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I P E Q U Y

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www.atypiques-mag.info

NOUVEAU N°0

Idées vertes

pour changer d’ère

en LANGUEDOC-ROUSSILLON

on a le choix

Bien dans mes éco-baskets

montpellier

Déjeuner dans un resto d’insertion

corbières

Les recettes secrètes des crèmes pour le visage

montpellier nîmes narbonne

Le bon plan économies: la voiture partagée

en Quete

Nanotechnologies: les grands dégâts du tout petit

Le guide des CAMPINGS

atypiques

riVesaltes

Le pionnier de slow-food

Laissez-vous tenter ! janv-fév 09

3,80€


EDITO ça se passe ici

Ni baba, ni bobo, 100% indépendant, artisanal Made in La pointe courte, Languedoc-Roussillon

Vous tenez entre les mains le prototype d’Atypiques, un nouveau magazine local, pratique et engagé qui fait rimer «agir» avec «plaisir». L’idée? Agir pour donner un coup de pouce à l’environnement, à l’économie et au bien-être social, oui, tout en même temps. Et ça devient un vrai plaisir de tester de nouvelles façons de consommer, et surtout de vivre, plus écologiques, plus authentiques, plus humaines. De quoi se sentir malin et citoyen à la fois.

«On peut rien faire, ça dépend des politiques et des industriels»? «On n’a pas le choix», «c’est comme ça» ?...Sans s’interdire de dénoncer, Atypiques vous prouve le

contraire. Pas avec de grandes théories, mais avec du concret, du terrain, proche de chez vous. Celui que vivent au quotidien des personnes de notre région, qui ont choisi de produire, de consommer autrement - moins et mieux. Souvent un peu en décalé par rapport à la «normalité», mais toujours les pieds sur terre, vers l’avenir. Des expériences originales sans «retour à la bougie», que nous vous proposons de tester, de valoriser par vos choix, ou de mettre en pratique, en vous fournissant un max d’infos. Des expériences Atypiques qui peuvent grâce à nous tous devenir «typiques», et orienter positivement notre économie et notre société, sans dogmatisme. Et pas de panique, vous n’êtes pas tout seuls: à la rédaction aussi, on progresse cahin-caha, on fait des compromis (ben oui, on a une voiture pour les reportages, mais on ne la prend pas en ville...), on teste, et ça arrive même qu’on déteste... Un directeur d’hypermarché m’a raconté ça : « Mes clients m’ont dit qu’ils vou-

laient des balles de lavage, qui, au contraire des lessives, ne polluent pas les eaux. Je les ai mises en tête de gondole: elles sont toutes parties, donc j’y ai intérêt. Moi j’aimerais bien virer des rayons les pommes qui viennent du Japon, et dégagent des gaz à effets de serre avec le transport alors qu’on en produit dans la région au même moment, j’aimerais bien éviter de mettre en rayon des canettes suremballées qui font beaucoup de déchets ou les plats préparés qui reviennent deux fois plus cher. Mais si je fais ça, mes clients risquent d’aller ailleurs. Certes, nous tentons de les informer. Mais au final c’est

le consommateur qui décide.»

Chiche. Changer d’ère, ça se passe ici. Et maintenant.

P.S. Bonne lecture ! Nous vous invitons à mettre votre grain de sel dans Atypiques par courrier ou sur www.atypiques-mag.info

ours

(C’est là où on dit qui fait quoi dans le magazine) (A)typiques est un magazine bimestriel édité par l’Association Efferv’&Sens 68 rue Louis Roustan - La pointe courte - 34 200 Sète - Tel: 04 67 51 14 82 Directrice de la publication: Raquel Hadida - atypiques@orange.fr Ils ont collaboré à la création de ce prototype: Véronique Futtersack, Claire Bihan, Adeline Trégouët, Philippe Lugan, Manu Guyot, Annie Collomb, Vincent Roussillat, Sylvain Fabre. Merci! Sauf indication contraire, les photos sont de Raquel Hadida PROTOTYPE IMPRIMÉ EN FRANCE DANS L’HÉRAULT par COPY SHOP À SETE A partir du numéro 1, les magazines seront imprimés par ANTOLI à Carcassonne ( marque Imprim’vert - encres végétales sur papier 100% recyclé) La publicité insérée dans ce prototype est gratuite. L’insertion d’encarts publicitaires est sousmise à une charte éthique. La reproduction totale ou partielle des articles et illustrations parus dans Atypiques - LanguedocRoussillon est soumise à autorisation.

au menu P6 RENCONTRE LE COUP DE FOURCHETTE FACON SLOW-FOOD

P8 : + DE LIENS DéjEUNER DANS UN RESTO D’iNSERTiON P10 : TESTE POUR VOUS LA VOiTURE A LA CARTE P13: LE GUIDE D’ICI LES CAMPiNGS ATYPiQUES p 14 : Mili-tente à Cravirola p 16 : Camping à la ferme p 19 : La Clef des c(h)amps p 20 : Pics thématiques p 21 : Carte et Check-List P22 : EN QUÊTE LES NANOTECHNOS P26 : ON A LE CHOIX BiEN DANS MES BASKETS P28 : TERRITOIRES LA FLEUR DE SEL SE RéCOLTE P30 : C’EST MOI QUI L’AI FAIT jE SAUVE MA PEAU (CRÈME) P4: COURRiER DES LECTEURS P5 : ALORS, CA BOUGE ? P32 : S’iMPLiQUER ? P33 : AGENDA P 34 : ABONNEMENT ET PETiTES ANNONCES


Courrier des lecteurs Sur cette page, vous avez une place pour exprimer vos plaisirs, vos coups de gueule, partager vos bonnes idées.. ! Nous serons ravis de recevoir votre texte (1 000 signes maximum), votre petite annonce de partage à atypiques@orange.fr

Clin d’oeil

Grand CONCOURS de lancement: fabriquez un sténopé -un appareil photo avec une boîte de conserve ou de chaussures (ou rejoignez-nous sur un stand lors d’une manifestation du printemps-été 2009) et partez en reportage pour faire la photo la plus atypique. Tous les participants gagnent un abonnement pour tout abonnement acheté, et les six meilleurs clichés «clins d’oeil» seront publiés dans les premiers numéros d’Atypiques.

Une oasis pareille, en 30 ans de métier, Robert le dromadaire n’avait jamais vu ça...Mirage? Montée des eaux ? Non, ce jour-là le cirque avait posé son chapiteau à Bouzigues, au bord de l’étang de Thau (34) face à la «dune» sétoise.


Alors, ça bouge ? En - faim

A Mèze, la baie Conquise ?

Alors qu’une personne sur six souffre de faim chronique, l’Union européenne vient de débloquer un milliard d’euros (promis depuis 6 mois) pour soutenir les paysans les plus pauvres, paradoxalement les plus touchés par la crise alimentaire. Bonne surprise : au lieu d’une aide d’urgence « classique » en général destinée à éponger la surproduction des pays riches, cette fois-ci l’Europe destine son aide au soutien de l’agriculture vivrière et familiale. Ce qui ne dispense pas de s’attaquer aux problèmes structurels de la crise comme les règles commerciales inéquitables, le soutien aux agrocarburants ou le changement climatique. En-faim Entre le lagunage et l’étang de Thau, la baie de la Conque, site de nidification d’oiseaux, pourrait être protégé et devenir un lieu de balade en douceur, géré à la fois par la mairie de Mèze et le Conservatoire du littoral. A suivre.

Intoxiqués

Espace verts : Montpellier invente l’eau chaude

7.. grains de raisin aux normes européennes suffisent à mettre en danger la santé d’un enfant de moins de 20 kg. C’est le résultat des nouvelles normes harmonisées adoptées par la Commission européenne pour les résidus de pesticides sur les aliments. Si les Etats ont le droit de conserver des normes plus drastiques (la France tolère jusqu’à 0,2mg de pesticides/ kg de pommes contre 1 mg toléré par l’UE), les ONG dénoncent un alignement sur les taux les plus hauts, donc les plus dangereux pour la santé et saisissent la cour européenne de justice. Plus d’infos avec Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), www.mdrgf.org

Pour désherber ses espaces verts sans pesticides, Montpellier innove en faisant appel à la société Pousse Clanet. Une mousse sans produits de synthèse, une petite formation pour les jardiniers et hop ! fini les herbicides qui rendent toxiques le sol et les nappes phréatiques.

Des yaourts au bon goût de Lozère Petit à petit, ils deviennent moins petits. Nés en Margeride, les pots de yaourts Duo Lozère dépassent en un an les espérances de leurs créateurs, neuf producteurs laitiers qui n’entendent pas se laisser faire par la baisse des prix du lait . 1,5 millions de pots vendus, une nouvelle gamme au lait de brebis et une distribution en supermarchés qui s’étend vers le Gard, l’Hérault et l’Aveyron. Face au yaourt local, Danone n’a qu’à bien se tenir. www.duolozere.fr

A Sérignan , une nouvelle maison de l’environnement pleine

de projets. Côté espaces verts: nettoyages une fois par mois, jardins familiaux et pédagogiques, plantations méditerranéennes et jardins secs. Côté ville : propreté, déplacements doux et parcours de santé botanique. Près des Halles, rue Gal Henric Tél. : 04 67 37 25 91

Steacks à scier

©Survival

Quand notre consommation de viande menace les indiens d’Amazonie. Les Enawene Nawe, un groupe de 500 personnes vivant essentiellement de pêche, tentent de façon non-violente de faire barrage… aux 77 barrages prévus sur la rivière, le rio Juruena qui traverse leur territoire. En effet, le plus grand producteur de soja (OGM) du monde, tenue par Blairo Maggi –qui n’est autre que le gouverneur de cet état du Brésil – non contente d’avoir construit une route illégale, entend détourner l’eau du fleuve pour irriguer le soja. Soja qui vient nourrir en premier lieu les vaches françaises en production intensive : d’après le WWF, la France est la première consommatrice européenne de soja qui vient à 74% du Brésil. La déforestation de l’Amazonie a progressé de 64% durant l’année 2007/2008, principalement à cause de sa conversion en cultures de soja. Que faire ? Préférer la viande nourrie à l’herbe, réduire sa consommation de viande à une ou deux fois par semaine, et pousser les entreprises acheteuses (alimentation animale, etc), à utiliser d’autres protéines de substitution. Plus d’infos et pétition sur www.protegelaforet.com et sur www.survival.com

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JEAN LHÉRITIER À RIVESALTES

RENCONTRE

Le coup de fourchette façon slow food D

u c h o ux - f l e u r f r a i s a u v i n a i g r e de Banyuls, de la morue à la ca t a la ne a vec u n e r a s ad e d e b l an c : ce m idi com me to u j o u r s , Jea n L h é r i t i e r s e d é l e c t e d e p ro d u i t s b o n s , s im p le s .. e t au ma xi mu m d u c o i n . Pa s f o r c é m e n t d u b i o , q u e l q u e f o i s d u s u p e r m a r c h é : J e a n n’ a i m e n i le s dog m e s n i l es b a rq u ettes to u tes prêtes. Mais quand il parle des prod uit s t yp i q u es , s o n r eg ard s ’ a l lum e . C e lui q u i a i n tro d u i t S l o w Food e n Fr a n c e d éf en d l a d i v er s i té de s a ut he n ti q u es p l ai s i r s d e b o u che, des P yrénées- Orientales à l’international. Après avoir repris des études d’italien à 40 ans, ce pa s s ionné d e v i n s étai t mû r p o u r r e ncont r e r en 1 9 9 7 , d a n s u n s a lons d e V in s , C a r l o Petr i n i , l e f o n da t e ur de S l o w Fo o d .

V é ri tab l e i n s ti tu ti o n e n I tal i e , c e mo u ve me n t y re g ro u p e 4 5 0 0 0 amate u rs d e b o n n e s ch è re s . «J’ai

été invité au congrès mondial, pour essaimer Slow Food et j’ai été conquis. Slow Food défendait tout ce que j’avais envie de défendre. Le bon pain, la bonne huile, les produits traditionnels...Et diffuse l’idée que pour choisir, le consommateur doit avoir une éducation du goût : pour savoir ce qu’est un bon fromage, il faut savoir ce qu’il y a der rière..»

Du local d’abord ! Al o rs e n 2 0 0 3 , J e an cré e S l o w Food France tout en siégeant au c o nseil inter national et en restant an cré d an s l e R o u s s i l l o n . Ave c l e s s y n d i cats d e p ro d u cte u rs ag ri co l es, i l d é fe n d l e s « s e n ti n e l l e s » , ce s p rod u i ts d e q u al i té q u i o n t b e s o i n d e l’aide de la collectivité pour ne p as to mb e r d an s l ’o u b l i (vo i r e n c a d ré ), i l p ro me u t l e s g e s te s p o u r f a v o ri s e r à l a fo i s l e p l ai s i r d e man g e r e t l e s p o l i ti q u e s al i me n tai re s d urables. Il fait aussi appel aux él us l o cau x p o u r u n e « h au te q u a l i té al i me n tai re » d an s l a re s tau ra ti o n co l l e cti ve . Jean se ravit aussi de la création de jardins-écoles pour 25 classes des PO, histoire d’initier aux saveurs paysannes les gastronomes en culottes cour tes. «Les petits font

leur propre potager bio, et comme dans les sor ties adultes, ils visitent des exploitations, pour leur donner une approche conviviale, ils font des dégustations.. qui se ter minent par des séances de cuisine. Ce sont

elles qui donnent du sens à ce que nous mangeons!» Et pour d o n n e r d u sens, « le bio seul ne suffit pas: pour convaincre le consommateur, il faut par tir de l’approche plaisir. Ensuite, respecter l’environnement est un processus subtil. C ’est bien qu’une élite soit en bio, mais pour plus d’impact global, il faut aussi qu’une grosse par tie des agriculteurs utilisent des méthodes plus naturelles comme les viticulteurs raisonnés, Ter ra Vitis. Il faut aussi que la recherche soit réorientée. Et n’oublions par que l’environnement, c’est aussi le paysage. Pour moi, les vignes de Banyuls

©Jean Lhéritier

Même le pied dans le plâtre, Jean Lhéritier se ravit de sa morue à la catalane

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Depuis son terroir du Roussillon, Jean Lhéritier défend la «bonne bouffe», d’ici et du monde. Fasciné par le vin et l’Italie, ce prof d’économie a introduit le mouvement Slow Food en France. Une façon conviviale d’associer les saveurs paysannes locales à une gastronomie de la simplicité.


en espaliers qui tombent dans la mer, c’est un patrimoine mondial de l’humanité! Enfin, le bio industriel de Roumanie ne m’intéresse pas: nous promouvons des relations justes, équitables, qui font vivre les paysans.» Le s lo ca ux , le s a r t is a n s , q u ’ i l s soie n t v it icult e ur s , p ro d u c teu r s d’abricot s e t de ce r is e s , o u d ’ h u î tre s, ou d’oliv e s a ut och to n es , o u d e vian d e ros é e de s P y r én ées , J e an e n p a r le a v e c v e r v e, to u t en c it ant le s a r t icle s s ur le b i en - ma n g e r à p e t it s p r ix q u’i l d éc o u p e

s u r l e c o i n d e l a tab l e . «Ce sont

eux qui empêchent l’érosion, les inondations, appor tent de la solidarité. Relocaliser l’alimentation, ce n’est pas nostalgique, c’est la moder nité. mais pour cela, il faut savoir d’où vient ce qu’on mange !» Pro f d ’ éc o n o mi e e n cl as s e p ré p ar ato i r e au x g ran d e s é co l e s d e c o mmer c e, Jean e s t b i e n p l acé p o u r l e s a v o i r- e t l e d i re . Et i l a b ea u s e d éf en d re d e mé l an g e r, i l n e p eu t q u ’ a v ou e r: «je ne for me

sans doute pas des libéraux...»

Raquel Hadida

Les rencontres SLOW FOOD dans la région Le siège du Mouvement Slow Food France (2 000 adhérents, 40 associations locales) est à Montpellier Supagro (2 place Pierre Viala) 04 99 61 30 45 - www.slowfood. fr où vous trouverez les 12 gestes simples pour manger mieux et changer la vie («Manifeste du manger Slow») La région compte 4 «Conviviums», des associations locales qui organisent des visites-dégustations ‘env. 8 par an) chez des producteurs et des transformateurs de produits alimentaires locaux, tout en défendant la biodiversité agricole et la typicité de nos traditions gastronomiques.

Les sorties sont ouvertes à tous, mais à prix réduit pour les adhérents (voir site) Convivium Roussillon (66) -jean Lhéritier 06 15 27 19 22 -lhéritierjean@aol.com Convivum Languedoc (34) Ginette Lopez-04 67 52 49 03 gi.lopez@wanadoo.fr Convivium Terrasses du Haut-Languedoc jean-Luc Bonnin 06 13 24 84 40 agence.jlb@wanadoo.fr Convivium L’Aude à la bouche (11) -Sophie Laplace 06 16 31 09 60 slowfood.narbonne@orange.fr

Plaisirs de papilles Fasciné de culture italienne comme du terroir roussillanais, Jean Lhéritier nous livre les saveurs qui font vibrer ses papilles:. -Les pâtes au jus de roti -Les beignets de courgettes et d’artichauts -La pizza à la «roucola» autrement dit la salade «roquette» -La bagna cauda, «le bain chaud��: des légumes crus trempés dans une sauce chaude à l’anchois.(plat national piémontais) -La Bouillinada, une sorte de bouilabaisse de l’étang du Barcarès (pommes de terre, lard rance, anguilles...) -L’ollada: la potée catalane -La morue catalane

jean se bat pour leur survie: -le Rancio sec du Roussillon, un vin très alcoolisé type Jerez sans appellation -le Pélardon affiné, ce petit fromage de chèvre au goût corsé, délaissé des consommateurs à cause de son grisaillement à l’affinage -La pomme de terre primeur du Roussillon récemment AOC... en confiture !

Ses bonnes adresses: -Caviste et restaurant: Le comptoir des crus à Perpignan (67 av Leclerc) -Patrice Ey, producteur bio à Saint-Estève -Les charcuteries Bonzhomme en Cerdagne -Les fromages Calvet (vache) à Saillagousse -Les paniers de l’AMAP Le palais du Vert

©Jean Lhéritier

Chaque année, Slow Food Roussillon fête l’Ascension à sa manière: une grimpette dans les «vignes du seigneur» à Banyuls, ponctuée d’arrêts culinaires et viticoles par les pros du cru.

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MONTPELLIER

+

DE LIENS

Déjeuner dans un resto d’insertion R

estaurant d’insertion  »  : on pourrait s’attendre à un snack-bar amélioré, à une ambiance formica dépouillée et à un personnel mal réveillé qu’on rudoie pour travailler. On pourrait, mais on risque d’être déçus. Non, ce n’est pas par bonne conscience solidaire qu’on va s’installer à La table de Cana, dans la ZAC de Tournezy à l’entrée de Montpellier. C’est par pur plaisir. De prendre le soleil en plein mois de janvier sur les chaises en rotin de la terrasse-véranda, contournant au passage des tonneaux, supplantés de courges aux formes ubuesques ou de bons crus languedociens. De découper le copieux gratin de seiche et de fruits de mer, ou le fondant chocolat-orange sauce gingembre, avec des couverts aux ondulations design. Le tout dans une ambiance rouge

Moins d’emballages, plus équitable Non content de former des personnes exclues du marché de l’emploi, Gilles Solis, le gérant de la Table de Cana à Montpellier tient au strict «  fait maison » de sa cuisine traditionnelle  : «  j’achète tout au marché le matinmême, nous faisons nos desserts nous-mêmes, nous fumons le saumon et le magret, nous faisons les rillettes, et nous n’ouvrons pas des sachets de salade… ». Le bio ? « Difficile à mettre en place alors qu’il n’y a pas de marché bio tous les jours.. mais en traiteur, je réfléchis à une gamme issue du commerce équitable. » Le truc qui l’énerve  ? «  l’emballage des plateaux-repas, tout en plastique jetable., grrr  ! Je veux tout en biodégradable, j’ai déjà trouvé des assiettes et des couverts en bois, mais je réfléchis à un mode de récupération ou de recyclage via La feuille d’érable, une entreprise solidaire qui recycle les déchets d’emballages. »

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Un écrin raffiné pour retrouver le plaisir de travailler : à Montpellier, depuis trois ans, La table de Cana donne un coup de pouce à des personnes éloignées de l’emploi… tout en ravissant nos papilles et bois sombre qui mêle art contemporain et clins d’oeils orientaux. Venus sur les conseils d’amis, Daniel et Marie-Noëlle sont ravis du raffinement comme du rapport qualité-prix (plat-dessert à 12€). Mais évidemment, l’essentiel est ailleurs. Il est sans doute dans la fraîcheur. Celle des aliments du marché, certes, mais surtout celle qui brille dans les yeux des serveurs et des cuisiniers.

Impulsion hôtelière Maître d’hôtel en chemisette violette, Alain Fakih évolue dans la salle aux 72 couverts comme un poisson dans l’eau,

distribuant le speed aux serveurs et les boutades aux clients interloqués : « Le plat

est garanti 2 ans », « Vous voulez manger, encore  !  » «  ah, le déca, c’était pour aujourd’hui  ?  ». Sans emploi pendant 6 ans, « j’envoyais des CV en quantité, mais j’avais plus de 50 ans et j’étais surqualifié : personne ne voulait me prendre » raconte Alain. Grand et noir, Guillaume, lui, était victime de racisme  : il jongle aujourd’hui entre le bar et la logistique des plateauxrepas. Sandrine, après avoir élevé ses deux enfants, s’est retrouvée au RMI. Elle avait bien commencé une formation hôtelière à l’INFA, l’école attenante au restaurant, mais trop peu rémunérée, elle voulait

A la Table de Cana, trop jeunes, trop vieux, trop noirs, trop éloignés de l’emploi, tout le monde a sa place. Et le rythme du service n’entame pas leur satisfaction...


arrêter. Elle a fini par entrer au restaurant comme serveuse, tout en passant son CAP service. Geneviève, en revanche, était déjà qualifiée, mais sans expérience pendant ses deux ans de maternité : alors qu’on ne lui proposait que des postes de plonge, la Table de Cana l’a embauchée comme cuisinière. Tous sont en CDD, renouvelables sur deux

« J’ai retrouvé confiance en moi » ans maximum (sauf Alain, qui restera en poste d’encadrant), une façon de leur donner l’impulsion nécessaire pour retrouver du travail.

« Nous avons l’agrément pour six temps pleins destinés à un public qui risque l’exclusion : RMIste, chômeur de plus d’un an, ou bénéficiaire de l’allocation de parent isolé. Les premiers choisis sont quand même assez proches de l’emploi », tempère Gilles Solis, le

gérant. Au départ, à 33 ans, l’émotive Sandrine pouvait tomber en larmes en affrontant le client. Aujourd’hui, « elle est prête » assure Gilles. « J’ai retrouvé confiance en moi, ça donne de la force » confirme l’intéressée.

c’est toujours complet ». Sans compter les plateaux-repas du midi qui prennent de l’ampleur, et l’activité traiteur qui prend même le pas sur le restaurant. « Les entreprises jouent le jeu ». Fatima Bellaredj, la déléguée régionale des Sociétés coopérative (SCOP) qui a accompagné la création, s’enthousiasme : « Pour nos événements, nous passons toujours par eux. Les repas et la qualité de service sont excellents, ils allient le professionnalisme à de très bonnes conditions de travail des salariés. On ne peut qu’être avec eux à 100% ».

Raquel Hadida

Les clefs de ce plaisir – visible- de retravailler, c’est Gilles Solis qui les a façonnées « par un concours de circonstances ». Replic, un organisme de structures solidaires recherchait un chef de projet pour monter un tel restaurant du réseau « Table de Cana » à « la Mosson », un quartier difficile de Montpellier. Gilles se rend à l’entretien mais refuse d’y participer : « d’une part, je me suis aperçu qu’il

s’agissait du projet sur lequel Replic m’avait déjà demandé conseil, et surtout, pour moi, un projet d’insertion ne doit pas se faire dans un quartier défavorisé ! Il faut les sortir, leur donner un milieu de travail avec du cachet… » Gilles propose alors de récupérer le bail du restaurant d’application de l’INFA, l’école hôtelière où il travaille, en contrepartie de la possibilité d’y faire des cours de cuisine l’aprèsmidi. Près de nombreuses entreprises, d’accès facile, le lieu est idéal. En août 2006, Gilles

constitue une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), démissionne et convainc sept financeurs en cinq mois. « On a reçu

les chaises le jour-même où on a ouvert ! » s’amuse-t-il. C’était en janvier 2007. « Depuis,

« Un projet d’insertion ne doit pas se faire dans un quartier défavorisé ! »

C’ EST OU ? La Table de Cana ZAC de Tournezy (Montpellier-Ouest) 515, Rue industrie 34070 Montpellier 04 67 60 45 81 www.tabledecana.com Ouvert en semaine le midi et le soir Livraison de plateaux-repas Traiteur pour les réceptions

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TESTÉ POUR VOUS

à Montpellier, Narbonne, Nîmes, et bientôt Sète

La voiture à la carte V

ous habitez à Montpellier, Sète, Nîmes ou Narbonne et vous pouvez aller travailler à pied, à vélo, ou en transport en commun ? Si vous n’avez pas de voiture, fini la dépendance aux autres. Si vous en avez une, vous pouvez la vendre. Et passer à l’autopartage, «pour avoir une voiture sans avoir de voiture», avec Libr’auto à Narbonne, avec Modulauto pour Montpellier depuis 2006, Nîmes cette année et bientôt Sète... voire Perpignan. Ce système de location à l’heure, déjà très au point par exemple en Suisse (70 000 adhérents) et en Allemagne et dans une douzaine de grandes villes françaises, permet de réserver une voiture n’importe quand, en un clic ou un coup de fil et d’aller la chercher sur la place de parking réservée la plus proche. On passe le badge sur le pare-brise, on tape le code à l’intérieur : c’est parti ! Fonction de la distance et du temps, le tarif comprend l’amortissement de la voiture, l’assurance, l’essence, la place de parking et l’entretien : non seulement le budget déplacement s’amaigrit (voir post-it comparatif) et gagne en visibilité, mais en plus, on n’a à s’occuper de rien ! Avantage non négligeable, l’abonnement permet aussi de louer une voiture dans les

Et si on se passait de voiture....tout en ayant une voiture en libre service dispo 24H/24 dans toutes les grandes villes? Pour les citadins qui peuvent aller travailler sans voiture, l’autopartage sabre le budget voiture en toute souplesse, allège la circulation et nous rend moins dépendants. A Montpellier, Nadine, Mickael, Mark et Claudine ont testé pour vous. autres villes, donc de bouger à petits prix en train+voiture dans les grandes villes de France, mais aussi dans la région, avec le développement de Modulauto. L’entreprise fait partager 28 voitures à 380 adhérents (soit une voiture pour 14 adhésions), sur 19 stations à Montpellier. Et plus il y a d’abonnés, plus l’entreprise peut acheter de voitures collectives, mieux elles sont réparties sur la ville... donc plus le système devient pratique. En France le système a déjà économisé la construction de 2 500 voitures (et tout l’énergie et les matériaux qui vont avec), sans compter le gain d’espace quand chaque nouvelle voiture implique 150 m2 de bitume en plus sur les parkings… 

Alors que les marques auto tentent de jouer à qui semblera le plus vert, pour Olivier de Broissia, le gérant de Modulauto et spécialiste de l’éco-mobilité, «l’autopartage joue sur

les comportements. Au lieu d’être tenté de prendre la voiture pour aller à la boulangerie, on rationalise les déplacements... et on se rend compte qu’on n’en n’a pas tant besoin que ça. On agit maintenant, sans attendre les promesses des constructeurs...» Parmi les adhérents, la moitié se séparent de leur voiture ou renoncent à en acheter., Le plus vieil adhérent a même connu le premier système d’autopartage éphémère en France...à Montpellier, en 1972, où on glissait des jetons dans une Simca 1 000 ! Et plus on mangeait des kilomètres, plus le jeton s’usait...R.H.

Nadine : «les réparations, c’est fini!» «Il y a un an, j’avais de grosses réparations à faire avec ma voiture, alors j’ai opté pour Modulauto pour tester. Déjà pour les économies, et...c’est un honneur de participer à diminuer la dépense en énergie, chacun à son niveau. Je réserve une voiture environ trois fois par mois pour des courses lourdes pour aller voir des amis à Clermont-l’Herault. Au bout d’un an, je réalise que je n’ai vraiment pas besoin de voiture. Il y en a toujours quand je veux sans avoir besoin de réserver à l’avance, je mets 5 minutes en bus pour rejoindre le parking de Gambetta et je n’ai plus de problèmes de réparations. Avec les autres adhérents, le lien me fait penser à un fonctionnement d’équipe, meme si on ne se voit pas: on s’entraide et on se respecte puisqu’ on ne fume pas et on laisse la voiture propre....c’est un bon outil citoyen!»

Claudine: «avec parcimonie»

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«Le délic, ça a été le contrôle technique: à force de laisser la voiture immobilisée, les pneus se craquelaient au soleil ! Sans compter que je payait 25€/mois de parking aux Arceaux...Vu que nous avons un camping-car pour partir en week-end, je n’avais besoin de voiture que pour la semaine, je me suis dit: Modulauto, c’est ce qu’il me faut. Je prends une voiture 3 à 5 fois par mois, par exemple pour aller chercher à la gare (5€) ou à l’aéroport (15€) des étudiantes étrangères que j’héberge. Automatiquement, vu que les conséquences financières globales sont totalement visibles, j’en fais une utilisation plus parcimonieuse...»

Nadine


Mark teste en entreprise Certes, en étant un des créateur et investisseurs de Modulauto, Mark n’est peut-être pas totalement objectif. N’empêche, «Aux Annonces vertes - journal de pe-

tites annonces-, chaque commercial n’a besoin d’une voiture que deux fois par semaine et fait peu de kilomètres, mais évidemment nous bouclons le mercredi, donc ils ont tous leurs rendez-vous le lundi-mardi. Nous utilisons les voitures Modulauto:- il y en a plein en ville et nous sommes complémentaires des particuliers... au lieu d’avoir 4 voitures avec 100€ de parking pour chacune, ça nous coûte 350€/mois.»

Mickaël et Nathalie: «jusqu’au bout!» «On va au travail à pied et à vélo et pour le week-end, on avait la vieille Clio de mes parents. Mais les amortisseurs commençaient à lâcher et près du Corum, pour se garer, c’est l’horreur. Les Modulauto sont garées dans les meilleures places de parking, à côté de la sortie, elles sont neuves, entretenues...Nous en réservons pour faire des courses volumineuses par exemple à Ikea, ou à la journée pour aller à la plage ou voir de la famille à 40 kilomètres. L’heure de location n’est pas chère, donc pour un même déplacement, autant prendre une marge, par exemple 3 H de large, quitte à revenir plus tôt et à avoir une remise. Mais comme on visualise le coût réel d’utilisation de la voiture, ça incite à prendre le train... surtout qu’ensuite, à Nîmes, on peut reprendre une voiture! Le système est super ludique et tout est simplifié. C’est sûr qu’on réfléchit différemment: on anticipe un peu plus et on bouge de façon plus raisonnée, ça crée une façon de penser meilleure pour la planète. Quand Nathalie devait accoucher en pleine nuit, j’ai réservé à 1H du mat, à 1H15, on était à l’hôpital Saint-Roch. C’était l’occasion de tester jusqu’au bout!»

L’AUTOPARTAGE, C’EST PRATIQUE ?

Combien ça coûte ?

Pour les adhérents, les bdgets autopartage varient de 30 à 350€ par mois. Adhésion à Modulauto: 12€/mois ou 30€/mois, transports en commun compris. Utilisation: 2 € /heure 0,36 € / km soit -une après-midi à la plage 12€ -AR au supermarché 8€, -AR à la gare 5€, -une journée de balade à 100 km 60€ Pour 3 000 kms/an soit 250 km et 25h/mois, une petite voiture essence revient à 325€/mois, une voiture moyenne diesel à 533€ et Modulauto Panda ... à 140€, soit 2 à 4 fois moins cher, tout inclus (entreitne, carburant, dépréciation du véhicule, crédits, carte grise, assurance, parking, contrôle technique...)

Comment ça marche ?

Claudine

Claudine

« Quand Nathalie devait accoucher en pleine nuit, j’ai réservé une Modulauto à 1H du mat’, à 1H15 on était à l’hôpital .»

A la réservation (tel ou internet), on indique heure de départ et heure de retour. On reçoit une confirmation (mail ou sms) . Une fois la voiture retrouvée à l’adresse donnée (facile), il suffit de passer le badge sur le parebrise et les clefs sont dans la boîte à gants. Au retour, il faut laisser la voiture propre, et avec au moins 1/4 du plein (grâe à une carte Total, ou essence remboursée) et indiquer le nombre de kilomètres sur une feuille. En appuyant sur un bouton-poussoir, les données de la course sont envoyées sur le serveur informatique. Qui renvoie le récapitulatif par SMS ou par mail avec le coût de la course qui se déduit du compte en banque. Pour Montpellier, Nîmes, Sète: Modulauto (locaux derrière Annonces vertes, 15 rue du Faubourg de Nîmes (station tramway Corum).

Rens:

Olivier de Broissia au 04 67 60 00 51 www.modulauto.net Pour Narbonne www.librauto.net www.franceautopartage.com

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04 68 37 85 25    06 59 85 23 96

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LEdesGUIDE

Campings atypiques Laissez-vous tenter

«C

e que nousrecherchons,

ce n’est sur tout pas l’énor me camping à la plage avec des animations, on a besoin de calme ! » a f f ir m en t P i er r e et M urie l. Joë l a t e s t é e t d étes té, l a f a m ille de Fr a nçois a « décidé de chan-

ger de camping pour trouver moins industriel, nous étions trop entassés, c’était sale, bref, ce n’était plus des vacances.. ». J oe lle e t P i er ro t n’ a i men t pas le s gr a nds ca m p ing s « où tout, la piscine, les activités pour enfants et adultes, tout est fait pour qu’on ne sor te plus. » P ie r r e e n av ai t « mar re des usines de la côte : le goudron et le br uit, on l’a déjà toute l’année. J’avais besoin de redécouvrir la simplicité. » B r e f, le ca m pin g f aç o n C a m pi ng -le f ilm - e s t loin d ’ av o i r l a c ô te c he z t ou s ce ux qui pr e n n en t p l ai s i r à dé rou le r le s a c d e couch a g e.

Sous la tente, la détente ? Pas évident dans les nombreuses « usines à touristes » locales. Mais lorsque les campings des flots bleus virent au vert, on court se gorger de nature, de calme et de dépaysement à peu de frais. Fermier, participatif, boisé ou rustique : choisissez le camping où planter vos sardines ! c a mp i n g s s ’amas s e n t s u r l a cô te ave c 2 7 0 emp l a c e me n ts e n mo y e n n e (s o i t p l u s d ’ u n m i l l i e r d e p e rs o n n e s ). Ter r a s s eme n t d u s o l , trai te me n t d es p l a n tes au x h e rb i ci d e s e t i n s e cti c i d es , p r és e n ce co n s tan te d e s vo i tu r es , et a l i gn e me n ts d e mo b i l - h o me s d e p l u s en p l u s p ré s e n ts , b r u i t i n ce s s a n t : d e q u o i re n d re ar ti fi ci e l – vo i re s tr es s an t- un e s p ace d e l o i s i r p o u r tan t en p l ei n a i r. Et frag i l i s e r u n p e u p l u s l a b a n d e l i tto ral e tr u ffé e d e l ag u n e s , s i te d e n i d i fi cati o n d e n o mb re u x o i s e au x . Al o rs , p o u r l e s é co n o mi e s e t l e b i e n - ê tre d es c amp eu rs l e s g e s ti o n n ai re s d e c a mp i n g a d o p te n t d e s amé n ag e me n ts éc o l o g i q u es e t p rag mati q u e s , q u ’i l s s o i en t « c l a ss i q u e s », avec le label Clef Ver te o u l a marq u e Hu tto p i a, o u à

« Dans les grands campings, tout est fait pour qu’on ne sorte plus. » Ce n’e s t p a s le choix q u i man q u e : ave c 814 ca m ping s e t 1 2 0 0 0 0 emp l a c em e nt s, not r e r é gion p o s s èd e l a p l u s gr a nde ca pa cit é d’a ccuei l en p l ei n ai r de l’he xagone . M a is le s d eu x - ti er s d es

p e ti te é ch e l l e , co mme l e s c a mpings à l a fe r me (n o n co mp tab i l i s és da ns les s tati s ti q u e s ) q u i favo ri s e n t c a lme et re n co n tre s e n p l u s p e ti t comit é. 17% d ’e n tre e u x u ti l i s e n t d e s é nergies re n o u ve l ab l e s , s u r to u t l ’é n e rgie sola ire p o u r ch au ffe r l ’e au s an i tai re et /ou de l a p i s ci n e o u p o u r l ’é cl ai ra ge, v oire d e s vo i tu re s é l e ctri q u e s p our c irc uler d an s l e s g ran d s camp i n g s . Et co mme l e vrai l u x e , c’ est l’espa ce , n o u s avo n s s é l e cti o n n é pour v ous d e s camp i n g s o ri g i n au x à t a ille humai n e o ù l ’o n re s p i re .. p o ur c ha nger d e mo d e d e vi e l e te mp s d’un week e n d , o u p o u rq u o i p as u n g ra nd brea k b o n march é à q u e l q u e s e n c a blures de ch e z s o i . Eto n n an t, d e l a région ou d ’ai l l e u rs , l e s camp e u rs , s ’exc la ment ch acu n d e l e u r cô té : « ici, c’est le

Paradis ! »

Dossier réalisé par Raquel Hadida

Cherchez le camping... voir page 17 (camping naturiste dans les Cévennes)

©Jur Jacobs

©Huttopia

De nouveaux concepts de campings...pour les fondus de nature (Huttopia à Font-Romeu p.18)

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Campings atypiques

LE GUIDE

des

craVirola a minerVe

Mili-tente

Peinture collective du camping

D

epuis Minerve, il faut grimper jusqu’au hameau de Bois-Bas. Une colline entière de 270 hectares où les seuls habitants permanents sont une dizaine de personnes – âge moyen 35 ans – qui ont non seulement choisi la vie paysanne – ils produisent surtout viande et produits laitiers bios-, mais surtout la vie en communauté : par conviction, ils partagent lieu de vie, revenu, travail et terres, tout en protégeant ces dernières de la spéculation foncière. Sous les chênes verts, pas d’emplacement. L’embarras du choix. Une fois la voiture laissée au parking, autant s’installer à distance des autres tentes, près d’une borne lumineuse solaire, et pouvoir regarder -enfin-les étoiles sans la perturbation des villes

Libre - échange Il y a bien des sanitaires classiques à l’autre bout, dans le bâtiment en pierres, que chacun nettoie en « autogestion », avec le mode d’emploi des produits. Mais j’ai envie de tester la cabine en pin, posée sur l’herbe. D’un côté, les toilettes sèches avec vue sur le maquis et une immense louche pour déposer la sciure au lieu d’appuyer sur la chasse d’eau. De l’autre côté, la douche solaire, très agréable une fois que le soleil a déjà chauffé les tuyaux.

Envie de prendre le Maquis ? Communauté paysanne, campeurs militants, artistes et volontaires : tous se retrouvent sur la colline de la coopérative agricole Cravirola. ici règne le libre-échange de coups de main, d’idées, de repas et de bouquins. Une expérience originale d’autogestion qui préserve le territoire. L’heure de la sieste. Dans un bosquet, en hauteur, se nichent trois mini-cabanes en bois qui accueillent –surprise- un ordinateur et ses haut-parleurs. Les voix douces des émissions de radio bercent nos hamacs. La prochaine fois, nous pourrions enrichir « l’arbre à sons » de nos trouvailles auditives sur CD ou clé USB. Et, pourquoi pas, le « bibliotroc » de nos bouquins à partager. Mais on peut déjà en emprunter, de Céline à Astérix. Libre-service aussi pour les jeux amoncelés sous le hangar en bois, pour les vélos… et la boîte à outils pour les réparer. Ou encore pour la piscine, voire pour le petit-déjeuner. Ici, les hôtes font confiance dans le sens des responsabilités et l’initiative de chacun. Encore faut-il comprendre la façon dont les choses fonctionnent implicitement, sinon l’autogestion vire au «trouvez les règles tout seul ». Pas évident, malgré l’épais et passionnant document distribué à l’ar-

Agri - culture Ecrivain, Joël a rassemblé une poignée de campeurs pour une rando-écriture sur les ruines du hameau de Bois-Haut, « et

le soir, nous avons restitué nos textes devant tout le monde. Ce qui était au dé-

D’un côté, la douche solaire, de l’autre, les toilettes sèches, construit sur place

©Sylvain Fabre

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rivée. Et comme les hôtes ne peuvent visiblement se permettre d’être disponibles – normal, ils bossent 15H par jour-, il faut sans doute prendre le temps pour être à l’aise et pour capter la gaieté du lieu. Le bon plan : participer, le lundi soir, à l’AG des campeurs. L’équipe de Cravirola se présente, répond aux questions sur le montage de ce projet original et organise la semaine. Pas de GO : ce sont les campeurs qui lancent des idées d’ateliers, avant d’en indiquer les modalités sur le tableau commun. Une peinture collective, une chorale, un atelier théâtre..

Dans la chèvrerie, un coup de main, un coup de foin !


« Devant le centre de tri en bois, j’ai fait des panneaux pour expliquer où était la bergerie et le jardin » Lea, campeuse de 10 ans

C’est pour moi ?

Oui,si -vous aimez la viande d’Aubrac et les glaces artisanales au lait de brebis -vous appréciez l’espace et la nature -vous aimez prendre des initiatives : vous avez envie de participer aux travaux de la ferme ou à l’accueil du camping, ou encore d’organiser un atelier avec les autres campeurs, de faire un petit spectacle. -vous êtes avides d’échanges et de rencontres sur la vie alternative

part amateur a pris une autre dimension, très sympa !» A côté du snack fermier, le soir sous les guirlandes, une petite scène est ouverte à qui veut jouer de la musique, chanter, parler... Durant l’été, la coopérative Cravirola dynamise le monde rural en faisant venir les artistes pour des concerts ou spectacles engagés sous leur chapiteau. Dommage, les clowns de ce soir n’ont pas assez de public, le spectacle est reporté. Compensation : le lendemain midi, c’est Laura, une des « permanentes », qui travaille son accordéon au grand air.

Coups de main autogérés Pour les hôtes aussi, c’est l’autogestion qui règne. Chacun travaille à l’élevage ou à la fromagerie, mais apporte aussi son savoir-faire pour une activité qui enrichit le groupe : Laura mène le jardin potager, Katia a informatisé et décoré la coopérative, Axel s’occupe de l’éco-construction, Paul a développé un atelier boulangerie, où il emmène des campeurs motivés, une fois par semaine, pour fabriquer 100 kg de pain. Toujours moyen de donner un coup de

Sieste sous l’Arbre à sons, un ordinateur plein d’émissions de radio et de musiques, perché dans une cabane-surprise, au milieu des chênes verts..

main si on a envie. À 10 ans, Lea a dessiné des panneaux indicateurs, placés devant le superbe « centre de tri » des poubelles ( en bois et branches de genêts). Et tient chaque jour à aller donner le biberon à une agnelle orpheline : « ici, c’est mieux que les autres campings,

on peut faire ce qu’on veut avec les autres enfants (pas de route NDLR), il y a la bergerie.. »

À la bergerie justement, il est déjà 20H, et, sous pression, Paul trait les vaches au pot sur fond de musique festive. « Vous pouvez donner le foin ? » Avec trois campeurs, nous rassasions chèvres et brebis. On pourrait aussi ramasser les mauvaises herbes au jardin, équeuter les haricots verts au snack, participer à la construction de nouvelles cabines en bois, ou, à l’occasion, aider au déchargement des grains pour animaux dans le silo. Mais ici, « ce qui compte, c’est le groupe » comme le dit Brita, la pionnière de la ferme collective débutée il y a 20 ans dans les Alpes-Maritimes. Dans ce contexte, encore faut-il trouver sa place, dénicher la bonne personne au bon moment. Ou changer de cap et opter pour une superbe balade sur les flancs sauvages de la colline, seuls vers la rivière. Raquel Hadida

CRAVIROLA PRATIQUE

50 emplacements environ. Tarifs : Adhésion à l’année à l’association Culture du Maquis : 5€- Nuit : 5 €/personne –Petit-déjeuner : 5€- Spectacle :5€ Services : Epicerie de produits fermiers, bios, et librairie, piscine, snack fermier (entrée-plat-boisson 20€) A proximité : le superbe village fortifiée de Minerve. A la limite de l’Aude et de l’Hérault En savoir plus : www.cravirola.com 04 67 23 94 77 Poursuivre l’expérience : « Volontariats » de deux semaines, ou « Compagnonnages » de deux à six mois, en bénévoles, logés et nourris sur place. Résidences d’artistes ou de militants.

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Campings atypiques

LE GUIDE

des

spacieux, nature, conViVial

campez à la ferme P

lusieurs réseaux favorisent l’agritourisme sous toutes ses formes (campings, gîtes, etc), mais chacun d’entre eux émane d’une organisation différente, possède sa propre charte et ses propres conditions d’agrément. L’idée est d’encadrer la pluriactivité des agriculteurs en garantissant la qualité de l’hébergement : le camping à la ferme apporte un revenu qui complète celui, souvent incertain, de l’exploitation agricole, et permet à des petites exploitations de rester fixées dans le paysage rural dans de meilleures conditions.

Pour le Mas de Saragosse, par exemple, le camping crée une clientèle estivale pour le magasin fermier. Mais les agriculteurs apprécient aussi l’échange avec des personnes différentes.. Pour Thérèse, agricultrice dans le Haut-Languedoc, « le camping me fait une ouverture

d’esprit, de cœur et me rend beaucoup plus bavarde. Nous allons prendre l’apéro à la tente des campeurs, et pendant ce temps, les petits vont jouer aux marionnettes dans la bergerie. On se lève plus tôt et on se couche

Comme Joëlle et Pierrot, les campeurs, eux, en profitent pour découvrir les activités de la ferme : « l’année dernière nous

avons été dans un élevage de moutons, cette année, on a envie de mieux connaître la viticulture ». Et si on passe outre une certaine rusticité des lieux, les souvenirs sont souvent très intenses.

Autant être au courant

-le nombre d’emplacements étant réduit, les campings à la ferme se remplissent vite : réservez assez tôt -la plupart des adresses indiquées ont aussi des gîtes à louer, voire des chambres d’hôtes.

Bienvenue à la ferme, la marque de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) regroupe 36 campings à la ferme dans la région. 6 emplacements maximum www.bienvenue-a-la-ferme.com- ou 01 53 57 11 44

LES RESEAUX À CONNAÎTRE Accueil paysan, le réseau lié à la Confédération paysanne, compte 6 campings dans la région. Tous les adhérents valorisent les produits fermiers locaux et la moitié d’entre eux cultivent en agriculture biologique www.accueil-paysan.com OU 04 76 43 44 8 Aude et PO : Marie Coupet au 04 68 31 01 14

Combien ça coûte ? Moins aménagés, de très petite taille, les campings à la ferme affichent « des tarifs bien plus abordables que les campings classiques, ce qui ne gâche rien. » mais finit de convaincre Joëlle et Pierrot à Gruissan ou Pierre et Muriel aux Enclauses.Prix estivals : Camping à la ferme Une nuit en tente pour deux adultes

de 6,5 à 18 €

Camping classique 18 à 42 €

600€ Une semaine 245€ en mobil-ho- mobill-hom mobil-home mes ou chalet 400€ chalet bois (4 pers.)- été 300-400€ roulotte/yourte (cuisine commune)

18

plus tard – mon mari fait de l’astronomie-, on improvise toutes les activités : même si quelquefois on doit emballer la luzerne à 23h, ça nous fait nos vacances !».

Gîtes de France réserve un label Pré vert aux campings, mais ils ne sont pas systématiquement liés à une ferme. Les campings « nature » vont jusqu’à 25 emplacements, et « tradition » jusqu’à 150. il existe 35 campings « nature » dans la région, notamment à Barjac (Gard), dans le Haut-Languedoc (34) et dans l’Aude 11) w w w. g i t e s - d e - F r a n c e . c o m 01.49.70.75.75


Le plus convivial

LA FERME DES ENCLAUSES

Le plus intime LE MAS DE SARAGOSSE Tente ou roulotte pour dormir ? « c’est pareil mais dans la roulotte, j’ai rêvé », raconte une petite fille au Mas de Saragosse (PO). Dans la plaine du Roussillon, dans les champs, près des pêchers, des oliviers et des amandiers bios, Nicole Pascal a ouvert en 2008 six emplacements spacieux ombragés par les platanes et fleuri de lauriers-roses… un camping familial qu’on peut louer pour nous tout seuls!

Sur place : Stand de produits fermiers locaux et bios. A 20 min de Perpignan , vallée de la Têt. 6 emplacements -Tarifs : Nuit en roulotte 60€-Nuit sous tente 8€/pers. Le camping pour vous tout seul : 700€/semaine ou 100€/nuit hors saison jusqu’à 5 personnes ( 8€/pers sup) Réseau Bienvenue à la ferme – Mas de Saragosse- 66170 Millas 04 68 57 13 69 ou 06 83 54 30 15 www.mas-de-saragosse.com

À la ferme des Enclauses, chez Thérèse et Yves,« il se passe quelque chose de fort » affirment Pierre et Muriel, un couple savoyard. « L’année dernière, nous avons fait la transhumance des brebis avec eux,. On se lève très tôt pour faire 15 km, c’est extra-génial  et vraiment dépaysant ! Nos deux fils de 10 ans ont exigé de revenir ici. Ils adorent aller chercher les œufs, ou donner à manger aux truites. Thérèse nous apprend à mener les chevaux, à trier les brebis pleines, à les laver, à les attraper par les pattes arrière... Je fais du bateau sur le lac.. Nous allons facilement faire des balades, déjeuner, se passer un film ou voir des concerts avec les autres campeurs et les hôtes. Pour l’anniversaire du grand, on a demandé à Yves de nous faire un repas, un campeur allemand nous a rejoint au dessert, on a joué ensemble de la guitare.. ». Et le plaisir est partagé : «  Pierre m’a réparé la douche solaire : c’est évident, je vais leur donner des truites. On se régale » raconte Thérèse. Sur place : élevage de brebis, Parc du Haut-Languedoc, spéléologie, lacs, randos, musées, etc Tarifs : 3,6€/nuit/personne. (6,5€ pour deux)-Table d’hôte 15€ Réseau Accueil Paysan-6 emplacements. Thérèse et Yves Walrave -34220 Courniou theresewalrave@hotmail.fr -04 67 97 03 58

C’est pour moi ?

©Cubeverd

Oui,si -vous avez envie de calme et de nature, loin des foules -vous avez envie de (re)découvrir, la vie de la ferme, voire d’y participer -vous appréciez les rencontres simples et conviviales -vous acceptez un confort plus rustique qu’en camping étoilé classique

La plus belle vue:

L A C APOU L ADE

(en couverture)

à l’ombre de la pinède, depuis son hamac,

Philippe scrute du haut de la colline la tour de Barberousse, du vieux Gruissan, un splendide îlot de pierre entouré de turquoise.

« Je campe devant une carte postale permanente, et je pars directement en VTT dans le massif de la Clape ou vers la plage. La nature, pas de bruit, les vignes. Non seulement c’est pas cher, mais c’est magnifique et antistress...»apprécie cet habitué toulousain.

Sur place : VTT et randos sur le massif de la Clape, vins du domaine, écomusée du sel et plages à 3 km 6 emplacements. Tente 16€/nuit Gilberte Santacatalina-Gaec de Capoulade-3 rue des artisans 11 430 Gruissan04 68 32 27 59 ou 06 81 72 01 48 Prévert n°G800001 www.gites-de-France.com

Le plus écolo LE CUBEVERD Au creux d’un vallon de Cerdagne (66), perdu au milieu des prairies, le Cubeverd ferait presque camping sauvage. « Je dé-

monte le camping à la fin de l’été pour que la zone retrouve son aspect écologique ». Patrick Haro, l’ancien technicien en génie climatique et président de l’association des Amis de la ferme, va jusqu’au bout. Pour minimiser l’impact du camping, il a installé des toilettes sèches, un chauffe-eau solaire, et même une micro-station d’épuration qui filtre l’eau par des joncs, de la menthe aquatique et du populage des marais, une plante de montagne. Et «  le camping

fournit gel douche et liquide vaisselle biodégradables Ecover ». Non relié au réseau électrique, le camping s’éclaire par

des balises solaires, et des diodes (LED) alimentées par un petit panneau photovoltaïques. Et cuisine avec… un four solaire ! Ce qui n’empêche pas de dormir confortablement, sur des matelas et sous des tentes trappeurs à l’ossature en bois. Sur place : animations sur l’écologie du plan d’eau, rocher d’escalade, rando sur le Cambre d’Aze, VTT, pêche à la truite, mini-golf, disc-golf (avec un freesbee à lancer dans des corbeilles) ; ferme écolo-pédagogique 6 emplacementsAvec sa tente : 2.5€/tente +3.5€/pers/nuit (soit 9,5€ la nuit pour deux) Sous tente trappeur : 6€/pers/nuit Cubeverd 66210 St Pierre Dels Forcats 04 68 04 86 82 ou 06 78 17 64 19 www.cubeverd.fr

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Campings atypiques

Demandez la clef.

D

ans la région, 14 campings affichent une Clef verte (200 en France). C’est la Fédération pour l’éducation à l’environnement en Europe (FEEE) qui délivre ce label après avoir audité le camping sur 80 critères. Liés au paysage, à l’utilisation de produits chimiques, à la nourriture, à la gestion de l’eau, de l’énergie, mais aussi à l’information du public. Tous utilisent par exemple des ampoules basse consommation, des bornes solaires et des réducteurs de débit d’eau, arrosent au goutte-à-goutte, s’attachent au tri des déchets (un kg/nuit/ personne), interdisent la nuit la circulation des voitures et l’allumage excessif des mobil-homes. Pour Cédric Davoine, responsable de la Clef verte, « l’hébergement est une excellente oc-

casion pour sensibiliser la population à l’environnement, en encourageant les clients à utiliser moins d’emballages, à économiser les ressources, etc. Souvent, les campings labellisés nous donnent des solutions auxquelles nous n’avions pas pensé : des chèvres pour tondre des endroits inaccessibles aux tondeuses, des partenariats avec des associations de recyclage des huiles de friture du snack, un four solaire pour cuire pain et pizzas.. » Mais selon Alexandre Roques, le gestionnaire des Fontaines à Canet, rien n’est gagné : « Seuls 5% des clients sont attirés par la Clef verte : les 3/4 viennent pour la plage et la piscine. Nous faisons passer le message, mais ce n’est pas facile d’obliger les gens quand ils ont payé leur séjour.. ». www.laclefverte.org ou 01 45 49 02 09

LA DRAGONNIÈRE

à Vias-sur-mer

Tous les campings de la chaîne Sunêlia se sont engagés dans la démarche Clef verte. À Vias-sur-mer (34), par exemple, Gilles Fauroux, le directeur de la Dragonnière, s’est « rendu compte que les parents confiaient la corvée des poubelles aux enfants ». Alors il l’a rendue ludique : « dès leur arrivée, les campeurs reçoivent un sac ©La Dragonnière

LE GUIDE

La clef des c(h)amps

©La Dragonnière

des

les eFForts Des GranDs

LES FONtAINES

à tri, et sur les containers, une coccinelle verte, bleue, rose ou orange associée à des panneaux explicatifs, indique comment trier. »

Le camping décontamine les eaux usées dans trois bassins de lagunage de 30 ha. Il peut alors les réutiliser pour arroser le jardin et consommer moins d’eau potable. Tente 42€/nuit - Mobil-homes 350 à 1 000€/semaine- Repas 20€ www.dragonniere.com ou 08 926 95 926

à Canet

« Les campeurs A Canet (66), les Fontaines tutoient les réserves naturelenvoient soules des étangs. Sur des emplacements spacieux (160 m ), le vent les camping n’a planté que des espèces locales – roseaux, cyprès, pins, tamaris, pour éviter les remontées de sel dans le sol. enfants aux Lors du cocktail de bienvenue du samedi, l’animateur donne des conseils environnement au micro : « si vous voulez que vos enfants poubelles. profitent de la vie comme nous, évitez de jeter des cailloux aux flaAlors nous mants roses, de déranger les lapins, et n’arrachez pas les plantes » Le programme d’animation prévoit une rando le long des étangs. avons rendu Tente : 14 à 26€/nuit –Mobil-home : 230€ à 665€/semaine le tri www.camping-les-fontaines.com ludique.» ou 04 68 80 22 57 / 06 77 90 14 91 2

©La Dragonnière

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Le plus planant : LA CASCADE à Meyrueis

O

edicnème criard, merle de roche, vautour fauve, circaète Jean-le-blanc : échassiers, rapaces ou passereaux vous feront planer si vous partez vous immerger chez Marie-Hélène et Eric Causse sur le… causse Méjean (Cévennes, Lozère). Anciens agriculteurs, le couple s’est « découvert une passion pour les oiseaux au ©La Cascade

contact d’un de leur campeur à la ferme, ornithologue. Les oiseaux font tant partie de la vie des campeurs que les sanitaires ont accueilli une couvée de rouges-queues. Pour scruter en permanence la falaise qui fait face au camping, nous avons mis à disposition des adultes et des enfants une solide lunette d’observation. »

Outre les 19 fiches randos, les documents nature, les campeurs peuvent échanger leurs observations des alentours sur le carnet de liaison du réseau Via Natura. « Ob-

servation sur le causse Méjean, de 19H à 21h15, Un faucon crécerelle. Sept linottes mélodieuses. Chant en vol puis se pose. Les oisillons viennent se désaltérer à la mare »

De quoi pouvoir retrouver les repères et les habitudes des piafs cévenols. En bonus, le camping est labellisé Clef verte, avec tentes et chalets en bois qui se mêlent aux prairies. Un chauffe-eau solaire pour la douche, une citerne de récupération d’eau pour les toilettes et l’arrosage des fleurs, des produits de la ferme, et le camping se fait tout nature.

©La Cascade

Sur place : ferme-découverte sur les brebis laitières, baignade, pêche à la truite, randos, village (20 hab), stage de peinture avec une peintre nîmoise 37 emplacements. Tente11 à 15€/nuit Chalet (4 à 7) : 245 à 620€/semaine Camping La Cascade-48150 Meyrueis 04 66 45 45 45 ou 06 85 84 0715- www.camping-la-cascade.com Le réseau Via Natura : il relie 12 campings à l’esprit « naturaliste » en France (dont dans le Gard, en Ariège et dans l’Aveyron) et organise un concours photo pour gagner un séjour dans un des campings. www.campings-la-via-natura.com ou 05 62 97 45 44

LE PARADIS

à Sérignan

A

Sérignan (34), le Paradis réduit les déchets liés aux barquettes de frites : « nous demandons aux campeurs d’amener leur saladier » explique Hélène Rouillé. Grâce à un circulateur d’eau, l’eau chaude arrive tout de suite au robinet et évite de gaspiller des litres avant d’être à la bonne température, tout en chauffant les sanitaires et un détecteur de lumière évite les gaspillages. Comme le camping est assez ombragé, les mobil-homes ne sont pas climatisés. Outre les papiers-emballages-verre, le camping récupère aussi le pain sec pour les moutons et les poules d’à-côté, les piles et même les languettes de canettes pour l’association Passerelles de Béziers. La famille Henon vient ici depuis 14 ans : « Comme le patron est là

C’est pour moi ?

Oui si vous avez envie d’observer les oiseaux et les orchidées, et d’échanger vos observations naturalistes avec les autres campeurs

« Comme le patron est là pour nous, on respecte son camping. On trie comme chez nous, et on a même changé de bâche pour laisser l’herbe respirer»

pour nous, on respecte son camping. Du coup, c’est propre et calme. Le tri, c’est bien que les patrons de camping le fassent aussi, comme chez nous. Le soir, les petites lumières bleutées des bornes solaires suffisent à nous guider. » A la place d’une lampe de camping, la famille prend l’apéro sous un parasol à lumières LED ! 129 emplacements-Tente : 13 à 26€/ nuit-Mobil-homes : 160 à 560€ paradiscamping34@aol.com ou 04 67 32 24 03

C’est pour moi ? Oui,si vous aimez les grands campings avec piscines et animations, qui font attention à respecter leur environnement.

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HUttopiA, Le pLUs boisé

À

Font-Romeu (66), Huttopia s’est installé sur un terrain de l’Office national des forêts (ONF), et a rénové cet ancien camping municipal. Alors toute sa stratégie consiste à …se fondre dans le paysage forestier. Aucune coupe d’arbres, ni terrassement, ni désherbage, ni pollution lumineuse. Des espaces élargis, pas de mobil-homes, mais des tentes canadiennes et des « cabanes », chalets en bois, sur pilotis. Tout le bois utilisé provient de pin Douglas du jura, en forêts gérées (label PEFC). « Non traité, il va griser et s’intégrer dans le paysage » assure Céline Bossanne, la créatrice d’Huttopia. Accueil, resto, même la piscine et sa plage respirent le bois et respectent la pente naturelle. Pour inciter les campeurs à sortir du camping et découvrir la nature pyrénéenne, un coordinateur d’activités qui a tout testé vous oriente vers du quad-VTT ou des chasses au trésor. Clin d’œil aux efforts d’économies d’eau, le camping affiche chaque semaine la consommation quotidienne moyenne d’un campeur, « objectif : 110 litres ! »

©Huttopia

Campings atypiques

LE GUIDE

des

les campinGs thÉmatiQues Des pics

Sur place : visite forestière du camping avec l’ONF, soirées d’observation des étoiles, ciné en plein air, récré-enfants, piscine, chasses au trésor, quad-VTT, station de ski de Font-Romeu 180 emplacements. Ouvert en été, mais aussi pour la saison de ski (décembre à avril) Tente 4 à 15€/nuit- Canadienne : 50 à 82€/sem.-Cabane 390 à 1150€/sem. Huttopia Font-Romeu, route de Mont-Louis - 66120 Font-Romeu www.huttopia.com ou 04 68 30 09 32

La coMbe de ferriÈre, le plus naturiste

A

u cœur des châtaigneraies cévenoles, entre Alès et Florac, Jur et Lisa poussent le naturel de l’accueil.. jusqu’au naturisme, « pas par idéologie, mais pour profiter d’avantage du beau temps ! » , loin des concentrations du Cap d’Agde. Ces hôtes d’origine hollandaise ont tant d’énergie.. qu’il la renouvellent : l’eau est chauffée au solaire thermique, et des panneaux solaires photovoltaïques produisent 2/3 de leur consommation. La Combe de Ferrière a signé la charte européenne du tourisme durable. Bien qu’isolé, la camping fait tout pour réduire les transports en voiture : « Si les hôtes veulent venir en transports en commun, on

va les chercher à la gare de la Grand-Combe. Nous groupons nos commandes de courses d’alimentation au boulanger. Sur le panneau d’affichage, les campeurs organisent du covoiturage pour aller par exemple à Florac. » Venu pour la quatrième année, Pierre apprécie : « non seulement c’est très sympa, mais les pratiques écologiques sont une bonne surprise. J’ai participé au désherbage manuel. En évitant le chimique, on profite de la végétation locale, thym, romarin, origan, on se fait des soupes d’orties sans souci ! Et: les allées sont en schiste, pas en goudron ! »

Sur place : 25 circuits de VTT, 20 randos, barbecue artistique, piscine, 47 emplacements.Tarifs : 20€/ nuit pour 2 Location de caravane 25€/j La Combe de Ferrière 48160 St. Michel de Dèze www.la-combe.com ou 04 66 45 52 43 Voir aussi www.cevennes-ecotourisme.com

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« On organise du covoiturage entre campeurs... J’ai même participé au désherbage annuel , ça permet de profiter du thym, du romarin , de l’origan ... et de se faire des soupes d’orties!»


Vous êtes ici

La Combe de Ferrière -St-Michel de Dèze p 20

La Cascade Meyrueis p 17

Les Enclauses Courniou p 19

Cravirola Minerve p 14

Montpellier Le Paradis Sérignan p 17 La Dragonnière Vias-sur-mer p 16

Le Mas de Saragosse Millas p 19

La Capoulade Gruissan p 19 et couv

Huttopia Font-Romeu p 20

Les Fontaines Canet p 16 Le Cubeverd St-Pierre Dels Forçats p 19

Torche et lanterne :

Nature et Découvertes, www.consoglobe.com, etc)

A la fois fourchette, cuillère, ouvre-boîte et décapsuleur, le couteau Tatou a évité sa délocalisation en Asie : il est fabriqué en RhôneAlpes et Auvergne avec des produits locaux, et assemblé dans des ateliers d’insertion pour handicapés.

©Tatou

préférez-les à dynamo ou à panneaux solaires avec des lampes LED, pour ne pas utiliser de piles (10 à 20€ la torche, 40€ la lanterne qui recharge les portables)

checK-list

Antimoustiques :

Couteau multi-fonction :

www.couteautatou.com ou 06.88.16.76.74 ( 22€ sur internet, simple couteau à 5€- contre 25€ pour un couteau-couverts Baladéo par exemple). Disponible à La Randonnée, 9 rue Belfort à Montpellier.

Sardines : Pour éviter les mauvaises surprises

en plantant la tente, surtout en camping à la ferme, n’oubliez pas de demander s’il faut vous équiper de sardines « rocher » en acier pour les sols très durs, par exemple sous les pinèdes.

Bâche : si vous aimez étendre un tapis devant la tente, préférez une bâche micro-aérée, qui n’étouffe pas la végétation pendant votre séjour

essayez les lotions naturelles, à la citronnelle ou au géranium, comme celles de Mosiguard (10€, Nature &Decou), Douce nature ou Druide, Attention aux répulsifs classiques (Insect écran 12€), qui contiennent 30 à 50% de DEET très toxique et déconseillés pour les enfants et les femmes enceintes.

Enrouleurs : lorsqu’une caravane

se branche à l’électricité avec sa rallonge dans l’enrouleur, cela crée un champ électromagnétique, chauffe et multiplie la consommation d’électricité. Avant de vous brancher, pensez à dérouler !

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EN QUETE

Nanotechnologies : les grands dégâts du tout-petit individus contrôlés, risques sanitaires, manipulation d’espaces naturels, création d’êtres vivants en usine et sélection de super-humains: nanotechnologies, demandez le programme!

©Reymond Pagé pour ETC Group

Alors que recherche publique et multinationales s’unissent pour nous faire accepter cette deuxième révolution industrielle à l’échelle de l’infiniment petit, une alliance citoyenne mondiale s’élève contre ce «BANG». Depuis Montpellier. Enquête de Raquel Hadida à partir d’un débat mené à l’Université de Montpellier ii

Q

uel est le point commun entre une crème solaire, un écran plat, des médicaments, une raquette de tennis, des adoucisseurs d’air, des CD sur plastique souple et des nounours anti-poussière ? Tous peuvent contenir des nanoparticules. 10000 fois plus petites qu’un cheveu, ces nouvelles reines de l’industrie s’immiscent dans près de 2 000 produits de notre consommation courante. Inivisibles. Sans aucun étiquetage. Sans aucune réglementation. Elles sont dans tous nos placards..sans nous avoir demandé notre avis. Certes, ces technologies ont de quoi fasciner... en particulier les chercheurs: il ne s’agit pas d’une énième miniaturisation, mais de «programmation» qui permet aux atomes de s’assembler entre eux pour échafauder des molécules de toutes pièces. A cette échelle, les comportements des matériaux sont étonnants : par exemple, l’or devient bleu et sa température de fusion se modifie. Ce qui permet d’imaginer des applications à l’infini. D’une part pour créer des molécules qui n’existent pas dans la nature, comme des nanotubes de carbone qui renforce les clubs de golf ou les nanocapsules qui libèrent le médicament au bon moment, au bon endroit. Idem pour l’action anti-odeur, la réflexion des UV, l’annulation de l’électricité statique.. Mais cette minuscule mécanique peut aussi singer les molécules biologiques pour agir de façon ciblée. Si bien qu’on ne ressent

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plus la limite entre naturel et artificiel... et que les nanoparticules peuvent facilement envahir le monde vivant. Avec des capacités bien accrues par rapport à leurs cousines biologiques: une capacité de mémoire phénoménale («tous les livres du monde dans un nano-ordinateur» selon la pub HP), et une capacité à se connecter entre elles. Un nano-cerveau, en somme. Radicale, cette innovation technologique nous conduit tout droit à la deuxième révolution industrielle.

Marché juteux pour les multinationales Lorsque la nanotechnologie s’hybride avec les biotechnologies (gène), l’ingénieurie et les technologies de l’information (données cognitives ou «bit»), le projet prend sens: ces «technologies convergentes» appelées NBIC (Nano, bio, Ingénieurie, Cognitive) ou encore BANG (Bit Atome Neurone Gène) ouvrent la voie à l’amélioration des performances humaines...quitte à fabriquer des créatures qui nous échappent. Et, dans la foulée, à générer des profits considérables pour les multinationales qui développent ces technologies promises à un énorme marché: Exxon, Unilever, Nestlé, Monsanto, Bayer, Syngenta, L’Oréal...A côté des nanos, les OGM font figure de hochet.

Pour ne pas reproduire leur fiasco dans l’opinion publique, elles choisissent évidemment.. ne rien dire sur leurs risques. Et communiquent savamment sur les espoirs que leurs applications peuvent susciter: réparer des nerfs, des oreilles défectueuses, dépolluer ou capter le CO2 ... en brossant le tableau d’une vie plus longue sans maladie, noyée dans l’abondance matérielle, Le tout avec le soutien actif des capitauxrisques et de la recherche publique de 90 pays. Notamment aux Etats-Unis (suivant la politique lancée par Clinton en 2003), mais aussi en Asie du Sud-Est: Shangaï y a plus de poids que toute l’Europe de l’Ouest. En France, les pôles «nanos» se trouvent à Grenoble (Minatec), à Paris-Orsay, à Lille, Toulouse et reçoivent le soutien du CNRS, du CEA (Commissariat à l’énergie atomique), de l’Agence nationale de la recherche (ANR). Ainsi, à coup de 90 milliards de dollars par an, la technique progresse à une vitesse vertigineuse. Peut-être est-il déjà tard pour espérer inverser une tendance aussi lourde, Mais, pour les 40 ONG du monde entier réunies pour la première fois à Montpellier en novembre 2008, impossible d’ignorer ce qui pose des questions cruciales pour notre avenir. Veut-on vraiment vivre dans un monde truffé de particules invisibles, puissantes et toxiques, de microbes synthétiques et de robots sur-humains, où nous serions constamment espionnés ? A nous de décider.


Nanotechnos, maxi-problèmes On risque de s’intoxiquer

1000 fois plus petites que nos cellules, avec un comportement radicalement différent, les nanoparticules peuvent s’inhaler, passer à travers la peau, franchir de nombreuses membranes, et s’infiltrer dans le cerveau, dans le foetus. Des particules blanchissantes peuvent perturber la composition de l’oxygène dans la cellule. Le risque est le même pour les animaux et les plantes, puisqu’elles sont solubles dans le sol. Malgré le manque de connaissance scientifique sur les effets à long terme, les gouvernements n’appliquent pas le principe de précaution. Ce qui fait craindre un nouvel amiante aux sociétés de réasurance comme Swiss reassurance.. et pousse l’ONG canadienne ETC Group à demander un moratoire. Côté médecine, des centaines de traitements issus de ces technologies sont à un stade préclinique à commercial, pour détruire les microbes résistants aux antibiotiques, cibler les cellules cancéreuses, ou contrôler les hormones. Mais on ne connaît ni leur efficacité réelle, les leurs effets secondaires. Ce qui est certain: ils exclueront les populations pauvres, et enrichiront encore l’industrie pharmaceutique.

On joue à l’apprenti-sorcier avec la nature

Face au changement climatique, des sociétés de géoingénieurie veulent faire croire au pouvoir de la technique pour absorber le dioxyde de carbone ( sans perturber l’idéologie de la croissance). Les méthodes: déverser du fer ou de l’urée dans les océans pour stimuler la séquestration du CO2 par le plancton marin ( un accord de moratoire en mai 2008 a du mal à freiner les projets), injection d’ozone pour stabiliser le sol, ensemencement de nuages... Cette manipulation nous fait prendre des risques incalculables. Notamment pour les peuples autochtones, qui voient la transformation de leurs derniers espaces. Plus simple et plus efficace, l’agriculture paysanne «refroidit la planète» en stabilisant les sols, en utilisant moins de carburant..

On crée des êtres vivants artificiels comme des légos

Avec les nanotechnologies, on peut créer de l’ADN artificiel, une guirlande de gènes qui «codent» le fonctionnement de l’organisme... comme ça arrange les hommes. Le PDG de Virgin, Craig Venter, a déjà joué à ces nano-bio-légos en déposant en janvier 2008, un brevet sur un génome bactérien 100% synthétique. Peu chère, voire populaires (des lycéens américains organisent des concours sur des microorganismes modifiés), ces manipulations génétiques pourraient mener à la création d’armes biologiques redoutables. Sans compter les semences atomiquement modifiées, les nouveaux vecteurs de pesticides, voire des humains bien-codés...

On va devenir des hommes bioniques

L’homme bionique, mi-homme mi-machine, ne fait plus partie de la science-fiction. Il fait partie de l’actualité proche. Le Massachussetts Institutes of Technology (MIT, aux USA) a déjà créé des muscles artificiels 1 000 fois plus rapides que les muscles humains. Demain, avec des nanorobots, on reliera les nerfs sectionnés, on remplacera une oreille, un organe, on implantera une rétine artificielle, on régulera le rythme cardiaque. Mais où s’arrête le soin, où commence la transformation de l’humain qui sera érigée comme un nouveau besoin? De là à créer un soldat du futur aux sens surpuissants, il n’y a qu’un pas et la course aux nanos devient aussi la course aux armements. L’humain amélioré ou «transhumain» constitue le projet idéologique d’un groupe international, les transhumanistes, qui ont noyauté les institutions américaines, jusqu’au Pentagone. Leur leader aurait même piloté l’initiative sur les nanotechnologies lancée par Clinton. Le futur n’aurait-il plus besoin des hommes ? D’après le philosophe Jean-Pierre Dupuy,

Les nanoparticules sont déjà partout

Dans les vitres auto-nettoyantes, la peinture anti-rayures ou anti-graffs, le gel isolant, des emballages et des additifs alimentaires, les parois de frigo anti-odeurs,des anti-rides (comme Revitalift), des lunettes qui s’assombrissent à la lumière, des kits d’auto-diagnostic médicaux, les bouteilles de bière qui conservent leurs bulles, les tasses anti-glisse, les ampoules qui ne grillent pas, les pantalons anti-froissage, des aliments amincissants, les chaussettes anti-odeurs, des cellules photovoltaïques, des vestes anti-électricité statique, des tissus anti-tâches...

Et dans le bio ?

Seuls deux cahiers des charges garantissent une fabrication sans nanoparticules: - le label Bio au Royaume-Uni - le label Nature et Progrès (qui va souvent plus loin que le label AB) La marque de cosmétique bio Weleda en a utilisé dans ses crèmes solaires, avant de se rétracter et de les enlever.

POUR ALLER PLUS LOIN

«le risque est d’être remplacés par des robots non sexués, doués de transmission de pensée, dans un esprit collectif formé par un réseau rapide, sans individualité.. le rêve d’immortalité avec des niveaux d’intelligence qui surpassent la notre.» Mais

à ce jeu-là, il y aura les améliorés.... et les autres, parias de la société. Un scénario façon Le meilleur des mondes ou Bienvenue à GATTACA...

On est suivis

On connaissait les puces électroniques, voici les puces nanos comme la RFID (Radio Frequency Identification). Encore plus petites (grain de sable), et peu coûteuses, ces puces peuvent mémoriser et récupérer des données à distance sur desobjets ou des hommes et être lues par des microondes. Implantées sur des radio-étiquettes ou même dans le corps humain (déjà dans d’autres pays), elles peuvent envoyer moultes informations sur notre consommation, nos déplacements, etc..Et des recherches sont en cours pour implanter ces composants électroniques... sur l’ADN. Eh oui, dans un monde nanotech post-11 septembre où tout objet peut être dangereux, pour les gouvernements, mieux vaut contrôler systématiquement tout et tout le monde. Ce qui ouvre la voie au Big Brother généralisé, à la manipulation de la volonté par des implants, aux infractions à la vie privée et à la manipulation politique. D’après Pièces et Main-d’Oeuvre, un collectif grenoblois, «les nanotechs sont un projet po-

litique pour mettre le monde sous contrôle électronique».

Film : Le silence des nanos de julien Co-

lin, 17 € + 4€ de port Commande à À Bout de Champ . 13 Grand Rue . 30270 Saint jean du Gardaboutdechamp@gmail.com Site: www.lesilencedesnanos.com avec de nombreux liens vers des vidéos du film et des sites d’information sur les nanotechs.

infos

Site de l’ONG ETC www.etcgroup.org Site officiel du ministère de la recherche: www.nanomicro.recherche.gouv.fr Observatoire des nanotechnologies : http://nanotechnologies.fr.st

Réflexions: Les informations et les interviews de cet article sont essentiellement issues d’un débat qui a eu lieu à l’Université de Montpellier ii, organisé par l’association étudiante l’Ouvre-Tête www.ouvre-tete.fr et BEDE Biodiversité: échange et diffusion d’expériences: www.bede-asso.org Vous trouvez sur ce site une synthèse (plus exhaustive) du débat, ainsi que les réflexions d’un séminaire mondial sur le BANG (technologies convergentes) réuni en novembre 2008 à Saint-Martin-de-Londres, et créateur du projet What next ? (Et après ?) Voir aussi www.bangseminar.org

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ce Qu’ils en pensent Le réalisateur

La chimiste Carine Bruguière,

asso. A Bout de champ à Saint-Jean-du-Gard auteur de «Le silence des nanos»

Chem Sud Montpellier, Chaire européenne de chimie nouvelle pour un développement durable

EN QUÊTE

Julien Colin ,

J’ai produit ce film il y a 3 ans, en auto-réalisation, auto-production, auto-distribution, comme en écho aux nanosrobots qui s’auto-assemblent... Les nanos sont un prétexte pour faire un film sur nous : sommes-nous conscients du monde qu’on est en train de créer, est-ce qu’on le désire ? Je pointe à la fois le tsunami technologique qui est en train de déferler et la faillite du système démocratique. Aujourd’hui, je serais encore plus radical et plus choquant sur les impacts de ces technologies dans la vie privée, l’éthique, la géopolitique...et pourtant je suis loin d’être technophobe !

«Les nanotechs se développent à la vitesse grand V, sans que nous nous demandions si nous désirons vraiment cette révolution» Depuis mai 2003, le vote sous Bil Clinton de 3 millions de dollars dédiés à ces recherches, les publications scientifiques se multiplient sur les nanos et les technos convergentes, les industriels se les approprient, les capitaux-risques investissent massivement dedans. L’ingénierie des machines investit le champ de la physique, en créant bientôt des «ordinateurs moléculaires de la taille d’une goutte d’eau»..Ces techniques sont plus avancées que notre structure démocratique. Les chercheurs voudraient séparer leur travail des conséquences positives ou négatives, mais nous sommes face à une vraie révolution où se pose la question du moratoire et surtout du débat citoyen... qui a lieu très peu souvent, surtout en France. La Fête de la Science a même reçu un fax de Paris demandant d’interdire la projection du film...

Le sociologue Brice Laurent, Ecole des Mines

Si les nanotechnologies sont la prochaine révolution industrielle, elles appellent à un débat public dès le début. Le débat est plus actif aux Etats-Unis. Certains voudraient faire en sorte que la société l’accepte, mais pour d’autres, c’est aussi l’occasion de faire une politique de recherche de façon participative, de se poser des questions sur les conséquences sociales sans attendre que ces techniques soient incontestables. Côté public, des débats citoyens ont eu lieu en Ile-de-France et lors du Grenelle de l’environnement, sur l’étiquetage. Le discours majoritaire est de dire «il y a des risques et des bénéfices, il faut les évaluer et peut-être corriger un peu le tir», alors que pour les

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A cette dimension d’infiniment petit,la matière atteint des propriétés inattendues...très différentes de celles qu’on connaît. Autrement dit, d’après le raport 2008 de l’autorité sanitaire (l’AFFSET), on ne peut exclure des conséquences sur l’homme et l’environnement.

«Aucune réglementation n’arrête les nanomatériaux alors qu’ils peuvent être toxiques» Ces nanomatériaux peuvent être toxiques et on peut s’y exposer par la peau, par la bouche, par le nez. Or il n’existe aucune méthode de mesure de ce risque nouveau. Ni aucune protection: même dans les entreprises, la prévention pour le personnel est très variable: en Afrique du Sud, on les manipule comme des virus, en France, sans protection. Et nulle part les nanomatériaux ne sont réglementés : dans le système REACH (évaluation des substances chimiques dans l’industrie européenne), il n’existe aucune disposition particulière. L’Agence européenne chimique pourrait demander des informations supplémentaires sur ces substances, mais les sociétés n’ont pas du tout envie de communiquer sur le contenu de leurs produits.

opposants, ces débats «pseudo-participatifs» sont une façon de légitimer la politique actuelle. Du côté privé, les sociétés d’assurance demandent aux entreprises de travailler sur le risque, mais la France ne prend pas acte des différents rapports et au niveau européen, la Direction générale de la recherche a opté en février 2008 pour un code de conduite volontaire des entrperises.

«C’est l’occasion de faire participer les citoyens aux politiques de recherche.�� Cette mutiplicité d’acteurs et d’informations ajoute à la confusion. Le débat n’est pas institutionnel.: la société civile doit donc surveiller de près les implications des nanos pour pouvoir avancer. Les citoyens doivent s’informer, faire une enquête critique de la prise de décision et s’y associer. Sinon, on est dans la «palabre»: les jeunes peuvent dire ce qu’ils veulent, les «sages ont déjà décidé.


Le citoyen Florian Olivier Un rapport du CEA de 2007 dit clairement qu’il faut faire accepter les technologies convergentes à la population, que le transhumanisme ne pose pas de problème et que l’éthique doit se résumer à canaliser l’émotion de la population sur les bénéfices médicaux et environnementaux des nanos.

«Demander l’étiquetage, c’est déjà accepter les nanotechnologies !» Mais la population n’est pas des cobayes en laboratoire contrôlé, on s’expose à des techniques dont on ignore les conséquences. Pour moi, demander l’étiquetage, c’est déjà accepter les nanos. Mieux vaut s’organiser pour réfléchir à ce qu’on veut faire, par exemple dans les Universités populaires. Pas besoin d’être expert !

L’ écologiste Georgia Miller,

Amis de la Terre, Australie «Les nanotechs vont accroître les disparités sociales» Les nanotechnologies se présentent comme des solutions techniques pour résoudre nos problèmes sociaux, politiques, économiques. Mais la racine du problème n’est pas traitée : développées par des compagnies très puissantes qui défendent leurs brevets, elles pourraient au contraire accroître les disparités sociales entre et à l’intérieur des pays. Elles annoncent une nouvelle révolution industrielle qui nous éloigne de plus en plus du monde que nous souhaitons... sans que les délibérations ciotyennes n’influencent les prises de décisions. Et sans compter la toxicité des produits et des déchets...

Le philosophe Ion Vezeanu, Univ. de Grenoble

Le transhumanisme est une idéologie sous-jacente dans les milieux scientifiques qui voudrait transformer l’humain au-delà de ce qu’est l’homme. Pas au niveau de l’amélioration morale, intellectuelle, philosophique, mais par le biais de nouvelles nano-bio-technologies (NBIC). Au lieu d’améliorer l’homme, elles risquent d’agir comme un dopage auto-destructeur. (NDLR -voir www. transhumanisme.org)

«Ces technologies agissent sur nous comme un dopage aliénant et auto-destructeur. L’homme n’est pas un cobaye !» Si la science est récupérée par une idéologie dangereuse, elle devient dangereuse. Grâce à ces technologies, on peut influer sur notre volonté, détecter à distance nos pensées, notre «jardin secret», modifier notre sensibilité de manière irréversible. Or pour être responsable de ce que nous faisons, pour se présenter comme citoyen, pour éduquer ses enfants et penser par soi-même, il faut être libre. Kant disait «L’homme n’est pas un moyen en vue d’autre chose, puisqu’il est sa propre fin.» Les scientifiques ont beau être fascinés par ces technologies, l’homme n’est pas un cobaye ! Nous avons une chance: celle d’être spectateur d’une grande tragédie, celle de la disparition de notre propre espèce.

Le paysan Guy Kastler,

Délégué général du réseau Semences paysannes, Via Campesina-Paysan bio à Minerve

Faucheur volontaire d’OGM et semeur volontaire de biodiversité, je vais jouer le technophobe de service. Nous sommes déjà devant le fait accompli. Monsanto a déposé un brevet qui utilise un nanotube pour placer le transgène dans la cellule, mais hors du noyau, de façon à emêcher les gens de reproduire leurs semences. L’agro-business met des nanos dans des insecticides pour qu’ils se diffusent mieux dans les feuilles... Mais aucune information n’est obligatoire et il n’y a aucune évaluation des risques: ni les paysans ni les consommateurs ne sont informés des riques qu’ils prennent pour leur santé.

«Améliorer l’humain comme on a «amélioré» les plantes, conduit au nazisme.» Aujourd’hui, l’amélioration de l’humain voulue par les théories transhumanistes suit la même voie que l’amélioration des plantes pratiquée depuis un siècle. Avec trois étapes: sélectionner les individus élites, supprimer les erreurs, multiplier les élites. Un eugénisme ou un transhumanisme qui, sous la pression idéologique, conduit au nazisme. Seules les plantes identifiées peuvent être commercialisées alors que les paysans ne se sont jamais posé ce problème et ont toujours échangé entre eux. Cette diversité permet de s’adapter à la diversité des terroirs et des climats. Au contraire, avec des élites fabriquées et identifiées, on est obligé d’homogénéiser les terrains... avec force pétrole, engrais pour s’adapter à la plante créée. L’individu élite devient complètement dépendant de l’industrie. Ensuite, la propriété intellectuelle permet d’assurer la traçabilité d’un gène. Pour les plantes, il s’agit du marquage moléculaire, pour les gens, c’est le fichage génétique. Les plantes n’appartiennent plus aux paysans et on peut même leur interdire de les cultiver.

Des élites dépendants de l’industrie Troisième étape: recréer de la biodiversité -qui existe pourtant en permanence dans le champ d’un paysan- grâce à la biologie synthétique. Aujourd’hui, on peut recréer des microbes entiers, demain ce sera les plantes et on n’aura plus besoin de paysans, comme en Argentine, avec 3000 ha et quelques hélicos. Ce qui est arrivé à nos plantes et à nos animaux, on le prépare pour nous. c’est la motivation des gens qui gouvernent l’économie et le système politique. Mais ce n’est pas possible de leur confier ça ! Ces technologies conduisent à déverser de l’urée dans l’océan pour absorber le CO2, marquer les gens dangereux pour faire face à l’insécurité, La peur a toujours été l’élément principal des solutions fascistes

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ON A LE CHOIX

bien dans mes bAsKets Véjà : comme dans des chaussons Dans le style effilé des Adidas city-sport avec deux bandes sur les côtés, les Vejà ont le mérite d’être fabriquées à partir de coton biologique, et de caoutchouc naturel du Nordeste brésilien. Celui-ci est prélevé sur des hévéas sauvages et la coopérative de « seringueros » (les producteurs de latex) sont payés 30% de plus que le prix du caoutchouc sur le marché mondial. Ainsi, sa production devient rentable, ce qui contribue à la sauvegarde de la forêt amazonienne et de ses habitants. En ajoutant que l’entreprise est menée par deux charmants jeunes hommes, il n’en fallait pas plus pour me décider. Les Vejà aux pieds, je sens mon allure souple et motivée. Les semelles à peine élimées et aucune couture défaite au bout de deux ans et demi d’usage intensif : l’investissement est largement rentabilisé. Et même en conditions extrêmes: mes chaussures de marche ruinées, j’ai enfilé mes Véjà pour 3 jours de marche intensive. Force est de constater qu’elles ont résisté à toutes les hautes dunes et roches fantasmagoriques. Vous pouvez les trouver en différentes collections, coloris, en cuir, en semelle épaisse... www.veja.fr Où trouver les Véjà dans la région? A Montpellier, chez People’s rag, un magasin de style urbain, 13 rue de l’Argenterie www.peoplesrag.com En Ligne: www.voice-tm.com

Essayez donc les Ethletic. La production de latex naturel du Sri Lanka (labellisé FSC, -gestion responsable des forêts), est assortie d’une prime de 50c €/kg de latex qui a servi par exemple à installer l’eau courante chez 22 producteurs. Au Pakistan, la fabrication des chaussures est assortie d’une prime de 20% et d’un système de micro-crédit. Et comme les chaussures viennent de loin, Ethletic compense ses émissions de CO2. Un peu rigides au départ, les Ethletic s’assouplissent pour se porter… comme des Converses. Pas très originales dans le design, mais le positionnement comme alternative aux lacées-phares peut les faire jouer dans la cour des grands. www.ethletic.fr www.ethletic.f ic

et

hl

Et

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Pour les accros aux Converse

Où trouver les Ethletic dans la région? A Perpignan, Kulteco, 26 rempart Villeneuve, 04 68 80 23 39 A Narbonne: Des bouts du monde6 rue Benjamin Crémieux - 04 68 90 78 86 ©Vejà

Pour la majorité des chaussures, les semelles sont fabriquées à partir de benzène (pour donner le PVC), le cuir est tanné avec des métaux lourds extrêmement polluants et le tout collé avec des solvants toxiques. De plus, les 3/4 des chaussures sont importées depuis des pays à bas salaires. En 2006, la main d’œuvre nécessaire à la fabrication d’une chaussure de sport coûtait environ 50 centimes d’euros. Autrement dit, l’image grisante de la marque, on la paye chère., et on n’est pas les seuls. Sans compter que fabriquer une chaussure de qualité prend 2 heures contre 6 minutes pour du bas de gamme. Autant se concentrer sur une ou deux paires eco-conçues qui tiennent valent vraiment le coup..

De quoi alléger son empreinte sur la planète.

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C’est quoi qui cloche dans les baskets ?

Combien ça coûte? 80€ la paire environ

Caoutchouc équitable, matériaux de récup’ : l’inventivité des baskets alternatives défie les marques-phares à gros budget pub.

Combien ça coûte ? 60€ la paire

Patagonia s’aventure dans le recyclé La marque engagée s’est lancée dans des baskets et chaussures de marche techniques et légères, qui contiennent 20 à 70% de matériaux recyclés, des fibres naturelles, tannées selon de hauts standards écologiques... mais toujours fabriquées en Chine. www.patagonia.com Où les trouver dans la région? A Cabestany (66) TDS Mille Sports -Mas Guerido-11, rue Maurice de Broglie 04 68 67 07 51 A Carcassonne (11) Mountain Sport -11, Rue De Verdun-04 68 11 19 34 A Font-Romeu: Mille et une Montagne -10, Av Emmanuel Brousse -04 68 30 31 60 Aux Angles (66) Le Chalet du Ski -Av De Mont Louis-04 68 04 49 84 A Nîmes (30) Aquaterra -1 Ter, Rue Emile Jamais-04 66 70 28 79 A Saint-Jean du Gard (30) Ecosite - Laborie-04 66 78 90 35 A Montpellier: La Randonnee -9, Rue De Belfort-04 67 58 59 10 Expe Spelemat 3, Cours Gambetta-04 67 58 47 69 A Jacou (34) Le Yeti -13 Rue Louis Breguet-04.67.59.74.95 A Mauguio (34)- Europeche -47, Rue St Exupery-ZC Frejorgues -04 67 15 53 30 ©Patag

onia

Combien ça coûte ? 90 à 100€


Salon de Thé Commerce équitable Petite restauration Bio Expos Soirées musicales Terrasse sur le canal Royal 1 quai Léopold Suquet 34 200 SETE

TEL: 04 67 51 46 31

s-lapartdesanges@orange.fr Ouvert tous les jours sauf le mercredi et le soir (sauf exceptions)


les salins d’aIGUES-MORTES

TERRITOIRES

La fleur de sel en récolte Les maîtres-sauniers se réservaient ce condiment rare, mais depuis une dizaine d’années, les tables des restaurants exaltent la fleur de sel. Précieux, ses cristaux se récoltent en été à la main dans les marais salants. Rencontre à Aigues-mortes avec celle qui relève viandes et crudités avec panache.

SAVOUREUX

BLANCHES PAILLETTES La fleur de sel se récolte du 15 juin au 15 juillet, lorsque l’eau s’évapore rapidement « entre les deux feux d’artifices » indiquent les sauniers. Mais pour le fruit de la météo, rien n’est systématique : en 2007, il n’y a pas eu de récolte. L’idéal est de bénéficier de larges écarts de température entre le jour et la nuit : c’est le choc thermique qui forme les cristaux, ou plutôt les croustillantes « paillettes » de fleur de sel pendant la nuit, à la surface du « cristallisoir ». Avec un faible vent, la fleur de sel se dépose sur des bandes de 2 à 3 mètres de large, sur les bords de ce petit bassin d’évaporation.

25 tonnes par jour, 300 tonnes par an  : les saisonniers amassent la fleur de sel sur une bâche qui sera ensuite soulevée par une grue et déversée dans un « big-bag »… avant de remplir des petites boîtes rondes – signées par le saunierqui rendent à la fleur de sel son aspect précieux. Et délicieux, pour exalter le goût de la tomate ou de la côte de bœuf. Qu’est-ce qui donne ce goût si spécial, un peu « violette », à la fleur de sel ? Le magnésium, Car les sauniers ont sélectionné les deux tables salantes les plus riches en magnésium (18g/l). D’ailleurs, avant, ils se réservaient la fleur de sel. Ca ne fait qu’une dizaine d’années que nous pouvons nous en régaler aussi !

EAU ROUGE ET FLAMANTS ROSES Aucun rapport ? Détrompez-vous. Dans les marais salants les plus salés, l’eau prend une superbe couleur grenadine. En effet, lorsque la concentration en sel dépasse 260 g/ litre, les êtres vivants meurent... et seuls survivent des micro-organismes ultra-résistants comme Turela salinea. Ils peuvent alors se multiplier à loisir, et donner à l’eau leur couleur rouge (grâce aux pigments qu’ils contiennent, des bêta-carotènes). Ailleurs dans les marais, ces micro-organismes se font manger par de toutes petits crevettes de 1 cm, Artemia Salina...qui se font elles-mêmes ingurgiter par le bec filtrant des flamants roses ! Les pigments rouges se transmettent donc jusqu’au flamants, donnant à ses ailes cette couleur, très prisée dans les parades nuptiales.

UN MARAIS GRAND COMME PARIS Sur 10 800 ha, soit l’équivalent de Paris intramuros, les marais se mêlent aux vignes de Listel. Alors qu’au 15 siècle, la côte languedocienne était émaillée de salins, Aigues-Mortes dans le Gard reste l’unique site de production du sel languedocien. Exploité depuis l’époque romaine, il bénéficie d’un micro-climat sec, grâce aux fleuves qui font écran aux orages. Dans les années 50 encore, le site logeait 17 exploitations familiales qui commercialisaient le sel via le canal du Rhône à Sète. Mais le poids des coûts logistiques ont entraîné leur disparition: les salins appartiennent aujourd’hui à la société des Salins du Midi. ème

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A LA MAIN

L’AMI DES OISEAUX QUAtRE MOIS DE PARCOURS A 29 g/l de sel, l’eau de mer est pompée de début mars à mi-août, et circule par gravité dans les « partènements », de larges parcelles de marais de faible profondeur, en-dessous du niveau de la mer. Là, l’eau va s’évaporer progressivement vers des parcelles de plus en plus petites, pour « affiner » la concentration en sel. Jusqu’à rejoindre des tables salantes ou cristallisoirs, des petites surfaces terrassées, où le sel ne passe qu’un ou deux jours avant de cristalliser. La saumure atteint alors une concentration de 300 g de sel par litre. De juin à octobre, pendant la récolte, les sauniers parcourent les 600 kilomètres de pistes pour ajuster la fine mécanique des fluides salés. Quotidiennement, ils vérifient les parcelles et tables salantes équipées de 22 pluviomètres, et d’échelles de niveau, pour réguler la circulation d’eau grâce à des portes à crémaillère, le pompage éventuel en fonction de l’évaporation, de l’hygrométrie, de la force du vent…Aux Salins du Midi, seuls dix sauniers maîtrisent ce savoir transmis de père en fils. Ce sont eux qui ont le plus grand bureau.

Quand il n’est pas extrait des mines de sel, mais des marais salants, l’exploitation du sel fait le bonheur des oiseaux. À part la dizaine de sauniers qui circulent entre les larges parcelles et la chasse réservée au personnel (comme la plage), flamants roses, sternes, goëlands, tadornes de belon, aigrettes, huîtriers-pies, les 90 espèces d’oiseaux du site ne sont jamais dérangés dans cet immense espace privé. Gestionnaires d’un site dont 1 200 ha ont été cédées au Conservatoire du Littoral, les Salins du Midi créent des îlots où les oiseaux peuvent se reproduire loin des renards

Casquettes et lunettes de soleil de rigueur, comme dans les proches stations balnéaires. Sans oublier bottes et chaussettes hautes pour ne pas se faire « attaquer » par le sel. Les saisonniers, souvent étudiants, de 6H à midi, récupèrent la fleur de sel à la pelle sur 4 cm d’épaisseur, au-dessus des saumures qui n’ont pas encore déposé leur sel. N’étant pas en contact avec le fond argileux du bassin, au contraire du gros sel gris, la fleur de sel est naturellement blanche.

OU VISITER DES SALINS ? Sur trois sites, les Salins du Midi ont ouvert des écomusées (gratuit) et organisent des visites guidées (environ 1h30, 2 à 5 visites par jour selon la saison). Ouverture de mars à octobre -Salins d’Aigues-Mortes (Gard)- 04 66 73 40 24 Visite guidée en petit train (navette d’Aigues-mortes, mais aussi du Grau du Roi) 8€20 /6€ -Salin de Giraud- Place Pechinez-Salin de Giraud (13) 04 42 86 70 20 -Salin de l’île Saint-Martin, roue de l’Eyrolle à Gruissan (Aude)04 68 49 59 97 Visites guidées à pied 7€60 / 4,5€ En juillet et août avec l’association Lo Sal : tous les vendredis et samedis de 9h à 10h30, vous pouvez participer à la récolte de sel traditionnelle avec les sauniers et partager le petit-déjeuner avec eux. -tous les vendredis de 10h à 12h, atelier cuisine sur la salaison. Cuisson en croûte de sel d’une volaille ou d’un poisson à 19h30, repas-dégustation des produits de la pêche et du terroir et de la cuisson en croûte de sel (25€ / enfants 10€)

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C’EST MOI QUI L’AI FAIT

cosmÉtiQue Dans les corbières

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Je sauve ma peau L

e s Corbières, des plantes à perte de vue. Difficile de ne pas céder à la tentation de cueillir, expérimenter, cultiver, de s’adonner au plaisir à la fois isolé et partagé de la création florale. Au Jardin Botanique perché au-dessus de Durban-Corbières, dans l’Aude, Françoise De Gottal organise des ateliers de cueillette et de création de cosmétiques, à reproduire chez soi. Les recettes indiquées ici proviennent de son expérience des plantes et des cosmétiques : « Je voulais transmettre le lien entre l’homme

et le végétal : nous avons ouvert notre jardin botanique personnel au public. Moi qui m’en étais toujours passé, je commençais à avoir besoin d’une crème pour le visage.«Et je voulais aussi éviter tous les cosmétiques industriels pour ne pas me faire avoir avec la pub qui vante des principes actifs présents seulement à 2-3%, pour ma santé - les parabens et autres parraffines sont soupçonnés de s’accumuler dans l’organisme et d’être à l’origine de cancers NDLR-.j’ai décidé de créer des crèmes simples, actives, et d’une qualité exceptionnelle avec des plantes qu’on peut trouver partout. J’ai mis cinq ans à élaborer un produit fini de bonne consistance, agréable à appliquer, à l’odeur. J’ai bataillé, mais je suis ravie ! ».

Crème hydratante huile pour le corps : je les veux onctueuses aux parfums qui me plaisent… et sans les additifs qui ne me plaisent pas. De la cueillette à la mixture, (Atypiques vous livre la recette en direct des Corbières !

Pour cueillir les fleurs, choisissez...

Précautions Les crèmes faites maison sont des produits d’excellence qui contiennent 100% de principes actifs. -Mais attention à bien remuer les mélanges, sinon, le risque de contamination bactérienne n’est pas négligeable. -Les huiles essentielles sont des produits très concentrés. Attention à ne pas s’en mettre dans les yeux. Avant de les utiliser, testezles sur la main, pendant 48H pour vérifier que vous n’avez pas de réaction allergique. -Du fait de la présence d’huiles essentielles, ces crèmes pour le visage sont à appliquer le soir et non le matin : elles peuvent vous rendre photosensible, donc faire réagir votre peau au soleil. Si vous voulez les utiliser en crèmes de jour, excluez-en les huiles essentielles... et gardez-les au frigo

«J’ai décidé de créer des crèmes simples, actives, et d’une qualité exceptionnelle, avec des plantes qu’on peut trouver partout.»

Le bon endroit : Préférez des lieux sauvages et non exposés à la pollution (évitez les bords des routes !), ou des jardins sans pesticides. Le bon moment : le matin, en mai (début de floraison), ou en juillet pour la lavande. Les bonnes fleurs : les beaux spécimens, pas ceux grignotés. On peut aussi utiliser des fleurs séchées.

ATELIERS COSMÉTIQUES AU jARDIN BOTANIQUE Françoise De Gottal vend les crèmes qu’elle fabrique dans la boutique lilliputienne du jardin botanique- 7€ le pot. Pour apprendre à les fabriquer, elle organise des ateliers cosmétiques de démonstration à la fin du mois de mai: 10€ la demi-journée. (Elle organise aussi des ateliers sur les plantes comestibles en avril) Route d’Albas 11360 Durban-Corbières04 68 45 81 71 Ouvert de mai à septembre-Entrée :2,5€- http://maisonbotanique11.free.fr


De quoi ai-je besoin ?

Les ingrédients en fonction de ma peau

-De l’huile de tournesol bio à cuire ou à friture pour les macérats 6,5€/litre. Peu chère, elle a l’avantage de ne pas rancir. -Un bocal de fleurs de souci -Un bocal de fleurs + huile en fonction de votre peau (voir à droite) -13 g de cire d’abeille. Pour trouver la cire : demander à un apiculteur de la cire (lors de la récolte de miel), ou acheter une bougie en cire gaufrée. -20 gouttes d’extrait de pépins de pamplemousse (Citrobiotic) en vente dans les magasins bio-(18,6€ le flacon) -Une dizaine de petits pots de confiture(si possible en verre coloré)

j’ai une peau grasse et/ou jeune -Un bocal de fleurs d’églantiers ou fleurs/ baies/ feuilles de mûres, de roses, de framboises, d’aubépine.. Leurs propriétés astringentes tonifient la peau. -De l’huile essentielle d’orange ou de benjoin 5€

+ En option :

-du gel ou une plante d’aloe vera -des graines de roucou = 35€ d’investissement pour 6 pots de crème par an

j’ai la peau sèche -Un bocal de fleurs de mauve (très courante). Grâce à son mucilage, une sorte de gel qu’elle contient, la mauve possède des propriétés adoucissantes et assouplissantes. -De l’huile essentielle d’ylang-ylang j’ai une peau mature, ou malmenée par le soleil -Un bocal de lavande, parfaite contre le vieillissement -De l’huile essentielle de millepertuis

Macérats - 10 min + 1 mois de repos

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-Couper les fleurs de souci avec leur corolle -Remplir un bocal (très propre ou stérilisé dans l’eau bouillante) des fleurs de souci sans les tasser. -Verser de huile de tournesol pour qu’elle recouvre totalement les fleurs. -Laisser macérer un mois minimum. au soleil, dans un lieu sec, comme un rebord de fenêtre. Agiter le bocal tous les jours pour réimbiber les plantes qui sont remontées. Attention : si des bulles d’air remontent, ou si vous sentez une odeur suspecte, la fermentation a commencé : n’utilisez pas votre mélange ! -Le macérat de fleurs d’églantier, de mauve ou de lavande (suivant votre peau- voir ci-dessus) : renouveler la même opération. -Option 1 : Le gel d’aloe vera Tout prêt en pharmacie ou avec son propre plant: Couper au couteau de jeunes feuilles : le gel suinte. Puis éplucher le bas de la feuille et couper le gel en dés. Le mettre à macérer dans l’huile. -Option 2 : Le roucou Riche en fer et en sélénium, les grains de roucou donnent bonne mine et colorent la crème en orange. Cette plante pousse par exemple en Martinique et en Amérique du Sud. Moudre les graines sèches et les faire macérer dans l’huile.

Filtrations et mélange

La cire

-Filtrer le macérat de fleurs de souci, (filtre de mixer ou passoire très fine) - (option) Rajouter le macérat d’aloe vera + le macérat de roucou -Verser ce mélange dans un bocal et laver le filtre- Huile n°1 -Filtrer le macérat de fleurs d’églantiers, de mauve ou de lavande - Huile n°2 -Mélanger les deux huiles obtenues dans les proportions suivantes : Huile n°1 : 100 ml - Huile n°2 : 50 ml Ce mélange est utilisable tel quel dans le bain ou comme huile pour le corps.

Casser 13g de cire en petits morceaux et la plonger dans le mélange

2

Conservation

-Placer le mélange au bain-marie à feu doux (ne pas aller jusqu’à l’ébullition). La cire transforme l’huile en substance onctueuse. Filmogène, elle protège la peau sans obstruer les pores, elle est donc respirante.

3

4

Cette étape permet de conserver la crème hors-frigo -Rajouter 20 gouttes d’huile de pépins de pamplemousse Citribiotic -Puis 50 gouttes d’huile essentielle (suivant votre peau)

Remplissage

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-Trempez les pots de confitures dans de l’eau bouillante pour les stériliser -A la cuillère ou à la louche, remplir les petits pots avec le mélange -Laissez-les ouverts et laissez reposer pendant une demi-journée. C’est prêt ! Etiquetez-les avec la date, elles peuvent être utilisées pendant plus d’un an sans être ouvertes… Et si vous en offriez ?

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e r u t i o e v é gales d s b pu ll i s e l r e Signal

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lacs et riviè res

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Foires, salons, a nimations

français pour la fsi.asso.fr par le Comité (CFSI)-www.c Le 15 novem - 20h15) 4) (3 bre ontpellier M api to , U te à (3 et 0)-Artisanat et PETiT MARCHé DU M bre fourch la Le 13 novem ONDE À NiM alimentation à s? Place de l’ho fourche du commerce ES la l’agrobusines rloge-04.66. De éq uitablede 27 .70.05 deco Autres anim légumes règne et its at u fru rt io le s _f n de s @ dans le Gard cg30.fr Enquête sur sur www.la oches de L’assiette sale semaine.org conditions pr s de n. io ns ut 22 novemb distrib produits da grande re Solidarité la pour Stands et an internationa l’esclavage im ations de se le à ile-sur-T nsibilisation déser t -Place ze (30) au êt (66) Cè rsu spar l’associat ol d gn e Ba la à Ré e p br u m b ion lesCatalan lique.www.c Le 17 nove s du atalansdud à 19h eser t.org en Cinéma Casino samedi 29 e , l’humanité ée st va dé t d 80 a un Paysannerie S DE L’ARBR imanche 30 novembre vache numéro E jO du DE L A PL AN il, és Br danger? -La S AiNT- jEAN TE, ET DU F URNéE agriculteurs du une -D RUiT À ur U -G po problème-Les t A en R tt D (30) Des product la France lu ions paysan strie du Sénégal, de du in on gr es l’a q lo ui valorisent loin de les variétés lo cales, des pépiniéristes n’affame pas, cales et typiq ar tisans, des agriculture qui entales.. cid oc es ch ues, des se va 4 s mances libre futur-: nourrir le ur po du fr s, autour du ie u s its on ur az se bo la cs et s le thème des d soja d’Am s es : le ro ses.De 9h30 comment s paysans Espace Paulh à 18han -La faim de 4 continents qui montrent r la faim.. ve www.dima r fait qu’aggra nchesverts. agriulteurs, su tivité n’ont org- 04 66 85 uc od pr de 32 18 gains 4) (3 r lie el tp Dimanche 3 topia Mon l’U à e br m r? si ve oi 0n ch Le 30 no faut il MARCHé BiO ovembre, r vert conduire, L’o rs eu ou ot m ViLLEMOUS DE NOëL À Manger ns nos à cultiver.. TOUSSOU (1 des fleurs da ce et rfa e su cr su la Stands d’art Du 1) s limites: de a is an nt s et product ra eurs bio , an des biocarbu buvette, rest imations, auration bio . Gymnase René Gomilla. de 9h 30 à 18h- Nat ure et Progrès des WE p Aude éne or te Sam n p 1 s 1@laposte. r Le 12 décem gie net s re ouver t A R edi 2 bre, SALON E oqu n 2 e N G E R ra o s G n A d ïA n p u ublic À MONTPELL teta 16h ove vela iER -journée il , Le nouveau ble 17h avant lade, (p mbre salon intern s at u io l’é r n co al è n U d co es énergies nstruction Sam f.turla déba s de L N PA renouvelable - w 9H -18H au s et de Parc des exp ww BO edi 22 n@cau t sur les imoux) RC EOL o si . tio e i c l n e s S à é i l Pé E e l n ro n p r ls r.or Gef ND www.energ erg arc ove .org o ÀM i g aia-expo.co Du 5 au 7 d cha sat an ONT mbre - 04 6 es reno éolien ANS L m é ce m b ’ re udi s 8 i A P SA u m ’ A LO lim o U E 1 v U N en e B ta u e ère iO Insc 1 tio L D -H N n l v l A b a L a io R 5 r E M , tourisme vert bles EM ed O iE 6 à v ript éthique.Au , beauté, form NiE À MONTPELLiER ion granu isite d R AiS 20 dan e 14h Parc des exp e , ateliers su s au ’un lés O o s si à tio n l r la mode s à Pérols -w N C e ’Au d 04 ww.goral-ex de 67 e bois maiso HA po.com à 13 n , U d c e FFé 80 9h3 hauff 90 EA eie@ 0 à 12 ée 100 U %à gef h30 une osa t.or g

visiteA r

paysages a livre ouvert

Des Causses aux Garrigues, des Hauts-Cantons au littoral, les Ecologistes de l’Euzière ont choisi vingt sites géologiques étonnants de l’Hérault pour découvrir un passé vieux de 600 millions d’années. Les plus eaux sites de l’Hérault, de JeanClaude Bousquet, 160 p. 32€ - Disponible sur : www.euziere.org

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ALLeZ, ZoU ! je m’abonne à

vu par Vincent Roussillat aVant

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