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n°13 Décembre

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Vers une agglomération désirable La Métro a lancé l’élaboration d’un schéma de secteur. Il s’agit de préciser le SCOT, notamment sur les enjeux de centralité, de renouvellement urbain, d’intensification urbaine et de place de la nature en ville. Avec l’accompagnement de l’Agence d’urbanisme un travail de fond est entamé avec les communes de l’agglomération. Avec un point d’appui dans l’actualité : l’agglomération grenobloise vient d’être retenue projet EcoCité par le ministère de l’Écologie et du Développement durable.

Vers une métropole nature, entretien avec Didier Migaud Points de suspension Le Grand-Lemps voit loin Brèves

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Dossier

Chronique d’un SCOT annoncé 4 Point de vue Et si on s’autorisait, enfin !, rencontre avec Claude Jacquier 5 « Faire valoir la spécificité du Trièves », rencontre avec Luc Puissat

6 Point de mire Un territoire à plusieurs vitesses ? 12 indicateurs pour une analyse partagée Brèves La carte, outil de compréhension, moyen d’action

7 Mise au point Le chiffre - La commune - La photo

8 Trois petits points... À lire à l’Agence - L’ Agence hors les murs - Contrepoint

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Feuille de route Chaque année, c’est un vaste projet ! Mais cette année peut-être un peu plus, dans une situation financière tendue, avec l’élaboration d’un programme sur trois années et le début d’un projet d’Agence… Le chantier a débuté dès septembre, avec de premiers échanges lors d’un comité de suivi du programme partenarial. Puis ont eu lieu des rencontres thématiques et bilatérales avec les adhérents, un bureau réunissant plusieurs élus représentant les principaux partenaires, puis à nouveau un comité de suivi, avant une présentation en conseil d’administration. Soit une véritable démarche itérative entre élus et professionnels. Sens, positionnement, stratégie, place, efficience… les mots sont jetés. Comment l’Agence d’urbanisme peut-elle mieux répondre aux demandes collectives de ses partenaires ? Car les demandes doivent bien correspondre au sens partagé des politiques publiques, notamment d’aménagement… facile à dire. Avec une ligne directrice : une posture stratégique et transversale entre tous les membres de l’Agence, ne cantonnant pas celle-ci à un rôle « prestataire ». Le programme présenté en conseil d’administration courant décembre est donc bien un cadre de référence des missions conduites par l’Agence, une feuille de route en quelque sorte. Plus d’informations : frederic.bossard@aurg.asso.fr

L’agglomération a un rôle moteur dans la région grenobloise. Le schéma de secteur doit préciser ce rôle, en confortant les trois polarités urbaines nord-ouest, est et sud, à l'amorce des branches de l’Y grenoblois, en renforcement du cœur de ville. Il s'agit de réaliser un développement intégré avec de nouvelles centralités, en lien avec les territoires voisins, et en offrant une mixité urbaine. Ou comment créer la centralité multisites de l'agglomération grenobloise de 2050 ? Parmi les objectifs du schéma de secteur : la stratégie de renouvellement urbain pour concrétiser l’intensification urbaine et la mixité sociale, en lien avec les transports. Il s’agit donc bien pour la Métro d’opérer une véritable relance de l’aménagement public. Mais comment faire d’une ville nécessairement dense, une ville désirable ? Autre objectif : la concrétisation d’une trame verte et bleue, irriguant le territoire, reliant les espaces centraux, quartiers, parcs urbains et espaces publics, coteaux et massifs. Ou comment valoriser les atouts de l’agglomération entre plaines et coteaux, liant l’urbain et la nature ? Une démarche itérative La Métro engage un travail itératif avec l’ensemble des communes, pour une démarche de coconstruction. Son président, Didier Migaud (lire l’entretien page 2), lance un appel à contributions aux communes et a invité, aux côtés du président de l’établissement public du SCOT, les élus municipaux de l'agglomération à un séminaire. Les élus ont débattu du positionnement de la Métro au sein de la

région grenobloise, appréhendé les capacités et difficultés de mise en œuvre des premières orientations du SCOT et précisé les dynamiques de collaborations intercommunales. Ce travail sera poursuivi lors d’ateliers territoriaux en 2010. Des scénarios de développement L’Agence d’urbanisme, chargée également de l’élaboration technique du SCOT de la région de Grenoble, accompagne également l’agglomération sur plusieurs politiques communautaires, comme le programme local de l’habitat, le plan de déplacements urbains, les contrats d’axes, le plan vert métropolitain, le plan climat local… Elle intervient aussi sur plusieurs PLU et promeut des analyses foncières en lien avec les problématiques de renouvellement urbain. Cette connaissance globale lui permet de contribuer à la démarche du schéma de secteur. Par des apports méthodologiques sur l’articulation des différents niveaux de planification (SCOT, schéma de secteur, PLU). Et par des apports sur les enjeux croisés des politiques sectorielles à partir d’expertises sur la démographie, l’habitat, l’économie, l’environnement et le paysage. L'AURG trouve naturellement place au croisement des échelles territoriales que sont la région urbaine, l’agglomération grenobloise et les communes. ■ Implication de l’AURG : assistance à maîtrise d’ouvrage et expertises thématiques et territoriales Partenaire chef de file : La Métro Contacts AURG : Anne-Marie Maür et Julie Blais 1


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Rencontre avec Didier Migaud, président de la communauté d’agglomération Grenoble-Alpes-Métropoles

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Pourquoi l’agglomération se lance-t-elle dans un schéma de secteur ? Quels en sont les enjeux ? Le schéma de cohérence territoriale en cours d'élaboration portera sur un territoire élargi de près de 280 communes. Même si l'appartenance à un même bassin de vie les réunit, la grande diversité de leurs caractéristiques ne permettra pas au SCOT de détailler avec précision les enjeux et orientations particulières relatives à l'agglomération. Les principaux enjeux du schéma de secteur sont le renforcement des fonctions métropolitaines de l'agglomération, le renouvellement des espaces dans un objectif de mixité des fonctions d’habitat et d’emploi et

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Vers une métropole nature leur articulation avec les pôles d’échanges et les transports, et la structuration multipolaire de l'agglomération autour de trois polarités : - au Nord-Ouest autour du projet Presqu'île de Grenoble, élargi aux communes de Fontaine, Sassenage et Saint Martin le Vinoux ; - à l'Est, autour du projet Campus, élargi aux communes de SaintMartin-d'Hères, Gières, Meylan, La Tronche, et Grenoble ; - au Sud, autour des réflexions Novasud de la commune d'Échirolles, élargies à Grenoble et Eybens. Comment, de votre point de vue, rendre la ville agréable à vivre, mais aussi compétitive sur le

plan international et solidaire sur le plan social et environnemental ? C’est parce qu'elle sera compétitive sur le plan international, solidaire sur le plan social qu’elle sera agréable à vivre. La ville désirable est celle qui donne emploi, logement, services et équipements d'enseignement, sportifs et culturels dans un cadre agréable à vivre et des espaces naturels valorisés. C’est le projet de la Métro avec la promotion d'une « métropole nature » et une nouvelle « qualité de ville ». Nous devons ré-inventer et réenchanter la ville, dans la perspective d’une EcoCité primée par le ministère de l'Ecologie et du Développement durable.

suspension

Le Grand-Lemps voit loin Au cœur des terres froides, le Grand-Lemps est un pôle urbain identifié au schéma directeur. Cela signifie que c’est un des territoires que les documents de planification préconisent de rendre plus attractifs, afin d’en faire de réels pôles de vie. De son côté, la commune prépare l’élaboration de son plan local d’urbanisme. Avec une importante reprise de la croissance démographique depuis dix ans, due pour beaucoup au phénomène de périurbanisation, le village va devoir faire face à une importante demande de logements et d’équipements. Imaginer des devenirs Pour l’aider à élaborer une stratégie de développement de son territoire, le Grand-Lemps a donc chargé l’Agence d’urbanisme de réaliser une étude de prospective afin d’imaginer des futurs possibles. Avec plus de 70 hectares d’espaces mutables à plus ou moins long terme, on peut en effet envisager des évolutions importantes. Une école maternelle et élémentaire plus tout à fait aux normes d’accessibilité, un centre social et une salle des fêtes plus adaptés aux besoins actuels, d’importants projets d’équipements sportifs, un projet de gendarmerie, de médiathèque, une gare dont l’attractivité doit être valorisée, la voie ferrée qui scinde la commune en deux… Redynamiser l’image et le fonctionnement du Grand-Lemps, tel est l’objectif principal de la commune. Pour permettre le confortement urbain et la mixité des fonctions, elle envisage de relocaliser les équipements publics et de développer des formes d’habitat diversifiées. Six scénarios L’Agence d’urbanisme a mis au débat six scénarios contrastés qui proposent des visages de la ville renouvelée. Tous suggèrent un tissu urbain renforcé, en termes de densité et d’offres d’habitat diversifiées, des voies hiérarchisées et un maillage par mode doux structurant l’espace public paysager, créant du lien entre les différents équipements publics. En dressant un 2

Comment l’agglomération, moteur de la région grenobloise, se positionne-t-elle en relation avec les territoires voisins ? L’agglomération grenobloise au cœur de la région urbaine accueille l'essentiel des fonctions métropolitaines supérieures. Il faut conforter son rôle moteur pour pérenniser la lisibilité et l’attractivité de la région grenobloise au niveau national et international. Ne pas se méprendre ! il ne faut pas confondre rôle moteur et hégémonie : cela bénéficie à toute la région urbaine et nous sommes attentifs à trouver des équilibres harmonieux entre territoires, comme au sein de l’agglomération, en partenariat avec nos voisins. ■

bilan de la capacité des sites identifiés en termes de développement et d’accueil de nouveaux habitants, la commune prend les devants, dans la perspective d’un SCOT qui évalue les capacités de développements des territoires stratégiques. Il s’agit maintenant pour la commune d’étudier les différents scénarios et de construire, avec la population, celui qu’elle adoptera pour les vingt ans à venir. ■

Plongée dans la concertation des sites en renouvellement urbain Plongez dans l’analyse de démarches de concertation dans six sites en renouvellement urbain de l’agglomération grenobloise. De la concertation spécifique sur les unités résidentielles de Teisseire, à la création de l’espace d’information et de concertation l’Établi à Fontaine, en passant par le projet Mémoire d’avenir à Mistral. Les démarches, les rôles des acteurs, les avancées et les difficultés sont présentées et analysées. Ce travail a été réalisé dans le cadre de l’observatoire des pratiques participatives animé par la Métro. Il est actuellement disponible en ligne sur le site www.alpesolidaires.org/concertation-en-renouvellement-urbain-0 Plus d’informations : sylvie.barnezet@aurg.asso.fr

Simulation de l’aménagement du pôle de la gare

Images et usages de la presqu’île scientifique Dans le cadre de l’extension de la ligne B du tram jusqu'au polygone scientifique, l’étude sur l’usage et l’image de la presqu’île scientifique vient d’être lancée par l’Agence. Premières actions entamées : trois vidéos travellings le long de l’axe, entre la gare et le rondpoint des Martyrs, à vélo, en voiture et à bord d’un bus. Plus des séquences de photos pointant les éléments visuels le long du parcours. Le tout permettant d’étayer l’analyse paysagère des lieux. D’autres actions sont en cours : observations de terrain, analyses des nombreux projets en cours sur ce territoire, entretiens avec les acteurs, afin d’étudier de manière approfondie le cadre urbain et l’usage des lieux. Plus d’informations : marie.couvratdesvergnes@aurg.asso.fr

Simulation de l’aménagement du pôle d’équipements sportifs

Type d’intervention de l’AURG : prospective urbaine Partenaire chef de file : Le Grand-Lemps Contact AURG : Jean-Marc Espié

L’actualité de l’Agence, de l’urbanisme et des territoires, en ligne Du nouveau sur le site www.aurg.org ! Une page d’actualité sur l’Agence vous est proposée : études, rencontres, séminaires, interventions… Accompagnée d’une sélection d’informations sur l’urbanisme et les territoires, concoctée par les documentalistes à partir de sources locales et nationales. À voir d’urgence ! Plus d’informations : fabrice.bouvier@aurg.asso.fr et martine.goujon@aurg.asso.fr


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dossier

Chronique d’un SCOT annoncé Le SCOT, c’est le document de planification territoriale qui guidera dès 2010 l’aménagement de la région grenobloise. Après une phase stratégique qui a mobilisé tous

Depuis près de deux ans, l’établissement public du SCOT, accompagné par l’Agence d’urbanisme, travaille sur la stratégie d’un développement durable de la région grenobloise. Aujourd’hui, il s’agit d’entrer dans la phase d’élaboration des projets de territoire qui nourriront ce document phare.

Étalement urbain, périurbanisation, ségrégation Plus ou moins de ville

Le constat est amer, nous consommons toujours trop d’espace. Bien que l’on note un net ralentissement, par rapport aux années soixante-dix, l’homme est enclin à gagner du terrain sur la nature, quitte à mettre en péril son fragile équilibre. Avec une consommation actuelle de 130 hectares par an, nous sommes fondés à être inquiets pour l’avenir. Et pour limiter cette diminution des territoires encore vierges d’urbanisation, une voie : l’intensification. C’est-à-dire accroître les capacités d’accueil des espaces urbains existants. Et d’abord, rendre la ville désirable, à l’heure où l’on cherche surtout à ne pas y habiter, est la tâche à laquelle nous devons nous atteler d’urgence. Toujours plus loin…

Deuxième constat : la facilité à se déplacer, conjuguée à l’attrait général pour « la campagne » et ce qui va avec la maison individuelle, le jardin a encouragé à s’installer de plus en plus

loin des pôles urbains. La périurbanisation rongerait le bassin de vie grenoblois, entraînant la concentration des emplois et des services, et accroissant la spécialisation des territoires. Ceux-ci se rendent dépendants les uns des autres, les déplacements augmentent, la consommation d’énergie aussi. Il faut convenir que nous ne pouvons poursuivre dans cette voie et que tous les territoires sont concernés. Et si l’on modifiait la nature des offres de déplacements ? C’est le postulat sur lequel se fonde l’idée du chronoaménagement : ralentissons pour gagner du temps. Pour être plus clair, définissons des distances/temps entre les pôles pour relocaliser les activités de proximité.

les acteurs du territoire, de l’élu aux représentants des habitants, du technicien à l’acteur économique, les équipes s’attèlent à l’élaboration des projets de territoire.

Bièvre-Valloire Voironnais Grésivaudan

Sud Grésivaudan

Agglomération grenobloise Sud 731 000 habitants 273 communes ■ 3 600 Km² (dont trois quarts d’espaces naturels, agricoles ou forestiers) ■ 317 000 emplois ■ 55 000 étudiants

Trièves

Dis-moi où tu habites

Troisième phénomène inquiétant : la ségrégation. Le mot fait peur, mais ce phénomène ancestral de regroupement par affinités s’exacerbe à tel point que la région grenobloise est aujourd’hui fragmentée en autant de niveaux de revenus. Les riches sur les coteaux ensoleillés, les mains fortunés dans les banlieues, ou bien dans le rural très éloigné. Bien sûr il faut nuancer, mais les cartes sont éloquentes. Ce n’est certes pas un document de planification territoriale qui viendra seul à bout de cette partition du territoire et de ses habitants, mais les pistes sont nombreuses pour pallier les excès de l’entre-soi. Comme par exemple définir ensemble des objectifs de mixité sociale

et attribuer aux projets urbains la charge de construire une répartition équilibrée des populations.

Stratégie pour un territoire durable Ce triple constat est inquiétant. Et le SCOT ne pourra certainement pas régler à lui seul tous les dysfonctionnements. Mais puisqu’il rassemble de nombreux acteurs, élaborer ensemble une stratégie de territoire permet de les fédérer autour d’enjeux partagés. Nous admettons donc trois priorités vitales : la lutte contre l’effet de serre, la préservation de la biodiversité et la réduction des inégalités sociales.

Auxquelles nous pouvons associer une stratégie à trois voies : équilibrer les territoires, préserver les espaces naturels et agricoles, et conforter les pôles urbains. Trois voies qui dialoguent en permanence pour construire un territoire répondant à un développement soutenable. Un territoire qui rayonne

Construire un territoire innovant, tant du point de vue de la recherche, de l’industrie et des services, que de l’aménagement d’un espace naturel et urbain, en coopérant avec nos territoires d’appui (sillon alpin, Rhône-Alpes), c’est pérenniser l’attractivité de la région grenobloise.

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Le SCOT à quoi ça sert ? Le SCOT - schéma de cohérence territoriale pour les initiés - est un document de planification qui donne les orientations pour le développement à vingt ans d’un grand territoire. Initié par la loi SRU (solidarité et renouvellement urbains), il remplace le schéma directeur. Autour des enjeux d’un développement équilibré et durable du territoire, le document, riche de nombreux éléments graphiques, doit accompagner les élus des communes dans l’aménagement de leur territoire. Il contient en ce sens des orientations et des prescriptions avec lesquelles seront compatibles les documents d’aménagement locaux (plans locaux d’urbanisme, programmes locaux de l’habitat, plan de déplacements urbains, ...). Le SCOT est à la fois le projet de développement du territoire et l’outil essentiel de sa mise en œuvre, en cherchant à construire des facteurs de cohérence

entre les politiques publiques induites par le systèmes institutionnel français fragmenté. Représentant des collectivités et intercommunalités adhérentes, l’établissement public du SCOT de la région de Grenoble est composé d’instances politiques et d’une équipe technique. L’Agence d’urbanisme a été missionnée pour accompagner l’élaboration et la mise en œuvre du SCOT. Ce travail de titan, entamé il y a deux ans, mobilise une trentaine de collaborateurs, urbanistes, experts habitat, déplacements, environnement, et naturellement géomaticiens et cartographes. De nombreuses démarches de réflexion, comme le chronoaménagement du territoire ou l’analyse de la fragmentation sociospatiale font partie intégrante des débats du SCOT. ■

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Les concernés concertés... Les habitants ne doivent pas oubliés dans la démarche d’élaboration du SCOT. Une partie de ces derniers sont fédérés par l’association Lahgglo, créée dans le but d’informer, de coordonner et de représenter les associations et unions de quartier du territoire, notamment sur les grands projets d’aménagement. Lancée en octobre 2008 par une réunion de sensibilisation, la réflexion sur le projet de SCOT s’est organisée autour d’un groupe de travail d’une dizaine de personnes*. Ce groupe suit l’élaboration du SCOT et organise des rencontresdébats permettant de mieux comprendre les enjeux et d’exprimer les attentes et propositions des habitants. Le groupe a ainsi pu proposer différentes contributions aux débats. Par une lettre adressée au président de l’Établissement public du SCOT, Lahgglo a notamment réclamé « l’accès à une information plus libre, plus lisible et plus complète », élément indispensable à l’appropriation des enjeux par les habitants. Actuellement, les conseils de développement de la région urbaine grenobloise sont invités à présenter leurs contributions au projet ■ Plus d’informations :

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Un territoire attractif

Un SCOT « Grenelle »

Construire un grand bassin de vie pour les activités structurantes, c’est accueillir les grands équipements d’enseignement, de recherche, d’activité économique, mais également culturels, sportifs, touristiques, sociaux… ce qui va de pair avec une accessibilité améliorée à l’ensemble du territoire depuis l’exterieur.

Le SCOT de la région grenobloise a été identifié comme « exemplaire » par le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer. Parmi les 380 en cours d’élaboration ou approuvés, seulement 11 ont été désignés SCOT du Grenelle de l’environnement. L’objectif du ministère est de constituer un réseau d’expérience entre des SCOT qui cherchent partielement à répondre aux enjeux de développement durable. Dans le cas de la région grenobloise, il s’agit de contenir l’étalement urbain et de favoriser la proximité. L’émission de gaz à effet de serre, le chronoaménagement, les moyens de mise en œuvre du SCOT et la définition précise des trames vertes et bleues sont les axes de travail qui doivent décliner les enjeux du projet en autant d’outils. Les recommandations issues de ces démarches de réflexion permettront d’accompagner d’autres SCOT, dans leur appropriation des thèmes et des objectifs du Grenelle. ■

Un territoire équilibré et solidaire

Construire un équilibre entre habitat, emploi et services, à l’échelle d’un territoire restreint (de l’ordre d’un secteur ou d’une communauté de communes), c’est répondre localement aux besoins de la vie quotidienne, réduire les déplacements de longue distance, relocaliser l’économie et développer de véritables « pôles de vie ». Un territoire qui s’intensifie

Construire des pôles urbains plus denses, tant du point de vue de l’habitat que des équipements et des services, c’est réduire l’artificialisation d’espaces naturels et agricoles, accroître la diversité et la mixité des espaces urbains, innover sur l’aménagement des villes pour un cadre de vie satisfaisant la population.

Un territoire qui protège son patrimoine naturel

des périphéries vers les centres urbains.

Construire un territoire préservé, c’est considérer les espaces naturels et agricoles comme un patrimoine inaliénable, limiter la consommation foncière en posant des limites intangibles à l’urbanisation, mais également travailler à la mise en valeur de ce patrimoine.

Viser l’efficacité

Un territoire qui fait aimer ses villes

Construire des villes désirables, c’est réduire les nuisances, améliorer les espaces publics, travailler sur l’efficacité énergétique, offrir un habitat de qualité pour ramener des habitants

Voici énoncée une stratégie volontaire, qui affirme rendre à la ville son caractère attractif et préserver des espaces naturels et agricoles indispensables au maintien de la biodiversité et à l’alimentation humaine. Le SCOT est un moyen parmi d’autres de construire cet avenir. Mais on ne sait que trop bien, que les documents de planification restent en partie inefficaces. Pour de multiples raisons : analyses et prescriptions qui demeurent trop floues, conflit entre intérêt collectif et intérêts particuliers,

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http://sites.google.com/site/scotparticipatifrug/ * Parmi ce groupe, François Holland qui vient de décéder et à qui nous rendons hommage.

point de vue

Entretien avec Claude Jacquier, sociologue, directeur de recherche au CNRS, membre du conseil de développement de la Métro, président de l’ODTI (observatoire sur les discriminations et les territoires interculturels)

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Et si on s’autorisait, enfin !

Quelle est votre vision de l’évolution du territoire de la région grenobloise ? Un territoire a trois composantes majeures : des lieux, des gens qui y vivent, des institutions publiques et privées imaginées pour réguler les interactions entre ces composantes, soit les trois dimensions canoniques du développement soutenable, pour sécréter une atmosphère singulière en équilibre instable. Ces composantes présentent des permanences : les vallées, les massifs, les fleuves, les tendances démographiques, certaines instances politico-administratives, etc. Les changements des années passées ne sont pas si durables. Que reste-t-il des équipements lourds des JO de 1968 ? Le grand changement réside dans le remplissage des vallées par une périurbanisation sourde aux signaux de la crise pétrolière de 1973. La région

urbaine n’a guère tiré avantage d’un site de vallées, bien équipé en voies ferrées depuis le… XIXe siècle, permettant des transports performants articulés à l’e-société (télé-activité), une dimension trop ignorée par cette ville… high tech ! Cette périurbanisation a généré une fragmentation économique, sociale et environnementale du territoire. Région d’immigration, les identités métissées et leur potentiel de créativité sont négligés. Les frustrations s’aiguisent et les régressions politiques s’activent sous les pavés.

ambitions et dotée d’institutions politicoadministratives et entrepreneuriales à plusieurs échelles, régulatrices de coalitions socio-politiques porteuses du développement soutenable. Des objets « intégrateurs », symboles de « l’atmosphère » innovante locale, sont à privilégier : le cycle de l’eau, essentiel pour la sauvegarde de l’humanité, les énergies renouvelables (cf. la « houille blanche »), l’e-activité, les innovations sociales autour des identités métissées, le genre, la formation, la recherche et à l’heure de la mondialisation… l’enseignement précoce des langues.

Que serait une région urbaine durable ? Soutenable est préférable à durable car combien de réalités sont durables, mais insoutenables ? Nous devons redessiner le périmètre de la région en englobant les massifs environnants dans une « région rurbaine » reformulant ses

Le SCOT peut-il être un levier efficace ? Le SCOT doit être un récit prospectif stimulant, affichant des thématiques essentielles. À l’heure des multiples crises, il doit affirmer une vision forte et non des scenarii où triomphent le fil de l’eau et le non-choix. Le fil de

l’eau, c’est la noyade collective. Mais l’eau est aussi l’élément salvateur de la région grenobloise. Avant d’être une ville de montagnes… à 212 mètres d’altitude, la région est un territoire de l’eau aux multiples facettes : les inondations et les digues, la houille blanche, Dubedout et l’eau à tous les étages, la corruption des années quatre-vingt, et aujourd’hui… le défi du stress hydrique planétaire et de la pile à combustible. Le SCOT peut donc alimenter son moulin à projets et de saines controverses ! Autorisonsnous ! ■

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concurrence des territoires, implication et moyens insuffisants de la puissance publique… Un seul document, aussi complet soit-il, ne peut pas à lui seul résoudre la complexité d’un territoire toujours mouvant.

Porter haut les enjeux environnementaux Utilisation économe des espaces, lutte contre l'étalement urbain, maîtrise de l'énergie et des déplacements pour limiter les émissions de gaz à effets de serre, préservation et restauration de la trame verte et bleue… Autant d'objectifs du Grenelle de l'environnement que le SCOT doit traduire concrètement.

De la stratégie au projet

Aujourd’hui, la phase « diagnostic et stratégie » s’achève, et c’est la phase « projet » qui se profile. Il s’agit à présent de se réunir pour traduire sur le territoire les principes soutenus par les élus de l’EP du SCOT. Il faudra vérifier les limites pérennes de l’espace urbain, définir les espaces d’intérêt écologique, s’accorder sur une hiérarchie des pôles urbains, définir les projets liés aux infrastructures de déplacements, définir les espaces économiques et touristiques, délimiter les espace d’accueil des grands équipements, préciser les modalités de renforcement de la mixité et de manière générale de l’attractivité urbaine… Bref, les élus accompagnés des techniciens et de l’AURG ont encore de belles perspectives de travail. Toutes ces questions seront débattues dans les mois prochains avec les territoires. ■

Concilier préservation de l’environnement et développement du territoire Soumis à l’évaluation environnementale, le SCOT a de nombreuses obligations… qui vont changer les modes de faire de la planification. Il doit se fixer, en amont, des objectifs environnementaux exigeants. Objectifs qui seront traduits dans le projet afin de limiter les impacts de ses choix de développement sur l’environnement. La phase de diagnostic menée par l’Agence en 2009 est la clé de voûte de l’évaluation environnementale. C’est sur cette base que seront produites les pièces obligatoires, parmi lesquelles l’évaluation des incidences notables prévisibles du projet sur l’environnement, les mesures « compensatoires » si nécessaire et le suivi sur dix ans des incidences du projet sur l’environnement. Mais surtout, ce diagnostic alimente le projet de SCOT en en construisant les orientations environnementales. Et le questionne. Par exemple, même si la logique de confortement urbain contribue à relever les défis environnementaux contemporains, elle génère cependant particulièrement dans l’agglomération grenobloise - une

imperméabilisation du sol, une exposition des populations aux pollutions atmosphériques et sonores, une baisse de la biodiversité, etc... L’enjeu sera d’identifier les leviers pour limiter les impacts, mais aussi de faire évoluer les objectifs du SCOT. Construire ensemble un programme exigeant Cette démarche est portée par un comité pilotage, constitué d’élus et de techniciens représentant les sept secteurs et le conseil général, de l’État, des chambres consulaires et de trois associations environnementales. Celui-ci valide les avancées des travaux et prépare les décisions du comité syndical. Parallèlement, les acteurs professionnels ont été largement sollicités. Les Ateliers environnement du SCOT ont rassemblé en 2009 au cours de dix demi-journées, les spécialistes de dix thèmes spécifiques (« carrières », « déchets », « eaux usées et eaux pluviales », « risques naturels et technologiques », « paysage et patrimoine culturel », « forêt », « nuisances », « ressources en eau », « patrimoine naturel, biodiversité et réseau hydrographique », « énergie et climat »), afin de valider collectivement un état des lieux, d’identifier les enjeux et de travailler sur des pistes de prescriptions qui intégreront le SCOT. Il en va de la diminution de l’empreinte écologique de nos territoires. ■ Plus d’informations : murielle.pezet-kuhn@aurg.asso.fr

Plus d’informations : alain.perron@aurg.asso.fr et www.scot-region-grenoble.org

point de vue

Rencontre avec Luc Puissat, maire de Miribel-Lanchâtre, président du syndicat d’aménagement du Trièves.

Qu’est-ce qui a présidé à votre choix d’intégrer le SCOT de la région grenobloise, alors que le Trièves possède un schéma directeur ? Depuis un an, nous réfléchissons aux différents scénarios possibles. Nous avions le choix entre ne rien faire, rédiger une charte de développement, faire un SCOT du Trièves, ou adhérer au SCOT de la région grenobloise. Le choix a été difficile parce que nous avions peur d’être noyés dans le SCOT de la région urbaine grenobloise et de perdre notre spécificité. Mais nous avons rencontré les territoires ruraux qui ont déjà adhéré, le Pays voironnais, le Royans ; les élus et les techniciens nous ont rassurés. Quelles sont les problématiques du territoire du Trièves ? Le Trièves a une activité essentiellement agricole et a engagé une

« Faire valoir la spécificité du Trièves » démarche agenda 21. Nous sommes très « développement durable ». En regardant les orientations du SCOT, nous avons vu qu’elles étaient identiques aux nôtres. Maintenir la vie des communautés villageoises, favoriser l’économie locale, préserver l’environnement sont des thématiques qui nous intéressent beaucoup. Notre schéma directeur préconisait de « rester un bassin de vie dynamique et autonome, interactif avec la région grenobloise ». Finalement, cela a été difficile, parce que 1200 habitants du Trièves vont chaque jour travailler dans l’agglomération grenobloise. Nous ne pouvons pas ignorer cet aspect. Autre problème qui nous semblait important : les déplacements. Ces 1200 travailleurs génèrent du trafic sur l’agglomération grenobloise. Cela aussi, nous ne pouvons l’ignorer. Enfin, le développement d’un tourisme doux était inscrit au

schéma directeur. Nous constatons que ce tourisme est fortement en lien avec le public grenoblois. Ce sont ces nombreux liens qui nous ont fait choisir d’adhérer au SCOT de la région grenobloise. Parce que les problématiques que nous avions étaient les mêmes. Quelles sont vos attentes vis-à-vis du SCOT ? Nous avons fait un projet de territoire agenda 21 avec quarantetrois actions qu’on devra retrouver dans le SCOT, qui est labellisé Grenelle. Notre grande spécificité est la préservation de l’espace agricole, avec une bonne proportion d’agriculture biologique. Et nous souhaitons densifier l’habitat pour éviter que les espaces agricoles diminuent. Ce qui se passe dans le Trièves dépend des décisions des Grenoblois.

Nous avons intérêt à participer aux décisions du comité syndical. Autant être tous ensemble et réfléchir ensemble. Ce qui nous manque aujourd’hui dans le Trièves, c’est une instance politique structurée. Le Trièves, c’est trois communautés de communes et un syndicat d’aménagement. Nous avons beaucoup de structures pour un petit nombre d’habitants. Les trois communautés de communes vont devoir adhérer au SCOT de la région grenobloise et nous devrons parler d’une seule voix pour nous faire entendre. Au niveau de l’organisation de notre réflexion, douze réunions sont prévues avec les élus, les habitants et les acteurs socioprofessionnels. Nous allons lancer des ateliers thématiques ouverts à tous pour faire valoir la spécificité du Trièves auprès de l’établissement public du SCOT. ■ 5


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L’Agence d’urbanisme s’est organisée en trois pôles et deux services. Pour ce numéro, le pôle Connaissance et représentation du territoire présente des études en cours et propose une focale sur la cartographie qui constitue un axe central dans la démarche d’observation.

Un territoire a plusieurs vitesses ? Alors que la région Rhône-Alpes et l’Isère sont réputés être des territoires économiquement dynamiques et plus « riches » que la moyenne, ils ne sont pas épargnés par de fortes différenciations sociales et territoriales. Si certains habitants sont plus aisés, d’autres bénéficient moins des retombées économiques, voire souffrent d’un marché immobilier tiré vers le haut par les plus solvables. On assiste aussi à une hiérarchisation des espaces, qui se traduit par une géographie sociale bien différenciée. Dans la région urbaine grenobloise, les élites ont tendance à se regrouper sur les coteaux montagnards bien exposés, proches du centre de l’agglomération grenobloise, tandis que les catégories intermédiaires s’inscrivent « en halo » autour des espaces à dominantes de cadres. Les ouvriers étant plutôt majoritaires dans la périphérie lointaine, ou concentrés dans les ensembles d’habitat social et le parc privé bon marché de l’agglomération. Ce phénomène de différenciations s’accentue suite aux dix ans de hausse du marché immobilier, et de mutations économiques, si bien que l’on peut parler d’une région grenobloise à plusieurs vitesses, avec des secteurs cumulant la production de richesse et les habitants aisés, alors que dans d’autres, dominent la faiblesse des ressources, la reconversion économique, le vieillissement, la vulnérabilité sociale… Vaste question à laquelle l’Agence s’attelle aujourd’hui avec une cartographie éclairant les disparités sociales et territoriales en Isère et dans la région grenobloise. Car les mécanismes sont à l’œuvre, les différentiations vont croissant entre les communes, les quartiers, voire à l’échelle des secteurs : le fait urbain est à la fois lieu du regroupement social intensif, mais aussi haut lieu de la logique séparative. ■ Implication de l’AURG : expertise et animation Partenaires chefs de file : conseil général de l’Isère, établissement public du SCOT Contacts AURG : emmanuel.boulanger@aurg.asso.fr, xavier.durang@aurg.asso.fr

12 indicateurs pour une analyse partagée Le contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) vise au développement social et urbain des quartiers de l’agglomération grenobloise, et notamment de vingt d’entre eux, identifiés comme prioritaires. 2009 était l’année de son évaluation. C’est dans ce cadre qu’a été conduit durant le premier semestre 2009, l’atelier de la géographie prioritaire. Cet atelier a réuni chaque mois les différents signataires du CUCS (l’État-ACSE, le conseil régional, le conseil général de l’Isère, la CAF et Absise) et les communes de l’agglomération grenobloise. Son objectif était d’élaborer une série d’indicateurs permettant de rendre compte des difficultés sociales des quartiers et de fournir des éléments pour étayer les projets de territoires du prochain CUCS. En outre, il s’agissait d’apporter un regard moins misérabiliste sur ces quartiers, en mobilisant les travaux entrepris depuis 2004 sur les indicateurs de richesse des quartiers de l’agglomération. Au final, douze indicateurs ont été retenus. Ils évoquent la précarité (vis-vis de l’emploi, du logement et des revenus), la structure sociodémographique, l’activité délinquante et l’accès à divers services et équipements (dentiste, cinéma et petits commerces). Ces indicateurs ont permis d’alimenter les documents qui constituent le bilan du CUCS : atlas des quartiers, fiches thématiques et territoriales… Le caractère multipartenarial de cet atelier a permis de produire une connaissance appuyée sur une vérité statistique et faisant sens. À partir de 2010, il deviendra permanent et mensuel. Il aura pour mission d’actualiser les indicateurs existants et d’enrichir encore les différentes facettes relatives à la politique de la ville. Il présentera ses résultats devant le comité de pilotage de la politique de la ville, élargissant ainsi le cercle de diffusion de la connaissance.■ Implication de l’AURG : élaboration technique de l'observation de la cohésion sociale Partenaire chef de file : la Métro Contacts AURG : olivier.baills@aurg.asso.fr, emmanuel.boulanger@aurg.asso.fr

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Un observatoire grenoblois au service des politiques sociales Depuis 2007, l’Agence d’urbanisme œuvre au sein de l’observatoire social, économique et urbain de Grenoble. Fédérant la ville, le CCAS, la CAF, le conseil général de l’Isère et l’AURG, ce dispositif d’observation permet de suivre l’évolution du contexte socio-économique et contribue ainsi à fournir les éléments nécessaires au pilotage de l’action publique. À partir d’une batterie d’indicateurs transversaux, il mesure notamment l’importance des différents publics pris en charge par l’action sociale, l’évolution de leurs profils, tout en apportant un éclairage dynamique et précis de la situation dans les territoires. Chaque année sont publiés des cahiers qui analysent en profondeur des thématiques spécifiques (personnes âgées, revenus et précarité, habitat…). Plus d’informations : francoise.pichavant@aurg.asso.fr

Le suivi du coût des loyers dans l’agglomération grenobloise Depuis une quizaine années ans, l’Agence d’urbanisme participe à une enquête annuelle sur les loyers dans l’agglomération grenobloise. Cette enquête, initiée par le ministère en charge du logement, est menée également dans dix autres agglomérations de France. Elle permet de mesurer l’évolution des loyers privés au 1er janvier de chaque année. Ainsi, on constate que l’agglomération grenobloise se place toujours parmi les plus chères des agglomérations enquêtées. La mise en perspective des résultats grenoblois avec ceux des autres agglomérations confirme la grande hétérogénéité des situations et la spécificité du marché grenoblois. Plus d’informations : nicole.tartamella@aurg.asso.fr

La carte, outil de compréhension, moyen d’action La cartographie donne à voir. Mais pas seulement. Si elle est un outil technique à l’origine, elle produit également du sens en représentant la ville et les territoires. Le pôle Connaissance et représentation du territoire de l’Agence d’urbanisme le sait bien. Et l’expérimente lors de chaque projet. La carte permet d’appréhender le territoire en localisant les phénomènes. Le croisement des données permet de déterminer des points de conflits et ainsi de hiérarchiser les priorités d’actions. Elle permet aussi de réaliser l’inventaire d’espaces d’intérêt fort et de mettre l’accent sur une richesse particulière afin, par exemple, de la préserver. Dans le cadre d’un projet de mise en évidence de la restauration de corridors écologiques, de la richesse du patrimoine naturel ou de la valorisation de la biodiversité d’un territoire, la carte s’avère un outil indispensable pour la compréhension des facteurs influençant le fonctionnement écologique des milieux. Les synthèses cartographiques produites sont le fruit de développements méthodologiques utilisant des données multiples. La carte décrypte des dynamiques et contribue à donner du sens aux actions. Dans le cadre de la planification, l’outil permet de réaliser une synthèse des enjeux de développement d’un territoire en croisant les données environnementales, économiques et sociales. Ce travail nécessite une étroite collaboration entre chargés d’étude observation et urbanistes afin de développer des concepts permettant de valoriser les atouts d’un territoire. Plus d’informations : cedric.lomakine@aurg.asso.fr, xavier.durang@aurg.asso.fr


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La commune

70 km/h

C’est la vitesse pour laquelle débit et fluidité d’une voie rapide ou d’une autoroute urbaine, aux heures de pointe, sont optimum. La fin des accordéons ? Nombre de mesures et observations ont permis de constater qu’une vitesse automobile de 70 kilomètres-heure sur les voies rapides et autoroutes urbaines permettait de limiter fortement les « effets accordéon », qui sont une importante source d’embouteillages. Ce que l’on nomme « effet accordéon » est dû à la différence de vitesse entre la voie rapide et l’entrée dans l’agglomération proprement dite. Le ralentissement demandé entraîne généralement la nécessité d’un freinage anticipé pour les automobilistes situés immédiatement derrière, ainsi que pour ceux encore derrière, etc... Et ceci jusqu’à créer un « effet accordéon » : les voitures se rapprochent et ralentissent, éventuellement jusqu’à l’arrêt total, provoquant un embouteillage, avant de repartir progressivement. Une simple baisse de la vitesse de croisière sur les voies express d’une aire urbaine nécessite un moindre ralentissement au moment de la sortie et diminue ainsi les répercussions sur le débit et la vitesse moyenne du trafic.

permet de limiter l’importance des difficultés, et notamment les bouchons. Si ces affirmations ont longtemps paru théoriques, l’expérience de réduction forte de vitesse sur autoroute urbaine aux Pays-Bas a montré une diminution effective des congestions. Et les temps de parcours sont par conséquent moins aléatoires. C’est pour ces raisons que l’on présente la proposition d’apaisement des autoroutes urbaines de l’agglomération grenoboise comme une opportunité d’échanger quelques minutes en heures creuses contre un temps de trajet assuré en heure de pointe. Plafonner la vitesse maximale à 70 km/h tant le temps va de pair avec les nouveaux moyens de gestion, dont la régulation des vitesses en période de pointe pour améliorer encore les conditions de circulation. Cette diminution de 20 km/h de la vitesse de référence induit également des effets positifs sur la réduction du bruit et des polluants émis par les véhicules. L’A480, une infrastructure idéale pour une mise en œuvre ? ■

Des heures de pointe plus fluides ? Le débit optimal permet de retarder le début de la congestion et d’en avancer la fin, donc de diminuer la période de difficulté. Et pendant la période de pointe, la diminution des phénomènes d’accordéon

La photo Des espaces verts à la pointe

Maya Vitorge, Jérôme Grange

Saint-Égrève : un quartier en devenir Saint-Égrève est portée candidate à l’appel à projets Quartiers durables lancé par la région Rhône-Alpes en 2009. Le projet de quartier durable de la gare est l’occasion pour la commune de réunir un large partenariat. Rencontre avec Emmanuel Roux, adjoint à l’urbanisme. Pouvez-vous nous remémorer la genèse de ce projet de quartier durable ? Le quartier de la gare se situe entre l’ex-route nationale et la voie de chemin de fer. Il est composé de bâtiments des années 60 et 70, avec un jardin public qui peut évoluer, des équipements publics, des cheminements en pente. Nous avons de plus une ville dans la ville : le centre hospitalier spécialisé. Et puis une friche industrielle. A priori, ce quartier n’est pas le plus attractif. Et des espaces ont été identifiés comme mutables. Parallèlement, nous menons la révision du PLU. SaintÉgrève a une préoccupation importante concernant la qualité de vie et de fonctionnement de la ville. Dans cette logique, et suite à des échanges avec l’Agence d’urbanisme, la question était « comment pourrait-on être concret ? ». Nous nous sommes engagés dans une AEU (approche environnementale de l’urbanisme), qui s’est traduite par l’idée d’un quartier durable. Pour nous donner les moyens de porter ce projet, nous avons noué un partenariat avec deux bureaux d’études et associé un architecte, avec une assistance à maîtrise d’ouvrage de l’AURG. Nous souhaitons nous enrichir de la pluralité des regards. Et notre projet pourra prendre corps grâce à cet appel à projets régional. Quels en sont les enjeux ? Nous avons d’abord un enjeu de construction de nouveaux logements. Produire une offre satisfaisante participe de la requalification du quartier et de l’effort de la ville en matière de construction, en lien avec le PLH, le contrat d’axe lié au tram ligne E… Deuxième enjeu : que « le vert » et la qualité reprennent leur place sur la commune et notamment sur la partie basse. Il faut faire en sorte que les gens aient envie d’habiter là. Construire de l’habitat, ce n’est pas une réponse suffisante. Il faut se donner des perspectives qualitatives. Nous souhaitons fabriquer quelque chose de lisible à l’échelle de la ville. L’idée, c’est de mettre en valeur ce quartier en lien avec ce qui se trouve de part et d’autre. Quelles sont les prochaines étapes du projet ? Nous menons un travail de concertation. Puis nous devons faire des études environnementales et des esquisses de projet urbain. ■

Parc Jo Blanchon, nouveau centre de Saint-Martin-d’Hères

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trois petits points... A lire à l’Agence

Contrepoint

Les documents présentés ici peuvent être consultés au centre de documentation de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise. Le centre est ouvert au public sur rendez-vous les lundis, mercredis et jeudis après-midi. Pour toute demande, vous pouvez contacter Martine Goujon : martine.goujon@aurg.asso.fr ou Sophie Girard-Blanc : sophie.girard-blanc@aurg.asso.fr, 04 76 28 86 59.

Mimétisme métropolitain

Quelques nouvelles études de l’Agence Essai de typologie des territoires Analyse des données issues des tableaux de bord INSEE Jean-Pierre Barrel, Urba3, 2009, 42 p. À partir de données fournies par l’Insee, cette étude s’attache à décrypter l’évolution du territoire. Trois approches complémentaires sur l’évolution de l’urbanisation, l’évolution économique et l’évolution sociale tentent d’établir une typologie des territoires en contrat de développement durable Rhône-Alpes (CDDRA).

Les conséquences de la caducité du schéma directeur de la région grenobloise Philippe Couillens, AURG, octobre 2009, 9 p. Cette note apporte un éclairage juridique sur les conséquences de la caducité du Schéma directeur au 14 décembre 2010, et notamment l’activation du principe de constructibilité limitée dans une bande de 15 kilomètres autour des parties agglomérées en l’absence de SCOT.

Les fondements du projet de territoire SCOT de l’Aire Gapençaise / Pays gapençais, regards croisés sur la charte de développement Benoît Parent, Frédéric Pontoire, AURG, octobre 2009, 15 p. Ce document, élaboré dans le cadre du SCOT de l’Aire gapençaise, remet en perspective la charte de développement durable du Pays gapençais afin d’asseoir le fondement stratégique du projet de territoire.

Trame verte et bleue : orientations nationales pour la préservation et la restauration des continuités écologiques Hugues Merle, Murielle Pezet-Kuhn, AURG, juillet 2009, 13 p. Contribution de l'Agence d'urbanisme de la région grenobloise au débat instauré dans le cadre des travaux « Préserver la biodiversité et les ressources naturelles » du Grenelle de l'environnement et du Comité opérationnel « trame verte et bleue ».

Agriculteurs, paysans, qui êtes-vous ? Agriculteurs, paysans, qui êtes-vous ? Philppe Renard, Vincent Costarella, Éditions Dédicaces, mai 2008, 124 p.

Ce sont des portraits. Portraits d’agriculteurs, portraits de paysans. Des gens d’ici. Il y a les jeunes qui viennent de s’intaller, il y a les vieux au bord d’arrêter. Il y a ceux qui y croient toujours et ceux qui ont renoncé. Il y a les « bio » et les conventionnels. Il y a ceux qui élèvent des vaches, des moutons, des poules, il y a ceux qui cultivent le blé, les salades, les fraises. Il y a ceux qui transforment et font des fromages ou des œufs. Il y a ceux qui accueillent les enfants et ceux qui invitent à la cueillette. Tous parlent de vocation. Tous parlent du lien à la terre et aux bêtes. Cette galerie de portraits nous fait voyager au rythme

des pas, au cœur du pays de Paladru et du Val d’Ainan. De ferme en ferme, le lecteur rencontre une trentaine d’hommes et de femmes pour qui la terre est la ressource essentielle. Cette ethnographie d’un petit coin de l’Isère, c’est aussi celle de l’agriculture française, avec ses combats et ses questions, ses choix et surtout une diversité qui en fait la richesse. L’ouvrage de Philippe Renard, l’écrivain, et Vincent Costarella, le photographe, nous fait partager avec bonheur des instantanés photographiques et textuels de l’agriculture d’ici et d’aujourd’hui. Ce livre est né d’un projet culturel et artistique axé autour du livre et de l’écrit, impulsé par le conseil général de l’Isère et le Syndicat à vocation culturelle du Pays de Paladru et du val d’Ainan, et porté par l’association Dédicaces.

Juliette Desmots

Le fait métropolitain est sur le devant de la scène. De la démarche en cours de réforme des institutions aux projets d’agglomération, « faire métropole » apparaît comme la nouvelle nécessité. Les logiques de rayonnement et d’attractivité qui en sont issues, conduisent inéluctablement aux « figures imposées » de la métropolisation, figures qui répondent aux standards d’une clientèle mobile à hauts revenus, que les collectivités souhaitent préférentiellement attirer. Le listing des équipements et des moyens, jugés indispensables pour faire métropole, est en constante évolution. Au Palais des congrès, à l’université, à la desserte TGV et au bâtiment public signé par une star de l’architecture mondiale, s’ajoutent désormais un vendeur suédois de meubles, un Zénith, deux festivals d’échelle nationale, une équipe de foot en ligue 1, et même un casino. Ces indicateurs d’existentialité métropolitaine sont donc de natures très variées. L’urbanisme a désormais trouvé rang parmi ceux-ci. Toutes les grandes villes françaises offrent de vastes pans de leurs espaces urbains aux réflexions d’une petite dizaine d’excellents professionnels, génies reconnus de l’architecto-urbanisme. Toutefois, si leurs interventions peuvent proposer des apports féconds, elles ne sont pas pour autant dénuées de risques. Nous sommes potentiellement confrontés aux dangers de la conception monolithique des ZUP du passé, amplifiés par la puissance d’image du marketing et de la communication territoriales. À l’instar des grands prix de Rome d’hier, le star-system d’aujourd’hui ne laisse plus place à une certaine distanciation au projet, et amoindrit le regard critique sur le travail urbanistique qui en résulte. Perçus comme des Deus ex machina, les lauréats du « Nobel de l’architecture », les Grands prix nationaux de l’architecture ou de l’urbanisme, sillonnent le monde pour imaginer de nouvelles urbanités. Les médias leurs sont ouverts, mais la maquette exposable au MIPIM remplace, parfois, la thèse ou le postulat urbain et sociétal. L’urbanisme a, à la fois, besoin de « grands gestes » créatifs, mais aussi d’une sédimentation progressive et collective de la pensée et de lectures différenciées. N’a-t-il pas, aujourd’hui, exagérément glissé parmi les composantes exacerbées du mimétisme métropolitain ? Jérôme Grange

L’Agence hors les murs Les chargés d’études de l’Agence sont régulièrement invités à intervenir lors de colloques, de séminaires, de manifestations ou à collaborer à des publications sur des problématiques actuelles de l’aménagement du territoire.

Aménager autour d’un tramway École nationale des Ponts et chaussées, Paris, octobre 2009 Dans le cadre d’un cycle de formation sur les transports collectifs en site propre, Marie Couvrat Desvergnes est intervenue sur la méthode de suivi « avantaprès ». Évaluation des projets de transports École nationale des Ponts et chaussées, Paris, novembre 2009 Marie Couvrat Desvergnes et François-Xavier Morin sont intervenus lors d’une formation sur l’évaluation de projets de transports. . Restaurer les réseaux de vie Séminaire international Econnect, Bernin, novembre 2009 Murielle Pezet-Kuhn a organisé une visite de site et est intervenue lors d’un atelier sur la démarche participative dans les projets de corridors écologiques. Conférence départementale de l’environnement Conseil général de l’Isère, Grenoble, décembre 2009 8

Hugues Merle est intervenu sur le thème urbanisme et biodiversité. Chronoaménagement Lyon, octobre 2009 Dans le cadre d’un séjour de coopération franco-chinoise, Maya Vitorge a présenté la démarche du chronoaménagement à une délégation d’urbanistes chinois. Coopération décentralisée Constantine, octobre 2009 En lien avec la coopération Grenoble Constantine, Maya Vitorge a animé un workshop sur le chronoaménagement. Vers un aménagement durable Bayonne, 4 novembre 2009 Dans le cadre du colloque national « Vers un aménagement durable des territoires », Jérôme Grange a été invité comme grand témoin.

21, rue Lesdiguières - 38000 Grenoble Tél. : 04 76 28 86 00 - Fax : 04 76 28 86 12 accueil@aurg.asso.fr

Le Point sur l’Y est publié par l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise Président : Michel Issindou Directeur de la publication : Jérôme Grange Conception graphique, rédaction, coordination : service ressources documentaires et communication de l’AURG Crédits photos : AURG, La Métro, Ville de Saint-Égrève, Claude Jacquier, Syndicat d’aménagement du Trièves Imprimé par l’Imprimerie des Eaux-Claires sur papier recyclé Cyclus offset. Dépôt légal à parution N° ISSN 1770-9717

Le Point sur l'Y n° 13  

Dossier Feuille de route Implication de l’AURG : assistance à maîtrise d’ouvrage et expertises thématiques et territoriales Partenaire chef...

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