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sommaire 4

Biographie

Jane Evelyn Atwood

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Pratique & travaux « 37 années, de photographie. »

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Analyse

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Réflexion

« Trop de peine...femmes en prison. »

« Comment les artistes contemporains traitent-ils de l’intimité dans leurs œuvres ? »


« Biographie Jane Evelyn Atwood »

Jane Evelyn Atwood est une photographe qui appartient clairement à la tradition du reportage et du documentaire venue d’outre-Atlantique : «  concerned photographer  », elle pratique le «  photo essay   » pour des enquètes de fond. Cette artiste est fascinée par la condition humaine et en particulier l’exclusion. Elle photographie les gens qui paraissent étrange au reste du monde mais essaye de ne pas souligner cette étrangeté. Elle tente de les montrer comme les êtres humains qu’ils sont, différents mais pas moins humains. Lorsqu’elle commence un sujet, elle ne sait jamais le temps que cela durera, se peut être un mois, un an ou 10 ans. Lorsqu’elle commence un sujet, elle ne sait pratiquement rien dessus. Elle est dans l’interrogation et travaille le sujet jusqu’à répondre à toutes ces questions et comprendre le sujet. 1947 Naissance de Jane Evelyn Atwood à NewYork. 1967 Elle vivra un an avec ses parents à Paris avant de retourner aux Etats-Unis. Néanmoins, elle

restera profondément attachée à la ville. 1971 Elle reviens à Paris pour s’y installer. 1975 Elle fait l’acquisition de son premier appareil photo, puis rencontre une femme connaissant une prostituée et saisie l’occasion. Aux États-Unis, elle avait vu une exposition de Diane Arbus et avait été touché par ces portraits d’américains hors-norme ( travestis, handicapées mentaux, jumeaux, personnes de petites tailles, … ). Elle décide donc de faire de même et rencontre cette prostitué : Blondine qui deviendra le sujet principal de son premier reportage : Rue des Lombards. 1980 Publication de son premier livre : Nachtlicher Alltag ( la nuit quotidienne  ) par Mahnert-Lueg Verlag à Munich, Allemagne. Première lauréate du prestigieux prix de la fondation W.Eugene Smith pour un sujet qu’elle vient d’aborder : les enfants aveugles. Elle n’a encore jamais publié de photos. Durant les années suivantes, elle réalise un reportage de dix-huit mois sur la légion étrangère et va suivre les soldats à Beyrouth et au Tchad.

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Biographie Jane Evelyn Atwood a une soirĂŠe Leica, 2011

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Détail, Centre correctionel pour femmes, Pardubice, 1992

1981 Première exposition personnelle intitulée In a Tradition à l’International Center of Photography, New York. 1986 Publication de Légionnaires, préface de Vladimir Volkoff, aux éditions Hologramme, Neuilly, France. 1987 Elle réalise son premier vrai sujet militant : Vivre et mourir du sida. Chronique de quatre mois et demi relatant la vie d’un homme, Jean-Louis atteint du SIDA. Ce fut le premier malade séropositif a accepter de se faire photographier pour être par la suite publié dans la presse. Elle l’accompagnera jusqu’à sa mort. Pour cela, Atwood a obtenu le prix World Press Photo. 1989 Publication de l’ouvrage Trois jours en France (  collectif  ), commandé aux éditions Nathan, Paris. 1989 Jane Evelyn Atwood entreprend de photographier les femmes incarcérées dans près

de quarante prisons situées dans neuf pays d’Europe de l’Ouest et de l’Est et aux ÉtatsUnis. Ce fut un projet monumentale qui dura dix ans, exposé et publié dans le monde entier. Ceci reste la référence photographique quant aux conditions de vie et spécificités de l’univers carcéral des femmes. 1990 Elle obtient le prix Paris - Match du photojournalisme, France. 1991 Jane Evelyn Atwood reçoit le prix « Picture of the year », par Canon Photo Essay, à l’université du Missouri Columbia, États-Unis, obtenu pour son travail sur les prisons de femmes en U.R.S.S. 1995 Atwood couvre le tremblement de terre de Kobe. 1996 Elle obtient le Grand prix Portfolio SCAM suivi du prix Oskar Barnack, remis par Leila Camera, pour les prisons de femmes, Allemagne, l’année suivante. 6


Biographie La rue des Lombards, Paris, 1976-1977

1998 Le Magazine Photography des États-Unis lui offre le prix Alfred Eisenstaedt Award. 2000 Publication de Trop de peine en prisons, femmes en prisons, par Albin Michel, Paris et de Too Much Time, Women in Prison, par Phaidon Press Limited, à Londres. 2001 Atwood commence une étude de quatre ans sur les victimes des mines anti-personnels, l’ammenant tant en Angola, qu’au Cambodge, au Kosovo, au Mozanbique et en Afganhistan. 2004 Publication du livre Sentinelles de l’ombre, aux éditions du Seuil, Paris. 2005 Elle photographie quinze femmes française confrontées dans leur intimité avec la violence. 7

2005 Exposition Sentinelles de l’ombre au Musée de la photographie, à Charleroi, Belgique. Elle reçoit également le prix Charles FlintKellog Award in Arts and Letters, par le Bard College, états-Unis. 2005 à 2008 Approfondissement de son travail à Haïti, un des pays les plus pauvres du monde. 2007 Jane Evelyn Atwood entame une histoire intime sur le phénomène des badantés, des femmes d’Ukraine qui quittent leurs famille et pays pour s’occuper de personnes âgées en Italie. 2008 Exposition Haïti, galerie Verneuil Saints-Pères à Paris ainsi que Sentinelles de l’ombre, à la maison robert Doisneau.


« Pratique & travaux 37 ANs, de photographie »

Rue des Lombards

Les aveugles

Elle va suivre durant près d’un an et toutes les nuits, le quotidien de prostituées travaillant 19 rue des Lombards à Paris. C’est son tout premier sujet en tant que photographe, ça a été comme elle le dit «  son école de photo  ». Et elle va se lier d’amitié avec Blondine, une de ses femmes habituée des clients masochistes. Grâce à elle, Jane va réussir à infiltrer ce monde fermé peuplé de personnages hauts en couleurs et de décors miteux, en émettant un regard à la fois voyeur et complice. Elle va photographier des hommes dans la rue, attendant, matant … et puis les clichés les plus intéressants montrent l’escalier qu’empruntent les filles suivient de leur clients. Ses photos sont noires, sombres et proches. Atwood intègre un univers glauque, sordide mais aussi exotique et très beau comme elle le dit. Elle nous embarque dans un monde qui a disparu, en tout cas dans ce quartier. Bien que certaines personnes disnet que ce sujet est militant, il n’en ai rien, Atwood a juste voulu comprendre cet univers. À cette époque, Jane a déjà une perception du rôle de photographe : se faire accepter des gens qu’elle souhaite mieux connaître et faire connaître, ne pas s’imposer une contrainte de temps, rester honnête et aller au plus profond du sujet jusqu ’ à ce que l’on ai saisi le sens.

Jane Evelyn Atwood entreprend de photographier des enfants aveugles dans divers instituts spécialisés en France, en Israël et à Tokyo. Ce travail aboutit d’ailleurs à la publication d’ «  Extérieurs nuit  », son premier livre pour lequel elle obtiendra le prix W.Eugène Smith en 1980. C’est une série exclusivement en noir et blanc qui nous force à nous questionner sur notre propre condition. Atwood se dit fascinée par «  ces êtres contraints de vivre sans voir dans un monde de voyeurs  » et à la conscience différente qu’ils ont de leur apparence. La photographe s’est interrogée sur la manière de représenter ces personnes dont l’univers est noir et comment donner d’eux une image honnête sachant qu’ils ne pourront la voir et donner leur approbation.

Vivre et mourir du SIDA Elle va suivre un homme, Jean-Louis atteint du SIDA. C’est le premier malade qui se laisse photographier pour paraître par la suite dans la presse. Durant quatre mois, la photographe va être près de lui. Dès qu’il accepte de se faire photographier jusqu’à son entrée à l’hôpital et puis lors de son décès peu de temps après. Par le biais de ce reportage photogra8


Pratique & Travaux Détail, Institut départemental des aveugles, St-Mandé, 1980

« Ces êtres contraints devivre sans voir, dans un monde de voyeurs. » phique, les deux individus souhaitent sensibiliser l’opinion aux dangers du sida, à la gravité de la maladie et à la souffrance qui l’accompagne. Jean-Louis se veut être un porte parole de cette maladie qui à cette époque est encore mal connue, elle était appelée «  la peste gay », on ne savait pas comment en être infectée. Il fallait convaincre les gens ignorants que c’était un problème médical et pas autre chose. Ce projet sera publié dans Paris Match.

Femmes en prisons C’est son projet le plus long pour le moment puisqu’il aura duré près de dix ans. Elle entreprend de photographier les femmes incarcérées dans près de quarante prisons dans neuf pays d’Europe de l’Ouest et de l’Est ainsi 9

qu’aux états-Unis. Jane parvient à accéder aux pires centres pénitenciers du monde, y compris aux quartiers des condamnés à mort. C’est animée par une rage et une colère face aux conditions de vie des femmes incarcérées, à la violence du milieu carcéral, à l’injustice des sanctions, et ce quel que soit le pays, que Jane Evelyn Atwood tente de dévoiler les travers d’un monde très peu médiatisé. Elle tente de dénoncer des traitements inhumains et inefficaces, espérant sensibiliser l’opinion publique et personnalités politiques. Le summum est atteint dans une maternité pénitentiaire en Alaska, où les femmes accouchent menottées et où on leur retire leur enfant quelques jours plus tard. Les femmes en prisons est un sujet engagé et passionné qui aboutira en France avec la publication chez Albin Michel en 2000 de  Trop de peine .


Blondine, Rue des Lombards, Jane Evelyn Atwood

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Victime de mine,pas de jambe, un bras, Angola, 2002 Woods Hole,Cape Cod, états-Unis, 2005

Victimes des mines anti-personnels Après avoir réalisé une commande d’Handicap International pour une campagne de sensibilisation contre les mines anti-personnels au Cambodge, Atwood va décider de continuer seule ce travail dans d’autres pays, tels que l’ Afganistan, le Mosambique, l’ Angola ainsi que le Kosovo. Elle va rapporter après son étude de quatre ans, des portraits tout en sobriétés, toujours avec le même regard personnel et engagé.

Séisme en Haïti La photographe réalise une série de photos en couleurs, ce qui rend son travail plus riche, plus provoquant et plus complexe à la fois. Elle nous propose sa propre vision d’un peuple possédant une forte envie de vivre ainsi qu’une capacité à se créer chaque jour un avenir différent. Elle rompt avec des images qui présentent habituellement un pays misérable et violent. Comme dans tout ces sujets, elle s’interroge sur la condition humaine et dé-

couvre au fil du temps des êtres capables de surmonter la pauvreté. Cela lui inspire un profond respect. Elle sortira son livre Haïti, paru chez Actes Sud en 2008. Il présente soixantequinze clichés pris entre 2005 et 2007 dans différentes régions et villes de pays : Les Gonaïves, Jérémie, Port-de-Paix, Anse-Rouge, ...

Ses photos Elle a un goût prononcé pour les contrastes de noirs et de blancs profonds. La dureté de ses sujets malmène le classicisme de ses compositions. Atwood a produit plusieurs ensembles importants en couleurs, l’un sur la Légion étrangère, un autre sur Haïti et le dernier sur Jean-Louis atteint du sida . La photographe utilise un appareil photo argentique et développe elle-même ses photos sur du papier baryté, c’est un support épais à base de fibre, une surface glacée et un papier blanc obtenu à partir de sulfate de baryum. Jane Evelyn Atwood a besoin d’un réel objectif pour prendre ses photos, elle travaille dans une réalité objective. Il n’est pas donné beaucoup plus d’informations quand à sa technique. Ses photographies portent un regard très lucide. 12


Pratique & Travaux Détail Haïti, 2005 Jean Louis, un homme atteint du sida, Paris, 19 87

Les images sont très clair et analytique. Comprenant également beaucoup de poésie et de tendresse.

Sa démarche de création Tout commence par un questionnement.

Puis elle se met en phase de recherches, pour chaque nouvelle série, Atwood vit aux cotés de ses modèles pendant des mois, parfois des années, elle s’immerge dans leur quotidien. Au sein même de ses projets photographiques, elle crée une forme d’intimité et de confiance pour porter un regard en profondeur sur le sujet photographié afin de capter un regard, un geste, une expression ou même un sentiment. Jane Evelyn Atwood prend son temps, préférant réaliser de bonnes photos plutôt que beaucoup de photos. Chacun de ses sujets est traités en profondeur, jusqu’à ce que la photographe ait le sentiment d’avoir compris et appris quelque chose.

Signification des titres L’artiste intitule ses œuvres en fonction de ce 15

qu’elles sont, elle va au plus pertinent. C’est

un indicatif sur chaque photographie, permettant de mieux comprendre une situation. Par exemple, pour la photo intitulée Tentative de suicide, métro Belleville, la tête de l’homme peut ne pas avoir été perçu au premier abord, néanmoins le titre permet de ne pas passer à coté de l’intensité de l’image. Ou encore, En cellule d’isolement, Women’s Correctional Facility, indique un lieu où situe l’image alors qu’à premier vue, on ne voit qu’un visage de femme avec une ombre qui cache la moitié de sa tête. Une histoire se cache derrière chacun de ces titres qui nous en révèlent une infime partie.

Thèmes, sujets et domaines Jane Evelyn Atwood travaille sur des sujets

difficiles : prostituées, pauvreté, malade du SIDA, aveugles, femmes incarcérées, victimes de guerre … des sujets dans lesquels elle s’est « engagée corps et âmes », selon les mot de l’écrivain Eduardo Manet. Néanmoins, la grande thématique de son travail reste l’homme et en particulier, les laissés pour compte, ceux qui vivent en marge de la société, des gens esquintés par la vie. Son travail est fondée sur la compassion.


« Jane Evelyn Atwood travaille sur des sujets difficiles : prostituées, pauvreté, SIDA, aveugles, ...»

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Pratique & Travaux Détail Pauvreté, JE.Atwood Haïti, JE.Atwood, 2008 Rue des Lombards, JE.Atwood, 2011

Atwood travail sur l’empathie avec la souffrance d’autrui, et aussi sur des défis, des dangers, l’exploration des limites, nous montrant ce que nous ne préférions pas voir.

Bibliographie Avant de devenir photographe, Jane Evelyn

Atwood avait pris des cours de « creative writing » à l’université, elle aimait beaucoup écrire mais elle s’est rendu compte que le coté visuel était d’autant plus important. • Nachlicher Alltag (   La nuit quotidienne   ), Mahnert-Lueg Verlag, Munich, Allemagne, 1980. • Dialogues de nuit, Jean-Jacques Pauvert/ Ramsay, Paris, 1980. • Légionnaires, préface de Vladimir Volkoff, Hologramme, Neuilly, France, 1986. • Extérieure nuit, texte d’Eduardo Manet, Nathan, collection Photo Poche société, Paris, 1998. • Trop de peine, femmes en prison, Albin Michel, Paris, 2000. • Too Much Time, Women in Prison, Phaidon

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Press Limited, Londres, 2000. • Sentinelles de l’ombre, éditions du Seuil, Paris, 2004. • À contre coups, préface d’Annette Lucas, édition Xavier Barral, Paris, 2006. • Haïti, préface de Lyonel Trouillot, éditions Actes Sud, Arles, France, 2008. • Badate, préface de Walter Guadagnini, Silvana Editoriale, Milan, Italie, 2008.

Interviews Il n’y a pas beaucoup de reportages sur

Jane Evelyn Atwood, néanmoins quelques interviews de l’artistes sont en libre accès. • Paroles d’auteurs // «  Pourquoi photographiez-vous ? » // Jane Evelyn Atwood • Y’a du monde à Paris : Rétrospective de Jane Evelyn Atwood à la Maison Européenne de la Photographie. • Canon CPN // Jane Evelyn Atwood. • interview de Jane Evelyn Atwood, photographe // par l’Express // video postée sur Dailymotion.


Expositions 1981 : In a Tradition, International Center of Photgraphy, New York. 1982 : Prostituées, galerie Canon, Suisse. Journées internationales de la photographie et de l’audiovisuel, Montpellier, France. 1983 : Prostituées, galeries Photo Fnac ( Paris, Nice, Colmar, Toulouse, Metz ). 1986 : Prostituées, musée de la Photographie, Charleroi, Belgique. 1992 : Légionnaires, prostituées; jean-louis : vivre ou mourir du sida, musée d’Orange, France. 1998 : Trop de Peines en prison, expositions itinérantes, jusque 2005. 2005 : Jean-Louis, galerie Camailleux, Marseille, France. 2011 : Rétrospective de Jane Evelyn Atwood, photographies 1976-2010, Maison Européenne de la photographie, Paris.

Détail Identical Twins, Diane Arbus, Portrait Diane Arbus

Référents C’est après avoir vue une exposition de Diane Arbus que Jane Evelyn Atwood décide de s’engager dans la voie de la photographie.C’est sa principale source référante. Diane Arbus s’inscrit dans un courant photographique mêlant un style documentaire et urbain. Son travail le plus 18


Pratique & Travaux Prison pour femmes, Tennessee, 2001

« Je suis fascinée par les gens (...) Je suis fascinée par la condition humaine. »

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remarquable est sans doute « American Rites, Manners and Customs » ( les rites de la société américaine ). C’est une vaste galerie de portraits d’Américains pour la plus part inconnus, qui met en exergue les rites sociaux de cette société. Elle est fasciné par les personnages hors-normes. Arbus photographie tant des travestis que des handicapés mentaux, des jumeaux ou encore des personnes de petites tailles ou nudistes, … En mélangeant le familier avec le bizarre, la photographe dresse un portrait troublant de l’Amérique des année soixantes. Ses images nous interrogent sur l’identité de ces « icônes » hors norme. Le travail de Jane Evelyn Atwood rejoint celui de Diane Arbus, dans le sens ou elles ont la même obsession pour ses personnes incom-

prises et qui paraissent au reste du monde « étranges ». Et puis, elles travaillent toutes deux en noir et blanc. Néanmoins, le travail de Jane Atwood semble plus militant que celui de Diane Arbus.

Obsession « Je suis fascinée par les gens (…). Je suis fascinée par la condition humaine, je suis fascinée par l’exclusion. J’ai toujours photographié des gens qui peuvent paraître un peu étranges au reste du monde, mais j’essaie dans mes photos de ne pas souligner cette étrangeté. J’espère les montrer comme les êtres humains qu’ils sont, différents, certes, mais pas moins


Détail, Parloir intérieur, Dijon, 1991 Centre correctionnel pour femmes, Pardubice, 1992

humains. » Jane evelyn Atwood. Elle est fasciné par les gens que la société juge comme différents ou marginaux, ainsi que par l’exclusion.C’est à travers ses photos qu’elle tente de comprendre leurs manières de vie et comment ils vivent leurs différence.

Perception de son travail Le public en regardant les images de Jane Evelyn Atwood est touché, ils se positionnent en tant que voyeurs lorsqu’ils regardent les photos de la rue des lombards ou en tant que visiteurs dans la série des femmes en prisons.

Ses sujets sont très militants et dérangeants car ils nous montrent une réalité inconnue et brutale qui nous saute aux yeux. La critique qualifie le travail de Jane Evelyn Atwood de « vérité crue, sans misérabilisme » et qu’elle redonne « dignité et humanité aux exclus de la société » d’après L’express. Autre critique, le magazine Slash parle « d’un talent impérieux qui s’impose ». La critique dans l’ensemble admire le travail très profond de cette photographe américaine.

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« Analyse d’une œuvre

Trop de peine... prisons»

Contexte Depuis 1980, rien qu’aux états-Unis, la quantité de prisonnières a été multipliée par dix, une augmentation bien supérieure à celle des hommes. Cette explosion marque un bouleversement social et entraîne des problèmes dont on mesure encore mal les conséquences. à ce moment, Jane Evelyn Atwood est une photojournaliste reconnue qui a déja travaillé sur des sujets difficiles tels que la pauvreté, les légionnaires, les auveugles ou encore le sida. Elle va décidé de s’intérresser aux conditions d’incarcération des hommes et des femmes en prisons.

Sa démarche Jane Evelyn Atwood était depuis longtemps obsédée par l’idée de l’incarcération. Après plusieurs tentatives pour photographier dans des prisons, c’est grace à une commande ( un livre pour le bicentenaire de la Révolution lancé par J-F Leroy et Y.Arthus-Bertrand en 1989 ), que la photographe va réussir à pénétrer dans l’une d’entre elles, à Toulon exactement. Le ministère de la justice lui avait réfusé l’accès aux prisons d’hommes car c’était une femme, elle s’est donc retrouvé dans une petite maison d’arrêt pour femmes dans le sud de la France. Ce qu’elle y a découvert lui a ouvert les yeux. Atwood s’est identifiée a elles

et dès sa sortie, elle a voulu témoigner des conditions déplorables à l’intérieur de la prison. Jane Evelyn Atwood a passé près de dix ans à photographier des femmes en prisons, c’est son travail le plus long pour le momment. Elle demandais toujours a rester au moins sept jours dans chaque prisons afin d’effectuer un travail en profondeur. La photojournaliste a envoyée énormément de demandes et a reçues énormément de refus, néanmoins elle parvient à entrer dans une quarantaine de prisons dans neuf pays de l’Europe de l’Ouest et de l’Est ainsi qu’aux états-Unis. Elle arrivera également a pénétrer les quartiers de condamnées à mort. Atwood a rencontré et photographié des femmes incarcérées aussi bien pour des délits mineurs tels que vols et drogue, mais également pour des crimes plus graves comme meurtres ou infanticides. Comme bien souvent, elle a financé le début de ce projet seul. Puis vers la fin, Atwood a pu obtenir des commandes de certains magazines tels que le New York Times Magazine, Life ou El Pais, qui l’ont aidé a continuer. On lui demande souvent comment a elle pu tenir dix ans sur ce sujet. Et bien, au début la photographe était curieuse de connaître le réalité, la surprise, le choc et puis c’est la rage et la colère qui l’ont portée jusqu’au bout.

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Analyse d’une oeuvre Détail Une prisonnière menottée, Etats-Unis, 1993

« De tous les établissements que j’ai photographiés, les prisons françaises étaient les pires. » Le livre, Trop de peine, femmes en prison Elle a écrit des textes et enregistré des détenues et des gens qui travaillaient en prison. Ses textes se trouvent dans son livre Trop de peines, Femmes en prison, paru en 2000. Livre qu’elle a dédiée a Corinne Hélis, 27 ans, décédée dans une prison française suite a une crise d’asthme. Le directeur du centre pénitentier avait réfusé la ventolline en prison parce qu’il pensaient que les détenues se défonçaient avec ... Son crime : émission de chèques sans provision ...

Les problématiques que soulèvent son travail Cet ouvrage est à ce jour le document le plus complet portant sur les femmes incarcérées, il 23

apporte des questionnements primordiaux et provoquant sur les traitements faits aux détenues en prison. Tels que : Les hommes et les femmes sont-ils égaux devant la peine  ? Pourquoi la population cacérale est-elle pour une grande majorité d’une pauvreté accablante et parfois handicapée mentalement  ? Sachant que 89 % des femmes sont incarcérées pour des crimes non violents, pourquoi le système ne fait-il rien pour éduquer, préparer ou accompagner ces femmes afin de leur éviter de replonger dans le délit ou le crime et de retourner en prison  ? Quel est le quotidien de ces femmes privées de toute liberté  ? En rendant compte des différents aspects de cette réalité, Jane Evelyn Atwood veut avant tout informer, mais sa photographie est aussi un appel urgent au changement des traitements faits aux femmes en prisons.


D’ailleurs, elle le dit dans l’introduction de son livre, la politique actuelle des prisons est « humilier plutôt que réhabiliter ».

Description plastique de son travail Il comporte une série de 150 photos réalisées avec des objectifs 28 et 35 mm car les cellules étaient exiguës. Pour les photos en noir et blanc, elle utilise toujours la Tri-X, qui est la rolls des photographe pour les émusions en noir et blanc. Ce sont des images dures capturées sur le vif, en noir et banc purs, avec de fort contrastes, qui constitue un panorama-réquisitoire qui frappe part sa force, sa sèche brutalité, mais aussi, par une sensibilité constamment en éveil et une esthétique somptueuse. Le grain de la photo est légèrement apparent et met en valeur les transitions entre les zones de densité différentes. On remarque une gamme de gris étendue et un contraste régulier depuis les basses aux

hautes lumières. Il y a également un petit air rétro dans ses photographies.

Sujets Pour cette série, elle a photographié des lieux: de la prison de Haute sécurité au quartier d’isolement, des cellules aux parloirs, des cours aux réfrectoires. Mais également, des objets, tels qu’un lit, des photos au mur, un couffin, ... des images parfois improbables. Atwood photographie également différents moments de la vie d’une détenue : de la fouille, au repos, repas, discussions, visites... Rien n’échappe a l’objectif de cette femme photojournaliste, pas même des scènes choquantes comme cette photo où une femme est en train d’acouchée en restant menottée. La photographe raconte que c’est la loi dans tout les pays supposés développés, mais que souvent le personnel soignant déli les menottes. Elle a réussi a prendre cette photo car la jeune femme qu’elle suivait à Anchorage 24


Analyse d’une oeuvre Perm, cour de promenade, Russie, 1990 Rue des Lombards, fin années 75

« La politique actuelle des prisons est d’humilier plutôt que réhabiliter. » ( dans l’état de l’Alaska, aux états-Unis ), avait été prise d’un malaise auquel personne ne s’attendait et qu’elle avait accouché prématurément. Sinon, on ne l’aurait jamais autorisée a prendre ce cliché. C’est une photo prise sur le vif, représentant toute la force du travail de Jane Evelyn Atwood, il n’y a aucune mise en scène. Autre cliché très fort, cette image prise au centre correctionnel pour femmes à Pardubice en République Tchèque datant de 1992. La scène est prise en gros plan, on y voit des avant-bras menottés couverts de cicatrices, de scarifications, de brulures. Contrairement aux hommes, les femmes retournent leur agressivité contre elles-mêmes. Elles se mutilent avec des objets pointus, des cailloux ou se frottent jusqu’à sang aux murs. Ses images témoignent de l’absurdité de ces lois faîtes pour les hommes et qui sont appliquées sans réflexion aux femmes, sans tenir compte de leur différence. Dans ce livre, elle donne la parole à ces 25

femmes qui bien souvent sont réduites à des éléments statistiques ou symboliques. Presque à chaque fois, elles ont été incarcérées à cause d’un homme. Souvent, elles ont été abusées, très jeunes, dans leur propre famille. En général, on leur inflige des peines proportionnellement plus lourdes que leur « complice ». Elles sont, en outre, victimes du préjugé général. Ainsi, dans son recueil, Atwood nous fait part d’annectotes liées à chacunes de ces photos. Par exemple, en 1990, avant la chute du régime communiste, à Perm, près de la Sibérie, les femmes devaient porter le foulard, un tablier avec leur nom, elles étaient employées à fabriquer les uniformes des pompiers russes de 8 à 18 heures, sans interruption. Il n’y avait pas de cellules : c’était « 180 femmes par dortoir, des lits superposés, des gamelles de métal où était servie une soupe non identifiable avec un morceau de pain ». Ou encore, une jeune femme de dix sept ens et sa mère condamnées ensemble à vie pour avoir tué


Centre pénitenciaire , Les Baumettes, Marseille, 1991, « Parloir intérieur », Dijon, 1991

« Ce sont ces femmes qui ont eu le courage d’assumer leur culpabilité, de nous parler. » l’époux de cette dernière, qui les battait, les violait et les harcelait psychologiquement. En grande partie, ces déténues ont été victime d’abus répétés durant leur enfance, parfois toute leur vie. Comme beaucoup de criminels, elles sont d’abord des victimes qu’on a oubliées et que l’ont a pas aidée. Atwood nous fait part de ces femmes dont on nie l’huma2 nité, vivant à 6 dans des cellules de 8m , avec des toilettes sans lunette. Des femmes trop

souvent abusées par les gardiens de prisons, fouillées jusque dans leur intimité. Jane Evelyn Atwood tient à nous faire passer un message via ce documentaire photographique, qui est : « Regardez bien ces femmes. Elles ont eu le courage d’assumer leur culpabilité, de vouloir changer, de nous parler, avec leurs mots et leurs images. Ce sont les femmes à qui nous avons tourné le dos... » 26


Détail Sleeping by the lion Carpet, Lucian freud.

Réflexion :

« l’intimité dans l’art contemporain. »

Jane Evelyn Atwood s’immisce dans l’intimité de ses sujets, que ce soit des malades en phase terminale, des prostituées avec leurs clients, des femmes accouchant ou bien se lavant en plein cœur d’une prison. La question de l’intimité dans l’art n’a cessé d’être commentée, critiquée, voire censurée. L’intimité c’est ce qui n’est pas permis de voir publiquement, ce que l’on ne raconte pas, comme des secrets, des scandales, la mort, certaines parties du corps, la sexualité, la maladie ... L’intimité dans l’art peut passer, par la notion d’intime traitée directement dans l’œuvre en exploitant la nudité ou la sexualité, ou bien elle peut se traduire par le regard des spectateurs. Elle s’est développée à travers les divers courants artistiques, passant par la grande baigneuse d’Ingres durant le néoclassicisme. L’artiste a représenté une femme nu, prennant son bain. Elle nous tourne le dos, le spectateur se positionne en tant que voyeur. La scène est érotique sans être provoquante. Et puis, il y a eu le scandaleux « l’origine du monde » peint par Courbet, chef de fil du mouvement réaliste, en 1866. Il cadre sa toile sur le sexe d’une femme, nous livrant son intimité.On pourrait également évoquer l’inti-

mité traduite dans certains autoportrait des artistes tels que Vincent Van Gogh, peintre de l’impressionisme, qui nous dévoilait une partie de son intimité via ses œuvres personnelles. Cette notion d’intime à pris bien des formes à travers les œuvres dîtes classiques. Comment les artistes contemporains traitent de l’intime dans leurs œuvres.

La nudité à travers la nudité, les artistes contemporains nous dévoilent l’intimité de leurs sujets. Prenons Lucien Freud qui peint des modèles nus dans son atelier à huit clos, en général des proches de l’artiste ( femmes, enfants, amis ). L’intimité est présente de diverses manières dans le travail de freud, de part le réalisme de ses tableaux, le huis clos entre l’artiste et le modèle et puis le processus de création nécessitant parfois plus de 2000 séances de pose. Dans « Benefits Supervisor Sleeping », Freud peint une femme corpulente, nue qui semble s’être assoupie sur le sofa. Il dévoile toute l’intimité du sujet, en n’ommettant aucun détail. Il met en évidence des parties du corps surexposées et déformées. On entre dans l’intimité d’une scène, sans érotisme. C’est comme si le corps n’était qu’un amas de chair inerte. La posture semble inhabituelle, la femme nue est de face et l’éclairage électrique met en avant

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Réflexion

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le modelé du sujet. Le spectateur est mis en position de voyeur, il s’immisce dans l’intimité de cette femme, pouvant d’ailleurs nous mettre mal à l’aise.

La sexualité Les artistes contemporains traitent également l’intimité par le biais de la sexualité. Le travail de Terry Rodgers en est un parfait exemple. Il réalise de grandes fresques intimes, qui font scandale de part leurs caractères profane et érotique. Dans son tableau, The Curve of Time, l’intimité ne passe pas seulement par la nudité des personnages mais aussi par la sensualité. Les positions provocantes des personnages et l’érotisme que dégage cette œuvre en témoignent. L’artiste peint des scènes intimes et cachées, se déroulant lors de soirées privées, par exemple. Il révèle ces scènes aux yeux de tous. Rodgers nous montre un aperçu de débauche, de luxure, de laisser aller entre sexe et alcool ; témoignant d’un milieu riche, vivant au-delà des normes. Aucun personnage ne nous regarde. On entre encore une fois dans l’intimité du tableau, en se positionnant en tant que voyeur. C’est un peintre réaliste, l’intimité se traduit également par le réalisme des corps , on se projette davantage dans le tableau et dans cette scène.

Détail The Curve of Time, Terry Rodgers, 2006 Série Maternités, Rineke Dijkstra

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Réflexion

Détail Les pensionnaires au repos, Anette Messager

« Annette Messager traite de l’intimité par des moments quotidiens tels que la mort. » La vie quotidienne L’artiste contemporain traite également de l’intimité en se servant de certains moments de la vie quotidienne, lors par exemple d’un accouchement ou bien d’un décès. C’est ce qu’exploite l’artiste Rineke Dijkstra dans sa série Maternités. L’artiste a photographié des femmes nues qui venaient juste d’accoucher et qui ont posé debout, contre le mur blanc d’un couloir de maternité. Dijkstra capture un moment d’intimité de ces femmes, sans vraiment de mise en scène. Ce décor épuré permet de ne pas tombé dans les stéréotypes trop rose des maternités et puis de capter l’attention du spectateur sur ces femmes. L’une 31

d’elles porte une culotte transparente dans laquelle on aperçoit une serviette hygiénique. Une autre a un filet de sang qui lui coule le long de la cuisse et une dernière dévoile une plaie dûe à une césarienne. Ce sont des moments intimes qui sont donnés à voir par le travail de la photographe. Rineke Dijkstra est à la recherche de l’instant de vérité dans une mise en scène très neutre, ce qui ne retire rien à la beauté de ces images qui sont d’une extrême netteté comme pour révéler le plus intime de l’être photographié. Le travail d’Annette Messager traite également de l’intimité par des scènes quotidiennes, des moments intimes tel que la mort.


Prenez soin de vous, Sophie Calle

Dans son oeuvre, Les pensionnaires au repos, elle expose des oiseaux empaillés, emmaillottés dans de petits habits de laine, à l’image de poupées formant ainsi une collection. Messager personnifie ses animaux. Elle veut reconstituer ici, « une vie de tous les jours », symbolisant ainsi les petits rituels que font les enfants lorsqu’ils enterrent leurs animaux morts, pour leurs donner une sépulture. L’artiste nous amène dans une intimité liée à la mort, ainsi qu’un respect vis-à-vis des dépouilles. Elle exploite le corps et l’intimité de ces animaux de manière presque familière.

La mythologie personnelle de l’artiste Dans la même optique, Sophie Calle, qu’on appelle aussi «l’artiste de l’intime», base tout son art sur sa propre intimité. Elle expose ses propres souvenirs, sa propre vie, sans tabou. Sophie Calle dévoile certaines parties de son intimité afin de soigner ses blessures. L’art a, pour elle une fonction térapeuthique. Dans son projet Prenez soin de vous, elle explique

qu’après avoir reçu un email de rupture dont la fin porte ces mots, elle a demander à 107 femmes choisies pour leur métier, leur talent, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel. C’est une manière pour elle de comprendre la rupture. Sophie Calle utilise l’art dans son intimité. Toutes les oeuvres sont d’une certaine manière, une partie intime de l’artiste, car il nous dévoile une partie d’eux-même : leur mythologie personnelle. Nan Goldin n’a pas de tabou, allant même jusqu’à se photographier après avoir été battue par son petit ami de l’époque, ce qui avait manqué de lui faire perdre un œil. Ce cliché fait partie de la série intitulée All By Myself qui atteste de son propre délabrement, physique et mental. C’est en étalant publiquement sa vie et son histoire qu’elle réussit à mieux se comprendre et à s’accepter, tout en s’identifiant dans la société. Elle désire photographier la vie telle qu’elle est et sans censure. D’ailleurs, ses photographies permettent aux spectateurs de s’identifier et de s’intérroger.

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Réflexion Détail Nan Goldin, Washington, 1953 All by Myself, Nan Goldin

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Untitled 7, Jen Davis, 2004 Push-Up Bra, Jen Davis, 2003

« Jen Davis met son propre corps en scène dans ses œuvres, se livrant en toute intimité.  » Le corps de l’artiste lui-même Parfois, l’artiste met son propre corps en scène dans ses oeuvres. Il se livre à son public dans toute son intimité. Par exemple, l’artiste américaine Jen Davis, nous livre des scènes de vie de son quotidien passant de sa douche, à l’habillage, au levé du lit, avec son compagnon ou seule ... Elle aborde de sujets délicats tels que les critères de beauté et l’image que l’on projette. L’artiste se penche également sur sa relation avec les hommes de façon très intime. Dans sa photo-

graphie Push-Up Bra, elle ferme son pantalon. Ses clichés semblent être pris sur le vif, ce qui renforce le côté voyeur du spectateur. Elle utilise son propre corps comme langage comme dans Untitled No, 7, Jen Davis est assise sur le rebord de sa baignoire, son corps nu dissimulé par endroits avec une serviette. Elle nous livre sa vie dans les moindres détails, nous faisant partager son intimité. C’est en quelque sortes des autoportraits moderne de l’artiste. Jen Davis se sert de son travail pour assumer son corps, ses formes et briser le dictat de la minceur au sein de la société. 35


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Bibliographie • Jane Evelyn Atwood, édition Photo poche, de Catherine Chaine. • réponsephoto, n°200-novembre 2008.

Références Web • WWW.janeevelynatwood.com • article du monde, 19 juillet 2011, La compassion, oui, mais • http://www.citazine.fr/article/jane-evelyn-atwood-la-fille-au-leica • http://www.agencevu.com/photographers/photographer.php?id=3

Interviews • http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Terriennes/Videos/ Entretiens/p-17027-Les-demuni-e-s-dans-l-objectif-de-Jane-EvelynAtwood.htm • http://www.dailymotion.com/video/xjbfwp_jane-evelyn-atwoodphotographe_creation • http://www.youtube.com/watch?v=pkd_lA83xOg

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lycée polyvalent Léonard de Vinci

académie Nantes

BTS COMMUNICATION VISUELLE ARTS VISUELS APPLIQUÉS MÉMOIRE 2012 AUDREY LAGADEC

Une prisonnière accouche menottée – 1993 Jane Evelyn Atwood Photographie – Noir et blanc Providence City Hospital – Alaska – Etats-Unis


Mémoire AVA