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ENTREPRENDRE

Vilebrequin passe sous la coupe de l’Américain G-III

à hauteur de 27 %, la nouvelle équipe dirigeante compte s’appuyer sur les partenaires commerciaux de G-III pour y doper sa pénétration. « Des synergies de relations vont se créer entre Vilebrequin et son nouvel actionnaire qui travaille avec les plus grandes enseignes américaines telles Barneys ou Bloomingdale’s », confirme Roland Herlory. C’est d’ailleurs outreAtlantique qu’ouvrira en octobre la prochaine boutique à l’enseigne, à Greenwich dans le Connecticut. Elle complètera une liste de 185 points de vente revendeurs, dont 60 magasins détenus en propre et 20 en franchise.

Le groupe new-yorkais G-III Apparel a pris le contrôle début août de la marque d’origine française Vilebrequin pour la somme de 85,5 millions d’euros. Il mise sur l’expérience combinée de deux anciennes figures de Hermès, Roland Herlory et Christian Blanckaert, pour faire rayonner sa mode balnéaire aux quatre coins du globe.

Le nouvel eldorado asiatique L’ancien responsable de la zone Amérique latine n’oublie évidemment pas le sud du continent américain (6 % du chiffre d’affaires de Vilebrequin) et ses plages plébiscitées par les touristes du monde entier. Mais c’est à l’opposé du globe, en Asie (8 % des ventes avec le Moyen-Orient), que la griffe va

Jouer l’effet réseau avec le groupe

PHOTO: ELISABETH-MONTAGNIER.

Le premier challenge pour Vilebrequin sera de booster son expansion internationale. Car si la marque se targue d’une présence dans 50 pays, elle reste encore une entreprise de taille moyenne à l’échelon mondial, avec un chiffre d’affaires de 45,1 millions d’euros en 2011. Pour passer à la vitesse supérieure, G-III a donc été chercher deux profils internationaux issus d’un des fleurons du luxe français, Hermès. Après 23 ans au service du sellier, Roland Vilebrequin Herlory, exn’a pas vocation directeur sur à devenir une l’Amérique lamarque de PAP tine et les CaROLAND HERLORY, raïbes, a pris PDG DE VILEBREQUIN ce 1er septembre la direction de l’entreprise aux quelque 250 collaborateurs et dont le siège est aujourd’hui basé à Genève. « J’ai passé des moments formidables au sein d’Hermès mais il est bon après tant d’années de savoir partir pour découvrir de nouveaux horizons. Vilebrequin est une marque que j’admire car elle a su garder un univers qui lui est propre et maintenir ses critères de qua10

«

»

S’adressant au père et au fils, Vilebrequin propose des modèles aux imprimés exclusifs.

faire le plus grand saut vers l’inconnu. De nombreux pays y sont encore vierges de toute implantation : « La griffe n’est pas présente en Chine, en Corée, à Singapour… », énumère Roland Herlory. Or, cet ancien de chez Hermès connaît l’appétit grandissant des populations locales pour les marques de luxe françaises (nationalité d’origine de Vilebrequin). Pour le reste, Vilebrequin n’entend pas toucher à sa composition de base. La diVilebrequin dispose de 80 boutiques à l’enseigne à travers le monde, telle celle de Florence. rectrice artistique qui officie depuis 15 ans, Zaza De Brito, reste aux commandes du style. Idem pour ses fourlité au fil du temps », confesse le nouveau dirigeant. nisseurs de matières européens et ses confectionAncien PDG de Hermès-Sellier et DG d’Hermès neurs basés en Italie et Bulgarie. La griffe ne s’interInternational, Christian Blanckaert, aujourd’hui dit pas néanmoins l’ajout de quelques ingrédients président du conseil de surveillance de Petit Bateau pour varier les plaisirs. Elle n’a d’ailleurs pas attendu et administrateur de Moncler et de Piper Heidseick, ce rachat pour s’ouvrir progressivement à de nouse voit quant à lui confier la présidence du comité velles catégories de produits, comme le polo, les acstratégique. De son côté, Adu Advaney, cofondateur cessoires et même des doudounes. Une stratégie de Fashion Fund I B.V., l’ancien actionnaire de qu’entend poursuivre le nouveau capitaine à bord, Vilebrequin, prend la vice-présidence du conseil sans pour autant changer de cap : « Vilebrequin n’a d’administration. pas vocation à devenir une marque de prêt-à-porter », Ensemble, ils devront renforcer la présence de la assure le PDG. Quant à la femme, marché auquel marque là où elle est déjà implantée, à l’image de Vilebrequin s’était attaqué par le passé en licence l’Europe, qui pèse 58 % du chiffre d’affaires mais où, sans succès, « il est encore un peu tôt pour y penser. « hormis en France et en Italie qui sont bien couverts, Il y a déjà fort à faire sur l’homme et l’enfant », temle potentiel reste important », relève le nouveau PDG. père Roland Herlory. ■ En Amérique du Nord, contributeur dans les ventes PHOTO: DR.

N

é dans les années 70 sur une nappe à carreaux du café tropézien Sénéquier, le maillot de bain Vilebrequin revêt désormais les couleurs du drapeau américain. La marque masculine est tombée le 7 août dans l’escarcelle de l’Américain G-III, détenteur en propre et en licence de marques comme Calvin Klein, Levi’s, Tommy Hilfiger, Jessica Howard… Ce dernier en a fait l’acquisition auprès du fonds néerlandais Fashion Fund I B.V., propriétaire de la marque depuis 2007, pour un montant de 85,5 millions d’euros. 70,5 millions ont En 1971, le journaliste Fred Prysquel découpe un short de bain dans la nappe été payés comptant et 15 millions en billets à carreaux rouges et blancs d’une table du Sénéquier. Vilebrequin est né. à ordre non garantis dus à la fin 2017, avec un taux d’intérêt annuel de 5 %. L’accord prévoit par ailleurs un complément de 22,5 millions d’euros si les objectifs de performances fixés pour les trois prochaines années sont atteints.

PHOTO: RENE BURRI / MAGNUM PHOTOS. PHOTO: MARC SCHWARTZ.

Par Audrey Bazanella


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