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n°14

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2010

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1 La ville face au défi du post-carbone 2 Point à la ligne Rechercher les leviers locaux pour une ville facteur 4, entretien avec Eric Vidalenc

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La ville face au défi du post-carbone Comment vivrons-nous et nous déplacerons-nous dans une ville post-carbone ? Quand il n’y aura plus d’essence, plus de fioul, plus de gaz, des contraintes sur les émissions de gaz à effet de serre et les premiers impacts du changement climatique : nos modes de vie auront changé - forcément tout comme nos espaces d’habitat et nos modes de déplacements. Ces questions complexes sont au cœur de la recherche menée par l’Agence d’urbanisme et l’École polytechnique fédérale de Lausanne. EN C O U R S D E F IN A LI S A T I O N

Points de suspension Inventorier pour inventer

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U ne p e r so nn e m e t t a nt u n e p o u be l l e a u c o m p o s t

Dossier Un arbre dans la ville

4 Point de vue

À Grenoble, le bon arbre au bon endroit, rencontre avec Jean-Claude Rebuffet 6 Point de mire Ressources documentaires et communication Des données à partager Mémoire et pertinence Faire un pas de côté

7 Mise au point Facteur 4 Architecte-urbaniste : articuler le bâti au territoire Saint-Ismier : diversifier l’habitat et préserver l’agriculture

8 Trois petits points... À lire à l’Agence - L’ Agence hors les murs - Contrepoint U ne p e rs on ne c u l t i va n t l e c ha m p

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Un programme en 4 axes Le conseil d’administration de décembre a validé les quatre axes du programme triennal (2010-2012) de l’AURG. Il s’agit de se donner un cadre de référence, en affirmant les grandes attentes des collectivités membres. Les trois prochaines années seront ainsi guidées par l’amélioration de l’observation, avec notamment une politique de diffusion, de partage et d’échange de connaissances, la planification à toutes les échelles, l’accompagnement des collectivités pour passer de la planification aux projets urbains et à la programmation, et le développement de la prospective et de l’innovation territoriale.

La démocratie hors les murs C’est le titre des 12es rencontres de la démocratie locale, qui se dérouleront les 28 et 29 mai. À l’occasion des 50 ans de l’Association pour la démocratie et l’éducation locale et sociale, il s’agit de considérer les avancées et les blocages de la démocratie locale. Au programme : conférences, parcours, ateliers, rencontres, interventions artistiques, débats. Avec un rendez-vous concocté par l’Agence : un atelier urbain participatif en direct, avec le recueil d’observations sous forme de vidéos, photos et écrits, puis un débat pour comprendre comment un travail d’usagers s’insère dans le circuit de décision urbanistique. Vaste sujet ! Plus d’informations : http://12erencontres.wordpress.com/

C’est dans une aventure de prospective territoriale que se sont lancées l’EPFL et l’AURG pour fabriquer des scénarios d’évolution de la ville post-carbone. En partant du principe que les problèmes énergétiques et environnementaux ne seront réglés, ni uniquement, ni totalement, par le progrès technologique. Il s’agit d’analyser les relations entre modes de vie, formes du territoire et production de gaz à effet de serre, comme éléments d’un même système. Telle est la porte d’entrée de la proposition faite à l’Ademe et à la mission prospective du ministère de l’Écologie de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer. Un plan climat local ambitieux Le plan climat de l’agglomération grenobloise a pour objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 et de diminuer les consommations d’énergie de 20 % àl’horizon 2020. Avec pour terrain d’étude les agglomérations grenobloise et genevoise, la démarche que nous proposons est prospective. Première étape : faire émerger des indicateurs d’analyse. Un diagnostic est élaboré, notamment par des groupes de personnes aux pratiques de déplacement spécifiques. L’enjeu : identifier les signaux faibles d’aujourd’hui, qui pourraient devenir des éléments d’évolution de la société demain. Sur cette base d’indicateurs qualificatifs et sensibles, plusieurs scénarios seront construits avec les leviers à identifier pour dessiner les chemins à parcourir vers la ville post-carbone.

Atelier d’anticipation Le premier acte a eu lieu sous la forme d’un atelier d’anticipation. L’idée a été de réunir des personnes de milieux différents (élus, professionnels, chercheurs, artistes, militants associatifs…) et de les embarquer dans un voyage vers 2050 pour imaginer ce qui va changer dans nos modes de vie. Qu’est-ce qui va bouger ? Pourquoi ? Comment ? À partir de son propre vécu et de ses connaissances, à partir de signaux faibles identifiés, les participants ont construit des propositions. Parmi celles-ci : mettre en place l’étiquetage carbone et kilomètres parcourus des produits. Proposer des résidences sans garage, mais avec vélo et service d’autopartage. Transformer l'énergie physique en énergie électrique. Redonner de la valeur à la notion de temps. Proposer des cours de cuisine « du champ à l’assiette ». Refaire une place au végétal en ville… Avec deux questions transversales : la société postcarbone induit de nouvelles compétences et peut entraîner de nouvelles inégalités… À suivre. I

Implication de l’AURG : copilote de la recherche Partenaire chef de file : Ademe Contacts AURG : Françoise Pichavant, Murielle Pezet-Kuhn et Sylvie Barnezet Plus d’informations : www.aurg.net

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Rencontre avec Eric Vidalenc, économiste, service Economie et prospective de l’Ademe, en charge du programme « Repenser les villes dans une société post- carbone »

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Pouvez-vous nous expliquer la démarche des appels à recherche du programme « Repenser les villes dans une société post-carbone ? » Réduire par deux au niveau mondial et par quatre en France les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 est très difficile et va coûter très cher. Et en général, nos outils ne nous permettent pas d’appréhender les questions de géographie ou d’histoire par exemple. Avec ces appels à recherche, nous souhaitons trouver d’autres leviers à l’échelle de la ville - complémentaires aux outils technologiques et économiques habituels en prospective -, pour atteindre ces objectifs. Car c’est à l’échelle des villes que les questions transversales, comme le lien entre urbanisme, déplacements, modes de

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Rechercher les leviers locaux pour une ville facteur 4 vie, formes urbaines et foncier, peuvent être appréhendées. Qu’attendez-vous des territoires impliqués dans la recherche ? Quatre agglomérations font parties du programme (Tours, Mulhouse, Grenoble et Plaine de France). À chaque fois, des acteurs locaux comme les collectivités locales, les agences d’urbanisme, des acteurs socioéconomiques (réseaux d’entreprises, agriculteurs...), s’impliquent. Nous souhaitons vérifier avec les territoires le potentiel de quelques hypothèses concernant les politiques de transports (mise en place de politiques pour les modes doux, tarifications, péages urbains…), les mobilités résidentielles, les mesures

d’efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables, le développement de l’habitat le long des axes de transports, les circuits court en matière d’agriculture… Un volume considérable des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire peut être réduit grâce aux politiques des collectivités locales. Il s’agit d’avoir une image plus claire des enjeux, des mesures et des politiques à mettre en œuvre, tout en s'inscrivant dans les temporalités et les échéances cruciales.

tiques (inégalités, gouvernance, modes de vie), un colloque international sera organisé et un ouvrage Repenser les villes dans une société post-carbone sera publié début 2011, afin de valoriser la production du programme complet. I Plus d’informations : www.villepostcarbone.fr

Quel est le planning de la recherche ? L’ensemble des résultats devrait arriver pour fin 2010. Ils seront croisés avec des recherches plus théma-

suspension

Inventorier pour inventer Une exploration pas à pas de cinq places du centreville de Grenoble : ainsi se présente l’étude réalisée par l’Agence d’urbanisme dans le cadre de la démarche « Cœur de ville, cœur d’agglo ». Dans la perspective de la requalification du centre-ville de Grenoble, les places Vaucanson, Victor Hugo, Achard, de Metz et d’Apvril, ainsi que l’îlot République, ont été étudiés à la loupe. Une batterie d’indicateurs sensibles a permis de produire une vision harmonisée de ces cinq places différentes, tant dans leur aménagement général que dans leur fonctionnement ou leurs usages.

plan de datation des bâtiments, les hauteurs de chacun d’eux et une vue en trois dimensions, permet d’obtenir une analyse fine des volumes. L’étude des usages et du fonctionnement comporte le détail de toutes les activités de rez-de-chaussée (commerces et services) et des types de stationnement et de déplacements qui ont lieu au cours de la journée. Enfin, pour chaque place, une simulation de l’ensoleillement, au cours d'une journée et en fonction des saisons, permet de mettre en regard présence de lumière et occupation de l'espace. Requalifiaction des places

Etude sensible

Chaque place est d’abord resituée dans son histoire, avec notamment une mise en regard de photos anciennes et contemporaines qui apporte un éclairage sur l’évolution des vues et de l'aménagement. L’analyse du bâti, très détaillée, avec des extraits de

En se nourrissant de cette étude qui décrypte le fonctionnement de chaque place, les architectes et l’ensemble des équipes mandatés par la ville de Grenoble mettent en place la phase opérationnelle du projet de requalification du centre-ville. I

Zoom sur l’îlot République

Le projet de PLH arrêté Le projet de programme local de l’habitat (PLH) 20102015 de l’agglomération grenobloise a été arrêté lors du conseil communautaire de la Métro du 29 mars. Il est fondé sur quatre axes : dynamiser l’attractivité résidentielle, adapter l’habitat existant, restaurer les parcours résidentiels, réguler les déséquilibres territoriaux. Alors que les ateliers de 2009 ont permis de construire le projet, 2010 sera l’année de sa validation pour une mise en œuvre prévue à partir du dernier trimestre. Le document est téléchargeable sur l’espace PartAge (www.aurg.net). Plus d’informations : emmanuel.boulanger@aurg.asso.fr et sabine.sirugue@aurg.asso.fr

Rovaltain : visions du futur Une démarche de prospective a été menée en 2009 sur le territoire du Rovaltain, à l’interface de Romans, Valence et Tain l’Hermitage. Il s’agit pour le territoire de bâtir la stratégie de son développement urbain. À partir de la présentation de grands enjeux, vingt-cinq élus ont été invités à imaginer individuellement puis collectivement des scénarios crédibles à un horizon de 25-30 ans. Les quatre scénarios retenus seront approfondis dans une deuxième phase qui doit s’achever par l’écriture d’une grande histoire prospective, stratégie de développement portée par tous. Plus d’informations : marie.couvratdesvergnes@aurg.asso.fr et frederic.pontoire@aurg.asso.fr

En 2008 Fin XIXe La rue Alphand, vue sur la place Sainte-Claire

On note une disparité dans les hauteurs des bâtiments de l’îlot République : la plupart des immeubles compte de quatre à six niveaux, tandis que l’Office du Tourisme et l’hôtel des Adrets en comptent deux et la « barre », neuf.

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Partenaire chef de file : Ville de Grenoble Contexte de l’étude : « Cœur de ville, cœur d’agglo » Intervention de l’AURG : maîtrise d’œuvre Contacts AURG : Armelle de l’Eprevier et Florence BinetJourdain Documents à télécharger sur l’espace PartAge (réservé aux membres de l’AURG) : www.aurg.net

L’Esplanade revisitée Le site de l’Esplanade, à Grenoble, est en passe d’être totalement restructuré. À la demande de la ville, l’Agence d’urbanisme a proposé des réflexions pour la programmation urbaine. Ainsi, en plus d’un développement résidentiel ambitieux, trois axes permettraient à l’Esplanade de devenir un des lieux identitaires de l’agglomération : des équipements pour prolonger l’attractivité touristique et culturelle des bords de l’Isère, un espace apaisé tourné vers l’enfance et la jeunesse, un site conforté dans sa dimension sportive. Plus d’informations : www.aurg.net, jerome.grange@aurg.asso.fr et olivier.baills@aurg.asso.fr


dossier

Un arbre dans la ville Des villes vertes, un rêve ? Au vu du changement climatique à venir, la végétalisation de l’urbain paraît incontournable. Pour faire baisser les températures, pour réduire la pollution et mieux absorber le CO2. Mais aussi pour faire revenir des Un point est sûr : le climat est modifié par l’urbanisation. Cette dernière joue sur la circulation du vent et de la lumière (pénétration du soleil, présence d’ombres, interception et réflexion des rayonnements solaires), influe sur le bilan hydrique (évaporation d’eau) et énergétique (absorption de chaleur) de la ville. D’autre part, les changements climatiques à venir devraient, selon les spécialistes, nous réserver des étés caniculaires de plus en plus fréquents. Les températures seraient alors particulièrement élevées au-dessus des villes soumises à l’effet d’îlot de chaleur urbain (ICU). Ce phénomène, causé par l’importance des surfaces minérales absorbant la chaleur et les formes de tissu urbain ralentissant le rafraîchissement par les vents, provoque une hausse des températures et diminue le rafraîchissement nocturne. Plus le territoire d’une zone agglomérée est imperméabilisé, plus il peut stocker l’énergie solaire pour la restituer sous forme de chaleur, en particulier la nuit. Concrètement, l’ICU se traduit par une augmentation des températures de l’air en site urbain par rapport aux campagnes environnantes, et par une diminution de l’amplitude thermique entre le jour et la nuit.

Les ICU grenoblois L’augmentation des températures estivales et l’amplification de l’ICU met la société face à un double enjeu. Enjeu énergétique d’abord, puisqu’une chaleur accrue provoque une surconsommation

d’énergie, notamment via l’utilisation de la climatisation. Mais enjeu sanitaire surtout, puisque la grande chaleur peut entraîner des problèmes cardiovasculaires et respiratoires ; et comme l’a montré l’épisode caniculaire d’août 2003, la morbidité, et même la mortalité, peuvent être augmentées par des températures extrêmes. L’organisme humain a besoin que la température redescende en dessous de 25°C pour se ressourcer (arrêter de transpirer). Chez les personnes fragiles (personnes âgées, jeunes enfants, malades), ce besoin peut devenir vital. Or, le principal effet de l’ICU est d’empêcher les températures nocturnes de baisser. Grenoble est dans un contexte topographique particulier, enclavée entre trois massifs. Son climat est continental sous influence montagnarde, avec un fort contraste entre l’hiver froid et l’été chaud. En outre, sa situation de cuvette favorise les phénomènes de surchauffe. Cette configuration géographique accentue les « inconforts » thermiques en été et peut, avec le changement climatique, entraîner une dévalorisation des espaces urbains centraux. On l’aura compris, la situation géographique et le climat grenoblois sont favorables à la formation d’îlots de chaleur urbains. Ainsi à Grenoble, la différence entre les températures minimales au cœur de la ville et celles du Versoud, au début de la vallée du Grésivaudan, peut aller jusqu’à 5°C. I I I

espèces animales dans la ville ou tout simplement pour rendre plus esthétique l’espace urbain. L’agglomération grenobloise, accompagnée par l’Agence d’urbanisme, sème des idées et fait réseau.

Le changement climatique et ses risques Entre +1,5°C et +6°C d’ici 2050 en France : c’est le changement climatique estimé. Les risques : une augmentation du nombre et de l’ampleur des cyclones ; la fonte de la banquise (commencée depuis la fin des années 1990) ; le retrait vertical et horizontal des glaciers alpins notamment ; une disparition tôt dans l’année de la neige ; des migrations vers le Nord de la faune et de la flore ; un décalage dans le cycle naissance-nourriture entre les espèces, donc des impacts sur la chaîne alimentaire ; une durée de végétation des forêts allongée… I

Une démarche et des actions d’adaptation Fin 2007, la Métro sollicite l’Agence d’urbanisme dans le cadre du Plan climat local (PCL) et en déclinaison de la trame verte métropolitaine. Il s’agit de préparer l’intégration d’un nouvel objectif à la charte d’engagement 2009-2014 du Plan climat local, sur l’adaptation au changement climatique (lire page 5). Trois champs d’intervention sont mis en œuvre : le renforcement de la connaissance des phénomènes ; l’accompagnement des partenaires du PCL dans l’identification d’actions permettant le renforcement du confort thermique et la végétalisation ; le développement des échanges de bonnes pratiques et de la sensibilisation. Parmi les actions déjà mises en place : la réalisation d’un atlas des

phénomènes influant sur les îlots de chaleur urbains dans l’agglomération grenobloise, l’organisation de séances de travail, conférences et séminaires de sensibilisation, la publication de fiches techniques et de sites internet, la création du réseau des correspondants espaces verts (lire page 4) et l’accompagnement de la commune de Fontaine dans son projet de renforcement de la végétalisation. En perspective pour 2010 : la création du réseau Plan climat et urbanisme et le lien avec le réseau des trois agences d’urbanisme de Rhône-Alpes (Urba3) et des agglomérations de Lyon et Saint-Étienne pour une mutualisation des méthodes de caractérisation des phénomènes d’ICU et une valorisation d’expériences. I

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Stratégie d’adaptation changement climatique

au

Une stratégie nationale d’adaptation au changement climatique a été validée en novembre 2006. Avec pour finalités : la sécurité et la santé publique, la réduction des inégalités devant les risques, la limitation des coûts et la préservation du patrimoine naturel. Un plan national est prévu pour 2011. Mais la démarche est aussi et surtout locale et doit s’appuyer sur de nouvelles articulations public-privé, doit comprendre un volet social et pas uniquement technique. Les collectivités doivent avoir une posture anticipatrice. Ainsi, dans l’agglomération grenobloise, quatre principaux leviers d’action ont été identifiés et inscrits dans la charte d’engagements 2009-2014 : l’augmentation de la part de la surface urbaine recouverte par la végétation (espaces publics, bâtis, espaces privatifs), le renforcement de la présence de l’eau, la limitation de la minéralisation des sols et la limitation des surfaces minérales sombres. « Nous avons lancé la démarche assez récemment, explique Jean-Marc Urhy, vice président de la Métro à l’environnement et au développement durable. La Métro travaille avec l’Agence d’urbanisme sur des rencontres pour comprendre les phénomènes, a mis en place un réseau de correspondants espaces verts et lance

point de vue

Rencontre avec Jean-Claude Rebuffet, responsable du service Espaces verts de la ville de Grenoble.

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des démarches expérimentales comme à Fontaine ».

Les espaces verts en réseau L’Agence d’urbanisme a lancé fin 2007 la mise en réseau des responsables des services Espaces verts de l’agglomération grenobloise. L’objectif est triple : développer des actions de sensibilisation (organisation et animation de séminaires de travail, d’échanges de bonnes pratiques, de colloques, de visites de sites…) ; constituer des réseaux de partenaires ; recenser des opérations exemplaires et constituer un référentiel de projets. Concrètement, cinq séances de travail entre novembre 2008 et mai 2009 ont réuni les responsables espaces verts des collectivités de l’agglomération grenobloise. Autour des questions de choix des espèces, de gestion différenciée, du zéro phytosanitaire, de renforcement de la présence de l’eau et de la végétalisation du bâti. Et in fine, l’organisation d’une journée d’études à Lyon en juin 2009, avec l’appui du Grand Lyon et du CAUE de l’Isère sur « Ville désirable et ville supportable : pourquoi et comment renforcer la végétalisation et la présence de l’eau », avec visites de sites. Le travail se poursuit en 2010, axé sur des études de cas en direct. I

Des villes vertes La végétation urbaine est un terme qui englobe de nombreuses formes diverses sous lesquelles l’herbe, les fleurs, les buissons ou les arbres peuvent prendre place et se développer au sein de l’univers minéral de la ville. C’est cette grande souplesse qui en fait un outil facilement utilisable par les aménageurs. En effet, si la création d’un nouveau parc est un événement rare car l’espace urbain est contraint, il est en revanche possible d’implanter un ou plusieurs arbres autour d’une place ou le long d’une avenue. De même, une pelouse ou un parterre fleuri peuvent parfois avantageusement remplacer le pavement d’un espace public. Même le mobilier urbain peut être investi, voire remplacé, par la végétation : le lierre peut rendre les poteaux plus vivants, des plantes grimpantes sur une tonnelle peuvent fournir un abri efficace contre les ardeurs du soleil, notamment à l’emplacement d’un arrêt de bus. La végétation est un élément modulable, sur lequel on peut facilement jouer en milieu urbain. De plus, cette végétation est une tête de pont pour la biodiversité et permet ainsi à une faune variée et utile (abeilles, passereaux…) de reprendre pied en ville.

L’agglomération grenobloise possède une grande diversité d’espaces verts. 42 % du territoire est couvert par des bois, essentiellement en coteaux. Ainsi, certaines communes possèdent sur leur territoire de véritables forêts qui offrent aux habitants des espaces de loisirs et de détente, « poumons verts » pour l’agglomération. Elles jouent un rôle très important, car elles sont un puits de carbone et contribuent à rafraîchir l’atmosphère urbaine en période de forte chaleur, tout en offrant des espaces de fraîcheur aux citadins.

Le réseau des parcs et squares publics, jardins individuels ou collectifs maillant l’espace public est aussi d’une importance capitale. Même un arbre isolé peut avoir une action climatique, pour peu qu’il soit stratégiquement positionné par rapport à un bâtiment ou une place de stationnement. Les arbres humidifient l’atmosphère grâce à l’évapotranspiration. L’ombre portée sur un bâtiment peut créer un écran contre les rayons solaires et en augmenter le confort thermique. Ensuite, le jeu entre les feuillages crée une ventilation naturelle. À plus

À Grenoble, le bon arbre au bon endroit

Grenoble connaît des phénomènes d’îlots de chaleur. Quel peut être le rôle de la nature dans la ville pour pallier ces phénomènes ? À Grenoble, dans vingt ou trente ans, aurons-nous un climat méditerranéen ? Il faut être modéré, il y a des incertitudes. Ce qui va évoluer, ce sont les événements climatiques exceptionnels, qui le seront de fait moins, et les amplitudes de températures, qui deviendront de plus en plus larges. Concrètement aujourd’hui, quand nous choisissons un arbre, nous ne le choisissons pas pour un climat dans cinquante ans : on risque aujourd’hui plus de pertes d’oliviers que d’érables ou de platanes ! Mais en ville, les températures sont plus élevées et l’air est plus sec. Nous choisissons donc des végétaux résistants à ce contexte. En revanche, la pollution en ville n’est plus, pour nous, un critère déterminant pour le choix des espèces.

Concernant les phénomènes d’îlots de chaleur urbains, Grenoble connaît d’un côté, des pics de chaleur et de l’autre, des pics de précipitations avec des risques de saturation de la centrale d’épuration. Ces phénomènes peuvent, pour partie, être modulés par la végétalisation dans la ville. Par des toitures terrasses, par exemple, qui peuvent aider à gagner de l’inertie en évacuation des eaux pluviales et isolent les toitures. Nous développons aussi l’infiltration des eaux pluviales par la végétation sur le sol : dans les nouveaux parcs, la totalité des eaux pluviales est infiltrée ou rejetée dans les rivières. Les métiers des espaces verts ont beaucoup évolué ces dernières années ? Nous avons évolué dans nos pratiques. Nous n’utilisons plus d’insecticide. Pour lutter contre les pucerons, nous utilisons par exemple des larves de coccinelles, de chrysopes ou d'autres auxiliaires.

L'installation de mésanges et de chauvesouris est favorisée pour lutter contre les chenilles processionnaires que l'on piège également. Nous gérons les espaces verts pour fournir le gîte et le couvert aux espèces indigènes d'auxiliaires, afin qu’elles puissent passer l’hiver ; ainsi, nous commençons à constater le retour d’insectes qui avaient disparu de nos villes. Aujourd’hui, nous organisons de plus en plus d’échanges entre professionnels, tant au niveau local qu’au niveau européen. L’Agence d’urbanisme de la région grenobloise a proposé un groupe de travail des services des villes pour parler de nos pratiques à l’échelle de l’agglomération. Au niveau national et international, nous croisons nos pratiques autour du réchauffement climatique ou de la biodiversité : les grandes villes du monde se posent des questions similaires. Travaillez-vous avec vos collègues de l’urbanisme en amont des

projets pour prévoir la végétalisation dans les nouveaux espaces urbains ? La ville et les habitants ont besoin d’espaces verts. Par le PLU, on peut inciter à la création de toitures végétalisées et prévoir des alignements d’arbres ou des espaces verts devant les immeubles… Au centre-ville, sur des bâtiments comprenant des commerces et des logements, nous testons des murs végétalisés avec de la glycine, pour faire exemple. Sur le quartier Vigny-Musset, nous favorisons la réalisation d'espaces verts privés au centre des îlots bâtis. Lors de la réflexion sur le quartier de la caserne de Bonne à Grenoble, le choix a été de réaliser des bâtiments un peu plus hauts pour permettre un vaste espace vert public en complément des cœurs d'îlot verts privatifs. Les réflexions entamées sur l’esplanade intègrent aussi la création d’un parc urbain de 7 hectares en plus des espaces privés. I

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forte raison, un alignement d’arbres peut agir sur le climat local, le long d’une voie de circulation ou autour d’une promenade pour piétons : les arbres apportent ombre et fraîcheur autour d’eux. Même les délaissés des voiries et friches urbaines ont leur rôle à jouer, ne seraitce que parce qu’ils marquent les limites de l’extension des surfaces imperméabilisées. De plus, leur végétation, qui est parfois abondante, peut jouer un rôle de micro puits de fraîcheur.

Orchestrer l’approche L’ensemble de la végétation a un effet sur le climat urbain au sens large. L’influence des espaces verts sur le climat urbain et en particulier sur l’ICU est nette. Ces effets bénéfiques s’exercent dans quatre domaines principaux : la réduction de la température de l'air, les économies d'énergie, l’atténuation de la pollution atmosphérique. Mais d’autres domaines sont également marqués par les effets de la végétation. Dans les zones soumises à une érosion importante, les arbres et la végétation en général peuvent contribuer à fixer les sols et à réduire l’érosion. Ensuite, l’écran fourni par un rideau d’arbres peut être efficace au niveau sonore. Enfin, les espaces verts participent d’une

véritable « mise en beauté » de l’espace urbain. Ce travail de végétalisation des espaces urbains gagnerait cependant à être « orchestré » pour magnifier l’ensemble des rôles de la nature en ville : social, identitaire, psychosensoriel, mais aussi contribution à la variété des ambiances urbaines, fixation des poussières et pollutions atmosphériques de proximité et préservation de la biodiversité. Les documents d’urbanisme sont un des outils susceptibles de favoriser la végétalisation. Leur révision est l’occasion de mettre à plat les connaissances sur les espaces verts publics et l’ambiance verte générale : caractéristiques, répartition, aires d’influence... C’est un moment propice à l’identification du patrimoine végétal remarquable. Le règlement (opposable aux tiers) comporte des articles adaptant les règles à appliquer en matière de végétalisation et de gestion des eaux pluviales : l’article 4 (desserte par les réseaux), l’article 11 (aspects extérieurs des constructions), l’article 12 (stationnement) et l’article 13 (espaces libres et plantations, espaces boisés classés et patrimoine végétal). Des règles quantitatives peuvent être créées, comme un nombre d’arbres à planter pour une surface donnée de pleine terre ou l’exigence de niveaux de végétalisation des parcelles. Mais des règles qua-

Pour y voir plus clair… Voici quelques éclaircissements sur des termes incontournables mais pas si transparents. Albédo Rapport entre l’énergie solaire reçue et celle réfléchie. Ainsi, une surface très sombre, absorbant les rayons lumineux, aura un albédo proche de 0 et, à l’inverse, une surface très claire en aura un proche de 1. Ilots de chaleur urbains ou ICU Microclimats artificiels où les températures maximales sont plus élevées, créés par les activités humaines et l’urbanisation. Un centre-ville, concentrant revêtements sombres, moteurs, climatisations et chaudières, aura des maximales plus élevées qu’une banlieue, elle-même plus chaude qu’une campagne, etc. Puits de fraîcheur À l’inverse du phénomène d’ICU, la présence d’espaces verts, la libre circulation de l’air, le choix de surfaces claires réfléchissantes, l’orientation, le relief, etc., favorisent une diminution des températures maximales observées. Végétalisation Phénomène naturel ou décidé par l’homme de recolonisation des sols par la végétation. Les murs et toitures végétalisés sont créés volontairement et favorisent les puits de fraîcheur. I

litatives sont également les bienvenues, comme par exemple l’indication que « des revêtements de type jardins seront privilégiés en toiture terrasse ». Mais face aux difficultés d’imposer certains objectifs environnementaux aux aménageurs ou aux particuliers, l’enjeu est plutôt la négociation : comment par exemple conserver des zones humides riches en vie animale et végétale, alors

qu’une partie des habitants y verra un secteur négligé, boueux, délaissé… « On est dans le domaine du sensible, explique Emmanuel Boutefeu (lors du Jeudi du projet d’agglo de décembre 2009 sur la nature en ville), il faut répondre aux attentes, ne pas plaquer des aménagements ». I Plus d’informations : murielle.pezet-kuhn@aurg.asso.fr

Les objectifs du Plan climat local d’ici 2020 Grenoble-Alpes Métropole et la ville de Grenoble se sont engagées, en signant la Convention des Maires à Bruxelles le 10 février 2009, à aller audelà des objectifs du « paquet énergie-climat » adopté au niveau européen. Cet engagement invite la Métro et ses partenaires à entrer dans une seconde phase du Plan climat local (PCL) et à se doter d’une nouvelle charte d’engagement, cohérente au regard des enjeux globaux du climat et de l’énergie. Avec des objectifs quantitatifs précis en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de diminution des consommations énergétiques et de promotion des énergies renouvelables. Au vu des résultats de l’observatoire du PCL sur la période 2004-2007 et de l’étude menée par la Métro pour évaluer le potentiel de développement local des énergies renouvelables, le Plan climat local se fixe les objectifs suivants, au sein de la charte d’engagement 2009-2010 : Diminuer d’au moins 20 % les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020 par rapport au niveau de 2005 : •en diminuant de 20 % les consommations d’énergie par habitant ;

•en augmentant la production d’énergie renouvelable sur le territoire pour atteindre 16 % de la consommation totale d’énergie du territoire (au lieu de 8 % en 2007). Agir en faveur de l’adaptation au changement climatique, notamment en vue de limiter les effets d’îlots de chaleur urbains. Pour améliorer le confort thermique des espaces urbains et du bâti, mais également pour agir en faveur de la sécurité, de la santé publique et de la réduction des inégalités face aux risques, quatre principaux leviers d’action ont été identifiés : •l’augmentation de la part de la surface urbaine recouverte par la végétation (espaces publics, privatifs et bâtis ; •le renforcement de la présence de l’eau ; •la limitation de la minéralisation des sols ; •la limitation des surfaces minérales sombres. I

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L’Agence d’urbanisme s’est organisée en trois pôles et deux services. Pour ce numéro, le service Ressources documentaires et communication présente ses démarches en cours et sa mission de mise en forme et de diffusion de l’information.

Des données à partager L’Agence d’urbanisme anime et participe à plusieurs observatoires partenariaux. Spécialisés sur le foncier, le social ou les déplacements, ils traitent un grand nombre de données. On construit des indicateurs, on croise des données, on produit une vision du territoire. Et finalement, le plus important, c’est bien de partager les analyses qui en sont issues. C’est pour cette raison que les observatoires se dotent d’outils de valorisation, de diffusion, de médiation, qui permettent à tous les partenaires, y compris les non spécialistes, d’appréhender aisément les enjeux du territoire. Ainsi, des équipes techniques de professionnels de différentes collectivités, ont participé à l’élaboration de dispositifs de communication, avec pour objectif de diffuser à un large public le produit de leurs analyses. Exploiter le numérique À l’heure de la communication dématérialisée, le web, en plus d’être devenu un support ordinaire, permet une grande richesse de contenus. C’est dans cette perspective qu’ont été mis en place l’espace numérique et la lettre d’information de l’Observatoire des déplacements de la région grenobloise. Le premier, hébergé sur l'espace PartAge (www.aurg.net), est un lieu de capitalisation qui permet à tous de se tenir informé des temps forts de l’observatoire et d’accéder à toutes ses productions. La lettre d’information électronique, diffusée chaque trimestre à plus de 450 élus et techniciens spécialistes des transports et de l’aménagement, a pour objectif principal de décrypter les données traitées par l’observatoire et les projets de transports avec une approche méthodologique. L’Observatoire foncier partenarial de l’Isère possède également un site dédié qui permet de télécharger toutes les productions réalisées. Il est, de la même façon, en train de se doter d’une newsletter qui animera le réseau des professionnels du foncier et de l’aménagement et fera partager les analyses des acteurs du territoire.I

Une cartothèque à l’Agence Si l’Agence d’urbanisme produit des centaines de cartes chaque année, cette richesse accumulée n’avait pas encore de lieu dédié à sa valorisation. Le projet est en cours. Et d’ici quelques mois, une première brassée de cartes viendra enrichir notre photothèque. Cartes « historiques » dessinées à la main, cartes numériques des quinze dernières années et cartes quasi contemporaines, seront sélectionnées comme autant de jalons de l’histoire de la région urbaine grenobloise, capitalisées et rendues accessibles via une interface conviviale. Par ailleurs, l’espace PartAge (www.aurg.net), réservé aux membres de l’Agence, offrira bientôt une sélection de cartes produites spécialement pour eux à partir des chiffres récents du recensement de la population. Plus d’informations : sophie.girard-blanc@aurg.asso.fr, christian.place@aurg.asso.fr

L’Agence fait son cinéma La Traversée urbaine : ainsi s’intitulera le prochain cycle cinéma-débat porté par un large partenariat associant les réseaux grenoblois de l’urbanisme, de l’architecture et du cinéma. Il s’agit de proposer une soirée par mois, d’octobre 2010 à mai 2011, pour faire se rencontrer cinéphiles et urbanistes autour d’une projection qui doit initier la discussion. Le partenariat associe la Cinémathèque de Grenoble, l’Agence d’urbanisme, le CAUE, l’École d’architecture, la Maison de l’architecture, l’Institut d’urbanisme de Grenoble, les universités Pierre-Mendès-France et Stendhal. Plus d’informations : sophie.girard-blanc@aurg.asso.fr, sylvie.barnezet@aurg.asso.fr

Contact AURG : Juliette Desmots Observatoire foncier partenarial de l’Isère : www.observatoirefoncier38.org (accès réservé) Observatoire des déplacements de la région grenobloise : www.aurg.net rubrique « Observatoires et réseaux » (accès réservé aux membres de l’Agence) et www.aurg.org/_obsdep/newsletter.html

Mémoire et pertinence Saviez-vous que l’Agence d’urbanisme est dotée d’un centre de ressources documentaires riche et innovant ? Depuis plus de quarante ans, il met à disposition non seulement les études réalisées ici, mais également un important fonds spécialisé sur le territoire et les thématiques de prédilection des professionnels de l’urbanisme au sens large.

Une année de travaux sur 12 centimètres carré Depuis 2001, l’Agence d’urbanisme réunit sur un cédérom toutes les productions réalisées dans l’année. Diffusé en juin, ce rapport d’activité offre à chaque membre une vision globale et complète de l’activité de l’Agence. Classées par territoires et par thèmes, toutes les études sont lisibles dans leur intégralité. Plus d’informations : fabrice.bouvier@aurg.asso.fr

Faire un pas de côté Le territoire en 10 000 volumes Urbanisme, transport, habitat, environnement, paysage, foncier, équipements… sont les rayons qui le composent. Près de 10 000 références - ouvrages, études, films, supports multimédia, abonnements - constituent aujourd’hui un terreau-mémoire de la région grenobloise en perpétuelle évolution. Qui permet à tous, employés de l’Agence, partenaires ou étudiants, d’alimenter et de soutenir leurs réflexions. Et c’est pour nourrir les travaux des professionnels et des élus que le centre de En quelques chiffres documentation est ouvert au public trois après- 9 500 références midi par semaine. - 2 400 photographies et croquis Au-delà de l’accueil physique du public, la - 70 abonnements base de données documentaire est accessible à - 400 mètres linéaires d’archives tous, via les sites internet et extranet de - 230 demandes externes de l’Agence. La majorité des études de l’Agence recherches documentaires en 2009, produites depuis 2002 sont directement télédont 81 proviennent d’étudiants et chargeables. 32 de membres de l’AURG. Des outils d’information de pointe S’il est important de conserver en mémoire l’histoire du territoire, il est également nécessaire d’être toujours en alerte pour pouvoir proposer des outils documentaires qui exploitent au mieux les possibilités offertes par les nouvelles technologies. L’Agence offre par exemple à tous un outil de veille, « l’espace flux de l’Y », basé sur des flux d’informations sélectionnés et mis à jour quotidiennement par les documentalistes. Classées par territoires et par thématiques, toutes les informations provenant de sites répertoriés sont accessibles en un clin d’œil. I Contacts AURG : Martine Goujon et Sophie Girard-Blanc Accès à la base de données documentaires : via www.aurg.org (réservé aux membres de l’Agence) Accès à l’espace flux de l’Y : www.netvibes.com/aurg Accueil du public : les lundis, mercredis et jeudis après-midi sur rendez-vous 6

et

www.aurg.net

De la communication à la concertation… il n’y a qu’un pas ? Les avis sont souvent partagés, entre certains qui affirment que la communication « c’est de la publicité » et ceux qui entendent concertation comme « information » avec, entre les deux, parfois « manipulation »... Mais de notre point de vue, les approches « communication » et « concertation » sont liées et s’enrichissent mutuellement. Construction d’une parole collective Depuis quelques années, l’Agence d’urbanisme travaille sur des méthodes de production collective. Entre animation d’un débat public local et ateliers prospectifs, entre ateliers de propositions d’habitants et dessins sur cartes… à chaque fois, la forme de la proposition doit répondre à la demande de production et est en lien direct avec l’analyse des acteurs en présence et la place de l’atelier dans un circuit plus large d’aménagement et de décisions. Exemple : la commune de la Terrasse souhaite faire un travail d’analyses et de propositions de schéma des déplacements. Pour ce faire, l’Agence propose une exposition et un atelier participatif à partir de cartes et de jeux pour exprimer les pratiques et le vécu de chacun. Autre exemple : l’atelier d’anticipation « ville post-carbone » (lire page 1). À quoi servent ces méthodes et ces formes d’animation ? À réunir des personnes de milieux différents, en les plaçant dans des situations leur permettant de faire « un pas de côté » afin d’être en capacité d’imaginer. Pour produire rapidement collectivement. Pour travailler sur des champs où les modes de vie sont centraux. Et c’est bien le cas de l’urbanisme et de l’aménagement ! Vous êtes tentés ? Nous vous donnons rendez-vous lors des Rencontres de la démocratie locales les 28 et 29 mai pour tester en direct un « atelier urbain participatif ». I Plus d’informations : sylvie.barnezet@aurg.asso.fr


mise

au

point

Le mot

La commune

Facteur 4 Il existe des expressions dont on ne sait pas très bien ce qu’elles signifient. « Facteur 4 » en fait partie. Non, il ne s’agit pas d’un terme lié à la distribution du courrier. Plus sérieusement, « facteur 4 » se rattache à la lutte contre le changement climatique et au développement durable. Un engagement durable Cette expression désigne notamment en France, l’engagement pris en 2003 devant la communauté internationale, de diviser par quatre les émissions nationales de gaz à effet de serre du niveau de 1990, d’ici à 2050. Objectif validé par le Grenelle de l’environnement en 2007. Au niveau international, l’effort de tous les pays doit porter sur une division par deux des émissions de gaz à effet de serre au niveau de la planète afin de maîtriser l’effet de serre excédentaire à un niveau d’élévation maximale de 2°C de la température moyenne terrestre. La France s’est donc fixé un objectif plus important en matière de lutte contre le changement climatique. Afin d’atteindre l’objectif du facteur 4 en France, il faudrait que le pays réduise de 75 % en 45 ans les émissions de gaz à effet de serre. Comment faire ? Les secteurs de l’industrie, des déplacements et du bâtiment contribuent pour une forte part aux émissions de CO2. Dans le secteur du bâtiment par exemple, l’amélioration des performances énergétiques peut être assurée par une meilleure isolation et

l’utilisation de sources d’énergie renouvelable, aussi bien dans l’ancien que dans le neuf. Des préoccupations locales L’Agence d’urbanisme s’engage dans l’intégration de ce défi majeur et prend en compte cet enjeu dans ses missions d’accompagnement des collectivités locales, notamment en matière d’habitat, d’écoquartiers et de requalification du bâti, de mobilité, ou de prospective. C’est aussi grâce à des exigences réglementaires renforcées, que l’aménagement du territoire participe aux objectifs du facteur 4. I

Immeuble à énergie positive, quartier de Bonne à Grenoble

Le métier Architecte-urbaniste : articuler le bâti au territoire Si l’architecture est l’art de bâtir, alors l’architecte est censé être le promoteur de cet art. Il intervient dans l’art de bâtir et d’aménager afin de matérialiser le projet du maître d’ouvrage (privé ou public). De manière similaire, si l’urbaniste porte un regard global sur la société en touchant à de multiples disciplines (conception urbaine et territoriale, environnement, paysage, déplacements, habitat, cohésion sociale…), son objectif est de répondre aux besoins de la population, de déceler les tendances d’évolution et d’anticiper les changements à venir. Un lien évident Au croisement de ces deux domaines apparaît un lien nécessaire, issu de la synthèse des compétences propres aux deux disciplines de l’architecture et de l’urbanisme. L’architecte-urbaniste possède la double compétence permettant de passer aisément du champ de la planification à la spatialisation du projet. L’architecte, qui matérialise et produit de l’espace bâti, rejoint la mission de l’urbaniste qui travaille sur différentes échelles de territoires (îlots, quartiers, villes ou territoires plus larges…). C’est le regard sur l’aménagement de l’espace dans sa globalité, qui fait

que l’architecte-urbaniste travaille sur l’amélioration d’un cadre de vie plus attractif et fonctionnel, répondant à l’ensemble des besoins de la société. Sa double compétence lui permet de mettre en espace, d’ordonner cet espace et de lui donner du sens, en volume et sur un territoire donné. Grâce à la synthèse de ces deux métiers, l’architecte-urbaniste propose une réponse à des intentions de ville, politiques et/ou sociales. Au sein de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise, il travaille notamment sur des projets urbains en imaginant différents scénarios d’aménagement de l’espace, en plan et en volume. Il met en cohérence l’espace et le territoire. Il participe ainsi à l’accompagnement des politiques publiques territoriales locales en proposant des réponses à une question essentielle : comment aménager un espace répondant aux besoins de la population dans le cadre d’un projet de société ?. I Plus d’informations : Frédéric Bossard, Jean-Marc Espié, Jérôme Grange, Jan Kaczorowski.

Saint-Ismier : diversifier l’habitat et préserver l’agriculture À l’heure du Grenelle de l’environnement et de la réflexion entamée sur le nouveau Scot, Saint-Ismier s’interroge sur l’évolution de son urbanisme. Et se penche notamment sur le bilan de son offre d’habitat avec l’aide de l’AURG. Rencontre avec Marie-Christine Parade, adjointe à l’urbanisme. Quels sont les grands enjeux de la révision du PLU de Saint-Ismier ? La commune a engagé la révision de son PLU afin de s’adapter aux enjeux locaux. La mise en œuvre de la politique locale d’aménagement, exprimée par le PADD, ne permet pas une diversification suffisante entre les différents modes d’habitat. D’autre part, les lois dites « Grenelle » réaffirment l’objectif de préservation des espaces agricoles et naturels. Le nouveau PLU devra à l’évidence recentrer la production d’habitat nouveau et la demande est forte - dans des zones U et AU existantes, tout en garantissant que les terres agricoles et naturelles soient préservées et dévolues à leur objet pour une période raisonnablement longue. C’est aussi en nous appuyant sur les documents supracommunaux de planification (Scot, PLH, PDU…) que nous arriverons à tendre vers cet équilibre Pourquoi est-ce si important pour la commune de diversifier l’offre d’habitat ? Tout simplement pour éviter le glissement de notre commune vers une cité dortoir vieillissante. Saint-Ismier souhaite ainsi rééquilibrer une pyramide des âges vieillissante en attirant de jeunes ménages avec un habitat plus accessible. C’est pourquoi la révision du PLU doit permettre une plus grande mixité dans les formes urbaines et les modes d’occupation. Nous souhaitons que les trois fonctions habiter, travailler, préserver, puissent coexister de façon équilibrée sur notre territoire. La révision nous permettra d’utiliser le PLU comme outil organisationnel orienté sur deux priorités : diversifier une offre d’habitat intergénérationnelle et préserver, voire renforcer, l’agriculture. Ces choix impliquent un développement urbain maîtrisé et une gestion économe des espaces, la commune y trouvera les bénéfices d’une qualité de vie durable. Quels sont les prochaines étapes du PLU ? La révision du PLU a été délibérée en juillet 2009. Les bureaux d’études commencent à travailler sur le diagnostic, qui prendra appui sur des ateliers publics thématiques ouverts à la population ismérusienne à partir de mai 2010. À l’issue de ces ateliers, une réunion publique de concertation portera sur les enjeux actuels et futurs de la commune. Une exposition permanente sur les enjeux de la révision du PLU sera parallèlement programmée. I

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trois petits points... A lire à l’Agence

Contrepoint

Les documents présentés ici peuvent être consultés au centre de documentation de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise. Le centre est ouvert au public sur rendez-vous les lundis, mercredis et jeudis après-midi. Pour toute demande, vous pouvez contacter Martine Goujon : martine.goujon@aurg.asso.fr ou Sophie Girard-Blanc : sophie.girard-blanc@aurg.asso.fr, 04 76 28 86 59.

Lois et cohérence

Quelques nouvelles études de l’Agence Commune de Gières : écoquartier du secteur Petit Jean Anne-Marie Maür, Jean-Marc Espié, AURG, février 2010, 38 p. Ce document se présente comme une esquisse d’intention d’aide à la réflexion. Il présente des pistes d’aménagement d’un écoquartier avec une prise en compte importante des espaces publics. Suivi des marchés immobiliers Observation permanente de la situation de l'habitat dans l'agglomération grenobloise, Cahier de l'Observatoire de l'habitat 2008-2009 Hubert Wattiez, AURG, La Métro, janvier 2010, 11 p. Ce cahier de l’Observatoire de l’habitat fait le point sur les marchés immobiliers. Pour chaque secteur - terrains à bâtir, logements collectifs (ancien, neuf et location) et maisons (ancien, neuf et location) - l’étude, largement illustrée de graphiques et cartes, donne les principaux chiffres et évolutions. Les dires d’experts qui la concluent permettent de remettre les données en perspective.

Quels outils juridiques pour permettre la réalisation de logements sociaux ? Philippe Couillens, Jan Kaczorowski, AURG, novembre 2009, 6 p. La diversité de l'habitat constitue un enjeu que les documents d'urbanisme ne peuvent plus ignorer depuis longtemps. Mais, si jusqu'à la loi SRU, les communes ne disposaient que de très peu d'outils pour imposer la réalisation de logements sociaux, la loi du 13 décembre 2000 et les textes qui l'ont suivie donnent aux élus davantage de moyens juridiques pour réaliser des logements sociaux. Atlas des quartiers 2009 Forum Politique de la ville, septembre 2009 AURG, La Métro, 2009, 58 p. Cet atlas des quartiers rassemble des cartes construites à partir d'indicateurs pertinents pour parler de la réalité des quartiers (demandeurs d'emploi, allocataires, accessibilité aux dentistes, aux salles de cinéma, aux pôles commerciaux du quotidien, revenu médian par unité de consommation). Il présente aussi les premiers travaux sur les données « prévention de la délinquance » et des extraits des baromètres des quartiers, enquêtes sociologiques réalisées auprès des habitants dits « silencieux » des quartiers prioritaires.

Le design à l’écoute du territoire « Ruedi Baur integral », Ruedi Baur, Lars Müller publishers, juillet 2009

À la manière d’une longue conférence dans laquelle se succéderaient textes et images, cet essai visuel et verbal constitue le dernier ouvrage de Ruedi Baur, écrit dans le cadre du réseau d’ateliers « Intégral concept ». De nombreux projets et processus sont présentés et analysés en direct par l’auteur qui déploie ainsi sa pensée de designer. Exemple : le concours organisé par la ville de Montréal sur le quartier des spectacles. L’enjeu était de rendre visible, lisible et attirant le quartier, afin d’accompagner - voire d’accélérer - le processus de développement urbain en cours. Le designer a proposé un langage visuel qui constitue le système d’informa-

tion du quartier. Ce langage visuel est basé sur des typographies lumineuses : par des jeux de variation d’intensité lumineuse, il reflète l’intensité de la vie du quartier à un moment donné. L’imbrication de la lumière et de la signalétique apporte une lisibilité de l’activité du quartier. Pour Ruedi Baur, « l’identité se constitue à travers l’identification et la mise en complémentarité de fortes singularités et non par leur effacement ou par leur réduction au plus petit commun dénominateur répété à l’infini ». Le langage visuel fédérateur permet à la fois de différencier chaque élément du territoire et de définir leur appartenance commune. Le design urbain mettrait ainsi en brillance, en scène, permettrait de transcender les options d’aménagement du territoire. Sylvie Barnezet

Nombre de juristes s’émeuvent actuellement de la médiocrité d’écriture de lois et de leur caractère bâclé. Reconnaissant récemment « la dégradation des conditions d’élaboration » des textes législatifs, les Présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale eux-mêmes s’en inquiètent. Un urbaniste n’a pas le bagage pour pouvoir juger de la réalité de cette situation. En revanche, professionnel du développement des territoires et connaisseur des systèmes institutionnels, il peut se piquer de questionner la cohérence existant entre trois grands textes qui sont aujourd’hui en situation de débat parlementaire. La loi institutionnelle a notamment pour ambition, d’affirmer le rôle éminent assuré par l’échelon régional, et de renforcer et redessiner, les intercommunalités. Une incohérence majeure de la réforme fiscale avec le premier de ces objectifs se fait jour : les régions seront demain l’échelon institutionnel qui n’aura plus la moindre marge de manœuvre fiscale en raison de la composition même du panier qui constituera sa future ressource. La loi sur la réforme fiscale va tout autant à l’encontre de l’évolution souhaitée des établissements publics de coopération intercommunale. Les intercommunalités périurbaines et rurales, qui étaient jusqu’alors faiblement bénéficiaires de taxe professionnelle, vont être les grandes gagnantes de la réforme, en bénéficiant d’une nouvelle ressource – les impôts ménages qui étaient auparavant « captés » par les départements et les régions – et ce même avec l’écrêtement mis en place au démarrage. En revanche, les agglomérations non métropoles vont être les grandes perdantes, leurs marges de manœuvre futures seront exclusivement issues de ces mêmes impôts ménages. Ainsi, la concurrence entre intercommunalités risque d’être aiguisée par ce système inéquitable. À moyen terme, les communautés de communes du périurbain bénéficieront d’une certaine dynamique de leurs ressources, leur permettant une amélioration des services, alors que les intercommunalités d’agglomération seront fiscalement très serrées. Une loi fiscale susceptible d’alimenter l’attractivité périurbaine estelle « Grenelle 2 compatible » ? Trois lois riches d’intentions contradictoires : y a-til lieu d’inventer les schémas de cohérence de l’activité interministérielle ? Jérôme Grange

L’Agence hors les murs Les chargés d’études de l’Agence sont régulièrement invités à intervenir lors de colloques, de séminaires, de manifestations ou à collaborer à des publications sur des problématiques actuelles de l’aménagement du territoire.

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Un projet urbain métropolitain pour Amiens ? Séminaire de réflexion des élus amiénois, Amiens, janvier 2010 Invité au titre de grand témoin pour intervenir au fil de l’ensemble du séminaire, Jérôme Grange a également assuré l’introduction de la journée en essayant de répondre à la question « Qu’est ce qu’un projet urbain ? Comment en débattre avec la population ? ».

La mobilité de demain : où sont les clés ? Alterre Bourgogne et École supérieure de commerce, Dijon, janvier 2010 Dans le cadre de l’atelier « repenser l’espace temps », Jérôme Grange est intervenu pour présenter les réflexions de l’Agence et des autres acteurs grenoblois sur le chronoaménagement du territoire et le concept d’autoroute apaisée.

Indicateurs métropolitains Séminaire de travail, Agence d’urbanisme et de développement intercommunal de l’agglomération rennaise, janvier 2010 La Métro fait partie des sept agglomérations auxquelles se compare Rennes Métropole au travers du calcul de soixantedix indicateurs. Jean-Pierre Barrel a participé à un atelier sur les indicateurs et les expériences menées au sein de ces agglomérations.

Évolution du marché de l’immobilier en Isère Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné, table ronde, Grenoble, février 2010 Cette table ronde annuelle permet aux responsables interprofessionnels de l’immobilier et du secteur bancaire d’échanger leurs points de vue avec les élus locaux. Jérôme Grange est intervenu pour présenter les perspectives de développement du logement dans la région urbaine grenobloise, au regard du PLH de l’agglomération et du SCOT en cours d’élaboration.

21, rue Lesdiguières - 38000 Grenoble Tél. : 04 76 28 86 00 - Fax : 04 76 28 86 12 accueil@aurg.asso.fr

Le Point sur l’Y est publié par l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise Président : Michel Issindou Directeur de la publication : Jérôme Grange Conception graphique, rédaction, coordination : service Ressources documentaires et communication de l’AURG Crédits photos : AURG, Ville de Grenoble Imprimé par l’Imprimerie des Eaux-Claires sur papier recyclé Cyclus offset. Dépôt légal à parution N° ISSN 1770-9717


Le Point sur l'Y n°14  

La démocratie hors les murs Point à la ligne Rechercher les leviers locaux pour une ville facteur 4, entretien avec Eric Vidalenc Mise au po...

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