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Le guide des sorties

DÉCEMBRE

GRATUIT #122

CATAPULTE | KALOUNE | RAVINE DES ROQUES CAUBERE | BAMBOUS LIBRES | LALANNE LO GRYO | ÉLECTRODOCKS | FER6


SOMMAIRE

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Manzi te fait la leçon. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 sous les lunettes de zerbinette . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 rencontre intime . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

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catapulte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 kaloune . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 L’ACTU

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les 10 ans de la ravine des roques . . . . . . . . . . . . . . . . 18 le diable au corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 loser is the new cool . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 belle orientation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 les loops prennent chair . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

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libéré de l’ivraie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34 répondre à l’espel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 friche branchée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36 notre dame du grand marché . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 EN BREF

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lo kor kan | 7ème sens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 kréolokoz | ma vie sans bal | mac abbé . . . . . . . . . . . 45 ju! | me. rouge et m. black | shirley souagnon . . 46 L’AGENDA

lang tang classik festival . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

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N°122 DÉCEMBRE 2016 MENSUEL CULTUREL GRATUIT

L’ÉQUIPE

Dir. de la publication : Sandrick Romy L’équipe : Antoine D’Audigier-Empereur, Zerbinette, Manzi, Mike, Clotilde Brière, Mickael Dalleau, Mathias Techer, Shivam Jatoonah Impression : Graphica DL .

NOUS CONTACTER

redaction@azenda.re | 0262 10 84 10

tournée générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 décembre 2016 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50

L’éditeur décline toute responsabilité quant aux erreurs éventuelles. CONTACTEZ LES LIEUX AVANT DE VOUS Y RENDRE POUR CONFIRMER QUE L’INFORMATION ANNONCÉE EST TOUJOURS BONNE. La reproduction du contenu de la présente publication et du site www.azenda.re, est interdite.

| artistes, Musiciens, organisateurs, producteurs : diffusez vos dates et votre programmation sur azenda.re et dans le mag l’azenda. c’est gratuit ! | envoyez vos infos à contact@azenda.re

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MANZI TE FAIT LA LEÇON

Bon, allez c’est parti pour un exercice de troll sur nos rockeurs péi. Moi je voulais pas, je les aime plutôt bien ces nerds qui font chier personne en jouant entre eux dans des rades tout crades mais ces masos ne cessent de me harceler pour que j’arrête d’attaquer leurs potes de l’électro et que je leur enfonce ma plume bien profond dans le micro.


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L

a meilleure définition du rock a été donnée par Jerry Lee Lewis : « Le rock’n’roll, c’est un chant de bouseux blancs sur des rythmes d’esclaves nègres : que ceux qui n’aiment pas ça aillent se faire foutre ». Autant dire que tous les éléments sont réunis à la Réunion pour que des zicos à tifs tentent de s’approprier l’héritage du maloya pour l’intégrer grassement dans de mauvais riffs. C’est bien simple, je pourrais écrire un best-seller pour vanner leurs horribles reprises rock d’Alain Peters. Et les métalleux qui nous ont soûlé avec leur putain de projet métaloya… C’est bon les gars, Sépultura l’a fait y’a vingt ans avec l’album Roots. La prochaine étape, c’est quoi ? Un concert de ségarage ? Un pogo sur du speed zouk ? Ou du tapping de maloyhard ? Le créole aime se moquer des rockeurs car ils ne sont justement pas gro kèr. Essayez d’occulter leur look patibulaire et vous verrez que ces loulous recèlent un tempérament débonnaire. Derrière ce gros bracelet à clous se cache souvent un petit minou. Il est touchant de voir comme le rockeur se sent proche des bestioles, non pas les bactéries qui prolifèrent dans les mailles houblonnées de son tee-shirt Black Sabbat, mais plutôt ces espèces à la réputation douteuse : Black Babouk, Lézarsonic, Killing Bonobos, Maudit Tangue,… Cette affection animalière est partagée par une autre catégorie proche de cette nébuleuse : les dessinateurs de bédé, fédérés sous le label enfantin « Le Cri du Margouillat ». Vous savez ce gecko dégueu et gueulard qui veut pécho de la reptile facile en même

temps qu’il débourre sur vos murs blancs. Pas étonnant qu’ils organisent ensemble un festnoise ce premier week-end de décembre à la Cité les Arts. La cité Lézard… Uh uh, cela nous promet des heures d’abrutissements sonores sur fond de phylactères bidonnantes. J’’espère que les gars ont pensé à faire sponsoriser leur défilé de freaks par L’effet Péi.

QUELLE EST LA PARTICULARITÉ DE NOS ROCKEURS PÉI ? Qu’on se le dise, j’ai plein d’amis rockeurs mais ce sont des vrais gentlemen car ils savent jouer d’un instrument amplifié et ont la courtoisie de ne pas en jouer en public. Je vous déconseille d’assister à la répétition d’un groupe de rock noise : les gars passent 50% de leur temps à accorder leur instrument et les 50% restants à jouer faux. Si j’écris ce billet, c’est évidemment pour informer le grand public qu’il existe une vraie scène locale et je veux mettre tout mon savoir encyclopédique pour vous dépeindre ce milieu a priori très basique mais plus complexe qu’il n’y paraît. Tout d’abord, ne vous laissez pas intimider par cette liste boursoufflée de genres de rock : screamo, wizard rock, speed metal, stoner, shoegaze, nu metal, queercore, math rock, … [Ndlr : Nous n’avons aucun représentant du genre math rock à la Réunion car aucun de nos rockeurs n’a obtenu son BAC S]

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MANZI TE FAIT LA LEÇON | ROCK & TROLL

Cette multiplication des termes ne sert en réalité qu’à masquer le fait que tous ces mecs jouent exactement la même chose de la même façon depuis au moins 50 ans, c’est-àdire du bruit et très mal. Après quelques fûts de bières, nos rockeurs insulaires peuvent se chamailler sur l’affiliation à tel ou tel sousgenre mais ce qui les réunit c’est la haine du système et surtout de toute forme de mélodie. Le plus important c’est de beugler avec une voix sépulcrale vu qu’il y a grave de place dans leur calebasse pour faire résonner leurs borborygmes. Si vous voulez intégrer cette communauté, évitez de prononcer le mot « pop » car il symbolise des mélopées beaucoup trop radieuses, que le grand public pourrait aimer. Ici, on fait dans l’underground et c’est un job à plein temps de rester dans l’ombre. Les rockeurs réunionnais ne veulent tellement pas être connus qu’ils ont tous attendu que le disque soit mort pour enregistrer leur premier CD. Ainsi l’année 2016 a-t-elle vu une bonne partie des meilleurs groupes locaux investir de lourdes sommes dans des galettes léchées sans qu’un seul pense à sortir un clip regardable. En même temps, gâcher sa thune à produire des disques n’est pas la pire façon de dépenser sa sur-rémunération, puisque la pire façon de dépenser sa sur-rémunération est d’acheter ces disques.

COMMENT NIQUER LE GRAND CAPITAL ET ACHETER SES POLOS FRED PERRY SUR AMAZON Rien au monde ne ressemble plus à un rockeur péi qu’un autre rockeur, ce qui est déprimant pour tout le monde. Sur le plan vestimentaire, on peut distinguer deux écoles concurrentes. Les membres de la première s’habillent et se conduisent en toute circonstance comme s’ils vivaient dans un épisode de Sons of Anarchy, ce qui ne manque pas de sel quand on sait l’amour que le rockeur moyen porte à sa Kangoo. La seconde moitié s’habille comme tout le monde, mais en 1995. Pensez à une version daltonienne de Tony Hawk devenue comptable dans un collège. Une troisième catégorie, moins nombreuse car très élitiste, se prévaut d’une élégance anti-système dont l’emblème est le polo Fred Perry, uniforme des punks anti-fafs qui sont le bras armé de la révolution prolétarienne. Bienvenue dans le gentil monde de la posture : Tu veux niquer l’ennemi capitaliste et tu achètes tes tees anti nazis sur Amazon, de peur d’être refoulé par les videurs de la Ravine des Roques (Ndlr : principal repaire de ces pirates faussement atrabilaires). Si tu n’es pas branché chiffon, il te reste l’option tatouage : imaginez comme le monde serait plus harmonieux si les rockeurs passaient autant de temps sur leur instrument que chez leur pote tatoueur.


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En tout cas, voilà une communauté qui a la sympathie des journalistes, des revues de presse importantes et même des programmations prestigieuses alors même que leur audience est infime. Ce qui continue de la faire exister dans son environnement naturel (le rade) est la fidélité religieuse de son micro-public, et son extrême rentabilité : un Zinc rempli de rockeurs boit plus de bières qu’un Kaloo Bang plein de gens normaux. J’ajouterai enfin que c’est une des rares communautés aussi bienveillantes pour les dilettantes mélomanes de ma trempe qui ont l’affront de venir secouer leur bedaine sans arborer le moindre tatouage tribal ni bavures grasses dans la tignasse. Ces forcenés ont même réussi à convertir Manzi l’aigri en pure

groupie et je ne les remercierai jamais assez d’avoir contribué à faire venir à la Réunion plein de groupes revigorants dont La Colonie de Vacances et surtout le duo Make-Overs. Je vais me répéter en affirmant que ce duo génial - qui boit du cidre, n’arbore aucun tatouage, ne touche pas de subventions et accouche d’un album autoproduit par an -  a scindé le public réunionnais en deux camps : ceux qui ont déjà vu leur concert dantesque et les autres chanceux qui pourront les découvrir le 3 décembre au Palaxa. MANZI NUISANCE AND THE GECKO WARRIORS

Scoop : La belle équipe du label Maudit Tangue me confirme que le cultissime groupe Frustration (en couv’ du magazine NOISE de décembre) est annoncé en mars par chez nous !

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LES BOUQUINS PASSÉS SOUS LES LUNETTES DE ZERBINETTE

Où ta Zerbinette succombe doublement pour deux personnages en quête d’identité. L’un au pays du soleil levant, l’autre en Inde. L’un après le bombardement de Nagasaki, l’autre au commencement du monde. L’un pour les adultes, l’autre pour les enfants. Et tous deux je l’espère sous ton sapin.

POUR LES GRANDS, DE 15 À 130 ANS

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e me suis laissée séduire il est vrai par La Griffe Noire. Quand ce punk bibliovore a présenté le roman comme celui qu’on ne lâchait plus jusqu’à la dernière page, j’ai esquissé un rictus. « La voix des vagues»... Un titre niais et sirupeux, parfait pour un Harlequin. Un choix littéraire bien surprenant pour un rebelle à houppette. Et j’ai lu. D’une traite comme annoncé. Le visage et le corps brûlés par Pikadon, l’explosion atomique qui a détruit une partie de Nagasaki, Hideo Watanabe, survivant miraculé, part en Amérique à la recherche d’Amaterasu, sa grand-mère, dont il a été séparé depuis le drame. Il avait 6 ans. Cette dernière, reçoit cet homme qu’elle ne veut pas reconnaître, avec suspicion. Il est porteur d’une lettre sensée lui prouver qu’il est bien son petit-fils. Se joue alors à rebours la lente et magique déconstruction d’un tragique et vénéneux secret. Nous revoilà à Nagasaki quelques années avant la guerre dans une famille japonaise attachante de simplicité. On y découvre la douceur de vivre et la stupéfiante beauté d’une ville qu’on ne connaît que détruite dans les manuels d’histoire. La violence

de l’explosion y est vécue d’autant plus intensément que, la petite histoire familiale des personnages ayant rejoint la grande, elle nous semble doublement stupéfiante. Jusqu’à la dernière page, l’auteur nous ferre, ciselant avec un raffinement cruel et sublime les contours d’une tragédie amoureuse, familiale et historique poignante mais terriblement réaliste. Voici mon brave lecteur un roman à large spectre. Témoignage historique, carnet de voyage, thriller naturaliste, et livre du souvenir, c’est une œuvre à lire et à offrir, indéfiniment. Jackie Copleton, La voix des vagues, Les escales, 2016, 298p


RETROUVEZ TOUTES LES CHRONIQUES DE ZERBINETTE  SUR WWW.AZENDA.RE

POUR LES JEUNES POUSSES, À PARTIR DE 7 ANS

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il était une fois une princesse qui vivait avec ses parents et ses quatre-vingt-dixneuf frères dans un grand et beau palais ». Ne t’y méprends pas mon petit lecteur, la suite n’a rien d’un conte de fée. Cette histoire écrite à La Réunion par Julie Legrand est aussi insolente que désopilante. Excédée par ses parents qui l’élèvent pour être belle et inconsistante, la donzelle, qui n’existe qu’à travers la flopée de surnoms benêts dont l’affuble sa famille, fait son baluchon. Son voyage initiatique a des allures de carnaval, elle y rencontre des animaux à la langue bien pendue, et des divinités indiennes qui communiquent par iPhone. Excellant dans l’art de la rupture et du décalage, Julie Legrand repense l’éducation avec une salutaire effronterie. Sans néanmoins verser dans le cliché de la princesse rebelle, elle peint une héroïne attachante dont les aventures sont rehaussées par les truculentes illustrations de Nicole Legrand. Un cadeau salutaire pour enterrer définitivement dans le cœur de nos petits l’insupportable Reine des neiges. Julie Legrand, La princesse, le pipal et le perroquet, Alice au pays des virgules, Août 2016, 49p


{En Décembre à la Cité des Arts, focus sur...}

D’îles en Doc : Du graffiti dans les voiles de Sami Chalak

Film documentaire suivi d’un débat

Programmation proposée par En Quête Prod Dimanche 4 décembre à 17h au Palaxa


Le Cri du Margouillat # 30 ans

Festival du vendredi 2 au dimanche 4 décembre

Concerts dessinés : Zanmari Baré et Saodaj • Ven. 2 déc. à 20h au Palaxa

Make Overs, Thee Orlando’s et Me Chewbakka Sam. 3 déc. à 20h au Palaxa

Exposition : Du sam. 3 déc. au 20 jan. au Banyan Conférences - La Grande Librairie

Informations et réservations 0262 92 09 90 citedesarts.re billets-cite.re

23 rue Léopold Rambaud - 97490 Sainte-Clotilde


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© Jean-Marc Grenier

CATAPULTE

PETITS MEURTRES ENTRE AMIS Oubliez tout ce que vous pensez savoir sur les clowns. Catapulte, la dernière création de la compagnie 21 Circus vient d’éclore. La Fabrik, qui présentait cette pièce pour la première fois les 18 et 19 du mois dernier, s’en remet à peine. Et moi toujours pas. Focus sur un spectacle qu’on espère voir programmé dans de nombreuses salles à travers l’île.

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es duos de clowns c’est insupportable. Entre tartes à la crème et claquements de bretelle, on y frémit souvent d’ennui tenace. On y emmène les gosses et les éléphants, avec ce vague espoir, à chaque fois, que le scénario aura évolué. Que peut-être, on rira un peu. Mais ces indéboulonnables de la piste étoilée sont d’une sinistre constance.

Pour Catapulte cependant, l’espoir m’a saisie : «Spectacle conseillé aux enfants à partir de huit ans». Puis quelques lignes plus bas : «Si la pratique de l’art, en soi n’est pas risquée, la fabrication artistique, sans prise de risque, reste de l’art qui fait bonne figure.» Traduisons sans langue de bois : cette création s’annonçait d’emblée subtilement subversive. Fieffé mensonge.


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Un miracle de perversion, traversé par la folie meurtrière, un rêve de psychopathe, un nectar d’aliénés.

En effet, ce que nous ont servi Marie Birot et Olivier Racca ce soir là a dépassé de loin toutes mes espérances névrotiques. Un miracle de perversion, traversé par la folie meurtrière, un rêve de psychopathe, un nectar d’aliénés. Deux badauds entrent en piste. Avec les oripeaux de la clownerie ordinaire. Nez rouge et chaussures rafistolées. Ils découvrent 4 cartons remplis de vêtements en fond de plateau. Comme des gosses devant un coffre au trésor, ils sont en liesse. Attirés par ces peaux de tissu porteuses d’autres identités, ils s’affublent et se déguisent, franchissant lentement mais sûrement les portes de la schizophrénie. Leurs penchants pervers, dominateurs ou soumis se déploient. La panse bourrée de ces chiffons de fortune entassés sous le paletot, l’une se meut en dictateur cynique, humiliant son compère. Le voilà petit soldat de bois aux ordres d’un irascible tyran. Le spectateur rit, parce que le nez rouge l’y autorise. Protégé par les conventions théâtrales, il se croit tout permis. Pourtant, le jeu dérape. Après l’humiliation vient la pulsion meurtrière. Happés par la spirale de leurs atroces désirs, nos deux pitres vont trop loin et s’étripent en toute inconscience. La bouffonnerie bascule

vers l’immonde tuerie, gestes et bruitages de cartoon à l’appui. Les plus jeunes, que leurs irresponsables géniteurs ont tout de même tenu à emmener, hurlent de rire. Il ne faut jamais sous estimer l’innocence de l’enfance. Chez les vieux, on hésite, conscients que ce qui se joue là dépasse la pitrerie de comptoir. Devant ce panel déployé des vicissitudes humaines, il est difficile de ne pas grincer des dents. Pourtant, outrepassant notre malaise, ces deux clowns vont plus loin. Gagnés par la culpabilité, ils entreprennent pour se punir de leur barbarie, de mimer leur suicide, dans une surenchère d’atrocités gestuelles et symboliques aussi sinistres qu’hilarantes. Déchirée entre nature et culture, notre bouche se tord de rire ou d’amertume, tant la frontière de bienséance permise par le jeu théâtral s’amincit. Nous voilà embarqués dans un crescendo mortuaire complètement immoral où, débarrassés de la pesanteur du jugement, nos instincts éclatent en un chaos joyeux et terrifiant. Marie Birot et Olivier Racca sont les stupéfiants interprètes de nos barbaries inavouées, deux diables merveilleusement portés par le feu sacré d’un enfer où l’habit fait le moine. La scène finale est absolument géniale. Ce que ces deux clowns obtiennent finalement de leur public est à la fois sublime et terrifiant. Sombre, drôle, et décapant. Un spectacle qu’on espère (re)voir en 2017 et qu’on vous conseille de réserver dès qu’une salle balancera Catapulte dans sa programmation. ZERBINETTE

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© Jean-Noël Enilorac

KALOUNE

OU L’ART DE POUSSER LES BORDS DU MONDE Un rôle dans Notre dame d’Haïti, la tournée Bekali, un EP à venir, la promotion de son second livre Kayé la sirèn, une participation aux Balades créatives (« Ma savane à moi ») : Judith Profil, alias Kaloune, enchante tous les espaces en cette fin d’année 2016. Rencontre avec une artiste en devenir.


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upes à bretelles, haut à froufrou, tête enrubannée, Kaloune balance des deux côtés des pôles lorsqu’elle chante, accompagnée par Jako Maron, à Lespas culturel Leconte de Lisle le mois dernier. Fière, jouisseuse, revendicative, sa voix n’est jamais plus belle que quand elle éructe ou psalmodie, tenace et vigoureuse, emportée jusqu’à l’extrémité du désir de dire ses mots mais aussi ceux des autres, comme ce titre où elle s’empare du rimbaldien Dormeur du val ou cet autre écrit par Céline Huet. Kaloune n’a pas encore l’insolence de ceux qui sont déjà installés : on la sent un peu effarouchée, encore sur le seuil, mais lorsque l’audace s’empare de sa voix et de son corps, la magie opère et on devine de quoi ce commencement est riche. Quinze jours plus tôt, c’est à Rivière du Mât qu’on l’a rencontrée, dans la maison de sa mère où se préparait un servis. Accompagnée de son jeune fils qui, en digne héritier préfère à la piscine de sa tata les livres de la médiathèque de Bras-Panon, Kaloune a la silhouette fière et le rire tonitruant, et c’est avec simplicité et enthousiasme qu’elle se raconte. C’est le vertige d’un amour qui l’anime, celui des esclaves pour les hommes et le monde : de la même manière que leur volonté d’aimer et de créer n’était pas entamée par leur condition politique, le désir de Kaloune défait tous les baillons. Etre une femme, noire, du Camp Jaquot : Kaloune aurait pu intérioriser toutes les entraves que la

culture dominante noue autour des membres des individus qui, parce qu’ils sont d’ailleurs que de l’entre-soi blanc, mâle et privilégié, ne peuvent être reconnus ; Kaloune aurait pu déployer uniquement une parole autorisée, sans sortir des limites du maloya traditionnel et en demeurant dans une stricte oralité. Elle a décidé d’écrire, de jouer, et de chanter, accompagnée non pas d’un roulèr mais d’un mbira : en somme, d’aller au-delà des bords du monde qu’on aurait voulu tracer pour elle.

UNE POÉTIQUE DE LA RÉSONNANCE ET DU RETENTISSEMENT L’œuvre de Kaloune est traversée par la question de l’identité,qui tient à la fois de l’individu et du groupe, du noyau atomique et de son rayonnement. Un rayonnement qui se pense à la fois comme résonnance et comme retentissement, pour reprendre la distinction opérée par Bachelard dans Poétique de l’espace, auquel se réfère Kaloune. La jeune femme fait le pari de ne pas choisir : créer, ce sera résonner, c’est-à-dire se faire l’écho intempestif des ancêtres ; mais ce sera aussi retentir de manière actuelle, inaugurale et originelle. Etre, ce n’est pas tant redoubler passé qui nous précède qu’opérer « un virement d’être », une séduction, une sortie de route au sens littéral du terme. Kaloune aime à choisir du passé ce qui est digne

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KALOUNE

d’être conservé : « Le passé est la leçon et donne une raison d’être au présent. Toute mon histoire généalogique me permet de trouver position et de prendre une assise : en tant qu’héritière, je dois choisir ce qui est à prendre et ce qui est à laisser. Je ne prends pas la haine et la souffrance, mais je m’empare de la force, de l’endurance, de la volonté et de l’amour ». Dans son premier recueil publié, Séga bon dyé galé, qui a donné lieu au spectacle La fée nwar, elle invente une généalogie fantasmée comme pour retrouver une verticalité par l’ascendance. Elle égrène tous ceux qui l’ont baignée de mots et de sonorités, comme Granmoun Lélé ou Lo Rwa Kaf, et dans un acte réparateur pense la production poétique comme un devoir de mémoire envers tous ceux qui, faute d’avoir fixé leur être par l’écriture, n’ont pas été reconnus comme ils le méritaient. Ecrire, dès lors, serait l’offrande restituée en hommage aux sans voix. Quant à sa musique, elle la qualifie volontiers de griotique, rattachant par là son art aux gardiens de l’oralité de l’empire mandingue, ces « sacs à paroles qui renferment des secrets plusieurs fois séculaires » (Djeli Mamadou Kouyaté). Kaloune pense la femme comme gardienne de l’identité : son office est d’être le rempart contre le péril de l’amnésie qui guette, car la mémoir lé kom in roch piké plin lo trou (Nathalie Natiembé).

Kaloune ne serait-elle dès lors qu’une marchande d’antiquités ? Se réduirait-elle à être la dépositaire d’un passé grignoté par l’oubli qu’elle tâcherait de sauver de l’amnésie collective ? Certainement pas : au désir d’être l’écho du passé s’ajoute celui de s’affirmer sans nostalgie dans un acte authentique de liberté. « Mes ancêtres esclaves subissaient de par leur condition politique ; quant à moi, je suis la joie de vivre ici et maintenant, comme actrice de ma vie ». Une joie de vivre qui s’exprime dans un fourmillement de projets : artiste accompagnée par le Kabardock, Kaloune peut désormais compter sur des moyens techniques plus approfondis et s’est entourée d’artistes qui la nourrissent, comme Jako Maron, Brice Nauroy ou Arash Khalatbari, qui dit de sa production qu’elle est « la preuve que la créativité poétique est un fait de l’Esprit libre. Elle peut prendre des formes avant-gardistes tout en restant fidèle à l’essence de la tradition ». Les titres de son EP Somanké, à paraître prochainement, traduisent une certaine gourmandise créatrice ainsi que son désir de se rapprocher de la musique « moderne » : si la voix s’accompagne toujours du mbira , on trouve aussi du maloya qui dubbe, de la dance, peut-être même une envie d’aller vers le RnB. Kaloune lâche prise avec l’écriture et explore ses capacités d’interprète : ainsi donne-t-elle corps au texte de la poétesse Céline Huet, dans le titre Kavalèr. Alors qu’elle a longtemps créé seule, elle s’accompagne aujourd’hui de Jako Maron qui co-compose certains titres et réalise l’EP. Outre le projet musical - à découvrir par exemple en première partie de Maya Kamaty ce 3 décembre au Kabardock -, Kaloune s’initie à l’art dramatique : Lolita


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Monga lui confie un rôle dans sa dernière création, Notre dame d’Haïti, qui part de la figure du révolté pour penser le réenchantement du monde : parler de la résistance, tant sur les terres européennes (Notre Dame des Landes) que sur les territoires coloniaux (à la Réunion, en Haïti) enthousiasme la jeune femme dont le rôle comportera des parties chantées mais aussi parlées, sous la forme d’envolées poétiques.

DE LA DIFFICULTÉ D’ÊTRE « Tout son Je i exploz » écrit Sandrine Bertrand à propos de Kaloune dans la préface de Kayé la sirèn. La poète dit d’elle-même : « Kaloune, son vi / In gro trou nwar ». Comment être, dans un contexte postcolonial et en tant que femme ? Et comment être reconnue ? Kaloune s’empare de l’art comme arme dans un struggle for recognition. L’écriture permet de panser les plaies de l’oralité méprisée : « dans ma famille, on parle un créole que je ne retrouvais pas dans les livres », explique Kaloune qui prend la plume pour contribuer à l’enrichissement de la langue tout en accordant de la dignité aux habitants de l’habitation, expression qu’a construite l’anthropologue Françoise Dumas-Champion pour désigner les descendants des esclaves, des engagés et des petits blancs, scellés par la condition commune de l’exploitation aliénante dans les propriétés des grands maîtres et par le destin de l’immobilisme social. L’écriture permet de mettre sur le devant de la scène ce qui, faute de validation institutionnelle, a été violemment anéanti par des stratégies d’invisibilisation.

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« Je me bats contre le trou de l’oubli dont Christian Jalma parle dans Cafre Amnesi, Cafrine Symboli » dit Kaloune, qui fait entendre la voix des subalternes depuis l’abîme. Elle choisit fièrement d’être, et d’être autre chose que ce qui est attendu, brisant les préjugés cloisonnants : « Je veux faire de la poésie et du théâtre : ce n’est pas parce qu’on vient de l’est qu’on ne peut faire que du maloya ! ». Elle se rêve elle-même comme un être monstrueux, pluriel, qui va puiser des matériaux poétiques dans toutes les cultures : « Je veux garder ma liberté poétique. J’ai une tête d’africaine, mais je suis un être hybride ; j’ai envie de récupérer dans tous mes héritages, africain, malgache, français… ». Bachelard dit de la poésie qu’elle est « le principe d’une simultanéité essentielle où l’être le plus dispersé, le plus désuni, conquiert son unité ». Kaloune traduit en mots et en sonorités ce fantasme d’unir au bateau le banyan. L’identité créole est un « morceau flottant d’espace, livré à l’infini de la mer » (Foucault, Des espaces autres) qui se rassemble sous le banyan, cet « axe cosmologique sous lequel on se raconte des histoires, et l’on refait l’Histoire passée sous silence » (Laurence Pourchez, Créolité, créolisation). Et de l’arbre à la forêt, il n’y a qu’un pas : on nous glisse à l’oreille que se tramerait le projet d’une performance sous canopée… CLOTILDE BRIÈRE

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L’ACTU

SOLIDE COMME LA RAVINE DES ROQUES Après leurs potes dessinateurs de bédés de l’association « Le Cri du Margouillat » qui ont célébré leur 30 ans à la Cité des Arts, c’est au tour de l’association de La Ravine des Roques de célébrer ses 10 ans de bruyants et loyaux services pour le développement et la reconnaissance du milieu musical rock à la Réunion.

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ue de câbles déroulés, de soundchecks épiques et de fûts de bières descendus pour imposer le rock dans tous les rades de l’île et dans des salles plus prestigieuses comme le Kabardock ou le Palaxa.

Depuis 2006, c’est plus de 40 groupes de rock réunionnais et une vingtaine de l’extérieur qui ont participé à leurs évènements Les groupes réunionnais programmés ont été enregistrés au cours de ces soirées, ce qui a permis de sortir les compilations live

Maudit Tangue (2012) et Maudit Tangue 2 (2014). L’association a ensuite créé le label de coproduction Maudit Tangue pour aider des groupes locaux à sortir un album (Mothra Slapping Orchestra, The Circle A, Black Babouk, Rocksteady Sporting Club, Kilkil, Golgot-VR, Thee Orlando’s, Riske Zero, Tukatukas). Un réseau d’échanges rock indé dans l’Océan Indien, a été établi permettant la venue à la Réunion de groupes sud-africains, mauricien, malgache, indien ou australien. Cela s’est concrétisé par la sortie en décembre 2015 de l’excellente compilation Maudit Tangue 3 qui regroupe vingt groupes de l’Océan Indien.


L’ACTU

Que de câbles déroulés, de soundchecks épiques et de fûts de bières descendus pour imposer le rock dans tous les rades de l’île Enfin, juste pour cette année, le label Maudit Tangue a contribué à cinq nouvelles sorties : Speed de Kilkil (vinyle 10’’ – 6 titres) ; No Country for Poor Men de Riske Zéro (cd - 10 titres) ; Middays de Thee Orlando’s (cd – 5 titres) ; Gazoline de Golgot VR (cd – 8 titres) et Red Blood de Tukatukas (cd - 15 titres). Pour des indés, c’est quand même pas mal !

ROCK OR ROQUE ? « Boire de bonne amitié, s’échauffer un peu l’imagination, parler tous ensemble sans s’entendre, chanter pareillement ensemble l’un en bémol, l’autre en bécarre, en un mot faire tout le bruit possible, c’est ce qui dans le dictionnaire des marins s’appelle ‘faire un bon roque’ » Voyage à Rodrigue de l’Abbé Pingré, 1761

Venons-en aux festivités des 10 ans qui ont été mises en place depuis novembre en partenariat avec d’autres assos avec lesquelles ils collaborent régulièrement : Le Cri du Margouillat pour la bédé, Au Fond Du Garage et Plus de Bruit pour le rock, Asphalte et Untoy pour le skate. Et les salles (Palaxa, Kabardock) avec un soutien de la Région. Si, malgré mon incessante propagande, vous avez loupé ce génialissime duo sud-africain, Make-Overs, au Palaxa samedi 3 décembre, vous avez droit à trois séances de rattrapage grâce à la Ravine des Roques : • Dimanche 4 décembre à la Rondavelle Les filaos (Saint Leu) avec Tell me Peter • Vendredi 9 décembre au bar Le Zinc (Saint Leu) avec Tukatukas • Samedi 10 décembre au Skate Park (Saint Pierre), dans le cadre d’un skate contest et de l’expo Pimp My Deck#5 avec Riske Zéro MANZI

ADHÉROCKER Comme pour toute asso, n’hésitez pas à adhérer ; la somme est modique. Vous serez ainsi informés des concerts privés homériques dans le cadre enchanteur de la Ravine des Sables (oui là où certains veulent creuser une carrière catastrophique). Vous bénéficierez aussi de prix d’entrée réduits pour les soirées Maudit Tangue au Kabardock ou Rock à la Buse à la Cité des Arts. Surtout, vous contribuerez à faire vivre le rock de qualité sous nos latitudes éloignées. www.ravinedessables.fr Facebook : Maudit Tangue Label

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LE DIABLE AU CORPS THÉÂTRE

La Danse du Diable

13 et 14 déc. 19h | Saint-Denis | Théâtre du Grand Marché | 12-25€

THÉÂTRE

Le Bac 68

16 et 17 déc. 20h | Saint-Denis | Théâtre du Grand Marché | 12-25€

Vendus à guichet fermé jusqu’aux prolongations déjà archi pleines, La Danse du Diable et Le Bac 68 quittent la salle de l’Athénée parisien pour proposer au Grand Marché dionysien des spectacles autobiographiques pour le moins intenses.

T

rente-cinq ans après sa création, Philippe Caubère continue de se réincarner dans la peau de Ferdinand, son alter ego des jeunes années que six décennies ne parviennent pas à séparer. Que ce soit dans La Danse du Diable ou Le Bac 68, il campe, seul sur scène, les rôles de ceux qui ont constitué son entourage physique ou imaginaire de ces années-là : sa mère, ses profs, de Gaulle, Malraux, Mauriac, Johnny « Ouliday »…

Une palette de portraits criblés de tics propices à des gesticulations maîtrisées dans un faux fouillis diablement énergique. Tellement qu’il se rompra un tendon lors d’une représentation de son premier spectacle. La Danse du Diable est une pièce retraçant la jeunesse provençale d’un comédien contraint de mettre ses cabrioles au diapason du troisième âge. © Arnold Jerocki


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Cela dit, trois heures durant, cette autofiction généreuse, pour survoltée qu’elle est avec ses innombrables détours, n’en est pas moins touchante puisqu’il s’agit, à chaque représentation, de ressusciter Claudine Gautier — mère de Caubère et de son double — morte quinquagénaire. Plus court, à peine une heure cinquante, Le Bac 68 est une digression en soi puisque censée dépeindre ce qu’on appelait « les événements », à l’époque des scansions « Ce n’est que le début, continuons le combat » dont ce qu’il reste aujourd’hui nous inciterait presque à citer Coluche. N’espérez pas pour autant une fresque historique. L’enjeu majeur est la poilade. À travers les trognes, les chorégraphies poissardes et les flots volubiles marqués dans le temps, c’est une époque

© Michèle Laurent

avec des leviers humoristiques qui lui sont propres qui foulera les planches du Grand Marché. Mais la question se pose : est-ce que ça nous fera rire ? Pas sûr. Outre les vingt délicieuses minutes consacrées à ladite épreuve de géographie et son cancre qui essaye d’enfumer grossièrement son examinateur, le jeune public que nous constituons aurait tendance à se sentir quelque peu distant quant aux pitreries du vieil acrobate. Sans vouloir tomber dans l’âgisme dégueulasse, tout indique que l’intérêt majeur de ces représentations réside dans le fait de retrouver les codes de l’humour de la génération précédente, ceux d’un improvisateur des années 80 habitué à en faire trop. En l’absence de machines fiables, le voyage dans le temps n’est pas sans effets secondaires, s’il est indéniable que retrouver une pièce trentenaire est une madeleine proustienne même pour son créateur, cette constance à surjouer est un travers du théâtre de boulevard qui caricature plus qu’il ne dépeint mais dont les passages d’un personnage à l’autre à vitesse grand V subjuguent. Ce déploiement d’énergie qui pourrait bien nous laisser exsangue interroge : pourra-t-on s’en relever ? Ne serait-ce que pour la performance, nous sommes prêts à relever le défi. ADE

N’espérez pas pour autant une fresque historique. L’enjeu majeur est la poilade.

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Marie-Pierre Ducap Compagnie Karanbolaz

Francis Lalanne Maya Kamaty

Guillaume Farley Les Ébénistes Jean-Pierre K/Bidi Trio fonnkezer F.L.K.V

Bertrand Louis Melody Plenet

ha ylla sh K anje S a r A ra . er F seg e Lélé.. j i e R v Trio Groo

7ème éd

ition

LES BAMBOUS LIBRES festival (de chansons et musiques) d’humeur

SAINT-BENOIT COMPLÈTEMENT À L’EST !

t.0262 50 38 63 - www.lesbambous.com


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LOSER IS THE NEW COOL FESTIVAL

Les Bambous Libres

Du 9 au 17 décembre | Saint-Benoît | Théâtre Les Bambous

Pour la septième fois en quatorze ans — biennale oblige — Les Bambous se libèrent dans un festival de chansons et musiques dites « d’humeur ». Leur programmation est à l’image de leur credo « Proposer non pas ce qui plaît, mais ce qui pourrait plaire. » Un bordel détonnant qui frise, au premier regard, la ringardise mais qui, au final, réserve de belles surprises.

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ur la brochure-programme des Bambous Libres, je m’étonnais que le document affichât des noms que je réservais pour mes penchants « Nouvelle Scène Française », moins celle des Bénabar que des Yannick Le Nagard. En remontant leur programmation jusqu’à 2004, on constate une étrange ligne directrice : l’essentiel de leurs invités extérieurs étaient à peine plus illustres qu’inconnus. Des losers atteignant difficilement — ou pas du tout — les 10000 vues Youtube, un indice de popularité au moins aussi affligeant qu’un sondage présidentiel. Les Bambous Libres se sont surtout libérés de toute concession aux bons goûts du jour. Soit trop en avance avec les Zoufris Maracas qui étaient encore loin de voguer quotidiennement sur les ondes de Radio France, soit largement à contretemps avec un Nilda Fernandez boudé par le succès depuis 1991, le festival embrasse la ringardise copieusement et volontairement. De quoi pousser Frédéric Robin, le directeur du théâtre de l’est, à nous raconter la genèse d’un événement

venu combler le vide musical bénédictin : « Les Bambous libres ne sont pas partis d’un caprice de ville ou de lieu de monter un festival. On voulait faire entendre des musiques décalées ou improvisées souvent portées par des comédiens qui ont en parallèle des carrières d’auteurs-interprètes. »

On voulait faire entendre des musiques décalées ou improvisées souvent portées par des comédiens C’est comme ça qu’en tête d’affiche — que les Bambous ont l’élégance de nommer parrain — on a pu trouver Tchéky Karyo, ce repère qualitatif des films qu’on ratera sans regret, pousser la chansonnette malgré son aphonie. Ce décalage de caractère se retrouve aussi dans les très chouettes perles, Dick Annegarn qu’on ne présente plus ou le trio Orlando dont les chansons transgenres s’inspirent de Virginia Woolf comme de Despentes.

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LOSER IS THE NEW COOL | BAMBOUS LIBRES

Dans cette galerie de personnages qui s’impose comme une rébellion à l’encontre du diktat du cool, Francis Lalanne, le parrain de l’édition 2016, y trouve une place de choix. Connu pour son émotivité débordant du moule médiatique plus que pour ses chansons, la présence du chevelu aux cuissardes prête à sourire. Si son répertoire nous a longtemps tenu en respect, nos errances internautiques avaient plutôt fait croître le capital sympathie de ce citoyen du monde new age dont le discours nous rappelle cette pote hyperpositive qui partage à tout va les joyeuses inepties d’Esprit Science Métaphysiques. « Si sa poésie peut faire sourire, approuve un Frédéric Robin surpris par ma complaisance, il véhicule des idées que je partage. On peut se moquer quand il parle aux oiseaux comme quand Lenorman parlait aux roches ou aux arbres mais… Il y a une anecdote assez révélatrice : Quand je l’ai rencontré, à Avignon, il s’est fait refoulé d’un bar réservé aux artistes du festival parce qu’il n’avait pas de badge. Des clients l’ont défendu : « Enfin, c’est Francis Lalanne. Vous n’allez pas le laisser dehors ! » Il a finalement pu rentrer et s’est installé à une table, seul. Au début, il attire la moquerie puis, au bout d’une heure, le processus se renverse et toute une foule l’aura rejoint. » Si se placer dans dans les rangs des pourfendeurs du cool nous propose de beaux moments d’humanité, ma foi, on aurait tort de se priver. ADE


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© DR

LALANNE

L’INTERVIEW

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ous aurions pu nous amuser à tirer sur l’ambulance Lalanne, feignant d’ignorer les témoignages occultes de concerts éblouissants. Soutenu par une aura magnétique, Francis mettrait ses ouailles en transe, au point qu’aux railleries habituelles s’ajoute la dimension du gourou. Pour nous, le type assume surtout l’expression de sa liberté. Libre de contester les banques, libre de vagabonder, de piocher dans un éventail des émotions grand ouvert dans un PAF où la maîtrise est de rigueur. Si son statut de mouton noir comporte le risque d’être récupéré (voir par exemple l’épisode 2 de la première saison de Black Mirror, une série aussi glaçante que grandiose),

l’électron se permet d’être aussi libre que possible, disparaissant des radars parfois des semaines durant pour ressurgir à l’autre bout du monde ou changeant d’avis dix fois, cent fois sur les performances. Curieux du monde et défenseur des minorités, il entreprend depuis 2015 une tournée de défense des langues menacées d’extinction intitulée Cyber Tour. En parallèle, il a plongé dans les créoles haïtiens, martiniquais, capverdiens… Il lui manquait le réunionnais, une lacune bientôt comblée. Entre deux transports valaisans, le chanteur comédien accepte de répondre à nos questions par téléphone :

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BAMBOUS LIBRES | FRANCIS LALANE

On nous a rapporté que lorsque vous avez appris que le festival se déroulait à La Réunion, vous avez sauté sur l’occasion. Quelles étaient les raisons d’un tel enthousiasme ? Francis Lalanne : J’ai fait tout un travail sur la langue créole, sur les langues créoles. Je me suis mis à écrire en créole en me familiarisant avec ces langues. J’ai commencé à écrire un album dans ces langues extraordinaires que sont les langues créoles affiliées à la langue française. Il ne me manquait que le réunionnais à mon tour du monde créole. J’ai le projet de rencontrer des artistes, et tenter de faire des chansons en réunionnais. Il y a eu une synchronicité entre l’invitation des Bambous et cette préoccupation de finir ce tour du monde en découvrant cette île merveilleuse qu’est La Réunion. En Guadeloupe, j’avais écrit La Vi san vou, une chanson où je chante en créole qui a eu un grand succès dans le réseau de distribution guadeloupéen. Tout le monde pensait que c’était chanté par un local car je n’ai pas d’accent. J’ai une facilité pour les langues du fait de mon oreille musicale. L’équipe des Bambous a été emballé par De Mémoire Amoureuse, le recueil de poèmes que vous avez joué à Avignon. Quelle forme devrait prendre votre concert réunionnais ? FL : C’est un spectacle taillé pour l’île. Il s’agit de marier dans un même élan la poésie, la musique et la chanson. Un spectacle créé uniquement pour Les Bambous qui se jouera ce soir-là et plus jamais après. Le cadre et l’ambition s’y prêtent. C’est un festival qui s’est construit sur ces thématiques de valorisations des « petits. »


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C’est une mission qu’on vous a vu prendre avec votre Cyber Tour. FL : Mon Cyber Tour s’inscrit dans la même lignée, voler au secours des cultures minoritaires, des langues mourantes ou qui souffrent. Quand une langue disparait, c’est un moyen de défendre ses droits, une expression de l’âme humaine qui disparaissent. Exprimer une vision du monde par le créole, c’est défendre cette vision du monde. Faire face à la mondialisation uniformisante massive, n’est-ce pas du Don Quichotte ? FL : Je ne suis pas le seul à défendre cette vision du monde. On est beaucoup d’artistes, des hommes politiques, des hommes issus du monde précaire et conscient. Toute une vague, une sorte de conscience qui s’organise dans le monde. Tout ça va émerger de plus en plus, une conscience humaine, solidaire et fraternelle. A s’organiser dans l’unité et la joie, dans une vision positive de l’être humain. Au même instant, le chanteur se voit contraint de faire un détour du fait d’un colis suspect. Il accepte la nouvelle poliment, chacune de ses phrases est teintée de considération, tout comme ses excuses répétées de me faire attendre au bout du fil.  

Concernant votre spectacle, j’ai eu vent de concerts qui pouvaient durer des heures… FL : Je n’ai pas de limite dans le cadre de ma relation avec le public. Je peux m’arrêter au milieu d’une rue comme je m’arrête dans un village dans mes voyages. Le spectacle, c’est une aventure. Je prépare quand j’ai envie de préparer mais il y a des moments où je ne prépare rien. Aux Bambous, ce sera précis, réglé spécialement pour ce cadre

ADE

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BAMBOUS LIBRES | PETITE SÉLECTION

GUILLAUME FARLEY

SAMEDI 10 DÉC. 20H

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ans la veine des chanteurs de l’anodin, les textes de ce gringalet de banlieue ont la douce amertume d’un Gerald Genty ou des Wriggles levant le pied sur les calembours pour les remplacer par la dérision, noblesse des antihéros sympathiques à drôle de gueule. Avec ses machines et sa guitare, il oscille entre funk et intime. Valse, même, sur L’énième, à propos des chanteurs fades prêts à se prostituer pour un quignon de buzz. Sur son site, il raconte l’histoire de son album J’attends un événement, une galette ponctuée de sons de clim et de ventilo entre délires et spleen de quadragénaire célibataire. L’amateur de chansons à texte inconséquentes y trouve une madeleine de Proust tout à fait digeste. Sa chanson Un événement nous trotte dans la tête depuis la première écoute. www.guillaumefarley.com

BERTRAND LOUIS

BAUDELAIRE DIM. 11 DÉC. 19H SANS MOI MAR. 13 DÉC. 20H

Q

ue ce soit avec Sans Moi, album constitué d’extraits d’un recueil d’antipoésie fielleuse de Philippe Muray, ou avec Baudelaire, travail touchant à sa fin dont quelques chansons sont déjà audibles sur les internets, Bertrand Louis se penche sur la crasse et assume ses dualités, léger ou sardonique, déprimé ou distancié. Comme Guillaume Farley, il pose sur un site la genèse de sa création. La comparaison s’arrête là, les tâtonnements de Bertrand Louis sont un chemin balisé de réflexions, d’études et de doutes. L’expérience est fascinante, la voix grave sur fond de harpe et de guitare électrique résonne avec la noirceur du propos. www.bertrandlouisjournal.blogspot.fr

ARASH KHALATBARI

SAMEDI 17 DÉC. 21H45

P

lus vraiment un outsider, voilà cinq ans que l’Iranien vit à La Réunion mais sa discrétion (son dernier spectacle recensé dans nos pages remonte à l’année dernière) nous pousse à braquer le projecteur sur cet autodidacte qui pousse son électro world dans les hautes sphères mystiques. Ses percussions effrénées et ses instruments empruntés aux quatre coins du monde ont un effet psychotrope qui fait bouger les boules dans des transes dynamiques. Le genre de show qu’on passe les yeux fermés pour toutes les images qu’il inspire.


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BELLE ORIENTATION CONCERT

Oriental Road

Vendredi 2 déc. 20h | Saint-Benoît | Salle Gramoun Lélé | 10€ Mardi 6 déc. 20h | Le Tampon | Théâtre Luc Donat | 10€

Depuis plusieurs années, leurs chemins se croisent. Les membres du Kw Kwatyor et Vincent Philéas ont fini par se retrouver sur une destination commune : l’Orient. Un maillage de talents, de cordes et de percussions à découvrir dans une création musicale atypique et voyageuse.

«

Nous nous connaissons depuis plusieurs années et nous nous croisions régulièrement aux détours des couloirs et salles de profs des différents CRR de l’île. L’envie de travailler ensemble était réciproque, mais il a fallut attendre le bon moment pour trouver une voie commune». Cette voie, ce sera l’Orient. Neils, le violonceliste du Kw Kwatyor présente alors à Vincent une série de morceaux provenant du magreb, d’azerbaïjan et d’autres pays du bassin méditerranées, qu’il est en train de revisiter avec ses comparses Kahina, Marc-André et Eva. Les échelles utilisées pour les gammes Orientales, différentes de l’échelle Occidentale, titillent ce Philéas adepte des expériences nouvelles. Et les arrangements réalisés par ces cordistes frappent l’oreille du percussionniste qui ; habitué du rouler, du jdembé et des congas ; s’empresse de ressortir sa derbouka un peu oubliée.

Le dialogue musical se crée, l’échange et le partage se font naturellement. C’est décidé, ils feront la route ensemble. Pour parfaire le voyage, il faudra tout de même plusieurs mois de répétitions. « Outre les adaptations et arrangements, il fallait aussi trouver le juste équilibre sonore entre les deux familles instrumentales - violons, alto, violoncelle et percussions diverses - ». Avec Orientale Road, le Kw Kwatyor sort des sentiers battus de la musique dite « classique » et Vincent Philéas de celui, qu’il a lui même bien balisé, du maloya. À l’arrivée : une somptueuse fusion de cordes et de percussions, un parcours variant du classique au contemporain, une navigation entre jazz et impros, un meddley d’esthétiques occidentales et orientales. Cette création s’annonce comme un fabuleux voyage vers l’Orient.

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#RÉGIONRÉUNION

#RÉGIO

LA RÉUNION p sitive

!

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LES LOOPS PRENNENT CHAIR

CONCERT

Lo Griyo

7 décembre 19h | Saint-Gilles | Téat Plein Air — Badamier | Gratuit

Fauchés en pleine tournée, les world jazzmen ethniques touche-à-tout de Lo Griyo prennent le temps de leur malheur pour se réinventer. En mieux.

A

près dix ans d’existence, le trio world-jazz électro fondé par Sami Pageaux-Waro est dévalisé. Leurs instruments, et leurs sons longuement glanés au fil de leurs expérimentations électroacoustiques, disparaissent avec le véhicule d’une tournée contrainte au ratiboisement. Continuer à faire de la musique, bien sûr, il y a encore tant à explorer dans les sonorités électro gnawi, mais il n’est pas question de faire du vieux avec du neuf et de faire fi du larcin.

S’impose une remise en question plus fondamentale que celles qui avaient façonné Lo Griyo par petite touches. Depuis une genèse pleine de loops et de chansons d’un Sami homme-orchestre électroacoustique, la formation s’était étoffée due Luc Joly, jazzeux omniprésent aux saxos d’or, et de l’électromagicien Brice Nauroy pour produire de somptueuses transe syncrétiques (et ouais ma gueule, quand ça mélange plusieurs genres, on parle de syncrétisme). L’interaction entre électro et


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Bon, on est à poil, on n’a plus rien. Qu’est-ce qu’on fait ?

© Lewis Joly

acoustique s’opérait à merveille mais avait tendance à enfermer les musiciens dans un dialogue interne comme le raconte Sami : « Je me suis conscientisé sur le phénomène de la loop qui apportait un côté un peu raide, qui nous obligeait à mettre la tête dans le guidon et à rester super concentré. On nous a souvent reproché notre manque d’interaction avec le public. À ceux-là, je répondais : Eh mais, Joe, si t’étais sur scène à faire ce que je dois faire, t’aurais pas le temps de regarder le public, de faire des clins d’œil et de dire de taper des mains. Le côté homme-orchestre commençait à me gaver, j’avais moins ça à prouver. J’ai eu envie de jouer de la kora, un instrument que je joue depuis 14 ans plutôt que d’en jouer plein à la fois. »

Exit les loops. Fever, « un batteur qui a un métronome dans le cul », change le trio en quartet aux accents acid jazz, décontracte tout le monde et permet la sacrosainte interaction tout en se permettant des écritures plus complexes. Avec les boucles, ce sont les voix qui se font remercier, Sami ne s’assumant pas en leader ou vocaliste, composant plus naturellement des thèmes à jouer qu’à chanter. « Commercialement, c’est un mauvais choix mais éditorialement, c’est la volonté du groupe. La musique instrumentale occupant moins de 5% de l’espace médiatique, ce qu’on est en train de faire, c’est carrément du militantisme. » Comme étendard, un troisième album — peutêtre un EP — est en gestation pour une sortie idéale fixée pour le Total Jazz 2017 où ils joueront. D’ici-là, on ne peut qu’espérer qu’ils ne se feront pas de nouveau chouraver, quand bien même leur créativité s’en trouverait boostée. ADE

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LIBÉRÉ DE L’IVRAIE* Un décor minimaliste, un seul acteur, Erick Isana, qui incarne six personnages et véhicule une émotion phénoménale. Avec Fer6, Francky Lauret offre un théâtre brut qui n’a besoin de rien pour touiller dans nos tripes.

THÉÂTRE

Fer6

Vendredi 9 déc. 20h | Piton Saint-Leu Le Séchoir | 15-18€

*« Séparer le bon grain de l’ivraie » : Parole biblique. L’image vient de l’activité agricole. L’ivraie est une graminée qui pousse dans les champs de céréales et qui devait être arrachée à la main pour ne pas gâter la récolte

L’

histoire, on commence à la connaître. Au lieu de jouir de sa liberté toute légitime, Furcy croupit en prison comme pour apprendre la leçon : esclave tu étais, esclave tu resteras. Il luttera pour sa liberté, passant par les voies légales, sous l’œil goguenard de ses compagnons de cellule qui envisagent pour eux le maronnage ou la résignation. L’assoiffé de justice, les moqueurs et même les oppresseurs sont joués par un seul homme. Erick Isana fait des infidélités à la comédie pour nous plonger dans la gravité palpable des prisonniers. Et le bougre excelle au jeu de la tragédie. Comédien puissamment organique, il nous happe dans son histoire en sautant d’un rôle à l’autre, adaptant sa diction et ses poses et toujours, même en plein dialogue, nous savons quel personnage se présente sous nos yeux. Et dans cette palette de rôles, le dernier mot revient au Bourbonnais, gros blanc cynique qui nous crache notre lâcheté à la gueule, indignes que nous sommes de gâcher nos libertés, de ne pas défendre celles qui ont été acquises par la sueur, parfois par les armes. C’est le seul personnage qui a la capacité de faire un bond de plusieurs siècles pour constater que l’inconséquence de la nature humaine se porte bien et que les défenseurs de la liberté seront toujours minoritaires.


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RÉPONDRE À L’ESPEL © Stéphane Laï-Yu SOIRÉE CONCERT

Fred Espel

10 déc. 20h | Ambians village créole à partir de 18h | Saint-Gilles | Téat Plein Air | 9-18€

Fred Espel est peu adepte des projecteurs. Pourtant ce ségatier éclaireur est un phare discret mais incontournable de la musique réunionnaise. Rendez-vous avec un monument qui fête ses 60 ans de scène.

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ous sommes à la fin des années 60. Sous la houlette du célèbre label local Jackman, Fred Espel fonde aves ses comparses Michel Adélaïde et Bernard Bertini le Club Rythmique. Un orchestre au succès fulgurant et qui, après un premier disque bourré de tubes, sera l’un des plus demandé pour animer les bals la poussière de La Réunion. Avant l’aune des boites de nuits, ces manifestations festives étaient légion et particulièrement courues. Bals populaires, artistes populaires, chansons populaires : aucune conotation péjorative à cette popularité qui amèra aussi nombre de chanteurs réunionnais de l’époque - Benoîte Boulard, Jacqueline Farreyrol, Maxime Laope, Michou... pour n’en citer que quelqu’uns - à enregistrer avec cet ensemble musical.

Ayant inspiré ou écrit pour nombre ses contemporains - Françoise Guimbert, Narmine Ducap, Michel Admette, ... là encore la liste est longue -, le talentueux guitariste et violoniste est à l’origine d’une pléiade de compositions séga aux ritournelles encore souvent fredonnées... du moins par les parents et gramoun. Evidemment Ti Case en paille mais aussi Z’avocats marrons ou Pêcheur Quat’sous. Des morceaux d’ailleurs remis au gout du jour avec les chanteurs Guillaume Legras ou Laurence Beaumarchais. Dans un Teat Plein Air transformé en village créole lontan - avec exposition, orkès an kuiv et gâteaux lontan - l’homme au violon bleu et tous ses invités - compagnons de longue date et nouveaux venus - devrait, comme au bon vieux temps, vous faire guincher jusqu’au bout de la nuit. Si c’est pas de la bal ça !

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FRICHE BRANCHÉE SOIRÉE

Électrodocks

Samedi 10 déc. 21h | Le Port | La Friche | 20-25€

Ça commence à devenir une bien bonne habitude : le Kabardock fini son année en beauté du côté de la Friche avec sa soirée Electrodock au line up toujours aussi léché. En piste, aux manettes, skuds et platines cette fois ci : le duo dandy Synapson, le stylé Ambroise Willaume aka Sage, la fraiche Barbee et l’échevelé Benjamin Lebeau - moitié des The Shoes - qui conclura la soirée d’un dj set de derrière les fagots. Passage en revue.

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onneur aux dames, qui plus est à la locale de la soirée : Barbee. Vous l’avez déjà croisé et vous ne l’avez pas manqué, c’est sûr. Pas seulement parce qu’elle détonne dans le paysage des dj - une fille, jolie, au look hippie-chic -. Pas seulement parce qu’elle tourne sur pas mal de spots et soirées - Electropicales, Soirées Body & Soul, Axe Beach Party, etc.. pour n’en citer que quelqu’unes.-. Non, pas seulement pour son look et son nom donc, mais parce que

ses sets aux inspirations afro house, soulfull, garage et nu soul font clairement l’unanimité. En résumé, si vous sortez dans les soirées branchées de La Réunion, il est plus que probable que vous avez déjà dansé sur une de ses sessions. Maintenant, passons à Synapson. Ce duo est lui aussi ultra fédérateur. Très en vogue, leur életro-pop est une sorte d’opposé à l’EDM (l’Electronic Danse Music, formatée pour


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danser dans les nightclubs) des Guetta et compagnie. On s’oriente plutôt vers de l’électro doucereuse mixant chansons légères et effets synthétiques discrets. Paul et Alexandre multiplient les collaborations - Anna Kova, Victor Démé, Bernhoft ou encore Benjamin Diamond de Stardust - et enchainent les tubes sur leur opus bien nommé Convergence. Eclectiques, les Synapson donnent autant envie de danser que de fredonner. Mélodieuses, leurs prestations, que ce soit en studio ou en live, sont plus qu’accessibles : entre Nu disco et French Touch, elles sont euphorisantes. Passage de relai à Sage. Après avoir fait ses armes avec le trio pop-rock Revolver, Ambroise Willaume de son vrai nom, s’émancipe en solo. Entre délicatesse et rythmes électroniques lancinants, Sage a trouvé la formule d’une musique élégante et envoûtante, portée par sa voix de tête, comme

un reste de son enfance passée dans les choeurs de Notre-Dame. Produit par Benjamin Lebeau - aussi invité de la soirée -, l’artiste alterne entre morceaux taillés naturellement pour le dancefloor et remix bien sentis d’une pop mid-tempo accompagnée de mélodies langoureuses. Là encore, on est dans le domaine de l’électro type French touch où le déhanchement parrait irrépressible. Enfin, terminons en beauté avec Lebeau. Droit dans ses pompes, le garçon a tenu à honorer le rdv malgré - hélas, pour de sérieuses raisons médicales - le désistement de son accolyte de The Shoes. Comme une cerise sur le plateau, Benjamin cloturera la soirée par un Dj set où, on imagine, on pourra retrouver la patte qui caractérise sa production. Pour vous faire une idée, écoutez l’album Chemicals où le tandem flirte tout autant avec du trip-hop que de l’électro bien plus dure et rapide.

© Anthony Nollet

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NOTRE DAME DU GRAND MARCHÉ TYPE

Notre dame d’Haïti

1 & 8 déc 19h | 2 & 9 déc. 20h | Saint-Denis | Théâtre du Grand Marché | 15-8€

Notre chroniqueuse Zerbinette est partie à la rencontre de la future ex-directrice du Centre Dramatique de l’Océan Indien (CDOI, ou Théâtre du Grand Marché pour les intimes) pour évoquer la génèse de sa dernière pièce en tant que capitaine du navire amiral-théâtral de Saint-Denis. Encore en phase de répétitions au moment de cette entrevue, cette création restera à découvrir sous sa forme finale en ce début du mois de décembre.


L’ACTU

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ncomprise ou vénérée, Lolita Monga fait rarement dans la demi-mesure. Fière et forte tête, elle a régné sur le théâtre du Grand Marché avec une insolente tranquillité, sourde aux détracteurs et fidèle à son dada : la création. Prête à quitter les lieux mais certainement pas à arrêter la mise en scène, elle tire sa révérence comme on part en guerre. « Ce projet part d’une révolte personnelle » annonce-telle au sujet de sa dernière pièce Notre Dame d’Haiti, qui fermera la saison théâtrale du CDOI. J’entre donc dans sa tranchée. Salopette en jean et gouaille à la Arletty, Monga enchaîne les cigarettes avec l’insouciance de cellesdont la vie est ailleurs. Regard vif et affûté,elle m’explique comment elle a quitté Shakespeare, dont elle avait proposé une truculente adaptation en créole dans Romeo et Juliet la saison précédente, pour un projet d’une toute autre envergure. « Nous avons voulu explorer les territoires de lutte politique » commence-t-elle, désignant son partenaire de poudrière Olivier Corista, acteur et co-directeur du projet. Deux terres s’imposent alors, parce qu’elles symbolisent chacune la lutte d’un groupe humain pour son indépendance. Sur le podium des combattants, Haïti et Notre-Dame-des-Landes prennent ex æquo la première place. À priori, chercher à établir un lien entre ces deux fiefs me semble un peu tiré par les cheveux. Mon premier est une république indépendantelogée dans la mer des Caraïbes. Mon second est une commune française si-

tuée dans le département de Loire Atlantique. Mon tout s’annonce comme une création bicéphale suspecte. Outre les différences culturelles et géographiques, je ne comprends pas quelle lecture commune les artistes pourraient faire de terres si dissemblables. À priori, chercher à établir un lien entre ces deux fiefs me semble un peu tiré par les cheveux. Corista m’éclaire: « Nous sommes partis un moisen résidence vivre à Haïti puis le mois suivant à Notre Dame. On s’est vite rendu compte des points communs entre les deux territoires. D’abord, Il y a une mystique de la lutte, du dépassement de soi. À Notre Dame, Ils s’inventent des rituels pareils à ceux d’Haïti, comme le fait d’utiliser les bâtons de lutte pour théâtraliser leurs discours. » Si le lien est donc apparu à travers les pratiques artistiques, il est surtout prégnant dans l’histoire de ces deux microcosmes. « Ce sont des gens qui vivent sur leur histoire et ils en sont fiers. Et c’est surtout le premier pays à avoir fait sa révolution en 1804 et à avoirgagné sa liberté. » souligne Lolita Monga, au sujet d’Haiti. Pour Notre-Dame-des-Landes, les habitants indiquent qu’ils vivent sur une zone de lutte : La ZAD. Leur territoire, destiné à devenir l’aéroport du Grand Ouest dans les années 70, est passé du statut de « Zone d’Aménagement Différé » à « Zone À Défendre⁄». La résistance est palpable. !

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L’ACTU

NOTRE DAME DU GRAND MARCHÉ | NOTRE DAME D’HAÏTI

Il me semble alors saisir le projet. Partis sur deux terres de révolte pour un collectage de témoignages et un partage artistique, l’équipe de Monga s’attaquera ensuite à l’écriture d’une étude comparative entre Haïti et Notre Dame, sous forme de pièce de théâtre. Compte tenu de l’engouementdes deux artistes pour ces lieux réfractaires au système, je pressens qu’il y aura dans Notre Dame d’Haiti, un souffle révolutionnaire appelant le spectateur à l’insurrection. Erreur. « Nous ne faisons pas de prosélytisme⁄» me prévient Corista, qui précise, malgré l’inoubliable expérience partagée avec les zadistes et les haïtiens, que la pièce ne possède aucun enracinement spatio-temporel précis, ce qui n’est pas sans compliquer sa réception. la pièce ne possède aucun enracinement spatiotemporel précis, ce qui n’est pas sans compliquer sa réception. En effet, lorsque j’assiste à la répétition, un décalage s’opère entre d’une part, le dialogue foisonnant d’anecdotes livrées par le duo d’artistes pendant notre entretien, et d’autre part sa retranscription scénique. Côté plateau, 4 acteurs échangent à bâtons rompus sur le thème de la révolte. Si je comprends d’où vient la matière de leurs propos, il m’est difficile en revanche de trouver un point d’ancrage qui me permettrait de les identifier, ou au moins de situer l’intrigue. Monga s’en explique par les conditions particulières auxquelles l’écriture du spectacle a

été soumise: « C’est une écriture à chaud, en fonction des chocs émotionnels, des instantanés, c’est une pièce déstructurée. » Reste à savoir si, en s’affranchissant de la règle classique des trois unités (temps/lieu/ action), la pièce offrira tout de même au spectateur un fil conducteur nécessaire à la construction d’un sens, donc d’une émotion. la pièce offrira elle tout de même au spectateur un fil conducteur nécessaire à la construction d’un sens, donc d’une émotion ? Car proposer une création sur le thème de la révolte populaire dans une ancienne colonie n’est évidement pas anodin. Quand je l’interroge sur les réactions qu’elle souhaite susciter à La Réunion par le biais de cette pièce, la dame ne mâche pas ses mots pour déplorer la léthargie ambiante : « À La Réunion, on est très révoltés avec la bouche. Mais au delà du discours comment passer à l’acte ? Ce spectacle rend compte de la façon dont on a été bousculés par ces gens qu’on a rencontrés. Je suis sortie de là avec la certitude que c’est pas suffisant. Eux ils sont dedans. Ils changent les choses. J’ai envie de dire aux jeunes d’ici : bougez-vous!» Le message sera-t-il reçu ? Réponse au début de ce mois de décembre. ZERBINETTE


Christine

Salem

marraine du festival

Langtang Classik Music Festival


VENDREDI 2 DECEMBRE PIANO BEACH SUNSET | Horizon(s) Frédéric Chouquet | Piano

18h30  Hôtel *LUX | Saint-Gilles

CONCERT DE MUSIQUE BAROQUE | Viva Italia ! Gloria et sonates de Antonio Vivaldi Jeunes Voix du CRR | Ensemble Desmarest Dir. Anne-Gaëlle Baduel 20h Cathédrale de Saint-Denis

LUNDI 5 DECEMBRE CONCERT PRESTIGE | Viole Celtique Jordi Savall  |  Viole de gambe

20h Cathédrale de Port-Louis | Ile Maurice

SAMEDI 3 DECEMBRE PARCOURS SONORE | Carte Blanche a Capella Choeur Les Lignes | Dir. Christophe Sam 10h Musée Stella Matutina | Musée

CONCERT DE MUSIQUE BAROQUE | Viva Italia ! Gloria et sonates de Antonio Vivaldi Jeunes Voix du CRR | Ensemble Desmarest  Dir. Anne-Gaëlle Baduel

MARDI 6 DECEMBRE CONFÉRENCE | Jordi Savall 17h Université de Saint-Denis

CONCERT PRESTIGE | Viole Celtique Jordi Savall  |  Viole de gambe

20h Cathédrale de Saint-Denis

16h Musée Stella Matutina | Auditorium

CLAVECIN INTIME Carte Blanche à Ronan Khalil Clavecin | Ronan Khalil

18h Musée Stella Matutina | Salle Turquoise

CONCERT DE MUSIQUE BAROQUE | Carte Blanche Ensemble Desmarest | Dir. Ronan Khalil Programme dévoilé le jour même sur les réseaux sociaux.

20h Musée Stella Matutina | Auditorium

MERCREDI 7 DÉCEMBRE  FILM | Tous les matins du monde

Un film d’Alain Corneau Musique originale : Jordi Savall 19h Musée Stella Matutina | Auditorium

CONCERT PRESTIGE | Folias & Romanescas Jordi Savall  |  Viole de gambe

20h Église de Saint-Louis de La Réunion

DIMANCHE 4 DECEMBRE

SAMEDI10 DÉCEMBRE

CONCERT DE MUSIQUE BAROQUE | Viva Italia ! Gloria et sonates de Antonio Vivaldi

CONCERT DE CLÔTURE | Capella Maloya WA Mozart | Messe du couronnement

Jeunes Voix du CRR | Ensemble Desmarest  Dir. Anne-Gaëlle Baduel 17h  Église de Saint-Gilles Les Bains

Christine Salem | Choeur Les Lignes | Dir. Christophe Sam  19h Église du Sacré Cœur | Les Colimaçons


© Philippe Moulin

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1 DANSE LA CANNE EN CORPS / LO KOR KAN

9 déc. 20h | Saint-Paul | Léspas Leconte de Lisle | 8-12€

Pour faire ce magazine, nous avons rencontré Francis Lalanne qui empruntait au vocabulaire des néo hippies pour parler de synchronicité. Il aura fallu une sacrée synchronicité pour rencontrer Luc Maubon pour le même magazine. Car le chorégraphe de Canne en corps est du genre à s’extasier devant la beauté de la nature, à regarder les ondulations des feuilles pour en tirer des mouvements par mimétisme ou complémentarité. Le genre de personne qui peut puiser dans les tréfonds de son âme pour évoquer le langage de la nature et sa beauté qu’il « n’enferme pas dans une considération esthétique mais dans quelque chose de plus vaste, une nourriture essentielle à l’âme et au cœur. » Ainsi, dit-il, il peut devenir bois, herbe ou pierre. Pour ce spectacle, c’est la canne à sucre qu’il amène sur les planches de Léspas, la canne et deux danseurs dans une chorégraphie qui emploie la paille, le roseau, le goni. Ça a l’air tout aussi allumé que beau donc ça vaut le coup d’œil.

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DANSE

7ÈME SENS

9 déc. 20h | Saint-Paul | Léspas Leconte de Lisle | 8-12€

Il est toujours étonnant d’admettre le postulat aristotélicien que nous sommes pourvus de cinq sens tant l’affirmation a été démentie. On en a au moins neuf, voire 21 selon certains scientifiques, dans lesquels se trouvent les sens de l’équilibre, de la douleur, de faim, de satiété ou, notre préféré, la proprioception qui est la capacité de toujours savoir plus ou moins où se trouvent les parties de notre corps même quand on ne les voit pas. Maintenant, le doute se pose sur le fait que le spectacle de Saby Morales tourne autour de la proprioception. Il se peut même qu’il s’agisse au contraire de s’oublier dans un tourbillon culturel qui nous embarque dans les expériences transcendantes du monde des sages et des bonzes. En clair, pour cette fin d’année, Léspas s’est engouffré dans le créneau danse et sérénité.

© Nashipaé Photos

EN BREF

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MUSIQUE

KRÉOLOKOZ

10 déc. 20h| Saint-Pierre | Lucet Langenier | 6-10€

Kréolokoz est un groupe composite de fierté identitaire et de délicatesse. Du sentimentalisme à l’engagement griffu, la voix de Gaël Velleyen s’accorde joliment avec les flûtes, trompettes et percussions de ses très bons musiciens. On ne s’est pas tout à fait remis de son clip — enfin, de son court-métrage musical — Kozman Eli, qui montre une exécution dans un univers punk tribal pour le moins déroutant. L’image est léchée, le film est bourré d’effet jusqu’au bout du générique final. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le leader de Kréolokoz sait choisir ses amis. 2

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DANSE

MA VIE SANS BAL

13 déc. 18h30 | Sainte-Clotilde | Vladimir Canter | Gratuit

Depuis Franck Lepage, les conférences gesticulées se sont multipliées mais aucune n’aura marqué nos esprits autant que celle d’Eric Languet et Wilson, son acolyte handicapé qui l’accompagne dans une formidable succession de spectacles poignants. Il est d’abord question de poser des mots sur le handicap, de faire assimiler un quotidien jonché de condescendance, de bonne morale et d’absence d’autonomie. Sauf que les deux sont des danseurs et qu’à la farandole de mots

s’ajoutent des mouvements chelous dans un ballet rythmé par les phrases lapidaires. Ma Vie sans bal nous crible de coups de poing et de situations comiques au possible. C’est bon et c’est intelligent. MUSIQUE MAC ABBÉ : ONE ZOMBIE SHOW

28 déc. 20h | Saint-Paul | La Cerise | Gratuit

Après être venu en horde au Manapany Festival de l’an dernier avec son Zombi Orchestra, Mac Abbé revient en solo pour nous bouffer le cerveau de sa messe décalée où l’humour noir règne en maître. Qu’il s’agisse de vénérer les mots dégueulasses ou l’ébriété comme solution à tout, les paroles swinguent sur des rythmes entraînant, définissant un univers où la purulence et l’élégance forment un mariage heureux. Pour perdre du poids entre les fêtes, vous pouvez remuer vos fesses sur ce one zombi Show ou opter pour une ablation des viscères.

© DR

© Sébastien Fraysse

EN BREF


© DR

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MUSIQUE

JU !

17 déc. 21h | Saint-Pierre | Le Toit | Gratuit 5 janv. 20h | Saint-Paul | La Cerise | Gratuit

Qui aurait pu croire que derrière l’haleine fétide d’un cadavre ambulant pouvait se cacher un cœur ? Et pourtant, quand il est rassasié d’avoir contaminé les cerveaux du public, Mac Abbé devient Julien Regnault, Ju pour les intimes, et pousse une chansonnette douce qui virevolte entre vieux swings, valses et bossa nova. Sur scène, il s‘accompagne de Youric et de Ziia avec qui il a chouettement collaboré pour enchanter un premier semestre 2016 qui démarrait pas fort. Si 2017 s’annonce au moins aussi moisie, ce concert de Ju devrait alimenter notre déni de réalité pour quelques heures de plus. MUSIQUE MADEMOISELLE ROUGE ET MONSIEUR BLACK

29 déc. 20h | Saint-Paul | La Cerise | Gratuit

Du cul, du cul, du cul. Oui, mais pas n’importe comment. C’est du cul sensuel, du cul référencé, on oserait même dire du cul turel. Un voyage érotique émoustillant qui devrait participer pleinement à l’éveil des sens, dont la proprioception.

2 SPECTACLE SHIRLEY SOUAGNON

21 janv. 21h | Saint-Pierre | Le Toit | 20€

Quand un spectacle au Toit a le même prix qu’une représentation à Luc Donat, c’est que se trame quelque chose d’exceptionnel. Le spectacle d’une des comédiennes les plus dynamiques du Jamel Comedy Club par exemple. Sans rire — réservez vos zygomatiques pour ce 21 janvier — on l’a vu faire : Shirley Souagnon vous embarque dans son show dès le premier quart de seconde et ouvre les vannes à un débit digne des chutes du Niagara. Elle peut te causer de ses einsses qu’elle ne verra jamais et des systèmes oppressifs que, en tant que femme noire homosexuelle, elle a dû rencontrer quelques fois. On est encore passablement surpris d’une interview pour un torchon ivoirien où on lui a demandé pourquoi avoir choisi d’être homo. Il doit falloir beaucoup de dérision pour se retenir d’empaler un journaliste.

© DR

EN BREF

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décEMBRE 2016 LE TOIT mamiso (Groove malgache)

SAMEDI 03 SNACK BAR DES SURFEURS HOT COTTON SHOW SET

LE TOIT le pain des fous (Fusion)

DIMANCHE 04 SNACK BAR DES SURFEURS MAMISO & MEVAH (World)

JEUDI 01

VENDREDI 02

COCO BEACH LA TIPICA DEL 974 (Musiques cubaines) VENDREDI 02

LA CERISE ACOUSTIC JUKEBOX (Reprises) MARDI 06

BELO HORIZONTE VENDREDI 09 L’ENVERS 50 NUANCES DE ROSE (Variétés) KATWALY (Reggae) SAMEDI 03

LE TOIT SAWYER (Pop rock) SAMEDI 03

(Jazz)

COCO BEACH Grèn sémé (Maloya évolutif) VENDREDI 09


OH SUZIE Q ! BOURBON STRING PARADE (Jazz) VENDREDI 09

SAMEDI 10 SNACK BAR DES SURFEURS DJIGONI (Musiques africaines)

LE TOIT TRICODPO (Maloya / Chansons) SAMEDI 10

OH SUZIE Q ! BOURB’ON ROCKS! (Reprises rock) SAMEDI 17

SAMEDI 17 SNACK BAR DES SURFEURS MAMISO TRIO VOCAL (Madagascar)

L’UNIKAZ SAODAJ’ (World) MARDI 20

COCO BEACH DALON JAZZ BAND (Jazz, standards) VENDREDI 23 LA CERISE SAODAJ’ (World) DIMANCHE 11 LA BODEGA MAWACHY (Reggae, funk, rock) VENDREDI 23 COCO BEACH MAMISO TRIO VOCAL (Madagascar) VENDREDI 16 RESTAURANT LAÔ MARDI 27 LA CERISE MAWACHY (Reggae, funk, rock) OTÉ PIRATES (Chansons / Jazz) VENDREDI 16 LE TOIT VENDREDI 30 LA BODEGA COMPLEX DE ZIK (Rock, fusion) JEAN-CLAUDE TÉ (Variétés) SAMEDI 17 LA CERISE BABALAO (Musiques cubaines) DIMANCHE 11

www.tourneegenerale.re


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L’AGENDA DÉCEMBRE

LUNDI 5/12

16:00 St Denis Le Ritz 19:30 L’Ermitage Relais l’Hermitage 20:00 St Paul Léspas

MARDI 6/12

18:30 19:30 20:00 20:00 20:00 20:00

Piton St Leu St Denis St Paul St Paul Le Tampon St Denis

Le Séchoir Studio 32 Léspas La Cerise Luc Donat Cathédrale

MERCREDI 7/12

14:00 Piton St Leu 18:00 St Pierre 19:00 St Gilles 19:00 Grand Bois 19:00 Piton St Leu 19:00 L’Ermitage 19:30 L’Ermitage 20:00 St Gilles 20:00 St Paul 20:00 St Paul 20:00 St Louis 21:00 St Pierre

Stella Matutina L’Unikaz Téat Plein Air Le Zinzin Stella Matutina Alamanda Relais l’Hermitage Hôtel Le Récif Léspas La Cerise Eglise de St Louis Le Toit

JEUDI 8/12

19:00 19:00 19:00 19:00 19:30 20:00 20:00 20:00 21:00

St Denis St Paul Grand Bois Ste Clotilde St Denis St Paul St Denis St Pierre St Leu

Th. Grand Marché Léspas Le Zinzin La Fabrik Zarathoustra La Cerise Caveau Rontaunay Pandora Le Zinc

VENDREDI 9/12

18:00 St Pierre L’Unikaz 18:30 St Joseph Audito. Harry Payet 19:30 L’Ermitage Relais l’Hermitage 20:00 St Denis Th. Grand Marché 20:00 St Paul Léspas 20:00 Piton St Leu Le Séchoir 20:00 St Pierre L’Envers 20:00 L’Ermitage Le Coco Beach 20:00 St Benoit Les Bambous 20:00 La Possession Oh Suzie Q!

CONCERT

THÉÂTRE

DANSE

PROJECTION

GRATUIT

Festival film documentaire : Les Révolutions dans l’Histoire Jemo Dindon malgré lui Du graffiti dans les voiles William (Pop/Rock/Reggae/Jazz/Blues) Ferblan maron Acoustic jukebox (chanson/folk) Kw Kwatyor & Vincent Philéas «Oriental Road» Langtang Classik Festival : Jordi Savall (Classique)

8-10€

5€ 8-10€ 5/10€ 35€

Esclaves et Robinsons : Sa Majesté des mouches 2€ Lindy hop Lo Griyo (World/Musiques du monde) Apéro Zinzin #9 : Jozefinn’ Austral View (Jazz/Blues) 2€ + chapeau Langtan Classik Festival - Tous les matins du monde (Classique) 5€ Matru (chanson/folk) Dîner-concert : Lyzea (Maloya/Séga) 35€ So Ouate (chanson/folk) Galé 8-10€ Richard Manetti et Nicolas Blampain (Jazz/Blues) Langtang Classik Festival - Jordi Savall (Classique) 35€ Improvaganza 3€ Notre Dame d’Haïti Du graffiti dans les voiles Apéro Zinzin #10 : Eric Triton + Emlyn Fer6 Stand’Art (Jazz/Blues) Quatuor à Cordes Kw «Oriental Road» Richard Manetti et Nicolas Blampain (Jazz/Blues) Rock Fish Band (Pop/Rock) DJ James (Rap/Slam/R&B/Soul/Funk/Disco) Luc Joly (Jazz/Blues) Du graffiti dans les voiles Dîner-concert : So Ouate (chanson/folk) Notre Dame d’Haïti Canne en corps/Lo Kor kanne Fer6 Katwaly (Reggae) Grèn Sémé (Maloya/Séga) Les Bambous Libres 2016 Bourbon String Parade (Jazz/Blues/Latino)

10-20€ 5€ 2€ + chapeau

10€

35€ 10-20€ 8-15€ 15-18€

2-13€


CONCERT

THÉÂTRE

20:30 Le Tampon 21:00 St Leu 21:00 St Pierre

DANSE

PROJECTION

El Latino Le Zinc Le Toit

SAMEDI 10/12

16:00 Le Tampon Médiathèque 17:00 L’Ermitage Ronda Loca Plage 17:00 St Benoit Les Bambous 17:30 St Gilles les H. Village l’Eperon 18:30 L’Ermitage Métis Café 18:30 St Paul Bateau Pirate 19:30 L’Ermitage Relais l’Hermitage 19:30 St Leu Ronda Chez Tiroule 20:00 St Pierre Saint-Pierre 20:00 L’Ermitage Le Coco Beach 20:00 St Paul Léspas 20:00 Ste Clotilde Stade Jean Ivoula 20:00 St Pierre Lucet Langenier 20:00 St Gilles Téat Plein Air 20:00 St Paul La Cerise 20:00 St Leu Le Zinc 20:00 St Leu Le 211 20:00 St Denis Cité des Arts 20:00 Ste Clotilde La Fabrik 20:00 Ste Clotilde Téat Champ Fleuri 20:00 St Denis KTDral 20:00 St Paul La Barque 21:00 Le Port La Friche 21:00 St Pierre Le Toit

DIMANCHE 11/12

14:30 La Possession Plateau Festival 16:00 St Gilles les H. Chapelle Pointue 17:00 St Denis Passage Chat Blanc 17:00 St Benoit Les Bambous 18:00 L’Ermitage Le Coco Beach 18:30 St Leu Ronda Les Filaos 19:00 L’Ermitage Ronda Cobis 19:30 St Leu Ronda Chez Tiroule 19:30 La Saline La Bodega 974 20:00 St Pierre Pandora 21:00 St Leu Le Namasté 21:00 St Leu Le Zinc 22:00 St Denis Prince Club

MARDI 13/12

17:30 Ste Clotilde Maxime Laope 18:30 Ste Clotilde Vladimir Canter 19:00 St Denis Th. Grand Marché

GRATUIT

DÉCEMBRE L’AGENDA

Free Jam (Pop/Rock) Tukatukas + invités (Pop/Rock) Fanfare Byin Mayé (World/Musiques du monde)

Prix libre

Zia dans tous ses états Reggae Sunset (Reggae) Les Bambous Libres 2016 2-13€ Angèle Dji Quintet (Jazz/Blues) Babalao (Latino) Anniversaire Pirate Dîner-concert : DJ Kdance 35€ Jozefinn’ Austral View (Jazz/Blues) 10 ans de Ravine des Roques : Riske Zéro + invités (Pop/Rock) Dîner-spectacle : Free Son des îles (Maloya/Séga) 7ème sens 8-10€ Festival mauricien 2016 20€ Kréolokoz (Maloya/Séga) 6-10€ Fred Espel (Maloya/Séga) 9-18€ Son Of Ze Beach (Pop/Rock) Ulicoys (Pop/Rock/Electro) Zaza fait son numéro 10€ Ensamb’ (Maloya/Séga) 10-20€ Fer6 Mouvements 12-18€ Matru (chanson/folk) Stéphane Richez (chanson/folk) Electrodocks : Synapson + Sage (Electro) 20€ Scène ouverte slam Théâtre en fête Concerts des classes de chant du CRR Drink and draw péï Les Bambous Libres 2016 2-13€ Soirée Kizomba No Mad (Pop/Rock) Frédéric Joron (Maloya/Séga) Missty, Séga’El, Hervé Himbert, Morgan, Sakouyaz, Benjam, etc... Mawachy (Reggae) Richard Manetti et Nicolas Blampain (Jazz/Blues) We Believe In Dub (Reggae) Don’t disturb ze DJs : DJ Traakx & friends Big Bass Sunday Concerts des classes de chant du CRR Ma vie sans bal La Danse du Diable

12-25€

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L’AGENDA DÉCEMBRE

19:00 19:30 20:00 20:00

Ste Clotilde St Denis St Paul St Benoit

Stade Jean Ivoula Studio 32 La Cerise Les Bambous

MERCREDI 14/12

14:30 19:00 19:00 20:00 20:00 20:00

St Paul Le Cube St Denis Th. Grand Marché La Possession Eglise Assomption St Paul La Cerise St Gilles Hôtel Le Récif Le Tampon Luc Donat

JEUDI 15/12

17:30 19:00 19:30 20:00 20:00 20:00 21:00 21:00

Ste Clotilde Grand Bois St Denis St Paul St Pierre St Benoit St Leu St Pierre

Vladimir Canter Le Zinzin Zarathoustra Léspas Pandora Les Bambous Le Zinc Le Toit

VENDREDI 16/12

18:30 18:30 19:00 19:00 19:30 20:00 20:00 20:00 20:00 20:00 20:00 20:00 20:30 21:00 21:00

St Denis Jardin de l’Etat St Leu Ronda Les Filaos La Saline La Bodega 974 St Gilles Hôtel Le Récif St Pierre L’Unikaz St Denis Th. Grand Marché St Gilles les H. Saveurs exotiques St Paul La Cerise Cilaos Le Platane St Benoit Salle Gramoun Lélé La Possession Oh Suzie Q! Les Avirons Restaurant Laô Le Tampon El Latino St Leu Le Zinc St Pierre Le Toit

SAMEDI 17/12

15:00 La Saline 16:00 St Pierre 16:30 St André 18:00 St Benoit 18:30 L’Ermitage 19:00 L’Ermitage 19:00 Grand Bois 19:00 St Paul

PlanchAlizé Média.R. Barquissau Th. Champ Borne Salle Gramoun Lélé Métis Café Le Bénitier Le Zinzin Parc Expobat

CONCERT

THÉÂTRE

DANSE

PROJECTION

La Reine des Neiges William (Pop/Rock/Reggae/Jazz/Blues) Les Mardis de l’Impro Les Bambous Libres 2016 Concerts des classes de chant du CRR La Danse du Diable Concerts des classes de chant du CRR Café Repaire So Ouate (chanson/folk) Thierry Jardinot & Marie Alice Sinaman Ceci n’est pas un spectacle Apéro Zinzin #11 : La Flamme des îles (Maloya/Séga) Tablatronic Gala de Danse classique Les Pony Tales (Pop/Rock) Les Bambous Libres 2016 Jeudi tropical : Selekta Papoune (Reggae) Gaël Horellou (Jazz/Blues) La Constellation du Chien Richard Manetti et Nicolas Blampain (Jazz/Blues) La Biscotte de La Mer (Pop/Rock) Stéphane Richez (chanson/folk) Ben H (Jazz/Blues/Latino) Le Bac 68 Les Dingz (Pop/Rock) Me And Chewbakka + Boodoo Fighters (Pop/Rock) Maya Kamaty (chanson/folk) Les Bambous Libres 2016 LPGP (Pop/Rock) Mawachy (Reggae) Blouzanoo (Jazz/Blues) Willy TanTudy (Reggae) Le Complex de Zik (Pop/Rock) Summer is grooving (Electro) Du graffiti dans les voiles Les Lutins du Père Noël Buskaid Soweto String Ensemble (Classique) Ouistitisax Groove Machine (Jazz/Blues/Maloya/Séga) Bluff (Pop/Rock) Dîner-spectacle : Contes et musiques Love Me Tonight

GRATUIT

35€

2-13€

12-25€

20€

2€+chapeau

2-13€

12-25€

2-13€

Prix libre

6€

40€ 12€


TEAT CHAMP FLEURI 7, 8, 10 et 11 février

AKRAM KHAN COMPANY UNTIL THE LIONS

d’après un épisode du Mahabharata

2016 / Photo © Jean-Louis Fernandez

DANSE


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L’AGENDA DÉCEMBRE

19:30 Petite Ile Palm 19:30 L’Ermitage Relais l’Hermitage 19:30 St Leu Ronda Chez Tiroule 20:00 St Denis Th. Grand Marché 20:00 St Paul La Cerise 20:00 St Leu Le Namasté 20:00 St Benoit Les Bambous 20:00 La Possession Oh Suzie Q! 20:00 La Saline La Bonne Marmite 21:00 St Leu Le Zinc 21:00 St Pierre Le Toit 22:00 St Pierre B4

DIMANCHE 18/12

17:00 La Saline 18:00 L’Ermitage 19:00 Grand Bois 19:00 L’Ermitage 19:30 St Leu 21:00 St Leu 22:00 St Denis

Ronda L’uni Vert Le Coco Beach Le Zinzin Ronda Cobis Ronda Chez Tiroule Le Zinc Prince Club

LUNDI 19/12

19:30 L’Ermitage Relais l’Hermitage 20:00 La Possession Oh Suzie Q!

MARDI 20/12

12:00 Petite Ile 14:00 Piton St Leu 19:30 St Denis 19:30 L’Ermitage 19:30 St Pierre 21:00 La Saline

Domaine Manapany Stella Matutina Studio 32 Relais l’Hermitage L’Unikaz L’Iguane Café

MERCREDI 21/12

15:00 Bourg Murat 19:30 L’Ermitage 20:00 St Paul 20:00 St Gilles

Cité du Volcan Relais l’Hermitage La Cerise Hôtel Le Récif

JEUDI 22/12

18:30 19:00 20:00 20:00 21:00

St Gilles Grand Bois St Paul St Pierre St Leu

Bar de la Marine Le Zinzin La Cerise Pandora Le Zinc

CONCERT

THÉÂTRE

DANSE

PROJECTION

GRATUIT

Affair Affair (Pop/Rock) Dîner-concert : DJ Kdance Trio vocal (chanson/folk) Le Bac 68 Babalao (Latino) Richard Manetti et Nicolas Blampain (Jazz/Blues) Les Bambous Libres 2016 Bourb’On Rocks (Pop/Rock) Stéphane Richez (chanson/folk) Sawyer (Pop/Rock) Ju ! (Variétés) La Basse Tropicale : DJ Konsöle + Natty Hö

35€ 12-25€

2-13€

So Ouate (chanson/folk) Soirée salsa (Latino) Maya Kamaty (chanson/folk) Ziskakan (Maloya/Séga) Marcus Gad (Reggae) Don’t disturb ze DJs : DJ Traakx & friends Big Bass Sunday

10€

Dîner concert : Charly Lambda Soirée Tapas avec Nico & Les 109 (Pop/Rock)

35€ 30€

Ouverture de la maison du Maloya et kabar Mélanz Nasyon Esclaves et Robinsons : La Ultima Cena William (Pop/Rock/Reggae/Jazz/Blues) Dîner concert : Ananas Blues (Jazz/Blues) Saodaj’ (World/Musiques du monde) Ulicoys (Pop/Rock/Electro) Vavangèr(s) Dîner-concert : Lyzea (Maloya/Séga) Réparali Kafé + Tournoi de couinche So Ouate (chanson/folk) Matru (chanson/folk) Ziskakan (Maloya/Séga) Gaël Horellou (Jazz/Blues) En Transit (chanson/folk) Soirée Funky (R&B/Soul/Funk/Disco)

2€ 35€

35€ 3€/équipe

10€


20 DÉSANM TOUTE LA PROGRAMMATION | VILLE PAR VILLE

À RETROUVER SUR WWW.AZENDA.RE


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L’AGENDA DÉCEMBRE

VENDREDI 23/12

19:30 L’Ermitage 20:00 St Paul 20:00 L’Ermitage 20:30 Le Tampon 21:00 St Leu

Relais l’Hermitage La Cerise Le Coco Beach El Latino Le Zinc

SAMEDI 24/12

19:00 St Gilles Hôtel Le Récif 19:30 L’Ermitage Relais l’Hermitage 19:30 Boucan Canot Hôtel Boucan Canot 20:00 St Leu Iloha

MARDI 27/12

19:30 St Denis 20:00 St Paul

Studio 32 La Cerise

MERCREDI 28/12

19:30 L’Ermitage 20:00 St Paul 20:00 St Gilles 20:00 St Paul

Relais l’Hermitage La Cerise Hôtel Le Récif La Cerise

JEUDI 29/12

18:30 St Gilles 19:30 St Denis 20:00 St Paul

Hôtel Le Récif Zarathoustra La Cerise

VENDREDI 30/12

18:00 L’Ermitage 19:00 La Saline 19:00 St Gilles 19:30 L’Ermitage 20:00 St Leu 20:00 St Denis 20:00 St Paul

Le Coco Beach La Bodega 974 Hôtel Le Récif Relais l’Hermitage Le Zinc Passage Chat Blanc La Cerise

SAMEDI 31/12

20:00 L’Ermitage Relais l’Hermitage 20:00 St Gilles Hôtel Le Récif 20:00 St Gilles Ô Ti Marché

CONCERT

THÉÂTRE

DANSE

PROJECTION

GRATUIT

Dîner concert : Eric Jo’ trio (Pop/Rock) Saodaj’ (World/Musiques du monde) Mamiso (World/Musiques du monde) My Grass is Blue (chanson/folk) Friday House : DJ Jon Kommodor (Electro) Stéphane Richez (chanson/folk) Bourbon Séga + DJ Kdance (Maloya/Séga) Affair Affair (Pop/Rock) So Ouate (chanson/folk)

35€

60/135€

William (Pop/Rock/Reggae/Jazz/Blues) Oté Pirates (Jazz/Blues/chanson/folk) Dîner concert : Art Bis (Maloya/Séga) Ciné club So Ouate (chanson/folk) Mac Abbé : One Zombie Show (chanson/folk)

35€

So Ouate (chanson/folk) Ben H duo (Jazz/Blues/Latino) Mademoiselle rouge et Monsieur Black Soirée salsa (Latino) Jean-Claude T’ & Annick (Variétés) Stéphane Richez (chanson/folk) Dîner-concert : MIGFY (chanson/folk) Strummertime (Pop/Rock) So Watts «Last Chance Party» My Grass is Blue (chanson/folk) Free Jam + DJ (Pop/Rock) So Ouate (chanson/folk) Stéphane Richez (chanson/folk)

ATTENTION, PAS D’AZENDA MAGAZINE EN JANVIER !

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RCS : B 482 283 694 - Août 2016 © Malte Braun

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RUBRIK

RENCONTRE INTIME | PAR NICOLAS MILLET

À LIRE SUR WWW.AZENDA.RE La chanteuse Marie Lanfroy, du groupe Saodaj’, nous parle en toute intimité de la musique qu’elle aime, de sa recherche de la transe, de son amour de la nostalgie et de ses petits pincements de bonheur, de ses séjours africains, et de sa vie à La Réunion. Et bien sûr du maloya, qui l’inspire tant.

© Nicolas Millet

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I AT

PR

ON

G U 16 O N QU’A E 20 L S R O JU MB E

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D 20

*Salle d’exposition temporaire uniquement.



L'Azenda de décembre 2016