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nº 325 du 19 avril au 02 mai 2018

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470 000 emplois vacants au Canada Une hausse de 46% des postes à combler au Québec En régions, on s’arracheles candidats et les salaires augmentent

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À six mois des législatives provinciales

Faut-il craindre une manipulation électorale des réseaux sociaux ? Le risque n’est pas à négliger même si Québec mise uniquement sur la prévention

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Idées Editeur : Abdelghani Dades. Directeur Général Rachid Najahi. Rédaction : Abdelghani Dades, Wahid Megherbi, Narjisse El-Bakkali, Zahira Ellahgui, Mona Doutabaa, Said Chayane, Reda Benkoula Publicité : Pub Smart Conception et Réalisation Graphique : Atlas Média Atlas.Mtl est un produit du. GROUPE ATLAS MEDIA Inc Editeur de. * La Voix des Marocains à Montréal et du site web: www.atlasmedias.com

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Justin Trudeau à l’Assemblée Nationale française

À ceux qui s’inquiètent de leur avenir et de celui de leurs enfants… L'audace et l'ambition sont des antidotes contre le cynisme ambiant qui menace les démocraties libérales, a plaidé Justin Trudeau mardi 17 avril 2018, dans un discours prononcé devant l'Assemblée nationale française, une première pour un premier ministre canadien. Disant s’exprimer avec une « vive émotion », M. Trudeau a entamé son allocution en évoquant son aïeul, Étienne Trudeau, fils de charpentier arrivé au Canada depuis La Rochelle, avant d’identifier les défis auxquels est confrontée l’humanité et en particulier un certain nombre de pays occidentaux. De l’état des Nations… Même si les gens sont globalement «en meilleure santé, plus riches et plus instruits que jamais, a-t-il dit, «nombreux sont ceux qui s’inquiètent de leur avenir et de celui de leurs enfants». «L’anxiété se fait pernicieuse», a-t-il poursuivi, évoquant «un coût de la vie qui augmente alors que les salaires stagnent et que les emplois se précarisent», des «écarts qui se creusent entre les riches et les pauvres», «une classe moyenne qui s’amincit». Cela se répercute aussi par une «polarisation du discours politique» et «des sentiments de dépossession et d’impuissance», a-t-il ajouté. «Dans trop de pays, le populisme se répand, la démocratie s’érode… des symptômes d’un malaise qui afflige notre monde

intégré.» «Confrontées aux grands défis de notre époque, les démocraties libérales portent la responsabilité d’articuler une vision claire et convaincante de l’avenir auquel elles aspirent – du monde qu’elles espèrent bâtir. Il s’agit là du mandat que nous ont confié nos concitoyens» a enfin constaté Justin Trudeau. Au-delà du constat, une vision du monde Ayant établi ces postulats, le premier ministre Trudeau a entrepris de présenter aux élus français sa vision du monde, faite de thèmes bien connus des Canadiens : lutte contre les inégalités, protection de l’environnement allant de pair avec le développement économique, et promotion du libre-échange, notamment avec l'Europe. « Le Canada devrait-il laisser la peur et l’inquiétude dicter son avenir et, surtout, décider de celui de ses enfants? That’s just not who we are », a-t-il dit, laissant tomber la seule et unique phrase anglaise de son discours. « À une époque où des courants politiques exploitent l’inquiétude bien réelle de leurs concitoyens, le Canada a choisi de contrer le cynisme en faisant preuve d’audace et d’ambition » «Face à l’ignorance, prônons la raison» «Nous nous déclarons ainsi

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pour le commerce progressiste, pour la diversité, pour l’immigration, pour la protection de l’environnement, pour l’égalité des sexes, pour la règle de droit, pour la démocratie, pour l’égalité, pour la liberté. Comme l’avaient fait valoir les Lumières, face à l’ignorance, prônons la raison. Face à l’obscurité, choisissons la science, les débats et le progrès» a recommandé la Premier ministre. M. Trudeau s'est ensuite longuement attardé au besoin de lutter contre les inégalités, qui entraînent l'exclusion de citoyens « en raison de leur sexe, de leurs origines, de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre ». En persistant dans nos sociétés, a-t-il fait valoir, elles « laissent s'installer le doute, l'inquiétude, voire l'hostilité de certains à l'égard d'un monde intégré » et « font obstacle à notre prospérité ». Cette situation contribue à éroder « non seulement le niveau de vie de la classe moy-

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enne, mais aussi la confiance de la population à l'égard du commerce mondial, de la coopération internationale et de la démocratie libérale », a-t-il ajouté à ce sujet. Quelques défis; entre autres… Il a souligné du coup que l'égalité des sexes constituera le « thème horizontal » du sommet du G7, qui aura lieu en juin dans la région de Charlevoix. Cette rencontre des grands pays industrialisés aura pour objectif de « contrer la faible croissance chronique, l'écart des revenus et les inégalités sociales », a-t-il résumé. M. Trudeau a ensuite parlé de la lutte contre le réchauffement de la planète, en mettant de l'avant la convergence de vues entre la France et le Canada, « deux pays [...] unis dans leur ambition de lutter contre les changements climatiques tout en faisant croître [leurs] économies de façon durable ».


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Justice

Procès de l’auteur de l’attentat terroriste de Québec

Le témoignage d’Aymen Derbali, l’homme qui voulait aider ceux qui souffrent…

C’est ce à quoi l’attentat terroriste de Québec l’a condamné : dix interventions chirurgicales ont été nécessaires pour retirer six balles du corps d'Aymen Derbali. Un septième projectile est toujours logé dans sa moelle épinière ; les médecins jugent trop dangereux de tenter de l'extraire. C'est cette balle qui l'a rendu tétraplégique. De ce fait, Aymen Derbali ne se fait pas d'illusions. Il sait qu'il ne reverra sans doute jamais son pays d'origine, la Tunisie, encore moins son petit village natal, tout au sud du pays. Son état de santé ne lui permet plus de voyager. Un homme qui voulait aider Ses parents avaient fait bien des sacrifices pour lui permettre de poursuivre ses études à l'Université Laval. Il avait émigré en janvier 2001, à 24 ans. Malgré le froid et la neige, il était tombé sous le charme de la capitale. Il avait obtenu non pas une, mais deux maîtrises. S'était installé. Avait eu trois garçons et une fille. Il se sentait bien intégré. Chez lui. Devenu travailleur humanitaire, il parcourait depuis quelques années les régions les plus pauvres d'Amérique latine et d'ailleurs pour aider ceux qui n'avaient pas eu autant de chance que lui, dans la vie.

Bissonnette osait à peine relever la tête pour regarder l'homme qu'il avait froidement tenté d'abattre. Il l'écoutait en fixant le sol, le visage fermé. Criblé de balles Le soir du 29 janvier 2017, M. Derbali installait une nouvelle télévision chez lui sans voir le temps passer. À 19 h 30, il s'est rendu compte qu'il était en train de manquer la prière du soir. « J'ai hésité entre faire la prière à la maison ou arriver en retard à la mosquée. Finalement, j'ai décidé d'y aller. » Il a promis à sa femme qu'il rentrerait vite pour endormir leur fils, comme il le faisait chaque soir. Le garçon n'était plus un bébé, mais était atteint d'une forme sévère d'autisme. Il avait besoin d'être rassuré par son père. Mais M. Derbali n'a pas pu tenir sa promesse. À la mosquée, Alexandre Bissonnette l'a littéralement criblé de balles. La première l'a atteint à la jambe. « J'ai essayé de ramper, mais j'ai reçu d'autres balles. Après trois ou quatre, j'ai perdu connaissance. C'est un des fidèles qui m'a dit qu'il a continué à tirer alors que j'étais par terre. »

Il s'est réveillé deux mois plus tard, à l'hôpital. Un miraculé… Il a fait quatre arrêts cardiaques, ses poumons se sont affaissés, des organes ont été atteints, il a perdu la voix et le souffle. Il était si mal en point que, lors de sa première visite à l'hôpital, sa fille d'un an a eu peur de lui. Elle n'était pas la seule. « Un de mes amis m'a dit qu'il ne pouvait même pas me regarder. » Dix interventions chirurgicales ont été nécessaires pour retirer six balles de son corps. Un septième projectile est toujours logé dans sa

moelle épinière ; les médecins jugent trop dangereux de tenter de l'extraire. C'est cette balle qui l'a rendu tétraplégique. Dans les premières semaines, un médecin a proposé à la femme de M. Derbali de le débrancher. « Il pensait que si je survivais, je n'accepterais pas de vivre comme ça. [...] Heureusement, ma femme est très forte, elle n'a pas accepté. » M. Derbali visite aujourd'hui sa famille deux fois par semaine, le samedi et le dimanche, sans toutefois pouvoir dormir chez lui. « Il y a toujours cette impuis-

Tout a basculé le 29 janvier 2017. « Québec est ma ville. C'est ici que je suis venu étudier. C'est ici que je veux élever mes enfants. Je ne veux pas la quitter malgré ce qui est arrivé », a confié M. Derbali, lundi après-midi, au palais de justice de Québec.

sance, quand je rentre à la maison, de ne pas tenir mon fils dans mes bras, de ne pas pouvoir jouer avec lui, de ne pas pouvoir le sécuriser quand il joue. » L'avenir l'inquiète. « Ma femme a deux hernies discales. Elle n'a pas la capacité de soulever des objets lourds. Je me dis : "Comment va-t-elle pouvoir prendre soin de moi ? Je vais l'épuiser, avec les enfants. Je ne serai pas autonome. Je serai toujours tributaire de son aide." » Un cauchemar devenu réalité… Questionné par le juge Huot, M. Derbali a dit douter de la sincérité d'Alexandre Bissonnette, qui a présenté ses excuses aux victimes après s'être reconnu coupable de la tuerie, qui a fait six morts. « Il essayait d'avoir la compassion des gens en disant qu'il regrette. [...] Il a dit qu'il n'est pas islamophobe ou terroriste. Toutes ces vidéos qu'il a vues sur des tueurs en série, c'était pour faire quoi ? Toutes ces recherches sur l'islam, c'était pourquoi ? » Pour M. Derbali, il est clair que Bissonnette est l'auteur d'« un acte de terrorisme » puisqu'il a « terrorisé une population tout entière ». Ce soir-là, le travailleur humanitaire se trouvait malheureusement en première ligne. « Je me lève le matin et je me dis que c'était un cauchemar. Ce n'est pas un cauchemar. C'est réel. »

Tétraplégique, il venait de s'avancer en fauteuil roulant devant le juge François Huot pour raconter sa terrible histoire, dans le cadre des plaidoiries sur la peine à imposer à Alexandre Bissonnette, auteur de la tuerie de la Grande Mosquée de Québec. Dans le box des accusés,

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Migrations

Entrées irrégulières

5700 demandes d’asile entre janvier et mars 2018… … contre 2000 pour la même période en 2017 Estimant ses capacités d’accueil « saturées », Québec menace d’imposer une limite au nombre de demandeurs d’asile entrés de manière irrégulière qu’il héberge et demande à Ottawa de prendre les autres en charge. Sur le ton de l’ultimatum, quatre ministres du gouvernement Couillard ont déclaré que, à partir du 24 avril prochain, le Québec pourrait refuser d’accueillir davantage de ces migrants dès que les 1850 places par jour d’hébergement à Montréal seront occupées à 85 %. « Si les 85 % sont atteints, nous aviserons le gouvernement fédéral que nous n’avons plus de places disponibles », a résumé le ministre de l’Immigration, David Heurtel. Selon lui, les demandeurs d’asile qui traversent de manière irrégulière par le chemin Roxham ne peuvent être tous pris en charge par le gouvernement du Québec. « C’est au gouvernement fédéral de montrer son leadership, surtout que c’est sa compétence. On ne peut pas prendre ce dossier-là à la légère, il faut passer à une autre vitesse », a-t-il ajouté. Déjà plus de 5700 traversées irrégulières… Le ministre s’est inquiété du nombre de demandeurs d’asile arrivés depuis le début de l’année aux environs de Lacolle en provenance des États-Unis. Les autorités recensent environ 5700 traversées irrégulières pour ce premier trimestre de 2018, contre 2000 à pareille date l’an dernier. Québec est à 71 % de ses capacités d’accueil, a mentionné M. Heurtel, indiquant qu’il allait rencontrer son homologue fédéral afin

de connaître les intentions d’Ottawa. Il a rappelé qu’à l’heure actuelle, un demandeur d’asile, dont le dossier doit être traité en 60 jours selon la loi, attend jusqu’à 20 mois avant d’avoir une audition devant la Commission du statut d’immigration et de réfugié (CISR). « On est encore en train de traiter des cas de 2012, alors imaginez en 2017-2018. On est dans une nouvelle réalité », a indiqué M. Heurtel, comme pour rappeler l’urgence de voir Ottawa en faire plus dans ce dossier. Que veut exactement Québec? Que veut concrètement Québec ? Les demandes ne sont pas financières, ont soutenu les ministres. Ils ont plutôt laissé entendre qu’ils aimeraient que les demandes d’asile soient traitées à la frontière au poste de Lacolle, au lieu que les migrants soient envoyés « systématiquement » à Montréal.

« régionalisation de certains demandeurs d’asile » pour contrer la pénurie de main-d’oeuvre. « Ça va vouloir dire un changement de paradigme complet », a-t-il reconnu. Le directeur général de la Table de concertation des organismes au service des réfugiés et des immigrants (TCRI), Stephan Reichhold, croit qu’un tri à la frontière n’est pas réaliste. Cela impliquerait l’installation d’un camp permanent à Lacolle, ce dont « personne ne veut ». M. Reichhold s’est par ailleurs inquiété du « plafond » d’accueil que veut imposer Québec. « La priorité devrait être l’accueil des familles pour s’assurer qu’elles aient accès aux services et ne pas mettre de limitations d’ordre bureaucratique ou administrative comme des quotas. Ça va à l’encontre des obligations internationales légales », a-t-il déclaré. « On a vu ce que ça a fait en Europe, ça jette beaucoup d’huile sur le feu. »

Le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, a souligné qu’Ottawa devrait avoir au poste-frontière le « recensement des ressources à travers le Canada » en matière de santé, de services sociaux, d’éducation, etc., pour pouvoir rediriger les demandeurs d’asile. « En ce moment, ce travail-là ne se fait pas », a-t-il fait remarquer. « Le plan de match, c’est je te donne un numéro, je t’envoie à Montréal et passeront quelques années et on espère que ça va bien aller. »

Ahmed Hussen prêt à discuter

Pour David Heurtel, l’une des pistes de solution est la

Le ministre des Transports, Marc

Le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen, s’est dit prêt à discuter avec son homologue québécois, mais il a rappelé que son gouvernement en faisait déjà beaucoup pour aider à l’accueil des nouveaux arrivants, notamment l’ajout de plus de 112 millions. Il a également rappelé que 12 000 permis de travail avaient été délivrés. Le délai d’obtention est passé de 90 jours à 30 jours.

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Garneau, soutient pour sa part que les canaux de communication sont ouverts entre Québec et Ottawa, et que les efforts du Groupe de travail intergouvernemental sur la migration irrégulière qu’il préside ont été constants. « On ne s’est pas arrêtés l’automne [dernier] en disant “bon il n’y a plus de problèmes”. On a mis en place des mesures pour qu’on puisse continuer parce que c’était difficile de prédire l’avenir. » Devant les quotas d’accueil du gouvernement du Québec, le représentant au Canada du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime qu’il est « un peu tôt pour crier au loup ». « On ne sait pas du tout de quel niveau seront les arrivées cette année », a déclaré Jean-Nicolas Beuze. Selon

lui, si beaucoup de Haïtiens sont arrivés en provenance des États-Unis l’été dernier après que Donald Trump eut évoqué la fin de leur permis de séjour temporaire, ce ne fut pas le cas des Salvadoriens, ni des Honduriens, par exemple. « C’est vraiment un appel au calme. Ne faisons pas des projections qui sont basées sur les données de 2-3 mois à peine. » Il rappelle que ce n’est pas la première fois que le Canada reçoit un grand nombre de réfugiés. En 2001, il en avait accueilli 46 000. « Ça demeure très faible pour un pays du G7 », a-t-il dit, rappelant que l’Allemagne a reçu 700 000 demandeurs d’asile en 2016. « Jusqu’à preuve du contraire, les capacités d’accueil existent ici aussi. »

50 469 demandeurs d’asile en 2017

Ils ont été 50 469 à demander l’asile au Canada en 2017. Sur ce total on recense 59% d’entrées régulières et 41% d’entrée irrégulières. À noter que sur ces totaux, 91 % sont entrés au pays par le Québec. Irrégulières Nombre d’entrées Demandes acceptées

41 % 53 %

Régulières 59% 63 %

Source : Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés

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Migrations

Demandeurs d'asile

Le cadre de la prise en charge au Québec…

… tel que défini par le gouvernement provincial Le Québec vit, depuis le début de l’année 2017, une situation exceptionnelle au regard du mouvement des demandeurs d’asile qui entrent sur le territoire de façon irrégulière.

Selon les données du gouvernement fédéral, entre le 1er janvier et le 31 décembre 2017, le Québec a reçu 24 980 demandeurs d’asile, soit une augmentation de 700 % en comparaison aux années précédentes. Les données indiquent également que 50,2 % des demandes d’asile reçues en 2017, à travers le Canada, l’ont été au Québec. Rappelons que c’est le gouvernement fédéral qui a la responsabilité unique de gérer les frontières canadiennes et que c’est lui qui a la responsabilité unique de gérer les demandes d’asile. Pour autant, le gouvernement du Québec entend bien répondre à ses engagements humanitaires à condition toutefois de rester en mesure d’assurer un niveau de services convenables aux demandeurs d’asile, le gouvernement du Québec pose ses balises quant aux capacités d’hébergement à Montréal. Le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, M. David Heurtel, le ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, M. Jean-Marc Fournier, la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie et ministre responsable de la région de la Montérégie, Mme Lucie Charlebois, et le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, M. Sébastien Proulx ont, à cet effet, rendu public le cadre dans lequel le gouvernement peut assurer la prise en charge des demandeurs d’asile au Québec. Des ressources saturées À compter du 24 avril prochain, 1 850 places quotidi-

ennes en hébergement temporaire à Montréal seront disponibles pour les personnes ayant déposé une demande d’asile au Canada et se trouvant au Québec. Afin de conserver une marge de manœuvre, le gouvernement du Québec demande au gouvernement fédéral la prise en charge des demandeurs d’asile entrant de façon irrégulière lorsque le taux d’occupation dans ses sites atteindra 85 %.

Dans son rôle d’acteur social, le Québec maintient les services qu’il offre aux demandeurs d’asile, mais il se doit aussi de le faire dans le respect de sa capacité réelle qui est déjà atteinte. Le nombre exceptionnel de demandeurs d’asile qui ont traversé la frontière de façon irrégulière ne peut être assumé entièrement par le gouvernement du Québec et ce dernier ne peut prendre en charge tous les demandeurs d’asile qui arrivent au Québec sans l’appui du gouvernement du Canada. Un groupe de travail intergouvernemental spécial Présent à Ottawa pour une rencontre du groupe de travail intergouvernemental spécial sur la migration irrégulière, le ministre Heurtel présentera à ses homologues l’état de situation du Québec quant à la capacité d’hébergement des demandeurs d’asile à Montréal. Il s’attend par ailleurs à échanger avec le gouvernement fédéral sur les intentions de ce dernier quant au plan d’intervention qu’il mettra en œuvre pour prendre en charge les personnes qui franchissent la frontière. Même si l’immigration au Québec est une compétence partagée, le gouvernement fédéral est le seul responsable de la gestion des frontières et du traitement des demandes d’asile ainsi que des ressources qui y sont affectées. «Un afflux prochain plus important que celui de l’année dernière»

« L’examen des données sur les entrées de demandeurs d’asile depuis le début de l’année 2018 laisse présager l’afflux prochain d’un volume de demandeurs d’asile tout aussi important, sinon plus important, que celui de l’année dernière. Devant la vague des arrivées actuelles et potentielles et malgré les délais de traitement fédéraux des demandes qui s’allongent, le gouvernement du Québec est prêt à poursuivre ses efforts pour recevoir les demandeurs d’asile qui se présentent à la frontière, selon ses moyens. Déjà nous mettons en œuvre tous les efforts nécessaires pour prendre en charge ces personnes avec diligence et dans la dignité. Pour poursuivre dans cette voie et dans le respect de notre engagement humanitaire, nous nous donnons des balises dans le but d’assurer l’intégrité de ces personnes et de respecter notre capacité d’accueil. Il faut cependant comprendre que nos ressources sont limitées» a déclaré sur la question David Heurtel, ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion. «Un effort qui doit être partagé par l’ensemble du Canada» Pour sa part, Jean-Marc Fournier, ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, a estimé que « Puisque la gestion du mouvement des demandeurs d’asile et de la frontière canadienne relève de la responsabilité unique

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du gouvernement fédéral, le gouvernement du Québec lui a fait, à maintes reprises déjà, des demandes sur différents sujets d’importance, notamment sur l’accélération du traitement de la recevabilité des demandes et de la délivrance des permis de travail. Aujourd’hui, nous informons le gouvernement fédéral des capacités limitées que nous avons quant à la prise en charge de ces personnes franchissant la frontière canadienne. À ce sujet, il convient de rappeler que l’Accord CanadaQuébec relatif à l’immigration et à l’admission temporaire des aubains ne couvre aucunement les services fournis aux demandeurs d’asile, mais seulement ceux offerts aux résidents permanents. L’accueil des demandeurs d’asile irréguliers doit donc être un effort partagé par l’ensemble du Canada. » «La pression de l’augmentation de 700 % des demandeurs d’asile se fait sentir» Pour Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie : « Le gouvernement a relevé en 2017 ce défi grâce à une mobilisation sans précédent des ressources à sa disposition, notamment celles du réseau de la santé et des services sociaux, de l’éducation et de la solidarité sociale, de même qu’avec la contribution de nombreux partenaires. Force est alors de constater

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que la pression résultant d’une augmentation de 700 % des demandeurs d’asile qui sont arrivés en sol québécois l’an dernier se fait et continuera à se faire particulièrement ressentir sur les ressources, notamment en hébergement temporaire, en santé et en services sociaux. Par ailleurs, cette pression s’accentue au fil des arrivées. Dans son rôle d’acteur social, le Québec se doit de maintenir les services qu’il offre aux demandeurs d’asile, mais il se doit aussi de le faire dans le respect de sa capacité réelle qui est déjà atteinte. » «Les délais de traitement des demandes d’asile continuent de s’allonger» Enfin, pour Sébastien Proulx, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale : « Le Québec ne peut pas agir sur les délais de traitement des demandes d’asile de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada, lesquels sont particulièrement longs et continuent de s’allonger sur plusieurs années. L’effet de l’arrivée massive de demandeurs d’asile dans la grande région de Montréal vient inévitablement accentuer les situations déjà problématiques de manque d’espace et rend la situation dans les établissements d’enseignement primaire et secondaire préoccupante en matière de capacité d’accueil du réseau scolaire québécois. »


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Diversité

Selon un rapport interne du ministère fédéral de l'Immigration

Emploi : un écart persistant entre les femmes nées au Canada et les immigrantes Les immigrantes se heurtent à plus d'obstacles à l'emploi que les femmes nées au Canada, mais aussi davantage que les immigrants masculins, révèlent des données compilées par le gouvernement fédéral. Ces immigrantes gagnent aussi moins que les autres.

Les données du ministère fédéral de l'Immigration démontrent un écart persistant entre les femmes nées au Canada et les immigrantes, même si elles sont installées au pays depuis un certain temps. Les chiffres révèlent par ailleurs que ces nouvelles arrivantes sont souvent des épouses d'« immigrants économiques » ou des réfugiées. Le rapport interne du ministère conclut que les politiques de sélection des programmes d'immigration ne misent pas suffisamment sur la valeur économique de ces femmes. Selon cette analyse, c'est l'intégration au marché du travail qui con-

stitue le principal défi de ces immigrantes, car les écarts persistent même quelques années après leur arrivée.

Les enfants d’immigrants également affectés Les données révèlent même que les obstacles à l'emploi demeurent pour les enfants d'immigrants, particulièrement des minorités visibles, même si ces jeunes sont plus instruits que les jeunes nés au Canada. De fait, les enfants d'immigrants de presque toutes les minorités visibles gagnent moins que les jeunes Canadiens nés au pays. Le rapport interne note par ailleurs que la situation des immigrants en général s'améliore avec le temps: le revenu annuel des travailleurs immigrants hautement qualifiés dépasse le revenu moyen des Canadiens peu de temps après leur arrivée au pays, et augmente encore par la suite. Par contre, le

revenu des épouses ou des personnes à charge d'« immigrants économiques », ou celui des immigrants qui ne sont pas de la composante économique, mettent plus de temps à s'installer financièrement - et ce sont les réfugiés qui ont le plus de mal. De fait, les réfugiés et les immigrants qui bénéficient du regroupement familial occupent souvent des emplois qui exigent moins d'instruction ou qui offrent une formation en cours d'emploi. Leurs revenus sont aussi moins élevés

que la moyenne canadienne. Par ailleurs, les immigrants qui ont obtenu leur citoyenneté éprouvent un sentiment d'appartenance au Canada plus fort que celui des Canadiens nés au pays ou que les immigrants qui ne sont pas encore citoyens. Les immigrants récents sont aussi en meilleure santé et courent moins de risques de développer plusieurs maladies chroniques. Mais ces avantages diminuent à mesure qu'ils s'installent au Canada. Les réfugiés, par contre, courent plus de ris-

ques de souffrir de problèmes physiques ou mentaux. Fait intéressant: une majorité de Canadiens se disent en faveur des seuils d'immigration actuels, mais cet appui chute lorsqu'on leur apprend combien d'immigrants exactement arrivent chaque année au Canada. Les fonctionnaires recommandent au gouvernement de tenir à l'oeil ce « point de bascule » dans l'opinion publique, afin de maintenir le nécessaire consensus sur l'immigration.

Rencontre à la base

David Heurtel face à ses électeurs… … et à leurs invités

C’est une tradition bien établie : depuis le mois de décembre 2013, à l’initiative d’une association de quartier, le groupe Action Citoyenne Saint Michel, des rencontres régulières sont organisées sur une base mensuelle entre M. David Heurtel, député de Viau et les habitants du comté.

d’information le plus en général. Et c’est cet aspect qui a donné l’idée à Ahmed Hanfaoui et Abdellah Elbekkal, respectivement président et secrétaire général de Action Citoyenne St Michel, de changer la règles du jeu à l’occasion de la rencontre tenue le 14 avril 2018.

Au cours de ces rencontres, l’élu et les électeurs débattent généralement de questions locales. On doit à la vérité de dire que cela a permis, à quelques reprises déjà, de régler des problèmes rencontrés par les citoyens de Saint Michel qui, autrement, seraient restés pendants.

Avec l’accord de M. David Heurtel, désormais ministre de l’Immigration de la diversité et de l’intégration, il a ainsi été convenu

Lors de ces rendez-vous, il est également que l’on parle de politique générale et d’action gouvernementale, dans un but

- D’abord de consacrer l’ordre du jour de la réunion aux mécanismes et outils permettant une intégration soutenue et efficace dans le monde du travail des immigrants québécois d'origine maghrébine;

- Puis d’élargir la participation, outre aux membres de l’association, à un certain nombre d’acteurs communautaires

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maghrébins. Ce sont ainsi une quarantaine de personnes qui ont pu rencontrer

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le ministre et le questionner ou de répondre à ses questions dans un échange qui aura finalement duré près de trois heures.


Diversité

Rassemblement de la diversité à l’initiative de la rassemblement de la diversité

Plus de 300 citoyens vont à la rencontre de M. Philippe Couillard En présence du premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard, et de plusieurs ministres et députés, la Commission des communautés culturelles du Parti libéral du Québec

a organisé un grand rassemblement de la diversité le 7 avril 2018. L’inclusion, le vivre ensemble et l’engagement citoyen, étaient au cœur

des discours de : Me Shahad Salman, avocate engagée; M. Saul Polo, député de Laval-des-Rapides ; M. Mohammed Barhone, président de la CCC.

Les 300 personnes présentes étaient très attentives au discours du premier ministre qui a rappelé l’importance de la diversité et sa valeur ajoutée, notamment d’un point de vue socioéconomique, pour la société québécoise. Après une période d’échanges avec les militants et les sympathisants, le premier ministre a reçu

les journaux communautaires pour une conférence de presse. Ce fut une agréable occasion pour les militants et les sympathisants de démontrer leur attachement au Parti libéral et à ses val-

eurs. Mohammed Barhone Président de la Commission des communautés culturelles du Parti libéral du Québec

Prix interculturel de Montréal

Les lauréat du Abe Limonchik 2018 La vice-présidente du comité exécutif, responsable de l'habitation, de la gestion et planificatio immobilière ainsi que de la diversité montréalaise, Mme Magda Popeanu, a présidé le 17 avril 2017, la cérémonie de remise des Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik 2018.

« C’est un honneur de remettre aux lauréats de cette année le Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik qui récompense l’accomplissement remarquable d’une personne, d’un organisme à but non lucratif et d’une entreprise du secteur privé. Cette distinction témoigne de leur engagement et de leur contribution exceptionnelle dans l’avancement des relations interculturelles et la promotion de la diversité. Si notre ville est reconnue pour ses valeurs d’entraide, d’égalité et d’ouverture, c’est en grande partie grâce au travail de ceux et celles que nous honorons aujourd’hui. Abe Limonchik était un homme animé d’une passion pour la participation citoyenne et le rapprochement interculturel et je suis fière de constater, qu’aujourd’hui encore, des Montréalaises et

Montréalais de tous horizons s’engagent avec conviction dans la promotion de la diversité et du vivre ensemble », a déclaré Mme Popeanu.

Mis sur pied dans la foulée des recommandations du Conseil interculturel de Montréal, le Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik vise à souligner la contribution exceptionnelle d’un individu, d’un organisme et d’une entreprise à l’amélioration des relations interculturelles et à la promotion de la diversité sur le territoire montréalais. Les lauréats 2018 sont : Catégorie individu : Mme Malika Habel Dès son arrivée à la direction du Collège de Maisonneuve en 2013, Mme Habel a été à l’origine de plusieurs actions visant à promouvoir la diversité et l’avancement des relations interculturelles. Elle a notamment mis sur pied le Carrefour de l’interculturel, de l’international et des relations avec la collectivité (CLIIC). De plus, elle a réalisé un plan de formation et de

sensibilisation en lien avec la prévention de la radicalisation pour son personnel, elle a proposé au Gouvernement du Québec un projet de recherche-action visant à mieux comprendre le phénomène de la radicalisation chez les jeunes issus de l’immigration. Elle a également élaboré et déployé un projet-pilote sur le vivreensemble sur les trois campus du Collège proposant des mesures d’appui à la diversité ethnoculturelle, dans le but de servir d’exemples aux autres maisons d'enseignement. Catégorie entreprise : Insum solutions inc. Cette entreprise voit la diversité culturelle au sein de sa compagnie comme un de ses plus grands atouts qui en fait une de ses forces. Elle se fait

un devoir d’embaucher des gens issus de l’immigration, ce qui représente 35% de leurs employés. L’implication de l’entreprise dans plusieurs programmes encourageant les relations interculturelles a notamment permis l’embauche de plusieurs employés ayant des compétences très recherchées pour le domaine d’affaires d’Insum. Par ailleurs, elle valorise les pratiques culturelles et religieuses de chacun sein de son organisation et accorde une grande importance à la conciliation travailfamille / vie personnelle. Catégorie organisme : Intégration Jeunesse du Québec inc. Depuis 36 ans, cet organisme à but non lucratif offre des services personnalisés d’aide

à l’emploi, des formations professionnelles en alternance études-travail ainsi que du mentorat professionnel pour les nouveaux arrivants. Il met également sur pied des projets d’insertion dans le secteur de l’environnement et assure le soutien et l’accompagnement d’élèves dans un centre de formation générale aux adultes incluant des activités sportives et environnementales. Son programme « Valorisation Jeunesse-Place à la relève » axé sur l’ouverture à la diversité et qui vise à offrir un emploi déterminant à des jeunes âgés de 16 à 18 ans, étudiants en secondaire 4 ou 5, et principalement issus des minorités visibles et des communautés culturelles est plus que pertinent. Informations : www.ville. montreal.qc.ca/diversite

Abe Limonchik, «Monsieur Démocratie» Certains l’avaient surnommé Monsieur Démocratie. Pour Abe Limonchik, membre fondateur du Rassemblement des citoyens et citoyennes de Montréal, un parti politique municipal qu’il a présidé pendant cinq ans, et conseiller du quartier Côte-des-Neiges pendant 12 ans, la participation des citoyennes et des citoyens à la vie démocratique est la clé de voûte d’une société plus humaine. À la fois modeste et déterminé, cet homme exceptionnel a contribué activement à ce que toutes et tous se sentent citoyens de Montréal et s’approprient leur ville. De la même façon, les lauréats honorés en 2018 ont participé activement à enrayer la discrimination et à valoriser la diversité ethnoculturelle.

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Emploi

470 000 postes vacants au Canada

Une hausse de 46% des emplois à combler au Québec Il y a actuellement près de un demi-million de postes vacants au Canada selon les derniers chiffres publiés par Statistique Canada. Juste en 2017, le nombre de postes vacants au Québec a bondi de 46% par rapport à l’année précédente, la province canadienne qui connaît la plus forte croissance de cette pénurie. 70% sont des postes à temps plein dont le taux horaire moyen est de 20,10$, ce qui constitue donc de vrais emplois et non de la main d’oeuvre précaire comme on pourrait imaginer. Mais cette pénurie majeure de main d’oeuvre, dont nous avons souvent parlé, nuit aux entreprises, principalement en région, et à l’économie du pays. Les PME doivent reporter leurs investissements, mais aussi être dans l’incapacité de prendre de nouveaux contrats, ou encore, devoir avoir des délais de réalisation beaucoup plus longs. L’immigration est un moyen très important pour régler cette situation, la venue de

nouveaux arrivants permettra de combler une grande partie des départs en retraite, mais pour que ça fonctionne, il faut intégrer davantage les immigrants au marché du travail. Ces derniers font face à un taux de chômage plus élevé que le reste de la population. Québec : On s’arrache les candidats et les salaires augmentent… Comme nous en avons parlé il y a déjà quelques semaines, la pénurie de personnel au Québec n’est pas de la fiction mais bien du concret. De la restauration au transport maritime, en passant par les nouvelles technologies et la santé, certains domaines d’activités commencent à goûter aux difficultés de l’embauche de nouvelles personnes. La ville de Québec qui connaît des records de bas taux de chômage a plus de 10 000 emplois disponibles sur son territoire. Les employeurs doivent désormais prévoir des mois à l’avance pour l’embauche, pas question de

se faire prendre à la dernière minute. Désormais un poste qui pouvait prendre 2 jours à combler peut maintenant prendre des mois de recherche pour les employeurs locaux. Les banques de candidats sont aussi de l’histoire ancienne, les candidats ne restent plus inactifs pendant des mois, ils trouvent rapidement du travail et ne sont plus disponibles. Beaucoup de surenchère se fait également dans la région de Québec car certains candidats ont l’embarras du choix. Il n’est pas rare que certains employeurs doivent renégocier des salaires afin de garder des candidats en demande. Le domaine de la restauration dans la région de la ville de Québec vit des moments très pénibles. Souvent le manque de cuisiniers et de serveurs, surtout pendant la belle saison, fait la manchette. Encore cette semaine, un propriétaire de la région de Québec demande au gouvernement de les laisser embaucher plus facile des travailleurs étrangers dans ses quatre restaurants de la capi-

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tale québécoise. Il est tellement difficile de trouver du personnel pour ces restaurants asiatiques qu’une employée est même attitrée à temps plein au dossier de l’immigration afin de gérer l’arrivée de nouveaux travailleurs. Également d’autres régions du Québec sont victimes de cette pénurie. C’est le cas des employeurs dans le domaine maritime qui cherchent désespérément des nouveaux travailleurs en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent. À Entreprises maritimes Bouchard de Gaspé, on aurait besoin de doubler son personnel. Ils doivent aujourd’hui refuser des contrats et étaler l’échéancier. Les entreprises maritimes ont besoin de surintendants d’équipes de travail, de contrôleurs de la qualité, de débardeurs, de préposés à la transformation des produits marins et d’aides-pêcheurs. Même la garde côtière canadienne cherche du personnel: des officiers de communications de trafic maritime, des cuisiniers, des matelots, des

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assistants-mécaniciens, des agents d’opération au centre d’opération à Montréal, des officiers de navigation dans les glaces, etc. En Mauricie, entre Montréal et Québec, l’entreprise CGI avait annoncé en avril 2015 la venue de son cinquième centre d’excellence à Shawinigan et promettait 300 emplois en trois ans. À six mois d’échéance, seulement 170 personnes travaillent chez CGI Shawinigan et l’entreprise cherche encore à combler les besoins. Toujours en Mauricie, plus au nord, à La Tuque, l’entreprise Bétonnière La Tuque n’est jamais parvenue à pourvoir ses quatre postes de mécaniciens et de chauffeurs de camion. Pourtant depuis un an l’entreprise a publié en vain des offres d’emplois dans les journaux de la région et également sur les sites Internet spécialisés. Cette entreprise estime qu’elle a été obligée de refuser des contrats ne pouvant pas les honorer à cause du manque de personnel.


Infrastructure

Chantiers urbains 2018

Plus de 450 km de chaussées, de conduites d’aqueducet d’égout seront réhabilités ou reconstruits à Montréal Le vice-président du comité exécutif et responsable de l'eau et des infrastructures de l'eau, des infrastructures et de la Commission des services électriques, M. Sylvain Ouellet, le membre du comité exécutif responsable de l'urbanisme, du transport et de l'Office de consultation publique de Montréal, M. Éric Alan Caldwell et la conseillère associée au comité exécutif au développement durable et aux transports actifs, Mme Marianne Giguère, ont dévoilé une programmation ambitieuse pour les chantiers 2018 visant la remise en état des rues, trottoirs, aqueducs et égouts. Les investissements projetés s’élèvent à un seuil historique de 1,176 G$, une augmentation de plus de 490 M$ par rapport à l’année 2017. « C’est une programmation ambitieuse que nous dévoilons aujourd’hui afin de résorber le déficit d’entretien qui gruge nos infrastructures, particulièrement celles de l’eau, pourtant si essentielles. Nous sommes conscients que les chantiers ont un impact sur le quotidien des Montréalais et des Montréalaises, mais ces investissements sont nécessaires et la seule option responsable. De plus, avec la nouvelle Politique concernant l’utilisation du domaine public par les réseaux techniques urbains, nous visons une planification des travaux encore plus pointue et des

coûts qui reflètent mieux la réalité », a déclaré M. Sylvain Ouellet.

« Avec la mise en œuvre de ces chantiers, notre Administration met fin à la pratique de refaire systématiquement à l’identique et fait le pari de l’aménagement. Nous revoyons tous les projets afin d’identifier les façons de les bonifier pour faire une place prépondérante à la mobilité, à la sécurité et à l’expérience de l’usager », a ajouté M. Eric Alan Caldwell. « Notre Administration ne vise rien de moins que l’atteinte d’une part modale vélo de 15 % d’ici 10 ans dans les quartiers centraux. Les concepts d’aménagement sont tous revus afin de voir comment favoriser ce transfert, que ce soit par la révision des limites de vitesse dans certaines

rues, la mise aux normes de feux de circulation, ou le réaménagement d’intersections. Nous annonçons aujourd’hui de nombreux projets emballants qui illustrent bien notre désir d’aller au-delà du simple ajout de kilomètres. Notre volonté est de développer un réseau cyclable sécuritaire

de qualité pour tous les citoyens », a complété Mme Marianne Giguère. Le niveau d’investissement record projeté par la Ville de Montréal dans sa Programmation des chantiers 2018 comprend un portefeuille de 542 M$ pour la

Les principaux chantiers - Réservoir Rosemont : augmentation de 40 % de la réserve totale d’eau - Bouclage de l’Est : réduction de la vulnérabilité d’alimentation en eau potable - Protection de la prise d’eau Atwater : sécuriser la prise d’eau brute - Bassins de rétention : William, Rockfield et Lavigne - Usine de désinfection à l’ozone - Rue Sainte-Catherine, entre les rues Bleury et Mansfield - Rue Saint-Hubert, entre les rues Bellechasse et Jean-Talon - SRB-Pie-IX, entre le Pont Pie-IX et l’avenue Pierre-de-Coubertin (travaux préparatoires) - Rue Peel, entre l’avenue Des Pins et la rue Sherbrooke - Boulevards Laurentien et Lachapelle: parachèvement des travaux et aménagement d’un nouveau lien cyclable est-ouest - Vélorue Saint-André , entre la rue Cherrier et l’avenue Laurier

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voirie, 96 M$ pour les grands projets et 538 M$ pour les infrastructures et les usines d’eau. Compte tenu de l’ampleur des travaux à réaliser, une attention particulière est apportée à la gestion des chantiers, de la circulation et aux communications : Comité Mobilité Montréal / MTQ, avis aux chroniqueurs de la circulation, présence d’agents de liaison, InfoTravaux et Centre de gestion de la mobilité urbaine fonctionnant 24/7 sont autant de moyens qui sont déployés. La Ville de Montréal a également mis sur pied une équipe entièrement dédiée à la coordination opérationnelle afin d’assurer une meilleure intégration des différents chantiers.


Transports

Le gouvernement et la mobilité durable Une politique d «écoresponsable» et «résolument moderne» affirme M. Philippe Couillard Le gouvernement Couillard entend consacrer quelque 9,7 milliards de dollars en tout, d'ici 2030, à sa nouvelle politique de mobilité durable, dotée d'objectifs ambitieux de réduction de la congestion routière et des émissions de gaz à effet de serre (GES). Il espère atteindre ces objectifs en augmentant notamment l'efficacité des déplacements au Québec et l'offre de transports collectifs. Par ce plan, intitulé « Transporter le Québec vers la modernité », le gouvernement libéral veut revoir et optimiser tous les modes de transport dans la province, qu’il s’agisse de transport de marchandises ou de passagers, y compris celui des personnes à mobilité réduite. Pour ce faire, il augmente l'enveloppe dévolue à sa politique de mobilité durable de 2,9 milliards de dollars sur cinq ans, ce qui porte à 9,7 milliards de dollars la somme totale que Québec entend y consacrer au cours des 12 prochaines années. Priorité aux régions métropolitaines

de près de 10 milliards» a affirmé M. Philippe Couillard, premier ministre du Québec. S'attaquer aux pertes de temps et d'argent Selon Québec, cette politique de mobilité durable doit avant tout améliorer l’accessibilité et la fluidité des transports au Québec pour réduire les pertes de temps qui minent leur efficacité, mais aussi les coûts de transport élevés qui nuisent au développement économique.

La politique de mobilité durable s’attaquera aussi à la réduction des déplacements solos en voiture pour limiter davantage les émissions québécoises de GES. Des objectifs ambitieux Or, le gouvernement du Québec s’est fixé à ce chapitre des objectifs pour le moins ambitieux en visant d’ici 2030 une diminution de 20 % des déplacements

déplacer d’ici 2030, de façon à réduire d’au moins 20 % le temps de déplacement entre leur domicile et le travail. Grâce aux gains d’efficacité et de fluidité des transports qu’il compte réaliser avec cette politique, le gouvernement Couillard espère augmenter de 25 % la quantité de marchandises transbordées dans les ports et les centres intermodaux ferrovi-

présentée mardi par Québec « pose les bases d’un changement en profondeur de la mobilité au Québec ». « En identifiant les choix d’aménagement comme première condition à la mobilité durable, la politique opère un virage majeur. […] La décision de réinvestir dans le transport collectif pour augmenter substantiellement l’offre de service doit également être applaudie », a

Le développement des systèmes de transport collectif, notamment dans les grandes agglomérations urbaines, récoltera la part du lion avec des investissements de 2,2 milliards de dollars au cours des 5 prochaines années, dont 982 millions de dollars d’argent neuf.

Au moins 500 millions de dollars seront aussi consacrés à la sécurité dans les transports. «Cette politique, c’est une approche écoresponsable du déplacement des personnes. C’est une idée qui est résolument moderne. […] C’est un geste d’avenir qui est à la fois économique, social, environnemental et qui prévoit des investissements

À la Ville de Montréal, le responsable du transport, Éric Alan Caldwell, s'est réjoui que le premier ministre Couillard ait évoqué le projet de la ligne rose qui est, selon lui, un « magnifique projet de mobilité durable ». Le PQ pas content… D'après le porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière de transport, Martin Ouellet, la présentation en grande pompe de cette politique de mobilité durable n’est qu’un écran de fumée. « On a l’impression de voir une belle pièce de théâtre libérale juste avant les élections », a déclaré M. Ouellet sur les ondes de RDI.

Le gouvernement Couillard assure néanmoins que le plan n'oubliera pas les régions et que sa portée vise l'ensemble des transports de la province. L’amélioration des infrastructures routières, des voies ferrées, des installations portuaires ainsi que les aéroports recevra à ce chapitre 1,5 milliard de dollars d’ici 2023, dont 383 millions de dollars de nouveaux fonds.

fonction de leur réalité régionale ». Selon lui, la politique présentée par Québec « constitue un pas important dans cette direction ».

solos en automobile.

aires de la province.

Le gouvernement entend également réduire de 40 % la consommation de pétrole consacré au transport sous le niveau de 2013, afin d’atteindre un objectif de réduction des GES de 37,5 % par rapport au niveau de 1990. En matière d’accessibilité au transport collectif, le plan de Québec vise à offrir à 70 % des Québécois un choix d’au moins quatre services de mobilité durable pour se

Un plan bien reçu par les acteurs du milieu Les membres du comité consultatif sur la mobilité durable, mis en place par le gouvernement du Québec pour l’aider à élaborer une politique à ce sujet et composé d’une vingtaine d’acteurs de la société civile, se réjouissent de cette annonce. Selon eux, la politique

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affirmé dans un communiqué Christian Savard, directeur général de Vivre en Ville, un organisme qui vise à mieux planifier le milieu de vie urbain. Quant au Conseil du patronat du Québec, qui prenait également part au comité consultatif, il note qu’« il est impératif de doter le Québec d’une vision multimodale et intégrée des transports qui tienne compte des besoins des différents utilisateurs et du milieu municipal, en

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«En 2014, le gouvernement du Parti québécois avait déposé sa première stratégie de mobilité durable. Les libéraux l’ont mis au rancart, et quatre ans plus tard, on nous arrive avec un gros show de boucane pour venir nous dire essentiellement les mêmes choses qui ont été présentées dans le dernier budget» a précisé M. Martin Ouellet. « Ce que les citoyens et citoyennes veulent comprendre et entendre du premier ministre aujourd’hui, c’est les 11 milliards de coûts supplémentaires qui seront à la charge des citoyens et citoyennes pour le REM à Montréal pour les 20 prochaines années », a ajouté le député de René-Lévesque.


Santé

Produits Contaminés à l’hépatite A

Adonis élargit son rappel de marchandises suspectes

Après avoir rappelé des emballages de fraises congelées en provenance d'Égypte susceptible d'être contaminées au virus de l'hépatite A, les marchés Adonis étendent le rappel à une série de produits fabriqués avec ces fraises.

Dans un communiqué du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), les marchés Adonis annoncent le retrait des tablettes et le rappel de jus, de cocktails et de smoothies préparés dans ses épiceries avec des fraises crues de marque Montana, importées d’Égypte. Samedi 14 avril 2018, l'Agence canadienne d'inspection des aliments a lancé un rappel des emballages de fraises congelées de cette marque vendue au Québec et en Ontario par le Groupe Adonis, car le produit est soupçonné d’être contaminé par le virus de l’hépatite A. Les produits rappelés -

Les « jus d’Adonis

fraise et banane » de format 1 litre et 500 ml vendus jusqu’au 13 avril dernier. - Les smoothies « Douceur aux fraises » de format 1 litre et 500 ml vendus jusqu’au 13 avril. - Les cocktails « Adonis », « Monsieur Twister » et « Saveur d’été » contenant des fraises vendus dans des verres en plastique. - Fraises surgelées de marque Montana en paquet de 1 kilogramme, en provenance d'Égypte.

Selon le communiqué du MAPAQ, « le jus et le smoothie étaient vendus à l’état réfrigéré et conditionnés dans des bouteilles en plastique, alors que les cocktails étaient vendus au comptoir par un préposé ». L’étiquette du jus et du smoothie comporte, outre leur dénomination propre, la mention « Adonis » et le logo de cette enseigne. Selon Santé Canada, quelques cas de maladie associés à la consommation de ces fraises ont été signalés.

«On a eu une petite éclosion provinciale de cas d’hépatite A qui était liée à la consommation de petits fruits. En date du 13 avril, le MAPAQ, avec les autorités de la santé publique, ont identifié la source de l’éclosion comme étant les fameuses fraises d’Égypte» . déclare Danielle Ramsay, coordonnatrice provinciale aux toxi-infections alimentaires au MAPAQ Que faire en cas de consommation de ces produits?

Les personnes qui auraient consommé l’un de ces produits devraient consulter leur médecin et éventuellement procéder à une vaccination préventive contre l’hépatite A, selon Danielle Ramsay, du MAPAQ. «Si on a consommé l’un de ces smoothies, jus ou cocktails dans les 14 dernières journées et qu’on n’est pas vacciné contre l’hépatite A, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé qui pourra évaluer la pertinence d’une vaccination

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préventive» affirme Mme Ramsay.

un inconfort abdominal.

Un des emballages de fraises surgelées rappelés par Santé Canada. Photo : RadioCanada/Santé Canada

L'infection peut aussi causer une jaunisse. Les symptômes peuvent apparaître jusqu'à 50 jours suivant la consommation.

Les symtômes L'infection par le virus de l'hépatite A se manifeste habituellement par de la fièvre, un malaise général, une perte d'appétit, des nausées, des vomissements et

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Les personnes qui ont acheté ces produits peuvent les jeter ou les rapporter dans les succursales où ils ont été achetés.


Santé

Après la mort accidentelle de deux jeunes patients

L'hôpital Sainte-Justine change ses pratiques

C'est probablement une dose excessive de potassium qui est à l'origine des deux décès qui ont secoué le Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine à la fin de 2016, révèlent les rapports du coroner Jacques Ramsay rendus publics lundi. L'hôpital affirme avoir rapidement révisé ses façons de faire.

Le premier des deux décès est celui de Kaylynn Mianscum Kelly, âgée de 3 mois, survenu le 18 novembre 2016. Originaire de la communauté Nishnabe de Lac-Simon, en Abitibi, l'enfant est transférée à Sainte-Justine peu après sa naissance en raison de multiples problèmes de santé. Trisomique, elle a des problèmes cardiaques et fait face à une possible déshydratation. Les médecins prescrivent verbalement un soluté, auquel une infirmière doit ajouter du potassium. Malheureusement, l'infirmière se trompe dans le dosage. L'enfant a donc reçu 10 fois plus de potassium que ce qui était prévu à l'origine. Kaylynn fait un arrêt cardio-

respiratoire. On réussit à la réanimer, mais le pronostic est mauvais. En accord avec la famille, l'équipe médicale s'oriente vers « des soins de confort ». L'enfant meurt à 15 h 48, le 18 novembre.

Quelques semaines plus tard, un autre enfant meurt à Saint-Justine. Ghali Chorfi, 23 mois, combat alors un cancer. Il fait un arrêt cardiaque, est réanimé, mais son état se détériore. Il meurt peu après, aux soins intensifs. Le coroner conclut que le petit est mort « probablement par l'injection par inadvertance d'une solution intraveineuse de phosphate de dipotassium en lieu et place de la solution saline prévue ». La proximité des deux décès et le fait que la manipulation du potassium ait pu jouer un rôle dans les deux cas interpellent le coroner. «Si les circonstances de ces décès sont différentes, la principale cause souche est la même. [...] Si on a des solutés à préparer, il faut s'assurer que ce soit fait sous la supervision d'un pharmacien» conclut le coroner

Jacques Ramsay Des façons de faire révisées Les employés de SainteJustine semblent avoir été perturbés par ces événements. « Les deux événements se sont produits à trois semaines d'intervalle, alors que des événements avec le potassium, nous n'en avions pas connu depuis 10 ans », affirme le directeur des services professionnels de l'hôpital, Marc Girard.

Est-ce que les tragédies ont pu être provoquées par un manque de personnel? « C'est la première chose qu'on a vérifiée. Et les équipes étaient complètes dans l'unité quand c'est survenu », dit-il. « Nous avons revu l'ensemble des processus », assure Marc Girard. L'institution affirme avoir rencontré chaque membre

du personnel et les familles frappées. Le coroner souhaite que le CHU SainteJustine partage ces expériences avec le reste du réseau, ce qu'a fait SainteJustine, indique Marc Girard. « On a invité les autres établissements. On leur a fait part de nos expériences et des moyens que nous avons pris. Ce sera à eux de les adapter dans leur milieu. »

Consommation

Du plastique a été retrouvé dans le sel marin

Le plastique est plus que jamais au coeur de l'actualité. Au fil des recherches et analyses, on se rend compte qu'il est présent partout: dans les océans en grande quantité, dans l'eau du robinet mais aussi dans l'eau en bouteille. Une récente étude publiée la semaine dernière est encore plus alarmante. Publiée en libre accès sur PLOS, elle montre les résultats d'analyses de 159 échantillons d'eau du robinet provenant de 14 pays différents, 12 marques de bière et 12

marques de sel marin.

Eau américaine = danger

ment brassée avec de l'eau: du plastique a été retrouvé dans 12 marques de bière différentes.

Même si de précédentes analyses confirmaient la présence de plastique dans l'eau du robinet, les chercheurs ont remis ça. Leur conclusion est que l'eau du robinet américaine est bien plus polluée que l'eau issue de pays de l'Union européenne. Le rêve américain vous dites? Cela a des conséquences sur la bière puisque celle-ci est inévitable-

Les grandes brasseries ne sont pas concernées puisqu'elles utilisent un filtrage de l'eau beaucoup plus long et efficace. Par contre, les plus petites marques évitent de trop filtrer l'eau pour garder une bière au goût "authentique". Cela a pour conséquence de garder bien trop de microparticules de plastique dans la boisson. Un bien pour un mal, quoi...

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Sel marin Le plus inquiétant finalement, ce sont les analyses de 12 marques de sel marin. Ces marques proviennent tous de marchés internationaux donc il est probable que l'on trouve ces marques en Belgique. Cette étude vaut son pesant d'or car elle montre une nouvelle fois la dangerosité du plastique dans la nourriture. Car on peut difficilement faire plus toxique que le plastique.

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"Les plastiques sont hydrophobes et sont connus pour absorber les produits chimiques présents dans leur environnement dont certains sont nocifs pour la reproduction et cancérigènes. Le plastique absorbe également les métaux et les bactéries en grande quantité, qui, une fois ingérés se désintègrent dans l'organisme et peut causer de gros dommages" lit-on en introduction de l'étude.


Impôts

Déclaration de revenus

Les nouvelles mesures de l’ARC sèment la confusion

L'Agence du revenu du Canada envoie désormais les trousses de déclaration de revenus par la poste à ceux qui ont rempli une déclaration papier l'année dernière. De nombreux bureaux de poste du nord de la province se disent incapables de répondre à la grande demande de trousses de déclaration de revenus. L'Agence du revenu du Canada (ARC) en a envoyé une quantité réduite cette année. Au bureau de poste de Hearst, on indique avoir reçu environ 300 trousses de déclaration de revenus, alors qu’on en avait reçu près de 2000 l’année dernière. Elles se sont écoulées en une semaine. «Il y avait tellement de personnes qui venaient en chercher et il fallait s’excuser et les référer à l’ARC» a pu déclarer Annie Briard, chef d’équipe du bureau de

Postes Canada à Hearst

En janvier, l'ARC a annoncé que les personnes qui produisent déjà leur déclaration de revenus sur des formulaires en papier recevront désormais une trousse à leur domicile. Les formulaires peuvent être commandés par téléphone et sont aussi disponibles en ligne sur le site web de l’ARC. À Sudbury, les 150 trousses reçues par la station du centre-ville de Postes Canada ont été distribuées en une journée à la fin février. Le chef d’équipe de la station, Mark Zinger, estime qu’au moins 300 personnes se sont déjà présentées par la suite en quête de trousses de déclaration de revenus, en vain. « Certaines [personnes] sont même agressives et nous disent que nous devrions en avoir, vu que nous sommes

un service gouvernemental, », affirme-t-il.

Le bureau de poste a reçu la consigne d’envoyer les demandeurs de trousses au bureau du député fédéral de Sudbury, Paul Lefebvre, où les documents peuvent être imprimés gratuitement. Plusieurs autres bureaux de poste du nord de la province disent également ne plus avoir de trousses ou en avoir très peu. Les personnes âgées pénalisées? La présidente du Centre club d’âge d’or de la vallée Hanmer, Jeannine Blais, n’a pas pu se procurer une trousse de déclaration de revenus au bureau de poste de Capreol au début du mois de mars. Elle croit que les nouvelles mesures de l’ARC pénalisent principalement les personnes âgées. « Il y en a beaucoup qui

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n’ont pas accès à l’Internet ou qui ont peur de le faire en ligne, » indique-t-elle. Son club réfère régulièrement ces personnes à des ateliers gratuits de déclaration de revenus. Même son de cloche de la part du directeur général de la Fédération des aînés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO), Gilles Fontaine. « La tendance gouvernementale d’offrir de plus en plus de services en ligne

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crée des problèmes et de la méfiance pour les personnes âgées, qui sont aussi plus susceptibles à la fraude, » note-t-il. Par courriel, l'ARC dit avoir pris une série de mesures pour faciliter la transition, comme un nouveau service téléphonique automatisé pour joindre les contribuables à faible revenu. En 2019, les trousses physiques de déclaration de revenus et de prestations ne seront disponibles qu’auprès de l’ARC.


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Technologies & Société

À six mois des législatives provinciales

Faut-il craindreune manipulation électorale des réseaux sociaux ?

Le risque n’est pas à négliger même si Québec mise uniquement sur la prévention Diffusion de fausses informations, instrumentalisation de données personnelles à des fins politiques... Les tentatives d'influence du processus démocratique se sont multipliées dans les pays occidentaux au cours des dernières années. À six mois des prochaines élections québécoises, le gouvernement mise sur la prévention. Ce n’est pas gratuit! « Les médias sociaux, est-ce que c'est gratuit pour les utiliser? », demande Isabelle Gosselin, conseillère en communication à la Commission d'accès à l'information, à la centaine d'élèves de 4e secondaire réunis dans l'auditorium de l'école secondaire du Rocher, à Shawinigan. L'auditoire hésite. « Il faut payer l'Internet », s'aventure un élève. « C'est vrai qu'on n'envoie pas de chèque à Facebook », concède l'animatrice avant de vendre la mèche : « On paye l'utilisation des médias sociaux grâce à nos renseignements personnels ». Les jeunes se disent pourtant conscients des dangers des médias sociaux. Lorsqu'on aborde le sujet avec eux, ils citent spontanément l'affaire des millions de comptes Facebook dont les données ont été compilées par une société de profilage des électeurs. « C'est choquant de savoir que ça arrive, mais j'aurais pu le voir venir », soutient Isaak Beaulieu. « C'est perturbant, la facilité avec laquelle ils ont accès à ces comptes-là. Ça leur a pris très peu de moyens pour arriver à ce résultatlà, et je trouve ça un peu effrayant », s'inquiète Simon Racine. Les élèves ont aussi déjà entendu parler des fake news ou des fausses informations, même s'ils reconnaissent eux-mêmes ne pas toujours prendre toutes les précautions nécessaires. « Si, admettons, c’est un de tes amis qui a partagé ce lien, tu vas peut-être aller le lire et ne pas porter attention d’où ça vient, parce que tu vas dire : c’est mon ami qui l’a publié. Si tu connais bien cet ami-là, il est fiable, tu vas peut-être lire en pensant que c'est des vraies informations, mais ce ne sera pas nécessairement vrai », explique Nikolas Aubin.

« Quand il y a quelque chose de partagé, tout de suite, la première chose qu'on va faire, c’est souvent réagir un peu trop vite; on ne va pas aller lire, aller essayer de comprendre. On va souvent juste être choqué et tout de suite répondre », ajoute Karine Martineau. Vol d’identité, exploitation des données personnelles, tentatives d’influence… la tournée organisée par la Commission d'accès à l'information vise à sensibiliser les jeunes à l'importance de faire preuve de prudence sur les médias sociaux. La Fédération professionnelle des journalistes du Québec a elle aussi mis sur pied son propre projet de sensibilisation, qui porte spécifiquement sur les fausses informations. Pour l'instant, le gouvernement québécois mise essentiellement sur la prévention afin de combattre les fausses nouvelles et l'instrumentalisation des données personnelles à des fins politiques. «La meilleure défense, c'est d'être bien équipés pour comprendre ce qu'on nous dit et porter un jugement sur ce qu'on nous dit. Donc, l'éducation. Pour l'instant, c'est intéressant de miser sur nos jeunes» affirme Kathleen Weil, ministre responsable de l'Accès à l'information et de la Réforme des institutions démocratiques Une approche plus radicale ? En Europe, certains pays ont adopté une approche plus vigoureuse. « J’ai décidé que nous allions faire évoluer notre dispositif juridique pour protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles. Un texte de loi sera prochainement déposé à ce sujet », annonçait le président français Emmanuel Macron le 3 janvier dernier. Selon ce qui a filtré jusqu'à présent, la France veut notamment forcer les réseaux sociaux à mettre en place un dispositif où les internautes pourront facilement dénoncer les fausses informations. En période électorale, un juge pourra ordonner le retrait des contenus illicites dans les 48 heures et faire effacer les liens vers les sites fautifs (ce qu'on appelle le déréférencement). Les contrevenants seront passibles d’un an de

prison et de 75 000 euros d’amende.

eut publié des propos controversés sur les musulmans.

Pour le professeur Pierre Trudel du Centre de recherche en droit public de la Faculté de droit de l’Université de Montréal, ce genre de loi présente toutefois des difficultés.

Au Canada, la réglementation des fausses informations relève à la fois du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux, explique le professeur Trudel.

« Il y a un risque d'arbitraire, de dérive, surtout dans un domaine comme celui-là, où la tentation peut être forte de faire prévaloir ce qu'on pense être vrai. [...] Forcément, beaucoup d’algorithmes ou de décideurs humains vont être tentés de dire : on va couper, on ne prendra pas de chance et c’est ça l’effet pervers que ça peut avoir sur le débat démocratique. Ça peut bloquer l'accès à certains types d'opinions, qui peuvent être marginales, qui peuvent être même détestables aux yeux de certains, mais qui sont néanmoins présentes dans le débat démocratique », fait valoir M. Trudel. Des lois contre les fausses nouvelles et les discours haineux De fait, en Allemagne, où on a déjà adopté une loi contre les fausses nouvelles et les discours haineux, l’opposition a dénoncé ce qu'elle qualifie de censure. En janvier, le compte Twitter de la députée Beatrix von Storch, une élue du parti nationaliste antiimmigration Alternative pour l'Allemagne (AfD), a été temporairement suspendue après qu'elle

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« Il y a des aspects du discours faux ou haineux qui relèvent du droit criminel, donc qui relèvent de questions qui, au Canada, sont régies par le Parlement fédéral. Et il y a des aspects qui relèvent des provinces : le discours faux ou haineux qui implique des conflits entre individus. Je lance un propos faux qui porte atteinte à la réputation d'une personne, ça, ça relève des provinces. Donc, l'un et l'autre des niveaux de gouvernement peuvent intervenir à l'égard du discours faux. » Pour l’instant, Québec n’entend pas modifier ses lois. « Il n’y a pas d’initiative pour l’instant au gouvernement du Québec dans ce sens », confirme la ministre Kathleen Weil. À Ottawa, on indique collaborer avec les autres pays de l'OTAN « pour discuter des meilleures pratiques en matière de cybersécurité et de protection des données » et travailler à « combler les lacunes dans notre loi électorale ». Des risques à ne pas négliger Car les risques ne sont pas à négliger, indique un rapport produit l’été dernier par le Centre

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de la sécurité des télécommunications du Canada. Même si les élections fédérales de 2019 semblent les plus à risque, le rapport indique que les élections provinciales pourraient aussi être ciblées. « Les gouvernements provinciaux, territoriaux et municipaux créent aussi des politiques, dirigent les dépenses et adoptent des lois qui touchent des dizaines de millions de Canadiens et qui, dans certains cas (par exemple, les politiques sur l’extraction de ressources naturelles), peuvent avoir des répercussions sur des intérêts étrangers », met en garde le rapport. Les gouvernements promettent de suivre de près la situation et incitent les citoyens à la plus grande vigilance. De retour à Shawinigan, les élèves semblent avoir retenu la leçon de se fier à eux-mêmes d'abord et avant tout. « Il faut vraiment se servir de notre jugement, c’est probablement la chose la plus importante », résume Charlie Doiron. « Je prends quand même beaucoup d’initiatives pour me protéger de tout ça. Mais justement, avec la conférence qu'on vient d'avoir, je me suis rendu compte que j'en prends beaucoup, mais vraiment pas assez », conclut Gérémy Michaud.


Technologies & Société

Réseaux sociaux : La diffamation explose et s’impose… … alors que la justice peine à suivre

Une toute première tentative de décrire l’univers des poursuites criminelles pour diffamation au Canada lève le voile sur la prévalence des cas de stigmatisation sexuelle des femmes - ou slut-shaming - surtout utilisée par des hommes n’acceptant pas le rejet de leur ex-partenaire amoureuse.

Les résultats d’une recherche sur la diffamation menée par les professeurs Lisa Taylor, de l’Université Ryerson à Toronto, et de David Pritchard, de l’Université du Wisconsin à Milwaukee, font état de la prévalence de ce type de revanche, étroitement liée selon eux à l’avènement des technologies et des médias sociaux. Ces derniers ont notamment épluché des articles de journaux et des sites d’information juridique, en plus d’arpenter des palais de justice du Québec, pour constituer un corpus de 86 cas de poursuite pour diffamation survenus entre 1993 et 2017. À titre comparatif, un total de 408 poursuites pour diffamation ont mené à des décisions finales entre le 1er avril 2000 et le 31 mars 2015. Deux catégories Des cas retenus par les chercheurs ont émergé deux grandes catégories de poursuites : celles impliquant de la stigmatisation sexuelle et celles concernant la critique d’actions officielles d’employés du gouvernement, en particulier des policiers et des juges. « Le cas typique, dans [la] catégorie [de la stigmatisation sex-

uelle], implique un homme qui publie de fausses insultes à caractère sexuel au sujet d’une expartenaire qui ne veut plus d’une relation avec lui », ont remarqué les chercheurs. Leurs observations sont consignées dans un article qui sera publié dans la revue américaine Communication Law and Policy au cours de l’été. « On est assez sûrs que notre échantillon est assez représentatif de plusieurs centaines de cas », a commenté le professeur Pritchard, dans un entretien avec Le Devoir. Le difficile accès aux informations contenues dans les poursuites pour diffamation ne permet cependant pas aux chercheurs d’être « super précis », au point de prétendre que la division des cas qu’ils ont observée se reflète nécessairement dans l’ensemble des causes entendues au Canada.

Cela dit, « Lisa Taylor et moi sommes assez sûrs que c’est plus ou moins moitié-moitié : moitié slut-shaming et moitié politique [attaques contre le gouvernement ou des personnes en position d’autorité] », a déclaré le chercheur. Une loi du XIXe siècle Le tout premier Code criminel canadien, promulgué en 1892, prévoyait déjà des pénalités pour les personnes qui étaient reconnues coupables de diffamation. Le Code actuel prévoit des peines d’emprisonnement d’un maximum de cinq ans pour les cas où les propos sont «délibérément faux».

« Personne n’aurait pu imaginer, au XIXe siècle, que le crime de diffamation serait employé contre le slut-shaming », a fait remarquer le professeur Pritchard. Dans ses recherches avec la professeure Taylor, il a constaté que l’arrivée des nouvelles technologies et des médias sociaux ont fait bondir le nombre de poursuites criminelles pour diffamation. D’une moyenne de 3 en 1984, le nombre de poursuites est ainsi passé à 20 à 40 par année, « à mesure que l’utilisation de Facebook, de Twitter et d’autres médias sociaux prenait de l’ampleur, vers 2010 », ont noté les chercheurs. Juges et policiers La seconde catégorie de poursuites observée par les chercheurs concerne « des propos

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diffamatoires qui servent à critiquer les actions officielles des employés du gouvernement, et plus particulièrement les policiers et les juges ». Les personnes ciblées par ce type de poursuites sont le plus souvent des « inconnus, sans richesse ni pouvoir », ont observé les universitaires. « Aucune cause ne visait [à poursuivre] des journalistes ou des acteurs politiques importants, bien que ces personnes critiquent les policiers et les représentants du gouvernement », ont-ils noté. De leur analyse, ils ont tiré le constat voulant que « le droit individuel de critiquer les policiers au Canada semble varier en fonction du statut, des moyens et de la politesse des propos tenus », puisqu’un certain type d’individus — les inconnus sans richesse ni pouvoir — avait davantage de risque de faire l’objet d’une poursuite.

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Les chercheurs ont également noté que le caractère intrusif des saisies — d’ordinateurs, de téléphones et autres — en marge de ces poursuites « limitait la capacité des citoyens à communiquer ». En fin d’analyse, les chercheurs ont jugé que l’article 301 du Code criminel canadien, qui prévoit que « quiconque publie un libelle diffamatoire est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de deux ans », n’a tout simplement « pas sa place dans une société libre et démocratique ». La formulation actuelle de l’article permet l’emprisonnement d’une personne qui a tenu des propos véridiques, mais diffamatoires, « uniquement parce que ces déclarations ont nui à la réputation d’une personne ou avaient pour but d’insulter une personne », ont écrit les deux professeurs.


Technologies & Société

Utilisation de données personnelles

Le commissaire à la protection de la vie privée demande plus de pouvoir « S'il y a un moment pour agir, franchement, je crois que c'est maintenant ». À la suite de scandales, impliquant notamment Facebook, le commissaire à la protection de la vie privée, Daniel Therrien, a réclamé plus de pouvoir pour enquêter sur les pratiques des partis politiques et de certaines entreprises, pour mieux protéger les données personnelles des Canadiens. Devant un comité parlementaire, Daniel Therrien a été clair : en tant que commissaire, il doit être mieux outillé. Seule la ColombieBritannique… En ce moment, la ColombieBritannique est la seule juridiction au Canada qui dispose de pouvoirs législatifs permettant de se pencher sur la question.

M. Therrien explique qu’en général, les partis politiques canadiens établissent leurs propres normes en matière de respect de la vie privée, mais puisqu’aucun tiers parti n’a la possibilité d’inspecter les pratiques des formations politiques, rien n’assure que leurs normes sont respectées.

Gourde, a donc demandé au commissaire si leur utilisation aurait pu avoir un impact dans le cadre d’une campagne électorale.

«Je ne suis pas en mesure d’enquêter sur la façon dont les organisations politiques utilisent les renseignements personnels que des entreprises leur transmettent. Il s’agit selon moi d’une lacune importante» argumente Daniel Therrien.

Ce même député a aussi rappelé au commissaire que les partis politiques ont néanmoins besoin de certaines informations pour mener une campagne électorale.

Dans le cadre du scandale impliquant Facebook et la firme Cambridge Analytica, il a été révélé que les données d’environ 620 000 Canadiens auraient été touchées. Le député conservateur de Lévis-Lotbinière, Jacques

« C’est un chiffre important, je pense que la réponse à votre question, c’est oui », a répondu Daniel Therrien.

L’élu conservateur a par exemple évoqué les numéros de téléphone cellulaire, qui ne sont pas toujours publics, mais qui peuvent être compilés par des politiciens pour contacter leurs électeurs. Est-ce que, dans le cadre d’une réforme, les informations téléphoniques devraient être distribuées de manière

égale à tous les partis politiques? « C’est une question qui se pose et qui s’étudie », a répondu Daniel Therrien.

Mieux contrôler les entreprises Il n’y a pas que les politiciens qui sont dans la mire du commissaire, les entreprises le sont aussi. En assurant qu’il ne veut pas nuire à l’innovation et qu’il reconnaît l’importance des plateformes numériques, le commissaire a affirmé qu’il devrait avoir le pouvoir de vérifier si des entreprises respectent les dispositions de la Loi sur la protection des renseignements personnels, et ce, même sans soupçon de violations. Daniel Therrien a par ailleurs plaidé en faveur d’un changement législatif qui permettrait de punir financièrement des entreprises qui abusent des

données personnelles et contreviennent à la loi. Des enquêtes en cours Le commissaire à la protection de la vie privée mène en ce moment une enquête, conjointement avec son homologue de la ColombieBritannique, à propos des pratiques de Facebook, mais aussi de l’entreprise canadienne AggregateIQ. Devant le comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique, Daniel Therrien n’a pas offert beaucoup de détails sur le déroulement de l’enquête. Il a toutefois affirmé que la loi lui permettait de la terminer dans une période d’un an, bien qu’il espère parvenir à une conclusion plus rapidement.

L’administration Plante ne le savait pas mais…

Le SPVM va acheter 50 armes de type Taser Une «arme intermédiaire» pas si inoffensive qu’on veut bien le dire… La police de Montréal confirme son objectif de se doter d'un pistolet Taser par duo d'agents d'ici 2020. Elle s'engage du même souffle à ne plus utiliser de grenades assourdissantes dans les manifestations. Ces engagements ont été pris par les représentants du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) devant la Commission de la sécurité publique de Montréal qui se penchait sur le recours aux « armes intermédiaires » du corps de police. En ce qui concerne les pistolets Taser, la décision de la police de Montréal fait suite aux recommandations du coroner Luc Malouin, qui s'est penché sur la mort de l'itinérant Alain Magloire lors d'une intervention policière qui a mal tourné, le 3 février 2014. Le coroner en était venu à la conclusion que le SPVM devait renforcer son arsenal d'armes à impulsions électriques, moins garni que dans plusieurs autres villes canadiennes, toute proportion gardée. D'ailleurs, un appel d'offres pour acquérir plus d'une cinquantaine de pistolets Taser X2 a été lancé par la police de Montréal à l'été 2016.

À l'heure actuelle, chaque poste de quartier de l'île de Montréal dispose d'au moins une arme à impulsions électriques. Au centre-ville et sur Le PlateauMont-Royal, par contre, un pistolet Taser a été confié à chaque paire de policiers : c'est exactement ce modèle que le SPVM souhaiterait imiter sur l'ensemble de son territoire. Cette pratique permettrait « de diminuer au maximum les risques de blessures, tant pour les policiers que pour les citoyens », selon le commandant Daniel Gervais, qui a pris la parole devant la Commission de la sécurité publique mardi. Elle devrait même être étendue aux agents responsables de la sécurité dans le métro et à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, soutient le chef par intérim du SPVM, Martin Prud'homme, dans une note de service envoyée lundi à l'ensemble de ses policiers et dont La Presse canadienne a obtenu copie. L’administration municipale ne savait pas… Interrogée au sujet de cette note par le conseiller d'opposition Abdelhaq Sari, la présidente de la

Commission de la sécurité publique, Nathalie Goulet, a par ailleurs affirmé que l'administration Plante ne savait pas que le SPVM allait annoncer l'achat de nouveaux pistolets Taser. Elle a assuré que la décision de financer ou pas cette acquisition serait prise par la Commission et personne d'autre. La police de Montréal n'est pas la première à vouloir accroître son recours aux pistolets Taser. Les services de police de Toronto, Ottawa, Québec, Trois-Rivières et Saguenay, par exemple, ont tous procédé à des annonces similaires récemment. Quant aux grenades assourdissantes, la police de Montréal a mentionné qu'elle ne les utiliserait plus, ce qui est déjà le cas depuis deux ans, a-t-elle indiqué. Le SPVM dit avoir pris sa décision après avoir évalué les risques, mais aussi après le dernier jugement rendu à ce sujet. La Cour supérieure a condamné l'an dernier la Ville de Montréal à verser 175 000 $ à un citoyen blessé à l'oeil par une grenade assourdissante lors d'une manifestation étudiante en 2012. Premières réactions négatives Le doyen du conseil municipal s'oppose à la décision du SPVM

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de développer son arsenal de pistolets Taser. « Toutes les informations dont nous disposons montrent assez clairement que les Taser ne sont pas des armes inoffensives », a déclaré Marvin Rotrand, qui siège à l'Hôtel de Ville depuis 1982. «Ce qui arrive généralement, c'est que les armes intermédiaires poussent les forces de l'ordre à faire preuve de paresse» estime également Marvin Rotrand, conseiller de Snowdon et chef de Coalition Montréal Pour la Ligue des Noirs du Québec, la normalisation des pis-

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tolets électriques risque aussi d'«augmenter les cas de brutalité policière envers les minorités visibles, en particulier la communauté noire». « Aux États-Unis, les rapports indiquent que 1100 personnes sont décédées suite à l'utilisation des Tasers [sic] et il y a un recours contre la police et les villes responsables dans 442 cas », écritelle dans un communiqué transmis aux médias mardi. « La réalité est que les victimes des Tasers [sic] sont pauvres et n'ont pas de défense dans la société », conclut la Ligue.


Éducation

Les 21 et 22 avril à Montréal

Un premier Salon de l’apprentissage Une vitrine consacrée aux ressources éducatives au Québec

Dans quelques jours, des milliers de parents, d’enfants et d’enseignants prendront le chemin de la Place Bonaventure de Montréal pour participer au premier Salon de l’apprentissage, la plus grande vitrine consacrée aux ressources éducatives au Québec.

Gratuit et ouvert à tous, ce nouveau rendez-vous 100 % apprentissage, présenté les 21 et 22 avril en collaboration avec Brault & Bouthillier Éducation, s’annonce riche en savoir et en belles rencontres! Au programme : des animations et conférences, une foule d’activités amusantes et près de 100 exposants du monde de l’éducation primaire et secondaire qui feront découvrir la crème de leurs produits et services, dont plusieurs nouveautés. 4 zones thématiques, 100 exposants, une même ambition Les exposants, répartis dans quatre zones thématiques – Didactique et littérature, Matériel, Services et activités et Technologie –, présenteront sur leurs étals, livres éducatifs, jeux, logiciels, fournitures scolaires et plus encore. Au gré de leur parcours, les visiteurs pourront tester le matériel éducatif et voir s’il correspond à leurs besoins. De plus, les parents qui ont des préoccupations quant au développement de leur enfant auront l’occasion d’en discuter avec des professionnels qualifiés. L’apprentissage au Salon se déclinera de multiples façons. Un parent se sent dépassé? Un coach de Nanny Secours pourra lui prêter main-forte. Il cherche des moyens d’aider son jeune à se concentrer? Un conseiller de Solution sensée ou de fdmt aura des jeux sensoriels et de détente à lui proposer. Une grandmaman aimerait épauler son petit-fils dyslexique? Une orthophoniste de Parcours d’enfant Morneau Shepell pourra répondre à ses questions. Un enseignant cherche du matériel pour

sa classe? Un conseiller de Brault & Bouthillier Éducation se fera un plaisir de le conseiller. Du plaisir à profusion pour les enfants

Le Salon de l’apprentissage, c’est aussi plein de jeux, de concours et d’activités pour les enfants. Une fringale? Le Cercle des Jeunes Naturalistes saura soulager les petits estomacs avec ses délicieux insectes à déguster (kiosque # 91 à 13 h 30 le samedi et le dimanche). Envie d’une expérience immersive hors du commun? C’est à l’Espace Amélio qu’il faut aller ou encore au kiosque de Stark pour faire un voyage dans la réalité virtuelle. Des fourmis dans les jambes? Vite à l’Espace jeux Kit Planète qui calmera la bougeotte des plus actifs. Il y a un artiste dans la famille? L’Espace Créateurs saura stimuler son imagination. Et pour ceux qui ont le goût de s’amuser en groupe, des jeux de société, de logique et en tandem seront proposés par l’équipe du magasin Le Valet d’Coeur et les animateurs de Luma dans la Zone La récréation. Sans oublier l’École de cirque de Verdun qui réchauffera l’atmosphère. Et si, d’aventure, la bonne humeur prend la fuite l’espace d’un moment, on amène les enfants devant la Murale du bonheur qui présente près de 200 autoportraits d’élèves sur le thème Mon plus beau sourire. On peut aussi leur suggérer d’accrocher un souhait dans les arbres magiques aux côtés du professeur Loufoque ou tirer leur portrait dans la vieille école. Retour à la gaieté garanti ! 16 conférences pour parents et éducateurs Les 16 conférences au programme feront intervenir psychologues, jeunes, enseignants, orthopédagogues et autres intervenants sur des sujets d’actualité liés à l’apprentissage. En voici un aperçu :

- Samedi 21 avril Les fonctions exécutives, un allié crucial dans la réussite des élèves. Impulsivité, manque d’attention, difficulté à planifier... l’enfant ayant un trouble d’apprentissage doit relever de nombreux défis. Quelles sont les meilleures stratégies pour l’aider? Présentée par : Institut des troubles d’apprentissage Conférencière : Fauve Houmounou, neuropsychologue Heure : 10 h 45 à 11 h 45, salle 2 - Dimanche 22 avril - Bilinguisme: mythes, réalités et astuces pour une éducation bilingue réussie. Conférencière : Agathe Tupula Kabola, orthophoniste, auteure et chargée de cours à l’Université de Montréal. Heure : de 10 h 45 à 11 h 45, salle 2 - La neurodiversité. Trois jeunes vivant avec une différence raconteront comment ils ont réussi à relever des défis tels qu'écrire un livre, représenter le Canada lors des Jeux olympiques spéciaux ou poursuivre des études universitaires avec brio! Panel présenté par : L’équipe de La tournée édu4tive Animatrice et intervenants : Caroline Lebeau, Anne KiralyFrancoeur, Valérie GagnonParadis et Alexandre CharleboisPoirier. Heure : de 12 h 50 à 13 h 50, salle 1 - La gestion émotive des enfants. Tous seront invités à participer à des activités inédites basées sur une méthode éprouvée pour apprendre efficacement et dans la bonne humeur. Présentée par : Amélio Conférencière : Catherine Dupuis, enseignante, diplômée en chimie et en économie et créatrice de la méthode Amélio Heure : de 14 h 15 à 15 h 15, salle 1 Une application mobile pour mieux profiter du salon

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Le Salon de l’apprentissage a développé une application mobile dans EVENTOOL, disponible en ligne sur Google Play et Apple Store. On y trouve l’ensemble de la programmation et les offres des partenaires. L’application sera utile pour préparer sa visite et s’orienter dans l’aire d’exposition. On peut

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également télécharger le programme complet sur le site Web du Salon. Programme : https://www.salondelapprentissage.ca/programmation-cahiernumerique


Éducation

Pour l’égalité des chances à l’école Le ministre Luc Fortin annonce une aide financière de 2,7 millions de dollars pour permettre à tous les enfants d’acquérir les compétences essentielles en lecture, en écriture et en mathématique Pour que tous les enfants aient les mêmes chances de réussir, le gouvernement du Québec annonce qu’une somme de 2,7 millions de dollars sera versée pour permettre à tous les enfants d’avoir les compétences essentielles en lecture, en écriture et en mathématique à la fin de leur deuxième année du primaire. Le ministre de la Famille, M. Luc Fortin, a fait cette annonce au cours de la semaine écoulée à la bibliothèque Gabrielle‑Roy, à Québec.

Cette somme, dont le paiement sera échelonné sur cinq ans, servira à financer trois mesures concrètes dont l’objectif est de stimuler les capacités des enfants dès leur plus jeune âge pour favoriser leur réussite éducative. Trois mesures concrètes L’investissement se décline ainsi : - 1 900 000 $ pour la mise sur pied d’un programme de soutien financier pour le déploiement de nouveaux projets nationaux, régionaux et locaux axés sur l’éveil à la lecture, à l’écriture et à la mathématique; - 500 000 $ pour la publi-

cation d’un journal périodique visant à susciter l’intérêt des jeunes enfants pour la lecture et mettant à profit le talent des auteurs et des illustrateurs de littérature jeunesse québécois; - 300 000 $ pour l’élaboration d’un guide d’éveil à la lecture, à l’écriture et à la mathématique, qui favorisera l’organisation d’activités ludiques pour soutenir la littératie dans tous les milieux d’apprentissage. Des fonds additionnels Rappelons que le financement annoncé cadre avec l’objectif Permettre à tous les enfants d’acquérir les compétences essentielles en lecture, en écriture et en mathématique à la fin de la deuxième année du primaire, énoncé dans la Stratégie relative aux services éducatifs offerts aux enfants de 0 à 8 ans, Tout pour nos enfants. Pour les trois mesures, il s’agit de fonds additionnels.

Avec un journal périodique, le Ministère souhaite joindre gratuitement dans tous les services de garde éducatifs à l'enfance, les organismes communautaires

Famille, les haltes-garderies communautaires et les parents. L’élaboration et la mise en œuvre du Guide ont pour objectif de favoriser la mise en place d’activités d’éveil à la lecture, à l’écriture, à la mathématique particulièrement pertinentes et stimulantes à l’intention des enfants, par exemple dans les services de garde éducatifs à l'enfance, les classes préscolaires, les services

Luc Fortin, ministre de la Famille

(…) «Que tous les enfants aient les mêmes chances de réussir» « Notre gouvernement souhaite, dans un nouveau Québec, que tous les enfants aient les mêmes chances de réussir. Nous annonçons donc aujourd’hui un investissement qui permettra la mise en œuvre de mesures qui les aideront directement, en éveillant leur curiosité dès leur bas âge et en les préparant aux apprentissages scolaires subséquents, notamment en lecture, en mathématique et en écriture. »

Sébastien Proulx, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (…) «Les clés de la réussite éducative» « L’acquisition de compétences en lecture, en écriture et en mathématique est essentielle pour les élèves, et ce, dès le plus jeune âge. La littératie et la numératie sont les clés de la réussite éducative. Ces compétences permettent aux élèves de se développer tout au long de leur parcours scolaire, mais aussi tout au long de leur vie. »

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de garde scolaire et les organismes qui offrent des activités de halte-garderie communautaire. Ce Guide sera produit par le ministère de la Famille en collaboration avec le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Le programme de soutien financier pour le déploiement de nouveaux projets nationaux, régionaux et locaux visera à soutenir, par exemple, des initiatives de

services de garde éducatifs à l'enfance, des initiatives lancées par des écoles, des organismes communautaires Famille, des bibliothèques publiques et des organismes qui travaillent à la promotion de la lecture auprès des jeunes, permettant ainsi d’intervenir directement auprès des enfants pour enrichir leurs pratiques en matière d’éveil à la lecture, à l’écriture et à la mathématique.

Marie Montpetit, ministre de la Culture et des Communications

(…) «Une porte d’entrée dans la vie culturelle» « La bibliothèque est souvent la porte d’entrée dans la vie culturelle. La lecture est une condition essentielle à la réussite et au développement de nos enfants. Je suis ravie que nous mettions à contribution le réseau de bibliothèques publiques ainsi que des créateurs de littérature jeunesse, sachant combien ce sont des acteurs importants dans le parcours de nos tout-petits et combien ils contribuent à leur faire découvrir le plaisir de lire, d’écrire, d’apprendre et de s’affirmer. » nº 325 du 19 avril au 02 mai 2018


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Langues & cultures

Projets de promotion et de valorisation de la langue française

Des sommes supplémentaires pour Montréal

Dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal, conclue entre la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec, la Ville de Montréal bénéficiera d’une somme additionnelle de 351 500 $ pour la réalisation de projets s’inscrivant dans la Stratégie partenariale de promotion et de valorisation de la langue française.

« Montréal est fière de son statut de métropole francophone des Amériques et d’être la deuxième ville francophone en importance dans le monde, après Paris. La langue française est le socle de l’identité culturelle de Montréal, une ville ouverte, cosmopolite, polyglotte, diversifiée et plurielle. Grâce à ce nouvel argent, de nouveaux projets de nature variée verront le jour dans le réseau des bibliothèques, le réseau Accès culture, le Centre d’histoire de Montréal et auprès de quelques partenaires culturels

de la Ville », s’est réjouie la responsable de la culture, du patrimoine et du design au comité exécutif, Christine Gosselin. Pour les nouveaux arrivants et les jeunes issus de milieux défavorisés La Ville joue un rôle essentiel pour renforcer l’usage du français comme langue commune. Elle agit à travers une variété de projets et de programmes qui font de la culture un levier de premier plan.

« Cette somme complémentaire permettra de mettre en œuvre plusieurs projets de valorisation de la langue française auprès des nouveaux arrivants et des jeunes issus de milieux défavorisés », a ajouté la responsable de l'habitation, de la gestion et planification immobilière ainsi que de la diversité montréalaise au comité exécutif, Magda

Popeanu. Rappelons que la Ville de Montréal offre de multiples activités de médiation culturelle, de diffusion et de communication permettant à ses citoyens et citoyennes d’être en contact avec

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différentes formes d’expression de la langue française dont Contact, Le plaisir de lire, Les mots partagés en plus d’ateliers de lecture dans les bibliothèques. Des spectacles présentés dans le réseau Accès culture et par La Roulotte, durant l’été, et le site

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Mémoire des MontréalaisMémoires d’immigration, créé par le Centre d’histoire de Montréal, constituent également des occasions uniques d’apprentissage du français.


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Cultures

L’orchestre Brihi de musique andalouse en Première nord-américaine à Montréal le 12 mai 2018

Un joyau précieux du patrimoine culturel universel Le mythique Orchestre Brihi autrement appelé «l’école Brihi» - créé au 19ème siècle va se produire pour une 1ère fois en Amérique du Nord. Et c’est Montréal qui a été choisie pour cette Première, à la grande joie de ces centaines de fans maghrébins, juifs et musulmans, pour lesquels rien ne peut se comparer à ce monument de la culture universelle, la musique née en Andalousie entre le 12ème et le 14ème siècle de notre ère et qui n’a pas pris une ride depuis.

Huit musiciens et chanteurs de l’ «École Brihi», dont le domicile est Fès, ville de culture et de traditions, feront le déplacement pour notre plus grand plaisir à tous et donneront ici une performance qui mérite par avance le qualificatif de mémorable. L’événement, placé sous le thème de « La musique andalouse, un patrimoine de l’humanité » vise à promouvoir le patrimoine culturel millénaire marocain et à contribuer à asseoir les valeurs universelles du Vivre-Ensemble, de la tolérance et du dialogue entre les cultures. L’événement aura lieu au théâtre Rialto, espace lui-même considéré comme un joyau précieux du patrimoine culturel et architectural de Montréal. Il ne laissera certainement pas indifférents organes de presse, mélomanes passionnés de musique andalouse et néophytes, qui pourront y découvrir tout le bonheur que procure une formation de légende interprétant un répertoire sorti tout droit de l’Histoire.

L’Orchestre Labrihi, présidé par le grand maître Haj Anas El Attar, se produira le 12 mai 2018 à Montréal. L'École Brihi Depuis le XIXème siècle, l’orchestre conserve la Nouba de la musique Ara- boAndalouse, héritée de la tradition musicale arabe et forme de grands instrumentistes comme de grands interprètes.

Depuis le XIIème siècle, de Bagdad (capitale des Abbassides) à Cordoue (capitale de l’occident musulman), en passant par Grenade, Séville..., et grâce à de grandes figures qui ont fait l’histoire, tels Abou El Hassan Ali Ben Nagiq ou Ziriab, la musique andalouse s’est développée et rayonné, bien au-delà des frontières de l’Andalousie. Rois et empereurs qui ont gouverné le Maroc, et continuent, ont été de grands mécènes pour les arts, en général et la musique andalouse en particulier. C’est ce qui explique que cet art a transcendé le temps, aboli les frontières et symbolise aujourd’hui la diversité. Le maître Anas El Attar Maître Anas El Attar, Chef actuel de l’Orchestre Labrihi, est né et a grandi dans une famille d’intellectuels; son grand-père et son père étaient de grands soufis, reconnus dans le monde arabe. De plus, son grand-père maternel, cheikh Mohammed ben Abdeslam Labrihi était le fondateur de cette grande école de la musique arabo-andalouse née au XIXème siècle. Cette formation qui perpétue l’école traditionnelle de la ‘Ala Andaloussia’ de Fès regroupait plusieurs grands

Maîtres (Mâalams), tels que Sidi Ahmed Lamtiri et Kourriche. Elle en a formé d’autres comme Haj Ahmed Loukili et Haj Abdelkrim Rais. Anas El Attar a grandi dans cette magnifique dynamique de musique et de mélodies. Deux décennies, Anas El Attar a été un brillant disciple de Haj Abelkrim Rais, qui lui a offert son R’bab, vieux de deux cents ans, hérité de Mâallam Brihi et qu ia une valeur historique inestimable. Anas El Attar a appris plusieurs Sanâ’as et Naoubas du grand Maître Abdelkrim Rais et de plusieurs autres tels Mohammed Larbi Tamsamani, Mohammed Twizi, Mohammed Tazi Massano... La qualité de ses œuvres fait de lui aujourd’hui l’un des plus grands Mâallams de la musique

andalouse, maître connu et reconnu. Le fondateur Mohamed Benabdeslam Labrihi, fondateur de l’orchestre-école, est un Mâllam (maître) de musique arabo-andalouse, né à Fès à la fin du XIXè siècle, décédé dans les années 1940. Il connaissait les modes andalous par cœur, sans se référer aux notes, car il les avait appris à l’oreille, de ses maitres, dont son père Abdeslam Labrihi. De son temps, à Fès, il était le Maître le plus connu et le plus respecté Sa musique est d’une virtuosité inégalée. C’est le« tarab alkabir» des andalous. Sa formation, (firqa), comprenait très peu de musiciens, cinq au maximum.

R’bab, ins trument qui donne le rythme, accompagné du luthiste, qui jouait du oud andalou à cinq cordes, et du percussionniste, avec la derbuqa, puis le violoniste ‘kaman’, le chanteur ‘munshid’ et un claqueur de mains ‘seffaq’. Il reste aujourd’hui très peu d’enregistrements de la musique de Labrihi, généralement des disques microsillons 78 tours contenant quelques extraits de prestations données en 1920, dans lesquels il est accompagné du munshid Driss Benjelloun, du luthiste Azzuz Bennani et du violoniste Al-Mtiri. Assez cependant pour donner toute la mesure de sa virtuosité, dont on retrouvera beaucoup d’accents dans la prestation le 12 mai 2018, de son illustre descendant Anas el Attar.

Le Mâllamlui-même jouait du

1er et 2 juin 2018 à Montréal

Premier Festival des musiciens du monde

Afin de faire rayonner l’ADN multiculturel de Montréal, le Festival des musiciens du monde met à l’honneur durant 3 jours les créations artistiques de musiciens talentueux et organise des ateliers participatifs pour le public. Les créations artistiques impliquent une vingtaine de musiciens professionnels autour de Didem Basar, de Nazih

Borish, de Pooria Pournazeri et de Zal Sissokho. Ces nouvelles œuvres, fruit de résidences étalées sur plusieurs mois au Centre des musiciens du monde, seront créées lors deux soirées exceptionnelles à l’Église SaintEnfant-Jésus du Mile-End, les 1er et 2 juin 2018. Les journées du samedi 2 et du dimanche 3 juin seront consacrées à la création d’autres

projets musicaux et chorégraphiques, ainsi qu’à des ateliers participatifs dans les locaux du Centre des musiciens du monde et dans le magnifique Parc Lahaie. Lors de ce festival immersif et interactif, des activités seront organisées pour tous les âges avec de l’éveil musical, un conte persan, des ateliers de danse et de percussions ainsi

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que des rencontres musicales avec des artistes issus de différentes cultures. Le public pourra ainsi s’essayer à différents styles et instruments de musique, en interagissant avec les musiciens présents.

Sur une superficie de 2200 pieds carrés, le Centre des musiciens du monde est un lieu unique en son genre consacré à la création artistique et aux ren-

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contres interculturelles. Ouvert au public, cet incubateur de projets artistiques offre des ateliers interactifs, des ateliers découvertes et des concerts-conférences pour mieux apprécier les cultures musicales qui contribuent à façonner l'identité unique de Montréal.


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À l’initiative du Centre culturel marocain Dar al Maghrib

1ère édition du Salon du Livre et de la Littérature marocaine jusqu’au 28 avril 2018 à Montréal Le Centre Culturel Marocain – Dar Al Maghrib organise la première édition du Salon du livre et de la littérature marocaine à Montréal, du 17 au 28 Avril 2018, en partenariat avec Le Ministère de la culture et de la Communication (Direction du Livre), E-Passerelle et l’Union des Éditeurs du Maroc. Cette initiative est placée sous le « La culture plurielle au service du vivre ensemble ». Un programme de choix 6 participants invités du Maroc et 17 vivant au Canada, 10 conférences, débats et tables rondes animées par des intellectuels marocains et canadiens, 5 présentation et signature des livres écrits en 2017 et 2018 par des auteurs et écrivains marocains résidant au Canada animeront l’événement. Une Performance poétique musicale, une exposition de plus de 1000 titres d’auteurs marocains vivant au Canada et au Maroc et des institutions gouvernementales, académiques et de recherche, une exposition des Beaux-Livres sur le patrimoine du Maroc et une grande soirée Gala en hommage à la créativité littéraire des marocains du Canada sont au programme. Un président d’honneur prestigieux Le président d’honneur du Salon est Driss Jaydane, philosophe, essayiste marocain, chroniqueur à Luxe Radio (Maroc) et directeur de la collection «Royaume des Idées» (Maroc). Il a publié plusieurs romans, des essais spécialistes des questions de la diversité culturelle. Il a publié« Le jour venu» (Seuil),« Le divan marocain» (le Fennec), «Artisan d’un destin autre» (Bouillon de Culture». Faites votre choix - Mardi 17 avril 2018 de 19h à 20h30; table-ronde sur «Le rôle de l’intellectuel, le vivre ensemble et le renforcement du dialogue interculturel», au Centre Culturel Marocain « Dar Al Maghrib » (515, av. Viger) avec : - Driss Jaydane (philosophe, essayiste et directeur de la collection «Royaume des Idées»; Maroc - Rachida Azdouz, écrivaine résidant au Canada, psychologue, spécialiste de la diversité culturelle et du vivre ensemble, Vice Doyen de l’Université de Montréal - Moha Ennaji, auteur, critique, politologue, professeur à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah à Fès et président du centre nord-sud pour le dialogue interculturel

- Moujahid Houssein, Secrétaire de l’Institut Royal de la Culture Amazigh (IRCAM)Maroc - Kamal Benkirane, écrivain résidant au Canada, directeur d’E-Passerelle - Yolande Cohen, écrivaine et professeur d’histoire à l’Université de Montréal - Modération : Jamal Eddine Tadlaoui, professeur en médiation Interculturelle à l’Université de Sherbrooke - 21h00 : Signature du dernier livre de Driss Jaydane, intitulé « La Faute et le Festin » qui traite de la question de la diversité culturelle. Driss Jaydane, philosophe, essayiste marocain, chroniqueur à Luxe Radio (Maroc) et directeur de la collection «Royaume des Idées», (Maroc). Il a publié plusieurs romans, des essais, spécialistes des questions de la diversité culturelle. Mercredi 18 avril de 19h à 20h30 Lecture de poésie (en français et en arabe), ouvert au public Lieu : Centre Culturel Marocain « Dar Al Maghrib », 515, av. Viger Invités : - Fatiha Morchid, poétesse et romancière marocaine - Fayrouz Fawzi, poétesse marocaine résidant au Canada - Majid Blal, romancier et poète marocain résidant au Canada - Georges Amsellem, poète marocain résidant au Canada - Animation : Akila Sekhri, docteure en lettres, animatrice radio FM 106.3 Jeudi 19 avril - 19h à 21h Conférence/débat « La culture face à l’obscurantisme et la xénophobie » Lieu : Centre Culturel Marocain « Dar Al Maghrib », 515, av. Viger Intervenants : - Driss Jaydane, Driss Jaydane, spécialistes des questions de la diversité culturelle. Soumaya - Naâmane Guessous, écrivaine, Professeur Universitaire de Sociologie- Maroc - Mostafa Benfares, écrivain marocain résidant au Canada, critique littéraire - Moujahid Houssein, Secrétaire de l’Institut Royal de la Culture Amazigh (IRCAM)Maroc - Redouane Bnou-Nouçair, écrivain marocain résidant au Canada - Modération : Abdelghani Dades, Journaliste résidant au Canada - Vendredi 20 Avril (13 – 15 h) Lieu : Bibliothèque Saint-Michel à Montréal

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Présentation du livre collectif édité au Maroc « Ce qui nous somme » - Abdelkader Retnani, éditeur, Président de l’Union professionnelle des éditeurs du Maroc et directeur général de la maison d’édition La croisée des chemins –Maroc - Driss Jaydane, écrivain marocain et enseignant de philosophie, Modération : Abdelghani Dades, Journaliste résidant au Canada

Marocain « Dar Al Maghrib », 515, av. Viger Conférencier : - Moujahid Houssein, Secrétaire de l’Institut Royal de la Culture Amazigh (IRCAM) – Maroc - Modération : Abdelkader Retnani, Éditeur, Président de l’Union professionnelle des éditeurs du Maroc et directeur général de la maison d’édition La croisée des chemins – Maroc

- Samedi 21 avril de 10h à 12h Conférence- débat « Culture immatérielle du Maroc, Expressions Artistiques Amazighes» Lieu : Centre Culturel

- Samedi 21 avril de 9h00 à 16h00 : Espace enfant Espace lecture Atelier callig-

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À l’initiative du Centre culturel marocain Dar al Maghrib

1ère édition du Salon du Livre et de la Littérature marocaine jusqu’au 28 avril 2018 à Montréal Suite de la page 30 raphie Compte pour enfant Animation clown - Mardi 24 avril à 19h00 Littérature Jeunesse Lieu : Centre Culturel Marocain « Dar Al Maghrib », 515, av. Viger - Présentation et signature du livre « Words », écrit par Soukayna Lahlou, jeune marocaine résidant au Canada - Modération : Khalil Fensab ; Directeur de Canada junior - Jeudi 26 avril à 19h00 Conférence, ouvert au public Lieu : Centre Culturel Marocain « Dar Al Maghrib », 515, av. Viger « Le constitutionalisme marocain, réponses aux défis de la diversité et du vivre ensemble » Conférencier : - Ismail Harakat; Politologue résidant au Canada Modération ; - My Hicham Mouatadid ; Politologue résidant au Canada - Vendredi 27 avril à 19h00 Rencontre auteur Lieu : Centre Culturel Marocain « Dar Al Maghrib », 515, av. Viger Présentation et signature du livre « Les souliers mauves et autres nouvelles » édition 2018, de Kamal Benkirane, auteur résidant au Canada et directeur de E-Passerelle - Modération : Nathalie Rochefort ; Directrice de

l’organisme DeGama - Samedi 28 avril à 10h00 Conférence/débat La langue comme vecteur de l’identité (en langue arabe) Lieu : Centre Culturel Marocain « Dar Al Maghrib », 515, av. Viger - Présentation du livre Hafed Ezzabour, Poète marocain résidant à l’Étranger - Animation : Soheir Fozat, poétesse syrienne rédidant au Canada Samedi 28 avril de 9h00 à 16h00 – Espace enfant Espace lecture Atelier calligraphie Compte pour enfant Animation clown - Samedi 28 avril à 15 h Rencontre autour de l’œuvre de l’écrivain Najib Redouane, écrivain marocain résidant au Canada, en partenariat avec le programme mille et une soirées littéraires de E-Passerelle Lieu : Centre Culturel Marocain « Dar Al Maghrib », 515, av. Viger - Modération : Kamal Benkirane 20 h : Soirée de gala de clôture en hommage à la créativité littéraire des marocains du Canada. Lieu : Centre Culturel Marocain « Dar Al Maghrib », « Les compétences littéraires marocaines au Canada; Moteur du développement, de compréhension et de promotion des valeurs de tolérance et de dialogue » Animation : Najib Redouane

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Le Maroc invité d’honneur au SILQ

Un hommage rendu au dialogue culturel maroco-québécois La participation du Royaume du Maroc comme invité d'honneur de l’édition 2018 du Salon international du Livre de Québec (SILQ) est un hommage à la culture marocaine et la consécration d'une histoire remarquable de dialogue culturel maroco-canadien, ainsi qu'une invitation à créer de nouveaux ponts de coopération culturelle entre les deux pays, a affirmé, mercredi soir, le ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed El Aaraj. "Aujourd'hui, alors que le Maroc bénéficie du statut d’invité d’honneur du Salon international du Livre de Québec, un rendezvous incontournable sur la scène culturelle et littéraire internationale grâce à la place qu’il occupe sur la carte des salons internationaux dédiés au Livre, nous nous trouvons tous devant une grande opportunité pour affermir nos relations culturelles, grâce à l’ensemble des activités programmées à cette occasion", a soutenu M. El Aaraj dans une allocution lue en son nom par Mme Fatima Ait Mhand, chef du Service de la coopération internationale au ministère, lors de la cérémonie d’inauguration officielle du Salon. Le ministre a indiqué que le Salon offrira aux visiteurs l’occasion de découvrir un riche fonds documentaire composé de plus de 2.000 titres édités par les maisons d’édition marocaines présentes à cette manifestation, ainsi que par plusieurs institutions officielles et scientifiques marocaines qui ont accumulé au fil des ans un fonds non négligeable de publications de haut niveau. Il s’agit, a-t-il dit, d’ouvrages représentant certains aspects de la dynamique de la pensée et de la création marocaines et reflétant la richesse et la diversité des expressions culturelles du Royaume, relevant que les visiteurs auront aussi l’opportunité de rencontrer une élite d’éminents noms marocains, ayant accumulé des publications de grande valeur dans les domaines de la création, de la recherche et de la pensée, et dont certains sont établis au canada.

Il a fait savoir que ce programme permettra, sans doute, aux visiteurs de découvrir la richesse de la création littéraire des écrivains marocains qui partagent avec leurs semblables québécois la même volonté d’échange et qui sont portés par la même dynamique de dialogue culturel, auquel le présent Salon participe avec succès. M. El Aaraj a précisé que la programmation d’activités centrées sur la culture marocaine a un double objectif : d’une part, aspirer à mettre les lecteurs et intellectuels québécois au fait de cette ample dynamique que connaît la scène culturelle au Maroc, et leur permettre, grâce au fonds documentaire exposé, de former une idée claire sur la production littéraire marocaine qui pourrait les inciter à vouloir mieux connaître les écrivains marocains qui se sont fait remarquer à l’international, par la qualité de leurs écrits qui leur ont valu de nombreux prix littéraires internationaux. "Nous souhaitons, en second lieu,

que la communauté marocaine du Canada puisse trouver, grâce à cet événement culturel, l’opportunité de renouer avec leur culture et de stimuler leurs liens avec leurs origines identitaires et civilisationnels", a-t-il poursuivi, mettant en relief la présence active des Marocains du Canada et leur engagement serein et responsable dans l’ensemble des domaines de la vie économique et de la recherche de ce pays. M. El Aaraj, qui a souligné que le présent hommage consacré à la culture marocaine constitue une importante étape dans le partenariat maroco-québécois, a affirmé l’attachement de son département à renforcer ce partenariat et à le développer par le biais d’initiatives et d’opérations culturelles ayant pour objectif le développement des échanges entre les cultures marocaine et québécoise, notamment dans le domaine du livre, telles que l’exploration des possibilités de traduction conjointe de certaines des œuvres majeures marocaines et québécoises, de coédition d’ouvrages

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abordant les préoccupations communes fondamentales, ainsi que le renforcement des échanges des expertises et des données dans le domaine du réseau de lecture publique, un volet sur lequel le Maroc parie afin de rapprocher la culture des régions et populations éloignées des grands centres. "Ce sont-là quelques exemples de chantiers et il y en a sans doute plusieurs autres qui nous permettront d’élaborer ensemble plusieurs projets de coopération culturelle", a-t-il conclu. Cette cérémonie, agrémentée par des morceaux de musique interprétés par la troupe "Salamate Gnawa", a été marquée par la présence notamment de la ministre québécoise de la Culture et des Communications, responsable de la protection et de la promotion de la langue française, Marie Montpetit, du ministre canadien de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, représentant la ministre fédérale du patrimoine canadien, Mélanie Joly, de la Consule générale du Royaume du Maroc à

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Montréal, Habiba Zemmouri, du directeur du Livre et de la Lecture au ministère de la Culture et de la Communication, M. Hassan El Ouazzani, du directeur du Centre culturel marocain "Dar Al-Maghrib" à Montréal, Jaâfar Debbarh, de députés et politiques québécois, et d’illustres personnalités du monde littéraire et de la culture marocains et québécois. De leurs côtés, les autres intervenants, dont Mme Montpetit et le président d’honneur du Salon, le grand écrivain et romancier EricEmmanuel Schmitt, ont insisté sur l’importance de ce rendez-vous culturel incontournable qui se veut une invitation au dialogue, au débat et à la découverte des autres cultures, ajoutant que cette manifestation culturelle de grande facture offre l’occasion pour le grand public passionné de lecture et d’écriture de partager des idées et des histoires et de jeter de nouveaux ponts de rencontres entre différentes écritures, cultures et civilisations. Source : Maghreb Arabe Presse


Cultures

Les maroco-canadiens au Salon International du livre de Québec Lors de cette manifestation hautement culturelle, ont été présents pour applaudir la participation honorifique du Maroc à cette édition, quelques cinquante maroco-canadiens. Le déplacement de ces membres de la com-

munauté marocaine a été organisé par Selma Regragui d'une façon independante. Cette participation souligne un engagement sincère à consolider les liens entre la culture mère et celle du Canada.

Ce groupe de compétences, oeuvrant dans différents domaines d'envergure, a été reçu à l'assemblée nationale du Québec par Madame Marie Montpetit, Ministre de la culture, de la communication et de la promotion de

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la langue française, ainsi que par Monsieur David Heurtel, Ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion et les députés de Laval, M Saúl Polo et M Jean Habel.

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La communauté a prouvé encore une fois son incommensurable dévouement envers la construction de ponts solides entre les cultures québécoise et marocaine


Actes

Hommage à un engagement de vie

Badreddine Filali-Baba, Chevalier de l’Ordre Lafayette

L’acteur associatif Badreddine Filali Baba a été intronisé vendredi 13 avril Chevalier de l’Ordre Lafayette au siège de l’Union française de Montréal en présence d’un nombreux public composé d’officiels, d’amis et de proches du nouveau Chevalier. Ému, M. Filali Baba considère cette distinction comme le couronnement de tout un parcours associatif et professionnel. Ce dernier a été effectué essentiellement pour le compte du Groupe Lafarge-Holcim, leader mondial de l’industrie du ciment, au sein duquel il a occupé divers poste de responsabilités que ce soit au Maroc, en Suisse ou au Canada. Il n’était d’ailleurs pas peu fier d’annoncer la présence de M. Jean-Maurice Forget , viceprésident du groupe pour le Canada qui a tenu à assister à cette

cérémonie où un ancien collègue apprécié a été distingué.

Une fois installé au Canada au tout début des années 2000, le nouveau Chevalier n’a jamais oublié son Maroc en dépit d’une charge de travail fort exigeante. Il était ainsi un consultant écouté au Forum des compétences canadomarocaines et assiste toujours assidument à nombre très appréciable d’activités communautaires, allant de la culture au patrimoine en passant par des conférences et autres pièces de théâtre. Autant dire que le jeune retraité et grandpère mène une vie bien pleine à cheval entre Montréal et Rabat. Au Maroc, Badreddine Filali Baba mène une vie tout aussi trépidante en sélectionnant soigneusement

ses activités. À rappeler à ce titre que Badreddine Filali Baba est également membre de l’Ordre Lafayette Maroc, créé tout récemment et qui entend servir de pont entre les deux rives de l’Atlantique, notamment dans l’aspect historique touchant les relations maroco-américaines.

L’Ordre Lafayette est appelé à organiser une série d’activités que ce soit au Canada, aux États-Unis ou au Maroc et il est prévu qu’au courant de cet été quelques événements aient lieu au Maroc. Pérenniser le fait français au Canada et aux États-Unis, recenser les sites de mémoire, évoquer l’héritage du Marquis de Lafayette qui a donné son nom à cette institution… font

partie des missions que l’Ordre Lafayette entend mener à bien. Félicitations au Chevalier et remerciements au Grand

Commandeur Gérard Charpentier qui a honoré l’une des figures de proue de la communauté marocaines.

Distinction de l’Ontario pour les membres du comité exécutif de l’AMDT

Les membres du comité exécutif de l’association marocaine de Toronto ont été honorés et ont reçu la Distinction de l’Ontario pour leurs années de services bénévoles pour la communauté. L'honorable Laura Albanese,

Ministre des Affaires civiques et de l’Immigration, offre cette reconnaissance aux personnes qui fournissent un service dévoué à une organisation, association et leur communauté.

d’ancienneté sont: - Mme Fatiha Mountassir, - M. Mohamed Ferhat, - M. Hassan Douelrachad, - Mme Nadia Rachadi, - M. Zakaria Habib - M. Salaheddine Tahori

Les récipiendaires de ce prix pour cette par ordre

Nos sincères félicitations à l’ensemble de la communau-

té marocaine de l’Ontario pour avoir été reconnue et récompensée à travers cette reconnaissance de l’exécutif de l’Association marocaine de Toronto, à M Faouzi Metouilli, président, pour son dévouement, abnégation et travail d’équipe ainsi qu’aux récipiendaires de cette impor-

tante distinction pour leur altruisme, disponibilité et sens de responsabilité lorsque le devoir de servir la communauté et de promouvoir l’échange et l’inclusion appellent.

CCA : Excursion à Ottawa le samedi 05 mai 2018 Le Centre Culturel Algérien (CCA) organise une excursion à Ottawa le samedi 05 mai 2018. Détails de l’événement : Destination : Ville d'Ottawa Date départ : Samedi 05 mai 2018 Durée de l’excursion : Une journée Heure de Départ : 7h30 du matin Point de départ : Devant le local du CCA (2348, Jean-Talon Est, bureau 307, métro Iberville) Heure prévue du Retour : 20h30-

21h00 à Montréal Le prix de l’excursion comprend : Transport en autobus de luxe (climatiseur + vidéo + toilette) Animation dans le bus Pause-café du matin (petit déjeuner) Visite de la maison du gouverneur Visite guidée du parlement Pour plus d'information : Achat de billets :

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Veuillez vous présenter au siège du CCA pour acheter vos billets pendant nos heures d'ouverture (Jours de semaine de 18h30 à 21h. Samedi et dimanche: Adresse: 2348, Jean Talon Est, Bureau 307, Montréal (Québec), H2E 1V7 Canada, Merci d'appeler avant de passer au 514 721-4680). Adresse courriel: info@ccacanada. org

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Pour en savoir davantage sur l’objectif et le déroulement de ces excursions ainsi que sur les conditions qui s’appliquent à ce type d’activités récréatives organisées par le Centre Culturel Algérien, lire la charte des excursions. Cette charte est disponible au secrétariat du ou sur le site Internet à l’adresse : http://ccacanada.org


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