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à dominer le pouvoir judiciaire. Honorables sénateurs, je serais très heureuse que la Cour suprême soit envahie par des féministes.» Et avec le grand sérieux que nos chères féministes sont capables : «On a laissé entendre que le mouvement féministe exerce de l'intimidation auprès des juges et met en péril l'indépendance de la magistrature au Canada. J'ai de la difficulté à m'imaginer que le mouvement féministe intimide la magistrature.181» Claire l’Heureux-Dubé est née en 1927, dans un secteur pauvre de la ville de Québec. Il paraît que de son temps, les hommes flambaient leur paie à la taverne du coin au lieu de la remettre à la « cheffe » de famille pour nourrir les enfants. Tel a été une de ces remarques d’introduction lors de cette rencontre mémorable entre les militants paternels et cette ex-juge ardente militante des égalités des minorités, plus particulièrement celle des femmes. Si c’est le cas de sa famille, on sent dans ses propos une forme d’hostilité envers les hommes de cette période d’âge d’or des tavernes du coin. Cela ne l’a pas empêché de faire ses études au Monastère des Ursulines, Rimouski; au Collège Notre-Dame de Bellevue, Québec; à la Faculté de Droit de l'Université Laval en 1951 puis au Barreau du Québec en 1952. Elle est nommée juge à la Cour supérieure du Québec en février 1973, à la Cour d'appel du Québec en octobre 1979 et, enfin, à la Cour suprême du Canada le 15 avril 1987. Elle a été aussi membre de plusieurs associations familiales, et féministes. Lors de sa retraite, le 1er juillet 2002, des membres influents du Barreau du Canada182 ont organisé un souper d’adieu, et surtout pour la remercier d’avoir aidé les féministes et les groupes gais du Canada à obtenir plusieurs jugements en leur faveur. On lui doit plusieurs jugements sur le mariage entre deux « personnes » connues sous l’union civile et des jurisprudences pour l’égalité des femmes. S’il faut parler d’impartialité des juges de la Cour Suprême, l’Histoire jugera de ses positions bien ancrées pour la condition des femmes et son adhésion au mouvement féministe dont le dogme de l’égalité. Dans son discours d’adieu, la couleur de son appartenance ne laisse aucun doute. «J'aimerais rendre un hommage particulier au juge Dickson, mon juge en chef jusqu'à ce qu'il prenne sa retraite. Il a su allier le leadership intellectuel et le sens aigu du devoir et de l'excellence. Sa recherche de l'égalité, qui est particulièrement apparente dans ses opinions en droit de la famille et en droit du travail, est un aspect de ses jugements qui, à mon avis, n'a pas été suffisamment exploré jusqu'à maintenant. Il était un vrai féministe (n'a-t-il pas cité Catherine McKinnon?) qui croyait, tout comme moi, en l'idée « révolutionnaire» que les femmes ont droit au http://sen.parl.gc.ca/lpepin/index.asp?PgId=802 Les agressions sexuelles - L'arrêt récent de la Cour suprême du Canada-Interpellation-suite du débat- 26 janvier 1999 –Visité le 26 janvier 2012 181

182 http://www.samesexmarriage.ca/advocacy/dube.htm A Tribute to Madame Justice L’Heureux-Dubé- Souper en l’honneur de le juge Claire l’Heureux-Dubé- 6 mai 2002Equal Marriage for same-sex couple

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Femmes, à vos chaudrons  

L’objectif premier de ce livre était de dénoncer les dérapages du féminisme d’état. Mais après mure réflexion, cela m’a semblé plus judicie...

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