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Ma ga zin el oc al

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ÉOLIENNES Vent de discorde

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I UE Q

3,80  €

  Idé

edoc-Roussillon

er d’ère en  langu g n a h c r u e s po es v e r t

DESSOUS DE TABLES Créatifs, bio, locaux, conviviaux, fermiers...

12 pages DE RESTAURANTS DÉTONANTS

et aussi… MUSIQUE

Cinq troubadours au sang show

SPORT

Les handicapés se jettent à l’eau

FRINGUES

Échanges sous le manteau (A)typiques n°5 / octobre-novembre 2010 — www.atypiques-mag.fr


Le nouveau magazine du Languedoc­Roussillon local, pratique, ludique et engagé sur l’écologie et la solidarité… Découvrez-en des extraits dans les pages suivantes.


ÉDITO (A)typiques : ni baba ni bobo, 100 % indépendant, artisanal made in La Pointe-Courte, Languedoc-Roussillon.

C’est par là ! N, PA R IC I! J’ai trouvé !

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Et si on testait ?

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© Booyabazooka

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VOUS ÊTES (A)TYPIQUES

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TESTÉ POUR VOUS

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Vos réactions © Secret Side - Fotolia.com-Sylvain Fabre

La bonne direction

ous aimez l’aventure ? Suivez le feuilleton Allez, zou ! (A)typiques ! * Après un été difficile, pétri d’obstacles administratifs et financiers, de doutes sur l’avenir du magazine et d’épuisement, nous revenons cet automne gonflé(e)s à bloc. Grâce à qui ? À vous, qui nous sautez dans les bras sur les stands pour nous dire : « c’est super, continuez ! ». Grâce à vous, on se dit que ça vaut le coup de donner de son énergie (et souvent ses soirées et ses week-ends) pour que l’aventure se poursuive. Bref, de continuer à y croire ! Comment ? On y réfléchit comme on joue au Rubik’s cube, en retournant le modèle économique dans tous les sens. Et on a trouvé la solution : c’est vous ! En devenant distributeurs du magazine, vous devenez à votre tour acteurs de l’aventure : il vous suffit de commander (A)typiques au prix préférentiel de 2,50 € (à partir de 4 exemplaires), et de le faire découvrir à votre entourage (voir p. 42). Objectif : deux mille lecteurs supplémentaires. Une façon de permettre à votre magazine de passer le cap qui l’amènera à la stabilité économique. Explications : au mieux, un magazine met trois ans avant d’atteindre un budget équilibré. Les financements de départ (70 000 €), s’ils semblent importants, se révèlent peanuts pour le monde de la presse, même en modèle artisanal : chaque numéro coûte environ 15 000 € pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 10 000 €, actuellement. Sans vous, impossible de ressortir un numéro « à l’identique », impossible de réaliser les recrutements nécessaires : un tel magazine requiert théoriquement l’activité de dix salariés – or, au-delà du conseil d’administration, impliqué dans les décisions stratégiques, nous travaillons à deux au quotidien, sans garantie de pérennisation. Il nous faut donc ajuster le « modèle économique ». Le chantier est vaste. À chaque numéro, de nouvelles pistes : cette fois-ci, un nouveau papier, un nouveau réseau de distribution (une centaine de kiosques autour de Montpellier et Lodève), et plein de nouveaux lecteurs qui vont se régaler… grâce à vous !

Bon appétit ! (le président ! ),

Raquel

(la rédac’ chef),

et toute la petite équipe d’(A)typiques

* Pour suivre le feuilleton (A)typiques, vous pouvez inscrire votre mail sur le site internet : www.atypiques-mag.fr

(A)typiques est un magazine bimestriel édité par l’association Efferv’ & Sens : 68, rue Louis-Roustan, La Pointe-Courte, 34200 Sète, 04 67 51 14 82, www.atypiques-mag.fr Conseil d’administration : Philippe Lugan, Sylvain Fabre, Laure Maton, Clémentine Bougrat, Claire Dewilde, Jean-Louis Estèves. Direction de la publication, rédaction en chef, maquette, distribution : Raquel Hadida, atypiques@orange.fr Secrétariat de rédaction, iconographie, communication, agenda, web : Leïla Pichoir, leila@atypiques-mag.fr Rédaction : Fabien Georges. Ils ont collaboré à ce 5e numéro : -Julien Revenu pour les illustrations. -Delphine De Lucia pour l’échange de fringues. -Merci à Imajam pour les photos. -Merci à Christophe Bertin pour les extraits de son livre, Les Expulsables. -Merci à Pascale Béréni/Re-act, au photographe Cédric Le Roy, et à la comédienne Céline Grolleau pour la mise en scène créative des nappes de restos.

ALORS, ÇA BOUGE ?

Les initiatives en région

Lecteur, en piste !

Lulu

MENU

Imprimé à 3 500 exemplaires, avec des encres végétales, sur papier PEFC, issu de forêts gérées durablement. Par Antoli-Mavit Sival, ZI La Bouriette, 375 rue Henri-Pitot, BP 1005, 11850 à Carcassonne Cedex 9.

Échanges de fringues sous le manteau RENCONTRE

P. 10-11

+ DE LIENS

P. 12-15

Mauresca Fracas Dub : cinq troubadours au sang show

Sports nautiques : Les handicapés se jettent à l’eau

LE GUIDE D’ICI Restaurants : Dessous de tables

P. 17

P. 17 Les pieds dans le plat… P. 18-19 Rapide, sain et bon :

l’impossible équation ? P. 20-21 Cuisine solidaire P. 22-24 Bio et local : Gastronomie militante P. 25 Auberges à la ferme P. 26 Restos multifonctions (M)eating potes LA QUESTION QUI TUE

P. 28-35

Éoliennes : pourquoi tournent-elles au vinaigre ? S’IMPLIQUER

P. 36

AGENDA

P. 37

Agir, oui, mais comment ? Les rendez-vous d’octobre-novembre

CARNET D’(A)TYPIQUES P. 38-41

Couverture : © Cédric Le Roy Pub : l’insertion d’encarts publicitaires est soumise à une charte éthique disponible sur le site web. Nous visons à réduire la part d’espaces réservés à la publicité dans le magazine. La reproduction totale ou partielle des articles et illustrations parus dans (A)typiques, idées vertes pour changer d’ère en LanguedocRoussillon est soumise à autorisation. Formule graphique : Xavier Catherinet. Prix au numéro : 3,80 € Abonnement annuel : 22 €, voir p. 42. ISSN-2104-9033 N° CPPAP : 0612 G 90458 Dépôt légal à parution.

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

Toutes les coordonnées du numéro ABONNEMENT

et PETITES ANNONCES

P. 42

Ce numéro est envoyé aux abonnés du Gard et de la Lozère avec une invitation pour le salon Bio-Alès, et aux abonnés de l’Hérault avec une invitation pour le salon Bio-Harmonies.

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RENCONTRE

b u D s a c a r F a Mauresc « C’est ensemble qu’on y arrive. » Avec leur quatrième album, « Cooperativa », les cinq pirates métissés des Mauresca cisèlent de nouveaux textes « engatsés » et festifs, et font rimer sans vergogne l’occitan avec le français. « Ravale tes clichés », le son des garrigues cuisine dérives identitaires et inepties régionales à la sauce cabanon, reggaeragga et pastaga. Et nous fait bouléguer sans mâcher ses mots.

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entralistes de Paris comme de  Montpellier, «  néo-ruraux qui savent  tout  », «  politiciens de  droite et de  gauche  », «  grands  médias tenus par de  petits  bandits  », «  identitaires en  carton cachés sous les  drapeaux  », «  guignols du  Medef  » ou  «  super-militants pleurnichards  »  : sur  la  scène des  Mauresca  Fracas  Dub, tout le  monde en prend pour son grade. Ce soir, on a même droit à  un  couplet spécial sur le  centre de  rétention de Sète pour les immigrés clandestins : « le truc qui nous fait le  plus gerber  », –  situé à  portée de  doigt  d’honneur, sur le  quai  Maillol, juste en face du concert. « Ni dieu, ni maître, mais le son qui monte », les Occitan  Warriors, en  T-shirt-tongs-casquette, nous font lever les poings ou danser la faran­ dole. Sur  scène, leurs platines branchées sur  le  Mac accueillent patois, accordéon et  hautbois, et qui veut tâter du micro. Sans aucun service de sécurité privé pour empêcher ça…

Retrouvez dans cet article : Occitans sans frontières

En oc, en français ou en espagnol, ces cinq languedociens du monde ont la tchatche. Et n’hésitent pas à piocher leurs rythmes à  la  fois dans le  hip-hop et la  tradition, sur  fond de  percus, de reggae et d’un  mix régional. Montpellier, le  port de  Sète, les  étangs, les  collines de  l’arrière-pays, les  causses. Pas pour  chanter les  cigales, non. Ils ciblent les «  pâles  lotissements  » en  cairon, avec piscine à  ½  h de  la  mer, les politiques du  «  tout pour  le  touriste…  ». Et «  puisque le grand  capital mène le  train, puisque la  société se  flique, on vit dans notre  langue, sur le  bord du  chemin, Indiens des  Amériques  ». Pétris de  Massilia  Sound  System, des  Fabulous  Troubadours et des  cultures  contestataires, ces électrons libres à l’accent assumé défendent les minorités, dénoncent la  précarité organisée, mais se  méfient des dogmes et des  dérives  simplistes. «  C’est très  facile de  faire des  chansons  engagées et  populistes, conformes à ce qu’attendent les gens. Façon chanson française et ses mièvreries

Cinq troubadours au sang show [ Texte Raquel Hadida, photos Sam Bié pour Mauresca ]

Benezet et Chab, les deux tchatcheurs languedociens, Drac le DJ aux platines militantes, le Bolivien Inti pour insuffler le rythme hip-hop ou ragga, et au son, l’Italien Massimo. Les Mauresca Fracas Dub n’ont pas peur des mélanges ! Chez eux, l’engagement prend des tonalités savoureuses et festives. Envie de revisiter le Pays d’Oc ? Les Mauresca vous y emmènent avec leurs griffes, et leurs coeurs.

- Les Mauresca Fracas Dub : le son occitan reprend du tempo !

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écolos-gauchos du quotidien, ou  bien en  criant “fuck les  gros  richards“, “légalisation de la ganja“ ou “vive la révolution“ : c’est démago, assure “francament“ Inti, le percussionniste. Même l’extrêmegauche donneuse de leçons, on a du mal. On préfère chanter la complexité des choses. Ce qui n’empêche pas de se montrer radical et d’envoyer du bois. » Y compris dans son propre camp : « On a pris nos distances avec le milieu occitan. C’est  clair, on rend hommage aux “calandreta“ [les  écoles  occitanes, ndlr], aux gens du service public et des assoc’ qui portent l’occitan au quotidien, avec modernité et créativité. Mais les hymnes, les drapeaux et les  costumes, avec les  penchants  nationalistes, voire  fascistes – comme la Ligue du Midi – qui vont avec, on ne supporte pas. Notre  trip, c’est de  socialiser l’occitan, de faire vivre la  langue, de porter le débat, pas de l’enfermer dans un ghetto identitaire et stéréotypé », appuie Drac, le DJ. Même « les trucs bon enfant », Inti ne supporte pas, alors que Chab, un des « tchatcheurs », se  veut plus tempéré  : «  Les  gens sont souvent sincères, c’est rare aujourd’hui.  » «  Profondément anti­capitalistes

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010


Montpellier, garrigues et littoral (34) Devenus professionnels depuis cinq ans, les cinq petits gars se destinaient pourtant à devenir profs – tout court. À la fac de Lettres de Montpellier, filière occitan, certes, ils se connaissaient. Cédric – alias Drac, le Diable1 – titillait déjà les platines, Sylvan – alias Chab – le hip-hop avec son groupe de rap, le doux Benoît – alias Benezet – délirait plus dans le « trad’ », alors qu’Inti, le Soleil (son vrai nom), anthropologue d’origine bolivienne, était branché reggae et percus. Mais c’est en 1998, dans une  manifestation contre la  réforme de  l’article  2 de la  Constitution2 qu’ils montent sur le  camion, attrapent le micro et chantent ensemble pour la première fois.

Musique coopérative « On est arrivé chacun avec nos propres idées et nos influences pour  construire un  discours  cohérent  », raconte  Chab. Sauf qu’entre  19 et  30  ans, le  discours évolue. «  Ensemble, on s’est  forgé une  expérience  musicale, textuelle et  scénique, par  émulation  réciproque  : l’un  amène une  composition, on la touille dans notre chaudron… Nous fonctionnons de façon coopérative en démocratie directe, sur le principe de l’unanimité : on discute jusqu’à ce que tout le monde soit d’accord. » Mais il doit bien y avoir un leader, un chef de file au groupe ? « Pas de  figure-phare. Quel  que  soit l’auteur, on  partage nos  droits à égalité. » Les  Mauresca travaillent au  maximum en  réseau  local  : 280 Com, un  label de  Montpellier fait  graver leurs  disques (en Pologne, certes) et les distribue. Pour éditer la pochette de leur  dernier  album, «  Coopérativa  », ils ont  choisi un carton  d’emballage pour  bouteilles de  vin –  de l’entreprise sétoise Cartembal  –, qu’ils ont fait  illustrer par un  artiste  sétois, Maël Mignot. Et leur  tourneur (qui organise les concerts), c’est Pierrot de SteamProd, « un ami » de Mauguio. Ils créent et répètent chez eux, dans l’Hérault, entre  Montpeyroux, les  Matelles, Sète et  Puéchabon. Ou dernièrement à La Ciotat (13), chez des potes. Ainsi, via leur assoc’, Lo Sage e lo Fol, ils « contrôlent la production de A à Z ». Et ils en sont fiers !

Rencontrez des personnalités engagées de la région. Artistes, organisateurs, scientifiques, ou personnages « de terrain », ils s’investissent pour une cause écologique et/ou solidaire. et antiproductivites », ces trentenaires ne croient plus aux  partis  politiques de  masse, ni aux  syndicats. Alors  quoi  ? «  Expérience  locale et anti­ nationaliste, c’est le  message de ce  son, explore les  pistes  », scandent les Mauresca.

Un antidote : faire la fête

Bartàs et Cooperativa, les deux derniers albums du groupe. Infos et contacts en p. 38.

Face à l’uniformisation, au  consensus  mou et à  la perte de lien social, ils proposent un antidote radical : faire la fête et partager la macaronade. « Au-delà de son action individuelle, s’ouvrir par des actions locales collectives, c’est essentiel. » Servis par l’intense poésie d’un verbe à la gaieté enragée, les titres parlent d’eux-mêmes : Anam manjar [On va manger] dans les  repas de  quartier, Jardins partagés (voir (A)­typiques  N°4), Cooperativa pour l’économie  sociale, Carnaval, Boulegants [Ceux qui se bougent], Baraqueta… De quoi susciter l’enthousiasme d’un  large  public, de l’Aveyron à  la  Catalogne. «  Ce ne sont pas de  simples spectateurs, ils viennent échanger, nous  supporter, et s’inves­ tissent dans le  festival des  Matelles [entre  Montpellier et le  Pic-Saint-Loup, Ndlr].  » La  fête que le  groupe organise au mois de  mai « pour porter une culture décentralisée, avec des groupes non formatés, non issus du business musical ». « On tient au  gratuit subventionné, payé par  tous  », et à  associer, au bon son des garrigues, des producteurs locaux : vigneron des Matelles, brasseur de Mèze ou éleveurs du Larzac. Chaleur  humaine, partage et bonne  cuisine  : ce  sont ces valeurs méditerranéennes qui ont  attiré, depuis deux  ans, l’Italien Massimo auprès du  groupe pour le sonoriser et peaufiner sa mise en scène. « Au lieu de tourner dans des hôtels cinq  étoiles avec des  groupes parisiens, j’ai plus de  plaisir ici, de  façon  simple  », avoue-t-il. Apéros sur le parking avec les copains – si possible avec « le pastis de ta fabrication » –, concerts « dans de beaux bleds »… les Mauresca ont même joué sur le Larzac en 2003, « devant 500 000 personnes », dans une cuisine d’école « infestée de mouches », ou une yourte « brûlante comme dans un four »…

Contestation globale, implication locale

Loin des sirènes de la capitale, ils tissent des liens ici. Avec les autres groupes de musique occitans, ils inventent encore d’autres mesclas  festifs  : Aïoli  Clash avec les  Pirat’s  Sound Sistema de  Barcelone, Jama  d’Oc  Trans  Balèti avec l’Art à  Tatouille de  Béziers, l’Empont  Setòri avec les  Souffleurs de rêve et Biscampas de Sète. Les  Mauresca partagent leur  plaisir avec des collégiens et jeunes écoliers de maternelle et primaire, à  Nîmes (30), Marvejols, la  Canourgue  (48), et  Clermont-l’Hérault  (34). Sollicités par la  Région, ils s’investissent aussi auprès des lycéens de Mende (48), Lodève (34), Narbonne (11), Pézénas (34) ou Carcassonne (11). Avec eux, chaque année, cinq  classes d’occitan ou de  français peuvent écrire, composer, chanter et enregistrer leurs propres morceaux. Un temps, Drac a  réalisé des reportages dans l’émission « Camina » sur France 3. Pour Radio Lengadòc (95.4), Bénézet et lui menaient les interviews de l’émission « Faï ta Mal » et enregistrent encore chaque semaine « l’Agenda Setòri ». «  Décroissants, dans l’idée  », ils discutent bricolage  écolo avec Inti qui retape sa  maison. Mais certains  compromis sont difficiles à contourner : « On ne fait pas d’acoustique, on  Où trouver (A)typiques ? travaille de la musique électronique avec un ordinateur… et la sono, ça bouffe de l’énergie ! » Alors on se régale par avance du « sound-system qui tourne au soleil et à l’éolienne » promis On peut s’abonner ? dans La  Baraquette, et surtout d’une  nouvelle soirée avec les  agitateurs du  bàrtas. À se  délier, de la  tête aux pieds levés.  1. Diable en occitan. A formé : « dragon », « Dracula », « draconien »… 2. Celui-ci stipule que désormais « la langue de la République est le français ».

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+ de liens Sports aquatiques Voile, plongée, baignade : rien n’empêchera les handicapés d’en profiter aussi ! Pionniers, les clubs et assoc’ de la région inventent des adaptations techniques, mixent « handis » et valides et promeuvent l’accessibilité dans les communes, au nom d’arguments économiques. De quoi créer de précieux moments de partage, d’autonomie et de légèreté. Sur l’eau, les handis sortent de leur ghetto, c’est la cerise sur le bateau. [ Texte Raquel Hadida, Photos Imajam ]

Les handicapés se jettent à l’eau C

e matin, plongée, cet après-midi, voile. Ils avancent en fauteuil ou sont aveugles et n’ont pas froid aux yeux. Pas question de rester terrés chez eux : la vie, c’est à fond les ballons. « On a envie de bouger, de faire quelque chose de nos vies, et on le montre ! » assume Grégory Dumesne. Non content de faire de la voile le week-end et de danser, de faire du théâtre en fauteuil sur scène, ce Montpelliérain s’est embarqué en septembre pour le Défi intégration. 55 jours pour relier Lorient à l’Ile Maurice (la première part du Vendée-Globe) sur un voilier adapté (à 700 000 €), avec trois valides, un paraplégique, un unijambiste et un non-voyant. 55 jours à circuler dans un baudrier, en se rééquilibrant sans cesse pour compenser les mouvements de houle. Bluffant. « Notre force, c’est notre détermination : on va au maximum de nos possibilités et on ne lâche rien. Pour pimenter les équipes professionnelles, c’est idéal ! » Rester entre handicapés qui se comprennent ? Pas question. Ces motivés à toute épreuve conduisent, téléphonent, travaillent sur ordinateur : « il n’y a aucune activité qu’on ne puisse pas faire, moyennant des aménagements. » Et dans leurs projets, dont le financement relève du tour de force, ils emploient toute leur énergie à développer leur autonomie, et à démontrer la pertinence de la mixité. Chez Cap au large, l’école de croisière basée à Sète, tous « sans exception », handicapés de tous bords, jeunes en difficultés, seniors, peuvent naviguer sur l’Ali-Baba ou le Laisse-Dire. À Port-Camargue (30), Christophe Van Leynseele, le président tétraplégique de Voiles pour tous, a transformé une associaiton de propriétaires de bateaux adaptés, le Néo  495, en assoc’ ouverte à tous  : instituts médicauxéducatifs de Nîmes, et individuels, histoire de « se mêler en

Tout d’abord s’équiper, dans des vestiaires de plein-pied où on peut circuler en fauteuil, ici à Balaruc-les-Bains (34). La combinaison en néoprène très étirable, à deux faces indépendantes, qu’on zippe sur les côtés, a été spécialement conçue pour les handiplongeurs par une boutique de Mauguio  (34). Amaury l’enfile tout seul, assis  ; Saïda se fait aider en s’allongeant sur des coussins. Une opération « sportive », qui déclenche une franche rigolade.

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mer avec les valides ». Club de plongée traditionnel au départ, Odyssée Plongée a été primé comme assoc’ pilote nationale pour le « sport comme facteur d’intégration », en 2005. De quoi se lancer dans la formation à l’handiplongée. D’abord « en tiroir », en cours séparés. Puis en palanquées mixtes, « jusqu’à partir en voyage ensemble en mer Rouge ! », se ravit Emmanuel Serval, le président du club. « Au début, les handis ont peur de ne pas être capables, de freiner les valides, de ne pas bénéficier de moniteurs assez attentifs. Les valides ont peur de regarder les handis en face comme des sacs à patates. Finalement, ils sont même étonnés que les palanquées de handis restent sous l’eau aussi longtemps qu’eux ! En regroupant des personnes qui ne se côtoient pas habituellement, elles apprennent à se connaître, et c’est très sympa. »

Inverser la tendance compatissante Marchants, non-marchants, retardés mentaux, aveugles… le sport mélange. « On navigue en équipe handis-valides ou entre deux handis qui se complètent : je peux naviguer avec une persone trisomique ou avec un non-voyant que je drive en disant "tire sur le bout", car j’ai des petits problèmes de préhension…, affirme Christophe, aujourd’hui en équipe avec Guilhem, un monsieur de petite taille. Sur le trimaran, c’est même Greg qui rassure Juju, un jeune garçon valide : « Ça va bien se passer, t’inquiète pas  !  » Gérard, handiplongeur, relate son voyage en Égypte avec le club  : « Beaucoup de plaisir, beaucoup d’échange et d’apprentissage mutuel. » Christophe livre son analyse : « En général, les valides se projettent : "si j’étais handicapé, ce serait la fin du monde", et dramatisent. Ils ont une vision compatissante placée dans le registre du "social" avec des

Partez à la découve écologique et/ou solid « moins de biens

Carole monte et descend du bateau en fauteuil, le sac à dos accroché à l’arrière. Odyssée Plongée a racheté un grand bateau océanographique pour le reconfigurer totalement en ressoudant ses 700 kg d’aluminium  : à l’inverse des bateaux de plongée classique, les bouteilles placées de côté laissent une grande allée au milieu où les plongeurs peuvent circuler et discuter en fauteuil. (A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

Enfiler les palmes, bien caler le masque, se glisser du fauteuil vers le bord du bateau (spécialement bas). Puis, motivé par son binôme valide – la monitrice, ici  –, prendre son courage à deux mains et s’enrouler autour de son nombril pour basculer dans l’étang. Amaury, Carole, Saïda, Jean-Paul : une fois les « rotations » organisées, les ploufs se succèdent. Ce stage permet aux handiplongeurs de passer leur niveau  HP1 ou HP2.


Balaruc-les-Bains, Mèze, Sète (34), Gruissan (11), Contacts p. 39 Ambiance conviviale entre fauteuils, béquilles et bouteilles, avec Carole, Amaury, Camille, Jean-Paul, Sylviane, et cie dans le bateau d’Odyssée Plongée, piloté par Madjid. Les compliments fusent : « waw, t’es super autonome, toi ! » ; on se raconte ses premières plongées en piscine, à Alès ou Nîmes ; on se donne envie de voyager en mer Rouge avec le club. Et on se demande pourquoi diable personne n’a encore inventé une housse imperméable pour fauteuil, « sinon, après, on se mouille le jean ».

Odyssée Plongée forme aussi 30 encadrants en handiplongée par an, pour des clubs de tout le sud de la France.

étiquettes "handicapés". Mais elles ne suffisent pas à faire le tour de la question : en fonction de notre vécu, de notre boulot en milieu adapté ou non, nous sommes tous différents ! La voile est un outil pour inverser cette tendance bienveillante, assuret-il. Les valides comprennent que nous sommes normaux, et deviennent ensuite des ambassadeurs de cette reconnaissance. Cela permet de faire évoluer le regard porté sur le handicap. » De leur côté, les handis profitent de précieux moments où ils se sentent à égalité, se sociabilisent et reprennent confiance

erte d’une initiative daire, de façon à créer s, plus de liens… » Une fois dans l’eau, le moniteur passe le bloc de bouteilles, ressangle l’équipement. Toute la stratégie consiste alors à se stabiliser. À savoir comment et où régler les plombs : sur la taille, les chevilles ? Afin de garantir le maintien à l’horizontale. Aujourd’hui, Saïda galère  : ses jambes remontent, elle tourne sur elle-même, et subit le clapot à en avoir mal au cœur : trouver le « point zéro », c’est pas du gâteau.

en eux. Une fois sous l’eau, intégrés dans l’élément, les handiplongeurs gagnent leur autonomie, « ils ne peuvent donner de coups de reins, et le dos reste immobile, mais, à la brasse, ils peuvent se propulser en sinusoïde  », témoigne Emmanuel. Une fois en bateau, «  le fauteuil reste à quai et les soucis avec. Sur l’eau, rien ne me distingue : je suis un marin comme les autres, s’enthousiasme Greg. C’est une super thérapie, mieux que les cachetons ! ». Une évasion que Diane, la monitrice de voile, se plaît à leur procurer, d’autant ®®

Feu vert pour plonger. Amaury se sert de ses jambes comme d’appuis pour onduler, comme une tortue d’eau, à la force des bras. « Très harmonieux, ton mouvement ! » Tétraplégique, Camille revit : « Dans l’eau, j’oublie mes jambes, je n’ai pas besoin de savoir où poser mes pieds : c’est la liberté ! » Carole se laisse emporter par ses sensations  : «  Au fond de l’eau, je m’assieds en suspension, un rayon de soleil chauffant perce à travers la surface… mon corps ne me pèse plus. Sentir que je suis en équilibre, quel régal ! » (A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

Spirographes, hippocampes, blénies. Au bout de 10 min, la plongée se termine. Pour remonter dans le bateau, Carole s’asseoit dans la coque d’un portique : les branches métalliques sous les aisselles, les jambes sur des reposoirs. Le moniteur active la manivelle. Comme une petite grue, le filin tracte Carole hors de l’eau, la suspend dans le vide. Et la dépose dans la bateau en douceur, le sourire jusqu’aux oreilles.

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+ de liens Merci à Stéphane Jeanneau, président du comité départemental Handi 34 et viceprésident du comité régional Handisports en charge des questions nautiques.

®® plus que « les handis sont plus à l’écoute, car ils en sont tributaires pour leur sécurité. Ils expriment une reconnaissance qui n’existe pas avec les valides. Avant, ils restaient dans leur milieu, un peu fermé, mais depuis 5-6 ans, ils veulent avoir les moyens de faire pareil ». Notamment des activités de pleine nature, plébiscitées par 70 % des handisportifs.

Accès handis : l’atout économique

Christophe s’accroche au portique de mise à l’eau au Grau-du-Roi (30).

« On met les handis à la marge, on leur donne 5-6 000 € pour qu’ils aillent moisir dans un coin. Mais quand ils savent qu’une activité est possible, par bouche-à-oreille via les toubibs, ils y vont,  assure Emmanuel. Aujourd’hui, la région a décidé de promouvoir ces accès, tant mieux  !  » Les Départements financent souvent l’encadrement nécessaire, deux personnes par handicapé. Mais les communes rechignent à financer des aménagements chers, et qui prennent de la place. Alors, pour les convaincre, les handis agitent la carotte économique. « Nous ne sommes pas fatalement une charge pour la société  !, affirme Pierre Rousseau, le non-voyant inventeur de l’audioplage (voir encadré). En Europe, toutes confondues, 10  millions de personnes sont handicapées et souhaitent voyager sans prendre le risque de se confronter à des équipements non adaptés (voir « guides »). Elles sont souvent accompagnées, ce qui double la mise, et, en partant hors-saison, elles allongent la période touristique. » Ainsi, malgré le prix des équipements (18 000 € pour une audioplage, 8 000 € pour une potence), le tourisme local engendré assure le retour sur investissement. De quoi créer une véritable dynamique de territoire, via le label « Tourisme et Handicap ». Stimulées par les associations, de nombreuses communes du littoral s’équipent d’une audioplage (voir encadré), et/ou du Tiraleau, un fauteuil amphibie. Deux campings se sont dotés d’un dispositif vocal pour guider les non-voyants dans leur enceinte  : le Calagogo de Saint-Cyprien et Le Soleil d’Argelès  (66). Des ports, comme celui du Grau-du-Roi  (30), de la GrandeMotte (34) ou de Gruissan (11) installent des portiques (voir

photos). Le Yacht-Club de Mèze (34) s’est positionné en pôle expérimental de handivoile. Comme la base nautique du lac du Salagou (34), celle de Balaruc-les-Bains (34) accueille des stages d’handiplongée et, en août dernier, le Championnat de France Handivoile. En rivière, à Saint-Bauzille-­ de-Putois (34), les Lutins cévenols proposent du handikayak et VTT. Grâce à l’accessibilité de la base des Quilles, du centre du Lazaret et de l’hôtel Kyriad, Sète devient un lieu de vacances « handiprivilégié ». Car l’activité ne suffit pas, «  il faut penser la chaîne de déplacement dans sa globalité » insiste Christophe, par ailleurs consultant en accessibilité. Se garer, s’orienter, pouvoir entrer dans des sanitaires larges, éviter les marches sur le pourtour du port, avancer sur un ponton adapté, aucune étape ne doit être laissée au hasard. « 10% de la population a un handicap, un chiffre qui grandit avec le vieillissement  », renchérit-il. Et les équipements servent au confort de tous : aux poussettes, aux mamies… » D’ailleurs, une loi de  2005 prévoit que que tous les établissements recevant du public et des transports en commun soient rendus accessibles, et que chaque commune (>  5  000  hab.) installe une commission d’accessibilité d’ici 2015. Fin 2008, celles-ci devaient rendre leur diagnostic et la liste des actions à mener, « mais, dans la région, seules 10 % des communes l’ont fait, révèle Christophe. Et encore, avec des bureaux d’études qui ne font que cocher des cases. Or, en sensibilisant le personnel d’accueil à aider à monter les marches, ou à enlever ce qui traîne par terre, on peut composer avec l’aménagement. Les conseils minicipaux doivent prendre le réflexe d’intégrer la dimension "handi" dans les nouveaux projets. » Y compris des boucles magnétiques pour les sourds, un guidage au sol pour les aveugles, des pictos clairs et vifs pour les handicapés mentaux. Pour la ligne 3 du tramway et la nouvelle mairie, Montpellier consulte d’ailleurs le comité de liaison Handicap. Ce serait dommage qu’après sa traversée en mer sur le Jojokia, Greg ne puisse pas circuler dans sa propre ville. 

Le handicap pre Retrouvez dans

- Le plaisir des sports naut handicap pour nous faire - L’audioplage révolutionne la ba - Les guides touristiques : redécouv

Les guides touristiques d’Élian

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Quand Pierre Rousseau, chef d’entreprise non-voyant, a traversé un lac à la nage en se guidant au son d’une conversation sur l’autre rive, ça a fait « tilt  »  : au lieu d’être tributaire d’un accompagnant pour se baigner, pourquoi ne pas se fier à un son qui nous indiquerait notre position par rapport à la plage ? Il suffisait de rencontrer Jack, le boss d’Urtech, spécialisé dans les feux piétons sonores… dont le frère est aussi aveugle. Après deux ans de tests et de prototypes, l’association Cap Horizon, basée à Montpellier, installe la première audioplage à Balaruc-les-Bains  (34) en 2004. Et équipe dix communes de plus chaque année  : person­nalisation des enregistrements et formation comprise. Unique au monde, le dispositif démontable est diponible

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Le totem

© Raquel Hadida

Depuis Cazilhac (11) près de Carcassonne, Élian Revel et sa maman Marie-Line adorent voyager. Mais depuis qu’elle est devenue paraplégique suite à un accident, l’escapade se transformait en enfer, même dans les lieux supposés accessibles (il n’existe aucune norme européenne Handicapés) : « À Barcelone, elle ne pouvait pas se doucher dans la baignoire de l’hôtel, une cloison gênait l’accès aux toilettes, on n’a pas pu visiter le parc Guell, tout était très mal indiqué… Au retour, elle a dit "je préfère rester en France et ne pas vous faire subir ça" », raconte Élian. Alors, encore étudiant à Sup’ de Co Montpellier, il décide de créer des guides pour que les personnes à mobilité réduite ne s’arrêtent pas de voyager. À deux, ils mesurent la largeur des portes, la hauteur des lavabos, les ascenseurs des musées, testent les administrations, quitte à vivre des péripéties  : « La personne en fauteuil fait vraiment office de cobaye. À Madrid, on est restés coincés dans le métro. Dans l’avion pour la Martinique, ma mère n’a pas pu aller aux toilettes pendant 9 h ! En cherchant bien, on trouve des voies possibles.  » Avec l’aide d’une petite équipe bénévole, Élian lance la collection de guides Toujours un chemin, en novembre  2009. Accidenté, handicapé ou sénior, on a désormais les cartes en main pour visiter les grandes villes d’Europe (ou d’ailleurs) en fauteuil roulant. En mai dernier, Florence, Madrid, Marrakech et Séville, sont venues enrichir la collection déjà dotée d’Amsterdam, Barcelone, Dublin, Londres, Rome, et Venise.


Cazilhac (11), Le Grau-du-Roi (30), La Grande-Motte (34)…

Sur le zodiac, Diane se veut attentive à la sécurité : « Comme leur régulation thermique est différente, ils se refroidissent 30 fois plus vite et transpirent peu : il faut faire attention à ce qu’ils boivent et soient bien couverts, surtout les enfants. » 

Pour embarquer, Christophe passe du fauteuil au portique, suspendu au treuil vissé sur le quai du port de plaisance du Grau-du-Roi (30). Diane, la monitrice de Voiles pour tous, tourne la manivelle pour le hisser, le fait basculer dans le vide avant de le redescendre. « 1, 2 et… 3 ! », Christophe tombe dans le bateau. Greg choisit de basculer tout seul du quai, dans le cockpit. Assis côte à côte dans le Néo 495 orange, ou l’un derrière l’autre dans le trimaran, les deux équipages ont tout à portée de main. Le joystick ou les pédales au pied pour diriger le safran, les écoutes de la grand-voile et du foc, qu’on manœuvre comme on joue de la « harpe ». Diane largue les amarres, les entraîne hors du port et les lâche. Aujourd’hui, on travaille le virement de bord. « Vous vous rappelez comment on s’arrête ? Si tu veux loofer, il faut d’abord border la grand-voile ». C’est sûr, Diane trime pour tout préparer avant, et tout ré-adapter finalement une fois qu’on est assis : régler la position des poulies, des rails… Ensuite, ils peuvent « faire des ronds dans l’eau » en autonomie. Mais la mer reste un milieu hostile, d’autant plus pour des personnes handicapées. Pour éviter de chavirer, les petits voiliers sont lestés d’une grande quille. Pour être déclarés aptes – assurance oblige –, les handivoileux doivent passer un test prouvant qu’ils peuvent flotter, se déplacer de 20 mètres et attendre les secours. Déjà entraînée à la mixité, Voiles pour tous caresse désormais le projet d’un trimaran habitable de 17 m (600 000 €), le Vivre ensemble pour emmener 15 à 20 personnes valides et handis découvrir l’environnement littoral et les cétacés – en propulsion solaire ou électrique –, et permettant aux handis de barrer et de lever les voiles tout seuls. Un IUT de Nîmes et un lycée de Béziers, planchent déjà sur les multiples adaptations techniques.

end le large cet article :

tiques : dépasser son changer de regard. aignade pour les aveugles. vrir la mobilité en vacances.

L’Audioplage, pour se baigner même sans rien voir dans 22 plages françaises, dont celles du Languedoc-Roussillon : à Gruissan, Marseillan, Palavas, Carnon, La Grande-Motte, et bientôt Narbonne-plage. Mais aussi en Grèce, à Ibiza, à Valencia, en prospection en Martinique. Toujours sur des plages accessibles en transport en commun, sans rochers, en eaux peu profondex et sans grandes vagues. Comment ça marche ? Suivons  Où trouver (A)typiques ? Pierre en blindtest. Arrivée en bus près de la plage. Le « bip » universel utilisé pour activer les feux de circulation déclenche un «  vous êtes à la plage de la Grande-Motte, dirigez-vous vers le poste de secours à 20  m, sur votre gauche  ». Là,On il récupère un s’abonner ? bracelet à trois touches, le peut secouriste l’informe du fonctionnement. Il suit ensuite un chemin de bois jusqu’au rivage où, à la canne, il localise l’une des bornes tactiles dotées d’un symbole en relief – étoile de mer, coquillage, etc. Si la prise jack est enclenchée, la place est prise. Sinon, il peut se déshabiller et y déposer ses affaires, sans oublier de brancher le cordon. Il active ensuite le premier bouton du bracelet, ce qui déclenche le premier émetteur, et l’oriente vers le « totem » tout proche. Il peut y accrocher sa canne à la patère portant le même symbole que la borne. Pierre appuie

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© Raquel Hadida

© Leïla Pichoir

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© Leïla Picho

Le bracelet

ensuite sur la deuxième touche, activant successivement tous les émetteurs en mer : des boîtiers étanches installés sur des bouées et alimentés au solaire. Il se glisse dans l’eau (même froide) et réitère. Après un jingle, la bouée la plus proche lui indique sa position : « Vous êtes à 20 m de la plage, 80 cm de profondeur, première bouée.  »  Pour s’orienter dans la bonne direction, il se repère au son de la balise suivante. Pierre nage ainsi de proche en proche, sans dépasser la cinquième bouée. Un malaise ? Sur le bracelet, la troisième touche active un émetteur au poste de secours : « Alerte, alerte ! Baigneur en difficulté, appelez le poste de secours ! » Pour revenir vers la plage sans escale, Pierre peut activer à nouveau la première touche du totem. Et retrouver canne, serviette et sac.

© Raquel Ha

dida

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© rgbdigital.co.uk - Fotolia.com

Prix élevés, emplois précaires, menus standardisés, cuisine industrielle, les restaurateurs sont sur le grill. (A)typiques s’assoit à la table de restos différents, plus écolos et plus solidaires. Et met les pieds dans le plat.

Dessous de tables O

n ne voit qu’elles. Aux entrées des villes, près des cinémas, des gares ou des centres commerciaux, les grandes chaînes de restauration – 5 % des établissements – servent plus d’un tiers des repas vendus chaque jour. Mc­Donald’s (1 200 restaurants dans toute la France), Quick (350), Buffalo Grill (300), Flunch  (200) et  Hippopotamus  (130) quadrillent le territoire. Et l’on ne compte pas les groupes plus méconnus, plus petits mais tout aussi conquérants et ambitieux : Del  Arte pour les pizzas, El  Rancho pour le  tex-mex, Léon  de  Bruxelles pour le moules-frites, etc. Il y en a pour tous les goûts. Enfin si l’on peut dire… Cartes et  décors à  l’identique que l’on soit à Montpellier, Paris ou Strasbourg, ces chaînes proposent une cuisine de  plus en  plus standardisée et  industrialisée. Parce qu’elles dirigent le marché –  leur puissance leur assurant les meilleurs emplacements, et de fortes capacités à  investir dans la publicité ou à imposer leurs conditions à leurs fournisseurs –, elles poussent souvent les restaurateurs indépendants à  tirer les prix vers le  bas pour  s’aligner. Et tous les moyens sont parfois bons pour réduire les coûts : de l’embauche d’un personnel précaire (souvent saisonnier sur nos côtes) à la vente de plats pré-cuisinés dans les usines de l’agro-alimentaire.

RESTOS SOLIDAIRES La Table de Cana Le Passage

Deux tiers des restaurateurs ne cuisinent pas : ils se fournissent en plats tout prêts. À gauche des pizzas prégarnies de sauce tomate, à droite un pot de mousse au chocolat (13,20 € pour 30 à 40 portions).

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P. 20-21 RESTOS DE CUISINE BIO LOCALE : Gastronomie militante

P. 22-24 AUBERGES À LA FERME

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Restos MULTIFONCTIONS (M)eating potes

P. 26 [ Dossier réalisé par Fabien Georges ] [ Photos : Cédric Le Roy, avec les attitudes de Céline Grolleau, dans les costumes-nappes de Pascale Béréni/Re-act ]

© Fabien Georges

Aujourd’hui, « deux-tiers des restaurateurs ne cuisinent plus », estime Bernard Boutboul, directeur de l’agence Gira Conseil, boîte de  consulting dans le secteur de  la  restauration. Ils se  contentent d’assembler des préparations industrielles, achetées à  prix  cassés et  sans  indication de  provenance, dans les grands réseaux de  distribution pour profession­ nels tels que Metro : moules déjà farcies, pizzas surgelées, verrines remplies prêtes à servir, jaune d’œuf en tube, etc. «  C’est facile de  prendre l’argent des  gens, s’emporte Yves Sévenier, chef des  Saveurs  de  l’Escale à Saint-Andréde-­Sangonis  (34)  : tu  achètes de l’industriel, tu réchauffes, tu rajoutes une feuille de salade et tu as le droit d’écrire que c’est du fait maison. » Sans que cela ne fasse scandale. Certes, plus le client dépense, plus il est exigeant : ils sont 85 % à espérer des produits locaux et  cuisinés quand l’addition dépasse les 30 €. Mais ceux-ci sont peu nombreux (sept repas servis

P.18-19

sur dix coûtent moins de dix euros) et  la  plupart restent finalement peu regardants sur la qualité et  le  processus d’élaboration de l’assiette ou sur les conditions de travail du personnel. Souvent, pour le client, le critère principal reste le prix. La partie n’est pas facile. Comme d’autres secteurs, la restauration subit de  plein  fouet le rétré­ cissement du pouvoir d’achat : Pierre Alainc, cuisinier des Écluses à  Sallèles  d’Aude  (11), a  vu disparaître la clientèle anglaise après la chute de la  livre en  2009  ; et  ceux qui viennent encore se  serrent la ceinture, choisissant le pichet au  détriment de  la  bouteille. En  2009, la fréquentation moyenne de la restauration dite « à table » a chuté de 4,2 %, la baisse de la TVA ne faisant qu’atténuer la diminution (et donc les pertes d’emploi). Dans ce contexte, faire son beurre en le vendant au client sans rogner sur l’éthique et la qualité relève de plus en plus de la gageure. Pourtant, des cuisiniers, et pas seulement les étoilés ou les plus chers, tentent de résister et s’appuient sur une certaine idée de  leur  métier, où le respect de l’aliment, l’importance du savoir-faire et l’esprit d’équipe prédominent. Vous les  rencontrerez dans les pages qui suivent.

Grâce au GUIDE D’ICI, apprenez à expérimenter des modes de conso’ innovants, des alternatives originales et ludiques. Petite bouffe, grosse bouffonade

RESTOS RAPIDES Rapide, sain et bon l’impossible équation

Retrouvez toutes les adresses des restos cités dans ce dossier sur la liste et la carte p. 40-41

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le guide d’ici R E STOS at y piques

Un chef bio pour bébé

Rapide, sain et bon : l’impossible équation ?

© Fabien Georges

Arnaud Abitbol est jeune papa et cuisinier, à L’Auberge aveyronnaise, à Sète. « Quand, il y a un an, j’ai commencé à préparer des purées de légumes bio pour ma petite Sasha, je trouvais que c’était quand même dommage d’allumer un four de 7 000 watts pour deux misérables courgettes. Alors, j’ai créé Bébé Bio Chef. » Arnaud Abitbol compose purées et compotes intégralement bio. Soumises à l’avis d’un pédiatre, ses recettes s’adaptent aux différents âges de l’enfant. Sans hésiter à varier les ingrédients (quinoa, tofu, patate douce, daurade, etc.) et les sauces (béchamel, florentine, Mornay, etc.). Il les prépare sur commande – pour plus de fraîcheur –, dans de petites barquettes, congelables et refermables. Bouche-à-oreille aidant, Bébé Bio Chef fournit aujourd’hui une vingtaine de clients individuels ainsi qu’une crèche à Sète. Et bientôt trois : à Villeveyrac et à Montpellier, on est aussi tenté d’abandonner les pots industriels pour bébés.

Pause déjeuner

Retrouvez dans cet article :

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© Cédric Le Roy - Re Act

- Du bio dans l’assiette de bébé. - Petit coup de pouce pour vos repas sur le pouce !

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Carnet d’adresses p 40-41

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Vous avez faim, vous êtes pressé : dur, dur d’échapper à l’hamburgerfrites-coca ! Pourtant, des alternatives au MacDo montent au créneau du frais et de la qualité. Bienvenue dans l’univers des fast-foods inventifs.

« La première fois, j’avais un préjugé défavorable car, pour moi, le bio, ça voulait dire “légumes crus“…, mais je me suis régalé et je viens maintenant chaque jour. » À  Agde, Montpellier ou  Sète, une nouvelle offre, parfois adossée à  une épicerie bio, propose au consommateur une cuisine fraîche et différente, qui n’hésite plus à travailler fruits et légumes. Tartes, salades, soupes, crumble d’haricots rouges, crêpe au chanvre…, les recettes sont plutôt inspirées. Installés en  centre-ville ou dans  les grandes zones commerciales, comme à  Odysseum à  Montpellier, aux  Portes du Soleil à  Juvignac  (34) ou à  Trifontaine à  Saint-Clément-de-Rivière  (34), ces nouveaux établissements affichent une tendance «  nature  », mais restent confrontés au casse-tête du jetable, difficilement contournable en restauration rapide. Des irréductibles continuent à utiliser de la vaisselle en plastique, mais la plupart utilisent des emballages biodégradables ou compostables – en bagasse de canne à sucre, en tiges de bambous, en pailles de blé, etc. Ces enseignes accompagnent pourtant une nouvelle demande, soucieuse d’éthique, de diversité et d’écologie. Un pari gagnant  ? Bernard Boutboul, directeur de l’agence Gira Conseil, spécialisée dans le secteur de la restauration, confirme mais nuance  : «  Certes, la France est le premier pays à  inventer une restauration rapide de qualité, car il y a une demande , mais celle-ci reste encore très marginale. »

bsence de goût, suremballage, personnel précaire et  obésité galopante  : la restauration rapide n’a pas bonne presse en dépit des efforts de certaines enseignes pour verdir leur image. Mais McDo a beau communiquer sur l’utilisation (partielle) de produits bio, d’ampoules basse consommation ou de matériaux locaux, son nom reste synonyme de malbouffe et d’emploi douteux. Or, rentable, bien implanté et bon marché, le fast-food n’est pas vraiment un acteur à prendre à la légère. Près des gares, des aéroports ou des centres commerciaux, c’est la restauration rapide qui  rafle la mise. 2,2  millions de  jambon-beurre se vendent chaque jour en  France et presque autant de hamburgers et de kebabs. Quand près des trois-quarts des repas pris à l’extérieur le sont dans un fast-food, le marché de  la restauration dite «  légère  » pèse lourd… sur nos budgets et nos estomacs.

Restauration rapide : le temps est au bio fixe. Vite fait, bien fait !

Big Mac ou crumble de haricots rouges ?

Pourtant, le midi, manger vite, bien et pas cher, c’est possible. Et  pas seulement dans les bars à  pâtes qui se multiplient comme des petits pains. Dans le quartier d’Antigone à  Montpellier, Gabriel Giordano a ouvert, en septembre 2009, un snack totalement bio – le Dés Lys – qui peut compter sur ses aficionados, venus des bureaux voisins pour se régaler de son gratin de butternuts, de son poulet  coco ou de  ses currys de  légumes et  d’agneau, le  tout servi dans une vaisselle biodégradable. Matthieu, qui travaille à  la médiathèque Émile-Zola, raconte  :

Même McDo cherche à verdir son image, à grands renforts d’économies d’énergie, de bois certifié… et de bio.

© Fabien Georges

Grignoter dans les festivals Un vent de délices créatifs souffle sur les concerts de plein  air. La merguez-frites n’a plus le monopole des ventres affamés.

Artistique et éphémère Toutes habillées de blanc, les douze bienfaisantes fées de Terre de  Sorcières inventent –  c’est le mot  – des dîners gourmands. Dans des lieux improvisés et pourtant cosy, vous les verrez cuisiner, servir, chanter, danser et, même, vous chuchoter dans l’oreille  ! Le concept a été baptisé «  musardière  » car ces filles-là n’aiment rien tant que musarder et s’offrir de vrais petits plaisirs comme manger dans une assiette digne de ce nom de bons petits plats cuisinés aux  herbes de  la  garrigue  : beignets de  sureau, omelettes aux orties… C’est la baraque à frites qui va faire pâle figure.

Pizza bio on the road Le pélardon est acheté chez un producteur cévenol, la brousse de brebis à une coopérative du Larzac, la farine à un moulin provençal, la pâte est pétrie à la main… Aucun surgelé, que du frais, du bio et du local : depuis 2009, Alain Chinal, militant antimalbouffe, s’évertue à « changer l’image du camion à pizza ». En été, on le trouve le plus souvent sur la place du village de Liausson (34), sur les bords du lac du Salagou.

Musique globale, nourriture locale Engagés, autour des musiques du monde, les organisateurs du festival de Thau (juillet), promeuvent les produits locaux, dont les huîtres de l’étang et le Picpoul de Pinet. «  Nous avons une éthique en terme de restauration  : ne  pas tomber dans la facilité et  valoriser des produits de  qualité, si possible bio, et d’ici », explique Thibault Puybouffat, chargé de communication du  festival. En revanche, pas le droit d’amener son propre grignotage maison, faut payer…

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le guide d’ici R E STOS at y piques

Cuisine solidaire

La Table de Cana multiplie les emplois

© Fabien Georges

À Montpellier ,

À Montpellier et Perpignan, les restaurants La Table de Cana forment aux métiers de la cuisine un personnel en insertion, tout en innovant dans une activité de traiteur. Émulation au menu.

Biélorusse réfugiée en France, Alla se forme à tous les postes de restauration.

Une fédération de restaurants d’insertion

« L

Food social club Alla est en cuisine. Professeur de  piano pendant vingt-cinq  ans en  Biélorussie, réfugiée en  France depuis quelques années, elle s’est formée à  la  restauration avant  de  signer un  contrat d’insertion avec La  Table de  Cana. Aujourd’hui, elle est à  la  pâtisserie après être passée par la  plonge, les entrées ou  les  mignardises. «  Le but, explique Geneviève, désormais chef de  cuisine, c’est que les salariés tournent de  poste  en  poste. Car ils

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Restaurants © Fabien Georges

es tout premiers clients s’attendaient à du  formica, des murs blancs et des chaises récupérées à Emmaüs. Ils ont été sacrément surpris  », se souvient Gilles Solis, gérant de La Table de Cana, un restaurant « d’insertion » situé dans la zone du Tournezy au sud de Montpellier. Loin de l’image d’Épinal de  l’entreprise  d’insertion, on s’y  régale, dans un  décor soigné, du  gratin de  seiche ou  du  fondant chocolat-orange sauce gingembre, au  hasard de  la  carte ou  du  marché du  jour. Au  menu ce  mercredi  : petits toasts en guise d’amuse-gueule, assiette de  saumon et  d’espadon fumés, saucisse et  pommes  de  terre grillées, mousse de  fromage  blanc aux fruits rouges. Le tout pour 12 euros. «  Je n’ai  jamais communiqué sur l’aspect insertion. Je veux qu’on vienne chez  moi parce  que nous sommes un bon res­taurant. Pas pour d’autres raisons.  » Que Gilles Solis se  rassure  : quand on interroge les clients sur leurs motivations, ils répondent «  proximité  », «  qualité de  l’accueil  », «  bons produits  » ou  «  prix raisonnable  ». D’ailleurs, «  on n’a  appris que  bien  après être venu pour la première fois, qu’il s’agissait, en fait, d’une entreprise d’insertion », témoignent Isabelle et  Frédéric, deux  clients réguliers, salariés dans une entreprise du quartier.

sont aussi là pour acquérir un maximum de compétences qu’ils pourront valoriser sur le marché du travail. » Une maternité en  début de  carrière, une peau colorée, un nom étranger ou  un  manque de  formation  : entre discriminations et  parcours de  vie semé d’embûches, La Table de Cana se veut un marche-pied vers un emploi stable. Accordés à des personnes au chômage depuis plus d’un an, les contrats d’insertion durent deux ans maximum et prévoient, en échange d’une aide de 800 € à l’entreprise, un suivi social ou professionnel. L’objectif ? Qu’elles puissent vendre leur expérience sur le marché du travail. Mais point de misérabilisme. S’il est « très bénéfique de voir quelqu’un s’épanouir », comme le  dit Geneviève, en outre « l’assurance sur le poste de travail vient rapidement ». Et  la relation qui se crée entre l’entreprise et  le  salarié profite à  tout  le  monde. «  Nous n’hésitons  pas à  changer la carte en fonction de ce que chacun peut apporter », raconte Geneviève. Les clients se  régalent désormais des biscuits russes d’Alla et des pâtisseries orientales de Djaïla, venue d’Algérie. De quoi se donner du coeur… à la cuisine.

Sept restaurants appar­ tiennent à la fédération de La Table de Cana, initiée en 1985 par un prêtre jésuite à qui l’on doit la réfé­rence bib­lique de l’intitulé. Tous juri­di­ quement indépen­dants, ils mutualisent cepen­ dant leurs outils, leurs expériences et leurs capacités. Montpellier a été parrainé par Marseille avant de sou­tenir la création de Perpignan. Et quand Montpellier reçoit une commande qui excède ses possi­bilités, l’aide de Marseille lui permet d’y répondre. Le dernier projet en action – un système de compa­ gnonnage, permettant aux salariés de faire le tour de France des Tables de Cana – démontre encore la richesse du travail en réseau. www.tabledecana.com

Retrouvez dan

- La Table de Cana, restauran - Le Passage : la convivia

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Carnet d’adresses p. 40-41 Au Vigan (30)

Le Passage à l’acte Au pied de l’Aigoual, Le Passage échange un repas contre un service ou un don. Bio, végétalien et associatif, ce resto devient un moyen de créer ou de recréer du lien social dans une ville où le taux de chômage dépasse les 14 %.

Portée par Replic, une coopérative d’acteurs publics locaux pour reproduire ici des projets d’entreprises solidaires qui ont fait leurs preuves ailleurs, l’idée du restaurant germe au cours de l’année 2006. Gilles Solis se rappelle : « Le resto devait se faire à  La  Paillade, mais je n’étais pas d’accord  ; si on veut faire un vrai restaurant d’insertion, il faut le monter dans un quartier attractif, au  milieu d’autres établissements, pour démontrer qu’il peut aussi être un très bon restaurant. » Le lieu choisi est finalement l’ancien restaurant d’application d’un institut de  formation situé dans la ZAC du  Tournezy, à  l’ouest de  Montpellier, zone truffée d’entreprises. La  Table  de  Cana ouvre en janvier  2007. Le  capital, qui ne  donne  pas droit à  des dividendes, est détenu pour moitié par Replic, pour moitié par les salariés et des personnes extérieures. Au départ, Gilles Solis recrute des salariés proches du milieu professionnel, expérimentés et bien formés, comme Geneviève ou Alain, aujourd’hui chefs de cuisine et de salle en CDI. « Grâce à cet encadrement solide, je peux désormais me  permettre d’embaucher des  personnes plus éloignées de l’emploi, voire peu rentables au départ », se  réjouit Gilles Solis. Ainsi, la grille des salaires s’étale actuellement entre 1 000 et 2 400 € 1. Entre le restaurant de 50 à 70 couverts qui ne désemplit pas le midi et l’activité traiteur qui génère les trois-quarts du  chiffre  d’affaires, le projet se  révèle totalement viable. Nouvelles implantations, à  Lodève et  à  Nîmes, promotion des produits locaux (pommes, noix, amandes, olives, asperges et  châtaignes du  Caroux, bière de  Mèze), utilisation d’un véhicule électrique pour livrer des plateaux-repas, vaisselle biodégradable pour les événements en extérieur…, La Table de Cana est la preuve qu’une entreprise d’insertion peut réussir et innover dans un secteur ultra-concurrentiel.

s solidaires

ns cet article :

© Fabien Georges

Success story ?

« É

change repas contre mange pas gratuitement : gazinière, plaques ceux qui peuvent payer permettent au lieu –  en chauf­fantes, environ  8  m2 partie subventionné  – de de placoplâtre, des ustenfonctionner. siles de cuisine, un coup de main, un mixeur…  » Mixeur et mixité Cette drôle d’annonce, c’est celle qu’on peut lire Clara, Zoé et  Jiara, scola­ sur la porte du  Passage, risées au collège de la ville, un restaurant associatif y vien­nent ainsi trois  fois installé depuis  2005 dans par  semaine car «  c’est une petite rue du  Vigan meilleur qu’à la cantine pour faire découvrir la et  plus familial, sans être cuisine bio et végétalienne2. beaucoup plus cher ». Beignets de choux-fleurs, «  La semaine dernière, on purées de lentil­les corail, nous a apporté un panier de galettes, de millet, le de  légumes en échange tout préparé aux herbes d’un repas mais nous nous sauvages de la montagne : contentons aussi d’une la  cuisine fraîche et locale chanson », sourit Sylvie Clin, régale les propri­étaires à l’origine du projet. britan­niques, allemands «  Moi-même végétalienne, ou  néerlandais des  résij’ai  eu l’idée de ce projet dences secondaires des pour lutter contre l’espèce de alentours. Et Sylvie Clin de morosité qui plombe le pays. Où trouver (A)typiques ? se ravir qu’ils puissent se Et  comme j’avais travaillé mêler aux  familles issues à  la  fois dans une cantine s’abonner ? de  l’immigration –  «  Chez scolaire et auprès desOn gens de peut la rue, j’ai eu l’idée d’un lieu nous on ne regarde pas mixte, familial et  solidaire.  » de travers les femmes Car tout le monde ne qui portent le foulard.  »  –

nt d’insertion et d’excellence. alité, un plat c’est tout !

1. Une entreprise est officiellement dénommée « solidaire  » lorsque le dirigeant gagne moins de quatre fois le plus bas salaire.

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

ou à des demandeurs d’emploi – un actif sur sept au Vigan. Pour vaincre les préjugés initiaux, de  la popu­lation et des autres restau­ rateurs, le projet a dû se professionnaliser. Créé par une équipe de bénévoles et meublé de bric et de broc, Le Passage emploie aujourd’hui trois person­ nes, dont Sylvie, même si les retards de  paiement sont fréquents. Ils n’em­ pêchent pas l‘équipe de se lancer dans de nouveaux projets, comme l’ouverture, en septembre, d’un point de vente à emporter, destiné en particulier à des personnes âgées du voisinage, parfois peu aptes à cuisiner mais qui rechignent souvent à manger en extérieur. Au Passage, la solidarité met du beurre (de noix) dans tous les épinards. 2. Sans produits et  sous-produits animaliers tels que les oeufs ou le lait.

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le guide d’ici R E STOS at y piques

Avec soin, ils sélectionnent les saveurs locales qui sublimeront leurs recettes. Et font bouillir leur créativité sans faire flamber les prix. Portraits de restaurateurs qui résistent à la toute puissance de l’agro-alimentaire.

« T

u ne voudrais pas me  faire des carottes jaunes comme on en trouvait autrefois ? », demande Yves à Jérôme. Yves Sevenier gère les Saveurs de l’Escale, seul restaurant certifié bio de  la région, situé à  Saint-Andréde-­Sangonis (34), à proximité du village médiéval de SaintGuilhem-­le-­Désert. Jérôme Martinez, qui n’a pas la trentaine, est maraî­cher bio à  Argelliers, petite commune voisine. Au restaurant d’Yves, tout est bio, presque tout provient des fermes des environs et chaque plat est cuisiné. À l’opposé, deux-tiers des restaurateurs ne cuisinent  plus (voir p.  17). Les dérives sont telles que le secrétariat au  Commerce, à l’Artisanat et au Tourisme a cru bon d’inventer, en mai 2007, un nouveau titre, de Maître-Restaurateur, pour distinguer les cuisiniers qui se refusent à faire de l’assemblage. Mais il est méconnu  : des snacks aux  étoilés, fiez-vous plutôt à la carte. Pléthorique ? Il y a un hic. Restreinte ou saisonnière, à  l’ardoise  ? Déjà plus crédible. Car nombre d‘établissements tentent malgré tout de proposer une cuisine réellement faite maison à partir de produits frais, si possible locaux et bio : meilleurs que les produits provenant de l’agri­ culture intensive ou ayant parcouru des centaines de kilomètres en camion. Certes, le local n’est pas toujours bio et le bio pas forcément local, mais l’un comme l’autre relèvent d’une même démarche : sélectionner son produit1.

Gastronomie La gastronomie L’Escale bio, se remémore Yves Sevenier. Mais en en parlant autour de moi, les gens m’ont lancé : " Tu vas nous faire manger des racines de pissenlit ? " Du coup, j’ai reculé sur le nom tout en  décidant d’aller au  bout de  la certification pour  montrer qu’il est possible de cuisiner et de manger bon et bio. » Trop cher et pas bon : deux préjugés ?

Retrouvez da

Restaurateurs engagés « Par mon  âge et  ma  longue expérience en  restauration, j’ai vu les aliments perdre leur goût. Or, si je n’ai pas de produits qui me donnent envie de  cuisiner, je ne  peux  pas rentrer dans une  cuisine. Alors c’est impensable de  ne  pas réagir  !  » Gabriel Imperatori, du Méridien à Montpellier, cuisine bio et  local même s’il s’autorise quelques produits exotiques comme le café, le chocolat ou  la vanille. «  Moi, j’ai vécu en Afrique et au Brésil et j’y ai vu les dégâts causés par l’industrie sur l’agriculture. Au Mali, les producteurs de coton se sont fait dévorer par les multinationales, raconte Henry-Jean Masson, du Symposia à Montpellier. Dans mon restaurant, je ne veux pas cautionner ces agissements.  » «  De toute façon, il  m’est inconcevable de servir ce que, moi, je me refuserais à manger », remarque Éric Gannevalle, à Corconne (30). Alors, les chefs en quête de qualité font eux-mêmes leur marché auprès des agriculteurs de la région, à la recherche du bon produit. Pourtant, ce genre de  démarche n’est pas toujours bien perçu  : «  On ne  communique pas  trop sur le côté bio et  local de nos produits car les gens penseraient que nous sommes forcément plus chers que la concurrence », explique Anthony Closa, de la Crêperie du Théâtre à  Perpignan. «  À l’origine, le nom du restaurant devait être

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© Fabien Georges

- Les portraits de res Pas de pétrole mais des idées - Prix bas et qualité pour tous les goûts : - Les restaurants au serv

Aux Saveurs de l’Escale, Yves Sévenier va lui-même choisir ses légumes chez le producteur. Ci-dessous ses verrines de desserts.

Si les combines pour se fournir bon marché auprès de tel ou tel producteur local sont bienvenues, tous avouent que la matière première, bio ou pas, leur revient globalement bien plus cher qu’en industriel. Et ils font leurs comptes : huile locale ou  crème  fraîche bio quatre  fois plus chère, emmental bio hors de prix, etc. De plus, la transformation en cuisine est coûteuse en temps, donc en main-d’œuvre : « Je rémunère des gens à éplucher les légumes ; ce n’est pas le cas de ceux qui achètent du surgelé », sourit Yves. Comment faire pour  ne  pas répercuter ce  surcoût sur la carte  ? En  fonction de  ses ambitions culinaires, chaque établissement choisit une stratégie commerciale.  Le Méridien, resto plutôt chic, ou  le Mélo à  la  Bouche à  Carcassonne, jouent la carte de  la transformation raffinée : au final, le consommateur paie moins le produit que la main-d’œuvre. Au  contraire, au  Tournebelle, à  Narbonne, ou  au  Comptoir Nature, au  Somail  (11), la  bonne franquette règne en  maître  : ces restos parient

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Carnet d’adresses p. 40-411

Restos verts

bio, couleur locale plus sur un  bon produit, préparé simplement, que sur une assiette compliquée. D’où, par exemple, des viandes en grillade et non en sauce : « On sélectionne les produits qui nous semblent les meilleurs et on cherche à les mettre en valeur plus qu’à nous mettre en  valeur. Quand le produit est bon, nul besoin de sauce pour masquer le goût. » Pour éviter à ses clients de payer le coût du gaspillage, des restaurants ne fonctionnent que sur réservation, comme, à  Perpignan, Saveurs  Natures, bio et  végétarien. D’autres ont décidé de  supprimer le coût élevé du  service de la gamelle2 à l’assiette, comme Les Saveurs de l’Escale, où le consommateur se sert lui-même dans de grands bacs. Au  final, les restaurants que nous avons visités ne  sont pas plus chers que leurs équivalents qui se  fournissent en  industriel. N’empêche qu’ils galèrent tous pour  s’approvisionner. D’un  côté Bio  Cash, le grossiste bio, aux grands conditionnements « inadaptés aux restaurateurs, qui ne travaillent qu’avec des petites quantités ». De  l’autre, des producteurs qui ont du mal à  s’adapter aux contraintes de la restauration. « On a préféré ne pas faire du bœuf car on n’a trouvé aucun producteur de qualité prêt à travailler avec des restaurateurs, uniquement intéressés par des pièces bien précises, et en petite quantité », avoue Karen du Tournebelle.

ans cet article :

Le souci n’épargne pas la haute gastronomie. Michel Kayser, chef deux étoiles du Restaurant Alexandre à Garons, près de Nîmes, confie ainsi : « Le plus dur, c’est de trouver des gens qui acceptent de livrer dix kilos d’asperges plutôt que de tout envoyer à Rungis. Moi, je travaille avec un producteur d’asperges blanches des sables à Aigues-Mortes, je le soigne ! » Le rêve de ces restaurateurs ? Une centrale d’achat de produits bio et/ou locaux spécialement pour la restauration.

staurateurs engagés. Une cuisine moins formatée découvrez la recette d’un cocktail étoilé. vice de l’environnement.

1. Pour obtenir le label bio, il est nécessaire d’utiliser 95 % de produits issus de l’agriculture biologique. 2. La gamelle désigne le plat dont se sert le restaurateur pour préparer son met avant de le disposer sur l’assiette du client.

© Cédric Le Roy - Re Act

militante

Bio et loc ale

Une déco à base d’ocres naturelles, comme celle de La Goûtine, à Limoux (11), des produits d’entretien biodégradables au Méridien, aux Saveurs de l’Escale ou à La Part des Anges… Au restaurant, l’écologie n’est pas que dans l’assiette. Thau agglo, dans l’Hérault, a ainsi créé « Quali’Thau », un nouveau label, assorti de financements, pour inciter les restaurateurs du territoire à améliorer leur impact sur l’environnement. Ces derniers s’engagent notam­ment à équiper leur évier d’un séparateur à graisses (pour éviter de boucher les cana­lisations, les faire déborder et donc polluer) et à contrôler la propreté des grilles de ventilation des frigos pour diminuer leur consommation.

Pour autant, pas question de cantonner les restos rigoureux sur la qualité à des assiettes pour ascètes. « Bio, macrobiotique, végétarien, on met tout dans le même sac, s’indigne Henry-Jean Masson. Dans mon resto, on y  vient d’abord pour  manger de  la viande et  du poisson.  » «  Il faut arrêter de  faire croire que les recettes bio sont différentes  », renchérit Yves Sevenier. De  fait, ces restos aux produits bio et/ou locaux sont aussi diversifiés que les restos «  classiques  ». Les tables végétariennes ou  carrément végétaliennes coexistent avec des crêperies, fast-foods, de  la cuisine familiale, internationale (brésilienne aux Délices de Léla à Alès) ou haut de gamme. Mais utiliser des produits frais crée une cuisine souvent bien plus savoureuse. Surtout lorsque des produits non standardisés renforcent son originalité : panais, topinambour, rougette de Montpellier, algues, herbes sauvages, etc. ®®

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© Philippe Serpault - La Goûtine

Retour à l’envoyeur

À La Buverte (11), Annie Séguy, elle-même ancienne viticultrice et proche de la Confédération paysanne, renvoie souvent ses clients vers les producteurs des  environs : « Je suis un tremplin pour eux », se réjouit-elle. À Quillan (11), le restaurant Contre-Courant a mis à disposition de ses fournisseurs un petit espace pour faire du dépôt-vente.

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le guide d’ici R E STOS at y piques

« Une vie de dingue » ©  Sous le chêne

®®À Corconne (30), Éric sert des tagliatelles de courgettes au vinaigre de framboise. À La Part des Anges à Sète  (34), Sylvie expose toutes les variétés anciennes de tomates biodynamiques, en direct du producteur, dont elle se sert pour ses tartes. Aux Saveurs du Sud à Anduze (30), Patricia cuisine la pintade à  la carthagène et  mêle à  ses plats bourrache, roquette, pimprenelle, amarante, coquelicots ou capucines qu’elle cueille elle-même dans la montagne cévenole. Au  Méridien, Rabah et  Gabriel proposent des muffins d’arti­chauts à  la tomate et  à  la coriandre. Quand ils prennent les chemins de traverse, les chefs sont de vrais empêcheurs de cuisiner en rond.

Fleurs, variétés anciennes, assemblages créatifs : le bio et local signifie souvent aussi une cuisine moins formatée.

© Camille Talliu - Les Sardines argentées

Retrouvez dans cet article : Les restos marquent leur territoire

« Pays cathare » dans l’Aude, « Qualité Hérault », « Militant du Goût  » dans le Gard, les chambres professionnelles et  les syndicats touristiques labellisent les restaurateurs qui valorisent les produits du terroir et  de  saison. Une façon de soutenir les agriculteurs locaux, d’harmoniser la communication, tout en offrant une garantie aux amateurs de bonnes tables. Mais les critères divergent. Dans l’Hérault, il « suffit » de proposer au moins trois produits locaux sur la carte, alors que, dans le Gard où la CCI d’Alès organise des forums pour faire se rencontrer restaurateurs et agriculteurs – comme dans l’Aude –, le titre n’est décerné qu’aux seuls établissements qui utilisent en majorité des produits du département et de saison. Au niveau régional, « Qualité Sud de France » tend à harmoniser ces différents critères : minimum de trois entrées, de trois plats et de trois desserts «  à consonance locale ou régionale  », sélection de  vins et  de  fromages du  terroir, repérage des produits locaux sur la carte, etc. Mais cette dernière marque – controversée (voir (A)typiques n°3) – ne garantit pas pour autant l’origine locale des produits.

- Service frais à moindres frais : l’empoissonnement garanti ? - Agriculteur et restaurateur, Le poisson une vie de dur labeur. sans une écaille ? - Restaurants et labels : place au naturel.

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Pour en savoir plus, rechercher les restaurants labellisés et télécharger les guides : Marque Pays cathare : http://audetourisme.com (« Savourer ») Militants du goût : www.gard.fr (« Nos actions ») Qualité Hérault : www.qualite-herault.fr (« Gastronomie »)

Autour du bassin de Thau, de nombreux producteurs de coquillages sont aussi restaurateurs. Ces fermesauberges aquacoles valorisent au mieux leur production… pour leur permettre de survivre économiquement.

 Où trouver (A)typiques ? On peut s’abonner ?

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

© Raquel Hadida

Aux Sardines argentées, sur le port de Carnon (34), Pierre Bonin sert du poisson, comme dans les restos voisins. Mais avec une exigence et  une éthique sans  écaille. Ici, point de poissons d’élevage  : tout vient de  la  criée du  Grau-du-Roi. «  J’y passe quatre  heures par  jour alors qu’un restaurateur traditionnel fait ses commandes au  téléphone, en moins d’une heure. Moi, j’achète ce que je vois », appuie Pierre, qui gère aussi une poissonnerie. En fonction des saisons et  de la pêche, Pierre compose son menu tous les jours sur l’ardoise. « Si je veux rester abordable, je dois suivre les cours. Selon la météo la dorade peut passer de  6 à  16 € le  kilo en trois  jours, et  en  été, elle est plus chère qu’en  automne. Pareil  : entre  septembre et  mai le prix du  rouget se multiplie par  cinq. Si je n’avais qu’une carte, il me faudrait travailler avec de l’industriel pour lisser les prix et avoir de tout, tout le temps. » Le mode de fonctionnement de Pierre déconcerte parfois  : «  Un même poisson n’a  pas forcément toujours le même goût en  fonction de  là où  il est pêché, et  de quand il est pêché  : ça, tout le monde ne  l’accepte  pas. Et  certains clients ne comprennent pas que je puisse tomber en panne de  Saint-Jacques.  » Mais le bouche-à-oreille et  Internet aidant, «  des gens font 50  km pour manger chez moi, et certains se disent rassurés que tout ne soit pas disponible en permanence ! ».

Dans une journée de vingt-quatre heures, fermier et restaurateur, c’est tenable ? Vincent Moriniaux, maître de conférences en  géographie à l’université Paris IV, a enquêté sur les fermes-auberges. « La gestion d’une ferme et d’un restaurant néces­site un enga­gement de toute la famille : le mari travaille au champ pendant que son épouse est en cuisine ou en salle, les parents donnent un coup de main l’été et les enfants servent… Bref, une vie de dingue de moins en moins compa­tible avec le légitime désir des femmes d’agriculteurs d’avoir un emploi dans un autre secteur (en ville p. ex.), avec le fait que les générations ne vivent plus sous le même toit et avec l’aspiration des agriculteurs à partir en vacances comme tout le monde. Du coup, certains évoluent vers de la restauration pure et simple, la ferme devenant un élément du décor : on ne cultive ou on n’élève plus, on achète les produits chez Metro et on emploie des saisonniers. »


Carnet d’adresses p. 40-41

Auberges à la ferme Coquillages tout juste sortis de l’eau, légumes cueillis du matin : au resto aussi, les circuits courts nous régalent, et permettent aux aubergistes-fermiers de vivre de leurs productions. Ripaille militante.

L

es poules ont bien pondu. Demain, Mélissa cuisinera une ome­lette à ses hôtes. Quand elle a repris la ferme de ses parents, en 2005, Mélissa, jeune agricultrice dans le Minervois, a tout de suite voulu déve­lopper un accueil touristique et  gustatif, sous la forme de  la table d’hôte, «  pour valoriser une partie de la production  », entendez : l’écouler dans de bonnes conditions, sans intermédiaires. Oeufs, fromage de  chèvre, chevreau, cochon, légumes, fruits, confitures  : l’exploitation, volontairement diversifiée, fournit l’esssentiel de  ses  ingrédients aux  côtés de  la  farine et  de  l’huile de  l’épicerie bio et  du  vin des  voisins. Mélissa se  fie ensuite à son « humeur » pour proposer des recettes locales nourries d’influences méditer­ranéennes ou  orientales  : chevreau rôti au  miel, chausson au fromage et au thym… Ici, pas de chichis. À la ferme des Bouquets, le menu est unique et la table la même pour tous, les plaisirs de l’assiette déliant les langues. Et attention, qu’on dorme ou  non à  la  ferme, la réservation est de mise car la cuisine s’adapte au nombre des convives. Mélissa n’est  pas une exception. Au Costa de  Dalt, dans la vallée du Vallespir, à la frontière avec l’Espagne, Michèle gère de front un élevage bovin en  bio et  une ferme-auberge, ouverte trois  jours par  semaine1. Elle trouve «  passionnant de  voir le cycle du  produit, de  l’animal ou  de  la terre jusqu’à l’assiette  » mais croule sous la double  charge de  travail, souvent nécessaire pour  joindre les deux  bouts (voir encadré à gauche). Ses  clients, eux, se  régalent de son gigot d’agneau aux noisettes et aux poires.

Les restaurants à la ferme

Les producteurs - restaurateurs les huîtres de l’étang de Thau sont souvent refusées par la grande distribution qui les juge trop grosses. « Seule la restauration permet à la production, aujourd’hui déficitaire, de  s’en  sortir  », observe ainsi André David, au  restaurant Le  Marin, ostréiculteur comme son père et son grand-père. « Le circuit classique est de plus en plus difficile ; si l’on ne  valorise  pas nous-mêmes notre  production, on va droit dans le mur.  » Pour contribuer à la sauvegarde de cultures diversifiées et adaptées au territoire, goûteuses, mais peu rentables, ni réductibles aux standards du marché… mangez chez un producteur !

du jour - DeSaveurs la terre à l’assiette, il n’y a qu’un plat ! La survie des petits circuits, une affaire de gastronomie.

Autre lieu, autre  style. Nous sommes à  Bouzigues  (34), au  bord de  l’étang de  Thau, et  la  grande avenue Louis  Tudesq enchaîne les restaurants, cibles des touristes. Une  bonne  moitié s’affiche comme producteur et restaurateur, une formule qui plaît : « Certains ne viennent que parce que nous sommes aussi producteurs », constate Gérard Benezech, patron de  La  Nymphe. Producteur-­restaurateur, une garantie de  qualité  : «  Nous, on sait ce qu’on vend alors que ceux qui achètent pour revendre, ils ne savent pas toujours très bien ce qu’ils ont dans les mains.  » «  Chez nous, pas de  carte, indique JeanChristophe Cabrol, de  La  Tchèpe,   car on s’adapte continuellement à la production : on ne sert que des coquillages du matin, voire de l’heure ; et, par exemple, les oursins, il n’y en a que l’hiver. » Vu du client, aller au resto chez le producteur évoque la possibilité de goûter à des plats typiques – la soupe de castagnous ou le poulet au  vieux grenache de  la  Borie La  Vitarèle  –, ou  typés –  le steack de bison à l’élevage des Randals sur le Causse Noir – dans un cadre convivial. Comme au Montet (48), dans la haute-vallée du Lot, où, les vendredis d’été, on file l’aligot, on grille le cochon et on cuit le pain dans le four à bois pour des repas mémorables. Mais pour le producteur, l’enjeu est tout autre. Il est souvent question de  survie, notamment chez les conchyliculteurs. Aujourd’hui,

© Cédric Le Roy - Re Act

Retrouvez dans cet article :

1.  Validé par les chambres d’agriculture , le statut de ferme-auberge garantit que plus de la moitié des ingrédients proviennent de l’exploitation et que les autres sont des produits fermiers et locaux. La région L-R dénombre 22 fermes-auberges.

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

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le guide d’ici

(M)eating potes

Assemblez un repas sympa, une expo, un concert, une boutique : la brochette culturelle est prête. Voyage dans des restaurants où l'essentiel n'est pas toujours dans l'assiette .

À l’Orange bl

Service multifonction

eue

« C’

 est un resto à midi, un salon de  thé l’après-midi, une librairie, une  salle  d’expo, un point d’accès à  Internet, un relais postal, une salle de  concert en soirée  ; bref, c’est un endroit très important pour les gens du  coin, c’est ici que les gens se rencontrent. » Pour Philippe, la vie ne serait pas tout  à  fait la même sans L’Orange  bleue, petit restaurant dressé sur la place du  village d’Octon  (34), à  quelques encablures du  lac du  Salagou. Ce  soir, Philippe, bassiste dans le groupe Memento, joue sur la petite scène du lieu, un bout de  salle débarrassé de  ses  tables et  chaises. Le public, lui, a le choix entre une assiette de cuisses de poulet et  des  lasagnes. «  Ici, les clients demandent rarement ce qu’il y a à manger, ils ont confiance. Souvent, je les sers sans même qu’ils m’aient posé la question », explique Adèle. « Dans le coin, l’habitat dispersé, Où trouver (A)typiques ? est très précise Manu, le restaurant est donc important car il crée du lien social. On n’y vient pas seulement pour manger même si c’est très bon. » peut s’abonner ? À la On campagne, le resto peut devenir l’endroit idéal où refaire le monde. Et en ville, comment se créent les rencontres ? À  Montpellier, à  La  Teranga, on mange afro-antillais mais on cause aussi afro-antillais, pendant ou  après les repas  : expos, musique, «  soirées à  palabres  » mettent à l’honneur les cultures noires. À  quelques centaines de  mètres, entre deux concerts, Le Baloard accueille, une fois par mois, le bistrot des  ethnologues ou le Bar des Sciences pour des  échanges intelligents et  gourmands. À  Carcassonne, au  Païchérou, sur les bords de l’Aude et dans l’odeur des grillades, l’accordéon fait valser depuis trois  générations. À  Uzès  (30), Aurélie, jeune maman, a  créé Les  Petites  Mains, petit resto bio et associatif parents-enfants. Si on y va le midi pour manger, on y  revient l’après-midi pour discuter allaitement ou  pour un atelier (cuisine, gym, anglais, etc.) ouvert aux  tout-petits

et à leurs  parents. À Perpignan, on peut acheter du vin et des bocaux du terroir à la Crêperie du Théâtre (bio). À Sète, à partir d’octobre, Sylvie organise des goûters bio pédagogiques autour de la terre vivante et nous fait partager ses découvertes à La Part des Anges : « Je rêvais d’un lieu où l’échange humain est primordial. »

Restaurants multifonctions

Papilles culturelles

À deux pas du musée de Lodève, Sylviane prolonge le plaisir de l’art par des expos dans son resto Le Soleil Bleu. À La Décoratrice, à Sète, il faut traverser la boutique de déco funky et design avant de rejoindre Carole dans la cuisine-resto où elle organise des ateliers de cuisine enfants, donnant sur la véranda où son compagnon relooke des meubles anciens. Et entre les pierres du Flo des Mots, on s’enivre de l’odeur des livres, des vapeurs de la cave à vin, tout en dégustant des tartines… pendant que les trublions se divertissent à l’espace enfants. Au milieu du parc naturel de la Narbonnaise (11), entre canal et étang, le  Tournebelle –  où l’on mange local et  bio  – fait zinguer ses habitués dans une ambiance guinguette revisitée, moderne et jazzy. «  Si nous avons ouvert ce lieu, ce n’est pas seulement pour faire à manger, c’est aussi pour s’amuser , confient Karen et Sylvain, et la musique est ce  qu’il y  a  de  plus facile et  de plus rapide à  mettre en  œuvre car elle ne  demande  pas beaucoup de matériel. » Ce qui ne les empêche pas d’être créatifs en organisant un ciné-­concert (un combo de jazz accompagne en direct un chef-d’œuvre du muet, projeté en plein air), et bientôt, peut-être, des spectacles de marionnettes ou des cafés écolo. Avant le café, vous reprendrez bien un peu de culture ?

Retrouvez dans cet article : Les couteaux suisses de la restauration. Mettezvous dans l’ambiance !

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(A)typiques n°5 / octobre-novembre 2010

© Fabien Georges

R E STOS at y piques


la question qui tue

Vent de discorde Souffles rebels dans la campagne languedocienne : des opposants bloquent les nouvelles installations d’éoliennes. Ces sirènes du ciel, sources d’énergie propre, locale et inépuisable, sont aussi perçues comme de bruyantes massacreuses de paysages, peu efficaces et issues du grand capital. Nez au vent, (A)typiques s’engouffre au coeur de l’orage… histoire de redonner souffle au mistral gagnant. [ Texte Fabien Georges] [ Photos Imajam ] [ Illustrations Julien Revenu ]

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Pourquoi les tournent-elles « L

e Minervois est en danger  !  » alerte Didier Jocteur-Monrozier, président de  l’Association de  défense des collines du  Minervois. Feux de  forêt, inondations, invasion de  criquets  ? La menace est ailleurs. «  Les parcs éoliens se  multiplient. Ils ne  servent à  rien sauf à nuire au territoire et à  ses habitants.  » Tout comme les autres groupes antiéoliens, l’association, forte de ses 200 membres, n’hésite pas à recourir aux tribunaux administratifs pour retirer les permis de construire accordés aux installateurs. De  quoi convertir les moulins à  vent modernes en habitués des cours de justice. À Montpellier, le tribunal de  grande instance a  même condamné, le 4  février  2010, le parc éolien de  Névian  (11), pourtant en règle, au titre d’un trouble anormal du voisinage. Si le jugement se confirme en appel, la Compagnie du  Vent devra démonter quatre  éoliennes et verser plus  de  400  000  euros à son voisin, le domaine viticole de  Bouquignan, pour nuisance sonore, dégradation du  paysage, et moins-value estimée de  la propriété. Une  première en  France, au  moment où le pays milite officiellement pour le développement de l’éolien. Rien qu’en  2009, 500  éoliennes ont hissé leur mât dans le ciel français, pour atteindre 3  000 en  fin  d’année, soit 20  fois  plus qu’il y  a dix  ans. En Languedoc-Roussillon, des vents particulièrement favorables et soutenus font de la région le deuxième gisement éolien du pays (derrière la Bretagne). Avec 303 éoliennes réparties sur 40 parcs, elle

détient 10 % de la puissance installée en France. Et ce n’est qu’un début… du moins sur le papier ! Le Grenelle 1 (2009) entend dynamiser la production d’énergies vertes, en portant de 7 à 23 % la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie d’ici 2020. Pour participer à  cet effort, l’éolien devra multiplier sa  production par cinq pour atteindre 10 000 éoliennes. Or, pour installer une éolienne, il faut un site. Là commencent les ennuis… Les communes et les communautés de  communes ou d’agglomération louvoient entre leur désir d’augmenter les recettes de la collectivité et la nécessité de contenter leurs électeurs, parfois réticents à  l’égard des projets éoliens. Dans l’Aude, un projet a  été abandonné par le conseil municipal après  que 60 % des électeurs aient signé une pétition (à l’inverse, les riverains du parc éolien d’Aumelas dans l’Hérault se  sont majoritairement prononcés pour son extension).

Vraix ou faux ? Bien ou (A)typiques mène l’enquête su de société et d’actua au delà des polémiques surp Attention, c’est un Du plomb dans l’aile

Du Rhône au Lauragais, les oppositions sont de plus en plus fréquentes. Capables de se mobiliser rapidement (via Internet), et soutenues par des personnalités influentes comme Valéry Giscard d’Estaing, les associations anti­éoliennes s’appuient sur des réseaux comme Vent de colère ou la Fédération de l’environnement durable (FED), pour ficeler leurs dossiers, au nom de la défense de l’environnement. Paradoxalement, comme ®®

QUESTION QUI TU

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre- 2010


Corbières (11), Montagne de la Moure, Haut-Languedoc (34)…

éoliennes au vinaigre

?

u mal ? ur des enjeux alité, perficielles… ne

Vents contraires Le repas avait bien commencé…, mais ils en ont parlé. Les anti­éoliens sont-ils de parfaits obscurantistes noyautés par les lobbies nuclé­aires, qui défendent leur pré carré ? Les pro­éoliens sont-ils des écolos béats qui croient que la technique va sauver le monde ? Avant que les poncifs sur les éoliennes ne fassent tourner votre bon cru au vinaigre, essayez de repérer vrais fantasmes et faux arguments. Votre dessert n’en sera que plus digeste.

l Retrouvez les

arguments antiéoliens passés au crible dans les pages suivantes.

UE ! (A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

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la question qui tue les 883 associations proéoliennes du réseau  «  Sortir du nucléaire  ». «  Tracts, meetings, actions juridiques, tous les moyens sont bons pour lutter contre les éoliennes  », explique Pierre Bonn, président de l’Association de défense de  l’environ­nement en  Nord-Lauragais. Dépréciation de  la  valeur des  maisons, massacre des paysages et des oiseaux, bruit et fuite des touristes  : les arguments sont nombreux pour faire des éoliennes industrielles des empêcheuses de  vivre heureux à  la campagne  (voir encadrés). Certains doutent même de  l’efficacité des éoliennes, comme Didier Jocteur-­Monrozier et Pierre Bonn, livre de Claude Allègre 1 à la main  ; tandis que d’autres, comme Michel  Degré, président de  l’association La Farigoule, se refusent « à prendre un parti antiéolien », se  bornant à  demander «  que toutes les implantations industrielles se fassent en concertation avec les populations locales ». Enfin, quelques-uns, issus des milieux écologistes et  donc traditionnellement les  plus ouverts à  cette innovation environnementale, accusent les éoliennes et les opérateurs éoliens –  très souvent, des filiales de  grandes entreprises  (EDF-ENR appartient à  EDF, Eolfi à  Veolia, la Compagnie du vent à GDF-Suez, etc.) – d’être les chevaux de Troie à la campagne du capitalisme transnational. La lutte contre les éoliennes fait-elle partie du  fameux syndrome «  c’est bien, mais pas dans mon  jardin  » 2  ? Contrairement aux  apparences, les riverains perçoivent mieux les parcs éoliens que les autres. Ainsi en 2003, une étude publiée par l’ADEME 3 a  prouvé  que les  habitants des territoires équipés en éoliennes  – comme les Audois et les Bretons  – s’en font une meilleure image que  la  moyenne des  Français. En  majorité, ils trouvent que les  parcs ne  nuisent ni  au  tourisme, ni  au  paysage, ni  à  l’environnement. En fait, l’opposition est souvent le fait de néoruraux, plus enclins à sacraliser le paysage rural,

pour sa valeur patrimoniale et culturelle. Peu avertis des enjeux économiques locaux, ils « supportent difficilement la modification d’un paysage qu’ils estiment avoir acquis avec leur habitation », avance Élodie  Valette, géographe au CIRAD 4. De son avis, « le conflit, dans les espaces ruraux audois, naît de  l’affrontement entre des  conceptions différentes de  l’espace, en  fonction de  ses usages par les acteurs locaux ».

l« Les éoliennes font du bruit »

Un éolien plus citoyen Alors comment détendre le bras de fer entre usagers aux intérêts opposés  ? En faisant d’abord preuve d’une meilleure concertation, répondent les professionnels de l’éolien. Certes, la loi prévoit déjà des dispositifs, comme l’enquête publique, supposée compiler les préoccupations des uns et des autres. Mais, de l’expérience de Jean-Paul Salasse, directeur des Écologistes de l’Euzière et médiateur de  concertations sur  l’éolien, «  à  ce moment-là, il est déjà  trop  tard  : le projet est ficelé. En réunion publique, les crispations ne peuvent que  monter, et le ton avec  ». Alors comment organiser un  vrai débat démocratique  ? «  Certains maires sont tentés par le référendum, mais seuls les opposants s’y rendraient. La concertation groupe par  groupe, dès le début, comme à  Lézan  (30), se  révèle plus efficace. » «  Nous devons effectivement faire  plus  », reconnaît Guillaume Marcenac, chargé de  projet à  la  Compagnie du Vent. « Nous avons commencé à organiser des réunions avec les populations locales pour comprendre leurs inquiétudes et tenter d’y  remédier en  amont. Et en  aval, nous ne devons pas hésiter à ouvrir nos parcs. » Les opérateurs, collectivités ou  associations se  lancent ainsi dans le « tourisme éolien ». La mairie de Névian (11) accueille des élus venus se  renseigner, tandis  que le CPIE 5 du Haut-Languedoc propose chaque  semaine, « Au carrefour des vents », une animation hebdomadaire de  trois  heures pour découvrir le parc de  Cambonet-­Salvergues  (34). Après la visite, on ne  regarde  plus les éoliennes du même oeil ! Mais au-delà des préjudices environnementaux, «  les habitants installés plus anciennement reprochent

Au pied d’une éolienne, le bruit équivaut à celui que l’on entend à l’intérieur d’une voiture. Et il diminue fortement dès que l’on s’en éloigne. D’autant plus que la technologie a beaucoup progressé. Le bruit d’une éolienne ne représente donc aucun danger pour la santé, a conclu un rapport de l’ex-Afsset 6, datant de mars 2008 et réalisé par un collège d’experts en acoustique et en évaluation des risques sanitaires. Mais si la proximité d’éoliennes n’entraîne pas de troubles auditifs, elle provoque des gênes sonores… exacerbées par un milieu rural statistiquement plus calme, ou encore par une opinion négative sur l’éolienne, comme le prouvent, selon Dominique Barthès, des études néerlandaises et suédoises de grande ampleur. Idem pour les troubles physiques et psychiques, peu fréquents, qui n’ont pas de rapport avec le niveau sonore reçu des éoliennes.

Éoliennes : c

Retrou

- Les a - Les idée nuisances s attractivité touristique fau

1. Dans le livre L’imposture climatique paru en mars 2010 et surmédiatisé, Claude Allègre dénonce l’idée du réchauffement climatique du aux émissions de CO2, donc à l’activité humaine. Pour lui, il ne s’agit que d’un vaste complot d’écologistes et de climatologues. 2. Le syndrome NIMBY [Not in my backyard] touche les personnes qui sont d’accord sur un principe…, jusqu’à ce que ça les concernent directement. 3. Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. 4. Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement. 5. Centre permanent d’initiative pour l’environnement. 6. Agence française de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (aujourd’hui nommée ANSES).

Principaux composants de la nacelle d’une éolienne 1

4 3

6 5

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© FEE-sur l’autorisation de Vestas Wind Systems A/S

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Anémomètre  Pales 3  Multiplicateur 4  Alternateur 5  Transformateur 6  Systèmes de refroidissement 1 2


Montagne noire (11), Malon-et-Elze (30), Chaudeyrac (48)… l« Les éoliennes gâchent les paysages »

comme un air de colère

uvez dans cet article :

arguments antiéoliens. « Une éolienne chez moi, ça va pas, non ? es reçues semées auma vent : Vous voulez gâcher tranquilité, ou quoi ?! » sonores, paysages défigurés, l«  Les éoliennes déprécient la l«  Les éoliennes ne rapportent valeur de l’immobilier » qu’aux INDUSTRIELS » e sacrifiée, profit économique exacerbé, ut-il baisser les mâts ? En 2002, selon une étude du CAUE 1 de l’Aude, 76 % des agences immobilières interrogées estimaient que la proximité d’un parc éolien n’avait pas d’effet négatif sur la valeur du prix d’une maison. Aujourd’hui, Didier Tixador, administrateur de la FNAIM* de l’Aude et directeur de l’agence Corbières Immobilier à Lézignan-Corbières  (11), fait la même observation : « Si la proximité d’une autoroute ou d’une voie ferrée a des conséquences sur la valeur d’un bien immobilier, ce n’est pas le cas pour des éoliennes. » La seule étude statistique de grande ampleur montre qu’aux États-Unis jusqu’en 2009, hors évolution générale du marché immobilier, le prix des habitations situées à moins de 1  600  m des éoliennes baisse globalement d’environ 5 % entre l’annonce du projet et la mise en service, puis revient à la normale en trois  ans. Et aucun effet significatif à plus grande distance. La vue ou l’absence de vue sur les éoliennes n’a pas non plus d’effet systématique. Les éoliennes pourraient en revanche affecter la valeur des demeures de prestige, qui tient compte des moindres détails. 7. Conseil d’architecture d’urbanisme et de l’environnement. * Retrouvez les explications relatives aux astérisques dans le Carnet d’adresses, p. 40.

Maire de Névian (11), Magali Vergnes évalue à 100 000 euros environ les retombées annuelles du parc éolien de sa  commune, au titre de l’ex-taxe professionnelle et de sa remplaçante, la cotisation économique territoriale (CET), auxquels s’ajoutent 20  000  euros de loyer par  an, le parc étant installé sur une terre communale. Depuis quelques années, les opérateurs négocient souvent leur implantation contre un mécénat d’entreprise, par exemple Où enterrer trouverles(A)typiques ? pour reconstruire  l’école, lignes électriques… « Une manne souvent providentielle pour des petites communes sans grands moyens, et bénéfique pour On peut s’abonner ? les habitants si les projets sont bien choisis », analyse Jean-Paul Salasse, des Écologistes de l’Euzière. Par ailleurs, l’éolien crée un emploi de maintenance, forcément non délocalisable, tous les 10 mégawatt (MW). En tout, l’éolien aurait créé 600  emplois directs en Languedoc-­Roussillon, dont la moitié autour de Montpellier. Et 10  000  emplois directs ou indirects dans toute la France, soit plus de trois par éolienne. Néanmoins, «  si les nuisances sont localisées, les  retombées sont très dispersées, les emplois étant souvent créés en-dehors des sites de production », concède Dominique Barthès.

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« Il n’y a pas de vérité, certains trouvent les éoliennes très belles, d’autres très laides. » Pour Jean-Paul Salasse, l’esthétique d’une éolienne n’a pas fini d’être débattue car « il est difficile d’établir des normes en matière de qualité du paysage ». Or, même s’il est possible de réduire l’impact paysager – comme à Cambonet-­Salvergues (34) où, plantées au milieu des sapins, il n’y a que le haut des éoliennes qui dépasse, les mâts échappant au regard – « une éolienne ça dépasse souvent les 100 m, et ça se voit », reconnaissent les profes­sionnels. Tout comme « un barrage hydraulique, une centrale thermique ou n’importe quel équipement : route, auto­ route, ligne à haute-tension… ». En position d’arbitres, les pouvoirs publics n’ont pas la tâche facile. Ce qui conduit à certaines décisions pour le moins curieuses. Guillaume Marcenac se souvient ainsi d’un projet de parc refusé pour sa proximité avec un château, pourtant distant de plusieurs kilomètres, « alors qu’une autoroute et une ligne à haute-tension passent déjà entre le site retenu et le château ! ».

l« Les éoliennes rebutent les touristes » À Cambon-et-Salvergues (34), la ferme des Taillades, située à 500 m d’un parc de 23 mâts, n’a jamais constaté d’impact éolien sur la fréquentation de ses chambres d’hôtes. Dans la même commune, André Pinenq, propriétaire du gîte Contournet, à 600 m de la première éolienne et adversaire du parc, ne se souvient que de deux familles qui ont annulé une réservation après avoir détecté, via Google Maps, la présence d’un parc à proximité de leur lieu de vacances.

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la question qui tue ®® [aux projets  éoliens] leur caractère exclusivement financier  : pour  eux, les entreprises visent la rentabilité à  tout  prix, au  mépris du  territoire  », remarque Élodie Valette. «  Qui plus  est, pour profiter surtout aux citadins, voire pour exporter l’électricité à  l’étranger  », précise Jean-Paul Salasse. Or, selon une étude néerlandaise, «  lorsque les riverains sont intéressés financièrement, ils sont quatre  fois  moins nombreux à  se dire gênés par le bruit des éoliennes  », complète Dominique Barthès, du bureau  d’études 3B  Énergies. Alors, pour emporter l’assentiment de la population locale, les opérateurs tentent de  l’impliquer financièrement. Dans le Lézignanais, la  Compagnie du Vent a conclu un partenariat avec la cave coopérative pour améliorer le système d’irrigation et aménager un espace de vente pour les viticulteurs. Par le biais d’une société d’économie mixte  (SEM), cet opérateur partage risques et bénéfices avec des communes et communautés de communes, par exemple dans la Drôme.

l« Les éoliennes tuent les oiseaux et les chauves-souris »

l« L’énergie éolienne coûte trop cher » L’État oblige EDF à racheter l’électricité éolienne à 0,082 €/ kWh, contre 0,30 €/ kWh pour les installations solaires et un prix de revient de 0,051 €/ kWh pour le nucléaire. Ce surcoût est répercuté sur nos factures via la Charge sur le service publique de l’électricité (CSPE), de 4,5 €/ MWh, soit 5 à 10 €/ mois. Mais seuls 3 % de cette taxe sont liés au surcoût des énergies renouvelables, l’éolien comptant pour un tiers. Soit un surcoût, pour nous, de moins de 0,10 € par mois. Surcoût qui épargne, certes, les pays qui achètent de l’électricité à la France … Les coûts de production, eux, oscillent aujourd’hui entre 0,4 et 0,8 €/ kWh. Divisés par deux depuis les années 80, ils devraient encore chuter pour devenir équivalents au prix du marché autour de 2020 et permettre ensuite de baisser le tarif de rachat. Certes, entre-deux, les géants de l’énergie auront profité de ce haut tarif. Mais en parallèle, les éoliennes permettent de réduire le risque économique lié à l’envol du prix du baril de pétrole.

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« Dans la région, on ne peut pas dire que les éoliennes constituent un problème pour les oiseaux », explique JeanPaul Salasse, naturaliste et directeur des Écologistes de  l’Euzière, une association de protection de l’environnement. « Quand le vent vient du nord, les oiseaux volent bas. Mais comme le ciel est alors dégagé, les éoliennes ne sont pas cachées dans le brouillard  : les oiseaux savent les éviter. À Treilles (11), un couple d’aigle royal a ainsi appris à les contourner. » Dominique Barthès indique que « selon différentes études, les parcs éoliens terrestres tuent entre 0,5 et 10  oiseaux par  mégawatt  (MW) et par  an. Certes, il y a des exceptions, comme en Navarre (pas d’étude d’impact sérieuse réalisée, et des implantations en dépit du bon sens) ou aux Pays-Bas (beaucoup de brume et beaucoup d’oiseaux de mer, qui pénètrent loin à l’intérieur des terres). Mais si l’on compare les 100  000  oiseaux tués par  an en  France par les éoliennes aux centaines de milliers victimes des autoroutes, aux millions tués par la chasse et aux  dizaines de  millions électrocutés par les lignes à haute-tension, on en déduit que l’impact des éoliennes est relativement faible ». Les critiques avancent aussi une surmortalité de chauvessouris. Là encore, Dominique Barthès se veut rassurant  : « Elles ne sont pas victimes de collisions avec les pales, mais de la surpression dans le sillage immédiat de celles-ci. Les solutions sont donc simples et déjà prévues par les porteurs de projet  : 1) éviter d’implanter une éolienne à proximité immédiate d’une grotte où nichent des chauves-souris  ; 2) éviter les routes de migration importantes ; 3) programmer les éoliennes pour qu’elles ne démarrent pas si le vent est faible : c’est le moment de sortie privilégié pour les chauves-souris. »

Retrouvez dans cet

l« Les éoliennes sont inefficaces » En moyenne, une éolienne fonctionne 70 % du temps, mais cela équivaut à environ 24 % à pleine puissance. De prime abord, cela paraît peu. C’est pourtant autant qu’une centrale thermique classique et beaucoup plus qu’une installation photovoltaïque. Une éolienne nouvelle génération (de  2  MW) est environ dix  fois plus  puissante qu’il y a dix ans, et fournit en électricité, chauffage compris, l’équivalent de 2 000 habitants – en France, le parc éolien actuel fournit 2,5 millions d’habitants. «  Si les éoliennes tournent juste quand on n’a pas besoin d’électricité, ça ne sert à rien puisque l’énergie ne peut se stocker, et on est obligé de faire plus de centrales thermiques pour faire face aux pics de consommation  », leur reproche-t-on souvent. L’énergie éolienne est variable, certes, mais, le réseau de transport d’électricité  (RTE) et Météo France disposent d’un logiciel pour prévoir la production éolienne une heure à trois jours à l’avance. Ils peuvent alors optimiser la production d’énergie en fonction de la demande, en ouvrant un barrage ou en démarrant ou arrêtant une centrale à charbon ou au fioul, un réacteur nucléaire étant plus lent à s’allumer. De plus, en raison de la saisonnalité des vents, les éoliennes fonctionnent plus souvent l’hiver, quand on a le plus besoin d’elles, que l’été. Alors, l’éolien, énergie du futur ? Pour Dominique Barthès : «  vu l’intermittence de l’éolien, il ne peut se substituer au nucléaire que de façon marginale. Sa vocation est plutôt de le compléter en remplaçant les énergies fossiles. De toute façon, la priorité est de diminuer les émissions de CO2. » Pour Jean-Paul Salasse, il faut aller plus loin et «  sortir du schéma mental du “ toujours plus “ pour se poser la question fondamentale  : “comment réduire notre consommation d’électricité  ?“ C’est bien de développer les énergies renou­ velables – de façon diversifiée, car aucune n’est parfaite. Mais si la demande continue à grimper de 2 à 3 % par an, il faudra aussi faire de nouvelles centrales au fioul… ».

- Lois actuelles et futures : de nécess - L’éolien offshore garde la

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Notre photographe a trouvé ce canard au pied d’un mât d’éolienne


Rivesaltais-Agly-Fenouillèdes (66)… Pour un projet éolien dans les Avants-Monts de l’Hérault, 3B  Énergies, petite entreprise implantée près de  Saint­Chinian (34) souhaite, quant à elle, « créer une société coopé­ rative d’intérêt collectif (SCIC), ouverte au plus grand nombre, et qui s’associerait à  EDF-ENR, porteur du projet, explique Dominique Barthès, l’un des trois associés. Cela montrerait qu’un parc éolien, ce  n’est pas  forcément des étrangers qui viennent tirer seuls la rente d’une ressource locale ». Un exemple similaire existe, dans le nord-est de la France sur trois  sites de la société  Erelia, aujourd’hui filiale de  GDF-Suez, qui permet aux habitants et acteurs locaux de  partager l’investissement et ses  retombées. La méthode ne  résout certes  pas tous les différends – « certains opposants estiment qu’on cherche à les acheter, reconnaît Dominique Barthès – mais d’autres commencent à modifier leurs points de vue ». Les citoyens peuvent aussi se  positionner directement comme porteurs de projet éolien : dans le Grand Ouest, l’asso Éoliennes en Pays de Vilaine initie un éolien coopé- ®®

L’éolien offshore peine à émerger

Loi. Le vent tourne Voté durant l’été 2009, le Grenelle 1 avait placé la barre haut : en 2020, l’éolien devra fournir 25 000 MW (terrestre et offshore), soit quintupler la puissance actuelle. Adopté en juin dernier, le Grenelle 2 devait apporter les moyens de ces ambitions. Avec satisfaction, la majorité parlementaire souligne l’engagement de l’État à installer au moins 500 éoliennes par an (si le seuil n’est pas atteint sous deux ans, une clause de revoyure autorise à modifier la loi). Mais les professionnels, eux, crient au hold-up. « Sur l’éolien, le Grenelle 2 tue le Grenelle 1 », estime David Augeix, de EDF-Énergies nouvelles. « Plutôt que des moyens, on a eu droit à des entraves, à une accumulation de contraintes », dénonce le réseau Sortir du nucléaire. En effet, l’article 34 exige de la part des opérateurs, en plus d’un avis favorable délivré lors de l’enquête publique, d’une étude d’impact positive et du permis de construire, qu’ils détiennent aussi une autorisation d’Installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), habituellement demandée pour les installations à risques. Ce nouveau régime rend possible le démantèlement d’un parc en cas de nuisance pour le voisinage, même bien après sa mise en service. Et rend donc le retour sur inves­ tissement très incertain. De quoi inquiéter les banques : alors qu’elles finançaient tradition­nellement 80 à 90 % d’un projet, elles rechignent désormais à prêter aux opérateurs. D’autre part, la loi impose aux nouveaux parcs, en plus d’être situés à plus de 500 m des habitations et au sein des zones définies par le Schéma régional éolien (SRE), d’être équipés d’un minimum de cinq mâts. Ce qui va compliquer la tâche des opérateurs dans les régions à l’habitat disséminé, là où les grands parcs sont complexes à monter. En Basse-­Normandie, par exemple, au moment du vote du Grenelle 2, 61 % des projets de parcs comptaient moins de cinq éoliennes. Conséquence : les opérateurs doivent revoir leur copie… au point de perdre en effi­cacité. «  Près de Narbonne, notre projet de parc de quatre éoliennes de 2 mégawatts (MW) doit désormais inté­grer une cinquième machine. Mais, faute de place, nous avons dû les redimensionner : chacune ne produira plus que 0,8 MW. Résultat, le parc dégagera deux fois moins de puissance que dans le projet initial », regrette David Augeix.

Aucune éolienne marine n’a encore été implantée au large des côtes françaises, mais l’État entend bien rattraper son retard pour atteindre, en 2020, les 6 000 mégawatts (MW) fixés par le Grenelle  1. Fin août, il a annoncé un appel d’offres et un investissement de 10 milliards d’euros ciblés sur onze zones, dont huit prioritaires. Parmi elles, une seule en  Méditerranée, située sur une bande de  5 à  14  km de large, entre Sète et Port-la-Nouvelle  (11). C’est en effet l’unique zone retenue lors d’une consultation menée par la Préfecture de PACA avec les services de l’État, les collectivités locales et les associations environ­nementales. Car en Méditerranée, les obstacles se révèlent nombreux. Au large des côtes, les fonds descendent très rapidement, empêchant d’ancrer les machines en profondeur  ; les techniques des éoliennes flottantes ou sous-marines (hydroliennes) n’étant pas suffisamment abouties pour remédier au problème. Il faut donc s’approcher du rivage où les conflits d’usage sont légion. Évidemment, pas question de s’installer à proximité des aéroports, des grands ports marchands ou des sémaphores militaires, ni au sein de zones écologiquement sensibles. Les mairies de Gruissan, de Port-la-Nouvelle et de Por­ tiragnes (11) ont déjà fait part de leur hostilité à tout projet de ce type. Inquiets, les pêcheurs défendent également leurs intérêts via le comité régional des pêches (CRPMEM*) : «  Les professionnels de la pêche ne sont pas défavorables à l’implantation d’éoliennes offshore, mais demandent que la Préfecture prenne en compte la pêche comme un enjeu égal aux autres, explique leur coordinatrice Clotilde Guyot. Or, dans la zone identifiée, on pêche partout. Et, contrairement à la Bretagne, les gisements de poissons ne sont pas statiques. Ainsi, il s’avère difficile de mesurer l’impact des éoliennes  Où trouver (A)typiques ? sur la pêche. Et notre pêche ne peut se voir cantonnée à une petite zone jugée favorable sur une carte. » Face à tant de contraintes et d’hosti­lités, Francis Rousseau, On peut s’abonner ? spécialiste des énergies marines à 3B Conseils, nourrit « peu d’espoir » envers l’offshore méditer­ranéen. En revanche, on peut déjà tabler sur de vivants débats régionaux. Tel le débat public entamé en Normandie ou l’affaire du photomontage de Philippe de Villiers visant à détracter les éoliennes de Noirmoutier…

t article :

saires aménagements ? tête sous l’eau.

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la question qui tue

Petit éolien deviendra grand ? Les petites éoliennes – le mât est de quelques mètres, une trentaine au maximum – peuvent alimenter des bâtiments ou des sites isolés (aires d’autoroute, etc.) ou être raccordées au réseau pour une vente de la production. La loi les favorise d’un côté (en dessous de 12 m, une éolienne n’a pas besoin de permis de construire) et les handicape de l’autre (pour bénéficier de l’obligation de rachat par EDF, les petites éoliennes doivent se situer en ZDE 1 et appartenir à un parc de cinq mâts minimum). Pourtant, le petit éolien est un compromis intéressant à plus d’un titre : il s’intègre plus facilement dans le paysage que le grand, nécessite un moindre investissement financier et «  profite avant tout aux gens qui vivent à proximité  », explique le constructeur Olivier Krug (qui équipe les expéditions de Jean-Louis Étienne). À l’initiative de Pôle Énergies 11 – association de collectivités locales et groupement de professionnels de l’Aude – un réseau d’une cinquantaine d’agriculteurs du Lauragais planche actuellement sur la mise en place d’un parc de petites éoliennes. Un projet qui permettrait de mutualiser l’ensemble des coûts et de réaliser d’importantes économies d’échelle, pour ensuite revendre l’électricité à Enercoop. À la manière de ce qui se fait ailleurs en Europe, comme au Danemark où 70 % des éoliennes appartiennent à des agriculteurs, ou au Royaume-Uni où l’on compte 25 000 petites éoliennes, contre 600 en France. La solution pour combler ce retard ? Pour Olivier Krug, il faut créer une filière distincte du grand éolien : « Les ZDE ont été définies en fonction du grand éolien, pas du petit. » David Bougio, directeur d’Ebonys, qui fabrique sur mesure des petites éoliennes à Arles-sur-Tech (66), renchérit et regrette : « La filière ne fonctionne pour l’instant qu’en autofinancement, ce qui entrave son développement et l’empêche d’être compétitive : il nous faudrait un coup de pouce de l’État. »

®® ratif et solidaire, en gérant un capital-­risque avec des clubs d’investisseurs (CIGALES*). Sur un des deux sites retenus, elle a pu mener les études et obtenir le permis de  construire pour un  parc de  quatre  mâts. Plus localement, Enercoop, fournisseur d’électricité 100 %  énergie verte, aide à la mise en place d’un groupement d’agriculteurs audois prêts à investir dans du petit éolien. Et quand un projet a reçu l’aval de la population, tout devient bien plus  simple. À  Névian  (11), le parc a  reçu la faveur des chasseurs et des viticulteurs du  village, ces derniers étant même à  l’origine d’une «  cuvée des Éoliennes  ». De  son  côté, la mairie a  initié une course pédestre –  «  la Foulée des  éoliennes  »  – qui réunit chaque  année 350  participants. «  Le site est devenu le lieu de  balade du  village alors  que personne ne  s’y  rendait auparavant. Nous songeons même à y installer une table d’orientation », explique le maire Magali Vergnes. Alors que les élus craignent souvent de  ternir leur image en  approuvant l’installation d’un  parc éolien, cette dernière a  été réélue avec plus de  80 % des voix. Elle ne déplore qu’une famille farouchement antiéolienne, celle-là même qui a saisi le TGI de  Montpellier, «  alors qu’on ne voit pas les éoliennes depuis  leur  maison  ». Confrontées à  tant de  passions, les éoliennes mériteraient bien un roman, façon… Les Hauts de Hurlevent ?

Qui sèm

1. Zone de développement de l’éolien

Retrouvez da

- Les explications, par étape, Qui sème le vent ?

- La carte des2/parcs éoliens actuels e La prospection - Le petit éolien a

Un projet éolien est risqué : une fois le site repéré, il faut entre  cinq et dix  ans pour qu’il passe toutes les étapes et puisse aboutir… avec une chance sur dix. Mais il est aussi attractif  : l’investissement est amorti en moins de dix  ans d’exploitation, et ensuite, grâce au rachat de l’électricité à prix haut, la rentabilité atteint environ 15 % par  an  : c’est le jackpot  ! Encore faut-il avoir la capacité d’investir –  sans certitude de succès  – les millions d’euros nécessaires à un projet  : un luxe que souvent seuls les grands groupes peuvent se permettre.

3/ Le développement

étude d’impact, réunions, permis de construire

1/ Le zonage Les communes et les communautés de communes ou d’agglomération définissent des zones de développement de l’éolien (ZDE), crées par la loi POPE (Programme d’orientation de la politique énergétique) de 2005. Arrêtées par le préfet, ces zones sont choisies pour leur potentiel de vent, leurs possibilités de raccordement au réseau électrique et leur situation géographique, à l’écart des paysages remarquables, des monuments historiques et des sites protégés. Celles-ci devront désormais s’intégrer dans les schémas régionaux éoliens  (SRE) prévus par le Grenelle  2. En Languedoc­Roussillon, c’est la DREAL 2 qui pilote sa réalisation.

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L’opérateur repère un ou plusieurs terrains favorables à l’intérieur d’une ZDE et se manifeste auprès d’une commune et du propriétaire foncier pour « réserver » le terrain par une promesse de bail. L’étape dure six mois environ et un projet sur deux est abandonné sur refus de la commune ou du propriétaire.

L’opérateur fait appel à des sous-traitants (souvent des associations reconnues pour leur indépendance mais aussi des paysagistes et des acousticiens) pour réaliser des études indispensables à la prise en compte de l’ensemble des contraintes d’un site : ondes sonores, couloirs migratoires, présence d’espèces protégées, paysages, etc. Le projet est alors présenté à la population lors d’une réunion publique et les remarques notées. Un bureau d’études assure ensuite la rédaction d’une étude d’impact (obligatoire pour les éoliennes de plus de 12  m) qui propose une série de mesures compensatoires et d’accompagnement (ex. suivi des migrations par la LPO 3) en réponse aux contraintes

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Bois de Lens, Saint-Victor-la-Coste (30)… l Retrouvez

Chastel-Nouvel Rieutort-de-Randon Servières

sigles, sites web et contacts pour en savoir plus en page 40.

St-Sauveur-de-Ginestoux Chaudeyrac Malons-et-Elze

Le développement de l’éolien en Languedoc-Roussillon

Bois de Lens St-Victor-la-Coste

Dio/ Valquières Cambon-et-Salvergues Pradelles/Cabresprine

Beaucaire

Plateau du Sambres Cuxac/Cabardes Cabardes-Montagne Noire Oupia Aumelas Montagne de la Moure Riols Névian Luc sur Orbieu Portel-des-Corbières

Escales -Conilhac Roquetaillade Conilhac -de-la-Montagne

me le vent ? Tuchan

Agly -Fenouillèdes

l« Les INDUSTRIELS abandonnent les éoliennes usagées »

Assuré par EDF-ENR, le premier démontage Zone propices de ferme éolienne au développement (la première du pays, de l’éolien installée en 1998) a déjà Zone de développement eu lieu en avril 2010 de l’éolien (ZDE) sur la Montagne Noire (11). Si les Parcs en exploitation éoliennes françaises sont jeunes, apparues Parcs en chantier pour la majorité dans ou permis accordé les années 2000, leur durée de vie se limite toutefois à une vingtaine d’années. Et les sociétés 4/ La construction opératrices sont souvent dissoutes juste avant et l’exploitation leur fin de vie. Alors qui s’occupera d’elles Les recours épuisés, l’opérateur peut sélectionner lorsqu’elles seront hors ses  éoliennes et passer à l’aménagement, assez rapide, d’usage ? Le Grenelle 2 du  site, s’acquittant ainsi de 1,1  à  1,5  million  d’euros exige des opérateurs par mégawatt. Pour l’achat d’éoliennes, il a recours à des qu’ils provisionnent, constructeurs comme le danois Vestas  (20 % du marché dès l’implantation des mondial), ou, plus rarement aux tricolores Vergnet et parcs, les sommes Alsthom (4,3 % du marché français). 30 % du coût est nécessaires à leur consacré au titanesque génie civil et électrique : un convoi démantèlement (1 à 2 % exceptionnel, l’élargissement ou la création de voies, un du montant de trou de 7 à 8 m de diamètre, pour y couler la dalle de béton,  Où trouver (A)typiques ? l’investissement l’assemblage du mât par tronçons de 40  m (en général), initial), ce qui était déjà une  tranchée pour le raccordement de  15 à  20  km,  etc. par le Code de Il devra ensuite payer les frais de maintenance, un loyer On peut s’abonner ? prévu l’environ­nement, d’environ 3 000 € par machine et par an, ainsi que les taxes même si les modalités inhérentes à son activité. L’énergie produite sera revendue n’était pas uniformisées. à EDF, que l’État contraint à racheter l’électricité pendant C’est donc au Préfet de 15  ans, au prix garanti de 8,2  centimes d’euro le  kWh désigner un responsable pendant 10 ans, puis dégressif. du démantèlement, en 4 Direction départementale des affaires sanitaires et sociales. cas de faillite de 5. Service départemental de l’architecture et du patrimoine (SDAP). la société opératrice. 6. Installation classée pour la protection de l’environnement.

Port-La-Nouvelle Sigean Villesèque-des-Corbières Fitou/ Treilles Rivesaltes Salses-Opoul

St-Arnac

ans cet article :

du montage d’un projet éolien. et en projet en Languedoc-Roussillon. a le vent en poupe. © Leïla Pichoir (d’après des cartes originales des DIREN-DRIRE L-R)

du site et aux demandes des habitants. À cette étape, face à un site finalement trop sensible ou une opposition locale trop forte, deux projets sur trois abandonnent. Parfois menée par un « porteur d’eau » qui cède ensuite ses droits à un grand groupe, cette étape dure trois ans et coûte plusieurs dizaines de milliers d’euros. Si tous les voyants sont au vert, l’opérateur sollicite un permis de construire. La consultation d’une trentaine d’administrations d’État (DREAL DDASS 4, Aviation Civile, Armée, Patrimoine 5, Météo France…), puis l’enquête publique menée par un commissaire-­enquêteur désigné par la Préfecture, jugent de la validité du projet, approuvé dans 90 à  95 % des cas. En revanche, le permis de construire, lui, n’est accordé, en moyenne, qu’une fois sur trois. Cette étape prend deux ans. Les associations et les particuliers disposent alors de deux mois pour contester le permis auprès du tribunal administratif, qui juge l’application du droit et, en particulier, la neutralité de l’enquête publique. En général, l’affaire est jugée en deux  ans, auxquelles s’ajoutent deux autres années pour la procédure d’appel. À partir de 2011, l’opérateur devra aussi obtenir une autorisation ICPE 6. 2. Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement. 3. Ligue de protection des oiseaux.

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alors, ça bouge ? Jardinage partagé (p.14)

[ Rubrique réalisée par Leïla Pichoir et Raquel Hadida ]

© J-F Ayme

Au moins trois nouveaux jardins partagés s’égrainent dans la région : La Graine à Frontignan-la-Peyrade (en chantier), un jardin associatif à Pézénas (en constitution), et un jardin dans le quartier de la Mosson à Montpellier (inauguré mi-septembre). Sans compter l’asso Mèze Atout Coeur (en action depuis deux ans) que nous avions oubliée.

Des projets plein la tête, et des luttes qui leur tiennent à coeur : les gens de la région se coupent les cheveux en quatre pour positiver. Zoom sur des actions d’ici et d’ailleurs, qui font trop peu souvent l’actualité.

… potager pirate

Après avoir passé l’entrée de l’université Paul Valéry, à Montpellier, monté les escaliers, il faut contourner la maison à gauche, et chercher sous un marronnier le panneau qui indique le potager pirate. Depuis le printemps 2010, des étudiants squattent cet espace et le transforment en potager avec toilettes sèches, épouvantails et fiesta. Son nom : La mauvaise graine.

… et microfleurissement Avec

© Bernard Maret

un premier micro-jardin participatif, fin septembre, sur les trottoirs de la rue du Commerce à Figuerolles (Montpellier), la nouvelle association Sémilla lance des « fleurs de bitume » dans la ville. La biodiversité, à ses pieds.

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N°4 : LA SUITE ! w Vaccination forcée (p. 4) Après deux ans de conflit avec des collectifs d’éleveurs, le ministère de l’Agriculture a décidé fin juillet de ne pas reconduire la vaccination obligatoire pour la maladie de la langue bleue (ou fièvre catarrhale ovine*) pour les vaches, moutons, chèvres… Officiellement, la vaccination a fait diminuer le nombre de foyers infectieux. Mais les collectifs FCO* dénoncent un gaspillage d’argent public (98 M € en 2010) au profit des seuls laboratoires, et aux dépends d’éleveurs encore poursuivis en justice pour avoir refusé de vacciner inutilement leurs troupeaux. w Escap’ânes (p.  10) Une adresses supplémentaire pour randonner avec un âne  : Sherp’ânes, sur le Causse du Larzac. w Slow Food (p. 12) Bientôt, le Gard fourmillera à son tour d’initiatives et de visites Slow Food : le cuisinier biolocal Laurent Maire, basé près d’Uzès (voir (A)typiques N° 2) devient en effet vice-président du convivium de la région. D’autre part, les responsables de certains conviviums ont changé (voir p. 38). w Bois exotique (p. 28) Lors de son débarquement en Europe, le bois illégal devrait désormais trouver porte close. Le Parlement européen a voté début juillet une loi qui oblige les importateurs à prouver l’origine de leur marchandise et à préciser l’identité du fournisseur, à partir de  2012. Néanmoins, ce sera aux États membres de fixer les pénalités, comme l’ordre de cessation d’activité et/ou une amende à hauteur du préjudice écologique. Débarqué notamment à Nantes et à Sète (34), le bois illégal représente 40 %  des  bois exotiques vendus. Il aura fallu plusieurs années de négociation avant cette prise de décision. w Thon rouge (p.  30) Cette année, la saison de la pêche au thon a duré… trois semaines, dont deux de pluie, avant sa clôture le 9 juin par la Commission européenne. Autrement dit, après avoir été empêchés par des militants de Greenpeace à la sortie du port, les 17 thoniers-senneurs français ont pêché leur quota en une semaine. Une nouvelle preuve de la surcapacité de pêche chronique, nuisible au thon rouge et à la pêche artisanale, selon le WWF.

Informez-vo

w Droits de l’homme autour de Thau Une nouvelle section de la Ligue des droits de l’homme et du citoyen (LDH) vient d’être créée pour les communes du nord du bassin de Thau (34). Elle vient renforcer les dix autres sections de la région dans le combat pour la justice, les libertés, les droits économiques et sociaux, contre le racisme et l’antisémitisme.

des quatre co les projets, et les citoye

w Spiruliniers Basée à St-André de-Sangonis (34), la nouvelle Fédération des spiruliniers de France entend développer la filière de cette algue, ici et dans les pays du Sud. Cultivée en bassin puis séchée, cette plante se révèle particulièrement riche en protéines et peut se consommer en assaisonnement. w Naturopathe Limoux (11) a enfin sa diététiciennenaturopathe : seule à plusieurs kilomètres à la ronde, Patricia Larcher s’est installée au printemps dernier.

w Cabane de la mer L’été dernier, pour l’organisation des Enfants de la mer, Argelès-sur-mer (66) a certes un peu forcé sur le « people » – Yann Arthus-Bertrand, Maud Fontenoy, etc. Mais sur la plage, il en reste pourtant deux initiatives intéressantes  : l’ «  école de la mer  », destinée à sensibiliser les enfants à l’environnement, et la cabane d’accueil hexagonale, écoconstruite par l’équipe d’Horizon Vertical. Toit végétal, ossature bois, murs en paille (technique « Cellule Sous-Tension » de Tom Rijven) et enduits en argile puisée sur les berges du Tech, la rivière locale.

À découvrir d (A)ty

w L’anglais, enfantin ! On n’est pas là pour apprendre l’anglais…, mais pour le parler. La nouvelle asso’ English Speaking Kids Association (ESKA) de Lunel-Viel (34) promeut le partage et l’échange entre enfants anglophones, en organisant une fois par mois : pique-niques, lecture de contes, ou visites d’un lieu culturel…

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Tous les contacts p. 38

C’est lancé !

NOUVEAUX LIEUX

Du pain sur la planche Dans les Cévennes, Soudorgues (30) renoue avec les fournées collectives. En contrebas de la boutique paysanne et artisanale Terre de Mauripe, employés municipaux et bénévoles ont construit un four à pain communal en matériaux naturels : pierres, briques, bois de châtaignier, isolation en laine de mouton et ouate de cellulose. En imaginant un volume intérieur en forme d’oeuf, son concepteur, David Thiesset, optimise la cuisson du pain (bio) au feu de bois (du chêne vert), 60 kg par fournée. De quoi s’enivrer d’odeurs lors de soirées festives autour de pizzas, rôtis, gâteaux, tartes…

ous sur l’actualité w Le Tour des paysans Il faudra quelques milliers de tours de roues à Julia, Ève (une de nos premières abonnées !), Rémi et Matthias, pour relier les rives de la Méditerranée à la rencontre des paysans, et de leurs initiatives pour faire face aux enjeux environnementaux, politiques et économiques. Espagne, Maghreb, Lybie, Égypte, Jordanie, Syrie, Liban, Turquie, puis Grèce, Balkans, Italie : ces quatre étudiants montpelliérains de 23 et 24 ans partent le 10  octobre et devraient boucler leur périple en août  2011. Malgré des  étapes de 75  km par jour, ils ne garderont pas la tête dans le guidon : les cyclo-aventuriers se réservent deux jours par semaine et une semaine par mois pour échanger avec les acteurs locaux.

oins de la région : , les collectivités ens qui bougent.

dans votre magazine ypiques N°5

w Agroforesterie Installée en bio à Marseillan (34), Odile  Sarrazin va mener des expérimentations pour associer arbres et plantes cultivées sur la même parcelle. Ombre ou soleil, protection contre les ravageurs  : les échanges végétaux peuvent être très bénéfiques, et très productifs. Avec l’INRA, le Département de l’Hérault mène déjà de passionnantes expérimentations sur son domaine de Restinclières, à Prades-le-Lez (34).

w -Gîte Près des Gorges d’Héric et du Saut de Vésoles, à Prémian dans les Hauts-Cantons (34), Maïlys et Pierre-Franck Luye ont commencé à bâtir leurs deux gîtes écologiques, dont l’un accessible aux personnes à mobilité réduite. Un point de départ pour les randos et animations organisées par Pierre-Franck (Terra). w -Quartier Frontignan (34) prépare un quartier de près de 500 logements autour d’une place conviviale, assorti d’une médiathèque et d’une gare TER. Architecture antivents et bioclimatique, eau chaude solaire, fossés en herbe pour stocker l’eau de pluie, murs végétalisés pour le silence ; ce projet a reçu le prix de la sobriété énergétique, notamment pour le confort d’été. Après la démolition, l’éco-quartier des Pielles devrait recevoir son premier coup de pelle pour la fin d’année.

w -Village Avec EDF, Saint-André-de-Sangonis (34) lance tout un programme pour se doter du label Éco-village. En effet, la mairie veut optimiser les dépenses énergétiques dans le patrimoine communal aussi bien que dans les logements neufs et existants. w -Centre Dans les Pyrénées-Orientales (66), l’association ADOBES (Asso pour le développement de l’ossature bois et de l’écoconstruction solidaire) projette de réaliser un espace de cinq modules autour des matériaux et techniques écologiques du bâtiment et du paysage. Au programme : découverte, expérimentations et formation.

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© Conseil général du Gard

w Garder la ligne Pas question d’abandonner le TER Carcassonne-Quillan, dans l’Aude. L’asso pour le maintien et le développement de cette ligne ferroviaire (ALF) exerce désormais une pression politique avec des propositions concrètes de dessertes, d’horaires cohérents et de prolongement jusqu’à Perpignan. Aujourd’hui, la ligne fonctionne sur une voie unique (en « navette »). Les trains ne peuvent donc ni se suivre, ni se croiser, et les deux seuls allers-retours par jour doivent être complétés par des autocars. Pourtant, cette ligne se révèle utile et sécurisante pour les lycéens et les personnes travaillant à Carcassonne.

FUTUR ÉCO-…

w À Pézenas (34), Pure Beauté, fait régner le luxe du naturel. Maquillage, crèmes, huiles essentielles, parfums bio… w À Leucate (66), les cultures quittent les champs pour rejoindre… Aux champs, petit commerce d’alimentation bio tenu par deux amis de la terre. w À Roquebrun (34), Raimond ouvre sa Cave Saint-Martin, cave à vins nature, bar aux tapas régionaux, épicerie artisanale. w À Fleury (11), on s’alimente bio, logique et local, dans la boutique Ferme & Tables ! w Et on se fournit parmi les meilleures références chez Côté Nature, le nouveau magasin bio de Florensac (34). w À Alès (30), pour les enfants, La Souris verte déniche fringues, couches, écharpe de portage, jeux et cosmétiques bio. w À Pézenas (34), le Jardin Saint-Nicolas, une nouvelle pâtisserie bio, nous délecte d’entremets, cakes, muffins, glaces, confitures, à base de fleurs, de fruits et d’aromates. En direct de chez l’horticultrice w À Saint-André-deSangonis (34), sur le cours de la Liberté, et à Clapiers (34), nouveaux marchés paysans tous les dimanches de 8 h 30 à 13 h. Sur un air convivial, les circuits courts montent leurs trétaux, décorent leurs étals et sortent leurs produits bio… w Dans le Gard (30), on peut désormais aller à pied des Cévennes à la mer. Quatre nouveaux réseaux de sentiers, de 100 à 300 km chacun, viennent d’être labellisés « Gard pleine nature » pour leur respect des espaces naturels. À pied, à cheval ou en VTT, des cartoguides permettent de se repérer le long du littoral camarguais, dans la vallée du Vidourle (entre Sauve et Quissac), celle de la Cèze (autour de Fumades-les-Bains), ou de l’Auzonnet (autour de Montalet).


alors, ça bouge ?

Agropolis Museum ferme

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© Cycloville-Lille

PROJETS EN CHANTIER w AMAP en création À Fa (11), la ferme biodynamique Sem la Graine vend tous les jours sur la plage, ses légumes fraîchement ramassés, en vue de constituer une AMAP (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne), voir (A)typiques N°3, p. 20.

w Étudiants sur tous les fronts À Perpignan (66), l’asso étudiante Énergie citoyenne a plus d’un tour dans son campus. Au-delà de l’Amap, elle veut pousser la restauration bio-locale et y créer une épicerie solidaire, ainsi qu’une Amacca, une asso pour le maintien des alternatives culturelles et de la création artistique (voir (A)typiques N°4, p. 36). Branchés sur le théâtre, les étudiants vont explorer ce nouveau système culturel citoyen.

Et faites le plein d’ sur un monde Boîtes D’ICI

w Management conciliant ILO (International Language Organisation), la PME de Baillargues (34) spécialisée dans la traduction, se veut être un employeur avant-gardiste. En signant la Charte de la parentalité en entreprise, elle vise à préserver l’équilibre du rythme de vie des salariés. Déjà détentrice du label «  Égalité  » (entre hommes et femmes), du label « Diversité » (1ère PME française), investie dans le plan FACE contre les  discriminations, la directrice Claire Hart a aussi décroché des certifications de qualité managériale comme ISO 9001 ou ISO 14001 pour sa démarche « environnement » (rénovation écologique des locaux, etc.). Seules ombres au tableau, comme le relève Montpellier Journal, des clients peu recommandables, surtout pour leurs visées internationales : Areva, Total, Eurocopter… Mais là encore, pas de discrimination… w Cosmétique HQE Déjà implanté dans le Gard, le laboratoire Gravier (marques Lerutan, Cosmo naturel et Harmonie verte) se développe à Lussan (30), sur une zone d’activité rurale HQE*. Pour se conformer à la mention Nature & Progrès, il retire les tensio-actifs au soufre de ses cosmétiques bio. * Haute qualité environnementale. w Récup’ d’énergie Au Parc Eurêka, à Montpellier, APF  Entreprises 34, spécialisée dans la valorisation de déchets industriels, investit dans un bâtiment performant en énergie et mieux adapté à ses 45 travailleurs handicapés moteur, pour y construire les volets roulants solaires Rollec.

w Cé (re)moi ! 12 tonnes de chocolat ivoirien, de sucre et de poudre de lait trituré dans les marmites, 980 tablettes de choc’ à la minute, de quoi calmer les plus gourmands… En relocalisant son activité espagnole à Perpignan (66) suite à un incendie, Cémoi (211 salariés), l’unique chocolatier industriel indépendant de France, en a profité pour repenser en vert toute son usine. Des tours aéro-réfrigérantes pour la production d’eau glacée, 11 000 m2 de panneaux solaires, au total 15 % d’économies d’énergie pour un bâtiment compact et efficace.

w Un

Label rouge pour la belle bleue

La soupe de poissons « Petite Pêche côtière  » d’Azaïs-Polito, la dernière conserverie artisanale sétoise, peut désormais arborer le ruban rouge de la qualité. Une première pour un produit transformé issu de la mer Méditerranée.

© Azaïs-Polito

Le musée Agropolis de Montpellier a définitivement fermé le 19 juillet dernier, en deux semaines, sur décision de l’assemblée générale de l’association dédiée, qui juge la fréquentation insuffisante. Ce musée très interactif dédié aux dynamiques agricoles et alimentaires du monde innovait pourtant avec moult expositions attractives, des animations culinaires pour enfants, et adoptait un point de vue pertinent sur des enjeux transversaux. Situé au coeur du pôle de recherche en agronomie, éloigné du centre-ville, il souffrait sans doute d’un déficit de visibilité, ainsi que d’un manque d’entretien des locaux. Priés d’aller crécher au Pôle emploi manu militari, les onze salariés constestent la réalité économique du licenciement : pour eux, la Région, seul financeur depuis le retrait de l’État il y a cinq ans et membre de l’association, aurait du se donner les moyens d’une meilleure communication, en rallongeant le budget (de 750 000 € jusqu’ici). Outre la négociation des indemnités salariales, il incombe désormais au liquidateur, Maître Raymond, de trouver un musée capable d’accueillir les expositions permanentes d’Agropolis Museum. Ardu, quand aucun musée français n’adopte une telle approche… Seul un musée Flamand serait intéressé ! Quant au devenir du lieu actuel, rien n’est décidé, mais des rumeurs circulent : banque de graines ou musée dédié à l’Histoire de Montpellier…

w Vélo-taxi Hélez-le, sonnez-le, le vélo vous trimbale au grand air à Montpellier. Du moins dès que la municipalité aura donné son accord pour lui permettre d’accéder aux zones piétonnes. À un euro la course, cette version écolo-rigolo-fauché du taxi existe déjà dans dix autres villes françaises. Et se révèle idéale pour les personnes âgées, les enfants et le tourisme… Avec quatre vélos coqués, Cycloville devrait aussi gérer les livraisons express de colis en ville, en deux heures, pour 5 €. Les seconds de la région, après l’installation de Vélo de courses à Perpignan, l’année dernière.

À découvrir dans Biscottos (A)typiqu

w À Saint-Martin-­de-Londres (34), la  biscotterie SLP en avait marre de vivre dans l’ombre. Sous-traitante depuis 37  ans pour des marques distributeurs, la Société Languedocienne de Panification (51 salariés) a pris son destin en main. Et en bio  : elle commercialise désormais biscottes, pains grillés, toasts de la marque Épi’sens chez les distributeurs conventionnels, et réserve son autre marque, Brin d’épi, aux magasins bio. Les biscottes sont préparées soit à l’huile d’olive, soit à l’huile de palme Brochenin de Colombie, attestant que sa culture ne détruit pas les forêts tropicales. w Maisons de producteurs 29 entreprises agro-alimentaires de la région s’unissent pour vendre les produits de l’un dans la boutique de l’autre. Ils créent ainsi un nouveau réseau, celui des « Maisons de producteurs » (fromageries, confiseries, mielleries, mas viticoles). À ne pas confondre avec le réseau des «  Boutiques paysannes  », créées pour regrouper les productions de plusieurs agriculteurs qui s’en occupent à tour de rôle. w Elle fait carrière dans les loisirs Réhabilitée comme site d’agrément dédié aux sports (pêche, VTT, canoë) avec un plan d’eau, la carrière des garrigues à  Saturargues (34) exploitée par Languedoc-Roussillon Matériaux (groupe Eurovia) a été récompensée à Paris par la filière « granulats », notamment pour la qualité de sa concertation avec les collectivités, les assoc’ et le voisinage.

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Tous les contacts p. 38 NOUVELLES sources d’info EN PAPIER :

FLASH INFO w L’Europe soutient les Roms « Enough is enough !* » En pleine polémique autour des expulsions de Roms, la Commission européenne s’échauffe. Elle juge illégales et contraires aux valeurs communes les opérations de discriminations menées par le gouvernement français sur ces groupes ethniques, et réaffirme leur plein droit de libre circulation, en tant que citoyens européens égaux aux autres. Elle menace la France de sanctions pour nonrespect des Directives et donne le feu vert pour utiliser des fonds régionaux européens (FEDER) à l’amélioration de leurs conditions de logement. À Montpellier, un collectif Rom s’est mis en place pour aider à reloger les communautés expulsées de leur campement par la police. * Maintenant, ça suffit  !

’infos essentielles en ébullition. w L’urbanisation s’accélère En France, les zones urbaines s’étalent de plus en plus vite : elles progressaient de 54 000  ha/an dans les années 80, avant d’atteindre 72 000 ha/an entre 2006 et 2008, un rythme qui dépasse la croissance de la population. Avéré par les statistiques du ministère de l’Agriculture, ce gaspillage de terres fait reculer la forêt (en progrès depuis 100 ans), affecte les équilibres écologiques et territoriaux, et pourrait mettre en péril l’indépendance alimentaire du pays dès 2050.

w L’avenir du nucléaire Un EPR invendable, des centrales qui vieillissent prématurément, l’extraction de l’uranium périlleuse au Niger, des déchets radioactifs mal gérés : le nucléaire civil français est en mauvaise posture, révèle le très officiel rapport Roussely. Celui-ci propose alors de créer de nouveaux réacteurs, de doubler la durée de vie des centrales, de la financer avec le budget des énergies renouvelables et une hausse de prix de l’électricité, tout en poussant EDF à investir dans l’extraction d’uranium aux côtés d’Areva. Tant qu’à jouer les autruches, autant s’enfoncer la tête dans le sable.

votre magazine ues N°5

w Pesticides hyperactifs Les travaux de chercheurs des États-Unis et du Canada révèlent que les enfants exposés à des concentrations élevées de pesticides, par leur alimentation, encourent davantage de risques de souffrir de troubles du comportement tels que l’hyperactivité. w Droit à l’eau L’ONU a reconnu l’accès à l’eau potable, salubre et propre, et à l’assainissement, comme un droit de l’homme fondamental.

w OGM Welcome La Commission européenne et la France ont profité de l’été pour faire passer les OGM en douce. Cinq nouveaux OGM pour l’alimentation animale sont autorisés pour 10 ans à la vente. Le gouvernement a, en outre, inscrit au catalogue officiel des semences toutes les variétés du MON810 (qui sécrète un insecticide), dont la culture est interdite par un moratoire de 2008, ainsi que celles du maïs T25 (qui immunise contre un herbicide interdit en France pour l’instant), pour permettre leur vente à l’export… Un prélude à l’autorisation de mise en culture ? w Les peuples indigènes se rebiffent En Inde, la tribu des Dongria Kongh a gagné une bataille historique contre le géant Vedanta qui voulait transformer leur montagne en gigantesque mine. Au Bostwana, les Bushmen poursuivent leur bataille juridique contre leur État pour rester dans leur réserve du Kalahari dont le sous-sol, riche en diamants, attire la convoitise du bijoutier De Beers. En effet, en scellant leur unique puits, l’État prive d’eau les Bushmen, tandis qu’à proximité, des touristes de Wilderness Safari se baignent dans une piscine. Comble du cynisme, ces lodges ont remporté un prix pour leur responsabilité sociale…

 Où trouver (A)typiques ? On peut s’abonner ?

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

© Coconotek

w Peak oil Les décroissants ne sont pas les seuls à sonner l’alerte : pour l’armée allemande, le pic de production de pétrole pourrait bien arriver en cette fin 2010. Ensuite, la production ne fera que décroître alors que la consommation mondiale continue à augmenter. Au programme : guerres civiles, famines et épidémies, y compris chez nous. Bienvenue dans l’avenir !

© Alterrenat Presse

BD extraite du livre du dessinateur Berth Les expulsables, Ed. Hoëbeke, sorti le 16 sept. 2010

w Proximités, un nouveau journal de relocalisation Complémentaires d’(A)typiques, les bénévoles du Pas de côté proposent tous les trois mois des analyses critiques d’expériences de relocalisation de la région L-R.

w Annuaire Éco-construire en Languedoc-Roussillon : Un carnet d’adresses de 96 pages, indispendable pour passer de la curiosité à la maîtrise ! w Le Guide de la maison écologique, nouvelles éditions en deux versions Hérault et Gard-Lozère pour tous les contacts d’artisans. w Le Guide des salons et manifestations de la bio et de l’environnement (France et étranger.)

À LA RADIO :

w Éco-citoyen, la nouvelle chronique de deux minutes quotidienne de Rodophe Faure sur France Bleu GardLozère. À 11 h 30 et à 17 h 10.

SUR LE WEB :

w Biogard.fr : Un clic pour rechercher et localiser les producteurs et commerces biologiques du Gard. w Agribio-languedocroussillon.fr : Dédié à la diffusion technique, un nouveau portail pour accompagner le développement des filières bio de la région. w Écotourisme-magazine. com : toutes les bonnes adresses du tourisme durable en France pour préparer ses vacances sur un mode original et plus responsable. w Occasion-verte.fr : petites annonces locales pour des produits verts, pas cher !

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vous êtes

ert, Vous avez découv des gé an ch ou , sté te ture choses suite à la lec d’(A)typiques ? Racontez-nous !! r Pour nous envoye ou r rie ur co photos, : petites annonces redac@atypiques

-mag.fr

Indispensable Votre magazine est devenu un indispensable. Bravo pour votre engagement ! Adriane, naturopathe à Montpellier

Recette de peinture écolo Les peintures écologiques pour bois ne courent décidément pas les rues. J’ai donc décidé de vous faire partager ma recette ! Certes vous ne pourrez pas, repeindre vos surfaces en vert « flashy », mais vous serez assurés de la qualité ! Avec ça, pas de produits toxiques, et une protection de vos bois pendant 10 ans ! La recette de Claudine (09) sur www.atypiques-mag.fr Cliquez sur « Bonus / Découvertes ».

(a)typiques Une pour tous

Biocoop locales

Fidèle lectrice d’(A)typiques, depuis le premier numéro, je m’inquiétais de ne pas voir arriver le numéro 5 chez mes revendeurs… Pour donner un coup de pouce, j’ai alors décidé d’acheter un lot de magazines à diffuser autour de moi. J’espère ainsi vous apporter quelques lecteurs ! Je sais que la période est difficile, mais je sens, au vu de vos efforts et des précédents numéros d’(A)typiques, que vous ferez les bons choix, éthiquement et financièrement parlant. Je ne peux qu’espérer que le lectorat répondra présent ! Je vous félicite pour votre persévérance et pour la qualité de votre travail. En tant que lectrice, j’attache, en effet, une grande importance à l’indépendance et au contenu éditorial. Et merci pour l’inscription à la newsletter, encore un travail de qualité que j’apprécie de recevoir. Je suis admirative ! Marie, Florensac (34)

J’ai lu avec attention votre numéro d’avril sur le bio local que j’ai trouvé fort intéressant et très attractif. Pourquoi ne pas avoir contacté les magasins Biocoop du département ? Soleil Levain (Alès), ainsi que notre biocoop, La Fourmi & la Cigale, située à St-Hippolyte­du-Fort, encourageons activement la production bio locale. Nous travaillons avec 40 agriculteurs et transformateurs (11 % de notre CA), que nous soutenons grâce à un fonds d’aide au développement local, créé en 2007. Et nous organisons des visites d’exploitations pour nos clients et adhérents. Catherine, biocoop de St-Hippolyte-du-Fort (30) Bravo pour cette démarche ! Nous avions choisi de nous concentrer sur le mode de vente par paniers, et non sur l’ensemble de l’alimentation bio et locale (bien qu’un encadré précise les diverses positions des magasins bio). R.H.

Bruit de colère Le camping Le Plein Air des chênes mentionné dans votre dossier sur les campings (Atypiques n°4) est peut-être un grand camping « écolabellisé ». Il n’empêche qu’à mes yeux, il est avant tout une usine à touristes, se distinguant depuis des années par ses nuisances sonores, tout au long de l’été. En dépit de nombreuses plaintes déposées auprès de la gendarmerie par les riverains de Clapiers et de Jacou, le bruit des animations suit son cours… Amoureux de la tranquilité, passez votre chemin ! Marie (34, qui a fui Clapiers)

Sucré, salé Bravo pour l’excellent n°3 : - pour Le bio fait un cabas ! ; - les dossiers : Régionales et Banques ; - et l’excellente maquette. Je trouve néanmoins que : - le système Amap de Villeveyrac à Sète est trop compliqué ; - les paniers bio de naturatable.com ne sont pas toujours de bonne qualité ; - le rayon bio de Auchan est correct ; - les biocoop sont trop chères sur les fruits et légumes. Cerise sur le gâteau : les prix bio sont excessifs de + 50 % à + 100 %, au lieu des 20/30 % légitimes ! Christian, journaliste, ex-prof d’économie

Nous comprenons vos désagréments. Cependant, les dossiers que nous vous proposons tentent de montrer la diversité des initiatives menées par des acteurs locaux, et de donner des contacts qui s’inscrivent dans ces dynamiques, avec un maximum d’honnêteté et un minimum de jugement. Ainsi, nous n’avons ni la volonté ni le personnel nécessaire pour faire office de « Routard  » ou d’organisme certificateur  : nous ne garantissons donc pas la perfection des initiatives présentées, ni sur le plan « qualité-prix », ni sur le plan humain. Nos goûts et points de vue étant subjectifs, donc relatifs, nous travaillons à les dépasser afin de vous présenter des initiatives ou des personnes avec lesquelles nous n’avons, parfois, pas d’affinités particulières, ou sur lesquelles nous recevons de mauvais échos (si, si)  ! En revanche, nous vous invitons à indiquer votre mécontentement à la structure concernée, ou à l’organisme qui la labellise (Clef verte pour le camping) : nous avons quelquefois plus de poids que nous ne l’imaginons. Et les critiques aident à progresser… La rédac’

Les petits métiers pris dans les filets

© R.H.

Un dromadaire sur l’étang de Thau, le changement climatique serait-il déjà si avancé ? C’est sans doute pour cela que la mairie de Sète assèche des zones humides pour construire sur des zones inondables…

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J’aimerais rebondir sur votre article dédié au thon rouge (Atypiques n°4) pour m’exprimer sur la nécessité de protéger nos petits métiers de la mer, c’est-à-dire les petits pêcheurs. J’ai entendu dire qu’il serait tout à fait faisable d’acheter à l’avance, à l’instar des paniers de légumes, des paniers de poissons frais (par exemple, 2 kg par semaine, de manière à ce que la pêche soit prévendue au lieu d’être gâchée). Car certains pêcheurs se mettent en danger par volonté de respecter l’environnement. C’est le cas de ceux qui utilisent des filets pélagiques dont les mailles laissent passer les petites sardines. À leur détriment, les filets de chalutiers parviennent à s’en saisir, en raclant les fonds, et empêchent la reproduction d’avoir lieu. C’est pourquoi, certaines années, comme la présente, sont dites «  mauvaises  »… Karine, responsable de l’office de tourisme de Fitou (11)

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010


TESTÉ POUR VOUS

P

« Miroir, miroir, dis-moi si j’ai trouvé la perle rare ? »

ième main Et la deux in en main… a m passe de

osés sur le tapis vert du jardin, piles de pantalons, bataclan de tee-shirts et fatras de pinces à cheveux : l’ «  après-midi shopping » peut commencer. En contre-pied à la frénésie d’achats compulsifs, trois  fois par an, une vingtaine de voisines et d’amies –  aux alentours de Limoux (Aude)  – se retrouvent pour vider leurs placards des vestiges de la mode. Des mains parcourent les étals verts à la recherche de pépites. Une paire de chaussures contre une paire de rideaux ? Non, « ce n’est pas du troc. Florence m’a dit qu’on pouvait venir les mains vides », souligne Sylvie, la novice.

Retrouvez dans cet article : - Le récit d’une après-midi shopping « nouvelle mode ». - Les conseils pratiques pour prendre le pli. Petits bouts de soi

Cette idée venue du Tarn a tout de suite plu à Florence Lenoble. Dans une ambiance bon enfant où se mêlent des pulls d’hiver et une visière des années 80, sous un soleil de plomb, la caverne d’Ali Baba se révèle à ciel ouvert. Pour Colette, cette initiative aide à «  redonner vie aux vêtements  ». Un moyen de transmettre des petits bouts de soi… sans se perdre en lèche-vitrine. «  C’est aussi l’occasion de passer une journée sympa sans le stress des étiquettes  » ou des vendeuses derrière le rideau de la cabine d’essayage. N’empêche que cet «  échange de fringues  » ne se révèle être qu’une «  couverture  » pour partager un bon moment, tout simplement. Démasquées ! 

Ils ont testé

pour vous

un produit ou un service alternatif.

Dans la Haute-Vallée de l’Aude, Florence et ses amies ne font pas que « parler chiffons » : elles les échangent. Salon d’essayage « maison » pour une mode résolument récup’.

[ Texte et photos Delphine De Lucia et R.H. ]

Échange de fringues sous le manteau Où ? S’il fait beau, sur des tissus dans un jardin, ou sur des tables dans une grande maison. Avec un miroir au minimum. Quand ? Trois à quatre fois dans l’année, à chaque changement de saison. Une après-midi de 14 h Avec qui ? 10 à 25 copines à 18 h par ex. « Passages(copains bienvenus) éclairs » exclus, « sinon habitant à 20 km à la c’est de la consommation, ronde + une nouvelle pas de l’échange »,  Où trouver (A)typiques ? installée dans le coin, pour précise Florence. Caler la lui donner l’occasion de prochaine date à la fin de se faireOn un réseau. peut s’abonner ? chaque session.

Comment organiser un échange de fringues ?

On apporte quoi ? Les vêtements (propres) et accessoires qu’on ne porte plus + « quelque chose à partager » à boire ou à manger, des infos, des idées, une volonté de créer un autre projet + pourquoi pas, des livres à échanger. Comment ça se déroule ? On classe les vêtements par type (robe, manteau, homme, enfant, « pour la peinture »…), mais pas par taille car « des vêtements de grandes vont à des petites ».

Ensuite chacune essaye et choisit ce qu’il lui plaît : « Au fil des échanges, on se concentre sur un ou deux vêtements. On prend souvent ceux qui proviennent de la même personne, d’un style, de matières, de couleurs qui nous correspondent. » Puis, on discute de l’histoire de nos vêtements qui passent à d’autres mains, ou on se fait un défilé de mode décalé, histoire de se bidon­ner. À la fin, on range ensemble.

Que fait-on des fonds de tiroir orphelins ? Il reste souvent dix cartons pleins  ! « On touche du doigt la société d’abondance dans laquelle on vit. » On trie à nouveau : les « chiffons » pour Emmaüs, d’un côté, les vêtements en parfait état, de l’autre. Chacune en emporte un carton pour donner à une association caritative, comme le Secours populaire, une recyclerie ou Emmaüs.

Suivez l’expérience de gens qui vous ressemblent avec toutes les clés pratiques pour essayer à votre tour. (A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

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s’impliquer ? ça se passe…

en octobre

Vos week-ends sans voiture

© stickmyhome - Fotolia.com

E

toutes les informations  touristiques et pratiques pour passer un bon week-end en se passant de voiture. Car, à  pied ou en  vélo, il est évidemment inimaginable de faire 20 km pour trouver une  chambre d’hôtel. «  À  Montpellier, beaucoup de  personnes savent vivre sans voiture du lundi au vendredi, explique Vivette Maury, chargée de  mission de  l’association  Mandarine. Mais le  weekend, elles n’ont  pas  toujours idée qu’elles peuvent se  balader sur la  côte ou dans l’arrière-pays en la  laissant au  garage. Ce site s’adresse à elles, ainsi qu’à ceux –  étudiants, sans  permis  – qui n’ont pas de voiture. »

nvie de découvrir la région sans s’encombrer d’une voiture ? Sur le site web de l’association Mandarine, échangez vos bons plans pour des week-ends au départ de Montpellier (ou d’un autre lieu connecté) en train, tram, bus ou vélo. Un formulaire très simple vous permet de partager vos idées aussi facilement que vous puisez dans celles des autres. Lac de Cécélés en bus, Maguelone à bicyclette par les chemins détournés ou Collioure par le TER…une soixantaine de fiches très complètes donnent

AQUA Jusqu’au 14 octobre, à Vinça (66), plongez votre regard dans la profondeur dramatique des photographies de Nicole Bergé. Et intégrez ses réflexions sur le bon usage de l’eau. Du lun. au jeu., salle Luzzato, 04 68 05 24 19, romain.vinca@orange.fr CARIBÉEN Jusqu’au 17 octobre, au MIAM, à Sète (34), Global Caraïbes, expos d’oeuvres d’art avec des objets du quotidien, évocatrices de l’histoire et de la culture marquée par l’esclavage. 04 99 04 76 44, www.miam.org ENVOLÉES SAUVAGES Jusqu’au 24 octobre, dans tout l’Hérault, redécouvrez le peuple à plumes à travers sorties de terrain, points d’observation, conférences, expositions, ateliers, etc., relatifs à la migration et à la sauvegarde des espèces d’oiseaux menacées. LPO 34, 06 81 37 81 63, www.herault.lpo.fr ANIMALES Jusqu’au 29 octobre, du mar. au sam., de 14 h à 17 h, à la Maison de la Nature de Lattes (34), exposition d’aquarelles naturalistes, inspirées par le monde animal, www.ville-lattes.fr PIERRES SÈCHES Du 4 au 8 octobre, à SaintFrézal-de-Netalon (48), stage-initiation pour apprendre à réaliser : murs de soutènement, escaliers ou murs de clôture en pierres sèches. 458 €, Savoir faire et Découverte, 02 33 66 74 67. JOURNÉES MONDIALES Le 7 octobre : Journée mondiale d’action pour le travail décent, le 9 octobre : Journée mondiale du handicap, le 16 octobre : Journée mondiale de l’alimentation, le 17 octobre : Journée mondiale du refus de la misère. ARGENT INTELLIGENT Le 8 octobre à Saint-Ambroix (30), conférence-débat initiée par Philippe Derudder sur Les monnaies complémentaires : « pour que l’argent serve au lieu d’asservir ». À La Minescence (10pl. aux Herbes) 10 €, 04 30 38 65 78, laminescence@gmail.com, www.aises-fr.org COSMÉTIQUE Le 9 octobre, au Crès (34), initiez-vous aux secrets de fabrication de 4 soins naturels : crème de jour, lait démaquillant, lotion tonique, baume à lèvres. 88 €, Bénédicte Bouvrot, benedicte.bouvrot@wanadoo.fr MUSIQUE EN ROSEAU Les 9 et 10 octobre, à Saint-Bauzille-de-la-Sylve (34), initiation à la fabrication d’instruments sonores en roseau. Sur inscrip., CIE Alfred de la Neuche, 04 67 84 32 58, a.delaneuche@gmail.com FÊTE DE LA GARRIGUE Les 9 et 10 octobre, à Caveirac (30), marché de producteurs, balades à dos d’âne, circuit VTT, excursions botaniques, spectacles (conte, danse, chanson), conférences… vont enflammer la garrigue ! Mairie, 04 66 81 32 70. FÊTE DES PAYSANS Le 10 octobre, à Saint-Geniès-de-Malgloires (30), la campagne sème son ambiance : marché et ateliers paysans, village associatif, forums et apéro musical ! 04 66 63 16 90, gard@confederationpaysanne.fr

Implique

en participant éthiques et solidaire Tous les bons plans

Mandarine À Montpellier, 20, rue Henri-René, 04 34 35 49 12 ou 06 77 74 12 41, www.mandarinepressee.net

Moi, j’investis Multipliez les sorties grâce à dans la terre

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à Barjac  (30). «  Sur le  littoral, le  prix du foncier – 200 000 euros par exploitation en  moyenne  – empêche l’installation des  jeunes  agriculteurs. Et dans  l’arrièrepays, les  propriétaires bloquent le  foncier dans  l’espoir que  leurs  terrains deviennent un  jour ou  l’autre constructibles, explique Valérie Pommet, coordinatrice de  l’association pour  la  région. Notre  objectif, c’est  donc de  sortir la  terre de  la  spéculation en  la  remettant à la disposition des agriculteurs. »

livres, spectacles, stages et év sélectionne pour vous un c à ne manquer sou © Terre de Liens

aites une bonne  affaire, placez vos deniers au service  de votre sécurité alimentaire  ! Comment défendre à  la  fois son  assiette, les  paysages et les  paysans  ? En vous  impliquant dans un projet d’installation de jeunes agriculteurs locaux via la  société  foncière créée par l’association  Terre  de  Liens. Faisant  appel à  l’épargne  citoyenne et  solidaire, celleci propose des  actions à  100  euros  pièce qui donnent  droit, au  bout de  cinq  ans, à une  remise  fiscale équivalant à  25 % du montant investi. L’argent rassemblé sert ensuite à l’achat de terres – 200 000 euros en moyenne – qui sont louées à de jeunes porteurs de  projet sélectionnés sur des critères sociaux et écologiques. Dans la  région, depuis  2008, l’association accompagne huit  projets  d’installation, dont deux pour lesquels la collecte n’est pas encore achevée : l’un pour une ferme avicole à  Cardet  (30), l’autre pour une  ferme  bio

Éleveur de pondeuses à Cardet (30), Janick Peyron souhaite accroître son activité de 250 à 500 poules sur deux à trois ans par le biais des circuits courts. Terre de liens le soutient : cotisations solidaires bienvenues !

[ Pages réalisées par Fabien Georges et Leïla Pichoir ] [ Photo d’arrière-plan R.H. ]

Identi’terres

Jusqu’au 10 octobre dans les huit communes du Parc naturel de la Narbonnaise. Concerts, théâtres, siestes, spectacles de rue, cinés, photos, visite de patrimoine autour de l’identité artistique de l’environnement. Des territoires réels, rêvés, imaginaires… www.parc-naturel-narbonnaise.fr

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

© Festival Identi’Terres

Terre de Liens Languedoc-Roussillon la Filandière À Clermont-l’Hérault (34), 6 rue de iens.org edel .terr www 09 70 20 31 18, lr@terredeliens.org

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Vous organisez d Partagez-les avec no sur notre Agen

www.atypiq


octobre / novembre

Bain de verdure automnal

Rencontres environnementales Du 9 au 16 octobre, le territoire du Pays du Haut-Languedoc et vignobles (34) a rendezvous avec le paysage et la biodiversité. Ciné, débats, balades, conférences, expositions… Programme sur www.payshlv.com La nature s’invite en ville à la Maison départementale de

l’environnement de Prades-le-Lez (34) : expos, films, balades champignons, dégustations, ateliers jardins autour de l’environnement urbain. Jusqu’en décembre, 04 99 62 09 40, www.herault.fr/environnement

En complément du magazine, nous éditons un agenda sur internet avec la radio Terra One : Pour retrouver les programmes, www consulter le calendrier, recevoir l’agenda + infos par mail,

agenda

.lasemaine.

RDV sur www.atypiques-mag.fr bouton AGENDA

Festival Nature en Cévennes Balades (contées, littéraires, naturalistes),

courses d’orientation, ateliers, expos, spectacles pour petits et grands ! www.cevennes-parcnational.fr/cevennes/festnat

ez-vous

Promenades inédites Jusqu’à fin novembre dans l’Hérault, 40 X 60-2009-v2

2/09/09

10:09

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des insectes, des oiseaux, des plantes, des sites exceptionnels sur le littoral, en garrigue ou sur les hauteurs, à explorer pied, La àSem aine de la solidarité internat ionale ou en VTT, de jour ou à l’approche de la nuit avec la complicité de spécialistes ! 04 99 58 81 27, www.herault.fr

LE NDE MOUGE . . . BO US ?

Graphisme : atelier des grands pêchers

BIO ALÈS Du 15 au 17 octobre, au Parc des Expositions d’Alès (30), le salon où le bio et le bien-être sont rois ! 04 66 62 07 16, www.goral-expo.com ENGRAIS VERTS Le 16 octobre, à Montpellier (34), ateliers de découverte de l’engrais vert, sa production, son utilité, sa diversité. 04 67 20 99 00. LIVRES Le 17 octobre, à Paulhan (34), bouquinistes, relieurs, libraires, éditeurs se mettent à la page des idées alternatives et nous invitent à imaginer ensemble une nouvelle lecture de la vie. À la salle des fêtes, 04 67 25 38 47, circulade2010@gmail.com SALON CRÉHABITAT Du 22 au 24 octobre, de 10 h à 19 h, au Parc des expositions de Narbonne (11), habitat, éco-construction, innovations. 04 68 90 44 00 ET SI C’ÉTAIT BIO Les 26 et 27 octobre, à Gignac (34), conférence Demain la Terre, 04 67 25 44, http://demainlaterre.fr NOS PAYSAGES ÉVOLUENT Le 29 octobre, à 20 h 30, à Fraïsse-sur-Agoût (34), projection, conf’-débat, expo. Reflets d’un territoire, les paysages parlent de notre avenir. Sur inscrip. (2 j. avant), CPIE du HautLanguedoc, 04 67 97 51 16, www.cpiehl.org SOUPE FESTIVE Le 30 octobre, à Florac (48), potage d’ingrédients (fanfares, concerts, spectacles de rue, animations) à la saveur explosive ! Pour rajouter votre grain de sel, partagez votre soupe ! Gens de la Soupe, gensdelasoupe@voila.fr, www.agenda365.fr

(atelierdgp@wanadoo.fr)

t à des actions CEitT oVOyens du monde es près de chez vous. s citoyens sont ici !

Du 13 au 21 novembre, exp érimentons les différente s pistes interculturelles à travers ateliers, exposit ions, films, repas, concer ts, débats, jeux, marchés, spectacles, de la Sema ine de la solidarité intern ationale. Programme dans toute la région sur www.lasema ine.org À Montpellier et dans l’Hé rault, la Quinzaine de s tiers-mondes prolonge cet événem ent jusqu’au 29  nov embre autour des «  Indépe ndances et dépendanc OSONS LA SOLIDARITÉ INTERNATION souveraineté et solidar es, ALE ité  ! » dan Un s les pays du Sud. UN ACTE RÉFLÉCHI reg UN ACTE50  NÉCESSAIRE ard ! sur ans ! d’espoirs de dévelo ppe ment et de démocratie aussi de doutes, d’éc , mais hecs et de nouveaux enchaînements économ À Montpellier, Maison des iques.  Tiers Mondes et de la Sol idarité internationale, Esp Martin Luther King, 27 bd Lo ace uis-Blanc, 04 67 02 13 42, http://mtmsi.asso.free.fr © Maison des Tiers-Monde En parrallèle, du 16 oct. au  s 30 nov., le Festival de films Alimenterre souffle L’occasion de por ter un nouvel éclairage sur l’ins ses 10 bougies. écurité alimentaire dans « Produire, transformer et le monde. Comment consommer autrement » ? Réalisateurs, agronomes, accompagneront les pro chercheurs, agriculteurs, jections sélectionnées de leurs analyses. Au menu : La vérité sur les lobbys agro-alimentaires, avec Food Inc. Le travail esclave au Brésil avec La Légende de la terr e dorée. Les femmes, l’agriculture et le développement rura l en Équateur, avec Madre( Quand le consommateu s) tierra. r devient coopérateur, ave c Au coeur de la proximité. Le tour du monde des pro blèmes agricoles et alim ent aire s, avec Je mange donc je su Pour connaître les diffusio is. ns dans les cinémas de vot re ville et les événement www.cfsi.asso.fr ou les s liés : relais locaux : Lafi Bala (3 4), 04 67 79 21 67, Action Solidarité Gard (30) , 04 66 79 92 95, Syfia Intern ational (Montpellier), 04  67 52 79 34.

EN COLLABORATION AVEC

AVEC LE SOUTIEN ET LA PARTICIPATION DE

à notre agenda. Salons, ciné, vénements locaux, (A)typiques cocktail de manifestations us aucun prétexte. ça se passe…

en NOVEMBRE

Et de: Amnesty International, FSU - Fédération Syndicale Unitaire, Oxfam France-Agir ici, Peuples Solidaires, RADSI - Réseau Aquitain pour le Développement et la Solidarité Internationale.

PAYSAGE URBAIN Le 6 nov., à Bédarieux (34), journée de balades, et de débat sur le territoire, pour favoriser l’équilibre des espaces et une économie  Où trouver (A)typiques ? locale, salle Achille Beix, 04 67 96 30 45, www.lamanufacturedespaysages.org bre, venez CRÉATIONS Du 15 au 19 novembre, On peut s’abonner ? Tout le mois de novem er avec des ng ha éc à Frontignan (34), Journées d’information us informer et vo ur destinées aux porteurs de projet artistique de la région po professionnels , er gn et culturel, organisée par Pygmalion & Cie. ar ép , ommer travailler, cons Salle Patry, 04 67 74 82 99, des er en m et t, en www.pygmalionetcie.com se loger autrem e. ation citoyenn ér op co de s DÉCHETS Du 20 au 28 novembre, et lr.org proj es cr w. w w  : ifestations journées nationales de sensibilisation pour an m s de r rie nd rg Cale la réduction des déchets. Nos poubelles ww.lemois-ess.o Site national : w cembre. dé n’en peuvent plus, aidons-les 3  et s 2 le is, Covent à se mettre au régime ! Liste Point d’orgue : s entreprises s réseaux et le le des animations locales sur : ez tr on Renc ale en direct on gi www.reduisonsnosdechets.fr sociale ré icipez de l’économie tpellier, et part RACINES ORIENTALES Les 27  Corum, à Mon ciale. du so ité et 28 novembre, à Saint-Jeanautour de l’util org is. aux réflexions nt ve du-Gard (30), les Journées de co w. w 20 28, w l’Arbre, de la Plante, et du Fruit Rens. : 04 67 60 vous convient à une évasion orientale, autour des « Palmiers, dattiers, cucurbitacées ».

ie Mois de l’écoolindoamire sociale et s

des événements ? ous en les inscrivant nda interactif.

ques-mag.fr

© Dimanches verts

ÉCOHABITAT Les samedis matins, visites de sites aménagés écologiquement, en compagnie d’un conseiller de l’Espace Info Énergie près de chez vous. Gratuit. 0 810 810 034, www.ademe.fr RANDOS CÉVENOLES Du 30 oct. au 1er nov., en marche à la rencontre des châteaux, avec le Festival de la randonnée en Cévennes (30,48,34) : www.randocevennes.com PLANTES UTILES Jusqu’au 15 novembre, à la bambouseraie d’Anduze (30), exposition pimentée sur l’histoire des plantes à fibres et des plantes tinctoriales. 8/4,5 €, La Bambouseraie, 04 66 61 70 47, www.bambouseraie.com VIGNES HAUTES Le 14 novembre, à 15 h, à Corconne (30), rando sur parcours plat à la découverte des plantes et de leurs utilisations (médicinales, comestibles, arts plastiques…). 5€, 2 h, 04 66 77 15 85, http://corconnesouslechene.free.fr

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

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CARNET D’(A)TYPIQUES Retrouvez dans cette rubrique toutes les coordonnées des acteurs du territoire liées aux articles développés dans le magazine. Pour en savoir plus, expérimenter, ou pourquoi pas, monter des projets dans le même esprit. N’hésitez pas à les contacter de notre part !

p. 4-7 : Alors, ça bouge ?

Four à pain de Soudorgues, Terre de Mauripe, JeanFrançois Ayme, 04 66 30 65 72, mauripe@wanadoo.fr Rencontres pique-nique ts les 3èmes sam. du mois, de 12 h à 14 h 30 dans la boutique ou au foyer de Soudorgues, http://citoyens.cevennes-garrigue.over-blog.com l Projet de jardins partagés à Pézénas (34), Bernard Pailhes, ou Lieux ressources, au 04 67 90 44 44, jardins.partages.pezenas@ hotmail.fr l Nouveau jardin partagé à Montpellier-Mosson, Carré Jupiter, 51 av. de Barcelone. l La Graine, association des jardins familiaux de Frontignan-­La-Peyrade (34), 06 78 11 49 84, http://lagraine.superforum.fr l Mèze Atout Coeur (34), http://lesjardinsdelathaupiniere. unblog.fr l Association Semilla, à Montpellier, Cécile Pinon, 09 75 55 75 76, 06 79 82 37 14, www.semilla-france.com l Squat d’un potager sur le campus de Montpellier, http://mauvaisegraine.eklablog.com l Sherp’Ânes, à  La Vacquerie (34), Rachel et Bruno Desmidt, 04 67 44 68 99, www.sherpanes.com l Slow-Food, pour les terrasses du Haut-Languedoc  : Elisabeth Besle, elisabeth.bel@laposte.net Pour le Languedoc : Joël Bernard, slowfood.languedoc@ orange.fr ; dont le Gard : Laurent Maire, 06 70 14 60 22, laurent.maire1@wanadoo.fr, www.laurentmaire.com l Ligue des droits de l’homme (LDH) Nord Bassin de Thau : Jean-Pierre Rey, 04 67 43 71 27, 06 18 81 63 45, socla1@aliceadsl.fr ; ailleurs : voir carte sur www. ldh-france.org (« La LDH en régions. ») l Fédération des spiruliniers de France, à SaintAndré-­de-Sangonis (34), Emmanuel Gorodetzky, 06 86 47 26 27. l

Initiatives Association d’enfants anglophones - English Speaking Kids Association (ESKA), à Lunel-Viel (34), Victoria Orange-Sibra, 04 67 82 36 62, www.englishspeakingkidsassociation.fr l Cabane d’Argelès-sur-mer (66), Horizon vertical, 06 15 13 58 52. Technique de Tom Rijven : www.habitatvegetal.com l Diététicienne-naturopathe, à Limoux (11), Patricia Larcher, 2 rue du Nantil, 06 30 61 93 87, sainetre@gmail.com l Le tour des Paysans, tourdespaysans@gmail.com, http://letourdespaysans.wordpress.com l Pour le TER Carcassonne-Quillan, ALF, 31 rue de la colline, 11300 Limoux, 06 19 56 32 35, 04 68 31 87 91, contact.alf11@gmail.com l Agroforesterie, à Marseillan  (34), Odile Sarrazin, 06 07 76 17 09. Domaine de Restinclières, à Prades-le-Lez (34) : 04 99 62 09 40. l Éco-gîte de Prémian, Terr’accueil, Maïlys et PierreFranck Luye, 06 72 19 12 21, pfluye@club.fr, www.terradecouverte.com l Éco-quartier des Pielles à Frontignan  (34), www.ville-frontignan.fr (« La ville en parle. ») l Éco-centre Adobes, adobes@orange.fr, www.adobes.fr l Pure Beauté, à Pézenas  (34), 8  rue Conti, Véronique  Tine, 04 67 76 21 02. l Aux champs, à Leucate  (66), 107  av. Jean-Jaurès, du lun. ap. au dim. mat., 9 h-13 h et 16 h  30-19 h  30, coserma@wanadoo.fr l La Cave Saint-Martin, à Roquebrun (34), 26 av. du Roc de l’Estang, 04 67 89 76 72, http://raimondlecoq.fr l Ferme  &  Tables, à  Fleury d’Aude  (11), Ghislaine Couvidat, 40 bd de la République, 04 68 41 58 73. l Côté nature, à Florensac  (34), Christine Roiz, 1  bd Victor-Hugo, 04 34 33 51 16, cote.nature@sfr.fr l La Souris verte  : À  Alès  (30), Les Halles, Place de l’Abbaye, 04 66 52 93 86, lasourisverte.ales@gmail.com l Le Jardin Saint-Nicolas, à Pézenas (34), 2 pl. Frédéric-Mistral, du mar. au ven. de 14 h 30 à 19 h, et le sam. de 9 h à 18 h, 06 29 06 97 52. l

Marché paysan, à Saint-André-de-Sangonis (34), Flora Joly, 04 67 57 00 69. l Sentiers du Gard, cartoguides disponibles dans les offices de tourisme et dans les boutiques (librairies, etc.) du Gard. (5 €), www.tourismegard.com l

p. 6-7

Cycloville à Montpellier, www.cycloville.com l Vélos de course à Perpignan, 06 98  02  46  38, www.velosdecourses.com l Énergie citoyenne à Perpignan, Maison des Étudiants, Local X25, Université de Perpignan, 52 avenue Paul-Alduy, 04 68 08 25 12, http://energiecitoyenne.free.fr l Sem la graine future AMAP, à Fa  (11), chemin de Font-Ginié, 06 61 66 16 67, ts les jrs, 8 h-12 h et 18 h-20 h. l ILO, 04 67 91 28 28, http://ilo.fr Observatoire de la Parentalité en entreprise, www.observatoire-parentalite.com l Laboratoire Gravier, www.labogravier.com l APF Entreprises 34, www.apf-industrie-34.com l Cémoi, www.cemoi.fr l Soupe de poisson Azaïs Polito, 04  67  51  89  89, www.azais-polito.fr l Épisens et Brin d’épi, www.biscotteslp.com l Collectif Rom de Montpellier, Jean-Charles Taddei de la Ligue des Droits de l’Homme, jean-charles. taddei@wanadoo.fr, ou André Génissieux du MRAP,  andre.genissieux@wanadoo.fr l Peuple indigène, pour en savoir plus : www.survivalfrance.org Documents à trouver en magasins bio : l Proximités (prix libre), lepasdecote@gmail.com l Annuaire Écoconstruire en L-R (10 €) et Guide des salons et manifestations de la bio et de l’environnement (25 €) http://alterrenat-presse.com l Guide de la maison écologique Hérault et Gard (gratuit), Coconotek, 04 66 57 58 81, www.guidemaisonecologique.com l Chronique Écocitoyens de France Bleu Gard-­Lozère, 04 66 36 47 38, rodolphe.faure@radiofrance.com, Fréquences sur sites.radiofrance.fr l

Un carnet d’adresses p expérimenter, consom en toute l p. 10-11 : Rencontre

Mauresca Fracas Dub Une fois par mois, retrouvez les articles d’(A)typiques - en chronique dans l’émission Carrefour des Utopies de Radio Escapades lundi 11 h, mardi 7 h, mercredi 19 h 30  - en sommaire sur Radio Clapas à la sortie du numéro.

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Acquérir des compétences en développement durable et/ou animation de formation dans son domaine professionnel

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

l Prochain concert : le 22 oct., salle Victoire 2, à Montpellier, pour la sortie du nouvel album (avec Moussu T). l My space : www.myspace.com/maurescafracasdub l Commande de CD et de T-shirts : www.mauresca.fr l Dates de concerts et infos pro : www.steamprod.com, 06 61 87 74 59. l L’association productrice : Lo sage e lo fol prod, 5 rue de l’église, 34270 Les Matelles, sagefol@free.fr


p. 12-15 : + de liens

Nautisme et handicap Défi intégration, 06 62 07 87 42, www.defi-integration.com l Comité de liaison handicap et maladies chroniques, www.clph34.info l Voiles pour tous, Christophe Van Leynseele, au Grau-du-Roi (30), av. du Centurion, Capitainerie de Port-Camargue, 06 62 50 17 52, www.voilespourtous.fr l Cap au large, à Sète (34), 53 bd Chevalier de Clerville, 06 25 11 13 33, www.capaularge.org l Odyssée Plongée, à Sète (34), base nautique municipale, Pont de l’Avenir, Port des Quilles, 06 03 59 82 89, www.odyssee-sub.org l Handi 48, Croisière aux Antilles, accessible en fauteuil, 06 96 84 63 65, www.handi48.fr l Système technique Urtech à La Gaude (06), Allée Hector-Pintus, ZAC Les Nertières, 04 93 24 41 40, www.urtech.net/audioplage l Cap Horizon (Audioplage), Pierre Rousseau, à Montpellier (34), 04 67 56 23 41, 06 10 76 05 10, www.caphorizon.org l Combinaison adaptée aux personnes à mobilité réduite, Mio Palmo, du mar. au sam. 9 h-12 h et 15 h-19 h, 04 67 20 12 11, www.miopalmo.fr l Guides touistiques pour personnes à mobilité réduite Toujours un chemin d’Élian Revel, 9 € (Amsterdam, Dublin, Londres, Barcelone, Venise, Florence, Madrid, Marrakech, Séville), 04 68 79 70 45, www.toujoursunchemin.com l

pour se renseigner, mmer et se divertir liberté !

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CARNET D’(A)TYPIQUES l l Le Méridien, cuis. inventive, rue Élie-Wiesel, bassin Jacques-Cœur, Port Marianne, 04 67 20 97 54. l l Mesdames Messieurs, cuis. trad. revisitée, 15-30 €, ouvert du mar. au sam. soir, sam. et dim. brunch, fermé l’été, 5 rue de Girone, 04 67 63 49 53, www.mesdamesmessieurs.com l l Natura, sandwichs et plats du jour, 5-15 €, du lun. au sam., pl. de Lisbonne, centre com. Odysseum, 06 70 88 09 24. l Le Natur’l, bar à soupes inventif, mar. au sam. soir., 15 €, 6  rue de la Vieille, 06 64 77 39 44, www.restaurant-naturl.com l l Symposia, viandes, 11 rue de Ratte, 04 99 61 04 86, http://symposia-restaurant.com l Tripti Kulai, vég., enseignement du maître spirituel Sri Chinmoy, 12-17 €, du lun. au sam., 20 rue Jacques-Cœur, 04 67 66 30 51, www.triptikulai.com

MONTPELLIER l l En Faim bio, diététique,

7-10 €, du lun. au ven. midi, passage de l’Horloge, 04 67 64 46 11. l l La Table de Cana, cuis. trad., 10-15 €, du lun. au ven. midi, 515 rue de l’Industrie, 04 67 60 45 81, www.tabledecana.com l La Teranga, cuis. afro-antillaise, mus. le sam. soir, expos, débats, soirées thématiques, 11-13 €, du lun. au ven., et sam. soir, 7 rue Marioge, 04 67 56 64 51, www.la-teranga.fr l Le Baloard, cuis. trad. et asiat., concerts, spectacles, conférences, 10, 50-16 €, du lun. au ven., et sam. soir, 21 bd Louis-Blanc, 04 67 79 36 68, www.baloard.com l l Le Dés Lys, cuis. trad., un plat végétarien et un plat sans gluten, 6-14 €, du lun. au ven., 39 pl. du Millénaire, 04 99 64 42 03.

p. 28-35 : Éoliennes

En savoir plus S’informer ADEME : 0 810 060 050, www2.ademe.fr l Espace Info-Énergies :, www.infoenergie.org/accueillanguedoc-roussillon.html l Pôle Énergies 11, à Carcassonne, 04 68 11 56 20. l FEE (France Énergie Éolienne) : http://fee.asso.fr l

CPIE du HautLanguedoc (34) : 04 67 97 51 16, www.cpiehl.org l Demain la Terre (34) : 09 75 26 94 20, http://demainlaterre.fr l Nez au Vent (11) : 04 68 45 77 13.

UNE ÉOLIENNE DANS SON JARDIN ? Ebonys  à Arles-surTech (66), bd de las Indis, 04 68 89 05 46, www.ebonys.fr l Krug Wing : 05 34 66 79 06, www.krugwind.com l Tripalium : éoliennes en bois, 04  74  49  00  06, www.tripalium.org l SEPEN  à Narbonne (11) www.sepen-montplaisir.fr l

RÉSEAUx ANTIÉOLIENs l Fédération de l’environnement durable : http://environnementdurable.net l Vent de colère : À St-Laurent-de-laVernède (30): Chem des Cadenèdes www.ventdecolere.org

3B Énergies : 04 67 38 27 07. Enercoop LanguedocRoussillon : 06 80 23 42 03, www.eolien-citoyen.fr l Erelia : www.ereliagroupe.fr l Éoliennes en Pays de Vilaine : www.eolien-citoyen.fr l Énergie partagée (nouvelle fédération citoyenne) : 06 89 04 60 34 l l

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* FNAIM : Fédération nationale des agents immobiliers. * CIGALES  : Club d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire. * CRPMEM : Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins. * SCIC  : Société coopérative d’intérêt collectif.

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SIGLES

ÉOLIEN COOPÉRATIF

Bio, locaux, à la ferme, solidaires rapides, ou lieux de vie... AUDE l À Argens-Minervois, La Guinguette,

concert le jeu., 17-27 €, rue de la Fontaine fraîche, 04 68 41 51 96, www.laguinguette-restaurant.com l l À Carcassonne, La Cantine de Robert/ L’Atelier de Robert, cuis. trad., 15-100 €, fermé le lun., le mer. soir et le dim. ; pour La Cantine, fermé le mer. et le dim. ; pour L’Atelier, 39 rue CosteReboulh, 04 68 47 37 80, http://restaurantrobertrodriguez.com l l À Carcassonne, L’Espace-temps, expos, CDs,12 rue Albert-Tomey, 06 85 17 31 37 l À Carcassonne, Le Païchérou, guinguette depuis trois générations, bal musette ts les dim., 10-20 €, rue Tesseyre prolongée, 04 68 25 12 05, www.le-paicherou.com l l À Carcassonne, Mélo à la bouche, cuis. de saison, 8 -17 €, du mar. au sam. le midi, ven. et sam. le soir, 29 rue Armagnac, 04 68 10 99 93. l À Bram, Le Pigné, rés., 24-56 €, 06 85 40 01 99. l À Escouloubre, Le Cochon du Madres, rés., 19 €, 04 68 20 44 02. l l À Limoux, La Goûtine, vég., 12-23 €, du lun au ven, 10 rue de la Goutine, 04 68 74 34 07. l l l À Narbonne, Le Tournebelle, cuis. trad., concerts, 10-22 €, écluse de Mandirac, 04 68 75 40 84, www.letournebelle.com l À Quillan, Contre-Courant, cuis. familiale, produits frais des fermes, 3-15 €, 38 Grande-Rue Vaysse-Barthélémy, 09 51 61 05 00, www.restaurant-contre-courant-quillan.com l l À Sallèles d’Aude, Les Écluses, cuis. trad., vins bio, 14-26 €, fermé le mer., 20 Grand-Rue, 04 68 46 94 47. l À Salsigne, Domaine de Combestremières, rés., 04 68 77 06 97, 21-55 €. l l l Au Somail, Le Comptoir nature, concerts de jazz, ts les jrs, 14-31 €, 1 ch. de Halage, 04 68 46 01 61, http://comptoirnature.free.fr l l À Termes, La Buverte, vég., 5-15 €, ts les jrs midi, La Placa, 04 68 27 42 80, www.labuverte.fr

l l l À Saint-Privat-des-Vieux,

Aux Saveurs d’Antan, cuis. trad., 3,50-14 €, centre com. Les Abeilles, du lun. au sam., 04 66 24 97 03. l l À Saint-Quentin-la-Poterie, Le Pain d’Oz, pizzas et quiches, 2-3 € la part, du mar. au sam., 04 66 03 04 28. l À Sauve, La Cantine, 3 plats dont 1 vég., 10-12 €, ouv. en soirée, 22 Grand-Rue, 04 66 77 06 99. l l l l À Uzès, Les Petites Mains, assiette du jour, 5-8 €, 7 av. du GénéralVincent, 04 66 81 19 40, http://lespetitesmainsuzes.free.fr l l l À Uzès, Le Fogo (nouveau), 5 bd Victor-Hugo, 04 66 57 58 76. l À Vabres, Mas Novis, cuis. vég., table d’hôtes, rés., 30 €, lun., mer., ven., sam., 04 66 30 59 23, www.mas-novis.com l l l Au Vigan, Le Passage, cuis. végétalienne sans gluten, ateliers cuisine, 5-12 €, fermé le W-E, le lun., les jrs fériés et une partie des vacances scolaires, 10 rue de l’église, 04 67 81 23 72, http://le-passage-vegetarien.net

Retrouvez da hérault

- Tous les contacts relatifs dans le magazine. - Une carte pour localiser l

Visiter un parc éolien l

p. 17-26 : RESTOS

GARD l À Aigaliers, La Bruyerette, rés., 19-32 €, 04 66 22 54 11. l À Alès, Les Délices de Lela, brésilien, plats vég., 15-30 €, du lun. au sam. le midi, ven. et sam. le soir, 30 rue Florian, 04 66 52 41 31. l l À Anduze, Aux Saveurs du Sud, cuis. aux herbes et aux fleurs, vins bio à la carte, 12-18 €, ts les jrs, 27 rue Basse, 06 75 83 50 92. l l À Corconne, Sous le chêne, cuis. trad. revisitée, découverte des plantes sauvages, restaurant unique d’extérieur, 10-27 €, pl. du Bousquillou, 04 66 77 15 85, http://corconnesouslechene.free.fr l À Lanuéjols, Les Randals, élevage et viande de bisons, 22 €, 04 67 82 73 74, www.randals-bison.com l l l À Nîmes, La Mezzanine, cuis. des halles, 7,90-15 €, du lun. au sam. midi, 1er étage des halles, 04 66 21 61 62. l l À Nîmes, Pass ô Bio, 6-14 €, 2 pl. du château, 04 66 36 84 93, www.restaurant-passobio.fr

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

l l À Agde, ArthéBio, vég., 5-20 €, du

mar. au sam. midi, 25 bis rue Jean-JacquesRousseau, 04 67 26 10 55, http://arthebio.free.fr l À Aniane, La Famourette, cuis. trad., concerts, 17-21 €, ouv. en saison, du mar. au dim., Mas de la Famourette, 06 09 22 25 38, www.lafamourette.com l À Bouzigues, Chez Francine, av. LouisTudesq, 04 67 78 95 84. l À Bouzigues, Chez la Tchèpe, coquillages du vendeur au consommateur, av. Louis-Tudesq, 15-25 €, fermé le mer, 04 67 78 33 19. l À Bouzigues, L’Arseillère, 11-24 €, av. Louis-Tudesq, 04 67 78 31 75. l À Bouzigues, La Nymphe, 16-25 €, av. Louis-Tudesq, 04 67 78 36 52. l À Bouzigues, Le Marin, pl. de la Golette, 04 67 18 10 39. l À Bouzigues, Le Petit Bouzigues, av. Louis-Tudesq, 04 67 18 89 50. l À Bouzigues, Les Jardins de la Mer, av. Louis-Tudesq, 04 67 78 33 23. l l À Carnon, Les Sardines argentées, pas de poissons d’élevage, 15-30 €, ouv. ts les jrs, port de plaisance, 04 67 68 16 43, www.lessardinesargentees.com l l À Carnon, Plage Mistral, rest. de plage, cuis. trad., uniquement l’été, Petit-Travers, 06 10 25 51 17. l l À Causses-et-Veyran, Borie La Vitarèle, rés., à partir de 10 pers., 30 €, 04 67 89 50 43, http://borielavitarele.fr l À Ceilhes-et-Rocozels, La Barraque, rés., 20 €, 04 67 23 42 96, www.fermelabarraque.com l À Courniou, Le Juge, rés., 19-26 €, 04 67 97 11 11. l À Gignac, Domaine de Pélican, 04 67 57 68 92, http://pagesperso-orange.fr/ domaine-de-pelican l l À Juvignac, Croq’Saveurs, cuis. trad., 6-12 €, du lun. au sam. midi, ZAC Les Portes du Soleil, 04 67 40 32 87. l À La Caunette, Les Bouquets, rés., 14 €, 04 68 27 84 35, www.lesbouquets.fr


Fraissinet-de-Fourques : Le Chaos Corconne : Sous le chêne Vabres : Mas Novis

Prévenchères : Lou Palhio

La carte

St-Julien-des-Points : Les Faïsses de la Blichère Saint-Maurice-de-Ventalon: Le Cantou du Poncet

Les Salelles : Le Montet Brenoux : Le Roc de l’aigle Lanuéjols : Les Randals

Mende

Pompidou : Le Poulailler

Le Vigan : Le Passage

St-Privat-des-Vieux : Aux Saveurs d’antan

Saint-Clément-de-Rivière : Le Chêne vert

Alès : Les Délices de Léla Sauve : La Cantine Anduze : Aux Saveurs du Sud

Ceilhes-et-Rocozels : La Barraque

Aigaliers : La Bruyerette

Nîmes

Lodève : Le Minuscule, O’lez arts, Soleil bleu

Causses-et-Veyran : Borie La Vitarèle St-Gervais-sur-Mare : La Hêtraie Le Pradal : L’Ostal Vielh Villemagne-L’Argentière : La Bergerie

Carcassonne

ns ces pages : Bram : Le Pigné

Carcassonne La Cantine/ L’atelier de Robert, L’Espace-temps Le Païchérou, Mélo à la bouche

Perpignan

Narbonne : Le Tournebelle

aux articles développés

Le Somail : Le Comptoir Nature Sallèles-d’Aude : Les Écluses

Limoux : La Goûtine

Perpignan : La Crêperie du théâtre, La Table de Cana, Peace’n Love, Saveurs Nature

Quillan : Contre-Courant

Escouloubre : Le Cochon du Madres Argens-Minervois : La Guinguette

Termes : La Buverte Mosset : Mas Lluganas

pl. du village, 06 58 10 10 41, http://biopizz.blogspot.com l l l l À Lodève, L’autre Rive Café, 4 rue de la Fraternité, le midi du mer. au ven. , soirées rencontres avec artistes et passionnés de nature, 04 67 88 61 44, l À Lodève, Le Minuscule, cuis. du monde, 9 €, du lun. au sam. midi, musique le jeu. soir, 27 Grand-Rue, 04 67 88 50 35. l À Lodève, O’lez arts, lieu de débats (à venir), 7-12 €, pl. de la Bouquerie, 04 99 91 03 16. l l l À Lodève, Soleil bleu, cuis. inventive, de saison et locale, renouvelée ts les jrs, expos. arts plastiques et artisanat d’art, lectures de poésie, 10-15 €, du mar. au sam. midi, 39 Grand-Rue, 04 67 88 09 86. l À Marseillan, La Ferme Marine, 8-32 €, 04 67 76 14 59, www.lafermemarine.com l l À Mauguio, Natura, sandwichs et plats du jour, 5-15 €, du lun. au sam., Fréjorgues, 06 70 88 09 24. l À Minerve, Cravirola, 6-15 €, Bois-Bas, 04 67 23 94 77,  Où trouver (A)typiques ? www.cravirola.com l l À Octon, L’Orange bleue, cuis. familiale, petitdéjeuner-conte le mer. matin, salon de thé, concerts s’abonner ? leOn 8/7 et le peut 19/8, 9-12 €, du lun. au dim., pl. du village, 04 67 44 49 41. l Au Pradal, L’Ostal Vielh, rés., 21-26 €, 04 67 23 00 14. l l À Saint-André-de-Sangonis, Les Saveurs de l’Escale, buffets à vol., fermé le sam. midi et le lun. soir, 16 av. de Lodève, 04 67 60 94 26, www.lessaveursdelescale.fr l l À Saint-Clément-de-Rivière, Le Chêne vert, cuis. trad., du lun. au sam. midi, 10-30 €, ZAC Trifontaine, 04 99 61 42 30. l À Saint-Gervais-sur-Mare, La Hêtraie, rés., 23 €, 04 67 23 60 93, www.gites-chambres-hotes-haut-languedoc.com l À Saint-Pargoire, Lafon de Lacan, rés., 20 €, 04 67 88 72 66, http://pagesperso-orange.fr/ferme-lafondelacan

l Bio ou partiellement l Associatif l Solidaire l Produits locaux (au moins pour une bonne partie) l Rapide (sur place ou à emporter) l Concerts, animations, boutique, expos, etc. l Produits de la ferme (forcément locaux)

ATTENTION : Les listes et localisations ne sont pas exhaustives et ne garantissent ni un bon rapport qualitéSt-André : La Table de cuisine prix ni un accueil sympathique (même si on l’espère !). N’hésitez pas à nous signaler d’autres bonnes adresses.

Prats-de-Mollo : La Costa de Dalt

les initiatives du dossier. l l À Liausson, Bio Pizz’, à emporter, 8-15 €, juil. et août,

Nîmes : La Mezzanine, Pass ô Bio

Montpellier : Natur’l, En Faim bio, La Table de Cana, La Teranga, Le Baloard, Le Dés Lys, Le Méridien, Mesdames Messieurs, Natura, Symposia, Tripti Kulai Montpellier Juvignac : Croq’Saveurs Mauguio: Natura Carnon : Les Sardines argentées, Plage Mistral Villeneuve-les-Maguelone : Le Carré blanc Bouzigues : Chez Francine, Chez la Tchèpe, L’Arseillère, La Nymphe, Le Marin, Le Petit Bouzigues, Les Jardins de la mer Béziers Marseillan : La Ferme marine, Mèze : Ligne et Papilles Sète : Bébé Bio Chef, La Part des Anges, Mmmmh !, Agde : ArthéBio Les Binocles, La Décoratrice, Le Flo des mots, Le Décor Villeveyrac : Frère Nonenque La Caunette : Les Bouquets St-Pargoire : Lafon de Lacan Minerve : Cravirola

Liausson : Bio Pizz’ Octon : L’Orange bleue

Courniou : Le Juge

Uzès : Les Petites Mains, le Fogo St-Quentin-la-Poterie: Le Pain d’Oz

Alès

St-André-de-Sangonis : Les Saveurs de l’Escale Aniane: La Famourette Gignac : Domaine de Pélican

l l À Sète, Bébé Bio Chef, barquettes pour bébés sur commande, 3-4 €/200 g, 15 rue Pierre-Semard, 04 67 74 32 30, www.bebebiochef.com l l l l À Sète, La Part des anges, salon de thé, petite restauration, 11-15 €, fermé le lun., 1 quai Léopold-Suquet, 04 67 51 46 31. l l À Sète, Mmmmh !, ts les jrs, Cap Saint-Louis, 04 67 51 18 14, www.mmmmh-resto-bio.com l À Sète, La Décoratrice, boutique déco-expos, lun. au sam. 10 h-19 h, 12 €,13 rue Alsace-Lorraine, 04 67 18 81 71, www.ladecoratrice.com l l À Sète, Le Flo des Mots, librairie, cave à vins, le midi, 6 quai Léopold-Suquet, 04 67 51 31 83, http://leflodesmots.midiblogs.com l À Sète, Les Binocles, 25 rue Pierre-Sémard, 04 99 04 98 35, http://lesbinocles.midiblogs.com l À Sète, Le Décor, 41 quai du Bosc, 04 67 18 82 59 l Au Soulie, Le Moulin, rés., 19-26 €, 04 67 97 22 27. l À Villeneuve-les-Maguelone, Le Carré blanc (frères Pourcel), gastro., cuis. trad., 45 à 170 €., uniq. l’été, dir. Villeneuve-les-Maguelone, 04 67 42 06 96, info@lecarreblanc.fr l À Villemagne-l’Argentière, La Bergerie, rés., 21 € , 04 67 95 16 73. l l À Villeveyrac, Frère Nonenque, cuis. trad., 12-17 €, ts les jrs, Abbaye de Valmagne, 04 67 78 13 64.

LOZÈRE l À Brenoux, Le Roc de l’Aigle, rés., 04 66 31 46 75. l À Fraissinet-de-Fourques, Le Chaos, rés., 13-20 €,

04 66 45 65 45. l À Pompidou, Le Poulailler des Cévennes, rés., 20-28 €, 04 66 60 31 82. l À Prévenchères, Lou Palhio, rés., 11-18 €, 04 66 46 83 35. l Aux Salelles, Le Montet, rés., 14 €, 04 66 48 24 42, www.lemontet.com

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

l À Saint-Julien-des-Points, Les Faïsses de la Blichère,

rés., 20 €, 04 66 45 53 12, www.ferme-auberge-blichere.fr l À Saint-Maurice-de-Ventalon, Le Cantou du Poncet, rés., 21 €, 04 66 45 85 17, lecantouduponcet.monsite.orange.fr

pyrénées-orientales l À Mosset, Mas Lluganas, rés., 17-20 €, 04 68 05 00 37, www.maslluganas.com l l À Perpignan, La Crêperie du théâtre, 5-20 €, du mar. au sam., 12 rue du théâtre, 04 68 34 29 06, www.creperie-du-theatre.fr l l À Perpignan, La Table de Cana, cuis. trad., 10-15 €, du lun. au ven. midi, 200 rue Louis-Delaunay, 04 68 73 40 85. l l À Perpignan, Peace’n Love, cuis. du monde, vég, 6-12 €, du mar. au sam., 40 rue de la Fusterie, 06 08 33 67 84. l À Perpignan, Saveurs Nature, vég., rés., 15-30 €, fermé le dim., le lun. et le mer. soirs, 7 rue Paul-Massot, 04 68 52 07 81, www.albilislesurtarnpo.com l l À Prats-de-Mollo, La Costa de Dalt, le jeu. et le W-E midi, 33 €, 04 68 39 74 40, www.gites-ruraux-catalogne.com/ferme_auberge.html l À Saint-André, La Table de cuisine, cuis. inventive, 14-30 €, fermé le mer. (et le mar. de nov. à mars), 8 A rue de Taxo, 04 68 95 42 06, www.latabledecuisine.com

Cours et cuisiniers à domicile l Ligne et papille, Nathalie Cahet, basée à Mèze (34), pour enfants, 04 67 43 56 97, www.lignepapilles.com

l Le Tablier de Pierre, Pierre Salats, basé à Montpellier l l Laurent Maire, basé à St Maximin (30), gastron. moléculaire, cours de cuisine… 06 70 14 60 22, laurent.maire1@wanadoo.fr, www.laurentmaire.com

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ABONNEMENT

ANNONCES EFFERV'& SEN S is-Roustan, La Pointe-Co urte 34 200 SÈT E OU redac@aty piques-mag. fr

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(A)typiques est un magazine indépendant des groupes de presse, porté par l’association EFFERV’ & SENS. Si, en un an, nous avons réuni environ 4 000 lecteurs (plus de deux personnes lisent chaque mag) dont 500 abonnés, nous ne pourrons continuer le magazine que grâce à votre engagement (voir en p.  3). Comme nous, vous êtes convaincus que c’est au niveau local que nous pouvons agir pour améliorer à la fois notre environnement, le climat social et l’économie ? Soutenez l’initiative en vous abonnant, ou en distribuant quelques exemplaires ! Nous vous tiendrons au courant par mail des évolutions et des pistes suivies par le magazine.

Lieu d’échange pour enfants non scolarisés Le réseau des familles non scolarisées de l’Hérault recherche un espace (maison, salle, local, lieu associatif, etc.), en accès libre (sur mise à disposition gracieuse), à proximité d’une gare et de préférence à Sète (34), pour 15 enfants accompagnés. Afin de s'y rencontrer une fois par semaine, pour partager jeux et découvertes. Contactez Nathalie : nat_tor@yahoo.fr

Vous souhaitez vous abonner au magazine ? AMAP le bon Savonnette Facile ! Remplissez près de Pézénas, solidaire situé sur la gauche il reste desde Un départ pour la Bolivie places ! cette et déjà des projets plein page et la tête ! À son retour Envie de légumes bio, renvoyez-le nous par des Rencontres francovariés et de saison ? boliviennes, Sophie Partagez la récolte d'un courrier Internet. Villanueva, savonnièreou sur producteur local, et

artisane de Bagnoles (11), se lance dans un projet (à but non lucratif) d’aide à la création d’une savonnerie. Objectif : former 60 femmes boliviennes, de trois villes différentes, à la fabrication du savon. Si vous souhaitez leur apporter votre soutien, adressez vos dons à l’une des adresses suivantes : Nature et Progrès Aude Allée des marronniers 11300 LIMOUX ou Quillaya Savonnerie, 5 rue du Colombier, 11600 Bagnoles, 06 26 03 09 57, sophie@quillaya.com www.quillaya.com

Vous aimeriez nous soumettre une petite annonce ? Cet espace est le vôtre. Alors n'hésitez pas, faites-nous part de vos pothiermarie@gmail.com projets. http://lejardindes4vents.

Ville :________________________________________________ E-mail :______________________________________________ Téléphone :

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soutenez-le en adhérent à l' AMAP (association pour le maintien d'un agriculture paysanne) du Jardin des 4 vents, à Nézignan-l'Evêque (34) ! Distribution des légumes tous les mardis de 18 h 30 à 19 h 30, panier à 23 € (ou demi-panier à 11,5 €). Engagement sur 5 ou 10 mois. Contactez la présidente, Marie Pothier, au 04 67 11 92 83,

© Adapt-t

(A)typiques n° 5 / octobre-novembre 2010

over-blog.com © Marie Pothier


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MAGAZINE (ATYPIQUES)-NUMERO 5-EXTRAITS  

Le magazine des alternatives du Languedoc-Roussillon. Dans ce numéro d'octobre-novembre 2010 : les restaurants bio, locaux, solidaires ; une...

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