Issuu on Google+

PsY10:PsY 8-version5

n°10 Décembre

2008

15/12/08

14:21

Page 1

l e t t r e d

e

de

repère

points

l

d e

a

r

1 Les nouvelles instances sont arrivées ! 2 Point à la ligne Entretien avec Michel Destot, député-maire de Grenoble Points de suspension Plateau matheysin : développement du plateau et réhabilitation des cités Le Pays voironnais retenu au programme Leader

3

l ’ a g e n c e é

g

i

o

n

g

d ’ u r b a n i s m e r

e

n

o

b

l

o

i

s

e

Les nouvelle instances sont arrivées ! Salle comble, visages concentrés, l’élection du nouveau conseil d’administration de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise est un moment fort. Les nouvelles instances sont sur les rails, le programme de travail - nécessairement partenarial - chargé !

Dossier La région grenobloise : un positionnement en interrogation

4 Grenoble et sa région à travers la presse 6 Points sur la région La région Rhône-Alpes : des desseins grands formats

7 Mise au point Le mot, le métier, la commune

8 Trois petits points... À lire à l’Agence L’ Agence hors les murs Les rendez-vous

point à

la

une

Membres du bureau de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise (Conseil d’administration du 11 septembre 2008)

Président : Michel Issindou 1er Vice-président : Jean-Paul Bret 2ème Vice-président : Georges Bescher Trésorier : Christophe Ferrari Secrétaire : Marie-Christine Parade Membres du bureau : José Arias, Yannick Belle, Jean-Claude Peyrin, Philippe Volpi Représentant de l’Etat : Charles Arathoon

Membres du conseil d’administration (Assemblée générale du 11 septembre 2008) Membres de droit

Etat : Charles Ararthoon, directeur départemental de l’Équipement et Jean-Pierre Lestoille, directeur départemental de l’Agriculture. Conseil régional : Éric Grasset, Serge Nicodie. Conseil général : Catherine Brette, Brigitte Périllié, Georges Bescher, Jean-Claude Coux, Jean-Claude Peyrin, Pierre Ribeaud. Communauté d’agglomération Grenoble Alpes Métropole : Geneviève Fioraso, Daniel Boisset, Christophe Ferrari, Michel Issindou. Communauté d’agglomération du Pays voironnais : Jean-Paul Bret. Communauté de communes du moyen Grésivaudan : Philippe Volpi. Syndicat intercommunal de la zone verte : Marie-Christine Parade. Syndicat mixte des transports en commun : José Arias. Syndicat mixte du Schéma directeur : Yannick Belle. Membres adhérents

Collège Bièvre : Thierry Dubuc (représentant de la Communauté de communes Bièvres Toutes-Aures). Collège Sud : Georges Claveri (représentant de la Communauté de communes du Sud grenoblois). Collège Grésivaudan : Geneviève Bonnefon (adjointe au maire de la Terrasse). Collège Voironnais : Danielle Falchier (adjointe au maire de Voiron). Collège Agglomération : Yves Ballu (adjoint au maire de Veurey). Collège des autres collectivités territoriales ou Syndicats mixtes : Bernard Michon (Vice-Président du Pays du Grésivaudan). Collège des personnes morales de droit public ou de droit privé chargées d’une mission de service public : Elu représentant l’EPFL. Représentants du personnel : membres élus du comité d’entreprise.

Jeudi 11 septembre 18 heures, la grande salle de réunion de l’Agence d’urbanisme est comble. L’assemblée générale se réunit pour procéder au renouvellement des instances de l’Agence. Levons tout de suite le suspens : Michel Issindou, député, vice-président de la communauté d’agglomération Grenoble Alpes Métropole (la Métro), maire de Gières, est élu, à l’unanimité, président de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise. D’emblée, le nouveau président remercie l’ancienne équipe et en particulier Annie Deschamps, présidente pendant sept riches années 2000 - 2008. Celle-ci pointe dans son rapport moral cinq chantiers importants : « premièrement, le démarrage du Schéma de cohérence territoriale (Scot) en faisant preuve d’originalité et en trouvant des modes opératoires moins rigides que ceux du Schéma directeur, car il s’agit de mettre en confiance les partenaires. Deuxième chantier : la réflexion métropolitaine liée notamment à la rocade nord, en notant bien la difficulté de la compréhension de la modélisation des déplacements, nécessitant un fort travail de pédagogie. Puis, l’exposition « Graines de quartiers », prélude à d’autres expositions sur des sujets concrets, permettant la sensibilisation des habitants. À noter aussi, l’ouverture internationale et la coopération avec l’Agence urbaine de Meknès au Maroc. Enfin, le suivi du calcul des coûts via la comptabilité analytique ». « Savoir solliciter l’outil » « L’Agence est là, c’est un formidable outil dont les élus doivent se saisir. Il faut savoir le solliciter, le mobiliser… à l’heure du travail sur le Scot et de la nécessaire articulation entre développement de l’agglomération grenobloise et territoires voisins »

explique Michel Issindou. Le bureau est élu dans la foulée : Jean-Paul Bret devient 1er vice-président, Georges Bescher, 2e viceprésident, Christophe Ferrari, trésorier, MarieChristine Parade, secrétaire du bureau. À noter aussi la nomination de deux représentants de l’Agence d’urbanisme à la Fédération nationale des agences d’urbanisme (Fnau) : Michel Issindou et Michel Destot, nouvellement élu à l’Assemblée générale de l’Agence (lire son interview page 2). Autre point à l’ordre du jour : l’adhésion de deux nouvelles communes, Laval et Venon (secteur Grésivaudan) ainsi que celle de l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Ainsi, avec 114 membres dont 94 communes, l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise dispose d’un très vaste et riche partenariat, qui nécessite « de permanents aller-retour entre l’utilisation maximale de l’outil et l’exigence de réactivité », explique Frédéric Bossard, directeur adjoint, « ce qui implique un certain « surbooking » du programme partenarial ! ». Lancement du comité scientifique L’idée de la mise en place d’un comité scientifique trottait dans les têtes depuis déjà quelques temps, et l’occasion de l’élection du nouveau conseil d’administration a permis son lancement expérimental. Christophe Ferrari, vice-président de la Métro, maire de Pont-de-Claix, a été élu président de cette toute nouvelle instance, dont les objectifs - entre aide méthodologique, construction d’expertise et regard prospectif - sont encore à peaufiner. Il est 20 heures. L’ordre du jour très chargé est épuisé. Les participants aussi ! ■

1


PsY10:PsY 8-version5

point

15/12/08

à la

Rencontre avec Michel Destot, député-maire de Grenoble, président de l’AMGVF, représentant la ville de Grenoble à l’assemblée générale de l’AURG et élu vice-président de la Fédération nationale des agences d’urbanisme (Fnau).

points

14:22

Page 2

ligne

Quelles attentes avez-vous de la Fnau, une fédération d’outils professionnels, et quel lien avec votre mandat de président de l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF) ? Le lien est, bien sûr, le développement durable. Ces fédérations sont des outils efficaces pour construire des territoires plus cohérents, plus solidaires, plus durables, qu'il s'agisse de l’aménagement urbain et de la cohésion territoriale pour la Fnau, ou de la reconnaissance de ce que l’on nomme le « fait urbain » pour l’AMGVF. Le phénomène d'urbanisation est planétaire : une personne sur deux dans le monde vit aujourd’hui en ville et, en 2050, on estime ce chiffre à 80 %. Les grandes villes, avec leur poids démographique, concentrent souvent les difficutés sociales, mais elles sont aussi le lieu d’expérimentation de politiques publiques innovantes… De plus, le désengagement de l'État oblige les collectivités locales à adapter leurs politiques publiques, à faire des choix rationnels et économiquement viables permettant de relever les défis actuels, liés notamment à la mondialisation et au réchauffement climatique.

de

« Les dynamiques d'une métropole ont des effets d'entraînement pour l'ensemble d'une région urbaine » Les élus locaux ont le devoir de faire valoir ce qui est expérimenté sur le terrain, et la Fnau comme l'AMGVF peuvent être leurs vecteurs. Ce sont des lieux d'échange, de capitalisation des expériences et des savoir-faire, des outils pour promouvoir de nouvelles formes de gouvernance, défendre les intérêts des territoires et les logiques de développement local. Le mandat commence avec de gros projets urbains pour Grenoble. Comment voyez-vous la place de l’AURG dans le maillage des projets qui façonneront un nouveau visage à Grenoble ? L'AURG est l'un des garants de la cohérence de notre développement urbain : elle est présente sur toute la région urbaine et possède une connaissance fine des territoires. Elle doit favoriser les équilibres territoriaux, notamment en matière d'implantation d'activités économiques, de logements, de transports collectifs. Les différents projets ne sont pas dissociés mais la résultante d’une stratégie de développement. Le renouvellement urbain et social du sud de la ville, l’évolution de la presqu'île scientifique, la requalifica-

tion du centre-ville sont trois projets majeurs et structurants pour Grenoble et son agglomération. Menés de front, associés au développement des liaisons urbaines via les modes de transports (piste cyclable sur les quais, cinquième ligne de tram, contournement nord permettant la redistribution de l'espace), ils participent à la construction d’une ville durable. Pour ces projets, l'AURG peut adopter un rôle de conseil et de prospective, notamment par l'expertise qu'elle a acquise sur les thématiques liées aux déplacements, au logement, aux activités économiques. Le territoire comprend deux agglomérations (Grenoble et Voiron) et de multiples intercommunalités aux enjeux parfois distincts : comment aborder les tensions entre phénomène de métropolisation et identité et autonomie des territoires ? Il faut sortir de cette logique d'opposition. Les enjeux actuels sont mondiaux : protection de l'environnement, développement économique, mixité sociale et territoriale, transports, doivent être pensés à l’échelle de la région urbaine, et même de la région.

Les dynamiques d'une métropole ont des effets d'entraînement pour l'ensemble d'une région urbaine. En matière de développement économique, concentrer les moyens sur des activités stratégiques c'est faire bénéficier chacun de leurs retombées en matière d'emploi, de création d'entreprises, de recherche… C'est le sens de la politique que nous menons à Grenoble avec tous nos partenaires, dans une logique de complémentarité. C'est parce que nos régions urbaines seront organisées selon les spécificités des territoires qui les composent, en s'appuyant sur leur potentiel et leur dynamique, que leur identité prendra du sens. De plus, la concentration urbaine, avec une politique réfléchie et maîtrisée sur les territoires périurbains, peut permettre de limiter l'étalement urbain. On peut organiser le territoire en pôles d'activités et développer une agglomération compacte, bien adossée à ses réseaux de transports, avec des espaces verts et des espaces publics favorisant les économies d'énergie, diminuant l'usage de la voiture individuelle, et in fine permettant d'assurer la durabilité de notre modèle de développement. ■

suspension

Plateau matheysin : développement du plateau et réhabilitation des cités

Réhabiliter plusieurs cités minières, soit 438 logements sur quatre communes, nécessitait de comprendre le territoire, son ancrage historique et son actuel développement, ainsi que les enjeux sociaux, économiques, environnementaux… L’Agence d’urbanisme réalise

actuellement une étude portée par trois de ses membres (l’État, le conseil régional et le conseil général). Celleci s’articule autour de trois axes, à travailler à l’échelle de chaque cité minière, du projet urbain et du territoire de la Communauté de communes du plateau matheysin : parc immobilier et marché local de l’habitat ; insertion urbaine et environnementale des projets ; développement territorial et politiques contractuelles en cours. La démarche s’incrit dans le volet « aménagement durable en moyenne montagne pour quatre communes minières de la Matheysine » du Contrat de projet plan ÉtatRégion Rhône-Alpes 2007/2013. L’engagement public est donc important (10 millions d’euros de subventions) pour ce territoire au passé récent riche. « En deux siècles, l’exploitation minière a marqué durablement le territoire et a façonné une identité si profondément inscrite dans les esprits que le pays en oublie parfois son passé rural… »1.

Les élus du plateau souhaitent entreprendre une réflexion d’ampleur sur le développement du territoire : comment accueillir de nouvelles populations et développer le tourisme ? Comment ne pas perdre toute la culture minière, caractérisée notamment par la solidarité, avec l’arrivée de nouveaux habitants « néo ruraux » ou « rurbains » qui travaillent souvent dans l’agglomération grenobloise ? Comment développer la petite et moyenne industrie ?... Concrètement, dès 2008, les premiers logements réhabilités seront livrés cité Pré Cordier (Pierre-Châtel) et Paulin (La Motte d’Aveillans) et des travaux dans une des cités minières de La Mure (chemin de l’Araignée) seront engagés. ■ Contacts : nicole.tartamella@aurg.asso.fr , jan.kaczorowski@aurg.asso.fr et frederic.bossard@aurg.asso.fr. 1

Bernard BIAIS, Gueules noires en Dauphiné, l’épopée des mineurs de la Matheysine, Au delà des Mots, 2007.

Le Pays voironnais retenu au programme Leader La candidature du Pays voironnais au programme Leader a été retenue par le comité de sélection (coprésidé par l’État et la région) pour un cofinancement européen de 1,5 millions d’euros sur un projet de 3 à 4 millions. Leader (Liaison entre actions de développement de l’économie rurale) 2007-2013 est une politique rurale européenne d’exception, financée sur des fonds du Feader (Fonds européen agricole et de développement rural), qui permet d’expérimenter de nouvelles méthodes sur de nouveaux champs et d’élargir les politiques de développement local. Le partenariat publicprivé y est plus que valorisé : il est nécessaire. Faire émerger une identité rurale En filiation avec le Schéma de secteur et le Schéma général des espaces naturels élaborés par le Pays voironnais, et dans un contexte de périurbanisation, la finalité du projet est de « chercher à faire émerger et consolider une culture commune de territoire entre ruraux et urbains, assise sur l’identité rurale ». La candidature s’articule autour de trois axes : favoriser l’émergence d’une culture commune sur le territoire, 2

assise sur l’identité rurale ; renforcer une identité commune de territoire par la protection et la valorisation d’un cadre de vie de qualité, partagé par tous et pour tous ; renforcer cette identité commune par le développement des ressources, savoir-faire et services issus du monde rural. Plusieurs groupes ont ou vont être mis en place. Le Groupe d’action local (Gal) anime le projet et impulse les actions. Il est composé d’élus et de personnes de la société civile. Il s’est doté d’un « pré-comité de programmation » qui définira sa stratégie et l’affectation de fonds publics aux projets soumis. Un comité technique associant les services de l’État appuiera le Gal. L’officialisation du lancement du projet passera par la signature d’une convention tripartite État, Cnasea (Centre national pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles) et Pays voironnais, à laquelle d’autres acteurs pourront être associés (comme le conseil général de l’Isère). L’Agence d’urbanisme a été sollicitée pour participer au comité de pilotage préparant la candidature de novembre 2007 à avril 2008. Elle sera invit��e dans les instances de gouvernance (forum annuel, comités

Plaine de St Jean-de-Moirans, champs de maïs

territoriaux et groupes de travail ponctuels) et dans le comité ressources, chargé d’apporter éléments de connaissance et de compréhension des enjeux. Il est envisagé qu’elle intègre le Gal et que, dans le cadre de son programme partenarial, elle accompagne le Pays voironnais sur les actions liées notamment à la mise en en œuvre du Schéma de secteur, à la gestion de l’espace, aux ressources naturelles, aux paysages, au patrimoine rural et à la notion d’identité rurale. ■ Contact : murielle.pezet-kuhn@aurg.asso.fr


PsY10:PsY 8-version5

15/12/08

14:22

Page 3

dossier

La région grenobloise : un positionnement en interrogation Qui dit élaboration d’un Schéma de cohérence territoriale (Scot), dit

urbaine grenobloise dans ce contexte d’élaboration du Scot. Ces entre-

réflexion sur le positionnement de la région grenobloise et des territoires

tiens, l’Agence d’urbanisme les a croisés avec sa connaissance du terri-

qui la constituent. Répondant à l’intérêt exprimé par le Syndicat mixte du

toire et de ses enjeux et avec « ce que nous dit la presse de la région

Schéma directeur et après validation par ses instances, l’Agence

grenobloise et de Grenoble ». Car, entre excellence scientifique et

d’urbanisme de la région grenobloise a commencé à se pencher sur cette

technologique de Grenoble, « micro valley » du Grésivaudan et attracti-

question en allant à la rencontre d’acteurs des territoires.

vité touristique des parcs naturels et stations alpines, d’autres images et

Lors des entretiens, ces derniers ont exprimé leur vision de la région

identités pevent-elles se développer ?

Les évidences grenobloises L’image de la région grenobloise, vue de loin, et souvent reprise par les acteurs locaux, est associée à celle de la ville centre. Ainsi l’appelation Grenoble devient-elle en quelque sorte un terme générique qui s’applique, selon le propos, à des échelles différentes : la commune, l’agglomération ou l’aire urbaine. Les points forts réunissent un large consensus : spécialisation dans les micro et nano technologies, et récent positionnement dans les sciences du vivant et de l’environnement ; implication dans plusieurs pôles de compétitivité ; innovation et adaptation aux mutations économiques grâce aux synergies entre recherche, université et industries ; forte concentration de moyens sur les pôles de compétitivité, les incubateurs, et les sites technologiques ; émergence et confortement d’un couloir high-tech dans la vallée du Grésivaudan... La population, jeune, cosmopolite, très étudiante et à haut niveau de qualification, favorise une ville et un territoire socialement actifs, à fort engagement associatif, aux multiples initiatives en matière de culture et d’action sociale et aux pratiques spor-

tives très développées. Une image de « ville laboratoire » s’est créée, en matière de démocratie locale, de politiques publiques sur les transports publics et l’accessibilité, mais aussi en matière d’accueil de la petite enfance, de renouvellement des quartiers d’habitat social et d’insertion des publics en difficulté... Enfin, le cœur de l’agglomération cultive son image internationale de ville alpine, héritée des Jeux olympiques de 1968, mettant en avant un environnement séduisant, avec la proximité des Parcs naturels régionaux et des stations de montagne. Les paradoxes et les mythes Au-delà des discours récurrents sur les domaines d’excellence, les acteurs locaux de la région grenobloise et les articles de presse portent aussi sur la ville - au sens large - un regard critique, mettant l’accent sur les contrastes et les limites de ce modèle grenoblois. Il reste une part significative d’emplois industriels, dans des secteurs fragilisés, dont les effectifs se réduisent, avec de grandes incertitudes sur l’avenir de filières (chimie, papeterie…) et des interrogations sur le devenir des

industries de haute technologie (Hewlett Packard, ST Microélectronics…) dont les stratégies de localisation échappent aux acteurs locaux. Les écarts de revenus se creusent et il existe peu de passerelles et de brassage entre les différents milieux sociaux : « une partie de la population vit à l’intérieur de son quartier et l’autre à l’échelle de la planète ». Le cœur d’agglomération est souvent considéré comme très élitiste et trop pointu, devenant inaccessible à cer-

tains publics et peinant à garder les familles. L’université aussi semble avancer à deux vitesses, avec une démographie étudiante en baisse. Enfin, l’image d’innovation sociale et urbaine apparaît à certains comme un mythe qui tend à s’effriter… Qualité de vie et désenclavement : des rendez-vous manqués ? L’offre résidentielle et urbaine est la cible de nombreuses critiques : un parc de logement obsolète pour les

■■■

Deux approches croisées pour analyser le positionnement de la région grenobloise La première approche est elle-même un croisement entre la lecture des documents produits par les territoires et des enquêtes auprès de personnes ressources de collectivités territoriales dans la région grenobloise et dans le Sillon alpin. La deuxième approche est, elle, constituée de la vision qu’a la presse nationale de la région grenobloise (quatre périodiques nationaux de 2000 à 2007 ont été analysés, lire page 4). Ces deux approches croisées permettent à l’Agence d’urbanisme d’analyser la perception du positionnement de la région grenobloise et de construire un discours qualitatif sur les ressources endogènes des espaces, les politiques et les projets des

institutions chargées de leur administration et les représentations dont ils font l’objet. Ce travail permet enfin, d’alimenter les réflexions sur le futur Scot 2010 ; il doit encore être approfondi et débattu entre élus. Il s’agit, dans cet exercice, d’articuler une réflexion sur la planification territoriale avec celle sur le développement local : reconnaître à la fois la spécificité des territoires, à travers l’identification de leurs singularités physiques et humaines, et appréhender l’interdépendance entre eux. ■

3


PsY10:PsY 8-version5

■■■

15/12/08

14:22

Page 4

étudiants et une image peu attractive d’agglomération polluée, embouteillée à ses entrées, sans confort et peu attrayante par son offre commerciale : « Une ville laide, sans charme, un parc de logement très cher et de qualité médiocre ». Grenoble et les communes voisines n’auraient pas joué jusqu’ici, la carte du design urbain, de l’embellissement et du confort des espaces publics, ni d’une architecture suffisamment renouvelée. Certains acteurs locaux soulignent le décalage croissant entre l’excellence technologique, d’une part, et la qualité urbaine ressentie comme médiocre d’autre part, comparée à d’autres villes françaises ou européennes qui ont su, ces dernières années, transformer radicalement leur image, comme Bilbao, Barcelone, Manchester, Bordeaux, Nantes, Montpellier, ou, plus près de Grenoble, Lyon et Chambéry… Paradoxalement, le positionnement à l’international ne se retrouve pas, non plus, dans la qualité de la desserte par les grands réseaux de transports : choix de localisation des gares TGV à Valence et bientôt Chambéry, offre ferroviaire déficiente dans le sillon alpin et future ligne Lyon-Turin située à distance du pôle grenoblois. Une situation en cul de sac et des temps d’accès aux gares TGV et aux aéroports internationaux considérés par les acteurs économiques comme pénalisants pour le développement. Plus de coopération avec les territoires voisins Les acteurs rencontrés soulignent l’enjeu de la coopération renforcée et des synergies à construire entre l’agglomération, la ville centre et les secteurs

extérieurs. Les efforts engagés dans ce sens semblent encore insuffisants. Pour ces territoires, l’environnement, alpin notamment, est encore trop souvent réduit à ses seules fonctions récréatives et paysagères, au détriment de ses capacités productives. Ils revendiquent donc un rôle dans le positionnement de la région grenobloise. Lors des entretiens, ils ont été plusieurs à l’affirmer : les territoires extérieurs à l’agglomération souhaitent faire valoir un positionnement diversifié, contrastant avec l’image spécialisée de l’agglomération.

A travers les documents d’orientation et les chartes qu’ils ont élaborés, ils veulent mobiliser et articuler leurs ressources, proscrire toute spécialisation et s’inscrire dans une logique de développement durable. Leurs appuis : le paysage et l’environnement comme ressources identitaires, facteurs d’attractivité touristique et supports d’activités pédagogiques et de loisirs ; les activités traditionnelles du rural, revalorisées par les nouvelles aspirations

sociétales (productions agricoles locales et biologiques, filière bois, biomasse, matériaux sains dans le bâtiment…), le développement de l’agrotourisme, la création d’AOC… Mais ils disposent aussi d’un tissu de PME/PMI organisant leur développement notamment avec l’apport de l’innovation technologique du bassin grenoblois ; ainsi que des activités artistiques, culturelles, événementielles, souvent portées par les nouveaux arrivants ; et des activités de formation autour de nouveaux métiers (services à la personne, tourisme…) ou de nou-

veaux savoir-faire. Mais aussi une armature urbaine, avec un patrimoine bâti spécifique à chaque territoire, valorisant le réseau des bourgs, villages, ou pôles urbains ; une attractivité résidentielle parfois controversée, mais souvent perçue comme un facteur de dynamisme social et économique et comme une opportunité de renouvellement des solidarités locales. Les territoires extérieurs partagent

aussi certaines inquiétudes liées à une croissance non maîtrisée : pression résidentielle en provenance de l’agglomération et augmentation des coûts du logement ; difficulté d’accès au foncier, notamment en montagne ; absence de coordination des acteurs du tourisme face aux changements climatiques ; difficulté d’organiser certaines filières, comme celle du bois, quand les propriétés sont morcelées et qu’il manque des maillons à la chaîne ; faiblesse, voire absence, de dialogue avec l’agglomération, au regard des enjeux d’interdépendance de ces territoires... Les territoires périurbains expriment de nouvelles attentes Les attentes des secteurs extérieurs s’inscrivent dans une logique d’interdépendance et de co développement avec l’agglomération : sortir du discours de solidarité, perçu comme humiliant par certains : « on ne demande pas l’aumône » ! Une meilleure cohérence est souhaitée dans la planification des grands sites économiques et dans la définition de leurs complémentarités (planification négociée entre l’agglomération, le Grésivaudan, le Voironnais). Une politique concertée est demandée pour développer un tourisme de proximité palliant la baisse du tourisme de séjour. Côté économie, les attentes sont à une fertilisation des activités industrielles et des PME/PMI, par les capacités d’innovation du pôle grenoblois et à un développement de l’essaimage d’activités high-tech dans les secteurs extérieurs de l’agglomération et de montagne. La proximité de l’agglomération est aussi considérée comme un atout

Grenoble et sa région à travers la presse Une image d’excellence technologique « Grenoble se pose en capitale régionale des industries de pointe ». « C’est la plus américaine des métropoles françaises ! » (Les Échos, 8 juin 2001 et 5 novembre 2003) et bénéficie d’une image forte dans les nano, les nouvelles et les biotechnologies : « Grenoble nourrit des ambitions européennes dans les biotechnologies » (Les Échos, 7 janvier 2003). Mais en revanche, l’A 51 est perçue comme « le maillon manquant pour desservir les territoires alpins enclavés » (Le Monde, 3 juin 2005) et le TGV Lyon-Turin comme un projet d’ouverture. 4

Le Grésivaudan, territoire de haute technologie « Transformée en véritable « micro-valley » de l'Europe, [la vallée du Grésivaudan] porte désormais la croissance de l'ensemble de la région grenobloise, en accueillant les têtes de pont européennes des plus grands groupes mondiaux de l'informatique et de la microélectronique, dans le domaine de la recherche et du développement » (Le Monde, 17 avril 2002). Mais elle pâtit d’une image de territoire cher (La Tribune, 12 avril 2002, dans l’article intitulé La high-tech fait flamber les prix de l'immobilier).

Une agglomération de cadres et un environnement séduisant « 6,4 % d'ingénieurs à Grenoble, 1re ville de France en proportion d'ingénieurs » (Les Échos, 28 mars 2007). Et son environnement constitue un atout fort : « Il suffit de quelques dizaines de minutes pour atteindre les zones montagnardes et respirer l'air des cimes » (Les Échos, novembre 2003). « Le week-end, à l'heure où le Parisien piétine sur l'autoroute en quête de dépaysement, le Grenoblois a déjà les deux pieds dans ses chaussures de ski… » (Libération, 16 juin 2001).

Une ville moyenne et… à deux vitesses « Grenoble a toujours nourri une sorte de complexe ; ce n'est pas une métropole régionale. Elle a longtemps toqué à la porte de Paris, en ignorant superbement Lyon, qu'elle considérait avec mépris comme la capitale du gras-double. Et elle se verrait bien tutoyer San Francisco, alors qu'à bien des égards elle conserve des airs de sous-préfecture » (Le Monde, 18 mai 2000). « Pourtant, quelque chose manque pour que l'harmonie soit idéale entre la tête bien pleine de Grenoble et le corps social de la ville. Abstraction faite des passerelles institutionnelles, rares sont les hommes ou les femmes

■■■


PsY10:PsY 8-version5

■■■

15/12/08

14:23

Page 5

pour le développement des circuits courts de commercialisation des productions locales et la redynamisation des filières agricoles, forestières et de matériaux existant sur l’ensemble du bassin grenoblois. Compte tenu des interactions entre ces territoires, une coordination des politiques sectorielles apparaît comme une nécessité à de nombreux acteurs, notamment dans l’élaboration des programmes locaux de l’habitat (PLH), plans de déplacement urbain (PDU), actions foncières, ou gestion des ressources en eau… Des acteurs à part entière de la planification territoriale Face à ces constats, les acteurs des territoires de la région grenobloise veulent conjuguer interdépendance et autonomie, avec un slogan qui revient de façon récurrente : « le Scot d’accord, mais avec un schéma de secteur ! » Ainsi, les Parcs naturels régionaux et les Pays se positionnent de plus en plus sur le champ de la planification, dans le prolongement de leurs vocations traditionnelles de développement local. Les schémas de secteur sont vus comme un moyen d’organiser le fonctionnement d’un territoire, de valoriser ses ressources spécifiques et d’afficher, à l’instar du Voironnais qui a élaboré le sien, une autonomie

de positionnement portée par les acteurs locaux. Cette volonté d’affirmer ses spécificités s’exprime dans tous les secteurs de la région grenobloise. I Pour l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise, l’léaboration du Scot pourrait ainsi ouvrir une table de négociations entre les territoires sur les conditions d’un co-développement en partant de trois enjeux. Le premier est le maintien des conditions de l’innovation du pôle grenoblois, dans un contexte marqué par le développement d’une économie du savoir très concurrentielle à l’échelle internationale et de fortes interdépendances des économies locales. Le deuxième enjeu identifié est la nécessaire diffusion de l’innovation scientifique et technologique du pôle grenoblois vers les territoires voisins ; la valorisation de la complémentarité des territoires dans une logique de co-développement (tourisme, agriculture, énergie, matériaux de construction, environnement, santé…). Enfin troisième enjeux : l’attractivité résidentielle et touristique, levier du développement local et de la diversification de l’emploi, comme axe de positionnement privilégié de certains territoires périurbains, ruraux ou de montagne.■ Contact : anne-marie.maur@aurg.asso.fr

Ne pas gaspiller les atouts de la région grenobloise Rencontre avec Pierre Gras, journaliste et éditeur Auteur d’essais et de récits de voyage consacrés au monde urbain, Pierre Gras a notamment publié Petit imprécis de voyage à l’usage des navigateurs urbains paru chez Homnisphères, réflexion sur le tourisme, la mobilité, le nomadisme, la modernité et la quête de l’autre. Pierre Gras collabore aussi à la revue Urbanisme, il vit et enseigne à Lyon. Quels sont les trois mots que vous utiliseriez pour qualifier la région grenobloise ? Très rapidement et non sans clichés : technologie, montagne, laboratoire urbain, culture… Au-delà, il faut entrer dans des analyses plus fines qui montrent le décalage entre ces évidences et la réalité : il n’y a pas que la montagne, il n’y a pas que la technologie, mais aussi des choses qui se voient moins… Selon vous, jusqu’où va la région grenobloise, en particulier dans le nord Isère ; peut-on tracer un trait entre la région grenobloise et la région lyonnaise ? De mon point de vue de Lyonnais, par les flux qu’elle engendre, la région lyonnaise va jusqu’à l’Isle-d’Abeau, voire BourgoinJallieu, mais qui commence à être, avec la Tour-du-Pin, un territoire tampon, entre deux... De l’autre côté, la grande région grenobloise va jusqu’au nord de Voiron, prenant une partie de la Chartreuse et du Vercors. Mais ces territoires, vus de Californie ou de Shanghai sont mitoyens ! Est-ce qu’on peut, selon vous, parler de métropole en parlant de Grenoble ? Être métropole n’est pas qu’une question de taille ; même si l’agglomération grenobloise n’accueille qu’un peu plus de 400 000 habitants, elle peut être assimilée à une

à faire trait d'union entre les différents milieux » (Les Échos, 5 novembre 2003). Et si la ville reste fortement marquée par son passé (Jeux olympiques, démocratie locale) : « Trente ans après, le mythe de la ville laboratoire où la gauche expérimenta un nouvel urbanisme social s'est effrité ». Transports, culture, enseignement supérieur et grands projets Après la recherche et la technologie, les transports sont mis en avant : dernière ligne de tramway, rocade, plans de déplacements des grandes entreprises... En revanche, les manifestations culturelles sont peu relayées et

la formation supérieure surtout abordée à travers les écoles de management et l’Institut national polytechnique de Grenoble. Les grands projets d’équipement relevés sont la patinoire : « les architectes Isabel Hérault et Yves Arnod […] ont souhaité renouer avec l'esprit des Jeux olympiques d'hiver de 1968 à la faveur de ce projet phare de la métropole des Alpes » (Les Échos, 3 mai 2001); enfin la presse parle aussi du stade d’agglomération en relatant sur la période analysée, l’opposition radicale qu’il a généré. Des stations de ski en voie de mutation La presse souligne la concurrence entre

métropole, car elle est attractive et a des relations autonomes avec d’autres grandes villes comme Genève, Paris, Turin… Bien entendu, il y a des métropoles de différentes tailles et Grenoble n’est pas non plus une grande métropole… Sous le terme de « métropolisation », on retrouve les questions de mobilité, de décalages entre l’offre d’habitat et les zones d’emploi, les rapports complexes et emboîtés entre ville(s) et campagne(s) dans un contexte de mondialisation. Et Grenoble est de plain-pied dans ces phénomènes. Le Schéma de cohérence territoriale de la région grenobloise s’élabore sur un très vaste périmètre, alliant des espaces urbains, périurbains et ruraux. Qu’est-ce qui, selon vous, lient ces différents territoires ? L’ambition est généreuse et le périmètre se justifie particulièrement en lien avec les questions d‘habitat, de mobilité liés à la métropolisation, au territoire vécu, aux relations à la montagne… mais il faut certainement redécouper des périmètres d’études pour les analyser plus finement. Tout ne peut pas être traité à la même échelle et il faut travailler à la cohérence des politiques publiques, pour ne pas gaspiller les atouts économiques, naturels et géographiques de la région grenobloise. Quels sont les atouts et les éléments de complémentarité que Grenoble peut mettre en avant en lien avec Lyon ? Dans les relations entre deux villes, c’est parfois de l’ordre de la concurrence, et parfois de la complémentarité… Le réseau des villes de Rhône-Alpes avait identifié des points de complémentarité comme l’université, les biotechnologies, le numérique, voire les sciences politiques, l’aéroport… Au quotidien cependant, cent kilomètres c’est beaucoup, car quand une entreprise s’installe à Grenoble, elle a ses propres critères et ne fait pas le même choix que lorsqu’elle s’installe à Lyon...■

grandes et petites stations de ski qui doivent se positionner, la vétusté de certaines installations et l’enneigement variable obligeant les stations à envisager une mutation. Les politiques du conseil général visant à fermer les stations structurellement déficitaires ont aussi été relayées : « Le conseil général va inciter les stations connaissant des problèmes d'enneigement à investir ailleurs que dans le ski » (Les Échos, 10 novembre 2007).■ Pour lire la totalité de l’étude : martine.goujon@aurg.asso.fr 200 articles traitant de Grenoble et de sa région, sur la période 2000-2007, ont été sélectionnés dans Le Monde, Libération, Les Échos et La Tribune.

5


PsY10:PsY 8-version5

15/12/08

14:23

Page 6

points sur la région La région Rhône-Alpes : des desseins grands formats L’Agence d’urbanisme de la région grenobloise intervient à l’échelle régionale au sein du réseau des trois agences d’urbanisme de Rhône-Alpes (A3). En accompagnement de l’importance instiutionnelle prise par le conseil régional et du renforcement de ses politiques, le réseau A3 apporte un éclairage sur les problématiques d’urbanisme-déplacement, d’habitat et de quartiers durables, d’agriculture et d’écologie, d’économie et de métropolisation. Il aide également à la conception de guides régionaux sur le foncier, les Scot ; anime des partenariats régionaux thématiques ; réunit les acteurs autour d’enjeux territoriaux comme le Franco-valdo-genevois, le Nord Isère, Rovaltain…

Rovaltain : un territoire d’excellence autour de la gare TGV Suite à la décision de labelliser « grand projet Rhône-Alpes » le projet de développement territorial Rovaltain, le conseil régional a sollicité le réseau A3 pour l'accompagner dans ses réflexions pré-opérationnelles. Au sein d’A3, l'Agence d'urbanisme de la région grenobloise a été désignée pour porter ce projet en lien avec celle de la région stéphanoise. L’enjeu est de taille et peut avoir valeur de modèle pour d’autres régions : quel territoire peut produire une gare TGV, située en plein champ, et connectée avec la France entière ? La méthode de travail s’articule autour de plusieurs entrées : prise de connaissance et intégration des études existantes sur le secteur ; diagnostic des échelles d'impact du projet - de l’échelle locale à régionale - en passant par la gare, la Zone d’aménagement concerté (Zac) et la Zone d’aménagement différé (Zad) ; potentiel et orientations programmatiques du projet au regard du territoire et audelà ; et positionnement et image de la zone en lien avec les objectifs d’implantation de structures de recherche et d’activités. L’idée est, en effet, de ne pas se focaliser uniquement sur le projet de zone d’activité en cours de mise en œuvre, mais de réfléchir au projet de territoire intégrant habitat, services, équipements, animation commerciale… afin de produire des scénarii de projets d’aménagement à vingt ans.

Enjeux d’un grand projet Ce territoire, entre Valence et Romans-sur-Isère, regroupe 53 communes membres du Syndicat d’aménagement du Rovaltain, sur un périmètre de 150 hectares pour la Zac et de 330 hectares pour la Zad, sans oublier l’espace du Scot de la Plaine de Valence. Le projet permettrait un rééquilibrage régional vers le sud, avec notamment la création d’un pôle national de recherche et d’expertise en toxicologie et éco toxicologie expérimentales. Les enjeux sont donc importants pour ce territoire en pleine mutation avec des espaces libres à forte valeur économique et résidentielle, mais axé aujourd’hui sur l’accessibilité autoroutière favorisant les déplacements individuels. Il s’agit donc de travailler au développement des déplacements alternatifs ; de rechercher une cohérence du développement des zones économiques et commerciales autour de Rovaltain ; d’assurer une réponse aux besoins de logements et d’équipements (12 000 emplois sont projetés sur le site) ; tout en préservant le potentiel d’activités de l’agriculture. . Vaste chantier…PS : Depuis cet été, l’Agence d’urbanisme de Lyon, aidée de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise, travaille sur le territoire du Nord-Isère dans l’objectif « grand projet de Rhône-Alpes ».■ Contact : frederic.pontoire@aurg.asso.fr

Inter Scot - Parcs naturels régionaux du Sillon alpin L’action inter Scot - Parcs naturels régionaux (PNR) s’inscrit dans la mise en œuvre du projet de coopération métropolitaine du Sillon alpin. Cette démarche a vocation à constituer un cadre fédérateur pour aborder les questions de développement durable et coordonner les politiques de planification et d’observation sur le Sillon alpin. Son pilotage a été confié au Syndicat mixte du Schéma directeur de la région grenobloise, assisté de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise. Compte tenu de la géographie particulière du Sillon alpin, étiré sur environ 250 km et structuré par cinq pôles urbains entre Valence et Genève, il a été convenu de travailler par maillons, pour aborder, ensuite, la dimension métropolitaine. Quatre grands maillons ont été proposés, intégrant les parcs naturels et s’appuyant sur une agglomération, à chacune de leurs extrémités. Les rotules de cette chaîne métropolitaine sont donc constituées par Valence, Grenoble, Chambéry, Annecy, Genève. Sur chacun de ces maillons, comme à l’échelle du Sillon alpin, la démarche a vocation à améliorer l’intégration des enjeux métropolitains dans l’élaboration des documents Scot et des chartes des Parcs naturels régionaux et à faire converger les politiques de planification vers des objectifs de maîtrise des effets de la métropolisation, de confortement des synergies économiques et de valorisation des complémentarités entre les territoires. ■ Contact : anne-marie.maur@aurg.asso.fr 6

Le réseau A3 assiste également le montage technique d’observatoires ou de centres de ressources par les services de l’État et de la région. Il publie avec l’Insee Rhône-Alpes des plaquettes thématiques sur les déplacements domiciletravail, les équipements… Enfin, l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise accompagne les acteurs du Sillon alpin dans les démarches de coopération métropolitaine ou de développement des territoires (comme le plateau matheysin, lire page 2). Contact : A3 : jean-pierre.barrel@aurg.asso.fr - Plaquettes Insee : francoise.pichavant@aurg.asso.fr

Le projet d’agglomération franco-valdo-genevois : les 3 agences sur la frontière Sur le territoire frontalier du Franco-valdo-genevois, stratégique pour la région RhôneAlpes, se met en place un projet ambitieux de coordination des politiques publiques (aménagement, déplacements, habitat, culture, économie, environnement…). L’objectif est de pallier l’effet frontière qui accentue les phénomènes de périurbanisation dans un territoire où la pression urbaine est démultipliée : attractivité de Genève, richesse et dynamisme du secteur, présence d’un aéroport, très bonne accessibilité autoroutière… tout ce qu’il faut, a priori, pour que ce territoire puissant et attractif le reste. Mais la frontière, pourvoyeuse d’activités a aussi des effets pervers : les déplacements quotidiens des travailleurs transfrontaliers engorgent les trois douanes principales, les sites économiques s’installent de préférence en Suisse alors que la pression résidentielle pèse sur les territoires français… Un vrai déséquilibre et une fragmentation sociale tranfrontalière s’installent et peuvent, à court terme, freiner les dynamiques de développement et un aménagement désorganisé peut dévaloriser le site du lac Léman.

Coup d’accélérateur Depuis maintenant plus de dix ans, le canton de Genève œuvre pour mettre en place des outils de coopération et créer l’idée d’un destin commun dans lequel la frontière serait dépassée. Le projet d’agglomération inter-frontalier a pris un coup d’accélérateur en 2007, et en est aujourd’hui aux déclinaisons opérationnelles d’aménagement de quartiers denses autour des axes de déplacements. L’organisation institutionnelle des coopérations politiques est entraînée par la dynamique de projet et non l’inverse. Les calendriers techniques impulsent le rythme des opérations et des débats. C’est dans ce contexte que le réseau A3 accompagne la région : s’assurer que les objectifs prioritaires sont au cœur du projet ; réagir à de nombreuses sollicitations ; affirmer un positionnement régional ; associer les démarches de Schémas de cohérence territoriale (Scot) ; assumer un rôle de coordination car la région est la seule collectivité française à représenter l’unité institutionnelle face au canton de Genève… ■ Contact : corinne.creissels@aurg.asso.fr , frederic.bossard@aurg.asso.fr

Prospective de la mobilité à un horizon 2050 La Région est autorité organisatrice des transports ferroviaires régionaux. Dans ce domaine les investissements en matériel roulant ont des durées d’amortissement de quarnte ans, voire plus …. 2050 se prépare donc aujourd’hui. Or 2050, c’est l’échéance que s’est donnée la France pour atteindre le facteur 4, c'est-à-dire la diminution par quatre des émissions de gaz à effet de serre, c’est un horizon au-delà du pic oil, c'est-à-dire d’un accès relativement facile à la ressource pétrolière. Et pourtant 2050 est un horizon auquel il ne paraît pas simple de réfléchir à ce que seront les déplacements quotidiens des personnes, les besoins en matière de fret, l’organisation de nos villes et de nos territoires et les déplacements nécessaires à leur fonctionnement. La Région a donc demandé au réseau A3 de l’aider à conduire une réflexion prospective impliquant élus et techniciens en charge de ces questions. En quelque sorte un essai de travaux pratiques de l’exigence centrale du développement durable : comment répondre aux besoins d’aujourd’hui sans mettre en cause la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Ue réflexion qui démarre tout juste et qui devrait s’articuler autour de séminaires au cours du premier semestre 2009. ■ Contact : maya.vitorge@aurg.asso.fr


PsY10:PsY 8-version5

mise

15/12/08

au

14:24

Page 7

point

Le mot

La commune

Vous avez dit... secteur ?

Des origines tranchantes Les différentes définitions des dictionnaires ne nous aident pas vraiment à mieux le comprendre, si ce n’est qu’on est en face d’une question de géométrie, d’astronomie, voire de commandement. En latin dans le texte, la racine veut dire couper ; plutôt tranchant comme origine… Sans vouloir couper les cheveux en quatre, on peut facilement admettre que le mot secteur décrit une volonté de l’esprit humain de réduire, de classifier, d’objectiver des ensembles pas nécessairement homogènes, par décomposition ou réduction. C’est une définition certes un peu formaliste mais qui correspond bien à la réalité des besoins de l’esprit et de l’analyse : rendre descriptibles ou comparables des choses qui peuvent ne pas l’être vraiment en l’état…

pléter le territoire de la région urbaine : le Sud Grésivaudan. Le législateur, lui aussi, avoue son penchant pour la géométrie à travers la possibilité de réaliser des Schémas de secteurs (article L122-17 du code de l’urbanisme) ; le Pays voironnais s’est ainsi saisi de cette possibilité pour élaborer le sien. Du coup, les secteurs se mettent à se comparer entre eux : où se trouvent les emplois, quelles sont les évolutions du logement, combien de déplacements au sein du secteur, entre les secteurs…? Du secteur au système Mais de la portion de quelque chose à la partie d’un tout, l’exercice se fait plus ardu, car ce qui est à l’origine un processus de regroupement par réduction, destiné à permettre la compréhension, peut-il alors devenir aussi facilement source de comparaison ? Surtout si ces éléments participent d’un système plus global... ■ Contact : frederic.bossard@aurg.asso.fr 1 Dictionnaire Littré

Là où le secteur devient pouvoir… Nous autres urbanistes, nous nous plaisons à percevoir le rapprochement entre la géométrie et le pouvoir. Si l’on fait référence à la « partie de l’enceinte fortifiée sous commandement d’un officier »1, alors la géographie du pouvoir nous rappelle que le territoire est juste là, caché sous la géométrie militaire et que le secteur devient politique, parce que partie de territoire. Ainsi la région grenobloise a-t-elle été divisée, lors de l’élaboration du Schéma directeur de 2000, en cinq secteurs, reprenant les logiques territoriales et géographique à l’œuvre ; tous étant par ailleurs territoire politique : Agglomération, Pays voironnais, Pays de Bièvre-Valloire, Pays du Grésivaudan, Sud grenoblois. Un sixième secteur est venu depuis com-

Le métier Chargé d’études habitat : expertise et conseil Eclairer et accompagner les politiques de l’habitat Les chargés d’études qui travaillent plus spécifiquement sur les questions d’habitat à l’Agence d’urbanisme ont une double mission : faire progresser la connaissance de la situation spécifique de l’habitat dans la région grenobloise et aider les élus à mettre en place des politiques de logement et d’urbanisme permettant de mieux répondre aux besoins diversifiés en habitat, de réduire les difficultés de logement que connaît le territoire. Mieux connaître pour agir L’objectif de fond des chargés d’études habitat est de construire pour les partenaires des apports réguliers de connaissances sur les évolutions des marchés immobiliers et plus largement sur la situation de l’habitat dans la région grenobloise : évaluation des besoins en logement et besoins de construction, état du parc et besoins de réhabilitation, approche des attentes et stratégies résidentielles, mesure de la ségrégation… Cette connaissance doit être en permanence renouvelée, pour alimenter le débat et l’action : les attentes résidentielles évoluent, les parcours sociaux et résidentiels sont aujourd’hui plus complexes ou chaotiques que lors des trente glorieuses. Si le marché local est globalement cher, les nuances territoriales sont importantes. D’autre part, le fonctionnement du marché immobilier questionne les politiques d’aménagement durable : comment, par exemple, concilier les attentes des familles pour l’habitat individuel en périurbain, avec la lutte contre l’étalement urbain et la nécessaire densification des centres urbains ? Comment produire de l’habitat de qualité accessible à tous dans un contexte où les coûts de construction sont de plus en plus élevés ?

Pour alimenter cette connaissance aux différentes échelles, les chargés d’étude mobilisent et analysent régulièrement des données détenues par les différents acteurs du logement (bailleurs sociaux, promoteurs, communes, intercommunalités, Etat, etc.), réalisent des enquêtes statistiques ou plus qualitatives (enquête régulière pour mesurer l’évolution des loyers privés dans l’agglomération, enquête de motivation auprès des accédants à la propriété, etc.), participent activement au fonctionnement des observatoires partenariaux de l’habitat et du foncier. Cet ensemble d’études et d’analyses prend d’autant plus de sens que, depuis une dizaine d’années, les collectivités locales s’emparent de plus en plus de la question du logement, construisent des politiques locales pour faire face aux besoins. L’Agence les accompagne : elle contribue à établir ainsi le volet habitat des documents de planification (PLU et Scot) ou des projets de territoires… Mais intervient aussi dans l’élaboration de Programmes locaux de l’habitat (PLH) intercommunaux en évaluant les besoins, et en proposant aux élus les réponses possibles en termes de politiques globales et territorialisées. Les projets en cours ? C’est notamment l’analyse des ségrégations sociales dans la région grenobloise en lien avec la préparation du Scot, l’actualisation du PLH de la Métro, le montage de l’appel à projet « quartiers durables », la reconversion des cités minières du plateau Matheysin… Des projets riches et nombreux, révélateurs d’une thématique cruciale dans une région et une société en tensions. ■ Contacts : nicole.tartamella@aurg.asso.fr, sabine.sirugue@aurg.asso.fr, emmanuel.boulanger@aurg.asso.fr

ville de Corenc

Il est du mot secteur comme d’autres termes de la langue française que les pratiques professionnelles affectionnent particulièrement, tant ils se prêtent au développement d’un vocabulaire jargonneux.

Corenc : transformation d’un POS en PLU et recherche de centralités Le Plan d’occupation des sols (POS) de la commune de Corenc a été approuvé pour la première fois en janvier 1978 et bien que mis à jour à l’occasion de différentes révisions et modifications, il est nécessaire maintenant, et conformément à la Loi SRU, de transformer le POS en Plan local d’urbanisme (PLU). Cette démarche a été entreprise par la commune de Corenc depuis déjà plus d’une année. Pour l’équipe municipale, l’un des enjeux de ce passage au PLU est une meilleure adéquation entre les exigences de l’agglomération grenobloise et l’aménagement du territoire communal, notamment en matière d’habitat. Toutefois, la commune est dotée d’un Plan de prévention des risques naturels (PPRN), approuvé depuis décembre 2006, faisant ressortir de nombreuses zones de risques sur la quasi-totalité du territoire au nord des bois de Bouquéron (risque faible à fort de chute de pierres, glissement de terrain, crue torrentielle…). Une des conséquences est l’interdiction formelle d’infiltrer les eaux pluviales. D’où l’étroite relation entre la délimitation de l’urbanisation à venir et le zonage du PPRN s’imposant au document communal et qu’il s’agira de prendre en compte dans notre projet d’aménagement et de développement durable. Délimiter le développement Il est ressorti lors de la phase de diagnostic initial (réalisé sur l’année écoulée depuis la délibération de mise en révision du POS) que les Corençais, dans leur ensemble, tenaient à conserver un cadre de vie de qualité. Aussi, la densification générale de la commune ne paraît pas être une solution. Cela n’empêchera pas les élus de réfléchir au développement de zones bien délimitées, pour redynamiser des secteurs qui le nécessitent. Nous pensons surtout à deux centres que nous souhaiterions renforcer : l’un à Montfleury et l’autre à Corencvillage. A Montfleury, sur une verticale allant de l’église Sainte-Thérèse à l’avenue du Grésivaudan, une modification des règles de ce secteur permettrait aux commerces existants (tabac, superette, pharmacie, banque, cave…) de se moderniser et à d’autres de s’implanter. La situation de Corenc-le-Haut avec sa place, ses écoles, son église, son café, son récent commerce, mérite aussi que nous réfléchissions à une possibilité de densifier l’habitat pour que perdure cette centralité tout en veillant à ce que les nouveaux projets s’intègrent vraiment dans l’esprit « village » du lieu. Une augmentation substantielle de la population au village permettrait en outre de renégocier, avec les différents acteurs concernés, une amélioration de la desserte en transports en commun aujourd’hui de très mauvaise qualité au nord de l’avenue de l’Eygala. Privilégier la mixité En ce qui concerne les logements sociaux, et bien que très pénalisés par le prix du foncier, nous réalisons chaque fois que cela est possible de petites opérations, notamment dans le cadre de la rénovation de bâtis existants. De plus, la prochaine modification du POS (qui devrait être approuvée d’ici la fin de l’année) imposera également pour toute construction neuve un minimum d’un logement social locatif par tranche de cinq logements bâtis simultanément, tout en privilégiant la mixité. En terme de délais, les plannings que nous avons élaborés avec l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise devraient nous permettre de mener à bien l’établissement du PLU aux deux-tiers de ce mandat. Jacques Flandrin, adjoint à l’urbanisme de Corenc 7


PsY10:PsY 8-version5

15/12/08

14:24

Page 8

trois petits points... A lire à l’Agence

Les rendez-vous

Les documents présentés ici peuvent être consultés au centre de documentation de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise. Le centre est ouvert au public sur rendez-vous les lundis, mercredis et jeudis après-midi. Pour toute demande, vous pouvez contacter Martine Goujon : martine.goujon@aurg.asso.fr ou 04 76 28 86 59 et sophie.girard-blanc@aurg.asso.fr ou 04 76 28 86 17.

Quelques nouvelles études à l’Agence Le prix de la thèse sur la ville 2008 Schéma directeur 2000, le bilan 2007 Syndicat mixte pour l'élaboration et le suivi du Schéma directeur de la région grenobloise ; Agence d'urbanisme de la région grenobloise. Grenoble : SMSD, avril 2008. Dans la perspective du futur Scot 2010, ce document rappelle les grandes tendances sur le territoire de la région urbaine grenobloise, les orientations prises par le Schéma directeur pour les maîtriser et le bilan des sept années de mise en œuvre. Bilan-évaluation de la démarche Baromètre des quartiers (20032007). Rapport final. Agence d’urbanisme de la région grenobloise ; Laboratoire de sociologie Roma. Grenoble : AURG, avril 2008, 130 p. Le bilan-évaluation du Baromètre des quartiers sur l'agglomération grenobloise a permis de voir : - ce que ces enquêtes pouvaient nous apprendre sur la manière d'habiter, l'esprit de quartier, le vécu de la différence... - quelles pourraient être les améliorations à apporter à ce dispositif d'enquête des habitants silencieux des quartiers concernés aujourd'hui par la politique de la ville ; - ce que ces enquêtes pouvaient nous apprendre sur la manière d'habiter, l'esprit de quartier, le vécu de la différence... L’observatoire foncier du Sillon alpin Safer, Perval, Agence d’urbanisme de la région grenobloise, 2008, 8 p. Les quatre départements du Sillon alpin mènent depuis 2000 une réflexion conjointe sur leur territoire afin de rendre compatible développement et qualité de vie. Ils ont mis en place un observatoire foncier qui livre ses premiers résultats… Le logement, un poste de dépense important... paticulièrement contraignant pour les ménages grenoblois Note de synthèse annuelle 2008. Dispositif partagé d’observation sociale économique et urbaine de Grenoble avec la ville de Grenoble, le conseil général de l’Isère, l’Agence d’urbanisme, le CCAS et la Caf, 11 p. A partir de leur connaissance du territoire grenoblois et des enseignements des études disponibles, les partenaires du dispositif tentent de répondre aux interrogations suivantes : pour quels postes les Grenoblois dépensent-ils le plus ? Quels segments de la population sont les plus sensibles à l’évolution de la conjoncture ? Quels sont les territoires les plus vulnérables ? Avec une focale particulière sur le logement.

Un contre-pied sur la notion de ville diffuse Comment rapprocher jeunes chercheurs et professionnels de l’urbanisme ? Comment introduire dans le format contraint des études et analyses urbaines, la liberté et l’investissement en profondeur de la thèse doctorale ? Comment l’urbaniste, souvent en réaction, peut renouveler sa pensée et sa pratique en profitant de l’actualité et des réseaux de réflexion que propose l’encadrement d’une thèse ? Tels sont les objectifs du Prix de la thèse sur la ville. Le jury de 2008 a décerné deux prix parmi les 45 thèses proposées. Le prix spécial du Jury a été attribué à Laurent Saby pour une thèse qui croise une approche très technique (génie civil et acoustique) à une attention à la fois sociale et d’ambiance urbaine : Vers une amélioration de l’accessibilité pour les sourds et les malentendants : quelles situations de handicap résoudre et sur quelles spécificités perceptives s’appuyer ? Il faut ici rappeler que 16 % de la population est touchée, plus ou moins, par ce handicap. Le 1er prix a été décerné à Bénédicte Grosjean pour son travail : La « ville diffuse » à l’épreuve de l’histoire. Urbanisme et urbanisation dans le Brabant belge. Cette thèse, malgré un titre austère, se révèle être une surprise « rafraîchissante » car elle dépoussière le thème convenu de la « ville diffuse ». C’est exactement le but du Prix de la thèse sur la ville : offrir au milieu des praticiens et des acteurs de la ville un regard neuf sur une réflexion de leur quotidien. Bénédicte Grosjean, au sein de deux équipes de recherche (co-habilitation entre l’Université de Louvain et l’Université Paris 8), a mis au point une méthode d’analyse répondant à la double question : La Belgique est-elle une « ville diffuse » ? Et, à partir du cas belge, comment appréhender les territoires « ni urbains, ni ruraux » contemporains ? Par cette interrogation méthodologique, elle prouve que l’angle du regard induit la compréhension d’un phénomène et de son traitement. Elle démontre que la caractérisation même de la diffusion empêche l’analyse et cache la variété typologique de ces urbanisations dites « diffuses ». Qui plus est, ces territoires n’ont pas d’histoire, dans le sens où ils n’ont pas été regardés et où, aujourd’hui, il n’y a pas de sources montrant leur évolution. Au-delà, de cet énorme travail de précision, à la fois historique, méthodologique et sémantique, la question posée est : qu’est-ce qui fait ville, aujourd’hui, au-delà de la ville ? Contact : corinne.creissels@aurg.asso.fr

L’Agence hors les murs Les chargés d’études de l’Agence sont régulièrement invités à intervenir lors de colloques, de séminaires, de manifestations ou à collaborer à des publications pour proposer un regard d’expert sur des problématiques actuelles de l’aménagement du territoire.

Chronoaménagement à l’École doctorale École polytechnique fédérale de Lausanne, 5 septembre 2008 Dans le cadre des cours du programme doctoral « Architecture, ville, histoire », section « Ville, urbanisme, mobilité », Maya Vitorge a animé une journée intitulée « Chronoaménagement : genèse et développement d’une innovation en urbanisme des réseaux ». Mixité sociale ou art des mélanges Campus universitaire, Saint-Martin-d’Hères, 18 septembre 2008 Jérôme Grange a participé à une table ronde avec Bernard Devers et Jean-Philippe Motte sur le thème « Mixité sociale et urbanisme » lors des 57e journées nationales d’études de l’association des conseillers d’orientation-psychologues de France.

8

Journée d’animation régionale : trame verte et bleue Centre d’études techniques de l’équipement Méditerranée, Aix en Provence, 25 septembre 2008 Lors de cette journée, Murielle Pezet-Kuhn est intervenue pour la direction régionale de l’environnement de Provence-AlpesCôte d’Azur sur le sujet : « L’intégration de la trame écologique dans la planification urbaine – Déclinaison du REDI dans la vallée du Grésivaudan ». Ville, transports et énergie, changer les comportements Convention annuelle de l’association Trans.Cité, Séville, 2 octobre 2008 A l’occasion de cette convention, Jérôme Grange a effectué une intervention introductive ayant pour thème « La ville demain, réflexions prospectives sur la mobilité ».

Espaces déterritorialisés Ce colloque fait suite à « La Ruine et le geste architectural » et « Tours et détours », organisés par la Société française des architectes en 2007 et 2008, qui ont amorcé une analyse du geste architectural et de ses représentations symboliques. Il entend prolonger cette réflexion en s’intéressant aux territoires déterritorialisés en passe de devenir un des nouveaux enjeux de l’architecture actuelle et de prendre en compte l’évolution diachronique et synchronique de ces espaces et la manière dont la littérature en rend compte. Du 15 au 17 janvier 2009, à Paris Plus d’informations : www.sfarchi.org/ACTUcol.php

Via Energies Le salon des économies d’énergies présente trois grands objectifs : aborder toutes les sources d’énergies, qu’elles soient traditionnelles ou renouvelables, en donnant la plus grande part de voix aux énergies nouvelles susceptibles de soulager la planète, les factures de chauffage des consommateurs… ; satisfaire tous les projets de construction ou de rénovation ; présenter toutes les solutions matérielles disponibles sur le marché. Du 16 au 18 janvier 2009, à Vienne Plus d’informations : www.via-energies.fr

Développement territorial Les transformations technologiques, le commerce, les mouvements des capitaux, les flux migratoires, les institutions formelles et informelles, etc. affectent l'économie des territoires, et, partant, leurs capacités de se maintenir et de se développer, que ce soit pour eux-mêmes ou par rapport à d'autres. Le colloque « Développement territorial : jeux d’échelle et enjeux méthodologiques » permettra de présenter les méthodes d'analyse et de prospective les plus à même de rendre compte des forces et des faiblesses économiques des territoires, mais aussi des opportunités et des menaces auxquelles ils seront confrontés. Les 12 et 13 février 2009, à Lausanne Plus d’informations : www.unil.ch/ouvdd

Mobilités quotidienne et résidentielle Le 9e colloque du groupe « Mobilités spatiales et fluidité sociale » de l’Association internationale des sociologues de langue française est une rencontre interdisciplinaire visant à faire dialoguer sociologues, géographes, démographes, psychologues, économistes, aménageurs, ainsi que les divers acteurs territoriaux concernés par cette thématique. Trois axes de réflexion sont proposés : « Mobilités et évolution des structures familiales », « Mobilités, ressources techniques et modes de vie » et « Mobilités, formes urbaines et inégalités sociales ». Du 26 au 28 mars 2009, à Luxembourg Plus d’informations : http://msfs2009.ceps.lu

21, rue Lesdiguières - 38000 Grenoble Tél. : 04 76 28 86 00 - Fax : 04 76 28 86 12 accueil@aurg.asso.fr

Le Point sur l’Y est publié par l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise Président : Michel Issindou Directeur de la publication : Jérôme Grange Crédits photos : Agence d’urbanisme de la région grenobloise, IGN bd-orthophoto Conception graphique : Rachel Bernard - Illustrations : Caroline Nocart Imprimé par l’Imprimerie des Eaux-Claires sur papier recyclé Cyclus offset. Dépôt légal à parution N° ISSN 1770-9717


PY10