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nº 324 du 5 au 18 avril 2018

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Budget 2018 – 2019 du Québec

Allégements fiscaux et réalimentation des programmes sociaux

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Intégration des immigrants au monde du travail

D’importantes annonces seront faites incessamment

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nยบ 323 du 22 mars au 4 avril 2018


Argent Editeur : Abdelghani Dades. Directeur Général Rachid Najahi. Rédaction : Abdelghani Dades, Wahid Megherbi, Narjisse El-Bakkali, Zahira Ellahgui, Mona Doutabaa, Said Chayane, Reda Benkoula Publicité : Pub Smart Conception et Réalisation Graphique : Atlas Média

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Allégements fiscaux et réalimentation des programmes sociaux

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M Carlos Leitão, ministre des Finances du Québec Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a récemment déposé le cinquième budget du gouvernement libéral, le dernier avant le scrutin d’octobre prochain. À six mois des élections générales, le ministre des Finances, Carlos Leitão, accélère la croissance des dépenses de programmes à 5,2 % en 2018-2019 — un niveau inégalé en 10 ans — en plus d’alléger grandement le fardeau fiscal des PME. Qui plus est, le gouvernement québécois compte équilibrer les

comptes, au cours des trois prochaines années, au moyen des surplus engrangés dans le passé récent. Seulement en 20182019, il puisera pas moins de 1,6 milliard de dollars dans la réserve de stabilisation. « On dépense l’argent que nous avons », a dit le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand. Soutiens aux familles et aux communautés M. Leitão effectivement toutes les ressources disponibles.. Il accroît l’aide fiscale allouée aux familles dont les enfants fréquentent un service de garde

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non subventionné, prolonge le crédit d’impôt remboursable RénoVert jusqu’en mars 2019, élargit la portée de celui pour les aidants naturels d’une personne majeure, bonifie le crédit d’impôt pour les travailleurs d’expérience et injecte près de 25 millions en cinq ans pour assurer la vitalité des communautés d’expression anglaise. Ce n’est pas tout. Le gouvernement allonge 509 millions afin de déployer la Politique culturelle au cours des cinq prochaines années. « Ce budget est porteur d’initiatives concrètes pour améliorer la qualité de vie, en donnant plus de temps aux

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familles, en améliorant la mobilité par de grands projets structurants et en offrant un meilleur soutien à ceux qui en ont besoin », a déclaré M. Leitão à l’Assemblée nationale. 9,3 milliards de dollars pour les infrastructures Le gouvernement libéral injecte également de l’argent dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) 2018-2028, ajoutant des projets totalisant 9,3 milliards de dollars, dont la concrétisation du Réseau structurant de transport en commun

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Budget 2018 – 2019 du Québec

Allégements fiscaux et réalimentation des programmes sociaux Suite de la page 3 de Québec et la réfection d’établissements de santé et d’enseignement vétustes. Atteignant désormais 100,4 milliards, le PQI a atteint sa « limite », estime « personnellement » M. Leitão. Impôts : un bol d’air pour les PME Après avoir encaissé durement la bonification des normes du travail et du Régime québécois d’assurance parentale, sans oublier la hausse du salaire minimum à 12 $ l’heure, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a accueilli comme une bouffée

d’air frais la baisse de la taxe sur la masse salariale et du taux d’imposition des PME. Celle-ci permettra aux petites et moyennes entreprises de réaliser des économies de 600 millions par année, selon la FCEI.

dans le fonds consolidé de l’État afin de tirer vers le bas dès cette année les comptes de taxes scolaires des propriétaires fonciers québécois. Plus 4,6% en santé et services sociaux

Le gouvernement libéral s’est toutefois abstenu de consentir de nouvelles baisses d’impôt aux particuliers. M. Leitão écarte également la possibilité de le faire au moyen d’une mise à jour économique et financière avant le scrutin. « Ce serait électoraliste », a-t-il fait remarquer à la presse.

M. Leitão a donné sa bénédiction à l’accélération de la croissance des dépenses à hauteur de 4,6 % en santé et services sociaux (+1,671 milliard). Il s’agit d’une somme sans précédent depuis l’arrivée de Gaétan Barrette à la tête du ministère de la Santé.

Le gouvernement libéral puise également près de 500 millions

Les établissements de santé et de services sociaux voient leurs budgets revus à la hausse de 1,336 milliard (+5,3 %). L’accès

aux soins de santé s’en trouvera « amélioré » dans toutes les régions du Québec, promet le gouvernement libéral.

L’enveloppe consacrée à la rémunération des médecins croît

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«On dépense l’argent que nous avons»

affirme Pierre Arcand, président du Conseil du trésor Évoquant le budget, « On dépense l’argent que nous avons », a dit le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand. Mais d’où vient cet argent? Le gouvernement québécois a dégagé un excédent au cours des huit premiers mois de l’exercice budgétaire 2017-2018, selon les plus récentes données du ministère des Finances. En soustrayant un montant de 1,5 milliard versé au Fonds des générations, le solde s’établit à 2,9 milliards. Le Rapport mensuel des opérations financières, qui présente notamment une hausse de 3,9 % des revenus comparativement à 3,3 % du côté des dépenses, précise que ce surplus fondra sous l’effet des annonces faites cet automne. Allégements fiscaux « À la suite de la mise à jour de novembre 2017, il est prévu que le solde budgétaire soit à l’équilibre en 2017-2018 », indique le ministère des Finances

dans un document récemment publié. Il mentionne l’allégement de 1,1 milliard du fardeau fiscal des particuliers, dont 322 millions seront inscrits aux livres d’ici le 31 mars, de même que « l’impact attendu de 2,3 milliards de dollars découlant notamment de l’accélération des dépenses des ministères et organismes ».

La mise à jour de l’automne dernier, dépeinte par les partis d’opposition comme un geste préélectoral à l’approche du scrutin d’octobre 2018, a notamment prévu des sommes pour la santé et l’éducation. Le ministre des Finances, Carlos Leitão, s’était gardé de réduire l’impôt des PME, tout en laissant la porte ouverte à « des mesures » lors du prochain budget. Les finances publiques ont bénéficié en 2017 d’une vigueur économique plus forte que lors des années précédentes. Au cours des 11 premiers mois de l’année, la croissance du produit intérieur brut a atteint 3,2 %, selon ce qu’a annoncé l’Institut de la statistique

du Québec il y a deux semaines. Ce rythme s’est avéré deux fois plus rapide que celui de 1,7 % observé en 2016. Par conséquent, l’impôt des sociétés versé au gouvernement québécois a grimpé de près de 14 % au cours des huit premiers mois de 2017-2018 comparativement à l’année précédente, selon le Rapport mensuel des opérations financières. Les taxes prélevées par Québec ont aussi augmenté de 7,1 %. Quant à la hausse des dépenses de 3,3 %, elle comprend une augmentation de 4,1 % des dépenses de programmes, mais aussi une baisse de 4,8 % des frais liés au service de la dette. Réserve de stabilisation Quand le ministère des Finances a fini de compiler ses données, en juin 2017, il a indiqué que l’excédent de 2016-2017 s’élevait à 2,5 milliards, après versement de 2 milliards au Fonds des générations. Au départ, il avait prévu un excédent de 250 mil-

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M Pierre Arcand, lions. Cela signifiait que la réserve de stabilisation, mise sur pied lors de la récession de 2009, allait grimper à 4,7 milliards. L’ampleur prévue de la réserve a suscité des questionnements de la part des économistes et fiscalistes, certains s’interrogeant sur la pertinence de mettre de côté autant d’argent ou, encore, sur la nécessité de réfléchir au montant idéal qu’elle devrait contenir. À l’approche du budget de Québec, l’Ordre des CPA lance l’idée d’adopter « une politique

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de gestion responsable et durable de la Réserve de stabilisation et du Fonds des générations ». Dans un communiqué diffusé lundi, il a exprimé le désir qu’une « réflexion ouverte et transparente soit menée afin de définir formellement le niveau optimal » de la Réserve. L’Ordre des CPA suggère aussi de déterminer une politique de décaissement du Fonds des générations, afin de procéder au remboursement concret de la dette plutôt que de l’exposer au risque des marchés.


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Budget 2018 – 2019 du Québec

Allégements fiscaux et réalimentation des programmes sociaux Suite de la page 4 quant à elle de 0,6 % (+44 millions) entre 2017-2018 et 20182019. Cela dit, le montant réservé à la rémunération des médecins bondira de 4,6 % au lendemain des élections générales. Le gouvernement libéral compte ainsi débourser 352 millions en 2019-2020 afin d’honorer les ententes conclues avec les fédérations médicales — sur lesquelles les partis d’opposition sont tombés à bras raccourcis. Sans surprise, le PQ et la CAQ ont réitéré leur promesse de réduire en cendres l’entente avec la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ). La part de la rémunération médi-

cale passera de 21,2 % des dépenses de programmes en santé et services sociaux à 19,9 % de 2017-2018 à 2018-2019, s’enorgueillit l’équipe de Philippe Couillard. « Cela signifie que l’augmentation des ressources allouées à la santé sera principalement consacrée à l’accroissement des services et à des crédits en faveur des autres professionnels de la santé, qui incluent notamment les infirmières et les préposés aux bénéficiaires », a fait valoir M. Leitão. Le système éducatif à l’heure numérique M. Leitão délie les cordons de la bourse afin d’« intensifier la transformation numérique du

système éducatif ». « Ces investissements permettront une intégration efficace et une exploitation optimale du numérique au service de la réussite des élèves et des étudiants ». D’autre part, pas moins de 3100 professionnels additionnels accompagneront les élèves du primaire et du secondaire dès la rentrée de septembre prochain, a promis le ministre Sébastien Proulx, en dépit de la pénurie de main-d’oeuvre. Le réseau comptera sur 7700 professionnels de plus d’ici quatre ans, dont quelques centaines d’orthophonistes et d’orthopédagogues. Au moyen de son cinquième

budget, M. Leitão coupe l’herbe sous le pied des autres partis politiques. Pour chaque promesse électorale, ils devront, selon lui, retrancher un service ou alourdir le fardeau fiscal des

Québécois. « Si quelqu’un d’autre veut faire des changements majeurs, il va falloir qu’il explique […] où il prendra l’argent », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Ce qu'en dit l'opposition

Nicolas Marceau

François Legault

« La population n’est pas dupe: elle sait qu’une réélection des libéraux, en octobre prochain, signifierait un autre cycle d’austérité et une hausse du fardeau fiscal, suivi de quelques baisses et cadeaux pour la période préélectorale. […] Depuis quatre ans, on sait tout le mal, toute la souffrance et tout l’appauvrissement qui ont été causés. »

« On peut résumer le mandat de M. Couillard ainsi : il a coupé, il vous a taxé et maintenant, il veut vous acheter. [...] Les Québécois n’ont pas une poignée dans le dos. Ils savent que les libéraux avaient la marge de manœuvre pour remettre de l’argent dans leur portefeuille, mais qu’ils ont plutôt choisi d’en mettre encore plus dans celui des médecins »

porte-parole du Parti québécois en matière de finances

Manon Massé

chef de la Coalition avenir Québec

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co porte-parole de Québec solidaire « Personne n’est impressionné par les pas de danse préélectoraux du gouvernement libéral. Après nous avoir fait reculer de quatre pas lors des derniers budgets, il fait deux petits pas en avant à six mois des élections. Le résultat final ne change pas : le Québec n’a pas avancé. »

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Déclaration de revenus 2017

16 dépenses déductibles… Y avez-vous droit?

Vous avez jusqu’au 30 avril pour produire votre déclaration de revenus. Faites-le, même si vous ne pouvez pas régler le solde au complet. En cas de retard, des pénalités salées s’appliqueront, en plus des intérêts composés sur le solde dû. Et souvenezvous qu’il y a beaucoup de déductions auxquels vous avez peut-être droit. De nombreuses dépenses peuvent en effet être soustraites de votre revenu et par conséquent réduire votre taux d’imposition. En voici quelques-unes : Frais de garde, cotisations syndicales et professionnelles, frais de déménagement… Détails. 1- Frais de garde

Vous pouvez réclamer les frais de garde d’enfants au fédéral. En général, ils peuvent être déduits par la personne qui gagne le revenu le moins élevé. Au provincial, les frais de garde donnent droit à un crédit d’impôt remboursable, sauf s’il s’agit d’un service de garde subventionné par l’État.

2- Frais de déménagement Vous pouvez déduire vos frais de déménagement si vous avez déménagé pour étudier à temps plein dans un établissement d’enseignement, occuper un emploi ou exploiter une entreprise. Vous devez vous être rapproché d’au moins 40 kilomètres de votre nouveau lieu d’études ou de travail.

3- Cotisations syndicales et professionnelles Il est possible de soustraire du revenu imposable au fédéral les cotisations versées à votre association syndicale ou professionnelle. Pensez à réclamer le remboursement de la taxe sur les produits et services (TPS) payée sur ces cotisations, si votre employeur est inscrit à la TPS. Au Québec, ces cotisations donnent droit à un crédit d’impôt non remboursable.

6- Produits et services de soutien aux personnes handicapées

9- Gains en capital Vous avez réalisé des gains en capital pour la vente de

Cette mesure comprend une déduction pour le logement ainsi qu’une déduction pour les voyages pour lesquels vous avez bénéficié d’avantages imposables de votre employeur. Il faut avoir demeuré dans la région pendant une période d’au moins six mois consécutifs commençant ou se terminant en 2017.

4- Pension alimentaire pour enfants Si vous versez une pension alimentaire en vertu d’un jugement rendu ou d’une entente établie après le 30 avril 1997, celle-ci ne peut être retranchée de votre revenu ni ajoutée à celui du bénéficiaire. Dans les autres cas, elle est déductible du revenu du payeur et imposable pour le bénéficiaire 5- Régime enregistré d’épargne-retraite (REER) Le fisc permet de retrancher de votre revenu les cotisa-

tions versées à votre Régime enregistré d’épargne-retraite (REER). Les revenus faits sur ces placements augmentent eux aussi à l’abri de l’impôt. Cependant, l’État vous attend au détour. À votre retraite, vous serez imposé sur les retraits que vous effectuerez. Toutefois, comme votre revenu devrait être moindre, votre taux d’imposition devrait également être moins élevé.

Peut-être avez-vous droit à la déduction fiscale pour les habitants de régions éloignées.

11- Personnel des Forces canadiennes et des forces policières

Les personnes ayant une déficience et qui ont payé certains frais peuvent, sous certaines conditions, demander une déduction pour produits et services de soutien aux personnes handicapées. Celle-ci peut s’appliquer à des logiciels, des lecteurs optiques ou des manuels parlés, par exemple.

certains biens (par exemple, une société agricole familiale, une société de pêche familiale ou une société qui exploite une petite entreprise) dans le cadre du transfert d’une entreprise familiale? Vous pourriez avoir droit à une déduction pour gains en capital, ce qui permettrait de réduire votre revenu imposable.

7- Perte au titre d’un placement d’entreprise

Ottawa accorde une déduction aux membres des Forces canadiennes et aux policiers qui ont été affectés à l’étranger à des missions à risque élevé ou modéré. L’État vise ainsi à améliorer la qualité de vie de ceux qui défendent les intérêts des Canadiens. 12- Cotisations au Régime provincial d’assurance parentale pour les travailleurs indépendants

Vous avez subi une perte au titre d’un placement d’entreprise en 2017. Vous pouvez déduire la moitié de ce montant de votre revenu. Comme l’exercice peut s’avérer compliqué, n’hésitez pas à vous adresser à un comptable. 8- Frais financiers et les frais d’intérêt Vous avez le droit de soustraire les frais d’intérêt et d’emprunt contractés pour gagner des revenus de placements, les frais de gestion des placements, les honoraires des conseillers en placements et le comptable payé pour faire remplir votre déclaration.

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10- Habitants d’une région éloignée Vous avez habité au Nunavut, aux Îles-de-laMadeleine ou dans une autre zone éloignée en 2017?

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Vous êtes travailleur autonome et gagnez plus de 2 000 $ par année. Dans ce cas, vous devez contribuer

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Votre argent

Déclaration de revenus 2017

16 dépenses déductibles… Y avez-vous droit? Suite de la page 6

au Régime québécois d’assurance parentale (RQAP).

certaines dépenses faites pour gagner un revenu d’emploi. D’abord, vous devez avoir été obligé d’effectuer ces dépenses par

(travailleurs autonomes) Les travailleurs autonomes peuvent se prévaloir de certaines déductions. Certaines de leurs dépenses sont déductibles à 100 %, alors que d’autres le sont partiellement. Par exemple, les fournitures de bureau, le transport et la publicité sont déductibles à 100 %, tandis que le loyer, le chauffage et l’électricité le sont à 50 % du montant déduit au fédéral et en fonction de l’espace occupé dans lieu de travail. 15- Dépenses liées à l’utilisation du domicile

exemple, le chauffage, l’éclairage et les primes d’assurance.

Comment calculer les déductions fiscales Ce régime verse une contribution aux travailleurs et travailleuses admissibles qui prennent un congé parental, un congé de maternité, un congé de paternité ou un congé d’adoption. Vous avez le droit de déduire 43,68 % du montant de vos cotisations au RQAP. 13- Dépenses liées à l’emploi Sous certaines conditions, vous avez le droit de déduire

Une déduction fiscale est calculée selon le taux marginal d’imposition, soit le pourcentage payé à l’impôt sur le dernier dollar gagné. Ainsi, si votre taux marginal d’imposition est de 37 %, chaque déduction de 100 $ réduit votre impôt de 37 $.

contrat. Ensuite, vous ne devez pas avoir reçu d’allocation pour ces dépenses ou celle-ci doit avoir été incluse dans votre rémunération. Notez que la plupart des employés n’ont pas droit à cette déduction. On ne peut pas soustraire, par exemple, les dépenses liées au transport pour se rendre au travail, comme la plupart des outils ou des vêtements. 14- Fournitures de bureau

(travailleurs autonomes) Les travailleurs indépendants ont le droit de soustraire les frais liés à l’utilisation d’une partie de leur domicile pour gagner un revenu. Certaines de ces dépenses sont effectuées pour l’ensemble du domicile, par

Dans ce cas, seule la partie du montant qui se rapporte au bureau est déductible. Dans d’autres cas, les dépenses touchent uniquement au bureau et sont entièrement déductibles. Il pourrait s’agir des frais engagés pour repeindre cette pièce, par exemple.

16- Frais de repas et de représentation (travailleurs autonomes) Le fisc donne aux travailleurs autonomes la possibilité de déduire les frais de repas (nourriture et boissons) et de représentation (billets de spectacles, location d’un local pour donner une réception, etc.) engagés pour gagner un revenu d’emploi. En général, ces travailleurs peuvent réclamer 50 % de ces frais au fédéral ainsi qu’un montant variant de 1,25 % à 2 % de leur chiffre d’affaires au provincial. Bon à savoir!

Aide-mémoire pour votre déclaration de revenus 2017

Déductions fiscales ou crédit d’impôt?

Conservez pendant six ans vos factures et autres pièces justificatives utilisées pour faire vos impôts. Même si vous n’avez pas besoin de les joindre à votre déclaration de revenus, le fisc pourrait vous les demander comme preuve de paiement.

Il ne faut pas confondre les déductions fiscales avec les crédits d’impôt. Alors que les déductions fiscales sont calculées en fonction de la tranche d’imposition, les crédits d’impôt, eux, demeurent les mêmes, quelle que soit la tranche d’imposition dans laquelle on se trouve.

Enfin, vous avez jusqu’au 30 avril pour produire votre déclaration de revenus. Faites-le, même si vous ne pouvez pas régler le solde au complet. En cas de retard, des pénalités salées s’appliqueront, en plus des intérêts composés sur le solde dû.

Bref, une déduction fiscale réduit le montant du revenu imposable, alors que le crédit d’impôt réduira le montant des impôts sur le revenu

Pour en savoir plus sur les pénalités pour production tardive, consultez l’Agence du revenu du Canada et Revenu Québec.

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Sait-on jamais?

Si vous êtes l’un des 434 000 canadiens vérifiés chaque année… Personne ne s’attend à une vérification fiscale. Pourtant, au moins 434 000 Canadiens sont visés chaque année et beaucoup sont pris par surprise quand ils reçoivent la demande de renseignements. Les vérifications vont de la simple demande de pièces justificatives pour une déclaration de revenus personnelle (par exemple, des frais de garde d’enfant) à un examen approfondi, sur place, des registres, factures de vente et allocations de dépenses pour les travailleurs autonomes ou les petites entreprises. Forte de ses 9000 vérificateurs, l‘Agence du revenu du Canada (ARC) dispose de larges pouvoirs dont l’étendue est inquiétante. Mais vous pouvez vous défendre contre une enquête financière. Voici six conseils pour affronter le fisc en pareille situation. Soyez prêt L'ARC peut remonter jusqu'à quatre ans avant votre déclaration. Assurezvous de conserver vos dossiers en conséquence. Devant des rapports en désordre ou incomplets, les vérificateurs peuvent soupçonner que vous avez commis une erreur ou que vous cachez quelque chose. Conseil : Il existe d'excellents logiciels de comptabilité, mais la valeur d'un programme informatique repose entièrement sur la façon dont vous conservez vos papiers. Le meilleur outil ? Une simple chemise-accordéon à pochettes multiples. Idéalement, les dossiers de

déclaration de revenus sont classés par année et divisés en catégories. Réfléchissez avant de parler Une vérification ne veut pas dire que l'on vous croit coupable, mais restez sur vos gardes. Si un vérificateur vous met dans l'embarras, vous devez réagir, mais pas forcément sur-le-champ. Rappelezvous : tout ce que vous dites pourrait être retenu contre vous.

Conseil : Si vous ne savez pas trop comment répondre, adressez-vous à un fiscaliste. La meilleure façon d'en trouver un est de demander des références dans votre entourage. Autrement, communiquez avec l'un des trois ordres professionnels de comptables au Canada : l'Association des comptables généraux accrédités, la Société des comptables en management et les Comptables agréés. Limitez-vous aux demandes En s'efforçant de collaborer, il arrive qu'on soit tenté de remettre toute la comptabilité. Les vérificateurs ne sont pourtant pas censés se livrer à des recherches interminables. Tout ce qu'on leur remettra risque de soulever d'autres questions. Ne prenez pas les devants. Le vérificateur peut toujours demander plus, mais n'en donnez pas davantage. Conseil : Demandez au vérificateur de dresser par écrit la liste de ce qu'il veut. D'ailleurs, conservez une preuve de toute communication avec l'ARC. Si

vous ne pouvez retrouver un document, n'en parlez pas. Souvent, même si on les a, il y a des documents qui ne seront pas consultés en raison de la qualité des autres renseignements fournis. Conservez vos originaux Les agents de l'ARC ont le pouvoir de consulter les originaux de toutes les pièces justificatives, mais ne les perdez pas de vue. En cas de perte ou de destruction, l'ARC peut soutenir que vous ne les avez jamais fournis. Conseil : Si vous devez lui confier vos précieux papiers, l'ARC devrait vous donner un reçu. Assurez-vous que la liste est complète et faites des copies. Gardez votre calme Les vérificateurs sont des êtres humains. Si vous êtes courtois avec eux, ils seront polis. Ce n'est pas

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une simple question de bonnes manières ; les vérificateurs disposent d'un certain pouvoir discrétionnaire quant à l'acceptation des déductions et à l'établissement des pénalités. Demandez-vous s'ils seraient bien disposés à l'égard d'une personne impolie et agressive. Conseil : Misez sur une première bonne impression. Obtenez la liste de ce que veut le vérificateur et préparez le tout de votre mieux afin qu'il puisse s'y retrouver facilement. En principe, il devrait pouvoir examiner les documents sans vous. Soyez informés des recours possibles Si vous faites partie des quelques heureux élus, l'ARC vous avisera par écrit que la vérification est terminée et qu'il n'y a aucun rajustement. Autrement, attendez-vous

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à recevoir une proposition de nouvelle cotisation faisant état des modifications que le vérificateur envisage de recommander sur votre déclaration de revenus. Vous avez 30 jours pour contester la décision. Dans ce cas, l'ARC émettra un avis de nouvelle cotisation qui établira l'impôt additionnel dû avec les intérêts et les pénalités. Si vous n'êtes toujours pas d'accord, vous avez 90 jours pour soumettre un avis d'opposition. S'il est rejeté par la direction générale des appels de l'ARC, vous pouvez porter le litige devant la cour canadienne de l'impôt. Conseil : Les vérifications tournent parfois mal. Si vous entrez en conflit avec un vérificateur ou que vous vous sentez traité injustement, vous êtes en droit de parler à un supérieur ou même de demander un autre vérificateur.


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Salon L’Événement Carrières de Montréal!

180 exposants et plus de 3 000 postes L'Événement Carrières, le plus gros salon de l'emploi et de la formation continue, revient les 11 et 12 Avril 2018, au Palais des congrès de Montréal. Plus qu'un simple salon de l'emploi, c’est le rendez-vous incontournable pour donner un nouvel élan à votre carrière! Un salon organisé par thématiques En plus de l’espace Formation, présentant des établissements d’enseignement pour adultes, L’Événement Carrières regroupe ses exposants par domaines d’activité. Vous pourrez ainsi rencontrer directement les recruteurs des secteurs qui vous intéressent et leur remettre votre CV en main propre : une belle occasion de faire la différence! Secteurs représentés : banque, finance et assurance ; centres d'appel ; fonction publique ; hôtellerie et restauration ; jeux vidéo ; manufacturier ; santé et services sociaux ; TI et génie (entrée sélective) et bien d’autres. Nouveaux arrivants et aide à l’emploi Le pavillon Immigration et aide à l’emploi, présenté par Immigrer.com, réunira de nombreux organismes pour vous accueillir, conseiller et

orienter dans vos démarches professionnelles comme personnelles (installation, vie quotidienne, réseautage, recherche d’emploi etc.). Des conférences et services gratuits sur place Une douzaine d'experts en carrière se succèderont pour animer des conférences chargées de précieux conseils. De plus, des services vous seront offerts sur place comme la révision de C.V., l’évaluation de votre niveau d’anglais et l’atelier brise-glace, pour vous préparer à la rencontre avec les employeurs. Vous

aurez ainsi toutes les cartes en main pour optimiser vos démarches. L’importance de se préparer Une visite à L’Événement Carrières doit être considérée avec le même soin qu’une première entrevue. Une mise à jour du C.V., une préparation préalable, une tenue soignée et un grand sourire seront donc de mise. La majorité des employeurs aiment recevoir une copie imprimée des C.V. et proposent même parfois de passer une première entrevue sur le

champ. Une occasion à ne

pas rater!

L’Événement Carrières Mercredi 11 avril de 12h à 19h et Jeudi 12 avril de 10h à 18h Palais des congrès de Montréal - Métro Place d’Armes Entrée gratuite

Autres événements

Journées de l’emploi : Pointe-Claire, le 19 Avril et Laval le 26 Avril. Salon virtuel de l’emploi permanent : en ligne toute l’année Plus d’informations et liste des exposants sur le site internet : ecarrieres.com

Intégration au monde du travail

D’importantes annonces seront bientôt faites par le ministre de l’Immigration, de la diversité et de l’intégration Le ministre de l’Immigration québécois , M David Heurtel fait d’importantes annonces qui vont contribuer à solutionner l’ épineux problème du chômage qui plombe l’ intégration professionnelle des nouveaux immigrants au Quebec et plus particulièrement les maghrébins qui quoique très bons francophones , peinent à trouver un emploi qui sied à leurs qualifications universitaires et compétences de travail . Le 26 Mars dernier, M.Heurtel était à l’Hôtel de ville de Montréal pour une première entente triennale supportant l’intégration et la francisation des immigrants de Montréal. Cela se traduira par une contribution de

$12 millions, qui seront égalés par la Ville, pour aider les nouveaux arrivants à réaliser leur plein potentiel et à contribuer au développement économique, social et culturel de la ville. » La diversité culturelle est une force de Montréal reconnue mondialement et nous souhaitons que les actions que nous allons entreprendre dans le cadre de cette entente contribuent à renforcer son attrait » a affirmé le ministre lors de son allocution devant un parterre d’invités. Nous constatons qu’avec l’arrivée de nouveau locataire à la tête de cet important ministère que les choses bougent puisque M. Heurtel fait des déplacements

nombreux en régions pour sensibiliser les entreprises et compagnies de la nécessite de recruter les compétences issues de l’Immigration. À Noter que nous attendons , avec impatience , des efforts de la ville de Montréal qui possède l’ un des taux les plus bas de l’ intégration des immigrants dans l’ administration de municipalité montréalaise . Le taux de pourcentage des Immigrants parmi les cols bleus et cols blancs de la ville avoisine les 5 % tout en sachant que le montréalais d’origine immigrante représentent près de 45 % des citoyens de l’île de Montréal. Il y

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M David Heurtel ,

ministre de l'immigration, de la diversité et de l'intégration a urgence en la demeure pour la nouvelle mairesse qui a promis monts et merveilles. Pour le moment, elle annonce des tables de concertations et des comités ; chose qu’on a déjà vu dans le passé avec les résultats que l’on

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sait. La politique politicienne ne résoudra pas le taux de chômage élevé des immigrants à Montréal. Wahid Megherbi


Société

Entrée en vigueur du programme Objectif emploi

Nouvelles pénalités pour les prestataires d’aide sociale Les nouveaux demandeurs à l’aide sociale devront désormais se soumettre au programme Objectif emploi, qui prévoit des pénalités pour les prestataires qui refusent de participer à un parcours d’intégration en emploi.

recherche intensive d’emploi ou de développement des habiletés sociales. Ceux qui participeront à un parcours de développement des compétences, eux, toucheront 260 $ de plus sur leurs prestations.

Le programme Objectif emploi exigera qu’une personne qui demande pour la première fois des prestations d’aide sociale suive un plan d’intégration au marché du travail qui prévoit une « recherche intensive d’un emploi, la formation ou l’acquisition de compétences ainsi que le développement des habiletés sociales ».

Obligations

Le participant verra sa prestation de base (de 648 $ pour une personne seule) amputée de 224 $ par mois après trois manquements. À l’inverse, il recevra 165 $ de plus mensuellement s’il participe au programme de

Les participants pourraient notamment être obligés d’accepter un emploi (sous certaines conditions) ou de conserver leur boulot, pour recevoir la somme bonifiée. Toutefois, une personne qui quitterait le programme pour ensuite y revenir touchera à nouveau la prestation bonifiée. La participation au programme dure 12 mois, mais peut être prolongée sur demande du prestataire, par exemple dans le cas d’une formation.

« Avant Objectif Emploi un prestataire pouvait être 25 ans sur l’aide sociale sans rencontrer un agent d’EmploiQuébec, a commenté l’attaché de presse du ministre du Travail, François Blais. Maintenant, il sera rencontré dès sa demande d’aide sociale afin d’établir un parcours personnalisé pour lui permettre d’entrer ou de se rapprocher du marché du travail. »

« Fabrique à itinérants » Le programme Objectif emploi a été fortement critiqué depuis le dépôt du projet de loi en 2015. Pour le porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, le programme risque de devenir une « fabrique à itinérants ».

« Présentement, l’économie va bien. Tous les gens qui peuvent travailler ont un emploi, dit Serge Petitclerc. Mais il y a toutes sortes de conditions sociales qui font que des gens sont incapables de travailler, comme l’analphabétisme ou l’alcoolisme. » «Les pénalités qui seront

imposées sur les prestations d’aide sociale auront un impact sur les plus démunis de la société» estime-t-il. En ajoutant les différents crédits d’impôt, certains prestataires devront se contenter d’environ 500 $ par mois. « Qui peut vivre avec un tel montant ? », demande Serge Petitclerc.

Afin de mieux répondre aux besoins des ainés

Investissement de 100M$ dans le soutien à domicile Le réseau de coopération des entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EÉSAD) est satisfait que le gouvernement ait annoncé le 27 mars 2018, un investissement supplémentaire de 100 M$ dans le soutien à domicile, ainsi qu’une augmentation de 6 M$ du programme d’exonération financière en soutien à domicile (PEFSAD). Cette dernière somme servira notamment à permettre l’indexation de l’aide disponible pour les usagers des EÉSAD et à répondre à la croissance de la demande.

faciliter l’accès aux services à domicile aux usagers représente une action directe et concrète pour permettre une offre de service accessible. Pour Manon Loranger, présidente du Réseau de coopération des EÉSAD, « les 100 M$ supplémentaires sont une excellente nouvelle, mais il est primordial de s’assurer qu’une portion importante de cette somme servira réellement à rendre accessibles et disponibles les services à domicile à la hauteur des véritables besoins des personnes en perte d’autonomie.»

Le vieillissement de la population au Québec entraine une croissance des besoins en santé et services sociaux et, par ces investissements, le ministre Barrette réitère l’importance Le Réseau de coopération des EÉSAD des services à domicile au Québec. En signifiant sa représente les entreprises d’économie sociavolonté claire de bonifier les le reconnues aux fins du PEFSAD, par le services aux ainés, le ministère de la Santé et des Services ministère de la Santé et des sociaux (MSSS) pour les services d’aide à Services sociaux (MSSS) confirme la pertinence la vie domestique (AVD). Les EÉSAD sont d’ouvrir le panier de service présentes dans les dix-sept régions adminisdu PEFSAD aux services tratives de la province. Ces entreprises, d’assistance personnelle et administrées principalement par et pour de répits. En effet, utiliser le PEFSAD comme outil pour

Le Réseau de coopération des EÉSAD

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leurs usagers et exploitées à des fins non lucratives, offrent plus de sept millions d’heures de services à 100 000 personnes, dont près d’un million d’heures de services d’assistance personnelle et six millions d’heures de services d’aide à la vie domestique (AVD). Les EÉSAD emploient plus de 9 400 personnes, dont 8 700 préposées et préposés d’aide à domicile possédant les

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compétences et l’expertise requises, afin d’assurer un soutien et des services à domicile de qualité aux citoyens qui en ont besoin. En savoir plus sur les EÉSAD et le PEFSAD : https://aidechezsoi.com


Société

Objectif emploi dénoncé par les prestataires d’aide sociale qui veulent travailler

«C’est le système qui nous empêche de trouver un emploi et de le conserver!»

Les membres et alliés de Projet Genèse, un groupe anti-pauvreté de Côte-desNeiges, ont manifesté le 3 avril 2018 devant le Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité Sociale en cette première journée de la mise en vigueur d’Objectif Emploi, un programme qui force les personnes demandant de l’aide sociale pour la première fois à participer à des mesures obligatoires sous peine de subir des coupures considérables à leurs chèques.

Le mythe des «prestataires chroniques» Cette approche semble être basée sur le mythe que les prestataires ne chercheront pas du travail à moins d’être contraints, sous menace de pénalités sévères. En réalité, le système d’aide sociale lui-même impose des obstacles importants à l’obtention et à la conservation d’un emploi. Pour Marina Rishkevitch,

membre du Comité antipauvreté de Projet Genèse, «Monsieur et Madame tout-le-monde ne savent pas que l’aide sociale te laisse seulement travailler pour 200$/mois ! Si tu gagnes plus, ton chèque sera coupé, dollar pour dollar.

Les emplois qui sont disponibles sont souvent à temps partiel ou sur appel. Quand tu commences à travailler, les agents te bombardent de demandes de documents et fréquemment, tu te retrouves avec un chèque coupé à cause des problèmes de communications ou des erreurs de l’agent. » Pour 200$ de plus… Selon une demande d’accès à l’information, en l’espace d’un mois seulement, quelque 2.5 millions de dollars ont été retirés des chèques des prestataires qui déclarent leurs revenus de travail à l’aide sociale. Ce chiffre représente d’innombrables heures travaillées par les prestataires

qui n’en tirent aucun bénéfice monétaire.

Pour Cathy Inouye, organisatrice communautaire de Projet Genèse, «le gouvernement pioche dans les salaires des prestataires. C’est un scandale. Ensuite, ce même gouvernement ose propager la fausse perception que les personnes sur l’aide sociale ne veulent pas travailler. Être sansemploi n’est pas un échec personnel; il y a un chômage structurel dans notre société.» Le ministre Blais a reconnu que les gains de travail permis aux prestataires d’aide sociale sont trop bas mais a seulement proposé des modifications symboliques dans le projet de loi 173. Objectif Emploi a été dénoncé pour avoir introduit de nouveaux mécanismes qui permettent que le chèque d’un premier demandeur puisse être réduit de moitié. Les manifestants s’inquiètent aussi que

l’affluence des premiers demandeurs forcés dans les programmes de formation va laisser moins de disponibilités au sein de ces mêmes programmes pour les autres prestataires. Que faire avec 648 $ par mois? Le niveau extrêmement bas des prestations d’aide sociale fut un autre sujet de critique. « Comment peux-tu chercher un emploi quand tu ne peux même pas payer ton loyer avec un chèque mensuel de 648$ ? Comment acheter de la nourriture, les

billets d’autobus pour aller en entrevue, payer son téléphone pour contacter des employeurs? Ils disent qu’ils veulent qu’on cherche de l’emploi, mais ne veulent pas nous donner les moyens de le faire. Les droits humains sont pour tout le monde, pas seulement pour les gens avec des jobs bien payées,» déclare Maria Ines Garduno, une autre membre du comité. Informations : Cathy Inouye, Projet Genèse : 514 -7384584, #403

En marge de l’«Affaire Walmart»

Qui se préoccupe de l'inclusion des personnes handicapées?

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse souhaite que les récentes sorties médiatiques entourant la fin du programme de formation professionnelle de Wal-Mart aient permis de sensibiliser la société québécoise, et en particulier les employeurs, sur l'importance de l'intégration en emploi des personnes handicapées.

« Les personnes handicapées sont actuellement sousreprésentées sur le marché du travail alors que la pénurie de main-d'œuvre devrait pourtant être un incitatif à la mise en place de mesures et d'accommodements leur permettant d'occuper des emplois et de participer à la vie économique et sociale. » a affirmé aujourd'hui Philippe-André Tessier, président par intérim de

la Commission.

Les personnes handicapées font partie, depuis décembre 2005, des cinq groupes victimes de discrimination visés par la Loi sur l'accès à l'égalité en emploi dans des organismes publics, dont la Commission veille à l'application. Dans son dernier rapport triennal 2013-2016 sur la situation des programmes d'accès à l'égalité en emploi (PAÉE) dans les 330 organismes soumis à la loi, la Commission révélait que pour atteindre les cibles de représentation, il faudrait tripler la présence des personnes handicapées dans les effectifs de ces organismes. La Commission profite également de l'occasion pour rappeler sa revendication à l'effet que la Loi sur l'accès à l'égalité en

emploi soit étendue au secteur privé. « L'impact de la décision de Wal-Mart nous rappelle que l'entreprise privée a un rôle à jouer pour l'inclusion en emploi des personnes handicapées », a conclu, M. Tessier. Outre le secteur privé, la Commission souhaite également que la Loi s'applique à l'ensemble du gouvernement et de la fonction publique, actuellement exclu de la Loi.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse assure le respect et la promotion des principes énoncés dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Elle assure aussi la protection de l'intérêt de l'enfant, ainsi que le respect et la promotion des droits qui lui sont reconnus par la Loi sur la protection de la jeunesse. Elle veille également à

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l'application de la Loi sur l'accès à l'égalité en emploi dans des organismes publics. Source : Commission des droits

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Société

La Fondation Trône d’Enfants met les bouchées doubles

Par Selma Regragui

Lors de son dernier événement organisé dans les locaux historiques du collège Brébeuf à Montréal, la Fondation Trône d’Enfants s’est, encore une fois, distinguée par son engagement inconditionnel envers la cause des enfants du monde. L’équipe homogène de cette fondation nous prouve à chaque fois que cette jeune génération est une bouffée d’oxygène pour ce monde et jouit d’un époustouflant sens des responsabilités envers des causes défendables. Nous avons souvent publié des articles sur les nombreux événements de levées de fond pour le bénéfice des enfants démunis dans le monde entier. Cette fondation, et depuis sa création par de jeunes québécois issus de la diversité, ne fait que démontrer que lorsque l’altruisme est jumelé à la persévérance, des montagnes peuvent être soulevées. Un travail d’envergure est mené avec rigueur pour mettre sur pieds de nombreuses initiatives pour venir en aide aux enfants les plus nécessiteux au Québec et dans le monde. L’équipe de la Fondation a tenu à tracer les lignes de ses actions avec l’encre pure de la générosité. La Fondation a axé ses activités sur le soutien des enfants défavorisés de partout dans le monde. Le 15 Février dernier, une soirée de levée de fonds fut organisée avec la collaboration d’Amnistie Internationale Brébeuf et le Comité Altermondiste de Brébeuf (CAB) au collège Brébeuf, l’un des établisse-

ments les plus prestigieux de la ville de Montréal. Plusieurs dignitaires et acteurs sociaux étaient présents pour encourager les initiatives de la Fondation Trône d’enfants. C’est traduire la portée de leurs actions dans le monde entier. Il y a eu d’abord, les enfants de la Palestine avec la création d’une gamme de T-shirt et de veste à capuchon dont la vente a servi à collecter des fonds pour venir en aide à ces enfants. Une collaboration avec le CHU de Sainte-Justine est venue confirmer que la fondation est concernée spontanément par le bien-être des enfants du Québec. Un défilé de mode pour le béné-

fice des enfants de Cuba s’ajoute au palmarès caritatif de la fondation, sans oublier les nombreuses participations des jeunes de la fondation et des bénévoles aux grandes manifestations et événements des communautés de la province. La fondation a remis, dernièrement, une bourse d’étude à une étudiante méritante de la ville SaintLaurent pour l’aider à persévérer dans ses études et se doter de réaliser ses rêves. L’événement a eu lieu au centre culturel marocain Dar Almaghrib en la présence du conseiller de la ville de Saint-Laurent, Monsieur Aref Salem, l’un des premiers dignitaires à avoir

soutenu la fondation depuis le début de sa création. Ainsi et toujours dans un élan d’ambition sans limites de penser le monde comme le voit une génération qui le mènera, sans aucun doute vers le meilleur. La fondation Trône d’enfants a lancé un mouvement #changeonsnotremonde qui circule sur les réseaux sociaux et qui encourage les participants à enregistrer une brève vidéo posant un geste responsable envers notre environnement. Le mouvement est aussi un concours pour gagner un billet d’avion offert par la compagnie aérienne marocaine, la royal air Maroc pour les destinations desservies par la compagnie en partance de

Garderies subventionnées

Montréal. La fondation agit en toute transparence et jouit d’une organisation structurée autour d’un objectif bien défini, celui de venir en aide aux enfants du monde quelque soient leurs appartenances, couleurs ou religions. Un enfant épanoui est synonyme d’un monde qui va bien. Nous vous invitons à encourager les pas de ces jeunes modèles d’une relève qui n’a pas que des idées en tête, mais se donne aussi les moyens de les concrétiser. Pour de plus amples informations sur la fondation: www.childrensthrone.com

Gratuité dès le mois d’août pour les enfants de personnes sur l'aide sociale Les enfants québécois issus de milieux défavorisés, notamment ceux dont les parents sont prestataires de l’aide sociale, pourront dès le mois d’août fréquenter un service de garde éducatif gratuitement. La mesure qui devait entrer en vigueur en janvier 2020 a donc été devancée, vient d’annoncer le ministre de la Famille, Luc Fortin.

Elle coûtera 20 millions $ annuellement Le programme sera valide dans les centres de la petite enfance (CPE), dans les garderies subventionnées et dans les milieux familiaux reconnus dont les places sont subventionnées. La gratuité s’appliquera aux enfants dont les parents sont prestataires du programme de solidarité sociale, d’alternative

jeunesse, d’objectif emploi et de sécurité du revenu des chasseurs et piégeurs cris du ministère du Travail. Depuis 1997, les parents défavorisés ont droit à une contribution qui couvre 2,5 jours de garde par enfant par semaine. Québec prévoyait rembourser 100 % des frais de garde des enfants issus de milieux défavorisés à partir de 2020.

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Santé

On la croyait inoffensive…

Découvertes de risques liés à la cigarette électronique

La cigarette électronique pourrait augmenter le risque de cancers et de maladies cardiovasculaires. C'est ce qu'affirme une étude sur le vapotage menée récemment par des chercheurs américains.

Les résultats préliminaires d'une étude menée sur des souris et des cellules humaines en laboratoire se sont révélés quelque peu inquiétants au sujet de la cigarette électronique. Les scientifiques ont en effet conclu que le vapotage pourrait accroître le risque de maladies cardiovasculaires et de cancers. L'étude a été réalisée par des chercheurs de la faculté de médecine de l'université de New York. Durant douze semaines, les souris ont été exposées à de la vapeur de

nicotine. La quantité respirée par les rongeurs était équivalente à celle de dix ans de vapotage pour les humains. Les scientifiques ont découvert des dommages dans l'ADN des cellules des poumons au bout de trois mois. C'était également le cas au niveau de la vessie et du coeur des rongeurs. Le niveau de protéines réparatrices avait par ailleurs chuté dans les cellules de ces organes.

durant les travaux.

Des dommages similaires sur les cellules humaines

Les chercheurs ont conclu dans les Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS) à propos de leurs recherches : "Bien que les cigarettes électroniques contiennent moins de substances carcinogènes que les cigarettes conventionnelles, le vapotage pourrait présenter un risque plus grand de contracter un cancer pulmonaire ou de la vessie ainsi que de développer des maladies cardiaques".

Des dégâts ont aussi été observés sur les cellules humaines de poumon et de vessie. Ces dernières ont été exposées à de la nicotine ainsi qu'à de la nitrosamine, un dérivé cancérigène. Les taux de mutations tumorales de ces cellules ont augmenté

Cette étude doit pour le moment être vérifié puisque d'autres travaux sur les effets à long terme du vapotage avaient donné des conclusions différentes. Des recherches avaient notamment conclu que la nicotine présente dans les cigarettes

électroniques entraînerait une accoutumance. D'autres affirment que la cigarette électronique serait moins dangereuse que le tabac. Elle pourrait même aider les

Pepsi l’admet finalement

Un soda contenant des ingrédients cancérigènes!

Pendant longtemps, Pepsi a refusé de reconnaître que l’un de ses ingrédients constituait un risque sanitaire pour ses consommateurs. Mais, il vient finalement d’admettre la présence de l’ingrédient soupçonné d’être cancérigène. Une récente action en justice a poussé la société à reconnaître non seulement la présence de l’ingrédient suspect, mais aussi de s’octroyer la propriété. Le 4-méthylimidazole, couramment abrégé 4-MEI, est un composé chimique hétérocyclique de formule CH3– C3H3N2. Comme le 2-méthylimidazole, c’est un sousproduit de la réaction de Maillard. C’est un ingrédient utilisé pour donner à Pepsi et aux autres boissons gazeuses de couleur caramel leur couleur brune distinctive.

Mais c’est aussi un cancérogène connu. Pepsi s’est longtemps battu (juridiquement) contre les exigences de l’état de la Californie pour éviter d’inclure un avertissement cancérigène sur ses produits, craignant que cela nuirait grandement à leurs ventes. Le Dr Urvashi Rangan, toxicologue, a déclaré que « Peu importe la quantité que les consommateurs boivent, ils ne s’attendent pas à ce que leurs boissons contiennent un cancérogène potentiel. Et nous ne pensons pas que le 4-MeI devrait être dans les aliments. « 4-Mel a été trouvé dans les produits Pepsi en haut niveau dans un test de Consumer Reports en 2014. Le niveau autorisé est de 29 microgrammes par bouteille ou

canenette, mais les quantités trouvées dans les produits Pepsi ont dépassé ce niveau. C’est pour ça qu’un juge fédéral californien a décidé que l’entreprise devrait s’assurer que le niveau de 4-MEl présent dans ses produits ne dépasse plus les limites fixées par la loi. Les recherches montrent qu’un niveau de 29 microgrammes de produit cancérogène augmentait le risque de cancer de 1%. Suite à l’instruction du juge, Pepsi devra donc prouver qu’elle suit des protocoles spécifiques pour s’assurer que ses produits répondent aux normes de sécurité. Le 4-Mel est l’un des colorants alimentaires les plus utilisés dans les boissons gazeuses à travers le monde.

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fumeurs à réduire, voire mettre fin, à leur consommation. Les travaux sur les impacts de la cigarette électronique sur l'organisme doivent donc être approfondis.


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Justice

Auteur de la fusillade meurtrière de la Grande Mosquée de Québec

Bissonnette dit «assumer les conséquences de son crime» … mais il nie être raciste ou islamophobe Alexandre Bissonnette a reconnu être l’auteur de la tuerie à la grande mosquée de Québec, mais a nié être un terroriste ou encore un islamophobe. La communauté musulmane n’arrive pas à le croire. « Je ne sais pas pourquoi j’ai commis un geste insensé comme ça et encore aujourd’hui, j’ai de la misère à y croire », a déclaré Alexandre Bissonnette, menottes aux poignets et aux chevilles, au palais de justice de Québec mercredi matin. « Malgré ce qui a été dit à mon sujet, je ne suis ni un terroriste ni un islamophobe. Plutôt, je suis une personne qui a été emportée par la peur, par la pensée négative et par une sorte de forme horrible de désespoir », a-t-il ajouté d’un ton posé. Les représentants de la communauté musulmane de la région de la Capitale-Nationale s’expliquent mal les motifs ayant poussé l’homme de 28 ans à ouvrir le feu dans le Centre culturel islamique de Québec le 29 janvier 2017, arrachant la vie à six fidèles et bouleversant celle de dizaines d’autres. En effet, la peur a gagné des pratiquants musulmans aux quatre coins du pays, a souligné le porte-parole du Conseil national des musulmans canadiens, Khalid Elgazzar. « Dans chaque mosquée, dans chaque ville au

Canada, maintenant, les gens se demandent quand ils entrent : est-ce qu’on est en sécurité ? », a dit l’avocat. À ses yeux, le caractère islamophobe de la tuerie dans la mosquée de Sainte-Foy crève les yeux. « Tous les gens ciblés étaient des musulmans. Il y avait même des enfants dans la mosquée à ce moment-là. Ce sont des meurtres prémédités, M. Bissonnette l’a avoué aujourd’hui. Alors, quant à moi, c’est un geste islamophobe », a

dit M. Elgazzar. La publication de nouvelles informations mercredi aprèsmidi selon lesquelles Alexandre Bissonnette était imprégné du discours anti-immigration de Donald Trump et aurait été vu en train de faire du repérage sur le site de la mosquée au tournant de l’année 2017 épaissit le mystère sur ses motivations. «Ni raciste, ni islamophobe»?... Alexandre Bissonnette avait

d’abord plaidé non coupable à chacun des douze chefs d’accusation pesant sur lui — six de meurtre prémédité et six de tentative de meurtre avec une arme à feu à autorisation restreinte. Il a fait volte-face à peine quelques heures plus tard, après avoir pris connaissance des derniers éléments de preuve que lui ont transmis les procureurs de la poursuite. Le juge François Huot a toutefois refusé d’entériner sur-le-champ le changement de décision, à première vue subit, de l’accusé. Les

médias n’ont pu rapporter en début de semaine ce revirement de situation, puisque l’audience était frappée d’une ordonnance de non-publication. Le magistrat de la Cour supérieure cherchait à s’assurer que l’homme était apte à subir son procès. « La réponse simple est : Monsieur [Bissonnette] est apte à subir son procès », a déclaré le psychiatre Sylvain Faucher à la Cour mercredi matin. Celui-ci avait rencontré à plus d’une

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La lettre lue par Alexandre Bissonnette devant le Tribunal

«Monsieur le Juge, en cet instant que je suis libre de vider mon coeur et mon esprit, j’aimerais vous dire à vous, Monsieur le Juge, et à tous qu’à chaque minute de mon existence je regrette amèrement ce que j’ai fait, les vies que j’ai détruites, la peine et la douleur immense que j’ai causées à tant de personnes, sans

oublier les membres de ma propre famille.

J’ai honte, honte de ce que j’ai fait. Je ne sais pas pourquoi j’ai posé un geste insensé comme ça et encore aujourd’hui, j’ai de la misère à y croire. Malgré ce qui a été dit à mon

sujet, je ne suis ni un terroriste ni un islamophobe, plutôt, je suis une personne qui a été emportée par la peur, par la pensée négative et par une sorte de forme horrible de désespoir. J’avais depuis longtemps des pensées, des idées suicidaires et une obsession avec la mort. C’est comme si je me battais avec un démon qui a fini par

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gagner contre moi. J’aimerais tant pouvoir revenir dans le temps et changer les choses. Parfois, j’ai l’impression que tout ça n’est qu’un affreux rêve, un long cauchemar. J’aimerais pouvoir vous demander pardon pour tout le mal que je vous ai fait, mais je sais que mon

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geste est impardonnable. Si au moins, en plaidant coupable, je peux vous faire un peu de bien dans tout ça, ben alors ça sera déjà ça de fait. Alors c’est pour ça, Monsieur le Juge, que j’ai plaidé coupable devant vous lundi et que j’ai validé ma décision.»


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Bissonnette dit «assumer les conséquences de son crime» … mais il nie être raciste ou islamophobe Suite de la page 22

occasion M. Bissonnette au fil des derniers mois. « M. Bissonnette envisageait déjà cette avenue-là [de plaider coupable] l’automne dernier », a-t-il fait remarquer. La décision d’Alexandre Bissonnette n’avait pas pris de court ses proches. « Il revenait souvent avec le fait qu’il ne souhaitait pas qu’il y ait un procès, que les victimes aient à témoigner, et revivre les événements du 29 janvier 2017 à travers le procès », a indiqué son avocat, Charles-Olivier Gosselin. Après avoir remercié le Dr Faucher, le juge François Huot a demandé à Alexandre Bissonnette de s’avancer jusqu’à la barre des témoins. Il lui a demandé s’il maintenait sa décision. La réponse a été affirmative. Puis, le magistrat a lu un à un les chefs d’accusation, le déclarant coupable à douze reprises. Une froide chape de plomb s’est alors abattue sur la salle d’audience 4.14 du palais de justice de Québec. Plusieurs n’ont pu retenir leurs larmes ou leurs sanglots lorsque le nom d’un ami, d’un conjoint tué ou blessé le 29 janvier 2017 a été prononcé par le juge François Huot. Alexandre Bissonnette s’est essuyé les yeux à quelques reprises, tandis que ses parents, Manon Marchand et Raymond

Bissonnette, ont contenu leur émotion. Dans une courte allocution, Alexandre Bissonnette a dit avoir été « emporté par la peur, par la pensée négative et par une sorte de forme horrible de désespoir » jusqu’au Centre culturel islamique, situé dans le quartier Sainte-Foy, le 29 janvier 2017. « J’avais depuis longtemps des pensées, des idées suicidaires et une obsession avec la mort. C’est comme si je me battais avec un démon qui a fini par gagner contre moi. J’aimerais tant pouvoir revenir dans le temps et changer les choses », a-t-il poursuivi. Tournant son regard vers la soixantaine de personnes rassemblées dans la salle d’audience — parmi lesquelles se trouvaient six veuves et, dans son fauteuil roulant, Aymen Derbali, qu’il a criblé de balles il y a 14 mois — il a affirmé : « J’aimerais pouvoir vous demander pardon pour tout le mal que je vous ai fait, mais je sais que mon geste est impardonnable. Si au moins, en plaidant coupable, je peux vous faire un peu de bien dans tout ça, alors ça sera déjà ça de fait. Alors c’est pour ça, Monsieur le Juge, que j’ai plaidé coupable devant vous lundi et que j’ai validé ma décision », a-t-il conclu, avant d’être escorté dans le box des accusés.

Les fidèles musulmans accueillent avec « soulagement » la décision de M. Bissonnette puisqu’elle leur permet « d’éviter un long processus judiciaire », a souligné l’ex-président du Centre culturel islamique de Québec Mohamed Labidi. Cela dit, un grand nombre de questions demeurent sans réponse. « On est restés sur notre faim après la déclaration de M. Bissonnette, parce que ça a été très, très, très court », a-t-il ajouté. Entre 25 et 150 ans de réclusion L’auteur de la tuerie s’expose

désormais à une peine d’emprisonnement sans possibilité de libération oscillant entre 25 et 150 ans. Le juge François Huot a fixé la détermination de la peine au 10 avril 2018. « Le ministère public réclamera une peine qui reflète l’ampleur du crime commis et des conséquences de ces événements tragiques », a déclaré le procureur de la poursuite, Thomas Jacques, après avoir pris soin de mentionner aux médias que les aveux de culpabilité faits par Alexandre Bissonnette lundi

après-midi « ne sont pas le fruit de discussions préalables entre la défense et la poursuite ». « Il n’y a conséquemment aucun accord sur la peine qui sera réclamée », a-t-il précisé. Le membre fondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, réclame sans ambages la peine maximale, soit 150 ans d’emprisonnement sans possibilité de libération. « Le maximum [afin] que ce soit exemplaire : 150 ans, c’est la loi qui décide de ça, mais il faut que [la peine] soit exemplaire. La société n’a pas à subir ce genre de chose », a-t-il affirmé.

Un plaidoyer qui n’efface pas le mal occasionné

Si les plaidoyers de culpabilité d’Alexandre Bissonnette apportent un certain soulagement à la communauté musulmane de Québec, ses représentants estiment que le mal a été fait et que sa déclaration publique n’apporte pas toutes les réponses considérant l’ampleur de la tragédie. Alexandre Bissonnette a été déclaré coupable des 12 chefs d’accusation portés contre lui pour la tuerie survenue à la Grande Mosquée de Québec le 29 janvier 2017 : six chefs de meurtre au premier degré et six chefs de tentative de meurtre.

Les six veuves des hommes abat-

tus ce jour-là étaient dans la salle de cour où le juge François Huot a déclaré Alexandre Bissonnette coupable. Elles étaient accompagnées de nombreux membres de la communauté musulmane de la ville. L’un d’entre eux, Boufeldja Benabdallah, l’actuel président du Centre culturel islamique de Québec, où se trouve la mosquée qui a été le théâtre de l’attentat, a d’abord spontanément parlé de soulagement. Les plaidoyers de culpabilité de l’accusé ont permis d’éviter le procès, qui devait durer deux mois.

« Ça permet de soulager toute la communauté et surtout les familles des victimes », a opiné Mohamed Labidi, qui était président du Centre culturel islamique au moment de l’attentat et qui a aussi rencontré les médias après l’audience. Alexandre Bissonnette a lu en cour mercredi une déclaration dans laquelle il demande pardon pour ce qu’il a fait, et déclare ne pas être un terroriste ni être islamophobe. « Qu’il n’est pas un terroriste, ça, ce sont ses arguments », a rétorqué M. Benabdallah.

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« Le mal est fait », a-t-il ajouté. « On est restés sur notre faim avec la déclaration de Bissonnette », a pour sa part souligné M. Labidi. « Ça a été très, très court », a-t-il dit au sujet de la déclaration. « Et il n’y a pas réponse à toute l’ampleur de la tragédie », a-t-il ajouté. Quant à la demande de pardon qu’il a formulée, « ce n’est pas une chose facile, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut leur laisser faire leur deuil », a dit M.

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Benabdallah au sujet des familles des victimes. D’ailleurs, leur deuil ne s’est pas terminé avec les plaidoyers de culpabilité, a précisé M. Labidi. « Vous avez vu les gens ? Les gens étaient encore très affectés. Beaucoup pleuraient. Les gens sont encore sous le choc », a décrit M. Benabdallah. Et puis tout n’est pas terminé, ont rappelé les deux hommes : la peine n’a pas encore été prononcée


Compétences

Recherche & développement

La chasse aux talents du Canada

Le gouvernement fédéral s’est lancé en 2017 à la recherche d’universitaires à travers le monde pour diriger de nouvelles chaires de recherche. Il a cherché partout… sauf au Canada.

Profitant du 150e anniversaire de la Confédération, le gouvernement Trudeau a en effet prévu d’investir 117,6 millions dans le Programme de chaires de recherche Canada 150 afin de « rehausser la réputation du pays en tant que centre mondial d’excellence en sciences, en recherche et en innovation ». Or, seuls les chercheurs en poste à l’étranger, y compris les Canadiens expatriés, peuvent poser leur candidature. « L’idée est intéressante et personne ne peut être contre la vertu, mais c’est décourageant pour les jeunes chercheurs, doctorants ou professeurs contractuels de se voir exclus alors que les universités embauchent de moins en moins ces dernières années », se désole François Dominic Laramée. Le doctorant en histoire à l’Université de Montréal (UdeM) s’inquiète des conséquences d’un tel investissement, s’imaginant mal comment de nouveaux postes pourront être créés pour les chercheurs canadiens dans les établissements qui accueilleront les chaires en question. « J’y aurais réfléchi à deux fois avant de faire mon doctorat ici, sachant qu’on va plutôt créer des postes pour des gens de l’étranger », confie-t-il. Le président de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), Jean-Marie Lafortune, se montre néanmoins rassurant. Il rappelle que

l’argent alloué au programme fédéral ne représente « qu’une mince portion du financement réservé à la recherche au Canada ».

En effet, les chercheurs ont accès à plus de trois milliards de dollars de financement annuellement par l’intermédiaire d’autres programmes de subventions, précise Ann-Marie Paquet, porte-parole de la ministre des Sciences, Kirsty Duncan. Pour le gouvernement, « il est essentiel d’attirer et de retenir au pays des chercheurs talentueux. [C’est] une occasion unique [pour le Canada] d’exploiter ses forces en tant que destination de choix pour les chercheurs [qui permettront] des percées pour le bien-être des Canadiens. » Les candidats, provenant exclusivement de l’étranger, avaient jusqu’au 15 septembre 2017 pour manifester leur intérêt. Les 15 à 35 chercheurs sélectionnés en fin de course auront un an pour entrer en poste. Le programme leur offrira un financement, non renouvelable, sur une période de sept ans. Manque de talent ? Le professeur à l’UdeM Vincent Larivière s’explique difficilement « quel problème ou enjeu canadien ce programme vise à régler » en allant chercher essentiellement des candidats hors Canada, signalant que le pays a l’un des taux de collaboration internationale les plus élevés et accueille de nombreux étudiants étrangers. « C’est une forme de discrimination positive vis-à-vis d’un groupe que l’on ne peut pas vraiment qualifier de marginali-

sé, à savoir les chercheurs seniors établis à l’étranger », note le titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante. L’annonce a ainsi jeté un froid au sein de la communauté universitaire, laissant entendre que les chercheurs canadiens n’avaient pas assez de talent pour occuper ces postes, soutient M. Lafortune. « Ça lance le message que ces gens vont être accompagnés de méthodologies de recherche supérieures à celle du Canada, affirme-t-il. C’est une déconsidération de nos pratiques de recherches nationales. » « Pourquoi faire venir ces chercheurs de l’étranger, alors que la collaboration à l’internationale nous apporte déjà leur expertise ?» Professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi, Sylvain

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Hallé ne partage pas complètement son opinion. « Plutôt que de démarrer à zéro un domaine de recherche ici et d’attendre plusieurs années qu’un noyau productif se forme, ça peut être intéressant pour une institution d’aller chercher l’expertise d’un professeur à l’étranger », lancet-il. Et après ? Le financement du programme n’étant pas renouvelable, certains s’inquiètent de l’avenir des nouvelles chaires de recherche une fois la période de sept ans écoulée. « Qui va hériter des postes au bout des sept ans ? Les universités ne bénéficieront plus du financement du fédéral, est-ce que cela va se terminer là pour ces candidats vedettes, ou bien les universités devront trouver l’argent pour maintenir ces chaires en place ? » se ques-

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tionne M. Lafortune, à l’instar de plusieurs de ses confrères. « Les projets d’envergure, ça demande un salaire élevé et de bonnes conditions générales, donc de l’argent pour les outils, les laboratoires, des ordinateurs performants, et toute une équipe de recherche. » Interrogé à ce sujet, le gouvernement souligne que les 53 établissements canadiens susceptibles d’accueillir une des chaires doivent « décrire [dans leur candidature] le plan prévu pour garantir la pérennité de la chaire et le maintien du titulaire à son poste après la période de financement ». Financer des « chercheurs vedettes » L’annonce de cet investissement en avril dernier n’a pas manqué de raviver le débat sur le

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Compétences

Recherche & développement

La chasse aux talents du Canada Suite de la page 24

financement de la recherche au Canada. Jean-Marie Lafortune et plusieurs de ses collègues estiment que le gouvernement a tendance à encourager les grands noms en leur réservant la majorité des subventions. « Ça n’existe pas, la recherche individuelle, il faut une communauté de chercheurs pour mener à bien des projets d’envergure. » S’il reconnaît que ces « chercheurs vedettes » sont capables de rassembler des équipes pertinentes et dynamiques et récoltent ainsi la grosse part des subventions, il note qu’ils ne sont pas pour autant plus productifs en matière de publications et de référencement comparativement aux autres, citant plusieurs études sur le sujet. « Au Québec, 10 % des chercheurs reçoivent près de 60 % du financement de la recherche. […] Il faut éviter la concentration du financement de recherche vers certains chercheurs,

certains domaines, ou même certaines universités, sinon c’est contre-productif. » « Jeu diplomatique » Derrière cette volonté d’enrichir la recherche scientifique, c’est un « jeu diplomatique » qui prend forme avec cette subvention, croit M. Lafortune. « Il y a un certain opportunisme de la part des politiciens qui vont attirer les personnes qui veulent faire de la recherche en Amérique du Nord en leur offrant de belles conditions. »

La conjoncture internationale profite en effet au Canada, selon Vincent Larivière. Le climat d’incertitude au Royaume-Uni en raison du Brexit ou encore les politiques migratoires restrictives aux États-Unis endent « ces deux pays moins attirants, voire repoussants pour les chercheurs », au bénéfice du Canada. Pour la présidente du Syndicat des chargées et chargés de cours

de l’Université du Québec à Montréal, Marie Blais, le programme revêt surtout une dimension économique. « Tous

les pays sont dans cette course pour attirer le plus d’étudiants étrangers dans leurs universités, parce qu’il y a des retombées

économiques importantes, ils vivent ici et étudient ici, à des frais plus élevés. Il leur faut donc des vedettes. »

24 sommités mondiales séduites

ou lorsque Toronto s’avère plus attrayante que Harvard… Le Canada a réussi à recruter 24 sommités mondiales en recherche scientifique grâce à de généreuses chaires de recherche. Plusieurs récipiendaires de ces chaires de recherche Canada 150 ont accepté d’abandonner des emplois fort enviables dans des universités prestigieuses en raison du climat social et politique délétère du pays où ils travaillaient. D’autres, des Canadiens expatriés, profitent de la manne pour rentrer au pays. Dans le but d’attirer des chercheurs de haut niveau, le gouvernement du Canada avait prévu dans son budget 2017 un investissement de 117,6 millions de dollars pour un programme de chaires de recherche dénommées Canada 150 en l’honneur du 150e anniversaire du Canada. Dix de ces vingt-quatre chaires fourniront un financement d’un million de dollars annuellement pendant sept ans et quatorze accorderont 350 000 $ annuellement pendant sept ans. Alán Aspuru-Guzik, une sommité mondiale dans le domaine de la chimie théorique, quantique et computationnelle, quittera l’Université Harvard en juillet prochain pour l’Université de Toronto. Et il le fera sans regret et avec beaucoup

d’enthousiasme. « Pendant longtemps, je n’étais pas satisfait de la façon dont les États-Unis se comportaient politiquement. Leur manque de civilité et de politesse m’indisposait et plusieurs aspects de la société me rebutaient. L’élection de Trump a catalysé ma décision de partir ailleurs. Je voulais aller là où je me sentirais bien dans la société, et ce fut le Canada. À cela s’ajoute bien sûr le fait qu’on m’y propose une excellente occasion scientifique. « Un autre enjeu est l’incertitude quant au financement de la recherche scientifique étant donné que le gouvernement américain a augmenté le budget voué aux dépenses militaires plus que tous les autres. Le Canada est plus rafraîchissant et inspirant ! » a-t-il confié à nos confrères du Devoir. M. Aspuru-Guzik est très satisfait des conditions qui lui seront accordées à l’Université de Toronto. Il recevra un million par année pendant sept ans, ce qui est « comparable » à ce dont il dispose à Harvard. Incertitude politique Yves Brun, originaire du

Nouveau-Brunswick, a effectué son doctorat à l’Université Laval et un stage postdoctoral à l’Université Stanford avant d’être embauché par l’Université de l’Indiana en 1993. Il désirait revenir au pays depuis un certain temps. L’élection du président Trump n’est pas la raison principale de son retour au Canada, mais « un des facteurs ». « Pour l’instant, l’arrivée de Trump a eu peu de répercussions négatives sur le financement de la recherche fondamentale. Mais il y a quand même beaucoup d’incertitudes. Par contre, le climat sociopolitique est très négatif et tout cela m’affectait. C’était donc tentant de venir dans un pays plus ouvert et qui vient de réinvestir dans la recherche fondamentale », a-t-il affirmé. Alors qu’il bénéficiait de 750 000 $ par année à l’Université de l’Indiana, M. Brun verra ses ressources financières doubler à l’Université de Montréal grâce au million de la chaire de recherche Canada 150 ainsi qu’aux programmes sociaux en vigueur au pays — qui couvrent notamment les frais médicaux —, qui réduiront ainsi les coûts associés à l’embauche du personnel de recherche.

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Cette chaire lui permettra de « suivre son instinct et d’aller dans des directions qui normalement seraient subventionnées moins facilement ». « En recherche fondamentale, on ne sait jamais quel projet nous conduira à une découverte importante. De plus, je pourrai me consacrer à des projets de longue haleine sans avoir à préparer sans cesse de nouvelles demandes de subvention qui grugent beaucoup de temps. « Avec cette chaire de recherche d’une durée de sept ans, j’ai maintenant les moyens de voir grand et loin ! » lance ce spécialiste des bactéries qui travaillera à la mise au point d’antibiotiques et de bioadhésifs. Ouverture des frontières Pour l’Autrichien Josef Penninger, qui mène des travaux en génétique dans l’espoir de découvrir les mécanismes de la pathogenèse des maladies, ce sera un retour au Canada, puisqu’il a fait des recherches à Toronto de 1990 à 2004. Les conditions offertes par la chaire de recherche Canada 150

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(un million annuellement) sont un peu moins généreuses que celles dont il jouit en ce moment à l’Académie autrichienne des sciences, mais l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) ajoutera une contribution qui devrait les rendre comparables. Pour cet Européen qui adhère à « l’ouverture des frontières » et qui « aime les sociétés culturelles et les endroits où les gens d’ailleurs sont les bienvenus », le Canada est un pays où ces valeurs sont très présentes, alors qu’en Europe, l’atmosphère est tout autre depuis l’afflux de migrants. Il croit que « la politique canadienne va dans la bonne direction et est propice à l’innovation ». Engagement du Canada Azim Sharif quittera l’Université de la Californie à Irvine pour l’UBC, où il poursuivra ses recherches en psychologie morale. Il est content de rentrer au pays où il a grandi et fait ses études, mais son retour est aussi motivé par le programme de chaires de recherche qui, à ses yeux, démontre « l’engagement du Canada envers la science, la recherche et l’éducation publique », des valeurs qui lui tiennent à coeur.


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Actes

Les 17ème Journées culturelles marocaines en Ontario

Vivre ensemble et dialogue

Les membres de la communauté marocaine établie dans le Grand Toronto ont célébré, du 30 mars au 1er avril 2018, dans une ambiance conviviale et festive, la 17ème édition des Journées culturelles marocaines en Ontario, une occasion pour mettre en avant, en terre canadienne, l'histoire millénaire et la richesse de la culture du Royaume. Organisées à l’initiative de l’Association marocaine de Toronto (AMDT), ces Journées culturelles marocaines, qui se sont déroulées sous le signe "célébrons fièrement le Maroc au Canada", ont permis aux membres de l’Association et aux expatriés marocains de promouvoir la diversité culturelle du Royaume et son patrimoine civilisationnel ancestral, ainsi que les valeurs du vivre-ensemble et de dialogue entre les deux cultures marocaine et canadienne. Le point d’orgue de ces Journées culturelles a été la grande soirée organisée, samedi à Toronto, en présence du chargé d’affaires à l’ambassade du Maroc à Ottawa, Abdolah Lkahya, de la Consule générale du Royaume à Montréal, Habiba Zemmouri, du ministre canadien de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, d’éminentes personnalités canadiennes et étrangères issues de divers horizons, de députés provinciaux et fédéraux ainsi que de membres de la communauté marocaine et d’autres diasporas établies à Toronto. Intervenant à cette occasion, M. Lkahya a affirmé que la culture est un levier essentiel pour le développement et la consolidation des relations entre le Maroc et le Canada, ajoutant que les deux pays sont fiers de leur identité culturelle, et attachés à la préservation de la diversité de ses composantes, de la pluralité

de ses affluences et de la multiplicité de ses acteurs.

M. Lkahya a, dans ce sens, souligné l’importance de la culture dans le rapprochement entre les nations, rappelant que le Royaume accorde une importance particulière à la diplomatie culturelle, dont les orientations ont été définies dans le message adressé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à la première conférence des Ambassadeurs, tenue à Rabat le 30 août 2013. Il a, par ailleurs, indiqué que la célébration annuelle de cet événement à Toronto est un témoignage du dialogue permanent entre les deux cultures et les deux peuples marocain et canadien, notant que cette manifestation s’inscrit en droite ligne avec la dynamique des relations entre les deux pays en général, et plus particulièrement avec la province de l’Ontario. Le diplomate a, en outre, insisté sur le rôle joué par la communauté marocaine au Canada, qui contribue au renforcement des relations d’amitié et de coopération multiforme entre les deux pays. La soirée a été agrémentée d’une belle prestation musicale notamment de la jeune chanteuse marocaine Salma Rachid et de l’orchestre de Saïd El Ouazzani. En marge de ces Journées culturelles, une rencontre d’information sur le Code de la Famille a été organisée par le Consulat général du Royaume à Montréal au profit des membres de la communauté marocaine à Toronto afin de leur assurer une meilleure compréhension de cette loi et l’assimilation de ses dispositions. Animée par M. Abdelhadi El Bettah, juge en charge de la section de la justice de la famille à

la direction des affaires civiles relevant du ministère de la Justice, cette rencontre a permis aux expatriés marocains d’avoir des données plus détaillées sur cette loi et sur les nouveautés qu'elle a introduites ainsi que des réponses exhaustives sur les problèmes liés aux différents aspects du Code de la Famille auxquels

ils sont souvent confrontés. Par ailleurs, un Consulat mobile a été organisé, samedi et dimanche à Toronto, en vue de rapprocher l'administration des membres de la communauté marocaine résidant dans cette ville et sa région.

Formation CCA : Atelier sur la résolution des conflits Le Centre Culturel Algérien organise son quatrième atelier de WhereACC. Cet atelier intitulé « Résolution des problèmes » qui aura lieu le vendredi 6 avril à 18h30 et sera animé par M. Aboubakr Sahli. Gérer un travail d’équipe

pants de se familiariser avec la méthodologie de résolution des problèmes en équipe ainsi que les principaux outils mondialement utilisés, tels que le remueméninges (Brainstorming), le diagramme d’Ishikawa (Fishbone Diagram) et les 5 Pourquoi (5 Why).

l’atelier est axée sur les volets pratiques. C’est ainsi que les participants seront invités à utiliser les outils en question pour résoudre en équipe des problématiques proposées par le formateur après que ce dernier ait expliqué le principe de fonctionnement de chaque outil.

Cet atelier permet aux partici-

L’approche pédagogique de

L’animateur

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Aboubikr Sahli est un consultant sénior, un formateur et un chef auditeur dans le domaine QHSE. M. Sahli est diplômé de l’IAP, de l’ESSA (Paris) et de l’ÉTS (Montréal). Il a fondé la firme GENIPRO en 2000. Il a accompagné plusieurs entreprises canadiennes et algériennes dans leurs démarches

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Cette action de proximité visait à simplifier aux ressortissants marocains l’accomplissement des différentes formalités administratives et à bénéficier, près de chez eux, des divers services et prestations consulaires dans les meilleures conditions. Source : Maghreb Arabe Presse

d’amélioration continue. Il anime également des séminaires pour le compte de l’ÉTS et du CIPE et conduit des audits qualité pour le compte de SAI Global. L’atelier aura lieu au siège du CCA (2348 Jean-Talon Est bureau 307 (3ème étage) près du métro Iberville).


Cultures

Conférence-débat à Dar al Maghrib Montréal

L’évolution de la société marocaine et son impact sur la relation homme-femme "L'évolution de la société marocaine et son impact sur la relation homme-femme" a été le thème central d’une conférencedébat animée à Montréal, par la grande sociologue Soumaya Naâmane Guessous.

Cette rencontre, organisée par le Centre culturel marocain "Dar Al-Maghrib" dans le cadre du mois de la femme marocaine d’ici et d’ailleurs, lancé à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la femme, a permis de mettre en valeur l’évolution rapide de la société marocaine et les changements palpables réalisés au Royaume tant au niveau de la législation que du vécu quotidien pour améliorer la condition de la femme et faire d’elle l’égale de l’homme en vue de contribuer au processus de développement tous azimuts que connaît le pays. Dans ce sens, Mme Naâmane Guessous a souligné que le Maroc a connu, au cours des dernières années, une dynamique extraordinaire notamment sur le plan social,

relevant que cette dynamique vertueuse a permis à la société marocaine de connaître des mutations sociales rapides et un développement notable du statut de la femme pour lui permettre d’occuper la place qui lui revient dans une société où prévalait une culture conservatrice et séculairement patriarcale.

Rappelant la situation de la femme marocaine, qui a été pendant longtemps exclusivement cantonnée à son rôle de mère de famille et d’épouse, elle a indiqué que la gent féminine a réussi progressivement au lendemain de l’indépendance et au cours des dernières décennies à faire face à cette injustice et à faire ses preuves dans tous les domaines, ajoutant que la femme marocaine a consenti d’énormes efforts pour s’imposer dans un environnement souvent à prédominance masculine, et a franchi de grands pas sur la voie de son autonomisation et de son épanouissement, loin de la tutelle de l’homme.

Mme Naâmane Guessous, également professeur universitaire et écrivaine, a, par ailleurs, mis en exergue les grandes avancées réalisées par le Royaume en matière de législation pour promouvoir les conditions de la femme marocaine, sous le leadership éclairé de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Elle s’est ainsi félicitée du progrès qu'a connu le statut de la femme ces dernières années, notamment avec la réforme du Code de la famille en 2004, une réforme "révolutionnaire" et "avant-gardiste" qui a rendu justice à la femme marocaine en lui garantissant plus d’égalité et d’équité vis-à-vis de l’homme et en lui permettant d’occuper la place qu’elle mérite au sein du couple, ainsi qu'avec les changements fondamentaux apportés au Code de la nationalité, qui a garanti à la femme le droit de transmettre la nationalité marocaine à ses enfants nés de père non marocain. La conférencière a aussi mis en avant la Constitution de 2011, qui

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a accordé une place de choix aux femmes, ajoutant que la Loi suprême du Royaume a institué, en vertu de ses dispositions, le principe d’égalité homme-femme en matière des droits et des libertés et la parité. Mme Naâmane Guessous a, en outre, relevé que le Maroc a accompli des progrès indéniables sur la voie de la consolidation de l’égalité homme-femme, estimant, toutefois, que des paliers restent encore à franchir pour aboutir à une véritable équité qui permet aux femmes d’avoir les mêmes chances

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de réussite que leurs homologues masculins. Dans ce sens, elle a indiqué que les jeunes, qui constituent la moitié de la population et représentent la relève, doivent être de véritables acteurs de changement dans ce Maroc en pleine mutation, afin de contribuer activement à faire avancer la condition féminine et à assurer cet équilibre et cette complémentarité entre l’homme et la femme, le but ultime étant de garantir cette égalité tant souhaitée dans une société marocaine en constante évolution. (MAP)


Cultures

Le Maroc invité d'honneur du Salon International du Livre de Québec

oumaya Naamane-Guessous, Mahi Binebine, Yasmine Chami et Mohammed Nedali à l’affiche Le public Québécois aura l’occasion de découvrir cette année la littérature marocaine, lors de la 20e édition du Salon International du Livre de Québec (SILQ), qui aura lieu du 11 au 15 avril au Centre des congrès de Québec. Les lecteurs canadiens pourront feuilleter les 2.000 titres d’auteurs marocains publiés par les neuf maisons d’édition présentes lors du salon: la Croisée des Chemins, Afrique Orient, Attaouhidi, Bouregreg, Chaaraoui, En toutes lettres, les Frères Slaiki, Marsam, et Tarik Editions. Le ministère de la Culture et de la Communication aura son stand d’exposition ainsi que treize autre institutions gouvernementales, académiques et de recherche notamment l’Académie du Royaume du Maroc, l’Agence de Développement de l’Oriental, les Archives du Maroc, la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc, le Conseil National des Droits de l’Homme, l’Institut des Etudes Africaines, l’Institut Royal de la Culture Amazighe, l’Office National Marocain du Tourisme, ou encore la Rabita Mohammedia des Oulémas. “La présence du Maroc, en tant qu’invité d’honneur, au Salon International du Livre de Québec, concrétise le dialogue, autant long que fertile, entre la culture marocaine – avec ses différentes composantes et générations – et la géographie culturelle canadienne diversifiée elle

aussi, et enrichie, par ailleurs, par les affluents de pensée et de création apportés par les immigrés, dont un nombre assez important de nos compatriotes marocains attirés par le Canada pour des raisons de poursuite des études, d’emploi ou de résidence”, a souligné le ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed El Aaraj sur le site du SILQ. Une programmation riche et diversifiée est prévue pour les 60.000 visiteurs attendus pour le salon, avec différentes activités et événements mettant le Maroc à l’honneur. Dès l’inauguration, le pays sera présent avec la troupe Salamate Gnawa de Montréal. Plusieurs auteurs marocains seront également présents pour rencontrer les lecteurs québécois ou la diaspora marocaine résidente au Québec, lors d’une série d’événements du salon. Le 12 avril, le public pourra participer à une table ronde sous le thème “La place de la littérature et des écrivains au Maroc ” en présence de Mahi Binebine, qui présentera son livre “Le seigneur vous le rendra” (Fayard), Mohammed Nedali pour ”Évelyne ou le djihad ?” (de l’Aube), Rachid Khaless pour “Guerre totale” (Virgule), Yasmine Chami pour “Mourir est un enchantement” (Actes Sud) et enfin Soumaya Naamane -Guessous pour “C’est pas juste” (Marsam). Les écrivains Fatiha Morchid, Yasmine Chami, et Rachid Khaless participeront également à un spectacle multidisciplinaire qui allie musique, danse et

poésie, produit par Guy Cloutier, intitulé ” Québec la Muse: De Vive Voix”.

Nedali.

Par ailleurs, un salon marocain traditionnel sera aménagé dans l’espace diversité du SILQ où les visiteurs pourront librement engager la conversation avec tous les auteurs marocains qui ont répondu présents à l’invitation des organisateurs du Salon tel que Kamal Benkirane, Mahi Binebine, Adbellah Boussouf, Yasmine Chami, Moha Ennaji, Mustapha Fahmi, Maria Gessous, Rachid Khaless, Asma Lambraret, Fatiha Morchid, Soumaya NaamaneGuessous ou encore Mohamed

Dans le cadre du SILQ, le Centre culturel marocain de Montréal, “Dar Al Maghrib” organise deux expositions pour mettre avant l’art marocain d’hier et d’aujourd’hui. Les visiteurs pourront découvrir la beauté et richesse de l’artisanat marocain dans la première exposition, alors que dans la seconde, des artistes marocains se joindront à des artistes québécois pour une exposition collective. Intitulée “Maroc: hommage à la diversité”, cette exposition veut promouvoir le vivre-ensemble à

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L’art marocain à l’honneur

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travers différentes formes d’art comme la peinture, la photographie, ou encore la calligraphie. Cette 20e édition du SILQ se déroulera sous la présidence d’honneur du dramaturge, romancier, cinéaste, français, Eric-Emmanuel Schmitt, un des auteurs francophones contemporains les plus lus au monde. En 2017, les organisateurs du salon avaient choisi l’Algérie comme invité d’honneur. Cette 19e édition avait attiré 68000 visiteurs, 1150 auteurs et plus de 700 maisons d’édition de différents pays.


Cultures

Media

Une femme à la tête de CBC/Radio-Canada Pour la première fois de son histoire, la société CBC/Radio-Canada sera dirigée par une femme. Il s'agit de Catherine Tait, une productrice anglophone bien connue dans le milieu de la télévision et du cinéma. La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a insisté sur cette première en présentant Mme Tait à la presse, mardi 3 avril 2018, dans le foyer de la Chambre des Communes. «Avec la nomination de Mme Tait, nous brisons une fois de plus le plafond de verre», s'est réjouie la ministre. Mme Joly a fait son choix à partir d'une courte liste de candidats recommandés par un comité indépendant. «Notre mandat n'était pas de sélectionner une seule personne, mais de donner un choix de candidats au gouvernement, a expliqué en entrevue le président du comité, Tom Clark. (...) Les autres choix auraient été plus sûrs. Celui-là est le plus audacieux.» Ceux qui ont côtoyé Mme Tait la décrivent comme une personne dynamique et visionnaire. On dit qu'elle ne craint pas de prendre des risques et qu'elle a une bonne connais-

sance de l'industrie autant sur la scène canadienne qu'internationale.

«C'est une des personnes les plus allumées que j'ai rencontrées ces dernières années, s'est exclamée l'ex-présidente de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Monique Simard. Elle est très, très au fait des défis du numérique.» La principale intéressée, qui s'exprime autant en anglais qu'en français, a promis d'aller «plus loin» dans l'offre numérique de la société d'État. «Je pense qu'il y a déjà eu pas mal de transformations à CBC et RadioCanada. Alors on a déjà vu une énorme présence sur les plateformes de contenu canadien et puis on va aller plus loin», a-t-elle annoncé sans vouloir donner d'exemples concrets. Mme Tait est connue au Canada anglais pour avoir dirigé Salter Street Films, la maison de production qui a créé l'émission This Hour has 22 Minutes diffusée à CBC. Elle a débuté sa carrière comme fonctionnaire fédérale il y a plus de 30 ans à ce qu'on appelait à l'époque le ministère des Communications.

Cette femme d'affaires de 60 ans est présentement présidente de Duopoly, une entreprise qui produit du contenu numérique, télévisuel et cinématographique. Elle a travaillé autant au Canada qu'aux États-Unis et habite maintenant à New York. «Je suis heureuse d'être ici et d'accepter l'un des plus grands défis de l'industrie des médias au Canada. C'est mon emploi de rêve», s'est exclamée Mme Tait mardi matin. Elle entrera en fonction en juillet pour remplacer l'actuel président-directeur général du diffuseur public, Hubert Lacroix, qui avait été nommé par le gouvernement Harper en 2008. Il devait quitter le 31 décembre, mais son mandat avait été renouvelé pour donner plus de temps au comité indépendant nommé par le gouvernement pour faire ses recommandations.

transformation numérique entamée avec la Stratégie 2020 et de mettre fin à sa crise existentielle. Car si RadioCanada se porte bien, la situation est bien différente pour sa branche anglophone. «CBC fait face à un défi réel, a constaté Tom Clark. Il est en compétition non seulement avec les productions américaines, mais également avec des productions de partout dans le monde. Mme Tait a une bonne compréhension de ces défis.»

Parmi les neuf membres de ce comité figurent la cinéaste abénaquise Alanis Obomsawin, l'acteur Colm Feore et le vétéran du journalisme télévisé Tom Clark.

La nomination de Catherine Tait fait partie d'une série de décisions du gouvernement Trudeau pour renforcer le diffuseur public. La première a été de renverser les coupes du gouvernement Harper et ainsi d'augmenter en 2016 le financement de CBC/Radio-Canada de 675 millions sur cinq ans.

Ce dernier croit que Mme Tait proposera des solutions qui permettront au diffuseur public de poursuivre sa

La Guilde canadienne des médias, le syndicat qui représente les employés du diffuseur public dans toutes les

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provinces à l'exception du Québec et du Nouveau-Brunswick, a noté que seule une petite part de cet argent a été affectée à la couverture des nouvelles locales. Le syndicat s'inquiète également qu'un montant important ait été attribué à des productions externes lors de la dernière année. Il espère sensibiliser Mme Tait à ce sujet. Le gouvernement avait créé un comité indépendant l'an dernier pour revoir le processus de sélection des membres du conseil d'administration de CBC/ Radio-Canada. Il répondait ainsi aux critiques qui jugeaient que le processus de sélection manquait de transparence et ne reflétait pas la diversité canadienne. Mardi, la ministre Joly a annoncé l'arrivée de quatre autres membres au conseil d'administration: Michael Goldbloom, Suzanne Guèvremont, Guillaume Aniorté et Sandra Singh. Le Montréalais Goldbloom agira à titre de président du conseil.


Cultures

Arts de la scène

Soirée de rêve à Montréal avec la chanteuse Salma Rachid La jeune chanteuse marocaine, Salma Rachid, a émerveillé les mélomanes et les mordus du “Tarab”, venus très nombreux, samedi 24 mars 2018, au prestigieux théâtre Saint-Denis à Montréal, assister à un concert exceptionnel, à travers lequel elle a rendu hommage aux icônes et grandes légendes de la chanson arabe. Dans une ambiance chaleureuse et conviviale, la vedette marocaine, toujours égale à elle-même, a, tout au long de cette soirée artistique de grande facture, organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la femme, chanté et enchanté des milliers de passionnés de musique, en interprétant avec brio un récital des grands classiques de la chanson arabe, qui ont été vivement appréciés par l’assistance qui a savouré des moments de pur plaisir et d’émotions. Des classiques au menu A travers ce spectacle, qui restera gravé à coup sûr dans la mémoire de ses fans au Canada, “la princesse d’Arab Idol” a réussi, comme à l’accoutumée, à livrer une prestation des plus remarquables, montrant toute l’étendue de son talent, et a su captiver l’attention d’une audience fortement nostalgique du temps des grandes divas de la chanson arabe telles que Oum Kalthoum, Sabah, Fayrouz, Warda, Aziza Jalal et d’autres grands ténors de la musique orientale comme le rossignol Abdelhalim Hafez. Des voix légendaires qui ont bercé et continuent d’inspirer tant de générations d’artistes et de chanteurs. Dès sa montée sur scène, la jeune chanteuse a vite conquis, grâce à sa voix idyllique ainsi qu’à sa prestation scénique, le public très réceptif, qui se composait notamment de membres de la communauté marocaine établie au Canada et d’autres nationalités arabes, venu renouer, le temps d’un spectacle, avec

ces chansons classiques.

Vêtue d’un caftan élégant, Salma Rachid, qui a volé la vedette lors de la 2ème saison du célèbre programme télé “Arab Idol”, a su, grâce à ses magnifiques interprétations des plus belles chansons immortelles telles que “Alf Lila wa Lila”, “Inta Omri”, “Batwanes Beek”, “Zay Al assal”, “Mestaneyak” et “Gana Al hawa”, faire sensation et subjuguer l’assistance qui s’est mise spontanément à reprendre en choeur ces titres éternels. Toujours le sourire aux lèvres, Salma Rachid n’a pas manqué lors de ce spectacle d’exprimer son immense joie et sa grande fierté de se produire à Montréal et d’aller à la rencontre de ses admirateurs établis outre-atlantique, qu’elle porte dans son coeur et à qui elle voue une grande estime, pour vivre avec eux, le temps d’une soirée, des moments inoubliables de joie et de bonheur partagés. A l’issue de ce show, clôturé en apothéose par son interprétation du chef d’oeuvre “Marsoul Al hob “du grand maestro Abdelwahab Doukkali, Salma Rachid et l’orchestre l’accompagnant ont eu droit à des torrents ininterrompus d’applaudissements et à une longue «standing ovation» de la part du public qui a allégrement vécu des moments de “Tarab” mémorables. La tête et la voix Née le 13 juin 1994 à Casablanca, Salma Rachid est une passionnée de musique, de dessin et de mode. Après avoir obtenu son bac en 2012, elle entame des études d’économie mais son casting à “Arab Idol” a marqué un tournant dans la vie artistique de la jeune chanteuse marocaine. Finaliste de l’émission dans sa seconde

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saison, Salma a rapidement gagné le cœur de centaines de milliers de fans. En moins d’une année, elle a participé à de nombreux événements et festivals nationaux et internationaux et est devenue l’une des jeunes artistes les plus adulées au Maroc et l’une des stars les plus prometteuses sur la scène artistique et musicale arabe.

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Dotée d’une grande capacité à maîtriser différents styles, Salma Rachid compte à son actif de nombreux singles et vidéoclips tels que “Ehsas”, “Hamsat Hob”, “Ma Asaab Gheyabak”, “Haniyale”, “Samaani Nabdak”, “Wesh Jdedak”, ou encore “Kad Al Matar” et tout récemment “Ach Ja Ydir”. Source : Maghreb Arabe Presse


Cultures

Le 34ème Festival Vues d’Afrique dévoile sa programmation

88 films de 33 pays

dont 15 premières internationales, 52 premières canadiennes et 15 premières québécoises Le 34e Festival international de cinéma Vues d’Afrique, présenté par Québecor, en partenariat avec Royal Air Maroc, Transporteur officiel, a dévoilé le 27 mars 2018 la programmation de son édition 2018 qui se tiendra du 13 au 22 avril à la Cinémathèque québécoise. Durant 10 jours, le Festival présentera 88 films de 33 pays, dont 15 premières internationales, 52 premières canadiennes et 15 premières québécoises. Le Festival de cinéma africain et créole le plus important en Amérique du Nord sera soutenu cette année par deux brillantes personnalités du milieu des affaires : Vickie Joseph, co-fondatrice du Groupe 3737, Présidente directrice générale de VKosmetik International, et Ben Marc Diendéré, Vice-président principal, Communications, Affaires publiques, Image de marque, La Coop fédérée, accompagneront cette nouvelle édition à titre de Marraine et Parrain. Ouverture La Tunisie sera à l’honneur à l’occasion de la soirée inaugurale présidée par M. Mohamed Imed Torjemane, Ambassadeur de Tunisie au Canada, le vendredi 13 avril à 18h au Cinéma Impérial alors que Zizou de Férid Boughedir donnera le coup d’envoi au Festival. Zizou est une vision amusée et tendre du quotidien d'une société méditerranéenne exubérante à la veille d'un bouleversement majeur, la naissance du « Printemps arabe ». Le réalisateur tunisien et la Déléguée des Journées cinématographiques de Carthage, Mme Nezlie Feriel Kallel, seront présents lors de la cérémonie. Également sur place, la réalisatrice Moufida Fedhila recevra le trophée CIRTEF, et un hommage posthume sera rendu à Taieb Louhichi, grand cinéaste tunisien, lauréat de la première édition du Festival.

Clôture En clôture, le samedi 21 avril à 18h à la Cinémathèque québécoise, Vues d’Afrique et Mashariki, festival partenaire, proposent de célébrer le talent de nouveaux cinéastes et artistes rwandais au talent prometteur avec la projection des courts métrages Blind Teacher Kabarebe, The Discord, Evasion et Akarwa. La sélection sera complétée par la présentation de Who am I ?, court métrage abordant le thème de la discrimination avec des jeunes kenyans inspirés d’un exercice pédagogique de Jane Elliott «Yeux-bleus-yeux-marrons». Sa co-réalisatrice helvético rwandaise Angélique Gakoko-Pitteloud sera présentée par Mme Elisabeth Bosch Malinen, Consule générale de la Suisse à Montréal qui soulignera la participation suisse. Fiction internationale La force et la sensibilité de la femme sont au premier plan de la programmation d’oeuvres de fiction présentées cette année. En Égypte, l’annonce d’une journée réservée aux femmes dans une piscine publique fait sensation (A Day For Women), un accès privilégié au coeur d’un hammam, où mères, filles et amantes se confrontent (À mon âge je me cache encore pour fumer), quatre femmes se retrouvent à Dar Joued et partagent joies, émotions et détresses de leur quotidien à la veille de l’indépendance (El Jaida), quatre vieilles dames décident de se rebeller après une longue vie parsemée d’injustices (Lhajjates). La programmation propose également des films au succès populaire et critique. Parmi eux, le thriller haïtien Kafou présentement en tournée des festivals, le drame historique Le Rêve Français et la comédie parisienne La Vie de Château. Plus de 25 courts et moyens métrages internationaux com-

plèteront la programmation. Notamment Aya de Moufida Fedhila, primé dans plusieurs festivals dont le Tanit d’or aux Journées cinématographiques de Carthage et Tangente de Rida Belghiat et Julie Jouve, également primé dans plus de cinq festivals de cinéma internationaux. Autre film à ne pas manquer, Watu Wote de Katja Benrath, représentant le Kenya aux Oscars 2018, qui revient sur une attaque terroriste du groupe Al Shabab survenue en 2015. Documentaire international

Avec sa riche programmation documentaire, Vues d’Afrique propose des portraits des figures les plus importantes du cinéma africain. De Tahar Chériaa, père incontestable du panafricanisme cinématographique (Tahar Chériaa, à l’ombre du baobab) à Jean Rouch, Paulin Soumanou Vieyra et Ousmane Sembène (Destin commun, hommage à trois éclaireurs du 7e art), on célèbre le talent et la contribution de ces réalisateurs dans l'effervescence du cinéma africain. Le cinéma du réel servira également de témoin aux conflits politiques : sur la situation actuelle au Burundi, Non au 3e mandat du talentueux Joseph Bitamba (lauréat 2017), sera projeté en soirée spéciale suivie d’un débat. En 1994, au Rwanda, la rébellion la mieux entraînée du continent africain met fin au génocide des Tutsis dans Inkotanyi. Les Burkinabè aux prises avec le gouvernement autocratique de Blaise Compaoré se défendent avec l’art et la force de leur communauté, un modèle de résistance pacifique, avec Burkinabè Rising: L’art de la résistance au Burkina Faso. La programmation de courts métrages documentaires s’inscrit tout autant dans une démarche politique et artistique : Mémoires de missionnaires, regard lucide sur l’histoire coloniale au Congo,

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Écran à fric écran magique sur Nollywood, l’industrie cinématographique nigérienne, Taxi Cedeao, film dénonciateur tourné uniquement à partir d’une caméra cachée et Aziz’Inanga, Éclipse du clair de lune, qui accompagne le voyage musical de cette chanteuse au style inspiré de rythmes traditionnels. Regards d’ici En plus de proposer la plus importante programmation de cinéma

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africain et créole au Canada, Vues d’Afrique souligne le travail de cinéastes d’ici qui contribuent au rapprochement des deux continents. Comme un caillou dans la botte d’Hélène Choquette fait découvrir la réalité économique dégradante des marchands ambulants sénégalais en Toscane, alors que Cameroun à l’heure de Boko Haram de Grégoire Viau nous montre un pays à la fois dévasté par le terroriste et inversement

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Sports

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motivé par le développement économique numérique avec le Canada. De par sa sélection de courts métrages, Regards d’ici nous fait découvrir des récits originaux et captivants : un chauffeur de taxi à Montréal surprend une conversation entre son fils et un recruteur de djihadistes pour la Syrie (En route vers le paradis), une manifestation culturelle inspirée du vaudou fait vibrer Haïti (Rara) et un jeune immigrant livre un message d’espoir et d’acceptation au Québec (On va s’aimer). Afrique connexion Volet très convoité des festivaliers, Afrique connexion les invite cette année à découvrir huit séries africaines lors de La nuit de la série. Récemment présentée au festival Écrans noirs, cette sélection offre un panorama du meilleur de la série africaine présentement en plein essor. Les séries seront soumises au vote du public. Développement durable Dans cette section du Festival, Vues d’Afrique souhaite mettre en lumière le regard éclairant de cinéastes qui, à travers leurs images et sensibilités, font la promotion du développement durable et combattent les problématiques écologiques. Pour cette édition, on retrouve notamment Malaria Business, documentaire-choc sur le traitement de la Malaria devenu une véritable industrie, Le Ministre des poubelles portrait d’un artiste activiste congolais qui crée des oeuvres revendicatrices à partir de déchets et Permakabadio, film sénégalais portant sur un projet de permaculture lancé par les villageois de Kabadio. Droits de la personne Cette catégorie spéciale créée dans le but de mettre en valeur les films

de cinéastes qui ont su porter un regard lucide sur des problématiques sociales liées aux droits de la personne. Constructives et inspirantes, ces oeuvres s’aventurent dans des voies parfois taboues et tantôt revendicatrices. On y retrouve des oeuvres importantes du récent paysage cinématographique africain : Les fictions Frontières et I’m Not a Witch suivent d’une part, quatre femmes voyageant par autobus et forcés de s’unir pour survivre aux dangers, et d’autre part, une fillette de 9 ans accusée de sorcellerie envoyée dans un camp de sorcière. Pour les documentaires, This is Congo propose une immersion dans l’un des plus vieux conflits du monde tandis que Quand Paul traversa la mer relate la rencontre touchante entre un documentariste et un migrant Camerounais au Maroc. Afrique 360° Vues d’Afrique propose, grâce au concours de son partenaire, le Festival Cinémas d’Afrique Lausanne, une programmation de courts métrages de réalité virtuelle offrant un nouveau regard sur une

Afrique urbaine, créative et contemporaine. Spirit Robot vous fera voyager en plein milieu d’un festival d’arts de rue à Accra, Let This Be a Warning ! vient questionner le regard voyeur du spectateur en le mettant dans le rôle de l'intrus, The Other Dakar, entre installation artistique et conte traditionnel africain, dévoile une facette de la ville. Enfin We Who Remain, nous plonge dans la vie d’un journaliste, d’un étudiant, d’une mère de famille et d’un soldat rebelle dans une zone de guerre active du Sud Soudan. Soutien à la relève Vues d’Afrique souhaite plus que jamais promouvoir et soutenir le talent de jeunes cinéastes d’ici. Il présentera pour une première fois une nouvelle catégorie, Mon Réal en Herbe et l’activité 100H chrono organisée en collaboration avec le Centre PEYO, le centre LOVE et le Carrefour jeunesse emploi Centre-Nord. Le 20 avril, la sélection de la nouvelle catégorie ainsi que les films créés en 100 heures par des jeunes accompagnés par des cinéastes professionnels seront présentés au public.

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Événements spéciaux et BAOBAR Devant les récentes préoccupations reliées à la place de la parité et de la diversité dans le milieu audiovisuel, Vues d’Afrique s’associe aux Réalisatrices équitables, à FCTMN et l’ARRQ pour la Rencontre images de femmes et diversité. Cette rencontre sera l’occasion de donner la place aux institutions (Le Fonds des médias du Canada, Téléfilm Canada, l’ONF et la SODEC) afin qu’elles puissent exposer leurs pistes d’action en vue d’atteindre la parité et une meilleure représentativité de la diversité dans le domaine cinématographique. Le Festival souhaite ainsi créer un espace d’échange et de solidarité pour se questionner sur la place des minorités ethnoculturelles et des réalisatrices déjà sous-représentées. Autre activité professionnelle de la 34e édition, en collaboration avec le Centre Culturel Marocain et l’Université Concordia, le colloque distribution sur la présence de films africains à l’écran au

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Canada. Les familles sont invitées au Festival pour découvrir le film d’animation camerounais Minga et la cuillère cassée. Les enfants de moins de 13 ans pourront assister gratuitement aux Séances familiales. Au grand plaisir de tous, un brunch spécial sera offert à moindre coût au BAOBAR après les séances. Séances spéciales Le Festival international de cinéma Vues d’Afrique offre 11 séances spéciales mettant à l’honneur l’Algérie, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, l’Égypte, le Gabon, Haïti, Madagascar, le Maroc, le Rwanda et la Tunisie ; une séance sera également dédiée au développement durable. Le BAOBAR, lieu de rencontre incontournable du Festival accueillera cette année 9 animations musicales et culturelles sur 10 jours de Festival. Il sera situé à la Cinémathèque québécoise, quartier général des activités de cette 34e édition.


Droits

Les maroco-canadiens et le nouveau code de la famille Séance d’information à Dar al Maghrib

Une rencontre de communication a été organisée récemment au Centre culturel marocain "Dar Al-Maghrib" à Montréal, avec pour objectif d'assurer une meilleure sensibilisation des membres de la communauté marocaine établie au Canada sur les dispositions du Code de la Famille.

Initiée par le Consulat général du Royaume du Maroc à Montréal en coordination avec le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration, cette rencontre s’inscrit dans le cadre des mesures d’ouverture et de proximité menées par la mission diplomatique en vue de promouvoir l’action consulaire et de mieux répondre aux préoccupations et doléances des Marocains résidant au Canada. Animée par M. Abdelhadi El Bettah, juge en charge de la section de la justice de la famille à la direction des affaires civiles relevant du ministère de la Justice, cette rencontre a offert l’opportunité aux membres de la diaspora marocaine au Canada, qui ne sont pas suffisamment informés des nouvelles dispositions du Code de la Famille, d’avoir des données plus détaillées sur cette loi et sur les nouveautés qu'elle a introduites pour promouvoir la condition de la femme et renforcer le dispositif de protection de la famille. Intervenant à cette occasion, la Consule générale du Royaume à Montréal, Mme Habiba Zemmouri, a mis en exergue la Haute sollicitude dont Sa Majesté le Roi Mohammed VI ne cesse d’entourer les MRE et Sa volonté constante de veiller, à travers Ses hautes directives, à la poursuite des efforts en vue de défendre les acquis des expatriés marocains et d’améliorer la qualité des prestations qui leur sont offerts. Rappelant que le Maroc a accordé une grande attention à la protection de la famille qui représente le noyau de la société, Mme Zemmouri a souligné que la Constitution de 2011 a affirmé dans son article 32 que la famille constitue "la cellule de base de la société", ajoutant que la Loi

suprême du pays a aussi précisé que "l'Etat oeuvre à garantir par la loi la protection de la famille sur les plans juridique, social et économique, de manière à garantir son unité, sa stabilité et sa préservation" et "assure une égale protection juridique et une égale considération sociale et morale à tous les enfants, abstraction faite de leur situation familiale". Dans ce sens, elle a indiqué que le Code de la Famille, cadre de référence en la matière, reflète l'adhésion effective du Royaume à une dynamique visant à promouvoir la culture des droits de l’Homme, en particulier ceux de la femme et de l’enfant, notant que cette loi avant-gardiste a permis d'ériger le Maroc en un modèle dans les foras internationaux et de mettre en relief l'exception marocaine sur les plans régional et international. La diplomate a, par ailleurs, relevé que cette rencontre fait partie de plusieurs autres qui sont programmées dans les prochains jours et qui seront animées par M. El Bettah, signalant qu’il sera ainsi procédé à la tenue de séances restreintes et individuelles au siège du Consulat général pour discuter de cas particuliers, outre des rencontres avec des associations oeuvrant dans le domaine de la famille à Montréal et à Toronto, ainsi qu’avec les imams, prédicateurs et préposés religieux à Montréal. De son côté, M. El Bettah a souligné que cette rencontre reflète l’ouverture du ministère de la Justice et son souci permanent à consolider la communication avec les membres de la communauté marocaine au sujet du Code de la Famille, un texte révolutionnaire, vu les importantes avancées qu’il a apportées pour la protection des droits de la femme et de l’enfant.

Ce Code, a-t-il ajouté, a réussi à concilier les principes du référentiel religieux en la matière avec les valeurs universelles inscrites dans les conventions internationales, ratifiées par le Maroc, précisant que ce texte de loi, tout en préservant les dispositions issues de la Charia islamique, en a introduit de nouvelles qui prennent en compte

les spécificités de la société marocaine et qui sont en phase avec le progrès socio-culturel qu’elle a connue au cours des dernières années. Evoquant les efforts consentis par le ministère de la Justice pour trouver les solutions idoines aux problématiques auxquelles sont confrontés les Marocains du monde en matière de procédures juridiques, M. El Bettah a affirmé que tout un dispositif a été mis en place, notamment pendant les vacances d’été, en vue de faciliter aux immigrés marocains le règlement, devant la justice, des problèmes liés aux différents aspects du Code de la Famille dans des délais raisonnables.

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Il a, par ailleurs, indiqué que toutes les préoccupations des MRE sont prises en compte par le ministère, le but étant d’améliorer les prestations et ce, en coordination avec les autres départements concernés, dont celui des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et celui chargé des Marocains résidant à l'étranger et des affaires de la migration. Par la suite, le magistrat a présenté un exposé dans lequel il a donné un bref aperçu sur les grandes lignes du Code de la Famille et les textes de loi y afférents, tout en mettant en avant les principales nouveautés introduites, notamment celles en

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lien avec le mariage, le mariage mixte, la polygamie, le divorce, la pension alimentaire, la Kafala, le Fonds d’entraide familiale, et le partage des biens entre époux. Cet exposé a été suivi d'une séance de questions-réponses qui a permis à M. El Bettah de répondre avec clarté et pertinence aux interrogations soulevées par les membres de la communauté marocaine, qui ont eu droit à des éclaircissements et des explications exhaustives qui leur seront très utiles pour la compréhension du Code de la Famille et l’assimilation de ses dispositions . Source : Maghreb Arabe Presse


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