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Franc

octobre 2011

spécial

swisscanto en collaboration avec pMe Magazine

nouvelleS opportunItéS

modIfIer Son portefeuIlle mAIntenAnt

Sécurité avant rendement Préférer des obligations suisses liquides Investissements à l’étranger Plus attractifs Apprendre de la crise Et comment elle a été maîtrisée dans le passé


L’argent fait le bonheur (N° 69), si on l’investit dans des entreprises qui font preuve d’un comportement responsable en matière d’environnement tout en permettant de bonnes opportunités de rendement. Le conseiller à la clientèle de votre Banque Cantonale vous informera volontiers sur nos fonds de développement durable primés à plusieurs reprises.

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ABC dES TUrB sommaire

heureux du franc fort

Photo couverture: oliver Nanzig Photos: Keystone, saskja rosset, istockphoto, Dr

Et comment en profiter pleinement. Le sauteur à skis autrichien Thomas morgenstern est satisfait de la hausse du cours du franc suisse. en effet, dans sa discipline sportive, les prix sont fixés internationalement dans la devise helvétique. Les 213 200 francs qu'il a gagnés durant la saison passée ont, en euros, environ 10% plus de valeur qu’au début de la saison d’hiver 2010-2011. Ce n’est pas spécifique au saut à skis: les prix sont calculés en francs suisses dans toutes les disciplines nordiques. Cela provient notamment du fait que la Fédération internationale de ski (Fis) a son siège en suisse, à oberhofen, au bord du lac de Thoune. Les prix en francs suisses faisaient plaisir aux sportifs aussi longtemps que le cours de cette monnaie montait, mais pas aux organisateurs à l’étranger, pour qui les prix étaient toujours plus élevés. Comme beaucoup de choses, les hauts et les bas des monnaies sont un jeu à somme nulle, dans lequel le gain de l’un est la perte de l’autre. La BNs est maintenant entrée dans ce jeu et a fixé le cours plancher du franc suisse par rapport à l’euro à 1,20. Les cartes sont ainsi redistribuées. Ce que cela signifie et les possibilités qui s’ouvrent à l’investisseur, vous l’apprendrez en lisant ce cahier spécial, né d’une collaboration avec swisscanto. Nous pensons que vous augmenterez ainsi vos chances d’appartenir à l’élite de ceux qui survolent leur sujet. La rédaction

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Des crises de la dette, il y en a toujours eues. Mais chacune est unique et nécessite des recettes et enseignements individuels.

la politique moné économiques. seu fréquemment ne

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texte: Fixer un coursandreas plancher pour kneubühler l'euro-franc ouvre de nouvelles opportunités, estime Peter Bänziger, chef d'investissement chez Swisscanto. Prudence néanmoins.

Swap

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Les investissements qui aideront à tenir tête aux variations des devises et chutes de cours sur les marchés financiers.

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Pour le chef économiste de Swisscanto, Thomas Liebi, le franc et l'euro seront inexorablement liés après l'intervention de la Banque nationale.

Exemple: «Ces fonds de pas exactement équival ciens fonds, parce qu’il bablement majoritairem issues de transactions d

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LesUn turbulences sur les marchés des devises swap constitue un contrat entre deux font la une des journaux. Avec souvent des qui conviennent d’échanger, à termes techniques peu connus. "SPéCIAL une date FRANC" les explique.

ciers fixés par le contrat. L’accord définit der et la date des versements. Il perm risques financiers. Il existe plusieurs ty par leur fonction: le swap de taux d’int swap de devises. CesImpressum derniers temps, c’est surtout le sw Rédacteur en chef: olivier Toublan devantRédacteurs: de la Hansjörg scène. ryser, Il fonctionne de la Harry Büsser achèteCollaborateurs une devise étrangère contre des fr de cette édition: Bureau de par avance lepresse prixsaint-Gall de la revente de cette Maquette: Wernie Baumeler (art industriels misent sur ces inst Director), Graziellaégalement Waldvogel Chef d'édition et coordination: l'exemple suivant: un importateur comm susann Tamisier, Christian Wapp Rédaction photos: Lucie Clement son fournisseur aux Etats-Unis. Pour pay Correctrice: samira Payot té 500(lepetitcorrecteur.com) 000 dollars. Mais la livraison pren Annonces: Claudia Köpfli n’est exigible que dans Lausanne trois mois. Grâc Impression: swissprinters Société éditrice: axel springer suisse portateur revend ses 500 000 dollars au sa, Pme magazine, Förrlibuckstrasse 70, Postfach, même temps à 8021 uneZurich, date fixée à trois m www.pme.ch, taux d’intérêt entre Téléphone 043 444 58le 72 dollar américain cette transaction engendre un avantage Après la crise financière, ce sont surt Spécial francdestination / 2011 3 (CDS), détournés de leur pre


crise de la dette

apprendre des crises

il y a toujours eu des caisses d'etat vides. Que ce soit la Grèce, la russie ou l'argentine, chaque crise est unique. et nécessite donc des recettes et enseignements individuels.

Photos: Keystone

texte: andreas kneubühler

1991 Suisse

Après le krach boursier de 1987, les prix de l'immobilier n'allaient que dans une direction: vers le haut. Comme cette évolution a été obtenue par des taux d'intérêt bas et des allocations de crédits trop souples, le Conseil fédéral a dû endiguer la spéculation. Parallèlement, la BNS augmentait les taux d'intérêt. Résultat: le marché de l'immobilier s'est effondré et les banques ont hérité de crédits pourris, tels ceux de la Sparund Leihkasse Thun qui a fait faillite en 1991.

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eut-on tirer des enseignements de l’histoire économique? «This Time is Different» est le titre, légèrement ironique, d’un livre des économistes américains Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart, dans lequel ils se penchent sur huit siècles de crises économiques. Dans le chapitre conclusif, on y lit: «Il n’y a rien de neuf, sauf ce qui a été oublié.» Les auteurs sont persuadés que même pour les crises les plus récentes, il y a des exemples dont des enseignements peuvent être tirés. La question est de savoir quelles recettes peuvent être appliquées à une situation donnée. Sur le long terme, les phases de crise et d’expansion se succèdent. Quant aux faillites d’Etats, elles sont également tout sauf une rareté. Les historiens de l’économie savent que les premières banqueroutes ont eu lieu au XVIe siècle. Jusqu’en 1596, l’Espagne en a même connu trois. Plus récemment, en 2008, l’Islande aurait connu le même sort si le Fonds monétaire international (FMI) n’avait pas accordé des crédits au dernier moment. Cette quasifaillite a eu ceci de particulier qu’elle est survenue, du moins pour les Islandais, à l’improviste, sans être précédée par une phase de ralentissement. Le pays s’est mis

dans cette situation parce que le gouvernement a décidé d’endosser les dettes énormes des banques islandaises, rendues insolvables en raison de la crise financière. Même si l’Islande s’en est sortie de justesse, il n’y a que peu de pays qui n’ont jamais fait faillite, dont la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou la Suisse. La Grèce est le prochain candidat à la banqueroute. Mais jusqu’ici l'insolvabilité n’a été qu’une variante parmi plusieurs. Il y a aussi des exemples d’Etats qui ont pu se sortir d’un déficit public sans devenir insolvable. C’est ce qu’a réussi, entre autres, la Suède. Au début des années 1990, le pays scandinave a dû se débattre avec un déficit public comparable à celui de la Grèce – environ 13%. Une baisse des recettes fiscales conjuguée avec une hausse des dépenses sociales a conduit à un déséquilibre durable des comptes, avec pour résultat des taux d’intérêt élevés au moment où les anciens emprunts arrivaient à échéance. Pour sortir de cette spirale négative, une restructuration de l’Etat social a été nécessaire. Des coupes sévères ont touché les prestations, qu’il s’agisse des assurances maladie et chômage, des allocations pour enfants, des aides au logement et des caisses de pension. Simultanément, le gouvernement a augmenté les impôts sur le

revenu et le capital. Il en est résulté une baisse de valeur de la couronne, qui avait auparavant été couplée à l’écu. Tous les Suédois ont été touchés par ces mesures. Avec le recul, le ministre des Finances de l’époque, Göran Persson, estime que le fait d’avoir mis d’emblée sur la table un paquet global, permettant aux groupes d’intérêt de voir comment les sacrifices étaient répartis, explique que le concept ait été accepté et couronné de succès. La confiance accordée par la population à la politique a été selon lui un autre facteur décisif. C’est ainsi que les sociodémocrates ont gagné les élections de 1994 en promettant le démantèlement de l’EtatProvidence et des hausses d’impôts. Un scénario impensable aujourd’hui, et pas seulement pour la Grèce. Programmes de rigueur. La confiance dans l’Etat n’était pas aussi grande en Russie au milieu des années 1990. Le pays souffrait alors des séquelles du démantèlement de l’Union soviétique et de la vague de privatisations qui l’a accompagné. Un autre facteur déclencheur d’insolvabilité a été la crise asiatique de 1997, qui a provoqué une chute du prix du pétrole et des retraits importants de capitaux hors des marchés où •

1997/98 Russie

Avec le démantèlement de l'Union soviétique, la Russie est tombée dans une spirale négative. Des entreprises d'Etat ont été privatisées. La crise asiatique a déclenché une insolvabilité momentanée. Le FMI distillait les crédits qu'en échange de mesures de rigueur draconiennes que la Russie était incapable d'appliquer. Elle redevenait insolvable. Elle s'en est sortie que quand le prix du pétrole a fortement augmenté.

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• les recettes fiscales étaient incertaines. le FMi n’a accordé des crédits qu’en contrepartie d’un programme d’économies sévère, que le gouvernement institué par le président Boris eltsine n’était pas en mesure d’appliquer. en août 1998, la russie était pratiquement insolvable. le remboursement des dettes contractées à l’étranger a été stoppé pendant 90 jours. le rouble, auparavant couplé au dollar, a perdu beaucoup de sa valeur. il y a ensuite eu un retournement de situation, surtout grâce à une forte remontée du prix du pétrole. en 2006, la russie a pu rembourser dans les délais la totalité des prêts du FMi et le pays a retrouvé la confiance du marché des capitaux.

dévaluation refusée. comme presque toutes les autres faillites d’etat, celle qui a eu lieu en argentine a des antécédents anciens, avec des décisions qui se sont révélées fatales après coup. l’argentine a longtemps souffert d’un taux d’inflation élevé, une évolution stoppée en 1991 par un arrimage du peso au dollar, avec une valeur de 1:1. si les dépôts d’épargne conservaient leur valeur, la monnaie était fortement surévaluée. les exportations se sont écroulées. a la fin des années 1990, la situation devenait tou-

2011 Grèce

Trop peu de recettes, trop de dépenses ont entraîné l'endettement du pays dans un gouffre abyssal. De plus, la Grèce a triché pour être admise dans l'union monétaire. Des mesures de rigueur et les paquets d'aides ont évité la faillite jusqu'à présent. Mais les mauvais augures d'une faillite d'Etat se multiplient.

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jours plus difficile, ce qui se traduisait par le fait que les argentins devaient payer des intérêts élevés – de 8 à 12% – pour leurs emprunts publics. les prescriptions d’économies du FMi n’ont pas pu être respectées. la mesure qui a posteriori apparaît comme la plus juste – la dévaluation massive du peso – n’a pas été mise en œuvre à temps. cependant, presque personne, surtout pas les nombreux riches investisseurs qui continuaient de souscrire à des emprunts, ne prenait au sérieux le risque d’une faillite. c’est la perte de confiance en la stabilité des banques qui s’avéra fatale. de nombreuses fortunes furent transférées à l’étranger. Finalement, le gouvernement limita les retraits d’argent à 250 pesos par semaine dans le but d’éviter un effondrement du système bancaire. en décembre 2001, l’argentine était officiellement en faillite. des emprunts publics pour un montant de 100 milliards de dollars s’étaient accumulés. ils ne pouvaient plus être remboursés. depuis lors, l’économie a redémarré, sur la base d’une restructuration de la dette et d’une dévaluation. le pays a pu rembourser intégralement sa dette au FMi. Mais les investisseurs privés n’ont pratiquement rien récupéré. ce n’est que tar-

divement, en 2005 et 2010, qu’ils ont reçu des offres de remboursement en vertu desquelles ils devaient accepter des pertes allant jusqu’à 73%. le mauvais traitement des créanciers, comparé à celui dont a bénéficié le FMi, a aujourd’hui encore des conséquences: malgré un retour à une stabilité comparativement élevée, la solvabilité du pays reste mal notée. l’argentine doit se financer essentiellement par des emprunts nationaux. Que nous disent les exemples suédois, russe et argentin sur la situation en Grèce? il est évident que le fait d’appartenir à une union monétaire place ce pays dans une situation particulière, car il ne peut pas dévaluer. Or ce serait la meilleure solution, selon tobias straumann, historien de l’économie à l’Université de Zurich. Une croissance ne pourrait découler que d’une dévaluation massive, argumente-t-il. il ne croit pas trop à la théorie selon laquelle des programmes d’économies peuvent restaurer la confiance des marchés financiers. il craint qu’à moyen terme l’Ue cesse ses paiements, en arguant un échec des négociations. cela provoquerait vraisemblablement des troubles en Grèce et les banques devraient être fermées. Un tel scénario pourrait rapidement s’étendre par contagion à des pays comme l’italie,

Photos: Keystone

crise de la dette


avertit-il. Dans le pire des cas, les banques européennes devraient ensuite être nationalisées. spéculation. Les prochaines semaines devraient révéler quelle direction prendra la crise de la dette au sein de l’UE. Elle aura des effets sur la Suisse. La question des conséquences des interventions de la Banque nationale se pose déjà. Le marché immobilier, qui est en surchauffe en raison de taux bas persistants, est au centre des préoccupations. Pour le comprendre, il faut remonter à la crise immobilière du début des années 1990. Elle a aussi eu pour origine la politique d’intervention de la BNS après l’effondrement boursier de 1987. A l’époque, elle avait décidé de faire baisser les taux et d’augmenter les liquidités. L’argent ainsi mis à disposition a inondé le marché immobilier. Les prix ont monté, la spéculation aussi. Les banques, qui se livraient bataille sur le marché hypothécaire, ont assoupli les conditions pour l’octroi de crédits. De plus en plus de prêts hypothécaires ont été accordés à des personnes qui ne pouvaient les assumer qu’avec les taux bas de l’époque. Personne n’envisageait que ce boom aurait une fin. Comme aujourd’hui, on partait du principe que la croissance de la population

garantirait une demande soutenue. Les prix ont littéralement explosé. Finalement, le Conseil fédéral s’est vu contraint d’endiguer la spéculation. Un délai d’attente a été fixé pour la revente de biens immobiliers. Presque simultanément, la BNS a élevé les taux d’intérêt pour combattre la menace inflationniste: de 1988 à 1990, le taux d’escompte a passé de 3,5

Le Conseil fédéral va tenir la bride aux banques s'agissant de l'octroi de crédits. à 7%. Si les deux mesures se sont révélées efficaces, le marché immobilier s’est effondré. Les banques ont découvert dans leurs comptes un nombre croissant de crédits pourris, qu’elles ont dû en grande partie amortir. Certains établissements financiers n’ont pas survécu aux assainissements. Les exemples les plus connus sont ceux de la Caisse d’Epargne de Thoune, qui est tombée en faillite en 1991, et de la

Banque Cantonale d’Appenzell RhodesExtérieures, qui a dû être revendue à UBS. L’économie ne s’est remise que lentement de cet effondrement. Un programme conjoncturel a dû être mis en place. Pour recréer la confiance envers les banques, la Confédération a de plus introduit une protection des placements jusqu’à concurrence de 30 000 francs. C’est un hasard si cette protection a depuis lors été élevée: depuis le 1er septembre 2011, l’épargne est garantie jusqu’à un niveau de 100 000 francs. Mais cette mesure a été une conséquence de la crise financière – et non du boom actuel de l’immobilier, pour lequel on ne prévoit pas d’effondrement pour l’instant. Faut-il prendre au sérieux le parallèle évident avec la situation des années 90? Le Conseil fédéral semble le penser, lui qui a annoncé qu’il allait tenir la bride aux banques à partir de 2012 s’agissant de l’octroi de crédits. «Il n’y a pas encore de bulle immobilière», dit à ce propos Tobias Straumann. Le professeur est néanmoins persuadé de la justesse de l’intervention du Conseil fédéral. Le vent pourrait tourner rapidement: une hausse des taux et une augmentation du chômage créeraient les conditions d’une réplication de la dernière crise immobilière. •

2001 Argentine

Après l'arrimage du peso au dollar en 1991, la monnaie argentine s'est fortement surévaluée jusqu'à la fin des années 1990: les exportations se sont écroulées et les taux d'intérêt ont explosé. Le gouvernement était incapable d'appliquer les mesures de restriction du FMI, notamment à cause des manifestations du peuple. Fin 2001 a suivi le terme tragique: l'Argentine était officiellement en faillite.

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Peter Bänziger

Foto: Vorname name

Peter Bänziger: «L'histoire nous apprend qu'une inflation se dessine à moyen terme.»

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«nouvelles chances» La décision de la Banque nationale de fixer un cours plancher pour la parité franc-euro ouvre de nouvelles opportunités aux investisseurs privés et institutionnels, estime Peter Bänziger, le chef des placements de Swisscanto. Il conseille une couverture contre le risque de change − et invite à la prudence. texte: René HoRnung / PHotos: SaSkja RoSSet

Que pensiez-vous en apprenant, le 6 septembre, que la BNS venait de fixer un cours plancher de 1,20 franc pour un euro? Peter Bänziger: Ma première réaction a été un certain soulagement car cette décision est bonne pour l’économie suisse. La BNS a ainsi évité à la Suisse de tomber dans une profonde récession. L’économie peut relativement bien s’en sortir avec ce cours, même si celui-ci reste largement en dessous de celui qui est calculé sur la parité de pouvoir d’achat, lequel se situe autour de 1,35. Un cours à 1,20 est tout de même plus favorable que 1,05. Je suis convaincu que la BNS défendra ce plancher, mais c’est le marché qui constituera le vrai test. Suite à cette décision, est-il toujours utile de couvrir la valeur de ses avoirs en monnaie étrangère? Il y a peu, les investisseurs étaient sous le choc et, avec des cours de change à 1,05 ou 1,10, ils ont regretté de ne pas avoir vendu plus tôt! Avec un cours de 1,20, les investisseurs et les entreprises bénéficient de facto d’une «couverture gratuite» pour leurs euros. Je conseillerais de profiter de cette opportunité et de se séparer d’une partie des avoirs en euros − même s’il n’y a aucune nécessité immédiate de le faire. Les investisseurs doivent-ils malgré tout protéger leurs avoirs en euro? Si la valeur de l’euro ne dépasse que légèrement 1,20 franc, cela n’est pas nécessaire pour l’instant. Si sa valeur devait commencer à dépasser cette limite, je protégerais mieux mes avoirs en euros. Pour la stratégie de placement, cela signifie que les risques de change dans un futur proche sont nettement plus bas. Cela rend le marché étranger des

actions, qui est parfois très sous-estimé, plus intéressant pour les investisseurs suisses. Ce raisonnement est-il valable seulement pour l’euro, ou aussi pour le dollar américain? Sur la base de la parité du pouvoir d’achat, le dollar américain est encore plus nettement sous-évalué que l’euro. L’évolution nous montre que le cours du dollar suit le même chemin, même si la BNS ne soutient explicitement que l’euro. Le taux de change euro/dollar n’était une préoccupation ni pour les Etats-Unis ni pour l’Europe. Le cours de l’euro va-t-il se maintenir à 1,20 ou va-t-il bientôt monter à 1,30, voire plus haut? Cela dépend de l’évolution de la crise de la dette en Europe, qui n’est pas encore résolue. L’intervention de la BNS ne résoud pas les problèmes aigus en Grèce, en Italie et en Espagne. Au vu de cette situation, un cours de l’euro légèrement au-dessus de 1,20 franc peut probablement faire office de valeur de base. Il ne sera probablement rien fait • de plus − y compris vers le haut.

stratège de placement Né en 1959, Peter Bänziger est depuis 2004 membre de la direction de l’entreprise collective des banques cantonales Swisscanto. En tant que Chief Investment Officer, il est responsable de la stratégie de placement des administrateurs de biens. Il gère 121 produits liés à des fonds et presque 55 milliards de francs.

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Peter Bänziger •

Que pensez-vous de l’arrimage du franc à l’euro? Des voix s’élèvent déjà pour dire qu’on ne devrait pas lier le cours du franc à celui d’une monnaie en pleine crise. La BnS a souligné qu’aucun arrimage à l’euro ne suivrait la fixation de ce seuil. Cependant, la Banque centrale européenne achète des obligations grecques, espagnoles et italiennes et agrandit ainsi sa masse monétaire. La Suisse applique maintenant des mesures similaires. Ce faisant, nous ne protégeons pas directement les emprunts d’etat européens mais nous emboîtons le pas à la BCe. toutefois, la dernière intervention de ce genre avait bien fonctionné lorsque, en 1978, la BnS avait fixé un plancher de 80 centimes pour 1 mark de l’époque. Peut-on vraiment comparer la situation de 1978 avec celle d’aujourd’hui? L’intervention de 1978 ne concernait que le rapport avec le mark. Aujourd’hui, nous sommes en lien avec l’europe entière et nous vivons dans un monde globalisé. nous ne pouvons pas encore évaluer entièrement les répercussions des mesures prises par la BnS, notamment celle d'«acquérir des devises en quantité illimitée si nécessaire». Quelle augmentation de la masse monétaire et combien de réserves en devises la Suisse peut-elle se permettre? Les renseignements manquent à ce sujet, mais il ne reste aucune autre solution pour éviter une profonde récession. Il y a des risques, notamment celui de l’inflation. Pour le moment, il n’y a aucun risque d’inflation. Cependant, l’histoire nous apprend que nous pouvons tout à fait nous attendre à une période d’inflation à moyen terme. en 1978, elle a duré trois ans. La rapidité de l'évolution des marchés nous force à être très vigilants sur ce point. Comment déceler l’arrivée de cette inflation? Les marchés anticiperont l’accélération de l’inflation et augmenteront les taux d’intérêt. Si cela se passe en douceur, il n’y aura pas de gros problème. La situation deviendra sérieuse en cas de hausses brutales des taux d’intérêt. L’investisseur peut-il se couvrir contre ce risque? Oui, par exemple avec des emprunts protégés contre l’inflation. Les métaux précieux et les autres valeurs réelles, y compris les actions, offrent aussi une certaine protection. Cependant, je serais prudent en choisissant une couverture à court terme du risque inflationniste par l’or car, dernièrement, son prix a montré des signes avant-coureurs de bulle spéculative. L’or pourrait pourtant, à moyen terme, se révéler un bon investissement. Que peuvent offrir les emprunts protégés de l’inflation? ils protègent contre une poussée inflationniste imprévue. Certes, il n’y a aucun investissement approprié en francs, mais il existe des emprunts et des fonds en monnaie étrangère. Pour des raisons de diversification, les investisseurs ne devraient acquérir que des parts de fonds de placement.

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Un surplus de liquidité peut potentiellement aussi nourrir des bulles financières. Oui, la liquidité créée sur les valeurs immobilières aura des répercussions dont on ne peut évaluer l’étendue. L’immobilier marche à fond actuellement. La tendance à investir dans les biens fonciers se poursuit surtout à cause de la baisse record des taux d’intérêt. Si ces derniers devaient monter fortement, des ajustements de prix sur le marché des biens fonciers auraient lieu. Aujourd’hui, sur les fonds immobiliers, on paie des primes moyennes de 25% de leur valeur intrinsèque. Cet agio diminuerait fortement en cas d’augmentation marquée des taux d’intérêt. La fuite vers les biens fonciers n’est donc pas la panacée. L’évolution générale de la conjoncture a aussi une influence considérable sur le marché de l’immobilier: une récession aura des répercussions sur les prix de l’immobilier, comme ce fut le cas dans les années 1990. Parlons de la situation actuelle pour les caisses de pension. Que leur conseillez-vous? Les caisses de pension ont besoin d’un rendement moyen s’approchant de 4%. Sur des obligations de la Confédération à dix ans, elles reçoivent actuellement à peine 1%. Les taux d’intérêt extrêmement bas constituent le revers de la médaille des interventions de la BnS. Les caisses de pension sont obligées de prendre des risques afin de pouvoir fournir leurs prestations obligatoires. L’évolution récente a encore aggravé le problème et démontre le grand écart existant entre la réalité économique et les prescriptions politiques. Beaucoup de caisses de pension ont aujourd’hui un problème structurel. La «fixation» d’un cours plancher pour l’euro ne résout pas ce problème.

«Je suis convaincu que la Banque nationale défendra le plancher de 1,20 franc.» La couverture effective des risques de change par la BNS offre cependant une certaine marge de manœuvre. Oui, après la décision de la BnS, les responsables des caisses de pension ont pu respirer. grâce à cette intervention, les investisseurs institutionnels peuvent potentiellement prendre quelques risques de plus avec les actions étrangères, dans la mesure où leur taux de couverture le leur permet encore. Malheureusement, les réserves des caisses de pension ont de nouveau fondu cette année. Autre problème pour les caisses de pension, les dispositions en matière de placements. Que doivent-elles faire pour atteindre leur rendement brut de 4%?


aux investisseurs privés et institutionnels,de profiter d’un éventuel redressement de l’euro pour corriger des erreurs dans la stratégie d’investissement. Maintenant, la BNS a créé un petit «parachute» qui donne pour ainsi dire une seconde chance aux investisseurs. Les parts trop élevées en devises étrangères peuvent être réduites ou commodément couvertes par rapport aux risques de change.

Peter Bänziger: «La fuite vers les biens fonciers n'est pas la panacée.»

Les dispositions en matière de placements sont très vastes et laissent en principe une marge de manœuvre suffisante. C’est le faible taux de couverture qui restreint l’action des caisses de pension. Il est nécessaire de mettre en application de façon optimale la stratégie de placement choisie parmi toutes les catégories. Les caisses de pension devront aussi structurer différemment les obligations et envisager de prendre des risques plus élevés qu’auparavant. Les placements en francs devraient se focaliser sur des obligations de première qualité et sur des obligations liquides: emprunts fédéraux, des cantons, lettres de gage... Ces investissements de base devraient être complétés par des obligations d’entreprises étrangères couvertes par rapport aux risques de change en francs. On peut aussi ajouter des obligations high yield, des emprunts d’Etats émergents, des obligations protégées contre le risque d’inflation et des obligations convertibles. Comme auparavant, la prudence est de mise avec les obligations d’Etat émises en Europe. Si leurs rendements parfois élevés sont attrayants, les risques restent très élevés. Les caisses de pension ont des tâches exigeantes devant elles. Que conseillez-vous aux investisseurs privés? Avant que la BNS ne prenne ces mesures, je conseillais

Faut-il profiter des taux d’intérêt des pays européens, qui sont plus élevés, par exemple avec les carry trades? Avec les carry trades, vous importez des devises à des taux favorables et vous les réinvestissez ensuite avec des intérêts plus élevés à l’étranger. On peut tout à fait retirer cette marge dans les pays européens grâce à la «couverture gratuite du risque de change». La différence d’intérêt entre des obligations en euros de première catégorie et les emprunts fédéraux ne s’élève toutefois qu'à 1%. Les investisseurs peuvent choisir des devises avec des différences d’intérêts plus marquées, tel le dollar australien. Attention: certains de ces trades se sont révélés des échecs. L’investisseur doit également surveiller les risques de solvabilité, qui sont plus élevés. Avec des fonds de placement bien diversifiés, on peut minimiser ces risques. Et ceux qui ne font pas confiance à la BNS et veulent exclure tout risque résiduel doivent continuer à couvrir leurs investissements en euros contre les risques de change. Passons en revue certaines catégories de placements. Qu’en est-il des actions suisses? Pour les exportateurs suisses, la situation est bien meilleure qu’avant le 6 septembre. Pour les entreprises qui exportent dans la zone euro et pour les fabricants de produits de luxe vendus en Asie. Je privilégierais des actions industrielles, car le marché financier suisse est toujours sous pression. Les assurances affichent de bons résultats opérationnels. Elles sont pour l’instant très bon marché et ont un rendement sur dividendes élevé. Aux fortes baisses font toujours suite de bonnes occasions d’achat. Pour les investisseurs courageux, les titres des assurances sont une possibilité d’investir de manière anticyclique. Les investisseurs doivent donc renforcer la part d’actions suisses en dépôt? En ce qui concerne le marché suisse des actions, j’aurais tendance à rester prudent. Le taux de change de 1,20 franc pour 1 euro et le cours du dollar à 0,85 restent des taux relativement bas. A l’étranger, il est possible d’acheter des blue chips très avantageux avec de hauts rendements sur dividendes et aussi parce que leur valeur est descendue à un niveau qui n’avait plus été atteint depuis vingt ans. Il y a des opportunités dans presque toutes les branches: chimie, technologie, pharma... Si l’on croit à la relance de l’économie, on doit acheter des actions avec des perspectives de croissance intactes et des parts de capital élevées dans les marchés asiatiques. Il faut donc augmenter le quota d’actions en achetant des titres étrangers?

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Peter Bänziger • Pour l’instant, je n’augmenterais pas trop le quota d’actions, je garderais une pondération neutre car les préoccupations liées à la conjoncture demeurent. Les prévisions pour l’économie américaine se sont obscurcies, l’europe connaît de gros problèmes à sa périphérie. Je ne conseille pas non plus d’abandonner les actions car les menaces de la conjoncture sont équilibrées par la faiblesse des valeurs de beaucoup d’actions. Avant d’augmenter le quota d’actions, j’attendrais que la tempête se soit calmée.

Quand cela peut-il se produire? Rétrospectivement, les mois de mars ont été des tournants: c’est en mars 2003 et en mars 2009 que nous avons connu les valeurs minimales. Que se passera-t-il en mars 2012? Du point de vue historique, la règle selon laquelle il est préférable de vendre en novembre s’est révélée à chaque fois la meilleure stratégie. Mais nous ne devons pas nous laisser diriger par de telles règles. La situation actuelle continuera à produire de fortes fluctuations. elle ne constitue pas une base pour de réelles améliorations des cours. Je pense que les investisseurs auront suffisamment de temps pour réinvestir lorsque le tableau sera plus clair. Maintenant, dans le brouillard, il ne serait pas judicieux de foncer tête baissée. Dans le cas où la part d’obligations en dépôt resterait élevée, quels titres conseillez-vous? Pour des raisons de liquidités, seules les obligations sûres déjà mentionnées entrent en ligne de compte en Suisse:

«J'attendrais que la tempête se soit calmée avant d'augmenter le quota d'actions.» les emprunts fédéraux, les lettres de gage et les emprunts des cantons. Les obligations d’entreprises doivent être recherchées en euro ou en dollar. Ces dernières bénéficient d’une plus grande liquidité et le choix est nettement plus large qu’en Suisse, mais la couverture contre les risques de change ne doit pas être oubliée car, actuellement, je ne prendrais même pas le moindre risque résiduel. en plus, il est possible d’ajouter des obligations protégées contre l’inflation et des obligations high yield, voire au besoin des obligations convertibles. Aujourd’hui, il est nécessaire d’utiliser tous les atouts. Et qu’en sera-t-il de l’or et des métaux précieux? A court terme, je suis plutôt sceptique au sujet de l’or. À moyen terme, la tendance à la hausse se poursuivra probablement. Les matières premières sont un ajout possible dans un portefeuille bien diversifié. Les indices composés

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de produits basés sur les énergies sont les mieux adaptés. Actuellement, la part de matières premières devrait être pondérée de façon neutre parce qu’un ralentissement de la croissance économique aurait aussi des répercussions sur le prix des matières premières. Encore un mot au sujet des hedge funds très décriés. La situation actuelle des hedge funds est en principe avantageuse. Les fonds de hedge funds sont certes légèrement à découvert en 2011, mais ils performent clairement davantage que d’autres investissements à risque. Les hedge funds sont beaucoup moins concernés par la crise actuelle qu’ils ne l’étaient par celle de 2008-2009. Les managers ont beaucoup appris de cette crise. Cependant, en acquérant des hedge funds, il ne faut plus s’attendre à des rendements à deux chiffres. De plus, il faut bien vérifier les dépenses liées aux hedge funds. A combien conseillez-vous d’élever la part de hedge funds dans un portefeuille? Les hedge funds présentent comme auparavant de bonnes capacités de diversification et des produits bien gérés sont indispensables dans une stratégie de placement largement diversifiée. Dans la stratégie «Balanced Plus» de Swisscanto – qui laisse une liberté maximale –, la part s’élève actuellement à 18%. en 2011, cette part s’est maintenue, contrairement aux années 2008/2009. Pour les investisseurs institutionnels, la part devrait se situer autour de 5%. Conseillez-vous aussi un tel mélange aux investisseurs privés ébranlés? Pour les investisseurs privés inquiets, nous avons développé le Swisscanto Portfolio Fund Dynamic Yield. Ce fonds adapte à chaque fois ses parts d’obligations, de titres monétaires, d’actions et de matières premières à la situation du marché. Ainsi, son risque reste constant au fil du temps. Momentanément, en raison de la forte fluctuation des cours, il ne contient pratiquement aucune action. Si la situation se calme et si une tendance positive voit le jour, la part en actions recommencera à augmenter. Les temps sont durs, les fluctuations des cours importantes. En tant que chef des placements, vous devez avoir les nerfs particulièrement solides? en effet. Surtout si une décision politique modifiant d’un seul coup beaucoup de paramètres devait à nouveau être prise durant un week-end. en tant qu’administrateurs de biens, cela nous complique passablement la vie. Avec des fluctuations évaluables de façon fondée et cyclique, nous pouvons relativement bien nous en sortir car nous disposons à chaque fois d’indices sur l’évolution future. en cas de décisions politiques, ces indices font souvent défaut. La situation ne changera pourtant pas si rapidement. il reste encore beaucoup trop de problèmes irrésolus. Les évolutions politiques continueront d’exercer une influence importante sur les marchés. C’est pourquoi, à court terme, je • reste plutôt prudent.


CoNSEILS DE PLACEMENt

la Sécurité prime Sur le rendement

Crises de la dette, turbulences dans les devises... pas étonnant que les investisseurs en perdent leur latin. "SPéCIAL FRANC" indique les opportunités qui peuvent s'avérer payantes. texte: andreas kneubühler

S

’il fallait énumérer tous les scénarios susceptibles d’inquiéter les investisseurs actuellement, on n’en finirait plus. A commencer par l’affaiblissement de l’euro provoqué par le surendettement de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande. En passant par les prévisions d’effondrement de l’euro de certains experts, comme l’ancien chef de la Banque centrale américaine, Alan Greenspan. Sans oublier la crise de la dette américaine qui a conduit à la perte du triple A. Et toutes les conséquences ne sont pas encore en vue. Après avoir dû faire face à la crise financière, les banques centrales européennes doivent à présent lutter contre la faiblesse de l’euro. Les conséquences de cette politique monétaire expansive sont, elles aussi, incertaines. Les turbulences monétaires ont

laissé des traces profondes dans les bilans semestriels des entreprises suisses. La croissance de l’économie allemande est moins élevée que prévu et aux Etats-Unis les pronostics sont revus à la baisse. C’est d’ailleurs le cas dans toute l’économie mondiale: d’après une nouvelle estimation, la banque d’investissement Morgan Stanley prévoit pour l’année en cours une croissance de 3,9% au lieu des 4,2% escomptés jusqu’à présent. Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant que la sécurité soit devenue la préoccupation majeure. Soudain, les rendements ne jouent plus qu’un rôle secondaire dans les choix de placement. Les investisseurs évitent de prendre des risques, c’est la conservation de la valeur du capital qui leur importe le plus. La tendance nous est révélée par une enquête de l’institut •

Potentiel de hausse Les marchés des actions ont beaucoup chuté ces derniers temps. Une évolution négative est déjà comprise dans les cours. 13 000

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Swiss Market Index

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Source: SmallCharts, Bloomberg. © BILANZ-Grafik

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conSeilS de Placement Celui qui veut gagner de l'argent sur les marchés financiers, même en période difficile, ne doit pas être un magicien, mais savoir bien choisir ses instruments d'investissement.

La pénurie de matières premières pourrait représenter une évolution d'importance capitale. •

de sondage d’opinion Gallup, qui demande chaque année aux américaines et aux américains leur avis sur les meilleurs investissements à long terme: en 2011, l’or pointe largement à la première place.

rebond de la bourse. le métal précieux est la valeur refuge traditionnelle en temps de crise. actuellement, le boom de l’or entraîne plus d’une réaction. Par exemple, trois conseillers nationaux Udc ont déposé une initiative parlementaire demandant l’institution d’un franc-or afin que les réserves d’or couvrent la fortune des petits épargnants. cette offensive a peu de chances d’aboutir, mais elle reflète le besoin des investisseurs de placer leur argent dans des valeurs réelles, besoin qui a amené beaucoup d’entre eux à investir dans l’or ces derniers mois. doit-on investir, même avec des prix aussi élevés qu’aujourd’hui? ceux qui répondent par l’affirmative partent du principe que bon nombre des scénarios catastrophe imaginés risquent de se réaliser et qu’une inflation suivra, qui fera encore enfler la demande pour le métal précieux. toutefois, d’autres analystes financiers pensent que l’or a atteint son prix maximal. cela signifierait qu’il est temps de vendre pour réaliser des gains. Pourquoi alors ne pas investir dans des actions? le seul problème est de savoir comment interpréter les nombreux effondrements des cours. Bob doll, stratégiste en chef pour la société de gestion d’investissement internationale BlackRock et analyste influent, se risque chaque année à dix pronostics sur l’évolution de différents secteurs. au début de l’année, voici comment il envisageait l’évolution pour 2011: «les actions américaines enregistre-

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ront une performance à deux chiffres pour la troisième année consécutive», ou encore: «les actions surperformeront les obligations et le monétaire.» dans diverses interviews données ces dernières semaines, Bob doll affirme qu’il n’a aucune raison de corriger ces prévisions. il s’attend toujours à un sérieux rebond de la Bourse américaine. d’autres analystes partagent son avis, considérant que les actions sont globalement sousévaluées. ils partent du principe que bon nombre des craintes quant à l’avenir se reflètent déjà dans les cours actuels, et qu’il suffirait donc que la tendance fasse mentir ces craintes pour que les cours remontent. matières premières plébiscitées. mark mobius, gérant de portefeuille influent et président exécutif chez Franklin templeton, fait, lui aussi, confiance aux actions. il conseille d’investir dans des entreprises actives dans le secteur des matières premières et des biens de consommation, notamment en chine ou au Brésil. il est convaincu qu’à l’avenir peu de choix se présenteront aux investisseurs en dehors des actions. celui qui veut investir devrait toutefois quelque peu élargir son horizon. Un des arguments en faveur des placements dans les pays émergents serait leur plus faible endettement et leur croissance économique relativement élevée. ainsi, au moins deux des problèmes actuels majeurs des investisseurs pourraient être contournés. les critères de choix ne sont toutefois pas seulement géographiques: à terme, la pénurie de matières premières pourrait représenter une évolution de première importance. c’est ce que pense Jim Rogers,

expert en matières premières, qui argumente que même si l’économie stagne aux etats-Unis ou en europe, la demande en matières premières est élevée dans les marchés en plein développement comme la chine ou l’inde. Si l’évolution négative attendue pour l’économie américaine ou européenne ne se produit pas, l’offre se réduira encore, poursuit-il. Que se passera-t-il si tous les scénarios de crise se vérifient néanmoins et qu’une récession mondiale se produit? outre l’or, les autres valeurs refuges traditionnelles sont les obligations des créanciers privilégiés, même si en ce moment, et en fonction


de leur échéance, ces obligations peuvent se révéler une opération à perte à cause des bas rendements et du renchérissement. En Suisse, tant que la BNS continuera à inonder le marché des liquidités, les taux d’intérêt resteront bas. A moyen terme, aucun changement n’est en vue. Il est conseillé de privilégier les obligations à court ou à moyen terme. «Ni les actions ni les obligations ne sont rentables», selon Donato Scognamiglio, directeur général de l’entreprise de conseil immobilier IAZI SA. C’est la raison pour laquelle on assiste sur le marché immobilier à une vraie ruée vers l’or. Le manque d’alternative n’en est pas l’unique raison: le financement d’une maison n’a encore jamais été si avantageux. Les particuliers qui achètent un bien immobilier devraient opter pour un financement à long terme, «sur dix ans ou plus», conseille Donato Scognamiglio, qui ne pense pas que les prix baisseront davantage.

Ruée vers l’or Depuis fin 2008, matières premières et or sont en hausse. Notamment le métal jaune qui n’arrête pas de battre des records. 800

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Source: SmallCharts, Bloomberg. © BILANZ-Grafik

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le bon emplacement. Une autre raison qui explique la forte demande dans le domaine de l’immobilier est le niveau des loyers qui, en vertu de la complexité du système de calcul et malgré des taux d’intérêt minimaux, ne baissent pas. Les locataires qui font leurs comptes pourraient se sentir floués. Mais n’oublions pas que la raréfaction de l’offre, elle, va son train, garantie avant tout par la croissance démographique constante due à l’immigration. Notons que même sur un marché suisse de l’immobilier en plein boom, il existe de grosses différences. A côté de régions où les prix sont élevés, comme la région zurichoise et l’Arc lémanique, et où il se profile même un risque de bulle immobilière, d’autres régions, comme le Jura, connaissent un faible développement. Les emplacements idéaux, d’après le directeur général de IAZI, sont «les communes d’agglomérations, dans lesquelles la pression urbanistique continue à augmenter». En revanche, Donato Scognamiglio incite à la prudence les investisseurs qui veulent placer leur argent dans un immeuble d’habitations vide. Selon lui, dans une telle opération, les rendements annoncés sont loin d’être garantis. Il faut bien réfléchir à tout ce qu’il faudra investir dans l’assainissement. «On court le risque de se laisser éblouir», avertit-il. •

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glossaire

ABC finAnCiEr dES TUrBULEnCES monéTAirES

la politique monétaire de la BNs domine dans les journaux économiques. seulement, tous les termes techniques utilisés fréquemment ne sont pas compris par tous les lecteurs. texte: andreas kneubühler

Swap

Spread de crédit

Exemple: «Ces fonds de réserve ne sont pas exactement équivalents aux anciens fonds, parce qu’il s’agissait probablement majoritairement de devises issues de transactions dites swaps.»

Exemple: «C’est parce que le spread de crédit du Portugal a brusquement progressé de 1000 points de base que les emprunts convertibles portugais ont reculé.»

Un swap constitue un contrat entre deux partenaires commerciaux qui conviennent d’échanger, à une date ultérieure, des flux financiers fixés par le contrat. L’accord définit en outre la façon de procéder et la date des versements. Il permet de s’assurer contre des risques financiers. Il existe plusieurs types de swaps qui diffèrent par leur fonction: le swap de taux d’intérêt, le swap de change, le swap de devises. Ces derniers temps, c’est surtout le swap de devises qui occupe le devant de la scène. Il fonctionne de la manière suivante: la BNS achète une devise étrangère contre des francs suisses tout en fixant par avance le prix de la revente de cette devise. Hormis la BNS, des industriels misent également sur ces instruments, comme le montre l'exemple suivant: un importateur commande une machine-outil à son fournisseur aux Etats-Unis. Pour payer la facture, il a déjà acheté 500 000 dollars. Mais la livraison prend du retard et le paiement n’est exigible que dans trois mois. Grâce au swap de devises, l’importateur revend ses 500 000 dollars au comptant et les rachète en même temps à une date fixée à trois mois de là. La différence des taux d’intérêt entre le dollar américain et le franc suisse fait que cette transaction engendre un avantage de change. Après la crise financière, ce sont surtout les credit default swaps (CDS), détournés de leur destination première, qui ont essuyé le feu des critiques. A l’origine, ils servent à se prémunir contre les risques de défaillance d’un crédit, d’un emprunt ou d’un débiteur. Mais au lieu d’être utilisés comme couverture de risques, les CDS ont été utilisés par des spéculateurs qui ont misé sur la faillite des débiteurs en signant des contrats pour des sommes bien plus élevées que celles des pertes potentielles. Aujourd’hui, on considère le montant des CDS conclus comme un baromètre de l’inquiétude qui règne au cœur du système financier: plus les contrats d’assurance conclus sont nombreux, moins la confiance dans les marchés financiers est grande.

Le spread de crédit représente la prime de risque que les investisseurs touchent lors d’un placement qui comporte un risque de défaillance important. Plus le risque de défaillance est important, plus le spread de crédit à payer est élevé par rapport à un placement de moindre risque. Pour des obligations d'Etat du Portugal, l'augmentation a été de quelque 10%. Plus le cours d'une obligation est bas et que la date d'échéance approche, plus le rendement et le spread montent. C'est un outil de mesure du marché qui précède souvent les appréciations des agences de notation.

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La juste valeur Exemple: «Tant que l’Union européenne et les Etats-Unis ne sortent pas du bourbier de l’endettement, nous sommes encore très loin d’une évaluation du franc à sa juste valeur.» La «juste valeur» s’évalue sur la base d’un taux de change théorique d’équilibre dans le calcul duquel entrent en ligne de compte, à côté de la parité de pouvoir d’achat, les taux de change réels moyens observés sur plusieurs décennies, ainsi que d’autres facteurs qui peuvent être pris en considération selon la méthode choisie. Il n’existe pas de modèle universellement valable pour le calcul du taux de change d’équilibre. Par conséquent, chaque banque a sa propre évaluation de ce que devrait être la juste valeur du franc pour un euro. Ce qui est certain, en revanche, c’est que cette valeur se situe bien au-dessus du plancher de 1,20 franc.


Panier de devises

Dépôts à vue

Exemple: «Même si on le compare avec un panier de 40 devises pondéré par les volumes d’échanges commerciaux, le franc est actuellement surévalué d’environ 30%.»

Exemple: «En août, la BNS est intervenue trois fois et a ainsi augmenté les dépôts à vue détenus par les banques auprès d'elle à 200 milliards de francs.»

Un panier de devises est un assemblage de plusieurs monnaies formant une sorte de devise artificielle qui est employée comme unité de compte ainsi que comme moyen de paiement pour les transactions. Chacune des devises qui le composent est pondérée de manière à refléter l’importance économique de son pays. La BNS compare le franc par exemple avec un panier de 40 partenaires commerciaux de la Suisse, où les Etats-Unis et la zone euro ont la plus forte pondération. Il y a des devises d'art qui ne se basent que sur la comparaison d'un panier de devises. Ainsi, en 1969, le Fonds monétaire international (FMI) a créé le droit de tirage spécial (DTS). La pondération des différentes monnaies est régulièrement réexaminée. La valeur des droits est calculée selon l'efficacité des pays. Actuellement, les EtatsUnis ont la plus grande part de pondération avec 42%. Un autre panier de devises similaire était l'écu, l’ancêtre de l’euro.

Parité de pouvoir d’achat Exemple: «Au fur et à mesure que le cours du franc s’éloignait des marges de fluctuation habituelles de la parité de pouvoir d’achat, le danger se rapprochait pour l’économie suisse d’un choc structurel monétaire.» C’est à l’aide d’un panier composé de différents biens et services qu’on compare le pouvoir d’achat de deux devises. Si celui-ci est équivalent, on parle de parité de pouvoir d’achat. Actuellement, les consommateurs suisses peuvent acheter des marchandises beaucoup moins chères à l'étranger grâce à la force du franc par rapport à l'euro. Une comparaison simple peut être faite avec l'indice Big Mac. Le journal économique «The Economist» compare le prix d'un hamburger d'une chaîne de fast-foods connue− dont la fabrication se base sur le même standard partout − dans différents pays. En Suisse, un Big Mac coûte actuellement 6,50 francs, soit un peu plus de 8 dollars, aux Etats-Unis 4 dollars et dans la zone euro 4,90 dollars. La surévaluation du franc dépend de la taille de comparaison. En se basant sur les prix de consommation, le franc devrait être échangé à 1,45 euro. Et en se basant sur les prix de production, la parité d'achat est à 1,35 franc par euro.

Les dépôts à vue sont des dépôts dont les fonds doivent pouvoir être retirés en espèces à n’importe quel moment. Ce sont les avoirs sur compte courant des banques du pays auprès de la BNS, qui ne sont pas rémunérés. La BNS maîtrise l’offre en utilisant des instruments de politique monétaire et gère ainsi la monnaie en circulation dans le système bancaire. L’offre et la demande des avoirs sur compte courant s’équilibrent sur le marché des dépôts au jour le jour. L’augmentation des dépôts à vue était, avant la fixation d’un cours plancher pour l’euro, la mesure la plus énergique de la BNS contre le franc fort. Elle ne porte toutefois ses fruits que si les banques remettent la monnaie supplémentaire en circulation. A titre de comparaison, rappelons qu’avant la crise financière, le volume des dépôts à vue s’élevait d’ordinaire à environ 5 milliards de francs. Pendant la crise déjà, la BNS avait augmenté la masse monétaire, notamment pour éviter la faillite de certaines banques. En 2010, le volume des avoirs sur compte courant a de nouveau légèrement et brièvement diminué, mais c’est à ce moment-là que la BNS a lancé son offensive contre le franc fort. A la fin du mois d’août, les dépôts à vue avaient atteint 200 milliards de francs. Aujourd’hui, le défi des banques est de trouver des possibilités de placement rentables afin d’augmenter l’offre en francs sur le marché monétaire et d’affaiblir ainsi la monnaie. Hormis les dépôts à vue, il y a aussi les dépôts à terme ou des avoirs limités. Pour ceux-ci, le délai de résiliation est de minimum un mois actuellement. Ce sont généralement des dépôts à terme au même titre que des dépôts à terme fixe.

High yield Exemple: «Comme diversification, on devrait aussi prendre en compte les obligations à haut rendement.» Les obligations à haut rendement (high yield en anglais) sont des obligations dont le taux d’intérêt est particulièrement élevé. Un taux que le débiteur doit payer quand sa notation financière n’est pas très bonne et qu’il existe un risque réel pour l’investisseur, au moment du remboursement de l’emprunt, de perdre tout ou partie de son avoir. Cette catégorisation dépend de l’évaluation des agences de notation. Les emprunts dont le rating est inférieur à BBB sont considérés comme particulièrement risqués. Beaucoup d’investisseurs institutionnels ne sont pas autorisés à investir dans de telles obligations. Actuellement, la Grèce est notée CC par l’agence Standard & Poor’s. Avec ce genre d’emprunt d’Etat, le risque de défaut de paiement est important. Pour contrebalancer ce risque, leurs rendements financiers sont extrêmement élevés.

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chroniqueur

Destins croisés

Après l'intervention de la Banque nationale, le chef économiste de Swisscanto, Thomas Liebi, écrit que le franc est inexorablement lié à l'euro.

Le buDget De L’état suisse est sain. Avec des excédents au budget et un endettement public inférieur à 40% du produit intérieur brut, les finances publiques suisses se trouvent dans une situation comparativement enviable. La fuite des investisseurs vers ce havre de sécurité s’est traduite par une énorme augmentation de la demande pour le franc et ainsi par une hausse sensible de cette devise face à presque toutes les autres. et la perspective d’une nouvelle hausse du cours a encore attisé la demande pour le franc suisse. Afin de briser cette spirale dévastatrice pour l’économie, la Banque nationale suisse (BnS) a commencé par augmenter massivement la masse monétaire. et,

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Thomas Liebi est chef économiste de Swisscanto. Auparavant, cet économiste réputé dirigeait l'Investment Research d'une caisse de pension.

cette mesure n’ayant pas débouché sur la dévaluation espérée, la banque centrale a franchi une étape supplémentaire en fixant un cours plancher minimum de 1,20 franc pour 1 euro. L’annonce n’a pas tardé à produire son effet. à Long terme, iL y a Danger D’infLation. La menace de la BnS est crédible, étant donné que cette institution peut, théoriquement du moins, augmenter la masse monétaire à volonté. Avec la politique choisie toutefois, la devise helvétique est fortement liée au destin de

l’euro. ces prochains mois, la Banque centrale européenne (Bce) se verra une fois de plus contrainte de racheter les emprunts d’etat des pays les plus touchés de la zone euro. Si la Bce ne peut ou ne veut plus écumer ailleurs les euros dépensés lors de ces achats, cela se traduira à plus long terme par une augmentation de la masse monétaire de la zone euro. Afin de stabiliser le cours de change, la BnS pourrait se voir également contrainte d’augmenter encore la masse monétaire suisse, pour racheter de l’euro, ce qui pourrait relancer à plus long terme l’inflation en Suisse. c’est aussi ce qui s’était passé lors du rattachement du franc suisse au mark allemand à la fin des années 1970. en Suisse, la masse monétaire a été sensiblement augmentée, ce qui a conduit, trois ans après l’annonce de l’objectif de cours de change, à une hausse du taux d’inflation de 0,4 à 7,5%. etant donné la menace que fait peser sur l’économie suisse la surévaluation massive du franc, l’objectif de cours de change semble un moindre mal. Les mesures prises par la BnS sont donc fondamentalement à saluer, en ceci qu’elles offrent un peu d’air à l’économie. Mais elles risquent à plus long terme de générer des taux d’inflation sensiblement plus élevés. Quelle est votre opinion concernant les mesures de la bns et l'évolution du franc suisse? faites-le-nous savoir sous franc@swisscanto.ch.

Photo: Dr

L

e monde est en pleine mutation. Partout, d’immenses montagnes de dettes s’accumulent, et dans certains cas, on doute que ces dettes puissent jamais être intégralement remboursées. Les marchés financiers sont secoués par de violentes tempêtes et les investisseurs cherchent désespérément un peu de sécurité. Pour cela, ils ne mettent plus tant la priorité sur les rendements que sur la volonté de recouvrer au moins leur capital de départ. Vu l’état de délabrement des finances publiques aux etats-unis et dans les pays de l’eurozone, mais aussi au Japon et en Grande-Bretagne, de nombreux investisseurs ne font plus confiance qu’à l’or et au franc suisse comme refuges pour leurs avoirs.


Les placements individualisés font le bonheur. Les fondations de placement Swisscanto proposent une solution de placement individualisée à votre institution de prévoyance à partir d’une vaste gamme de produits. Vous profitez ainsi de notre compétence reconnue en matière de placements ainsi que d’autres avantages d'une importante fondation de placement bien ancrée sur le marché suisse. Créer et grandir ensemble, avec les fondations de placement Swisscanto. Pour tout renseignement, consultez www.swisscanto.ch/fondationdeplacement ou adressez-vous au conseiller de clientèle de votre banque.

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Vidéos concernant les fonds: www.swisscanto.ch/multimedia

Swisscanto français  

Franc Spécial - Swisscanto en collaboration avec PME Magazine, Octobre 2011

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