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L’étrangère de Mantinée


L’étrangère de Mantinée Poème musical d'après Diotime et les lions de Henry Bauchau pour un basson, une comédienne et cinq chanteurs - une soprano, un contre ténor, un ténor, un baryton et une bassePhilippe Forget, musique Patrick Autréaux, livret Thierry Thieu Niang, mise en scène Jimmy Boury, lumières Avec : Delphine Terrier, Christophe Baska, Sébastien Beaulaigue, Philippe Bergère, Philippe Cantor, Valérie Larroque et Carlo Colombo. Ce projet est salué par le prix Coupleux-Lassalle (co-production Cumulus, commande musicale du festival Format Raisins).

Contacts Augurart Vanessa Ceroni : vanessa.ceroni@augurart.com T: +33 (0)6 16 77 75 47 Audrey Hadorn : audrey.hadorn@augurart.com T: + 33 (0)6 26 64 25 49 AugurArt www.augurart.com


L'Amoureuse C'était le rêve du matin c'était la parole emportée et je m'éveillais de bonheur brusque, troublé de sentir sa question aveugle, sans réponse. Beaucoup plus claire et plus obscure, plus amoureuse que la mienne.

Regards sur Antigone Quand la cage devient l'oiseau Éclairée par le chêne intérieur Dans la phrase obscure du temps virgule Intraitable espérance. Henry Bauchau, poèmes


Note d’intention Sept chanteurs et un musicien traversent ensemble ce conte pour en donner une version sous la forme d’un madrigal. Dans une atmosphère intimiste, musique et poésie se croisent pour laisser advenir l’imprévisible, l’aléa et l’instinct dans le mouvement des corps. Que se passe-t-il lorsque l’histoire, l’archéologie du monde émigrent vers le présent, transfigurent gestes et pas ; présences et langues pour un temps commun ? Que sommes nous prêts à faire pour l'autre, les autres, à sacrifier pour l'autre ? Qu'est-ce que l'amour qu'on porte à un être ? Quelle est cette part d'égoïsme que l'on transporte avec soi, cet amour qu'on s'offre en fait à soi- même en croyant l'offrir à l'autre ? Que donne –t-on ? Que transmettons-nous du monde ? En premier lieu est le texte de Henry Bauchau, Diotime et les lions. Il ne s’agit pas d’interpréter l’histoire mais de l’approcher, de se l’approprier, de la découvrir, la questionner. Quelque part, entre l'Orient et l'Occident, un combat, un rituel ancien à travers une lutte entre les hommes et les animaux. Dans l'ivresse et dans la prédilection que lui témoigne son grand père et aux plus troublants interdits, Diotime jeune adolescente est confrontée aux questions de transmission, de transgression et d'identité. Deuxième acte. Le désir pour le compositeur Philippe Forget d'écrire un chant à partir de ce texte mais surtout oser ce, qu'avec Henry Bauchau, ils ont rêvé avant la mort de l'écrivain, raconter cette histoire : ce conte devenant un chant, un opéra fait de voix et d'un seul instrument. Un basson. Un madrigal pour Diotime. Le madrigal est un poème mis en musique incarné à la Renaissance en une polyphonie déclinant flux et flots de sentiments. Il y aurait 6 personnages de plusieurs générations - 6 voix- Diotime, soprano– Cambyse, le grand père, basse – Kyros, le père baryton – Akoum, contre ténor – Arsès, ténor – La Mère, comédienne.


Troisième saison. Inviter un auteur pour écrire le livret, Patrick Autréaux - dont le parcours s’apparente à celui de Henry Bauchau- et le metteur en scène/ chorégraphe Thierry Thieû Niang et inventer une forme théâtrale et musicale inédite, sensible. Dernier round. La création de Diotime ou un chant comme résistance. Un décor unique, un désert, un espace vide où seule la lumière dessinera les contours, les formes et les chemins. Un espace dédié au sable, au feu, à la nuit et au rapport trouble et séculaire de l'être humain et de l'animal. Un chant pour guider le récit : une fresque polyphonique avec l’intense et le sensible pour mieux dire, mieux être là. Chercher les restes, les fragments fragiles, les moments émergents qui ont façonné notre culture, notre relation à l’infini, aux temps du corps, à la fragilité de la vie. Transmettre, comme dit Bauchau, c’est mettre en mouvement.


Extrait choisis du livre de Henry Bauchau " Ta fille sera bonne cavalière, je lui apprendrais à monter et à chasser moi même. Nous ferons naître une autre tradition et tu en seras l'initiatrice. Puisque tu es lion, sois le. Je t'aime comme tu es. Tu es aussi comme ce jardin. Chaque fois que j'y viens je pense à toi. Nous connaissons ce que savent les lions. Ce qui suffit pour ce temps et pour ce pays qui sont les nôtres. C'était un chant très ancien que nous avions connu et oublié. Dis oui ! J'ai dit : Oui. Le droit ? Qu'est ce que cela veut dire le droit ? C'est un songe qui me l'a fait choisir. L'heure approche, c'est toi qui me porteras. Va ! Pas de pierre, pas de trace."


Extrait du livret écrit par Patrick Autréaux Leçon de chasse (Diotime à Arsès) Le gerfaut est l’oiseau des princes L’aigle celui des rois Je préfère mon faucon C’est une femelle masquée Elle aussi est fille de chasseur Ma vraie sœur Regarde Elle porte des gants jaunes crochetés de noir Elle détend son aile comme un éventail ou la range comme un bouclier Tsiiick Tsiiick Elle appelle depuis les hauts arbres Elle criait ainsi quand je l’ai trouvée Son nid avait basculé d’un cèdre brisé par la foudre Elle attendait encore la becquée Pour elle j’ai chassé des souris et des petits oiseaux Je l’ai nourrie je l’ai nommée Personne ne connaît son nom Plus tard je te le dirai Avec lui tu possèderas un morceau de la terre Car c’est aussi le secret des grands rochers que tu vois Ils ont été, dit-on, les montures et demeures des anciens hommes Là viennent les fous et les sorciers Les bêtes leur apprennent le chant des forêts des sables des terres humides C’est là que je l’ai trouvée Elle m’a enseigné le bruit du ciel qu’on fend Et l’abandon au vertige Et le calme de la plaine qui de très haut paraît comme la peau des grands fauves Je monte avec elle vers les cimes Elle et moi Une même faux qui palpite et traverse le ciel Je plonge dans les nuages et perce le vent Cela me donne cet air de flèche dans les yeux Et l’arrogance, penses-tu Mes mains sont des ailes et des boucliers, Arsès Elle m’a offert le don de lire dans les corps Tu peux siffler ou agiter la tête et les bras Elle et moi choisissons de nous rendre quand nous voulons Avec la promesse du sang Maintenant viens avec moi à la chasse Je veux entendre le craquement de tout ce qui se donnera à toi


Biographies

Henry Bauchau (1913-2012) Henry Bauchau est un psychanalyste belge, également poète, dramaturge et romancier de langue française. Il était Membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, il vit à Paris de 1975 à sa mort en 2012. Il est l’auteur notamment de Géologie, Œdipe sur la route, Antigone, Le Boulevard périphérique et Diotime et les lions. Il laisse derrière lui une œuvre dense, où la poésie, la psychanalyse, la littérature et la mythologie tentent de combler ensemble une déchirure originaire, héritée de la Grande Guerre.

Patrick Autréaux Parallèlement à des études de psychiatrie, Patrick Autréaux écrit de la poésie et des critiques d’art contemporain. L’expérience de la maladie comme expérience intérieure est le thème de ses premiers récits. Il a publié des romans et des récits: Les irréguliers- Gallimard ; Se survivreVerdier ; Le dedans des choses Gallimard ; Soigner- Gallimard ; Le dedans des chosesGallimard. En 2015, il écrit Le Grand Vivant, son premier texte pour la scène et édité par Verdier pour janvier 2016.


Chef d'orchestre et compositeur, Philippe Forget crée en 2009 Awatsihu, piccolo-opéra dont il signe la musique et le livret (pour lequel il reçoit un Prix de la Fondation Beaumarchais. En 2012, son opéra de chambre Macbeth est créé par la Compagnie de l'Opéra-Théâtre et les solistes de l'Orchestre National de Lyon. En 2015, il compose Le Tombeau des passions, une œuvre pour un ensemble vocal à seize voix. En décembre 2015, l'œuvre musicale On a volé l’étoile!, un conte musical pour la nuit de Noël est créée à l'Opéra National de Lyon par le Nouveau Studio, la Maîtrise et l'Orchestre de l'Opéra National de Lyon. Il a dirigé entre autres l'Orchestre National de Lyon, l'Orchestre National de Lorraine, l'Orchestre National de Thessalonique, le Chœur National des Jeunes de France, les Chœurs et Solistes de Lyon... Philippe Forget est un ardent défenseur des répertoires vocaux français d'hier et d'aujourd'hui. Il est présent dans de nombreux festivals et programmations en France et à l'étranger. Ses projets l'amènent à plusieurs créations aux côtés de l'Opéra National de Lyon et de l'Opéra-Théâtre de Limoges...

Thierry Thieû Niang, danseur et chorégraphe, travaille à mêler les générations, les mouvements de pensées et de corps ; à inventer des lieux de croisement sensible et inédit pour convoquer des correspondances nouvelles et collectives. Il aime à inviter des personnes étrangères au monde du spectacle comme des enfants et/ou des seniors amateurs, des détenus ou des personnes autistes, tout en partageant des projets au théâtre, à l’opéra et dans la danse. Il collabore cette saison, auprès de Marie Desplechin, Ariane Ascaride, Marie Bunel, Camille, Maylis de Kerangal, Anne Alvaro, Célie Pauthe, Claude Duparfait, Jean Bellorini, Pierre Boulez, Éric Soyer, Éric Lamoureux, Vincent Dissez, Antoine Colnot, Bertrand Marcos, Patrick Autréaux, Philippe Forget ou encore Pierre Guyotat.


Distribution

Parallèlement à des études de musicologie, Delphine TERRIER étudie le chant au conservatoire de Nancy, puis de Lyon où elle obtient son Diplôme d’Etudes Musicales. Son timbre rond et lumineux lui permet d’interpréter de nombreux rôles, parmi lesquels Chérubin (Les Noces de Figaro de Mozart), Stefano (Roméo et Juliette de Gounod), l’Enfant (L’Enfant et les Sortilèges de Ravel), Nicklausse (Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach), Déjanire (Ercole Amante de Cavalli), Lazuli (L’Etoile de Chabrier). Son parcours lui donne l’occasion d’aborder des esthétiques différentes, notamment baroque et contemporaine… Elle prend part la création de plusieurs opéras de Philippe Forget : Awatsihu (2009-2010), le Voleur de feu (2011), Macbeth (2012) et le conte de Noël On a volé l’Etoile avec la Maîtrise de l’Opéra National de Lyon (2015). Son intérêt pour la musique d’ensemble l’amène à travailler avec les Solistes de Lyon – Bernard Tétu, le Choeur Britten (direction Nicole Corti), l’ensemble Voix de Strass (direction Catherine Boltzinger) et le Chœur de femmes Calliope, dirigé par Régine Théodoresco.

Christophe Baska, contreténor. Diplômé du CNSMD de Lyon en Musique Ancienne depuis 2009, le contreténor Christophe Baska fait ses débuts de soliste dans un répertoire principalement baroque aux côtés d’Emmanuelle Haïm (Le Concert d’Astrée), Jean Tubéry (Ensemble La Fenice), Joël Suhubiette (ensemble Jacques Moderne) et Franck-Emmanuel Comte (Le Concert de l’Hostel-Dieu) avec lequel il enregistre « A Shakespeare Fantasy », des airs et duos de H.Purcell. Il est également sollicité pour de nombreux concerts de musique sacrée. Parallèlement à ce


répertoire ancien, Christophe Baska développe un intérêt grandissant pour la musique contemporaine. Il a été contreténor solo à l’Opéra de Lyon dans la Missa Regensis de U.Pralins sous la direction d’Alan Woodbridge, puis dans la création mondiale Terre et Cendres de Jérome Combier sur le livret d’Atiq Rahimi, dirigée par Philippe Forget et mise en scène par Yoshi Oïda.

Sébastien Beaulaigue fait ses études au conservatoire de St Etienne, sa ville natale. En 2003, il obtient une licence de musicologie ainsi qu'un DEM de chant dans le conservatoire de la même ville.En 2004, il intègre l'opéra stéphanois. Il chante également à l'opéra de Dijon ,Lausanne Strasbourg et Lyon. Au sein des Solistes de Lyon, il est amené à chanter sous la direction de Bernard Tetu, Serge Baudo, Ton koopman François Xavier Roth Jun Märkl et Rinaldo Alessandrini. A son répertoire il compte des œuvres comme La Petite messe solennelle de Rossini, le Reniement de Saint Pierre de Charpentier, la Messa di Gloria de Puccini , la Messe Nelson de Haydn, Pâris dans La Belle Hélène de J Offenbach. En 2015 il intègre le pôle Lyrique d’excellence et chante Frank dans La Chauve Souris de J.Strauss.

Né dans la région bordelaise, Philippe Bergère a dès l'âge de cinq ans manifesté son goût pour la musique. Il a obtenu ensuite ses diplômes de hautbois, musique de chambre et écriture au Conservatoire de Bordeaux. Après avoir enseigné le chant choral en conservatoire, il entre dans la classe de direction de chœur fondée par Bernard Tétu, au Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Lyon, où il obtient son diplôme national de direction de


chœur (DNESM). Grâce à l'enseignement de Renée Murgier et Pascale Reynaud, il développe ses compétences vocales. Responsable de la Mission voix (Centre Polyphonique Régional Rhône-Alpes) pendant 4 ans, puis responsable de production aux Éditions À Cœur Joie à Lyon, il se consacre désormais à ses activités de chanteur professionnel et de chef de chœur. Il aborde tous les styles de musique vocale : chœurs lyriques avec principalement l’Opéra National de Lyon, musique contemporaine avec Musicatreize (Roland Hayrabédian), musique romantique (Bernard Tétu et Nicole Corti) et participe régulièrement au travail des classes de direction de chœur au CNSMD de Lyon avec Nicole Corti et à la formation des chefs de chœurs du Pont Supérieur de Rennes avec Régine Théodoresco.

Philippe Cantor: Baryton-basse. Il s’oriente d’abord vers l’interprétation des musiques anciennes au sein de différents ensembles dont « Clément Janequin », « Les Arts florissants », ainsi que «La Grande Ecurie & la Chambre du Roy » avec qui il débute sa carrière de soliste sous l’impulsion de Jean-Claude Malgoire. Il remporte le concours de Rennes 1992 pour le rôle de Golaud (Pelléas et Mélisande ; Debussy) et aborde le répertoire des XIXème et XXème siècles, jusqu’à la création d’œuvres contemporaines (Antoine Duhamel, Pierre Jansen, Jean-Claude Wolff ont composé pour lui plusieurs cycles de mélodies). Il partage aujourd’hui ses activités entre la scène (Compagnie Fêtes Galantes - Béatrice Massin / Teatro Malandro - Omar Porras), la musique baroque (Ensemble baroque de Nice - Gilbert Bezzina / Ensemble Fuoco E Cenere - Jay Bernfeld)… , la musique de chambre (Les solistes de Lyon - Bernard Tétu) et le récital avec les pianistes Sophie Rives, (avec qui il a signé trois enregistrements consacrés aux mélodies de Debussy, Poulenc et Ravel chez Anima Records), Mara Dobresco, Didier Puntos, Laurent Wagschal, Jean-François Ballèvre…


Né à Padova en Italie, Carlo Colombo a intégré l'ensemble "I Solisti Veneti" de Claudio Scimone à l'âge de 17 ans tout en continuant ses études au Conservatoire de Milano. Par la suite il se perfectionne au Conservatoire de Genève et auprès de Brian Pollard à Amsterdam. Il est basson solo de l'orchestre de l'Opera de Lyon depuis sa création en 1983 et enseigne au CNSM de Lyon depuis 2001 et à la HEM de Lausanne depuis 2005. Passionné par les instruments anciens et la recherche de partitions oubliées, a joué avec l'Orchestre Romantique et Révolutionnaire de John Eliot Gardiner et édite des partitions chez Billaudot et Accolade. Il est invité comme basson solo par différents orchestres comme la NDR de Hambourg, la Filarmonica della Scala, le Tonhalle Zürich, le Bayerische Staatsoper, le Scottish Chamber Orchestra, l'Orchestre de Paris, l'Orchestre de Chambre de Lausanne et participe à différents festivals et académies ( Nice, Prades, les Arcs, Académie Wien/Prague/Budapest-ISA, Slokar Academy Ljubliana). Il a donné des Master-Class en Allemagne, Italie, Suisse, Portugal, Norvège, Hongrie, Finlande, république Tchèque, Canada, USA, Chine, Taïwan, Japon, Brésil.

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L'étrangère de Mantinée  

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