 (1925) 12 954 (1926) 12 955 (1927) 12 956 (1928)

F7 :

I) Archives Centre de Recherches et de Documentations

Africaines (C.R.D.A.)

Les procès des militants nationalistes in Interafrique Press (1956-1959) (Bulletins réguliers d'informations). Consultation: La Nation Algérienne La République Algérienne Dépêches quotidiennes A.F.P. concernant l'Algérie (19601965). J) Archives Le Monde Consultation au siège du journal, années 1954-1968. Particulièrement biographies années 1958 (formation G.P.R.A.); 1962 (indépendance l'Algérie et formation du premier gouvernement). K) Archives U.N.E.F. indépendante

les de

et démocratique

Au siège de l'organisation syndicale étudiante, 55, boulevard de Strasbourg, Paris Hp. Nombreux renseignements sur les relations U.N.E.F.U.G.E.M.A. (1958-1962). Indications sur les leaders étudiants algériens (non classés)

.

L) Archives wilaya d'Alger Remerciements

à M.O. Hachi, directeur des archives de la wilaya d'Alger.

367


II

-

ARCHIVES

PRIVÉES

A) Mémoires originaux de MESSALI HADJ 5000 pages manuscrites. (années 1898-1938).

17 petits cahiers à spirales. Format

17 x 22 cm

B) Archives ¥. JOUFFA Avocat de nombreux militants nationalistes algériens. Particulièrement le dossier Mustapha Ben Mohammed et M. Khiter. Lettres de détenus. Procès-verbaux d'interrogatoires. Plaidoiries de maitre Y. Jouffa (1956-1958). Coupures de presse. C) Interview AMAR OUZEGANE 50 pages dactylographiées. citations dans H. Alleg). D) Documentation Liste Liste Liste Texte

Réalisée par J.L. Planche et Taleb (nombreuses

MEMCHAOUI

des membres C.N.R. Hornu. des militants M.N.A. France et maquis (1956-1960). des détenus dans les prisons françaises. dactylographié sur le combat nationaliste des femmes algériennes.

E) Documentation

personnelle de miUtants nationalistes

Brochures du P.P.A.-M.T.L.D. ; M.N.A. ; F.L.N. Bulletins intérieurs (5 du M.T.L.D.). Collection 45 tracts M.T.L.D. - Fédération de France 1950-1954. Collection de journaux: La Voix du Peuple (1955-1962) ; La Voix du Travailleur Algérien (1957-1962) ; Le Sahara (1958) ; Réalités algériennes. Rapport A. Bekhat au Congrès de l'U.S.T.A. (1957).

III -

ENTRETJENS (réalisés par l'auteur)

Je tiens à remercier ici toutes les personnes qui ont répondu, souvent longuement, aux questions posées pour l'établissement de ce dictionnaire biographique. Abssi Saad:

militant P.P.A.-M.T.L.D. (1950) ; responsable « superzone » de la Fédération de France du F.L.N. (1959). Madame et Monsieur Benkelfat : fille et gendre de Messali Hadj. Ben Mohammed Mustapha: membre de l'o.s. (1948); conseiller municipal M.T.L.D. d'Alger (1953); membre de la direction du M.N.A. (1955). 368


Bernard Claude (dit « Raoul ») : responsable de la Commission Coloniale du P.C.I. (1944-1947). Boudaoud Omar: responsable Q.S. en Basse Kabylie (1947), responsable de la Fédération de France du F.L.N. (1957-1962). Boughreroumi Akli : adhérent de l'E.N.A. à Paris (1926). Boulharouf Tayeb: membre du Comité Central du M.T:L.D. (1949) ; négociateur du G.P.R.A. pour Évian (1961). Bouzerar Said: adhérent de l'E.N.A. à Alger (1932) ; membre fondateur de l'U.S.T.A. (1956).

Dechezelles

Yves: avocat de Messali Hadj et de nombreux militants nationalistes algériens (1945-1962). Fares Mohammed: responsable S.M.A. à Bougie (1942-1945) ; membre de la direction de l'U.G.T.A. en France (1958). Ferhat M. : Président médersa libre de Tlemcen (1954). Ferrat André: responsable du travail anticolonial du P.C.F. (1934-1936). FilaliSalah : cousin de Ali et Abdallah Filali, dirigeants de l'E.N.A.lP.P.A. Guenanèche Mohammed: responsable E.N.A.lP.P.A. en Algérie (1936-1938). Guérin Daniel: historien, membre de la direction de la Gauche révolutionnaire de la S.F.I.O., du P.S.O.P. ; militant anticolonial; animateur du Comité des intellectuels contre la Guerre d'Algérie (1955) ; signataire du Manifeste des 121. Harbi Mohammed: historien; écrivain; membre de la direction de la Fédération de France du F.L.N. (1957-1958). Haroun Ali : avocat; membre de la direction de la Fédération de France du F.L.N. (1958-1962). Jouffa Yves: avocat de nombreux militants nationalistes algériens (19541962) ; actuel président de la Ligue des Droits de l'Homme en France. Kalache Mohammed: militant du P.P.A.-M.T.L.D. à Médéa; membre de l'o.s.

(1947); membre de la direction du F.L.N. à Alger (1960).

Lambert Pierre: responsable du P.C.I. (lye internationale). Lentin Albert-Paul: journaliste; historien. Mahsas Ahmed: membre du Comité Central dUP.P.A.-M.T.L.D. membre de la direction du F.L.N.

(1950);

Maroc Mohammed: membre de la direction nationaliste de l'o.s. (1948-1950). Memchaoui Mohammed: militant de l'E.N.A. (1936); membre du B.P. du M.N.A.(1955-1962). Mira Tarik: fils de A. Mira, dirigeant du F.L.N.en wilaya III. Ouerdane Amat: historien, spécialiste des questions berbères. Rebah Lakhdar: militant P.P.A. Alger (1937) ; responsable F.L.N.Alger (19541957). San voisin Jean: journaliste. Slimane Chikh: historien. Téguia Mohammed: membre direction wilaya IY ; historien. Zammoum Rabah : fils de « Si Salah », responsable wilaya IY. et d'autres militants nationalistês algériens. 369


IV

-

DOCUMENTS

Le problème algérien, appel aux Nations-Unies par Messali Hadj, 1948, 48 p. «Le problème algérien de l'émigration en France », Ab-del-Ghani, Les Cahiers algériens, 1951, 77 p. M.T.L.D.: Le problème algérien, 8 brochures éditées par la Commission centrale d'information et de documentation du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, décembre 1951 :

.. .. .

considérations générales, 31 p. le Mouvement

National

Algérien, 46p. (où figure une importante

bio-

graphie de Messali Hadj (p. 11-19). atteintes à l'Islam, 31 p. l'exploitation économique, 48 p. politique obscurantiste, 45 p. atteintes aux droits de l'homme: . violation de la liberté de vote, 30 p. violation de la liberté d'expression, 21 p.

..

violation des libertés individuelles, 63 p.

M.N.A. : Documents of the Algerian Revolution, Published by Afrique Press, n° 118/119 of June 27th 1957, 54 p. Recueil de documents et d'analyses très détaillées sur différents aspects de la révolution algérienne, en particulier du M.N.A. Correspondance Socialiste Internationale, n° 79/80, décembre 1957/janvier 1958. «Anticolonialisme..., démocratie..., socialisme...,» (M. Pivert) ; compte rendu du Congrès anticolonial d'Athènes, de novembre 1957, où le refus du F.L.N. d'accepter la présence d'un représentant du M.N.A. a donné l'occasion aux délégués d'examiner de près les problèmes que pose la lutte entre les deux organisations nationalistes. Nuremberg pour l'Algérie par A. Benabdallah; M. Oussedik; J. Vergès, 1961, 29 p. Témoignages et documents sur la guerre d'Algérie. « Je suis un maquisard », juillet

1958, n° 6

-

Centre

d'information

et coordination

pour la défense

des

.libertés et de la paix. Mémoire sur le cas Messali Hadj, édité par le Comité national pour la libération immédiate de Messali Hadj, Paris 1954, 8 p. Le M.N.A. dans l'insurrection, publié par Interafrique Press, novembre 1959, 10 p. ronéo. Brochures du Comité pour la libération immédiate de Messali, n° 1 à 13, décembre 1954/avril 1957. Premier congrès de la Fédération de France de l'U.S.T.A. Résolutions adoptées. Adresse à Messali Hadj, 15 p., juillet 1957. Reportage d'André Louis dans les maquis messalistes en juillet -août 1959: « Bivouac avec les Fellagha », 48 p., édité par le journal La Cité. Correspondance entre socialistes américains et belges sur la lutte entre organisations nationalistes algériennes en Algérie et en France, 1958, 40 p. ronéo. Projet de rapport sur la révolution algérienne. Édité par le P.C.I., trotskyste, avril 1958, 40 p. ronéo. Les tâches du syndicalisme algérien. Édité par l'U.S.T.A. pour une session de 370


formation des cadres syndicaux à Paris du 4 au 9 juillet 1960. Brochure de 32 p. Front de Libération Nationale, Programme de Tripoli, brochure 28 p. Front de Libération Nationale, Congrès du Parti. Fédération du Grand Alger. 1964, 127 p. Particulièrement l'introduction: «Analyse du mouvement national jusqu'en 1954 », p. 3-14 et le chapitre «La Révolution et sa direction» p. 23-27. « La Révolution algérienne à travers les textes fondamentaux », éd. par Rév. Afr.,. 1965. V -

LA PRESSE NATIONALISTE

L'IKDAM. Journal de l'E.N.A. à sa création. Interdit le 1er février 1927. Remplacé par L 'IKDAM NORD-AFRICAIN. Introuvable. Plusieurs articles reproduits dans les rapports de police. EL OUMA. Journal de la Glorieuse E.N.A. puis du P.P.A. Collection incomplète à la Bibliothèque Nationale de Paris (1934-1939). L'ALGÉRIE LIBRE., Journal du M.T.L.D. Collection complète 1950-1954. LA VOIX DU PEUPLE. Journal du M.N.A. Collection complète de février 1955 à mai 1962. LA VOIX DU TR:4 VAILLEUR ALGÉRIEN. Journal de l'U.S.T.A., collection complète de mai 1957 à mai 1962. LE SAHARA. Mensuel économique et politique du M.N.A. n° 1 mai 1958, 12 p. ; n° 2 juin 1958, 12 p. ALGERIAN NEWS. Journal mensuel du M.N.A. publié à New York, n° 1, mars 1957 ; n° 2, mai 1957 ; vol. 2 ; n° 1, mars 1959. BULLETIN D'INFORMA TIONS DU M.N.A. Ronéotypé, collection complète du n° 1 au n° 20, septembre 1957, juin 1958, ronéotypé. EL MOUDJAHlD : Organe du F.L.N. (1956-1962). (Période 9-près l'indépendance) : consultation de : RÉVOLUTION AFRICAINE (1962-1968) ; Algérie-Actualité (1980-1984).

VI - REVUES- ARTICLES ANNALES - n° 3, 1957, Éric de Dampierre: «Le sociologue et l'analyse de documents personnels », p. 442-454. EL ASSAL, n° 11, nov-déc. 1972, «Mohammed Guenanèche. L'idéologie révolutionnaire dans le Mouvement National Algérien ». BULLETIN DU COMITÉ DE L'AFRIQUE FRANÇAISE: articles de J. Desparmet : « Les mouvements nationalistes en Algérie de 1932 à 1938 » (Paris, B.N.). BULLETIN D'INFORMATIONS COLONIALES: «Le lIe Congrès du M.T.L.D. », n° 10, 15 novembre 1953, 10 p. ronéo. Collection déposée au C.E.R.M.T.R.!., 88, rue Saint-Denis, Paris. LES CAHIERS DU BOLCHEVISME: «Les Travailleurs coloniaux en France », n° 36, 21/1/1926, p. 183-185, P. CeloL LES CAHIERS DU COMMUNISME: juillet-août 1982, n° 7/8. « 20e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie» par E. Mignot, p. 72-82; « La guerre d'Algérie» par J. Varin, p. 83-89. LES CAHIERS DE L'INSTITUT D'HISTOIRE DE LA PRESSE ET DE 371


L'OPINION: C.R. Ageron, « Contribution à l'étude de la presse allemande au Maghreb pendant la Seconde Guerre mondiale », pp. 195-225. « Communisme et nationalisme dans l'Algérie française », pp. 215-239, n° 5. « L'Étoile Nord-Africaine et le Front populaire », pp. 195-214, par B. Stora. LES CAHIERS D'HISTOIRE DE L'I.R.M., n° Spécial, n° 8, 1982 « Communistes

algériens

-

communistes

français

-

La Guerre d'Algérie ».

LES CAHIERS DE LA MÉDITERRANÉE, n° 26, juin 1983. B. Stora: « La différenciation entre le F.L.N.et le courant messaliste », pp. 15-82. LES CAHIERS DE LA MÉDITERRANÉE. Séminaire d'histoire du Maghreb, 1980-1981, université de Paris-VII, 178 p. Deux articles:

.

.

«Les étudiants coloniaux en France» par C. Liauzu, p. 69-106. «Formation de la classe ouvrière maghrébine dans l'immigration:

grèves et grévistesen France» par O. Jusserand, p. 33-50. LES CAHIERS DE LA MÉDITERRANÉE. Séminaire d'histoire du Maghreb, 1981-1982. Paris VII, Cahier n° 2, 206 p. Deux articles:

. .

«Militants du mouvement ouvrier en Algérie dans les années trente» par Nora Benallègue, pp. 84-104. «Militants de l'émigration algérienne en France: les dirigeants de l'E.N.A. » (l926, 1929, 1933), pp. 105-130, par O. Jusserand.

L'HOMME ET LA SOCIÉTÉ. 1971, « Les classes sociales en Algérie» par R. Gallissot. LES CAHIERS DU C.D.S.H.: «Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier de l'Oranie » par H. Touati, n° 8, 1981, 214 p. LES CAHIERS DU C.D.S.H.: « Sur quelques aspects de l'histoire quantitative comparée du mouvement ouvrier maghrébin à l'entre-deux-guerres », doc. n° 19, 1982, par O. Carlier, 94 p. I.S.J.A. (Oran): «La classe ouvrière dans l'émigration» par O. Carlier, 1981, pp. 167-234. LES CAHIERS INTERNA TIONA UX: A.P. Lentin: « De Bugeaud à Borgeaud ou l'Algérie sous le signe des ultras» : n° 77, pp. 43-60. LES CAHIERS FORUM-HISTOIRE: «La guerre d'Algérie », n° 2, avril 1976, 40 p. Points de repères chronologiques, pp. 22-32. LES CAHIERS MAGHRÉBINS: «Étude sur l'émigration algérienne» pp. 19-22, cahier n° 2, 1955, 36p. LES CAHIhRS NORD-AFRICAINS: J. Déjeux: «Essai de bibliographie algérienne », (ler janvier 1954 - 30 juin 1962), octobre-novembre 1962, 115 p. DOCUMENTS ALGÉRIENS: «L'émigration en France des musulmans algériens », p. 63-203. Préparé par le service de l'information du Cabinet du ministre de l'Algérie, année 1956, 287 p. EL JARIDA : «Chronologie du mouvement nationaliste algérien », n° 15, novembre-décembre 1974, n° 15, 39 p. ESPRIT: « Intérêts français en Afrique du Nord» par J. Dupont, août-septembre 1952, pp. 321-352, n° 8-9 ; « Les travailleurs musulmans en France» par A. Vieille-Michel p. 864-884. 372


LE MOUVEMENT SOCIAL: C.R. Ageron: «Les communistes français devant la question algérienne de 1921 à 1924 », n° 78, pp. 1-37. A. Ayache: «Essai sur la vie syndicale en Algérie, l'année du centenaire », n° 78, pp 95-114. R. Gallissot : « Syndicalisme ouvrier et question nationale », n° 66. R. Gallissot : «Marx et l'Algérie », n° 71, avril-juin 1970. R. Gallissot : « Question nationale et mouvement ouvrier », n° 78. Th.A. Schweitzer: «p.e.F., Le Komintern et l'Algérie dans les années 1930 », n° 78, pp. 115-136. J. Bessis: « Le mouvement ouvrier tunisien », p. 85-108, n° 89, 1974. B. Stora : « L'U.S.T.A.», n° 116, pp.95-122. REVUE ALGÉRIENNE DES SCIENCES JURIDIQUES, ÉCONOMIQUES ET POLITIQUES. En particulier les éléments pour une bibliographie d'ensemble, n° l, p. 167-178. J. Déjeux : « Bibliographie algérienne des essais, récits, témoignages d'ordre historique, politique, socio-économique et culturel, écrits français par des Algériens de 1945 à 1967. » p. 171-186 (J. Déjeux a actualisé son travail dans Situation de la littérature maghrébine de langue française, O.P.U., 1982, 271 p.). Dans le volume IV, n° 4, décembre 1972 les articles suivants: . J .C. Vatin: «Conditions et formes de la domination coloniale en Algérie (1919-1945) », pp. 873-906.

.

..

J.L. Carlier: pp. 907-966.

.

«Contribution

«La

première

Étoile

Nord-Africaine

(1926-1929) »,

C. Collot: « L'Union populaire Algérienne (1937-1939) », pp. 967-1006. Redouane Ainad- Tabet : « Le 8 mai 1945 : jacquerie ou revendication agraire », pp. 1007-1016. Dans le volume XI, n° 4 p. 315-374, 1971 : à la bibliographie

du Mouvement

National

Algérien»

par J .R. Henry et A. Taleb. REVUE FRANÇAISE DE SOCIOLOGIE: «La ville au village en Algérie» par Fanny Colonna, p.407-426, juillet-septembre 1978, XIX, 3. «Origine sociale et comportement politique» par Daniel Boy, pp. 73102, janvier-mars 1978, XIX, 1. «Archives orales et histoire des institutions sociales », pp. 261-275, par Dominique Aron-Schnapper et Daniel Hanet, avril-juin 1978, XIX, 2. . «L'autobiographie en Pologne ou de l'usage social d'une technique sociologique », pp. 591-614, par Janina Markiewicz-Lagneau, octobredécembre 1976, XVII, 4. LA VÉRITÉ, n° 527 «Classes sociales et état en Algérie », pp. 5-62 par M. Aklouf.

. . .

Signalons, enfin, dans cette partie consacrée aux articles, tout l'intérêt des numéros de l'Annuaire de l'Afrique du Nord. En particulier les chronologies politiques de R. Letourneau, ses articles (<< Le Congrès du F.L.N. et la ch~Ite d'Alger », 1964, p. 9-26), les écrits de Bruno Étienne (<<L'unité maghrébi* à l'épreuve» pp. 85-101, 1970, sur la paysannerie en 1975). Et plus récemm~nt 373


les travaux de Guy Pervillé sur les bilans de l'historiographie (voir notes en bas de pages, partie l, pour compléter cette série consacrée aux articles).

VII - THÈSES- MÉMOIRES. Ageron C.R. : Les Algériens musulmans et la France de 1871 à 1914, thèse, Lettres, Paris, 1968, 1236 p. Bouazzi R.: Du réformisme au nationalisme en Algérie à travers F. Abbas. Aix, D.E.S.SC. Po., Fac. droit, 1963, 129 p. Carlier J .L. : Individus, groupes et propagandisme : le procès de politisation de l'émigration algérienne en France à ['entre-deux-guerres. Alger, 1976, D.E.S., SC. Po., 148 p. Chentouf T. : L'Assemblée 1969, 206 p.

Algérienne(1947-1956),

thèse de 3e cycle, Paris-l,

Chikh S. : La révolution algérienne. Projet et action (1954-1962), thèse Sc. Po. Grenoble, 1975, 922 p. Choukroun J. : Le mouvement syndical en Algérie et la question nationale (1930-1954), maîtrise, F.L.S.H., 1969. Djebbar A. : La question nationale et coloniale et le mouvement communiste. Le cas de l'Algérie (1935-1956), thèse Sc. Po. Grenoble, 1975, 360 p. Fares Z. : Thèmes, idées politiques, action de syndicalisme (1955-1962), 1966, D.E.S. SC. Po. 162 p. Hamed M'Barka: L'immigration guerres, 1979, Paris VII. Harbi M. : La crise permanente toire: Paris VIII, 1977.

maghrébine

étudiant .algérien

en France dans ['entre-deux-

du F.L.N. (1954-1962), thèse de 3e cycle, His-

Kaddache M. : Question nationale et politique algérienne, thèse Lettres, ToulouseU, 1977, 1730 p. Meynier G. : L'Algérie révélée - La guerre de 1914-1918 et le premier quart du xx' siècle, thèse Lettres, Nice, 1979, 1838 p. Mokdad (Souad Khodja Mme) : Domination thèse de 3e cycle, Aix III, 1979. Nadir A. : Le mouvement ques, Paris, 1968, 274 p.

coloniale et rupture nationaliste,

réformiste Algérien, thèse 3e cycle, Sciences politi-

Odry H. Le problème algérien devant les Assemblées françaises de novembre 1943 à novembre 1946, Grenoble II, 1976, 236 p. Planche J.L. : Antifascisme et anticolonialisme populaire, thèse de 3e cycle, Paris VII. * Sur le mouvement

374

nationaliste algérien.

à Alger au moment du Front


Rey-Goldzeiguer A. : Royaume arabe et désagrégation des sociétés traditionnelles en Algérie, thèse Lettres, Paris IV, 1975, 1899 p. Souidi H.K. : Étude du mouvement Grenoble, 1977, 142 p.

ouvrier de 1921 à 1930: .D.E.A. LE.P.

Stora B. : Histoire du M.N.A. de Messali Hadj (13 juillet 1954-9 mars 1956), maîtrise Paris X, 1976, 183 p. Stora B. : Messali Hadj, Biographie,

thèse de 3e cycle, E.H.E.S.S., 1978.

Taleb-Bendiab : Le Congrès musulman Algérien (1935-1938), première expérience d'un Front National anticolonialiste, Alger, Fac. Droit, D.E.S. 1973.

Taleb S. : Les communistes d'Algérie dans la stratégie révolutionnaire du Komintern - Contribution à l'histoire du mouvement ouvrier, thèse de 3e cycle, Sc. Po., Lille II, 1976, 656 p.

Téguia M. : L'Algérie VIII, 1977.

en guerre (1954-1962), thèse de 3e cycle, Histoire, Paris

Zagoria J.D. : The rise and fall of the movement of Messali Hadj in Algérie (1924-1954). Doctorat Phil. Columbia, 1973, (consultée salle de lecture TiersMonde, Paris VII).

VIII - BIOGRAPHIES AUTOBIOGRAPHIES*

Abbas Ferhat: Le jeune Algérien, de la colonie vers la province. La jeune Parque, 1931, 150 p. (I) :Guerre et révolution - La nuit coloniale, Julliard, 1962, 237 p. (II) : Autopsie d'une guerre, Garnier, 1980, 346 p. Aït Ahmed Hocine: La guerre et l'àprès-guerre, éd. de Minuit, 1964, 205 p. : Mémoires d'un combattant, "~f!$pritd'indépendance, Messinger, 1983, 236 p. Alleg Henri: Prisonniers de guerre, éd. de Minuit, 1961, 250 p. Amrani Djamal: Le témoin, éd. de Minuit, 1960, 83 p. Amrouche Fadha Aït Mansour: Histoire de ma vie, préface de Vincent Monteil, introduction de Kateb Yacine, Maspéro, 1968, 220 p. Azzedine: On nous appelait fellaghas, Stock, 1976, 346 p. Benzine Abdelhamid : Le Camp, préface H. Alleg, éd. Sociales, 1962, 94 p. * Biographies, #Outobiographies de militants algériens. Ouvrage utilisés et cités dans le dictionnaire biographique.

375


Bouayed Mahmoud: L 'Histoire par la bande. Entretien avec Banoune Akli et Amar Khider, Sned, na 1, 1974, 68 et 12 p. Boudiaf Mohammed: (I) Où va l'Algérie? éd. Étoile, 1964, 208 p. (II) La préparation du 1er novembre, éd. Étoile, 1976,95 p.

Fares Abderrahmane: La cruelle vérité, Plon, 1982, 251 p. Ferdi Said: Un enfant dans la guerre, Seuil, 1981, 165 p. Francos Ania et Sereni J. Pierre: Un Algérien nommé Boumedienne, Stock, 1976, 417 p. Hadj Ali Bachir: L'Arbitraire, Préface de Zahouane, introduction de M. Harbi, éd. de Minuit, 1966, 85 p. Hamdani Amar: Krim Belkacem. Le lion des Djebels, Balland, 1973, 360 p. Hammoutene Ali : Réflexions sur la guerre d'Algérie, Sned, 1983, 154 p. Harbi Mohammed: Messali Hadj, Pionnier malheureux de la révolution algérienne. Les Africains, tome IX, p. 227-259. Heggoy Alf Andrew: Historical Dictionary of Algeria, Scarecrow Press, . 1981, 237 p. Kaddache Mahfoud : L'émir Abdelkader, ministère de l'Information. Art et Culture, na 7, 1974, 108 p., album de photos et texte. Kateb Yacine: Abdelkader

et l'indépendance

algérienne, Sned, 1983, 47 p.

Lacouture Jean: Cinq hommes et la France, Seuil, 1961, 371 p. Lebjaoui Mohammed: (I): Vérités sur la révolution algérienne, Gallimard, 1970, 256 p. (II) : Bataille d'Alger ou bataille d'Algérie, Gallimard, 1972, 310 p.

Merle Robert: Ahmed Ben Bella, Gallimard, 1965, 184 p. Messali Hadj: Mémoires, Lattès, 1982, 319 p. Mezziane Nourredine : Un Algérien raconte, Seuil, 1960, 347 p. Naroun Amar: Ferhat Abbas ou les chemins de la souveraineté, Denoël, 1961, 183 p. Ouzegane Amar : Le meilleur combat, Julliard, 1962, 309 p. Péroncel-Hugoz Jean-Pierre: Assassinat d'un poète - Suivi d'un inédit de J. Senac, éd. du Quai, 1983, 157 p. Stora Benjamin: Messali Hadj, Le Sycomore, 1982, 301 p. Taleb Ibrahimi Ahmed: Lettres de prison, Sned, 1966, 190 p. Yacef Saadi: (I): Souvenirs de la bataille d'Alger, Julliard, 1962, 125 p. (II) : La bataille d'Alger, f.L:., 1982, 247 p. 376


Pour les biographies, utilisation: Académie des Sciences d'Outre-Mer. « Hommes et destins ». Recherches biographiques - Algérie, . numéro 00, juin 1983 . numéro 0, novembre 1983

.

numéro

1830-1962.

l, mars 1984

IX -

OUVRAGES FONDAMENTAUX.

Ageron Charles-Robert: (I): Histoire de l'Algérie contemporaine, P.U.F., 1979, 643 p. (II) : Politiques coloniales au Maghreb, P.U.F., 1973, 291 p. (III) : L'Algérie algérienne de Napoléon III à de Gaul/e, Sindbad, 1980, 254 p.

Harbi Mohammed: (I) : Aux origines du F.L.N., Bourgeois, 1975, 314 p. (II) : Le F.L.N., Mirage et réalité, Jeune Afrique, 1980, 446 p. (III): Les archives de la Révolution Algérienne, Jeune Afrique, 583 p. Kaddache Mahfoud: (I) :Histoire du nationalisme algérien, tome l, Sned, 1980, 525 p. (II): Histoire du nationalisme algérien, tome II, Sned, 1980, 682 p. (III) : La vie politique à Alger, Sned, 1970, 390 p. Merad Ali : Le réformisme musulman en Algérie de 1925 à 1940. Essai d'histoire religieuse et sociale, Mouton 1967, 475 p.

X - SUR L'IMMIGRATION Temps modernes, «L'immigration 2192.

maghrébine en France»,

1984, p. 1557-

Cordeiro Albano: L'immigration, Maspéro, 1983, 126 p. Ath-Messaoud et Alain Gillette: L'immigration algérienne en France, éd. Entente, 1976, 127 p. BelIoula Tayeb : Les Algériens en France, éd. Nationales, Alger, 1965, 256 p. Bentahar Mekki: Les Arabes en France. Société Marocaine des éditeurs réunis, 1979, 260 p. Chevallier Louis: Le problème démographique nord-africain, I.N.E.D., « Travaux et documents» n° 6, 1947, 221 p. I.N.E.D.: Français et Immigrés, cahier n° 20, 1954, 293 p.

.

Utilisés et cités dans le dictionnaire

biographique.

377


Rousset Paul: Émigration. Algérie, éd. Contradictions,

Paupérisation et développement 1975, 112 p.

du cgpitalisme en

Salah. Ali : La communauté algérienne dans le département sité de Lille II, 1973, 213 p.

du Nord, Univer-

Sayad Abdelmalek : « Les trois âges de l'émigration algérienne en France »in Actes de la Recherche en Sciences SQciales, 1977, n° 15, p. 59-82. Tripier Maryse: Concurrence et substitution. Le mouvement syndical et les travailleurs immigrés, thèse de 3e cycle, 1977, ParisX,366 p. Zehraoui Ahcene : Les travailleurs algériens en France. Étude sociologique de quelques aspects de la vie familiale, Maspéro 1976.

XI -

OUVRAGES

GÉNÉRAUX.

Abdel..Malek Anouar : La dialectique sociale, Seuil, 1972, 480 p. Akkache Ahmed: La résistance algérienne de 1845 à 1945, Sned, 1972, 41 p. Alleg Henri (sous la direction) : La guerre d'Algérie, tome I, par Alleg et Douzon, 609 p. ; tome II par P. Haudiquet et J. de Bonis, 607 p. ; tome III par J. Freire, 618 p. Amin Samir : Le Maghreb moderne, éd. de Minuit, 1972, 243 p. Ammour Kader, Christian Leucatte, Jean-Jacques Moulin: La voie algérienne, Maspero, 1974, 176 p. Ansart Pierre:

Les idéologies politiques,

Ansky Michel:

Les Juifs d'Algérie,

P.D.F., 1974, 213p.

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Aron Robert (sous la direction) : Les origines de la guerre d'Algérie, 1962, Fayard, 334 p. Ayache Albert: Le mouvement syndical au Maroc (1919-1942), L'Harmattan, 1982, 323 p. Balta Paul et Claudine Rulleau : L'Algérie

des Algériens,

1981, 284 p.

Benabdella Said: La justice du F.L.N., Sned, 1982, 111 p. Berque Jacques:

Le Maghreb entre-deux-guerres,

Bertaux Daniel: 322 p.

Destins personnels

et structures

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Bessis Juliette: La Méditerranée fasciste, Khartala, 1981, 407 p. Bourdieu Pierre: Travail et travailleurs en Algérie (en collaboration avec A. Darbel, J.P. Rivet et C. Seibel), Mouton, 1963. * Utilisés et cités dans le dictionnaire biographique.

378


Bourdieu Pierre: ke déracinement, la crise dé l'agriculture traditionnelle en Algérie, éd. Minuit, 1964 en collaboration avec A. Sayad. Bourguiba Habib :. La Tunisie et la Pfance, vingt~cinq ans de lutte pour une coopération libre, Julliard, 1954, 463 p. Bouzida Abderrabamane Bromberger

: L'idéologie

de l'instituteur,

Serge: Les rebelles Algériens,

Plon, 1958, 279p.

Broué Pierre: Le parti bolcheviq1-le.;, éd. Minuit, auteur, Le MtJuvement communiste en France).

Carreras Fernand:

Sned, 1976, 254 p.

1963, 628 p. (çlu même

L'accord F.L.N. O.A.S., Préface

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1967, 250 p. CbaffaNI George: 44Œp.

Carnets secrets de la décolonisation,

Calmann-Lévy,

1967,

Cbaliand Gérard et Juliette Minces: L'Algérie indépendante, Maspéro, 1972, 175 p. Cbemouilli Henri: Les Juifs d'Algérie, 1976, 250 p. Cbevallier Jacques: Nous Algériens, Calmann-Lévy, 1958; 187 p. Cbikb Slimane.: L'Algérie en armes, Economica, 1981, 511 p. Collot Claude et Jean-Robert Henry: Le Mouvement National Algérien, Textes 1912~1954,L'Harmattan, 1978, 347 p. Colonna Fany : Instituteurs Algériens (1883-1939), o.P.u., 1975, 240 p. Courrière Yves: Les fils de la Toussaint, 600 p. ; Le temps des Léopards, 697 p. ; L 'heure des colonels, 730 p. ; Les feux du désespoir, 794,p; Livre de poche, Fayard, 1974. Dabmani Mobammed : L'Algérie, légitimité historique et continuité politique, Sycomore, 1973, 302 p. Déjeux Jean: Situation de la littérature' maghrébine de langue française, O;P.U., 1982, 271 p. Djegbloul Abdelkader: Alger, 1984, 244p.

Éléments d'histoire culturelle algérienne, E.N.A.L.

Droz Bernard et Évelyne Lever: Histoire de la guerre d'Algérie, Seuil, 1982, 375p. Ducbemin Jacques: Histoire du F.L.N., La Table ronde, 1962, 328 p. Duvignaud Jean: Introduction à la sociologie,. Gallimard, 1966, 185 p. Étienne Bruno: Les Européens d'Algérie et l'independance algérienne, C.N.R.S.,1969, 415 p. Fanon Frantz: Sociologie d'une révolution (l'An V de la révolution algérienne) Maspéro, 1968, 176 p.

Favrod Cbarles.,.Henri:Le

F.L.N.

et l'Algerie, Plon, 1962,351p. 379


Ferrat André: Histoire du p.e.F., bureau d'éditions, 1931, réédition GîtLecœur, 1970, 258 p. Ferro Marc: Comment on raconte l'histoire aux enfants, Payot, 1981, 316 p. Fougeyrollas

Pierre:

Les processus sociaux contemporains,

Fougeyrollas

Pierre:

L'obscurantisme

contemporain,

Payot, 1980.

Papyrus,

1983, 231 p.

Gallissot René et Gilbert Badia: Marxisme et Algérie, 10/18, 1976, 432 p. Guérin Daniel: Ci-gît le colonialisme, Mouton, 1973, 505 p. Guérin Daniel: 187 p.

Quand l'Algérie s'insurgeait. La Pensée Sauvage, 1979,

Halbwachs Maurice: La Mémoire collective, P.U.F., 1968, 204 p. Hamon Hervé et Patrick Rotman: 1979, 434 p.

Les porteurs de valises, Albin Michel,

Hermassi Elbaki : État et société au Maghreb, Anthropos, 1975, 264 p. Home Alistair: Histoire de la guerre d'Algérie, Albin Michel, 1980, 608 p. Ihadden Zahir: Histoire de la presse indigène en Algérie, Enal, 1983, 410 p. Imache Amar : L'Algérie au carrefour. Imp. centrale, Paris, 1937, 24 p. Jacquin Henri: La Guerre secrète en Algérie, O. Orban, 1977,320 p. Jeanson Francis: L'Algérie hors-la-loi, Seuil, 1955, 319 p. Julien Charles-André: L'Afrique du Nord en marche, nationalismes musulmans et souveraineté française, Julliard, 1952, 419 p. Julien Charles-André: Histoire de l'Algérie contemporaine, conquete et colonisation (1830-1874), P.U.F., 1979, 632 p. /Jurquet Jacques: La révolution nationale q.lgérienne et le p.e.F., édition du Centenaire, tome I : 238 p. ; tome II : 603 p. ; tome III : 465 p. Jurquet Jacques: Mouvements communistes et nationalistes en Algérie, chronologie commentée (1920-1962), Presse d'Aujourd'hui, 1983, 186 p. Lacheraf Mostefa : L'Algérie, nation et société,Maspéro, Lacoste Yves, A. Nouschi et A. Prenant: Sociales, 1960, 462 p.

1965, 354 p.

L'Algérie, passé et présent, éd.

Laroui Abdallah: Histoire du Maghreb, essai de synthèse, Maspéro, tome I, 1976, 206 p. ; tome II, 172 p. Launay Michel: Paysans algériens, La terre, la vigne, les hommes, Seuil, 1963, 432 p. Leea Jean et Vaün Jean-Claude: P.F.N.S.P., 1975, 498 p. 380

L'Algérie politique, institutions et régime.


Leconte Daniel: Les pieds-noirs, histoire et portrait d'une communauté. Seuil, 1980, 315 p. Lénine: Ce que sont les amis du peuple, et comment ils luttent contre les social-démocrates, p. 143-360 ; Le contenu économique du populisme, p. 361547. Œuvres complètes, tome I. Lentin Albert-Paul: L'Algérie entre-deux-guerres, Julliard, 1963, 320 p. Liauzu aaude Liauzu aaude: 192 p.

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1982, 275 p.

Salariat et mouvement ouvrier en Tunisie, C.N.R.S. 1978,

Madjarian Grégoire: La question coloniale et la politique du P.C.F., 19441947, Maspero, 1977, 283 p. Mahsas Ahmed: Le mouvement révolutionnaire en Algérie, L'Harmattan, 1979, 367 p. Mandouze André: La révolution algérienne par les textes, Maspéro, 1962, 287 p. Marouf Nadir: La relation ville",campagne dans la théorie et la pratique, o.P.u., 1981, 119p. Meherzi Lotfi: Le cinéma algérien, Sned, 414 p. Meynier Gilbert: L'Algérie révélée, broz, 1982, 793 p. (Préface de P. VidaINaquet). Meziani Abdelhakim: Le 1er novembre dans le Mitidja. Préface de Kateb Yacine, Sned/Publisud, 1983, 115 p. Monetta Jacob: 1971, 307 p.

Le P.C.F. et la question coloniale (1920-1965). Maspero,

Namer Gérard: Batailles pour la mémoire, Papyrus, 1983, 213 p. Nouschi André: La naissance du nationalisme algérien, éd. Minuit. 1962, 162 p. Oppermann Tbomas : Le problème algérien, Maspero, 1960, 320 p. Painat Claude: Dossiers secrets de l'Algérie, Presses de la Cité, 1971, tome I (1958-1961), 538 p. ; tome II (1954-1958), 545 p. Painat Claude: Le gu~pier, Laffont, 1969, 628 p. Paillat Claude: La liquidation, Laffont, 1972, 793 p. Pervillé Guy: Les étudiants algériens de l'université française 1800-1862, C.N.R.S., 1984, 346 p. Quandt WilliamB. : Revolution and politicalleadership in Algeria 1954-1958, Cambridge-London, The Mit Press, 1969. Robrieux Philippe: Histoire intérieure du Parti communiste, tome IV (biographies), Fayard, 1984, 974 p. 381


Rodinson Maxime: Marxisme et Monde musulman, Seuil, 1972, 699 p. Saadallah Aboul-Kassem : La montée du nationalisme en Algérie, Enal, 1983, 371 p. Sahli Mohammed Cherif: Décoloniser l'histoire. Introduction à l'histoire du Maghreb, Maspero, 1965, 150 p. Sivan Emmanuel: Communisme P.F.N.S.P., 1976, 262 p.

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Téguia Mohammed: L'Algérie en guerre, o.P.u., 1982, 786 p. Theis Laurent et PhiUppe Ratte: méprises, Marne, 1974, 303 p.

La guerre d'Algérie ou le temps des

Tillon Germaine: L'Algérie en 1957, éd. Minuit, 1957, 128 p. Tricot Bemard : Les sentiers de la Paix, Plon, 1972, 445 p. TripierPhiUppe : Autopsie de la guerre d'Algérie, éd. France-Empire, 1972, 629 p. Turin Yvonne: Affrontements culturels dans l'Algérie coloniale, Enal, 1983, 434 p. Vatin J.ean-Claude : L'Algérie politique. Histoire et Société, P.F.N.S.P., 1974, 312 p. Vidal-Naquet Pierre: La torture dans la République, éd. de Minuit, 1972, 204 p. Weiss Francis: Doctrine et action syndicale en Algérie, Cujas, 1970, 362 p. Wisner Sylvain: L'Algérie dans l'impasse, Spartacus, 1948, 160 p. Yaconno Xavier: La colonisation des plaines du Cheliff, 1956, tome I, 444 p. ; tome II, 424 p. Yousfi M'Hamed ; L'Algérie en marche, Sned 1984,.178 p.

382


Liste des communes citées auxquelles un nouveau nom a été attribué après l'indépendance de 1962 (source: organisation administrative de l'Algérie, ministère de l'Intérieur algérien, décembre 1965). Anciens noms Abbo Ampère Ardj el Baïda Aumale Auribeau Beni Mansour Bessombourg Bichara Bosquet Bougainville Bourbaki Braaz Camp du Maréchal Canrobert Carnot Cassaigne Catinat Cavaignac Cavallo El Aouana Charchar Clauzel Clinchant Col des Oliviers Condé Smendou Courbet Crescia Dolfusville Dublineau El Hancer El Khedra Fort National Fort Polignac Francis Garnier

Nouveaux noms Sidi Daoud Aïn Azel Medroussa . Sour el Ghoslane Aïn Charchar Boudjellil Zitouna Maadid Hadjadj Sendjas Khemisti Zoubiria Tadmaït Oum el Bouaghi El Abadia Sidi Ali Settara Bordj Abou el Hassen El Aouana Chechar Aïn Hassaïna El Matmar Aïn Bouziane Zighout Youssef Zemmouri Khaïcia Oued Chorfa Hacine El Ancer Djaafra L'Arbaa Naït Iraten Illizi Beni Haoua 383


Gambetta Gastonville Guelta Guyotville Hachems Hamadena Hanoteau La Calle La Chiffa Lakhdaria Lamartine Lambèse Maillot Marceau Massena Meurad Michelet Millesimo Mirabeau Nador Noisy-Ies-Bains Orléanville Oued Cheurfa Oued Damous Ouillis Palestro Paul Cazelles Paul Robert Petit Philippeville Port Guédon Rabelais Rebeval Reibell Relizane Renault Rio Salado Robertville Saint-Antoine Saint-Arnaud Saint-Charles Saint-Donat Saint-Lucien Thiers Uzès-le-Duc Warnier 384

Taoura Salah Bouchaour Gueltat Sidi Saad Ain Benian El Hacem El H'Madna Zeboudja EIKala Chiffa Aissaouia El Karimia Tazoult M'Chedillah Sidi Amar Ouled Ben Abdelkader Merad Ain el Hammam BelkheÏr Draa ben Khedda Sougueur Ain Nouissy Chleff Oued Chorfa Damous Abdelmalek Ramdane Lakhdaria Ain Oussera Taougritte Boumahra Ahmed Skikda Azzefoun Ain Merane Baghlia Chellaga Ighil-Izane Sidi M'Hamed Benali El Malah Ein M' Jez Ed Chich El Hedaïk El Eulma Ramdane Djemal Tadjenanet Zahana Kadiria Ould el Abtal Larbaat Ouled Fares


Saint-Donat Saint-Lucien Thiers Uzès-le-Duc Warnier

Tadjenanet Zahana Kadiria Ould el Abtal Larbaat Ouled Pares

385


Journaux et périodiques cités dans les notices biographiques

Index général *

L'Action Algérienne (mensuel clandestin du P.P.A, février 1944-mars 1945) : pp. 268 ; 270; 302 ; 303 ; 341. Alger-Républicain (quotidien édité par le p.e.A. sans son sigle, octobre 1943septembre 1955) : pp. 129; 347. Algérie-Actualité (hebdomadaire actuel en Algérie) : p. 324. L'Algérie Libre (bimensuel du P.P.A.-M.T.L.D., Alger-Paris, août 1949novembre 1954) : pp. 46 ; 163 ; 196 ; 268 ; 281 ; 284 ; 289 ; 290; 292 ; 295 ; 303 ; 305 ; 309. El Amel (<<L'Espoir », communiste, 1930) : pp. 50 ; 58. El Bassaïr (<<La Clairvoyance », hebdomadaire, organe de l'Association des Oulémas réformistes, mai 1947-avril 1956) : p. 348. Les Cahiers Internationaux (mensuel, Paris) : p. 111. El Caserna (<<La Caserne », communiste, 1923) : p. 52. Ech Chaab (<<Le Peuple », quotidien en Algérie après 1962) : pp. 104 ; 191. Ech Chaab (<<Le Peuple », hebdomadaire du P.P.A. en arabe, août 1937-septembre 1937) : p. 261. Ech Chihab (<<Le Météore », organe hebdomadaire puis mensuel, en langue arabe, des Oulémas réformistes, mai 1934-août 1939) : pp. 339 ; 346. La Défense (organe officieux des réformistes, mai 1934-août 1939) : p. 348. Demain (hebdomadaire de tendance socialiste, 1956-1958) : p. 218. .

Démocratie Nouvelle (revue du p.e.F. après la guerre) : p. 340. Eddalil (<<Le guide », journal étudiant du P.P.A.à Tunis, 1947-1948): p. 239. Égalité (organe des A.M.L., puis de l'U.D.M.A., septembre 1944-mai août 1946-février 1948) : pp. 185 ; 342. L'Émigré en France (publication de la Fédération de France M.T.L.D., 1947) : p. 286. L'Entente (organe des Élus, août 1935-janvier 1942) : p. 337. ESJ?rit (revue mensuelle, Paris) : pp. 111 ; 341. L'Etoile Algérienne (publication de la Fédération de France M.T.L.D., 1947-1948) : pp. 94 ; 104 ; 111 ; 286. L'Étudiant Patriote (feuille de propagande nationaliste, 1944) : p. L'Humanité (organe central du p.e.F.) : pp. 55 ; 57 ; 59.

1945, puis du P.P.A.-

du P.P.A.142.

* Ne figurent pas dans cet index les journaux et périodiques cités dans les sources en fin de notice et dans la bibliographie générale. 387


Ifrikaya (publication du Destour tunisien, 1920) : p. 348. L'Ikdam Nord-Africain (<<La vaillance », bilingue, mensuel de l'Étoile, Paris, 1927) : pp. 48 ; 50 ; 53 ; 56 ; 58. Le Journal d'Alger (quotidien, Alger): p. 298. Liberté (hebdomadaire communiste, Alger, octobre 1943-septembre 1955): pp. 261 ; 347. La Lutte Sociale (hebdomadaire officiel du Parti Communiste Algérien, 19201939) : pp. 340 ; 341 ; 349. El Magrib el Arabi (<<Le Maghreb arabe », hebdomadaire bilingue du M.T.L.D., Alger, mai 1947-mai 1949) : pp. 135 ; 177 ; 240 ; 288 ; 298 ; 304 ; 309. El Manar (<<Le Phare », hebdomadaire en langue arabe du M.T.L.D.,Alger, septembre 1952-janvier 1954): p. 172. El Moudjahid (<<Le Combattant », organe central du Front de Libération Nationale à partir de 1956) : pp. 115 ; 136; 164 ; 181 ; 301 ; 304. El Muntaqid (<<Le Censeur », hebdomadaire de Cheikh Ben Badis, Constantine, juillet-octobre 1925) : p. 339. La Nation Algérienne (hebdomadaire du M.T.L.D.« centraliste », .septembre-

novembre 1954): p. 290.

El Ouma (organe central de l'Étoile Nord-Africaine, puis du Parti du Peuple Algérien, en français, Paris, 1939,septembre 1939) : pp. 54 ; 58 ; 61 ; 62; 67 ; 72 ; 76; 80; 84 ; 87 ; 89; 90 ; 91 ; 94 ; 97 ; 140 ; 157 ; 179 ; 215 ; 240; 243 ; 277 ; 290; 297. El Ouma Mozabite (Algérie, 1934-1937) : pp. 255 ; 261 ; 338. L'Ouvrier Algérien (publication de l'A.G.T.A.à partir de 1957) : pp. 107 ; 283~ Le Paria (organe de l'Union Intercoloniale, Paris) : pp. 52; 59; 65. Le Parlement Algérien (publication du P.P.A., Alger, mai 1939-septembre 1939) : pp. 187 ; 211 ; 275 ; 290. Le Patriote (organe du C.R.U.A.,Alger, 1954) : p. 106. Le Peuple (version française de Ech Chaab en Algérie après 1962) : p. 287. Présence Africaine (revue, Paris) : p. 111. Réalités Algériennes (bulletin d'information du M.N.A.,Bruxelles, 1959-1962): pp. 239 ; 317. La République Algérienne (hebdomadaire de l'U.D.M.A., Alger, février 1948avril 1956) : p. 298. La République d'Oran (quotidien d'Algérie) : p. 104. Résistance Algérienne (publication du Front de Libération Nationale, 19551956) : p. 230. Le Réveil Colonial (en arabe, communiste, Paris, 1930) : p. 30. Révolution Africaine (revue publiée en Algérie après 1962) : pp. 110 ; 350. Les Temps Modernes (revue, Paris) : p. 111. La Vérité (organe du P.C.I., trotskyste, 1944-1958) : p. 80. La Vie Ouvrière (organe de la C.G.T.): p. 59. La Voix des Jeunes Gournal des nationalistes dans les S.M.A., 1946) : p. 291. La Voix du Peuple (organe du Mouvement National Algérien, 1954-1963): pp. 111 ; 115 ; 174; 205 ; 213 ; 224; 234. La Voix du Travailleur Algérien (organe de l'U.S.T.A., syndicat messaliste, mars 1957-juin 1962) : p. 339. El Watan (<<La Patrie », journal animé par le P.P.A. clandestin, Alger, 1944) : pp. 207 ; 271 ; 303. 388


Notices biographiques: Index des noms ayant fait l'objet d'une notice

-AAbada Abdallah Abbad Ahmed Abbane Ramdane Abbas Ferhat Abbas Mohammed Abbes Laghrour Abda Ali Abdelaziz Mohammed Abdeli Aissa Abdelli Mamia Abdesslam Belaïd Abdoun Mahmoud Abou El Ykdan Abssi Saad Achachi Mohand Adjami Brahim Adj ouI-Adj ouI Agouni Ali Aïd Mohammed Aissani Ben Mehel Aissat Idir Aissbaoui Abdelkader Aït Ahmed Hocine Ait El Hadj M'Barek Ait Hamou Amar Aït Hibouche Ferhat Aït Medri Belaïd Ait Menguellet Amara Ait To.udert Ait Zaouche Maamar Akacha Mohammed Akchiche Mohammed Akli Saïd Aknoun Mohammed Aksas Ali Alhouche Saïd Ali Ami Ali Haimoud Mohammed Alili Ahmed (dit Si Baghdadi)

Ali Yahia Abdenour Ali Yahia Mohand Sid p.139 Allaoua Larbi Alleg Ahmed p.227 p. 163 Amir Mohammed Benaissa p.337 Amirou Kaddour p. 191 Amirouche p.125 Amouri Mohammed Amrani Said p.139 p.309 Amrouche Ahmed p.309 Aouati Brahim p. 191 Aouchiche Mohand p.267 Aounine Saadi p.267 Arab Mokrane p.338 Arar Khemissi p.283 Asselah Hocine p.164 Attoui Mahieddine p.139 p. 125 B p.192 p.338 p. 101 Baadeche Mohammed p.268 Baazi Lakhdar p.140 Badji Mokhtar p.269 Baghdadi Tahar p.164 Baghriche Hachemi p. 165 Banoune Akli p. 71 Basta Arezki p. 165 Batel Sadek p. 71 Bedek Mohammed p. 45 Bedri Abdelhafid p. 165 Behiri Brahim p.140 Bekhat Ahmed p. 71 Belagoune Messadoud p. 165 Belaid Mohammed p. 72 Belamine Ali p. 72 Belamine Lounes p.192 Belbegra Mohammed p.166 Beldjilali Habib p. 192 Belghoul Ahmed

p. 166 p. 101 p. 72 p.126 p.102 p.193 p.166 p.126 p.270 p. 167 p.140 p.168 p.102 p. 193 p. 141 p.270 p.102

- -

p.192

Belhadi Lamine Belhadj-Djilali Abdelkader

p. 141 p. 126 p.321 p. 73 p. 141 p. 45 p.31O p. 193 p. 73 p. 127 p. 193 p.31O p: 127 p. 168 p.194 p. 195 p. 103 p.227 p. 46 p. 127 p.194 389


Belhadj Mohammed Belhaffaf Ghazali Belhocine Mabrouk Belkacetn Grine Belkebir Mohammed Belkeri Mahfoud Belkessa Mohammed Belksaïr Abdelkader Bellounis Mohammed Belmihoub Belouchrani Omar Belouizdad Mohammed Belouizdad Othman Benabdelmalek Ramdane Benabid Ahmed Benacar Hassan Bey Benachenhou Hocine Benachenhou Mustapha Benaïcha Mohammed Ben Aïssa Khaldoun Benalla Hadj Ben Amar Benamar Mohammed Benatnar Mostefa Benanoune Ali Benaoua Ben Mostefa Ben Badis Abdelhamid Ben Bella Ahmed Ben Bernou Hadj Maamar Ben Boulaïd Mostefa Ben Cheikh Abdelkader Ben Cheriet Aïssa Bendahmane Amor Bendimered Bachir Bendimred Djamel Bendjelloul Mohammed Benghazi Cheikh Benhabyles Abdelmalek Ben Hamdi Badeche Ben Hamed (dit Commandant Moussa) Benhamed Mohammed (dit Abdelghani) Benjelloulat M'Barek Ben Khalef Ibrahim Benkhandja Hadj Benkhedda Benyoussef Ben Lakhal Mahmoud Ben Mahjoub Omar Ben Messaoud Abelkader 390

p. 168 Ben M'Hel Mohammed p. 194 Ben M'Hidi Larbi p. 103 Ben Mohammed Mustapha p. 128 Ben Mohammed Slimane p.228 Ben Mokadem Mohammed p. 128 Bennaï Ouali p. 74 Bennoure Bensabeur p.228 Benosmane Abdelkrim p. 168 Bensak Mohammed p.195 Bensalem Nourredine p.103 Ben Sayah Larbi p.271 Bensid Abderrahmane p. 322 Bensmaïne Ali p.322 Bensmaïne. Boumedienne p.128 Bentchouk Mohammed p.311 Bent Mohammed Djamila p. 74 Benteftifa Mohammed p. 74 Ben Tobbal Lakhdar p.253 Bentoumi Amar p.311 Ben Yahia Mohammed p.229 Ben Yelles Benaouda p. 195 Benyoucef Boumedine .Benyoucef Mohammed p.229 p.230 Benzaïm Hocine p. 75 Benzemmour Kouider p.322 Benzerdjeb Benaouda p.338 Benzine Abdelhamid p.271 Berdy p.230 Berkani p.271 Berrezouane Mahieddine p.231 Berrezoug Mustapha p. 75 Bestani Belkacem p.254 Bestaoui Ghaouti p.23l Betitache Amar p.104 Betsi Djilali p.339 Bitat Rabah p.231 Blal Hocine p.104 Bouabdellah Cherif p.254 Bouadjaj Zoubir Bouali Saïd p.170 Bouanane Abdallah Boubakeur Salah p.228 Boubnider Salah p.231 (dit Saout-El-Arab) p. 75 Bouchafa Belkacem p. 76 Bouchafa Salah p.274 Bouchaïb Belhadj p. 47 Bouchakour Mustapha p. 170 Bouchebouba Ramdane p. 76 Bouchekoura Mourad

p.274 p.323 p.311 p.232 p.196 p.275 p.232 p.232 p. 76 p.104 p.142 p.312 p. 196 p. 77 p.233 p. 196 p. 196 p.324 p.142 p.142 p.233 p. 197 p.197 p. 143 p.233 p.233 p. 129 p. 77 p. 77 p. 197 p.234 p.105 p.234 p. 143 p.234 p.324 p. 143 p.235 p.325 p.325 p.235 p. 129 p.l44 p. 197 p. 49 p.326 p. 198 p.105 p. 198


Bouchemal Ahmed Boucheria Mohammed Bouda Ahmed Boudaoud Omar Boudiaf Mohammed Boudissa Safi Boudjaja Ali Boudjenana Ahcene Boudjenane Ahmed Boudjerida Amar Boudjeroudi Said Boufedjie Chama Boughailedh Ahmed Bouguerra Ahmed (dit Si M'Hammed) Bouhali Larbi Bouhara Salah Bouhouche Amar Boukadoum Messaoud (dit Haoues) Boukort Ben Ali Bouktouta Hodne Boulahrouf Tayeb Boulebtatech Hachemi Boulkeroua Moussa Boumaza Allaoua Boumaza Bachir Boumedienne Houari Boumedienne Mohammed Boumendjel Ahmed Boumendjel Ali Bounaama Djilali Bounab Djelloul Bourahla Ahmed Bouras Mohammed Bourmache Mokrane Bournane Achour Bourouiba Boualem Bourrenane Mohammed Boussouf Abdelhafid Boutchiche Mohammed Boutlelis Hamou Boutouil Bouzerar Saïd Bouziane Mokhtar Bouzouzou Mahmoud Bouzrina Arezki (dit H'Didouche) Bradai Abderrahmane Busquant Émilie

p. 129 p.312 p.275 p. 170 p. 326 p.235 p.l44 p. 145 p.236 p.276 p.313 p.198 p. 198 p.199 p.339 p. 77 p. 171 p. 78 p.340 p. 145 p.277 p. 145 p.278 p.199 p.106 p.l46 p.199 p.341 p. 342 p.236 p.237 p. 49 p.343 p. 171 p. 79 p.199 p.2oo p.327 J>. 106

p.279 p. 49 p.l72 p.237 p.l72 p.2oo p.2oo p. 79

-cChabane Ali Chabila Djilali Chabri Chabane Chadli Menouar Chaouche Mostefa Cheikh Amar Cheikh Beketroussi Cheikh Touami Cheraiti Ghenam Chentouf Abderrezak Cherchalli Hadj Cherif Mahmoud Chihani Bachir

p. 80 p. 50 p.2oo p.237 p. 173 p.173 p.237 p.254 p. 81 J>.280

p.280 p.343 p. 130

- DDahlab Saad Dahmani Abdelkader Damerdji Oudjedi Daoudji Mohammed Debaghine Lamine Debeche Mokhtar Debih Cherif Dechuk Mustapha Dehiles Slimane (dit Colonel Saddek) Dekli Mohammed Démaghlatrous Larbi Derboucha Mohammed Derdour Djamel Deriche Elias Derradjie Mohammed Didouche Mourad Djaballah Saad Djamaï Ahmed Djann Ahmed Djeddi Sedik Djeffal Mohammed Djeffal Rabah Djelloul Ahmed Djemaa Arezi Djemili Salah Djermane Arezki Djermane Rabah Djilani Embarek Djoranty Benyoussef

p.180 p.201 p.107 p. 81 p.281 p.201 p.201 p.202 p.173 p.282 p. 147 p.202 p. 147 p.328 p.107 p.328 p. 148 p.202 p.202 p. 130 p. 50 p. 148 p.148 p. 173 p. 148' p. 174 p.283 p.283 p.202 391


Djouadji Ali Doua Mohammed Douar Mohammed Douicher Ramdane Doum Ahmed Douzene Amar Driss Amor Drizi

p.107 p.313 p.174 p.108 p.108 p.238 p.255 p. 81

-EEl Hachemi Hamoud El Hadjali Ben Mohammed El Hadj Sid El Hassar Mustapha Embarek Lakhdar Embarek Lakhdar Abdallah

p.284 p.238 p.313 p.238 p. 81 p.238

- FFar Kaddour Fares Abderrahmane Fartas Mustapha Fedaoui Mohammed Fellous Mohammed Fenich Larbi Ferhani Mohammed Ferhat Ali Ferhat M'Hammed Ferkoul Larbi Fernane Hanafi Ferroukhi Mustapha Fettal Mustapha Filali Abdallah Filali Ali Flitah Ahmed Fodil Larabi Fodil Ourtilani Francis Ahmed

p. 51 p.343 p.239 p.149 p.203 p.149 p.203 p. 175 p.239 p. 175 p. 175 p.284 p.203 p.285 p.149 p.204 p. 82 p.344 p.345

-GGasmi Mahmoud Gasmi Mohammed 392

p.239 p.255

Ghali Ahmed Ghallmi Abdelkader Ghandi Salah Gharib Ahmed Gherafa Brahim Ghermoul Ahmed Ghernaout Mohammed Ghersi Mohammed Goffal Mohammed Goudjil Amar Guedroudj Messaoud Guemraoui Guerbi Guenafda Mohammed Guenanèche Mohammed Guendouze Belkacem Guenfoud Abdelkader Guerras Abderrahmane Guesmia Abdelkader

p.24O p.108 p. 51 p. 131 p.255 p.204 p.240 p.240 p.314 p. 150 p.287 p. 176 p.108 p.240 p.205 p.205 p.109 p.205

- HHabachi Abdallah Habachi Abdeslem Hablal Nassyma Haddad Omar Haddouche Lakdar Hadj Ali Abdelkader Hadj Ali Bachir Hadj Belcacem El BaĂŻdaoui Hadjeres Sadek Hadj Lakhdar Abidi Hadj Said Cherif Hadj Zoubir Miloud Hafiz Abderrahmane Hafjaoui Tahar Halit Sid Ali Hama El Amri Hamdani Abdallah Hamdaoui Hamidou Larbi Hamidouche Mokhtar Hamimi Boudjma Hammouche Hocine Hamoud Nefissa Hamza Ben Mohamed Hamza Omar Harbi Mohammed Harfouchi Mohammed

p.314 p. 329 p.205 p.176 p. 176 p. 51 p.345 p.314 p. 345 p. 131 p. 150 p.241 p.206 p.176 p. 177 p. 131 p.206 p.241 p.242 p.l09 p.109 p.l77 p.206 p.256 p.207 p.110 p.207


Hasni Boualem Hasni Abdelkader Hassoumi Okba Henine Yahia Henni Mohammed (dit Dakki) Herga Abdelkader Hiouani Lakhdar

-I -

p.207 p.256 p. 151 p.l77

Khider Mohammed Khiter Mohammed Kiouane Abderrahmane Kouadria Mohammed Koufi Arezki p.207 Koufi Mohammed p. 151 Koumad Ramdane p.256 Kourdoughli M'Hamed Krim Belkacem

p.287 p.21O p.289 p.243 p. 57 p.211 p. 86 p.179 p.329

- L

Ibrahim Said Ibrahimi Bachir !four Mohammed Ikkache Larbi Imache Amar Imekraz Mohammed Issaad Hassan

- KKaab Abderrahmane Kaba Ahmed Kaced Said Kaci Belkacem Kaci Mokhtar Kaddache Mahfoud Kaddour Lehdjim Kaddour Mustapha Kafi Ahmed Kafi Ali Kaid Ahmed Kalache Kader Kamel Saker Kehal Arezki Kerris Mansour Kessaci Ahmed Khairallah Chedly Khalfa Boualem Kheffache Laid Kheiredine Cheikh Khelifa Ben Amar Khelifati Mohand Khellil Amar Khene Lamine Khettab Lounas Khider Amar

p.242 p.346 Laadjal Amar p. 55 Lacheraf Mostefa p.242 Ladjali Arezki p. 82 Ladjouzi Mohammed p.208 Tahar p. 55 Ladlani Amar Laghouati Ahmed Lahmar Hocine Lahouel Hocine Laimeche Ali Laleg Lounis p.208 Lamari Mohammed p.110 Lamari Said p. 111 Lamoudi Abdelkader p.208 Lamoudi Lamine p.208 Larab Baya p.209 Laroubi Mohammed p.209 Lassaker Mouhou p.242 Lazli Ahmed p. 151 Lemou Mohammed p. 152 Louanchi Salah p.346 p.209 p. 131 - Mp. 84 p.243 p. 85 Maache Amar p. 56 Maarouf Boumedine p.347 Maaskri Kaddour p.257 Madani Tawfiq p.347 Madhi Larbi Mohammed p.257 Madoune Benaoumer p.177 Maghlaoui Mohammed p. 178 Mahfoudi Mohammed p. 153 Mahi Mohammed p. 178 Mahmoud Abdelkrim p. 85 Mahmoudi Abdelkader

p.258 p. 111 p.315 p.289 p. 112 p.211 p. 153 p.290 p.179 p. 179 p. 179 p.180 p.330 p.348 p.211 p. 87 p.258 p.211 p. 57 p.291

p.132 p.243 p.212 p. 348 p. 112 p.244 p. 153 p.132 p.212 p. 154 p.258 393


Mahsas Ahmed Maïza Brahim Maïza Salah Mammari Mohammed Mansour Boualem Maroc Hocine Maroc Mohammed Marouf Mohammed Massoum Boumedienne Mazari Bouazza Mazouzi Mohand Saïd Mechati Mohammed Mechouch Brahim Mediani Mediou Saïd Meftah Mohammed Megrourech Mehenna Mehri Abdelhamid Mekky Chadly Melbouci Hodne Mellah Ali (dit Si Cherif) Mellah Slimane (dit Rachid) Mellouli Saïd Melzi Allal Melzi Chafik Memchaoui Mohammed Menceri Sandid Mendjli Ali Menouar Abdelaziz Merbah Moulay Mered Abdallah Meridi Tayeb Merrakchi Hachemi Merrar Mohamed Merzougui Mohammed Mesli Mokhtar Messali Hadj Mestari Mohammed Mestoul Mohammed Mezerna Ahmed Mezhoudi Brahim Meziani Salah Mezziani Tahar Mimoum Salah Mimouni Lahcene Mira Abderrahmane Mogari Ali 394

p.291 p.292 p.293 p.212 p.315 p.113 p.212 p. 57 p.244 p.244 p. 180 p.330 p.113 p. 87 p. 87 p; 258 p. 59 p. 181 p.293 p.133 p. 87

Mokrane Ahmed Mokri Hocine Mostefaï Chawki Mouali Mohammed Mouaouya Abdelkrim Moubarek Mili Moulay Cherif Moundji Zin El Abidin Moussa Sidi Moussaoui Boualem Moussaoui Rabah M'Rabet Bouhafs M'Rabet Mokhtar M'Rad Lakhdar Mutfi Malika

p. ~p. 182 p.299 p. 88 p. 88 p. 349 p.245 p. 300 p. 184 p.216 p. 88 p.259 p.246 p.134 p.216

- N-

Nadji Mohammed (dit Antar) Nadji Mohammed p. 181 (dit Si Meftah) Naït Mazi p.331 Nekkache Mohammedp.113 Seghir p.215 Nemiche Djelloul p.214 (dit Capitaine Bakhti) p.294 Nemouchi Mouloud p.114 Nesbah Ahmed p. 154 (dit El Glaoui) p. 59 Nouaoura Ahmed p.295 Nourredine Aljia p.133 p.214 p.114 - 0p.114 p. 331 p.245 Okbi Tayeb p. 60 Ouagouag Abdelkader p.296 Ouaguenoun Ahmed p.215 Oualane Abdelkader p.297 Ouamara Rachid p. 155 Ouameur Saïd p. 155 Ouamrane Amar p. 88 Ouartsi Saïd p. 155 Oubouzar Saïd p.245 Ouffellah Ismai1 p. 114 Ould Aïssa Belkacem p. 182 Ould Hadj Saïd

p. 115 p.134 p.115 p.116 p.246 p.134 p.316 p.135 p.217

p. 349 p.246 p. 89 p.217 p.217 p. 89 p.182 p.116 p. 183 p. 90 p.246 p. 90


Ould Hamouda AInar Oulebsir Larbi Oussadou Mohammed Oussalah Ali Oussedik Omar Outaleb Mohand Ouramdane 'Ouzegane Amar

p..300 p.316 p.116 p. 184 p.301 p.116 p.349

- RRadjef Belkacem Rafa Abdelmadjid Rafa Mohammed Rahmouni Said Ramdani Mohammed Rebbah Lakhdar Rebouh Mohand Reguimi Djilali Rezki Rihani Sadek Rouifed Ali

p. 90 p.317 p.218 p. 93 p.184 p.218 p. 93 p.301 p. 65 p.135 p. 93

-s Saadi Yacef Saadoune Saadoun Mohammed Saari Omar Sahli Cherif Sahli Mostefa Sahraoui Larbi Sahraoui Mustapha Saïdi Sadok Saïdoun Yahia Saïfi Aïssa Saifi Rabah Sari Bedredine Sebti Abderrahmane Sedjelmaci Mostefa Selmouni Abdelkader Selmy Abdallah Semmache Ahmed Semmar Abderrahmane Senhadi Ahmed Sid Ahmed El Djaadi Sid Ahmed Hocine

p.219 p. 65 p.156 p.219 p. 94 p. 156 p.220 p.220 p.117 p. 65 p. 156 p.117 p.220 p. 65 p.247 p.259 p.253 p.117 p.221 p. 94 p.221 p.184

Sid Ali Abdelhamid Sid Ali Adab Sidi Yakhlef Mustapha Si Djilani Mohammed Si Djouzi Mohand Si Hammoud Si Haoues Si Larbi Slimani Cherif Slyemi Said Snouss Mohammed SouidaIiiBoudjemaa Souissi Abdelkrim Souiyah Houari Stambouli Mostefa Stambouli Nourrdine

p.302 p.317 p.221 p. 66 p.221 p.185 p.135 p.259 p.222 p.118 p.247 p.331 p. 118 p. 302 p.317 p.222

- TTaffar Bachir Taïbaoui Abdelkader Taleb Bachir Taleb Mohammed Taleb Mokhtar

p. 156 p.260 p. 95 p. 302 p.247

Taleb Mostefa Tayebi Abdelkader Tayebi Mohammed (dit Commandant Larbi) Tchouar Choaïb Tebibel Mohammed Tedjini Sekkal Tefaha Abdelkader Telli Bachir Temam Abdelmalek Terbouche Mourad Teurki Abdelkader Tir Maamar Toumi

p.248 p.318 p.248 p.318 p. 157 p. 95 p.222 p. 157 p. 304 p. 118 p.248 p.118 p.223

- yYahiaoui Ahmed Yannes Mohammed Yassine Smai1 Yazid M'Hammed Yazourene Mohammed Yelles Chaouch

p. 95 p.223 p.119 p. 304 p. 185 p.249 395


Yennek Amar y ounsi Omar Younsi Seddik Yousfi Mhammed Youssef Ali

-zZabana Ahmed Zadi Cherif Zahouane Rocine Zakaria Moufdi Zamoum Ali Zamoum Mohammed

396

p. 96 p.157 p. 97 p.305 p. 97

(dit Commandant Si Salah) Zaoui Ahmed Zbiri Tahar Zeba誰r Seddik Zebar Ahcene Zeddour Kassem Zekkal Fatima Zekkal Mohammed p.249 Zerouali Mohammed p. 157 Zerrouki Mohammed p.158 Ziane Achour p.260 Zighoud Youssef p. 185 Zioui Smail p. 186 Zitouni Mokhtar

p.186 p. 97 p.158 p.119 p. 97 p.223 p. 186 p. 186 p.187 p. 119 p.262 p.332 p. 159 p.224


Autres noms cités dans l'ensemble du Dictionnaire biographique *

-A . p. 326 p.331 pp. 61 ; 63 ; 133 ; 293 Aït Abdesslam pp. 185 ; 329 Aït Ali (Bachaga) p. 180 Aït Ali (de la Ligue de défense des Musulmans nord-africains) p. 49 Amara Bouglez p.323 Amouche Mohammed p.176 Amrane Mouloud p.216 Amroun Mustapha p. 8 Arslan Chekib (émir) pp. 62 ; 73 ; 82 ; 348 p. 8 Assami p.341 Atlan Jean pp. 46 ; 67 Aubaud Raoul p. 181 Azzedine (commandant) Abadi Mohammed Abassi Madani Abd-el-Krim (émir)

-B . Baba Slimane Bahloul Ahmed Baki Boualem Barquisseau Barrat Robert

p.218 p.45 p. 147 p.52 p. 183

Batouche Said p. 176 Bazi Safia p. 195 Begarra Joseph p. 288 BelahouelMimi p. 185 Belghersa Moussa p. 149 Belghersa Salah p. 149 Belhadj Abdelkader p. 106 Belimane Mohammed p.331 Benabdelwahab Mohand p.281 Ben Arab Messaoud p. 329 Ben Barka Mehdi p.298 Benchenouf (Bachaga) p. 276 Bendjedid Chadli p. 228 Ben Ediff (de l'E.N.A.) p. 198 Benhamla Sassi p. 9 Benkhelil (docteur) p. 9 Ben Lakhal Ahmed p.48 Ben Mahjoub M'Hammed p.192 Benaouda Ouaddah p. 8 Benouniche Mourad p.289 Benredouane Daif p.9 Bensmaïne (docteur) p. 246 Bentami (docteur) p. 48 Berque Augustin p. 261 Bey Lagoun Abderrahmane p. 9 Bigeard (colonel) pp. 323 ; 324 ; 342 Bloncourt p. 52 Blum Léon pp. 62 ; 73 ; 83 ; 341 Boualem Mohammed p. 347 Bouattoura Tewfiq p. 110 Bouayed Kheira p. 191 Boudemagh Hodne p. 9 Bougheroumi Akli pp. 82 ; 369

. Noms cités dans les notices biographiques .. noms cités dans les textes précédant et suivant le dictionnaire. 397


Boukadoum Cherif Boukadoum Salah Boukadoum Tayeb Boukadoum Youssef Boukerma Aïssa Boulahrouf Abdelaziz Boulkeroua Salah Bourguiba Habib Bourmada Abdelkader Bourzah Bouzemouia Ahcène Boutouche Omar Bouzar Braham Bouzekri Izza Breton André

p.9 p.78 p.78 p.9 p. 9 p. 149 p. 154 p.56 p.129 p. 8 p. 9 p.331 p.213 p.206 p.213

.

D

-

De Gaulle (général)

pp. 64 ; 67 ; 80 ; 186 ; 236 Dechezelles Yves pp. 213 ; 254 De Lattre (maréchal) p. 182 DjaalalOmar p.208 Djoghali Tayeb p. 181 Doriot Jacques pp. 47 ; 48 ; 54 ; 55 Ducournau (colonel) pp. 128 ; 139 Dunois Amédée p. 52 Duvignaud Jean p. 213

. E-

-c pp. 213 ; 216 ; 341 Camus Albert Capitant René p.342 pp. 259 ; 327 Chaazani (colonel) Chaal Abdelkader p.331 Chazi Mohammed p.129 p. 57 Challaye Félicien pp. 183 ; 291 Chaulet Pierre p. 9 Chebli Ahsène pp. 231 ; 246 Cheikh Ben Hallouche Cheikh Messaoudi p.134 p. 9 Cheikh Hocine Ben MiIi p. 9 Cheikh Said Kerbouche p. 9 Cheikh Mourad p. 9 Cheikh Hamed Rouabhia p. 8 Chenaf Ahmed Cheramy Robert p.213 Chergui ~ rahim p. 8 pp. 140 ; 144 Cherif Belkacem p. 181 Cherif Saidi Chevallier Jacques p.289 Chibane Said p.345 p. 9 Chorfane Mahmoud pp. 288 ; 289 Commun Pierre p. 79 Couetoux Cullet (commissaire) p.332

398

El Guenifi El Hadi Mostefai El Hazziz Mohammed El Lek Ahmed Erulin (colonel) Ettoud Hachemi

-F Fadel Abdallah Fanon Frantz Ferrat André (André Morel dit) Francis Mustapha Froger Amédée

p.9 p. 9 p.293 p.309 p.342 p.293

p.9 p.280 pp. 48 ; 52 ; 58 ; 349 p.l06 p.254

-G Gadiri Houine Gérard Claude Gharbi Mohammed Gimenez Gabrielle

p.9 p.218 p. 8 p. 347


p. 213 ; 299 p. 208

Guerin Daniel Guesmia Abdelkader

Klouche Abdesslem Kouini Nacer

.L.

.H .

Hadji Othmane Halimi Gisèle Hamada Youssef Hamerlaïn Hammam Omar Hanachi Brahim Harbi Ahmed Harraïgue Omar Hatta Mohammed Herbault Pierre Ho-chi-Minh (Nguyen ai Quoc dit)

.J

p.243 p.208

p.201 pp. 197 ; 254 p. 9 p. 8 p.129 p. 8 p. 152 . p.8 p.61 pp. 288 ; 289 pp. 52 ; 61

Lacheraf Laghrour Laribère Laroussi Lebjaoui

(docteur) Chabane Aline Khelifa Mohammed

Longuet Jean Lotfi (Boudghene Benali dit)

p. 8 p.129 p.347 p.267 pp. 171 ; 200 ; 291 p.95 p. 17

.M .

-

Jeanpierre (colonel) Jeanson Francis Jellouli Fares Joliot-Curie Frédéric Jouffa Yves

p.342 p.291 p.298 p. 342 p.366

-K . p. 151 Kafi Mokhtar p.53 Kamenev Léon p. 9 Kaouane Rabah p.l06 Kebaïli Moussa p.60 Kemal (kémalisme) p.321 Kerlan Joseph p. 145 Khachani Larbi pp. 46 ; 47 ; 48 ; 52 ; Khaled (émir)

p.273 Maghlaoui Laïffa p. 8 Mahdad (professeur) p. 180 Mahmoudi (de l'E.N.A.) p.22 Maitron Jean p. 183 Mandouze André Mansouri (de la Ligue des commerçants musulmans) pp. 54 ; 67 Mazoyer p.340 p. 145 Merdaci Amar p. 191 Mesli Fadila pp. 61 ; 80 Messali Ali pp. 61 ; 80 Messali Djanina p.273 Mistiri Amar pp. 284 ; 342 Mitterrand François pp. 185 ; 323 Mohammedi Saïd p.289 Mollet Guy p.299 Monteil Vincent p. 8 Mostefaï el Hadi p.294 Mouzon (commandant)

55 ; 61 ; 66 ; 74 ; 369 Khettab Amar p. 178 Khiari Abdelkader pp. 139 ; 321 ; 322 399


- -

-S -

N

Nachid Moh Naït Atma Nasri Mohammed Nasser Gamal Abd-el Nehru Jawaharlal Nouira Hedi

-

0

. p. 8 p.129 p. 8 pp. 144 ; 269

Ouaddah Benaouda Ouagad Salah Oudjina Dris Ou el Hadj Mohand

-p

p.329 p.149 p.281 p.272 p.61 pp. 82 ; 85

Sacco Nicolas Safir Zoubida Saker Farida Saker Zoubida Salmeron Antoine Saouli Abdelkader Sator Kaddour Sator Mohammed Sayat Abdelkader Schoen (colonel) Sekkat Brahim Semard Pierre Si Saïd (docteur) Smai1iAbdelkader Souarni Benaïssa Soustelle Jacques Staline Joseph Stibbe Pierre Susini Jean-Jacques

p. 58 p.206 p.206 p.206 p.347 p. 141 p. 9 p.289 p.304 p.270 p.208 pp. 49 ; 65 p. 186 p. 141 p.106 pp. 337 ; 344 pp. 53 ; 54 pp. 273 ; 296 p.344

.T -

Peret Benjamin Perillier Louis Pivert Marceau Pompidou Georges Prenant Marcel

. R.

Rachedi Brahim Rachedi Saïd Regnier Marcel Rous Jean Rouzik Kacem Roy Manazendrawath

p.213 p.281 p.213 Taklit Tayeb p.278 Talah Mohand p. 52 Talbi Mohammed Taleb Ahmed Tamini Mohammed Tebbouche Ali Thuveny (maître) Tillion Germaine Tillon Charles p.145 Toudjine Abderrahmane p.149 Trotsky Léon p.295 p.213 p. 8 p. 48

p.264 p.329 p. 9 p.143 p.260 p. 9 p.180 p. 183 p. 342 p.331 p.24

-v -

p. 58 Vanzetti Bartolomeo Vié Jean-Émile p.11 Violette Maurice pp. 62 ; 73 ; 83 ; 341 400


-z Zahouane Refes Zerdani Abdelaziz

Zerouali Ismai1 Zerrouk Mahieddine Zerzour Bachir p.14S Zinoviev Grigor pp. 110 ; 19S ; Zitouni Ali Ben Messaoud 236 ; 291

p.129 p. 174 p. 8 p. S3 p.281

401


TABLE DES MATIÈRES

Préface de Mohammed Harbi.................................................... Avant-propos ......................................... Introduction ..................................

............................

Guide d'utilisation

Sigles et abréviations .'. .............. Chronologie sommaire ... ... ................... Note de l'auteur....................................................................

DICTIONNAIRE

7 11 17 34 36 38 39

BIOGRAPHIQUE

CHAPITRE

I

IMMIGRATION ET NATIONALISME LES ALGÉRIENS NATIONALISTES EN FRANCE (1926-1954)

Série A : La création de l'Étoile Nord-Africaine (1926)............... Série B : La direction nationaliste en France dans l'entre-deuxguerres (1933-1939)................................................. Série C : La fédération de France du P.P.A.-M.T.L.D. (1946-1954)..

43 69 99

CHAPITRE Il 420 CADRES ORGANISATEURS DU NATIONALISME EN ALGÉRIE (1946-1954)

Série Série Série Série

A : B: C: D:

Aurès/Sud-Constantinois... ... ". Constantine/Nord-Constantinois Kabylie Alger/Algérois

...

...

123 137 161 189 403


Série E : Oranie Série F: Sud

225 251 CHAPITREIII CRISES ET SCISSION DANS LE P.P.A.-M.T.L.D. (1946-1954)

Série A : Les membres du Comité Central du P.P.A.-M.T.L.D. (1946-1953). (La différenciation entre centralistes et messalistes.) 265 Série B : Le Conseil National de la Révolution (C.N.R.) après le Congrès d'Bornu (28 juDlet 1954). (La direction du courant messaliste à la veille du 1er novembre 1954.) 307 Série C : Le «Groupe des 22» et le «Comité des 6». (La

direction du courant activiste et les préparatifs du 1er novembre

1954.)

319 CHAPITRE IV

INFLUENCES, PASSAGES, CONFRONTATIONS

Le P.P.A.-M.T.L.D.et les autres courants politiques algériens

333

'" '" '"

Méthodes de travail, archives et entretiens Source et bibliographie Liste des communes citées

353 363 383

INDEX

Journaux et périodiques cités dans les notices biographiques; index général Notices biographiques: Index des noms ayant fait l'objet d'une notice ; Autres noms cités dans l'ensemble du Dictionnaire biographique... ~

404

387 389

397


(Q ACHEVÉ D'IMPRIMER CORLET, IMPRIMEUR, 14110CONDÉ-SUR-NOIREAU

PAR S.A.


N° d'imprimeur: 5104 Dépôt légal: juillet 1985 Imprimé en France


Dictionnaire biographique de militants nationalistes algériens  

Dictionnaire biographique de militants nationalistes algériens, Par Benjamin Stora.

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