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nº 314 du 2 au 15 novembre 2017

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Élections municipales 2017

Atlas Media soutient L'équipe Denis Coderre

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Un Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination

M. David Heurtel, Ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion

Pour donner une chanceà tous nos enfantsd’avoir un meilleur avenir

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Atlas.Mtl est un produit du. GROUPE ATLAS MEDIA Inc Editeur de. * La Voix des Marocains à Montréal et du site web: www.atlasmedias.com

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Depuis 2002 Groupe Atlas Media Quinze ans, c’est… • 313 numéros du bimensuel Atlas.Mtl, soit plusieurs milliers d'articles exprimant la sensibilité maghrébine et valorisant la dimension maghrébine de la société dans laquelle nous vivons; • Une soixantaine d'événements identitaires, artistiques, culturels et politiques; • De nombreux débats, colloques, séminaires et conférences, • 129 reportages sur la communauté pour les chaînes de télévision 2M, AlMaghribia, Ai Aoula, Arrayadia; • 365 émissions radio (de 2002 a 2009); • Un site web ayant accueilli plus de 15 millions de visiteurs depuis 2003

Le Groupe Atlas Media soutient Équipe Denis Coderre

Et (re)voici pourquoi… Dans notre numéro précédent déjà, nous exprimions, dans la perspective des élections municipales du 5 novembre 2017, notre préférence et notre soutien à l’administration en place à Montréal formée depuis 2013 (et largement renforcée depuis) par l’Équipe Denis Coderre pour Montréal.

Et pour bien d’autres raisons encore que celles – certes fondées – qu’a si bien exposé Mitch Garber.

Édito

Editeur : Abdelghani Dades. Directeur Général Rachid Najahi. Rédaction : Abdelghani Dades, Wahid Megherbi, Narjisse El-Bakkali, Zahira Ellahgui, Mona Doutabaa, Said Chayane, Reda Benkoula Publicité : Pub Smart Conception et Réalisation Graphique : Atlas Média

Revenons au mois de novembre 2013. Dans sa campagne, Denis Coderre s’engageait à mettre en place 176 mesures, touchant 9 grands enjeux.

Nous appuyant sur les points de vue exprimés par différentes personnalités, dont l’homme d’affaires qui rappelait notamment le fait que «l'économie et le sentiment de confiance à Montréal (…) sont à des niveaux très élevés (et on même atteint) un sommet depuis 40 ans ! » nous développions un argumentaire qui, trois semaines et deux sondages plus tard, garde toute sa pertinence et qu’il faut certainement relire avant (si cela n’a pas été fait par anticipation le 29 octobre dernier) d’aller voter.

Quatre années plus tard, qu’en est-il? 108 des 176 mesures annoncées ont été soit réalisées soit en cours de réalisation. Une analyse plus fine permet également de constater que les 67 mesures promises et non réalisées ne l’ont pas été parce que, en l’état du cadre normatif régissant l’action municipale, elles ne pouvaient pas l’être. Fin politicien, Denis Coderre - on s’en rend compte en relisant ses discours de la campagne 2013 - en avait d’ailleurs annoncé une réalisation différée, subordonnée à des changements de nature législative notamment. Et c’est pourquoi on les retrouve inscrite aujourd’hui au programme de son quadriennat à venir, soulignées par le slogan «Ensemble, continuons le travail».

Un bilan (…) Pour ce scrutin du 5 novembre prochain, comme nous le faisons depuis 2003, quels que soient les choix et avis personnels des membres de notre équipe, notre premier réflexe a été de faire campagne auprès de nos lecteurs pour qu’ils exercent leur droits citoyens (s’inscrire sur les listes électorales puis aller voter le moment venu) et les éclairer dans leurs choix ultérieurs en assurant une couverture honnête et équilibrée des campagnes électorales de tous les partis municipaux en lice.

Un second souffle Car désormais, les retombées de la relance économique, celles du «blitz» de travaux de ces deux dernières années qui réduit des contraintes sévères à l’action municipale, les progrès enregistrés en matière de gouvernance et de transparence, le statut de Métropole et la latitude d’action élargie qu’il accorde à la Ville; ceci

Cette fois, nous allons afficher notre choix : Nous allons soutenir Équipe Denis Coderre.

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joint au fait que toute administration, quelle qu’elle soit, est généralement plus performante dans un second que dans un premier mandat; tout cela fait que - Nous sommes convaincus que la dynamique engagée va se poursuivre sinon se renforcer, - Nous sommes désormais en mesure, comme citoyens, d’avoir non plus des attentes mais des exigences ; que face à nos élus nous pouvons demander plus, placer la barre plus haut, ne plus revendiquer seulement la maintenance d’une infrastructure vieillissante, mais des réalisations nouvelles, - Exiger aussi que la Ville se comporte en leader dans des questions sociales complexes telles que la promotion de l’emploi, la lutte contre l’exclusion et la discrimination, l’éducation et la santé etc. Pour une opposition efficiente Il ne faut cependant pas prendre cet engagement pour un blanc-seing. C’est bien plus un mandat à la réalisation duquel Atlas Media sera d’autant plus attentif que sa confiance aujourd’hui est grande. Profitons-en aussi pour dire que cette confiance ne signifie pas une quelconque défiance où de manque de respect à l’encontre des adversaires d’Équipe Denis Coderre. Projet Montréal et sa cheffe Valérie Plante, Coalition Montréal et Jean Fortier (qui s’est depuis rangé derrière Mme Plante, comme il s’était rangé derrière Mme Joly en 2013), tout comme Vrai Changement pour Montréal et

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Justine McIntyre ont droit à toute notre estime et sont nos partenaires en citoyenneté et seront à l’occasion – s’ils acceptent - nos partenaires en exigence vis-à-vis de la Ville. Cette prise de position n’a, évidemment, pas été du goût de tout le monde. C’est normal. Ce qui l’est moins, c’est que les réactions négatives n’ont pas été celles que l’on attendait. Comme nous argumentons notre choix, nous axpections des réponses sur le contenu. Pas sur la forme, ni sur de supposés principes obligatoires et irréfragables de neutralité journalistique. Et cela d’autant plus que, hormis l’éditorial, le contenu du journal n’a occulté aucun des partis en lice, avec bien sûr cette limite que le volume d’informations disponibles et accessible n’était pas égal pour tous. Cela dit, les mêmes raisons provoquant les mêmes effets, nous réitérons ici notre soutien à Équipe Denis Coderre pour Montréal; précisons toutefois que notre position ne signifie en aucun cas une tentative d’influencer quiconque parmi nos lecteurs ne partage pas ce point de vue. PS : Sur le rôle et les prises de position des média en période électorale, nous vous renvoyons au point de vue de notre confrère François Cardinal, Éditorialiste en chef de La Presse qui, comme nous (une semaine plus tard) appelle à «Un deuxième mandat pour Denis Coderre»

Abdelghani Dades


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Points de vue

Municipales 2017 – La Presse appelle à

«UN DEUXIÈME MANDAT POUR DENIS CODERRE»

«Rappelons-nous 2013. Rappelons-nous les difficultés de Montréal, son manque d’influence, ses problèmes financiers. Rappelons-nous la corruption, la collusion, les malversations. Il y a quatre ans, Montréal était une ville empêtrée dans les scandales, minée par une perte de confiance généralisée. Aujourd’hui, la ville est debout à nouveau. Mieux encore, elle est dynamique et prospère, la preuve étant que le pire fléau qui l’afflige n’est plus la corruption, mais bien… la congestion.

Bien sûr, les cônes orange constituent un problème au quotidien… mais un beau problème, en quelque sorte, qui montre le chemin parcouru ces dernières années. L’embarras de Montréal, en effet, n’est plus que l’argent public soit détourné, mais bien qu’il soit investi pour combler d’immenses besoins en infrastructures. L’ennui, ce n’est plus l’immobilisme, mais le grand nombre de chantiers qui laisseront place à des logements, des espaces publics, des tours qui contribueront à l’élan de Montréal. Or voilà très précisément le mandat que les Montréalais avaient donné à Denis Coderre en 2013 : faire le ménage, redémarrer la machine, lui redonner une erre d’aller. Autant de choses qu’il a accomplies, reconnaissons-le. Denis Coderre a en effet changé

complètement l’atmosphère. Il a ramené la confiance en Montréal, ce qui n’était pas gagné lorsqu’il a pris possession de son bureau à l’hôtel de ville. Il faut se souvenir que sa formation avait avalé des éléments du parti de Gérald Tremblay, ce qui en incitait plusieurs à spéculer sur le nombre d’arrestations qui minerait son mandat.

Et pourtant… rien. Ou si peu qu’on ne puisse plus parler de problèmes d’intégrité à la Ville. Le maire a manifestement frappé un grand coup en créant le Bureau de l’inspecteur général et surtout, en plaçant à sa tête Me Denis Gallant, qui a prouvé sa pertinence et sa compétence à maintes reprises durant le mandat. Il a aussi fait un ménage dans les finances publiques, en respectant sa promesse de ne pas hausser les taxes au-delà de l’inflation. Il a freiné la croissance des dépenses, ce que Gérald Tremblay n’avait jamais réussi à faire. Il s’est donné une marge de manœuvre pour combler l’important sous-investissement en infrastructures, creusé notamment par Pierre Bourque. Et il a su s’entendre avec les syndicats après un début de mandat houleux, ce avec quoi tous ses prédécesseurs ont eu de la difficulté. Ajoutons que le maire a également réussi à aller chercher à Québec plus de pouvoirs et plus d’argent. Bien que le statut de métropole ne soit pas aussi impressionnant qu’attendu, il était nécessaire pour

diversifier les sources de revenus de la Ville et pour que le gouvernement s’engage à développer un « réflexe Montréal ».

Tout cela est moins spectaculaire que les festivités du 375e anniversaire, qui ont été un grand succès, mais c’est précisément ce qu’il fallait pour rebâtir les fondations de la ville. C’est ce qu’il fallait pour retrouver de l’influence d’antan. C’est ce qu’il fallait pour redonner à la métropole sa place au Québec et au Canada. Bref, c’est ce qu’il fallait pour que Montréal soit dans une bien meilleure posture aujourd’hui qu’il y a quatre ans. Le mandat qui s’achève n’est pas qu’une série de succès pour autant. Il y a même, convenons-en, une certaine dose de mécontentement qui s’exprime contre ce maire à la personnalité cassante. Denis Coderre a imposé une centralisation des pouvoirs ainsi qu’un réel contrôle de l’information à l’hôtel de ville. Il a manqué de transparence. Il a aussi fait preuve d’arrogance, ce qui a rappelé l’importance d’une opposition forte au conseil municipal. Mais le maire a-t-il démérité pour autant ? S’est-il disqualifié pour le poste ? A-t-il offert aux électeurs une raison suffisamment grave pour qu’ils lui refusent un second mandat ? Non. Montréal avait clairement besoin

d’un électrochoc, et Denis Coderre, avec la personnalité qu’on lui connaît, a su l’administrer. *** Disons-le, Projet Montréal a mené une bonne campagne, meilleure que celle du maire sortant. Valérie Plante a en effet démontré de l’aplomb en plus de diriger habilement ses troupes. Mais elle n’a pas pour autant l’expérience politique nécessaire pour diriger une métropole, encore moins la maîtrise des dossiers économiques qu’on attend d’un maire, comme en témoignent ses esquives chaque fois qu’une question lui est posée sur ces importants enjeux. Or est-ce un risque à prendre au moment où l’on observe une hausse des indicateurs économiques tels que le nombre de personnes en emploi, les mises en chantier et la valeur des permis de construction non résidentiels ? Le rôle d’un maire est d’améliorer la qualité de vie des résidents, mais aussi de mettre en place les

conditions propices à l’emploi et à la croissance économique. Certes, Valérie Plante a su démontrer de grandes qualités de candidate lors de cette élection qui est demeurée respectueuse de part et d’autre, mais la question que les électeurs devront se poser dans l’isoloir le 5 novembre prochain, ce n’est pas qui a fait la meilleure campagne, mais si Denis Coderre a les qualités pour être maire ? La réponse est oui, sans équivoque, et il mérite donc un deuxième mandat. Les résultats sont là. Denis Coderre a prouvé qu’il avait non seulement la stature d’un maire, mais aussi les qualités requises pour redonner à la métropole un souffle et une influence qui lui ont trop longtemps manqué. Afin de poursuivre sur sa lancée et de consolider ce qui a été entamé, Denis Coderre mérite à nouveau la confiance des Montréalais.» In Presse+, Édition du 28 octobre 2017, section DÉBATS

POURQUOI LA PRESSE PREND-ELLE POSITION ? Pourquoi La Presse appuie-t-elle un candidat plutôt qu’un autre lors d’une élection ? La question nous est posée chaque fois qu’une élection survient, car chaque fois, le journal exprime sa préférence pour un candidat ou un parti, comme le font d’ailleurs la plupart des médias écrits en Amérique du Nord. Cette tradition ne vise absolument pas à imposer un point de vue,

encore moins à dicter aux électeurs quelle case cocher le jour du vote. Il s’agit plutôt d’une prise de position qui engage le journal en tant qu’institution importante de l’écosystème démocratique.

C’est le mandat des pages éditoriales, après tout : se poser les mêmes questions que les lecteurs, puis prendre position, non pas pour clore le débat, mais pour l’enrichir.

Comme chaque fois dans le passé, ce texte est le fruit d’une longue réflexion qui vise à proposer aux lecteurs une façon de voir les choses afin de provoquer la discussion et de contribuer au débat public.

Cela est important au jour le jour, mais ce l’est encore plus lors des moments déterminants de la vie démocratique. Pour un quotidien, éviter d’exprimer sa préférence lors d’un référendum ou d’une élection reviendrait à manquer à

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son devoir. Il faut toutefois rappeler que cette prise de position éditoriale est celle de La Presse, d’où l’absence de signature. En outre, elle n’engage en rien le service de l’information du journal, qui travaille en toute objectivité, en campagne électorale comme à tout autre moment. L’indépendance des journalistes est le gage de la crédibilité d’un quotidien.

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Nous vous invitons donc à prendre connaissance de cet éditorial et à participer à la discussion en nous faisant parvenir vos commentaires, dont nous publierons le plus grand nombre possible au cours des prochains jours. Cela aussi s’inscrit dans la volonté de La Presse d’animer le débat démocratique. François Cardinal Éditorialiste en chef, Presse +


Entretiens

Anie Samson

Saint-Michel est l'endroit où l'impossible peut être rendu possible Entretien réalisé par Wahid Megherbi C’est au Parc Frédéric Back que notre collaborateur Wahid Megherbi à rencontré Anie Samson, Mairesse sortante et candidate à sa propre à la tête de la mairie d’arrondissement de Villeray – Saint-Michel – ParcExtension. Sur le terrain donc, de l’une des réalisations les plus remarquables de ces dernières années, non seulement dans l’arrondissement mais aà l’échelle de la Métropole. Il était donc normal que pour poser le cadre de son programme, on lui parle de développement durable. Atlas.Mtl : Bonjour Mme Anie Samson, le parc Frédéric Back, nouveau joyau de l’arrondissement, est une réalisation dans laquelle « le développement durable a été mis de l’avant». Que veut dire cette belle phrase ? Anie Samson : Ceux qui connaissent bien Saint-Michel vont certainement se souvenir qu’icimême, il y avait un immense dépotoir où plus de 40 millions de tonnes de déchets ont enfouis. 40 millions de tonnes, pour vous donner un aperçu significatif, c’est comme si on avait enterré le Mont Royal. Le défi qu'on s'était donné, c’était de convertir ce dépotoir, cette plaie urbaine devrais-je dire, en un des plus beaux jardins de Montréal et de faire ce travail en une vingtaine d’année. Ce défi date de mes débuts en politique municipale et 23 ans plus tard, on est en mesure de dire que le défi a été relevé puisque le parc a été ouvert et qu’on a ainsi redonné à nos citoyens l’espace qui leur appartient. Ce parc est un exemple de développement durable et aussi un

espace de développement de toutes les technologies. On en est très fiers. Un espace de pour la diversité aussi? Villeray – Saint-Michel – ParcExtension est le deuxième arrondissement montréalais en termes de diversité. Vous Montréal fait cohabiter 200 communautés culturelles différentes, ici à Saint Michel on en a plus de 115. Donc le vivre-ensemble ensemble pour nous, c'est le quotidien. Un quotidien qui pourra se vivre en famille désormais. On dit que pour la réalisation du Parc Frédéric Back, tous les matériaux utilisés ont été puisé dans l’arrondissement… Oui, ce sont des matériaux issus de la déchetterie, y compris la terre. Et c’est cela le plus intéressant : tout l’espace a été décontaminé. Le parc n’est pas seulement le plus beau de Montréal, il est aussi un des plus sains. Vous avez évoqué tantôt les jeunes et les familles qui pourront désormais profiter de ce bel espace. Quel message donnezvous aux jeunes, aux futures générations pour qu'elles s'impliquent des actions telles que la réalisation du Parc Frédéric Back? Tous les citoyens ont droit à une bonne qualité de vie. Tous les montréalais ont droit à ça. Pour moi, c'est non négociable. L'éducation citoyenne des jeunes leur permettra de s'investir totalement dans la réalisation des projets qui concernent leur avenir. Saint-Michel est l'endroit où l'impossible peut être rendu possible. Il faut persévérer pour réaliser ses rêves.

Mme Anie Samson vous vous présentez pour la quatrième fois à la mairie de de Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension. Quel est votre bilan pour, disons ces quatre dernières années ? On a fait beaucoup à travers l'arrondissement, on a fait beaucoup dans Parc Extension, dans Villeray et dans Saint-Michel. C’est l’un des arrondissements qui ont le plus bougé au cours de ces quatre dernières années. Mais surtout, on a commencé à récolter ce qu’on avait semé au cours des années précédentes. Cela fait vingt-trois ans que je suis élue; au cours de ces années un très grand nombre de projets ont été mis en chantier. Par exemple, nous avons fait de la sécurité routière une priorité de l'arrondissement notamment pour ce qui est de la sécurisation de nos 43 écoles, du partage de la chaussée et de la sécurisation des accès aux alentours des établissements scolaires.

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La réalisation et la réfection de nos parcs au bénéfice des citoyens et des familles qui fréquentent ces parcs comptent également parmi nos points de satisfaction. Vos projections, avec l’appui de l'équipe du maire de Montréal Denis Coderre pour le prochain mandat ? Un proverbe africain dit ceci : «Seul on peut aller vite mais ensemble on peut aller tellement plus loin» et c'est notre slogan. Ensemble continuons le travail parce que seul on perd le contact avec tout le monde; mais quand ce travail se fait avec l'aide et la collaboration de tout le monde, tout ce qui en découle est forcément bénéfique pour tous. Citez-moi trois qualités qui vous ont accompagnés durant l’accomplissement de votre travail au contact des citoyennes et des citoyens ? Ce que je fais n'est pas un travail, c'est une passion ; celle d'aider les citoyens. Moi je ne compte pas les heures. On n'est pas payés pour le

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temps supplémentaire. J'ai encore cette énergie de vouloir aider mon prochain. Tout élu qui n’est pas dans ces dispositions n'est pas dans le bon travail, n'est pas à la bonne place. Il faut savoir rester à l'écoute des citoyens, il faut comprendre leurs besoins et essayer de trouver des solutions. Vous avez commencé la politique très jeune. Quels conseils donneriez- vous aux jeunes pour les inciter à entrer en politique ? Je leur dirais «Vous avez le choix de passer de regarder le train passer», mais vous avez aussi le devoir de préparer la place qui sera la vôtre demain, de participer à la faire et à la faire fonctionner. Les jeunes possèdent les outils adéquats s'assurer un avenir prometteur, Ils doivent prendre la bonne décision : celle de ne pas tourner le dos à la politique et de s'approprier la chance et l'honneur de servir leurs concitoyens


Entretiens

Frantz Benjamin

«Nous allons continuer le travail ensemble, dans l’intégrité et l’honnêteté» Militant associatif de toujours, puis commissaire scolaire, Frantz benjamin a fait le saut en politique municipale il y a un peu plus de huit maintenant. Président du Conseil de Ville durant le premier mandat de l’Équipe Denis Coderre pour Montréal, il a fait à ce poste un travail remarquable nous rapporte-t-on à l’Hôtel de Ville. Mais la lourde charge de cette responsabilité ne l’a jamais empêché d’assurer à la perfection la tâche pour laquelle il avait été élu : celle de Conseiller de ville pour le District de Saint Michel et au titre de laquelle, avec les élus provinciaux du lieu, il a mis en place l’une des plus belles initiatives de progrès de ces dernières décennies, Le Forum de développement économique de Saint Michel. Wahid Megherbi l’a rencontré sur le terrain. Entretien réalisé par Wahid Megherbi Atlas.Mtl : Vous diriez quoi à ceux qui hésitent encore à voter pour vous ? Frantz Benjamin : Je leurs dirais regardez, il y a un bilan qui est déjà là et nous avons encore plein de projets sur la table. Ce ne sont pas les projets qui nous manquent pour Saint-Michel et nous quand nous rêvons de Saint-Michel, nous rêvons grand. J’invite donc tout le à venir nous accompagner dans cette démarche car ce ne sont pas seulement les élus qui vont changer Saint-Michel, le changement a besoin de tout le monde. Et je tiens ici à saluer M. Denis Coderre qui, ces qua-

tre dernières années, ne s'est pas ménagé au service de Saint-Michel, ne s'est pas ménagé au service de Montréal.

On n’a jamais vu autant de grues se dresser vers le ciel de Montréal comme au cours de ces derniers temps. Cela devrait-il nous étonner? Ce rythme de réalisations faisait partie de nos engagements électoraux. Nous ces premiers engagements et le prochain mandat est tout aussi riche en projet que le premier. Notre programme est riche, mais il est surtout. Il mérite d’être réalisé et c’est pour cela que j’invite les montréalais à sortir en grand nombre le 5 novembre prochain pour aller appuyer massivement l'équipe Denis Coderre. Vous avez tenu vos promesses pour le premier mandat. Qui nous dit que vous allez les tenir les quatre prochaines années ? Vous savez, lors de ma première candidature politique, ma maman n’a, à aucun moment, cessé de me dire «Frantz, garde intacte ton intégrité». Elle me rappelait aussi que vos parents vous lèguent toujours quatre grandes qualités : la solidarité, l'honnêteté, le sens de la justice et l'intégrité. Je suis fier de ce que nous avons accompli les quatre dernières années sans jamais avoir renoncé à aucune de ces qualités et je demeurerai donc fidèle à mes principes aussi longtemps que je vivrais. Nous allons ainsi continuer le travail tous ensemble, dans l’intégrité et l’honnêteté. Au niveau de l'administration de la ville de Montréal le taux

d'intégration professionnel des citoyens d'origine immigrante faisait partie des promesses de M. Denis Coderre et son équipe. Mais elle reste toujours très faible… Vous savez, je réfléchi sur cet enjeu là depuis de nombreuses années, depuis bien avant ma première élection municipale. Force m’est de constater qu’on a depuis quelques années vu émerger des passerelles vers l’emploi au bénéfice des communautés culturelles. L’une de ces passerelles réside dans l’augmentation, par notre administration, des programmes d’accès à l’emploi tels le programme de parrainage professionnel qui a permis à des dizaines de montréalaises et montréalais d'origine immigrante de bénéficier d'une première expérience de travail au sein de la ville de Montréal. Les chiffres décrivant le bilan de ce programme montrent, audelà de tout doute, que les trois quarts des bénéficiaires de ce programme ont pu obtenir un emploi permanent au terme du stage de un an. Il y a certes encore du travail à faire en la matière; et nous

sommes déterminés à consacrer tous les efforts nécessaires à cette question. Je peux vous dire aussi que nous sommes maintenant convaincus que l’objectif d’égalité en emploi est un enjeu qui commande de développer des mécanismes d'imputabilité afin que dans chaque unité administrative on puisse se donner des cibles et des objectifs concrets, se donner les moyens de les atteindre et se donner les outils nécessaires pour mesurer l’efficacité des démarches menées. Dans cette réflexion, vous devinez sans aucun doute les idées qui deviendront nos projets pour les quatre années à venir, une fois que les montréalais nous aurons renouvelé leur confiance. En conclusion, quel message tiendriez-vous à adresser à nos lecteurs ? Au cours des quatre dernières années, notamment en qualité de Président du Conseil de Ville de Montréal, j'ai contribué à mettre en place un projet qui s'appelle la Caravane de la Démocratie. Dans ce cadre, pendant quatre ans, j'ai sillonné de nombreux

À Montréal, au Québec et au Canada

Voter, c’est exister!

On votera le 5 novembre; ne manquez pas le rendez-vous! 7

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arrondissements pour aller dire aux montréalaises et montréalais que démocratie municipale ce n'est pas seulement de vote une fois aux quatre ans, ce n’est pas seulement l’affaire de quatre années à la tête d’une administration ou d'une municipalité : c'est surtout quelque chose qui se vit au quotidien. Alors aujourd'hui, ce que je demande aux montréalaises et aux montréalais qui nous lisent c'est d'aller faire leur devoir de citoyen, d’aller voter le 5 Novembre. Je veux leur dire aussi que l'élu municipal, le maire, la mairesse d'arrondissement pour qui vous allez voter le 5 novembre prochain compte tout au long de son mandat sur votre pouvoir, le pouvoir du citoyen. Car ce ne sont pas seulement les élus seuls qui changeront un quartier, un arrondissement ou une ville, c'est la collectivité qui le fera dans l’entraide et la collaboration. Mon message et donc aideznous, par votre support et vos conseils, appuyer-nous et ensuite exigez de nous que nous soyons avec vous au quotidien.


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Portrait

Les municipales 2017 vues d’ailleurs

Abdelhak Sari, ou la place de la diversité dans la gouvernance publique

Montréal - Malika Alami* S’impliquer en politique en terre d’accueil quand on est immigrant est une démarche téméraire, pleine de courage face aux difficultés d’intégration que rencontrent tous les arrivants. Au Québec, ils sont bien rares dans la communauté marocaine à tenter l’expérience. Dans cet environnement cosmopolite, «on arrive tous de quelque part», a rappelé le maire de Montréal, Denis Coderre, lors d’une rencontre avec la presse. Alors pourquoi ne pas oser ? Certains le font, fort heureusement.

Abdelhaq Sari en fait partie. Ce jeune quadra installé à Montréal depuis décembre 2002 s’est lancé ces derniers mois dans l’arène de la politique locale. Il est candidat dans l’équipe de Denis Coderre au poste de conseiller de ville, précisément dans l’arrondissement de Montréal Nord. Depuis son arrivée à Montréal, cet ancien cadre du ministère des finances à Rabat a fait beaucoup de chemin. Sur le plan académique, avec un diplôme ingénieur en technologie de l’information en poche à son arrivée au Canada, il n’a cessé depuis son installation de multiplier les formations. Il a depuis décroché, entre autres, une maîtrise en administration des affaires, option management et technologie de l’ESG-UQAM (École de science de la gestion de l’Université du Québec à Montréal) et un MBA de l’UQAM. En outre, Abdelhaq Sari a entrepris des études docto-

rales depuis 2010 et réussi dans ce cadre l’examen de synthèse de doctorat en administration des affaires du consortium: ESGUQAM, McGill, JMSBConcordia et HEC Montréal. Parallèlement à ce riche parcours universitaire, semé de distinctions de mérite, il a très vite intégré la vie active dans son pays d’accueil et a à son actif plusieurs expériences professionnelles. Il a occupé depuis 2013 et jusqu’à récemment le poste de conseiller en technologie de l’information au Service de police de la ville de Montréal ainsi que plusieurs fonctions de conseil en gestion. Il est également chargé de cours à l’ESG-UQAM depuis 2007. Ce jeune politicien a aussi la fibre sociale. Il est à la tête de l’association Soleil des orphelins, une entité créée il y a plus de dix ans et qui parraine aujourd’hui plus de 850 orphelins répartis entre le Maroc et la Tunisie.

Un engagement qui lui tient beaucoup à cœur, ditil. Dans la communauté maghrébine, il est très connu et très apprécié pour ce don de soi. Cela n’a pas échappé au maire Denis Coderre qui était à la recherche d’un profil disposant d’un consensus dans l’arrondissement de Montréal Nord, une localité à forte résonance maghrébine. La politique ne faisait pas partie des projets de Abdelhaq Sari, mais aujourd’hui, il assume et

embarque dans l’aventure. «L’expérience de l’équipe de M. Denis Coderre à la tête de la mairie de Montréal durant les quatre dernières années est concluante. J’ai pu le vivre et le voir au sein de la sphère administrative. Le changement dans la métropole est visible et efficient. Cela est convaincant pour s’y impliquer», souligne-til à ce sujet. Ce qui conforte également ce jeune père de famille dans sa nouvelle expérience, c’est la proximité avec le citoyen et leur quotidien

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qu’offre la politique municipale. Des projets pour son arrondissement, il en a plein tête. Dans cette localité, les jeunes représentent 1/3 de la population. Il y a donc beaucoup à faire en leur faveur mais aussi au profit des aînés. Cet électorat a aussi des attentes sur le plan amélioration du cadre de vie à travers l’embellissement de l’aspect paysager et également celui du développement du commerce de proximité, précise le

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candidat. Le 5 novembre prochain jour du scrutin, s’il est élu, ce ne sera pas seulement une victoire pour lui. Toute la communauté marocaine à Montréal est fière de lui. Pour lui, l’expérience est aussi d’inciter les jeunes à s’impliquer dans la politique. Il est en effet plus aisé d’influencer les orientations politiques quand on est représenté au sein de la gouvernance publique. *In aujourdhui.ma


À côtés

Municipales 2017 et Loi 62

«Les femmes au visage voilé pourront voter»

La loi sur la neutralité religieuse adoptée par Québec plus tôt ce mois-ci n'aura pas d'incidence sur le scrutin municipal de dimanche, certifie Élection Montréal, qui compte gérer cette question de la même manière qu'elle l'a fait en 2013. Une femme portant le niqab ou la burqa pourra donc voter sans problème, à condition toutefois qu'elle puisse « établir son identité à visage découvert », ne serait-ce que brièvement. Une probabilité «extrêmement faible» Bien que le nombre de femmes portant le voile intégral à Montréal ou ailleurs au Québec soit extrêmement faible, la possibilité existe, reconnaît le porte-parole

d'Élection Montréal, Pierre G. Laporte, selon qui un cas s'est présenté lors des dernières élections municipales, dans le quartier ParcExtension.

La personne en question avait pu voter, car elle avait accepté de se plier à l'article 215 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités, qui stipule que « l’électeur doit [...] établir son identité à visage découvert ». Comment l'identité de cette femme avait-elle pu être établie? M. Laporte se contente de dire que le scrutateur avait pu voir son visage. « Ça peut se faire de façon discrète », explique-t-il, pré-

cisant qu'une fois identifiée, la personne pouvait très bien recouvrir son visage et se diriger vers l'isoloir pour exprimer son choix.

Le porte-parole d'Élection Montréal répondait ainsi à un communiqué du Collectif contre la loi 62, selon lequel les « femmes musulmanes au visage voilé seront refusées aux bureaux de vote lors des élections municipales de Montréal » en raison de la nouvelle loi sur la neutralité religieuse. Toujours d'après l'article 215 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités, une personne dont l'identité ne pourrait

être établie par un scrutateur serait redirigée vers « la table de vérification de l’identité des électeurs ». Une seule exception est prévue, à l'article 213. « L’électeur qui ne peut s’identifier à visage découvert pour des raisons de santé physique qui apparaissent valables au directeur général des élections [...] peut obtenir une autorisation lui permettant de s’identifier sans se découvrir le visage, après avoir signé le serment prévu à cette fin devant les membres de la table de vérification », prévoit la Loi.

Les 18 – 34 ans représentent moins de 9% des élus municipaux

Et pourtant, il y a des jeunes qui osent!... Les jeunes de 18 à 34 ans représentent un peu moins de 9 % de l'ensemble des candidats à l'élection du 5 novembre, selon le ministère québécois des Affaires municipales. Cette tranche d'âge est souvent sousreprésentés dans les conseils municipaux du Québec. Des organisations tentent néanmoins de convaincre les jeunes de s'impliquer en politique municipale. Et ça marche parfois.

Témoins le cas de ce jeune qui, dans les faits, ne peut pas encore voter. Mais il atteindra l'âge de la majorité six jours avant l'élection municipale du 5 novembre, et a décidé de se présenter comme conseiller municipal à Terrebonne.

Le jeune homme, qui se décrit comme un passionné de politique, considérait que sa génération n'était pas bien représentée par les élus de l'ancienne administration: « Au municipal, c'est un beau défi parce que ce sont surtout des gens d'âge assez avancé. Je n'ai pas nécessairement les mêmes idées que des gens qui ont une soixantaine d'années », dit-il.

de 19 ans celui-là, dit avoir « levé la main » pour se présenter à titre de conseiller d'arrondissement du district Greenfield Park, aux côtés de la candidate à la mairie Sylvie Parent.

S'il est élu, il souhaite notamment améliorer l'offre en loisirs pour les jeunes et adapter les parcs aux besoins des adolescents.

Le jeune homme, qui étudie en sciences humaines au cégep, a même convaincu certains de ses amis de se joindre à sa campagne : « Mon organisateur a 19 ans et ça l'a beaucoup inspiré quand je lui ai proposé [de m'aider]. J'ai beaucoup d'amis qui viennent faire du porte-àporte avec moi. Ils veulent voir ça ressemble à quoi! »

Lever la main À Longueuil, un autre jeune, âgé

Une réalité différente dans les grandes villes

Dans les grandes villes du Québec, les candidats âgés de moins de 35 ans sont plus nombreux que dans les petites municipalités. À Montréal par exemple, la proportion de jeunes candidats atteint 20 %, ce qui est plus du double que la moyenne québécoise.

Pour le président de la Commission des jeunes élus et élues à l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Jérémie Ernould, cette différence s'explique par le fait que le salaire des élus est plus élevé lorsqu'ils représentent une population nombreuse. «Donc, un élu d'une grande ville a un salaire plus élevé qu'un élu

d'une petite municipalité. Quand on doit garder son travail, qu'on a une famille et qu'on doit avoir un deuxième travail, pour se lancer en politique, quand on est jeune, dans ces conditions-là, faut y penser par deux fois!» déclare-t-il. Par ailleurs, la Commission des jeunes élus et élues de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) mène présentement une campagne de sensibilisation intitulée « Prends ta place et vote! » afin d'intéresser les jeunes à la politique municipale. Un investissement à long terme qui, souhaite l'UMQ, pourrait faire la différence aux prochaines élections municipales.

Laval : À quoi sert le vote par anticipation?

«À faire gagner une élection» répond l’Équipe Demers On a souvent entendu dire que le vote par anticipation était souvent déterminant dans le résultat d’une élection. C’est sans doute pour cela que de nombreux partis municipaux fournissent de gros efforts afin de faire sortir les votes ce jour-là. Et lorsqu’ils y réussissent, ils le montrent. Ainsi en est-il, entre autres, de l’Équipe Demers, en course pour un second mandat à Laval.

«Au lendemain de la journée de vote par anticipation, l’organisation électorale du Mouvement lavallois constate avec satisfaction l’intensité de la mobilisation de son équipe. « Tous nos candidats et des centaines de bénévoles se sont activés pour que l’opération se déroule rondement. Je leur lève mon chapeau » a déclaré le maire

Demers avant d’ajouter que « voter c’est faire entendre sa voix ».

Dès la matinée, des dizaines de téléphonistes se sont afférées à mobiliser les sympathisants de l’Équipe Demers pour les inviter à exprimer leur appui. Des bénévoles ont sillonné la ville pour accompagner les citoyens vers les bureaux de vote afin

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qu’ils exercent leur droit démocratique. Une fois de plus, le Mouvement lavallois confirme sa capacité de mobiliser les citoyens à sa cause. « Les Lavallois sont fiers de ce que devient leur ville et ils semblent déterminer à continuer le mouvement », a constaté Marc Demers sur le terrain. Les citoyens ont eu l’occasion de voter dans 27 bureaux de scrutin

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répartis dans la ville. Le taux de participation sera connu dans quelques jours, mais déjà on a pu sentir un intérêt significatif sur le terrain. « Un taux de participation élevé sera une très bonne nouvelle pour la démocratie. Le 5 novembre, les citoyens doivent sortir voter. » a conclu le maire.


Conjoncture

Une réalité réjouissante…

La renaissance économique de Montréal L’économie de Montréal ne s’est jamais aussi bien portée. Le taux d’emploi de la Région métropolitaine de Montréal (pourcentage de la population de 15 ans et plus avec un emploi) dépasse aujourd’hui celui de Toronto ; du jamais vu. Il n’y a pas si longtemps, Montréal affichait un taux de chômage le double de celui de Toronto. Or, l’écart s’est effacé. Le marché montréalais du travail est aujourd’hui, somme toute, aussi performant que celui de la Ville Reine. Peu de grandes métropoles ont réussi un tel renversement. Pour en comprendre les racines, il faut retourner en arrière. Les années difficiles Les années 60 furent des années folles. Expo 67, pour ceux qui s’en souviennent, fut un moment d’ivresse, le gros party d’une métropole qui disait à la planète « me voilà ! ». Un peuple se réveillait. La Révolution tranquille battait son plein. Montréal était la métropole du Canada, et le restera. Mais derrière cet optimisme couvait, nous le savons, une crise sociale. Les données publiées (pour la première fois) du recensement nous apprenaient qu’un francophone bilingue gagnait moins qu’un anglophone unilingue. Le français était une langue d’inférieurs. Pierre Vallières sort Nègres blancs d’Amérique en 1968. La même année voit la naissance du Parti québécois (PQ). Puis, la crise d’Octobre de 1970. Manifestement, quelque chose devait changer. Le choc est survenu en novembre 1976 avec l’élection du PQ et la loi 101 peu après. Il n’est pas utile de revenir ici sur la loi 101 ou sur les fondements de l’idéal indépendantiste. L’essentiel, c’est que l’arrivée du PQ fut perçue comme une hécatombe par la communauté anglophone. À part le bouleversement linguistique, l’élection rendait la menace séparatiste bien réelle. Peutêtre le Québec allait-il partir. La suite était prévisible. Montréal perdrait une

bonne partie de son élite économique, partie à Toronto avec ses capitaux et ses cerveaux. Selon une étude du Conseil du patronat de l’époque, 263 sièges sociaux seraient partis entre janvier 1977 et novembre 1978. La Banque de Montréal s’apprêtait à changer son nom pour First Canadian, nom que porte la place à Toronto qui abritait désormais son siège social (de facto). Là encore, il n’est pas utile d’entrer dans le détail des pertes subies de capital financier et humain. L’essentiel, ce fut un véritable élixir pour Toronto et un éteignoir pour Montréal. Mais, la (mal) chance a voulu qu’une deuxième épreuve s’abatte sur la métropole, quoique personne à l’époque ne s’en rendait compte : en octobre 1975 s’ouvrait l’aéroport de Mirabel, qui devait relancer l’économie montréalaise ; mais dont l’effet fut exactement l’inverse. La décision de diviser le marché entre deux aéroports, l’un pour les vols continentaux et l’autre pour les vols intercontinentaux, a détruit du jour au lendemain la fonction de Montréal comme plaque tournante (les passagers avec correspondances devaient se déplacer entre les deux aéroports, donc à éviter). Ce fut un cadeau de plus à Toronto, devenu la plaque tournante aérienne du pays, raison de plus d’y installer des fonctions de direction et de finance. Ces deux malheurs sont en plus survenus à un moment où Montréal, comme d’autres métropoles, subissait des pertes majeures d’emplois manufacturiers. La région perdrait quelque 50 000 emplois dans le vêtement et le textile au cours des prochaines décennies. Mais, à la différence d’autres métropoles, Montréal ne pouvait pas compter sur des gains dans la finance et des services supérieurs connexes pour compenser ces pertes. Montréal s’enfonce alors dans deux décennies (19751995 en gros) d’agonie durant lesquelles le taux de chômage tombe rarement

en bas de 10 %. Ce fut une période de questionnement, de sommets socioéconomiques répétés et d’études interminables (moi-même l’un des coupables). Certains se rappelleront le rapport Picard de 1986, dont le diagnostic fut accablant. Montréal allait-il sortir de sa torpeur ? C’était loin d’être évident, une ville frappée par le quadruple malheur d’une élite et d’un espace économique perdus, un aéroport bicéphale dysfonctionnel et un secteur manufacturier vieillot.

souvent, leurs assises techniques et créatives, par opposition à la finance et la gestion, étaient davantage axées sur les relations interpersonnelles. Pensons aux grands cabinets de génieconseil, aux start-ups dans le jeu vidéo et d’autres domaines informatiques, et qui ne cessent de se multiplier.

La renaissance Le tournant est venu dans les années 90 avec l’arrivée de l’internet et le boom techno. Mais, la principale source du tournant fut la montée d’une nouvelle classe d’affaires (francophone surtout, mais pas seulement), enfants des réformes des années 60 (en éducation, notamment) et de la loi 101. En 1992, le Montreal Board Trade fusionne avec la Chambre de commerce de Montréal pour fonder la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, geste hautement symbolique dont la signification n’échappe à personne. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère. L’attribut premier des entreprises de la nouvelle économie montréalaise était leur diversité – la plupart n’existaient même pas en 1960 (Bombardier, Provigo, CGI…) –, mais aussi, très

Montréal s’est, en somme, réorienté vers des secteurs pour lesquels son nouveau visage francophone/bilingue s’avérait un atout, non pas un handicap. La concentration des vols à Dorval à partir de 1997, un choix politiquement difficile, lui enlève une autre épine du pied. Cependant, le véritable secret du renouveau réside dans l’heureuse rencontre entre: (a) une classe d’affaires et une force de travail fortement attachées à leur ville, la langue étant un facteur fort de rétention; (b) des coûts compétitifs et; (c) un niveau élevé de scolarisation, quoiqu’il reste du progrès à faire sur ce dernier point. Le point (a) donne à Montréal un avantage sur le plan des coûts salariaux, auquel s’ajoute la flexibilité (comparativement notamment à Toronto) de son marché immobilier, avec des prix plus bas. On oublie

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La région a gagné quelque 110 000 emplois dans le secteur des services scientifiques, techniques et professionnels de 1996 à 2016.

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parfois le rôle du secteur immobilier dans la compétitivité de Montréal. Nous sommes devant ce qui peut paraître un paradoxe, mais qui n’en est pas. Les événements à l’origine des années difficiles sont également ceux qui ont permis à Montréal de rebondir. Montréal est devenu la métropole des Québécois, leur métropole internationale. De cela découlent deux conséquences heureuses : toute entreprise qui naît au Québec, dépassé une certaine taille, regardera spontanément vers Montréal pour localiser son siège social ou ses bureaux de marketing international. Des jeunes formés, à l’école ou en entreprise, seront moins portés à partir vers d’autres métropoles que leurs vis-à-vis des autres provinces. Le résultat : pour le Québec et a fortiori pour Montréal, des investissements en éducation, dont l’acquisition d’une solide culture scientifique, sont à la fois plus essentiels et plus porteurs que sur le reste du continent. Ancrage (langue) et éducation sont les côtés de la même médaille. Mario Polèse Professeur émérite, INRS Centre Urbanisation Culture Société


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Politique provinciale

La CAQ en avance dans un sondage sur les intentions de vote se démarque…

Avec 34% des intentions de vote, le parti de François Legault pourrait même espérer une majorité à l’Assemblée nationale

Selon le dernier coup de sonde en date concernant les intentions de vote des québécois, la Coalition avenir Québec (CAQ) serait en tête, la formation de François Legault recueillerait près de 34 % des faveurs exprimées et à la faveur du jeu de la répartition des voix entre les francophones et les régions, elle pourrait même espérer une majorité à l’Assemblée nationale.

Il s’agit d’un bond de six points depuis août pour la CAQ ; de treize points depuis février 2016. Les élections auront lieu dans moins d’un an. 5 points d’avance sur le PLQ; 14 sur le PQ Le Parti libéral (PLQ) attire maintenant 29 % des choix, trois points de moins depuis août. La formation au pouvoir concède donc cinq points d’avance à la CAQ. Le Parti québécois (PQ) perd deux parts pour passer à 20 %. Québec solidaire (QS) reste sur ses 12 % de voix possibles. Ces données se retrouvent dans un sondage Internet réalisé pour Le Devoir par la firme Léger entre le 23 et le 25 octobre, auprès de 1008 Québécois ayant le droit de vote. Le coup de sonde a donc été donné en bonne partie le déclenchement de l’affaire Ouellet Selon Jean-Marc Léger, président de la firme qui a réalisé le sondage «Ça fait longtemps qu’on voit que la CAQ monte, mais là, c’est le premier sondage qui démontre qu’elle est en avance, et de façon importante. La Coalition attire 37 % des voix chez les francophones, le PLQ, 21 % et le PQ, 24 %. Avec ce résultat, en combinant la dynamique régionale,

si les élections avaient lieu aujourd’hui, un an avant la date réelle prévue, la CAQ serait majoritaire».

L’effet Louis-Hébert Jean-Marc Léger lie cette mesure de la mutation par les intentions de vote aux résultats réels de la récente élection partielle, fin septembre, dans la circonscription de Louis-Hébert. La jeune candidate caquiste Geneviève Guilbault y a battu la rivale libérale par plus de 7500 voix d’avance. « Louis-Hébert a été la première défaite électorale du premier ministre Philippe Couillard, dit le sondeur en chef. Il n’était pas là quand Jean Charest a perdu les élections en 2012. Sous sa gouverne, il y a eu quinze partielles, et les libéraux ont conservé leurs sièges six fois sur sept, sauf celui de LouisHébert, qui a été le déclencheur de quelque chose, d’un changement important que notre sondage mesure pour la première fois à l’échelle du Québec. » Le recul péquiste Toutes les plaques tectoniques politiques accélèrent leur mouvement. À 20 %, le PQ atteint un creux historique. Ce seuil d’une voix sur cinq ramène la formation à ses résultats électoraux d’origine, il y a cinquante ans. Depuis décembre 2016 (30 %), la formation souverainiste ne cesse de chuter, à 29 (janvier 2017), puis 25 (mars), puis 22 (juin), et maintenant 20 %. La CAQ a cheminé rapidement en sens inverse : 22 (mars), puis 28 (juin), et maintenant 34 %. Jean-Marc Léger établit un parallèle avec la promesse du chef Jean-François Lisée de ne pas tenir de référendum

pendant un éventuel premier mandat péquiste.

« Je crois qu’un des facteurs d’explication [des résultats] c’est la mise au rencart de la souveraineté, dit-il. Un fédéraliste n’est pas obligé de voter libéral, puisque la souveraineté ne représente pas l’adversaire. Un souverainiste n’est pas obligé de voter PQ. Les Québécois peuvent aller vers d’autres partis. L’insatisfaction se combine à l’hypothèque référendaire et aux écarts dans la gestion de l’État, notamment en santé. Et c’est la CAQ qui en profite. » Il ajoute que l’erreur de JeanFrançois Lisée consiste peutêtre moins à avoir tourné le dos à l’option fondamentale de son parti qu’à ne l’avoir pas remplacée. « Les gens n’en veulent pas, du référendum. Mais il n’y a pas d’autres raisons véritables de voter pour le PQ. Les souverainistes deviennent orphelins. » La CAQ au beau fixe Les libéraux atteignent aussi un creux historique avec 29 % des voix possibles. Baisseront-ils encore ? Le sondeur souligne qu’« on ne sait plus où est le plancher de chacun », la preuve venant encore de Louis-Hébert, où 80 % des électeurs ont boudé le PLQ. Le gouvernement de Philippe Couillard n’obtient que 27 % de taux de satisfaction. Chez les francophones, le résultat s’affiche au pire avec seulement 22 % d’opinions positives. En plus, à peine 17 % des électeurs sondés jugent que le premier ministre Couillard ferait « le meilleur premier ministre du Québec ». Par contraste, tous les signes électoraux virent au beau fixe

pour la formation caquiste et son chef. Ainsi : Elle bat un record. Avec les marges d’erreur du sondage (plus ou moins 3,1 %), la Coalition remonte au seuil (35 %) record atteint au moment de sa formation, en 2011. Son chef est «Premier ministrable» favori. François Legault est choisi comme « meilleur premier ministre » potentiel par 27 % des gens. Il écrase Jean-François Lisée, choisi par un électeur sur dix (12 %) seulement Elle domine en Régions. La CAQ domine en région (35 %), mais aussi à Québec (46 %). Il n’y a qu’à Montréal (29 %) qu’elle se laisse devancer par le PLQ (34 %), tout en battant le PQ (18 %). Elle perce dans la diversité. Même les non-francophones, traditionnellement acquis à plus de quatre contre un aux libéraux lors des scrutins, commencent à les bouder. Le PLQ attire maintenant 60 % des intentions de vote dans ce groupe, et la CAQ, 17 %. Elle semble incarner seule le changement. La Coalition est désignée comme la formation qui « représente le plus le changement » par 31 % des

sondés. QS arrive en seconde position avec 22 % des choix. Le PQ (10 %) et le PLQ traînent loin derrière. « Cette notion du changement sera à mon avis une variable clé de la prochaine élection,dit M. Léger. […] Les gens recherchent une solution de remplacement et ils voient en la CAQ une option probable. […] Les astres se sont alignés pour la CAQ. Les chiffres sont puissants, parce qu’on est dans une lutte à quatre. En divisant le vote en quatre, la CAQ peut ramasser une majorité des sièges. On le ressent depuis un temps, mais là, c’est la première fois qu’on peut l’affirmer. » Mais attention, rien n’est définitivement joué Cette tendance représente-telle pour autant une adhésion au modèle caquiste, aux idées de la CAQ ? « Oh non, répond Jean-Marc Léger. Il y a de l’insatisfaction face aux libéraux, mais les gens n’ont pas encore adhéré au programme caquiste. C’est plus un vote défensif. Et 34 % des intentions, ce n’est pas énorme. Avant de transformer ce préjugé en vote ferme, il va encore falloir du temps. Ça va se jouer sur l’équipe des candidats, aussi. Mais le vent est favorable à la CAQ. »

Intentions de vote au fédéral

La lune de miel avec Justin Trudeau se poursuit

Autres libéraux, autres résultats. Le sondage Léger du Devoir montre que la faveur au Parti libéral du Canada se maintient avec 42 % des intentions de vote (après répartition) au Canada, soit quatre points de moins qu’en mai 2017.

Les conservateurs font 30 % (plus cinq points), le NPD 15 (plus un) et le Parti vert 7 % (plus un). La formation de Justin Trudeau se maintient aussi au sommet au Québec avec 44 % des voix ; 19 % pour le PC, 13 % au NPD et 18 %

au Bloc. Un autre sondage pancanadien réalisé en septembre par Forum Research plaçait les conservateurs (39 %) devant les libéraux (25 %).

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« La lune de miel avec Justin Trudeau est encore puissante, dit le sondeur Jean-Marc Léger. On l’a vu dans l’élection partielle dans Lac-Saint-Jean. Il y a eu un tassement, l’écart au global canadien qui était de 21 points entre le PLQ

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et le PLC est maintenant de 12 points par rapport au sondage de mai. L’avance libérale demeure quand même importante. »


Société

Avec désormais 28 personnes de 65 ans et plus pour 100 personnes d’âge actif

Plus dure sera la vie des retraités… En 1980, on comptait une moyenne de 20 personnes de 65 ans et plus pour 100 personnes d’âge actif dans les pays développés. Ce nombre est aujourd’hui de 28.

Cette évolution signifie sans aucun doute que la vie des retraités sera plus difficile pour les prochaines générations, prévient l’OCDE. Le creusement des inégalités, le vieillissement de la population et le rétrécissement des régimes publics de retraite pèseront sur la qualité de vie des générations nées à partir des années 1960 lorsqu’elles arriveront à leur tour à l’âge de la retraite, conclut l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un rapport dévoilé mercredi. « Les facteurs de risque pouvant conduire à une hausse des inégalités parmi les futurs retraités ne cessent de s’accumuler dans plusieurs pays », y constate-t-on. Cette tendance est extrêmement préoccupante, ne serait-ce que pour ses probables impacts sur la cohésion sociale et la croissance économique alors que la proportion de retraités ne cesse de croître dans les pays développés, dit le rapport. En 1980, on y comptait une moyenne de 20 personnes de 65 ans et plus pour 100 personnes d’âge actif. Ce nombre est aujourd’hui de 28 et devrait presque doubler d’ici 2050. Pour la première fois depuis au moins un siècle, les nouvelles générations ne peuvent pas compter sur une augmentation de leurs revenus par rapport à la génération précédente, les personnes nées dans les années 1960 affichant aujourd’hui le même revenu

moyen en dollars constants que ce que gagnaient au même âge les personnes nées dans les années 1950. Ces moyennes cachent également des inégalités de revenus grandissantes dans chacune des tranches d’âge, mais plus grandes désormais chez les plus jeunes que chez les plus vieux.

Des problèmes qui s’accumulent et interagissent Or les inégalités de revenus s’accumulent et interagissent au fil des ans avec les inégalités dans d’autres domaines, comme l’emploi, l’éducation et la santé, obscurcissant d’autant les perspectives pour la retraite. Par exemple, un diplômé universitaire de 25 ans peut espérer vivre près de 8 ans de plus que son homologue moins scolarisé. Autre exemple, le fait d’avoir une mauvaise santé réduira, chez un homme instruit, de 17 % les revenus totaux de sa vie professionnelle, alors que la perte s’élèvera à 33 % pour un homme peu instruit. Une mauvaise santé ou un faible niveau d’éducation est aussi associé au départ à la retraite hâtif, alors qu’un plus faible statut socioéconomique augmente la probabilité d’avoir besoin à ce moment de soins et de services spécialisés qu’on n’aura souvent pas les moyens de s’offrir, particulièrement dans un contexte de compression dans les services publics destinés aux personnes âgées. Et l’on ne parle pas, dit l’OCDE, du retard qu’accusent toujours les femmes par rapport aux hommes à plusieurs égards à la retraite, ni de la situation dans les économies émergentes comme le Brésil, la Chine et l’Inde, où tous ces phé-

nomènes se produisent en accéléré. Les solutions devront être à l’échelle de l’ampleur et de la complexité du problème, concluent les auteurs du rapport. Il s’agit notamment de s’attaquer aux inégalités le plus tôt possible en mettant entre autres en place des réseaux publics de garderies, en luttant contre le décrochage scolaire et en s’occupant de prévention en matière de santé. Mais il s’agit aussi d’aider la requalification et le retour au travail des chômeurs, de réduire les obstacles aux travailleurs plus âgés ou encore d’améliorer les politiques sociales visant spécifiquement la population âgée. Pensions et santé au Canada

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Le Canada n’apparaît pas tellement différent des autres pays de l’OCDE en ce domaine. Le rapport constate toutefois qu’en matière de revenus de retraite on s’y repose plus lourdement qu’ailleurs sur l’épargne privée volontaire (ex. : REER), alors que ce sont surtout les plus riches qui y ont recours. Comme le Canada arrive aussi bien en dessous de la moyenne de l’OCDE en ce qui a trait au taux de remplacement maximal du revenu assuré par ses régimes de retraite à cotisation obligatoire, on se réjouit de sa récente décision de bonifier le Régime des pensions du Canada. On ajoute cependant qu’il pourrait devoir remonter encore le niveau des cotisations exigées des travailleurs en milieu

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de peloton. Rappelons que le gouvernement Couillard est encore à mettre au point la façon qu’on aura d’amarrer les règles du Régime des rentes du Québec à cette réforme d’Ottawa. L’OCDE se félicite de l’augmentation au Canada du taux d’emploi chez les travailleurs de 55 à 64 ans. Elle souligne par contre qu’en matière de santé, le pays présente l’un des plus hauts taux de maladies cérébrovasculaires et de diabète et l’encourage à poursuivre ses efforts en matière de prévention (6 % des dépenses totales en santé contre une moyenne de 3 % dans l’OCDE) et de ne pas hésiter à taxer les produits dommageables pour la santé.


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Célébrations

Au chapitre Diversité du livre d’or de la ville de Montréal

Les lauréats de l’Iftar Atlas Média 2017 et les partenaires majeurs de la 5ème édition de la fête nationale du Maroc Ce lundi 30 octobre s’est tenu une cérémonie de signature du livre d’or de la ville de Montréal, par les lauréats du IFTAR Atlas Média 2017 et les partenaires majeurs de la 5ème édition de la fête nationale du Maroc.

MM. Abdelghani Dades et Rachid Najahi, respectivement Éditeur et Directeur général du groupe Atlas Média ont ainsi tenu à honorer des membres impliqués de la communauté marocaine et qui contribuent au rayonnement de la Métropole. Lors de cet évènement plusieurs personnalités politiques étaient présentes dont Madame Anie Samson Maire de VilleraySaint-Michel-Parc-Extension, Monsieur Frantz Benjamin conseiller de la Ville du district de Saint-Michel et Madame Christine Black Mairesse de MontréalNord.

On notait aussi la présence de Madame Habiba Zemmouri Consule générale du Royaume du Maroc à Montréal, qui a souligné l’apport de la communauté Marocaine dans le développement dans la société d’accueil. Elle en a aussi profité pour réitérer la disponibilité du royaume du Maroc à développer toutes les formes de partenariats avec le Canada, le Québec et plus particulièrement Montréal. Les signataires du livre d’or Lauréats 14ème Iftar – 15ème anniversaire Atlas Media (2 juin 2017) - M Rachid Kharouji, Directeur pour le Canada de la Banque Marocaine du Commerce Extérieure - M Zakaria Mahsen,

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Directeur pour le Canada de Royal Air Maroc; - M Jérémie Tapiero, respon sable du Québec au sein des affaires gouvernementales des Postes Canada; - Mme Ilham Sbihi, femme d’affaire dans le domaine de la santé, pharmacienne; - Mme Christine Black, mair esse de Montréal-Nord

Partenaires majeurs de la fête nationale du Maroc, 5éme édition (29 juillet 2017) - M. Mahdi Ziani pour le Groupe Atlas media - M Zakaria Mahsen, Directeur Royal Air Maroc Canada; - M Rachid Kharouji, Directeur pour le Canada de

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la Banque Marocaine du Commerce Extérieure M Mohammed Hamdouni, directeur pour le Canada de la banque AttijariWafa Bank; M Samir Kemmoune, directeur Caisse Desjardins; M Jaâfar Debbarh, directeur du centre culturel marocain de Montréal Dar al Maghrib; Dr Mustapha Alaoui, Directeur régional Human Concern International; Mme Anie Samson, maire de L’arrondissement de Villeray- Saint-Michel-ParcExtension;

Reda Benkoula L,Initiative


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Éclairages

Un Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination

Pour donner une chance à tous nos enfants d’avoir un meilleur avenir

Par David Heurtel*

Parfois dans une carrière, parfois dans la société, il y a des moments charnières qui nous ramènent à nous-même. Je crois que la société québécoise est en train de vivre un de ces moments, où collectivement, nous devons nous regarder et nous rappeler qui nous sommes. Je vais peut-être surprendre quelques personnes en disant cela, mais depuis que je suis ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, je vis l'un de ces moments. En effet, je suis issu de l'immigration. Je suis le fils d'un immigrant. Mes grands-parents ont immigré au Québec en 1951 avec leurs deux enfants, mon père et ma tante, dans le quartier SaintMichel que je représente fièrement à l’Assemblée nationale depuis quatre ans. (…) La réalité vécue par mes grands-parents Je suis venu en politique principalement pour lutter contre cet égarement qu'était la Charte des valeurs du gouvernement du Parti Québécois, qui ne correspondait ni aux valeurs d’ouverture, de tolérance, de respect et d’inclusion de la société québécoise ni à la réalité vécue par mes grands-parents et par les nombreuses familles immigrantes qui sont venues au Québec depuis de nombreuses années.

L’immigration n’est pas un phénomène nouveau au Québec.

Depuis les années 50, le quartier Saint-Michel, par exemple, a reçu plusieurs vagues d’immigration, en provenance, notamment, d’Italie dans les années 50 et 60, d’Haïti dans les années 60 et 70 et plus récemment, du Maghreb. Aujourd’hui, Saint-Michel compte des Québécoises et des Québécois provenant de plus d’une soixantaine de pays. Un riche tissu entrepreneurial et communautaire incarne cette diversité. Au cours des quatre dernières années, j’ai eu la chance d’échanger et de travailler avec ces femmes et ces hommes qui, avec leur famille, ont fait le choix du Québec, de sa langue, de sa culture et de ses valeurs démocratiques et qui veulent contribuer activement et positivement à son avenir. Nous avons célébré ensemble lors de fêtes rassembleuses et nous avons partagé des moments difficiles, par exemple, lors des catastrophes naturelles en Haïti ou à la suite de la tragédie de Québec, plus tôt cette année. Avec Frantz Benjamin, conseiller municipal de SaintMichel et président du conseil municipal de Montréal, j’ai lancé le Forum de développement économique de SaintMichel, qui en est à sa quatrième édition cette année et qui a, entre autres, comme mission de se pencher sur les enjeux des entrepreneurs issus de la diversité.

Lors de la récente vague d'arrivée des demandeurs d’asile, je me suis impliqué directement en travaillant avec la concertation des groupes communautaires haïtiens sur les différentes questions relatives à la santé, à l’éducation, au travail et à l’accès à la justice, travail qui se poursuivra. Malheureusement, certains, pour des motifs purement politiques et électoralistes, ont laissé entendre que le gouvernement prétend que les Québécoises et Québécois sont racistes. C’est complètement et totalement faux. Lorsque je disais qu'il faut se rappeler, comme société, qui nous sommes, c'est de cela dont je parle. Le Québec est considéré, ici comme ailleurs, comme l'un des endroits les plus inclusifs

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au monde. Les Québécoises et les Québécois sont fondamentalement justes et équitables. Au cours des derniers mois et plus particulièrement au cours de la dernière semaine, j’ai échangé avec des dizaines de femmes et d’hommes issus de la diversité. Parmi eux, des élus des tous les paliers, des entrepreneurs, des leaders communautaires, ainsi que des membres de notre caucus. La clé de voute de l’intégration Le constat est clair et sans équivoque: La clef de voûte de la valorisation de la diversité est l'accès à l’emploi. En effet, la situation économique du Québec est bonne et il nous faut maintenant faire face collectivement à des défis importants de pénurie de main-d'œuvre, notamment à

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Québec et dans nos régions, et des défis démographiques, si nous voulons poursuivre et assurer ce développement au cours des années à venir. Nous constatons également que, dans une période durant laquelle les récents taux de chômage sont parmi les plus bas en quarante ans, ils sont beaucoup plus élevés chez les nouveaux arrivants et chez les Québécoises et Québécois issus de la diversité. L’immigration et une meilleure intégration en l’emploi des personnes issues de la diversité font clairement partie des solutions pour assurer l’épanouissement économique du Québec. Nous sommes convaincus qu’au Québec, nous pouvons discuter ensemble de ces questions, sans s'accuser ni se cul-

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Éclairages

Un Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination

Pour donner une chance à tous nos enfants d’avoir un meilleur avenir Suite de la page 21

pabiliser. Nous pouvons avoir une conversation avec les Québécoises et Québécois de toutes origines de la métropole, de la Capitale-Nationale et de nos régions. Sobrement et dignement. Sans tomber dans l’inquisition ni la thérapie de groupe. Nous avons pu discuter d’égalité femmes-hommes sans faire le procès des hommes; nous avons pu discuter d’intimidation, notamment dans les cas des aînés et de la communauté LGBT sans faire le procès des plus jeunes ni des hétérosexuels. Nous pouvons discuter sainement d’enjeux reliés à l’immigration et à la diversité. L’objectif de cette conversation n’est pas d’accuser ni de victimiser, mais de partager des histoires à succès, des bons coups et des meilleures pratiques en lien avec la contribution de l’immigration et de la diversité aux enjeux de développement économique. Plus particulièrement, nous verrons comment adapter des solutions concrètes aux réalités spécifiques de chaque région du Québec. L’apport des Québécoises et des Québécois, quelle que soit leur origine, est bienvenu. Cette démarche en est une visant l’amélioration et non l’autoflagellation et s’inscrit dans la cohérence de l’objectif du gouvernement d’assurer une meilleure qualité de vie à l’ensemble des Québécoises et des Québécois. Travaillons ensemble à des solutions concrètes Les femmes et les hommes issus de la diversité ont choisi

le Québec pour bâtir une meilleure vie et veulent contribuer au Québec. Célébrons et valorisons cette richesse avec ouverture et entraide. Travaillons ensemble afin de créer un écosystème favorable permettant de mettre en œuvre des solutions concrètes, précises et pragmatiques axées sur l’accès à l’emploi, la formation et la francisation. Nous avons également tous collectivement et individuellement l’obligation morale de poser des gestes tout aussi concrets pour contrer la peur et l’ignorance. C'est dans cette optique que je vous annonce la tenue en décembre du Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination. Lors de ce forum, quatre thématiques seront explorées en profondeur avec comme objectif de proposer des solutions concrètes aux enjeux liés à l'emploi, à la formation, à la francisation et à la lutte contre la discrimination.

Quatre thèmes à explorer Pourquoi ces quatre thèmes? Car ils sont au cœur de la démarche d'intégration des personnes issues de l'immigration. Ils représentent l'essence même d'une contribution constructive à la société québécoise. Mais, malheureusement, des obstacles à cette contribution peuvent mener à des échecs malheureux et marquants. La valorisation et l'épanouissement de la population, de toute origine, passent par l'emploi. Cet emploi, qui est intimement lié à la formation et, bien sûr, à la francisation, doit être accessible à tous, sans discrimination.

Lors de cette journée, nous allons donc nous concentrer à trouver des solutions concrètes, basées sur des meilleures pratiques, adaptées aux réalités sur le terrain, notamment aux réalités régionales. Pour alimenter le forum, nous puiserons le contenu au sein de l'expérience québécoise issue de toutes les régions et de toutes les origines. C'est pourquoi je vous annonce que je ferai, avec mon collègue le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, au cours du mois de novembre, une tournée conjointe des régions du Québec afin d'entendre notamment les organismes à vocation communautaire et économique et les entreprises, sur la pénurie de main-d'œuvre qui est vécue partout au Québec. Encore une fois, il s'agit d'un exercice qui vise à trouver des solutions concrètes pour faire en sorte de valoriser la diversité. Le forum sera également alimenté par les mémoires et commentaires qui auront été déposés sur le site web du Ministère prévu à cet effet. Les partis d'opposition seront invités à contribuer à la démarche. Par ailleurs, comme vous le savez sûrement, des groupes communautaires de la métropole, de la Capitale-Nationale et de plusieurs régions du Québec ont reçu des mandats du Ministère afin de mener des projets ciblés sur des solutions concrètes, pour alimenter le thème de la lutte contre la discrimination. Leurs rapports seront rendus publics et pour-

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ront alimenter les thématiques du forum. Remplacer les réflexes par la réflexion J'ai bien dit que les mandats avaient été donnés par le Ministère. En effet, ces groupes se sont tous fait confirmer qu'ils pouvaient aller de l'avant avec leurs activités. Et il s'agit bien d'activités, que je qualifierais d'activités de recherche, pour alimenter leur rapport. On parle ici d'ateliers, de groupes de discussion, qu'on appelle souvent « focus group », d'entrevues individuelles, ainsi que de forums et de journées de discussions. J’annonce également que le gouvernement ne donnera pas suite à la proposition de mandat faite à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

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Finalement, le gouvernement s'emploiera à faire des annonces d’actions concrètes tout au long de l’automne. Pour conclure, nous devons tous, peu importe nos origines, éviter d’en venir à une société, décrite par Albert Camus, « où le réflexe a remplacé la réflexion, où l’on pense à coup de slogans et où la méchanceté essaie trop souvent de se faire passer pour l’intelligence. » Notre histoire en est une de conquêtes de défis, empreinte de courage et de progrès. Nous relèverons ensemble celui-ci et assurerons de donner une chance à tous nos enfants d’avoir un meilleur avenir. *Ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Intégration


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Entretien avec M. David Heurtel, Ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion

«Nous pouvons discuter sainement d’enjeux reliés à l’immigration et à la diversité»

Aussitôt nommé à la tête du Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Intégration, David Heurtel doit prendre en charge un certain nombre de dossiers chaud et notamment celui - particulièrement épineux - du projet de consultation sur le racisme systémique et la discrimination. La tâche est d’autant plus ardue que l’annonce de la consultation intervient à un moment où l’extrême-droite québécoise est en nette progression et que, au même moment l’Assemblée nationale statue sur la Loi 62.

Dans un contexte on ne peut plus délicat donc, il doit en outre composer avec, nous dirat-il, ceux qui «pour des motifs purement politiques et électoralistes, ont laissé entendre que le gouvernement prétend que les Québécoises et Québécois sont racistes». Quelques heures seulement après la cérémonie protocolaire sanctionnant le remaniement ministériel, il prend son bâton de pèlerin – en l’occurrence son téléphone – et entame une série de contacts sur ce dossier. Moins d’une semaine plus tard, il publie un texte (publié dans nos pages précédentes qui annonce une première décision : Un changement de format du projet de consultation sur le racisme systémique. Nous avons voulu en savoir plus. Nous avons donc interrogé M. David Heurtel qui a bien volontiers accepté de se prêter au jeu des questions – réponses. Entretien. Atlas.Mtl : Monsieur le minis-

tre, vous n’étiez pas encore tout à fait installé dans vos nouvelles fonctions que vous étiez déjà devant une décision importante. Avez-vous eu le temps de prendre connaissance de tous les éléments du dossier avant d’annoncer un changement de format du projet de consultation sur le racisme systémique et la discrimination?

David Heurtel : Étant fils d'un immigrant et député de Viau dans le quartier Saint-Michel, circonscription où se côtoie de nombreuses communautés, l'immigration n'est pas un dossier nouveau pour moi. Conscient des défis auquel font face les personnes issues de la diversité culturelle, j'ai lancé avec Frantz Benjamin le Forum de développement économique de SaintMichel qui se penche sur les enjeux des entrepreneurs issus de la diversité. Au cours des quatre dernières années, j’ai eu la chance d’échanger et de travailler avec ces femmes et ces hommes qui, avec leur famille, ont fait le choix du Québec, de sa langue, de sa culture et de ses valeurs démocratiques et qui veulent contribuer activement et positivement à son avenir. Il était clair pour moi que la clef de voûte de la valorisation de la diversité est l'accès à l'emploi. C'est pour cette raison que nous aborderons quatre thèmes lors du Forum sur la valorisation de la diversité et lutte contre la discrimination de décembre prochain, soit, l'emploi, la formation, la francisation et la lutte contre la discrimination. «Adapter des solutions con-

crètes aux réalités spécifiques» En plus du mot racisme, pouvez-vous nous dire ce que très exactement, on reprochait à la consultation dans sa forme première? L’objectif de la nouvelle formule est de partager des histoires à succès, des bons coups et des meilleures pratiques en lien avec la contribution de l’immigration et de la diversité aux enjeux de développement économique. Plus particulièrement, nous verrons comment adapter des solutions concrètes aux réalités spécifiques

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de chaque région du Québec. L’apport des Québécoises et des Québécois, quelle que soit leur origine, est bienvenu. Dans ces reproches, il y plus d’interprétations politiciennes et de perceptions subjectives que de faits concrets. Ceux qui disent que le MIDI est devenu un «ministère de la gestion des peurs et des préjugés» auraientils raisons? Malheureusement, certains, pour des motifs purement politiques et électoralistes, ont laissé entendre que le gouvernement prétend que

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les Québécoises et Québécois sont racistes. C’est complètement et totalement faux. Le Québec est considéré, ici comme ailleurs, comme l'un des endroits les plus inclusifs au monde. Les Québécoises et les Québécois sont fondamentalement justes et équitables. Au cours des derniers mois, j’ai échangé avec des dizaines de femmes et d’hommes issus de la diversité. Parmi eux, des élus des tous les paliers, des entrepreneurs, des leaders communautaires, ainsi

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Éclairages

Entretien avec M. David Heurtel, Ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion

«Nous pouvons discuter sainement d’enjeux reliés à l’immigration et à la diversité» Suite de la page 24

que des membres de notre caucus. Dans le contexte que nous vivons et dont la marque essentielle est une progression sans précédent de l’extrême-droite, pouvons-nous vraiment, comme vous venez de le déclarez «discuter sainement d’enjeux reliés à l’immigration et à la diversité»?

te ans alors qu'ils sont beaucoup plus élevés chez les nouveaux arrivants et chez les Québécois et les Québécoises issus de la diversité. L'immigration et une meilleure intégration en emploi des personnes issues de la diversité font clairement partie des solutions pour assurer l'épanouissement économique du Québec.

Nous sommes convaincus qu’au Québec, nous pouvons discuter ensemble de ces questions, sans s'accuser ni se culpabiliser. Nous pouvons avoir une conversation avec les Québécoises et Québécois de toutes origines de la métropole, de la CapitaleNationale et de nos régions. Sobrement et dignement. Sans tomber dans l’inquisition ni la thérapie de groupe.

Un Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination aura lieu en décembre prochain. Plusieurs intervenants seront présents afin de discuter des enjeux au cœur de la démarche d'intégration des personnes immigrantes et pour proposer des solutions concrètes aux enjeux liés à l'emploi, la formation, la francisation et la lutte contre la discrimination.

Nous avons pu discuter d’égalité femmes-hommes sans faire le procès des hommes; nous avons pu discuter d’intimidation, notamment dans les cas des aînés et de la communauté LGBT sans faire le procès des plus jeunes ni des hétérosexuels. Nous pouvons discuter sainement d’enjeux reliés à l’immigration et à la diversité.

Afin de nourrir les discussions du forum, je ferai avec le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, une tournée des régions du Québec qui permettra d'échanger avec les organismes à vocation communautaire et économique et les entreprises, au sujet de la pénurie de maind'œuvre qui est vécue partout au Québec.

Un «Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination» Pour revenir à l’action gouvernementale, on passe maintenant à un «Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination». Ce changement d’appellation apporte-t-il un changement de contenu et d’objectifs ou ne fait-il que consacrer la disparition du vocable - assurément urticant - de racisme? Les plus récents taux de chômage sont parmi les plus bas en quaran-

Quelles actions comptez-vous de mettre en place afin de parvenir à la valorisation de la diversité qui est fixée comme objectif-clé au Forum? Nous effectuerons une tournée des régions du Québec au cours du mois de novembre afin d'entendre notamment les organismes à vocation communautaire et économique et les entreprises, sur la pénurie de main-d'œuvre qui est vécue partout au Québec. Il s'agit d'un exercice qui vise à trouver des solutions concrètes pour faire en sorte de valoriser la

diversité. Le forum sera également alimenté par les rencontres organisées par des organismes à but non-lucratif et par le site internet sur lequel toutes les québécoises et les québécois pourront déposer un mémoire et participer à un sondage. Le Forum est prévu pour le mois de décembre prochain, soit dans quatre à six semaines. D’ici là vous envisagez une grande tournée en régions et de nombreuses consultations avec des organismes communautaires, des organismes économiques et des entreprises afin d’identifier des «solutions concrètes». Il est également question de «puiser dans l’expérience québécoise» c’est-à -dire de «revisiter» un certain nombre de plans, programmes et projets antérieurs. Devant un

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tel volume de travail, ne prenezvous pas le risque de manquer de temps ou de livrer un produit incomplet ou imparfait? L'objectif de la tournée est d'aller à la rencontre des entreprises et organismes qui ont vécu des expériences positives d'intégration des Québécoises et Québécois issus de la diversité. Lors du Forum, ses visites d'entreprises et d'organismes serviront à alimenter les discussions thématiques qui auront lieu. Les quatre thèmes, l'emploi, la formation, la francisation et la lutte contre la discrimination sont au cœur de la démarche d'intégration des personnes issues de l'immigration et représentent l'essence même d'une contribution

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constructive à la société québécoise, mais, aussi où les obstacles à cette contribution peuvent mener à des échecs malheureux et marquants. «Notre histoire, une histoire de défis, de courage et de progrès» Y a-t-il une question à laquelle vous auriez aimé répondre et qui n’a pas été posée? Quelle est cette question et quelle aurait été votre réponse? Sans être une question, je profite de l'opportunité que vous m'offrez pour réitérer que notre histoire en est une de conquêtes de défis, empreinte de courage et de progrès. Nous relèverons ensemble celui-ci et assurerons de donner une chance à tous nos enfants d’avoir un meilleur avenir.


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Dossier

La Loi 62 dans tous ses états

Le texte au pied de la lettre…

Entre visage découvert et accommodements…

Bientôt, les femmes voilées devront se découvrir lorsqu’elles monteront à bord d’un autobus. L’Assemblée nationale a en effet adopté le controversé projet de loi 62 sur la neutralité religieuse, après deux ans de tergiversations, sans que cela mette fin à une décennie de débat sur les accommodements religieux.

Il prévoit entre autres que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert, autant dans les transports en commun que dans les hôpitaux, mais permet en même temps des accommodements raisonnables. Le premier ministre Philippe Couillard s’était engagé à régler cet enjeu au début de son mandat, mais le projet de loi a finalement été adopté à sa quatrième année de mandat, à un an des élections. Les trois partis d’opposition, le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire (QS), ont voté contre, mais la majorité libérale l’a emporté, à 66 contre 51. Une fois que la loi sera sanctionnée par le lieutenant-gouverneur, une femme qui montera à bord d’un service de transport en commun devra enlever son niqab ou sa burqa, pour la durée du trajet.

« L’obligation du visage découvert est pour la durée de la prestation de service, pas seulement pour la femme voilée, mais pensons aussi à ceux qui ont le visage couvert […] par des cagoules ou des verres fumés » et des bandanas, a précisé la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, dans une mêlée de presse avant d’entrer à la séance du caucus libéral.

Demandes d'accommodements Les demandes d’accommodement raisonnable seront traitées au cas par cas et si un accommodement est accordé, le service de transport en commun en sera informé, mais « pour le moment, on n’en est pas là », a-t-elle ajouté. Elle n’a pas précisé comment chaque chauffeur ou contrôleur pourra être mis au fait de ces exceptions. Le premier ministre Philippe Couillard a défendu les exceptions que permet sa nouvelle loi et a attaqué le PQ et la CAQ, qui voulaient une loi plus stricte sur la laïcité, avec une interdiction des signes religieux pour les agents de la coercition de l’État, comme le préconisait notamment le rapport de la commission Bouchard-Taylor. « Il est impossible d’empêcher quelqu’un de demander un accommodement », a dit M. Couillard dans un point de pres-

se après l’adoption du projet de loi. « Quand quelqu’un vous dit qu’on va interdire les accommodements, ça ne se peut pas. Quelqu’un a le droit par la nature même du droit, de demander un accommodement » en vertu des chartes des droits et libertés », a poursuivi le premier ministre. Désaccord de l'opposition L’opposition officielle a ridiculisé la loi du gouvernement libéral, parce qu’elle ne se fonde pas sur le « consensus québécois » établi par BouchardTaylor.

« Les juges vont décider : tout le monde devra avoir le visage découvert, sauf ceux qui veulent le couvrir pour des raisons religieuses, a fait valoir le chef péquiste Jean-François Lisée en conférence de presse. À part Batman puis Spider-Man, tous ceux qui ont des raisons religieuses pourront avoir le visage couvert. C’est une farce. » Un gouvernement caquiste abolirait la loi pour la remplacer par une charte de la laïcité, a pour sa part fait savoir la députée caquiste Nathalie Roy. Selon elle, ce projet de loi est un « fouillis » qui « induit la population en erreur » parce qu’il

introduit le religieux dans l’État. « Une fonctionnaire a maintenant le droit de travailler en niqab, mais le soir quand elle rentrera à la maison, elle devra enlever son niqab pour monter à bord d’un autobus », a-t-elle suggéré. Plusieurs dispositions, notamment celles sur les accommodements raisonnables, entreront en vigueur plus tard, comme l’a expliqué la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. Des directives seront émises par le ministère de la Justice.

Combien de femmes en burqa prennent-elles l’autobus? La loi 62 est la suite directe de la loi 94, présentée le 24 mars 2010 par le gouvernement Charest, et qui n'a jamais été adoptée. Une solution simple, remplie de « gros bon sens » : les services publics se donnent et se reçoivent à visage découvert. Cela n’allait pas régler grand-chose, mais donnait toutefois l’impression que le gouvernement agissait après la commission Bouchard-Taylor. La justification était que le visage découvert était essentiel pour des questions de sécurité et de communication. À l’époque, on s’interrogeait surtout sur le statut d’une fonctionnaire, puisque cela n’aurait touché que des femmes qui travailleraient dans un service gouvernemental et qui auraient le visage caché.

Pas qu’il y ait péril en la demeure. On ne connaît pas de cas de fonctionnaire québécois qui porte une burqa ou un niqab. Même dans la très multiculturelle ville de Montréal, le maire Denis Coderre dit ne pas avoir trouvé un seul cas du genre. La réalité, c’est que cette loi ne vise qu’un tout petit nombre de personnes et une pratique religieuse très spécifique, soit les femmes musulmanes qui portent deux vêtements bien précis, le niqab ou la burqa. En fait, les modalités de la loi font en sorte qu’elle est pratiquement inapplicable. Déjà, dès la toute première conférence de presse, lors du dépôt du projet de loi, en mars 2010, la

question des modalités s’est installée au centre du débat. À l’époque, on s’inquiétait beaucoup de cette hypothétique fonctionnaire en burqa. Les usagers des services publics Sept ans plus tard, la modalité est devenue celle des usagers des services publics. L’exemple qu’on utilise tout le temps est une femme au visage couvert qui voudrait entrer dans un autobus.

Selon la ministre de la Justice, elle devrait, pour respecter la loi, se présenter à visage découvert dans un autobus municipal, puisqu’il s’agit d’un service public. Mais, en suivant la même logique, elle n’aurait pas à retirer

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ce vêtement dans un autobus interurbain puisque le service est assuré par une société privée.

appartenant à un groupe religieux?

Évidemment, il faudrait pour cela que les chauffeurs d’autobus urbains jouent à la police et refusent l’entrée ou aillent vérifier que le visage est bien découvert, ce qui n’a, bien évidemment, aucun sens.

Il y a tout lieu de penser que les tribunaux statueront que ça ne passe pas le test des chartes des droits, la québécoise comme la canadienne, ni le test des protocoles internationaux sur les droits fondamentaux, auxquels le Québec est soumis.

Par ailleurs, la justification fondée sur la communication ou sur la sécurité ne tient pas. On n’est pas tenu de parler à son voisin dans l’autobus et le voile qui cache la figure n’est pas un danger public. L’essentiel du projet de loi ne tient pas plus au niveau des principes. Qu’est-ce qui justifie de cibler ainsi ce petit nombre de femmes

On se retrouve donc avec une loi qui est douteuse sur les principes et qui est inapplicable en pratique. À une certaine époque, pour décrire un débat inutile, on se demandait combien d’anges pouvaient tenir sur une tête d’épingle. Aujourd’hui, on pourrait se demander combien de burqas peuvent entrer dans un autobus.

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Dossier

La Loi 62 dans tous ses états

Trudeau ouvre la porte à une éventuelle contestation En visite au Québec peu après l’adoption de la loi 62, le premier ministre Justin Trudeau a ouvert la porte à une éventuelle contestation de la loi québécoise sur la neutralité religieuse. Après avoir indiqué aux journalistes que ce n'était pas au gouvernement fédéral de contester la loi, M. Trudeau a vite changé son fusil d'épaule. Il a affirmé lors d'un bref point de presse que son gouvernement allait «prendre ses responsabilités», étudier «attentivement» la loi et «défendre les Canadiens». «Je sais que les gens s’attendent à ce que je défende la Charte des droits», a-t-il déclaré. La loi 62 suscite de vives réactions partout au Canada depuis son adoption. Dans un geste plutôt inhabituel, les députés ontariens l'ont unanimement condamnée jeudi, prédisant que sa validité serait contestée devant les tribunaux, en vertu de Charte canadienne des droits et libertés. La mesure législative prévoit notamment que tous les services publics au Québec devront être donnés et reçus à visage découvert — notamment dans les transports publics et dans les hôpitaux. La loi permet toutefois des accom-

modements raisonnables, accordés à la pièce.

Le premier ministre québécois, Philippe Couillard, a défendu son projet de loi en invoquant des exigences d’identification, de communication et de sécurité publique. Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) souhaitaient une loi plus stricte sur la laïcité de l’État, avec interdiction des signes religieux pour les agents de coercition, comme le préconisait notamment le rapport de la commission BouchardTaylor il y a près de dix ans. Alors qu'il effectuait une tournée de 24 heures du Lac Saint-Jean, M. Trudeau a fait valoir qu'aucun gouvernement ne devrait dire aux femmes comment s'habiller. «Une société qui ne veut pas que les femmes soient forcées d'être voilées, peut-être devrait-elle se poser des questions sur ne pas forcer les femmes à ne pas porter le voile», a-t-il affirmé. «Les lois doivent servir à éliminer la discrimination» La Commission canadienne des droits de la personne est venue en quelque sorte appuyer le premier ministre Trudeau. La présidente de l'organisme,

Marie-Claude Landry, s'est dite «extrêmement préoccupée» par la loi, qui cible d'après elle des personnes qui souffrent déjà de discrimination.

les services de loisirs, de culture et d'activités sportives. Pensons aux bibliothèques publiques, aux camps de jour ou au transport collectif.

«Les lois doivent servir à éliminer la discrimination et non à la favoriser», a-t-elle déclaré dans un communiqué de presse.

Selon l'UMQ, les employés municipaux seront placés dans une position intenable pour faire appliquer cette loi.

À ce torrent de réactions est venue s'ajouter celle de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), qui juge «inapplicable» la loi 62 dans la vie de tous les jours.

À Mirabel, où il rencontrait des employés de Bombardier, M. Couillard s'est dit persuadé que la loi 62 allait passer le test des tribunaux.

Il a rappelé que son parti avait déposé un projet de loi à cet effet en 2009, qui n'avait pas été adopté. En 2013, les libéraux, alors dans l'opposition, publiaient un document qui annonçait leurs orientations, et l'année suivante, M. Couillard faisait campagne en promettant de légiférer pour baliser les services publics et encadrer les demandes d'accommodements.

Les municipalités offrent de nombreux services publics, notamment

«Dans une société, on communique, on s'identifie avec un visage

«On fait exactement ce qu'on a dit qu'on ferait», a-t-il dit.

découvert, a-t-il insisté. Ce qui me surprend, c'est qu'il y a des gens qui semblent comme surpris que ça arrive.»

Montréal se dresse contre la «police du niqab» Moins de 24 heures après avoir été adoptée sur fond de division par l’Assemblée nationale, la Loi sur la neutralité religieuse se heurte à un écueil majeur : le refus des employés de la Ville de Montréal d’y donner suite. En effet, ces syndiqués refuseront d’assurer le respect de l’obligation de recevoir des services publics à visage découvert, au coeur de la nouvelle loi, tant qu’ils n’auront pas de consignes formelles de leur employeur. « Ils attendent que la Ville ou la STM leur donnent des directives claires, nettes et précises », déclare le porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Ronald Boisrond. Les employés à pied d’oeuvre dans les bureaux en arrondissement, les bibliothèques, les installations d’Espace pour la vie — Biodôme, Insectarium, Jardin botanique, Planétarium — et ceux de la STM, « manifeste-

ment, ne veulent pas avoir la responsabilité d’arbitrer, d’interpréter cette loi », ajoute-til.

visage découvert ? a-t-il demandé en marge de sa campagne électorale. Ça n’a pas de bon sens. »

De son côté, la Société de transport de Montréal (STM) indique que ses usagers sont, pour l’heure, dispensés de l’obligation d’avoir le visage découvert avant de monter à bord d’un autobus ou de s’approcher d’un guichet d’une station de métro.

La chef de Projet Montréal, Valérie Plante, craint aussi de voir des Montréalais et des Montréalaises être des « victimes » d’une loi allant « trop loin » — le fruit du « travail bâclé » du gouvernement libéral.

« C’est le statu quo pour le moment de notre côté. Nous sommes à analyser l’application des dispositions de cette Loi », écrit la porte-parole de la STM, Amélie Régis, dans un courriel. Le maire de Montréal, Denis Coderre, s’est interrogé à haute voix sur l’application de la loi 62. « Est-ce que dans les hôpitaux, les autobus et les bibliothèques, il va y avoir une police du niqab ? Va-t-il falloir s’assurer que, dans les services reçus, vous avez le

Pourtant, « la loi est claire : les services publics sont donnés et reçus à visage découvert », a répété le premier ministre Philippe Couillard dans la foulée de l’adoption de la loi 62. Néanmoins, il invite, au lendemain de l’élection municipale du 5 novembre prochain, des représentants de la métropole à discuter avec son équipe « des façons de faire en sorte que ça se vive dans la société de façon cor-

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recte ». La loi 62 fait partie de la « multiplicité d’actions » déployées par le gouvernement libéral pour favoriser le « vivre ensemble » au Québec, a-t-il souligné au cours d’une journée qui a aussi

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été marquée par l’annulation de la Consultation sur la discrimination systémique et le racisme au profit d’un Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination.


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La Loi 62 dans tous ses états

Une loi neutre? Vraiment?... Par Marlihan Lopez*

La loi 62 sur la neutralité religieuse, qui vient d'être adoptée (66 en faveur-51 contre) par l'Assemblée nationale du Québec n'a rien de neutre. Elle vise un groupe spécifique des femmes portant le niqab et la burqa et prévoit entre autres que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert, autant dans les transports en commun que dans les hôpitaux. Bien qu'un nombre très négligeable de femmes portent le niqab ou la burqa ici au Québec, cette loi concerne toutes les femmes. Ceci est un enjeu féministe, car cette loi de « neutralité religieuse », dont le but déclaré, mais fallacieux est de garantir la sécurité ou de promouvoir la libération des femmes, ne conduit qu'à l'exclusion d'un certain groupe de femmes de l'espace public, et donc à leur précarisation. La loi 62 victimise certaines femmes et les rend vulnérables à la violence genrée. Isolement,

barrières à l'accès aux services publics et violation des droits civiques, les répercussions sont innombrables pour les femmes visées. Soyons honnêtes. Combien des militants antifascistes iront à l'hôpital ou prendront le transport en commun avec le visage couvert ?

En prétendant que cette loi ne vise pas seulement des femmes de confession musulmane, le gouvernement tente d'esquiver la dénonciation qu'il s'agit là d'une mesure islamophobe. D'après la ministre Stéphanie Vallée, cette loi vise également ceux et celles qui veulent avoir recours à des « cagoules ou des verres fumés » et des bandanas, évoquant ceux portés par les militants venus faire obstacle au rassemblement raciste tenu récemment dans la ville de Québec. Soyons honnêtes. Combien des militants antifascistes iront à l'hôpital ou prendront le transport en commun avec le visage couvert ?

Tandis que l'adoption de cette loi devient le cœur d'un débat où les gouvernements fédéral et provincial se disputent leurs domaines de compétences, des femmes deviennent la cible des tirs croisés d'une promesse électorale. Une cible facile, un groupe de femmes, très minoritaire, effacé de tout débat public les concernant, mais dont le signe distinctif, visible, est mobilisé pour frapper l'imaginaire et en même temps, devient le bouc émissaire parfait.

Nous devons dénoncer toute forme d'instrumentalisation du féminisme à des fins racistes et agir en conséquence. La Fédération des femmes du Québec interpelle la nouvelle ministre du Secrétariat de la condition féminine, Hélène David, et la Présidente du Conseil Statut de la femme, Louise Cordeau, à se prononcer sur cet enjeu. Laisserons-nous le gouvernement adopter des lois racistes et islamophobes en brandissant l'argument d'un

avancement de la condition féminine et de la laïcité, sachant que ces lois victimisent des femmes ? La Fédération des femmes du Québec fait également appel aux mouvements des femmes pour que les groupes réagissent. Nous devons dénoncer toute forme d'instrumentalisation du féminisme à des fins racistes et agir en conséquence. Soyons porteuses d'un projet d'émancipation pour toutes les

femmes et refusons que le discours de l'égalité hommesfemmes soit détourné pour stigmatiser une partie d'entre elles. Nous ne demeurerons pas silencieuses, car tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche ! *Vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec

Identités plurielles et vivre ensemble

Le respect et le vouloir « Dans nos sociétés de plus en plus diversifiées, il est indispensable d’assurer une interaction harmonieuse et un vouloir vivre ensemble de personnes et de groupes aux identités culturelles, à la fois plurielles, variées et dynamiques, Les échanges et le dialogue pour promouvoir une coexistence féconde et durable ayant pour centre d’intérêt la valorisation des interactions et interpénétrations des différents individus et groupes dans l’espace public et créer par la même une relation bijective entre démocra-

tie et culture. Le commencement de bien vivre c’est de bien écouter. La Citoyenneté et un outil qui permet à la personne d’entrer en interaction avec le similaire et le dissemblable de mettre en avant le bienfait et l’apport du pluralisme sur l’épanouissement individuel et l’émancipation collective. Il n'y a que par le respect de soimême qu'on force le respect des autres.

D’abord changeons nousmêmes, avant de nous occuper des autres, Oui commencer par changer en vous faisant ce que vous voulez changer autour de vous. La différence entre ce que nous faisons et ce que nous sommes capables de faire suffirait à résoudre une grande partie des problèmes de ce bas Monde. Voilà la réalité de ce que nous sommes .La pensée a des ailes, nul ne peut arrêter son envol. Dans la vie de ce bas Monde on

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ne fait pas ce que l’on veut, mais on est responsable de ce que l’on est. Rien n'est plus juste en ce monde que de montrer le respect où il est dû ! Il y a de la bonne grâce et du bon goût dans le respect, lorsqu'il est rendu avec naturel et simplicité. La connaissance parle, mais la sagesse écoute, L’humilité, c’est de savoir écouter Oser, c’est perdre pied momentanément. Ne pas oser, c’est se perdre soi-même.

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Ne rien voir, Ne rien entendre et Ne rien dire, et Ne rien faire, tu seras autant coupable qu’eux. Pour moi, oser dire la vérité, signifier le nécessaire retournement du regard, de l’écoute, de la parole, vers le dedans… Pour accéder à le profondeur de soi, il faut faire ce mouvement, se “déconnecter” du dehors, aller à l’intérieur de soi. Pour trouver une relation juste entre le dedans et le dehors. Dr Ismail Guellil


Cultures

Conférence : raconté par Guillaume Jobin

Mohammed V, le roi des cœurs Dans le cadre d’une deuxième conférence tenue au centre culturel Dar Al Maghrib le 18 octobre dernier, autour de l’ouvrage « Mohamed V, le Sultan » sorti en 2015. Le professeur Guillaume Jobin revenait sur les principaux faits marquants de cette période mouvementée de l’histoire du Maroc. Son récit a été axé sur l’homme qu’a été Feu Mohammed V, un sultan adulé par son peuple, un homme simple et proche des doléances de ses sujets.

au Maroc sous un pseudo protectorat imposé depuis 1912.

98ème et dernier sultan du Maroc, il prit le titre de roi après la révolution marocaine de 1956, année de l’obtention d’une indépendance pour laquelle il aurait vécu l’éloignement de son pays. Un exil qui le rendit encore plus fervent pour défendre son peuple et s’opposer à la présence française

La conférence a été modérée par Monsieur Driss Mbirkou, Conseiller aux affaires économiques et sociales au cabinet du Maire de la ville Laval.

Rappelons-le, le professeur Guillaume Jobin est Docteur en médecine, diplômé d’HEC et Président de l’Ecole supérieure de journalisme de Paris. En 2014, il a publié « Lyautey, le Résident », « Mohamed V, le Sultan » et « Route des Zaërs » en 2015 ainsi que ‘’Anfa supérieure’’ en 2016. Un troisième tome de sa trilogie historique ‘’Hassan II, Le Prince’’ sera publié d’ici la fin de 2017.

Monsieur Mbirkou est aussi une référence académique marocaine au Canada, passionné d’histoire et

de débats mettant en exergue un Maroc riche de son histoire, de ses valeurs et traditions. Selma Regragui

Le cycle des conférences se poursuit au centre culturel Dar Al Maghrib, toutes les informations sur les dates et sujets des con-

Exposition

Lorsque la lumière effleure… MEHEL, peintre sculpteure, présentait « Lorsque la lumière effleure... » du 19 au 30 Octobre 2017 à la galerie ERGA à Montréal.

Le travail récent de MEHEL est représenté par des œuvres composées chacune d’un tableau 3D et une sculpture luminaire, 16 œuvres étaient exposées. ‘’Reliefs de lumières, douceur et déchirement, fleurs ou abstractions, formes inspirées et inspirantes. Roches et éclats de verre où la lumière ruisselle. La lumière danse sur la toile, elle voyage et nous entraine dans son sillon. On suit les veines de mortier pour noyer notre regard dans

l'ombre d'une fleur. Puis on s'émerveille de cette alchimie qui transforme le grès en onyx, le verre en opale. Des fils gris argent où la lumière s'accroche, dessinent les crêtes d'un océan blanc.

Projetée ou ambiante, la lumière est matière. C'est par des effleurements de lumière que MEHEL dessine l'espace de ses œuvres. C'est une invitation au voyage sensoriel à travers des paysages minéraux et des canevas de blanc’’ a-t-il été dit de cette exposition Ses formations successives sont au gré de ses voyages et s’étalent sur près de 40 ans auprès d’artistes reconnues et

d’écoles d’art ; la peinture auprès de Aïcha Haddad (Alger) et à l’atelier Bigazzi (Florence), la sculpture florale à l’école de Junko Hitomi (Tokyo) et la peinture avec poudre de soie à l’école de Shibuya (Tokyo). À Montréal, elle parfait ses techniques en céramique avec Éva Lapka et Véra Vicente, la pâte de verre qu’elle intègre à ses sculptures luminaires, avec Annick Nabot. Le Professeur Norman Cornett a présenté deux ateliers ‘dialogiques’ qui ont permi aux participants de saisir toute la complexité et la profondeur des œuvres de l’artiste.

Le premier atelier «Dialogue avec les œuvres» a eu lieu le Samedi 28 octobr, et le second, «Dialogue avec l’artiste» s’est réuni le Dimanche 29 octobre 2017. MEHEL a reçu plusieurs distinctions lors de ses expositions : Médaille d’or en 2005 et Médaille d’argent et de bronze en 2006 par le Levant au Musée St Laurent des Maîtres et Artisans. Elle a exposé à Tokyo, Alger, Paris, Boston, Tunis et Montréal. Certaines de ses œuvres font parties de collections de particuliers et d’entreprises à Alger, Florence, Paris, Tokyo et Montréal.

Grand prix Culture de OserAgir 2017

Kamal Benkirane lauréat Mr Kamal Benkirane, écrivain, conférencier et directeur de l’Association Culturelle Passerelle vient de remporter le grand prix dans la catégorie « culture » lors du grand Gala OserAgir, organisé le lundi 24 octobre 2017 dans la Plazza L’événement OserAgir souligne la contribution exceptionnelle au développement économique, sociale ou culturelle d'immigrants de première et deuxième génération qui aident à forger le Québec d'aujourd'hui et de demain !

Cet événement met sous les projecteurs des immigrants de première et deuxième génération qui ont contribué de manière exceptionnelle au développement économique et social du Québec. Cette reconnaissance vise à révéler ces personnes comme véritables modèles pour l’ensemble de la population québécoise, qu’ils soient natifs d’ici ou d’ailleurs, et plus particulièrement aux nouveaux arrivants. Info : https://www.degama.ca/gala-2017.php 32

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férences et activités à venir figurent sur le site web du centre au http://www.lecentreculturelmarocain.ca.


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Sports

Tae kwon do : L’Équipe des Champions s’impose dès la première compétition de la saison 2017-2018

Neuf athlètes engagés; neuf médailles glanées… À l’invitation de la Ville de Lévy, l’École des Champions Olympique a participé à la première compétition 2017 – 2018 de tae kwon do. L’Équipe était représentée le 28 octobre par sept athlètes auxquels il faut joindre deux de ses membres engagés sous les couleurs de l’Équipe du Québec, entrés en lice le 29 octobre. Voici les résultats enregistrés au cours des deux journées de compétition. Samedi 28 octobre 2017 Médaille d’argent - Mélissa Sekhi - Amine Guernaoui

Médaille de bronze - Rania Hida - Cheick Majid Cisse Tiadiaga - Nizar Es Sabbar - Khalil Ibrahim Es Sabbar Participation: - Ange Cisse Tiadiaga Dimanche 29 octobre 2017 Argent et bronze - Ahmed Zerouk Argent - Ilyasse Zerouk Source : École des champions olympiques Inc. www.ecotaekwondo.com 514 721-8173

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